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Point de presse de M. François Paradis, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et de services sociaux

Version finale

Le vendredi 2 mars 2018, 9 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-cinq minutes)

M. Paradis (Lévis) : Bon vendredi matin, tout le monde. Merci d'être là. Ça fait que, là, on va y aller sur le dossier qui nous occupe, c'est le reportage d'Enquête, diffusé hier soir, sur l'apparence de favoritisme et les méthodes autocratiques du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, un reportage troublant, un reportage inquiétant, un reportage qui réclame maintenant des réponses à des questions. Il y a des fonctionnaires qui ont eu le courage de parler à des journalistes pour dénoncer les méthodes du ministre. Ce sont des sonneurs d'alerte. Alors, je les félicite. J'en profite pour inviter tous les autres qui ont des situations à dénoncer à se manifester. C'est comme ça qu'on apprend, c'est comme ça qu'on améliore les choses, c'est comme ça qu'on comprend ce qui se passe aussi.

M. le ministre de la Santé, on l'a dit souvent et on le remarque dans ses interventions, le ministre de la Santé pense qu'il sait tout, qu'il connaît tout. Entre vous puis moi, on n'est pas loin de ce qu'on a déjà appelé le complexe de Dieu, là. Je sais, je connais, j'ai vu et je décide. C'est ça qu'on a aussi appris dans le reportage, qu'on a confirmé dans ce reportage-là. Enquête rapporte que le ministre a accordé un nouveau permis de radiologie à un radiologiste de Saint-Jérôme malgré un avis contraire et unanime du comité d'experts. Bien, le comité d'experts, là, se base sur des analyses sérieuses. Ce n'est pas un oui ou un non griffonné sur un bout de papier. Ce sont des documents sérieux où tout a été analysé.

Le ministre a fait fi de cet avis-là. Le ministre a accordé le nouveau permis de radiologie au projet du Dr Guité. Eh bien, là, on a découvert qu'un certain Éric Rousseau a géré le dossier. Pour obtenir le nouveau permis, le Éric Rousseau en question s'est enregistré, en 2015‑2016, au Registre des lobbyistes pour influencer le ministre, les sous-ministres, les cadres. Ça, c'est le mandat. Vous irez le lire, il est écrit. Influencer le ministre, c'est son mandat. On peut vérifier. Qui est Éric Rousseau? Bien, au départ, c'est une bonne connaissance du ministre, une très bonne connaissance du ministre. Ils se connaissent depuis longtemps.

Quelques faits. Premièrement, Éric Rousseau était directeur général adjoint de la Société des radiologistes de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont à l'époque où Gaétan Barrette était radiologue dans cet hôpital. C'est le premier élément. Deuxième, en 2012, Éric Rousseau a témoigné en faveur de Gaétan Barrette et de son épouse dans le cadre d'une poursuite intentée contre 12 autres radiologistes de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Lors du procès, Éric Rousseau a admis en cour que Gaétan Barrette lui a fourni des références positives lorsqu'il a postulé sur un poste dans un réseau de cliniques de radiologie et que c'était grâce à lui qu'il a obtenu le permis.

Au surplus, sur les réseaux sociaux, Éric Rousseau est un fervent partisan de Gaétan Barrette. Éric Rousseau partage régulièrement des publications partisanes du ministre et du Parti libéral. C'est assez étonnant pour un cadre du réseau de la santé. Moi, je trouve ça étonnant. Éric Rousseau a obtenu un emploi-cadre dans le réseau de la santé, en janvier 2017, comme adjoint à la direction des services multidisciplinaires au CISSS des Laurentides.

Alors, faites la compilation, là. C'est le Dr Guité et Éric Rousseau qui ont eu le permis de radiologie à Saint-Jérôme, malgré l'avis défavorable. Ça aussi, c'est assez étonnant. Au final, bien, le ministre s'est trompé. Il a dû annuler sa décision il y a quelques semaines. Là, maintenant, il doit écouter ses experts. Il y a un résultat à ça, puis c'est le résultat patients, des citoyens en général. La nouvelle clinique de radiologie à Saint-Jérôme est retardée. Bien, ce sont les patients des Laurentides qui sont pénalisés.

Il y a d'autres éléments. Enquête rapporte aussi que le ministre n'a pas d'explication sérieuse sur le projet de pédiatrie en Montérégie qui va être retardé après les élections. Est-ce que le projet a été retardé pour des raisons politiques? Bien, moi, je pose la question, et la question se pose. Le ministre dit qu'une adjointe n'a pas envoyé une lettre importante et que personne ne s'en est rendu compte pendant un an. Sérieux, là, c'est un méchant oubli, là. Là, on est dans le registre de l'incompétence. Tu ne le sais pas pendant un an pour un projet aussi important. Personne n'a fait le suivi, pas même son sous-ministre. On voit dans le reportage d'Enquête que cette importante lettre, qui restera dans les limbes pendant un an, est signée par le sous-ministre Michel Bureau qui, par hasard, est parti à la retraite 10 jours avant la diffusion du reportage de l'émission Enquête.

Ce matin, qu'est-ce que je pourrais faire? Je pourrais demander la démission du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, mais je ne le ferai pas, parce que le premier ministre ne veut pas, parce que le premier ministre Philippe Couillard ne peut pas le faire avant les prochaines élections. D'ailleurs, vous l'aurez compris, le premier ministre Philippe Couillard tient, tient beaucoup à son tandem Barrette-Couillard. Alors, il n'y en aura pas de demande de démission. Ce que je vais faire, par exemple, c'est demander au premier ministre de questionner son ministre de la Santé, de demander des comptes au ministre de la Santé. La seule façon de sanctionner Gaétan Barrette, c'est de retirer le pouvoir au gouvernement libéral lors des prochaines élections, c'est de mettre le gouvernement libéral à la porte. Et, comme ça, on sanctionnera ces actions-là.

En bref, au nom des contribuables, des patients des Laurentides, des enfants de la Montérégie, il faut aller au fond de l'histoire, parce qu'il y a plein de questions auxquelles on n'a pas encore répondu. Alors, on demande quoi, à défaut de la démission? On demande aujourd'hui une triple enquête, trois enquêtes distinctes. La première, le Vérificateur général du Québec sur le retard inexpliqué dans le dossier de la clinique de pédiatrie en Montérégie et l'attribution du nouveau permis de radiologie à Saint-Jérôme, première enquête; deuxième enquête, celle du Commissaire à l'éthique sur le fait que le projet de pédiatrie a peut-être été retardé pour des raisons politiques, parce que le projet est dans un comté du Parti québécois, Commissaire à l'éthique, la deuxième; et la troisième, enquête du Commissaire au lobbyisme sur les démarches d'Éric Rousseau auprès de Gaétan Barrette. Le ministre de la Santé doit s'expliquer à la population. Ces enquêtes doivent être faites, on doit avoir des réponses. Merci.

M. Dion (Mathieu) : Sur Éric Rousseau, vous voyez certaines choses. Avez-vous des preuves plus concrètes qu'il aurait pu y avoir du favoritisme? Il peut être partisan sur les réseaux sociaux, ça ne veut pas dire que le gars obtient un permis pour ça, tu sais. Quelles sont les... Avez-vous d'autres preuves qui vous permettent d'affirmer ça aujourd'hui?

M. Paradis (Lévis) : Vous savez, aujourd'hui, on vous a donné des éléments qui questionnent, auxquels il doit y avoir réponse. Bien, moi, ce matin, je demande des réponses par le biais de trois enquêtes, et ce sera au commissaire à aller chercher des réponses à ces mêmes questions. Que vous les posiez, déjà, démontre l'importance d'avoir davantage de faits et d'explications.

Alors, je laisserai au commissaire le soin d'aller chercher ces réponses-là et de nous dire ce qu'il en est. Mais, au fait de ces informations, de cette situation, pour chacun des trois dossiers, une enquête est obligatoire. Ça va?

M. Dion (Mathieu) : Non, mais... puis juste une question sur M. Barrette. Ce n'est pas son travail de trancher, malgré ce que les experts peuvent dire?

M. Paradis (Lévis) : Vous savez, monsieur, 36 milliards de dollars, c'est le budget de réseau de la santé, qui s'adresse à une population, avec un objectif ultime de se rapprocher du patient. C'est une méga équipe, avec des experts qui doivent avoir le même objectif, qui, lorsqu'ils ont des avis à rendre, analysent la situation, se rendent sur le terrain, proposent, tentent de voir le positif ou le négatif. On ne peut pas agir, comme ministre de la Santé, de façon autocratique. On ne peut pas tout savoir, avoir toujours raison, à la limite, se rapprocher d'un syndrome qui est celui du syndrome de Dieu.

M. Dion (Mathieu) : Mais qu'est-ce que ça vous dit sur les relations entre le ministre et les gens de son ministère? Est-ce qu'il y a une crise de confiance qui s'est créée, vous croyez?

M. Paradis (Lévis) : Écoutez, ce que l'on a entendu, ce que l'on a vu répond en partie à votre question. Moi, je salue ceux qui ont dénoncé, ceux qui aujourd'hui font qu'on demande les enquêtes que l'on demande, ceux qui vont faire comprendre à la population que la sanction ultime, ce sera le 1er octobre prochain. Et j'invite tous ceux et celles qui aujourd'hui ont peut-être dit : J'ai peut-être des choses à dire moi aussi, de devenir des sonneurs d'alerte qui sont essentiels au système. Merci.

Des voix : Merci.

(Fin à 9 h 44)

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