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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux et Mme Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants

Point de presse concernant la situation au Québec quant au COVID-19

Version finale

Le jeudi 12 mars 2020, 11 h 45

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Onze heures cinquante-sept minutes)

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, tout le Québec doit se mettre en mode d'urgence. Pour le moment, la pandémie de coronavirus est sous contrôle au Québec, je dis bien, pour le moment. Donc, on a aujourd'hui 13 cas, dont deux qui sont hospitalisés, mais notre défi, au cours des prochaines semaines, c'est de freiner la contagion. Les prochaines semaines vont être critiques, et notre but, c'est de ralentir au maximum la propagation du virus. Donc, notre grande priorité, on aura l'occasion, par exemple, d'économie au cours des prochains jours, mais notre grande priorité actuellement, c'est la santé publique. On doit se protéger, et la meilleure façon de protéger nos proches, c'est de se protéger nous-mêmes.

Donc, je veux faire appel à la solidarité des Québécois, au sens des responsabilités de tout le monde. C'est pour ça qu'aujourd'hui je demande à toutes les personnes qui reviennent de l'étranger ou qui ont des symptômes comparables à la grippe de se placer en isolement volontaire pour 14 jours. Donc, toutes les personnes qui reviennent de tous les pays étrangers, je demande de vous mettre en isolement pour 14 jours.

Pour les employés de l'État et des réseaux de la santé, de l'éducation, des services de garde, l'isolement va être obligatoire, que ça soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. Donc, toutes les personnes qui travaillent dans ces réseaux, qui reviennent de l'étranger, devront obligatoirement se placer en isolement. Toutes ces personnes vont continuer d'être payées. Je parle des personnes qui travaillent dans le secteur public.

Pour ce qui est du secteur privé, bon, d'abord, je veux demander aux employeurs d'être compréhensifs. C'est très important que toutes les personnes qui reviennent de l'étranger ou qui soupçonnent d'avoir les symptômes de rester à la maison. On va, dans les prochains jours, annoncer des mesures financières pour compenser ces personnes-là qui travaillent dans le secteur privé. On va aussi, au cours des prochains jours, annoncer des mesures pour aider toutes les entreprises qui ont des problèmes de liquidité dus aux impacts du coronavirus. Donc, on ne va laisser tomber personne.

Je demande aussi à tous les organisateurs d'événements intérieurs de plus de 250 personnes d'annuler ces événements et je demande aussi, de façon générale, d'annuler tous les événements qui ne sont pas nécessaires. Je demande aussi à tous ceux qui sont capables de faire du télétravail, de le faire.

Évidemment, je le rappelle, il faut se laver les mains régulièrement puis, au moindre doute, il faut s'isoler et il faut aller se faire tester. Je demande évidemment aux Québécois de porter une attention spéciale aux personnes vulnérables, en particulier nos aînés. Que nos aînés habitent dans leur maison ou dans toutes sortes de centres d'hébergement, si vous revenez de l'étranger ou si vous avez des symptômes comparables aux symptômes de la grippe, n'allez pas visiter les aînés. C'est important, ce sont les personnes qui sont les plus à risque.

Donc, tout le monde, tous les Québécois doivent faire leur part, mais je veux, en terminant, dire un mot spécial pour tout le personnel du réseau de la santé. Vous êtes actuellement nos anges gardiens. Je veux, au nom de tous les Québécois, vous dire un énorme merci. Je sais que ce n'est pas facile, qu'il y a des heures qui sont longues, que ça va être difficile pendant plusieurs semaines. Donc, on est là pour vous soutenir, on est là pour vous appuyer de toutes les façons possibles.

Donc, je le répète, les prochaines semaines vont être critiques pour la propagation du virus, mais il faut être réaliste, on est dans une crise qui va durer des mois. Donc, il faut se préparer. Je vais, à tous les jours, faire le point avec les Québécois et je suis convaincu qu'on est capables, tous ensemble, de passer au travers de cette épreuve. Merci. On va prendre les questions.

Le Modérateur : Alors, on va commencer avec Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Messieurs dames, bonjour. Les échos qu'on a, M. le premier ministre, c'est que, dans le réseau de la santé, actuellement, ils sont débordés. Il y a des cas qui rentrent dans les hôpitaux et les consignes ne sont pas claires. Les médecins ne savent... pas faire avec les patients, ils disent qu'ils ne sont pas équipés et qu'il y a des risques énormes de contamination. Est-ce que le personnel de la santé, actuellement, est équipé pour faire face à la crise et a des consignes claires?

Mme McCann : Oui, le personnel a des consignes claires et le personnel est équipé. Alors, on a pris toutes ces mesures, ça fait des semaines qu'on se prépare. Il y a des rencontres journalières avec les présidents-directeurs généraux des établissements. Il y a également des rencontres très soutenues avec les fédérations médicales et avec les instances syndicales.

Alors on continue d'être en contact de façon presque quotidienne avec ces instances, et les consignes sont claires, et le support à notre personnel, c'est notre priorité.

M. Laforest (Alain) : On a vu ce qui s'est passé en Italie très rapidement. Est-ce que vous écartez, à court terme, de faire des inspections, des vérifications, des tests à l'extérieur des réseaux de la santé, c'est-à-dire dans des tentes avant que les gens entrent dans les hôpitaux?

Mme McCann : On n'est pas rendus là à ce moment-ci, mais on est en train de regarder et même de travailler très, très activement la possibilité de faire des prélèvements à domicile. Mais là, c'est ce qu'on vous dit aujourd'hui. Ça ne veut pas dire que, dans le futur, même demain ou après-demain, il n'y aurait pas d'autres avenues qu'on va travailler. Mais, pour le moment, les tests qu'on fait actuellement dans les cliniques, dans les hôpitaux, on pourrait en faire à domicile. C'est à ce point-là qu'on est rendus, mais effectivement, si le besoin est, on pourrait avoir d'autres modalités.

Le Modérateur : On poursuit avec Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour. Est-ce que... Je vois, M. Legault, que vous êtes beaucoup dans la demande, en fait, vous demandez aux gens, puis même dans les CHSLD, les centres pour personnes âgées. Est-ce que vous pourriez aller un «step» plus loin, si on veut, là, une marche plus loin et interdire carrément certaines visites dans les CHSLD ou encore fermer les écoles? Est-ce qu'on est en train de songer à ça?

M. Legault : On n'est pas rendus là, mais, à ce moment-ci, on ne peut rien exclure.

M. Lacroix (Louis) : Mais c'est dans la possibilité de le faire. Vous êtes en train de...

M. Legault : Bien, vous avez vu des pays qui le font, des pays qui sont plus infectés que le Québec. Donc, c'est pour ça que je vous dis : Les prochaines semaines vont être critiques. Les deux, trois prochaines semaines, on va voir comment les infections évoluent, puis là, bien, les mesures pourraient évoluer.

M. Lacroix (Louis) : Il y a des professeurs, on me dit, entre autres, qui sont allés à l'étranger... il y a un cas, je pense, dans une école en Outaouais, et qui est revenu d'Italie puis qui enseigne quand même, l'école l'a laissé enseigner. Est-ce que ça, ce n'est pas un manque de prudence?

M. Legault : Absolument. D'ailleurs, je l'ai dit clairement, là, ça va être obligatoire pour les professeurs, les gens des réseaux de la santé, des services de garde de s'isoler 14 jours lorsqu'ils reviennent de l'étranger. Donc, ça, ça va être clair, puis ces personnes-là vont continuer d'être payées.

Donc, je pense que le signal qui est important d'envoyer, c'est que, dans le réseau public, le gouvernement va payer pour les personnes isolées. Maintenant, au cours des prochains jours, on va annoncer des mesures pour le secteur privé parce qu'il faut que ce soit la même chose dans le secteur privé.

Le Modérateur : Robert Dutrisac, Le Devoir.

M. Dutrisac (Robert) : Oui, bonjour. Le premier ministre a parlé justement de freiner la contagion. Peut-être, M. Arruda, j'aimerais savoir : Les dernières connaissances sur la propagation du virus, où est-ce qu'on en est? Et, en fait, quel est le scénario le plus probable que vous envisagez, à l'heure actuelle, pour le Québec? Donc, ce que vous semblez dire, c'est qu'il y a une assurance qu'il y ait ce qu'on appelle une contagion communautaire, et je voudrais savoir si vous avez des projections, justement, sur le taux de létalité et également de ce que vous envisagez comme contagion.

M. Arruda (Horacio) : Il faut comprendre qu'il y a encore beaucoup de... c'est un nouveau virus. Il y a encore beaucoup de données, puis les études qui ont été faites dans certains pays ne sont pas encore complétées. On n'a pas fait d'étude sérologique pour connaître le total de gens hospitalisés, mais on fonctionne sur la base de scénarios de ce qu'on connaît et d'interprétations des différentes...

Vous pouvez parler à différentes gens qui font de l'économie... des projections des cas, vous allez avoir des scénarios qui vont varier selon ce qu'on met comme hypothèse. O.K.? Habituellement, la... On pense que ça pourrait atteindre à peu près entre 30 % et jusqu'à 70 % de la population, si rien n'est fait. Vous comprendrez que si rien n'est fait, à ce moment-là, ça veut dire que ça va rentrer. Comme nous sommes une population vierge au virus, c'est un nouveau virus, c'est normal que, quand il vient, il va trouver plus de monde qui sont susceptibles, donc il va y avoir plus de cas. Et c'est un virus qui se propage plus que la grippe, O.K.? Il se propage plus en termes de R0, c'est le nombre de cas que génère chacun des cas.

Mais, si on est en mesure, par nos actions ou... parce que le virus ne va pas sauter d'une personne à l'autre s'il n'est pas... par nos actions qu'on est en train de mettre en place, que recommande l'OMS, que recommande le plus grand expert qui est allé en Chine, c'est véritablement cette approche très agressive au départ qui va diminuer l'introduction et qui va l'étaler. On ne pourra pas... écoutez, très honnêtement, je ne pense pas qu'on va avoir 13 cas, puis ça va redescendre, puis ça va être zéro. Je pense que c'est presque impossible. Compte tenu de ce qui circule, ça va diminuer au printemps, ça va peut-être reprendre à l'automne, on ne le sait pas encore.

Mais, si on est très agressifs maintenant... Puis nous, on a un profil très différent de la Colombie-Britannique. Eux, ce sont des Chinois qui les ont infectés à travers les vols qui sont ici. Nous, la France, l'Italie, ce sont des pays où il y a beaucoup de circulation. Donc, si, au début, on met des mesures importantes, notamment que les gens... parce que les gens peuvent traverser la frontière sans aucun symptôme, mais arrivés ici, être malades puis répandre la maladie ailleurs.

Donc, c'est pour ça que le gouvernement joue un rôle de leadership important, à mon avis, ici. C'est de dire : On y va fort au départ pour être capable... Une courbe d'épidémie, au lieu qu'elle soit comme ça, qu'elle monte très haut, puis qu'elle redescende, puis là ici on n'est plus capable de traiter les patients, on manque de soins intensifs, on va étaler la courbe comme ça de telle sorte qu'on va demeurer en capacité. On va sortir aussi de la saison hivernale des grippes et des virus, ce qui va nous aider à faire les diagnostics. On va tester beaucoup de monde, on va enquêter chacun des cas pour savoir qu'est-ce qu'ils ont fait exactement, on va rapidement prendre les personnes, les contacts étroits, les mettre en isolation. On est clair qu'on brime un peu les droits individuels, mais c'est pour le bien collectif et c'est pour le bien des personnes.

Et je pense que notre système... On fait appel à la solidarité de tous les gens. Les gens doivent être aussi responsables par rapport à leur comportement. Quand on dit : Vous revenez de voyage, faites une isolation volontaire, c'est une bonne chose. On essaie de ne pas contaminer les autres. Ces comportements-là, il y a seulement les personnes qui peuvent le faire. Puis nous, on va l'être, de notre côté, puis on va aussi permettre à... donner les moyens aux gens d'être capables de le faire, là. Parce que, si ça les brime trop...

Mais on est rendus à ce stade-ci, on est rendus à un stade où, je vous dirais, la liberté des personnes peut être... puis c'est la Loi de santé publique qui le permet, là, compte tenu de la menace, peut être moins importante que le bien collectif. Parce que, sinon, c'est tout le monde qui vont le payer. Ça pourrait même être vous qui, plus tard, pourriez être infecté et ne pas pouvoir être traité de façon adéquate. On est à ce stade-ci et... pour ne pas être à courir, si vous me permettez, après notre queue, parce qu'il va être trop tard.

M. Dutrisac (Robert) : Mais vous pouvez traiter combien de personnes, à ce moment-là, sans que le système déborde? Combien de gens infectés vous pouvez...

M. Arruda (Horacio) : On est en train de faire ces calculs-là. Il faut comprendre que ça va dépendre des choses. Dans un scénario hypercatastrophe, avec des taux de létalité à 6 %, puis etc., là, ça va être difficile. Mais on ne pense pas que c'est là qu'on va être. On va peut-être être un peu plus que le H1N1, qui d'ailleurs était très fort à Winnipeg, au printemps, et qui est devenu faible au Québec. D'ailleurs, on s'est fait dire qu'on avait trop fait de choses, à ce temps-là, parce que ça n'avait pas été si pire. Moi, je préfère être prêt, à mon avis, que de dire : Il est trop tard.

Ça fait que les calculs se font... Ça va dépendre. Heureusement, il y a beaucoup de gens qui peuvent être traités à l'externe, O.K., donc qui n'ont pas besoin de milieu hospitalier, il y a des ailes d'hôpital qui peuvent être transformées, il y a des respirateurs qui peuvent être ajoutés, puis etc. Mais ce peaufinement-là est en train de se faire, là. Je ne voudrais pas vous donner un chiffre, aujourd'hui, qui ne serait pas adéquat, mais on va revenir avec ça. Le ministre nous demande ces scénarios-là, là, comme tels, ça fait qu'on va vous revenir avec cet élément-là.

Puis, comme je vous le dis, c'est des situations qu'on va évaluer jour, par jour, par jour. On est en lien avec les fédérations, on est en lien avec les microbiologistes, on est en lien avec les intensivistes, pour la partie clinique, là. Puis tous mes directeurs de santé publique au Québec appuient cette recommandation-là qui, à mon avis, est la décision que le premier ministre a prise pour la santé de tous. Et on interpelle la population à faire ce que je dis, et je vais vous parler encore du lavage de mains puis de l'hygiène respiratoire, c'est très important, et je pense que c'est ces choses-là.

Le Modérateur : Merci. Hugo Pilon-Larose à La Presse.

M. Pilon-Larose (Hugo) :  Les citoyens qui nous écoutent à la maison et qui peuvent s'inquiéter, M. Arruda, de toutes les informations qu'on entend en ce moment, est-ce qu'ils doivent, de façon préventive, modifier certains comportements, par exemple cesser d'aller au gym, où qu'on partage de l'équipement sportif avec beaucoup de personnes, ne plus fréquenter les spas, limiter les déplacements dans les centres d'achats? Est-ce qu'on est rendu là?

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, je pense qu'il faut y penser, O.K.? Et je vous dirais qu'il faut utiliser notre intelligence. Actuellement, il n'a pas de circulation du virus. Tu sais, des gyms où il y a de la transmission, il n'y en a pas. Mais moi, j'aurais tendance à vous dire, actuellement, certains... C'est clair qu'on vient d'interdire des rassemblements intérieurs en haut de 250. S'il y a des... Un, surtout pas si vous revenez de voyage ou vous commencez à avoir des symptômes, n'allez pas voir nos personnes âgées. Téléphonez-leur. Tu sais, il faut prendre des habitudes. Là, on devrait faire ça dans toutes les saisons de grippes, vous comprenez? Parce que ces gens-là sont très vulnérables.

Dans les transports en commun, on va en arriver à dire aussi : Essayez de limiter... On peut étendre. Il y a des heures de pointe, à un moment donné, il y a trop de monde, on peut essayer de partir un peu plus de bonne heure, un peu plus tard. Les employeurs pourraient faire cette recommandation, particulièrement quand il va y avoir de la circulation. Mais c'est sûr qu'on va devoir changer nos comportements. Puis, ce n'est pas parce que le métro nettoie son poteau qu'il ne faut pas se laver les mains. Le poteau, il va être lavé, mais la personne peut, tout de suite après, le recontaminer. Donc, lavez-vous les mains, prenez ça. Quand vous êtes malade puis vous avez le rhume, n'essayez pas de vous coller sur les autres, puis etc. C'est tout ce genre de petits comportements, la somme de tout ça va faire qu'on va avoir un impact sur la maladie. Mais tout le monde doit le faire à mon avis.

Puis, comme dit le ministre, on va revenir au jour le jour. Si on se rend compte qu'il y a de la transmission dans une ville puis qu'il n'y en a pas ailleurs, on va faire... On va évaluer la situation. S'il y en a partout au Québec, ce n'est pas les mêmes recommandations que dans une ville. Parce que vous devez penser à ce qu'on va mettre une île, une ville ou... en quarantaine. Il faut regarder notre épidémio. Et ça, c'est très important. On s'inspire de ce qui se passe ailleurs, mais on n'est pas la Chine, puis on n'est pas la Corée du Sud puis on n'est pas la Finlande. On est le Québec.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Dans les scénarios que vous étudiez en ce moment, y a-t-il le scénario où l'île de Montréal est mise en quarantaine?

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, je vais vous le dire, tout est possible en termes de scénario. On va prendre la décision qui est logique, qui est objective par rapport à la situation. Bon, je veux dire, là, je parle de ça parce qu'on voit que les zones de d'autres pays ont été isolées, là. Mais, actuellement, déjà, au Québec, les cas où ils sont... ils reviennent de l'extérieur, hein, ils sont éparpillés un peu dans le Québec, surtout dans les régions où il y a plus de monde. Plus de monde, plus de probabilités de faire un voyage, plus de probabilités de faire un voyage, plus de chances que le virus se retrouve là. Mais ça va dépendre de la transmission.

Mais, je vous dis, rien n'est exclu. Les pouvoirs du directeur national par rapport à la Loi de santé publique et les pouvoirs de la sécurité civile par rapport à la Loi à la sécurité civile permettent de faire des quarantaines, permettent... Moi, c'est un isolement obligatoire parce qu'on réserve le mot «quarantaine» au fédéral.

Le Modérateur : Merci, Hugo. Charles Lecavalier, Le Journal de Québec.

M. Lecavalier (Charles) : Juste au début, une petite précision, là. Vous parlez... est-ce qu'on a interdit les rassemblements de 250 personnes et plus ou vous demandez aux organisateurs de les annuler? C'est interdit?

Une voix : C'est interdit.

M. Lecavalier (Charles) : Ah! Bon, O.K. Sur le nombre de tests, hier, bon, vous avez dit qu'on avait 200 tests par jour. J'imagine que vous voulez en faire plus, là. Il me semble qu'une des clés du succès c'est de faire un repérage rapide. Donc, la semaine prochaine, si on dit : Dans une semaine, on va avoir combien de tests par jour de...

M. Arruda (Horacio) : On va l'augmenter. Mais je ne veux pas vous donner le chiffre aujourd'hui parce qu'on garde... Il faut faire certaines validations, vérifications, là. Il faut que vous compreniez, là, que ça va vite, hein? Je ne sais pas si vous comprenez, là, ça va très vite. Mais, dans nos scénarios, on est en train de les calculer, là. Bien, on va vous les communiquer après validation, etc. parce qu'il faut vérifier aussi la disponibilité de matériel, puis etc., auprès des compagnies. Mais on va le faire. C'est clair qu'on va augmenter la capacité de tests, puis on va utiliser les tests là où c'est nécessaire en priorité, c'est-à-dire sur les personnes qui reviennent de voyage puis qui ont des symptômes. Puis éventuellement, si c'est de la transmission locale, à ce moment-là les tests vont se faire de façon beaucoup plus importante. Mais on n'en est pas là, heureusement.

M. Lecavalier (Charles) : Et en ce moment il y a combien de lits, là, d'urgence, là, qui sont disponibles pour l'épidémie... la pandémie de coronavirus?

Mme McCann : Bien, ce qu'on peut vous dire, c'est qu'on a fait le relevé des chambres à pression négative. Ça, c'est des chambres très importantes, là, pour des troubles respiratoires comme le coronavirus, des gens qui nécessiteraient une hospitalisation. On en a environ 900, 900 chambres à pression négative. Mais, ce que je veux vous dire aussi, aujourd'hui, c'est qu'on a des possibilités, dans notre réseau, de délester des activités, hein, qui sont moins essentielles. On l'a fait dans la situation du H1N1. Alors, on prépare aussi... Dans ce sens-là, d'ailleurs, on va commencer à délester graduellement certaines activités parce que, là, on a une demande, évidemment, auprès de nos équipes, là, de s'occuper de ce dossier-là en priorité. Mais on a la possibilité de délester un certain nombre d'activités qui ne sont pas urgentes — c'est ce qu'on a fait dans le H1N1 — ce qui augmente notre capacité de recevoir des patients qui auraient le coronavirus.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Vous dites : Interdire les rassemblements de 250 personnes, les gens qui arrivent de voyage se mettent en quarantaine. Par contre, si, en fin de semaine... je sais que c'est un évènement extérieur, mais, juste à côté, il y a la Coupe du monde de ski de fond, plusieurs centaines de gens qui arrivent d'autres pays, 13 pays. Donc, ça me semble contradictoire.

Mme McCann : Moi, l'information que j'ai actuellement, c'est que l'organisation de l'évènement est en discussion avec la fédération internationale, alors il y a des discussions, à ce moment-ci, qui se font concernant l'évènement en question.

M. Legault : Juste préciser aussi : la directive, c'est concernant les évènements intérieurs.

M. Arruda (Horacio) : Bien, ça, c'est... Si vous me permettez, M. le ministre, c'est important parce que, vous savez, le virus, il s'étend maximum un mètre en avant, un mètre en arrière, à peu près deux mètres autour de la personne. Et, à l'extérieur, le vent va rapidement les envoyer, et ce n'est pas le même genre de contact étroit. Donc, dans ce contexte-ci, comme il n'y a pas non plus de transmission locale, ça, c'est une chose encore, je pense que ça peut... Bien, ils vont évaluer, là, la situation, mais la recommandation, aujourd'hui, c'est vraiment pour les événements intérieurs.

Puis quand on parle de ça aussi, c'est des événements... On ne parle pas de situations où on va faire du magasinage quelque part puis qu'il y a beaucoup de personnes, là. On est vraiment dans... on fait une activité, cette activité-là... Puis même, à la limite, on a dit 250, mais quelqu'un pourrait décider, là, qu'une réunion qui n'est pas essentielle est à 200 ou à 150, puis il peut décider de la tenir dans d'autres modalités. On n'est pas en train de dire que le 250, c'est le chiffre magique, là. On fait une analyse des situations actuelles puis...

Une voix : ...

M. Legault : Bien, malheureusement, le match ne pourra pas être vu par les spectateurs. Il ne pourra pas y avoir de spectateurs.

Journaliste : Vous voulez dire que les prochains matchs des Canadiens vont être à huis clos? C'est ça que vous dites, là?

M. Legault : Ce qu'on dit, c'est que les prochains matchs du Canadien, il ne pourra pas y avoir de spectateurs, puisque c'est un événement intérieur avec plus que 250 personnes.

Le Modérateur : Jocelyne Richer, LaPresse canadienne.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour à tous. Ma question s'adresse à M. Arruda. J'aimerais savoir : Dans un calcul de probabilités, quelles sont les chances, à ce moment-ci, pour le Québec d'éviter le scénario catastrophe de l'Italie?

M. Arruda (Horacio) : Ça va dépendre, si vous me permettez, du respect de l'application des mesures qu'on met en place. Vous savez, là, le premier ministre demande des choses; si les gens le font, ça augmente notre probabilité. Est-ce qu'on va la réduire de 50 %, de 30 % ou de 20 %? Toute réduction va être importante. Je veux dire, si on réduit juste, mettons, de 10 % la courbe, à un moment donné, c'est 10 % de moins et moins de personnes qui vont être... Mais je pense, honnêtement, que ça va être efficace. Ça a été démontré dans d'autres situations, on pourrait avoir véritablement une baisse importante du pic, mais surtout aussi son étalement.

Parce que, je vous le dis, là, le pire, c'est que tout arrive en même temps et qu'on soit obligés, à un moment donné, de faire des choix et dire : Est-ce que c'est cette personne-là qu'on traite ou l'autre? Et ça, on ne veut pas arriver à ça. Puis c'est pour ça aussi qu'on veut aussi protéger nos vulnérables. Quand on vous dit, là, de ne pas aller visiter des personnes âgées dans les centres d'accueil, c'est pour ne pas les amener à la maladie. Parce que, si on ne rentre pas le virus dans le centre d'accueil, il n'y aura pas la maladie.

Mme Blais (Prévost) : D'ailleurs, j'aimerais peut-être mentionner que, d'ici demain, dès demain, dans tous les CHSLD, il y aura à la porte une personne responsable de la sécurité qui va poser des questions par rapport à : Avez-vous voyagé?, il faudrait vous laver les mains. Poser les questions d'usage pour être absolument certain que, si on n'est pas obligé d'aller visiter nos personnes vulnérables dans les CHSLD, qu'on s'abstienne.

Normalement, je vous dis le contraire : Allez visiter nos personnes âgées parce que les gens vivent une situation d'isolement. Mais là je suis en train de dire : Si vous sentez que vous avez un syndrome d'allure grippale, si vous toussez, si vous avez des problèmes respiratoires, si vous avez voyagé au cours des 14 derniers jours, n'allez pas visiter nos aînés dans les CHSLD.

Et on a un guide aussi qui a été fait en 2009 pour, justement, contrer une pandémie d'influenza, qui a été revu concernant le coronavirus, la COVID-19, et tous les établissements maintenant ont ce guide qui s'adresse particulièrement aux professionnels de la santé.

Mme Richer (Jocelyne) : Une question au premier ministre, s'il vous plaît, à propos des voyageurs arrivant de l'étranger. Les mesures dont vous parlez aujourd'hui, choses quand même incitatives, est-ce que vous avez envisagé et est-ce que vous avez le pouvoir, dans les prochaines semaines, si la situation dégénère, d'empêcher des gens de débarquer au Québec?

M. Legault : Bien, évidemment, il faudrait le faire avec le gouvernement fédéral. Ça va faire partie des discussions, surtout avec la décision que M. Trump a prise hier soir. Donc, ça fera partie des discussions avec le gouvernement fédéral. Mais la santé publique...

Mme Richer (Jocelyne) : Vous songez à ça sérieusement? Est-ce que c'est un scénario probable, possible?

M. Legault : On ne l'exclut pas.

Le Modérateur : Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. Juste une petite précision rapidement. D'abord, pour ce qui de la quarantaine pour les employés de l'État, ça s'applique à tous les employés de l'État, ne serait-ce que quelqu'un qui est allé faire du ski une journée au Vermont? Ça s'applique à lui? Tout voyage à l'étranger?

M. Legault : Absolument.

M. Lavallée (Hugo) : O.K. En ce qui concerne les rassemblements de 250 personnes, il y a des écoles secondaires au Québec où il y a plus de 250 élèves, 1 000, 2 000. Quelle est la différence? Pourquoi est-ce qu'on ne ferme pas ces...

M. Legault : Bien, on va s'assurer... Effectivement, dans certaines universités, il peut y avoir des amphithéâtres qui ont plus de 250 personnes. On parle de 250 personnes dans une salle. Il peut arriver que, dans une cafétéria, dans une école, il y ait plus que 250 personnes, donc il va falloir avoir le repas qui va être divisé par groupes. Donc, ce qu'on recommande, ce qu'on demande aussi à nos écoles, nos cégeps, nos universités, c'est de ne jamais avoir plus que 250 personnes dans la même salle. C'est une question de probabilité. C'est la recommandation de la santé publique.

M. Lavallée (Hugo) : Pour faire un suivi à la question précédente de ma collègue, on a vu beaucoup de reportages, ces derniers jours, de gens, justement, dans les aéroports, qui arrivent d'Italie, par exemple, qui racontent à la télé : Bien, on nous a remis un feuillet explicatif, pas plus de vérification. Est-ce que ça vous semble normal? Est-ce qu'il n'y aurait pas des précautions additionnelles à prendre que vous pourriez suggérer au gouvernement fédéral?

M. Legault : Exactement. Ce qu'on souhaite avec le gouvernement fédéral... Bon, comme vous le savez, on ne peut pas avoir un test qui est concluant avec les personnes qui arrivent à l'aéroport. Mais on peut par contre donner des directives très claires de dire : Bien, si vous avez des symptômes, pendant les 14 prochains jours, soyez prudents; d'abord, n'allez pas visiter des personnes âgées, mettez-vous en isolement, puis, s'il y a des symptômes, allez vous faire tester. Donc, il faut surtout informer les voyageurs. Mais c'est quelque chose qu'on discute avec le gouvernement fédéral.

Le Modérateur : De façon très rapide, donc question courte, réponse courte, Fanny Lévesque, LaPresse.

Mme Lévesque (Fanny) : Oui. Dans les nouveaux cas confirmés, est-ce qu'il y a des cas qui touchent du personnel de santé comme des médecins ou des infirmiers?

Mme McCann : Dr Arruda.

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, vous comprendrez qu'on a au Québec une très grande importance pour la question de la confidentialité, particulièrement les autorités de santé publique. Il y a des maladies à déclaration obligatoire qui sont des maladies transmises sexuellement, etc. Et quand, là, il y a des petits nombres, O.K... Nous, là, on veut protéger l'information. Quand vous dites : Il y a tel... un médecin, une infirmière de tel hôpital, puis etc., je ne sais pas si vous comprenez, on donne une information qui est une piste pour l'identification. Je suis convaincu que vous-même, ou moi-même, ou n'importe qui d'autre n'aimerait pas qu'on soit ciblé.

L'information, elle, que ça soit médecin ou pas, s'il n'y a jamais des interventions à faire... s'il y a eu des patients, on va les faire, puis etc., mais on essaie de ne pas rendre publiques ces choses-là. Des fois, les journalistes vont le faire, vont retrouver la personne, la personne va accepter de le faire, ils peuvent le faire. Mais nous, là, il n'y a jamais eu de faille, en termes de confidentialité, au Québec sur les maladies à déclaration obligatoire. Et je sais, je me rappelle très bien, dans l'épidémie où on avait la méningite du méningocoque qu'il y avait eu à Québec, là, les enfants mouraient dans les écoles, il y avait des enfants dans les garderies, les gens voulaient connaître le nom de la personne, puis etc. Ce n'est jamais sorti de notre côté, c'est sorti notamment par la presse, puis etc.

Ça fait que dans ce contexte-là, si vous me permettrez, je vous dirais qu'il peut y avoir des fois des... il peut y avoir des professionnels de la santé ou d'autres. Mais l'important, ce qu'il faut que vous sachiez, c'est : que ce soit une personne ou l'autre, on va faire les interventions qui vont être efficaces.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous considérez toujours que le risque est faible, au Québec, de contracter le coronavirus?

M. Arruda (Horacio) : Je vous dirais qu'actuellement le risque est encore faible parce qu'on n'a pas de circulation importante. La projection va faire qu'on va avoir de la transmission, puis ce qu'on veut faire, c'est, d'un risque très élevé, l'abaisser à modéré faible... bien, je dirais modéré moyen, là, tu sais, là? Il ne restera pas faible parce qu'il va y avoir de la circulation éventuellement. Mais, à date, on est chanceux, tous les cas qu'on a eus au Québec, ce n'est pas des cas qui sont le deuxième cas, le frère, le beau-frère de quelqu'un qui est allé en voyage puis qui l'a attrapé, c'est carrément des gens qui sont revenus de voyage. Mais ça va arriver, comme c'est arrivé ailleurs, en Colombie-Britannique.

Le Modérateur : On va bientôt passer aux questions en anglais. Juste avant, j'ai Michel David et Mylène Crête. Mme Crête, d'abord.

Mme Crête (Mylène) : Je voulais savoir : Est-ce qu'il n'aurait pas été souhaitable de prendre ce genre de mesures musclées là avant le retour des gens après la semaine de relâche, là? Parce qu'on sait que les gens vont en voyage pendant cette période-là.

M. Arruda (Horacio) : Bien, il faut avoir certains indices. Je vais vous dire, ces mesures-là ont été prises dans des pays alors qu'il y avait des milliers de cas. Donc, déjà, on est beaucoup en avance par rapport à ça. Il faut voir aussi... L'OMS a déclaré la pandémie, mais, indépendamment que l'OMS a déclaré la pandémie, comme hier on est passé de huit à 11 cas dans la soirée, ce qui augmente une certaine accélération, je pense qu'on est assez tôt dans les éléments.

On peut toujours dire... il y a aussi une question d'acceptabilité sociale de la population. Parce qu'avoir voulu implanter ça dès, mettons, là... j'aurais dit... parce qu'on savait qu'on allait arriver à ces mesures-là éventuellement. En janvier, on m'aurait dit : Mais, Dr Arruda, qu'est-ce qui se passe avec vous? Et l'acceptabilité sociale des gens à ça, à le faire... Parce qu'on a beau le faire, mais il faut que les gens le fassent. Et là je pense que la société est mûre à ça. Les gens commencent à être plus inquiets. On a vu l'expérience de l'Italie, on est en relation avec les Français, en termes de... Moi, je pense qu'on est, au contraire, proactifs.

Ailleurs, au Canada, ça ne s'est pas encore fait. Ça va probablement se faire, je ne sais pas comme tel. Mais moi, au Québec, je vais vous dire, comme directeur national, et mes directeurs de santé publique et mes experts considèrent que c'est le momentum, et on aurait eu de la difficulté à le faire, peut-être, antérieurement. C'est facile, toujours, de dire en rétrospective, mais je vais vous le dire, là, actuellement, là, le fruit, il est mûr pour être cueilli puis il n'est pas encore tout à fait mûr, il n'est pas en train de devenir fripé. On arrive au bon moment.

Mme Crête (Mylène) : Et donc ce n'est pas nécessaire, donc, à ce moment-là non plus, de fermer les écoles? Parce qu'il y a certains experts qui prétendent que ce serait souhaitable.

M. Arruda (Horacio) : Je vous le dis, là, le ministre l'a dit, là, la ministre l'a dit...

M. Legault : Premier ministre.

M. Arruda (Horacio) : Oui... Hein?

M. Legault : Premier ministre.

M. Arruda (Horacio) : Ah oui! Excusez-moi, le...

M. Legault : Premier ministre.

M. Arruda (Horacio) : C'est la première fois que je fais un point de presse avec vous. Je vous présente mes plus sincères excuses si je vous ai insulté. Le... Mon Dieu Seigneur!

M. Legault : Le premier ministre, ça va aller.

M. Arruda (Horacio) : Je sens que je vais faire Le bye-bye... le... Infoman. Excusez-moi, M. le premier ministre. Il faut donc comprendre qu'on fait des annonces à tous les jours. Quand il va y avoir de la circulation locale, ça se peut qu'on ferme les écoles. Comprenez-vous? C'est que, là, là, il faut vraiment, là... On fait ça sur la base des informations qui sont chez nous puis on le fait en fonction de notre épidémiologie, qui n'est pas la même que celle de la Colombie-Britannique puis qui n'est pas la même de l'Ontario. C'est pour ça qu'on fait de la surveillance, c'est pour ça qu'on est aux aguets. C'est pour ça que depuis le mois de, je dirais, mi-janvier, on est là-dessus. C'est pour ça que, depuis le début janvier, on a commencé à penser approvisionnement, masques, etc. Parce qu'on l'a déjà vécu, puis qu'on va faire mieux que la dernière fois, puis on va survivre à tout ça grâce à notre solidarité, puis la prochaine fois on fera encore mieux.

Le Modérateur : De façon donc très rapide, parce que le temps file puis que je veux laisser la chance à nos collègues des médias anglophones de faire leur travail également, il y avait Annabelle Blais du Journal de Montréal.

Mme Blais (Annabelle) : Bonjour. Juste pour que ce soit très clair, là, la Loi sur la santé publique et les pouvoirs du premier ministre, donc, vous pouvez forcer une personne à un isolement obligatoire, vous pouvez fermer tout lieu que vous jugez bon? Vous n'avez pas besoin, dans la mécanique, d'attendre quelconque déclaration du fédéral en lien avec la loi de la quarantaine, les pleins pouvoirs?

M. Arruda (Horacio) : Non. Parce que c'est l'évaluation, ce qu'on appelle, d'une menace appréhendée. O.K.? La menace peut ne pas être là encore. Même, à la limite d'une menace appréhendée, si nous jugeons que le bénéfice est plus grand pour la communauté que les droits individuels, on peut aller de l'avant là-dessus. On peut même obliger une personne à être traitée, et, si elle ne veut pas être traitée, on l'enferme complètement. Ça existe dans les cas de tuberculose. On a ces pouvoirs-là qu'on doit utiliser de façon intelligente, bien entendu, toujours avec la collaboration du maximum de monde, mais ces pouvoirs-là sont là. On peut même déclarer une vaccination obligatoire d'urgence en cas d'urgence sanitaire, ce qu'on n'a jamais fait puis qu'on espère ne jamais faire au Québec.

Mme Blais (Annabelle) : O.K. Mais vous n'avez pas besoin de... le premier ministre n'a pas besoin nécessairement de déclarer un état d'urgence ou un état précis, là. Ce pouvoir-là s'applique...

M. Arruda (Horacio) : C'est-à-dire qu'il y a deux lois. Il y a la Loi sur la sécurité civile qui, elle, est souvent utilisée dans les questions de catastrophes, etc., mais là on est véritablement dans un domaine de maladies infectieuses. On travaille avec nos partenaires de la sécurité civile parce qu'il va falloir voir à de l'approvisionnement de nourriture ou certains éléments autres. On travaille avec... tout le gouvernement travaille là-dessus. Mais, on n'est pas, actuellement, régis par la Loi de sécurité civile. Si c'est nécessaire parce qu'il y a un dysfonctionnement de la société, là, on peut utiliser cette loi-là.

Le Modérateur : Michel David...

Mme Blais (Annabelle) : ... en fait, c'est parce que là on parle de rassemblements, d'évènements, là, comme un match du Canadien. Mais dans un centre commercial ou, par exemple, au casino, il y a des personnes qui se déplacent, ce n'est pas un évènement, mais il y a beaucoup de monde. Donc, est-ce que ça aussi, à cette étape-ci, on interdit aux gens d'y aller?

M. Arruda (Horacio) : Non, parce qu'on n'est pas encore... il n'y a pas de circulation intense chez nous. Puis ce que je veux vous dire aussi, c'est qu'on va voir que les gens vont commencer aussi à prendre ça en charge puis ils vont éviter... Ce n'est pas : on est ensemble, tout le monde ensemble pendant trois heures, puis on est enfermés, là. Quand vous allez chez votre... Les gens vont faire attention, vont faire de la distanciation sociale. Si vous voyez quelqu'un, quelqu'un qui va tousser, il va être mal vu dans le Costco, s'il ne fait pas d'étiquette respiratoire. Ça fait que c'est ça qui va être fait. Mais, comme je vous l'ai dit, ça, c'est en date d'aujourd'hui.

Le Modérateur : Merci. Michel David, Le Devoir. Ensuite, on passe en anglais.

M. David (Michel) : ... vous empêchez les fonctionnaires et les élèves d'aller aux États-Unis, mais alors, en toute logique, il faudrait empêcher les gens qui viennent des États-Unis d'entrer au Québec. Je comprends que ce n'est pas le Québec qui peut décréter une fermeture de frontière puis que vous allez en parler demain, mais vous, qu'est-ce que vous en pensez? Qu'est-ce que vous allez proposer à vos collègues demain à Ottawa?

M. Legault : Bien, justement, là, je veux qu'on le fasse en collaboration. Je ne veux pas aller vous donner une réponse directe aujourd'hui puis après, bon, en discuter dans un deuxième temps avec Justin Trudeau ou les premiers ministres des autres provinces. Moi, je pense qu'il faut le considérer sérieusement.

M. David (Michel) : Tout ce qui se passe là, votre gouvernement va être concentré là-dessus, là, au cours des prochaines semaines, prochains mois. Est-ce que ça va avoir un effet sur un certain nombre de choses que vous vouliez faire et que vous allez reporter? Et j'ai à l'esprit, par exemple, parce que vous aller exercer... il va y avoir beaucoup de pression sur les services, le secteur de la santé, il y a des négociations dans le secteur public, actuellement, qui peut créer un climat plus difficile. Est-ce que vous envisagez de faire une pause dans les négociations, le temps que le pire de la crise passe?

M. Legault : Oui, effectivement, la question se pose, là. Puis j'ai commencé à en parler avec Christian Dubé, là, qu'est-ce qu'on doit faire concernant les négociations avec le réseau de la santé, parce qu'on va avoir besoin de leur appui. Et évidemment, dans le cadre d'une négociation, il y a toujours un climat tendu qui peut arriver. Donc, on regarde différents scénarios avec le Conseil du trésor pour voir comment on pourrait faire peut-être une entente spéciale avec le réseau de la santé.

Le Modérateur : Merci. On passe à l'anglais. Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day. Mr. Arruda, just to clarify something you said about at what level we're at in the crisis. And Mr. Legault said at this : Well, we are not at the point of closing schools because we don't have direct communication of the virus from individuals. But at what point do you step in further? As my colleague mentioned, shopping malls are still opened, food courts are still opened, the casino is still opened. At what point do you step up to the point of closing these places in addition? Because some of these places have certainly more than 250 people in them.

M. Arruda (Horacio) : Yes. And I just want to say that we are not in crisis because we have not lost control of the situation. We could be in crisis. And what we want to do is to prevent the crisis. So, all the work we did since January is around this. Actually, there is only... there is 13 cases in Québec, all coming from outside of the country, no local transmission.

So, actually, our focus is to lower the risk of somebody coming from elsewhere to Canada to contact... give the disease and don't be worried about that. And it's why most of the measures are related for travel issues. Because we want to begin to lower the risk also of unknown transmission that could be at a lower rate now. It's why we are taking those measures.

But tomorrow, if we get information about there is local transmission, those steps are going to be added. And it depends if it's in schools or in adults... But actually, there is no reason to say somebody : Don't go shop there. But, if you're sick, try to have a good hygiene thing. And this is all those things that are going to be added that will make us lower the risk of having a high curve.

M. Authier (Philip) : And also, for Mr. Legault, will this also imply, if we get to that stage, much faster testing? Because now, we're only testing people who have symptoms, who voluntarily... But, could you expend the testing?

M. Arruda (Horacio) : Yes, it's clear, based on the epidemiology, you know. If there is cases here, we'll have to take... test. As for diagnosis, we are going to have to do it. So, it's clear, it's clear. But we are now focusing where the risk is. I cannot... Actually, for the Quebeckers, if they haven't travelled outside, the risk is not zero, but almost zero.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Mr. Legault, you said that everyone now needs to think about this as a state of emergency, in your opening remarks. Can you elaborate on that a little bit?

M. Legault : Yes. I think that the next few weeks will be critical. And it's important that we take some measures to try not to have too many people contaminated. That's why we're saying : Starting now, all people that travel in another country, whatever is the country, that they should be at home for 14 days when they come back. And for our employees, including employees of the health care and education network, private and public, we will require them to stay at home for 14 days.

Mme Fletcher (Raquel) : So, you're declaring a state of emergency?

M. Legault : There's an emergency to take action in order to make sure that we don't become in a crisis. So, right now, it's under control. We only have 13 cases, and it's under control. But the next few weeks will be very important. But also, I want to tell Quebeckers that it will take months before we see the end of this situation.

Mme Fletcher (Raquel) : Sir, just one quick clarification. Can you tell us how many people will be in self-isolation, how many teachers, how many public health servants? And do we have enough people to replace them?

M. Legault : We don't have those figures so far. It's starting today, so it means it's not retroactive. It's starting today for all people, and we're asking them not to travel anymore. But some are in other countries today. So we don't have those figures so far.

Le Modérateur : Stéphane Giroux, CTV.

M. Giroux (Stéphane) : My question is for Mr. Premier and Mrs. McCann. You're asking teachers and nurses to self-quarantine if they come back. First question : OK for teachers, but what about students? Because there's a lot of them that are coming back from March break. And, if it also touches nurses, and there's a lot of them, are you afraid it's going to create a shortage in the health care system at a time when you need your nurses the most?

Mme McCann : Well, I think it's important to follow this request, this very serious request. It's mandatory for nurses, teachers, the students to go into mandatory isolation. For, certainly, people in the health system, it's mandatory, but for the others, what we're saying is that the teachers, the students who come back, any traveller who come back from all the countries in the world, we ask them voluntarily to go in isolation. For the health system and the education system, it's mandatory.

M. Giroux (Stéphane) : But are you afraid that it's going to limit the pool of nurses? Because a lot of them are travelling at this time of the year. It's March break.

Mme McCann : I agree, but it's better to prevent at this point because, if we don't do that, it's going to be worse, we're going to have more cases and we're going to have more shortages. So it's better to do it now and to prevent a greater shortage in the future. And again, as I mentioned, we can reorganize our activities and let go of some activities in the health system that are not urgent to concentrate on the necessary essential activities.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Premier, you're basically asking Quebeckers to change their habits for months. You realize how much you're asking them today?

M. Legault : Yes. I'm asking a lot. I think that we have a major challenge, and, if we want to succeed, I need the help of all Quebeckers. So, I know I'm asking a lot, not to travel anymore, make sure they don't go to a show or a hockey game. It's a major change, I understand that. But the situation is very critical, and, when we see what happened in Italy, for example, what's happening, very close, in the State of Washington, I think people can understand that it's for the best of all Quebeckers that I'm asking that.

Mme Senay (Cathy) : And for businesses, when you say : OK, and employees will have to self-quarantine themselves, I mean, we don't know how far that's going to go. So how far are you willing to go to help them, and Quebeckers as well, to limit the...

M. Legault : We know that we have a stabilisation reserve of 14 billion dollars. So, I will not try to save money. I think it's important. If we see that the private sector is dropping activities, that we compensate by the public sector. Because the impacts, the economic impacts will be coming from many reasons. First, the commercial exchanges, they will be reduced, less exportation, less input for some companies. Tourism, we'll see less tourists in Québec. There's maybe an opportunity to ask Quebeckers to take their next vacation in Québec. But, for sure, you'll see here, in Québec City, less tourists. Of course, the confidence is so important in economy. We see already that some projects that were supposed to be done soon, they will be delayed by some investors. And, of course, the drop of 20%, 25% in stock exchanges, it means that people will have less money for consumption of all kinds of goods and services. So, we will need to compensate that.

So, of course, today, I want to talk about health care, and I think our top priority must be health care, but we are already working on many measures to help our economy going through this tough situation.

Mme Senay (Cathy) : ...in front of you, Mr. Legault.

M. Legault : Yes, yes.

Le Modérateur : Merci à tous. M. Legault, Mme Blais. On a déjà beaucoup débordé déjà...

M. David (Michel) : ...la conférence qui a été annulée à Ottawa, là, il y a quand même un développement important, là. Vous ne pourrez pas parler de la frontière avec vos homologues, là, et de rien d'autre.

M. Legault : Il y a des téléphones, il y a des vidéoconférences, on va quand même... puis on se parle déjà, là, donc je pense que les discussions vont se poursuivre, là, qu'il y ait une rencontre ou non. De toute façon, dans la rencontre de deux jours, c'était seulement un des sujets. Il y avait les autochtones, il y avait toutes sortes d'autres sujets. Je pense que c'est important qu'on se concentre actuellement sur les impacts du coronavirus, puis on va trouver des moyens de parler avec nos collègues des autres provinces puis avec le gouvernement fédéral.

Le Modérateur : Merci à tous d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. À bientôt.

(Fin à 12 h 45)