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Conférence de presse de M. Christian Dubé, président du Conseil du trésor et M. Eric Girard, ministre des Finances

Annonce concernant les travaux d’infrastructures pour l’année 2020-2021

Version finale

Le jeudi 14 mai 2020, 15 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quinze heures trente et une minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous. Chers collègues, bienvenue à cette conférence de presse, donc, pour procéder à une annonce en lien avec les travaux d'infrastructures pour l'année 2020‑2021. Le ministre responsable de l'Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor, M. Christian Dubé, est accompagné du ministre des Finances, Eric Girard.

Alors, messieurs, à vous.

M. Dubé : Alors, bonjour à tous. Comme vous savez, la crise a entraîné son lot d'incertitude et de conséquences sur plusieurs plans, dont celui de l'économie. Votre gouvernement prend donc les moyens dès maintenant pour accélérer la relance économique, pour pallier à la situation.

Je vais prendre quelques minutes aujourd'hui sur trois points : parler, premièrement, du devancement des investissements en infrastructures; la collaboration, deuxièmement, avec l'industrie de construction; et, le troisième point, l'agilité gouvernementale.

Premièrement, nous annonçons aujourd'hui que nous allons devancer les investissements du Plan québécois des infrastructures et ainsi rendre des sommes disponibles plus rapidement, et ce, dès la présente année financière. Les investissements devancés correspondent à 2,9 milliards de dollars qui s'ajoutent aux 11 milliards qui étaient initialement prévus pour la présente année. Cette mesure permettra d'injecter plus d'argent, plus rapidement, dans les secteurs que l'on dit prioritaires de l'économie du Québec.

Ces investissements s'inscrivent dans les deux priorités gouvernementales que sont d'assurer rapidement, premièrement, une relance économique dynamique et doter aussi le Québec d'infrastructures sécuritaires et de qualité. Considérant que le secteur de la construction représente plus de 6 % du PIB du Québec, on peut affirmer qu'ils auront également des effets positifs sur des facteurs tels que l'économie et l'emploi dans toutes les régions du Québec.

D'abord, en santé et services sociaux, il va de soi que le réseau de la santé et des services sociaux recevra une part importante de ces investissements devancés. Ainsi, quelque 700 millions additionnels seront consacrés au réseau de la santé et des services sociaux. Une part de cette somme servira à accélérer la maison des aînés partout au Québec. Nous comptons aussi effectivement et évidemment poursuivre nos travaux pour rénover nos CHSLD. Nos aînés méritent des installations de qualité.

Ensuite, parmi les investissements qui seront devancés, une somme additionnelle de 1,1 milliard de dollars servira à la réfection, la construction et l'agrandissement d'écoles, ainsi qu'à la réfection d'établissements d'enseignement supérieur. Ces sommes se répartiront également entre bonification et maintien d'actifs, afin d'atteindre notre objectif de diminuer la détérioration de nos écoles.

Du côté des transports, nous souhaitons devancer jusqu'à 600 millions de dollars pour un ensemble de projets en transport collectif, pour lesquels une exécution rapide est possible. À cet effet, des discussions sont en cours avec les sociétés de transport des principales villes du Québec. Toujours en transport, nous devancerons de 370 millions pour le réseau routier et je laisserai le soin à mon collègue, le ministre des Transports, M. Bonnardel, de faire les annonces spécifiques à ce sujet.

Nous améliorerons également les ressources informationnelles, ce qu'on appelle les technologies de l'information, particulièrement dans le milieu de l'éducation, en consacrant 75 millions de dollars pour notamment l'ajout d'outils technologiques et l'acquisition d'équipements numériques, ainsi que pour l'ajout et le rehaussement de bornes wifi. Il faut accélérer notre transformation numérique et se préparer à travailler autrement.

Des investissements se feront dans toutes les régions du Québec et nous ne nous limiterons pas à ces seuls secteurs d'activité. Nous considérons aussi devancer des investissements comme ceux relatifs à l'implantation de services Internet haut débit, autant en milieu rural que semi-rural.

Mon deuxième point porte sur la collaboration avec l'industrie de la construction. Nous prévoyons mettre en place d'autres mesures pour accélérer la relance économique et favoriser l'agilité et la flexibilité du gouvernement, et ainsi, pour doter les conditions gagnantes pour soutenir la relance. Pour ce faire, nous avons consulté les partenaires de l'industrie pour identifier les meilleures conditions possible. Je tiens à les remercier pour leurs suggestions pratiques et appropriées.

De notre côté, on travaille donc actuellement à développer un ensemble de mesures d'assouplissement et de leviers pour favoriser la reprise des activités et répondre aux préoccupations de l'industrie. En pratique, nous étudions, entre autres, des options qui permettraient à avoir accès rapidement, aux contracteurs, à des liquidités et accélérer des délais de paiement. Certaines mesures pourront être mises en oeuvre rapidement, alors que d'autres nécessiteront un peu plus de temps, mais sur lesquelles nous travaillons très activement.

Je désire à souligner l'approche et remercier la collaboration du ministre Jean Boulet, et particulièrement les partenaires de l'industrie, mais aussi le rôle clé de la CNESST, qui nous ont aidés à trouver ces nouvelles mesures.

Mon dernier point porte sur l'agilité gouvernementale. Pour une agilité gouvernementale accrue, on élabore également une stratégie gouvernementale pour favoriser l'accès aux marchés, particulièrement pour nos PME. La stratégie permettra de faciliter l'accès des entreprises aux contrats publics, de développer l'expertise gouvernementale, mais surtout maximiser les retombées régionales et miser sur des solutions innovantes. En parallèle, et c'est très important, mes collègues de plusieurs ministères, notamment à l'Environnement, au ministère des Affaires municipales et aux Transports, travaillent actuellement pour permettre une meilleure agilité gouvernementale, particulièrement dans nos liens avec les municipalités.

Sur notre collaboration avec le fédéral, j'aimerais mentionner quelques mots. J'ai eu des échanges avec mes vis-à-vis fédéraux, dont la ministre des Infrastructures, Mme McKenna, au cours des dernières semaines, qui m'indiquent qu'il pourrait y avoir des assouplissements au programme que l'on appelle l'entente unilatérale... bilatérale intégrée, pardon, le programme des infrastructures fédéral. Nous apprécions énormément la collaboration avec le fédéral sur ce sujet et nous espérons que les ajustements qui sont discutés présentement pourraient être mis le plus rapidement possible, particulièrement s'ils peuvent s'appliquer aux écoles et aux hôpitaux, ce qui n'est pas le cas présentement.

En terminant, je suis confiant à l'idée que le Québec sera bientôt au coeur d'une relance qui traduit nos priorités et qui profitera tant au milieu des affaires qu'à la population. Je vous remercie beaucoup.

Le Modérateur : Merci. Je ne sais pas si, M. le ministre des Finances, vous souhaitez poursuivre. Oui?

M. Girard (Groulx) : Oui, très brièvement. D'abord, bonjour à tous. Merci d'être là. Très heureux d'être ici pour cette annonce. C'est important, 3 milliards supplémentaires en infrastructures. C'est une nouvelle étape aussi. Il y a eu l'aide d'urgence. Là, il y a le déconfinement qui est en cours. Et là on parle de la relance de l'économie. C'est une étape qui est très importante. Depuis deux mois, on a soutenu financièrement la santé, les individus, les entreprises du Québec. Nos interventions totalisent 23 milliards de dollars ou 5 % du PIB. Je vous rappelle qu'il y avait 2,5 milliards pour les entreprises, plus d'un milliard pour les travailleurs essentiels, aujourd'hui 3 milliards pour les infrastructures.

Quel est l'impact de ce 3 milliards additionnel? D'abord, je tiens à dire que c'est toujours dans l'enveloppe, qui a été annoncée au budget, de 130 milliards, c'est un devancement, ce n'est pas un ajout. Alors, l'impact serait approximativement de 1,5 milliard de PIB ou 0,3 % de PIB en 2020. Et l'impact budgétaire, lui, serait de l'ordre de 210 millions sur le budget 20-21.

Alors, je vous remercie. Et ça nous ferait plaisir de prendre des questions.

Le Modérateur : Très bien. Alors, pour la période des questions en français, nous allons débuter avec Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous. M. Dubé, lorsque vous parlez de maisons des aînés, CHSLD, quelle est la priorité et qu'est-ce qu'on doit faire rapidement et à partir de quand?

M. Dubé : Bon, écoutez, premièrement, pour les CHSLD, on avait déjà annoncé qu'il y avait, dans le budget de la santé, une accélération de 2 600 places qui étaient des nouvelles places qu'on voulait... des places, pardon, que l'on voulait rénover. Alors, le programme va permettre d'accélérer la rénovation de ces 2 600 places-là.

Sur la question maintenant des maisons des aînés, vous vous souvenez que notre objectif était initialement aussi de 2 600 places qu'on avait augmentées à 2 900. L'enjeu, avec les montants supplémentaires qui viennent s'ajouter à cette année, c'est que ça nous permet, toujours pour les mêmes projets, de les accélérer. Puis, je m'explique.

Vous savez qu'un des enjeux, lorsqu'on fait des nouvelles installations, c'est le terrain et d'avoir les terrains disponibles. Alors, on avait réservé jusqu'à maintenant une trentaine de terrains, donc on a réussi à avoir les arrangements nécessaires pour qu'il y ait des terrains supplémentaires, et l'argent additionnel va permettre de commencer plus de maisons des aînés que les projets initiaux qui avaient été annoncés. Donc, on va se rendre plus rapidement à notre objectif d'avoir le plus de maisons des aînés pour l'année 2022.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Laforest (Alain) : M. Girard, quand vous parlez, là, de relance économique, de projets d'infrastructures, là, concrètement, là, pour que M. et Mme Tout-le-monde comprenne, là, ce 3 milliards-là injecté dès cette année, là, qu'est-ce que ça va amener au gouvernement en matière de revenus?

M. Girard (Groulx) : En matière de revenus, ce serait par, par exemple, l'impôt, les entreprises. Je n'ai pas de chiffres pour vous en termes de revenus, mais je vous dirais, en termes de la taille de l'économie, c'est comme ça qu'on chiffre l'impact. Alors, 3 milliards d'infrastructures, ça a un impact, puis là on parle, en termes économiques, là, de multiplicateur de la dépense publique de 1,5 milliard sur le PIB, et ça, ça correspond à 0,3 % du PIB.

Alors, par exemple, si nous avions prévu moins 5,3, bien, soudainement, la prévision serait à moins 5 suite à cet effort d'investissement public. Et, en fait, ce qu'on fait un peu, c'est que la demande publique vient remplacer la demande privée qui est affectée par les conditions économiques.

Le Modérateur : Merci. Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Ce matin, vous l'avez sûrement entendu, Québec solidaire qui proposait un nouvel impôt pandémie pour un an aux entreprises profitables. Est-ce que c'est réaliste? Puis qu'est-ce que vous en pensez?

M. Girard (Groulx) : En fait, si j'ai bien compris la proposition, ils ciblaient les grandes entreprises?

M. Bossé (Olivier) : Oui, surtout.

M. Girard (Groulx) : Bien, je voudrais rappeler à tous que...

M. Bossé (Olivier) : ...après le premier 100 000.

M. Girard (Groulx) : Les grandes entreprises font déjà leur part au Québec, là. Elles représentent 1 % des entreprises et 50 % des impôts corporatifs, là. Alors, les grandes entreprises font déjà leur part, et notre intention, ce n'est pas d'avoir plus d'impôts. En fait, on veut avoir plus de grandes entreprises, plus de sièges sociaux au Québec, et, de maintenir une fiscalité compétitive, c'est très important pour ça.

M. Bossé (Olivier) : Le 17 % de chômage, là, évidemment, on ne sait pas quand Montréal va être déconfinée, mais, mettons, si vous avez le go de déconfiner le 25 mai, le mois de juin, vous voyez ça revenir à peu près à combien? Est-ce que c'est de moitié? Est-ce que... environ, là, évidemment.

M. Girard (Groulx) :17929 M. Girard (Groulx) :Je pense que tout ça, c'est graduel, mais moi, ce que je vise, c'est finir l'année autour de 8 %, inférieur à 10 %, là. Alors, je dirais, disons, 8 %, ce serait... Nous étions à 4,5 % en février, mais, vraiment, on peut dire que le Québec était au plein-emploi autour de 5 %. Et là on vit une récession, une interruption de l'activité économique qui est très importante. On a un taux de chômage de 18 %, mais c'est plus que ça, là. Les heures travaillées sont en baisse de 35 %. Il y a des gens qui se sont retirés du marché du travail. Alors, si on pouvait revenir, à la fin de l'année, autour de 8 %, ça voudrait dire que le déconfinement, la relance s'est bien passée, et j'aimerais revoir le 5 % à la fin 2021.

Le Modérateur : Merci. Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. Dubé, M. Girard. M. Dubé, je voudrais revenir sur la prime de 1 000 $ que vous avez annoncée pour inciter les travailleurs à aller en zone infectée par la COVID. Moi, je reçois, puis il y a d'autres personnes également, chez nous, qui reçoivent des courriels de gens qui nous disent que l'employeur, les CISSS ont trouvé des façons de contourner votre prime.

Je vais vous lire un courriel que j'ai reçu et qui reflète assez bien les quelques autres que j'ai eus également. On me dit : «Pour ne pas avoir à payer ces primes, les gestionnaires ont la bonne idée de faire en sorte qu'une journée sur l'horaire ne soit pas en zone COVID-19, ce qui vient annuler la condition d'être à temps plein en zone COVID-19 et de recevoir les primes. C'est ce qui a été mentionné au personnel de l'Hôpital Notre-Dame ainsi qu'au personnel déployé à Place Dupuis. Les employés seront donc envoyés pour une journée auprès des patients non infectés.» Est-ce que vous avez été mis au fait de ces pratiques-là?

M. Dubé : J'ai été mis au fait dans les derniers jours. Je vais vous dire, premièrement, que c'est inacceptable, pour être très clair. J'ai reçu moi-même des courriers... des courriels, pardon, à mon bureau, auxquels je suis en train de répondre. J'ai répondu que nous allons vérifier avec les directions, la direction, premièrement, du ministère de la Santé parce que rappelez-vous que notre objectif, c'est de favoriser le travail à temps plein. Alors, si, par exemple, des gestionnaires... Puis là on va attendre d'avoir les réponses parce que nous avons demandé des précisions pour comprendre, premièrement, si c'était exact, quel était l'objectif des gestionnaires d'avoir fait, s'ils ont fait, ces demandes-là, mais c'est complètement à l'encontre, c'est contre-intuitif à ce que nous avons demandé, et j'ai moi-même demandé d'avoir des explications.

Bon, maintenant, il faut comprendre... Puis, si vous me permettez, on dit toujours que la... souvent que la machine est grosse, hein? Ces machines, c'est difficile à tourner. Alors, ce que je comprends qui est peut-être arrivé... Nous avons... Le premier ministre nous avait demandé d'arriver avec la mesure le lundi, puis on a fait la mesure le jeudi. Ce qu'on appelle le guide des procédures a été finalisé le lendemain de notre annonce. Et, s'il y a des corrections à faire... C'est un guide de six à huit pages, d'à peu près huit pages, qui a été publié, style question-réponse. Est-ce que qu'il a pu y avoir une certaine confusion dans des éléments spécifiques? Par exemple, je vous donne un exemple, comment quelqu'un qui passe d'une zone blanche à une zone rouge... est-ce qu'il est passé, par exemple... et qui veut revenir, est-ce que c'est sa demande à lui ou la demande du gestionnaire?

Alors, je vous résumerai qu'une fois qu'on a reçu ces différentes personnes là qui ont exprimé leur insatisfaction par rapport à leur intérêt de venir travailler, mais qui n'avaient pas totalement les conditions qu'on avait expliquées ici la semaine dernière, bien, c'est évident qu'on va avoir des précisions.

Puis d'ailleurs je vous dirais que le premier ministre, cet après-midi, va sûrement avoir l'occasion de... Je n'ai pas eu la chance de lui parler, là, mais vous savez qu'il est en rencontre avec les D.G. des CISSS aujourd'hui. Pas mal certain que cet aspect-là serait soulevé au moment des discussions parce que, je le répète, ce n'est pas l'objectif… Notre objectif, c'est d'avoir des gens qui vont faire plus de temps plein et que, s'ils demandent d'aller en zone rouge, ils vont pouvoir le faire. C'est leur demande. Et, deuxièmement, encore une fois, pour répondre à votre question, de minimiser les déplacements entre les zones blanches et les zones rouges, c'est un de nos enjeux.

Alors, je peux vous dire qu'on a répondu clairement qu'on allait faire les corrections nécessaires au guide. Alors, merci pour la question, mais on est parfaitement au courant qu'il y a des ajustements à faire.

D'ailleurs, je me permettrais de vous dire une chose. La bonne nouvelle, c'est que ça marche parce que, là, vous entendez parler de ceux qui ont eu des réactions négatives, mais le premier ministre vous a dit aussi que ça fait quand même quelques jours qu'on voit le nombre de personnes baisser à l'intérieur du... Le nombre d'absents baisse. Alors, il doit y avoir un effet. On attend un peu d'avoir, je dirais, une tendance sur plusieurs jours, mais je pense que ça fonctionne. Mais il y a des ajustements à faire.

M. Lacroix (Louis) : Merci. Mon autre question va porter sur l'offre que vous... en fait, les négociations que vous êtes en train de faire pour essayer d'augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires. Il semble qu'il y ait certains problèmes, que vous rencontrez des problèmes, notamment avec les syndicats, à ce qu'on peut en comprendre, là. J'écoutais M. Legault hier, en période de questions, dire que certains syndicats souhaiteraient que cette augmentation de 12 % soit élargie à l'ensemble des employés de l'État. Il a même dit qu'on n'avait pas les moyens de faire ça.

Vous en êtes où dans ces négociations-là puis c'est où que ça accroche? Est-ce qu'on peut comprendre que, si on augmente, il y a des problèmes, par exemple, en termes de reclassement au niveau des salaires, parce que, si on augmente le salaire, on change les échelons salariaux, etc.? Est-ce qu'on est là-dedans, là? Tu sais, est-ce que vous allez l'imposer, cette augmentation de salaire là, par décret, ou par loi, ou...

M. Dubé : Bien là, il y a plusieurs parties à votre question puis il n'y a pas de question sur le PQI encore. Ça fait que je reviendrai sur les infrastructures tout à l'heure.

M. Lacroix (Louis) : ...tellement clair le PQI, tu sais.

M. Dubé : Ah! bien, tant mieux. O.K. Alors, si vous me dites au moins que c'est clair... si vous dites que c'est clair... compris, hein, c'est clair, Eric. O.K. 3 milliards, O.K.

M. Lacroix (Louis) : C'est les chiffres qu'on veut.

M. Dubé : O.K. Bon. Alors, bon, sur les négociations, je n'ai aucun problème à répondre à votre question. La seule chose que je ne ferai pas... puis j'ai été obligé de sortir un peu de mon devoir de réserve, la semaine dernière, parce qu'il y avait eu des déclarations du président de la CSN qui n'étaient pas exactes. Et j'ai fait des précisions pour l'effet suivant.

Laissez-moi prendre un petit peu de recul pour... Lorsque l'on négocie avec une centrale syndicale, une centrale syndicale, elle représente plusieurs catégories d'employés. Le cas de la CSN est très clair, il représente, au total, peut-être, 30 000 PAB, préposés aux bénéficiaires, mais l'essentiel des employés de la CSN, des syndiqués de la CSN, c'est, au total, à peu près 150 000 personnes. O.K.? Mais je ne peux pas avoir une négociation séparée pour les PAB. Si je veux avoir une convention collective, je dois l'avoir sur l'ensemble des employés de la CSN. On se comprend? Alors, ça, en partant, là, quand on se fait dire qu'ils sont prêts à accepter une négociation ou des conditions pour les PAB à 12 %, là, parce que c'est le chiffre qui a été utilisé, bien, il faut en même temps s'entendre sur le reste des employés pour avoir une convention collective. Tout le monde comprend ça. Alors, je ne dis pas que ce n'est pas des vérités, mais c'est comme des demi-vérités. O.K.?

Alors, nous, on veut être très clair puis on est très clair depuis le début. Puis je m'excuse de prendre la CSN à titre d'exemple, mais c'est pour illustrer la difficulté d'arriver à cette entente-là, puis là les gens comprennent pourquoi. Puis M. Legault l'a dit, depuis qu'on est... depuis nos engagements électoraux puis encore plus avec le fait de la COVID, on veut une offre différenciée pour les préposés aux bénéficiaires, notamment pour eux, parce qu'on le sait qu'ils ne sont pas assez payés pour le travail qu'ils font. Mais on n'a pas nécessairement non seulement les moyens et le besoin de payer les 120 000 autres employés de la CSN avec le même niveau d'augmentation. On se comprend?

Ça, c'est le principe qu'on a mis clairement sur la table. Et lorsque, vous vous rappelez, on parlait des fameux forums, lorsqu'on a déposé notre offre, on voulait avoir une bonne description de ce que fait un PAB versus d'autres employés de l'État pour justement discuter le deuxième point que vous avez soulevé, la question des rangements. Les rangements, c'est comment se classe un employé par rapport à d'autres. D'accord?

Alors, nous, on a dit, puis là je rentre dans des négociations et je vais refermer la porte rapidement, on a dit qu'on était prêts à faire des arrangements sur les rangements pour les PAB pour donner une rémunération supplémentaire, mais il faut faire attention que ces ajustements-là de rangements ne viennent pas affecter toutes les autres personnes ou toutes les autres catégories, pardon, ce qui ferait qu'on donnerait la même augmentation à tout le monde.

C'est sûr que, si vous me demandez le choix du gouvernement, on aimerait ça augmenter tout le monde du même pourcentage et le plus haut possible, mais il faut aussi tenir compte de la situation. J'ai un collègue, qui s'appelle le ministre des Finances, qui va me dire : Bien, écoute, qu'est-ce qui est raisonnable dans les circonstances, c'est d'en donner un peu plus aux préposés aux bénéficiaires. Puis moi, je l'ai dit publiquement puis je vais le redire, les préposés aux bénéficiaires sont dans cet arrangement de centrale syndicale, puis c'est important pour nous de le communiquer, que tout le monde est d'accord que les offres que l'on a faites aux préposés sont bonnes. Il s'agit maintenant de trouver la voie de passage avec les centrales pour être capable de faire cette différence-là, puis je vous dirais que, ce que je viens de vous expliquer, s'applique aussi à la FTQ, parce que ces deux centrales-là représentent la grande majorité des préposés aux bénéficiaires.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous allez l'imposer, éventuellement?

M. Dubé : Bien, écoutez, moi, j'ai toujours... Regardez, jusqu'à maintenant, on a déposé nos offres en décembre, on a fait des offres bonifiées au cours des dernières semaines. Vous pourrez en prendre connaissance, parce que ces offres-là, on va les rendre publiques, parce que c'est important pour nous que tous les employés sachent les offres bonifiées que nous avons faites, qu'est-ce que ça veut dire avec les mesures, en plus, spécifiques qu'on a annoncées. Puis au cours des prochaines semaines, bien, on continuera... Moi, je vous dis, on veut continuer à négocier malgré qu'on est dans des situations économiques difficiles, mais je pense qu'il est important d'arriver à une solution pour ça.

Le Modérateur : Mylène Crête, Le Devoir.

Mme Crête (Mylène) : Ma question est pour M. Girard. Est-ce que les Québécois doivent craindre un éventuel retour à des mesures d'austérité?

M. Girard (Groulx) :17929 M. Girard (Groulx) :Pas du tout. Le gouvernement a un rôle à jouer pour se substituer à la demande privée qui a fléchi. Alors, on fait un effort cette année, il y aura un autre effort l'an prochain, et équilibrer les finances publiques, il va falloir faire ça tranquillement dans le temps, justement, pour ne pas avoir à augmenter les impôts puis couper les dépenses. On ne veut pas faire ça.

Et j'aimerais rappeler que notre position de départ était enviable. On avait quand même prévu un surplus budgétaire de l'ordre de 1,7 milliard. À ça s'ajoutait 2,7 milliards de contribution au Fonds des générations. Donc, on partait avec un surplus de plus de quatre milliards de dollars. Arrive la pandémie : un déficit de 12 à 15 milliards de dollars. Et là, dans le temps, avec le retour de la croissance économique, avec des dépenses responsables, bien, on va y arriver, sur trois à cinq ans, à reprendre l'équilibre.

Mme Crête (Mylène) : Vous misez beaucoup sur la reprise de l'économie. Il y a beaucoup de variables qui sont encore inconnues, hein, par rapport à ça. Donc, si vous êtes en désaccord avec la proposition de Québec solidaire, là, d'imposer les grandes entreprises qui sont demeurées ouvertes pendant la crise...

M. Girard (Groulx) : Il n'y a pas juste moi, là, qui est en désaccord.

Mme Crête (Mylène) : Non, mais étant donné qu'on vous a posé la question... Vous iriez chercher où les sources de revenus supplémentaires à ce moment-là?

M. Girard (Groulx) : Bon, écoutez, là, ce qu'on vit, c'est une interruption. On voulait... pour vaincre la pandémie ou l'épidémie qu'on avait ici, on a fermé 40 % de l'économie pendant huit semaines, on vient... Un retour progressif, ça a commencé par les mines, la construction au résidentiel, maintenant le manufacturier, la construction, le commerce de détail à l'extérieur de Montréal. Alors, le retour progressif va aider.

L'élément qui va manquer, là... Il y a deux éléments qui vont manquer pour que la reprise soit dynamique. Il y a les secteurs qui sont affectés de façon plus durable, la culture, le commerce de détail, la restauration, le tourisme, l'hôtellerie — ça fait partie du tourisme. Mais ces secteurs-là vont avoir besoin de s'adapter, ça va être plus long, et bénéficieraient certainement... on en bénéficierait tous, mais encore plus, d'un vaccin, d'un remède. Et donc, autour de la fin 2021, on devrait avoir revu le niveau de PIB que nous avions en décembre 2019. Et à partir de là, bien, on aura une croissance des revenus de l'ordre du PIB nominal, par exemple 4 %, une croissance des dépenses enlignée de 3 %, 4 %. Et ça, avec le fait qu'on avait plus de revenus que de dépenses, puisqu'on contribuait approximativement 3 milliards au Fonds des générations, bien tout ça, sur trois à cinq ans, va nous permettre de revenir à l'équilibre.

Mme Crête (Mylène) : ...un vaccin, là? Je...

M. Girard (Groulx) : Non, mais, le... O.K., excusez, le vaccin ou le remède, ça, l'effet...

Mme Crête (Mylène) : Non, mais, s'il y a une deuxième vague, tout ça, ça ne reprendra pas comme vous pensez, là.

M. Girard (Groulx) : Oui, mais ça, l'effet, c'est sur la confiance. Parce que ce qu'on va observer, c'est que, même si on déconfine, il va y avoir moins de consommation puis il va y avoir moins d'investissement parce que les gens, naturellement — puis c'est normal, une entreprise, devant un projet d'investissement avec l'incertitude va être moins porté à investir — les individus vont être portés à plus épargner. On ne retrouvera pas le même niveau de consommation immédiatement.

Alors, oui, il y a des risques d'une deuxième vague, mais il y a aussi des possibilités d'un vaccin, d'un remède. Alors, il y a une distribution de probabilités autour de notre prévision. Notre prévision, c'est moins 5 % pour 2020, un retour en 2021. Et, comme notre base de revenus était plus élevée que notre base de dépenses puisqu'on contribue 3 à 4 milliards... Et puis les contributions au Fonds des générations, la cinquième année, là, si vous regardez, on était rendus à 5 milliards de contributions. C'est donc dire qu'on avait dans nos projections 5 milliards de plus de revenus que de dépenses, là, dans la base.

Alors, ça, ça... En le faisant sur un horizon trois à cinq ans, on va pouvoir éviter l'austérité et, surtout, éviter les hausses d'impôt parce que les Québécois sont déjà suffisamment taxés.

M. Gagnon (Marc-André) : Merci. Je peux me permettre à mon tour, Marc-André Gagnon, du Journal de Québec, du Journal de Montréal.

Je vais profiter de votre présence pour revenir sur des propos que le premier ministre a tenus hier ici même. Il a dit qu'essentiellement, là, que pour tous les engagements qui devaient être... en fait, que tous les engagements qui devaient être réalisés à l'intérieur du mandat actuel, là, donc, seraient respectés.

Mais est-ce qu'il y en a, donc, qui devaient être réalisés à plus long terme, au-delà du mandat actuel, qui pourraient être mis de côté? Parce que je sais que tous les deux, vous faites partie de ce comité actuellement qui se penche sur la révision de l'ensemble des engagements qui ont été pris par votre parti au cours de la dernière campagne électorale. Donc, est-ce qu'il y en a qui vont prendre le bord?

M. Girard (Groulx) : Bien, je vais m'essayer juste pour vous dire que sa réponse était bien sûr excellente, mais elle était notamment appuyée par le fait que la plupart des engagements sont déjà rencontrés. Lorsqu'on regarde la liste de nos engagements électoraux, on a été plus rapidement dans l'exécution parce qu'on avait une marge de manoeuvre, nous étions en situation de surplus budgétaire, puis ça nous a permis de... La promesse, la plus grande promesse en termes de revenus disponibles, c'étaient les allocations famille. C'est déjà livré, cette promesse-là. Alors, ce qu'on a promis va être réalisé.

M. Dubé : Et peut-être, si je peux compléter, M. Gagnon, on parle ici d'engagement budgétaire. Si je reviens à mon sujet préféré, le Plan québécois des infrastructures, il faut regarder aussi les engagements que l'on a faits par rapport aux grands projets structurants, hein? Je pense que c'est important de dire que, depuis la dernière année, on a été très clairs que dans le cadre de l'électrification de l'économie, on avait maintenant six projets de transport collectif. Vous savez, on les a mis à jour dans le PQI qu'on a déposé. Ça semble très loin, mais c'est il y a deux mois qu'on a déposé un budget et le PQI pour 2020‑2021.

Et encore une fois, je vous le dis, c'est projets-là, on va, non seulement les respecter, mais on va essayer de les accélérer. Tout à l'heure, quand j'ai parlé de 600 millions en transport collectif, on est en discussion, notamment avec la ville de Montréal, en ce moment, pour voir comment on peut accélérer à l'intérieur de certains projets spécifiques, comment on pourrait aller plus vite, mais là il s'agit de prendre les bonnes décisions. Mais c'est un exemple, là, en transport collectif, où non seulement on veut réaliser nos projets, mais, dans la mesure du possible, d'être capables de les accélérer.

M. Gagnon (Marc-André) : O.K. et donc l'accélération de ces projets-là, bien, un des principaux objectifs, c'est de contribuer, donc, à la relance économique. Mais aussi une façon, en tout cas dans la Capitale-Nationale, de contribuer à la relance économique, éventuellement quand les commerces vont pouvoir tous rouvrir leurs portes de façon peut-être plus normale, les restaurants aussi, c'est de ramener les fonctionnaires au travail en grand nombre. Je me souviens qu'on s'en était parlé il y a de cela quelques semaines, M. Dubé. Est-ce que votre échéancier se précise ou est-ce que le travail, plus majoritairement au sein de la fonction publique, là, pour ceux pour qui c'est possible, va se poursuivre encore longtemps?

M. Dubé : Bon, pour ce qui est des fonctionnaires, puis j'apprécie la question, là, il y a deux choses. On a publié la semaine dernière ce qu'on a appelé la directive pour être certain que les mesures sanitaires étaient mises en place. Parce que ça a l'air de rien, mais je peux vous dire que les mesures sanitaires au Conseil du trésor, c'est une chose, mais les mesures sanitaires pour la SAAQ, pour les gens qui viennent chercher encore leur permis de conduire ou des choses comme ça, il faut... il fallait s'assurer que nos employés qui revenaient avaient des mesures sanitaires qui étaient exemplaires pour être sûrs qu'on minimisait les chances de contamination.

Donc ça, ça a été bien expliqué puis ces mesures-là sont... On est en train de préparer les bureaux pour cette première vague-là qui va être... où on va demander à ceux qui offrent un service public, c'est-à-dire direct à la population... C'est sûr qu'eux, en ce moment, c'est les premiers qu'on veut revenir parce qu'on veut être capables de donner un service en direct à la population. Ce qui est intéressant, c'est qu'on veut donner le plus longtemps possible.

Puis je vous dirais que, si je peux me permettre de faire un remerciement, c'est de remercier tous les fonctionnaires, qu'on oublie souvent, qui ont fait depuis deux mois un travail extraordinaire. Parce que vous le savez, là, puis je parle à des parents ici, puis il y a des parents qui nous écoutent, que de faire du télétravail en même temps que de garder des enfants, ce n'est pas toujours facile. Puis je vous dirais que l'essentiel, moi... je le sais parce qu'Eric et moi on s'en est parlé, moi, j'ai 90 % des employés du Conseil du trésor qui sont en télétravail, depuis deux mois, puis ces gens-là, ils ont des enfants à la maison parce que les écoles étaient fermées. Alors, je veux les remercier parce que le travail, il s'est fait.

Puis je peux vous dire qu'on est en train de refaire un deuxième budget, puis un deuxième crédit, puis un deuxième PQI, alors qu'on a déposé ça il y a quelques mois. Tout ce qu'on...

Une voix : ...

M. Dubé : Bien, on travaille dessus.

Une voix : ...

M. Dubé : Bien, oui. Mais, à un moment donné, il va être déposé, mais...

Une voix : ...

M. Dubé : Bien, quand il va être prêt. Mais je peux vous dire que ces gens-là, ils...

Une voix : ...

M. Dubé : Ah! il va être prêt quand il va être prêt. Mais ce que je vous dis, c'est que ces gens-là, ils continuent le travail, ils continuent à faire l'analyse de dossiers, etc. Donc, moi, je veux les remercier.

Mais pour répondre à votre question, on va le faire de façon ordonnée. Maintenant, moi, je pense qu'on ne reviendra pas à l'ancienne façon, on ne reviendra pas... Puis je pense que, si c'est ça, l'objectif de votre question, moi, je n'ai aucun problème, on en a parlé, j'aimerais ça qu'on se questionne comment on peut faire ce retour-là et voir où serait l'équilibre, où serait l'équilibre entre le nombre de jours qu'on peut faire en télétravail puis le nombre de jours qu'on doit avoir au bureau pour garder cette efficacité-là, mais tout en ayant des avantages pour les gens qui sont parents, qui ont un avantage, en termes de qualité de vie, de revenir. Alors...

M. Girard (Groulx) : Il faudrait que j'intervienne là-dessus juste pour préciser parce que, dans ton enthousiasme envers le travail des fonctionnaires, là, j'ai peur qu'il y ait une nouvelle une demain. C'est un énoncé complémentaire qu'on va faire...

M. Dubé : Je parlais du PQI, excuse-moi, je parlais du PQI. Excuse-moi.

M. Girard (Groulx) : ...autour de la Saint-Jean-Baptiste, là, c'est-à-dire que... Et il y aura une mise à jour à l'automne et un budget en mars, là. Alors, l'avantage d'avoir déposé le budget, c'est que les crédits existants sont déjà en place pour les ministères, les gens peuvent travailler. Et l'énoncé complémentaire va donner l'heure juste à la population sur les coûts supplémentaires en santé, les coûts supplémentaires de nos mesures. Donc, on va donner les détails derrière ce 12 à 15 milliards de déficits, on va montrer où il y a moins de revenus, où il y a plus de dépenses et on va réviser la prévision économique avec... On va aller, je vous dirais... On va prendre la photo du 31 mai et on va vous la livrer autour de la Saint-Jean-Baptiste avec les détails. C'est un énoncé complémentaire budgétaire que vous aurez.

Le Modérateur : Merci. Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Bonjour à vous deux. Pour revenir à la question des négociations, pour être sûr de bien saisir là, c'est un peu ce que je déduis de la réponse que vous avez donnée précédemment, mais vous liez donc le caractère permanent des augmentations qui vont être consenties aux préposés au fait qu'on boucle l'ensemble des conventions collectives, disons, pour un syndicat donné, là. C'est une condition sine qua non. Premier volet.

Puis, deuxième volet, toujours sur les négociations, puis c'est le premier ministre qui a ouvert la porte ce matin lors de son point de presse à Montréal. Il évoquait les négociations avec les médecins omnipraticiens comme étant un élément clé des réformes en santé qui devront être faites. Est-ce que ça se poursuit toujours, ces négociations-là, malgré la crise?

M. Dubé : Oui. Bien, c'est sûr qu'il y a eu un ralentissement parce qu'il y a eu d'autres priorités. D'ailleurs, Mme McCann l'a bien dit, la crise que nous vivons présentement a fait ressortir des opportunités en santé aussi. Tantôt, je parlais des avantages du télétravail, mais parlons quelques secondes de la télémédecine. C'est évident qu'on a été capables, surtout dans ce contexte-là, vous l'avez vu, d'avoir moins d'impact sur les urgences parce qu'il y a eu plusieurs appels qui se sont faits entre les patients et leur médecin de famille par téléphone, ce qui n'était pas possible avant. Il y avait de la résistance un petit peu partout dans le système. On s'est rendu compte que c'était une façon efficace, entre les patients et leur médecin, de communiquer par télémédecine.

Alors, c'est évident que les négociations qui vont maintenant prendre place avec la fédération des omnipraticiens, la FMOQ, va devoir tenir compte de ces avancées. Puis, un peu comme je parlais du télétravail, on ne retournera pas en arrière. Puis on va trouver des façons, dans nos prochaines négociations, de tenir compte de ça. Puis je pense que la télémédecine va être un… Peut-être, on essaie toujours de trouver des avantages à la crise que l'on connaît en ce moment. Il y a bien des inconvénients, mais il y a des avantages. Puis je pense que la télémédecine, comme l'a dit Mme McCann souvent, va nous permettre de changer nos façons de travailler, notamment avec les omnis.

M. Lavallée (Hugo) : Le premier volet de la question, sur le fait que l'augmentation permanente était liée au fait de signer tout...

M. Dubé : Ah! tout à fait. Écoutez, je l'explique, c'est… On a besoin… Puis c'est pour ça qu'on a été... On a pris une approche très claire sur la négociation pour des raisons que l'on respecte… parce qu'on s'est dit : On ne veut pas forcer personne… On ne veut pas forcer une organisation syndicale à négocier ou à fermer. Si on n'est pas capables de s'entendre… Puis c'est le respect de cette prérogative-là des syndicats de ne pas vouloir signer maintenant. Quand ils seront prêts à présenter nos offres à leurs membres, c'est leur choix. Mais la chose qui est importante pour nous... C'est pour ça qu'on a trouvé une façon compensatoire… Particulièrement pour les PAB, les infirmières auxiliaires, ceux qui sont sur le front, qu'on a appelés nos anges gardiens, on a mis des mesures temporaires.

Donc, on ne peut pas s'entendre, en ce moment, pour les raisons que vous avez expliquées, avec les centrales parce qu'ils représentent un grand nombre d'employés à qui on veut faire des offres différenciées. On respecte ça. On va les laisser avancer dans leurs discussions avec les syndiqués. Mais, en attendant, on a pris l'approche de faire des offres temporaires qui nous permettent d'être capables d'avoir l'argent nécessaire pour les PAB, d'avoir une paie...

M. Laforest (Alain) : ...si on n'est pas capables de s'entendre...

M. Dubé : Bien, j'ai dit : Si on n'est pas capables de s'entendre, on fait des mesures temporaires. C'est ça qui est notre approche en ce moment, pour être très clair. C'est ça que j'expliquais, des mesures temporaires. On a fait des mesures de 4 % et 8 % il y a trois semaines. On vient de faire des mesures qu'on appelle primes au temps plein. Alors, je pense qu'on essaie de trouver les moyens, de façon temporaire, tant qu'on n'a pas une entente avec les syndicats, les principales centrales.

Le Modérateur : En sous-question, M. Lavallée.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Donc, pour revenir au Plan québécois d'infrastructures — ça va vous faire plaisir — dans le fait d'anticiper un certain nombre de dépenses, est-ce que ça va vouloir dire qu'il va falloir, pour vous, assouplir le processus d'octroi des contrats, par exemple? Parce qu'on sait que durant la pandémie il y a des contrats qui auraient dû faire l'objet d'appels d'offres, par exemple. Ça n'a pas été le cas. On était dans une situation d'urgence. Est-ce que la même logique va prévaloir dans ce cas-ci ou vous allez respecter le processus habituel pour le devancement des travaux dont vous nous parlez?

M. Dubé : M. Lavallée, merci pour la question. Alors, effectivement, je n'ai pas voulu rentrer dans le détail tout à l'heure, mais, quand on dit : Favoriser l'agilité du gouvernement par rapport aux gens de la construction... Je vous donne un exemple. Il est souvent plus facile... Puis je vais le dire comme ça, là, je vais peut-être m'attirer des problèmes, mais il est souvent plus facile pour nos gens, quand on fait des négociations de contrats ou des appels d'offres, de passer avec la loi du plus bas soumissionnaire. C'est plus facile : on a le plus bas coût, on choisit le fournisseur. Puis on sait que souvent il y a des désavantages parce que le plus bas soumissionnaire n'est peut-être pas celui qu'on aurait souhaité avoir si on avait eu le temps de mieux négocier.

Ce qu'on veut faire, puis c'est permis, en ce moment, dans la loi, c'est d'avoir ce qu'on appelle des méthodes alternatives où on peut permettre aux contracteurs de discuter avec nous comment l'appel d'offres pourrait être fait, mais qui inclut des meilleures pratiques de cet entrepreneur-là qui a déjà fait ces travaux-là. Et, à ce moment-là, ces méthodes alternatives là nous permettraient d'avoir moins de surprises à la fin puis, notamment, d'être capables d'aller plus rapidement parce qu'on éviterait les cas de conflits, etc., que l'on voit dans les contrats.

Les consultations que le ministre Girard a faites au cours des dernières semaines avec tous les gens, dont la construction — c'est le premier groupe avec qui on a discuté il y a quelques semaines — nous sont arrivés avec ces suggestions-là, puis là on est en train de regarder avec nos services des achats, ceux qui négocient, lesquelles mesures qui nous ont été demandées qu'on peut faire sans changement de loi. Donc, c'est ceux-là qu'on va appliquer le plus rapidement. Puis, au besoin, on fera des changements. Mais en ce moment... C'est pour ça que j'ai dit tout à l'heure qu'il y en a qu'on pourra aller plus rapidement que d'autres. Mais je vous donne juste ça. La méthode alternative d'appels d'offres peut se faire à l'intérieur de la LCOP, donc la loi comme telle, mais on peut le faire différemment pour aller chercher des bénéfices dans les contrats.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Gabriel, de La Presse.

M. Béland (Gabriel) : Oui. Bonjour, messieurs. Concernant les vacances de la construction, là, vous annoncez une accélération des investissements. Les chantiers ont pris du retard dans les dernières semaines, les derniers mois. Donc, est-ce qu'il y a des négociations en cours avec les syndicats ou d'autres acteurs concernant les vacances de la construction? Et est-ce qu'elles auront lieu cette année?

M. Dubé : Écoutez, je vais laisser M. Boulet, notre ministre du Travail, vous répondre plus spécifiquement là-dessus parce que c'est une discussion qui doit se faire, bien, premièrement, je vous dirais, entre l'employeur et ses employés. Le gouvernement, dans ça, a un rôle peut-être de conciliation ou de coordination. Mais en ce moment je pense qu'on...

Je vous dirais que le ministre Boulet était excessivement satisfait du retour au travail de la construction domiciliaire. Ce n'est pas que je ne veux pas répondre. Mais notre premier objectif il y a quelques semaines, c'était comment on rouvre la construction de façon ordonnée. Ce qui est arrivé dans la construction domiciliaire, on est contents. Ça s'est bien réglé, il n'y a pas eu d'accident malheureux. Là, on vient de rouvrir les grands chantiers. C'est aussi une autre grande étape. On est excessivement contents. Puis je les remercie parce que, quand on voit les grands projets comme le REM, tout ça, qui sont repartis, c'est une autre bonne nouvelle.

Bon, maintenant, on va laisser à M. Boulet, il en a parlé, de regarder qu'est-ce qu'il serait possible de faire. Mais en ce moment ce n'est pas assez avancé pour vous donner... Puis je pense que Jean va revenir au cours des prochaines semaines pour voir s'il y aurait lieu d'intervenir ou de voir s'il y a une conciliation… mais ce n'est pas, en ce moment, dans les cartons.

Le Modérateur : Alors, en sous-question, M. Béland.

M. Béland (Gabriel) : Question hors PQI. Le Cirque du Soleil serait en négociation avec les Québécois... en fait, des actionnaires du Cirque du Soleil, pardon, pour des prêts. Est-ce que vous pouvez confirmer que ces négociations ont lieu?

M. Dubé : Veux-tu répondre, Eric?

M. Girard (Groulx) : Bien, je peux confirmer que c'est le dossier de Pierre Fitzgibbon. Moi, je lui ai donné... On lui a accordé 2,5 milliards d'aide aux entreprises et il a cette expertise-là. Là-dedans, il y en a pour les PME, il y en a pour les grandes entreprises, des moyennes entreprises. Et le cirque est une entreprise en difficulté, c'est connu. Alors, je vais laisser M. Fitzgibbon parler là-dessus.

M. Béland (Gabriel) : Êtes-vous au courant?

M. Girard (Groulx) : Si je suis au courant de l'enveloppe? 2,5 millions.

M. Béland (Gabriel) : Est-ce que vous êtes au courant de ces négociations-là avec le Cirque du Soleil?

M. Girard (Groulx) : Non. Moi, je ne fais pas de... On a vraiment chacun nos expertises : le PQI, négociations dans le secteur public, finances publiques, et, M. Fitzgibbon, ministre de l'Économie.

Le Modérateur : Ça vous va? Est-ce que quelqu'un a une dernière question en français? J'ai un peu de temps. Mme Crête.

Mme Crête (Mylène) : Pour le devancement du PQI pour les écoles, donc c'est ce qui était déjà dans le budget du mois de mars?

M. Dubé : En fait — merci — dans le 11 milliards, qui était le montant qui était prévu pour cette année, il y avait déjà 1 milliard pour les écoles. On ajoute 1 milliard. C'est énorme. Alors, c'est pour ça que... et encore une fois ce que j'ai dit tout à l'heure, qu'environ la moitié de ça est dans des agrandissements d'écoles et l'autre moitié dans ce qu'on appelle du maintien d'actifs. Ça va? Il y a un argent assez important, par exemple, pour des unités mobiles parce que vous savez qu'à Montréal toute la question de l'immigration a fait des impacts importants dans certaines commissions scolaires. Donc, on va s'assurer qu'on met l'argent nécessaire pour avoir des écoles temporaires. En tout cas, il y a vraiment un plan, là, d'accélération pour les écoles qui est important. C'est plus que 1 milliard.

Le Modérateur : Merci beaucoup. So, now, in English, Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon to both of you. You want to accelerate the projects, the infrastructure projects, and you say that that includes CHSLDs and «maisons des aînés». You saw that the CHSLD Vigi Mont-Royal has, like, a problem in the air system and it may have caused infections, COVID-19 infections. We don't know yet. What does that change with the calendar for the project? You say that you want to accelerate the repairs of CHSLDs and also «maison des aînés», but what exactly do you have in mind to reassure Quebeckers on that front?

M. Dubé : OK. I think, on the priorities of the CHSLDs, it's really to make sure that, well, I can say, the worst or the ones that need to be looked at will be accelerated. When we say roughly 2,600 places, or doors, or whatever, it represents about 25 units because, on average, they have about 100 units… 100 rooms per one unit, OK? So, with the initial plan, we were able to address 25 of them in the current year. By adding roughly an excess of $300 million, we probably could add another 10 or 15. This is what we've asked on the Minister of Santé, to just say : Tell us, in that order of priority, which one we should add to that list of 25. So that's basically what we're doing right now.

And, since we're dealing with repairs, we don't need to buy a land or something, it's very efficient because those additional 10 units will be easily looked on the list because we know the ones we have issues with. So, that's reason... on the CHSLD, those are the one that we want to...

Mme Senay (Cathy) : And just a clarification. Units, what does that include exactly?

M. Dubé : A unit, to me, is one building, when I say «one building», that have on average 100 rooms. That's the reason I'm saying : If we want to accelerate, roughly, 2,600 of them, so we have the room now, with this budget, to accelerate this number of units. OK?

Mme Senay (Cathy) : And, Mr. Girard, I have a question for you regarding... Well, about two months ago, you presented the budget. Now, you're preparing an economic update on time for the national... «la Saint-Jean-Baptiste». You need trust of citizens, the confidence of citizens to, basically, succeed, to make sure that the economy of Québec is back. How important it is for you, and how sure are you to, basically, promise to citizens that they're won't be... they won't see cuts in services and they won't see austerity in the next three to five years? Because this is the fear of citizens, they see the economy right know like it's going down as the Titanic. So, how sure are you that you... You promise today that...

M. Girard (Groulx) : Well, the assurance is very simple to give. I mean, when the economy struggles, the private sector goes into retrenchment, and it's exactly when you need public spending to increase, not to decrease. That's why today... If we were in austerity mode, we would announce today a reduction in infrastructure. We're...

Mme Senay (Cathy) : You don't know the future, Mr. Girard.

M. Girard (Groulx) : Of course, I don't know the future. And the picture that you will get when we give the economic update is going to be... we're going to be the most transparent that we can be given the information that we will have at the end of May. And we will not know how the... I'm not sure that «deconfinement» is a word in English, «mais le déconfinement», we won't know how it works in June, in July. We won't know if there is a second wave in the fall, whether there is a vaccine or a remedy. So we are doing probabilities.

We know that if the 40% of the economy was closed for two months and we progressively come back, the impact is going to be between minus 4% and minus 6%, and if we miss, for example, the May 25th, it's going to be more minus 6% than minus 4%. And we are giving an estimate of 12 to 15 billion of deficits, but we are giving the information that we have, and we are doing forecasting. We want to be as precise as we can, and it's important because it is the tax payers, the Québec's businesses, the Québec's people that are facing these difficult circumstances, and we need to tell them where we are. The excellent fiscal position that we have was the result of 15 years of effort by Quebeckers.

So now, we have this deficit, and we are going to do everything that we can to do... smoothly come back, and if we succeed in coming back at the equilibrium in three to five years, we will have done very well, because you will see the other governments, you will see Ontario, Canada, the horizon of coming back at equilibrium in three to five years is going to be challenging.

Le Modérateur : Thank you. So now, two questions from Raquel Fletcher for Global News. Marguerite Blais announced today the construction of «a maison des aînés», but we don't have many details. Will you start work right away on these new seniors' homes or are you going to determine which one gets built first? How much will this cost?

M. Dubé : OK. That's a good question. As I said before on the «maisons des aînés», we were able to announce, I think, if I'm correct, roughly 30 projects out of a total of 45. When I say project is what I call one unit that would have roughly 80, 82 units, and that's because they are by a multiple of sixteen. So we were able to announce about 30 of them when we did the PQI, «en mars». Now, we are saying we can accelerate those 30 and maybe add few, depending on availability of the land. The good news is that, over the last few months, we have been able to negotiate additional land with municipalities that allow us to be able to put additional units on those. So this is a combination. So the numbers that we have received from the Minister of Health in the last two months allow us to put more money in the ones that we were planning to do, to accelerate them and also to add some. But the total of that is in excess of $300 million.

Le Modérateur : Alright. Thank you. And again for you, Mr. Dubé. You said in French that you are aware of managers finding ways to get around paying the $1,000 bonus. Can you explain what are you doing about this?

M. Dubé : Well, I don't think that they are finding ways. I think that, unfortunately, the program that we've put in place allows the managers to have all the money they need. If somebody wants to work in a red zone or wants to move from outside Montréal and come… they don't have to negotiate. They don't have to save money. They have the full budget. I think what has been maybe misinterpreted is how do we… are efficient in making sure that we get as many people full-time so they can do from two days a week to five days a week. That's where they will receive their bonus.

But the second thing is we want to make sure they don't move from a cold zone to a hot zone. And sometimes it might be easier for the manager to switch people around, which is not the objective. So that's the reason we said : Wait a minute, maybe we need to look at the guidelines that were published in the hours following the announcement. And, now that we have seen a couple of cases that maybe are not as optimal as we would like them to do… is to make sure that they correct those guidelines, and that's exactly what we're doing right now to make sure that all those people… I've seen a letter of somebody in the area of Québec City willing to come with his wife, that was interested in coming to the zone, and, for certain reasons, was not allowed to. That's not the objective. That's exactly what we announced last week, was the objective of taking people outside of Montréal coming to help. So we will adjust those things.

Le Modérateur : You will review that?

M. Dubé : Oh! yes.

Le Modérateur : Alright. Thank you very much. Donc, merci à tous. C'est ce qui complète pour cette conférence de presse. Merci pour votre disponibilité.

M. Dubé : Merci beaucoup. Merci.

(Fin à 16 h 30)

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