Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le jeudi 29 octobre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures deux minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à cette conférence de presse du premier ministre, François Legault, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda. M. le premier ministre, je vous cède la parole.

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde. Je veux commencer... parce que demain, à partir de demain, on va commémorer l'Armistice. Et puis, tantôt, j'ai rencontré les responsables de la filiale 265 de Québec qui m'ont remis le coquelicot. Évidemment, on souhaite que le plus de Québécois possible portent le coquelicot jusqu'au 11 novembre pour se rappeler du 11 novembre 1918, la fin de la Première Guerre mondiale.

C'est peut-être une occasion de comparer les sacrifices qu'on demande aux citoyens. Vous savez, actuellement, les restaurants, les gyms, les théâtres sont fermés. On demande des sacrifices aux citoyens, mais il faut peut-être se rappeler les sacrifices qu'on a demandés aux générations précédentes pour protéger nos droits puis notre démocratie. C'était pas mal plus demandant que ce qu'on a actuellement. C'est peut-être une bonne chose, là, de profiter de l'occasion pour s'en souvenir.

Bon, aujourd'hui, on a 1 030 nouveaux cas. Donc, on reste, depuis presque un mois, sur le même plateau, autour de 1 000 cas par jour. C'est élevé, mais, en même temps, c'est sous contrôle. Puis je sais que c'est une mince consolation de regarder ce qui se passe ailleurs, mais, quand on regarde ce qui se passe dans le monde, bien, regardons juste aux États-Unis, toutes proportions gardées, bien, ils ont eu, hier, 80 000 nouveaux cas. Ça veut dire que c'est deux fois plus, toutes proportions gardées, qu'au Québec. Quand on regarde en France, nos cousins, 36 000 nouveaux cas hier. C'est cinq fois plus que nous autres, toutes proportions gardées. Puis, quand on regarde dans l'ensemble du monde, pour la première fois, on a dépassé le 500 000 nouveaux cas, donc un demi-million de nouveaux cas en 24 heures dans le monde, là. Donc, la situation est vraiment en train de s'aggraver à la grandeur de la planète.

Et revenons sur la France. La situation, on le voit ce qui peut arriver si on perd le contrôle, surtout du côté des hospitalisations. En France, c'est presque dramatique, là. On a plus de 20 000 personnes dans les hôpitaux. Donc, c'est cinq fois plus que nous autres. C'est comme si, au lieu d'en avoir 500, nous autres, dans les hôpitaux, on en avait 2 500 dans nos hôpitaux. On peut imaginer l'impact que ça a sur les autres services qui sont donnés dans le réseau de la santé.

Quand on regarde les mesures aussi qui sont annoncées, hier, le président Macron a annoncé qu'à partir de demain matin les restaurants, les bars, les gyms vont être fermés, mais il est allé plus loin que nous autres. Tous les commerces qui ne sont pas essentiels, un peu comme on l'a fait au printemps, vont être fermés en France.

Donc, pourquoi je dis ça? Parce que, d'abord, il faut que tous les Québécois, là, prennent conscience que la situation est critique. Donc, le monde ne s'en va pas dans la bonne direction pour ce qui est de la COVID-19. Et les mesures qu'on a mises en place ne sont pas plus dures au Québec qu'ailleurs dans le monde. Même, dans certains cas, c'est le contraire.

Puis je peux comprendre qu'il y a des gens qui ne sont contents. Il y a des gens qui sont frustrés. Je pense, par exemple, aux propriétaires de restaurants, les propriétaires de gyms, les clients, ce qu'ils nous disent, c'est : J'ai pris toutes les mesures nécessaires, puis là vous me fermez. Et ce qu'il faut comprendre, là, c'est que le problème, ce n'est pas les propriétaires puis ce n'est pas les efforts qui ont été faits qu'on remet en question. C'est qu'actuellement on n'a pas le choix. Si on ne veut pas voir une explosion comme on voit dans d'autres pays, comme en France, bien, il faut prévenir.

Et il y a des gens, des propriétaires qui disent : Oui, mais il n'y en a pas eu, d'éclosion dans mon restaurant, sauf que ce qu'il faut comprendre, c'est qu'avant d'aller au restaurant, avant de rentrer dans le restaurant, après être sorti du restaurant, il y a toujours un risque de contact. Et puis, je pense, moi, le premier, là, ce n'est pas encore naturel, même après huit mois, de toujours rester à deux mètres des autres personnes. Donc, sans le vouloir, là, sans être de mauvaise foi, il y a des personnes qui vont rencontrer une amie à la porte du restaurant et qui vont s'approcher à moins de deux mètres. Donc, ce qu'on veut, ce qu'on essaie de faire, c'est de réduire les contacts, mais réduire aussi les risques de contacts. Donc, c'est pour ça qu'on prend les mesures qu'on a prises.

Donc, je termine en vous disant : Oui, on a mis en place des sacrifices, des mesures. On demande aux gens… Puis ce n'est pas le fun de ne pas aller au restaurant, de ne pas aller au gym, mais il faut regarder la conséquence si on ne met pas en place ces mesures-là. Aujourd'hui, on a encore 25 nouveaux décès, là. C'est pour ça qu'on demande de faire ces sacrifices-là. Je le sais, que c'est dur, ce qu'on demande aux Québécois. Mais le seul remède qu'on a, là, c'est de s'entraider, de s'épauler et de travailler ensemble à s'en sortir ensemble. Donc, c'est ensemble qu'on va réussir à passer au travers. Et on est tous liés, encore une fois, là, les Québécois, plus que jamais.

Good afternoon, everyone. The situation in Québec remains stable, the average number of new cases remains around 1,000 per day. Elsewhere in the world, the situation is... deteriorating — not easy, this one — and critical — that's easier. So, in Europe, in the United States the number of cases is increasing very fast. It shows us how critical the situation is and how much all of our efforts over the past weeks have helped us.

For now, we've avoided the worst. But we see that, if we get too confident, the virus will come back stronger. That's why we are keeping the restrictions in red zones. So, I know it's difficult for a lot of people, but we must continue to help each other. We're all in this together. Thank you.

Le Modérateur : Merci, M. le premier ministre. Nous amorçons la période des questions avec François Carabin de Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. M. Dubé, je commencerais avec vous sur les attaques... en fait, l'attaque qui a été constatée au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal. Est-ce que vous vous attendez à d'autres attaques sur le système hospitalier québécois? Et quels effets est-ce que ça pourrait avoir sur les services aux citoyens?

M. Dubé : Bon, tout d'abord, je vous dirais que la situation peut évoluer assez rapidement. Je vais peut-être prendre juste une petite minute pour vous donner ce qu'on comprend présentement.

Il y a eu des attaques plus particulières qui ont été faites hier au CIUSSS du Centre-Ouest, et rapidement nos équipes ont réalisé qu'il y avait eu ces attaques-là, et, pour protéger les données, notamment, hospitalières de la population, la décision a été prise de fermer les systèmes. Parce que la meilleure chose à faire, la meilleure protection, lorsqu'on se rend compte que cette attaque-là, elle est importante...

Puis ce qu'on comprend, là, puis je vous dis qu'on est en train de chercher, c'est que ce n'est pas juste au Québec, là, ça serait probablement plus large que ça, l'attaque qui a été faite, comme vous le savez. Ce que je comprends aussi, c'est que ce n'est peut-être pas uniquement au CIUSSS de Centre-Ouest, là. J'entendais ce matin, avec les gens avec qui on parle, qu'il y a peut-être d'autres centres qui ont été touchés. Mais, encore une fois, l'approche que l'on prend, c'est de protéger les données personnelles.

Maintenant, ce que ça implique, c'est que ça va obliger, par exemple... Puis là je vous donne un exemple. On protège les données personnelles, on ferme le système, mais il va y avoir des rendez-vous qui vont être devoir repris parce que, là, le CLSC, par exemple, de ce CIUSSS là ne peut plus avoir accès au système pour aller vérifier le rendez-vous. Mais on trouve que c'est un petit sacrifice à faire en comparaison à la prise de données.

On a mis toute notre expertise non seulement au ministère de la Santé, puis je terminerais là-dessus, avec notre nouveau groupe, là, qui est piloté par le ministre Caire, ce qu'on appelle le groupe de cyberdéfense, pour voir aussi, en collaboration avec la GRC, tout le travail qui peut être fait pour regarder si, justement, ça dépasse les cadres du Québec. Mais je rassurerais la population, jusqu'à maintenant, là, notre lecture, c'est qu'on a décidé de fermer les systèmes pour s'assurer qu'il y avait, je dirais, un contrôle sur nos données, puis on est en train de travailler, notamment avec Microsoft, pour regarder tout l'impact que ça peut avoir et comment on fait pour garder la situation sous contrôle.

M. Carabin (François) : Merci. M. Legault, sur la sanction recommandée par la Commissaire à l'éthique par rapport au ministre de l'Économie, est-ce que, sur la faute qui est rapportée, est-ce que c'est une faute pardonnable et est-ce que vous allez demander à votre caucus de voter contre une sanction?

M. Legault : Bon, d'abord, moi, j'ai totalement confiance à la Commissaire à l'éthique, là. Ça, c'est important de le préciser. Et le ministre de l'Économie, pour moi, il a été imprudent. Il n'aurait pas dû rencontrer un ami avec des projets puis il l'a admis tantôt, en point de presse, qu'il avait été imprudent.

Maintenant, contrairement aux libéraux qui avaient voté contre le rapport de la Commissaire à l'éthique sur Pierre Paradis, moi, je vais recommander à mon caucus, puis moi personnellement, je vais voter pour le rapport de la Commissaire à l'éthique.

Maintenant, je veux quand même revenir rapidement sur le dossier. Le ministre de l'Économie a rencontré un ami qui est venu lui présenter trois projets, deux projets avec des entreprises puis un projet avec une municipalité. Les deux projets avec les entreprises ont été refusés. Le projet avec la municipalité a été accepté, mais par un autre ministre. Ce n'est pas le ministre de l'Économie qui s'en est occupé.

Et moi, ce que je veux dire, là, pour en avoir jasé avec lui, c'est qu'il était de bonne foi. Peut-être, c'est un manque d'expérience. Je vous le dis puis je lui ai dit, ce n'était pas une bonne idée de rencontrer son ami, mais le ministre de l'Économie, lui, il se dit, là : Moi, plus qu'il y a de projets, là, plus ça fait mon affaire. Moi, je suis venu en politique pour qu'on fasse exploser les projets au Québec. Ça fait que lui, il se disait : Bien, même si c'est un ami, pas un ami, tous les projets vont être évalués au mérite. Et la Commissaire à l'éthique l'a confirmé, là, il n'y a jamais été question qu'il mette de l'argent dans ses poches, qu'il y ait des avantages financiers pour le ministre de l'Économie là-dedans, là. Ça, c'est important de comprendre.

Donc, je pense qu'il était totalement de bonne foi en disant : Amenez-moi-z-en, des projets. Et, bon, je pense que, là, il a eu sa leçon. Je pense que, quand on parle de c'est quoi, la conséquence, je pense qu'il l'a déjà eue, sa conséquence. Le fait que vous en parlez dans les médias, je pense, c'est la pire réprimande qu'on ne peut pas souhaiter avoir, là, de retrouver son nom… Je pense qu'il a eu sa leçon, puis moi, je pense que, pour moi, le dossier est clos.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Donc, M. le premier ministre, on comprend que n'allez pas lui demander de démissionner ou de céder sa place. Vous le défendez bec et ongles. M. Fitzgibbon reste ministre de l'Économie?

M. Legault : Ce que je dis, c'est qu'il a été imprudent. Il n'aurait pas dû rencontrer son ami parce que, même si son ami avait des beaux projets pour le Québec, bien, c'est assez évident, là, que c'est plus facile à un ami de rencontrer un ministre que quelqu'un qui n'est pas ami. Donc, il y a un problème d'équité. C'est arrivé au début de son mandat. Je pense qu'il arrivait. Puis il a eu une belle carrière dans l'entreprise privée. Là, il venait pour servir la population, puis servir le Québec, puis il était de bonne foi. Donc, je ne dis pas qu'il a bien fait, là. Il n'aurait pas dû. Il a été imprudent. Il l'a admis, qu'il a été imprudent. Maintenant, il était de bonne foi, et, pour moi, je tourne la page.

M. Laforest (Alain) : M. le ministre de la Santé, actuellement, en Montérégie, il y a un directeur général qui est suspendu. Est-ce que c'est l'application de l'imputabilité qui vient d'arriver pour la première fois depuis le début de la pandémie?

M. Dubé : Bien, écoutez, premièrement, je veux que les gens comprennent bien que c'est une décision qui relève du P.D.G. de Montérégie-Centre. Donc, moi, je pense qu'après… Si je comprends la situation très bien, c'est qu'il y a eu une analyse de ce qui s'est passé notamment au CHSLD de Sainte-Croix. Puis, après avoir analysé les faits, il y a eu une décision qui a été prise par le ministre responsable puis... pardon, par le responsable local que nous avons mis en place. Et cette décision-là, elle s'est faite dans un contexte, effectivement, M. Laforest, de responsabilité et d'imputabilité. Puis moi, je vais respecter la décision du P.D.G..

Le Modérateur : Patrick Bellerose, Le Journal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Oui, bonjour à tous. Question pour Dr Arruda, vous avez sûrement vu... Dr Arruda?

Des voix : ...

M. Bellerose (Patrick) : Vous avez sûrement entendu, vu les propos d'Anthony Fauci, aux États-Unis, qui parle d'un retour à la normale d'ici début 2022, donc autrement dit le temps d'avoir un vaccin, d'inoculer les gens, que le virus meurt. Est-ce que vous faites la même lecture pour le Québec?

M. Arruda (Horacio) : Bien, j'espère que ça ne sera pas exactement pareil, un peu plus tôt, compte tenu de la quantité de virus qui circule chez nous, là. Il faut voir que plus on part élevé, plus ça prend du temps à diminuer. C'est sûr que tout ça va être dépendant, à mon avis, du vaccin qu'on va avoir et jusqu'à quel point le vaccin va être efficace pour prévenir les cas et les complications particulièrement chez les personnes à haut risque et chez nos travailleurs de la santé, bien entendu, qu'on va vouloir protéger.

J'ai comme l'impression aussi par contre qu'on va devoir redéfinir un certain équilibre de fonctionnement, là, dans une société qui va être capable à la fois de tolérer un certain niveau de base de cas sans mettre en péril complètement la... Mais pour ce qui est du port du masque, des mesures d'hygiène et de distanciation, je pense qu'on va être pris pour un certain moment.

Par contre, je ne pense pas qu'on va pouvoir rester en confinement total ou revenir en confinement total comme est presque en train de faire la France, là, pendant de très longues périodes parce qu'il y a des effets pervers importants. Vous savez, protéger nos écoles, c'est un élément important parce que c'est protéger aussi l'éducation de nos jeunes. Une génération, ça va, manquer trois mois d'école, là, mais manquer deux, trois ans... Particulièrement pour les clientèles les plus vulnérables, ça va être important. Donc, je pense qu'il faut placer ça en perspective et faire le maximum pour raccourcir la période comme telle. Mais le vaccin, à mon avis, ou une thérapie vont devenir des éléments clés.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, j'en comprends que quand même, pour vous, les mesures barrières vont devoir rester jusqu'à environ 2022. Est-ce qu'il y a des restrictions, certaines restrictions qui pourraient devoir rester aussi?

M. Arruda (Horacio) : Je vous dirais, tout ce qu'on va faire, c'est ce qui va permettre... Vous savez, si la société fonctionnait normalement avec toujours une distanciation de deux mètres, puis un couvre-visage, puis etc., on aurait des taux très faibles. Mais ce n'est pas ça, la réalité. Ça fait que je vous dirais juste que probablement qu'on va réapprendre à maintenir une distance plus grande avec le temps, comme on a appris à vivre avec le masque maintenant. Le masque était très mal porté au début, maintenant, de plus en plus, les gens le portent bien. Ça fait que je pense qu'on va être obligés d'en arriver à cette stabilité-là.

Mais je ne veux pas rester sans espoir. Il est possible qu'on ait un vaccin, même en sol québécois et canadien, dès le début de l'hiver, janvier, février prochains. Donc, je pense qu'il faut y aller une étape à la fois. C'est difficile de nous projeter, mais il ne faut pas non plus se raconter… en pensant que tout va être fini en juin l'année prochaine. Je pense que ça serait peut-être un peu... Entre les deux, il y a comme quelque chose à réévaluer.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : On voit, depuis une semaine, une baisse lente, mais soutenue, des hospitalisations. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ou on ne peut pas en tirer vraiment de...

M. Dubé : Écoutez, j'ai appris à être très prudent au cours des derniers mois, là. Je pense que d'avoir stabilisé, comme le disait le premier ministre, le nombre de cas à environ 1 000 cas par jour depuis plusieurs semaines, c'est à peu près normal que l'effet sur les hospitalisations… se soient aussi stabilisées. Ça fait que ça, c'est la bonne nouvelle. Puis, rappelez-vous, quand je vous parle de l'étude de l'INESSS qu'on sort une fois par semaine... démontrait ça, que, si on était capables de stabiliser les cas, qu'on aurait une certaine stabilisation dans les hospitalisations.

Donc, le modèle de l'INESSS fonctionne bien. Puis je pense que, là-dessus, on doit saluer les Québécois. Mais je le répète, par exemple, que 500 hospitalisations, c'est encore élevé parce que, dans certaines régions, comme dans la Capitale-Nationale, ça nous fait mal. Mais je crois que, si on veut se donner une marge de manoeuvre, bien, il faut le baisser en bas de 500 hospitalisations. Alors donc, c'est pour ça qu'on continue à dire aux Québécois qu'il faut respecter les mesures sanitaires. Même si on pense qu'on a gagné la moitié de l'objectif de stabiliser… dans ce contexte-là, il faudrait continuer à baisse le nombre de cas.

M. Bossé (Olivier) : On apprenait ce matin qu'il y a des patients de l'institut en santé mentale de Québec qui ont été privés de soins de base par manque de personnel à cause de la COVID. Comment c'est encore possible après huit mois de pandémie? Est-ce qu'il y avait un manque de préparation dans cette institution-là?

M. Dubé : Bien, écoutez, on a mis beaucoup d'emphase sur les CHSLD, sur les RPA, les RI. Là, on parle d'un centre hospitalier où on peut dire qu'on avait été assez bien immunisés dans la première vague. Et je pense que, dans la région de Québec, là, on voit vraiment l'effet de ce qu'on disait, qu'à un moment donné ça va finir par paraître dans les hospitalisations puis dans le réseau. Alors donc, on en a une preuve en ce moment. Moi, tout de suite, quand j'ai vu ça, j'ai demandé à ce qu'on aille faire une vérification de ce qui est vraiment arrivé parce que, s'il y a eu des gens qui ont manqué de... qui n'ont pas été assez hydratés, là, c'est assez grave. Ça fait que c'est certain que, tout de suite, quand j'ai appris ça, là, j'ai demandé au ministère de me faire un rapport puisque je vais le savoir dans les prochaines heures.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, La Presse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. Vous avez probablement pris connaissance de la lettre de 700 médecins qui dénonçaient la trop grande centralisation du réseau. Ces mêmes médecins ont aussi émis un rapport en juin qui vous a été remis. Pourquoi il y aurait encore de l'omerta dans le réseau, chez les professionnels de soins, comme on le dit actuellement? Et étiez-vous au courant des décisions qui ont été refusées dans les hôpitaux, ces décisions-là qui auraient pu sauver des vies puis qui au contraire ont causé des morts parce qu'on ne pouvait même pas poser, par exemple, des parois dans un hôpital?

M. Dubé : Écoutez, je n'ai pas pris connaissance du rapport dont vous parlez, je vais premièrement en prendre connaissance. Là, j'ai demandé aux gens de mon ministère de prendre connaissance de ce rapport-là, parce que je ne l'ai pas vu. Première chose.

Mais il y a une chose, je pense, qu'il est important de dire, c'est que le message de ces médecins-là... Puis j'ai pris connaissance de la lettre, là, comme bien des Québécois, ce matin, puis je vais faire un parallèle entre ce qu'on a fait depuis qu'on est là. C'est que la principale critique de ces 700 médecins là, c'est de dire que la réforme qui a été mise en place par les libéraux, la réforme Barrette, comme on l'appelle, elle a eu des effets excessivement négatifs dans la gestion locale. Et vous avez vu ce qu'on a fait pour remédier à ça, avec les CHSLD, on a dit : On ne peut pas continuer d'avoir cette gestion-là où les expertises locales, les décisions locales ne peuvent pas être prises. Puis l'exemple des CHSLD, on a dit : On n'a pas besoin de changer la structure, mais on doit changer la gouvernance. Puis je pense qu'on l'a montré comment c'était important d'avoir une gestion locale dans les CHSLD.

Alors, moi, vous allez me laisser prendre connaissance du rapport dont on parle, parce que moi, je ne l'ai pas vu, et, quand j'aurai pris connaissance de ce rapport-là... Parce que j'ai déjà, moi, avec mon équipe, avec la ministre... la sous-ministre responsable, Mme Savoie, on a déjà établi pas mal de discussions régulières avec les P.D.G., mais aussi avec différentes équipes médicales. Alors, moi, si ces gens-là ont des suggestions à me faire, que... je le répète qu'on n'a pas eu peur d'appliquer pour changer la gouvernance dans les CHSLD, bien, si on doit faire des ajustements au niveau par exemple des centres hospitaliers, on va les faire, mais je suis ouvert à ça. Mais l'objectif... Puis je comprends pourquoi ils sont déçus, c'est que cette réforme Barrette là, elle a énormément centralisé les décisions puis empêche une agilité au niveau local, ce que nous avons ramené au niveau des CHSLD. Puis, au besoin, on va le faire dans d'autres secteurs.

M. Bergeron (Patrice) : Justement, parlons-en, de la gouvernance locale que vous évoquez dans les CHSLD. Parce qu'eux prennent le même exemple, et ils disent : Bien, on a trouvé que c'était important nommer un directeur qui soit sur le terrain local dans le CHSLD. Pourquoi ça ne serait pas comme ça aussi dans un établissement hospitalier, dans un hôpital? Pour des hôpitaux n'ont pas de directeur, et il y en a des fois qui gère... un directeur général gère trois, quatre hôpitaux, ce qui n'a pas de sens pour eux? Ils demandent un directeur par hôpital.

M. Dubé : Mais je n'en ferai pas le procès, là, sur la place publique. Comme je vous dis, je pense que je sens très bien le sens de leur intervention, mais je voudrais être capable d'en prendre connaissance avant de prendre une position. Mais le principe d'avoir un niveau d'influence locale, on n'est pas contre ça, parce que c'est ça qu'on a voulu, c'est amener... Parce que ce qui est important que les gens comprennent, c'est, lorsqu'on amène la décision au niveau local, on amène aussi l'imputabilité. Puis vous venez de le voir, là, ce qui s'est passé en Montérégie, là.

Alors donc, moi, je suis prêt à écouter les médecins, mais il va falloir qu'on se comprenne aussi que le niveau de responsabilité amène une imputabilité aussi, puis c'est ça dont je voudrais prendre connaissance dans les suggestions qu'ils font.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui, bonjour. D'abord, M. le premier ministre, j'aimerais qu'on parle des décès. C'est 25 aujourd'hui, je crois. On parle d'une moyenne, mais, dans les derniers jours, de 17.

Il y a eu un changement très important au sujet des décès avec la deuxième vague. Lors de la première vague, c'était aux deux tiers des décès qui survenaient en CHSLD, alors qu'aujourd'hui une très grande proportion, ce sont des gens qui se trouvent à domicile. Bon, comment expliquez-vous cette situation? Est-ce que vous êtes inquiet que la santé de plusieurs personnes manifestement se détériore chez elles, alors qu'on sait ce que c'est, les soins à domicile?

M. Legault : Quand on regarde au printemps, là, on avait un certain nombre de décès, on avait un certain nombre de cas. Et, quand on regarde le ratio actuellement, bien, il y a moins de décès par cas, là, si on fait une proportion. Et je dirais, la grande différence entre cet automne puis ce printemps, c'est qu'il y a beaucoup moins de décès dans les CHSLD. J'avoue, là, que je n'ai pas les chiffres devant moi pour savoir est-ce que, dans le reste dans la société, c'est comparable, c'est plus, c'est moins au printemps. Ça, il faudrait voir, mais moi, ce que je vois, c'est une grande amélioration dans les CHSLD.

M. Chouinard (Tommy) : Mais précisément pour ceux qui sont à domicile...

M. Legault : Je ne le sais pas. Est-ce qu'on a plus, toutes proportions gardées, de décès en nombre absolu par rapport au nombre de cas?

M. Chouinard (Tommy) : Je crois que les deux tiers... Les deux tiers des décès, je pense, lors de la première vague, sauf erreur, c'était des gens de CHSLD — je regarde le Dr Arruda — alors que maintenant, la moitié des gens, les décès, c'est des gens qui vivent à domicile.

M. Legault : Oui, mais ça se peut que ça soit parce qu'il y a moins de décès dans les CHSLD que la proportion change. Mais, en nombre absolu, je ne sais pas s'il y a moins ou plus de décès ailleurs que dans les CHSLD, là.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. D'accord. Maintenant, je veux vous parler d'imputabilité puis de responsabilité, là, des thèmes dont vous nous avez beaucoup parlé, en particulier lorsque vous étiez dans l'opposition, là. Il y a le P.D.G. du CISSS de Lanaudière qui dit qu'il n'a jamais entendu parler de plaintes au sujet du traitement réservé aux autochtones à l'hôpital de Joliette. En fait, il n'a jamais... il n'a pas regardé le rapport de la commission puis il dit qu'il n'y a personne qui lui a fait rapport des problèmes qui ont été soulevés devant la commission d'enquête publique, là. Il fait porter le chapeau à une ex-employée, gestionnaire. Bon, est-ce que cet homme est toujours l'homme de la situation à la tête d'un CISSS comme Lanaudière?

M. Legault : Je vais laisser Christian répondre, mais je veux juste vous dire : Ça m'achale d'entendre ça, là, de dire… tu sais, quand on parle d'imputabilité, ça m'achale d'entendre une réponse comme ça. Maintenant, on va aller fouiller complètement le dossier. C'est le ministre de la Santé qui est en train de regarder ça.

M. Dubé : Oui. En fait, ce que moi… qui me préoccupe beaucoup plus en ce moment, là, puis ça, je pense, ça va répondre en partie à votre question, puis j'en ai parlé beaucoup avec Ian Lafrenière dans les derniers jours, c'est de rétablir le lien de confiance qu'il y a entre la communauté attikamek, particulièrement à l'hôpital de Joliette, et la direction de l'établissement. Le lien de confiance, là, il est carrément brisé, puis la population attikamek n'a pas confiance. Alors, moi, pour moi, là, le premier dossier important avec Ian Lafrenière, c'est d'essayer de rétablir ce lien de confiance là, premièrement.

On pose en ce moment des actions très, très concrètes. On a commencé à travailler sur la formation. On a regardé qu'est-ce qui pouvait être fait dans des gestes encore plus importants, notamment avec ce qu'on peut faire pour la cité des autochtones. Il y a des choses qui étaient en cours, qu'on veut accélérer. J'ai rencontré, avec M. Lafrenière, je pense, au moins trois fois le chef au cours des dernières semaines. Donc, on est vraiment en action. Ils ont été très clairs qu'ils avaient perdu confiance dans la direction.

Alors, ça va faire partie des éléments qu'on va considérer au cours des prochains jours. Mais, encore une fois, je le répète, là, c'est par nos actions… Puis moi, je... Il y a un plan qui a été développé par le P.D.G. actuel. Son défi, ça va être de le réaliser. Mais moi, je vais faire une analyse, clairement. Est-ce qu'il va être capable d'implanter le plan? Première chose. Puis, deuxièmement, est-ce qu'on va être capables de rétablir la confiance qu'il y a entre la direction de l'institution…

M. Chouinard (Tommy) : Vous le rencontrez? J'essaie de comprendre exactement les mesures que vous prenez à l'égard du P.D.G., là. Y a-t-il une mesure particulière ou vous le laissez là?

M. Dubé : Bien, en ce moment, ce qu'on va faire... Bien, écoutez, on a pris connaissance aussi de ces déclarations dans les derniers jours, alors je pense que... Mais, encore une fois, je le répète, là, il faut prendre les faits comme il faut. Alors, dans les derniers jours, il y a eu des déclarations qui ont été faites des deux côtés, hein, de cette ex-employée-là et du P.D.G.. J'ai entendu aussi des commentaires de la part des chefs attikameks. Alors donc on est en train, avec Ian Lafrenière, de mettre tous ces points-là ensemble. Et je le répète, là, je le répète, il faut s'assurer qu'on a les bonnes personnes pour rétablir le lien avec la communauté.

Le Modérateur : Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui. Bonjour. Je voudrais savoir, concernant les tests rapides, pourquoi est-ce qu'on prend autant de temps à savoir comment les utiliser. Je comprends qu'on veut bien les utiliser, je comprends qu'il y a des précautions à prendre, mais, en même temps, le processus en tant que tel n'est pas aussi rapide qu'il devrait l'être, non?

M. Dubé : Bien, écoutez, vous me connaissez, moi, ça ne va jamais assez vite. Mais j'aimerais ça peut-être qu'on prenne... Parce que j'ai posé beaucoup de questions parce qu'il faut bien comprendre quel est le contexte, puis je vais prendre une minute pour répondre. Pour moi, ça se répond en trois blocs.

Premièrement, il fallait les avoir, les tests, hein? On le savait... ils savaient qu'ils s'en venaient. Il y a deux types de tests. Mais il faut avoir aussi l'équipement qui va avec, on s'entend. Parce que les tests, ces tests rapides là ne se font pas avec le même équipement, pour une partie. Il y en a qui se font avec le même équipement, mais il y en a d'autres que ça prend un équipement spécial. Ces tests-là, il en arrive cette semaine puis il va en arriver d'autres dans les prochaines semaines.

Les conditions dans lesquelles ces tests-là fonctionnent, ça, c'est mon deuxième point. Donc, il fallait qu'ils arrivent, premièrement. Deuxièmement, les conditions dans lesquelles ils vont fonctionner sont très différentes — je vous donne un exemple — parce qu'ils ne sont pas aussi précis que les tests beaucoup plus sophistiqués qu'on fait présentement. Il faut que la charge virale soit beaucoup plus importante. Alors donc on ne pourrait pas les prendre pour faire n'importe quel genre de test comme on fait présentement. Ça, c'est un élément excessivement important, puis je vais revenir dans mon troisième point.

Ces tests-là, par contre, ont l'avantage de pouvoir se faire très rapidement et d'avoir la réponse très rapidement. Ça fait que, lorsqu'on comprend ça... Nous, on a demandé à un comité d'experts qui est mené par un médecin, il nous a dit : Voici les conditions gagnantes pour utiliser ça pendant qu'on les attend, et maintenant, voici, on va vous les envoyer. Alors, on est prêts à faire ça, là, mais il s'agissait de les avoir.

Maintenant, les conditions gagnantes où ça va bien aller, c'est, par exemple... Prenons l'exemple d'une urgence, O.K.? Lorsqu'on a à faire le tri de quelqu'un qui est symptomatique, donc, la charge virale est importante, bien là, au lieu d'attendre le fameux 24 heures ou 48 heures, c'est des tests à bas volume, on pourrait le faire à l'urgence directement.

Alors, c'est pour ça que c'est un petit peu plus compliqué que de dire : On reçoit des tests puis on met ça dans la machine à saucisses. C'est très différent, donc, des conditions différentes, des applications différentes parce qu'on va pouvoir les faire... Puis je pense que le plus bel exemple d'application, c'est dans la communauté autochtone où les volumes sont très petits. On est loin des centres de dépistage. On est loin des centres de tests. Donc, vous voyez un peu toute la mécanique qu'il y a eu à faire.

Alors, moi, ce que j'ai demandé au ministère, c'est de me faire une stratégie de déploiement maintenant que les tests arrivent, que les équipements sont là, pour être sûr qu'on maximise… Je vais appeler ça de la complémentarité. Vous savez, on fait 25 000 à 30 000 tests par jour de façon conventionnelle. Là, avec les tests qu'on a reçus, on va commencer à 500 par jour, 1 000 par jour, 2 000 par jour, et on va essayer de trouver la meilleure façon de trouver, pour le bon patient, pour le bon endroit, comment ces tests-là vont monter en... On va en avoir à peu près 200 000. Ça veut dire qu'on peut peut-être monter à 5 000 par jour.

Mais vous voyez un peu que ce n'est pas si facile que ça à décider, mais on est prêts. On a pris les bonnes décisions. On comprend bien l'équipement qu'on avait besoin. On a commandé l'équipement, puis là on va pouvoir avoir une stratégie de déploiement qui va commencer la semaine prochaine.

Mme Prince (Véronique) : Ma deuxième question, c'est pour M. Legault. En fait, je vais relayer une question de mes collègues de Radio-Canada, Québec, qui veulent savoir... Je vais la lire, là. Le gouvernement Trudeau vous accuse de faire de la petite politique sur le dos de l'environnement en demandant l'accélération du projet d'agrandissement du port de Québec. On dit que vous devriez vous concentrer sur le dossier du tramway.

M. Legault : Bon, écoutez, il y a un projet très important à Québec, là. Puis on parle de 1 200 emplois bien payés pendant la construction puis, par la suite, 1 000 emplois bien payés, là, pendant l'exploitation. On parle d'un bail de 60 ans. Ce qu'on comprend, parce que le ministre de l'Économie a envoyé une lettre à son homologue à Ottawa le 9 juin 2020, on n'a toujours pas de réponse, c'est qu'il y a un enjeu parce que, supposément, la compagnie Hutchison est une compagnie chinoise. Par contre, le propriétaire principal, c'est un Canadien, un résident canadien. Et, bon, on n'a pas de réponse d'Ottawa depuis le 9 juin. 1 000 emplois payants, là, on parle d'emplois à plus de 60 000 $ par année, on aimerait avoir une réponse. M. Duclos a dit des choses par rapport justement au contrôle chinois, mais le problème semble être là.

Il y a un problème aussi... Il y avait un problème avec le bar rayé, le poisson, mais le ministère de Pierre Dufour a comme convenu, là, qu'il ne va plus faire ces recommandations-là parce qu'il calcule que ce n'est plus une espèce en voie de disparition. Ça fait que le problème, c'est vraiment, là : est-ce que le gouvernement fédéral est prêt à accepter cet investissement-là? Et, bien, on attend après une réponse d'Ottawa.

Le Modérateur : Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour à vous trois. Est-ce que vous avez émis une directive nationale pour que les directeurs de santé publique cessent d'appeler les contacts de cas qui sont à risque modéré et confié cette tâche-là aux cas eux-mêmes?

M. Arruda (Horacio) : On n'a pas émis de directive nationale. Si vous me permettez, il y a eu des discussions entre les directeurs compte tenu de leur capacité de faire le «tracing» ne tenait pas, et ça pouvait être une stratégie qui avait été utilisée ailleurs, même ailleurs au Canada, et qui a été discutée entre eux. Mais ce que je tiens à vous dire, c'est que, depuis ce temps-là, on est en train d'augmenter la capacité des enquêtes, on a doublé celle-ci. On est dans un processus pour l'augmenter pour revenir à faire effectivement un traçage direct avec un appel aux contacts.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous menez encore une campagne de recrutement. On parle du traçage depuis au moins le mois de mai. Pourquoi on est encore à essayer de gonfler les troupes?

M. Arruda (Horacio) : Parce qu'au printemps il faut comprendre qu'on avait beaucoup de ressources qui étaient, dans le contexte du déconfinement, professionnelles, par exemple, des étudiants en médecine, plein de ressources qui étaient présentes, qui sont venues aussi de Je contribue. Ces personnes-là sont retournées en fonction, et puis là, maintenant, on est en train de former d'autres personnes pour les enquêtes pour être capables de les stabiliser. Il y a… Comme je vous l'ai dit aussi, on se souvient, à la première vague, il y avait beaucoup d'éclosions dans les CHSLD. Chaque cas entraînait deux, trois contacts, où on pouvait en contrôler un milieu, alors qu'on s'est retrouvés dans des situations d'éclosions, où, pour une personne, on pourrait avoir 70 contacts. Donc, ça nécessitait encore plus de personnes.

L'autre élément, c'est que les gens travaillent beaucoup actuellement, sept jours sur sept, souvent, puis ce qu'on veut être capables de faire, c'est pour leur permettre de revenir à une vie un peu plus, entre guillemets, normale et acceptable, surtout si on se remet à avoir énormément de cas. On est toujours en train de recruter.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : …combien de personnes?

M. Arruda (Horacio) : Actuellement, on a passé de 800 à, je vous dirais, pas loin de 1 600, du double. Moi personnellement, en termes de capacité potentielle, j'aimerais ça qu'on puisse éventuellement monter autour de 3 000. Même si on n'utilise pas ces personnes-là, on aura un bassin de personnes formées. C'est sûr que, quand je dis des chiffres comme ça, il faut que je fasse attention, là. Mais, quand je vois ce qui se passe ailleurs dans d'autres pays, j'essaie de me dire : Il faut qu'on s'organise à l'avance si c'est possible. Mais je sens que vous allez me poser la question dans deux mois si on est rendus à 3 000. Je n'aurais peut-être pas dû donner de chiffre, mais je le dis quand même, là, je pense qu'il faut se donner une capacité pour être capables aussi de laisser les gens se reposer parce qu'ils travaillent jour et nuit, là, très souvent.

Le Modérateur : Merci. C'est bien noté, Dr Arruda. Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, Dr Arruda.

M. Legault, bon, vous avez évoqué tout à l'heure la situation en France. Vous avez vu qu'hier M. Macron a pris des mesures assez importantes pour refermer l'économie à partir de demain. Vous avez donné, vous, un nouveau délai, si on veut, une nouvelle fenêtre de 30 jours, puis vous avez dit : Si, dans 15 jours, ça ne s'améliore pas, on verra ce qu'on... ou ça s'améliore, on pourra peut-être rouvrir certaines choses. Si ça ne s'améliore pas, si, dans 15 jours, on est encore à 1 000 cas, est-ce que vous envisagez d'autres mesures peut-être plus contraignantes au Québec, là, un peu à l'image de ce qu'on avait peut-être au printemps? Est-ce que vous songez à refermer certaines parties de l'économie à court ou moyen terme? Autrement dit, est-ce que vous avez, dans votre besace, là, des moyens plus sévères d'essayer de contrôler la situation?

M. Dubé : …commencer en vous disant : Je ne suis pas l'expert. Je vais vous laisser M. Arruda… Mais il y a deux choses que j'aimerais vous mentionner, à vous puis aux Québécois, pendant qu'on... puis surtout à l'arrivée du mois de novembre, là, qui est à nos portes, là. Il faut penser au changement de température. Puis je pense que le mois de novembre est très important pour tester ce qui va se passer dans l'hiver.

J'ai eu la chance cette semaine de parler au ministre de la Santé français, qui vit une période très, très difficile et qui m'a expliqué... On discutait un peu de nos différentes mesures puis on comparait nos notes. Mais ce qu'il me disait de faire très attention, c'est au changement de température parce que le changement de température, ce n'est pas tellement son impact sur le virus… Puis je veux faire attention comment je le dis, là, je ne suis pas un expert, mais ce qu'on se rend compte, c'est qu'avec le froid les gens, c'est sûr qu'ils ne sont plus sur les terrasses, ils s'en vont en dedans. Puis, quand on va en dedans, l'air est plus sec. Les restaurants, mais même les maisons, sont moins ventilés. L'air est plus sec. Le virus a tendance à se répandre beaucoup plus facilement… à ce que je comprends, le Dr Arruda me l'a expliqué, le Dr Massé, là, se répand beaucoup plus facilement dans un environnement sec. Alors, ce qu'on voit en Europe en ce moment, il y a un lien avec la température.

Alors, moi, je vous dis, puis on en a discuté beaucoup… Je pense que le mois de novembre est un très beau test pour nous. On l'a, ce changement de température là. Hier, là, il neigeait à Québec, hein? On a tous été un peu surpris. Alors, je pense que, pour répondre à votre question, je vous dirais qu'on a un beau test. Avant de penser au changement de mesure, là, comment on va faire pour continuer à contrôler cette vague-là pour ne pas qu'on vive l'Europe? Et, si on est capables dans le mois de novembre non seulement de contrôler, ce qu'on a fait, là, maintenant, mais de baisser puis se créer la fameuse marge de manoeuvre qu'on a besoin, bien, moi, je pense qu'on va avoir tout un beau succès. Mais je vous le dis, là, le mois de novembre, le changement de température, le fait que les gens vont être plus à l'intérieur, c'est vraiment un beau test pour les Québécois dans les prochaines semaines.

M. Lacroix (Louis) : O.K. Alors, en fonction de ce que vous venez d'expliquer, ce changement de température, climat plus sec, virus peut-être plus virulent dans ces conditions-là, ce n'est pas un peu illusoire de penser qu'on va être capables d'améliorer la situation, alors que, comme vous venez de l'expliquer si savamment, la température froide va faire en sorte qu'il va y avoir davantage de gens à l'intérieur? Alors, j'essaie de concilier les deux. Comment vous pouvez, autrement dit, penser que ça va s'améliorer, alors que vous entrevoyez qu'il va y avoir davantage de risques pour les gens parce qu'ils vont être à l'intérieur dans un climat plus propice à la propagation?

M. Dubé : Alors... puis je laisserai au Dr Arruda compléter, mais je vous dirais une chose. Il y a un environnement de mesures sanitaires qui vont nous permettre de gagner contre ça. Parce que lorsque les gens respectent les principes de distanciation lorsqu'ils s'en vont à l'intérieur, lorsqu'on n'a pas ce qu'on appelle de contacts significatifs, lorsqu'on est capables de dire qu'on protège, qu'on garde notre masque, que ce soit... Parce qu'on en a, des endroits où on dit aux gens : Bien, vous pouvez aller travailler, vous pouvez aller à l'école. C'est de ça dont vous me parlez. Comment on va faire pour bien respecter les mesures de distanciation quand il va y avoir encore plus de personnes à l'intérieur? Mais ces mesures-là, on doit les suivre.

Alors, moi, je pense qu'un et l'autre sont compatibles. Mais c'est pour ça qu'on insiste autant pour que les gens respectent les mesures de distanciation. Parce que lorsqu'on passe à l'intérieur, c'est plus facile de baisser la garde, c'est plus facile d'être ensemble puis de se dire... Puis je vous donne un exemple rapidement. En santé, hein, on a des travailleurs en ce moment, puis je vais en parler avec les centrales syndicales dans les prochains jours, c'est quand on... Les gens le font... Puis je vous l'ai répété souvent, où on a des éclosions en ce moment, c'est parce que les gens, bien, ils ne vont pas dehors prendre une marche, ils vont prendre leur pause ensemble entre employés à l'intérieur.

Ça va être de plus en plus sec pour les raisons que je vous ai expliquées. Donc, c'est là que les mesures sanitaires doivent être encore plus appliquées. Et c'est ça qu'on va demander à nos employés, notamment en santé, de faire très attention. Puis on va avoir ces discussions-là avec les centrales syndicales pour nous aider dans les communications avec nos employés.

Le Modérateur : Nous allons passer aux questions en anglais avec Kelly Greig, CTV.

Mme Greig (Kelly) : I'm just going to follow-up on that actually. So, from what you're saying, it sounds like November could be a test for Quebeckers. But, certainly, November is really the start of the cold weather. So I guess what you're saying is you can expect these measures to continue throughout the winter, into warmer times. But can you outline some of the dangers about being inside specifically in wintertime?

M. Dubé : Dr Arruda, you want to give some examples?

M. Arruda (Horacio) : Yes. In fact, you know that being... When you get outside, there is air, there is less probability you're going to be two meters... under two meters. When you get inside a house, if you do parties inside, the risk of getting on less that two meters, the risk of contaminating ourselves is there. And also, in winter, we heat the house. The air is more... less humid, and, with less humidity, the projections of... will go further than if there is high humidity that will bring the «gouttelettes» downstairs.

So what is important is that to make sure that, in this period, we don't try to overcrowd houses. It's why we don't want people to meet and have parties, actually, because then the risk is very high. You know, even outside with a barbecue this summer, we had people who got infected. So imagine if you put that person inside of the house, the risk is higher. And, as any other infectious disease from respiratory… wintertime is a bigger spread of infections. That's true for those viruses and it's also true for the gastro ones. We see, each Christmas, epidemics of those kinds of viruses.

Mme Greig (Kelly) : My second question is for Mr. Legault. In the past day, you retweeted two tweets that suggested that Ontario might be underreporting its deaths based on data about cremations in Ontario. What message are you trying to send? Do you think Ontario is underreporting its deaths?

M. Legault : What I say is that we have to be prudent. I don't like at all to hear Ms. Anglade, every day, saying Québec was the worst place in the world for the first wave and Québec is the worst place in the world for the second wave. First, we have to look at what's happening in the United States, in Europe, not only in the rest of Canada. Second, I've read this report. What this report is showing is that, until June 30th, when you look at the cremations, OK, we know that about 70% of the people are getting cremations, when you compare the number of deaths with the average of the preceding three years, there's a lot more deaths than what was reported for deaths of COVID-19. So, I'm just saying : Be prudent, be prudent.

Mme Greig (Kelly) : But do you doubt...

M. Legault : I'm very anxious to see the real figures about over mortality because... And I'm asking that about every week to those two guys : Did you get some information from Ontario about over deaths? So far, we don't have that, but we have this study about cremations showing that there were a few thousand deaths more than what was reported.

Mme Greig (Kelly) : So do you doubt Ontario's numbers?

M. Legault : I'm just saying : Be prudent before... When I hear everyday Mrs. Anglade saying, like : It's a proof and it's certain that we were worse than other places, I just say to Mrs. Anglade : Be careful, be careful.

M. Arruda (Horacio) : I may add something. It's well known that when you want to compare death rates in between countries, in between provinces, even if we have systems of detecting it, you know, the definition of cases, some doctors will associate the disease first, as in Québec. Anytime somebody... even if they die from a cancer or another disease, if they've got COVID-19, there's going to be count as COVID-19. That's not necessarily the case everywhere. And even if I give that orientation in Québec, compared to Ontario, in the field, things can be different.

So when you want to compare different death rates... And it takes time because you die, the diagnosis can be changing, you know? It's not a pure diagnosis you get that day, and that's finished. Sometimes, you need to have an autopsy, sometimes they need to have tests, the tests are negative, so it's no more a case.

The only very good way to compare, it's to look at surmortality in a specific period. And that's true for France, that's true for... And the systems are not the same sensibility. Even if you got the... case definition, in fact, the sensibility or specificity can be very different for one place. And to be able to compare, because we cannot make sure that those differences are what they are, we are looking for surmortality.

And what I'm saying that we're going to see, perhaps Québec has more, but perhaps the level is less than what we think because we have... It's like we do that for, I would say, heat waves in summer, OK? Some provinces wait to have the report of the coroner, and we, as soon as there is a death in those periods, we calculated as heatwave symptoms. So you're going to see big numbers in Québec compared to other provinces. I'm not telling that it's not true, but that's the way… and you will see those data being published in the next months.

M. Legault : And I would add that maybe, in a way, the differences coming from Québec… Because I know we've discussed that last spring, and I remember, it was a long time ago, when I was Minister of Health, Québec has the reputation of putting more than less. It's true for all sickness. I remember a study about the deaths following the fact that the weather was too hot. We are very fast to say : It's because of that. I think it's correct, but we are… Comment qu'on dit ça, plus catholique que le pape?

Une voix :

M. Legault : More Catholic than the pope, in Québec, and we have this reputation since many, many years because I'm talking about when I was Minister of Health Care.

M. Arruda (Horacio) :  …we want to intervene. Even if it's not a real case, if there is a risk that it's one case, we then can intervene, you know? It's why we use that way because we don't do those vigilant systems for statistics or to be compared, we do that because we want to intervene where there is a problem.

Le Modérateur : Merci. Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon to all of you. Mr. Legault, I was surprised to hear your decision regarding Mr. Fitzgibbon and the Ethics Commissioner's report… recommendation for this sanction so quickly. So, basically, you know exactly… Mr. Fitzgibbon is a businessman. You understand totally his own approach. But then you're saying to your own caucus, to your own team : The Ethics Commissioner, this institution, is more important.

M. Legault : Is what?

Mme Senay (Cathy) : Is more important, in a sense. You cannot break the rule.

M. Legault : Of course. You know how important it is for me, the ethics. You must remember that, when I was in the opposition, I threw out two guys, two MNAs out of the caucus because I was not happy of their ethic behavior. So I had the report at about 8 :30 last night and I was very mad, but I think that the explanation I got is that our Minister of Economy, he wants to get as many projects as he can, alright? So, receiving projects from a friend, he said : I will study the project like if it wasn't coming from a friend. And in fact, what happened is that between the three projects, two of them were refused and the only one that was accepted was about that municipality, and it was accepted by another minister. So, I think the intention... he did it in good faith, but you cannot meet a friend who wants to present you some projects before all the requests we get everyday. But it's a question also of experience.

Mme Senay (Cathy) : OK. And my second question is... A colleague is working on this Montréal area teacher that had taken an unpaid sabbatical to care for her seven-year-old who is doing distance learning, because she has a heart condition and she is immunocompromised. So, we hear you talking about teleworking. Some were just wondering how come the Government is not pushing more for teachers to basically do that type of teleworking when they do have this type of situation at home? Because now she has to take a sabbatical, unpaid sabbatical.

M. Legault : OK. First, you understand that we don't have extra teachers that many in Québec. In fact, it's the opposite, we have a shortage of teachers right now. So, we have to choose. Do we want them to be in the classrooms or not? And we choose to put them in classrooms. Of course, we have about 1,000 classrooms that are closed. So, these teachers, they have to teach with new ways to do doing that. For secondary III, IV, V, it's one day out of two. So, they have to use... And that is why yesterday we decided to give three days of training to the teachers, in order that they'll be better trained using not only Teams and Zoom, but also having exchanges with students that are at home. But we cannot and we don't wantteachers to choose first to do video teaching. We prefer that our children be in the classrooms.

Mme Senay (Cathy) : Thank you. Merci.

Le Modérateur : Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good afternoon. Good day. A little question for Dr. Arruda, if you could elaborate on your comments on when a possible vaccine would be here. You're saying January or February, we might have a vaccine in Québec and Canada, and where would that vaccine be coming from?

M. Arruda (Horacio) : First of all, there is a... It's always a hypothesis. From what I heard from the different informations we get, there is vaccines that are being produced in contract with the canadian... because the vaccine is going to be shared by provinces from contracts that are going to be made at the federal level. There is some different contracts. I don't have the specific information of which company is going to give it because that's confidential information for different purposes.

But they project us that, at the beginning of the winter, January, February or March, there's going to be some doses that will be available in Canada. But we understand that it doesn't mean that we can vaccinate in one month all the population because the doses are not going to be there for everybody. We will go witH, nationally and, I would say, provincially also, deciding which people will receive those first doses, the ones for which it's going to be secure, the ones for which it's going to be effective. And it's clear that probably, as on other programs we did before, health care workers and high-risk people will receive the vaccine first.

M. Authier (Philip) : OK. Thank you. And, for Minister Dubé, last week, we were talking that most of the new cases that were being detected, you said 46% were in the workplace. Today, after three, four more weeks of lockdown, what is driving new contaminations? Where is it moving?

M. Dubé : First, I would like Dr. Arruda to make a precision because, last week, what was said was the number of outbreaks versus the number of cases. The statistic that was given, Mr. Authier, is that there were roughly 45%, 46% of outbreaks being in the workplace, but they generate, and I'll give you a percentage that Dr. Arruda can confirm… can be in a range of 15% to 20% of cases because the outbreaks in the workplace generate less cases sometimes. So the proportion of outbreaks versus cases can be quite different.

But maybe Dr. Arruda can just give you some more information on that.

M. Arruda (Horacio) : That's the case. You can have more outbreaks, but with less cases. In fact, there is more outbreaks because there is more industries and everything. So it's 48 % of the outbreaks, but they generate 12 % of the cases. The places where we have more cases are still, I would say, in long term care facilities and CHSLDs. It's 19 %. And if we look at the different places, it's in industries, manufacturing, «commerce de détail», big, big «commerces», that's all kinds... In all kinds of sectors of activities, there is some outbreaks. It's clear, like in the «abattoirs», there is places where there is conditions where there is big outbreaks. That's well known. But some outbreaks will have only two cases, three cases, but they are diffused in all the sectors of activity. Anywhere opened to the society, opened to the community, transmission can have cases, but most of the time they are well controlled by teams of Public Health and CNESST. They are taken into control.

M. Dubé : Can I just add one point on that? This is important and we're working really hard on that. When we give you those percentages, I think we need to realize that we should give you a range. And I think we'll go, over the next few days... and I committed to that, that we'll give more information on the number of outbreaks and the number of cases that were originated. Because, as you know, when we test and when we trace, we're never sure that this... that person, where it has been contacted, really. Because they can say : Well, I was in this restaurant, or I was at work, or I was... but you never know exactly where that person... So I would just take...

And I know this is maybe frustrating, but we cannot be precise as to... We can be precise, the number of outbreaks, but when we split them into cases and by «milieux» or by sectors, this is where we should give you ranges. And that's what we'll do, over the next few weeks, just to give you more information.

M. Arruda (Horacio) : ...you can have cases... outbreaks, you've got cases and then you've got contacts. There is places when you only have three contacts, it's easy to control. But, when there is a place where you have 100 contacts, you know what makes the difference? So outbreaks, cases and the contacts that we must contact to make sure and test... or if it's significant.

Le Modérateur : Les deux dernières questions de la conférence de presse, Raquel Fletcher, Global News.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. I have a question about people not getting tested in, you know, certain marginalised neighborhoods, for instance, because they don't want to miss work. And this is still an issue that the federal Government has, you know, said that they're going to do something about, but it seems to still be an issue in some neighborhoods. Are you concerned about in the health system or population in general, I just in… because that's different dealing with our employees being tested or in general.

Mme Fletcher (Raquel) : No, no, I just mean in general, people aren't getting tested because they don't want to miss work and they don't want to lose...

M. Dubé : Oh! I see. Well…

Mme Fletcher (Raquel) : You've been talking about this for a long time, so that's why I'm wondering why there hasn't been some solution yet.

M. Dubé : Well, I think... and I'll leave that to... but we're been very clear that somebody that wants to get tested, that should not be a reason for dismissal at work at all. So, if people cannot get or don't have the breaks from the employer to make sure they get tested and act accordingly, they should tell us because, I mean, we said all the time that the health was more important than the work, to be clear.

Mme Fletcher (Raquel) : My next question is also about the letter from the 700 doctors, and I wanted to know what your reaction was to that when you read that and what needs to be changed.

M. Dubé : Well, I was very clear that I was not surprised because what the doctors are saying is the reform that was done by Dr. Barrette has been a reform of centralization, and I don't think that's the appropriate way to deal with local authorities in some cases. We have proven, with the decision that we have made in CHSLDs, that we wanted to have local management, local management that can be imputable and can be responsible. What the doctors are asking is a bit different, but they want also... They say that they cannot have the decisions sometimes that they could do. It's a bit more complicated because you're not dealing with only one CHSLD, but you're dealing with different departments. You're dealing with an institution that is a lot more complex. But I said clearly that I will take note of their report. I haven't read the report that they're talking about. I'll read it. But, if there is a philosophy of us, it's clear, imputability needs to go also with responsibility. So, if they want to be more imputable, they need to be more responsible, and I think...

Mme Fletcher (Raquel) : Accountable?

M. Dubé : I'm sorry?

Mme Fletcher (Raquel) : Accountable?

M. Dubé : Accountable, thank you. And that's what we've done with CHSLDs. And we have a good example of what happened in Montérégie this morning.

M. Legault : And I would add that, even in the private sector, this approach of decentralization in exchange of accountability is better seen by the best managers. So it's not only in public sector. And I like the word «accountable», it's even better. We don't have the equivalent in French. But I like people to be accountable, to account.

Merci, tout le monde.

Le Modérateur : Merci. Soyez prudents.

(Fin à 14 h 10)

Participants


Document(s) associé(s)