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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Version finale

Le mardi 27 octobre 2020, 11 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-sept minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour à tous. Hier soir, comme tous les Québécois et les Québécoises, on a pris connaissance de l'échec du défi des 28 jours pour abaisser la courbe de la pandémie. Toutefois, il y a une chose que nous n'avons pas vue et que nous aurions aimé voir, de la part du gouvernement, c'est un examen lucide de son action. Personnellement, je me serais attendue à ce que le premier ministre fasse lui-même un examen de conscience et de lucidité. Malheureusement, les manières de faire du gouvernement et les actions qui ont été prises n'ont pas donné les résultats escomptés.

Le gouvernement devrait se poser des questions rapidement au niveau de la cohérence et de la transparence. Il devrait se demander si les résultats que l'on a aujourd'hui ne sont pas aussi le résultat de sa propre responsabilité. Vous savez, il y a une citation que j'aime bien, qui est celle d'Albert Einstein, qui disait : «La folie, c'est de refaire la même chose en espérant des résultats différents.» Le gouvernement ne peut plus agir de la même façon qu'il a agi depuis le début. Pourquoi? Parce qu'on a vu les résultats de notre première vague. Pourquoi? Parce qu'on voit déjà les résultats de cette deuxième vague.

Alors, pendant que le premier ministre faisait... niait qu'il y avait une deuxième vague, on savait que nous étions déjà rentrés dans celle-ci dès la mi-septembre. Et il avait mis des vidéos pour montrer qu'on n'était pas encore rendus complètement en deuxième vague. On a perdu beaucoup, beaucoup de temps. Et les Québécois ont découvert un gouvernement qui s'évertue encore à construire l'avion en plein vol.

Les Québécois ont également découvert un gouvernement qui refuse de faire preuve de transparence. À plusieurs reprises, je suis venue vous voir, je suis venue vous rencontrer pour dire à quel point nous avons besoin de plus d'information, de plus de transparence du gouvernement. Ce n'est pas arrivé. Chaque jour on a dû composer avec des mesures qui ont été parfois incompréhensibles, mais souvent elles ont été perçues comme étant contradictoires, et ça a fait en sorte que les gens ont moins compris ce que le gouvernement cherchait à faire. Les Québécois ont également découvert un gouvernement qui n'a jamais manqué d'excuses ou de responsables pour ne pas assumer lui-même ses propres incohérences.

Alors, aujourd'hui, les Québécois se posent la question suivante : Où s'en va le gouvernement? Et, malgré les offres de collaboration soutenues que l'on a faites... les oppositions ont faites, jamais on a senti qu'il voulait véritablement faire autre chose que de faire cavalier seul. Alors, le gouvernement prend des décisions, mais on ne sait pas sur quelles bases ces décisions sont prises. La conséquence de ça, c'est que la confiance des Québécois s'érode un peu plus chaque jour. La conséquence de ça, c'est que certains maintenant tanguent même vers une désobéissance civile.

Alors, il faut à tout prix que le premier ministre se ressaisisse par rapport à la crise de la COVID-19, il en va maintenant de la paix sociale au Québec. Le gouvernement se retrouve aujourd'hui là où il n'aurait jamais dû être. Et je reste persuadée que, si on avait fait preuve de plus de transparence et de cohérence, on ne serait pas rendus là aujourd'hui.

J'invite évidemment tous les Québécois et toutes les Québécoises à suivre les règles de la Santé publique. Et d'ailleurs j'aimerais dire que la grande majorité d'entre nous suivons ces règles. Les Québécois sont résilients, et ils souhaitent tous qu'on mette fin à cette crise. Tout le monde souhaite qu'on mette fin à cette crise. Mais, en échange, ils demandent à leur gouvernement de faire preuve de cohérence, de faire preuve de transparence et de faire preuve de compétence.

Maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement Legault et dans le camp du premier ministre, et cette fois-ci ils ne pourront pas blâmer les autres. Il y a des exemples très clairs de ce que l'on a demandé au gouvernement. On s'attend à ce qu'il y ait réellement un réajustement de la situation avec le gouvernement. Merci.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Mme Anglade, en quoi est-ce que la paix sociale est menacée en ce moment au Québec?

Mme Anglade : Il y a un problème avec… bien, vous l'avez vu, les personnes qui remettent en question le fait qu'ils doivent suivre les règles de santé publique. Il y en a qui invitent même à la désobéissance civile. On s'en va dans une mauvaise direction lorsque l'on a des gens qui maintenant mettent au défi les règles du gouvernement et disent qu'ils ne vont pas respecter les règles.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous faites toujours confiance en François Legault, en fait... à François Legault? Est-ce que vous faites toujours confiance à François Legault pour gérer cette crise-là?

Mme Anglade : Je crois que le gouvernement doit réellement se ressaisir, M. Lacroix, et réellement démontrer qu'il est capable de gérer cette crise en faisant ce que l'on a demandé depuis le début. C'est quoi? Avoir des avis de la Santé publique qui soient rendus disponibles, séparer les points de presse entre la Santé publique et le gouvernement, s'assurer que les critères de décisions soient clairement connus, avoir une commission d'enquête publique. J'aimerais mentionner en passant que la commission d'enquête publique qui a été déclenchée en Ontario, déjà, il y a des résultats la semaine dernière qui ont été rendus publics. Il doit complètement changer la manière de faire pour rétablir la cohérence du message et la cohésion dans la population.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous n'êtes pas capable de dire… d'enlever votre confiance en M. Legault, si je comprends bien?

Mme Anglade : C'est un gouvernement qui est dûment élu et qui a la responsabilité de livrer la marchandise. Notre responsabilité, comme opposition, c'est vraiment de collaborer et de donner le plus de soutien possible au gouvernement, ce qu'on essaie de faire. Mais il s'obstine à faire cavalier seul, avec les résultats qu'on connaît.

M. Bergeron (Patrice) : …les gens de poser des gestes qui iraient à l'encontre de ce que la Santé publique ordonne, par exemple, aux gyms d'ouvrir jeudi? Est-ce que vous…

Mme Anglade : Votre premier mot, c'est?

M. Bergeron (Patrice) : Dissuadez-vous les gens?

Mme Anglade : Moi, je pense que les règles de la Santé publique doivent être respectées. Malgré tout ce qu'on dit, là, il faut que l'on respecte les règles de la Santé publique. Par contre, pour assurer la cohésion dans la population, on a besoin que ces règles-là soient claires, on a besoin de comprendre comment les choses sont faites. Et depuis le début, depuis le début, on dit : Parce que vous ne faites pas preuve de transparence, parce que le gouvernement ne fait pas preuve de cohérence, on a un manque d'adhésion de la population, entre autres. On a besoin d'avoir plus de cohérence de la part du gouvernement, et ça, il faut qu'ils... Ils ne peuvent pas faire la même chose qu'ils ont faite dans les dernières semaines. Visiblement, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

M. Lacroix (Louis) : Mais je comprends l'enjeu de transparence, là. D'ailleurs, tous les partis d'opposition dénoncent le manque de transparence, il semble y avoir une cohésion dans votre message à tous. Mais, dans les actions du gouvernement pour contrer la pandémie, est-ce que vous remettez certaines actions du gouvernement Legault en question? Là, je ne parle pas de transparence, là, je comprends ce bout-là.

Mme Anglade : Oui, je comprends ce que vous dites.

M. Lacroix (Louis) : Mais je parle en termes d'actions.

Mme Anglade : C'est un gouvernement qui a toujours été un coup en retard, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Que vous preniez le cas des masques, que vous preniez le cas des appels qui étaient disponibles avec le fédéral, où on n'a pas saisi la balle au bond, ça, c'est un exemple concret, que vous preniez les tests rapides qui sont... les premiers ont été envoyés en Ontario. Pourquoi le gouvernement du Québec n'était pas au rendez-vous? On est toujours, toujours un coup en retard. Le gouvernement est toujours un coup en retard. Alors, si vous me posez la question : Quelles sont les choses qu'ils devraient faire? Bien, justement, ça, c'est un élément. Dans les actions qui ont été prises, clairement, il y a eu de grands enjeux par rapport à ça.

Mme Gamache (Valérie) : ...sur les actions, Mme Anglade, mais sur la forme que doit prendre le message, est-ce que le gouvernement aurait avantage aussi à changer la façon de communiquer, là, au-delà de la transparence puis de la publication de...

Mme Anglade : Absolument, dans les communications. Mais je crois que dans la forme de la communication, séparer la Santé publique de ce que dit le gouvernement serait un message très fort à envoyer à la population. Dites-nous ce que pense la Santé publique, qu'on n'ait pas à découvrir ça sur les médias sociaux, qu'on n'ait pas à trouver des gens qui coulent de l'information pour se faire entendre dans la population. Qu'ils nous disent réellement ce que recommande la Santé publique, à l'heure où on se parle, et que le gouvernement nous explique après quelles sont les mesures qu'ils vont mettre en place. Il y a ce mélange des genres qui contribue grandement à la confusion du message.

M. Lacroix (Louis) : Faites-vous confiance à M. Arruda, toujours, dans la gestion de...

Mme Anglade : M. Arruda ne devrait pas être aux côtés du premier ministre dans des points de presse. M. Arruda devrait être un observateur qui est indépendant, qui nous dit clairement la situation, qui énonce clairement les choix qu'on devrait faire d'un point de vue santé publique et qu'on entende après le premier ministre nous expliquer quel devrait être le chemin à prendre.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Mais est-ce que vous lui faites confiance?

Mme Anglade : Je pense qu'il y a encore, honnêtement, du travail à faire, et, tant que cette séparation-là n'aura pas été faite, je pense qu'on aura des grands problèmes de communication.

M. Bergeron (Patrice) : Vous avez publié une lettre ce matin, concernant les 25 ans du référendum de 1995, où vous reprenez les revendications traditionnelles du Québec. Là où beaucoup de vos prédécesseurs ont échoué en essayant de les faire accepter du Canada anglais, vous, vous dites : En 2022, moi, comme première ministre, je vais faire passer ça, là, Meech puis toutes les demandes traditionnelles du Québec, vous allez voir, je vais arriver à une entente avec le Canada. C'est ça que vous dites?

Mme Anglade : Non, ce n'est pas ce que j'ai écrit. Ce n'est pas ce que j'ai écrit dans la lettre.

M. Bergeron (Patrice) : Non? Mais vous les représentez, vous les reprenez à votre compte...

Mme Anglade : Ce que j'ai dit, par contre, c'est que ce que je revendique... ce qu'on revendique, par contre, ce sont des positions qui sont claires par rapport au statut du Québec. Si vous regardez spécifiquement ce qu'on a mentionné par rapport à la souveraineté culturelle, on en a parlé, le lien avec les GAFAM, ce qu'on devrait être capables de faire, par exemple, au niveau des GAFAM. Lorsque l'on parle de notre positionnement à l'international sur les enjeux climatiques, je crois qu'il y a une position, une posture pour le Québec à avoir et occuper de manière plus grande sur la scène internationale. Donc, ce sont des éléments qui m'apparaissent essentiels pour la force du Québec.

M. Bergeron (Patrice) : Vous engageriez-vous, vous, à réintégrer le Québec dans le giron constitutionnel...

Mme Anglade : On n'est pas rendus là. Vous savez comme moi... surtout après ce qu'on est en train de vivre présentement, je ne pense pas que la priorité des Québécois et des Canadiens soit dans une ronde constitutionnelle. Par contre, ça ne nous empêche pas d'avoir une posture puis d'avoir des revendications claires par rapport à un certain nombre d'enjeux.

M. Lacroix (Louis) : Vous dites dans votre lettre, en fait, qu'il y a une partie de la population, là, qui voudrait que le Québec devienne indépendant. Et vous dites que c'est une position qui est légitime. Vous ne la partagez pas, vous dites : Bon, bien, moi, je préfère un Québec qui est revendicateur au sein du Canada. En 2006, à TV5, Jean Charest avait dit à l'époque qu'à son avis un Québec indépendant serait viable économiquement. Philippe Couillard a répété la même chose en 2014. Vous, vous avez un background économique important, donc vous savez... vous êtes sensible à ces choses-là. Est-ce que vous croyez qu'un Québec indépendant est viable économiquement?

Mme Anglade : C'est une option... Encore une fois, je vais y revenir, c'est une option qui est parfaitement légitime, qui aurait évidemment des conséquences économiques, mais c'est une option qui est parfaitement légitime. Je ne crois pas en cette option. Je ne crois pas en cette option parce que je reste persuadée que le Québec est capable d'être très fort à l'intérieur de la fédération canadienne pour peu qu'il revendique aussi des éléments qui lui sont très chers. Et, encore une fois, les éléments qui me sont chers comme cheffe du Parti libéral mais qui sont chers aux Québécois aussi, c'est cette position par rapport aux enjeux climatiques, c'est cette position par rapport à la langue, c'est cette position par rapport à la culture.

M. Lacroix (Louis) : Mais ce n'est pas ça, ma question. Sauf votre respect, Mme Anglade...

Mme Anglade : Il y aurait des conséquences économiques, je veux dire, il ne faut pas… il faut être réalistes, l'indépendance amènerait des conséquences économiques importantes pour le Québec. Ça, je pense que tout le monde s'en rend compte puis tout le monde est conscient de ça. Maintenant, je pense qu'il y a des gens qui pensent que c'est une option qui est légitime. Qu'ils veulent emprunter cette voie, très bien. Ce n'est pas le choix que nous faisons au Parti libéral du Québec.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que le Québec est suffisamment fort économiquement pour assumer éventuellement ces conséquences économiques?

Mme Anglade : Écoutez, encore une fois, il y aurait…

M. Lacroix (Louis) :

Mme Anglade : Non, mais, ça dépend de ce que vous évaluez, M. Lacroix. La raison, c'est... Ça dépend ce que vous évaluez comme suffisamment fort économiquement. On pourrait faire un long débat là-dessus, un long débat là-dessus. La réalité, c'est que, pour le Parti libéral du Québec, ce n'est pas une option, et ça nous entraînerait dans des conséquences d'un point de vue économique. Mais, peu importe, la question n'est pas là. La question, pour nous, aujourd'hui, là, est de dire : Est-ce que l'on croit que le Québec peut être fort au sein du Canada? La réponse, c'est oui. Il y a des revendications qui sont justes et légitimes que l'on doit faire par rapport à ça.

Mme Lévesque (Fanny) : …que M. Legault mène, justement, cette bataille-là avec assez de force? Est-ce que vous avez l'impression même que le Parti libéral est plus nationaliste que la CAQ le prétend?

Mme Anglade : Moi, ce que je constate aujourd'hui, c'est que, lorsqu'il arrive des décisions qui sont prises, notamment au niveau des tests, si je prends simplement la COVID, moi, j'aimerais ça qu'on soit beaucoup plus forts dans les revendications par rapport à certaines choses. Les tests, les tests rapides, pourquoi ça a été en Ontario? Où est le gouvernement du Québec quand il s'agit d'aller parler avec le gouvernement fédéral? Ça, c'est un exemple concret. Les appels, pourquoi on n'est pas à la table avec le fédéral, en disant : Oui, on a besoin d'avoir de l'aide par rapport à ça? Et on a notre part à aller chercher du gouvernement fédéral. Alors, je pense qu'on pourrait être beaucoup proactifs, notamment, ne serait-ce que dans le cas de la gestion de la COVID.

M. Bergeron (Patrice) : La question de la collègue, c'était : Est-ce que le PLQ est plus nationaliste que la CAQ? C'était ça, la question.

Mme Anglade : Ce sera aux Québécois d'évaluer, mais ce que je peux vous dire, c'est que la position du Parti libéral, c'est un Québec qui va être fort, c'est un Québec qui est assumé, c'est un Québec qui revendique des éléments qui sont importants pour la suite des choses, pour son développement, notamment en matière de changements climatiques, notamment en matière de langue, notamment en matière de culture. Et ça, je pense que dans les derniers mois, dans les dernières semaines, on s'est positionnés sur un certain nombre d'enjeux et on va continuer à le faire.

M. Carabin (François) : La saga impliquant Nathalie Normandeau a pris fin hier, officiellement, Mme Anglade. Auriez-vous préféré que ça se déroule différemment?

Mme Anglade : Je pense que c'est une page qui se tourne pour Nathalie Normandeau puis je lui souhaite de reprendre sa vie. La justice a été rendue, et puis maintenant je lui souhaite de pouvoir retrouver...

M. Carabin (François) : Quel impact que ça aura sur votre formation politique?

Mme Anglade : Écoutez, je pense que ce qui a été démontré, dans ce cas-ci, c'est qu'on a un système de justice qui a fait son travail. Le DPCP a décidé de ne pas porter la cause en appel, la cause a été entendue. Encore une fois, je pense que Nathalie Normandeau maintenant va pouvoir retrouver sa vie.

M. Lacroix (Louis) : Gabriel Nadeau-Dubois a dit qu'elle devrait s'excuser pour avoir participé pendant des années à un gouvernement qui a entretenu la corruption au Québec. Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration?

Mme Anglade : Je pense qu'on doit respecter nos institutions. Vous ne me verrez jamais arriver ici puis vous dire qu'on ne doit pas respecter nos institutions. On a une institution, on a une manière de fonctionner. La justice s'est prononcée, je vous invite à relire ce que le juge a écrit. Le DPCP a décidé de ne pas porter la cause en appel. Justice a été faite. Maintenant, qu'elle reprenne… maintenant, c'est à Nathalie Normandeau de reprendre le cours de sa vie.

M. Larin (Vincent) : Selon vous, est-ce qu'elle aurait un cas pour poursuivre le gouvernement éventuellement?

Mme Anglade : Écoutez, ça, c'est à elle de répondre à cette question-ci. Ce n'est pas à moi de répondre à la question.

La Modératrice : Merci, on va passer maintenant aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) :Mrs. Anglade, the fact that Premier Legault has announced that he needs four more weeks, yesterday, it justifies you to go back to this request of separating Public Health and the Government. But why are you coming back with this request today? Why it would have helped to understand better the message from yesterday?

Mme Anglade : There's no question in my mind that the way the Government is operating now is not working. It's not working. Yesterday, it was clearly a failure. The 28-day challenge was a failure. And what you realize is the Government is constantly late in all the decisions that they're making.

The elements that you're referring to, separating Public Health and the decisions of Government, are really critical in order for us to understand why decisions are being made. We do not understand what Public Health is recommending versus the decisions that the Government is making. And we have to separate those two, like it's happening in other jurisdictions, in order for people to better understand where the Government is headed.

Right now, it's all confused, it's altogether, people don't understand why those decisions are being made. And look at the result. The result is that you have people now defying the Government and saying that they will not respect the rules that are imposed. This is exactly where we don't want to be.

Mme Senay (Cathy) : I'm just trying to understand. With the decision yesterday, you're saying to Quebeckers to follow the rules, but at the same time you understand why there is much and much more anger within the population at this point.

Mme Anglade : The last thing we want to have is a population that doesn't follow the rules. It's really important to follow the rules. At the same time, we're asking the Government to be clearer on the rules, to be more transparent. They have their part of the deal to respect. The Quebeckers are following the rules, we also want you to be more specific and more explicit about what the expectations are and how you are making decisions. Because, if you don't do that, you will have people defying the rules, like we are seeing today. And this is not going in the right direction at all.

Mme Fletcher (Raquel) : But the Government says that they need to act in accordance with what the numbers are and they can't foresee the future. That's why they said : We will re-evaluate in two weeks, if the number starts going down, then we can maybe reopen. You can't expect them to foresee what's going to happen in two weeks, or four weeds, or…

Mme Anglade :OK. So, let's go back a minute on this. Let's go back a minute on this. I expect the Government to be better prepared. I expect the Government to really understand where they are headed. When we started, in mid-September, and I was asking the questions, around the second wave, to François Legault, clearly, he said : We haven't even entered the second wave, which was not the case. How come is this happening? The Government is always late in the decisions that they make.

So, there is a way to improve the situation, there is a way to be clearer on the decisions that they are making. They are not being transparent, they are not providing this information, we have to go on the Web to see the analysis that are being done. It's not acceptable.

Mme Senay (Cathy) :I have a question on the 1995 Referendum, if it's OK for you, Philip.

M. Authier (Philip) : I was going to ask them too. Go ahead.

Mme Senay (Cathy) : OK. How old where you at that time? And, what have you done on October 30th, 1995?

Mme Anglade : I was 21, I was in the «No» camp and I was… Actually, just before that, the year leading into the referendum, I was president of my student society, at Polytechnique, and I organized a number of different events regarding the referendum. And I was at home with my sister and friends to watch the results.

Mme Senay (Cathy) : But your dad voted yes.

Mme Anglade : My dad voted yes in 1980, but was not in Canada for 1995.

Mme Senay (Cathy) : So, no fights in 1995?

Mme Anglade : Sorry?

Mme Senay (Cathy) : No fights?

Mme Anglade : Discussions. Of course, discussions. We never have fights. We never had fights. We had a lot of conversations and discussions. We never had fights.

M. Authier (Philip) : What do you think… Can I get…

Mme Senay (Cathy) : Yes, sure.

M. Authier (Philip) : If you are, like, the Premier, do you…

Mme Anglade : Come closer, Phil, if you can.

M. Authier (Philip) : Oh! Sorry. Sorry. If you're elected Premier, will you then try to reopen talks with Ottawa and be very… When you talk about this Government needs to be more proactive on the COVID thing, would you be proactive and actually try to approach the federal Government and the other Governments to try and go through that whole process again?

Mme Anglade : I don't know that we are in this situation today. I don't know that there is appetite for this at this point. But I believe that they are certain elements that we can certainly discuss with the federal Government, specifically if you think of climate change and the role of Québec at the international scene. I think there is an element of that that we're… I think, Québec could be a lot more forceful and a lot more present internationally and discuss this with the federal. So, I think there are elements that can be definitely discussed. I don't know that we're ready to have a conversation about the Constitution, especially post-COVID.

Mme Senay (Cathy) : What's the legacy of the 1995 Referendum for young people? I spoke with, for example, a very young PQ faithful, a… faithful, and he said : It's hard for me to speak about the 1995 Referendum with people of my age because they don't recall, they don't remember what it is. And then, a political science told me : Young people are not there, they want to see… they are nationalists, they want to see a very strong… they want to see Québec being really strong within Canada. That's the way it should go?

Mme Anglade : Well, they have to decide where they should go. But I believe in a Québec that's very strong within Canada and I believe that we can lead the way in number of different areas. Climate change is an example of that. There are other elements where we could actually lead the way. So, I can… What you're telling me, the message of the younger generation about the situation of Québec resonates with me because this is exactly how I feel about Québec. I think we have many reasons to be proud, but we can be even prouder by being more present and more assumed in different fields : culturally, climate change is another one.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Mme Anglade : Thank you. Merci.

(Fin à 11 h 49)

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