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Point de presse de M. Sylvain Pagé, porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille, et Mme Françoise David, députée de Gouin

Version finale

Le mercredi 16 mars 2016, 9 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures dix-sept minutes)

La Modératrice : Bonjour et bienvenue à ce point de presse concernant le dépôt d'une pétition pour un réinvestissement dans les services de garde éducatifs de qualité. Prendront la parole ce matin : M. Louis Senécal, président-directeur général de l'Association québécoise des CPE; Mme Françoise David, porte-parole de Québec solidaire; ainsi que le porte-parole du Parti québécois en matière de famille, Sylvain Pagé. M. Senécal.

M. Senécal (Louis) : Alors, bonjour, tout le monde. Alors, aujourd'hui, on souhaite d'abord joindre nos noms aux 202 000 signataires d'une pétition qui a circulé depuis janvier, qui a été coparrainée par Sylvain Pagé et Mme David. Et c'est donc avec une fierté qu'on présente les résultats de cette pétition-là qui traduisent vraiment le fait que les services de garde au Québec, les CPE sont une priorité.

Les 202 000 personnes, on peut interpréter leurs signatures comme un hommage qu'elles veulent rendre, les personnes, un hommage aux éducatrices et aux responsables en milieu de garde familial qui... Il y en a 34 000 ce matin, là, il faut se le rappeler, qui ont accueilli des enfants puis qui ont fait et qui vont faire, tout au long de la journée, des petits miracles avec ces enfants-là pour leur assurer l'égalité des chances. Alors, ce n'est pas rien, 202 000 signatures, c'est plus d'une signature par enfant qui bénéficie des services de garde en CPE ou dans un milieu familial.

Alors, c'est certainement le temps de faire un rappel à la réalité à ce gouvernement-là qui, depuis son élection, a pris toutes sortes de mesures qui viennent nuire à la capacité des familles de pouvoir bénéficier de services de garde de qualité. Alors, c'est 202 000 personnes qui rappellent au gouvernement que c'est une priorité, les services de garde au Québec, et que ce n'est certainement pas en adoptant sous bâillon un choc tarifaire dont les parents sont l'objet présentement en faisant leur rapport d'impôt — on le réalise, là, il y a un impact foudroyant sur les finances personnelles des gens — ce n'est certainement pas en imposant des compressions et ce n'est certainement pas non plus en mettant des bâtons dans les roues du développement de places en CPE qu'on va répondre positivement à la préoccupation et à la priorité qui a été clairement manifestée par 202 000 personnes qui ont signé cette pétition-là. Merci beaucoup.

Mme David (Gouin) : Bonjour. D'abord, merci et bravo aux 202 000 personnes qui ont signé la pétition. Je pense que ça manifeste tout l'attachement de la population québécoise aux centres à la petite enfance.

À l'instar du président de l'AQCPE, je voudrais ajouter que ce qu'on apprend aujourd'hui, les prêts des caisses Desjardins à des parents qui auraient des difficultés à payer ce qui va leur en coûter avec la modulation des tarifs... Il y a des parents qui découvrent avec stupeur aujourd'hui qu'ils paient 2 000 $, 3 000 $, 4 000 $. C'est ça qu'ils ont à payer, là, au moment de leur déclaration d'impôt. Desjardins propose de leur prêter de l'argent avec des taux d'intérêt à, minimum, 12 % à 15 %, pour être capable de défrayer le coût des frais de garde. Mais où est-ce qu'on s'en va pour l'amour du ciel?

Alors, vraiment, là, avec un budget demain, je demande au gouvernement de renoncer à toutes les compressions, à ces 120 millions de compressions dans les centres à la petite enfance, et de revenir à un tarif unique pour les centres à la petite enfance.

M. Pagé : Merci. Bonjour, tout le monde. Alors, moi aussi, je félicite les 200 000 signataires de cette mégapétition, hein? C'est historique. Il faut se dire qu'à travers le Québec, qu'on en dépose à tous les jours, des pétitions à l'Assemblée nationale, mais une pétition de 200 000 noms, c'est tout à fait historique.

Je vous rappellerai également qu'hier matin nous étions ici même pour déposer 25 000 cartes postales signées en moins de deux semaines pour demander, encore une fois, au gouvernement de revenir sur cette décision folle. 200 000 pétitionnaires, c'est aussi un geste démocratique fort, et le gouvernement ne peut faire fi de ce geste démocratique, ne peut faire fi de cette volonté québécoise de dire non à l'augmentation de ces tarifs, mais dire non également à toutes ces coupures qui auront un impact important sur la qualité des services qu'on va offrir pour ces enfants, ces 250 000 enfants qui, tous les jours, vont dans nos centres de la petite enfance et ailleurs pour le service de gardiennage. Mais c'est beaucoup plus que du gardiennage qu'on fait dans les CPE. On fait de la prévention, on fait de l'éducation, on fait des dépistages. C'est ça, l'égalité des chances. C'est de les préparer, ces enfants-là, à leur avenir, à la réussite éducative. Et 20 ans plus tard, les données sont probantes, ça fonctionne.

Et, ma collègue Mme David l'a bien dit tantôt, un geste incroyable... On a connu les prêts hypothécaires, on a connu les prêts autos, les prêts meubles, maintenant on aura les prêts CPE. C'est absolument incroyable. Pourquoi? Parce que le gouvernement a fait fi de sa promesse électorale et il enverra, dans les prochains jours, une facture qui pourra aller jusqu'à 2 300 $ par enfant, 4 600 $ pour deux enfants en CPE. Heureusement, le troisième, c'est gratuit.

Alors, on trouve ça indécent. On demande au gouvernement de revenir sur cette mauvaise décision, revenir finalement à sa promesse électorale, et de ne pas couper dans les CPE, et d'éliminer cette ligne 434 que l'on voit dans le budget... dans le rapport d'impôt de cette année. Je vous remercie.

La Modératrice : M. Vigneault.

M. Vigneault (Nicolas) : Bien, d'abord, M. Proulx a dit que, oui, pour l'année en cours et tout ça, ça va être maintenu, cette compression-là. Comment vous réagissez à ça? Il ne semble pas vouloir bouger pour le moment. Peut-être des réinvestissements plus tard, mais, pour le moment, on continue de demander cet effort budgétaire aux garderies. Allez-y.

M. Pagé : Bien, écoutez, je pense qu'ils ont accepté cette offre, ils l'ont signée le couteau sur la gorge parce qu'ils n'avaient pas le choix. Et M. Proulx a beau dire ce qu'il veut, mais la réalité, elle est tout autre. La réalité, c'est qu'on va couper des services. La réalité, c'est qu'on va fragiliser quelque chose comme 1 000 à 2 000 emplois et, en même temps, on va fragiliser l'égalité des chances à tous les enfants. Alors, la mobilisation continue, et on va continuer de le dire au gouvernement que c'est une mauvaise décision.

Mme David (Gouin) : J'ajouterais, si vous permettez, que toutes ces coupes s'ajoutent à des coupes précédentes, s'ajoutent à de nouvelles règles, par exemple le fait que les CPE ne peuvent plus accumuler de surplus. Mais, en même temps, on leur dit : Si vous avez besoin de rénovation ou d'agrandissement, il faut que vous mettiez 50 % de la somme. Mais oui, mais on n'a plus le 50 % de la somme parce que vous nous empêchez d'avoir des surplus.

Alors, dans ma circonscription, j'ai des CPE en besoin de rénovation qui s'arrachent les cheveux en se demandant comment ils vont faire pour rénover et pour assurer la sécurité des enfants. Des exemples, là, de folleries, là, de niaiseries qui se passent à cause des coupes dans les CPE, il y en aurait des dizaines. On réfléchit à comment diminuer les coûts de l'alimentation des enfants. Écoutez, là, ça commence à être sérieux. On élimine les bouts de fromage, parce que le fromage, ça coûte trop cher dans les collations. On élimine des postes d'éducatrice volante, on élimine des postes à l'entretien ménager. Alors, les éducatrices sont obligées de s'occuper des enfants et de désinfecter les jouets, ce qui m'a amenée, il y a quelque temps, à demander en question en Chambre : Mais coudon, est-ce qu'il va falloir revenir à mon époque, quand j'avais un tout-petit en garderie, et que nous faisions la désinfection des jouets, nous, les parents, le soir, dans une corvée générale? Est-ce que c'est ça, là, que le ministre nous propose? Donc, les conséquences concrètes des coupes, elles sont déjà là.

M. Senécal (Louis) : Et finalement, simplement pour remettre les choses dans leur contexte, ce que les membres de l'AQCPE ont accepté, c'est le montant de transition pour l'année prochaine et non pas les compressions. Alors, les compressions sont toujours décriées et le contexte de la discussion qui a mené à cette acceptation-là, c'est un contexte où on nous a donné trois jours, trois jours pour bonifier le montant qui avait déjà été convenu, le bonifier d'une somme additionnelle de 21,1 millions. Et ça, ça vient simplement réduire les impacts de compressions qui vont en avoir sur le terrain. Et c'est clair que la bataille n'est pas finie à ce niveau-là.

M. Vigneault (Nicolas) : Comment vous avez réagi en apprenant cette démarche de Desjardins et qu'est-ce que ça démontre?

M. Senécal (Louis) : Bien, d'abord, le gouvernement se targuait, à l'époque de l'annonce de ce choc tarifaire là, que ça n'allait pas avoir de grandes conséquences sur la population. Alors, ça, clairement, il semble y en avoir une. Desjardins a envoyé 25 000 lettres, et on parle simplement d'une institution financière. Les autres vont certainement suivre.

Deuxièmement, c'est un autre signe de la volonté de commercialiser les services de garde au Québec, hein? Par une mesure comme celle-là, bien, on s'arrange pour que, finalement, il y ait de l'argent dans les entreprises privées qui soit fait sur le dos des parents, ce qui est tout à fait odieux. Vous savez, au Québec, c'est un peu le monde à l'envers. On peut s'acheter une voiture qui est financée sur cinq ans à 0 % d'intérêt, et ce matin on apprend que, pour financer les services de garde, ça pourra coûter jusqu'à 12 %. Alors, c'est vraiment le monde à l'envers. Les priorités sont loin d'être à la bonne place.

(Fin à 9 h 26)

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