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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre et Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 14 avril 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures quatre minutes)

Le Modérateur : Alors, mesdames messieurs, chers collègues, bienvenue à cette conférence de presse pour faire le point sur la situation au Québec quant à la COVID-19. Le premier ministre du Québec, M. François Legault, est, comme d'habitude, accompagné de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Danielle McCann, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

Alors, M. le premier ministre, à vous la parole.

M. Legault : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Je commence tout de suite avec le bilan de la dernière journée. On a 75 nouveaux décès, donc un total de 435 depuis le début. Je veux bien sûr offrir mes condoléances à toutes les familles puis les proches de ces victimes. On a maintenant 14 248 cas confirmés, c'est une augmentation de 691. On a 936 personnes hospitalisées, c'est une augmentation de 57. Et on a 230 personnes aux soins intensifs, c'est une augmentation de quatre.

Évidemment, notre grande priorité, ça demeure la situation dans les CHSLD. D'abord, et puis c'est une bien mince consolation, mais quand vous regardez la situation en Ontario, à New York, en France, un peu partout dans le monde, on a cette situation-là dans les centres d'hébergement de soins de longue durée. On a des personnes qui sont plus âgées puis on a des personnes qui sont malades, donc ce sont effectivement les personnes qui sont les plus vulnérables.

Par contre, je l'ai déjà dit puis je continue de le répéter, on avait déjà un problème de personnel avant la crise dans les CHSLD. On avait un problème d'attraction. Donc, dans les budgets qu'on a faits, entre autres dans la dernière année, on avait augmenté les budgets pour les CHSLD, mais malheureusement on n'arrivait pas à combler les postes qui étaient affichés.

La situation s'est beaucoup détériorée dans les dernières semaines. On compte aujourd'hui 1 250 employés, juste dans les CHSLD, qui sont absents. Soit qu'ils sont infectés, soit qu'ils ont la crainte d'être infectés, ou toute autre raison, mais on a quand même, en plus, un manque de 1 250 employés.

Je veux commencer tout de suite, peut-être, par mes remerciements du jour. Si vous n'avez pas pris connaissance de cette histoire qui a été écrite par Patrick Lagacé, dans le journal LaPresse... Vous savez, quand il arrive des drames, il y a toujours des personnes qui ressortent pour des raisons humaines, exceptionnelles. Puis c'est quand même toute une histoire, là, dans le drame du CHSLD Herron à Dorval, de voir que la Dre Larente, qui est arrivée le fameux soir où la majorité des employés avaient quitté le CHSLD, elle a appelé son mari puis ses trois enfants, 13 ans, 15 ans, 17 ans, pour venir l'aider, pour, entre autres, distribuer des repas aux 130 résidents qui se retrouvaient un peu seuls. Évidemment, c'est le genre de situation qu'on ne peut pas imaginer en 2020 au Québec. Mais quelle bravoure, quel sens humain, admirable de la part de la Dre Larente puis de ses enfants, son mari. Évidemment, je veux, au nom de tous les Québécois, la remercier.

Et la raison pourquoi je voulais commencer par parler de la Dre Larente, c'est parce que je voudrais lancer un peu un appel à tous. Dans les CHSLD, je viens de le dire, on manque de personnel médical. On est en train de transférer du personnel médical qui était dans les hôpitaux vers les CHSLD, du personnel de toutes sortes, là. Puis je veux peut-être revenir sur une remarque que j'ai faite hier. J'ai dit : Même les médecins spécialistes ont une formation générale en santé avant d'étudier dans une spécialité et peuvent venir combler le poste, par exemple, d'une préposée aux bénéficiaires. Ils sont capables de le faire. Mais je ne voulais pas, en disant ça, insulter les médecins généralistes, les médecins de famille. Il y en a certains qui se sont dits choqués parce qu'ils disaient : Bien, nous aussi, comme les spécialistes, on a une formation additionnelle comme médecins de famille.

Moi, le message que je voulais tout simplement passer, c'est qu'on a besoin de bras, on a besoin de gens qui ont toutes sortes de formations médicales, que ce soient des médecins de famille, que ce soient des médecins spécialistes, que ce soient des infirmières. Il faut venir combler cette pénurie, ce manque, entre autres, de préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD, et on a besoin de tout le monde.

Donc, je lance un appel à tous aussi. On en a eu depuis le début de la crise, des gens qui avaient pris leur retraite ou qui s'étaient retirés du milieu de la santé, mais qui ont des compétences, des expériences, Je vous demande... On a besoin de vous dans les CHSLD.

Bon, vous avez vu aussi, on a fait appel à tous les enseignants qui enseignent en sciences infirmières ou en soins médicaux, que ce soit dans les centres de formation professionnelle, dans les cégeps. Ce n'est pas une question, là, de décret, qu'on veut forcer quelqu'un, là, mais on parle de plus de 2 000 personnes qui enseignent, qui ont des compétences en santé. Donc, je vous demande, à tous les enseignants, tous les professeurs en soins infirmiers... On a besoin de vous autres dans les CHSLD.

On est en train de faire le tour aussi des entreprises d'économie sociale. Il y en a certaines qui donnent des soins à des patients, que ce soit à la maison ou ailleurs. Encore là, on fait un appel à tous pour venir travailler dans les CHSLD.

Ce qu'on a aussi conclu, puis tantôt le Dr Arruda, je vais lui céder la parole, on a convenu d'une façon de fonctionner pour que certains proches aidants puissent venir dans les CHSLD. Bon, on veut que ça soit des personnes qui ont quand même une expérience, qui l'ont déjà fait, des personnes aussi qui sont connues des établissements.

Évidemment, on va prendre toutes sortes de précautions : avoir un test négatif, avoir les équipements médicaux, ne pas se tenir proche des autres patients ou des employés mais aller s'occuper juste de la personne qu'ils connaissent. Puis, quand ils retournent à la maison, bien sûr, faire attention de continuer de garder le deux mètres, là, pour ne pas s'infecter.

Donc, je parlais hier de la balance des inconvénients. C'est ce qu'on a pesé puis on pense que, compte tenu du manque de personnel dans les CHSLD, ça vaut la peine de demander à certains proches aidants de venir nous donner un coup de main.

Mais je veux être clair, par contre, si vous n'êtes pas un proche aidant qui est identifié par les responsables des établissements, l'interdiction des visites demeure. Je comprends que beaucoup de personnes voudraient voir leurs pères, leurs mères, aller les visiter, mais je ne voudrais pas non plus qu'à répétition on demande aux responsables des CHSLD d'absolument pouvoir venir voir son père ou sa mère. Là, on parle juste des personnes qui vont être identifiées par les responsables des établissements, là, quand même limiter le nombre pour éviter la propagation du virus.

Bon, j'avais demandé aux gens responsables des établissements de s'assurer d'avoir un responsable qui appelle les familles. On me dit que ça fonctionne bien. On me dit que 95 % des établissements ont appelé les familles. Donc, il en reste un 5 %, là, on va poursuivre de ce côté-là. Je pense, c'est important, étant donné qu'il n'y a pas de visite, sauf les proches aidants identifiés, de donner des nouvelles aux familles.

On a décidé aussi qu'à partir d'aujourd'hui, par transparence, on va vous donner la liste aussi de toutes les résidences, là, qui sont, entre guillemets, sous surveillance. Je veux vous dire d'ailleurs qu'on a terminé la visite des 2 600 résidences. Juste vous dire, là, parce que je sais que certains ont demandé des rapports d'inspection, là, on n'est pas en train de faire de la paperasse, là. Ce qu'on voulait, c'est d'aller de visu voir où il y a des problèmes, voir quelles sont les résidences qu'on doit surveiller, aider. Donc, l'idée, ce n'est pas de faire de la paperasse, là, c'est surtout de se donner une liste. Et puis, sur les 2 600, il y en a 41, résidences, aujourd'hui, qui sont plus critiques, plus... où on doit suivre la situation d'un peu plus proche. Évidemment, ça va changer de jour en jour, là, on va republier la liste à chaque jour. Donc, soyons prudents sur l'utilisation de la liste. La liste qui était bonne hier soir ne sera peut-être pas bonne ce soir. Donc, il y en a, des résidences qui vont s'ajouter, d'autres qui vont sortir de la liste.

Donc, je termine en vous disant : Je comprends que c'est difficile, la situation dans les CHSLD. Peut-être qu'on ne s'attendait pas à autant de personnes infectées. C'est un virus qui frappe très fort, puis on a vu que, dans certains cas, du personnel qui n'avait même pas symptômes, bien, a probablement infecté des résidents. Et donc il faut comprendre qu'on n'arrivera pas, malheureusement, à sauver tout le monde. Mais le gros problème est vraiment dans les CHSLD, là. Il faut dire que, quand on regarde la situation dans les hôpitaux, c'est beaucoup moins pire qu'on pensait. Donc, les beaux jours s'en viennent quand même, puis on est plus convaincus que jamais, là, qu'on est en train d'atteindre le fameux pic. Mais le pic, ça le dit, c'est le moment où il y a la pire situation avant que ça commence à s'améliorer.

Donc, je veux encore une fois lancer un appel à tous. On a besoin de personnel expérimenté qui ont des compétences en santé dans nos CHSLD. Oui, on a comblé une bonne partie des postes, mais, à chaque jour, il y a malheureusement du personnel additionnel qui s'absente et puis des besoins qui s'amplifient avec le nombre de personnes qui sont infectées à la COVID-19. Donc, je veux, tout le monde, vous dire, on va tout faire pour protéger nos aînés, pour les soigner dans la dignité. Mais on a besoin de l'aide de toutes les personnes qui peuvent venir nous donner un coup de main dans les CHSLD.

A few words in English before I let Dr. Arruda talking more about the rules that will be put in place. Good afternoon. As I said, since a few days now, our top priority remains the situation in our senior residences. We are deploying more professionals from the hospitals to the residences, but we're still lacking staff. I'm asking everybody available, every health worker to come forward and help us. I appeal to your sense of duty to help us protect the most vulnerable. We need you. We will also... experienced caregivers to help their loved ones. But, apart from these identified caregivers, visits will remain forbidden for the other ones.

I also want to make sure families of the residents are kept informed. That's why I asked that there be at least one person in each residence in charge of communicating with the families. We will also start today publishing a list of residences where the situation is under surveillance. I know that the situation is tough for everyone but it will get better. It's very important to continue our efforts, that's how we'll save hundreds of lives. Thank you all.

Le Modérateur : Merci, M. le premier ministre.

M. Legault : Je donnerais la parole au Dr Arruda.

Le Modérateur : Très bien.

M. Arruda (Horacio) : Bonjour, tout le monde. Depuis le début, toutes nos actions visent à protéger la santé de la population, et particulièrement de nos plus vulnérables, les gens d'en haut de 70 ans. On savait d'emblée que ce serait impossible, ici comme ailleurs dans le monde, d'éviter tous les cas. Et, malheureusement, cette population-là qui est très fragile est touchée par le virus.

On a voulu aussi maintenir notre capacité de traiter les cas, c'est-à-dire d'aplatir la courbe et ne pas se trouver dans une situation comme dans d'autres pays où on aurait eu à choisir entre certaines personnes pour accéder aux soins intensifs. Donc, ça l'a marché. La courbe a été aplatie grâce au travail que vous avez fait avec nous, grâce au respect des consignes.

Vous savez, pour la Santé publique, brimer les droits de la personne, il faut avoir des bonnes raisons. Ici, on a voulu sauver des vies, et je demeure convaincu qu'on en a sauvé plusieurs et qu'on pas eu à faire des choix difficiles comme ont eu lieu ailleurs dans le monde.

Comme mesure, on a interdit aux visiteurs en CHSLD et en résidences pour personnes âgées... On a interdit les visites puis ça l'a marché. La situation aurait été beaucoup plus pire si on ne l'avait pas fait. Nos hôpitaux seraient pleins à craquer probablement, actuellement, avec beaucoup de gens qui seraient à l'hôpital et aux soins intensifs. Mais, il faut comprendre que, notamment avec la connaissance qui s'améliore, on se rend compte aujourd'hui, ce qu'on ne savait pas au début de l'épidémie, que plusieurs personnes étaient asymptomatiques et pouvaient contaminer les gens autour d'eux. C'est ce qui est probablement arrivé avec des gens qui revenaient de voyage ou qui l'auraient attrapé ailleurs, qui sont rentrés dans les CHSLD, là où il y a une concentration importante de gens très vulnérables. Et, ça l'a amené les décès qu'on voit actuellement, qui nous dérangent tous, bien entendu, mais qui sont un phénomène qu'on observe aussi ailleurs dans d'autres provinces, dans d'autres endroits où il y a une concentration de personnes âgées.

Beaucoup de gens nous écrivent, je reçois beaucoup de courriels personnels pour changer les consignes. Aujourd'hui, je vais vous demander la collaboration de tous pour respecter à la lettre ce qu'on va faire en CHSLD. Le premier ministre en a déjà énoncé quelques éléments, mais, je veux vous le dire, c'est très important que vous compreniez que vous devez respecter ce qu'on vous dit actuellement. Ça s'adresse seulement aux CHSLD, là où les gens les plus vulnérables ont besoin de soins beaucoup plus concentrés en nombre d'heures que ce qu'on retrouve dans les autres résidences pour personnes âgées.

Et cette chose-là va être faite pour ces patients-là et leurs proches aidants soignants. Il faut comprendre que ce sont des gens qui sont connus avant la pandémie. C'est des gens qui allaient régulièrement, avant la pandémie, offrir soit de l'alimentation, de l'hydratation ou de l'hygiène. Il y en a à peu près 10 %, des gens en CHSLD, qui ont ce genre d'aidant naturel. C'est triste. Ça va être difficile pour les enfants qui allaient voir leurs parents la fin de semaine parce qu'ils travaillaient, puis etc., puis qu'ils n'avaient pas la capacité d'être un proche aidant. Mais je tiens à vous dire qu'on ne peut pas ouvrir la machine ou la porte de façon intensive dans le contexte actuel.

C'est une mesure qui est volontaire. Je tiens à insister ici, on n'oblige pas personne qui le faisait avant de revenir offrir des soins. C'est pour une personne pour un patient. Ces gens-là venaient avant la crise puis, comme je l'ai dit, offraient certains types de soins. Ce n'est pas pour les familles et les visiteurs. Je comprends que c'est difficile, mais ce n'est pas le cas. Ces personnes seront identifiées par la direction de l'établissement. C'est eux qui connaissent quelle était la pratique antérieurement. Puis ils devront répondre à certaines conditions et signer un consentement éclairé pour qu'ils comprennent à quoi s'exposent ces gens-là quand ils vont aller en milieu... Puis ils vont avoir des notes, à la fois pour les établissements, pour les patients et les proches aidants, pour savoir quoi faire dans quelles situations. Et, si jamais les gens développent des symptômes, on va leur dire exactement quoi faire.

Cette mesure-là va commencer jeudi matin pour nous permettre de mieux préparer tous les instruments, le matériel qui va être nécessaire. Vous savez, nos intervenants et les directions des CHSLD sont très sollicités actuellement pour offrir des soins de meilleure qualité qui sont possibles. Si vous êtes une personne qui n'est pas dans cette catégorie, je vous demande de ne pas mettre de pression ou de porter plainte contre les choix qui seront faits par les établissements. Ce n'est pas eux qui font cette prescription, c'est nous. Et je tiens à vous dire qu'on doit y aller par étapes parce que, si c'est la cohue, on va devoir reculer et nous serons tous perdants.

Je vous supplie donc d'être patients, et je le sais que c'est difficile, et de respecter les consignes qu'on va donner, mais on va permettre à certaines personnes qui sont des aidants antérieurs avec des gens qui sont dans une situation de très grande vulnérabilité, de ravoir un certain contact. Plus on va respecter les consignes, plus on va s'en sortir rapidement, plus on va être en mesure d'élargir les approches puis plus on pourra revenir, j'espère, à la normale.

Je vous remercie et je vous demande, surtout à ceux qui ne seront pas visés par cette mesure, parce que ça va être la majorité des gens, de respecter celle-ci même si c'est difficile ce qu'on vous demande encore.

Le Modérateur : Merci à vous. Donc pour la période de questions en français, nous allons débuter aujourd'hui avec Patrice Bergeron de LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous, M. le premier ministre, je vous cite. La semaine dernière, en conférence de presse, vous avez dit que vous rencontrez, donc, les équipes de la santé tous les matins. Je pose la question à l'équipe : Est-ce que le patron du CHSLD est compétent? Est-ce qu'on vous a déjà dit, par exemple, qu'il y en avait des pas compétents? Qu'est-ce qu'on vous répond? Puis qu'est-ce que vous faites si on vous répond qu'ils ne sont pas compétents?

M. Legault : Bien on va les aider. C'est ça qu'on regarde, là, puis c'est ça qui est l'objectif, là, c'est de regarder est-ce que la situation est bien gérée, est-ce qu'il y a des zones chaudes, des zones froides, est-ce que le personnel sait exactement comment utiliser les équipements, etc. Donc, je ne sais pas si vous faites référence, par exemple, au CHSLD Herron, là, mais on savait qu'il y avait un problème de la direction, mais on ne savait pas l'ampleur du problème.

Là, je vous le dis aujourd'hui, il y a 41 résidences, là, qu'on surveille de très proche, donc, où il y a entre autres beaucoup de cas. Donc, c'est le rôle, là, des responsables des résidences de s'assurer... Puis là, on est allé faire plus que ça. Il y a eu des gens qui sont allés visiter physiquement chacune des 2 600 résidences, donc qui ont eu le temps de rencontrer la direction, de poser quelques questions puis de voir qui a la situation sous contrôle puis qui a moins la situation sous contrôle.

M. Bergeron (Patrice) : Par ailleurs, j'ai une question ici d'un collègue qui vous demande : On vous sait préoccupé par la reprise économique. Allez-vous revoir les seuils d'immigration à la baisse si cette reprise se fait plus lente que prévu?

M. Legault : Bien, on n'est pas rendus là, mais effectivement, c'est quelque chose qu'on va regarder. Je pense qu'il faut tout revoir puis entre autres, bien, le nombre d'immigrants avec le taux de chômage élevé qu'on va avoir dans les prochains mois, bien, on pourrait effectivement réduire le nombre.

Le Modérateur : Prochaine question, Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Dans les gens que vous voulez ramener dans les CHSLD, avez-vous... Vous avez parlé de 1 200 absents. Est-ce que ça veut dire que vous avez besoin de 1 200, ou vous avez besoin de plus, ou avez-vous un ordre de grandeur?

M. Legault : Bien, oui, comme je le disais, bon, déjà, on en manquait avant. Par contre, là, de façon temporaire, on a pris des gens des hôpitaux pour les amener dans les CHSLD. Donc, on a comblé une bonne partie. Mais ces gens-là vont devoir éventuellement retourner à l'hôpital parce qu'il va falloir reprendre les opérations, entre autres, qui ont été retardées.

Bon, un grand espoir qu'on a — c'est 2 600, là, l'éducation — 2 600 profs qui connaissent les soins de santé, qui pourraient venir travailler dans les CHSLD. Je veux dire, ça, ça serait extraordinaire. On a adopté effectivement un décret pour être capables de le faire. Ces gens-là sont déjà payés, là, nos enseignants. Ils sont toujours payés puis ils vont avoir droit aussi à la prime qui est donnée dans les CHSLD, donc, mais je fais surtout appel à leur sens du devoir. On a besoin d'eux autres actuellement.

M. Bossé (Olivier) : Vous parlez de profs. Vous m'amenez sur mon autre question. Le retour à l'école, je sais que la date, ce n'est pas tellement ça qui est déterminé, mais est-ce que les professeurs seront obligés de retourner enseigner? Parce que certains ont peut-être 60 ans et plus, d'autres ont peut-être des conditions de santé plus fragile, donc est-ce que ce sera obligation de retourner enseigner?

M. Legault : O.K. Bien, on n'est pas rendus là. Je l'ai dit : Avant qu'on demande aux profs de retourner à l'école puis aux enfants de retourner à l'école, on va avoir des discussions avec le Dr Arruda pour voir les mesures qu'on met en place. Est-ce que ce sera des classes complètes? Est-ce que ça sera dans toutes les régions? Qu'est-ce qu'on fera avec les enseignants qui ont plus de 60 ans? C'est le genre de questions où, là, il y aura des consignes. Mais je veux être bien clair, là, on n'est pas rendus là, là. Il n'est pas question de réouvrir à court terme les écoles.

Le Modérateur : Maintenant, au tour de Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, Mme McCann, M. Arruda. Ma question s'adresse à Mme McCann. Bon, vous dites, en fait, que vous êtes à la recherche de gens, qu'il manque du personnel, entre autres, dans les CHSLD. Or, on m'indique que l'Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, qui compte... je pense que c'est 6 500 membres au Québec, vous a proposé, Mme McCann, à votre ministère les services de ces personnes-là, de certaines personnes qui ont des capacités, me dit-on, une expertise en hygiène, en salubrité, et qu'il n'y aurait pas eu de suite donnée à ces gens-là.

Est-ce que, justement, les hygiénistes dentaires, qui ont une formation aussi, une certaine formation en hygiène, etc., de même que les dentistes, qui sont aussi des gens qui sont issus du milieu médical, là, je comprends qu'il y a une spécialité spécifique à eux, là, mais qui ont quand même une formation médicale, en pharmacologie également, ce sont des gens qui sont considérés par votre ministère pour venir prêter main-forte au réseau?

Mme McCann : Bien, écoutez, on va regarder ça rapidement parce que, vous avez raison, c'est des gens qui ont des formations de base intéressantes. Alors, j'en prends bien note et j'ajoute, bon, tout ordre professionnel qui considère, là, qu'il pourrait nous donner un coup de main, nous, on est ouverts à ça. Alors, on va faire le suivi rapidement parce que, comme dit le premier ministre, on a besoin de tout le monde.

J'ajoute également qu'on a des gens qui travaillent dans des entreprises d'économie sociale, là, qui s'occupent des gens à domicile beaucoup, mais il y en a qui sont disponibles actuellement, pius on travaille avec eux pour qu'ils viennent nous aider en CHLSD. Ça, c'est des gens très expérimentés, là, qui peuvent donner beaucoup des soins de base à nos personnes en CHSLD.

Alors, merci, et, si vous avez d'autres suggestions, nos suivis se font de façon très, très rapide dans le contexte actuel. Merci.

M. Lacroix (Louis) : M. Arruda, quand vous avez fait les projections, la semaine dernière... bien, pas vous, vous n'étiez pas là, mais le Dr...

M. Arruda (Horacio) : Massé.

M. Lacroix (Louis) : Massé, merci, on parlait d'un pic de pandémie, en fait, qui tournerait autour du 18 avril. Est-ce que cette date-là, dans vos projections, de la façon dont ça se déroule actuellement, est toujours une date qui est plausible ou si ça a été devancé? Est-ce que vous croyez que le pic va arriver plus tard? Est-ce qu'on a... vous vous êtes ajustés par rapport à la projection de la semaine dernière?

M. Arruda (Horacio) : Si on parle du pic du nombre de cas... Là, je veux faire une distinction entre le pic de nombre de cas versus le pic d'hospitalisations puis le pic de décès parce qu'ils sont décalés dans le temps. Vous savez qu'on attrape la maladie mais on ne meurt pas tout de suite.

Donc, moi, je pense que les projections par rapport au nombre de pic de cas sont adéquates, même, peut-être, potentiellement devancées. Donc, c'est-à-dire qu'on observe actuellement... Puis là il faut faire la distinction entre les régions, puis etc., puis il faut obtenir la stabilité des données, parce que, malgré le fait qu'on vous annonce des cas à chaque jour, des fois, c'est des cas de la veille qui ne sont pas encore rendus dans le système. C'est compliqué, là, de l'hôpital jusqu'à la direction de santé publique, de la direction de santé publique à dans le système, aux enquêtes. Parce que notre priorité est toujours d'enquêter les... de faire les interventions plutôt que de compiler des statistiques, mais on essaie de les avoir en même temps.

Moi, je pense qu'actuellement on est probablement dans le pic puis en train de commencer à descendre, mais c'est une descente qui va être lente, hein? Ce n'est pas une descente... Comme on aplatit la courbe, on l'a aplatie dans les deux sens. Donc, dans les faits, on l'a aplatie, puis elle va probablement redescendre lentement, comme tel, puis là il va falloir mesurer l'effet de tout ça. Mais je pense qu'on...

Message très important : Même au pic, même à la descente, il faut faire attention. Il ne faut penser que, parce qu'on a atteint le pic, on peut se laisser aller dans la pente, puis envoye, on ouvre les portes. C'est pour ça qu'on va faire, comme tous les pays du monde, une approche par étapes, progressive. On va mesurer les effets de notre ouverture de certains milieux puis etc. On va continuer à enquêter les cas et les contacts. On va faire une surveillance encore plus importante qu'au début.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, Hugo Pilon-Larose, LaPresse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Bonjour. Vous avez fait état, ces dernières semaines, du matériel médical de protection. À tous les jours, on savait lequel était davantage pratiquement en pénurie. Est-ce que, dans des CHSLD, qu'ils soient publics ou privés, à un moment donné, ces dernières semaines, on a manqué de ce matériel-là?

M. Legault : Pas dans la dernière semaine, en tout cas, puis même, je dirais, les dernières semaines. Au début, peut-être qu'il y a pu avoir certains CHSLD privés qui n'avaient pas tout le matériel, mais au total, on n'a jamais manqué de matériel. Donc, peut-être que des gens ne l'ont pas demandé, mais, même si c'est devenu serré à un moment donné, il y a toujours eu assez pour couvrir tous les CHSLD, tous les hôpitaux.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Pour la reprise des travaux parlementaires, on a vu, donc, les leaders des autres partis faire une... vous interpeler, hier, en demandant à ce que des rencontres virtuelles soient organisées avec des ministres et des députés de l'opposition. Hier, on a semblé comprendre, donc, que vous n'étiez pas intéressé par leur proposition. Qu'est-ce qui va arriver, au-delà du 21 avril, à ce sujet-là?

M. Legault : Non. J'ai eu une discussion hier, comme je le fais à tous les lundis puis à tous les jeudis, avec les trois chefs de l'opposition. On discute de comment on pourrait faire ça après le 21 avril. C'est certain, là, que ça dépend aussi des personnes qui seraient interrogées. Je pense que je n'ai pas besoin d'expliquer que Danielle McCann a moins de temps à donner à être capable de faire ça dans les prochaines semaines.

Mais je comprends, en même temps, entre autres avec la situation dans les CHSLD, que les oppositions ont des questions à poser. Donc, on est en train de trouver une solution, et moi, j'ai bon espoir qu'on va s'entendre.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, au tour de Patrick Bellerose, Journal de Québec, Journal de Montréal.

M. Bellerose (Patrick) : Oui, bonjour à tous. Première question pour Dr Arruda. La semaine dernière, ma collègue vous a demandé si les personnes âgées suspectées d'être décédées d'une COVID-19 étaient testées de façon systématique, et votre réponse, c'était : C'est arrivé. Puis on a aussi des informations sur le terrain qui laissent croire que ce n'est pas fait de façon systématique. Ça nous porte à croire que le bilan des décès est forcément sous-évalué.

Donc, je voudrais savoir, est-ce que vous croyez que le bilan des décès de la COVID-19 est sous-évalué au Québec? Et pour quelle raison ce n'est pas dépisté de façon systématique?

M. Arruda (Horacio) : Bon, il y a différentes raisons. Premièrement, je veux juste vous dire que... et là je ne veux pas parler... parce que je suis en train de faire vérifier les définitions de cas des autres provinces. Pour vous donner un exemple... Juste pour vous donner un exemple comparatif, quand on parle de chaleur accablante au Québec et qu'on nomme des décès, souvent, on n'attend pas l'enquête du coroner à la fin pour savoir si c'est la cause principale. Pour des raisons de vigie et d'intervention, on compte ces cas-là. Alors, au Québec, on a des cas de façon significative, et l'Ontario n'en a pas beaucoup parce qu'ils attendent la confirmation du coroner.

C'est vrai qu'il est possible qu'on n'ait pas testé tous les cas, mais on a une définition de cas maintenant qui implique ce qu'on appelle des cas en lien épidémiologique. Vous êtes dans un CHSLD, dans un étage où vous avez un cas ou deux qui ont été confirmés par laboratoire. Dans l'autre chambre d'à côté, vous avez un cas, il n'y a pas d'autre raison de décès comme telle ou on est presque sûrs que... presque sûrs... à un bon pourcentage que c'est du COVID-19, mais il va être un COVID-19 non testé, non confirmé par laboratoire, mais considéré comme un cas. Donc, ça, on en a. Et vous allez voir, dans des... on peut voir qu'on en a de plus en plus, comme tels, parce qu'à ce moment-là, et on fait souvent ça dans des enquêtes, on ne teste pas tout le monde. On sait que la maladie circule. Actuellement, on n'est plus dans la saison de la grippe, puis etc. Donc, la probabilité que ce soit un cas est plus élevée, puis on ne le fait pas en termes de test de laboratoire.

Donc, est-ce que c'est possible que des gens soient décédés de la COVID-19 puis que, pour une raison x, y, z, ils n'aient pas été là? C'est vrai. Tous les systèmes ont toujours sous-estimé les décès. En Italie, on pense qu'il y a peut-être eu trois à 10 fois plus de cas de décès que ce qui a été rapporté parce que c'est normal, à un moment donné. Mais, quelque part, je vous dirais que, comparativement à d'autres provinces, par rapport à la quantité de tests qu'on fait, il y en a probablement. Ce serait presque impossible de penser qu'on n'en a pas échappé quelques-uns, mais pas de façon significative, dans le contexte aussi où on compte les cas qui sont associés mais non confirmés par laboratoire. Il y a des fois aussi où, en postmortem, on n'est pas capables de le trouver, le prélèvement n'est pas adéquat, etc.

M. Legault : Je peux peut-être ajouter, là, comme ancien ministre de la Santé, le Québec a toujours eu la réputation d'être plus méticuleux que les autres États dans le monde. C'est vrai pour quand il y a eu des décès, certains étés, avec la chaleur accablante. On se demandait pourquoi on en avait plus au Québec qu'ailleurs. Bon, peut-être qu'ailleurs ce n'était pas tout déclaré. Je me rappelle aussi de toute la question du nombre de suicides au Québec, bien, pourquoi on en avait plus qu'ailleurs? On s'est rendu compte, c'est parce qu'on faisait un suivi plus méticuleux qu'ailleurs. Donc, le Québec a toujours eu la réputation, comme on dit en québécois, d'être plus catholique que le pape. Donc, moi, je ne suis pas trop inquiet de ce côté-là. Ça se peut qu'on en ait échappé quelques-uns, mais je serais curieux de savoir, ailleurs, combien ils en ont échappé.

Le Modérateur : En sous-question?

M. Bellerose (Patrick) : Merci. M. Legault, question pour vous. Vous avez publié, comme vous disiez, la liste des CHSLD en situation critique. C'est vrai que les médias le demandaient. Par contre, on s'aperçoit ce matin que la liste qui a été publiée par un média contient une erreur. Est-ce que vous ne craignez pas que d'autres erreurs comme ça se glissent dans les listes que vous allez mettre en ligne et qu'on crée de l'inquiétude inutilement, disons, chez les parents des patients? Et aussi, en complémentaire, disons, est-ce qu'il sera possible de sortir un résident d'une résidence touchée par la COVID-19 si on voit que le nom est sur la liste?

M. Legault : Bon, deux choses. D'abord, j'ai posé la question sur le sujet, là, de combien de décès dans le centre de gériatrie de Montréal. Il faut comprendre qu'il y a un certain délai, hein, pour analyser si la personne est vraiment décédée de la COVID-19. Parfois, ça peut prendre un certain nombre de jours avant que ça soit ajouté. C'est pour ça, là, que, malheureusement, on sait un peu, là, que, par exemple, dans les décès aujourd'hui, probablement qu'il y en a qui vont s'ajouter, qui sont décédés dans les derniers jours, mais où on est en train d'analyser est-ce qu'ils sont vraiment décédés de la COVID-19.

Donc, dans le cas que vous mentionnez, c'est exactement ça qui est arrivé, là. C'est que ce n'est pas qu'on a oublié d'en déclarer. C'est juste parce que le nombre qui est donné puis qui était dans le rapport est toujours le bon, sur les confirmés, mais il y en a d'autres qui s'en viennent.

M. Bellerose (Patrick) : Je faisais référence à...

Le Modérateur : Merci. Non, c'est une question, une sous-question. Alain Laforest, TVA Nouvelles. Merci.

M. Bellerose (Patrick) : Je faisais référence à une autre résidence, en fait, qui était sur la liste où il n'y avait pas de cas de COVID-19.

Le Modérateur : M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Merci. Bonjour, M. le premier ministre, Mme McCann, M. Arruda. Mme McCann, ma question va s'adresser à vous. Concernant les spécialistes, vous avez lancé un appel il y a plusieurs jours, sauf qu'il semble qu'il n'y a personne qui a eu d'appel encore pour le transfert dans les CHSLD. Qu'est-ce qui explique ce délai-là, là? C'est que la machine est trop lourde? Pourquoi les gens ne sont pas déjà là?

Mme McCann : Bien, je vais vous dire, d'ailleurs, en ce moment, il y a une rencontre téléphonique entre la sous-ministre adjointe et les deux associations ou fédérations, je devrais dire, médicales. Je pense qu'on s'entend, notamment avec la Fédération des médecins omnipraticiens, sur une partie de réponse téléphonique, là, hein, au niveau, là, des CHSLD, les RPA, les RI, RTF, et même le maintien à domicile, ce qui est bon, la garde entre autres. Mais on veut aussi que les médecins aillent sur place aider dans les CHSLD, surtout dans les CHSLD, mais aussi dans les RPA, dans les RI, RTF. Alors, c'est ce qui est en train de se discuter actuellement parce que, comme vous le voyez, là, on a besoin de tout le monde.

Pour les médecins spécialistes, effectivement, la discussion va porter là-dessus aussi. Qu'est-ce que peuvent faire les médecins spécialistes étant donné qu'ils sont médecins à la base, hein, comme tout médecin, et qu'ils peuvent faire des choses, certainement, dans le contexte, là, des résidences d'hébergement? Alors, eux aussi, ils offraient, par exemple, d'appeler les familles. Oui, mais il y a d'autres personnes qui peuvent faire ça, là.

Actuellement, on est en train de s'organiser. Moi, je pense qu'il y a un rôle pour les médecins spécialistes, en complémentarité ou en collégialité, je vous dirais, avec les médecins de famille. Alors, c'est exactement ce qui est en train de se discuter actuellement, puis on veut vraiment que ça avance rapidement.

M. Arruda (Horacio) : J'aimerais, M. le chef de la tribune, si vous permettez, M. le premier ministre, Mme McCann, revenir sur la question des données parce que je pense que c'est une question importante. Si vous me permettez, je voudrais vous dire... Vous ne pouvez pas vous imaginer l'effort qui est mis actuellement par des gens qui sont dans l'intervention pour collecter les informations. Ça ne vient pas d'un seul système. Ça ne vient pas d'un dossier patient dans lequel il y a toute l'information, puis qui est informatisé, puis etc.

Donc, on a des sources qui viennent soit par des enquêtes, des téléphones qu'on fait aux établissements. Il y a des sources qui viennent par des saisies de la santé publique à partir des déclarations que le médecin va avoir faites. Puis c'est sûr que notre énergie, dans ce temps-là, est toujours associée à faire les bonnes affaires. Les statistiques, c'est un élément très important. Si vous saviez le nombre... Toutes les questions que vous voulez, là, si on était en mesure de vous y répondre parfaitement, ce serait extraordinaire. Il y a les heures de tombée. Quand on prend les données à six heures du soir, bien, dans la nuit, il se passe beaucoup de choses. Les directions de santé publique ou les établissements, par transparence, vont vous donner des chiffres qui vont être différents.

Et, quand on est transparents, à la vitesse où ça va... Il faut comprendre que des erreurs, hein, vous savez, là, même les comptables peuvent en faire des fois quand ils corrigent... ou même les prévisions, puis etc. Non, mais, je ne sais pas si vous comprenez, vous ne pouvez pas vous imaginer... Quand on aura un système informatisé parfait partout, là... Tu sais, on est en train d'en développer un pendant que l'avion vole. Donc, des erreurs, il va y en avoir. On essaie de les minimiser. Puis, des fois, il va y avoir des délais. C'est sûr que moi... Quand on se lève le matin puis on lit dans vos journaux que vous avez tant de décès dans tel centre parce que l'information a été donnée, mais que ces cas-là, il y en a qui sont arrivés après, puis etc., les chiffres ne balancent pas... Et ça, c'est très dérangeant quand on essaie de faire balancer des chiffres.

Donc, je voudrais juste que vous compreniez que, si on ne le rend pas transparent, on ne le donne pas, les gens s'inquiètent parce qu'ils ne savent pas, ils sont dans l'inconnu. Si on le met puis c'est une erreur, mais ça va peut-être entraîner un certain stress pour certaines personnes, mais ça va être corrigé le plus rapidement possible. Ça fait que je voulais quand même que vous compreniez ça parce que, sinon, là, on va avoir des débats sur les chiffres à tous les jours. Et plus ça va aller, plus il va y avoir de cas, plus il va y avoir de charge dans le système, plus ce système-là est... Puis je peux vous dire que même dans le monde, même l'OMS ne mettait pas ses données à jour tous les jours, puis, des fois, c'est avec des pays qui ont contribué, d'autres qui n'ont pas contribué à la mise à jour.

Mme McCann : J'aimerais apporter aussi un complément, si vous permettez, sur les médecins spécialistes parce qu'il faut quand même dire qu'il y a des choses intéressantes, là, qui se passent en milieu hospitalier, par exemple, je vais vous donner un exemple, un orthopédiste qui aide son collègue interniste, là. Il y a beaucoup, beaucoup de collaboration qui se fait en milieu hospitalier.

Je sais aussi... On le sait que les médecins spécialistes aimeraient rouvrir leurs cliniques externes. On ne pourra pas le faire de façon complète. Il y aura peut-être une certaine réouverture, là, on est en train d'étudier ça. Au niveau des chirurgies, on ne peut pas vraiment beaucoup, beaucoup aller de l'avant, parce qu'on a encore notre enjeu au niveau des médicaments, mais c'est en train d'être travaillé.

Donc, ce que je disais tout à l'heure, c'est qu'on veut que les spécialistes, parce qu'il y en a quand même un certain nombre, là, actuellement qui sont inactifs, qu'ils viennent nous aider dans les milieux d'hébergement.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Laforest (Alain) : En sous-question, oui, toujours avec vous, Mme McCann. Vous avez parlé tout à l'heure, et ça fait plusieurs jours qu'on l'évoque, depuis samedi, là, la résidence Herron. Dans une lettre que vous avez reçue, Mme la ministre, de la part de la direction de ce CHSLD, le 9 avril, on vous informait déjà qu'il y avait 23 décès et 27 employés qui étaient testés positifs COVID.

Est-ce que le CIUSSS vous a dit la vérité dès le départ? Parce que M. le premier ministre nous a dit que vous l'aviez appris vendredi, alors que ça date du 9 avril, la lettre où on vous dit qu'on a 23 décès là-bas, là.

Mme McCann : Oui, bien, vendredi, c'était le 10 avril, si je ne me trompe pas. Alors, moi, j'ai vu la lettre plus tard, là, parce qu'une lettre qui m'est envoyée ne m'arrive pas, là, instantanément, je dois vous dire, là. Ça arrive à une adresse, ministre de la Santé, et on doit la traiter. On la traite rapidement, mais je ne l'ai pas dans l'heure, là.

Alors, moi, je pense que j'ai eu l'information, effectivement, le vendredi soir, samedi matin, là, où qu'on a tout confirmé ça, où il y avait eu une trentaine de décès dans le dernier mois. C'est à ce moment-là que j'ai eu l'information.

Le Modérateur : Maintenant, au tour d'Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. J'aimerais revenir sur la question concernant l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, parce que je comprends bien qu'il puisse y avoir des délais, mais quand même, on apprend qu'il y a 33 personnes qui sont décédées, alors que le bilan du CIUSSS—Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, le même jour, faisait état de cinq décès, là. Donc, ils ont quand même un écart très important. On imagine que ce ne sont pas tous des gens qui sont décédés dans les heures précédant la mise à jour du bilan. Je veux être certain de bien comprendre ce qui explique cet écart important là.

Et, d'autre part, vous nous parliez, M. le premier ministre, de différences entre les cas rapportés, cas soupçonnés. Est-ce à dire, donc, que, dans plusieurs autres établissements, les chiffres seraient beaucoup plus élevés, si on tenait compte des cas soupçonnés? Parce que, là, c'est ce qui semble expliquer l'écart à l'institut...

M. Legault : Mais là vous parlez de deux choses, des décès...

M. Lavallée (Hugo) : Oui, c'est deux questions.

M. Legault : Bon, O.K. Les décès, j'ai posé la question ce matin, puis on me dit : L'écart s'explique par le fait que les décès n'ont pas tous été analysés au moment où le rapport a été fait.

Pour ce qui est des cas confirmés ou suspectés, bien, ça, effectivement, c'est une différence. Confirmé, ça veut dire qu'il y a eu un test positif. Suspecté, bien, il y a peut-être... la personne a des symptômes, là, donc... Pas sûr si ça répond à votre question.

M. Lavallée (Hugo) : Mais donc, est-ce... bien, on sous-estime ou...

M. Legault : Pardon?

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce qu'on sous-estime, donc... parce qu'en fait, si je comprends bien, il y a des...

M. Legault : Bien, moi, je pense qu'actuellement, dans les CHSLD, là, il y a sûrement plus de cas que le nombre qui est rapporté confirmé. Il y a du travail qui est en train d'être fait, actuellement, pour faire des tests puis il y a des personnes qui sont suspectées, qui vont, en partie, devenir confirmées.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce qu'il y a plus de décès?

Le Modérateur : Rapidement.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce qu'on sous-estime le nombre de décès?

M. Legault : Je ne pense pas. Moi, je ne pense pas. Je pense que les décès de la COVID-19 sont rapportés. Ça peut prendre quelques jours, parfois, avant que ça soit rapporté, mais ils ne sont pas sous-estimés. Les décès, c'est des décès.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Mylène Crête, Le Devoir.

Mme Crête (Mylène) : Bonjour, ma question est pour M. Legault et Mme McCann. J'aimerais savoir ce que vous pensez de la gestion des CISSS et des CIUSSS par rapport aux CHSLD. Est-ce qu'il y a des choses que vous aimeriez voir changer?

M. Legault : Bien, écoutez, ça fait longtemps qu'on parle des CHSLD, qu'on dit : Il y a une pénurie de personnel, il y a des postes d'affichés qui ne sont pas comblés. Dans les CHSLD privés, peut-être que les ratios devraient être augmentés. Bon, c'est des discussions qu'il y a eu depuis plusieurs années.

C'est sûr qu'il y avait un manque de personnel dans les CHSLD. Donc, on connaissait le problème. C'est d'ailleurs pour ça qu'au centre de la négociation avec les syndicats, on a toujours dit qu'il faut une augmentation, en pourcentage, plus élevée pour les préposés aux bénéficiaires que pour les autres groupes d'employés. Mais, comme je le disais, ce n'est pas nécessairement facile de négocier, avec les syndicats, des augmentations de salaire qui ne sont pas les mêmes pour tous les groupes d'employés.

Par contre, assez rapidement, on a mis des primes, là. Par exemple, dans les CHSLD privés, on a mis des primes de quatre dollars de l'heure. Ce n'est quand même pas rien, là, quelqu'un qui gagne 13 $ de l'heure, qu'on lui donne, du gouvernement, quatre dollars de l'heure de plus. Donc, il y a des primes, effectivement, qui ont été mises de façon temporaire. Est-ce qu'il y a deux, trois, cinq ans, on aurait dû penser à mettre des primes permanentes? Je pense que oui. Aujourd'hui, on se dit : Ces gens-là ont un travail important, puis on le voit quand il arrive une crise comme on vit actuellement, puis il faut le regarder.

Parce que je me suis rendu compte, moi, que, quand on a augmenté les budgets des CHSLD depuis qu'on est au gouvernement, bien, malheureusement, on n'arrivait pas à dépenser tout l'argent qui était mis dans les CHSLD parce qu'il y avait beaucoup, beaucoup de postes qui étaient affichés, mais pas comblés. Donc, il y a un problème d'attractivité, il y a un problème de salaire, mais, plus que ça, il y a un problème qu'il n'y a pas assez de préposés aux bénéficiaires de formés au Québec. Donc, il va falloir, à l'avenir, que ça soit un métier, une profession qui est beaucoup plus valorisée, pas juste le salaire, mais de façon générale, là. On le voit aujourd'hui comment, plus que jamais, les préposés aux bénéficiaires sont importants. Je ne dis pas qu'on ne le savait pas avant, là. La preuve, c'est qu'on le dit depuis qu'on est au pouvoir, il faut augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires.

Mme Crête (Mylène) : Ma deuxième question porte... Vous avez reconnu, en début de conférence de presse, qu'il y a probablement eu une transmission asymptomatique du coronavirus par des employés en CHSLD. Dans ce cas-là, est-ce que vous maintenez toujours la directive de la santé publique de rappeler au travail des employés qui ont été en contact avec une personne infectée et qui ne présentent pas de symptômes après sept jours?

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, l'enjeu de cette démarche-là est associé à, je vous dirais, le maintien des services. Parce que la personne qui revient, elle va porter, par exemple, un masque puis elle va être dans une situation... D'ailleurs, elle le sait, c'est encore peut-être... Les gens sont encore plus prudents dans ce contexte-là.

Autant que faire se peut, vous comprendrez qu'on ne veut pas que quelqu'un meure parce qu'on n'a pas donné de soins. Il ne meurt pas du COVID-19, mais... C'est véritablement, j'appellerais, des situations qu'on essaie de faire en termes d'exceptions. Je ne peux pas vous... C'est pour ça que cette consigne-là a été mise en place, et donc, souvent aussi, ces personnes-là, elles vont des fois aussi travailler dans des milieux où il y a déjà du COVID-19.

Donc, comme je vous le dis, c'est une situation qu'on essaie... qu'on espère, exceptionnelle, mais pour... dans la balance des risques, hein... puis ce qu'on regarde aussi, le 14 jours, c'est la période maximale d'incubation, alors qu'on sait que la majorité, ça va être un peu moins que ça. Mais le personnel qui rentre avec pas de symptômes, et il va utiliser du matériel de protection pour éviter de contaminer les autres personnes.

Mme McCann : C'est pour ça qu'on a tellement besoin de renforts. On a 6000 travailleurs actuellement qui sont absents, là, du réseau pour toutes sortes de raisons. Alors, puis on veut donner du répit aussi aux équipes qui sont sur place. Alors, c'est pour ça qu'on fait tous les efforts, c'est notre priorité actuellement d'aller chercher le personnel.

Le Modérateur : Merci. Donc... Oui, M. Legault.

M. Legault : Juste pour préciser, là, il y a 6000 personnes dans tout le réseau de la santé, dont 1250 dans les CHSLD, qui sont absents. Juste pour que les chiffres soient clairs.

Le Modérateur : Donc c'est tout le temps que nous avions pour les questions en français.

So, we will switch in English and we'll start today with Cathy Senay from CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Hi, good afternoon. You repeated, Mr. Arruda, how many weeks you haven't seen your family. And Mr. Legault, you said many times : I haven't seen my two sons, and I cannot go to the birthday of one of my sons. How do you react about the fact that Prime Minister Justin Trudeau crossed the border this weekend to spend the long weekend with his family at his cottage when you have such a reaction of Quebeckers and other citizens in social media, saying : Well... I mean, they... The success of these measures, restriction measures, are based on the discipline of Quebeckers. What do you say to Quebeckers today that say : Well, if Prime Minister Justin Trudeau did that, I'll do the same thing?

M. Legault : Moi, je n'ai pas de commentaire.

M. Arruda (Horacio) : And I think you know I'm not following everybody here. There are probably other persons doing that kind of thing. I just hope that they are maintaining, I would say, some distancing aspects of this, but I think it's really... The answer of the Prime Minister is the best one, is... He has no comment on this. And I would say, it's not because somebody did something you must do it, hein? And, in fact, try to respect the things. But so I cannot comment about the «comportement» of the Premier actually.

M. Gagnon (Marc-André) : On vous demande de répéter en français. C'est possible? M. Legault, d'abord, M. Arruda.

M. Legault : Bien, je n'ai pas de commentaire.

M. Arruda (Horacio) : La réponse du premier ministre est la bonne. Par contre, moi, je vais vous dire, des gens qui ne respectent pas nécessairement les consignes, il y en a. Il pourrait y en avoir d'autres aussi. Donc, sans commenter sur ce cas-là en particulier, j'espère que, par contre, quand ils font ce genre de mouvement là, qu'ils vont respecter les consignes de... si on a des symptômes, on n'y va pas, on garde une certaine distanciation sociale, puis etc. Dans le fond, en appliquant certaines mesures, là, j'espère, un petit peu... sa négativité par rapport au fait qu'on dit aux gens de ne pas se transférer. Et on le fait aussi pour les travailleurs essentiels, hein, pour les gens comme tels.

Donc, c'était une situation à évaluer au cas par cas. Moi, je ne peux pas commenter sur le détail, mais la meilleure réponse, c'est celle du premier ministre, c'est-à-dire : sans commentaire.

Le Modérateur : Cathy.

Mme Senay (Cathy) : Since last week, you've been announcing mitigation measures to help CHSLDs, for example, being really hit hard by the outbreak. Now, you sent... Yesterday, you sent a message to people that would be interested to become orderlies. Today, anyone in the health system that would like to help, please come.

What's the importance of your messages, Mr. Legault, about the severity of what's happening, the situation that... You're asking people to come forward, but it's not an obligation, but they want them to get the message that the crisis is really high in CHSLDs.

M. Legault : Yes, I think the crisis is important. We follow very closely 41 residences where there are many cases and it's not easy to get all the personal. And we can understand that some people from the staff are infected and some are scared about getting infected. So we have a situation where you need courage to go there, but we need to get people. For example, the teachers teaching medical sciences, for example, in our colleges, we're asking them to come and help us. We're asking specialists, even if we won't use their science about their speciality, to come and help as a normal worker because we need them, we need all the staff possible. We need nurses, we need doctors, we need all the personnel having the expertise to help us in CHSLDs because, even before the crisis, the jobs that were posted weren't filled. On top of that, we have all the people that are not coming to work, so we really need to have some people with expertise in medical science to come and help us in CHSLDs.

Le Modérateur : Thank you. Next question, Samuel Pouliot, CTV News.

M. Pouliot (Samuel) : Hi. Yesterday, while you were doing this press conference, we are hearing that there was only two employees for the entire Herron senior home. Do you know what's the situation right now? Is the care adequate and are the families getting all the information they need?

M. Legault : They told me that it's under control now, so they must have the right number of staff.

M. Pouliot (Samuel) : And the federal Government says that the Canadian Armed Forces Medical Corps could be called to help in senior homes, if the provinces need it. Did you get in contact with them?

M. Legault : Yes, we're asking them how many people with the expertise in healthcare can be sent to us, but we're still in discussion with them.

M. Pouliot (Samuel) : So you're asking them to help?

M. Legault : We are asking about the number of people they have.

Le Modérateur : Thank you. So the next question has been sent by e-mail from Raquel Fletcher, Global News. Can you give us more details on the plan to ask teachers to work in healthcare? Will they have the choice? What will they be doing and what impact will that have on reopening schools?

M. Legault : First, I'm asking them... I asked them for their help, so I would like that they come, even if they are not forced to do so. So, we need them. It's a question of duty.

Now, as you can imagine, the number of teachers teaching medical sciences are a limited number of teachers for all the different sectors. So, yes, we may cause a small problem eventually if we reopen these sectors, but I think, right now, the situation is urgent.

Mme McCann : And I just want to say that the exercise is being done by region. So the CIUSSS, the CISSS are being in contact with the school boards or the colleges and they're organizing the teams. And it could be nurses or teachers in nursing, but also different... like, social workers in social work, in occupational therapy, even administrative staff also.

Le Modérateur : Thank you. And, as a second and very last question, what could the federal Government do to better protect residents of retirement and long-term care homes?

M. Legault : Like we said, we are asking them questions about the number of people with expertise in the army about medical sciences. So maybe that's a place where they can send us some workers, but I don't see anywhere else.

Le Modérateur : And I just received also a question from Phil Authier, Montreal Gazette, for Mr. Legault and Minister McCann. On a daily basis, there are sad stories about seniors sick and dying in residences. What will the Government do to better protect our seniors? The Parti québécois says we need an ombudsman for seniors.

Mme McCann : Well, I think the priority is, right now, to get more staff, that's going to be key to give the care and to relieve some of the staff that has been there since the beginning, and to take all the measures that have been recommended by different experts, but also to put them in place. That's what we're doing. They're already in place. We've talked about it to you, to have those zones, the hot zones and the cold zones, and that also, if we have more staff, we're going to be able to have people devoted to some units, and they won't go from one unit to another or from one establishment to another.

And I want to say this is really tragic. It's a human tragedy, what's happening right now. It's very difficult for the families and it's very difficult for the staff. We're losing some people that are very dear to us and we won't stop at anything to really, really protect them. We know that there are people that are very sick, who are in long-term facilities and are very fragile. So we will do anything we can to protect them.

Le Modérateur : And the second and last question is also for you, Mme McCann. We are hearing stories that the promised help for CHSLDs is not arriving fast enough. Mme Marguerite Blais was on the radio today, asking for «des bras». Why is the bureaucracy so slow to act?

Mme McCann : Well, we're getting there because I think we've organized the incoming of people who come from the education sector. And, as I mentioned before in French, we have «les entreprises d'économie sociale», we have hundreds and hundreds of people that will come and help us. And this is in short-term.

So, we're organizing very fast. We're doing everything in a very fast way in this crisis. And I think we're going to get those added people that will relieve the staff that is there right now.

Le Modérateur : So, thank you all. It's all the time we have.

M. Legault : Merci beaucoup.

Le Modérateur : Merci, tout le monde, et à demain.

(Fin à 14 h 4)

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