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Conférence de presse de Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux, et Mme Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants

Annonce concernant les milieux de vie pour personnes aînées

Version finale

Le vendredi 10 avril 2020, 15 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quinze heures trente-deux minutes)

Le Modérateur : Mesdames messieurs, chers collègues, bienvenue à cette conférence de presse concernant les milieux de vie pour personnes aînées. La ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Danielle McCann, et la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Mme Marguerite Blais, sont aujourd'hui accompagnées du Dr Quoc Dinh Nguyen, médecin gériatre interniste, spécialisé en épidémiologie populationnelle, au CHUM.

Alors, mesdames, quand vous voulez.

Mme McCann : Alors, bonjour, tout le monde. Rebonjour. Alors, comme l'a dit votre collègue, je suis accompagnée aujourd'hui de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Mme Marguerite Blais, et du Dr Quoc Dinh Nguyen, médecin gériatre interniste spécialisé en épidémiologie populationnelle au CHUM.

Alors, comme vous le savez, on a une situation qui nous préoccupe depuis le début de la crise de la COVID-19 : la vulnérabilité de nos personnes aînées et, plus particulièrement, celles qui sont hébergées dans les milieux de vie. On parle des CHSLD, des résidences privées pour aînés et des ressources intermédiaires et familiales. Notre mission prioritaire, c'est la protection des personnes qui habitent ces milieux de vie et du personnel qui y travaille.

Depuis le début de cette crise, on a investi 133 millions de dollars pour soutenir les milieux de vie du secteur privé. On a pris des mesures qui ont fait en sorte qu'on a dégagé 450 médecins de famille, prêts à soutenir nos intervenants des milieux de vie sur le terrain, ou par téléphone, ou par plateforme vidéo. Des médecins spécialistes vont aussi contribuer très bientôt à l'effort collectif. 500 infirmières et infirmiers se sont réinscrits auprès de leur ordre pour venir supporter notre réseau. Nous avons aussi recours à d'autres professionnels de notre réseau, des ergothérapeutes, des physiothérapeutes, par exemple, qui viennent prêter main-forte dans nos milieux de vie.

Comme je l'ai mentionné plus tôt, on va aussi augmenter le dépistage en CHSLD. Ça va se faire à un rythme proportionnel à notre capacité de tester en général et on va prioriser les endroits où il y a des éclosions. On a agi rapidement pour protéger nos aînés et notre personnel.

Il est temps, maintenant, d'être plus agressif envers le virus qui menace nos aînés, alors on ne va faire aucune concession. Nous devons nous mobiliser pour assurer à ces personnes vulnérables la meilleure sécurité possible. Ça veut dire : augmenter le soutien aux équipes qui prennent soin d'elles et à celles aussi qui assurent la prévention et le contrôle des infections dans ces milieux.

Moi, je veux saluer aussi tout le personnel qui œuvre au quotidien auprès de ces clientèles dans ces milieux de vie, et je vais céder la parole à ma collègue Marguerite, qui va vous annoncer des actions supplémentaires pour protéger nos aînés. Merci.

Mme Blais (Prévost) : Merci beaucoup, Danielle, Dr Nguyen. Mesdames et messieurs, bonjour à tous. Devant le sérieux de la crise, nous avons décidé de réquisitionner les meilleurs experts dans le domaine. Notre objectif est d'agir encore plus fort et plus près sur le terrain. Nous serons ainsi en mesure de bouger de façon immédiate et adaptée à chaque milieu.

Je suis donc très heureuse d'annoncer que nous pourrons compter sur l'expertise du Dr Quoc Dinh Nguyen. En tant que médecin gériatre interniste et spécialisé en épidémiologie du vieillissement au Centre hospitalier universitaire de Montréal, il va agir comme notre conseiller spécial pour appuyer nos efforts et les rendre encore plus efficaces pour sauver des vies. Je vais rester en contact soutenu, pour ne pas dire continu, avec le Dr Nguyen. Son numéro de téléphone, là, est déjà programmé dans mon cellulaire et, croyez-moi, je vais en faire un usage abusif. Autrement dit, le Dr Nguyen joint notre état-major.

En plus du Dr Nguyen, nous pouvons compter sur six spécialistes cliniques et terrain dans cette opération cruciale pour protéger nos aînés et nos personnes vulnérables. Tous ensemble, ils vont faire un suivi en temps réel de la situation de la COVID-19 dans tous les milieux de vie pour les aînés et nous recommander les meilleures actions à mettre en place quand c'est requis. Autrement dit, on va passer aux actions dès qu'il y aura un problème à quelque part.

Ces autres spécialistes sont le Dr David Lussier, gériatre à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal et directeur scientifique d'AvantÂge; la Dre Patricia Ayoub, chef du Département de médecine générale et coordonnatrice médicale à la direction de soutien à l'autonomie à la personne âgée à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont; le Dr Serge Brazeau, qui est président de l'association des gériatres du Québec; Mme Karine Labarre, infirmière et conseillère experte en soins gériatriques à la Direction nationale des soins et des services infirmiers au ministère de la Santé et des Services sociaux; le Dr Pierre Duplessis, médecin spécialiste en santé publique et expert en gestion de crise; et la Dre Danielle Daoust, représentante officielle des médecins omnipraticiens qui oeuvrent auprès des aînés dans les milieux de vie et à domicile.

Aucun milieu de vie ne va échapper à leur vigilance, qu'il s'agisse de centres d'hébergement et de soins de longue durée publics, privés, privés conventionnés, de résidences privées pour aînés, de ressources intermédiaires, de ressources de type familial. Comme ma collègue l'a mentionné il y a quelques instants, de nombreuses mesures ont été adoptées jusqu'à maintenant et celles-ci ont contribué à sauver des vies.

Toutefois, comme on le sait, il nous faut en faire davantage, et ce, parce que la pandémie affecte plus durement les milieux de vie où résident nos personnes aînées et nos personnes vulnérables. On le sait, ce sont malheureusement elles qui sont le plus affectées par des complications de la maladie. C'est ainsi dans ce groupe que l'on compte la plus grande perte de décès enregistrée jusqu'à maintenant. C'est pourquoi aujourd'hui on souhaite redoubler d'efforts pour remédier à la situation.

Je rappelle également que nous avons à cœur de protéger les membres du personnel de ces milieux de vie. Nous avons besoin de l'apport précieux de ces anges gardiens pour faire face à cette crise de santé publique majeure. Les meilleurs experts auront toute notre écoute pour ajuster et guider les actions qui vont protéger nos aînés, nos personnes plus vulnérables et le personnel qui en prend soin.

Il nous reste encore de grands défis. C'est tous ensemble que nous les relèverons grâce au respect des consignes et à notre détermination collective. Je cède maintenant la parole au Dr Quoc Dinh... Nguyen, je m'excuse...

M. Nguyen (Quoc Dinh) : Pas de problème.

Mme Blais (Prévost) : ...qui va faire un état des nouvelles mesures déployées pour protéger nos aînés.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : ...Mmes les ministres puis aux personnes aînées et tous leurs proches. On ne se cachera pas que les temps sont assez difficiles pour les personnes âgées. Ces dernières semaines, je crois qu'on s'est tous sentis interpelés par le grand nombre de décès dans les milieux de vie aînés, puis je peux vous dire que c'est encore plus vrai pour ceux et celles qui, comme moi, travaillent auprès des personnes âgées. Je pense aux gériatres, aux médecins de famille, infirmières, préposés, ergothérapeutes, physiothérapeutes, pharmaciens, travailleurs sociaux et le personnel des résidences qui reconnaissent dans ces décès des patients puis des résidents.

Bien honnêtement, malgré tout, je pense que jusqu'à maintenant on n'a pas à rougir des efforts que le Québec a faits, de notre réponse collective face à cette pandémie de la COVID-19. Malgré tout, jusqu'à maintenant, on a réussi solidairement à retarder la progression de la pandémie et à aplatir certaines courbes et à ralentir le nombre de cas hospitalisés. Mais il serait faux de penser que la partie est gagnée parce que, malgré le fait que très tôt le Québec a mis en place des mesures fortes pour éviter la propagation dans les résidences et CHSLD, il y a quand même eu une propagation, et cette propagation, si on ne fait rien, risque de se propager. Il faut donc réajuster le tir.

Et donc, comme les ministres McCann et Blais l'ont annoncé, j'agirai à titre de conseiller spécial auprès d'elles. J'ai déjà eu l'occasion d'échanger avec les ministres, et nous avons déjà statué sur quelques actions à mettre en place, des actions préliminaires pour protéger nos personnes aînées hébergées dans les milieux de vie. Au moment où on se parle, il y a certaines de ces mesures-là qui sont déjà mises en place. Je peux vous en faire un petit résumé.

Donc, numéro un, l'idée de réaffecter les ressources humaines existantes, réorganiser la dispensation des soins et bonifier les équipes. Donc, ça, ça veut dire réaffecter les médecins, infirmières et autre personnel de la santé du secteur hospitalier vers les milieux de soins pour aînés. Ça veut dire recruter et intégrer des gens qui ont fourni leurs candidatures jusqu'à maintenant, généreusement. Ça veut dire certainement former et déployer plus rapidement le personnel. On pense à réorganiser le travail et les procédures de soins pour, comme on le sait, diminuer le nombre de contacts. On veut aussi interdire le travail sur plus d'une unité ou plus d'un établissement.

Je pense qu'il faut aussi intensifier, numéro deux, les mesures et le nombre de dépistages de la COVID auprès des usagers et du personnel en CHSLD, je rajouterais aussi en résidences privées aînés, RPA. Je pense qu'il faut tester davantage et isoler plus efficacement ces personnes.

Numéro trois, il faut cesser, jusqu'à nouvel ordre, le transfert et l'admission de nouveaux usagers dans les milieux de vie aînés qui n'ont pas encore nécessairement 100 % la capacité de les isoler. Il faut fournir des équipements de protection, on en parle beaucoup, à l'ensemble des employés et intervenants oeuvrant auprès des personnes aînées, incluant les résidences privées pour aînés.

Finalement, il faut mettre en place, et ça, c'est déjà en cours, là, une équipe d'experts en épidémiologie pour faire des investigations ciblées auprès des milieux de vie touchés par le virus et augmenter le soutien à la formation du personnel en prévention et contrôle des infections. Ce sont là le début d'une série de mesures.

Comme Québécois, je pense réellement, là, qu'on a prouvé notre capacité à monter une réponse et unie face à la pandémie, mais c'est lorsque les choses se corsent, puis honnêtement elles se corsent, qu'on montre vraiment de quel bois on se chauffe. Il faut être capable de plus, puis je pense qu'on a encore beaucoup de cordes à notre arc.

Les mesures qu'on met en place ne réussiront que si l'on s'ajuste rapidement, si on est collectivement inventifs et flexibles. Je pense, c'est important de mentionner qu'il faudra être patient, parce que, même si ce virus se propage extrêmement rapidement, il fait ses dégâts assez lentement. Chacun de nos bons coups prendra plusieurs jours pour le démontrer, puis les prochains jours, je pense, pourraient être difficiles. Néanmoins, j'espère que, dans les semaines et les mois à venir, notre fierté québécoise, honnêtement, se dessinera sur notre capacité à répondre présent auprès de nos aînés. Faisons en sorte que ça aille bien pour toutes les personnes âgées, leurs familles et leurs proches. À quelque part, faisons en sorte que ça aille bien pour nous tous. Merci.

Le Modérateur : Merci, Mmes les ministres, Dr Nguyen. Si vous être prêts maintenant à prendre les questions, nous allons débuter en français avec Patrice Bergeron de LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous. Dr Nguyen, vous avez donc fait une liste des actions qui ont été mises en place, et j'aimerais vous entendre... Qu'est-ce qu'on aurait pu mieux faire ou faire plus en avant pour éviter, justement, la crise devant laquelle on est dans les centres pour personnes âgées?

M. Nguyen (Quoc Dinh) : Deux points, peut-être. Le premier, c'est de dire que l'idée de se constituer un groupe d'experts, c'est de fournir et de continuer à sortir des mesures qui sont efficaces en fonction des nouvelles données qui sortent.

Le deuxième point à dire, c'est : malgré tout, dans cette pandémie, la grande difficulté qu'on a eue, puis on n'est pas les seuls, c'est qu'on n'y a jamais fait face. Même quand on regarde dans les meilleurs pays, puis on cite souvent l'Allemagne sur les tribunes de presse, là, eux-mêmes n'ont pas nécessairement la solution, trouvé la solution magique pour les résidences pour personnes âgées et pour les CHSLD. Donc, l'idée, c'est de constituer un groupe de travail rapidement et de pouvoir mettre en branle les mesures. Je vous donnerais des exemples. Toutes ces mesures-là sont une bonne première étape. L'idée, c'est surtout de pouvoir les implanter rapidement avec le travail des gens sur le terrain, là.

Mme Blais (Prévost) : Moi, je rajouterais quelque chose, si vous le permettez, c'est d'être en mesure de suivre en temps réel l'évolution de la COVID-19 et d'être en mesure de tout de suite agir, donc de faire des recommandations au ministre, pour que nous soyons capables de mettre immédiatement en place ce qui est requis comme actions. Je pense que c'est ça, là, qui va faire en sorte que ça va être en temps réel. Le temps réel va certainement faire un très grand changement par rapport à ce qui se passe.

M. Bergeron (Patrice) : Et en complémentaire, si vous permettez, vous avez dit, il y a quelques minutes à peine : Les prochains jours pourraient être très difficiles. Qu'est-ce que vous voulez dire par ça, Dr Nguyen?

M. Nguyen (Quoc Dinh) : C'est une bonne question. Écoutez, c'est une maladie infectieuse, hein, ce virus, il se propage. Depuis le début, on parle énormément du nombre de cas, le nombre de cas hospitalisés, le nombre de cas aux soins intensifs. À partir du moment où quelqu'un contracte la maladie, il va se passer un nombre de jours avant que cette personne-là se détériore et consulte. Il va se passer x nombre de jours supplémentaires avant, pour les gens qui ont une forme plus sévère, pour qu'ils la développent, ce qui veut donc dire qu'entre le moment où on contracte la maladie et on en décède, pour les moins chanceux, il se passe plusieurs jours.

Toutes les mesures qu'on va mettre en place, qui visent à réduire la transmission de la maladie, bien, vont réduire la transmission à partir du moment où on les applique. Mais, sur le chiffre des mortalités, ça va prendre plusieurs jours avant de se répercuter. C'est exactement comme... Il y a un mois pas mal exactement, là, on avait annoncé des mesures, on avait pensé à des mesures. Bien, ça nous a pris un mois avant que la courbe nous le démontre, ou trois semaines. Bien, c'est un peu cette même idée avec les décès, et c'est pour ça que je mentionnais ça.

Le Modérateur : Ça va? Donc, prochaine question, Sébastien Bovet, Radio-Canada.

M. Bovet (Sébastien) : Bonjour, mesdames, bonjour, monsieur. Je ne sais pas à qui s'adresse la question, mais je la pose quand même. Il y a six CHSLD au Québec dont la situation est critique actuellement, mais ça veut dire qu'il y en a des centaines d'autres qui ont réussi à contenir la propagation de la maladie à l'intérieur de leurs murs.

Comment ça se fait qu'il y a une telle différence dans la gestion de la COVID-19 dans des centres pour personnes âgées? C'est un manque de bonne volonté, un manque d'information, un manque d'outillage, un manque de formation? Qu'est-ce qui explique, selon vous, qu'à certains endroits ça a dérapé alors qu'à d'autres ça semble sous contrôle?

Mme McCann : Oui. Je laisserais peut-être Dr Nguyen répondre à ça parce qu'il y a un point de vue épidémiologique là-dessus. Mais moi, ce que je vais dire par rapport à la gestion, c'est que les directives étaient les mêmes pour tout le monde, hein? Toutes les mesures qu'on a prises, c'est les mêmes pour tout le monde et les gestionnaires devaient s'y conformer, les équipes devaient s'y conformer. Mais effectivement, comme le dit Dr Nguyen, on n'a jamais fait face à une pandémie, et ces mesures ont été mises en place le plus rapidement possible. Il y a eu, potentiellement... évidemment, Dr Arruda en parle souvent, la semaine de relâche, il y a eu peut-être, dans certaines résidences, des contacts qui ont été plus fréquents ou des contacts... une transmission. Mais je pense que c'est davantage d'un point de vue, peut-être, épidémiologique. Dr Nguyen pourrait vous répondre là-dessus.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : Je pense, une des recommandations est d'élaborer des équipes d'épidémiologie qui vont aller regarder et essayer de comprendre comment le virus est rentré puis comment il s'est propagé. Ça, je pense que, quand on aura le résultat de ces enquêtes-là, on pourra vous donner une réponse plus complète.

Spontanément, je pense que c'est quand même des endroits où il y a dû avoir des voyageurs qui sont revenus à la semaine de relâche, parce que, bon, c'est des populations probablement plus multiethniques qui voyagent. Je pense aussi, puis ça, c'est un point extrêmement important puis ça démontre la difficulté du problème auquel on fait face, les milieux de vie pour aînés sont extrêmement hétérogènes. Par hétérogènes, je veux dire : sont très différentes les unes des autres. Il y en a qui sont très bien fournies en matériel, très bien connectées sur le réseau, d'autres qui le sont moins. Puis le défi en ce moment, c'est que les aînés, ils sont partout, ça fait qu'il faut essayer de mobiliser le réseau et d'amener les gens sur le terrain le plus possible pour essayer d'aplanir l'hétérogénéité et la différence de chacun de ces milieux-là.

Mme Blais (Prévost) : Moi, je répondrais peut-être en terminant que ça a été très difficile, je pense, de comprendre le virus comme tel. C'est un virus invisible. Et je crois qu'au début, quand on a dit, le 14 mars, que les personnes étaient confinées dans les résidences privées pour aînés, il y a des gens qui n'y croyaient pas, là. C'était très difficile. Ce confinement-là a été difficile parce que le virus, étant invisible, on ne le sait pas qu'on peut être porteur du virus parce qu'on est asymptomatique et finalement on le développe, mais on peut le transmettre. Et je crois que ça a fait boule de neige aussi, là.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : Puis juste, si je peux ajouter, là, peut-être une petite précision aussi. On parle d'un certain nombre de CHSLD où il y a plus de cas, mais il faut comprendre que c'est une maladie qui se déclare, comme je l'ai mentionné, plus tardivement. Et donc est-ce que ça veut... Une possibilité, puis on le souhaite, c'est que ça reste... c'est seulement ces CHSLD-là. Mais l'autre possibilité, un peu comme Montréal est en avance par rapport au reste du Québec, bien, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu que... bien, si ces CHSLD-là étaient un peu en avance sur le reste. Puis c'est l'idée, donc, de prendre des actions à la vitesse grand V pour essayer de ralentir toute propagation dans des milieux qui ne sont pas fortement atteints.

Mme McCann : Et d'ailleurs on voit que plusieurs de ces milieux, là, où est-ce que qu'il y a des éclosions, sont dans la grande région de Montréal, alors où est-ce qu'il y a eu transmission. La courbe avance plus rapidement à Montréal qu'ailleurs au Québec, mais on veut prendre des mesures préventives dans tous les CHSLD et les milieux de vie du Québec.

Le Modérateur : Maintenant, en sous-question.

M. Bovet (Sébastien) : Mme Blais, on vous connaît, là, si vous étiez capable, vous prendriez soin personnellement de chacun des aînés du Québec, là. Mais il y en a qui vivent des situations extrêmement difficiles en ce moment. Est-ce que le système a abandonné une partie des aînés du Québec?

Mme Blais (Prévost) : Absolument pas. Absolument pas. Je crois... Écoutez, à tous les jours, je suis en réunion avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, avec Danielle McCann. On a travaillé tellement fort et, comme on l'a dit au début, c'est comme ça à peu près dans tous les pays. Et ça a été les bonnes mesures que nous avons prises quand nous avons décidé de libérer des places dans les hôpitaux. De toute façon, pour les personnes âgées, une place dans un hôpital quand elle est guérie, ce n'est pas sa place. Il faut qu'elle retrouve son milieu de vie, et c'est ce que nous avons fait. Jamais on n'abandonnera nos aînés. Ça fait à peu près deux jours, trois jours que le premier ministre le répète, il faut s'occuper des nos aînés. Et je crois qu'on s'en occupe. Puis fort probablement... et je ne dis pas «fort probablement» : oui, ça va arriver. Avec ce qu'on est en train de faire avec notre expert, ici, et les autres experts d'être en mesure de suivre en temps réel l'évolution et de mettre en place les mesures qui s'imposent, ça va faire un très, très grand changement. On va pouvoir voir des changements peut-être d'ici trois semaines, hein? C'est ça, Dr Nguyen? Il faudrait voir.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : Ça dépend des mesures qu'on prend, effectivement.

Mme Blais (Prévost) : Mais on va voir des changements. Danielle McCann l'a dit. On a entendu hier la Dre Francoeur, qui a mentionné qu'il y avait 450 médecins spécialistes, de médecins de famille qui étaient à la disposition... Il y a plus de personnel. On a ajouté 1 000 personnes. Il y a des gens qui viennent prêter main forte, et ça va faire une grande différence.

Mme McCann : Et aussi la réorganisation du travail. Dr Nguyen en parle aussi, on doit réorganiser le travail pour diminuer le nombre de personnes qui donnent des soins à un résident. Alors, que ce soit toujours les mêmes, qu'ils ne se promènent d'un édifice à l'autre, d'une unité à l'autre. Il faut... On est en train de réorganiser tout ça. Et ça nous prend plus de personnel. Et c'est pour ça qu'on redéploie des gens pour ajouter du personnel dans les milieux de vie.

Le Modérateur : Prochaine question... Oui.

Mme Blais (Prévost) : C'est un changement de culture organisationnelle, hein? Et ce changement de culture là, ça ne se fait pas si simplement que ça. On demande aux gens de la santé, là, de faire un changement d'organisation, là, à la vitesse grand V.

Le Modérateur : Prochaine question, Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Une question pour Mme McCann. Je comprends que la question a été posée un peu plus tôt, aujourd'hui, mais je comprends que la situation a évolué. Est-ce qu'il y a des tutelles en cours ou envisagées pour certains CHSLD?

Mme McCann : Bien, je vais vous dire, il y a deux CHSLD privés... en fait, un CHSLD privé puis une résidence pour personnes aînées où l'établissement de la région a pris en charge le site. Il y en a un dans l'Ouest-de-l'Île, le CHSLD Herron  et il y en a un... la résidence pour personnes aînées, âgées, Liverpool à Lévis. En fait, ce sont des établissements privés, et, malheureusement, où est-ce qu'il y a eu propagation et que le personnel a été aussi touché, et il n'y avait pas assez de personnel pour continuer de s'occuper des personnes, des résidents. Alors, les établissements Ouest-de-l'Île et Chaudière-Appalaches ont pris en charge ces établissements, donc assurent les services à ce moment-ci dans ces établissements.

M. Chouinard (Tommy) : Juste une précision, je vais revenir avec la deuxième, mais je veux bien comprendre. Est-ce que c'est imposé ou est-ce que c'est demandé?

Mme McCann : Ça a été demandé, certainement, par ces deux établissements. Ce n'est pas simple. Du côté de Chaudière-Appalaches, ça va, mais du côté de l'Ouest-de-l'Île, il y a des choses à rediscuter, mais on prend en charge de toute façon.

Le Modérateur : Prochaine question, Andrée Martin, TVA Nouvelles.

Mme Martin (Andrée) : Mais qu'est-ce que ça implique, justement, cette prise en charge? Qu'est-ce que vous voulez dire par «ce n'est pas simple»?

Mme McCann : Ce n'est pas simple parce qu'évidemment c'est un établissement privé, déjà, qui est connu, là, du CISSS ou du CIUSSS, mais il faut trouver le personnel et, heureusement, on l'a trouvé. Et il faut stabiliser la situation, puis, je dois dire, là, que ça a été fait, dans les deux cas. Et évidemment ce sont des établissements privés, donc il faut voir, d'un point de vue formel, comment ça va être continué. Est-ce qu'il s'agit d'une tutelle ou non? On est en train d'examiner toute la situation. Mais, au niveau clinique, au niveau soins des personnes, ça, c'est stabilisé. Alors, les gens ont été pris en charge.

Mme Blais (Prévost) : Mais une bonne chose qui s'est passée... qui s'est produite, c'est que, malgré que ce soit privé, le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal, concernant la résidence Herron, a pris la responsabilité d'aller s'occuper des personnes âgées hébergées. Et ça, c'est une bonne chose. C'est la même chose qui s'est passée aussi à Chaudière-Appalaches, dans le CISSS de Chaudière-Appalaches, d'aller sur les lieux et de prendre la responsabilité avec une équipe.

Le Modérateur : En sous-question.

Mme Martin (Andrée) : Bien, Mme Blais, ma question est pour vous. Je veux vous entendre... Comment vous qualifiez la situation actuelle? Vous comme moi, on entend, à chaque jour, des témoignages. Les gens vous interpellent même directement. Vous dites : Jamais on n'abandonnera nos aînés, mais vous avez entendu des témoignages de familles qui, présentement, se sentent abandonnées et sentent qu'elles abandonnent leurs proches à l'intérieur des murs de résidences pour personnes âgées, de CHSLD aussi. Comment vous qualifiez la situation actuelle, Mme Blais?

Mme Blais (Prévost) : Bien, vous dire, en tant que ministre responsable des Proches aidants, en tant que personne qui a été proche aidante, je trouve ça très difficile. On a pris une décision que j'appelle crève-coeur, de faire en sorte de demander aux familles de ne pas visiter leurs personnes hébergées. Un jour, là, les personnes pourront retourner auprès de leurs proches, mais écoutez, c'est difficile. Je suis très consciente que ces proches aidants souffrent énormément actuellement.

C'est la raison pour laquelle on a pris des mesures, aussi, et tous les établissements, tous les CISSS et les CIUSSS avaient jusqu'au 1er avril pour nous transmettre les technologies qu'ils étaient pour utiliser pour être en mesure de communiquer avec leurs proches et aussi identifier du personnel en mesure de pouvoir communiquer avec les familles. Il faut absolument que ça se fasse partout, que les familles reçoivent de l'information par rapport à leur mère ou à leur père hébergé, parce que sinon, là, c'est insoutenable.

Alors, ça, là, ces consignes-là, là, Mme McCann, moi... Il faut absolument que ce soit respecté partout, partout, partout par rapport à ces informations. Et même, on est en train, là, de recevoir, de la part de fondations, des iPad qui vont pouvoir aller dans tous les CHSLD, alors on va pouvoir essayer de communiquer le plus possible. C'est important, cette communication.

M. Gagnon (Marc-André) : Merci. Don, si je peux me permettre à mon tour — Marc-André Gagnon du Journal de Québec, Journal de Montréal — ma question s'adresse aussi à la ministre Blais.

Plusieurs personnes m'ont fait la remarque... En fait, bon, récemment, vous étiez sur le plateau de Tout le monde en parle, vous avez dit : Oui, je suis en quarantaine volontaire, je fais une exception. Aujourd'hui, vous vous êtes déplacée jusqu'à Québec, vous êtes accompagnée d'un docteur du CHUM.     Est-ce que ça ne vient pas un peu en contradiction avec les consignes de la Santé publique? Surtout qu'encore aujourd'hui il y a Dr Arruda qui était assis à la même place que vous puis qui disait : Bien, moi, ça fait maintenant un mois que je ne retourne plus à Montréal, que je ne vois plus ma conjointe. Alors, je vous donne l'occasion de répondre à ça.

Mme Blais (Prévost) : C'est une sortie exceptionnelle. Écoutez, on vient annoncer qu'on avait un conseiller expert. On vient annoncer qu'on a été en contact avec le Dr Nguyen, puis on a mis en place des nouvelles mesures, et qu'on est allés chercher les meilleurs experts. Il me semble que c'est ma place, ici, aujourd'hui, aux côtés de M. Nguyen, de Mme McCann, pour dire à la population du Québec : On prend ça très au sérieux. J'ai quand même le titre de ministre responsable des Aînés. Alors, il faut que je prenne ma place quand c'est le temps de prendre ma place. Puis aujourd'hui c'était exceptionnel de venir ici, à l'Assemblée nationale, pour parler à la population et dire, à la fois, aux aînés : On s'occupe de vous, et dire aux proches aidants : On ne va pas vous laisser tomber. Alors, c'est ça.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : ...si je peux me permettre, mais, si je ne m'étais pas déplacé, je pense qu'on aurait pu avoir la question : Ah! bien, pourquoi c'est par visioconférence? N'est-ce pas une priorité?

Le Modérateur : Très bien. Alors, maintenant que c'est dit, bien, je vais profiter de votre présence, Mme la ministre Blais, pour vous donner l'occasion d'envoyer un message aux aînés qui sont à la maison, puis, en fin de semaine, qui ont de la peine parce qu'ils ne pourront pas voir leurs petits enfants, puis à qui le premier ministre a annoncé hier que, pour eux, le confinement va durer encore pendant des mois. Alors, quel est le message que vous avez pour eux aujourd'hui?

Mme Blais (Prévost) : Bien, écoutez, le premier ministre a mentionné qu'il était pour téléphoner à sa mère. Bien, moi, vous le savez, j'ai plusieurs enfants et j'ai 11 petits-enfants, et c'est vraiment ma raison de vivre maintenant. Et puis, de ne pas les voir, bien, c'est très difficile pour moi aussi parce que les fêtes comme Noël, Pâques, ce sont des moments de réjouissance, des moments en famille. Mais on va se faire des FaceTime puis on va communiquer comme ça.

Mais c'est très important parce qu'on est en train de réduire la courbe. Et, si on ne fait pas attention, le Dr Arruda le disait, on peut repartir dans une autre vague. Et je vous dis de garder espoir, de parler avec vos parents, avec vos grands-parents. Trouvez d'autres façons de communiquer, mais, de grâce, restez à la maison. C'est ça, les consignes : rester à la maison, d'avoir deux mètres de distance, de tousser dans le coude puis de vous laver les mains. Puis n'allez pas trop magasiner parce qu'il y a encore des aînés, malheureusement, qui vont trop magasiner. Ça fait que faites vous livrer vos provisions par des bénévoles, par des voisins. Respectez les consignes, je vous en prie.

Le Modérateur : Allez-y.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : Comme groupe qui réfléchissons spécifiquement à la question des personnes âgées, je peux vous dire que c'est certainement une priorité pour nous. Je ne peux pas, malheureusement, dire que c'est la priorité numéro un. La priorité numéro un va être de diminuer la propagation des cas dans les CHSLD, les RPA, et d'outiller les gens sur le terrain. Ça, ça va être le cheval de bataille des prochains jours, selon moi.

Par la suite, il est certain... puis, tu sais, il y a des projections internationales de comment on fait pour lever le confinement, comment on peut bien le faire, est-ce qu'il faut le faire par tranches d'âges, est-ce qu'il ne le faut pas. Les gens à la Santé publique, c'est sûr qu'ils réfléchissent à ça, mais je peux vous dire que nous, notre optique, ça va être d'apporter la lentille «aînés», la lentille «visite de proches». Il n'y a pas de promesse de quand est-ce qu'on va avoir la réponse, mais plus vite on aplatit la courbe et plus vite on aplatit la courbe en CHSLD et en milieux aînés, plus vite on peut parler de visites. Ça fait que ça va être ça, la priorité.

Mme Blais (Prévost) : Et, quand le Dr Nguyen parle de courbe... parce qu'il va y avoir... quand on dit «en temps réel», bien, ça va être aussi la courbe, la courbe par rapport aux CHSLD, par rapport aux RPA, par rapport aux ressources intermédiaires et ressources de type familial. Cette courbe-là, en temps réel, on va pouvoir la suivre. Et c'est ça qu'on veut diminuer aussi par rapport aux milieux de vie des aînés.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, prochaine question pour Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Mesdames, monsieur. Mme McCann, est-ce que vous admettez avoir sous-estimé l'impact du coronavirus sur les CHSLD, que ça pouvait avoir dans les CHSLD?

Mme McCann : Bien, je vais vous dire, je pense que, comme Dr Nguyen l'a dit, la pandémie, c'est quelque chose de nouveau. C'est quelque chose où tous les pays sont aux prises, hein, avec la pandémie. C'est un nouveau virus, on ne le connaissait pas.

Alors, moi, je pense que les mesures qu'on a prises, c'est ce qu'il fallait faire. Et là on arrive évidemment à une autre étape, et c'est pour ça qu'on prend d'autres mesures, on ajoute d'autres mesures. Et on veut arriver à bon port. On veut, comme le dit ma collègue, aplatir la courbe des CHSLD puis des résidences personnes aînées, des RI, des RTF. Alors, on veut s'occuper de nos aînés particulièrement et surtout aplatir cette courbe-là.

Alors, on va continuer nos actions, et on va même les intensifier, et on va faire toutes les mesures concrètement. Comme dit Dr Nguyen, il faut les implanter. Alors, on est en train de réunir toutes les conditions, le personnel pour pouvoir faire toutes ces mesures.

M. Lacroix (Louis) : Je comprends, mais, au départ, vous aviez mis beaucoup d'emphase sur faire de la place dans les centres hospitaliers, libérer des lits. Vous avez mis beaucoup de personnel, d'ailleurs, vous avez annoncé qu'il y a des gens qui étaient en milieu hospitalier, que vous transférez des médecins, des infirmières vers les CHSLD. Il y a 119 décès dans les CHSLD sur les 241, donc la moitié des personnes décédées de la COVID-19 étaient en CHSLD.

Ma question, je la répète : Est-ce que vous avez sous-estimé l'impact de la COVID-19 dans les CHSLD, compte tenu des chiffres, des statistiques et de ce que je viens de mentionner, le personnel qui n'était pas au bon endroit, etc.?

Mme McCann : Bien, moi, je vais vous dire qu'il fallait absolument délester les activités qu'on a délestées en milieu hospitalier, parce que, vous savez, je me reporte... ça fait seulement un mois, mais il fallait voir venir. Et on aurait pu avoir la situation de l'Italie, où est-ce qu'on aurait pu avoir besoin de 6 000 lits.

M. Lacroix (Louis) : Vous ne répondez pas à ma question.

Mme McCann : Bien, je m'en viens, je vous réponds. On savait toutefois que les personnes âgées seraient les plus touchées, alors c'est pour ça qu'on a pris des mesures. Mais on a eu de la difficulté à cause, entre autres, et comme on le dit souvent, de la semaine de relâche, où est-ce qu'il y a eu des voyageurs, et on ne le savait pas à l'époque, hein, on ne connaissait pas la situation comme on la connaît maintenant, et qui... malheureusement, il y a eu de la propagation de différentes façons. Et ça, ça a été difficile.

Et je pense que dans d'autres provinces, je parle à mes collègues aussi là-dessus, où est-ce que la semaine de relâche est venue plus tard, ça a aidé. Et ils ont appris du Québec, d'ailleurs, parce qu'on a mis nos mesures plus tôt qu'eux.

Alors, moi, je pense que malheureusement, avec la semaine de relâche, il y a eu des gens, des enfants qui sont retournés dans les CHSLD parce qu'on n'avait pas la connaissance de la situation qu'on a eue, là, quelques jours après, où est-ce qu'on a mis les mesures rapidement. Et on a eu malheureusement des propagations dans les CHSLD.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, pour compléter en français, une question qui nous provient par courriel de Marco Bélair-Cirino, du journal Le Devoir.

Deux CHSLD privés conventionnés de la Montérégie disent qu'ils n'ont simplement plus d'équipement de protection individuelle et que le CISSS—Montérégie-Centre refuse d'en livrer, ce qui pourrait forcer les travailleurs à soigner les patients sans masque.

Est-ce que la ministre, d'abord, est au courant de cette situation? Et qu'est-ce qui peut être fait, là, dans un cas comme ça? Est-ce qu'on peut, par exemple, forcer le CISSS à envoyer du matériel?

Mme McCann : Ah! c'est déjà fait, c'est déjà réglé. Vous savez, la communication dans une situation comme celle qu'on vit, c'est très important, et la vitesse, la logistique. Alors, on a déjà envoyé le matériel, les gens ont tout ce qu'il faut. Et c'est là que c'est important, comme je vous le disais, l'établissement est aussi responsable non seulement du public mais aussi de tout le secteur privé au niveau de l'hébergement. Et c'est réglé, l'établissement privé a maintenant tout ce qu'il faut. Et on l'invite vraiment à nous faire part, là, rapidement de ses besoins pour qu'on aille au-devant de ses besoins.

Le Modérateur : Et, toujours pour Le Devoir, en sous-question. De façon plus large, est-ce que les CISSS ou les CIUSSS ont des directives à l'effet qu'il faut d'abord répondre à la demande en CHSLD publics avant les CHSLD privés conventionnés?

Mme McCann : On travaille... On répond à toutes les demandes. Les personnes hébergées sont hébergées dans le public, dans le privé. Tout le monde... on doit répondre à tous ces besoins. Et c'est fait, et ça va être fait avec les résidences pour personnes âgées autonomes, les RI, les RTF et évidemment les CHSLD privés.

Le Modérateur : Très bien. Alors, c'est ce qui complète pour nos questions en français.

So, we'll switch in English with Cathy Senay from CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. The spotlight for days, now, has been on CHSLDs and nightmares that families are going through, for example Sainte-Dorothée. I would like to know... Because I have the feeling that you're justifying what you're doing. You're putting forward like a committee of experts to explain that you haven't failed to protect seniors in Québec, even though there are many stories saying the opposite.

What will you make you be satisfied with the measures you're putting in place, to say : We finally... we're able to protect some of them?

Mme Blais (Prévost) : We want to save lives. It's a simple question. We want to save lives. So, to be able to save lives, sometimes, we have to adjust what we are doing, and we are adjusting what we are doing at this moment with people like specialists who are working everyday with senior citizens who are living in CHSLD or private residence for seniors. And we are asking them... We are asking especially to Dr. Nguyen to be our guide. So, we will be in time, just in time every day. I will speak with him, morning, night. I'm going to call him at the middle of the night, if I have to do it, to make sure we can act immediately to be able to save lives.

M. Nguyen (Quoc Dinh) : So, what I could add, I think the most important metric we need to follow is to, one, ascertain the cases that occur, we know that they are occurring and we're not missing any. That's step number one because cases we know about quicker than hospitalizations or deaths, that's number one. And, if that can be achieved quickly, then the most important number will be cases in CHSLD, RI, RPA.

Then, of course, once... And, if we can't get the number of cases quickly, then, of course, other metrics can also be used, such as number of cases that got to the hospital. But the best would be cases, and that's the best single metric.

After cases, of course, I think it's people on the ground, right, people who see it. I think... There needs to be a mechanism so that we get the feedback quicker than I think what we've been able to get up to now, if that's possible, so that we can know that everything that we talk about here as experts gets down to the ground.

Again, it's going to take a bit of time, right? Nothing's going to change instantly because this is not a disease that changes instantly. The tendencies are there and will stay the same way for a few days at least.

Mme Senay (Cathy) : Second question. You talked about the CHSLD of Herron in Dorval. So that's one of the CHSLD, private... one of the facilities, private, that has to be taken care of. Like, it's not a trusteeship.

Mme McCann : No, but we're taking charge of the services. It's going to take a certain form. But it's not a trusteeship at this point, no.

Mme Senay (Cathy) : Do you know the number of deaths that come from cases and suspected cases at the CHSLD Herron?

Mme McCann : I know that there have been two cases... two deaths due to COVID-19, in the past month, and 18 deaths that are not linked to COVID-19, that are not diagnosed with COVID-19. And that's the information I have at this point. Yes.

Mme Senay (Cathy) : Do they come from cases or...

Mme McCann : Suspected? I don't have the number at this point.

Le Modérateur : Thank you. OK, so a question now sent by e-mail from Phil Authier, Montreal Gazette. Did you know that at the residence Herron, in Dorval, public health officials found dead bodies and residents covered in their own feces? What is your reaction to this?

Mme McCann : Well, I was just informed, just before I came to the press conference, about what you just mentioned. And the CIUSSS took charge of this residence a few days ago. So this information, I just learned today, so I want to have a report on this. And, of course, this is very preoccupying, but I do trust that the CIUSSS has taken charge and is taking care of the people inside the residence. I want to reassure the families about this particular finding, two people that were dead. I have to make a lot of verifications on this and I'll do it quickly.

Le Modérateur : Second question for Mr. Authier. Why didn't the Government inform family members of residences and the public on how bad the situation was at résidence Herron and what lead it to being under some kind of trusteeship?

Mme McCann : Well I don't know what the previous administration did with the families, but I can assure you that the CIUSSS is informing the families. Because we have given the «directive» to the whole network of the residences in Québec that the priority is to inform the families. So, I got a report, just before I came in the press conference, and everybody has a priority to inform the families. This is absolutely basic. And we'll also have tools. As my colleague mentioned, we're going to increase that communication, but everybody has to inform. And the résidence Herron is informing, the CIUSSS is informing the families about the situation of their dear ones.

Le Modérateur : Thank you. And now a question from Raquel Fletcher, Global News, again regarding the résidence Herron. Will you launch an investigation, an inquiry into other seniors' homes to make sure these kinds of atrocities aren't happening elsewhere?

Mme McCann : Yes, there's going to be an investigation at Herron by the CIUSSS. But we will also reiterate, say it again to our PDGs that they have to be ultracareful about all the residences on their territory, and to really maintain, sustain contact with them — we have teams that are doing that — and to be very vigilant about situations in the private homes, the small or different sizes private homes on their territory.

Le Modérateur : And now as a second and very last question for Raquel. Has this crisis revealed that we have collectively neglected the care of our elderly? How will things change in CHSLDs and residences after COVID-19?

Mme McCann : I think there's going to be lessons learned, in the sense that we're facing a new virus, so we have to take extra measures. And that's why our experts are going to help us with this. And, I think, and I was discussing this before, what we're going to do... and what we have done, actually, and what we're doing now, and what we'll do in the near future, we will probably retain a lot of it in the future. When we say, for instance, that we should have teams that are devoted to particular units and that people should not go from one building to another to give care, I think that's something we will want to keep for the future.

Mme Blais (Prévost) : I'd like to say something. You see, when we were talking about «les maisons des aînés», it takes all its sense because it's one individual by room, and one restroom for a room, and 12 units. So it's small units and, in this way, it's going to be easier to be able to take care of the people who are living in these «milieux de vie». With the other that we will transform, we have to transform them in the same way to make sure we don't have, you know, everybody all together, because when they are spread a little bit, it's easier, if we have another type of virus... And also the way we're taking care of the people will change also. That's for sure. It's going to change totally.

M. Chouinard (Tommy) : ...précision à apporter en Français sur les CHSLD Herron pour qu'on comprenne bien la situation. Parce que vous disiez un peu plus tôt, je crois, que... Est-ce que c'est bien à leur demande? Et quel est le portrait exact de ce qui se passe au CHSLD?

Mme McCann : Oui, c'est à leur demande, parce que, malheureusement, plusieurs travailleurs ont été touchés par la COVID-19, donc il n'y avait plus assez de personnes pour prendre soin des résidents. Alors, le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île a pris charge de la résidence et donne les services, maintenant, avec son propre personnel.

M. Bergeron (Patrice) : Mais on a trouvé des morts. On a...

Mme McCann : Je dois vous dire qu'on vient de m'en parler, d'un article qui est paru et qui relate... Le CIUSSS a pris charge de cette résidence il y a quelques jours. Alors, avec cette information que je viens d'apprendre, je dois faire des vérifications rapidement. Ce n'est pas une information que j'avais. Je dois faire des vérifications là-dessus, mais je dois rassurer que le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île prend bien charge et donne les services aux personnes. Et je veux rassurer les familles que les services sont donnés.

M. Chouinard (Tommy) : Mais quand vous parlez...

Le Modérateur : Très bien. Donc...

M. Chouinard (Tommy) : Mais c'est parce qu'en anglais ça a été...

Le Modérateur : On va conclure, Tommy. Merci. Alors, je vous remercie. Merci à vous trois. Joyeuses Pâques.

Des voix : Merci.

(Fin à 16 h 20)

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