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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 3 novembre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures une minute)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à ce point de presse du premier ministre François Legault. M. Legault est accompagné aujourd'hui du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

M. le chef du gouvernement, la parole est à vous.

M. Legault : Oui, merci. Bonjour, tout le monde. Écoutez, quand on regarde la situation, entre autres la situation concernant le nombre de cas quotidien, on voit que la situation est stable depuis cinq semaines. Donc, on est dans une moyenne autour de 1 000 nouveaux cas à chaque jour. Par contre, quand on décortique les régions une par une, on voit qu'à certains endroits il y a des grosses améliorations, mais à certains endroits, à d'autres endroits, il y a des détériorations.

Donc, prenons, par exemple, la région de Québec, ici, la Capitale-Nationale. On peut dire qu'au cours des dernières semaines, à part Charlevoix, là, il reste un problème à Charlevoix, mais dans tout le reste de la Capitale-Nationale, la situation s'est beaucoup améliorée. À Québec... à Montréal, pardon, ça s'est stabilisé. Au cours des dernières semaines, il y a eu une petite diminution, mais ça s'est stabilisé.

Par contre, il y a deux régions qui se sont beaucoup détériorées : le Saguenay—Lac-Saint-Jean et Lanaudière-Nord. Vous voyez, là, Christian a aussi des graphiques pour chacune des régions, mais ce qu'on voit , prenons les régions une par une, Saguenay—Lac-Saint-Jean, il y a comme deux endroits, là, où vraiment il y a une progression importante. Il y a Lac-Saint-Jean-Est, là, autour d'Alma, où il y a même des éclosions à l'hôpital, là-bas, puis il y a Jonquière où, là aussi, il y a une grosse augmentation. Donc, on a un problème, là, depuis quelques semaines avec le Saguenay—Lac-Saint-Jean.

L'autre région, c'est Lanaudière-Nord. Rappelez-vous, durant la première vague, on avait surtout des problèmes avec Lanaudière-Sud, qui était un peu du débordement de Montréal. Là, la situation s'améliore dans Lanaudière-Sud, mais il y a un gros problème dans Lanaudière-Nord, entre autres autour de Joliette, là. Je sais qu'il y a eu, entre autres, un problème avec un bingo, mais c'est plus que ça. Il y a vraiment, là, dans le nord de Lanaudière, un problème.

Donc, je veux demander, entre autres aux citoyens de ces deux régions, Saguenay—Lac-Saint-Jean puis Lanaudière-Nord, de porter une attention spéciale à la réduction de vos contacts. Donc, les règles sont toujours les mêmes, on reste à deux mètres, on porte un masque quand on va à l'intérieur, dans les commerces, on est prudents. Donc, c'est très important, là, parce que, si on n'avait pas eu ces augmentations-là dans Lanaudière-Nord puis Saguenay—Lac-Saint-Jean, on aurait vu une baisse moyenne du nombre de cas.

Bon, si on regarde du côté des hospitalisations et des décès, bon, il y a une forte augmentation aujourd'hui, mais là ça faisait un certain nombre de jours qu'on avait, du côté des hospitalisations, une diminution. Si on regarde un peu le bilan de la deuxième vague... Bon, puis là, si on veut se comparer avec d'autres régions, nous, on l'a mise au 1er septembre. Donc, si on regarde la situation depuis le 1er septembre, allons du côté des décès, au Québec, on a eu, au cumulatif, 61 décès par million d'habitants au Québec depuis le 1er septembre.

C'est important parce qu'il faut s'encourager un peu, là, on a beaucoup mieux réussi jusqu'à présent dans la deuxième vague qu'ailleurs dans le monde. Donc, je vous le disais, 61 décès au Québec par million d'habitants. Au Royaume-Uni, c'est 77, en France, c'est 98, aux États-Unis, c'est 145, en Espagne, c'est 153, en Belgique, c'est 165. En fait, il y a peut-être, grosso modo, là, un pays qui fait mieux que nous, c'est l'Allemagne, bon, qui est très disciplinée.

Mais, mais, mais, il faut rester prudents puis on n'est pas à l'abri d'une explosion comme on a vu dans certains pays que je viens de nommer. Il s'agit d'avoir quelques partys avec plusieurs personnes, puis là, après, ça se multiplie de façon exponentielle. Donc, on n'est pas à l'abri. Il faut rester prudents. Bravo, on a fait des gains, on a réduit la contagion, mais on n'est pas à l'abri d'un tsunami, là, d'hospitalisations. Donc, on reste autour d'à peu près 500 hospitalisations depuis à peu près un mois. Donc ça, c'est bon. Donc, ça veut dire que notre réseau de la santé tient le coup. Ça, c'est une bonne nouvelle.

Je termine en vous disant... Bon, on commence le mois de novembre. On le sait, même quand il n'y a pas de pandémie, ce n'est pas facile, le mois de novembre. Il fait noir, il commence à faire froid, mais on en a vu d'autres, mois de novembre. Moi, je suis convaincu qu'on est capable de passer au travers. Dès la fin décembre, il va commencer à faire plus clair. Puis après, bien, on va commencer à cheminer vers le printemps. Puis c'est important qu'on continue de se serrer les coudes. Tous ensemble, tous les Québécois, on est capables de passer au travers cet hiver.

Good afternoon everyone. Our situation continues to be better than in Europe and in the United States and I thank you all for that, but we must do better. Québec city has quickly reacted, but there are other regions where we're not doing what we must. In Saguenay—Lac-Saint-Jean and in the north of Lanaudière, the situation is worrying. I ask you to reduce your contacts. So, November will be difficult, but Quebeckers know one thing, we know that the days will eventually get longer, and that winter will past. So, we'll continue to help each other get through this together. Merci, Philippe. Thank you.

Le Modérateur : Merci. Première question, Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, Dr Arruda. Ma première question, M. Arruda, est pour vous. La Dre Tam, aujourd'hui, a parlé, entre autres... a fait la recommandation de porter des masques non médicaux, mais à trois plis, là, à trois épaisseurs incluant un tissu qui filtre à l'intérieur. Est-ce que vous faites cette même recommandation-là? Est-ce que vous demandez aux Québécois d'adhérer à cette même recommandation-là?

M. Arruda (Horacio) : On sait que les couvre-visages n'ont pas tous le même niveau d'efficacité, que notamment le nombre d'épaisseurs supplémentaires va être un filtrant supplémentaire, ce qui va, par contre, être des fois plus difficile à respirer, mais je pense qu'on ne peut pas être contre cet élément-là.

Je veux juste vous dire qu'on a fait effectuer des travaux, par contre, avec l'IRSST actuellement, qui va nous revenir avec certains standards de couvre-visage qui pourraient, des fois, atteindre quasiment le masque médical. Mais on est en train de travailler ça avec l'IRSST notamment, aussi pour fournir aux entreprises certains standards, ceux qui en fabriquent, là, pour permettre de le faire, mais je pense que les recommandations de la Dre Tam ne peuvent pas nuire, particulièrement si vous êtes confortable avec le masque. Par contre, avoir un masque qui est trop difficile à filtrer puis qu'on ne le porte pas, ce n'est pas nécessairement mieux non plus. Mais je pense qu'on peut... je vais de l'avant avec la même recommandation, et on va vous revenir avec des recommandations, soit pour la maison, soit pour les entreprises.

M. Lacroix (Louis) : Ma deuxième question, c'est pour vous, M. Legault, elle va être bien simple, deux mots : Biden ou Trump?

M. Legault : Ah! je n'ai pas l'intention de me mêler de ça. Je ne voudrais pas, si on était en élection ici, que les autres États ou pays se mêlent de nos élections. Donc, ce sera aux Américains à décider.

M. Lacroix (Louis) : Bien, je ne pense pas que votre réponse va avoir une grosse influence, là.

M. Legault : Oui. Mais je n'ai pas... Je suis d'accord avec vous, je suis très humble face à ça, mais je n'ai l'intention pas de me commettre ni sur les États-Unis ni sur le reste du Canada.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Je vais vous la poser autrement. Quelle est votre plus grande préoccupation à la suite de l'élection américaine, pour les prochains jours, sur l'impact que ça pourrait avoir sur l'économie québécoise?

M. Legault : Bien, notre grand dossier, puis j'en ai discuté avec les premiers ministres des autres provinces puis avec Justin Trudeau, c'est tout ce qu'on appelle «Buy America» puis «Buy American Act». On se retrouve dans une situation où, actuellement, sur plusieurs contrats, incluant, par exemple, le transport en commun... puis on sait qu'on a Bombardier puis peut-être éventuellement Alstom-Bombardier qui aura son siège social nord-américain ici, au Québec. Bien, on voit que, sur ces appels d'offres, il y a une exigence de contenu américain de 70 %.

Donc, nous, avec l'accord qu'on est en train de ratifier ou que l'Europe est en train de ratifier avec nous, on a un maximum de 25 % de contenu canadien qu'on a le droit d'exiger, là. Il y a comme une injustice. Finalement, l'idéal, ça serait que le Canada soit inclus dans le calcul du 70 % de contenu américain. Donc, pour moi, là, c'est très important de voir avec le nouveau président... et puis on va continuer à beaucoup utiliser les liens qu'on a avec les gouverneurs... bien, on va voir les gouverneurs, là, mais disons avec le Massachusetts, New York, Californie, avec qui on a des bons liens, pour se battre contre ce protectionnisme exagéré.

M. Laforest (Alain) : Vous avez eu un appel du président Macron ce matin, donc ça vient renforcer la distance que vous avez avec le premier ministre Trudeau sur la question, entre autres, des caricatures, là.

M. Legault : Oui, bien, écoutez, Emmanuel Macron m'a effectivement appelé ce matin pour me remercier, entre autres, de la position claire qu'on a prise sur la défense de la liberté d'expression sans aucune hésitation, sans aucun faux-fuyant. C'est inacceptable, ce qui est arrivé, là. On a décapité un professeur en France parce qu'il a montré des caricatures de Mahomet ou qui venaient de Charlie Hebdo. Donc, c'est inacceptable. C'est certain, là, qu'il y a certains dirigeants politiques qui règnent le terrorisme et qui, devant le chantage de certains groupes religieux radicaux, sont prêts à faire des accommodements qui ne sont pas raisonnables. Donc, moi, j'ai dit clairement à Emmanuel Macron qu'on va être là pour le supporter puis qu'on est au même endroit que lui. Et on a le même débat au Canada, on l'a eu sur la loi n° 21, défendre la laïcité ou défendre le multiculturalisme. Bien, nous, c'est clair où on se situe. On va défendre les valeurs fondamentales de la nation québécoise comme la liberté d'expression, comme la laïcité, puis, bon, c'est un peu... on a parlé de ça, là, pendant une demi-heure.

M. Laforest (Alain) : Sans le nommer, vous venez d'envoyer un message à Justin Trudeau, là.

M. Legault : Bien, écoutez, là, je ne veux pas parler à la place d'Emmanuel Macron, là, puis c'est une conversation qui est privée, mais moi, je l'ai dit clairement hier, je ne suis pas d'accord avec les réserves de Justin Trudeau quand il s'agit de condamner, là, sans aucune espèce de réserve, ce qui s'est passé en France.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Je vais, puisque j'ai des questions sur le même sujet... Marco Bélair-Cirino du Devoir. Est-ce que, selon vous, justement, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, prête flanc à ce chantage que vous évoquez?

M. Legault : Bien, c'est toute la question du multiculturalisme. C'est que la nation québécoise a des valeurs, on a le droit de défendre ces valeurs, puis, parmi ces valeurs, il y a la liberté d'expression, il y a la laïcité, il y a la langue française. Et ce n'est pas vrai qu'au nom du multiculturalisme on va mettre ça de côté puis qu'on va faire des compromis exagérés. Puis, bon, M. Trudeau a refusé de s'engager à ne pas lutter contre la loi n° 21 du Québec, qui est appuyée par la grande majorité des Québécois. Puis là, bien, écoutez, ses propos sur la liberté d'expression, pour moi, ne sont pas acceptables.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que vous avez l'impression d'avoir été, disons, instrumentalisé par M. Macron pour transmettre un message indirectement à Justin Trudeau? Et est-ce qu'il y a d'autres sujets qui ont été évoqués durant cette conversation téléphonique là? Est-ce que, par exemple, la pandémie...

M. Legault : Oui, bien, écoutez, d'abord, on a parlé de ce qui est arrivé en fin de semaine à Québec. On a parlé beaucoup aussi de la pandémie. Mais c'est une amitié, et qui est réciproque. Ça veut dire que, là, oui, je vais appuyer M. Macron, mais M. Macron me dit de ne pas hésiter si j'ai besoin de son appui. Donc, je pense, c'est une belle amitié qu'on a développée ensemble.

Le Modérateur : Merci. Geneviève Lajoie, Le Journal de Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : M. Legault, justement, est-ce que la position de M. Trudeau sur la liberté d'expression, ça vous embarrasse?

M. Legault : Bien, je ne suis pas d'accord avec lui. Bon, ce que j'ai compris, c'est que le Bloc québécois et le Parti conservateur non plus ne sont pas d'accord avec lui. Il y a un débat, de toute évidence, au Canada. Et moi, je pense que c'est non négociable, la liberté d'expression.

Mme Lajoie (Geneviève) : Je veux revenir un peu sur la pandémie. Vous ne voulez pas fermer les écoles. Vous l'avez répété ad nauseam. Il ne reste pas beaucoup de marge de manoeuvre pour faire diminuer, pour faire fléchir la courbe, parce que, là, c'est stable, hein? On est sur plateau. En tout cas, on ne descend pas vraiment encore. Est-ce que vous excluez, à court terme, de fermer les centres d'achat?

M. Legault : Bien, on n'exclut rien. Puis je pense que tous les pays dans le monde, là, n'excluent rien. Par contre, il faut être prudent quand on dit que c'est stable. On a eu des bonnes améliorations dans certaines régions. Mais là il y a d'autres régions qui sont venues augmenter le nombre de cas. Donc, il faut être prudent quand on dit que c'est stable. Ce n'est pas stable partout. Par exemple, ici, à Québec, là, si on avait été capables d'avoir la diminution qu'on a eue ici, à Québec, dans toutes les régions du Québec, ça aurait été toute une bonne nouvelle.

Mais, pour l'avenir, écoutez, quand je regarde ce qui se passe ailleurs dans le monde, là, on est presque chanceux d'en être à 500 hospitalisations. Mais, dépendamment de comment ça va évoluer dans les prochaines semaines, je pense qu'il n'y a aucun pays qui peut exclure quoi que ce soit, là.

Veux-tu y aller?

M. Dubé : ...Mme Lajoie, je sais que vous ne pourrez peut-être pas voir ça parce que c'est très petit, mais c'est pour vous monter que maintenant, sur notre site Web, on met une fois par semaine des graphiques de chacune des régions, autant pour les cas que pour les hospitalisations et les décès. Puis ce que vous allez voir, parce que je sais que vous ne pouvez pas le voir ici, mais, maintenant, sur le site Web, vous allez voir très bien que Montréal est stable, puis Montréal inclut la Montérégie, qui n'a pas encore baissé. Alors, Montréal a très, très bien performé dans les dernières semaines, premièrement.

Ce que le premier ministre vient de dire, c'est que Québec a baissé. Alors, imaginez-vous, là, vous prenez vos deux plus grandes régions du Québec qui ont baissé... Mais malheureusement les augmentations qu'on voit au Saguenay, là, je ne vais pas le répéter, mais vous le voyez très bien sur ces graphiques-là. Ça fait que je vous invite à aller le voir, parce que, moi... C'est ça qui nous encourage en ce moment puis qu'on doit encourager.

Je parlais aux gens du Saguenay ce matin pour leur expliquer que, s'il y a les mêmes améliorations qu'on a vues, par exemple, dans les régions qui ont les mesures depuis le 1er octobre, on serait peut-être rendus à 600, 700 cas, s'il y avait eu ces mêmes diminutions là partout. Alors, moi, je trouve ça encourageant, puis on sait, les deux ou trois régions, là, où on a besoin, Centre-du-Québec... le Saguenay—Lac-Saint-Jean, pardon, et la Montérégie, qu'on aurait besoin de voir ces corrections-là, puis ça, ça va avoir un effet global sur le Québec qui va être important. Je voulais juste juste... Mais vous avez ces graphiques-là maintenant qui sont sur notre site Web.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. M. le premier ministre, donc, vous avez parlé à M. Macron, notamment de questions qui concernent la laïcité. Ici, il y a un procès, là, concernant aussi la loi n° 21. Vous avez vu aussi qu'il y a eu une attaque de jihadistes importante à Vienne, le Royaume-Uni vient d'annoncer qu'il rehausse le niveau d'alerte.

Est-ce qu'ici, au Québec, il y a des changements sur le plan du niveau d'alerte ou est-ce qu'il y a une surveillance supplémentaire, par exemple, par rapport à tout ce qui se passe là-dessus?

M. Legault : Pas selon les informations que j'ai. Il n'y a pas de changement, là, de niveau d'alerte.

M. Bergeron (Patrice) : Maintenant, concernant la pandémie, ça fait quand même plusieurs semaines que, donc, on a aplani la courbe, mais qu'on se maintient sur un plateau. Il n'y a quand même pas eu de nouvelles annonces de votre gouvernement sur d'autres fronts concernant la lutte à la pandémie. Vous avez dit que vous n'excluez rien, mais est-ce que, si on veut vraiment diminuer la courbe, il ne faudrait pas miser ou cibler d'autres secteurs pour aplanir cette courbe-là?

M. Legault : Bien, ce qu'on fait aujourd'hui, c'est de cibler des régions, c'est... Comme je le disais, puis je vais le répéter, là, si on avait vécu, à la grandeur du Québec, ce qu'on a vécu au cours des dernières semaines dans la Capitale-Nationale, on aurait vu une grande amélioration. Donc, il faut faire des efforts, il faut dire bravo aux gens de Québec, puis il faut que les autres régions s'inspirent de Québec pour voir une diminution au total.

La bonne nouvelle, c'est qu'on reste avec autour de 500 hospitalisations. Quand on se compare avec la France, qui est à 25 000 hospitalisations, bien, je me dis, là, on est chanceux d'être à seulement 500 hospitalisations, là. La deuxième vague est forte, on est parmi les endroits au monde qui s'en sortent le mieux pour l'instant, mais il faut être prudents, puis idéalement, bien, il faut la casser pour éviter une augmentation des hospitalisations. À 500, on est corrects, le réseau est sous contrôle, mais il y a une possibilité que ça augmente, là, il y a eu une augmentation aujourd'hui de 27. Bon, il y avait eu une baisse dans les derniers jours, donc j'ai hâte de voir ce qui va se passer dans les prochains jours.

Le Modérateur : Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, toujours sur le même thème, justement, pour être bien certain de comprendre ce que vous nous dites, là. Je vois bien que les résultats sont asymétriques d'une région à l'autre, vous demandez un effort additionnel, mais, dans la mesure où vous n'avez pas, visiblement, là, l'intention à court terme d'annoncer des mesures plus contraignantes à l'échelle du Québec, est-ce qu'il faut, en quelque sorte, se résigner, là, à voir ce nombre d'infections quotidien perdurer pour encore un bout de temps? Puis est-ce que c'est soutenable, dans le fond, à long terme, d'avoir... bien, à long terme, quelques semaines encore, quelques mois, ce niveau d'infection?

M. Legault : Bien, si on reste autour... là, on est à 526 hospitalisations. Si on maintient ce nombre d'hospitalisations, c'est maintenable. Pour être bien honnête avec vous, avec 1 000 nouveaux cas par jour, on pensait que le nombre d'hospitalisations était pour augmenter. Il n'a pas augmenté. Donc, c'est une bonne nouvelle de ce côté-là.

M. Lavallée (Hugo) : Il y a le directeur de santé publique de l'Estrie, Dr Alain Poirier, qui a déclaré hier en point de presse qu'il y a, en ce moment, des discussions de haut niveau avec la Santé publique, le ministère du Conseil exécutif, sur l'opportunité de rouvrir les restaurants en zone rouge et il dit même que ces discussions-là devraient aboutir autour du 9 novembre. C'est ce qu'il a dit en point de presse.

Est-ce que vous êtes en mesure de confirmer qu'il y a de telles discussions? Puis est-ce que c'est votre objectif, effectivement, de rouvrir les restaurants en zone rouge?

M. Legault : Si c'est en discussion, ça ne s'est pas rendu jusqu'à moi.

M. Lavallée (Hugo) : Dr Arruda, peut-être, ou...

M. Arruda (Horacio) : C'est des discussions qu'on a entre nous en santé publique. On évalue tous les scénarios pour en arriver à une proposition qu'on va présenter à notre ministre de la Santé puis à notre premier ministre, mais on n'est pas rendus là.

M. Lavallée (Hugo) : Mais c'est un scénario que vous étudiez, c'est ce qu'on...

M. Arruda (Horacio) : Bien, on étudie tous les scénarios, on étudie... parce que, vous savez, ici, là, la question, ça va être de maintenir l'équilibre et une cohérence dans ce qu'on ferme et ce qu'on rouvre. Ça fait qu'on regarde tous les scénarios.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : ...vous le disiez, certaines régions, les cas baissent, d'autres montent. Est-ce qu'on suit toujours le code de couleurs et il y en a qui vont être rétrogradées au orange puis... Parce qu'on a vu qu'il y en a qui ont monté, mais est-ce que ça peut descendre?

M. Dubé : La réponse, c'est oui. La réponse... puis peut-être plus tôt que tard.

M. Bossé (Olivier) : Bientôt? O.K.

M. Dubé : C'est ce qu'on souhaite. C'est ce qu'on souhaite.

M. Bossé (Olivier) : O.K. Ma deuxième question : M. Legault, vous en avez parlé hier en mêlée de presse... évidemment, c'est toujours à chaud, là, mais j'aimerais ça vous entendre davantage sur le lien entre le drame de samedi et les soins en santé mentale qu'on donne au Québec. Parce que le lien n'est pas encore, évidemment, établi par l'enquête clairement, mais vous, quel lien vous faites?

M. Legault : Bon, un, on l'a dit souvent, les soins en santé mentale ont été, pendant plusieurs années, négligés, ont été comme un peu oubliés au détriment de la santé physique. On a commencé à réinvestir même avant la pandémie, puis il va falloir en faire plus. Puis là, depuis le début de la pandémie, on est passé de 2 % de la population à 15 % de la population avec problèmes de santé mentale. Ce n'est pas unique au Québec.

C'est certain, quand les gens sont plus seuls à la maison, il y a un risque plus grand de problèmes de santé mentale. Donc, il y a un effort ponctuel à faire pendant les prochains mois, pendant les prochaines semaines, pour donner des services. Puis, c'est pour ça que Lionel Carmant a annoncé, hier, on va acheter même des services du privé. On ajoute des employés dans le réseau public, on achète aussi des services du privé.

Maintenant, je sais que ce n'est pas toujours facile à négocier avec les syndicats de policiers, mais on aimerait regarder pour avoir des patrouilles mixtes. Parce qu'il y a des problèmes sociaux qui actuellement sont parfois traités par des policiers puis il y a des corps policiers qui demandent d'avoir du support plus du côté de l'aide sociale.

Maintenant, malgré tous les efforts qu'on pourra faire, on ne pourra jamais prévenir 100 % des actes violents comme on l'a vu en fin de semaine. Il y a des cas où les gens ne veulent pas se faire soigner, où ça arrive subitement, donc on ne pourra jamais prévenir à 100 % ces cas-là, mais je pense qu'on peut les diminuer.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour. J'aimerais d'abord qu'on revienne sur ce qui a été dit tantôt, parce que je me mets à la place de la population qui aime ça des fois avoir un peu l'heure juste, là, par rapport à ce qui se dit. Quand vous dites qu'il y a des zones qui sont rouges en ce moment puis que, plus tôt que tard, vont être ramenées orange, là, je veux savoir, là : De quelles régions parle-t-on puis quel horizon on peut imaginer dans ce cas-là?

M. Dubé : Ce qu'on a dit, là... je pense qu'on n'est pas en train de faire des changements. À la question tout à l'heure, est-ce qu'il pourrait y avoir des changements, on parle de changements qui sont beaucoup plus précis. Je vais peut-être scooper ce qu'on voulait annoncer un peu plus tard après-midi, là, mais par exemple les Îles-de-la-Madeleine. Les Îles-de-la-Madeleine, pour nous, là, le cas s'est beaucoup amélioré puis je pense qu'ils sont en... pas je pense, ils sont en zone orange puis on va annoncer cet après-midi qu'ils vont passer en zone jaune. Mais c'est des cas, je dirais, qui sont à la marge en termes de baisse.

De façon plus importante, les zones rouges en ce moment, puis on le sait, c'est des grandes, grandes régions du Québec. On n'est pas là présentement, du tout, parce qu'on n'a pas vu de baisse importante, là. Vous savez, on le répète depuis des semaines, on a vu une stabilisation, mais on n'a pas vu encore une baisse assez importante pour justifier de changer de zone ou de changer de couleur dans nos grandes zones rouges présentement.

M. Chouinard (Tommy) : Très bien. J'aimerais qu'on revienne sur les décès, là, 34 personnes, donc, de plus sont mortes de la COVID-19, avez-vous rapporté, aujourd'hui. C'est un nombre qu'on n'avait pas vu depuis assez longtemps, là. En fait, je pense que ça remonte à la première vague, là, qu'on a vu ça, au mois de juin, de mémoire. Est-ce qu'il y a là une tendance à la hausse qui est inquiétante? Et dans quelle mesure est-ce que vous êtes en mesure de dire : Bien, notre problème, la mortalité, on le retrouve plus à certains endroits plutôt qu'à un autre?

M. Dubé : Bien, je vais diviser votre question en deux parce que, vous savez, on a toujours un peu ce problème-là quand on arrive le lundi ou le mardi après un week-end, il y a des fois des ajustements.

Là, dans le cas des décès, puis, je pense, qui est bien expliqué dans le communiqué de presse qui est sorti à 11 heures ce matin, c'est que, lorsqu'on replace les décès à la bonne journée où ils sont vraiment arrivés, là, suite... Parce que, vous savez, les délais, ils viennent du rapport du médecin, d'autopsie, etc. Il y a souvent plusieurs raisons qui font qu'il y a un certain retard. La moyenne mobile des sept derniers jours est plus aux alentours de 18 à 20 décès par jour. Le cas d'aujourd'hui, de 34 décès, là, doit être réajusté sur les journées précédentes.

Mais ce n'est pas négligeable, que 20 décès par jour. Puis je pense que c'est la préoccupation du premier ministre, c'est de dire : Chaque décès est un décès de trop. Et, malheureusement, bien là on est dans la moyenne d'à peu près 20 par jour, alors qu'il y a deux semaines on était plus dans la zone de peut-être 10 décès par jour. Donc, il y a une tendance à la hausse. Mais ça, il faut que les Québécois réalisent que c'est le fait d'avoir 1 000 cas par jour depuis cinq semaines qui sont passés par des hospitalisations. Puis rappelez-vous, on vous le disait, ça va finir, malheureusement, ces décès-là, par se changer en hospitalisations et en décès. Donc, aujourd'hui, qu'on soit à 20 décès par jour en moyenne, c'est à peu près le résultat d'être à 1 000 cas par jour depuis plusieurs semaines.

Maintenant, il n'y a pas vraiment de décès de plus que par les régions où on voit les cas. Et, encore, la moyenne... parce qu'on le dit sur le site de l'INSPQ, et je pense que le chiffre que je regardais ce matin, 90 % des décès sont pour des personnes âgées de 70 ans et plus. Alors, c'est toujours triste peu importe l'âge, là, mais la proportion des gens affectés dans les décès, c'est toujours à peu près dans la même portion d'âge, pour répondre à votre question.

Le Modérateur : François Carabin, Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. D'abord, peut-être pour Dr Arruda, peut-être M. Dubé peut s'exprimer aussi, là, là-dessus, il y a deux semaines, on nous avait présenté des statistiques qui nous permettaient de dire... en fait, qui vous permettaient de dire qu'il fallait réduire nos contacts de 25 %. Est-ce que déjà, deux semaines plus tard, on est capable de dire si les Québécois ont réussi ou ont répondu à votre défi, si on veut?

M. Dubé : On a demandé, puis peut-être que Dr Arruda pourra compléter... mais je vous dirais que la plus belle réponse, que les Québécois ont bien répondu, c'est notamment dans la région de Québec puis sur l'île de Montréal même. Parce que, quand on vous donne les statistiques du Grand Montréal, vous savez, ça inclut tout le tour, incluant la Montérégie. Puis je vous ai dit tout à l'heure que, quand on exclut les statistiques de la Montérégie, là, qui sont bien montrées sur notre site Web, vous allez voir que Montréal a eu une très, très belle progression puis progression dans le bon sens, qu'ils ont réussi...

Ce matin, je regardais encore, Montréal est presque rendue à 200 quelques cas par jour, ce qui est très bon comparé à il y a quelques semaines, où on était à 400, 450 cas pour l'île de Montréal seulement. Donc, il y a eu une très belle amélioration pour Montréal. Québec, même chose, vous vous souvenez comment c'était difficile à Québec. Donc, la meilleure réponse que je peux vous donner, c'est que les citoyens, de par les mesures qui ont été faites puis le suivi de ce qui a été fait dans les mesures sanitaires depuis quelques semaines, je pense qu'ils ont très, très bien répondu. Alors, dans ce sens-là...

Mais on a demandé au professeur de l'Université Laval, Marc Brisson, qui avait fait l'étude, de remettre ces statistiques-là à jour parce qu'elles étaient basées sur septembre. Si vous vous souvenez, là, quand on avait montré qu'on était passé de huit contacts avant la pandémie, baissé jusqu'à deux ou trois puis remonté à cinq ou six, on lui a demandé de remettre ça à jour, mais ça va être avec les statistiques d'octobre. Ça fait qu'aussitôt que ça, ça va être disponible, on va republier cette étude-là de la part du Dr Brisson de l'Université Laval, qui a fait un très bon travail.

Puis j'ai hâte de voir, là, si on a effectivement une matérialisation d'avoir baissé de 10 %, 15 %, 20 %, 25 % le nombre de contacts.

M. Carabin (François) : O.K. Pour ce qui est de Montréal, justement, est-ce que le chemin de l'île de Montréal ou de la CMM, là, ça dépend de comment vous le voyez, est plus difficile vers un retour en zone orange?

M. Dubé : Bien, écoutez, je vais vous dire, je pense qu'il faut avoir de l'espoir, mais la façon dont on a fait les mesures, quand on a pris des décisions par rapport à Montréal, on a dit le Grand Montréal, parce qu'on ne voulait pas se retrouver avec des déplacements d'une zone. Alors, je pense que... puis j'ai eu la chance d'en parler avec Mme Plante la semaine passée, puis elle a raison, là, j'en profite pour la féliciter... puis le travail, entre autres, de Mme Drouin, qui fait un excellent travail à la Santé publique à Montréal. On ne peut pas juste regarder Montréal sans regarder la CMM parce que, lorsqu'on arrive avec des mesures comme les bars, les restaurants, les salles de spectacles, on ne peut pas isoler Montréal sans penser à tout le tour.

Alors, c'est pour ça que je vous dis : On aurait encore mieux... on aurait des meilleures statistiques pour le Grand Montréal si on avait eu la même baisse en Montérégie. Puis le Dr Arruda met beaucoup d'efforts, puis il peut peut-être en parler, sur la Montérégie, parce que c'est quand même une portion importante de nos cas en ce moment. Ça fait que ça va être... Je dirais que la Montérégie et Lanaudière... parce qu'on l'a dit tout à l'heure, mais c'est plus le nord de Lanaudière dont le premier ministre parlait, mais je pense que, si on était capables, dans les deux prochaines semaines, d'améliorer ces deux régions là, c'est tout Montréal, c'est le Grand Montréal qui pourrait en profiter, et c'est ça qu'il faut s'encourager à faire.

Le Modérateur : Nous allons maintenant...

M. Arruda (Horacio) : Peut-être un élément, si vous me permettez?

C'est clair et c'est possible que la CMM passe à l'orange éventuellement. Mais vous comprendrez que, quand on est dans des zones urbaines, particulièrement en région métropolitaine et la région de la Capitale-Nationale, quand il y a un mouvement, ça s'accélère rapidement. Je ne veux pas dire que ça ne s'est pas accéléré au Saguenay—Lac-Saint-Jean, mais en termes de nombre, puis etc., donc ça demeure toujours. Et je pense que le premier ministre le dit souvent, c'est des endroits où il y a des grandes villes, hein, qu'il y a beaucoup, beaucoup de transmission, puis etc. Ça fait que ça va toujours demeurer des zones à surveiller de très, très près, mais ils pourraient revenir à l'orange. Mais, je veux dire, il faut vraiment, là, qu'on suive ça de très près.

Le Modérateur : Une précision, rapidement, Tommy Chouinard.

M. Chouinard (Tommy) : ...là, on dit : La CMM va passer éventuellement en zone orange. On parle de quel horizon? On est-u en train de dire que c'est... Vous semblez évoquer ça comme une réalité qui est proche, quand même, là.

M. Arruda (Horacio) : Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je vous dis juste que, quand on regarde aussi les courbes, les gens sont à la limite, des fois, du rouge puis vers l'orange. Comprenez-vous, là, ça redescend des fois. Il ne faut regarder pas seulement le nombre de cas. Il faut regarder l'impact sur les hospitalisations, le nombre d'éclosions, la capacité de faire la recherche de cas et de contacts. C'est tout ça qui est en perspective. Mais je ne peux pas vous... hein?

M. Chouinard (Tommy) : Vous y songez?

M. Arruda (Horacio) : C'est-à-dire, c'est mon rêve, si vous me permettez, parce que, je veux dire, c'est des objectifs à atteindre, là. On veut augmenter de chercher... On veut augmenter les choses. Mais je n'ai pas dit que, demain matin, on serait dans l'orange, là. Je veux juste vous dire que c'est possible qu'à un moment donné on revienne à l'orange. Là, ce qui nous importe, nous, c'est de maintenir ça, de l'abaisser pour que, si jamais on aurait relâché, ne pas repartir en feu. Mais je pense que c'est très difficile pour nous de vous dire où on va être dans deux semaines.

Le Modérateur : Très bien. On va passer maintenant aux questions en anglais avec Raquel Fletcher, Global News.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. My first question is about the election. I know that you said that you didn't want to proclaim anything or interfere, but do you have any concerns about what might happen if there is a process where the votes get contested or one of the candidates contest the result? Do you have any concerns about violence or anything?

M. Legault : No, of course, for the economy, the... We never like to see some uncertainty. Business people, they want to know where they go, even if it's bad news, they want to know where they go, so, it wouldn't be good for the economy.

Mme Fletcher (Raquel) : My second question is about new stats from Suicide Action Montréal that came out late yesterday and it says that there is about a 14% increase in calls in October, which suggests there is a mental health crisis, as mayor Labeaume has underlined.

How would you categorize the severity of mental health, depression and anxiety among Quebeckers right now?

M. Legault : Of course, when I said that, before the... pandemia or pandemic?

Mme Fletcher (Raquel) : Pandemic.

M. Legault : ...pandemic, before the pandemic, there were 2% of the population having mental health problems, now it's 15%. So, of course, it's a major increase. It's like that about everywhere in the world. People are more isolated, so it's tougher for them. So, that's why we've increased resources and we have to be careful.

Mme Fletcher (Raquel) : But it's not a crisis?

M. Legault : It's not a crisis. It's a large increase, so, it's a very large increase and we need to have more people. So, we've hired people, we are contracting with the private sector also for some help and we were able, since last March, to decrease the waiting list from 28,000 to 16,000. So, even if the number of cases increase, the waiting list, we were able to decrease it.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. When we look at the number of cases, we're talking about 1,000 since five weeks. That's a lot. It's a never-ending plateau. So, we know that you don't want to close schools, and now that there are three regions that are not doing super well for now, maybe, like, other regions will not do super well in the next few days, who knows? What can be done?

M. Dubé : I think, if I may start with that one, it's that... I think the chance that we have in this second wave is to look at it by region, as you just said.

If we look at what happened in Montréal, just the sole Island of Montréal has been doing very well in the last few weeks, and the cases went from... I'm limiting my comments with cases, but from 400, 300, and now we are in the low 200. That's very good news. The reason, when we look at Greater Montréal or the CMM, is that we have two regions that have some difficulties, Lanaudière and Montérégie. But if you had the same decrease that you had in Montréal, on the island, you had probably a situation from CMM that could... and this is the way we look at it, would have a trend for two weeks in a row, that would be very good. So I'm encouraged when we look at it by region.

The second region is Québec City. Remember how Québec City had a difficult beginning of the month of October, and now, if you look at the last two weeks, the number in Québec and a little bit in Chaudière-Appalaches, when you merge them together, they have done, I would say, fairly well in the last few days.

So, yes, we look at a «plateau» for Québec, but Montréal and Québec have decreased substantially. But unfortunately Saguenay—Lac-Saint-Jean, Mauricie, Centre-du-Québec and, as I said, Montérégie have increased and have annulled the effect of the positive. So, to me, it's a «plateau» for Québec, but it's very good news for our two main regions.

So I think what... and maybe the message is very simple: let's do in those regions, Saguenay—Lac-Saint-Jean, Mauricie, Centre-du-Québec and Montérégie, the same efforts that have been done, and I think we'll be alright. That's a very simple message. We don't need to change anything, but we just need to do the same thing that was done : stay at home, just go for essentials, go to school, go to work, but go back home, and I think the month of November will have some very good results.

But I think we have to look at it by region. And that's the reason... I know those graphs are very small, but we have now those graphs on our website, and I think that will give you a very nice picture of the situation by region. I think that's encouraging.

Mme Senay (Cathy) : And just to follow up on the three layers masks, Mr. Arruda. Dr. Tam is making this recommendation. We all wear different masks here. Like, I'm using this one, it's not a non medical mask with three layers. So, what's your position? What do you Quebeckers... Is this a key to reduce the number of cases and get out of this plateau?

M. Arruda (Horacio) : I think that there is key issues, which, first of all, is two meters distanciation, which is, for me, the very one, important, the washing of the hands and the masks. But the masks have different... And what I said, and I just saw a publication, actually, from the CNESST, who... they will work with Bureau de normalisation du Québec and the lab of the IRSST for making recommendations for the fabrics of those masks. Some masks have two layers and you can put inside a third one that you can wash and use. So I think the recommendations of Dr. Tam are OK. But we are also working here, in Québec, to have standards of quality for having fabrication of masks related... and those masks could be approved by the Bureau de normalisation du Québec.

Le Modérateur : Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good afternoon, good day. Do we have any idea of why... I understand the regional breakdowns, and zones that are going worse, and some that are improving, but we seem to be four, five weeks at the same plateau. Do you have an idea of what will it take to break that? Perhaps, Mr. Dubé.

M. Dubé : Well, as I said, if you were... I was looking today... and this is just the cases where we're not dealing with outbreaks or with the other criteria such as hospitals, but, if you were to take the best of Montréal today, the best of Québec today and you were to say... if you take the best of Saguenay—Lac-Saint-Jean and Montérégie, the best they had, say, a few weeks ago, you would be in the 700, 650, 700... That's encouraging and this is exactly what may be the simple message, is : We have been, as Quebeckers, since the month of October... to reduce substantially in our two main regions, Québec and Montréal. I think this is quite an accomplishment.

But, unfortunately, we didn't have the same measures, for example, in Saguenay—Lac-Saint-Jean, and this is the reason we say : Well, let's do an additional step. And that's the reason I've been talking to a lot of people, talk to «santé publique» there and say : Well, it's never too late to do the right thing. And, basically, that's the reason I think we need to be encouraged,that it's working. And I think I understand your question, that Québec has a plateau, but the components are quite different. And, if we're making... working on the success of the components, Québec and Montréal, I think we should do very well in Québec in general.

M. Authier (Philip) : But on Sunday — it is my second question — on Sunday, we were down to 15,512 tests. Why are we so low on our testing now?

M. Dubé : Well, again, you know, my answer is very dull, but you need to look at an average of seven days. The weekend is usually low. If you look at the stats that we have, Philip, on our Web site, we always have... we decrease the tests by a number of 5,000 to 10,000 every weekend. This weekend is just a bit lower. Is it because it's colder? But I think you need to look at the average for the week. It's roughly at 24,000, and I think that...

I think what is important, Philip, is that we test the right people. Our positive rate is still between 8% and 10%. So, the good news is we're testing the right people. If we were testing 15,000 and have only, say, a 3%, we would not be testing the right people. So, to have 800 cases and 15,000 tests, I think that's good news.

Le Modérateur : Kelly Greig, CTV.

Mme Greig (Kelly) : Good afternoon. Looking at the comments made by the medical officer of Ottawa, she's suggesting that we learn more to coexist with COVID instead of seeing as a kind of temporary restrictions or temporary lockdowns. Do you think that's a strategy that Québec should look at, at kind of the long term, how do we live with COVID a year from now, two years from now?

M. Dubé : Do we like to try to live with it? No, if I give you my personal view, but I think we need to learn to live with it. When we said, remember, a month ago, when we presented this study from Marc Brisson, that I was referring to, we said this is... what is the «new normality»? To me, the new normality is wearing masks as we do, keeping that distance. I think we need to have a little gift sometimes. I think Halloween was a good example of things sometimes that we can do differently in a different normality.

I'm more focussed, over the next few weeks, on decreasing the number of cases. And maybe we can have some little gifts or little improvement in our normality, but I think this is there to stay for a while, and we need to be prepared mentally for that.

Mme Greig (Kelly) : My second question is for one of my colleagues specifically about gyms. Gym owners obviously have... some of them have been very vocal about the closures, but some are trying to survive by offering online training sessions from their closed locations. So, they're by themselves filling for online. Yet, we're hearing that police consider that illegal, even if the owner is alone in their gym. So, why is that? What is the rule specifically on this?

M. Dubé : I need to say that I didn't hear that, honestly, that this was illegal. I'll...

Mme Greig (Kelly) : Because the gyms are shut down, but they are using their gyms to film on line sessions.

M. Dubé :OK. Well, let me... let us check on that because I think... We asked people to be innovative, and if there is one way to find a solution... Let's look at it. I don't know, Horacio, if you want to...

M. Arruda (Horacio) : ...I will look at it and I will make sure that it's not an interpretation of what is written in «l'arrêté ministériel». Because, in fact, what we don't want is groups to be together. If you're using your own local, even if it's a gym and it's not your home, I think there is no reason for that being a problem in the public health perspective.

M. Dubé : We'll look into this.

M. Arruda (Horacio) : We will look at it.

M. Dubé : It's a good point.

Le Modérateur :  Puisque le temps le permet, je vais relayer une question qui a été transmise par la journaliste Allison Lampert de Reuters. Elle écrit : «L'Ontario a déclaré que, s'il y a plus de 150 patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs, les autres soins pourraient être compromis. Le réseau de la santé québécois peut prendre en charge combien de patients aux soins intensifs sans avoir à reporter des chirurgies ou tout autre soin?»

M. Dubé : Bien, premièrement, je dois vous dire que, même au nombre de soins intensifs qu'on a en ce moment, ça dépend des régions parce qu'on a du reporter... on a dû faire du délestage dans la région de Québec quand c'était plus difficile, il y a une semaine ou deux. Donc, la première réponse, c'est de le regarder par région.

Puis, deuxièmement, la chance qu'on a, puis ce qu'on a beaucoup appris avec les équipements qu'on a achetés, c'est que les soins intensifs c'est vraiment une question d'avoir l'équipement comme les respirateurs, et ça, des respirateurs, on en a plusieurs. Ça fait qu'on serait capables d'augmenter théoriquement le nombre de places en soins intensifs beaucoup plus que ce qu'on avait à la première vague.

Donc, je réponds deux choses : ça dépend des régions, mais on a beaucoup de place pour des soins intensifs si on était mal pris parce qu'on a pris le nombre... un nombre très grand de respirateurs pour pallier à cette demande-là si elle arrivait.

Le Modérateur : Très bien. C'est ce qui met fin au point de presse. Merci beaucoup.

M. Dubé : Merci, tout le monde. Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 51)

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