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Point de presse de M. François Paradis, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et de services sociaux

Version finale

Le mercredi 20 septembre 2017, 15 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures quarante-quatre minutes)

M. Paradis (Lévis) : Eh bien, bonjour à tous. Merci d'être là. Puis c'est une journée importante. C'est une journée importante parce qu'aujourd'hui c'est, à mon sens, un gain pour les aînés. Alors, aujourd'hui, on répond, et il y a une décision qui répond à un besoin exprimé par les aînés du Québec, par la population du Québec, puis c'est un dossier qui dure depuis longtemps.

Ma première question au salon bleu, premiers dossiers abordés au salon bleu, trois ans de ça, c'étaient des dossiers concernant l'hygiène aux aînés. On parlait, à ce moment-là, des bains au noir. Puis ensuite est venue cette norme, qui n'existe pas chez nous, c'est-à-dire de se poser la question fondamentalement : Est-ce que nos aînés méritent un deuxième bain lorsqu'ils le veulent et qu'ils le peuvent? Puis là c'est bien drôle, ça. Parce que combien de fois le ministre m'a répondu en disant : Bien, on ne peut pas baigner un aîné de force? Ça a toujours été sa réplique pour dire non à cette volonté qu'on nous exprimait, à ces questions que la CAQ posait pour faire en sorte que, dans leur milieu de vie, ce besoin fondamental d'hygiène soit répondu. Et on a toujours dit, et je le répète, que les bains soient donnés à ceux qui le veulent et qui le peuvent. Et aujourd'hui le ministre fait volte-face.

Alors, je vous dirai que c'est un gain pour les aînés, et, en ce sens-là, bien, je m'en réjouis que ceux et celles qui veulent un bain, qui le désirent et qui le peuvent, puissent maintenant en avoir un. Ça a été long. Ça a été très long. Je me suis étonné à de nombreuses reprises. Je me suis questionné sur le pourquoi de ce délai, qu'est-ce qui faisait que le ministre de la Santé ne puisse pas comprendre ce que l'ensemble des Québécois et des Québécoises réclamaient. Pas comme rien, là. Un sondage à 92 %. C'était une évidence. Des aînés qui continuaient à nous écrire régulièrement en disant : J'aimerais que. Des familles qui s'impliquaient. Comment se fait-il que ça ait pris tout ce temps-là? Réjouissons-nous; maintenant la décision est prise. Mais il faut aller plus loin.

Alors, le ministre nous dit : Il y aura deux bains par semaine pour ceux qui le veulent et qui le souhaitent. Il y aura des sommes investies et il y aura des gens engagés, mais on n'a pas encore de norme officielle inscrite. En Ontario, dans un cadre réglementaire, dans la loi, il est dit qu'on doit assurer deux bains par semaine aux aînés qui le souhaitent et qui le veulent.

Moi, je ne veux pas que dans un temps x on puisse dire : Bien, soudainement, on retire cette directive-là; je veux qu'on en fasse une réalité, je veux qu'on la cristallise par un écrit. On a besoin d'une norme officielle minimale de deux bains par semaine pour ceux qui le souhaitent et qui le veulent. C'est ça, le respect de nos aînés. C'est ça que les aînés réclament, c'est ça que les Québécois et les Québécoises réclament, c'est ça que les familles réclament également.

Alors, en ce sens-là, on a encore du chemin à faire. Mais le ministre a bougé, là. Ça a été long. On l'a questionné à maintes reprises au salon bleu, à travers des entrevues, en rencontres individuelles. On l'a questionné de nombreuses fois là-dessus, et là, aujourd'hui, il bouge.

Alors, sur cette erre d'aller là, allons plus loin avec la norme inscrite, faisons de cette norme-là, de ce respect-là, de ces besoins fondamentaux là, faisons donc de cette décision une norme qui sera officielle et qui restera au-delà du passage des gouvernements, au-delà des budgets, fondamentalement. C'est 36 millions sur un budget global d'au-delà de 35 milliards. Faisons la proportion. Alors, il y avait des priorités. Pour nous, c'en était une. Ça en reste une. Aujourd'hui, on répond à une partie. Allons maintenant plus loin. Et là j'invite le ministre à le faire, à dire : Regardez, j'y crois tellement que je l'inscris. Alors, on sera comme les voisins ontariens. Il n'y a pas de raison pour qu'on fasse autrement. Puis allons plus loin, passons à un autre dossier, sur une erre d'aller.

Le ministre a dit récemment : J'ai de l'argent supplémentaire, là. Ah! bien, qu'il accepte également, comme on le souhaite, de doubler les budgets pour l'achat d'aliments des repas de nos aînés — on est encore à 2 $ et quelques — de faire grimper ça à 4 $ pour l'achat d'aliments pour les repas de nos aînés, au-delà de la forme et de la consistance, la matière première, les aliments. Je pense qu'il est temps qu'on fasse la différence. D'ailleurs, ça a été réclamé, ça aussi, depuis longtemps par de nombreux organismes, toujours, encore une fois, en fonction du mieux-être de nos aînés dans leur milieu de vie.

Alors, un pas dans la bonne direction, un gain. Les choses changeront le plus rapidement possible, j'espère, bien sûr, mais qu'on l'inscrive et qu'on concrétise, au-delà du temps, une norme puis un besoin fondamental comme celui-là.

M. Bellerose (Patrick) : Avez-vous l'impression que c'est seulement une question d'argent pour le gouvernement, le refus pendant deux ans, trois ans, de donner ce deuxième bain?

M. Paradis (Lévis) : Bien, c'est une question de priorité. Enfin, ça aurait dû être une question de priorité fondamentale, à la base. Alors, au-delà de ça, là, le 36 millions, là, à travers un budget de 35 milliards, je vous le disais, avec des surplus, hein, des surplus de 2,5 milliards... C'est 36 millions sur un besoin fondamental, alors il y a longtemps qu'on aurait dû agir. Le ministre dit que maintenant il a les marges de manoeuvre, mais faisons en sorte que ça ne soit pas tributaire de marges de manoeuvre ou d'aléas économiques. C'est un besoin auquel on doit répondre coûte que coûte.

M. Bellerose (Patrick) : Ce que je voulais dire, c'est : Avez-vous l'impression que le ministre a refusé pendant trois ans seulement pour des raisons comptables?

M. Paradis (Lévis) : Bien, c'est ce qu'il vous dira. Moi, je pense que le ministre ne comprenait pas ce que les gens disaient. Le ministre a parlé de spectacle; il n'y a pas de spectacle là. Le ministre a parlé de débarbouillettes, le ministre a parlé que les soins se faisaient bien. Il n'a jamais été question puis il n'a jamais mentionné le travail des préposés aux bénéficiaires qui en font plus qu'on leur demande, jamais ça n'a été remis en question. Mais les préposés eux-mêmes se questionnaient sur ce qu'ils devaient faire.

Je pense que c'est une notion de priorité. Ce n'était pas la priorité du ministre. Maintenant il le sent, le questionnement était là. Le public, les Québécois, les familles, les aînés eux-mêmes le réclamaient. Mais, à un moment donné, devant l'évidence, tu n'as pas le choix, là.

Alors, au-delà... beau dire : Aujourd'hui, j'ai de l'argent dans mes poches, je suis capable de le faire, là, mais, plus que ça, lorsque la pression citoyenne, puis la pression populaire, puis la pression de ceux de qui on parle est assez forte... Bien, ça a pris trois ans pour comprendre, mais là il a compris.

M. Boivin (Mathieu) : Ça a-tu l'air d'un bonbon électoral? C'est ce que M. Lisée nous disait ce matin. Il a dit : Bien oui, évidemment, là on se retrouve avec 300 millions à un an des élections, puis là tchouk, tchouk, tchouk, envoie, tout le monde.

M. Paradis (Lévis) : Mais, au-delà de la forme que ça peut prendre puis de l'idée qu'on peut s'en faire, moi, je pense que fondamentalement il était temps qu'on agisse. Puis on aurait continué à se battre pour que ce besoin fondamental là soit comblé.

Alors, s'il joue ça comme un bonbon électoral, s'il a l'impression que c'en est un, que ce n'en est pas un, moi, fondamentalement, à la base, là, au-delà de quelque date sur le calendrier, moi, l'important, c'est que les aînés aient ce qu'ils méritent puis ce qu'ils souhaitent. Et ça a été clairement exprimé au fil des mois et des années. Et maintenant, bon, on est rendus là.

Mme Porter (Isabelle) : M. Barrette a dit que c'était une question d'arbitrage, dans le fond, que, un, il n'avait pas les moyens de se le payer avant, tout ça, donc finalement qu'il avait peut-être probablement d'autre chose à payer. Si on avait eu avant à faire un arbitrage puis peut-être mettre ça en priorité sur d'autre chose, où est-ce qu'on aurait dû aller le chercher, le 36 millions?

M. Paradis (Lévis) : Si on a un budget de 35 milliards en santé, on a des marges de manoeuvre. On décide d'investir. On a quand même la liberté d'investir, de bouger avec les moyens qu'on a puis en fonction des priorités qu'on se donne. Le frigidaire est vide à la maison, là, je veux dire, ma priorité, ça va être de le remplir, si je veux nourrir ma famille. C'est ma priorité. Je vais choisir puis je vais faire en sorte de combler ce besoin-là. C'en est un besoin. Il est de base. Il est fondamental. On en parle depuis trois ans. Tout le monde le réclamait. Mais, chaque fois, chaque fois qu'on parlait de ce dossier-là, rarement le ministre a dit : Bien, c'est parce que je n'ai pas les moyens, j'attends l'équilibre budgétaire, lorsque l'équilibre sera là on le fera. Le ministre a toujours dit : Bien non, regarde, c'est correct; on lave à la débarbouillette, c'est correct; on fait les soins d'hygiène de telle façon, c'est correct. Mais, au-delà de ça, il fallait aller plus loin. On y va maintenant. Priorité du gouvernement. Besoins budgétaires, capacité financière, mais en fonction de priorités. Quand on priorise quelque chose, on va chercher l'argent pour combler ce besoin-là.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Paradis, déjà on a évoqué la possibilité d'avoir des problèmes de recrutement. Est-ce que ça ne fait pas craindre qu'on se retrouve — et j'ai posé la question à M. Barrette, il dit : Non, non, non, mais... — dans un an, bon, on a mis 35 millions de dollars, mais finalement on n'a pas le personnel pour mettre notre mesure en place?

M. Paradis (Lévis) : Bien là, il va falloir qu'on ait une vision d'avenir également. Puis c'est assez étonnant, dans ce dossier-là du manque de ressources en CHSLD. Puis comprenons bien pourquoi, hein : la lourdeur de la tâche, la non-valorisation de la profession. Ce n'est pas d'hier qu'on sait que les aînés en CHSLD, que la population est vieillissante, que les cas seront de plus en plus lourds, mais soudainement on se rend compte qu'il y a un besoin de recrutement puis qu'on manque de ressources. On aurait dû penser à ça. Là, c'est une question de vision. On le savait depuis longtemps qu'on devait faire face à ça. Mais là ça passe par la valorisation de la profession, la sensibilisation, l'ajout de ressources, mais ça se bâtit tranquillement.

Le gouvernement du Parti libéral est là depuis 15 ans, là. On ne vient pas de se réveiller, vous et moi, en se disant ce matin, là : Il se pourrait qu'il y ait plus d'aînés, puis il se pourrait que les cas soient plus lourds, puis il se pourrait que les ressources aient besoin davantage de formation puis soient obligées d'intervenir davantage. On n'invente rien, là, tout se préparait. Mais là soudainement on fait face à la crise.

Bien oui, on devrait engager. Puis si on valorise la profession, puis si on donne le temps aux préposés aux bénéficiaires, si on les accompagne dans ce qu'ils ont à faire, si on forme correctement les préposés, on sera en mesure de répondre à la demande. Mais, s'il y a un besoin urgent aujourd'hui, si on doit répondre à une crise, c'est qu'on a mal fait sa gestion et on aurait dû le faire bien avant. Merci.

(Fin à 15 h 54)

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