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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le jeudi 12 novembre 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à ce point de presse du premier ministre du Québec, François Legault, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda. Sans plus tarder, je vous cède la parole, M. le premier ministre.

M. Legault : Oui, merci beaucoup. Évidemment, quand on regarde la situation de la pandémie un peu partout dans le monde, ça peut être angoissant. On peut se demander : est-ce que ce qui arrive en Europe, aux États-Unis, c'est ce qui nous attend, dans les prochaines semaines, au Québec? Donc, je comprends que la situation, là, pour bien du monde, est un peu angoissante.

Quand on regarde aux États-Unis, c'est un peu exponentiel. Les États qui sont proches de nous autres puis qui ont des grandes villes, bien, on voit : Massachusetts, qui inclut Boston, hier, 2 600 nouveaux cas, puis c'est un État qui est plus petit que le Québec; le Michigan, qui est à peine plus gros que le Québec, avec Détroit, 6 600 nouveaux cas hier; Illinois, qui inclut Chicago, 12 600 cas hier.

Puis, quand on regarde la situation dans les hospitalisations, c'est un peu la même chose, là, c'est exponentiel. Si vous prenez, par exemple, le Michigan, en trois semaines, le nombre de personnes hospitalisées pour la COVID a triplé en trois semaines. Et, aux États-Unis, quand on regarde l'ensemble du portrait, là, évidemment, il y a des États que ça va mieux puis des États que ça va plus mal, mais, en moyenne, aux États-Unis, toutes proportions gardées, il y a deux fois plus d'hospitalisations qu'au Québec.

Ça fait qu'évidemment la question que je discute avec le ministre de la Santé, c'est : Serait-on capable, demain matin, d'absorber, là, deux fois plus de patients COVID? Ce serait difficile puis ça mènerait à reporter certaines chirurgies.

Quand on regarde du côté de l'Europe, en particulier en France, c'est encore plus dramatique, là. Hier, en France, il y avait 32 000 personnes hospitalisées. 32 000 personnes hospitalisées, c'est comme si nous autres, on en avait 4 000 au lieu de 500. C'est sept fois plus que nous autres. C'est clair, là, que le Québec ne pourrait pas, avec son réseau de la santé, supporter sept fois plus de personnes, sept fois plus de patients COVID dans ses hôpitaux.

Bon, on a souvent parlé du mystère de l'Ontario. Par contre, on a vu hier le maire de Toronto annoncer la fermeture des restaurants et des gyms pour les 28 prochains jours.

Donc, voilà que la situation est inquiétante, est angoissante. Par contre, si on se compare avec les États-Unis puis l'Europe, ça va mieux au Québec. Donc, pour ça, je veux tout de suite remercier les Québécois. C'est parce que les Québécois ont fait plus attention que les gens, entre autres, à Boston, à Détroit, à Chicago, à Paris. Donc, bravo aux Québécois.

Mais, en même temps, il n'y a rien de garanti pour la semaine prochaine, pour dans deux semaines, parce que c'est le même virus qui se promène partout. Puis à chaque jour, moi, je me dis : Une chance qu'on a pris des mesures, puis qu'est-ce qu'on pourrait faire pour être encore plus prudents? Parce que je pense que, comme premier ministre du Québec, j'ai le devoir de protéger la population, donc de sauver des vies, de sauver notre réseau de la santé. Mais je ne vous cacherai pas, là, on a été transparents depuis le mois de mars, que les prochaines semaines vont être «tough» pour les Québécois.

On voit aussi que la situation se détériore, entre autres, dans nos écoles. On a maintenant 1 174 classes qui sont fermées. Mais, quand on regarde la tendance, depuis deux jours, on a fermé 324 classes de plus. En deux jours. Donc, il y a une situation, là, qui est inquiétante.

Mais, en même temps, je veux être bien clair, là, puis apporter une précision concernant la ventilation. Bon, d'abord, nous, depuis le début, on a toujours suivi les recommandations du Dr Arruda puis de la Santé publique. Il n'y a pas, en tout cas selon la Santé publique, d'indication que ces cas-là... en tout cas, la majorité de ces cas-là, qu'ils seraient reliés à des problèmes de ventilation.

Donc, pour l'instant, la recommandation qu'on avait eue il y a quelques mois et puis qu'on continue d'avoir, de la Santé publique, c'est de s'assurer de bien faire l'entretien des systèmes de ventilation dans les écoles. Donc, pour être bien clair, là, la Santé publique ne nous a pas dit : Ça prend une évaluation de la qualité de l'air dans chaque classe ou ça prend un purificateur dans chaque école, là. On n'a pas eu ces recommandations-là. Par contre, le ministre de la Santé a demandé au Dr Arruda de réévaluer la situation avec des experts de l'extérieur. Mais pour l'instant il n'y a pas de modification de la part de la Santé publique par rapport aux recommandations qu'on a eues depuis l'été passé.

Par contre, au-delà de la qualité de l'air puis de la ventilation dans les écoles, je viens de le dire, 324 classes de plus de fermées en deux jours, c'est inquiétant. Donc, c'est pour ça, ce que vous avez vu dans un média aujourd'hui, j'ai demandé qu'on regarde la possibilité de fermer les écoles pour une période bien définie, là, pas de façon prolongée, mais pour une période bien définie.

C'est sûr que, je veux être très candide et puis transparent avec vous, j'aurais préféré que la discussion soit terminée puis qu'on ait une conclusion avant que ça sorte dans un média. Mais malheureusement il y a eu une fuite non souhaitée dans un média aujourd'hui. Mais je garde la même position, c'est-à-dire, les derniers endroits qu'on veut fermer, ce sont les écoles parce qu'on a des enfants qui ont déjà manqué plusieurs semaines d'école au printemps. Évidemment, on va avoir, dans les prochains jours, des discussions avec les syndicats pour voir s'il y aurait une possibilité de prolonger les cours au mois de juin, peut-être même juillet, si on fermait les écoles pour une certaine période, là. Mais, pour moi, ça reste la dernière solution. Mais actuellement, quand on regarde la situation, bien, il ne faut pas exclure aucune solution.

Ça fait que c'est pour ça qu'on regarde ça avec la Santé publique. Il n'y a pas de décision de prise, là. Puis, bon, malheureusement, c'est dans les médias. Puis, je vous confirme, c'est vrai qu'on est en train de regarder cette possibilité-là. Ça ne veut pas dire qu'on va le faire puis on n'a pas décidé exactement pour quelle période on voudrait le faire.

Donc, je conclus en vous disant : On a une deuxième vague, là, mondiale qui est très, très forte et puis on a une deuxième bataille à livrer. Puis là on est comme dans la période critique. Les prochaines semaines vont être critiques. Donc, j'ai besoin de l'appui de tous les Québécois. Je compte sur vous puis je vous remercie à l'avance.

Good afternoon, everyone. We see that the second wave is very strong elsewhere in the world. Right now, it's much less strong here than in the United States and Europe and that's because of all your efforts. So I would like to thank all Quebeckers for this. But we have to be very careful. It's the same virus, and we see that our numbers are starting to increase. We need to protect our health system and we need to do that in order to be able to treat everyone and to save lives.

So, the next few weeks will be difficult. We've been forced to close some school classes in the recent days. Public Health authorities tell us that there's no indication that the transmission is linked to a ventilation problem. We're following their advices on this, but we've asked them to reassess their position with other experts.

That being said, schools are a place of transmission. It is why we're evaluating the possibility of closing the schools for a limited period of time. And, as I've said before, that's our last solution. Children have already lost many days of school, last spring, but we have to consider all our options to break the wave. So, with this second wave, we have a second battle against the virus, and I am counting on you all. Thank you.

Le Modérateur : Merci. Nous allons amorcer la période des questions avec Valérie Gamache, de Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : Je veux juste bien comprendre. Quand vous dites, pour ce qui est des écoles, de fermer un moment, est-ce que vous parlez du temps des fêtes à ce moment-ci? Est-ce que ce serait de prolonger... Est-ce que vous confirmez que c'est à ce moment-là que vous voudriez fermer les écoles?

M. Legault : Oui. Mais, en même temps, bon, est-ce qu'on devance, est-ce qu'on allonge vers la fin? Là, on doit briser la vague. Évidemment, on va suivre ce qui se passe dans les données, au cours des prochains jours, mais, par exemple, fermer les écoles pour un mois, incluant le temps des fêtes, peut-être un petit peu plus, un petit peu moins, c'est ce qu'on regarde actuellement. Puis on sait que les deux endroits où il y a le plus d'éclosions, c'est les entreprises puis c'est les écoles.

Donc, bon, on regarde toutes sortes de possibilités actuellement. Il n'y a rien de décidé. C'est pour ça que je vous avoue que j'étais un petit peu en maudit, ce matin, de voir ça dans les médias. Mais ça fait partie des scénarios qu'on regarde. On est à 1 300 cas, les hospitalisations augmentent, les décès augmentent. On regarde ce qui se passe ailleurs, je pense que ça serait irresponsable qu'on ne regarde pas toutes sortes de scénarios. Mais je préfèrerais vous dire ce qu'on va faire quand on va avoir décidé de ce qu'on va faire.

Mme Gamache (Valérie) : Mais avec, justement, 1 300 cas, avec le fait que ça augmente, est-ce que ce n'est pas... Puis vous en avez parlé souvent, qu'à Noël vous aimeriez peut-être ça, là, donner un break aux familles. Est-ce qu'à ce moment-ci ce n'est pas risqué de donner cette espèce d'allègement là, si jamais c'était encore dans vos cartons, à Noël?

M. Legault : Oui. Bien, ça dépend. Quand je regarde, là, puis je suis ça, là, au jour le jour, la plupart des États, là, même les États qui sont très affectés aux États-Unis, ils permettent un petit peu de visites à la maison. Donc, est-ce qu'à partir du 23 novembre ou pour le temps des fêtes, comme je le disais la semaine passée, on pourrait permettre à une personne, mettons un étudiant, une étudiante qui habite chez ses parents, de voir un, deux amis? Ça fait partie des choses qu'on regarde. Mais ce qu'il faut éviter, c'est les rassemblements. Et puis, bien, ça vient confirmer… L'étude de Stanford, là, vient le confirmer, les restaurants, les gyms, ça a été prouvé, démontré que c'est des lieux de rassemblement qui ont créé des grosses éclosions. Donc, ça, on ne regarde pas pour les réouvrir.

Le Modérateur : Fanny Lévesque, LaPresse.

Mme Lévesque (Fanny) : Oui, bonjour. M. Legault, vous avez dit, en parlant des écoles, que, dans la majorité des cas, vous n'avez pas l'indication que ce serait lié à un problème de ventilation, la majorité des cas. Est-ce que vous avez des cas où le problème en cause est la ventilation?

M. Arruda (Horacio) : ...que l'OMS le dit, là, on reconnaît qu'il peut y avoir certaines situations où il y a de la transmission, mais c'est très rare. C'est véritablement les autres mesures... c'est des grosses gouttelettes, c'est à courte distance… puis il faut porter le masque puis laver les mains. Mais on n'a pas de documentation, nécessairement, actuellement, là, de situation particulière dans une école au Québec où il y a eu transmission par manque de ventilation. On a toujours eu des situations où on pense que la transmission s'est faite dans le contexte de contact entre les personnes. C'est ce que je peux répondre actuellement.

Mme Lévesque (Fanny) : Très bien. Et toujours sur la ventilation, hier, M. Dubé, vous avez dit que le plan concernant la ventilation aurait dû être fait cet été. Vous avez admis ça. M. Legault, est-ce que vous partagez l'opinion de votre ministre de la Santé là-dessus?

M. Legault : Je vais laisser mon ministre préciser sa pensée.

Mme Lévesque (Fanny) : O.K., très bien. Mais ensuite est-ce que vous... vous nous direz si vous partagez son opinion.

M. Dubé : Alors, pour être clair, là, je pense qu'il faut écouter l'ensemble de l'entrevue que j'ai donnée et non seulement une phrase, là, parce que je pense que c'est très clair, ce que j'ai dit, puis je vais le répéter clairement aujourd'hui. Ce que j'ai dit, c'est que, dans un contexte où les changements ont été importants, dans les derniers mois, par rapport aux différentes expertises qui sont sorties, et notamment avec l'OMS qui a pris une position différente au cours des dernières semaines, là, pas des derniers mois, par rapport à la contamination aérienne, alors, si, aujourd'hui...

Et j'ai mis plusieurs «si» dans ma phrase lors de l'entrevue hier. J'ai dit : C'est très facile de dire aujourd'hui que, si la contamination aérienne s'avère un élément déterminant, comme un des éléments déterminants, bien, effectivement, on aurait dû faire des choses, mais, encore aujourd'hui, ce n'est pas le cas. On n'a pas été prouver... ça n'a pas été prouvé. Et c'est pour ça que le premier ministre a dit tout à l'heure : Assurons-nous — puis c'est ça que j'ai demandé à la Santé publique de dire — à la lumière des nouvelles informations qu'on a de l'OMS, est-ce que c'est nécessaire de refaire... de mettre à jour l'opinion pour s'assurer que, si la contamination aérienne est un facteur déterminant, on va poser des gestes? C'est le premier point.

Le deuxième point, pour être très clair, c'est que ça ne nous a pas empêchés, notamment en éducation comme dans la santé, depuis le mois de mai, de faire... puis ça faisait partie de notre plan de la deuxième vague aussi, de demander à nos gestionnaires, autant en éducation qu'en santé, de faire le ménage des filtres, de s'assurer que les systèmes...

Alors, je veux juste vous dire que la réponse que j'ai donnée hier, elle est la même que je vous donne aujourd'hui. Il y a eu beaucoup de changements au niveau des experts. On va continuer à se fier aux experts, puis en ce moment c'est pour ça qu'on a demandé une mise à jour.

Le Modérateur : Claudie Côté, TVA.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Bonjour à vous trois. Je reviens sur la possibilité d'allonger les vacances de Noël pour les élèves, pour ceux qui vont à l'école. Je comprends que votre idée n'est pas faite encore, là, mais en ce moment, il y a probablement beaucoup de parents qui sont très inquiets de la décision qui va être prise, parce qu'ils doivent planifier, doivent savoir s'ils doivent prendre des vacances, s'ils doivent être en télétravail. Donc, est-ce que vous pouvez les rassurer? Et votre décision, elle va être prise quand?

M. Legault : Bien, écoutez, là, on a vu, depuis quelques jours, le nombre de cas est passé de 1 000 à 1 300. On a vu ce qui se passe aux États-Unis, ce qui se passe en France. Ça change à chaque jour. On pensait encore il y a quelques semaines qu'on serait capables de casser la vague avec les mesures qu'on avait. Là, il semble... en tout cas, on n'a pas réussi à la diminuer, ça, c'est certain. Donc, on va continuer d'avoir des discussions puis on va essayer, évidemment, de prévenir les parents le plus longtemps à l'avance si c'est la décision qu'on prend. C'est pour ça que j'aurais préféré que ça ne sorte pas dans les médias, mais, bon.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : ...une question pour nos collègues au Saguenay, là, parce que la situation n'est vraiment pas drôle en ce moment au Saguenay. Il y a des records de cas, et le CIUSSS a décidé de réduire l'accès aux tests, là, il y a un problème avec les tests de dépistage, il faut y aller avec rendez-vous, ça prend 15 minutes, puis il n'y a plus de rendez-vous disponible, les gens ne peuvent pas aller se faire tester. Pourquoi cette décision-là a été prise? Est-ce qu'on va ajouter une clinique de dépistage? Qu'est-ce qu'on fait au Saguenay, là?

M. Dubé : Moi aussi, j'ai pris connaissance de ça, parce que, quand j'étais au Saguenay lundi, j'ai discuté, justement : Est-ce que les gens avaient besoin d'aide? J'ai parlé avec la P.D.G. là-bas pour s'assurer qu'on avait... autant au niveau du dépistage que du traçage, qu'on allait leur donner du support, ce qu'on a déjà envoyé. Alors, je suis un peu surpris de ça.

Mais par contre ce que je vais faire, je vais continuer de vérifier parce qu'on a donné à la direction, à la responsable, la P.D.G., là-bas... de lui donner le maximum de personnes. On a déjà envoyé des gens, je le répète, là, en traçage puis en dépistage, qui viennent de Chaudière-Appalaches parce que justement la situation est meilleure depuis quelques semaines. Alors, je vais juste m'assurer que les gens ont accès à tout le dépistage nécessaire.

Alors, je vais le faire dans les prochaines heures parce que je n'avais pas cette information-là, moi, qu'on faisait une restriction du dépistage. Ça me surprend un peu. Puis je vais m'assurer que le personnel est là parce qu'on l'a offert, puis on nous a dit que, pour le moment, il n'y avait pas d'enjeu. Alors, je veux juste comparer les notes que vous avez et les miennes.

Le Modérateur : Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour. Pourquoi vous n'envisagez pas une solution avec des demi-classes où on alterne le présentiel, comme on dit, et des classes en virtuel? Est-ce que ça, c'est une option qui est encore possible?

M. Legault : Bien, écoutez, d'abord, on n'a pas de grand surplus d'enseignants, comme vous le savez, là. Donc, si on divise les classes en deux puis qu'il y en a une partie qui est faite à la maison puis une partie qui est faite en classe, il nous manquerait d'enseignants pour être capables de faire ça. Je pense que, rendus à la fin du secondaire, les jeunes peuvent être un peu plus autonomes puis étudier par eux-mêmes, là, mais je pense que, pour les plus jeunes, ce serait difficile.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Puis mon autre question, je la lance un peu à la blague, mais en même temps je suis certaine qu'il y a des parents qui se posent la question. Si c'est bel et bien envisagé de faire des partys de Noël avec deux foyers différents, comment les parents vont faire pour choisir? Vous, M. Arruda, vous avez trois enfants, par exemple. Lequel des trois vous allez choisir pour fêter Noël?

M. Legault : Le choix de Sophie?

M. Arruda (Horacio) : Oui. J'espère ne jamais en arriver à ça. Mais essentiellement il faut voir qu'on n'a pas terminé nos discussions. On est en train de regarder tous les scénarios, voir les situations, quel effet a, par exemple, dans une famille de cinq ou six personnes… Ça fait que je pense qu'actuellement, là, il serait trop tôt pour vous dire, vous donner l'information précise parce que les discussions ne sont pas terminées.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : C'est bel et bien une option, les deux foyers?

M. Arruda (Horacio) : Bien oui, mais là encore faut-il définir qu'est-ce que sont les foyers puis qu'est-ce que sont le nombre de personnes, est-ce qu'on va diviser... parce que ce qui est très important, là, je pense, le premier ministre l'a dit, c'est les rassemblements puis c'est l'incapacité de retracer, là, les grandes... Tu sais, vous avez un rassemblement avec des gens qui viennent de partout au Québec, là. Alors là, on va essayer d'arriver à trouver ce qu'on appelle un Noël familial, adapté, puis en santé, puis qui va nous permettre de rester en santé. Un Noël familial, adapté puis en santé. Puis là on est en train de peaufiner parce que le diable est toujours dans les détails.

Le Modérateur : Geneviève Lajoie, Le Journal de Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour, messieurs. Je reviens sur la question de ma collègue, tout à l'heure, M. Legault. Vous n'avez pas répondu, mais ce n'est pas simple. Qu'est-ce qu'on fait avec des enfants de six ans, huit ans? Peut-être certainement une semaine, si on compte le mois, là, dont vous parlez, donc les enfants finiraient une semaine avant, recommenceraient une semaine plus tard. On fait quoi avec des enfants de six ans, huit ans? Si on est infirmière, il faut s'en aller travailler. Qu'est-ce qu'on fait? Bien, on les confie à nos grands-parents, hein, c'est le réflexe de tout parent. Est-ce que c'est vraiment une bonne chose?

M. Legault : Vous étiez là au printemps, on a eu le même dilemme à l'époque. On a, comme, gardé les garderies ouvertes en particulier pour le personnel du réseau de la santé. Donc, effectivement, là, on est très conscients que, si on a une période plus longue où on ferme les écoles, ça a un impact sur les parents, très, très conscients de ça, puis ça a un impact indirect sur les entreprises. On n'est pas encore rendus à faire une proposition, là, mais c'est certain que, si on fait proposition qui va dans ce sens-là, bien, effectivement, on va essayer de trouver les meilleurs moyens pour limiter les inconvénients pour les parents.

Mme Lajoie (Geneviève) : Je vous pose la question à tous les deux, M. Legault, M. Arruda, au sujet des services de communications qui ont été payés au Dr Arruda. Je voulais savoir : Est-ce que les Québécois, dans une crise comme on la vit à l'heure actuelle, est-ce qu'ils ne veulent pas davantage un directeur national de santé publique, un expert en santé publique, un médecin de santé publique qui n'a pas la langue de bois, qui dit, donc, les vraies affaires, la plupart du temps, qu'un directeur de santé national façonné par un spécialiste des communications?

M. Arruda (Horacio) : Vous me permettez de répondre?

M. Legault : Bien oui.

M. Arruda (Horacio) : Il faut comprendre qu'en pandémie les communications, c'est un élément hyperimportant. Quand je m'adresse ici, c'est important que les gens comprennent ce que je dis. Je veux dire, c'est à ma demande, pour avoir du feed-back sur comment je communique les choses, que le ministère de la Santé, qui habituellement, aussi, quand on n'est pas en situation de crise, nous coache par rapport à la question de comment communiquer le message... Ce n'est pas une communication de fonctionnaire ou de langue de bois, là, je suis tout simplement... Mais c'est m'assurer que je donne une bonne prestation en termes de communications, comme directeur national de santé publique, comme des directeurs de santé publique, par rapport à ça. Et d'avoir un regard externe sur ce que je fais actuellement m'aide à mieux communiquer.

Mme Lajoie (Geneviève) : Merci.

Le Modérateur : Merci. Je vais relayer une question qui a été transmise par texto par Caroline Plante de LaPresse canadienne sur le même sujet. M. le premier ministre, que dites-vous aujourd'hui aux contribuables qui devront payer 20 000 $ par mois pour un coach de communication pour le Dr Arruda?

M. Legault : Bien, écoutez, moi, j'ai un coach de communication. Le ministre de la Santé a un coach de communication. Dr Arruda est très présent avec les médias. Ça ne veut pas dire, parce qu'on a un coach de communication… puis, je pense, vous me connaissez assez pour savoir que ça ne veut pas dire nécessairement qu'on va commencer à avoir la langue de bois. Mais c'est une question de bien vulgariser, bien communiquer les informations qu'on a au public. Donc, c'est tout à fait normal que les personnes qui ont à communiquer avec les journalistes puis avec la population aient des coachs de communication.

Le Modérateur : Est-ce le gouvernement ou la Santé publique qui a requis les services du coach et qu'est-ce que cela dit sur l'indépendance du directeur national de santé publique?

M. Arruda (Horacio) : C'est le ministère de la Santé, à ma demande, qui... Parce que je voulais avoir du feed-back et que l'équipe ministérielle étant hypersurchargée dans d'autres dossiers de la pandémie, j'ai demandé à être supporté de ce côté-là. Ça n'a rien à voir avec... c'est à ma direction des communications au ministère de la Santé.

M. Bergeron (Patrice) : Puis vous n'y voyez pas une atteinte à votre indépendance?

M. Arruda (Horacio) : Absolument pas. Comme je vous l'ai dit, on a beau avoir fait des communications, il y a toujours moyen de s'améliorer, hein? Il faut aussi anticiper quelles sont les préoccupations que les gens peuvent avoir. Et, d'avoir un regard externe, c'est aidant pour moi, dans ma fonction professionnelle, qui doit comprendre des communications à la population.

Le Modérateur : Très bien. Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. M. Legault, vous avez parlé d'allonger la période de fermeture, peut-être, des écoles pendant le temps des fêtes, que les principales éclosions venaient des écoles et des entreprises, de l'impact de la fermeture des écoles sur les parents qui travaillent en entreprise. Est-ce qu'on peut penser que fermer les entreprises pendant la même période, ça fait aussi partie des scénarios?

M. Legault : Écoutez, justement, un coach de communication suggérerait de ne pas répondre à cette question hypothétique, hein, parce qu'on ne peut pas réfléchir à haute voix. On regarde différents scénarios, puis, quand on a pris des décisions, le coach nous dit : C'est à ce moment-là qu'on doit communiquer. Donc, si j'écoute bien mon coach, malheureusement, je ne répondrai pas à votre question.

M. Bossé (Olivier) : Donc, votre coach va être content. Je vous amène un petit peu ailleurs. Vous avez… On comprend que rouvrir les salles à manger de restaurants, ce n'est pas pour tout de suite, et tout ce qui est sujet à rassemblements. Ce matin, on avait, entre autres, le représentant de l'association des restaurants de Québec ou du Québec qui disait : Le plan d'aide pour les restaurants, c'est trop lourd. Il dit même aux restaurateurs : Bâdrez-vous pas avec ça, c'est trop compliqué pour l'argent que vous pouvez toucher. Est-ce qu'il y a un problème avec ce plan d'aide là?

M. Legault : Bon, d'abord, quand on demande de l'aide du gouvernement, c'est normal que le gouvernement demande des preuves, le loyer qui est payé puis, bon, des factures. Je comprends que ce n'est pas nécessairement des gros montants, le loyer d'un restaurant, mais c'est important de demander des factures. Évidemment, aussi, on a souhaité que, pour les plus petits commerces, ça soit décentralisé dans les MRC. Bon, ça suppose quoi? Ça suppose que les réponses puis les façons de traiter les demandes peuvent être un peu différentes d'une MRC à l'autre. Mais c'est le prix à payer de la décentralisation.

Puis moi, ce que j'aime, dans cette décentralisation, c'est que les gens les connaissent les restaurants et connaissent les commerces qui ont besoin vraiment d'aide. Donc, moi, j'aime bien cette approche-là décentralisée. Mais, bon, il y a des gens, pour toutes sortes de raisons, quand on leur demande : Quels étaient vos revenus dans la dernière année, qui n'ont pas toutes les informations. Bon, c'est normal, dans une petite entreprise. Mais, quand on demande de l'aide, je pense qu'on doit être capable de fournir un minimum d'information sur son commerce.

Le Modérateur : Question transmise par François Carabin, Métro. Après l'INSPQ, voilà que l'OMS vous recommande de réduire les classes, dans les écoles, de moitié. Pourquoi ignorez-vous ces recommandations?

M. Legault : Bien, c'est que c'est un peu théorique. Si, demain matin, on divise les classes en deux, ça prend deux fois plus de classes puis ça prend deux fois plus d'enseignants. Puis l'OMS ne nous a pas dit où on trouvait les classes puis où on trouvait les enseignants pour mettre en place cette suggestion.

Le Modérateur : Dans les sept derniers jours, la Montérégie a enregistré 1 045 cas de COVID-19, Lanaudière, 965, et le Saguenay—Lac-Saint-Jean, 722. Est-ce que ces régions empêchent les régions adjacentes de Montréal et de la Capitale-Nationale de revenir en zone orange?

M. Dubé : Oui. Bien, en fait, on a souvent dit, puis on va le répéter, qu'on peut regarder Montréal comme une île, mais on a aussi regardé Montréal comme la CMM. Alors, c'est évident que, lorsqu'on voit les décisions qu'on a prises, on a vu qu'il était la meilleure décision de prendre ce qu'on appelle le Grand Montréal, où il y a une grande partie de la CMM, pour prendre nos décisions lorsqu'on a décidé de faire certaines mesures. Je pense qu'on va continuer d'obtenir l'opinion de la Santé publique par rapport à ça. Mais je ne vois pas pourquoi ça changerait, à moins d'opinion contraire de la Santé publique, parce que les déplacements de l'île de Montréal sur la Rive-Sud ou sur la Rive-Nord pourraient avoir beaucoup d'impacts si on avait des zones d'alerte différentes. Alors, ça a été notre principe depuis le début puis on va continuer de le regarder comme ça pour être certains qu'on a la bonne opinion de la Santé publique.

M. Legault : Pour être bien clair, là, je regarde le nombre de nouveaux cas confirmés et le nombre de cas actifs, puis, si on enlevait Lanaudière et Montérégie, on garderait la grande région de Montréal dans le rouge.

Le Modérateur : O.K. Une question envoyée par Louis Tremblay, du journal Le Quotidien. Alors, une question adressée à Christian Dubé. M. le ministre, lors de votre passage au Saguenay en début de semaine, les syndicats d'infirmières et de préposés aux bénéficiaires réclamaient la mise en place de mesures incitatives du gouvernement pour obtenir du renfort en personnel des CISSS et des CIUSSS où la situation le permet. Depuis, jour après jour, le CIUSSS doit retirer des dizaines d'employés contaminés ou en contact avec des personnes infectées. Le problème s'amplifie. Est-ce que le ministère a l'intention de venir en aide au CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean?

M. Dubé : Bien, écoutez, je vous répondrais très rapidement qu'on a déjà commencé à aider, et c'est pour ça que j'ai mentionné, et je vais le répéter, tout à l'heure, que, lors de ma rencontre avec la P.D.G., qui est responsable, on lui a dit qu'on lui donnerait toute l'aide nécessaire qui viendrait de l'extérieur, notamment de Québec ou de Chaudière-Appalaches. On a eu ces discussions-là. On les aide du côté non seulement hospitalier, mais du côté des milieux de vie. Puis, en plus, on a demandé aux élus locaux de pouvoir travailler avec la communauté pour être capables d'aller chercher des bénévoles qui se sont directement offerts de pouvoir aider, notamment dans les CHSLD, au besoin. Alors, on a, je le répète… J'ai demandé à la P.D.G. Elle nous a dit que, pour le moment, elle avait la situation sous contrôle et que, si elle avait besoin d'aide additionnelle, on pourrait l'aider avec des régions avoisinantes comme la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.

Le Modérateur : Nous allons maintenant passer aux questions en anglais. Plusieurs questions ont été posées par correspondance cet après-midi. Alors, CBC.

Journaliste : Well, I want to talk to you about the municipalities of Saint-Sauveur and Sainte-Adèle that have asked some roadblocks to be installed in the region to literally block the circulation between Montréal and the Laurentians. Is it something that you could put in place?

M. Legault : That's not something that we're looking and we think it's not necessary at this point.

Journaliste : Et pouvez-vous la répondre en français, concernant Saint-Sauveur et Sainte-Adèle, s'il vous plaît?

M. Legault : Oui. On pense que la situation ne nécessite pas de mettre des barrages. Rappelons-nous, on avait mis des barrages au printemps parce qu'il y avait des zones qui étaient très différentes les unes des autres. On avait aussi, à l'époque, fermé les entreprises puis les écoles. Actuellement, les entreprises sont ouvertes. Ce serait difficile, avec les entreprises ouvertes, là, de mettre ce genre de mesure.

Mme Gamache (Valérie) : And talking about the school break that you're thinking about, there's Concordia University and le collège de Montréal that have already extended their Christmas break. Is this something you would recommend to other universities, CEGEPs and schools?

M. Legault : Right now, most of those universities and colleges, they give their courses with Teams or videoconference. So I don't think it's changing much to change the duration or the timing of the vacation.

Mme Gamache (Valérie) : It's to give their people a break, I mean teachers and people who work at the university.

M. Legault : I'm not sure I understand.

Mme Gamache (Valérie) : It's to give their people...

M. Legault : A break?

Mme Gamache (Valérie) : Yes, a break, people who work there.

M. Legault : Yes. They'll have a break for Christmas.

Le Modérateur : Des questions de The Gazette. Mr. Legault, LaPresse reported this morning you're considering extending the Christmas break in schools. You had spoken against the idea last month. What has changed since then?

M. Legault : Nothing, except that right now the number of cases is increasing, and the situation is very worrying in the United States and Europe. So, for me, it's still the last solution, but right now we've seen a very important increase also in classrooms that we had to close. So we're looking at this possibility, but there's no decision taken.

Le Modérateur : «Justement», Mr. Dubé, all of the indicators seem to be going in the wrong direction, and we are seeing increases in cases not just in the regions, but also in Montréal. How bad are things right now?

M. Dubé : Well, I think we clearly are worried about the situation elsewhere, and the increase that we've seen is probably not at the same level in Montréal than we have in Saguenay—Lac-Saint-Jean and Lanaudière. But if we look at it as a trend, this is our decision always to be ahead of the wave, and I think we've done that since the beginning. So, when we see the numbers going the wrong direction, whatever that number is, if we see the trend going the wrong way, we have to act. And that's what we have done in putting some areas like Lac-Saint-Jean very quickly under the red alert.

What we see, and the Premier has said it many times, what we see outside of Québec, in Europe or in the United States, is preventing us... to make sure that we look what's happening and make sure we make the call at the right time. And that's what we do right now.

Le Modérateur : Une question de CTV.

Journaliste : ...that we will be able to be together with our family for Christmas?

M. Legault : Of course, it's too soon to answer the question. We would like that families be able to be together during Christmas time, but… And we'll make efforts. And we're discussing also about measures that we can put in place in order to minimize the potential impacts of these meetings. We may have to have a maximum of people in these parties. But again, it's too soon. So, as soon as we'll have taken a decision, we'll tell you.

Journaliste : And you said that Public Health didn't make any link between ventilation in class and the propagation. But do you have any plan to ventilate classrooms, considering… I mean, aerosol is something we know that spreads the virus.

M. Arruda (Horacio) : What we do is that… We understand that it could happen not very frequently, but it's what CDC, WHO are telling actually. In fact, what we have been doing since months it's to say that it's good to ventilate, not only because of COVID-19, just because that it is. My Minister asked me to look back at new data, working with engineers, to look if there is something that could be helping. But I would want to focus things, which is very important, you know?

And you were asking if we are able to be together at Christmas time. What is important, and I'm sure, actually, there is… people are not respecting all the things that we said, the two meters, the mask and hygiene. And it's those things that are going to make an... in a new way, to have a Christmas which will be familial, adapted and in health. And it's what we are looking, how to do it.

And we do prefer to make a reflection and let that happen, than let it go, and everybody is going to do that, I would say, underground and with big parties, which will be a risk. Because, now, the virus is here, and I don't want to be in a nightmare like, I would say, in United States this Christmastime.

Le Modérateur : Une question de Kevin Dougherty, de iPolitics. The federal Government has agreements with companies to buy COVID-19 vaccines. Does Québec have similar agreements? And will the federal Government provide vaccines to Québec?

M. Dubé : It's very clear that the agreement that the federal has with the large companies, the Pfizers of this world, Medicago in Québec, seven big providers… but the agreement is between the province, between Québec, and the federal, and we have our share of all those agreements that will be made. So the agreement is between Québec and the federal, and the federal negotiates for all Canada with the pharmaceutical companies.

M. Legault : …that I have a conference call with Justin Trudeau tonight, and with other Premiers of the other provinces, and it's one of the questions I want to raise.

Le Modérateur : En français là-dessus, je pense, ça peut intéresser nos collègues francophones.

M. Legault : Oui. Donc, bien, cet après-midi, j'ai une rencontre du Conseil de la fédération, que je préside maintenant, avec les premiers ministres des autres provinces, et, ce soir, nous avons un appel conférence avec le premier ministre du Canada. On a une liste de sujets qu'on veut discuter avec le premier ministre du Canada. Évidemment, toute la question de l'augmentation des transferts en santé parce qu'on doit embaucher de plus en plus de gens actuellement dans le réseau de la santé, donc ça prend du financement récurrent, qu'on n'a pas eu jusqu'à présent, du fédéral, qui a surtout fait des annonces de montants non récurrents.

Concernant le vaccin de Pfizer et les autres potentiels vaccins, il y a déjà eu des discussions entre les ministres de la Santé des provinces et du fédéral, mais on veut en savoir un peu plus sur la façon que ça va être déployé dans les provinces. Puis on veut, bien sûr, garder toute la marge de manoeuvre pour les façons dont ça va être déployé dans chacune des provinces, c'est-à-dire que chaque province soit responsable de la distribution des vaccins.

Le Modérateur : Puisque le temps le permet, on va accepter d'autres questions en rafale, maximum cinq minutes. Geneviève Lajoie.

Mme Lajoie (Geneviève) : Je voudrais savoir, outre le scénario du congé un mois, est-ce que vous envisagez aussi, au lieu de remanier le calendrier scolaire, qui est un peu plus compliqué, de terminer, donc, comme c'est prévu, mais peut-être, au retour, de faire une ou deux semaines à distance, de cours à distance pour les élèves?

M. Legault : Bien, notre préférence, c'est toujours d'avoir le maximum de cours qui se donnent en présence. On pense que c'est beaucoup plus motivant et c'est meilleur pour les enfants. On ne peut pas penser faire moitié-moitié les classes. Et puis on pense que, pour les plus jeunes, c'est difficile de le faire par vidéo. Mais on avait déjà un plan de prêt cet été au cas où ça devrait être mis en place. Mais, pour l'instant, on ne regarde pas ça.

Le Modérateur : Marie-Michèle Sioui.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous avez dit que les prochaines semaines vont être «tough» pour les Québécois. Qu'est-ce que ça veut dire? Est-ce qu'on peut fermer autre chose que les écoles, des commerces par exemple? À quoi on peut s'attendre,l en fait? Qu'est-ce que vous entendez par là?

M. Legault : Bien, ce qu'on veut, là, c'est qu'il faut réduire les contacts. Donc, il y a déjà des mesures qui sont en place qui, malheureusement, ne sont pas appliquées par tout le monde. Donc, il va falloir s'assurer que les mesures soient appliquées puis, si des amendes doivent être données, qu'elles soient données. Maintenant, est-ce qu'on doit ajouter des mesures? À ce moment-ci, on ne peut pas rien exclure, surtout quand on regarde la situation aux États-Unis puis en Europe.

Le Modérateur : Claudie Côté.

Mme Côté-Chabot (Claudie) : Juste préciser ce qui est envisagé. Est-ce qu'on parle bien des enfants du primaire et secondaire? Pourquoi pas juste prolonger les vacances pour les enfants du secondaire et laisser les enfants du primaire à l'école? Ça donnerait une chance aux parents.

M. Legault : Bon, déjà, le secondaire, il y en a une partie, là, qui est déjà à la maison, là, pour des cours par visioconférence, là. Donc, ça, ça ne changerait rien, d'une certaine façon. Donc, on regarde les plus jeunes, le secondaire I et II puis le primaire.

Le Modérateur : Valérie Gamache.

Mme Gamache (Valérie) : Est-ce que vous vous êtes donné un «deadline» pas juste dans le temps, mais également en termes de cas? Vous parliez il y a quelques semaines de, tu sais, quand on sera peut-être à 500, 800 cas, dépendamment des hospitalisations. Est-ce qu'il y a un «deadline» dans le temps puis en termes de cas que vous vous êtes fixé? Parce qu'à un moment donné il va falloir que vous disiez aux Québécois, là, tu sais, de monter le sapin ou pas, là.

M. Legault : Bien, qu'ils devraient monter le sapin. Moi, je pense, dans tous les cas, là, ça ferait du bien au moral de tout le monde. Montez le sapin, pas en grosse gang, là, mais montez le sapin.

Mme Gamache (Valérie) : Mais je vais prendre quand même une réponse sur la… Je vais prendre une réponse sur la première partie de ma question.

M. Legault : C'était quoi déjà?

Mme Gamache (Valérie) : C'est-à-dire, avez-vous un «deadline» en termes de cas et de temps?

M. Legault : Bien, écoutez, ce n'est pas simple. Il n'y a pas juste un indicateur. Je vous avoue, là, qu'on est agréablement surpris jusqu'à présent de la relative faible augmentation des hospitalisations, O.K.? On pensait qu'avec plus de 1 000 cas il y aurait à un moment donné une accumulation puis il y aurait une plus haute augmentation des hospitalisations. Par contre, je ne ferais pas de gageure avec personne sur où on sera avec les hospitalisations la semaine prochaine, là. Mais, jusqu'à présent, ça va relativement mieux qu'on pensait avec les hospitalisations. Comment ça ira dans la prochaine semaine, bien là c'est à voir.

Le Modérateur : Fanny Lévesque.

Mme Lévesque (Fanny) : Bien, c'est très bien ce que vous dites parce que ça m'amène à vous poser cette question-là. On a le plateau des cas depuis au moins six semaines, les hospitalisations, ça se maintient aussi, comme vous le dites. Mais au niveau des décès, on a une hausse très marquée depuis quelques jours. Et là, depuis une semaine, la moitié des décès sont en CHSLD. Est-ce que vous craignez qu'on revive... même si la situation est moins grande que dans la première vague, pour les CHSLD, est-ce que vous avez l'impression qu'on va revivre... ou est-ce qu'on va avoir une mortalité plus élevée en CHSLD encore une fois? Est-ce qu'on va l'échapper au niveau des morts, là, cette année... dans la deuxième vague?

M. Legault : Avant de passer la parole à Christian, là, peut-être... puis on est tous les deux comptables, ça fait que peut-être qu'on va dire la même chose, là. Quand vous regardez la moyenne des décès depuis une semaine, depuis sept jours, c'est 23, O.K., dont 11 dans les CHSLD. Donc, vous avez raison. Si on regarde la moyenne, sept jours, au printemps, on avait, par jour, 128 décès, dont 89 dans les CHSLD. Donc, ça veut dire que la moyenne de décès par jour — par jour — dans les CHSLD est passée de 89 à 11. C'est beaucoup, 11, mais c'est beaucoup moins que 89.

Mme Lévesque (Fanny) : Mais, même si c'est moins que la première vague, je veux dire, c'est des décès quand même, et là ça rentre dans les CHSLD, même si on n'en a moins qu'au printemps. On va en avoir trop, là, mais est-ce que ça vous inquiète, là, que ça rentre dans les CHSLD puis que ce sont les gens des CHSLD qui meurent?

M. Legault : Bien, écoutez, chaque décès m'inquiète, là, mais c'est certain qu'on n'est pas du tout dans la même situation qu'au printemps, là. Quand j'entends des gens dire : Ça ressemble au printemps... Bien, au printemps, on avait 89 décès par jour dans les CHSLD; là, on en a 11. Donc, il y a quand même toute une différence. 11, c'est trop. Bon, maintenant, on fait du travail, puis le ministre de la Santé va compléter ma réponse.

Le Modérateur : Dernière question, Olivier Bossé.

M. Legault : Ah! non, il va compléter.

Le Modérateur : Oh! pardon, excusez-moi.

M. Dubé : O.K. c'est bon. Bien, écoutez, je pense que je l'ai dit plusieurs fois, depuis une semaine, c'est sûr que dans mon travail, notamment, de répéter les règles de protection et contrôle des infections, c'est que nous avons... C'est pour ça qu'on a refait la mise au point avec nos P.D.G., cette semaine, au début. Je leur ai demandé si on avait besoin de mettre à jour certains endroits parce que je pense que l'essentiel... Je le dis souvent, là, mais, sur 400 CHSLD, on en a 11 où la situation est difficile. Alors donc, ça vous donne quand même... non seulement en termes de décès, mais en termes d'endroits où on a eu des difficultés que je jugerais importantes. Alors là, ce qu'il faut, c'est encore une fois resserrer les mesures de prévention et de contrôle. C'est ce qu'on a fait cette semaine, puis on va continuer de pousser là-dessus. Parce que c'est d'empêcher qu'il rentre, le virus, et c'est ça qu'on est en train de faire en ce moment dans l'ensemble de nos CHSLD.

Le Modérateur : Olivier Bossé.

M. Bossé (Olivier) : La question est facile; la réponse, évidemment, ne l'est pas. Après tout ce qu'on a dit, sauver Noël, les prochaines semaines vont être toffes, on ne peut pas penser qu'entre le 23 novembre et le 23 décembre les mesures vont être relâchées. Ça peut juste être égal ou plus serré encore.

M. Legault : Bien, écoutez, encore là, on a dit qu'on ferait le point après deux semaines, ce qu'on a fait cette semaine. On va vous faire le point dans deux semaines. Je l'ai déjà dit, moi, ce que j'aimerais... Je pense entre autres aux étudiants, là, les étudiants qui sont au collégial puis à l'université, puis qui n'ont pas vu leurs amis, puis qui n'ont pas le droit des voir. Bien, qu'est-ce qu'on peut faire, là? Est-ce que, dans les maisons, on est capable de donner un petit peu plus de possibilités? On va regarder ça, mais il est trop tôt. Il est trop tôt, là, pour le dire, puis ça ne se ferait pas avant le 23.

M. Dubé : Mais ce que j'aimerais dire, c'est... Juste ajouter, aujourd'hui, là...

M. Bossé (Olivier) : ...la prévisibilité...

M. Dubé : Mais pour les deux prochaines semaines, je pense que, si on a besoin... pas d'ajouter des mesures en ce moment mais de suivre celles qui sont là, moi, je vous le dis, là, on a besoin de redonner un coup dans les deux prochaines semaines pour se créer cette marge de manoeuvre là, de suivre... On l'a dit, là, si on suit les mesures actuelles, on l'a vu, Québec a été capable de baisser ses cas, et ça, c'est parce qu'on a suivi les mesures, mais il faut faire encore mieux. Et, si chaque région fait le même effort qui a été fait dans la région de Québec au cours des dernières semaines, moi, je pense qu'on peut le voir dans deux semaines, qu'on aura à discuter, qu'est-ce qu'on peut faire.

Mais il faut créer cette marge de manoeuvre là, et c'est une responsabilité partagée. Chacun doit se regarder dans le miroir puis dire : Est-ce que je peux faire cet effort-là pour m'assurer que je restreins mes contacts? Et c'est avec ce message-là qu'on aimerait vous laisser aujourd'hui.

Le Modérateur : Très bien. C'est ce qui met fin au point de presse. Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 53)

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