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Point de presse de Mme Pauline Marois, chef de l'opposition officielle, de M. Amir Khadir, député de Mercier et de M. Éric Caire, député de La Peltrie

Version finale

Le mercredi 19 mai 2010, 9 h 45

Parvis de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures quarante-deux minutes)

La Modératrice: Alors, merci à tous d'être présents. Je vais vous expliquer brièvement comment ça va fonctionner. Il y aura une prise de parole par Mme Pauline Marois, qui dure environ trois minutes. Par la suite, M. Khadir prendra la parole, ensuite M. Caire, et on procédera à la période de questions. Mme Marois.

Mme Marois: Merci beaucoup, Marie. Alors, les raisons qui nous amènent à nous présenter devant vous aujourd'hui sont exceptionnelles. Nous mettons de côté nos différences idéologiques. Nous prenons tous place devant la maison du peuple québécois parce que la situation que vit le Québec est actuellement sans précédent.
Nous sommes face à des allégations incessantes qui frappent tour à tour l'octroi des contrats de construction, de places en garderie ou de subventions pour le développement économique ou même les nominations du gouvernement. Nous prenons acte des liens de plus en plus troublants entre ces éléments et le financement du parti ministériel. Nous constatons l'inefficacité et le caractère restrictif des mesures de correction mises de l'avant par le gouvernement et nous subissons les conséquences, dans chacune de nos circonscriptions, de la colère, du dégoût et du dépit que suscite la crise actuelle.
Ce n'est plus simplement la réputation du premier ministre et des membres de son gouvernement qui est mise en cause. Ça ne s'arrête pas non plus à la crédibilité des élus des paliers nationaux ou même municipaux. C'est celle de l'ensemble de nos institutions en plus de celle des artisans de plusieurs secteurs économiques d'importance qui sont actuellement entachées. Aujourd'hui, ce n'est plus une question idéologique, ce n'est plus une question partisane, c'est une question d'intérêt public.
Nous nous faisons les porte-voix de milliers de citoyens qui nous interpellent constamment dans nos comtés. Nous faisons écho aux inquiétudes et à la colère de certains élus municipaux. Nous transmettons la position de dizaines de leaders d'opinion et d'autant d'associations. Nous, ici réunis, députés élus sous la bannière de diverses formations politiques, réaffirmons solidairement la position que nous avons prise il y a plusieurs mois déjà. Nous demandons solennellement au premier ministre de déclencher sans plus attendre une commission d'enquête publique sur l'ensemble des allégations liées à l'industrie de la construction, l'octroi de contrats gouvernementaux ainsi que sur le financement des partis politiques. À cette fin, nous nous sommes tous engagés à appuyer une motion, laquelle sera déposée et débattue à l'Assemblée nationale la semaine prochaine.
Nous invitons formellement le gouvernement à joindre le consensus de la société québécoise qui s'exprime aujourd'hui. Nous invitons avec insistance les élus du Parti libéral à se désolidariser d'une position intenable et à rejoindre le peuple québécois dans sa volonté de voir la lumière être faite. Nous demandons aussi aux citoyens de faire connaître leur appui. La situation actuelle réunit toute la société québécoise dans une quasi unanimité, rarement observée dans notre histoire récente. Il revient à l'opposition de faire en sorte que cette voix soit portée et soit entendue. Et il revient au gouvernement d'en prendre acte et d'agir en conséquence.

M. Khadir: M. Charest, sa fonction de premier ministre l'exige, doit absolument trouver le courage de déclencher une commission d'enquête publique, sinon, il n'a pas d'autre choix: il doit démissionner parce que l'impression qu'il laisse actuellement en hésitant, en niant, en se refusant, c'est que c'est actuellement les collecteurs du Parti libéral qui mènent le parti et non M. Charest. Il y a de très graves allégations de corruption dans l'octroi des permis, des subventions, des contrats publics. Le trafic d'influence, le favoritisme semblent s'être installés partout alentour des décisions du gouvernement Charest: travaux publics, firmes d'ingénierie, permis de garderie, permis de port d'armes, même dans la nomination des juges, dans les subventions aux festivals, dans les PPP. À cause même des abus qui ont été commis dans la gestion des fonds d'investissement en région, on en est rendus à avoir honte du mot «FIER».

Évidemment, ce n'est pas le premier gouvernement à qui ça arrive. La corruption peut menacer n'importe quelle formation politique. Ce n'est pas le premier gouvernement ni la seule instance au Québec sur lesquels pèsent des allégations. Molière, ce jeune poète, avait déjà dit... N'est-ce pas lui qui avait dit, en fait, que les choses, mêmes les plus saintes, ne sont pas à l'abri de la corruption des hommes. Le problème, c'est que ce qu'on voit aujourd'hui au Québec a atteint un niveau absolument intolérable pour une société qui a payé très cher pour sortir du duplessisme. C'est un retour en arrière inacceptable sur le plan des moeurs politiques. Que ça soit par insouciance, par négligence ou de manière délibérée, les ténors du gouvernement banalisent la corruption. C'est humiliant pour le Québec. Ça détruit la confiance du public dans notre démocratie.
J'aimerais rappeler que je ne crois pas... Je suis persuadé qu'il n'y a pas beaucoup de députés libéraux qui sont à l'aise avec ce qui se passe actuellement. L'atmosphère est devenue très lourde. L'air est vicié au parlement pour tout le monde. Et parmi les victimes de cette situation se trouvent aussi des députés et des ministres libéraux. J'aurais souhaité, par exemple, si notre, disons, modèle parlementaire le permettait, que quelques-uns de ces députés, quelques-uns de ces ministres soient aujourd'hui aussi avec nous. Nombre d'entre eux n'ont sans doute, je le suis persuadé, rien à se reprocher. Alors, on se demande: Pourquoi ce laisser-faire? Pourquoi ce silence? Pourquoi M. Charest refuse d'affronter les zones d'ombre de son parti? Plus il s'entête à tout nier, plus il cale le gouvernement et, avec ça, la confiance du public.
Donc, il n'a plus le choix, il doit absolument se hisser à la hauteur de ses fonctions de chef d'État. Parfois, on l'a vu, il en a été capable. Donc, il doit se lever et, sans tarder, annoncer le déclenchement d'une commission d'enquête publique. Alors, M. Charest, s'il vous plaît, nous vous sommons, nous vous prions d'accéder à la requête de l'ensemble de la population: Déclenchez une enquête publique, sinon, vous n'avez aucun autre choix que de démissionner. Merci beaucoup.

M. Caire: Alors, vous m'excuserez, je suis un peu intimidé, ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu autant de journalistes à un de mes points de presse. C'était, pour M. Picard et moi, un devoir d'être ici aujourd'hui parce qu'en tant qu'élus on a une tâche qui est fondamentale, qui est sacrée, et c'est celle de représenter nos citoyens. Or, jamais on n'aura vu un sujet faire l'unanimité à ce point-là dans la population, être aussi désiré par la population que la commission d'enquête publique sur la construction, sur le financement des partis politiques. Et ce qui est déplorable, ce qui est déplorable, c'est de voir qu'il y a une partie de nos collègues qui, encore une fois, se refusent à écouter la population, à faire leur travail, leur travail de représentant.
Vous savez, il y a une situation aujourd'hui qui, à mon avis, est sans précédent... ou, en tout cas, de mémoire d'homme, je ne me souviens pas d'avoir vu la classe politique, au niveau de l'éthique, être attaquée à ce point. Et il ne faut pas penser que le Parti libéral est le seul impliqué là-dedans. Bien sûr, ils sont l'épicentre de ce qui se passe, mais c'est toute la classe politique qui souffre présentement de ce qui se passe, et c'est pour ça que je suis aussi fier de voir autant élus, aujourd'hui, dire: Nous voulons la transparence, nous voulons une commission d'enquête publique, nous voulons que la vérité éclate.
Et ce qu'on réclame, c'est la justice, mais c'est l'apparence de justice, et c'est un principe qui est fondamental. Les enquêtes policières vont probablement donner lieu à la justice. Mais seule une commission d'enquête publique peut aller au fond des choses et amener l'apparence de justice. Seule une commission d'enquête publique peut faire en sorte que les citoyens auront accès à l'ensemble des faits, à l'ensemble de la vérité, à l'ensemble de ce qui s'est passé et non pas seulement ce qui se ramassera devant les tribunaux. Et, vous savez, comme élus, on a un tribunal qu'on doit affronter qui est tout aussi valable que n'importe quel tribunal judiciaire civil, c'est le tribunal populaire. Ce tribunal-là aura un verdict à rendre, à un moment donné, dans le temps. Quand? On ne le sait pas, mais il aura un verdict à rendre, ça, on en est sûrs. Et, pour rendre son verdict, le tribunal populaire doit disposer de tous les faits. Donc, au nom des faits, au nom de la vérité, au nom de l'éthique, M. Charest, il faut mettre sur pied une commission d'enquête publique qui va tirer des leçons de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore avec la commission Bastarache, c'est-à-dire une commission d'enquête publique qui va nous donner apparence de justice. Merci.

La Modératrice: Pour cette période de questions, je vous prierais de vous présenter au micro, de vous identifier et de nous dire à qui s'adresse votre question.

Mme Richer (Jocelyne): Bonjour. Jocelyne Richer, de la Presse canadienne. C'est pour Mme Marois. J'aimerais savoir: Est-ce que, selon vous, l'absence de l'ADQ à votre coalition, ça n'affaiblit pas votre position?

Mme Marois: Écoutez, moi, j'ai invité l'ADQ à être là, surtout que cette présentation que nous faisons ce matin, cette demande que nous présentons ce matin ensemble, cette idée, elle est venue d'abord d'Amir Khadir, qui a souhaité qu'on retrouve... ou qu'un regroupe éventuellement la société civile. C'est l'ADQ qui, les premiers - et je l'ai toujours reconnu - ont demandé une commission d'enquête publique. Je crois bien qu'ils voteront avec la motion, mais il faudra leur demander la question: Pourquoi ils ne sont pas là? L'important cependant, ça reste que, sur le fond des choses, ils sont d'accord avec le fait qu'il y ait une commission d'enquête.

Mme Richer (Jocelyne): Est-ce que la formation de cette coalition aujourd'hui a un rapport avec les rumeurs de tentative de putsch qui aurait été orchestré pour renverser le gouvernement, même s'il est majoritaire? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus?

Mme Marois: ...je pourrai faire d'autres commentaires après, s'il y a lieu.

M. Khadir: Il ne s'agit pas d'une tentative de putsch. Il s'agit de la demande légitime qui vient de la population, des partis municipaux, des firmes d'ingénieurs, de policiers et de la population, y compris les députés qui les représentent. Il n'y a aucune tentative de putsch. On appelle même M. Charest à se retrouver... à retrouver l'esprit de sa fonction de premier ministre puis à faire ce qu'il doit faire, c'est-à-dire éviter de laisser la réputation de tout le Parti libéral, de tous ses ministres et ses députés salie sur la place publique, en déclenchant une enquête publique. Alors, je ne vois pas vraiment le rapport.

Une voix: Vous aviez quelque chose à ajouter, Mme Marois, là-dessus?

Mme Marois: Non, pas du tout. Je suis très à l'aise avec les propos d'Amir Khadir.

M. Plouffe (Robert): Robert Plouffe, de TVA. Peut-être juste... Symboliquement, le petit foulard dans le cou, c'est quoi exactement?

Mme Marois: C'est un signal où on veut avoir la lumière. Le blanc, c'est la lumière, hein, c'est la clarté, c'est la pureté. C'est le souhait qu'on puisse voir clair à travers toutes les allégations qui sont faites actuellement, tous les événements que l'on constate tous les jours, toutes les informations qui sont dévoilées, qui concernent autant le gouvernement que les municipalités.

M. Plouffe (Robert): Vous parliez des députés libéraux. Est-ce que vous avez fait des approches auprès de députés libéraux pour qu'ils puissent se joindre à vous? Et peut-être, dans un deuxième volet, voulez-vous nous dire également si la démission de Me Cimon a pu jouer un rôle dans votre décision d'accélérer cette demande?

Mme Marois: Deuxième question: pas du tout. On n'a pas évoqué d'aucune façon entre nous la démission de Me Cimon. De toute façon, les échanges que nous avons eus se sont faits en dehors du fait que Me Cimon quitte la fonction de procureur.
Nous invitons la population à aller voir ses députés dans leur comté, les députés du Parti libéral, pour leur signifier leur demande à l'effet qu'il y ait cette commission d'enquête publique transparente.
Et, non, nous n'avons pas fait d'approche directement, si ce n'est par toutes les questions que nous posons en Chambre de façon systématique, autant les autres formations politiques que notre propre formation politique. Il me semble que cet appel-là était déjà assez clair. Mais maintenant - et la motion sera débattue la semaine prochaine, cette motion demandant une commission d'enquête - donc, les citoyens ont le temps d'aller voir leur député dans leur comté pour les inciter à prendre cette décision avec M. Charest.

M. Duchesne (Pierre): Pierre Duchesne, Radio-Canada. Mme Marois, êtes-vous de celles et de ceux qui pensent qu'il est temps que M. Charest quitte pour que le Parti libéral ait un autre chef avant que la réputation, l'intégrité du Parti libéral ne soit trop entachée?

Mme Marois: M. Duchesne, je vais vous répéter ce que je dis depuis longtemps. J'en... et je l'ai dit à plusieurs reprises, je fais appel au sens de l'honneur de M. Charest. Notre objectif, ce n'est pas qu'il quitte, il est responsable du... il est le premier responsable du gouvernement du Québec, de l'État du Québec actuellement, des politiques prises, des décisions prises par son gouvernement, et il a la responsabilité de faire la lumière sur toute ces affaires. C'est sa première responsabilité. Et, moi, je crois qu'il grandirait dans cette responsabilité, il revaloriserait sa fonction s'il était capable de déclencher cette fameuse enquête, laquelle est demandée par toute la population québécoise.

M. Duchesne (Pierre): Vous parliez de sens de l'honneur. Le premier ministre du Québec, qui est aussi M. Jean Charest, vous a accusée d'utiliser la maladie d'un de ses députés à des fins politiques. Qu'est-ce que vous répondez à tout ça?

Mme Marois: Bon. Jamais je n'utiliserai la maladie de M. Béchard comme jamais je n'utilise les situations que vivent difficilement certaines personnes pour faire du capital politique. Ce n'est pas mon genre, vous le savez, et ça n'a jamais été mon attitude. Je sais compter et j'imagine que le premier ministre doit savoir compter aussi, et c'est pour ça d'ailleurs qu'à chaque fois que vous me posez la question, je vous dis: Même si je demande des élections, pensez-vous qu'on va en tenir? Parce qu'il y a une majorité du côté du Parti libéral, même sans la présence de M. Béchard. Que M. Charest se rassure.

M. Perron (Sébastien): Sébastien Perron, Radio-Canada. Est-ce que, Mme Marois, vous pensez que, maintenant que M. Cimon a annoncé son départ, une commission présidée par l'ancien magistrat, M. Bastarache, a encore une légitimité?

Mme Marois: Moi, je crois que... Moi, je n'ai... On n'a jamais, nous, critiqué la nomination de M. Bastarache ni ses compétences. C'est une sage décision qu'a prise Me Cimon, parce qu'il faut bien sûr qu'il y ait justice, mais qu'il y ait toujours en toute occasion apparence de justice. Nous avons toujours dit cependant que cette commission, elle était insuffisante, et elle ne voit qu'une toute partie... elle ne va analyser qu'une toute partie des faits avec un mandat très limité. C'est insuffisant.

M. Perron (Sébastien): Donc, si elle est présidée par M. Bastarache et qu'elle se poursuit avec un nouveau procureur en chef...

Mme Marois: Je ne critique pas, je n'ai jamais critiqué M. Bastarache, Me Bastarache. Mais, cependant, je remets en question la valeur elle-même de la commission, compte tenu de l'importance de tous les autres sujets en cause. Ça a été toujours... C'est l'attitude de M. Charest qui finit par nous choquer profondément et qui, je crois, choque la population, c'est toujours de la diversion de sa part. De même, hier, que de sortir M. Béchard, c'était pas mal de la diversion malsaine.

M. Robitaille (Antoine): Demandez-vous alors que le mandat de la commission soit révisé et élargi? Ça pourrait être un moyen terme entre...

Mme Marois: Non.

M. Robitaille (Antoine): ...les élections générales et puis...

Mme Marois: Non, non, non. M. Robitaille, ce que nous demandons, c'est qu'il y ait une commission d'enquête publique, transparente qui couvre l'industrie de la construction, l'octroi de contrats, l'octroi de permis et ses liens avec le financement des partis politiques.

M. Khadir: En fait, l'intention, c'est de faire le lien avec le financement du parti Québec solidaire.

Des voix: Ha, ha, ha!

Une voix: Qui m'apparaît très louche, à moi aussi.

Mme Marois: Très louche aussi.

M. Chartrand (Yves): Yves Chartrand, Rue Frontenac. Je voudrais savoir... Vous ne pouvez pas, on a tantôt dit, faire de putsch, évidemment, mais vous avez quand même des outils parlementaires comme retarder les travaux parlementaires, filibuster les projets de loi. Vous pouvez entreprendre des moyens de pression assez intenses si votre coalition y tient, à cette commission d'enquête. Est-ce que vous êtes tentés d'utiliser ces moyens-là?

Mme Marois: Écoutez, à ce moment-ci, je vous répète ce que nous affirmons ensemble devant vous: Nous croyons qu'il est encore possible pour le gouvernement de se ressaisir, pour le premier ministre d'assumer pleinement ses responsabilités. Et nous ne voulons pas le menacer de retarder les travaux, d'empêcher le fonctionnement de nos institutions. Il me semble qu'il devrait comprendre et être assez responsable pour agir. Actuellement, c'est ce que la population québécoise lui demande.

M. Chartrand (Yves): Mais ça pourrait être un plan B, si je comprends bien.

Mme Marois: Nous n'avons pas établi de plan B, honnêtement, parce que nous voulons justement, et avec beaucoup d'intégrité, rester sur cette position, cette orientation: nous voulons que le premier ministre du Québec, que son gouvernement déclenche une enquête publique et le fasse pour qu'il y ait de la transparence dans nos institutions et qu'on retrouve le respect de nos institutions et de la fonction de premier ministre et de chef d'État du Québec.

M. Chartrand (Yves): Est-ce que vous comptez garder votre foulard de pureté durant les travaux parlementaires aussi longtemps que la commission ne sera pas déclenchée?

Mme Marois: Bien, nous pensons que c'est un beau symbole et nous aimerions pouvoir le porter.

M. Dougherty (Kevin): Alors, Mme Marois, you referred to «des partis politiques», so, it would be... Kevin Dougherty, Montreal Gazette.

Mme Marois: Yes, I...

M. Dougherty (Kevin): Yes. Anyway, you referred to «des partis politiques», so, all political parties would be part of this investigation?

Mme Marois: Yes. Exactly.

M. Dougherty (Kevin): Why?

Mme Marois: Because I think it is more credible to say that if you... Because the people say, «Oh! maybe you, at the Parti québécois, maybe you, at the Québec solidaire, maybe you, in another party, you don't want to have an inquiry about your actions». So, we think it's important to have credibility in our demand and it is also for all the other...

Une voix: Levels of...

Mme Marois: ... levels of administration: municipalities and political parties at the Québec level.

M. Dougherty (Kevin): O.K. Now, you're wearing the white scarf. This reminds me, you know, sort of extra parliamentary movement out in other countries where people try to bring the Government down. I think of Ukraine, I don't know, other places. Is that where you are going?

Mme Marois: But we don't ask that. Well, we don't ask that to the population. But if they want to have this scarf, to wear this scarf, we have no problem with that.

M. Caire: C'est juste 1 $.

Mme Marois: O.K. It doesn't cost anything, because we put a large...

Une voix: Une taie d'oreiller.

M. Khadir: The idea, by the way, initially came from some groups of young people against the corruption.

Mme Marois: Exactly.

Mme Montgomery (Angelica): Angelica Montgomery, CJAD. Could you just tell us again what the significance is of everybody wearing this scarf?

Mme Marois: We want to have an inquiry about the construction industry and the financing of the political parties. And we think, when we wear a white scarf, we think it is the truth, it's light, it's transparency.

Mme Montgomery (Angelica): Now, the Premier has called a public inquiry into the nomination of judges. Considering the news that we had yesterday, why would you consider this to not be enough?

Mme Marois: It is not enough. When he decided to have this inquiry on the nomination of the judges, we said that was diversion. That is always diversion. And there are more, many more other problems and major problems about corruption: in construction, in the nomination of the judges but also in the permits given to the day-care centers and nomination of maybe other people in the Government. So, it is an inquiry on all these issues and not only on a small thing.

Mme Montgomery (Angelica): But, has this changed since the resignation of Mr. Cimon?

Mme Marois: You know, I have no comment with the resignation of M. Cimon. There is no relation with that. I think he took a good decision, a right decision because you have to be clear about the justice but you have to send a message where the appearances are also important than the real justice.

M. Grant (John): John Grant, CTV. You know, you, folks, have been calling for a public inquiry in construction steadily for six months at least. That has never impressed the Premier. Why do you think that now it will be any different?

Mme Marois: Maybe M. Khadir could...

M. Khadir: In fact, Action démocratique du Québec, Sylvie Roy, first called for a public inquiry in April 2009, it's one year. We think that more and more, since the Charest Government is blocking this inquiry, more and more people, individuals, journalists and we as representatives of people are going to do that until the Government decides to do it openly. So, this is another show of the strength of public resolution to obtain that inquiry. And I'm convinced that, one day or another, M. Charest will have to do that or resign.

M. Grant (John): You're also calling today on people, especially in Liberal ridings, to tell their MNAs that they want an inquiry. Is that because people in those ridings have said nothing in the past?

Mme Marois: The Liberal members of the National Assembly didn't say anything about this inquiry. They have solidarity with the Prime Minister, and I think that is not acceptable. And if the population is going to the office of these «députés», maybe they will change their mind and maybe they will understand the population. That is important, we are the «représentants».

M. Grant (John): You said earlier that you believe some of the Liberal MNAs are uneasy with the Government's refusal to have an inquiry. Have you spoken to them? Do you have any real evidence of that?

M. Khadir: We speak with a lot of people. On many occasions, I have had the opportunity to discuss this issue, and my sense, my appreciation of what I have heard is that many MNAs, even some ministers, are not at all at ease with the situation. They don't feel that they are justly treated. Now, they won't come up, I think, to say that this is because of M. Charest, but I'm pretending that M. Charest is the one to blame for this situation for the Liberal MNAs. Because, if there is a public inquiry, then, we will stop talking about these issues, we'll exert our democratic right to talk about issues. You know the National Assembly actually is blocked. And the Liberal MNAs will have the right opportunity to wash their reputation.

Mme Plante (Caroline): Caroline Plante, Global News. Would your coalition have been stronger with the ADQ?

Mme Marois: You know, first of all, the ADQ asked an inquiry on the construction industry and the Liberal Party. So, they agree with this proposal and for sure they will vote with us on this proposal. But you could ask why they are not here today. That is their right and their decision.

Mme Plante (Caroline): What kind of steps are you taking to try to convince them to join your coalition publicly?

Mme Marois: They are in reflection now. Maybe they will join us. But one thing which is more important maybe: they agree with the demand of this inquiry on the industry of the construction, on the nomination, on the permit given to the day-care centers and the links with the financing of the political parties. Merci.

M. Khadir: Thank you very much.

(Fin à 10 h 7)

 

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