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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, Mme Agnès Maltais, porte-parole de l’opposition officielle responsable de la région de la Capitale-Nationale et M. Pascal Bérubé, leader parlementaire de l’opposition officielle

Version finale

Le vendredi 9 juin 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quatre minutes)

M. Lisée : Comme vous le savez, en ce moment, il y a des reculs sur les productions francophones québécoises. Le CRTC a décidé qu'il n'était plus nécessaire d'avoir autant de contenu francophone sur des séries... sur des chaînes spécialisées comme Historia et Séries+. On sait aussi que le CRTC est en train de remettre en question les quotas de chanson francophone sur les radios québécoises. Donc, il est possible qu'il décide que ce n'est plus nécessaire ou plus au même niveau, et ce que ça démontre, c'est que des décisions structurantes essentielles sur la culture québécoise sont prises ailleurs par le CRTC, dans des organismes où le Québec n'a pas de voix prédominante, d'où la nécessité absolue, pour le Québec, d'avoir la maîtrise d'oeuvre sur l'ensemble des dossiers culturels, et c'est une revendication qui fait consensus entre les fédéralistes et les souverainistes au Québec depuis très longtemps.

En 1970, Robert Bourassa avait fait de la souveraineté culturelle sa priorité, une priorité qui a été reprise dans les documents successifs des gouvernements du Québec. Ça a fait l'objet d'ailleurs de la négociation, en 1992, sur l'entente de Charlottetown de façon très intense. Liza Frulla, dans son document de politique culturelle, en 1994, oui, en a fait état. En 2008, Jean Charest indiquait que c'était une de ses demandes prioritaires. Alors, on se rend compte aujourd'hui que le gouvernement Couillard a abandonné, dans son document, cette revendication-là. Donc, un abandon d'un élément central, historique et d'actualité du Québec sur sa capacité de contrôler l'aide à sa culture.

On a d'ailleurs vu, dans le document de consultation de la politique culturelle du ministre actuel, qui a été déposé l'an dernier, que cet élément est absent, et donc cette politique culturelle qui doit être déposée sous peu n'avait même pas, dans ses prémisses possibles, le fait de répéter cette revendication-là. Alors donc, on a vu cette semaine la faiblesse absolue du premier ministre Couillard face au refus de Justin Trudeau de même discuter de questions constitutionnelles, de dire que c'était de la sémantique, que ce n'était pas important. Mais ce n'est pas de la sémantique, la culture du Québec.

Ce n'est pas de la sémantique d'avoir moins de réalisateurs, d'auteurs, de comédiens qui travaillent en français. Ce n'est pas de la sémantique d'aggraver la situation difficile des chanteurs, des auteurs-compositeurs du Québec en musique.

Et là nous demandons au premier ministre, au ministre de la Culture, de revenir à la raison et de dire : Oui, la maîtrise d'oeuvre, par le Québec, de sa culture, c'est une priorité. On demande à M. Couillard d'être fidèle à Jean Charest, à Liza Frulla et à Robert Bourassa. Il me semble que ce n'est pas trop demander.

Mme Maltais : Je n'ai rien à ajouter.

M. Lisée : Très bien.

Le Modérateur : On va aller aux questions. M. Laforest, TVA, micro de droite.

M. Laforest (Alain) : M. Lisée, êtes-vous en train de tomber dans le piège constitutionnel? On en parle, c'est un débat qui existe depuis 30 ans, les gens ne veulent plus en entendre parler, puis M. Couillard a amené ça, puis depuis une semaine et demie on parle de constitution, mais on ne parle plus d'autre chose.

M. Lisée : Bien, hier, je vous ai parlé d'aide alimentaire, on vous a parlé avant-hier de la découverte des urgences. On parle de toutes sortes de choses importantes pour les Québécois et...

M. Laforest (Alain) : Mais ce n'est pas ce qu'on entend parler dans les médias d'information, là. On parle de constitution. Est-ce qu'on est en train de tomber dans le piège?

M. Lisée : Moi, je suis toujours au rendez-vous pour défendre les Québécois et défendre la culture québécoise. Je serai toujours au rendez-vous, et effectivement, le fait que nous n'ayons pas le pouvoir de décider notre politique culturelle affaiblit la culture québécoise et affaiblit le Québec. Alors, oui, je serai toujours en rendez-vous et quand je vois que le gouvernement du Québec refuse de défendre la revendication du Québec sur la culture, alors que c'est un sujet d'actualité, où on a des artistes, des créateurs qui perdent leur emploi en ce moment à cause du fait qu'on n'a pas de pouvoir sur la culture, oui, je serai au rendez-vous.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous croyez que c'est votre appel hier matin qui a fait en sorte que ça a désamorcé un petit peu ce qui s'est passé à Ottawa hier et que tout le monde a compris que ce n'était peut-être pas une bonne chose d'imploser?

M. Lisée : Je ne sais pas.

Le Modérateur : Merci.

M. Laforest (Alain) : Vous ne voulez pas vous attribuer...

M. Lisée : Bien, non. J'espère que ça a aidé, mais ça leur appartient. Le fait qu'ils soient sortis unis de ce caucus-là, ça leur appartient, et je salue le fait qu'ils aient réussi à surmonter leurs différences et à sortir unis. C'était un beau moment dans l'histoire du Bloc québécois hier.

M. Laforest (Alain) : Avez-vous eu une communication...

M. Lisée : J'ai félicité Martine Ouellet pour...

M. Laforest (Alain) : Vous l'avez appelée personnellement?

M. Lisée : On a échangé par écrit. Je l'ai félicitée pour cette sortie de crise très élégante.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Boivin, ensuite.

M. Laforest (Alain) : Comment vous prenez la réponse de Québec solidaire, ce matin... On n'est pas beaucoup. Comment vous prenez la réponse de Québec solidaire qui vous dit qu'il n'y aura pas d'excuse?

M. Lisée : Ah! Mes attentes sont tellement basses.

Le Modérateur : Merci. M. Boivin, micro de gauche.

M. Boivin (Mathieu) : Toujours dans le dossier de Québec solidaire, hier, leur nouveau député de Gouin a renvoyé dos à dos vous-même et M. le premier ministre. Vous étiez, semble-t-il, en discutant de constitution à la période de questions, la même vieille toune sur «repeat». M. Couillard a l'air plus séduit par l'argumentaire de M. Nadeau-Dubois que par le vôtre.

Est-ce que ça vous agace, là, cette façon d'être pris un peu par le nouveau venu pour presque quantité négligeable, une toune sur «repeat»?

M. Lisée : Bien, ce qui est très clair dans l'attitude du chef libéral, c'est qu'il est très, très content de la présence de Québec solidaire et, pour lui, Québec solidaire est un marchepied pour assurer la réélection des libéraux. C'est la stratégie de M. Couillard. M. Couillard, tous les jours, montre qu'il a besoin de Québec solidaire pour maximiser ses chances de rester au pouvoir.

M. Boivin (Mathieu) : J'ai bien entendu votre réponse. Ma question, c'était : Comment vous trouvez ça, vous, d'être renvoyé dos à dos comme une vieille toune qui se répète?

M. Lisée : Moi, je n'ai pas d'état d'âme là-dessus. Ce que je vois, c'est le danger pour tous les progressistes de cette alliance objective entre les libéraux et Québec solidaire, et M.Couillard n'est même pas subtil à cet égard.

Le Modérateur : Merci. Une dernière, s'il vous plaît.

M. Boivin (Mathieu) : Une question pour Mme Maltais, s'il vous plaît. Je vous ai entendue en commission parlementaire, un peu plus tôt cette semaine, réagir au fait que le maire de Québec, M. Régis Labeaume, s'est en quelque sorte attribué le mérite d'une accélération du processus législatif pour l'adoption du projet de loi n° 122, comme si M. Labeaume était celui qui avait botté un peu les parlementaires pour que ça aille un peu plus vite. Est-ce qu'effectivement les parlementaires sont, comment, susceptibles d'être influencés par ce genre d'appel du pied?

Mme Maltais : Je vous invite à aller sur mon site Facebook, tiens, où j'ai pris l'extrait de ce que j'ai dit hier de façon très respectueuse envers les maires des municipalités et envers le maire Labeaume qui m'a interpellé sur cette loi et de façon très claire.

Quand on travaille à un projet de loi, on le fait... et qu'on est rendu en commission parlementaire, on le fait dans un mode collaboration. Nous avions toujours dit, d'ailleurs M. Lisée avait sorti, l'UMQ l'avait dit, on veut absolument... on ne veut pas filibuster, mais on a des valeurs, au Parti québécois. Le déblocage s'est fait la journée où le ministre Martin Coiteux a décidé de répondre à nos demandes, et le déblocage s'est fait, et ensuite, on est en train de finir les derniers articles du projet de loi. Mais si on avait eu de la pression pour aller vite, et il y avait de la pression pour aller vite, mais si on avait plutôt écouté la pression pour aller vite, trop vite, il y a des éléments du projet de loi qui ne seraient pas dedans à l'heure actuelle.

Il y a des changements importants qui ont été apportés, la présence du logement; on s'en va vers la protection du territoire agricole, on sait qu'on a eu des choses; la politique de participation publique; le fait que c'est maintenant au niveau des conseils de ville que ça va se décider, ça s'est décidé autour de la table, entre gens raisonnables et matures qui avaient à prendre une décision pour l'intérêt du Québec.

Quand on fait une loi, ce n'est pas pour deux mois, c'est pour 10, 15 ans. C'est ça que j'ai essayé de rappeler. Voilà.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que les gens ont raison de penser que

M. Labeaume a fait une différence là-dedans, Mme Maltais?

M. Lisée : Bien, moi, je vous dirai non, parce que j'ai suivi ça de près et j'ai eu des discussions directement avec M. Labeaume, avec M. Coderre, avec M. Sévigny, le président de l'UMQ, et on leur a dit : Écoutez, on va faire notre travail. On est pour l'autonomie municipale, mais est pour l'autonomie de l'Assemblée nationale aussi.

Et Agnès est trop modeste. Agnès et Martin Ouellet ont été les artisans du déblocage, lorsqu'ils ont trouvé une solution à la question de la consultation publique, en ont parlé avec M. Labeaume, M. Coderre, M. Sévigny, et Carole Poirier aussi, et ont fait en sorte qu'il y a maintenant un consensus autour de la table sur la consultation publique et les référendums qui n'existait pas avant. Alors, les artisans de l'accélération du déblocage, ça a été le Parti québécois, parce qu'on prend notre travail au sérieux.

Le Modérateur : Merci. Mme Plante.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, M. Lisée. Les omnipraticiens, ce matin, disent être en retard sur leurs cibles, donc la cible qui est 85 % des Québécois qui devraient être inscrits d'ici le 31 décembre 2017. Ils demandent un délai supplémentaire. Est-ce que le gouvernement devrait leur accorder un  délai supplémentaire?

M. Lisée : Le gouvernement est en train de faire la démonstration qu'après trois ans de réformes Barrette, rien ne va mieux. Rien ne va mieux. Alors, toute la responsabilité est sur le Dr Barrette. Il disait, lorsqu'il a introduit ces cibles, que c'était le plus grand machiavélisme de son histoire. Il a dit ça en commission parlementaire — j'étais critique, Services sociaux, pendant ces commissions parlementaires — et que ça allait marcher, que c'était certain. Ça ne marche pas. Les médecins de famille, ça ne marche pas; les urgences, ça ne marche pas; la première ligne, ça ne marche pas. Il y a des découvertures dans les urgences, les régions sont en colère contre la dévitalisation de la santé en région, contre Optilab. Claude Castonguay, encore la semaine dernière, parlait de l'échec des réformes Barrette.

Alors, les questions de délais et tout ça, je lui laisse se dépatouiller avec son échec. Nous, on a hâte d'être au gouvernement pour faire une vraie réforme, geler la rémunération des médecins, ce qui va dégager 600 millions de dollars par année pour mettre au bon endroit, faire un big bang dans les actes cliniques pour que les pharmaciens, les infirmières, les autres professionnels de la santé puissent avoir plus de responsabilités et désengorger le système.

La réforme Barrette ne marche pas maintenant, elle ne marchera pas d'ici un an. On a hâte de changer, puis c'est le Parti québécois qui va le faire.

Mme Plante (Caroline) : Sur un autre sujet. Donc, M. Nadeau-Dubois, hier, si je ne me trompe pas, a fait allusion à une possible alliance gouvernementale entre QS et le PQ. Est-ce que c'est quelque chose qui vous intéresserait?

M. Lisée : Québec solidaire avait une occasion historique de démontrer qu'ils étaient un interlocuteur valable sur des questions d'alliance. Ils ont fait la démonstration qu'ils ne l'étaient pas.

Le Modérateur : Merci. Dernière, s'il vous plaît.

Mme Plante (Caroline) : Dernière petite question sur le salaire des chefs de cabinet. Vous avez vu l'article de M. Lessard ce matin. Alors, qu'est-ce qu'on en pense au PQ, cette augmentation de salaire des chefs de cabinet?

M. Lisée : Au moment où on est en train de couper dans l'aide alimentaire des enfants qui ont faim, dans des écoles partout au Québec, je trouve ça indécent.

Mme Plante (Caroline) : ...

M. Lisée : Je n'ai rien d'autre à dire, c'est indécent. Qu'on prenne cet argent-là puis qu'on le donne en aide alimentaire aux enfants qui ont faim dans les écoles du Québec.

Le Modérateur : M. Dion.

M. Dion (Mathieu) : Vous avez voulu reporter la question du référendum à il y a quatre ans. Je veux rebondir... je veux revenir sur la question, un peu plus tôt, pour parler de vos idées.

Aujourd'hui, je vous vois avec les deux livres de Philippe Couillard sur le podium ici. Est-ce que M. Couillard, d'une certaine façon, est en train de vous mettre dans un coin pour vous forcer à parler du référendum et mettre de côté les idées que vous voulez mettre de l'avant avec cette stratégie?

M. Lisée : Bon, il faut faire une distinction entre le référendum et l'indépendance. Il n'y aura pas de référendum dans le premier mandat du Parti québécois, c'est une certitude. La nécessité de l'indépendance, on en a parlé pendant la course au leadership, j'en ai parlé depuis que je suis chef, j'en parle chaque semaine, je vais en parler jusqu'en 2022, où je vais demander un mandat de la réaliser, et on va faire un référendum dans le deuxième mandat. L'indépendance est indispensable, que ça soit dans le cas de Bombardier, que ce soit dans le cas des transferts en santé, que ce soit dans le cas de la banque d'infrastructure ou de la culture et qu'il y ait plus d'indépendantistes pour voter pour nous, en 2018, pour un premier mandat où on va réparer les erreurs des libéraux puis redonner de la fierté à la nation, plus d'indépendantistes en 2022 et plus encore au référendum. C'est ce que nous allons faire.

Alors, évidemment, M. Couillard, qui a une très piètre opinion des Québécois, va penser qu'ils ne feront pas la différence. Moi, j'ai une bonne opinion des Québécois. Les Québécois savent que nous sommes indépendantistes, mais qu'il n'y aura pas de référendum dans le premier mandat.

M. Dion (Mathieu) : Qui gagne au change avec ce livre-là? Vous ou les libéraux?

M. Lisée : Je pense que, quand les libéraux nous aident à faire la démonstration que les Québécois sont en exil dans leur propre pays, c'est les indépendantistes qui gagnent.

M. Dion (Mathieu) : Une question sur les Îles-de-la-Madeleine. Je ne sais pas si vous avez lu un peu ce qui s'est dit sur le CISSS là-bas. Est-ce que ça vous inquiète de voir... Est-ce que c'est fondé, selon vous, les inquiétudes qui sont véhiculées par Me Ménard?

M. Lisée : Bien, c'est extrêmement inquiétant. Me Ménard n'a pas l'habitude de dire des choses sans avoir bien documenté ses allégations. Nous, on pense qu'il faut absolument une enquête indépendante sur la délivrance des services médicaux essentiels aux Îles. Donc, on appelle le ministre, le CIUSSS, à annoncer, dans les heures qui viennent, une enquête indépendante. Ça ne peut pas être laissé à ceux qui sont responsables de la découverture des services.

Le Modérateur : Merci. Dernière en français.

M. Dion (Mathieu) : ...trop loin, une enquête indépendante? C'est beaucoup. C'est beaucoup demandé, quand même, là, pour...

M. Lisée : C'est la santé des gens des Îles. Si les gens des Îles, de façon systématique et répétée, ne peuvent pas avoir accès à des services de santé essentiels, on ne peut pas demander à ceux qui sont responsables de ne pas avoir donné ces services d'enquêter sur leurs propres manquements.

Le Modérateur : Merci.

M. Dion (Mathieu) : ...dernière question, Mme Maltais, au sujet du Commissaire au lobbyisme, hier...

Le Modérateur : Allez-y, M. Dion, ensuite, on va y aller en anglais...

M. Dion (Mathieu) : ...qui a évoqué... parce qu'une réforme avec le projet de loi n° 56... Le Commissaire au lobbyisme, hier, en conférence de presse, a indiqué... Il vous a mentionné en disant : un des problèmes avec la loi actuelle, c'est que les OBNL ne sont pas soumis à la loi du Commissaire au lobbyisme. Il a dit : Par exemple, Mme Maltais est venue nous dire : Si vous enlevez les OBNL, bien, ça va passer. Je ne sais pas... Puis il déplorait énormément ça. Il trouvait qu'il y avait un manque de volonté politique de tous les partis dans ce cas-là. Il vous a mentionné à cet égard-là.

Mme Maltais : Nous avons la volonté politique de voir la loi d'accès à l'information renouvelée. Nous l'avons demandé. J'ai eu beaucoup de discussions avec Jean-Marc Fournier. Le seul os, c'est notre compréhension de ce qu'ils veulent dire par OBNL. On trouvait que la définition du Commissaire au lobbyisme était trop large. Jean-Marc Fournier nous avait dit qu'il fait des travaux là-dessus et qu'il déposait l'automne dernier... On attend toujours le résultat des travaux de M. Fournier.

Mais honnêtement, il y avait eu une vraie discussion là-dessus, et Jean-Marc Fournier nous avait dit qu'il avait trouvé une solution. Là, maintenant, on n'entend plus parler de lui depuis des mois. Je ne comprends pas. Actuellement, c'est le gouvernement libéral qui retarde. On est capables de passer à travers cette loi-là.

M. Lisée : Je vais quand même ajouter, parce que c'est important, cette volonté d'origine de soumettre tous les organismes communautaires du Québec, toutes les associations du Québec, à la rigidité de la loi sur le lobbyisme, c'était absurde. Je veux dire, on ne peut pas obliger des organisations qui sont fragilisées, qui sont en train d'aider des itinérants ou parfois des jeunes à faire du sport, de se lancer dans... de les traiter comme s'ils étaient lobbyistes pour Boeing ou pour Loblaw. Ça n'a pas de sens.

Alors, on s'est battus contre ça. Le Commissaire au lobbyisme trouve que c'était une bonne idée. Bien, il a tort. Ce n'est pas une bonne idée. Ce ne sont pas des lobbyistes. Les gens, les bénévoles, partout au Québec, qui se désâment pour de la qualité de vie, ce ne sont pas des lobbyistes.

Le Modérateur : Dernière en français, M. Bélair-Cirino.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Une précision, Mme Maltais ou M. Lisée. Le projet de loi n° 56 sera étudié par la Commission des institutions, sauf erreur.

Mme Maltais : 56, c'est l'information... le lobbying.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Sur le lobbyisme, oui. Alors, il y a vraiment une congestion présentement à la Commission des institutions, les projets de loi font littéralement la file. Plusieurs s'inquiètent que certains d'entre eux ne soient pas adoptés d'ici la fin de la législature. Il y a le projet de loi n° 62 qui sera examiné. On peut penser qu'il ne sera pas adopté, deux coups de cuillère à pot.

Qu'est-ce qu'on doit faire? Est-ce qu'on doit revoir les... créer une nouvelle commission parlementaire? Il semble y avoir un problème, non, dans la gestion des travaux et...

Mme Maltais : Je sais que le leader me fait des grands signes.

M. Lisée : Oui, bien, viens, Pascal. Viens parler de la gestion des travaux.

Mme Maltais : Mais clairement, écoutez, je pense qu'il va vous dire la même chose que moi. C'est que tout ça est le problème du leader du gouvernement. Ça fait un an et demi, par exemple, un an qu'on parle de renouveler la loi sur le lobbyisme, sur l'accès à l'information. Il ne l'amène pas. C'est son... Il y a vraiment des problèmes de gouvernance au leader du gouvernement.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais, en même temps, ce n'est pas comme si la Commission des institutions attendait. Il y a toujours des travaux à la Commission des institutions.

Le Modérateur : M. le leader.

M. Bérubé : Quelques mots. L'initiative législative appartient au gouvernement du Québec. C'est lui qui décide d'inscrire au feuilleton, d'appeler ou non les projets de loi, et, lorsqu'on regarde le bilan législatif prévisible pour cette session parlementaire, un peu comme le dernier et l'autre avant, c'est plutôt mince.

Les travaux se portent très bien. On collabore dans l'ensemble des projets de loi tout en affirmant nos valeurs et on pose les questions que se pose le public. Mais lorsqu'on regarde des choix qui sont faits par exemple... Je vais vous donner un seul exemple. Au ministère de la Sécurité publique, on a décidé d'appeler le projet de loi n° 62, trois articles, et plein d'autres projets de loi qu'on voulait appeler sur les pantalons de policiers, sur les chiens dangereux, sur l'indépendance de l'UPAC. On a dit ça l'année passée et cette année, puis finalement il n'y a rien qui se passe. Alors, le gouvernement est responsable de ce qu'il appelle. Il est majoritaire, et nous, on est responsables de bien représenter le public à travers les travaux.

Et le problème, ce n'est pas la congestion dans une commission parlementaire en particulier, c'est l'organisation des travaux, la planification et la priorisation par le gouvernement, et c'est ce que je réalise chaque jour. J'ai un bilan, après chaque journée, des travaux qui ont été faits, et ce que reconnaissent l'ensemble des groupes et l'ensemble des observateurs, c'est que l'opposition officielle fait son travail de façon professionnelle, avec beaucoup de célérité, et ce qui est en cause, c'est vraiment comment on organise ça.

On a une impression de fin de régime lorsqu'on regarde la planification. M. Fournier et son équipe a une grande responsabilité; qu'il l'assume. Je n'avais pas mis de cravate, je n'avais pas prévu...

Mme Maltais : Je peux ajouter que sur, précisément, la Commission des institutions, on a passé un an et demi sur une idiotie, c'est-à-dire le projet de loi n° 59.

Le Modérateur : Merci. Mme Fletcher.

M. Bérubé : Bonne journée.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning.

M. Lisée : A cameo appearance by Pascal Bérubé.

M. Bérubé : A special guest appearance.

Mme Fletcher (Raquel) : On Bill 122, can you explain in English, for our English viewers, what is the solution that you found and how that led to the unblocking of the commission?

M. Lisée : Well, the first draft wanted to take away all possibilities of referendums by citizens for a project. We thought that was a bit much. So we made sure that every city that decides not to use the referendum tool will have to have a basic public consultation policy. Not any consultation policy, the one that is enshrined in the law. And it's going to be incumbent on every city to make that decision. So, if the voters in that city disagree with the decision, then they can express themselves at the election, at the ballot.

And so the first draft, which would have had the National Assembly take away the tool, has been put aside, and this new, more civilized way of doing things brings about the consensus of very many of the groups and opposition parties in the cities that wanted to hold the tool of referendum. And so it's Agnès, Martin Ouellet, Carole Poirier who came up with this solution, discussed it with the mayors of Montréal, of Québec City, Mr. Sévigny of the UMQ, and came to that consensus, and that really put the 122 on a faster track to resolution.

Mme Fletcher (Raquel) : So you're replacing the referendum process with a standardized public consultation process. Is that fair?

M. Lisée : It's going to be incumbent on every city to decide to keep the referendum or go to the consultation process. So there's a floor, but there's no taking away the referendum tool for the cities who still want it, and the city will have to explain to its citizens why it's taken it away. And so the autonomy of the municipalities is being protected. We're sending this back to them, it's their responsibility, and there are discussions with their own citizens.

Mme Fletcher (Raquel) : What did the minister say to this solution and what is your reaction to his comments on this solution?

M. Lisée : Well, I think, at first, he was more reticent and then he saw that we were in a solution mode. When, and you can correct me if I'm wrong, when he saw that we gathered the support of the municipalities, he saw that it was the right way to go.

Le Modérateur : Merci. Dernière, s'il vous plaît.

Mme Fletcher (Raquel) : Mme Maltais, do you want to add anything? Would you like to…

Mme Maltais : I'll add that it's the Parti québécois who found the solution and made consensus, made a consensus between the mayors. So we're quite proud of it.

Le Modérateur : Merci. Mme Johnson.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. M. Lisée, Grand Prix weekend is here and, as is the case every year, there are concerns about women being exploited, about juvenile prostitution. The CAQ asked for a parliamentary commission to study the issue of juvenile prostitution, especially in light of the wave of runaways that we saw from Laval youth centers last fall. Where do you stand on that?

M. Lisée : Well, I had this brief until recently, I think much too little is done to prevent the surge of sexual exploitation during the F1 weekend. We were dismayed in the first years of this Liberal Government, when they cut the funding for the youth centers, for the organizations who fight sexual exploitation. They have refunded partly some of these ventures since, but we don't have a good review of what works and what doesn't work, if the years that were lost have been a catch up.

I think the record of this government on this issue is dismal. They lost two years and then they haven't been forceful enough around the case of the F1. You know, Montréal has a reputation of being a fun city, and that's great, but of being a sin city which is not as great and there's a lot of work to do to make this right.

Mme Johnson (Maya) : So you think a parliamentary committee, a commission is the solution?

M. Lisée : Shedding light on an important issue is always a good idea. I would have preferred and we had asked for more funding for the youth centers, more funding for police, more funding for the organizations that, on the ground, everyday, are helping women to not fall in the traps of pimps.

Mme Johnson (Maya) : I see you have a copy of the the Liberal's constitutional document there, on the podium, still talking about it. Yesterday, I had an opportunity to see Prime Minister Justin Trudeau, and he responded to a question about the constitutional document saying that, yes, he and his Government have read it, they've studied it very carefully and they're open to conversations with Québec about how they can better work together but that does not require constitutional negotiations. So, again, a rejection of the Liberal Government's ultimate goal it seems. How do you interpret that? How do you respond to that?

M. Lisée : Well, Mr. Trudeau's stance about Québec is — Québec and Canada — is love it or don't leave it. And it's really… what happened in the last few days is the impasse, total impasse. The most federalist and benevolent Premier of Québec towards Canada is saying politely : There is a big problem in the non-recognition of the nation of Québec within Canada, let's look at that. And Mr. Trudeau, his Ministers, Premiers from the rest of Canada are saying : No way! So the level of disrespect for a federalist Premier just shows how there is only on way out of that problem, and that's the independence of Québec.

Mme Plante (Caroline) : M. Lisée, sur le Grand Prix, en français, alors qu'est-ce que ça prend pour réduire l'exploitation sexuelle surtout durant le Grand Prix?

M. Lisée : Bien, d'abord, ce n'est pas une action qui doit se faire dans les semaines avant le Grand Prix. C'est une action concertée, permanente, pour faire en sorte que les proxénètes soient moins actifs, sur la défensive, en prison.

Les trois premières années de ce gouvernement, ils ont démantelé, ils ont réduit les budgets des organisations qui luttent contre la traite des femmes, ils ont réduit les budgets d'une escouade sur la Rive-Sud qui avait des grands succès dans la lutte contre le proxénétisme, ils ont réduit les budgets des centres de protection de l'enfance, et donc on a perdu des années, à cause des libéraux, dans la lutte contre le proxénétisme et l'exploitation sexuelle.

Ils ont réintroduit un peu de budget cette dernière année, très tardivement, et je pense qu'ils n'ont pas été à la hauteur du problème. Alors, nous, on pense qu'il faut réinvestir de façon beaucoup plus systématique dans les organisations terrain, dans les escouades mixtes policières, autour des écoles où les proxénètes viennent rôder pour essayer d'attirer des jeunes. On n'en fait pas assez, et je pense que, dans le temps qui précède la F1, plus on en fera pendant toute l'année, plus ce sera productif d'essayer de réduire ce problème au moment de la F1.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 8 h 32)