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Point de presse de Mme Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et d’accessibilité aux soins

Version finale

Le mercredi 26 avril 2017, 9 h 32

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-trois minutes)

Mme Lamarre : Bonjour. Alors, ce matin, on va faire un point de presse sur l'évolution des cliniques privées, que le ministre Barrette a choisi d'imposer et de développer, en fait, en prétendant que ce serait un modèle pour évaluer le financement à l'activité. On a fait une demande d'accès à l'information au ministère pour obtenir l'argent qui a été donné à ces trois cliniques. On se souvient qu'il y en avait trois, la Clinique Dix30, RocklandMD et Opmedic, qui avaient été choisies. En fait, Opmedic, pour l'instant, il n'y a rien eu, donc ce n'est pas compliqué. Rockland, il y a eu un premier versement seulement qui a été fait. La clinique où il y a plusieurs versements, c'est la Clinique Dix30 et ce qu'on constate, si on prend par exemple, là, la vitesse de croisière qui a probablement été atteinte dans le dernier trimestre de 2016, bien on se rend compte qu'on a donné 1 million de dollars à cette clinique, la Clinique Dix30. Ce million de dollars là, si on l'extrapole sur une année, ça revient à 4 millions. Donc, on peut penser qu'on va donner 4 millions de dollars de façon récurrente à une clinique médicale privée.

Au même moment, au même moment qu'on donne ce 4 millions… Parce que ce 4 millions, il faut juste répéter, ça inclut des coûts directs, coûts directs qui seraient les mêmes, dans le fond, à un hôpital qu'à une clinique privée, des coûts indirects, qu'on estime à 25 %, donc pour financer les locaux généraux et les frais d'investissement. Mais il y a un 10 % de profit qui a été prévu dans le décret que le ministre a fait et qui est attribué. Donc, sur ce 4 millions de dollars là, il y a un 400 000 $ qui, lui, sert directement à verser de l'argent qui est un profit à une clinique privée, sans aucun service de plus pour la population. Alors, ça, c'est une première étape, donc 400 000 $ qui pourrait être utilisé en services à la population, en soins, et qui n'est pas donné.

Si je reviens à mon 4 millions sur une année, il faut regarder… Parce qu'on parle de la Clinique Dix30. Elle est en Montérégie-Centre, cette clinique-là. C'est l'hôpital Charles-LeMoyne et le secteur qui gravite autour. Eh bien, ce secteur-là de Montérégie-Centre a été coupé, l'année passée, de 7,1 millions de dollars. Alors, comment le ministre peut-il justifier qu'il est obligé d'imposer à un hôpital, et à des services publics autour, des coupures de 7,1 millions de dollars, des coupes importantes, alors qu'il est tout à fait capable de trouver 4 millions de dollars pour donner à une clinique qui est à 2 kilomètres de l'hôpital?

Donc, ça nous questionne beaucoup. Ça illustre que c'est vraiment une façon de faire passer de l'argent qui, normalement, devrait aller à nos hôpitaux… on envoie ça dans des cliniques privées. Et on le sait, au niveau des hôpitaux, on pourrait augmenter les chirurgies, on pourrait en faire plus le soir. On pourrait donc investir tout cet argent dans notre système public, d'autant plus qu'on peut également considérer, avec la vétusté des lieux, qu'on aurait raison d'investir également de l'argent beaucoup plus du côté de nos hôpitaux publics que du côté des cliniques privées.

Alors, c'est préoccupant. Nous, on veut suivre ces données-là de façon très, très rigoureuse. On est aussi convaincus que la clientèle qu'on a dans une clinique privée, qui est souvent une clinique… dans le fond, une clinique d'un jour, n'est pas la même. Donc, quand le ministre prétend qu'il va évaluer le coût réel à partir des patients qui vont être vus dans ces cliniques-là, bien ce n'est pas le cas. Parce que les patients plus complexes, plus lourds, ceux qui ont plusieurs maladies… Les complications également. Évidemment, si les gens ont des complications d'une chirurgie qu'ils ont obtenue, bien, si ça arrive les soirs, les fins de semaine, c'est l'hôpital Charles-LeMoyne qui va écoper.

Alors, on l'a vu avec l'Institut de l'oeil. Ce modèle de clinique privée, alors qu'on coupe tellement, tellement fort dans notre système public, qu'on prive notre système public, vraiment, on l'étouffe et on trouve des montants quand même très significatifs… Je rappelle, on a coupé 7,1 millions pour Montérégie-Centre et on est capable de trouver 4 millions pour une clinique médicale qui est à 2 kilomètres de l'hôpital Charles-LeMoyne.

Donc, on est très préoccupés. On ne croit pas au fait que ce soit nécessaire de faire ce genre d'exercice là pour démontrer les coûts réels. Les coûts réels, ça se détermine par des études temps et mouvements. Il y a toutes sortes d'autres façons. Et des coûts réels d'une clinique privée ne peuvent pas être directement appliqués à un établissement de santé comme un hôpital, où on a différents comités, différentes structures qui sont nécessaires. La prévention des infections. Par exemple, actuellement, il y a du C. difficile sur un étage à Charles-LeMoyne, bien il y a différents enjeux qu'il faut gérer. Au niveau aussi de… on questionne là-dessus, et ça, je vais poser des questions un peu plus tard au ministre, mais de quelle façon les patients qui subiraient un préjudice au niveau de ces cliniques privées… est-ce qu'ils pourraient porter plainte au Commissaire aux plaintes, de la même façon que quelqu'un qui a une plainte dans le système public, actuellement?

Alors, on est préoccupés et, clairement, on voit que la mesure du ministre, en tout cas, avec ces cliniques, c'est une façon indirecte de financer le privé au détriment du public. Et je rappelle, donc, qu'on est capable de couper 7,1 millions dans tous les établissements publics de la Montérégie-Centre et d'attribuer un montant de 4 millions de dollars pour des chirurgies dans une clinique privée à quelques kilomètres de Charles-LeMoyne.

Donc, nous, on pense que, vitement, il faut réinvestir dans nos systèmes de santé publics, arrêter d'étouffer les établissements publics. Et, s'il y a de l'argent dans notre système — et le ministre semble être capable d'en trouver pour les cliniques privées — ça doit être redonné dans notre système public parce que c'est celui qui assure un accès équitable à tous et qui fait en sorte que les gens… On n'amènera pas non plus un déplacement des médecins des hôpitaux vers ces cliniques privées, ce qui va tout simplement avoir comme conséquence qu'on va allonger encore des temps d'attente dans les hôpitaux.

Alors, on invite le ministre à la prudence et on va suivre de très, très près l'évolution de ces chiffres-là. Mais déjà on peut voir, avec le dernier trimestre, où on avait vraiment des chiffres qui ressemblaient à une vitesse de croisière, que, sur un montant de 1 million de dollars, qu'on extrapole sur une année à 4 millions, bien il y a 4 millions d'argent public qui maintenant est donné au niveau du privé. Alors, on continue d'être vigilants au Parti québécois et de suivre ça de façon très proche. Alors, j'ai ici tous les accès à l'information qui ont été demandés pour obtenir ces informations-là. Merci.

(Fin à 9 h 40)

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