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Point de presse de M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Version finale

Le lundi 9 mars 2020, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures six minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour à tous. Merci d'être présents. Alors, on va débuter ce point de presse avec une brève déclaration du porte-parole des finances de l'opposition officielle, M. Carlos Leitão.

M. Leitão : Très bien. Merci beaucoup, Cynthia. Merci beaucoup, tout le monde, d'être ici. Écoutez, nous sommes à la veille du budget. Je m'étais déjà adressé à vous, il y a quelques semaines de ça, avec nos attentes budgétaires. Ça n'a pas vraiment changé depuis, ce sont les mêmes choses, la santé, les services sociaux, etc. Cependant, il y a maintenant quelque chose de nouveau, et ce qu'il y a de nouveau, c'est bien sûr le COVID-19, c'est bien sûr toute l'incertitude reliée à cela. On a vu les banques centrales, la réserve fédérale, le 3 mars, la Banque du Canada, le 4 mars, réduire les taux d'intérêt de façon assez agressive, et on voit les marchés financiers qui sont extrêmement volatils, nerveux. On n'a aussi qu'à suivre ce qui se passe en Europe. Donc, c'est bien au-delà de ce qui se passe en Chine, chez nos voisins américains aussi. Donc, beaucoup d'incertitude, beaucoup de nervosité et on ne peut pas exclure une économie qui serait au ralenti suite aux effets du coronavirus.

Dans cet ordre d'idées là, je pense que la chose à faire pour le gouvernement du Québec, dans le budget de demain, serait de créer un véritable fonds d'urgence de 1 milliard de dollars. Nous avons présentement une provision pour éventualités de 100 millions. Traditionnellement, ça se trouve dans le budget depuis plusieurs années, c'est très bien, mais nous pensons que cette provision pour éventualités doit être transformée en véritable fonds d'urgence et on doit mettre 1 milliard de dollars de côté pour faire face à l'incertitude. Si ce n'est pas nécessaire, si les autorités de santé publique réussissent à maîtriser la propagation du virus, tant mieux, on n'aura pas besoin d'utiliser ce montant-là, mais la chose à faire, de façon responsable, maintenant, c'est de mettre de côté 1 milliard de dollars. Nous avons les moyens de le faire et la situation demande une intervention de cette nature-là. Donc, je suggère fortement au ministre des Finances de créer une provision pour éventualités, à la hauteur de 1 milliard de dollars, dans son budget de demain.

Le reste, bon, c'est des choses qu'on avait déjà parlé. Nous pensons que la santé doit être la priorité du gouvernement, cela est encore de plus en plus approprié dans le contexte justement du coronavirus. Il ne faudrait pas que la santé publique soit incapable de mettre en place des mesures par manque d'argent. Donc, les budgets de la santé publique doivent être bien garnis. Encore une fois, on a les moyens de le faire, et nous avons de très grands experts de santé publique au Québec, il faut les laisser faire le travail. Merci.

La Modératrice : Donc, merci. Merci à vous, M. Leitão. Donc, je vais passer au micro de droite avec M. Laforest pour briser la glace.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, M. Leitão.

M. Leitão : Bonjour.

M. Laforest (Alain) : On sait qu'actuellement l'économie du Québec va très bien, le taux de chômage est très bas. Est-ce que, tout de même, ça prend ça pour soutenir l'économie, 1 milliard? C'est beaucoup d'argent, là.

M. Leitão : C'est beaucoup d'argent, et, comme j'ai dit, si ce n'est pas nécessaire, on ne l'utilisera pas. Ce que je dis seulement, c'est de mettre de côté... Pensez-y comme si c'était une espèce... d'un CELI ou d'un compte d'épargne : on met 1 milliard de côté pour faire face à d'éventuelles répercussions du coronavirus. Parce que n'oubliez pas que, s'il y a un problème économique, ça serait assez différent, en tout cas, d'une récession normale, ça serait ce que les économistes appellent un choc de l'offre, «a supply shock». Donc, la production s'arrête. Pour toutes sortes de raisons, la production s'arrête, et, à ce moment-là, il faut avoir des mesures pour permettre aux entreprises de rester en vie, rester en opération jusqu'à ce que la situation revienne à la normale.

M. Laforest (Alain) : Là, je m'adresse au prévisionniste plus qu'au porte-parole en matière de finances. Je ne sais pas si vous avez vu, au cours des dernières minutes, là, la Bourse de New York. On a suspendu les transactions. Est-ce qu'on est en situation de panique qui risque d'avoir un effet sur l'économie mondiale?

M. Leitão : Écoutez, les marchés financiers, comme vous le savez, sont souvent irrationnels. Souvent, les mouvements dans les places boursières sont extrêmes, sont très, très rapides. Les différentes bourses ont des mécanismes pour interrompre les transactions quand le volume de transactions dépasse la normale. Je pense que c'est un peu à ça... ce qui se passe présentement. Mais, encore une fois, ce n'est pas du tout rassurant de voir cette... La semaine dernière aussi, c'était une très mauvaise semaine pour les marchés financiers. Une partie de marchés qui n'est pas suivie par le public, mais qui à mon avis est extrêmement importante aussi, c'est le marché obligataire. On voit les taux d'intérêt à long terme qui sont extrêmement bas, qui approchent le zéro, c'est-à-dire, l'État canadien ou l'État américain peut emprunter 10 ans à 0,7 %. Ça, c'est incroyablement bas. Ça démontre le niveau de nervosité et d'incertitude dans les marchés financiers, donc raison de plus pour un gouvernement...

M. Laforest (Alain) : ...

M. Leitão : ... — excusez-moi — pour un gouvernement de prendre une action, une mesure forte comme celle de créer une vraie réserve de 1 milliard de dollars pour rassurer au moins nos marchés.

M. Laforest (Alain) : Quel impact ça peut avoir à long terme, tout ça, là, cette incertitude-là?

M. Leitão : À long terme, je ne pense pas qu'il y aura un très grand impact parce que, comme je l'ai dit, il s'agit d'une question de... un choc de l'offre, «supply shock», et éventuellement ces choses-là se résorbent. Ces choses-là se résorbent si les entreprises réussissent à rester en vie. Si le choc de l'offre mène à la fermeture permanente d'une usine, alors là, il y a une diminution de la capacité de production. Donc, là, ça serait permanent. Alors, pour éviter ça, c'est là que les gouvernements doivent agir de façon rapide. Vous avez vu ce qui se passe en Italie, le gouvernement italien a aussi toute une série de crédits d'impôt pour soutenir les entreprises italiennes.

La Modératrice : Merci. Donc, M. Lacroix.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. Leitão . Vous avez répondu partiellement, mais juste, peut-être, une précision : Est-ce que justement, dans un cas comme celui-là, alors que les taux d'intérêt baissent de façon importante et très rapidement, est-ce que ce ne serait pas le temps pour le gouvernement de dire : Bien, on va renégocier certains emprunts qu'on a faits à l'international, histoire de sauver quelques milliards sur la dette?

M. Leitão : Bon, ça se fait de façon continue. Le gouvernement peut toujours émettre de nouvelles obligations au taux actuel, qui est beaucoup plus bas que le taux précédent, mais le gouvernement ne peut pas ne pas remplir ses obligations. Si on a émis une obligation dans le passé, à x %, bien, on doit la...

M. Lacroix (Louis) : ...l'honorer, en fait.

M. Leitão : Cependant, ce que le gouvernement peut faire, c'est émettre de la nouvelle dette à un taux très bas pour racheter la vieille dette à un taux plus élevé. Ça se fait.

M. Lacroix (Louis) : L'autre question, c'est que la... une des façons de réagir des gouvernements généralement, en situation de ralentissement économique, c'est de réinvestir dans son économie, c'est-à-dire, par exemple, d'accélérer certains investissements en infrastructures. Le gouvernement caquiste a déjà laissé entendre qu'on pourrait faire ça, entre autres, au niveau des écoles, au niveau de certains immeubles du gouvernement, histoire d'amener de l'eau au moulin, si on veut, et de relancer l'économie. Est-ce que c'est une bonne façon de procéder?

M. Leitão : En général, c'est une bonne façon. Quand on fait face à une récession traditionnelle, récession créée par un affaissement de la demande globale, là, le gouvernement agit comme... donc, dépense pour soutenir la demande globale. Cette fois-ci, s'il y a récession, et je ne suis pas en train de vous dire qu'il va y en avoir, mais s'il y a un problème économique majeur, lui, il viendra plutôt du côté de l'offre. C'est vraiment ça, un «supply shock», un choc de l'offre, et, à ce moment-là, ce genre de mesures pour soutenir la demande ne sont pas tellement efficaces parce qu'on soutient la demande, mais s'il n'y a pas d'offre, s'il n'y a pas de production, ça ne marche pas non plus. Donc, il faut penser à d'autres types de mesures, et cet autre type de mesures, c'est des mesures pour soutenir les entreprises pour qu'elles puissent passer à travers. Écoutez, si les employés sont à la maison ou malades, ils ne peuvent pas aller travailler, donc la production va baisser.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'on peut craindre aussi un certain ralentissement économique lié à la crainte du coronavirus? Je donne l'exemple, par exemple, du championnat mondial de hockey féminin junior... de hockey féminin, pardon, à Halifax, qui a été annulé, une autre compétition également au Yukon, là, les jeux d'Arctique qui ont été annulés, etc. Est-ce que ça, ça peut amener un certain ralentissement économique, du fait de limiter le tourisme dans certaines régions, particulièrement au Québec?

M. Leitão : Tout à fait, et dans une telle situation d'incertitude et même de crainte qui provient du côté de la santé, le tourisme est l'industrie qui est la plus touchée, le plus rapidement et le plus directement. Il y a, par exemple aux États-Unis, le tournoi d'Indian Wells, un tournoi de tennis qui est considéré comme le cinquième plus important au monde, qui a été aussi annulé. En Italie, les matchs de foot se font à portes fermées, et la fédération italienne pense même suspendre le championnat.

Donc, c'est du sérieux, c'est important, et donc ça a un effet sur les économies locales si on annule un grand événement, mais, d'une façon plus générale, ça a aussi un effet direct sur le tourisme.

La Modératrice : Merci beaucoup. Donc, Mme Gamache.

Mme Gamache (Valérie) : M. Leitão, simplement, je comprends, là, pour aider les entreprises, mais est-ce que ce milliard de dollars là doit servir uniquement à ça ou il y a des réserves qui doivent être... une partie qui doit être consacrée à la santé publique dans votre...

M. Leitão : Oui, à la santé publique aussi. Donc, la santé publique doit avoir les budgets nécessaires pour... Écoute, je pense qu'au moment où on se parle la ministre McCann fait aussi des annonces, là. Je ne sais pas ce qu'elle est en train d'annoncer, mais il va y avoir des budgets additionnels au ministère de la Santé, ça ne doit pas sortir des budgets normaux de la santé, donc la santé publique doit avoir accès à un budget, je vous dirais même, illimité. Il ne faudrait pas que la santé publique se prive de mesures parce qu'elle n'a pas de moyens financiers, ce n'est pas le moment de faire ça. Et il faut que ces nouvelles mesures de santé publique puissent être financées adéquatement, et donc le gouvernement doit mettre tous les moyens... parce que ce serait des dépenses qui ne sont pas récurrentes. Donc, c'est une situation d'urgence, on répond avec des dépenses d'urgence.

Mme Gamache (Valérie) : Et vous savez très bien comment ça se passe quand on dépose un budget, on sait très bien que, là, on ne peut pas le modifier à l'heure où on se parle. Par quel moyen le gouvernement Legault doit-il agir, doit-il mettre en place cette réserve-là?

M. Leitão : C'est pour ça que je vous dis : on doit, dans le budget, créer cette réserve. Comme ça, elle pourrait être utilisée au mois de mai, au mois de juin. Quand on a besoin, on peut rapidement sortir les sous parce que, vous l'avez dit, si les crédits ne sont pas votés, on ne pourra pas le faire. Mais, si, dans le budget, on annonce la création d'une réserve, d'un fonds de prévoyance de 1 milliard de dollars, cet argent est disponible en tout temps. Donc, c'est pour ça qu'il faut le faire, il faut l'annoncer, il faut le mettre dans le budget.

La Modératrice : M. Bossé.

M. Bossé (Olivier) : Bien, ça ressemblait un peu à ce que Valérie disait, donc, les entreprises, la santé... À quoi ça peut servir aussi, ce milliard-là?

M. Leitão : Je vous dirais que ce serait, écoutez, essentiellement ces deux choses-là. Il y a un troisième élément qui est important, et il me semble que, lui, c'est plutôt de nature fédérale, mais donc il faut que les deux gouvernements se parlent, c'est le soutien aux personnes qui doivent rester à la maison en quarantaine, par exemple, ou qui sont malades et qui ne peuvent pas aller travailler. Donc, les règles de l'assurance-emploi doivent être vraiment revues pour que ces personnes qui doivent rester à la maison sans travailler puissent continuer à recevoir une compensation financière dès le jour 1 de leur période de quarantaine. Et ça, le meilleur programme qui existe pour ça, c'est l'assurance-emploi, et ça, c'est au gouvernement fédéral d'ajuster les paramètres.

La Modératrice : Merci. Est-ce que j'ai quelqu'un... Cathy.

Mme Senay (Cathy) : Yes. Good morning.

M. Leitão : Hello. Good morning. Perhaps I want to say a few words before or...

Mme Senay (Cathy) : That would we great, if you want. I understand that you can totally feel that the panic is... it's becoming worrisome with COVID-19.

M. Leitão : It is worrisome. However, I would not use the word «panic» because that's never very helpful. But, since we have the... We can see what is happening in other countries, both near and far, then we know what the Government can and should do. And we think in this case what the Québec Government could and should do to... more in his budget is to announce the creation of a $1 billion provision for uncertainty, so that those funds, $1 billion, will be available at any time in the coming fiscal year. If it's necessary to use it, we can use it. If not, then, well, fine, not, but it should be available.

Mme Senay (Cathy) : And what can be those measures that will be useful with that $1 billion?

M. Leitão : Then, we will see. I think it's a little too early to start right away with the specific measures, but one... There are at least two things I think we should think about. First is that Public health should not be constrained by any sort of financial constraint. If Public health needs x millions of dollars to create special clinics or special tests, or whatever it is, they should have all the funds that they need, and this is not an issue that should be, you know, prone to partisan politics. We have experts in public health, and good experts, and we should trust them. And, if they feel the need to put in place new measures, they should have all the financial leeway available to do that. That's one thing.

The other thing is, in terms of the economy at large, if indeed this is going to slide into something that may approach some sort of a recession, one needs to keep in mind that this would be a kind of a different event. This would be what economists call a supply shock, meaning that production is disrupted, companies, firms stop producing because they don't have access to their employees that are home, sick, their suppliers don't deliver the products, their export markets are closed. So, a supply shock is something a little different from a traditional recession that is created because there is a lack of aggregate demand. This is supply. And in that case, a government should consider measures to help businesses, companies stay in operation as long as the supply shock lasts, so that then, when things get back to normal, they can get production back up again.

Mme Senay (Cathy) : One last clarification. You were talking about choices and importance of the Government, the Legault Government, with the surpluses, to make wise choices. If you say that now we have to transfer $1 billion in an emergency fund and we think that the surpluses for this fiscal year will be $1,7 billion, that means that the bottom line is getting there.

M. Leitão : Yes. But that's fine. I'm not too worried about that. I think that we have the necessary means to create this special $1 billion fund, and if we need to borrow to do that, if the surplus is not sufficient, I think this is not a time, you know, to be too hung up on details. It is important, the message that is sent to our own markets, to our own economy, that the Government has $1 billion set aside to support the economy throughout this period. Just that message can go a long way in restoring confidence.

La Modératrice : M. Authier.

M. Authier (Philip) : Good morning.

M. Leitão : Bonjour.

M. Authier (Philip) : Do you think M. Girard will have to forecast downwards his growth projections for the year? Are we at that stage yet?

M. Leitão : Well, the funny thing with budgets is that the forecast for the budget was most likely already put in place and the documents printed a week ago or so. So should the Government change its forecast for the current year? That's perhaps a little... you know, it's maybe a little late to do that. That's why it's important to announce this special fund in case this year, 2020, is a lot weaker than expected.

M. Authier (Philip) : You've spoken a lot about their spending. Besides health, which you've mentioned at your last newsroom, do you think they should be spending as much as they are going to tomorrow?

M. Leitão : Very good question. And frankly, I don't think so. I think this is the time to be prudent. The time to be prudent is not the time to start up all kinds of new programs outside the assistance to the economy. So I would be particularly prudent in this budget in terms of new initiatives. What we need to do this year is to restore confidence, is to send a message that the Government is there and the Government has the fire power to sustain the economy in referring in what concerns future social programs. Perhaps, this is not the time to do that — again, because this is not a problem of a lack of aggregate demand, this is a situation that may be created by a supply shock.

M. Authier (Philip) : What kind of budget do you think it will be? Will it be conservative, will it be cautious? What tone will it have?

M. Leitão : We'll see. From what we can see in the media, and from what M. Girard and M. Legault have said, this will also be the budget of the environment. And although that is very interesting, the budget of the environment… of course we want to see what precisely is in that budget about the environment. From what I can see, and we'll have better answers tomorrow, it appears to be a rehashing of things that were already announced in previous budgets. «Le programme d'électrification des transports», we talked about that back in 2017, 2018, the Green Fund, le Fonds vert, that is going to be changed, but we know there's money there. So we'll have to see exactly what the details are, of this environment budget.

M. Authier (Philip) : And the tone of the budget, will it be conservative or cautious?

M. Leitão : The tone of the budget, I think, has to be cautious, has to be one to reassure the population, to reassure the economic agents in the population at large, that the Government understands the situation and the Government has the firepower to sustain the economy while we go through this very uncertain period.

La Modératrice : Thank you.

M. Lacroix (Louis) : J'aurais peut-être une autre question.

M. Leitão : Oui, vous êtes caché derrière la caméra.

M. Lacroix (Louis) : Le ministère de la Santé est en train d'évaluer la possibilité, de ce que je comprends, là, d'annuler le championnat du monde de patinage artistique qui se tient la semaine prochaine à Montréal.

M. Leitão : Qui est bientôt, oui.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que c'est une bonne idée d'annuler?

M. Leitão : Écoutez, dans le contexte actuel, je vous dirais que ce n'est pas une mauvaise idée parce qu'il faut être prudent, il faut être prudent en ce qui concerne les grands événements qui amènent surtout beaucoup de personnes qui nous viennent d'ailleurs. Donc, ce ne serait pas une mauvaise idée. J'y avais déjà pensé quand je voyais le calendrier d'événements, c'est à partir du 16 mars, donc le timing est un peu particulier. Et si... On a vu qu'aux États-Unis, Indian Wells  est annulé, South by Southwest, le grand festival à Austin a été annulé, et, à ce que je sache, il n'y a pas beaucoup de cas au Texas. Donc, il faut être prudent, il faut être prudent. Et on avait déjà vu que... que ce soit la NBA, qui commence aussi à réfléchir comment ils vont faire pour les matchs à l'avenir, même la LNH est en train de réfléchir à ces choses-là, donc ce n'est pas une mauvaise idée.

M. Lacroix (Louis) : Mais c'est parce que, là, il y a une série de sous-questions que ça amène. Par exemple, on fait quoi avec, je ne sais pas, moi, le Grand Prix du Canada? On fait quoi avec le Festival d'été? On fait quoi avec Osheaga à Montréal? On fait quoi avec le Festival Juste pour Rire?

Une voix : Et donc, oui, vous avez tout à fait raison.

M. Lacroix (Louis) : Il y a des ramifications économiques gigantesques.

M. Leitão : Tout à fait, tout à fait. Je vous dirais qu'il y a présentement... Le mois de mars, donc, février, mars, c'est vraiment une période extrêmement critique et, si on veut contrôler l'éclosion de ce virus, c'est maintenant qu'il faut agir. Quand on va arriver à l'été, on verra bien. Peut-être que la santé publique, à ce moment-là, aura déjà été capable de maîtriser cette chose-là. On voit qu'en Chine, quand même, les choses évoluent après avoir pris des mesures drastiques.

Alors, c'est le moment maintenant de penser à ces choses-là, et puis on verra bien, à l'été, s'il faut continuer avec d'autres annulations ou pas. Ce n'est pas très rassurant, mais je pense que c'est rassurant d'un point de vue de santé publique, et, comme je vous ai dit tantôt, je crois que cet enjeu, ce n'est pas un enjeu politique, ce n'est pas un enjeu de partisanerie, il faut faire confiance à nos experts en santé publique, et si nos experts de santé publique nous disent que la chose à faire, c'est d'annuler des événements, il faut les écouter.

M. Lacroix (Louis) : Merci.

La Modératrice : Merci. Merci à tous.

M. Leitão : Merci, mesdames et messieurs.

(Fin à 10 h 29)

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