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Point de presse de M. Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, et Mme Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation

Version finale

Le jeudi 1 juin 2017, 15 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures six minutes)

M. Blanchette : Alors, écoutez, on est bien contents des premières mesures que le gouvernement fédéral a livrées. Elles sont importantes, dans la mesure que ça représente 867 millions sur une période de trois ans. Ce qui est ce surtout on est très contents, c'est que ça soit complémentaire aux aides que le gouvernement du Québec a mises de l'avant, nos efforts de l'ensemble de la table des partenaires, qui sont ici représentés par des gens des municipalités, les gens de l'industrie, le gouvernement. Il nous manque le syndicat, mais inquiétez-vous pas, pour des raisons d'horaire, ils ne pouvaient pas se joindre à nous, mais chacun des partenaires ont mené leur message, autant auprès du gouvernement fédéral que du côté américain.

Donc, nos efforts ont effectivement porté leurs fruits. On pense à quatre mesures que le gouvernement fédéral a mises de l'avant, des prêts et des garanties de prêt, que BDC, Banque de développement du Canada, et Exportation Développement Canada pourront gérer. On parle d'un montant de 605 millions.

Diversification des marchés et des produits, c'est tout le volet innovation, le volet diversification de produits et de marchés, mais aussi tout ce qui s'appelle construction en bois, en hauteur, etc. Donc, trois types de programmes à l'intérieur de ça, un programme de 45 millions sur trois ans en développement de marché, 55 millions sur trois ans en investissement dans la transformation de l'industrie forestière, et enfin les programmes d'innovation pour un montant de 63 millions sur trois ans. Donc, ces aides-là, les industriels sont habitués à ce type d'aide là pour innover, et souvent le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral interviennent dans ça, on en est très, très contents.

Troisième volet, troisième facette, c'est Programme et mesures de soutien pour atténuer les pertes d'emploi, c'est un 9,5 millions sur quatre ans, géré par Emploi et Développement social Canada. Ça couvre un peu l'ancien programme qu'on connaissait de travail partagé. Donc, c'est une approche directement auprès des travailleurs, travailleuses pour qu'ils puissent développer leurs compétences ou acquérir des meilleures compétences pour être encore plus productifs.

Un quatrième et dernier volet, soutien aux travailleurs et aux collectivités, d'Emploi et Développement social Canada, on parle d'un 80 millions sur deux ans, et une initiative de foresterie autochtone, 10 millions sur trois ans. Toute cette aide-là sera adressée essentiellement lorsqu'il y aura des fermetures définitives d'entreprises. Donc, ce n'est pas celle qu'on préfère utiliser, vous en conviendrez, mais essentiellement ça fait partie des quatre lots d'intervention.

Bien important, on nous a assurés auprès du gouvernement fédéral que, si la situation ou le contexte devait changer... On sait qu'il y a des droits antidumping, dont on ne connaît pas la teneur, qui pourraient s'ajouter le 23 juin. Donc, après ça, il pourrait y avoir d'autres ajustements, d'autres programmes, d'autres mesures que le gouvernement fédéral devrait lancer. On nous a assurés de ça lorsqu'on a eu une conférence téléphonique un peu plus tôt en début d'après-midi.

Donc, très contents, on espère une grande flexibilité de ces programmes-là. Et, sur ce, je céderais la parole à ma collègue Dominique, du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.

Mme Anglade : Merci. Merci, Luc. Alors, le fédéral aujourd'hui envoie un message clair quant à la reconnaissance de la problématique que nous avons au niveau du bois d'oeuvre. Et j'aimerais dire, vraiment, merci à tous les acteurs qui ont été mobilisés dès le départ. Nous avons eu... Que ce soit du côté syndical, que ce soit du côté patronal, des municipalités, tout le monde a été engagé pour vraiment soutenir les 60 000 employés qui existent, qui oeuvrent dans le secteur du bois d'oeuvre. Et l'importance pour nous de soutenir les familles, l'ensemble des familles qui vivent de la foresterie...

Donc, le Québec a été extrêmement proactif, initialement, avec la nomination de notre négociateur en chef, M. Raymond Chrétien, au mois d'octobre dernier, extrêmement proactif également dans la mise en place, dès le jour 1, d'un programme québécois qui fait en sorte qu'on accompagne les entreprises pour des prêts et des garanties de prêt dans les enjeux de liquidités qu'elles ont. Et cette manière, c'était de mobiliser les gens... pourra porter fruit parce que le fédéral arrive avec un programme qui, à mon sens, amène deux éléments importants. Le premier, celui de la complémentarité. Donc, on n'est pas... On va travailler, nous, au niveau des liquidités, le fédéral, au niveau du développement. Donc, on est vraiment en complémentarité avec le fédéral, d'une part.

Et, d'autre part, s'il y a quelque chose qu'on a pu constater depuis la mise en place de notre programme, c'est qu'il faut s'adapter relativement rapidement, être à l'écoute des besoins des entreprises. Nous sommes en contact avec toutes les entreprises. On leur a non seulement envoyé des messages courriels, mais il y a eu également des contacts téléphoniques avec chacune des entreprises. Et il faut s'assurer, là, d'une flexibilité, d'autant plus qu'encore une fois il y a des droits antidumping qui risquent d'arriver à la fin du mois de juin, donc il faut être préparés à avoir cette flexibilité-là. Et le programme fédéral prévoit une flexibilité dans la mise en application. Donc, on est contents de ce que l'on voit aujourd'hui de la part du fédéral. Et nous allons travailler conjointement avec eux pour l'ensemble des 60 000 emplois du secteur de la foresterie. Je vais céder la parole aux autres, je répondrai aux questions par la suite. Alors, je vais céder la parole à monsieur...

M. Blanchette : Non, Mme Beaulieu d'abord.

Mme Anglade : Mme Beaulieu. Excusez-moi.

Mme Beaulieu (Liz) : Il n'y a pas de problème, merci.

Le Modérateur : Pour les fins d'identification... donnez votre nom au complet, s'il vous plaît, puis votre titre...

Mme Beaulieu (Liz) : Oui. Moi, je suis Liz Beaulieu, je suis mairesse de la municipalité de Notre-Dame-de-Pontmain, préfète de la MRC d'Antoine-Labelle et membre de la FQM. Ça fait que moi, je salue, au nom des collectivités, l'aide apportée par le gouvernement fédéral, qui vient en complémentarité avec le gouvernement provincial, qui va permettre à nos petites collectivités forestières de conserver leurs emplois autant directs qu'indirects. Ça fait que c'est important, dans nos petits milieux, quand on parle de collectivités avec des résidents permanents de moins de 1 000 personnes, d'être en mesure d'avoir cette bouffée d'air frais là.

Et avec les programmes qui sont présentés aujourd'hui, on peut aller aussi vers l'innovation. Ça fait que ça va nous permettre de développer différents produits. On va peut-être pouvoir avoir des entrepreneurs qui vont développer avec des nouvelles choses, qui vont nous présenter des projets. Ça fait qu'avec tous les fonds et les programmes qui sont présentés, bien, ça va nous permettre de travailler plus fort dans ce sens-là.

Ça fait qu'avec le Regroupement des communautés forestières aussi, fondé par la FQM, on va aller avec une journée, au mois d'août, d'information et de consultation puis on va aller chercher vraiment nos 225 communautés forestières. Elles vont être présentes, elles vont être représentées, puis on va travailler fort avec des experts pour voir vers quoi on s'en va, surtout, là, avec ce qui va arriver fin juin. Ça va nous permettre, là, d'avoir un enlignement qui est plus sain. Ça fait que, là, pas tout de suite, mais avec les mesures annoncées, bien, on sait qu'on a une forêt de possibilités devant nous, puis c'est avec ça qu'on va travailler.

Mme Anglade : Merci. M. Tremblay.

M. Tremblay (André) : André Tremblay, Conseil de l'industrie forestière du Québec. Écoutez, dans un premier temps, au nom de l'industrie, un remerciement pour la mobilisation à laquelle on a assisté, qui donne les résultats que ça a donnés. Remerciements à Mme Anglade, à M. Blanchette, qui ont assumé le leadership de la table qui regroupe à peu près tout ce que le Québec connaît comme acteurs socioéconomiques, autant syndicaux, municipaux que du monde des affaires. Donc, on voit que, lorsque les acteurs se mettent ensemble pour atteindre un but, bien, ça donne les résultats que ça a donnés aujourd'hui.

Les gens se sont mis ensemble pour une raison simple. Je pense que tout le monde est conscient de l'importance du secteur forestier dans l'économie du Québec, l'importance qu'il joue dans chacune des municipalités, comme le soulignait madame tout à l'heure, il y a quelques minutes. Donc, je pense que c'est un bon pas. Le fédéral a compris qu'il fallait qu'il supporte ce secteur-là et qu'il nous donne, finalement, l'oxygène nécessaire pour continuer la guerre commerciale qui a été entreprise contre les Américains. On a mis en place un régime forestier en 2013, qui, je pense, satisfaisait grandement — non seulement grandement, mais pleinement — les exigences américaines pour qu'on soit considérés comme étant dans un système de libre-échange.

Actuellement, ils nous font des plaintes qui sont inéquitables, non fondées, injustifiées. Il faut avoir l'oxygène pour aller au bout du processus judiciaire. Aujourd'hui, le message que le gouvernement fédéral nous donne et que le gouvernement du Québec nous avait déjà donné par l'entremise de M. Couillard, bien sûr, mais, enfin, le MESI, puis de Mme Anglade et M. Blanchette, c'est que, oui, on sera là, et l'industrie entend bien démontrer qu'effectivement ce régime-là satisfait aux exigences américaines en termes de libre-échange.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que vous connaissez la ventilation originale des sommes, à savoir quelles sont les sommes qui iront au Québec, par exemple, plutôt qu'en Colombie-Britannique ou…

M. Tremblay (André) : Ce qu'on comprend, c'est qu'il n'y a pas vraiment de ventilation régionale. Ce sont des programmes ouverts, où les entreprises qui sont plus en besoin pourront s'adresser aux organismes qui vont gérer les programmes, là. Mais il n'y a pas d'enveloppe provinciale. C'est une enveloppe globale pour l'ensemble des besoins de l'industrie.

M. Blanchette : Peut-être juste pour compléter sur… Ce qu'on sait, par ailleurs, quand il y a des programmes d'innovation, le Québec va chercher plus que sa quote-part en termes d'importance, là. Parce que le Québec, la PME québécoise est très novatrice. Je le dis sans flagornerie, là. Ce qu'on m'a dit au ministère, c'est : Ah! traditionnellement, là, le Québec va chercher plus que sa quote-part sur les programmes d'innovation.

M. Bergeron (Patrice) : Programme ouvert, ça voudrait dire que ça pourrait dépasser les sommes qui ont été annoncées? Si vous dites que c'est une enveloppe ouverte...

M. Blanchette : Les montants d'argent ont été additionnés, donc les sommes d'argent sont prévues. Là, c'est 867 millions sur trois ans. On n'a pas les détails parce que ce n'est pas nos programmes. Nous, on connaît les nôtres. On sait que, s'il y a des bons projets qui sont présentés, bien, on va peut-être faire des efforts pour en ajouter, mais essentiellement je ne peux pas dire la même chose du côté fédéral.

M. Chouinard (Tommy) : Parce que vous avez parlé de notion de quote-part, que généralement, en innovation, on va chercher plus que notre quote-part. La quote-part étant? Quand vous dites ça, vous dites : Le poids du Québec dans l'industrie...

M. Blanchette : C'est ça. Je faisais référence à la quote-part démographique. C'est dans de contexte-là que je disais qu'on allait toujours chercher plus que notre quote-part démographique. Donc, on peut parler peut-être du tiers de toutes les sommes d'argent qui sont annoncées qui pourraient se retrouver au Québec. Le tiers, c'est une évaluation, une estimation interne, là. C'est à peu près un ordre de grandeur, le tiers du 867 millions sur la période de trois ans.

M. Chouinard (Tommy) : Maintenant, il y a évidemment les impacts... Peut-être que le Conseil de l'industrie forestière va être en mesure de répondre à ça. On essaie de chiffrer le coût pour l'industrie des droits compensatoires, compensateurs, en tout cas, fixés par les Américains puis on essaie de comparer ça avec l'aide du fédéral. Dans quelle mesure vous dites : Ça nous donne de l'oxygène pour la bataille? Dans quelle mesure ça vient compenser ce qui est annoncé par les États-Unis en termes de...

M. Tremblay (André) : Votre question n'est pas simple parce qu'il y a toute une question de marchés. Vous comprenez que, dépendant de comment se comporte l'économie, la force de l'économie, le prix de nos produits sur ces marchés-là, ça vient évidemment... ça a une influence sur nos besoins de liquidités ou non, ça va de soi. Mais hier le Conference Board a sorti une étude qui montrait qu'à une taxe de 30 %, on perdait... il y avait plusieurs... c'était 400 millions par année, pour la première année, qui ne se retrouvait pas dans l'économie canadienne. Donc, on privait l'économie canadienne d'une somme de 400 millions par année. Et ce montant-là augmentait à 1,2 milliard dans les années subséquentes. Ça fait que vous comprenez que c'est très important. Est-ce que ce sont des pertes ou des profits non faits, non réalisés? C'est de l'argent qui est soustrait de l'économie canadienne.

M. Chouinard (Tommy) : Je comprends que... oui, parce que vous allez vous tourner vers d'autres marchés probablement ou est-ce que... Qu'est-ce qui est possible pour le Québec comme réaction grâce à ce qui va venir du fédéral?

M. Tremblay (André) : Bien, écoutez, il y a plusieurs avenues. Il y a toute, évidemment, l'avenue d'autres marchés. On a déjà expliqué que l'Asie est plus compliquée pour l'est du Canada que... Bon, mais on parle de deuxième, troisième transformation, on parle d'augmenter, bien qu'on en fasse déjà beaucoup, notre diversification vers des produits qui ont... dans lesquels il y a plus de valeur ajoutée. On parle, je ne sais pas, de murs, de composantes de structures, etc. C'est marginal, ça ne remplacera pas le marché, mais il faut faire des efforts vers ça, il faut continuer nos efforts. Et tout ce qu'on peut placer là, auquel on donne une plus-value importante, bien, c'est du bois qui ne fait pas l'objet de quotas. Ça fait que c'est ce genre d'efforts là sur lesquels on travaille.

Mme Anglade : Puis peut-être, juste clarifier quelque chose. Dans le programme québécois, nous, on vient en aide au niveau des liquidités. Nous, ce qu'on veut s'assurer de faire avec les entreprises, c'est que, si elles ne sont pas en mesure de payer, n'ont pas les sous pour payer les droits compensateurs, qu'on soit là pour les soutenir là-dedans. Ce que vient faire le fédéral, c'est en plus, en termes de développement, de croissance, d'exportations, être là pour des programmes qui permettent aux entreprises, au-delà des taux compensateurs, d'aller plus loin. Donc, on couvre, en fait, la chaîne, de l'aspect des liquidités jusqu'à l'aspect du développement. Donc, c'est vraiment pour dire que l'industrie au complet est soutenue dans toute la chaîne de développement.

M. Chouinard (Tommy) : Rafraîchissez-moi la mémoire, l'aide québécoise équivaut à...

Mme Anglade : Bien, écoutez, les chiffres, qui sont encore des estimés, c'étaient des besoins de l'ordre de 300 millions. Mais ce qu'on a dit dès le départ, ce qu'on a dit dès le départ, c'est que nous allions répondre présent aux besoins de l'industrie. Donc, peu importent les montants qui vont être mis sur la table par les entreprises, nous allons être présents. Les estimés tournent autour de ça.

M. Blanchette : Oui. Puis, si on calcule sur la période de trois ans pour avoir un comparatif avec le fédéral, le provincial, autant du côté des garanties de prêt que des différents programmes d'innovation, que les programmes d'hydroélectricité à tarif réduit, on parle de 1,3 milliard sur une période de trois ans pour le gouvernement du Québec exclusivement.

Maintenant, est-ce que cet argent-là va être utilisé? Pas nécessairement. Il y a peut-être des entreprises qui n'utiliseront pas leurs garanties de prêt. Ce n'est pas nous qui allons les forcer. Ça fait que cette somme d'argent là, c'est des sommes mises à la disposition. Si je n'ai pas de projet d'innovation qui lève, à ce moment-là il n'y aura pas d'utilisation des fonds mis à la disponibilité. Ça fait que le 1,3 milliard, il est théorique, calculé, estimé jusqu'à un certain maximum, mais, si jamais tout cet argent-là ne se dépensait pas, on pourra regarder les choses.

M. Chouinard (Tommy) : Auquel s'ajoute le montant du fédéral si...

M. Blanchette : Oui, auquel s'ajoutent 867 millions sur trois ans du gouvernement fédéral. Je voulais un peu faire le comparatif entre les deux.

M. Chouinard (Tommy) : ...300 si je comprends bien.

M. Blanchette : Pardon?

M. Chouinard (Tommy) : En fait, ça va être le tiers, si j'ai bien compris...

Mme Anglade : Le tiers. Vous pouvez estimer le tiers.

M. Blanchette : Ah! oui, oui, mon tiers du début, là?

Mme Anglade : Oui.

M. Chouinard (Tommy) : Oui.

M. Blanchette : Bien, c'est ça. L'autre chose qu'André Tremblay a commencé à parler tout à l'heure, c'est qu'on va essayer de stimuler l'utilisation du bois en bois de structure, en bois d'apparence, mais aussi en biocarburant, en biomasse. Et, si on fait ça, on se trouve à diversifier notre économie dans la filière de production, et donc c'est autant de ressource ligneuse en moins à exporter aux États-Unis. C'est sûr que la diversification fait toujours partie des stratégies qu'on a comme gouvernement pour sortir un peu des multiples conflits sur le bois d'oeuvre qu'on a pu vivre. C'est le cinquième. On espère jamais n'en voir un sixième. Mais ça, je ne peux pas prévoir.

M. Chouinard (Tommy) : ...ça fait plusieurs années, je pense, qu'ont été apportées des modifications au Code du bâtiment, justement, pour l'utilisation du bois. Est-ce que ça, ça a produit ses effets? Puis est-ce qu'il faudrait aller plus loin?

M. Blanchette : On est vraiment, à ce niveau-là, présentement...

M. Chouinard (Tommy) : On est encore réfractaires, côté architectes, ingénieurs, d'utiliser le bois.

M. Blanchette : C'est ça. Bon, nous, on a financé, à l'Université Laval, à l'Université du Québec à Chicoutimi, la formation des ingénieurs et des architectes pour pouvoir utiliser plus de bois en construction. Présentement, le Code du bâtiment du Québec est plafonné à 12 étages. En Colombie-Britannique, c'est 18 étages. Donc, éventuellement, on devrait se rendre là. Et c'est vraiment dans les bois de structure, dans les poutrelles, etc. C'est ça dont on parle quand on parle de diversification. Le 2 X 4 a un droit compensatoire, mais, si on le colle ensemble, pour reprendre l'expression du premier ministre, ça devient de la valeur ajoutée. Donc, c'est peut-être une voie qu'on est intéressés à prendre.

M. Bergeron (Patrice) : On dit souvent que le diable est dans les détails. Est-ce que vous avez des détails précis sur les modalités de distribution, donc, de ces fonds-là, fédéraux? Parce que ça peut être, des fois, des problèmes de délais, de retards, comme vous le savez, ça peut jouer aussi. Est-ce qu'il va y avoir de la flexibilité? Est-ce que vous avez été mis au courant un peu des règles pointues...

M. Blanchette : Oui. Ce qui se passe en séquence, parce qu'on a eu la conférence téléphonique avec les autres ministres des Forêts et M. Carr, on a eu le premier jet d'information qu'on retrouve à Radio-Canada en détail. Mais essentiellement, si on reprend les conditions d'admissibilité, le détail, les échéanciers, etc., il y a une rencontre avec les sous-ministres de toutes les provinces canadiennes qui va se faire en fin d'après-midi, pour laquelle on a une série de questions pour avoir des précisions sur les critères, conditions d'admissibilité pour chacun de ces programmes-là, O.K., parce qu'il y en a plusieurs. On parlait d'une dizaine, eux autres aussi, de programmes dans les quatre facettes que j'ai données tout à l'heure.

M. Tremblay (André) : Juste, donc, en complément, quand M. le ministre parlait des résultats des modifications au Code du bâtiment, vous vous rappelez qu'Arbora est le plus gros projet de construction en bois : 450 unités de condos en bois de structure à Griffintown, au centre-ville de Montréal. Actuellement, le plus gros projet en Amérique du Nord qui ne s'est jamais fait, c'est le Québec qui est en train de le faire. Ça fait que ça, c'est des résultats des actions gouvernementales aux modifications du Code du bâtiment.

M. Chouinard (Tommy) : ...constatez que l'industrie de la construction est réfractaire à l'utilisation de cette matière-là? Est-ce qu'il y a une question de coûts qui vient faire en sorte que…

M. Tremblay (André) : En termes de coûts, on est très compétitifs, mais il faut que les menuisiers s'adaptent un peu. Il faut que les gens qui sont habitués de faire de l'armature d'acier fassent de l'armature de bois. C'est un peu différent, mais ça s'apprend très bien. C'est vraiment facile. Ce n'est pas un problème.

M. Blanchette : Et par ailleurs on a une charte du bois pour favoriser cette exemplarité-là. On s'en va vers ça. Dans le fond, c'est beaucoup une campagne de sensibilisation. Et on était 47 partenaires, tout récemment à Montréal, pour faire ce lancement-là de la campagne de promotion, où on aura des produits innovants, où on aura des besoins de main-d'oeuvre, parce que, oui, on a en plus une pénurie de compétence dans cette industrie-là. Donc, on fera, à partir de cette campagne de promotion là, la promotion de l'utilisation du bois ou de la construction en bois. Ça va? Merci infiniment.

(Fin à 15 h 25)

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