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Conférence de presse de M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et M. André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Annonce concernant le recrutement de travailleurs agricoles

Version finale

Le vendredi 17 avril 2020, 15 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quinze heures trente-deux minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour et bienvenue à cette conférence de presse du ministre de l'Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, et du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne. À vous la parole, messieurs.

M. Lamontagne : Alors,bonjour à tous. Vous savez, dans notre quotidien, des fois, il y a des choses, justement, ça fait tellement partie de notre quotidien qu'on voit qu'on ne les voit plus, un peu comme un bruit de fond, là, qu'on vient qu'on n'entend plus. Et puis la crise qu'on vit actuellement nous rappelle à tous les jours à quel point l'approvisionnement des Québécois et Québécoises en denrées alimentaires, bien, c'est quelque chose qui est crucial. Nourrir le Québec, là, c'est vraiment quelque chose qui est très, très important.

Puis d'ailleurs je vais me servir de cette tribune-là pour remercier tous les acteurs de la chaîne bioalimentaire, parce qu'au cours des quatre dernières semaines, vous savez, il y a un travail extraordinaire de collaboration qui s'est fait pour s'assurer que, jour après jour, là, peu importe où on est au Québec, pour que les Québécois et les Québécoises soient approvisionnés en denrées, en quantités puis en qualité, comme ils en ont besoin.

En ce moment, puis pour les mois à venir, naturellement, tout doit être mis en oeuvre pour assurer cette sécurité alimentaire là des Québécois, et puis la saison des récoltes qui arrive est d'une importance qui est capitale. Pour récolter, bien, il faut préparer les champs, il faut semer, et puis c'est un travail qui doit être réalisé à partir de maintenant.

Puis, au cours des dernières années, depuis plusieurs années, les producteurs agricoles comptent sur une main-d'œuvre composée majoritairement de travailleurs étrangers temporaires qui viennent du Mexique, du Guatemala, un peu du Honduras, et puis, dans la crise qu'on traverse actuellement, bien, la présence des travailleurs étrangers temporaires dont on a tellement besoin, bien, n'est pas assurée. Même si le gouvernement du Canada a autorisé la venue de ces gens-là sur notre territoire, bien, il y en a plusieurs qui ne se rendront pas au Québec ou il y en a plusieurs qui vont carrément choisir de rester à la maison, chez eux.

Puis c'est une situation qui risquerait d'entraîner un retard dans les activités des exploitations agricoles puis mettre de la pression sur notre capacité à produire les biens alimentaires nécessaires à la population au cours des prochains mois. Puis, dans ce contexte-là, bien, comme le disent les producteurs agricoles puis comme le dit souvent notre premier ministre, bien, on a besoin de bras. Et puis ces bras-là, on peut les trouver chez les Québécois qui, malheureusement, ont perdu leurs emplois au cours des dernières semaines ou ça peut être aussi des étudiants qui... compte tenu que des organismes ou des entreprises où ils iraient travailler sont fermés.

Alors, le but de notre annonce, aujourd'hui, c'est vraiment de lancer un appel à tous les Québécois pour venir travailler dans les champs, pour investir les champs à la grandeur du Québec. Alors, on annonce aujourd'hui un investissement total de 45 millions de dollars pour appuyer le recrutement local de travailleurs agricoles et soutenir le transport de la main-d'œuvre agricole. J'invite donc toute personne qui aimerait travailler dans les champs ce printemps et cet été à consulter le site emploiagricole.com dès aujourd'hui.

L'argent, le 45 millions va servir à quatre choses. D'abord, 42,6 millions pour fournir une prime monétaire aux travailleurs agricoles saisonniers. Cette prime représente un montant de 100 $ pour une prestation de 25 heures par semaine. La période d'application du programme couvre 34 semaines, soit du 15 avril jusqu'au 31 octobre 2020. Un autre montant de 2 millions, c'est pour offrir une aide aux entreprises agricoles pour adapter les mesures de transport adéquates aux travailleurs dans le contexte actuel. On a un montant de 200 000 $, aussi, qui s'ajoute pour engager des formateurs pour les nouveaux travailleurs afin de faciliter leur intégration, et finalement un autre 200 000 $ pour déployer des ressources supplémentaires au sein des 12 centres agricoles d'emploi, pour les aider à répondre aux besoins de jumelage entre les entreprises et puis ces nouveaux travailleurs qui vont investir les champs.

J'en profite ici pour remercier et souligner le travail de l'Union des producteurs agricoles ainsi qu'Agricarrières pour leur collaboration et leur participation dans le développement de cette initiative.

Par cette annonce aujourd'hui, on agit pour aider nos productrices, nos producteurs pendant une période qui est sans précédent. Puis je veux qu'on soit clairs, notre agriculture québécoise, c'est une fierté, et puis on est présents pour elle. En plus de les aider pour la main-d'oeuvre, on travaille tous les jours avec La Financière agricole du Québec pour les assurer de mesures importantes pour leur venir en aide si requis. Ces mesures sont disponibles sur le site Web de La Financière agricole du Québec.

Alors, je cède maintenant la parole à mon collègue et ami le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, M. Jean Boulet.

M. Boulet : Merci, André. Représentants des médias, encore une fois, ça me fait plaisir de me joindre à mon collègue pour l'annonce dont André vient de définir les paramètres.

Année après année, il y a des milliers de jeunes Québécois qui nous expriment leur volonté de faire les choses autrement. Je les invite à concrétiser leur désir de favoriser notre agriculture de proximité, notre alimentation de proximité, notre agriculture québécoise. Je les invite à venir nous aider, à aider les entreprises agricoles dans cette période où chaque coup de main est important. On vous demande un coup de main pour vous, pour les autres, pour demain.

En raison du contexte actuel, plusieurs entreprises agroalimentaires québécoises ne pourront pas compter sur les travailleurs étrangers temporaires attendus. Il est donc fondamental de soutenir ces emplois pour assurer la vitalité du secteur agricole. Les mesures que mon collègue André vient d'annoncer ont été élaborées en collaboration avec l'Union des producteurs agricoles et le Comité sectoriel de main-d'oeuvre de la production agricole, Agricarrières. Je tiens à saluer l'initiative de l'UPA et d'Agricarrières d'inciter les Québécois à venir travailler sur les fermes.

L'implication d'Agricarrières sera majeure dans la mise en oeuvre de cette initiative. Agricarrières, c'est le comité sectoriel de la main-d'oeuvre pour la production et relève de la Commission des partenaires du marché du travail. Vous savez que les leaders patronaux, syndicaux, du monde de l'éducation et du réseau communautaire siègent et travaillent en concertation. Ce comité et cette commission sont financés par mon ministère.

La mission du comité sectoriel consiste habituellement à représenter les acteurs de son secteur d'activité, à développer et à diffuser des formations aux travailleurs du secteur agricole puis aussi voir à l'adéquation entre les compétences, les qualifications requises et les emplois. Aujourd'hui, sa mission prend un tournant stratégique. La collaboration entre les différents partenaires et Agricarrières est aujourd'hui essentielle afin de traverser les défis des prochains mois dans le milieu agricole. Ces mesures couvriront l'ensemble des travailleurs agricoles qui travaillent au salaire minimum dans les exploitations agricoles.

J'ajoute aussi que les travailleurs admissibles peuvent bénéficier aussi de l'autre programme que j'ai annoncé avec mon collègue Eric Girard, programme incitatif pour la rétention des salariés à faibles revenus dans les services essentiels. Rappelons que le PIRTE, son abréviation, représente une prestation exceptionnelle de 100 $ par semaine pour les salariés à faibles revenus, à temps partiel ou à temps plein, dans les services et activités prioritaires. La production de biens alimentaires, dont la production maraîchère et horticole, a été désignée comme faisant partie de cette liste.

Le PIRTE offre une prestation temporaire qui sera versée rétroactivement au 15 mars et pour une période de 16 semaines. Pour y avoir droit, je le répète, il faut avoir un revenu brut estimé d'au plus 550 $ brut par semaine, il faut travailler dans un secteur qui est décrété comme étant essentiel et avoir un revenu de travail annuel d'au moins 5 000 $ et un revenu total annuel de 28 600 $ ou moins.

Le PIRTE, combiné au montant de 100 $ hebdomadaire annoncé aujourd'hui, représente des incitatifs que nous considérons comme étant majeurs pour les travailleurs agricoles saisonniers. J'adresse donc une invitation spéciale aux personnes intéressées à travailler dans une exploitation agricole, particulièrement celles qui sont présentement sans emploi et les jeunes. Vous avez le pouvoir de soutenir notre production agricole locale et ainsi notre économie. Vous pouvez apporter votre aide pour différentes tâches. Évidemment, il y a la préparation des sols, il y a la plantation, il y a toute la récolte, aussi, des fruits et des légumes.

Il y a le site emploiagricole.com. On s'inscrit à un centre d'emploi agricole ou, pour les gens de la région de Montréal, le site, c'est Agrijob, et le dossier de candidature de la personne va être jumelé à une exploitation agricole de la région concernée, qui souhaite évidemment accueillir des travailleurs agricoles pour la saison 2020.

Donc, je compte sur la mobilisation habituelle des Québécois pour répondre présents. Vous avez un rôle important à jouer pour soutenir l'achat local et l'autonomie alimentaire. J'ai d'ailleurs pu constater la mobilisation générale lorsqu'avec le premier ministre nous avons fait un appel à la solidarité, avec l'initiative Jebenevole, qui a connu et qui connaît encore un succès que je considère remarquable. Nous souhaitons que les entreprises agricoles puissent disposer de la main-d'oeuvre nécessaire à leurs activités et favoriser la sécurité alimentaire de la population québécoise.

Pour terminer, je tiens à rappeler que, malgré le contexte difficile engendré par la pandémie de COVID-19, votre gouvernement met tout en oeuvre pour assurer l'approvisionnement régulier des denrées alimentaires de qualité que constituent les fruits et légumes d'ici. À tous les travailleurs et à tous les employeurs, je réitère la volonté du gouvernement de vous soutenir. Merci de votre présence.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions. Nous commençons avec Vincent Larin, QMI.

M. Larin (Vincent) : Bonjour, messieurs. Peut-être une question pour M. Lamontagne concernant le manque à gagner de travailleurs étrangers temporaires. Est-ce qu'on sait combien pourraient ne pas se présenter au Québec, donc combien de travailleurs québécois ça prendrait en plus dans les champs pour l'été prochain?

M. Lamontagne : Bien, écoutez, on a prévu, là... une saison normale, on prévoyait accueillir, là, à peu près 11 000 travailleurs étrangers temporaires. Et puis, selon les estimations qu'on a aujourd'hui, on prévoit à peu près en accueillir 8 000. Et puis, par le programme, là, qu'on annonce aujourd'hui, on vise à aller chercher 8 500 travailleurs locaux, québécois, là, pour investir nos champs.

M. Larin (Vincent) : Je comprends, donc, qu'on veut plus de travailleurs dans les champs qu'habituellement?

M. Lamontagne : Oui, tout à fait, parce qu'encore là la mesure... on vise une prestation de travail de 25 heures par semaine, minimale, par les gens, et puis on vise à avoir un maximum de travailleurs, là, qui puissent venir investir les champs, là.

Le Modérateur : Maintenant, Sébastien Bovet, Radio-Canada.

M. Bovet (Sébastien) : Bonjour, messieurs. Ce matin, le président de l'UPA, M. Groleau lançait un appel en disant que ce qu'il souhaitait, c'est qu'il y ait des mesures du gouvernement qui vont assurer que, pendant tout l'été ou pendant toute la période de récolte, les travailleurs soient là. Il disait : Les gens qui seront déconfinés, en fait, au fur et à mesure des semaines, vont probablement quitter nos champs pour retourner travailler dans leurs usines, dans leurs domaines. Les étudiants, à moment donné, qui viennent dans les champs, vont repartir étudier. Est-ce qu'il y a des mesures pour garder les gens au travail dans les champs ou vous avez cette crainte-là que, même en participant au programme, les gens puissent partir en cours de route?

M. Lamontagne : Bien, écoutez, on lance cette initiative-là aujourd'hui... Le contexte financier qu'on annonce, on prévoit qu'il est certainement très intéressant pour les gens qui vont vouloir travailler dans les champs, on parle pour une prestation de 25 heures par semaine. Et puis, aussi, l'appel qui est lancé, il est à prévoir qu'il y a beaucoup de gens qui vont se présenter dans les champs. Il y a une question de solidarité, il y a une question aussi qu'ils veulent faire une différence, qu'ils veulent vraiment contribuer, aider nos producteurs, productrices agricoles. Alors, on peut seulement qu'espérer, là, que ça se déroule bien, puis c'est dans cet objectif-là qu'on lance ce programme-là, là.

M. Bovet (Sébastien) : Est-ce que les travailleurs étrangers agricoles vont avoir droit au même programme, à la même bonification de rémunération?

M. Boulet : Totalement, M. Bovet. Ça s'applique tant aux salariés ou aux sans-emploi québécois qui vont venir travailler dans les champs que les travailleurs étrangers temporaires. Donc, les deux bénéficient d'un traitement équitable, donc vont profiter de la même mesure incitative. Donc, il n'y aura pas de...

M. Bovet (Sébastien) : Il n'y aura pas, donc, deux classes de...

Mme Boulet : Absolument pas. Puis, souvent, on référait aux travailleurs étrangers temporaires comme étant des personnes potentiellement vulnérables donc l'équité entre les travailleurs étrangers temporaires et les salariés québécois est assurée par le programme que nous annonçons aujourd'hui.

M. Bergeron (Patrice) : Maintenant, à mon tour, si vous permettez, et on va continuer de faire la ronde. Ça gagne combien habituellement un travailleur dans les champs qui fait une prestation de 25 à 40 heures semaine, à part, là, les primes que vous annoncez aujourd'hui?

M. Lamontagne : Bien, on dit ce sont des gens qui font un travail de manœuvre agricole, si on veut. Normalement, ce sont des gens qui sont payés au salaire minimum. Alors, à partir du 1er mai, le salaire minimum, je pense, va être 13,10 $ de l'heure. Alors, c'est le salaire qui est versé, là, pour ce type de travail là.

M. Bergeron (Patrice) : Et par ailleurs, donc, vous annoncez de la formation, mais il y a une question qui se pose en ce qui a trait, par exemple, à la santé et sécurité au travail. Parce qu'il s'agit d'un milieu où c'est reconnu comme étant un travail qui peut être dangereux en raison notamment de la machinerie. Est-ce que ces gens-là vont être couverts par les mêmes programmes de CNESST en cas d'accident? Est-ce qu'ils vont être bien formés pour utiliser la machinerie agricole?

M. Boulet : Bien, c'est un des volets du programme qu'on annonce aujourd'hui. Il y a de la formation, le comité sectoriel de la main-d'œuvre va s'assurer que les personnes sont bien formées, bien intégrées. Et les programmes réguliers de la CNESST auxquels vous référez s'appliquent bien sûr dans le contexte de l'environnement de travail agricole. Absolument.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, question pour M. Larin.

M. Larin (Vincent) : J'aimerais aborder avec vous la question de l'autonomie alimentaire au Québec. M. Legault a souligné pendant son point de presse aujourd'hui, qu'on avait craint, dans le dernier mois, de manquer de certains fruits et légumes.

Est-ce que c'est toujours le cas présentement? Si oui, est-ce qu'on a une idée de qu'est-ce qui pourrait venir à manquer exactement, en termes de denrées?

M. Lamontagne : Bien, écoutez, on a une production considérable au point de vue horticole au Québec, mais seulement, il y a une question de saison. En hiver, on importe davantage ce qu'on peut importer en été. Il y a des produits qu'au Québec, on n'a pas le climat aussi, là, pour produire.

Alors, quand le premier ministre faisait référence à la possibilité de manquer de certains produits, bien, c'est dans un contexte où, à un moment donné, les frontières pourraient être fermées, où il n'y aurait plus cette possibilité-là d'importer certains produits. Mais la capacité au Québec, là, d'alimenter les Québécois, là, elle est forte, là. Il n'y a pas de pénurie devant nous, que ça soit par notre production locale ou par l'accès aux marchés étrangers et aux importations, là. Il n'y a pas de pénurie prévisible, là, pour les gens au Québec, là.

M. Larin (Vincent) : Donc, vous dites, puis là c'est une question un peu drôle, mais on ne craint pas, dans les prochains mois, de manquer d'oranges, ou de bananes, ou de fruits qui nous proviendraient des États-Unis, par exemple, au moins.

M. Lamontagne : Non, on ne craint pas de manquer de nourriture, de produits. Par contre, ce qui est important, c'est qu'on veut, plus que jamais, de pouvoir manger le fruit de la production de nos agriculteurs, nos agricultrices. Alors, ce qu'on voit qui peut être plus difficile cette année, c'est justement la production agricole locale pour que les Québécois puissent manger les produits qui sont semés et récoltés par les producteurs et productrices du Québec.

Alors, l'objectif du programme qu'on dépose aujourd'hui, c'est pour maximiser les opportunités pour nos producteurs, productrices, justement, d'offrir leurs produits aux Québécois cet été puis que les Québécois puissent s'en enticher puis en acheter plus que jamais, là.

Le Modérateur : M. Sébastien Bovet, Radio-Canada.

M. Bovet (Sébastien) : Je reprends la balle au bond sur l'autonomie alimentaire du Québec. Le premier ministre évoque une espèce de projet de construction de serres à grande échelle au Québec, avec une énergie à faible prix, là, à l'hydroélectricité.

C'est quoi ce projet-là? Est-ce qu'on va voir des serres... Est-ce que vous êtes en train de travailler sur un projet où on construirait, à grande échelle, des serres pour être autosuffisants au Québec?

M. Lamontagne : Bien, je vous dirais, d'abord et avant tout, là, dans le programme électoral de la Coalition avenir Québec, en 2018, là, on parlait de doubler les superficies de serres au Québec. Au budget qui a été déposé le 10 mars, parce que mon collègue ministre des Finances, collègue Eric Girard... il y avait 50 millions de dollars qui avaient été préparés, là, pour notre projet qu'on a développé depuis plusieurs mois.

Aujourd'hui, au Québec, on a 900 serres, qui sont de très petites à plus grandes serres, et puis l'objectif, c'était dans notre programme puis c'est dans les choses que j'allais annoncer, là, suite au budget du ministre Girard, bien, c'est d'augmenter de façon importante, là. On parlait de doubler les superficies.

Alors, ce qu'on vient de vivre ou ce qu'on est en train de vivre depuis quelques semaines, ça a encore conscientisé davantage les Québécois à l'importance d'aller de l'avant avec un tel projet. Alors, c'est des choses, là, qu'on va poursuivre au cours des mois puis des années à venir, là.

M. Bovet (Sébastien) : Donc, si je comprends bien, vous êtes toujours sur le plan de doubler, pas de tripler ou de quadrupler la superficie. Et qu'est-ce qu'on pourrait cultiver dans ces serres-là et quel effet ça aurait sur nos importations de fruits et légumes, par exemple?

M. Lamontagne : Bien, écoutez, d'abord, avant de tripler et quadrupler, il faut qu'on commence par doubler. Alors, on s'entend que, quand on va avoir rencontré notre premier objectif, qui est de doubler, bien, peut-être qu'on va vouloir doubler ce doublage-là, mais c'est des étapes à passer. Mais encore aujourd'hui on vient de faire une annonce, là, avec une entreprise, là, qui va produire des fraises et va commencer à approvisionner l'entreprise Sobeys, là, au cours des semaines qui s'en viennent, va produire des fraises à l'année longue, l'hiver, de la culture verticale en serre. Alors, il y a toutes sortes de produits qui vont pouvoir être faits au Québec.

M. Bovet (Sébastien) : ...des bananes?

M. Lamontagne : Bien, on n'est pas au stade des oranges et des bananes, mais il y a certainement tout plein de produits qu'on fait aujourd'hui, massivement en été, mais qu'on va être capables, là, avec du travail, des investissements, de faire sur une plus longue période. Et puis l'objectif, c'est de faire en sorte… À chaque fois qu'on fait des produits qu'on ne fait pas, bien, c'est des importations de moins, si on veut. Ça fait que l'objectif, ultimement, c'est de réduire de façon importante, là, notre approvisionnement dans des denrées qu'on est capables de produire ici avec les climats puis les technologies qu'on a aussi, là.

M. Bergeron (Patrice) : Si vous permettez maintenant, à mon tour. Vous avez évoqué tout à l'heure une partie de l'aide qui est consacrée au transport, et j'aimerais savoir comment ça va se décliner, parce qu'il s'agit effectivement aussi de déplacer cette main-d'oeuvre-là, par exemple, des villes vers les champs et ce n'est pas toujours à côté. Alors, est-ce que c'est bien pour ça que vous avez mis en place cette enveloppe-là?

M. Lamontagne : Bien, il faut savoir qu'au ministère de l'Agriculture on avait déjà, jusqu'à aujourd'hui, un programme où on venait soutenir les producteurs agricoles qui allaient chercher des travailleurs, des fois, qui ne restaient pas aux alentours de la ferme pour les soutenir financièrement pour qu'ils puissent voyager ou donner un certain soutien à ces gens-là. Mais, dans le contexte de la pandémie, dans le contexte des règles émises par la santé publique, on s'entend que, pour transporter les travailleurs, bien, il va y avoir des dépenses additionnelles. Alors, on a réécrit, si on veut, un nouveau programme auquel on consacre, là, près de 2 millions de dollars, là, pour permettre de compenser les coûts, les frais pour amener les travailleurs sur les fermes pour travailler, là.

M. Bergeron (Patrice) : Donc, des Montréalais pourraient... Oui, allez-y, je vous en prie.

M. Boulet : Particulièrement, la règle, la consigne sanitaire découlant de la distanciation sociale, donc il y a des frais inhérents à cette dynamique-là, et le programme va permettre d'en assumer les coûts additionnels.

M. Bergeron (Patrice) : Vous l'avez dit tout à l'heure, ce programme-là va se jumeler à l'autre programme qui a déjà été annoncé, concernant les travailleurs au salaire minimum, le PIETE, je crois...

M. Boulet : C'est le PIRTE.

M. Bergeron (Patrice) : Oui, le PIRTE, voilà. Je voulais savoir... Est-ce que vous vous êtes assurés qu'il n'y aura pas de désavantage fiscal, par exemple, pour les travailleurs qui, tout à coup, déplafonneraient leur bouclier fiscal, comme on disait autrefois. Ils se mettraient à payer beaucoup trop d'impôts pour que ça vaille vraiment la peine de travailler plus.

M. Boulet : Non, mais l'aspect fiscal, on l'avait considéré dans le PIRTE, c'est des personnes qui sont à faibles revenus. Quelle sera l'incidence fiscale? Évidemment, c'est des prestations qui sont imposables, qui devront faire partie de la déclaration de la personne concernée à Revenu Québec, et les personnes vont assumer les incidences découlant de la fiscalité québécoise, là, il n'y aura pas de caractère non imposable à ces prestations-là.

Le Modérateur : Est-ce qu'il y a d'autres questions? M. Larin? M. Bovet, non plus? Si vous permettez, on va passer aux questions en anglais. J'ai ici une question... deux questions, en fait, de CBC. It is not easy, there's a reason why we depend on foreign workers. Why do you think Quebeckers will want to do this job, especially when there are financial aid programs?

M. Lamontagne : I would say that, first of all, there's a question of solidarity, there's a question of interest, there's a need among our agricultural community, and the program we put forward today will certainly give a motivation to people, in excess to their own interest to participate and collaborate. What we're announcing today will certainly be an incitative, a good reason for people to show up and go work in the field and help.

Le Modérateur : And now, second question. How will you make sure you retain the Quebeckers who come forward to work? At some point, they will be tempted to go back to their old jobs when the economic sector reopens.

M. Lamontagne : Actually, as I said, people who will go in the field, for a majority, will be people that have an interest, and honestly to have been working now for a year and a half with all our producers and agricultors in Québec, I will say that those people that will go work in the field, for a lot of them, they will really enjoy how they contribute to the society of Québec by helping, you know, in harvesting the food of our people here, so... inherent to their jobs, there will be this satisfaction and this desire to contribute. So, hopefully, we can see that people will stay and work along with our producers.

M. Boulet : And, you know, it's an incentive program. At the end of the day, it will help entrepreneurs to recruit and retain employees. We cannot force them to keep working in this area, but at least, it will incite them to go help Québec become more autonomous in terms of its capacity to feed Quebeckers.

Le Modérateur : And now a question from Samuel Pouliot, CTV.

M. Pouliot (Samuel) : Yes, just... Can you quickly summarize your statement and tell us how much the program will cost? And how many new workers do you expect to get with that?

M. Lamontagne : We expect to have 8,500 Quebeckers to invest the fields and to have 8,000 temporary workers that will be actually in the field. So the total measure for 16,500 people will amount to $42.6 million, if they all show up.

M. Pouliot (Samuel) : Thank you.

Le Modérateur : Je vous remercie beaucoup et je vous souhaite une bonne fin de semaine.

Des voix : Merci.

(Fin à 15 h 58)

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