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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et Mme Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le lundi 13 avril 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures deux minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour et bienvenue à cette conférence de presse du premier ministre du Québec, François Legault, en compagnie de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, et du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

À vous la parole.

M. Legault : Oui, bonjour, tout le monde. Je commence par le bilan de la journée. On a malheureusement 32 nouveaux décès, donc on est rendus maintenant à 360. Donc, je veux offrir mes condoléances aux familles et aux proches des 32 victimes. On a maintenant 13 557 cas confirmés. C'est une augmentation de 711. On a 879 personnes hospitalisées. C'est une augmentation de 55. Sur les 879, il y en a 226 qui sont aux soins intensifs. C'est une augmentation de neuf.

Comme vous pouvez vous l'imaginer, actuellement, notre grande priorité, c'est la situation dans les CHSLD et les résidences pour aînés, donc que ça soit ce qu'on appelle des RPA, des RI, toutes les résidences, là, qu'elles soient publiques ou qu'elles soient privées.

D'abord, je veux vous dire qu'en fin de semaine, comme je l'avais dit samedi, on est allés inspecter les 40 CHSLD privés non conventionnés et on s'est rendu compte que la grande majorité sont très bien gérés. Le personnel soigne bien les patients. Il y en quelques-unes, là, quatre ou cinq, qu'on garde sous surveillance. On ne va pas s'arrêter là. On a commencé déjà, depuis hier, puis ça va se poursuivre aujourd'hui puis au cours des prochains jours… On va aller inspecter toutes les résidences publiques et privées, CHSLD, RPA, RI, donc, pour aller voir exactement si la situation est sous contrôle.

Bon, je veux revenir sur la situation dans les CHSLD et les résidences pour aînés de façon générale.

D'abord, c'est important de se rappeler qu'avant même la crise, depuis des années, on avait des pénuries de personnel dans les résidences pour aînés. Puis, je pense, peut-être le problème le plus important, c'est un problème de salaire. Donc, on n'arrive pas, même si on a affiché beaucoup de postes, à combler les postes. C'est encore plus difficile dans certaines résidences au privé qui paient moins cher, mais, même dans le secteur public, très difficile d'aller attirer tout le personnel qu'on a besoin.

On a, en plus, une espèce d'effet domino : parce qu'on a une pénurie de personnel, bien, les personnes qui travaillent là ont comme une surcharge de travail. Donc, c'est encore moins attrayant parce que les personnes qui acceptent de venir travailler travaillent dans un contexte où il manque de personnel, donc qui ont beaucoup de choses, plus que normalement, à faire.

C'est pour ça que vous m'avez souvent entendu le dire depuis un an. Au cœur de la négociation des conventions collectives, on veut augmenter les salaires des préposés aux bénéficiaires d'un pourcentage plus grand que les autres travailleurs qui travaillent pour le gouvernement du Québec, que ça soit dans la fonction publique ou dans les différents réseaux.

Je comprends que ce n'est pas simple négocier ça. Traditionnellement, quand je regarde les gouvernements qui se sont succédé, habituellement, les grands syndicats, qui représentent toutes sortes de groupes d'employés, demandent la même augmentation de salaire en pourcentage pour tous les employés. Certains syndicats ont de l'ouverture, donc, d'autres en ont moins, donc ce n'est pas simple, cette négociation-là. Comme vous le savez, on a essayé de l'accélérer. Là, on continue les discussions, mais ce n'est pas nécessairement simple de donner une augmentation permanente plus importante aux préposés aux bénéficiaires.

Ce qu'on a fait, c'est qu'on a donné un boni temporaire, donc une bonification de la rémunération, 8 % pour les personnes qui sont directement avec les patients, puis, dans le secteur privé, une augmentation de 4 $ de l'heure. Ce que je rappelle, là, il y a des gens qui gagnaient seulement 13 $ de l'heure, là. Donc, même à 17 $ de l'heure, là, ce n'est pas suffisamment attirant. Puis en plus, bien, ce sont des primes qui sont temporaires. Tant qu'on ne s'est pas entendus avec les syndicats, ça reste des primes qui sont temporaires.

Et actuellement on n'a pas assez d'inscriptions, entre autres en formation professionnelle, pour des gens qui voudraient devenir préposés aux bénéficiaires. Donc, on a un défi d'attirer des jeunes mais aussi des moins jeunes à devenir préposés aux bénéficiaires. Il faut que ça soit plus valorisé. Évidemment, on ne peut parler de valorisation sans parler de salaire, quoique le contexte aussi fait qu'étant donné qu'il y a une pénurie, bien, c'est dur travailler comme préposé aux bénéficiaires. Donc, on a un peu comme l'œuf et la poule : tant qu'on n'a pas attiré plus de préposés, la situation est encore plus difficile. Mais c'est le grand défi qu'on a, puis ce n'est pas un défi qui est nouveau, c'est un défi qui est là depuis des années, qu'il y a de la pénurie de personnel. Puis en particulier, là, je vous dirais, depuis un an, on a eu deux augmentations budgétaires importantes, mais il reste que beaucoup de postes sont affichés mais non comblés.

Je pense que, dans le contexte actuel, il y a quelque chose qui est encourageant, c'est qu'il y a beaucoup de métiers, je pense, entre autres, aux magasins de détail, peut-être autour du tourisme, de la restauration, des gens qui, peut-être, pourraient se réorienter pour devenir préposés aux bénéficiaires. Mais tout commence par une meilleure augmentation des salaires.

Donc, ce que je veux vous dire, c'est qu'avant même que la crise commence, la crise de la COVID-19, on avait un problème de pénurie de personnel dans nos résidences de personnes âgées. Et là la situation s'est empirée. D'abord, il y a du personnel qui a été infecté, soit dans les résidences, soit parce qu'ils avaient voyagé, ou pour toutes sortes de raisons, comme simples citoyens. Donc, on a une partie du personnel qui est infectée.

Puis on me dit aussi qu'il y a une partie du personnel, puis je peux les comprendre, qui ont des inquiétudes puis qui ne veulent pas aller travailler dans des milieux où il y a des patients qui ont la COVID-19. Je pense qu'on peut tous comprendre ça. Malgré les équipements de protection, il y en a qui ont des craintes.

Donc, on se retrouve dans une situation où, avant la crise, on avait une pénurie de personnel. On était en train de négocier pour augmenter les salaires pour que ça soit plus attractif, pour qu'on ait plus de jeunes et de moins jeunes qui s'inscrivent dans les écoles pour devenir préposés aux bénéficiaires. Puis là, bien, s'ajoute une situation où c'est encore moins attrayant. Donc, on a vraiment un gros défi. C'est un défi qui est plus, je dirais, à moyen terme.

Mais on a une crise, là, à gérer. Et là, pour gérer la crise, on a redéployé 1 100 personnes pour les envoyer là où c'est le plus critique, plus 450 médecins, puis on est en train d'en ajouter, autant des omnis que des spécialistes. Par contre, puis je le dis, je faisais la revue, tantôt, avec Marguerite, de toutes les résidences une par une, il y a encore des résidences actuellement qui manquent d'employés. Donc, on cherche toutes sortes de moyens d'identifier des employés qu'on pourrait envoyer. Et donc ça fait partie de nos priorités.

Mais, malgré la situation qui est difficile, je veux quand même vous dire que la grande majorité des résidences fonctionne bien. Les gens sont bien soignés. Le personnel est attentionné, dévoué. Donc, dans la grande majorité des cas, ça va bien. Puis j'ai demandé aussi, d'une façon très claire, là, qu'il y ait une personne, pour chaque résidence, qui soit désignée pour faire le lien avec les familles. Ça ne sera pas, dans tous les cas, une infirmière ou un médecin, mais c'est important qu'il y ait ce lien-là, parce qu'on a quand même, puis on en parlait avec le Dr Arruda, une inquiétude sur le moral de certaines personnes, là, qui sont dans une situation qui est difficile.

Quelques points additionnels. D'abord, les tests, là, vous avez vu qu'il y a un nouveau test qui se fait rapidement, là. En une heure, on peut avoir le résultat. On en a commandé pour être capables d'en faire 200 000. Donc, on pense qu'avec ça on va être capables, là, de faire tous les tests qu'on a besoin dans les prochaines semaines.

Les équipements de protection, ça va bien. Il y a un endroit où on est plus serrés, c'est les blouses, mais là on pense que, d'ici une semaine, maximum deux, on devrait être capables de commencer à avoir des blouses qui sont fabriquées au Québec, qui vont combler la pénurie.

Reste un problème avec certains médicaments, médicaments de sédation. Donc, les personnes qui souffrent d'anxiété ou qui ont besoin d'être calmées, endormies, tous les médicaments de sédation, il y a effectivement, là, peut-être à peu près pour une semaine de médicaments, mais là on cherche partout, avec le gouvernement fédéral, des solutions.

Je veux aussi vous dire qu'on a, avec autant les syndicats que le patronat, convenu d'ajouter quelques emplois qui vont être rouverts. Donc, il y a des ministres, au cours de la journée, qui vont vous annoncer... on va comme élargir un peu la liste des services prioritaires. Je pense, entre autres, à la construction domiciliaire. On s'est assuré, avec la Santé publique, que tous les protocoles étaient mis en place pour protéger ces employés-là, entre autres qu'ils restent toujours à deux mètres les uns des autres, mais on ne veut pas ajouter une crise du logement par-dessus la crise qu'on vit actuellement.

Une bonne nouvelle, je pense entre autres aux parents, mais aussi aux enfants, c'est à partir d'aujourd'hui que Télé-Québec va diffuser des émissions éducatives, donc autant pour les plus petits, préscolaire, primaire, que pour le secondaire. Donc, au secondaire, entre autres, ils vont avoir un petit peu de science avec Martin Carli, puis des fois, un petit moins sérieux, avec Pier-Luc Funk, là, mais il y a des excellents animateurs, animatrices, là, autant pour les tout-petits que pour les ados, puis ça commence aujourd'hui.

Bon, maintenant, mes remerciements du jour, vous allez comprendre que c'est pour tous ceux et toutes celles qui travaillent dans nos CHSLD et nos résidences pour aînés. Je le sais qu'à certains endroits il manque de personnel. Je sais que c'est stressant, parce que le personnel essaie d'aider, mais ils se rendent compte qu'ils ne peuvent pas tout faire. Comme je dis souvent à Isabelle, à l'impossible nul n'est tenu, hein? Donc, l'important, c'est que chacun fasse son possible, fasse le mieux qu'il peut avec les circonstances. Et, bien, moi, je dis, à tout le personnel, entre autres des CHSLD, ne lâchez pas, là, on travaille sur toutes sortes de scénarios pour continuer de vous envoyer des renforts, mais c'est très, très, très important ce que vous faites pour nos aînés.

Donc, même si la situation dans les résidences pour personnes âgées est difficile, il reste que, quand même, quand on regarde les données, la situation générale, quand même, se stabilise. Ça ne veut pas dire qu'il faut relâcher les consignes. Entre autres, on reste toujours à deux mètres des autres personnes. Ça va sauver des centaines de vies de continuer de le faire. Puis, bien, je dis, à tout le monde, courage, les beaux jours vont revenir. Merci.

Le Modérateur : Est-ce que vous avez une déclaration en anglais, M. le premier ministre?

M. Legault : Oui. Good afternoon. The Ministry of Health carried out checks in private CHSLDs over the weekend. In the majority of cases, the situation is stable, the patients are well treated. Few establishments have been placed under surveillance.

I know there is a lot of concern among families. Even if the situation is far from perfect at the moment, I want to reassure you. In the vast majority of CHSLDs and private residences, people are cared for by dedicated staff, and, where the situation is critical, we're sending people. Later today, we'll be adding some activities to the list of priority services, home building among of them. Protocols have been developed with public health to ensure that work is safe.

I know the situation is tough on everyone, in particular in certain places, but, I want to be clear, the general situation and outlook get better, but we'll still have to keep physical distancing and, by following public health guidelines, we're saving hundreds of lives. Courage, everyone, good days will return. Thank you all.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions. Nous commençons avec Patrick Bellerose, du Journal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Oui. Bonjour à tous. La question est pour Mme Blais. Étiez-vous au courant de la situation au CHSLD Herron et de façon plus générale, je dirais, au CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île? Et quelles actions ont été prises depuis le printemps dernier, depuis le fameux rapport du coroner?

Mme Blais (Prévost) : Comme vous le savez, M. Bellerose, c'est un CHSLD privé. Et en ce qui me concerne, j'ai avisé tous les P.D.G. des CISSS et des CIUSSS qu'on doit mettre en place les recommandations qui sont faites. Et vous le savez, hein, dans cette histoire-là, ça n'a pas été simple non plus pour que Mme McVey, qui est la P.D.G. du CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal... de pouvoir entrer à l'intérieur du CHSLD privé pour être en mesure d'apporter des soins. Mais cette résidence-là avait déjà été certifiée correctement. C'est une dégradation, fort probablement, qui s'est produite dans le temps. Mais actuellement il y a un contrôle, les gens du CIUSSS de l'Ouest sont là, et il y a une enquête. Et je ne vais pas commenter davantage à cause de l'enquête qu'il y a en ce moment-ci.

M. Bellerose (Patrick) : Il y a beaucoup de gens sur les réseaux sociaux qui vous interpellent, qui vous critiquent. Est-ce que vous prenez une part de responsabilité dans la situation?

Mme Blais (Prévost) : Écoutez, c'est un dossier qui me tient à coeur depuis tellement d'années, je dirais, depuis les années 1979 que je m'intéresse aux aînés et je m'intéresse aux proches aidants. Écoutez, je pense que ce qui se passe actuellement, le gouvernement a tout mis en place. Même les urgentologues aujourd'hui disaient que ce qu'on devait faire en premier c'était de libérer des lits dans les hôpitaux pour être en mesure de faire face à une grande crise. Et là, maintenant, ça attaque certaines résidences pour personnes qui sont plus vulnérables. On le savait que c'était pour toucher les personnes vulnérables.

Écoutez, la critique, je suis capable de la prendre. Rendu à mon âge, si je fais de la politique, c'est pour être capable d'accepter la critique. Mais, si je suis devant vous aujourd'hui, c'est pour vous dire qu'on veut prendre soin de nos aînés, on prend soin de nos aînés et qu'on va tout faire pour mettre en oeuvre des changements au niveau de la culture organisationnelle de nos milieux de vie.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, Mme Blais, M. Arruda. Je voudrais vous parler des médecins spécialistes. Parce que plusieurs s'inquiètent, M. le premier ministre, du fait que, bon, on a arrêté de faire certaines opérations. Et là les médecins spécialistes disent : À un moment donné, il va falloir rattraper ce retard-là, et on craint notamment que si, par exemple, ça nous... on a une espèce de congestion dans les salles d'opération l'automne prochain, parce qu'évidemment la crise n'est pas terminée aujourd'hui, etc., que ça puisse tomber en même temps aussi qu'une deuxième vague de COVID-19. Bref, est-ce qu'on n'est pas en train de reporter des problèmes à plus tard et même les amplifier en ayant cessé de cette façon toutes les opérations — ou à peu près — électives qu'il y avait au Québec?

M. Legault : Bon, on le sait, dans nos hôpitaux au Québec, qu'on a à peu près 18 000 lits. On en a libéré à peu près 8 000. Là, on n'est rendu qu'à à peu près 6 000, donc on en a relâché 2 000. On a moins de 1 000 personnes, là, 879, qui sont hospitalisées. Donc, ça veut dire qu'effectivement il y a de la place pour recommencer les opérations qui ont été reportées. C'est ce qu'on va faire dans les prochains jours, les prochaines semaines si la situation continue de se stabiliser.

Mais il faut comprendre qu'il y a quelques semaines on se disait : Peut-être qu'on va avoir besoin de 8 000 lits dans nos hôpitaux pour soigner les gens qui ont de la COVID-19. Donc, heureusement, la vague n'est pas venue, puis on pense que c'est en train de se stabiliser. Bon, par contre, on a aussi un défi à court terme, j'en ai parlé tantôt, les CHSLD puis les résidences pour personnes aînées. On veut aussi que certains spécialistes nous donnent un coup de main dans les résidences pour aînés. Mais, effectivement, il va y avoir de la place dans les prochaines semaines, s'il n'y a pas de vague puis de grosse augmentation dans les hospitalisations, de recommencer les chirurgies qui ont été reportées.

M. Lacroix (Louis) : Justement, les spécialistes que vous voulez affecter aux CHSLD, d'abord, il y en a combien qui pourraient oeuvrer dans les CHSLD, et de quelles spécialités? Est-ce qu'on parle de gérontologues? Est-ce qu'on parle de gens qui sont en infectiologie? À qui, à quoi vous faites référence?

M. Legault : D'abord, je ne suis pas médecin, mais, moi, ce qu'on m'explique, c'est qu'un médecin spécialiste, avant d'être spécialiste, a aussi appris sa médecine généraliste, donc est capable d'agir comme généraliste. Donc, je pense, je prends pour acquis que tous les médecins spécialistes pourraient nous donner un coup de main dans les CHSLD.

Le Modérateur : Maintenant, M. Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, Mme Blais, M. Arruda. M. le premier ministre, est-ce qu'il y a un problème avec la direction du CIUSSS de l'Ouest de Montréal? On sait que les dirigeants de Herron affirment avoir été abandonnés par le ministère de la Santé. Il y a une lettre qui a circulé, qui a été envoyée à votre ministre de la Santé le 9 avril, et qu'on dit qu'il n'y avait aucune collaboration.

M. Legault : Bon, écoutez, il y a une... En fait, il y a trois enquêtes qui ont lieu : une enquête de la Santé publique, une enquête de police puis une enquête du coroner. Ça fait qu'on devrait savoir effectivement à qui distribuer les blâmes une fois qu'on va avoir les résultats de ces enquêtes-là. Moi, ce qu'on me rapporte, c'est que le problème venait vraiment du CHSLD, de la direction du CHSLD, mais on va faire la lumière sur toute cette affaire.

M. Laforest (Alain) : Concernant toujours le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île de Montréal, je ne sais pas si on vous a mis au courant, il y a une préposée aux bénéficiaires qui a témoigné à visage découvert hier en disant qu'au CHSLD LaSalle, ça empestait la négligence là-bas. Qu'est-ce que vous avez l'intention de faire?

M. Legault : D'abord, on est en train de vérifier, effectivement, tous les reportages que j'ai vus au cours des derniers jours, que ça soit à LaSalle ou à Ville-Émard ou, en tout cas, tous les reportages que j'ai vus, j'ai demandé qu'on enquête. J'ai vu à certains endroits qu'on a forcé du personnel ou qu'on aurait forcé du personnel en barrant les portes. Bien, ça, c'est inacceptable, là. Comme je le disais tantôt : à l'impossible, nul n'est tenu. Mais donc on va enquêter.

Par contre, je vous ai dit bien honnêtement tantôt que je sais qu'encore aujourd'hui il y a certaines résidences où il manque de personnel. Donc, ça doit être très difficile pour le personnel qui est là, d'être à court... au total de personnel. Donc, je peux comprendre que c'est difficile. Donc, j'accepte qu'il y a peut-être eu des lacunes. On est en train d'essayer de voir comment on peut envoyer plus de personnel, mais, encore une fois, c'est un problème qui est là depuis longtemps. Marguerite a visité, je pense, une centaine de résidences depuis 1 an et demi, puis elle me raconte à chaque semaine ce qu'elle voit. C'est difficile, à partir du moment où il n'y a pas assez de jeunes et de moins jeunes qui étudient pour, par exemple, devenir préposé aux bénéficiaires, d'en trouver. En plus, il y a un problème salarial qu'on doit régler dans la convention collective.

Donc, on ne pourra pas, du jour au lendemain, régler tous ces problèmes-là. Donc, c'est pour ça qu'on envoie du personnel, des médecins spécialistes, des médecins omnis, des infirmières qui vont faire le travail de certains préposés aux bénéficiaires, donc, on essaie de tout envoyer ce qu'on est capables d'envoyer pour régler les pénuries, mais ce n'est pas un nouveau problème, la pénurie dans les résidences pour personnes âgées.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui, bonjour, M. le premier ministre. Vous dites qu'à la suite... vous aviez annoncé des inspections dans les 40 CHSLD privés non conventionnés. Vous dites, là, il y a quatre ou cinq, là, bon... Il y en a cinq, bon, il y en a cinq qui... Quels sont ces CHSLD, quel est le problème? Et vous dénombrez au total, privés, publics, combien de CHSLD en situation critique?

M. Legault : Bon, il y a cinq CHSLD privés conventionnés... Mais je voudrais dire une chose, là. Il y a des excellents CHSLD privés non conventionnés puis il y a des CHSLD publics où ce n'est pas parfait.

Donc, bon, là, il y a plusieurs raisons. Est-ce que c'est un problème de gestion? Est-ce que c'est un problème de bien appliquer les directives pour, par exemple, utiliser le matériel de protection individuelle? Est-ce que c'est suite à des pénuries de personnel? Et là, quand il y a une pénurie de personnel, bien, on ne peut pas blâmer la direction. Ils essaient de faire leur possible, mais ils ne sont pas capables d'offrir le service normal qu'ils devraient offrir parce qu'il manque de personnel.

Donc, quand je dis qu'il y en a cinq sous surveillance dans les CHSLD privés non conventionnés, bien, c'est un mélange de tout ça. On surveille puis on voit que, peut-être, ils ne sont pas en contrôle à 100 % et puis que toutes les directives ne sont pas en place comme elles devraient être : s'assurer d'avoir une zone chaude, une zone froide, tout le monde a les équipements, qu'on s'occupe bien des gens, qu'on fasse le contact avec la famille. Il y a des endroits, en tout cas, cinq, là, où il y a des choses à améliorer, mais je ne suis pas prêt à jeter le blâme. Ça se peut que, dans certains cas, ça soit un manque de personnel.

M. Chouinard (Tommy) : Et juste, là, dans l'ensemble des CHSLD, combien critiques...

M. Legault : Là, on va inspecter tous les CHSLD. Vous savez, si on additionne les CHSLD publics, privés conventionnés, privés non conventionnés, plus les RPA, plus les RI, on parle de 2 600 résidences. On va toutes les inspecter pour bien comprendre. Bon, il y en a un certain nombre, je dirais une trentaine, là, où il y a plus que 15 % des patients qui sont infectés. Donc, ceux-là, on les a sous surveillance. Ça ne veut pas dire que la situation n'est pas sous contrôle, mais, quand on a plus de 15 % de nos patients qui ont la COVID-19, là, c'est un défi à gérer tout ça. Donc, on les suit bien, ces 30 là.

Le Modérateur : Maintenant, question pour Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour à vous trois. J'essaie de rétablir une ligne du temps. Vous avez dit samedi avoir appris vendredi, donc le 10 avril, qu'il y avait une situation, appelons la déplorable, au CHSLD Herron. Le groupe Katasa, lui, dit avoir écrit, les 8 et 9 avril, des lettres, une à vous, Mme la ministre, une autre à votre collègue Mme McCann.

Est-ce que ça veut dire, donc, M. le premier ministre, que vous avez appris ce qui se passait dans ce CHSLD là en lisant le journal, que vous n'étiez pas au courant de cette lettre-là ou que le CIUSSS ne vous a pas avisé de la situation qui avait lieu?

M. Legault : Non. On savait déjà, depuis un certain nombre de jours, dans notre liste de CHSLD, que le CHSLD Herron avait un manque de personnel, avait des gens qui étaient atteints de la COVID-19, même qui étaient décédés de la COVID-19. Ce qu'on a appris vendredi soir, c'est qu'il y avait eu 31 décès entre le 13 mars et aujourd'hui. Donc, ça, on ne le savait pas. On savait qu'il y avait eu quelques décès, mais sûrement pas 31, puis c'était parce qu'on n'avait pas accès aux dossiers des patients.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mme Blais, il y a combien de CHSLD, comme celui de Sainte-Dorothée, où les zones chaudes et froides sont séparées par un rideau?

Mme Blais (Prévost) : Bien, écoutez, vous le savez comme moi, qu'il y a plusieurs CHSLD qui sont vétustes, au Québec, depuis 25 ans, depuis 20 ans, qui auraient dû être reconstruits. C'est la raison pour laquelle nous avons pris la décision de faire des maisons des aînés, des unités de 12, de plus grandes chambres avec des salles de bain individuelles. C'est plus facile pour soigner puis c'est plus facile pour isoler les personnes. On s'est aussi engagés, au gouvernement, à reconstruire 25 CHSLD, qui seront construits en mode maisons des aînés, donc le même modèle. On ne peut plus retourner à des modèles hospitalocentriques, donc de très petites chambres. Et, écoutez, ce n'est pas parce que c'est séparé par un rideau, là, qu'il n'y a pas de contagion, là. Alors, c'est la raison pour laquelle il faut faire des zones chaudes puis des zones froides. Et, si, dans un CHSLD, on n'est pas capables de faire des zones froides et chaudes parce qu'il est plus petit, il faut que la zone soit totalement chaude.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mais il y en a combien?

Mme Blais (Prévost) : Il y en a quelques-uns, mais ce n'est pas souhaitable.

Le Modérateur : Maintenant, Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour, M. le premier ministre. Vous nous disiez la semaine dernière que vous recevez, chaque matin, là, une liste des établissements pour personnes aînées avec le nombre de personnes qui sont atteintes de la COVID. On apprend, dans les médias, depuis quelques jours, des exemples où, bon, dans un établissement, il y a beaucoup de gens infectés, dans un autre, il y a un problème criant de personnel. Pourquoi ne pas tout simplement rendre publique la liste que vous recevez chaque matin pour être plus transparents? Les gens sauraient à quoi s'en tenir, quelle est la situation, exactement, précisément, dans les CHSLD, parce que, là, vous évoquez des CHSLD sous surveillance, d'autres où il y a beaucoup de gens infectés. C'est un peu difficile pour M. et Mme Tout-le-Monde de s'y retrouver. Pourquoi ne pas tout simplement dévoiler la liste?

M. Legault : Bien, d'abord, il y en a 2 600, 2 600 résidences au total. Il y en a qui sont publiques, il y en a qui sont privées. Donc, les résidences qui sont publiques, c'est nous qui gérons, donc on a plus d'informations. Le privé, on est en train d'aller en chercher davantage, d'informations. Parfois, c'est du personnel. Parfois, c'est parce qu'il y a beaucoup de personnes qui ont la COVID-19. Par contre, il y a des CHSLD où il y a beaucoup de cas de COVID-19, mais que tout est sous contrôle, je dirais la majorité d'ailleurs. Ils ont des zones chaudes, des zones froides. Donc, on regarde tous les CHSLD, les RPA, les RI et on fait le tour d'où il y a des problèmes, donc. Et puis ça change à chaque jour. Je ne pense pas, là, qu'on va commencer à donner la situation des 2 600 résidences.

M. Lavallée (Hugo) : Vous avez décidé, dès le début de la pandémie, d'interdire les visites, là dans l'ensemble des résidences pour personnes âgées. Or, dans plusieurs cas, il y a des gens qui sont hébergés qui recevaient de l'aide de leurs proches pour, par exemple, se nourrir, pour des soins d'hygiène, et là ces résidents-là maintenant sont privés de certains de ces soins. Lorsqu'on pose des questions, on obtient comme réponse : Bien, il manque de personnel, le personnel est à bout de souffle. Alors, est-ce que, jusqu'à un certain point, l'interdiction totale des visites n'a pas contribué, justement, à accentuer le problème dans certaines résidences? Et est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de permettre un nombre très limité, encadré de visiteurs qui jouent aussi un rôle auprès des personnes qui habitent ces résidences-là?

M. Legault : Écoutez, c'est le genre de question qu'on se pose à tous les jours, depuis le début, parce que ce n'est pas noir ou blanc, c'est la balance des inconvénients. Si on empêche les proches aidants de venir dans les CHSLD, on diminue les risques de contagion, mais, en diminuant la présence de proches aidants dans nos CHSLD, on se prive parfois d'une ressource qui venait donner un coup de main.

Donc, c'est ça qu'il faut voir. Puis on en discute avec le Dr Arruda quelle est la balance des inconvénients. Est-ce que ça serait mieux... Tu sais, c'est difficile de faire un tri, là, mais, dans un monde idéal, si on était capables de dire : Bien, ce proche aidant, il a été testé négatif, il porte un masque, il fait attention pour rester à deux mètres de tout le monde, il va juste voir sa mère, bon, on pourrait le laisser rentrer, là. Mais comment on fait ce tri-là dans la situation actuelle? Ce sont des questions qu'on se pose, puis on va continuer à cheminer là-dedans dans les prochains jours.

Le Modérateur : Maintenant, deux dernières questions de la LaPresse canadienne. Cela fait presque exactement un mois que l'Assemblée nationale est fermée, et vous n'avez pas à rendre de comptes à l'opposition. Allez-vous prolonger la fermeture de l'Assemblée nationale? Et prévoyez-vous des échanges, débats avec l'opposition?

M. Legault : Bon. J'ai une conférence téléphonique à tous les lundis, donc cet après-midi, et tous les jeudis, et je réponds aux questions des trois chefs de l'opposition. Maintenant, on avait prévu que l'Assemblée nationale serait fermée jusqu'au 21 avril. La situation, par exemple, actuellement, là, surtout les ministres à la Santé puis, je dirais, aussi à l'Économie, je ne pense pas que ça serait une bonne idée, que ça soit par conférence ou d'une autre méthode, de prendre des heures pour répondre aux questions pour l'instant. Bon, quelle sera la situation le 21 avril, le 26 avril, le 4 mai? On va suivre la situation.

Donc, je discute avec les chefs de l'opposition de certaines méthodes alternatives pour qu'ils puissent poser des questions à certains ministres. Mais, comme je leur répète, là, depuis quelques jours, pour l'instant, là, je ne pense pas que c'est une bonne idée. Il faut tout concentrer les énergies de nos ministres à régler la crise plutôt que de répondre aux questions. D'abord, je pense que je le fais ici une fois par jour, de répondre aux questions, là. Je suis certain que les chefs de l'opposition pourraient vous en passer quelques-unes.

Le Modérateur : Et enfin une dernière question pour le Dr Arruda. Qu'est-ce qu'on sait, M. Arruda, de la santé mentale des personnes âgées qui sont justement cloîtrées chez elles en raison du confinement depuis longtemps, qui, peut-être, ne voient pas leurs proches aidants et qui peuvent commencer à souffrir de problèmes de santé mentale, par exemple?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, je pense que tout confinement peut entraîner, même chez la personne en bonne santé, une certaine détresse, anxiété, etc. Donc, c'est clair que nos personnes âgées doivent vivre ces situations-là tout comme les familles. Je suis très, très, très sensible, je vous dirais, à la détresse que certains... On a vu des reportages ce weekend qui font mal au cœur. Et soyez assurés qu'on va essayer de faire un bon équilibre entre les éléments qui permettent de protéger leur vie et la vie de leurs parents aussi, parce que, des fois, en voulant bien faire, on pourrait exposer son propre père, ou oncle, ou etc., parce qu'on est porteur puis on ne le sait pas. Mais, je pense… Et c'est pour ça, quelque part, qu'il faut trouver des moyens, à mon avis, de répondre à ça.

En tout cas, moi, ce qui est majeur aussi, c'est d'avoir des nouvelles, hein? Je peux comprendre que, si ça fait trois jours que nos parents sont dans un centre puis qu'on n'a pas nécessairement eu de nouvelles... Puis je pense que, là-dessus, le premier ministre, Mme Blais, Mme McCann ont demandé à qu'on s'assure qu'il y ait quelqu'un qui puisse communiquer l'information. Le doute, l'absence d'information entraînent une peur, puis etc.

Ça fait que, oui, je pense que c'est un élément important. C'est vrai pour nos personnes âgées qui sont en confinement. C'est vrai pour les familles qui n'ont pas de contacts avec eux. Puis c'est vrai aussi pour probablement bien des personnes. Et je parlerais aussi des éléments en lien avec la santé mentale, la violence conjugale qui peut apparaître dans les maisons quand il y a moins de gens qu'ils voient. Ça fait qu'il faut qu'on prenne ça en considération dans nos choix puis dans ce qu'on appelle nos choix de réouverture, éventuellement, progressivement. Puis il faut élargir la gamme de services aussi. Ce n'est pas rien qu'une question de santé physique. Ça va devenir une question de santé mentale, de santé économique, etc. Ça fait qu'on est très sensibles à ça.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, nous en sommes aux questions en anglais. Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon to all of you. Mr. Legault, you're sending an appeal to Quebeckers to invite some of them to become orderlies. And you said that the...

Une voix : ...

Mme Senay (Cathy) : …«préposés aux bénéficiaires», orderlies. And you said that the situation was critical even before the outbreak. But now, when you look at this, and you knew that the staff was not sufficient in seniors' facilities, and we look at the strategy to basically transfer patients into CHSLDs from hospitals, do you have the impression that we just made the situation worse, spreading the virus, in doing so, transferring patients to CHSLDs or other long-term facilities for seniors, knowing that the staff wasn't sufficient?

M. Legault :OK. First, we have to come back to the facts. We've transferred about 1,000 patients in what we call RI, «ressources intermédiaires». That's it, that's all, OK? So, it was new places for these people to liberate, to have more beds available for people suffering ofCOVID-19. I think it was the right thing to do. But we haven't increased the number in CHSLD, most of them were already full. So, it's really in intermediary resources that this 1,000 people have been sent.

But, like I said, we had a shortage of workers before the crisis, and that's why we are negotiating with unions since sometime to increase their salary by more than the other employees of the government, but it's not easy. Usually, unions, when they negotiate with the Government, and it was like that with the Parti québécois and the Liberal Party, usually, they ask for the same percentage of increase for all employees, and that's not what we suggest. We suggest that there'd be a real larger increase for these people because, right now, we have to send a message. We don't have enough students studying. There's not enough attraction to work. And it's more than that. Because we have a shortage, the job is tougher than usually because there's a shortage. So, there's even less attraction.

So we really need to increase the salaries. That's why we've put temporary premiums. But it's not enough. People, they want to know if it will be on a permanent basis, and that's why it becomes urgent to negotiate with unions an increase.

Mme Senay (Cathy) : Yes. My second question is for you, Mrs. Blais. The weekend must have been horrible for you, seeing what's happening at the Herron CHSLD. And being a caregiver in the past, do you have the impression that, when you see seniors that have been left malnourished, dehydrated, do you have the... How the situation, the strategy should change for seniors having caregivers with them, helping them, now that they have been banned from those visits since mid-March? How the situation should change rapidly?

Mme Blais (Prévost) : First of all, you asked... you said my weekend was probably horrible. I came back in politics to take care of seniors and to take care of caregivers. You know, it's a mission for me, it's a passion. Of course, when I see these types of situations, you know, I cannot be, you know, like, pragmatic. I am emotional. And we were discussing this morning, with Dr. Arruda, when can caregivers coming back in CHSLDs to be able to be there. But we have to listen to «la santé publique», it's very important. Because we don't want another wave, we don't want this situation coming back again. We want to prevent infection. So it's going to be very, very important to listen to «santé publique». And, when they will be ready, well, perhaps we will be able to do a move. But for me, like we say in French, it's a «crève-coeur» decision, it breaks my heart, but I know I have to do this to protect seniors and to protect caregivers.

Le Modérateur :Maintenant, question pour CTV, Samuel Pouliot.

M. Pouliot (Samuel) : Hi. Mr. Legault, why wasn't something done at Herron following the ombudsman's report and the 2019 coroner's report, citing issues at that specific CHSLD? And what is needed to make sure this never happens again? Is it more money into the system?

M. Legault :OK. I think that, when we had those reports, it was the Liberal Government, and then, our Government, I think we made sure, with the CIUSSS of the West Island, that all measures that were needed to correct the situation, that they were put in place. But I think that what happened in the month of March was that suddenly many of their residents got the COVID-19, many of the employees decided to leave. The information given to the CIUSSS was about only a shortage of employees, but we discovered Friday night that they were 31 deaths in about three weeks. We didn't know that, and I think the owners of this place must have informed the CIUSSS about the situation. That's the first problem I see. Because it's very nice to say : I need more workers, but to say : Hey! I'm at 31 deaths in a couple of weeks, that's something very urgent.

So I think that, in the future, we know that... We knew that, in some CHSLD, there was a shortage of manpower because we cannot attract... We don't pay them enough, but it must not be the case at Herron. Herron is charging something like between $3,000 and $10,000 a month to residents, so they must be able to pay well their people with this kind of money. So there's no excuse, for me.

M. Pouliot (Samuel) : OK. And inside Manoir Verdun, employees were locked in several occasions by the management. What does this say about what's happening inside? And were reinforcement sent to Manoir Verdun?

M. Legault : OK. I've asked that we check what happened at Verdun. If this happened, it's unacceptable. You cannot lock employees inside and force them to stay inside. It's unacceptable. But I want to check, first, if it's true.

Le Modérateur : Juste avant d'enchaîner avec la prochaine question en anglais, M. le premier ministre, si vous pouvez répéter ce que vous avez dit, à propos de la résidence Herron, concernant les tarifs et puis les salaires payés, parce que mes collègues sont tous un peu interloqués par ce que vous venez de dire. Si vous voulez répéter, s'il vous plaît, ce que vous venez de dire en français.

M. Legault : Bien, ce que je dis, c'est qu'au CHSLD Herron les loyers variaient de 3 000 $ à 10 000 $ par mois. Donc, il me semble que le CHSLD aurait dû être capable de payer des bons salaires pour garder son monde. Mais il est arrivé une situation où ils... ce que je comprends, c'est qu'il y a beaucoup de cas de COVID-19 qui se sont répandus rapidement. Les employés ont commencé à se sauver, à quitter. Et, bon, mais là la première chose qu'aurait dû faire la directrice du CHSLD Herron, c'est de dire la vérité, qu'il y avait eu 31 morts. Je pense qu'il y a une différence entre dire au CIUSSS : Il manque de personnel, puis de dire au CIUSSS : Bien, j'ai eu 31 morts en quelques semaines, là.

Le Modérateur : Merci, M. le premier ministre. Une question maintenant de Phil Authier, The Gazette. Mr. Legault, the owners of the residence Herron are blaming the CIUSSS Ouest-de-l'Île for the disaster. They say they asked for help, but did not get any. Can you react to this? Who is to blame?

M. Legault : First, we'll have three inquiries, one from health care, one from the police and one from the coroner. So we'll know everything of what happened. But the information I have right now is that the CIUSSS didn't get the collaboration and the information about patients, about deaths. And, yes, they were informed that there was a shortage of employees. They sent employees to the CHSLD, but the problem was worse than that.

Le Modérateur : Next question is for Dr. Arruda from Phil Authier. The projection is that Québec will hit a peak number of cases this week, April 18th. Is that still what you see on the horizon?

M. Arruda (Horacio) : Yes, in the basics, on the cases, if we see  the number of cases everyday, it's going down, almost stable. We are not observing, I would say, a rapid decrease, but there is… And we flattened the curve, that's clear. But, if we look at hospitalizations and people who die, it will take another 15 days or 20 days because we are seeing the cases, the cases are getting sick, and then they develop the complications, they go to hospitals and then they die. Not everybody dies, but some will die.

Le Modérateur : Thank you. Now, last questions from Raquel Fletcher, Global. Should the CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île have intervened earlier in the case of the Herron CHSLD? How much responsibility belongs to the CIUSSS?

M. Legault : Like I said before, I think they reacted correctly, with the information I have, about sending staff. They didn't know before Friday night that there were 31 deaths. But there will be full inquiries, and we'll know exactly what happened.

Le Modérateur : Last question from Raquel. A commitment was made for staff at CHSLDs to contact families of residents. Will the Minister make the same promise to families with loved loved ones in the hospitals? Family members are complaining that they cannot get word about their relatives in hospitals.

M. Legault : Yes, I've asked specifically again today to make sure that somebody's in charge, somebody's hired, if necessary, to call all families. So I expect that it is done.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 52)

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