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Point de presse de Mme Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Version finale

Le mardi 30 mai 2017, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures treize minutes)

Mme Massé : Alors, bonjour, tout le monde. Bon matin après cette longue nuit d'adoption d'une loi spéciale qui renvoie les travailleurs, travailleuses de la construction sur les chantiers à compter de demain. Bien, vous vous en doutez bien qu'on a essayé de dire de toutes sortes de façons que ça n'avait pas de bon sens qu'une loi de ce type-là, encore une fois, vienne brouiller les négociations en retirant du rapport de force du côté des travailleurs, travailleuses, et en en ajoutant du côté du patronat. Mais là c'est terminé. Je suis très déçue que la ministre n'ait pas minimalement accepté un amendement que j'ai déposé à l'effet de mettre sur pied dès maintenant un comité de travail qui permettrait qu'on ne se retrouve pas encore dans cette situation-là dans quatre ans, puisque tout le monde en convenait que le mécanisme de négociation mérite et a besoin d'être renouvelé si on ne veut pas constamment se retrouver dans la situation que nous avons vécue... bien, depuis longtemps, mais encore hier soir.

Deuxième élément que je voulais vous parler, c'est bien sûr la belle victoire de Gabriel Nadeau-Dubois hier dans Gouin. Je pense que ça indique plusieurs choses, mais dont notamment que Québec solidaire est un parti qui fait du sens. Et notre façon de travailler avec les gens, notre façon d'être en lien lorsqu'on est élus comme députés, d'être en lien avec nos commettants, de susciter de la démocratie à travers différentes façons de faire dans le cas de M. Nadeau-Dubois, ça a été par des assemblées, des rencontres de discussion et de délibération pour la suite des choses. Bref, quand Québec solidaire a passé dans un comté et a été député, je pense que ça marque. Et Gabriel arrivera donc sous peu, par la grande porte, à l'Assemblée nationale. Nous sommes très fiers de ce résultat qu'on a eu hier soir.

Et je terminerais, parce que plusieurs d'entre vous en avez été informés, qu'effectivement le Comité de coordination nationale a reçu une lettre de l'exécutif du Parti québécois, que notre Comité de coordination nationale, que vous commencez à connaître de plus en plus d'ailleurs... que notre Comité de coordination nationale va répondre en bonne et due forme. Il y a des rencontres de prévues. Il va répondre en bonne et due forme à l'exécutif du Parti québécois.

Ceci étant dit, je veux vous dire personnellement quelque chose. Moi, j'en suis membre de ce comité de coordination là. Je suis une voix sur 14, 14 personnes dûment élues en congrès, qui avons tous et toutes le mandat de coordonner, de diriger Québec solidaire entre les grandes instances. Et je tiens à vous dire ce matin, personnellement, ce que je vais dire lors du débat que nous ferons pour voir comment nous allons répondre à cette lettre-là. D'une part, pour moi, il est évident, Québec solidaire... En fait, pour moi, Manon Massé, le Parti québécois n'est pas raciste. C'est clair. Ceci étant dit, le Parti québécois, dans les dernières années a posé des gestes, a mis au jeu... Notamment, je pense à la charte des valeurs, hein, cette charte qui a envoyé un message tellement... un message très difficile pour les gens racisés et particulièrement les gens et les femmes de confession musulmane.

Vous comprendrez que ce que j'ai entendu dans notre congrès, lors de la fin de semaine de notre congrès, j'ai entendu des gens, des femmes et des hommes qui ont subi les effets du racisme qu'a suscité... les langues qui se sont déliées lorsqu'à travers, notamment, la charte des valeurs, on a comme autorisé, d'une certaine façon, ce déliement des langues... d'un petit groupe, hein?

Moi, je ne pense pas que les Québécois sont racistes, mais, oui, il y a un petit groupe de Québécois et de Québécoises qui se sont sentis légitimés de tenir des propos extrêmement blessants. Moi, je travaillais dans un centre de femmes et je peux vous dire, d'accueillir... en 2014, avant d'être élue, 2013, je peux vous dire que d'accueillir des femmes qui sortent du métro et qui viennent de se faire cracher dessus parce qu'elles portent le hidjab a été un effet du débat malsain, toxique de la charte des valeurs. Et donc j'imagine que le Parti québécois reconnaît aussi, est capable de voir les effets qu'ont eu ces échanges-là dans la société québécoise.

Mais je réitère personnellement ce que je dirai au CCN, et le CCN répondra au comité exécutif du PQ, c'est : Je n'ai jamais dit que le PQ était raciste; ce que je pense, par contre, c'est qu'il y a des responsabilités à assumer lorsqu'on pose des actes.

La Modératrice : Merci, Mme Massé. Pour la période des questions, s'il vous plaît, une question, une sous-question. Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Dans la lettre, on demande à Québec solidaire de se dissocier des propos de ses membres. Vous, est-ce que vous vous dissociez de ces propos?

Mme Massé : Bien, écoutez, c'est des prises... Vous l'avez bien dit, hein, c'est des prises de parole individuelles. La majorité... Et il y en a eu très peu. Ça, on ne le dit pas beaucoup, hein? Je le sais, plusieurs d'entre vous étiez là. C'est sûr que c'était frappant, mais la majorité de ces gens-là sont des personnes racisées, sont des personnes qui ont vécu les effets de ce discours ambiant qui... discriminatoire, en fait, qui déliait les langues, permettait une certaine discrimination, et, dans ce sens-là, je ne peux pas en vouloir ou reprocher aux gens qui ont vécu ces choses-là de sortir et parfois d'avoir des propos très radicaux par rapport à ça. Je ne leur en veux pas.

Ce n'est pas mes propos, ce n'est pas les propos de l'organisation Québec solidaire, et j'espère qu'on va passer à une autre étape, où collectivement on va se poser la question : Comment on va réparer ces fossés, ces souffrances qu'ont vécues nos confrères et consoeurs québécois et québécoises?

M. Boivin (Mathieu) : Mais vous vous dissociez, oui ou non?

Mme Massé : Ce que je dis, c'est que, un, ce n'est pas à moi de le faire. Cette lettre s'adresse au Comité de coordination nationale. Moi, Manon Massé, je vous dis que je n'ai jamais dit ça, et que je ne le dirai pas, et que je vais délibérer avec mon Comité de coordination nationale. Parce que moi, me dissocier, par exemple, d'une femme qui a été violée parce qu'elle a des propos agressants face à son agresseur potentiel, comment vous voulez que je m'en dissocie? C'est elle qui vit ça, pas moi. C'est elle qui vit la souffrance.

Alors, ce que je redis, c'est que je ne peux pas leur en vouloir, je peux comprendre, quand tu es blessée, qu'à un moment donné tu réagis fort. Ceci étant dit, notre CCN, lui, va répondre.

La Modératrice : Merci. Marco Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Pourquoi le CCN, le Comité de coordination nationale, aujourd'hui, n'est pas en mesure de se dissocier des propos qui ont été tenus lors du congrès de Québec solidaire? Pourquoi il faut débattre de midi à 14 heures sur cette question-là qui apparaît toute simple, là, pour les Québécois?

Mme Massé : C'est parce que... je ne sais pas si vous comprenez, là, le focus est mis là. Alors, est-ce qu'il y a un souci de gens qui ont vécu la situation? Est-ce qu'il y a ici des propos haineux? Est-ce qu'il y a ici un appel, hein, dans le cadre des propos haineux, là, vous savez qu'il faut susciter... comment on dit ça, pas la... Les propos haineux doivent susciter... Voyons, à matin, mon cerveau, il a dormi juste pas assez longtemps... doivent susciter la haine, hein? On doit en... Un propos haineux encourage à la haine.

Une insulte, c'est une autre chose. Une liberté d'expression, c'est une autre chose. Alors, moi, je pense que ça serait intéressant qu'on se dise : Est-ce que les gens qui ont pris la parole, parce qu'eux-mêmes ont été blessés par des discours environnants, par une langue qui s'est déliée parce qu'on a permis collectivement que cette langue-là se délie, est-ce que ces gens-là ont pointé le Parti québécois en faisant un appel à la haine?

Ils vous ont témoigné de ce qu'ils ont vécu, et ça, à un moment donné, ça serait le fun de le départir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous, Manon Massé, quelle est la part de responsabilité, selon vous, qui incombe au gouvernement du Parti québécois dans les gestes, vous dites, même violents, là, qui ont été posés à l'encontre de personne racisées lors du débat de la charte des valeurs québécoises, de la charte de la laïcité? Parce que ces gestes-là, selon plusieurs, la responsabilité de ces gestes-là, c'est ceux qui les ont commis. Ce n'est pas le Parti québécois qui défendait une politique qui a été défendue dans d'autres États comme la France. Il n'y a personne chez Québec solidaire qui a dit que les Français étaient racistes parce qu'ils ont développé une politique de laïcité qui est quand même assez radicale à vos yeux. De même, le nouveau député de Gouin s'est associé à un candidat à la présidentielle, M. Mélenchon pour ne pas le nommer, qui défend des idées qui parfois correspondent à celles du Parti québécois. Quelle et la part de responsabilité du Parti québécois dans les gestes qui ont été commis à l'égard des personnes racisées?

Mme Massé : Bien, moi, je me serais attendue du Parti québécois, depuis sa défaite en 2014, défaite qu'il peut attribuer à plein de choses...  mais lorsqu'on voit, dans un comté comme le mien, qui a toujours été péquiste depuis 40 ans, et la personne qui m'a chauffé les fesses comme on dit, là, était une libérale, alors il y a une chose qui est plutôt claire, c'est que la charte a eu des impacts chez les électeurs.

Ceci étant dit, c'est au Parti québécois à faire leur introspection. C'est à eux de voir, et j'ai confiance qu'ils le font et qu'ils vont le faire, mais c'est sûr que des fois je vois, par exemple, durant une course à la chefferie, ou je vois, dans un refus radical d'une commission sur le raciste systémique... c'est sûr que j'ai tendance à dire : Oups! il y a quelque chose là qu'il me semble qui n'a pas été pleinement réfléchi puisqu'on revient encore en mélangeant les cartes.

Mais je pense que le plus important, c'est que, lorsqu'on regarde le défi que représente le Québec, et je ne vous dis pas, donc, le Québec indépendant, c'est un défi dans lequel il va falloir collectivement reconnaître qu'une partie de nos concitoyens, comme on l'a fait lors des attentats... Lors des attentats, ici, à Québec, hein, on a reconnu qu'effectivement nos citoyens, nos concitoyens de confession musulmane avaient la vie dure, mais moi, je pense qu'il ne faut pas juste le reconnaître, il faut maintenant réparer, agir, et, là-dessus, on attend le Parti libéral avec impatience.

La Modératrice : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Êtes-vous une porte-parole du politburo?

Mme Massé : Vous savez, je trouve ça drôle, politburo. Je vais vous faire rire, je ne savais même pas qu'est-ce que ça voulait dire. Alors, j'ai appris par après que ça devait être une insulte parce que ça réfère à un passé soviétique quelconque. Bon. Écoutez, c'était quoi votre question, M. Laforest? Ça m'a tellement fait rire.

M. Laforest (Alain) : Bien, M. Lisée l'a répété ce matin, là. Il vous considère comme une porte-parole du politburo.

Mme Massé : O.K. Je pense que... je sais que Québec solidaire, depuis ça création, notre façon démocratique d'opérer est une façon difficilement... qui ne reprend pas les modèles connus très hiérarchisés de notre société en général, et je pense que M. Lisée n'a pas compris encore la différence entre le porte-parole et un chef. Alors, voilà.

M. Laforest (Alain) : Donc, vous admettez que vous êtes une porte-parole du politburo.

Mme Massé : Non, mais politburo, là, ce que... moi, quand j'entends ça, là... tu sais, parce que des chefs de dictature, il y en a aussi, là, comprenez-vous? Alors, politburo, moi, quand j'entends ça, c'est un manque de respect à la démocratie de Québec solidaire. Je ne comprends pas encore l'essence — d'ailleurs, ça pourrait être intéressant qu'il nous l'explique — l'essence de ce que je sens comme étant une insulte, mais la démocratie, à Québec solidaire, c'est quelque de précieux; 14 personnes élues dans des mandats spécifiques et dont la délibération arrive aux décisions que vous connaissez, parce que vous en entendez parler régulièrement.

La Modératrice : Simon Boivin, Le Soleil.

M. Boivin (Simon) : Bonjour, Mme Massé. Parlant du caractère précieux de la démocratie à Québec solidaire, est-ce que vous êtes à l'aise avec le fait que des gens, des militants de chez vous aient lancé une espèce de campagne de désabonnement au Devoir?

Mme Massé : Ah! ça, vous m'apprenez quelque chose. Des gens de chez nous, des gens du parti, des militants, des abonnés?

M. Boivin (Simon) : Ce qu'on comprend, c'est que c'est des militants, des sympathisants de Québec solidaire qui ont même forcé, aujourd'hui, la rédactrice en chef à faire un article, là, pour dire qu'eux essayaient de représenter le plus de points de vue possible, incluant ceux qui pouvaient déplaire aux gens sympathiques à votre cause.

Mme Massé : Oui. Bien, écoutez, moi, un, comme vous voyez, là, je ne suis absolument pas au courant de ça. Le Devoir est un des journaux, à travers le Québec, duquel on s'inspire, tous les matins, en se réveillant. C'est sûr que, dans les derniers jours, on a eu, comme ça arrive dans d'autres médias, on a eu une couverture assez extraordinaire, je dirais, dans les derniers jours, comme ça arrive dans d'autres médias écrits et autres.

Mais, ceci étant dit, je ne pense pas que Québec solidaire lance un appel à un désabonnement du seul journal indépendant, plus ou moins, qui nous reste, là. Voilà. C'est ce que je peux vous dire là-dessus, M. Boivin.

M. Boivin (Simon) : M. Lisée dit aujourd'hui que M. Nadeau-Dubois a triomphé sans gloire. Qu'est-ce que vous pensez de cette analyse?

Mme Massé : Bien, moi, je n'ai pas la même perspective. J'ai vu Gabriel sur le terrain, on a fait une vraie campagne. D'ailleurs, je rappellerai à M. Lisée que nous avons, à plusieurs reprises, réitéré que ça serait le fun qu'il y ait un candidat péquiste puisqu'il n'y avait pas d'enjeu de faire élire un libéral.

Donc, aujourd'hui, de venir dire que c'est sans gloire, au contraire, je pense que, lorsque vous regardez l'ensemble des citoyens qui ont été voter, la proportion avec laquelle M. Nadeau-Dubois a gagné cette élection, je pense que c'est une façon de vouloir minimiser quelque chose qui, dans mon sens... Tu sais, je veux dire, ce n'est pas Gabriel qui a gagné hier. Bien sûr, Gabriel, parce qu'il va être ici, puis on a hâte, parce qu'un troisième député nous manquait depuis déjà le mois de janvier, mais c'est Québec solidaire, hier, qui a profondément marqué des points.

Le Modérateur : Patrick Bellerose, LeJournal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour. Juste une précision. Donc, vous allez recommander à la CCN de ne pas se dissocier des propos qui ont été tenus sur le plancher du congrès.

Mme Massé : Moi, ce que je dis, c'est : Les gens qui vivent une situation d'oppression...

M. Bellerose (Patrick) : Ça, j'ai tout à fait compris, mais vous faites partie de la CCN.

Mme Massé : Absolument.

M. Bellerose (Patrick) : Vous allez faire une recommandation aux 13 autres membres, ça va être de ne pas se dissocier?

Mme Massé : Je n'ai pas dit ça.

M. Bellerose (Patrick) : Bien, je vous pose la question.

Mme Massé : Ah! O.K., ça ne paraissait pas. Vous aviez l'air à faire une affirmation, plutôt.

M. Bellerose (Patrick) : C'est ce qu'on comprenait.

Mme Massé : Alors, je recommence, parce que, si vous voulez...

M. Bellerose (Patrick) : Non, je vous demande simplement quelle sera votre recommandation : se dissocier ou ne pas se dissocier des propos?

Mme Massé : C'est intéressant comment vous acceptez d'être cadré dans le discours écrit dans cette lettre-là, qui ne s'adresse pas à moi, mais à mon comité de coordination.

M. Bellerose (Patrick) : Bien, vous en faites partie. Je vous demande simplement votre recommandation.

Mme Massé : Oui. Moi, ce que je vais rappeler à mon CCN, c'est que les gens qui vivent la situation d'oppression, notre job, dans la vie, c'est de les protéger. Et c'est pour ça que Québec solidaire existe, parce qu'il y a plein de monde qui ne semblent pas se préoccuper de l'effet de leurs paroles sur, par exemple, les femmes qui portent le hidjab et qui travaillent en milieu de garderie.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, logiquement, on comprend que vous allez recommander...

Mme Massé : Alors, moi, ce que je vais rappeler à mon CCN, c'est que, si on a fondé Québec solidaire, c'était pour faire les choses autrement et de faire les choses autrement veut dire aussi de protéger les gens qui ont vécu des situations toxiques et qui, aujourd'hui, dans une liberté d'expression, pas de discours haineux... Québec solidaire ne tolère pas des discours haineux. Dans la liberté d'expression, les gens sont libres de pouvoir s'exprimer, surtout quand on est en débat sur des éléments qui ont blessé des gens.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, j'en reviens à ma question. Logiquement, je comprends que vous allez recommander de ne pas se dissocier des propos qui ont été tenus.

Mme Massé : Écoutez, je ne sais pas comment vous le dire. Vous voulez me faire dire quelque chose de spécifique parce que c'est comment le PQ l'a cadré. Est-ce que, moi, je demande à M. Lisée de s'excuser d'accuser mes leaders, chez nous, 14 personnes, de politburo? Je ne lui demande pas ça. Vous ne me demandez pas pourquoi je ne lui demande pas, parce qu'il faut sortir de ça. Actuellement, là, qui fait mal au Québec? C'est le Parti libéral. C'est là qu'il faut mettre nos énergies.

Alors, c'est pour ça, je pense que, puis vous l'écrirez comme vous voulez, je ne vais pas répondre à celle-là. Je ne vais pas répondre parce que vous cadrez ça dans une façon... Et regardez comment vont les choses depuis une semaine, là, hein? Alors, allons là où ça urge. Le Parti libéral sur les propos haineux, parlons-en, là, sur les propos haineux, sur la laïcité... On n'a plus parlé du projet de loi n° 62 depuis des semaines.

Si vous voulez qu'on parle des vraies affaires, ce n'est pas de se dissocier ou non, c'est de dire : Quand est-ce que ce projet de loi là va être appelé? Quand est-ce qu'au Québec on va reparler de laïcité? Nous, à Québec solidaire, c'est ça qu'on attend, pas juste de parler du passé.

M. Bellerose (Patrick) : J'aimerais vous...

La Modératrice : Martin Croteau, LaPresse.

M. Bellerose (Patrick) : Juste une...

La Modératrice : Bien, il y a déjà eu une sous-question.

M. Bellerose (Patrick) : Oui, mais une deuxième question.

Une voix : Bien là, franchement. Vas-y, Patrick.

La Modératrice : O.K., allez-y.

Une voix : Vas-y, Patrick, ça ne nous dérange pas

Mme Massé : Chicanez-vous pas, les gars.

M. Bellerose (Patrick) : J'aimerais juste vous entendre sur la participation de plusieurs membres de Québec solidaire, de l'organisation de Québec solidaire, à un événement marxiste en 2013. Est-ce que c'est correct pour vos membres de participer à un tel événement?

Mme Massé : Moi, je trouve que de se nourrir intellectuellement, là, c'est génial. Il y a plein de gens qui vont dans des congrès de la chambre de commerce que vous ne remettez jamais en question.

À Québec solidaire, notre passé — bien, notre passé qui a quand même 11 ans — notre passé est un passé de rigueur intellectuelle, et moi, je pense que la grille — et là vous m'avez dit que c'était marxiste, j'ai lu votre article — la grille marxiste, la grille féministe, la grille au niveau du néolibéralisme, etc., sont des grilles d'analyse qui méritent d'être étudiées. La rigueur intellectuelle nous donne ce devoir-là, et que ce soit là ou dans d'autres types de congrès, j'espère que les membres de Québec solidaire vont s'y nourrir.

Ceci étant dit, pourquoi se nourrir d'une analyse de classe tout d'un coup? C'est ça qui est le problème. Je ne comprends pas ça, moi. C'est comme l'affaire des politburos. Je ne comprends pas pourquoi, l'analyse de classe, c'est un problème. Moi, je viens de la classe populaire, je viens de la classe ouvrière. Je suis fière de ça. Je suis rendue où je suis rendue. Alors, c'est quoi, le problème? Ça fait que je n'en vois pas de problème, mais je n'y étais pas personnellement. Ce n'était pas votre autre question?

La Modératrice : Martin Croteau, LaPresse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour, Mme Massé.

Mme Massé : Bonjour, Martin.

M. Croteau (Martin) : Je m'excuse, je vous prie de me pardonner si je reste dans le cadre fixé par le Parti québécois, mais c'est parce que j'ai un peu de misère à vous suivre, parce que, d'entrée de jeu, vous dites : Le Parti québécois n'est pas raciste. Ensuite, je comprends que vous comprenez les gens qui ont exprimé leurs opinions sur le plancher. Et lorsqu'on vous demande : Donc, quel sera votre recommandation?, là, vous ne voulez pas répondre à la question. Donc, c'est peut-être un peu pour ça que vous avez plusieurs questions.

Donc, concrètement, là, est-ce que quelqu'un sur le plancher aurait dû intervenir pour à tout le moins rappeler ces militants à l'ordre ou dire, au nom de la direction du parti, que ce sont des propos qui sont peut-être excessifs? À vos yeux, est-ce que quelqu'un aurait dû intervenir, ces jours-là?

Mme Massé : Écoutez, quand j'ai été devant vous face à Alice Paquet, plusieurs d'entre vous ont trouvé que j'exagérais de dire : Je la crois. Je crois profondément qu'il y a des gens qui ont la peau noire, qu'il y a des gens qui porte le hidjab qui sont et qui ont été discriminés, et ils et elles associent ça à, disons, l'atmosphère qu'a laissé planer au Québec la charte des valeurs, discriminatoire pour eux autres.

Alors, ce que je vous dis, c'est : Pour moi, que quelqu'un qui vit une situation nomme les choses telles qu'ils les vivent, je peux comprendre. Je ne suis pas pour dire : Tu as tort. Je suis qui pour dire : Tu as tort? Je suis qui, moi, qui ne vit pas ça pour dire : Tu as tort. Ceci étant dit, il n'y a personne qui est venu au micro pour dire : Il faut mettre à mort le PQ. Aïe! ça, c'est des propos haineux. C'est une autre chose, ça.

M. Croteau (Martin) : Mais donc, si je suis votre raisonnement, vous dites : Le Parti québécois n'est pas raciste, mais, trois petits points...

Mme Massé : Il a une introspection à faire sur les actions qu'il a posées, les impacts que ça a eu, et je pense que ce que ça... Tu sais, est-ce qu'il va vers, par exemple, des femmes qui portent le hidjab, voir qu'est-ce que ça a eu comme impact, leur choix. Il y a des réparations qu'on a tous et toutes à faire, dont notamment ceux qui ont leadé ça.

M. Hicks (Ryan) : Hello. You said that the PQ isn't racist. Was the charter racist?

Mme Massé : The charter makes exclusions. That was the fail point because make exclusions say : What's good Quebeckers? What's not good Quebeckers? And the impact of this charter makes people feel, let's say Muslims or «personnes racisées», excluded from our society.

M. Hicks (Ryan) : Do you think… we are talking about Jean-François Lisée calling the CCN a politburo and all of this and people kind of waking up, in the last week and a half or so, about the way Québec solidaire works, that you have this committee, and you're a spokesperson and you make decisions together? Do you regret or is there anything that the party could have done better to better educate people about the way your party works?

Mme Massé : I think, in the last 11 years… Let's say just the spokesperson… although now some people continue to say you're chief, but, for 11 years, we explained that we don't have a chief in Québec solidaire. We have spokespersons, and these spokespersons take their mandates to the direction committee, the CCN. So, of course, I think it's another rock that we put on the building to explain how democracy… how, in Québec solidaire, we're doing democracy.

Mme Fletcher (Raquel) : Just a quick question on the special law yesterday. You were out in the crowd for a litter while. The union say that they are going to contest this law, that they are going to take it to court. Is Québec solidaire supporting them in that route?

Mme Massé : Yes, because what we saw yesterday, it's the «gouvernement du Québec» adopt a law who is… It's not going in the same say of what the Supreme Court said in Saskatchewan, that's the right to deliberate, to negotiate between workers and the «patronat».

Mme Fletcher (Raquel) : The employers.

Mme Massé : Employers. So the workers and the employers, this right, it's protected by the Saskatchewan… not bill, but you know. So, yes, the workers said that they will contest it, and I think it's a good idea because what we saw yesterday, it seems that it will not be recognized as legal.

Mme Fletcher (Raquel) : What do you mean when…. what we saw yesterday?

Mme Massé : In the back-to-work legislation, what we've studied last night, if I can say, what we saw, it's, let's say, the Minister of the… Work Minister?

Mme Fletcher (Raquel) : Labor Minister.

Mme Massé : The…

Mme Fletcher (Raquel) : The Labor Minister.

Mme Massé :Thank you. So the Labor Minister decides that, in the law… in the bill, she proposes that she will be able to identify what the committee, the «comité d'arbitrage» will have on their plate if we go at that point. It's very special because, you know, the process of negotiation, it's right in the Code du travail. And, in that law, «l'arbitre»…

Mme Fletcher (Raquel) : The arbitrator.

Mme Massé : The arbiter, you know, the one who has to make the «arbitrage» between the two... The person has the responsibility to identify what is the issue that he has to give his recommendation. And now, with the law that we adopted last night, the Minister will say, would be able to say to the «arbitre» what this person has to choose to be in. So this is against… I think, this is the against the supreme… The Supreme Court will tell us that, I think, this is against the law. Merci.

(Fin à 11 h 43)

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