Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
jeudi 28 novembre 2024
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Vol. 47 N° 60
Étude détaillée du projet de loi n° 74, Loi visant principalement à améliorer l’encadrement relatif aux étudiants étrangers
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Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Tardif, Marie-Louise
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Lecours, Isabelle
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Bogemans, Audrey
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Gendron, Marie-Belle
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Blais, Suzanne
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Paradis, Pascal
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Lecours, Lucie
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Paradis, Pascal
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Lecours, Lucie
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Roberge, Jean-François
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Morin, André Albert
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Paradis, Pascal
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Tardif, Marie-Louise
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Lecours, Isabelle
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Bogemans, Audrey
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Gendron, Marie-Belle
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Blais, Suzanne
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Lecours, Lucie
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Roberge, Jean-François
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Paradis, Pascal
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Setlakwe, Michelle
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Lecours, Lucie
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Paradis, Pascal
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Roberge, Jean-François
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Setlakwe, Michelle
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Tardif, Marie-Louise
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Lecours, Isabelle
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Schmaltz, Valérie
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Gendron, Marie-Belle
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Blais, Suzanne
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Lecours, Lucie
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Setlakwe, Michelle
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Roberge, Jean-François
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Lecours, Lucie
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Paradis, Pascal
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Morin, André Albert
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Lecours, Lucie
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Paradis, Pascal
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Roberge, Jean-François
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Lecours, Lucie
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Paradis, Pascal
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Roberge, Jean-François
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Lecours, Lucie
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-cinq minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance à la Commission des relations avec les citoyens ouverte. La
commission, je vous le rappelle, est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 74, Loi visant principalement à améliorer
l'encadrement relatif aux étudiants étrangers.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce) est remplacée par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont); Mme Prass (D'Arcy-McGee) par M. Morin
(Acadie); et M. Bérubé (Matane-Matapédia) par M. Paradis (Jean-Talon).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Bienvenue. Lors de l'ajournement nos
travaux, hier, tard en fin de soirée, nous en étions à l'étude de l'amendement
de la députée de Mont-Royal—Outremont à l'article 5
du projet de loi, et je pense que, M. le député de l'Acadie, vous voulez nous
parler, alors le micro... le micro est à vous.
M. Morin : Merci. Merci, Mme
la Présidente. Alors, bonjour, tout le monde. Heureux de vous retrouver ce
matin. Nous avons déposé, hier, un amendement, et on a fait un débat là-dessus.
Il y a eu aussi une discussion quant à la forme et à la rédaction pour s'assurer
que... de bien... de bien cerner, dans le cadre d'un amendement, le débat qu'on
a fait.
Ce que je... ce que je voudrais faire, Mme
la Présidente, c'est retirer cet amendement-là et en déposer un qui est à peu
près au même effet, mais qui est plus <précis...
M. Morin :
...et en
déposer un qui est à peu près au même effet, mais qui est plus >précis,
avec le consentement des collègues, étant entendu qu'une fois... s'ils
consentent, une fois le nouvel amendement déposé, je ne referai pas le débat
qu'on a fait hier. Je pense qu'on l'a fait amplement hier soir. Alors, c'est...
c'est ce que je voulais vous demander, Mme la Présidente, pour débuter ce
matin.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, je comprends que vous retirez l'amendement de votre
collègue. Y a-t-il consentement pour le retrait de l'amendement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Et vous en déposez un nouveau, que nous
allons voir à l'instant. Laissez quelques secondes. Il est dans Greffier, si
vous voulez le consulter, mais nous allons le voir sur les écrans. Je vais vous
inviter à en faire la lecture. Voilà.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, article 5, article 52.1 de la Loi sur l'immigration
au Québec : Modifier l'article 52.1 tel que proposé par l'article 5
du projet de loi par l'insertion dans le deuxième paragraphe après les mots
«d'études», les mots «en excluant le 2e et le 3e cycle universitaire».
Donc l'article modifié se lirait comme
suit :
«1° elle porte sur la suspension de la
réception ou du traitement de demandes;
«2° elle porte sur le nombre maximal de
demandes que recevra le ministre, si ce nombre maximal est fixé en fonction
d'une distinction, notamment d'une région du Québec, d'un ordre d'enseignement,
d'un cycle d'études en excluant le 2e et le 3e cycle universitaire, de
services éducatifs, d'une catégorie d'établissement d'enseignement, d'un centre
de services scolaire, d'un établissement d'enseignement ou d'un programme
d'études, ou si des exceptions sont prévues.»
La raison du dépôt de cet amendement,
c'est que nous comprenons bien sûr qu'à l'article 5 du projet de loi, qui
va modifier l'article 52.1 de la loi, le gouvernement conserve toujours le
droit, le pouvoir d'établir un nombre de demandes ou de certificats. Cependant,
dans l'article actuel, il y a... le gouvernement veut se donner une souplesse
en pouvant faire des distinctions dans différentes catégories.
Dans le cadre de cette souplesse, et c'est
le plaidoyer qu'on faisait hier soir, compte tenu de ce qui a été dit en
commission parlementaire par les groupes, on voudrait exclure le deuxième et
troisième cycles universitaires pour que ça reste, finalement, entier et que ce
soient les universités qui puissent continuer, finalement, bien sûr avec le
gouvernement, mais de gérer ces programmes-là et les admissions dans leurs
programmes. Alors, je ne reprendrai pas ce qui a été dit hier soir, je l'ai
fait mien ce matin, c'était clair, on en a discuté. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on comprend que vous avez modifié un peu le libellé?
M. Morin : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je
comprends très bien l'intervention du collègue. Je comprends que ce libellé est
plus fidèle à l'intention. Je ne suis pas en accord avec la proposition, mais
je respecte tout à fait le propos du collègue, puis je trouve que c'est
cohérent avec les intentions d'hier.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le libellé... bien,
je m'excuse, l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'intervention, je vais
mettre... Oui?
M. Morin : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Alors, un vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Morin (Acadie)?
M. Morin : Pour.
La Secrétaire : M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire : M. Paradis
(Jean-Talon)?
M. Paradis : Contre.
La Secrétaire : Mme Lecours
(Les Plaines)?
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention.
Alors, l'amendement est rejeté. On revient
donc à l'article 5, tel qu'amendé. Alors, y a-t-il à nouveau des
interventions? Je vais prendre le député de Laporte et je vous reviens après, monsieur...
de «Laporte», je m'excuse, Jean-Talon.
M. Paradis : Vous avez....
Jean-Talon, oui, Jean-Talon. Vous avez, dans Greffier, une proposition
d'amendement, Mme la Présidente, que j'aimerais présenter.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, un d'amendement est déposé. Il était déjà dans
Greffier. C'est ce que j'en comprends. On va l'ouvrir dans quelques instants.
Et je vais vous demander d'en faire la lecture.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Voilà. C'est bien celui-ci? M. le député, c'est bien
celui-ci?
M. Paradis : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, je vais...
11 h 30 (version révisée)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...c'est bien celui-ci? M. le député, c'est bien celui-ci?
M. Paradis : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Paradis : Très bien. Donc,
insérer, dans le paragraphe 2° de l'article 52.1 de la Loi sur l'immigration
au Québec proposé par l'article 5 du projet de loi et après «prise», les mots
suivants, donc, «après consultation des établissements d'enseignement désignés
concernés».
Alors, en fait, c'est dans... ça dit...
là, je note que ça dit «dans le paragraphe 2°», mais c'est dans le deuxième
alinéa, donc le paragraphe qui commence par : «Malgré le premier alinéa,
une telle décision doit être prise». Vous avez le texte ici, là : «Malgré
le premier alinéa, une telle décision doit être prise, après consultation des
établissements d'enseignement désignés concernés, sur la recommandation
conjointe du ministre et, selon leur compétence respective, du ministre de l'Éducation»,
etc. Donc, je pense que le ministre... Oui, vous vouliez parler, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Paradis : Très bien. Je
voyais votre micro s'allumer. J'ai bien noté que le ministre a dit que ces
décisions-là se prendraient en connexion avec les gens du milieu. Je pense qu'il
va de soi que le ministre, quand il va faire sa recommandation conjointe avec l'un
ou l'autre des autres ministres, va vouloir avoir l'opinion des établissements
d'enseignement désignés qui sont concernés par les décisions qu'il va prendre
en fonction des critères qui sont établis au paragraphe 2° du deuxième alinéa
de l'article 52.1.
Les gens qui sont venus en consultations
particulières, de l'ensemble du réseau et des associations étudiantes, nous ont
dit que... bon, plusieurs, leur position initiale, c'était de ne pas être visés
par les dispositions, mais ils disaient : Si nous sommes visés par les
dispositions, on aimerait, en tout cas, être consultés. Je pense que ça va de
soi que, de toute façon, le ministre va consulter, va être en connexion avec
les gens du terrain. Donc, je pense qu'on devrait l'inscrire à même la loi
modifiée, qu'il y aura un tel processus de consultation, qui est très
important, je pense, pour tous les acteurs concernés.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. J'ai le député de Saint-Henri—Sainte-Anne qui a
demandé la parole pour son intervention. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Je pense que c'est un amendement très pertinent, très utile, que
j'appuie totalement. Je pense qu'on pourrait aussi avoir ce devoir de
consultation là au premier alinéa. Quand même, là, je pense qu'on pourrait l'avoir
au premier et au deuxième, et ça ne serait pas de trop.
Donc, j'y reviendrai un petit peu tout à l'heure,
mais je pense effectivement que... Le ministre l'a dit, puis je l'ai noté à
quelques reprises, là, M. le ministre, vous avez dit que c'était une évidence
que le réseau allait être consulté, puis je vous en remercie, puis je pense que
c'est la bonne décision pour vous et vos collègues, évidemment, de consulter le
réseau. On en parle souvent, puis vous l'avez encore dit hier, on l'a encore
dit avant-hier, qu'il y aura des gens après nous dans ces chaises-là, puis je
veux être sûr que le devoir de consultation dépasse vous, comme ministre, et,
éventuellement, bien, aussi la ministre de l'Enseignement supérieur et de l'Éducation,
ces ministres-là également, tels qu'ils le sont aujourd'hui.
Ça fait que d'enchâsser dans la loi au
moins une exigence de consultation, ce qui laisse quand même une grande marge
de manœuvre, là, une consultation, c'est quand même bien juste une
consultation, mais qu'on s'assure légalement qu'il y ait quand même cet
exercice-là, ce devoir-là qui, vous nous l'avez dit, semblait une évidence puis
qui allait être réalisé quand même, je pense qu'on protégerait ou on s'assurerait...
ou on rassurerait le réseau... les réseaux comme quoi les décisions seraient
prises avec consultation, prises en consultation. Donc, je pense qu'on pourrait
faire un geste positif. Donc, j'accueille très, très favorablement la
proposition du député de Jean-Talon.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais prendre l'intervention du député de l'Acadie, puis,
après ça, M. le ministre, vous allez pouvoir répondre. Allez-y.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, à mon tour, j'appuie l'amendement qui est présenté par le
député de Jean-Talon parce qu'une critique qui a été faite du projet de loi par
l'ensemble des groupes, presque tous les groupes, ça a été de déplorer le
manque de prévisibilité, et de faire en sorte qu'il y ait une prévisibilité et
une certaine stabilité, et ce que je comprends de cet amendement qui est déposé
par le collègue de Jean-Talon, c'est que la consultation fera en sorte que ce <sera
dans la loi. Et donc ça rappelle...
M. Morin :
...c'est
que la consultation fera en sorte que ce >sera dans la loi. Et donc ça
rappelle finalement à tout le monde, autant les maisons d'enseignement que le
gouvernement, qu'il y aura ce processus-là, et donc de planifier en
conséquence.
Dans les différents mémoires, et je n'en...
et je n'en citerai que quelques-uns, la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain nous parlait d'un cadre réglementaire prévisible, HEC Montréal nous
rappelait l'impérieux besoin de prévisibilité. Et, finalement, les mémoires de
Laval, McGill, Montréal et Sherbrooke nous rappelaient comment le processus de
recrutement se fait et qu'il faut éviter une confusion semée par des
changements qui pourraient avoir un impact.
Donc, je pense que c'est un... c'est un
élément qui apporterait une prévisibilité, et donc que ce serait bénéfique.
Alors, pour ces raisons, Mme la Présidente, je vais voter en faveur de l'amendement.
Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Je comprends l'orientation. Cependant, c'est un peu... en fait,
c'est extrêmement implicite, un ministre, et son cabinet, et son ministère sont
en relation permanente avec... avec leur réseau. C'est à chaque jour,
honnêtement, qu'un ministre est en consultation ou en discussion avec son
réseau. Quand ce n'est pas lui, c'est son cabinet ou alors son ministère, puis
il est toujours informé des différentes choses. Donc, pour moi, c'est comme une
évidence. On pourrait inscrire cet élément-là une dizaine de fois, dans plein
de lois, tout le temps, mais donc je ne suis pas favorable à l'amendement, pas
parce que le gouvernement ne parle pas aux réseaux, le gouvernement ne parle pas
aux établissements ou les ministres ne parlent pas à leurs établissements, mais
parce que c'est quelque chose qui est vraiment d'une évidence et c'est
implicite. Donc, pour cette raison-là, je ne suis pas favorable à l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions? Député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, on vient
d'entendre le ministre dire que, oui, il y aurait des consultations, mais que
c'est implicite, c'est évident, mais c'est... ça, ce n'est pas... Là, il faut...
il faut arriver au principe d'interprétation législative. Si le ministre dit
que c'est implicite puis c'est évident qu'il va y avoir des consultations, il
faut lui poser la question inverse. Sans cette mention-là, est-ce qu'il y a une
obligation de faire au moins cette consultation et est-ce qu'un ministre ou une
ministre qui n'aurait pas les mêmes intentions que le ministre actuel pourrait
décider de ne pas consulter?
M. Roberge : Bien, un
ministre qui voudrait prendre une décision de cette nature sans avoir d'aucune
manière... parce que des consultations, ça peut être vraiment de plein de
manières, d'aucune manière l'écho... de toute façon, je pense que ce ou cette
ministre-là ferait une consultation et ne tiendrait pas compte des opinions
exprimées. Là, on parle d'un cas théorique, de quelqu'un qui ne voudrait rien
savoir de son réseau. Je ne pense pas que ça existe, là. Et donc d'imposer un
échange de lettres ou une rencontre de travail, parce qu'une consultation, ça
peut être bien des choses, je ne pense pas que ça changerait le net à la fin.
Donc, cette possibilité théorique, je pense, n'éclaire pas le débat.
• (11 h 40) •
M. Paradis : ...par étapes.
Le ministre dit : Ça pourrait se retrouver à plusieurs endroits dans le
projet de loi. Pourquoi moi, j'insiste pour que ça se retrouve ici, c'est parce
que c'est l'endroit où on dit qu'il va y avoir une décision qui va porter «sur
le nombre maximal de demandes que recevra le ministre, si ce nombre maximal est
fixé en fonction d'une distinction, notamment d'une région du Québec, d'un
ordre d'enseignement, d'un cycle d'études, de services éducatifs, d'une
catégorie d'établissement d'enseignement, d'un centre de services scolaire,
d'un établissement d'enseignement ou d'un programme d'études, ou si des
exceptions sont prévues». Ah! puis il y avait la langue d'enseignement. On a
fait un amendement.
Donc là, on va toucher au cœur de la mission
éducative de plusieurs des enseignements... des établissements d'enseignement
désignés concernés. Donc, c'est pour ça qu'ici ça m'apparaît particulièrement
crucial que l'obligation de consulter se retrouve. Donc, je repose ma question.
Si on ne l'inscrit pas, où, dans le projet de loi n° 74,
trouve-t-on l'indication que le ministre va devoir le faire, va devoir
consulter? Je veux savoir où, dans le projet de loi, il y a une indication,
pour les personnes qui vont <lire le projet de loi...
M. Paradis :
...où,
dans le projet de loi, il y a une indication, pour les personnes qui vont >lire
le projet de loi, qui vont lire ensuite la loi... où c'est indiqué qu'il va y
avoir une consultation des établissements concernés pour une telle décision.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, je pense qu'on part dans une direction où on voudrait inscrire à
plein, plein d'endroits la nécessité, pour un ministre, ou des ministres, ou
tous les ministres, de consulter les acteurs, les réseaux. Lorsqu'il y a des
décisions à prendre, je le répète, c'est implicite, puis, déjà, on l'a vu. Mon
collègue de la deuxième opposition, il dit : Bien, moi, ça, je veux le
mettre aussi dans le premier amendement... pardon, dans le premier paragraphe
parce que, s'il faut le mettre dans le deuxième, il faut le mettre dans le
premier.
Corollaire, aussi, il aurait fallu le
mettre à l'article 3 qui modifie l'article 50. Quand on prend d'autres
décisions, bien là il aurait fallu mettre ça, on avait dit ça, puis, après ça,
quand on tient compte des besoins économiques, il aurait fallu écrire qu'on
consulte les acteurs économiques au cas que, quand on considère les besoins
économiques, on n'aurait pas considéré tous les acteurs économiques, puis, là,
bien, quand on prend... on tient compte de la santé, sécurité, bien-être, bien là
il aurait fallu consulter évidemment tous les experts qui s'occupent de santé
et bien-être, puis, bien, il aurait fallu aussi consulter la CSST, puis il
aurait fallu l'écrire au cas que le ministre...
Vous comprenez, Mme la Présidente? Si on
part dans cette direction-là, on va écrire que tous les ministres concernés
doivent, à chaque fois, avant de prendre des décisions, consulter tout le temps
les acteurs au cas que les ministres ne fassent pas ça. Ce n'est pas la manière
de faire. Ce n'est pas parce que les ministres ne sont pas en relation avec
leur réseau, c'est parce que, tout simplement, ce n'est pas pertinent de l'inscrire
à chaque endroit, voilà. Donc, on n'est pas... on n'est pas en désaccord ici
sur le fond. On est d'accord. On est juste en désaccord sur l'idée d'inscrire
ceci dans la loi.
M. Paradis : Bon, sur les
acteurs économiques puis tous les acteurs, là, je pense que le ministre cherche
à nous amener ailleurs, là. C'est un projet de loi qui porte sur les étudiants
internationaux. Qui dit étudiants internationaux dit établissements
d'enseignement. Là, on parle de consulter ceux qui sont principalement visés
par ce dont on parle. Donc, je ne voudrais pas qu'on compare, là, des pommes
puis des oranges. On parle des établissements d'enseignement dans un projet de
loi... la consultation des établissements d'enseignement dans un projet de loi
qui porte sur l'encadrement des étudiants internationaux. Donc là, ce n'est pas
la même chose, concentrons-nous là-dessus.
Le ministre dit : C'est implicite. Il
y a des principes d'interprétation législative qui sont en jeu. Ça ne marche
pas comme ça, dire : Ah! c'est implicite puis c'est évident. C'est évident
pour le ministre. Ce n'est pas ça... Un projet de loi, ça s'écrit pour... sur
la durée, pour longtemps. Dans quatre, cinq, six ans, il pourrait y avoir des
institutions d'enseignement qui disent : On n'a pas été consultées, puis
là qui vont chercher une prise quelque part dans la loi pour dire : Nous
devons être consultées. S'il n'y a pas cette obligation-là à même le projet de
loi, on va pouvoir leur répondre : Désolés, nous n'avons pas une telle
obligation. Puis, si jamais ça se rendait devant un tribunal, bien, le
tribunal, il ne dirait pas : Ah! bien, le ministre, à l'époque, il a dit
que c'était implicite. Il va chercher à interpréter les articles de la loi tels
qu'ils sont écrits et tels qu'ils auront été modifiés par le projet de loi n°
74.
Donc, si le ministre nous dit qu'il n'est
pas en désaccord, j'ai deux questions. J'en aurai peut-être d'autres, mais,
pour l'instant, j'ai deux questions. S'il n'est pas en désaccord, qu'est-ce qui
l'empêche d'accepter l'amendement? Question corollaire : Qu'est-ce que ça
veut dire, qu'il n'accepte pas l'amendement, qu'il n'accepte pas que ce soit
inscrit? Quel est le désavantage? Quel est l'inconvénient? Et est-ce qu'il est
en train de dire aux gens des établissements d'enseignement, des universités,
des collèges, actuellement, qu'il... peut-être qu'il veut se réserver l'option
de ne pas les consulter? Si c'est ça, s'il dit : Je vais les consulter,
alors qu'est-ce qui l'empêche de l'inscrire dans le projet de loi?
M. Roberge : Je pense qu'on
alourdit inutilement le projet de loi en inscrivant en toutes lettres qu'un
ministre doit contacter son réseau lorsqu'il prend des décisions à propos du
réseau. Pour prendre des bonnes décisions, il faut recueillir des informations.
D'ailleurs, on a traité les amendements à cet égard-là. Pour obtenir des
informations, il faut communiquer avec les institutions. Donc, il y a la
communication, il y a la réception des infos, il y a la demande d'infos. Tout
ça se fait par des échanges entre le ministre, le cabinet, son ministère et le
réseau. Donc, pour moi, ça vient <alourdir le projet de loi...
M. Roberge :
...le
cabinet, son ministère et le réseau. Donc, pour moi, ça vient >alourdir
le projet de loi.
M. Paradis : Bien, moi, à
moins que le ministre me dise qu'il ne consulte jamais ses collègues, pourquoi,
donc, a-t-il écrit dans les mêmes articles qu'il va consulter le ministre de
l'Éducation, du Loisir et du Sport et le ministre de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche, des Sciences et de la Technologie, à moins qu'il me dise :
Oh! il fallait que je l'écrive dans le projet de loi parce que, sinon, je ne
les consulte jamais? Donc là, ici, vous l'avez rendu explicite, vous avez dit :
Je vais consulter mes collègues.
Alors, qu'est-ce que le ministre est en
train de me dire? Soit qu'il l'a écrit parce qu'il ne les consulte pas ou bien
soit que ce n'est pas si implicite que ça puis il faut l'écrire dans un projet
de loi. Il y a un message important que vous lancez aujourd'hui aux gens du
monde de l'enseignement, mais il y a aussi l'interprétation qu'on va faire du
projet de loi. Est-ce que vous êtes en train de dire qu'on va... qu'on va
prendre le risque qu'il y ait une interprétation, dans un an, dans deux ans,
dans six mois, de cette loi-là en disant : Non, finalement, il n'y en a
pas, d'obligation de consultation, je n'ai pas besoin de venir vous parler
avant?
M. Roberge : Bien, pour
répondre à la question de mon collègue, un des éléments, un des ajouts de ce
projet de loi là, qui n'était pas dans l'état de droit actuel, qu'on arrive...
c'est la notion que le ministre de l'Immigration doit forcément travailler avec
l'Éducation et l'Enseignement supérieur lorsqu'il est question d'étudiants
étrangers. Ce n'était pas dans la loi. Là, on l'ajoute. Donc, on vient
considérer d'une manière nouvelle le fait que, lorsqu'on traite d'étudiants
étrangers — ce n'était pas inscrit dans la loi — on traite
non seulement de ressortissants étrangers, mais aussi évidemment d'étudiants.
Voilà un élément nouveau sur lequel on a voulu insister, mais, de dire qu'un
ministre ou un ministère travaille avec son réseau, ce n'est pas un élément
nouveau.
M. Paradis : Bon, prenons
l'article 52.1 tel qu'il est rédigé actuellement. Est-ce que le ministre
est en train de nous dire qu'il ne consulte pas le ministre de l'Éducation, du
Loisir et du Sport et le ministre de l'Enseignement supérieur, actuellement,
quand il discute de... Il va peut-être... Il ne nous ne l'a pas présenté, là,
mais j'imagine puis j'espère qu'il réfléchit à une planification pour l'avenir.
On aurait aimé ça l'avoir avant. On ne l'a pas. Avez-vous... Est-ce que le
ministre est en train de nous dire qu'il ne consulte pas ses collègues de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, donc c'est pour ça qu'il faut qu'il
l'écrive dans le projet de loi? Est-ce que c'est ça qu'il est en train de nous
dire?
M. Roberge : Non, ce n'est
pas ce que je suis en train de vous dire. Je viens de répondre précisément à
cette question-là. On me la repose d'une manière différente. On a voulu
inscrire dans la loi un concept nouveau. Ça, c'est nouveau, de dire, dans la
loi, qu'on considère que la question des étudiants étrangers, puis on l'inscrit,
puis on l'encadre, c'est vraiment quelque chose qui touche à la fois la notion
de l'immigration, la notion des temporaires, la notion de l'éducation et de
l'enseignement supérieur. C'est nouveau. Ce que mon collègue veut rajouter,
c'est un amendement qui dit qu'un ministre gère son réseau en communiquant avec
son réseau. Ça, ce n'est pas nouveau. Donc, je pense qu'il essaie, par
association, de dire : Bien, vous l'avez fait au point de vue des
ministres, bien, corollaire, en toute logique, je vais le faire avec les
réseaux. Je pense que ce n'est pas un raisonnement qui est juste. En tout cas,
ça ne me convainc pas, mais je ne dis pas que ce n'est pas correct. Ça ne me
convainc pas.
M. Paradis : Donc, attendez,
vous êtes en train de me dire que le concept de consulter le réseau, ce n'est
pas nouveau, mais le concept d'inscrire que vous consultez vos collègues de l'Éducation
et de l'Enseignement supérieur pour fixer le nombre total d'étudiants
internationaux puis le nombre selon les critères fixés au paragraphe 2° de
l'article 52.1, ça, c'est nouveau. C'est tellement nouveau que, ça, vous
avez besoin de le mettre dans le projet de loi, mais le concept de consultation
du réseau, ça, vous n'avez pas besoin de le mettre dans le projet de loi. Je
suis... je suis étonné d'apprendre que c'est nouveau, le concept de la
consultation des ministres concernés par le ministre de l'Immigration.
• (11 h 50) •
M. Roberge : Non, je ne pense
pas que vous êtes surpris de ça, ce qui... c'est qu'on l'inscrit dans la loi
qui est... qui est nouveau. C'est ça que j'ai dit. Ne me faites pas dire ce que
je n'ai pas dit. Je n'ai pas dit : C'est nouveau que les ministres se
parlent. Ce n'est pas ça que j'ai dit. Je suis sûr que ce n'est pas ça que vous
avez compris. J'ai dit : C'est nouveau, cette modification législative.
M. Paradis : Bon, alors, si
ce n'est pas nouveau, le concept de consultation des établissements
d'enseignement désignés concernés, je repose ma question : Où se
trouve-t-il, où est-il, où est-il dans le projet de loi n° 74, où est-il
ailleurs dans une loi du Québec, où est-il? Quelqu'un qui veut dire : J'ai
besoin d'être rassuré, j'ai besoin de trouver ça, je ne peux pas juste me fier
à la parole d'un <ministre qui est ici aujourd'hui...
M. Paradis :
...d'être
rassuré, j'ai besoin de trouver ça, je ne peux pas juste me fier à la parole
d'un >ministre qui est ici aujourd'hui, qui me dit : C'est
implicite. Je veux savoir où est-ce qu'il est, ce concept-là de consultation
dont le ministre dit... dont vous dites qu'il n'est pas nouveau. Où est-il?
M. Roberge : Bien, je ne
crois pas qu'il soit utile de rassurer le réseau, qui parle au ministère à
toutes les semaines, à l'effet qu'il va continuer de parler au ministère à
toutes les semaines.
M. Paradis : Si le recteur
de... la rectrice de l'Université Laval est ici, le recteur de l'université de
McGill, nommez... nommez-les, là, vous demandent... Ils sont venus ici vous
dire ça. La fédération des collèges aussi, les collèges privés aussi, tout le
monde, les étudiants sont venus nous dire ça : On veut s'assurer qu'il y a
une obligation d'être consultés. Ils sont ici devant vous, là, ils disent :
Moi, je veux que ce soit dans le projet de loi qu'on va me consulter parce que
c'est des décisions importantes.
Puis ce n'est pas simplement pour juste de
dire qu'on va faire de la confrontation.C'est de la bonne gouvernance. C'est-à-dire
qu'on va se parler pour prendre les meilleures décisions dans l'intérêt du
Québec. Où peuvent-ils trouver, dans le corpus législatif québécois, dans ce
projet de loi, dans une loi, la loi sur l'immigration, dans la loi... peu
importe, l'une des lois concernées, où se trouve cette obligation de les
consulter pour fixer le nombre total d'étudiants internationaux par année ou le
nombre en fonction des critères établis au paragraphe 2° de l'article... de
l'alinéa deux de l'article 52.1? Où est-ce que ça se trouve? Où vont-ils
trouver une emprise pour dire : Bien, il faut le faire?
M. Roberge : Ma réponse, qui
ne satisfait pas mon collègue, mais c'est ma réponse quand même, c'est que les
gens des réseaux savent très bien qu'ils sont consultés et qu'ils sont en
discussion, qu'ils ont l'oreille du ministre, du cabinet et du ministère, et
que ce n'est pas nécessaire de l'inscrire dans la loi à cet égard-là.
M. Paradis : Je cherche à
comprendre, là, puis là ma question est vraiment ouverte. On m'a parlé de
lourdeur, là, mais là je pense que, M. le ministre, vous avez... vous avez vu,
là, vous ne pouvez pas parler de lourdeur parce que l'obligation de
consultation des autres ministres, on pourrait dire... en tout cas, j'espère
qu'on peut dire que c'est évident puis qu'on n'a pas besoin d'avoir ça dans le
projet de loi, parce que, si vous dites... si vous percevez... si vous
persévérez sur cette ligne-là, de dire : Ça, on en a vraiment besoin parce
que c'est nouveau, bien, moi, je tombe en bas de ma chaise, d'apprendre qu'il
faut l'écrire dans un projet de loi, qu'un ministre consulte les autres
ministres qui ont vraiment besoin d'être consultés pour une telle décision. Donc
là, l'argument de la lourdeur, ça ne marche pas parce que vous en avez mis ici,
une obligation de consultation des autres ministres, puis on pourrait prétendre
la même chose, là, on pourrait utiliser les mêmes arguments, pas besoin
d'être... ça, c'est évident, mais là vous dites : Non, non, non, il faut
qu'il soit là.
Moi, je vous dis... Parce que c'est une
demande à peu près unanime de tout le monde qui est venu ici, puis certains,
c'était leur position de repli, ça, vous le savez comme moi, ils demandaient à
être exclus de l'application du projet de loi, ils disent : Mais, si on
est... si on est inclus, il faut qu'on soit consultés. Qu'est-ce qui vous
empêche de l'écrire dans le projet de loi si vous dites que ça, c'est évident,
puis c'est ça qu'on fait? Là, je n'ai pas de réponse à ma question. Ce n'est
pas écrit nulle part ailleurs. On va tenir pour acquis, à moins que vous
trouviez la réponse, que ce n'est pas écrit nulle part ailleurs. Qu'est-ce qui
vous empêche... Quel est le risque? C'est quoi, là, la contrainte? Pourquoi on
ne veut pas l'écrire? Consulter les parties prenantes, c'est de la bonne
gouvernance, c'est de la bonne législation.
M. Roberge : Bien, Mme la
Présidente, c'est tellement évident, le principe de discussion, d'échange
constant entre le ministère, le cabinet, le ministre de l'Enseignement
supérieur et le réseau, qu'on le retrouve à l'article 4 de la Loi sur le
ministère de l'Enseignement supérieur. On parle de «faire la promotion de
l'enseignement supérieur, de la recherche, de la science, de l'innovation,
favoriser, dans ces domaines, la concertation entre les différents acteurs».
Donc, ça fait même partie des fonctions du ministre, la notion de concertation,
la notion de discussion, la notion d'échange. Écoutez, c'est quelque chose qui
est... qui est évident, puis, si on veut le mettre là, il va falloir le mettre
dans toutes les lois qui concernent tous les ministres, de toutes les
décisions, je ne sais pas combien de fois par... par loi, des dizaines de fois,
qu'il faut parler aux réseaux, alors que ça se fait déjà.
M. Paradis : J'ai... On
est... Je pense qu'on peut dire qu'il y a une nouvelle ère qui s'est ouverte,
il y a quelques années, en matière législative, de dire : C'est important
d'écrire ces concepts-là dans nos lois du Québec. Puis c'est intéressant parce
que, malgré ce que le ministre a prétendu, là, hier, j'en ai fait beaucoup, des
commissions parlementaires, dans les dernières semaines, j'en ai beaucoup, de
projets de loi, puis j'ai été, notamment avec vos collègues en matière de
travail, avec vos collègues en matière de justice... projet de loi, par
exemple, n° 42 sur le harcèlement, projet de loi
n° 76 sur la qualité de la <construction, sur plein de domaines...
M. Paradis :
...projet
de loi, par exemple,
n° 42 sur le
harcèlement, projet de loi n° 76 sur la qualité de la >construction, sur
plein de domaines, assistance sociale, tiens, projet de loi n° 71, dans
ces projets-là, paradoxalement, par rapport à ce que le ministre dit, on a
inclus des articles où on dit : On va parler aux parties prenantes. Par
exemple, en assistance sociale, on a dit : Heille! c'est important d'être
connectés sur notre réseau, on va même créer des réseaux régionaux pour qu'on
puisse les consulter.
Moi, je voudrais savoir du ministre
pourquoi... Alors que ses collègues, dans d'autres domaines, l'écrivent
expressément dans les projets de loi, qu'il va y avoir des consultations des
parties prenantes pour que le gouvernement prenne les meilleures décisions dans
l'intérêt public, pourquoi, quand vient le temps ici de parler de consultations
des parties prenantes dans le système d'éducation et d'enseignement supérieur
du Québec pour les étudiants internationaux, là, soudainement, ce n'est plus...
ça ne vaut pas la peine de l'inscrire, ce n'est pas assez... ce n'est pas assez
important pour l'écrire? Il me semble, si le ministre lui-même le dit, que
c'est une évidence, écrivons-la dans le projet de loi, ça va arriver de toute
façon. Je le vois, le ministre hochait de la tête tout à l'heure, a dit :
Bien oui, c'est évident, ça va arriver. Qu'est-ce qui empêche de l'écrire?
Est-ce que le ministre est en train de se garder une porte ouverte pour ne pas
le faire? Puis comment... Qu'est-ce qu'il me dit par rapport à ses autres
collègues qui l'ont fait dans d'autres projets de loi?
M. Roberge : Bien, Mme la
Présidente, on a un désaccord ici pour... De notre côté, on ne pense pas
nécessaire, on pense que ce n'est pas opportun, d'ajouter cet article-là quand
on sait que la communication est fluide, et constante, et qu'elle ne saurait
être autrement.
M. Paradis : Je n'ai toujours
pas, en tout cas, de réponse. Pourquoi ce n'est pas opportun? Quel est le
risque, là, de l'écrire? Je vous le dis, ça ne peut pas être la lourdeur, écartons
celle-là. Je sais que vous l'avez essayée, celle-là, parce que vous en avez
d'autres, des obligations de consultation. C'est une phrase. C'est combien de
mots, 12 mots, l'amendement proposé? Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept
mots. Sept mots dans un projet de loi. Pourquoi c'est... pourquoi ce n'est pas
opportun de l'inscrire?
M. Roberge : Bien là, Mme la
Présidente, j'ai déjà répondu. Je comprends qu'il insiste, puis c'est correct,
mais là j'ai déjà répondu à cette question.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, mais j'y vais dans l'ordre, s'il vous plaît. M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Écoutez, c'est quand même assez surprenant, M. le ministre, vous
dites : Je suis tellement d'accord avec vous, là, je suis tellement
ouvert, je vais tellement le faire, que je vais rejeter votre amendement. C'est
quand même assez exceptionnel comme concept. M. le ministre, quand on est
tellement d'accord, quand c'est tellement évident, quand ça va de soi puis
quand on va le faire, bien, on l'approuve, l'amendement, dans ce temps-là. Ce
n'est pas bien, bien compliqué.
M. le ministre, la proposition
d'amendement, elle n'arrive pas hors contexte, là. Elle arrive dans un narratif
fort important, un narratif de consultations particulières qui a été assez
difficile, qui a été assez inquiétant, où une panoplie d'acteurs et actrices du
réseau universitaire, collégial et autres sont venus sonner l'alarme, là, sur
un projet de loi duquel ils sont très inquiets. Et là on essaie de faire un
geste positif, là, de réconciliation, puis, le collègue l'a bien dit, un geste...
disons, une proposition défensive, là, ou de repli défensif, parce que leur
proposition initiale de retrait a été refusée, et là, encore là, on n'est même
pas capables d'accéder à cette demande minimale. C'est quand même assez
problématique. C'est quand même assez grave.
• (12 heures) •
Et là on a des recteurs, des rectrices,
des directeurs, des directrices, des professeurs, des associations d'étudiants
qui sont venus en commission parlementaire, notamment, nous dire : Là, on
a besoin d'être rassurés. Puis ce n'est pas à tous les jours, là, que des
universités se mettent ensemble pour cosigner des mémoires, puis que les quatre
recteurs, dont certains ne prendront même pas la parole, se présentent les
quatre pour communiquer un point de vue commun à l'effet qu'ils ont... qu'ils
ont peur, qu'ils ont une inquiétude, disons, appelons-la comme ça. Et là le
ministre, d'entrée de jeu, nous a dit : J'accueille ou j'entreprends ce
projet de loi là avec une certaine ouverture, avec une ouverture. Ça a été ça,
la discussion initiale, et qu'on participerait avec... et on leur a promis,
puis on l'a fait avec... de participer de manière constructive, puis qu'il y
aurait de l'écoute de l'autre côté, là.
Là, il y a une proposition d'amendement
fort pertinente, qui ne change pas grand-chose, là, qui ne coûte pas
grand-chose, là, qui ne coûte pas cher au ministre...
12 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...pertinente
qui ne change pas grand-chose, là, qui ne coûte pas grand-chose, là, qui ne
coûte pas cher au ministre, mais qui pourrait faire son long bout de chemin
pour rassurer des dizaines d'intervenants qui ont déposé des mémoires puis qui
oeuvrent dans le réseau collégial puis dans le réseau universitaire. Et on ne
nous a pas fourni le début, l'ombre du début d'une explication à l'effet
pourquoi on ne pourrait pas faire ça.
Donc, le ministre dit : On pourrait
le mettre des dizaines de fois. Ce n'est pas ça, la proposition, là, la
proposition, c'est de le mettre une fois, là. S'il y a quelqu'un qui propose de
mettre ça 10 fois dans la loi, on votera en conséquence. Probablement que
tout le monde ici, autour de la table, on va dire que ce n'est pas une bonne
idée. Là, la seule proposition sur la table, c'est celle d'ajouter une fois l'obligation
de consultation. Donc, le ministre nous a fait part d'une ouverture d'entrée de
jeu. Il y a un contexte fort... fort pertinent dans lequel un réseau a besoin d'être
rassuré, et le geste minimum, minimum vers un potentiel... une potentielle
assurance ou réconciliation, on n'est pas capable d'aller là. Alors, M. le
ministre, je pense, ça ne vous coûte pas cher pour rassurer le réseau,
partiellement, du moins, que d'accepter sept mots.
Et je reviens, en finissant là-dessus, là,
parce que je veux être sûr que vous m'entendiez tantôt. Vous êtes tellement d'accord,
vous dites que c'est tellement évident que votre conclusion, c'est de rejeter l'amendement.
Je trouve ça quand même un petit peu antinomique. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien,
essentiellement, mon collègue a repris les mêmes arguments. La prétention, c'est
que la concertation, les discussions, les rencontres se font de manière fluide
avec diverses... des fois, on appelle ça des tables, des forums, c'est continu.
Et, si on se met à écrire ça là, il va falloir l'écrire un peu partout, dans
toutes les lois. Donc, mêmes questions donnent mêmes réponses.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui. Moi, je
vais essayer un argument un peu différent, on ne sait jamais, peut-être que ça
donnera un résultat différent, peut-être pas, peut-être pas. Il faut lire l'amendement
dans le contexte de l'article 5 du projet de loi. Ce dont on parle ici, ce
n'est pas une table de consultation, ce n'est pas un échange d'informations sur
une base continue avec les recteurs ou les principaux des universités. On parle
ici d'une décision et une décision qui va avoir un impact sur plusieurs
établissements d'enseignement. Alors, c'est de ça dont on parle, d'où l'importance,
je pense, et c'est pour ça que j'appuie l'amendement, d'avoir, avant cette
décision-là, une consultation avec les établissements concernés. C'est ce que
tous les établissements ont demandé.
Et, Mme la Présidente, ce n'est pas... ce
n'est pas un précédent, là, parce que, quand vous regardez, puis je l'ai fait
très rapidement, quand vous regardez le corpus des lois du Québec, là, même si
j'écoute le ministre puis il dit que c'est... ça peut être évident, on se
consulte, bien, dans la Loi sur l'administration financière, bien, le ministre,
il faut qu'il consulte le président du Conseil du trésor. Pourtant, il siège à
la même table, dans le même Conseil des ministres. Dans la loi sur l'accès à l'égalité
en emploi dans la fonction publique, mon collègue de Jean-Talon parlait des
parties prenantes, bien là, il y a une obligation après consultation du
personnel ou de ses représentants dans la Loi sur la Caisse de dépôt; le
gouvernement, après consultation du conseil, dans le Code du travail; le
ministre, après consultation du comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre.
Alors, ça existe déjà dans plein de lois
québécoises. Puis pourquoi ça existe? Bien, c'est justement, les décisions qui
vont être prises par le ministre sont des décisions importantes. Donc, pour
appuyer une saine décision dans un sain encadrement, dans une saine
gouvernance, c'est la raison pour laquelle, ce que je comprends, le collègue de
Jean-Talon propose l'amendement. Donc, ce n'est pas un précédent. Ça existe
déjà, même au niveau des ministres entre eux. J'ai de la difficulté à saisir
pourquoi le ministre ne veut pas l'ajouter dans cet article-là du projet de
loi. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je voudrais
revenir sur ce qu'on a beaucoup entendu, là, dans le présent échange, de la
part du ministre, que c'est évident, c'est évident pour tout le monde. Bon, c'est
peut-être évident de manière subjective en ce qui concerne le ministre, mais,
si c'est si évident, pourquoi tous les acteurs du milieu de l'enseignement sont
venus nous dire le contraire, qu'ils veulent voir apparaître, dans le projet de
loi, cette obligation de consultation? Ils n'ont pas l'air de penser que c'est
si évident, eux. C'est ce qu'ils sont venus nous dire. Le ministre les a
entendus comme nous. Toutes les organisations, tous les établissements <qui
sont venus ici...
M. Paradis :
...cette
obligation de consultation? Ils n'ont pas l'air de penser que c'est si évident,
eux. C'est ce qu'ils sont venus nous dire. Le ministre les a entendus comme
nous. Toutes les organisations, tous les établissements >qui sont venus
ici nous ont dit : Si on n'a pas... on veut la consultation minimalement.
Pourquoi l'ont-ils demandé, si c'est si évident?
M. Roberge : On a vu qu'à la
base la majorité voulait être exclue du projet de loi, pas toute, mais, ce que
j'ai compris, elle voulait être exclue. Et puis ça a été comme une espèce de
position de repli, donc, je ne suis pas certain que c'est parce qu'elles pensent
qu'elles ne seront pas consultées, mais si ce n'est pas ça, ce sera autre
chose. Mais on m'a donné des informations, par exemple, il y a le Bureau de
coopération interuniversitaire, il y a la Fédération des cégeps, l'Association
des collèges privés du Québec, l'Association des collèges privés non
subventionnés, avec qui les discussions sont très, très fréquentes, mais prévu
aussi qu'il y a de trois à quatre rencontres formelles par année avec chacun de
ces regroupements-là, en plus d'avoir, là, des discussions, là. Je me souviens,
là, quand j'occupais ces fonctions-là, tu sais, au téléphone les soirs, la fin
de semaine, là.
Donc, de penser que le réseau apprendrait
une nouvelle comme ça dans le journal, là, c'est de ne pas comprendre comment...
comment ça fonctionne. Il y a des discussions qui sont continues avec les
réseaux, avec les regroupements, avec les établissements. Là, vous parlez des
établissements d'enseignement désignés, donc, ça n'inclut pas juste
l'enseignement supérieur, mais aussi primaire, secondaire, etc. Bien là, à ce
moment-là, il y a le forum des directions générales des centres de services
scolaires. Normalement, c'est à tous les mois qu'il y a ces rencontres-là, au
minimum, en plus de discussions personne à personne avec le porte-parole. Donc,
je ne pense pas qu'il est pertinent d'arriver avec cet amendement.
M. Paradis : Je revenais avec
cette question-là que j'ai posée au ministre, parce qu'il me semble que là on
arrive au cœur de notre démocratie. Le ministre, lui, il dit : C'est
évident, c'est clair dans ma tête. Mais c'est pour ça qu'on a des consultations
particulières, c'est pour écouter les personnes qui sont concernées par notre
activité législative, c'est pour écouter les parties prenantes, d'apprendre, de
comprendre et de prendre des notes. Un gouvernement qui a de la hauteur, c'est
ça qu'il fait. Puis là il y a des gens qui sont venus vous dire : Vous
avez peut-être cette impression-là, M. le ministre, que c'est évident qu'on va
être consultés, mais nous, ce n'est pas du tout évident, puis on a peur de ne
pas être consultés. Ils demandent à leur gouvernement un minimum d'écoute puis
un minimum de garantie que, dans l'avenir, il va avoir de l'écoute. Il me
semble que là ça fait partie de notre exercice démocratique, de dire : On
a retenu quelque chose de ça. On vous écoute, on tient compte de vos
préoccupations.
Et là, en plus, c'est une préoccupation
qui s'intègre très bien dans un corpus législatif qui se développe de cette
façon-là. Mon collègue de l'Acadie l'a mentionné, je vous l'ai mentionné tout à
l'heure, on va vers là, en législation québécoise. Vos collègues, au moment
même où il y a cette étude-là, dans les derniers jours, dans les dernières
semaines, font adopter des projets de loi qui prévoient ça. C'est inscrit dans
la loi, dans les modifications législatives, qu'il va y avoir des consultations
des parties prenantes. J'invite le ministre à peut-être prendre une pause de
quelques minutes, consulter ses conseillères et ses conseillers, parce que
j'essaie de voir ce qui l'empêche d'aller là. Après avoir écouté toutes les
personnes qui sont venues nous répéter ce message-là, qu'est-ce qui l'empêche
d'aller là, sinon qu'il est en train de garder une porte ouverte à ne pas
procéder à de telles consultations. Puis il me semble que je n'ai entendu
personne ici prétendre que c'est le résultat qu'on voulait. Si ce n'est pas
écrit, c'est une possibilité qui va exister. C'est ça, la réalité de
l'interprétation législative.
Puis les gens vont lire notre débat puis
ils vont dire : Ah! il y a une raison pour laquelle ce n'est pas prévu. Parce
qu'on ne le trouve nulle part, le principe. On ne peut pas se raccrocher à ce
principe-là ailleurs que quand on prend cette décision-là, qui concerne les
établissements d'enseignement. Ça n'a pas été écrit qu'il y en avait une
obligation de consultation, c'est parce qu'il y a une raison. Donc, ça va
arriver, il va y avoir un risque, puis le ministre va avoir laissé ce risque-là
ouvert. Est-ce que c'est ça qu'on veut? J'espère que non.
• (12 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je suis
content que mon collègue fasse référence au Journal des débats, au
verbatim, parce que c'est vrai qu'il arrive que les gens relisent ce que nous
disons ici, oui, <et que les décisions...
M. Roberge :
...bien,
je suis content que mon collègue fasse référence au
Journal des
débats
, au verbatim, parce que c'est vrai qu'il arrive que les gens
relisent ce que nous disons ici, oui, >et que les décisions sont
interprétées à la lumière des débats ou des considérations. Puis ils pourront
lire aussi ce que j'ai exprimé depuis tout à l'heure, comme quoi c'est
implicite, c'est dans les responsabilités du gouvernement, et c'est d'usage, à
travers tous les forums que j'ai nommés tantôt, d'avoir des échanges qui sont
continus avec le réseau.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention sur l'amendement, est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Paradis (Jean-Talon)?
M. Paradis : Pour.
La Secrétaire
: M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire
: Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Contre.
La Secrétaire
: M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. L'amendement est donc rejeté. Nous revenons à
l'article 5 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 5 tel qu'amendé? M. le député, allez-y.
M. Cliche-Rivard : Merci. Je
vais avoir un autre amendement, Mme la Présidente, mais je vais poser quelques
questions au ministre avant. Quelles sont... Sur le volet de l'émission des
CAQ, M. le ministre, principalement aussi dans la logique, où vous pourriez
fixer un nombre maximal, j'aimerais ça voir comment vous... comment vous
entendez gérer la distinction entre le nombre de CAQ émis, le nombre de permis
d'études puis le nombre d'inscriptions, finalement, si vous fixez, vous, un
nombre de CAQ maximal, soit par programme ou par établissement, ou tout
simplement votre nombre maximal de CAQ émis dans une année.
Puis la question, je la pose notamment, eu
égard aux documents que vous nous avez fournis, là. Par exemple, pour 2023,
votre fiche, là, indique, nombre de certificats d'acceptation du Québec émis :
156 666; et ensuite, quand on va au nombre de permis d'études émis, pour
la même année, 72 415, donc, on est à peu près à 46 % de nombre de
CAQ qui se transforment en permis d'études. Puis, à partir de là, c'est une
donnée qu'on n'a pas, mais qui fait l'objet d'interprétation, là, dans les
chiffres finaux, entre le nombre de permis d'études puis le nombre
d'inscriptions.
Puis j'aimerais savoir, dans une
planification, comment vous entendez gérer ce volet-là. Puis je donne un
exemple. Si vous émettez 50 CAQ, par exemple, au deuxième cycle à l'Université
Laval, bon, peut-être plus comme 500, mettons, là, 500 CAQ au deuxième
cycle, et que, finalement, vous vous rendez compte, un petit peu plus tard,
parce que l'université vous le souligne, qu'il y a seulement
100 inscriptions dans la catégorie, est-ce que là vous allez réouvrir la
capacité d'émettre des CAQ, parce que, finalement, il n'y a pas le nombre
d'inscrits proportionnel ou corollaire à votre nombre d'admissions ou votre
nombre de CAQ? J'aimerais ça savoir comment vous pensez que ça va se passer
dans votre planification.
M. Roberge : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Roberge : OK. Donc,
effectivement, le nombre de CAQ ne se traduit pas directement en nombre de
permis et donc en nombre d'étudiants. On préfèrerait avoir, je vous dirais, des
proportions qui soient plus proches. Ce n'est pas le cas en ce moment, parce
qu'on passe à travers le filtre des permis d'études de la part du gouvernement
fédéral. Puis les chiffres qu'on vous a transmis le montrent, c'est un enjeu.
On ne contrôle pas tout puis on est en réflexion avec Enseignement supérieur
pour affiner notre manière de faire. Mais je vous dirais qu'effectivement, à ce
stade-ci, le contrôle n'est pas direct. Il y a une partie qu'on contrôle, il y
a une partie qu'on ne contrôle pas.
M. Cliche-Rivard : OK. Juste
pour bien comprendre, là, la partie que vous contrôlez, celle que vous ne
contrôlez pas, juste...
M. Roberge : La partie qu'on
contrôle, c'est le nombre de CAQ qui sont émis...
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Roberge : ...dans le fond,
juste pour résumer, là, les gens sont admis...
M. Cliche-Rivard : À l'université.
M. Roberge : ...on va dire,
sous condition, dans un programme, demandent le CAQ. Au moment où on se parle,
l'enjeu, c'est que, c'est ça, le gouvernement décide que, <du nombre total...
M. Roberge :
...sont
admis...
M. Cliche-Rivard :
À
l'université.
M. Roberge : ...on va dire,
sous condition, dans un programme, demandent le CAQ. Au moment où on se parle,
l'enjeu, c'est que, c'est ça, le gouvernement décide que, >du nombre
total de CAQ, qu'il n'y a pas vraiment de décision de gestion, puisque c'est le
terme qu'on utilise, qui sont prises au moment où on se parle, parce que la loi
ne nous le permet pas. Puis, après ça, bien, ça va au fédéral qui remet un
permis d'étude qui est bien inférieur, là, au nombre... au nombre de CAQ. Donc,
ça, c'est la mécanique actuelle. La partie qu'on contrôle, c'est l'émission des
CAQ à ce stade-ci.
Mais, en ce moment, avant l'adoption de la
loi, on dit qu'on la contrôle, mais on la contrôle à peine, parce que c'est
quasiment comme le travail du leader du lieutenant-général, son travail, c'est
d'approuver les lois qui sont votées. C'est comme si le gouvernement, en ce
moment, ne pouvait que donner les CAQ qui sont demandés, parce que, si on en
refuse, bien, à ce moment-là, on refuse pour tout le monde. Donc, c'est moins
bon, on se donne une nouvelle agilité, mais, après, il reste du travail à faire.
Je travaille avec Enseignement supérieur pour affiner notre manière de
s'assurer que les CAQ qu'on donne correspondent davantage au nombre d'étudiants
qui sont sur le territoire. Ça ne fait pas partie de la loi actuelle, je peux
vous dire qu'il y a des travaux en cours en ce sens-là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
de facto, sans trop s'avancer, qui amènerait à diminuer le nombre de CAQ émis,
puis qu'ils soient plus directement proches de la statistique du nombre de
permis de... d'études émis finalement et non pas, genre, un sur deux, un sur
deux, comme dans certaines statistiques.
M. Roberge : Il faut
raffiner, là, notre mécanique pour avoir un impact plus concret, pas
nécessairement dans le but de réduire, dans le but que la décision prise, après
l'analyse, fonctionne. Même chose, justement, après les discussions avec le
réseau, on travaille de concert, mais que des décisions aient un impact
directement, positivement ou négativement, en fonction des programmes, des
cycles, des ordres, etc., etc.
M. Cliche-Rivard : Mais
c'est-tu un sur deux ou c'est-tu le problème que, finalement, vous émettez trop
de CAQ, ou le problème, c'est que le fédéral refuse trop de demandes de permis
d'études?
M. Roberge : Je vous
dirais...
M. Cliche-Rivard : Parce que
vous émettez quand même ces CAQ là. C'est après ça que le fédéral bloque, là,
c'est après ça que les permis d'études sont refusés. Principalement, c'est ça,
la cause de la grande distinction entre le nombre de CAQ émis puis le nombre de
permis d'études délivrés, non?
M. Roberge : Mais il y a un
enjeu, notamment au gouvernement fédéral où, pendant un certain temps,
particulièrement des demandes qui provenaient de l'Afrique...
M. Cliche-Rivard : Absolument.
M. Roberge : ...étaient
refusées dans des proportions très, très grandes.
M. Cliche-Rivard : Catastrophiques.
M. Roberge : Puis ce n'était
pas clair exactement pourquoi. On pourrait partir dans toutes sortes de
spéculations. Je vous dirais qu'on est en discussion avec le fédéral pour
arrimer ça correctement. Donc, ça se travaille, comme je vous dis, en ce
moment, là, je veux dire, à trois, là, Immigration avec Enseignement supérieur,
Éducation, avec fédéral. On pourrait avoir quelque chose qui est plus efficace
depuis le début du dépôt du projet de loi, de ce travail-là. Je travaille... Je
vous parle d'efficience, d'agilité gouvernementale. On se donne des outils en
ce moment, mais il y a d'autres éléments. Est-ce que ce sera par loi encore ou
ce sera par règlement, par mesure de gouvernance, par discussion avec Ottawa,
pour qu'il y ait meilleure corrélation entre le CAQ émis, les permis de travail-études?
Je vous dirais qu'il y a d'autre travail qui se fait en parallèle, pour
répondre à votre préoccupation.
• (12 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Intéressant.
Parce que, puis là le fond de ma préoccupation, c'est ça, si vous décidiez
d'émettre un nombre de CAQ, là, dans une décision de gestion — je
donnais l'exemple tantôt que... deuxième cycle, ETS, c'est 100 CAQ — et
que vous vous rendez compte un petit peu plus tard, par exemple, que ça ne
s'est pas matérialisé comme on le souhaiterait en matière d'inscription sur le
terrain, est-ce que là la décision de gestion vous permettrait, quand même, de
dépasser le nombre de CAQ émis, compte tenu de la réalité terrain du fait que
les étudiants, finalement, a, leur permis d'études a peut-être été refusé,
puis, b, ils ne se sont peut-être pas inscrits finalement? Est-ce que vous
allez avoir cette latitude-là ou cette flexibilité-là, d'assurer finalement que
le nombre d'étudiants que vous souhaitiez avoir sur le terrain, il n'est pas en
deçà, finalement, de ce qu'on espérait?
M. Roberge : Mais
l'objectif.... Mais la situation que vous décrivez, c'est un peu la situation
actuelle, c'est-à-dire qu'en ce moment, quand on...
M. Cliche-Rivard : ...mais il
n'y avait pas de plafond à 50, mettons, à 100, là.
M. Roberge : Mais je
comprends, mais il reste qu'on donne un exemple théorique d'une institution, on
dit ETS, mais on pourrait dire une autre, là, ce n'est pas important. <En
ce moment...
M. Cliche-Rivard :
...mais
il n'y avait pas de plafond à 50, mettons, à 100, là.
M. Roberge :
Mais
je comprends, mais il reste qu'on donne un exemple théorique d'une institution,
on dit ETS, mais on pourrait dire une autre, là, ce n'est pas important. >En
ce moment, par exemple, eux, ils savent qu'ils ont 200 places, mais
peut-être qu'ils admettent, eux autres, 600 personnes.
M. Cliche-Rivard : En se
disant : On va en avoir 200.
M. Roberge : Le CAQ, nous,
quand on les regarde, on fait confiance à l'ETS. Puis on n'a pas de plafond, en
ce moment, au moment où on se parle, on ne met un plafond général, parce que,
si on met un plafond à ETS, on va mettre un plafond ailleurs aussi, puis ils
vont dire : OK, on va... Ils ont 200 places. Ils admettent 600 étudiants,
parce qu'ils se disent : Quelqu'un d'autre va faire le ménage. Nous, au
moment où on se parle, avec la loi actuelle qui est problématique, on émet les
600 CAQ, puis ça se trouve à être Ottawa qui se trouve à faire le tri puis
qui dit : Bien, sur les 600 CAQ, finalement, on va donner... on a 230
permis d'études.
C'est... vous comprenez que c'est un
système bancal en ce moment, il y a une partie qu'on peut corriger par la loi
qu'on fait en ce moment. Puis ce que je vous dis, c'est qu'il y a d'autres
travaux qui se font en ce moment, à trois, Immigration, Enseignement supérieur,
gouvernement fédéral, pour avoir quelque chose qui est plus efficace. Parce que
ce n'est pas... ce n'est pas efficace non plus pour le réseau, actuellement,
parce qu'ils admettent des étudiants en nombre plus grand que leur capacité. La
situation actuelle, c'est ça.
M. Cliche-Rivard : La... puis
là je vais vous laisser votre détermination de bancal ou pas sur notre système
d'immigration, là, je n'irai pas là. Mais oui ou non, là... Parce que
l'admission, c'est une affaire, n'importe qui qui est allé à l'université, là,
a probablement fait plusieurs demandes d'admission. Moi, j'ai fait plusieurs
demandes d'admission quand je suis allé à l'université, de surcroît, au cycle
supérieur, peut-être encore plus. Donc, l'université qui émet des lettres
d'admission, là, elle dit : Tu corresponds aux critères, puis, si tu
corresponds aux critères, je t'admets, puis tu viendras t'inscrire. Puis là,
toi, tu reçois tes lettres d'acceptation, université A, université B,
université C, programme a, programme b, un programme c,
puis tu fais ton choix. Ça fait qu'à un moment donné il faut aussi appeler un
chat un chat, puis dire que si l'université... si l'ETS donne 600 lettres
d'admission pour 200 places, elle va le faire en connaissance de cause que
ce n'est pas nécessairement toutes les lettres d'admission qui donnent
l'inscription. Ça, tout le monde le sait, ça.
Bon. À partir de là, ces gens-là, qui
reçoivent leur lettre d'admission au Québec, vont faire un choix pour la
demande de CAQ. Puis vous, effectivement, vous avez un nombre de CAQ, en disant :
Si, finalement, j'applique avec mon CAQ, avec ma lettre d'admission, McGill,
droit, par exemple, bien oui, c'est là que je m'en vais, mais le fait que je
refuse deux, trois lettres d'admission de plus d'autres universités, ça ne
change rien. Puis les universités ne sont pas en faute de ça, là, les
universités ne sont pas fautives.
Donc, la question que... Puis c'était ça,
le fond de ma question, M. le ministre, c'est que là vous allez pouvoir émettre
des nombres maximums de CAQ par catégorie. La question que je vous pose, c'est
que, si vous vous rendez compte que l'université lève la main en disant :
Je le sais, que j'ai dépassé mon maximum de CAQ émis, mais le fédéral m'en a
refusé la moitié puis, pour des raisons x, y, z, il n'est pas venu, l'étudiant :
Oui ou non, aurez-vous la latitude, avec le projet de loi, de relever le
maximum préfixé, là, pour aller compenser des éléments puis des refus qui ne
sont pas du tout de la responsabilité de l'université? C'est ça que j'essaie de
savoir.
M. Roberge : Votre question
et dans le détail. J'aimerais faire des vérifications pour être sûr de bien
vous répondre.
M. Cliche-Rivard : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 25)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 32)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, avant de suspendre, M. le ministre, vous aviez le micro. Je vous
le cède à nouveau.
M. Roberge : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, un peu de contexte. Premièrement, mon
collègue a raison de souligner un fait avéré, appuyé par des statistiques qu'on
a rendues publiques. Effectivement, en ce moment, quand le Québec donne un CAQ,
ou quand le Québec donne 1 000 CAQ, c'est entre 500 et 600 permis d'études
à terme, là, qui sont délivrés ou remis par le gouvernement fédéral. Donc, dans
une situation où on veut davantage contrôler et appliquer des critères, puis qu'un
établissement voudrait, on va dire, 100 étudiants étrangers, hein, on
parle des étrangers, l'établissement voudrait 100 étudiants étrangers,
donnerait des lettres d'acceptation à, on va dire, 300 étudiants, le
gouvernement pourrait dire : Bien, tu en veux 100? On pourrait donner, on
va dire, 200 CAQ dans la situation actuelle, qu'il faut corriger, d'accord?
Je ne défends pas le statu quo du système parce qu'il y a des choses à resserrer.
Supposons que, dans ce cas-là, objectif 100,
200 CAQ émis, puis le fédéral, on va dire, en émettrait 80. Et là l'établissement
dirait : Oui. Bien, moi, je voudrais avoir 100 étudiants étrangers,
puis le gouvernement du Québec dit : Très bien, c'est une bonne idée. On a
besoin de 100 étudiants étrangers. Donc là, j'ai reposé toute la question
pour être sûr. Donc, la réponse, c'est oui, on peut s'ajuster. Et donc, par
décret, c'est la beauté du système, décret de recommandation conjointe toujours
entre le ministre de l'Immigration et les ministres concernés, on pourrait
émettre de nouveaux CAQ dans un délai assez rapide pour être capable de s'ajuster
puis donc d'atteindre la cible. Donc, moi, ce que je dis, c'est qu'on est
capables de s'ajuster en ce moment. Ceci dit, on mène des travaux pour avoir un
système qui est plus efficace puis avoir des écarts qui sont moins grands entre
les CAQ puis les permis d'études.
M. Cliche-Rivard : OK, quand
même... quand même rassurant. Mais dans le concret, la rentrée, mettons, est en
septembre. Les CAQ, les lettres d'admission, là. Les lettres d'admission se
font au printemps, les CAQ sont obtenus mai, juin. Le permis d'études est
demandé, le permis d'études délivré au courant de l'été. Puis la personne
arrive pour la rentrée scolaire à la fin août. Et là, elle s'inscrit. Elle fait
son inscription officielle, là, au courant du mois d'août, septembre. La
rentrée est commencée. Là, vous allez émettre des CAQ additionnels? Ça ne va
pas quand même régler la problématique, là, que je soulève, là. Ça fait que je
veux juste comme rassurer le réseau. Et deuxième question là-dedans : N'allez-vous
peut-être pas plutôt fixer une fourchette de CAQ plutôt qu'un chiffre maximum
que vous pourriez ne pas dépasser, comme vous vous donnez un peu dans les
projections d'immigration permanente?
M. Roberge : Bien, je
pense que le scénario que mon collègue dit est très tardif, là. C'est comme si
l'admission finale se ferait rendu au mois de septembre. Je pense qu'on n'est
pas à ce point à la dernière minute, là. J'ai deux filles qui ont fait le
cégep et une qui était à l'université, puis ça ne se rendait pas jusqu'en
septembre avant de savoir si réellement elle était admise.
M. Cliche-Rivard : ...M.
le ministre, là. Les permis d'études sont pas mal émis au courant de l'été, là,
assez tard dans l'été.
M. Roberge : On va tard,
là. Et je vous... Là, vous me demandez, donc, une question qui est différente :
Est-ce qu'on donne une fourchette? Mais j'ai de la misère à... Une fourchette,
c'est une estimation. Ça veut dire, on va donner entre 300 et 400, mais à un
moment donné, il est émis ou il n'est pas émis, le CAQ, là. J'ai de la misère à
comprendre la notion de fourchette, là. Reprenons toujours notre exemple d'un
établissement x. Bon, bien, là, pour cet établissement-là, le gouvernement
émet, je ne sais pas, moi, 300 CAQ. Il ne peut pas dire : J'en émets
entre 300 et 400, là. Il les donne ou il ne les donne pas, là.
M. Cliche-Rivard : Bien,
moi, j'essaie de vous trouver une voie de passage. Si celle-là n'est pas la
bonne... Elle ne l'est peut-être pas, mais le statu quo que je vous présente...
Puis votre proposition, avec égards, elle ne fonctionne pas non plus, là, parce
que les permis de travail, les permis d'études sont émis à quelque part dans l'été
pour la rentrée de septembre, des fois au mois d'août. Puis après ça il y a une
grande <distinction...
M. Cliche-Rivard :
...des
fois au mois d'août. Puis après ça il y a une grande >distinction aussi
entre le permis d'études émis puis, finalement, la matérialisation sur le
terrain de l'inscription, là. Les universités nous en ont parlé, ça aussi. On
pense que l'étudiant s'en vient, et finalement il ne s'en vient pas. Puis vous
l'avez matérialisé, puis j'en suis, il y a des demandes d'asile qui se font au
point d'entrée aussi, vous l'avez dit. Ça fait que ce n'est pas parce que le
permis d'études est émis que l'étudiant va s'inscrire non plus.
Donc, je... Moi, c'est une inquiétude que
j'ai, puis je ne vous la pose pas en termes conflictuels, là, je vous la pose
en termes constructifs pour notre réseau. Je veux bien croire que vous
émettriez des CAQ supplémentaires un petit peu plus tard. Moi, je pense
malheureusement que ça ne va pas répondre à la problématique puis que, si
finalement il y en a seulement 75 d'inscrits, puis que ces chiffres-là
sont connus à quelque part au mois d'août, l'émission de 25 CAQ de plus
pour bonifier au mois d'août, mettons... mettons juillet, avec un trois, quatre mois
de permis d'études à émettre... avant qu'il soit émis, là, avant que le permis
d'études soit émis puis le voyage au Québec, on est rendu pour la rentrée
scolaire de janvier, qui elle fait l'objet d'une autre ronde de CAQ, les gens
vont avoir appliqué pour leur CAQ plus en amont. Ça fait que je suis ouvert,
là, à vous entendre puis à voir la proposition, mais là, dans le concret, je...
puis là, allez-y avec les équipes, corrigez-moi sur le... sur la construction
puis le temporel de ça, mais je ne suis pas sûr.
Puis j'ai une inquiétude quand même sur le
fait que, malheureusement, on se trouverait à avoir des universités pénalisées
pour des choses qui ne les concernent pas. L'université va pouvoir mettre en
place les meilleurs moyens possibles, il va malheureusement arriver des
situations en dehors de leur contrôle où, entre le nombre d'admissions puis le
nombre de gens inscrits dans la classe, même quand vous allez resserrer, puis
tant mieux, il va y avoir des enjeux. Puis on a, on s'entend, là, trois, quatre
en... trois, quatre de moins, tout le monde va survivre à trois, quatre de
moins, là, mais, si on est à 50 %, finalement, parce qu'il y avait un
nombre de CAQ total émis, j'ai une inquiétude, puis je vous la pose la plus
ouvertement en faveur du réseau possible, là. Je ne suis pas sûr que votre
réponse me rassure sur la chronologie de comment ça fonctionnerait.
M. Roberge : Bien, je
comprends, les questions puis les inquiétudes du collègue, mais je pense
qu'elles s'appliquent à la situation actuelle tout autant. Ce n'est pas une
question qui est... qui est soulevée par rapport au projet de loi, là. Au
moment où on se parle, dans l'établissement x, ils veulent avoir 100 étudiants,
bien, ils n'en admettent pas à l'infini, là.
M. Cliche-Rivard : ...il y
aura un maximum de CAQ que vous allez arrêter de traiter. C'est complètement
différent. Vous l'avez dit vous-même. Je ne suis pas en train de plaider pour
le statu quo, je veux juste vraiment qu'on trouve une solution pour ces cas-là.
Vous l'avez dit vous-même, maintenant ils émettent 600 lettres
d'admission, ils pourraient avoir 600 demandes de CAQ, puis là, la
matérialisation sur le terrain, on le verra. Mais là, vous allez bloquer... par
exemple, vous pourriez bloquer à 100. Ça fait que la situation n'est pas
pareille, là. On ne peut pas dire qu'en ce moment... Puis la situation avec le
projet de loi, elle n'est pas pareille, puis tant mieux, mais il n'en
demeure... que ce n'est pas pareil. Ça fait que c'est là où demeure mon inquiétude.
Puis vous le dites, puis, je pense, c'est
important, qu'on améliore la corrélation de dossiers acceptés CAQ-permis
d'études, parce que c'est des... aussi des frais considérables, hein? Chaque
étudiant, là, qui demande un CAQ, c'est plus de 200 $, là, si je ne me
trompe pas, les frais actuels, ou autour de ça... c'est-tu ça, ou... en tout
cas, une centaine, au moins une centaine, je ne me souviens plus, mais qui voient
leur permis après ça refusé par le fédéral. Ce n'est pas un... Ce n'est pas
bien, ça, ce n'est pas correct, là, je ne suis pas d'accord avec ça. N'empêche
que, pour l'université sur le terrain, là, il y a aussi des impacts. Ça fait
que je me pose quand même cette question-là, dans la construction annuelle du
narratif.
• (12 h 40) •
Vous — puis là je vais
complètement dans un scénario hypothétique — en 2025... 128 $...
M. Roberge : ...
M. Cliche-Rivard : 128 $
pour un CAQ-études? Parfait. Merci. C'est important à dire. Mais, quand même,
ça fait des... 128 $ fois un nombre considérable refusé, c'est
beaucoup d'argent, n'empêche. Vous dites : Dans l'année x, à
Sherbrooke, au deuxième cycle, cette année, j'accepte 1 000 demandes,
j'émets 1 000 CAQ. Puis là, au courant de l'année, vous tapez votre 1 000,
par exemple, en juin. Au sixième mois de l'année, il y a eu les 1 000 CAQ
émis pour Sherbrooke, puis à ce moment-là, en septembre ou en août, Sherbrooke
vous dit : M. le ministre, merci pour vos 1 000 CAQ, mais, des 1 000
étudiants qu'on s'attendait à recevoir, j'en ai 300. Il m'en manque 700, là, <malheureusement...
M. Cliche-Rivard :
...j'en
ai 300. Il m'en manque 700, là, >malheureusement, pour des raisons qui
ne sont pas en lien avec mes politiques d'admission. Qu'est-ce qu'on fait?
Là, vous dites : Je vais émettre un
décret puis je vais accorder ou accepter l'émission de 700 CAQ de plus.
Sauf que ces gens-là qui vont recevoir un CAQ au courant de l'été, ils, avec le
permis d'études délivré au courant de novembre, ne vont pas arriver avant votre
année 2026. Puis ça, c'est une inquiétude que j'ai quand même. Puis ce
n'est pas de votre faute, ce n'est pas de la mienne, c'est... c'est entre le...
les chiffres qu'on n'a pas entre l'admission dans l'université, le CAQ émis, le
permis d'études puis l'inscription finale sur le territoire québécois dans
l'institution.
Ça fait que j'ai quand même cette
inquiétude-là, pas que je dis que c'est le «free-for-all», nous aussi, on
plaide pour la réduction de l'immigration temporaire, mais, dans le concret,
là, je me la pose pour le réseau de comment on va réussir à faire ça. Parce
qu'un travailleur, ce n'est pas compliqué. Un travailleur, il obtient son
contrat de travail, il fait son CAQ, il fait son EIMT, à moins d'exception,
là... il va en arriver, là, mais la plupart s'en viennent. Il n'y a pas une
corrélation de seulement 50 % entre les CAQ — Travail émis puis
le permis de travail émis. On n'a pas ça dans le travailleur.
Donc, je vous la... je vous la repose encore
dans ce contexte-là pour voir... puis je suis sûr que les équipes ont pensé à
ça aussi, là, je m'en doute : Comment on va faire pour s'assurer de ne pas
pénaliser nos institutions universitaires, scolaires, collégiales dans ce
contexte-là de grandes disparités, qui ne sont pas de votre faute, pas de la
mienne, pas des cégeps, pas des universités, mais qui existent sur le terrain,
là?
M. Roberge : Bien, c'est très
constructif. Mon collègue soulève une question importante, un problème sur
lequel on se penche en ce moment. Mon collègue s'inquiète qu'avec d'éventuels
plafonds, en fonction des critères qui sont là, ça pourrait augmenter une
problématique. Moi, je soumets que c'est une problématique quand même qui
existe déjà, parce qu'en ce moment il n'y a pratiquement pas de plafond de CAQ,
mais ça ne veut pas dire que les universités en admettent à l'infini. Ça fait
que, dans le cadre actuel où le gouvernement n'impose pas... n'utilise pas son
pouvoir de plafonner parce qu'il est plus ou moins applicable, en tout cas il y
aurait des effets à gérer... même dans la situation actuelle, un établissement
qui voudrait 100 étudiants puis qui lancerait dans la machine, dans
l'univers, on va dire, 400 puis que mettons que le gouvernement émet 400 CAQ,
il pourrait en recevoir 80, puis on pourrait se retrouver dans la situation
décrite par mon collègue où il nous dit : Bien là, bien, qu'est-ce qu'on
fait? Il en manque 20. Comment on s'arrange?, etc. Donc, ça peut arriver en ce
moment. Ceci est le corollaire d'une situation inconfortable sur laquelle nous
travaillons, nous allons continuer de travailler, nonobstant le projet de loi.
Ça fait que je partage non seulement vos
préoccupations, mais je vous dis qu'on est là-dessus, comme on dit, mais ce
n'est pas dans le cadre du projet de loi, et je n'ai pas un article ici qui
viendrait... Puis en... on a regardé, là, ce n'est pas par voie législative
comme ça qu'on pourrait le régler, mais ça ne veut pas dire qu'on ne reconnaît
pas le problème puis qu'on dit : Ah! bien, il n'y a rien à faire, tant
pis. Je veux juste dire ça.
M. Cliche-Rivard : Et vous
allez... tu sais, puis là vous me dites : Il y aura des modifications
réglementaires puis on... Tu sais, les effets de ces modifications
réglementaires là, on va les connaître peut-être l'année suivante, là, ça ne
sera pas si simple que ça. Vous dites : On travaille ou on planche sur
quelque chose qui va resserrer un petit peu les chiffres, puis là on va les...
le temps qu'on ait le bilan de ça, ça va... tu sais, le temps qu'il soit mis en
application, qu'on ait le bilan, que ça soit traité, etc.
Là, mettons, l'an 1, là, vous
réalisez qu'effectivement l'université x ou un cégep x s'est retrouvé
à avoir 50 % du taux d'étudiants qui... escompté, là, qu'il espérait
avoir. J'imagine que, là, l'année d'après... L'année d'après, il y aura une
ouverture, j'imagine, il y aura un... il y aura une ouverture l'année suivante
pour augmenter... pour augmenter le nombre de CAQ l'année d'après en sachant
que ça n'a peut-être pas marché avec le nombre donné de l'année précédente.
Vous allez vous ajuster comme ça comme c'est une nouvelle mesure.
M. Roberge : On peut... On
peut s'ajuster de diverses manières. Je vous ai dit qu'on peut s'ajuster en
cours d'année. Ça peut être difficile, mais... Puis ce que je vous dis, c'est
que, dans le cadre des décisions qui seront prises, bien, on tient compte du
contexte, on tient compte du fait qu'actuellement, au moment où on se parle,
les solutions pour régler le problème dont on parle ne sont pas en <place...
M. Roberge :
...pour
régler le problème dont on parle ne sont pas en >place. On y travaille.
Est-ce qu'on va y arriver? On pourrait avoir déjà, l'an prochain, des choses
qui sont un peu plus serrées, un petit peu plus ajustées, je le souhaite.
Sinon, bien, on va tenir compte de la situation actuelle, des historiques de
taux d'acceptation, je vous dirais, pour être le plus proche possible de la
cible.
M. Cliche-Rivard : Parce que
vous avez, effectivement, des données statistiques qui vous permettent de faire
des évaluations. En ce moment, vous savez que, dans le statu quo, ça vous prend
à peu près le double de CAQ émis par permis d'études. Ça fait que, dans votre
première planification, avant la mise en oeuvre de vos mesures, on pourrait
s'attendre que, justement, on ait le double de CAQ émis que le nombre de permis
d'études, tu sais. Vous allez fonctionner comme ça jusqu'à ce qu'on ait des
données différentes qui nous permettent d'évaluer que, finalement, on est plus
à 80 d'acceptation, plus à 70. On pourrait estimer, je vous donne un
exemple, que vous allez dire : Oui, eux autres, c'est 200 CAQ parce
que je m'attends à avoir 100 étudiants. Vous allez un petit peu le formuler
comme ça dans votre réflexion.
M. Roberge : Bien, si rien ne
change, ça pourrait être ça. On peut y aller...
M. Cliche-Rivard : Si rien ne
change.
M. Roberge : On a des... aussi,
on a des historiques globaux, on a l'historique par établissement aussi, mais
j'espère avoir quand même les fruits de nos travaux, commencer à recueillir les
fruits pour le premier exercice. C'est à...
M. Cliche-Rivard : Pour le...
Là, j'ai...
M. Roberge : Pour le premier
exercice puis le prochain exercice. C'est à souhaiter, mais on va jouer de
prudence. On va jouer de prudence.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
le souhait de ces travaux-là sera de réduire, là, si j'ai bien compris, la
disproportion quand même assez extraordinaire entre le taux de CAQ émis puis le
taux de permis d'études émis. C'est ça, le souhait?
M. Roberge : Exactement. On
se comprend.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Sur un autre thème, Mme la Présidente, j'avais soumis une proposition
d'amendement au secrétariat.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. On a l'amendement. Dès qu'il va être affiché, je
vais vous inviter à le lire.
M. Cliche-Rivard : Bon, je
vais y aller simple d'abord. Je vais... Je vais y aller simple, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Cliche-Rivard : L'article 52.1
introduit par l'article 5 du projet de loi est modifié par l'ajout dans le
premier alinéa, après «selon leur compétence respective» des mots «et après
consultation par ces derniers des établissements d'enseignement désignés prévus
à l'article 1.»
Donc, Mme la Présidente, c'est dans la
même logique que le précédent amendement, là, du collègue de Jean-Talon, qui,
lui, proposait une... et on l'avait soutenu, là, d'ailleurs, le député de
l'Acadie aussi, la proposition de consultation. Bon, considérant, notamment,
qu'elle a été refusée sur le premier élément, je vais demeurer succinct, là,
mais nous, on pense également que cette consultation-là pourrait se faire sur
le nombre total de CAQ. Et moi, j'aurais voulu ou j'aurais vu très bien, puis
je l'ai annoncé tantôt, une obligation de consultation dans les deux sens,
dans le sens du nombre total et dans le sens du moment où on commence à
décliner les CAQ par catégories. Donc, pour les mêmes raisons, là, que tout à
l'heure, je fais ce... je verse mes commentaires, là, du précédent amendement
dans celui-ci. Merci.
• (12 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député de Jean-Talon. Je reviens à vous, M. le
ministre, après.
M. Paradis : Bon, pour les
mêmes raisons que tout à l'heure, j'appuie la proposition d'amendement de mon
collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne. Et donc, bien, je... on a hâte d'entendre
le ministre voir si, cette fois-ci, il aurait une ouverture. Alors, je lui pose
la question : Est-il ouvert, oui ou non, à ce qu'on inscrive dans le
projet de loi ici, à un autre paragraphe... Donc, ici, on est à la
détermination du nombre total d'étudiants internationaux. Tout à l'heure, on
était sur le nombre réparti ou ventilé par critère. Là, on est dans le nombre
total. Le ministre est-il ouvert à inscrire dans le projet de loi, dans le
corpus législatif, la nécessité de consulter les parties prenantes, au premier chef,
les établissements d'enseignement du Québec?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Donc, mon collègue ne sera... ne sera pas surpris que, comme mon...
je verse mes commentaires du précédent débat. De toute façon, c'était annoncé,
on... je l'avais anticipé, et ça avait été dit. Bien là, à ce moment-là, je
vais... Mon collègue avait dit : Bien, écoutez, je vais faire une
proposition semblable pour le premier paragraphe, parce que, bon, je comprends
que, quand on est d'accord avec le premier amendement, on est d'accord avec le
deuxième, si on est en désaccord, bien, c'est la même logique pour les mêmes
raisons. Donc, avec respect pour <mes...
M. Roberge :
...c'est
la même logique pour les mêmes raisons. Donc, avec respect pour >mes...
pour mes collègues, je ne suis... je ne suis pas d'accord avec cet
amendement-là pour les raisons exposées précédemment.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Oui. Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
écoutez, moi, je voulais quand même joindre ma voix à celle de mes collègues,
là, de... et appuyer cette proposition d'amendement. Après l'échange
extrêmement intéressant et pertinent qu'on a entendu entre le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et le ministre, je pense qu'on a un très bon portrait de la réalité sur le
terrain, comment tout ça va se déployer. On réalise que... Puis là, c'est une
question que je pose, en fait. Bien, j'ai une affirmation puis une question. Je
pense qu'il y va y avoir beaucoup de travail à faire avant de mettre ce nouveau
régime en oeuvre. Est-ce que... Combien... Combien de temps pensez-vous que ça
va... ça va vous prendre? Vous avez dit que vous croyez être prêt pour
septembre 2025. C'est bien ça? Mais est-ce que vous avez un plan, un plan
de match, un plan d'action, là, pour accompagner, pour consulter le réseau de
l'enseignement supérieur?
M. Roberge : Bien, c'est
difficile pour moi de vous donner l'horizon puisque ce n'est pas moi qui suis
aux commandes des consultations qui se font actuellement par les collègues, la
cueillette d'informations par mes collègues des réseaux. Puis ensuite, après la
sanction de la loi, ça va être possible de collecter de nouvelles informations.
Donc, la loi permet la cueillette de nouvelles informations. Donc, je peux
difficilement, là, répondre à cette question à la place de mes collègues à ce
moment-ci. On souhaite, on souhaite être capables d'agir dans le courant de
l'année 2025, mais ça va dépendre de l'appréciation de mes collègues.
C'est eux qui sont en contact avec leur réseau, c'est eux qui ont une
connaissance fine. Puis c'est bien inscrit en toutes lettres dans la loi que c'est
des décisions qui doivent être conjointes. Donc, je... on va aller à notre
vitesse à mesure où on sera capables de prendre les bonnes décisions.
Mme Setlakwe : Je vous ai
entendu dire que... puis ça, c'était rassurant, qu'il y a des ajustements.
Après consultation auprès de vos collègues, il y a des ajustements qui vont
pouvoir se faire, on l'espère, assez rapidement pour ajuster le nombre de CAQ — Études
en fonction de la réalité sur le terrain, du nombre d'inscriptions officielles.
C'est bien ça? Est-ce que... Moi, je vais profiter de l'occasion pour... Bien,
évidemment, j'ai mentionné que j'appuyais l'amendement, mais il faut vraiment
qu'on... peut-être qu'on réitère, là, l'effet d'entonnoir.
On a soumis à notre attention
différents... différents modèles, différents... différents exemples, puis il y
en a un où le nombre de... les demandes d'admission s'approchent de 3 000.
Puis ultimement, le nombre d'étudiants assis en classe, donc, pour un nombre de
demandes d'admission qui s'approche de 3 000, ça représente
60 étudiants assis en classe. Et puis là, on décline tout le processus, là :
demandes d'admission, presque 3 000, lettres d'admission rattachées à un
CAQ, près de 2 000, confirmations de visa, 145. Puis là, après ça, il y a
le paiement des frais d'inscription, signature du contrat. Puis le nombre
d'élèves, c'est 60.
Donc, ça requiert vraiment de travailler
étroitement avec le réseau. Je pense qu'on parle... et puis là, ici, c'est
un... je pense, c'est un collège privé ou... mais ça peut être... ça... il y
a... il y a différents collèges qui opèrent sur le territoire dans différents
domaines. Ça peut mettre en péril... on ne... on ne l'espère pas, mais ça
pourrait, si ce n'est pas fait de façon rigoureuse et de façon à ne pas les
brimer dans leur planification... ça peut vouloir avoir un... ça peut entraîner
des effets très négatifs pour les collèges.
M. Roberge : ...clarification,
parce que là, vous vous référez à un document. Juste comprendre. Le collège,
l'établissement a admis, a dit : Parfait, vos candidatures sont correctes,
2 000 étudiants étrangers, alors qu'il y avait 60 places. On
parle de... Parce que ce n'est pas ça que j'ai compris. C'est-tu bien ça? Si
c'est ça, on parle de quel programme, quel établissement?
Mme Setlakwe : Bien, c'est
qu'ultimement sur... Pour l'automne 2024... C'est des chiffres de
l'automne 2024 d'un collège... d'un collège sur le territoire, un collège
privé mais avec agrément, donc c'est un collège pour lequel il y a un... il y a
un lien avec le ministère de l'Enseignement supérieur. Pour 60 étudiants
assis en classe, ça représente 2 765 demandes d'admission, et des
lettres d'admission émises avec un CAQ études, 1 971. C'est l'effet
d'entonnoir. Puis là, ce qu'on comprend, c'est que cet entonnoir existe, dans
le fond, le modèle existe partout, mais avec des ratios, avec des chiffres
différents, donc, qui sont différents d'une institution à l'autre, ce qui va rendre
le processus d'autant plus complexe. Et on voit que le fédéral <a...
Mme Setlakwe :
...rendre
le processus d'autant plus complexe. Et on voit que le fédéral >a...
oui, c'est... effectivement, le chiffre est assez impressionnant, la différence
entre les CAQ émis au Québec puis... après ça, l'intervention du fédéral est
venue réduire. Tout ça pour dire : Comment est-ce qu'on peut rassurer le
réseau qu'il y a des chiffres différents selon l'institution? Ce modèle
d'entonnoir existe, mais les variables, les différentiels sont différents d'un
endroit à l'autre. C'est la façon... C'est les modèles avec lesquels ils
doivent composer. Comment on peut les rassurer aujourd'hui?
M. Roberge : Bien, d'abord,
c'est un système qui est... qui est problématique, sur lequel on travaille.
Donc, je ne suis pas en train de défendre le statu quo, puis en disant :
C'est parfait, on change la loi, puis, un coup qu'on a changé la loi, là, notre
système d'admission est parfait, je ne dis pas ça. On est au travail pour
corriger ça. Et je peux vous dire qu'on a, par établissement, le taux
d'acceptation moyen, en ce moment, entre le nombre de CAQ admis... émis,
pardon, puis le nombre de permis d'études. Donc, on a comme l'historique par
établissement, mais on ne se contentera pas de ça en disant : On est
parfait, tout est réglé puisqu'on l'historique. On veut travailler là-dessus.
Mais ce n'est pas dans le cadre du projet de loi.
Mme Setlakwe : Cet historique
de ces données que vous avez en main... Est-ce qu'elles peuvent être... elles peuvent
être déposées pour le bénéfice de la commission?
M. Roberge : Je peux
demander. On me dit qu'on a ça quelque part. Moi, je ne les ai pas ici, devant
moi. On m'a dit qu'on dispose de ça. Je n'ai aucun enjeu à ce que ce soit
transmis, à moins qu'on me dise qu'il y a vraiment un enjeu, là, que ce soit...
que ce sera... que ce seraient des données...
Mme Setlakwe : Bien, je pense
que ce serait...
M. Roberge : Si on me dit
qu'on ne peut pas les partager, ça va, mais moi, je... ma directive, ce serait
de les partager. On pourra vous revenir plus tard dans la journée.
Mme Setlakwe : Oui, ce serait
apprécié et pertinent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...les documents à la commission.
M. Roberge : Oui, je vais aller
vous revenir, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous pourrez les transmettre à la commission.
M. Roberge : Disons que j'ai
une inclinaison favorable. Pour moi, ça pourrait compléter les informations que
vous avez, si on est capable de faire ça.
Mme Setlakwe : Donc... Bien,
écoutez, moi, je suis tout à fait, tout à fait en accord avec cet amendement,
qui rassurerait grandement le milieu, pour assurer... On enverrait comme
message que, formellement, on enchâsse dans la loi cette obligation de
consulter les établissements avant d'émettre des recommandations.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Écoutez, compte tenu de l'heure... les conversations sont
bien intéressantes, mais je vais suspendre jusqu'à 14 heures. Merci et bon
dîner.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 12)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux.
Alors, vous l'avez deviné, nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 74, Loi visant...
principalement à améliorer l'encadrement relatif aux étudiants étrangers.
Donc, juste avant la pause du dîner, nous
en étions à l'amendement déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Est-ce que j'ai encore des interventions sur l'amendement? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, M. le
ministre, est-ce que la pause du lunch a été bonne? Est-ce qu'elle a porté
conseil?
M. Roberge : ...j'ai pu
déguster le pâté au poulet de ma belle-mère.
Des voix : ...
M. Roberge : Oui. Ça a été... Ça
a été extraordinaire.
M. Paradis : Mais on aurait
aimé nous aussi.
M. Roberge : Pardon?
M. Paradis : On aurait aimé
nous aussi goûter ce fameux...
M. Roberge : C'était
formidable. Bien, on remettra ça, je vous amènerai...
M. Paradis : Prochaine fois.
M. Roberge : La semaine
prochaine j'amènerai des petites noix sucrées de Noël. Mais ça n'a pas changé
mon point de vue sur l'amendement, par contre.
M. Paradis : Bon...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...sur l'amendement? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
M. Paradis : J'ai... Je n'ai
pas fini.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ah! Ah! vous n'avez pas terminé.
M. Paradis : Non, non.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je m'excuse. On revient à vous après. Allez-y.
M. Paradis : Non, non, mais
je suis bien content, là, de savoir que le ministre a eu un bon lunch, mais je
comprends donc que ça n'a pas changé sa position, bon, ce qui est dommage.
Parce que j'aimerais quand même qu'on prenne la mesure de ce qui est en train
de se passer. Et je vais tenter de le résumer le plus objectivement possible et
le plus factuellement possible.
Le ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration refuse que le projet de loi n° 74 indique
expressément qu'il va y avoir une consultation des établissements d'enseignement
du Québec lorsque vient le temps de fixer le nombre ou la répartition des étudiants
internationaux, une question qui les touche au plus haut point, comme tous les
intervenants sont venus nous le dire ici. Le ministre refuse que le projet de
loi dise ça. Le projet de loi n° 74 visant principalement à améliorer l'encadrement
relatif aux étudiants étrangers qui étudient dans des... dans des
établissements d'enseignement ne dira pas que ces mêmes établissements doivent
être consultés quand vient le temps de fixer des politiques publiques
importantes dans l'intérêt public du Québec. C'est ça qu'on est en train de
dire.
Donc, le ministre continue à nous dire, à
affirmer ici qu'il ne veut pas que le projet de loi l'indique expressément. C'est
bien ça?
M. Roberge : Bien, comme je l'ai
exprimé ce matin, parce qu'on répète les mêmes choses, les ministres sont en
communication constante avec les réseaux. Il n'est pas nécessaire d'inscrire
dans la loi via un amendement «la consultation», quand on sait que ce type de
décision là est prise après collecte d'informations, considérant les échanges,
qui sont en continu.
M. Paradis : Est-ce que le
ministre craint que ce soit trop complexe? Est-ce qu'on peut l'aider à faire
quelques pas vers notre proposition? Parce que, là, les trois partis ici, des
banquettes de l'opposition, on est convaincus que c'est la bonne chose à faire.
Et, c'est drôle, j'entends le ministre puis je regarde même son non-verbal,
puis il a l'air de vouloir dire aussi que c'est la bonne chose à faire. Parce
que je ne veux pas lui prêter des intentions...
M. Roberge : Bien, trop tard.
M. Paradis : ...mais on
semble être d'accord sur les principes. C'est ça que je veux dire. Laissez-moi
le dire comme ça. Je pense, on a l'air d'être d'accord sur les principes. Qu'est-ce...
Qu'est-ce qui ne fonctionne pas dans cet amendement... dans les amendements qu'on
a... qu'on a proposés? Et est-ce qu'il y a des éléments qu'on pourrait ajouter?
Est-ce que ça pourrait être «les établissements d'enseignement désignés ou
leurs représentants ou les associations qui les représentent»? Mais est-ce qu'il
y a une façon qu'on inscrive clairement dans le projet de loi qu'il y aura une
telle consultation?
M. Roberge : Bien non, on ne
s'en va pas vers cette inscription-là. Puis j'invite mon collègue à ne pas
essayer de faire de la divination de ce que je pourrais penser, de présumer que
je serais en accord ou pas avec ce qu'il dit en faisant de la synergologie ou
toute autre science, là. Je ne suis pas sûr que c'est de la science, mais, bon.
Donc, non, on va rester... on va rester sérieux. Je...
M. Roberge :
...bon.
Donc, non, on va rester... on va rester sérieux. Je comprends les
préoccupations du collègue. Je pense qu'on a fait tout le débat ce matin. J'ai
exprimé à de nombreuses reprises les raisons. Comme je dis, on... Encore une
fois cette fois-ci, il y a des moments où on a fait des amendements, puis il y
en aura d'autres sans doute où on sera d'accord, mais je pense que dans ce
cas-ci, on est d'accord de ne pas être d'accord.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...interventions sur l'amendement? Je voyais la députée de Mont-Royal—Outremont. Est-ce que ça va?
Mme Setlakwe : ...Jean-Talon...
M. Paradis : Bien...
Mme Setlakwe : Tout à
l'heure, je suis allée trop vite, vous n'aviez pas terminé.
M. Paradis : Non, non, mais
je vais laisser ma collègue de Mont-Royal—Outremontprendre
le relais. Mais je pense qu'on aimerait une autre réponse du ministre, mais on
n'arrive pas à l'avoir. Alors, oui, ma collègue peut prendre le relais.
Mme Setlakwe : Merci.
J'aimerais revenir sur un échange qu'on avait à la fin de la session. Cet
avant-midi, on discutait de l'effet entonnoir et de certains exemples dans
certains collèges, là, du... disons-le, de cette façon-là de... la quantité de
lettres d'admission qui sont émises pour donner, disons, une soixantaine
d'étudiants assis dans les... dans les classes... d'étudiants internationaux.
Et puis là on avait les chiffres qui se déclinaient, là, les lettres, les CAQ,
c'est un nombre important. Ensuite, il y avait le fédéral qui en émettait
beaucoup moins, ainsi de suite. C'est l'effet entonnoir.
Vous avez mentionné que vous aviez accès à
ce type de données, je ne sais pas pour combien d'établissements, je ne sais
pas... Vous avez parlé d'un certain historique. Je ne sais pas on remonte en
arrière de combien de temps. Ma question, c'est : Est-ce que les... Est-ce
que vous êtes prêt maintenant à fournir ces informations pour le bénéfice de la
commission?
M. Roberge : ...dit, c'est
qu'on a... je dis «on», là, mais c'est le gouvernement, en fait, c'est
Enseignement supérieur qui a cette... ce niveau de données. Je ne sais pas si
on l'a vraiment pour chaque établissement. On l'a pour certains. On me dit
cependant qu'à ce stade-ci ce n'est pas possible de partager ces
informations-là.
Mme Setlakwe : Vous vous
engagez à le faire quand les données vont être disponibles et prêtes à être
fournies?
M. Roberge : Bien, je
souhaite que ce soit partageable, mais ce que me disent les équipes
d'Enseignement supérieur, c'est qu'à ce stade-ci il n'est pas possible de le
partager. S'il y a une réponse différente, je pourrai le faire, mais là, ce
n'est pas des informations qui m'appartiennent comme ministre de l'Immigration.
Ça appartient au gouvernement, ça appartient à l'Enseignement supérieur. Nous
ne pouvons pas les partager à ce moment-ci. C'est ce que je peux vous dire.
C'est l'information que j'ai.
Mme Setlakwe : J'essaie de
voir pour quelles raisons. Est-ce que c'est des raisons techniques et...
simplement techniques ou si c'est des... c'est des raisons plus liées à des
préoccupations autres?
M. Roberge : On me dit que
la... Ils sont en train de les colliger et que c'est, pour l'instant, le temps
que c'est colligé à tout le moins... c'est des données pour usage interne. Mais,
après, on verra quand ce sera à la fin.
Mme Setlakwe : Merci. Parce
qu'encore une fois il y a... il y a un sérieux arrimage qui va devoir avoir
lieu puis un suivi serré, là, pour s'assurer qu'on ne vienne pas brimer nos
établissements. Je pense que ça a été dit à plusieurs reprises.
Nous, encore une fois, on pense que cet
amendement est tout à fait raisonnable. On parle des établissements
d'enseignement désignés qui sont prévus à l'article 1, dont on a parlé
abondamment. On mentionne simplement que, quand on va prendre... quand la
décision va être prise au niveau des plafonds... ou du plafond, ce doit être fait
après consultation. Bien, c'est-à-dire que vous, vous allez prendre la décision
en consultation... après consultation avec vos collègues, mais ce doit être
fait aussi après consultation par vous et vos collègues auprès des
établissements d'enseignement désignés, terme qui est reconnu... reconnu, bien,
en fait, par l'article 1 puis qui va... dont la liste va être établie par
le... par le biais d'un décret. Alors, je saisis mal votre hésitation à
l'enchâsser dans la loi.
• (14 h 20) •
M. Roberge : Bien, je
comprends ma collègue, elle me regarde, mais ce n'est pas une question. Je n'ai
pas de commentaire à formuler.
Mme Setlakwe : OK, pas de
commentaire, OK.
Je pense qu'il est opportun ici, puis ce
serait ma dernière question sur l'amendement, de revenir sur la question du
soutien auprès des établissements. Vous vous souviendrez, on a eu un mémoire,
notamment, en tout cas on a celui de l'UQAM ou c'était peut-être celui du
réseau UQ en général qui nous parlait de ces défis auxquels ils sont confrontés,
étant donné l'augmentation du nombre de demandes et un volume important. Ils
ont des équipes qui travaillent à justement assurer qu'il y ait un processus
rigoureux qui soit suivi. Ils ont même des initiatives sur lesquelles ils
planchent pour assurer d'éliminer ou d'écrémer, si on veut, là, celles... les
demandes qui seraient, je n'ose pas dire frivoles... mais qui ne seraient
pas... dont le bien-fondé... tu sais, elles ne sont pas... <elles...
Mme Setlakwe :
...dont
le bien-fondé... tu sais, elles ne sont pas... >elles ne sont
authentiques ou ne... ce seraient des demandes qu'on viserait à écarter pour
toutes sortes de raisons, liées par exemple à des cas de fraude ou autres, donc
écarter les demandes moins intéressantes par rapport à celles qui sont
intéressantes, qui peuvent donner lieu à des candidatures intéressantes et
bénéfiques pour l'établissement. Et on est même allés aussi loin que de dire :
Mais pourquoi on ne se concentre pas justement ensemble, en partenariat, sur
ces efforts-là pour pouvoir nous aider, nous qui gérons ces processus-là à
l'interne? Parce que ça, ça ne changera pas, là, ça va être géré à l'interne.
Alors, est-ce que vous avez pu réfléchir davantage à la façon dont vous allez
soutenir les établissements dans leur... leurs efforts à ce niveau-là?
M. Roberge : Bien, ça, ça
appartient au ministère de l'Enseignement supérieur.
Mme Setlakwe : Oui, mais on
touche pas mal au noeud de la problématique. Puis je reviens... En tout cas, je
ne veux pas refaire le débat, mais on avait... on avait demandé de l'entendre
parce que ce sont ses... ce sont les établissements qui sont sous sa gouverne
qui sont venus nous exprimer, par le biais de plusieurs acteurs, là, toutes les
préoccupations, toutes les inquiétudes. Tu sais, étant donné qu'il n'y en a pas
vraiment un seul... une seule institution qui a levé la main pour dire : Heille!
Wow! Là, ça, ça vient vraiment, vraiment m'aider, là, dans mon... dans mon quotidien,
là, ce projet de loi là va vraiment venir nous aider. Au contraire, c'était :
Attention, terrain glissant, attention à tous ces leviers qui pourraient venir
nous brimer. Et donc, encore une fois, c'est vraiment dommage qu'on ne puisse
pas avoir la ministre, on n'ait pas pu avoir l'opportunité de poser ces
questions-là à la ministre. Est-ce que vous pourriez nous revenir avec... avec
la réponse?
M. Roberge : Bien, moi, je
pense que je vous invite à communiquer directement avec la ministre. C'est
possible de parler à des ministres, là. Je parle avec des députés du
gouvernement, des oppositions, de plein de manières. Si vous avez des
questions, des interrogations très, très précises, honnêtement, je pense que
vous pouvez très bien communiquer... ou les établissements peuvent communiquer
avec... avec le ministère, la ministre, s'ils ont des inquiétudes, là.
Mme Setlakwe : Je comprends.
Là, on est en train d'étudier un projet de loi qui les affecte. Ils sont
inquiets, ils sont préoccupés. C'est un projet de loi du gouvernement. C'est un
projet de loi où, de façon explicite, dans différentes dispositions, on
mentionne expressément que les ministres concernés, que ce soit à l'Éducation
ou à l'Enseignement supérieur, vont devoir formuler une recommandation. Puis,
en fait, je vous dirais que, là, on est plusieurs parlementaires autour de la
table, on va tous devoir ultimement voter sur ce projet de loi là, adopter une
position. Vous ne nous aidez pas tant que ça, là, à nous amener vers un vote
favorable. Parce qu'on a... on a discuté de nombreux volets, de nombreux...
nombreuses préoccupations, incluant, là, celui qu'on a sous les yeux, là. Ça,
c'est un... c'est une modification, un amendement proposé qui vise à rassurer
pas juste nous, là, nous, mais rassurer le milieu. Puis on... À plusieurs
reprises et, je dois dire, à certaines fois, les discussions ont donné lieu à
un certain degré de réconfort dont on a pu être rassurés. Donc, les gens qui
nous écoutent ont pu être rassurés, mais je dirais que dans la très grande majorité
des cas, on est restés sur notre appétit puis on n'a pas été rassurés.
Alors, vous n'avez pas de réponse à
fournir sur le soutien aux établissements dans leur processus interne, dans la
gestion du volume de demandes. Merci. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur
l'amendement du député de Saint-Henri—Sainte-Anne? Alors, si je n'ai pas
d'autre...
M. Cliche-Rivard : On va
demander un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Un vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Roberge
(Chambly)?
M. Roberge : Contre.
La Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
La Secrétaire : Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
La Secrétaire : Mme Schmaltz
(Vimont)?
Mme Schmaltz : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Blais
(Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Contre.
La Secrétaire : Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)?
Mme Setlakwe : Pour.
La Secrétaire : M. Paradis
(Jean-Talon)?
M. Paradis : Pour.
La Secrétaire : Mme Lecours
(Les Plaines)?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Abstention. L'amendement est donc rejeté. Nous revenons à
l'article 5 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Monsieur...
M. le député.
M. Cliche-Rivard : ...Présidente.
Une petite question, M. le ministre. Il y a deux pouvoirs, là, au deuxième
alinéa, les pouvoirs de suspension de la réception et du traitement puis un
pouvoir d'un nombre maximum par catégorie. Ces pouvoirs-là, ils peuvent-tu être
liés ou en même temps? Dans le sens où est-ce que vous pouvez aussi suspendre
dans une catégorie? ...parlant, les déclinaisons que vous vous mettez à 2°,
est-ce que vous les avez pour le pouvoir de 1°?
M. Roberge : ... comprendre
votre question. Donc : «Malgré le <premier...
M. Roberge :
...comprendre
votre question. Donc : «Malgré le >premier alinéa, une telle
décision doit être prise sur la recommandation conjointe du ministre et, selon
leur compétence respective, du ministre de l'Éducation, Loisir, Sport, ministre
de l'Enseignement supérieur, Recherche, Science et de la Technologie dans les cas
suivants.» OK. «Elle porte sur la suspension de la réception ou du traitement
des demandes; elle porte sur le nombre maximal de demandes que recevra le
ministre, si ce nombre maximal est fixé en fonction d'une distinction.» Puis on
y va avec les... des distinctions. Donc, à ce moment-là, quand on regarde ça,
ces décisions-là peuvent porter à la fois sur... sur tous ces éléments. D'après
ce que je comprends, ça peut être que ça porte sur un ou sur l'autre, sur la
suspension, sur la réception, sur le traitement ou sur un nombre maximal qui
serait fixé avec une distinction, donc toutes ces possibilités-là.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que vous pouvez suspendre dans une... dans une catégorie donnée. Vous vous êtes
fixé un plafond, genre 100, sur la base de niveau d'études, par exemple,
100 CAQ. Pouvez-vous suspendre? Pouvez-vous suspendre, pendant ce temps-là,
après vous être donné le pouvoir de mettre un nombre maximal?
M. Roberge : ...ce serait
possible, ce serait possible.
M. Cliche-Rivard : Oui? Même
si ces pouvoirs-là, de détails, sont juste au deuxième, là?
M. Roberge : Est-ce que...
Est-ce que... (panne de son) ...Me Roy apporte cette nuance, si vous êtes
d'accord?
M. Cliche-Rivard : Bien sûr.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...vu que c'est une nouvelle... Merci. Vu que c'est une
nouvelle séance, vous vous présentez, et je vais demander, par la suite...
voyons, l'accord.
La Secrétaire : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le consentement. Merci.
M. Cliche-Rivard : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, votre nom.
M. Roy (Gabriel) : Oui, merci,
Mme la Présidente. Mon nom est Gabriel Roy. Je suis avocat au ministère de
l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
M. Cliche-Rivard : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Allez-y.
M. Roy (Gabriel) : Oui.
Alors, en fait, les décrets, donc, les décisions qui portent sur la suspension
de la réception seront un nombre maximal qui est fixé en fonction de
distinctions, vont devoir être prises sur recommandation du ministre de
l'Immigration et du ministre de l'Enseignement supérieur et...
M. Cliche-Rivard : Tout à
fait.
M. Roy (Gabriel) : Donc là,
pour votre question, peut-être, pouvez la reformuler, s'il vous plaît?
M. Cliche-Rivard : Oui. Au 2°,
là, deuxième alinéa, deuxième paragraphe, le ministre a le pouvoir de fixer un
nombre maximum par catégorie et par programme, bref, dans un peu n'importe
quoi.
M. Roy (Gabriel) : Oui. Bien,
ce n'est pas le ministre, c'est le gouvernement.
M. Cliche-Rivard : Bien, on
est d'accord. Parfait. Je... Excusez. Je reformule. Ceci dit, à 1°, il y a
également un pouvoir de suspension de réception du traitement des demandes, des
demandes. Est-ce que ce pouvoir de suspension là, à 1°, peut avoir la même
spécificité puis les mêmes objectifs de suspension, par exemple, dans un ordre
d'enseignement, dans un cycle d'études, dans une catégorie d'établissements que
2°?
M. Roy (Gabriel) : Je
comprends votre question.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'il semble être un pouvoir accordé à 2° dans le détail des catégories, mais
pas à 1°. Donc, à 1°, le ministre suspend la réception des demandes générales,
là.
M. Roy (Gabriel) : OK. J'ai...
J'ai bien compris votre question. Non, en fait, la suspension est... est
également possible en fonction de toute distinction. Parce que, là, on... Dans
le fond, il faut... On se rapporte... 52.1, dans le fond, c'est un cas de
figure spécifique pour les décrets relatifs aux étudiants étrangers. Mais la
règle de base, à l'article 52, qu'une... une décision «peut varier en
fonction de toute distinction jugée utile» demeure. Donc, les... Donc, la
suspension... une décision de suspension peut effectivement être prise
également en fonction de «toute distinction jugée utile». Les distinctions qui
sont nommées à titre d'exemples au deuxième paragraphe du deuxième alinéa ne
sont effectivement que données à titre d'exemples, mais vous avez tout à fait
raison, une suspension peut également être faite selon «toute distinction jugée
utile».
• (14 h 30) •
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
vous donnez les exemples à 2°. Vous auriez pu ne pas les donner, ça aurait eu
essentiellement le même effet, considérant le corollaire de 52 où vous dites
«toute distinction jugée utile».
M. Roy (Gabriel) : Effectivement,
c'est... Ça été indiqué là pour vraiment donner des exemples spécifiques de ce
que le législateur a en tête comme possibilités de distinction, mais
effectivement ce ne sont bel et bien que des exemples.
M. Cliche-Rivard : Puis, à
tout événement, la seule chose que le ministre va recommander seul, c'est le
nombre total de CAQ étudiants émis dans une année.
M. Roy (Gabriel) : En fait,
du moment que le nombre total va être réparti en fonction d'une distinction, la
recommandation va... le décret va devoir être pris sur une recommandation
conjointe du ministre de l'Immigration et de ses collègues. Donc, la question,
c'est le nombre sera-t-il réparti, si oui, recommandation conjointe.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais,
s'il ne l'est pas, si M. le ministre décide qu'il dit : Cette année,
j'émets 100 000 CAQ, puis c'est la fin de l'histoire, là, sa décision
de gestion, ça, il peut la faire tout seul.
M. Roy (Gabriel) : En fait,
le ministre... Une décision peut être... Une décision qui ne fixerait qu'un
nombre, effectivement, pour l'ensemble de la...
14 h 30 (version révisée)
M. Roy (Gabriel) : ...qui
ne fixerait qu'un nombre, effectivement, pour l'ensemble. La catégorie pourrait
n'être prise que sur recommandation du ministre de l'Immigration.
M. Cliche-Rivard : C'est
ça.
M. Roy (Gabriel) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Et,
du moment où, par contre, il veut tomber dans 30 000 universitaires,
20 000 cégeps puis 10 000 ailleurs, là, il va devoir aller
recommandation conjointe des ministres concernés?
M. Roy (Gabriel) : Effectivement.
Bien, ça demeure toujours le gouvernement qui décide. Donc là, on est vraiment
juste dans la mécanique de... formelle de... formellement qui recommande, mais
dans les faits, ce sera toujours une décision du gouvernement.
M. Cliche-Rivard : C'est
bon. Merci beaucoup.
M. Roy (Gabriel) : Je
vous en prie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'article 5,
tel qu'amendé? Mme la députée.
Mme Setlakwe : J'ai
quelques questions. Je pense qu'on a bien décortiqué la mécanique. J'ai une
question par rapport aux motifs... aux motifs qui soutiennent la prise de
décision. Et je comprends qu'on n'est pas tout à fait dans le même contexte,
mais je remarque, à l'article 50, on a l'obligation de... Oui, c'est à 50.
Excusez, je suis dans le cahier de la députée. Oui, c'est à 50. 52. En tout cas,
je suis à 52. On parle de l'obligation, quand il y a une décision qui est prise
en vertu des articles 50 ou 51, de... Bien, on parle de la façon, dont la
décision est publiée puis elle doit préciser les motifs qui la justifient.
Comment se fait-il qu'on n'ait pas le texte équivalent à 52.1?
M. Roberge : ...
Mme Setlakwe : Oui.
M. Roberge : Parce que,
comme on dit, les considérations générales — pardon — sont
davantage lors de principes, mais elles s'appliquent ensuite à 52.1. Pas besoin
de le réécrire une seconde fois.
Mme Setlakwe : Peut-être
juste nous réexpliquer la mécanique, donc, ou le... c'est ça, l'interaction
entre les... entre les articles qui font que l'obligation de publier la
décision et de mentionner les motifs à l'appui s'applique aussi à 52.1.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Roy.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez‑y, Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Oui,
merci, Mme la Présidente. En fait, l'article... Les décisions qui sont visées à
l'article 52.1, ce sont des décisions du gouvernement, là, pour les
étudiants étrangers. Mais on se rappelle que l'article 50 et l'article 52
sont également des articles qui s'appliquent à... C'est des... Donc, c'est...
52.1, dans le fond, c'est un article qui précise sur quelles recommandations,
dans quelles circonstances les décrets du gouvernement devront être pris. Mais
les précisions sur les considérations sous-jacentes de 50, la règle générale qu'une
décision peut être prise selon toute distinction jugée utile à 52, sont
également applicables dans le cadre d'une décision du gouvernement de 52.1. Donc,
tout le texte de 52 et de 50 s'applique au décret du gouvernement, dont on ne
fait que préciser, à 52.1, sur la recommandation de quel ministre, dans quelles
circonstances elles devront être prises.
Mme Setlakwe : Excellent.
Donc, on va pouvoir suivre l'évolution de ces décisions-là puis d'avoir... de
comprendre et de saisir les motifs à l'appui. Merci.
On a, M. le ministre, parmi les critères
ou parmi, en fait, je devrais dire, les distinctions, au paragraphe 2°,
puis c'est une liste qui n'est pas exhaustive, on a... on en a plusieurs dont
on a discuté amplement, il y en a un qui... il y en a un que c'est bon, la
catégorie d'établissement, etc. Ça me fait penser à des écoles spécialisées qu'on
a sur notre territoire puis qui nous ont déposé... On ne les a pas forcément
entendus, mais ils ont déposé des mémoires, ils ont fait part de leur... de
leur façon de... de leur mission, de ce qu'ils font, de leur façon d'opérer et de
cette clientèle internationale qui est importante pour eux. On peut penser...
On peut penser à des écoles, par exemple, là — puis on sait que la
culture est importante chez nous — écoles de danse contemporaine, une
école de musique dans ma circonscription, Vincent-d'Indy, École supérieure de
ballet, Institut des métiers d'art. Est-ce que vous avez une réflexion par
rapport à ces écoles-là, une intention que vous aimeriez communiquer?
M. Roberge : Bien, non.
C'est une question que ma collègue ramène occasionnellement : Est-ce qu'on
a déjà pris des décisions? À ce moment-ci on n'a pas pris de décision, à ce
moment-ci. On est en train de faire l'analyse des réseaux. Les <ministres...
M. Roberge :
...À
ce moment-ci on n'a pas pris de décision, à ce moment-ci. On est en train de
faire l'analyse des réseaux. Les >ministres sont en train de faire
l'analyse des réseaux, puis après la loi ils pourront recueillir de
l'information pour améliorer leur analyse des réseaux.
Mme Setlakwe : Merci.
Oui, donc à l'occasion, je reviens avec des questions. Je pense qu'il y a
certaines nuances à faire. On a parlé de... que vous allez... vous allez
couper, ça, c'est sûr, il va y avoir des réductions. On ne sait pas trop où. On
comprend qu'il y a un processus de réflexion qui s'entame. Il va y avoir, entre
autres, ça a été mentionné à différentes reprises, qu'il va possiblement... On
va devoir possiblement prioriser des domaines où il y a une pénurie de
main-d'œuvre, utiliser des critères liés à la main-d'oeuvre, mais ici, au
niveau des arts puis de la culture, comment réconcilier, donc, le maintien de
ces programmes? En même temps, on a entendu que vous allez prioriser certains
domaines où il y a une pénurie de main-d'œuvre. Donc, encore une fois, ça nous...
ça nous amène quand même à penser que... Est-ce qu'on peut s'inquiéter pour ces
écoles spécialisées qui sont importantes pour... pour la culture?
M. Roberge : Je pense
que ce n'est pas le temps de s'inquiéter de quoi que ce soit. Puis, de toute
façon — pardon — on parle ici d'étudiants étrangers, là, on
ne parle pas de fixer un nombre d'étudiants en comptant... de fixer un nombre
de... maximum d'étudiants québécois. Je comprends mal la question de ma
collègue, là.
Mme Setlakwe : Mais
est-ce que vous souhaitez que ces écoles-là continuent d'opérer sur notre
territoire?
M. Roberge : Bien, Mme
la Présidente, on n'est pas en train de parler de fermeture d'institutions
québécoises, là, on est en train d'élaborer des critères pour qu'un
gouvernement puisse mieux gérer l'arrivée d'étudiants étrangers. Donc là,
attention, on ne parle pas de fermer... Elle me demande si on veut que les
établissements restent ouverts.
Mme Setlakwe : ...un
extrême. J'imagine que la réponse aurait été : Bien sûr que non, Mme la
députée.
M. Roberge : Bien oui,
on veut que les établissements... Bien là... Bien là, la réponse, c'est :
On veut que les établissements restent ouverts.
Mme Setlakwe : Bon,
super. Mais ces établissements-là accueillent un nombre non négligeable
d'étudiants internationaux. C'est parce qu'on a une expertise, nous, à déployer,
on a des... on a des professionnels, on a des enseignants spécialisés. J'essaie
de voir comment ils vont... Comment, s'ils nous écoutent, sont-ils rassurés par
rapport au futur? On a...
Puis on peut penser aussi à l'École
nationale de cirque. On est connus pour notre expertise dans ce domaine-là, on
sait tous pourquoi. C'est une grande fierté pour le Québec. Et puis on est
ouverts sur le monde. La dernière chose qu'on veut, c'est ériger des murs. On
veut que, quand les gens pensent à l'art du cirque, on pense au Québec... que
ça continue, n'est-ce pas? J'imagine qu'on partage cette même... cette même
vision, cette même intention, cette même fierté par rapport aux arts du cirque.
Ils sont... Ils sont inquiets. Est-ce qu'on va... on va tenir compte de cet...
de cet apport qui est tout à fait distinct et différent d'un programme en soins
infirmiers, par exemple?
• (14 h 40) •
M. Roberge : Bien, la
ministre de l'Enseignement supérieur va compléter l'analyse du réseau et
arrivera avec des recommandations.
Mme Setlakwe : Et elle
va interagir avec son collègue à la Culture, présumément?
M. Roberge : De toute
façon, la décision doit passer en Conseil des ministres, donc c'est une
décision de gouvernement, et le ministre de la Culture est présent.
Mme Setlakwe : OK. Très
bien. Est-ce que, dans cette réflexion, dans ce travail qui va débuter, qui va
durer un certain nombre de mois et qui va donner lieu à, on l'espère, à des
discussions ouvertes et constructives, et avec beaucoup d'écoute de la part du
gouvernement, vous ne craignez pas que ça va créer un genre de course ou une
concurrence malsaine entre les établissements, étant donné qu'on a entendu à
quel point l'apport des étudiants internationaux est cruciale pour eux? Vous ne
craignez pas ça un peu?
M. Roberge : ...c'est
que la troisième opposition, la deuxième opposition ont déjà dit qu'ils
voulaient réduire, puis si je mets des mots dans votre bouche, vous me
corrigerez, réduire le nombre d'étudiants étrangers. Nous avons dit que nous
voulons réduire le nombre d'étudiants étrangers. Si on n'adopte pas la loi
actuelle, le seul pouvoir qu'on a, c'est de réduire unilatéralement tout le
nombre, et là, il y aurait ce que vous ne souhaitez pas, une concurrence pour
un nombre limité d'étudiants, sans critère qui nous permettrait de tenir compte
de toutes ces préoccupations. Donc, il est là, le problème. Le problème serait
dans la non-adoption de la loi — pardon, excusez-moi.
Mme Setlakwe : ...des...
à des débats, à des dilemmes <intéressants...
M. Roberge :
...
serait dans la non-adoption de la loi
— pardon, excusez-moi.
Mme Setlakwe :
...des... à des débats, à des dilemmes> intéressants. M. le ministre, je
vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 5, tel qu'amendé? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 5, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division. Nous allons donc passer, oui, à
l'article 6. Évidemment, je dois vous demander le consentement, puisqu'il
avait été suspendu. Donc, ai-je le consentement pour procéder?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre, on passe à l'article 6.
M. Roberge : Merci bien,
Mme la Présidente. Alors, article 6 :
L'article 53 de cette loi est modifié
par le remplacement de «du ministre prise en vertu des articles 50 et 51»
par «prise en vertu de l'article 50 ou 51».
Commentaire : Cet article propose une
modification de concordance afin de tenir compte de l'octroi au gouvernement du
pouvoir de prendre une décision de gestion des demandes présentées à titre
d'étudiant étranger, proposé par l'article 3 du projet de loi.
Et j'aurais un amendement. En fait, c'est
un ajout, ce n'est pas un amendement, excusez-moi, ce serait, ensuite, 6.1.
Donc, c'est...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...c'est ce que j'allais vous dire, ce n'est pas un
amendement.
M. Roberge : Non, ce
n'est pas un amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on reste à l'article 6. Est-ce que j'ai des
interventions sur l'article 6? Si je n'ai pas d'intervention, est-ce que
l'article 6 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Maintenant, vous introduisez un article 6.1 à
l'article 73 de la Loi sur l'immigration au Québec. Nous allons le
projeter, il est devant nous. M. le ministre, je vais vous demander d'en faire
la lecture.
M. Roberge : Oui, très
bien. Donc, si les gens qui nous écoutent trouvent que ça va vite, c'est parce
qu'on avait déposé en liasse une série d'amendements hier, en début
d'après-midi, qu'on avait partagé avec les groupes des oppositions, nos
collègues. Donc, voilà pourquoi on peut avancer de cette manière-là. Je vais
avec la lecture, article 6.1 :
Insérer, après l'article 6 du projet
de loi, le suivant :
6.1. L'article 73 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Le ministre retourne au ressortissant
étranger ayant présenté une demande à titre d'étudiant étranger les sommes
qu'il a payées à titre de droits lorsqu'il refuse la demande au motif que
l'établissement d'enseignement auquel il est admis a cessé d'être désigné ou
que les études pour lesquelles il y est admis ont cessé d'être reconnues
conformément à l'article 15.1 depuis la date de présentation de la
demande.»
Donc, je ne dirais pas que c'est en
concordance, mais je dirais que c'est en suite logique à l'article 1 du
projet de loi, qui se trouve à être l'article 15.1, où on est venu
préciser la notion d'établissement désigné, la notion d'études reconnues, et on
ne voudrait pas que, suite à des décisions prises avec ces catégories-là, il y
ait des étudiants qui soient financièrement pénalisés. On a d'autres articles
qui viennent traiter des autres enjeux suite à l'adoption de cette
spécification-là, là, à «établissement désigné» puis «études reconnues». Donc,
toutes ces mesures-là vont aller dans le sens de soit rembourser l'étudiant ou
lui permettre de conserver, un certain temps, son statut, lui permettre d'aller
ailleurs. Donc, on y viendra un peu plus tard.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. J'ai des interventions sur l'introduction de ce
nouvel article 6.1?
M. Cliche-Rivard : ...lire
le commentaire, ça nous aide beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : OK. Je m'excuse, je ne lis pas sur les lèvres.
M. Roberge : Je ne le
vois pas, le commentaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Merci.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le ministre.
M. Roberge : OK. Merci.
Je lisais sur mon écran plutôt que sur l'écran qui est là.
Commentaire : Cet amendement a pour
objet d'exiger que le ministre rembourse au ressortissant étranger les droits
exigibles que ceux... que celui‑ci a payés pour une demande de certificat
d'acceptation du Québec à titre d'étudiant étranger lorsque cette demande est
refusée en raison du retrait de la désignation de l'établissement
d'enseignement auquel ce ressortissant a démontré avoir été admis ou du retrait
de la reconnaissance des études pour lesquelles il a été admis, dans le cas où
le retrait de la désignation ou de la reconnaissance advient après la
présentation de sa demande.
On le voit, ici, c'est quelqu'un qui
aurait déjà déboursé pour quelque chose, et que le gouvernement changerait soit
la désignation d'établissement ou retirerait la notion de programme reconnu,
alors que la personne aurait déjà déboursé des frais, donc, dans cet
intervalle. Bien, à ce moment-là, on <propose...
M. Roberge :
...alors
que la personne aurait déjà déboursé des frais, donc, dans cet intervalle.
Bien, à ce moment-là, on >propose de prévoir ça pour que l'étudiant ne
soit pas financièrement pénalisé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Donc, j'avais reconnu, au tout début, le député de l'Acadie.
Le micro est à vous. Votre intervention.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, M. le ministre, si je comprends bien, là, dans... En fait,
le principe est louable, je ne suis pas contre le principe, parce
qu'évidemment, là, quelqu'un qui a payé, ce que je comprends, c'est que le
gouvernement va lui rembourser le montant qu'il a déboursé pour obtenir son
certificat. C'est bien ça?
M. Roberge : ...c'est ce
que je viens d'expliquer, là.
M. Morin : C'est ça.
M. Roberge : Quelqu'un
qui aurait déjà déboursé pour quelque chose, alors que son établissement est
désigné, ou le programme est reconnu, la personne s'inscrit dans quelque chose
qui est reconnu, ou en tout cas débourse pour ça, après ça, le gouvernement
prendrait une décision, retirerait soit cette reconnaissance d'établissement ou
de programme, bien, à ce moment-là, l'étudiant pourrait se voir... se faire
rembourser...
M. Morin : Rembourser.
M. Roberge : ...ses
frais, si on est entre l'étape un et l'étape deux. Voilà.
M. Morin : Oui. Puis ça,
ça ne vise pas uniquement... Ça, ça vise les études, par exemple,
universitaires en général. On ne parle pas des cycles supérieurs, on parle du
bac, maîtrise, doctorat, puis ça peut être même d'autres. Ce n'est pas
uniquement non plus des établissements d'enseignement universitaire, c'est pour
l'ensemble du programme. Parfait.
M. Roberge : C'est une
mesure qui est générale pour...
M. Morin : Générale. OK.
M. Roberge : Quand on
parle d'étudiants étrangers, là, des fois, on pense tout le temps universitaire,
là, mais ça peut toucher, là...
M. Morin : Oui, mais, ça
peut être au cégep, ça peut être...
M. Roberge : ...du
primaire jusqu'au postdoctorat, là.
M. Morin : Oui. OK. Parfait.
Donc... Parce que là, si vous voulez rembourser la personne, c'est donc que ce
scénario-là risque de se produire. Et est-ce que je comprends que... Admettons,
là, un cas pratique. Moi, j'habite en Belgique, puis je voudrais venir faire un
bac en science politique à l'Université Laval, parce que c'est très connu, puis
c'est proche du Parlement, puis c'est parfait, et donc l'université m'accepte.
Alors, moi, je fais les démarches pour avoir mon certificat puis être capable
de venir au Québec, et qu'entre-temps, vous, vous pourriez déterminer que dans
ce programme-là, il va y avoir, je ne sais pas, un nombre, tant d'étudiants, ou
que ce programme-là ne sera plus désigné, au point où après ça, bien, je vais
me dire : Bien, écoutez, bien là, remboursez-moi, je ne pourrai pas aller
chez vous. Ce cas-là pourrait arriver.
M. Roberge : ...je ne
pourrai pas faire tous les cas d'espèce, là, un après l'autre, là, mais le
principe, c'est que si tu as déboursé pour t'inscrire dans un programme au
moment où il était reconnu dans un établissement désigné, que le gouvernement
change cette caractéristique-là, bien, c'est ce qu'on dit.
M. Morin : Ça tombe.
M. Roberge : Voilà.
• (14 h 50) •
M. Morin : Ça fait que
vous voyez, M. le ministre... En fait, ça, je pense, pour moi, là, je trouve ça
très parlant et... Parce que, quand tous les groupes sont venus nous dire
qu'ils avaient besoin de prévisibilité, autant au niveau du développement de
programmes que de maintien de.. Admettons, là, je parle de programmes
universitaires, là, bien là, ce que vous pouvez faire, puis vous allez
peut-être le faire parce que vous prévoyez un moyen de rembourser, à moins que
je comprenne mal ce que ça veut dire, bien, vous pourriez arriver, vous, puis
décider que tant d'étudiants, pas plus, bonsoir, puis que, là, l'université va
se ramasser en se disant : Bien, écoutez, moi, M. le ministre...
Parce que vous nous avez dit ce matin que les universités parlaient à la
ministre de l'Enseignement supérieur, vous vous parlez. Bien, l'université va
appeler la ministre en disant : Écoutez, là, moi, j'avais un programme, on
vient de ne plus désigner le programme. Il y a des étudiants qui vont être
remboursés, mais ils ne seront pas là parce qu'ils ne pourront plus être là.
Puis là, bien, après l'université va se dire : Bien, mon programme, il
est-tu vivable, il n'est-tu pas vivable, comment ça fonctionne?
Alors, comprenez-vous, c'est... c'est cet
élément-là de prévisibilité, je trouve, et je vous le soumets, que votre projet
de loi vient complètement évacuer. Puis ça, je trouve que c'est un exemple
frappant de ce qui pourrait arriver.
M. Roberge : Bien, moi,
j'ai un petit commentaire.
M. Morin : Oui.
M. Roberge : Il existe en
ce moment des établissements désignés, ce n'est pas le terme utilisé, mais
c'est de ça dont on parle quand même, qui ont des programmes qui ne sont pas
des programmes réguliers, qui ne sont pas nécessairement... Par exemple, dans
un collège, là, ce n'est ni une attestation d'études collégiales, AEC, ni un
DEC deux ans ni un DEC trois ans, et il se forme des programmes particuliers
qui sont intéressants, mais qui n'ont pas la même <valeur...
M. Roberge :
...programmes
particuliers qui sont intéressants, mais qui n'ont pas la même >valeur que
les attestations comme ça. Ces programmes peuvent être utilisés, parfois, en
assez grand nombre, par des étudiants étrangers, non pas parce qu'ils veulent
suivre tel programme, là, dans leur avancement de carrière, mais qu'ils se disent :
Bien, tu sais, voici une voie facile, pas trop exigeante. Dans un cas X, je ne
dis que c'est... Ce n'est pas la même chose pour tous les programmes maison,
mais il pourrait y avoir quelques programmes, disons, facilement accessibles,
peu de... peu d'exigences à l'entrée, peu de contingentement, puis, voilà, ça
devient une voie de passage. Il y a des entreprises qui se spécialisent
là-dedans, trouver des craques et les exploiter. La solution à ça, si ce n'est
pas d'utiliser la notion de programme reconnu, et donc de le retirer le cas
échéant, c'est quoi?
M. Morin : Bien, vous
savez, M. le ministre, moi, quand je regarde ça... Puis je comprends ce que
vous voulez faire, vous en avez parlé, OK, ça, je le conçois bien. Mais là,
l'ennui avec votre disposition, c'est qu'elle est, évidemment, large, elle
s'applique à tous les programmes d'études, y compris l'exemple que, moi, je
vous donnais à partir de programmes universitaires, par exemple, ça peut être
un programme au collégial. Puis, si ça, ça arrive, là, avec des universités, bien
ça aussi, des universités sont venues nous le dire, M. le ministre, il en va de
la réputation du Québec à l'étranger. Puis ça aussi, c'est une composante avec
laquelle, bien, moi, je ne peux pas rester insensible.
Ça fait que je comprends ce que vous
voulez faire, mais il n'y aurait-il pas moyen d'adopter des dispositions qui
vont être véritablement rédigées pour enrayer ce que vous voulez éviter? Puis
je vous comprends, un établissement d'enseignement qui créerait une espèce de
programme, là, plus ou moins structurant, avec des normes d'admissibilité plus
ou moins rigides qui feraient en sorte que, soudainement, il y aurait plein de
monde, oui... Mais l'ennui, c'est que votre amendement, il ne vise pas ça comme
ça, il va s'appliquer à l'ensemble. Puis c'est là que moi, j'ai un malaise, et
dont, évidemment, les éléments que je partage avec vous.
M. Roberge : ...c'est
comme si mon collègue s'inquiétait de la solution. Moi, je m'inquiète du
problème. Il y a un problème, il y a des problèmes actuellement. On trouve des
solutions. On voit des enjeux, on dit : Oups! Il pourrait avoir quelqu'un,
un étudiant qui n'est même pas sur le territoire québécois, qui pourrait être
victime de ça, puis on ne veut pas en faire... Donc, on propose l'amendement
qui arrive ici, qui vise à ne pas pénaliser financièrement personne, bien, il
me semble que c'est mieux que le... que le statu quo. D'autant plus qu'on pense
à ne pas pénaliser personne avec la situation actuelle, et ça me semble une
réaction mesurée et raisonnable. Puis je répète quelque chose, je ne prête pas
des intentions aux établissements d'avoir... de concevoir ces programmes-là
dans un dessein malveillant, frauduleux. Ce n'est pas ce que je dis. Voilà.
M. Morin : Puis, dans
votre réalité, est-ce que vous en avez des exemples de programmes qui
pourraient faire en sorte que vous pourriez agir? Parce que j'imagine que, si
vous voulez créer une situation avec un texte législatif qui va vous permettre
d'agir, vous devez avoir des exemples. Je ne peux pas croire... Ce n'est pas
juste hypothétique, là, vous devez avoir quelque chose de concret.
M. Roberge : Je ne peux
pas les nommer ici parce que les analyses sont en cours. Je pourrais nommer ici
un programme sur lequel on se pose des questions. Ce n'est pas moi, en fait,
c'est Éducation et Enseignement supérieur qui font ces... qui font, en ce
moment, ces validations-là, et je pourrais causer un dommage à un établissement
si, par erreur, je nommais quelque chose qui finalement s'avère tout à fait
correct, ou je nommerais un programme en disant : Ah! Ce programme-là, il
n'est peut-être pas correct, puis, peut-être, finalement, il serait correct.
Donc, je vais faire attention. Les décisions arriveront quand les analyses
seront complètes et exhaustives.
M. Morin : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions? Député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Là, l'article vous permet, en fait, vous oblige, là, à retourner les fonds,
puis c'est bien normal. Puis là, vous jugiez que ça prenait un article de loi
pour faire ça, ça va aussi. Je pense que vous auriez pu avoir comme politique
de le faire, puis ça aurait été possible aussi. Ça, c'est dans le cas où,
vraiment, la désignation est perdue en cours de route. Ça fait que la personne
a <appliqué...
M. Cliche-Rivard :
...Ça,
c'est dans le cas où, vraiment, la désignation est perdue en cours de route. Ça
fait que la personne a >appliqué, a payé ses frais en ligne, puis bien,
finalement, deux, trois jours après, elle reçoit ses fonds. Ça ne s'applique
pas sur une décision de gestion où vous suspendez le traitement dans un
programme donné ou dans un établissement donné.
M. Roberge : Non, ce
n'est pas de ça dont on parle. On se comprend.
M. Cliche-Rivard : Puis
dans ce cas-là, si vous suspendez le traitement, là, au sens de 50, 51, 52, où
on était tantôt, est-ce que, là, il y a un remboursement ou là, ce n'est pas pareil
ou...
M. Roberge : ...excusez-moi.
Si en utilisation d'une décision de gestion on décide de ne plus traiter des
demandes, puis que ça cause des problèmes parce que des frais ont été acquittés,
ces gens-là seront remboursés. C'est déjà prévu par la loi. On n'a pas besoin
de faire une modification législative pour ça. Là, on fait une modification
législative en fonction de deux nouveaux concepts qu'on amène dans la loi.
C'est pour ça qu'il faut faire la modification «établissement désigné» puis «programme
reconnu».
M. Cliche-Rivard : OK.
Le remboursement suite à une décision de suspension, vous dites, c'est déjà
dans la loi, est-ce que vous l'avez pas loin?
M. Roberge : Est-ce
qu'on peut... Est-ce qu'on peut répondre, à quel endroit c'est?
M. Roy (Gabriel) : Alors,
c'est prévu au dernier alinéa de l'article 50 de la loi actuelle. Mais ce
n'est pas, si je peux préciser, ce n'est pas en matière de suspension, c'est
vraiment si on décidait de ne carrément pas traiter la demande. La suspension,
c'est simplement temporaire, mais, si la... En fait, si ça vise à ne pas
traiter de demande, donc à carrément, là, ne pas...
M. Cliche-Rivard : La
retourner.
M. Roy (Gabriel) : ...la
retourner, alors, dans ces cas-là, effectivement, la loi prévoit que le
ministre doit rembourser.
M. Cliche-Rivard : OK.
Mais ma question porte spécifiquement sur la suspension parce que la suspension
peut avoir un effet sur ma volonté de continuer ou ne pas continuer lesdites
études puis ladite demande de CAQ. Donc, le cas d'un ressortissant étranger, il
applique, il paie ses frais, puis là, par la suite, il y a une suspension de
traitement dans la... il y a une demande... il y a une décision de gestion qui
suspend le traitement de sa demande. Lui, il ne peut pas la retirer ou s'il
peut la retirer? Puis, s'il peut la retirer, est-ce qu'il sera remboursé?
M. Roy (Gabriel) : Écoutez,
normalement, les droits exigibles sont prélevés aux fins pour l'examen d'une
demande. Donc, dans la mesure où une demande est susceptible d'être examinée
encore, normalement il n'y a pas de remboursement applicable. Les
remboursements se font dans la mesure où il n'y aura pas d'examen de la
demande. Donc, ce sont ces cas-là qui vont justifier un remboursement
légalement parlant.
M. Cliche-Rivard : OK.
Là, M. le ministre, on se retrouve dans une situation où vous pourriez
suspendre le traitement des décisions pour six, huit mois, ce qui fait en sorte
que la personne n'a plus d'intention ou pas la même intention d'aller étudier
au Québec puis elle, elle se retrouve à ne pas être remboursée. Je la trouve un
petit peu problématique. Si on le permet dans le cas d'une personne qui passe
la désignation, on devrait le prendre pour une personne aussi qui est affectée
par une décision de gestion de suspension qui ne relève pas de sa faute, là.
• (15 heures) •
M. Roberge : Bien, je
pense que c'est des situations qui sont différentes. On parle dans un cas
d'arrêter quelque chose...
M. Cliche-Rivard : Tout
à fait différentes.
M. Roberge : ...dans un
autre cas de le différer. Je pense que, dans... En regardant les choses dans un
contexte de traitement de dossiers de ressortissants étrangers, il n'est pas
rare qu'il y ait des délais. Ça fait partie, là, des mécanismes normaux. Je ne
suis pas prêt à ajouter, là, de nouveaux principes de remboursement, alors
qu'il s'agirait d'un délai, tout simplement.
M. Cliche-Rivard : Sauf
que, là, les délais de gestion peuvent être... de suspension, peuvent aller
jusqu'à 48 mois avec vos modifications, là. C'est quand même des délais.
Je ne pense pas que vous allez prendre ça, puis en fait je serais surpris. Ceci
dit, la loi vous le permet. Vous venez protéger les droits d'un, là, puis je le
salue, moi, je suis d'accord avec votre amendement. Je me dis : Bouclons
la boucle et prévoyons les mêmes droits de remboursement pour celui qui est
affecté par votre décision de gestion qui sera votre droit selon la loi, mais
qui décide de retirer sa demande parce que ça ne fait plus son affaire. Lui, il
voulait rentrer à l'école en septembre 2024, là. Là, vous suspendez le
traitement. C'est votre droit. Lui, bien, rentrer à l'école en janvier 2025, ça
ne l'intéresse pas puis il va décider, son droit, d'appliquer ailleurs. Si vous
protéger les droits d'un dans votre droit de le faire à 6.1, je soumets que le
corollaire serait de faire la même chose pour ceux qui sont impactés par une
décision de gestion.
M. Roberge : Je vais
juste écouter, voir ce que... Éclairage...
(Consultation)
M. Roberge : ...suspendre
une minute, si vous voulez...
15 h (version révisée)
M. Roberge : ...je veux juste
écouter, voir ce qu'on...
Des voix : ...
M. Roberge : Je vais
suspendre une minute, si vous voulez, pour bien comprendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, c'est ce que j'allais vous demander.
M. Roberge : Des fois, c'est
juste quelques secondes, mais là...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pour meilleure précision, on va suspendre quelques...
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 02)
(Reprise à 15 h 10)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. M. le ministre, avant de suspendre, vous aviez quelques vérifications
à faire.
M. Roberge : Oui, exactement.
On voulait être certains de regarder ce qui se passe déjà dans la loi parce
que, là, on... en réalité, on est... c'est davantage une question qui porte sur
quelque chose qui se passe déjà et dans plusieurs programmes d'immigration.
Alors, ce qu'il y a, c'est que, lorsqu'il y a suspension de réception, à ce
moment-là, on rembourse. La personne a payé pour qu'une demande soit reçue,
finalement, elle n'est même pas... on rembourse. C'est déjà le cas, c'est comme
ça.
Pour une suspension de traitement,
c'est-à-dire que la personne aurait payé, le gouvernement s'engage à traiter la
demande, mais ce n'est pas immédiat, il peut y avoir un délai, comme ça existe
déjà dans la loi et comme ça existe déjà pour d'autres programmes, il n'est pas
prévu de rembourser. Il y a simplement un délai entre la réception et le
traitement de la demande. Il n'est pas dans notre intention de changer cette
disposition-là qui s'applique pour plusieurs programmes dans le domaine de
l'immigration.
M. Cliche-Rivard : ...vous
expliquez essentiellement que, non, là, ce n'était pas prévu de faire ça. Je <l'entends...
M. Cliche-Rivard :
...vous
expliquez essentiellement que, non, là, ce n'était pas prévu de faire ça. Je
>l'entends sur une suspension courte, puis ça peut justifier, mais là,
une suspension qui vient quand même sur plusieurs mois pourrait avoir quand
même un impact considérable sur l'étudiant puis sa volonté de maintenir...
surtout dans un contexte où, mettons, ce n'est pas toujours possible de faire
une rentrée universitaire à l'hiver, là, il y a des programmes que ce n'est pas
possible. Mais là, ce que vous dites, c'est que, dans ce contexte-là, il ou
elle ne pourra pas demander le remboursement suivant la décision de gestion,
ça, ce ne sera pas possible.
M. Roberge : Ce n'est pas
possible de demander un remboursement si, exactement, il y a un délai, en
réalité. Puisqu'on parle d'un délai, là, suspension de traitement, ça veut dire
qu'il y a un délai. La demande sera traitée, analysée un peu plus tard. La
personne ne pourrait pas dire : Bien, moi, c'est deux mois ou
remboursez-moi.
M. Cliche-Rivard : OK. Je
formule l'avis que quelqu'un ne devrait pas être impacté par les décisions de
gestion, puis s'il voudrait retirer ou si c'est son souhait, il pourrait le
faire avec remboursement. Vous offrez votre réponse, là, je ne suis pas d'avis
que c'est la bonne, mais c'est la prérogative du gouvernement, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur
l'article 6.1? Alors, si je n'ai pas d'autre intervention, je vais mettre
aux voix la motion introduisant le nouvel article 6.1. Est-ce que c'est
adopté?
M. Roberge : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On va donc passer à l'article 7. Non, il est
déjà adopté, l'article 7.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, pardon. Oui, M. le...
M. Paradis : Je pense, sur
Greffier, un projet d'amendement, 6.2.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre parce qu'on ne l'a pas reçu, c'est pour ça
que je ne le savais pas. Alors, on va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 14)
(Reprise à 15 h 24
)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Au moment de suspendre, le député de Jean-Talon s'apprêtait à déposer
un amendement introduisant un nouvel article, un article 6.2. On le voit
sur les écrans, alors, M. le député, je vais vous demander d'en faire la
lecture.
M. Paradis : Insérer, après l'article 6.1
du projet de loi, l'article 6.2 suivant :
La loi sur l'immigration au Québec
(chapitre I-0.2.1) est modifiée par l'insertion, après l'article 52.1,
du suivant :
«Le gouvernement publie, tous les deux
ans, un rapport d'évaluation d'impacts des décisions prises en vertu de l'article 52.1.»
Bon, puis là je suis conscient que
l'article 6.2, là, modifierait des articles de la loi sur l'immigration
qui précèdent ceux modifiés par l'article 6.1, là, peut-être que ça, il y
a un ajustement qui peut être fait.
Mais le principe est le suivant, le ministre
a mentionné à quelques reprises, là, que c'est nouveau, hein, qu'on se donne
des nouveaux mécanismes en ce qui concerne les étudiants internationaux, que
c'est du droit nouveau qui a besoin de ces mécanismes-là pour avoir une
planification plus cohérente, dit-il, de l'immigration et de l'admission des
étudiants étrangers. Et dans les consultations particulières, ça a été une
proposition, notamment de l'Union étudiante du Québec, de l'Université Bishop's,
de l'Université Concordia, de faire une évaluation des impacts que ça avait sur
le réseau des établissements d'enseignement du Québec.
La Fédération des chambres de commerce du
Québec n'était pas exactement sur ce point-là, mais le gouvernement devrait
aimer ça, le ministre devrait aimer ça, là, il parlait d'un tableau de bord de
l'immigration temporaire. Mais eux aussi ont mentionné l'importance de faire en
sorte qu'à intervalles réguliers, on se pose officiellement la question de
l'évaluation des décisions qu'on a prises en matière de politiques publiques en
matière d'immigration, et notamment relativement aux étudiants internationaux.
C'est dans ce contexte que je propose que
le projet de loi prévoie explicitement, en ces termes, la publication, tous les
deux ans, d'un rapport d'évaluation d'impact des décisions prises en vertu des
nouvelles dispositions du nouveau mécanisme créé par le projet de loi 74.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je vous
remercie de cette proposition, on est en train de l'analyser. On n'avait pas de
préavis que vous arriviez... arriveriez avec cette idée. Ce que je demande en
ce moment de vérifier, c'est, parmi tous les rapports, les redditions de
comptes qu'on fait déjà en ce moment au ministère, puis le gouvernement est
souvent en train de faire une mise à jour, un rapport, une reddition, un dépôt
à l'Assemblée nationale de telle ou telle affaire, est-ce que, d'emblée, ce ne <serait...
M. Roberge :
...à
l'Assemblée
nationalei de telle ou telle affaire, est-ce que, d'emblée, ce ne >serait
pas déjà intégré? C'est ça que je suis en train de demander comme vérification,
donc.
Mais, sur ce, je suis quand même intéressé
d'entendre les autres collègues. Je ne rejette pas ça d'emblée. Je me
questionne ouvertement. Ça m'intéresse de vous entendre à ce sujet-là. Pendant
ce temps-là, on regarde ce qui se fait déjà, puis regardons si c'est opportun
ou pas, là. Je vais analyser ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais reconnaître... Ça vous va? Je vais reconnaître le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne ou vous avez... ou vous voulez poursuivre?
M. Paradis : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Paradis : Je voulais simplement
ajouter que le délai de deux ans, c'est celui qui était proposé notamment par
l'Union étudiante du Québec, mais ça réfère aussi, là, au délai de 24 mois
pour certaines décisions du ministre en vertu de la loi sur l'immigration.
Donc, c'est l'explication, là, aussi du délai de deux ans. Là-dessus, je suis
curieux aussi d'entendre mes collègues de Saint-Henri—Sainte-Anne et de l'Acadie
ou Mont-Royal—Outremont. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Et on poursuivra avec l'Acadie par la suite. Saint-Henri—Sainte-Anne,
la parole est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. C'est une proposition très intéressante. C'est celle,
effectivement, comme le député de Jean-Talon le disait, de l'UEQ, de Bishop's,
Concordia et autres groupes, notamment pour qu'on puisse évaluer les impacts
desdites réformes puis qu'on ait la chance justement de pouvoir lire ces
synthèses-là, lire ces évaluations-là, puis qu'on puisse être à même de juger,
là, sur le niveau de CAQ, sur le niveau de gestion, sur l'impact des
modifications. Je pense qu'on y serait tous gagnants, le gouvernement également.
Dans une perspective d'avoir toujours des meilleures politiques publiques et de
toujours être certain d'avoir les bonnes mesures législatives appropriées, je
pense qu'on aurait là quelque chose d'important.
Ça a fait l'objet de demandes de groupes.
L'UEQ dit : «publication tous les deux ans d'un rapport d'évaluation
détaillé des décisions prises ici», parle d'un «rapport qui serait produit par
les trois ministères», donc Immigration, Enseignement supérieur puis Éducation,
le cas échéant. Bishop's, Concordia nous dit : Oui, il faut ce rapport, il
doit être déposé à l'Assemblée nationale également, qu'on puisse en avoir
connaissance et copie. «Une étude d'impact devrait être produite et déposée.»
Il y avait d'autres groupes qui nous
parlaient aussi de proposer un genre de comité consultatif chaque fois que le
gouvernement veut réduire le nombre. Bon, là, on n'ira pas là, mais au moins
d'être certain d'avoir un... une étude d'impact puis une réalisation d'une
étude d'impact approfondie, le FQPPU était d'accord également.
Donc, il y a quand même plusieurs groupes,
là, qui faisaient cette demande-là, puis je pense qu'on aurait là un exercice
intéressant pour évaluer la pertinence puis la justesse des politiques
migratoires. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, c'est... c'est une bonne idée, c'est une bonne initiative de
la part de mon collègue de Jean-Talon. Cependant... et là, au niveau de la
procédure, je ne sais pas si j'aurais besoin de son consentement, mais je
souhaiterais déposer un sous-amendement pour préciser non pas «publie», mais
«dépose» à l'Assemblée nationale, tous les deux ans, un rapport d'évaluation.
Ça fait que, comme ça, ça serait clair. Évidemment, l'ensemble des députés
seraient au courant, on l'aurait. Puis c'est souvent un mécanisme qui est
utilisé par différents ministères. Donc, c'est dans le même esprit sauf...
• (15 h 30) •
M. Paradis : ...
M. Morin : Oui, ou je dépose
le sous-amendement, là, c'est pour toi, là.
M. Paradis : OK.
M. Morin : Mais il faut le
consentement.
Une voix : ...
M. Morin : Non? Non, il ne le
faut pas? Bon, bien, c'est encore mieux.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende puis vous allez en
discuter?
M. Morin : Oui, peut-être
discuter, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on va suspendre quelques instants. Merci.
M. Morin : Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 31)
15 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 54)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux.
Donc, au moment de suspendre, nous en
étions à nos discussions entourant l'article 6.2, un nouvel article qui
était proposé par le député de Jean-Talon, par amendement. Lors des
discussions, pour le bien-être des gens... pas pour le bien-être, mais pour la
compréhension des gens, il y a des discussions qui se déroulent lorsqu'on
suspend les travaux. Alors, à la suite des discussions, il a été proposé, et je
vais laisser le député de Jean-Talon en faire la proposition, mais le
suspendre, votre amendement. M. le député, la parole est à vous.
M. Paradis : Oui, Mme la
Présidente, on sent que ça cogite et que ça avance dans la bonne direction, on
le souhaite, du côté gouvernemental. Donc, pendant qu'on fait des
vérifications, notamment de libellés, si je comprends bien, mais des
vérifications, suspendons, donc, cette proposition d'amendement pour qu'on
puisse continuer nos travaux. On y reviendra, donc, quand on aura les
indications de la part du gouvernement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Besoin du consentement, évidemment, pour suspendre l'amendement.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Donc, on va passer à l'article 8, compte tenu
que le 7 a déjà été adopté. Et j'ai besoin de votre consentement pour passer,
justement, à l'article 8. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. M. le ministre, vous pouvez faire la lecture de l'article 8.
M. Roberge : Oui. Je signale
tout de suite qu'il y aura un amendement. Donc :
8. L'article 15 de la Loi sur l'enseignement
privé (chapitre E-9.1) est modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par la suppression de «et sans aller en
deçà de la capacité d'accueil des installations mises à la disposition de
l'établissement»;
b) par l'insertion, à la fin, de «en considérant
notamment la capacité d'accueil des installations mises à la disposition de
l'établissement ainsi que les besoins relatifs aux services éducatifs ou aux
catégories de services éducatifs visés»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«En outre, le ministre peut déterminer un
seuil minimal d'élèves résidents du Québec, au sens des règlements du
gouvernement, qui doivent être admis aux services éducatifs ou aux catégories
de services éducatifs dispensés par l'établissement.»
Cet article propose de permettre au
ministre de l'Éducation et au ministre de l'Enseignement supérieur, selon leur
compétence respective, de déterminer un nombre maximal d'élèves pouvant être
admis dans un établissement d'enseignement privé qui puisse être inférieur à la
capacité d'accueil des installations mises à la disposition de l'établissement.
Il propose que la détermination d'un tel nombre requière de considérer
notamment cette capacité d'accueil et les besoins relatifs aux services
éducatifs ou aux catégories de services visées. Cet article propose également
de permettre à ces ministres, selon leur compétence respective, de déterminer
un seuil minimal d'élèves résidents du Québec qui doivent être admis aux
services éducatifs ou aux catégories de services éducatifs dispensés par un
établissement d'enseignement privé.
Et j'irais avec l'amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, on va juste... Donnez-moi quelques secondes, c'est à
mon tour de vous en demander. OK, on voit l'amendement. Donc, il y a un
amendement qui est déposé. Vous pouvez nous en faire la lecture.
M. Roberge : Amendement très
simple, article 8, article 15 de la Loi sur l'enseignement privé.
Supprimer le paragraphe 1° de l'article 8
du projet de loi.
Donc, c'est de supprimer <toute...
M. Roberge :
...15
de la Loi sur l'enseignement privé.
Supprimer le paragraphe 1° de l'article 8
du projet de loi.
Donc, c'est de supprimer >toute
la première section qui proposait, pour le gouvernement, d'aller en deçà de la
capacité d'accueil. C'est quelque chose qui a grandement inquiété plusieurs des
établissements privés qui sont venus, ils l'ont exprimé ici, lors des auditions
particulières. Et on a eu, aussi, des conversations avec les partenaires et on s'est
rangé à leur argument comme quoi ce n'était pas nécessaire d'avoir cet
article-là dans la loi pour atteindre les objectifs qui sont visés. Donc, si
vous êtes d'accord, en adoptant cet amendement-là, on retirerait cet élément
qui inquiète plusieurs établissements privés, en ce moment.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, je vais juste résumer, on enlève le 1°, a et b, on
conserve seulement que l'ajout à la fin de l'alinéa qui commence par «En
outre». C'est bien ça?
M. Roberge : Exactement.
Enlever le 1°, a et b.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a des interventions sur
l'amendement?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Voilà, ça donne le texte qui serait adopté.
M. Roberge : Ce qu'on
retrouve, en réalité, c'est qu'on garde le texte de l'article 15 actuel et
on fait simplement un ajout, en bas, qui parle d'un seuil minimal. Plutôt que
de retirer quelque chose, on parle davantage d'un cheminement. C'est un
contexte différent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Dans ce
contexte-là, M. le ministre, un élève résident du Québec, là, c'est un résident
permanent, un citoyen?
M. Roberge : OK. Dans la
définition, une définition d'un résident du Québec : «Au sens de la Loi
sur l'enseignement privé, l'élève qui est citoyen canadien ou résident
permanent au sens de la loi sur l'immigration et de la protection des réfugiés,
qui est dans l'une des situations suivantes : — j'en ai
plusieurs, j'en ai neuf — il est né au Québec ou il a été adopté par
une personne qui a sa résidence au Québec au moment de l'adoption; l'un des
parents ou son répondant a sa résidence au Québec; ses parents ou son répondant
sont décédés et l'un des deux parents ou le répondant avait sa résidence au
Québec au moment du décès; il maintient sa résidence au Québec bien que ses
parents ou son répondant aient cessé d'y résider; le Québec est le dernier
endroit où il a eu sa résidence durant 12 mois consécutifs sans toutefois
être aux études à temps plein pendant cette période; — c'est
quelqu'un qui est dans une de ces situations-là, hein, pas obligé de cocher
toutes ces cases — il est titulaire d'un certificat de sélection
délivré en vertu de l'article 22 du règlement immigration du Québec; il
réside au Québec depuis au moins trois mois sans avoir résidé dans une autre
province durant plus de trois mois; il a eu sa résidence au Québec selon les
chapitres 2, 4, 5 ou 7 pendant trois années consécutives au cours des cinq
dernières années; son conjoint a ou avait sa résidence au Québec selon les
paragraphes précédents.»
Donc, c'est quelque chose qui est déjà
désigné par la loi, la notion de résident du Québec, donc c'est ça.
• (16 heures) •
Mais, pour l'instant, l'amendement, ce
n'est pas tellement l'ajout, c'est plutôt le retrait du premier paragraphe, a
et b. Donc, si vous voulez, on pourrait se positionner, on pourrait se
positionner sur la pertinence de l'amendement, lequel nous demande de retirer,
là, de l'article 8, le premier paragraphe, a et b, après quoi on pourrait
traiter réellement de l'article 8.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement? M. le
député. Oui.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je comprends qu'un des éléments qui est inquiétant pour les
collèges, notamment, d'enseignement privé, et on l'a vu dans le mémoire de
l'Association des collèges privés du Québec, c'est que j'avais l'impression que
cette modification-là, à la Loi sur l'enseignement privé, pouvait s'appliquer
non pas uniquement à des élèves résidents ou à des personnes en situation
d'immigration, mais il pouvait s'appliquer aussi au... finalement, au seuil ou
à la capacité d'accueil générale du collège, peu importe s'ils ont des
immigrants ou pas. Est-ce que j'ai... Est-ce que ma lecture était bonne, de a
et b?
M. Roberge : Oui, vous avez
raison, quand on regarde le 1°, a et b, il ne s'agissait pas seulement
d'étudiants...
16 h (version révisée)
M. Morin : ...pas. Est-ce que
j'ai... est-ce que ma lecture était bonne de a et b?
M. Roberge : Oui, vous avez
raison. Quand on regardait le 1, a et b, il ne s'agissait pas seulement d'étudiants
étrangers.
M. Morin : C'est ça. Donc, au
fond, avec cette loi-là, en modifiant la Loi sur l'enseignement privé, ça
donnait l'autorité finalement au ministre de même réduire le nombre d'admissions
qui va avoir lieu dans un collège où il n'y a que des étudiants, étudiantes
québécois, par exemple.
M. Roberge : Bien, c'était...
ça aurait pu arriver.
M. Morin : C'est ça.
M. Roberge : Je ne dis pas
que c'était l'intention du gouvernement, là...
M. Morin : Non, mais...
M. Roberge : ...mais disons
que la marge de manœuvre, par ces deux alinéas-là, était très, très large.
M. Morin : Oui. C'est ça.
Puis ça, ça créait effectivement plusieurs inquiétudes, d'où votre... d'où
votre retrait.
M. Roberge : Oui. C'est ça, mais
je vais vous dire, écoutez, sincèrement, parce que je sais que la notion d'inquiétude
est présente lors des débats, on pense qu'on peut le retirer, puis en tenant
compte des recommandations, puis des commentaires des partenaires. Parce qu'on
est capables, en réalité, avec les autres articles, d'atteindre les objectifs,
de contrôler correctement l'arrivée d'étudiants étrangers, de s'assurer de leur
pleine participation, d'en prendre soin, de réussir leur accueil, sans avoir
besoin de ces articles-là, en réalité. En analysant le projet de loi dans son
ensemble, on s'est rendu compte qu'on était capables d'atteindre les objectifs
sans causer des craintes à des partenaires.
S'il avait fallu le faire malgré tout, on
l'aurait fait, en disant : Écoutez, oui, je comprends que vous avez des
craintes, on ne va pas agir de manière excessive. Mais là, en réalité, avec les
autres articles, on est capables, comme je vous ai dit tout à l'heure, d'avoir
une agilité gouvernementale suffisamment grande pour atteindre les objectifs à
définir sans avoir besoin de ceci. Donc, alors, à ce moment-là, on peut l'enlever,
puis je pense que ça répond au souhait de plusieurs.
M. Morin : OK. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement?
Alors, si je n'ai pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement est adopté?
Adopté. On revient donc à l'article 6 tel qu'amendé. Pardon?
Une voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 8, pardon. C'est vrai, on a avancé. L'article 8, je m'excuse,
tel qu'amendé. Donc, j'imagine que l'article 8, tel qu'amendé, les
discussions sont faites, parce que ça ressemble beaucoup à l'amendement. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Oui. Allez-y.
M. Morin : J'aimerais savoir,
l'article qui reste, à 8, est-ce que ça s'applique aux collèges privés agréés?
M. Roberge : Je veux juste
être certain, de le vérifier. Oui, oui, tout à fait. Ça s'applique aux collèges
privés agréés, donc autant ceux qui sont agréés, subventionnés ou non
subventionnés. C'est ça.
M. Morin : Parfait. Subventionnés
ou non subventionnés, OK
M. Roberge : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. M. le ministre, c'est-tu un seuil...
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Je vais juste
vous laisser le...
Des voix : ...
M. Roberge : ...
M. Cliche-Rivard : Parfait. C'est
bon? Non, non, pas de problème. C'est-tu un seuil fixe ou c'est un seuil par
établissement?
M. Roberge : Je veux juste
être sûr...
Des voix : ...
M. Roberge : Non, ça peut être
par établissement.
M. Cliche-Rivard : Ça peut
être par établissement. Ça peut-tu être par niveau par établissement?
M. Roberge : Non, c'est par
établissement.
M. Cliche-Rivard : Par
établissement. Parce que ça dit «aux services éducatifs ou aux catégories de
services éducatifs dispensés», une catégorie de services éducatifs, ça ne veut
pas dire un niveau d'enseignement?
M. Roberge : Non. Je pense
que des catégories de services éducatifs, c'est davantage des ordres d'enseignement,
au primaire, secondaire.
M. Cliche-Rivard : Des ordres,
OK. Donc, oui par établissement, mais non, après ça, par programme ou par
niveau d'enseignement? Genre collège X, c'est tel pourcent, mais «that's it», vous
ne pouvez pas aller un petit peu plus loin dans le...
M. Roberge : Juste pour être
bien certain.
M. Cliche-Rivard : Oui. Bien
sûr.
M. Roberge : Juste pour être
bien certain.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça ne devrait pas être long.
M. Roberge : ...dans un
établissement, parce qu'il existe des établissements qui font, mettons, à la
fois du primaire, du secondaire, du privé, on pourrait avoir des seuils en
fonction... des fois, on utilise des ordres d'enseignement, mais un collège
privé qui ferait du secondaire...
M. Cliche-Rivard : Et du
primaire...
M. Roberge : ...et du plus
collégial, admettons, pourrait avoir des seuils en fonction de ça. Mais <globalement...
M. Roberge :
...et
du plus collégial, admettons, pourrait avoir des seuils en fonction de ça. Mais
>globalement, là, ça va être par établissement, quand on regarde ça au
concret, là.
M. Cliche-Rivard : Oui, sauf
des exceptions d'ordres d'enseignement. Là, ça établit un seuil minimal
d'élèves résidents. Donc, par exemple, là, je donne l'exemple, mais la
directive, c'est collège X, ça prend au minimum 20 %, c'est en termes de
pourcentage, là, cette affaire-là.
M. Roberge : On est en
pourcentage.
M. Cliche-Rivard : OK. C'est
bon. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, M. le député de l'Acadie.
M. Morin : ...merci. Je vous
posais la question, M. le ministre, en lien avec les collèges privés
subventionnés ou agréés, parce que, quand ils sont venus en commission
parlementaire, ils nous ont présentés, dans leur mémoire, à la page 13, un
graphique. Puis on voit, en tout cas, dans le graphique, dans les données
qu'ils ont obtenues, qu'il y a eu effectivement un problème majeur. Vous vous
souvenez peut-être de ce graphique-là, là, où il y a eu... mais ça, c'est un
collège privé non subventionné. Ça fait que je ne sais pas ce qui est arrivé là
puis je ne sais pas ce que le gouvernement a fait, mais, en tout cas, il y a
une pyramide entre 2019 et 2023. Mais, quand on regarde la courbe des
établissements privés subventionnés puis celle des établissements publics, la
courbe est à peu près la même. Donc, ils restent évidemment... ça augmente,
mais c'est dans des seuils qui sont... qui sont bas.
Et, eux, ce qu'ils nous disaient, en fait,
ce qu'ils demandaient, vous vous en souviendrez peut-être, c'était qu'ils
soient finalement retirés de cet article-là, parce qu'ils avaient été en mesure
de contrôler le nombre d'étudiants venant de l'étranger. Et, parmi... parmi les
collèges, bien, on retrouvait notamment des collèges comme Notre-Dame-de-Foy, à
Saint-Augustin-de-Desmaures, collège Bart à Québec, Jean-de-Brébeuf à Montréal,
Laflèche à Trois-Rivières, Grasset, Marianopolis, Mérici à Québec, Stanislas à
Montréal, etc. Donc, est-ce que c'est quelque chose que vous avez considéré ou
si vous voulez toujours que ça s'applique à l'ensemble des établissements,
qu'ils soient subventionnés ou pas?
M. Roberge : Bien, on veut
que ça s'applique à l'ensemble des établissements. En fait, quand on dit que ça
s'applique, on veut pouvoir déterminer, l'article dit «le ministre peut
déterminer un seuil minimal». Donc, je pense que, dans le cadre du projet de
loi, on est mieux de s'assurer de permettre à l'État d'avoir un maximum
d'opportunités pour, après ça, être capables d'agir, le cas échéant, au besoin.
Parce que, si on restreint ceci puis, dans six mois, on se rend compte qu'il y
a un problème, puis on dit : Ah! bien, là, il faut ouvrir la loi, ce
serait malheureux.
M. Morin : OK. Donc, je
comprends que vous voulez vous garder une marge de manœuvre, finalement, pour l'appliquer
à l'ensemble des collèges, qu'ils soient subventionnés ou pas.
M. Roberge : Bien, des
collèges privés.
M. Morin : Oui, oui. Oui, parce
qu'on est dans la Loi sur l'enseignement privé, là, clairement, clairement.
Tout à fait. Tout à fait. Donc, la liste et d'autres, finalement, dont ceux
dont je vous parlais.
Bien. Maintenant, il y avait aussi une
recommandation à l'effet qu'il y ait un comité provincial où vous pourriez
consulter les établissements dans le cadre de votre processus décisionnel, pour
qu'il y ait plus de prévisibilité, et ça, c'était à la page 15 de leur
mémoire. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez considéré?
M. Roberge : La création d'un
comité, je vous dirais, non, ce n'est pas quelque chose qui a été considéré,
parce que, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, les... autant le ministère de
l'Enseignement supérieur que le ministre de l'Éducation a ses comités, a ses
rencontres avec les partenaires, les organisations régionales et...
régionales... nationales, les regroupements. Je ne pense que c'est nécessaire,
là, que... de rajouter un comité de plus, là.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...interventions sur l'article 8 tel qu'amendé?
Avez-vous d'autres interventions sur l'article 8 tel qu'amendé?
M. Morin : Juste une autre...
une autre question. J'imagine que le seuil, il va être variable par collège,
donc ce ne sera pas le même seuil pour tous les établissements. Donc, vous
vous... l'article va vous permettre d'agir par collège, donc ce ne sera pas le
même pour tout le monde.
M. Roberge : Exactement,
c'est ce qui est précisé, là, ça se termine par «par établissement».
M. Morin : Par établissement.
M. Roberge : Par
établissement.
M. Morin : Parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, si je n'ai pas d'autre intervention sur
l'article 8, tel qu'amendé, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oups! Juste un instant, une petite question? Allez-y.
M. Paradis : Donnez-moi
30 secondes.
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député de <Jean-Talon...
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
...M. le député de >Jean-Talon.
M. Paradis : Oui. Je vais
poursuivre un peu dans la foulée de mes collègues. Donc, sur l'établissement de
ces seuils minimaux de résidents du Québec, est-ce que le ministre a déjà un
peu une idée? Bien là, il va me voir... il va me voir venir, hein, parce que je
lui pose les mêmes questions depuis le début, là, sur sa planification. Est-ce
qu'il a une idée déjà de ce qu'il veut faire dans le cas de cet article 15,
tel que modifié, par région, par établissement, des idées des pourcentages, des
seuils qu'il vise, justement, de manière générale? Quelle est l'intention du
législateur, là? On va travailler sur cette intention-là, là, pour que ceux qui
vont nous lire, pour la postérité, voient un petit peu où est-ce que le
ministre et où est-ce que le gouvernement veut en venir avec cette proposition.
M. Roberge : Les
conversations que j'ai eues avec mes collègues, qui continuent leurs analyses,
tendent à me dire qu'en ce moment, n'ayant pas toute l'information complète, ce
serait par établissement et non pas par... nécessairement par région, mais le
critère par établissement semble avoir... Je dirais, à ce moment-ci, c'est
l'intention initiale, mais on se dote de pouvoirs, les pouvoirs vont demeurer,
la capacité va demeurer, la marge de manœuvre va demeurer. Le contexte peut
changer, donc je ne peux pas présumer de toutes décisions qui seraient prises à
l'avenir, là.
M. Paradis : C'est donc dire
qu'en pratique le gouvernement aurait ou le ministre aurait une liste vraiment
individualisée par établissement, puis là... avec des objectifs de seuils par
établissement, individualisés. Mais est-ce qu'avec ça il y aurait des visées
régionales? Par exemple, on peut imaginer que la situation à Montréal... la
situation... la situation à Montréal diffère de la situation à Québec, qui
diffère de la situation des régions, et les régions ont des situations qui
diffèrent entre elles. Est-ce qu'il va y avoir une planification de ce... de ce
type-là aussi, au-delà de la planification par... du seuil établi par
établissement, mais avec une vision régionalisée ou même par type
d'établissement aussi?
M. Roberge : Bien, je vous
dirais que ça fait partie des considérations. Si on se rend compte qu'il y a
une région qui est... qui est surpeuplée ou qu'il y a une région pour laquelle
il y a toutes sortes d'enjeux, notamment la langue, d'autres critères, ça peut
être pris en compte. Chaque critère peut être utilisé, mais le... chaque
critère peut faire partie de l'analyse vaste du ministre en question, mais le
pouvoir, il est applicable par établissement. Après ça, on pourrait viser tous
les établissements d'une région x, mais c'est applicable par établissement.
M. Paradis : Est-ce que...
Cette planification-là a lieu à quelle fréquence? Est-ce que c'est annuel,
c'est à tous les deux ans? C'est revu de quelle... de quelle façon? Ça se place
un peu dans l'optique des amendements que j'ai proposés aussi, c'est-à-dire
d'avoir une évaluation des impacts. Est-ce que... Donc, ça vient à quelle
fréquence et de quelle façon, cette planification-là?
M. Roberge : Bien, je vous
dirais qu'une fois la sanction de la loi faite, il va... il va y avoir, pour la
première fois, une prise d'informations davantage complètes, avec les outils de
la loi, puis après ça il va y avoir une analyse par le ministre concerné. Donc,
dans ce cas-ci, ça va être Éducation et Enseignement supérieur.
Je pense que c'est un pouvoir qui est à
utiliser au besoin. L'intention actuelle, l'intention gouvernementale, n'est
pas de donner un seuil à tous les établissements privés ou privés agréés du
Québec. L'objectif n'est pas d'aller mur à mur puis de dire : À chaque
établissement son seuil. Il est possible de voir, après réception de toutes les
informations... de dire : Bien là, considérant l'information qu'on a, il y
a peut-être, dans certaines régions ou pour certains établissements, la
nécessité d'imposer un seuil.
M. Paradis : Bien, je veux
bien comprendre. Tout à l'heure, on disait que c'était envisagé par établissement,
mais là vous nous dites que ce n'est pas nécessairement d'arriver avec une
cible par établissement.
M. Roberge : Oui, oui, oui,
c'est... Oui, mais ce que je veux dire, c'est que le pouvoir... Attends, je vais
clarifier pour qu'on se comprenne bien. Regarde, ça dit : Cet article
propose également de permettre à ces ministres, on parle des deux ministres,
Éducation et Enseignement supérieur, selon leurs compétences respectives, de
déterminer un seuil minimal d'élèves résidents du Québec qui doivent être admis
aux services éducatifs ou aux <catégories...
M. Roberge :
...un
seuil minimal d'élèves résidents du Québec qui doivent être admis aux services
éducatifs ou aux >catégories de services éducatifs dispensés par un
établissement d'enseignement privé. D'accord?
M. Paradis : Oui.
M. Roberge : Un à un, on
pourrait bien donner un seuil à chacun des établissements. Les discussions
préalables que j'ai avec mes collègues, l'intention initiale, pour l'instant,
n'est pas d'utiliser ce pouvoir pour chacun des établissements à la grandeur du
Québec à ce moment-ci.
M. Paradis : C'est-à-dire que
vous pourriez le faire, mais, compte tenu des discussions que vous avez jusqu'à
maintenant, vous n'envisagez pas de le faire de manière individualisée. Est-ce
que j'ai bien compris?
M. Roberge : Voilà.
M. Paradis : Le pouvoir est
là, mais ce n'est pas nécessairement dans ce détail de granularité, là, ou de ventilation
que vous voulez aller, c'est ça?
M. Roberge : Voilà.
M. Paradis : Bon, bien, c'est
intéressant. Donc, on lève une partie du voile sur la stratégie. Est-ce que,
dans ces discussions-là, vous... que vous nous dites avoir avec vos collègues à
l'Éducation et à l'Enseignement supérieur, il y a d'autres éléments dont vous
pourriez nous informer actuellement pour que les parties prenantes qui sont
venues ici nous dire qu'elles voulaient avoir de la visibilité... Est-ce qu'il
y a d'autres éléments que vous pouvez partager avec nous au moment où on se
parle?
M. Roberge : Bien, en fait,
ce que je viens de dire là, je l'avais déjà mentionné à d'autres moments
précédemment. Donc, j'ai réitéré, en toute transparence, la partie de l'analyse
qu'on a eue, les conversations qu'on a eues. Puis ce que je vous dis, c'est
qu'on va recueillir davantage d'informations puis que les ministres vont
continuer leur radiographie du réseau. Et c'est d'autant plus pertinent que
maintenant ils auraient cette capacité-là grâce à l'amendement qu'on est en
train... pas à l'amendement, mais à l'article qu'on est en train d'adopter.
M. Paradis : Bien. Donc, vous
nous... vous nous indiquez que le pouvoir serait là de fixer des seuils par
établissement, mais vous n'avez pas nécessairement l'intention d'aller là. Si
on le prend de l'autre côté, on sait qu'on peut fixer des seuils globaux, hein,
dans l'article qu'on vient d'adopter, puis ensuite de ventiler en vertu d'un
certain nombre de critères.
Est-ce que le ministre... est-ce que vous
envisagez, par exemple, lorsque vous fixez des seuils, par exemple, par région,
ou par certains critères, ou par type d'établissement... Globalement, est-ce
qu'il y a ouverture quand il y a des collèges, quand il y a des établissements
qui nous disent : Ah! bien, moi, je suis... moi, je ne suis pas
nécessairement capable de me rendre à tel niveau ou, à l'inverse, je vais
diminuer? Est-ce qu'il y a une ouverture à ce qu'il y ait des jeux entre le
seuil global qui est fixé puis des collèges qui disent : Bien, moi, je
peux en prendre plus ou moi, je peux en prendre moins? Est-ce que ça, il y a
une ouverture à ce qu'il y ait ces discussions-là, par année ou par période
visée, dans l'établissement des seuils globaux, puis ensuite dans leur
ventilation?
• (16 h 20) •
M. Roberge : Juste pour
compréhension, plusieurs des articles, les articles qu'on a étudiés
précédemment, parlent des normes de CAQ, d'accord, pour les étudiants
étrangers. Ici, et depuis le début, on parlait d'admissions d'étudiants
étrangers, contrôler mieux le nombre de CAQ, selon un paquet de critères ou de
distinctions, l'arrivée de résidents non permanents venus ici pour étudier.
Ici, pour cet article-là, on est dans un
paradigme un peu différent, on est en train de dire plutôt : Pour des
établissements privés, subventionnés ou non, on fixe non pas un pourcentage
d'étudiants étrangers, mais un plancher, je vais dire, de résidents québécois,
là, de... de Québécois, on va dire résidents... de Québécois. Au-delà de ce
plancher-là, bien, oui, ça peut être des étudiants internationaux, mais ça peut
aussi être des Canadiens non résidents, là, les CNRQ.
Donc, c'est une mécanique qui est
différente, qui s'adresse, cette fois-ci, exclusivement au réseau privé. Donc,
on ne touche pas ici les universités, on ne touche pas le réseau public, on
touche le réseau privé, donc primaire, secondaire, collégial privé. Donc, c'est
une mécanique qui est différente, qui a un impact, évidemment, si on augmente le
pourcentage, là. Dans l'absolu, si on disait : Bien, c'est 100 %, le
seuil, c'est 100 %, vous devez n'avoir que des Québécois, bien là, dans...
dans cet établissement-là, il ne pourrait pas y avoir d'étudiants étrangers, puisque
le seuil de Québécois serait de 100 %. Bon, ça réglerait le cas dans ce
cas-là. Mais ce... c'est quelque chose qui pourrait être utilisé dans certains
établissements privés. <Voilà...
M. Roberge :
...c'est
quelque chose qui pourrait être utilisé dans certains établissements privés.
>Voilà.
M. Paradis : ...oui, puis... oui,
puis je... merci, là, de le préciser, là, qu'on est dans un paradigme distinct.
Et c'est... justement je voulais voir quel est le... quel est le niveau
d'ouverture à ce qu'on... à ce qu'il y ait des discussions sur ce seuil-là.
Donc, une fois qu'il y a un seuil qui est fixé... Parce que vous nous avez dit :
Je pourrais le fixer par établissement, mais non, probablement pas, par région,
ou par type d'établissement, ou... là, bon, on ne sait pas exactement selon
quel autre critère. Mais est-ce qu'une fois que c'est fixé, c'est... c'est
minimum, puis il n'y a pas de jeu, ou il pourrait y avoir du jeu?
Et est-ce que le ministre peut nous donner
une idée de ce type de seuil? On parle de quel pourcentage, par exemple? Parce
que mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, tout à l'heure, a évoqué des
chiffres, si je me souviens bien, mais est-ce qu'on a une idée déjà de ce que
vous envisagez? C'est quoi, un seuil minimal type, par exemple? Parce que vous
avez des discussions actuellement. Ça ressemble à quoi?
M. Roberge : ...répondre à ce
moment-ci.
M. Paradis : Non?
M. Roberge : C'est des
décisions, dans ce cas-ci, qui sont... ne sont pas prises par le ministre de
l'Immigration ici, ce sont des décisions qui sont prises soit par le ministre
de l'Éducation, soit par le ministre de l'Enseignement supérieur.
M. Paradis : ...si on parle
concrètement, là, on sait qu'il y a eu des cas où il y a des collèges, là,
certains collèges, là, les fameux cas d'abus dont on parlait, là, où il y a
vraiment... ce sont presque uniquement des étudiants internationaux. Donc, on
sait qu'on veut corriger ce genre de chose là, mais donc on a... on ne peut pas
avoir une idée aujourd'hui de ce que ce serait, un seuil minimal, là, de
résidents du Québec qui est envisagé ou qui est discuté actuellement.
M. Roberge : ...comme on l'a
dit à plusieurs reprises, lorsque vous ou vos collègues nous ont posé la
question pour savoir : Mais, bon, quelle est la décision que vous
prendrez?, je ne peux pas répondre à la question. Comme je l'ai dit, c'est des
décisions... dans ce cas-ci, c'est des décisions vraiment prises par les
collègues. La question qu'on se pose, je pense que vous êtes d'accord, mais
vous direz si vous n'êtes pas d'accord, c'est : Est-ce qu'on veut se
donner, comme État, le pouvoir de prendre de telles décisions? Moi, je pense
que oui.
Après, quelle sera la décision exactement
en fonction de l'analyse qui sera faite? Honnêtement, je ne peux pas vous dire
à ce stade-ci. Moi, je pense que... Ma réflexion, c'est qu'on veut cette
habileté, cette agilité pour être capables d'agir. Donc, je pense qu'on sera
plus gagnants en ayant un État qui a cette nouvelle capacité, et c'est... je
pense que c'est ça qui devrait être notre analyse : Est-ce qu'on veut ou
pas, ce pouvoir-là?
M. Paradis : Puis je pense
que le ministre... je pense que le ministre connaît notre avis là-dessus, là.
Sur le principe, je pense qu'on se rejoint, on est d'accord. On aurait pu avoir
une meilleure idée, je pense, de la planification du gouvernement sur ces
questions-là, sur... puis ça nous aurait aidés à jouer notre rôle de
législateurs aujourd'hui, là. Mais je comprends, là, qu'il y a des discussions
qui ont déjà cours, mais ça aurait été intéressant, là, de voir quelle est la
planification, puis quels sont les seuils envisagés, puis quels sont les
critères selon lesquels ces seuils minimums... minimaux de résidents du Québec
dans les... dans les collèges vont être...
Je comprends, là, que le ministre dit
qu'il ne peut pas répondre à ces questions-là aujourd'hui, mais ça va, là, dans
ses... dans ses grandes... Je l'ai mentionné, je pense, dans mes remarques
préliminaires, donc la transparence et la visibilité sur la planification du
gouvernement auraient... auraient aidé, là, dans les discussions qu'on a
aujourd'hui. Mais oui, je réitère, sur le principe, on est d'accord. Plus de
visibilité, plus de transparence, je pense, nous aurait aidés ici, de dire :
Voici, c'est ça, là, c'est ça, le plan de match vers lequel on se dirige.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 8? Allez-y, M. le député.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, quand on parle de seuil minimal d'élèves résidents
du Québec, un peu plus tôt vous avez dit que ça pouvait être utilisé pour la
nécessité d'imposer un seuil. Est-ce que... Qu'est-ce que vous avez en tête par
«nécessité d'imposer un seuil»? Puis quels seraient vos critères?
M. Roberge : Bien, Mme la
Présidente, ce n'est pas le ministre de l'Immigration qui prendrait cette
décision-là. Ici, c'est... ce n'est pas une... ce n'est même pas une
recommandation qui est conjointe non plus, c'est une recommandation... c'est
une décision, en fait, du ministre de l'Éducation ou de la ministre de
l'Enseignement supérieur. Donc, moi, je suis ici pour qu'on discute de
l'opportunité de se doter de ce nouveau pouvoir là, pour avoir un meilleur
contrôle, mais là la question, c'est : Est-ce qu'on veut avoir ce
pouvoir-là ou pas? Mais là comment... comment cette décision sera prise
exactement par mes collègues et par ceux qui nous suivront, vous comprendrez
que ce n'est pas l'objet de la discussion ici, là.
M. Morin : OK. <Maintenant...
M. Roberge :
...vous
comprendrez que ce n'est pas l'objet de la discussion ici, là.
M. Morin :
OK. >Maintenant,
dans... Parce qu'on a parlé aussi des abus puis que vous voulez contrer, puis
ça, on est pour ça, là, c'est clair, mais est-ce que ça vise surtout... Parce
que les articles qu'on a vus dans les journaux, ça semblait être des instituts
ou des collèges privés privés, pas des privés subventionnés. Et, quand on
regarde le document qui a été produit par l'Association des collèges privés du
Québec, où il semble y avoir eu des abus, en tout cas une circonstance vraiment
particulière, ça semble aussi être des privés non subventionnés.
En avez-vous discuté avec vos collègues?
Est-ce que ça présente un enjeu de taille, les privés subventionnés, qui ferait
en sorte que, par exemple, avec le pouvoir... Je comprends que, là, ce
serait... ce serait dans la Loi sur l'enseignement privé, mais le ministre ou
la ministre pourrait fixer un seuil qui ferait en sorte que, dans certains
établissements, finalement, il n'y en aurait plus, d'élèves résidents du
Québec. Ça pourrait se rendre jusque-là.
M. Roberge : Bien, ça
pourrait se rendre jusque-là, effectivement. Il pourrait y avoir des collèges
privés ou des écoles privées en ce moment qui ne fonctionneraient qu'avec des
étudiants non québécois. Effectivement, c'est possible au moment où on se
parle.
M. Morin : OK. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...d'autres interventions sur l'article 8 tel
qu'amendé? Alors, je répète la question : Est-ce que l'article 8, tel
qu'amendé, est adopté? Adopté. Merci. Nous allons donc passer à l'article 9.
Je vous redemande votre consentement pour en faire la lecture. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci bien.
Excusez-moi, je retrouve mes fiches correctement.
Des voix : ...
M. Roberge : Donc, 9 : L'article 17
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «visé
à l'article 15» par «ainsi que le seuil minimal d'élèves résidents du
Québec visés à l'article 15».
Donc, c'est un article... cet article
propose que le permis d'un établissement d'enseignement privé mentionne tout
seuil minimal d'élèves résidents du Québec déterminé par le ministre de
l'Éducation et ministre de l'Enseignement supérieur, selon leurs compétences
respectives, en concordance avec leur pouvoir de déterminer un tel seuil
proposé par l'article 8 du projet de loi. Donc, c'est une modification de
concordance. La question, c'est de dire : Où écrirait-on ce seuil? Bien,
on l'écrirait dans le permis.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai des interventions sur l'article 9?
Si je n'ai pas d'intervention, est-il adopté? L'article 9 est adopté. Nous
allons donc passer à l'article 10, qui avait été suspendu. Par contre il
avait déjà été lu. Alors, est-ce que j'ai des interventions sur
l'article 10? Bien, premièrement, je vais vous demander votre consentement
pour procéder à son étude. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai des interventions sur l'article 10? Je
n'ai pas d'intervention sur l'article 10. Est-il adopté? Adopté. Merci. On
va donc passer à l'article 12. Même scénario, l'article 12, je vais
vous demander votre consentement pour poursuivre l'étude de l'article 12.
Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai des... Compte tenu qu'il avait déjà été lu,
est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'article 11?
M. Roberge : 12.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 12. Voyons. 12. Je vais y arriver. Si je n'ai pas d'autre
intervention... Oui?
M. Morin : ...j'aimerais
juste savoir, dans les faits, qu'est-ce que ça va donner puis à quoi ça
correspond.
• (16 h 30) •
M. Roberge : Je peux le
relire. En fait, l'article 12, on l'avait travaillé, on l'avait étudié, on
l'avait suspendu. Alors, commentaires, c'est un article qui octroie au
ministre... il n'y avait pas d'amendement? OK, non... qui octroie au ministre
de l'Enseignement supérieur des fonctions relatives à la prise de décision de
gestion des demandes présentées à titre d'étudiant étranger, celle de proposer
des mesures afin de soutenir la prise d'une telle décision et celle de
recueillir des renseignements nécessaires à cette fin. Ah! voilà, c'est ça.
Donc, ici, c'est des fonctions qui sont octroyées en concordance avec
l'exigence, le ministre de l'Enseignement supérieur recommande, conjointement
avec le ministre de l'Immigration. Donc, ici, on est dans la cueillette
d'informations. Donc, c'est parce qu'on revient sur quelque chose qu'on avait
déjà discuté. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parce qu'on avait suspendu l'article 10 que vous
vouliez... C'est ça.
M. Roberge : Oui, oui. Mais
c'est correct, à un moment donné, juste de se replonger dedans aussi, là. Donc,
je n'ai pas d'enjeu.
M. Morin : Merci.
M. Roberge : C'était ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 12? Non. S'il n'y a pas d'intervention, est-il adopté? Adopté.
Nous allons donc passer à l'article 15. Donc, on revient dans le rythme
normal. M. le ministre...
16 h 30 (version non révisée)
Des voix : ...adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Nous allons donc passer à l'article 15. Donc, on
revient dans le rythme normal. M. le ministre, je vais vous demander d'en faire
la lecture.
M. Roberge : Je vous signale
tout de suite qu'il y a un amendement, mais je vais quand même lire l'article...
excusez-moi, je vais quand même l'article 15 avant de lire l'amendement.
Excusez-moi, je cherche ma bonne feuille.
Des voix : ...
M. Roberge : Ah! je l'ai.
Excusez-moi. Bon. Voilà :
15. L'article 11 de ce règlement est
modifié par le remplacement, dans le paragraphe 1 du premier alinéa, de
«québécois», par «désigné en vertu de l'article 15.1 de la loi».
Donc, je précise qu'on est ici... Voilà,
cet article propose de remplacer l'exigence d'être admis dans un établissement
d'enseignement québécois applicable dans le cadre du Programme des étudiants
étrangers par l'exigence d'être admis dans un établissement d'enseignement
désigné en vertu de l'article 15.1 de la Loi sur l'immigration au Québec, en
concordance avec cet article proposé par l'article1 du projet de loi. Donc,
ici, on est dans un élément de concordance parce qu'il y avait précédemment le
terme «établissement d'enseignement québécois», et maintenant on y va avec
«établissement d'enseignement désigné».
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va ouvrir l'amendement. Ce ne sera pas long, on va
ouvrir l'amendement. Parfait, vous pouvez en faire la lecture.
M. Roberge : Merci bien.
Donc, remplacer l'article 15 du projet de loi par le suivant :
«L'article 11 de ce règlement est modifié :
1° par le remplacement du paragraphe 1 du
premier alinéa par le suivant :
Il est admis dans un établissement d'enseignement
désigné pour poursuivre des études reconnues, conformément à l'article 15.1 de
la loi;
2° par l'insertion, après le premier
alinéa suivant, du suivant :
La condition prévue au paragraphe 1 du
premier alinéa ne s'applique pas au ressortissant étranger qui demande le
consentement du ministre pour compléter ses études déjà en cours dans l'établissement
d'enseignement auquel il est admis.»
Commentaires : Cet amendement a pour
objet de préciser qu'un ressortissant étranger doit être admis pour des études
reconnues afin d'être sélectionné dans le cadre du Programme des étudiants
étrangers, par concordance avec l'exigence proposée par l'amendement à l'article
15.1 de la Loi sur l'immigration du Québec, proposé par l'article 1 du projet
de loi.
Cet amendement a également pour objet de
prévoir qu'un ressortissant étranger peut être sélectionné à titre d'étudiant
étranger afin de compléter des études déjà en cours, sans égard au fait que l'établissement
soit désigné ou non et que les études soient reconnues ou non. Donc, tout à l'heure,
ce que je disais en lisant l'article avant de lire l'amendement, c'était en
concordance parce qu'on remplace la dénomination précédente, «établissement d'enseignement
québécois» par, maintenant, «établissement d'enseignement désigné». Dans l'amendement
par concordance, on précise la notion aussi d'études reconnues et on ajoute
quelque chose à la fin, quand on précise que la condition du paragraphe 1 du
premier alinéa ne s'applique pas au ressortissant étranger qui demande le
consentement pour compléter des études déjà en cours auxquelles il est déjà
admis. Donc, lorsque l'étudiant est déjà admis et que la dénomination peut
changer, bien, à ce moment-là, on lui permet de compléter ses études.... qui
est déjà... pas admis, mais qui est en train de faire ses études, excusez-moi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci pour ces explications. M. le député de
Saint-Henri-Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Ça, M. le
ministre, c'était notre genre de clause grand-père, discutée préalablement, là,
sur un étudiant qui est actuellement dans un programme qui... ou, en fait, d'abord,
un établissement qui ne serait pas désigné et/ou pour lequel les études ne
seraient pas reconnues pourra continuer ses études de manière tout à fait
régulière avec le règlement suivant cette modification-là. C'est ça?
M. Roberge : Exactement. Je
pense qu'en nommant le terme par «clause grand-père», vous vulgarisez bien la
situation.
M. Cliche-Rivard : O.K. Là,
si, éventuellement, il change d'études, tout ça, là, la clause grand-père tombe
en même temps, là. C'est du moment où il continue les mêmes études pour
lesquelles le ministère avait déjà...
M. Cliche-Rivard : ...son
sentiment.
M. Roberge : S'il veut
changer de programme, bien, s'appliquent à cet étudiant-là les mêmes règles
qu'à tout étudiant qui veut changer de programme.
M. Cliche-Rivard : Les mêmes
règles. O.K. Donc, il n'y a personne qui est déjà sur le territoire québécois
en ce moment, suite à une non-désignation, serait pénalisé, là, dans la mesure
où leur précédant... leurs précédentes études étaient régulièrement suivies
selon l'acceptation du ministre.
M. Roberge : C'est ça, en
fait, l'idée, c'est... c'est ça, s'il est déjà en train de faire ses études,
là.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
il est clean.
M. Roberge : On change ne
pas, là, les règles au milieu de la partie pour cet étudiant-là.
M. Cliche-Rivard : Souvent,
dans ces demandes-là ou dans ces éléments là de la Loi sur l'immigration, on
dit «des études déjà en cours». Des fois, il y a une session de pause. Des
fois, ça dit «légalement inscrit» ou «actuellement inscrit dans la session».
Ces questions-là sont posées notamment sur les questions de droit acquis sur
l'ancien PEQ étudiant. En gros, si la personne est dans une session de
transition, est ce que ça s'applique à elle quand même? Il faut qu'elle soit
légalement inscrite au jour du règlement?
M. Roberge : Je vais m'en
assurer. Si vous voulez, on peut juste suspendre pour être sûr.
M. Cliche-Rivard : Juste pour
être sûr, oui.
M. Roberge : Parce qu'on dit
«compléter des études déjà en cours».
M. Cliche-Rivard : Déjà en
cours.
M. Roberge : Là, vous me
dites «une session de pause», ça veut dire le moment où l'étudiant serait
inscrit, admis, mais il y a un moment dans sa vie où il ne serait pas en train
de suivre un cours, mais on peut vérifier, si vous voulez. On peut suspendre.
M. Cliche-Rivard : O.K. Juste
pour être sûr. Oui.
M. Roberge : On peut
vérifier.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous voulez qu'on suspende?
M. Roberge : Oui. Quelques
minutes. Juste pour être sûr d'avoir la réponse précise.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : O.K. On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 38)
(Reprise à 16 h 41)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux.
M. le ministre, vous aviez quelques
précisions à apporter.
M. Roberge : Oui. Merci bien,
Mme la Présidente. Donc, mon collègue demandait, quand on dit que... on dit que
l'étudiant est en train de compléter ses études et des études en cours, puis il
dit : Mais là s'il y a une session de pause. Ce qu'on me dit, en réalité,
c'est que les étudiants étrangers ne peuvent pas prendre une année ou un mois
sabbatique ou une session de pause puisque...
M. Roberge : ...ils doivent
faire de leurs études leur principale activité. Donc, à ce moment-là, ce n'est
pas une situation qui peut s'appliquer. En tout cas, ça ne touche pas la
situation dont on parle à ce moment-ci.
M. Cliche-Rivard : Le... Vous
avez raison, c'est ce que le règlement prévoit, puis le contrôle de ça se fait
au renouvellement de CAQ et/ou dans une demande de sélection permanente, là.
Donc, de facto, si vous étiez à réaliser ça, bien, vous diriez : Désolé,
vous n'avez... considérant que vous n'avez pas fait de vos études votre
principale occupation, ladite mesure transitoire là ne s'appliquerait pas à
vous. Ce serait donc ça, la lecture.
M. Roberge : Oui, tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Donc, il
faut être légalement inscrit en train de faire de ses études sa principale
occupation pour bénéficier de la clause grand-père.
M. Roberge : Oui, on est
d'accord.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Parce que là vous étiez à faire les correctifs finaux sur «québécois» et
autrement, là, tout à l'heure, «établissement d'enseignement désigné», là, tu
sais, on... vous êtes à finaliser ça à 15, notamment. Dans la... puis là je
m'adresse peut-être plus à l'équipe légale, mais, à 34, au PEQ, là, il y a
encore la définition d'«établissement d'enseignement québécois» et non pas
d'«établissement d'enseignement désigné». L'aviez-vous... Prévoyez-vous faire
la modification aussi de concordance à 34?
M. Roy (Gabriel) : Merci, Mme
la...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, allez-y.
M. Roy (Gabriel) : Oui.
Merci, Mme la Présidente. En fait, pour le PEQ, dans le fond, puisque... Dans
le fond, ça prend... il y a la notion de diplôme, là, il y a certains diplômes
qui sont reconnus pour le PEQ. Donc là, ça devient... la notion d'établissement
d'enseignement québécois devient vraiment très factuelle, c'est-à-dire il est
québécois, parce que, de toute façon, quand on regarde la liste des diplômes,
ce sont nécessairement des diplômes qui émanent du Québec. Donc, on n'a pas
jugé nécessaire, là, dans le cadre du projet de loi, de le changer, mais on y a
pensé.
M. Cliche-Rivard : Vous y
avez pensé.
M. Roy (Gabriel) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Vous vous
êtes dit : Pas nécessaire, même si tout le vocable «établissement
d'enseignement québécois» disparaît de... du règlement.
M. Roy (Gabriel) : Bien,
c'est parce que... c'est parce que ce n'est pas... Dans le fond, la notion qui
est importante pour le Québec, c'est vraiment les diplômes, les diplômes
admissibles. Puis, comme on le voit... comme on peut se souvenir, à
l'article 15.1, tu sais, les études reconnues, tous les diplômes qui sont
ceux du PEQ sont nécessairement des études reconnues, là. Donc, il n'y a pas
vraiment de question qui se pose à ce... ce sujet-là, là
M. Cliche-Rivard : Mais vous
pourriez avoir un établissement collégial non désigné...
M. Roy (Gabriel) : Bien, dans
la mesure où la...
M. Cliche-Rivard : ...qui
donnerait un diplôme reconnu, une formation reconnue auquel cas, là, vous ne le
réglez pas.
M. Roy (Gabriel) : Oui,
sauf... sauf que, comme on vient de le voir dans l'amendement à
l'article 11, il y a certaines personnes qui pourraient... à qui on permet
de compléter leurs études dans un établissement qui ne serait plus reconnu.
Donc, on ne veut pas non plus, même dans cette même perspective-là, les
pénaliser puis les empêcher de présenter une demande dans le cadre du Programme
de l'expérience québécoise par la suite, là.
M. Cliche-Rivard : O.K.
Merci.
M. Roy (Gabriel) : Je vous en
prie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est bon? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 14? Oui. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est ce que...
est-ce que vous avez une idée du nombre d'étudiants qui sont potentiellement
affectés, là, notamment par l'insertion, après le premier alinéa, là, du
nouveau paragraphe, là? Donc, les gens qui sont en cours d'études, là, puis là
leur institution ou leur programme pourrait changer de statut. Est-ce qu'on a
des... on a une idée?
M. Roberge : Et le programme
changerait de statut puisqu'on retirerait le statut? Bien non, parce qu'on est
en train de faire l'analyse. Alors, c'est une autre manière de poser la
question. Non, je n'ai pas de... je n'ai pas cette information-là.
M. Paradis : Oui. Je me
doutais un petit peu de la réponse, mais je voulais quand même la poser.
Peut-être que vous aviez une évaluation, mais donc...
M. Roberge : Ma mère vous
qualifierait de ratoureux.
M. Paradis : ...
M. Roberge : Et c'est
affectueusement qu'elle le dirait.
M. Paradis : Parce que...
parce que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...des propos non parlementaires.
M. Roberge : Ratoureux...
M. Paradis : Oui, mais là...
M. Roberge : Non, non, c'est
affectueusement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est une blague.
M. Paradis : J'avoue, Mme la
Présidente, qu'il est utilisé, là, gentiment puis... mais j'imagine que c'est
parce que le ministre...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Tout à fait.
M. Paradis : ...j'imagine,
parce que le ministre lui-même a déjà été qualifié comme ça par sa propre mère,
n'est-ce pas?
M. Roberge : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Exactement.
M. Roberge : Je suis assez
fier de mon coup. Donc, c'est... c'est une reconnaissance de votre... de votre
habileté parlementaire ici, là.
M. Paradis : On va... on va
jaser de ça avec votre mère, là, prochainement.
Une voix : Avec un pâté au
poulet.
M. Roberge : Oui!
M. Paradis : Oui, c'est vrai,
c'est le pâté au poulet, hein, c'est ça?
Des voix : ...
M. Roberge : On va faire le
tour de la famille. Allez-y. Excusez-moi. Allez-y.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bon, allez-y, on poursuit.
M. Paradis : Attendez, la
prochaine fois, on va parler de ma tourtière du lac.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Paradis : Bon. Est-ce
que... est-ce que les étudiants en question, est-ce qu'il y a une stratégie
pour les aviser de cette situation-là? Parce que ça ne sera pas nécessairement
toujours évident pour elles ou pour eux. Est-ce qu'il y a une stratégie pour
aviser les personnes concernées puis est-ce qu'on va leur expliquer comment ça
se passe, là, cette... cette demande-là? Parce que, là, il faut une... il faut
donc un accord...
M. Paradis : ...il faut donc
un accord du ministre, un consentement du ministre. Est-ce qu'il va y avoir une
procédure simplifiée qui est déjà à l'étude qui va leur être proposée, pour que
ça ne soit pas compliqué? Parce qu'on parle d'étudiants internationaux, hein.
Donc, la bureaucratie québécoise peut être... ils peuvent être encore moins
familiers ou familières avec la bureaucratie québécoise. Donc, est-ce qu'il y a
une stratégie là-dessus qui se dessine?
M. Roberge : Bien, le
ministère a les outils administratifs pour faire le suivi. On parle de cas
théoriques. Ce n'est jamais arrivé encore, là. Mais on parle de cas, quand
même, qui sont particuliers, hein, c'est... on est dans l'exception, et pas
dans la règle. Le ministère est capable d'informer les gens correctement de
leurs droits quand survient une situation comme ça, qui est exceptionnelle.
M. Paradis : Donc, oui, il y
a une intention d'aviser les personnes concernées?
M. Roberge : Oui, il y a une
intention d'aviser les personnes concernées.
M. Paradis : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
à l'article 8 est... à l'article 15 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Je reviens donc à l'article 15 tel qu'amendé.
Est-ce qu'il y a encore des questions, des commentaires? Non. Est-ce que
l'article 15, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. M. le ministre, on passe à l'article 16.
M. Roberge : Oui, 16, sur
lequel il y aura aussi un amendement :
16. L'article 13 de ce règlement est
modifié : :
1° par l'insertion, à la fin du premier
alinéa, de «et, lorsque ce consentement a été obtenu, en vertu du premier
alinéa de l'article 11, dans l'établissement d'enseignement pour lequel il a
été donné»;
2° par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «primaire, secondaire ou de formation professionnelle au sens de la
Loi sur l'instruction publique (chapitre I-13.3)» par «primaire ou secondaire,
dans le sens de la Loi sur l'instruction publique (Chapitre I-13.3), les
services de formation professionnelle au sens de la loi».
Donc, c'est un article qui propose de
rendre obligatoire pour certains étudiants étrangers de recevoir l'enseignement
dans l'établissement d'enseignement pour lequel le consentement du ministre
leur a été donné.
Cet article propose également de scinder
en deux le niveau d'études comprenant les services d'enseignement primaire,
secondaire et de formation professionnelle afin que les services de formation
professionnelle constituent un niveau d'études distinct des services
d'enseignement primaire et secondaire.
Et je poursuis...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. On va ouvrir l'amendement, pour que tout le monde
puisse le voir. Je vous demande d'en faire la lecture.
M. Roberge : Donc :
L'article 16 du projet de loi est modifié :
1° par le remplacement du paragraphe 1°
par le suivant :
1° par l'insertion, à la fin du premier
alinéa, de «et, lorsque ce consentement a été obtenu en vertu du premier alinéa
de l'article 11, pour des études reconnues dans l'établissement d'enseignement
pour lequel il a été donné»;
Ici, on a ajouté «études reconnues». Je
poursuis.
2° par l'insertion, après le paragraphe
1°, du suivant :
1.1° par l'insertion, après le premier
alinéa, du suivant :
«Toutefois, lorsqu'un étudiant étranger
obtient le consentement du ministre pour un autre établissement d'enseignement,
l'obligation prévue au premier alinéa s'applique comme si le consentement du
ministre donné précédemment demeurait valide jusqu'à la date où l'étudiant est
autorisé à étudier dans cet autre établissement. S'il n'y est pas autorisé,
elle s'applique comme si le consentement donné précédemment demeurait valide
pour sa période de validité restante.»
Si on peut juste monter, s'il vous plaît,
je vais lire le commentaire. Merci.
Cet amendement a pour objet de rendre
l'obligation de recevoir l'enseignement pour le niveau d'études et pour
l'établissement d'enseignement indiqué dans le certificat d'acceptation du
Québec applicable dans le cadre d'études reconnues.
• (16 h 50) •
Donc, ici, on précise deux choses, là.
Lorsqu'on t'admet, on t'admet dans un niveau d'études et un établissement
d'enseignement, et ton CAQ te permet d'être dans ce niveau d'études et dans cet
établissement.
Il a également pour objet d'assurer qu'en
cas de changement d'établissement d'enseignement, l'obligation applicable à
l'égard de l'établissement d'enseignement pour lequel le consentement précédent
a été donné continue de s'appliquer jusqu'à délivrance du permis d'études pour
le nouvel établissement ou, en cas de refus de ce permis d'études, jusqu'à la
fin de la validité prévue de ce premier certificat d'acceptation du Québec.
Donc, il y a deux notions, celle que... je
vous dirais, de lier le CAQ à la fois au niveau et à l'établissement, et
l'autre qui vise en réalité une continuité, pour être sûr qu'un étudiant qui
veut changer d'établissement et qui obtient cette autorisation-là, bien, n'aie
pas un moment où il est entre deux... pas entre deux chaises, mais entre...
M. Roberge : ...CAQ, et donc
tombe dans la craque. Et donc là, il aurait un pont entre les deux. Donc c'est
deux concepts qui sont différents. Puis le second vise, je vous dirais, à
s'assurer de la continuité du fait que la personne est bien détenteur... ou
détentrice, plutôt, d'un CAQ lors d'une transition approuvée.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Les interventions? M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Alors, M. le ministre, dans le mémoire de l'Union étudiante du
Québec, il y avait, à la page 11... il disait... Et ça ressemble
étrangement à ce que vous voulez corriger, alors je me demandais si vous vous
étiez inspiré de leur recommandation. On dit, entre autres : «En lien avec
le partage des connaissances, l'Union étudiante du Québec souhaite soulever un
point concernant la mobilité des personnes étudiantes internationales dans le
réseau universitaire québécois. Le projet de loi n° 74, dans son
article 16, propose de modifier le règlement par l'ajout d'une obligation.
Donc, l'UEQ souhaite attirer l'attention sur le fait qu'à l'heure actuelle, une
personne étudiante internationale qui souhaite changer d'établissement sans
changer de cycle universitaire peut le faire sans modification de son permis
d'études en informant simplement IRCC de ce changement d'établissement. Il faut
donc veiller à ce que la population étudiante issue de l'international puisse
continuer à bénéficier de cette opportunité.» Et est-ce que donc vous venez
répondre à cette préoccupation-là, de l'UEQ?
M. Roberge : Bien, en toute
honnêteté, non. Quand... Je comprends bien, parce que ce qu'on dit, c'est qu'on
lie l'autorisation, le CAQ, non seulement à l'ordre d'enseignement, mais aussi
à l'établissement. Donc, l'étudiant qui dit : Bien, moi... C'est un
privilège qu'on leur accorde. On est contents de les accueillir, on l'a dit
plein de fois, là, c'est une richesse, puis ils apportent tout un bagage, toute
une culture, mais reste que c'est un privilège de venir étudier au Québec. On
dit : Très bien, on vous accepte, vous venez dans l'établissement X, vous
suivez ce programme. La personne dit : Ah! finalement, je voudrais changer
d'établissement. On peut l'autoriser, mais ce n'est pas d'emblée autorisé.
C'est après analyse que le gouvernement pourrait dire : O.K., très bien,
vous voulez passer de ce programme dans cet établissement à complètement un
autre programme, dans un autre établissement, dans une autre région, ce n'est
pas d'emblée. C'est après analyse que le gouvernement pourrait dire oui. Et,
comme il y a une période d'analyse, ce qu'on dit cependant, c'est qu'évidemment
entre les deux, vous n'êtes pas dans les limbes, là, votre CAQ demeure valide.
M. Morin : O.K. Donc, je
comprends qu'en fait eux suggéraient que cette obligation-là, de recevoir, soit
supprimée. Donc, vous ne voulez pas vous rendre jusque là. Maintenant, au
niveau administratif, l'évaluation peut prendre combien de temps?
M. Roberge : Je vais vous
dire dans peu de temps combien de temps ça prend. Mais je veux juste vous dire
que nous avions pris cette décision-là, nous avions fait cette réflexion-là et,
dans l'intervalle, le fédéral a aussi pris cette orientation. Donc, depuis le
8 novembre dernier, le gouvernement fédéral ne permet plus d'emblée les
étudiants de changer de programme et surtout d'établissement. Donc, même si
nous le permettions, ce ne serait pas automatique. Maintenant, combien de temps
ça prend, est-ce qu'on peut me donner une réponse?
Une voix : ...
M. Roberge : C'est
25 jours ouvrables.
M. Morin : 25 jours
ouvrables.
M. Roberge : Voilà.
M. Morin : O.K. Puis ces
délais-là sont respectés?
M. Roberge : Oui, on est sur
la cible. Ça fait du bien à dire, hein? Parce qu'on sait que ce n'est pas tout
le temps le cas sur tous les délais partout.
M. Morin : Bien, pas
toujours.
M. Roberge : Bien là, oui
M. Morin : Puis je pensais
effectivement aux étudiants, évidemment si ça prend trop de temps avec les
dispositions qu'on a vues précédemment, c'est-à-dire qu'ils doivent continuer à
étudier, ils ne peuvent pas prendre de congé sabbatique entre les deux, si
jamais le gouvernement les mettait, comme en congé sabbatique parce qu'il faut
obtenir le consentement du ministre puis ça prend trop de temps, bien là, ce
n'est pas très, très utile pour l'étudiant. Donc, vous dites : Si vous
êtes sur la cible, puis c'est 25 jours.
M. Roberge : C'est ça, puis
là, ce qu'il est important de dire justement, c'est que le CAQ continue de
s'appliquer. Donc, cette personne là ne se retrouve pas en une espèce de sans
statut pendant une certaine période. C'est ce qui était prévu.
M. Morin : O.K., je vous
remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Il y a plusieurs choses là-dedans, là, il y a... en fait, vous
venez lier le CAQ à l'établissement, ce qui n'était pas déjà...
M. Cliche-Rivard : ...là, on
avait un CAQ par niveau d'études...
M. Roberge : Exactement.
M. Cliche-Rivard : ...qui
était ouvert, entre guillemets, là, un CAQ ouvert de niveau d'études, mais à
n'importe quel établissement, vous le liez à un établissement. On s'entend?
M. Roberge : Oui, c'est ça.
En ce moment, quelqu'un ne pourrait pas avoir assez un CAQ pour aller à
l'université puis, tout à coup, dire : Je décide de m'inscrire en
formation professionnelle.
M. Cliche-Rivard : Ça, il ne
peut pas faire ça.
M. Roberge : Il devait faire
la demande, bon, etc.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Roberge : Là, ce qu'on
dit, c'est que votre CAQ est lié non seulement à l'ordre d'enseignement, mais
aussi carrément à votre établissement. Et c'est cohérent aussi avec le fait
que, lors de notre analyse précédemment, on s'est dit que, parmi les
distinctions à conserver, il y avait la notion de région.
M. Cliche-Rivard : Hum!
M. Roberge : Donc, si on
choisit d'émettre des CAQ en fonction des régions, quelqu'un est dans la région
A puis il a été admis pour ça.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Roberge : Peut-être que
s'il avait demandé un CAQ dans la région B, peut-être qu'ils ne l'auraient pas
accepté parce qu'il y en a beaucoup trop. Donc, on l'a admis dans la région A,
et là, une fois rendu ici, il se dit : Bien moi, je m'en vais dans la
région B, bien, on va dire, bien, d'emblée, il n'a pas ce droit. Il peut faire
cette demande.
M. Cliche-Rivard : Nonobstant
ses motifs. Exact.
M. Roberge : Et ça pourrait
être accepté.
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Roberge : Ça pourrait être
accepté, mais ce n'est pas un droit d'emblée de changer d'établissement, et
donc peut-être de région, et c'est cohérent avec la décision précédente d'avoir
une vision nationale mais, en même temps, une vision régionale, considérant les
besoins régionaux et la capacité de loger tout ce monde-là.
M. Cliche-Rivard : Vous le
dites, donc, il pourrait y avoir des motifs suffisants, là, genre : mon
directeur de maîtrise change d'université, il est embauché à l'UQAM,
finalement, je vais suivre mon directeur de maîtrise. Je veux dire, il peut y
avoir des motifs raisonnables que... pour lesquels un consentement serait
accordé, là, par exemple. Mais, d'emblée, vous dites : Il n'aura pas un
droit inaliénable reconnu, là, comme ce n'est déjà pas le cas, de toute façon,
de changer.
Maintenant, il y a aussi la notion... la
notion, ici, «dans le cadre d'études reconnues», mais là vous ne liez pas, ceci
dit, le CAQ au programme, là, vous liez à l'établissement, puis c'est tout, là.
Vous ne dites pas : Toi, tu as un CAQ en droit à McGill, premier cycle,
là.
M. Roberge : En fait c'est
ça, on ne le lie pas au programme, mais tu ne peux pas passer d'un programme
reconnu à un programme non reconnu.
M. Cliche-Rivard : O.K.,
mais tu n'es pas attaché audit programme. Ça fait que, mettons, moi, je suis
admis au bac en sciences politiques, je décide, finalement, que je m'inscris
dans la même université au bac en droit, je suis correct, là.
M. Roberge : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
Mais je ne peux pas décider de m'inscrire dans un... bien là, à l'université,
ça ne s'applique pas tant, mais dans un programme qui ne serait plus des études
reconnues.
M. Roberge : Exactement.
M. Cliche-Rivard : O.K. Ça
fait qu'on...
M. Roberge : Parce que de
toute façon... Excusez-moi de vous interrompre.
M. Cliche-Rivard : Non, non,
allez-y.
M. Roberge : De toute façon,
à partir de votre pays d'origine, on ne vous aurait pas donné un CAQ pour vous
inscrire dans un programme non reconnu de toute façon.
M. Cliche-Rivard : De toute
façon. Je ne suis pas sûr de comprendre le volet, là, sur la transition entre
le CAQ actuel puis le... le nouveau CAQ. Essentiellement, là, on... les gens
doivent respecter le consentement du ministre jusqu'à tant que le ministre en
accorde un autre ou un consentement différent. C'est ma compréhension. Donc,
quelqu'un ne peut pas présumer du consentement du ministre puis commencer des
études différentes avant qu'il ait reçu ce consentement-là.
M. Roberge : Si vous
permettez...
M. Cliche-Rivard : Avec
plaisir.
M. Roberge : ...je
permettrais à Me Roy de donner la... cette nuance.
M. Roy (Gabriel) : Bien, oui.
Merci, Mme la Présidente. C'est effectivement le cas. Est-ce que vous avez une
question qui s'en vient par la suite? Oui.
M. Cliche-Rivard : Oui. Bien,
je peux peut-être d'abord confirmer celle-là. C'est ça, ils ne peuvent pas?
M. Roy (Gabriel) : Non.
M. Cliche-Rivard : O.K. là,
ce qu'on dit, c'est que, du moment où le deuxième ou le nouveau consentement
vont avoir été accordés, c'est là où je ne suis plus sûr de comprendre
qu'est-ce que ça change votre article, là. Le consentement est présumé rétro...
M. Roy (Gabriel) : En fait,
si je peux expliquer, c'est que ce qu'on vise à faire, c'est que quand la
personne... parce qu'il y a l'exigence d'obtenir un nouveau consentement pour
changer d'établissement, évidemment, ça va être celle du Québec, mais c'est
également celle du fédéral depuis peu. Donc, le... dans le fond, dès qu'il y a
un nouveau consentement, dès qu'il y a un nouveau CAQ qui est donné pour le
nouvel établissement, ça a pour effet de rendre l'ancien invalide.
M. Cliche-Rivard : Exact.
• (17 heures) •
M. Roy (Gabriel) : Et ça a
pour effet de rendre applicable l'obligation d'étudier dans l'établissement à
partir du moment où le CAQ est délivré. Cependant, sur le plan fédéral,
l'étudiant doit attendre d'avoir son permis d'études.
M. Cliche-Rivard : Son
nouveau permis d'études.
M. Roy (Gabriel) : Donc là,
si on n'avait pas cet amendement-là, on placerait l'étudiant dans une position
intenable, c'est-à-dire qu'il devrait respecter notre... pour respecter notre
obligation, il ne serait pas en mesure de respecter celle du fédéral. Donc, ça
ne fonctionne pas.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'il ne pourra pas commencer à étudier là.
M. Roy (Gabriel) : Bien non,
exactement, sauf dans certains cas très spécifiques qui sont prévus par le
règlement fédéral, mais essentiellement, il faut qu'il attende d'avoir son
permis d'études.
M. Cliche-Rivard : O.K.
M. Roy (Gabriel) : Donc, ce
qu'on vient faire ici, c'est qu'on vient assurer qu'il ne soit pas dans une
position intenable, puis qu'il n'y ait pas un conflit dans l'application du
règlement d'Immigration Québec et du règlement fédéral...
17 h (version non révisée)
M. Roy (Gabriel) : ...du
règlement sur l'immigration au Québec et du règlement fédéral.
M. Cliche-Rivard : Parce que,
dès l'obtention du nouveau CAQ, ils ne seraient plus en mesure de continuer
quand même sa session actuelle, là, dans l'établissement précédent, pour lequel
il a désormais... obtenu un consentement de changement du ministre.
M. Roy (Gabriel) : Exactement,
on vise précisément à régler ce facheux...
M. Cliche-Rivard : Parce que,
comme vous le dites, historiquement, un permis de travail... un permis d'études
à IRCC était ouvert, entre guillemets, là, ou n'était pas attaché à un
établissement d'enseignement.
M. Roy (Gabriel) : Effectivement.
M. Cliche-Rivard : Le
demandeur informait IRCC de son changement d'établissement, mais c'était plutôt
une information plutôt qu'un consentement. Là, vous dites : Ça, ça a
changé, là, ça, ça n'a plus... ce n'est plus comme ça.
M. Roy (Gabriel) : Effectivement,
depuis très récemment, en fait, depuis ce mois... ce mois même, là.
M. Cliche-Rivard : O.K.
Depuis là, là. C'est pour ça que ça vient par amendement, notamment...
M. Roy (Gabriel) : Effectivement,
parce qu'au moment où le projet de loi a été présenté, ce n'était pas le cas.
M. Cliche-Rivard : Ce n'était
pas le cas.
M. Roy (Gabriel) : Là, si je
ne m'abuse, le règlement modifié fédéral a été publié mercredi dernier,
carrément, là, donc...
M. Cliche-Rivard : Mais vous
me l'apprenez.
M. Roy (Gabriel) : O.K. Ah!
bien, voilà.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Excellent. Ceci dit, vous notez quand même une période de transition qui va
durer quelques mois, là, compte tenu des délais de permis d'études et du fait
qu'on ne peut pas demander le permis d'études sans avoir préalablement obtenu
le nouveau CAQ du ministre. L'étudiant va-t-il se retrouver en violation de
faire de ses études sa principale occupation tel qu'on l'étudiait il y a
quelques minutes?
M. Roy (Gabriel) : Non, parce
que l'étudiant va devoir poursuivre ses études...
M. Cliche-Rivard : Mais là il
ne peut plus, du moment où il a obtenu son deuxième CAQ, entre les deux CAQ.
M. Roy (Gabriel) : Non,
mais... Bien, en fait, ce que l'amendement prévoit, si on retourne au texte de
l'amendement, c'est que l'obligation prévue au premier alinéa s'applique comme
si le consentement du ministre donné précédemment demeurait valide. Donc, il y
a comme une obligation de rester, donc ce n'est pas qu'il ne peut plus, là, c'est
que ça demeure la règle applicable. Donc, on évite le vide juridique.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
avez mentionné, tout à l'heure, si je ne me trompe pas, que du moment où il
obtient son deuxième CAQ, le permis d'étude tombait parce que le premier n'était
plus valide.
M. Roy (Gabriel) : Non, je ne
crois pas que c'est ce que j'ai dit. Quand il obtient son deuxième CAQ, son
obligation d'étudier, au sens du règlement sur l'immigration au Québec, si on n'avait
pas cet amendement-là, s'appliquerait d'ores et déjà à l'égard du nouvel
établissement, alors que la personne n'aurait pas complété ses démarches auprès
du fédéral pour avoir le permis d'études qui le lui permettrait réellement.
Donc, c'est ça où je disais que ça placerait la personne dans une position
intenable, et c'est ça qu'on souhaite régler ici.
M. Cliche-Rivard : Donc, elle
reste dans son établissement un, malgré le nouveau consentement du ministre,
tant et aussi longtemps qu'elle obtient son nouveau permis d'études.
M. Roy (Gabriel) : Exactement.
C'est précisément ce que cet amendement-là souhaite apporter comme solution.
M. Cliche-Rivard : Et
quand... quand elle obtient son permis d'études deux, là, le deuxième permis d'études
modifié, là, s'applique de facto le consentement du ministre sur le deuxième. C'est
là qu'il se matérialise juridiquement, mettons.
M. Roy (Gabriel) : Tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : O.K., et
que, pendant le reste du temps, il demeure... il doit demeurer aux études à
temps plein dans son premier établissement d'enseignement.
M. Roy (Gabriel) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Très bien,
c'est très clair. Sur l'autre volet, sur le troisième point, vous créez, M. le
ministre, ou vous séparez deux niveaux de consentement, si je ne me trompe pas,
il y avait un consentement conjoint secondaire ou formation professionnelle, et
là, si j'ai bien compris, vous en faites deux niveaux de consentement séparés.
C'est-tu ça?
M. Roberge : Attendez un peu,
je vais juste... Oui, c'est ça, effectivement, on sépare ces deux... ces deux
notions.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que vous allez donner votre consentement, soit primaire ou secondaire, soit
services, formation professionnelle, puis là les autres tels qu'on connaît
habituellement, et vous allez l'attacher à un établissement.
M. Roberge : Oui.
M. Cliche-Rivard : Le fait
que ce soit attaché à l'établissement, ça, c'est le premier alinéa de 13 qui
prévoit ça, c'est ça, c'est le libellé, «l'étudiant étranger doit recevoir l'enseignement
pour le niveau d'études pour lequel le consentement du ministre a été donné et
lorsque ce consentement a été obtenu en vertu du premier alinéa de 11 dans le
cadre d'études reconnues et dans l'établissement d'enseignement pour lequel il
a été donné», c'est ça?
M. Roberge : Oui, c'est ça,
c'est le premier alinéa.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Premier, alinéa. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement?
M. le député.
M. Morin : Oui. Je voudrais
juste bien comprendre, M. le ministre. Prenons par exemple un étudiant ou une
étudiante de l'étranger, mais qui a été recruté pour venir poursuivre des
études ici en technique infirmière, dans un... dans un cégep par exemple...
M. Morin : ...admettons qu'il
est dans la région de Montréal, mais il y a des pénuries dans les hôpitaux, il
se trouve un emploi d'été, admettons, à Trois-Rivières. Il veut poursuivre ses
études au cégep, mais à Trois-Rivières, en septembre ou au mois d'août suivant,
parce qu'il voudrait continuer à travailler à temps partiel. Je comprends que,
puisque le CAQ a été rattaché à un établissement d'enseignement, admettons,
c'est un cégep à Montréal, il va devoir vous présenter une nouvelle demande
pour être capable de poursuivre à Trois-Rivières et travailler à
Trois-Rivières. Exact?
M. Roberge : Exact.
Exactement, oui.
M. Morin : O.K. Et là, bien,
il y a le délai pour la probation, là, mais il ne pourra pas... Puis, si, à un
moment donné, il ne fait pas de déclaration, il ne le demande pas, bien, cet
étudiant-là va avoir un problème, à un moment donné, quand va venir le temps de
renouveler, j'imagine, son CAQ, parce qu'il ne sera plus dans son établissement
premier.
M. Roberge : De toute façon,
son CAQ va être lié à l'établissement, donc.
M. Morin : Oui, c'est ça.
M. Roberge : Il ne pourra
pas. Puis, de toute façon, le fédéral a déjà pris cette décision-là aussi. On
ne l'apprend pas parce que le fédéral l'apprend, mais ce que je veux dire,
c'est que, de toute façon, son droit de passer d'un établissement à l'autre ne
fonctionne plus aussi, parce que le fédéral aussi, de toute façon, dit que le
permis d'études... ou c'est le CAQ... permis d'études est lié à un
établissement.
M. Morin : D'accord. Et,
comme on vous l'a demandé précédemment, mais il va y avoir aussi des sessions
d'information pour les étudiants qui sont dans ces situations-là, pour ne pas
qu'ils se ramassent en panique, plus de CAQ, ou qu'ils ne font pas une demande
de nouveau CAQ. Ça va être fait également?
M. Roberge : Au moment où ils
vont recevoir leur CAQ, ça va venir avec une information comme quoi... Déjà, en
ce moment, le CAQ, il n'est pas universel, on se promène dans les
établissements. Et les gens le savent. Là, bien, cette nouvelle modalité sera
expliquée de la même manière, comme en ce moment, on leur dit : Tu es
admis, par exemple, au cégep, tu ne peux pas juste t'en aller en formation
professionnelle, tu dois demander un nouveau CAQ si tu veux changer d'ordre
d'enseignement. Donc, ça, c'est la situation actuelle. Là, on leur dira les
nouvelles modalités quand on émettra des nouveaux CAQ en fonction de ces
nouvelles balises.
M. Morin : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement?
S'il n'y a pas d'autre intervention sur l'amendement à l'article 16,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Adopté. On revient à l'article 16 tel qu'amendé. Y a-t-il encore des
interrogations ou des commentaires? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 16 tel qu'amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe maintenant à l'article 17. M. le
ministre, je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Très bien, merci
bien. Donc, 17 : Une décision prise en vertu de l'article 50 ou 51 de
la Loi sur l'immigration du Québec, Chapitre 1-0.2.1, en vigueur avant le
(Indiquer ici la date de la sanction de la présente loi) continue de
s'appliquer jusqu'à la date à laquelle il est prévu qu'elle cesse d'avoir
effet. Elle peut être modifiée conformément à l'article 52 de cette loi.
Donc, c'est un article qui vise à
maintenir l'application des décisions relatives à la gestion des demandes
prises par le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration, en vertu de la Loi sur l'immigration du Québec, malgré les
modifications aux dispositions de cette loi relatives au pouvoir de prendre de
telles décisions proposées par le projet de loi. Donc, je pense qu'on vise ici
la continuité, de ne pas suspendre toutes les décisions... qui a été prise
précédemment.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Saint-Henri–Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Bien, vous avez nommé quelques décisions de gestion au courant
de l'étude détaillée pour lesquelles vous préservez, à ma connaissance,
toujours l'ensemble des droits, là. Notamment, on a parlé de la suspension du
PEQ, ça, ça ne change pas, ça va demeurer de votre prérogative. On a parlé de
la suspension des réceptions des demandes à Montréal dans le PTET bas salaires.
Ça, ça reste de votre prérogative. Il y a-tu des décisions de gestion
actuellement qui touchent les étudiants étrangers?
• (17 h 10) •
M. Roberge : ...je regarde
ici.
M. Cliche-Rivard : Non?
M. Roberge : On... juste une
feuille avec une liste. Là, on me dit que non, mais des fois... Non.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, dans le fond, je veux juste être bien certain de comprendre, tu sais, 17,
vous l'avez écrit pour une raison juridique valable, là, je devine. Ça fait que
c'est quoi, le danger? C'est que les décisions de gestion actuelles...
qu'est-ce qu'elles ne respecteraient plus si on ne faisait pas 17?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Merci, Mme
la Présidente. En fait, c'est simplement puisqu'on vient modifier les articles
relatifs aux décisions de gestion des demandes, on vient un peu recadrer,
repréciser, bien, en fait, les articles qu'on a adoptés qui modifient les
articles 50, 52, pour assurer, là, qu'il n'y a pas de question qui se pose
quant à la validité de ces...
M. Roy (Gabriel) : ...de ces
décisions-là qui sont prises en vertu de versions qui seraient antérieures à
celles qui vont entrer en vigueur. C'est effectivement une question de sécurité
juridique, là, pour assurer que ça n'affecte pas leur validité.
M. Cliche-Rivard : O.K. Mais
vous n'avez pas identifié un élément directement contradictoire...
M. Roy (Gabriel) : Non, non,
pas du tout.
M. Cliche-Rivard : ...genre,
un élément de ce que le ministre a déjà fait là, duquel il n'aurait pu le droit
de le faire. Le ministre conserve ses pouvoirs de gestion.
M. Roy (Gabriel) : Oui,
effectivement.
M. Cliche-Rivard : Les
pouvoirs de modification, les pouvoirs de motiver ou le besoin de motiver sa
décision, c'est encore là...
M. Roy (Gabriel) : Exactement.
On précise qu'elles peuvent... Donc, effectivement...
M. Cliche-Rivard : ...la
date, le fait qu'il y ait une date butoir, là, que ce soit un maximum de tel
temps, c'est encore là, son pouvoir... je dirais, il n'y a rien qui change sur
le fond...
M. Roy (Gabriel) : Non.
Exactement.
M. Cliche-Rivard : ...c'est
une sécurité juridique. Mais, théoriquement, j'entends que c'est correct, mais
vous n'en aviez pas nécessairement besoin.
M. Roy (Gabriel) : Bien,
c'est une disposition transitoire qui a été jugée appropriée pour assurer la
sécurité juridique des décisions.
M. Cliche-Rivard : O.K., mais
qui ne vise pas un droit substantif qu'on perd, là. Vous n'êtes pas capable
d'identifie... de pointer le bobo, de pointer le doigt sur un élément précis
duquel le ministre perd un droit.
M. Roy (Gabriel) : Non.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci.
M. Roy (Gabriel) : Je vous en
prie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 17?
S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 17 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On passe donc à l'article 18. Je crois qu'il y a un
amendement aussi, mais on va lire l'article 18 dans un premier temps.
M. Roberge : Très bien.
Article 18. L'article 13 du Règlement sur l'immigration du Québec (chapitre I-0.2.1,
r. 3) s'applique tel qu'il se lit le (indiquer ici la date qui précède celle de
la sanction de la présente loi) à un ressortissant étranger faisant l'objet
d'une décision de sélection à titre d'étudiant étranger valide avant le
(indiquer ici la date de la sanction la présente loi).
Donc, c'est un article qui vise à rendre
l'obligation de recevoir l'enseignement pour l'établissement d'enseignement
pour lequel le consentement du ministre est donné, inapplicable au
ressortissant étranger ayant un certificat d'acceptation du Québec valide, à
titre d'étudiant étranger, délivré avant l'entrée en vigueur de cette
obligation, étant donné qu'un tel certificat n'a pas été délivré pour un
établissement d'enseignement donné.
Cet article vise aussi à préserver la
cohérence des décisions de sélection, à titre d'étudiant étranger, rendues pour
le niveau d'études correspondant aux services d'enseignement primaire,
secondaire ou de formation professionnelle, au sens de la Loi sur l'instruction
publique, avant la date à laquelle ce niveau est scindé en deux, soit celui des
services d'enseignement primaire et secondaire et celui des services de
formation professionnelle. Donc, je pense qu'on est de l'ordre ici un peu de ce
qu'on appelle encore la clause grand-père, donc, les décisions rendues, avant
la sanction, sont valides.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Par ailleurs, vous avez un amendement que nous voyons
actuellement. Alors, je vais vous demander d'en faire la lecture.
M. Roberge : Merci. 18.
L'article 13 du Règlement sur l'immigration du Québec (chapitre I-0.2.1, r. 3),
modifié par l'article 16 de la présente loi, s'applique tel qu'il se lisait le
(indiquer ici la date qui précède celle de la sanction de la présente loi) à un
ressortissant étranger faisant l'objet d'une décision de sélection d'étudiant
étranger valide rendue avant le (indiquer ici la date de la sanction de la
présente loi).
De plus, jusqu'à la date de l'entrée en
vigueur de l'article 1 de la présente loi, il doit se lire en supprimant, dans
le premier alinéa, «dans le cadre d'études reconnues et».
Donc, cet amendement a pour objet
d'assurer que l'obligation de recevoir l'enseignement pour des études reconnues
ne s'applique qu'à compter de l'entrée en vigueur des dispositions de la Loi
sur l'immigration du Québec, prévoyant notamment que l'admission, pour des
études reconnues, est une condition de tout programme d'immigration de la
catégorie des étudiants étrangers.
Donc, ici, l'amendement en est un, je vous
dirais,de concordance avec la notion d'études reconnues.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Y a-t-il des questions sur l'amendement? Alors, s'il
n'y a pas... Oui, M. le député de Saint-Henri-Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Juste pour
bien comprendre. Là, celui qui avait déjà une décision de sélection, donc un
CAQ, avant l'entrée en vigueur. Bon, l'ancien 18 disait «avant l'entrée en
vigueur de la loi préserve son droit acquis», c'est ce que vous disiez, «une
clause de droits acquis», c'est ça? Là, on dit... on fait une distinction,
cependant, avec l'article 1 qui entre en vigueur. C'est cette distinction-là
entre les deux versions que je ne suis pas sûr de bien comprendre.
M. Roberge : Je vais laisser
Me Roy donner l'explication technique.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Oui,
merci...
M. Roy (Gabriel) : ...merci,
Mme la Présidente. En fait, ici, l'amendement vise essentiellement à ajouter le
deuxième alinéa à l'article 18. C'est pour tenir compte du fait qu'on a
modifié l'article 13 du règlement sur l'immigration au Québec par
amendement pour ajouter la notion d'études reconnues. Il y a certaines
modifications à l'article 13 qui vont entrer en vigueur à la date de la
sanction, donc celle de voir à étudier dans l'établissement pour lequel le CAQ
a été délivré. Par contre, la mention de «pour des études reconnues», celle-là,
elle doit entrer en vigueur uniquement au moment où l'obligation générale qu'on
a ajoutée à l'article 15.1 de la loi doit entrer en vigueur elle-même. Et
cet article-là va entrer en vigueur à la date de publication à la Gazette
officielle du premier décret de désignation. Donc, c'est pour ça que le
deuxième alinéa prévoit que, jusqu'à cette date-là, on doit lire l'article en
supprimant la mention d'études reconnues, puisqu'il n'aurait aucun sens avant
l'entrée en vigueur de l'article 1 de la loi.
M. Cliche-Rivard : Puis ça,
c'est pour toute décision prise avant l'entrée en vigueur, pas juste pour la
clause grand-père.
M. Roy (Gabriel) : Exactement.
M. Cliche-Rivard : C'est ça.
M. Roy (Gabriel) : Oui, tout
à fait.
M. Cliche-Rivard : Ceci dit,
la clause grand-père s'appliquera aussi dans le cadre de la désignation puis
des études reconnues.
M. Roy (Gabriel) : Oui, tout
à fait.
M. Cliche-Rivard : Et du
consentement sur l'établissement.
M. Roy (Gabriel) : Exactement.
M. Cliche-Rivard : En gros,
ceux qui ont déjà un CAQ actuellement, «business as usual».
M. Roy (Gabriel) : Tout à
fait, on ne leur impose pas les nouvelles obligations.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
qu'au moment...
M. Roy (Gabriel) : Bien, en
fait... pardon, excusez-moi. Si jamais, à l'entrée en vigueur de la loi, si
jamais ils veulent changer d'établissement d'enseignement, à partir de la
sanction de la loi, ils vont devoir... s'ils veulent changer d'établissement
d'enseignement, ils vont devoir quand même obtenir un nouveau CAQ.
M. Cliche-Rivard : C'est...
M. Roy (Gabriel) : Attendez,
laissez-moi...
M. Cliche-Rivard : Oui, oui,
on veut juste être sûrs.
M. Roy (Gabriel) : Je veux
juste être... oui.
M. Cliche-Rivard : C'est bon.
C'est important de le préciser pour les gens qui nous écoutent parce qu'il y a
beaucoup de gens qui se posent des questions sur leur statut. Puis si on peut
les rassurer ici présent, on va le faire.
M. Roy (Gabriel) : Oui. Non,
excusez-moi, je vous ai induit en erreur, c'est mon erreur.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
M. Roy (Gabriel) : Non, vous
avez raison, c'est vraiment une clause grand-père, là, c'est tel que rédigé.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, clause grand-père, «full proof», là, qu'on se le dise, là.
M. Roy (Gabriel) : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est ça?
O.K., Bon... CAQ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En canadien-français, là...
M. Cliche-Rivard : Oui, oui,
c'est ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...c'est clause d'antériorité.
M. Cliche-Rivard : Ah! clause
d'antériorité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est bon pour la diction en même temps.
M. Cliche-Rivard : Bon,
excellent, clause d'antériorité complète.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'est bon?
M. Roy (Gabriel) : Voilà.
M. Cliche-Rivard : Bravo.
Merci, Mme la Présidente. Donc, essentiellement parlant, là, les gens qui nous
écoutent, qui possèdent un CAQ étude à ce jour, rien ne change.
M. Roy (Gabriel) : Effectivement.
M. Cliche-Rivard : Sous
réserve des dispositions fédérales, là, qui ne nous occupent pas aujourd'hui.
On s'entend?
M. Roy (Gabriel) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ces gens-là qui vont un jour peut-être vouloir solliciter le renouvellement de
leur CAQ, est-ce qu'ils conservent la clause grand-père dans une prolongation
de CAQ pour compléter leurs études?
M. Roy (Gabriel) : Est-ce que
vous permettez que je fasse des vérifications un instant pour ça?
M. Roberge : Oui, oui, on va
faire des vérifications. Ce serait de nouvelles décisions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que vous voulez qu'on suspende quelques instants
pour les vérifications?
M. Roberge : Oui, on peut
suspendre quelques minutes.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Puis maintenant, ça va vous aider à incorporer la clause
d'antériorité.
M. Cliche-Rivard : Clause
d'antériorité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On va suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 21)
(Reprise à 17 h 27)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, M. le ministre, vous aviez quelques précisions à apporter.
M. Roberge : Bien, Mme la
Présidente, je vais laisser Me Roy revenir avec les nuances techniques...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, on va laisser... Me Roy, le micro est à vous.
M. Roberge : ...on s'en est
parlé, mais je vais le laisser donner l'explication juridique.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Le micro est à vous.
M. Roy (Gabriel) : Merci, Mme
la Présidente. Alors, oui, effectivement, les personnes qui ont obtenu un CAQ
avant la date de la sanction de la loi, ce CAQ là n'ayant pas de nom
d'établissement dessus, ils n'auront pas l'obligation, donc, d'étudier dans
l'établissement. Donc, ils sont protégés, entre guillemets, là, donc, cette
obligation-là ne s'appliquera pas à eux à compter de la sanction de la loi.
M. Cliche-Rivard : Et ils
préserveront leurs dits droits acquis advenant une modification de CAQ...
M. Roy (Gabriel) : C'est-à-dire
ce n'est pas une modification...
M. Cliche-Rivard : ...ou une
demande de sélection ou une nouvelle décision de sélection.
M. Roy (Gabriel) : Non. S'ils
font une demande... Si, après la date de sanction de la loi, ils demandent un
nouveau CAQ pour poursuivre des études, parce qu'ils ont besoin de renouveler
leur permis d'études, ce CAQ là, lui, aura... sera relié à un établissement
d'enseignement. Et donc ils devront... ils seront assujettis aux obligations
prévues à l'article 13 du règlement, tel qu'il aura été modifié en vertu du
projet de loi.
M. Cliche-Rivard : Mais, moi,
je lis qu'un ressortissant étranger qui fait l'objet d'une décision de
sélection, à titre d'étudiant étranger, qui est valide, quelle qu'elle soit, ce
jour-là, va toujours avoir droit, à l'exception de 18, parce qu'au jour de
ladite entrée en vigueur, il sera et sera pour toujours un étudiant étranger
avec un CAQ valide au jour de la décision.
M. Roy (Gabriel) : En fait,
l'article 13 du règlement impose une obligation relative au consentement donné
par les ministres dont... La manière dont il doit être compris, c'est que les
obligations... Puis le consentement, on s'entend que c'est le CAQ. Donc, le
consentement se matérialise par le CAQ, ce qui signifie que l'article 13 est
relié au CAQ. L'obligation est reliée au CAQ délivré avant la la sanction de la
loi, l'entrée en vigueur de la loi. Donc, le ressortissant étranger qui fait
l'objet d'une décision de sélection qui a été rendue après la date de la
sanction de la présente loi, donc, dans le cas d'une demande de CAQ, dans le
fond, il n'est plus visé par l'article 18 puisque cette nouvelle décision
d'acceptation, ce nouveau CAQ là a remplacé, invalidé l'ancien.
Donc, il n'est plus un ressortissant
étranger qui fait l'objet d'un CAQ valide pour l'application de l'article 13,
qui, lui, se lit comme une obligation reliée à un CAQ. C'est un peu technique,
j'en conviens, mais c'est l'effet de cette disposition-là.
M. Cliche-Rivard : «Agree to
disagree», on va y aller comme ça. Je ne pense pas que ce soit une grande
primeur, mais j'ai l'impression que ça va être plaidé un jour, ça. Donc, je
laisserai les gens, rendus là, faire leur représentation puis leur plaidoirie.
Merci, Mme la Présidente.
• (17 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, brièvement, là, moi, ce que je comprends, M. le ministre,
c'est que, tant que l'étudiant a son CAQ, qu'il ne le change pas, il reste...
Les nouvelles dispositions ne s'appliquent pas à lui, parce que la décision,
bien, du ministre, celle que vous prenez... ou le consentement du ministre, à
13 du règlement, va être protégé. Mais parce que la minute où il demande un
nouveau CAQ, donc, vous allez devoir prendre une nouvelle décision, là c'est
l'entièreté des nouvelles dispositions qui vont s'appliquer, et donc 18 ne
recevra plus application...
17 h 30 (version non révisée)
M. Roberge : On est... On est
d'accord.
M. Morin : O.K.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai d'autres interventions sur l'amendement
à l'article 18? Si je n'ai pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à
l'article 18 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Nous revenons à l'article 18, tel qu'amendé. Est-ce
qu'il est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Adopté. On passe donc à l'article 19.
M. Roberge : Mme la
Présidente...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui.
M. Roberge : ...tout à l'heure,
on a suspendu, sur... un article proposé par mon collègue, 6.2. Si vous voulez
bien, je suspendrais une minute, le temps de discuter avec les collègues pour
voir si on a trouvé quelque chose.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : D'accord. Est-ce que vous voulez qu'on fasse l'article 19
avant? Parce qu'habituellement, on fait l'article 19 et on revient aux articles
qui ont été suspendus. C'est libre à vous. Il y a également un amendement sur l'article
19.
M. Roberge : Oui, O.K.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On fait l'article 19? Alors, je vais vous inviter à lire l'article
19 et par la suite son amendement, on l'adoptera et on suspendra pour finaliser
l'article... C'est le 6.2 qui est... l'amendement à l'article 6.2, qui était
déposé. Allez-y pour l'article 19, là.
M. Roberge : Merci bien. Donc :
«19. Les dispositions de la présente loi
entrent en vigueur le (indiquer ici la date de la sanction de la présente loi),
à l'exception de celles des articles 1, 14 et 15, qui entrent en vigueur à la
date de la publication à la Gazette officielle du Québec du premier décret pris
en vertu du paragraphe 2° du deuxième alinéa de l'article 15.1 de la Loi sur l'immigration
du Québec (chapitre I-0.2.1), édicté par l'article 1 de la présente loi.»
Cet article fixe la date de la sanction du
projet de loi à l'entrée en vigueur de ces dispositions, à l'exception de
celles qui se rapportent à la condition d'être admis dans un établissement d'enseignement
désigné, dont l'entrée en vigueur est prévue à la date de la publication à la
Gazette officielle du premier décret de la désignation «établissement d'enseignement»
pris par le gouvernement. Et donc...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Là, on voit l'amendement, qui est sur les écrans.
M. Roberge : Amendement :
L'article 19 du projet de loi est modifié :
1° par l'insertion, après «des articles
1», de «6.1»;
2° par le remplacement de «deuxième» par
«troisième».
Cet amendement a pour objet de prévoir des
modifications de concordance à la disposition d'entrée en vigueur du projet de
loi en raison du remplacement de l'article 15.1 de la Loi sur l'immigration du
Québec proposé par un amendement à l'article 1 du projet de loi et de l'insertion
de l'article 6.1 du projet de loi, proposé par amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement?
Oui, M. le député de Saint-Henri-Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Là, je n'ai
pas tout suivi, là, mais, si on devait adopter 6.2, est-ce qu'il faut que 6.2
se retrouve dans 19? C'est-tu pour cette raison-là qu'il faudrait aller à 6.2?
M. Roberge : Ce n'est pas...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 6.2, qui serait le dépôt d'un rapport.
M. Cliche-Rivard : Je pose la
question, je n'ai pas tout suivi les liens, là.
M. Roberge : Je ne crois pas
que ça soit nécessaire.
Bien... si on adopte 6.2 ou une version de
6.2, de toute façon, ça arrivera avec la sanction. Donc, ce qu'on pense, c'est
qu'on peut aller de l'avant avec 19. C'est bien ça?
M. Cliche-Rivard : Excellent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait.
M. Cliche-Rivard : C'était
ça, la question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, si je n'ai pas d'autre intervention sur l'amendement,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, l'amendement... 19 est adopté. Est-ce que l'article
19, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Donc, étant donné que l'entièreté ou presque du
projet de loi est adoptée, il ne reste seulement que l'amendement 6.2, qui
introduit un nouvel article. Qu'importe. Nous allons suspendre, le temps de
finaliser les discussions, et nous revenons après. Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 36)
(Reprise à 17 h 42
)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, au moment de notre petite suspension, nous en... nous revenions — pardon,
je cherche mes mots — à l'article 6.2 qui avait été déposé par
le député de Jean-Talon. Le micro est à vous.
M. Paradis : Alors, avec le
consentement de mes estimés collègues, je vais retirer la proposition
d'amendement à l'article 6.2 et je vais revenir avec une autre proposition
d'amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Donc, y a-t-il consentement pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Nous avons donc déjà le nouvel amendement, on
va l'ouvrir dans quelques secondes, puis je vais vous demander d'en faire la
lecture, et ça devient le 18.1.
M. Paradis : 18.1, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Ça introduit un nouvel article 18.1. Je vais
vous demander d'en faire la lecture.
M. Paradis : Alors, oui, non,
que non seulement en échange du retrait de cet amendement 6.2. j'ai eu la
recette du pâté au poulet qui a été évoqué à de nombreuses reprises lors de
cette commission parlementaire, en échange, il y aura ma recette de tourtière,
mais aussi cet article 18.1.
Donc, article 18.1. Insérer, après
l'article 18 du projet de loi, le suivant : «18.1. Au plus tard, le
(indiquer ici la date qui suit de trois ans celle de la sanction de la présente
loi), "le ministre doit, en collaboration avec le ministre de l'Éducation,
du Loisir et du Sport et le ministre de l'Enseignement supérieur, de la
Recherche, de la Science et de la Technologie, selon leurs compétences
respectives, faire rapport au gouvernement sur la mise en œuvre des décisions
relatives à la gestion des demandes présentées à titre d'étudiants étrangers
prise depuis le (indiquez ici la date de la sanction de la présente loi) en
vertu de la Loi sur l'immigration au Québec (chapitre I-0.2 .1).
«Le ministre dépose le rapport dans les
30 jours suivants à l'Assemblée nationale ou, si elle ne siège pas, dans
les 30 jours de la reprise de ses travaux.».
Donc, après discussion avec le ministre,
l'équipe du ministère, mes collègues de Saint-Henri—Sainte-Anne et de l'Acadie,
nous estimons que c'est un... Bien, en fait, je vais leur laisser confirmer,
mais en tout cas, en ce qui me concerne, je pense que ça reprend l'esprit de ce
qu'on voulait faire, c'est-à-dire qu'il y a un changement qui est instauré par
le projet de loi n° 74, avec une nouvelle façon de
faire pour la gestion, donc, des demandes relativement aux étudiants
internationaux, et que c'est bon de faire une évaluation des des impacts donc
de la mise en œuvre de ce nouveau système-là dans les trois ans. Et ensuite on
se rappelle qu'ailleurs dans la loi il y a quand même... c'est prévu
qu'annuellement il y a une reddition de comptes de la part du ministre,
globalement, sur l'application de la loi. Donc, voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, y a-t-il des interventions sur le
nouvel article... bien, sur l'amendement introduisant l'article 18.1? M.
le ministre.
M. Roberge : Oui, très
brièvement. Je remercie le collègue pour l'idée, le concept. Je pense que c'est
une bonne idée, considérant l'importance de la loi. Je le remercie aussi pour
son ouverture d'esprit. Une fois, on met l'idée sur la table, après ça, on la
travaille ensemble pour arriver avec quelque chose qui fonctionne. Donc, je
pense que c'est quelque chose qui est gagnant. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Député de
Saint-Henry--Sainte-Anne. On va terminer avec vous.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Oui, évidemment, je soutiens. Ça, j'avais quand même juste une
petite question. M. le ministre, de toute façon, il y aura une partie de ces
données-là en amont dans... dans des rapports annuels de gestion. On pourra
quand même voir l'évolution. On aura quand même des statistiques. On aura quand
même aussi la chance de poser des questions aux crédits. Donc, on sera quand
même à même annuellement et/ou aussi par des demandes d'accès à l'information,
d'aller chercher une partie importante, sinon très importante, des informations
qui se retrouveront éventuellement dans cette analyse-là.
M. Roberge : Bien,
effectivement, il y a toutes sortes de mécanismes de reddition de comptes, vous
l'avez nommé, il y a des rapports annuels de gestion...
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Roberge : ...sur l'immigration,
sur l'éducation, celui de l'enseignement supérieur, les études de crédits.
Donc, je pense qu'il y aura toute la transparence nécessaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup.
M. Cliche-Rivard : J'en
prends bonne note...
M. Cliche-Rivard : ...j'en
prends bonne note.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, oui, effectivement, je confirme que ça correspond à l'idée
qui a été avancée par mon collègue le député de Jean-Talon et dont on a parlé
avec un libellé qu'on avait utilisé déjà dans d'autres lois. Donc, tout à fait,
je suis en faveur de l'amendement. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, M. le député de Jean La Porte... Jean-Talon.
M. Paradis : C'est bel et
bien Jean-Talon, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : J'ai dit La Porte au début, Jean-Talon, je finis avec Jean-Laporte.
Allez-y.
M. Paradis : Bien, j'aimerais
quand même en profiter pour remercier toute l'équipe du ministère. Je pense
qu'il y a eu du travail assez intense, là, pour arriver avec le bon libellé qui
s'intègre bien dans le corpus législatif, là. Le résultat est très
satisfaisant. Donc, merci à toute l'équipe.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Je veux juste par une parenthèse. Moi, je fais un
effort incommensurable pour ne pas vous appeler par vos noms de famille. C'est pour
ça que je mélange toutes les circonscriptions.
M. Paradis : Oui, mais moi,
ce n'est pas La Porte, c'est Paradis en plus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je le sais, chut. Bon, alors, sur ce, y a-t-il d'autres
interventions sur le nouvel... bien, l'amendement introduisant le nouvel
article 18.1? Il n'y en a pas. Alors, est-ce que l'amendement introduisant
l'article 18.1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Merci. Alors, c'est la fin de l'étude détaillée.
Alors, est-ce que le titre du projet de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Et je propose que la commission recommande la
renumérotation du projet de loi amendé. C'est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Je propose aussi que la commission adopte une
motion d'ajustement des références. Et cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. Nous en sommes donc aux remarques finales, et je
vais laisser les remarques, dans un premier rang, à M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci beaucoup,
Mme.
M. Roberge : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui, attendez une petite seconde. Oui?
M. Roberge : Juste dire,
est-ce qu'on peut d'emblée... moi, je ne ferai pas 20 minutes, mais est-ce
qu'on peut d'emblée se dire que, si on dépasse 18 heures, on complète tous
nos remarques finales?
M. Morin : Oui.
M. Roberge : Juste pour être
certains qu'on ne revienne pas.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : J'ai besoin de votre accord, effectivement.
M. Roberge : Si vous êtes
d'accord.
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait, consentement pour dépasser l'heure.
M. Roberge : Je ne vous coupe
plus dans votre élan.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Très bonne remarque, M. le ministre. À vous la parole.
M. Paradis : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais d'abord vous remercier, vous, pour votre travail qui a
permis des débats sereins. Toute l'équipe du ministère qui a travaillé fort
pour, bien sûr, présenter ce projet de loi et le préparer. Mes collègues, donc,
des banquettes du gouvernement et de l'opposition pour un travail parfois avec
des échanges vigoureux, mais, somme tout, collaboratifs.
On vient d'adopter le titre du projet de
loi. Ça fait longtemps que je voulais le mentionner, mais j'aimerais inviter le
ministre et son équipe à considérer quelque chose qui nous a été souligné, je
pense, par... c'était un groupe d'étudiants. Mais des étudiants étrangers,
peut-être qu'on est mûrs pour la nouvelle appellation, c'est-à-dire étudiants
internationaux. C'est beaucoup le vocable qui s'est installé dans l'ensemble
des milieux. Donc, une suggestion pour un travail futur là-dessus, parce que je
sais que ça demande de la concordance un peu partout.
• (17 h 50) •
Cela étant dit, je reviens encore sur ce
point qu'il aurait été utile puis ça nous aurait permis des débats plus
constructifs si on avait eu la planification envisagée par le ministre, par le
ministère sur les étudiants internationaux. On aurait pu avoir des discussions
sur des bases concrètes. Nous, je le réitère, nous avons présenté notre
planification puis ça a le mérite de mettre cartes sur table puis de savoir où
est-ce qu'on veut s'en aller. Ça aurait rassuré beaucoup de gens puis ça aurait
permis d'avoir des discussions constructives. Donc, ça, je pense que ça aurait
eu beaucoup de mérite.
Et aussi, que le gouvernement nous
explique dès le départ les raisons plus techniques pour lesquelles le projet de
loi a été présenté. Le ministre a commencé à l'évoquer, à la deuxième... à
l'évoquer à la deuxième journée des consultations particulières. Ensuite, au
breffage technique, on a reçu une série de documents qui permettaient de
comprendre aussi quels étaient les défis juridiques auxquels le ministère
considérait qu'il faisait face. Bon, maintenant, on le sait. Et ce qui fait
que, en tout cas, nous, on l'exprime ici, on comprend que le ministre voulait
se donner des nouveaux outils pour une gestion plus cohérente. On est d'accord
avec cet objectif, donc, mais on aurait pu, donc, le savoir un peu plus à
l'avance. Transparence, planification.
Cela étant dit, j'invite aussi le ministre
à prendre les quelques jours...
M. Paradis : ...qu'on aura
peut-être avant la prise en considération du rapport, puis, ensuite, l'adoption
finale du projet. J'espère, je vais continuer à lui faire un appel à ce qu'on
puisse inscrire dans le projet de loi - vous voyez, je ne perds pas espoir
-qu'on inscrive dans le projet de loi qu'il y a une obligation de consulter les
acteurs du milieu quand vient de... quand vient le temps de parler de quelque
chose d'aussi important pour eux que cette planification, donc, des demandes,
du nombre de demandes qu'on va accepter pour les étudiants internationaux et de
leur ventilation, donc, à travers le Québec.
Alors, cela étant dit, on va... j'en
parlerai plus longtemps lors, justement, de la prise en considération ou de
l'adoption finale du projet de loi. Mais, donc, merci, encore une fois, à tous
les collègues du travail effectué sur ce projet de loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député de Jean-Talon. À votre tour, M. le
député de Saint-Henri-Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je vais faire l'ensemble, plutôt, de mes
commentaires au salon rouge, sur le fond, là, soit à la prise en considération
ou soit à l'adoption. Mais, quand même, on a travaillé fort, on a travaillé
dur, et c'est beaucoup, avec votre aide, Mme la Présidente. Donc, je voulais
vous en remercier. Je remercie évidemment Caroline ici, à la recherche,
évidemment, les collègues des oppositions et leurs équipes, évidemment, du côté
ministériel, du côté gouvernemental, merci aussi, leurs équipes également. Vous
avez été très utiles dans le nombre considérable de questions qu'on avait, M.
le ministre également. Merci beaucoup. Merci aussi à la technique, évidemment.
Merci au personnel de l'Assemblée. Merci au secrétariat. C'est toujours un
grand plaisir de travailler ici, dans nos salles. Et puis, comme je disais, je
réserverai mes commentaires au salon rouge. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, on termine l'étude article par article d'un projet de loi
qui, en fait, on l'a vu en commission parlementaire, qui a suscité des
inquiétudes de la part de la très grande majorité des groupes qui sont venus
nous parler, qui ont déposé des mémoires. Il y en a même qui en ont déposé
après les consultations. Alors, c'est donc dire comment le sujet est important
et soulève... soulève des inquiétudes, je dois, je dois le souligner. Je
comprends ce que M. le ministre veut faire. Je comprends certains enjeux qu'il
a, je ne suis pas encore convaincu, à ce jour, que la réponse, avec le projet
de loi, était la meilleure réponse pour régler certains enjeux, mais c'est la
réponse que le gouvernement a pris. J'ai été heureux d'entendre M. le ministre
nous dire que les étudiants étrangers, c'est une richesse pour le Québec, c'est
bien.
Je reprends un peu ce que disait le député
de Jean-Talon, effectivement, si on avait su d'emblée qu'il y avait eu un débat
judiciaire, bon, remarquez, peut-être qu'on aurait pu suivre tout ce qui se
fait en matière de jurisprudence en immigration, mais c'est quand même pas mal,
ça nous aurait aidés et donc on aurait peut-être compris davantage. En tout
cas, ça m'aurait aiguillé davantage sur certains, certains objectifs que
poursuivait M. le ministre, quoiqu'il n'y a jamais eu de décision, au fond, non
plus de rendue. Donc, on a vu qu'il y avait un problème. Voilà. Et le projet de
loi, bien, c'est la réponse du gouvernement à ce problème.
Cependant, je remercie M. le ministre,
pour les débats que nous avons eus, pour les échanges que nous avons eus au
cours, évidemment, des heures et des heures qui se sont déroulées. Je tiens
aussi à remercier les collègues des oppositions, le député de Saint-Henri
Sainte-Anne, le député de Jean-Talon. Permettez-moi aussi, M. le ministre, de
remercier les collègues de la banquette gouvernementale, mais aussi les équipes
qui vous accompagnent, sûrement, des gens de votre cabinet, mais des gens du
ministère également. Et merci à Me Roy pour les explications que vous nous avez
données. Je ne peux, je ne peux passer sous silence le travail que ma collègue
la députée de Mont-Royal-Outremont a fait. Elle a travaillé avec moi depuis le
début dans ce projet de loi. Je lui suis très reconnaissant, parce qu'ayant eu
quelques autres projets de loi, j'ai dû, comme vous l'avez constaté, courir un
peu à gauche et à droite. Donc, c'est elle qui a finalement continué ici pour
que la commission, évidemment, fonctionne rondement. Donc, je tiens
publiquement à lui dire comment j'ai apprécié son travail et travailler avec
elle.
Je remercie évidemment le personnel de
l'Assemblée, le secrétariat, le personnel technique. Et permettez-moi de
terminer avec vous, Mme la Présidente...
M. Morin : ...sincèrement
vous offrir... en fait, vous dire comment j'ai apprécié la façon dont vous avez
présidé nos travaux. Je vous remercie beaucoup. Ça a été... ça a été long,
parfois intense, mais vous avez mené ça avec beaucoup d'efficacité, et je tiens
à vous dire un grand merci. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, c'est gentil. On va terminer avec vous, M.
le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Je vais commencer par vous remercier pour avoir présidé nos travaux
de belle manière.
Donc, on termine l'étude article par
article de la Loi visant principalement à améliorer l'encadrement relatif aux
étudiants étrangers, pouvons-nous dire aux étudiants internationaux, dans un
contexte qui, je pense, nous amenait à revoir cet encadrement. C'est important
que ce soit par différents... je vous dirais différentes manifestations qu'on a
vues au cours des médias. Je vais vous dire aussi qu'il y a des sonneurs
d'alerte, sonneurs d'alarme qui ont communiqué avec le ministère de
l'Éducation, le ministère de l'Enseignement supérieur, le ministère de
l'Immigration, qui nous ont fait part de malaises importants à l'égard de
certaines situations, et donc on a besoin de revoir l'encadrement. D'autant
plus qu'on voit qu'il y a eu une hausse très importante du nombre d'étudiants
étrangers, dans les dernières années, sur le territoire québécois.
Il faut se poser des questions, il faut
recueillir des informations nécessaires. Le projet de loi va nous permettre de
recueillir davantage d'informations. Il faut prendre le temps de colliger tout
ça puis, après ça, il faut avoir l'agilité gouvernementale, il faut avoir des
lois qui nous permettent de prendre ensuite les décisions qui seront positives
pour l'ensemble de la nation québécoise et surtout qui ne feront pas de dommages
collatéraux, c'est-à-dire, si on veut agir dans un établissement X ou dans un
programme Y, bien, il ne faudrait pas par... parce que la loi ne nous permet
pas d'agir correctement sur une situation particulière, être obligés d'agir
puis de pénaliser d'autres programmes, d'autres secteurs, d'autres régions.
Donc, on arrive avec une loi qui vient améliorer l'agilité gouvernementale de
l'État de la nation québécoise.
• (18 heures) •
On arrive avec des concepts qui sont
nouveaux : établissements désignés. On vient d'arriver, ça. Pour arriver
maintenant comme étudiant étranger au Québec, il faut aller dans un
établissement désigné. On arrive avec la notion aussi de programmes reconnus.
Donc, quand on arrive au Québec comme étudiant étranger, on ne peut pas
s'inscrire dans n'importe quel programme, gage de qualité, gage de qualité,
aussi de la réputation du Québec. On arrive dans un établissement désigné et on
suit un programme qui est reconnu. Je pense que ça, ce sont des avancées. On
arrive avec — je vous ai parlé de l'agilité gouvernementale — avec
de nouveaux outils pour le gouvernement, pour les ministères concernés, pour
faire des distinctions, notamment les ordres d'enseignement, les régions, les
cycles d'études. On arrive avec aussi la notion de langue française. On est
allé écrire nommément, dans notre loi, qu'on veut préserver la vitalité de la
langue, la pérennité de la langue française, la vitalité de la langue
française, la notion évidemment de langue française comme langue commune au
Québec. On est allés dire qu'en plus de la notion d'ordre d'enseignement, de
régions, de cycles d'études, la notion de la langue d'enseignement aussi devait
être un critère qui nous permet de décider si on fait venir des étudiants
étrangers ou pas dans telle ou telle région, dans tel ou tel programme reconnu,
dans tel ou tel établissement désigné. C'est beaucoup de nouvelles habiletés
pour être capables de mieux servir les Québécois, de tenir compte, oui, des
programmes d'études qui sont très importants, oui, de nos besoins en science,
en recherche, en développement technologique, de nos chaires de recherche qui
font l'envie de plusieurs autres nations, mais aussi de tenir compte de nos
besoins économiques, nos besoins de main-d'oeuvre. Donc, toutes ces
considérations-là pourront maintenant être considérées dans la prise de
décisions, puis j'y viens, prise de décision maintenant qui sera... quand on
parle d'un plafond national du nombre d'étudiants étrangers, de CAQ, bien, ce
sera une décision du ministre de l'Immigration, mais après consultation
obligatoire des ministres concernés. Et quand on viendra ensuite dans le fin
détail y aller en utilisant les critères, bien, il faudra avoir, et c'est un
nouveau concept, ça aussi, une recommandation conjointe entre le ministre de
l'Immigration et les ministres concernés avant de décision gouvernementale. Je
pense que c'est beaucoup de nouveaux concepts qui font avancer l'état du droit
québécois pour la question des étudiants étrangers, je le rappelle, qui sont
une recherche... une richesse, pardon, pour le Québec.
Donc, merci, Mme la Présidente. Merci aux
équipes, merci aux députés des oppositions, opposition officielle, deuxième
opposition, troisième opposition. On n'a pas toujours été d'accord...
18 h (version révisée)
M. Roberge : ...on n'a pas
toujours été d'accord, mais on a été plus souvent d'accord que pas d'accord. On
a été plus souvent dans la recherche de la compréhension de l'argument de l'autre
qu'autre chose. J'ai beaucoup apprécié ce travail en commission, certainement,
vraiment. Vraiment, je vous remercie sincèrement. Merci aux équipes aussi, aux
députés de la banquette gouvernementale, cabinet, au légiste qui a pris
plusieurs questions, parce que c'était très, très technique, puis aux partenaires
et aux gens qui sont venus lors des auditions particulières, aussi, nous
apporter un éclairage. Il y a eu quand même pas mal d'amendements relativement
au nombre d'articles dans la loi, puis plusieurs des amendements sont arrivés
suite à des interventions des gens, soit lors des auditions particulières ou
soit des interventions écrites quand les gens nous ont envoyé des mémoires.
Donc, tout ça a été pris en considération. Et voilà, merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, à mon tour de
remercier la technique, évidemment, tout le personnel de l'Assemblée nationale
et de la commission, le secrétariat de la commission. Vous savez, le... l'immigration,
c'est quand même un sujet sensible, alors, ça s'est très, très bien déroulé,
dans le respect que nous nous devons, entre élus, mais aussi que nous devons à
cette institution.
Alors, la commission ayant accompli son
mandat, j'ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 18 h 03)