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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, Mme Monique Sauvé, porte-parole de l’opposition officielle pour les aînés et les proches aidants, et Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mercredi 25 novembre 2020, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures deux minutes)

Mme Anglade : Parfait. Bien, bonjour à tous. Jeudi dernier, le premier ministre a demandé aux Québécois de souscrire à ce qu'il a appelé son contrat moral. Le premier ministre a, selon la compréhension de tout le monde, annoncé à ce moment-là que les gens pouvaient se réunir en groupe de 10 sur une période de quatre jours, comprise entre le 24 et le 27 décembre. Le premier ministre a pris soin de spécifier que ce contrat moral était évidemment conditionnel à ce que la situation ne périclite pas, voire même qu'elle s'améliore. Voilà, en gros, ce que les Québécois ont compris de l'annonce qui a été faite la semaine dernière.

À ce moment-là, nous avons souligné l'importance dans ce contrat qu'il faudrait qu'il y ait des séries de mesures qui nous permettent d'accompagner et d'encadrer de manière supplémentaire tout ce qui se faisait en matière de santé publique. On a souligné l'importance qu'une augmentation des gestes de socialisation comportait des risques, et ce risque-là a même été reconnu par le premier ministre lui-même. Et, dans ce contexte, on a demandé que le gouvernement profite de la situation pour élargir les tests asymptomatiques à des personnes asymptomatiques et de spécifier comment nos aînés, dans les RPA et dans les CHSLD, allaient être protégés durant la période des fêtes. Les réponses qu'on a obtenues à ce sujet ont été insatisfaisantes.

Et, hier, coup de théâtre, le premier ministre et le ministre de la Santé ont décidé de resserrer les règles, de les nuancer, de les changer, de les préciser, c'est selon. Nous, comme députés, là, comme parti d'opposition, on est ici, à l'Assemblée nationale, tous les jours et on a de la misère à suivre ce que dit le gouvernement. Imaginez la population. J'invite le gouvernement à faire un examen lucide de ses communications. Le gouvernement doit impérativement envoyer des directives claires à l'ensemble des Québécois. On convient tous que la situation actuelle est exceptionnelle. Mais le gouvernement a la responsabilité de s'assurer que ses annonces soient réellement attachées avant de se présenter devant les médias.

À cet égard, j'aimerais demander à nouveau aux concitoyens de faire en sorte qu'on respecte les règles de la Santé publique malgré la confusion ambiante qui les entoure. Nous avons demandé, depuis la semaine dernière, d'élargir les tests aux personnes qui sont asymptomatiques. La réponse du premier ministre à cet égard a été stupéfiante, je paraphrase : Nous croyons que tester des personnes asymptomatiques est non souhaité, mais également dangereux à cause d'un faux sentiment de confiance que pourrait procurer un test négatif. Ça me rappelle un peu la période où on disait — période pas si lointaine, d'ailleurs — que les masques étaient non seulement non nécessaires, mais qu'ils pouvaient également être des vecteurs de contagion.

Pourtant, le Dr Anthony Fauci, en entrevue à Radio-Canada, a tenu les propos suivants. Il a expliqué que le virus se propage en premier lieu à l'intérieur même des domiciles. Des petits groupes de personnes s'infectent mutuellement, alors que certains ignorent même qu'ils sont contaminés. Si vous testez seulement les personnes symptomatiques, vous allez échapper une partie importante de la propagation de l'infection au sein de la communauté. Nous devons être en mesure de faire passer un test de dépistage à un large pan de la population afin de détecter les propagateurs asymptomatiques du virus. Le message ne peut pas être plus clair de la part du Dr Fauci.

Le Dr Lussier, au Québec, a dit la chose suivante. En testant un grand nombre d'asymptomatiques, on identifierait des positifs qui l'ignorent, ce qui permettrait d'empêcher le virus de se transmettre. En Ontario, maintenant, on voit que l'Ontario a mis en place de son côté des projets pilotes pour tester les asymptomatiques. Et je n'ai pas entendu Doug Ford nous dire que c'étaient des risques inconsidérés qu'il prenait lorsqu'il décidait d'aller tester les asymptomatiques.

Alors, si le premier ministre et le ministre de la Santé ne souhaitent pas ouvrir les tests ou offrir des tests aux asymptomatiques parce qu'ils n'ont pas suffisamment de tests ou ils ne l'ont pas en quantité suffisante, qu'ils nous le disent. Mais je les invite à faire preuve de transparence, à nous dire réellement ce qui se passe et la raison pour laquelle on décide, ici, au Québec, de ne pas tester des asymptomatiques. La théorie ne tient tout simplement pas la route.

Depuis le début de la crise, le gouvernement de la CAQ a pu bénéficier de l'indulgence des Québécois, mais aussi des oppositions et des médias, compte tenu du caractère assez unique de la crise que l'on traverse. Et c'est d'ailleurs pourquoi, dès le début, on a offert notre pleine collaboration. On a amené plusieurs propositions en santé, en santé mentale, en éducation, en économie, et j'en passe. Mais la réalité a ses droits. Des questions sur la gestion chaotique et réactive de la crise du gouvernement doivent être posées, et le gouvernement a le devoir d'y répondre. Comme le rappelait Michel Nadeau, dans Le Journal de Montréal, très récemment, c'est au mois de janvier et février qu'il fallait prendre des décisions. On s'est réveillés au mois d'avril.

Comment expliquer que cet été le premier ministre soit parti faire une tournée des régions pour parler du projet de loi n° 61? Comment expliquer que le ministre de l'Éducation n'ait pas pris les mesures nécessaires pour ventiler convenablement les écoles, alors qu'aujourd'hui on entend encore parler de problèmes de ventilation dans nos écoles? Comment expliquer que le ministre de l'Économie n'ait pas préparé un plan d'aide directe pour nos entreprises dès cet été, alors qu'aujourd'hui, encore une fois, on a des enjeux, des entreprises n'ont pas reçu l'argent nécessaire et sont aux abois? Comment expliquer que les PME se battent encore pour recevoir l'aide promise? Comment se fait-il que personne n'est capable de répondre par rapport à la directive qui a été émise sur le fait qu'on ne réanime pas des patients en ambulance, et que cette directive-là a été émise pendant une période de cinq mois, alors qu'à New York elle a été émise pendant une période de cinq jours? Comment justifier encore le transfert de personnel et de patients après plus de neuf mois dans la crise?

Je crois sincèrement, là, que le temps de l'indulgence tire à sa fin et que les réponses doivent commencer à être données. J'invite le gouvernement à en prendre acte. Merci.

M. Laforest (Alain) : Vous faites plus confiance au Dr Fauci qu'au Dr Arruda?

Mme Anglade : Je pense que le premier ministre Legault a lui-même cité M. Fauci plusieurs fois dans ses propres points de presse, mais il n'y a pas simplement le Dr Fauci. On a des gens ici, au Québec… On peut nommer le Dr Lussier. On peut voir ce qui se passe ailleurs, que, lorsqu'on regarde les faits, lorsqu'on regarde ce que la science dit... La science, tout n'est pas exact, mais, lorsqu'on regarde les faits, M. Laforest, force est de constater que cet enjeu de ne pas tester les asymptomatiques devient véritablement un problème.

M. Laforest (Alain) : ...met en opposition Santé publique versus Santé publique, là. Vous faites plus confiance aux Américains que...

Mme Anglade : Moi, je pense qu'on doit écouter le Dr Fauci. Je pense qu'on doit écouter... On doit regarder ce qui se passe en Ontario. Et je pense que le Dr Arruda avait déjà émis de grandes réserves par rapport au masque puis finalement il s'est ravisé. Je pense qu'il y a des questions sérieuses qui se posent par rapport au fait qu'on ne teste pas des asymptomatiques ici, au Québec.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Qu'est-ce que ça dit sur le jugement du Dr Arruda à ce moment-là?

Mme Anglade : Je pense que la question se pose avant au premier ministre Legault. C'est lui qui prend les décisions. C'est lui qui vient nous dire que finalement ça pourrait être même dangereux de tester des asymptomatiques. Ce que je pose comme question, c'est : Pourquoi est-ce qu'au Québec on pense que ça pourrait être dangereux de tester des asymptomatiques quand, en Ontario... M. Legault parlait du mystère de l'Ontario. Bien, le mystère de l'Ontario, là, aujourd'hui, là, ils ont des projets pilotes qui testent les asymptomatiques. Il y a des spécialistes ici, au Québec, qui disent qu'il faudrait tester des asymptomatiques. Lorsqu'on regarde le contrat moral du gouvernement qu'il a présenté, il nous dit : On va augmenter la socialisation. Mais qu'est-ce qu'on change exactement par rapport aux tests? Il me semble évident que la question de tester des asymptomatiques s'impose d'elle-même.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que les Québécois se sont fait flouer par ce contrat moral là dans la mesure où certains peuvent s'être sentis bernés, là, par la présentation qui a été faite jeudi dernier, qui ont organisé certains événements pendant le temps des fêtes, puis là...

Mme Anglade : C'est une confusion totale des genres parce que, la semaine dernière, on nous disait qu'ils avaient le droit d'avoir des rencontres sur une période de quatre jours avec 10 personnes. Hier, en point de presse, on est passés de quatre, finalement, potentielles rencontres à une recommandation de deux rassemblements, de la part du premier ministre. Et, dans le même point de presse, le Dr Arruda nous dit : Finalement, j'en recommande un. Quel est le message qu'on envoie à la population? Qu'est-ce qu'on dit à la population?

M. Laforest (Alain) : …qu'on envoie aux travailleurs de la santé, puis aux travailleurs des services essentiels, puis ceux des commerces?

Mme Anglade : Bien, clairement, on leur dit que ça va être difficile pour eux de pouvoir... Le contrat moral ne les implique pas, ne les touche pas. C'est ça qu'on dit à ces personnes-là. Et, parce qu'il y a une confusion qui règne, aujourd'hui, on dit à tous les employés de la santé et tous ceux qui vont travailler jusqu'au temps des fêtes, aux étudiants qui vont aller passer des examens, on leur dit : Bien, écoutez, ça ne s'appliquera pas à vous. Bien, finalement, à qui ça s'applique? Et c'est pour ça qu'il faut clarifier la situation.

M. Larin (Vincent) : La Santé publique a quand même expliqué, encore là, pendant le breffage technique vendredi dernier, que cette fenêtre-là avait été choisie parce que c'est le seul moment qu'on peut permettre, avec une semaine avant, une semaine après, le confinement pour ne pas déplacer le congé scolaire. Donc, je veux dire, leur argument, c'est ça.

Mme Anglade : Oui, bien, je comprends leur argument. Mais, dans le contrat moral, il doit y avoir une contrepartie. Si vous décidez d'aller dans cette direction-là, vous devez minimalement dire comment est-ce que vous allez protéger la population, comment vous allez faire en sorte... Regardez le cas présentement dans les CHSLD, le nombre de décès que nous avons chez nos aînés. Comment vous allez vous assurer qu'avec l'augmentation de la sociabilisation vous allez en même temps amener un encadrement plus grand pour faire en sorte qu'on va être capables de dépister? Et une des solutions, c'est justement d'élargir les tests. Depuis le début, depuis le mois de mars, de quoi on parle? On dit qu'il faut tester, tester, tester. C'est la règle de base. Or, on refuse de tester des asymptomatiques puis on dit que ça pourrait être même dangereux de le faire. Tu sais, honnêtement, ça ne tient pas la route comme explication.

M. Lavallée (Hugo) : Sur le fond, l'idée de resserrer le nombre de rassemblements, là, de passer de quatre à deux possibilités, sur le fond, c'est une bonne chose ou pas?

Mme Anglade : Bien, écoutez, moi, je parle de la confusion qui règne. La semaine passée, on était à quatre. Aujourd'hui, on est à deux. Non, hier, on était à deux, puis même le Dr Arruda disait qu'on était à un. On demande des règles claires pour que tout le monde comprenne.

M. Laforest (Alain) : ...n'importe quoi?

Mme Anglade : C'est de la grande confusion. C'est de la grande confusion qui est amenée dans les communications de la part du gouvernement. Et là les Québécois ont de la misère à suivre. Tout le monde a de la misère à suivre. On est à l'Assemblée nationale, nous, puis on a de la misère à suivre ce que dit le gouvernement. Il faut qu'ils clarifient leurs communications, et de manière rapide.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce que vous voulez dire? Vous dites que vous avez été indulgents jusqu'à maintenant, puis là vous allez...

Mme Anglade : Non, le temps de l'indulgence est terminé. C'est qu'il y a des questions fondamentales auxquelles on ne répond pas. J'ai donné l'exemple de la directive. Quand on a une directive qui est émise de ne pas réanimer des patients, c'est quand même sérieux, là. Alors, moi, je reviens là-dessus, c'est quand même sérieux, et qu'il n'y a personne… Il n'y a pas... Le ministre a refusé de répondre. Il dit : Je ne parlerai pas de ça. Pendant cinq mois, on a décidé de ne pas réanimer des patients dans des ambulances au Québec. C'est une question qui se pose.

Comment se fait-il que toute la question de la ventilation... Aujourd'hui, encore, on parle de nos écoles qui n'ont pas de ventilation appropriée. On aurait pu déjà commander des choses au mois d'août. La semaine dernière et la semaine d'avant, il y avait des députés de la CAQ qui disaient : On ne sait pas vraiment s'il y a une contamination par l'air, ce n'est pas encore totalement prouvé.

Écoutez, je veux dire, les données scientifiques sont là. Il faut passer à l'étape où on prend des actions. Comment se fait-il qu'aujourd'hui on ait des entrepreneurs auxquels on a promis des sommes d'argent pour leur permettre de passer à travers leur situation, puis, au lieu de ça, on a des commentaires, sur les médias sociaux, de la part du ministre de l'Économie, qui sont absolument déplorables? Je veux dire, oui, il y a des questions importantes qui se posent, et là le gouvernement ne répond pas à ces questions qui sont assez de base, à mon avis.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mme Anglade, je comprends que le gouvernement peut agir par décret, par arrêté ministériel, compte tenu de la déclaration de l'état d'urgence sanitaire au mois de mars dernier. Mais vous êtes quand même la cheffe de l'opposition officielle. Vous avez un rôle de contrôler l'action du gouvernement. Est-ce que vous êtes capable de suivre le rythme? Parce que, là, vous nous parlez de consignes pour ne pas réanimer les gens, qui ont été prises il y a plusieurs mois déjà. Est-ce que vous avez la base, là, des papiers, des décisions...

Mme Anglade : Bien, écoutez, toute la question de la transparence, moi, je pense qu'on l'a soulevée 100 fois plutôt qu'une, la nécessité d'avoir de la transparence. S'il y a des informations que le gouvernement a et qu'il ne nous transmet pas ni à vous ni à nous, c'est clair que c'est difficile de faire notre travail de manière appropriée. Alors là, on revient à cette question de transparence là, mais toutes les questions, on les a posées. On a posé la question à savoir pourquoi il n'y avait pas de plan de mis en place. C'est notre responsabilité de poser ces questions-là. Donc, je pense qu'on fait notre travail de manière efficace.

M. Bélair-Cirino (Marco) : …en main pour faire votre travail?

Mme Anglade : Nous n'avons pas tout en main pour faire le travail parce que toute l'information n'est pas rendue publique. À combien de reprises est-ce qu'on a dit qu'il fallait que la Santé publique transmette les informations? À combien de reprises on a dit… Simplement nous inviter aux rencontres, aux briefings techniques, pour qu'on puisse poser des questions, pour qu'on puisse avoir de l'information, ça nous a été également refusé. Donc, à votre question, non, on n'a pas toute l'information. Mais, déjà, avec l'information que nous avons, il y a des questions auxquelles on n'a pas de réponse, et le gouvernement doit pouvoir y répondre.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant les cégeps anglophones, il y a des enseignants ce matin qui déplorent le fait que Dawson a été inclus sur la liste des projets prioritaires en disant : On est en train de créer un système à deux vitesses où il y a beaucoup d'argent dans les cégeps anglophones, qui sont devenus un peu des institutions d'élite, puis les cégeps francophones font pitié pendant ce temps-là. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée d'inclure ce projet-là dans le projet de loi n° 66?

Mme Anglade : Bien, écoutez, j'ai eu de bonnes discussions avec l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur, Mme David, sur cet enjeu-là, qui explique très bien comment le déficit d'espace présentement est très problématique au cégep Dawson et que ça justifie amplement le fait qu'il soit dans les projets que l'on doit faire avancer. Donc, quand on regarde les chiffres puis quand on compare ce cégep par rapport à d'autres cégeps, effectivement, il y a des déficits qui méritent d'être comblés.

M. Lavallée (Hugo) : …du fait qu'il y ait comme une espèce d'élan derrière les cégeps anglophones, de façon plus générale, au détriment des cégeps francophones?

Mme Anglade : Bien, écoutez, moi, je pense surtout que toute la question de la langue, parce que c'est surtout une question de langue, là, dont on parle, peut être regardée de manière différente. Et de renforcer la langue française, ça ne veut pas dire de demander à des adultes… d'imposer des choix à des adultes tant par rapport aux cégeps anglophones versus francophones.

M. Larin (Vincent) : …par rapport à l'attitude de M. Fitzgibbon, qui a visiblement du temps pour insulter des contribuables sur LinkedIn…

Mme Anglade : Écoutez, on n'est pas en face… M. Fitzgibbon n'est pas un banquier dans une grande banque en train de faire des deals. Ce n'est pas ça, son rôle. Il est ministre de l'Économie. Il est ministre de l'Économie pour des entreprises qui ont peut-être deux employés puis il est ministre de l'Économie pour des entreprises qui en ont 40 000. Il est ministre de l'Économie pour tout le monde. Et moi, je l'invite à faire preuve de jugement, et de bienveillance, et d'empathie par rapport à la population parce que les entrepreneurs… Aujourd'hui, là, sa réaction témoigne du fait qu'il est vraiment déconnecté de ce qui se passe sur le terrain au quotidien. Les entrepreneurs sont aux abois. Il y en a qui ont beaucoup de difficulté à passer à travers ce qui se passe. Il y en a qui sont en train de déclarer faillite. Ils ne savent pas… Ils n'ont pas de prévisibilité. Moi, je l'invite à écouter ce qui se passe sur le terrain parce que c'est vraiment préoccupant, et son attitude est préoccupante.

M. Laforest (Alain) : Il y a quelques jours, il disait aux entrepreneurs : Venez, appliquez, on a de l'argent à vous donner. Puis, de l'autre côté, on voit plein de restaurateurs puis de commerçants dans la rue qui disent : On n'a pas l'argent.

Mme Anglade : Parce que les programmes...

M. Laforest (Alain) : C'est comme… Le message, j'ai comme l'impression que ça ne marche pas, là.

Mme Anglade : Bien, le message... Le problème, présentement, au gouvernement, c'est qu'ils ne se sont pas pris suffisamment tôt pour planifier leurs programmes. Ça, ça aurait dû être fait pendant l'été. Alors que l'on rentrait dans la deuxième vague puis qu'on demandait où étaient les programmes, le ministre Fitzgibbon disait : Ah non! On va s'en occuper. Je veux dire, quand ils ont décidé de fermer les restos, les bars, les gyms, ils ont dit : On va mettre un programme en place. Et le ministre lui-même a dit : Ça fait deux jours que je travaille là-dessus. Deux jours. C'est des choses qui auraient dû être en place depuis longtemps. Alors, ça, c'est la propre responsabilité du gouvernement de ne pas avoir fait le travail en amont.

M. Lacroix (Louis) : Une petite parenthèse, Mme Anglade. Vous ne trouvez pas ça bizarre que M. Legault ne soit pas là à tous les mercredis, qu'il s'absente de la Chambre tous les mercredis? Ça siège trois jours par semaine, puis il choisit de ne pas être là le mercredi. Vous ne trouvez pas ça un peu…

Mme Anglade : Bien, moi, je suis là tous les jours. Je peux vous répondre ça.

M. Lacroix (Louis) : Comme cheffe de l'opposition, là, de ne pas avoir votre vis-à-vis le tiers du temps, vous ne trouvez pas ça un peu...

Mme Anglade : Bien oui. Puis la semaine prochaine, j'ai hâte de savoir combien de jours il va être là parce qu'on va avoir quatre jours. Alors, est-ce qu'il va être là trois jours des quatre? C'est une question à poser au gouvernement. On l'avait soulevée déjà quand on avait...

M. Laforest (Alain) : Mais ça ne vous fatigue pas?

Mme Anglade : Bien, je pense que le premier ministre devrait être là pour répondre aux questions. Si vous me posez la question, je pense que le premier ministre devrait être là tous les jours pour répondre aux questions, absolument.

M. Lacroix (Louis) : Vous ne le dénoncez pas en tant que tel?

Mme Anglade : Ils ont établi des règles, des bulles qu'ils souhaitent préserver. C'est à eux d'expliquer leurs raisons. Ce que je peux vous dire, c'est que moi, je serai là tous les jours pour poser mes questions.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant la ventilation dans les écoles, on voit qu'il y a une étude, là, ce matin, qui démontre qu'il y a des échantillons d'air qui ont été pris incognito par des enseignants. On voit que, dans 75 % des cas, la ventilation n'est pas adéquate. Partant de ce constat-là, qu'est-ce qu'on doit faire de plus?

Mme Anglade : Équiper les écoles, outiller les écoles avec du matériel... différents dispositifs qui existent. Mais on est déjà au mois de novembre, hein? Placer des commandes, ça va prendre un certain temps. C'est la raison pour laquelle on en parlait déjà au mois d'août puis on disait : Peut-être qu'il faudrait placer les commandes tout de suite. Mais, encore une fois, il y a encore deux semaines, là, il y a des députés de la CAQ… Le ministre de l'Éducation n'avait pas l'air de penser que c'était un enjeu réellement important. Je veux dire, c'est ça, c'est une prise de conscience, c'est regarder les faits. Il faut qu'il y ait une prise de conscience de la part du ministre de l'Éducation, puis de se dire : Effectivement, on a eu tort, on a erré, on n'a pas été proactifs, c'est un problème, on revient en arrière et on outille les écoles. C'est ça qu'il devrait faire puis c'est ça qu'il aurait dû faire déjà depuis trois mois.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Rapidement, M. Fitzgibbon, est-ce que c'était un bon investissement pour les Québécois de le choisir comme ministre de l'Économie?

Mme Anglade : Ce n'est pas les Québécois qui l'ont choisi, c'est le premier ministre.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais le rendement des Québécois depuis qu'il est ministre de l'Économie, est-ce qu'il est bon?

Mme Anglade : Moi, ce que je constate, c'est qu'il y a eu... On a investi dans des éléments comme Flying Whales. On a investi dans Nemaska Lithium, où il y a des milliers d'actionnaires québécois qui, réellement, ont été floués dans cette aventure-là. Je constate que les petites et moyennes entreprises n'ont pas l'écoute nécessaire auprès du ministre. Je constate qu'il y a eu des investissements, là, les ballons gonflables dans lesquels on a investi quand je parlais de Flying Whales, tout à l'heure. Donc, moi, je... On nous a dit qu'il y avait 1 milliard mis de côté pour sauver les fleurons. Regardez ce qui se passe avec Garda, avec la Caisse de dépôt, honnêtement, là, le bilan est assez mince d'un point de vue économique.

Le Modérateur : En anglais.

Mme Fletcher (Raquel) : Yesterday, during the press conference with Legault, he was asked about CEGEPs being put under Bill 101 and he said : This is something that we're reflecting on, that we're having discussions in caucus. And then, like, 40 minutes later, in question period, he said : No, no, no, we're not going to bring them under... we're not going to extend Bill 101 to CEGEPs. What was your reaction to that discrepancy?

Mme Anglade : Well, the confusion continues. I was actually surprised that he was not clear in a press conference because he was clear before. He was very clear before, wasn't clear during the press conference, clear in the question period. Like, it's very confusing, the message that he's sending. But I understand that he won't go there because he realizes that this doesn't make any sense.

Mme Senay (Cathy) : So it's a good thing?

Mme Anglade : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : So he should stick with what he said in question period, not what he said before...

Mme Anglade : No, I don't believe... We don't believe that imposing Bill 101 to CEGEPs is a good idea. We don't believe that.

Mme Senay (Cathy) : Québec solidaire and the PQ believe that the extension of Dawson College should not be included in Bill 66 because now we see… and I don't know if you saw Radio-Canada's piece, but it creates, for some teachers, a two-tier system between anglophone CEGEPs and francophone CEGEPs in Montréal. What do you think? Do you have the impression that the Dawson College should be excluded now?

Mme Anglade : No, we don't believe that it should be excluded because the Dawson College... If you look at the data and the deficit that they have in terms of space, Hélène David was actually extremely good at explaining the reason why it actually makes sense for Dawson to be back on track compared to other CEGEPs. So, no, we believe that it is absolutely fine for this to be part of Bill 66.

Mme Senay (Cathy) : And then you don't force people to choose one CEGEP instead of another?

Mme Anglade : No. Well, again, Bill 101 should not be applied to CEGEPs. We don't believe that Bill 101 should be applied to CEGEPs, if that's your question.

M. Authier (Philip) : To go back over your comments about the Christmas plan, the holiday plan, would you go so far as to say... I mean, you're picking it apart and you're saying there needs to be more testing in asymptomatic people, but do you think the Government is going too far and playing with fire here with the rules that it has set up, which have changed yesterday amidst…

Mme Anglade : Well, there's no question that the contract is totally unclear at this point. Nobody knows what leg to stand on. And the fact that it was supposed to be four days… Yesterday, the Premier said two days. Dr. Arruda specified : Oh! actually, I recommend one day. It's bringing a lot of confusion. They were visibly not ready to announce it last week and they need to really clarify their level of communication. For us, here, at the National Assembly, we have a hard time understanding where the Government is headed. I can only imagine the citizens.

M. Authier (Philip) : The PQ says the plan is more political than scientific. Do you agree with that?

Mme Anglade : Well, that goes back to the question of testing people that don't have symptoms. This is a very good example. It is mind-boggling why, in Québec, we decided not to go ahead with testing people that don't have symptoms. It is mind-boggling. If you look at the science, if you look at what scientists are saying here, in Québec, but also outside, like also in Ontario, if you look at what's going on in the United States and what the scientists are saying, I mean, why would we not do this? Why would we not do this? And they go as far as saying that it could actually be dangerous to be doing this. Seriously? I mean, I have yet to see a scientific saying that it could be dangerous. Ontario is doing it. Dr. Fauci recommends it. We have doctors here, in Québec, that actually recommend that. I think we should definitely find a better answer than the answer from the Government right now.

M. Giroux (Stéphane) : If I can ask you a quick question? Yesterday, Mr. Legault reaffirmed that his Christmas exception was strictly from the 24th to the 27th, and non-Christians are still saying : Why not us? I understand the excuse of the, you know, civic calendar. However, you represent, of course, many of... Well, there's a lot of Liberal MNAs living in those ridings and they're saying : Why not us, why are we ignored?

Mme Anglade : Well, I think we have to be also realistic about the situation. Everybody understands that you have some civic holidays. I understand it's Christmas, but those are civic holidays. And I think we have to make plans that actually are somewhat manageable. So I can appreciate why… And I know people that don't celebrate Christmas. I think we need to tell everybody : We understand that some people do not celebrate Christmas. We're trying to find the best way for this to work out from a health perspective. So I understand, but I think it's probably the right approach to find a common denominator at this point within the pandemic, and I'm the leader of opposition for all Quebeckers.

M. Giroux (Stéphane) : On the issue of... You know what, I'll leave it at that because I don't want to ask a question that will embarrass me. Thank you.

Mme Anglade : I'll talk to you later, maybe?

Le Modérateur : Merci, tout le monde.

(Fin à 9 h 27)