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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 10 novembre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à ce point de presse, dans la salle Evelyn-Dumas du Parlement, du premier ministre du Québec, François Legault; du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé; et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda. M. le premier ministre, la parole est à vous.

M. Legault : Merci. Bonjour, tout le monde. Hier, on a eu 1 162 cas. Comme on le voit, on avait réussi à atteindre un plateau au cours des dernières semaines, mais là, depuis quelques jours, il y a une augmentation du nombre de cas, malheureusement, et il y a plusieurs régions... contrairement au printemps, il y a plusieurs régions qui ont beaucoup de cas. Peut-être pour ceux qui nous écoutent, là, je vais essayer de résumer en trois catégories la situation dans les 17 régions du Québec.

D'abord, il y a trois régions seulement, malheureusement, là, où il y a peu de cas, où ça va très bien : l'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Bas-Saint-Laurent. On sait que le Bas-Saint-Laurent, il y a eu un moment où c'était plus difficile, mais là c'est vraiment revenu sous contrôle.

Il y a une deuxième catégorie, où on a neuf régions, où c'est plutôt stable. D'abord, Montréal. Montréal est stable, même si on suit de très près certains quartiers, là, entre autres Dorval, Lachine, LaSalle, là où il y a plus de cas puis qu'on suit ça de proche. Laval, Laurentides, l'Outaouais, ça reste stable. La Montérégie aussi, ça reste stable. Il y a un endroit où il y a des éclosions, c'est Richelieu-Yamaska.

Dans la Capitale-Nationale, on peut même parler d'une réduction importante au cours des dernières semaines, sauf que le niveau reste élevé, reste trop élevé à Québec. Et il faut noter aussi qu'il y a une éclosion importante, depuis un certain temps, là, dans la sous-région de Charlevoix.  Dans Chaudière-Appalaches aussi, ça reste stable, mais il y a une éclosion qui s'ajoute, là, dans Montmagny—L'Islet, donc toujours une situation qui est un peu serrée en Beauce, mais Montmagny—L'Islet, là, c'est devenu maintenant la région où, toutes proportions gardées, il y a le plus de cas.

Bon, il y a l'Estrie. L'Estrie, jusqu'à il y a quelques jours, c'était une région qui était dans la première catégorie, donc très peu de cas, par contre, grosses éclosions, entre autres, Asbestos Granit. Donc, hier, le ministre de la Santé puis le directeur de la santé publique ont fait passer l'Estrie, malheureusement, dans la zone rouge. Puis il y a le Nord-du-Québec, évidemment, il y a peu d'habitants, mais il y a 17 cas actifs, donc on suit ça de proche, là, compte tenu de l'éloignement.

Bon, il y a un troisième groupe où, là, vraiment, ça ne va pas bien. Ça ne va pas bien dans cinq régions et ce sont cinq régions qui sont inquiétantes. D'abord, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, et là c'est vraiment un peu partout, là. Donc, on a des problèmes au Lac, on a des problèmes à Saguenay, autant dans le secteur Jonquière que dans le secteur Chicoutimi, puis on a des problèmes aussi à La Baie. Donc, vraiment, là, la région actuellement où c'est le plus difficile au Québec, c'est le Saguenay—Lac-Saint-Jean. La deuxième région où c'est difficile, c'est Lanaudière, bon, surtout dans le coin de Joliette. Beaucoup, beaucoup de cas, là, donc, dans le nord de Lanaudière. Ensuite, bien, on a deux régions qui travaillent ensemble, en partie, du côté de la Santé, c'est Mauricie puis Centre-du-Québec. Il y a des éclosions importantes à Trois-Rivières, dans le centre de la Mauricie, à Batiscan puis à Arthabaska-L'Érable, là. Donc, autant Mauricie que Centre-du-Québec, là, on voit, là, qu'il y a du travail à faire, là, il y a eu, malheureusement, probablement plus de contacts dans les dernières semaines. Puis l'autre région qui demeure difficile, c'est la Gaspésie, mais c'est très concentré à Côte-de-Gaspé. Puis ça fait un certain nombre de semaines, là, que ça reste, donc, beaucoup de cas.

Donc, comme vous le voyez, la majorité des régions soit sont stables ou soit sont en augmentation. On pourrait se consoler quand on regarde le nombre de cas par million d'habitants, bien, il y a beaucoup de pays, je pense entre autres aux États-Unis, à la France, à la plupart des pays en Europe, où ils ont deux fois plus de cas par jour, de nouveaux cas par jour, toutes proportions gardées. Donc, on peut se dire, bon, on résiste mieux ou il y a une autre manière de regarder ça, est-ce que c'est ça qui nous attend dans les prochaines semaines.

Donc, évidemment, là, on est contents d'être à peu près à la moitié de la situation, en nombre de cas. D'ailleurs, donc, on continue, dans la deuxième vague, là, la deuxième vague ne commence pas en même temps pour tout le monde, mais si on regarde les chiffres depuis le 1er septembre, on voit que le Québec est beaucoup moins affecté que le reste du monde.

Il y a deux semaines, donc, on vous annoncé qu'on allait ajouter des mesures, donc restaurants, gyms, bars, sports de contact, salles de spectacle, etc., puis on vous avait promis qu'après deux semaines on ferait le point. On est rendu à ce deux semaines-là. Malheureusement, les indicateurs nous montrent qu'il faut être encore plus prudent. Malheureusement, on n'a pas réussi à réduire le nombre de nouveaux cas à chaque jour. Même, on voit depuis quelques jours une augmentation. Donc, je vous annonce que malheureusement, pour les deux prochaines semaines, les mesures qui ont été annoncées vont rester en place. On nous avait dit initialement que c'était pour quatre semaines, mais qu'on réviserait après deux semaines. Là, on dit : C'est vraiment pour quatre semaines, donc au moins jusqu'au 23 novembre.

Je comprends que c'est difficile pour la population de poursuivre la mise en place... de continuer à respecter ces consignes-là, mais il faut quand même regarder l'ensemble du portrait. Actuellement, il y a 97 % des enfants qui vont à l'école, puis il y a 97 % des travailleurs qui ont retrouvé l'emploi qu'ils avaient au mois de février. Donc, quand même, on peut regarder le 3 %, mais il faut regarder 97 %.

Puis, cette possibilité-là, de garder les enfants à l'école puis les travailleurs au travail, bien, c'est à cause des mesures qu'on a mise en place. Parce qu'on ne se contera pas d'histoire, vous l'avez vu, il y a de la transmission dans les écoles puis dans les lieux de travail, mais on pense que c'est tellement important pour les enfants d'aller à l'école puis pour les travailleurs d'avoir leur gagne-pain qu'on est prêts à accepter une partie de cette transmission-là, mais, quand on sort des écoles puis des lieux de travail, bien, c'est là malheureusement qu'on est obligés de garder des restrictions, pour plusieurs raisons, d'abord, sauver des vies, ensuite, je viens de le dire, garder nos enfants à l'école, garder nos travailleurs au travail, puis continuer à garder le contrôle de notre réseau de la santé, être capable de continuer à soigner les gens qui ont d'autres maladies que la COVID-19.

Puis j'en ajouterais une autre, raison, c'est le temps des fêtes qui s'en vient. Donc, je l'ai déjà dit puis je l'ai écrit dans une lettre en fin de semaine, on ne doit pas s'attendre à des gros partys dans le temps des fêtes, mais on va essayer de tout faire pour être capable d'avoir des plus petits partys pour que les familles, les amis soient capables de se voir à Noël, au jour de l'An. Mais il est trop tôt pour vous annoncer ce qu'on pourra faire. Mais plus on fera d'efforts d'ici le mois de décembre, bien, mieux sera la situation puis plus ce sera facile d'adoucir certaines mesures.

Bon, hier, quand même, on a eu aussi une grosse nouvelle qui donne beaucoup d'espoir. Donc, l'entreprise Pfizer puis BioNTech, l'entreprise allemande, qui annoncent un vaccin qui serait efficace à 90 %. Bon, évidemment, toutes les vérifications sont en train de se faire à Santé Canada. On parle avec le gouvernement fédéral, mais c'est quand même une bonne nouvelle. Mais ce qu'on comprend, c'est que ça va prendre encore un certain nombre de mois avant qu'on puisse avoir vacciné une bonne partie de la population. Donc, malheureusement, il faut tenir le coup encore pendant des mois.

On ne pense pas que c'est nécessaire, à ce moment-ci, d'ajouter des mesures. Par contre, ce qui est nécessaire, puis en particulier dans les cinq régions qui sont difficiles, il faut qu'il y ait plus de monde qui respecte les mesures. Il y a tout lieu de croire que, dans les régions où ça va moins bien, bien, il y a eu plus de plus de contacts dans les dernières semaines, puis là il faut réduire vraiment le nombre de contacts, et puis respecter les consignes.

L'autre chose qui est importante, c'est la situation dans les CHSLD. Vous voyez, on a une petite augmentation, une certaine augmentation, à chaque jour, du nombre de CHSLD puis de personnes résidentes infectées. Moi, je veux lancer... puis le ministre de la Santé l'a fait dans une lettre, je veux lancer un message très clair, les P.D.G. des CISSS et des CIUSSS et les dirigeants des CHSLD ont le devoir de s'assurer que tout le monde porte un masque, porte l'équipement de protection quand ils vont voir des patients, donc, dans leurs chambres. C'est très, très important. Puis je le répète, là, puis on est sur la même longueur d'onde, le ministre de la Santé et moi, les P.D.G., là, sont imputables des résultats.

Bon, dernière chose que je voulais dire, quand on est infecté, ou quand on a des symptômes, ou quand on a été en contact avec quelqu'un qui a eu un diagnostic positif, la moindre des choses, c'est de s'isoler. J'entends des histoires, là, je vais dire, c'est très grave, là, si on sait qu'on est infecté ou qu'on a des risques d'avoir la COVID-19, d'aller se promener, là. Donc, on s'isole. C'est une question de respect puis c'est une question de vie ou de mort pour les autres personnes. Donc, il y a des vies qui sont en jeu.

Donc, on continue de garder un équilibre entre sauver des vies puis la qualité de vie. Je pense qu'on a atteint un certain équilibre. Évidemment, il y a de l'espoir dans quelques mois ou dans un certain nombre de mois. Et je veux encore une fois remercier tous les Québécois pour leurs efforts.

Good afternoon, everyone. The number of new cases was stabilizing, but we're now seeing an increase in recent days. The situation is stable in most regions, but we have five regions in particular where we're seeing a major increase : Saguenay—Lac-Saint-Jean, Lanaudière, Mauricie—Centre-du-Québec and Gaspésie. Two weeks ago, we told you that we would reevaluate our restrictions if the situation improved, but our numbers show us that we must be even more careful. I'm announcing that we'll keep the same restrictions for at least two more weeks. I understand that the situation is difficult for a lot of people, but our measures are necessary to save lives, to keep our children in school, to keep our workers at work and to save our health system. It also gives us a chance to see our friends and family at Christmas.

So we have to keep hope. Yesterday, we saw that the work for a vaccine is going well, but we must remain very careful. It will take months before we can vaccinate a good part of the population. We must continue to follow Public Health rules and we must maintain the balance between saving lives and our quality of life. Thank you all for your efforts. Thank you.

Le Modérateur :Merci beaucoup. M. Legault, M. Dubé et Dr Arruda vont maintenant répondre aux questions des journalistes d'abord en français, ensuite, en anglais. Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui, bonjour à vous trois. Ma première question concerne la ventilation dans les écoles. C'est une inquiétude que les parents ont, que les professeurs ont. Les partis d'opposition en ont parlé aujourd'hui dans leurs points de presse. Je comprends qu'à l'heure actuelle ce sont chacun des centres de services, là, qui envoient des directives. Est-ce qu'il va y avoir éventuellement un plan national à cet effet-là, des directives qui pourront s'appliquer mur à mur, même si certaines écoles sont plus vétustes que d'autres?

M. Dubé : Bien, j'apprécie beaucoup la question. Parce que je pense qu'on en a parlé beaucoup avec le Dr Arruda. Je dirais même que c'est probablement plus large que juste les écoles. Parce que ce qu'on veut comprendre, c'est qu'il y avait eu une première annonce, où il y avait une première vision, au printemps, que... Puis il faut se souvenir aussi que, dans le contexte de l'opinion qui avait été émise, l'OMS n'avait pas encore discuté de la propagation par aérosol, etc., et nous, ce qui... C'est pour ça que j'ai demandé à l'équipe du Dr Arruda puis à l'INSPQ de revenir sur la décision, depuis ce que l'OMS a annoncé, comme vous savez, qui est assez récent, du fait qu'il y a peut-être une portion plus importante de propagation... Puis je dis peut-être, là, parce que, vous savez, les études, c'est toujours... il y a deux côtés à une médaille.

Donc, la réponse que je vous donne, elle est très claire, c'est qu'on va se pencher là-dessus. On a déjà demandé à l'INSPQ de nous revenir, autant pour nos écoles que pour nos établissements, parce que c'est d'autant plus important que, s'il faut agir, on va agir rapidement. Puis je vous donnerais... la meilleure réponse, c'est que, lorsqu'on a eu à prendre des décisions pour l'air climatisé, dans nos CHSLD, tout le monde nous disait que c'est impossible puis qu'on ne pouvait pas faire ça rapidement. Moi, je dis, au contraire, si on a besoin d'avoir des purificateurs d'air, si on a besoin de prendre des mesures temporaires, qui vont être sûrement dispendieuses... Mais c'est pour ça que j'ai demandé une mise à jour, avec un comité d'experts, pour être capable de regarder la ventilation pas uniquement dans nos écoles, mais dans nos différents établissements. Et je m'attends que cette expertise-là va nous donner un rapport très rapidement.

Mme Prince (Véronique) : Ma deuxième question concerne... Justement, vous parlez d'espoir avec le vaccin qui pourrait arriver au début de l'année 2021. En amont de ça, est-ce qu'on est en train de se préparer au niveau logistique? Parce que, clairement, on ne pourra pas faire comme le H1N1, à faire la file pour tous se faire vacciner. Les plages de rendez-vous, au nombre de personnes qu'on est au Québec, c'est déjà compliqué en ce moment avec le vaccin pour la grippe. Comment on va faire au niveau logistique? Puis je pense aussi qu'il y a des conditions particulières, là, pour ce vaccin-là, là, genre : il faut le garder à moins 80 degrés ou quelque chose comme ça, là. Qu'est-ce qu'on fait?

M. Dubé : Vous êtes très bien informée. Alors, on a mis... c'est d'ailleurs pour ça, une des raisons pour laquelle on a engagé ou ajouté quelqu'un à la Santé publique, du côté opérationnel, il y a quelques semaines, la personnalité de Jérôme Gagnon, c'est justement parce qu'il y a toute une logistique à préparer pour ça. Puis je vous donne des exemples. Puis là je vais parler de celui de Pfizer, mais, entre autres, la plupart des cas sont semblables, ce que ça peut exiger en termes de logistique. Prenons celui de Pfizer, mais je vous dirais que ça s'applique ailleurs, c'est un vaccin qui va se donner en deux phases, en deux étapes. Donc, il va y avoir une première étape mineure, minime, pour générer l'anticorps, et puis, après ça, les gens reviennent une ou deux semaines plus tard. Donc, la logistique des rendez-vous est encore plus complexe parce qu'on a deux étapes à faire. Ça, c'est une chose.

Ce que vous venez de dire concernant la température, là, vous dites moins 80°, moi j'ai entendu moins 70°, mais ça prend un bon congélateur. Alors, on a déjà... on s'est déjà assuré de cette logistique-là. Nos gens d'équipement puis d'approvisionnement ont déjà sécurisé l'achat d'équipement. C'est déjà fait. On a une soixantaine de congélateurs qui ont été achetés pour qu'ils puissent être déplacés aux bons endroits, au bon moment.

Et là la discussion qu'on a, encore une fois, avec la Santé publique, c'est de regarder comment va se faire cette... qui serait les personnes les personnes les plus vulnérables qu'on devrait passer en premier, etc., là. Donc, on est vraiment là-dessus, puis on y a mis un groupe, encore une fois, qui va être opérationnel parce que, vous avez raison, la logistique pour ça va être importante. Mais on a quand même le temps de bien se préparer, mais avec les bonnes personnes.

Le Modérateur : François Carabin, Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. En premier lieu, peut-être que M. Legault peut répondre à cette question-là, quel impact est-ce que la transmission élevée, vous l'avez dit, dans Lanaudière, Montérégie également, Saguenay—Lac-Saint-Jean a sur des centres comme Québec et la Métropole ou l'île de Montréal? Peut-être, M. Dubé, ici.

M. Dubé : Bien, c'est drôle parce que... drôle ce n'est pas le bon mot, là, mais ce qu'on voit beaucoup en ce moment, c'est que la contagion communautaire qui nous cause le plus de problèmes présentement, elle est beaucoup plus en région. Et puis quand je dis «en région», je veux faire attention parce que tout le monde pense qu'on reste dans une grande ville, là, puis c'est correct, j'étais au Lac-Saint-Jean hier, puis au Saguenay, alors je veux juste faire attention, mais c'est dans des régions du Québec qui n'ont pas souvent été éprouvées dans la première vague. Et, dans ce sens-là, je pense que c'est tout à fait normal. Les gens pensent qu'ils ne sont pas vulnérables. Puis peut-être que lorsqu'on pense qu'on est moins vulnérables, on baisse la garde un peu. Ça fait que, dans ce sens-là, je pense que la contagion communautaire, elle a été plus grande dans ces régions-là.

Puis c'est ce que j'expliquais hier aux gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est que maintenant qu'on en une confirmation que la contagion communautaire est là, c'est que là, il faut vraiment redoubler d'ardeur parce que malheureusement, pour toutes sortes de raison, là, elle rentre dans nos établissements. Puis pourquoi je fais cette différence-là? Rapidement, c'est qu'on peut avoir une contagion dans les écoles, on peut avoir une contagion dans les milieux de travail, on peut l'avoir dans... mais les résultats sont beaucoup moins graves, les incidences sont beaucoup moins graves que lorsque cette contagion-là rentre par un employé ou par un visiteur dans un CHSLD, parce que, là, on parle que ça va mener à des décès étant donné la...

Donc, ce qu'on s'est rendu compte, puis j'en ai reparlé pas plus tard que... avec le premier ministre, c'est que, dans la mise à jour qu'on fait à nos P.D.G. hier puis avec les actions précises pour cette espèce de mise à jour qu'on fait de notre plan, là, parce que ça fait quand même plusieurs mois qu'on avait déposé notre plan qu'on suit, on va peut-être mettre une emphase un peu plus grande sur nos régions parce qu'on le voit, nos grands centres, Montréal, Québec, ont relativement bien fait depuis plusieurs semaines, et c'est peut-être plus en région où il y a eu de la contagion communautaire, puis là on commence à voir un impact sur nos milieux de vie et de soins... qu'on doit mettre peut-être plus d'emphase puis d'accélérer notre programme de communication dont j'ai parlé dans la lettre que j'ai publiée dimanche.

M. Carabin (François) : Et, sinon, pour revenir sur le vaccin de Pfizer, le fédéral en a commandé, pour l'instant, 20 millions de doses. Combien de doses vous a-t-on promises pour le Québec?

M. Dubé : Bien, on va avoir notre proportion. Parce que je voudrais faire attention de ne pas donner des informations confidentielles, mais ce que je veux juste vous dire, c'est que le fédéral a négocié avec six ou sept fournisseurs en même temps que Pfizer. On se comprend, là, l'approche du fédéral, puis c'est la bonne, c'est de s'assurer que c'est le premier avec qui on va avoir... Puis là, en ce moment, tant mieux, Pfizer semble avoir pris de l'avance, mais vous avez entendu qu'il y en a d'autres aussi qui travaillent très fort. Ça fait que nous, ce qu'on s'est assurés avec le fédéral, c'est qu'on allait avoir notre part. On a des communications qui ne vont pas juste avec le ministère de la Santé, là, mais au bureau du premier ministre, qui suivent ça avec Ottawa. Moi, je m'occupe plus de la partie avec les fournisseurs et la logistique dont je parlais tout à l'heure. Mais je peux vous dire que ce n'est pas uniquement avec Pfizer en ce moment qu'on est en contact, et c'est pour s'assurer qu'on va avoir notre part de qui sera le gagnant.

M. Carabin (François) : Est-ce que c'est proportionnel à la population? Vous avez dit une proportion.

M. Dubé : Bien, il y a différentes proportions qui vont être comptées. Encore une fois, j'aime mieux nous garder nos petits secrets d'État, là, pour être sûrs qu'on a... On a plus que notre part. Je vais dire ça comme ça.

Le Modérateur : Merci. Il reste 30 minutes au point de presse et au moins 22 questions, alors je vous invite à accélérer la cadence et surtout poser deux questions par journaliste. Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour. Vous avez encore une fois parlé d'imputabilité aujourd'hui. Vous avez dit... M. Dubé, que le lien de confiance est brisé entre le CISSS de Lanaudière et la communauté attikamek. Il y a une situation qui est difficile au CHSLD Saint-Eusèbe. Bref, est-ce que vous appuyez le maintien en poste du P.D.G. du CISSS de Lanaudière?

M. Dubé : Bien, ce que j'ai dit la dernière fois, puis je vais le répéter, j'ai dit que le lien de confiance devait être rétabli et que la façon de rétablir le lien de confiance entre la direction du CISSS et la communauté attikamek, c'était de faire des actions précises. On a eu des actions très précises qui ont suivi dans les semaines, rappelez-vous des annonces qu'on a faites avec mon collègue Lafrenière la semaine dernière, particulièrement sur la formation et plusieurs autres mesures. Donc, ça, je pense que c'est un pas dans la bonne direction.

Maintenant, pour ce qui est de ce qui se passe à Lanaudière, à Joliette, particulièrement dans le cas... Je veux juste faire attention de ne pas prendre un cas d'espèce, mais en même temps, moi, j'ai demandé un rapport détaillé de ce qui est arrivé parce qu'on a... le premier ministre l'a dit, on n'a pas juste un P.D.G., mais on a un responsable local sur le cas qui est une dame. Je veux savoir qu'est-ce que qui a été fait, je veux avoir un rapport détaillé de la chronologie, comment on a... On a des gens en ce moment... puis rappelez-vous des étapes qu'on fait lorsqu'on a un cas comme ça qui est difficile. Il n'y a pas juste les gens locaux qui travaillent, il y a les gens du CISSS lui-même. On a aussi sur place, maintenant, des gens du CUSM qui sont là avec leur expertise pour nous confirmer que ce qui a été recommandé dans les derniers jours depuis l'éclosion est en place. Est-ce que c'est suffisant?

Puis mon dernier point, j'attends aussi d'avoir les recommandations détaillées qu'il y a eu de la rencontre avec les P.D.G. hier, parce que je veux comparer ce qui avait été mis en place au CHSLD de Joliette, celui qu'on appelle Saint-Eusèbe, comparativement aux meilleures pratiques. Alors, ça va nous prendre quand même quelques jours pour avoir une tête là-dessus, mais, pour moi, c'est un dossier qui est directement sur mon bureau en ce moment.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Qui est responsable du fait que l'équipe de PCI du CHSLD de Saint-Eusèbe a laissé une personne contaminée retourner au travail? Qui est responsable de ça?

M. Dubé : Bien, c'est ça. Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'est-ce qui est arrivé exactement. Puis dans ce cas-là, le rapport préliminaire que j'ai eu après quelques jours montrait que c'était... puis c'est là que c'est difficile, puis vous allez me permettre de ne pas rentrer dans les détails, mais qu'il y avait deux personnes infectées qui, en parallèle, avaient travaillé, mais qui étaient asymptomatiques à ce moment-là. Alors donc, ce n'est pas une personne, c'est deux personnes et... mais avant d'aller plus dans le détail puis pour le respect de tout le monde, là, je peux vous dire qu'on a... je suis sur le dossier puis lorsqu'on aura exactement ce qui est arrivé... mais c'est un beau cas. C'est un beau cas dans le sens où... puis quand j'ai fait la lettre, je le répète, là, quand j'ai fait la lettre au P.D.G. dimanche, ce n'est pas pour rien que j'ai écrit ça un dimanche matin, c'est parce que ce que j'avais entendu de l'ensemble des P.D.G., c'est qu'on avait un certain relâchement des employés.

Mais en même temps, puis je vais être très délicat, ce n'est pas de la faute des employés, c'est une question d'une responsabilité conjointe. Le premier ministre l'a dit, c'est à nos P.D.G. de s'assurer que toutes les personnes qu'on a mises en place, en commençant avec les responsables locaux, que les PCI sont respectées.

Alors, pour répondre à votre question, quand j'aurai l'assurance que je comprends exactement ce qui est arrivé dans ce CHSLD là, on pourra poser les gestes qu'on aura à poser.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

  M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, Dr Arruda. Vous avez dit, M. Dubé, que le Québec allait avoir sa part de vaccins, là. On comprend qu'on en a 20 millions de doses qui ont été réservées par le Canada, qu'on s'attend à avoir au cours du début de la prochaine année. Si on prend la proportion de la population du Québec, ça tourne autour d'à peu près 5 millions de doses, là. Il faut donc deux doses pour avoir une protection qui soit complète. Ça veut dire qu'il n'y aura pas de vaccin pour tout le monde. Alors, on commence... Qui on priorise? Peut-être, Dr Arruda, on priorise qui, en partant, là, avec ces 20 millions de doses là ou ces 5 millions de doses là?

M. Arruda (Horacio) : Comme on le fait à chacune des campagnes de vaccination où il n'y a pas de vaccin pour tout le monde, nos experts font des recommandations en fonction des gens qui vont le plus bénéficier de la vaccination, un, de son efficacité, et on y va par différents groupes.

Je veux juste vous le dire en termes analogiques, là, par rapport à ce qu'on a fait en campagne de H1N1. C'est sûr que, compte tenu du rôle des travailleurs de la santé, là, souvent, ça va être une catégorie qui est à part puis qui est prise en considération, les travailleurs de la santé. Après ça, ce sont les clientèles qui vont le plus bénéficier de la vaccination, probablement les personnes âgées parce qu'ils ont des hauts taux de complication puis de mortalité. Mais tout ça va dépendre aussi des données qui vont sortir par rapport à l'efficacité. Là, on a publié en disant que c'est un vaccin efficace à 95 %, mais on sait qu'il peut varier selon les catégories d'âge.

Donc, c'est sur la base de recommandations d'experts qui vont regarder ça. C'est discuté. Ça va être discuté. Il y a le CCNI qui fait certaines recommandations préliminaires avant même d'avoir reçu une première analyse qui va être peaufinée. On a notre comité d'immunisation du Québec aussi qui va faire la même chose. Puis après ça on reçoit une recommandation, et c'est le ministre de la Santé qui, en fonction des recommandations, donne une séquence. Mais il faut voir qu'il y a ce premier vaccin. Il y en a d'autres qui vont venir aussi avec des caractéristiques différentes, puis on va suivre ça de très près.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que 2,5 millions de personnes qui reçoivent un vaccin, c'est suffisant pour amener une espèce d'innocuité dans la population, une espèce de protection communautaire, si je puis dire?

M. Dubé : Dr Arruda... Une précision, M. Lacroix, là. Je ne pense pas qu'on doit diviser le 5 millions en deux, là. Ce n'est pas le fait... Lorsqu'on va parler d'une dose d'un vaccin qui serait disponible, admettons, au calcul que vous venez de faire, là, à 25 %, 24 % de la population, c'est les deux doses ensemble. On va être capables, dans votre cas, de vacciner 5 millions de personnes, là. On ne divise pas ceux qui vont recevoir la première dose puis la deuxième dose, là. C'est l'ensemble des deux doses qui vont être disponibles aux patients.

M. Lacroix (Louis) : O.K. C'est parce que moi, ce n'est pas ça que j'avais compris. J'avais compris que ça prenait deux doses.

M. Dubé : Bien, c'est pour ça que je précise, peut-être c'est moi qui...

M. Lacroix (Louis) : Donc, c'est 40 millions de doses qu'on va recevoir au Canada.

M. Dubé : Bien, c'est 20 millions de vaccins pour que la personne soit capable d'avoir et la dose première et la dose deuxième.

M. Lacroix (Louis) : Ah bon! d'accord.

M. Dubé : Et c'est pour ça que ça prend beaucoup de congélateurs.

M. Lacroix (Louis) : O.K. Ma question demeure : Est-ce que c'est suffisant, à votre avis, pour amener une espèce d'immunité communautaire?

M. Arruda (Horacio) : C'est suffisant pour protéger les gens qui vont être vaccinés, si vous me permettez, compte tenu de son efficacité. Ça va être suffisant pour... Justement, c'est pour ça qu'on commence avec ces personnes-là, ceux qui ont des conséquences. Mais, pour véritablement arrêter une transmission communautaire, ça nous prend des couvertures vaccinales qui habituellement sont autour de minimum 60 % à 80 %, si on veut vraiment que le vaccin arrête de circuler, là.

Le Modérateur : Merci. Alors, nous allons passer maintenant à Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous. M. le premier ministre, le premier ministre canadien a dit qu'il ne fallait pas que les provinces cèdent aux pressions du public pour ne pas arrêter l'économie et fermer les entreprises, compte tenu de la contamination actuellement. Qu'est-ce que vous lui répondez?

M. Legault : Bien, je n'ai pas entendu exactement ce qu'il a dit, là. Mais, comme je le disais tantôt, 97 % des emplois qui existaient au mois de février ont été retrouvés. Donc, il reste que, quand même, l'économie fonctionne relativement bien actuellement au Québec. Et on a l'intention évidemment, là, de poursuivre dans cette direction-là. Il y a une mise à jour qui va être déposée jeudi. On va continuer d'aider et les individus et les entreprises. Donc, il faudrait que je voie exactement ce qu'il a dit ou ce qu'il a voulu dire.

M. Laforest (Alain) : Concernant le problème dans les CHSLD, les résidences, là, on est en train de revivre un peu ce qu'on a vécu dans d'autres régions qui ne l'avaient pas vécu. Est-ce que votre plan de communication a complètement raté?

M. Dubé : Non, écoutez, je ne dirais pas ça, là, puis je ne suis pas certain que c'est ça que vous dites non plus, là, vous posez la question. J'aimerais mieux vous dire qu'on a besoin de faire une mise à jour au moment où on est parce qu'on le voit que, dans les zones qui ont été touchées la première fois, les mesures ont été bien appliquées puis que les gens ont été capables de bien surveiller le contrôle, parce que, rappelez-vous, je sais que je reviens à la base, là, mais pourquoi qu'on parle de prévention et contrôle, c'est que notre premier objectif, c'est que le virus ne rentre pas. Donc, il faut faire tout ce qu'il faut pour prévenir. Puis, une fois qu'il est entré, il faut contrôler.

Jusqu'à maintenant, je répète, on a 400 CHSLD, un petit peu plus, on en a 50 où on a des cas, 51 pour être exact, puis on en a moins de 10 où on dit que c'est sévère. Alors, dans ce sens-là, je pense qu'on a réussi à en prévenir beaucoup. L'enjeu, c'est, quand ça rentre, c'est là qu'il faut être capable d'aller très, très rapidement.

Alors, dans certaines régions, et c'est pour ça qu'on a demandé à tout le monde de reprendre des règles, on a fait venir un spécialiste, une dame qui a très bien réussi dans sa région, qui est venue partager les meilleures pratiques avec nos P.D.G. hier, puis, forts de cette rencontre-là, on va être capables de faire les ajustements nécessaires dans les régions dont je parlais tout à l'heure.

Le Modérateur : Nous allons passer maintenant...

M. Dubé : Puis peut-être, est-ce que je peux juste... parce que j'ai amené deux gros cartons, puis je veux être sûr que je ne les ai pas amenés pour rien, puis je voudrais peut-être compléter le point du premier ministre tout à l'heure.

Si vous me permettez, les deux tableaux que je vais montrer ici, vous les avez sur notre site Web. Puis je sais que vous aimez les recevoir à l'avance, alors je parle aux journalistes, alors ils sont disponibles. Mais ce que je voulais vous donner tout à l'heure, c'est que, tout d'abord, ce que vous voyez en bleu, en noir et en gris, ça ici, c'est la région de Montréal, les sept semaines depuis les débuts de la première vague. Puis, quand je dis «la grande région de Montréal», c'est la CMF, d'accord? Et ce que vous voyez là, sur sept semaines, là, on a oscillé entre 55 % et 65 %.

Le deuxième étage ici, le bleu un peu plus foncé, c'est Québec et Chaudière-Appalaches. Puis ce qui est intéressant de ça, c'est que, rappelez-vous, quand ça s'est mis à mal aller, à Québec, vous voyez que l'augmentation à Québec est montée jusqu'à 26 % du Québec, beaucoup plus que sa part en population. Et justement, ce que le premier ministre disait, regardez comment ça s'est terminé pour aujourd'hui être seulement à 12 %. On ne dit pas qu'ils ne peuvent pas faire mieux, mais on dit que... Et c'est un peu ce que j'expliquais aux gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean hier : Vous êtes dans une situation difficile, mais regardez ce qui s'est passé à Québec, c'est quand même une amélioration très importante.

Mais le troisième point que je veux vous souligner ici, c'est : Regardez comment le reste du Québec, pour les zones dont le premier ministre parlait tout à l'heure... qui est rendu à plus de 25 %. Alors, la bonne nouvelle derrière ça, parce qu'il y en a toujours une, c'est : on sait où on doit agir si on veut rebaisser notre 1 000 cas. Parce que les améliorations qu'on a vues et à Montréal, à Québec, en ce moment, elles sont compensées, malheureusement, par les situations où ça va moins bien.

Et vous aurez... puis j'ai terminé, mais j'aurai... j'ai mis ça en tableau. Oups! je ne suis pas habitué. Alors, ce que j'ai mis sur le site Web, vous avez le détail de tout ça, vous avez ce qui se passe au Québec, globalement, la région de Montréal. Puis vous voyez qu'elle est aussi stable, pour toutes sortes de raisons, mais vous voyez ici comment Québec a très, très bien fait, mais comment, en région, c'est difficile. Et vous avez, pour chacune de ces raisons-là, sur notre site Web, le détail des composantes. Alors, si vous voulez savoir, par exemple, dans le Grand Montréal, pourquoi Montréal reste stable, même si ça va bien à Montréal, bien, c'est parce que ça va moins bien à Lanaudière. Alors, je ne rentrerai pas dans le détail de ça, mais vous avez tout ça depuis ce matin sur notre site Web et ça pourra répondre à plusieurs de vos questions. J'arrête ça là.

Le Modérateur : Très bien. Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. Les partis d'opposition, le Parti libéral et le Parti québécois ont dit ce matin, M. Legault, qu'au vu des chiffres qui ont été encore révélés aujourd'hui, les 38 morts et puis l'augmentation du nombre de cas, le gouvernement était en train de perdre le contrôle de la situation. Est-ce que c'est la lecture que vous faites aussi?

M. Legault : Bien, c'est absolument faux. Les faits sont têtus puis je vous donne des chiffres. Depuis le début de la deuxième vague, bon, la date peut fluctuer d'un pays à l'autre, là, mais disons qu'on prend le 1er septembre, depuis le 1er septembre, il y a eu 76 décès par million d'habitants au Québec, aux États-Unis, il y en a eu 163, au Royaume-Uni, 109, en Italie, 92, en France, 146, en Espagne, 208, en Belgique, 257. Donc, on voit, là, quand Dominique Anglade dit : Le Québec est le pire endroit au monde pour la deuxième vague, c'est totalement faux. C'est un mensonge. Et je dois le dire ici, là, c'est un mensonge.

M. Bergeron (Patrice) : Vous n'avez pas aussi les chiffres pour les provinces, non?

M. Legault : Bien, les provinces, comme je l'ai déjà dit, on va suivre les taux de surmortalité, entre autres en Ontario. Bon, on voit que la situation est rendue difficile en Alberta, même, aujourd'hui, il y a plus de cas en Ontario qu'au Québec. On voit qu'en Colombie-Britannique aussi, c'est difficile, mais, au Canada, il faudrait regarder la surmortalité pour être capable de comparer. Il peut peut-être y avoir une exception dans le reste du Canada, mais ce que je viens de vous dire, là, c'est que la plupart des pays en Europe, puis la plupart des États aux États-Unis ont plus de décès que nous autres par million d'habitants.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour. M. le premier ministre, vous avez dit le mot «surmortalité». Justement, la semaine dernière, Dr Arruda, vous disiez que vous demandiez une analyse au sujet de la surmortalité, constatant que la surmortalité est plus élevée que le nombre que l'on rapporte de décès liés à la COVID-19. Qu'en est-il?

M. Arruda (Horacio) : Bien, les analyses sont en cours, je n'ai pas reçu encore le rapport. Je suis désolé, M. Chouinard. Les analyses sont en cours puis, dès que je les aurai, je m'organiserai pour répondre à cette question-là, là...

M. Chouinard (Tommy) : Mais est-ce que c'est un écart inquiétant ou...

M. Arruda (Horacio) : Non, pas à ce qu'on m'a dit comme information préliminaire, mais, au lieu de vous répondre n'importe quoi, je préfère avoir le rapport.

M. Chouinard (Tommy) : M. le premier ministre, je crois, la semaine dernière et il y a deux semaines, vous évoquiez de possibles assouplissements malgré le maintien des restrictions sanitaires en zone rouge. Vous parliez entre autres des cégépiens. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'inquiétude qui se manifeste du côté des étudiants du collégial.

Est-ce que c'est possible pour vous, malgré le maintien de ces restrictions-là, d'envisager certains assouplissements pour permettre la fréquentation des cégeps?

M. Legault : Ça fait partie des discussions qu'on a avec la Santé publique, mais, pour l'instant, il n'y a pas d'assouplissement de prévu d'ici le 23 novembre.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour, vous parlez, Québec, M. Dubé, que ça va mieux. Je sais qu'il faut faire court, là, mais on ne s'est pas juste mis à respecter le deux mètres et à mettre des masques tout d'un coup. Qu'est-ce qui a été bien fait dans les dernières semaines pour descendre comme ça?

M. Dubé : Bien, je dirais, juste de bien suivre les mesures sanitaires... Rappelez-vous comment ça avait commencé à Québec, puis on le voit, là, dans certaines régions comme en Estrie hier, lorsqu'on apprend qu'il y a des partys qui sont illégaux... puis ce n'est pas pour rien qu'il y a des éclosions. Puis rappelez-vous ce qui est arrivé à Québec, là. Je ne reviendrai pas sur le sujet, mais je pense que les gens se sont pris en main.

Ce qu'il faut faire, pour nous, c'est... quand on parlait de communication tout à l'heure, moi, je me souviens très bien comment M. Labeaume, avec la vice-première ministre, avait fait un point de presse pour expliquer aux gens comment il était important... puis qu'il n'y avait pas de raison que Québec ait des si grands taux. Alors, je pense que la réponse toute simple, là, c'est de suivre les règles. Puis moi, je suis certain que, notamment au Saguenay—Lac-Saint-Jean, les gens vont se relever, puis on va voir des améliorations dans les prochaines semaines.

M. Bossé (Olivier) : M. Legault, le ministre Bonnardel, ce matin, à propos du tramway de Québec, pardon, a dit : Il y a des améliorations à faire. Est-ce que vous, si votre ministre vous le recommande, vous êtes prêt à rouvrir cette enveloppe-là de 1,8 milliard et de dire : Ça peut 1,9, 2,1, ça pourrait bouger?

M. Legault : Bon, d'abord, rappelez-vous, avant l'élection de 2018, on avait trois conditions pour appuyer le projet : un service amélioré dans les banlieues, un lien avec le troisième lien et respecter le budget. Donc, les trois conditions restent, puis, avant même le rapport du BAPE, on avait déjà des discussions avec M. Labeaume sur la desserte des banlieues. C'est vraiment là où on pense qu'il y a des améliorations à apporter.

Le Modérateur : Charles Lecavalier, Le Journal de Québec.

M. Lecavalier (Charles) : M. Legault, justement, sur le tramway, est-ce qu'il faut raccourcir le trajet du tramway pour aller chercher du budget pour mieux desservir les banlieues parce que l'enveloppe est fixe, le trajet est là? Ça fait qu'il faudrait raccourcir le tramway pour...

M. Legault : Bien, comme le disait M. Bonnardel, il n'y a rien d'exclu. Est-ce qu'il faut... Mais il faut tenir compte aussi de l'achalandage. Même dans le rapport du BAPE, on en parle, est-ce qu'il y a un bout du tramway où il y a moins d'achalandage, qui est absolument nécessaire? Ça va faire partie des études puis ça fait partie des discussions qu'on a avec la ville de Québec, même avant le rapport du BAPE.

M. Lecavalier (Charles) : Donc, quand vous regardez le tracé actuel, vous pensez qu'on peut réduire encore le trajet du tramway?

M. Legault : On n'exclut pas ça.

M. Lecavalier (Charles) : Mais, pour ce qui est de l'enveloppe, pour vous, c'est vraiment complètement exclu qu'on dépasse le budget actuel?

M. Legault : Bien, c'était une des conditions qu'on a mises depuis le début.

Le Modérateur : On va maintenant passer aux questions en anglais avec Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. I would like to ask you a question on Herron, Mr. Legault. You have two private CHSLDs that... Herron, in Dorval, and Eden, in Laval, they will be closing for good. Back in May, I remember you talking about the idea of nationalizing private CHSLDs. What you see right now, what's your idea about how should these homes be run?

M. Dubé : First, we haven't changed our minds that we need to take certain CHSLDs from private to public. And I think we have demonstrated that not later than in the summer with Waterloo. As you know, there were some contracts, and we decided to «faire»... transform them into «CHSLD publics». We did that in Waterloo. In the case of Herron, I'll be prudent, but we could not make a check to the owner. That was not a possibility for obvious reasons, one of them being... under exam with the coroner and everything. So all the negligence that have been done in Herron doesn't make that we will not follow our plan to privatize certain CHSLDs.

Mme Senay (Cathy) : To nationalize.

M. Dubé : Yes, exactly.

Mme Senay (Cathy) : OK. Talking about aerosols, about a week ago, the federal... recognized aerosols as one of the factors of transmission. And now you see the Lester B. Pearson School Board who went ahead yesterday and bought for about $500,000 of ventilators, purifiers for 16 buildings that are not mechanically ventilated. How come we don't have a plan for schools? Winter is there. So how come we don't have a plan yet?

M. Dubé : Yes, well, this is exactly what I was talking about before, that we had a certain recommendation back in the spring. Conditions have changed. And I think you refer to the OMS opinion that was issued few weeks ago, and, the minute this was issued, we said : Well, we have a different environment. We asked the Santé publique to come up with an update of that opinion, but, in the meantime, we don't wait. We're asking our experts what could we do as a temporary measure. I give the example of air conditioning that we done this summer. Remember, when we decided to act, we acted very quickly with temporary measures. The one issue in schools, especially in CHSLDs, is we need the electrical power to power those units, and we found some solution with temporary electrical power units for air conditioning. If we need to do the same thing for those units, we'll do the same thing. So we're looking at that right now.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. The federal Government has promised to help provinces. So I'm wondering what you think the federal Government should do to stop the spread of COVID-19 in Québec?

M. Legault : I think that, first, they need to have a better financing of health care expenses. You must have seen in the Ontario budget the repeated request of raising from 22% to 35% the federal share of the financing. Why is it so urgent and important? Because we need to hire people, and, to hire people, we need to know if we'll have the financing in two years and three years from now. And, so far, most of the money announced by Justin Trudeau since the beginning of March is nonrecurrent money, and we need to have recurrent money to hire additional employees in the health care system.

Mme Fletcher (Raquel) : You've seen the school in Lévis that had dozens of infections of COVID-19. What happened here? And is this a concern, for you, for what might happen in other schools in the future?

M. Legault : OK. First, I'm very happy to see that today we have a reduced number of classrooms that are closed, 32 less than the day before yesterday. So we are at 850. You must remember that we were over 1,000 a few weeks ago. So, if you multiply that by 30 students per class, it means that it's less than 3 % of our children that are unfortunately no going to school. So, I think we were quite successful maintaining most of our children in schools.

Le Modérateur : Kelly Greig, CTV.

Mme Greig (Kelly) : Good afternoon. This question is for Dr. Arruda. One of the members of the National Assembly this morning said that the Montréal region schools are the main driver of transmission of the virus. Is that true?

M. Arruda (Horacio) : In fact, schools, as opened in the community, are a driver of the virus, but it's not only the schools, there is also... You know, it can vary from one subregion to subregion. The outbreaks are going up, going down in different places. As we know, when we open schools, there is some transmission in the community that is added, but I think it's a mix of things. It's not only one driver. That's schools, workplaces, and communities, and homes too.

Mme Greig (Kelly) : OK. So, just to be clear, that's not true, then, that schools are the main driver?

M. Arruda (Horacio) : They are part of, but not the main.

Mme Greig (Kelly) : And my second question is also about schools. It's about the... to pick up on Cathy's question about the ventilation. Is there going to be a province-wide plan about ventilation or is it up to each school board or service center to decide what it wants to do?

M. Dubé : Well, first, we want to have the view of the Santé publique, first, because, as you know, as I mentioned earlier, the opinion of the OMS is very recent on the way this goes through air. So, that has raised the question again, and I think that this was a main driver.

Now, secondly, I think we can act locally much faster than we can. We have... And that's the reason I'm saying it's not only an issue with education, but with our health buildings, it's that we have buildings that don't have ventilation. So, we need to be more specific on certain cases where, if we have this opinion, then, we'll act very accordingly. And that's the reason we've asked the responsible for our procurement to look at and have a detailed list so that we can present those lists with our experts and make sure that we act very quickly on that.

Le Modérateur : Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : To follow up on what Kelly just asked, while you're waiting for Santé Québec to come up with a plan for ventilation in schools, what should schools do now? Today is a nice day, but it's going to get cold. Should they keep windows open? What should they be doing now to control the aerosols?

M. Dubé : Horacio, do you...

M. Arruda (Horacio) : I think that, first of all, we must really understand how it contributes and in which conditions because, as we told, this is something that is looked and it's not a major place of, I would say, not a major place of transmission, not the first drivers. But I think there is some possibilities like... especially when there are closed classes or for a long time, to do aeration in between different periods. That could be recommended. And this group is also going to look at is there any technologies that could be put in place to help.

But I just want to make sure that people understand that ventilation is something we're going to look at, but it would not change the other things that are very important : distanciation and washing everything. If everybody puts now the energy in ventilation and forget the other aspects, I'm sure we're going have more outbreaks. But that's an issue that we're looking intensively actually.

M. Authier (Philip) : And we have, since November 1st, nearly 160 deaths now, which is a very high number. Is there anything... I know, Mr. Legault, you said you would not be putting in new restrictions. But are there short-term measures that you could add to the pool of measures that you have to try and bring that rate down?

M. Dubé : As you know, if I may... As you know, most of the deaths are either in the CHSLDs, RPAs, «ou à domicile», and they are mostly with people that are over 70 years-old. So the focus should be definitely on CHSLDs, and, as I mentioned earlier, they should be in certain regions that were not affected by the first wave.

So this is the focus that we do right now and that's the reason that we have those meetings in the last few days. And we're asking everybody... I asked the P.D.G., I asked local... we're having calls everyday with them to make sure we'll have specific campaign to repeat the measures. I've asked the collaboration of the unions to make sure that, when they talk to their employees, they pass the same message. It's really an effort of everybody that we need to... especially in CHSLDs right now, because we have been able to contain it, but we are under a lot of pressure and we should put the focus there.

Le Modérateur : C'était la dernière question. Bon après-midi à tous.

(Fin à 13 h 57)

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