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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle

Version finale

Le jeudi 23 février 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quatre minutes)

M. Lisée : Alors, je sais que vous voulez me parler encore des questions policières ce matin, mais je vais ouvrir avec un constat puisqu'on est à la fin de cette première section de la session parlementaire de 2017. On vient de passer trois semaines à Québec et on peut dire que l'opinion publique, soutenue par le Parti québécois, a réussi trois fois en trois semaines à limiter les dégâts causés par ce gouvernement toxique au Québec, trois fois en trois semaines.

D'abord on a réussi à... je n'aime pas le mot reculer, alors je vais dire à faire avancer le gouvernement sur sa décision d'imposer des augmentations de taxes foncières agricoles partout, au Québec, sur 80 % des agriculteurs. Donc, dans la première semaine, on a réussi à faire en sorte de soulager les agriculteurs de cette menace libérale.

Dans la deuxième semaine, on a réussi à convaincre le gouvernement de renoncer à augmenter les taxes municipales des gens de Montréal et de la couronne de 200 millions de dollars par année pour financer le REM. Cette taxe-là était programmée, elle était dans les documents, y compris dans les documents publics de la Caisse de dépôt, dans les documents qui circulaient dans les municipalités de la région. Et, grâce à notre offensive montrant que c'était impossible de demander parfois 300 $ d'augmentation de taxe par famille dans la région, le premier ministre s'est engagé à trouver ce 200 millions par année ailleurs. Où? On ne le sait pas. C'est son problème. Mais, en tout cas, on a réussi à travailler fort pour les contribuables de la grande région métropolitaine.

Et, cette semaine, avec beaucoup d'autres, on a réussi à empêcher le gouvernement d'appauvrir les aînés vulnérables du Québec de 500 $ par année.

Alors, on a fait notre travail d'opposition : limiter les dégâts que veut causer ce gouvernement. On n'a pas encore tout réussi. Par exemple, Optilab, qui est une catastrophe pour beaucoup de régions du Québec, c'est un combat qu'on va continuer à mener. Les mauvaises politiques de M. Barrette en santé en général, cette centralisation outrancière, y compris pour les régions, le nouveau programme FARR que le gouvernement libéral veut contrôler à Québec et, contrairement à ce qu'il dit, ne pas donner aux acteurs locaux et régionaux le contrôle de cette somme, et c'est une somme qu'il faudra six à huit ans avant de revenir... de combler les coupures faites par le gouvernement.

Une autre chose sur laquelle on travaille très fort maintenant depuis trois semaines, c'est d'essayer de convaincre le gouvernement Couillard de vraiment lutter contre la discrimination en emploi et dans le logement et de vraiment poser des gestes pour l'intégration des Québécois d'adoption. Il fait semblant qu'il veut le faire, mais hier on a démasqué, finalement, le gouvernement. Il y a trois semaines, on a proposé 20 mesures. J'ai tendu la main au premier ministre en disant : On peut s'asseoir tout de suite pour trouver un projet de loi dans lequel on va mettre l'ensemble de ces mesures pour que ce soit en oeuvre dès la fin de la session actuelle. Dans les premiers jours, il a patiné. Ensuite, il a déclaré que c'était dans le projet de loi n° 98, qu'on devait faire ça. Nous, on ne trouvait pas que c'était la meilleure idée, mais on a dit : Si c'est ce que le premier ministre dit, c'est ce qu'on va faire. Donc, on a déposé une motion, qu'on a débattue hier, pour dire qu'on met, dans le projet 98... qu'on ajoute des chapitres pour faire le reste des choses qu'il faut faire.

Hier, le gouvernement nous a dit que, non, non, non, 98, c'était strictement pour les ordres professionnels. Donc, il n'est pas question d'ajouter les autres mesures sur le Code du travail, par exemple, ou autre chose. Et donc on se rend compte... Et ils ne disent pas : On va vous proposer un autre projet de loi à la place. Donc, c'est de la communication pure. Alors, le premier ministre, ces trois dernières semaines, a décidé de refuser un consensus sur les règles du vivre-ensemble et de ne pas vraiment agir sur le vif désir de vivre ensemble, c'est-à-dire des mesures pour l'intégration en emploi. Et, lorsqu'il dit qu'il est mécontent du taux de chômage, par exemple, des Québécois d'origine nord-africaine, bien, il est mécontent du bilan de son gouvernement, des 15 ans de gouvernement libéral et des trois ans de son gouvernement.

Alors, on va continuer à se battre pour les Québécois d'origines diverses et essayer de limiter, pour eux aussi, les dégâts de ce gouvernement.

Le Modérateur : Merci, M. Lisée. Micro de droite. Merci d'avoir une question, une sous-question. M. Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, M. Lisée. Est-ce que vous croyez que la Sûreté du Québec a encore sa raison d'être d'enquêter au SPVM?

M. Lisée : Bon, c'est clair qu'on a entendu hier une nouvelle information, que des enquêteurs de la Sûreté du Québec avaient été impliqués eux-mêmes dans une des enquêtes de la police de Montréal sur les enquêteurs qui ont fait ces révélations cette semaine à J.E. Donc, c'est un argument supplémentaire pour avoir une enquête indépendante. Deux voix se sont élevées hier pour demander l'indépendance, la fraternité des policiers de Montréal et l'Association des avocats de la défense, qui ont tous les deux dit : Écoutez, il y a un problème de crise de confiance. Et, lorsque la police enquête sur la police et d'autant plus lorsqu'une des polices a participé à l'enquête sous enquête par sa propre police, là, ça commence à tirer l'élastique au point de rupture.

Alors, nous réitérons la demande que l'enquête soit indépendante. Si le ministre Coiteux et ses prédécesseurs à la Sécurité publique libéraux n'ont pas agi correctement en dotant le Bureau d'enquêtes indépendantes des enquêteurs formés pour faire ça, bien, c'est comme on dit en droit, ils ne peuvent invoquer leur propre turpitude. Ils disent : On ne peut pas le faire parce qu'on a mal organisé notre bureau d'enquête depuis trois ans. Bien, organisez-le mieux, hein? Adjoignez-vous des enquêteurs supplémentaires pour cette enquête-là. Mais, pour moi, il est clair que la confiance n'est pas au rendez-vous. Même si je ne mets pas en cause la capacité de la SQ de faire cette enquête, l'apparence d'indépendance n'est pas au rendez-vous, et il la faut absolument.

M. Laforest (Alain) : Plusieurs parlent de Lisée le tacticien. Ça a été évoqué hier à Cartes sur table. Est-ce que c'est bon d'annoncer un an d'avance que vous voulez affronter les syndicats de médecins?

M. Lisée : Oui, parce que je pense qu'il faut être clair, net et constant. Il faut livrer la marchandise, être transparent avec les Québécois. Les Québécois nous disent constamment : Quelles sont nos priorités? La santé et l'éducation. Alors, il faut avoir quelque chose à dire là-dessus. Et, sur la santé, il est clair qu'il y a deux embûches majeures à un bon fonctionnement d'un système de santé qui serait centré sur le patient, c'est qu'en ce moment il est centré sur le médecin à la fois dans son fonctionnement et dans son financement. Alors, ne pas dire qu'on va juguler ces deux obstacles maintenant, bien, ce serait ne pas préparer l'opinion à se mobiliser autour de ça au moment de l'élection.

M. Laforest (Alain) : Mais le paiement à l'acte, vous le remplacez par quoi?

M. Lisée : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Le paiement à l'acte, vous le remplacez par quoi?

M. Lisée : Nous sommes le dernier endroit, en Amérique du Nord, où le paiement est seulement à l'acte. Alors, il faut le remplacer par un paiement mixte. Il y a plusieurs modèlent qui existent. Des spécialistes québécois peuvent vous en parler toute la journée. Il y a consensus sur le fait que, notre système à nous, c'est le plus mauvais possible. Il y a différentes façons de le modifier. Par exemple, en Colombie-Britannique, eux, ils ont dit que l'équivalent des GMF serait payé selon l'amélioration des indicateurs de santé de la population dont ils ont la charge. Wow! Ça, c'est autre chose, là. Selon l'amélioration des critères de santé moyens du groupe de population dont ils ont la charge. Ça change complètement la motivation du type de soins, de prévention aussi, que les médecins vont utiliser, les médecins, l'équipe médicale pluridisciplinaire aussi. Il faut sortir d'un modèle où le médecin est roi pour avoir un modèle où l'équipe médicale, avec le médecin, qui est essentiel mais qui n'est pas le seul décideur, prennent en charge la santé de la population dont ils ont la charge.

Le Modérateur : Merci. M. Boivin, Cogeco.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, vous avez laissé entendre hier, est-ce que le SPVM doit être une organisation dysfonctionnelle. Ça a été repris par le député de Mercier qui dit : Il va falloir plus que des enquêtes sur des phénomènes successifs et sur la culture générale de cette organisation-là. Est-ce que qu'on peut encore avoir, mettons, comme Montréalais, confiance dans le corps de police?

M. Lisée : Bien, la confiance est ébranlée. La police de Montréal fait tous les jours toutes sortes de choses très positives et essentielles, c'est certain. Sur la question des enquêtes et des guerres de clan entre groupes d'enquêteurs, on sait que ce n'est pas nouveau. Certains disent : Bien, c'est intrinsèque à des enquêteurs. Les enquêteurs sont suspicieux de nature, alors, même dans le fonctionnement normal d'une bonne équipe de police, il va toujours y avoir des tensions entre enquêteurs. Mais là c'est clair qu'on a passé le point de rupture, là. C'est trop, il y a des gestes potentiellement illégaux qui ont été commis, ça demande une enquête indépendante.

Moi, mon approche, je ne saute jamais tout de suite à l'idée de faire une grande commission d'enquête publique qui va coûter des millions de dollars puis qui va prendre des années. Je préfère être pragmatique et efficace. Demandons d'abord au Bureau d'enquêtes indépendantes de nous faire un premier rapport sur ce dont il est question et, si le Bureau considère que le problème est tellement systémique qu'il recommande une commission d'enquête, à ce moment-là, on prendra la décision. Mais moi, je ne veux pas sauter tout de suite à l'artillerie lourde parce que c'est long et ça ne nous donne pas, du moins dans une première étape, des remèdes immédiats à un problème qui est très réel et très d'actualité.

M. Boivin (Mathieu) : Dans un autre dossier, Luigi Coretti réagit aux dénégations de M. le premier ministre Couillard, hier, qui dit : J'ai demandé à Pietro Perrino, il m'a dit qu'il n'y a pas de problème. Donc, il n'y a pas de problème. M. Coretti le met, M. Couillard, au défi : Venez vous asseoir devant une caméra de télévision, on va en discuter, on va aller au fond des choses. Il est fort plausible que M. Couillard va rejeter cette requête-là du revers de la main. Comment est-ce que le grand public pourrait tirer ça au clair?

M. Lisée : Bien, M. Coretti a déclaré qu'il voulait aller lui-même en cour pour confronter ces personnes-là. Il a cette capacité. Il a cette capacité d'aller en cour, et d'assigner des témoins, et de voir ce qui va se passer.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que vous le souhaitez personnellement?

M. Lisée : J'écouterais ça, moi.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que vous le souhaitez personnellement?

M. Lisée : Je n'irai pas plus loin que de dire que j'écouterais ça.

Le Modérateur : M. Robitaille.

M. Robillard (Alexandre) : Une façon pour le gouvernement de s'en sortir dans l'affaire des policiers, est-ce que ça ne serait pas de nommer un observateur indépendant, un peu comme ils ont fait à Val-d'Or?

M. Lisée : Bien, ce serait la moindre des choses. Je pense que ça, c'est vraiment le plancher absolu. Mais, d'après moi, ce ne serait pas suffisant puisque ce serait observer la SQ enquêtant sur des enquêtes de Montréal dans lesquelles la SQ est intervenue. Là, ce fait nouveau, là, d'hier, là, d'abord, il faut voir quelle est l'ampleur de cette participation de la SQ à l'enquête en cause de la police de Montréal, mais la meilleure solution, c'est que le Bureau d'enquêtes indépendantes crée une équipe ad hoc d'enquêteurs pour ça. Il y en a, des enquêteurs au Québec. Il y en a, des enquêteurs à la retraite. Il y a des policiers à la retraite. Il y a des civils. Il y a des gens qui ont été dans les ministères de la Sécurité publique et de la Justice. C'est faux de dire qu'on ne peut pas organiser un groupe d'enquêtes sous la supervision du BEI, qui pourrait demander à la Sûreté du Québec ou à un autre corps policier de contribuer en déléguant des enquêteurs.

Il semble y avoir une volonté ferme du gouvernement libéral de ne pas utiliser le Bureau d'enquêtes indépendantes, et c'est ça qu'il faut traverser.

M. Robitaille (Antoine) : Comment vous interprétez le communiqué du BEI hier, qui semblait contredire M. Coiteux quant à leur capacité d'enquêter sur ces questions?

M. Lisée : Bien, eux, ils lèvent la main puis ils disent : Appelez-nous. Appelez-nous.

M. Robitaille (Antoine) : Pour les médecins, juste pour les médecins, les médecins sont encore, comment dire, presque au sommet du baromètre des professions au Québec, là, donc, en 2016. Est-ce que ce n'est pas risqué d'en faire, comment dire, votre principale cible pour la prochaine campagne électorale?

M. Lisée : Ma principale cible, pour la prochaine campagne électorale, c'est deux médecins : Philippe Couillard et Gaétan Barrette. Les médecins québécois sont respectés parce qu'ils donnent un service exceptionnel, ils sont essentiels à notre vie publique, et je souhaite qu'ils restent pour toujours en haut du palmarès, avec les pompiers, des professions les plus admirées. Maintenant, ça ne veut pas dire qu'ils doivent être rémunérés 32 % plus cher que les Ontariens. Ça ne veut pas dire qu'ils doivent avoir toute la prise de décision dans notre système de santé.

Donc, c'est un ajustement structurel important qu'il faut faire dans le respect du travail des médecins et dans le respect de la capacité de payer des Québécois, dans le respect des autres professionnels de la santé et surtout dans le respect de celui qui doit être au centre de notre système de santé, qui est le patient.

Le Modérateur : On va y aller avec M. Bellerose.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour, M. Lisée. Hier, le ministre Lessard a défendu le fait qu'on ait gardé en place la sous-ministre adjointe Danièle Cantin comme sous-ministre au MTQ, malgré qu'elle est accusée d'intimidation dans son travail. Qu'est-ce que vous pensez du faire qu'on garde une telle personne en place?

M. Lisée : Bien, je pense que le ministre Lessard a été conseillé par Rita de Santis. Je pense que c'est très clair, là, qu'on a un genre... Je blague là-dessus, mais, écoutez, il faut en rire, il y a un moment où il faut en rire. L'absence de réflexe éthique des membres de ce gouvernement est patente, il est constant, il est systémique, pour utiliser ce mot à la mode. La règle, c'est que, lorsque quelqu'un est sous enquête policière criminelle, la présomption d'innocence s'applique, mais on suspend la personne pendant le temps de l'enquête. Et plus la personne a de responsabilités, plus ça doit être automatique. Là, on a une sous-ministre adjointe des Transports qui est accusée d'intimidation dans le cadre de ses fonctions. Ce n'est pas quelque chose qu'elle a fait, là, à son chalet pendant l'été. Non, dans le cadre de ses fonctions. Et le ministre Lessard et le bureau du premier ministre trouvent que c'est une bonne idée de la laisser dans ses fonctions. Évidemment non. Et moi, j'ai renoncé à l'idée qu'un jour ils vont apprendre l'éthique. J'ai renoncé. La seule façon d'avoir un gouvernement éthique, c'est de le remplacer par un gouvernement du Parti québécois l'an prochain.

M. Bellerose (Patrick) : Avez-vous l'impression que le ménage a été fait au MTQ?

M. Lisée : C'est sûr que non. Bien sûr que non. Vous savez, hier, on m'a demandé, à cette émission que certains d'entre vous ont écoutée, qui était le meilleur ministre du gouvernement Couillard. J'ai dit : Robert Poëti. Il ne l'est plus, ministre. Pourquoi? Il voulait faire le ménage. Il n'est plus ministre. Il ne sera pas ministre. Alors, ça dit ce que ça a à dire sur le ménage à faire au ministre des Transports.

Le Modérateur : Merci. M. Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que le gouvernement Marois a eu tort de la nommer sous-ministre adjointe?

M. Lisée : Si elle n'avait pas d'accusation contre elle à ce moment-là, non. On ne peut jamais présumer de ce qui va se passer après.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous n'aviez aucun signe avant-coureur qu'elle pouvait peut-être faire mal son travail?

M. Lisée : Pas à ma connaissance. Puis, je vous dis, si, la semaine prochaine, on apprend que vous avez intimidé un de vos collègues au Devoir, je ne demanderai pas à Brian Miles si c'était une mauvaise idée de vous nommer là. Il n'avait pas de raison de penser que vous alliez mal tourner.

Le Modérateur : Dernière question.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous dites que vous êtes, comme opposition, dans une démarche pour limiter les dégâts. Mais, dans le dossier du SPVM, bon, M. Coiteux semble clair qu'il ne veut pas confier l'enquête au BEI. Pour limiter les dégâts, devrait-il la confier, par exemple, au Service de police de la ville de Québec? À un service de police qui n'est ni impliqué de près ou de loin à l'une des trois enquêtes, là, qui étaient dans l'émission J.E.?

M. Lisée : Écoutez, la solution, elle est devant lui, dans la loi que le Parti québécois a écrite sur le Bureau d'enquêtes indépendantes. Le ministre peut donner au BEI tout mandat pour faire toute enquête. Alors, il n'a qu'à faire ça. Alors, je ne vais pas l'aider à sortir de son refus de faire ce qu'il doit faire.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Et dans l'affaire…

Le Modérateur : On va y aller avec M. Vigneault s'il vous plaît.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, rapidement. Dans l'affaire Perrino, qui a la plus grande crédibilité? Luigi Coretti ou Philippe Couillard?

M. Lisée : Moi, j'aime poser des jugements à la base des faits, et, pour l'instant, il nous en manque et il nous en manque, entre autres, parce qu'on n'a ni les témoignages directs de l'un ou l'autre de ces protagonistes.

Le Modérateur : Merci. M. Vigneault, Radio-Canada.

M. Vigneault (Nicolas) : Dans le dossier des aînés, le gouvernement a reculé. Est-ce que, pour vous, en quelque sorte, le gouvernement a fait le travail auprès des aînés ou il reste encore du travail à faire? Certains regroupements disent : Écoutez, ce gouvernement-là ne nous écoute pas. Ça va prendre une politique beaucoup plus globale sur les aînés que d'y aller à la pièce comme on le fait.

M. Lisée : Bien, les aînés ont raison. Lorsqu'on écrira le livre sur ce triste gouvernement libéral de M. Couillard, qui est le pire gouvernement libéral de l'histoire du parti, là, on dira en particulier que c'est un gouvernement qui s'est acharné sur les aînés. D'avoir un débat national sur la maltraitance des aînés en CHSLD, c'est sous ce gouvernement-là que ça s'est fait. D'avoir, tous les deux mois, un débat sur le contingentement des culottes de contention, ou sur le fait qu'il faut manger en six minutes, ou sur le fait que la qualité de la nourriture est mauvaise, c'est sous ce gouvernement que ça s'est fait. Le fait que la Protectrice du citoyen parle de rationnement des soins à domicile et de réduction des heures de soins à domicile à des aînés dont la condition ne s'est pas améliorée et, dans certains cas, s'est empirée, c'est sous ce gouvernement-ci que ça s'est fait.

Alors, c'est un gouvernement qui a tourné le dos aux aînés, qui a essayé de faire des dizaines de millions d'économie sur le dos des aînés du Québec, entre autres choses, mais qui a trouvé tout à fait normal de donner une superbaisse d'impôt aux superriches cette semaine, 60 000 $ d'impôt de moins par chaque million de dollars fait sur les options d'actions. Ça, pour eux, c'est une priorité, ça passe comme du beurre dans la poêle.

Le Modérateur : ...dernière question en français, M. Robillard.

M. Robillard (Alexandre) : M. Lisée, est-ce que le BEI a tous les moyens nécessaires pour faire la lumière et enquêter sur le SPVM?

M. Lisée : S'il ne les a pas, c'est parce que les ministres libéraux de la Sécurité publique ne les lui ont pas donnés, O.K.? Donc, c'est leur responsabilité. Sachant que ce genre de problème pouvait survenir, ils n'ont pas organisé le bureau de façon à ce qu'il puisse répondre immédiatement à cette demande. Et, si c'est le cas aussi, ce dont semble douter le bureau lui-même, il est assez facile, si on a la volonté politique, d'organiser autour du bureau une équipe d'enquêteurs ad hoc pour faire ce travail dans les semaines qui viennent.

M. Robillard (Alexandre) : O.K. Mais donc vous admettez, comme M. Coiteux, que les enquêteurs n'ont pas la formation requise pour se pencher sur les allégations de...

M. Lisée : Je n'admets rien, je ne le sais pas, et je ne veux pas douter de la parole de M. Coiteux, mais je suis sceptique. Mais, si ce qu'il dit est vrai, c'est parce que lui a mal fait son travail. Et, s'il en est là, il est possible, en quelques semaines, d'organiser une équipe d'enquêteurs pour faire ce travail-là à partir d'enquêteurs d'autres forces de police, ni SQ ni SPVM, à partir de gens qui sont à la retraite. Ce n'est pas impossible. Ce qui semble impossible, c'est de trouver de la volonté politique dans ce gouvernement.

Le Modérateur : On y va en anglais. M. Hicks.

M. Hicks (Ryan) : Good morning! We're hearing, in the Montréal Police investigation, that one of the cases that the SQ would be looking at involves the SQ. So, do you think that the process of this investigation has any credibility going forward?

M. Lisée : I don't doubt that the SQ could do a good job. What I'm sure of is that the credibility issue is lacking. The trust of the people is lacking. And so, I think the proposal that we made on day one to take the Bureau des enquêtes indépendantes is still the right one. It can organize a team of inquirers drawing from other police forces, other than Montréal and the SQ, it can go to retired officers or inquirers, people who work in the ministère de la Sécurité publique. It is entirely feasible to have an ad hoc group from the Bureau des enquêtes indépendantes, led by the bureau itself, that will give credibility to the inquiry.

M. Hicks (Ryan) : What about a full public inquiry like Québec solidaire is asking for? Because there have been so many problems over the last 10 years in the Montréal Police.

M. Lisée : My reaction in every case is not to jump directly to the full commission of inquiry that will cost tens of millions of dollars and take years before having results. I prefer to go to a shorter term, more chirurgical inquiry, like the bureau can make in two or three months, and then, in light of their recommendations… they can say : Listen, this is systemic, we have to go to the next level, then we might. And, even in this case, they will propose immediate remedies that can be implemented before waiting for the full inquiry. So, this is my standard reaction to these kinds of problems.

M. Hicks (Ryan) : On the casino restaurant, the casino is built, it's open, it's running, there's a question, I think, about oversight and Loto-Québec. Do you think that there should be more ministerial oversight and involvement in the operations of Loto-Québec?

M. Lisée : Well, it's all about guidelines, you know. It shouldn't be micromanaged by the Minister, but it would not give any advantage to have this current Minister have more oversight because he seems to think that no Québec chef, given $11 million, could do anything right with the restaurant. So, at some point, the judgement of the people appointed is more important than the organization of the oversight.

Le Modérateur : Mme Fletcher.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning. You've repeated a couple of times that it was the PQ who brought in the Bureau des enquêtes indépendantes. Why wasn't this kind of internal police investigation in the original mandate of this bureau?

M. Lisée : Well, it was, the bureau was created having two things in mind, when they are losses of life or a citizen that is injured during a police operation, and questions like the ones that we are dealing with now. At the time, there was a Davidson affair, another file on an inquiry gone bad in the police of Montréal, and that's why there is a clause, a section in the law, that says that that the Minister can give the bureau any kind of inquiry it desires. It was designed for precisely that purpose. So, that's what we did. And it seems that the Liberal government, even the Premier yesterday, made us believe that he didn't know that it was possible.

Mme Fletcher (Raquel) : Yes, he said repeatedly that it wasn't in their mandate. So, you are saying that they are lying about that?

M. Lisée : I'm saying that they are trying to make us believe that it's not there and I quoted the sections to the Premier, saying : It is there. We put it there for a reason, it's just that you don't want to see it.

Le Modérateur : Dernière, s'il vous plaît.

Mme Fletcher (Raquel) : It is possible for the Montréal police, instead of calling the SQ to do the investigation… would it have been possible for Pichet to call, say, Toronto police to do the investigation, to have that more independent, a police outside of Québec?

M. Lisée : I think, the correct way of doing that is to call the Minister of Sécurité publique, and he should be the one deciding who should make the inquiry. And I think the abdication of the Minister saying : It's fine that they talk amongst themselves and they arrange that amongst themselves… I don't think, it's acceptable at all.

Mme Fletcher (Raquel) :O.K. Merci.

Le Modérateur : Mme Johnson.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. Switching topics now, the Union of Québec Municipalities will be testifying in front of a commission today and they want to remove the power of municipalities to have referendums because they feel that it undermines their positions, their power as municipal elected officials. How do you feel about that? Is that fair to the citizens who may want to have a seat during controversial projects in their neighborhoods?

M. Lisée : It's clear to me that referendums have to stay. Now, what are the boundaries? How many citizens should be in the area that is concerned with the project? These are good questions. In my riding, in Rosemont, a very small number of residents stopped a school from being expanded, an existing school, and that was a bad use of the referendum tool. But, certainly, the referendum tool has to stay. If there are problems in the amount of people that can have a veto power on something that concerns a greater part of the community, then adjust the referendum tool, don't abolish it.

Mme Johnson (Maya) : OK. So, there should be just balances in place to make sure that it's used effectively. Thank you.

M. Lisée : OK. Merci beaucoup.

(Fin à 08 h 31)

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