Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, Mme Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de soutien à domicile, et M. Alexandre Cloutier, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, de recherche, de persévérance scolaire et d’alphabétisation

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, Mme Diane Lamarre, porte-parole de l’opposition officielle en matière de soutien à domicile, et M. Alexandre Cloutier, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, de recherche, de persévérance scolaire et d’alphabétisation

Version finale

Le mardi 14 mars 2017, 11 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures cinquante-sept minutes)

M. Lisée : Alors, bonjour. D'abord, je voudrais féliciter notre collègue Martine Ouellet, qui est, à toutes fins utiles, la nouvelle chef du Bloc québécois. Je pense que c'est quelqu'un qui va donner au Bloc québécois une très grande énergie, une très grande connectivité avec les militants indépendantistes, avec la population. Elle a été très efficace sur l'ensemble des dossiers qu'elle a portés, notamment les dossiers d'énergie. Et, comme on le sait, un des grands dossiers qui préoccupent les Québécois en ce moment, c'est cette volonté fédérale de faire traverser le Québec, 860 cours d'eau par un pipeline, Énergie Est, qui transporterait le pétrole le plus polluant au monde. Et là on s'oppose à ça, le Bloc québécois s'oppose à ça. Et on a vu ces derniers jours le premier ministre Justin Trudeau se faire acclamer par les Texans, par l'industrie pétrolière des États-Unis comme le héros de la puissance pétrolière. Alors, je suis très, très content que quelqu'un de la trempe de Martine Ouellet, qui connaît ces dossiers-là sur le bout de ses doigts, va pouvoir opposer le refus du Québec aux projets pétroliers canadiens, entre autres choses. Alors, je la salue, je lui souhaite bonne chance, et bien sûr nous allons collaborer avec elle dans les mois et les années qui viennent.

Aujourd'hui, on a une mauvaise nouvelle pour les Québécois. L'austérité, ce n'est pas fini, l'austérité 2.0 est arrivée. On savait déjà que, lorsque le gouvernement libéral avait promis que le déficit zéro n'allait en aucun cas couper dans les services, aucun cas, il avait trompé les Québécois. En éducation, en santé, la Protectrice du citoyen l'a dit, tout le monde l'a dit, les coupures ont été dévastatrices.

L'an dernier, au budget, le gouvernement libéral a dit : Ah! le réinvestissement arrive. Alors, nous avions dit que ce réinvestissement était bien timide, ne réparait même pas l'ensemble des pots cassés. Mais le dernier rapport mensuel des opérations financières qui vient d'être publié, qui couvre les neuf derniers mois, nous montre que les libéraux ont trompé les Québécois sur le réinvestissement. Ils ont dit qu'ils réinvestissaient, ils ont donné des chiffres de réinvestissement. Neuf mois plus tard, on ne peut que constater qu'ils ont trompé les Québécois et n'ont pas réinvesti ce qu'ils avaient dit qu'ils réinvestiraient. Et on regarde — ça, ce sont les chiffres officiels du ministère des Finances du Québec, ce n'est pas de l'opposition, là — ils devaient réinvestir 4 % parce qu'ils disaient : C'est fini, l'austérité, maintenant on passe à 4 % de progression des dépenses. En fait ils sont à 1,7 %, donc ils sont restés dans l'austérité.

Alors, ça pose de très, très grandes questions sur la crédibilité non seulement du dernier budget, mais du prochain budget qui est en préparation parce que, lorsque les libéraux disent qu'ils coupent, ils coupent, mais, quand ils disent qu'ils réinvestissent, ils ne réinvestissent pas. On va vous donner quelques exemples, d'abord en santé, avec Diane Lamarre, et ensuite en éducation, avec Alexandre. Diane.

Mme Lamarre : Merci. Alors, effectivement, on constate que c'est 293 millions de dollars de moins qui ont été remis et qui auraient dû servir déjà depuis un an à la population du Québec. Alors, si le gouvernement ne savait pas où le mettre, on peut lui en faire, des suggestions, parce que c'est certain qu'au niveau du soutien à domicile ils ont un retard important, on n'a toujours pas de politique vraiment déployée au niveau du soutien à domicile.

En fin de semaine, j'étais au congrès FRESQue, donc la fédération de la relève étudiante en santé mentale, et clairement, clairement le ministre a osé dire que, tant qu'il n'y aurait pas d'étude psychoéconomique pour justifier la valeur des approches en psychologie, il ne voyait pas le remboursement des consultations en psychologie pour certains patients, pour certaines clientèles très vulnérables. Alors, on le voit, il avait promis, dans le plan d'action, 70 millions en santé mentale, plan d'action 2015‑2020. On est à 2018 dans le budget, et il y a zéro qui a été mis en 2015, zéro en 2016, zéro en 2017. S'il y a un petit surplus, je pense qu'en santé mentale il y a des besoins énormes, aigus, intenses, et le ministre a choisi de ne pas le faire.

Les CHSLD, les IPS, c'était une promesse, c'était un engagement qu'il avait pris, 2 000 IPS en 10 ans, les infirmières praticiennes spécialisées, les superinfirmières, qu'on pourrait très bien positionner dans nos CLSC pour améliorer l'accès à la première ligne, accès qui contribuerait à diminuer l'urgence. On a eu des statistiques vraiment... 60 % des gens sont des cas de P4, P5 dans les urgences actuellement, ce qui n'est pas efficace, ce qui ne donne pas un accès approprié, mais qui coûte très cher aussi parce que chaque consultation à l'urgence, juste l'ouverture du dossier coûte entre 250 $ et 500 $ à l'État pour ouvrir ce dossier-là.

Alors, le ministre a également fait des transferts de travailleurs sociaux et de psychologues des CLSC vers les GMF. S'il y a des surplus, tout le monde s'entend pour dire qu'il faut maintenir les effectifs dans les CLSC au niveau des travailleurs sociaux et des psychologues parce que les enjeux sont énormes, et l'accès est beaucoup plus facile à travers le CLSC. Si on n'a pas de médecin de famille, si on n'a pas un médecin de famille en GMF, on se rend compte qu'on est bloqués avant même de pouvoir entrer.

Alors, la question que je me pose, c'est : Si le ministre n'a pas réinvesti ce 293 millions de dollars là cette année puis il a choisi, dans le fond, de continuer à faire des coupures qui font mal au système de santé — partout les gens déplorent, les gens dénoncent les coupures et les conséquences que ça a — est-ce que c'est parce qu'il préfère garder ces sommes-là et les offrir plus proches du moment des élections sous forme de diachylon plutôt que d'établir des vraies politiques, entre autres en soutien à domicile et en santé mentale, appliquer notre plan d'action convenu? Merci.

M. Lisée : Alexandre.

M. Cloutier : Bonjour à vous tous. Alors, l'austérité 2.0 : avant, le gouvernement annonçait des coupures et les faisait; maintenant, c'est beaucoup plus sournois, on annonce des investissements, on laisse le temps passer, et finalement on réalise que les sommes qui étaient annoncées n'ont jamais été dépensées.

C'est une véritable catastrophe, ce qui se passe dans le secteur de l'éducation. Une somme de 627 millions entre ce que le premier ministre a dit au sommet de l'éducation le 1er décembre dernier, la main sur le coeur... a dit à tous les intervenants du réseau du ministère de l'Éducation qu'on pouvait compter sur eux pour investir à la hauteur de 4,6 % pour l'année financière en cours. Or, entre ce que le premier ministre a annoncé publiquement devant tous les intervenants, ce qu'on réalise, c'est qu'il y a un écart à la hauteur de 627 millions.

Mettez-vous à la place des parents qui ont des enfants qui ont un trouble du langage. Pas plus tard que la semaine dernière, sur un grand réseau de télévision, une mère lançait un véritable cri de coeur. Elle a inscrit son fils dans une école spécialisée parce que son fils avait un trouble du langage. On lui a répondu que, malgré que l'école était spécialisée dans les troubles du langage, imaginez-vous qu'il n'y avait aucun service d'orthophonie. Et là ces parents-là apprennent qu'il y a de l'argent disponible, qu'il y a de l'argent au Conseil du trésor, qu'il y a de l'argent qui est budgété, qui est planifié, mais qui ne sert strictement à rien parce que le ministre de l'Éducation dort au gaz, parce que le ministre de l'Éducation ne s'assure pas du suivi des sommes qui sont prévues à son ministère.

Puis évidemment ça s'ajoute à ce que M. Lisée et notre formation politique avons expliqué il y a deux semaines, le même scénario se reproduit dans le programme québécois en infrastructures : entre la dépense annoncée et la dépense réelle pour le programme québécois en infrastructures dans le secteur de l'éducation, il y a un écart de 400 millions. On se transporte dans le budget des dépenses courantes, même phénomène : grandes annonces, mais lorsqu'on compare les montants annoncés et la dépense réelle, il y a un écart qui est immense.

Alors, nos écoles sont en ruine, nos élèves manquent de services, il y a un taux de diplomation qui est encore à un niveau inférieur à ce qui se fait autour de nous, puis pendant ce temps-là on a un ministre de l'Éducation qui se laisse dicter comment agir par son collègue au Conseil du trésor.

M. Lisée : Ce que mes collègues vous disent, c'est que le non-réinvestissement, ça a des visages, ce sont des familles qui n'ont pas accès à des orthophonistes, à des psychopédagogues, c'est des listes d'attente trop longues pour les autistes, c'est des soins à domicile qui continuent à être rationnés, c'est des gens qui ont des problèmes de santé mentale qui n'ont pas accès à des soins, c'est du personnel qui est au bord de la crise de nerfs, on le sait, dans les hôpitaux, dans les CLSC, dans les centres de protection de la jeunesse.

Et en éducation, c'est pire, là. En éducation, c'est... là, il faut faire exprès, là, on avait budgété 4,6 % d'augmentation, on livre 0,3 %, là. Ça, ce n'est pas de l'inefficacité, c'est de la mauvaise volonté, là. Il y a quelqu'un qui ne veut pas dépenser, et la personne qui a la main sur le robinet, bien, c'est le premier ministre, c'est le premier ministre. Parce que, quand ils ont décidé de couper, ils étaient extraordinairement efficaces. Ça, ça allait vite, cran d'arrêt, on arrête, on arrête de donner les chèques, on arrête de donner les services. Mais là pour réinvestir, incompétence totale. C'est louche, c'est louche, et ça nous dit que le Parti libéral n'a jamais vraiment eu l'intention de réinvestir cette année, parce que, quand ils ont l'intention de faire quelque chose comme augmenter la rémunération des médecins de 38 %, ça arrive. Ça, ça arrive. Quand ils ont décidé, il y a deux semaines, de réduire de 60 000 $ par million de dollars de profit l'impôt des supermillionnaires, ça, ça arrive. Ça, ils sont capables. Mais, quand il s'agit de donner les sommes prévues pour des écoles saines, ils ne sont pas capables; les sommes prévues pour la santé, ils ne sont pas capables. Alors, il y a un grave problème de crédibilité. Et, à quelques jours du budget québécois, on peut déjà se demander quelle crédibilité auront les nouvelles promesses du nouveau budget.

Le Modérateur : Merci beaucoup, M. Lisée, Mme Lamarre, M. Cloutier. On va y aller à la période de questions. Merci d'avoir une question et une sous-question. Micro de gauche, M. Salvet, Le Soleil.

M. Salvet (Jean-Marc) : Oui, bonjour, bonjour à vous trois. Le ministre de l'Éducation et celui de la Santé vont s'exprimer si ce n'est déjà fait. Est-ce qu'ils ne peuvent pas plaider que l'année financière n'est pas terminée et, d'autre part, qu'embaucher des effectifs, ça ne se fait pas en criant ciseau, et donc...

M. Cloutier : Bien, d'abord, pour l'année... pour ce qui est du dossier des infrastructures, les chiffres, les derniers chiffres que nous avons accès, c'est pour l'année 2014‑2015. Bien, pour l'année 2014‑2015, là, ils avaient prévu exactement les chiffres... bon, j'avais mon petit papier tout à l'heure, mais grosso modo, 720... attendez, bon, 778 millions annoncés, et la dépense réelle, 307 millions. Bien, ça, là, c'est sur 12 mois. C'est passé, c'est fini, il n'y a plus rien à faire. Ce que j'essaie...

M. Salvet (Jean-Marc) : Mais l'objet de votre conférence aujourd'hui porte sur 2016‑2017, qui n'est pas finie.

M. Cloutier : C'est-à-dire qu'elle porte aussi sur les infrastructures, parce que les derniers chiffres que je viens de vous donner sont des chiffres pour l'année 2014‑2015 en ce qui a trait aux infrastructures. Pour ce qui est des dépenses courantes, effectivement, pour le budget actuel qui va se terminer dans trois mois, il reste trois mois pour dépenser 627 millions. Alors, visiblement, visiblement, ils n'y arriveront pas et, visiblement, ils ont accumulé un retard tel qu'on n'a aucune espèce d'idée de qu'est-ce qui va se passer pour la suite des choses.

Alors, mettez-vous à la place des parents, mettez-vous à la place de ceux qui sont en attente. Comment expliquer que les sommes sont budgétées puis qu'il n'y a rien qui se passe? Alors, évidemment, ça ne tient pas la route puis, pour ce qui est des trois mois qui restent, ça saute aux yeux qu'on n'y arrivera pas.

M. Lisée : Juste un mot. Si les ministres Barrette, Proulx et le premier ministre Couillard veulent plaider l'incompétence et l'inefficacité, bien, qu'ils le plaident et puis nous, on va proposer un gouvernement qui est efficace et compétent l'an prochain.

M. Salvet (Jean-Marc) : Martine Ouellet deviendra donc chef du Bloc québécois, vous l'avez saluée d'entrée de jeu. Est-ce qu'elle peut continuer à siéger à l'Assemblée nationale?

M. Lisée : Bien, vous connaissez mon opinion à ce sujet, je l'ai exprimée.

M. Salvet (Jean-Marc) : M. Legault disait tout à l'heure que votre opinion n'est pas claire. Il aimerait, en fait... bien, je pense, je soupçonne qu'il aimerait que vous lui disiez qu'elle ne peut pas.

M. Lisée : Bien, moi, je lui ai dit mon opinion là-dessus. Je pense qu'il serait préférable qu'elle ne siège pas, mais c'est la chef du Bloc québécois, elle prend les décisions qui lui reviennent. Elle a le droit de siéger, c'est elle qui assume ce choix. Et moi, en rassembleur, vous connaissez mon inclination à rassembler, je vais faire en sorte de tirer le maximum des décisions qu'elle prendra. Et, pour la suite des choses, moi, j'ai une règle : le Bloc québécois et le Parti québécois sont deux partis frères. On parle entre nous, on se donne des conseils et ensuite on se détermine dans le respect mutuel.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Dion après.

M. Salvet (Jean-Marc) : Mais vous n'applaudissez pas son choix.

M. Lisée : J'applaudis son choix comme chef du Bloc québécois.

Le Modérateur : Merci. M. Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Alors, il semble évident que vous ne trouvez pas ça préférable, même que vous êtes, dans une certaine mesure, contre l'idée qu'elle siège ici. N'avez-vous pas un rôle à jouer, en tant que partenaire, justement, pour lui, peut-être, mettre de la pression pour lui dire que ce n'est peut-être pas la meilleure idée?

M. Lisée : Comme je l'ai dit souvent, moi, j'ai été conseiller de M. Parizeau quand Lucien Bouchard était chef du bloc, conseiller de M. Bouchard quand il y a eu d'autres chefs du bloc et je pense que la meilleure méthode, c'est le respect mutuel. Si on a des choses à se dire, on se les dit. Ensuite, chaque chef se détermine, assume ses choix. Et moi, je lui souhaite la meilleure des chances.

M. Dion (Mathieu) : C'est quoi, votre malaise là-dedans par rapport à ça, par rapport à ce qu'elle reste ici?

M. Lisée : Je l'ai exprimé précédemment, mais ce n'est pas mon rôle aujourd'hui d'alimenter cette polémique. Elle a fait son choix, elle l'assume, elle le défend et elle a le droit de le faire. Merci.

M. Dion (Mathieu) : Est-ce qu'elle peut porter les deux chapeaux? Vous êtes chef d'un parti au Québec. Elle a dit souvent que les chefs arrivent à cumuler les deux fonctions. Est-ce qu'elle peut le faire ici, à Québec, puis à Ottawa? C'est différent, là. Est-ce que vous...

M. Lisée : Je suis convaincu que vous allez être très vigilants pour voir dans quelle mesure elle s'acquitte de ses deux rôles, et l'avenir nous le dira.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Lecavalier.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour, M. Lisée. Qu'est-ce que vous pensez d'une entreprise qui est, semble-t-il, proche des Hell's Angels, qui se retrouve à faire des travaux à l'Assemblée nationale? Qu'est-ce que ça vous dit sur notre système de contrôle des contrats?

M. Lisée : Bien, ça me dit que le Parti libéral du Québec a pris le pouvoir et a été moins rigoureux que le Parti québécois dans sa volonté d'exclure les compagnies crapuleuses des marchés publics. Lorsque nous étions au pouvoir, nous avons adopté la loi n° 1 pour faire en sorte que, graduellement, tous les contrats publics ne puissent être donnés qu'à des entreprises qui ont leur certificat de l'AMF, les contrats de plus de 1 million, de plus de 500 000 $, et on voulait baisser ça jusqu'à 100 000 $. Les libéraux sont arrivés puis ils ont dit : Non, on ne baisse pas ça jusqu'à 100 000 $. Alors donc, on créé l'obligation pour des services publics comme l'Assemblée nationale d'accepter des appels d'offres de sociétés qui n'ont pas leur certificat de l'AMF. C'est le laxisme éthique des libéraux à l'oeuvre aujourd'hui.

M. Lecavalier (Charles) : Quel est l'intérêt de ne pas abaisser ce plafond?

M. Lisée : Demandez aux libéraux. Nous, on l'avait mis dans la loi, on voulait le baisser jusqu'à 100 000 $, c'est ça qui était prévu, par étapes. Et, constamment, la question que nous posions à l'UPAC, c'est : Avez-vous assez de personnel? À l'AMF : Avez-vous assez de personnel? C'est une énorme opération éthique de nettoyage du milieu de la construction au Québec, ça prend un effort, on est prêts à donner les ressources. Et, si M. Moreau dit aujourd'hui : L'UPAC n'a pas assez de ressources, bien, c'est sa faute de ne pas lui en avoir donné assez.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Bélair-Cirino après. Ça va? Ça va. M. Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Gabriel Nadeau-Dubois est le seul candidat à l'investiture solidaire dans Gouin, il sera sans doute investi dimanche. Est-ce que vous maintenez votre décision de ne présenter aucun candidat péquiste dans cette circonscription-là et pourquoi?

M. Lisée : Pour la raison pour laquelle l'exécutif du Parti québécois, unanimement, a décidé de faire ça, et l'exécutif de Gouin, parce qu'on a un objectif important, c'est que les libéraux arrêtent de faire mal au Québec. Et, pour faire ça, il faut rassembler. Il faut rassembler des libéraux déçus, il faut rassembler des gens qui sont à la CAQ, mais ne se sont pas rendu compte encore que la CAQ n'était plus une coalition, c'est un parti fédéraliste «forever». Et, du côté de Québec solidaire, on pense qu'on doit additionner nos forces. Pour additionner nos forces, bien, il ne faut pas aller se bagarrer, à un an de l'élection générale et à quelques semaines des congrès où on va discuter de cette addition, pour gagner une partielle. Ce n'est pas une partielle qu'on veut gagner, nous, c'est le pouvoir, et ensuite, dans le deuxième mandat, faire l'indépendance du Québec. Alors, il faut se concentrer sur notre objectif réel et voir que, sur le chemin du ralliement puis du rassemblement, c'est le chemin le plus difficile, mais c'est le plus porteur.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais est-ce que ce choix-là est douloureux, dans la mesure où Gabriel Nadeau-Dubois a accusé votre formation politique de faire partie de la classe politique qui a trahi le Québec au cours des 30 dernières années? Puis en même temps Québec solidaire vous demande de présenter un candidat dans Gouin. Pourquoi?

M. Lisée : Alors, moi, c'est pourquoi j'appelle à un devoir de maturité, un devoir de maturité parce qu'au-delà de la partielle dans Gouin, là... Puis il y a deux scénarios, hein, c'est : soit victoire sans surprise de QS, ou victoire-surprise du PQ, ou victoire sans surprise de QS et forte remontée du PQ. C'est les trois scénarios possibles. Qu'est-ce que ça donne pour battre Philippe Couillard si les personnes qui se sont battues dans Gouin sont les délégués QS au congrès de QS qui vont discuter de s'additionner avec nous puis les délégués du PQ qui vont discuter de ça au congrès du PQ? Tu sais, au-delà du gain potentiel à court terme, il faut réfléchir en vertu de notre réel objectif. Alors, moi, j'aime mieux qu'on laisse passer cette partielle-là, que M. Nadeau-Dubois gagne cette partielle — très bien, il y a un souverainiste progressiste qui remplace une souverainiste progressiste — mais que nos militants soient disposés à respecter nos différences et à forger des alliances pour 2018 dans leurs congrès respectifs. C'est ça, avoir une vision claire et constante de ce qu'on veut faire et ne pas sombrer parce que quelqu'un a utilisé un terme malhabile, ou a été de mauvaise humeur, ou... Puis il va y en avoir, là. Il va y en avoir, de la mauvaise humeur, puis c'est sûr. Mais j'en reçois, moi, des courriels de gens du Parti québécois qui sont de très mauvaise humeur. Mais on dit : C'est quoi, l'objectif? L'objectif : battre les libéraux en 2018; en 2022, dans ce mandat-là, réaliser l'indépendance. Alors, il faut être fait fort. Il faut être fait fort pour être fort.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 12 h 18)