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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le jeudi 5 novembre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

Le Modérateur : Bienvenue dans la salle Evelyn-Dumas du Parlement de Québec. Bienvenue à ce point de presse du premier ministre, François Legault; du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé; et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda. M. Legault, la parole est à vous.

M. Legault : Oui, merci. Bonjour, tout le monde. Avant de vous parler de la pandémie, de la situation de la pandémie au Québec, je veux vous dire quelques mots sur les élections américaines même si on n'a pas encore officiellement de gagnant. Je pense qu'on peut quand même déjà tirer des leçons des résultats.

J'ai vu, et puis on a constaté que beaucoup de monde était surpris de voir le petit écart entre les votes pour M. Biden, M. Trump. Des gens ont été surpris de voir la hauteur du vote à M. Trump. Évidemment, on se pose tous des questions. Qu'est-ce que ça révèle? Et je pense que ça montre, entre autres, je dis bien entre autres, une grande anxiété économique. Il y a beaucoup de citoyens qui se posent des questions sur leur emploi, entre autres les emplois payants. Rappelons, là, que partout en Amérique du Nord, les emplois, entre autres, dans le secteur manufacturier sont beaucoup plus payants que la moyenne des emplois. Puis dans le discours de M. Trump, bien, il a effectivement beaucoup parlé d'abord de ses échanges avec la Chine pour rapatrier aux États-Unis une partie du secteur manufacturier. Puis je pense qu'il y a beaucoup de gens soit qui ont encore un emploi puis qui sont inquiets de le perdre ou qui ont perdu leur emploi dans le secteur manufacturier. Et je pense que c'est une grande préoccupation puis je pense qu'on peut appliquer la même chose ici, au Québec.

L'autre chose qu'on doit se dire, peu importe qui gagne, là, peu importe que ça soit M. Biden ou M. Trump, les États-Unis vont toujours rester un partenaire très, très important, crucial pour le Québec. Je vous donne juste quelques chiffres. Le Québec, actuellement, quand on regarde tous ses échanges internationaux, a un déficit d'environ 10 milliards par année avec l'ensemble du monde. Quand on regarde avec les États-Unis, il y a un surplus de 20 milliards. Ça veut dire que, si le Québec n'avait pas des échanges avec les États-Unis, bien, on parlerait d'un déficit commercial de 30 milliards avec le reste du monde. Donc, on voit l'importance de ce surplus de 20 milliards.

Évidemment, on ne peut pas oublier, puis d'un côté comme de l'autre, autant du côté de M. Biden que de M. Trump, tout ce discours protectionniste américain. Donc, ça doit nous amener, nous et le gouvernement fédéral, à faire beaucoup d'efforts de rapprochement, éventuellement, avec le nouveau gouvernement ou... si c'est le même, puis aussi avec les États, avec les gouverneurs, puis on a déjà commencé.

Je pense qu'on a toujours eu, au Québec, des bonnes relations, puis on continue de les entretenir, avec les États du Nord-Est, là. Je pense, entre autres, au gouverneur Cuomo à New York, Charlie Baker au Massachusetts. Mais là il faut en faire plus. J'ai eu la chance, dans les deux premières années, entre autres, de pouvoir rencontrer M. Newson, le gouverneur de la Californie, puis M. Abbott, le gouverneur du Texas. Puis je pense qu'il y a une opportunité, là, exceptionnelle d'augmenter nos exportations dans, entre autres, ces deux États-là. On le voit, entre autres, au Texas, là, une croissance extraordinaire.

Donc, on est en train de réfléchir sur les façons de mieux travailler avec ces États-là. Et je pense, encore une fois, que les États-Unis seront toujours notre grand partenaire, même si on peut faire des beaux discours sur le fait qu'on voudrait être moins dépendants des États-Unis parce qu'on a déjà 70 % de nos exportations aux États-Unis. Mais il reste que, ne serait-ce qu'à cause de la proximité des deux pays, il y aura toujours du travail à faire pour garder ce surplus, là, commercial. Et il y a des efforts à faire, là, politiquement aussi, puis on va le faire.

Dernier mot sur les résultats de l'élection américaine. Évidemment, vous voyez que les Américains sont très divisés, là. Il y a 2 %, 3 % d'écart seulement. Donc, ce n'est pas bon pour personne puis ça vient s'ajouter à l'anxiété qui a été créée puis qui est toujours créée par la pandémie. Donc, moi, je souhaite vraiment, là, puis je pense qu'on doit tous souhaiter aux Américains un apaisement de ces tensions-là entre les deux groupes de citoyens.

Ceci étant dit, je reviens sur la pandémie au Québec. On a aujourd'hui 1 138 nouveaux cas. On a 28 nouveaux décès. Donc, ça continue d'être difficile. Puis ça continue d'être difficile, en particulier dans deux régions, le Saguenay—Lac-Saint-Jean et Lanaudière-Nord. Quand on regarde per capita, là, ce sont les deux pires régions actuellement, Saguenay—Lac-Saint-Jean et Lanaudière-Nord. Et puis là j'ai demandé au ministre de la Santé, j'ai demandé même à la ministre de la Sécurité publique de voir si on peut en faire plus pour les aider à réduire le nombre de nouveaux cas, à faire mieux appliquer les consignes dans ces deux régions, mais il y a vraiment un problème, là, au Saguenay—Lac-Saint-Jean et dans Lanaudière-Nord.

Bon, je veux revenir maintenant sur les propositions qui sont faites par différentes personnes, incluant la Santé publique de Montréal, pour demander des assouplissements à nos restrictions.

Bon, d'abord, rappelons qu'aujourd'hui... ou hier, si on veut, là, les données qu'on a publiées aujourd'hui, qui étaient pour hier, montrent quand même 261 nouveaux cas à Montréal. Donc, la bataille n'est pas gagnée à Montréal. Ça, c'est la première chose.

Deuxième chose, dans la façon de fonctionner, il faut comprendre que la Santé publique de chaque région fait ses recommandations au directeur national de la santé publique, et ensuite le directeur de la santé publique vient nous présenter ses recommandations et on en débat, mais, puis c'est important de le rappeler, là, c'est le gouvernement en bout de ligne qui prend la décision.

Puis, comme je l'ai répété, puis Christian l'a répété, depuis le début de la pandémie, on a toujours accepté les recommandations pour des restrictions de la part de la Santé publique. Même, dans certains cas, on est allés plus loin que ce que suggérait la Santé publique. Et, bien, c'est une responsabilité, qu'on le veuille ou non, qu'on doit assumer, que je dois assumer de trouver cet équilibre, c'est un équilibre qui est difficile à trouver, là, entre la vie, donc sauver des vies, puis, de l'autre côté, la qualité de vie de l'ensemble des Québécois.

Donc, on regarde région par région, on regarde les tendances ailleurs. Parce que rappelons-nous que, durant la première vague, ce qui s'est passé en Europe, ça s'est ensuite passé chez nous, donc on regarde aussi ce qui se passe là-bas. Mais, c'est important de le dire, là, ce n'est pas une science exacte, là. On a beau chercher, il n'y a pas de guide des opérations, comment gérer une pandémie puis à quel moment prendre quelle décision.

Mais, pour avoir beaucoup lu, là, beaucoup de soirées, même, dans certains cas, des nuits, depuis huit mois, je pense qu'une des conclusions, une des leçons qu'on peut apprendre, le grand défi qu'on a, c'est d'éviter les rassemblements. C'est souvent, là, dans beaucoup de domaines, la règle du 80-20. Il y a quelques personnes qui infectent beaucoup de personnes. Donc, c'est ça qu'il faut éviter parce que, si une personne infecte une autre personne, c'est une chose, si une personne infecte 10 personnes, bien là vous voyez que ça devient rapidement exponentiel. Puis c'est ça, le problème qu'on essaie d'éviter. Puis c'est pour ça qu'à ce moment-ci on choisit, dans les zones rouges, de garder les restaurants, les gyms, les salles de spectacle fermés, parce que ce sont des opportunités de rassemblement pas seulement à l'intérieur de la salle, là, mais à l'entrée, à la sortie. C'est un message qu'on ne veut pas envoyer tant qu'on n'est pas en meilleur contrôle. Donc, pas de rassemblement.

Par contre, par contre, je comprends très bien qu'il y a des personnes actuellement qui développent toutes sortes de problèmes de santé mentale parce que ça fait un bon bout de temps qu'ils ne peuvent pas voir d'autres personnes. D'abord, je le rappelle, là, parce qu'il y a des gens qui l'oublient, les personnes qui sont seules, peu importe leur âge, ont le droit d'avoir la visite d'une personne à la fois. Ça, c'est important de le rappeler.

Par contre, je vois le cas, par exemple, des étudiants au collégial, à l'université qui sont en cours à distance depuis plusieurs mois, qui habitent chez leurs parents, donc on ne peut pas dire qu'ils sont seuls, mais, si leurs parents travaillent, ils sont seuls durant le jour, qui manquent vraiment, là, l'opportunité de voir leurs amis. Donc, j'ai demandé à mon équipe de regarder la possibilité peut-être d'un assouplissement qui serait plus pour des rencontres individuelles. Est-ce qu'un jeune peut rencontrer un autre jeune ou peu importe l'âge, là? Est-ce qu'il pourrait y avoir des rencontres, mais un à la fois, une personne à la fois?

Par contre, je veux répéter que, pour l'instant, on ne pense pas que c'est une bonne idée d'ouvrir les restaurants, les gyms, les salles de spectacles parce que ce sont des opportunités de rassemblement puis d'infection de plusieurs personnes à la fois.

Donc, je conclus en vous disant : Il n'y a pas de réponse, il n'y a pas de guide. Puis je peux vous assurer, là, que moi, à chaque jour, je remets en question les décisions qu'on a prises jusqu'à maintenant, puis je parle au plus de personnes possible, puis j'accepte les conseils de tout le monde, puis j'essaie de faire mon possible, là. Je ne suis pas parfait, mais j'essaie de faire mon possible pour prendre les meilleures décisions pour le bien de l'ensemble des Québécois puis de trouver cet équilibre-là entre sauver des vies puis offrir une qualité de vie raisonnable ou acceptable à l'ensemble des Québécois.

Puis d'ailleurs j'en profite, en terminant, pour remercier les Québécois pour leur confiance, pour leur support.

Good afternoon, everyone. The situation continues to be worrying especially in two regions, Saguenay—Lac-Saint-Jean and North of Lanaudière. We must do a special effort in these two regions. We're also looking to send more resources there.

As for Montréal, we must stay careful. The battle is not won. We'll discuss any possible lifting of restrictions with national public health authorities. What we're trying to do is to find a balance between saving lives and our quality of life. This balance is not an exact science. There's judgment involved. And, when we see what's happening in the rest of the world, we see that the greatest challenge is to avoid gatherings. If you infect 10 persons in one gathering, it becomes exponential. That's why, at this moment, we've chosen to maintain our restrictions. We think that the risk of gatherings is too great at this moment.

But I understand that it's very difficult for some people. So there's also a risk for mental health. People living alone can already receive one person at a time, and I've asked to evaluate the possibility of allowing meetings between two people in all cases. So, we must continue to find this balance between saving lives and our quality of life, and I want to thank you for your support.

Le Modérateur : Merci. Nous allons amorcer la période des questions avec Claudie Côté, de TVA Nouvelles.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Bonjour à vous trois. Ma première question est pour vous, Dr Arruda. D'abord, pourquoi ne pas avoir transmis les recommandations de la Santé publique de Montréal au gouvernement? Pourquoi choisir de demeurer avec les mesures sanitaires qu'on a en ce moment?

M. Arruda (Horacio) : Premièrement, il faut comprendre que le travail qui est fait, c'est un travail d'équipe avec tous les directeurs de la santé publique, puis on doit avoir un certain niveau de cohérence et de consensus entre nous. Il faut comprendre que les documents que Dre Drouin a écrits, là, il y en a qu'ils écrivent, il y en a dont on discute, sont des documents de travail, puis la position finale est une position où, avec le consensus de tous, hein, au moment du processus, on peut écrire...

Vous savez, on travaille sur les mesures de confinement, déconfinement depuis des mois. Il y a beaucoup de discussions, il y a beaucoup de réflexion. Même les prochaines données, là, qu'on va avoir cette semaine vont nous aider à savoir est-ce qu'on avance ou on recule. Ça fait que, dans les faits, c'est parce que la chose n'est pas terminée, les discussions ont encore cours, je vous jure, très honnêtement, puis on n'a pas encore présenté le tout à nos autorités comme tel. C'est dans ce sens-là. Parce que, comme je le dis, on va finir par avoir une position consensuelle, souvent le plus proche possible de la prise de décision parce que l'épidémiologie fluctue beaucoup, puis après ça on la dépose au gouvernement, qui prend ses décisions par rapport à ça.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Autre question. Bon, au printemps, on a eu le problème à Montréal, après ça on a eu le problème à Québec, il y a eu la semaine de relâche, le caractère latin des Québécois. Maintenant, au Saguenay... C'est quoi, le problème, avec Saguenay? Est-ce qu'on a trop tardé à mettre en zone rouge le Saguenay—Lac-Saint-Jean?

M. Dubé : Non, je ne pense pas qu'on a trop tardé. Chaque place a ses différences, ses raisons. Je pense qu'en ce moment il faut regarder aussi du côté des milieux de soins, qu'on appelle, les hospitalisations. Parce que ce qui est arrivé, au Saguenay, c'est qu'il y a eu beaucoup de contagion communautaire qui est malheureusement rentrée dans des hôpitaux, et cette contagion-là met en ce moment à risque notre système hospitalier de cette région-là en particulier. Puis comme les distances sont importantes entre, par exemple, le Saguenay et la région de Québec, il faut être capable de bien soigner nos gens.

Mais il y a eu aussi des déplacements qui ont pu avoir entre des zones, par exemple, de Québec et du Saguenay ou du Lac-Saint-Jean, qui ont pu occasionner... Alors, je pense que ça a été la bonne décision lorsqu'on a vu la tendance puis qu'on a vu le nombre d'éclosions qui augmentait au Saguenay et au Lac-Saint-Jean, particulièrement à Alma. Malheureusement, là, Alma a été plus touchée. Alors, je pense que c'était la bonne décision à prendre, puis on va suivre ça de très proche, là, dans les prochaines semaines.

Mais, encore une fois, on a un exemple, là, d'une région qui n'avait pas du tout été touchée lors de la première vague, un peu ce qui est arrivé à Québec. Puis je pense que les gens, localement, ont très, très bien réagi depuis l'annonce qu'on a faite. Puis je vous répète souvent la même chose, mais, si on était capables de voir une amélioration au Saguenay—Lac-Saint-Jean ou dans le nord de Lanaudière pendant qu'on a une stabilisation de nos cas ailleurs, ça serait le meilleur des scénarios.

Alors, c'est pour ça que je pense que les gens du Saguenay ou du Lac-Saint-Jean doivent s'encourager parce que, lorsqu'on prend ces mesures-là puis qu'on les suit, on voit une amélioration, alors c'est là qu'on en est aujourd'hui.

Le Modérateur : Patrice Bergeron... Oui?

M. Legault : Peut-être rajouter, peut-être, si vous me permettez... parce que je me suis posé effectivement la même question puis j'ai posé la question à nos députés, là. On a des députés au Saguenay—Lac-Saint-Jean puis on a des députés dans le nord de Lanaudière, puis ils ont posé la question aux citoyens. Puis la seule réponse qu'on a pour l'instant, c'est peut-être effectivement le fait qu'ils n'aient pas été touchés ou à peu près pas touchés dans la première vague, ça a comme développé un sentiment où ils étaient invincibles, qu'ils n'étaient pas vulnérables à ça.

Parce que, quand on regarde, par exemple, Lanaudière-Nord puis Lanaudière-Sud, bien, Lanaudière-Sud, là on parle de Terrebonne, Mascouche, Repentigny, des grosses villes qui sont proches de Montréal, ils avaient été très affectés au printemps, puis là ils ont comme eu leur leçon, et là ils sont très prudents cet automne. Par contre, quand on regarde le nord de Lanaudière, bien, ils avaient été très peu touchés au printemps puis là, bien, ils pensaient qu'ils étaient à l'abri de ça, puis c'est un peu la même chose au Saguenay—Lac-Saint-Jean. En tout cas, c'est ce que les députés de ces coins-là me disent.

Le Modérateur : Merci. Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. Dr Arruda, bon, à la suite de ce qu'on peut lire dans les recommandations concernant la région de Montréal, les assouplissements demandés et aussi à l'allusion qu'a faite tout à l'heure le premier ministre concernant le haut niveau d'anxiété dans la population, est-ce que, selon vous, il y a une crise de la santé mentale actuellement au Québec?

M. Arruda (Horacio) : Tout phénomène de pandémie comme on vit actuellement, avec de l'imprévisibilité, avec des taux de mortalité, crée des inquiétudes. Je vous dirais qu'il y a probablement des gens qui ont plus de stress, qui sont plus inquiets de ce qui se passe par rapport à un statut normal de réalité. Beaucoup d'adaptation, beaucoup de changements dans la vie des gens, autant pour les personnes âgées que pour nos jeunes. Je pense qu'il y a effectivement un niveau... Je vous dirais, là, les indicateurs semblent démontrer une augmentation de consommation d'alcool, d'utilisation de certaines drogues. Il y a un niveau d'anxiété qui est plus grand dans la société. Je pense que c'est clair.

Et c'est pour ça qu'il faut être capables de faire... Puis là je tiens à vous le dire, là, c'est véritablement ça, l'image, c'est : on est sur un fil de fer puis on est dans un équilibre. C'est que si, d'un côté, on veut assouplir pour redonner espoir et prévisibilité, mais qu'on génère tellement de cas que notre système de soins va... C'est ça qui est toute la balance et qui est difficile, puis il n'y a pas de recette précise. Puis, juste une chose aussi, c'est que l'épidémio régionale est différente, puis c'est connu. Dans les nouveaux virus, les zones qui ont été moins touchées une fois vont être mieux touchées plus tard dans... C'est comme ça dans l'épidémiologie habituelle.

Donc, je vous dirais, oui, il faut prendre en considération ça. Il va falloir aussi que, de notre côté en santé publique, quand on va faire des recommandations x, y, z... de donner des instruments pour que les gens qui ne sont pas en période de maladie, santé mentale, puissent vivre avec la situation, là. Mais on est préoccupés, de la même façon que Dre Drouin et les autres, on est très préoccupés par les effets pervers du confinement. Il n'y a personne qui ne prend pas ça en considération. Mais là la question, c'est la santé physique, le système de soins aussi. Parce que ce n'est pas rien que la santé physique, c'est que, si notre système de soins est débordé, bien, c'est toutes sortes d'autres maladies qu'on ne pourra pas opérer, puis etc.

C'est un équilibre qui n'est pas facile, je vais vous dire, il n'y a pas de recette, là, puis c'est pour ça qu'on a des débats et des débats entre nous pendant des jours et des jours, pour ne pas dire des semaines.

M. Bergeron (Patrice) : Par ailleurs, M. le premier ministre, vous l'avez mentionné, la situation est très difficile au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Vous savez qu'il y a des restaurateurs là-bas qui se rebellent malgré les avertissements qu'a lancés votre vice-première ministre. Il y en a qui vont décider quand même d'ouvrir et il y a même des clients qui ont décidé de réserver, de faire leurs réservations. Quel est le message que vous leur transmettez?

M. Legault : Bien, il faut respecter les règles, et puis les policiers vont s'assurer que les règles soient respectées.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour, M. le premier ministre. J'aimerais vous parler de surmortalité. Vous avez beaucoup dit, lors de la première vague, qu'au fond votre gouvernement présentait bien le bilan des décès, de telle sorte que la... surmortalité, pardon, que l'on enregistrait au Québec était égale finalement au nombre de décès supplémentaires liés à la COVID, hein, sur la moyenne des cinq dernières années. Je ne rentrerai pas dans les détails, vous savez de quoi je parle.

Maintenant, ce qu'on observe depuis le début de cette deuxième vague, c'est qu'au fond cette surmortalité-là, elle est supérieure aux décès supplémentaires que l'on enregistre avec la COVID-19. On a analysé les données. Il y a une bonne proportion de décès supplémentaires qui ne sont pas liés à la COVID-19 depuis le début de la deuxième vague. Et, si l'on compare avec la moyenne des cinq dernières années, il y a quand même un écart important.

Donc, soit qu'on ne comptabilise plus très bien les décès soit qu'il y a des décès supplémentaires qui surviennent, qui ne sont pas liés à la COVID-19, et qui peuvent témoigner d'une détérioration de l'état de santé général de plusieurs personnes, du fait qu'ils n'ont pas été chercher de soins ou qu'on n'a pas pu les soigner. J'aimerais ça avoir votre analyse à ce sujet-là. Qu'est-ce qui peut expliquer cette situation?

M. Legault : Bon, d'abord, là, je veux répéter ce que j'ai déjà dit, le Québec, depuis plusieurs années, est réputé pour bien déclarer, mieux déclarer les décès associés à une maladie spécifique, mieux que dans les autres provinces du Canada. Maintenant, les chiffres dont vous parlez, pour l'automne, bien honnêtement, je ne les ai pas vus puis encore moins analysés. Je ne sais pas si vous, vous les avez vus. Moi, je ne les ai pas vus, en tout cas.

M. Arruda (Horacio) : Pas nécessairement de la même façon, mais c'est quelque chose chose qu'on doit surveiller, effectivement. Ça peut être une des hypothèses, mais il peut y avoir d'autres facteurs qui peuvent expliquer cet élément-là. Mais je vais vous le dire bien honnêtement, là, on a demandé des tableaux et une analyse, comme tels, dont je n'ai pas encore eu les résultats.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Mais, pour que je comprenne bien, donc ce n'est pas apparu comme étant un problème sur votre écran radar jusqu'ici, cet écart-là que l'on observe?

M. Arruda (Horacio) : Bien, comme je vous le dis, il faudrait que je voie l'amplitude de l'écart pour être capable d'être en mesure de le comprendre. Mais une de vos hypothèses, si je décode ce que vous me dites, c'est que, parce qu'il n'y a pas accès à certains soins, il y aurait des personnes qui seraient décédées de d'autres choses que de la COVID-19. Moi, ce que je sens... En tout cas, il n'y a pas eu de changement dans notre façon de déclarer les cas comme tels. Donc, je ne pense pas que c'est parce qu'on déclare moins les cas qu'on a baissé par rapport à antérieurement, là. Je ne crois pas, mais il faut que je fasse l'analyse. Je ne veux pas vous répondre quelque chose que je n'aurais pas documenté.

M. Chouinard (Tommy) : Je voulais comme une précision…

Le Modérateur : Bien, rapidement. C'est deux questions.

M. Chouinard (Tommy) : M. le premier ministre, juste pour revenir aux propos que vous avez tenus dans votre allocution, je cherche à bien comprendre, donc, alors que vous aviez dit qu'après deux semaines il allait y avoir réévaluation, je crois comprendre que, là, on n'est pas là, là, en termes de relâchement?

M. Legault : Ce n'est pas ce que je dis.

M. Chouinard (Tommy) : Non? O.K.

M. Legault : On n'a pas atteint le deux semaines encore. Deuxièmement, on va continuer de suivre les résultats. Par contre, l'indication que j'ai donnée puis la suggestion ou la demande que j'ai faite, c'est peut-être d'ouvrir un petit peu la porte sur les rencontres individuelles plus que sur les rencontres où il y a des potentiels de rassemblement comme les restaurants, les gyms puis les salles de spectacles. Donc, c'est ce que j'ai donné comme indication. Mais on a toujours l'intention, après deux semaines, là, de faire le point.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : M. Legault, mise à jour économique la semaine prochaine, l'Ontario sort son budget cet après-midi. C'est quoi, les éléments spécifiques que vous allez vraiment regarder, qui vous intéressent le plus, dans le budget de l'Ontario, cet après-midi?

M. Legault : Bien, d'abord, l'Ontario, toutes proportions gardées, a un plus gros déficit que nous. Vous savez, un des gros dossiers qu'on regarde actuellement, c'est toute la question des transferts en santé du gouvernement fédéral. On parle de beaucoup d'argent, là. On demande de passer de 22 % du financement à 35 % du financement. Évidemment que ça pourrait aider l'Ontario éventuellement à résorber une partie de son déficit, puis ça va être la même chose pour le Québec.

Donc, on a ça en commun. Bon, évidemment, on est tous à chercher les meilleurs moyens pour relancer l'économie. Donc, je vais sûrement avoir... J'ai hâte de voir les mesures qui vont être proposées pour relancer l'économie, incluant toute la qualification de la main-d'oeuvre, les incitatifs pour augmenter les investissements des entreprises, etc.

Donc, je vais regarder ça, donc, je dirais, la hauteur du déficit puis, entre autres, le lien qu'il faut faire avec les dépenses de santé et les incitatifs économiques.

M. Bossé (Olivier) : Dr Arruda, la Ligue de hockey junior majeur du Québec vous a soumis un projet de tournoi de sept équipes en zone rouge. Je pense, je n'ai pas besoin de vous les nommer, vous les connaissez. Ils proposent que ça se passe au Centre Vidéotron à Québec, peut-être à Shawinigan, plan B. C'est quoi, votre réponse? Est-ce que vous donnez le feu vert à ça ou il n'est pas question que ça ait lieu?

M. Arruda (Horacio) : Les discussions sont en cours. L'équipe de Santé publique, là, mon équipe avait des préoccupations particulières, notamment en lien avec certains protocoles de bulles, mais c'est en train d'être discuté actuellement. On comprend que les échéanciers, c'est rapide. C'est le 12 novembre, puis on est… Ça fait qu'on est en pleine discussion là-dessus. Je ne peux pas commenter la décision finale.

M. Bossé (Olivier) : Il n'y a pas de décision? O.K., merci.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, Dr Arruda. Ma première question, c'est pour le Dr Arruda. On parlait beaucoup pendant la première vague de l'immunité communautaire, puis là on n'en parle plus. Il n'y a plus personne qui parle de ça. On ne sait pas... On en est où en termes de statistiques? À un moment donné, on était autour de 3 %, 4 %, là, de ce que vous aviez évalué, d'immunité communautaire. On en est rendus où? Est-ce que c'est des paramètres que vous continuez à suivre ou si on a complètement écarté ça?

M. Arruda (Horacio) : Bien, c'est-à-dire que ça va se faire encore par des études de séroprévalence. Vous comprendrez que ce n'est pas nécessairement la priorité actuellement. Parce qu'effectivement ce qu'on suspecte, premièrement, c'est que les taux ne seront jamais à des niveaux très élevés pour empêcher la circulation du virus. Ça, c'est la première des affaires. On ne passera pas de 3 % ou 5 % à 85 %, là, à moins d'avoir... tout le monde attrape la maladie, avec les conséquences que ça veut dire.

L'autre élément aussi, c'est qu'on se rend compte que l'immunité pourrait ne pas perdurer, c'est-à-dire qu'au-delà de... il y a des cas de réinfection au-delà de six mois, là, qui pourraient être le fait... Ça fait que ça, c'est un enjeu comme tel. Ça fait que je ne vous dirai pas qu'on va continuer... Il va y avoir des études de séroprévalence, c'est clair, elles vont continuer à se faire, mais disons que ce n'est pas là-dessus qu'on capitalise. Malheureusement, là, c'est autour d'un traitement ou d'un vaccin que la solution est.

M. Lacroix (Louis) : Mais on n'a pas d'idée du taux... Parce que je vous ai demandé le taux. On ne l'a pas.

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, je vais vous dire très honnêtement, les dernières... Il faut aussi, pour que ça vaille la peine, qu'il y ait quand même un certain temps de circulation du virus pour faire ces études-là parce que c'est des prélèvements pris dans le temps, puis etc., là. Mais je ne suspecte pas... Probablement que ceux qui étaient faibles, si vous me permettez, notamment les régions comme dont on vient de parler, là, qui étaient, entre guillemets, plus vierges, eux vont monter de taux qui étaient à 1 %... en bas de 1 %, peut-être à 3 %, 4 %, 5 % maximum.

M. Lacroix (Louis) : Ma deuxième question, c'est : Qu'est-ce que vous êtes en train de faire pour vous assurer que... Parce que vous avez parlé la semaine dernière qu'il pourrait y avoir un vaccin quelque part en début de 2021, là, vous avez parlé de février, je pense, où que ça se pourrait, il y a une possibilité. Qu'est-ce qu'on fait du côté du gouvernement, M. Legault, pour s'assurer que si effectivement il y a un vaccin qui est disponible, quel qu'il soit, que les Québécois y aient accès aussi, qu'on puisse avoir des doses, là, qui soient disponibles chez nous au Québec et pas juste, par exemple, aux États-Unis, où on a vu comment le gouvernement Trump s'était comporté entre autres avec les masques, là, où on avait tout récupéré de leur côté? Qu'est-ce qu'on... On en est où là-dedans, dans ces démarches-là?

M. Dubé : Bien, peut-être que je peux commencer, M. Lacroix, puis Dr Arruda pourra compléter. C'est sûr qu'on a déjà pris des engagements avec le gouvernement fédéral, parce que c'est le gouvernement fédéral qui a quand même la chance puis la responsabilité de discuter avec les grandes sociétés pharmaceutiques. Et c'est ce qu'on s'est assuré, d'avoir notre... plus que notre part au cours des prochains mois, là. Puis, en fait, ce qu'on fait et ce que le gouvernement fédéral fait, si je l'explique, là, globalement, c'est d'essayer de signer avec le plus d'entreprises possible, parce qu'on ne sait jamais finalement qui va être le premier gagnant. Alors, il y a plusieurs ententes qui ont été signées du fédéral avec les fournisseurs et entre le fédéral et nous pour s'assurer qu'on a notre part de ça.

Mais, en ce moment, je vous dirais que le gros choix, c'est qui va être ce gagnant-là. Mais le genre d'entente qu'on suit, là, qu'on signe, c'est quand même des ententes qui sont confidentielles, puis vous comprendrez pourquoi, là. Mais on est à négocier à s'assurer qu'on va avoir notre part à nous.

Je ne sais pas s'il y a d'autres détails plus importants, là, que je pourrais vous donner, là.

M. Arruda (Horacio) : En fait, comme ça a été fait dans le H1N1, là, dans le fond, le Canada s'organise pour avoir des précontrats avec des compagnies, donc d'avoir accès à du vaccin qui va être réservé en terres canadiennes. Puis, en termes de fédéral, provincial, territorial, mes homologues et moi, on regarde la situation. Puis habituellement il y a une distribution qui est juste et équitable en fonction des indications, puis etc.

Ça fait que, je vais vous dire, ça ne veut pas dire qu'il n'y aurait pas un vaccin qui arriverait, par exemple, aux États-Unis quelques semaines avant, ou etc. Mais on l'a déjà prévu, puis avec plusieurs compagnies, donc. Puis là je ne peux pas aller dans plus de détails comme ça, mais c'est comme ça qu'on fonctionne à la fois pour le vaccin d'influenza, et on l'a fait en pandémie H1N1, puis on a eu notre quote-part puis les livraisons en même temps que les autres provinces.

Le Modérateur : Mylène Crête, Le Devoir.

Mme Crête (Mylène) : Concernant les assouplissements, M. Legault, vous n'avez pas mentionné les lieux culturels comme les musées. Est-ce que ça, c'est envisagé? Parce que ce n'est pas des lieux de rassemblement comme des restaurants ou des bars.

M. Legault : Bien, pas à court terme, pas dans les prochains jours, là. On considère que les musées aussi, ça fait partie d'un risque potentiel de rassemblement.

Mme Crête (Mylène) : Et en ce qui a trait... J'avais une question également par rapport au traçage. La Dre Marie-France Raynault, qui est spécialiste en santé publique, dit que le Québec ne fait pas assez bien en matière de traçage actuellement. Je voulais avoir la réaction, M. Arruda, M. Dubé.

M. Dubé : Bien, écoutez, le traçage, pour moi, j'en discute souvent avec le Dr Arruda puis son équipe, j'aimerais ça qu'on en fasse plus. J'aimerais ça qu'on soit plus équipés. On a dit qu'on prenait des outils additionnels. On va améliorer nos plateformes. On a déjà une plateforme pour suivre le traçage. Et on va prendre des outils additionnels pour être capables de le faire plus rapidement. Mais on a déjà fait des grandes augmentations, des grandes améliorations. Ça prend beaucoup de monde pour faire le traçage.

Puis, lorsqu'on a... Vous voyez, je vous donne juste un exemple, là, on a commencé à publier, cette semaine, le nombre d'éclosions. C'est quelque chose que vous demandiez depuis longtemps. Ça fait qu'on a mis sur le site Web, là, je pense que c'est depuis hier, le nombre d'éclosions qu'on a. Puis, juste pour vous donner un ordre de grandeur, on a, à l'échelle du Québec, là, en ce moment, d'éclosions actives, un peu plus que 1 400 éclosions. Puis, si vous prenez, par exemple, la région de Montréal, vous allez parler d'à peu près 250, 300 éclosions actives. Alors, imaginez-vous que chaque éclosion peut avoir, des fois, deux cas mais il peut avoir cinq cas, 10 cas. Dans des milieux de travail, on peut monter jusqu'à 30, 50 personnes qu'on doit tracer.

Alors, ce qu'on a réussi à faire comme première étape, c'est d'être capable d'augmenter le nombre de personnes pour faire le suivi de toutes ces éclosions-là. Alors, on a doublé, plus que doublé... On a ajouté, je vous l'ai expliqué l'autre fois, quelqu'un qui a plus de côté opérationnel, un nouveau sous-ministre associé qui est responsable de cet aspect-là. Alors, une combinaison de plus de personnes, de tracer les personnes qu'on dit à risque élevé, hein? On a focusé là-dessus. Ça, c'est un changement d'approche qu'on a fait dans les dernières semaines. Parce que c'est au début d'éclosions qu'on peut trouver les personnes le plus rapidement. Celles qui sont plus loin dans la ligne sont importantes, mais moins importantes que les premières.

Ça fait qu'une combinaison de plus de personnes, d'avoir, je dirais, une approche plus spécifique, des outils qui sont en développement, les mêmes outils qu'on a mis maintenant dans nos centres de dépistage. Vous savez qu'on a eu un projet pilote, il y a quelques semaines, qui va très bien, qu'on est en train de déployer au niveau du dépistage. Bien, c'est la même plateforme qu'on est en train de faire évoluer pour le traçage. Alors, je pense que l'ensemble de ça va faire qu'on va avoir, à mon sens, les meilleures pratiques mondiales pour être capable d'avoir le meilleur traçage possible. Puis je suis d'accord avec le commentaire qu'on peut s'améliorer sur l'aspect de traçage.

Le Modérateur : Merci. Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour. M. le premier ministre, peut-être, d'abord, si c'est possible pour vous, là, de préciser, là, d'une part, s'il est toujours question de faire le point sur vos mesures qui ont été prolongées à la mi-chemin du 28 jours. Et ma question est la suivante : Ça ne vous met pas de mauvaise humeur de voir qu'un document, là, comme celui qui a coulé de la Direction régionale de la santé publique... de voir qu'un document qui coule comme ça, ça vient d'une certaine façon renforcer l'idée que plusieurs se font maintenant, là, que vos décisions sont prises sur un coin de table?

M. Legault : Bien, deux choses, là. D'abord, je pense que les Québécois sont assez intelligents pour savoir qu'il n'y a pas de réponse parfaite. Donc, il peut y avoir plusieurs opinions dans plusieurs régions du Québec. Bon, c'est certain que ça amène une certaine confusion puis ce n'est pas idéal comme situation. Donc, je pense que c'est important que les discussions ne deviennent pas des possibilités de modifier des mesures. Parce que, bon, on a des débats à tous les jours sur les possibilités de modifier des mesures, mais, quand on modifie des mesures, on les annonce qu'on modifie les mesures. Quand on y pense, bien là, on ne vient pas mélanger tout le monde à penser à voix haute, là.

M. Dubé : L'autre élément que je rajouterais... Puis c'est pour ça que je pense que c'est important, je l'ai dit à l'opposition, ce matin, là, en Chambre, de ne pas aider à créer la confusion. La raison pour laquelle je dis ça, c'est que... Puis je respecte beaucoup les opinions qui nous viennent, par exemple, d'une santé régionale comme celles de Mme Drouin. Je l'ai félicitée pour son travail. Mais l'opinion qu'on émet pour une région a aussi un impact. Quand le Dr Arruda va prendre sa décision, il va aussi penser qu'est-ce qui se passe en Montérégie puis qu'est-ce qui se passe aussi dans le nord de Montréal.

Donc, ce n'est pas uniquement l'opinion de Santé publique Montréal, mais c'est l'ensemble de notre région. Puis vous savez qu'on a agi beaucoup lorsqu'on tenait compte du facteur CMM. Alors, je veux juste vous donner cet exemple-là, qu'il ne faudrait pas qu'on aide à créer la confusion, alors que l'opinion qui peut être émise par un groupe en particulier doit être discutée avec le Dr Arruda, et lui, avec son équipe, prendra l'ensemble des considérations qui nous viennent de différentes santés publiques. Alors, je voulais juste donner cette précision-là que je pense qui est importante.

M. Gagnon (Marc-André) : Maintenant, une question pour Dr Arruda. On avait vu, vous vous en souvenez, après une demande d'accès à l'information, la façon avec laquelle vous échangiez avec vos directeurs régionaux. Bon, c'était au printemps. C'était le début de la crise. Il y avait toute cette notion d'urgence. Là, on est dans la nouvelle normalité. Et, malgré le fait que les choses évoluent rapidement, là, est-ce qu'il ne serait pas temps qu'il y ait des comptes rendus écrits de produits, je ne sais pas, ne serait-ce que sur une base mensuelle? Parce qu'après tout, là, on voit que ça se fait au niveau régional, à Montréal, alors pourquoi pas au niveau national?

M. Arruda (Horacio) : Bien, on a des... Il faut voir que le document de Montréal aussi, si vous me permettez, vient de discussions aussi qu'on a eues au niveau central, mais ça fait un bout, là. On a des tableaux, puis etc., là. Je veux juste vous dire que ce que... Ce n'est pas fait pour des questions de vitesse, puis d'évolution, puis d'adaptation. D'ailleurs, le rapport de Montréal le mentionne, que les recommandations qui sont là sont en fonction de… à être variables selon l'épidémiologie. Donc, je pense qu'il y a des choses qui sont documentées. Elles sont écrites sous forme de tableaux, puis etc. Mais, comme je vous le disais, ce n'est pas sous la forme de ce qu'on attend habituellement par rapport à un avis qu'on écrit avec une revue de littérature, etc., puis la documentation. Comme on le dit, il n'y a pas ça, là, comme tel, mais il y a des écrits qui existent et qui sont soumis au gouvernement.

M. Gagnon (Marc-André) : ...

Le Modérateur : Peut-être reposer votre question un peu plus fort?

M. Gagnon (Marc-André) : Pourquoi ne pas les rendre publics, s'il y a des écrits qui existent, M. le premier ministre?

M. Legault : Bien, d'abord, comme on l'a expliqué souvent, hein, c'est un débat. Ce n'est pas noir ou blanc. Donc, depuis le début de l'épidémie... de la pandémie, pardon, on a eu beaucoup d'échanges de façon quotidienne avec la Santé publique. Moi, ce que j'insiste à répéter, c'est qu'on a toujours suivi les recommandations et même plus. Maintenant, je pense que c'est important, là, que la population ait une ligne claire puis qu'il y ait une communication qui soit un peu unique. Et, Dr Arruda l'a dit, la journée où le gouvernement ne l'écoutera pas, il va le dire, puis ça n'a pas été le cas depuis huit mois, là. On écoute la Santé publique nationale.

Le Modérateur : François Carabin, Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. Je commencerai sur les éclosions, j'aimerais y revenir. Dr Arruda, il y a quelques jours ou quelques semaines, vous aviez mentionné que, pour ce qui est des milieux de travail, c'était la majeure partie des éclosions, mais il y avait seulement, je pense, 12 % des cas actifs qui étaient rattachés à ces éclosions-là. Dans le même ordre d'idée, aujourd'hui, êtes-vous capable de nous dire, sur les éclosions actives, lesquelles rapportent le plus de cas? Parce qu'on comprend, là, que les milieux de travail sont peut-être des plus petites éclosions.

M. Arruda (Horacio) : Oui, ça demeure... Premièrement, il faut comprendre aussi, quand on parle de milieu de travail, on exclut ce qui s'appelle milieu de la santé, hein, je trouve ça important que vous compreniez. C'est les milieux de travail qui sont codifiés selon la cote de la CNESST, qui ne couvre pas le milieu de la santé et des services sociaux, puis etc. Ça demeure encore les milieux de travail qui vont générer, je vous dirais, le plus d'éclosions, O.K., mais les milieux de soins... Parce qu'il faut comprendre aussi que, dans les milieux de soins, on rentre puis on fait des dépistages importants, et là on détecte plusieurs cas de cas asymptomatiques.

Donc, dans les milieux de soins, dans les... Tu sais, par exemple, il y a des cas dans une RPA, par exemple, où il y a une unité prothétique, on va se mettre à tester 1 000 personnes. Dans ces 1 000 personnes là, on va détecter des personnes qui étaient asymptomatiques, ce qui n'est pas toujours la même façon de faire, je dirais, dans d'autres types de milieux. Mais ça demeure encore les milieux de soins qui génèrent le plus de cas. Et dans les milieux de soins, particulièrement pour personnes âgées, c'est malheureusement là que se retrouvent le plus de décès. Puis après ça il y a des cas dans des milieux scolaires, mais qui vont générer habituellement peu de volumétrie. Même dans des dépistages, par après, on voit beaucoup d'interventions préventives, on ferme des classes, puis etc., mais il n'y a pas tant de transmission que ça comme telle. Mais il y a de la transmission dans les milieux scolaires parce que le milieu scolaire est ouvert sur la communauté.

M. Carabin (François) : Merci. Sinon, M. Legault, j'aimerais revenir sur votre commentaire sur les élections américaines. Vous avez parlé d'un... En fait, vous avez dit que vous souhaitiez un apaisement. Qu'est-ce que vous voulez dire? Est-ce que vous vous attendez à des dérangements à la paix sociale aux États-Unis? Et quels impacts est-ce que ça pourrait avoir sur le Québec?

M. Legault : Bien, écoutez, là, vous voyez comme moi la situation. Puis ce n'est pas bon pour personne, là, qu'il y ait des tensions entre une société qui est presque divisée en deux, là, de façon presque égale. Donc, moi, ce que je souhaite, c'est que ça s'apaise, ces tensions-là, c'est ce que je dis, parce que ça pourrait effectivement avoir des impacts négatifs, incluant chez nous.

Le Modérateur : François... Hugo Lavallée, pardon, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Bonjour. J'aimerais revenir à la question précédente concernant les éclosions puis les nouvelles données qui sont disponibles, pour être certain de bien comprendre. Est-ce que, donc, ces éclosions-là incluent tous les cas possibles? Parce qu'on peut attraper la COVID dans le métro sans trop savoir d'où ça vient. À ce moment-là, ce n'est pas vraiment une éclosion. Mais est-ce que c'est comptabilisé de façon directe ou indirecte? Et qu'en est-il des milieux scolaires, qui sont à la fois des milieux scolaires et des milieux travail? Est-ce qu'il peut y avoir des éclosions qui sont comptabilisées à plus d'un endroit?

M. Arruda (Horacio) : Non. Le milieu scolaire est comptabilisé à un endroit, puis les données qu'on vous fournit proviennent d'une méthode spécifique pour le milieu scolaire. Ça, c'est pour répondre à votre question.

Puis c'est vrai qu'il y a des cas qu'on n'aura pas identifié la source, on n'est pas capables de le relier à une source. À ce moment-là, on va les appeler des cas communautaires ou inconnus. Ça, c'est quand on n'est pas capables de les retracer.

Mais, quand vous avez plusieurs cas ou des cas qui sont détectés suite à un dépistage dans un milieu de vie ou si vous avez, par exemple, une éclosion dans un abattoir, où là on connaît les gens, on connaît une histoire précise, on est capables à ce moment-là de l'identifier. Mais il y a une proportion d'éclosions... il y a une proportion des fois qui sont communautaires.

M. Lavallée (Hugo) : Sur un autre sujet, M. le premier ministre, concernant le départ de Mme Murphy, qui a été annoncé en pleine journée d'élection américaine, vous ne trouvez pas ça étrange, le moment choisi pour annoncer cette décision-là, en pleine éclipse médiatique, d'une part? Et, d'autre part, est-ce que vous ne croyez pas que c'est susceptible de miner la confiance du public envers les institutions, si on ajoute ce qui s'est passé à la SQ, par exemple, tout ce qui entoure le statut du directeur général, les ratés à l'UPAC? Il y a comme une accumulation de situations très particulières qui touchent les forces de l'ordre.

M. Legault : Bon, d'abord, je ne pense pas que le politique a à s'ingérer et puis poser des commentaires sur le DPCP, la SQ, l'UPAC. Donc, il faut être prudent. Par contre, je vais convenir avec l'impression qu'ont les Québécois qu'il y a beaucoup de questions qui se posent et qu'il y a du travail à faire, entre autres à l'UPAC, là, pour retrouver une certaine crédibilité. Mais je n'ai pas l'intention... La seule chose qu'on va faire, c'est que le ou la prochaine qui va être responsable du DPCP, bien, on va consulter les partis d'opposition, puis, comme on l'a dit dans notre loi n° 1, ça va être un vote du deux tiers de l'Assemblée nationale.

M. Lavallée (Hugo) : Quand vous dites «je n'ai pas l'intention», vous avez laissé la phrase en suspens. Donc, il n'y a rien que le gouvernement puisse faire, là, si je comprends bien?

M. Legault : À part de nommer la personne responsable du DPCP, je n'irai pas commencer à poser des questions : Pourquoi vous avez pris telle ou telle décision? Ils sont indépendants puis ils doivent rester indépendants.

Le Modérateur : Nous allons maintenant passer aux questions en anglais. Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day. I have a little scientific question for Dr. Arruda since you're the expert. Health Canada is now talking more that aerosols are a risk. I'm sure you saw this, but I believe you said or Santé Québec said that they're less concerned about the transmission through aerosols. So why does Québec think it is less significant than some of the other experts?

M. Arruda (Horacio) : In fact, we have never neglected the fact that it could happen. There are specific situations for this. Even the Institut national de santé publique, already, in August, had talked about ventilation and aerosols, especially in crowded places with close contacts and everything, but that's not the principal driver of the infection. And we are agreed with those issues, but it's not the principal, I would say, mode of transmission. But, in certain conditions, very closed places with high contacts, you know, and low ventilation, aerosols can be one kind of spreading that could... but it's not the principal driver.

M. Authier (Philip) : And, for Premier Legault, you made remarks about the United States. Are you concerned that the instability we're seeing every day there could affect Québec's economy?

M. Legault : Yes. I think we would like to have a final result as soon as possible, but it's more than that. I think that right now we see that the people are very divided, 50-50 or 50 to 48, and we have to have some lessons from those results. I think that many citizens worry about their jobs, especially in the manufacturing business, and we have to keep that in mind also in Québec.

Le Modérateur : Kelly Greig, CTV.

Mme Greig (Kelly) : Good afternoon. I wanted to ask about the Montréal reports. So, just to be clear, has Montréal made a recommendation to have some things lifted, to have some restrictions lifted? And what would it take to get there if that's not the case already?

M. Legault : Maybe I can start. There are two steps. First, we need to have a recommendation from Dr. Arruda, from the national level. Second, we have to accept it, and the final decision is taken by the Government. So we're only at the first step.

M. Arruda (Horacio) : ...as a big team, they make a report with some recommendations based on when they did it, and it's written there that it must be looked at, in the fact, if there is other epidemiology. We have those discussions. Dr. Drouin is with us, everyday with all the directors even to know are we going to go red in that place or not exactly. And the work of what could be the different, I would say, adjustments to the «paliers», colors and things, is not well finished at my level, with all the directors of Public Health and with my «spécial conseiller» now. So, when I will finish… Even if this is one input, we've got other inputs from others. We are trying to have a coherence and consensus because just understanding that, if we do something in Montréal, there is impacts in Laval, there is impacts in Longueuil. So it's important to have this and take into account all those issues the same way that it is important also to take into account Outaouais, which is just beside Ottawa. That's the way it works.

Mme Greig (Kelly) : And, on these potential one-on-one meetings that we can have with friends, you said that could be something that happens soon, what would that look like at a first stage? Could everyone in the household meet one other person? Would it have to be only one person, not one person a different time and then the next day someone else?

M. Legault : First, we have to remember that, right now, already, people living alone, they are allowed to receive one person, one visitor. So that's clear. But what I understood, and what I listened… and what I heard form, for example, students at college and university level, they live with their parents. So they're not alone, but they don't go to college or university and they don't meet their friends since many months now. So what I've asked those two people for : Is there a way that we can find a possibility of permitting those meetings one by one?

But, at the same time, I wanted to emphasize why we took the decision to close restaurants, gyms and theaters. It's because there's a potential risk for gatherings. And the real risk and the important risk is about gatherings with 10 people. One-on-one, maybe we can do something. And we'll come back to you soon.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. I actually wanted to follow up on that point, Premier. So, you said that it's not necessarily about people gathering, but that it's… the opportunity exists for there to be gatherings. I'm not sure that I quite understand that in the context of, say, gyms, or libraries, or museums. If someone is going to work out, lift weights, for instance, normally, they go out, they go to the gym, they lift weights, they go home. Where's the… Are you really concerned about people hanging out in the parking lot after the gym, having a party or hanging out outside of the library?

M. Legault : I went to gyms, and, you know, when you go often to the gym, you know the other clients, you become friends and, of course, you want to talk with them during the time you're there, before, after. So, yes, there's a potential gathering possibility, yes.

Mme Fletcher (Raquel) : On what you said about the U.S. election, you also mentioned that you want Québec to become less dependent on…

M. Legault : That's not… OK, go.

Mme Fletcher (Raquel) : …or more independent? Should I say, more independent when it comes to importing and exporting?

M. Legault : What I said is that we hear very often speeches about trying to be less dependent from United States. But we have to realize that we will always have a very important partner. And even, we can export more to United States. We're doing a lot to Northeast States right now. But, for example, if you talk about Texas, if you look for the last five or 10 years, the growth in Texas, it's an opportunity that we have for Québec companies to export more in Texas.

So, we have to be realistic. First, we are winners with the exchanges with United Sates because we have a surplus of $20 billion a year, compared with a deficit of $30 billion with the rest of the world. So, in total, we are at minus 10, but we're lucky and we need to keep this relationship with United States.

Mme Fletcher (Raquel) : But is it in jeopardy now because of the uncertainty?

M. Legault : Of course, whoever wins, Biden or Trump... In the history, Democrats were more for protectionism than the Republicans, but, for the last four years, we had a Republican president that was a lot… supporting protectionism. So, whoever is winning, Biden or Trump, we'll have to continue fighting. And I think the key is really to also keep good relationships with Charlie Baker, with Cuomo, with Newsom, with Abbott, with the governors of the different States, because our two economies are linked very much. And you can see very often the same product going from one country to the other four, five times before it's finished.

Le Modérateur : Merci. Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Hi, good afternoon. I would like to go back to a question that you received last week by Tommy Chouinard, the number of deaths in CHSLDs in the second wave versus the people dying at home. We have the numbers from the INSPQ, and so you see that... so the people dying in CHSLDs during the second wave is much lower than in the spring, but the number of people dying who are living at home is high. And we see that the numbers of deaths of people living at home are basically increasing steadily since the end of September. So, I mean, is it because of community transmission? What is your understanding about those deaths of people living at home of COVID-19? What's your understanding? And is it... Do you have the impression it's because of community transmission, first of all? That's my first question.

M. Legault :OK. What I've explained to Tommy Chouinard, and I'll try to repeat it...

Mme Senay (Cathy) : …what you said, but I would like you to go further.

M. Legault :OK, but maybe I was not clear enough, so I…

Mme Senay (Cathy) : Well, I didn't find that you went further enough, Mr. Legault, with all the respect I have for you.

M. Legault :OK. So I think that the increase in percentage of the number of people infected in homes, OK, doesn't mean that you have more people infected in homes. The main reason why the percentage is increasing, it's because the number of people infected in CHSLDs dropped a lot.

Mme Senay (Cathy) : But that doesn't answer why...

M. Legault : You don't have more people infected in homes than in the spring. But the percentage is higher because the percentage and the number of people infected in CHSLDs dropped a lot.

Mme Senay (Cathy) :OK. But, at the same time, people living in CHSLDs, they do have health care workers around. Do you have any concerns of people… Because, you know, about the community transmission, older people getting sick, is there any concerns that some people, vulnerable, are not asking for help, and you may have more deaths because of that? Or the care…

M. Legault : We don't have more deaths. If I can give you a figure… figures, all right? If you had 100 deaths in the spring, 80 from the CHSLDs and 20 from homes, if right now you have 10 from CHSLDs and 20 from home, of course, it represents two thirds instead of 20 %, but it doesn't mean that the number of people infected is higher. You follow me?

Mme Senay (Cathy) : Yes. Can I have one last clarification?

Le Modérateur : Oui. Une dernière.

Mme Senay (Cathy) : Yes. The document from the Public Health… Montréal Public Health was also talking about a long term vision so people can live with the virus. And we need that. So, you're not ready yet?

M. Dubé : Maybe what I could say is that, sure, we always talk about a new normality, remember, we've been talking a lot about that. I think we're… the goal is to make sure that we understand that we're unfortunately going to live with this virus until there is a vaccine. So, we all know that. That's unfortunate, but that's the way. I think that we have not yet come to a place where we're comfortable at the level where we should be, OK? I think that what our challenge... and that's reason why I like the challenge that the Premier gave us, it's to say : Are there some adjustments that we could do? Because we will have to live with that for a while.

And I am just going to make a big difference with the first wave. Remember the first wave, when we had confinement, we were not going to school, people were not working and we were not having this… The reality today, even though if we don't like it, we are still able to work, our economy is doing a lot better than we thought it would, our people, our kids are at 97 % at school. So, this a new normality on the positive side.

On the negative side, I think that we need to find the right… The Premier always said : How do we balance this? So, I think that if we're able... And that's the reason I always said that the month of November was a good test for us. Can we find this new normality, in terms of now having all those measures, but continuing to live? If, at one point, it means that we can have additional contacts that are not too… I'd say a minimum impact on the gatherings, this is what we're trying to find. But I don't know when the vaccine will be : this spring, next year.

So this is… What I'm trying to answer is : Where is that new normality that people can do? On the positive side, the schools and everything, but, on the negative, what are those measures that we need to keep to make sure that we protect everyone? That's the new normality… would be the key word.

Le Modérateur : Alors, c'est ce qui met fin au point de presse. Merci beaucoup à tous.

(Fin à 14 h 7)

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