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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le mercredi 20 septembre 2017, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-trois minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Lundi, Philippe Couillard, alors qu'il assistait à une rencontre sur le climat à New York, a fait une déclaration stupéfiante, un virage historique. Philippe Couillard nous annonce que, selon lui, l'ère de la construction de grands barrages hydroélectriques est terminée. Imaginez-vous, le premier ministre du Québec qui dit : À l'avenir, le Québec va se spécialiser dans le solaire. Moi, je voudrais savoir, là, quel mandat Philippe Couillard a donné au président d'Hydro-Québec qui, encore récemment, au mois d'octobre dernier, nous parlait de grands barrages en 2020. Ça sent l'improvisation.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'au Québec l'hydroélectricité, c'est au coeur de notre développement. On a développé une expertise, là, on est parmi, c'est réel, on n'a pas besoin d'être gênés, on est parmi les meilleurs au monde en hydroélectricité. On a une expertise qui est reconnue partout dans le monde. Et là Philippe Couillard, lundi, après avoir fait quelques lectures, vient nous annoncer qu'on met tout ça aux poubelles puis que maintenant le Québec va se concentrer sur le solaire. Donc, on va entrer en compétition avec à peu près tous les pays dans le monde qui essaient de développer le solaire.

Puis comprenez-moi bien, là, moi aussi, je fais des lectures, comme  Philippe Couillard. C'est vrai qu'on essaie de développer le solaire, c'est vrai qu'on essaie de développer une batterie qui va garder l'énergie, c'est vrai qu'on parle de la possibilité d'avoir des autos où il y aurait un toit qui capterait l'énergie solaire puis qui permettrait de faire rouler les voitures sans autre énergie. On comprend tout ça, là. Mais quand, à quel coût, quel volume d'énergie ça va nous apporter, le solaire, ça, M. Couillard ne nous a pas donné de réponse. Sur un coup de gueule, en improvisant, il a décidé que c'était fini, les grands barrages hydroélectriques au Québec.

Ce qu'il faut savoir en même temps... D'abord, prenons l'Ontario. En Ontario, il y a actuellement des projets de 20 milliards de dollars pour rénover des centrales nucléaires. Dans le nord-est américain, il y a des immenses besoins en électricité et, si le Québec construisait, demain matin, des nouveaux barrages, il pourrait desservir ces marchés-là à peu près à la moitié du prix, incluant le coût des lignes de transport. Donc, pourquoi prendre cette décision comme ça, de façon improvisée?

L'autre chose qu'il faut se rappeler, c'est que le Québec a un contrat important avec Terre-Neuve, le contrat qu'on appelle Churchill Falls. Ce contrat se termine en 2041. Quand on sait que ça prend à peu près 10 ans pour construire un barrage, bien, il va falloir penser, dans les prochaines années, à remplacer ce contrat-là de Churchill Falls. Donc, pourquoi exclure toute nouvelle construction de barrage hydroélectrique?

Un gouvernement de la CAQ va être ambitieux. On l'a déjà dit, on a appelé ça Baie-James du XXIe siècle. Moi-même, je vais accompagner l'éventuel ou l'actuel président d'Hydro-Québec pour aller négocier des contrats importants d'exportation d'électricité en Ontario, au Nouveau-Brunswick, dans les États du nord-est américain, et, oui, je vais tout faire pour qu'on soit capables de fournir cette électricité, cette électricité propre, à moindre coût, qui créerait des milliers d'emplois bien payés. Donc, oui, un gouvernement de la CAQ va avoir de l'ambition.

Donc, je demande à Philippe Couillard d'avoir un peu plus d'ambition, de ne pas baisser les bras, de continuer de négocier avec l'Ontario, de continuer de négocier avec le nord-est américain. Puis je ne parle pas de négociation de petits contrats de quelques térawattheures, comme il a fait depuis qu'il est au pouvoir, là. Je parle de contrats importants qui exigeraient non seulement d'utiliser tous nos surplus, mais, en plus, de construire des barrages, de développer l'éolien, de travailler encore plus sur l'efficacité énergétique. Ayons de l'ambition.

Donc, je demande à Philippe Couillard de revenir les deux pieds sur terre puis de nous dire qu'il s'est trompé à New York, que, dans le fond, il ne veut pas exclure la construction de barrages électriques puis qu'il envoie un message clair aussi à Hydro-Québec qu'on continue de travailler sur le développement d'une nouvelle Romaine ou de la rivière Rupert, qu'on continue de négocier avec nos voisins, qu'on continue d'avoir de l'ambition. Ce qu'on remarque encore une fois, c'est que Philippe Couillard manque d'ambition quand il s'agit de parler de développement économique.

La Modératrice : Merci beaucoup. Alain Laforest, TVA.

M. Legault : Bonjour.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous tous. Vous avez lu la politique énergétique d'Hydro-Québec, c'est écrit dedans, le développement du solaire. Elle est où, votre surprise?

M. Legault : Bien, ma surprise, c'est que le solaire peut être une énergie d'appoint qui s'ajoute à l'hydroélectricité, mais, pour l'instant, le solaire est beaucoup plus coûteux que l'hydroélectricité. Puis on ne parle pas de volume, là. Écoutez bien, là, on est dans le Nord, nous autres, là. Est-ce qu'on pense qu'on va être meilleurs que les Américains, que tous les pays européens, que tous les pays asiatiques en solaire demain matin? Je veux dire, soyons réalistes, là, notre expertise, c'est dans l'hydroélectricité. Il y a des grands besoins dans le nord-est américain, il y a des grands besoins en Ontario qu'on ne pourra pas combler avec le solaire.

Qu'on développe en parallèle le solaire, je n'ai pas de problème avec ça. Qu'on continue de se poser des questions sur l'efficacité énergétique, je n'ai pas de problème avec ça. Mais si, demain matin, on voulait desservir, par exemple l'Ontario, bien, on aurait besoin de barrages. On ne pourrait pas faire ça seulement avec du solaire.

M. Laforest (Alain) : Actuellement, on est en surplus énergétique, pas mal.

M. Legault : Oui, à peu près une dizaine de terawattheures.

M. Laforest (Alain) : C'est beaucoup.

M. Legault : Bien, écoutez, moi, je pense qu'on pourrait exporter des dizaines de terawattheures en Ontario, aux États-Unis. Ayons de l'ambition. En plus, il y a le contrat de Churchill Falls qui vient à échéance en 2041. Donc, ces surplus-là, ce sont des petits surplus qu'on est capable... Si on avait de l'ambition, là, si Philippe Couillard, depuis trois ans et demi, avait été dynamique dans ses négociations avec les États-Unis, avec l'Ontario, avec le Nouveau-Brunswick, ça fait longtemps qu'il n'y en aurait plus de surplus. Il faut être capable d'utiliser ces surplus puis d'en développer, des nouveaux volumes, pour être capable d'exporter davantage puis d'exporter... Actuellement, là, on exporte une trentaine de térawattheures, puis là Philippe Couillard, lui, il en a signé deux depuis qu'il est là, puis on a à peu près 10 térawattheures de surplus. Le 10 térawattheures, si on regarde ça sur 10, 20, 30 ans, ce n'est rien.

M. Laforest (Alain) : Économiquement, vous trouvez que c'est plus rentable de construire un barrage à coups de milliards que d'aller avec des champs solaires.

M. Legault : Bien oui. Écoutez, actuellement, quand vous regardez, par kilowattheure, ça coûte beaucoup moins cher, l'hydroélectricité, que le solaire, puis surtout ça fournit des volumes beaucoup plus grands.

La Modératrice : Merci beaucoup. Hugo Pilon-Larose.

M. Legault : Puis une puissance beaucoup plus grande.

La Modératrice : Hugo Pilon-Larose, LaPresse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Vous parlez donc de construire des nouveaux barrages. Par contre, est-ce qu'il y a une évaluation du coût, de combien ça va coûter par kilowattheure versus combien qu'on est capables de vendre ça par la suite sur le marché dans une perspective d'avenir? Combien ça va être vendu dans 10 ans, là?

M. Legault : Oui. Bien, je vais vous donner quelques chiffres, puis on va vous donner des chiffres précis d'ici l'élection de 2018, là, avec notre projet Baie-James du XXIe siècle. On dit que le coût de la Romaine est autour de 0,07 $, 0,08 $ le kilowattheure. Or, les coûts en Ontario puis dans le nord-est américain sont à plus de 0,20 $ à peu près partout. Donc, il y a effectivement une énergie propre, moins coûteuse, donc c'est un «win-win», là. On va dire à l'Ontario puis au Nord-est américain : On vous amène de l'énergie propre à la moitié du coût.

Donc, pourquoi pas? Pourquoi construire puis prendre le risque du nucléaire? Pourquoi prendre le risque ou bien... quoiqu'aux États-Unis, bon, je comprends que Donald Trump, ça le dérange moins, là, mais on parle de centrales au charbon, de centrales au gaz. Si, demain matin, le Québec construit un nouveau barrage puis exporte aux États-Unis, on est gagnants au point de vue environnemental puis on est gagnants économiquement. Nous, on crée des emplois payants, puis les États-Unis paient la moitié du coût qu'ils paient actuellement.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais dans une perspective d'avenir, donc, vous pensez que c'est possible de construire des barrages ou que le coût qu'on va retirer en vendant notre électricité va être... ça va nous rapporter davantage que qu'est-ce qu'on a mis pour bâtir le barrage.

M. Legault : Absolument. Regardez, je vous répète, Romaine, à peu près 0,08 $, donc absolument, c'est à peu près... c'est moins de la moitié du coût qu'on a en Ontario puis dans le Nord-est américain.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...deuxième sujet, sur la hausse de la rémunération des médecins de famille, on apprend ce matin que cette hausse-là serait de 10 % sur trois ans. Est-ce que c'est trop? Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Legault : C'est pathétique, la façon dont négocie Gaétan Barrette depuis trois ans et demi. Quand il était avec la CAQ, pourtant, il était d'accord avec nous. Ce qu'on doit faire avec les médecins de famille, là, c'est d'échanger une nouvelle rémunération contre une prise en charge des patients. O.K.? Il faut que chaque Québécois ait un médecin de famille ou un groupe de médecine de famille qui est disponible lorsqu'il est malade.

Actuellement, là, on a le trois quarts des Québécois qui ont un médecin de famille, un quart des Québécois qui n'ont pas de médecin de famille. Mais, dans le trois quarts de Québécois qui ont un médecin de famille, quand ils appellent pour prendre un rendez-vous, des fois, ça prend une semaine ou deux. Donc, ils sont obligés d'aller à l'urgence, engorger les urgences.

Les États dans le monde où ça fonctionne, c'est qu'on paie les médecins à la capitation plutôt qu'à l'acte. Or, Gaétan Barrette, puis je ne sais pas pourquoi il a changé d'idée, s'entête à augmenter le salaire. 65 % actuellement de la rémunération des médecins de famille est payée à l'acte, puis là il donne des petits bonis à gauche, à droite. Il faut que la majorité de la rémunération soit payée par patient. Il faut que le médecin de famille ait un avantage financier à déléguer des actes aux infirmières.

Actuellement, il n'y a pas d'avantage, sauf quelques bonus, là, il n'y a pas d'avantage, pour un médecin de famille, à déléguer des actes aux infirmières parce qu'il n'est pas payé. Il n'y a pas d'avantage, à un médecin de famille, à régler des problèmes au téléphone parce qu'il n'est pas payé. Donc, le paiement à l'acte cause un problème, puis Gaétan Barrette, tout ce qu'il fait, c'est qu'il empile de l'argent de plus en plus avec les médecins de famille, mais il n'a pas le courage de leur demander de prendre en charge des patients.

Puis on a assez de médecins de famille au Québec. On a 8 500 médecins de famille pour 8,3 millions d'habitants. Ça donne 1 000 patients par médecin de famille. En faisant un travail dans les GMF avec des infirmières, il y en a assez, des médecins de famille.

Mais actuellement, ceux qui ont un médecin de famille, il n'est pas disponible, puis il y en a le quart qui n'ont pas de médecin de famille. Puis, pendant ce temps-là, bien, Gaétan Barrette, par en arrière, il augmente le salaire des médecins de famille sans exiger une prise en charge. Je trouve ça déplorable, pathétique.

La Modératrice : Merci beaucoup. Charles Lecavalier, Le Journal de Québec.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour, M. Legault.

M. Legault : Bonjour.

M. Lecavalier (Charles) : Sur les barrages, les prochains barrages qu'Hydro-Québec va construire vont sûrement avoir un coût plus élevé, là, que 0,08 $, 0,09 $...

M. Legault : Pas vraiment.

M. Lecavalier (Charles) : Bien, c'est avec le financement... les coûts de construction seront plus élevés dans cinq ans qu'il y a 10 ans, non?

M. Legault : Non, pas vraiment, là.

M. Lecavalier (Charles) : Mais juste pour faire ma question, les éoliennes, là, produisent de l'énergie de plus en plus à bas prix. Tu sais, on parle maintenant de 0,06 $, 0,07 $ le kilowattheure, donc en bas de La Romaine. Alors, dans ce cas-là, ce ne serait pas mieux de se lancer peut-être plus dans l'éolien si c'est moins cher?

M. Legault : Bon, j'ai eu des discussions avec certains gouverneurs du nord-est américain qui, eux, proposaient qu'eux aient des éoliennes puis que, nous, on fournisse l'hydroélectricité. Il y a des avantages avec l'hydroélectricité. On peut accumuler l'eau dans des bassins puis l'utiliser aux heures de pointe, ce qui est plus difficile ou même impossible avec des éoliennes.

Mais vous avez raison, les éoliennes sont rendues à 0,06 $, 0,07 $ du kilowattheure, donc ça devient intéressant. Le problème que j'ai avec les éoliennes qui ont été construites, c'est que le gouvernement n'a pas été dynamique pour signer des contrats d'exportation. Je veux dire, quand on est en surplus, bien, on ne peut pas penser développer l'éolien ou les barrages, mais là ce qu'on doit donner comme mandat au président d'Hydro-Québec, c'est de dire : Aïe! il faut accélérer le développement des exportations. Comment se fait-il que l'Ontario va développer, à 20 milliards de dollars, de la rénovation de centrales nucléaires, alors qu'on pourrait leur fournir l'électricité à moitié prix avec des nouveaux barrages. Ça pourrait être une combinaison, hein, on vous l'a dit.

Dans le projet Baie-James du XXIe siècle, il y a une combinaison de trois sortes d'énergies : barrages, éolien et efficacité énergétique. Il y a encore beaucoup de travail à faire de ce côté-là. Ça coûte encore moins cher. On parle de 0,04 $ à 0,05 $. Donc, il y a possibilité d'accumuler des volumes, de les exporter, mais là Philippe Couillard lundi, là, vient d'envoyer un message à Éric Martel : Occupez vous plus de ça, les exportations, là, il n'y en aura plus de barrages. Tu sais, le gros du volume au Québec, là, c'est l'hydroélectricité. Quand on regarde l'éolien puis les autres formes d'électricité, c'est des formes d'appoint. Puis, pour l'instant, dans un avenir prévisible, il n'y a pas personne qui pense qu'au Québec on va remplacer l'hydroélectricité par le solaire à des coûts comparables. Voyons donc.

Je vous le dis, là, j'ai une petite idée peut-être de quelle sorte de reportages Philippe Couillard a vu, là. Moi, je les ai vus aussi les reportages, hein? On montre des autos électriques avec un toit qui prend son énergie avec le solaire, mais, je veux dire, il y a une différence entre faire une lecture, là, puis venir dire : Je mets aux poubelles l'expertise québécoise en matière hydroélectrique. Je veux dire, c'est irresponsable, c'est une méconnaissance de l'économie du Québec.

M. Lecavalier (Charles) : Quel gouverneur américain... Vous dites que vous avez rencontré, le gouverneur américain...

M. Legault : Bien, on a rencontré... à un moment donné, il y a eu des gouverneurs qui sont venus ici, puis on les a rencontrés. On a eu des rencontres avec eux, puis ils étaient intéressés à dire : Bien, est-ce qu'on ne pourrait pas avoir un complément, c'est-à-dire d'un côté, nous, on aurait l'éolien, puis vous fourniriez l'hydroélectricité via des lignes de transport.

Mais là on est un peu comme dans l'œuf et la poule, hein? C'est que pour être capable d'exporter plus de volume en Ontario puis aux États-Unis, ça prend des lignes de transport. Mais pour que les lignes de transport valent la peine, ça prend plus de volume. Donc, c'est là qu'il faut avoir de l'ambition. M. Couillard n'a pas d'ambition.

M. Lecavalier (Charles) : Dernière petite question. Est-ce que vous voulez relancer les projets de minicentrales ou vous visez vraiment des grands barrages dans le Nord-du-Québec, là?

M. Legault : Écoutez, il faut regarder les projets un par un. Il faut regarder leur coût puis il faut regarder le volume qu'ils apportent, là. Mais, si on parle d'exporter dans le nord-est américain puis en Ontario, on parle de grands projets puis de grands volumes. On ne parle pas de minicentrales, mais... Les minicentrales, si on est capables d'exporter, puis qu'il n'y a plus de surplus, puis que, dans certains coins, on est capables de fournir de l'électricité avec des minicentrales, on est ouvert à ça.

La Modératrice : Merci beaucoup. Antoine Robitaille, Le Journal de Montréal.

M. Robitaille (Antoine) : Que feriez-vous avec la controverse du Northern Pass. Vous savez, là, c'est compliqué, là, exporter aux États-Unis. Est-ce que ce n'est pas un mirage que de promettre ça aux gens. On voit avec... C'est beaucoup plus compliqué, là, juste construire une ligne de transport vers le sud, et il y a une partie des Cantons-de-l'Est qui demande de l'enfouissement. Est-ce que vous seriez favorable à l'enfouissement au Québec?

M. Legault : Écoutez, il faut regarder ça cas par cas, hein?

M. Robitaille (Antoine) : Mais ce cas-là?

M. Legault : Est-ce qu'il y a des lignes qui doivent être enfouies ou non? Quelles sont les personnes qui sont touchées? Quels sont les coûts? Je pense qu'il faut regarder ça. Je ne suis pas prêt à vous donner une réponse. Les futures exportations puis les futures lignes de transport vers les États-Unis puis vers l'Ontario, la même question va se poser. Est-ce que, dans certaines parties du trajet, il faudra enfouir ou est-ce qu'on laisse les lignes ouvertes comme actuellement? Ce sont des questions qu'il faut se poser.

Mais une chose qui est claire, là, c'est qu'il y a un potentiel de création de dizaines de milliers d'emplois bien payés, tu sais. Puis on a un problème au Québec, là. Quand Philippe Couillard dit que l'économie du Québec va bien, ce n'est pas vrai, là. On a un taux de chômage bas, mais il faut être capable de remplacer des emplois à 10 $, 15 $, 20 $ de l'heure par des emplois à 30 $, 40 $ de l'heure. Puis, quand on parle de développement hydroélectrique, c'est de ça qu'on parle, des emplois payants. C'est comme ça qu'on va arrêter de recevoir de la péréquation. Puis il pourrait même y avoir un jeu avec l'Ontario, où on pourrait dire : Écoutez, là, si on veut que le Québec contribue au Canada, bien, on pourrait peut-être vous fournir l'électricité à moindre prix.

M. Robitaille (Antoine) : Dans le cas du Northern Pass, seriez-vous prêt à perdre de l'argent à court terme en payant pour toute la ligne de transport jusqu'aux États-Unis et même aux États-Unis, parce que, là, il y a 100 kilomètres d'enfouissement? Seriez-vous prêt à perdre de l'argent...

M. Legault : Bien non, je ne suis pas prêt à perdre de l'argent. Par contre, il s'agit de savoir...

M. Robitaille (Antoine) : ...à court terme pour en faire...

M. Legault : Bien oui, bien, c'est ça, il s'agit de savoir... Sur l'amortissement d'une certaine période, il doit rester un profit. On n'ira pas faire des projets où on perd de l'argent.

M. Robitaille (Antoine) : Est-ce qu'il y a un sentiment anti-Québec, par exemple au Nouveau-Brunswick, qui empêche le Québec d'exporter de l'électricité là-bas, dans les Maritimes et en Ontario?

M. Legault : Bien, c'est pour ça que, nous, on ouvre la porte à ce que ça soit un partenariat. Notre projet, là, Baie James du XXIe siècle, ça pourrait être un partenariat, même dans l'actionnariat, même dans la construction, avec l'Ontario, avec le Nouveau-Brunswick. J'ai même évoqué de savoir qu'est-ce qu'on pourrait faire avec Terre-Neuve. C'est là. Jusqu'en 2041, il y a Churchill Falls, mais il y a du potentiel, là. Juste entre le Québec puis Terre-Neuve, les barrages les moins coûteux sont là.

Donc, est-ce qu'il y a des choses à développer? On sait que leur projet a doublé les coûts qui avaient été estimés. Donc, on a une expertise. Moi, je n'exclus pas la possibilité de faire un partenariat avec les autres provinces dans le développement énergétique au Canada, mais on a du potentiel. Puis c'est un manque de vision total de la part de Philippe Couillard de dire : L'ère des grands barrages hydroélectriques est terminée. Aïe! c'est grave là, c'est tout un virage. Robert Bourassa doit se retourner dans sa tombe, là.

M. Robitaille (Antoine) : Quelle implication du fédéral dans ces futurs projets-là? Parce que vous avez déjà dit, lorsque le fédéral a donné une garantie de prêt à Terre-Neuve, qu'il faudrait que le fédéral s'implique aussi. Quelle place pour le fédéral?

M. Legault : Bien, je pense que le fédéral devrait être appelé à financer une partie du projet, comme il l'a fait à Terre-Neuve. Donc, si on a un projet qui regroupe un certain nombre de provinces pour le développement de barrages qui vont fournir de l'électricité à ces provinces-là à un bon coût, je verrais très bien... puis je pense qu'on pourrait s'attendre à ce qu'il y ait un financement, une partie du financement qui vienne du gouvernement fédéral.

La Modératrice : Merci. Catherine Lévesque, Huffington Post.

Mme Lévesque (Catherine) : Bonjour. J'en profite pendant que vous êtes bien fâché. Que vous inspire la transformation du gouvernement Couillard?

M. Legault : La transformation?

Mme Lévesque (Catherine) : Qu'est-ce que ça vous inspire?

M. Legault : Bien, quelle transformation? Quelle transformation? On ne la voit pas, là. Ça fait 15 ans que les libéraux sont là, puis là ils nous disent : On n'a rien transformé depuis 15 ans, là, mais faites-moi confiance, on va le faire dans les quatre prochaines années. Moi, je n'ai pas vu de transformation.

Quand on regarde le réseau de l'éducation, on a un des pires taux de décrochage. Quand je regarde les médecins de famille, bien, on a des Québécois qui n'ont pas de médecin de famille de disponible. Quand on regarde la richesse au Québec, il y a une dizaine d'années, on recevait 4 milliards de péréquation. On est rendus qu'on en reçoit 11 milliards parce qu'on est plus pauvres que le reste du Canada. Pendant ce temps-là, Philippe Couillard, il dit qu'il est satisfait, mais qu'à l'avenir il va transformer.

Quelle transformation? Donnez-moi une idée. Le solaire? Est-ce que Philippe Couillard est en train de mettre tous ses oeufs dans le panier du solaire? Que lui, Philippe Couillard, va être meilleur que les Américains, meilleur que tout le monde dans le solaire? Voyons donc, ça ne tient pas de bout, là. Je ne sais pas qui sont ses conseillers économiques, là, peut-être qu'il est en train de les changer, là, mais je ne vois pas de transformation.

Mme Lévesque (Catherine) : Est-ce que vous êtes un politicien du siècle dernier?

M. Legault : Écoutez, moi, je suis quelqu'un qui lit beaucoup, hein, qui rencontre beaucoup de gens d'affaires, incluant des jeunes. J'ai deux jeunes aussi qui sont en administration et moi, je pense qu'on a besoin d'avoir une vision ambitieuse de l'économie. On est dans une économie où il faut se parler d'innovation.

Écoutez, j'ai écrit un livre, il y a cinq ans, pour développer des zones d'innovation près des universités au Québec. Bien, Philippe Couillard, il vient de découvrir ça il y a deux semaines, il a changé le nom, il appelle ça des «hubs», lui, ou des pôles d'innovation. Il vient de découvrir l'importance de rapprocher nos facultés de génie avec nos entrepreneurs. Il vient de découvrir ça, là. Mais, je m'excuse, il y a eu sa chance. Ça fait trois ans et demi qu'il est là, ça fait 15 ans que les libéraux sont là, le Québec n'avance pas, le Québec est sur pause. Il est temps qu'on recommence à avancer avec un gouvernement de la CAQ.

Le Modérateur : Merci. Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Bonjour, M. Legault. Vous évoquez la fin de l'entente concernant Churchill Falls en 2041 et vous dites : Bon, il faudrait peut-être envisager des alternatives, mais le barrage va toujours être là en 2041. Il y aura sans doute une volonté puis peut-être que Terre-Neuve n'aura pas le choix de signer un nouveau contrat. Vous excluez ça?

M. Legault : Oui, mais là, actuellement, on paie moins de 0,01 $ kilowattheure. O.K.? Probablement que Terre-Neuve ne voudra pas resigner à ce prix-là, O.K., puis peut-être que Terre-Neuve va vouloir exporter cette électricité-là. Ça sera une négociation, mais ce qu'on sait, c'est qu'on va avoir des besoins. Si Terre-Neuve, demain matin, nous dit : C'est 0,12 $, c'est 0,13 $, puis nous, on est capables de le faire à 0,08 $, bien, on va le faire nous-mêmes, là. Ça devient une question économique. Mais on sait qu'en 2041 le contrat de Churchill Falls se termine, puis ça prend 10 ans, construire un barrage.

Donc, en économie, là, c'est demain matin, ça. Donc, quand je dis que Philippe Couillard n'a pas de vision, là, ça, c'est le meilleur exemple.

M. Lavallée (Hugo) : Donc, vous envisagez un scénario où, pour éviter d'avoir à transiter par le Québec, Terre-Neuve construirait une nouvelle ligne sous-marine pour exporter... parce qu'il me semble, le Québec est quand même en position relativement bonne.

M. Legault : Écoutez, tous les scénarios sont possibles, incluant de faire un partenariat avec Terre-Neuve pour développer des nouveaux barrages. Les besoins sont énormes en Ontario, les besoins sont énormes dans le nord-est américain. Donc, Terre-Neuve et le Québec ont du potentiel incroyable pour développer des barrages, à même pas la moitié du coût de ce que va investir ou ce que compte investir l'Ontario. 

D'ailleurs, Mme Wynne est ici dans les prochains jours. Je veux en discuter avec la première ministre de l'Ontario. Je pense que la première ministre de l'Ontario doit comprendre, là, un gouvernement libéral, là, il n'y en aura pas de deal important pour leur fournir d'électricité avec un nouveau barrage. Mais moi, je veux dire à Mme Wynne, là, qu'avec un gouvernement de la CAQ, oui, on est prêts à déposer une offre pour leur fournir de l'électricité en volumes importants, à un coût très, très, très compétitif.

M. Lavallée (Hugo) : Sur un autre sujet, qu'est-ce que vous pensez du refus de M. Trudeau de commenter la situation en Espagne? Il ne veut pas condamner les gestes de Madrid.

M. Legault : Je comprends. Je comprends que ce n'est pas au Québec ou au Canada à se mêler de négociations entre Madrid puis Barcelone.

M. Lavallée (Hugo) : Ça ne vous inquiète pas, ce qui se passe là-bas?

M. Legault : Bien, oui, c'est inquiétant, puis on n'aime pas ça, voir ça. On aimerait ça qu'ils s'entendent sur la forme que prendrait le référendum, mais ce n'est pas à nous à aller dire : Une des parties a raison puis l'autre partie n'a pas raison, là. Écoutez, ce n'est pas notre rôle.

La Modératrice : Merci. Caroline Plante, LaPresse canadienne.

M. Legault : Bonjour.

Mme Plante (Caroline) : M. Legault, allez-vous demander une rencontre seul à seul avec Mme Wynne?

M. Legault : Il y en a une de prévue déjà, oui.

Mme Plante (Caroline) : O.K. Sur le racisme systémique, êtes-vous d'accord avec la motion de Québec solidaire qui demande une rencontre d'urgence, demande au premier ministre de convoquer une rencontre d'urgence entre les représentants des quatre partis pour examiner les mesures à prendre pour améliorer, là, la consultation?

M. Legault : Oui.

Mme Plante (Caroline) : Vous êtes d'accord, oui?

M. Legault : Oui. Bien oui, parce que, là, M. Couillard, ce qu'il fait, c'est de la petite politique, hein? Il veut faire le procès des Québécois puis il veut essayer de démontrer qu'il y a un système de racisme au Québec. Moi, je pense qu'il n'y en a pas de système. Il y a des personnes racistes, il y a des gestes à poser pour réduire le racisme au Québec, travaillons sur de l'action, pas sur une consultation semi-privée, publique. Soyons constructifs, là.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce qu'il y a moyen d'améliorer, de changer les règles du jeu de la consultation pour qu'elle fonctionne?

M. Legault : Mais ce que vous me dites, c'est que, dans la motion, on dit qu'il faudrait poser des actions aussi. Moi, je pense qu'on est à l'étape des actions. C'est ça que vous dites, hein? Peut-être me la relire, j'ai peut-être mal entendu.

Mme Plante (Caroline) : Oui, O.K., relisons ensemble.

Donc : «Que l'Assemblée nationale demande au premier ministre de convoquer une réunion d'urgence entre les représentants des quatre partis [...] en Chambre pour examiner ensemble les mesures à prendre pour que la consultation — donc, sur le racisme systémique — puisse être menée dans la sérénité et avec l'adhésion la plus large possible...»

M. Legault : Oh non! Je m'excuse. Si c'est une...

Mme Plante (Caroline) : Donc, oui, c'est ça pour améliorer la consultation.

M. Legault : Si c'est pour améliorer la commission, là, à partir du moment où on dit : C'est une commission sur le racisme systémique, on n'est pas d'accord avec ça. S'asseoir pour parler de mesures à prendre pour réduire le racisme au Québec, ça, je serais d'accord pour m'asseoir.

Mme Plante (Caroline) : ...rien à faire avec cette consultation.

M. Legault : Avec cette commission-là, il n'y a rien à faire. C'est une mauvaise idée, puis on le dit depuis le début, oui. O.K.

La Modératrice : Merci. Marco Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, revenir rapidement sur l'hydroélectricité. Vous dites que le Québec pourrait vendre, devrait vendre à prix très, très, très — je ne sais pas il y avait combien de «très» — compétitif son hydroélectricité.

Est-ce que c'est le principal frein présentement à l'exportation d'hydroélectricité, selon vous?

M. Legault : Non, il y a plusieurs freins. Un, ça prend des lignes de transport. Deux, c'est sûr que l'Ontario veut créer des emplois en rénovant ses centrales nucléaires, mais ce qu'il faut expliquer à l'Ontario, c'est que, s'ils ont accès à des prix d'électricité où nous, on fait un profit, mais où, eux, ont un prix beaucoup plus bas, ça va rendre leurs entreprises plus compétitives puis ça va créer éventuellement des emplois. Donc, c'est ça qu'il faut expliquer à l'Ontario. Il ne faut pas juste regarder les emplois pendant la construction, il faut regarder les emplois une fois qu'on a accès à de l'énergie à bas coût.

Donc, c'est un peu ça, là, le frein. Je pense que c'est beaucoup sur la création d'emplois en Ontario, qui est la difficulté actuellement. Mais je pense que ça se contourne. Je pense aussi que, si on leur propose un partenariat… On peut leur proposer aussi que la partie des lignes de transport qui est en Ontario soit construite par des employés de l'Ontario. Moi, je pense qu'il y a plusieurs façons de régler ces problèmes-là, mais là Philippe Couillard, il a décidé, lui, il n'y en aura plus de barrages hydroélectriques, là. C'est incroyable.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Le premier ministre n'a pas raison en laissant entendre qu'il pourrait y avoir des emplois durables si on lance une industrie solaire forte?

M. Legault : L'un n'empêche pas l'autre.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Parce que la construction de barrages, c'est des emplois temporaires. C'est bien rémunéré, mais ça dure le temps que ça dure, non?

M. Legault : Oui, mais, écoutez, d'abord, il faut opérer aussi ces centrales-là. Il y a des emplois pendant l'opération. À la Baie-James actuellement, il y a quand même des employés. Puis il faut comprendre que c'est la même chose aussi un peu pour le solaire. C'est beaucoup pendant la construction, mais, comme je vous dis, le potentiel en volume puis, pour l'instant, en coûts n'est pas là. Est-ce qu'il va être là dans 25, dans 50 ans? Peut-être. Mais pour l'instant, il n'y a pas personne qui pense qu'on pourrait, demain matin, remplacer l'hydroélectricité par le solaire, là.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Et pourquoi M. Couillard, selon vous, persiste-t-il à vouloir tenir sa consultation sur la discrimination systémique?

M. Legault : Écoutez, j'ai ma petite idée, là, mais, bon, comme je vous dis, je pense qu'il veut marquer des points politiques puis, de la même façon qu'il m'a accusé, à plusieurs reprises, d'être intolérant, il veut essayer de faire comme une démonstration que lui est la personne la plus tolérante au Québec.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Ça peut fonctionner, ça?

M. Legault : Écoutez, je ne pense pas.

La Modératrice : Merci beaucoup. Donc, on va prendre une dernière question en français, Alain Laforest.

M. Laforest (Alain) : Une complémentaire.

M. Legault : Complémentaire.

M. Laforest (Alain) : Le Dr Barrette va annoncer un deuxième bain pour les aînés ce matin.

M. Legault : Oui, je me rappelle très bien de Gaétan Barrette, de façon arrogante et condescendante, quand il a répondu à cette demande de François Paradis. Il nous a fait une longue explication sur le lavage à la débarbouillette, hein? Vous vous rappelez de ça?

Là, aujourd'hui, il semble avoir compris ce que voulait dire François Paradis, puis que, oui, s'il offre deux bains, on va être contents. Ça aura juste pris un petit peu de temps pour que le Dr Barrette comprenne.

M. Laforest (Alain) : Vous avez déjà été nationaliste. Ça ne vous dérange pas…

M. Legault : Je le suis toujours.

M. Laforest (Alain) : Vous êtes toujours nationaliste? Ça ne vous dérange pas de voir que l'Espagne veut bloquer une consultation?

M. Legault : Écoutez, je suis nationaliste québécois, en passant, hein? Je ne suis pas de la Catalogne, mais j'aimerais voir la Catalogne s'entendre avec l'Espagne sur une forme de consultation acceptable pour les deux parties, avec un encadrement du camp du Oui et du camp du Non. Écoutez, là, il y a peut-être des souverainistes qui vont trouver aujourd'hui qu'Ottawa est pas mal moins méchant que Madrid.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais, s'il vous plaît. Oui, Catou MacKinnon, CBC.

Mme MacKinnon (Catou) : Hi, Mr. Legault. What have the James Bay's Crees said about your plan to build more dams there?

M. Legault : I think, first, if you talk about James Bay, there is an agreement called la «Paix des Braves». Regarding other places, it has to be negotiated, and it's part of the time we need to have all negotiations, so it's important that we negotiate with them. But I think, right now, if we have a good project, a profitable project, if we involve the Natives Nations, if we give them some compensation, higher, some of them, I think we can find agreements and solve these issues.

Mme MacKinnon (Catou) : So have you had any discussions with the new Grand Chief of the Council of the Cree?

M. Legault : Not the Grand Chief, but some representatives, yes.

Mme MacKinnon (Catou) : And when was that?

M. Legault : OK. It was private discussion, yes.

Mme MacKinnon (Catou) : Was it in the last six months?

M. Legault : In the last few weeks, yes.

Mme MacKinnon (Catou) : And what about the public inquiry into the treatment of indigenous people in Val-d'Or?

M. Legault : What about what?

Mme MacKinnon (Catou) : The inquiry into the treatment of indigenous people, les consultations publiques sur certains services publics, et, ta, ta, ta, relations. So what about that? Because that's also taking a look at systemic racism.

M. Legault : That's right. I think that we have a commission, a federal commission right now.

Mme MacKinnon (Catou) : I'm sorry, this is the provincial, the provincial public inquiry. It's got a terribly long name, but it's la Commission d'enquête sur la relation entre les autochtones et certains services publics, which was launched after the allegations of mistreatment of women by SQ officers in Val-d'Or.

M. Legault : We have to have this commission and we need to have answers about what happened to those women, what can we do to solve this violence. So we need some answers and some solutions.

Mme MacKinnon (Catou) : So why would you be in favor of an inquiry against racism, against indigenous people, but not racism in the rest of the province or a general systemic racism inquiry?

M. Legault : I don't think… even the candidate of the Liberal Party in Louis-Hébert, she said that she never suffered of any kind of racism since 20 years. So I don't see that in Québec or in Montréal, but it's true that there are some issues with the Natives.

Mme MacKinnon (Catou) : So there's racism against indigenous people, but not against any other person of color in the province?

M. Legault : There's some, but not systematic racism. There's not system of racism in Québec.

Mme MacKinnon (Catou) : Why do you say that it would be putting Quebeckers on trial to have this consultation on systemic racism?

M. Legault : First, the name of the commission. To say that there is a systematic racism in Québec, it's not true. So that's the first point. And, second, I think we are at the step to table some solutions. We know which kind of solutions we can put in place, and it's about time we do something, instead of trying to study something that is not a system.

Mme MacKinnon (Catou) : But solutions to what, if there's no systemic racism?

M. Legault : Against racism in general. Some people are racists. Some people are racists, but there's no system. So I think we have, for example, to make sure that companies… that they don't have any segregation when they hire employees. We know that some of them have this kind of segregation. So we have to find ways to eliminate that.

La Modératrice : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : I just wanted to ask you about CHSLDs. Mr. Barrette is going to make an announcement this afternoon. I'm wondering if there is anything that he could say that would satisfy you at this point.

M. Legault :OK. First, I want to wait for the announcement. You remember that, many months ago, François Paradis asked him and proposed him to make sure that we will give two baths to all people in those centers. He refused at the time. So, if he changed his mind, good for Quebec.

Mme Fletcher (Raquel) : Is that enough, though? Is that going far enough, to give an extra bath a week?

M. Legault : We have to make sure that the way we treat our elders is respectful and, unfortunately, every month, we hear about an example of where we weren't respectful.

Mme Fletcher (Raquel) :OK. Merci.

La Modératrice : Merci. Maya Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Good morning, Mr. Legault. Nice to see you.

M. Legault : Good morning.

Mme Johnson (Maya) : With all due respect, I think that some critics might say that, for a person such as yourself, an affluent, white, male politician, it's easy to say that there is no systemic racism.

M. Legault : Yes.

Mme Johnson (Maya) : And those people might say : The fact that you deny that it exists points to the problem that people who don't experience it can't even see it. So, how do you respond to that? Because there clearly are people who feel that this is a very real problem.

M. Legault : OK. I think right now, in Québec, some people are racist. All right? And we have to propose ways to eliminate, at least, reduce this number of people. But the approach of Mr. Couillard to say that there is a system of racism in Québec, I don't accept that. I think that the vast majority of Quebeckers are open. They welcome people coming from outside or from different communities and… But there are some exceptions, and we have to make sure that we reduce those ones and that we are tough with these ones.

Mme Johnson (Maya) : And it may be true that most Quebeckers are welcome and open to others, but what about people who have more difficulty getting a job in the civil service, for example, because they don't have a francophone last name? Or people who have trouble renting an apartment because they are an immigrant, or a visible minority, or their name is Mohammed? How do you account for that?

M. Legault :OK. The CAQ proposes to have an individual help from Emploi-Québec to help people having difficulties finding a job because of their color or because of their community that they come from. So I think… And that's why we say we have to reduce the number of immigrants, but give them… keep the same budget and give each of them more help, including help to find a good job. It must be the priority.

Mme Johnson (Maya) : So what do you make of the fact that there's so much controversy surrounding the very existence of this commission? You're criticizing it, the PQ is criticizing it, Québec solidaire is criticizing it.

M. Legault : I think that, because the CAQ is asking to ban some religious signs, because the CAQ is asking for some test of values for the newcomers, Mr. Couillard is trying indirectly to treat Mr. Lisée and myself of racists. I don't consider myself racist, but Mr. Couillard is trying to do so, and it's part of his strategy to put this commission on a potential systemic racism in Québec, trying to put the focus on Mr. Lisée and myself. Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup. Merci.

Mme Mathieu (Annie) : ...les gens dans les CHSLD et donc on veut enlever tous les fumoirs qui existent dans la région. Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Legault : Bien, il faut voir comment ça va être appliqué, en pratique, là. Je peux comprendre qu'on ne veut pas incommoder ceux qui ne fument pas, mais, en même temps, bon, comment fait-on pour aider ceux qui ont des problèmes de mobilité. Je pense que c'est une question d'application pratique. J'ai hâte de voir comment ça va être appliqué, mais je ne peux pas... contre l'objectif, là.

Mme Mathieu (Annie) : M. Nadeau-Dubois dit : Vous démonisez l'exercice. Ils vont déposer une motion ce matin, là, pour essayer de travailler ensemble sur la consultation sur le racisme. Il dit que vous démonisez...

M. Legault : Ah! bien, lui, s'il croit, M. Gabriel Nadeau-Dubois, qu'il y a du racisme systémique au Québec, c'est son problème.

Mme Mathieu (Annie) : Merci.

(Fin à 9 h 4)

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