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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation et M. Eric Girard, ministre des Finances

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le jeudi 19 mars 2020, 16 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Seize heures une minute)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous et bienvenue à cette conférence de presse de la Tribune de la presse parlementaire. Nous avons comme invités aujourd'hui le premier ministre du Québec, M. François Legault, le ministre des Finances, Eric Girard, ainsi que le ministre de l'Économie et de l'Innovation, M. Pierre Fitzgibbon. Messieurs, c'est à vous.

M. Legault : Oui. Merci. Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Dans la bataille qu'on a contre le coronavirus, bien sûr, la priorité, c'est la santé. C'est pour ça qu'on vous en parle régulièrement. Mais il ne faut pas négliger une autre bataille qui va être très importante, qui va être très dure aussi, la bataille économique.

Le problème relié au coronavirus a commencé en affectant les échanges commerciaux internationaux. Donc, évidemment, on a des entreprises qui importent, qui exportent. Ça a été le premier impact négatif sur l'économie mondiale et sur l'économie du Québec.

Par contre, les mesures... puis on était très conscients de ça, les mesures qu'on a prises pour sauver des vies, pour protéger la santé des Québécois ont eu un impact négatif sur l'économie. On le savait, là, mais on était dans une situation où il fallait choisir le moindre mal. Par exemple, quand on demande aux personnes de 70 ans et plus de ne pas sortir de chez eux, bien évidemment, il y a moins de consommation. Donc, on n'a pas besoin d'expliquer qu'actuellement il y a un impact très négatif sur la consommation, qui est quand même un élément important dans l'économie.

L'autre élément important : les investissements des entreprises. Bien, ce qui est important, pour les investissements des entreprises, c'est d'avoir le plus de confiance possible puis le moins d'incertitude possible. On a la situation exactement inverse, actuellement, donc il y a un impact, là, très important, très négatif sur les investissements des entreprises.

Je le répète, notre priorité a été puis va continuer d'être la santé. Mais il faut que les Québécois continuent de se nourrir, continuent de se loger, continuent de vivre. Et pour ça, ça prend des revenus, qui, dans certains cas, ne seront pas au rendez-vous. Donc, le gouvernement va aider les Québécois, les individus, les personnes.

D'ailleurs, on a commencé à le faire avec Jean Boulet, entre autres pour aider les personnes qui doivent s'isoler puis qui perdent leurs revenus. Puis on a du travail qui continue d'être fait, là. On a une rencontre ce soir avec le comité économique, qui est présidé par Eric Girard, pour voir d'autres mesures pour aider les personnes, évidemment, en s'arrimant le plus possible avec le gouvernement fédéral dans ces mesures-là.

Mais on ne peut pas nier actuellement qu'il y a beaucoup d'entreprises qui souffrent. On a, je vous donne juste quelques exemples, là, mais des secteurs, là, où c'est carrément catastrophique, là. Je pense à l'aéronautique, je pense à l'hôtellerie, je pense à beaucoup de services, beaucoup de compagnies de services où il y a des baisses de revenus drastiques actuellement.

Ce qu'il est important de se dire, aujourd'hui, c'est que la crise qu'on vit, c'est une crise qui est temporaire. À un moment donné, l'économie va repartir. On ne sait pas quand. On sait que ça ne sera pas dans les prochaines semaines, ça va prendre un certain nombre de mois. Donc, il faut que les entreprises fassent le pont, qu'on soit capable d'avoir le maximum de nos entreprises qui passent à travers cette crise, qui passent à travers cette période difficile pour que, quand l'économie va repartir, bien, qu'ils soient en mesure de le faire.

Donc, le gouvernement va aussi être là pour aider les entreprises. Évidemment, puis j'aime mieux le dire, on ne pourra pas sauver toutes les entreprises. On va essayer de faire le maximum qu'on est capables de faire avec des marges de manoeuvre qui, heureusement, sont importantes. Mais on ne pourra pas sauver toutes les entreprises.

Donc, on annonce aujourd'hui un programme de 2,5 milliards pour aider les entreprises qui ont des problèmes de liquidité ou qui vont avoir des problèmes de liquidité associés aux problèmes du coronavirus.

Évidemment, notre objectif, c'est de s'arrimer avec deux autres joueurs importants : s'arrimer avec le gouvernement fédéral, qui a annoncé un programme de 10 milliards, hier, qui reste à définir, pour les entreprises, et de s'arrimer aussi avec les banques, les caisses, qui... Dans la plupart des cas, les entreprises, au moins de tailles moyennes et grandes, ont déjà des relations avec nos entreprises.

Donc, ce qu'on veut, c'est de simplifier la vie des entrepreneurs puis des dirigeants d'entreprises, ne pas leur demander d'aller cogner à trois portes, c'est-à-dire leurs banques ou leurs caisses, le gouvernement du Québec puis au gouvernement fédéral. On essaie que ça soit plus simple puis qu'on n'ait pas besoin de cogner à trois portes. Ce n'est pas évident. Puis tantôt je vais laisser le ministre de l'Économie vous expliquer où on en est dans les modalités, mais c'est un objectif qu'on se donne.

Donc, en terminant, il y a deux choses que je veux vous dire. D'abord, les Québécois sont chanceux d'avoir des hommes brillants comme Eric Girard, Pierre Fitzgibbon, le reste de l'équipe économique. Sincèrement, là, ça aide actuellement. Il y a beaucoup de respect de la part du monde des affaires, le fameux monde des affaires, à l'égard des personnes qui sont ici. Puis la confiance, je le disais tantôt, pour les investissements des entreprises, c'est ce qu'il y a de plus important. Donc, je considère qu'on est très chanceux d'avoir des gens d'expérience.

Dernier message, puis là je sais que je demande beaucoup de choses aux Québécois, là, mais j'ai une autre chose à demander aux Québécois : s'il vous plaît, dans les prochaines semaines, les prochains mois, c'est plus important que jamais d'acheter des produits qui sont faits au Québec. Ça inclut les achats en ligne. Plus que jamais, il faut être capable de venir encourager les entreprises québécoises. C'est primordial. Si on veut se donner des chances que le maximum de nos entreprises passent au travers, c'est important d'acheter chez nous, au Québec. Donc, je vous fais cette demande-là. Faites attention, quand c'est possible, même en ligne, d'acheter au Québec. Ça va aider les travailleurs du Québec.

Donc, je commence par passer la parole au ministre des Finances, qui va vous parler un peu, justement, des arrimages avec le gouvernement fédéral.

M. Girard (Groulx) : Merci, M. le premier ministre. Alors, le fédéral a annoncé plusieurs mesures, hier, notamment ces programmes pour les individus qui ne sont pas éligibles à l'assurance-emploi. Tout ça totalisait 27 milliards de dollars. Il y avait aussi l'ajout de liquidités, 55 milliards de dollars, rattachées aux reports de paiement d'impôts et des acomptes provisionnels. Et il y avait eu 10 milliards de prêts ou de capital pour faire des prêts à la BDC et EDC. Et il y a aussi également plusieurs mesures pour soutenir les marchés financiers.

Et ce que je veux dire, c'est que tout ça, c'est très positif, je tiens à le souligner. C'est un effort qui est notable. Nous estimons que ça correspond à peu près à 4 % du PIB canadien, cet effort.

Je confirme que nous harmonisons les dates pour le paiement de l'impôt et des acomptes provisionnels au 1er septembre. Ça, ça représente 8,3 milliards de liquidités pour l'économie québécoise. Je confirme aussi que nous diminuons les montants requis dès retrait des FERR en 2020. Ça, c'est pour aider nos retraités, puis ça a été annoncé hier par le fédéral. Et c'est normal qu'on s'harmonise puis c'est une bonne chose, c'est une bonne mesure, on s'harmonise avec le fédéral. Ça va nous coûter approximativement 100 millions cette année.

Avec l'annonce d'aujourd'hui, notre support à l'économie totalise près de 11 milliards de dollars, et donc 2,5 % du PIB. Le Québec, c'est 460 milliards de PIB nominal en 2019. Nous procédons donc par étapes. On veut bien calibrer nos interventions et aujourd'hui, on se donne les moyens d'agir pour nos entreprises. Et je passe la parole à mon collègue Pierre.

M. Fitzgibbon : Merci, Eric. Merci, M. Legault. Alors, bonjour à tous. J'aimerais d'abord dire aux entrepreneurs, aux dirigeants et aux employés d'entreprise qu'on est là pour vous accompagner. Clairement, la situation qu'on vit est exceptionnelle, a des impacts économiques qu'on n'a pas vus depuis très longtemps. On parle d'un choc exogène sans précédent. La crise économique qui suit la crise en santé publique est sévère. Une partie de l'économie est littéralement arrêtée. On sait très bien que plusieurs entreprises manquent déjà de liquidités, et ça, particulièrement en région.

Donc, le gouvernement met en place une mesure d'aide d'urgence, incorporée dans des programmes existants, pour appuyer les entreprises, et ceci permettra une plus grande efficacité. On va offrir des prêts et des garanties de prêts d'un minimum de 50 000 $ à des taux très avantageux pour soutenir le fonds de roulement des entreprises de tous les secteurs d'activité.

Je vous le dis tout de suite, comme M. Legault l'a mentionné, il y a possiblement des entreprises qu'on ne pourra pas sauver. Mais je pense qu'avec un seuil de 50 000 $, avec des conditions de prêts très avantageuses on couvrira beaucoup et beaucoup d'entreprises.

La clé, conséquent avec les propos de notre premier ministre, c'est, premièrement, s'occuper des citoyens qui sont en perte d'emploi, ce que j'appelle le filet social, et ensuite les entreprises. Le programme est déjà en place, et Investissement Québec a reçu et analyse déjà plusieurs demandes. En fait, en date d'aujourd'hui, il y a plus de 600 demandes qui sont présentement reçues chez Investissement Québec.

Mon collègue Eric Girard du ministère des Finances nous a accordé un montant initial de 2,5 milliards de dollars de disponible pour appuyer les entreprises dans nos interventions. Mais, s'il en faut plus, on en aura plus.

Il y a certains critères qu'on a établis, que vous pourrez consulter sur le site d'Investissement Québec. Mais je peux vous dire qu'on va être dans un mode solution. En gros, il faut évidemment qu'il y ait une relation cause à effet avec le COVID-19, et, deuxièmement, il faut pouvoir démontrer une rentabilité postpandémie.

On va aussi assouplir les conditions de remboursement des prêts déjà consentis par Investissement Québec et par les Fonds locaux d'investissement, ce qu'on appelle les FLI. Ça va donner de l'air à nos PME en région.

Je veux mentionner aussi que le MEI et IQ travaillent depuis une semaine déjà avec la Banque Nationale, Desjardins et toutes les autres institutions bancaires pour offrir une aide coordonnée. Les principes sont finalisés, et on collabore très bien, et les équipes se parlent à tous les jours.

Nous travaillons de plus, comme M. Legault disait, sur un arrimage avec le fédéral, qui gèrent leur programme d'assistance avec BDC et EDC. Je suis en contact constant avec plusieurs ministres fédéraux à cet effet. Les détails ne sont pas encore connus, mais on m'assure que les PME du Québec servies par la BDC ou EDC seront supportées.

Un conseil à court terme. Si vous avez une marge de crédit ou toute forme de prêt avec votre institution financière et que vous avez besoin de liquidités, parlez en premier lieu à votre banquier. C'est ce qui sera le plus rapide. Nous nous sommes organisés avec toutes les institutions financières pour mettre en place les garanties de façon très rapide.

Alternativement, les entreprises peuvent aussi s'adresser à un des bureaux régionaux d'Investissement Québec pour obtenir de l'information ou pour obtenir un prêt directement d'IQ. Les entreprises n'ont qu'à aller sur le site d'IQ ou du MEI, à partir de... dans quelques minutes, pour des informations générales et pour appeler aux numéros publicisés sur les sites Web respectifs.

Dans les derniers jours, j'ai été en contact avec un grand nombre de dirigeants d'entreprise, de regroupements d'affaires et d'associations. J'ai aussi une vigie avec toutes les banques. Je vais continuer, ainsi que mon équipe, à être disponible, à l'écoute des besoins des entrepreneurs et attentif à toutes les situations particulières, car il faut demeurer très flexible.

Je veux aussi dire que certaines entreprises continuent à avoir des projets d'investissement et certaines ont des demandes qui ne sont pas reliées au coronavirus. Il faut rester optimiste. Quand l'économie va reprendre, ça va être solide, mais les entreprises auront autant de besoins de liquidités que présentement, et nous serons là pour les aider.

Je constate qu'il n'y a pas si longtemps on disait que, dans la mondialisation, les distances physiques n'avaient plus aucune importance. Certes, c'est encore vrai, et plusieurs entreprises feront fi de la localisation pour continuer à attaquer tous les marchés. Mais le nouvel environnement géopolitique favorise une forte économie domestique. Le stress dans les chaînes d'approvisionnement mondiales va nous faire focaliser sur les approvisionnements locaux, et je peux vous confirmer que ceci va dicter en grande partie nos comportements au niveau de nos interventions financières.

En terminant, tout comme M. Legault, je veux inviter les Québécois qui feront des achats, dans les prochains jours, à garder en tête où leurs voisins, leurs amis, leurs familles travaillent. On doit se serrer les coudes. Acheter localement, quand c'est possible, c'est aussi une forme de solidarité. Merci.

Le Modérateur : Merci. Alors, mesdames messieurs, je vous rappelle, nous avons une période de questions d'à peu près, maintenant, une vingtaine de minutes, plus, donc, la période réservée à l'anglais. D'abord, une question de M. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour. Vous vous attendez à combien d'entreprises qui pourraient mettre la clé sous la porte? Je suis certain que vous avez des modélisations.

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, on parle... Évidemment, on est contact avec les banques. Puis il faut comprendre qu'il y a beaucoup d'entreprises en région, des commerces, des petits établissements où il y a une très grande vulnérabilité.

Mais je pense que ce qui est important, c'est qu'avec mon collègue Jean Boulet on travaille beaucoup sur le filet social, le côté perte d'emploi, assurance-emploi, les programmes provinciaux. Alors, il y a beaucoup d'entreprises qui vont devoir probablement fermer pour quelques semaines, on espère, peut-être quelques mois. Je n'ai pas le nombre exact, mais il y a 250 000 PME au Québec et il y a une grande partie de ce groupe-là qui ont moins que 10 employés. Mais je n'ai pas le chiffre précis à vous donner.

M. Laforest (Alain) : Au niveau de l'économie, M. Girard...

Le Modérateur : Une seule question, de préférence, pour le premier tour. Désolé.

M. Laforest (Alain) : Oui. Excusez.

Le Modérateur : Donc, Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Je vais reposer la question que je posais à M. Legault un peu plus tôt aujourd'hui. Je comprends, là, qu'on ne sait pas combien de temps va durer la pandémie, là, je comprends tout ça, là. Mais est-ce que vous avez des modèles, à savoir... Parce qu'il y a un impact, vous l'avez dit tout à l'heure, immense sur l'économie du Québec. Pendant combien de temps est-ce que l'économie du Québec peut supporter une fermeture économique, permettez-moi l'expression, aussi importante au Québec?

M. Girard (Groulx) : Oui. Bien, je pense que c'est d'abord une question de santé publique. Dès que la situation va s'améliorer au niveau de la santé publique, l'économie va s'améliorer, puis il y aura un rebond. Alors, lorsque vous demandez : Combien d'entreprises?, combien de temps?, à ce stade-ci, la réponse, on ne l'a pas parce que c'est une question de santé publique. Mais notre rôle, c'est, pendant que c'est extrêmement difficile, d'être là puis d'aider à la transition. Et, oui, l'économie est affectée énormément, présentement, mais, dès que la situation va s'améliorer au niveau de la santé publique, l'économie va s'améliorer.

Le Modérateur : Question pour, maintenant, Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Oui. Vous parlez des entreprises qui ont ou vont fermer leurs portes. Il y a aussi les chantiers de construction qui pourraient fermer. Vous avez vu que les syndicats de l'industrie réclament leur fermeture, faute de mesures adéquates sur le plan sanitaire, là. Est-ce qu'on peut se permettre l'arrêt de tous les chantiers? Puis qu'est-ce que vous comptez faire, là, pour que les conditions d'hygiène nécessaires soient respectées puis qu'ils demeurent actifs?

M. Legault : O.K. Bien, le ministre Jean Boulet a eu des rencontres, des discussions, Diane Lemieux aussi. On est d'accord pour dire que, sur certains chantiers où il y avait des roulottes, où les gens allaient manger le midi ou allaient se laver les mains, que ce n'était pas une situation qui était idéale pour l'hygiène. On est en train de corriger ça. Donc, moi, j'ai bon espoir qu'on soit capables de garder les chantiers de construction ouverts.

Le Modérateur : Gabriel Béland, La Presse+.

M. Béland (Gabriel) : Oui. Juste des détails sur l'annonce. On parle d'une enveloppe de 2,5 milliards. Combien, dans cette enveloppe-là, vont aller à des nouveaux prêts? Vous avez parlé aussi d'Investissement Québec qui assouplirait des prêts existants. On parle de combien de milliards dans ces prêts existants? Puis, troisième petit détail — c'est une seule question... Bon, ça va être tout pour l'instant. Oui, c'est ça.

M. Fitzgibbon : Écoutez, je pense qu'une chose que j'aimerais discuter, c'est ce que les banques font présentement et ce que certains propriétaires immobiliers font aussi.

Premièrement, comme M. Girard l'a dit, la santé des banques aujourd'hui n'est pas celle de 2008. Aujourd'hui, on voit les banques assouplir de beaucoup les conditions de crédit, changer les ratios financiers, les moratoires sur les paiements, autant les entreprises que les particuliers. Donc, on voit les banques déjà s'impliquer socialement pour alléger le fardeau.

Parce que c'est clair que nous, il faut faire attention. Parce que je disais tantôt... je n'ai pas répondu à la question de M. Lacroix, mais je pense qu'on va avoir trois phases dans l'économie québécoise. On va avoir ce qu'ils appellent l'hibernation, il y a des sociétés, aujourd'hui, qui doivent hiberner pour quelques semaines, quelques mois. Alors, il faut faire attention. On ne veut pas non plus mettre de l'argent juste pour laisser les compagnies comme ça. Alors, je pense, c'est important dans ce contexte-là d'avoir le filet social pour que nos citoyens puissent manger, avoir un toit. Et on va demander, par exemple, aux propriétaires immobiliers d'assouplir les réglementations sur les loyers. Je vais donner un exemple. Je parlais à Charles Emond, de la Caisse de dépôt, et Ivanhoé Cambridge a annoncé qu'ils vont travailler avec les PME dans les centres d'achat pour avoir un moratoire de six mois sur le loyer.

Alors, quand on prend des petits commerces puis qu'on n'a plus d'employés à supporter parce qu'ils sont pris en charge par l'État, on n'a plus de loyer à payer, la banque va reporter le moratoire, bien là, fort probablement que ces entreprises-là n'ont pas besoin du gouvernement. Donc, on veut, nous, en première ligne, que les institutions financières fassent le travail. Puis, je dois avouer, à ce stade-ci, je suis épaté de voir comment tous les participants jouent, puis, je pense, pour des raisons assez évidentes parce que c'est un enjeu assez socialement fort.

Deuxièmement, les banques, quand ils vont eux-mêmes extensionner du crédit, donner d'autres crédits, sont habilitées à voir quels sont les besoins. Ça va être des nouveaux prêts qui vont s'ajouter aux prêts existants. Et c'est là que nous allons rentrer en partage de risque, majoritaires. On demande aux banques, je demande aux banques de prendre un certain risque parce que ça nous permet de prendre le travail des banques et d'y aller directement. On va être excessivement rapide dans ce cas-là. Donc, dans nos interventions de garanties de prêts, ça va être des nouveaux prêts. Les prêts existants, on ne les refinance pas. Ça, c'est une condition qu'on met, puis les banques l'acceptent.

Il va y avoir des cas où les gens vont venir directement chez Investissement Québec. Ça va arriver. Il y a des PME qui pourraient ne pas avoir de relations bancaires. C'est très peu probable, mais il y en a qui ont des comptes de banque, puis ils n'ont pas de relations bancaires, qui pourraient venir chez nous.

On a aussi en région des FLI, des FLS — FLS, c'est avec le fonds de solidarité, les FLI, c'est avec nous — des gens qui sont très performants dans leurs régions. Donc, tout l'écosystème financier va être mis en charge pour essayer de limiter le travail d'Investissement Québec, à revoir à haut niveau parce qu'évidemment on a un enjeu, aussi, d'accès.

C'est pour ça que, la BDC et EDC, moi, je travaille fortement avec mes collègues au fédéral pour les incorporer dans notre système pour avoir un ratissage plus large de la société, puis être capable de réagir très rapidement, puis qu'en arrière le partage de risque, on le fasse entre nous autres.

Le Modérateur : Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour, messieurs. J'aimerais vous entendre sur les mises à pied de 95 % des employés du Cirque du Soleil. Et, dans votre enveloppe, là, en vertu des critères que vous avez, parce que vous ne les avez pas tout à fait définis, est-ce que vous allez pouvoir venir en aide à l'entreprise?

M. Fitzgibbon : Bon, c'est une bonne question. Je pense que, quand on travaille avec... Le Cirque du Soleil, par exemple, je suis en discussion avec M. Lamarre sur une base quotidienne depuis le début de la crise. C'est sûr qu'on demande aux employeurs de regarder le côté employés. Et, dans le cas du Cirque du Soleil, bien, la semaine prochaine, il n'y a plus de revenus, donc ils n'avaient pas le choix. Donc, les 1 100 employés, sur le bureau-chef de 1 300, sont mis sur... ils vont être sur l'assurance-emploi temporaire. On espère et on pense que les conditions qui ont été annoncées hier, de ce qu'on pourrait faire aussi, vont être appropriées pour permettre au moins à ces gens-là de vivre.

Évidemment, le résiduel, dans le cas du cirque, nous allons être impliqués. C'est une entreprise qui faisait de l'argent, avant la crise, et qui va refaire de l'argent aussitôt que ça va repartir. Fait intéressant, les spectacles du Cirque du Soleil en Chine recommencent à la fin avril. Alors, je pense, c'est une anecdote, entre guillemets, qui montre que c'est temporaire. Alors que la Chine reprend ses activités, donc, on a tout à penser qu'on va avoir la même chose qui va arriver ici. Il y a même des pays qui ont mentionné qu'ils voulaient commencer les spectacles au mois de juillet. Donc, oui, on va aider le Cirque du Soleil pour être sûrs que les liquidités, après les mises à pied, soient suffisantes pour qu'ils puissent survivre cette période-là.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Vous avez parlé de certaines entreprises qui ont encore des projets. Il ne doit pas y en avoir tant que ça, mais quand même, j'aimerais ça avoir quelques exemples. Puis comment s'assurer qu'ils ne se retrouvent pas derrière la file de tous ceux qui ont des problèmes?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, j'en ai deux, trois dans les usines... dans les pâtes et papiers. Parce que, bon, on a beaucoup... c'est une industrie, comme vous savez, qui a beaucoup de difficultés, alors, tout le renouvellement des équipements, des nouveaux projets de valeur ajoutée. Il y en a un en particulier... je ne nommerai pas la compagnie, il y en a un en particulier qui était mis sur la glace, puis là, vu qu'il y a une disponibilité d'employés, le propriétaire m'a appelé, il dit : J'aimerais ça faire mon projet tout de suite. J'ai dit... on l'a encouragé. Donc ça, c'est des programmes qui sont des programmes séparés du programme qu'on parle ici. Alors, on est capables de faire les deux en même temps, alors c'est sûr qu'on va encourager ces projets-là.

Et je pense que... tantôt, je n'ai pas fini mon libellé, mais le rôle du ministère de l'Économie, ça va être d'aider pour l'hibernation. Aussitôt que ça va reprendre, il va y avoir des problèmes de «cashflow», parce que la chaîne d'approvisionnement n'aura pas été comblée, donc il va y avoir des enjeux de liquidités pour repartir les opérations. On va intervenir là aussi. Et, à un moment donné, on va vouloir relancer l'économie, aussi, parce que je pense qu'il y a des projets qui vont avoir été mis sur la glace. Et, vous avez raison, ce n'est pas tout le monde qui dépense présentement. Ceux qui veulent dépenser, on les encourage, mais ceux qui ne veulent pas dépenser, ils vont revenir très rapidement parce que l'économie allait très bien avant la crise. Alors, il faut être prêts, nous, comme gouvernement, d'activer aussi la relance, qui va être aussi importante que l'hibernation.

M. Bergeron (Patrice) : Si vous me permettez une question avant qu'on passe à une question écrite envoyée par un collègue. M. Legault, il y a des scénarios qui circulent concernant, donc, l'augmentation du taux de chômage. Il y a des analyses qui disent que le taux de chômage pourrait pratiquement doubler pour atteindre les 10 %. Est-ce que ça fait partie des scénarios que vous considérez envisager actuellement?

M. Legault : On a un économiste, ici.

M. Bergeron (Patrice) : Allez-y, M. Girard.

M. Girard (Groulx) : Merci. Bien, je veux donner le point de départ. Alors, au mois de février, nous étions essentiellement au plein emploi avec un taux de chômage à 4,5 %. Et là, encore une fois, je comprends que vous voulez quantifier l'impact économique, les emplois, les entreprises, mais ça va dépendre de la durée de la situation de la santé publique. Alors, plus la...

Alors, ce qui se passe, c'est qu'on a une contraction soudaine, au mois de mars, mais après il y aura rebond, et c'est la durée de l'arrêt qui va quantifier le nombre d'entreprises qui vont avoir des difficultés, le nombre d'employés qui vont avoir besoin d'aide. Et ça, c'est une réponse de santé publique. Et il se fait un travail remarquable de tous les gens impliqués, notamment ma collègue Mme McCann. Et tout ça, c'est justement pour raccourcir la période difficile en santé publique, puis ça va aider l'économie.

Le Modérateur : Merci. J'ai maintenant une question d'une collègue du journal Le Devoir, Mylène Crête. Qu'est-ce qui arrive avec les capitaux investis par la Caisse de dépôt dans le Cirque du Soleil?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, il y a deux... il y a un enjeu de liquidités puis un enjeu d'actionnariat. L'actionnariat de la Caisse de dépôt dans le Cirque du Soleil, tout comme TPG,  Fosun( et les autres, évidemment, est maintenu. Nous allons regarder les enjeux de liquidités du cirque et nous allons regarder une intervention financière pour leur permettre de passer à travers la période de sans spectacle. Et, s'il y avait un besoin de capitaux propres pour l'entreprise, on verra, puis ce sera un exercice séparé. Pour l'instant, nous regardons uniquement le côté liquidités court terme pour qu'ils passent à travers la crise.

Le Modérateur : Alors, réjouissance, les collègues, on a le temps pour un deuxième tour. M. Lacroix, avez-vous une deuxième question?

M. Lacroix (Louis) : Bien sûr, j'ai toujours plein de questions. Quel est le premier secteur, en fait, le secteur où il y a une plus grande urgence? M. Legault, vous avez nommé certains secteurs, tout à l'heure, mais est-ce que vous avez ciblé un secteur de notre économie qui est le plus à risque en ce moment?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, le plus à risque, c'est clair, ça va être les commerces en région. C'est des gens qui, pour la plupart, voient leur trafic chuter. Évidemment, au niveau systémique, il y a des compagnies manufacturières, aussi, qui ont des problèmes d'approvisionnement, il y a des problèmes de livraison.

Alors, il y a beaucoup de secteurs stratégiques. La question, vraiment, pour nous, c'est de savoir dans quels secteurs on va être impliqués. Comme j'ai dit tantôt, on doit couvrir tous les secteurs, mais il y a des entreprises qui vont rentrer dans un mode où ils ne paieront plus pendant un bout de temps, et là, il faut s'assurer qu'il y ait une fondation là.

Mais je regarde aussi des secteurs clés, l'aérospatial, les sciences de la vie, il y a des secteurs où on ne veut pas que ça arrête, là. Parce qu'il y en a qui vont arrêter, d'autres qui n'arrêteront pas. Alors, il y a comme deux approches, et il faut être capables de regarder les deux. Mais c'est sûr que les secteurs névralgiques, nos fameuses grappes industrielles, là, façon de parler de l'aérospatial, on a satellites, on a sciences de la vie, on a l'intelligence artificielle, il faut que ça continue, ça, parce que c'est le moteur de l'économie quand ça va repartir.

M. Legault : Bien, peut-être que j'ajouterais... c'est ça, il y a tourisme aussi, là, le tourisme, l'hôtellerie. C'est certain que c'est dur actuellement pour le tourisme puis l'hôtellerie, là, très dur.

Le Modérateur : M. Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Je vais profiter de la présence du ministre des Finances. Depuis plusieurs jours, le premier ministre puis le directeur de la santé publique demandent aux gens, surtout ceux de 70 ans et plus, de rester à la maison. Or, ils sont encore nombreux... puis je ne veux pas entretenir de préjugés, là, mais ils sont encore nombreux à se rendre dans les dépanneurs puis dans les kiosques, en centres d'achats pour faire valider leurs billets de loterie, en acheter également. Avez-vous envisagé la possibilité, là, de dire à Loto-Québec, là : Arrêtez ça, suspendez vos opérations jusqu'à nouvel ordre?

M. Girard (Groulx) : Bien, je vous dirais que, pour tout ce qu'on fait, on suit les instructions de la santé publique. Alors, on m'a posé la même question ce matin pour la SAQ, alors, tant que la santé publique dit que les commerces sont ouverts, alors c'est une directive qui s'applique à tous.

Et je comprends ce que vous mentionnez pour les billets de loterie, puis il y en a d'autres qui pourraient juger la consommation d'alcool, puis etc., mais la directive de la santé publique, présentement, c'est que les commerces sont ouverts. Et on laisse le soin à ces gens-là de prendre des décisions.

Et je dois dire que, du côté de Loto-Québec, la SAQ et nos sociétés d'État, on a des dirigeants, on a des conseils d'administration, et ces gens-là sont responsables de prendre des décisions puis de s'assurer que les employés sont en sécurité, les clients sont en sécurité. Et ce que je vois, présentement, ça se fait bien.

Le Modérateur : M. Béland, La Presse +.

M. Béland (Gabriel) : Oui. Le monde de la restauration est frappé durement, beaucoup de restaurants qui risquent de fermer, beaucoup de gens qui sont temporairement mis à pied. Les mesures que vous annoncez, aujourd'hui, est-ce que des restaurants, des restaurateurs pourraient en bénéficier? Et comment?

M. Fitzgibbon : Bien, encore une fois, je pense qu'il faut qu'en premier lieu les employés soient bien traités. Alors, c'est sûr que d'aider une entreprise où les employés ne travaillent pas, hein, de les garder en disponibilité, je pense qu'on est mieux d'avoir le filet social qui va s'occuper des employés.

Deuxièmement, on va regarder des mesures comme les loyers, dans le cas où ce sont des locataires, on va regarder des mesures avec les banques pour alléger le fardeau financier, quand tu as des emprunts personnels. Souvent, ces entreprises-là, c'est des emprunts personnels. Alors, les banques, à date, font un très bon travail. On n'a pas encore statué que le gouvernement s'impliquerait pour garantir des prêts personnels. J'espère qu'on n'ira pas là. Mais je pense qu'à date, ce que je vois pour ces petits commerces là, les banques font un très bon travail.

Puis, écoutez, quand il y aura des chaînes de restaurant ou d'autres, on regardera s'il y a quelque chose à faire. Mais on veut faire attention pour ne pas non plus se ramasser, dans 250 000 entreprises au Québec, à faire des liquidités alors que ce n'est peut-être pas requis, là. Il faut être très prudent avec l'argent du public.

Le Modérateur : M. Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Est-ce que vous avez... ou est-ce que vous songez à fermer, à demander la fermeture d'entreprises qui sont jugées non essentielles quand il y aura un début de transmission communautaire?

M. Legault : Bien, c'est une décision qui relève de la santé publique. Je l'ai dit tantôt, la priorité des priorités, c'est la santé. Évidemment, ça ne veut pas dire qu'on ne s'occupe pas de l'économie, mais on va tout faire pour sauver le maximum de vies au Québec. Donc, moi, j'écoute religieusement le Dr Arruda, et la décision est d'abord une décision de santé.

Le Modérateur : M. Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Ça va. C'était la même question.

M. Bergeron (Patrice) : Vous me permettrez une dernière petite question, si vous voulez. Dans le cas, par exemple, d'une personne qui est travailleur autonome, qui est en service de garde privé chez elle, qui... D'ailleurs, on m'a soulevé ces cas-là, il y a plusieurs personnes qui attendent des réponses du ministère de la Famille. Mais est-ce qu'il y a une forme d'aide pour ce genre de travailleur autonome mais qui est maintenant... qui offre un service éducatif non subventionné, par exemple?

M. Legault : Bien, on est en train d'analyser comme il faut le programme qui a été annoncé hier, même si on n'a pas tous les détails, par le gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral, son programme ne s'adresse pas seulement à ceux qui sont éligibles à l'assurance-emploi, mais aussi aux travailleurs autonomes. Puis justement, là, on est en train de voir, là, puis on a une rencontre, ce soir, avec Jean Boulet pour voir s'il y a lieu de venir bonifier l'offre du gouvernement fédéral. Mais c'est difficile de le faire, le temps qu'on n'a pas tous les détails.

Le Modérateur : Merci. On est prêts à passer aux questions en anglais. Donc, j'ai d'abord une question de Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : How do you feel about the fact that, Mr. Fitzgibbon... Because you talked about domestic market, and Premier Legault is asking Quebeckers to buy locally. So, how important it is for Quebeckers to make that shift right now?

M. Fitzgibbon : Well, as you may remember, in our three economic development pillars, one pillar we had was to reduce the commercial deficit that we have, which is $20 billion. So, we do it two ways: we export more or we import less. I would say that, given what's going on right now, it's probably the occasion to start to reduce our imports.

And actually, whether it's in the agro side, whether it's in, even, retail chains... I'm talking to some retailers, right now, that have some... the chains of retailers that have some liquidity issues. I said to them: Well, I'm ready to help you, providing we can get you a different place on the digitalization of the business, or are you able to insource your products in Québec? If either-or is materializing, I'll be much more willing to assist than if we just import products from China or from any country for that matter.

So, I think, given that some companies have liquidity issues, if we can use that to favor insourcing within Québec, clearly, that will be the driver that will get us a greater appetite to subsidize or to... sorry, to help the financial distress.

Le Modérateur : M. Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Mr. Fitzgibbon, where would you say we are the most vulnerable, at this point, in which sector of the economy?

M. Fitzgibbon : Well, there is two answers. I think, short term... I talked about hibernation — I don't know if it's an English word. But we have some enterprises, now, the retailers or the restaurants, that are very vulnerable because they shut down. So we have to shut them down and help them to be in a position where, when it reopens, they're going to quickly get back.

But, besides that, there are some industries that... aerospace, for sure, I'm concerned. There are some industries where we have some knowledge, and we don't want to lose that knowledge. Because, if we lose knowledge, if we lose... And, those, we'll probably be a little more aggressive because it's the nucleus of what Québec is all about: artificial intelligence, aerospace, life science, tourism, I think, as Mr. Legault mentioned, is an important industry. So, we have to be very sensitive to those industries because...

We know it's going to stop. China is reopening its Cirque du Soleil shows in the end of April. So, we know it's going to come back, this is not... It's a doom's day, but, I mean, we're going to get out of this. And the economy was strong before we got into it. So, we need to be careful. Then, when we're going to be coming out of the U, the U shape, we're going to be lifting ourselves. So, I think we have to be careful with those core assets of ours.

M. Authier (Philip) : And, Mr. Legault, how much of a bounce can the economy get just by people buying local, buying Québec products? Do you anticipate a fairly... Because, so far, when you've made your...

M. Legault : I think it's a good question for Eric. He's an economist and he knows better than I do the percentage of the economy coming from the consumption.

M. Girard (Groulx) : Yes. I do not have the precise answer to your question, but I do want to emphasize that what we're seeing is disruption, interruption. It's not destruction. So, yes, there is a pause. Some sectors of the economy are struggling, and we're there to help. What Pierre is announcing today is going to help. What the federal Government announces is going to help. What we're doing with the postponement, the deferral of tax payment will help. It's increasing the monetary base.So, all that we're doing is to help during the difficult period. But, right now, there is no destruction, it's a disruption. Once the public health situation normalized, the economy is going to normalize and it will bounce.

Pierre mentioned the size of our imports. A lot of that import is going to be difficult to replace because it's oil consumption, and our oil comes from Western Canada and the U.S., and people will still consume oil and gas.

Le Modérateur : One last question from a gentlemen from CTV. How long will it take for business people to get their benefits? And how easy it will be to navigate the system to sign up for these helps?

M. Fitzgibbon : Well, I think that, as it relates to the loan guarantee, I think we're going to be effective because we're going to piggy-back on the bank credit adjudication. So the banks already have relationships, they're going to extend credit. And we have arrangements, bilateral arrangement with the banks where we're going to be sharing the risks out. That'll be done in a few days.

On the other hand, if an SME comes to Investissement Québec, which we will do, and we have set up new loan arrangements with them, that will take a couple of weeks. That's why I'm urging the companies to work with their institutions. It's going to be much more quicker. But, in any event, they want to come... to us, we will be there as well, but they will have to account for a couple of weeks because it's just virtually impossible to do it in a few days.

Le Modérateur : Messieurs, merci.

M. Legault : Merci beaucoup, tout le monde.

Le Modérateur : Bonne soirée. Vous êtes toujours bienvenus.

(Fin à 16 h 41)