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(Deux heures et demie de l'après-midi)
M. BEDARD (président): Qu'on ouvre les portes. Let the doors be
opened.
A l'ordre, messieurs. Affaires courantes.
Presentation de pétitions. Lecture et
réception de pétitions. Présentation de rapports de
comités élus.
M. LESAGE: M. le Président, j'ai l'honneur de déposer le
quatrième rapport du comité des bills publics.
M. DIONNE: M. le Président, j'ai l'honneur de déposer le
vingtième rapport du comité des règlements.
M. BEAUPRE: M. le Président, j'ai l'honneur de déposer le
dix-septième rapport du comité des bills privés en
général.
M. LE PRESIDENT: Présentation de motions non
annoncées.
Présentation de bills privés.
M. CREPEAU: M. le Président, je fais motion pour qu'il me soit
permis de présenter un bill intitulé: « Loi confirmant le
droit de Jean Boileau de vendre certains immeubles ».
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Première lecture de ce bill. First
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: Deuxième lecture prochaine séance.
Présentation de bills publics.
Messages du Conseil législatif
M. LE PRESIDENT: Messages du Conseil législatif. « Conseil
législatif, le 15 juillet 1965.
Le Conseil législatif informe l'Assemblée
législative qu'il accepte les amendements apportés par
l'Assemblée législative aux amendements du Conseil
législatif au bill No 100, intitulé: « Loi modifiant la
charte de la ville de Montréal ».
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
» « Conseil législatif, le 15 juillet 1965.
Ordonné, Que le greffier reporte à
l'Assemblée législative le bill no 67 intitulé: «
Loi octroyant à Sa Majesté des deniers requis pour les
dépenses du gouvernement pour l'année financière se
terminant le 31 mars 1966, et pour d'autres fins du service public » et
informe votre Chambre que le Conseil législatif a voté.
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
» « Conseil législatif, le 15 juillet 1965.
Ordonné, Que le greffier reporte à
l'Assemblée législative le bill No 78 intitulé: «
Loi octroyant à Sa Majesté des deniers requis pour les
dépenses du gouvernement pour l'année financière se
terminant le 31 mars 1966, et pour d'autres fins du service public » et
informe cette Chambre que le Conseil législatif l'a voté.
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
» « Conseil législatif, le 15 juillet 1965.
Le Conseil législatif informe l'Assemblée
législative qu'il a voté avec des amendements qu'il la prie
d'agréer le bill 175 intitulé: « Loi concernant la
commission de transport de Montréal ».
M. LAPORTE: M. le Président, il y a des...
M. JOHNSON: Est-ce qu'on ne pourrait pas reporter à demain le
bill de la Commission des transports, pour qu'on ait le temps d'examiner les
amendements?
M. LESAGE: Oui, oui. C'est ça... la motion doit être
faite.
M. LAPORTE: M. le Président, pour le bill 175, je propose que les
amendements soient versés au procès-verbal pour que nous
puissions les étudier plus tard; examen prochaine séance.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LAPORTE: M. le Président, je voudrais dire à cette
Chambre que le bill 64, loi modifiant la Loi de la division territoriale, est
prêt
et sera distribué d'ici quelques minutes, et qu'en même
temps nous distribuerons photocopiés, tous les statuts refondus de 1964,
la Loi de la division territoriale, telle qu'elle existe actuellement.
M. LESAGE: M. le Président, à la suite de la demande qui
m'en a été faite hier parle chef de l'Opposition, j'ai obtenu
l'agenda de la prochaine conférence fédérale-provinciale
et i' me fait plaisir d'en déposer deux copies en anglais et deux copies
en français sur la table.
M. JOHNSON: M. le Président, je constate à la lecture de
l'agenda déposé par le premier ministre dont le texte d'ailleurs
avait paru dans certains journaux ce matin qu'il y a un chapitre, au chapitre
8, intitulé: « Other matters ». Je regrette, j'ai les deux
copies anglaises ici.
M. LESAGE: On va vous envoyer les copies françaises. Cela doit
être « Autres sujets » je suppose.
M. JOHNSON: « Autres sujets » et parmi ces autres sujets ou
« Autres questions » dit la traduction et parmi ces questions on
voit: a) programme national pour la protection de la faune; b)
développement de l'énergie électrique c) imposition des
services de l'électricité d) droits d'exploration minière
en bordure des côtes e) toute autre question.
Le premier ministre ne croit-il pas qu'il serait avantageux d'inclure
sous ce chapitre une discussion sur la formule Fulton-Favreau?
M. LESAGE: Non, M. le Président. M. JOHNSON: Merci.
M. BELLEMARE: M. le Président, est-ce que l'honorable ministre de
l'Education a eu le temps et le loisir de prendre connaissance du
mémoire qui lui a été envoyé par la
Fédération des collèges classiques au sujet d'un
problème dont je lui ai parlé en Chambre dernièrement?
Est-ce qu'une décision a été prise à ce sujet?
M. GERIN-LAJOIE: Quel mémoire?
M. BELLEMARE: Le mémoire de la Fédération des
collèges classiques.
M. GERIN-LAJOIE: Du mois d'avril?
M. BELLEMARE: Non, non. Celui qui vous a été envoyé
vendredi dernier.
M. GERIN-LAJOIE: Ah non, la Fédération des collèges
classiques ne m'a envoyé à ma connaissance aucun mémoire
la semaine dernière ou cette semaine. J'ai vu, comme le
député de Champlain...
M. BELLEMARE: Je demande au ministre de m'excuser. C'est au mois d'avril
qu'ils lui ont fait parvenir un mémoire qui vient d'être
publié dans les journaux cette semaine.
M. GERIN-LAJOIE: Ah non, ce n'est pas du tout ça. Le
député fait erreur. Au mois d'avril, la Fédération
des collèges classiques m'a transmis un mémoire qui a
été étudié et qui fait encore l'objet
d'étude en comité et qui fait l'objet d'un dialogue pour employer
un vocable bien à la mode et bien courant, par ailleurs, la
Fédération des collèges classiques a fait une
déclaration aux journaux, a envoyé un communiqué d'un
côté et de l'autre en fin de semaine dernière mais, du
moins, à ma connaissance, je n'en ai reçu aucune copie
directement. J'ai obtenu de mes fonctionnaires, hier soir, un exemplaire et
j'ai demandé qu'on l'étudié à mon
ministère.
M. BELLEMARE: C'est parce que le ministre a déclaré
à cette Chambre, M. le Président, qu'il avait été
étonné de la déclaration que faisait dans les journaux la
Fédération des collèges classiques. Il devrait apporter
une réponse d'ici quelques jours à une explication de ces
données, je lui donne la chance d'expliquer devant tout le public.
M. GERIN-LAJOIE: Je suis très heureux que le député
de Champlain m'offre l'occasion de dire qu'en effet j'ai été
étonné et que je demeure autant étonné que je l'ai
été samedi dernier à lire les journaux et que j' ai obtenu
hier pas mes fonctionnaires une copie de cette circulaire des collèges
classiques qu'on n'a pas eu la délicatesse de me communiquer directement
avant de la communiquer aux journaux et qu'on doit, à mon
ministère, en faire l'étude et me faire rapport.
M. BELLEMARE: M. le Président, comme question
supplémentaire, c'était simplement pour dire à l'honorable
ministre qu'en vertu...
M. LESAGE: On ne peut pas dire, M. le Président, c'est...
M. BELLEMARE: Non, non...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. LESAGE: M. le Président, j'invoque le règlement. On ne
peut pas, même sous le couvert d'une... Non, j'ai soulevé une
question de règlement, M. le Président. On ne peut pas,
même sous le couvert d'une question supplémentaire,...
M. BELLEMARE: Très bien.
M. LESAGE: ... dire au ministre quelque chose, informer le ministre de
quelque chose surtout quand le ministre est probablement au courant et que l'on
cherche à inscrire au procès-verbal, pas au procès-verbal
mais au journal des Débats, des déclarations qui peuvent
être enregistrées par la tribune de la presse, etc.
M. BELLEMARE: M. le Président, c'est le premier ministre qui
vient de manquer aux règlements en me prêtant des motifs.
M. LESAGE: Non, je n'ai pas prêté de motifs, je m'en suis
bien...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs. M. BELLEMARE: En vertu de
l'article...
M. LESAGE: ... j'ai bien choisi mes mots, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs, à l'ordre. Est-ce qu'il y
a une question?
M. BELLEMARE: Oui,oui,certainement,M. le Président. Si vous me
permettez, le premier ministre vient de se taire là. Alors...
M. LESAGE: J'ai bien choisi mes mots.
M. BELLEMARE: Il vient de finir son argument. Je dis, M. le
Président... est-ce que la réponse que m'a faite le ministre lors
de l'étude du budget qui consistait à dire que c'était un
refus de la part des collèges classiques de coopérer avec le
ministère de l'Education est encore vraie?
M. GERIN-LAJOIE: M. le Président, ce n'est pas ce que j'ai dit.
Le député de Champlain se référera au journal des
Débats...
M. BELLEMARE: Ah oui.
M. GERIN-LAJOIE: ... mais de toute façon, ce que j'ai dit lors de
l'étude de mes crédits en Chambre, je lui donne le temps de
retrouver la déclaration, si ça l'intéresse...
M. BELLEMARE: 3717.
M. GERIN-LAJOIE: ... ce que j'ai dit lors de l'étude de mes
crédits en Chambre, j'ai eu l'occasion de le relire et c'est, mot
à mot, virgule pour visgule, la correspondance exacte avec la
vérité.
M. JOHNSON: M. le Président, le ministre a-t-il l'intention de
reviser les barèmes de façon à ne pas laisser crever les
collèges classiques?
M. BELLEMARE: C'est ça.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs. Je crois que cette question a
d'abord été posée hier. Il y a eu une réponse du
ministre et de plus ç'a fait l'objet d'un débat antérieur
lors de l'étude des crédits du ministère.
M. JOHNSON: Je regrette, M. le Président. Hier j'avais
posé une question au sujet des bourses et là je parle des
barèmes de subventions aux collèges classiques qui sont sur le
bord de la famine, de la banqueroute...
M. LESAGE: Qui est-ce qui est sur le bord de la famine? Les
collèges classiques?
M. JOHNSON: Oui.
M. LESAGE: M. le Président, je regrette infiniment, je dois
invoquer le règlement...
M. JOHNSON: On est en train de les tuer...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs, à l'ordre.
M. LESAGE: J'invoque le règlement...
M. JOHNSON: On est en train de les étouffer sous...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs, à l'ordre.
M. LESAGE: M. le Président, j'invoque le règlement. De
nouveau, je suis obligé d'invoquer les mêmes arguments que j'ai
utilisés tout à l'heure lorsque le député de
Champlain a tenté de faire une déclaration sous le couvert d'un
semblant de question. Le chef de l'Opposition en a profité pour enligner
des déclarations qui sont consignées au journal des
Débats, déclarations qui sont absolument fausses, sans fondement
et qui n'ont pour but, et qui ne sont
inspirées, malheureusement, que par la partisanerie politique la
plus aveugle.
M. BELLEMARE: M. le Président,... M. JOHNSON: M. le
Président...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs, à l'ordre.
M. BELLEMARE: Que le premier ministre retire ça.
M. LESAGE: Du moment que vous vous êtes levé, j'ai compris
que vous vouliez me réprimander. Je me sens réprimandé et
je retire mes paroles.
M. BELLEMARE: Bon, mais il l'a dit quand même!
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. LALONDE: Vous ne nous montrerez pas à faire des grimaces!
M. JOHNSON: M. le Président, aurons-nous l'occasion de faire un
débat, même s'il fallait pour cela suspendre l'ordre normal des
procédures en Chambre, afin de discuter de cette question
éminemment sérieuse, celle de la survie des collèges
classiques?
M. LESAGE: M. le Président, la survie des collèges
classiques n'est aucunement en danger. Elle ne le sera pas non plus. Elle ne
pourrait l'être que s'il y avait un gouvernement de l'Union nationale au
pouvoir qui continuerait d'affamer les collèges classiques comme le
gouvernement Duplessis les a affamés...
M. BELLEMARE: M. le Président, le premier ministre...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs...
M. BELLEMARE: Le premier ministre est après faire un discours, et
il n'a pas le droit de faire ça, et il le sait, il m'encourage...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre.
M. BELLEMARE: Oui, mais arrêtez-le quand c'est le temps.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs. C'est justement pour ça
que tout à l'heure j'ai attiré l'attention de la Chambre. Nous
venions à peine d'étudier les crédits du ministère.
Alors, il est tout à fait inopportun à ce stade-ci des
procédures d'entamer un débat sur un budget qui vient
d'être étudié. Si quelqu'un juge opportun de faire une
motion pour faire un débat en ce sens, il le fera en temps opportun,
mais à la période des questions je ne puis pas permettre qu'on
continue de cette façon.
M. JOHNSON: M. le Président, serait-il exact de dire que la seule
façon pour les collèges classiques de survivre, c'est de se
mettre aux genoux du gouvernement...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. JOHNSON: ... de se mettre aux genoux du gouvernement et de plier
comme tous les autres corps ont dû plier?
M. LE PRESIDENT: Si on n'a pas d'autres questions sur d'autres sujets,
affaires dujour.
M. JOHNSON: M. le Président...
M. LAPORTE: M. le Président, je propose que...
M. JOHNSON: Pardon, M. le Président, le premier ministre
voudrait-il informer cette Chambre de la décision qu'il a prise à
la suite des représentations qui ont dû lui être faites par
les syndicats de médecins, soit les syndicats de spécialistes et
les syndicats d'omnipraticiens?
M. LESAGE: M. le Président, j'ai reçu avec beaucoup de
plaisir les représentants des deux groupes que vient de mentionner le
chef de l'Opposition. J'étais accompagné de mon collègue
le ministre de la Santé, et de mon collègue le leader du
gouvernement au Conseil législatif, qui doit présenter le bill en
première lecture au Conseil législatif cet après-midi et
qui fera rapport de l'entrevue que nous avons eue avec les médecins.
Nous n'avons rien devant nous ici. Il y a un projet de loi devant l'autre
Chambre et il appartient au leader du gouvernement devant l'autre Chambre de
faire la déclaration sur la première lecture du bill.
M. BELLEMARE: Le premier ministre...
M. JOHNSON: M. le Président, le premier ministre a-t-il du
nouveau à annoncer à cette Chambre relativement au
développement des ressources hydrauliques des chutes Churchill?
M. LESAGE: Non, M. le Président.
M. JOHNSON: Le premier ministre a-t-il...
M. LAPORTE: C'est Sidbec maintenant?
M. JOHNSON: ... l'intention, M. le Président...
M. LESAGE: Non, M. le Président. M. LAPORTE: Non.
M. GERIN-LAJOIE: Le chef de l'Opposition a-t-il l'intention...
DES VOIX: Non, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. JOHNSON: ... a-t-il l'intention, M. le Président, de faire
déposer le plus tôt possible, vu les circonstances, les documents
demandés lors de l'étude des crédits, lors de
l'étude des problèmes de l'Hydro-Québec?
M. LESAGE: Ah, ça, je ne sais pas quels ils sont. Je vais essayer
de m'informer. Ce serait si simple, M. le Président, si le chef de
l'Opposition voulait m'écrire un mot, je ne l'oublierais pas
à la plume, une note s'il voulait me l'envoyer par un page, je
vais faire suivre le chemin ordinaire. Hier j'avoue que je l'ai oublié
complètement.
M. JOHNSON: M. le Président, le gouvernement va-t-il enfin se
décider d'informer les représentants du peuple...
M. BELLEMARE: C'est nous, ça.
M. LESAGE: Oui. De nous informer de quoi?
M. JOHNSON: Non seulement les ministres mais les autres
députés de cette Chambre, du statut de Sidbec.
M. GERIN-LAJOIE: On savait que ça viendrait.
M. LE PRESIDENT: Affaires du jour. M. BELLEMARE: Non, non.
Anniversaire
M. JOHNSON: M. le Président, vous me permettrez très
brièvement d'offrir des voeux, même en son absence, au
député qui fête aujourd'hui son anniversaire, le
député de Beau-ce. M. le Président, vous connaissez le
député de Beauce, il est l'un de ceux qui vous cause le moins de
problèmes, il est généralement très assidu dans
cette Chambre, c'est un jeune député, élu en 1962, dans le
comté si peu politisé de Beauce, c'est un père de famille
admirable, et je voudrais à l'occasion de son anniversaire, lui offrir
non seulement mes voeux personnels, mais ceux de tous ses collègues pour
qui il est un ami sincère et tellement enjoué. Et je voudrais
offrir à sa très charmante épouse ainsi qu'a sa belle
famille nos hommages respectueux.
M. LESAGE: M. le Président, les députés de ce
côté-ci de la Chambre se joignent au chef de l'Opposition pour
offrir leurs meilleurs voeux au député de Beauce.
M. LAPORTE: M. le Président, je propose que les bills
apparaissant aux item 20 et 21 de l'ordre du jour soient lus en deuxième
fois et référés au comité des bills privés
de l'Assemblée législative.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER: Deuxième lecture de ces bills. Second reading of
these bills.
M. LAPORTE: No 10, M. le Président.
Bill 49
M. LE PRESIDENT: La Chambre est de nouveau en comité pour
étudier le bill no 49.
M. LESAGE: Il y a une sanction de bill à cinq heures.
M. LAPORTE: M. le Président, le bill 49 avait été
voté in toto sauf qu'avant l'ajournement le chef de l'Opposition avait
fait une proposition à l'effet d'accorder à tout employé
qui veut se présenter à une élection un congé sans
solde jusqu'au lendemain de l'élection. Le Conseil des ministres a
considéré cette proposition; nous Pavons acceptée en
principe et je propose que le comité adopte l'article suivant qui serait
l'article 17 du bill 49 et qui ajouterait à la loi électorale un
article nouveau qui s'appellerait 142-A et se lirait comme suit: « Tout
employeur doit accorder à son employé qui est candidat un
congé jusqu'au len-
demain du jour du scrutin. Il lui est interdit de le congédier
pour ce motif. Il n'est pas tenu de lui payer durant le temps que dure ce
congé le salaire et les allocations auxquelles il aurait droit s'il
avait travaillé pour lui mais ce congé ne peut être
retranché des vacances qui sont habituellement accordées à
l'employé ni porter atteinte à aucun avantage attaché
à son emploi. Toute personne qui contrevient aux dispositions du
présent article commet une infraction et est passible d'une amende de
$100 à $500 ainsi que d'un emprisonnement de 15 jours à 12 mois.
»
Je sais, M. le Président, que le chef de l'Opposition avait
proposé une autre rédaction. Nous croyons que substantiellement
c'est la même chose mais nous avons voulu que la rédaction soit
aussi proche que possible de l'article 24, paragraphe 2, qui prévoit
déjà un congé pour les officiers d'élection et j'ai
également le texte anglais que je pourrais remettre au président
du comité mais le chef de l'Opposition en a une. Alors c'est ce que je
propose que cette Chambre adopte.
M. JOHNSON: M. le Président, je dois en toute
honnêteté intellectuelle dire que je suis très heureux,
très heureux, que le gouvernement ait accepté la suggestion que
j'avais faite, disons, en escalade. J'avais d'abord proposé, lors de
l'étude de ce bill en comité, que l'on inclue plusieurs articles
qui auraient porté les numéros 142-A, 142-B, 142-C et 142-D et je
voulais par ces amendements couvrir tout le terrain, c'est-à-dire non
seulement un congé pour permettre à un employé de se
présenter, mais également l'obligation pour l'employeur de
reprendre même un député qui aurait siégé
quatre ans, huit ans ou douze ans.
Le gouvernement, par la voix du premier ministre, a alors fait des
objections dont je reconnais le sérieux et j'admettais volontiers qu'il
aurait fallu étudier un peu plus longuement la portée des
amendements tels que d'abord suggérés par le chef de
l'Opposition.
J'ai eu l'honneur, à la fin de l'étude du bill en
comité, de proposer un autre amendement qui pourrait constituer la
première étape dans la reconnaissance de ces droits
démocratiques, et le gouvernement ayant accepté en principe
l'amendement proposé, nous apporte aujourd'hui une rédaction qui
serait plus proche du style...
M. LESAGE: C'est le chef de l'Opposition qui avait suggéré
lui-même de confier aux conseillers juridiques du gouvernement la
rédaction, si nous acceptions le principe, et c'est ce que nous avons
fait.
M. JOHNSON: M. le Président, c'est ce que j'allais dire...
M. LESAGE: Je ne veux pas prendre le mérite du chef de
l'Opposition.
M. JOHNSON: Le gouvernement nous apporte une rédaction qui a
été préparée en vue de corser de plus près
le style ou plutôt le genre de dispositions qui existent
déjà dans la Loi électorale. A première vue, je
crois que c'est satisfaisant, c'est clair. Tout employeur a l'obligation
d'accorder à son employé, qui veut se porter candidat ou qui est
devenu candidat, un congé jusqu'au lendemain du jour du scrutin. C'est
l'un des buts que nous recherchions. Nous voulions et la
rédaction qui nous est soumise paraît répondre à ce
voeu nous voulions que tout employé, quelle que soit la nature de
ses fonctions, sauf évidemment les employés civils qui ne sont
pas couverts par cette disposition et qui, comme on le sait, sont régis
par d'autres dispositions de la Loi électorale, nous voulions donc que
tout employé puisse se sentir libre de se présenter sans pour
cela perdre sa position, sans pour cela perdre tous les bénéfices
accumulés par suite de son emploi chez un employeur donné. Et il
semble, à première vue du moins, que la rédaction
réponde à ce but que nous recherchions.
Je dois remercier publiquement le gouvernement, quitte à revenir
à la charge une autre année pour que l'on soit encore plus
libéral et qu'on reconnaisse ici, comme dans d'autres juridictions, le
droit pour l'employé qui aura quitté son emploi, de
réintégré son emploi, même après avoir servi
comme député. Tel est le cas comme on le sait dans d'autres
provinces et dans d'autres pays. Mais à tout événement,
comme disait l'ancien député de St-Maurice, un petit pain c'est
mieux que rien, et je remercie le gouvernement pour le petit pain qu'il nous
accorde, c'est quand même un petit pain de qualité.
M. LESAGE: Non, non, c'est un pain de qualité qui s'ajoute aux
autres pains de qualité que contenait le bill.
M. LAPORTE: C'est ça.
M. LE PRESIDENT: Alors le nouvel article 17, adopté?
M. JOHNSON: Bien, le bill contient aussi certaines épices sur le
pain, épices que je n'aime pas, moi.
M. LESAGE: Il n'y a pas d'épices.
M. JOHNSON: Il y a des gens qui aiment ce genre d'épices...
M. LESAGE: I1 n'y a pas d'épices.
M. JOHNSON: Il y a certaines dispositions dans le bill 49 dont je ne
suis pas satisfait...
M. LESAGE: On prend toujours pour acquit qu'on ne satisfera pas le chef
de l'Opposition.
M. JOHNSON: Vous pouvez le satisfaire, mais pas à 100%.
M. LESAGE: Non, non, cela, on est convaincu d'avance qu'on ne pourra
jamais y réussir. D'ailleurs c'est son devoir de dire qu'il n'est pas
satisfait.
M. JOHNSON: Et le chef de l'Opposition est bien convaincu...
M. LAPORTE: Il n'est pas qu'incompris, il n'est pas comprenable.
M. JOHNSON: ... que jamais il n'agira à 100% des désirs du
premier ministre et du gouvernement.
M. LESAGE: Ah! j'ai vu souvent le chef de l'Opposition prendre certaines
attitudes qui font mon affaire à 200%.
M. JOHNSON: Les exagérations et du 200% ça connaît
le premier ministre ça, 200%.
M. LESAGE: Oui, je travaille à 200% de mes capacités.
M. JOHNSON: 200%, c'est trop. Quand on dépasse 100% c'est trop.
C'est une admission.
M. LE PRESIDENT: L'amendement est adopté?
M. JOHNSON: L'amendement est adopté.
M. LE PRESIDENT: Tous les articles changent de numéros
jusqu'à 46 et 46 est adopté.
M. LAPORTE: C'est ça.
M. LESAGE: Adopté, ça fait longtemps.
M. BLANK (Président du comité plénier): M. le
Président, j' ai l'honneur de faire rapport que le comité a
adopté le bill 49 avec des amendements.
M. BEDARD (Président): M. Laporte propose que les amendements
soient maintenant lus et agréées. Cette motion sera-t-elle
adoptée?
M. LAPORTE: Adoptée.
M. LE PRESIDENT: Adoptée. Troisième lecture?
M. JOHNSON: Le gouvernement préférerait peut-être
que nous ne consentions pas afin de garder quelque chose à l'agenda.
M. LAPORTE: Non, non, consentez.
M. JOHNSON: Parce que nous pourrions exiger que la troisième
lecture ne soit appelée qu'à la prochaine séance, mais si
le gouvernement y tient, nous allons consentir à cette troisième
lecture et si je déclare que c'est sur division, ce n'est pas parce que
l'amendement qu'on vient d'apporter ne me satisfait pas c'est à cause de
certaines dispositions que j'ai critiquées et c'est toujours dans le but
de tenir le gouvernement en alerte afin qu'il perfectionne davantage sa loi
électorale, qu'il continue d'étudier des modifications que nous
avons suggérées au cours de l'étude article par article.
Donc, quant à moi, sur division, troisième lecture.
M. LE PRESIDENT: La motion de troisième lecture adoptée
sur division.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Troisième lecture de ce bill. Third
reading of this bill.
Message du Conseil législatif
M. LAPORTE: M. le Président, est-ce que le chef de l'Opposition a
eu les amendements? On pourrait demander la permission unanime pour qu'on ait
un rapport du Conseil législatif.
M. LE PRESIDENT: Message du Conseil législatif. « Conseil
législatif, 15 juillet 1965.
Le Conseil législatif informe l'Assemblée
législative qu'il a voté avec des amendements et qu'il la prie
d'agréer le bill suivant:
Bill No 50 intitulé: « Régime de rentes du
Québec ».
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
»
M. LAPORTE: Le premier amendement est à
l'article 48 où il est question de l'excédent de
contribution. Cet article décrit quand est-ce qu'un salarié est
censé avoir versé un excédent de contribution dans les cas
suivants: a) le total de son salaire admissible et de ses gains admissibles
d'un travail autonome moins son exemption personnelle pour l'année et b)
le maximum de ses gains cotisables pour l'année. Et le Conseil
législatif propose que nous ajoutions que les gains admissibles d'un
travail autonome doivent être exclus du montant visé au paragraphe
a) dans le cas d'un travailleur visé par l'article 51 et l'article 51 de
cette loi est exempté de la contribution de l'article 50, le travailleur
dont les gains admissibles du travail autonome et d'un travail visé sont
inférieurs pour l'année au minimum ci-après
défini.
Je pense que le député de St- Jacques est beaucoup plus au
courant que je ne le suis.
M. DOZOIS: Je voudrais bien voir comment ça s'applique.
M. LAPORTE: Voulez-vous l'examiner et on en reparlera tout à
l'heure?
M. DOZOIS: Au cours de la séance plus tard.
M. LAPORTE: Alors, ajournée à tout à l'heure.
Alors, nous allons prendre l'item 15.
Bill 77
M. LE PRESIDENT: M. Laporte propose la deuxième lecture du bill
77: Loi modifiant la loi de la Commission municipale. La motion de
deuxième lecture est-elle adoptée?
M. LAPORTE: ... Son Excellence le lieutenant-gouverneur a pris
connaissance de ce bill et il en recommande l'étude à la
Chambre.
M. JOHNSON: Quel bill ?
M. DOZOIS: La commission municipale,ça?
M. LAPORTE: Oui.
M. DOZOIS: On va aller en comité, quoi?
M. LAPORTE: Oui.
M. JOHNSON: Oui, sur division.
M. LAPORTE: Pardon?
M. JOHNSON: On va aller en comité sur division.
M. LE PRESIDENT: Alors motion de deuxième lecture adoptée
sur division?
M. JOHNSON: Oui.
M. LE PRESIDENT: M. Laporte propose que je quitte maintenant le fauteuil
pour que la Chambre se forme en comité pour étudier le bill no
77.
M. BLANK (président du comité plénier): A l'ordre,
messieurs.
M. JOHNSON: M. le Président, nous venons, il y a à peine
une demi-heure, d'approuver des amendements du Conseil législatif
à un bill de la Commission de transport de Montréal.
M.LAPORTE: Oui.
M.JOHNSON: A un bill de la Commission des transports de Montréal
au tout début de la séance, or voici que le gouvernement nous
arrive avec un autre bill.
M. LAPORTE: Excusez là, on se trompe de débat, c'est la
Commission municipale. Item 15, Commission municipale.
M. JOHNSON: Un instant je... M. LAPORTE: Bill 77.
M. JOHNSON: ... j'ai peut-être fait erreur, je m'excuse.
M. LAPORTE: Oui.
M. JOHNSON: Alors on nous arrive avec un bill, M. le Président,
concernant la Commission de transport de Montréal, je comprends que
c'est pour faire suite à une entente qui est née à
l'occasion de la grève...
M. LAPORTE: Mais voulez-vous parler de la commission... Je m'excuse,
mais le chef de l'Opposition devrait nous parler de l'article 1.
M. JOHNSON: Non, mais je voulais savoir... M. LAPORTE: Non, non
excusez...
M. JOHNSON: On s'en va en comité pour poser des questions...
Très bien?
M. LAPORTE: Une minute, vous n'êtes pas sur le bon bill. On
étudie le bill 77.
M. JOHNSON: Je vous demande pardon.
M. LAPORTE: C'est ça que je voudrais faire comprendre au chef de
l'Opposition.
M. JOHNSON: Mais on avait, il est exact qu'au début de la
séance, c'était un bill concernant la Commission des transports
que nous avions amendé.
M. GERIN-LAJOIE: C'est tout réglé ça.
M. LAPORTE: Oui, oui, il va en venir un autre après ça,
c'est vrai qu'il y a un bill de la Commission des transports...
M. JOHNSON: Je demande pardon au président, je croyais qu'il
s'agissait de la Commission des transports.
M. LAPORTE: C'est 79 qui va venir tantôt. M. GERIN-LAJOIE:
Adopté sur division.
M. DOZOIS: Je comprends qu'à l'article 1, c'est une nouvelle
définition à la place de la définition qu'il y avait avant
concernant les fabriques, on en fait une qui s'Intitule les fabriques,
ça veut dire telle chose.
M. LAPORTE: Disons que tout ce qu'il y a dans le bill qui concerne les
fabriques, étant donné la loi que la Chambre étudie
actuellement en comité spécial, je pense que ç'a
été formé hier, c'est tout de la concordance pour que
ça coïncide avec les nouveaux termes, avec tout ce qu' il y a de
nouveau dans la loi.
M. DOZOIS: Pas d'objection à l'article 1.
M. LAPORTE: C'est surtout 2, 3. L'article 2, c'est pour porter le nombre
des membres de la commission.
M. DOZOIS: Article 1 adopté, M. le Président. M. LAPORTE:
Pardon?
M. DOZOIS: Je pense que le président devrait marquer l'article 1
adopté.
M. LAPORTE: Article 1 adopté. M. LE PRESIDENT: Article 2. M.
LAPORTE: Article 2.
M. DOZOIS: Quel est l'idée d'augmenter le nombre des membres,
est-ce que le ministre pourrait nous dire le but de cet amendement?
M. LAPORTE: D'abord, disons que le travail des membres de la commission,
le travail de la Commission municipale a augmenté de façon
très considérable. On a, vous vous imaginez, les prêts
fédéraux, provinciaux aux municipalités de $115 millions,
il y a actuellement encore $22 millions de prêts qui sont à
l'étude, et les membres de la commission évidemment sont
débordés de travail. Il y a de plus les nouvelles enquêtes
qui doivent être faites en vertu du bill 13, il y en a une qui va
être annoncée là d'ici quelques jours dans les deux
municipalités de Chambly. Il y a d'autres requêtes qui sont
actuellement devant la commission pour des fusions en vertu du bill 13.
Il y a eu ensuite les travaux d'hiver, qui étaient,
jusqu'à il y a quelques années... Ils sont rendus à
environ $15 millions par année. Vous avez les emprunts pour
l'épuration des eaux; la construction des usines augmentent de
façon assez sensible, et le reste. Toutes les opérations
financières de la Commission sont devenues beaucoup plus
considérables et, deuxièmement, il y a nécessité
que les commissaires se déplacent plus fréquemment. Exemple, la
commission a été, disons, presque paralysée pendant
plusieurs jours lorsque le président lui-même, le juge Sheehan,
est allé faire une ou deux enquêtes sur des policiers ou des
secrétaires des municipalités qui avaient été
destitués et qui en appelaient de la décision du Conseil
municipal. Cela, c'est encore une addition à la loi qui donne du travail
à la Commission municipale.
Alors c'est pour toutes ces raisons que non seulement nous demandons
à l'article 2 que nous ayons six commissaires, mais à l'article 3
que les membres puissent siéger en...oui c'est d'accord...
M. DOZOIS: Vous reviendrez à l'article 3 sur ça.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. DOZOIS: Oui, pas d'objection.
M. LE PRESIDENT: Article numéro 3.
M. DOZOIS: A l'article numéro 3, j'ai compris, M. le
Président, que la Commission, en effet, pourrait siéger à
plusieurs séances simultanément. Mais quand on regarde l'article
3 qui amende 6, 7 et 8 de la loi on voit que le quorum de la Commission sera de
deux. Mais je comprends que... pardon?
M. LAPORTE: D'accord. Excusez-moi. M. DOZOIS: Je comprends que la
Commis-
sion pourra tenir plusieurs séances simultanément. Alors,
le président pourra, vu que le quorum est de deux, faire trois «
panels »...
M. LAPORTE: C'est ça. Trois bancs.
M. DOZOIS: Pardon?
M. LAPORTE: Trois bancs.
M. DOZOIS: Trois bancs.
M. LAPORTE: C'est ça.
M. DOZOIS: Et puis il y aura quorum à chacun des bancs. Est-ce
qu'on ne devrait pas dire, cependant, dans l'article 3, que le
président, cependant distribue le travail à chaque banc de
façon à ce que le président ait quand même non
seulement un contrôle sur la désignation des membres de chaque
banc...
M. LAPORTE: Je n'ai pas d'objection à ajouter ça.
M. DOZOIS: Pardon?
M. LAPORTE: Je n'ai aucune objection à ajouter ça.
M. DOZOIS: A ajouter cela?Ilmesemble... M. LAPORTE: Cela paraît
raisonnable.
M. DOZOIS: ... je ne sais pas... deux membres vont partir puis vont
aller siéger dans tel endroit et puis ils pourront prendre une
décision, peut-être en dehors du mandat qui leur aura
été confié. Je ne sais pas comment faire l'amendement,
mais je soumets l'idée.
M. LAPORTE: Je ne sais pas si ça répondrait...
évidemment, c'est parce que je n'aime pas la législation faite au
bout de la plume comme ça là.
M. DOZOIS: Bien, au Conseil législatif...
M. LAPORTE: Au Conseil législatif... Oui, j'Imagine quelque chose
comme ceci. « Le président répartit le travail entre les
membres de la Commission. » Mais la question aussi des bancs là,
deux au minimum. Alors disons que le principe en est accepté. On va le
soumettre.
M. DOZOIS: « ...le travail, répartit les questions...
»
M. LAPORTE: C'est pour ça là, j'aime autant le soumettre
à Me Pigeon qui va nous proposer un texte dont on sera certain.
M. DOZOIS: Très bien.
M. LAPORTE: Et puis si c'est terminé ici on le proposera au
Conseil législatif.
M. DOZOIS: Très bien.
M. LE PRESIDENT: Article 3, adopté. Article 4.
M. DOZOIS: Une minute là. M. LAPORTE: Article 4.
M. DOZOIS: L'article 4, je n'ai pas d'objection. C'est de la
concordance.
M. LE PRESIDENT: Article 5.
M. LAPORTE: C'est un changement de titre.
M. DOZOIS: Oui.
M. LE PRESIDENT: Article 6.
M. DOZOIS: Cela 6, M. le Président...
M. LAPORTE: J'ai d'ailleurs un amendement à 6, si vous me
permettez qu'on puisse discuter...
M. DOZOIS: Ah bon! Très bien!
M. LAPORTE: ... exactement là du texte. L'amendement a trait aux
commissions scolaires que nous voulons soustraire à l'application de
cette loi parce que nous avons déjà, ou le ministère de
l'Education a déjà tout ce dont il a besoin pour faire sa propre
surveillance et exercer les contrôles qui s'imposent dans ces
cas-là. Donc à l'article 6, je propose, à la
deuxième ligne du deuxième paragraphe de remplacer le mot «
municipalité »...
M. DOZOIS: De 6?
M. LAPORTE: Cela se lit comme suit: « L'article 25 de ladite loi
est modifié... »
M. DOZOIS: A l'article 25.
M. LAPORTE: ... « ... en remplaçant le deuxième
alinéa par le suivant: « Toute con-
vention par laquelle une municipalité... » Remplacer le mot
« municipalité » par les mots « corporation municipale
».
Cela veut dire qu'à ce moment-là c'est limité
seulement aux municipalités. Code municipal, Loi des cités et
villes et à charte spéciale.
M. DOZOIS: Lorsqu'une commission scolaire sera mise en tutelle, fera
défaut, la loi va continuer à s'appliquer quand même?
M. LAPORTE: Absolument, absolument. C'est simplement dans le cas des
contrats de 12 mois qui sont prévus; quant au reste il n'y a rien de
changé.
M. DOZOIS: Parce que, si je me rappelle bien, à l'autre section,
à la section 5, alors que l'on parle de tutelle de la commission pour
les corporations en défaut...
M. LAPORTE: Il y en a, d'ailleurs.
M. DOZOIS: Oui, on dit que le chapitre 4 s'applique...
M. GERIN-LAJOIE: Il s'applique, c'est juste cet article-là qui
est limité.
M. LAPORTE: En droit là, c'est bien ça.
M. DOZOIS: Oui, mais si on exclut, il faudrait que quand cette
corporation scolaire est en tutelle, l'article en question, même celui
qu'on amende, s'applique. Je veux bien croire que pour une corporation scolaire
qui n'est pas en tutelle, ça ne s'applique pas; je n'ai pas d'objection
puisqu'au ministère de l'Education on prend tous les moyens pour les
contrôler. Mais je me demande si ce serait...
M. LAPORTE: Oui, mais ça s'applique automatiquement parce que,
quand la commission scolaire, comme une corporation municipale, est en tutelle,
si la Commission municipale qui juge des décisions à prendre
n'est pas satisfaite, elle prend la décision par ordonnance à la
place de la commission scolaire...
M. GERIN-LAJOIE: En vertu des autres articles.
M. LAPORTE: Il y a à ce moment-là un contrôle
automatique.
M. DOZOIS: Oui, très bien. M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. DOZOIS: Non, j'avais d'autres objections cependant.
M. LAPORTE: D'accord.
M. DOZOIS: Je vais laisser faire l'amendement au ministre. Voici. A
l'article 25, le premier paragraphe qui existe dans le moment et qu'on ne
change pas, dit: « Aucun billet promissoire, donné par une
municipalité en paiement d'un compte ou d'une autre dette,
excédant $100, ne lie la municipalité à moins que son
émission n'ait été approuvée par la commission
». Et puis là arrive le deuxième paragraphe, que l'on
change, et ce qu'il y a de nouveau dans ce deuxième paragraphe, c'est
que l'on exempte du contrôle de la commission les dépenses pour
honoraires, pour services professionnels.
Or, M. le Président, je me demande si c'est sage. Que l'on mette
une limite, je ne sais pas, que l'on mette $5,000, $10,000, je n'ai pas
d'objection; mais que l'on laisse les municipalités comme cela, sans
aucune espèce de vérification sur les crédits qui peuvent
engager les municipalités pour des honoraires professionnels, je trouve
que c'est imprudent. Je sais qu'il y a déjà eu une
municipalité qui avait fait préparer un plan directeur pour sa
municipalité, lequel plan montrait tous les services futurs de la ville,
et qui a reçu un compte de plusieurs centaines de mille dollars des
ingénieurs qui avaient préparé le plan. Or, il y a
également le cas des évaluateurs; il y a des municipalités
qui vont signer des contrats avec des experts évaluateurs pour faire
leur rôle et c'est une excellente chose si l'on veut que nos
municipalités aient des rôles bien faits, mais qui
s'étendent sur des périodes de trois ans, par exemple, et
ça représente des fois plusieurs dizaines de mille dollars.
Evidemment, je n'ai pas d'objection à laisser de la liberté aux
municipalités, que ça n'engage pas le crédit de la
municipalité outre mesure s'il s'agit de retenir un avocat, un
ingénieur pour préparer des plans pour des travaux mineurs, des
choses comme cela, puis quand bien même on irait jusqu'à $10,000,
je n'aurais pas d'objection. Mais il me semble que si une municipalité
peut s'engager dans des dépenses d'honoraires d'ingénieurs,
d'architectes, pour plusieurs centaines de mille dollars, il me semble que la
commission devrait maintenir son approbation.
L'on dit dans le premier paragraphe, et c'est pour ça que je
tenais à le lire, que la municipalité ne peut pas engager son
crédit pour plus de $100 sans obtenir l'approbation de la commission.
Alors, il me semble que l'on ouvre la porte beaucoup trop grande dans un
domaine qui peut être très coûteux pour la
municipalité.
M. LAPORTE: Alors, M. le Président, ça a
précisément fait l'objet d'une étude au comité de
législation et disons que les opinions étaient partagées:
il y avait du pour et il y avait du contre. La rédaction initiale
n'incluait pas cette restriction-là et l'on a précisément
cité le cas d'ingénieurs, d'architectes, dont les services
avaient été retenus par une municipalité et sont
arrivées des élections, le conseil a été
renversé et le nouveau conseil, qui en vertu de la loi était
lié par les décisions qui avaient été prises par
ses prédécesseurs, a quand même décidé de
congédier les professionnels dont les services avaient été
retenus ce qui était parfaitement le droit du conseil mais
s'est mis à chercher toutes sortes de technicalités pour ne pas
payer. Il a justement invoqué cette loi de la Commission municipale:
étant donné que vous engagez le crédit et que ça
n'a pas été approuvé comme un emprunt, c'est
illégal. C'a été plaidé, c'est allé devant
les tribunaux et la cour a décidé que, sauf les emprunts
représentés par un billet ou enfin ce que le député
de St-Jacques a dit, le restant n'était pas couvert et que les
honoraires étaient dus. Alors la Commission municipale s'est
trouvée devant une situation de fait, devant un jugement qui ouvrait la
porte à des abus ou à un danger d'abus qui nous paraissaient
très grands. Je ne parle pas des honoraires des professionnels, mais il
pouvait arriver que l'on achète de l'équipement très
considérable sans billet, sans emprunt, mais en disant nous allons vous
payer sur une période de dix ans, et à ce moment-là, la
Commission municipale n'avait aucun contrôle bien qu'il ait pu s'agir de
dépenses de$250,000, de $300,000. On pouvait passer des contrats de
locations, etc.
Alors, nous avons voulu fermer cette échappatoire, y mettre fin
en disant que dès qu'on engage le crédit, et c'est à ce
moment-là que des conseillers juridiques nous ont dit: vous devriez
accepter ce que la cour a décidé et exclure de ça
l'engagement des services de professionnels parce que d'une façon
générale ce ne sont pas des choses extrêmement
dispendieuses, sauf dans le cas mentionné par le député de
St-Jacques, en particulier les urbanistes où ça peut être
très dispendieux, où généralement c'est très
difficile de connaître, même approximativement le coût, ce
qui rendrait un contrat un peu plus difficile. On retient les services puis
l'urbaniste ou le professionnel dit: ça devrait coûter
approximativement tant, c'est assez difficile à établir. Alors
pour ce cas-là, les services des professionnels, nous avons
décidé de les exclure. C'est une expérience que nous
allons faire; je vous avoue que je ne suis con- vaincu ni dans un sens ni
tellement dans l'autre, mais finalement disons que le consensus des opinions
à la suite des représentations qui nous ont été
faites par notre conseiller juridique était de mettre cette
formule-là, je la trouve ni condamnable, ni acceptable; c'est une
formule qui ferme presque complètement la porte qui avait
été ouverte et je crois qu'on doit l'essayer comme ça.
M. DOZOIS: Le ministre ne trouverait pas plus prudent si on disait:
toute convention pour laquelle la municipalité engage son crédit
doit pour la lier être approuvée par la commission, sauf s'il
s'agit d'une convention qui l'oblige au paiement d'honoraires pour services
professionnels, d'un montant ne dépassant pas $10,000, ou $25,000.
M. LAPORTE: Si le député voulait, je vais prendre
ça également.
M. DOZOIS: Je n'ai pas d'objection à leur donner de la
liberté, puis je pense que si on mettait $10,000, $25,000; que le
ministre mette le montant qu'il voudra...
M. LAPORTE: Non, je prends note...
M. DOZOIS: ... mais de façon à ce que l'on ne s'engage pas
dans des sommes fantastiques, formidables. Je sais que pour des rôles
d'évaluation, par exemple, il y a des municipalités qui ont
signé des contrats de l'ordre de $200,000, $225,000 répartis sur
trois ans; $75,000 par année, ou même il y en a qui ont
payé ça en dix ans.
M. LAPORTE: Alors, je prends note des deux articles, et le
président qui répartit le travail, et ça, j'en reparlerai
aux députés et on amendera au Conseil des ministres s'il y a
lieu.
M. LE PRESIDENT: No 6, adopté. No 7. M. DOZOIS: No 7, je n'ai pas
d'objection. M. LAPORTE: No 7, adopté. M. LE PRESIDENT: No 8.
M. DOZOIS: Ce ne serait pas plutôt 7 qui réglait... qu'il y
ait un amendement pour vous conformer à un jugement de la cour
d'Appel.
M. LAPORTE: C'est possible.
M. DOZOIS: Vous ne croyez pas que...
M. LAPORTE: Oui, mais il est... Oui, alors No 8 c'est les fabriques.
M. DOZOIS: Cela, 8, c'est la concordance, 9 également, c'est la
concordance.
M. LE PRESIDENT: No 10.
M. LAPORTE: Tout le reste jusqu'à la fin, là, c'est de la
concordance pour la Loi des fabriques.
M. DOZOIS: Une minute, là, par exemple, il y a des articles
où...
M. LAPORTE: Jusqu'à 15?
M. DOZOIS: Jusqu'à l'article 15 je n'ai pas d'objection, article
16 non plus. Sous le contrôle des fabriques, c'est ça article
17.
M. LAPORTE: C'est ça.
M. DOZOIS: Article 18, 19, 20, 21, 22 concordance, article 23, 24
concordance. Article 25. A l'article 25, M. le Président, il y a quelque
chose qui me paraît un peu exagéré. Je comprends que,
lorsqu'une municipalité est en défaut, toutes les dépenses
doivent être approuvées par la Commission, lorsqu'une
municipalité est en défaut. On applique ce même principe
d'une façon très rigide dans le cas des fabriques. Autrefois il y
avait une exception, l'évêque pouvait approuver... Là on
arrive et puis c'est la main mise totale de la Commission sur le affaires d'une
fabrique. Alors on dit: « une fabrique en défaut continue
d'être soumise à l'autorité de l'évêque du
diocèse où est situé son siège social, mais
l'autorisation ou l'approbation de l'évêque ne dispense pas la
fabrique de la nécessité d'obtenir l'autorisation ou
l'approbation de la Commission dans les cas où elle est requise, en
vertu de la présente loi. De plus, l'évêque ne peut, en
vertu de l'article 6 de la loi des fabriques, obliger, sans l'autorisation de
la Commission, une fabrique en défaut à poser un acte qui
comporte une dépense de deniers ». Je ne sais pas, il me semble
qu'il devrait y avoir une exception, M. le Président, pour que la
fabrique puisse acheter au moins, ce qui est nécessaire au culte. Est-ce
que c'est un fonctionnaire de la Commission municipale qui va dire: «
Vous avez besoin de $50 pour acheter des hosties ou de $100 pour acheter de
l'encens ». Je comprends que vous allez me dire que ça ne se fera
pas en pratique...
M. LAPORTE: Oui, mais en vertu de la loi des fabriques, c'est le laicat
complet, c'est administré tout par des laïques à la demande
même des évêques.
M. DOZOIS: Mais oui, mais il me semble qu'il pourrait y avoir une
exception.
M. LAPORTE: Oui, mais quel problème d'administration ça
pose dans les municipalités ou dans les commissions scolaires? Il y a
des achats quotidiens de crayons et puis d'effacés, c'est de
l'administration courante.
M. DOZOIS: Oui, mais voici, M. le Président, il y a des
fonctionnaires qui vont dire à une fabrique, même si elle est en
défaut, qu'ils vont vérifier tous les achats. Il me semble qu'il
pourrait y avoir un peu de marge accordée pour les objets qui servent au
culte, les achats de tous les jours: l'encens, du vin de messe, je ne sais pas,
des hosties. Ce sont des dépenses. Autrefois, l'évêque
pouvait le permettre.
M. GERIN-LAJOIE: Qu'est-ce que le président en pense?
M. LAPORTE: M. le Président n'est pas censé parler.
M. DOZOIS: Là, M. le Président, franchement, je veux bien
qu'il y ait un contrôle rigide d'une fabrique... mais il me semble qu'il
pourrait y avoir une exemption pour, je ne le sais pas, quelques centaines de
dollars qui sont mis à la disposition automatiquement. Ce serait une
suggestion à faire au président.
M. LAPORTE: M. le Président, ç'a été
étudié ça en conjonction avec la loi des fabriques. La loi
des fabriques et ça,ç'a été étudié
par les représentants du gouvernement en collaboration étroite
avec un membre du clergé qui était le porte-parole de
l'Assemblée des évêques et c'est agréé, c'est
accepté comme ça. Quand une fabrique est en faillite, c'est
devenu actuellement, en vertu des amendements que nous faisons, purement
laïc. Alors il faut excercer des contrôles. Je comprends...
M. DOZOIS: On est aussi bien de fermer l'église alors, à
ce compte-là.
M. LAPORTE: Non, non, on n'est pas pour fermer l'église.
M. GERIN-LAJOIE: Bien voyons donc! Les
laïcs vont faire partie de l'Eglise... Donnez-lui donc un petit
cours!
M. LAPORTE: Au lieu de parler en terme d'achat d'hosties...
M. DOZOIS: Je ne veux pas, ça va être enregistré au
journal des Débats ce que le ministre de l'Education vient de dire.
M. LAPORTE: Non, non, je ne vous donnerai pas de cours.
M. DOZOIS: Je dis: « Vous êtes aussi bien de fermer les
églises, si vous allez jusque là. » Vous dites «
C'est en faillite ».
M. LAPORTE: D'accord!
M. DOZOIS: Mais je pense que, même si une fabrique est en
faillite, il faut maintenir quand même le service du culte au public.
M. LAPORTE: Je suis absolument d'accord.
M. DOZOIS: Et puis pour le maintenir, il y a des dépenses
nécessaires à faire.
M. LAPORTE: Est-ce que c'est déjà arrivé qu'une
municipalité a fermé le service d'eau ou d'égout ou qu'une
école a été fermée parce que la commission...?
M. DOZOIS: Non.
M. LAPORTE: Bon, c'est la même chose, c'est clair. Mais c'est
parce que...
M. DOZOIS: Non, mais il n'a pas de loi, par exemple, qui dit que pour
faire de l'eau bénite, ils demanderont la permission de
l'ingénieur de l'aqueduc.
M. LAPORTE: Ce n'est pas ça. Si la taxe d'eau est payée,
ça ne coûte rien, il n'y a pas de dépense, il n'y a pas de
problème une fois que la taxe d'eau est payée. C'est parce que le
député raisonne en terme d'achat d'objets sacramentels...
M. DOZOIS: Oui.
M. LAPORTE: Mais qui pense à une fabrique en faillite qui
décide de changer le mobilier d'église ou qui décide de
faire venir un artiste puis de faire faire une peinture qui coûte
$10,000, $15,000, $20,000.
M. DOZOIS: Non, non, j'ai pris la précaution de dire, M. le
Président...
M. LAPORTE: Oui, je le sais, mais c'est dans cette optique-la que nous
travaillons.
M. DOZOIS: ... que les achats pour le culte, les articles
utilisés quotidiennement...
M. LAPORTE: Oui, oui, faire refaire les confessionnaux, ça je
pense que ça serait pour le culte, ça aussi. Alors à un
moment donné, il faut qu'il y ait un contrôle, et le
député de St-Jacques dit lui-même: je n'imagine pas que des
administrateurs ou que la Commission municipale va aller jusque là, si
jamais elle allait jusque là, vous imaginez, quelle sorte de
protestations ou quelle sorte de problème ça causerait et
à la Commission municipale et au gouvernement. C'est clair. Le
contrôle est général, il va être exercé par
des gens intelligents.
M. DOZOiS: Il y en a eu des protestations à propos de
contrôle de budgets dans d'autres départements, je crois, du
gouvernement, qu'on s'objectait à ce que des fonctionnaires
contrôlent les dépenses précisément des objets
servant au culte; on l'a mentionné ça, l'achat du vin de messe,
des choses comme ça.
M. LAPORTE: Ce n'était pas, tous les achats d'une commission
scolaire, d'une corporation municipale ou d'une fabrique en faillite sont sous
le contrôle de la Commission municipale qui, jusqu'ici, je pense bien, a
fait preuve d'intelligence, quels que soient les hommes qui en ont fait partie,
et on peut imaginer que ce sont des hommes de bon jugement, puis de bon sens
qui vont appliquer la loi. Si jamais il y a un membre d'une Cormmission
municipale qui interdisait à une fabrique d'acheter des hosties, eh
bien! mon cher monsieur, ce monsieur-là est digne de rentrer chez lui,
c'est clair.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 26.
M. DOZOIS: Non, dans l'article 25, il y a deux articles, 52a, 52b.
Autrefois, M. le Président, l'article 52; par l'article 24 d'abord, on a
retranché le dernier paragraphe, et l'article 52b remplace le dernier
paragraphe de l'article 52 qui se lisait cornue suit: « Lorsque la
corporation déclarée en défaut est une corporation de
syndics, de paroisses ou de missions, la Commission, en plus des pouvoirs
ci-dessus, doit, si elle en est requise par l'évêque du
diocèse, rendre une décision à l'effet qu'il n'y a
pas lieu de considérer cette corporation en défaut et lui
permettre de reprendre tous ses pouvoirs. »
M. LAPORTE: C'est la loi actuelle ça?
M. DOZOIS: Oui. Si l'évêque le demandait, la commission
remettait, levait la tutelle.
M. LAPORTE: C'était « devait ».Autrement dit...
M. DOZOIS: Je vais le relire: « Lorsque la corporation
déclarée en défaut est une corporation de syndics, de
paroisses ou de missions, la commission, en plus des pouvoirs ci-dessus, doit,
si elle en est requise par l'évêque du diocèse, rendre une
décision à l'effet qu'il n'y a pas lieu de considérer
cette corporation en défaut et lui permettre de reprendre tous ses
pouvoirs. » En somme, l'évêque connaissait la situation de
ses paroisses, pouvait en prendre la responsabilité, demandait à
la commission de lever la tutelle, et la commission devait en fait lever la
tutelle. Or on dit maintenant: « La commission peut, à la demande
de l'évêque du diocèse où est située le
siège social d'une fabrique en défaut, décréter que
cette fabrique n'est plus en débaut. » La commission peut,
seulement. Il me semble que ça aurait dû être
rédigé à l'effet que la commission doit, si à la
satisfaction... je fais une suggestion, ce n'est pas en termes de
rédaction, doit si l'évêque à la satisfaction de la
commission a prouvé que la fabrique...
M. LAPORTE: Oui, mais ça revient exactement au même.
M. DOZOIS: Non.
M. LAPORTE: Cela veut dire: Peut. Voyons.
M. DOZOIS: Non.
M. LAPORTE: Vu que la commission peut, si l'évêque
établit à la satisfaction des commissaires, ils n'ont pas... Ce
n'est pas par plaisir qu'ils administrent ça. Il y a assez de
municipalités, le député le sait, qui ne veulent plus se
défaire de la tutelle, que la commission est obligée de les
forcer, on a été obligé de prendre, avec Chicoutimi,
quasiment des moyens de force pour les sortir de la tutelle de la
Commission.
M. DOZOIS: J'aurais préféré que la loi dise que la
commission, comme il y avait autrefois, sauf qu'obliger l'évêque
à prouver à la commission que la fabrique pouvait faire face
à ses obligations. Là, comme c'est rédigé
là, l'évêque pourra le demander, mais, même si
l'évêque prouve à la commission que la situation
financière s'est améliorée, qu'elle peut faire face
maintenant à ses obligations, la commission ne sera pas
obligée.
Avant, elle était obligée. Mais là, elle peut
seulement. Alors, c'est l'observation que je voulais faire. Je trouve que
ça va un peu loin et si l'évêque prouve que la fabrique
ça devrait être une obligation pour la commision de s'en
aller.
M. LAPORTE: Je répète seulement au député de
St-Jacques que s'il veut raisonner froidement sa proposition d'ajouter: «
La commission doit, si l'évoque prouve à sa satisfaction à
la commission que la situation financière est rétablie... »
Si la Commission municipale ne veut pas mettre fin à la tutelle, elle
n'a qu'à dire: « Vous ne nous avez pas convaincus ».
M. DOZOIS: Bien là, il faut toujours prouver...
M. LAPORTE: C'est ça quand même. Actuellement, on revient
à la même chose.
M. DOZOIS: Tandis que là, c'est si l'évêque pourra
prouver et que la commission pourra...
M. LAPORTE: Et deuxièmement, nous disons que pour tout ce qui est
religieux, l'évêque est souverain et il n'y a personne qui
intervienne d'aucune manière pour tout ce qui est...
M. DOZOIS: C'est la commission qui est souveraine.
M. LAPORTE: Oui, mais pour l'administration matérielle des
piastres et des sous. Et ça encore, une fois, c'est ça qui a fait
l'objet d'une étude. Les évêques ne sont pas malheureux de
cette situation-là, ils disent: « Enfin, on va être moins
pris par des problèmes d'administration et on va pouvoir se
dévouer plus à ce pourquoi nous sommes évêques ou
prêtres, le culte. » On n'impose rien. C'est d'un commun accord que
cette chose-là se fait.
M. DOZOIS: Je n'insiste pas, mais je dis tout simplement qu'on passe les
lois et qu'on ne doit jamais passer de lois en fonction des sentiments qui
peuvent animer les législateurs au moment de la passation d'une loi.
Elle sera dans les statuts et dans cinq ans, dans dix ans, telle qu'elle se
fait là, ça pourra peut-être créer des
embêtements quand nous tous n'y serons plus.
M. LAPORTE: Cela pourra peut-être rendre service aussi. L'histoire
le dira.
M. DOZOIS: Bien, ça pourra peut-être être bien
embarrassant.
M. LE PRESIDENT: Article 26?
M. DOZOIS: Oui adopté, c'est de la concordance.
M. LE PRESIDENT: Article 277
M. DOZOIS: Articles 27 et 28.
M. LAPORTE: Article 27, concordance.
M. DOZOIS: Adoptés.
M. BLANK (président du comité plénier): M. le
Président, j'ai l'honneur de faire rapport que le bill 77 a
été adopté avec amendement.
M. BEDARD (président): M. Laporte propose que l'amendement soit
maintenant lu et agréé. Cette motion est adoptée?
Adoptée. Troisième lecture?
M. LAPORTE: Troisième lecture.
M. DOZOIS: C'est bien.
M. LAPORTE: Sur division?
M. LE GREFFIER ADJOINT: Troisième lecture de ce bill. Third
reading of this bill.
M. LAPORTE : Est-ce que j'ai entendu: « Sur division »?
M. JOHNSON: Oui.
M. LAPORTE: Alors, nous allons prendre l'item 16. M. le
Président, le bill 79.
Bill 79
M. LE PRESIDENT: M. Laporte propose la deuxième lecture du bill
79: Loi modifiant la charte de la Commission de transport de
Montréal.
M. LAPORTE: En deuxième lecture ou voulez-vous aller en
comité?
M. DOZOIS: Est-ce qu'on pourra parler d'une façon
générale?
M. LAPORTE: Pas de problème.
M. DOZOIS: J'ai quelques questions à poser.
M. LAPORTE: Si vous avez, disons, un petit bout de discours à
faire ou des questions à poser, aucune objection.
M. DOZOIS: On voudrait poser des questions mais en comité
plénier. On ne voudrait pas être limité évidemment
à l'article 1 et à l'article 2 parce que les questions que nous
avons à poser concernent tous les articles.
M. LAPORTE: C'est bien. Vous savez que ça ne me ressemble pas
ça. Très libre.
M. LE PRESIDENT: La motion de deuxième lecture
adoptée?
M. LE GREFFIER ADJOINT: Deuxième lecture de ce bill. Second
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: M. Laporte propose que je quitte maintenant le fauteuil
et que la Chambre se forme en comité plénier pour étudier
le bill No 79. Adoptée?
M. LAPORTE: Est-ce que j'ai entendu: « Sur division »?
M. JOHNSON: Cela nous évite d' avoir à faire un tas de
distinctions, on verra les explications du ministre.
M. LAPORTE: Le bill 79 a pour objet de répartir entre les
municipalités desservies par la Commission de transport de
Montréal, c'est-à-dire, je pense que le député de
St-Jacques pourrait déjà m'être utile sur ça. C'est
14 ou 15 sur l'île de Montréal, municipalités qui sont
desservies?
M. DOZOIS: Il y en a plus que ça.
M. LAPORTE: Les municipalités desservies sur l'île et la
ville de Longueuil qui est desservie par la Commission de transport.
C'est pour répartir entre ces municipalités deux choses:
le coût des obligations, c'est-à-dire le service de la dette, les
obligations pour la construction du métro et, deuxièmement,
répartir entre ces municipalités le déficit, s'il y en a,
le déficit d'administration de la Commission de transport de
Montréal, ce qui revient à dire que et le transport en surface et
le transport souterrain lorsqu'il sera inauguré seront
dorénavant à la charge des municipalités qui
profitent de ce ou de ces services, ou qui en profiteront.
Je dois dire que j'ai eu à ce sujet plusieurs rencontres avec les
membres, les représentants des municipalités de banlieue. J'ai
rencontré, il y a quelques semaines, le maire de la ville de St-Laurent,
M. Laurin, le maire de ville d'Anjou, M. Crépeau, le maire de
Pointe-Claire, M. Séguin, le maire de Westmount, M. Tucker, et le maire
de Hampstead, qui est... Je ne me souviens pas du nom du maire de Hampstead.
Nous avons discuté de ce problème et ces messieurs étaient
les représentants du conseil de coopération intermunicipale qui
groupe les municipalités autres que Montréal, mais situées
sur l'île de Montréal. Les municipalités de banlieue ont
accepté presque sans discussion de partager entre elles le coût du
déficit d'administration de la Commission de transport de
Montréal. Ces municipalités ont dit: si vous voulez, nous allons
commencer par payer le transport en surface. S'il y a déficit, nous
allons payer notre part mais nous voulons faire d'autres études; nous ne
rejetons pas le principe de partager le coût du transport souterrain,
c'est-à-dire du métro, mais, comme nous avons l'impression que la
répartition qui est suggérée n'est peut-être pas la
meilleure, qui il y a peut-être lieu d'avoir une autre
répartition, si vous vouliez,nous pourrions ajourner à la
prochaine session le partage du coût du métro.
Nous avons répondu que nous félicitions les
municipalités pour la décision qu'elles avaient prise de payer
leur part de l'administration de la Commission de transport,
c'est-à-dire de participer au coût du transport en commun en
surface. Que nous étions d'accord pour continuer l'étude du mode
de répartition du service de la dette contractée pour le
métro, mais que, pendant cette étude, il fallait quand même
que le problème se règle, et que nous allions proposer un projet
de loi entérinant la décision des municipalités de payer
le transport en surface, répartissant sur la même base le
coût du métro mais que si, entre-temps, les études dont m'a
parlé le maire Laurin et les autres maires qui sont venus me voir, que
si ces études nous amenaient avec la ville de Montréal à
des conclusions différentes, nous n'aurions pas d'objection à
modifier la loi au cours de la prochaine session, d'autant plus que cette
répartition ne doit s'appliquer qu'à compter de l'année
1966. La répartition se fera sur la base de l'évaluation
municipale de chacune des municipalités desservies par la Commission de
transport.
M. JOHNSON: Qui est pour le moment la seule base disponible.
M. LAPORTE: Qui est pour le moment la seule base, qui enfin est la base
la plus réelle puisque...
M. DOZOIS: Normalisée.
M. LAPORTE: Oui, c'est ça. Cela c'est le taux normalisé en
vertu...
M. DOZOIS: Le taux normalisé par la Commission, la
corporation.
M. LAPORTE: Les chiffres d'évaluation sont tirés du
rapport de M. Godin, coordonnateur des évaluations, d'un document qui
s'appelle « Uniformisation des évaluations foncières des
municipalités de l'île de Montréal, lequel rapport a
été soumis à la Corporation de Montréal
métropolitain en date du 2 juillet 1964, lequel rapport a
été approuvé le 22 octobre 1964 par la Corporation de
Montréal métropolitain avec revision quant à
l'évaluation de la cité de Westmount.
Cela, c'est la base. Alors les municipalités vont payer le
déficit du transport en commun des autobus sur la base de leur
évaluation municipale. Quant au métro, le service de la dette
pour 1965/66 est de $8,338,929. Chiffres qui m'ont été soumis par
la Commission de transport, par le président du Comité
exécutif de Montréal qui les avait obtenus de la Commission de
transport.
Voici la description des emprunts: Obligations à 5 3/4% à
fonds d'amortissement pour la construction de lignes de metro
échéant en 1989, $4,500,000 datées du 1er mars 1964.
Obligations à 5 3/4% à fonds d'amortissement,
échéant le 1er mars 2004, datées du 1er mars 1964 $30
millions. Obligations à 5% à fonds d'amortissement
échéant le 19 novembre 2004, datées du 19 novembre 1964,
$25 millions américains.
M. DOZOIS: Le total?
M. LAPORTE: Le total, oui. Le total des engagements: Emprunts
effectués, obligations à long terme $99,500,000. Solde du pouvoir
d'emprunt $52,500,000. Alors vous avec donc un service de dette pour cette
année de $8 millions.
M. DOZOIS: Cette somme de $8 millions représenterait, le service
de dettes de $90 millions. Bien quatre-vingts...
M. LAPORTE: Bien enfin, je vous donne les chiffres ici là.
Pouvoir d'emprunt total au 7 mai 1965, $152 millions.
M. DOZOIS: Oui.
M.LAPORTE: Emprunts effectués, $99,500,000. Solde du pouvoir
d'emprunt, $52,500,000. Dépenses encourues c'est parce qu'ils ont
des placements n'est-ce pas ...
M. DOZOIS: Oui.
M. LAPORTE: ... $62,667,000. Emprunts en l'excédant des
dépenses $36 millions. Placements $17,440,000. Engagements $59,499,450.
Et il y a aussi...
M. DOZOIS: Si le ministre me permet... M. LAPORTE: Oui, je vous en
prie.
M. DOZOIS: ... je crois qu'il faut réaliser à ce moment-ci
que le service de dettes de $8 millions, pour l'année en cours, est le
service de dettes de $99 millions.
M. LAPORTE: Oui, oui.
M. DOZOIS: Alors, il ne faut pas se leurrer là-dessus. Avec le
bill, les municipalités ne partageront pas le $8 millions du service de
la dette, mais...
M. LAPORTE: C'est pour cette année. Cela va augmenter.
M. DOZOIS: Cela va augmenter. Cela va probablement doubler.
M. LAPORTE: Oui, oui, elles le savent aussi bien que moi.
M. DOZOIS: Parce que le métro, je pense qu'on a dit que ça
coûterait $173 millions, si je me rappelle bien ça devait
coûter $130 millions et puis, avec les extensions qu'on a faites, parce
qu'on a prolongé certaines lignes comme la ligne de l'île
Ste-Hélène, la ligne nord qui, au lieu de se terminer à
Crémazie, remonte jusqu'à Henri-Bourassa et je pense que la ligne
est également va jusqu'à Frontenac. Alors avec les extensions, je
pense que ça se monte à $173 millions ou $180 millions. Alors
cela va probablement doubler.
M. LAPORTE: Oui, d'accord! Cela, c'est bien entendu que c'est pour
l'année financière actuelle. Et il faut dire également que
ce qui modifie un peu le service de la dette, c'est que la Commission
municipale a consenti un prêt de $29,100,000 en vertu de la Loi
d'assistance aux municipalités et que sur ce $29 millions, il y a 25%
qui ne sera pas remboursé. La Commission municipale à même
le prêt provincial-fédéral aux municipalités, dont
25% équivaut à une subvention, il y a eu $29,100,000 de
prêté pour le métro. Ce qui veut dire qu'il y a une
subvention approximativement de 25% de ce $29 millions pour la partie des
travaux qui sera terminée le 1er mars 1966. Cela ne veut pas dire que le
$29 millions va être sujet à la subvention.
M. DOZOIS: Oui. Une subvention maximum de $6 millions, $7 millions?
M. LAPORTE: A peu près. Alors, ce qui veut dire que le service de
la dette pour l'année budgétaire 1965-1966 est de $8,338,929. Si
on divise ce service de dette par l'évaluation globale à laquelle
je me suis référé tout à l'heure, $6,200,872,358,
ça donne un chiffre indicatif de 0.1344. Alors...
M. DOZOIS: Par $100, par $1,000?
M. LAPORTE: Bien, c'est-à-dire l'évaluation de la
municipalité, l'évaluation totale de la municipalité
multipliée par le coefficient 0.1344, c'est ça le coût
à la municipalité. Si l'évaluation de Westmount est de
$100 millions, $100 millions multipliés par 0.1344, c'est le coût
de Westmount.
M. JOHNSON: $0.13 par $100 d'évaluation ou $1.13?
M. LAPORTE: Non, non, c'est à $0.13. M. DOZOIS: Oui, $0.13, c'est
pas mal ça.
M. LAPORTE: Les chiffres que j'avais l'autre jour, malheureusement je
n'ai pas retrouvé la feuille, de ce que ça donnait par
municipalité... Pardon?
M. DOZOIS: C'est seulement pour le service de...
M. LAPORTE: Seulement le métro.
M. DOZOIS: A part ça, il y a les autres frais d'opération,
si c'est déficitaire ils vont payer pour.
M. LAPORTE: Quand le métro sera en opération.
M. DOZOIS: Pas nécessairement.
M. LAPORTE: Bien, il n'y a pas de frais d'opération du
métro actuellement.
M. DOZOIS: Les frais d'opération du système.
M. LAPORTE: Ah, du système en surface, évidemment,
évidemment. Cela, c'est accepté, ils sont d'accord. Alors, ce
chiffre-ci, de mémoire là, donnait pour Hampstead, par exemple,
à peu près $60,000 et le plus élevé c'était
Ville St-Laurent, c'était aux environs de $300,000, le chiffre...
M. DOZOIS: Quelle est la proportion de Montréal sur le $6
milliards? 70%, 75%, 72%?
M. LAPORTE: A peu près ça, oui. Cela représentait
en fait, sur le $8 millions, Montréal en payait plus de $5 millions, $5
millions et plus, c'était $5 millions et quelques cents mille dollars.
Je regrette, j'ai désespérément cherché les
feuilles où j'avais les chiffres pour toutes les municipalités,
puis je ne les ai pas retracées. Alors, c'est ça la
répartition...
M. JOHNSON: Est-ce qu'on peut dire environ 70%?
M. LAPORTE: oui, c'est environ 70%. Alors, nous avons donc
décidé de faire le partage dès cette année parce
que déjà 2 municipalités avaient accepté de payer
leur part.
M. DOZOIS: Longueuil et Westmount.
M. LAPORTE: Longueuil et Westmount. Westmount avait décidé
de donner $350,000 par année et avec cette répartition, ça
va coûter un petit peu moins cher, ça va être en bas de
$350,000.
M. JOHNSON: Westmount a effectivement versé le montant.
M. LAPORTE: Effectivement, a versé, a donné, a
envoyé son premier versement. Il y a un $300,000 qui est arrivé,
ils vont peut-être avoir un remboursement et il y a Longueuil qui a
accepté de payer là disons $3 millions pour que le métro
se rende et cette obligation va être transformée pour payer le
même taux. Et il est apparent que ça va coûter moins cher
à Longueil que le $3 millions ou le service de la dette sur $3 millions
répartis sur 40 ans. Alors, M. le Président, c'est ce que
prévoit ce projet de loi et évidemment, étant donné
que les municipalités desservies par la Commission de transport vont
payer davantage, nous leur donnons une voix additionnelle sur la Commission de
transport, ils vont avoir un commissaire de plus évidemment. Pardon?
M. DOZOIS: Une demi-voix.
M. LAPORTE: Bien non.
M. DOZOIS: Un commissaire-adjoint.
M. LAPORTE: Un commissaire-adjoint. Alors, M. le Président,
c'est...
M. DOZOIS: Est-ce que le ministre se rappellerait je n'ai pas
apporté le document avec moi mais est-ce que le ministre se
rappellerait quelle était la recommandation de la Commission Blier quant
au transport en commun? Je sais qu'il en a été question, mais de
mémoire là je ne me souviens pas là de quoi il
s'agissait.
M. LAPORTE: J'en ai causé avec M. Blier la semaine
dernière, la recommandation c'est de faire du service de transport en
commun c'est à peu près ça, ce qui est devant nous
c'est que tous ceux qui en profitent partagent le coût. Et ce
n'est pas ça évidemment qu'on nous demandait, on nous demandait
beaucoup plus que ça en vertu d'une loi, c'était de créer
le grand organisme et de ne lui confier que ça, pour ça
évidemment.
Il n'est pas question dans l'immédiat, mais c'était une
des recommandations fondamentales de la commission, de répartir entre
tous les usagers du métro et du transport en surface, le coût, et
c'est ce que fait ce projet de loi,
M. DOZOIS: M. le Président, je n'ai pas d'objection à cet
arrangement, et tant mieux si, à l'avenir, on peut trouver une base qui
pourra peut-être être plus équitable pour répartir
les frais.
M. LAPORTE: Est-ce que le député dit? Il pourrait
peut-être nous dire quelle était l'objection des
municipalités quant au métro. Ce qu'elles disent, ça ce
n'est pas facile à déterminer. Il y a des municipalités
comme Westmount où, à cause de la présence d'une station
de métro, il va se bâtir un immeuble de $20, $25, $30 millions qui
va rapporter à la municipalité beaucoup d'argent.
M. DOZOIS: Plus que ce qu'elles vont débourser.
M. LAPORTE: A cela, M. Saulnier répond: évidemment, c'est
vrai mais Westmount dans le partage va être présent pour $40
millions de plus pour l'évaluation. Alors, c'est cet avantage et cette
augmentation quant au coût de la répartition pour la
municipalité que l'on veut faire étudier par des experts pour
savoir si le partage strict par l'évaluation, c'est ce qu'il y a de
mieux. Quant au principe, les municipalités n'avaient pas d'objection
fondamentale, elles disaient: nous ne croyons pas que la répartition,
quant au métro, à cause de la présence de certaines
stations qui vont être pour la ville de Montréal ou pour Westmount
ou pour d'autres mucicipalités, une occasion d'un gain très
considérable au point de vue taxation municipale, nous nous demandons si
la répartition est juste. Alors, comme cette situation n'existe pas pour
l'année en cours, n'existera probablement pas non plus l'an prochain,
cette répartition se fait sur cette base-là et nous allons en
collaboration avec les municipalités, Montréal et les autres,
tâcher de trouver la formule la meilleure.
M. DOZOIS: M. le Président, j' ai dit il y a un instant que je
n'avais pas d'objection au bill. Au contraire, je le trouvais excellent, et le
principe de faire partager les frais d'un service qui bénéficie
non seulement à la ville de Montréal mais à la
région. Cela est dans la ligne de pensée que j'ai exposée
l'an dernier, le 18 février, et que le ministre connaît par coeur,
mais j'estime cependant qu'il y aura peut-être lieu d'étudier
davantage le mode de répartition. La répartition sur
l'évaluation municipale de chacune des municipalités n'est pas
nécessairement juste. Que toutes les municipalités aient un
intérêt dans le transport en commun dans la grande ville, il n'y a
pas de doute. Mais il y a sûrement des villes qui peuvent en
bénéficier plus que d'autres. Qu'il y ait une base pour une
première tranche de répartition basée sur
l'évaluation, ça peut correspondre de façon
générale à l'intérêt des billes de la
périphérie au système de transport en commun dans la
grande ville ou au coeur de la grande ville, mais j'estime et puis il y a
peut-être lieu de faire les études, je suis très heureux
qu'on les entreprenne, qu'il peut y avoir des municipalités dans le
territoire en question qui en bénéficient plus directement,
tenant compte par exemple que le métro arrive à proximité
d'une ville de banlieue, que cette municipalité-là va en
bénéficier davantage, même s'il n'y a pas de construction
qui apporte des taxes directement, c'est un meilleur service tout simplement
à leurs citoyens. A mon avis, ils doivent payer pour ça. Mais je
voudrais faire remarquer au ministre cependant que dans ce bill, je pense qu'il
y a une injustice en puissance, si l'on tient compte de l'autre bill de la
Commission des transports qui a été adopté, qui nous est
revenu aujourd'hui, à l'article 4, on dit ceci: « la commission
peut, avec l'autorisation du comité exécutif, acquérir de
gré à gré ou par expropriation, le capital-actions et les
biens meubles et immeubles d'une entreprise de transport par autobus pour
étendre son service dans l'île de Montréal ».
Or, l'article 4 de ce bill dit que le service de dette du métro
et le service des déficits d'administration est réparti ou
plutôt sont à la charge des municipalités desservies par le
système de transport de la Commission. Or, actuellement, on passe une
loi et on dit: Cela affecte telle et telle municipalité, parce qu'on
connaît les municipalités qui sont desservies. Mais avec l'autre
bill, ça va affecter des municipalités qu'on ne connaît
pas, parce que de la minute où Montréal expropriera un service de
transport en commun d'une autre municipalité de la ville, cette nouvelle
ville sera assujettie à la répartition.
M. LAPORTE: Immédiatement.
M. DOZOIS: Immédiatement. Je me demande si c'est juste. Là
on sait exactement qui est-ce qu'on embarque dans la galère, on le sait.
Là par les deux bills, c'est une chose qui peut frapper une
municipalité dont on ignore le nom et puis il peut arriver ceci, je ne
dis pas qu'on va le faire, mais il peut arriver ceci, théoriquement,
c'est qu'il peut y avoir un service de transport en commun dans une
municipalité de la banlieue, un service de transport en commun
très rudimentaire, et la ville de Montréal pourrait trouver
avantageux d'aller exproprier cette petite ligne de transport en commun qui
appartient peut-être à un particulier et puis ça va lui
coûter peut-être quelques milliers de dollars et puis elle ira
récolter tant pour cent de l'évaluation municipale de cette
municipalité.
Je sais par exemple que les autobus vont jusqu'à Pointe-Claire,
jusqu'à Dorval ou à peu près. Lachine, alors s'il y avait
un bonhomme qui a organisé un système de transport en commun sur
la rue principale de Pointe-Claire et qui couvre un trajet de deux milles, la
Commission de transport l'achète, automatiquement toute la ville de
Pointe-Claire est obligée de partager, même si elle n'a pas un
service adéquat. Il me semble qu'on devrait prévoir cependant,
essayer de concilier les deux bills. Cela s'ap-
plique aux villes qui sont actuellement desservies et que, dans le cas
d'une expropriation, que la répartition fera sujet d'une entente avec la
municipalité, parce que la commission de transport ne traitera pas
nécessairement avec la ville. Si le transport en commun dans cette
ville-là appartient, comme c'est le cas à ville d'Anjou, par
exemple, ou dans Chambly, Intercité, la ville n'a pas affaire du tout au
transport en commun de ces compagnies.
M. LAPORTE: Mais ville d'Anjou souhaite que ce soit acheté le
plus tôt possible.
M. DOZOIS: Oui, d'accord, elle le souhaite.
M. LAPORTE: Parce que le résultat est généralement
en sens inverse. Il commence à avoir un service adéquat quand
c'est la Commission de transport.
M. DOZOIS: Il me semble quand même qu'il y a une précaution
à prendre. Moi, je suggérerais que l'on dise: « Sont
à la charge des municipalités actuellement desservies par le
système de transport de la commission », et peut-être
fabriquer un autre paragraphe qui tiendrait compte que, si la compagnie
acquiert par de gré à gré ou par expropriation d'autres
services d'autobus pour étendre son service dans d'autres
municipalités, ça ferait l'objet d'un contrat entre la nouvelle
ville et la commission de transport.
M. LAPORTE: M. le Président, je ne comprends pas bien
l'objection, c'est-à-dire je la comprends bien, mais je ne peux
pas...
M. DOZOIS: C'est le principe de frapper quelqu'un dont on ne
connaît pas encore...
M. LAPORTE: ... l'accepter, c'est-à-dire que l'objectif à
atteindre le plus rapidement possible, c'est que toute l'île de
Montréal soit soumise à la Commission de transport et que tout le
monde paie. Cela c'est l'objectif qu'on veut atteindre. Qu'on là,
j'exclus la personne qui parle, que la Commission de transport et ça je
sais qu'on est d'accord tous les deux.
M. DOZOIS: Oui.
M. LAPORTE: Il peut arriver que la Commission de transport exproprie une
société, une compagnie, mais dans tous les cas, il est
arrivé historiquement que le danger que souligne le député
de St-Jacques, c'est exactement l'inverse qui s'est produit. A Longueuil, par
exemple, il y a un service raisonnable d'autobus, fiable depuis que la
Commission de transport est là, mais s'il fallait évaluer la
partie qui dessert Longueil par rapport à la partie qui dessert
Montréal, il est clair que le service est moins fréquent, que la
ville est moins couverte, si vous voulez, par la compagnie de transport de
Montréal.
M. DOZOIS: Ce que je veux dire tout de suite, c'est qu'il est inutile
d'entrer dans une dissertation très longue.
C'est juste le principe que je trouve mauvais de frapper quelqu'un ou
une municipalité qui actuellement ne peut même pas se douter que
ça peut la toucher. C'est tout.
M. LAPORTE: Moi, M. le Président, au contraire, je trouve que
c'est un excellent principe. Aussitôt qu'une municipalité est
desservie par la Commission de transport, que toute la municipalité paie
et chaque fois qu'il y en aura une qui sera dans ce cas-là, le fardeau
sera réparti entre plus de gens et defaçonplus équitable
jusqu'à ce que l'on atteigne des objectifs qu'on ne veut pas atteindre
par la fusion complète sur l'île de Montréal. Bien, qu'on
l'atteigne au moins de cette façon-là, que tout le monde paie
pour les grands services, et le service de transport en commun en est un. Et
plus la rive sud, par exemple, chez nous, sera desservie par la Commission de
transport de Montréal, plus on va être heureux parce qu'on sait la
qualité du service que nous avons.
M. DOZOIS: Avec l'amendement qui a été voté, ils
doivent s'en tenir au parcours...
M. LAPORTE: C'est pour ça que je veux l'étudier,
là.
M. JOHNSON: M. le Président, très brièvement, je
voudrais que le ministre réfléchisse...
M. LAPORTE: Vous voulez quoi?
M. JOHNSON: ... que le ministre réfléchisse à
l'objection que vient d'apporter le député de St-Jacques. Du
moment que la Commission de transport se porte acquéreur d'un service de
transport en commun, propriété d'entreprise privée, toute
la municipalité se trouve engagée dans le système de
coopération forcée, coopération au paiement de la dette et
des déficits de tous les réseaux terrestres et souterrains. Ce
que je n'aime pas là-dedans, M. le Président, c'est que la
municipalité se trouvera engagée sans qu'elle ait
été partie aux négociations entre la Commission des
transports et la compagnie
privée exploitant un service de transport en commun dans ladite
municipalité. Et c'est par le geste de deux parties
étrangères à cette municipalité,
c'est-à-dire la Commission de transport et une compagnie privée
de transport en commun, que se trouvera engagée la municipaté.
C'est ça qui répugne en principe et il me semble qu'on pourrait
rédiger les articles de façon à respecter un peu plus
l'autonomie d'une ville, qu'on pourrait rédiger les articles de
façon à ce qu'elles ne soient pas, ces villes,
éventuellement prises dans le réseau de paiement sans avoir
été parties à aucune transaction.
Evidemment, si c'est la manière de voir du gouvernement, il va
bien falloir que nous acceptions la loi. Je voudrais rappeler aussi que nous
avons, nous de l'Opposition, le député de St-Jacques en
tête, plaidé avec beaucoup d'ardeur au comité des bills
privés lorsque la ville de Montréal a demandé la
permission, l'autorisation de bâtir seule le métro. Nous avons,
disje, plaidé avec beaucoup d'ardeur que ça n'avait pas de bon
sens que la ville de Montréal construise seule et à ses
dépens un système qui desservirait éventuellement toute
l'île de Montréal et toute la région métropolitaine.
A ce moment-là, ni la ville, ni le gouvernement n'ont voulu comprendre;
on s'est imaginé ou on faisait semblant de s'imaginer que la ville de
Montréal bâtirait toute seule le système et qu'elle en
porterait le fardeau financier, tant au point de vue capital qu'au point de vue
opération. Cela n'avait pas de bon sens à sa face même.
Mais à ce moment-là le gouvernement disait: ç'a du bon
sens et le maire Drapeau plaidait avec l'ardeur qu'on lui connaît, et M.
Saulnier également: nous allons bâtir seul, nous n'avons pas
besoin des municipalités de la banlieue et nous allons procéder
sans hésitation.
Evidemment le métro est en bonne voie de construction, tant
mieux, la population s'en réjouit. Le métro desservira non
seulement la municipalité de Montréal elle-même mais
plusieurs municipalités de l'île et c'est tant mieux
également non seulement pour ces municipalités mais c'est tant
mieux aussi pour Montréal et particulièrement pour ses grands
magasins qui cependant ne paient des taxes qu'à Montréal.
Le principe du bill, comme l'a dit le député de
St-Jacques, est excellent. Personne n'argumentera contre ce principe. Quant aux
modalités, il faudrait, il me semble, s'engager à
réétudier tout le problème et à modifier le mode de
participation des municipalités- Je comprends que
l'évaluation...
M. LAPORTE: Peut-être pas nécessairement le modifier.
M. JOHNSON: ... c'est actuellement le seul barème de distribution
que l'on ait à sa disposition. Mais, comme l'a souligné le
député de St-Jacques et comme me l'ont représenté
certains intéressés des villes de banlieue, cette norme n'est pas
la meilleure. Il n'est pas exact de dire que c'est le montant
d'évaluation d'une municipalité qui doit être le
barème de la contribution de telle municipalité à
l'exploitation du métro.
M.LAPORTE: Cela fait quand même curieux d'entendre le chef de
l'Opposition dire: « Il faudrait étudier ça. » Et il
conclut que ce n'est pas la meilleure façon. On pourrait peut-être
attendre la fin de l'étude.
M. JOHNSON: A première vue, moi je suis d'avis que
l'évaluation n'est pas la meilleure façon mais j'admets que c'est
la seule actuellement disponible et deuxièmement le ministre l'a
dit ou du moins l'a laissé entendre la ville de Montréal a
besoin de ce bill, c'est dire que la passation de ce bill va lui faciliter sa
finance, va lui faciliter l'accès au marché.
M. LAPORTE: Et va probablement hâter, sur une période de
quelques années, l'extension du métro. D'autres lignes pourront
être construites plus facilement à cause de la participation des
gens.
M. JOHNSON: On revient en somme, après bien des détours,
à la proposition que nous avions faite dans le temps au comité
des bills privés...
M. LAPORTE: C'est ça.
M. JOHNSON: ... que les municipalités de la banlieue devaient
participer au coût du métro.
M. LAPORTE: C'est pour ça que, dans d'autres bills, il faut
éviter les détours et aller au but tout de suite.
M. JOHNSON: Oui, comme l'île Jésus?
M. LAPORTE: Je n'oserais pas me référer à
ça, ce serait hors d'ordre.
M. JOHNSON: Parlant de l'île Jésus, ne serait-il pas
convenable que l'on examine tout de suite la possibilité de faire
contribuer les gens de l'île Jésus au coût de ce
métro...
M. LAPORTE: C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de ces
métros.
M. JOHNSON: ... car les gens de l'île Jésus vont en retirer
certains avantages assez rapidement; l'extension vers le nord qui a
été décidée...
M. LAPORTE: Si le député parle sérieusement, il y a
actuellement à quel stade est-ce que ça en est, je ne
saurais le dire il y a des études à l'effet de continuer
le métro sur l'île. Bien, à ce moment-là,
évidemment, ça va être réparti. Mais je sais qu'il
en est question actuellement.
M. JOHNSON: A tout événement, le gouvernement,
après quatre ans, revient aux normes de bon sens qu'avait, dans le
temps, exposé le député de St-Jacques et qu'il refusait,
dans l'euphorie de sa victoire récente et dans sa grande connaissance
des problèmes municipaux, particulièrement ceux de
Montréal.
M. LAPORTE: Ainsi soit-il.
M. JOHNSON: Non, je voudrais plutôt dire que ça ne se
répète pas trop souvent. L'Opposition fait des suggestions
constructives, on s'en aperçoit aujourd'hui, après quatre ans;
ça devrait, pour le gouvernement, être une bonne leçon.
Quand nous faisons des suggestions, ça ne veut pas dire que c'est
nécessairement de la partisanerie.
M. LAPORTE: Il faudrait d'abord vérifier quelles étaient
les suggestions il y a quatre ans. Il faudrait d'abord vérifier
qu'est-ce que l'Opposition avait dit à ce moment-là.
M. JOHNSON: Le ministre était dans le temps journaliste
indépendant...
M. LAPORTE: Dans le temps, je siégeais comme
député.
M. JOHNSON: ... au journal Le Devoir indépendant, aussi
indépendant que M. Thivierge aujourd'hui et le Devoir d'aujourd'hui.
M. LAPORTE: Aujourd'hui, c'était bien, hein?
M. JOHNSON: Pas plus, ni moins.
M. LAPORTE: Il t'a placé ça, monsieur,les qualités
du député de St-Jacques. Oublions... et après...
ça, j'ai trouvé ça parfait. Cela décrivait la
situation parfaitement. J'étais heureux de lire ça quant au
député de St-Jacques, parfaitement heureux.
M. JOHNSON: M. le Président, c'est une tradition chez les
courriéristes parlementaires du Devoir de...
M. LAPORTE: De comprendre la situation.
M. JOHNSON: ... sentir où est la crèche, M. le
Président.
M. LAPORTE: Non,non,puisque,sic'estpour prendre ce ton-là, qu'on
revienne au bill.
M. JOHNSON: C'est une tradition, M. le Président, pour les
courriéristes parlementaires comme...
M. LAPORTE: Ecoutez ça là.
M. JOHNSON: ... certains animaux...
M. LAPORTE: Bon!
M. JOHNSON: ... de suivre d'avoir le flair bien développé
pour savoir où se trouve le fromage, M. le Président.
M. LAPORTE: Bon! Alors voulez-vous? on va revenir au bill maintenant, M.
le Président, puisque le député de Bagot le prend sur ce
ton-là.,.
M. JOHNSON: Il y a un genre de vertu, il y a un genre
d'indépendance qui me font lever le coeur sur certains journalistes.
M. LAPORTE: C'est ça, vous allez bien, vous allez bien, vous avez
donné un spectacle réjouissant devant les gens de l'île
Jésus, hier,
M. JOHNSON: M. le Président, j'avertis le ministre que ce n'est
pas fini.
M. LAPORTE: Ah! mon cher monsieur, on le connaît.
M. JOHNSON: ... que les pharisiens vont se faire enlever leur manteau
blanc sur le bill de l'île Jésus...
M. LAPORTE: C'est ça. C'est ça. On verra ça.
M. JOHNSON: ...et que l'angélisme qu'affecte avec un art
consommé, que cet angélisme, M. le Président, sera
exposé au public dans sa nudité. Je le ferai parce que c'est mon
devoir de le faire,...
M. LAPORTE: C'est ça.
M. JOHNSON: ... et d'empêcher que ne soit consommé l'un des
pires tripotages de banlieue qui s'est jamais fait entre le ministre des
Affaires municipales et le député-maire de Chomedey.
M. LAPORTE: Très bien, je vous attends, préparez-vous.
M. JOHNSON: Pour revenir au bill, M. le Président, pour revenir
à une chose qui est propre, nous n'avons pas...
M. LAPORTE: Ah. il va bien.
M. JOHNSON: Nous n'avons pas d'objection, M. le Président,
à voter le bill, comme nous l'avons manifesté tantôt, mais
je voulais quand même rappeler à cette Chambre que l'Opposition
fait quelquefois des suggestions constructives que le gouvernement devrait
écouter avec beaucoup de sérénité au lieu de
toujours nous taxer de partisanerie.
M. LAPORTE: Exemple, ce que nous venons de faire sur la loi
électorale, il y a à peine une heure là. On a
accepté avec plaisir une suggestion du chef de l'Opposition.
M. LE PRESIDENT: Adopté. M. le Président, j'ai l'honneur
de faire rapport que le bill 70 est adopté.
M. TURPIN (président suppléant): Troisième
lecture?
M. LAPORTE: Troisième lecture.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Troisième lecture de ce bill. Third
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: Un message du Conseil législatif. «
Conseil législatif, 15 juillet 1965.
Le Conseil législatif informe l'Assemblée
législative qu'il a voté sans amendement les bills suivants:
Bill No 51 intitulé: « Charte de la Caisse de
dépôt et placement du Québec ».
Bill No 52 intitulé: « Loi des régimes
supplémentaires de rentes ».
Bill No 73 intitulé: « Loi constituant la
municipalité scolaire de St-Jean ».
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
»
M. LAPORTE: Numéro 17, M. le Président.
Bill 80
M. LE PRESIDENT: Numéro 7. M. Laporte propose la deuxième
lecture du bill 80, « Loi concernant le village de Parent ».
M. LAPORTE: M. l'Orateur, M. le Président, Son Excellence le
lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce bill et il en recommande
l'étude à la Chambre.
M. le Président, très brièvement en deuxième
lecture, il s'agit d'un projet de loi autorisant le gouvernement à payer
deux dettes obligataires de la municipalité de Parent, l'une au montant
de $775,000 avec les intérêts, ça a atteint $800
quelques milles et une autre de $90,000 pour permettre à cette
municipalité de se relever de sa déconfiture. C'est une dette qui
ne pourra jamais être remboursée par la municipalité de
Parent pour deux raisons bien faciles à comprendre, c'est qu'il y a
quelques années encore c'était une ville assez active et
que,maintenant, c'est un territoire pratiquement désert pour deux
raisons: il y avait d'abord le radar, une station de radar qui a
été déplacée et c'était un poste
relativement important de chemin de fer et ça aussi c'est disparu, et il
y avait un système d'électricité qui date de plusieurs
années qui avait été financé, construit et
lorsqu'est venu le temps de faire certains remboursements, la
municipalité qui était privée de la plupart de ses
contribuables n'était pas en mesure de payer, n'est pas en mesure de
payer, n'a pas été en mesure de payer depuis quatre ou cinq ans,
même pas les intérêts depuis un certain temps, et il n'y a
pas lieu d'espérer que la municipalité ne puisse jamais payer
ça.
Je tiens à souligner que, sauf erreur, c'est la première
fois, depuis que la Commission municipale, créée en 1932, je
pense, c'est la première depuis que la Commission municipale existe
qu'une municipalité en tutelle ne réussit pas à faire face
à ses obligations. La Commission municipale a à ce sujet un
dossier absolument remarquable qui lui vaut auprès des courtiers,
auprès des prêteurs, une réputation extrêmement
enviable et c'est ce qui explique ce dont je parlais tout à l'heure,
c'est que plusieurs municipalités qui sont en tutelle qui pourraient
facilement être relevées de la tutelle ne sont nullement
désireuses de l'être pour la simple raison que les obligations qui
sont vendues sur le marché pour une municipalité qui est en
tutelle lui vaut généralement un taux d'Intérêt
légèrement inférieur à ce qu'elles paieraient si
elles n'étaient pas en tutelle.
Et je vous dis presqu'en souriant qu'il y a des municipalités
qu'il faut pratiquement mettre à la porte de la Commission municipale
parce
qu'elles ne veulent pas s'en retirer. Alors c'est dont la
première fois et la raison qui explique l'échec non pas de
la Commission municipale, mais de la municipalité de Parent c'est
qu'à un moment donné presque tout le monde est parti et c'est
devenu une espèce de « ghost town », de ville
fantôme.
Alors, M. le Président, le gouvernement, après beaucoup
d'hésitations, après une très grande patience de la part
des petits obligataires, de la part des sociétés qui avaient des
obligations... les Caisses populaires en ont une bonne partie, je pense. Le
gouvernement en détient pour $150,000, je pense. Mais il y a un
très grand nombre de petits épargnants. Ce sont, dans un bon
nombre de cas, les courtiers qui ont racheté les coupons
d'intérêt pour conserver leur bonne réputation. Nous avons
tenté de tout autre façon de régler ce problème.
Cela n'est pas possible autrement qu'à même l'argent des
contribuables de la province de Québec.
Il y a actuellement une petite usine d'énergie électrique,
un barrage. L'Hydro-Québec rend un autre service à la ville de
Parent, c'est de s'en charger. L'Hydro évidemment ne paiera rien pour le
système, parce que le gouvernement le paie déjà une fois,
et deuxièmement parce que, non seulement cela n'est pas rentable, mais
l'Hydro s'engage seulement à maintenir cette usine d'énergie
électrique en opération ce qui va lui valoir un déficit
relativement considérable chaque année, presque
indéfiniment.
Alors nous rendons deux services à la population de Parent. Le
gouvernement s'engage à payer sa dette et lui assure le maintien de son
service d'électricité. C'est l'objet de la loi qui est
actuellement devant cette Chambre.
M. DOZOIS: M. le Président, c'est une situation que je connais
très bien, car l'histoire de Parent a fait l'objet de bien des
discussions au ministère. Je vois que ça n'a pas changé
depuis que j'étais là quant au cas de Parent. Je ne vous cache
pas que la solution qui est apportée était visible depuis
plusieurs années, c'était probablement la seule solution qui
pouvait sauver cette aventure d'une ville dans cette entreprise
hydroélectrique. Evidemment, la situation n'était pas aussi
critique il y a 5 ans qu'elle l'est maintenant, puisqu'à ce moment il y
avait encore cette possibilité de la station de radar que l'on
construisait, je pense, aux environs de l'année 1958 ou 1959 ou 1960, et
je sais que c'était le grand espoir de la ville de Parent de se sortir
du mauvais pas, qu'une station de radar soit réalisée.
Le ministre nous informe que la station de radar n'y est plus ou
n'achète pas son électricité, je ne sais pas, et je crois
bien qu'il n'y a pas d'autre chose à faire. Mais je me demande si
l'Hydro-Québec qui acquerrait un actif ne devrait pas en payer cependant
une partie. C'est la seule lacune que je vois dans le bill, même si c'est
une entreprise déficitaire. L'Hydro-Québec a été
organisée pour donner du service à toute la province, et Parent
comme les autres. Il me semble que l'Hydro-Québec aurait pu payer,
peut-être pas le $800,000 mais une partie pouvant représenter
vraiment la valeur physique de ce qu'elle absorbe et payer ainsi la
capitalisation d'une chose qui s'intègre à son réseau, et
que la province paie l'excédant de la valeur de ce réseau pour
l'Hydro-Québec. Je n'ai pas d'objection, mais il me semble que de faire
payer entièrement par les contribuables de la province la
totalité de l'acquisition du service électrique en question est
quelque peu injuste pour les contribuables, qui ne sont pas
nécessairement les mêmes que l'Hydro-Québec. Mais enfin
tout en étant les mêmes, ils ne paient pas sur la même base.
Il me semble qu'on aurait pu établir la valeur intrinsèque de
cette entreprise et si on avait dit: « Bien, ça vaut
$125,000», faire payer $125,000 par l'Hydro-Québec et que la
province paie la différence. Ce sont les seules objections, les seules
observations que je voulais faire sur le bill. Je n'ai pas d'objection à
ce que nous passions en comité plénier immédiatement.
M. LAPORTE: Du point de vue, je m'excuse, disons que c'est sur ma
réplique, du point de vue économique, pour l'Hydro-Québec,
ça ne vaut pas cinq sous...
M. DOZOIS: Bien, je pense que l'Hydro-Québec ne doit pas...
M. LAPORTE: Bien, c'est déficitaire tant qu'on veut...
M. DOZOIS: Elle ne doit pas se placer au point de vue
économique.
M. LAPORTE: Non, mais il faut dire que l'Hydro-Québec, du strict
point de vue économique, aurait dit: « On n'en veut pas ».
On a dit: « Vous allez faire ça. » Et elle a accepté
l'entretien de cette source d'énergie à ses frais, et c'est
déficitaire.
M. DOZOIS : Je ne vois pas pourquoi l'Hydro -Québec ne prendrait
pas le système de distribution dans une ville et puis ce serait la seule
ville dans toute la province que l'Hydro ne desservirait pas. L'Hydro a
acheté... on a nationalisé toutes les compagnies
d'électricité...
M. LAPORTE: C'est ça.
M. DOZOIS: ... ils ont acheté toutes les
coopératives...
M. LAPORTE: C'est our ça qu'ils acceptent de...
M. DOZOIS: ... et puis ils n'achèteraient pas Parent.
M. LAPORTE: Bien oui, mais le cas ne se présente pas, puisque
l'Hydro va desservir.
M. DOZOIS: Bien oui, mais ils ne paient pas.
M.LAPORTE: Bien, c'est un cadeau de Grecs là, en fait.
M. LE PRESIDENT: La deuxième lecture est adoptée?
Adoptée.
LE GREFFIER ADJOINT: Deuxième lecture de ce bill. Second reading
of this bill.
M. LE PRESIDENT: M. Laporte propose que je quitte maintenant le fauteuil
pour que la Chambre se forme en comité pour étudier le bill
numéro 80. Cette motion sera-t-elle adoptée? Adoptée.
M. JOHNSON: Quelle est la capacité de production de cette
usine-là?
M. LAPORTE: Aucune idée.
M. JOHNSON: Comment le ministre peut-il dire que l'entretien va
être plus coûteux que le revenu?
M. LAPORTE: Parce que nous disons que, de mémoire, lorsque le
projet de loi est venu devant le comité de législation, il y
avait un représentant de l'Hydro. Est-ce que c'était le ministre?
Enfin. J'ai posé la question.
Pourquoi est-ce que, en somme, l'Hydro ne paie rien? C'est là
qu'on m'a répondu: « C'est un cadeau de Grecs », alors c'est
comme ça que je sais que non seulement ce n'est pas rentable, ça
implique un déficit, quant à en donner le quantum dont je...
M. JOHNSON: Et il y aura déficit, même si l'Hydro n'a que
les frais de...
M. LAPORTE: Il n'y a personne. Les frais de base sont évidemment
les mêmes qu'il y ait telle ou telle population, il n'y a plus de monde,
il n'y a plus de clients.
M. JOHNSON: Quels seront les tarifs, là, ou les taux
domiciliaires des commissions?
M. LAPORTE: Enfin, disons que je ne le sais pas exactement, mais la
déclaration générale qui avait été faite par
l'Hydro sur l'uniformisation des taux, c'est un des avantages qu'il va y avoir
à Parent. C'est qu'actuellement même s'ils payaient très
cher, ils ne pourraient pas arriver à payer leur source
d'énergie, il va y avoir les taux qui prévalent dans la
région, par l'Hydro-Québec.
M. JOHNSON: Mais il faudrait être certain que l'Hydro va appliquer
son système général de taux.
M. LAPORTE: Si j'en suis certain? M.JOHNSON: Oui.
M. LAPORTE: Bien, je l'imagine, ça je peux répondre
à cette question-là, disons que je peux demander à
l'Hydro, puis y répondre peut-être demain.
M. JOHNSON: C'est bien. J'aimerais savoir dans quelle catégorie
seront placés les clients de l'Hydro. Dans laquelle des cinq
catégories? Et qu'est-ce que ça représente par rapport au
coût actuel, aux consommateurs...
M. LAPORTE: Oui.
M. JOHNSON: ... évidemment, le coût aux consommateurs.
M. LE PRESIDENT: Adopté, No 2 adopté. No 3
adopté.
M. BLANK (président du comité plénier): M. le
Président, j'ai l'honneur de faire rapport que le bill 80 est
adopté sans amendement.
M. BEDARD (président): Troisième lecture.
M. LAPORTE: Est-ce que nous avons passé la loi électorale
en troisième lecture?
M. LE PRESIDENT: Oui. M. JOHNSON: Oui.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Troisième lecture de ce bill. Third
reading of this bill.
M. LAPORTE: M. Dozois, est-ce que le député de St-Jacques
a eu l'occasion de voir les amendements? Voulez-vous on va suspendre
quelques minutes pendant que vous allez les examiner, avec le chef de
l'Opposition, peut-être?
M. DOZOIS: Oui, quelques minutes seulement.
M. LAPORTE: Pour qu'on puisse le faire sanctionner. Je pense que, si
vous êtes d'accord...
M. DOZOIS: J'avais commencé à regarder les amendements
quand on a appelé le bill de la Commission municipale.
M. LAPORTE: Alors, on va...
Message du Conseil législatif
M. LE PRESIDENT: Message du Conseil législatif. « Conseil
législatif, 15 juillet 1965.
Le Conseil législatif informe l'Assemblée
législative qu'il a voté sans amendements les bills suivants:
Bill No 38 intitulé: « Loi modifiant la Loi de
l'impôt provincial sur le revenu ».
Bill No 61 intitulé: « Loi du financement des
investissements universitaires 1965 ».
Bill No 68 intitulé: « Loi modifiant la Loi du
ministère de l'Education ».
Bill No 70 intitulé: « Loi modifiant la Loi des commissions
scolaires centrales protestantes ».
Bill No 71 intitulé: « Loi modifiant la Loi des subventions
aux commissions scolaires ».
Bill No 72 intitulé: « Loi modifiant la charte de la
Commission des écoles catholiques de Sherbrooke ».
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
»
M. LE PRESIDENT: La séance est suspendue pour quelques
instants.
M. LAPORTE: Quelques minutes.
M. JOHNSON: Les amendements...
M. LESAGE: Ils viennent de M. Castonguay.
M. JOHNSON: Ah! bon d'accord. On voulait être...
M. LESAGE: Ils viennent de M. Castonguay.
M. JOHNSON: On voudrait être certain de ça avant que...
M. LESAGE: Oui, mais évidemment c'est dans le cas où il y
a excédent de contribution à 48, il faut référer,
à ... au cas du travailleur visé à l'article 51; c'est
l'exemption spéciale. C'est pour la définition du minimum,
n'est-ce pas, on va au multiplie de 100 le plus proche.
M. DOZOIS: Oui.
M. LESAGE: Alors les gains admissibles d'un travailleur autonome doivent
être exclus du montant visé au pragraphe a) de l'article 48.
M. DOZOIS: Je ne suis plus dans l'esprit du...
M. LESAGE: Oui, oui, bien un salarié est censé avoir
versé un excédent de contribution lorsque pour une année
la totalité des déductions à la source faites sur son
salaire en vertu de la présente loi et d'un régime
équivalent excède 1.8%...
M. DOZOIS: Oui.
M. LESAGE: ... du moindre des montants suivants:...
M. DOZOIS: Oui, a)
M. LESAGE: ... a) le total de son salaire admissible et de ses gains
admissibles d'un travail autonome, moins son exemption personnelle pour
l'année, le maximum b) le minimum de ses gains cotisables pour
l'année, les gains admissibles d'un travail autonome doivent être
exclus du montant visé au paragraphe a) dans le cas d'un travailleur
visé à l'article 5l et le travailleur visé à
l'article 51, c'est celui qui est exempté de la contribution de 3.6%.
C'est-à-dire que c'est le travailleur autonome, n'est-ce pas, qui doit
tout de même, pour une partie, payer 3.6% même si, comme
salarié, il a eu le maximum déduit à 1.8%.
M. DOZOIS: On fait confiance à M. Castonguay
M. LESAGE: Oui mais c'est pour ça qu'à l'article 51 il
faut changer également les mots « un travail visé »
par les mots « le salaire admissible » pour concorder avec
l'amendement qu'on vient de faire à l'article 48 qui permet qu'une
partie du 3.6% ne soit pas remboursable.
Et à l'article 52, il s'agit de corriger une erreur, c'est qu'il
faut dire aux fins de l'article 50, pour combiner le travail, quel est le
travail autonome.
M. JOHNSON: Si je me trompe, le premier ministre me corrigera. Il a
été admis par le premier ministre et par M. Gastonguay que
l'employeur qui verse 1.8 n'aura pas droit à un remboursement...
M. LESAGE: C'est ça.
M. JOHNSON: ... mais que ça restera là pour
accroître la caisse.
M. LESAGE: C'est ça.
M. JOHNSON: Et on place dans cette même position le travailleur
autonome.
M. LESAGE: En partie, s'il a un salaire en dehors.
M. JOHNSON: S'il a un salaire, si en somme ses gains sont
constitués soit, également...
M. LESAGE: Dex deux sources.
M. JOHNSON: ... ou conjointement par un salaire et par un revenu de
travailleur autonome...
M. LESAGE: C'est ça.
M. JOHNSON: ... pour la partie revenu comme travailleur autonome il
n'aura pas de remboursement de ce 1.8 qu'il paiera.
M. LESAGE: C'est ça.
M. JOHNSON: Il est placé sur le même pied que
l'employeur.
M. LESAGE: C'est ça, c'est exactement ça. Mais ce que je
voulais dire également, c'est justement ça que j'ai
discuté tout l'après-midi pour les
entrepreneurs-électriciens à savoir si le règlement 12d
devait continuer à s'appliquer, il s'agit justement du droit des
entrepreneurs-électriciens de travailler comme salariés en
même temps qu'ils agissent comme entrepreneurs. Je pense qu'on a
réussi à régler le cas, en faisant le moins de mal
possible.
M. JOHNSON: Est-ce que la séance est terminée en bas?
M. LESAGE: Non, ils continuent, il s'agit de ramasser les morceaux.
J'espère que je n'ai pas trop gaspillé les affaires, ça
avait l'air de bien aller.
M. JOHNSON: Est-ce que le bill...
M. LESAGE: La proposition qui est faite...
M. DOZOIS: On nous informe que c'est ajourné à huit heures
ce soir?
M. LESAGE: Non, il avait été question que ce soit
ajourné à huit heures, mais comme les parties tenaient à
terminer avant six heures et que les parties s'entendaient sur une proposition
concrète que j'ai faite, c'était après le départ du
député de St-Sauveur, que les députés sont
restés en bas...
M. DOZOIS: Ah bon.
M. LESAGE: ... avec le ministre du Travail et le député
Champlain, sont à ajouter des détails à la proposition que
j'ai faite pour un règlement de la question et l'on suspendra
l'étude du bill sine die, on suspendra évidemment le
comité des bills privés sine die.
On suspendra le bill de façon à ce que, au cours de la
semaine prochaine, la corporation puisse amender son règlement 12-d, que
le lieutenant-gouverneur en Conseil puisse approuver l'amendement dans la
semaine suivante, que nous puissions présenter un amendement à la
Loi des installations électriques, un amendement mineur qui dirait
purement et simplement que les règlements faits par la Corporation des
électriciens, les règlements ne viennent en vigueur
qu'après approbation par le lieutenant-gouverneur en Conseil mais
après avis préalable de trente jours dans la Gazette officielle.
Ce sera un tout petit amendement de trois lignes à apporter à la
loi. Ce sera évidemment un nouveau bill que je n'avais pas prévu
à ma liste mais qui va passer dans trente secondes, c'est clair.
Et enfin, il faudra aussi changer les formules au ministère du
Travail. De toute façon, il y a un tas de choses que j'ai bien
précisées, qui sont écrites et on est à finir
l'entente là-dessus pour la mettre en application. Quant aux poursuites
actuelles, quel que soit le stade qu'elles aient atteint, toutes les causes ou
l'exécution des jugements seraient reportées au 5 novembre afin
que les membres de l'association pétitionnaire puissent se mettre en
règle en suivant une des avenues que j'ai suggérées
et qui seront rendues possibles par l'acceptation des suggestions que
j'ai faites, par la corporation elle-même. Alors, ça me semble
aller assez bien sur la voie d'un règlement, sans être parfait...
Je ne veux pas ajouter ce que j'ai dit hier au sujet de la perfection, sans
être parfait et susceptible de faire le moins de mal au moins grand
nombre de personnes.
M. LE PRESIDENT: M. Lesage propose que les amendements soient maintenant
lus et agréés. Cette motion est adoptée?
Adoptée.
Message du Conseil législatif
M. LE PRESIDENT: Message du Conseil législatif. « Conseil
législatif, 15 juillet 1965.
Le Conseil législatif informe l'Assemblée
législative qu'il a voté sans amendement le bill suivant:
Bill No 47 intitulé: « Loi modifiant la Loi de la
commission d'aménagement de Québec. »
Attesté Henri Fiset greffier du Conseil législatif.
»
M. LESAGE: Ce soir, nous pourrions peut-être il faudra en
aviser immédiatement le ministre du Travail procéder avec
l'étude en deuxième lecture du bill qui apparaît en son
nom. Ce soir à huit heures, puisque nous ne siégerons pas en bas
à huit heures, et nous pourrions procéder ensuite au bill 64, la
division territoriale.
M. JOHNSON: Oui.
M. LESAGE: Je pourrai commencer la division territoriale avec le
ministre des Terres et Forêts, je vais essayer de le trouver,
j'espère qu'il n'est pas perdu dans la forêt, puis le ministre des
Affaires municipales, le leader du gouvernement en Chambre, au nom duquel le
bill apparaît, reviendra parce qu'il a de la grande visite en ville, les
ministres des Affaires municipales des autres provinces, il est l'hôte de
ces messieurs et de ces dames je crois, alors il doit s'en occuper, et il
reviendra à la Chambre un peu plus tard, si je fais des coches mal
taillées, il les réparera.
M. JOHNSON: M. le Président...
M. LESAGE: Alors, je suggère qu'après la sanction du bill,
parce que je dois me rendre chez le lieutenant-gouverneur, que l'on suspende
jusqu'à huit heures et qu'on commence par le ministère du Travail
et ensuite le bill 64. Demain matin, nous aurons évidemment le bill de
l'Hydro, je serai prêt, c'est parce que j'ai convoqué mes experts
pour demain matin, M. Castonguay, pour demain matin.
M. JOHNSON: M. le Président, quant au bill 64, la division
territoriale,...
M. LESAGE: Vous commencez tranquillement.
M. JOHNSON: ... nous, évidemment, nous faisons confiance aux
experts, aux géographes qui ont travaillé sur ces descriptions,
et on comprendra qu'il n'est pas possible pour nous de vérifier ces
descriptions. Cependant...
M. LESAGE: Bien j'ai vérifié mon comté, ça
m'a l'air très bien.
M. JOHNSON: Je sais que le député de St-Jacques a
vérifié le sien...
M. LAPORTE: Je peux peut-être donner une explication...
M. JOHNSON: ... et ce que je voulais, je voulais dire au premier
ministre que j'ai demandé qu'on fasse une vérification par un bon
homme qu'on a pu trouver là, à Montréal, de tous et chacun
des comtés, et je n'ai pas le rapport encore, j'attends...
M. LESAGE: Je vous garantis que le mien est prêt.
M. JOHNSON: Non mais ça, je ne suis pas inquiet pour le premier
ministre...
M. DOZOIS: Le mien aussi.
M. JOHNSON: ... mais je suis un petit peu, je serais mieux placé,
dis-je, si j'avais le rapport pour en discuter. J'aimerais mieux ne pas
procéder en détails.
M. LESAGE: Les fabriques.
M. JOHNSON: Si on allait aux fabriques ce soir plutôt que
d'aller.
M. LESAGE: Cela va être vite fait les fabriques, car le
comité n'a pas siégé longtemps dans l'air pur de mon
bureau.
M. JOHNSON: Ils ont siégé à votre bureau? Vous avez
siégé dans le bureau du premier ministre?
M. BINETTE: Oui.
M. JOHNSON: Vous allez donner des idées au député
de Yamaska, qui siégeait sur le comité.
M. BINETTE: On a eu un peu de trouble avec, mais ça s'est bien
réglé à la fin.
M. JOHNSON: Alors on serait prêt peut-être à prendre
ce bill-là ce soir? Plutôt que le bill 64?
M. LAPORTE: Parce que voici la façon dont... Je vais
verifier.
Mais les divisions territoriales, d'abord j'ai demandé à
l'arpenteur des Terres et Forêts qui est venu à mon bureau, si les
descriptions faites dans le bill correspondaient aux descriptions
acceptées par le comité qui a siégé sur cette
question-là. Il m'a répondu: « Oui, ça correspond
très exactement ». Est-ce que c'est vous-même qui avez fait
le travail? Alors l'officier qui a fait le travail et j'ai
vérifié personnellement la signature, je pense que ça
affecte 42 comtés, les changements que nous faisons et j'ai
vérifié au bas de chacune des 42 descriptions pour savoir si
c'était bien signé par l'arpenteur et cela je l'ai
vérifié.
Deuxièmement, je lui ai demandé: « Est-ce que vous
nous donnez la garantie qu'il n'y a pas, surtout dans la ville de
Montréal, des coins qui auraient été oubliés,
disons deux maisons à un moment donné qui n'étaient dans
aucun comté?» Cela il a dit: « Vous pouvez avoir l'assurance
que nous avons fait les vérifications et qu'il n'y a absolument aucun
endroit de la ville qui n'est pas couvert par un comté ou par l'autre.
»
Cela, c'est le rapport que j'ai fait au Conseil des ministres lorsque
j'ai rapporté le projet de loi. Le seul changement qu'il y a dans le
texte qui a été soumis au comité de la division
territoriale, c'est le comté de Richelieu et le comté de
Verchères. Comme le comté de Verchères avait
été, disons, grossi considérablement par l'addition de
St-Basile, St-Bruno, les trois Chambly sur un territoire assez
considérable et que le comté de Richelieu était
relativement petit, nous avons suggéré de donner au comté
de Richelieu, Contrecoeur et St-Antoine, c'est-à-dire une ligne droite
du fleuve jusqu'au Richelieu. Alors le comté de Richelieu serait agrandi
de Richelieu et de St-Antoine et cette partie-là est enlevée au
comté de Verchères. Quant aux autres, il n'y a pas de
changement.
M. JOHNSON: Cela n'avait pas été approuvé par le
comité, ça?
M. LAPORTE: Non, non. C'est le seul changement qui a été
fait.
M. JOHNSON: Mais est-ce que ce changement-là fait l'affaire du
député de Verchères?
M. LAPORTE: C'est-à-dire que disons que les deux
députés sont parfaitement d'accord sur le changement, que le
député de Richelieu est très heureux. Il a toujours dit...
bien vous connaissez les gens de Contrecoeur... Enfin, il est très
heureux.
UNE VOIX: C'est dans le même comté.
M. JOHNSON: Et comme cela fait l'affaire de deux députés
Libéraux, j'aimerais bien consulter deux candidats battus.
M. LAPORTE: D'accord.
M. JOHNSON: Cela serait assez normal que j'aie le temps d'appeler les
candidats battus pour faire les représentations qui s'imposeraient si
toutefois il y en avait.
M. LAPORTE: Mais est-ce que dans chacun des deux comtés il n'y a
rien qu'un candidat battu?
M. JOHNSON: Non, mais disons que c'est...
M. LAPORTE: C'est M. Gagné, puis l'autre qui est-ce que
c'est?
M. JOHNSON: Disons que la victime est peut-être le témoin
le mieux qualifié pour nous dire si les nouvelles répartitions
sont favorables. Mais, du moment qu'elles seront logiques, nous n'aurons pas de
discussions très longues là-dessus.
M. LAPORTE: Alors, quant au reste, là, c'est le
comité.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs. Faites entrer le messager. Let
the messenger in.
L'HUISSIER A LA VERGE NOIRE: M. l'orateur, l'honorable administrateur de
la province de Québec désire la présence des membres de
cette Chambre à la salle du Conseil législatif.
Mr. Speaker, the Honourable Administrator of the Province of Quebec
desires the attending of
the Members of this House in the Legislative Council Chamber.
M. LAPORTE: M. le Président, je propose la suspension
jusqu'à ce soir, huit heures.
M. LE PRESIDENT: La séance est suspendue jusqu'à huit
heures.
Reprise de la séance à 8 h 8 p.m.
M. BEDARD (président): A l'ordre, messieurs.
M. LESAGE : M. le Président, si je puis avoir le consentement
unanime de la Chambre, je pourrais déposer le 18e rapport du
comité des bills privés pour M. le Président, M. Henri
Beaupré, député de Québec-Centre. Il s'agit des
deux bills adoptés cet après-midi.
M. LE PRESIDENT: De consentement unanime?
M. JOHNSON: Agréé.
M. LESAGE: Le bill des syndicats professionnels.
M. LE PRESIDENT: M. Fortin propose que le bill 53, loi modifiant la Loi
des syndicats professionnels soit maintenant lu une deuxième fois.
M. FORTIN: Alors, M. le Président, les amendements que nous
proposons à la loi des syndicats professionnels sont de deux
matures:
Premièrement ce sont des amendements d'ordre administratif, en ce
sens que nous voulons permettre que la loi s'applique à des groupes de
personnes moins considérables que vingt. On sait qu'à l'heure
actuelle, pour pouvoir bénéficier de la loi des syndicats
professionnels, il faut être au moins vingt personnes. Il est vrai que le
texte de la loi, tel qu'il est formulé à l'heure actuelle,
s'applique à tout groupe de citoyens qui veulent se réunir en
syndicat pour des fins professionnels, mais en fait on sait que la
majorité des personnes qui ont bénéficié de cette
loi, ce sont les syndicats ouvriers.
A l'heure actuelle, devant l'expansion du syndicalisme, on constate que
plusieurs syndicats, dans des petites entreprises, ne peuvent s'incorporer
parce que la loi exige qu'il y ait au moins un minimum de vingt personnes. Or,
d'après les statistiques que nous avons au ministère du Travail
et à la suite surtout de demandes qui nous ont été faites
par les centrales syndicales et après discussion avec les chefs
syndicaux, on nous a demandé et nous proposons de réduire le
nombre de vingt à quinze, et c'est le but principal de cet amendement
administratif.
Le deuxième amendement, un des amendements que nous proposons,
c'est également d'augmenter la contribution exigible. Evidemment, il
faut qu'il y ait un peu de sérieux dans cette organisation de syndicat,
et nous deman-
dons que les contributions, que les membres sont appelés à
payer, soient augmentées à $1 par mois au lieu de $0.50 par mois
comme elles l'étaient.
Aussi c'est pour être conforme à un règlement, si ma
mémoire est fidèle, c'est le règlement no 1 de la
commission des relations de travail.
On constatera que dans le passé c'est-à-dire avec le texte
actuel, seules les unions d'employés étaient obligées
à une contribution, à un droit d'entrée. Aujourd'hui nous
mettons la règle uniforme pour tout syndicat, que ce soit des syndicats
d'employés et des syndicats d'employeurs. Voici les principaux motifs
pour justifier les amendements que je qualifiais il y a un instant
d'amendements d'ordre administratif.
Quant aux autres amendements que nous proposons, c'est afin de rendre
cette loi conforme à la loi des régimes supplémentaires de
rentes. On sait qu'en vertu de la loi des syndicats professionnels, les
syndicats peuvent s'organiser des caisses de retraite, des caisses de secours,
en un mot, des caisses pour remplir les fins qui sont
énumérées dans l'article de la loi. Or, avec le
système de rentes que le gouvernement a proposé
dernièrement, nous voulons que toutes les lois et tous les
régimes existants en vertu de ces différentes lois soient
conformes à la loi des rentes et à la loi des régimes
supplémentaires de rentes, et les amendements que nous proposons, en
résumé, veulent que la loi des syndicats professionnels, qui
permet à ces syndicats d'avoir des régimes de rentes, soit
conforme aux trois grandes lois que nous avons proposées et qui ont
été adoptées il y a quelques semaines. C'est, en d'autres
termes, une question de concordance avec la loi des syndicats professionnels et
les principes de base qui sont dans la loi des régimes
supplémentaires de rentes.
M. LE PRESIDENT: Deuxième lecture, adoptée?
UNE VOIX: Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Deuxième lecture de ce bill. Second
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: M. Fortin propose que je quitte maintenant le fauteuil
pour que la Chambre se forme en comité pour étudier le bill No
80. La motion sera-t-elle adoptée? Adoptée.
M. CREPEAU (président du comité plénier): Bill No
53: « Loi modifiant la Loi des syndicats professionnels ».
M. BELLEMARE: A l'article 1, M. le Président, tel que vient de
dire le ministre, en vertu de la loi des syndicats professionnels à
l'article 2, on voyait que vingt personnes au plus, citoyens canadiens,
exerçant la même profession, le même emploi, le même
métier, se livrant à des travaux connexes, concourrant à
l'établissement de produits déterminés peuvent faire
signer une déclaration constatant leur intention de se constituer en
association, en syndicat professionnel. Le but primordial de la loi des
syndicats professionnels a toujours été à mon sens, et
c'est ce qui est d'ailleurs inclus dans la loi des syndicats professionnels
à l'article 3, les syndicats professionnels ont exclusivement pour objet
la défense et le développpement des intérêts
économiques, sociaux et moraux de leurs membres. Je n'ai pas
d'objection, pas du tout, à ce que le nombre des membres requis soit
diminué de 20 à 15 mais j'aurais peut-être une remarque
quant à l'article 2 puisque oui j'accepte,
adopté...
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. BELLEMARE: A la contribution, M. le Président, qui maintenant
est fixée à $1 par mois, je comprends que c'est à la
demande des membres du syndicat professionnel, autrefois cette partie de la
loi, l'article 2 a) couvrait exclusivement les syndicats de salariés, si
je comprends bien.
M. FORTIN: C'est ça.
M. BELLEMARE: C'était exclusif puisqu'on disait dans l'article
2a: « pour les syndicats de salariés, le droit d'entrée
sera de $0.50 ou plus ». Là, on enlève ça et on dit
qu'à tous les syndicats, quels qu'ils soient, de formation
professionnelle, que ce soit d'employeurs ou d'employés, de
salariés ou d'autres, ces syndicats professionnels contribueront $1 par
mois. Est-ce que le ministre a reçu une demande formelle à ce
sujet-là ou si c'est simplement une recommandation du Conseil
supérieur du travail après avoir délibéré
sur la possibilité d'augmenter, parce que voici, ça deviendra
probablement un des taux les plus élevés de contribution parmi
les syndicats.
M. FORTIN: Très bien! Voici, c'est qu'en 1963, le
ministère du Travail a reçu de la Fédération
patronale des barbiers coiffeurs de la province de Québec une
requête demandant que les patrons ou les employeurs soient assujettis
à la loi, c'est-à-dire qu'on impose l'obligation de payer cette
cotisation sur le même pied que
leurs employés. On sait que, dans le domaine de la coiffure,
c'est un domaine tout à fait particulier.
M. BELLEMARE: Ce sont des décrets.
M. FORTIN: Ce sont des décrets oui, mais tout de même.
M. BELLEMARE: Ce ne sont pas des contrats collectifs.
M. FORTIN: Mais le nombre des employés est assez restreint dans
certaines boutiques. Il y a des endroits où ce ne sont que des artisans.
D'autres endroits, il y a peut-être un employeur et deux employés.
Or, les syndicats d'employeurs étaient dans une situation un peu
privilégiée: ils n'avaient aucune obligation de payer les
cotisations et lorsqu'on voulait faire du recrutement parmi les employeurs,
quand venait le temps de fixer la cotisation, les gens disaient: il n'y a pas
de loi, on ne peut pas vous obliger} alors que les ouvriers eux étaient
obligés de payer une cotisation.
Or, pour faciliter l'organisation de syndicats d'employeurs avec
parallèlement l'organisation de syndicats d'employés, pour
arriver à signer une convention collective et à faire des
décrets, la Fédération des barbiers, connaissant les
problèmes et en face de cette objection qu'elle rencontrait dans le
recrutement de ses membres et dans le syndicalisme d'employeurs, a fait une
requête au ministère du Travail et elle a dit: «
Pourriez-vous amender la loi pour obliger les associations d'employeurs de
charger à leurs membres la même cotisation que les syndicats
ouvriers sont obligés de charger à leurs salariés.
»
Je m'excuse de ne pouvoir vous donner davantage d'autres
précisions mais il semble que les employeurs dans le recrutement de
leurs membres et dans l'organisation syndicale des employeurs ont vu là
une objection à l'organisation de leurs syndicats professionnels. Et
c'est la demande qu'ils nous ont faite. Je ne vois pas quelle peut être
l'objection d'adopter cette suggestion.
M. BELLEMARE: Je ne chicane pas le ministre outre mesure. Je dis
simplement que pour qu'il y ait... Le ministre dit que c'est dans certains cas
particuliers où il nous cite une requête qui a été
faite au ministère du Travail de la part des coiffeurs et des barbiers,
les syndicats professionnels. On sait qu'en vertu de l'article 2 a), les
règlements du syndicat doivent prévoir le nombre qui doit
être au moins de trois et d'au moins plus de 25 des directeurs,
administrateurs à élire. Imaginez-vous quand il s'agit de former
un syndicat professionnel et qu'on arrive dans une campagne, par exemple,
où il y a trois coiffeurs, c'est extrêmement difficile de les
réunir en syndicat professionnel. En tous les cas, le ministre ne m'a
pas répondu. Qui lui a demandé spécifiquement d'augmenter
les taux?
M. FORTIN: La Fédération des barbiers coiffeurs.
M. BELLEMARE: Ah, c'est eux qui vous ont demandé. Le ministre m'a
répondu que c'étaient eux qui avaient demandé
d'étendre à tous les membres des syndicats professionnels le
droit d'une cotisation parce qu'autrefois, on disait que pour les syndicats de
salariés seulement un droit d'entrée était
imposé.
M. FORTIN: Non, la Fédération patronale des barbiers et
coiffeurs de la province de Québec Inc., en date du 14 janvier 1963
demande en effet que cette cotisation soit portée de $6 à $12 par
année et qu'elle soit obligatoire pour les employeurs.
M. BELLEMARE: Seulement qu'eux, seulement cette fédération
patronale.
M. FORTIN: Oui.
M. BELLEMARE: ... qui vous ont demandé ça.
M. FORTIN: C'est ça.
M. BELLEMARE: Alors vous avez demandé...
M. FORTIN: Mais d'ailleurs, même s'ils ne nous l'avaient pas
demandé, je crois que c'est une question de simple équité.
Pourquoi obliger les salariés à cette obligation de payer une
cotisation et en dispenser les employeurs?
M. BELLEMARE: Non, non, je ne critique pas ça. Au contraire,
c'est une amélioration à la loi, je suis bien ouvert à
ça que tous ceux qui vont faire partie des syndicats professionnels
pas seulement la catégorie des salariés que tous
soient appelés à contribution puis à cotisation, j'en
suis.
M. FORTIN: Cela démontre d'ailleurs le sérieux des
participants à...
M. BELLEMARE: C'est déjà, M. le Président, que la
porte soit ouverte pour les contributions, les cotisations, à tous ceux
qui, en dehors des salariés, font partie des syndicats professionnels et
j'en suis, mais c'est une augmentation, en même temps pour ceux qui y
sont déjà, pour les salariés, de $6 de plus par
année.
M. FORTIN: Je crois, oui.
M. BELLEMARE: Mais ceux qui étalent déjà membres
des syndicats professionnels, qui payent $6 par année, qui
contribuaient, qui s'appelaient l'Association des salariés dans les
syndicats professionnels, ceux-là vont recevoir demain matin une note
supplémentaire de $6, $12 par année, à part d'ouvrir les
portes à la cotisation à tous les autres membres des syndicats
professionnels.
M. FORTIN: Mais je crois qu'en fait, M. le Président, le
règlement no 1 de la Commission des relations de travail, maintenant je
dis au député de Champlain que ma mémoire peut faire
défaut mais je crois que le règlement no 1 de la
Commission des relations de travail qui existe depuis très longtemps
exige que la cotisation soit de $1 par mois. Je n'ai pas le texte avec moi,
mais en fait, je crois qu'il n'y a pas un syndicat où la cotisation est
inférieure à $1 par mois à l'heure actuelle dans la
province de Québec. Pour la plupart des syndicats, ça va de $2.50
et $3 jusqu'à $5 par mois.
M. BELLEMARE: On sait. Surtout dans la fédération
patronale des barbiers puis des coiffeurs, qu'est-ce que ça leur
coûte pour arriver avec un diplôme ou un certificat pour en faire
partie. Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 2, adopté. Article 3.
M. BELLEMARE: C'est sûr que l'amendement déclare que c'est
la Régie des rentes qui à l'avenir approuvera ces caisses de
retraite, d'Indemnité ou de secours. C'est sûr et certain
ça, c'est en vertu de la nouvelle loi, le bill 52 non pas 52, c'est 51,
oui, ça je n'ai pas d'objection à ça. L'amendement.
M. JOHNSON: M. le Président, ce doit être exactement
à ce point-ci que l'on a considéré l'opportunité
d'exiger que les syndicats internationaux s' incorporent. Il semble bien que
l'on ait pris la décision la plus facile, celle de ne pas agir dans ce
domaine. Le premier ministre a dû lire comme moi dans les journaux la
publi- cation d'extraits d'un rapport qui a été
rédigé à la suite de la mise en application de la loi
fédérale récente obligeant les compagnies et les unions
à produire à Ottawa un état détaillé selon
des spécifications de la loi en question, passée si je ne m'abuse
en 1961, et les chiffres sont assez révélateurs. Au point de vue
de propriété industrielle, on y apprend que 40% de l'Industrie de
la province de Québec est entre les mains d'intérêt non
canadiens et quant au...
M. LESAGE: C'est mieux d'avoir le 40% que de ne pas l'avoir parce que
nous aurions seulement 60% des industries que nous avons.
M.JOHNSON: M. le Président, je ne juge pas, je ne critique pas,
je donne tout simplement des faits qui sont, je pense bien...
M. LESAGE: Ah oui, qui sont denature... ça dépend du ton
sur lequel ils sont donnés. On peut les donner sur un ton qui chasse le
capital étranger...
M.JOHNSON: Non...
M. LESAGE: ... alors que nous en avons besoin. Je ne partage pas
nécessairement les opinions de M. Walter Gordon sur le sujet.
M. JOHNSON: Le premier ministre aura l'occasion la semaine prochaine de
le dire à M. Gordon.
M. LESAGE: Oui, Il le sait d'ailleurs, il le sait, que ni le ministre du
Revenu ni moi ne partageons son opinion là-dessus.
M. JOHNSON: Deuxièmement, M. le Président, ce même
rapport nous a appris qu'environ 70% des syndiqués du Canada font partie
de syndicats internationaux et qu'ils ont payé, je cite de
mémoire, $22 millions à des « American Concerns »
pour employer l'expression telle que je l'ai lue; mais que par ailleurs, sur
ces $22 millions il y aurait quand même un montant d'environ $10 millions
qui aurait été versé par ces mêmes centrales
syndicales situées aux Etats-Unis pour venir en aide à nos
syndiqués canadiens à l'occasion de grèves. Ces chiffres
sont révélateurs. Je ne sais pas quelle est la proportion de
syndiqués de la province de Québec qui paient des cotisations aux
Etats-Unis. Le premier ministre ou le ministre du travail pourrait nous
renseigner sur cet aspect du problème. Le ministre a-t-il...?
M. LESAGE: Excusez moi, je n'écoutais pas.
M. JOHNSON: Je ne sais pas...
M. LESAGE: J'étais obligé de faire un rapport au ministre
de la Voirie alors... J'avais une commission pour lui.
M. JOHNSON: Il a accepté la commission?
M. LESAGE: Non. Le régime des acceptations de commissions est
terminé.
M. PINARD: Nous sommes d'accord. M. LESAGE: C'était un
message.
M. JOHNSON: M. le Président, disons que les commissions sont sous
la couverture au lieu d'être en dessus.
M. LESAGE: Non. Il n'y a plus de commissions. Cela n'existe plus.
M. JOHNSON: Oui, on verra!
M. LESAGE: Ah oui, qui vivra verra et puis on ne trouvera rien, comme
d'habitude!
M. JOHNSON: Che sera, sera! Comme dirait le premier ministre.
M. LESAGE: Oui!
M. PINARD: Ah, vous avez appris!
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. PINARD: Il semblait que c'était de l'italien. Vous avez fait
un long voyage!
M. JOHNSON: M. le Président, je demandais au ministre du Travail
s'il a des statistiques pour établir quelle est, pour la province de
Québec, la proportion de syndiqués qui sont dans des unions
internationales et quel est le montant payé par ces mêmes ouvriers
syndiqués à des centrales américaines.
M. LESAGE: Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites.
M. FORTIN: Evidemment nous n'avons aucune statistique à ce
sujet-là parce que premièrement, il n'y a aucune loi qui permette
au gouvernement d'exiger que les centrales syndicales nous donnent leurs
effectifs, nous fassent rapport de leurs relations avec les unions, avec leur
fédération ou leur centrale américaine et enfin qu'elles
nous produisent leur rapport financier.
On sait les batailles acerbes qui ont été
soulevées, qui furent déclenchées à ce
sujet-là il y a quelques années et je pourrais dire que c'est un
privilège jalousement défendu par les centrales syndicales de
garder secrètement le nombre de leurs effectifs à cause,
justement, des luttes intersyndicales ou de la concurrence qui se fait entre
les différentes centrales syndicales.
A tout événement, je dois répondre affirmativement
que le ministère du Travail n'a pas, à l'heure actuelle, de
statistiques donnant le nombre exact de syndiqués dans chacun des
syndicats et qu'il ne connaît pas les rapports financiers de chacun des
syndicats et qu'il ne sait pas quelle est la proportion des cotisations qui
demeurent dans la province de Québec et la proportion qui s'en va
à l'étranger. Nous n'avons pas ces statistiques et actuellement
la loi ne nous permet pas d'exiger des syndicats qu'ils nous fournissent de
tels rapports.
M. JOHNSON: D'autre part, Ottawa les a ces statistiques...
M. FORTIN: Je ne crois pas. Je ne crois pas qu'Ottawa les ait.
M. JOHNSON: ... pour le Canada et je serais bien étonné
qu'Ottawa ne les possède pas par région ou par province.
M. FORTIN: Je suis positif qu'Ottawa ne connaît pas les rapports
financiers des unions internationales.
M. JOHNSON: M. le Président, il y a une loi à
Ottawa...
UNE VOIX: Quelle loi?
M. JOHNSON: ... qui les oblige à déposer un état et
le rapport dont je faisais mention tantôt en est un qui a paru dans les
journaux...
M. FORTIN: Est-ce qu'Ottawa a exercé son pouvoir?
M. JOHNSON: Oui, le service approprié à Ottawa, le service
en question a publié un rapport récemment établissant, ce
que je disais tantôt, que 70% des syndiqués du Canada
étaient des affiliés d'unions américaines, qu'ils
versaient à des bureaux américains une somme de $22 millions et
quelques cents mille dollars, mais que, par ailleurs, un montant de $10
millions avait été payé au Canada par ces centrales
américaines pour venir en aide à leurs
membres qui étaient en grève. Alors, je demande au
ministre: y a-t-il au ministère des statistiques, au gouvernement
provincial si l'on veut, des statistiques équivalentes? Le
ministre vient de me répondre qu'il n'y en a pas, pour une bonne raison
c'est que nous n'avons pas de loi obligeant les syndicats à nous faire
rapport. Mais je dis au ministre qu'il y a une entente, une loi
générale qui prévoit qu'Ottawa doit fournir à la
province certaines statistiques. Je crois qu'il serait d'intérêt,
pour fins de planification, pour toute autre fin, que l'on peut deviner, que le
gouvernement provincial obtienne ces statistiques sur le nombre de
syndiqués d'unions internationales, d'unions locales ou d'unions
purement canadienne, comme c'est le cas de la CSN.
Les amis du ministre de la Justice pourraient certainement le renseigner
là-dessus, avec les bonnes relations qui existent entre le ministre de
la Justice et la CSN, on pourrait avoir des renseignements très
facilement, et je suggère au ministre du Travail de charger le ministre
de la Justice de communiquer avec M. Marcel pépin et M. Sauvé qui
se feront un plaisir farouche de venir renseigner le ministre de la Justice sur
des questions que je considère extrêmement importantes, et le
ministre comprendra pourquoi.
M. le Président, l'amendement à l'article 3 a
été rendu nécessaire ou opportun pour coordonner tout
notre système de rentes, à cause de cette nouvelle
législation, le bill 50 et les autres bills qui lui sont corollaires. Il
est un aspect du problème des rentes qui intéresse beaucoup de
membres dans cette province, beaucoup de contribuables dans cette province,
c'est celui de l'entraide; l'entraide telle qu'exercée par certaines
sociétés, entre autres la Société St-Jean-Baptiste.
Je me demande s'il n'y aurait pas lieu d'étudier l'opportunité
d'établir, je ne dis pas un contrôle, mais d'établir une
certaine surveillance sur ce système d'entraide.
M. FORTIN: Vous voulez parler des cercles des philanthropes.
M. JOHNSON: Oui, bien il y en a qui appellent ça des cercles de
philanthropes, il y en a qui appellent ça l'entraide; M. le
Président, ce système on le connaît. Il consiste à
former un groupe d'un nombre déterminé d'individus qui s'engagent
à l'occasion de la mort de l'un ou l'autre des membres à payer
une cotisation de $1.
Il n'y a ni fonds de réserve; il n'y a aucune base actuarielle.
Ça va très bien, pendant que ça marche, et, comme disait
la mère de Napoléon, pourvu que ça « doure »,
pourvu que ça dure! Alors, je me demande si, en fontion de toutes cette
législation concernant les rentes, on a songé à cet aspect
assez important actuellement du problème de bénéfice
à l'occasion d'un décès.
M. FORTIN: M. le Président, le chef de l'opposition vient de
soulever le fameux problème de ce qu'on appelle les cercles d'entraide
ou les cercles des philanthropes des sociétés St-Jean-Baptiste.
Je suis un peu au courant de ce problème parce que j'ai eu à
l'étudier au point de vue législatif, et je me souviens, comme
avocat, d'avoir eu de longues discussions avec le surintendant des assurances
et avec les conseillers juridiques du département des assurances, il y a
quelques années.
Le système des philanthropes, tel qu'il est organisé
à l'heure actuelle, si on l'étudié au point de vue
juridique, ne tombe pas sous la loi des assurances. C'est une espèce
d'association volontaire qui n'a même pas, je crois, d'incorporation.
C'est une contribution volontaire de citoyens. Les gens formant un groupe
à peu près de 1,000 personnes et ils versent $1 dans une caisse
et ils disent: la prochaine fois qu'un des membres du groupe
décédera, par un engagement d'honneur, nous verserons à
ses héritiers, aux personnes, non pas à ses héritiers,
mais aux personnes de sa famille que le groupe jugera avoir le plus besoin
d'argent, nous lui verserons $1,000. Et je suis un peu au courant de la
situation, parce que j'ai eu à plaider devant la cour Supérieure
à Sherbrooke une poursuite qui avait été dirigée
par les héritiers d'un défunt contre un cercle des philanthropes,
et le juge a déclaré que c'était une association purement
volontaire, qu'il n'y avait aucune obligation légale de la part de
l'organisme et que ceci ne tombait pas sous la loi des assurances.
C'est une espèce d'association bona fide, un engagement
d'honneur, ce qu'on appelle en anglais: un « gentlemen agreement »;
et personnellement, il y a quelques années, j'en ai discuté avec
le surintendant des assurances et on a même voulu, à un moment
donné, s'opposer à ces cercles de philanthropes. Le chef de
l'Opposition se souviendra que le cercle des philanthropes de la
Société St-Jean-Baptiste de Trois-Rivières est venu ici
à l'Assemblée législative et a réussi à
obtenir du premier ministre du temps, l'honorable M. Duplessis, une charte
spéciale pour le cercle des philanthropes de Trois-Rivières. Mais
je crois, à l'heure actuelle, que c'est le seul cercle de philanthropes
dans la province de Québec qui a une charte, et tous les autres
constituent des organisations bona fide.
Ceci a pris naissance à Sherbrooke, ce système, et
à Sherbrooke, à l'heure actuelle, nous avons le Cercle des
philanthropes qui est divisé en plusieurs groupes, groupes a, b, c, d;
à mesure que le groupe augmentait, quand ils étaient rendus
à 1,000, ils en formaient un autre. Tout ça va bien, ça va
bien jusqu'à présent, et j'abonde avec le chef de l'Opposition
que ceci n'a aucune base juridique, aucune base actuarielle. Cela a bien
été, parce que ç'a été organisé par
des gens d'un âge de 40,50,60 ans, mais à l'heure actuelle, tous
ces gens-là ont vieilli, et je ne voudrais pas faire d'affirmation sans
avoir vérifié certains dossiers, mais je crois qu'on commence
à tirer la langue un petit peu. Avant, quand une personne
décédait, on avait à contribuer à peu près 4
ou 5 fois par année, il y avait 4 ou 5 personnes dans le groupe qui
mouraient, ce qui coûtait $4 à $5 du $1.000, mais tout ce
groupe-là a vieilli et puis évidemment ça meurt un petit
peu plus rapidement. Je sais que certains groupes sont rendus à
contribuer, $8, $10 et $12par année, parce que dès qu'une
personne meurt, on va immédiatement porter à sa famille $1,000,
et le lendemain, le secrétaire envoie un avis à tous les membres
du groupe. Ils disent, il faut renflouer la caisse pour le prochain qui
décédera. C'est à peu près en bref le
système qui existe.
Maintenant, je crois qu'à l'heure actuelle, ces systèmes
d'organisation de bonne foi ou de gens qui s'engagent sur leur honneur, on ne
peut pas les en empêcher. Ca n'a aucune valeur, pratiquement ça
n'a aucune valeur juridique. Et en vertu d'un jugement de la cour
Supérieure, dans Boulanger vs le Cercle des philanthropes de la
Société St-Jean-Baptiste de Sherbrooke, le juge Mitchell a
déclaré que ça n'avait aucune valeur juridique et que
l'individu n'avait aucun droit contre le cercle des philanthropes.
Il s'était engagé; purement c'était un don de
charité. Alors je ne vois pas comment le gouvernement pourrait
intervenir dans ça.
M. JOHNSON: Qu'est-ce qui arrive quant au droit de succession, lorsque
le montant est payé?
M. FORTIN: Excusez-moi j'ai perdu la première...
M. JOHNSON: Qu'arrive-t-il au point de vue des droits de
succession...
M. FORTIN: Bien je crois...
M. JOHNSON: ... quand au moment de la mort ou tout de suite le lendemain
on va porter un chèque de $999? Moi j'ai assez peur que le ministre du
Revenu, notre spécialiste presse-citron, rentre là-dedans et
commence,...
M. FORTIN: Ce sont les inquiétudes habituelles du chef de
l'Opposition. On ne peut rien y faire.
M. JOHNSON: Ah mais, mes inquiétudes dans le domaine de la
taxation se sont avérées très fondées. Ah! il est
rendu dans les sacristies, dans les presbytères, dans les
cloîtres...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre.
M. JOHNSON: ... alors je vous assure que... M. le Président,
notre ministre du Revenu est un presse-citron. L'autre expression ne serait pas
parlementaire.
M. LESAGE: Qui est un presse-citron? M. JOHNSON: Le ministre du
Revenu.
M. LESAGE: Ah! il faudrait lui dire ça quand il est ici
parce...
M. JOHNSON: Ah! je le lui ai dit.
M. LESAGE: ... que le chef de l'Opposition se ferait presser autre
chose.
M. JOHNSON: Le député de Champlain lui a même dit
qu'il ferait patenter un presse-citron et qu'il l'appellerait Kierans et
ça se vendrait à travers la province.
M. LESAGE: C'est donc gentil de la part du chef de l'Opposition de
toujours faire des farces...
M. CADIEUX: On va sortir un citron qui va s'appeler Johnson.
M. FORTIN: Pourvu que la population profite du jus, c'est le
principal.
M. JOHNSON: Oui mais ça devient fatiguant de toujours se faire
presser.
M. FORTIN: Parce que le chef de l'Opposition n'a pas de
résistance.
M. JOHNSON: Ce n'est pas là le problème. Si tout le monde
avait ma résistance ça ne serait pas un problème. M. le
Président, je ne devrais pas parler de même au moment où je
donne des signes manifestes d'une grippe qui n'est pas du tout
intéressante. Mais, M. le Pré-
sident, je pose la question très sérieusement au ministre:
qu'arrive-t-il des droits de succession au moment où ce montant est
versé à la famille, au conjoint ou à l'allié le
plus proche du membre du groupe de philanthropes?
M. FORTIN: M. le Président, j'avouerai bien candidement au chef
de l'Opposition que c'est une question qu'il devrait poser au ministre du
Revenu car ce n'est pas ma spécialité. Cependant je dirai ceci:
c'est je crois ce qui a déjà été
décidé, que le montant que le cercle des philanthropes verse
à la famille, à un membre quelconque de la famille n'est pas un
droit résultant de l'héritier, de la succession de
l'héritier. Cela ne provient pas de sa succession, c'est une
charité qu'un groupe d'amis vient donner au membre qui en a le plus
besoin dans la famille et dans la cause que je vous citais tout à
l'heure c'était le mari qui avait poursuivi le cercle des philanthropes
à la suite du décès de son épouse qui, elle,
faisait partie de la section féminine de la Société
St-Jean-Baptiste et le cercle des philanthropes avait décidé de
donner l'argent à un enfant du premier mariage, je crois, si ma
mémoire est fidèle, de l'épouse
décédée qui était dans la misère.
Le mari a dit: « C'est moi qui en vertu du testament suis
l'héritier, je veux avoir le $1,000 » et c'est là que le
juge est intervenu et il a dit: « Ce n'est pas une question de
succession, ce n'est pas un droit acquis que vous avez de la succession contre
le cercle de philanthropes. C'est une organisation philanthropique purement
charitable ». Alors je ne crois pas, évidemment je n'irai pas
m'immiscer dans l'administration de mon collègue du ministère du
Revenu et donner en Chambre une opinion légale sur cette question mais,
puisque le chef de l'Opposition me pose la question, je crois que l'on ne peut
pas imposer de droits de succession sur ce montant puisque ceci ne
découle pas de la succession du décédé. C'est un
don charitable qui est fait par un groupe d'amis au membre de la famille qui en
a le plus besoin.
M. JOHNSON: Je remercie le ministre, ce sont quand même des
renseignements extrêmement intéressants.
Je pense bien que le jugement du juge Mitchell ne réglerait qu'un
aspect du problème puisqu'une autorité taxe la transmission des
biens et l'autre autorité, l'autorité provinciale, taxe des biens
reçus à l'occasion d'un décès. Alors le ministre
connaît évidemment la distinction et les conséquences que
cela peut apporter quand il s'agit d'apprécier une matière de
droit de succession.
M. le Président, vous me permettrez d'ouvrir une
parenthèse, pour une fois que j'ai un bon conseil d'un
député libéral qui m'envoie une note: « Prenez du
jus de citron, c'est fameux pour la grippe ».
M. PINARD: Mettez un peu de miel avec.
M. JOHNSON: Non! si le député de Richmond était
ici, je dirais: « ajoutez-y du gin ».
M. LESAGE: Oui.
M. BELLEMARE: Un petit blanc.
M. JOHNSON: Il me recommanderait de prendre du gin.
M. LESAGE: Du genièvre.
M. PINARD: Genièvre, pardon. Il a le droit de prescrire, mais il
n'a pas le droit d'en donner.
M. LESAGE: Non, non, du gin de genièvre. M.JOHNSON: M. le
Président, il y a aussi...
M. LESAGE: Beaucoup de gens l'appellent le gros gin.
M. JOHNSON: ... dans la province de nombreux clubs de placement sur une
base volontaire.
M. LESAGE: Qu'est-ce que ça vient faire avec ça?
M. JOHNSON: Bien, voici...
M. FORTIN: Est-ce qu'ils sont incorporés suivant la loi des
syndicats professionnels?
M. JOHNSON: ... le premier ministre va saisir le point que je voulais
illustrer.
M. LESAGE: Moi, je n'en ai pas de club de placement, je n'ai pas
d'argent.
M. JOHNSON: Mol non plus, je n'ai pas le temps. J'ai joué une
couple de fois à la Bourse puis ça m'a créé
beaucoup de problèmes.
M. LESAGE: Il n'a pas été chanceux, je sais, oui.
M. JOHNSON: Contrairement a d'autres politiciens...
M. LESAGE: Vous n'avez pas été chanceux.
M. JOHNSON: ... moi, j'ai joué ça ouvertement, je l'ai
admis publiquement, ça ne m'a pas aidé. Ceux qui jouent sous la
couverture, ceux qui jouent sous des...
M. LESAGE: Encore des insinuations anonymes.
M. JOHNSON: ... prête-noms n'ont pas de problème.
M. LESAGE: Des insinuations...
M. JOHNSON: Non, non, ce sont des vérités qu'il est bon de
rappeler. Je voulais dire au premier ministre et au ministre du Travail que ces
clubs de placement sont de belles initiatives volontaires, mais à un
moment donné...
M. FORTIN: Est-ce que le chef de l'Opposition pourrait les identifier
par un nom quelconque?
M. JOHNSON: Non, non, bien voici. Ces clubs-là portent toutes
sortes de noms, certains de ces clubs-là n'ont aucun nom. Mais ce qui
m'inquiète toujours dans ces clubs-là...
M. FORTIN: Non, mais, c'est parce que je ne saisis pas exactement de
quoi il s'agit.
M.JOHNSON: Bon, voici. Il s'agit d'un groupe d'amis qui, à un
moment donné, conviennent de verser $10 par mois ou $25 par mois et
là ils nomment entre eux un secrétaire, un
trésorier...
M. FORTIN: Ce qu'on appelle des unités économiques.
M. JOHNSON: Appelez ça comme vous voudrez, c'est un nom bien
distingué, bien huppé, pour ce qu'on appelle
généralement des clubs de placement. Et ces gens-là font
des placements à la Bourse et ces placements sont faits sous le nom de
l'un ou l'autre des membres du club.
M. PINARD: Ce sont des clubs d'éducation économique.
M. JOHNSON: C'est ce qui est arrivé dans une cause que je connais
bien; tout était acheté à mon nom et c'est moi qui
dût en porter la responsabilité dans le public, même si le
juge avait fait une erreur notoire. Moi je n'ai pas fait corriger l'erreur, je
ne m'appelle par M. Pearson, je n'ai pas appelé le commissaire pour lui
demander de corriger ça.
M. FORTIN: Que d'humilité!
M. JOHNSON: En temps et lieu, M. le Président, on verra ce qu'on
verra.
M. FORTIN: Ce n'était pas incorporé? M. JOHNSON: Non, du
tout.
M. FORTIN: Quelle imprudence de la part du chef de l'Opposition.
M. JOHNSON: Du tout. C'était imprudent politiquement, oui, de
laisser ça à mon nom...
M. FORTIN: Même légalement, c'était...
M. JOHNSON: Bien non, entre bleus, ce sont des gars honnêtes les
bleus, on n'a pas besoin de s'incorporer, les gars de l'Union nationale.
M. FORTIN: Puis c'est vous qui avez payé la note?
M. JOHNSON: Mais du moment où il y a des rouges là-dedans
on est mieux de s'incorporer je vous le jure. C'est un conseil d'ami que je
donne au ministre.
M. FORTIN: C'est vous qui avez payé la note?
M. JOHNSON: C'est moi qui l'ai payé politiquement.
M. PINARD: Les marchés de la Bourse étaient à la
baisse à ce moment-là sous l'Union nationale.
M. JOHNSON: Mais pour être bien honnête avec vous, M. le
Président, pour ne pas induire cette Chambre en erreur, il y avait trois
rouges notoires dans le club.
M. LALONDE: Non? Dites-moi pas!
M. JOHNSON: Mais je pense que le ministre devrait songer à
établir certaines règles minimales. Deuxièmement, il
devrait encourager ces gens-là à s'incorporer en syndicat. Vous
savez les initiatives volontaires, nous en
sommes, mais quand le montant d'argent commence à être
très intéressant, il y a le danger, et c'est arrivé
déjà, que l'un des partenaires ait moins de scrupules que
d'autres.
Il peut arriver qu'il oublie l'amitié et se lance dans des
spéculations qui sont dommageables aux autres membres du club sans que
ceux-ci n'aient aucun recours valable puisqu'il n'y a pas de base juridique
reconnue, il n'y a pas de relation clairement établie au point de vue
juridique entre les divers membres du club.
M. FORTIN: Le chef de l'Opposition reprend son siège? Je voudrais
soulever un point de règlement. Je voudrais savoir du chef de
l'Opposition quel projet de loi il discute à l'heure actuelle. Nous
sommes à étudier la Loi des syndicats professionnels,
c'est-à-dire la loi prévoyant des syndicats organisés afin
que cette loi, c'est-à-dire que la Loi des rentes s'applique à
ces syndicats.
Là, le chef de l'Opposition est à discuter du cas de gens
qui ne sont pas incorporés et qu'il faudrait peut-être
protéger ces pauvres personnes qui ne sont pas encore
incorporées. Il aurait peut-être pu discuter de ce
problème-là lorsque les trois bills concernant les rentes ont
été discutés et dire que le gouvernement devrait voir
à empêcher ces gens de s'organiser de cette façon ou
d'établir des systèmes de rentes ou des systèmes
d'assurances, mais je ne vois pas ce que ça vient faire ici dans la Loi
des syndicats professionnels.
M. JOHNSON: A ce compte-là, il y a à peu près
vingt-cinq minutes que je suis hors d'ordre. Le ministre vient de s'en
apercevoir.
M. FORTIN: C'était intéressant de connaître un peu
les expériences du chef de l'Opposition, mais comme elles ne semblent
pas être profitables à l'heure actuelle à la province, je
crois que c'est hors d'ordre.
M. BELLEMARE: Ce n'est pas tout à fait hors d'ordre, si le
ministre me permet, parce qu'il est question dans l'article de toutes les
caisses futures de placement, les caisses de secours, les caisses
d'Indemnité, les caisses de retraite, et il est question de ça
dans l'article.
M. FORTIN: Si c'est en vertu de la loi des syndicats professionnels.
M. BELLEMARE: Oui, c'est sûr, mais seulement ce que le chef de
l'Opposition a discuté au point de vue de toutes les autres caisses,
pourrait rentrer dans le cadre des possibilités, parce que l'amendement
déclare que c'est la Régie des rentes maintenant et non plus le
lieutenant-gouverneur, sous la recommandation du Secrétaire de la
province, qui va autoriser ces placements-là. Cela va être
plutôt maintenant la Régie des rentes qui va «
décréter » les caisses de retraite, les caisses
d'indemnité ou les caisses de secours qui vont opérer. Alors, je
ne pense pas que le chef de l'Opposition pourrait être trop
chicané à mon sens. Je comprends que le ministre trouve le temps
long. Il avait un petit bill et ça va le rallonger un peu.
M. FORTIN: Il me fait bien plaisir de discuter avec le chef de
l'Opposition et le député de Champlain surtout quand le
député de Champlain vient au secours du chef de l'Opposition, ce
qui n'arrive pas souvent.
M. BELLEMARE: Je n'ai pas compris celle-là.
M. FORTIN: J'ai dit que ça me fait plaisir de discuter de
législation avec le chef de l'Opposition et avec le député
de Champlain et surtout ça m'amuse quand je vois que le
député de Champlain vient au secours du chef de l'Opposition.
M. BELLEMARE: Il n'a pas besoin de moi, c'est un bon juriste.
M. FORTIN: Est-ce qu'il y a un point d'ordre?
M. JOHNSON: Oui, oui. Je voudrais dire au ministre que dans mon parti,
comme dans celui du premier ministre, il y a une espèce de
solidarité jusque dans l'interprétation de nos
déclarations. Je pense, par exemple, au ministre des Affaires
municipales, qui le lendemain a interprété le discours fait la
veille par le premier ministre à Laval-sur-le-Lac. Ah! je vous assure
que la mise au point était claire et ses discours ne l'étaient
pas.
M. FORTIN: Après ce brillant plaidoyer, après le brillant
plaidoyer du chef de l'Opposition, je vais lui répondre. En ce qui
concerne...
M. JOHNSON: Non, non.
M. BINETTE: Il ne veut pas qu'on lui réponde.
M. FORTIN: Est-ce que la dissension est revenue?
M. BELLEMARE: J'aime bien mon siège pour ça, je me sens
familier.
M. JOHNSON: Ce n'est pas le député de Laurier que j'ai
ici, c'est le député de Champlain.
M. le Président, le député de Champlain avait
raison d'interpréter mes paroles. C'est dorénavant la
Régie des rentes et la Caisse de dépôt qui vont surveiller
l'application de tout ce qui s'appelle pension ou indemnité à
l'occasion de la mort. De plus en plus, on s'en va vers ça, et l'article
à l'étude actuellement, l'article 4 transfère la
responsabilité à ce nouvel organisme.
A-t-on raison de le faire, à priori M. le Président, je
suis prêt à l'admettre qu'il faut une certaine coordination de
tout ce qui s'appelle, rente, prime au décès indemnité
à l'occasion du décès. Il faut mettre de l'ordre dans
toutes ces initiatives louables, mais qui doivent quand même être
guidées par des principes sûrs et nous présumons toujours
que le régime de rentes, c'est-à-dire la régie et la
caisse de dépôt seront dirigées par des gens
compétents qui verront à mettre de l'ordre sans
nécessairement courber un peu trop l'initiative et la bonne
volonté de nos gens. Mais je ne comprends pas exactement pourquoi le
gouvernement n'en a pas profité pour mettre de l'ordre dans ce domaine
des pensions ou des rentes payables aux employés et aux officiers des
unions internationales. Cela aurait été l'occasion, je pense
bien, ici dans cette loi des syndicats professionnels de prévoir pour
toute organisation ou toute personne faisant partie d'une organisation
l'obligation de se soumettre à la surveillance du régime de
rentes provinciales.
M. FORTIN: M. le Président, en ce qui concerne les unions
internationales, il y a d'abord un principe que nous devons respecter, c'est la
liberté de l'ouvrier d'appartenir au x syndicats de son choix. Or
à l'heure actuelle dans la province de Québec nous avons deux
grandes centrales syndicales, une centrale je devrais dire
québécoise ou même canadienne, et une autre centrale que
l'on appelle centrale internationale. Ce sont des syndicats qui ont pris
naissance dans la province de Québec et qui sont affiliés
à des unions, à des fédérations américaines.
Or, ces ouvriers sont libres dans la province de Québec d'adhérer
aux syndicats de leur choix, et lorsqu'ils entrent dans ces syndicats, ils
savent qu'ils ont des cotisations à payer, ils connaissent les
obligations financières, monétaires auxquelles ils s'engagent et
si nous obligions ces syndicats à s'incorporer suivant la loi des
syndicats professionnels par le fait même ce serait la mort de toutes ces
unions internationales parce que ça viendrait en contradiction avec leur
constitution internationale. Alors je crois qu'il y a un principe
supérieur à l'heure actuelle que nous devons respecter, c'est la
liberté de l'ouvrier d'appartenir au syndicat de son choix et si nous
obligions tous ces gens à s'incorporer, automatiquement nous briserions
tout l'organisme international.
M. JOHNSON: M. le Président, le ministre vient d'énoncer
une proposition à laquelle je ne peux souscrire...
M. LESAGE: C'est de votre affaire.
M. JOHNSON: Quand le ministre dit: sinous obligions les unions
internationales à s'incorporer, ça serait la mort des unions
internationales parce que c'est contre leur constitution.
M. LESAGE: Oui, mais est-ce que je pourrais poser une question au chef
de l'Opposition?
M. JOHNSON: Je voudrais demander une question avant, le premier ministre
aura son tour.
M. LESAGE: Non, non, c'est une question que je voudrais poser au chef de
l'Opposition. Pourquoi est-ce que les députés de l'Opposition,
lorsque nous avons étudié le Code du travail, ont tellement
insisté, justement à cause du fait que vient de mentionner le
chef de l'Opposition, que les corporations, c'est-à-dire les unions
internationales refusent de s'incorporer sur la reconnaissance possible des
unions non incorporées en les désignant sous le nom de
unité reconnue ou quelque chose comme ça.
M. FORTIN: Dans le bill bona fide.
M. LESAGE: Oui, bona fide. Pourquoi? Est-ce que l'Opposition a
changé d'idée?
M. JOHNSON: Non, non... M. BELLEMARE: Du tout.
M. LESAGE: Non, bien alors vous parlez d'un coin de la bouche d'une
manière.
M. BELLEMARE: Non, non. Ce n'est pas le même principe que...
M. LESAGE: Cela dépend du bill.
M. JOHNSON: Non, non. M. BELLEMARE: Non, non.
M. JOHNSON: M. le Président, je ne dis pas que les unions
internationales ne devraient pas avoir,.,
M. LESAGE: Cela dépend du bill alors.
M. JOHNSON: ... droit de cité dans la province de Québec,
ni au Canada.
M. LESAGE: Cela dépend du bill.
M. JOHNSON: Je ne dis pas ça.
M. BELLEMARE: Bien voyons donc!
M. JOHNSON: Il faut respecter la liberté des ouvriers...
M. LESAGE: Bon, bien, alors!
M. JOHNSON: ... d'adhérer à l'un ou l'autre
syndicat...
M. LESAGE: Alors?
M. JOHNSON: ... et d'essayer d'occire à ce moment-ci les unions
internationales, M. le Président, ce serait commettre un crime
impardonnable. Mais ça ne veut pas dire que les unions internationales
opérant ici dans la province ne devraient pas s'aligner avec les autres
corps intermédiaires, les autres groupes de pression et les autres
contribuables sur les lois et règlements qui les régissent. Alors
pourquoi...
M. LESAGE: Mais non, mais vous exigez qu'on reconnaisse ce droit
à la non incorporation dans le Code du travail.
M. BELLEMARE: Bien non, bien non! On n'a jamais dit ça.
M. LESAGE: Bien voyons donc!
M. BELLEMARE: Non, ce n'est pas ça qu'on disait non plus. Ce
n'est pas ça, pas du tout. Le premier ministre est complètement
à côté. Quand il était question d'association qui
comprend un syndicat professionnel, une union de tels syndicats, un groupement
de salariés ou d'employeurs et tous ceux-là bona fide,
c'était ça qu'on voulait faire mettre dans la loi.
M. LESAGE: Oui, un groupement d'employés, alors ça,
ça veut dire qui n'ont pas besoin d'être incorporés.
M. BELLEMARE: Pas du tout, pas du tout, M. le Président. Il y a
eu tellement de jurisprudence à ce sujet-là devant les cours de
justice au sujet du bona fide...
M. JOHNSON: C'est ça!
M. BELLEMARE: ... que ceux qui sont de bonne foi et ceux qui ne le sont
pas, entre les associations groupant ces gens-là, que nous avons
demandé à ce moment-là pour éviter la
répétition de crimes contre les unions ouvrières...
M. LESAGE: De quoi?
M. BELLEMARE: De crimes qui se sont commis sûrement, sur la place
politique.
M. LESAGE: Quoi?
M. BELLEMARE: Et j'en ai eu connaissance en certaines circonstances et
c'est pour ça qu'on disait, M. le Président, «Nous
voulons... »
M. LESAGE: Vous avez été témoin de crimes sur la
place publique et vous ne les avez pas dénoncés!
M. BELLEMARE: Et des erreurs monumentales qui ont été
commises...
M. LESAGE: Ah, ah!
M. BELLEMARE: ... dans l'interprétation de la loi dans le domaine
ouvrier. Et c'est pour ça qu'on a demandé que le bona fide
demeure dans la loi. Il y était et on a demandé qu'il y demeure
pour empêcher la répétition de certaines erreurs graves et
qui nous ont protégés dans le temps. C'est ça qu'on
voulait garder.
UNE VOIX: Les erreurs graves qu'on n'a pas commises!
M. FORTIN: M. le Président, je crois que le député
de Champlain fait une grave erreur au point de vue juridique. Le fait que le
mot bona fide soit dans la loi, il l'était dans la Loi des relations du
travail. Il ne l'est plus dans le Code du travail. Ce n'est pas le mot bona
fide qui donnait l'incorporation à une union non incorporée.
Voyons.
M. JOHNSON: Bon! Le ministre répond au premier ministre. Je le
remercie. C'est ce que j'allais dire.
M. LESAGE: Bien non!
M. FORTIN: Bien, le premier ministre a dit exactement la même
chose que ce que je répète.
M. LESAGE: Bien oui!
M. FORTIN: C'est que l'ancienne Loi des relations de travail
prévoyait deux sortes d'unions: les unions incorporées suivant la
Loi des syndicats professionnels et les unions bona fide qui n'étaient
pas incorporées. Et c'est tellement vrai qu'il y a eu des amendements au
Code de procédure civile...
M. LESAGE: C'est ça!
M. FORTIN: ... qui permettaient de poursuivre une union qui
n'était pas incorporée. Et par la suite il y a un autre
amendement permettant à ces unions non incorporées de poursuivre.
Et dans le Code du travail, l'an dernier, nous avons maintenu cette distinction
ou ce droit si vous voulez, à des unions d'être incorporées
ou de ne pas être incorporées. Lorsque l'on prend les
définitions de l'Association dans le Code du travail, le terme est
très vaste et très général et ça couvre les
unions incorporées comme les unions non incorporées. Et nous
avons fait disparaître le mot bona fide parce qu'après avoir
étudié tous les auteurs et toutes les jurisprudences, franchement
cette expression-là, une expression du droit européen,
français ou belge, n'avait pratiquement pas de signification...
M. BELLEMARE: Ah non!
M. FORTIN: Et nous l'avons enlevée...
M. BELLEMARE: Le Conseil supérieur du travail ne disait pas
ça!
M. FORTIN: ... et nous avons mis le mot, je ne me souviens pas
exactement du terme, le mot « association ». Mais le
député de Champlain se souvient, nous avons eu une discussion
l'an dernier à ce sujet-là.
M. BELLEMARE: Oui, oui, j'ai cité, à ce moment-là,
les déclarations du Conseil supérieur du travail qui disait de le
conserver.
M. JOHNSON: C'est vrai.
M. FORTIN: Mais même si on l'avait... le mot « bona fide
», nous n'avons pas conservé cette expression mot à mot de
bona fide, mais l'expression française que nous avons mise dans le Code
du travail couvre exactement le même système juridique
d'associations incorporées et d'associations non incorporées.
Alors, l'an dernier, le chef de l'Opposition et le député de
Champlain, enfin l'Opposition était d'accord avec nous de garder ce
système, cette liberté des unions internationales de ne pas
s'incorporer en vertu de la Loi des syndicats professionnels. Et encore une
fois, ce n'est pas le mot bona fide qui apporte la différence dans
ça.
M. BELLEMARE: Nous ne recommencerons pas tout le débat, M. le
Président, du Code du travail, je pense que ce serait trop long ce soir,
mais je dis au ministre que l'expression bona fide telle qu'elle a
été débattue l'an passé, ce n'est pas dans le sens
qu'il l'interprète ce soir. Je respecte son opinion, mais je dis qu'au
moment où nous avons discuté l'expression bona fide du
travailleur et de l'association reconnue, c'était celle qui était
de bonne foi. Et ça, M. le Président, c'était important
dans les relations du travail, celles qui agissent de bonne foi et puis celles
qui ne le sont pas. Et c'est ça qui était toute l'argumentation
de l'année dernière et pas la discussion qu'amènent
aujourd'hui l'honorable premier ministre et le ministre du Travail entre
l'acceptation que nous étions en faveur de l'incorporation des unions
internationales et qu'aujourd'hui nous n'en sommes plus; au contraire, au
contraire.
Mais il y a une grande différence, par exemple, entre les
accusations qui ont été portées malheureusement dans cette
Chambre par un premier ministre tel qu'il l'a fait il y a quelque temps et
celle que nous avons portée, nous; elles sont bien différentes.
C'est malheureux qu'un premier ministre, comme disent les unions
internationales, ait eu des expressions aussi...
M. LESAGE: Quoi? Voyons donc!
UNE VOIX: Lesquelles?
M. BELLEMARE: C'est, M. le Président...
M. LESAGE: M. le Président, depuis quand est-ce qu'on a le droit
de...
M. BELLEMARE: Revenir sur un débat antérieur.
M. LESAGE: ... revenir sur un débat antérieur?
M. BELLEMARE: Merci. Mais que le premier ministre ne nous amène
pas là, M. le Président, parce que nous allons...
M. LESAGE: Je n'ai pas dit un mot... M. LE PRESIDENT: A l'ordre,
messieurs.
M. BELLEMARE: C'est vous, M. le Président...
M. LESAGE: M. le Président, je n'ai pas dit un mot. J'ai
parlé du Code du travail.
M. BELLEMARE: Il dit: on a ça dans un coin de la bouche, puis
dans l'autre coin de la bouche c'est une autre affaire, vous ne l'avez pas
entendu?
M. LESAGE: C'est ça, bien oui. M. BRISSON: C'est ça.
M. BELLEMARE: Et après ça, il dit qu'il n'en a pas
parlé: ah non, ce n'est pas moi! ah non, je n'ai pas dit! je n'ai rien
fait, moi, non, non! Mais c'est lui, par exemple, qui part presque toujours des
chicanes, M. le Président.
M. LESAGE: He, hé! vous aviez promis que vous ne vous
fâcheriez pas aujourd'hui.
M. BELLEMARE: Non, je ne me choque pas, M. le Président.
M. LESAGE: Non, mais vous êtes mal parti là.
M. BELLEMARE: Non, non, je reviens...
M. LESAGE: Vous avez promis ça cet après-midi.
M. BELLEMARE: Ah, je n'ai jamais promis ça au premier
ministre.
M. LESAGE: Vous m'avez dit que je ne réussirais jamais, ça
m'a l'air que c'est facile je n'ai qu'à me taire pour qu'il se
fâche.
M. BELLEMARE: Je ne me suis pas choqué du tout. M. le
Président, je dis que le premier ministre, l'honorable premier ministre
quand il dit qu'on a ça de même dans un coin de la bouche et puis
à l'autre bout une autre...
M. LESAGE: C'est vrai à part de ça, ça vous arrive
souvent.
M. BELLEMARE: Bien, il dit que c'est vrai, c'est encore pire. Il
n'admettra pas qu'il a eu des propos malheureux contre les unions
internationales...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, à l'ordre. Article 3.
M. BELLEMARE: Article 3, oui, je reviens, M. le Président. Je
reviens, M. le Président, et je dis que cet article, est-ce que le
ministre pourrait nous dire quand il dit: l'article 9 de ladite loi est
modifié. Je regarde dans la loi des syndicats professionnels, à
l'article 9, et il est question: « Aucun changement de nom fait en vertu
des articles 7 et 8 n'apporte des modifications. » Je comprends que
ça doit être l'article 9 des Statuts refondus de 1964.
M. FORTIN: C'est ça.
M. BELLEMARE: Alors, ça réfère à l'article 6
ou 13, je ne sais pas trop. Est-ce que le ministre pourrait me donner l'article
sur lequel l'article 9 pose un principe aujourd'hui, là?
M. FORTIN: L'article 9 qui est dans les Statuts...
M. BELLEMARE: Dans le chapitre 162 est à quel article?
M. FORTIN: Bien, écoutez là, je n'ai pas l'ancienne Loi
des syndicats professionnels des Statuts de 1941, mais d'après les notes
explicatives, l'article 9 des Statuts refondus de 1964 reproduit l'article
6...
M. BELLEMARE: Bon bien, l'article 6, M. le Président, c'est que:
« ... c'est déposer leur marque ou label... c'est de passer avec
les autres syndicats... des contrats... », ce n'est pas l'obligation du
Secrétaire de la province de faire rapport au lieutenant-gouverneur en
conseil pour avoir l'autorisation. L'article 6: « Les syndicats
professionnels ont le droit d'ester en justice, d'acquérir des
immeubles...
M. FORTIN: Bon, à tout événement, M. le
Président...
M. BELLEMARE: ... d'administrer... », et l'article 13, c'est:
« à l'égard des sociétés... caisses
spéciales, sont tenus...
M. FORTIN: Si le député de Champlain le permet?
M. BELLEMARE: Oui, certainement.
M. FORTIN: C'est une discussion purement théorique.
M. BELLEMARE: Non, non, mais je voudrais bien trouver la
référence.
M. FORTIN: Ce qui est important, c'est de prendre le chapitre 146, qui
s'appelle: « Loi des syndicats professionnels des Statuts refondus de
1964. »
M. BELLEMARE: On ne l'apas. Pas 1964. M.JOHNSON: On ne l'a pas.
M. FORTIN: Vous en avez une copie là. Tout à l'heure vous
en aviez une copie.
M. BELLEMARE: Une copie des Statuts refondus de 1964? Bien voyons donc,
pas 1941.
M. FORTIN: Le chapitre...
UNE VOIX: Vous l'avez eue cet après-midi.
M. FORTIN: Vous en aviez une cet après-midi.
M. BELLEMARE: Non, non, l'honorable ministre de la Justice a fourni
ça quand on a étudié la loi des tribunaux judiciaires,
mais pas celle-là, pas celle-là. On ne l'a pas, on ne l'a jamais
eue.
M. FORTIN: Excusez-moi, je croyais que le député de
Champlain en avait une.
M. LESAGE: Non, il y a seulement le ministre qui l'a eue.
M. BELLEMARE: Bon, alors, je voudrais bien trouver la
référence...
M. FORTIN: Alors, est-ce que le député de Champlain me
permettrait de lui dire, je vais lui lire les...
M. LESAGE: Non, non, mais vous allez trouver la concordance.
M. FORTIN: Bien, il prétend que la concordance n'est pas
bonne.
M. LESAGE: Bien non, ce n'est pas le même numéro, c'est
évident.
M. FORTIN: Non, c'est entendu, mais d'après les notes
explicatives, l'article 9 reproduit l'article 6 de l'ancienne loi.
M. LESAGE: C'est l'article 6 de la loi que vous avez en mains,
là.
M. BELLEMARE: Ce sont toutes les conditions des sujets qui sont en
vigueur, établir et administrer...
M. FORTIN: Ecoutez là! L'article 9 de la loi de 1964 commence par
ces mots: « Les syndicats professionnels ont le droit de citer en justice
et d'acquérir à titre gratuit ou à titre onéreux,
etc ».
M. BELLEMARE: Bon.
M. FORTIN: Quel article est-ce?
M. BELLEMARE: C'est ça, c'est l'article 6.
M. FORTIN: Bon, eh bien c'est ça.
M. BELLEMARE: Mais ce n'est pas celui qui permet, qui donne
l'approbation...
M. LESAGE: Attendez.
M. BELLEMARE: ... par le lieutenant-gouverneur en conseil.
M. LESAGE: Attendez.
M. FORTIN: Le député de Champlain veut-il regarder le
paragraphe premier de l'article 9?
M. BELLEMARE: Regarder le premier de 9?
M. FORTIN: Oui: Etablir et administrer. Lisez un petit peu plus bas,
là, sept ou huit lignes plus bas: « Qui doit...
M. BELLEMARE: A l'article 9 ou le sous-amendemont 9?
M. FORTIN: Mais non. Dans le livre que vous avez, vous prenez l'article
6, paragraphe 1, premièrement.
M. BELLEMARE: Oui.
M. FORTIN: Il commence: « Etablir et
administrer des caisses spéciales d'indemnités aux
héritiers...
M.. BELLEMARE: Oui, mais il n'est pas question dans ça du
Secrétaire de la province...
M. FORTIN: Oui, sept ou huit lignes plus bas, là.
M. BELLEMARE: Oui.
M. FORTIN: Qui doivent être régies exclusivement par les
statuts approuvés par le Secrétaire de la province...
M. BELLEMARE: Oui...
M. FORTIN: ... sur la recommandation du surintendant des assurances.
M. BELLEMARE: Oui, oui.
M. FORTIN: ... eh bien nous enlevons ça, ces mots-là et
nous remplaçons ça par: régie des rentes.
M. BELLEMARE: Merci. Je confesse mon erreur.
M. FORTIN: Vous avez l'absolution sans condition.
M. BELLEMARE: Très bien.
M. PINARD: Allez, ne péchez plus!
M. BELLEMARE: C'est le ferme propos que j'ai le plus de la misère
avec mas péchés, moi. J'ai de la misère à regretter
fermement ce que je fais avec tant de plaisir.
M. PINARD: Alors, c'est passionnel votre affaire.
M. BELLEMARE: Pardon?
M. PINARD: C'est passionnel.
M. BELLEMARE: Sadique!
M. LESAGE: Ce sont des péchés d'habitude.
M. LE PRESIDENT: Article 3, adopté?
M. BELLEMARE: Mais on regrette ça difficilement, ce qu'on fait
avec tant de « fun » des fois.
M. LESAGE: Tiens, tiens, tiens.
M. LE PRESIDENT: L'article 3 est-il adopté?
M. BELLEMARE: L'article 3, un instant. M. PINARD: Article 3
adopté.
M. JOHNSON: Alors, le Secrétaire de la province, le
député de Matapédia, dort. On lui enlève encore
d'autres plumes.
M. FORTIN: Non, mais c'est pour lui donner le temps de s'occuper
d'autres lois.
M. LESAGE: Il a tellement de nouvelles responsabilités.
M. JOHNSON: Vous savez, le Secrétaire de la province avait
autrefois un département très important et petit à petit
on lui a arraché les plumes.
M. LESAGE: Bon, qu'est-ce que ça vient faire, M. le
Président?
M. JOHNSON: Mais oui.
M. LESAGE: Ce n'est pas parce qu'il a été reconnu comme
chez indien qu'on peut parler de ses plumes.
M. FORTIN: Pourquoi toujours vouloir le plumer comme ça?
M. JOHNSON: Pardon?
M. FORTIN: Pourquoi toujours vouloir le plumer comme ça?
M. JOHNSON: Vouloir le déplumer?
M. LESAGE: Il a droit à ses plumes. Il a été
reconnu, consacré grand chef d'une tribu indienne.
M. JOHNSON: Oui. Il y a M. Pearson, M. Kroutchev, et M. Arsenault.
M. LESAGE: Alors, ne les déplumez pas. M. FORTIN: Ce sont les
trois grands.
M. JOHNSON: C'est un gratte-papier formidable.
M. LESAGE: Non, non, non.
M. LE PRESIDENT: Article 3.
M. PINARD: Faites-en des généalogies comme lui, vous allez
voir.
M. BELLEMARE: Ah.
M. PINARD: Vous n'aurez pas le temps de venir en Chambre.
M. JOHNSON: M. le Président, ça, il faut reconnaître
au Secrétaire de la province une très grande compétence
dans le domaine de la généalogie. Comme me l'avait dit un jour
mon barbier, il dit: moi aussi j'ai fait faire mon arbre «
gynécologique » à l'institut Drouin.
M. LESAGE: Non! il faut admettre cependant qu'au point de vue des
Acadiens, le ministre, le Secrétaire de la province a fait un travail de
bénédictin.
M. JOHNSON: Mais ça m'a l'air que le Secrétaire de la
province a fait un excellent travail dont la qualité a été
reconnue par le Conseil de la vie française.
M. LESAGE: Oui.
M. JOHNSON: Et en retour, le Secrétaire de la province a vu
à ce que le Conseil de la vie française reçoive un octroi
substantiel. C'est formidable. Cela M. le Président, c'est l'alfa et
l'oméga,
M. LESAGE: Non, mais le Conseil de la vie française a toujours
reçu des octrois.
M. BELLEMARE: Mais pas si considérables.
M. LESAGE: Des subventions...
M. JOHNSON: L'octroi ou la subvention était plus important que
l'année où ils ont publié les deux volumes de
généalogie mais ne discutons pas ce point-là, c'est hors
d'ordre. Mais il reste que..»
M. LESAGE: Là, le chef de l'Opposition est à son
meilleur.
M. JOHNSON: M. le Président, il reste que le Secrétaire
provincial, comme disent les Anglais; « give the Devil his due »,
est un spécialiste en généalogie.
M. LESAGE: Certainement. Et le ministre a la patience, le talent.
M. JOHNSON: Le premier ministre va être extrêmement
intéressé d'apprendre ce qui suit. Il m'a dit
sérieusement, du moins il avait l'air sérieux...
M. LESAGE: Qui ça?
M. PINARD: Faites attention.
M. JOHNSON: Le Secrétaire de la province.
UNE VOIX: Ça lui arrive mais.
M. PINARD: Soyez prudent!
M. JOHNSON: Il a dit: « Vous descendez des Jeanson qui, lors de la
déportation des Acadiens sont allés aboutir dans le comté
de Cork en Irlande et vous êtes un Acadien ». Il m'a dit ça
à moi. Jusque là, ça allait bien mais il m'a dit: «
Vous êtes parent avec M. Lapalme ». Là, j'ai dit à M.
Arsenault: vous venez de vous faire deux ennemis.
M. LESAGE: Le chef de l'Opposition oublie sans doute que le
secrétaire de la province en outre de toutes ses qualités a
beaucoup d'humour.
M. JOHNSON: Oui, mais on ne sait jamais quand est-ce que c'est de
l'humour ou la vérité.
M. LESAGE: C'est tout un art. M. JOHNSON: Il est formidable
là-dessus. M. FORTIN: Surtout lorsqu'il rit des autres. M. BELLEMARE: Et
ça dépend de qui? M. LESAGE: De son interlocuteur.
M. JOHNSON: Il lui reste peu de temps pour rire des autres. Il en a
tellement à rire, il doit en prendre tellement à rire de
lui-même.
M. LESAGE: Ah! elle est facile.
M. JOHNSON: Ecoutez! M. le Président, c'est une porte que m'a
ouverte le ministre du Travail.
M. LESAGE: Là, le chef de l'Opposition a dit qu'il était
à son meilleur, tantôt j'ai dit qu'il était à son
meilleur mais là, il diminue; qu'il change de sujet.
M. LE PRESIDENT: C'est le temps de revenir à l'article 3.
M. FORTIN: Là: il n'est plus parent avec M. Lapalme.
M. BELLEMARE: Il imite bien M. St-Laurent.
M. JOHNSON: M. le Président, l'article 3, quant à
moi...
M. FORTIN: Ah! oui, c'est vrai, l'article 3.
M. JOHNSON: Cela me va.
M. LE PRESIDENT: Article, 3 adopté.
M. JOHNSON: L'article 4...
M. LE PRESIDENT: Article 4.
M. JOHNSON: ... je cède la parole au député de
Champlain qui s'est magnifiquement préparé pour l'étude de
ce bill qui nous est arrivé à la dernière minute comme
d'habitude.
M. BELLEMARE: M. le Président, l'article 4 c'est en vertu du bill
52 où il était dit: « La présente loi ne s'applique
pas, le bill qui vient du régime des rentes
supplémentaires la présente loi ne s'applique pas à
un régime supplémentaire auquel l'employeur, le salarié ne
verse aucune contribution ». Alors c'est là qu'il était
nécessaire de le dire, car l'article 2 de la Loi des régimes
supplémentaires de rentes décrète que sa loi ne s'applique
pas à un régime supplémentaire quand l'employeur ne
contribue pas et justement ici, en vertu de la correction qui en est faite dans
l'article 4, la Loi des régimes supplémentaires de rentes
s'applique maintenant, nonobstant selon l'article 2, aux caisses
spéciales établies et paragraphe 1 de l'article 9 de ces statuts
sont de régime, le 3e alinéa de l'article 42 et 45 ne s'applique
pas aux caisses...
M. le Président, est-ce que le ministre peut nous citer... le 3e
alinéa de l'article 42 et de l'article 45 décrètent que la
caisse forme un patrimoine, c'est sûr, confié à
l'administration de l'employeur et que seul un ou des employeurs, ou un
comité de retraite composé d'employeurs et salariés,
peuvent administrer un régime non assuré. Alors en excluant ces
deux dispositions des articles 42 et 45, je pense qu'on permet aux syndicats
professionnels d'administrer eux-mêmes leur caisse de retraite ou leur
caisse d'indemnité ou leur caisse de secours. Je pense que c'est
ça l'esprit de l'amendement qui est apporté.
M. FORTIN: C'est-à-dire qu'à l'heure actuelle les caisses
de retraite qui sont formées en vertu de la loi des syndicats
professionnels sont administrées exclusivement par les syndicats.
M. BELLEMARE: Oui, oui.
M. FORTIN: Mais comme, en vertu de l'amendement que nous apportons par
l'article 3 et l'article 4 de la présente loi, nous assujettissons les
caisses de retraites, propriétées exclusives des ouvriers, au
régime des rentes supplémentaires au bill 53, il fallait par
concordance exclure...
M. BELLEMARE: L'article 42.
M. FORTIN: ... les articles 42 et 45. Comme les employeurs ne
participent pas à ces caisses...
M. BELLEMARE: C'est ça.
M. FORTIN: Eh bien on déclare... d'ailleurs, il faut d'abord dire
au début que le bill 52, c'est pour des caisses de retraite où
employeurs et employés contribuent. Or, par exception, nous rencontrons
à l'heure actuelle en vertu de la loi des syndicats professionnels des
caisses de retraite où seuls les ouvriers collaborent.
Comme nous voulons faire administrer ces caisses de retraite
composées exclusivement d'ouvriers et administrées exclusivement
par des salariés, nous voulons les assujettir à la loi, au bill
52, qui prévoit des caisses d'employeurs et d'employés, il faut
apporter certaines modifications, exclure la participation de l'employeur dans
l'administration des caisses. C'est pour ça que par concordance, nous
disons que l'article 2 de la loi des régimes supplémentaires de
rentes ne s'applique pas ainsi que les articles 43 et 35. Les employeurs ne
peuvent pas...
M. BELLEMARE: Pas 43.
M. FORTIN: C'est-à-dire, excusez...
M. BELLEMARE: 45.
M. FORTIN: Oui, 42 et 45.
M. BELLEMARE: 42 et 45.
M. FORTIN: Nous ne pouvons pas, ce serait illogique, faire administrer
une caisse compo-
sée uniquement d'ouvriers, à laquelle seuls des ouvriers
participent, la faire administrer, cette caisse-là, uniquement par des
employeurs; ce serait absolument illogique. C'est le but de l'amendement.
M. BELLEMARE: Pas d'objection.
M. LE PRESIDENT: Article 4 adopté. Article 5.
M. BELLEMARE: Les articles 1 et 2, ce sont les articles qui changent le
nombre des membres et la contribution, la cotisation des syndiqués.
M. FORTIN: C'est ça.
M. BELLEMARE: Celle-là entre en vigueur le jour de sa
sanction.
M. FORTIN: Oui.
M. BELLEMARE: Quant au régime des rentes, il entrera en fonction
sur proclamation...
M. FORTIN: En même temps que toutes les...
M. BELLEMARE: En même temps que le régime des rentes, en
1966.
M. LESAGE: D'ailleurs on verra dans les autres bills qui vont venir que
c'est sur proclamation...
M. BELLEMARE: C'est pour ça que je dis que c'est la loi qui
concerne surtout lé régime des rentes. Très bien.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. CREPEAU (président du comité plénier): M. le
Président, je fais rapport que le comité a adopté le bill
53 sans amendement.
M. BEDARD (président): Troisième lecture adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Troisième lecture de ce bill. Third
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: Bill 64?
M. LESAGE: Non, je pense qu'avec le consentement unanime, le
député des Deux-Montagnes voudrait faire le rapport du
comité ad hoc qui a été formé sur la loi concernant
les fabriques.
M. BELLEMARE: Il a dû avoir du train là. M. LESAGE: Je n'ai
pas passé là.
M. BINETTE: M. le Président, j'ai l'honneur de présenter
le premier rapport du comité spécial chargé
d'étudier le bill 76 intitulé: « Loi des fabriques ».
Ce rapport a été adopté à l'unanimité par le
comité spécial.
M. JOHNSON: Qui siégeait au comité? M. BINETTE: Monsieur
le député de...
M. JOHNSON: Je connais les trois miens, mais...
M. LESAGE: J'ai compris que vous aviez nommé de votre
côté trois anciens marguilliers.
M. JOHNSON: Mais du côté des libéraux,
c'étaient des nouveaux marguilliers.
M. BINETTE: MM. Trépanier, O'Farrell, Vaillancourt et
moi-même.
M. JOHNSON: Est-ce que le député de Brome était
membre du comité?
M. LESAGE: Non, non plus que... On a pensé au
député de St-Louis puis à la fin on a pris le
député de Dorchester.
J'ai pensé qu'on pourrait avoir un rapport. Alors, M. le
Président, la loi des fabriques en comité.
M. LE PRESIDENT: M. Binette propose que je quitte maintenant le fauteuil
pour que la Chambre se forme en comité pour étudier le bill
numéro 76.
M. LESAGE: Il y a deux des membres du comité, des membres de
l'Opposition qui sont ici, le député de Yamaska et...
M. JOHNSON: Le député de Témiscouata.
M. LESAGE: ... le député de Témiscouata. De notre
côté, bien il y a le député de Stanstead, en tout
cas, il y a le président du comité.
M. CREPEAU (président du comité plénier): Bill
76.
M. LESAGE: Avez-vous gagné votre cause? M. BERTRAND: Oui.
M. LESAGE: Félicitations.
M. LE PRESIDENT: Bill 76, « Loi des fabriques ». « The
Fabrics Act ».
M. BINETTE: L'article 1 est adopté. M. JOHNSON: Un instant.
M. BINETTE: A l'article 1, il s'agit des définitions, ce qui
n'existait pas dans l'ancienne loi. Il n'y avait aucune définition et
ici dans le projet, nous avons établi celles qui étaient utiles
pour les fins de la Loi des fabriques.
M. JOHNSON: Le notaire député des Deux-Montagnes pourrait
peut-être nous renseigner.
M. BINETTE: Sur quoi?
M. JOHNSON: Quand ce bill sera en vigueur, le livre du sénateur
Jean-François Pouliot sera-t-il encore d'actualité?
M. BINETTE: Lorsque le bill aura été étudié,
et que le chef de l'Opposition l'aura très bien compris, il jugera par
lui-même.
M. JOHNSON: Non, mais écoutez un peu.
M. FORTIN: Il faudra une édition revue et corrigée.
M. JOHNSON: Moi j'ai autre chose à faire qu'à
étudier le droit de fabrique.
M. LESAGE: Il ne faudrait tout de même pas scandaliser. Le chef de
l'Opposition dit qu'il a autre chose à faire qu'étudier la loi
des fabriques. C'est ça qu'on fait actuellement.
M. LE PRESIDENT: C'est ça qu'il faut étudier ce soir.
M. JOHNSON: Ce n'est pas ça que je veux dire.
M. LESAGE: Ah! ce n'est pas ça que vous voulez dire.
M. JOHNSON: Le ministre m'a bien compris. Le ministre m'a dit: «
Quand la loi sera adoptée, lisez le volume du sénateur
Jean-François Pouliot et vous jugerez par vous-même s'il est
encore au point... Mais on a dû quand même...
M. BINETTE: Ce n'est pas ça que j'ai dit du tout.
M. JOHNSON: Non?
M. BINETTE: Absolument pas.
M. JOHNSON: Sérieusement, est-ce qu'on s'éloigne beaucoup
des principes exposés dans ce manuel de base dont nous nous servions
à l'université, le livre de l'avocat Jean-François
Pouliot, que le premier ministre connaît bien d'ailleurs?
M. BINETTE: Si on s'en éloigne beaucoup? Evidemment, M..
Jean-François Pouliot, dans son volume, dans son traité, parlait
de la loi qui existait à ce moment-là et il faisait même
des suggestions dans certaines remarques. Mais, actuellement, le projet que
nous avons devant nous est un projet qui n'existait pas lorsque le
Sénateur Pouliot a fait son traité. Alors, je présume
qu'il pourra remettre à jour son traité avec la nouvelle loi.
M. JOHNSON: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 1 adopté. Article 2?
M. JOHNSON: Il s'agit évidemment d'une simplification
radicale.
M. BINETTE: Considérable.
M. JOHNSON: Les commissaires pour l'érection civile.
M. BINETTE: ... n'auront plus aucune autorité, ne seront d'aucune
utilité. Il n'y aura plus besoin de commissaires. Le simple
décret de l'évêque constitue, crée la paroisse et la
fabrique.
M. JOHNSON: Même au point de vue civil?
M. BINETTE: Au point de vue civil, c'est ça.
M. JOHNSON: C'est une délégation des pouvoirs de l'Etat
à l'Eglise.
M. BINETTE: C'est une délégation jusqu'à un certain
point.
M. JOHNSON: Tandis qu'avec les commissaires pour l'érection
civile, c'étaient évidemment des fonctionnaires qui agissaient au
nom de l'Etat, et l'Etat se gardait, à ce moment-là, sa
juridiction en ce qui le concerne, le civil, et l'évêque, lui,
s'occupait des choses au point de vue religieux. Et voici que,
contrairement
à la tendance actuelle, contrairement à une foule de
législations adoptées par le gouvernement actuel, l'Eglise
reçoit de la part de l'Etat une délégation de pouvoirs
qu'elle n'avait pas autrefois.
M. BINETTE: Ce qui arrive ici c'est que le décret de
l'évêque est quand même publié dans la Gazette
officielle de la province de Québec par l'entremise du secrétaire
de la province. Et, ni plus ni moins, la province entérine la
décision ou le décret de l'évoque.
M. JOHNSON: Est-ce que ce décret de l'évoque est l'objet
d'un arrêté ministériel?
M. BINETTE: Non.
M. JOHNSON: C'est donc exact de dire qu'en doctrine là, on oppose
un précédent qui est à l'inverse de ce qu'on vient de
faire dans plusieurs autres domaines beaucoup plus importants, entre autres
celui de l'éducation où on a enlevé, où on tend
à enlever des pouvoirs à l'Eglise.
M. BINETTE: Je dois dire au chef de l'Opposition qu'autrefois les
paroisses religieuses étaient reconnues automatiquement sur le plan
civil.
M. FORTIN: Dans le Code municipal. Le précédent est
créé depuis longtemps.
M. JOHNSON: Non, non.
M. BINETTE: Cela fait longtemps que ça existe.
M. JOHNSON: Non, non, il y avait les commissaires à
l'érection civile. Ah c'était des gros personnages, mais c'est le
gouvernement qui est roi et maître dans ce domaine et nous n'avons pas
d'objection évidemment, je veux tout simplement rappeler à cette
Chambre que le gouvernement est très libéral dans certains
domaines, mais beaucoup moins dans d'autres.
M. LE PRESIDENT: Article 2 adopté?
M. PINARD: Et oecuménique dans d'autres.
M. LE PRESIDENT: Article 2 adopté. Article 3.
M. JOHNSON: Article 3. Cela va.
M. LE PRESIDENT: Article 3 adopté. Article 4.
M. BINETTE: Article 4, ce sont les pouvoirs de l'évêque. Ce
qu'il y a de nouveau dans le Code ce sont les paragraphes, E, F, G et Il. Ces
pouvoirs existaient pour l'évêque dans le droit canonique, et on
les met ici dans la Loi des fabriques.
M. JOHNSON: Comment concilie-t-on les pouvoirs qu'on accorde à
l'évêque dans l'article 4 relativement aux cimetières, avec
la loi qu'on nous a fait adopter l'année dernière concernant
l'expropriation des cimetières? On se souvient que l'année
dernière...
M. LESAGE: Un cas spécial.
M. JOHNSON: Mais la loi n'était pas limitée à un
cas spécial.
M. LESAGE: Non, non, c'était la Loi des cités et villes.
Il me semble que c'était la Loi des cités et villes qui
permettait l'expropriation.
M. JOHNSON: Il s'agissait, si j'ai bonne mémoire, du
cimetière juif sur le Chemin Ste-Foy.
M. LESAGE: Oui, pas sur le chemin Ste-Foy, sur le boulevard St-Cyrille,
mais dans Ste-Foy.
M. JOHNSON: Sur le boulevard St-Cyrille,là où il y a un
rétrécissement...
M. LESAGE: Un rétrécissement, il y a une lumière
jaune clignotante, avant d'arriver au poste de télévision que le
chef de l'Opposition connaît bien.
M. JOHNSON: Il s'agissait de toute façon du cimetière
juif. Quelle est? je n'ai pas compris la dernière remarque du premier
ministre.
M. LESAGE: Non, non, j'ai dit juste avant d'arriver...
M. JOHNSON: Remarquez, M. le Président, quand je ne
réponds pas au premier ministre ce n'est pas parce que je n'ai pas de
réponse; c'est parce que je n'ai pas saisi sa remarque.
M. LESAGE: Non, non j'ai dit purement et simplement pour situer le chef
de l'Opposition que c'est juste avant d'arriver à l'avenue Myrand
où est situé le poste de télévision CFCM-TV que le
chef de l'Opposition connaît bien.
M. JOHNSON: Canal 4 c'est canal 5.
M. LESAGE: Canaux 4 et 5.
M. JOHNSON: Très bien. Deux singuliers font un pluriel, on
compte.
M. PINARD: Il n'est pas obstineux ce soir.
M. LE PRESIDENT: Article 4.
M. JOHNSON: Article 4 adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 5.
M. BINETTE: Article 5 adopté.
M. JOHNSON: Un instant, M. le Président.
M. BINETTE: C'est le pouvoir de réglementer, de faire de la
réglementation de la part des évêques. Ce sont des pouvoirs
également qui existaient dans le droit canon et que l'on remet
actuellement dans la Loi des fabriques.
M. JOHNSON: Je suis très heureux, M. le Président, de voir
qu'il y a quelqu'un dans la province de Québec qui va
véritablement être maître chez lui, puisqu'on permet
à l'évêque de faire des règlements pour
assurer...
M. LESAGE: Lequel des deux?
M. JOHNSON: ... le maintien de la décence et le bon ordre des
églises, chapelles et cimetières.
M. LESAGE: J'ai mal compris le chef de l'Opposition. Il a dit
l'évêque; j'ai dit: lequel des deux?
M. JOHNSON: Le bon.
M. LE PRESIDENT: Article 5.
M. JOHNSON: Cela va.
M. LE PRESIDENT: Article 5 adopté. Article 6.
M. JOHNSON: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 7.
M. BINETTE: Article 7, c'est du droit nouveau.
M. JOHNSON: Ce n'est pas nouveau ça, M. BINETTE: Le
chancelier.
M. JOHNSON: Est-ce que c'est le droit...
M. BINETTE: Le chancelier devient un officier certificateur,
c'est-à-dire qu'il existait autrefois dans le droit canon encore, mais
il n'existe pas dans la loi des fabriques et des paroisses. On le met dans la
loi des paroisses et des fabriques. C'est le notaire ecclésiastique, si
vous voulez.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Huit.
M. JOHNSON: M. le Président, au moment où on songe
à abolir la profession de notariat...
M. BINETTE: C'est ce que pense le chef de l'Opposition.
M. JOHNSON: ... on est rendu qu'on crée des notaires avec des
clercs. Là, on voit M. le Président, le petit patronage que fait
le président du comité de la Loi des fabriques.
M. BINETTE: Cela ne mérite mêmes pas de réponse.
M. JOHNSON: Je le sais, le notaire n'en a pas de réponse à
me donner.
M. LE PRESIDENT: Article 8, adopté? Section 3.
M. BINETTE: Article 7 adopté. M. LE PRESIDENT: Article 9. M.
JOHNSON: Un instant, pas trop vite.
M. BINETTE: Article 9, ce sont les fabriques préexistantes,
c'est-à-dire les fabriques qui existent actuellement qui sont
remplacées par de nouvelles fabriques.
M. JOHNSON: 7, ça va. 8, ça va. 9, est-ce qu'il y a
beaucoup de droit nouveau dans cette section 3, article 9?
M. BINETTE: Oui. Les articles 9, 10, 11, 12, 15, 16, 17. Bien, il y a en
partie du droit nouveau dans certains cas et de l'ancien droit.
M. LE PRESIDENT: Article 9, adopté? Adopté.
M. JOHNSON: Oui, ça va.
M. BINETTE: A l'article 10, il y a eu un amendement d'apporté et
l'amendement se lit
comme suit: dans la troisième ligne, après le mot
« canonique » ont été ajoutés les mots «
de cette paroisse ou desserte » et dans la deuxième ligne,
après le mot « de », le mot « son » a
été remplacé par « 1' » pour l'érection
et ça se lira comme suit: « Une fabrique de paroisse ou de
desserte est par le seul fait de l'érection canonique de cette paroisse
ou desserte après entrée en vigueur de la présente loi...
» etc.
M. LE PRESIDENT: Adopté? M. JOHNSON: Cela va.
M. LE PRESIDENT: Article 10, adopté. Article 11.
M. BINETTE: 11, c'est nouveau. C'est le pouvoir pour
l'évêque de constituer une fabrique dans une paroisse qui existe
actuellement mais qui n'a pas de fabrique. C'est le cas, par exemple, de la
cathédrale de Nicolet, la paroisse de la cathédrale de Nicolet,
la paroisse de la cathédrale de Valleyfield. Alors actuellement, c'est
l'évêque qui administre ces paroisses-là.
M. JOHNSON: Quel était le mot...
M. BINETTE: Et avec cet article, il aura le pouvoir... Pardon?
M. JOHNSON: Quel était le mot anglais employé jusqu'ici?
Est-ce que c'était bien « fabrique » en anglais.
M. BINETTE: Je ne connais pas d'autre nom.
M. JOHNSON: Rien qu'un instant!
M. BERTRAND: Le même mot.
M. JOHNSON: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 12.
M. BINETTE: C'est la désignation légale d'une fabrique.
Autrefois il n'y en avait pas d'officielle dans le texte de loi et aujourd'hui,
par cet article 12, la désignation officielle de la fabrique sera la
fabriquedelaparoissede... etc.
M. LE PRESIDENT: Article 12, adopté?
M. BINETTE: Autrefois, on désignait une fabrique par: « Les
curés et marguilliers de l'oeuvre et fabrique de la paroisse de...
». C'était la façon dont les actes notariés
étaient faits.
M. LE PRESIDENT: Article 12, adopté. Article 13.
M. BINETTE: Ce sont les fins de la fabrique. A cet article, nous
remarquerons que les fabriques ne pourront plus acquérir de biens que
pour les fins de l'exercice de la religion catholique romaine. Ceci veut dire,
en d'autres mots, que les fabriques ne pourront plus s'occuper d'oeuvres de
loisirs.
M. LE PRESIDENT: Article 13, adopté? M. JOHNSON: Mais pourquoi?
M. BINETTE: Pardon? M. JOHNSON: Et pourquoi?
M. BINETTE: C'est-à-dire que les fabriques ne pourront plus
s'engager et construire des immeubles pour fins de loisirs, d'oeuvres de
loisirs. C'est à la demande expresse, d'ailleurs de l'Assemblée
des évêques que cet article a été adopté, a
été soumis. Et c'est que ça cause actuellement des ennuis
aux évêques.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 14.
M. BINETTE: A cause des engagements financiers et du fait que ça
grève les budgets des fabriques pour des fins autres que le culte.
M. LE PRESIDENT: Article 13, adopté. Article...
M. JOHNSON: De plus, ça va leur éviter les visites des
sbires de monsieur le ministre du Revenu qui, avec ses lois et
arrêtés ministériels récents...
M. LE PRESIDENT: Article 13, adopté. Article 14.
M. BINETTE: C'est la composition des fabriques...
M. LE PRESIDENT: Adopté?
M. BINETTE: A cet article, évidemment, disparaissent les
marguilliers anciens et nouveaux, le marguillier du banc, ça n'existera
plus; il n'y aura que les 6 marguilliers en charge qui existeront et le
curé qui formeront la corporation de la fabrique.
M. LE PRESIDENT: Article 14, adopté. Article 15?
M. BINETTE: C'est nouveau, ça n'existait pas autrefois, il n'y
avait pas de siège social légal d'établi et par cet
article on en établit un.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 16?
M. BINETTE: Seize est également un article nouveau.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Adopté. Article 17? 17
adopté?
M. JOHNSON: Cela va.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 18?
M. JOHNSON: Il y a un amendement là?
M. BINETTE: A l'article 18, il y a un amendement dans le titre de la
section 4, c'est: droits, pouvoirs et privilèges de la fabrique au lieu
de la paroisse. Il s'agit ici des pouvoirs habituels des corporations; ce qu'il
y a un peu de spécial dans ces pouvoirs, ce sera au paragraphe « i
», la limitation pour les placements, paragraphe « i », au
bas de la page. Il y aura également au paragraphe « m » la
question de l'aliénation des biens de la fabrique, sans être
assujettis au permis de mainmorte, ce qui n'existait pas autrefois, et
aujourd'hui cet article rendra énormément service dans les
transactions que la fabrique devra faire.
M. JOHNSON: Mais par ailleurs, on oblige les fabriques à vendre,
dans un délai de 7 ans, les immeubles...
M. BINETTE: Oui, c'est le cas, ça vient un peu plus loin
ça.
M. JOHNSON: ... qui ne sont pas utilisés pour les fins du
culte?
M. BINETTE: Du culte, c'est ça.
M. JOHNSON: Cela, c'est quel article?
M. BINETTE: Si je me rappelle bien, c'est l'article 20.
M. LE PRESIDENT: L'article 18 est adopté? 18, adopté.
M. JOHNSON: Qu'est-ce qui va arriver de certaines fabriques qui sont
sous le contrôle de communautés religieuses et qui vivaient des
revenus de certains immeubles? Je comprends que ça doit être
taxable en vertu d'une décision de notre M. K, mais là on leur
défend même de les garder...
M. BINETTE: Les fabriques, la corporation religieuse ne sont pas...
M. JOHNSON: Non, non, mais certaines fabriques, comme des paroisses
d'Oblats, comme bien oui les Dominicains, par exemple, avec leur
manoir à Notre-Dame-de-Grâce, qu'est-ce qui arrive de tout
ça? Est-ce qu'ils vont être obligés de vendre le manoir
d'ici 7 ans?
M. BINETTE: Ils ne seront pas obligés de vendre d'ici 7 ans, mais
d'ici le 31 décembre 1966, comme nous le verrons un peu plus loin.
M. JOHNSON: Ils seront obligés de?
M. BINETTE: De le vendre, de s'en départir pour ce qui concerne
les oeuvres de loisirs, ce qui concerne les entreprises, et oeuvres de
loisirs.
Les fabriques devront s'en départir d'ici le 31 décembre
1966, aux conditions déterminées par l'évêque
nous verrons ça un peu plus loin.
M. JOHNSON: Qui deviendra actionnaire ou contrôlera... ?
M. BINETTE: Cela va être une corporation sous la partie 3 de la
loi des compagnies.
M. JOHNSON: Mais qui pourra s'incorporer? Est-ce que la fabrique, le
curé, pourra être membre de cette corporation?
M. BINETTE: Si l'évêque le lui permet, oui. M. JOHNSON:
Mais pas la fabrique comme...
M. BINETTE: Pas la fabrique, comme corporation.
M. JOHNSON: En soi?
M. BINETTE: Non.
M. LE PRESIDENT: No 18 adopté? No 19.
M. BINETTE: C'est le pouvoir des fabriques de faire des
règlements, c'est du droit nouveau.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Article 20?
M. BINETTE: C'est nouveau, c'est-à-dire c'est la clause qui a
été insérée dans tous les
bills des communautés religieuses qui sont venues devant le
comité des bills privés. C'est le même pouvoir, c'est la
même obligation de disposer des biens après sept ans lorsqu'ils ne
servent plus aux fins pour lesquelles ils étaient
édifiés.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Article 21? L'article 21 est-il
adopté?
UNE VOIX: Adopté.
M. BINETTE: No 21, c'est le pouvoir de changer de nom.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 22?
M. JOHNSON: Cela va.
M. LE PRESIDENT: Article 23?
M. BINETTE: Pouvoir des fabriques d'accepter des fondations.
M. LE PRESIDENT: Adopté?
M. JOHNSON: Un instant. C'est un pouvoir qu'elle avait
déjà, la fabrique?
M. BINETTE: Non, c'est nouveau. C'est un pouvoir qui lui est
donné par la loi. Le patrimoine de la fabrique ne sera pas touché
par cette fondation, il sera complètement séparé.
M. LE PRESIDENT: L'article 23 est-il adopté?
M. JOHNSON: On n'a pas jugé à propos d'indiquer qu'il
fallait rapporter au ministre du Revenu les sommes payées en
intérêts?
M. BINETTE: Je ne l'ai pas vu dans le bill. M. JOHNSON: C'est pas dans
le bill?
M. LE PRESIDENT: No 23 adopté. Article 24?
M. BINETTE: Cela sort les biens, l'église par exemple qui est un
bien hors commerce deviendra pour les fins d'hypothèques vendable
à la suite de l'exécution des droits hypothécaires.
M. LE PRESIDENT: Adopté? Adopté. Article 25?
M. BINETTE: Obligation à tenir des registres.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 26?
M. BINETTE: Ce sont les pouvoirs de la fabrique.
M. JOHNSON: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 27?
M. JOHNSON: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 28? L'article 28 est-il adopté?
M. JOHNSON: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 29?
M. JOHNSON: Est-ce le droit nouveau, 29?
M. BINETTE: Droit nouveau, oui. C'est la suite des deux autres articles.
C'est la conséquence des deux autres.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. JOHNSON: Un instant, s'il vous plaît.
M. BINETTE: No 30 est nouveau également. Etablissement d'un fonds
d'amortissement.
M. JOHNSON: No 29 adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 30?
M. JOHNSON: Un instant. C'est bien.
M. LE PRESIDENT: Article 31.
M. BINETTE: Le No 31 c'est un article intéressant, il s'agit ici
de l'obligation qui est faite aux fabriques de produire un budget. C'est une
mesure de saine administration pour ces corporations. Ce budget doit être
évidemment approuvé par l'évêque.
M. LE PRESIDENT: L'article 31 adopté? Adopté. No 32?
M. BINETTE: Obligation, financier. M. CREPEAU: Adopté. Article
33.
M. BINETTE: C'est l'année financière qui n'existait pas
dans l'ancienne loi mais qui existait par habitude seulement.
M. JOHNSON: C'est généralement l'année de
calendrier.
M. BINETTE: L'année de calendrier saut pour les dessertes
peut-être, parce qu'une desserte est fondée au mois de juin ou
juillet pour que les assemblées de fabriques aient lieu à une
période où les paroissiens sont là durant
l'été, l'année financière peut être
différente.
M. LE PRESIDENT: Section 6, les marguilliers, article 34.
M. BINETTE: Article 34, les marguilliers, bien sont au nombre de six
pour les paroisses et trois pour les dessertes. Ils peuvent être
portés à six par décret de l'évêque.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. BINETTE: Il est bon de noter ici que les femmes ont le pouvoir de
devenir marguilliers.
M. DOZOIS: Les femmes pourront devenir marguilliers.
M. BERTRAND: Mais le député de St-Jacques dit avec raison
que s'il y en a six, ils vont être obligés d'agrandir les
bancs.
M. DOZOIS: Les bancs de marguilliers c'était pour trois.
M. BERTRAND: A l'heure actuelle, c'était pour trois.
UNE VOIX: Un gros problème.
M. BINETTE: On ne les appelle plus les marguilliers du banc...
M. LESAGE: Deux bancs doubles.
M. BERTRAND: Vous avez raison, un banc féminin...
M. JOHNSON: On est donc chanceux d'avoir le premier ministre pour
trouver les solutions à tous ces problèmes compliqués.
M. LESAGE: Ce n'est pas compliqué du tout.
M. LAPORTE: Vous avez deux bancs de trois, ça fait six.
M. JOHNSON: Non?
M. DOZOIS: Pourquoi pas trois bancs de deux?
M. BERTRAND: Ah! ça peut être dangereux avec les
marguilliers féminins.
M. LE PRESIDENT: L'article 34 est adopté. Article 35.
M. LESAGE: A l'église chez nous, c'est deux bancs de six pour
qu'ils puissent mettre leurs gants pour la quête.
M. JOHNSON: Le premier ministre a déjà été
marguillier?
M. LESAGE: Non, ça m'a été offert, mais j'ai
pensé que je ne devais pas accepter dans les circonstances.
M. LAPORTE: Quand ils ont su qu'il était ministre des Finances
ils ont dit: non.
M. JOHNSON: Mais M. Kierans...
M. LAPORTE: C'est le ministre du Revenu qui a été
invité par plusieurs paroisses.
M., JOHNSON: Parce qu'il est meilleur collecteur que le ministre des
Finances.
M. LE PRESIDENT: Article 34, adopté. Article 35.
M. BINETTE: Article 35 adopté, c'est la procédure
d'élection des marguilliers.
M. DOZOIS: Ils vont être élus par tous les paroissiens?
M. BINETTE: Par tous les paroissiens.
M. BERTRAND: Cela va être plus démocratique.
M. DOZOIS: Les locataires et puis les propriétaires.
M. BINETTE: Pardon?
M. DOZOIS: Par les locataires et puis par les propriétaires.
M. LESAGE: Les femmes, les enfants. M. BERTRAND: Indépendamment
de l'âge. M. LE PRESIDENT: Article 35.
M. BINETTE: Article 36 c'est le cens d'éligibilité, c'est
ce dont on parlait tantôt.
M. JOHNSON: Qui aura droit de vote? Seulement les personnes
majeures?
M. BINETTE: Les personnes majeures, la définition de paroissien
est donnée au début, c'est ça qui fait...
M. BERTRAND: Alors vous voulez accepter le vote...
M. BINETTE: Personnes d'âge majeur résidant dans la
paroisse.
M. DOZOIS: Personnes majeures.
M. BERTRAND: On n'a pas voulu accepter le vote à 18 ans?
M. BINETTE: Majeur.
M. BERTRAND: Majeur, c'est 21 ans.
M. BINETTE: C'est ça.
M. DOZOIS: Cela va faire un marguiller majeur.
M. BINETTE: Article 36 adopté?
M. LE PRESIDENT: Article 36 adopté? Adopté. Article
37.
M. BINETTE: L'article 37 c'est la durée du mandat qui est de
trois ans.
M. JOHNSON: Le député de Témiscouata me souligne ce
qui paraît être, à première vue, une faute de
français au deuxième paragraphe, troisième ligne.
M. BINETTE: Troisième ligne, deuxième paragraphe, il faut
mettre « ne reste » au singulier parce que, suivant Grevisse au
paragraphe 806, lorsqu'un nombre, une fraction précède un verbe,
s'il n'est pas suivi d'un nom, le verbe est au singulier comme c'est le cas
ici.
M. JOHNSON: Bon, les médecins sont meilleurs que les notaires en
français.
M. LE PRESIDENT: Est-ce qu'il y a des amendements dans l'article?
M. JOHNSON: On se demande si la négation est nécessaire
là aussi.
M. LE PRESIDENT: Un tiers ne reste.
M. JOHNSON: Cependant parmi les marguilliers élus ou
nommés à la suite de la constitution de la fabrique, un tiers
reste en fonction jusqu'à la fin de l'année.
M. BINETTE: Ne reste en fonction. C'est-à-dire qu'ils ne
demeurent en fonction que pendant l'année qui suit l'élection.
C'est « ne».
M. LE PRESIDENT: Alors il n'y a pas d'amendement à l'article
37?
M. BINETTE: Alors l'amendement est: « reste » devient au
singulier, « reste » à la troisième ligne du
deuxième paragraphe s'écrit au singulier.
M. LE PRESIDENT: Alors l'article 37 adopté avec amendement
Article 38.
M. JOHNSON: Un instant. Qu'est-ce qu'on va faire quant à l'accord
du verbe un peu plus loin à la ligne...
M. BINETTE: « Un autre tiers ne reste en fonction, » c'est
la même faute évidemment qui se produit.
M. JOHNSON: Ce n'est pas là le problème.
A la sixième ligne.
M. BINETTE: A la sixième ligne, « un autre tiers ne reste
», au singulier.
M. JOHNSON: Voici, on reprend le deuxième paragraphe: «
Cependant parmi les marguilliers élus ou nommés à la suite
de la constitution de la fabrique, un tiers ne reste en fonction que
jusqu'à la fin de l'année financière pendant laquelle ils
ont été élus. »
M. BINETTE: Ils ont été élus. C'est ça qu'il
faut dire.
M. JOHNSON: Le notaire a vérifié?
M. BINETTE: C'est un peu comme si on disait: la moitié des
députés ont voté sur cette loi, ont voté sur cette
loi, l'autre moitié n'a pas voté. On ne dira pas: l'autre
moitié n'ont pas voté...
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 38?
M. BINETTE: C'est la rotation, l'élection à deux par
année.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 39?
M. BINETTE: Ce sont les circonstances où un marguillier cesse
d'être en fonctions.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 39 adopté?
M. BINETTE: Pas encore.
M. JOHNSON: Un paroissien, c'est quoi? On l'a défini au
début?
M. LE PRESIDENT: Article 39, adopté. Article 40?
M. BINETTE: L'article 40 c'est pour l'élection en cas de vacance
durant le terme.
M. LE PRESIDENT: Article 40, adopté. Article 41?
M. JOHNSON: Cela va.
M LE PRESIDENT: Article 42? Adopté. Section: 7. Assemblée
de fabrique. Article 43?
M. BINETTE: C'est le mode de convocation des assemblées de
fabrique. Vous remarquez que c'est nouveau ici. On n'avait écrit que
« donné aux membres de la fabrique. » Au moins trois jours
francs avant la tenue de l'assemblée avec le droit à l'article 44
de renoncer à l'avis de convocation. C'est nouveau.
M. LE PRESIDENT: Article 43, adopté?
M. JOHNSON: Voici, le député de St-Jacques se pose des
questions.
M. BINETTE: Quel article? 43?
M. JOHNSON: Oui. Comment l'avis est-il publié ou
expédié?
M. BINETTE: Un avis écrit, par lettre, tout simplement.
M. LE PRESIDENT: Il peut être transmis de main à main.
M. BINETTES Maintenant à l'article 44, les marguilliers...
M. LE PRESIDENT: Adopté. Article 44, sûrement
adopté? 44 adopté. Article 45?
M. BINETTE: La procédure pour la tenue des assemblées de
fabrique.
M. LE PRESIDENT: Adopté?
M. BINETTE: Il est à remarquer ici que le curé n'a pas de
vote prépondérant. S'il y a égalité de voix,
ça équivaut à un vote négatif.
M. LE PRESIDENT: Article 46?
M. BINETTE: ...l'interdiction, pour un membre de la fabrique, de
participer aux délibérations sur une question dans laquelle il y
a un intérêt, soit direct ou indirect.
M. JOHNSON: On est plus sévère là que dans la loi
des cités et villes.
M. BINETTE: Ce sont les évêques qui le demandent.
M. BINETTE: Article 46 adopté?
M. LE PRESIDENT: Adopté 46? Article 47.
M. BINETTE: L'obligation de rédiger un procès-verbal.
M. LE PRESIDENT: Adopté 47? Section 8, assemblée des
paroissiens. Article 48? Article 48 est-il adopté?
M. BINETTE: Article 48 adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 49 adopté?
M. BINETTE: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Article 50 adopté?
M. JOHNSON: Un instant.
M. BINETTE: C'est le mode de convocation de l'assemblée des
paroissiens.
M. JOHNSON: Ah bon! On l'explique au deuxième paragraphe.
M. LE PRESIDENT: L'article 50 est-il adopté?
M. JOHNSON: Près de la porte de l'édifice où la
messe dominicale est célébrée. Le député de
St-Jacques a un problème: qu'est-ce que vous faites quand il y a
plusieurs portes?
M. DOZOIS: Les gens arrivent après le prône.
M. BINETTE: On se sert de sa tête. M. JOHNSON: Pardon? M. BINETTE:
On se sert de sa tête. M. DOZOIS: On l'affiche à
l'église.
M. BINETTE: On l'affiche à la porte principale. Près de la
porte principale.
M. LE PRESIDENT: Alors l'article 50 est-il adopté?
M. BERTRAND: Tâchez d'arriver à temps à la
messe.
M. LE PRESIDENT: Article 51. Adopté. Article 52. Quorum,
adopté. Article 53, adopté. Article 54, adopté. Article 55
adopté. Section 9.
M. JOHNSON: Dix heures, M. le Président.
M. BINETTE: Cela a été adopté en comité, il
me semble qu'on pourrait.
M. LE PRESIDENT: M. le Président, le comité n'a pas fini
de délibérer, et il demande la permission de siéger de
nouveau.
M. BEDARD (président suppléant): Quand
siégera-t-il? A la prochaine séance? Prochaine
séance...
M. LAPORTE: Alors, M. le Président, demain nous étudierons
d'abord le bill numéro 54, « Loi modifiant la Loi de
l'Hydro-Québec ». C'est le premier ministre qui remplacera...
M. LESAGE: Remplacera le...
M. LAPORTE: ... le ministre des Richesses naturelles qui, comme on le
sait, est retenu à la maison par la maladie. Et si nous terminons le
bill 54 nous entreprendrons l'étude en deuxième lecture du bill
64. «Loi modifiant la Loi de la division territoriale ».
M. le Président, je propose l'ajournement de la Chambre...
M. BERTRAND: Et à dix heures demain matin, le comité de la
Constitution...
M. LAPORTE: A dix heures demain matin?
M. BERTRAND: A dix heures demain matin, oui. Nous avons trois
mémoires demain matin qui vont être présentés.
M. LAPORTE: Bon, le Conseil de la vie Française. C'est demain
matin?
M. BERTRAND: Demain, St-Jean-Baptiste de Québec, Conseil de la
vie française et Jeunes Chambres, demain avant-midi.
M. LAPORTE: Alors, je propose l'ajournement de la Chambre à
demain matin à dix heures et demie rappelant que le comité de la
Constitution siège à dix heures et je crois qu'il siégera
demain après-midi si c'est nécessaire.
M. BERTRAND: Demain après-midi, nous siégerons à
deux heures...
UNE VOIX: A deux heures trente.
M. BERTRAND: Deux heures trente. Nous avons trois mémoires. Ce
sont les dernières séances publiques du comité.
M. JOHNSON: M. le Président, j'espère que le premier
ministre va transmettre nos souhaits de bon recouvrement au ministre des
Richesses naturelles...
M. LESAGE: Bien, je ne pense pas de l'appeler à cet heure-ci.
M. JOHNSON: ... et que le premier ministre remplace le ministre des
Richesses naturelles, ça ne fait pas d'aussi bonne copie que si
c'était le ministre des Richesses naturelles qui remplaçait le
premier ministre-
M. LESAGE: Merci!
M. JOHNSON: Ce serait une plus grande nouvelle.
M. LESAGE: D'ailleurs, j'aurais dû quand même être ici
parce que les principales raisons de ce projet de loi ont trait aux pensions
des employés de l'Hydro et des compagnies nationalisées. Alors
c'est réellement un bill qui relève du ministre des Finances.
M. LE PRESIDENT: La motion d'ajournement est adoptée?
M. JOHNSON: Adoptée.
M. LE PRESIDENT: La Chambre est ajournée à demain matin
à dix heures et trente.