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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre et M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 28 avril 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures cinq minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous. Bienvenue à cette conférence de presse pour faire le point sur la situation au Québec quant à la COVID-19. M. le premier ministre du Québec, François Legault, est accompagné du ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

Alors, M. le premier ministre, à vous.

M. Legault : Merci. Bonjour, tout le monde. Je commence avec le bilan de la dernière journée. On a 83 nouveaux décès, un total de 1 682. Donc,  évidemment, mes pensées sont avec toutes ces personnes et puis toutes les familles et les proches de ces personnes qui sont décédées. On a maintenant 25 757 cas confirmés, c'est une augmentation de 775. On a 1 625 personnes hospitalisées, c'est une augmentation de 84. Puis on a 217 personnes aux soins intensifs, c'est une augmentation de sept.

 Bon, j'ai demandé, comme je vous l'avais promis, là, le décompte de combien il y a de personnes hospitalisées qui ne devraient plus être hospitalisées. Il y en avait hier 94. Donc, ça veut qu'il y a 94 personnes qui n'ont plus besoin de soins à l'hôpital, mais qu'on a volontairement gardées à l'hôpital plutôt que de les retourner, par exemple, dans les CHSLD, pour les raisons que vous connaissez.

J'ai avec moi un graphique que j'ai demandé qu'on prépare, sur les décès. Donc, vous savez, le Dr Arruda l'explique souvent, il y a d'abord les cas, ensuite il y a les hospitalisations, les soins intensifs, les décès. Vous voyez qu'avec les hospitalisations ça peut fluctuer à cause de la situation dans les CHSLD. Et les cas, bien, aussi, ça dépend du nombre de tests, là, le nombre de tests qu'on est en train d'augmenter. Donc, l'élément qui est le plus sécuritaire, puis surtout qu'on l'analyse très bien, bien, malheureusement… sont les décès.

Donc, j'ai demandé qu'on divise les décès, pour chacune des journées, depuis le début, entre les personnes qui viennent des résidences où il y a des soins de longue durée qui sont donnés et le reste de la population. Puis là, vous voyez, sur le graphique, donc en haut, en bleu, on a les décès à chaque jour. Là, on a fait une moyenne de trois jours à chaque jour. Donc, à chaque trois jours, on enlève la première journée. Donc, ça permet d'avoir un meilleur portrait puis d'enlever les biais, là, selon les moments où c'est rapporté parfois, qui ne sont pas nécessairement les dernières 24 heures.

Ce qu'on voit, c'est qu'il y a, on l'a dit souvent, là, deux mondes. En haut, en bleu, on a les décès de personnes qui recevaient des soins de longue durée, par exemple, dans les CHSLD, puis, en bas, en vert, on a les autres personnes, donc les personnes qui sont à leur domicile, qui ne sont pas dans des résidences comme des CHSLD. Ce qu'on voit, c'est d'abord que, sur la courbe en vert, donc qui exclut les CHSLD, bien, c'est relativement faible puis, depuis 14 jours, donc depuis deux semaines, le nombre est très stable. Donc, il n'y a pas eu d'augmentation. On se maintient autour de huit, neuf, 10 décès par jour. Donc, c'est un peu ce plateau-là, depuis deux semaines, qui nous permet de dire : Bien, la situation est sous contrôle, sauf dans les CHSLD. Mais il faut y aller graduellement pour éviter ce qu'on veut toujours faire attention, là, qu'il y ait une explosion de la courbe.

Donc, je reviens sur l'annonce du jour. Hier, on vous a annoncé qu'on va ouvrir graduellement les écoles primaires puis les services de garderie, mais qu'on va laisser les écoles secondaires fermées jusqu'au 1er septembre. Aujourd'hui, on vous annonce que certaines entreprises vont être réouvertes au cours du mois de mai, donc graduellement, au cours des prochaines semaines.

Je vais laisser Pierre vous donner le détail, mais je veux vous dire, ce travail-là, d'abord, a été fait... puis ça a été un travail, là... puis je les remercie, il y a quatre groupes qui ont travaillé ensemble. Il y a l'équipe du ministre de l'Économie; il y a l'équipe de la Santé publique; il y a l'équipe de Jean Boulet, le ministre de l'Emploi; et les gens de la Commission de santé et sécurité du travail pour s'assurer que toutes les mesures qui devaient être prises vont se retrouver dans des guides, là, qui vont être présentés par Pierre puis par Jean Boulet. Donc, c'est important de le dire, là, ce qu'on vous présente, c'est les résultats d'une concertation entre ces quatre groupes.

Donc, il y a, au cours du mois de mai, trois grands types d'entreprises qu'on va réouvrir.

D'abord, les magasins qui ne sont pas dans les centres d'achats ou qui sont un centre d'achats mais avec une porte qui donne à l'extérieur. Donc, on ne veut pas, à court terme, réouvrir les centres d'achats puis d'avoir un risque d'avoir des rassemblements dans les centres d'achats.

Deuxième secteur, c'est toute la construction en génie civil, donc les travaux routiers, les chantiers pour les infrastructures. Donc, ça, c'est le deuxième groupe.

Puis le troisième groupe, bien, ce sont les entreprises manufacturières, donc les usines.

Ce sont les trois groupes qu'on va réouvrir graduellement, dans les prochaines semaines, au cours du mois de mai. Puis l'idée, c'est justement de réouvrir graduellement puis de faire le suivi, de voir est-ce qu'il y a un impact sur la contagion, est-ce qu'il y a un impact sur la situation dans nos hôpitaux. Donc, c'est important, là, qu'on garde le contrôle. Donc, c'est pour ça qu'on ouvre seulement une partie des entreprises puis qu'on va le faire graduellement au cours des différentes semaines du mois de mai.

Je veux revenir sur les consignes, là, parce qu'il y a certaines personnes qui peuvent penser, parce qu'on réouvre certaines écoles ou qu'on réouvre certaines entreprises, que tout est permis. Non. Il faut, entre autres, s'habituer puis s'habituer pour longtemps, entre autres à garder le deux mètres, là, le six pieds de distance avec les autres personnes et de ne pas avoir de rassemblement, là. Donc, on ne veut pas, là, que les groupes de personnes, à l'extérieur ou à l'intérieur, se retrouvent ensemble.

Puis, bon, je le sais que ça peut venir un peu tannant de toujours parler des personnes plus âgées, et tout est relatif, là, puis on parle maintenant des personnes qui ont 60 ans et plus, donc ça m'inclut, moi, j'ai 62 ans, donc, je n'aime pas plus ça que les autres personnes qui ont 60 ans et plus, mais il reste que, comme on dit, les faits sont têtus, les chiffres sont têtus, 97 % des décès qu'on a eus au Québec depuis le début sont des personnes de 60 ans et plus, puis les plus jeunes, bien, c'est souvent des gens qui avaient des maladies chroniques, donc, qui étaient plus vulnérables. Donc, les personnes qui sont vulnérables, puis en particulier toutes les personnes qui ont 60 ans et plus, c'est très important de maintenir la distance de deux mètres avec toutes les autres personnes quand vous êtes chez vous ou à l'extérieur. D'ailleurs, je devrais dire... parce que nous, les personnes de 60 ans, on a appris ça en pieds, donc c'est six pieds. Donc, il faut rester toujours à six pieds des autres personnes, toujours, toujours à six pieds. Même de vos enfants, il faut rester à six pieds. Il faut faire comme, dans le fond, si toutes les personnes que vous rencontrez auraient le virus. Donc, agissez de façon prudente. Comme ça, on va pouvoir retrouver graduellement une vie normale.

Je veux terminer avec mes remerciements du jour. Mes remerciements du jour sont pour les entrepreneurs du Québec. Les gens qui me connaissent savent que j'aime les entrepreneurs. Ils sont des gens créatifs qui prennent des risques, qui sont devant la parade. Je sais que ça a été des semaines épouvantables. Ça a été l'enfer financièrement, puis je sais aussi que ce n'est pas demain matin que vous allez retrouver tous vos clients. Donc, je peux comprendre, là, que ça doit être très stressant. Il y a des entrepreneurs qui ont bâti une entreprise toutes leurs vies puis que, là, ils se retrouvent devant une entreprise qui, financièrement, est en grosse difficulté. Ce n'est pas de leurs fautes, ce n'est pas parce qu'ils ont pris des mauvaises décisions, c'est vraiment ce qui nous est tombé sur la tête avec la COVID-19.

Donc, je veux vous dire, Pierre puis les gens de l'Économie sont là pour vous aider, donc, que ça soit Investissement Québec ou que ça soit aussi votre banque ou votre caisse. Il y a des liens entre les banques, les caisses et Investissement Québec et le ministère de l'Économie. On a besoin de nos entrepreneurs. Donc, on va tout faire pour vous aider financièrement à passer au travers, là. C'est à l'avantage de toute la société de le faire, là. Donc, il y a des programmes qui ont déjà été annoncés, puis on va continuer d'annoncer des programmes dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, parce que notre société a besoin de ses entrepreneurs.

Donc, je veux dire, en terminant, aux entrepreneurs : Courage, ensemble on va passer au travers. Merci.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, en anglais.

M. Legault : Few words in English. Good afternoon. Today, we announce our plan to gradually reopen our businesses. It's the product of the collaboration between the Minister of Economy, Minister of Labour, the CNESST and the Public Health authorities. Our challenge is to gradually restart the economy without restarting the pandemic.

The reopening will be spread through several weeks, we only announce the first part of it today. We'll start with businesses that are not in shopping malls or that have a door that that gives on the outside. We'll also start reopening our civil engineering construction, road construction and factories. We will later announce a plan for other businesses.

The idea is to gradually add workers and analyze the effect on the contagion. But, one thing is clear, if we want our plan to work, we need to continue all our efforts of physical distanciation and we need to continue to protect the most vulnerable. I'm counting on you all. Thank you.

Je passe maintenant la parole au ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

M. Fitzgibbon : Merci, M. Legault. Dr Arruda. Alors, bonjour, tout le monde. On évalue qu'il y a présentement à peu près 1,2 million de Québécois qui sont en arrêt de travail temporaire en raison des mesures de confinement mises en place pour freiner la propagation du coronavirus. Mettre le Québec en pause n'a pas été une décision facile à prendre. La situation, par contre, se stabilise, dans la très grande majorité des régions du Québec, et on a obtenu l'autorisation de la Santé publique pour annoncer graduellement et de façon sécuritaire la réouverture de notre économie.

Je tiens à préciser que la Direction de la santé publique ainsi que la CNESST ont élaboré des règles très claires que toutes les entreprises autorisées à rouvrir devront respecter en tous points. Des guides à propos des règles en vigueur sont d'ailleurs disponibles sur le site web du CNESST; déjà, pour la construction, c'est là et, plus tard aujourd'hui, pour les commerces et les entreprises manufacturières.

Comme l'a dit le premier ministre, notre plan de réouverture sera progressif et se fera en plusieurs phases. On n'hésitera pas à revenir en arrière, si jamais il y avait une nouvelle éclosion du virus, quoique, évidemment, pas désirable. Pour limiter les risques, on priorise d'abord les réouvertures de trois secteurs d'activité qui ont un impact important sur l'économie : la construction, le commerce de détail et le manufacturier. Des communiqués de presse ont été émis, dans les prochaines minutes, sur ces réouvertures.

Premièrement, pour le commerce de détail, partout au Québec, sauf dans la Communauté métropolitaine de Montréal, la CMM, les commerces de détail qui ont une entrée directe à l'extérieur pourront rouvrir à compter de lundi le 4 mai. Pour la CMM, ce sera une semaine plus tard, soit le 11 mai. Par contre, les centres commerciaux avec des aires communes devront demeurer fermés jusqu'à nouvel ordre. En ce qui concerne les entreprises de la chaîne d'approvisionnement des commerces de détail, ce qu'on appelle le commerce en gros, elles pourront reprendre leurs activées aux mêmes dates, soit le 4 ou le 11 mai. La réouverture des commerces et de leur chaîne d'approvisionnement respective permettra à 196 000 Québécois de reprendre leur travail. Toutes les entreprises devront évidemment avoir mis en place des mesures de protection nécessaires pour leurs employés et leurs clients.

Deuxièmement, pour le secteur manufacturier, la réouverture se fera en deux temps afin de faciliter le respect des règles sanitaires. Le lundi 11 mai, les entreprises manufacturières de toutes les régions du Québec, incluant Montréal et la CMM, pourront reprendre leurs activités. Il y aura toutefois une restriction quant au nombre d'employés qui peuvent travailler en même temps. Pour chaque quart de travail, le fonctionnement des entreprises pourra être assuré par un maximum de 50 travailleurs plus 50 % des employés excédant le 50 travailleurs par quart de travail, et ce, à tout moment de la journée.

Je vous donne deux exemples. Un site manufacturier qui emploie 50 personnes ou moins lors d'un même quart de travail peut fonctionner à pleine capacité, alors qu'un site manufacturier qui emploie 500 personnes lors d'un même quart de travail peut fonctionner avec un maximum de 275 personnes, soit 50 plus la moitié de l'excédent, 225. La raison est simple : on veut faciliter la distanciation physique entre les employés.

Dans un deuxième temps, si tout se passe bien, les entreprises manufacturières de toutes les régions du Québec pourront reprendre leurs activités sans restriction selon le nombre d'employés à partir de lundi le 25 mai, soit deux semaines plus tard. C'est plus de 176 000 Québécois qui reprendront l'action avec la reprise du secteur manufacturier. Par ailleurs, tous les employés des entreprises manufacturières, de commerce et, en fait, de tous les secteurs, qui sont en mesure de faire du télétravail devront continuer à le faire. Ceci permet, d'une part, de minimiser la propagation du virus et, d'autre part, s'insère très bien dans un contexte d'initiative, de respect des enjeux de changements climatiques. Le monde dans lequel nous vivons va certainement changer, qu'on pense à l'évolution du commerce électronique ainsi que nos déplacements futurs.

Dernièrement, pour la construction, mon collègue ministre du Travail, M. Jean Boulet, via un communiqué, confirme la réouverture complète de l'industrie de la construction à compter du 11 mai 2020. Cette décision, appuyée par les autorités de la Santé publique, est aussi sujette à changements en fonction de l'évolution de la situation sanitaire au Québec. Cette réouverture permettra le retour au travail de près de 85 000 travailleurs. Les chantiers reprendront donc dans l'ensemble des secteurs de l'industrie de la construction, ce qui entraînera, du même coup, la réouverture complète des chaînes d'approvisionnement de l'industrie composées de nombreuses PME.

Avant de finir, je veux aussi ajouter qu'on prolonge jusqu'au 31 mai la fermeture les dimanches de tous les commerces de détail, sauf les pharmacies, les stations-service, les dépanneurs, ainsi que les restaurants et les épiceries, avec certaines restrictions et permissions. En ouvrant de façon progressive notre économie et nos entreprises, la Santé publique pourra mesurer l'évolution du virus au Québec. On est confiants que l'ouverture graduelle pourra se poursuivre, mais on s'ajustera si nécessaire. Merci.

Le Modérateur : Merci à vous deux. Alors, pour la période des questions des journalistes, nous allons débuter aujourd'hui avec Patrick Bellerose du Journal de Québec, Journal de Montréal.

M. Bellerose (Patrick) : Oui. Bonjour à tous. Une question pour MM. Legault et Arruda. Après l'OMS et le gouvernement fédéral, en fin de semaine, on a vu que l'Institut national de santé publique rejette la stratégie d'immunité collective. Est-ce que vous appuyez toujours cette stratégie et sur quelle base scientifique vous appuyez-vous?

M. Legault : Bien, je peux peut-être commencer en disant, là, qu'on n'appuie pas cette base-là. On dit que c'est une possibilité, mais qui n'est pas... on n'a pas de preuve que ça fonctionne. Donc, comme je l'ai expliqué hier pour la réouverture des écoles, les critères qu'on a suivis pour réouvrir les écoles n'incluaient pas l'immunité collective. Donc, je ne vois pas une grande différence entre ce qu'on dit puis ce que dit l'institut.

M. Arruda (Horacio) : Oui, effectivement. Si vous me permettez, le ministre a été bien clair sur les cinq raisons qui faisaient qu'on allait réouvrir le milieu scolaire. Il n'y a pas que les maladies infectieuses, il y a aussi tous les problèmes sociaux qui sont entraînés.

J'ai été questionné. Je voudrais vous dire que, des fois, il y a une interprétation dans les propos où on oppose, notamment, notre position à celle de l'OMS ou du Canada. On est exactement sur la même longueur d'onde, si vous me permettez, là. Dans les faits, les gens ont dit d'être prudents. C'est ce qu'on fait. Le ministre de l'Économie lui-même dit que ça va être surveillé de façon… très près. C'est un plan. Nous annonçons des dates pour que les gens puissent commencer à se préparer, mais on va évaluer la situation de façon importante. On va appliquer les mêmes critères qui sont recommandés par l'OMS en termes de faisabilité, en termes de capacité hospitalière, en termes de tests, puis etc.

Donc, tout ça, là, je voulais juste vous dire que, dans le fond... Et, quand l'institut nous dit que la question de l'immunité collective n'est pas un élément... Tout le monde aurait rêvé d'un virus qui donnerait une immunité collective parce qu'on n'a pas de vaccin. Puis là on n'a pas de vaccin pour un bon bout. On n'a pas de traitement non plus. Puis on sait qu'on ne pourra pas rester confinés.

Puis, un dernier message que je veux répéter, il faut voir le développement de notre économie actuellement… Les ouvertures, comme des travailleurs essentiels qui réouvrent actuellement, il ne faut pas le voir comme étant un message à tout le monde : Ça y est, eux autres, ils sortent, moi, je peux sortir, parce que le succès de l'opération va être dépendant que la transmission ne soit pas faite. Et on va réouvrir. Les gens vont réouvrir. Ce n'est plus les mêmes usines, ça ne sera plus les mêmes milieux, ça ne sera plus les mêmes magasins qui vont réouvrir comme ils étaient avant. Ils vont mettre de la distanciation. Des gens qui ne respecteront pas ça vont avoir des amendes prévues à la CNESST.

Mais je demande à population de collaborer et de prendre prudence pour ne pas que, dans la communauté, on flambe non pas à cause de la réouverture, mais parce que les gens se sont rassemblés, se sont mis à faire des partys puis ils ont exposé aussi nos plus aînés qui, pour nous, sont importants. Si on fait ça, ce n'est pas pour le plaisir de les enfermer, ce n'est pas pour le plaisir de les chaperonner, ce n'est pas pour se venger de ce qu'ils ont fait quand on était petits, ce n'est pas ça du tout, c'est qu'on sait que c'est ces gens-là qui pourraient se retrouver dans les soins intensifs et qui pourraient mourir, malheureusement, parce que la circulation va augmenter dans la population, c'est sûr, avec plus de gens qui sont en contact, etc.

Donc, ça, c'est important. Et je voulais clarifier ces éléments-là parce que souvent on nous met en opposition en termes d'interprétation. Puis, quand j'ai parlé d'immunité collective, c'est que j'ai eu une question de votre part me demandant quel était le niveau d'immunité collective qu'on aimerait avoir si on voulait qu'on ait une immunité de masse. C'était ça, en théorie. C'est malheureux, ce virus-là est un traître, si je peux dire. Il s'infiltre en nous. On apprend encore à chaque jour puis on n'a pas fini, mais on ne peut pas non plus rester enfermés dans nos cabanes à tout jamais.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Bellerose (Patrick) : Oui. M. Legault, pourquoi ne pas permettre les petits rassemblements dans les résidences privées, là, les soupers de couples en amis, les enfants qui jouent ensemble avec les enfants du voisin, par exemple, sur le terrain? Et est-ce que ces personnes-là vont recevoir une amende si jamais on se retrouve à quatre ou à six dans une résidence ou sur la terrasse, par exemple?

M. Legault : Bien, il n'y a rien de changé pour ce qui est des rassemblements. Comme l'a dit le Dr Arruda, les entreprises, bien, à un moment donné, on ne peut pas les fermer pour toujours, on a besoin d'avoir des revenus pour être capables de se payer des services, donc c'est pour ça qu'on y va graduellement. Mais faire des partys de famille, on peut s'en passer pendant un certain temps. Je comprends que ce n'est pas bon pour la santé mentale puis que les gens ont hâte de se retrouver, mais bon, un, les personnes doivent rester à deux mètres puis, idéalement, ne pas être trop longtemps dans la même pièce, même si elles sont à deux mètres. Donc, si on veut sauver, si on veut être capables d'épargner les personnes vulnérables, bien, il faut maintenir ces consignes-là.

M. Arruda (Horacio) : Si vous me permettez, M. le premier ministre, il faut comprendre que le principal «driver» de l'épidémie n'est pas nécessairement les contacts qu'on va faire en société où on va se croiser puis on fait très attention. Puis on sait qu'il y a des asymptomatiques. Mais ça a été, comme en Chine, les contacts familiaux à l'intérieur, c'est toujours un risque plus grand de transmission, puis etc., et c'est pour ça qu'on veut le faire.

C'est clair qu'avec l'évolution de la situation, on verra quand est-ce qu'on pourra permettre, je dirais, un rassemblement progressif — hein, c'est le terme du jour, progressif — en fonction de l'épidémiologie, qui va être peut être différente d'un territoire à l'autre, mais il est encore trop tôt, à mon sens, pour le faire.

Le Modérateur : Maintenant, au tour de Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour. D'abord, M. le premier ministre, votre homologue de l'Ontario vient juste de déclarer qu'il était hors de question, pour lui, de suivre l'exemple du Québec au sujet de la réouverture des écoles. Il a déclaré : «Nous ne voulons pas mettre nos enfants en danger.» Craignez-vous de sous-estimer le risque que cela pose pour les enfants de retourner à l'école?

M. Legault : Non. Moi, je trouve que si on parle, par exemple, des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, c'est une question de balance d'inconvénients, beaucoup plus de risques de les priver d'école pendant six mois que le risque qu'on leur fait courir de conséquences graves de retourner à l'école. Donc, c'est une question, là, d'évaluation de risques. Il n'y a rien de parfait, il n'y a rien de 100 % sûr dans la vie, mais nous, on calcule, avec la Santé publique, que c'est mieux pour les enfants de retourner à l'école.

M. Arruda (Horacio) : Puis si vous permettez, M. le premier ministre, dans  The Connection d'Australie, il y a un papier journal, pour... à vos médias, mais quand même, ont fait état, notamment, des plus récentes données en lien avec la transmission chez l'enfant. Un, l'enfant est rarement malade de façon significative. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a aucun cas possible dans la nature, mais ils sont peu malades. Contrairement à ce qu'on pensait, par rapport à l'influenza, qu'ils deviennent des très grands transmetteurs de la maladie dans la population, ça ne semble pas être nécessairement le cas.

Il y a quand même toujours de la prudence à faire, c'est pour ça qu'on ne les remet pas tout le monde ensemble, collés les uns sur les autres, et qu'on veut de la distanciation, mais je ne pense pas qu'on fasse vivre à nos enfants un risque important en lien avec la COVID-19. Plutôt, au contraire, on va permettre à certains enfants plus vulnérables d'avoir accès à de la nourriture, à de la pédagogie importante pour ne pas que des retards éducationnels se fassent plus tard puis qu'on ait toute une série de jeunes décrocheurs, parce qu'ils vont avoir de la difficulté à aller au secondaire, éventuellement.

M. Chouinard (Tommy) : Mon autre question s'adresse à vous, Dr Arruda. Je pense qu'il y a beaucoup de Québécois qui comprennent mal l'avis de la Santé publique autour de ce plan de déconfinement. Pour bien comprendre, là, sur une échelle d'un à 10, où se situe le risque que ce plan de déconfinement se traduise par une recrudescence de la transmission chez les adultes et d'une hausse des hospitalisations?

M. Arruda (Horacio) : C'est clair, si vous me permettez, là, qu'il va y avoir une augmentation de transmissions, là, dans la communauté, dès qu'on rouvre un peu et qu'il pourrait y avoir même des personnes qui décéderaient. Bon, est-ce qu'ils vont... mais la réouverture progressive veut minimiser cet élément-là, là. Il n'y a personne qui va vous le dire, qu'il n'y aura aucun cas de transmission. On sait qu'il va y en avoir un, mais ce n'est pas non plus en enfermant les gens tous azimuts... que les gens aussi pourraient aussi se révolter et se mettre à faire des rassemblements chez eux, etc., en cachette. Oui, il va y avoir des cas. C'est ce qu'on appelle un risque pondéré puis un risque qui va être suivi régulièrement.

Je vais vous dire, on va avoir une capacité de surveiller les choses, puis je le dis, le premier ministre le sait, M. Fitzgibbon le sait, il l'a dit lui-même, on reculera, si on pense qu'on est en train d'aller trop rapidement, et on reculera... Puis je vais vous dire aussi... et si la population ne suit pas les consignes comme telles, je ne serai pas gêné de recommander le confinement de façon importante pour ne pas nous retrouver dans une situation où on aura à choisir entre monsieur Y et monsieur X ou madame Y et madame X, pour les soins intensifs.

M. Chouinard (Tommy) : Et sur l'échelle...

M. Arruda (Horacio) : Et sur l'échelle, écoutez, comme je vous le dis, là, je ne suis pas en... Un, qu'il va y avoir des cas puis etc., je peux vous dire que c'est 100 %, mais est-ce que ces cas-là vont être incontrôlables, dans le sens... la réponse est non.

Et n'oubliez pas qu'on fait une stratégie. On ne demande pas aux gens qui sont à risque de se déconfiner ou d'aller travailler. Nous prenons les personnes qui vont peut-être l'attraper, mais qui vont avoir le moins d'impact sur leur vie comme telle. Certains vont faire la maladie de façon asymptomatique, certains pourront avoir besoin d'être hospitalisés. J'espère, pas trop de gens qui vont mourir, O.K., parce que je veux être au clair, là, il ne faut pas penser que...

Le virus, là, il est ici puis il est ici pour longtemps. Ça fait qu'on peut décider de reporter tout ça en septembre ou en... avec la saison de la grippe, ce qui, à mon avis, ne sera pas nécessairement les éléments... Et puis je pense que chaque gouvernement regarde son épidémiologie locale, hein? Nous, on déconfine dans les régions, ce qu'on appelle plus froides par rapport aux chaudes, et c'est très bien dit par toutes les recommandations internationales qu'il faut regarder l'épidémiologie la plus locale possible pour être capable de prendre des décisions. Ça fait que je pense qu'au Québec on est en mesure de le faire.

On sait, c'est un pari risqué. Le virus, là, on ne peut pas l'éliminer. Il va circuler. Là, la question, c'est : Comment on fait? On balance tout ça, à mon avis. Puis je tiens à dire que l'économie, l'argent, la santé mentale, tout ce qu'on appelle... et, dans une société, il n'y a pas que les maladies infectieuses, ce sont des déterminants de la santé. Je veux dire, moi, je veux éviter des suicides chez des propriétaires de PME, des divorces parce que ça va mal et de la violence faite aux enfants. Ça fait partie aussi des enjeux de santé qu'il faut être capable de mesurer.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le premier ministre, M. le ministre Fitzgibbon, Dr Arruda.

Vous en êtes où dans votre réflexion sur... parce que, là, juste mettre la table... et on comprend, là, qu'il n'y aura pas de voyage au cours de l'année, là, au cours de l'été, etc. Il va faire beau, il y a des gens qui vont être en vacances. Vous en êtes où dans vos pronostics d'ouverture, par exemple, des régions, en fait, des campings, des parcs, le plein air, l'industrie de la pêche, la restauration, toute l'industrie touristique, finalement, là? Est-ce qu'on va en avoir une industrie touristique cet été? Vous voyez ça quand, l'ouverture de cette industrie-là?

M. Legault : On ne le sait pas encore. On continue à évaluer la situation. On commence par ce qu'on vous annonce aujourd'hui, mais, pour le reste, là, on n'a pas choisi de réouvrir les restaurants, les campings, donc... Attendez une minute. Les campings, oui. Les campings, dans certains cas, ça peut être réouvert, les gens qui vivent en Floride l'hiver puis qui vivent sur un camping, en autant que certaines consignes soient respectées.

Mais, de façon générale, quand il y a des rassemblements, que ça soit dans un restaurant, que ça soit un spectacle, on n'est pas rendus là. Pour l'instant, on pense que ce n'est pas une bonne idée de réouvrir ça dans un avenir prévisible.

M. Lacroix (Louis) : Mais une précision sur les campings, c'est juste pour les gens qui reviennent de la Floride ou c'est l'ensemble des campings?

M. Legault : Bien, il faudrait que je vérifie, là, mais, s'il y a des critères qui sont suivis, des consignes, là... les gens, il y en a qui habitent dans une roulotte comme ils habitent dans une maison. Donc, il faut être prudent. En autant qu'on maintient le deux mètres, je pense que c'est correct.

M. Lacroix (Louis) : Mon autre question, ça touche les personnes âgées parce que j'ai... il y a beaucoup de gens qui m'écrivent, qui disent qu'avec la règle, par exemple, les gens qui sont en résidence pour personnes âgées autonomes ne peuvent pas circuler, ne peuvent pas sortir de leur résidence, à part peut-être aller faire un petit tour dans la cour, là, etc. Et il y a d'autres personnes qui me disent : Bien, nous autres, on peut sortir parce qu'on a notre maison, donc on peut aller prendre une marche, on peut avoir une certaine liberté de mouvement, alors que ce n'est pas le cas pour les personnes qui vivent en résidence pour personnes âgées.

Est-ce qu'il n'y a pas la une espèce de discrimination qui est faite ou on ne crée pas deux classes de personnes âgées?

M. Legault : Bien, je pense que c'est une question de gros bon sens, là. On sait que, dans nos CHSLD puis certaines RPA, résidences pour personnes aînées, il y a de la contagion et il y a une situation aussi qui a été très difficile. Il y a beaucoup de personnes qui ont été contaminées. On veut éviter que les gens continuent d'augmenter le nombre de personnes infectées soit dans les résidences qui sont déjà infectées soit dans les résidences qui n'ont pas été infectées, qui sont quand même la majorité des résidences.

Donc, il faut comprendre que le risque est plus grand dans une résidence qu'une personne qui est toute seule dans sa maison, là. Donc, c'est pour ça qu'on est très prudents de ne pas aller prendre le risque que des personnes se promènent, ne respectent pas la distance de deux mètres, puis ramènent ça à la résidence, puis contaminent des dizaines d'autres résidents. Donc, c'est une question de gros bon sens, là.

Le Modérateur : Je vous signale que le temps file. Prochaine question, Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour. J'ai une question d'abord pour le Dr Arruda. Merci d'avoir fourni les données concernant les décès dans les CHSLD hier et ainsi que la courbe d'aujourd'hui. Cependant, on constate qu'il y a comme eu deux pics. Est-ce que, là, on a atteint le pic maximal ou est-ce qu'on prévoit qu'il y en a d'autres qui sont à venir? Parce que la courbe est hachurée, comme on le voit, là.

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, tout ça va dépendre de l'évolution et de comment les gens vont se comporter, là, si vous me permettez. Je pense qu'on a vu effectivement un premier pic qui pouvait correspondre… Puis là c'est des hypothèses, là, il faudrait que je fasse des analyses très fines sur toutes les causes de chacun des cas qu'on a eus. C'est probablement ce qui est arrivé avec les voyages, au tout début, là, vous savez, les voyages, les jeunes qui sont venus de l'extérieur, puis etc. Après ça s'est superposé le drame des CHSLD, à mon avis. On voit bien l'augmentation très significative.

Ce qu'on veut éviter, justement, c'est des gros pics. Ce qu'on veut éviter, là, c'est une courbe qui recommence à faire ça, comprenez-vous? On veut que la courbe... Elle va augmenter, là, c'est sûr, on va avoir de la circulation. Mais ce qu'on veut, c'est maintenir la courbe aplatie à un assez bas niveau pour ne pas surcharger notre système de soins, mais éviter une amplification. D'où l'importance que chacun fasse ce qu'il a à faire pour éviter de…

La somme des petites épidémies peut devenir des grandes épidémies. Et c'est clair que, si jamais, dans une entreprise manufacturière ou autre, il y a une épidémie, on va intervenir, on va contenir, on va peut-être cesser les opérations, s'assurer que les familles de ces personnes-là ne sont pas malades. Tout ça va être maintenu, justement, pour éviter que la courbe remonte de façon significative. Et puis on va bien entendu tester, tester, tester la population pour voir comment le virus se propage, probablement, même, des personnes qui sont asymptomatiques. Il va y avoir des échantillonnages qui vont être faits.

M. Bergeron (Patrice) : Et maintenant, en… Oui.

M. Legault : Je veux juste être bien clair aussi, M. Bergeron. L'idée du graphique, c'était surtout de regarder la situation ailleurs que dans les CHSLD. Donc, moi, je ne tire pas de conclusion sur la situation dans les CHSLD. C'est pour ça d'ailleurs qu'on ne modifie pas les consignes dans les CHSLD, c'est pour ça qu'entre autres on ne veut pas que les gens continuent de sortir. Le but, c'était de dire : Dans le reste de la société, ça fait 14 jours qu'il y a un plateau, qu'on n'a pas eu d'augmentation du nombre de décès, donc, dans le reste de la société, on peut graduellement réouvrir les écoles, les entreprises. Mais, les CHSLD, je ne pense pas qu'on est en mesure, là, de dire : On a atteint le «peak». On sait qu'il y a encore beaucoup de personnes infectées dans les CHSLD.

M. Bergeron (Patrice) : Maintenant, en sous-question. Vous l'avez évoqué hier, vous aviez déjà dit que vous pourriez aller jusqu'à fermer une entreprise qui ne respecte pas les consignes de distanciation. Là, on a appris qu'il y a un guide qui est mis en place. Mais quel sera le régime de sanction qui va être prévu?

M. Arruda (Horacio) : C'est un régime... je ne connais pas le détail, c'est sous la gouverne de la CNESST, la Commission...

M. Legault : Santé et sécurité...

M. Arruda (Horacio) : ...nationale de l'équité et de santé et sécurité du travail. Excusez-moi, je suis un vieux. On appelait ça la CSST, avant la fusion, là. Je suis désolé, ça démontre mon âge. Mais, je pense que ça va être associé au gradient de faute, là, comme tel.

Je pense qu'il faut aussi que vous compreniez que, là-dedans, il y a à la fois l'employeur qui a des obligations, mais il y a aussi les employés, là, qui doivent aussi s'assurer de la sécurité de leurs... les personnes avec qui ils travaillent. Par exemple, s'ils ont, dans le cadre de leur travail, besoin de se rapprocher à moins de deux mètres, on leur recommande de porter un masque. Et donc, quelque part, c'est un travail collectif. Ces choses-là ont été faites de façon paritaire, notamment avec les syndicats et avec le patronat.

Puis je pense honnêtement que... il y a toujours des exceptions, hein, il y a toujours, dans la société, des exceptions, mais je pense que les entrepreneurs sont très conscients de ça. Il va y avoir des gens qui vont faire beaucoup plus de télétravail. Je pense qu'on va avoir une nouvelle façon de travailler et je pense que le monde ne sera plus jamais pareil, comme tel. Espérons qu'on ne sera pas enfermés à la maison comme ça pendant une éternité, mais on va avoir appris beaucoup de choses. Notamment, le télétravail va avoir un effet sur le transport, etc.

Ça fait que je pense que les gens ont avantage à le faire de façon adéquate, autant les grosses entreprises qui ont des moyens, mais aussi les petites. Par exemple, là, ce n'est pas le temps d'être dans un magasin de beaux vêtements, belle robe d'été avec des belles fleurs puis des beaux souliers... d'être 40 dans un petit espace, là. J'espère que les gens vont comprendre et que la population aussi va exiger que les choses se fassent adéquatement.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, au tour d'Oliver Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. M. Legault, on arrive au déconfinement. À combien vous chiffrez jusqu'ici les dépenses de l'État? Évidemment, je comprends que c'est très large puis c'est surtout M. Girard qui tient le livre de comptes, mais on évalue qu'on est rendu à combien, là? Avez-vous....

M. Legault : Écoutez, on est trop, à ce moment-ci, avec des estimés pour commencer à publier des chiffres. J'ai eu une rencontre, hier après-midi, avec M Girard pour en discuter, pour voir l'évolution de la situation, mais on est en train d'y travailler pour être capable de vous répondre d'ici quelques mois à cette question-là.

M. Bossé (Olivier) : Mon autre question, c'était : Où est-ce qu'en est rendu votre réflexion, peut-être avec la Santé publique, maintenant qu'on est rendu au déconfinement, sur le traçage par rapport au téléphone cellulaire, suivre les gens qui sont malades, savoir s'ils contreviennent ou pas aux consignes?

M. Legault : O.K. D'abord, moi, je veux être très clair, là, il y aura protection des données personnelles. Si jamais, si jamais on utilisait ces données, ça serait avec l'accord des personnes concernées. Donc, ça serait pour leur bien, avec leur accord. Mais on n'est pas encore rendu à l'étape de dire si on va ou non utiliser ces moyens-là.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, M. le premier ministre, M. le ministre, Dr Arruda. Ma question est pour vous, Dr Arruda. On comprend que vous êtes pleinement en accord avec la décision d'ouvrir les entreprises et les écoles, mais quel est, pour vous, le point de rupture où il faudra reculer?

M. Arruda (Horacio) : Le point... Bon, je suis en accord parce que, comme je vous l'ai dit, il y a d'autres que seulement la maladie infectieuse, puis on pense que les personnes à qui on demande d'aller travailler sont des gens à moins haut risque que d'autres, O.K.? Le point de rupture, il va venir quand on va être en train de tenir... un, d'avoir une transmission communautaire tellement élevée qu'on va avoir des hospitalisations qui vont monter de façon importante. Ça va être avec le rythme des hospitalisations, le rythme d'augmentation des cas, O.K., la proportion des cas qui sont symptomatiques versus non symptomatiques. Ça va être de vérifier quels sont les taux d'hospitalisation, les taux d'utilisation des soins intensifs et la perte de contrôle, je vous dirais, des éclosions qui vont arriver dans les différents milieux de travail.

Il va y en avoir, des éclosions. Il va y en avoir, des augmentations de cas, mais, comme je vous le dis, tant qu'on est dans une courbe aplatie puis qu'on est en contrôle, puis qu'on est capable de mesurer aussi l'effet du déconfinement en termes de proportion de gens qui sont positifs dans la population, ce sont tous des indicateurs que nous allons utiliser. Puis ça, ça va se faire au jour le jour. On a aussi des scénarios qui sont... ça a été publié à l'institut, là, un modèle de M. Brisson qui va être mis à jour régulièrement. Ça ne se fait pas en une journée, ça prend des ordinateurs qui travaillent pendant 24 heures au Canada, des superordinateurs, comme on va dire. Mais on va suivre tout ça puis on va prendre la décision de façon éclairée.

Puis c'est clair, c'est clair qu'il n'y a rien, rien qui va m'empêcher de faire une recommandation de reculer à un certain endroit si nécessaire. Mais j'espère sincèrement qu'on va être en mesure de le faire, de le faire adéquatement. Puis il y a aussi des possibilités qui sont celles d'étaler, hein, certaines annonces, là, pour des périodes qu'on... si on dit : Ça devrait être le 19 mai. Peut-être, ça ne sera pas le 19 mai, peut-être, ça va être une semaine plus tard, tout dépendamment des indices qu'on va avoir puis qu'on respecte les critères de baisse.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Laforest (Alain) : Ma sous-question est pour le ministre de l'Économie. Quelles sont les... parce qu'on sait, là, actuellement qu'il y a 300 inspecteurs pour surveiller, entre autres, les chantiers de construction résidentiels, commerciaux, routiers, mais quelles sont les mesures que vous allez avoir pour surveiller ce qui se passe dans les entreprises?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, on a travaillé très fort avec la CNESST. Les guides qui ont été mis en place avec la Santé publique... et le groupe de travail avec M. Boulet est très ferme. Les entreprises vont recevoir le guide, certaines l'ont même vu à l'avance. On a consulté beaucoup d'entreprises, hein? Il y a 15 associations avec qui j'ai travaillé depuis trois semaines. Ils s'attendent à ça, ils le réalisent. Ils ont un niveau de devoir civique en place et plusieurs sont déjà prêtes.

Alors, moi, je pense qu'on a un secteur manufacturier qui est prêt et leurs standards propres étaient déjà élevés. Plusieurs entreprises ont des filiales à l'extérieur du Québec ou des compagnies mères, je pense au domaine de l'aérospatiale, et je pense qu'il y a des standards, en fait, qui sont très, très élevés. Alors, moi, je suis très confortable que le respect va être là, mais on va évidemment suivre ça de très près, parce qu'ultimement il faut que les employés soient à l'aise à aller travailler. C'est ça qui est le plus important.

Le Modérateur : Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. Toujours concernant la reprise des activités économiques... Hier, lors de l'annonce sur l'éducation, c'était très clair que c'est une reprise volontaire. Donc, seulement les parents qui voulaient envoyer leurs enfants devaient le faire.

En ce qui concerne la reprise économique, est-ce que c'est volontaire? Est-ce qu'un employé, par exemple, qui dit : Moi, je suis inquiet pour ma santé, là, j'aime mieux rester à la maison, toucher peut-être à une prestation fédérale, est-ce que cette personne-là est obligée d'aller travailler? Est-ce que son employeur peut prendre des recours ou est-ce que tout ça se fait sur une base volontaire?

Puis concernant la prestation fédérale, est-ce que vous craignez, parce qu'il y a eu des critiques, là, sur ce volet-là ces dernières semaines, est-ce que vous craignez que ça puisse décourager certaines personnes de reprendre le travail?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, je pense, je dirais... je répondrais, il y a des juridictions, en Ontario, par exemple, la France... n'ont jamais fermé le manufacturier, sauf que c'est fermé pareil. Alors, c'est clair pour moi que, même en économie, quand on travaillait avec M. Boulet et Santé publique, il fallait trouver un protocole qui rendrait les employés confortables, et je pense qu'on l'a trouvé. Le guide est très bien fait. Je l'ai regardé, il y a des entreprises qui l'ont regardé aussi. Alors, moi, je pense que, quand on va annoncer, dans les prochains jours, quels sont les protocoles, je pense que les employés, dans la grande partie des cas, vont être confortables de retourner au travail, et c'est ça qui est la pression importante sur les entreprises.

Bon, la question : Est-ce que les employés peuvent décider de ne pas y aller?, c'est une autre chose, mais comme on travaille sur une progression, hein, on parle de 50 employés et plus, donc on a une séquence qui permet aux gens de regarder ça. Deuxièmement, on parle du 11 mai, hein? Ce n'est pas demain matin.

Donc, il y a toute la question de l'information, la démagogie qu'il faut faire aux gens. Je pense qu'on a le temps...

M. Legault : La pédagogie.

M. Fitzgibbon : Pédagogie. Je m'excuse. Ce qu'on doit faire, ce que les employés vont faire... On a du temps devant nous. Alors, moi, je suis très confortable qu'on va convaincre les employés que c'est sécuritaire comme endroit de travail.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Concernant les services, par exemple, professionnels de santé, dentistes par exemple, optométristes... bon, beaucoup de gens sont préoccupés aussi de services de coiffure, est-ce que vous avez une séquence, un horizon pour ce type de services qui, dans certains cas, ont quand même un caractère essentiel, là?

M. Fitzgibbon : En fait, on a une liste complète de tous les services, les produits qui peuvent être offerts, et on a décidé, avec Santé publique, de choisir ces trois secteurs-là. On parle d'à peu près 500 000 personnes, possiblement, qui pourraient retourner au travail sur 1,2 million qui ne sont pas... qui sont en arrêt de travail. Alors, il faut y aller séquentiellement. Et évidemment on va travailler avec d'autres ministres et ministères, la Culture, le Tourisme, entre autres, on regarde des progressions possibles. Mais, à ce moment-ci, on se limite à ces secteurs-là parce que sinon ça va être trop de monde trop vite dans le système, puis Dr Arruda ne sera pas content.

Le Modérateur : Merci. La prochaine question nous provient de Mylène Crête, du journal Le Devoir. On apprend de nouvelles informations sur le coronavirus, là, comme quoi il pourrait causer des caillots qui pourraient se transmettre par les systèmes de ventilation. À la lumière de ces informations-là, comment pouvez-vous assurer aux Québécois que le retour au travail est sécuritaire?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, il y a plein de choses qui émergent, là, notamment, même sur le niveau clinique, etc., là, mais ça demeure encore le «driver»... Je ne veux pas utiliser le terme «driver», je vais... Le facteur principal de transmission demeure encore la transmission par gouttelettes, puis etc., là. Je pense qu'il y a des phénomènes plus rares qui pourraient exister, mais je ne crois pas que ce soit significatif pour empêcher, je vous dirais, encore la transmission... ou empêcher le refonctionnement des gens, là, comme tel, par rapport à ça.

Le Modérateur : Très bien. La prochaine question du journal Le Devoir s'adresse aussi à vous, Dr Arruda. Est-ce que vous avez la moindre réticence par rapport au plan de réouverture des écoles et de l'économie, et, si vous en avez, est-ce que vous les diriez à la presse?

M. Arruda (Horacio) : Bien, ma réticence, c'est de ne pas savoir ce qui va vraiment se passer puis comment ça va se dérouler. Mais je peux vous dire que les consignes ont été clairement établies. Le travail a été fait pour que les ouvertures ne se fassent plus du tout comme antérieurement. Puis on a véritablement, en tout cas, respecté, je vous dirais, là, ce qui est recommandé par tous, même au Canada. Juste parce que les gens ont l'interprétation qu'on ne dit pas la même chose. Mais ce qui va être clé, c'est, je vous dirais, la compliance des gens, c'est-à-dire l'observance que les entreprises, les travailleurs vont mettre à l'intérieur de ça, ce que le reste de la population va faire.

Puis, vous savez, là, on n'a pas le goût d'être une dictature qui empêche les gens de vivre, là. Ce n'est absolument pas ça. Moi, je suis moi-même un gars qui a hâte d'ouvrir sa tente-roulotte puis d'aller faire un petit camping à distance de deux mètres des autres, puis etc., là. On a tous besoin de ça en tant qu'individus. Mais je pense qu'on ne peut pas non plus rester comme ça jusqu'en septembre. À mon avis, on va avoir autant, sinon plus d'effets pervers en septembre. Puis on a peut-être une accalmie avec la saison d'été qui s'en vient, ce qui va être un élément. Donc, je suis confortable, mais avec le conditionnel que ça va être réévalué à chaque jour.

Le Modérateur : Très bien. Alors, c'est ce qui complète pour les questions en français. So time now for questions in English. We'll start with Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : OK. Good afternoon. You know that the federal and Canadian provinces are watching you with yesterday's announcement and today's announcement. So, given that Québec has so many COVID-19 cases and deaths, how can you justify reopening the economy with the virus that is still spreading?

M. Legault : OK. First, we have to be very careful when we compare figures between provinces because we don't declare deaths the same way. Second, we have a very specific problem with the long-term care residences. So that's what I showed. Maybe I can explain it in English. When you look at the deaths every day since the beginning, upside, you have the number of deaths in residences, and downside, in green, you have the number of deaths in the population in general, outside of residences. And we can see that the one in green, for the last two weeks, there was no increase and it's relatively low. Even if you compare with Ontario, for example, it's very low. So we think that, in the population in general, it's quite under control. So we'll gradually open schools and companies, but we want to make sure that the number of deaths and the situation in the population in general keep being under control.

Le Modérateur : Second question.

Mme Senay (Cathy) : Yes. My second question is for Mr. Fitzgibbon. Regarding you plan today, we saw an outbreak in a greenhouse in Ontario not a long time ago and then we saw, like, a Cargill meatpacking plant in front of an outbreak. The pressure now is on businesses, is on construction sites, stores, that they have to put in place measures. What are your expectations regarding this, about how you want the working place to change?

M. Fitzgibbon : Well, first of all, I think, despite other jurisdictions, we have been very severe by closing manufacturing, for example, while other places, France and Ontario, have kept manufacturing open. But the fact that they didn't operate, the primary reason is the employees. I think it's very important that employees come to work and realize this is not the same place it was before the COVID-19. And, frankly, over the last few weeks, between the CNESST, between Public health, there's been a lot done to develop protocols, and I think, in the next few days, these protocols will be explained to employees. The employers know what they have to do. And I think that the proper information that will be provided to the employees will make it that people will feel safe to go to work. We're progressing, making a sequential opening of manufacturing, 50 employees plus… of the access, May 11th, May 25th. The retailers in the Montréal community, it's going to be later. So I think we're doing everything appropriate, I believe, to secure people, because, if employees are not secure, they're not going to go to work. We're not going to force them to go, but I think our approach is sound.

Le Modérateur : Thank you. Samuel Pouliot, CTV News.

M. Pouliot (Samuel) : Hi. Mr. Legault, many teachers point out that, without full enrollment, they won't be able to teach new material to students because those who stay at home will fall behind. They say this is more about getting parents back to work than kids back to school. How do you respond to that?

M. Legault : I think it's important for our children that they go back to school, especially the ones needing special services, the ones having learning difficulties. It think it would be a very bad idea because they got out two months ago or about a month and a half. So, if you go to September, it means six months without going to school. I think it wouldn't be good for children having difficulties, and it represents 20% to 25% of our children. So it's very important, and that's mainly for them that we took this decision.

M. Pouliot (Samuel) : And, about the CHSLDs, do you have a timetable for when medical specialists will no longer be needed in CHSLDs?

M. Legault : OK. I think that we already have a lot less doctors in our CHSLDs. I think that it's something like 150. So we have lot less. Some may come on partial time, but we already have less physicians in our CHSLDs than a week ago.

Le Modérateur : Thank you. The next question is from Phil Authier, Montreal Gazette, it's for Mr. Arruda. Yesterday, you said Québec will greatly increase testing for COVID-19. We are hearing from teachers and students who are scared of returning to schools. Do you plan to test teachers and staff and children before they return to the classroom environment? That seems a wise idea.

M. Arruda (Horacio) : Yes. In fact, it's clear, we have actually a capacity that is not used as it could be and it's going to be changing this week. We're going to give even more access to tests to different kinds of population and the ones that are going to open, are going to be tested, yes, on the case of an outbreak, but also to document the situation.

Le Modérateur : The next question, as a second question, is for Mr. Legault. Now that you are talking about reopening the economy, is it safe to say the worst of the coronavirus outbreak is nearly over for Québec? How would you describe the state of the Montréal economy?

M. Legault : Of the economy?

Le Modérateur : Yes, Montréal...

M. Legault : I'll let that to Pierre about the economy, but regarding the situation of the COVID-19, I think it's under control, except for the situation in CHSLDs, but we have to be careful, so that's why we are reopening some schools and some companies very gradually. So, we want to make sure that we don't have a second wave coming.

Regarding the state of the economy, it's very tough, especially in Montréal, so maybe you can add a few words.

M. Fitzgibbon : Yes, basically, Montréal has been shut down to a large extent other than essential services, and that's one of the reasons we want to progressively reopen. Of course, we need to be sensitive to the public health situation, but it is a balance that, I think, we're trying to put together and I'm pretty happy about the work that we did with public health. So, I'm hopeful that the sooner we restart the economy, the sooner we'll be back to where we were, back in December 2019, which is obviously a million dollar question.

Le Modérateur : Thank you, the next question is from Raquel Fletcher, Global News. Can you explain your strategy for testing and contact tracing? Yesterday, Dr. Arruda mentioned that 15,000 tests per day are done. That doesn't seem like enough, given hundreds of thousands of people who will be going back to work and school at once.

M. Arruda (Horacio) : It's clear that we never test, I would say, everybody. We always go by, I would say, «échantillons», which means a specific quantity, to try to extrapolate the data. But I can tell you that the capacity that we have now is going to be going very up, almost more than what is done in Canada, actually. So, I've got the confirmation with the ones who are responsible for that, that we are going to have a big capacity, going up to high levels, I would say, soon, because of new technologies coming soon and new contracts also with companies who are doing the tests.

Le Modérateur : Thank you. And as a very last question. When you see Ontario is keeping schools closed until at least June and Justin Trudeau is also being very hesitant about announcing any reopening of the economy, just yet, do you not think Québec is opening too soon?

M. Legault : Bon... Again, I will repeat what I said. If you exclude cases coming from the CHSLD, long-term care residences, our situation in Québec is under control, and there's a very low number of cases and deaths, so... and also our number of people in hospitals is also under control, so I don't know exactly what's the situation in Ontario, but our situation is under control, except for long-term care.

Le Modérateur : Thank you. So that's it for today. C'est ce qui complète pour cette conférence de presse.

M. Bergeron (Patrice) : ...concernant les tests, ce que vous venez de dire en anglais, s'il vous plaît, simplement, vous allez augmenter la capacité de tests?

Le Modérateur : Pouvez-vous répéter en français, concernant les tests, Dr Arruda?

M. Arruda (Horacio) : Oui, on va augmenter la capacité de tests de façon significative au cours des prochaines semaines. Je tiens à vous dire qu'actuellement on a une capacité de 14 000 tests par jour qui n'est pas utilisée à son maximum. On va recommencer des sessions de dépistage, je vous dirais, auprès de certains groupes de population, donc augmenter, aller plus loin que le P1 à P6, qui sont les différentes priorités qu'on faisait, comme tel. On va avoir une capacité pour tester les situations d'éclosion qui pourraient arriver dans le milieu scolaire, en garderie ou dans le milieu économique et industriel.

Et puis, bientôt, grâce à certains nouveaux contrats et des nouvelles technologies, on va peut-être être capables de faire le nombre de tests ici, au Québec, qui va dépasser ce que j'ai entendu tantôt dans une conférence de presse au fédéral, où il y a 23 000 tests, je pense, qui sont faits actuellement au Canada, et on va se donner une capacité élevée ici, au Québec, pour ça. C'est les dernières informations que j'ai obtenues de ceux qui sont responsables de ce dossier.

Le Modérateur : Donc...

Une voix : ...

M. Arruda (Horacio) : 20 quelques mille tests.

Le Modérateur : Merci. Donc, c'est ce qui conclut. Bonne fin de journée.

M. Arruda (Horacio) : Merci beaucoup.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 14 h 03)

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