Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mercredi 18 mars 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures cinq minutes)

M. Legault : Oui, merci, tout le monde. Le bilan de la dernière journée, on a maintenant 94 cas de personnes qui sont infectées au coronavirus, donc c'est une augmentation de 31 par rapport à la journée précédente. Parmi ces personnes, il y en a six qui sont hospitalisées, dont quatre aux soins intensifs.

Malheureusement, on a un premier décès au Québec. C'est une personne âgée qui vit dans Lanaudière. Je veux évidemment, là, transmettre toutes mes sympathies à la famille puis aux proches de cette personne. Je veux aussi vous dire que toutes les mesures ont déjà été prises pour retracer toutes les personnes qui ont été en contact avec cette personne qui est décédée.

On a actuellement 3 600 personnes qui sont sous investigation, 5 200 qui ont eu un résultat négatif. Maintenant, on va augmenter aujourd'hui notre capacité à 3 000 tests par jour, et, d'ici vendredi, on va augmenter à 5 000 tests par jour. Et on a assez d'équipement, incluant les écouvillons, et toute la capacité d'analyse des laboratoires pour augmenter, donc, ce nombre de tests.

Vous dire aussi... Je sais qu'il y a eu des délais d'attente qui étaient un peu longs au 8-1-1. Aujourd'hui, on passe de 400 à 450 infirmières qui répondent au 8-1-1. Et on va en ajouter 150 infirmières de plus demain pour répondre au 8-1-1. Mais je veux demander aux Québécois, là, être bien clair, de commencer par appeler au 1 877 644-4545, et les cas qui nécessitent de parler avec une infirmière pour un test vont être transférés du 8-7-7 au 8-1-1. Donc, c'est important, là, que tout le monde appelle le 1 877. Je comprends qu'une fois qu'il y a un transfert au 8-1-1 il y a eu puis il y a encore des délais qui peuvent être longs. Mais, comme je vous dis, on passe de 400 à 450 infirmières juste pour répondre au 8-1-1 puis demain on en ajoute 150. Il faut prendre quelques jours pour former ces personnes-là.

Bon, évidemment, il faut regarder les choses en face. C'est certain que le nombre de personnes infectées augmente. Il faut être prudent quand on regarde la progression parce qu'étant donné qu'on fait plus de tests c'est normal qu'il y ait plus de personnes infectées. Mais je peux vous dire, là, que les mesures qu'on a mises en place au cours des derniers jours, ça fonctionne, ça ralentit la progression du virus. Donc, il ne faut pas baisser la garde. On va, au cours des prochains jours, regarder s'il faut ajouter à ces mesures.

Mais, bon, je veux peut-être revenir sur les rassemblements. Pas de rassemblements, incluant tous les lieux de culte, c'est important de le préciser. Puis, bon, je veux aussi dire aux personnes qui nous écoutent que je comprends qu'il y en a qui peuvent être inquiètes, angoissées. C'est normal, là, d'avoir de l'anxiété. Mais, je pense, entre autres, aux personnes âgées qui sont seules à la maison. Il n'y a aucun risque de contracter le virus si vous êtes seul à la maison, si vous ne rencontrez pas d'autres personnes. Donc, je veux juste le répéter.

Je veux dire aussi à tous les Québécois que notre réseau de la santé est prêt. On actuellement six personnes qui sont hospitalisées, mais, en retardant certaines chirurgies, on a actuellement 2 300 lits qui sont disponibles. Ça veut dire qu'on est capables de passer de six à 2 300, là. Donc, il y a toute une marge, là, avant de penser que le système de santé soit congestionné, puis on peut augmenter. Danielle le disait hier, on pourrait délester jusqu'à 6 000 lits pour accueillir les personnes qui auraient éventuellement le coronavirus.

Donc, je veux vous dire, là, on a la capacité en lits. On a toute la capacité aussi en équipements pour les prochains jours, les prochaines semaines. Puis je peux vous dire, là, je parle à beaucoup de gens du réseau de la santé, le personnel soignant est plus mobilisé que jamais, est prêt. Si la situation s'accélère dans les prochains jours, là, le réseau de la santé est très prêt. Et puis, encore une fois, merci à nos anges gardiens, là, mais ils sont là. Si jamais la situation s'accélère davantage au cours des prochains jours, le réseau puis le personnel, nos anges gardiens sont prêts.

Bon, je comprends qu'il y a certaines inquiétudes chez les travailleurs qui continuent de travailler. Par contre, c'est important que la société continue de fonctionner, qu'on continue à produire les biens, les services, surtout ceux qui sont plus essentiels. Donc, on a des bonnes discussions avec le Dr Arruda à cet effet-là. Ça se peut que les consignes ajoutent des fermetures au cours des prochains jours. Mais, pour l'instant, on a besoin de vous autres, là. Donc, je veux lancer aujourd'hui un message à tous les travailleurs, travailleuses : Faites attention à vous, restez toujours à un ou deux mètres des autres personnes, de vos collègues de travail.

Bon, maintenant, j'ai vu tantôt les mesures qui ont été annoncées par le gouvernement fédéral. Je suis content de voir ces mesures, c'est une bonne nouvelle. On va aider les individus. Le gouvernement fédéral va aider les entreprises, et le gouvernement fédéral a réussi à avoir une entente avec le gouvernement américain pour que les personnes ne circulent plus à la frontière. Ça inclut évidemment les touristes, tout en ménageant les biens. Il faut que les biens continuent de circuler, puis le gouvernement américain est d'accord avec ça. N'oublions pas qu'on est encore en hiver, donc beaucoup de fruits et légumes qui viennent des États-Unis, beaucoup de médicaments qui viennent des États-Unis. Donc ça, c'est sous contrôle. Mais il n'y aura plus de touristes américains qui vont entrer au Québec, donc ça, c'est une très bonne nouvelle.

On a eu une rencontre, ce matin, avec Chrystia Freeland puis les premiers ministres de toutes les provinces, donc on a eu l'occasion de partager des mesures, des situations. On a continué à discuter d'économie. Je pense qu'il y a un bon travail qui se fait par toutes les provinces puis le gouvernement fédéral.

Je veux bien sûr remercier, hier, tous ceux qui ont répondu à mon appel, donc, les artistes, les sportifs, j'oserais dire même les humoristes, même ceux qui se sont moqués de moi. Ça fait du bien de rire, je peux vous dire ça. Et puis continuez les messages, là, il faut continuer à rejoindre le plus possible tous les Québécois, incluant les jeunes, puis de dire d'être prudent puis de ne pas faire de rassemblements. Donc, je veux sincèrement vous remercier. J'ai été impressionné par la solidarité, là. Puis j'étais chez moi hier soir, là, très content de voir ça sur les médias sociaux. Donc, un énorme merci.

Donc je termine en vous disant : Chaque geste compte pour ralentir la propagation du virus, chaque geste peut sauver des vies, donc soyons prudents. Il faut en faire plus que moins. La bataille va être dure, la bataille va être longue, elle fait juste commencer, mais je suis convaincu qu'ensemble on est capables de la gagner, cette bataille. Merci.

Le Modérateur : Merci, M. le premier ministre. Pour la période de questions, on dispose d'une période d'environ 30 minutes. On va commencer avec Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour. La personne qui est décédée, est-ce que c'est quelqu'un qui rentrait de voyage ou on parle de contamination communautaire?

M. Legault : Bon... Bien, je vais laisser M. Arruda, mais vous allez comprendre, là, qu'on veut être prudents parce qu'on ne veut pas faire paniquer personne. Donc, je vais laisser M. Arruda, là.

M. Arruda (Horacio) : Premièrement, vous comprendrez que j'ai une très, très grande préoccupation en lien avec la confidentialité. Quand on nomme des histoires comme ça... puis probablement que ça va fuir ou que ça va sortir dans les médias, mais c'est une personne d'un certain âge qui vivait dans une région, là, Lanaudière, on va le dire, et qui aurait été en contact avec des gens qui auraient fait des voyages. Puis après ça, il faut que vous compreniez qu'après ça, nous, dès qu'on a un cas, il y a toute une investigation qui est faite. Le milieu où était la dame est investigué, les contacts, l'histoire précise des déplacements de la dame, mais aussi des visiteurs qu'elle aurait pu avoir, des soignants, etc., est faite et ça devient, à ce moment-là...

L'information, je pense, qui est pertinente ici à vous dire, c'est que ça peut exister, et d'ailleurs c'est arrivé, et on savait qu'on aurait ça. On savait aussi que ça pouvait atteindre des personnes âgées surtout et c'est ce qui se démontre. Donc, on est là.

Et, on n'est pas encore en transmission active dans la communauté. Il faut comprendre qu'il est possible... Ça va arriver, et je l'ai déjà dit hier, qu'il va y avoir des cas qui ne vont pas avoir voyagé mais qui vont avoir été en contact avec des voyages. Il va y avoir des cas, et c'est encore normal, de deux personnes qui ont attrapé la maladie mais qu'on n'a pas trouvé d'où vient la source. Mais pour parler de transmission communautaire soutenue, on n'en est pas là, ça prend trois générations de cas. Bon, il y a des façons de faire puis ça peut être différent, par exemple, dans une ville versus une autre.

Puis ce que je tiens à vous dire, c'est très important, le premier ministre a dit que c'est une bataille qui va être longue et dure mais il ne faut pas lâcher. Au contraire, je tiens à vous le dire, là, il ne faut surtout pas... Puis j'ai véritablement parlé à mes équipes de santé publique, même si ça va être très demandant d'appeler chacun des cas et des contacts, même s'il faut faire 200 appels autour d'un cas par jour, on va mettre les ressources nécessaires pour vérifier si les gens font de la température et prendre des mesures. On est encore dans la bataille au cas à cas, et je tiens à le mentionner. Il y a des mesures qu'on met en place, de la population... sont très importantes aussi pour nous aider à maintenir ça le plus longtemps possible. C'est avec ça qu'on va retarder, aplatir la courbe.

Donc, je vous demande véritablement, comme le premier ministre, de continuer la bataille, et il faut comprendre qu'une mesure qu'on met en place, ça ne veut pas dire que tout le monde le fait le premier jour. Mais il y en a qui retardent, et s'il y en a qui retardent trop, on verra ce qu'on fait, mais ça prend 12 jours avant de voir l'effet sur la courbe. Donc, ce n'est pas parce qu'on va voir demain, probablement, une quantité x, j'ai un chiffre en tête, que je ne mentionnerai pas parce que je regarde les hypothèses et les scénarios, j'ai un chiffre en tête pour demain, ça ne veut pas dire que parce que demain on aura plus de cas qu'aujourd'hui ou une quantité plus grande en termes d'augmentation par rapport à hier, qu'on a perdu la bataille.

C'est très important, donc, que les mesures qu'on met en place, qui sont très contraignantes et on le sait, sont nécessaires encore. Ce n'est pas parce que, maintenant, on va avoir des cas en augmentant qu'il faut se dire : C'est le temps de lâcher. C'est le temps d'aller encore plus loin, et j'exhorte tous ceux qui entendent nos messages de faire leur possible.

J'aimerais dire aussi, il faut arrêter aussi de fonctionner comme habituellement. Je vous donne un exemple, peut-être d'arrêter d'utiliser l'argent comptant, qui peut être contaminé. Prenez plutôt vos cartes de crédit et à débit. Faites-vous livrer des choses, si vous pouvez, plutôt, là, en termes de commandes, que de se déplacer, particulièrement quand on est une personne à risque.

Puis, dans les faits, aussi, ce que je veux vous dire, c'est que je veux remercier tous les gens, toutes les personnes âgées qui font des sacrifices en écoutant nos consignes. On a tous besoin d'être proches de nos personnes qu'on aime. Moi, je suis séparé de ma famille, mais ce n'est pas le temps parce que, justement, ce comportement-là peut entraîner des contaminations. On peut contaminer quelqu'un sans le savoir, particulièrement si on est asymptomatique. Et les gens qui reviennent de voyage, je vous le dis, même si vous pensez que vous ne l'avez pas, c'est très important de s'auto-isoler. Si jamais vous avez des symptômes, allez consulter. N'allez pas contaminer nos personnes à risque. On ne le répétera pas assez.

Aussi, ne pensez pas que les masques, c'est une solution miracle. C'est important. C'est l'étiquette respiratoire, si on est malade, pour ne pas contaminer les autres, et c'est l'hygiène des mains. Porter un masque, c'est mettre sa main souvent pour ajuster le masque, et on se contamine. Les masques, c'est pour le système de soins où il y a des protocoles pour les mettre, des protocoles pour les enlever. C'est aussi la même chose avec les gants. Quand on porte des gants, qu'on a touché à tout, si on ne l'enlève pas adéquatement, on se contamine. Le gant ne remplace jamais le lavage de mains, même en unité de soins. C'est difficile à comprendre, mais soyez assurés...

Et on doit maintenir nos masques pour protéger les personnes malades qui pourraient contaminer d'autres... c'est-à-dire les empêcher de contaminer d'autres et protéger nos travailleurs de la santé. Les autres, je ne porte pas de masque, je lave mes mains. Je lave mes mains. Et, si je suis malade, je ne viendrai pas ici. Je ne contaminerai pas le premier ministre ici qui a besoin d'être ici pour contrôler le bateau. C'est pour ça qu'on se lave les mains. On ne se lave pas les mains de la situation. On se lave les mains parce que c'est ce qui peut sauver des vies. Merci.

M. Laforest (Alain) : Qu'en est-il des recommandations pour le personnel soignant qui est... les gens qui sont enceints actuellement dans le réseau de la santé? Est-ce qu'il y a des risques? Est-ce qu'il y a des consignes? Et, pour ceux aussi qui vont à domicile, il y en a beaucoup qui vont à domicile encore, qui font du porte-à-porte...

M. Arruda (Horacio) : Bien, on a demandé l'avis à l'institut bien avant ça, mais, le 13 mars 2020, sur le site de l'Institut national de santé publique, vous verrez les recommandations qui sont encore effectives. Il faut voir que ces recommandations peuvent évoluer selon l'état de l'épidémiologie locale. Actuellement, même si la femme enceinte n'est pas nécessairement plus à risque de complications ou que ce n'est pas un tératogène, ça veut dire que ce n'est pas un virus qui crée des...

M. Arruda (Horacio) : ...santé publique, vous verrez les recommandations qui sont encore effectives. Il faut voir que ces recommandations peuvent évoluer selon l'état de l'épidémiologie locale. Actuellement, même si la femme enceinte n'est pas nécessairement plus à risque de complication ou que ce n'est pas un tératogène, ça veut dire que ce n'est pas un virus qui crée, en tout cas, à notre connaissance, des malformations, la fièvre chez la femme enceinte est un phénomène qui peut entraîner, par elle-même, de cette infection ou une autre, ces éléments. Donc, dans le contexte actuel de non-circulation du virus dans la communauté...

Par contre, en milieu de soins, les femmes enceintes, on ne veut pas les exposer à des endroits où il y a eu du COVID-19, on peut les réaffecter dans l'hôpital à un autre endroit, comme tel, parce que, si c'est à l'urgence, on peut les réaffecter à... Donc, dans le fond, le principe général, si je peux résumer — puis ceux qui veulent avoir des détails, allez sur le site de l'institut, vous allez avoir les conditions, là — on ne veut pas des femmes enceintes fassent le ménage des chambres, par exemple, une travailleuse qui fait le ménage d'une chambre où il y a eu un patient de COVID-19. On ne veut pas qu'une préposée aux bénéficiaires enceinte rentre dans une chambre où il y a du COVID-19. On ne veut pas qu'une femme enceinte, infirmière, donne des soins à un patient atteint de COVID-19, mais elle peut encore donner des soins selon les autres protocoles de retrait préventif.

Donc, on n'expose pas, en milieu de soins. Même, par exemple, si quelqu'un décède du COVID-19, on ne veut pas qu'une thanatologue enceinte vienne manipuler un corps qui est atteint de COVID-19. C'est de la prévention prudente parce que, même si la femme enceinte n'attraperait pas la maladie... elle n'est pas à risque comme les personnes âgées, mais on ne prend aucune chance. Ça peut changer advenant le cas qu'il y a une situation où il y a une circulation intensive qui ferait qu'il pourrait y avoir des gens porteurs dans tout l'hôpital. La chose pourrait évoluer. Et donc, actuellement, on n'expose pas nos femmes enceintes à des zones où on pense qu'il y a eu du coronavirus ou qu'il y a du coronavirus et, après, il y a eu un patient qui était avec du coronavirus.

M. Laforest (Alain) : Mais, rapidement, pour ceux qui sont à domicile...

Le Modérateur : Non. Hugo Lavallée, Radio-Canada. Merci.

M. Arruda (Horacio) : Ceux qui sont à domicile, si c'est pour aller donner un soin à quelqu'un qui a du coronavirus, ce n'est pas le cas. Par contre, il peut y avoir les autres conditions, là, les autres éléments du retrait préventif que je ne veux pas discuter ici, là, tout dépendamment de la quantité de transports, si c'est très loin, en termes automobiles, pour se rendre, là, mais ça, c'est géré comme d'habitude.

Le Modérateur : Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant la personne décédée, est-ce qu'on peut savoir si c'est une personne qui était dans une résidence pour personnes âgées, un CHSLD, par exemple?

M. Arruda (Horacio) : Elle était dans un établissement pour personnes âgées. Je ne veux pas cibler la catégorie, si vous me permettez, puis c'était quelqu'un qui avait des facteurs de risque importants aussi antérieurement.

M. Lavallée (Hugo) : Puis les gens qui revenaient de voyage avaient des symptômes, là, quand ils l'ont rencontrée, c'est ce qu'on comprend.

M. Arruda (Horacio) : Vous comprendrez que j'ai appris qu'il y a eu un décès il y a, à peu près, moins de deux heures, et je sais qu'elle a eu une exposition à quelqu'un qui revenait de voyage. Est-ce que la personne qui a exposé avait les symptômes ou pas? Je ne suis pas en mesure de répondre à ça. Mais, de toute façon, si elle avait les symptômes... Ça pourrait arriver que ce soit du monde qui n'ont pas de symptôme. C'est pour ça qu'on a décidé, de façon difficile, d'empêcher les visites dans les centres d'accueil pour personnes âgées parce qu'on veut, comme disait Mme Blais, protéger ceux qu'on aime. Puis on sait qu'on demande un sacrifice puis qu'on change ce qu'on dit habituellement. Mme Blais dit toujours : Allez voir vos personnes âgées, allez voir vos personnes âgées. Mais la situation est assez sérieuse. C'est une question de vie ou de mort.

M. Lavallée (Hugo) : M. Legault, concernant la question des frontières, donc, on comprend que vous êtes satisfait de ce qui a été annoncé ce matin par Justin Trudeau. Il y a des gens, par contre, qui s'inquiètent des déplacements interprovinciaux, dans la mesure où il y a des provinces qui sont beaucoup plus touchées que d'autres. On pense à la Colombie-Britannique, il y a des vols entre Montréal et Vancouver qui sont maintenus. Est-ce qu'il y a lieu d'apporter des restrictions à ce type de circulation là? Et, toujours sur le même thème, êtes-vous inquiet du fait que des demandeurs d'asile continuent d'entrer au pays via le chemin Roxham?

M. Legault : Oui. Bien, pour l'instant, on ne veut pas empêcher la circulation entre les provinces, mais ce n'est pas impossible qu'on le fasse éventuellement. Pour l'instant, on ne pense pas que c'est nécessaire.

Concernant le chemin Roxham, ce n'est pas acceptable. On ne peut pas laisser entrer de façon illégale des gens, sans au moins les mettre en quarantaine. Donc, j'ai déjà discuté à quelques reprises de ça avec le gouvernement fédéral.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Vous disiez que vous avez tout le matériel. Pourtant, le laboratoire, hier, a émis une lettre disant que les écouvillons, il fallait les économiser. M. Arruda dit : Allons-y, allons-y, utilisons les masques le moins possible. Donc, les gens peuvent avoir l'impression qu'il va y avoir une pénurie de matériel.

M. Legault : Oui. Bien, écoutez, ça a fait partie des discussions, justement, avec les premiers ministres des différentes provinces. Ce qu'on essaie de faire actuellement, c'est d'estimer le «peak», hein, le moment où on va atteindre le pic, là, où il y aura le plus de personnes qui sont infectées, qui ont besoin de soins. Ce n'est pas une science exacte, et puis je pense qu'il y a autant de réponses qu'il y a de premiers ministres, là, au Canada.

Là, ce qu'on essaie de faire, c'est de prévoir, d'avoir assez d'équipement pour le pic. Donc, il y a des commandes qui s'en viennent, et puis on est confiants d'être capables de passer au travers. Mais, le matériel qu'on a actuellement, là, il n'y a pas d'inquiétude pour les prochains jours, même les prochaines semaines. Mais, quand arrivera le «peak»... Est-ce que ça sera dans un mois, dans deux mois? Bien, c'est ça qu'on essaie de travailler actuellement.

Puis on n'exclut rien, là, même commencer à ce qu'on regarde dans les pires scénarios : Est-ce qu'on peut, avec des chercheurs puis des entreprises manufacturières, en faire nous-mêmes, certains des équipements? Mais ce n'est pas pour les prochaines semaines, là. Il n'y a pas de problème dans les prochaines semaines. Mais ça pourrait arriver, dépendamment du scénario qui est envisagé. Mais il n'y a pas de problème, là, d'écouvillons dans les prochaines semaines.

M. Bossé (Olivier) : Et au rayon, peut-être, des bonnes nouvelles, ça fait trois semaines, je crois, le premier cas au Québec, est-ce qu'il y a des gens qui sont guéris du coronavirus au Québec?

M. Arruda (Horacio) : L'information que j'ai, parce que vous comprendrez que, même si on les sait guéris, on veut avoir la confirmation de deux tests de laboratoire négatifs à un certain intervalle, on a une personne, à date, qui est guérie.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Compte tenu de la réalité qu'on connaît, là, un premier décès d'une personne qui a été contaminée par une autre personne, est-ce que vous songez à des restrictions encore plus importantes sur la circulation des gens? On pense, entre autres, à une quantité de personnes limite dans certains commerces comme les épiceries, par exemple.

M. Legault : Actuellement, on n'exclut rien. Donc, à chaque jour, on se pose la question sur les commerces. Bon, c'est certain qu'un service qui est essentiel, c'est la nourriture, bon. Puis il y a certaines épiceries même dans des centres d'achats, là. Donc, c'est sûr que la dernière affaire qu'on veut toucher, c'est tout ce qui concerne la nourriture. Mais est-ce qu'il y a d'autres commerces, d'autres sortes d'entreprises à qui on pourrait exiger de fermer? Il ne faut pas exclure ça.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez dit tout à l'heure, bon, de prendre au sérieux l'appel à limiter les rassemblements. Est-ce qu'il pourrait y avoir une forme de contrôle éventuellement de ces rassemblements-là, et peut-être même des sanctions?

M. Legault : Bien, comme je l'ai dit hier, ce n'est pas notre choix premier. Moi, ce que je veux, c'est de la sensibilisation. Puis honnêtement, là, ça a beaucoup aidé, ce que les artistes, les sportifs, les humoristes ont fait hier. On a senti... Puis là j'ai eu beaucoup d'échos très positifs. Je pense qu'il y a des gens qui ne prenaient pas ça au sérieux, qui prennent ça au sérieux. Évidemment, ce qui nous arrive aujourd'hui, là... Bon, je veux juste répéter ce qu'a dit le Dr Arruda. On a une personne âgée qui est décédée, qui a peut-être rencontré quelqu'un qui avait voyagé. Donc, tu sais, si on avait besoin d'une preuve, là, de la gravité de la situation, bien, on l'a, là.

Le Modérateur : Charles Lecavalier, Le Journal de Québec.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour. À quel moment est-ce qu'on va commencer à voir, à votre avis, là, les fruits de notre effort collectif d'éloignement social dans cette fameuse courbe? Est-ce que vous avez une idée?

M. Arruda (Horacio) : Je l'ai dit tantôt, c'est à peu près à la 12e journée, là, autour de la 12e journée. Ce sont des estimés discutés avec des experts qui me conseillent puis que je vois par rapport au phénomène de courbe, parce qu'il faut ralentir... Puis ça dépend aussi beaucoup de la quantité de personnes qui vont adopter... Est-ce que 50 % des gens ont fait ce qu'on a dit ou juste 25 %? Est-ce que c'est localisé à des endroits ou pas? C'est pour ça qu'il va falloir que... Nous, on va commencer à faire des mesures, de l'implantation.

Je pense que l'approche que prend le Québec, c'est une approche de convaincre avant de contraindre. Je pense qu'il faut convaincre pour que la majorité des gens le fassent parce que, quand on contraint d'emblée, on peut avoir des effets pervers en termes de société. Les comportements psychosociaux des populations sont très divers. Donc, on convainc. On convainc les majeurs. On convainc des leaders maintenant à passer le message, hein, parce que ce n'est pas Dr Arruda qui a un gros trip, là, d'enfermer le monde à la maison. Ça a des conséquences sur ma propre vie personnelle, hein?

Donc, je pense que c'est... On va donc mesurer ça. Puis on a des pouvoirs en la Loi de santé publique, le ministre a des pouvoirs, la Sécurité publique a des pouvoirs si on pense que la menace est très importante qu'un groupe ne le fasse pas. On va encore probablement y aller en convainquant. On pourrait avoir un policier qui amène une ordonnance. Sans dire qu'on va donner des tickets puis des éléments, là, mais, si, à un moment donné, les comportements de certains individus menacent le reste de la population... Et, je vous l'ai dit, les droits individuels ici sont très importants. On doit nourrir nos gens. On doit leur offrir un milieu sécuritaire. On doit maintenir les services essentiels, contre le feu, la police. Mais des choses qui ne sont pas essentielles à la vie, qui pourraient tuer d'autres personnes, pourraient être arrêtées.

M. Lecavalier (Charles) : Vous demandez aux gens quand même de rester le plus souvent possible à la maison. Mais qu'en est-il justement... Vous avez abordé la question des personnes qui ont des problèmes de santé mentale, les gens qui sont en situation d'itinérance. Est-ce qu'il y a un plan pour cette situation?

M. Arruda (Horacio) : Oui, tout à fait. On est très conscients que les populations vulnérables ne peuvent pas non plus... Ils ne sont pas en train d'écouter, les itinérants, les points de presse du Dr Arruda ni du premier ministre. Ils sont dans les milieux... Ils vont dans des maisons. Nos services sociaux sont en train d'évaluer quelles sont les consignes qu'on peut mettre là-bas. Est-ce qu'un jour on va les placer quelque part, dans un autre endroit? Ça va être à voir. Mais déjà on travaille avec ce qu'on appelle les refuges qui reçoivent ces personnes-là à augmenter l'hygiène, à avoir certains comportements. Et les gens qui ont des problèmes de santé mentale sont aussi connus de nos réseaux sociaux. Ça fait partie de notre plan d'action de mesures d'urgence de la Sécurité civile d'avoir une mission service social qui s'occupe de ces clientèles-là. Il pourrait y avoir des travailleurs de rue qui vont les rejoindre, etc.

Donc, oui, il y a un plan. C'est déjà en activation. Puis ça va s'accentuer à mesure que vont faire les choses... Et on va s'organiser pour accompagner ces gens-là à suivre les consignes.

Mme McCann : C'est un point important. Au niveau de la santé mentale, moi, ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que nous sommes en train de revoir l'organisation de services, là, à travers tout le réseau. On a parlé des hôpitaux, mais il y a d'autres choses qui se passent actuellement.

Par rapport à la santé mentale, c'est sûr qu'on va favoriser des interventions téléphoniques, hein? Il y a des gens qui allaient au CLSC. Il y a des gens qui allaient voir leurs intervenants. Il y a des gens, des travailleurs sociaux qui allaient à domicile. Ce qu'on dit, et on le dit à la population, on le dit aux gens qui ont des intervenants en santé mentale ou qui n'en ont pas : Prenez le téléphone, appelez. Appelez votre intervenant, appelez le CLSC, si vous avez besoin d'une intervention, de parler à quelqu'un. Donc, tout se transforme actuellement pour garder cette distance, hein, distanciation sociale.

On fait la même chose du côté des médecins. Actuellement, là, on a eu beaucoup de discussions avec les médecins de famille, et les médecins de famille sont très mobilisés, très mobilisés. Alors, dans les cliniques médicales, actuellement, si vous avez un médecin de famille, si vous avez, par exemple, des inquiétudes par rapport à votre santé — on met à part, là, toute la question du coronavirus — d'autres inquiétudes par rapport à votre santé puis où est-ce que... on appelle ça souvent les P4, P5 à l'urgence, là, appelez votre médecin de famille.

Maintenant, les médecins de famille peuvent intervenir par téléphone de façon très, très substantielle. On a tout organisé, la rémunération est là, tout le système est là, et on a un engagement des médecins de famille. Et ce sera peut-être aussi une infirmière, un autre intervenant dans les groupes de médecine familiale ou les cliniques médicales. Alors, les interventions vont se faire davantage par téléphone, et, si vous n'avez pas de médecin de famille, on a vraiment une orientation à vous donner : Appelez une clinique dans votre voisinage. Il y a des gens qui vont vous répondre. Ça pourrait être le médecin qui va... On va prendre un rendez-vous pour vous, le médecin pourrait vous rappeler, une infirmière. Alors, les gens de la première ligne, là, des cliniques médicales et aussi des établissements sont prêts à vous répondre.

Donc, ce que je dis aujourd'hui, c'est que, si vous avez voyagé, vous êtes symptomatique, vous avez des inquiétudes, vous appelez le 877, ou vous avez eu un contact avec une personne qui a voyagé, et là on va transférer au 8-1-1, s'il y a besoin de dépistage. Mais si vous avez un autre problème de santé et que vous seriez allé dans une clinique médicale ou peut-être même à l'urgence, là, comme on a parlé beaucoup dans le passé, appelez votre médecin ou appelez, si vous n'en avez pas, votre clinique, une clinique du voisinage où vous êtes. On va vous répondre.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, La Presse...

Une voix : ...

Le Modérateur : Oui?

M. Arruda (Horacio) : Permettez-moi d'interrompre. J'aurais une information que je voudrais dire, qui est importante.

Le Web est porteur de choses extraordinaires. Le Web est aussi porteur de choses qui sont tout à fait fausses. Je vous invite à consulter les sites Web des autorités officielles, ici ou ailleurs. La distanciation sociale qu'on demande aux gens, ce n'est pas une distanciation sociale ou par Web, c'est physique. Mais le Web nous permet de rester en contact avec nos familles, qu'ils soient ici ou ailleurs dans le monde. Il y a des initiatives que les jeunes font, j'ai assisté... j'ai participé hier à une émission Web, là. Donc, soyons créatifs, adoucissons cette période par toutes sortes d'initiatives : écouter de la musique, profiter de faire de la lecture. Moi, la musique est essentielle à ma vie. À chaque jour, j'ai une chanson thème, dans ma tête, qui roule. Donc, j'invite aussi à ce qu'on soit positifs dans cette période, qu'on retire de cette chose des opportunités pour nous tous comme société.

Le Modérateur : Alors, Patrice...

M. Arruda (Horacio) : Et j'invite tous les créateurs à utiliser ce moyen-là pour qu'on reste une société en contact. Dans les faits, nous serons isolés chez nous. Il faut s'occuper de ceux qui n'ont pas le Web, puis etc., mais nous ne serons jamais aussi en lien les uns les autres que par des communautés virtuelles. Merci.

Le Modérateur : M. Bergeron.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour, madame. Bonjour, messieurs. Lanaudière, c'est grand, vous le savez, il y a beaucoup de monde qui habite là. Est-ce qu'il y a des instructions particulières que les citoyens, dans cette région-là, devraient prendre en compte? Parce que, là, il y a peut-être une inquiétude en raison du décès.

M. Legault : Non. Les mesures qu'il y avait à prendre pour le centre de personnes âgées qui est concerné ont été prises. Donc, il n'y a pas à avoir plus d'inquiétudes dans Lanaudière que dans les autres régions. Je trouve que c'est important de le dire.

M. Bergeron (Patrice) : Et par ailleurs, Mme McCann, il m'a été rapporté des cas, notamment dans les questions d'imagerie médicale et puis dans le fonctionnement interne des hôpitaux, que les procédures de délestage n'ont pas toujours été suivies vers les cas prioritaires et urgents. Êtes-vous certaine que les consignes ont bien été reçues et qu'elles sont bel et bien appliquées? Est-ce que vous en avez des confirmations dans les hôpitaux, dans le réseau hospitalier?

Mme McCann : Oui. La directive est très claire, et c'est pour ça qu'on peut vous dire aujourd'hui, entre autres, là, qu'on a libéré 2 300 lits — puis on veut arriver à 6 000, là — parce qu'on donne des consignes de délestage. Bon, peut-être que ça se fait à des rythmes un peu différents, là, mais la consigne est claire, et ça va être fait à travers tout le Québec — tout le Québec. Alors, peut-être qu'il y a un petit peu d'écart, là, en termes de durée, mais la consigne est claire : On déleste tout ce qui n'est pas urgent.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour, M. le premier ministre. Il y a un de vos anges gardiens, le président de l'Association des anesthésiologistes, qui fait l'inventaire des lits de soins intensifs, des ventilateurs, qui regarde les projections et qui dit, en regardant les deux, que ça ne marche pas. Est-ce qu'il est réaliste ou alarmiste?

M. Legault : Bien, j'ai demandé qu'on lui parle, là... Mais peut-être que tu veux y aller, Danielle.

Mme McCann : Bien, écoutez, nous, j'en parlais dernièrement, là, dans... je pense que c'était hier, d'ailleurs, qu'on a fait les scénarios, là, puis on s'appuie sur des données, quand même, qu'on a de la santé publique, on suit la situation, là, dans les autres pays. Puis là ce qu'on dit aujourd'hui : On a 1 000 lits de soins intensifs, on est capables d'en libérer 20 % en délestant la chirurgie élective, là, puis là on est en train de faire ça. Et en plus on a 2 300 lits libérés, maintenant, en plus. Alors, ça, on peut transformer ces lits-là aussi en soins intensifs, là, avec certains équipements.

Alors, moi, je vous dirais, là, qu'avec les scénarios qu'on fait on est capables de donner des soins intensifs, avec les scénarios qu'on fait, pour la population qui en aura besoin.

M. Chouinard (Tommy) : Maintenant, on va continuer de parler des 200 000 anges gardiens, là, tous ces travailleurs de la santé qui sont au front contre la pandémie. M. le premier ministre, pour que ce soit clair, là, excluez-vous un décret pour arriver avec les conditions de travail pour trois ans, pour ces travailleurs-là, et pourquoi toute cette soudaine stratégie?

M. Legault : O.K. Bon, ce que j'ai dit aux représentants syndicaux dimanche, puis là il y a un suivi qui est fait par l'équipe de Christian Dubé, c'est que je veux regarder toutes sortes de manières de bonifier les conditions de travail du personnel de la santé, toutes sortes de manières. Puis honnêtement, là, je vais arrêter là, ça va se faire dans des discussions avec les représentants syndicaux, mais il y a un seul objectif : bonifier, rassurer. C'est ça qu'on veut faire, là. On veut que le personnel de la santé ne se préoccupe pas de la prochaine négociation, qu'il se préoccupe des patients, puis qu'on regarde pour bonifier leurs conditions de travail.

Le Modérateur : Marie-Michelle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour à vous trois. Il y a des employés du secteur de la santé qui ont peur d'être contaminés ou de contaminer d'autres personnes. Quelles conditions, quels symptômes peuvent exempter des travailleurs de la santé de se présenter au travail? Je pense à des gens immunosupprimés ou des gens qui ont certains symptômes, mais qui ne reviennent pas de l'étranger, par exemple.

Mme McCann : Bien, écoutez, je pense que les directives qui existent déjà dans le réseau s'appliquent à ce moment-là, mais on est probablement plus stricte maintenant. Puis peut-être que Dr Arruda voudrait s'exprimer là-dessus, mais c'est sûr que, si on revient de voyage et on a des symptômes, c'est clair... ou on a été en contact. Et si on a, par exemple, des symptômes d'influenza, bien, c'est probablement mieux de ne pas aller au travail, parce qu'effectivement... C'est préférable. Mais il y a peut-être d'autres indications, Dr Arruda, pour l'ensemble de la population comme pour les travailleurs.

M. Arruda (Horacio) : Il faut comprendre que les principes généraux, c'est : on veut protéger à la fois les patients, hein, de la maladie qui pourrait être transmise par un médecin, ou une infirmière, ou quelqu'un, et le personnel de la santé. O.K.? Actuellement, notre gestion, elle est faite dans une perspective de respecter ces éléments-là.

Par contre, comme professionnels de la santé, dans notre code déontologique, on doit traiter des patients. Ce qu'on va faire, c'est prendre toutes les mesures pour les protéger au maximum. Et si quelqu'un a des conditions particulières, par exemple, est immunosupprimé ou etc., on peut les réaffecter à une autre tâche. Mais c'est clair que le système de santé est un service essentiel qui va fonctionner au ralenti dans le sens où on va délester des choses, mais à chaque fois, on va prendre des mesures avec ces principes-là, protéger et utiliser les bonnes choses, ne pas exagérer sur les choses qui ne font pas... Parce que la peur, elle est normale, elle est normale chez tout le monde. Les gens... Même les médecins peuvent avoir peur de traiter, surtout s'ils ne se sentent pas protégés. Et c'est pour ça...

Mme McCann : Et moi, je... Excusez-moi...

M. Arruda (Horacio) : Oui, allez-y... Mais, j'ai dit mon message, parce que rentrer dans des détails, c'est des cas individuels, chaque cas est individuel et est analysé.

Mme McCann : Oui. Mais, ce que je veux vous dire aussi, là-dessus, c'est que dans chaque établissement, il y a un bureau de santé. Il y a un bureau de santé où les employés peuvent se rendre, appeler et on a tout ce qu'il faut pour bien les informer, bien les protéger et — dans les circonstances que vous avez invoquées — et évidemment on a revu tout ça, donc, moi, j'invite les employés qui se posent des questions à appeler leur bureau de santé.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Pourquoi cet appel aux lieux de culte, M. Legault, dans le contexte où les églises catholiques sont fermées depuis un bon moment déjà?

M. Legault : Parce qu'il y a des lieux de culte pas catholiques qui sont encore ouverts, puis on doit les fermer.

Le Modérateur : Maintenant, il y a plusieurs questions par courriel et le temps nous manque, donc je ne pourrai pas toutes les poser. Mais une, qui est la même pour Jocelyne Richer, de LaPresse canadienne, et Mathieu Dion, de Radio-Canada : Qu'est-ce qu'on fait avec les milliers de travailleurs saisonniers, là, étrangers qui devaient bientôt arriver au Québec? Est-ce qu'on peut permettre des exceptions? Le cas échéant, est-ce qu'il faudrait prendre des mesures sanitaires particulières?

M. Legault : O.K. J'ai discuté de ce point-là avec M. Trudeau, avec Mme Freeland. L'objectif du gouvernement fédéral, c'est de permettre à tous les travailleurs temporaires étrangers qui ont déjà un emploi de prévu ici, d'entrer ici. Donc, ça, c'est clair. Évidemment, il y a des exceptions. Par exemple, si on parle d'agriculture, le Guatemala a comme fermé ses aéroports pour ses vols commerciaux, mais si, par exemple, une compagnie québécoise, canadienne, nolisait un avion pour aller chercher des personnes là-bas puis les emmener ici, le gouvernement fédéral serait d'accord pour les accueillir. Puis c'est important, là, il faut le comprendre, là, parce que si on regarde tous les fruits puis les légumes, on importe beaucoup l'hiver, mais l'été, on produit ici, puis il y a quand même une grande partie de la production qui est faite par des travailleurs temporaires étrangers. Puis je sais, là — puis je veux en profiter pour rassurer les agriculteurs, là, qui nous écoutent parce que je sais qu'il y en a beaucoup qui sont inquiets — on est en train de faire une entente, là, qui va marcher avec le gouvernement fédéral pour que ces travailleurs-là puissent venir faire le travail qu'ils font actuellement durant l'été.

Le Modérateur : Une dernière de Geneviève Lajoie du Journal de Québec : Semble-t-il qu'il y a au moins une centaine de travailleurs qui ont refusé de travailler, hier, sur le chantier du REM, en raison du manque de mesures d'hygiène puis la trop grande promiscuité, là, des ouvriers sur les chantiers, notamment dans les roulottes. Alors, comment pouvez-vous rassurer les travailleurs de l'industrie, là, de la construction qui sont inquiets?

M. Legault : Bon. J'ai demandé au ministre du Travail, Jean Boulet, de rencontrer les représentants de la construction, entre autres ceux qui sont sur le chantier du REM, puis on me dit que tout est réglé. Donc, on s'est assuré qu'il y avait des mesures de précaution qui seraient prises. Mais le problème est réglé.

Le Modérateur : Maintenant, en anglais. Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day. We have a first death, and many people are very worried, and anxious, and scared. I wonder if you could give your message in English for people that are... And people have also had major changes and disruptions in their lives, and you sense a lot of anxiety out there now.

M. Legault : Yes. Yes. I want to tell all Quebeckers that I understand that there's a lot of anxiety in our society right now. Of course, we have a first death in Lanaudière. We made sure already that all people that had been in contact with this woman have been advised and that we take all precautions for them. I repeat that it's very important that we respect the... «consignes», «directives»...

Une voix : The rules.

M. Legault : ...that we respect the rules that are in place. For example, always be no less than one to two meters from other people. And, for all people over 70 years old, stay at home. And it's as clear as... if you're alone at home, there's no risk at all. So, don't panic. And the network, the heath care network is ready. We have right now only six people that need to be in our hospitals, and we have already 2 300 beds that are waiting in case we need to use them for the coronavirus. So, right now, we're ready, we have all the equipment. We'll accelerate the number of tests to 3 000 a day. So, everything is in place, but it's important that we respect all the rules.

M. Authier (Philip) : And my «sous-question». Mr. Arruda, there's a lot of chaos over masks as well... You're saying masks are useless, right?

M. Arruda (Horacio) : In fact, masks are very important in the health care settings, you know? Masks won't protect you in the community because you will touch your mask, you will forget to wash your hands. And the only thing that you must… people remember, if you're not in a health care setting, if you're sick, perhaps a mask. And, if you are sick from coronavirus, the health care setting is going to give you a mask to put in your face for not contaminating things. The mask is OK when you use it in the health care procedures. You put it, you take it away without contaminating yourself and you wash your hands. You don't do that if you have a mask all day. Most of the people who would get a mask here, they will touch their mask, they will touch their eyes. So that's not a good thing. Wash your hands. It's important.

And we want to have masks, we want to protect, I would say, health care people and the patients too. But using a mask gives a false impression of security and, I think, it's more dangerous than washing your hands. I do prefer somebody who has no mask, washes his hands and understands the way it's transmitted. I'm going to the metro, I touch everything before I go… After I arrive at work, I wash my hands. So the virus I could have gotten in the metro is no more in my hands. But, if I got a mask, I think I'm protected, I touch things, and it's put in your face before...

I'm sorry. I'm just explaining it in a way that people understand. Have you seen somebody wearing a mask in the community and use it as a protocol in health care? No, because people… It's embarrassing, a mask. A mask will make your hands go over your face more sometimes. I did my show. Now, that's enough. I just want people to understand the principle. It gives a sense of false security.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Premier Legault, yesterday, you sent your message to young people. You just said that the battle is going to be long, the fight is just starting. What do you say to baby-boomers, your generation, who are not basically respecting the rules? I've heard many stories. People are frustrated to see older people, baby-boomers, not respecting the rules.

M. Legault : OK. I think it's too bad that we have to have a proof, but we have a proof today of the importance of doing so. We have a death and we think this person has met somebody who traveled. So it's very dangerous. I'm very happy to see sport people, artists, Sugar Sammy, Mitch Garber, all these people telling the Anglophones, the Francophones, the Allophones, everybody, please respect the rules. So we have to continue, it's not over. I think we did a good job yesterday with all these artists, but we have to continue. I need you also to repeat : It's important, if you have… 70-years old or more, stay at home alone, and, if you visit somebody in your family having… 70 years-old, stay at two metres. So we have to do that.

Mme Senay (Cathy) :OK. And what are you going to do? You said that you're having discussions with Ottawa for the agricultural industry, for temporary workers. So what are your expectations in the days to come?

M. Legault :OK. Right now, the principle we've agreed on with the federal Government is that people coming usually, for example, for the agriculture during the summer season, if they have a job before coming here, they will be accepted. So it's important because we have to produce fruits and other kinds of production in Québec during the summer.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Yes. I have a couple questions concerning the economy. There are so many businesses closing. Does the Government need to wave the weight period in order for workers to access EI?

M. Legault : That's what they did, that's what they announced today. So I'm very happy about that.

Mme Fletcher (Raquel) : And how does that apply provincially?

M. Legault : Provincially, what we said is that for the people who cannot have access to EI, we'll compensate with an amount of $573 a week if they need to be in isolation.

Le Modérateur : And one very last quick question sent by e-mail for CTV. Why hasn't the province Education Ministry started online classes?

M. Legault : I think, at this point, what we want is people to stay at home. We will look at these kinds of projects like online learning, but, right now, what is important is to focus on healthcare.

Le Modérateur : Thank you very much. Merci, tout le monde.

M. Legault : Merci, tout le monde. Bonne journée.

(Fin à 13 h 54)

Participants


Document(s) associé(s)