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Point de presse de M. Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. David Heurtel, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, et M. Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones

Version finale

Le mardi 5 avril 2016, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures cinq minutes)

M. Lessard : Alors, merci beaucoup. Aujourd'hui, je suis accompagné de mes collègues, donc Geoffrey Kelley qui est responsable aux Affaires autochtones et de David Heurtel qui est le ministre responsable du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques. Donc, comme ministre des Forêts, j'annonce aujourd'hui, avec mes collègues, le plan d'action gouvernemental pour l'aménagement du caribou forestier.

Juste une petite mise en contexte. Depuis 2005, on le sait, le caribou est classé, donc, comme une espèce vulnérable en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables au Québec. C'est donc de la responsabilité du gouvernement d'agir ensemble, donc dans cette situation, et ce que nous faisons aujourd'hui, donc, pour l'espèce, par l'espace puis au bénéfice des communautés.

Pour améliorer la situation de cette espèce, donc, nous avons donc élaboré un plan d'action pour l'aménagement de l'habitat du caribou forestier. Ce plan d'action prévoit donc le maintien de composantes essentielles à l'habitat du caribou. Ça consiste à concentrer, donc, la majeure partie des efforts de protection sur des éléments clés de l'habitat du caribou forestier là où les chances de succès sont les meilleures. On protège les espaces qui nous offrent les meilleures chances de succès pour les espèces.

La protection du caribou forestier représente en soi le plus grand défi d'aménagement durable au Québec, et aujourd'hui c'est avec fierté que nous livrons, donc, les grandes lignes de ce plan d'action. C'est un plan d'action en deux volets : un plan d'action immédiat, mobilisateur puis un plan d'action aussi qui vise le long terme. La protection de l'espèce doit se faire, donc, en équilibre aussi avec le développement durable des communautés, des régions qui sont concernées, donc, et ça demeure donc notre priorité. C'est pourquoi nous présentons aujourd'hui le plan.

Donc, j'annonce aujourd'hui, donc, l'ajustement de la limite nordique des forêts attribuables, conformément aux recommandations du comité scientifique qui a été dirigé et coprésidé par Yves Bergeron de l'Université du Québec en Abitibi et Robert Jobidon, directeur de la recherche forestière au ministère. J'annonce aussi la protection de 90 % des forêts intactes au Québec, l'intensification de la surveillance par les agents de protection de la faune, et la sensibilisation des milieux à la précarité de l'espèce, et la mise en place de mesures régionales dans la forêt boréale.

Donc, la première mesure, c'est la limite nordique. En fait, le nouveau tracé de la limite nordique est un puissant outil de protection de l'habitat du caribou forestier. Je tiens à vous le rappeler, nous sommes le seul État forestier au monde à avoir une limite qui a un statut légal. C'est majeur et unique. Pourquoi? Parce que cette limite-là indique donc qu'au-delà de cette limite on protège 75 % de l'habitat du caribou forestier qui est au-dessus de cette limite-là, et l'autre 25 %, pour lequel on a des mesures d'atténuation d'impacts, se situe en dessous de cette limite.

Deuxièmement, la protection des forêts intactes. Quant à la protection de ces forêts, donc, qui est un concept de protection et de... pour les certifications, cet enjeu est complémentaire, favorise la protection du caribou forestier et la reconnaissance des certifications internationales. Ces certifications sont importantes pour le plein développement de l'industrie forestière au Québec. Le Québec protège plus de 90 % de ses forêts intactes, et, en ce sens, nous sommes un leader mondial. J'ai eu la chance de le répéter lors de notre présence à Bonn, lors d'un congrès de FSC international.

Troisième mesure, qui est la surveillance et l'éducation. On sait tous que depuis 2001 il est interdit... la chasse au caribou forestier est complètement interdite, mais nous notons quand même qu'il y a une préoccupation concernant le braconnage qui a été observé. Alors, les agents de la faune, de la protection auront donc de nouvelles stratégies pour lutter contre le braconnage et nécessairement sensibiliser les Québécois à la précarité de l'espèce.

Quant aux mesures régionales, qui est le quatrième point, donc, on dit... ça comprend donc aussi un plan d'action en ce volet. Et, pour nous en parler, donc, j'invite donc le ministre de l'Environnement et Développement durable à vous élaborer ces éléments de ce plan. Merci.

M. Heurtel : Merci, Laurent. Geoff. Bonjour à toutes et à tous. Alors, c'est un grand plaisir pour moi de participer à cette annonce pour préserver une espèce animale vulnérable, le caribou forestier. Une fois de plus, nous unissons nos efforts pour travailler ensemble et rallier nos forces afin de rétablir un équilibre pour aider à la sauvegarde du caribou forestier, l'espèce emblématique de notre forêt boréale, cette forêt qui est aussi le poumon du Québec.

Comme vous le savez, le gouvernement du Québec a pris des engagements fermes en matière de conservation, soit consacrer 50 % du territoire du Plan Nord à des fins autres qu'industrielles, à la protection de l'environnement et la sauvegarde de la biodiversité, soit 600 000 kilomètres carrés. À titre d'exemple, cela représente un territoire plus grand que la France continentale et deux fois l'Italie. De plus, les orientations stratégiques du Québec en matière d'aires protégées, adoptées en 2011, indiquent clairement la nécessité de protéger de grands territoires conformes aux exigences de conservation d'espèces particulières comme le caribou forestier.

Le Nord est la région la plus rapidement touchée par divers stress climatiques. Les bouleversements que nous constatons déjà dans le Nord-du-Québec nous envoient un véritable signal d'alarme. C'est pourquoi il est important de protéger ce territoire et sa forêt boréale qui constitue un important réservoir de carbone terrestre et joue un rôle important dans la stabilisation du climat et la séquestration naturelle du carbone.

Un projet de recherche de l'équipe du centre de recherche en géochimie et géodynamique de l'Université du Québec à Montréal, dont nous avons rendu publics les résultats préliminaires en octobre dernier, a mis en lumière l'importance des régions nordiques qui contiennent les stocks de carbone organiques mondiaux les plus élevés, concentrés principalement dans les écosystèmes forestiers et tourbeux. Plusieurs organismes internationaux comme le GIEC reconnaissent maintenant le rôle fondamental que jouent ces écosystèmes dans la séquestration du carbone et, par conséquent, dans l'atténuation naturelle des changements climatiques.

Le Québec doit donc être en mesure de saisir les occasions d'innover et d'agir avec cohérence pour répondre aux défis que représentent les changements climatiques, à la protection de la nature, mais aussi aux préoccupations des populations locales et des communautés autochtones qui habitent le Nord. C'est pourquoi, en plus de favoriser l'aménagement durable du Québec, la création d'aires protégées représente un moyen efficace de lutter contre les changements climatiques. C'est aussi l'un des meilleurs moyens d'agir concrètement afin de préserver davantage d'espace pour les populations de caribous. C'est en diversifiant nos actions en matière de conservation et d'utilisation durable des ressources du territoire que nous arriverons à maintenir de vastes espaces en forêt boréale, espaces propices aux exigences du caribou. Le plan d'action annoncé aujourd'hui démontre l'intention de notre gouvernement d'avancer dans cette voie. Nous avons déjà fait un premier pas quand nous avons annoncé, en juillet dernier, la protection de plusieurs territoires dans le secteur de la rivière Broadback. Il faut donc continuer.

La mesure que j'annonce aujourd'hui vise cette fois les régions du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord et concerne — je suis fier de l'annoncer — l'intention de notre gouvernement d'adapter la planification forestière pour constituer un vaste espace pour le caribou forestier dans le secteur des montagnes Blanches situé dans les régions du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. J'annonce donc que nous allons travailler ensemble à la création d'une grande aire protégée caribou dans le secteur des montagnes Blanches.

Les travaux avec nos collègues des ministères et les partenaires régionaux et autochtones avancent. Délimiter cette très grande aire protégée en tenant compte des préoccupations de tous comporte ses défis. L'affectation du territoire à des fins de conservation exige de prendre le temps nécessaire pour dégager les consensus auprès de tous les intervenants et de la population qui vit sur le territoire. C'est cela, appliquer les principes du développement durable, mais nous y arriverons, j'en suis certain.

Comme le répète notre premier ministre, ce qui est bon pour l'environnement est aussi bon pour l'économie. Créer des aires protégées ne vise pas uniquement les objectifs environnementaux ou de conservation de la biodiversité. Cela répond aux préoccupations maintes fois répétées des communautés autochtones sur les plans social et culturel. Le bien-être de la population et la prospérité économique du Québec dépendent d'une foule de services écologiques offerts par la nature. Les changements climatiques amènent des modifications importantes dans plusieurs sphères de notre société. La lutte que nous menons face aux changements climatiques peut devenir un moteur de développement économique et social, certes, grâce à notre innovation, et notre créativité, et, disons-le, au leadership du Québec et de ses partenaires, mais ces changements climatiques menacent la capacité de notre environnement naturel à rendre ces services écologiques.

Nous n'avons pas le choix. Protéger notre environnement et, plus spécifiquement, l'habitat du caribou, c'est en quelque sorte se donner une assurance nature pour notre avenir et celui de nos enfants. Je vous remercie. Maintenant, je cède la parole à mon collègue Geoff Kelley.

M. Kelley : Merci beaucoup, David, Laurent. Bonjour, mesdames et messieurs.

C'est également, pour moi, un plaisir de participer, à titre de ministre responsable des Affaires autochtones, à cette annonce gouvernementale pour la préservation d'une espèce animale qui est, depuis des siècles, un élément de base de la culture des autochtones. Il est de notre responsabilité de veiller à la protection des caribous forestiers tout en s'assurant un plein développement des communautés autochtones locales.

Alors, premièrement, dans les mesures pour la région de la Côte-Nord, afin de concrétiser la double préoccupation gouvernementale en matière de préservation du caribou et du développement socioéconomique de la Côte-Nord, le plan d'action présenté aujourd'hui met en oeuvre des mesures immédiates pour les communautés innues nord-côtières, plus précisément celle d'Essipit.

D'abord, la poursuite du projet expérimental de restauration d'habitat en territoires perturbés dans les territoires de la Côte-Nord et de Lac-Saint-Jean. Ce projet se réalisera en collaboration avec la communauté innue d'Essipit qui a déjà amorcé des travaux en ce sens au cours des années. En 2013, la première nation des Innus Essipit déposait, au ministère des Forêts, de la Faune et du Parc, un plan en restauration des conditions d'habitat du caribou forestier. Ensuite, la mise en place d'un banc d'essai pour le démantèlement des chemins forestiers permettant de constituer un espace pour les caribous forestiers dans l'est de la région avec les communautés... avec les partenaires régionaux. Le chef Martin Dufour, c'est le chef d'Essipit, a participé activement dans le dépôt de ce plan, et, je pense, c'est vraiment en réponse aux... le plan qui a été déposé par cette communauté, c'est un bel exemple de partenariat pour la préservation.

Dans les mesures pour la région de Lac-Saint-Jean, une planification forestière adaptée pour constituer un vaste espace pour le caribou dans le secteur des montagnes Blanches, lequel est lié à un projet de grande aire protégée actuellement à l'étude. Ce projet se fera en collaboration avec la communauté innue de Mashteuiatsh, et déjà, comme mon collègue M. Heurtel a dit, il y a déjà des discussions préliminaires, mais la porte est ouverte pour une très grande collaboration, parce que les montagnes Blanches, c'est vraiment un projet qui va être très important et qui va nécessiter la collaboration avec la nation innue de Mashteuiatsh.

Et troisièmement, comme mon collègue a dit, la création d'une aire protégée, dans la vallée Broadback, d'environ 9 000 kilomètres carrés, tel qu'annoncé au mois de juillet passé, est un autre jalon très important pour la préservation du caribou forestier dans les territoires d'Eeyou Istchee avec les Cris, et ça va continuer. De toute évidence, les Cris ont une expertise à contribuer pour cette question. Il y a déjà les discussions entre le ministère des Forêts, des Parcs et de la Faune pour travailler avec les Cris pour s'assurer qu'on a un plan d'action rigoureux pour la protection des caribous forestiers en territoire cri.

Alors, aujourd'hui, on a un exemple d'un projet très précis avec la communauté d'Essipit et les intentions de continuer de travailler avec les Innus et les Cris, à la fois dans le projet des montagnes Blanches, mais également pour le développement des aires protégées et de mettre en contribution, je pense qu'on peut dire, l'expertise que les Cris et les Innus ont depuis des siècles au niveau de la gestion de territoires, et les espaces, et tout le reste. Alors, je pense, ça va être un beau défi pour tous les partenaires de travailler ensemble pour la préservation du caribou forestier. Et, sur ça, je vais retourner la parole à notre patron M. Lessard.

M. Lessard : Un bien grand mot. Ça fait que je vais prendre mes notes, si vous me permettez, deux secondes...

Une voix : ...

M. Lessard : Non, non, c'est bien parfait. Merci beaucoup. Alors, nécessairement, dans le volet 2... donc, dans le volet 1, des grandes aires, donc la limite nordique, la Broadback, les montagnes Blanches, les communautés qui sont mises à contribution pour réduire les impacts, refermer certains chemins forestiers pour permettre à l'espèce de survivre.

La deuxième, nécessairement, on recherche aussi un équilibre à long terme. Alors, des travaux à long terme qui se divisent donc en quatre volets. Nécessairement, donc, on aura une analyse détaillée des mesures, des conséquences socioéconomiques. Nécessairement, c'est un fragile équilibre entre opérer la forêt, la préserver, mettre à contribution les communautés. Alors donc, une fois qu'on aura fait ces impacts socioéconomiques là, on regardera le deuxième volet, qui est l'examen systématique des autres sources d'approvisionnement pour atténuer les impacts. Alors, nécessairement, la forêt privée est mise à contribution. Vous avez vu, dans le dernier budget, donc on peut soulager la forêt publique d'être mise à contribution en mettant plus de forêts privées. Je vous rappelle que 16 millions de possibilités forestières, quand même, dans la forêt privée. C'est du bois de grande qualité, qui est à proximité, qui demande peu de mouvement. Alors donc, on a un plan pour maximiser les impacts.

Et troisièmement, nécessairement, une collaboration aussi avec les autres provinces. Est-ce qu'on est seuls à avoir du caribou forestier qui est présent dans la forêt boréale, à travers les communautés, autant forestières qu'autochtones? La réponse, c'est non. Alors, j'ai déjà rencontré, l'an passé, le ministre de l'Ontario et le ministre de la Colombie-Britannique, qui sont forts de différentes expériences, qui ont été mis à contribution pour voir que ce qu'on va faire, ça a des impacts pour la préservation et de maintenir l'équilibre des opérations. Alors, on va travailler, donc, avec les autres provinces qui ont des juridictions semblables.

Et le quatrième volet, nécessairement, si vous avez pu lire le Plan de rétablissement du caribou forestier, nécessairement qu'il y a une grande partie qui touchait sur l'inventaire, l'aspect de l'inventaire, en fait la faiblesse de la qualité de l'inventaire. Alors, on devra donc, avec les communautés autochtones et donc le ministère du Développement durable, donc, faire un inventaire plus précis, parce que le plan de rétablissement vise un objectif d'atteindre le 11 000 caribous sur l'ensemble du territoire. Les évaluations à partir, donc, des inventaires qu'il a pu y avoir se situent entre 6 500 et 8 000. Donc, on va avoir un objectif beaucoup plus précis, donc un inventaire beaucoup plus précis pour, après ça, fixer nos objectifs qui sont de différentes natures.

Alors donc, on est convaincus, avec ce plan, on va être capable de relever le défi. On a la capacité. Il faut travailler ensemble, puis, comme ça, bien, on pourra protéger, donc, cette espèce-là à travers aussi une communauté qui continuer d'y travailler. Merci.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Pour les questions, si vous voulez vous présenter et le média que vous représentez, puis, si vous avez des questions de nature plus technique, je vous invite à attendre la fin de la conférence, on va mettre à votre disposition M. Savard qui est sous-ministre au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs.

Journaliste : Bonjour, messieurs. Bien, d'abord, sur votre plan, est-ce que, par exemple, vous avez déterminé quel impact ça peut avoir sur l'industrie forestière? Vous avez mentionné la Côte-Nord, le Saguenay—Lac-Saint-Jean. On sait qu'il y a beaucoup de pertes d'emplois dans ces secteurs-là. Est-ce que les CAAF, par exemple, qui peuvent être perdus dans cette nouvelle carte là, vont être redistribués ailleurs? De quelle façon ça va se faire?

M. Lessard : Le premier travail qu'on fait tous ensemble, c'est de s'assurer qu'il n'y en ait pas, d'impact. Donc, vous avez vu que le deuxième volet, donc, permet de regarder l'étude socioéconomique. Donc, à toutes les fois qu'on va intervenir par territoire, il y aura une étude de faite, donc, pour voir si la limitation du territoire pour préserver l'espèce a une incidence sur les opérations forestières et comment on peut limiter ces impacts-là en changeant nos stratégies d'aménagement, de production de bois, de mise à contribution de la forêt privée. On a donc, même plus techniquement, là, fondu certaines unités d'aménagement ensemble pour donner un plus grand espace pour l'aménagement. Donc, on a différentes stratégies pour venir réduire ces impacts-là. Donc, ce qu'on... à tous les jours qu'on se lève, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'impact sur les opérations forestières.

Journaliste : La prochaine question s'adresse à vous trois. Qu'est-ce que vous pensez que votre collègue Sam Hamad soit en Floride plutôt que de faire face au Commissaire à l'éthique actuellement? Il a pleine rémunération. Vous savez que ça déplaît à plusieurs personnes.

M. Lessard : Oui, mais... Bon, on est conscients de ça. Sam connaît très bien le code d'éthique des députés. D'ailleurs, un, il s'en est prévalu parce que là-dedans, dans le code d'éthique, c'est de faire valoir sur la vérité. Sam a demandé que la vérité soit donc recherchée. Deuxièmement, il faut prendre la parole aussi des collègues députés, c'est ce que dit le code d'éthique. Sam a dit qu'il allait collaborer pleinement et entièrement, donc, au Commissaire à l'éthique. Sam est conscient probablement des impacts que ça a eu, le fait de se retirer, et je suis confiant que Sam va participer. Il connaît aussi le code d'éthique sur l'assiduité à l'Assemblée nationale et dans ses bureaux. Son passé nous a témoigné que c'est un gars qui est présent, qui agit pour son comté, le maire Labeaume l'a rappelé. Puis j'ai bonne confiance en lui qu'il comprend les impacts puis qu'il va relever ça.

Journaliste : Mais sur le fait qu'il soit en Floride actuellement.

M. Lessard : On comprend que cet aspect-là chatouille la population, évidemment, dans le contexte. Il n'a pas un chalet dans le Nord, il a une maison dans le Sud, puis, dans ce contexte-là, je pense qu'il est conscient des impacts, puis sûrement c'est quelque chose qu'il va vouloir corriger.

Journaliste : M. Heurtel.

M. Heurtel : Écoutez, je m'en remets à ce que M. Lessard a dit.

Journaliste : M. Kelley.

M. Kelley : Je n'ai rien à ajouter.

M. Dougherty (Kevin) : Kevin Dougherty, iPolitics. M. Lessard, vous avez dit que vous allez essayer de ne pas avoir... si j'ai bien compris, ne pas avoir un impact sur la foresterie, c'est-à-dire qu'on peut continuer la foresterie en protégeant le caribou.

Est-ce que vous pensez que cette solution peut satisfaire le Forest Stewardship Council, le problème que Résolu avait?

M. Lessard : Oui. En fait, bon, est-ce qu'un plan d'action pour le caribou, ça empêche de faire des opérations forestières? En fait, ça change la façon dont on fait les opérations forestières. On a été capables de démontrer ailleurs, avec l'entente sur la «Paix des Braves», qu'un régime adapté, hein, de notre forêt, en tenant compte de l'habitat, qu'on est capables de changer la façon d'intervenir et d'aménager autrement, donc de diversifier la façon dont on le fait. Et, quand on le fait bien, c'est bon pour la communauté, c'est bon pour le caribou, mais c'est bon aussi pour les opérations forestières qui voient garantir un approvisionnement et sécuriser ses approvisionnements. Si on a été capables de réussir là, on est capables de réussir ailleurs.

M. Dougherty (Kevin) : Dans quelle période de temps?

M. Lessard : Le premier travail, c'est majeur, qui a été fait, là, par le ministre du Développement durable. Quand on considère, un, la limite nordique, 75 % de son habitat, il est déjà préservé contre toute intrusion d'opérations forestières. Donc, ça, c'est la limite nordique. Un grand massif forestier qui protégeait aussi des vieilles forêts, la Broadback, in en a parlé, c'est un enjeu majeur pour la communauté crie. On a réussi cet aspect-là. C'est 900 000 hectares, c'est immense.

La forêt, maintenant, les gestes concrets sur les montagnes Blanches, il y a déjà du travail d'élaboré, et on essaie de diminuer les impacts en additionnant le fait suivant : on peut protéger le caribou, des espèces, donc, sous protection, de la vieille forêt et en tenant compte de la limite nordique. Donc, tous les efforts sont mis là-dessus.

Pour le reste, le plan à long terme, il faut faire l'évaluation par secteurs sur les impacts socioéconomiques et comment, par secteurs, on peut mieux mettre à contribution... Ce qui fait que, dans le deuxième plan, pour avoir une stratégie à long terme, si tout le monde collabore, O.K., dans les prochains mois, voire d'ici un an ou deux, on est capables d'avoir une stratégie à long terme qui permet d'évaluer puis d'avoir aussi une reddition de comptes annuelle.

Je tiens à le mentionner, il faut que la population continue de nous suivre là-dedans. On a le forum des partenaires au ministère de la Forêt, donc on a un forum qui invite autant les fédérations de chasseurs, la protection, les organismes de développement durable. Alors donc, on devra présenter annuellement et faire une reddition de comptes de l'évolution de nos travaux.

M. Dougherty (Kevin) : Juste une question sur le Broadback. Les Cris n'étaient pas contents avec l'entente au mois de juillet. Ils ont contesté, ils n'ont pas signé et ils voulaient protéger un peu plus en fait. Et, à ce moment, il y avait déjà eu des séances devant le COMEX, il y a des compagnies forestières qui veulent mettre des routes là, une route forestière, chemins forestiers. Est-ce que l'annonce aujourd'hui met un terme à ça ou est-ce que ce processus continue?

M. Lessard : O.K. Je ne sais pas si Geoff voulait préciser. Peut-être, je vais élaborer une partie, puis le ministre responsable pourra le faire. Sur l'entente qui a été signée avec les Cris, donc il y a eu une grande entente de signée, sur 900 000 hectares, sur la Broadback, donc cette entente, elle est conclue, elle a été négociée de bonne foi. Est-ce que c'était parfait? Non, on voit que la communauté... il y a une autre communauté qui a décidé, donc, de continuer de revendiquer.

Maintenant, ça nous indique aussi qu'il y a un processus dans la «Paix des Braves», à savoir qu'il y a un comité, comme un BAPE, hein? Là, on a déjà un régime adapté au fait que, lorsqu'on veut rentrer en forêt, le ministre de Développement durable a un processus. Ce processus-là fait l'objet de consultation, puis on a vu la dernière décision rendue par le COMEX, on va être limité sur l'accès. On va rentrer progressivement dans la forêt, on va faire des opérations forestières puis, si on veut aller plus loin, bien, on devra retourner pour indiquer comment on protège la forêt, le caribou et compagnie. Donc, ce processus-là, il est permanent, et les entreprises forestières doivent passer à travers ce processus-là.

M. Kelley : Et il faut rappeler aussi, l'entente a été signée avec le Grand Conseil des Cris, alors on maintient nos relations avec l'ensemble des neuf communautés. Il y a une position avec Waswanipi, mais, quand j'ai rencontré le chef Marcel Happyjack, il veut collaborer avec les compagnies forestières.

Alors, ce n'est pas une fin de non-recevoir, mais c'est un dialogue continu. Et, si on regarde nos derniers 40 ans, entre le gouvernement du Québec et la nation crie, nous avons toujours arrivé à des solutions. Parfois, ça prenait un petit peu plus de temps, mais à la fois le comité de liaison permanent, qui a été créé par la «Paix des Braves»... Il y a également un conseil forestier Cris-Québec, sur lequel les représentants du ministère de la Forêt siègent. Alors, on a beaucoup de places pour le dialogue. Oui, je comprends la position de Waswanipi, mais je suis également conscient qu'il y a les travailleurs forestiers cris qui veulent travailler aussi.

Alors, il faut trouver les équilibres. C'est toujours un travail à longue haleine, mais moi, je demeure confiant, avec la décision du COMEX, il y aura le travail pour les saisons à venir, et on va continuer de travailler avec les Cris pour trouver des solutions durables.

Journaliste : Oui. Bonjour, messieurs. Vous présentez le plan comme en deux étapes, essentiellement, donc protéger les caribous forestiers et ensuite évaluer les conséquences socioéconomiques. Vous savez que M. Couillard a dit qu'il n'y aurait pas un seul emploi de perdu pour protéger les milliers de caribous forestiers. Comment pouvez-vous vous assurer qu'il n'y a aucun emploi de perdu si vous commencez par protéger les caribous forestiers sans avoir évalué les conséquences sur l'emploi?

M. Lessard : En fait, le cri du coeur du premier ministre du Québec était à l'effet que de 2006 à 2013, les communautés avaient perdu beaucoup de travailleurs à cause de la crise forestière, non seulement au Québec, mais engendré par ce qui s'est passé aux États-Unis, la baisse... on se souvient, la crise financière qui est devenue une crise politique, et nécessairement il n'y avait plus de demande pour l'industrie. Alors, le premier ministre a dit : Ma communauté a souffert, et donc on entend bien ça.

Maintenant, dans l'impact, on pourrait nous critiquer d'avoir pris un peu trop de temps pour lancer le plan... et la façon, donc la manière est importante, la méthode et les résultats. Alors donc, on ne peut pas faire fi des résultats. Alors donc, c'est pour ça que, dans les actions à prendre par territoire, il faut avoir l'analyse socioéconomique avant, ce qu'on a pu avoir récemment au Lac-Saint-Jean pour les certifications en disant : Si vous analysez tout ce qu'il y a à faire puis que vous ne tenez pas compte comment on aménage la forêt, bien, il pourrait y avoir des impacts et sur l'emploi et sur le degré d'activité forestière.

Alors, c'est pour ça qu'on change notre stratégie, on dit : Parfait, une fois qu'on a ce bilan-là, on est capables quand même d'opérer la forêt. Aujourd'hui, je peux vous dire que le fait d'avoir opéré sur la Broadback, on est capables de travailler sur la communauté... sur les montagnes Blanches et de s'assurer que la communauté va être capable de faire des opérations forestières. Ils ont été invités à commenter notre plan et puis d'y participer, puis à toutes les fois qu'on va voir des impacts, qu'il pourrait y avoir un impact sur vos opérations forestières, on va mettre à déploiement tous les autres volets qu'on peut avoir, incluant le travail du Forestier en chef, sur ces stratégies d'aménagement durable de la forêt.

Alors, c'est un plan qui met tout le monde à contribution et qui nous donne la possibilité d'avoir des options lorsque l'industrie forestière se voit confrontée à ça.

Journaliste : Vous avez présenté, justement, la carte où on voit 75 % du territoire versus 25 % du territoire. Est-ce que c'est juste de croire que, dans le 25 %, la majorité des caribous forestiers se retrouvent là, et c'est là où il y a les problèmes de coexistence parce que c'est là où on exploite le plus la forêt boréale?

M. Lessard : L'inventaire va nous permettre de dire où sont les espèces dans l'espace. Le seul impact qu'on peut avoir, c'est de protéger les habitats. On sait qu'avec le réchauffement climatique, nécessairement, il y avait déjà eu des... il y a eu des caribous aux États-Unis il y a plus de 100 ans, puis aujourd'hui on voit que ce caribou-là tend à monter parce que... s'il y a un réchauffement climatique... On peut avoir un impact sur l'espace, comment on protège son habitat. Si 75 % de son habitat est préservé, comment le comportement de l'espèce, maintenant, va se passer? Alors, c'est là que nos inventaires plus précis vont nous permettre de savoir ils sont où et quel est leur comportement.

Forts de ça, on étudie aussi ce qui se fait en Ontario, en Colombie-Britannique et dans d'autres provinces, parce que leur comportement peut changer. Prenez une autre sorte de caribou, le caribou migrateur, qui est au Nord, qui a une large distribution à travers, donc, tout l'espace en haut du 50e, principalement... et donc on doit étudier son comportement pour voir comment on peut préserver son habitat, sa nourriture. Et donc on pense qu'en posant le geste de la limite nordique, et si ça touche 75 % de son habitat, c'est ce qui conditionne... qui va se vivre. On pense qu'on va regarder, après ça, comment sa distribution se fait. On pourra faire annuellement la mise à jour des travaux, ils sont où, ils sont combien, puis notre méthodologie va être sûre, certaine et va nous donner une meilleure action dans chacun des territoires. Parce qu'il y a différentes hardes en Abitibi, il y en a en Gaspésie, il y en a dans le Nord-du-Québec, mais leur habitat est vraiment différent. Alors, l'inventaire va nous permettre de préciser ils sont où.

Journaliste : Bonjour, M. Lessard. Dans le rapport sur les limites nordiques, il y avait des grandes zones, disons, sensibles, là, qui étaient identifiées en jaune sous la limite nordique. Quelle va être votre stratégie pour adapter la cueillette forestière dans ces zones-là qui sont considérées comme sensibles?

M. Lessard : En général, là... bon, premièrement, en haut... je veux rien que rappeler que, dans la limite nordique qui a été mise à jour, dont nous adaptons aujourd'hui, les scientifiques nous suggéraient de revoir son tracé, près du lac Evans principalement, dans lequel il y a beaucoup de caribous. On a maintenu cette limite-là à l'intérieur, donc. Donc, on a maintenu l'ancienne limite, qui protège le caribou dans cet espace-là, même si les scientifiques nous disaient qu'on aurait pu changer un peu son tracé.

Alors, deuxièmement, pour les espaces en bas, donc pour le 25 % sur lequel on travaille, nécessairement, dépendamment s'il y a une présence de communauté autochtone, si c'est un habitat favorable, si ça correspond aussi à des territoires de trappe, de chasse, alors donc le régime adapté forestier tient compte de ces particularités-là. En général, on réduit le taux d'activités dans ce secteur-là puis on y retourne plus souvent. Est-ce que ça... on retourne faire des récoltes. Est-ce que... parfois, ça peut augmenter le coût, mais on a des mesures d'atténuement financières, qui permettent aux entreprises d'y retourner.

Journaliste : Je pense qu'il y a une espèce de consensus scientifique qui dit que le caribou forestier a besoin à peu près d'un territoire de 1 000 kilomètres carrés pour s'épanouir. Est-ce que la zone de protection dans les montagnes Blanches va faire 1 000 kilomètres carrés?

M. Heurtel : Elle n'est pas établie encore.

M. Lessard : Elle n'est pas établie encore. Oui, c'est ça.

M. Heurtel : Pardon. Je ne peux pas vous donner une superficie à ce moment-ci. On prévoit une grande aire protégée, mais c'est justement, on a un travail, notamment de consultation, comme le ministre Kelley l'a dit, tout un processus pour créer une aire protégée. Ce qu'on parle, c'est une augmentation importante. Là, présentement, on a à peu près un peu plus de 3 000 kilomètres carrés déjà de protégés dans la région des montagnes Blanches. On veut aller beaucoup plus loin, mais il est trop tôt présentement pour donner une superficie précise, mais on veut aller beaucoup plus loin.

Journaliste : Juste pour revenir sur les zones jaunes qui étaient identifiées. Je pense que ça n'avait rien à voir avec le caribou forestier, c'était simplement qu'il y avait plus de feux de forêt dans l'ouest du Québec, puis ce n'était pas nécessairement de l'aménagement durable des forêts, là. Alors…

M. Lessard : Écoutez, on regardera plus techniquement tantôt avec le sous-ministre, si vous le voulez, parce que travailler à cette échelle-là puis à l'échelle dont vous parlez… On veut éviter la confusion, si c'est possible. D'accord?

M. Chouinard (Tommy) : Oui, bonjour. Tommy Chouinard, LaPresse. J'ai une question pour M. Heurtel. Qu'est-ce qui explique votre absence au dévoilement de la politique énergétique du gouvernement?

M. Heurtel : Bien, on a déjà répondu à ces questions-là hier, à votre collègue M. Croteau.

M. Chouinard (Tommy) : Mais, vous, votre réponse? Puisque vous êtes ici, vous pourriez le dire.

M. Heurtel : Bien, je n'ai rien d'autre à ajouter à ce qui a été dit hier.

M. Chouinard (Tommy) : Avez-vous un malaise par rapport à cette politique-là?

M. Heurtel : Aucunement.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Mais qu'est-ce qui fait en sorte que vous n'êtes pas présent à cette annonce-là?

M. Heurtel : Bien, comme je vous dis, on a déjà répondu à ces questions-là. Je n'ai rien d'autre à ajouter.

M. Chouinard (Tommy) : Mais est-ce que… J'aimerais ça la connaître. J'aimerais ça avoir la réponse, s'il vous plaît, de votre…

M. Heurtel : C'est la même réponse qui a été dite hier.

M. Chouinard (Tommy) : Et quelle était donc cette réponse?

M. Heurtel : Je n'ai pas le verbatim devant moi, là. Vous pouvez voir mon attaché de presse, là. C'est exactement ce qui a été repris dans l'article ce matin.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Mais qu'est-ce qui fait que c'est un problème de l'exprimer aujourd'hui?

M. Heurtel : Ce n'est pas un problème. Je vous dis que c'est exactement la même chose.

M. Chouinard (Tommy) : D'accord. Bon, M. Lessard, si c'était possible, j'aimerais revenir sur une chose. Vous avez dit qu'on comprend que ça chatouille la population, l'idée, donc, du séjour de M. Hamad en Floride. Mais vous-même, est-ce que ça vous dérange, cette histoire-là?

M. Lessard : Écoutez, je pense que Sam, dans sa démarche, O.K…. Donc, on comprend, il est sorti. Maintenant, il a demandé au Commissaire à l'éthique de se retirer. C'est un être humain et c'est une personne sensible, on le connaît. Alors, nécessairement, il a cru bon aller faire le point et puis, bon, dans son choix, il a une propriété aux États-Unis, il est allé là. L'avion va de ce bord-là puis il va revenir. Il est conscient de l'impact, nécessairement, que ça a eu, et puis j'ai bonne confiance que ça, il va corriger ça.

Journaliste : Bonjour, M. Lessard. Je voudrais juste bien comprendre le sens de l'annonce aujourd'hui. Vous annoncez un plan d'action. Est-ce que c'est vraiment de repeupler le caribou forestier? Parce qu'on sait, c'est une espèce qu'on estime menacée depuis 2005, ça fait quand même 11 ans, et, si j'ai bien compris, vous ne pouvez pas dire aujourd'hui dans quelle mesure elle est menacée, à savoir combien il reste de spécimens. Et si on a un plan d'action, normalement, il y a un objectif. Vous n'avez aucun chiffre de dire : Bien, on veut doubler la population dans cinq ans, dans 10 ans. Pouvez-vous nous éclairer là-dessus?

M. Lessard : O.K. Oui. Bon, le plan de rétablissement, ça vise à avoir une aire de 11 000 caribous. Donc, c'est ça, l'objectif du plan de rétablissement, c'est de retourner à 11 000 caribous.

Journaliste : Retourner à 11 000 par rapport à quoi, à combien?

M. Lessard : Alors, il est... selon l'analyse et les observations qui ont pu être faites dans le plan de rétablissement qu'ils ont déposé, les 40 organismes qui ont contribué au plan de rétablissement, leur méthodologie, selon des observations dans certains secteurs, sur une base de certaines années, indiquait qu'il y en aurait entre 6 500 et 8 000. Alors donc, si on est pour poser des mesures de protection plus importantes pour protéger puis s'assurer que le caribou aura une meilleure chance de survie, que les petits ne seront pas dévorés par les ours et les loups... c'est bien banal, ce que je vous dis là, mais c'est ça à tous les jours, comment on ferme un certain nombre de chemins pour permettre, après la mise bas, que les ours n'aillent pas les attaquer plus rapidement et permettre aux grandes espèces d'avoir de plus grands espaces pour être en meilleure qualité, pour que l'habitat... donc qu'ils puissent se nourrir, etc.

Alors donc, la méthodologie qui est suggérée dans le plan de rétablissement méritait d'être précisée certainement, parce que, si on est plus proches de 11 000 que de 6 500, bien, le nombre d'actions est bien différent, vous comprendrez bien. Alors, c'est pour ça qu'un des volets...

Journaliste : Comment se fait-il que cela n'a pas été fait depuis 2005? Ça fait 11 ans.

M. Lessard : Bien ça se... Oui, O.K. Donc, il y a des évaluations par observations, on n'a pas eu le grand plan de fait. Vous comprenez que, par le satellite, pour tous ceux qui ne sont pas cachés par des arbres, c'est plus facile à trouver. Mais le caribou, il n'attend pas d'être noté dans le bois, tu sais, il ne dit pas : Bien, regarde, je me déplace, j'en ai deux petits là, j'en ai caché un là. Donc, il faut se donner une stratégie...

M. Kelley : ...

M. Lessard : Oui. Non, mais une science... en fait, j'ai posé la même question que vous, je veux dire, O.K., les caribous dans lesquels il n'y a pas d'arbres, c'est assez facile à compter, même avec un satellite. Mais ceux qui sont cachés dans la forêt, qui se déplacent sur une étendue assez importante, il faut s'assurer de ne pas les compter deux fois, s'assurer que c'est représentatif.

Donc, scientifiquement, on va se donner une méthodologie et des pouvoirs d'intervention avec les communautés qui connaissent assez bien. Chacun a une bonne idée de ce qui se passe dans son coin, mais jamais personne n'a mis la science... Et c'est avec la science qu'il faut travailler, parce que vous voyez la conséquence. Si on évalue mal le troupeau puis qu'on pose des gestes de conservation qui vont au-delà de sa capacité, on...

Journaliste : ...un remède avant de connaître c'est quoi, la maladie, si je fais une allusion avec la santé. Vous arrivez avec des mesures, mais, en même temps, vous dites : On ne connaît pas l'état de situation.

M. Lessard : Bon, effectivement, donc, c'est pour ça l'approche par territoires socioéconomiques, mais avec l'inventaire. Donc, le troisième volet du grand plan, c'est l'inventaire pour s'assurer que, par secteurs, si on a bien documenté l'inventaire, on est capables d'avoir des mesures appropriées sur les espaces protégés, sur le travail des communautés pour avoir un régime forestier adapté. Mais, pour l'instant, le comité scientifique, ce qu'il avait déposé, c'est ce qu'ils avaient basé sur des observations, alors donc, et des estimations.

On pense que, pour aller plus loin, ça nous prend quelque chose de plus concret. Donc, scientifiquement, on l'a mieux documenté puis on va le poser, le geste. On est tous prêts à travailler demain matin là-dessus. Donc, on attendait de dire : Il y a des mesures de protection immédiate qu'on peut faire, qui vont dans le sens de protéger les vieilles forêts, le caribou, de travailler avec les communautés, et on s'assure que ces forêts demeurent là, intactes. Puis, pour les autres, on est en aménagement forestier, il faut aller plus loin de façon plus précise.

Journaliste : Maintenant, si je prends le point de vue de l'industrie forestière, l'industrie forestière, ce qu'elle veut, c'est avoir accès à la ressource, à des arbres. Êtes-vous en mesure de la rassurer aujourd'hui, de lui dire qu'il n'y aura pas un arbre de moins à couper?

M. Lessard : En fait, on a travaillé avec l'industrie forestière, avec alliance boréale pour s'assurer qu'on a les inventaires les plus précis possible, qu'on est capables d'avoir de la planification pour les deux prochaines années, parce que ce qu'on est... on est à peu près là depuis le nouveau régime. Ils veulent avoir une perspective sur cinq ans, c'est ce qu'on a signé avec le Conseil de l'industrie forestière. Ils veulent savoir où est la ressource, qu'on travaille aussi pour ménager et limiter les déplacements des équipes forestières pour s'assurer qu'on rentabilise la forêt, qu'on est compétitifs puis qu'on est respectueux aussi avec ceux qui habitent la forêt, ceux qui vivent de la forêt, sur les espèces comme le caribou, qui est le garde-manger des communautés innues, principalement.

Alors donc, on a garanti avec l'industrie qu'on allait tout faire pour s'assurer que le maximum est fait pour sécuriser les approvisionnements forestiers.

Journaliste : Donc, il n'y aura pas d'impact sur la disponibilité de la ressource?

M. Lessard : Tous les jours... Vous avez vu, dans le plan d'analyse, pour être sûrs qu'on met à contribution toutes les ressources possibles pour éviter d'avoir des impacts sur les opérations forestières...

Des voix : Merci.

(Fin à 10 h 45)