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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre et M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le jeudi 26 mars 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures deux minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Bien, je veux commencer encore en remerciant les Québécois de suivre les consignes. C'est important, si on veut gagner la bataille, de suivre les consignes. On me dit qu'on voit de plus en plus que les gens, là, prennent une distance d'un ou deux mètres avec les autres personnes. C'est ce qui est le plus important. C'est ce qu'on doit faire, et, si on fait ça, bien, ça va bien aller.

Donc, je veux faire le bilan de la dernière journée. Malheureusement, on a deux décès qui s'ajoutent. Donc, on passe à huit décès au total, et je veux offrir mes sincères condoléances à la famille puis aux proches des deux victimes.

On a maintenant 1 629 cas confirmés, c'est une augmentation de 290.

On a 106 personnes infectées qui sont hospitalisées, c'est une augmentation de 28. Puis on a 43 personnes aux soins intensifs, c'est une augmentation de huit. Donc, les personnes aux soins intensifs sont incluses dans les données pour les personnes hospitalisées.

Ce qui est important de dire, c'est qu'actuellement le Québec est un des endroits au monde où on a fait le plus de tests, toutes proportions gardées, donc par 100 000 habitants. On est maintenant rendus à... On a fait 36 000 tests, il y en a 31 800 qui ont été négatifs, 1 600 positifs, puis il en reste 2 600 à obtenir les résultats.

Je veux revenir sur un point important dont il a été question hier puis beaucoup dans les médias : la protection du personnel de la santé. Bon, d'abord, je veux être encore très clair, là, il n'est pas question de faire quelque compromis que ce soit sur les précautions à prendre pour protéger le personnel de la santé. Mais tous les pays dans le monde, actuellement, surveillent l'utilisation des fameux masques, parce qu'il y a des inquiétudes partout que, si la montée se poursuit au cours des prochaines semaines, bien, on va être serrés dans les masques.

Donc, c'est très important, là, on travaille très fort avec le gouvernement fédéral, avec des fournisseurs un peu de partout dans le monde, mais il faut une utilisation judicieuse des masques, là. Donc, d'un côté, on veut protéger, mais utiliser des masques quand ce n'est pas nécessaire, bien, ça n'aide pas personne, là, parce que oui, tous les pays, pas juste nous autres, là, tous les pays essaient de faire attention sur la consommation des masques.

Maintenant, j'ai avec moi, aujourd'hui, le ministre de l'Emploi, du Travail, Solidarité sociale, parce qu'on a vraiment un enjeu, là, puis j'en suis très conscient. Beaucoup de monde qui ont perdu leur emploi, beaucoup de monde qui se retrouvent dans des problèmes financiers. Sans expliquer le programme qui a été annoncé hier par M. Trudeau puis le gouvernement fédéral, ce que je comprends, là, c'est que tout le monde qui a perdu son emploi va recevoir 2 000 $ par mois, même un travailleur autonome, même un propriétaire d'une petite entreprise qui a fermé ses portes. Tout le monde, là, va recevoir un chèque, donc, du gouvernement fédéral, de 2 000 $ par mois.

Bon, je comprends, par contre, là, que la difficulté, c'est : Qu'est-ce qu'on fait en attendant le chèque de 2 000 $? Là, j'entends des histoires, là, qui sont inacceptables au Québec, que des gens n'auraient pas l'argent pour payer la nourriture pour leur famille, là. Donc, on va mettre des mesures en place pour d'abord envoyer... on a une trentaine de banques alimentaires, il y en a dans toutes les régions du Québec. On a déjà commencé à envoyer de l'argent puis on va envoyer tout l'argent nécessaire pour répondre à la demande. Il n'est pas question qu'il y ait quelqu'un au Québec qui n'ait pas quelque chose à manger. Donc, ça, c'est très, très clair.

Et, bon, évidemment, il faut s'attendre à ce qu'il y ait plus de gens dans les banques alimentaires. Puis là je veux dire aux Québécois, là, il ne faut pas être gêné d'aller dans une banque alimentaire. Ce n'est pas votre faute si vous avez perdu votre emploi dans les derniers jours, dans les dernières semaines. Donc, il n'y a pas de gêne à aller dans les banques alimentaires. Bon, on va s'assurer qu'il y ait assez d'argent pour acheter toute la nourriture qui est nécessaire.

Évidemment, vous me voyez venir, ça va nous prendre plus de bénévoles. Donc, tantôt, Jean va vous expliquer, on a mis en place un portail, donc, sur Internet, un portail Web où, d'un côté, les organismes qui ont besoin d'aide... bon, il y a des banques alimentaires, mais il y a aussi, bon, toutes sortes de problèmes de santé mentale puis dans plusieurs domaines. Jean va vous en parler tantôt. Donc, tous les organismes qui manquent de bénévoles vont pouvoir s'inscrire sur le portail et tous les Québécois qui veulent faire du bénévolat, qui peuvent faire du bénévolat, bien, aujourd'hui, c'est mon appel du jour. S'il vous plaît, là, tous les Québécois, là, qui n'ont pas de symptôme, qui ont moins de 70 ans, qui ont du temps de disponible, qui n'ont pas de jeunes enfants ou peu importe, qui ont perdu leur travail, bien, s'il vous plaît, allez faire du bénévolat. C'est important.

Puis, bien, mon merci du jour, c'est justement aux bénévoles. Donc, je veux le dire, il y en a déjà beaucoup qui font du bénévolat. Je pense, entre autres, puis je veux dire un mot spécial, tous ceux qui travaillent dans les municipalités, que ce soient maires, mairesses, les élus, les employés, il y en a beaucoup, là, on me donne des beaux exemples de gens qui vont aider dans les banques alimentaires, dans les différents organismes. Donc, merci du fond du coeur à tous les bénévoles au Québec.

Par contre, puis avant que le Dr Arruda le dise, c'est important que les bénévoles qui vont dans les organismes respectent les consignes. Donc, ce que ça veut dire, concrètement... je pense aux banques alimentaires, il peut y avoir beaucoup de gens. Donc, il va falloir contrôler pour ne pas qu'il y ait des rassemblements, donc malheureusement d'attendre en ligne avec une distance d'un à deux mètres; évidemment, ceux qui servent, se laver les mains régulièrement, très, très important. Mais, bon, la grande consigne, là, c'est : Il ne faut pas que ça devienne des rassemblements, là, les organismes communautaires puis les centres, là, pour recevoir toutes sortes de denrées.

Donc, je termine en vous disant : Je pense, ce n'est pas exagéré de dire qu'on vit actuellement la plus grande bataille de notre vie collective au Québec. On est capables, on va gagner cette bataille, mais, pour gagner cette bataille, il faut suivre le plan de bataille. Et donc je compte sur vous pour le suivre, ce plan, suivre nos consignes. Merci, tout le monde.

Le Modérateur : Voulez-vous dire quelques mots en anglais?

M. Legault : Oui. So we have to stop this virus. If we all continue our efforts, we'll win this battle together. We need everyone to do their part and to show solidarity. That's why we're launching today a new tool for volunteering that will help citizens and organizations to get in touch. We're counting on you to create a wave of solidarity in Québec, but always in respect to the rules. Wash your hands, no gathering, distancing. We are an army of Quebeckers united in the fight against the virus, and our battle plan is clear : The more we limit the contagion, the more we'll save lives. So thank you very much.

Je passe maintenant la parole à Jean Boulet pour vous parler du portail.

M. Boulet : Merci, M. le premier ministre. Bonjour à tout le monde.

Évidemment, on le sait, on le répète, on vit une crise sanitaire sans précédent. Et, au Québec, il y a un réseau d'organismes communautaires qui est assez bien développé, mais, dans le contexte dans lequel on vit, il y a des problématiques humaines qui sont devenues encore plus importantes. On réfère à la santé mentale, on réfère aux personnes en situation d'handicap, on réfère aux personnes aînées, on réfère aux itinérants aussi.

Les organismes communautaires y comptent. Ils ont besoin de bénévoles pour assurer une qualité de vie et pour maintenir le filet social, au Québec, à son niveau actuel. Il y a un besoin criant de bénévoles. Il y a des personnes qui deviennent disponibles en raison de la conjoncture économique. Il y a des personnes âgées en haut de 70 ans qui faisaient du bénévolat. Partout, on me dit, dans toutes les régions du Québec : Il y a un besoin immense.

Et nous faisons aujourd'hui appel à la solidarité des Québécois, dans ce contexte-là, pour répondre aux besoins des organismes communautaires. Et les bénévoles intéressés autant que les organismes communautaires pourront se rencontrer sur ce portail informatique là qu'on a développé en partenariat avec la Fédération des centres d'action bénévole du Québec. Les organismes communautaires pourront y accéder, jebenevole.ca.

Donc, les personnes qui veulent faire du bénévolat vont pouvoir accéder à ce site-là. Les organismes communautaires auront dit : Moi, la catégorie de services que je couvre est la suivante, par ville, par région. Le bénévole ou la personne intéressée à faire du bénévolat pourra accéder à ce site-là, exprimer son intérêt. On va constituer une banque de bénévoles partout au Québec pour répondre à nos popotes roulantes, pour répondre aux besoins des personnes en situation de handicap. Ça peut être les moissons Mauricie, Lanaudière et Estrie de ce monde. Ils ont des banques alimentaires, ils ont besoin de bénévoles pour monter des paniers alimentaires dans tous les secteurs d'activité humaine. Il y aura donc, dans le contexte actuel, un forum pour permettre un bon jumelage entre ceux qui veulent aider, ceux qui veulent contribuer, ceux qui se sentent solidaires et les organismes communautaires pour répondre à leurs besoins.

Donc, je veux remercier, bien sûr, la Fédération des centres d'action bénévole du Québec, qui va travailler en collaboration avec 110 centres d'action bénévole, qui sont répartis sur tout le territoire québécois, qui vont accompagner les organismes communautaires, qui vont s'assurer, bien sûr, de respecter, comme le disait M. le premier ministre, les consignes sanitaires, extrêmement important. Ils ont l'expertise. Les bénévoles vont s'engager à respecter ces consignes-là et donc ils vont être en mesure de répondre dans le respect de ce que nous devons faire dans la conjoncture actuelle.

Donc, merci à la fédération, merci aux organismes communautaires de faire du Québec une société progressiste, soucieuse des personnes démunies, vulnérables. On s'occupe de ces personnes-là d'abord et avant tout, la conjoncture actuelle nous l'impose. Je remercie aussi, bien sûr, les centres d'action bénévole et tous ceux et celles qui vont contribuer en faisant ce bénévolat qui est si essentiel à notre société québécoise. Merci, tout le monde.

Le Modérateur : Merci à vous. Pour les questions, on va débuter aujourd'hui avec Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour, M. Legault. On réalise, avec un texte de LaPresse canadienne, là,des collègues tantôt, que des préposés aux bénéficiaires peuvent se retrouver à être mieux rémunérés en prenant l'aide fédérale qu'en travaillant, donc en restant à la maison. Craignez-vous des effets pervers avec cette aide fédérale là? Et est-ce que ça rend caduc le 573 $ par semaine qui était destiné aux travailleurs autonomes?

M. Legault : Bon, d'abord, ce qu'il est important de dire, c'est que l'aide du gouvernement fédéral est temporaire. Donc, les gens ne vont pas recevoir 2 000 $ par mois à vie, là. C'est temporaire, pour quatre mois.

Deuxièmement, je l'ai déjà dit, on a l'intention depuis longtemps d'augmenter la rémunération des préposés aux bénéficiaires. Ça fait partie des raisons pourquoi on a des discussions avec les syndicats actuellement. Donc, beaucoup de scénarios qui sont envisagés dans les discussions avec les syndicats, on va essayer d'être justes. Mais effectivement, c'était vrai avant puis c'est encore plus vrai aujourd'hui, il faut augmenter le salaire des bénévoles de plus que l'ensemble des employés du gouvernement.

M. Dion (Mathieu) : Et sur le 573 $?

M. Legault : Bien, le 573 $, s'il est nécessaire... Moi, je veux dire une chose, là, le 2 000 $ que le gouvernement fédéral annonce, ça va s'appliquer à tout le monde : une personne qui s'isole, une personne qui a perdu son emploi, une personne qui était travailleur autonome, une personne qui avait un petit commerce puis le commerce a fermé, etc. Si jamais... moi, je veux rassurer les Québécois. Si jamais il y a des personnes qui ne sont pas couvertes par le programme fédéral, puis je ne pense pas que c'est le cas, bien, le gouvernement du Québec va intervenir.

M. Dion (Mathieu) : Question pour M. Arruda. Il y a eu une entente, semble-t-il, avec la Fédération interprofessionnelle de la santé, avec les infirmières, pour leur offrir des garanties pour ce qui est de la protection. On peut penser aux masques. Là, là, qui doit porter les masques N95? Qui doit porter des simples masques? Tu sais, il y a les travailleurs sociaux qui veulent porter des masques aussi. Qui doivent les porter ces masques-là?

M. Arruda (Horacio) : Votre question est importante, mais je vais vous dire, dans les faits, les gens qui vont avoir à donner des soins directement, en milieux de soins, là, je veux dire, on n'est pas en transporté... le patient est probablement COVID-19, il faut lui faire un prélèvement en particulier, se rapprocher de lui, là. À ce moment-là et selon certaines conditions, tout dépendamment de l'acte qui va être posé, particulièrement quand il va générer des aérosols, les gens vont prendre un N95, vont avoir une visière puis etc.

Il faut comprendre que nos recommandations sont les mêmes qu'un peu partout dans le monde. Le masque entraîne énormément de questionnements, parce que tout le monde pense qu'en portant un masque, qu'ils sont protégés, là. Puis l'utilisation du masque, elle a différentes utilités. Le masque de procédure, par exemple, va être offert aux gens qui vont se présenter en milieu de soins avec des symptômes pour ne pas qu'ils contaminent les autres. Quand on est dans... Et là ce qui se passe, c'est, tout dépendamment du type, les ambulanciers, par exemple, qui vont chercher quelqu'un qui est en N95, qui pourraient avoir à faire une réanimation ou quoi que ce soit, vont avoir l'équipement professionnel.

Donc, chacune des situations est analysée pour faire la bonne intervention, parce qu'on veut ni infecter les infirmières, ni infecter les pompiers, ni les policiers, ni infecter... Donc, selon le niveau de risque et le travail qui va être fait, on va le faire. C'est sûr que, dans un hôpital, les unités particulières où il va y avoir du COVID-19 vont peut-être avoir un matériel qui va être différent d'une unité qui n'est pas infectée. Donc, tout ça, là, est actuellement en train de se faire.

Comme le dit le premier ministre, partout dans le monde, on a réservé l'usage des masques avec une saine gestion. Vous savez, les masques, habituellement, ça traînait partout dans l'hôpital; maintenant, on doit s'assurer de le faire. Il y a eu certains enjeux, la ministre McCann l'a dit, de distribution, c'est-à-dire qu'on... Il n'y a personne qui a manqué de matériel, en tout cas, à notre connaissance, à date, mais il y a du monde qui avait des inquiétudes parce qu'ils voyaient la... ce qu'ils voyaient physiquement, là, était en train de fondre.

Il y a de la redistribution qui est faite d'un établissement à l'autre, selon le monitoring. Et je tiens à vous dire aussi, quelque part, c'est que tout le Québec est en train de faire, comme ailleurs, toutes sortes de demandes et de commandes, là, puis je ne peux pas vous dire exactement, etc., mais il va y avoir une augmentation très significative des masques. On a même prévu, à moyen et long terme, en fabriquer au Québec comme tel, mais actuellement... Et je comprends ce que les gens rapportent, des gens se disent : Bien, moi, je ne vois plus de masques. Il y a des gens qui ont volé des masques aussi. On ne peut pas se permettre de voler des masques, il faut les garder pour les choses les plus critiques. Bon, donc, de façon générale, puis je l'ai dit, le masque dans la communauté, vous n'êtes pas malade, vous n'avez pas de symptôme, ce n'est pas la chose qui est importante, c'est la distanciation physique.

Puis là je vais me permettre de poser un élément, là. On dit aujourd'hui, on fait appel à la solidarité. Le mot «distanciation sociale» donne l'impression qu'on ne veut plus que les gens aient de relation les uns avec les autres. Il y a le Web, il y a parler à quelqu'un à deux mètres, c'est un élément, les bénévoles... Donc, on devrait parler de distanciation physique, là. Ce n'est pas que les gens prennent de la distance par rapport à leur famille ou etc. Les gens me donnaient cet élément-là.

Donc, je pense qu'actuellement, là... puis là je tiens à le dire aussi, un autre élément que je veux absolument profiter pour vous le dire, actuellement, là, on est rendus... le virus est au Québec, hein? S'il y en a qui pensent qu'il n'est pas au Québec, là, vous n'avez rien qu'à voir le nombre de cas qu'on démontre puis il y a des gens qui meurent. Mais il n'est pas au Québec de la même façon. En Gaspésie, la circulation n'est pas la même que dans la région de Montréal. La région montréalaise correspond vraiment à un «hotspot». On a, au Québec, le directeur national, mais il y a aussi 18 directeurs de santé publique régionale qui vont regarder la situation de leur propre territoire et pourraient prendre des décisions, par exemple, qui on teste, ne teste pas, selon l'épidémiologie locale.

Donc, vous allez voir, des fois, peut-être que certains genres de patients vont être testés à Montréal, mais ils ne le seront pas encore en Gaspésie. C'est normal, on applique... C'est comme : on a un patient, on regarde le patient, l'état du traitement, on ne va pas donner une chirurgie pour enlever le poumon au complet quand il y a seulement une petite partie qui est infectée. Donc, il faut comprendre que, nous aussi, on fait des diagnostics populationnels. Donc, vous allez voir qu'il est possible qu'entre Laval puis Montréal, il y ait des différences par rapport aux gens qui passent des tests. C'est en fonction du diagnostic de la population. Ça, c'est ce que je voulais vous dire.

Donc, j'ai donné beaucoup de... Je me permets de prendre de l'auditoire par rapport à une question. Mais, dans les faits, soyez assurés qu'il y a un message qui est très clair, très, très clair : Nous voulons protéger à la fois les patients et notre personnel de la santé. Et, tout dépendamment des risques et s'ils vont évoluer, on adaptera les prescriptions de masque ou pas masque.

Mais la chose la plus importante, c'est cette distanciation physique, et c'est sûr que, si, par exemple, un travailleur social rencontre quelqu'un puis qu'il est à deux mètres de la personne, il peut faire son intervention. Quand il travaille et fait son intervention, il n'a pas besoin de masque. Mais quelqu'un qui va aller toucher au patient puis faire un prélèvement, qui est à l'urgence, c'est une autre modalité. Puis ça, ces situations-là sont suivies par nous, le gouvernement, mais particulièrement par des recommandations d'experts et des recommandations aussi d'experts en santé au travail. On travaille avec la CNESST, parce qu'ils ont le mandat, les employeurs, de s'assurer de la protection de leurs employés.

Et n'oubliez pas encore une chose : le masque, c'est utile, c'est utile en contexte de soins, mais la chose la plus importante, et je vais radoter et radoter, c'est : lavez-vous les mains. Même les gants, si vous ne les portez pas... vous les portez puis vous ne vous lavez pas les mains, c'est terminé. Je vais arrêter parce que je vais en irriter quelques-uns, mais je dois répéter, parce qu'encore il y a des gens qui pensent que le masque, c'est la solution.

Le Modérateur : Merci. Alors, le plus rapidement possible, puisque le temps file, une question, une sous-question. Marco Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui. Bonjour à vous trois.

Dr Arruda, les faits, l'état de situation... Il y a deux jours, on a posé la question à la ministre de la Santé, Danielle McCann, sur le nombre de personnes dans le milieu de la santé qui étaient infectées par la COVID-19. Elle nous a répondu quatre. Hier, la directrice régionale de la santé publique de Montréal a dit que 31 professionnels de la santé avaient été infectés.

Alors, quel est l'état de situation aujourd'hui? Et a-t-on raison de penser que ce sont les professionnels de la santé qui sont les plus touchés par la COVID-19 ou il y a un autre groupe d'emploi qui l'est?

M. Arruda (Horacio) : Bon, regardez, actuellement, là, puis c'est clair, il faut aussi voir que... Là, actuellement, il y en a 46 personnes qui... travailleurs de la santé qui ont le COVID-19. Je veux juste vous dire une chose : il y a des travailleurs de la santé qui ont voyagé. Donc, ça ne veut pas dire que les travailleurs de la santé l'ont acquis en milieu de travail, ils auraient pu l'acquérir d'un voyage ailleurs, etc. On est en train de faire ces analyses-là de façon précise, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'actuellement je n'ai pas eu d'information qu'il y a eu des cas de transmission nosocomiale.

Les travailleurs de la santé, là... puis ce n'est pas nécessairement tous les gens qui ont vu des patients de l'urgence. Ils se promènent dans une ville. Ils peuvent être infectés, même à Montréal, s'il y a de la transmission locale qui s'installe. Ça fait que je pense que ça, c'est important.

Mais c'est à mesure qu'on va avancer puis qu'on va obtenir des informations précises sur chacun des cas qu'on va être capable de démontrer quels sont les profils d'individus. Il y a des travailleurs de la santé qui ne sont pas rien que dans l'hôpital. Ils vont à la maison, ils peuvent aller à la pharmacie, ils peuvent aller ailleurs. Ça fait qu'actuellement c'est encore un grand profil de gens qui viennent de l'extérieur.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui. M. Legault, sur la Prestation canadienne d'urgence, il y a plusieurs préposés aux bénéficiaires qui ont dit : Pourquoi aller sur la ligne de feu, alors que je pourrais rester à la maison en sécurité et toucher 2 000 $ par mois pendant quatre mois? Il y a aussi des petits salariés, des personnes qui travaillent dans des pharmacies, des épiceries, qui se disent la même chose.

Est-ce que vous craignez, disons, des dommages collatéraux de cette mesure-là du fédéral?

M. Legault : Non, puis j'ai les deux mêmes réponses que tantôt, c'est-à-dire c'est une aide qui est temporaire pour aider ceux qui ont perdu leur emploi. Donc, il faut voir si ça s'applique. Deuxièmement, on est en train d'avoir des discussions, puis ça fait longtemps qu'on le dit, on veut bonifier les salaires des préposés aux bénéficiaires. Ça a toujours fait partie de nos propositions avec les syndicats, puis on essaie, là, d'avancer de ce côté-là. C'est une des raisons pourquoi on essaie d'accélérer les discussions avec les syndicats.

Le Modérateur : Maintenant, Geneviève Lajoie, Le Journal de Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour. Je veux revenir sur la question de l'équipement médical. Vous avez dit, dans les derniers jours, qu'il y avait suffisamment d'équipement médical au Québec pour protéger les employés du réseau de la santé. Vous avez dit tout à l'heure quand même qu'il va falloir utiliser judicieusement les masques qu'on a, mais on continue d'avoir des courriels, des dizaines et des dizaines par jour, de professionnels de la santé, que ce soient des médecins ou des infirmières, qui sont au front dans les hôpitaux du Québec et qui se font dire qu'ils ne peuvent pas porter de masque.

Est-ce que vous pouvez nous dire exactement quelle directive vous envoyez aux hôpitaux à cet effet-là, qui a le droit ou qui n'a pas le droit? Et pourquoi est-ce que vous vouliez ça aussi, les équipements médicaux, aux négociations avec le secteur public, qui est en cours actuellement? Il y a eu des cas pour les jaquettes, là, puis... dernièrement, en lien avec les négociations avec le personnel de la santé, avec les infirmières, par exemple.

M. Legault : Bon, d'abord, les équipements médicaux puis les négociations, là, il n'y a rien à voir entre les deux sujets.

Maintenant, quand on dit : Bien, combien vous avez d'inventaire, pour combien de jours?, ça dépend de l'utilisation. Là, ce qu'on voit, c'est qu'à certains endroits l'utilisation a comme explosé, puis il y a certains endroits où on a utilisé des masques, où ce n'était pas nécessaire. Donc, pour ça, c'est important... Je comprends qu'il y a du personnel qui peut être inquiet puis qui en font plus que moins, sauf que, comme tous les pays dans le monde, il y a un inventaire qui est limité de masques, et on doit s'assurer de ne pas les surutiliser parce qu'on... Si on les surutilise, à un moment donné, il y a effectivement un plus grand risque qu'on va en manquer. Donc, c'est important, les directives qui sont données.

M. Arruda (Horacio) : Si vous me permettez, moi, les directives qui nous sont données, là, viennent d'avis d'experts du Comité des infections nosocomiales du Québec, O.K., qui regardent la situation et qui voient à protéger avant tout le personnel puis etc.

Quand on fait des directives... puis là on leur a posé plusieurs questions... On a actuellement respecté leurs directives et on pose même des questions : À un moment donné, si on manquerait de masques, d'alternatives... mettons qu'on en manque, de N95, est-ce qu'on peut les restériliser? Il y a plein de questions qui sont posées, puis les gens élaborent ces scénarios-là.

Mais ce que je vais vous dire, il est peut-être arrivé, à un moment donné, où ils voyaient la réserve à un endroit qui diminuait, mais, à ma connaissance, il n'y a pas eu quelqu'un qui a eu à intervenir auprès d'un cas — je ne parle pas de gens qui pensent qu'ils vont intervenir demain ou qui sont dans une unité où ils pensent qu'il risque d'y en avoir — qui n'a pas été... qui n'a pas eu accès au matériel. Si c'est une situation qui est arrivée, là, j'aimerais ça qu'on me la rapporte, premièrement.

Puis il est donc... quelque part, ce qu'on veut vous dire, c'est que c'est sûr qu'on fait une gestion serrée actuellement. Parce que je peux vous dire, si on ne la ferait pas, une gestion serrée, pour toutes sortes de raisons, même des gens à l'extérieur pourraient rentrer prendre des masques, puis là on aurait des problèmes de pris pour des personnes. Puis, en même temps qu'on fait une gestion serrée, en même temps, en parallèle, on travaille un stock pour être capable de répondre à la demande puis peut-être ne pas avoir à avoir cette gestion serrée là.

Mais les recommandations, là, ne viennent pas de nous qui décidons, à un moment donné, là... Moi, là, je vais faire, vu que j'ai tant de doses... vu que j'ai tant de masques, je vais choisir ce monde-là. C'est véritablement en fonction d'une analyse de risque qui est faite par l'institut, qui nous transmet l'information, puis nous, on s'occupe, les équipes, l'équipe de Mme McCann et ceux qui travaillent là-dessus, à s'organiser pour avoir le matériel.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous avez dit hier qu'il n'y aurait pas de mises à pied dans le secteur public, chez les employés de l'État, mais vous avez déjà évoqué un scénario qui irait, par exemple, jusqu'à la fermeture des écoles jusqu'en décembre. Est-ce que, donc, il n'y aurait pas de mises à pied... c'est sûr qu'il n'y aurait pas de mises à pied dans le secteur public, même si le scénario pessimiste, c'est ça qui arrive?

M. Legault : Il n'y a aucune... Actuellement, il n'y a aucun scénario, là, de mises à pied ou de ne pas payer les employés qui travaillent pour le gouvernement du Québec, incluant les réseaux.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour.

M. Legault : Bonjour.

M. Laforest (Alain) : Dr Arruda, est-ce que c'est normal... parce que vous dites qu'il y a de l'équipement puis qu'on doit s'en servir, là. Je reviens encore là-dessus, je sais que c'est un... pour moi, c'est un peu une marotte depuis plusieurs jours, là. Est-ce que c'est normal que des médecins fabriquent des visières avec des acétates et des bouts de fils, actuellement, dans les hôpitaux de Montréal?

M. Arruda (Horacio) : La réponse, c'est non. O.K.? Si ça a été fait, je veux juste savoir s'ils l'ont fait parce qu'ils avaient besoin de l'avoir pour le patient qui était là, là. Puis vous savez, là, moi, je suis enfermé ici, là, mais, s'il y a des situations de cette nature-là, il faut nous les dire puis il faut que ces médecins-là s'adressent à la bonne place, notamment à leur CIUSSS, pour être capable d'avoir le matériel comme tel.

Est-ce qu'il est arrivé à un endroit que quelqu'un n'a pas fait les actes? Je ne le sais pas. Mais ce n'est pas normal que des médecins prennent des acétates pour faire des visières. À ma connaissance, on n'en est pas là, mais là, si c'est arrivé, j'invite ces médecins-là à contacter leur P.D.G. dans leur CIUSSS comme tel, puis on va voir à corriger la situation, à retransférer des visières d'une place à une autre.

M. Laforest (Alain) : Vous êtes en train de mettre en place un système de test à travers tout le Québec. Est-ce qu'on est à deux vitesses actuellement? Parce que, dans certaines régions, on a des résultats dans 24, 48 heures; dans d'autres régions, ça prend jusqu'à 10 jours pour obtenir des résultats.

M. Arruda (Horacio) : Bien, on n'est pas en train de le mettre à deux vitesses, notre objectif étant toujours d'aller le plus rapidement possible. Écoutez, c'est peut-être normal que quelqu'un qui est dans une région comme, par exemple, la Gaspésie, a fait un test, puis peut-être qu'il l'a eu avant parce qu'il n'y avait pas un «backlog» important, tout dépendamment où est le test régional. Parce que, là, maintenant, il faut comprendre aussi que...

Mais c'est sûr que, dans la région de Montréal, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de cas. D'ailleurs, il va falloir qu'on active certaines choses. Ça veut dire aussi mobiliser plein de monde pour faire des enquêtes, là, parce qu'on voit, là, à Montréal, juste par rapport à hier, il y a eu 179 nouveaux cas qui doivent être enquêtés. Ça ne veut pas dire que c'est tout du monde en train de mourir puis etc., mais il faut enquêter pour savoir qui a... Ça fait qu'il faut faire ce travail-là. Puis c'est là que je l'ai dit aussi, on commence... Les deux vitesses... ce n'est pas à deux vitesses, mais ça se peut que, dans certains territoires, on va tester certaines personnes qu'on ne testera pas en Gaspésie parce que ce n'est pas pertinent.

Mais soyez assurés qu'actuellement, là, il y a peut-être des «backlogs». L'objectif principal, c'est de tester et c'est sûr qu'on veut essayer d'avoir le résultat le plus rapidement possible. Moi, on me dit qu'on visait entre 24 puis 48 heures, là, mais il y a peut-être un «backlog». On va vérifier ça au jour le jour. C'est ce qu'on vise, mais, en même temps, si vous me permettez, on pourrait faire tester la personne en temps opportun, l'isoler, même si elle aurait à attendre, disons, trois, quatre jours, que de ne pas la tester. Ça fait qu'on...

Bon, j'arrête ici, parce que je pense que je parle trop. Trop long... des réponses trop longues pour une question qui peut être répondue de façon très courte. Je vais faire attention.

Le Modérateur : Ça va. Maintenant, Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, messieurs. Il y a une compagnie de haute technologie qui a accès aux branchements de téléphones cellulaires un peu partout au Québec, là, pas les données personnelles des gens, mais les branchements de téléphones cellulaires, et on a consulté les données de cette compagnie-là qui nous démontrent qu'il y a beaucoup de gens, malgré les mesures de confinement, qui vont dans des endroits touristiques, particulièrement dans la région de Québec. Il semble que ce soit l'endroit où les gens se promènent le plus, là. Et les plaines d'Abraham, non seulement ne sont pas moins fréquentées qu'elles l'étaient avant, elles le sont plus maintenant.

Alors, est-ce que vous avez l'intention d'utiliser les données de géolocalisation disponibles par le biais de ces entreprises-là pour être capable de monitorer l'endroit où vont les Québécois, là, dans les mesures de confinement et intervenir?

M. Legault : Moi, je peux vous dire, là, il n'est pas question d'utiliser des données personnelles. En tout cas, ça, c'est très clair. Maintenant, bon, les plaines d'Abraham, que des gens prennent des marches plus que d'habitude sur les plaines d'Abraham, si elles restent à un ou deux mètres, là, pour moi, ce n'est pas un grand problème.

M. Lacroix (Louis) : Autre question. Il y a de plus en plus de gens, d'entreprises, de propriétaires d'entreprises, etc., qui demandent à ce que... de reporter, en fait, les versements de TPS et de TVQ. Est-ce que c'est quelque chose que vous envisagez?

M. Legault : Oui. On discute actuellement avec le gouvernement fédéral, parce que, comme vous le savez, on collecte aussi la TPS pour le gouvernement fédéral. Donc, ça fait partie des discussions avec le gouvernement fédéral.

Le Modérateur : Maintenant, Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour, messieurs. M. Arruda, vous l'avez dit, Montréal est rendu le «hotspot», puis là vous avez dit qu'il y a peut-être des mesures particulières qui s'en viennent. Est-ce qu'il n'est pas le temps de faire, à l'instar de la Chine quand ils ont fermé complètement des régions, de boucler la région de Montréal ou boucler Montréal, des quartiers de Montréal?

M. Arruda (Horacio) : Nous avons mentionné que l'on veut éviter les voyages interrégions, justement, dans cette perspective-là, mais, pour ce qui est du plan d'action qui sera fait au cours des prochains jours, on est en train d'analyser toutes sortes de scénarios, hein? Je veux dire, il faut... On n'est pas la Chine, on n'a pas la même culture que la Chine, puis il faut faire une analyse de ce qui se passe. Mais, s'il faut prendre certaines mesures en lien avec le transport en commun, avec certains quartiers ou etc., là, on va voir ce qu'on peut faire. Je suis en train de discuter la chose avec Dr Massé qui est ici pour m'aider au point de vue central mais aussi avec la région de Montréal. Ça fait qu'il est possible que nous recommandions au premier ministre, demain, ou après-demain, ou après-demain, des choses qui seraient adaptables, faisables et pertinentes.

Mais, si vous me permettez, avant ça, là, je vous dis, ce qui est encore plus important, à mon avis, dans la région montréalaise, vu que le... il y a plus de cas, plus de potentialité de rencontrer un virus, d'appliquer les mesures qu'on vous dit. C'est encore plus important à Montréal que de le faire en... Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas le faire en Gaspésie, parce qu'on ne veut pas l'importer ailleurs, mais d'où l'importance aussi... Puis, si vous êtes à Montréal, puis vous allez dans des chalets dans d'autres régions, bien, si vous avez été infectés, vous risquez... Ça fait que c'est tout ça, là... Ce moment de pause là, il nous aide aussi à être en contrôle de cette situation-là. Mais s'il faut ajouter des mesures, on monitore, on vérifie ce qui se passe, on le fera.

Ce n'est peut-être pas encore assez court, mais je vais essayer de m'améliorer au jour le jour. Vous pourrez timer le nombre de secondes que je prends pour répondre à une question.

Le Modérateur : Vous faites très bien ça. En sous-question, M. Bergeron.

M. Bergeron (Patrice) : Oui. Concernant toujours les préposés aux bénéficiaires, c'est souvent ceux qui sont dans le domaine privé qu'il y a un problème, actuellement, et eux gagneraient certainement plus à, justement, se déclarer sur le chômage et puis gagner l'argent du fédéral plutôt que de se présenter au travail dans des conditions à risque. Eux réclament un décret, justement, pour égaliser les conditions de travail. Est-ce que ça, c'est un scénario qui est envisageable pour ceux qui sont dans le privé, actuellement?

M. Legault : Bon, c'est certain qu'à partir du moment où on augmenterait, puis c'est quelque chose qu'on souhaite, le salaire des préposés dans le secteur public, il y aurait un effet domino du côté du secteur privé. Évidemment, si on ne veut pas que ça soit les loyers qui augmentent, il va falloir que le gouvernement apporte une contribution additionnelle. Ça fait partie des scénarios qui sont regardés.

Le Modérateur : Fanny Lévesque, LaPresse.

Mme Lévesque (Fanny) : Bonjour. J'aimerais vous entendre plus précisément sur le nombre de cas en soins intensifs. Si on reprend une projection qui avait été faite par le ministère de la Santé le 16 mars dernier pour la date du 25, donc hier, on parlait qu'il y aurait 16 000 cas environ... pas 16 000, pardon, 1 600 cas confirmés, donc on est assez juste, 225 patients hospitalisés, et, de cette proportion-là, environ 7 % en soins intensifs. Donc, on s'aperçoit qu'il y a moins de patients hospitalisés, mais que le nombre de patients en soins intensifs est beaucoup plus important que ce qui était envisagé.

Donc, est-ce que cette mesure-là vous inquiète et est-ce que vous avez revu certaines stratégies pour la prévenir?

M. Arruda (Horacio) : Dans les faits, ce qu'on a prévu le plus, c'est de s'assurer d'avoir la capacité de traiter les patients aux soins intensifs, de ne pas se retrouver dans une situation difficile.

Et l'autre élément, c'est que c'est normal qu'en début de situation, qu'on observe les cas plus sévères, parce qu'ils se rendent aux soins intensifs. Donc, il faut faire très attention aux calculs de proportion quand on est au début. C'est de valeur, là, mais... puis ça, ça a été vrai dans tous les scénarios qui ont été faits pour les maladies infectieuses, les débuts d'estimation sont excessivement difficiles parce qu'on n'a pas atteint la stabilité puis le nombre de choses... on n'a pas les données sur tous les cas qui existent dans la population, qui n'ont pas été... Il y a peut-être du monde bien asymptomatiques qui l'ont fait, ils ne s'en sont pas rendu compte.

Donc, pour le moment, on surveille la chose, mais indépendamment de nos... Ce n'est pas de la projection qu'on cherche, c'est de s'assurer qu'on puisse traiter les patients adéquatement. Je ne sais pas si vous comprenez, là. Dans le fond, si on s'est trompé puis qu'on en a plus que ce qu'on prévoyait à cette date-là, ce n'est pas ça qui m'importe, c'est qu'on soit capable de les traiter.

Mme Lévesque (Fanny) : En Ontario, la Santé publique tient un registre qui est publié, là, sur leur site. On a vraiment le détail du nombre de cas. Chaque cas est numéroté, on peut savoir le sexe, l'âge de la personne, le lieu de... pas de résidence, là, la ville exactement, mais la région ou à quelle direction régionale... elle est là. Et on voit même aussi si la personne est hospitalisée ou si elle est en isolement volontaire. On peut aussi savoir si le cas vient d'un voyage, d'un contact étroit ou d'un cas de transmission communautaire.

Pourquoi, au Québec, on n'a pas ce genre de registre là? Est-ce qu'un registre comme ça ne permettrait pas, justement, de calmer les inquiétudes, peut-être, de la population au sujet de la transmission communautaire? Parce que c'est ça qui inquiète beaucoup, là.

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, je vais aller revérifier ce cas-là en Ontario, mais nous, on a un enjeu, ici, là, puis qui est très important, c'est la Commission d'accès à l'information. Quand vous identifiez le nom de la personne, l'âge...

Une voix : Pas le nom...

M. Arruda (Horacio) : Mais non, mais même si ce n'est pas le nom... Vous êtes dans un petit village, O.K., vous avez l'âge de la personne, vous avez des informations, là, au Québec, là, quand on est en bas de cinq dans un territoire, on ne donne pas des... Et le «line list», ce qu'on appelle les cas par cas, a une certaine pertinence, mais pour nous... Puis je vais vous dire, même moi, je n'ai pas nécessairement la même information que les directeurs de santé publique ont. On a un principe, chez nous, la confidentialité.

Bon, puis il y a des pays qui peuvent vous présenter la carte avec les numéros de femmes enceintes qui sont infectées du Zika au Brésil, mais nous, notre loi ne le permet pas. Par contre, ce qui est important pour nous, c'est de faire l'intervention. Et là je vais vérifier, il y a des logiciels qui permettent de faire des gestions de cas et contacts, mais nous, c'est en fonction de notre culture. On est capable de poser la même action sans rendre l'information publique. Les personnes qui doivent savoir le savent, mais on ne le met pas sur un site Web.

Le Modérateur : Pour notre dernière question en français, Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : M. Legault, est-ce qu'il est question de rendre l'électricité gratuite pendant la crise?

M. Legault : Pas pour l'instant.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que vous vous attendez à ce que les cégeps et les universités soient prêts à relancer leurs activités dès lundi?

M. Legault : Bien, on le souhaite. Ce qu'on souhaite c'est...

M. Bossé (Olivier) : En ligne, évidemment.

M. Legault : ...c'est qu'on soit capable de donner des cours en ligne pour que les gens soient capables d'obtenir leur diplôme pour la session, là, qui était très avancée, là. N'oublions pas que, dans les cégeps puis les universités, ça finit avant les écoles primaires, secondaires, là, avril ou mai. Donc, il y avait une partie qui doit être complétée par des cours en ligne. On espère d'être capables de le faire pas mal partout, mais, bon, il y a des universités qui le font déjà, il y a des universités qui vont commencer à le faire, même chose du côté des cégeps.

Le Modérateur : Merci. So now, in English, Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. You've been repeating, since the beginning of the week, that there is enough protective equipment, but then there is a tight management of the protective equipment, and you said that there were some challenges with the distribution.

What's the word on the street? Since we do hear people on the front line saying that there are issues with protective equipment again and again, hear this, running out of sizes, not having what they need... And this is happening, like, in real time. So what are you doing specifically to ensure that we don't hear those stories again from health care workers?

M. Arruda (Horacio) : I understand. I think, from what I have as information, there has not been a place where we put at risk somebody... There are no masks everywhere as it used to be, OK, for a reason, and that's the same thing all around the world. There is a strict management of that, because we don't want to be in a situation that, in three days, there are no more masks, and we cannot protect the emergency people who see that.

But it's clear that, even in a hospital where there were masks before, they have been taken away from those places where there... not have exposition right now, to be used in a safe way. At the same time, we're working to augment, to come back to a massive mass distribution everywhere, but now... because we want to make sure that the ones who need to have it will have it. And, if there is an issue with a hospital, tomorrow, they won't get anymore masks for their emergency or the places where the risk is there, we're going to take masks from another place and send them. It's a tight management, because the resource is crucial, but we must use it where it is to be used as recommended by our experts.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Legault, since you sent this message to people that are 70 years and under, that are in good shape, that can become volunteers... but now we receive emails from business people, saying : Wait a second, I don't get it, my Premier is asking me to close my business, but then he's asking me to go outside and do volunteer work. So it doesn't make sense for them.

M. Legault :OK, but, for me, it makes sense a lot. Right now, we have people who lost their jobs, they don't have the money to get some food for their family. So what I'm asking Quebeckers is to please help, if you can, to deliver food to the people that need it, that don't have money to buy food.

So I think there's a difference with a non-essential business, for the next three weeks, and feeding the population. I think it's essential that everybody gets some food. Some people don't have the money to buy the food. So that's why I've asked Jean Boulet to put in place a — how do you say that? — a site, Web, whatever, to make sure that all organisms who would like to have more volunteers, that they can say : I'm needing volunteers. And also the people who are ready to become volunteers, if they have a salary or if they don't have a salary... Some have a salary right now at home. So we are asking them to please help the people that cannot have enough food.

M. Boulet : If you allow me to do so, it's got to be looked at on case by case basis, of course. Someone who's laid off, who has the capacity to find a replacement job, of course, this person can integrate the labour force. But, in many situations, people will want to show solidarity towards the Québec's society.

And you know that we have a very sophisticated network of community organisations. They have many needs, they have increased in terms of taking care of handicaps, the people who are elderly or people who don't have the capacity to take care of themselves. So, in this situation, they can go to the Website and look at the needs of those community organizations and volunteer, depending upon their situation. But we have many needs and we have to have community organization to take care of vulnerable people, poor people and people who have handicap.

Le Modérateur : Pour le bénéfice de tous, M. le premier ministre, on me demande si c'est possible de répéter en français votre réponse à la dernière question, là, à savoir s'il y a une contradiction entre le fait de demander aux gens de rester à la maison et de faire du bénévolat.

M. Legault : Bien, écoutez, ce qu'on a fait jusqu'à présent, c'est de fermer les entreprises qui n'offrent pas des produits ou des services essentiels pour trois semaines pour éviter la propagation du virus. Par contre, on a, de l'autre côté, des personnes qui ont perdu leur emploi, qui n'ont plus de revenus pour s'acheter de la nourriture, pour acheter de la nourriture pour leur famille, qui ont besoin d'aller dans les banques alimentaires à qui on donne de l'argent. Maintenant, pour être capable de servir ces gens-là qui ont besoin de nourriture, ça nous prend des bénévoles.

L'autre chose que ça nous prend aussi, puis je l'ai dit dans les jours précédents, toutes les épiceries cherchent... ou, en tout cas, beaucoup cherchent des gens pour livrer la marchandise, entre autres aux personnes de 70 ans et plus. Donc, c'est normal que, d'un côté, on dit : S'il vous plaît, n'allez pas travailler à vendre des bottes ou des manteaux mais allez, s'il vous plaît, travailler comme bénévoles pour aider les personnes qui ne sont plus capables de se nourrir parce qu'ils n'ont pas d'argent pour payer leur nourriture, là. Je ne vois aucune contradiction, au contraire.

Le Modérateur : Merci. So now, back in English, we have a few questions sent by email. The first is from CTV. We are hearing the intensive care unit is approaching capacity at the Jewish General Hospital. So what happens then?

M. Arruda (Horacio) : In fact, we must understand that we have other places than Jewish place. We decided to concentrate the initial phase at this hospital but we have a lot more intensive care beds that can be used. And it was normal that we knew, at a certain level, to go elsewhere.

Le Modérateur : And we are currently in phase 2. Please outline what's phase 3 of the plan to deal with patients that needs hospitalization.

M. Arruda (Horacio) : It's essentially issues related to augment the capacity and develop more places. Like we can transform what is not an intensive care unit habitually by specific rooms with ventilators, I would say, for them. So that's only related to capacities about taking care and having different places.

Le Modérateur : And now question from Phil Authier, Montreal Gazette :How bad is the outbreak in Montréal's West end? Do you think it's time to put quarantine in Côte-Saint-Luc now?

M. Arruda (Horacio) : As I was telling before, we are actually doing the analysis with the director of public health of Montréal and see what could be applicable to lower the risk of exportation. But, as I was telling you before, try to minimize, if you're not from that place, to go over there... or from other regions. But, if we need to add other things to do, like, in relation with transport and everything, we're going to do specific actions in the next days. Perhaps not tomorrow, but we are following the situation day by day.

Le Modérateur : Second question from Mr. Authier : We have had four deaths in 24 hours. Would you say the situation is under control?

M. Arruda (Horacio) : The situation is under control. What we see is what we thought. It's almost elderly people, and some have been exposed to people coming from travels. But please, now, try to not contaminate them by going outside from Québec and getting into houses. It's not easy. We understand, it's difficult for families and elderlies, but it's a question of life or dying.

Le Modérateur : And now from Raquel Fletcher, Global News : For many renters, the deadline to renew their lease is April 1st. What do you say to renters who are worried about making their payments and are worried about rent increases?

M. Legault : First, M. Trudeau said yesterday that about everybody will get $2,000 a month, so it should be enough to pay the rent, but there's a question of... matter of days between April 1st and the time you get the first check from the federal Government, and we're already looking at some alternatives if the checks are not coming soon enough.

Le Modérateur : And our last question, again from Raquel : With the measures you've announced today, what do you expect to be the impact on the economy? Can we escape the worst case scenario?

M. Legault :I didn't announce any new measures regarding the economy today. We know that the economy is suffering. So that's why we're getting ready, as soon as we'll see the light at the end of the tunnel, we'll have a package to help restarting the economy very rapidly. I've got a meeting at 2 :00 p.m. about the economy.

Le Modérateur : So that's all the time we have. Merci, tout le monde. À demain.

(Fin à 13 h 51)

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