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Conférence de presse de Mme Geneviève Guilbault, vice-première ministre

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le lundi 20 juillet 2020, 13 h

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Treize heures cinq minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous, chers collègues. Heureux de vous retrouver, donc, pour faire le point sur la situation au Québec quant à la COVID-19. La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Mme Geneviève Guilbault, est accompagnée aujourd'hui du conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique, Dr Richard Massé.

Alors, Mme la vice-première ministre, à vous la parole pour commencer.

Mme Guilbault : Merci beaucoup, M. Gagnon. Donc, bonjour, tout le monde.

Avant de faire point sur la situation sanitaire comme telle, qui est l'objet de la conférence de presse d'aujourd'hui, je voudrais commencer en ayant un mot pour la famille de Romy et Norah dont c'est les funérailles aujourd'hui. Donc, simplement offrir, en mon nom personnel, au nom de tout notre gouvernement, nos plus sincères condoléances aux familles de Romy et Norah. Toutes nos pensées sont avec eux aujourd'hui, tout particulièrement avec leur mère, bien sûr, donc des familles qui sont certainement largement éprouvées. Alors, toutes nos pensées sont avec eux.

Et un mot pour préciser que l'opération, l'enquête pour retracer Martin Carpentier est toujours en cours. Malgré le fait que la Sûreté du Québec a retiré des effectifs sur place, sachez que tous les efforts continuent d'être déployés pour retrouver Martin Carpentier.

Ceci étant dit, sur la situation sanitaire, maintenant, donc, je vais commencer en rappelant ce qui est une évidence, me direz-vous peut-être, mais quand même rappeler que nous continuons de suivre toute la situation de la COVID-19 de très, très près, nous étant le gouvernement, étant la santé publique, évidemment. Donc, on continue de suivre le tout. Il faut dire que ce qui nous intéresse particulièrement ou ce qu'on surveille tout particulièrement, c'est toute reprise de transmission communautaire du virus.

En ce moment, la situation, elle est stable, elle est sous contrôle. Il y a eu une augmentation du nombre de cas positifs depuis un certain nombre de jours, pour ceux qui suivent les statistiques. Donc, il y a eu une certaine augmentation du nombre de cas positifs, mais cette hausse-là a été observée en parallèle du fait qu'il y a eu aussi beaucoup plus de tests qui ont été effectués, donc plus de tests positifs, mais plus de tests qui sont effectués aussi.

Par exemple, la semaine dernière, on a effectué plus de 14 000 tests par jour. Il y a une journée, même, on a dépassé les 15 000 tests par jour. Donc, proportionnellement, le nombre de personnes infectées demeure autour de 2 % ou moins du nombre de tests total effectués par jour. Ce qui fait que, comme je le disais, malgré qu'on augmente le nombre de tests positifs, comme on augmente le nombre de tests au complet, proportionnellement, la proportion, donc, des gens infectés demeure somme toute assez stable.

Du côté des hospitalisations aussi, autre paramètre encourageant, ça continue de baisser. Le nombre d'hospitalisations continue de baisser de jour en jour, alors ça, c'est encourageant aussi. Donc, comme je le disais, situation somme toute assez stable et sous contrôle, mais qu'on continue de surveiller avec beaucoup, beaucoup de vigilance parce qu'on est encore dans cet état d'esprit où on doit limiter autant que possible les effets d'une éventuelle deuxième vague, autant que possible éviter une deuxième vague ou à tout le moins atténuer une deuxième vague. Donc, on veut freiner toute recrudescence du virus, de la contagion.

Et parmi les moyens qu'on a mis en place pour freiner cette contagion ou pour atténuer une éventuelle deuxième vague, bien, il y a le port du masque obligatoire. Donc, j'aurai un mot là-dessus aujourd'hui. Vous le savez, le masque, le port du masque est maintenant obligatoire dans les espaces publics fermés et dans les transports en commun, donc, obligatoire depuis samedi dernier. Alors, comme c'est notre première intervention publique depuis cette obligation, qui est en vigueur depuis maintenant trois trois jours, mes premiers mots seront pour remercier les Québécois. Je veux vraiment remercier les Québécois pour le civisme extraordinaire qu'on a observé depuis samedi.

Moi, je suis sortie un petit peu, en fin de semaine, sans doute que vous aussi. Il y a eu plusieurs reportages aussi, dans les médias, sur la question. Et dans l'ensemble, outre quelques cas isolés, bien sûr, il y a toujours quelques cas isolés de récalcitrants, mais dans l'ensemble les Québécois ont massivement adhéré au port du masque, du couvre-visage, partout au Québec. Alors, je veux vraiment les en remercier. C'est un outil important qu'on a voulu mettre en place pour, justement, freiner la propagation ou la recrudescence de la transmission du virus. Alors, un grand merci. C'est de bon augure pour la suite.

D'autant plus qu'on est au tout début des vacances de la construction. Et, on le sait, vacances de la construction... vacances en général l'été, d'ailleurs, mais vacances de la construction encore plus, il y a comme un brassage de population, là, il y a beaucoup de mouvement qui se fait entre les régions. Les gens vont dans les campings, les gens vont un petit peu partout, vont se visiter. Alors, on ne veut pas que ce brassage de population amène plus de contagion ou étende la propagation du virus. Alors le couvre-visage devient un outil très important à cet égard.

Et c'est très, très encourageant. Et moi, j'étais fière de voir à quel point les Québécois ont adhéré, ont porté le masque, et donc je veux absolument les en remercier. C'est une bonne habitude qu'on doit conserver, qu'on va devoir conserver vraisemblablement pour un bout de temps. Donc, habituons-nous et, donc, continuons de porter le couvre-visage.

Autre sujet aussi qui a fait couler beaucoup d'encre, c'est la question des bars, donc la réouverture des bars. Et par la suite il y a eu certains incidents, là, souvenez-vous, de gens qui se sont massés dans certains endroits, dans les bars, donc des questions qui sont posées. Mais c'est important de préciser que jusqu'ici les cas qui sont effectivement reliés à la fréquentation des bars sont très circonscrits. Par exemple, à Montréal, il y a trois lieux qui ont été identifiés, trois bars qui ont été identifiés sur un total de 924 bars à Montréal. Donc, c'est peu. Il y a au total quatre endroits qui ont été identifiés, d'ailleurs, dont trois à Montréal, alors c'est somme toute très peu et, comme vous le voyez, c'est assez bien ciblé.

Donc, c'est pour ça que je dis que, somme toute, le nombre de cas liés aux bars est assez circonscrit. Là encore, c'est grâce aussi aux Québécois qui ont répondu à l'appel. Quand on a demandé aux gens qui avaient fréquenté des bars d'aller se faire tester, d'aller se faire dépister, les gens ont répondu à l'appel. Donc, je veux les remercier aussi. C'est grâce à ça qu'on est capables d'avoir cette information-là, d'être capables de cibler, justement, les endroits où il y aurait pu avoir cette transmission.

Il y a eu des petites embûches au tout début, là. Donc, quand on a fait cet appel-là, il y a eu des files d'attente, il y a eu des délais. Des fois, ça a été difficile pour certaines personnes de pouvoir se faire tester. Mais l'attente s'est résorbée, les choses se sont placées. Et donc les résultats des tests... comme j'en ai fait état au début, on fait de plus en plus de tests, et les résultats de ces tests nous rassurent, donc un grand merci.

Il faut dire aussi qu'il y a plusieurs inspections qui se font dans les bars et ailleurs, dans les milieux de travail et dans d'autres endroits, mais, entre autres, dans les bars, il y a plusieurs inspections qui se font. Et, encore là, à l'exception de quelques cas, dans l'ensemble, les règles sont très bien suivies. Et, surtout, les propriétaires, les tenanciers de bar offrent une excellente collaboration, donc je veux les remercier aussi.

C'est sûr qu'au début, les choses ont dû se placer vite, et aussi on est beaucoup en mode prévention, sensibilisation. C'est-à-dire que, des fois, il y a des précisions à faire, il y a des explications à donner. On veut d'abord et avant tout aider les gens à être capables de se conformer adéquatement aux directives de santé publique. S'il y a des éléments qui sont mal compris ou mal opérationnalisés, bien, on est là aussi d'abord et avant tout pour les aider, leur faire des rappels. Et, dans l'ensemble, la collaboration est vraiment très bonne de la part des propriétaires de bars, donc je veux les remercier aussi. C'est à eux que revient la responsabilité de s'assurer que, dans leurs établissements, on puisse effectivement... et qu'on respecte, effectivement, c'est-à-dire, les directives de la Santé publique, notamment par rapport au port du couvre-visage, bien sûr, par rapport à l'heure de fermeture, par rapport au fait qu'on doit rester assis, et tout ça.

Donc, c'est leur responsabilité, mais il y a aussi une responsabilité individuelle, bien sûr. Comme client, on doit aussi se conformer aux directives de la Santé publique. Alors donc j'en appelle, bien sûr, à tous les clients, à tout le monde de mettre la main à la pâte et faire en sorte qu'on puisse respecter les directives de santé publique un petit peu partout.

Là où le risque est plus élevé encore que dans les bars à notre sens, c'est dans les rassemblements privés. Donc, je veux dire un petit mot là-dessus aujourd'hui. Les rassemblements privés, vous le savez, ce n'est pas nouveau, mais je vais le répéter quand même aujourd'hui, les rassemblements privés — et quand on dit privé, c'est soit chez vous, à l'intérieur ou chez vous, à l'extérieur, sur votre terrain à l'extérieur, ça vaut aussi — c'est 10 personnes maximum. 10 personnes maximum pour les rassemblements dans des maisons, dans des logements privés.

C'est très important de respecter cette règle-là parce qu'au fur et à mesure du déconfinement qui s'est opéré... On a été privé longtemps de notre monde, nos familles, nos amis, on était contents de les retrouver. Et là, avec l'été qui arrive, les gens sont en vacances, ils ont peut-être plus de temps, plus d'envie, le beau temps, il fait clair tard, donc tout ça fait en sorte que c'est plus propice à vouloir recevoir des gens, à aller chez des gens aussi. Donc, c'est très, très important, s'il vous plaît, de respecter cette consigne-là, 10 personnes maximum chez vous dans les rassemblements intérieurs, parce que c'est là aussi qu'il peut y avoir un risque de propagation important dans cette reprise de contact avec notre entourage, mais éventuellement aussi avec l'ensemble de la société.

Il faut se limiter aux modalités qui sont prescrites. C'est comme ça qu'on va être capables de refréquenter notre monde, refréquenter les gens qui nous entourent, reprendre un semblant de vie normale, et je place toujours normal entre guillemets, parce que la normalité, telle qu'on l'a connue, ne reviendra pas de sitôt. Mais donc c'est comme ça qu'on va pouvoir revivre sans avoir à affronter une deuxième vague qui serait trop importante et qui pourrait même nous obliger à reconfiner. C'est ce qu'on veut éviter à tout prix, reconfiner.

Donc, se limiter à 10 personnes dans les rassemblements, porter le couvre-visage, se laver les mains, rester à distance de deux mètres, ce sont des façons somme toute assez simples et peu coûteuses de nous donner toutes les chances pour atténuer une future deuxième vague et éviter un reconfinement. Donc, merci, tout le monde, à l'avance de vous conformer à cette règle des 10 personnes, 10 personnes maximum chez vous.

Une autre préoccupation qu'on a, qui est elle aussi liée au début des vacances de la construction, c'est les campings. Vous savez que les campings qui sont rouverts et qui sont très, très achalandés, la grande majorité des campings, peut-être même la totalité, sont, entre guillemets, si vous me passez l'expression, «bookés» pour tout l'été. Et le monde avait hâte de refaire du camping, les gens sont certainement contents d'en profiter. On retrouve des fois les mêmes voisins, les amis puis tout ça, c'est le fun. Mais il faut, là aussi, respecter les consignes de la Santé publique, c'est très, très important dans les campings.

Là aussi, comme dans les bars ou comme dans les autres endroits publics, c'est la responsabilité des propriétaires de s'assurer que les directives de la Santé publique sont suivies, et, là aussi, on sent une belle mobilisation de la part des propriétaires de terrains de camping. Mais c'est certain qu'au-delà de leur responsabilité à eux chaque personne, chaque campeur a aussi une responsabilité individuelle. C'est à nous comme campeur de s'assurer que nous, notre petite famille, nos enfants, on respecte les règles, on reste à deux mètres, si ce n'est pas possible, on met notre couvre-visage, on évite de se rassembler dans des grands, grands groupes, là, sur des terrains où on serait trop près les uns des autres, où il y aurait trop de monde à la même place.

Donc, on demande la collaboration de tout le monde. Il y aura davantage d'inspections qui vont être faites d'ailleurs dans les terrains de camping pour, encore là, s'assurer que les règles de santé publique sont respectées à la fois par les propriétaires et par les campeurs bien sûr. Donc, on vous demande de faire preuve de collaboration, de respecter les règles, au camping comme ailleurs, cet été.

Et mon dernier élément aujourd'hui que je tenais à aborder, vous savez que je suis ministre de la Sécurité publique, donc la sécurité de notre monde, moi, c'est ma principale préoccupation à tous les jours de ma vie. Et un élément, un danger qui nous guette cet été, qui nous guette chaque année d'ailleurs, indépendamment de la pandémie, c'est la noyade. Et je veux dire un mot aujourd'hui là-dessus parce qu'on a beaucoup de noyades cette année. On a plus de noyades qu'à pareille date... On a 52 noyades à date cette année comparé à 36 à pareille date l'an dernier. C'est quand même un gros écart quand on pense que chaque noyade, c'est un décès, là. Derrière une noyade, c'est un décès. Donc, 52 noyades, c'est 52 drames, c'est 52 familles qui sont touchées. Ça laisse des gens dans le deuil. Ça laisse des orphelins. Donc, c'est très, très important aussi de faire attention à la noyade.

Puis il y a beaucoup de circonstances, cette année, qui font en sorte que c'est propice peut-être davantage cette année que d'autres à la noyade, entre autres le fait que les gens ne voyageront pas ou voyageront plus ou moins. On reste au Québec cette année. On a un été qui est très, très chaud à date. Alors, les gens vont vouloir profiter des piscines, des lacs, des rivières. Il y a des restrictions aussi qui sont en cours dans certaines piscines publiques. On ne peut pas avoir le même nombre de personnes qui se baignent compte tenu des restrictions liées à la COVID. Donc, ça fait en sorte que, des fois, des gens vont peut-être adopter des endroits de baignade de fortune qui ne sont pas nécessairement propices à la baignade, qui peuvent être dangereux.

Donc, faites attention, s'il vous plaît. Portez, pour ceux qui embarquent dans des bateaux et tout ça, portez votre gilet de sauvetage. Évidemment, il faut savoir nager. Quand on ne sait pas nager, on évite de s'aventurer. Surveillez vos enfants, évitez de consommer trop d'alcool, évitez de vous baigner seul aussi. Donc, c'est un ensemble de petits trucs comme ça qui sont très, très faciles et qui peuvent éviter des drames sans nom. Donc, comme je l'ai dit, des noyades, c'est des décès. Donc, si vous voulez avoir des belles anecdotes de vacances à raconter plutôt que des drames à affronter, soyez prudents et évitez au maximum les risques de noyade.

Donc, je vais terminer là-dessus en vous rappelant non seulement d'être prudents autour des plans d'eau, mais d'être prudents en général. On adopte le couvre-visage, on reste à distance, on se lave les mains. Ce n'est pas parce qu'on porte un masque qu'on se lave moins les mains. C'est très important, ça aussi. Il faut garder la bonne habitude de se laver les mains, et on va pouvoir profiter de l'été tous ensemble.

L'objectif, c'est que les Québécois puissent profiter de l'été. Après cette période de confinement, c'est plus que mérité. On veut profiter du beau temps, profiter de notre entourage. Alors, je souhaite, à tous les Québécois, de bonnes vacances de la construction, pour ceux qui débutent leurs vacances, et surtout soyez prudents. Merci.

Le Modérateur : Très bien. Est-ce que vous souhaitez y aller avec quelques mots en anglais ou on reviendra plus tard?

Mme Guilbault : Oui, bien, je peux le faire tout de suite peut-être.

Le Modérateur : Tout de suite, oui? C'est à votre convenance.

Mme Guilbault : Oui, on va le faire tout de suite. Good afternoon. Public Health and Government continue to pay close attention to any signs of resumption of community transmission of the virus. Now, the situation is stable and under control. We have seen an increase in positive cases but also a very significant increase in the number of tests performed. This means that, in the end, the rate of people infected remains at 2% or less. As for hospitalizations, their numbers also continue to drop from week to week.

I want to highlight the extraordinary civic spirit of Quebeckers. Beyond a few isolated cases, Quebeckers have massively adhered to the wearing of masks. It bodes well for the future.

Regarding the opening of bars, which has been the talk of the town for a few weeks, Public Health continues to monitor the situation very closely. So far, the cases linked to bars have remained very limited. In Montréal, for example, three... there are three establishments affected out of 924 bars.

Where the risk is greatest is at gatherings in private homes. It cannot be stressed enough that gatherings of more than 10 people in private residences is prohibited. It's 10 people maximum. Thank you, Quebeckers, for respecting this very important rule.

We also have a concern about the campsites, which are very busy at this moment. Public Health will do more inspections, but, beyond the responsibility of the owners, there is the camper's own responsibility. I'm talking to them : Please respect the rules. We all have a responsibility to protect others and to protect ourselves. Thank you.

Le Modérateur : Merci, Mme la vice-première ministre. Alors, pour la période des questions en français, on peut y aller avec une première ronde. Nous allons débuter avec Marie-Michèle Sioui du journal Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour. Vous avez réitéré hier soir votre confiance envers la Sûreté du Québec. Je voudrais savoir, est-ce que votre confiance est absolue ou est-ce qu'elle est conditionnelle? Si elle est conditionnelle, elle est à quoi? En fait, est-ce vous aviez, par exemple, jugé la SQ sur ses méthodes ou sur le résultat?

Mme Guilbault : Oui. Ma confiance en la Sûreté du Québec, elle est entière parce que tout a été fait, là, depuis le début de cette tragédie, pour atteindre, finalement, les objectifs de l'enquête.

On le sait que, malheureusement, les deux jeunes victimes ont été retrouvées. Il y a toujours une enquête, des démarches qui sont en cours pour retrouver Martin Carpentier. On a été en contact à travers le ministère de la Sécurité publique, en contact sporadique aussi avec la Sûreté du Québec, tout au long du processus, s'assurer que tout se déroulait dans les règles de l'art et que, bon, tout allait bien, il n'y avait pas de... les ressources, et tout ça, étaient au rendez-vous.

Donc, oui, c'est des enquêtes qui peuvent être très complexes. J'entendais aujourd'hui le porte-parole de la Sûreté du Québec expliquer que, peut-être, l'aspect le plus visible de cette enquête-là, à savoir les gens directement sur le terrain, qui cherchent, avait été modifié, retiré, il y a des effectifs sur le terrain qui ont été retirés, à Saint-Apollinaire, mais que l'enquête... l'énergie mise sur l'enquête ne diminue pas pour autant. Il y a d'autres démarches qui se poursuivent. On invite toujours la population... tous ceux qui voient ou qui apprennent des choses qui peuvent être utiles pour l'enquête, évidemment, il faut les signaler.

Mais, oui, j'ai toujours confiance en ces enquêteurs-là. Et ce qu'on disait hier, c'est que les enquêteurs de la Sûreté du Québec, les policiers eux aussi sont des pères et des mères de famille, donc eux aussi veulent que cette enquête-là aboutisse, veulent retrouver Martin Carpentier et veulent faire le maximum pour que les réponses puissent être apportées aux questions qui sont tout à fait légitimes dans les circonstances.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Est-ce que vous avez demandé des explications quant au fait que la SQ travaillait à effectif réduit dans la nuit suivant le déclenchement de l'alerte AMBER, le vendredi?

Mme Guilbault : Oui. Comme je vous dis, il y a eu des contacts réguliers qui ont été faits tout au long du processus. C'est sûr que ça demeure une enquête policière, donc les enquêtes policières ne se font pas en lien avec un ministre ou avec des politiciens, donc c'est la Sûreté du Québec qui administre sa propre enquête. Par contre, on a voulu s'assurer que toutes les ressources étaient à disposition, qu'il n'y avait pas de problématique particulière. Donc, s'il y avait eu quelque chose, si on avait eu besoin de quelque chose, on aurait été au rendez-vous, bien sûr, mais ce sont des équipes qui sont habituées à faire des enquêtes de cette nature-là.

Et donc, ce dont on nous a assurés, tout au long du processus, c'est que tout avait été fait dans le respect des techniques d'enquête habituelles et que le maximum d'énergie était déployé pour atteindre les objectifs de l'enquête, à savoir retrouver les trois personnes qui étaient visées. Les deux jeunes victimes ont été retrouvées, et maintenant on met toute notre énergie pour trouver Martin Carpentier.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Patrick Bellerose, Le Journal de Québec, Le Journal de Montréal.

M. Bellerose (Patrick) : Oui. Bonjour, Mme Guilbault. J'aimerais savoir, est-ce qu'il y a des indicateurs qui vont vous permettre de mettre fin au port du masque obligatoire? Est-ce que, par exemple, si on tombe sous un certain nombre de nouveaux cas quotidiens, on pourra revenir en arrière sur la directive ou est-ce qu'il faut s'attendre à devoir le porter jusqu'à la découverte d'un vaccin, par exemple?

Mme Guilbault : Ma première réponse, puis je vais laisser peut-être Dr Massé compléter parce qu'évidemment c'est des évaluations qui sont faites, d'abord et avant tout, par la Santé publique, mais, je l'ai dit tout à l'heure, il faut s'habituer à vitre avec cette nouvelle normalité là pour un bon bout de temps, fort probablement, sous réserve du moment où on trouvera un vaccin ou autre médicament qui va pouvoir mettre fin à la propagation ou, du moins, à la notion de pandémie qui plane, qui continue de planer. Mais, de prime abord, je pense bien qu'on doit s'y habituer pour un bon bout de temps et faire en sorte que ça devienne notre nouvelle normalité, comme j'ai dit, pour que ce ne soit plus une espèce de… pas de combat, mais, tu sais, qu'on n'ait plus besoin nécessairement de faire un rappel ou de réexpliquer toujours le bien-fondé puis les raisons scientifiques, ou autres, pour imposer ce port obligatoire.

À un moment donné, tu sais, plus on va le porter longtemps, plus ça va devenir banal puis, à un moment donné, on n'en parlera peut-être même plus. Mais, pour l'instant, j'encourage les gens à s'y résigner et à faire en sorte... Et peut-être en profiter... on le dit souvent, mais c'est bon de le rappeler, peut-être en profiter aussi pour encourager un producteur de couvre-visages local, de votre région ou, sinon, dans la Capitale-Nationale, on en fait des très beaux aussi. Mais donc, à la grandeur du Québec, beaucoup de gens se sont... tu sais, beaucoup d'entreprises se sont adaptées très rapidement dans le contexte, se sont mis à produire du matériel. Donc, c'est l'occasion aussi d'encourager local. Mais habituez-vous parce que je pense bien que c'est pour un bon bout de temps. Et je vais laisser peut-être Dr Massé compléter.

M. Massé (Richard) : Merci beaucoup. D'abord, pour vous dire qu'on a développé des indicateurs avec des niveaux de...

Une voix : ...

M. Massé (Richard) : Pardon?

Une voix : ...

M. Massé (Richard) : D'accord. D'abord, pour vous dire qu'on a développé des indicateurs avec différents niveaux de risque, quatre niveaux de risque différents. On est en train de finaliser ces indicateurs-là et on va les utiliser pour moduler des interventions. On pourrait penser à garderies, on pourrait penser à milieux scolaires pour lesquels on va probablement adapter certaines mesures en fonction du niveau de transmission.

Pour le port du couvre-visage, qui est votre question, je pense qu'il va falloir s'habituer de le porter pendant un bon moment, parce qu'on le met dans certains lieux publics où est-ce qu'on sait qu'il peut y avoir de la transmission sans qu'on le sache, et c'est un peu difficile... Si on l'enlève, à ce moment-là, on risque de voir augmenter la transmission. Ça fait qu'on n'est pas là maintenant.

Ça fait que je ne dis pas que ça va être tout le temps, puis peut-être que, quand on aura fait la preuve que ce n'est plus nécessaire, on pourra aller là. Mais, sur une période certainement non définie, assez longue, donc je suis d'accord avec Mme Guilbault, tout à fait, je pense qu'il va falloir s'habituer à cette réalité-là, au moins pour les lieux publics et puis les transports.

M. Bellerose (Patrick) : La semaine dernière, M. Legault expliquait que, sur les 141 nouveaux cas cette journée-là, 97 étaient liés au réseau de la santé. Est-ce que, de façon générale, les nouveaux cas sont en majorité dans le réseau de la santé? Et, si oui, qu'est-ce qu'on fait pour limiter la transmission?

M. Massé (Richard) : Bien, actuellement, les cas qu'on a se retrouvent beaucoup dans la communauté. Ça fait que ce qu'on a vu au cours des dernières semaines, c'est une augmentation de la transmission dans la communauté. Il en reste dans le réseau de la santé. Ça reste une fraction significative, et l'un et l'autre s'équivaut à peu près. On en a en milieu de travail puis on a quelques éclosions. Il y a très peu d'éclosions, mais, quand il y a une éclosion, il y a beaucoup de monde associé à ces éclosions-là. Ça a été vrai dans le réseau de la santé.

Actuellement, on a une éclosion, dans le réseau de la santé, dans la région de la Capitale-Nationale. Il n'y a pas d'autre éclosion grande. Il y a des cas, il y a des cas chez les travailleurs de la santé, mais il n'y a pas de grande éclosion, sauf une qui est en train d'être résorbée, qui est contrôlée actuellement. Et...

M. Bellerose (Patrick) : ...

M. Massé (Richard) : Oui, c'est ça, la région de la Capitale-Nationale, oui.

M. Bellerose (Patrick) : À quel endroit?

M. Massé (Richard) : Non, je ne vais pas le mentionner, par exemple, mais c'est dans la région de la Capitale-Nationale. C'est dans un centre de soins de longue durée. D'accord?

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Ariane Krol, LaPresse.

Mme Krol (Ariane) : Oui. Est-ce qu'on peut revenir sur les bars? Est-ce que vous pourriez nous donner des chiffres exacts, là, de... C'est parce qu'on les a eus pendant quelques jours la semaine dernière. Combien de cas sont liés aux quatre bars que vous avez mentionnés, puis indiquer lesquels?

M. Massé (Richard) : Oui, d'accord. Donc, les quatre bars, il y en a trois qui sont dans la région de Montréal. Il y en a un qui est en Montérégie mais près de Montréal. Au total, sur l'ensemble des cas de la semaine dernière, il y a eu 667 cas déclarés, mais je les prends en trois semaines, depuis le 28 juin, là, donc, il y a eu 667 cas qui ont été déclarés. Et, de ces cas-là, on en a 113 qui ont été rapportés avoir fréquenté des bars. Là, il faut faire attention parce que «fréquenter des bars», ça ne veut pas dire que c'est là qu'on l'a acquis, ça veut dire qu'on est allé dans un bar et puis, des fois, dans un deuxième avec un groupe d'amis, avec lesquels on a pu souper ou aller ailleurs ou... Vous voyez qu'il faut faire attention.

Le nombre de cas reliés à ces éclosions-là, c'est 65, plus on en a un autre qu'on est en train de finaliser l'analyse qu'il y aurait peut-être huit cas supplémentaires, qu'on est en train de regarder. Donc, 65 qui sont clairement identifiés à trois de ces éclosions-là, puis il y en a une quatrième pour laquelle on a actuellement huit cas qu'on est en train d'investiguer. Ça fait que je donne le huit cas sous réserves, d'accord? Ça fait que ça, c'est les chiffres qu'on a.

En gros, comme Mme Guilbault l'a mentionné, c'est quatre endroits pour, à Montréal, 924 bars qui ont des permis de consommation, mais, pour la Rive-Sud, c'est un évènement pour 1 400 permis reliés à des bars. Donc, vous voyez que c'est des évènements qui sont petits, mais le nombre de personnes peut être assez grand à ce moment-là. Je ne sais pas si ça répond à votre question.

Mme Krol (Ariane) : Les gens se demandent toujours si... Est-ce qu'on peut identifier les endroits? Ça a été fait dans le passé.

M. Massé (Richard) : Oui, bien, il y a quatre endroits qui sont connus. Ils sont dans la rue Sainte-Catherine, entre Saint-Laurent et puis l'est de Montréal surtout, dans le quartier qui est juste limitrophe. Il y en a un qui est un peu plus dans l'ouest et puis il y en a un qui est à Brossard. Si vous voulez les noms, je pourrai vous les donner, je les ai ici, là.

Mme Krol (Ariane) : ...les gens qui sont passés par là, ça les intéresserait. Pour l'affaire Carpentier, est-ce qu'en ce moment, en tant que ministre de la Sécurité publique, vous évaluez que la situation de cette personne, qui a quand même réussi à échapper aux fouilles très assidues, en fait un cas dangereux et qu'il faut prévenir la population de ça?

Mme Guilbault : On a prévenu déjà la population, et, quand je dis «on», je m'exclus, là, mais c'est-à-dire la Sûreté du Québec, et même en collaboration avec les autorités municipales, là. Le maire, entre autres, de Saint-Apollinaire aussi a fait certaines communications dans les médias. Donc, on a demandé déjà la collaboration de la population depuis le tout début parce qu'on était à la recherche de tout indice ou de toute information qui pouvait nous aider à retracer l'homme en question ou à déceler des signes de passage de l'homme en question. Mais, oui, c'est sûr que, du même coup, compte tenu des communications qui sont faites à l'effet que cet homme-là serait dans ce secteur-là, bien, implicitement, effectivement, on demande aux gens ou on suggère aux gens, du moins d'être vigilants, d'être prudents, à la fois pour détecter les signes de passage, mais aussi, évidemment, pour leur propre protection. Cela va de soi.

En particulier, je me mets à la place de quelqu'un qui habite dans ce secteur-là où il y a eu des recherches et qui a des enfants, par exemple. Bon, on peut comprendre que des gens puissent être inquiétés. On n'est pas en mesure de savoir si ces inquiétudes-là sont légitimes, dans le sens où on ne connait pas encore exactement les détails de cette tragédie-là. Mais je peux comprendre, oui, que des citoyens soient inquiets.

Donc, oui, je me joins à la Sûreté du Québec pour faire appel à la vigilance des gens, à la fois s'ils ont de l'information utile pour l'enquête et à la fois pour leur propre protection et pour celle de leurs proches.

Le Modérateur : Dr Massé.

M. Massé (Richard) : ...compléter pour votre question sur les quatre que je n'avais pas... je ne voulais pas me tromper. Le premier bar, il s'appelle le Minéral, le deuxième s'appelle le Nacho Libre, le troisième s'appelle le Mile Public House, et puis le quatrième s'appelle le Renard.

Le Modérateur : Très bien. Alors, prochaine question, Guylaine Bussière, Radio-Canada.

Mme Bussière (Guylaine) : Mme Guilbault, vous avez parlé d'inspections supplémentaires dans les campings et dans les 920 quelques bars. Ça fait beaucoup d'endroits à visiter. Avez-vous des inspecteurs en supplément qui ont été engagés? Comment vous fonctionnez pour assurer tout ça?

Mme Guilbault : On s'était déjà assurés... au moment où on a opéré la réouverture graduelle en trois phases, là, il y avait le commerce de détail, ensuite... il y a eu les chantiers, le commerce de détail, le manufacturier, en trois phases. Donc, on s'était déjà assuré d'avoir un surcroît d'inspecteurs disponibles, à la CSST entre autres, et même avec aussi la Régie du bâtiment pour... la Régie du bâtiment ou la Commission de la construction, je ne veux pas vous induire en erreur, c'est une des deux organisations. Donc, d'avoir suffisamment d'inspecteurs, finalement, de personnes pour être capable d'aller aider tous ces employeurs, toutes ces entreprises, tous ces lieux publics à pouvoir réopérer de manière la plus sécuritaire possible, en collaboration aussi avec la Santé publique. Il faut dire que plusieurs de ces inspections-là se font en collaboration avec la Santé publique, entre autres celles dans les bars.

Mais aussi, tu sais, on adapte, si on veut, les groupes cibles à inspecter en fonction aussi de l'évolution de la situation. De base, il y a toujours des inspections qui se font, donc personne en ce moment n'est à l'abri de se faire inspecter, que ce soit un employeur de bureau, un commerce ou autre. Mais là, comme je le disais, le contexte des vacances de la construction fait en sorte qu'il y a énormément de gens dans les campings. Il y avait même des reportages ce matin, là, où il y avait des propriétaires de camping qui étaient interrogés puis qui disaient : Oui, moi, je m'efforce de faire en sorte qu'on puisse respecter les règles, mais c'est sûr que, des fois, il y a beaucoup de monde dans des gros campings.

Alors, on veut simplement les aider à faire cette sensibilisation, à faire ce rappel si, des fois, il y en a qui ne sont pas sûrs, qui ont des questions, qu'est-ce que je dois faire, les toilettes, tout ça. Tu sais, des fois, il peut y avoir des choses, des précisions aussi à amener. Ça fait que c'est idéal d'avoir ces duos d'inspection CSST et Santé publique qui peuvent... et Dr Massé complètera, mais qui peuvent finalement aider les gens à faire en sorte que les règles soient mieux respectées.

Mme Bussière (Guylaine) : Il y a des propriétaires de bar, de commerce, de camping qui se disent : Pourquoi il n'y a pas aussi des contraventions pour ceux qui sont récalcitrants au port du masque? Ça les aiderait peut-être éventuellement à faire appliquer le règlement. Est-ce que, ça, vous y pensez pour les individus récalcitrants?

Mme Guilbault : Pour le moment, compte tenu de ce que j'ai dit tout à l'heure, du fait que les gens adhèrent vraiment, de manière généralisée, au port du masque, on ne sent pas qu'on a besoin nécessairement de faire cette modification-là. On ne l'exclut pas. Tu sais, les situations évoluent toujours. Depuis des mois, des semaines, la situation évolue. Elle continue d'évoluer. Pour l'instant, l'adhésion est tellement généralisée qu'on est encouragés par ça.

Et bien sûr que des propriétaires d'endroit public, bien, s'il y a un client ou un citoyen qui est récalcitrant, soit ne pas le laisser entrer... Donc, ils ont la possibilité de ne pas le laisser entrer. S'il entre de force ou si, une fois à l'intérieur, il cesse d'appliquer les règles et refuse de continuer de les appliquer, bien là, évidemment, on peut faire appel aux services de police, et donc éviter soi-même d'avoir ces contraventions-là. Un propriétaire qui, lui, de toute bonne foi, a tout mis en place pour que les gens respectent, mais qu'il y a un récalcitrant, il y a une façon d'éviter d'avoir l'amende, finalement, là. C'est là que je veux en venir.

Mais c'est sûr qu'un propriétaire qui lui-même serait contrevenant aux directives, là, ça, c'est autre chose. Mais c'est des cas isolés parce que, comme je vous dis, dans l'ensemble, à la fois les propriétaires et les clients, les citoyens, clients sont très, très respectueux des règles.

Le Modérateur : Très bien. Maintenant, une question par courriel, qui nous provient de TVA Nouvelles, pour la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique. Vous avez dit tout à l'heure, bon, concernant le port du masque, que, règle générale, tout s'est bien passé, mais vous avez certainement pris connaissance de cette vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, d'une arrestation d'un client dans un restaurant Tim Hortons qui refusait de porter le masque. Comment avez-vous réagi, donc, à ces images, à cette vidéo diffusée sur les réseaux sociaux?

Mme Guilbault : Oui, bien, ça fait partie des cas isolés. Je disais tout à l'heure, outre quelques exceptions, ça s'est bien déroulé. Ça a été une exception. Je trouve dommage qu'on se rende à cette nécessité-là d'intervention, dans le sens où j'estime qu'il ne faut jamais perdre de vue le risque qu'on encourt, qui est une deuxième vague, une deuxième vague qui serait aiguë, éventuellement peut-être même devoir reconfiner ou devoir refermer des secteurs, freiner la relance économique du Québec du même coup. Donc, il y a tout ça qui plane toujours.

Il ne faut pas penser que c'est derrière nous. C'est toujours un risque qui est potentiel, et la petite rançon, le prix à payer pour tenter d'éviter ces désavantages-là notoires qu'on encourt, je le trouve très modique, moi. Porter un couvre-visage, rester à deux mètres, laver les mains, oui, ça peut être tannant au début, mais, somme toute, c'est une rançon qui est modique pour pouvoir s'épargner des désavantages qui sont beaucoup plus importants. Et, si on ne le fait pas pour soi, bien, faisons-le pour les autres. Il faut, à un moment donné, que tout le monde s'interprotège. C'est comme ça qu'on va pouvoir continuer de fonctionner, continuer de relancer l'économie du Québec, continuer d'abord et avant tout de préserver la santé des Québécois.

Donc, que quelqu'un se refuse comme ça, d'autant plus que ça avait été annoncé d'avance, on savait tous que samedi on devait porter le couvre-visage, alors qu'on se refuse comme ça, de manière insistante, à le porter, je trouve ça dommage. Et donc je demande aux gens : S'il vous plaît, conformez-vous. Évitons ce genre de situation là. Les policiers, ce n'est pas... Ce n'est pas le plaisir des policiers d'arrêter les gens, puis d'intervenir, puis... tu sais? Si tout le monde fait ce qu'il a à faire, bien, personne ne va être inquiété, on n'aura plus ce genre de situation là, et puis on va, comme je disais, développer notre nouvelle norme, puis ça va devenir normal de porter un couvre-visage. Puis ça va être ça pour un bout de temps, on l'a dit tantôt. Donc, aussi bien s'habituer tout de suite.

Le Modérateur : Et en sous-question, toujours pour TVA Nouvelles : Que pensez-vous de ces manifestations contre le port du masque qui ont eu lieu au cours des derniers jours? Et je crois qu'il y en a d'autres qui s'annoncent aussi, là, dans les prochains jours, là. Alors, que pensez-vous de ces manifestations-là, de ce phénomène, contre le port du masque obligatoire?

Mme Guilbault : J'aurais sensiblement la même réponse, dans le sens où je considère que porter un couvre-visage et l'ensemble des autres mesures qu'on a mises en place sont un prix beaucoup moins élevé à payer que les désavantages qu'on encourt en ne respectant pas ces consignes-là. Donc, j'aurai ce même appel à la mobilisation des Québécois. Et là on parle d'une minorité de Québécois, là, je tiens à la préciser. La très, très grande majorité se conforme. Mais, oui, il y a toujours ces exceptions-là. Donc, s'il vous plaît, ralliez-vous.

J'entendais, je lisais, j'entendais et on m'a rapporté aussi que, dans l'ensemble, les manifestations, puis tout ça, quand même, se sont bien déroulées, de manière assez calme. Donc, ça, au moins, c'est une bonne chose. Mais, quand même, là, la liberté... Qu'on invoque la liberté, oui, mais la liberté personnelle doit être sous-pesée avec la liberté collective. Il faut s'interprotéger. C'est ça, le concept du port du couvre-visage, c'est ça, le concept de la distanciation sociale, c'est ça, le concept qui est derrière tous les outils qu'on met en place, qui sont mis en place par la Santé publique. Et donc pour le bien-être collectif il faut, individuellement, prendre la responsabilité de nos actes et respecter les consignes qu'on nous demande de suivre.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, je suis en mesure de prendre quelques questions additionnelles, mais en vous limitant seulement à une question courte et rapide, s'il vous plaît. Alors, Mme Sioui, Le Devoir, je ne sais pas si vous avez une question additionnelle.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bien sûr. Est-ce que vous avez pris connaissance du rapport d'enquête sur Martin Prud'homme, qui circule au conseil exécutif? Puis est-ce que vous estimez que M. Prud'homme, en dépit du rapport ou non, là, a encore la légitimité pour diriger la SQ?

Mme Guilbault : Je n'ai pas pris connaissance de ce rapport-là, je ne l'ai pas eu, je ne l'ai pas lu, je ne l'ai pas vu. Le processus auquel vous faites référence, c'est un processus administratif qui est mené par le Secrétariat des emplois supérieurs, est en cours. Donc, je n'ai pas vu ce rapport, non.

Le Modérateur : Merci. M. Bellerose, Le Journal de Québec, Le Journal de Montréal.

M. Bellerose (Patrick) : Oui. Question vite pour M. Massé — à moins que vous ayez la réponse : Est-ce qu'on va évaluer le nombre de vies qu'on pourrait sauver avec le port du masque obligatoire?

M. Massé (Richard) : Ce n'est pas quelque chose qui est simple à évaluer parce qu'on n'a pas des données si précises sur l'efficacité du masque, ça reste des mesures qui sont approximatives. Mais, si on dit que la réduction par un masque de procédure est autour de 85 % des émissions de gouttelettes, donc quelle est l'efficacité d'un masque couvre-visage qui a une efficacité moindre? Puis là vous pouvez faire les calculs qui sont tout théoriques.

Le problème, c'est que ça dépend comment est-ce que les gens le portent. Puis là peut-être qu'il y a un message à passer qu'il faut absolument que les gens le portent bien, qu'ils le portent tout le temps, qu'ils ne le portent pas comme un couvre-menton comme on le voit des fois, malheureusement, mais qu'ils le portent vraiment bien, bien adapté. Et à ce moment-là vous allez avoir une efficacité qui ne sera pas 100 %, ça n'existe pas, mais qui va certainement réduire. Quand bien même que ça réduise de 15 %, 20 %, 25 %, 30 %, bien, c'est déjà ça qui est de pris, qui est important.

Il faut comprendre que la mortalité... vous m'avez demandé, la mortalité, elle est beaucoup chez les gens plus âgés, puis les facteurs de risque pour décéder sont moins en lien avec le couvre-visage parce que la transmission populationnelle est beaucoup chez les plus jeunes. Des personnes âgées, on voit moins ça. Donc, c'est très difficile à mesurer, on ne peut pas vous donner un nombre. Mais certainement que pour réduire la transmission populationnelle... donc, éventuellement, les personnes âgées, ça fait partie d'un ensemble de mesures qui est efficace. Mais je n'ai pas de nombre à vous donner.

Le Modérateur : Merci. Mme Krol, LaPresse.

Mme Krol (Ariane) : Oui. Comment vous qualifieriez la situation des bars actuellement? Est-ce que les refermer est totalement exclu? Est-ce qu'ils sont sous surveillance? On en est où?

Mme Guilbault : Ils sont, oui, sous surveillance — je vais y aller, puis vous pourrez compléter au besoin — mais, oui, c'est une question qui est réévaluée continuellement à la lumière notamment des résultats qu'on obtient à la suite du dépistage massif des gens qui ont fréquenté les bars. Je disais tout à l'heure que ces résultats-là nous rassurent parce que, somme toute, on a été capables à date, là, de vraiment cibler les endroits où il aurait pu y avoir de la transmission, les quatre endroits qui ont été nommés tout à l'heure. Mais c'est en évaluation constante.

Si on sentait qu'il y a un laxisme de la part de tenanciers de bars ou qu'on voit encore des images, là, avec plein de gens pas de masque qui sont massés dans des endroits fermés, on réévaluerait. Mais pour l'instant, aujourd'hui, on n'a pas pris la décision de fermer les bars. On est plutôt dans la sensibilisation, dans la collaboration. Je l'ai dit tout à l'heure, les tenanciers de bars aussi collaborent très bien. Donc, combiné au couvre-visage et combiné au port du couvre-visage obligatoire, et combiné aussi… Il faut rappeler aussi les mesures supplémentaires qu'on a déjà instaurées pour les bars, depuis le 10 juillet dernier, donc : les heures de fermeture… d'ouverture, c'est-à-dire... en tout cas, l'heure de fermeture a été devancée à 1 heure du matin plutôt que 3 heures; ils ont droit à 50 % aussi de l'achalandage habituel qui est normalement prévu avec leur permis; et interdiction de danse, là, donc les gens doivent rester assis. Alors, en mettant tout ça ensemble, combiné à la bonne collaboration, eh bien, pour l'instant, on estime que ça se passe suffisamment bien pour les laisser ouverts.

 Il y a toujours aussi, derrière notre esprit, et là je vais vraiment laisser Dr Massé confirmer le tout, mais l'idée que les gens, aussi, s'ils ne fréquentent pas les bars, vont peut-être avoir plus tendance à être rassemblés en privé dans des modalités peut-être moins bien contrôlées. Aussi, pour le traçage, là, traçabilité, tu sais, des cas, quand tu as une personne… parce qu'il y a des registres aussi maintenant, dans les bars, donc ça facilite le repérage. Si on voit qu'une personne a été dans le bar, ça nous permet d'aviser les autres personnes aussi qui ont fréquenté, donc c'est plus facile pour la Santé publique, plutôt que dans des rassemblements privés anonymes, en tout cas, où on ne sait pas trop qui est là. Bien, je peux laisser peut-être Dr Massé compléter.

M. Massé (Richard) : Je pense que vous avez bien répondu à la majorité. Mais ce qui est sûr, c'est que c'est des endroits où est-ce que, si les gens ne respectent pas les mesures, si les gens baissent la garde, à ce moment-là, il peut y avoir de la transmission à un grand nombre de personnes. Actuellement, le phénomène est comme contrôlé, puis je pense que ça, c'est important de voir qu'au début il y a peut-être eu des gens qui comprenaient moins bien les consignes, qu'ils les appliquaient moins bien, mais on a fait des inspections, et puis les gens ont corrigé cette chose-là.

Donc, c'est sûr que c'est sous évaluation, qu'on va garder une présence de proche pour voir si tout se passe bien et on va intervenir au besoin pour les endroits où est-ce que ça n'irait pas bien, pour éviter que les gens laissent aller. Parce que, quand il y a quelques délinquants, le danger, c'est d'avoir tout le monde qui est pénalisé pour cette chose-là. Donc, on préfère essayer que tout le monde fasse les choses comme il faut. Mais, s'il fallait intervenir plus, à ce moment-là, on aura les discussions à cet effet-là.

Le Modérateur : Très bien. Alors, pour une dernière question en français, Mme Bussière, Radio-Canada.

Mme Bussière (Guylaine) : Avez-vous une idée, Mme Guilbault, auprès de la SQ, combien d'interventions ou contraventions cette fin de semaine? Je sais que la police de Québec parle d'une dizaine à Lévis. Trois, c'est peu, là. Ils ont eu plusieurs appels de demandes d'information. Pour ce qui est de la SQ…

Mme Guilbault : Plusieurs appels, oui, j'ai le nombre d'appels, je l'ai justement ici, effectivement. Donc, à la SQ, 72 appels qui ont été reçus. Il n'y a pas eu de constat d'infraction.

Il faut dire en ce moment, comme je vous dis, l'état d'esprit, c'est vraiment beaucoup aussi de faire des rappels, de faire de la sensibilisation. On parlait, il y a quelques semaines, là, Dr Arruda disait souvent : Convaincre plutôt que contraindre. C'est un peu ça aussi, là. Ça fait qu'on veut s'assurer que tout le monde comprend bien les modalités, faire des rappels aux gens. Il y a des gens, sans doute, qui ont oublié le couvre-visage, mais vraiment pas par mauvaise foi, là, qu'ils l'ont peut-être juste oublié chez eux, ils ont oublié de s'en acheter un. Bon, ça fait qu'on est là-dedans en ce moment et on sent vraiment que la grande majorité des gens adhère, là. Ça fait que c'est pour ça que c'est encourageant, mais il y a quand même eu des appels, là, il faut le dire, là... On parlait tout à l'heure des propriétaires. Donc, s'il y a vraiment quelqu'un qui ne se conforme pas, ultimement, le recours du propriétaire, c'est d'aviser les services de police, et il y a eu 72 appels à la Sûreté.

M. Massé (Richard) : Du côté de la CNESST, en cinq jours, on a eu à peu près 450 inspections, des gens qui sont allés pour faire des inspections de prévention, sensibilisation, rappel. Donc, sans que ce soit la SQ, sans qu'il y ait une infraction pénale, il y a quand même beaucoup de présence et puis de rappels qui sont faits aux personnes.

Mme Bussière (Guylaine) : 450?

M. Massé (Richard) : 450, oui, ce qui est...

Mme Bussière (Guylaine) : Dans les commerces et... milieux de travail?

M. Massé (Richard) : Oui, là, on parle bars, restaurants.

Mme Bussière (Guylaine) : Bars, restaurants seulement? O.K.

M. Massé (Richard) : Oui, ce qui est normal, là. C'est normal.

Mme Bussière (Guylaine) : Qu'en est-il du rassemblement qu'il y a eu au restaurant Conti, où les gens, volontairement, ne portaient pas le masque et en ont fait la publicité sur les réseaux sociaux? Est-ce qu'il y a eu des développements pour ce propriétaire de restaurant là ou c'est resté sans suite?

Mme Guilbault : Honnêtement, je ne pourrais pas vous dire. J'ai vu comme vous, là, j'ai su l'histoire, là, de la vidéo et j'ai vu aussi la réaction de leur avocat et, bon, ce qui s'en est suivi. Je ne saurais dire, là, s'il y a eu un signalement en bonne et due forme et s'il y a eu une intervention. Je n'ai pas cette information-là.

Le Modérateur : Merci. C'est ce qui complète pour les questions en français.

So, now, in English, few questions sent by e-mail. The first one is from Matthew Lapierre, Montreal Gazette, for Dr. Massé. On Friday, the Premier said the majority of new COVID cases were among healthcare workers. Can you please tell us why that happened and where? And is that trend continuing?

M. Massé (Richard) : Well, it's still a place where there's continuous transmission, because it's a very large network and you do have people, healthcare workers, that have acquired infection outside the network, outside the long-term care network, and they can bring it to the long-term care. But at the same time, there's been not so much transmission. We don't have any red areas right now for long-term care and there's one outbreak situation, which is controlled, in the region of Québec.

So, as much as there is some transmission, it's really well controlled at this point, and we're very closely monitoring any transmission that happens right now to intervene very rapidly.

Le Modérateur : And, as a follow-up, can you please describe for us in what settings Québec's new cases are occurring?

M. Massé (Richard) : Well, the cases are occurring in the healthcare settings, as we are mentioning, in occupational settings also, which is a level of transmission which is continuous with some outbreaks. And then you have what we call «in the community». So, community could be at home or it could be in restaurants or bars on the five areas. And then... And this is a very significant place where it happens, and it has increased in the last few weeks. So, this is an area which... And it's normal because we are increasing screening for people that have been going to those places. So those are main places where transmissions occur.

Le Modérateur : Thank you. And now, two last questions for CBC News. Some asylum seekers who work in our CHSLDs say they still haven't heard back from the Government about their immigration status. Back in May, François Legault said he would consider giving asylum seekers who work in long-term care homes a chance to stay in the province by applying as immigrants. So where does this stand now? When can people expect to hear back from the government?

Mme Guilbault : Well, as said in the questions, there is a review of all cases of asylum seekers who can maybe be eligible to being residents here. So, this review is being made by my new colleague, new to... Immigration Minister, so Nadine Girault. She is doing the work now, taking the relay of the former Minister of Immigration. And, as you know, there is a part of this that is the responsibility of the Federal Government over which we have no full control. So, we have to work with the Federal Government to be able to get those people here definitely or at least being able to make them residents of Québec. So, we are doing this work and we are going to give an update to those people as soon as possible.

Le Modérateur : And as a very last question, again for CBC News. A man was pepper sprayed by police at Tim Hortons after he refused to wear a mask. How do you want mask compliance to be enforced?

Mme Guilbault : This is a very unfortunate situation, and I'm not talking specifically about the intervention of the police, but the fact that a person doesn't want to wear the mask when it is now mandatory since Saturday. So, I think this is a really minimal bothering to wear a mask when you consider the risks that you can... when you consider the disadvantages of not wearing a mask, well, a second wave of contagion and maybe having to close again the Québec or close again some economic sectors of the Québec. So, you have to... we all have to take our own responsibility in wearing the mask. And doing so, we will avoid that kind of situation that we saw in this intervention.

Le Modérateur : Thank you very much. Alors, c'est ce qui complète pour cette conférence de presse. Mme Guilbault, Dr Massé, merci. Chers collègues, à bientôt.

(Fin à 13 h 54)

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