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Point de presse de M. Harold LeBel, porte-parole de l’opposition officielle pour les aînés et en matière de lutte contre l’intimidation, M. François Paradis, porte-parole du deuxième groupe d’opposition pour les aînés, et M. Amir Khadir, député de Mercier

Version finale

Le mardi 21 février 2017, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures une minute)

M. Prud'homme (Danis) : Merci à tout le monde d'être ici aujourd'hui pour dénoncer le report de l'âge de l'admissibilité au crédit d'impôt en raison de l'âge. À ce temps-ci de l'année, des milliers de personnes âgées de 65 ans et plus se sont vu couper 500 $ de crédit d'impôt accordé en raison de l'âge. C'est 300 millions en cinq ans, à même les poches des ménages les plus vulnérables, qui sera saisi par le gouvernement en coupant ce crédit d'impôt ou en reportant ce crédit d'impôt, ce qui représente en fait, à chaque année, 100 000 personnes qui arrivent à 65 ans.

Ce sont aujourd'hui les plus importants groupes d'aînés ainsi que les trois partis de l'opposition qui font front commun pour dénoncer cette mesure, qui est loin d'être réglée à nos yeux. Nous dénonçons aujourd'hui le fait que le gouvernement n'a aucun scrupule à appauvrir les personnes de 65 ans et plus au nom de l'équilibre budgétaire. Rappelons que Luc Godbout avait spécifié qu'il ne fallait pas faire de «cherry picking», en bon français, dans les mesures qu'il proposait dans son rapport. Le gouvernement en a fait à sa tête et a appliqué les mesures qui faisaient son affaire, sans pour autant juger bon de mettre en place au préalable des mesures concernant le recrutement, le maintien en emploi, la pénibilité des tâches pour les emplois pour les travailleurs d'expérience. Ce n'est pas comme ça que l'État devrait prendre soin de ses travailleurs et de ses concitoyens s'il pensait vraiment à sa population. C'est pour l'ensemble de ces raisons que le Réseau FADOQ, accompagné de l'AQDR, l'AQRP, l'AREQ et soutenu par les partis d'opposition, dépose une pétition visant à ce que le gouvernement corrige aujourd'hui son erreur qu'il a faite. La pétition : Nous demandons spécifiquement que l'âge d'admissibilité au crédit d'impôt soit rétabli à 65 ans; nous demandons que les aînés qui n'auront pu bénéficier du crédit d'impôt en raison de l'âge soient dédommagés rétroactivement; nous encourageons fortement l'ensemble des citoyens qui considèrent qu'il est inadmissible d'appauvrir davantage les ménages aînés déjà peu nantis à signer la pétition qui sera en ligne sur le site de l'Assemblée nationale. Merci, d'ailleurs, à M. LeBel, qui a accepté de parrainer la pétition. Le Réseau FADOQ est fier de faire partie de cette coalition. Nous n'accepterons jamais de demi-mesures pour les aînés du Québec ni dans ce dossier ni dans aucune autre situation où le gouvernement agit de manière à affecter la qualité de vie des aînés négativement. Nous ne lâcherons pas. Si nos demandes ne sont pas satisfaites, le gouvernement va continuer à nous trouver sur son chemin, je vous le garantis. Sur ce, je laisse la parole à mes collègues. Merci.

Le Modérateur : Merci, M. Prud'homme. Mme Gagnon.

Mme Gagnon (Judith) : Alors, c'est mon tour. Il me fait plaisir d'être à l'Assemblée nationale pour faire cette courte allocution. J'aimerais débuter en remerciant les partis d'opposition, l'AQRP, l'AREQ, le Réseau FADOQ et les médias d'être présents à cette importante conférence de presse. Je suis fière de notre unité et de notre solidarité face à cette décision irresponsable du gouvernement Couillard qui touchera, à terme, près de 500 000 personnes aînées.

Aujourd'hui, je parle pour les personnes qui ne peuvent pas le faire. Je parle pour celles et ceux qui ne peuvent pas se priver de ces 500 $ par année pendant cinq ans. D'une voix commune, nous disons non au recul de 65 à 70 ans de l'âge minimum pour avoir accès au crédit d'impôt accordé en raison de l'âge. Nous ne voulons pas d'une évaluation de cette mesure, nous demandons son retrait immédiat.

Une fois de plus, ce sont les aînés vulnérables qui sont les plus touchés par cette décision. Mais ces personnes n'ont pas toujours la formation nécessaire ou un état de santé adéquat pour un retour au travail. Le gouvernement Couillard assure que personne ne sera laissé de côté par la mesure fiscale, mais il l'a dit après avoir vu toutes ces personnes se lever d'indignation pour décrier cette décision.

Cette lente réactivité fait peine à voir pour les personnes aînées, qui méritent une meilleure considération de leurs droits de la part du gouvernement en place. Enrichir les coffres de l'État sur le dos des aînés ne peut être toléré. Nous attendons que le gouvernement Couillard corrige son erreur. Nous avons été assez patients avec ces solutions alternatives imprécises. Nous demandons que le gouvernement en place rétablisse l'âge d'accès au crédit d'impôt accordé en raison de l'âge à 65 ans. Nous considérons que les aînés sont plus que des chiffres. Nous sommes une population unie.

Le Modérateur : Merci, Mme Gagnon. M. Tremblay.

M. Tremblay (Donald) : Bonjour. Je me présente, mon nom est Donald Tremblay, je suis président de l'Association québécoise des retraité-e-s des secteurs public et parapublic. Et ce matin nous sommes fiers de joindre notre voix ensemble à celle de mes collègues, mais aussi à celle des trois députés de l'opposition pour dénoncer l'abolition de ce crédit d'impôt, qui n'est ni plus ni moins qu'un autre des nombreux exemples des politiques d'austérité du gouvernement libéral.

Cette mesure bénéficiait aux aînés les plus défavorisés. Il est nécessaire, en raison de la hausse du coût de la vie, de rétablir cette mesure à 65 ans. Est-il nécessaire de vous rappeler qu'au Québec les aînés utilisent de plus en plus les banques alimentaires? En 2016 seulement, on parle de 12 000 personnes de 65 ans et plus qui utilisent cette aide de dernier recours. On peut parler aussi de l'électricité, les tarifs d'Hydro-Québec qui ont augmenté, depuis 2013, de 10,5 %. Ces deux exemples à eux seuls peuvent nous permettre de dire que c'est important d'enlever ce… C'est-à-dire, d'enlever ce 500 $ là aux aînés est une mesure complètement inacceptable, et ça touche encore une fois les aînés les plus vulnérables sur le plan financier.

On demande donc au gouvernement de corriger le tir immédiatement et de conserver à 65 ans l'admissibilité à ce crédit d'impôt pour le futur.

Le Modérateur : Merci, M. Tremblay. M. Côté.

M. Côté (Pierre-Paul) : Alors, bonjour. Je me présente, Pierre-Paul Côté, président de l'AREQ, notre association de personnes retraitées des services publics, notamment en éducation et en santé, partout sur le territoire du Québec. Parmi nos grandes priorités, à l'AREQ, on retrouve la sécurité financière des personnes aînées. Nous tenions donc à être présents ce matin avec d'autres associations d'aînés et avec les partis d'opposition pour dénoncer d'une même voix la décision du gouvernement de reporter l'admissibilité au crédit d'impôt en raison de l'âge.

Je vous dirais que beaucoup de personnes aînées ont été carrément insultées par les propos et par le ton du premier ministre du Québec au cours des derniers jours. Je pense particulièrement à sa déclaration selon laquelle les aînés doivent travailler plus longtemps. Nous avons reçu de très nombreux messages de la part de nos membres, qui se sont sentis méprisés par ce genre de propos. Le premier ministre a ajouté que les aînés qui travaillent, c'est dans l'intérêt du Québec. Mais est-ce que c'est vraiment dans l'intérêt des personnes aînées elles-mêmes? Est-ce que c'est la seule façon pour elles de demeurer actives, comme le laisse entendre le premier ministre? Je pense que ce genre d'affirmation témoigne d'une méconnaissance et même d'un manque de sensibilité envers la réalité de beaucoup de personnes aînées.

On veut tous rester actifs quand on vieillit, mais être actif ne veut pas dire nécessairement occuper un emploi. On peut être actif en faisant du bénévolat, en donnant un coup de main à nos enfants, à nos proches, en faisant des activités sans pour autant devoir travailler. Est-ce que notre premier ministre s'imagine que gérer une classe agitée de troisième secondaire quand on a 65 ans, c'est facile? Est-ce qu'il pense que travailler dans un hôpital, par exemple comme préposé aux bénéficiaires, c'est possible rendu à 65 ans? De plus, travailler dans un service de garde à 65 ans, que feriez-vous? Je pourrais dresser une longue liste d'emplois qui deviennent difficiles à exercer rendu à un certain âge.

En associant le rapport de l'admissibilité au crédit d'impôt en raison de l'âge à une bonification du crédit d'impôt pour travailleurs d'expérience, le gouvernement envoie un message, selon nous, un message insidieux aux personnes aînées. Il leur dit : Si vous avez encore deux jambes, allez donc travailler. Nous, on lui dit : Adoptez des mesures incitatives si vous voulez, mais ne pénalisez pas les gens qui ne peuvent plus travailler pour toutes sortes de raisons. M. le premier ministre, piger dans la poche des personnes aînées qui ne sont pas très fortunées, ce n'est pas la solution, trouvez mieux. Merci.

Le Modérateur : Merci, M. Côté. M. LeBel.

M. LeBel : Merci. Bien, je suis très content de parrainer la pétition. J'aurais aimé mieux m'en passer, mais il faut que les... Ici, on voit, les aînés sont unis, il y a plusieurs groupes, tout le monde ensemble travaillent sur ce dossier-là, tout le monde sont d'accord sur ce dossier-là à faire de la pression sur le gouvernement. Maintenant, les aînés et les gens partout au Québec doivent signer la pétition qu'on va retrouver sur le site de l'Assemblée nationale. Déjà en 2015, le Parti québécois, par Nicolas Marceau, mon collègue, avait dénoncé cette mesure du retrait du crédit d'impôt. Le gouvernement niait à cette époque, et encore la semaine passée tous les partis d'opposition confondus, on posait des questions au gouvernement, au premier ministre et au ministre Leitão et, première journée, ils disaient qu'il n'y avait pas de problème, que ça n'existait pas; deuxième journée, ils disaient : Oui, peut-être pour les aînés vulnérables, il y a un problème; troisième journée : Oui, il y avait un problème pour tout le monde; quatrième journée : On va essayer de vous trouver des mesures de compensation.

Bien, on n'est pas là-dedans, on n'est pas dans les mesures de compensation. D'ailleurs, il ne nous dit pas c'est quoi, les mesures. On veut vraiment qu'il corrige son erreur, qu'il revienne au crédit d'impôt. C'est clair pour tout le monde, puis c'est ça que la pétition demande, puis c'est ça que les partis d'opposition demandent, puis c'est ça que les groupes d'aînés demandent. On veut le retour des crédits d'impôt, pas toutes sortes de fioritures, d'entourloupettes qu'ils pourraient nous amener. C'est clair.

L'autre chose que je voudrais vous dire, c'est que le premier ministre, puis les gens en ont parlé un peu tantôt, parle du maintien au travail des aînés. J'ai passé une journée et demie, à peu près, au rendez-vous pour l'emploi, tout récemment, la semaine passée. En début du rendez-vous, on parlait du vieillissement des travailleurs, que de plus en plus la main-d'oeuvre allait vieillir, qu'on allait retrouver sur le marché du travail des gens de 60, 65 ans, même de 70 ans. C'était au tout début du rendez-vous, c'était la mise en bouche du rendez-vous. Mais, pendant une journée et demie, on n'a jamais parlé, pas un mot, pas aucun réel débat sur la place des aînés sur la main-d'oeuvre, dans la main-d'oeuvre québécoise, pas un seul débat. Ça fait que, pendant que le gouvernement abolit les crédits d'impôt, pendant que le gouvernement nous dit qu'il faut que les aînés travaillent plus longtemps, on a un rendez-vous d'une journée et demie où on parle de main-d'oeuvre et puis pas un mot sur cette réalité-là.

Ça ne fait pas très longtemps que je suis porte-parole par rapport aux aînés. On parle de maltraitance des aînés, on vient couper les crédits d'impôt aux aînés, on parle des aînés en CHSLD. Moi, je pense qu'on est dus, au Québec, pour une vraie discussion sur nos aînés au Québec. Et tantôt on se disait : S'il fallait, du jour au lendemain... puis, dans nos comtés, on le voit tous, tout le monde, on le voit, les députés, si du jour au lendemain les aînés décidaient d'arrêter de faire du bénévolat, de s'impliquer, je vais vous dire, le Québec est dans le gros trouble. Ça fait qu'il faut les écouter, nos aînés, et on va travailler solidairement avec eux autres. Je remercie les autres partis, les gens des groupes d'aînés. On va travailler ensemble. Merci.

Le Modérateur : Merci, M. Lebel. M. Paradis.

M. Paradis (Lévis) : Merci. Merci d'être là. Je pense que c'est important, ce qui se passe aujourd'hui, hein, vous l'avez compris. Les aînés parlent d'une même voix. Aujourd'hui, les aînés sont là pour dire au gouvernement : Ça ne peut pas fonctionner comme ça. Et je me rappellerai, la semaine dernière, la réponse de Phillipe Couillard à des questions au salon bleu qui ont été répétitives, lorsqu'il a dit : D'accord, on va analyser l'impact. On n'est plus à l'heure d'analyser l'impact, on est à l'heure de réagir.

Le gouvernement devrait, à ce moment-ci, ne pas attendre le dépôt du prochain budget, mais annoncer déjà qu'il rétablit l'admissibilité au crédit d'impôt tel qu'elle était par respect pour nos aînés. Plus : le gouvernement devrait s'excuser auprès de nos aînés pour avoir provoqué stress et anxiété, parce que c'est ce qu'on a ressenti à travers les aînés qui nous rencontrent depuis cette annonce. À tous ceux et celles qui ont déjà fait leur rapport d'impôt, ils se sont rendu compte que leur budget ne serait plus le même. Il y a une notion de dignité, de respect. Le gouvernement devrait s'excuser d'avoir pensé, à cette étape-ci, retirer et fouiller dans les poches de nos aînés. Au-delà de ça, bien sûr, rétablir telle quelle l'admissibilité au crédit d'impôt.

Vous savez, il y a une chose que je souhaite, moi, c'est ne plus entendre des aînés venir me rencontrer pour me dire : M. Paradis, à travers tout ce qui se passe en santé, dans nos retraites, dans notre porte-feuille, j'ai peur de vieillir. Je n'ai plus envie d'entendre ça. Le gouvernement doit maintenant agir. Tous, d'une même voix, on le réclame, tous, d'une même voix. Il devra répondre aux craintes et aux attentes des aînés. Merci.

Le Modérateur : Merci, M. Paradis. M. Khadir.

M. Khadir : Alors, je joins ma voix à celle de tous ceux que vous avez entendus et à Mme Gagnon, que vous avez entendue précédemment. J'ai envie de m'adresser à M. Leitão. M. Leitão, vous étiez banquier, vous êtes ministre aujourd'hui; moi, j'étais médecin, je suis député, nous avons des revenus très, très élevés. Je pense que ni vous ni moi, on ne comprend réellement la situation de trop d'aînés qui peinent à joindre les deux bouts. Vous le savez, M. Leitão, vous devriez le savoir mieux que quiconque, la moitié des aînés du Québec ont moins de 20 000 $ de revenus par année. Leur enlever 500 $, leur enlever 500 $, c'est leur enlever quelque chose comme huit semaines d'épicerie. Moi, je pense que vous ne connaissez pas, comme moi d'ailleurs, la situation réelle des aînés du Québec. Vous l'avez entendu ici, vous devriez les écouter, comme nous, on les écoute. Et il n'y a aucune raison, aucune raison de faire ces économies sur le dos des personnes les plus vulnérables à qui, nous, comme société, on est aussi redevables. Dans le fond, c'est des personnes auxquelles la société en entier est le plus redevable. Les personnes qui ont contribué pendant des années à faire la prospérité dont vous jouissez à la tête de l'État.

Donc, je rappelle que le gouvernement, d'abord, a fait 2 milliards de surplus plus 2 autres milliards de surplus qu'il a cachés dans le Fonds des générations. Ça, là, les économies qu'il va faire sur le dos des aînés, les 70 ou 77 millions à peu près par année qui vont toucher chaque année 100 000 personnes qui arrivent à 65 ans, c'est une semaine de ces surplus qu'il a générés. Il n'a pas besoin de faire ça. S'il veut aller chercher des économies, bien, j'invite le gouvernement à considérer peut-être avoir, du côté de l'informatique... Des contrats qu'il donne depuis maintenant quatre mois sans surveillance des juristes de l'État, c'est 8 millions de dollars en contrats. La surveillance qu'on n'a pas faite, bien, ça profite à qui? Ça profite à tous ces amis, dans les milieux des affaires, qui rôdent alentour du Parti libéral, qui profitent de ces contrats-là. Il y a bien plus d'économies à faire là que sur le dos des personnes les plus vulnérables dans la société.

Alors, M. Leitão, le banquier, que vous êtes — le médecin, que je suis — n'est pas autorisé à couper 500 $ par semaine dans la poche des citoyens les plus vulnérables, à qui notre société est tant redevable. Merci beaucoup.

Le Modérateur : Merci beaucoup, M. Khadir. Des questions?

M. Vigneault (Nicolas) : Oui, Nicolas Vigneault, Radio-Canada. M. Leitão a déjà annoncé qu'il y aurait des mesures pour corriger le tir dans le prochain budget. Pourquoi ce n'est pas suffisant, selon vous? Allez-y.

M. Prud'homme (Danis) : En fait, c'est très simple, la population n'a pas confiance parce qu'il ne prend pas en considération la population, premièrement. Donc, on ne sait pas aujourd'hui ce qu'il va faire, donc pas de confiance. La deuxième, forcément, si on décide d'attendre, c'est qu'on ne connaît pas vraiment ce qui se passe sur le terrain. Ça, c'est la deuxième réponse : On ne peut pas attendre parce que ces gens-là, dont les collègues ont mentionné, 50 $ d'épicerie par semaine pendant huit semaines... J'aimerais bien qu'on coupe l'épicerie des gens qui sont en train de réfléchir à attendre au 13 mars, peut-être qu'ils réaliseraient.

M. LeBel : Pourquoi il faudrait le croire? Pourquoi il faudrait le croire? Depuis 2015, il est au courant de la situation. La semaine passée, trois jours, pendant trois jours, on a posé des questions, il niait le problème Et aujourd'hui on va le croire parce qu'il nous dit qu'il va nous amener des mesures de compensation puis qu'il nous ne dit pas les mesures de compensation? Les aînés ont raison de continuer à faire de la pression.

Mme Prince (Véronique) : Véronique Prince, à TVA. Justement, concernant les mesures compensatoires qui pourraient y avoir dans le prochain budget, quelles pourraient être les mesures compensatoires suffisantes? Outre que de dire : On annule tout ça, là, est-ce qu'il pourrait y en avoir, des...

M. Khadir : Mais pourquoi compliquer les choses? Pourquoi faire du «cherry picking»? Pourquoi ajouter une couche, davantage de complexité dans diverses mesures compensatoires qui viennent corriger une autre mesure décompensatoire? C'est très simple. On laisse ce crédit-là en place.

Et la meilleure mesure compensatoire qu'on peut faire... Parce que, s'il y a une compensation à faire, ce n'est pas pour aller rajouter un petit peu de ce qu'on a coupé, ce n'est pas enlever 1 $ puis en rajouter 50. Ce que les aînés du Québec ont besoin, c'est un meilleur régime de retraite, c'est que le gouvernement du Québec cesse de s'objecter à la volonté du fédéral, actuellement, qui va améliorer les revenus de retraite, le régime de retraite public, qui va améliorer le sort de nos retraités.

Alors, au lieu de faire du sabotage, du sabotage que fait le ministre Leitão en refusant le plan fédéral, il devrait... S'il veut compenser, dans le fond, il faut corriger le manque à gagner, pas en retirer un, puis dire : Je donne 0,50 $, c'est suffisant. Donc, il est inacceptable... Tous les gens qui sont ici, l'opposition, comme tous les quatre regroupements, on demande une chose : Il faut corriger l'erreur qu'ils ont commise, un point c'est tout. Il n'y a aucune compensation qui peut compenser ça.

M. Paradis (Lévis) : Je compléterai très rapidement pour vous dire que, je le disais au départ, c'est d'une voix commune que les gens parlent aujourd'hui. Pas question d'analyser des assouplissements, des modifications à ce qui existait, à ce qui n'existe plus. Aujourd'hui, on est à l'heure de rétablir ce qui fonctionnait. Et, lorsque je me fais dire par un premier ministre qu'on va analyser l'impact d'une telle mesure, bien, ça a été concrètement expliqué. Alors, ne faisons pas dans la demi-mesure, rétablissons l'âge de l'admissibilité aux crédits d'impôt, et qu'on le fasse maintenant, qu'on dise aux aînés : Aujourd'hui, nous vous avons entendus, nous corrigeons notre erreur.

Mme Prince (Véronique) : Autre chose aussi que M. Leitão a dit ce matin, brièvement, là. Il n'a pas poursuivi sa pensée, là, mais il a dit aussi qu'il y avait possibilité de remettre à plus tard. Est-ce que remettre à plus tard réglerait le problème?

M. Khadir : Remettre à plus tard, ce n'est pas les excuses que les gens attendent.

M. Prud'homme (Danis) : En fait, quand on parle de remettre à plus tard — je reviens à ce qu'on disait, la confiance, tout à l'heure — regardez certains dossiers, les frais accessoires, où on a dû, encore une fois, faire une coalition et même aller jusqu'en cour fédérale pour que le Québec voie clair. Regardez, on a... M. Khadir a dit... au niveau du scénario Québec de la Régie des rentes versus le scénario Canada du RPC, il y a plein d'exemples qui démontrent qu'on ne peut pas, un, attendre, qu'on ne peut pas faire confiance et que les mesures, on n'y croit pas, parce qu'on a bien peur de ce qui pourrait sortir du chapeau, en tant que tel, comme lapin.

M. LeBel : C'est quoi aussi, cette façon de faire, de faire des déclarations dans des corridors? Puis pourquoi ils ne prennent pas le téléphone puis qu'ils n'appellent pas les groupes d'aînés? Pourquoi qu'ils n'ont pas de rencontre? Personne n'a été appelé. Moi, je leur ai demandé, à matin, j'ai dit : Il y a-tu quelqu'un du gouvernement qui a essayé de vous rejoindre pour vous expliquer? Personne. On parle dans les corridors, on lance des choses. C'est quoi, cette façon de travailler? C'est vraiment du non-respect des aînés, je dois vous dire.

Mme Gagnon (Judith) : Moi, je voudrais rajouter quelque chose. Vous voyez, on est quatre groupes aînés, on représente quand même, grosso modo, un gros pourcentage de la population. Il nous faut une voix. Alors, on demande au gouvernement : Si vous avez des choses à changer, tout ça, on est là, là, nous autres, là, on est capables de vous donner un point de vue, là, on représente les aînés. Pourquoi il faudrait que les choses arrivent puis que nous, on soit par en arrière puis qu'on ne soit pas proactifs? On n'a pas tant de tribunes que ça, là. Il nous en faudrait une, là. On est quand même des gens qui sont responsables. Et puis ça n'ira pas en s'améliorant, là, la pyramide d'âge, là, on vieillit vite, au Québec, là. Il faudrait penser à quelque chose pour nous donner la parole, nous donner une voix plus forte que ça.

M. Boivin (Mathieu) : Attendez un peu, madame, restez là, je vais m'adresser à vous. Je m'appelle Mathieu Boivin, du réseau de radio Cogeco. Vous faites une conférence de presse, vous demandez rétablissement, essentiellement, de la situation précédente. Le gouvernement a déjà probablement fait ce qu'il pensait être bon de faire pour limiter les dommages politiques. Peu plausible qu'il aille au-delà de ce qu'il a déjà annoncé. Dites-moi, qu'est-ce que vous êtes en mesure de lui faire comme tort pour le faire changer d'idée?

Mme Gagnon (Judith) : Écoutez, vous dites que c'est ça qui va se passer, là. Moi, je crois que le gouvernement peut avoir un certain bon sens, à un moment donné, puis se réveiller, puis dire qu'il va rétablir la mesure. Mais est-ce que le gouvernement est conscient de l'impact que ça peut avoir?

M. Boivin (Mathieu) : Oui, il est conscient de ça, madame. Je répète ma question : Qu'est-ce que vous allez lui faire, au gouvernement, s'il ne vous écoute pas?

Mme Gagnon (Judith) : L'impact politique. Nous sommes nombreux, nous allons nous en souvenir. Ce n'est pas rien, là, on va s'en souvenir, on a de la mémoire, là, on n'a pas de perte cognitive, là, on est capables de voir, là, il va y avoir un impact, un très gros impact, parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont touchés, puis il y a des gens qui vont dire : On n'a plus de confiance. Une perte de confiance, ça va avoir, à long terme, un impact majeur, je vous le dis.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que quelqu'un d'autre veut réagir?

M. Prud'homme (Danis) : Oui. Disons qu'il faut qu'il soit conscient, là, qu'il y a des élections aussi à l'automne, hein, c'est pour ça que... Il parlait, tantôt, là, plus tard... bien, plus tard, ça veut-u dire l'été prochain, quelques mois avant les élections, puis là les bonbons sortent, là? Alors, on a vécu, là, des élections antérieures puis des promesses, là, ça fait qu'on a fait attention à ça.

La deuxième, il faut qu'il soit conscient qu'il y a beaucoup de personnes aînées qui font du bénévolat un peu partout. On soutient beaucoup de choses. Je ne dis pas que les gens arrêteraient de faire du bénévolat, il y en a peut-être, des gens, qui seraient comme démotivés. Et ce que je trouve déplorable, on a une ministre des Aînés au Québec, sur ce dossier-là, c'est silence radio. Alors, je comprends qu'elle fait partie...

M. Boivin (Mathieu) : Je suis obligé de vous reposer la question : Vous allez lui faire quoi, au gouvernement s'il ne fait pas ce que vous dites? Clairement.

M. Prud'homme (Danis) : Bien, on verra. On va se rasseoir puis on verra, voir, jusqu'où il peut aller, puis nous autres, jusqu'où on peut aller aussi. Mais c'est sûr que, politiquement, il y a des choses à regarder aussi, là.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que quelqu'un d'autre veut ramasser la balle?

M. Côté (Pierre-Paul) : Actuellement, le gouvernement prend des décisions, on ne sait pas sur quelle planète il vit. C'est comme s'il prenait des décisions et il ne se rendait pas compte que les décisions qu'il prend dans les colonnes de chiffres, ça n'avait pas un impact derrière, directement dans chacune des maisons concernées par les aînés les plus vulnérables. Et ça, c'est ça qui est triste.

L'autre élément qui est très triste de ce gouvernement-là, je dois dire, c'est le traitement à la pièce de toutes les situations qui concernent les aînés. Je disais juste avant le début de la conférence de presse : On n'a jamais été tenus aussi en haleine, les bénévoles représentant les aînés, que par les nombreuses commissions parlementaires qui se tiennent au sujet des aînés. On n'a pas de vision globale. M. LeBel en faisait allusion tout à l'heure, je pense que nous sommes dus, au Québec, pour une grande conversation nationale sur le sort des aînés, et je pense que c'est important que le gouvernement en prenne conscience rapidement, et je pense qu'il faut arrêter de traiter les choses à la pièce.

M. Boivin (Mathieu) : Pouvez-vous leur faire mal?

M. Prud'homme (Danis) : Je vais vous dire, pour un impact, en 1995, quand le gouvernement avait dit que les grands-parents s'occuperaient des finances de leurs petits-enfants si les parents n'étaient pas responsables, on a déposé une pétition, il y a eu 300 000 signatures, le gouvernement a dû reculer.

On va aller même un peu plus loin — les pétitions, ça fonctionne, c'est l'exemple que je veux donner : au niveau du fédéral, pour le supplément de revenu garanti, on a déposé une pétition avec les partis d'opposition; le gouvernement a bonifié le supplément de revenu garanti.

Aujourd'hui, on dépose une pétition, on demande à la population de s'impliquer. Si la population s'implique, je verrais mal comment le gouvernement ne peut pas corriger son erreur. S'il ne corrigeait pas son erreur, c'est qu'il, en tant que tel, vient d'envoyer un message politique très fort qu'il n'en a rien à cirer de la population. Alors, je ne crois pas qu'il va faire ça. Une pétition, c'est assez puissant.

M. LeBel : Je te le dis, hein, si les aînés, demain matin, ne sont pas entendus — puis les aînés venant de plusieurs groupes — si les aînés s'organisent demain matin pour passer un message... C'est plus qu'une clientèle, les aînés. Ce n'est pas une clientèle. Les aînés, là, ils sont partout, actifs partout. C'est des gens qui travaillent partout. Si, demain matin, ce monde-là, ils décident ensemble, tout le monde, de dire : Non, on ne se laisse pas faire, puis on passe un mot, puis ce n'est pas partisan, on passe le mot : Non, les aînés, on va les respecter au Québec, je vais vous dire, ça peut frapper fort. Je vous le dis, on travaille avec eux autres, là, régulièrement, en commission parlementaire, ils viennent nous voir, ils sont organisés, ils ont des réflexions, ils savent comment parler. S'il faut qu'ils parlent plus fort, ils sont capables de parler fort. Ça, je vous le garantis. Merci.

Le Modérateur : D'autres questions? Merci beaucoup. Merci. Merci, tout le monde.

(Fin à 11 h 27)