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Point de presse de Mme Dominique Anglade, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie et d'immigration

Version finale

Le mercredi 13 février 2019, 13 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures quatre minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour à tous. Cet après-midi, il y a une motion du mercredi, et, dans la motion du mercredi, ce que l'on souhaite, c'est que l'Assemblée nationale prenne acte des propos du premier ministre du Québec, tenus le 29 janvier dernier, à l'effet que 18 000 dossiers d'immigration seraient traités selon les anciennes règles.

Mais aujourd'hui le premier ministre, en Chambre, a dit la chose suivante. Quand on lui a demandé pourquoi les dossiers n'étaient pas traités tout de suite, il a répondu : «...jusqu'à ce que mon collègue le ministre de l'Immigration dépose son projet de loi, [on était] — le gouvernement — obligé de traiter [...] les dossiers...»

Cette phrase est rigoureusement fausse. Elle est fausse parce qu'au 29 janvier il avait la possibilité de régler les dossiers dans l'ancien système. Et, en parallèle, il y a toujours eu le nouveau système, et, en date d'aujourd'hui, l'ancien système fonctionne encore, et il y a également le nouveau système. En aucun cas ceci n'est une justification pour expliquer pourquoi il ne veut pas aller de l'avant avec les 18 000 dossiers.

Alors, de deux choses l'une. Comme il n'a pas d'explication sur l'élimination de ces 18 000 dossiers, ou bien le premier ministre ne comprend pas le processus d'immigration qui a été présenté, puis ce ne serait pas la première fois, ou bien il induit la Chambre en erreur. Mais ça ne peut pas être... C'est visiblement l'un ou l'autre.

Ensuite, il a également mentionné qu'ils allaient mettre un nouveau système en place, le nouveau système Arrima. C'est lui qui dit ça, c'est lui qui tient ces propos-là. Or, on sait très bien que le système Arrima a été implanté en août 2018. Il n'y a pas de nouveau système Arrima qui va être implanté par le gouvernement Legault. Il est déjà en place. Et d'ailleurs ça a été rappelé par Catherine Fournier quand on était en Chambre.

Donc, clairement, on a un enjeu et aucune explication. La seule explication que l'on trouve logique, c'est qu'ils veulent désespérément atteindre leur chiffre de 40 000. Ils savent très bien que, s'ils passent à travers les 18 000 dossiers, ils risquent de se retrouver au-dessus du 40 000. Alors, peu importe les conséquences humaines, peu importe les conséquences économiques, peu importe les conséquences sociales que ça crée, ça n'a pas d'importance parce qu'ici la fin justifie les moyens.

Et c'est ce que l'on décrit et c'est pour ça que l'on demande au gouvernement de tout simplement respecter ce que François Legault a dit au 29 janvier. Il n'y a rien de différent entre le 29 janvier et aujourd'hui. Voilà.

M. Dion (Mathieu) : Mais pourquoi arriver avec ça aujourd'hui? Il a toujours affirmé qu'il était obligé de traiter les 18 000 dossiers avant de procéder avec Arrima, il a toujours dit ça depuis la semaine dernière. Pourquoi arriver avec ça aujourd'hui, là, dans votre critique?

Mme Anglade : Non, mais il a toujours dit qu'il était obligé. Il a dit aujourd'hui qu'à cause du dépôt de loi il n'est plus obligé de les traiter. C'est ça qu'il a dit. Je vous recite ce qu'a dit le premier ministre : «...jusqu'à ce que mon collègue le ministre de l'Immigration dépose son projet de loi, [on] était obligé de traiter [...] les dossiers...» C'est faux, ce n'est pas jusqu'à ce moment du projet de loi. Encore aujourd'hui, il peut très bien traiter les dossiers.

M. Dion (Mathieu) : Mais, dans le projet de loi, il est écrit qu'à partir du moment où il y a le dépôt du projet de loi que les 18 000 dossiers sont annulés. C'est ce qui est écrit dans le projet de loi.

Mme Anglade : En fait, à partir du moment... Ça, c'est l'administratif, là, vous parlez... L'adoption du projet de loi, elle n'est pas encore faite. Il y a eu un dépôt de projet de loi. Avant le dépôt de projet de loi, il pouvait très bien traiter dans l'ancien système. Aujourd'hui, avec le dépôt de projet de loi, il peut très bien les traiter, il peut très bien traiter les 18 000 dossiers, peu importe.

M. Lacroix (Louis) : En fait, ce que vous dites, c'est que, tant que la nouvelle loi n'est pas adoptée, il est obligé de fonctionner selon l'ancienne.

Mme Anglade : Il n'est pas obligé. Il peut le faire, il peut décider, ils peuvent décider... Ils ont pris une règle administrative. Mais ce que je dis, c'est que, tant que la nouvelle loi n'est pas adoptée, il peut très bien traiter les dossiers. Aujourd'hui, ce qu'il dit, c'est que : Je paralyse le système tant et aussi longtemps que mon projet de loi n'est pas adopté. C'est ça qu'il dit aujourd'hui. Est-ce que vous me suivez?

M. Dion (Mathieu) : Bien, je vous suis, mais c'est parce que, dans le projet de loi, il est écrit qu'à partir du moment où le projet de loi est déposé les 18 000 demandes sont annulées.

Mme Anglade : J'entends ce que vous dites. Mais le projet de loi, il n'est pas adopté, le projet de loi n'est pas adopté. C'est une règle purement administrative. Aujourd'hui, c'est une règle purement administrative qui a été... Il a émis une lettre au MIDI en disant : On arrête de traiter tous les dossiers parce qu'on sait qu'on veut adopter le projet de loi et qu'il va être éventuellement adopté. Il n'y a rien aujourd'hui qui empêche le gouvernement Legault de passer à travers les 18 000 dossiers, absolument rien qui l'empêche de faire ça aujourd'hui, et ce, jusqu'à l'adoption, si c'est tel quel, jusqu'à l'adoption du projet de loi.

Donc, ce que l'on dit : On ne fait rien jusqu'à l'adoption du projet de loi, on se met sur les freins, et le MIDI n'est pas obligé de traiter ces 18 000 dossiers là. Il n'y a rien qui justifie ce changement-là. La seule chose qui justifie ce changement-là aujourd'hui, la seule chose, c'est qu'ils tiennent coûte que coûte à rencontrer des objectifs de 40 000, à la fin de l'année, peu importe les conséquences. C'est vraiment ça, c'est vraiment : la fin justifie les moyens.

M. Laforest (Alain) : Deux petites questions, Mme Anglade. Comment vous vous êtes sentie quand vous avez vu que le Parti québécois disait que vous meniez une campagne de peur?

Mme Anglade : Dans tout ce qu'on a fait, là, sur le dossier, est-ce qu'une fois... Je veux dire, les lettres que je reçois... Moi, je suis députée depuis trois ans et demi maintenant, trois ans et demi. Moi, en trois ans et demi, là, les lettres que j'ai reçues, je n'en ai jamais reçu avant. Je parlais avec ma collègue de Fabre, Monique Sauvé, puis elle me disait : Bien, moi, je n'ai jamais reçu de lettres comme ça de personne, d'individus, des avocats, des gens qui sont des professeurs, des chercheurs, des... On n'a jamais reçu ces lettres-là. Moi, je ne les écris pas, ces lettres-là, hein, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Donc, le PQ est déconnecté?

Mme Anglade : Je veux dire, nous, on a clairement reçu cette information-là et on ne fait que partager l'information qu'on a reçue.

M. Lacroix (Louis) : ...de connivence avec la CAQ, à votre avis?

Mme Anglade : Je ne sais pas s'ils sont de connivence, mais je vois qu'eux ils aimeraient finalement que l'on traite, aujourd'hui... Ils ont peut-être dit ça hier, mais déjà, aujourd'hui, ils disaient qu'ils aimeraient qu'on traite un certain nombre de dossiers, par contre. Alors, je pense que, tranquillement pas vite, ils se rendent compte qu'il y a véritablement un enjeu. Et d'ailleurs la meilleure preuve de ça, c'est leurs commentaires sur les dossiers.

M. Lacroix (Louis) : Le premier ministre a été assez dur à votre égard, durant la période de questions, là, votre leader parlementaire s'est mis à votre défense. Est-ce qu'il y a une rancœur entre vous et François Legault, là, qui frappe d'une certaine...

Mme Anglade : Il faudra lui demander. Mais, une chose est sûre, il a dit que j'avais parlé d'expulsion, à un moment donné, à un point de presse, ce qui est rigoureusement faux. C'est rigoureusement faux. Je n'ai jamais prononcé ce mot-là. Donc, je pense qu'il y a des interprétations qui sont faites. Nous avons fait un point de presse pour expliquer la situation, dimanche, mais en aucun cas je ne me suis levée puis j'ai parlé d'expulsion. Au contraire, je pense que c'est très important de mettre le débat au bon niveau. Et on amène des solutions. Dans ce débat-ci, là, il faut se rappeler qu'on ne dit pas qu'on ne veut pas changer le système, qu'on ne veut pas l'améliorer. Tout ce que l'on dit, c'est : Vous avez les moyens présentement de régler la situation.

M. Laforest (Alain) : ...leadership, là, en disant : La possible future chef, là. Il vous a attaquée directement.

Mme Anglade : S'il veut faire de la politique comme ça, c'est quelque chose qui le regarde. Moi, ce qui m'importe, là, dans mes dossiers, c'est de m'assurer qu'on réponde à des besoins des citoyens. C'est ça qui m'intéresse puis c'est pour ça que je fais de la politique.

M. Lacroix (Louis) : Sur SNC-Lavalin, Mme Anglade, je veux vous amener... Parce que ce matin Sonia LeBel a dit qu'il n'était pas question, si jamais le DPCP devait déposer des accusations criminelles, là, qu'elle intervienne directement. Elle ne veut pas s'immiscer, si on veut, dans les décisions du DPCP. Mais, en même temps, François Legault, vendredi dernier, il l'a répété hier, dit que lui, il serait favorable à une entente, et M. Fitzgibbon dit que personnellement, lui aussi, il serait favorable à une entente. Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'ils font indirectement ce qu'ils ne veulent pas faire directement, c'est-à-dire influencer le DPCP?

Mme Anglade : Moi, honnêtement, M. Lacroix, là-dessus, là, je vais leur laisser ce dossier-là parce que j'ai dit ce que j'avais à dire par rapport au dossier. J'ai dit que ce qui est important pour nous, c'est la préservation du siège social, c'est la préservation des emplois. J'ai dit également que je pensais que c'était une bonne chose de rencontrer l'entreprise pour voir de quelle manière, d'un point de vue économique, puis là je parlais juste de l'aspect économique, là, on pouvait les accompagner. Mais je n'ai rien à ajouter à ça.

Journaliste : ...quelque chose?

Mme Anglade : Mais je n'ai rien à ajouter, je veux dire. Ce n'est pas que je crains quelque chose. Je n'ai rien à ajouter par rapport à ça.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous n'avez pas de problème avec ça, qu'il dise par la voix des médias, finalement, au DPCP : Voici notre position?

Qu'on prenne le téléphone puis qu'on appelle le DPCP pour leur donner leur position ou qu'on le fasse par le biais de la télévision, ce n'est pas un peu le même?, ou de la radio, ou des journaux.

Mme Anglade : Bien, écoutez, je pense que le DPCP est une institution indépendante puis qui va pouvoir faire son travail, alors, non, je...

Journaliste : ...pas d'influence là-dedans.

Mme Lévesque (Catherine) : Juste sur l'immigration, pour y revenir. Avez-vous vu le nouveau courriel que le MIDI a envoyé aux 18 000 candidatures?

Mme Anglade : Bien sûr.

Mme Lévesque (Catherine) : Qu'est-ce que vous en avez pensé?

Mme Anglade : On a déjà reçu des commentaires là-dessus, des gens qui ont appliqué dans le système et qui ont dit que c'était... qui utilisent le nouveau système puis qui disent que c'est très compliqué. On a reçu de nombreux courriels, suite au courriel qui a été renvoyé, de toute façon, mes collègues en ont déjà reçu.

Est-ce que vous pensez que c'est suffisant? On envoie un premier courriel qui n'est pas clair, on en renvoie un second pour leur dire : Bien, en fait, on veut clarifier la situation puis on veut vous appeler. La situation, elle est simple à régler : traiter les dossiers. Encore aujourd'hui, il n'y a personne au ministère, au MIDI, qui est en train de traiter un dossier. Pourquoi ne pas procéder? Pour des raisons purement idéologiques.

Mme Lévesque (Catherine) : Vous venez de dire qu'Arrima est compliqué à utiliser. Pourtant, vous l'avez dit vous-même, c'est les libéraux qui l'ont...

Mme Anglade : Arrima est un système qui existe depuis le mois d'août. Il y a certains éléments qui doivent être mis...

Mme Lévesque (Catherine) : ...

Mme Anglade : Pardon?

Mme Lévesque (Catherine) : Donc, vous l'avez mis en place...

Mme Anglade : Oui. Arrima est un système qui a été mis en place par le Parti libéral, qui est en place depuis le mois d'août. Depuis le mois d'août, il y a des gens qui se sont inscrits, je pense qu'on parle de milliers de personnes qui se sont inscrites dans le système Arrima. Alors là, on rentre ensuite dans les technicalités, mais pour que ces personnes-là puissent déposer un dossier... Parce qu'ils soumettent leurs C.V. ou leurs déclarations d'intérêt; par la suite, ils doivent être invités par le ministre à soumettre formellement une candidature, O.K.? Cette invitation-là n'a jamais été faite encore, il n'y a jamais eu d'invitation de la part du ministre. Et ça, ça doit se faire par arrêté ministériel ou par décret du ministre. Et ça, ça n'a pas été fait.

M. Croteau (Martin) : J'ai une question qui concerne votre circonscription, si vous permettez. On apprend que le promoteur Stephen Bronfman souhaite l'aide du gouvernement québécois pour obtenir un terrain qui est près du bassin Peel pour y construire un stade de baseball. Est-ce que ce serait une bonne chose, selon vous?

Mme Anglade : Bien, je pense qu'il faut regarder toutes les options. Moi, j'ai toujours dit qu'il faut qu'on regarde les projets qui sont porteurs pour le Québec. Alors, si on a un projet porteur pour le Québec, si c'est dans ma circonscription, je pense qu'il faut regarder toutes les avenues.

M. Croteau (Martin) : Mais, tu sais, un stade de baseball, on sait tous ce que c'est, là, puis qu'est-ce que ça entraînerait.

Mme Anglade : Puis on sait ce que ça implique. Je sais très bien ce que ça implique.

M. Croteau (Martin) : Donc, est-ce que ce serait porteur? Est-ce que ce serait souhaitable qu'une telle chose arrive dans votre circonscription?

Mme Anglade : Bien, c'est pour ça que je vous dis que je pense que ça mérite une plus grande analyse que celle-là. Moi, je sais que, dans mon comté — là, on parle de toute la région... de Pointe-Saint-Charles — je veux dire, il y a beaucoup d'enjeux, il y a beaucoup d'enjeux en termes de gentrification, il y a beaucoup d'enjeux en termes de développement économique puis de développement social, la combinaison des deux. Ce n'est pas un dossier qui est facile. Ce que je dis, c'est que moi, je suis en faveur de projets porteurs, mais il faut que tout le monde puisse en bénéficier, puis il va falloir qu'on analyse les choses.

M. Croteau (Martin) : Sentez-vous de la résistance, sur le terrain, à ce projet-là?

Mme Anglade : Moi, je pense que tout projet suscite un minimum de... je ne sais pas si c'est de la résistance, mais certainement beaucoup de questionnements. Et c'est sûr qu'il va y en avoir, dans le comté de Saint-Henri—Sainte-Anne. Je vous garantis qu'il va y en avoir parce que naturellement, dans mon comté, les gens se questionnent beaucoup sur les projets qui font en sorte qu'on développe d'un point de vue économique, mais comment et quel est l'impact social. Donc, on va regarder ça.

M. Croteau (Martin) : Donc, la crainte est quoi? Quelles sont les questions? Pouvez-vous élaborer là-dessus? Qu'est-ce que les gens craignent?

Mme Anglade : Bien, je ne me suis pas assise avec les gens de mon comté depuis l'annonce, vous comprendrez bien, j'étais ici. Je ne me suis pas assise avec les gens de mon comté...

M. Croteau (Martin) : Vous êtes familière avec le dossier, on s'entend, là, ce n'est pas...

Mme Anglade : ...mais je suis familière avec le dossier. Ce que je dis, c'est que, dans tout projet que l'on a dans le comté de Saint-Henri—Sainte-Anne, ce qui est important, c'est que les gens sentent que le développement économique permet à tout le monde de participer, qu'il n'y ait pas d'exclus. Je pense que c'est ça qui est important pour les citoyens de Saint-Henri—Sainte-Anne, qu'il n'y ait pas d'exclus. Et alors comment est-ce qu'on crée des projets où tout le monde se sent inclus, tout le monde se sent interpellé et que ça bénéficie à l'ensemble de la population? C'est ça, la question que les citoyens vont se poser.

M. Croteau (Martin) : Sur un volet peut-être plus large de ce projet-là, est-ce que vous verriez d'un bon oeil une aide publique à ces promoteurs afin qu'ils attirent du baseball majeur à Montréal?

Mme Anglade : Bien, je pense qu'il faut regarder... de voir de quelle manière il peut y avoir des retombées économiques intéressantes pour le Québec. C'est comme ça qu'il faut le regarder. C'est comme ça que je regarde toujours les projets.

M. Croteau (Martin) : Vous seriez ouverte à ça, c'est-à-dire...

Mme Anglade : Bien, il faut regarder de quelle manière il peut y avoir des retombées intéressantes. S'il y a des retombées intéressantes, ça mérite d'être considéré.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que ça a été une erreur de dire non, la première fois, au projet de déménager le stade de baseball au centre-ville, d'amener le casino au centre-ville, d'amener le Cirque du Soleil au centre-ville?

Mme Anglade : Bien, écoutez, je pense que les citoyens se sont mobilisés, puis les gens... Je pense que ce que ça a fait, ça éveillé les consciences. Puis je pense que, dans des projets comme ceux-là, maintenant, les gens vont se sentir davantage... les gens vont être plus conscients des impacts sociaux. Puis il faut qu'il y ait un meilleur dialogue parce que, sans ce meilleur dialogue-là, on est... C'est ce qui s'est produit, la dernière fois, on n'a pas senti qu'il y avait le momentum, puis les citoyens se sont...

M. Laforest (Alain) : Il y a eu une levée de boucliers, là.

Mme Anglade : Une fin de non-recevoir. C'est ma manière de le décrire. Donc, si on veut que des projets comme ça voient le jour, bien, il va falloir qu'il y ait un sérieux dialogue économique et social pour le faire arriver. Puis je suis bien à même d'en parler parce que mon comté, c'est réellement ça, ces enjeux-là, au quotidien, c'est de nous assurer qu'il y a cet équilibre entre le social et l'économique, et ce n'est pas facile. On ne peut pas donner des réponses aussi noires ou blanches dans un contexte comme celui-là.

M. Croteau (Martin) : Trouvez-vous que le promoteur a bien vendu ce projet-là à venir jusqu'ici? Est-ce qu'il a fourni des réponses satisfaisantes à vos commettants?

Mme Anglade : Bien, écoutez, je ne peux pas vous donner ces détails-là. J'aimerais bien m'asseoir avec le promoteur puis en discuter de manière plus large. Puis là je pourrais commenter là-dessus.

M. Laforest (Alain) : Êtes-vous plus Expos ou Red Sox, vous?

Des voix : Ha, ha, ha!

Mme Senay (Cathy) : Would it be possible to ask you a couple of questions in English?

Mme Anglade : Please.

Mme Senay (Cathy) : How do you explain the lack of will of the Government Legault, the Premier, when he...

Mme Anglade : They have an obsession with achieving the magic number of 40,000 immigrants without any consideration for the consequences, economic consequences, social consequences, human consequences. So, they have this obsession and they realize: My God! if we go through the 18,000 files, we'll never going to be able to meet that objective. So, the best way to do it is not to go through the files, delay them for at least six months, and then we're going to be able to say: Hey! Victory! We meet the 40,000 objective.

It's very cynical, because, at the end of the day, if you meet the 40,000, like, fine, but it implies having a negative impact on people, negative impact on the economy, negative impact on Québec's reputation. I think it's an issue. And, I think, as a government, you need to elevate yourself, and think about those consequences, and change your opinion.

Mme Senay (Cathy) : And how do you explain the fact that Premier Legault changed his mind?

Mme Anglade : Premier Legault... It's either he doesn't understand the process, because clearly, in what he said today, he said, and I'm going to translate it, I'm just going to... «Until my colleague Minister of Immigration presented his project, we were forced to go through the files.» This is just wrong. He was never forced to go through the files. He could go through the files, and today he still can go through those files. Nothing has changed between January 29th and today. Nothing has changed. So he can totally make the decision today to go through those files. So, it's either he doesn't understand the process or either he's not being honest in Chamber. I'd say it's one of the... It's either/or, it can't be both, it's either/or. But there's no other explanation.

M. Authier (Philip) : Yesterday, you said, on your comment about he maintaining the 40,000, that it was cynical, a cynical exercise, and today you're saying it's ideological. How much further are you going go down this path of questioning their motives?

Mme Anglade : Until they realize the implications. When they say, you know: We're making a campaign... I mean, obviously, they haven't read all the information and all the emails that we have. And I honestly believe, after seven... it's not even seven days, it hasn't been one week, looking at the reactions of people, personally, as a Member of the National Assembly... I've never received so many emails on a specific issue like that. It is overwhelming. And even though they try to say that they were going to call the people, and tell them, and explain to them, we're still receiving emails. My colleagues are still receiving those messages.

So, we just need to be consistent and make sure that... I think I used «cynical», I used «idéologique», I mean, I don't know that there is another word that I'm going to be using tomorrow because I think it's pretty much what they're doing today. And I hope that, through the motion that we have today, they see the light.

M. Authier (Philip) : And the Premier also called on Mr. Arcand to call you... to put you in the line.

Mme Anglade : He said, and this is... he said that, in a press conference, I was talking about expulsing people. I never said that. I never talked about this. He's the one who raised the question. I never said that. So, I think they're trying to portray this as a fear campaign. I just don't believe that they understand the real consequences. And on a topic like this, you really don't want to be using words that are too strong, you want to make sure that you portray the situation the way it is because we're talking about people, at the end of the day.

So my position is always going to be to do this in a way that is very constructive. And I believe we've been very constructive because what we're suggesting is something that is totally doable. There's nothing that's not doable. And, as you can tell, they never told us: It's not doable. They never answered the question: Why don't you do it?, because they don't...

M. Authier (Philip) : You mean start processing the files now? There's no reason for them not to do it, that's what you're saying?

Mme Anglade : Yes. But they never answered the question: Why is it that you can't do it? Well, they can do it, they actually, physically... They have all the levers in order to process the files. They don't want to do it, it's a different question. They don't want to do it because it's impacting their results at the end of the year. And that is very cynical because you can't be maintaining a line simply because you want to meet a number when it has... If it doesn't have consequences, it's one thing, but, if it does have consequences, it's a different story.

Mme Senay (Cathy) : The Liberals are quite present on the Montréal region, so...

Mme Anglade : The what?

Mme Senay (Cathy) : The Liberals are quite important, MNAs, in the Montréal region, so how do you support... Would you support Mr. Bronfman's project? Like, he's having it's project on the Peel sector for baseball stadium, what do you think about that?

Mme Anglade : About supporting the project?

Mme Senay (Cathy) : Yes.

Mme Anglade : I need to know, I need to have more information. I mean, I can't say: Oh, we're supporting it, or... like, I need to have more information. Especially that it would impacting my own riding. So, I'm really always in favor of a project that takes us to a different level, takes us some... that creates opportunities. We just have to make sure that the opportunities are created for all.

Mme Senay (Cathy) : And one last question. The Justice Minister, Sonia LeBel, is quite clear, she's not going to intervene in SNC-Lavalin's case. But then, Mr. Fitzgibbon and Premier Legault opened a bit the door yesterday for a potential agreement, like it did happen on the federal scene. How do you assess this situation that one minister is saying one thing and two others are saying something else? Can this create an awkward situation?

Mme Anglade : Well, as I said earlier on this topic and I'm going to say the same thing I said yesterday, honestly, I think we have to be very careful between what the economy is and «le système judiciaire», the judiciary system, I guess. So you have to be very careful with that. The only thing that I keep mentioning it's what matters to us is that we keep the jobs here, in Québec, that the head office is here, in Québec, and that we find opportunities from an economic perspective to see how we can support the company. But, other than that, I'm not going to go beyond that because we see clearly that there is an issue. We have to be very careful with that.

Journaliste : Do you have the impression that the different points of view...

La Modératrice : Thank you.

(Fin à 13 h 25)

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