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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Version finale

Le mercredi 10 juin 2020, 8 h 15

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-trois minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Aujourd'hui, je viens faire le point sur, notamment, le projet de loi n° 61 et parler un peu également d'économie.

Alors, comme vous l'avez vu, le projet de loi n° 61 a des voyants rouges partout. Hier, en commission, il y a eu plusieurs commentaires qui ont été faits qui montraient à quel point ce projet de loi ouvrait la voie à un contexte d'émergence de collusion, de corruption. La Protectrice du citoyen est venue également parler de ce projet de loi en disant qu'il y avait... on pourrait brimer les droits des Québécois sur les questions d'expropriation. On reconnaît également qu'on est très préoccupés par le cadre légal qui serait fait en parallèle avec ce projet de loi. Lorsqu'on regarde tous les commentaires qu'on a reçus, je pense qu'on peut qualifier ce projet de loi d'un projet qui est bulldozer, qui bulldoze les façons de faire et qui n'a pas été préparé en conséquence.

Et donc je regardais simplement les chiffres des différents projets. Quand ils sont venus présenter hier, le comité de suivi de la commission Charbonneau disait que le risque pouvait être qu'il y ait des dépassements de coûts de 10 % à 30 % par rapport au projet qui était présenté. Le projet, présentement... quand on regarde la liste des 202 projets, il n'y a pas de valeur associée à l'ensemble de ces projets-là. Mais on peut certainement estimer qu'on se retrouve avec une valeur, une hypothèse que j'émets de 50 milliards. 10 % à 30 %, ça représenterait des milliards de dollars pour les contribuables québécois. 10 %, ce serait 5 milliards de dollars. Alors, gros enjeu par rapport à ce projet-là.

Et, parallèlement à ça, depuis des semaines, depuis des semaines au Parti libéral du Québec, on demande à ce que l'on soutienne davantage en aide directe nos petites entreprises. 20 % de nos entreprises, 20 % de nos entreprises disent aujourd'hui qu'elles craignent la faillite. Et la réponse du gouvernement du Québec n'a pas été à la hauteur des attentes. Lorsqu'on voit maintenant la réouverture des magasins, la réouverture des petites entreprises, si vous êtes un salon de coiffure, aujourd'hui, c'est 1 000 $ d'investissement minimum pour vous mettre à jour avec les normes. Si vous êtes un salon d'esthétique, c'est 7 000 $. Si vous êtes dentistes, c'est 34 000 $. Donc, ce sont des milliers de dollars que les entrepreneurs n'ont pas aujourd'hui, et ça accentue le risque de faillite, sans parler du fait que ça a un impact sur les prix à la consommation.

Donc, nous, ce qu'on aimerait voir, d'un point de vue... d'ici la fin de la session, également, c'est véritablement des aides directes pour accompagner nos PME, et évidemment des modifications importantes au projet de loi n° 61. Je vais répondre à vos questions.

M. Lavallée (Hugo) : ...il faut retirer le projet de loi, carrément?

Mme Anglade : Il faut des amendements majeurs, ça, c'est certain, au projet de loi, mais vous allez me permettre de dire qu'on va attendre aussi la Vérificatrice générale et le Barreau, qui vont témoigner aujourd'hui, et, à ce moment-là, on pourra avoir l'étendue des modifications qui seraient souhaitables. Mais il est évident que ça va prendre des changements majeurs.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce qu'il faut retirer l'article 50 ou en limiter la portée?

Mme Anglade : C'est très clair, dans les recommandations qui ont été formulées hier par l'article 50, que ça représente un véritable enjeu. Et donc, encore une fois, il va falloir le revoir en profondeur, l'amender en profondeur.

M. Laforest (Alain) : Donc, il est encore acceptable pour vous?

Mme Anglade : M. Laforest, le projet de loi n'est certainement pas acceptable dans sa forme actuelle, nécessite des amendements majeurs, des amendements majeurs, et je souligne à grands traits.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce que ça dit sur le rôle de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, qui était procureure, elle-même, de la commission Charbonneau?

Mme Anglade : Bien, elle n'est pas très présente, justement, lorsqu'on regarde le projet de loi. D'ailleurs, il y a même eu hier un amendement qui retirait — ce qu'on a pu voir dans les amendements qui avaient présentés — qui retirait le rôle de la ministre de la Justice justement. Donc, on ne l'a pas entendue sur ce projet-là. Nous, on aimerait bien entendre ce qu'elle a à dire à ce sujet.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que c'est une bonne idée de siéger la semaine prochaine pour poursuivre l'étude encore plusieurs jours?

Mme Anglade : On parle de milliards de dollars de l'argent des contribuables, alors qu'on a des toutes petites entreprises qui sont à la veille de faire faillite. Je pense que le minimum que l'on se doit de faire, c'est d'être ouvert à siéger tout l'été, s'il le faut, pour régler cette question-là.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Comment vous recevez, Mme Anglade, les commentaires sur le racisme? Je pense, entre autres, à un commentateur qui a dit qu'il ne savait même pas que vous étiez une personne noire jusqu'à tout récemment. De quelle manière vous vivez les derniers jours?

Mme Anglade : Bien, si vous me parlez de la question de George Floyd puis de tout ce qui s'est passé, puis de tous les événements qui ont découlé de ça, moi, j'ai trouvé ça quand même difficile de voir ça. Ce que j'ai trouvé particulièrement difficile dans le cas de l'événement, ça a été le fait qu'il y avait des policiers autour puis qu'ils n'aient pas du tout réagi. Je pense que, si je parle de cet événement-là en particulier, c'est ça.

Maintenant, si ça peut amener une prise de conscience et puis qu'il y ait des actions concrètes qui soient faites, je constate que le gouvernement Legault a dit qu'il voulait avoir des actions, très bien, s'il souhaite notre collaboration, nous serons là pour faire avancer ce dossier-là.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Est-ce qu'à votre avis les personnes blanches devraient prendre un pas de recul en ce moment, puis laisser les personnes racisées prendre la parole davantage?

Mme Anglade : C'est un enjeu de société. Si on compare à n'importe quel enjeu de société, si on parle de l'intimidation, est-ce qu'on laisse l'intimideur s'exprimer, l'intimidé parler ou c'est un enjeu qui est beaucoup plus large? Moi, je pense que c'est un enjeu beaucoup plus large qui inclut l'ensemble des gens dans la société.

M. Bergeron (Patrice) : Ils sont rendus où, les Québécois là-dedans justement, selon vous, là, leurs questions, leurs réflexions? Vous les situez où, dans le spectre de l'ouverture?

Mme Anglade : Bien, de l'ouverture, vous avez vu les sondages, comme moi, qui montraient qu'ils soutenaient beaucoup le mouvement. Donc, je pense qu'il y a une grande ouverture, et puis quand vous parlez à toute la jeunesse québécoise, elle vous dit aussi, cette grande ouverture. Je ne pense pas que ce soit là qu'il est, l'enjeu, c'est davantage sur les étapes qui doivent être franchies par la suite.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bien, en fait, oui, je voulais juste savoir... Le premier ministre refuse toujours de reconnaître qu'il y a du racisme systémique au Québec. Est-ce qu'il peut faire des avancées pour lutter contre le racisme sans reconnaître qu'il y ait du racisme systémique au Québec? Est-ce que, pour vous, on peut contourner ce débat sémantique là ou il faut absolument le régler?

Mme Anglade : Bien, je pense que c'est toujours mieux de reconnaître un débat sémantique. Ce qui est important, encore une fois, c'est le plan d'action qui va en découler. C'est pour ça que j'ai dit, moi, je veux collaborer avec le gouvernement. Vous voulez collaborer, bien, collaborons, regardons les données pour essayer d'avancer...

Mme Lajoie (Geneviève) : Mais est-ce que ça vous irrite qu'il ne reconnaisse pas qu'il y a du racisme?

Mme Anglade : Bien, écoutez, le concept de racisme systémique est présent depuis 1980, déterminé par la Cour suprême, par la commission des droits de la personne, donc ce n'est pas quelque chose qui est nouveau, et ce n'est pas quelque chose où on est exempts, ici, au Québec. M. Legault ne veut pas le reconnaître, il ne veut pas le reconnaître. Ce que je crois qui va être fondamental, pour nous, c'est de voir quelles sont les avancées qu'on va être capables de faire dans ce...

M. Laforest (Alain) : ...évolution tranquille, pour vous, est-ce que c'est suffisant? On parle d'évolution.

Mme Anglade : Oui, je ne sais pas si c'est l'évolution tranquille, le bon terme. Je pense qu'il y a des actions très concrètes qui doivent être posées à court terme et je pense qu'au lieu de parler de tranquille, je pense qu'il faut qu'on parle d'actions qui vont être prises dans les prochaines semaines.

M. Laforest (Alain) : ...

Mme Anglade : Bien, ça prend des actions mises en place, rapidement, c'est ce que je crois.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Parlant d'actions, êtes-vous en faveur d'un définancement de la police?

Mme Anglade : Alors, on m'a posé cette question-ci, et j'ai dit que je n'avais pas de réponse claire à formuler par rapport à ça. Il est évident que ça nous prend des investissements dans les programmes sociaux, des formations. Mais je ne suis pas une experte dans le domaine, pour dire : Ça prend un définancement puis ça prend de l'argent ailleurs. Il faut regarder les budgets. Je n'aime pas répondre à ces questions quand je n'ai pas toutes les données en main. Mais formation, encadrement, sensibilisation dans le milieu de travail, toute la question de l'emploi, c'est évident qu'il y a un travail à faire puis c'est évident que ça va requérir de l'argent supplémentaire. D'où viendra cet argent-là, ce sera à déterminer.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que votre parti politique, s'il était au pouvoir, présentement, agirait différemment pour lutter contre le racisme?

Mme Anglade : Très clairement, on serait à la table aujourd'hui en train de travailler avec les groupes, les experts, les recommandations qui ont été formulées pour aller de l'avant. On serait en train de travailler sur le rapport qui a été présenté pour les groupes... la commission Viens, qui a été déposé pour les autochtones, puis en train de regarder quels sont les éléments que l'on va mettre de l'avant. J'ai très peu entendu la ministre des Affaires autochtones parler des suivis par rapport à la commission... par rapport au rapport de la commission Viens. Je pense qu'on serait... sur cet enjeu-là, je pense qu'on serait pas mal plus proactifs.

M. Laforest (Alain) : Mais, bien avant ça, il y avait de la discrimination à l'emploi, puis ça, ça a été soulevé par nombre de protecteurs et de rapports, puis on a toujours l'impression, quand arrive une crise... Ah! on se réveille, mais il ne se passe rien.

Mme Anglade : Bien, écoutez, vous avez raison jusqu'à un certain point. Mais je me souviens très bien que, quand j'étais à l'Économie, on a mis en place un organisme qui s'appelle Entreprendre ici, justement pour accompagner des jeunes issus de l'immigration qui voulaient entreprendre des choses dans toutes les régions du Québec. Il y a des mesures qui ont été mises de l'avant. Est-ce que c'est suffisant? La réponse, c'est non. Maintenant, on est rendus ailleurs, il faut pousser davantage avec un plan d'action, avec des mesures.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Le gouvernement Couillard avait flirté avec l'idée de tenir une commission sur le racisme systémique. Finalement, ça a été une consultation, format réduit. Est-ce que vous, votre gouvernement pourrait tenir une commission...

Mme Anglade : Je pense qu'on est ailleurs maintenant. Je pense que maintenant, là, il s'agit vraiment d'avoir des actions. On a beaucoup de données qui nous permettent d'agir aujourd'hui. Il faut une volonté politique pour agir. J'entends ce que dit le premier ministre François Legault. Très bien. On va offrir notre collaboration, et j'espère qu'il va l'accepter, mais je pense qu'on est rendu à poser des gestes très concrets.

Mme Lajoie (Geneviève) : Mais quels gestes?

Mme Anglade : Plusieurs gestes qui peuvent être posés, des mesures sur le profilage racial, des recommandations qui ont été déjà formulées, le travail avec les employeurs, les CV, je veux dire, il y a beaucoup de gestes qui peuvent être posés. Mettons les experts dans la salle, puis trouvons les moyens de faire un plan d'action. Dans les mesures, si vous voulez qu'on les décline une par une, on peut le faire, mais là, il y a beaucoup de mesures qui ont déjà été proposées qui devraient être mises de l'avant.

M. Lavallée (Hugo) : Dans la fonction publique, est-ce qu'il faut revoir le processus d'embauche à la lumière du rapport, hier, qui montrait que les minorités visibles sont très peu représentées au sein de la fonction publique?

Mme Anglade : Il faut s'assurer d'avoir un processus qui fasse en sorte que notre fonction publique soit représentative de ce que nous sommes au Québec. Alors, est-ce que ça veut dire revoir le processus, aller attirer des candidats dans différents secteurs? C'est un peu la même chose que l'on fait avec la parité. Quand on a eu la parité sur les conseils d'administration, on a dit la même chose, on a dit : On veut avoir la parité sur les conseils d'administration, comment est-ce qu'on s'y prend? On va aller chercher, dans d'autres milieux, des femmes pour occuper ces postes-là. Donc, est-ce que c'est revoir les processus d'embauche qui va régler le problème? Je ne sais pas, mais il y a certainement un travail à faire à ce niveau-là pour commencer.

M. Laforest (Alain) : Et les orientations prises par le gouvernement en matière d'immigration, est-ce que c'est de nature à aider?

Mme Anglade : Ah! si vous voulez qu'on parle d'immigration, puis du PEQ particulièrement, puis de... Je pense qu'on a vu beaucoup, beaucoup d'incohérence en matière de politique d'immigration de la part du gouvernement du Québec, beaucoup d'incohérence. Ça a été diminution des seuils, finalement, on va les réaugmenter. Ça a été toute la question du PEQ qui a été amenée, donc beaucoup de tergiversations qui vont dans des directions différentes. Et d'ailleurs, je tiens à souligner que, même avec la réforme du PEQ de la semaine dernière ou de la semaine d'avant, le temps file, je ne sais plus c'était à quelle date que c'était présenté, mais même dans cette réforme-là qui a été présentée, vous avez vu que le milieu d'affaires, le milieu d'affaires a dit : Très bien, c'est mieux, avec un grand «mais» parce que ça crée un certain nombre d'enjeux.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

Mme Anglade : There you are.

Mme Senay (Cathy) : Do you have...

Mme Anglade : Do you want to talk about 61 or...

Mme Senay (Cathy) : Well, both.

Mme Anglade : Oh! Both.

Mme Senay (Cathy) : OK, let's go to Bill 61, and then, after that, about Georges Floyd and racism. Bill 61. Have you the impression that you are waiting for the Auditor General to speak out?

Mme Anglade : We already know, we already know, we already know that the bill as tabled, as it is today, is not acceptable. We already know that. It requires major changes in order for us to support this. There's no question about this. We're waiting for the Vérificatrice générale and for the Barreau to provide additional information. But we already know that we have significant issues.

Mme Senay (Cathy) : You know that there are groups that looked at the list of the projects and saw that there was an extension to Dawson College. And they're saying : No, we cannot do that, it's going to create an imbalance between French and English in Montreal. Do you...

Mme Anglade : Well, this project has been in the pipeline for a while if I'm not mistaking. It's not something that is new. If there are reasons to think that this project should not go forward, I haven't seen them, I haven't seen them. So, I would have to take this and validate. But I know this project has been...

Mme Senay (Cathy) : How did you react when you heard about Premier Legault talking about a specific plan to counter racism, and saying that, in the next few days, he will talk about, explain his own orientations? Personally and as a politician, with what's happening with the death of George Floyd, do you have the impression this is happening now?

Mme Anglade : I have to give him the benefit of the doubt at this point, because he said he wants to work on the issue. And I'm going to offer... This is a question of the vision we have for our society, and I think we should be working on this. So, I've offered my collaboration. The proof is in the pudding. So, we'll see what comes out of that. And I certainly hope that we're making... that we're going to make progress with that.

M. Authier (Philip) : What do you... What's your position on an affirmative action program for the... for public... for Government?

Mme Anglade : Well, we've had this before...

M. Authier (Philip) : Not in the sense of setting limits : OK, we want 10 % of visible minorities. You know, like what's done in the United States.

Mme Anglade : I'm open to look at all the alternatives. The reality is there was a bill that was passed for our... to ensure that the boards, the boards of the... the State-owned boards, if you will, there was a bill that passed in order to make sure that is was 50 women... 50 % women, 50 % men. And, at the end of the day, it worked out well. So, I don't think we should exclude things right out the gate. I think we should... this is something that should be considered.

M. Authier (Philip) : Do you think the Premier had a wake-up call on the question?

Mme Anglade : I certainly hope we had, I certainly hope he had.

Mme Senay (Cathy) : So, concretely, what do you want to see in the plan to counter racism and discrimination? Concretely, what do you see?

Mme Anglade : Specific measures in terms of police, specific measures in terms of the economic environment, companies, because they will be... we need also companies to be at the table. But everybody joining and bringing something today together. So I hope they're going to be consulting with experts, consulting with the private sector, consulting with the people that are impacted and then making those decisions.

Specific measures, if you want to talk about specific measures, there is a list of specific measures we can talk about. We can talk about CVs, we can talk about cameras for police, we can talk about companies and the way they recruit, we can talk about... There are a number of measures that we can come up, but I think we should look at it holistically.

Mme Senay (Cathy) : Public sector?

Mme Anglade : Of course public sector. Because public sector needs to be a real representation of who we are as a society, and it is not the case today.

M. Verville (Jean-Vincent) : On the same subject, should Québec defund the police? I know you answered in French...

Mme Anglade : Should Québec?

M. Verville (Jean-Vincent) : Should Québec defund the police?

Mme Anglade : On this question, I think what... I don't know the specific answer to this question because I would have to look at the budget and say : This is... I am not an expert on the topic. What I do know is that we certainly need to invest in prevention. We certainly need to invest in social programs. So, where does the money is going to come from? I don't have the answer to that. I think we need to have the experts working on this and come up with a proposal.

M. Verville (Jean-Vincent) : On Bill 61 — my last one — on Bill 61, if the amendments that you are proposing, OK, are adopted... if the legislation… will the legislation save the 20% of businesses that you said...

Mme Anglade : No.

M. Verville (Jean-Vincent) : ...are going bankruptcies...

Mme Anglade : No. Absolutely. We have to make a big distinction between... and I'm going to say this in French as well, we have to make a big distinction here. This is a plan for infrastructure. It is not a plan for the economy. When you are touching the infrastructure, you are touching part of the economy. You are not touching, like, the 20% of the companies that have said that they going to be bankrupt in the next few weeks. So, really, a clear distinction. And that is why we are asking the Government to give some specific, direct help to those companies.

Donc, juste pour être claire, les infrastructures, là, le plan, c'est un plan d'infrastructure qui a été présenté. Ce n'est pas un plan de relance économique, c'est un plan d'infrastructure. Quand on parle de relance économique, ça nous prend des moyens concrets, des aides directes pour les entreprises, notamment les 20 % qui ont déclaré qu'elles allaient probablement faire faillite. On a des entreprises qui font faillite depuis la semaine... La semaine passée on en avait, cette semaine on en a, aujourd'hui on en a, puis on en aura la semaine prochaine. Que fait le gouvernement pour aider directement ces entreprises? Ce n'est pas vrai qu'il y a de l'aide directe aujourd'hui, c'est encore des prêts puis des garanties de prêt, et honnêtement ce n'est plus acceptable.

M. Verville (Jean-Vincent) : So what needs to be done concretely?

Mme Anglade : Aide directe. Aide directe...

M. Verville (Jean-Vincent) : ...English, please.

Mme Anglade : Sorry, sorry. So I went back to French. I apologize. What needs to be done? We need to have direct support, direct money going to companies today. We need to have... Companies are reopening, they need support. I was saying earlier, it's $1,000 if you are a hair dresser. If you are working in a cosmetic environment, it's $7,000 that you will be spending in order to upgrade your location. If you are a dentist, it's $34,000. They need direct help from the Government in order to pay for this and in order for them not to increase their costs significantly so the population is impacted by that. Thank you. Merci, tout le monde.

(Fin à 8 h 42)

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