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Point de presse de Mme Paule Robitaille, porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations internationales et de francophonie, et Mme Dominique Anglade, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Version finale

Le mercredi 6 février 2019, 15 h 50

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures cinquante-huit minutes)

Mme Robitaille : Alors, on veut parler de la nomination de Mme Catherine Loubier à New York. C'est la première nomination d'importance du gouvernement Legault en matière de relations internationales. C'est l'une des délégations la plus importante, sinon la plus importante en ce qui a trait au développement économique, et cette nomination-là, elle est partisane. Mme Loubier est une proche du premier ministre. Elle a été responsable de sa transition, directrice de cabinet adjointe.

Ce qui est particulier ici, c'est que M. Legault et son équipe se sont targués de ne jamais procéder à des nominations partisanes. Et ce qui est particulier aussi, c'est qu'en début de semaine la ministre des Relations internationales annonçait un grand ménage au sein des Relations internationales. Je vous le cite parce que je pense que c'est très pertinent. Ça montre beaucoup... ça montre en fait l'incohérence. Les représentants... et là c'est un document que la ministre avait demandé et qui a été publié, là, en début de semaine. On n'a pas les détails, mais ça a été dans la presse. On dit : «Les représentants du Québec à l'étranger devront à l'avenir acquérir une meilleure formation, faire preuve d'un niveau de professionnalisme plus élevé et, surtout, être nommés pour leur savoir-faire et non leur affiliation politique.»

On lit aussi : «Dans certains cas, au cours des dernières années, on a offert des postes prestigieux à l'étranger à des personnes n'ayant aucune expérience [en] relations internationales. Des délégués ont donc dû apprendre sur le tas le délicat métier de diplomate. La réforme à venir viendra corriger cette anomalie, promet-on.»

Alors, avec la nomination de Mme Loubier, bien, je me pose la question. Je ne comprends pas, en fait, je ne comprends vraiment pas.

Donc, comme je vous disais, New York est une délégation extrêmement importante. Mme Anglade peut en témoigner. Comme ancienne ministre de l'Économie, elle a eu affaire à aller souvent à New York. Donc, tout ça montre en quoi la sortie de la ministre est très, très incohérente. La sortie de la ministre, là, en début de semaine est très, très incohérente. Cette nomination-là, finalement, ne cadre pas du tout avec ce que M. Legault a dit pendant des années et ce que la ministre a dit en début de semaine.

Donc, on se pose énormément de questions. Est-ce que Mme Loubier aurait une expérience en diplomatie qu'on ne connaît pas? Est-ce que Mme Loubier a une expérience des affaires? On n'a absolument rien contre Mme Loubier, là, c'est une femme certainement très compétente en communication, mais pour ce poste-là, un poste stratégique, on se pose des questions, en plus considérant ce que la ministre a dit en début de semaine, qu'elle voulait absolument avoir des gens qui ont une compétence en diplomatie et en affaires. Bon, je laisse Mme Anglade continuer là-dessus.

Mme Anglade : Bien, écoutez, comme le mentionnait ma collègue, clairement, la Délégation générale du Québec à New York, c'est la plus importante délégation générale en matière de développement économique et de développement d'affaires. Donc, j'ai été à maintes reprises à New York, justement, pour rencontrer des dirigeants d'entreprise, et ce qui est important, c'est de développer ces liens, c'est d'avoir une expertise dans ce domaine.

Alors, ça soulève des questions, la nomination qui nous est amenée aujourd'hui, parce que quelles sont les compétences de Mme Loubier en matière de développement économique, en matière de développement des affaires? Et on peut se poser une autre question : Est-ce qu'il y a eu un deal, cette fois-ci, entre Mme Loubier et M. Legault? Est-ce qu'elle est arrivée, elle a décidé de faire la transition, sachant très bien qu'elle allait avoir le poste de déléguée générale du Québec à New York? Donc, est-ce que c'est le premier deal de François Legault auquel on assiste?

Et j'aimerais dire que Mme Girault est sortie, un peu plus tôt, et ce qu'elle a dit... et je pense que je vais la citer : On se réserve les postes de délégués généraux pour des nominations, et tous les autres postes seront jugés sur la compétence. Alors, pour moi, ça répond bien à la question, c'est une nomination clairement partisane qui est faite du côté de la Coalition avenir Québec. Voilà.

M. Duval (Alexandre) : Mme Guilbault vient tout juste de parler avant vous, en disant que non, ce n'était pas une nomination partisane, parce que, pour elle, une nomination partisane, c'est basé sur l'allégeance politique, et Mme Loubier a déjà travaillé pour une autre formation politique, fédérale cette fois-là, qui n'est pas la même que cette fois-ci, et on nous assure que c'est pour la compétence de Mme Loubier, qui a déjà un réseau de contacts très, très étendu, qui a travaillé au fédéral, qui a fait des voyages à l'étranger.

Vous n'achetez pas cette version-là que Mme Loubier est suffisamment compétente pour ce poste-là avec ses expériences passées?

Mme Robitaille : Bien, je veux juste, avant que Dominique continue... quand même, là, il faut être sérieux. Mme Loubier a travaillé pour la CAQ, était responsable de sa transition, directrice du cabinet adjointe du premier ministre. Quand même, il faut être réaliste...

Mme Anglade : Non, je n'achète absolument pas cette réponse-là et d'ailleurs j'inviterais la ministre Guilbault à parler avec la ministre Girault, parce que c'est elle qui est allée dire qu'ils se réservaient les postes des délégués et délégations générales pour des nominations, mais que les autres postes, on considérait la compétence. C'est exactement les mots qu'elle a employés. Donc, je pense qu'il y a une claire contradiction puis je les inviterais à avoir une conversation pour pouvoir répondre à ces questions-là.

Mais il nous apparaît évident que les critères de sélection, tels qu'émis par la ministre Girault, ne sont pas respectés dans cette nomination-là. Clairement, une nomination partisane.

M. Duval (Alexandre) : Vous avez parlé de ce qui pourrait être le premier deal de M. Legault.

Avez-vous entendu du bruit en ce sens-là? Avec vous quelconque preuve ou avez-vous eu des discussions qui...

Mme Anglade : Je soulève la question. Est-ce que... je pose la question : Est-ce qu'il y a eu un deal? Est-ce qu'elle est venue faire la transition, sachant fort bien qu'elle allait obtenir le poste de déléguée générale du Québec à New York? Je soulève la question : Est-ce qu'il y a eu un deal?

M. Duval (Alexandre) : So what do you have to reply to those who say that this is not a partisan nomination and that this is based on competence?

Mme Robitaille : Well, Mrs. Loubier was really close to Mr. Legault. It's nothing surprising. She worked for… she was involved in the transition and she was also his «directrice de cabinet adjointe». So obviously she was very close to the CAQ.

And what Mrs. Anglade is saying, well, is, you know… Was there a deal? We're asking the question : Was there a deal? You do that, and then maybe you can have something. I don't know, we are just asking the question. You know, it's the first nomination for a very important… and it's a very important delegation. New York is very important, business, it's very important. And what Mme Girault said, the International Relations Minister, at the beginning of the week, was pretty clear : We want to clean up, we want to hire people who have the experience, the competence in diplomacy, you know, in that field. And what do we see? We see someone who's appointed and is very close to Mr. Legault. It's very disappointing.

M. Duval (Alexandre) : That's my question to you. How is Ms. Loubier not qualified for this position?

Mme Robitaille : Well, we're talking about diplomacy and we're talking about business, because New York is business, obviously, and what is very specific in this case is that we have a government… Legault's Government, during the last year, said that we will never go ahead and do partisan nominations, and the minister, at the beginning of the week, and I quoted a document that was issued by her ministry, and it was asked by the minister herself, that said that we shouldn't proceed with partisan nominations, and people should have the… we should choose people that have the «savoir-faire» and that we shouldn't choose people for their political affiliation. And what do we see here? Well, we see someone that… Go ahead.

Mme Anglade : Just one comment. Premier Legault repeated a number of times that every decision that he's making regarding international relations is going to me more connected to the economy, more connected to business development, more connected to an environment where we can create deals.

All we're asking today is : How is this consistent with the nomination that we see today? How is this consistent, if you look at the résumé of Mrs. Loubier, again certainly very competent in terms of communication? But how can he say that he's focusing on business relationships, business deals, development internationally and not agree that this is clearly a partisan nomination?

Mme Robitaille : Maybe you should translate what you just quoted earlier about Madam…

Mme Anglade : And Madam Girault said earlier, so translated quote, that they will keep the… they would make the decision of who would be the general delegates for… the general delegates in general, but then, for the other positions, it would be based on competence. To me, that's a clear indicator that this was not based on competence.

M. Duval (Alexandre) : So now that this is done, the nomination has been made, what do we do? Do you ask Premier Legault to backtrack?

Mme Anglade : We're asking questions right now. We don't have the answers. So was there a deal and how is this consistent with the policies that they have? Thank you.

(Fin à 16 h 9)

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