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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et M. Sylvain Pagé, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé publique et de prévention

Version finale

Le mercredi 12 avril 2017, 7 h 55

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Sept heures cinquante-six minutes)

M. Lisée : Demain, au Parlement fédéral, le gouvernement Trudeau va déposer une loi sur la légalisation de la marijuana qui, selon ce qu'on en comprend, devrait entrer en vigueur le 1er juillet de l'an prochain, c'est-à-dire dans 16 mois. Et, à partir du 1er juillet de l'an prochain, le Québec et les autres provinces seraient responsables de la distribution de la marijuana ainsi légalisée. Et donc on se trouve devant un calendrier qui nous est imposé et une décision de fond qui nous est aussi imposée. Il est clair que le Québec, comme beaucoup d'autres sociétés, a à avoir ce débat sur la légalisation de la marijuana. Et ma lecture de la situation, c'est qu'on prendrait la décision de légaliser, mais on aurait le débat entre nous, on ferait le processus entre nous. On aurait une société qui franchirait ce pas dans sa capacité qu'elle a connue, autour de plusieurs grandes questions sociales, de progresser ensemble. Là, on est dans une situation de confiscation d'un débat social important pour une nation, la nation québécoise.

Et moi, j'ai peur d'une deuxième confiscation, c'est-à-dire, que le gouvernement libéral de M. Couillard soit en train de discuter de façon opaque de la mise en oeuvre de cette légalisation. Et je pense qu'il est doublement important que les Québécois puissent s'exprimer sur la mise en oeuvre. Les inquiétudes, elles sont réelles pour nos jeunes, pour nos écoles, pour la santé publique, pour la conduite automobile, pour le type de distribution — privée, publique, mixte — pour l'impact sur nos agriculteurs, ceux qui pourraient être impliqués, ceux qui ne le sont pas. Il y a énormément de questions qui doivent être posées, pas par des ministres et des fonctionnaires, mais par la société québécoise, comme elle l'a fait dans d'autres cas difficiles, comme Mourir dans la dignité, par exemple, par une commission parlementaire.

Alors, nous demandons aujourd'hui au gouvernement de répondre à notre demande d'organiser, d'ici la fin de la session, une commission parlementaire qui sera itinérante, qui entendra les experts de l'ensemble des secteurs qui seront touchés par la légalisation du cannabis pour que la commission parlementaire fasse des recommandations au gouvernement sur la manière d'opérer. Évidemment, le temps est court, donc il faudrait que cette commission puisse agir dès l'été et l'automne prochains, faire des recommandations qui pourront ensuite se traduire en législation, en décisions administratives.

Mais ce qui nous préoccupe énormément en ce moment, c'est la confiscation de ce débat-là, c'est le fait que les Québécois ne soient pas impliqués dans ce débat-là. Et ce qui nous préoccupe au plus haut point, évidemment, c'est toutes les questions de santé publique et les questions touchant à nos jeunes. Qu'est-ce qu'on peut prévoir comme normalisation, banalisation de la consommation, l'accès autour des écoles? Toutes ces questions-là doivent être posées.

Évidemment, moi, j'aimerais entendre des spécialistes de la sécurité publique nous dire aussi... Bon, l'essentiel du trafic de drogue au Québec, c'est le cannabis. Il y a d'autres drogues aussi, mais l'essentiel, c'est le cannabis. Il y aura un impact sur le crime organisé, un impact qui pourrait être bénéfique, c'est-à-dire, on leur enlève une partie de leur gagne-pain. Quelle est la stratégie pour essayer d'empêcher le crime organisé de faire un trafic au noir pour les mineurs? Quelle est la stratégie pour les empêcher d'aller dans un autre secteur de l'économie? Je veux dire, il y a des choses qui doivent se préparer pour que l'impact soit le moins négatif possible et le plus positif possible, et ça, ça doit se faire de façon ouverte, de façon publique et que les Québécois puissent y participer puis sentent qu'il y a eu un processus où la société s'est vraiment posé toutes les bonnes questions et est arrivée avec un certain nombre de réponses les plus justes possible. Sylvain.

M. Pagé : Oui. Alors, je remercie Bruno de ne pas m'avoir présenté sous l'angle des saines habitudes de vie, parce que vous comprendrez que ce dossier, on l'apporte vraiment sous l'angle de la santé publique et de la prévention. C'est ce qui nous apparaît le plus important.

Vous savez, nous avons discuté, échangé avec les collègues, et rapidement on s'est rendu compte que ce dossier qui... depuis déjà presque un an et demi, on sait qu'il s'en vient et on s'est tous rendu compte que, finalement, le gouvernement attend, attend, attend d'être devant le fait accompli. Le fait accompli arrive demain avec un échéancier qui est quand même serré, somme toute, le temps de mettre en place tout ce qu'il faudra faire pour bien gérer ce qui arrive dans notre cour.

Et, quand on a discuté avec les collègues, bien, on s'est rendu compte rapidement que, les 29 que nous sommes, nous avons les mêmes inquiétudes que la population. Nous partageons les mêmes préoccupations que la population et qu'il faut faire le débat. Il faut faire le débat avec les experts, il faut faire le débat entre nous, il faut faire le débat avec la population pour bien gérer cela, en ayant toujours, toujours comme préoccupation, comme priorité derrière la tête, la santé publique, la santé de nos jeunes, la santé de la population en général.

Alors, comment gérer ça? Comment le faire correctement? C'est en entendant, en écoutant la population et les experts, qui pourront nous dire comment on pourra bien faire les choses, parce que ce dossier-là arrive dans notre cour dans les prochains mois, et l'échéancier du 1er juillet 2018, il est très court, il est très court. On a juste à penser aux installations nécessaires si on décide d'aller, par exemple... si on décidait d'aller, par exemple, vers les SAQ ou vers d'autres bâtiments extérieurs. Alors, juste la gestion de tout cela, la gestion du personnel, la formation va demander un temps requis qui va être assez court parce que les échéanciers vont être très, très courts.

Alors, on veut rapidement... Ce qu'on demande au gouvernement, même si depuis des mois, voire un an et demi, nous savons que cela va arriver à très court terme, nous lui demandons maintenant d'accélérer, de cesser, je dirais, de badiner sur la question, mais maintenant d'aller de l'avant avec une commission itinérante, un peu comme Mourir dans la dignité, un mandat d'initiative sur la question.

Le Modérateur : Merci beaucoup, messieurs. On va y aller avec le micro de droite, M. Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, messieurs. Juste une précision. La position du Parti québécois par rapport à la légalisation, pour ou contre?

M. Lisée : Franchement, on n'a pas tenu le débat. Et moi, j'étais certain que, dans des programmes du Parti québécois antérieurs, on trouverait une position, et le fait est que ça n'a jamais été fait. Dans la proposition principale actuelle, on dit qu'en cas de légalisation on propose que la SAQ soit une des voies ou la voie privilégiée de distribution. Mais le débat n'a pas eu lieu, et c'est ce que je parle, de confiscation du débat. On a eu une longue discussion, hier au caucus, là-dessus qu'on avait débutée un peu avant. Moi, mon sentiment... D'abord, ce sera un vote libre. Il est certain que, dans une question comme celle-là, le Parti québécois, si on avait à se poser la question de fond, ce serait un vote libre. Ma lecture, c'est qu'une bonne majorité serait favorable.

Mais là le débat nous est confisqué, alors donc on va se concentrer sur ce qu'on peut faire, c'est-à-dire d'avoir une vraie consultation sur la mise en oeuvre.

M. Laforest (Alain) : Vous, personnellement?

M. Lisée : Moi, je suis favorable.

M. Laforest (Alain) : Pourquoi?

M. Lisée : Bien, je pense que, puisque ça existe, puisqu'il y a une consommation, je ne veux pas que la société québécoise décide de déléguer cette industrie au crime organisé. C'est un peu comme le jeu, un peu comme l'alcool. Le vice existe, j'aime mieux que ce soit la société qui le contrôle, qui en tire... qui puisse en mesurer les effets, en contrôler la distribution et ne pas enrichir le crime organisé.

Le Modérateur : Merci. Une dernière, M.Laforest, s'il vous plaît.

M. Laforest (Alain) : Juste une petite précision sur hier, très, très courte. Vous avez dénoncé le fait que le gouvernement Couillard ait coupé dans la politique internationale. Rafraîchissez-moi la mémoire. À l'époque où vous étiez ministre des Relations internationales, vous n'aviez pas amputé le budget du MRI de 20 millions, vous?

M. Lisée : Nous avions eu des restrictions budgétaires que nous avions réussi à intégrer sans couper un seul poste, sans fermer un seul bureau. Au contraire, nous avions continué, par exemple, à installer le bureau de Moscou, qui, malheureusement, a été fermé par le gouvernement Couillard. Le gouvernement Couillard, lui, est arrivé, a fermé Moscou, Taipei, Santiago, Milan, ce qui est vraiment très, très dur, a réduit le personnel. Et en plus vous vous souvenez, on avait un débat, à savoir si on devait vendre la résidence de Londres, et moi, j'avais dit : Bien, si on la vend, le profit sera réinvesti dans le MRI. Alors, le gouvernement Couillard, ils ont vendu la résidence de Londres, ils ont vendu la résidence de Bruxelles et ils ont donné le profit au Conseil du trésor.

Le Modérateur : Merci. Mme Plante, LaPresse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, M. Lisée. Sur la marijuana, vous voulez être consulté. Avez-vous d'ores et déjà des recommandations à faire au gouvernement Couillard?

M. Lisée : Non, on veut consulter. On veut… Bien, notre recommandation…

Mme Plante (Caroline) : Avez-vous quelque chose à dire?

M. Lisée : Bien, on en aura à dire, mais on veut écouter. On veut savoir ce que les experts de la sécurité publique, de la santé publique ont à nous dire. On veut voir les meilleures pratiques à l'étranger. Qu'est-ce qui s'est passé au Colorado? Qu'est-ce qui s'est passé en Hollande? Quels ont été les essais et les erreurs? On veut apprendre pour faire le mieux possible. Mais on sait que notre priorité, c'est nos enfants, la jeunesse, l'impact sur la jeunesse, l'impact sur la santé publique.

Mme Plante (Caroline) : Ce travail-là aurait pu être fait en amont. Vous accusez le gouvernement, justement, d'arriver devant le fait accompli, puis le fait accompli, c'est demain. Mais, vous, avez-vous fait du travail en caucus? Avez-vous regardé ces questions-là?

M. Lisée : Bien, nous, si on avait été au pouvoir depuis trois ans, on aurait fait la commission parlementaire en amont, bien sûr.

Mme Plante (Caroline) : Mais au caucus, ça ne s'est pas discuté? On le sait que ça s'en vient.

M. Lisée : Bien, on en a discuté entre nous. Nous sommes des généralistes, tu sais. Mais nous voulons, comme parlementaires, avoir accès aux experts, avoir accès aux expériences étrangères. Et ce n'est pas le caucus qui prépare les législations, c'est l'institution parlementaire.

Le Modérateur : Merci. Micro de droite.

Mme Plante (Caroline) : Juste une dernière. Quel parallèle faites-vous avec Mourir dans la dignité?

M. Lisée : C'est un enjeu de société difficile. C'est un changement dans la façon dont on aborde un problème social et ça demande un changement de mentalité. C'est sûr qu'il y a 30 ans personne ne voulait légaliser la marijuana. Aujourd'hui, les mentalités ont évolué, la connaissance que nous avons aussi de l'impossibilité de l'éradiquer par des moyens policiers — on voit bien ça, on tire cette conclusion-là — la comparaison entre le tabac, l'alcool et le cannabis sur la dangerosité de chacun de ces éléments. Donc, nos connaissances ont évolué, nos expériences ont évolué, mais, quand une société franchit ce pas-là, c'est comme… Je vais donner le cas du mariage gai, des transgenres. Je veux dire, tous ces débats doivent se faire en accompagnant le rythme social et jamais en confisquant ces décisions-là. Confisquer une grande décision sociale, c'est risquer de braquer la société.

Le Modérateur : Merci. Micro de droite, M. Bellerose.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour, M. Lisée. Vous avez sûrement vu que Québec solidaire s'apprête à utiliser sa motion du mercredi pour débattre du financement public dans les écoles privées. Quelle est la position du PQ sur la question?

M. Lisée : Notre position, historiquement — et elle est encore en débat pour le congrès de septembre — c'est que le Québec a pris une décision de permettre l'existence d'un secteur privé, et on sent que beaucoup de parents de la classe moyenne — et pas seulement — veulent avoir ce choix. Ça, c'est un fait, et on respecte cette réalité-là. Maintenant, dans les modalités, on est très inquiets du fait que le secteur privé est en train d'affaiblir le secteur public. Mais y compris à l'intérieur du secteur public, des écoles à destination particulière font un genre d'écrémage à l'intérieur même du secteur public.

Notre position, c'est qu'à tout le moins le secteur privé... bon, d'abord, il y a un gel des inscriptions depuis un certain nombre d'années, il doit être maintenu, qu'il était incohérent que des compressions soient faites en éducation par le gouvernement libéral, mais que le secteur privé ait été essentiellement exempt de ces compressions-là, ça, c'est incompréhensible. Personne n'aurait dû être coupé, c'est sûr.

Troisièmement, on est très préoccupés du fait que l'école privée n'assume pas sa juste part d'élèves en difficulté, de l'inscription jusqu'à la diplomation. Et finalement on aimerait qu'il y ait plus de mixité à l'intérieur des inscriptions dans le secteur privé.

Alors, à partir de là... Ça, c'est des mesures dont on discute depuis longtemps, mais qui n'ont jamais été appliquées. Pourquoi? Les libéraux sont là depuis 12 ans, alors on n'a pas eu le temps. En 18 mois, on avait commencé cette politique de faire en sorte que l'école privée assume sa juste part des enfants en difficulté. C'est sûr que ça, c'est le minimum de notre position.

Ensuite, il y a des discussions qui sont en cours sur, bien, est-ce qu'il faut rééquilibrer le financement de l'école privée face à l'école publique, qui est en grand, grand, grand besoin. C'est une question qui est posée. Cependant, la mécanique, c'est que les enfants qui sont à l'école privée sont financés à 60 % par l'État. S'ils venaient au secteur public, ils seraient financés à 100 % par l'État. Donc, ce que propose Québec solidaire, de fermer les écoles privées, priverait le ministère de l'Éducation d'une somme considérable, de dizaines de millions de dollars qu'il faudrait trouver en plus. Alors, lorsqu'on regarde les priorités de réinvestissement en éducation, bien, on se dit : Bien, l'important, ce n'est pas de creuser un trou tout de suite; l'important, c'est de réinvestir. Et donc c'est, pour citer le premier ministre, une fausse bonne idée de penser qu'on va économiser des sous en abolissant l'école privée. C'est le contraire, ça coûtera plus cher.

M. Bellerose (Patrick) : Alors, pas question pour vous d'abolir purement et simplement le financement public pour les écoles privées.

M. Lisée : C'est sûr. Est-ce qu'on peut réfléchir à une transition à plus long terme? Ça fait partie de nos débats. Mais certainement ça aussi, c'est un genre d'enjeu de société où la société québécoise est sur un point d'équilibre fragile sur l'existence du secteur privé depuis des décennies. Nous, on pense que la précipitation, c'est la pire chose à faire. Donc, la proposition de Québec solidaire, elle est précipitée. On parle de la classe moyenne, mais il y a beaucoup de parents relativement désargentés qui ont décidé de mettre de l'argent de côté, de ne pas aller dans le Sud, de prendre une semaine de vacances de moins pour payer l'école privée à leurs enfants, dans toutes les régions du Québec. Et donc, moi, dans la mesure où on fait progresser l'école privée vers plus de mixité, moins de sélection à l'argent, on ferait déjà un pas en avant considérable.

Le Modérateur : Merci. Dernière, s'il vous plaît.

M. Bellerose (Patrick) : ...serait de passage aujourd'hui ici au salon bleu. Est-ce que vous espérez le rencontrer? Allez-vous lui serrer la main?

M. Lisée : Je vais peut-être le croiser dans le corridor, mais il n'y a rien de prévu pour une rencontre.

Le Modérateur : Merci. M. Bélair-Cirino, Le Devoir, micro de gauche.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, bonjour. Est-ce que le gouvernement fédéral devrait assortir la législation de la marijuana par des compensations aux provinces? Est-ce que, pour vous, c'est nécessaire qu'Ottawa verse des compensations, notamment pour former les policiers à la nouvelle réglementation, législation?

M. Lisée : Bien, écoutez, s'ils commençaient simplement à augmenter de 6 % le budget de la santé et des services sociaux, donc de la santé publique, ça serait une bonne chose. On sait qu'on va avoir des problèmes de santé publique. Et je vous répondrais oui, évidemment, mais on a un désengagement de l'État fédéral sur l'ensemble de ces missions. Donc, la réponse est oui.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous dites que ça va causer des problèmes de santé publique. Lesquels?

M. Lisée : Bien, lesquels? À partir du moment où on a une légalisation — j'aimerais entendre des experts là-dessus, voir ce qui s'est passé au Colorado et ailleurs — on peut penser qu'il y aura une augmentation de la consommation dans un premier temps. Augmentation de la consommation, ça peut vouloir dire augmentation de la consommation d'étudiants, augmentation de la consommation de gens qui vont conduire et l'ensemble de ces questions-là qui nous préoccupent, alors il faut être prêts à y faire face.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous saviez qu'il est d'usage de demander aux politiciens s'ils ont déjà fumé du pot...

M. Lisée : Oui, bien sûr.

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...dans ce genre de circonstances là. J'aimerais vous demander : Quand est la dernière fois que vous avez fumé du pot, M. Lisée?

M. Lisée : Alors, j'étais au cégep, en quelle année? Au siècle dernier.

Le Modérateur : Merci. Est-ce qu'il aurait d'autres... Dernière, M. Bélair-Cirino, s'il vous plaît.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui. Concernant l'arrêt Jordan. La crise des délais frappe «from coast to coast». Pourquoi le Québec devrait avoir l'odieux de recourir à la clause dérogatoire le premier? Pourquoi ce débat-là que nous avons ici n'a pas lieu dans d'autres provinces à l'heure actuelle?

M. Lisée : Écoutez, ça, je ne le sais pas. D'abord, je suis sûr que ce n'est pas odieux. Nous devons donner des réponses à la situation québécoise, nous sommes à l'Assemblée nationale québécoise, et c'est la réponse appropriée à donner. Que d'autres provinces considèrent qu'ils ne veulent pas donner cette réponse-là, c'est leur choix. Moi, je pense que de se priver de cette mesure-là va faire en sorte que, demain, la semaine prochaine, la semaine suivante, quand d'autres accusés de meurtre ou de pédophilie vont être libérés, on va se retourner vers le premier ministre puis on va lui dire : Vous auriez pu éviter ça.

Le Modérateur : Merci. Je crois qu'on était à la dernière en français. M. Vigneault, micro de gauche.

M. Vigneault (Nicolas) : Est-ce que vous seriez enclin à appuyer le gouvernement si, par exemple, il y avait une demande formelle quant à des compensations, là, sur la marijuana? Parce qu'il y aura, de toute évidence, des dépenses additionnelles. Est-ce que, de votre côté, vous allez être aux côtés du gouvernement pour poursuivre un peu le combat, là? Parce qu'en santé ça a été difficile, là.

M. Lisée : Si on était au côté du gouvernement en santé, s'il nous consulte sur la demande, on l'accueillera très favorablement.

M. Vigneault (Nicolas) : On parle de plusieurs millions de dollars, donc est-ce que le gouvernement, selon vous, devrait d'ores et déjà cibler rapidement ses besoins? Parce que ça vient assez rapidement, là, juillet 2018.

M. Lisée : Oui, mais je pense qu'une commission parlementaire sur la question avec des experts nous permettra aussi de voir quels sont les besoins.

Le Modérateur : Merci. En anglais, M. Hicks.

M. Hicks (Ryan) : Good morning. On the Québec solidaire motion about private schools, what is your position on that? Are you going to support them?

M. Lisée : We're not going to support them because the worst thing we could do is act in haste. I think there is a consensus in Québec that some parents decide to put money aside and invest in the education of their child. Measures should be taken to make private schools more open, more open to people from all walks of life, to make sure that the private schools shoulder their fair share of children with problems, and that has not been done. We have, for many years, frozen the growth of private schools and that should remain.

And I think also that just the math is wrong. I mean, if Québec solidaire thinks that we will save money by closing private schools, they're just wrong because we subsidize at the level of 60% a student in private school. If we were to close them and bring them in public schools, we would have to pay 100% per child. And so, this would deprive the Education Department from tens of millions of dollars. So, reform, yes; more openness, yes; abolition, no.

M. Hicks (Ryan) : On the cause for commission on systemic racism, and the Government looking at putting one in place, I know the PQ opposes this idea. If they took the word «systemic» out, is that something you could support? If it was a commission about racism, would that be something that you would be OK with?

M. Lisée : This is just a delaying tactic. We proposed to have anonymous resumes in a pilot project, the Government said no. We proposed to have, like in Ontario… to say that you cannot ask for previous Canadian work experience in order to give or deny a job to an immigrant, the Couillard Government said no. We proposed measures that would sanction repetitive offenders in the job market or in housing that are discriminatory, the Couillard Government said no. So, we want actions, not commissions. Actions could be taken now. We have 20 proposals. They're not interested in action, they're only interested in delays. Merci.

(Fin à 8 h 18)

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