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Point de presse de Mme Dominique Anglade, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Version finale

Le mardi 12 février 2019, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente-huit minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour, tout le monde. On va refaire un peu le point sur les discussions qui ont eu lieu depuis le dépôt du projet de loi du ministre Jolin-Barrette, alors le projet de loi n° 9.

Alors, on a rarement vu autant d'amateurisme et d'improvisation depuis le dépôt du projet de loi jeudi dernier. Alors que le 29 janvier le ministre nous promettait que les dossiers seraient traités une semaine plus tard, une semaine plus tard, on nous dit que c'est 18 000 dossiers qui ne seront pas traités et que c'est 50 000 personnes ou pas loin de 50 000 personnes qui vont être affectées par ça. Quand on a demandé initialement au ministre combien de dossiers touchent les personnes déjà établies au Québec, on a eu droit à toutes sortes de réponses.

Et, depuis jeudi, on a eu nombre de commentaires, de messages qui ont été envoyés, qui ont été reçus dans plusieurs bureaux de comté, notamment dans mon bureau de comté où j'ai reçu des centaines de messages de personnes qui sont installées au Québec, qui travaillent déjà ici, qui ont bâti une vie. On reçoit également des témoignages d'entrepreneurs québécois qui attendent l'arrivée de ces personnes pour continuer à faire le développement de leurs entreprises, et des personnes qui habitent à l'étranger et qui ont déjà identifié des opportunités de travail.

Ensuite, on a demandé à savoir quel était le chiffre exact de personnes qui résidaient au Québec dans la liste des 18 000 dossiers, et on a commencé par nous dire 5 000, et on est monté à 9 000. Finalement, il semblerait que ce soit 5 700 personnes, mais vous comprendrez que les chiffres ont tellement varié en une journée que c'est difficile pour nous d'être certains des chiffres qui sont avancés par la Coalition avenir Québec.

Rappel des faits : il existe deux systèmes présentement pour l'immigration, l'ancien système et le nouveau système. Ce que nous demandons au ministre Jolin-Barrette, c'est que les 18 000 dossiers qui sont dans l'ancien système puissent être traités aujourd'hui dans l'ancien système, qu'il passe à travers ces 18 000 dossiers, qu'il réponde, et qu'on traite les gens de manière respectueuse, et qu'en parallèle ils puissent utiliser le nouveau système. Il n'y a rien aujourd'hui — on n'a pas besoin d'un projet de loi pour faire ça — il n'y a rien qui empêche au ministre aujourd'hui de procéder de cette manière-là : utiliser l'ancien système et également encourager les gens à appliquer dans le nouveau système. Donc, on souhaite que les 19 millions dont il parle... il disait : On va rembourser 19 millions aux différentes personnes qui ont appliqué, parmi les 18 000 dossiers. Ce 19 millions là, plutôt que de le rembourser, prenez-le et faites en sorte qu'à l'intérieur de la fonction publique on soit capable de passer à travers l'ensemble de ces dossiers-là.

De proposer simplement le remboursement, c'est aussi faire fi de tout le travail qui a été fait par les gens qui ont appliqué. Quand les gens appliquent, non seulement ils appliquent, ils font affaire avec des consultants, ils font affaire avec des avocats, ils font des examens médicaux, ils doivent trouver des documents à faire traduire, ils doivent ensuite les faire notarier. C'est un processus qui est extrêmement long. Hier, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec deux présidents régionaux de syndicats de la fonction publique du Québec, et les deux, les deux m'ont dit : Ça n'a aucun sens que de fermer ces dossiers-là pour les rouvrir. Donc, à l'intérieur même de la machine, les représentants syndicaux le disent, que ça n'a pas sa raison d'être et que ça va créer simplement une complexité et certainement retarder tout le processus.

Alors, notre message est clair. Aujourd'hui, on demande à nouveau au premier ministre François Legault, à Simon Jolin-Barrette de reculer et de traiter l'ensemble des 18 000 dossiers, d'autant plus qu'hier on apprenait qu'il y a déjà plusieurs dossiers qui ont été déposés dans le nouveau système et qu'en aucun cas le ministre Jolin-Barrette n'a dit si, oui ou non, il avait l'intention de les traiter à courte ou moyenne échéance, on n'a pas de date là-dessus. Encore une fois, on a confusion, on a une paralysie du système aujourd'hui à l'intérieur du ministère de l'Immigration, et il est temps d'y mettre un terme. Voilà.

Mme Porter (Isabelle) : Qu'est-ce que ce que vous préconisez exactement? Qu'on embauche des gens, du personnel?

Mme Anglade : Écoutez, année après année au Québec, on a accueilli, dans la catégorie des immigrants économiques, environ 30 000 personnes. Ça, ça correspond environ à 12 000 dossiers. On fait des chiffres ronds, hein, 12 000 dossiers. Ça veut dire qu'année après année, on a été capables de non seulement traiter le nombre de dossiers de personnes qui sont entrées au Québec, mais, en plus, de réduire l'inventaire. Il n'y a aucune raison pour laquelle, dans la prochaine année, on ne serait pas capables de traiter les 18 000 dossiers.

Mme Porter (Isabelle) : Mais le 19 millions, vous le mettez dans quoi, exactement?

Mme Anglade : Bien, le 19 millions qu'il voulait prendre pour rembourser les personnes, bien, prenez-le, embauchez du personnel, faites ce que vous avez à faire pour livrer la marchandise. Vous n'avez pas besoin de prendre l'argent que vous avez déjà entre les mains, prendre ce 19 millions là pour dire ou pour éliminer des dossiers que, de toute façon, vous allez devoir retraiter parce que vous voulez qu'ils réappliquent. Ça n'a pas de sens. Alors, prenez ce 19 millions là, et agissez au lieu de le rembourser.

Mme Porter (Isabelle) : Mais vous ne portez pas une part de responsabilité pour l'ampleur des dossiers en attente? À quelque part, le fait que des gens attendent depuis des années, dans certains cas depuis 2005...

Mme Anglade : Je vais juste faire une précision par rapport aux dossiers de 2005, là. Soyons bien clairs : il n'y a personne qui attend 13 ans, comme ça, dans un système. Ce sont souvent des dossiers qui sont judiciarisés. C'est la raison pour laquelle ils n'ont pas été traités, là. Ce n'est pas parce qu'il y a quelqu'un qui attend en arrière un document qui manque. Ce sont des dossiers qui sont judiciarisés. 2005? Si vous en voyez en 2005, en 2007, en 2010, ce sont des dossiers qui n'ont pas été fermés pour des raisons problématiques qui ont dû être identifiées.

Les gens à qui on parle aujourd'hui, là, les gens qui m'ont appelée depuis jeudi ou qui ont appelé les bureaux de comté, ils ont déposé il y a un an, ils ont déposé il y a deux ans, ils ont déposé peut-être il y a trois ans, mais ce n'est pas des gens qui attendent depuis 10 ans, là. Donc, on va remettre les choses en perspective. C'est facile de dire depuis 2005, mais c'est aussi facile de ne pas mentionner qu'il y en a plusieurs qui sont judiciarisés.

M. Laforest (Alain) : 2016, est-ce que c'est respectable?

Mme Anglade : Pardon?

M. Laforest (Alain) : D'attendre depuis 2016, 2015, est-ce que c'est respectable?

Mme Anglade : Moi, je pense qu'il faut attendre le...

M. Laforest (Alain) : J'ai parlé avec des Ukrainiens qui attendent depuis 2015. J'ai parlé avec des Français qui attendent depuis le... Ils répondent, ils ont le système de pointage. Ils ont fait les tests de français, qui leur coûtent cher. Ils attendent toujours, puis là, avec ce qui est arrivé, il se fait dire dans un message envoyé par le ministère de l'Immigration...

Mme Anglade : Par courriel.

M. Laforest (Alain) : ...ne faites rien puis inscrivez-vous dans Arrima, mais ça, il fallait comprendre qu'il fallait le faire.

Mme Anglade : Exactement.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que c'est normal d'attendre depuis 2015, trois ans?

Mme Anglade : Je pense qu'il faut tout faire pour accélérer le processus. Je pense qu'il y a moyen d'améliorer le processus, mais la dernière chose à faire, c'est de traiter les demandes de cette manière-là. Les gens attendent, alors, quand je vous dis : Il faut accélérer le processus, il n'y a pas de doute dans ma tête, et c'est la raison pour laquelle, en passant, on avait décidé de changer le système, pour que ce soit plus efficace et qu'il y ait un meilleur arrimage. C'est pour ça qu'il y a deux systèmes en parallèle qui ont été créés.

M. Laforest (Alain) : Donc, vous reconnaissez que, sous votre gouvernement, ça a été lent aussi, là. Vous avez une part de responsabilité.

Mme Anglade : Je reconnais que la raison pour laquelle nous avons décidé d'avoir un nouveau système, c'est parce qu'on savait que l'ancien système n'était pas suffisamment efficace, et c'est la raison pour laquelle on a mis un nouveau système en place.

M. Lacroix (Louis) : Quand on met ensemble le projet de loi n° 9, la future loi sur la laïcité, la position de la CAQ sur les signes religieux et aussi l'abaissement des seuils d'immigration à 40 000 par année, là, qu'est-ce que ça vous dit sur la philosophie de la CAQ ou sur les intentions de la CAQ en matière d'immigration?

Mme Anglade : Bien, moi, ce qui est très clair — je porte le chapeau Économie puis le chapeau Immigration — en matière économique, les propositions de la CAQ ne tiennent pas la route. Et là, si on revient sur les questions de seuil, parce que c'est essentiellement de ça dont il s'agit ici, de ne pas vouloir accueillir des gens pour atteindre un objectif qui est bas, c'est uniquement dans l'optique de répondre à une promesse électorale, mais qui ne tient pas la route d'un point de vue économique, et ils s'en rendent bien compte. Alors, je pense que les propositions sont mal avisées, elles ne sont pas basées sur des faits, et surtout elles sont antiéconomiques.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce qu'il n'y a pas une intention, derrière tout ça, d'essayer de préserver l'espèce de tissu social québécois, de ne pas...

Mme Anglade : Posez la question au premier ministre sur ses intentions...

M. Lacroix (Louis) : Je la pose à vous, est-ce que ça... qu'est-ce que ça...

Mme Anglade : Moi, ce que je constate, c'est que visiblement ils n'ont pas une très, très grande compréhension de ce que ça veut dire que de venir s'établir au Québec, ils n'ont pas une compréhension de la complexité des enjeux. On ne fait pas de politique publique sur le coin d'une table sans se baser sur des chiffres, sans se baser sur des données, et on ne traite pas les gens de manière irrespectueuse, comme cela a été fait, sans considération, avec une telle désinvolture. En plus, vous me permettrez de quand même dire, en comparant ça à Tinder, je balaie à gauche, je balaie à droite, c'est quand même... il y a beaucoup de désinvolture là-dedans, puis ça montre le peu de profondeur de réflexion qu'il y a eu.

M. Dion (Mathieu) : M. Legault hier a dit qu'il y aurait un «fast track» pour les personnes dont les dossiers sont ici, au Québec. Vous êtes très critique, ce matin, envers la CAQ. Est-ce que vous estimez que M. Legault, ça n'arrivera pas, ce qu'il dit aujourd'hui?

Mme Anglade : Bien, je pense...

M. Dion (Mathieu) : Parce qu'en fait, dans les faits, si on prend tout ça en considération, finalement, peut-être que les gens seront acceptés plus rapidement, au final?

Mme Anglade : Ah oui? Ah oui?

M. Dion (Mathieu) : Donc, est-ce que vous croyez M. Legault quand il dit qu'il pourrait y avoir un «fast track» pour ces personnes-là?

Mme Anglade : Bien, comment est-ce que je peux croire en quelque chose quand le b. a.-ba n'a pas été rempli? Il ne savait même pas qu'il y avait des gens qui étaient au Québec. Après ça, il déclare : Je vais faire un «fast track». Est-ce que M. Legault sait combien il y a de déclarations qui sont faites, des déclarations d'intérêt qui ont déjà été faites dans le nouveau système? Est-ce qu'il sait combien de temps ça va prendre pour procéder? Est-ce qu'il peut me dire aujourd'hui quand est-ce que le ministre Jolin-Barrette va procéder avec les nouveaux dossiers? Il en est incapable. Il en est incapable, pourquoi? Parce qu'ils n'ont pas fait l'étude approfondie nécessaire pour ça.

Donc, de dire ça, tout le monde peut dire ce qu'il veut, mais les faits sont là et les faits sont têtus. Ils ne maîtrisent pas leurs dossiers, ils font des propositions qui sont... lesquelles sont mal avisées. Et, au moins, dans cette situation-ci, reconnaissons-le, il y a une solution. Il y a une solution, c'est de traiter les dossiers. Il n'y a rien qui nous empêche de le faire. Pourquoi est-ce qu'on ne va pas vers le sens commun que de traiter ces dossiers?

M. Croteau (Martin) : J'ai une question sur un autre sujet, là. À quel point êtes-vous inquiète pour l'avenir de SNC-Lavalin en ce moment?

Mme Anglade : Bien, écoutez, la priorité pour nous, là, c'est vraiment de regarder... Cette entreprise-là et les travailleurs, le siège social, c'est important qu'ils restent au Québec, et donc la situation, on la regarde attentivement. C'est sûr qu'on ne veut pas s'immiscer dans le domaine... Puis ce n'est jamais moi que vous allez entendre dire qu'on va s'immiscer dans un domaine entre le judiciaire et puis l'exécutif, cela dit.

M. Croteau (Martin) : Mais à quel point est-ce que ce siège social est menacé en ce moment, selon vous?

Mme Anglade : Tu sais, je pense qu'on a des gens qui sont extrêmement qualifiés qui sont à l'intérieur du siège social, un siège social où les gens, ils ont été très présents. Je ne pourrais pas qualifier le risque aujourd'hui. Moi, ce qui m'importe, c'est qu'on garde non seulement le siège social, mais qu'on garde également les travailleurs. Et le gouvernement doit tout faire, tout mettre en œuvre pour s'assurer de...

Des voix : ...

M. Laforest (Alain) : L'entreprise a laissé entendre qu'elle pourrait quitter justement en raison de tout l'imbroglio judiciaire qu'il y a actuellement. Est-ce que ça, ça ne met pas de la pression? Parce que, lorsqu'on parle d'une entreprise comme SNC-Lavalin, elle, ce qu'elle veut, c'est faire des contrats et puis faire de l'argent, et là il semble qu'avec ce qui se passe au Canada ça l'empêche de faire des contrats et de l'argent.

Mme Anglade : Bien, c'est la raison pour laquelle je pense qu'il faut tout mettre en œuvre... s'asseoir avec l'entreprise et voir de quelle manière le gouvernement peut trouver des solutions et s'assurer que l'on garde les emplois ici puis le siège social ici.

M. Lacroix (Louis) : Mais, si le DPCP, par exemple, va de l'avant avec d'éventuelles poursuites contre SNC-Lavalin, là, est-ce que ça ne va pas justement menacer ces emplois-là étant donné que, bon, s'il y a une condamnation de la compagnie, en fait, de membres de la compagnie, ils ne pourront plus appliquer sur des contrats publics?

Mme Anglade : Oui, il y a toujours des risques associés à ça, mais encore une fois, je pense que la responsabilité du gouvernement, dans ce cas-ci, c'est d'aller s'asseoir avec l'entreprise et de voir de quelle manière on est capables de maximiser les opportunités pour qu'elle reste ici et puis pour accompagner l'entreprise.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce qu'on peut donner un passe-droit à SNC-Lavalin?

M. Croteau (Martin) : ...vous, vous dites, vous avez dit : Je ne veux pas qualifier le risque. Mais en voyez-vous un, un risque pour la survie de cette compagnie? En date d'aujourd'hui, là, ça n'a pas l'air d'aller bien, là, pour SNC.

Mme Anglade : Écoutez, j'entends très bien ce que vous me dites. Et est-ce qu'il y a... Il y a toujours des risques, hein? Il y a toujours des risques, puis je pense que ça a été même qualifié de la part de l'entreprise, qui l'a même mentionné. Cela dit, le rôle d'un gouvernement, c'est d'aller s'asseoir puis de minimiser ces risques au maximum.

Des voix : ...

M. Croteau (Martin) : ...ministre de quel gouvernement? Le gouvernement Legault? Le gouvernement Trudeau?

Mme Anglade : Bien là, c'est le gouvernement...

M. Croteau (Martin) : Et qu'est-ce que chacun de ces gouvernements doit faire concrètement aujourd'hui pour aider Lavalin à sortir du pétrin?

Mme Anglade : Si j'étais au gouvernement aujourd'hui, je m'assiérais et je verrais avez eux quels sont les gestes que l'on peut poser pour les aider. Mais attention, je ne parle pas d'intervenir. Je ne parle pas d'intervenir. Là, on n'est pas supposés le faire. Donc, il faut s'asseoir, puis de voir de quelle manière... quelles sont les opportunités qui peuvent se présenter qui vont faire en sorte que cette entreprise-là va rester ici.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que Mme Lebel devrait parler au DPCP pour savoir quelles sont les implications?

Mme Anglade : Je pense que le premier ministre devrait déterminer la manière dont il souhaite procéder avec l'entreprise.

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'il devrait y avoir un passe-droit pour SNC-Lavalin?

Mme Anglade : Je pense que c'est au premier... Un passe-droit? Je pense que c'est le premier ministre qui doit s'asseoir avec une entreprise qui est importante et...

M. Laforest (Alain) : Non, mais est-ce que cette entreprise-là doit faire face à son passé? C'est un peu ça, ce que je vous demande, là.

Mme Anglade : Oui. Écoutez, je pense que c'est une entreprise qui est importante et je pense que le gouvernement doit aller s'asseoir avec l'entreprise puis voir de quelle manière est-ce qu'ils peuvent les accompagner.

M. Croteau (Martin) : En tout respect, là, comme ancienne ministre de l'Économie, il me semble que vous devriez avoir des idées un peu plus claires sur qu'est-ce qu'il faut faire pour aider cette compagnie-là. Puis vous voyez très bien dans quel pétrin elle se trouve. Qu'est-ce que qu'il faut faire pour l'aider, à part demander au gouvernement de s'asseoir avec?

Mme Anglade : Bien, en tout respect, c'est la première chose à faire quand on est ministre de l'Économie : c'est d'aller s'asseoir avec les entreprises puis de voir de quelle manière on les accompagne. Ça, c'est la première chose, le premier geste qu'il faut poser. Vous comprenez très bien la situation dans laquelle on se retrouve aujourd'hui.

M. Croteau (Martin) : Comme ministre de l'Économie, avez-vous été informée que SNC-Lavalin était toujours sous enquête et que des poursuites pouvaient éventuellement être déposées par le DPCP, là, comme on l'apprend ce matin?

Mme Anglade : Non, pas de cette manière-là, non. Je ne peux pas vous dire... Je ne peux pas vous dire ça, non.

M. Croteau (Martin) : Vous ne pouvez pas me dire...

Mme Anglade : Non, je ne peux pas vous dire ça. Non, je ne peux pas vous dire qu'on m'a informée qu'il y avait des poursuites possibles qui allaient venir, non, je n'ai pas eu ces informations-là de cette manière-là. Est-ce qu'il y avait des risques, etc.? Est-ce qu'il y avait des pressions par rapport aux enjeux économiques de l'entreprise? Ça, oui, mais tout le monde le savait. Ce n'était pas quelque chose qui n'était pas public, voilà. Merci.

M. Lacroix (Louis) : Mais M. Duhaime a été condamné...

Mme Anglade : Merci.

La Modératrice : En anglais.

Mme Senay (Cathy) : Can we ask you a question about SNC-Lavalin, as my colleagues are questioning you? At what cost the Government shall intervene to save SNC-Lavalin with everything that's happening right now?

Mme Anglade : When you say : What cost...

Mme Senay (Cathy) : It's a catastrophe for this company. You know what it is like, and this threat of lawsuits from the federal scene and then from the provincial scene. At what cost a government should intervene to save this company?

Mme Anglade :The Government should intervene as far as possible, but not go beyond what is legal. That's all I want to say. You have to intervene, sit down with the company, see what the options are, see how you can help and support the company. What cost?

Mme Senay (Cathy) : And, as a former minister of Economy, how do you react about this possibility that SNC-Lavalin may leave the province of Québec?

Mme Anglade : It's never a good idea if you have a major company, a head office that would leave the province. It's never a positive thing. So, what you want to make sure you do is to protect the jobs. I mean, we've gone through this with other major companies, and they were asking me earlier : What would you do? I would seriously sit down with them and see all the alternatives that we are looking at in order to make sure that they stay here, all the opportunities that the Government could support in order to make sure that they can stay here. That's what I would be doing. And if I were the Premier, I would be sitting down with them, having those conversations as we speak.

Mme Senay (Cathy) : Did you read the e-mail that immigration applicants did receive because their file was basically cancelled? Did you read it?

Mme Anglade :OK, immigration thing?

Mme Senay (Cathy) : Yes.

Mme Anglade : I read it. Of course I read it.

Mme Senay (Cathy) : What did you think about it?

Mme Anglade : I thought it was very... How do you say «cavalière» in English? It was… you read this…

Une voix : Callous.

Mme Anglade : Callous? It was not considerate at all given the fact that people were giving time and energy, and support, and invested a lot of their time on this. It was not… in my opinion, it was not acceptable. People were shocked, and that's what they sent us. The message… in fact, some people did not even understand that they could receive this message. You have to imagine that somebody is waiting for two years and they expect to get a positive answer. They open the letter, and they see: The file will not be treated, and please proceed differently. No phone call, nothing, just an e-mail.

Mme Johnson (Maya) : Can you describe for us some of the messages that you've been getting in your riding office?

Mme Anglade : A woman called us and cried on the phone because she said, like, she had invested so much time and energy, and she doesn't understand what's going on. She doesn't know what to do anymore. A professor from a university calling us saying that he's in a top 40 in his field and he has received a number of different opportunities to go abroad and he did not accept them thinking that he was going to finalize his papers. Now, he is thinking of probably accepting something outside of Québec, maybe outside of Canada as well. A lady that has been here, that is doing a doctorate and not understanding that they would not consider her application given the fact that she is in computer science and she is in math field which is very much in demand here in Québec. So, a lot of those messages… and even people from abroad, saying hey! we have… This lady, I know she was… I think she was on TV yesterday or the day before, but she wanted to go «sur la Côte-Nord». That's what she wants to do. She's been there, she loves it. She has opportunities over there. She wants to bring her whole family. Not possible to do it. People don't realize the impact it has on the human level.

Mme Johnson (Maya) : Well, you said the human level, I just want to pick up on that because, last week, when Simon Jolin-Barrette made the announcement, he said that the CAQ's approach is human and respectful, largely because it will better match people to the needs of the labor market so they'll spend less time waiting for their filing process going forward, whereas, under the Liberals, they were waiting for years in limbo, and that is actually more humane.

Mme Anglade : Under the Liberals, I don't remember seeing a flow of e-mails like this telling us that people are desperate and they don't know what to do. First and foremost, I don't remember seeing any of that. So, when they say, like, they compare to the Liberals, I want to see, in the span of five days, where did the Liberals ever have this situation we go through? I don't remember that. But however, clearly, we are in favor of better aligning the needs of the work force and the qualification of the people coming to Québec. So this is absolutely something that we all should be… that we all want, and we'll never be against that. That's why there was a new system that was put in place, and this we will totally support, of course.

M. Authier (Philip) : I wanted to know what you thought about their communication skills and the way… Yesterday, we spent the whole day with numbers flipping every 20 minutes about how many people were actually affected, then they… It doesn't look as if there was a lot of homework done before this bill was tabled.

Mme Anglade : Well, I think you're right when you say: It doesn't look like there has been a whole lot of homework, I mean, that's the conclusion that we have to get to when you look at the way things were handled. So, communication… I don't know if it's communication skill or it's just your ability to understand your file. When you table a bill, you, as a politician, you have a responsibility to do your homework, to make sure that it's credible, to make sure that you know your data before you table the bill. This is not something that you do at night, discussing with other people — we're going to include this, eliminate that — without understanding the level of complexity. So I think, clearly, they have a lack of understanding of their own processes…

M. Authier (Philip) : Did they rush it out? Did they table it too fast?

Mme Anglade : If they didn't rush out, I don't know what they did because, clearly, this was rushed. And if they tell me that they actually did the homework and understood everything and this is the net result, I'll tell them: Take even more time next time.

Mme Fletcher (Raquel) : Just a clarification on the two systems, because you mentioned that, under the Liberals, you created the second system, the declaration of interest, because you recognized that the first system, the Skilled Worker Program, wasn't efficient enough. So, can we reason that the declaration of interest is a more efficient system?

Mme Anglade : The new system, you mean? So, your question is whether the new system is more efficient?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes.

Mme Anglade : It is... it should be a better system, because what it's going to do is we're going to find out exactly what the needs are in the work force, and then you can compare this to the résumés that you have, which are basically the declarations, and you can match them. And the minister can say: All the résumés that are consistent with the needs that we have, we are going to ask them to apply, so there is a better match. So, in theory, it is more efficient.

Mme Fletcher (Raquel) : So, can you explain to us, then, why those 18 000 applications that were filled out under the old system could not then just be transferred into the new system?

Mme Anglade : Because there is nothing like «could just be transferred over». This doesn't exist that way. People apply, they have to fill out papers, they have to fill out their application, they have to do, like, medical tests and they have to do… take exams, translate their documents, ask for a consultant to accompany them, and then they end up with a file with all those papers. You would not consider these papers. You would… they would probably have to recreate a file with new types of papers, some of the papers will be expired, some of the translations or the documentation will be expired, you will have to do them again. So, it's extremely complicated. And that's why, when I was talking to the presidents, the regional presidents of the unions yesterday, they were saying: Closing the file is complicated — we have to communicate with the person, we have to call them, we have to close the file — and opening the file is going to create just as much work because there will be other papers that will have to probably be considered, etc. So, it's not that easy, it's not just: I take this, and I go into another different pile, and it's quick. It's never been that way. It's a lot more complex than that.

Mme Fletcher (Raquel) : The impression we got from the government is: they came into power and they're… I mean, I assume it's all digitalized now. But the impression I got from the Minister was that he walked in and saw 18 000 files all over the place and was like: I don't know what to do with these, let's just check them out and get them to apply…

Mme Anglade : Just briefly, 18 000 files, like, I know it was not public knowledge because people don't necessarily look at that in details, but this was a known number all along. It was known last year, it was known the year before, there was no surprise. Like, when Jolin… Mr. Jolin-Barrette says: Oh! all of sudden, I have 18 000 files, he knew this all along, there was no surprise there. If you go to Google…

Mme Fletcher (Raquel) :

Mme Anglade : If you go to Google, you'll find out, like, there are 18 000 files. It's not rocket science. So, my point is, it's an excuse rather than actually a surprise for him. It's an excuse to say: Well, you know, there are too many of them; if I go through them right now, what's going to end up happening is that I might be over the 40 000 limit that I gave myself, and now I'm in trouble because I won't meet my objectives. So, it's completely driven by the objective of not going over 40 000. So, what he's saying right now is: I'm stopping everything. Probably for no reason, you stop everything, and then you wait, you wait, you wait, and then you're under 40 000. That's the whole strategy. It's very cynical.

La Modératrice : O.K., merci.

Mme Anglade : Merci.

(Fin à 11 h 2)

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