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Point de presse de Mme Dominique Anglade, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Version finale

Le mercredi 5 juin 2019, 11 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-neuf minutes)

Mme Anglade : Alors, aujourd'hui, en période de questions, le chef de l'opposition a posé une question au premier ministre par rapport à l'entreprise Velan, qui, depuis le mois de janvier, a annoncé des centaines de délocalisations. Et le premier ministre, premièrement, n'a pas répondu, ne s'est pas levé pour répondre à la question, il a préféré laisser ce rôle au ministre de l'Économie. Mais, lorsqu'il s'est levé, c'était pour cautionner le fait que, dans le fond, il y avait de la délocalisation.

La délocalisation, ça existe. Le fait d'avoir le premier ministre du Québec qui vienne le cautionner, sous prétexte que ce ne sont pas des emplois qui sont particulièrement payants, je pense que ça fait preuve d'un manque de sensibilité par rapport aux familles qui sont touchées par les délocalisations. Premièrement.

Et ça, en fait, ça vient un peu en contradiction aussi avec ce qui se passe chez ABI, où le premier ministre a décidé de prendre le côté de l'employeur et en disant que les emplois étaient déjà de très bons emplois, des gens étaient trop bien rémunérés. Alors, quand vous n'êtes pas bien rémunérés, ce n'est pas important; quand vous êtes trop bien rémunérés, le premier ministre prend le côté de l'employeur. Quand est-ce que le premier ministre prend le côté réellement des travailleurs au Québec?

Lorsqu'on regarde ce qui s'est passé hier, avec le Groupe Maurice, on constate que le premier ministre maintenant dit que ce n'est pas stratégique. Pourtant, lorsqu'il était dans l'opposition, il disait lui-même que St-Hubert, c'était une entreprise qui était importante et qu'il fallait garder ici. Le message qui est envoyé à ce moment-là c'est que, pour les personnes aînées, ce n'est pas stratégique, mais, quand il s'agit du poulet, par contre, ça, ça peut être considéré comme stratégique.

Aujourd'hui, on apprend que Bombardier souhaite vendre les CRJ à la compagnie Mitsubishi. J'espère et je demande au premier ministre... savoir s'ils sont impliqués présentement pour préserver les emplois.

Quand ce genre de transaction est en train de se matérialiser, l'important, pour le Québec, c'est de préserver des emplois. Et là, je suppose qu'il ne va pas pouvoir dire que ce sont des emplois qui ne sont pas payants. Je suppose qu'il ne pourra pas dire que ce n'est pas une entreprise stratégique. Je me demande bien les propos qu'il va avoir.

Ce qui est important dans ce cas-ci, encore une fois, c'est de préserver les emplois, c'est aller à la défense des intérêts des travailleurs. Le gouvernement du Québec a été largement impliqué avec l'entreprise Bombardier. Je pense que c'est la moindre des choses que de s'asseoir avec l'entreprise et de voir de quelle manière on est capables de préserver ces emplois.

Donc, ce que l'on demande, d'un point de vue économique, c'est, franchement, beaucoup plus de cohérence. On nous a promis mer et monde. Or, ce que l'on constate, c'est que présentement ce sont des spectateurs, d'un point de vue économique, on ne voit pas d'effet réel sur le terrain, et plusieurs annonces dans les derniers jours, dans les dernières semaines, qui démontrent qu'on ne prend pas le côté des employés, on ne prend pas le côté des travailleurs. Et ça, c'est préoccupant.

M. Dion (Mathieu) : Mais même vous, quand vous étiez ministre, vous disiez souvent, mettons, dans le cas de Vélan ou du Groupe Maurice, que vous aviez les mains liées, vous ne pouviez pas faire grand-chose finalement. Reconnaissez-vous que le ministre de l'Économie ainsi que son premier ministre sont dans la même situation que vous? Vous l'avez été...

Mme Anglade : Non. Je vais vous dire pourquoi. Parce que, depuis le départ, on a dit qu'il y a des entreprises qui étaient stratégiques. Nous, on mentionnait que c'était des importances d'entreprises stratégiques. Et d'autant plus que dans certains secteurs on a pris des risques importants avec les entreprises pour les accompagner. Donc, on a posé des gestes.

Mais même dans le cas de délocalisations, même dans le cas où il y avait des transformations importantes d'entreprises, on s'asseyait pour voir de quelle manière on allait préserver les emplois, qu'on allait accompagner les travailleurs, qu'on allait faire... On ne cautionnait pas les positions pour connaître la situation, mais on s'asseyait avec les travailleurs pour essayer de voir de quelle manière on allait pouvoir les accompagner.

Or, je ne sens aucunement cette préoccupation-là. Quand le premier ministre ne se lève même pas pour répondre à une question qui touche, quand même, des centaines d'employés au Québec, on peut se poser la question : Est-ce que, même, ça l'intéresse? Et sa réponse, c'est : Ce ne sont pas des emplois payants.

Moi, je vais vous dire une chose, peu importe le salaire que faisaient les gens, quand j'étais ministre de l'Économie, jamais je n'ai justifié ma non-implication par le fait que les salaires étaient plus bas que la moyenne, jamais, et jamais vous ne me verrez faire ça. On comprend tous qu'on veut des salaires plus élevés, mais on ne peut pas non plus prendre les salaires les plus bas, puis dire qu'on ne fera rien pour ça, puis que c'est normal, et que c'est la suite... c'est le cours des choses. C'est quand même le premier ministre du Québec.

M. Dion (Mathieu) : Mais, dans le cas du Groupe Maurice, il n'y a plus rien à faire pour le gouvernement, n'est-ce pas? C'est purement d'intérêt privé, et le centre décisionnel demeure ici, à quelque part...

Mme Anglade : Dans le cas du Groupe Maurice, la chose que je souligne particulièrement, c'est l'incohérence du gouvernement. On ne peut pas dire à la fois : On veut protéger les sièges sociaux, et là on veut s'impliquer d'un point de vue stratégique, on nous dit : Ce n'est pas stratégique. Mais c'est quand même le premier ministre François Legault qui a déchiré sa chemise sur la vente de St-Hubert. Il a littéralement dit : Il faut absolument tout faire par rapport à St-Hubert, qui a été acquis par des intérêts ontariens. Or, aujourd'hui, en quoi est-ce que St-Hubert est plus stratégique que nos aînés?

M. Dion (Mathieu) : Vous qui avez eu les mains dedans, là, qu'est-ce que le gouvernement peut faire concrètement avec Bombardier? Où sont ses options, réellement, pour faire quelque chose dans le cadre d'une transaction qui pourrait survenir comme celle-là?

Mme Anglade : Bien, premièrement, il faut être impliqué en amont avec les entreprises importantes du Québec, donc j'espère que ça fait longtemps qu'ils sont assis avec Bombardier pour discuter des différentes options, premièrement; deuxièmement, garantir les emplois, garantir les emplois à terme. On a beau dire ce que l'on veut sur la transaction avec le CSeries, mais la réalité, c'est que les emplois ont été garantis pendant 25 ans, puis il n'y a personne qui a perdu son emploi, là. Alors, ça fonctionne toujours à Mirabel. Donc, il faut que le gouvernement s'implique pour garantir les emplois puis être à la table.

M. Dion (Mathieu) : Quand vous étiez là, est-ce que Bombardier vous tenait vraiment au courant de ce qui allait...

Mme Anglade : Moi, j'étais tout le temps... ah oui! mais pas juste avec Bombardier, avec les grands donneurs d'ordres. On est tout le temps en discussions avec eux. Il faut être en discussions avec les grands donneurs d'ordres.

M. Dion (Mathieu) : Donc, pensez-vous que c'est différent avec la CAQ maintenant?

Mme Anglade : Bien, je ne le vois pas. Je veux dire, un exemple de ça, c'est... honnêtement, la question sur le groupe Velan, vous me direz : Ce n'est pas une aussi grande entreprise...

M. Dion (Mathieu) : Non, mais si on parle de Bombardier précisément?

Mme Anglade : Précisément. Absolument. Il faut être constamment en communication.

M. Dion (Mathieu) : ...Bombardier, est-ce qu'ils vous tenaient au courant? Est-ce qu'ils vous tenaient impliqués dans tout?

Mme Anglade : Absolument. On était impliqués, on était impliqués.

M. Dion (Mathieu) : Est-ce qu'il y a des choses qu'on croit que ça pourrait être différent maintenant?

Mme Anglade : Je ne le sais pas. À eux de répondre à la question. Mais, quand je vois que l'on nous parle de la vente de CRJ à Mitsubishi, je n'ai rien entendu de la part du gouvernement pour venir rassurer les employés de ce secteur. Je n'ai rien entendu, pas une communication, je n'ai rien vu. Alors, la question se pose : Où sont-ils sur cet enjeu-là? Et on les voit absents sur d'autres enjeux. On peut se poser la question : Où sont-ils?

Une voix : Merci.

Mme Anglade : Merci.

(Fin à 11 h 36)

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