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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le jeudi 1 octobre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures quatre minutes)

Le Modérateur : Alors, bon début d'après-midi, mesdames, messieurs. Bienvenue à cette conférence de presse organisée par la Tribune de la presse du Parlement de Québec. Prendront la parole le premier ministre, François Legault, ensuite le ministre de l'Économie, M. Pierre Fitzgibbon, et le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda. M. Legault, à vous la parole.

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Comme on peut le voir avec les nouveaux chiffres d'aujourd'hui, la situation est critique au Québec concernant la COVID-19. Si je regarde la situation aujourd'hui comparativement à la mi-août, on est passé de 50 nouveaux cas par jour à 900 cas par jour. On est passé d'une centaine d'hospitalisations à 275 et on a aujourd'hui 16 nouveaux décès. Donc, ça s'est passé sur quelques jours, mais il reste que, quand même, 16 nouveaux décès, c'est beaucoup, puis ces personnes-là, ce sont des personnes bien réelles. Et je comprends qu'il y a des Québécois qui sont tannés de suivre les consignes, mais je vous demande, ceux qui sont tannés de suivre les consignes, pensez à ces personnes-là qui sont bien réelles.

La situation, ça nous a amenés, au cours des dernières heures, à annoncer des nouvelles mesures. Je comprends que ces mesures-là sont dures pour beaucoup de monde, et ce n'est pas de gaieté de coeur qu'on a mis en place ces mesures-là, c'est pour réduire les contacts sociaux, donc pour réduire la contagion et essayer de réduire le nombre de personnes infectées, hospitalisées puis éventuellement réduire les décès.

Depuis le début de la pandémie, on a été, au Québec, la province qui a donné le plus d'aide aux entreprises. C'est important de le rappeler, là, calculez-le de la façon que vous voulez, là, entre autres en pourcentage du PIB, on est presque le double de la moyenne du reste du Canada puis on va continuer de le faire.

Demain, on va annoncer des mesures pour le secteur culturel. On comprend comment ça peut être dur, les théâtres, les salles de spectacle. Je sais qu'il y a des gens, des acteurs qui avaient été embauchés pour un certain temps. Donc, on va tenir compte de tout ça puis on va vous expliquer ça demain.

Aujourd'hui, le ministre de l'Économie va vous expliquer les mesures concernant les bars, les restaurants, les cinémas, les salles de réception. Je ne veux pas rentrer dans le détail, je vais lui laisser ça, mais grosso modo, on sait qu'il y a des programmes pour couvrir les salaires au gouvernement fédéral. Donc, nous, de notre côté, on va rembourser 80 % des loyers, taxes, électricité et autres dépenses admissibles. Donc, je pense que ça va permettre à ces personnes-là de passer à travers les 28 prochains jours.

Je veux revenir maintenant sur quelques inquiétudes, quelques sujets qui sont mentionnés par la population. D'abord, les CHSLD. D'abord, c'est important, même si la situation sera toujours à surveiller dans les CHSLD, c'est quand même important de se dire, là, que la situation actuellement est sous contrôle, n'a rien à voir avec la situation du printemps. Actuellement, il y a seulement 16 CHSLD où il y a quelques personnes d'infectées. Puis, si on prend tous les CHSLD, toutes les RPA, toutes les ressources intermédiaires dans toutes les résidences, il y a, au total, 287 personnes infectées. Donc, ça n'a rien à voir avec le 6 000, 8 000 personnes qu'on avait au printemps.

Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer d'être prudent, mais je veux quand même rassurer la population, là. Les 900 cas qui s'ajoutent à chaque jour, ce n'est pas dans les CHSLD. Au cumulatif, il y en a 287 dans toutes les résidences, pas seulement les CHSLD, mais aussi les RPA et les RI.

Bon, j'entends aussi beaucoup de commentaires sur les tests. Bon, d'abord, c'est important de bien situer le contexte. On faisait 5 000, 6 000 tests. On est montés à 15 000. Et actuellement on fait plus de 30 000 tests et analyses à chaque jour. Quand on fait un ratio en pourcentage de la population, là, on en fait beaucoup plus que dans le reste du Canada. Donc, ça, c'est important de le dire.

La plupart des gens ont des résultats de test rapidement, mais il y a des cas où ça prend plusieurs jours. Puis ça, c'est inacceptable. Et là notre goulot d'étranglement, c'est dans les laboratoires, donc, ce n'est pas dans les prélèvements, c'est dans les analyses des tests, et on travaille là-dessus. Ça ne changera pas partout du jour au lendemain. J'aime mieux être honnête avec vous. Mais on travaille très fort à ce que partout, dans toutes les régions, on soit capables de donner des résultats rapidement.

J'en profite aussi pour dire aux Québécois que c'est important d'aller vous faire tester seulement quand c'est indiqué, ça veut dire que, grosso modo, c'est quand on a des symptômes ou quand on a été en contact avec quelqu'un qui a été déclaré positif. Puis, si vous n'êtes pas certain ou certaine, bien, vous pouvez soit consulter le site Québec.ca ou soit appeler au 1 877 644-4545, puis on va vous le dire. On pourra répondre à vos questions, est-ce que c'est urgent ou non d'aller vous faire tester.

J'entendais puis je lisais aussi des commentaires sur les équipements de protection. Je veux rassurer tout le monde, là. On en a pour plusieurs mois, que ça soit les masques ou les autres équipements de protection. Il y a une bonne partie maintenant qui est fabriquée au Québec. Donc, il n'y a aucune inquiétude de notre part concernant les équipements de protection.

L'autre sujet que j'entends parler, c'est les écoles, bon, toutes sortes de spécialistes qui ont toutes sortes de recommandations. Moi, je me fie à la Santé publique. Pour l'instant, la Santé publique ne croit pas que c'est nécessaire, dans les classes, que les enfants portent les masques. Ça se peut que, dans les prochains jours, les prochaines semaines, les mesures soient modifiées, bonifiées. Mais c'est important, là, puis je tiens à le dire, on suit les recommandations de la Santé publique.

Puis, en terminant, bien, écoutez, je me suis levé ce matin en me disant, c'est quelqu'un qui m'a fait remarquer ça hier soir : Ça fait deux ans aujourd'hui que je suis premier ministre. Évidemment, il n'y a pas personne qui m'avait dit, il y a deux ans, que j'aurais à gérer une des pires crises de l'histoire du Québec. Mais ce qui m'a ému, quand j'ai pensé que c'était le 1er octobre aujourd'hui, c'est la confiance des Québécois. Donc, mes remerciements du jour, c'est pour tous les Québécois. Merci pour votre confiance. C'est vraiment une fierté pour moi d'être votre premier ministre. Merci.

Few words in English. Good afternoon, everyone. Today's numbers show us how critical the situation is. I know we've made some tough decisions, in recent days, but there are lives in danger and fighting the virus must remain our top priority.

That being said, since the beginning of the pandemic, our Government has been there to help our businesses that are feeling the effects of the restrictions. I know the recent measures are tough for cultural businesses. Tomorrow, we will announce new financial measures for the cultural sector. Today, we are also announcing financial measures to help owners of bars, restaurants and other businesses that have to close in red zones. Our Minister of Economy will give you the details.

I also want to say a few words about our testing capacity. The number of tests has increase significantly in the recent months. The majority of people who get tested have their results quickly, but there are people who have to wait several days. That is not acceptable. We're currently increasing our capacity to analyze tests results more quickly and we ask people to get tested only if it is advised.

Lastly, I realized this morning that it has been to years since we've been elected. I want to say that it is an honor for me to serve Quebeckers, and today I want to address them my thanks.Thank you for your trust. Thank you.

Maintenant, on va passer la parole au ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

M. Fitzgibbon : Merci, M. le premier ministre. Bonjour à tous. Personne n'a oublié qu'il y a environ six mois la COVID nous frappait de plein fouet. De mon point de vue, comme ministre de l'Économie et pour appuyer les entreprises, il a fallu réagir très vite.

Le gouvernement fédéral a annoncé des mesures de stabilisation économique. Ça a créé une sorte de filet social qui a stabilisé la situation financière de plusieurs entreprises et de plusieurs citoyens. Au Québec, on a agi en s'assurant qu'il y ait des liquidités importantes dans le système avec des programmes de prêts. Aucun autre gouvernement provincial n'en a fait autant. Les programmes d'aide existants, le PACTE, géré par Investissement Québec, et le PACME, géré par les FLI, sont déjà les programmes du genre les plus importants au Canada.

En même temps, comme gouvernement, depuis plusieurs mois, on travaille sur la relance de l'économie, on travaille sur plusieurs chantiers qui vont aider notre économie à croître après la pandémie. Nous avons déjà fait deux annonces importantes avec Investissement Québec depuis déjà deux semaines. Mais aujourd'hui plusieurs établissements, plusieurs entreprises, la plupart des PME, doivent fermer suivant l'annonce de lundi faite par le premier ministre. Ce n'est pas de gaieté de coeur que notre gouvernement a demandé la fermeture des bars, des restaurants et de plusieurs autres établissements. On veut éviter un retour à un confinement plus généralisé.

Je pense aujourd'hui à tous ces entrepreneurs, ces dirigeants d'entreprise, à leurs employés qui doivent encore composer avec l'incertitude. Je pense particulièrement aux PME, qui n'ont pas toujours les réseaux ou les ressources pour affronter un tel choc. Je veux leur dire, je veux vous dire à tous qu'on est là pour vous et je veux vous dire que j'espère que l'aide que je vais vous annoncer aujourd'hui va vous aider à passer à travers ces moments très difficiles.

J'annonce donc que, pour des fins de simplicité, on a modifié les programmes existants pour rembourser certains frais fixes des entreprises qui opèrent dans des zones rouges et qui doivent fermer. Ce nouveau volet de nos programmes existants se nomme l'Aide aux entreprises en région en alerte maximale, ce qu'on appelle le AERAM.

Concrètement, les entreprises visées vont pouvoir obtenir un pardon sur leurs prêts qui pourrait aller jusqu'à 15 000 $ pour le mois d'octobre. Ce pardon permettra de compenser certains frais fixes que ces entreprises doivent continuer de supporter, même si elles ont dû arrêter leurs opérations. Pour être clair, tous les restaurants en zone rouge sont admissibles, même ceux qui opèrent des services de livraison ou de commandes pour emporter. Les frais fixes éligibles incluent les taxes municipales et scolaires, le loyer, les intérêts payés sur les prêts hypothécaires, pas le capital mais les intérêts du prêt hypothécaire, l'électricité et le gaz, les assurances, les frais de télécommunication et les permis et frais d'association.

Pour comprendre la mécanique du prêt, la partie pardon et le calcul des frais fixes admissibles, des pages Web seront en ligne sur les sites d'Investissement Québec et du ministère de l'Économie et de l'Innovation plus tard aujourd'hui.

Pour les besoins de financement de plus de 50 000 $, dans le PACTE, c'est Investissement Québec qui sera votre point de contact. Pour les besoins de moins de 50 000 $, ce qu'on appelle le PAUPME, communiquez avec votre MRC. On va collaborer avec les MRC pour les appuyer dans le traitement des demandes, et des ressources seront mises à leur disposition. Nous sommes en contact avec certaines institutions financières pour la gestion des dossiers.

Je vais terminer sur une note positive. L'économie québécoise démontrait des signes encourageants de reprise cet été et ça allait plutôt bien avant la pandémie. Je suis un optimiste de nature. Comme plusieurs entrepreneurs, j'ai l'impression que, quand on va sortir de tout ça, les beaux jours vont revenir vite. Notre programme pour la relance économique est complet, costaud et permettra, comme il se doit, de maintenir notre écosystème économique. Merci.

Le Modérateur : On va maintenant passer à la période de questions que je vais diriger. On va commencer avec Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, M. le ministre, M. le directeur de la santé publique, quelle est l'évaluation que vous faites, à la lumière des données que vous avez, du nombre d'entreprises qui risquent de mettre la clé sous la porte? Puis il y en a plusieurs qui disent que 15 000 $, c'est insuffisant pour pouvoir passer à travers les mois d'octobre, novembre et décembre, qui sont les plus difficiles pour eux, parce qu'on va oublier les partys de Noël dans les restaurants. Et qu'est-ce que vous avez à dire également aux travailleurs qui n'ont plus de PCU, là, qui ne se retrouvent avec rien depuis hier soir?

M. Fitzgibbon : Bien, la question se divise en deux, je pense.

Si on regarde les entreprises visées par l'annonce de lundi, on évalue à 12 000 entreprises celles qui vont fermer ou qui vont fermer partiellement. Nous allouons un montant important, qui peut varier entre 80 et 100 millions de dollars. Si on prend 12 000 entreprises, on prend 75 % qui pourraient se prévaloir du pardon, puis on met une moyenne de 10 000 $, on est rendus à 90 millions. Donc, parlons de 90 à 100 millions de dollars. Alors, je pense que c'est un montant important et qui va permettre à la plupart des entreprises en question de pouvoir passer à travers le mois d'octobre qui est le mois où il y a une fermeture.

Votre question est plus large, on parle de toutes les entreprises du Québec. Et, quand on regarde les experts, on regarde nos données, il y a un chiffre, entre 20 000 et 25 000 entreprises qui sont dans des situations très difficiles. Il est clair que nous pensons encore que le programme de liquidité que nous avons mis en place, d'une part, combiné à la subvention salariale qui est reconduite jusqu'au mois de juin 2021 par le fédéral, combiné avec la bonification qu'on essaie de faire du programme de l'aide au loyer, nous pensons que la plupart vont pouvoir survivre.

Mais force est d'admettre qu'il est possible qu'il y ait des gens qui ne passent pas à travers la pandémie. Mais je pense qu'aujourd'hui le message important, c'est que, pour les 12 000 entreprises qui sont sujettes à des fermetures, notre programme, qui est d'à peu près 100 millions de dollars pour le mois d'octobre, je pense que c'est un programme qui est approprié.

M. Laforest (Alain) : Je vais faire un croisé, là, pour mes collègues d'Ottawa. M. le premier ministre, est-ce que le gouvernement fédéral devrait s'excuser pour la crise d'Octobre?

M. Legault : Je pense que oui.

M. Laforest (Alain) : Vous pouvez être un peu plus explicite?

M. Legault : Bien, écoutez, il y a eu des mesures qui ont été mises en place puis il y a des personnes qui ont été arrêtées sans fondement. Donc, je pense qu'il devrait y avoir des excuses.

Le Modérateur : Véronique Prince de Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui, bonjour. Écoutez, je vais essayer de rentrer cinq questions en une, peut-être en vous donnant des exemples qu'on a reçus de courriels de gens ou... Par exemple, des gens qui veulent faire une randonnée pédestre en fin de semaine, deux mamans qui veulent aller se promener en poussette dehors à deux mètres de distance, des enfants qui jouent dans un parc et les parents autour qui les surveillent, des voisins qui doivent faire une corvée d'automne, ramasser des feuilles sur la copropriété.

Ce qui n'est pas clair dans le décret, et j'aimerais avoir une explication là-dessus, c'est quoi la définition d'un rassemblement public extérieur qui est interdit? Combien de personnes constituent un rassemblement?

M. Legault : Voulez-vous commencer?

M. Arruda (Horacio) : Bien, oui. Le diable est dans les détails, hein, vous le savez. Et puis il faut comprendre qu'un rassemblement, c'est des individus qui vont se retrouver à un endroit pour atteindre un même objectif comme tel. C'est sûr que tant et aussi longtemps qu'on est une bulle familiale, O.K., puis qu'on fait une activité dans un parc, puis etc., on n'est pas en train de se rassembler, on est dans la même bulle familiale.

Par contre, si on commence à y aller avec la voisine puis une autre bulle familiale, puis que là on ne respecte pas vraiment le deux mètres, on est à distance, on n'est pas vraiment... on est à risque de revenir, de se rapprocher, parce que c'est bien normal, hein, le comportement humain, là, ça pourrait être une problématique. D'ailleurs, les municipalités aussi vont peut-être fermer certains parcs ou certains lieux où ça attire facilement les gens à venir.

Moi, je pense que, si vous voulez aller faire une randonnée... On ne veut pas dire aux gens de ne pas aller faire une randonnée dans un parc actuellement. Ils peuvent pratiquer leurs activités sportives tant et aussi longtemps qu'ils vont respecter ces consignes-là de distanciation d'une personne à une autre.

Je ne sais pas si je suis assez précis pour vous. Avez-vous un autre exemple que vous voulez que je...

Mme Prince (Véronique) : Bien, en fait, c'est parce qu'il y a tellement d'exemples que je pourrais vous donner, par exemple, des gens qui font une partie de soccer le soir, tu sais… C'est parce que je pense que les gens se demandent...

M. Arruda (Horacio) : Bon, là, pour ce qui est de la pratique de sports, je viens de vous le dire, on va vous revenir avec une annonce très cohérente, là, parce que je comprends très bien aussi… Vous savez, là, nous-mêmes, quand on fait des... on a des principes comme ça, il faut analyser chacune des situations.

Quand on parle d'une pratique de soccer le soir, là, on est dans une pratique de groupes qui viennent de différentes bulles, puis il risque d'y avoir des contacts. En principe, ce n'est pas recommandé, à moins d'être encadré. Ça fait que, pour ce qui est de la pratique sportive, là, si vous permettez, je peux vous dire que, lundi, ça va être très clair, là, avec des exemples précis en termes de consignes, puis on veut apporter de la cohérence entre ce qui va se passer dans une école versus dans le sport parallèle.

Mais, dans les faits, puis je pourrais vous donner un exemple en attendant pour vous aider, c'est que, si vous restez dans votre bulle familiale et que vous n'êtes pas dans une situation où vous allez rentrer à l'intérieur de moins de deux mètres avec une autre personne, c'est correct. Mais prenons, par exemple, des activités du style on ouvre un parc, puis tout le monde se met à faire des barbecues, là, comprenez-vous, on n'est pas du tout dans le même genre d'activité. Celles-là, on voudrait les restreindre.

Mme Prince (Véronique) :  Toujours dans ma première question et non pas dans ma sous-question, c'est parce que les gens se demandent qu'est-ce qu'ils peuvent faire en fin de semaine, parce qu'on comprend que c'est plus sévère qu'au printemps, là. Je veux dire, au printemps, vous permettiez d'aller dehors se promener avec des gens à deux mètres de distance. On ne peut plus le faire. Là, deux joggeurs ne peuvent pas aller ensemble non plus, là.

M. Arruda (Horacio) : Bien, s'ils sont dans la même bulle, ce n'est pas grave. Mais, tant et aussi longtemps qu'ils respectent les deux mètres, là... Là, il ne faudrait pas non plus interpréter, là, et exagérer dans l'autre extrême. Si vous êtes en train de faire une activité puis mettons que vous êtes avec quelqu'un d'une autre bulle, là, la voisine d'en avant, il faut que vous vous mainteniez toujours, toujours à deux mètres l'une de l'autre. Il ne faut pas se retrouver dans une situation où vous donnez l'impression que vous revenez dans votre bulle familiale.

Je pense que c'est un peu le principe que j'essaie d'exprimer, là. On ne veut pas empêcher les Québécois de sortir en fin de semaine pour faire des activités sportives. Ce qu'on veut éviter, c'est les contacts sociaux prolongés dans des contextes de contacts sociaux. C'est pour ça que les décrets ont été écrits de cette façon-là.

Le Modérateur : Olivier Bossé...

Mme Prince (Véronique) : Et ma sous…

Le Modérateur : Non, non, je suis désolé, là, ça fait deux sous-questions, Mme Prince.

Mme Prince (Véronique) : …quand même, là. Vous avez tous reçu, comme journalistes, des courriels là-dessus, là, tu sais, ça fait que...

Le Modérateur : Mais, Mme Prince, c'est parce qu'on n'est pas dans un débat à savoir... C'est parce que, normalement, c'est une question et une sous-question. On est rendus à trois sous-questions. Olivier Bossé.

M. Bossé (Olivier) : M. Fitzgibbon, vous disiez que vous êtes en contact avec les entreprises, puis que ça va quand même relativement bien. À combien vous chiffrez les impacts de la première vague sur les entreprises?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, premièrement, quand on regarde la fermeture d'entreprises, je pense qu'on peut être satisfaits qu'il y a beaucoup de liquidité, liquidité par nos programmes, liquidité par les banques, les institutions financières, parce qu'on se rappelle, en 2008, c'est les banques qui avaient causé la récession. Ici, on a la situation inverse. Donc, il y a beaucoup de liquidité.

L'enjeu, c'est qu'il y a beaucoup de prêts. Et je pense qu'on reconnaît que, pour une PME, avoir trop d'emprunts, c'est problématique. Et j'ai toujours dit qu'il fallait au moins permettre aux sociétés de survivre, et on verra après comment est-ce qu'on va adresser les enjeux de structure de capital. Aujourd'hui, on annonce un programme qui est subventionnaire, à 15 000 $ par mois maximum.

Je vous dirais que ma connexion avec les entreprises, on parle à plusieurs, le moral est bon, entre guillemets. C'est sûr que c'est dur. Là, on rentre dans la période plus sombre de l'année, là. Je ne veux pas jouer avec les mots, mais ça va être plus difficile, évidemment, les mois d'octobre, novembre et décembre. Alors, c'est sûr qu'il faut être attentif à ce qui va se passer. Mais je pense qu'on est dans une bonne position malgré tout. Les indicateurs économiques, le chômage, ça va bien, relativement parlant.

Alors, moi, je suis à l'aise. Puis les programmes de relance économique qu'on a identifiés, qu'on a commencé à annoncer, je pense, vont donner aussi un momentum, et la confiance devrait revenir.

M. Bossé (Olivier) : M. Arruda, là, vous en avez parlé pour lundi, mais est-ce qu'en fin de semaine, faire des sports d'équipe, c'est légal ou pas légal?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, actuellement, on veut éviter les rassemblements. Donc, les sports d'équipe pratiqués dans un contexte encadré, où il n'y a pas de rassemblement, là... mais, si des gens vont se retrouver… Par exemple, là, une ligue de garage, ils vont se retrouver dans la même unité de douche, puis etc., puis qu'ils vont se rapprocher en bas de deux mètres, là, je pense que ce n'est pas idéal. Je ne pense pas que la police va donner des contraventions en fin de semaine dans ce contexte-là, juste pour… parce que les gens ont peut-être peur, là. Je ne pense pas que les gens, là...

Notre objectif, là, ce n'est pas de punir, hein, ce n'est pas de... Si on met ces mesures-là, c'est parce qu'on se rend compte que, malheureusement, si on n'encadre pas avec ça maintenant, les gens vont faire des rassemblements à travers ça. L'enjeu, ce n'est peut-être pas leur game de soccer, c'est peut-être les parents qui sont dans l'estrade en train d'être collés les uns sur les autres, c'est peut-être le contact physique qui va avoir lieu, alors qu'habituellement il y a une grosse circulation.

Si vous me permettez une chose, c'est une journée d'anniversaire pour vous, M. le premier ministre, je veux juste vous dire qu'il y a 30 ans moi, je mettais au monde ma première fille, ma fille Geneviève, puis alors je voulais en profiter pour lui souhaiter bonne fête, Geneviève. J'ai hâte de te reprendre dans mes bras, mais ça ne sera pas avant un bon bout de temps. Ça fait que je me suis permis ça, M. le premier ministre. Je m'excuse d'utiliser du temps d'antenne qui est très cher, habituellement, mais je le fais en cadeau pour ma fille. Bonne fête, Geneviève, je t'aime.

Le Modérateur : Je voudrais saluer ma petite fille à venir aussi. Non, c'est une blague. Marco Cirino-Bélair, du Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, bonjour, M. le premier ministre, Dr Arruda. Je vais poursuivre sur la lancée de ma collègue Véronique. Plusieurs questions subsistent, là, sur les règles dans les zones rouges. Qu'est-ce que vous dites, Dr Arruda, là, simplement, à Geneviève, et à toutes les femmes, et à tous les hommes du Québec qui souhaitent amener leur enfant dans un parc en fin de semaine? Ils arrivent dans le parc, il y a déjà du monde, qu'est-ce qu'ils font?

M. Arruda (Horacio) : Bon, changer de parc, ce n'est pas toujours évident, là. Je vais vous le dire très honnêtement, c'est à l'extérieur, si on peut... Mais le problème, ça va être les jeux, les jeux de balançoire, puis etc. Les gens vont se mettre en ligne. Je ne sais pas s'ils ont moyen de faire d'autres types d'activités en marchant dans des zones qui sont moins peuplées. C'est ce que je recommanderais.

Puis ce n'est même pas une question d'interdire, ne pas interdire puis vous êtes le méchant, mais c'est vraiment une question d'essayer d'éviter ce contact social là. Bien, moi, je pense qu'il y a encore moyen, dans certains parcs, quand il n'y a pas de grosse affluence, d'y aller, O.K.? C'est sûr qu'il y a de la circulation. Est-ce que les objets sont contaminés? Ça, c'est une chose. Mais je pense qu'il y a moyen, sûrement, de trouver une façon de jouer avec l'enfant avec un ballon soit dans la cour ou ailleurs. Ce n'est pas tout le monde qui ont des cours, il y a des gens qui vivent en ville, qui ont besoin de ces espaces-là, mais peut-être d'aller dans un endroit moins achalandé. C'est ce que j'aurais dit, comme tel, à Geneviève puis que je recommanderais.

Je vous demanderais aussi d'utiliser votre jugement. Je pense que 98 % des gens ont du jugement. La police n'ira pas frapper sur des personnes qui ne sont pas informées, hein? Disons, on est dans une nouvelle approche. Par contre, si on se retrouve que les gens, on voit qu'ils sont en train de se coller les uns les autres dans un parc comme si c'était une réunion de famille ou de voisins qu'ils ne peuvent pas faire dans la rue, c'est sûr que ça, ça va être... il va y avoir des avertissements par rapport à ces éléments-là.

Donc, tant que vous maintenez deux mètres, tant que, si vous êtes à risque de vous croiser avec d'autres personnes, vous avez le couvre-visage, tant que vous respectez ce genre d'élément là et que, je vous dirais, le nombre de personnes ensemble correspond plus à ce qu'on appelle une famille, une cellule familiale à la résidence, je ne vois pas pourquoi vous seriez... On ne vous a pas confinés à l'intérieur de la maison, là. Je pense que c'est ça que... Ce qu'on veut empêcher, c'est les éléments de socialisation, c'est que deux familles se retrouvent ensemble. Donc, vous appliquez ça à l'extérieur, à l'intérieur, je pense que c'est correct. C'est la façon, pour moi, la plus simple de vous l'exprimer.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Merci. M. le premier ministre, convenez-vous que les décrets gouvernementaux, là, ce n'est pas très, très clair puis ça laisse place à plusieurs interprétations? Et est-ce que vous allez apporter des correctifs, dans la mesure où je comprends que c'est peut-être mal rédigé ou ça ne correspondait pas à votre volonté, là, sur la question des amoureux qui habitent dans deux domiciles différents et qui ont peut-être des enfants? Donc, présentement, votre décret l'interdit, mais ça va être permis?

M. Legault : Bien, écoutez, c'est toujours effectivement difficile de prévoir toutes les exceptions. Mais notre objectif, ce n'est sûrement pas d'empêcher deux personnes, comme vous dites, amoureuses, qui ont un enfant puis qui sont obligées d'aller d'une maison à l'autre, qui n'habitent pas ensemble, de se voir, là. Donc, ce n'est pas ça, notre objectif. Notre objectif, puis c'est ça qu'il faut toujours garder en tête, là, je reviens même sur votre question précédente, c'est d'avoir le moins de contacts sociaux possible avec des gens avec qui on n'habite pas.

Donc, on peut aller se promener dans le parc. Il y a des parcs qui sont très grands, puis qu'il peut y avoir plusieurs bulles dans un parc, plusieurs familles, dans un parc, qui sont à deux mètres les unes des autres.

Donc, moi, je pense que c'est une question de gros bon sens. C'est certain qu'effectivement, quand on commence à fouiller les petites exceptions, on peut se dire : Bien là, il faudrait peut-être apporter une précision. Si la personne n'est pas seule parce qu'elle a un enfant, mais que son conjoint habite à une autre adresse, bon, bien sûr que ces personnes-là peuvent se voir. On va apporter les précisions qui sont nécessaires, mais, le principe, je pense qu'il est assez clair.

Le Modérateur : Marc-André Gagnon, du Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Merci. Bien, je vais poursuivre, moi aussi, sur le même élan parce que, comme tous mes collègues, j'ai reçu de nombreux messages de gens. Vous dites : Il s'agit de petites exceptions, mais ces petites exceptions là touchent quand même pas mal de monde, et il y en a certainement plusieurs qui auraient pu être précisées d'avance. Est-ce qu'il n'y a pas un risque, à annoncer des mesures tellement sévères, de perdre l'adhésion de la population quand on nommait... de préciser, là, toutes ces petites exceptions?

M. Legault : Je ne pense pas. Je pense qu'il y a une question de gros bon sens, là. Les Québécois comprennent que ce n'est pas le temps d'inviter de la visite à la maison. Donc, ce n'est pas le temps d'avoir des amis, des gens qui n'habitent pas avec nous autres, de la famille qui viennent souper à la maison, là. Ce n'est pas le temps de faire ça. Par contre, bien, s'il y a une personne qui est âgée et qui a besoin d'un proche aidant ou s'il y a un tuyau qui a besoin d'un plombier, bien là c'est sûr qu'on a besoin d'une personne qui vient nous aider. Donc, je pense que les Québécois peuvent se servir de leur jugement. Et puis on a essayé d'être le plus précis possible, mais il y a toujours de la place pour le jugement.

M. Gagnon (Marc-André) : Très bien. Vous avez dit : Pour l'instant, la Santé publique ne croit pas que c'est nécessaire, dans les classes, que les enfants portent des masques, que c'est des mesures qui pourraient être modifiées, bonifiées dans les prochains jours, voire les prochaines semaines. Or, vous avez vu, là, ce matin, notamment dans le journal, où, malgré les messages répétés, il y a encore beaucoup de jeunes qui se regroupent dans les cours d'école à moins de deux mètres. Donc, est-ce qu'il n'est pas inévitable... Peut-être que le Dr Arruda pourra compléter, là. Est-ce qu'il n'est pas inévitable, donc, qu'il y ait rapidement un resserrement des consignes sanitaires dans les écoles? Qu'est-ce qui devrait être fait en premier?

M. Arruda (Horacio) : C'est possible. Je vous l'ai dit, là, on suit la situation de jour en jour, puis on suit le nombre d'éclosions, puis la transmission, elle se fait où, puis etc. Je peux vous dire que, par rapport aux rassemblements, là, indépendamment du masque, parce que les gens peuvent le porter, le masque, on peut l'avoir ici, là, le fait que les gens se retrouvent attroupés ensemble à moins de deux mètres, c'est un endroit où on va agir soit sur le terrain même de l'école soit à l'extérieur comme tel, dans des parcs, puis etc. Puis ça, moi, je pense que vous comprendrez que, si vous me demandez s'il y a une action qui aurait le maximum d'effet, que ça serait appliqué, ça serait celle-là.

Bon, est-ce qu'on va en arriver à décider de porter le couvre-visage dans le visage à tous les... toute la journée, incluant pendant les heures de classe? Là, il faut qu'on regarde. Est-ce qu'on va le faire au primaire? On va-tu le faire au secondaire? On va-tu le faire dans certains niveaux? Ça va dépendre de l'épidémiologie qu'on va voir. Puis je tiens à vous dire qu'il faut faire très attention à une relation causale, une chose, c'est ça qui explique le tout, parce que ça, là, je vais vous le dire, c'est pas mal plus compliqué que ça.

On va suivre la situation. Il y a des gens qui ont déjà émis des opinions, des médecins, puis etc. On va regarder ça avec mes experts de santé publique, là, puis on va balancer le tout, parce qu'il y a un effet positif à porter le masque, mais il pourrait y avoir des effets académiques pour certains enfants. Mais il faut faire les bonnes choses. Puis je ne suis pas en train de dire que ceux qui l'ont fait font la mauvaise chose, mais de penser que c'est automatiquement une science exacte, je pense qu'il faut faire attention à ça.

Le Modérateur : Hugo Pilon-Larose, de LaPresse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : M. le premier ministre, vous avez fait appel au gros bon sens des Québécois. En gros, on comprend que c'est supercomplexe, là, tout ce qui se passe, qu'est-ce qu'on ferme, qu'est-ce qu'on ne fait pas, puis vous dites : Ayez du jugement, tu sais, au final. Mais c'est tellement compliqué à comprendre, puis je pense que vous nous avez... Les questions que nous, on reçoit de la part des citoyens, c'est des questions très précises, mais c'est des questions réelles. Est-ce qu'on est en train de perdre la communication du message ici, là? Parce qu'hier on parlait de répression. On disait : Voici ce qu'on va faire si vous ne respectez pas les règles. Mais, après ça, le monde, ils ne comprennent pas les règles, dans le concret de leur vie quotidienne, comment les appliquer.

M. Legault : Bon, moi, j'ai confiance aux Québécois. Puis ce que je vois, là, les Québécois, ils commencent à très bien comprendre ce que ça veut dire d'être à deux mètres des autres personnes avec qui on n'habite pas. Donc, ça, là, ça va être en place de plus en plus puis les gens comprennent ça.

Les Québécois comprennent aussi que ce n'est pas le temps de faire des soupers, d'inviter des gens pour un party. Ils comprennent ça. Par contre, quand il y a une urgence, quand il y a une nécessité, quand c'est essentiel de faire venir une personne à la maison, bien là on ne veut pas brimer personne. Ce qu'on veut, c'est que les gens prennent toutes les mesures possibles pour ne pas être en contact avec les autres personnes.

On a choisi un certain nombre d'activités pour l'instant. Ça se peut qu'on en ajoute dans les prochains jours. Mais on a dit... C'est assez évident que, dans un bar, dans un restaurant, d'être 250 dans une salle de spectacles, que ça soit à l'entrée, que ça soit même pendant, là, avec les gouttelettes dans l'air, qu'il y a un risque. Donc, on dit aux gens : Malheureusement, on est obligés de fermer ces établissements-là pendant, on l'espère, seulement 28 jours pour réduire la contagion parce que la contagion, ça amène des hospitalisations puis des décès. Donc, ce n'est quand même pas banal. Puis, si les gens sont capables d'en faire encore plus que ce qu'on a annoncé, bien, qu'ils le fassent.

M. Pilon-Larose (Hugo) : M. Arruda, quand vous parlez avec M. le premier ministre, avec les autres personnes présentes dans la cellule de crise, est-ce que vous leur prévenez déjà que, là, on vit une deuxième vague, mais il va y en avoir une troisième, peut-être une quatrième, avant la commercialisation d'un vaccin, que ce qu'on vit en ce moment, on va le revivre encore peut-être plus fortement ou non, plus de restrictions ou non? Est-ce que c'est des choses auxquelles on doit se préparer?

M. Arruda (Horacio) : Oui, on regarde... On essaie de projeter les éléments. Mais vous comprendrez aussi qu'on a des décisions à prendre à très, très court terme. Il y a beaucoup d'enjeux à très court terme. Chaque jour amène ses enjeux à regarder comme tels. Oui, on le fait. On a des rencontres, je vous dirais, même avec des experts qui viennent présenter, là, ce qui s'en vient. Mais vous comprendrez qu'avant de commencer à parler que ça peut être pire, ça peut être mieux. Avant de commencer sur la troisième... de parler de la troisième vague à tous les jours, moi, ma préoccupation, c'est de voir qu'est-ce qu'on fait en termes d'actions aujourd'hui, qu'est-ce qu'on va... qu'est-ce qui se passe dans les écoles en termes de diagnostics. Est-ce qu'on a la bonne chose? On va-tu ajuster… puis voir aussi comment la population québécoise réagit à nos recommandations.

Puis, je tiens à vous le dire, des questions, là, que vous vous posez, que la population se pose, on se les pose, nous autres aussi. Puis la logique qu'on utilise toujours, là, c'est : Actuellement, restez avec votre bulle familiale, interagissez le moins possible avec d'autres, puis, si vous le faites, faites-le à une distance importante. On a fermé des lieux qu'on considérait... qui, malheureusement, sont sacrifiés, là, puis on est très conscients... C'est pour ça qu'il y a un programme compensatoire. On a sacrifié des lieux actuellement parce que c'étaient des incitatifs à refaire des bulles.

Ça fait que, quelque part, aussi, les lois et les décrets qui sont trop précis, après ça, il n'y a plus de marge de manoeuvre pour porter un jugement sur la situation. Moi, je pense que nos policiers qui vont... où est-c'est qu'on parle des amendes, là, nos policiers vont utiliser aussi leur jugement pour ne pas punir quelqu'un qui ne savait pas… ou qu'il faut tout simplement faire un avertissement comme tel. Mais par contre là où il y aura des débordements, là où il y a vraiment, des fois, de la mauvaise, entre guillemets... pas de la mauvaise volonté, comment je pourrais dire ça, une insouciance soit organisée ou pas organisée, je pense qu'on est en devoir, pour le bien commun, d'avoir une approche plus contraignante.

M. Lacroix (Louis) : Je vais me permettre une question. M. Legault, vous disiez tout à l'heure que ça faisait deux ans aujourd'hui que vous êtes premier ministre. Est-ce que vous allez passer à l'histoire, comme premier ministre, comme étant celui qui aura annulé deux fois d'affilée la fête de l'Halloween?

M. Legault : J'espère que non.

M. Lacroix (Louis) : Mais, non, plus sérieusement, est-ce qu'il y a... Parce que c'est une question que j'ai eue à plusieurs reprises, des gens qui se demandent est-ce que ce sera, le 31, possible de passer l'Halloween ou si c'est complètement farfelu de penser que des enfants puissent passer de maison en maison.

M. Legault : Bien, il est tôt un peu, là. C'est le 31 octobre, l'Halloween. On est le 1er octobre. Il reste 30 jours. On s'est donné 28 jours, là, pour essayer de donner un grand coup puis réduire les contacts. Ça va prendre quelques semaines avant de voir les résultats. Donc, vers la fin du mois d'octobre, je vais pouvoir répondre à votre question, là, mais pour l'instant il est trop tôt pour répondre à cette question-là.

M. Lacroix (Louis) : M. Fitzgibbon, jusqu'à quel point... Ce que je comprends des mesures que vous annoncez, c'est qu'elles sont mensuelles, c'est-à-dire que, si les restaurants restent fermés plus d'un mois, ça va se reproduire par la suite. Le 90 millions dont vous parliez tout à l'heure ou près de 100 millions, c'est mensuel, là, comme impact économique, n'est-ce pas?

M. Fitzgibbon : Exact.

M. Lacroix (Louis) : Jusqu'à quel point l'économie du Québec est capable de supporter des mesures comme celles-là? Quel est le pourcentage du PIB ou quel montant maximum peut-on consacrer à maintenir des entreprises comme celles-là qu'on ferme?

M. Fitzgibbon : C'est une très bonne question. D'ailleurs, avec mon collègue Eric Girard, aux Finances, on a cette discussion-là à tous les jours. Parce qu'on a un programme, comme j'ai dit tantôt, qui est très costaud pour la relance économique. Moi, je suis très confiant. On a sept chantiers qu'on a identifiés avec le Conseil du trésor, avec l'Environnement, alors on a un programme très, très, très précis.

Entre-temps, c'est important que l'écosystème, l'infrastructure demeure. Alors, quand on parle des PME, on parle des restaurants, des bars, et ainsi de suite, c'est important qu'on ne se ramasse pas en sortie de crise puis qu'il y ait une hécatombe d'entreprises. Alors, il faut juxtaposer l'investissement pour le futur puis de permettre de maintenir nos infrastructures. Alors, 100 millions de dollars pour le mois d'octobre, c'est beaucoup d'argent. On considère, on évalue, nous... On va suivre la Santé publique, on est en réaction à la Santé publique, on ne décide de rien, à l'Économie, mais on regarde étroitement comment large peut être la fermeture d'établissements et combien de temps ça peut durer.

On espère tous que le mois d'octobre va être un mois révélateur et qu'on pourra revenir à la normale. Tant mieux si c'est le cas. Sinon, il va falloir, comme gouvernement, prendre les mesures pour assurer que l'infrastructure, largement définie, puisse être maintenue. Parce que, si on ne fait rien, qu'on va seulement au moyen terme, bien, on va décimer notre infrastructure. Alors, il faut juxtaposer les deux. Et c'est une discussion qu'on a tous les jours entre le ministère des Finances puis l'Économie.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. Dites-moi, M. le premier ministre, le premier ministre Justin Trudeau tout à l'heure a fait allusion au fait qu'il préparait un programme pour aider les entreprises, notamment dans la région métropolitaine de Montréal, mais au Québec. Quelle discussion vous avez eue avec le premier ministre fédéral? Puis à quoi devrait ressembler ou qu'est-ce que devrait comporter, comme éléments, ce futur programme fédéral selon vous?

M. Legault : J'ai effectivement discuté avec M. Trudeau il y a quelques jours. J'ai une autre discussion de prévue ce soir avec M. Trudeau. Il m'a effectivement dit que, pour ce qui est des entreprises qui sont fermées, comme les restaurants puis les bars, le gouvernement fédéral est intéressé à y contribuer. Je pense que la meilleure approche, pour le gouvernement fédéral, ça serait de s'insérer dans le programme qu'on annonce aujourd'hui, donc de partager les coûts ensemble.

M. Bergeron (Patrice) : Très bien. Et, bon, ce matin, il y a eu d'autres motions qui ont été déposées concernant, donc, la question autochtone, qui... Ça semble ébranler beaucoup la population, actuellement, et les partis ont tous participé. Est-ce qu'on peut maintenant, M. Legault, garantir aux peuples autochtones et à leurs membres que jamais des situations comme celle qu'on a vue tout récemment ne va se reproduire dans le système de santé, jamais un autochtone au Québec ne va être victime d'injustice comme ce qu'on a vu dernièrement?

M. Legault : Bien, c'est mon souhait le plus important. J'ai parlé tantôt au mari de la victime, puis c'est ce que je lui ai dit, que je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça ne se reproduise plus. Il y a des programmes actuellement sur lesquels on est en train de travailler, entre autres, pour la formation des employés dans les différents réseaux, incluant le réseau de la santé. Ça fait partie aussi des recommandations du rapport Viens. On travaille actuellement avec les différentes nations. Ce n'est pas toujours simple parce qu'il y en a beaucoup, de nations, puis à l'intérieur de chaque nation il y a des communautés aussi qui préfèrent avoir leurs propres porte-parole. Donc, on travaille sur toutes les recommandations du rapport Viens. Puis, bien, effectivement, là, on ne souhaite pas que ça arrive. Puis, déjà, on travaillait sur la formation des employés des réseaux.

Le Modérateur : François Carabin, Journal Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. Je vais revenir sur les mesures en zone rouge, rapidement. Dr Arruda, sur quelles données scientifiques s'est-on basé pour les rassemblements publics extérieurs en particulier, étant donné que jusqu'à maintenant on entendait beaucoup parler du fait qu'on la transmet, donc, par... pas par aérosol. Bon, c'est de plus en plus populaire, cette...

M. Arruda (Horacio) : Théorie? Hypothèse?

M. Carabin (François) : ...ce fait-là, cette théorie-là, merci. Mais donc sur quelles données scientifiques est-ce qu'on s'est basé? Et rapidement, juste une petite précision, les voyages en voiture, les lifts, qu'est-ce qu'on fait en zone rouge? Est-ce que c'est possible?

M. Arruda (Horacio) : Des bonnes questions. Puis je vais vous dire, le diable est dans les détails, mais il y a des bonnes questions, puis je vais essayer de vous répondre avec l'analyse que moi, je fais.

Premièrement, quand on parle de données scientifiques, là, je voudrais être au clair, là, on est dans une pandémie d'un nouveau virus, puis l'application des différentes mesures qu'on fait actuellement, là, n'a pas été étudiée de façon... avec des études contrôlées, comparatives entre tel pays puis tel pays. On est beaucoup dans de l'opinion d'experts, O.K., on est beaucoup dans du jugement d'experts, on est beaucoup dans ce qui a été fait ailleurs, comme données, des études qui démontrent peut-être certains effets, mais qui ne sont pas rigoureuses au point de vue scientifique strict. Donc, souvent, ce qu'on va dire, c'est qu'on va aller voir les situations qui sont déjà arrivées ailleurs. On essaie de voir les situations qui génèrent l'augmentation des contacts sociaux, qui ont des effets sur le type de comportement.

Par exemple, on sait très bien, là, que toutes les situations où il y a eu de l'alcool, il y a eu un relâchement des comportements des individus. Ça fait que, pour l'élément extérieur, est-ce que vous pouvez me demander... c'est : Est-ce qu'on a eu... Combien de cas... Vous pourriez me poser la question idéale que j'aimerais savoir : Combien de cas au Québec ont été générés par un rassemblement, puis par un rassemblement avec masque, puis un rassemblement pas de masque? Ça, là, ce serait, là, la science, comme on appelle... données scientifiques. Pas capable parce qu'un les gens... la question n'est pas nécessairement posée. Deux, les gens ne le rapporteraient probablement pas parce qu'ils ne voudraient pas associer ça à ça.

Ça fait que c'est sur la base, je vous dirais, là, d'une analyse des données qu'on a, à la fois quantitatives puis qualitatives. Ce que je discute aussi avec mes directeurs de santé publique, par rapport aux connaissances qu'ils ont : Qu'est-ce qui se passe avec les éclosions? Ils peuvent en avoir 25, puis c'est un cas ou deux, seulement, dans des endroits. Mais ils peuvent en avoir, à un moment donné, un bar qui va générer 50, 60, 80 cas, puis là ça va aller dans les familles, puis ça rentre dans les milieux de travail, puis etc. Ça fait que c'est un peu comme ça que le traitement est fait.

J'aimerais ça, hein... Je peux vous garantir que si on avait l'ordinateur qui nous dirait : C'est le temps de passer au rouge puis c'est clair, ma vie serait d'une beaucoup plus grande simplicité. On est en continuelle balance entre le risque de la COVID puis de l'impact de notre décision. Fermer des commerces comme on l'a fait, là, vous ne pensez pas que ça nous fait mal au coeur de le faire? Mais on le fait parce qu'on pense qu'actuellement il y a trop de transmission. Puis on va regarder, puis c'est réévalué jour après jour. Il n'y a pas de recette. Si vous cherchez la recette... Si vous l'avez, donnez-moi-la.

M. Carabin (François) : Rapidement, sur les voyages en voiture, si je devais, par exemple...

M. Arruda (Horacio) : Bon, les voyages en voiture, là, il faut... Là, je vais vous dire, bien honnêtement, idéalement pas. Mais, si vous le faites, il faut porter un couvre-visage, O.K.? Puis, si c'est un trajet... Premièrement, si vous avez des symptômes, vous n'embarquez pas avec quelqu'un d'autre, première des choses. Ça... c'est ça. Puis, si vous avez été en contact avec un cas puis que vous le savez, vous n'embarquez pas avec quelqu'un d'autre. Si la Santé publique vous a appelé... puis de vous isoler, vous ne le faites pas. Si vous êtes asymptomatique, si vous pouvez éviter d'être collé, collé, mais le plus loin possible dans la voiture, avec le port d'un couvre-visage... Si c'est votre seul moyen de transport pour aller au travail, c'est une chose. Si c'est pour aller vous amuser, c'est une autre.

Comprenez-vous, là? C'est ça aussi, là, qu'il faut être capable de balancer. On n'est pas reconfinés. Les gens ont l'impression, là, qu'on reconfine complètement. On revient à une diminution des contacts sociaux.

M. Carabin (François) : Rapidement, M. Fitzgibbon...

Le Modérateur : ...Authier en anglais. Je m'excuse, on va passer...

M. Carabin (François) : J'avais... c'était ma précision. Juste, rapidement, M. Fitzgibbon, sur le centre-ville. Qu'est-ce que vous comptez faire? Parce que, là, il y a eu trois... On a fermé une première fois. Après ça, il n'y avait plus de clients. On a refermé. Qu'est-ce qu'on fait pour le centre-ville de Montréal?

M. Fitzgibbon : Bien, écoutez, je parle à Mme Plante sur une base régulière. Alors, je pense que le programme qu'on met en place aujourd'hui va au moins permettre aux fermetures de pouvoir réouvrir un jour. C'est sûr que la clé du centre-ville de Montréal, c'est le retour dans les tours à bureaux, hein? On a 25 % qu'on permet maintenant. Alors, il faut que les employeurs soient à l'aise de demander à leurs employés de travailler dans les tours à bureaux. Ce n'est pas gouvernemental, hein? Chaque entreprise est responsable de ça. Puis, éventuellement, au niveau culturel, on a aura peut-être des événements-phares qui vont se faire. Alors, il y a des plans qu'on regarde. Mais le point le plus important, il faut ramener les gens dans les tours à bureau, et c'est plus facile à dire qu'à faire.

Le Modérateur : Phil Authier, de la Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day. A question for Mr. Arruda. Do you have now... Can you hear me? I'm a little further than usual, I know.

M. Arruda (Horacio) : I'm deaf from one ear, but I hear well from this one. So you're in the right side, that's OK. But that's true, I'm really deaf.

M. Authier (Philip) : I know, yes. You've mentioned this before. We've been here since March.

M. Arruda (Horacio) : Yes. We are friends now.

M. Authier (Philip) : Do you have a projection of what could happen in the next few weeks in terms of the number of cases and deaths? And, if so, what do they show, given the numbers keep growing every day now? Do you have a projection?

M. Arruda (Horacio) : I'm always afraid of telling numbers because you're going to say two weeks from now: You told that and that's not the case. In fact, I cannot really tell you. It will depend how our actions now are going to have an effect on the curve. You know, the curve is going not as in the spring, but is not going down. So, in fact, if... I hope, and I ask everybody to do what they're supposed to do, we will be able to reflatten that curve or at least make it going slower, because, if we had not acted, those cases that we have now, around 8,000, not 8,000, 800, 900, would become 2,000, and it can double that way. And it's why now the only way is to put the breaks by lowering socialization and contacts between persons.

M. Authier (Philip) : For my second question, M. le président, there was an incident this morning where dozens of kids walked out of class in LaSalle. They were unhappy because they're spending their day in a classroom and the windows don't open. Do you have concerns about their health in this context?

M. Arruda (Horacio) : I haven't been in that class, I don't have the details, so I just, perhaps, not want to comment on this specific situation. But I think it's important to have some ventilation and I think... Perhaps there are some issues with some schools. And we had recommended to open windows if possible. There is all kinds of strategies that could be made in the environment to make it easier. Because that's not only in the context of COVID, that could be also in the context of other things. So I think that this situation must be looked by the school, by the schoolboard, and Public Health can also help if there is a specific health issue related to that.

Le Modérateur : Cathy Senay, de CBC.

Mme Senay (Cathy) : I'll go back to the Génies en herbe on the rules in English. Are you ready? OK. We understand that, if two people go for a walk, they don't have to wear a mask if they keep the two-meter distance. Am I right with this?

M. Arruda (Horacio) : In fact... They are two people from the same place, the same...

Mme Senay (Cathy) : No, two friends.

M. Arruda (Horacio) : Two friends? Yes, but just make sure that outside you will be really always at two meters. I would suggest that they wear their mask because it's sometimes difficult to keep the two meters, you know? If they are going on the jogging, one over there and one over there, that they are not in fact together... But, as soon as you get into the two-meter zone, you have a tendency to underestimate the place. We have those plexiglasses, now, because, in fact, we are not really at two meters. We could understand that we are at two meters, but, when you take the tape, that's not two meters. So I would recommend, if you're going to jog with your neighbour, just make sure that you have very more than two meters, and use the mask, if possible, at least when you're going to be stopping, trying to talk together.

Mme Senay (Cathy) : I'm just going to ask a clarification, Louis, and then I'll go to my second question.

M. Lacroix (Louis) : We're not supposed to do that because it's one question, one...

Mme Senay (Cathy) : Jesus Christ! OK. OK, I'll go... I'll continue with the Génies en herbe. If a family organizes a playdate...

M. Arruda (Horacio) : A private?

Mme Senay (Cathy) : If you go to, like, a playground and you have two families with two children, like one child, one child, and they're in the same classroom bubble, can they play together and, you know, not necessarily respect the two-meter distance?

M. Arruda (Horacio) : I would not recommend it, you know, even if they... It's true they are in the two bubbles. You mean two families, two kids from each family go to one classroom and they are together?

Mme Senay (Cathy) :

M. Arruda (Horacio) : OK. In theory, they have been exposed another one to another one. I don't know what they've done in class. If they were in class trying to keep being… Even if there is bubbles in class, sometimes there is more distance than playing all together, you know? The risk is not zero in that perspective. I would say, nobody's going to probably give an «amende» for this. I think, in theory, it could be… but the problem is how are you going to do with the two other kids who are not from the same bubble, to not play with them together?

It's more the situation that… It's a situation that will «favoriser», that will enhance the risk of people getting together, because is it really true that you're going to be able to sit… you cannot play with the other because you are not in the same bubble, you know? It's exposing yourself, I think, to more trouble than not trouble. That's going to be my answer. You know, that, we cannot put in a «décret», that situation. There is so much situations. There is families with four fathers or… I don't know. You know, it's very complex. It's very difficult for us. But I think, in this situation, if it's done, the issue will not be probably that the two kids who work together is the impact on the others. I hope I'm clear. If I'm not, I'm not a good «génie en herbe».

Mme Senay (Cathy) : Probably not, but you can get better. I'm sure you will.

Le Modérateur : Kelly Greig, de CTV.

Mme Greig (Kelly) : Hello. I'm in Phil's spot today. I will have to unfortunately pick up on the same kind of question because there's so many… We get many questions from our viewers asking: What are the rules, can I do this, can I do this? So we have people… For example, like, gym classes that go outside. So gyms are open, but, in a park, is it a gathering? So, really, what are the rules for being outside? When is it a gathering that is a banned gathering?

M. Arruda (Horacio) : First of all, if you go to the gym, and you are going to practice in your gym, and there is distance of two meters, you don't use the showers, you don't use… you can do that activity. But, when you get out, we don't want you to stay with your friends, having a beer around the… You cannot suppose… But even water, you know, because then you are from different bubbles. You are there not for an essential issue. It's not for work. It's because you are making socialization. This is not… it's forbidden. Am I clear with this?

Mme Greig (Kelly) : But, to clarify, when is that… become a banned gathering? Is it when it is social, even though, you know, we talked about kids in parks?

M. Arruda (Horacio) : When it's social. In fact, if… «le diable est dans les détails». And I want to tell you, we are working on those issues, and there is going to be, on our Web sites, some answers of those type of questions. But suppose you are going to walk with your family, where you live with, to a park, parc du Mont-Royal, OK? Those families are always at a distance of two meters. They are not there for a meeting, they are not there for a fest, they are not there for a manifestation. This is OK because you are staying separated from the others and you are in a space where you can walk or practice your sport if you are alone.

Mme Greig (Kelly) : And so, for my second question, it's actually on the announcement of the day from M. Fitzgibbon. I'd like to talk about… for workers themselves. So, we have money for businesses, but what about for workers? Are you really letting Ottawa take care of that with the unemployment insurance, and Québec is giving nothing for workers?

M. Fitzgibbon : Yes. Well, I think I answered a question earlier that the idea here is not to duplicate. For example, on the rent side, we have a federal program to assist on rent subsidy, which… 23,000 companies in Québec benefitted from that rent subsidy. If that is to prevail, we're not going to be adding on a fixed cost on the rent. Otherwise, it will be duplication. So, there's no duplication. The principle here is that the federal Government has done a good job on the wage subsidy, for example, which will continue until June 2021. It's modulated depending on the lack of revenue. So, the subsidy on the employment side, the Federal is doing it, so we're taking care of the other fixed costs. Otherwise, it'll be duplicating, which makes no sense.

Le Modérateur : On va terminer avec Raquel Fletcher, de Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. I want to go back to the students who walked out of their school, but my question is actually for Mr. Legault. Because the students say that they walked out of their classes today because they're so overcrowded, and keeping that two meters of distance between them is impossible because the classrooms are so crowded. And they're asking for a number of modifications. But what can you say to those students and... parents and students, in general, who say they do not feel safe inside the classroom?

M. Legault : Bien, first, I don't know exactly the situation you're mentioning. So, what's the size of the classroom? Are we talking of a high school or... How old are the kids? But, right now, we're following… we follow the guidelines the Public Health. So I feel confident that the rules are OK.

Mme Fletcher (Raquel) :OK. And my second question is for Mr. Fitzgibbon, about, I don't know how to say it in English, the money that you are giving for fixed expenses. Is it enough? We've heard from the opposition parties today saying that they wanted to see more grants, less loans. You've announced $15,000. Is that enough to save these businesses, to make sure they don't go under?

M. Fitzgibbon : Listen, I mean, it's never enough, right? But there is a rigor that needs to prevail in this Government. And, as I said earlier, we're allocating $100 million. That's going to be the cost of the program. Basically, you know, 12,000 enterprises which will close, take 75 % of those at $10,000… $90 million. If you look at the average fixed expenses, if you exclude salaries, you're about $13,000. So we feel that we are hitting the average.

So, if we compensate the fixed costs for the month of October, excluding salaries, while the Federal is taking care of the wage subsidy, I think it's enough. I mean, of course, we could double that, but it would be totally a lack of rigor for us to do that.

So it's $100 million we're allocating. I feel comfortable that we are allowing these companies to survive that month. Some restaurants, bars, enterprises are facing, probably, extinction, and we're not going to put money if we don't believe they're going to get out of the doldrums. So I think it's a program that I feel extremely comfortable with in the current circumstances, and we'll have to adjust as we move forward. But, for today, I think it's a good program.

M. Legault : Merci, tout le monde.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. Fitzgibbon : Merci.

(Fin à 14 h 5)

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