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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre et Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le lundi 27 avril 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous. Bienvenue à cette conférence de presse pour faire le point sur la situation au Québec quant à la COVID-19. Le premier ministre du Québec, M. François Legault, est accompagné de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Mme Danielle McCann, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

M. le premier ministre, à vous.

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Je commence avec le bilan de la dernière journée. On a 84 nouveaux décès, un total de 1 599. Donc, mes pensées sont avec les familles, les proches de ces victimes. On a maintenant 24 982 cas confirmés. C'est une augmentation de 875. On a 1 541 personnes hospitalisées. C'est une augmentation de 23. On a 210 personnes aux soins intensifs. C'est une diminution de cinq.

Ceci étant dit, bon, on continue de voir, au Québec, qu'on a deux mondes. On a le monde autour des résidences de soins de longue durée, peu importe comment on les appelle, et le reste du Québec. D'ailleurs, si vous prenez les 84 décès qu'on a de plus aujourd'hui, il y en a 75 qui sont dans des résidences où on donne des soins de longue durée puis il y en a neuf où ce sont des personnes qui vivaient à leur propre domicile, seules ou avec d'autres personnes. Donc, évidemment, comme vous le voyez, la priorité, ça reste de bien s'occuper, de mieux s'occuper des résidences avec des soins de longue durée comme les CHSLD.

Je veux sincèrement remercier… On a eu, en fin de semaine, suite à mon appel, 11 000 nouvelles personnes qui ont proposé leur candidature pour venir travailler à temps plein. Et on en a rappelé beaucoup en fin de semaine. Il y en a qui, déjà, sont assignés. Et on est confiants qu'avec ces personnes on va être capables de combler tous les postes dans les résidences pour aînés.

Et, franchement, là, il y avait des noms qui étaient des personnes plus connues que d'autres. Je pense, entre autres, à Joannie Rochette, qui était avant patineuse, qui étudie en santé, notre fameux gagnant du Super Bowl, Laurent Duvernay-Tardif. Donc, ces deux-là, avec des centaines d'autres, acceptent de venir travailler dans nos CHSLD même si c'est difficile.

Donc, je dois vous dire, là, c'est comme un poids qui s'enlève de sur mes épaules de voir qu'enfin on est en train de combler tous les postes, de reprendre le contrôle dans nos résidences pour aînés. Donc, ça me touche beaucoup, toutes les personnes, là, qui ont le courage, parce que ça prend un certain courage, de venir travailler dans nos CHSLD. Merci, merci, merci.

Ça va nous permettre de nous concentrer davantage sur le reste de la situation. Comme je le disais tantôt, 84 décès, mais 75 dans les résidences, neuf dans les maisons. On a aussi une situation qui est sous contrôle dans les hôpitaux. On a, comme je vous le disais, à peu près 1 500 lits qui sont utilisés, mais on va vous arriver demain avec des chiffres. Il y a une partie, même, de ces lits qui sont occupés par des personnes qui devraient être retournées dans les CHSLD, mais, compte tenu de la situation dans les CHSLD, on aime mieux les garder à l'hôpital même s'ils ont eu les traitements qu'ils devaient avoir. Donc, on peut dire vraiment que la situation est sous contrôle dans nos hôpitaux. Rappelez-vous, on avait libéré 7 000 lits. Bon, on en a 1 500, même pas, dans le fond, qui sont utilisés pour la COVID-19.

Évidemment, c'était la condition la plus importante à remplir avant de penser réouvrir les écoles puis les entreprises, de reprendre ou d'être certain qu'on a le contrôle dans nos hôpitaux, donc être capable de soigner tout notre monde, même de recommencer à avoir des activités régulières. On va commencer à le faire au cours des prochains jours, des prochaines semaines. Bien sûr, on va continuer de suivre la situation pour voir si la situation reste sous contrôle comme actuellement.

Donc, je vous annonce aujourd'hui que, si et seulement si la situation reste comme actuellement, on va réouvrir les écoles primaires et les services de garderie le 11 mai à l'extérieur du Grand Montréal puis le 19 mai dans le Grand Montréal, dans ce qu'on appelle la CMM, là, la Communauté métropolitaine de Montréal, donc Montréal, Laval, ce qu'on appelle le 450 ou à peu près, donc la banlieue.

Donc, c'est important, je l'avais déjà dit aussi, l'école ne sera pas obligatoire. Donc, les parents qui préfèrent garder leurs enfants à la maison ne seront pas pénalisés d'aucune façon. Il va y avoir du travail qui va être fait auprès des enfants qui restent à la maison. Tantôt, à 15 h 30, le ministre de l'Éducation puis le ministre de la Famille vont vous expliquer plus en détail comment ça va fonctionner. Mais c'est important, puis je le répète, là, on voulait annoncer un peu à l'avance, parce qu'il faut se préparer, donc, pour le 11 mai, le 19 mai, mais on va suivre la situation. Donc, si jamais la situation s'empirait ou n'était pas comme prévu dans les prochains jours, on va se réajuster. Le mot important, c'est «graduel», puis c'est «prudence, prudence, prudence».

Bon, tantôt, le ministre de l'Éducation va vous l'expliquer, on va demander, autant que c'est possible de le demander à des enfants, de se tenir à deux mètres les uns des autres. On sait que c'est plus difficile dans les garderies, c'est pour ça qu'on va demander aux éducatrices de porter un masque dans les garderies. Et les écoles secondaires, les cégeps et les universités ne vont pas réouvrir avant la fin du mois d'août, donc à la rentrée de l'automne, comme à l'habitude.

Donc, pourquoi on n'ouvre pas les écoles secondaires? Bon, d'abord, on l'avait dit, c'est important qu'il y ait une réouverture graduelle. Donc, on réouvre graduellement les écoles primaires, mais on attend en septembre pour les écoles secondaires, les cégeps, les universités. Une des raisons aussi pourquoi on a choisi le primaire plutôt que le secondaire, c'est que les étudiants du secondaire, du cégep, de l'université utilisent davantage le transport en commun, donc ça pose une difficulté additionnelle pour garder la distance de deux mètres, et aussi, c'est important de le dire, c'est plus facile pour les élèves du secondaire, du cégep, de l'université de suivre des cours à distance, donc avec leurs enseignants, qui ont déjà commencé à le faire, mais on va leur demander de le faire davantage. Donc, d'enseigner à distance à ces personnes-là, c'est plus facile qu'au primaire.

Mais, bon, évidemment, c'est une décision importante. Et, en fin de semaine, j'ai regardé ce qui se fait ailleurs, j'ai regardé les résultats, les prévisions. Pour moi, il y a cinq raisons pourquoi, je pense que c'est important de réouvrir nos écoles primaires puis nos garderies. Puis la première raison, c'est pour le bien des enfants. C'est important, là, qu'on... surtout pour les enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, que ces enfants-là ne restent pas six mois sans être allés à l'école. Donc, on le sait, ce qu'on appelle, dans le jargon des écoles, les EHDAA, enfants qui ont des handicaps ou des troubles d'apprentissage de toutes sortes, là, dyslexie, dysphasie, trouble de l'attention, autisme, et autres, c'est important que ces enfants-là ne soient pas absents de l'école pour six mois. C'est important que ces enfants soient bien suivis, puis les enseignants les connaissent, ces 20 à 25 % d'enfants-là.

C'est possible, selon le choix des parents, que certains de ces élèves restent à la maison. Donc, on va demander aux enseignants de porter une attention spéciale à ces enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, qu'ils soient à l'école ou qu'ils soient à la maison. Et pour les semaines qui restent et lors la rentrée, c'est très important qu'on porte cette attention-là. Donc, première raison : pour le bien des enfants qui doivent aller à l'école, qui doivent continuer de faire des apprentissages, surtout les enfants qui ont des difficultés.

Deuxième raison pourquoi on réouvre les écoles, parce que le risque est limité. Parce qu'on l'a dit, les conséquences graves pour les enfants, même pour les personnes qui ont moins de 60 ans, sont limitées. D'ailleurs, j'en profiter pour dire, là, puis tantôt, les deux ministres pourront vous l'expliquer, les enfants qui ont des problèmes de santé ou les parents qui ont des problèmes de santé devraient garder leurs enfants à la maison. Je pense, c'est important, là, entre autres certaines maladies chroniques, là. Ce n'est pas le temps d'aller exposer des enfants qui ont des problèmes de santé physique à aller à l'école pour l'instant. Donc, ça, c'est important. Mais, pour les autres, on considère que les risques sont minimes.

La troisième raison pourquoi on fait le choix d'envoyer des jeunes à l'école et dans les garderies, c'est parce que la situation est sous contrôle dans les hôpitaux. Donc, si jamais il y avait des enfants, des enseignants qui devenaient malades, bien, on a toutes les capacités puis le personnel qui est disponible pour s'en occuper. Et, c'est important que ça reste comme ça, donc c'est important que ça soit graduel. Donc, on n'envoie pas et le primaire et le secondaire en même temps pour être certain, justement, de garder la situation sous contrôle dans les hôpitaux.

Quatrième raison, parce qu'on a le O.K. de la Santé publique. Donc, ce n'est pas une décision qui est sur la gueule, là, c'est la science. On écoute la science puis la science nous dit : c'est possible de retourner ces enfants si la situation reste sous contrôle d'ici le 11 et le 19 mai.

Puis, la cinquième raison, je dirais, c'est parce que la vie doit continuer. Les enfants, là, je pense, c'est bon qu'ils revoient leurs amis, qu'ils revoient leurs enseignants. On ne prévoit pas, là, qu'il y ait de vaccin avant 12 ou 18 mois. Les experts ne prévoient pas de vaccin avant 12, 18 mois. Je ne vois pas les enfants rester chez eux pendant 12, 18 mois, là. Je pense que la vie doit continuer, et la situation, si on attendait le 1er septembre, ne serait probablement pas différente de la situation actuelle.

Mais je veux insister sur une chose, par contre. Donc, ça, c'étaient les cinq raisons. Donc, vous avez vu, dans les cinq raisons les plus importantes, il n'y a pas l'immunité collective, là. L'immunité collective... il y a des experts qui pensent que d'avoir la COVID-19 puis d'en être guéri, ça pourrait immuniser. C'est ce qu'on souhaite, tout le monde, parce que sinon ça pourrait même être difficile de penser, à un moment donné, avoir un vaccin. Donc, c'est ce qu'on souhaite. Par contre, ce n'est pas prouvé. Donc, on ne doit pas prendre notre décision sur cette base-là, mais ça sera un bénéfice secondaire, si jamais ça peut être le cas. Donc, je veux être bien clair, là, on rouvre nos écoles pour des raisons sociales et parce que la situation est sous contrôle, en particulier dans notre système hospitalier.

Bon, évidemment, dans les prochains jours, les prochaines semaines, on va continuer d'avoir des cas, comme partout dans le monde, et on va ajuster notre stratégie en fonction de l'évolution. Là, pour l'instant, on fait des prévisions. On voit que la situation est sous contrôle. Demain, on va annoncer un plan de réouverture des entreprises qui va être très graduel. Donc, encore là, on ne veut pas, ni dans les transports en commun, ni de façon générale, retourner trop de monde en même temps dans la société. Pourquoi qu'on fait tout ça graduellement? Toujours la même raison : garder le contrôle dans nos hôpitaux, de ne pas avoir de débordement dans nos hôpitaux.

Je termine avec mes remerciements. Mes remerciements, d'abord, sont pour les éducatrices, d'abord les éducatrices qui, depuis le début, depuis six semaines, se sont occupées des enfants du personnel de la santé. Donc, je veux vous dire un gros merci.

Gros merci aussi aux enseignants. On me dit qu'il y a beaucoup d'enseignants qui ont communiqué avec leurs élèves au cours des dernières semaines. Merci.

Et un merci à l'avance à toutes les éducatrices, tous les enseignants, enseignantes qui, dans les prochaines semaines, vont retrouver les enfants après une période qui a été vraiment spéciale dans notre vie collective. Donc, merci à l'avance pour le travail que vous allez faire au cours des prochaines semaines avec nos enfants.

Je termine en vous disant je le sais qu'aujourd'hui et demain, avec le plan de réouverture des écoles et des entreprises, il y a certains Québécois, certaines Québécoises qui vont avoir des questions, qui vont avoir des inquiétudes. C'est important, là, il n'y a rien d'obligatoire. Ce que je vous dis, c'est allez-y à votre rythme. Quand vous êtes prêts à sortir, quand vous êtes prêts à ce que vos enfants sortent, d'abord, n'oubliez pas de garder cette bonne habitude, qui sera là probablement pour plusieurs mois, de toujours rester à deux mètres des autres personnes, mais allez-y à votre rythme. On ne veut pas bousculer personne. Donc, courage, l'espoir est là. Merci, tout le monde.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, en anglais.

M. Legault :Yes. Good afternoon. Today we announce our plan to reopen primary schools and child care services. We've chosen not to reopen high schools, cegeps and universities. This will limit the traffic in public transports, and we consider that primary school children will benefit the most from the remaining school weeks, especially children in difficulties. This reopening will be gradual, it won't be obligatory, so the children won't all come back at the same time. In the Montréal region, we'll reopen on May 19th if all conditions are met, and outside of the Great Montréal it will be on May 11th. We will analyze the situation every day and adjust if necessary. The watchword here is prudence.

Tomorrow, we'll announce our calendar to restart sectors of our economy. It will be very gradual. The situation must be and must stay under control in our health system. Everybody will have to follow public health instructions. We must continue to keep our distances. To succeed, we must continue all our efforts. Thank you all.

Le Modérateur : Merci, M. le premier ministre. Alors, pour la période des questions en français, nous allons débuter avec Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Bonjour, M. le premier ministre. Les Québécois, ce matin, qui ont écouté le point de presse de Justin Trudeau ont entendu un message assez différent du vôtre. M. Trudeau a émis plusieurs inquiétudes quant à la possibilité d'y aller d'un déconfinement. Concernant l'immunité collective, je sais que vous-même, vous avez des réserves, il dit : «C'est prématuré de conjecturer. Il n'y a aucune preuve probante que le fait d'avoir contracté une fois la COVID vous protège. Le virus est nouveau. On ne sait pas si les anticorps vous protègent. Il faut faire preuve d'une prudence extrême.» Alors, en ce moment, il y a beaucoup de Québécois, sans doute, qui se sentent déchirés, là, entre le message de prudence que vous envoyez puis celui beaucoup plus modéré, entre guillemets, du premier ministre Trudeau. Qu'est-ce qui vous fait dire que votre approche est la bonne, d'une part, et, d'autre part, en l'absence justement de preuves scientifiques, est-ce qu'on ne devrait pas appliquer le principe de précaution?

M. Legault : Bon, d'abord, je ne vois pas tant de différence que ça entre le gouvernement fédéral puis les gouvernements des provinces. On a eu encore une longue discussion, une conférence téléphonique, la semaine dernière. On est en train d'essayer de s'entendre sur un certain nombre de principes, et je pense qu'on devrait être capables de s'entendre. Donc, oui, il faut être prudent. Il faut réouvrir graduellement. Il faut s'assurer, entre autres, qu'on garde le contrôle dans nos hôpitaux, que la situation reste sous contrôle, qu'on continue, même qu'on augmente le nombre de tests pour suivre la situation au fur et à mesure, au cours des prochaines semaines. Mais je n'ai pas senti une grande différence entre les différentes provinces puis avec le gouvernement fédéral sur les conditions, là, de réouverture graduelle.

Le Modérateur : Rapidement, en sous-question.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Donc, ça fait plusieurs semaines que vous nous dites que vous avez l'intention d'augmenter le nombre de tests, que ça fait partie de la stratégie de déconfinement. Or, quand on regarde les chiffres des dernières semaines, ça semble stagner, voire régresser. Et puis, sur le terrain, il y a des inquiétudes. Je vous cite la Dre Cécile Tremblay du CHUM : «Dépister massivement, il faut le faire, mais présentement on n'a pas ce qu'il faut. Les "ça va aller", ça ne me convainc pas. Si on lève le confinement et qu'on n'est pas capables de tester massivement, il va y avoir de nouvelles infections. Le feu va prendre. Depuis le début, on est en manque parfois d'écouvillons ou de réactifs. Il nous faut des preuves.» Fin de la citation. Alors, quelles preuves vous avez à donner aux Québécois? Puis avez-vous des cibles, des objectifs, des échéanciers précis?

M. Legault : O.K. Je vais commencer puis je vais laisser le Dr Arruda compléter.

D'abord, on est un des endroits au monde où, par million d'habitants, on teste le plus, avec l'Allemagne. On teste trois fois plus que l'Ontario, toutes proportions gardées. Donc, on teste déjà beaucoup et on va augmenter le nombre de tests. Puis, moi, ça a été une des questions que j'ai posée. Est-ce qu'on est assurés d'avoir tout l'équipement nécessaire pour les tests? On m'assure que oui. Eh oui, on veut, dans les prochaines semaines, y aller plus sur une base d'échantillonnage au hasard. Dans les dernières semaines, comme vous le savez, on s'est beaucoup concentrés dans les CHSLD et on veut augmenter le nombre de tests. Et puis, je pense, c'est l'objectif du Dr Arruda.

M. Arruda (Horacio) : Oui, tout à fait. C'est clair qu'il y a eu des problèmes antérieurement en lien avec les réactifs puis les écouvillons, mais ce problème-là est réglé actuellement. On a une capacité qui peut monter rapidement à 15 000 tests et, quand on va avoir le nouveau PCR «on the site», là, on va pouvoir probablement augmenter à 20 000, 30 000 tests. Ça fait qu'actuellement, là, il faut comprendre que ça fait partie des conditions de déconfinement que nous avons mises en place.

Vous comprendrez qu'on regarde exactement ce que la littérature nous propose, Johns Hopkins, l'OMS, d'autres organisations internationales, le CDC, sur les conditions de déconfinement, puis on va les suivre de très, très près.

Ce qu'on présente aujourd'hui, c'est un scénario. C'est un scénario qu'on pense qui peut être possible. N'oubliez pas qu'on regarde aussi une épidémiologie qui est différente, là. Quand on parle au Canada, c'est une chose, quand on parle à chacune des provinces, avec la connaissance de leur milieu... et on ne fera pas le même genre de déconfinement dans la région métropolitaine en lien avec ce qui va se passer dans les régions froides. Ça, c'est important.

Mais j'ai un élément très important que je veux me permettre de dire à la population. Dès qu'on commence à déconfiner, il y a des gens qui peuvent interpréter que maintenant, vu qu'on ouvre les écoles puis... on peut se remettre à circuler n'importe comment. Malgré le déconfinement, la population à risque demeure à risque. C'est important de continuer à suivre les prescriptions. Ce que ça veut dire, c'est qu'on ne voudra pas de rassemblement des gens à l'extérieur. Ça ne sera pas encore le temps de faire des partys ou des repas de famille avec des personnes âgées. On va avoir encore des contraintes auprès de ces populations-là à risque. C'est plate, on aimerait bien, mais on ne peut pas se permettre que les gens interprètent que le déconfinement des garderies, de l'école, de certains secteurs d'activité veuille dire : Tout le monde est déconfiné, puis on repart à zéro comme si de rien n'était. Ça va être majeur.

Je vous l'ai dit que l'aplatissement de la courbe était dépendant de la collaboration de tous. On l'a eue, mais maintenant, avec le printemps, avec le beau temps, ça va être difficile de rester enfermé, mais il va falloir le faire encore, parce que, sinon, notre opération graduelle ou progressive va être annulée par des mouvements de population qui ne doivent pas avoir lieu actuellement. Je rêve d'un vaccin, je rêve d'un traitement, puis ça va être long. Puis on le fait maintenant parce que le même problème va se retrouver à l'automne... Et c'est vrai, là, je tiens à vous le dire, il n'y a pas que les maladies infectieuses. L'état de santé mentale des jeunes, leurs conditions d'apprentissage et, éventuellement, leurs problématiques de santé mentale, la violence qui peut se vivre à l'intérieur des maisons et qu'on ne voit pas, tout ça est pris en considération dans la balance des risques.

Mais, le premier ministre le sait, on va évaluer. Si les conditions ne sont pas au rendez-vous, on va revenir en arrière, et, si la population ne participe pas au maintien de cette distanciation en arrière, nous allons tous y perdre, puis on va être obligés de reconfiner de façon intensive, ce qui, à mon sens, serait excessivement malheureux.

Je tiens à passer ce message-là parce que... N'interprétez pas que, parce qu'on ouvre les écoles ou tel secteur d'activité au Bas-Saint-Laurent ou ailleurs que tout le monde peut se mettre à circuler n'importe où, et particulièrement dans la zone où il y a de la transmission active, dans la grande région de Montréal métropolitain. Merci.

Le Modérateur : Merci. Je vous signale que le temps file. Prochaine question, Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, Mme McCann, M. Arruda. Ma première question, c'est : Quelles seront les mesures qui vont être mises en place dans les salles de classe pour s'assurer qu'il n'y ait pas... en fait, de limiter, si on veut, là, les contacts? Est-ce qu'il va y avoir, par exemple, un nombre d'enfants limité dans les salles de classe? Est-ce qu'il y aura suggestion de porter un masque pour les... vous avez dit pour les techniciens en service de garde. Mais dans les classes en tant que telles, quelles seront les conditions dans les classes?

M. Legault : O.K. Donc, ce qu'on va faire, c'est de s'assurer... Bon, d'abord, on s'attend à ce que, quand même, ce ne soient pas tous les enfants qui retournent à l'école. Deuxièmement, bien, on a toutes les écoles secondaires qui vont être vides aussi, donc, si jamais il y avait affluence, on pourrait séparer les enfants. Mais on veut s'assurer qu'il y ait un maximum d'à peu près 15 enfants par classe, dépendamment de la grandeur de la classe, là, mais, pour être capable d'avoir deux mètres de distance entre chaque enfant.

M. Lacroix (Louis) : Et est-ce que vous allez tester dans les écoles? Parce qu'il pourrait y avoir, jusqu'à un certain point, des enfants qui vont être porteurs, peut-être asymptomatiques, etc. Est-ce que vous allez, à terme, faire des tests pour vérifier s'il y a de la propagation à l'intérieur des écoles?

M. Arruda (Horacio) : C'est une possibilité. C'est clair, par contre, s'il y a des éclosions, on aurait un professeur qui serait malade, qui développerait des symptômes ou un enfant qui développerait des symptômes, on va gérer ces cas-là comme ce qu'on appelle des éclosions puis des agrégats. Là, à savoir est-ce qu'on va le faire de façon aléatoire, ça pourrait être en milieu d'école, comme ça pourrait être aussi dans le milieu... dans la communauté. On pourrait tester... je vous donne des exemples, là, tester des épiciers, des épiceries, vu que... compte tenu que ça a été en ouverture depuis longtemps. On va avoir une stratégie qui va être la mieux balancée entre la quantité de tests qu'on a de disponible et puis la représentativité de la donnée.

Le Modérateur : Prochaine question, Isabelle Porter, Le Devoir.

Mme Porter (Isabelle) : Oui. Bonjour à tous les trois. Tout à l'heure, vous avez dit qu'on allait déconfiner dans les écoles, là, si et seulement si ça reste comme actuellement. Qu'est-ce que ça veut dire, rester comme actuellement? Puis, d'autre part, je voudrais savoir sur quoi se base le choix des dates du 11 et du 19, là, sur le plan de la science puis de vos modélisations. Merci.

M. Arruda (Horacio) : Bien, c'est basé sur la situation épidémiologique qui est observée, là. Comme on vous dit, c'est basé... Bon, puis là, je tiens à exclure ce qu'on appelle les éclosions en CHSLD, là, qui viennent changer, je dirais, l'image de la transmission communautaire. On sait que dans des régions, là, actuellement, il n'y a presque pas de cas qui sont présents. Donc, où il n'y a pas de transmissions très actives, donc on pourrait reprendre les activités dans ces milieux-là.

Si jamais on se rend compte qu'à la réouverture des milieux et des entreprises il commence à y avoir des éclosions, hein, un peu comme... peut-être pas à la même hauteur dans les CHSLD, mais des éclosions sur lesquelles on va investiguer, on va contrôler les cas et les contacts, on va vérifier les choses, on va faire des tests dans ces territoires-là. Si on se rend compte que notre capacité hospitalière n'est plus au rendez-vous, qu'on va se retrouver avec plein de gens... tous nos soins intensifs dans cette région-là ou tous nos lits d'hôpital sont occupés, à ce moment-là, il faut ralentir la situation.

On va voir, aussi. Les prochains jours sont majeurs : comment évolue la courbe des cas à Montréal, qui est actuellement comme dans un genre de plateau, là, est-ce qu'elle est en train de redescendre suffisamment pour qu'on puisse penser qu'une réouverture pourrait avoir lieu.

Ça fait que c'est un peu sur la base de l'épidémiologie. C'est sûr que de... On ne veut pas non plus réouvrir au 24 juin, pendant la période estivale. On, veut aussi, à mon avis... On a suffisamment de signaux, que les pédiatres nous disent, de diminution de déclarations à la DPJ, de problèmes que certaines personnes commencent à avoir au niveau de la violence puis de santé mentale. Ça, c'est des éléments qui nous font balancer pour une ouverture plus rapide, mais on ne mettra pas en péril la santé des individus, il faut le rappeler. On va demander à des professeurs qui sont en bonne santé, en bas d'un certain âge pour éviter qu'ils aient des complications, et, chez les enfants, habituellement, il n'y a pas de conséquences majeures.

Tout est possible, hein? Je veux dire... Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'autres cas, ça ne veut pas dire qu'un décès n'est pas impossible dans la vie, là, compte tenu de la circulation, mais ce qui est très important, c'est que ça va être progressif, modéré, mesuré. On va regarder ça à tous les jours, on va appliquer nos scénarios de projection avec les nouvelles données. Et puis je ne me gênerai pas pour dire au premier ministre qu'il faut revenir en arrière, mais j'ai besoin aussi de la collaboration de la population parce que, si vous vous mettez tous à vous promener et à ne pas respecter le deux mètres, puis etc., c'est une une source de flambée.

Le Modérateur : Rapidement, en sous-question.

Mme Porter (Isabelle) : Oui. M. le premier ministre, vous-même vous avez pris beaucoup de précautions pour ne pas attraper la COVID-19. Vous avez, dans votre entourage, des collègues qui ont des enfants qui vont retourner à l'école. Est-ce qu'ils vont pouvoir continuer à travailler à vos côtés comme ça a été le cas ces dernières semaines? Est-ce qu'il y a des changements de ce côté-là?

M. Legault : Je n'ai pas pensé à ça.

M. Arruda (Horacio) : Bien, nous, on applique le principe de distanciation sociale. C'est clair que si, par exemple, un des ministres, aussi ministre soit-il, développerais des symptômes, le directeur national lui dirait de se tenir loin du premier ministre parce qu'on a besoin de lui pour prendre des décisions.

C'est la même chose pour nous. Nos contacts sont excessivement rares dans la communauté. Et je pense qu'on va surveiller ça, mais, de toute façon, on essaie... Ici, on est un peu plus proches, là, à cause de la distance, parce que je ne peux pas être à la place de monsieur. On est un peu plus proches, mais on passe très peu de temps à... Et le premier ministre passe beaucoup de temps dans son bureau à travailler de très tôt le matin jusqu'à très tard le soir. Ça fait que je pense qu'on va faire attention. Mais ce principe de distanciation sociale là est majeur, puis je peux vous dire, là, avec le beau temps, avec l'impression que... il y en a certains qui peuvent y aller, là, le... ça donne le goût, là, de se rapprocher, puis ce n'est pas le temps de se faire des «hugs» non plus.

Le Modérateur : Très bien. Maintenant, au tour d'Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous. M. le premier ministre, vous l'avez évoqué, là, la plus grande préoccupation, c'est de maintenir l'intégrité du réseau de la santé. Est-ce que les barrages routiers vont être maintenus durant cette période de déconfinement?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, les barrages routiers seraient maintenus dans une perspective d'une population à très, très, très haut risque de complications. Mais globalement, là, puis on pourra avoir des discussions avec la Sécurité publique, disons qu'on va être moins dans le contraindre et... Mais, comme n'importe quoi, aux moindres évaluations de problèmes qui pourraient se passer entre ce que j'ai appelé des transbordements interrégionaux importants, on pourrait faire, comme dans d'autres choses... les remettre à la place. Mais habituellement, quand on commence à, si vous me permettez, à ouvrir le rhéostat, ces genres de mesures coercitives là, on essaie de les diminuer.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Laforest (Alain) : Qu'arrive-t-il si, à un certain moment donné, lorsqu'on va ouvrir les écoles d'ici deux semaines, si deux parents tombent malades et que les enfants se retrouvent dans une situation? Qui va s'occuper de ces enfants-là?

M. Arruda (Horacio) : On verra. Il y aura toujours moyen, je pense, d'avoir la collaboration de la famille ou carrément d'avoir des éléments de services sociaux, là. Il faut dire que, si les personnes... comment je pourrais vous dire, si les parents n'ont pas de maladie chronique puis etc., leurs enfants peuvent aller à l'école, puis la probabilité qu'eux-mêmes aient une très grande complication, elle est faible. C'est pour ça qu'on demande, dans un premier temps, que les parents qui ont des problèmes de santé ou qui pourraient avoir, tous les deux, des problèmes de santé, gardent leurs enfants à la maison pour ce stade-ci. Mais il y aura, pour ces personnes-là qui font ce choix-là, pas de désavantage, je vous dirais, pédagogique, parce qu'il va y avoir des approches qui vont être faites aussi pour les gens qui vont décider de garder leurs enfants à la maison. Mais les enfants qui ont des problèmes d'apprentissage, les enfants qui ont certaines conditions qui nécessitent un plus grand encadrement pédagogique, on invite, si les gens n'ont pas de problème de santé, à les envoyer au milieu scolaire.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous. Vous recommandez, depuis, donc, vendredi dernier, de porter le masque en société. L'usage commence déjà à se répandre, devient presque généralisé. Comment appliquer, à ce moment-là, la loi n° 21 qui impose d'avoir le visage découvert pour recevoir des services publics? Est-ce que vous allez demander aux policiers, aux infirmiers, aux enseignants de ne pas le porter ou de le porter? Est-ce que votre loi devient caduque?

M. Legault : Non. Écoutez, il y a une situation qui est exceptionnelle, là. Les gens vont porter des masques pendant un certain temps, mais la loi n° 21, qui demande de ne pas porter de signe religieux, va demeurer.

M. Bergeron (Patrice) : Et la semaine dernière, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait demandé un déconfinement qui soit «synchron», c'est-à-dire entre la région métropolitaine et les autres régions. Elle voulait que ça se fasse en même temps même si la situation de Montréal est vraisemblablement plus complexe. Qu'est-ce que vous lui répondez aujourd'hui?

M. Legault : Bien, c'est la science. Je pense que ce qu'on se fie à, c'est la science. On se fie à la science. On voit que la situation est très, très sous contrôle dans les hôpitaux à l'extérieur de Montréal. Donc, je ne vois pas pourquoi on attendrait plus longtemps à l'extérieur de Montréal. Donc, à partir du moment où la situation est différente à Montréal que dans le reste du Québec, bien, automatiquement, les mesures de confinement peuvent être différentes.

Le Modérateur : Patrick Bellerose, Le Journal de Québec, Journal de Montréal.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour à tous. Première question pour Dr Arruda. La semaine dernière, vous avez mentionné que plutôt qu'une centaine de personnes présentement à la direction de la santé publique de Montréal, il y en a environ 800. Nos informations nous disent que, pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de travail nécessairement à faire dans ce département-là et il y a beaucoup de gens qui sont, dans ces équipes-là, des infirmières, souvent. Donc, on se demandait pourquoi ces gens-là ne sont pas plutôt dépêchés en CHSLD pour venir prêter main-forte.

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, je pense qu'on a fait appel... Quand on dit qu'il n'y a pas beaucoup de travail, là, il y a quand même encore 437 cas qui sont déclarés, pour lesquels il faut faire des enquêtes. Et puis quand on va se mettre à déconfiner, là, le moindrement qu'il va y avoir un cas dans un milieu de travail, ça va prendre une équipe pour être capable d'intervenir. Ces infirmières-là ont été mobilisées, elles ont eu des apprentissages, elles ont été formées pour cette... genre de travail là.

Puis on pense qu'avec, comment je pourrais vous dire, avec... parce que, là, si on se détricote et qu'on s'affaiblit comme tel, puis on nous demande toujours d'augmenter, même de doubler notre capacité dans ces zones-là, là... parce que ça fait partie des critères. Est-ce que la.... Il y a les critères de tester les gens, les critères que le système de soins puisse faire de quoi puis il y a le critère que les équipes de santé publique puissent intervenir s'il y a des cas, des contacts, puis des milieux touchés. Et ça, ça peut exploser du jour au lendemain puis on n'aura pas le temps de se remobiliser. Puis on créerait une crise là où on nous demande d'intervenir, parce que c'est comme ça qu'on va empêcher des cas de se transmettre à d'autres, et de se transmettre à d'autres, et à d'autres pour éviter un R0 qui se remette à remonter en courbe, puis que les hôpitaux soient épargnés.

Et la situation des CHSLD, actuellement, elle est gérée avec d'autres professionnels. Bon, vous le savez, tous les gens qu'on est allés essayer de chercher. Ça fait qu'on ne déshabille pas Jacques pour habiller Jean. Si on déshabille Jacques, Jacques va être vraiment tout nu sous peu quand ça va se remettre à flamber.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Bellerose (Patrick) : Dans le même sens, M. Legault, on n'a pas encore vu la deuxième vague de militaires canadiens dans les CHSLD. Est-ce que vous trouvez ça un petit peu long, et est-ce qu'on a l'assurance d'avoir les 1 000 militaires promis?

M. Legault : Bon, on me dit que 400 militaires devraient arriver mercredi, donc après-demain, puis il devrait y en avoir un autre 275 qui vont suivre, mais, ça, on n'a pas la date encore. Pour ce qui est au-delà de 675, pour se rendre jusqu'à 1 000, ça, on n'a pas la date non plus.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour. M. le premier ministre, vous avez indiqué qu'il ne faut pas interpréter la réouverture des écoles et des services de garde comme : c'est fini, là, les règles, les consignes sanitaires. Puis tout à l'heure vous avez mentionné, là : Il ne faut pas faire des partys puis des repas — je pense, c'est Dr Arruda qui disait ça — avec des personnes âgées.

Pour que ce soit bien clair, là, pour tout le monde, au cours des prochaines semaines, durant l'été, est-ce que c'est toujours : tout rassemblement intérieur ou extérieur est interdit, donc, deux personnes ou plus de résidences différentes, là, ce n'est pas possible, là?

M. Legault : Oui. On souhaite garder l'interdiction de rassemblement jusqu'à nouvel ordre. Bon, vous allez voir demain qu'il y a certaines indications qui vont être données dans le temps, là, au cours des prochains mois, mais, effectivement, l'interdiction de rassemblement demeure.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Maintenant, au sujet de la réouverture des écoles, je veux bien comprendre, là, est-ce que, si, dans une école, il y a un cas, là, il y a un cas confirmé de COVID-19, là, est-ce que ça veut dire : on tolère parce que les enfants sont capables de passer à travers ça puis, l'enseignant, bon, bien, on verra ou est-ce qu'on dit : Non, non, non, on ferme l'école parce qu'il y a un cas de COVID?

M. Legault : Bon, d'abord, là, notre objectif, ça n'a jamais été de faire exprès pour qu'un enfant ou quelqu'un ait la COVID-19. Donc, tout ce qu'on est capables de faire, s'il arrivait un cas comme ça dans une école, pour éviter qu'il y en ait d'autres qui l'attrapent, bien, on va le faire. Donc, on va consulter. Il va y avoir des enquêtes de faites, des tests de faits dans l'école, mais on va prendre toutes les mesures pour que les personnes n'attrapent pas la COVID-19.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y avait déjà une pénurie, évidemment, d'enseignants dans les écoles avant la crise. Est-ce que vous ne craignez pas que cette pénurie-là s'aggrave avec les absences, et transporter un peu le problème qu'il y avait dans les CHSLD, dans les écoles?

M. Legault : Oui, bien, écoutez, vous pourrez tantôt poser la question au ministre de l'Éducation là, mais je sais qu'on a déjà commencé à parler avec les étudiants dans les facultés d'éducation pour, éventuellement, aller chercher du support, si nécessaire, chez les futurs enseignants.

M. Bossé (Olivier) : O.K. Mon autre question est peut-être... On voit que le Québec est la province la plus touchée et qu'on est les premiers à rouvrir les écoles. Donc, ça peut sembler contradictoire dans la tête des gens qui écoutent, là.

M. Legault : Bon, d'abord, il faut être prudent quand on compare. On l'a dit souvent. Nous, par association ou par test, on calcule toutes les personnes qui décèdent en ayant la COVID-19, incluant dans les CHSLD. Ce n'est pas le cas nécessairement ailleurs. Et, bien, il faut être prudent aussi avec les provinces autres que l'Ontario, là, parce que les grandes villes, partout dans le monde, sont plus touchées que les États où il n'y a pas de grande ville.

Le Modérateur : Merci. Alors, comme le temps le permet, on a une question de l'extérieur qui nous provient aujourd'hui d'Alec Castonguay, L'actualité.

La clé d'un déconfinement réussi repose sur le nombre de tests de dépistage qui seront effectués pour évaluer et circonscrire les éclosions, par exemple, dans les écoles ou les entreprises. Est-ce que le Québec a présentement la capacité de mener suffisamment de tests pour bien suivre l'évolution de l'épidémie en phase de déconfinement?

M. Arruda (Horacio) : Bien, il faut comprendre que le Québec a quand même testé plus que beaucoup d'autres endroits, mais on a eu nos difficultés, on ne se le cachera pas, ne serait-ce qu'avec les tiges de coton, avec le réactif qui était inadéquat. Il y a eu des problèmes avec des tiges de coton qu'il a fallu restériliser.

Mais actuellement, là, on est en bonne voie. On pense qu'on peut monter rapidement à 15 000 tests par jour, sous peu, là, même à partir de maintenant. Et on va développer... effectivement, tester, tester, tester. On va continuer à tester pour là où il y a des éclosions, mais on va avoir des approches plus proactives de tests pour documenter ce qui se passe vraiment en termes de transmission communautaire.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Donc, c'est ce qui complète pour les questions en français. Nous allons passer aux questions en anglais. We'll start with Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. I'm just looking at... You have children aged between five and 12 years-old going back to school and you hope that the physical distancing will be respected. So can you tell us more about your hope about this, knowing that you have the pressure to do things right? Ontario is keeping schools closed until the end of May, Mr. Legault.

M. Legault : OK. Like I said in French, there are five reasons why we've decided to reopen schools. First, we have the support of Public health. Also, I think it's very important for our children, especially for our children having learning difficulties. It wouldn't make sense to wait six months before they go back to school. It would not be good for them. And we think that, anyway, in six months, there's no proof that we will have a vaccine in six months. So we will be in the same situation as today. Also, yes, we are asking children to stay at two meters from one another. It's not always easy with children, especially the ones that are younger, but we… Also, science says that the risks are very low that they have consequences if they get the COVID-19. And the situation, right now, is under control in our hospitals. So it means that, if something happened to the child or to the parent, we'll be able to take care of him or her.

Le Modérateur : Second question.

Mme Senay (Cathy) : My second question is about testing swabs. With this plan of reopening schools and then businesses, Mr. Arruda, it seems that there is confusion with the number of tests that we can do per day in Québec. I see 6,000, I see 4,000 to 5,000, and, then, like, a new capacity of 15,000 per day. So what is the plan?

M. Arruda (Horacio) : This is 15K per day and then it can go up when we're going to have, I would say, the new type of PCR that is made on the side of the persons. We have bought the machines, waiting for receiving the reactives. But actually, with the tests we are using to do… we can have 15,000 tests per day. And we will keep some, I would say, for trying to measure the activity in the community, in our next days, in relation with the opening of the society.

But I just want to tell something, if I can, please. It's not because we are opening schools or, I would say, daycare centers that it means that a person at risk is not more at risk. So, if the population thinks that because we open schools and, I would say, daycare centers, they can go out as before, it's not the case. We are going to need that you stay home, especially if you are at risk, especially if you are over 60 or 70 year-old, because, if you just go too much outside, it's going to be at risk for you because there's going to be a reaugmentation of circulation in the lower level. But, if it's a big level, we will have to come back to the confinement, which is what we don't want to say and have.

Le Modérateur : Thank you.

M. Legault : And to answer your question about swabs, we have 109 000 swabs in inventory right now.

Une voix : You do?

M. Legault : Yes. 109 000.

Le Modérateur : Thank you. Samuel Pouliot, CTV News.

M. Pouliot (Samuel) : About the schools reopening, how will the Government and the Public Health deal with an eventual outbreak of COVID-19 in a school? Could you close the schools again? How is it going to work?

M. Arruda (Horacio) : That will depend of the situation. There is going to be probably kids that who are going to have the disease and have no symptoms at all. But, if there is somebody with symptoms, we will detect him, see what is going on around, who is… the teachers have been exposed or not, and, based on the situation and the specific story, that class could be closed for 14 days and not all the school. That will depend on the specific situation. But the best principle is, first of all, we are keeping, as in industry and other sectors, a two meters principle. It's clear that you can have a 1,5 meters in a second. If you don't last all the day, that's not a big issue because it's clear that, even us, we're never always at exactly two meters from that. But we will manage that as we will manage, I would say, an outbreak arriving in workplace or somewhere else or in the family.

M. Pouliot (Samuel) : OK. And, on an other subject, there's a worker in Montréal who has recently hired at CHSLD, and he was told this morning… she was told this morning that she had tested positive for COVID-19, and she says : Everyone at the CHSLD looks like they have lost hope. How can you encourage people to go, and volunteer, and go back to work when they are at risk and the conditions are bad?

M. Legault : OK. But, like I said, we had, last week-end, 11 000 people who offered their full time services to go in CHSLD. So, right now, we're assigning them to different CHSLDs, and we think that, in the next few days, we'll be able to fill all the jobs that were opened. So, it will help for the difficulty of the job because, when you're short of staff, it's tough for the staff that is in this situation. Having all jobs that are filled will help a lot. And I thank even people like Joannie Rochette and Laurent Duvernay-Tardif. I think they gave a good model, a good example. And, right now, we have enough people to fill all the jobs. So I'm very, very happy about that.

Le Modérateur :Thank you. The next question is from Raquel Fletcher, Global News, and it's for Minister McCann. The Conseil pour la protection des malades has voiced many concerns about CHSLDs, that your directives aren't being followed on the ground. Staff are afraid to speak out and they denounce the fact that you are asking for all sorts of help from trained and untrained people, but, still, some establishments are refusing to let in caregivers. Can you respond to their concerns?

Mme McCann : Well, for the caregivers, we have discussed very much with Public Health, with Dr. Arruda, and we have already opened up a little bit more to caregivers. And we have another discussion today, at the end of the day, about the caregivers because we really want to open the doors more.

About the first element of your question, I want to say that this is something we've never lived in the health system, in the population and in the health system. It's an extraordinary operation. Our system, right now, is not the same as it was before. And we have done this in a very, very short while. And the operation has been improved and improved every day, every day. And, each time there is something not going well, we want to know it. As an example, we have now installed phone numbers for all the establishments. We are going to do this in the short term. If people don't have the protective equipment that they need, they'll have an emergency number in the organization.

    And we want to know it, actually. And what I want to say is to the workers to speak up, and to tell their managers, and to call, and to let us know, because it's a huge operation, a huge operation. And, of course, we want to adjust rapidly. That's what we've done. Every time we've known that something was not working out exactly as it should, we have really responded, and very, very quickly.

    So this is something I want to say, a message to everybody. It's a huge operation, everybody is mobilized. We're doing everything we can, and if there are some problems that we don't know about, we want to know about it and we fix it very quickly.

Le Modérateur : Thank you, the second question is for Mr. Legault. Have all 1.000 army soldiers you asked for been deployed? Where? And what are they doing?

M. Legault : OK. We expect to have 400 Wednesday, we expect to have another 275 soon and I don't know if we'll get more than 675.

Le Modérateur : Thank you. The next question has been sent by Phil Authier, Montreal Gazette, it's a question for Mr. Legault and Mr. Arruda. Saturday was a nice, sunny day in Montréal. Lots of people were talking, biking and enjoying the fresh air. In many cases, people were not respecting physical distancing. How will you ensure social distancing in Montréal as the weather gets nicer?

M. Arruda (Horacio) : I think that's a challenge and I want to ask, first of all, that the people do this because it's going to be part of the solution. I understand that with the... we will like to go outside with the beautiful weather, but I think that people must respect the two meters and I just hope that... If we don't do that, we're going to have to come back on more coercive approaches, so... but I think we can, unless... There are always exceptions, but I'm asking people, please, keep your two meters distance in between you. And I know it's tough, try to not go at the same time everywhere, but if we have new «rassemblements» in parks in Montréal, we'll see the way we're going to make it stop because it's a risky situation.

Le Modérateur : Thank you, the next question is also for you. Montréal is the epicenter for the COVID-19 outbreak. Can you please describe what is happening in Montréal? How much is community transmission? What is the R0 number for the city now? How much the virus is among CHSLDs and health care workers? How many hospitals are affected?

M. Arruda (Horacio) : In fact, good questions. The right numbers... I will go generally because I cannot... things are changing everyday, but in fact, in Québec and especially in Montréal, there is the situation of CHSLDs that is having... which had big number of people who died, but it's calming, I think, actually, the people dying on those settings. There is not a R0 of... under one, it's up one, it's not two, it's between one and two. We're going to follow up those things. This week is a very important week for us. It's why we are not opening on the 4th, but waiting for the 11th to make sure... and even, for Montréal, to the 19th to make sure things are OK.

And, I would say, there have been some controlled outbreaks in some hospitals that have been controlled, put into red zones separating from the other ones. It's normal, I can say, especially with that new virus, having asymptomatic people who can give the disease before they get symptomatic. It makes things more complicated for us. Don't you remember, in January, we thought it was only when you were symptomatic that you can give the disease. After, it was one day before, and now it can be almost at six days before you get the symptoms. So, that makes things more complicated. But the things are, in this case, I would say, under control, but there is still need to go down in the community transmission in Montréal if we want to open... reopen things.

Mme McCann : But I would add on this, if you allow me to, that the situation in Montréal, as the Prime Minister is saying, is there are two Québec : the Greater Montréal is of course a situation that is very different from the rest of Québec, and the situation in the hospitals is tighter. So, we have to be very careful about the situation and follow it up. And also the long-term facilities that are in difficulty, still in difficulty at this point are mostly in the Greater Region of Montréal. So, of course, we're counting on the new staff that's coming in to help out.

Le Modérateur :Thank you very much. Juste avant de conclure, pour le bénéfice des collègues, Dr Arruda, je ne sais pas si c'est possible pour vous de préciser une réponse que vous avez donnée tout à l'heure à une question qui portait sur les barrages routiers. Vous avez dit : On va être moins dans la contrainte, moins dans le contraindre. Oui?

M. Arruda (Horacio) : Oui, exactement. Pour ce qui est des barrages routiers, habituellement, quand on déconfine, on commence à être moins dans la contrainte, hein, on laisse les gens avoir un jugement. Mais, si jamais on se rend compte qu'il y a un mouvement très important d'une région à l'autre, particulièrement d'une région chaude vers les régions froides, on verra à ce moment-là s'il ne faut pas reconfiner. Je sais qu'il va y avoir des questions puis des débats, puis il y aura certains enjeux en lien avec les chalets, là, puis tout ça, là. On va être à évaluer la situation. Mais il faut nous donner le temps de regarder qu'est-ce qui se passe dans la région montréalaise actuellement, en termes de transmission communautaire, avant de prendre une décision éclairée.

Je sais que la question va venir, on verra quelle date on mettra dans la séquence. Mais tout va être dépendant des éléments parce que, vous savez, à chaque fois qu'on ajoute un élément, ça augmente le risque. Il faut être capable de mesurer ça. C'est pour ça que nous, on a même des détails sur les chiffres de personnes dans certains secteurs qui vont pouvoir ouvrir à 50 %, pour être capables de calculer, sur la base des modèles, les quantités de personnes qui vont se retrouver en contacts étroits. On sait qu'on va respecter les deux mètres. Dans les entreprises, c'est majeur. D'ailleurs, on a travaillé ça avec la CNESST, on a travaillé ça avec les entreprises elles-mêmes puis etc., là. Si les gens ne respectent pas, ils se mettent à risque de fermeture.

Donc, je pense qu'on va... c'est vraiment à... chacun doit être responsable et respecter la prescription qu'on va leur faire. J'y tiens beaucoup. Ce n'est pas parce qu'on déconfine que le risque n'est pas encore là. Le risque est probablement... On a réussi à ne pas submerger nos hôpitaux, mais le risque est encore là, probablement presque aussi présent que qu'est-ce qu'on avait au printemps.

Le Modérateur : Très bien. Merci pour cette précision. Donc, c'est ce qui complète pour ce point de presse, et à demain.

(Fin à 14 h 1)

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