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(Deux heures et demie de l'après-midi)
M. LeCHASSEUR (président): Qu'on ouvre les portes.
Affaires courantes. Présentation de
pétitions. Lecture et réception de pétitions.
Présentation de rapports de comités élus.
M. TURPIN: M. le Président, pour M. Dionne, il me fait plaisir de
présenter le 5e rapport du comité des règlements.
M. le Président, pour M. Beaupré, il me fait plaisir de
présenter le 3e rapport du comité des bills privés en
général.
M. LE PRESIDENT: Présentation de motions non
annoncées.
présentation de bills privés.
M. ROY: M. le président, Pour M. Goulet, je fais motion pour
qu'il me soit permis de présenter un bill intitulé: Loi
concernant la ville de Kirkland.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: première lecture de ce bill. First
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: Deuxième lecture prochaine séance.
M. COITEUX (Duplessis): M. le président, qu'il me soit permis de
présenter un bill intitulé: Loi modifiant la loi concernant la
ville de Chapais dans le comté d'Abitibi-Est.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: première lecture de ce bill. First
reading of this bill.
M. LeCHASSEUR: Deuxième lecture, prochaine séance.
M. ALLARD: M. le président, pour M. Gagnon, je fais motion pour
qu'il lui soit permis de présenter un bill intitulé: Loi
modifiant la loi concernant la ville de Murdochville.
M. LAPORTE: Vote.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: première lecture de ce bill. First
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: Deuxième lecture, prochaine séance.
M. ALLARD: M. le président, pour M. Bou-dreau, je fais motion
pour qu'il lui soit permis de présenter le bill intitulé: Loi
refondant la charte de l'Hôpital Général de
Québec.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LE GREFFIER ADJOINT: Première lecture de ce bilL First reading
of this bill.
M. LE PRESIDENT: Deuxième lecture, prochaine séance.
Présentation de bills publics. M. LAPORTE: A.
M. LE PRESIDENT: M. Godbout propose la première lecture du bill
intitulé: Loi des professions infirmières. Cette motion
sera-t-elle adoptée?
M. JOHNSON: Explication. M. LE PRESIDENT: Adoptée.
M. LESAGE: C'est le projet de loi qui sera étudié mercredi
et jeudi matin de la semaine prochaine au comité des bills publics et
qui y sera référé demain lorsqu'il sera appelé pour
deuxième lecture. Maintenant, il semble bien que le comité sur
l'assurance-santé étant donné qu'il n'y aura pas de
témoins à entendre au cours de ces premières
séances, sauf peut-être les experts du comité
préparatoire pourrait peut-être siéger pour la
semaine prochaine au comité des bills du Conseil législatif et
alors nous pourrions siéger, nous, pour le bill des infirmières,
le bill qui vient d'être adopté en première lecture au
comité des bills privés, à la grande salle des
comités.
M. JOHNSON: Demain? M. BELLEMARE: Demain?
M. LESAGE: Non, non. Mercredi et jeudi prochains.
M. LE PRESIDENT: Adoptée. Deuxième lecture à la
prochaine séance.
Affaires du jour.
M. COUTURIER: M. le Président, j'ai l'honneur de déposer
le rapport annuel du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la
Pêche pour l'année 1965.
Questions et réponses
M. ALLARD: M. le Président, du ministre du Revenu, je voudrais
savoir, s'il est vrai que la taxe de vente provinciale de 6% a
été abolie sur les achats de l'Hydro-Québec
M. HYDE: Je vais répondre la même chose que mon
collègue a répondu hier. Je suggère que le
député inscrive sa question au feuilleton.
M. ALLARD: M. le Président, je voudrais savoir à qui je
pourrais m'addresser pour avoir une réponse. Est-ce que ce serait au
ministre des Finances?
M. HYDE: A l'ordre, messieurs!
UNE VODC: Au feuilleton!
M. LE PRESIDENT: Autre question?
M. ALLARD: M. le Président, du ministre de la Justice je voudrais
savoir si hier, à Bordeaux, on a permis...
UNE VODC: Au feuilleton!
M. ALLARD: ...en l'honneur de l'anniversaire de l'évasion de
Rivard...
M. LESAGE: Ce n'est pas hier, c'est aujourd'hui!
M. ALLARD: ... a un détenu d'arroser la patinoire et, si oui,
est-ce qu'il s'est échappé par la porte principale?
DES VODC: A l'ordre, à l'ordre!
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! Autre question?
M. LESAGE: II ne pleuvait pas assez hier.
UNE VODC: Au feuilleton.
M. LE PRESIDENT: Affaires du jour.
M. JOHNSON: Le ministre des Affaires municipales voudrait-il
déposer le plus tôt possible une copie du rapport de
l'enquête officielle sur l'incendie qui a détruit Bois-de-Coulonge
et qui a causé, comme on le sait, la mort du lieutenant-gouverneur?
M. LAPORTE: M. le Président, le rapport qui m'a été
remis par le commissaire des incendies, était un rapport
préliminaire et dont j'ai donné copie d'ailleurs aux journaux.
J'attendais pour déposer les deux. J'aurai un rapport définitif
probablement aujourd'hui ou demain. Il devait interroger les gens de la famille
et il voulait attendre après les funérailles.
M. JOHNSON: Le ministre du Revenu voudrait-il déposer
officiellement une copie du rapport Mercier sur les faillites frauduleuses,
rapport qui a été communiqué au public après la
session mais dont nous n'avons jamais eu copie officielle?
M. HYDE; Je vais certainement étudier la demande et je peux dire
au chef de l'Opposition qu'il y a des copies disponibles s'il veut en avoir.
Mais je n'ai pas d'objection à le déposer.
M. JOHNSON: Le ministre de la Justice songe-t-il à faire une
demande officielle à Ottawa en vue de la tenue d'une enquête
à portée nationale sur le crime organisé au Canada?
M. WAGNER: La demande officieUe a été faite hier. Je ne
sais pas si le chef de l'Opposition était en Chambre. Je ne le pense
pas. Mais, je réitère la même demande aujourd'hui. Je suis
certain que tôt ou tard on y arrivera et je suis certain que des
décisions de ce genre pourront être changées pour le bien
de la nation.
M. JOHNSON: M. le Président, le ministre de la Justice a-t-il
fait cette demande lors de la dernière conférence
fédérale-provinciale des ministres de la Justice et des
procureurs généraux?
M. WAGNER: Non. Cet article n'apparaissait pas à l'agenda de la
conférence fédérale-provinciale.
M. JOHNSON: II n'y avait pas un article, Affaires nouvelles?
M. WAGNER: C'étaient toutes des affaires nouvelles en ce qui
concernait le gouvernement fédéral.
M. JOHNSON: Mais le ministre a-t-il l'in-
tention de faire d'autres démarches qu'une déclaration en
Chambre ou aux journaux?
M. WAGNER: Non, je pense qu'on a très bien compris ce que nous
avions demandé.
M. LE PRESIDENT: Affaires du jour.
M. JOHNSON: Mais on a sans doute porté à la connaissance
du ministre des Richesses naturelles le fait que certains citoyens de
Montréal qui sont privés de revenus ont été aussi
privés par l'Hydro-Québec du courant électrique. Est-ce
que le ministre des Richesses naturelles ou le ministre du Bien-Etre aurait des
explications à donner à cette Chambre?
M. LEVESQUE (Laurier); Bien, en deux mots c'est une pratique qui est
assez exceptionnelle de la part de l'Hydro-Québec mais qui, même
exceptionnelle, frappe à l'occasion, exceptionnelle dans le sens qu'on
attend avec de nombreux délais de faire cette coupure du courant, mais
même si elle est exceptionnelle cette pratique, quand elle se produit,
surtout en hiver et qu'elle affecte les familles, elle est quelque chose qui
m'a toujours paru et me paraît de plus en plus maintenant que je vois les
résultats du côté des dossiers du ministère
où je me trouve, me paraît abusive. Je crois que nous pourrons,
assez bientôt en tenant compte du fait que les lois d'assistance doivent
se calibrer le plus possible sur une notion de besoins essentiels et s'il y a
une chose qui entre dans les besoins essentiels c'est bien
l'électricité entre autres choses. Alors, on espère
bientôt, soit en arriver à un accord précis avec 1'Hydro ou
alors, pouvoir absorber ça de façon mécanique dans les cas
où c'est indiqué, mécanique, c'est-à-dire sans
qu'il y ait de « taponage » pendant des semaines et pendant ce
temps-là les gens manquent de courant. Je m'excuse d'improviser la
réponse mais c'est parce qu'on essaie de démêler ça
actuellement-là.
M. COUTURIER: M. le Président, une question de
privilège.
Le Devoir de mardi, le 1er mars 1966, m'a fait dire que j'étais
plus disposé à fermer les yeux qu'à modifier la Loi sur
l'hôtellerie et que le gouvernement plutôt que de modifier la loi,
se préparait à recourir à la tolérance pure et
simple. Cette déclaration est inexacte. Je tiens à
déclarer que dans mon allocution il n'a nullement été
question de tolérance. Ce sont les réflexions du journaliste qui
parlent de tolérance et non pas le ministre lui-même. Je remercie
donc M. Legrand d'avoir bien voulu publier le compte rendu de ma
conférence, mais je tiens à déclarer qu'il n'a jamais
été question de tolérance au cours de cette
conférence. Au contraire, après les réunions dans une
entrevue télévisée, j'ai déclaré que le
ministère intensifie de plus en plus sa surveillance des
établissements. En ce qui concerne les chambres privées, elles
seront sous la surveillance de l'Expo et je dois dire que ces
établissements recevront la visite d'inspecteurs spéciaux.
M.LAPORTE: Numéro 28.
M. BELLEMARE: J'espère que le ministre a lu la loi depuis ce
temps-là!
M. LE PRESIDENT: M. Lesage propose que je quitte maintenant le fauteuil
et que la Chambre se forme de nouveau en comité des subsides. Cette
motion sera-t-elle adoptée?
Comité des subsides
M. JOHNSON: M. le Président, sur cette motion, je voudrais
puisque c'est mercredi demander au premier ministre et au leader du
gouvernement en Chambre si on a l'intention de donner la
préséance, évidemment aux questions posées par les
députés et deuxièmement, aux motions des
députés qui apparaissent à partir de l'article 13.
M. LAPORTE: M. le Président, comme d'habitude nous faisons toute
la célérité possible pour répondre aux questions
qui sont posées par les députés. Nous avons bon espoir
mercredi prochain d'avoir beaucoup de réponses aux questions qui nous
ont été posées. Quant aux motions, ce sont presque toutes
des motions pour production de documents, là encore, aussitôt que
les documents seront prêts, si c'est trop volumineux nous demanderons
comme c'est la coutume à la Chambre de transformer ces...
M. BERTRAND: Ces questions.
M. LAPORTE: ...questions en motion ou le contraire, et, mercredi
prochain, nous devrions être en mesure de donner préséance
à ces questions.
M. GABIAS: M. le Président, j'espère que les
réponses seront nombreuses la semaine prochaine, parce que plusieurs de
mes questions ont été renvoyées au feuilleton et comme il
n'y avait pas beaucoup de place, j'espère que la semaine prochaine je
pourrai inscrire mes questions au feuilleton.
M. LAPORTE: C'est un espoir qui est bien fondé.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. LAPORTE: Alors, M. le Président, je fais motion pour que le
comité sur les Affaires culturelles siège au comité des
bills privés de l'Assemblée législative.
M. BE DARD (président du comité des subsides): Cette
motion sera-t-elle adoptée?
M. BERTRAND: M. le Président, j'aimerais que l'on fasse mention
dans les procès-verbaux on ne l'a pas fait hier que le
comité des crédits siège pour étudier par exemple
les crédits de tel ministère. On ne le fait pas dans les
procès-verbaux de la Chambre, alors on devrait le faire, et indiquer il
me semble, que c'est une procédure qui émane de
l'Assemblée, qui renvoie à l'étude au comité des
bills privés en bas, l'étude des crédits du
ministère des Affaires culturelles.
M. LAPORTE: Je crois que, étant donné qu'il s'agit d'une
motion qui n'est pas débattable, je dois dire tout de suite qu'il
faudrait que le procès-verbal fasse mention d'une motion.
M. BERTRAND: Et on devrait corriger le procès-verbal d'hier en
conséquence.
M. BELLE MARE: En vertu des nouveaux règlements.
M. BERTRAND: Oui, en vertu des nouveaux règlements.
M. HYDE : Je ne crois pas que l'on devrait faire mention des
procédures du comité. Il n'y a pas de procès-verbal du
comité des subsides. Cela va venir quand le sous-comité, le
comité en bas, va faire rapport au comité des subsides, c'est le
comité des subsides qui va faire rapport à la Chambre et je ne
crois pas qu'il soit prévu que l'on devrait inscrire dans les
procès-verbaux des activités de la Chambre ce qui s'est
passé en comité des subsides ou sous-comité des subsides,
excepté quand la Chambre reçoit le rapport du comité.
M. BELLEMARE; M. le Président, en vertu du règlement 380,
il est clairement spécifié qu'à la demande,
à moins de disposition contraire, comme il n'y en a pas eu
même avec les amendements qui ont été apportés
à 380 au début de la session, les règles qui
régissent les opérations du comité plénier
s'appliquent au comité des subsides et au comité des voies et
moyens. Donc, pour aller en comité des subsides, il faut absolument
qu'il y ait une motion et comme l'amendement dit que, l'amendement qui a
été passé au début de la session 380 a) en
comité de subsides on peut proposer qu'un comité des
crédits soit chargé d'examiner les articles, donc il devrait
être rapportable par motion aux procès-verbaux.
M. LE PRESIDENT: Non, voici, c'est que le comité plénier
comme le comité des subsides, sont des comités qui n'ont pas
d'archives, alors ce que disait le ministre du Revenu tout à l'heure est
parfaitement fondé. Une motion peut être faite, même un vote
peut être pris au comité, mais il n'est jamais rapporté
dans le procès-verbal.
M. BELLEMARE: Quand le président quitte le fauteuil...
M. LE PRESIDENT: Le comité fait rapport à la Chambre et
c'est la Chambre qui possède les archives qui peut faire les
entrées dans le procès-verbal.
M. BERTRAND: M. le Président, on admet tout ça,
excepté qu'au moment où nous allons en bas il y aurait un
document public qui établirait...
M. BELLEMARE: C'est ça.
M. BERTRAND: ... que nous avons siégé en bas, c'est tout,
et ça paraîtrait dans les procès-verbaux, ce n'est pas
compliqué...
M. DOZOIS: C'est le consentement unanime.
M. BERTRAND: ... que ce soit indiqué dans les
procès-verbaux. Quand on lit les procès-verbaux d'hier, on voit
que le comité des subsides a siégé en haut mais on ne voit
pas qu'il a siégé en bas pour étudier les crédits
du ministère des Affaires culturelles. C'est le seul point, qu'il y ait
un document public qui établisse que nous avons siégé tel
jour à tel comité. Ce n'est pas pour adopter un rapport du
comité, ce n'est pas pour discuter d'archives, c'est pour indiquer que
nous sommes au travail en bas, un point c'est tout.
M. DOZOIS: De consentement unanime.
M. LE PRESIDENT: Nous en étions au Conseil exécutif. Nous
avions suspendu le titre de l'article 3.
M. BELLEMARE: M. le Président, hier soir nous avons entendu
l'honorable premier ministre et le chef de l'Opposition dans des mises au point
concernant le fonctionnarisme, à l'article 4 ou l'article 5 du budget du
comité exécutif, direction générale des relations
du travail et spécifiquement en ce qui regarde actuellement la menace de
grève qui pèse sur le syndicat des employés de la fonction
publique.
Je voudrais, M. le Président, rester, moi aussi, très
serein dans ce débat et éviter toute partisanerie, même je
ferai un effort pour ne pas monter le ton afin que personne n'interprète
ma voix plus élevée comme une levée de bouclier.
Mais, M. le Président, qu'il me soit permis de vous rappeler
simplement un détail. S'il y a quelque chose d'extrêmement
sensible dans la province de Québec quand on parle de relations
industrielles, c'est le climat dans lequel se préparent et se continuent
toutes les négociations en vue d'en arriver à un contrat de
travail. Je ne voudrais pas vous faire ici l'historique d'un passé qui a
été extrêmement fourni d'exemples ou un certain patronat
acceptait difficilement la prise de position de l'élément ouvrier
concernant le syndicalisme. A ce moment-là dans la province, M. le
Président, il s'est créé un climat de conservatisme ou
l'on craignait beaucoup les autorités du syndicat et mêmes les
syndicalistes. J'appartiens depuis de nombreuses années, tout le monde
le sait dans cette Chambre, à un syndicat qu'on appelle la Brotherhood
et ç'a été une des compagnies, je crois, qui dans le monde
du travail a prêché d'exemple et, surtout, a été
l'une des pionnières dans les relations patronales et
ouvrières.
La Brotherhood, M. le Président, a depuis de nombreuses
années travaillé en coopération avec le patronat pour
représenter des intérêts ouvriers mais en
établissant toujours et avant tout un climat serein, un climat de
relations très amicales entre les autorités de la compagnie et
les membres syndiqués. Pourquoi? Afin que les justes revendications qui
étaient portées par nos délégués
auprès des patrons, des autorités patronales qui
siégeaient à la table des délibérations soient
mieux entendues.
M. le Président, j'entendais hier soir l'honorable premier
ministre nous dire: « C'est un fait, nous sommes à deux pas d'une
grève. Nous déplorons nous aussi les lenteurs qui ont
été apportées dans les discussions qui ont eu lieu. Nous
avons fait notre possible pour accélérer les discussions et pour
que la négociation puisse avoir des résultats plus tangibles,
mais nous sommes débordés d'ouvrage ». Et, donnant comme
raison que les nombreuses occupations qu'il avait l'empêchaient de voir
au règlement de ce problème crucial, il a dit: « Nous
allons apporter à l'étude de ce problème toute notre bonne
volonté ». L'honorable chef de l'Opposition a répondu avec
beaucoup d'éloquence et, surtout, en établissant clairement la
position que nous avons maintenue ici de ce côté de la Chambre
depuis des années vis-à-vis de ce problème, donnant aussi
le nombre d'heures pendant lesquelles le comité de négociation a
siégé.
M. le Président, la Loi de la fonction publique, chapitre 14,
sanctionnée le 6 août 1965, est une loi qui est née dans
des temps difficiles et dans un climat qui manquait de
sérénité. Je n'ai pas besoin de vous dire, surtout
à vous qui étiez en Chambre lorsque nous avons voté cette
Loi de la fonction publique, que l'honorable premier ministre avait pris
à l'endroit des syndicats, et surtout de la CSN, une attitude assez
catégorique. La CSN avait demandé avec beaucoup de courtoisie a
l'honorable premier ministre et aux membres du Cabinet d'être
reçue afin de faire valoir ses justes oppositions a quelques articles du
projet de loi de la fonction publique. Elle a fait des démarches
répétées pour tâcher d'avoir une entrevue...
N'ayant pu obtenir cette rencontre, ils ont décidé de nous
convoquer au bureau confédéral, boulevard Charest, et là,
M. le Président, le soir de cette convocation, l'honorable premier
ministre a fait en Chambre une sortie virulente, disant: Je n'Irai pas, on
vient de déshabiller un syndiqué et ça, je n'endure pas
ça. J'ai répondu à ce moment-là...
M. LESAGE: Deux.
M. BELLEMARE: ... au premier ministre: Il y a des lois et si les
syndicalistes se sont rendus coupables de certaines fautes, de certains crimes,
s'ils ont contrevenu à la loi, il y aura des sanctions. Et de fait, il y
a eu des sanctions. Un procès a été intenté
à ces messieurs qui ont outrepassé leurs droits et
privilèges et ils ont été condamnés en justice.
M. LESAGE: Il y en a deux qui ont passé des remarques qui
allaient au delà...
M. BELLEMARE: Je n'ai pas besoin du premier ministre pour me rappeler
ces faits, je dis à la Chambre...
M. LESAGE: ... lors du jugement...
M. BELLEMARE: Je suis au courant du jugement, je l'ai devant moi
d'ailleurs et j'ai
le nom des personnes. Mais je dis qu'à ce moment-là, le
premier ministre avait créé un complexe vis-à-vis des
syndicalistes. Il ne voulait pas entendre leurs objections concernant le projet
de loi de la fonction publique et je n'ai pas besoin de vous rappeler, à
vous particulièrement, que lorsque le premier ministre déclarait
qu'il ne saurait y avoir de convention entre la souveraine et ses
employés, le premier ministre était fort lucide,
décrétant de son siège: La souveraine n'aura aucune
convention, ne fera aucune convention entre elle et ses employés.
M. LESAGE: M. le Président, je regrette, je dois invoquer une
question de privilège. Ce n'est pas exactement ce que j'ai dit. Ce n'est
pas de mon siège, c'est alors que je recevais une
délégation d'un syndicat à la salle du conseil des
ministres.
M. BELLEMARE: Alors, M. le Président, le premier ministre a
parfaitement raison, mais il l'a dit quand même...
M. LESAGE: Ce n'est pas exactement ce que vient de dire...
M. BELLEMARE: M. le Président, c'est rapporté dans le
Devoir du 20 février 1962: « Le premier ministre a répondu
qu'il reconnaissait aux fonctionnaires le droit d'association...
M. LESAGE: Certainement.
M. BELLEMARE: ... mais qu'il ne saurait être question de
reconnaissance syndicale. » Point. C'est écrit.
M. LESAGE: Comment, point?
M. BELLEMARE: J'ai été obligé de dire les points et
les virgules, parce qu'il faut être précis en Chambre, je vous
l'assure, avec le premier ministre. « La reconnaissance syndicale dans le
cas des fonctionnaires provinciaux, a dit l'honorable M. Lesage, est contraire
à deux principes ». Oh, ça, ç'a
été écrit. « Premièrement, il ne
saurait y avoir aucune convention entre la souveraine et ses
employés...
M. JOHNSON: Ah!
M. BELLEMARE: ... c'est clair ça. « Deuxièmement, le
Parlement a une souveraineté exclusive et absolue sur les
dépenses de ses deniers publics. »
M. LESAGE: C'est vrai ça.
M. BELLEMARE: D'accord. Mais ça n'empêche pas que
l'honorable premier ministre, dans le temps, le 20 février 1962, avait
déjà pressenti toute l'unité syndicale du fonctionnarisme,
qu'il avait des appréhensions contre le syndicalisme, qu'il avait
certaines notions différentes. Il me faisait penser à ce vieux
patron, M. le Président, dans un atelier où je travaillais...
M. LESAGE: Bien, vous en avez connu un vieux patron qui était pas
mal antisyndical.
M. BELLEMARE: Ah, M. le Président, je n'ai pas besoin d'aller
chercher celui-là, j'en ai un devant moi qui est
réfractaire...
M. LESAGE: Ah, M. le Président...
M. BELLEMARE: ... et qui, en 1962, disait...
M. LESAGE: ... j'ai donné la preuve...
M. BELLEMARE: ... bien pire que celui qu'il veut mentionner.
M. LESAGE: J'ai donné la preuve du contraire parce qu'ils ont
même le droit de grève.
M. BELLEMARE: Il a fait un détour, mais...
M. LESAGE: Vous appelez ça un détour, vous, les
progrès?
M. BELLEMARE: Il a fait une culbute, si vous voulez.
M. LESAGE: Des progrès.
M. BELLEMARE: Une culbute.
M. LESAGE: Je pensais que vous diriez, syndicaliste comme vous
l'êtes, « des progrès ».
M. BELLEMARE: C'est une honorable culbute.
M. LESAGE: Un honorable progrès.
M. BELLEMARE: Une honorable pirouette. Donc, M. le Président, le
climat particulier établi par le premier ministre lui-même, qui
est un vieux conservateur du vieux conservatisme...
M. LESAGE: C'est mol qui suis vieux conservateur?
M. BELLEMARE: Oui, vieux conservateur du vieux conservatisme,
antisyndical, et cela a été démontré par les
déclarations qu'il a faites, les deux principes fondamentaux. D'abord la
souveraine ne fait d'affaire avec ses employés et deuxièmement,
c'est le Parlement qui doit décider de l'application de ses
crédits.
M. LESAGE: Bien, c'est évident.
M. BELLEMARE: Alors, M. le Président, pas de dialogue. Lorsque le
bill de la fonction public est arrivé en Chambre, l'honorable premier
ministre, et c'est le Devoir encore qui rapporte cet événement,
jeudi le 5 août 1965, et en grosses lettres pour ne pas tromper la
Chambre et lui donner les renseignements exacts: « Lesage »,
ça, c'est l'honorable M. Lesage, mais le Devoir dit: « Lesage...
»
M. LESAGE: C'est normal.
M. BELLEMARE: « ... s'oppose à ce que les fonctionnaires se
fassent entendre au comité de la Chambre. » Cela, c'était
dès le début de la loi sanctionnée le 6 août
1965.
M. LESAGE: Oui, mais ça faisait deux ans qu'ils se faisaient
entendre.
M. BELLEMARE: Non, ils se sont fait entendre sur le code du travail,
mais pas sur ça.
M. LESAGE: Pendant deux ans. Le comité spécial sur la
fonction publique, le comité de Mme Casgrain, le comité
spécial sur la fonction publique...
M. BELLEMARE: Oui, le comité Bolduc. M. LESAGE: Un instant s'il
vous plaît...
M. BELLEMARE: L'honorable premier ministre, hier, m'a demandé un
sacrifice extraordinaire, de le laisser parler sans l'interrompre.
M. LESAGE: Oui, mais dites la vérité, c'est tout ce que je
vous demande.
M. BELLEMARE: Je dis toute la vérité, rien que la
vérité, mais à ma manière. C'est aussi convainquant
que le premier ministre, quand il conte des menteries. Le premier ministre dit
toute la vérité, rien que la vérité, mais à
sa manière. Je vous garantis qu'il nous en passe des bonnes. J'ai ici
devant moi des documents qui prouvent que le climat dans lequel a
été établi la Loi de la fonction publique a fait que,
quand on a démarré dans l'étude des propositions qui ont
été faites par l'unité syndicale, on a rencontré un
durcissement de la part du patron. On a rencontré un durcissement, parce
qu'on a senti l'ingérance politique dans la fonction publique et on a
dit: Les employés du gouvernement sont au service du public et non pas
d'un parti politique. Les partis politiques existent en bonne partie pour
gagner des élections, servir d'abord les amis. Les fonctionnaires
existent plutôt pour servir tous les concitoyens. Sans égard
à l'opinion politique, les politiciens passent, mais la fonction
publique demeure. Quand on a commencé les négociations, le 20
septembre 1965, on l'a senti tout de suite et de l'avis de ceux qui ont
négocié avec le gouvernement. Je ne veux pas rappeler ici les
nombreux articles qui ont été écrits sur la lenteur des
procédures, des négociations. Tout ça serait inutile, je
pense que ça n'améliorerait rien, ça n'apporterait rien de
constructif dans le débat.
Mais, quand il s'agit, cette année, du contrat collectif qui va
grouper le nombre le plus considérable jamais vu dans aucune
unité de négociation, puisque 40,000 fonctionnaires vont
être dirigés par l'unité de négociation, je dis que
ce sera l'année de la fonction publique, que 1966 fera époque
dans les annales du droit ouvrier, comme celle qui sera reconnue comme la
négociation de la fonction publique, et cette négociation qui
représente d'immenses complications, d'immenses vérifications, a
été étudié pendant 55 heures. Quand on sait que
pour un contrat ordinaire, dans une compagnie de 500 ou 600 employés,
comme la Canadian International Paper, pour la compagnie Consolidated Paper ou
la compagnie Reynolds Aluminium, que les unités de négociation,
que les séances de négociation durent quelquefois entre 200 ou
300 heures, 200 ou 300 heures de négociation. Et quand on a devant soi
la plus grosse unité syndicale, celle qui va représenter, demain,
40,000 fonctionnaires, comprenant fonctionnaires professeurs, fonctionnaires
des hôpitaux, fonctionnaires employés civils, et qu'on a
là, à cause de la différence qui existe entre chacun des
services, des particularités extrêmement compliquées et
qu'on siège cinquante-cinq heures, je dis qu'il faudrait, avant de
parler de bonne foi, parler de quoi?
Il faudrait qu'avant de parler de bonne foi, parler des critères
essentiels à la structuration de cette unité syndicale.
Et, M. le Président, cette structuration ah, ce n'est rient de
facile. Je le concède au premier ministre et à tout le groupe
patronal qui
a transigé avec le syndicat que ce sont des travaux difficiles.
Ce sont des heures extrêmement difficiles, mais ça en vaut la
peine parce que nous allons, comme le disait déjà dans son
programme politique l'honorable premier ministre, nous allons revaloriser la
fonction publique et si nous devons revaloriser la fonction publique, quel beau
moment, quelle occasion unique de prendre à ce moment-ci l'unité
syndicale qui est en négociation, de l'étudier
sérieusement, d'y apporter les critères nécessaires pour
sa structuration et quand je parle de critère, il faut, à la base
même qu'il y ait bonne foi hors de tout doute, il faut qu'il y ait une
excellente classification. Il faut que nous connaissions une sélection
dérivative et bien spécifique. Il faut aussi une
réglementation juste envers les droits acquis, il faut aussi qu'il y ait
des listes d'éligibilité bien conçue, bien maintenue, il
faut aussi qu'il y ait dans toutes les unités, dans l'unité de
négociation un mécanisme de travail, un mécanisme
sûr qui puisse apporter non pas seulement des paroles, non pas seulement
des ententes, mais un mécanisme qui rapportera, un mécanisme
effectif. Il faut qu'il y ait des procédures de révocation, il
faut enfin de compte établir la grande procédure des griefs. Tout
ça, c'est l'unité syndicale, c'est l'unité de
négociation qui doit y pourvoir. Et ces critères, absolument
nécessaires surtout dans la grande unité de négociation
jamais connue dans la province de Québec, qui va grouper 40,000
fonctionnaires, je dis que ça sera l'année de la fonction
publique, l'année du grand contrat des employés civils et elle
devrait être marquante, parce que nous devrions nous débarrasser
de ce vieux conservatisme qui nous fait avoir peur des chefs syndicaux.
Elle devrait être marquante, M. le Président, pour qu'elle
puisse nous faire abandonner les doutes et les soupçons que certaines
personnes entretiennent à l'endroit de certaines unités
syndicales. Elle devrait être marquante parce qu'elle donnera le ton
à tout l'économique dans la province de Québec.
Ah il y a déjà eu un ministre des Richesses naturelles qui
disait dans une conférence qu'il a prononcée, il n'y a pas tant
d'année, que dans la province de Québec, nous avons besoin d'un
fonctionarisme fort, nous avons besoin que le syndicalisme fasse sortir du trou
(ce sont bien ses expressions)... de leurs rangs ont surgi d'ardents
syndicalistes. Bédard et Boudreau notamment, qui ont fait la longue et
pénible lutte de Murdochville car cette histoire est la leur. Et
là, M. le Président, il parlait de badge et de dignité,
c'était le ministre dans le temps, le 9 décembre 1965...
M. COURNOYER: Pas 1959?
M. BELLEMARE: ... en 1965. Ce soir-là René Lévesque
parlait à 1'Hôtel de Normetal et je suis heureux de voir de mon
côté un ministre de la taille de l'honorable... de la taille non,
mais du prestige de l'honorable ministre de la Famille qui...
M. LEVESQUE (Laurier): Faites pas de personnalités.
M. BELLEMARE: ... lui a peut-être des convictions peut-être
plus profondes au point de vue syndicalisme parce que lui a marché, il
n'a pas marché sur Québec, il a marché contre les patrons,
lui a respecté...
M. HARVEY: Il connaît ça.
M. BELLEMARE: ... sa carte d'unionisteen marchant publiquement contre
les patrons, en faisant la grève et en faisant le piquet.
Eh bien, aujourd'hui, il devra le prouver s'il était
sincère. Il devra dire à la province: Les employés civils,
vous qui êtes la plus grosse unité des négociations jamais
connue chez nous, vous avez le droit de ne pas lâcher, et ne lâchez
pas. Nous allons, parce que j'occupe présentement un poste important
dans l'administration provinciale, parce que je suis un ministre qu'on va
écouter au Conseil des ministres, demandez pour vous que cette
unité de négociation soit respectée, et je vous en donne
ma parole qu'elle va l'être. Ah! M. le Président, si l'honorable
ministre se levait dans cette Chambre et prononçait ce discours, je
serais un des premiers à le féliciter; il va apporter sa
quote-part au débat, j'en suis convaincu. Mais vous remarquerez, M. le
Président, que lorsqu'il donnera sa version, il dira dans ses termes
bien à lui, il dira par exemple: J'ai des impératifs. Il y a
aujourd'hui des impératifs. Il y a aujourd'hui des raisons qui veulent
qu'a cause de ce que j'ai prêché, nous soyons en face d'une
inflation. Il faudra prévoir que les structures nouvelles ne fassent pas
que le gouvernement qui, lui, est employeur, parce que nous avons reçu
de l'autorité du peuple, qui, lui, nous a donné aujourd'hui dans
cette Chambre la véritable responsabilité de défendre la
juridiction que nous avons...
M. LEVESQUE (Laurier): M. le Président, je fais appel au
règlement, parce qu'il est absolument défendu, je crois, à
un député de citer directement et surtout d'avance lediscoursd'un
de ses collègues comme ça.
M. BELLEMARE: M. le Président, je ne pensais pas d'avoir si bien
mimé.
M. LESAGE: Ah! ce n'est pas si mal. La longueur de la phrase y
était.
M. BELLEMARE: Ah! cela c'était...
M. LESAGE: Il manquait quelques incidences.
M. BELLEMARE: Quel est le problème, M. le Président, le
problème de bon sens, le credo qu'il faut aujourd'hui professer, c'est
que nous sommes devant un « must ».
M. LESAGE: Un quoi?
M. BELLEMARE: Il y a un « must ». Il y a un « doit
» à faire. Il y a un credo que nous devons aujourd'hiu
réciter et dans lequel nous devons avoir confiance, ou la fonction
publique doit être reconnue et revalorisée ou la fonction publique
doit disparaître et rester ce qu'elle était. Le credo que nous
avons professé sur la place publique, nous devons aujourd'hui avoir le
courage, devant les impératifs qui nous seront posés demain, soit
d'avoir, d'ici à quelques jours, à choisir entre les services
essentiels, en vertu de l'article 75, de la loi de la fonction publique, soit
avoir à envisager la grève, soit une injonction de quatre-vingts
jours ou les élections générales.
M. LESAGE: Pardon?
M. BELLEMARE: Ou les élections générales. M.
LESAGE: Ah! vous aussi? Vous aussi? M. BELLEMARE: Oui, c'est ça.
M. LESAGE: Bien, vous êtes malade. Pas mal!
M. BELLEMARE: Ah non! non, j'ai pris ma température ce matin et
elle avait l'air bien normale, Elle monte, la température,
maintenant.
M. LESAGE: Elle monte, oui!
M. BELLEMARE: Mais, M. le Président, ce credo que nous avons
professé devant la population, auquel nous avons voué notre
dernière énergie, c'est-â-dire notre bonne volonté
d'accomplir, dans cette Chambre, notre mandat, celui de représenter
dignement et de défendre, comme il le convient de justes
réclamations...
Le premier ministre, hier, s'est plu avec beaucoup d'adresse à
nous fournir des statistiques fort intéressantes, que nous avions
d'ailleurs en partie dans le livre qui nous a été remis par la
fonction publique: Classification et rémunération du personnel du
Service civil. Nous trouvions à l'avant dernière page tout le
tableau des différentes sections, c'est-à-dire des grades 3
à 17, les grades 1 et 2 étant discontinués.
Nous avons appris que la proposition qui avait été faite
vendredi, était de $400 pour les grades de 3 à 6 inclusivement;
de $300 du grade 7 au grade 11 inclusivement, et de $200 pour les grades 12
à 17 inclusivement.
Mais le premier ministre disait: Il y a eu évolution depuis
l'honorable M. Sauvé. D'accord. Il y a eu augmentation. D'accord. Mais
est-ce que le gouvernement peut aujourd'hui se citer en exemple devant tout le
groupe ouvrier et prêcher d'exemple? Quelle est la compagnie, dans la
province de Québec, qui a un budget de $2 milliards? Quelle est la
proportion employée sur le $2 milliards pour les employés civils,
pour la fonction publique?
M. LESAGE: J'ai donné hier soir. M. BELLEMARE: D'accord.
M. LESAGE: ... dix pour cent en comptant les hôpitaux et le
scolaire.
M. BELLEMARE: Oui, out. J'ai fait moi aussi des calculs.
M. LESAGE: 10% des salaires dans la province.
M. BELLEMARE: J'ai fait moi aussi des calculs, mais, me basant sur ce
qui était autrefois, et ce qu'a appelle le premier ministre, avec
beaucoup de justesse, la tradition, depuis des années, qui a voulu que,
chez nous, nous ayons ce paternalisme séculaire, comme il disait.
M. LESAGE: Non.
M. BELLEMARE: Aujourd'hui...
M. LESAGE: Non, tradition séculaire d'un paternalisme
folklorique...
M. BELLEMARE: Oui, il a dit paternalisme séculaire...
M. LESAGE: Folklorique.
M. BELLEMARE: ...aujourd'hui folklorique. Oui, j'ai bien noté
ça. Mais, M. le Président.
M. LESAGE: Oui, j'ai cherché le mot avant de le dire.
M. BELLEMARE: Ah! bien oui, je l'ai marqué pour bien m'en
souvenir, parce que j'avais l'intention de le relancer. Mais, le premier
ministre qui a, lui, à sa disposition, d'ailleurs lui je ne dis
pas lui, le premier ministre, c'est le gouvernement le gouvernement qui
a à sa disposition un budget de $2 milliards, en comparaison avec ceux
qui avaient, en 1944, $75 millions, $100 millions. Quel était le
pourcentage payé dans ce temps-là?
M. LESAGE: Cela ne se compare pas ça.
M. BELLEMARE: Ah non! juste ment, le premier ministre court en avant.
Cela ne se compare pas, c'est juste.
M. LESAGE: Pensez aux montants des subventions, cherchez le montant des
subventions et pensez aux retraits des programmes conjoints, l'administration
était la même avant le retrait.
M. BELLEMARE: Je dis qu'aujourd'hui la fonction publique demande une
attention particulière. Ou on aura de la qualité.
M. LESAGE: Ah d'accord!
M. BELLEMARE: Où on aura des gens avec une formation
particulière, pour servir de grands commis, des gens qui auront la
compétence pour aider les administrateurs sans être des
bureaucrates...
M. LESAGE: Mais il faut des hommes..,
M. BELLEMARE: ... sans être des technocrates qui mènent les
ministres par le bout du nez, mais il faudra que, dans la fonction publique, on
ait des gens qui se prédestinent à ça.
M. LESAGE: Oui, mais il ne faut pas seulement...
M. BELLEMARE: ... et pour qu'ils se prédestinent, M. le
Président...
M. LESAGE: M. le Président, un instant. Je suis sûr que le
député de Champlain s'est trompé quand il parlait des gens
de formation particulière. Il est clair qu'il faut dans la fonction
publique des gens avec une formation générale solide aussi.
M. BELLEMARE: Alors, M. le Président, le premier ministre...
M. LESAGE: Non, c'est pour être juste pour le député
de Champlain.
M. BELLEMARE: Oui, mais laissez-moi donc terminer.
M. LESAGE: Mais oui.
M. BELLEMARE: ... je n'ai pas la manière que vous avez de la
« swing », comme on dit là.
M. LESAGE: Non, non, mais c'est pour vous aider.
M. BELLEMARE: J'y vais pareil, vous allez voir que j'y vais
pareil...
M. LESAGE: C'est pour vous aider.
M. BELLEMARE: ... pour arriver à ceci que, demain, dans les
écoles, il faudra qu'il y ait une chaire à l'université,
bien vite, pour la fonction publique.
M. LESAGE: Pour l'administration publique.
M. BELLEMARE: Oui, pour les administrateurs professionnels.
M. LESAGE: Non, l'administration publique.
M. BELLEMARE: L'administration professionnelle.
M. LESAGE: Non, c'est publique.
M. BELLEMARE: ... et on demandera demain à des jeunes gens une
option soit pour le droit, soit pour le notariat, soit pour le génie ou
soit pour l'agronomie ou la médecine et aussi on leur offrira, à
ce moment-là, comme choix, la fonction publique. Et s'il y a un
débalancement, s'il y a une trop grosse différence, entre les
professions du droit, de la médecine et des autres professions et la
fonction publique, il arrivera que le reste, ceux qui voudront y venir... Ah!
vous allez dire: « Vous en faites un intérêt d'argent.
» C'est peut-être une des raisons majeures, aujourd'hui, qui fait
marcher le monde. Le pain quotidien, M. le Président, quel est celui qui
ne s'en occupe pas du pain quotidien?...
M. LESAGE: « The mighty dollar».
M. BELLEMARE: Oui, certain, comment tout le monde aujourd'hui prend
comme acquis qu'il faut regarder le pain quotidien et, avant de décider
de sa vocation, avant de décider une option, soit d'aller dans les
professions ou soit d'aller dans le fonctionnarisme, on regardera les
salaires.
Si la province a établi les bases, des barèmes et des
degrés capables de bien rénumérer son homme, on aura un
choix, un choix véritable, et comme disait l'honorable ministre de la
Famille, on n'en mettra pas quatre pour un à la même place.
M. le Président, je dis donc et j'espère que vous allez
comprendre mon intervention que pas seulement, M. le Président, les
membres des syndicats ont les yeux sur le gouvernement pas seulement les
directeurs de compagnies ont les yeux sur le gouvernement, mais tous ceux qui
s'occupent de gestion administrative publique, tous ceux comme les
gouvernements fédéraux des autres provinces et le gouvernement
fédéral, regardent actuellement ce que va adopter le gouvernement
de la province de Québec. Il faut que notre révolution tranquille
soit une révolution effective, et pour qu'elle soit effective, il faut
qu'avec un budget de $2 milliards que nous avons dans la province,
correspondent des salaires équivalents, des salaires qui pourront
être discutés et discutables pour établir les
barèmes, mais que cette discussion ne soit pas interrompue par ce vieux
conservatisme, cette peur que l'on a, d'affronter le syndicalisme.
M. le Président, la revalorisation de la fonction publique est
donc à la base des ententes qui vont être conclues. J'entendais
dernièrement quelqu'un qui me disait; Il y a à la table des
négociations une ombre qui se projette sur les négociateurs.
C'est vrai qu'il y a le syndicat d'une part, les représentants patronaux
du gouvernement de l'autre, mais il y en a un autre d'invisible, et
celui-là c'est l'honorable ministre des Finances. Ah! celui-là il
plane, son ombre plane, et la partie patronale est toujours inquiète de
la réaction que va avoir le ministre des Finances. D'accord, c'est un
problème, un problème difficile à résoudre à
cause de la marge extraordinaire qui peut exister entre les demandes qui sont
faites, mais je crois et j'ai déjà assisté à des
séances de négociation à titre de
représentant...
M. LESAGE: Dans Caboose? M. BELLEMARE: Comment?
M. LESAGE : Dans Caboose?
M. BELLEMARE: Dans Caboose, oui. A titre de représentant de mon
union.
M. LESAGE : C'est pour ça.
M. BELLEMARE: Et je me souviens que les premières séances
que l'on avait avec les autorités de la compagnie. Oh, M. le
Président, je vous garantis qu'ils ne nous payaient pas la traite
après, ils ne nous invitaient pas dans leur chambre, mais nous
maintenions avec une bonne foi évidente, nos justes revendications qui
nous étaient d'ailleurs formulées par nos membres.
M. LESAGE: Avec force, mais sans violence. M. BELLEMARE: Oh non, jamais.
M. LESAGE: Non, non.
M. BELLEMARE: Mais, M. le Président, deuxième,
troisième, quatrième, cinquième, sixième
séance, on sentait la compagnie faire certaines concessions et un jour
un des représentants patronaux m'a dit: « Ecoute, Maurice, vois-tu
la compagnie arriver puis ouvrir toutes grandes les portes à ce que tu
nous demandes? Voyons donc! Nous autres, il dit, on vient à la table de
la négociation pour essayer d'en tirer le meilleur profit possible en
rencontrant vos demandes mais aussi en protégeant les
intérêts de la compagnie.. C'était bien juste j'ai compris
ça aussi. Je comprends qu'aujourd'hui c'est la répétition
des mêmes négociations, qu'aujourd'hui que les employés
civils viennent, surtout pour la première fois, avec un contrat assez
étayé, un contrat où sûrement tous les articles ne
seront pas accordés. Mais, que la partie patronale admette donc qu'il y
a là un enjeu considérable, c'est le prestige de toute la
province, pas seulement d'un parti au pouvoir, mais de la province, c'est un
credo nouveau qui va s'étendre dans tout le Canada si demain les
employés civils sortent de la table de négociation, des
séances de négociation, avec des résultats tangibles.
Que l'on dise aux employés civils qu'il y a des obligations, oui,
M. le Président, on a des devoirs comme syndiqués mais on a aussi
des droits et c'est sur ça que devrait se baser aujourd'hui toute
l'étude de ce problème.
M. le Président, je reprends mon siège et je baisse de
nouveau la voix pour dire que cet exposé que j'ai fait en quelques
minutes...
M. LESAGE: Personne ne s'est plaint.
M. BELLEMARE: ... mais je me sens parfois monter pour rien. Je reviens
à ceci: Mon Dieu! qu'il serait facile de donner aujourd'hui un exemple
de ce qu'on a prêché. On veut du syndicalisme, on veut que ce soit
une arme entre les mains des employés qui s'en serviraient comme des
gens qui ont atteint l'âge de raison, on veut que ce soit une arme, on la
leur a donnée. Aujourd'hui, ils s'en servent. Qu'est-ce que peut
coûter une grève à un gouvernement comme le nôtre?
Qu'est-ce que ça peut rapporter au point de vue prestige? Le premier
ministre ne laissera jamais ce terrible fléau atteindre les
degrés de l'administration de la fonction publique. J'en suis convaincu.
Il y aura des négociations, elles se poursuivront. Ce matin à
neuf heures et demie, il y avait une assemblée au bureau
confédéral du conseil exécutif. On lui a transmis le
résultat du vote de lundi soir. Le premier ministre semblait dire hier:
« Cela représente 50% ».
M. LESAGE: A peu près, oui.
M. BELLEMARE: M. le Président, si cela avait été
moins, j'aurais été un peu inquiet, mais devant l'opinion
publique, manifestée à la télévision et à la
radio par des entrevues qui ont été accordées...
M. LESAGE: Avez-vous écouté hier soir les nouvelles de
onze heures?
M. BELLEMARE: Oui, j'en ai écouté une, M. le
Président.
M. LESAGE: Rien qu'une, oui, ça paraît. M. BELLEMARE: Oui,
rien qu'une.
M. LESAGE: Vous avez écouté « Aujourd'hui
»?
M. BELLEMARE: Mais, M. le Président, devant le vote qui a
été enregistré surtout devant le déplacement qu'a
entraîné cette assemblée monstre du patronage du patro
Roc-Amadour...
M. LESAGE: Il n'y a pas de patronage là-dedans.
M. BELLEMARE: Je dis donc, M. le Président, devant ces nombreux
employés civils qui n'ont pas craint, aujourd'hui, à la grande
clarté, de se prononcer ouvertement en faveur d'une grève, qu'il
y a là...
M. COURCY: Finie la peur!
M. BELLEMARE: ... je crois qu'il y a là un devoir...
M. LACROIX: Ils sont libres!
M. BELLEMARE: Oui, ils sont libres! Oui, ils sont libres mais faites
attention de ne pas leur mettre la camisole de force, parce que ça ne
sera plus de la révolution tranquille.
M. LESAGE: Un instant!
DES VOIX: A l'ordre!
UNE VOIX: Le contraire a déjà existé.
M. BELLEMARE: M. le Président, ça ne sera plus une
révolution tranquille.
M. COURCY: Le coeur!
M. BELLEMARE: Les employés civils sont prêts à
négocier de bonne foi...
M. COURNOYER: Depuis quand?
M. BELLEMARE: ... ils veulent rencontrer à la table de
négociations des gens de bonne foi...
M. LESAGE: Le coeur!
M. BELLEMARE: ... mais seulement il y a un article dans la loi de la
fonction publique, sanctionnée le 6 août 1965 qui s'appelle
l'article 75 et qui peut être une camisole de force...
M. LESAGE: M. le Président, j'invoque le règlement.
M. BELLEMARE: ... et cette camisole de force, que l'on y fasse
attention!
M. LESAGE: M. le Président, j'invoque le règlement. Je
vais le faire très posément. Je voudrais purement et simplement
rappeler par votre intermédiaire au député de Champlain le
texte de l'article 285, paragraphe 10, qui dit: « Il est interdit
à tout député qui a la parole de critiquer une
décision de la Chambre ou une loi de la province sauf en discutant une
motion ayant pour objet de révoquer cette décision ou une
proposition ayant pour objet de modifier ou d'abroger cette loi ».
M. BELLEMARE: M. le Président, mais l'article continue et il
dit...
M. LESAGE: Il ne faut pas critiquer.
M. BELLEMARE: ... « Mais il est permis de critiquer la
manière dont le gouvernement l'applique ».
M. LESAGE: Ah, oui!
M. BELLEMARE: Ah, bon! M. le Président, le premier ministre ne
l'avait pas dit.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. LESAGE: M. le Président, il arrive que l'article 75 n'a jamais
été appliqué. .
M. BELLEMARE: Un instant, M. le Président, il est dans les
statuts de la province.
M. LESAGE: Oui, mais il n'a jamais été
appliqué.
M. BELLEMARE: Et il est permis à ce député de
critiquer la manière dont le gouvernement l'applique.
M. LESAGE: Or, il n'a jamais été appliqué.
M. BELLEMARE: M. le Président, je disais donc que la
négociation en cours ne devrait pas se voir appliquer cet article 75 qui
ne deviendrait plus de la liberté, mais qui deviendrait une camisole de
force. Et ce serait regrettable. Cela serait le commencement
d'événements malheureux qui nous porteraient un préjudice
dans tout le Canada.
On a assez d'être critiqués par d'autres provinces sans
avoir en plus celle-là. Je dis donc, M. le Président, que le
gouvernement se rendra de bonne grâce, continuera de négocier de
bonne foi, mais plus hâtivement pour empêcher ces
échéances malheureuses et de l'injonction et de la grève
possible, mais plutôt dans un décor, dans un climat serein. Le
gouvernement apportera toute la pesanteur de son poids de législateur.
C'est nouveau tout le monde l'admet, c'est un essai loyal du syndicalisme que
font les fonctionnaires. Je sais que quelques-uns vont dire: ça ne se
faisait pas de votre temps, mais on n'est plus de mon temps, on est de 1966 et
on va régler ces problèmes-là. Et, dans quelques mois,
quand nous serons de l'autre côté, nous prendrons nos
responsabilités et vous verrez,
M. LESAGE: Vous avez dit ça en 1960, en 1961, en 1962.
M. LACROIX: N'étiez-vous pas l'adjoint parlementaire du ministre
du Travail?
M. BELLEMARE: M. le Président, je termine et je dis que cet
exposé qui a apporté, je crois, dans le débat certains
faits nouveaux devrait servir au gouvernemdnt pour éviter des jours
malheureux et surtout des situations inquiétantes pour tout le
fonctionnarisme.
M. LEVESQUE (Laurier): Tout ce qui me rassure sur les capacités
de négociation de l'autre côté, M. le Président,
c'est que pendant que le député de Champlain donnait, sur les
derniers milles là, une démonstration éloquente du calme
avec lequel il devait négocier lui, autrefois, dans la Caboose,
ça devait être quelque chose. En même temps, le chef de
l'Opposition, lui, faisait de bonnes lectures...
M. BELLEMARE: Cela, c'est le premier ministre qui a dit la Caboose.
M. LEVESQUE (Laurier): ... de bonnes lectures édifiantes, parce
que c'est très visible. Le député de Champlain a
parlé tout à l'heure de l'année de la fonction publique
à propos des négociations en cours...
M. BELLEMARE: Pardon?
M. LEVESQUE (Laurier): De l'année de la fonction publique.
M. BELLEMARE: Ah oui.
M. LEVESQUE (Laurier): ... à propos des négociations en
cours. Enfin, pour une très grande part je suis d'accord avec lui, c'est
une année cruciale qui peut être d'une importance tournante en
tous cas pour l'ensemble de la fonction publique. Cela vaut même la
peine, une seconde, une minute de détailler un tout petit peu ce que
ça représente, juste pour voir l'importance des enjeux qui
peuvent être en cause et voir à quel point c'est vrai que
ça va affecter toute notre société. Mais ça ne sera
pas la dernière de très loin des années de la fonction
publique parce qu'à partir de cette année par rapport à la
réalité syndicale dans le secteur public, toutes les
années seront des années importantes, enfin toutes les
années de négociation, puis on peut dire de façon
permanente, il faudra apprendre à parler ensemble douze mois par
année et non pas seulement au moment des négociations. Le
gouvernement quel qu'il soit à ce moment-
là pendant aussi loin qu'on peut voir en avant et les
fonctionnaires ou les parastataux, pour employer les expressions
européennes là, qui se multiplient chez nous.
Alors si l'on regarde simplement ce qui est en jeu en ce moment... c'est
vrai il y a quelque 40,000 employés directs de l'Etat qui sont
groupés et pour lesquels des négociations se poursuivent, sont en
marche, sont à la veille d'arriver en ce moment, qui sont
divisées entre fonctionnaires qui groupent à la fois des
fonctionnaires permanents, collets blanc si on veut, les fonctionnaires
ouvriers, c'est-à-dire des employés ouvriers réguliers du
gouvernement dans le même syndicat et aussi se précisant en cours
de route, les fonctionnaires qu'on dit occasionnels, c'est-à-dire les
saisonniers y compris même, pas les fonctionnaires, je veux dire les
ouvriers qu'on dit occasionnels y compris les saisonniers et même ceux
qui travaillent trois jours ou trois semaines sur un petit contrat ou un
travail en régie qui va par définition se terminer à tel
moment. Et pour lesquels tous pour la première fois, on est en train
d'essayer de créer un statut syndical.
En même temps, vous avez les fonctionnaires enseignants du SPEQ,
du Syndicat des professeurs de l'Etat du Québec, dont les
négociations se poursuivent même si en même temps c'est le
problème de la définition de ce que doivent être les
services essentiels.
Vous avez les agents de la paix, vous avez le Syndicat des
ingénieurs, vous avez les « interprofs » ou enfin le groupe
des autres professionnels qui forment une espèce d'unité «
salade », si on veut, et qui ont leur syndicat à eux. Tout
ça ce sont les employés directs de l'Etat, quelque 40,000, enfin,
j'ai pris le chiffre du député de Champlain, je suis sûr
qu'on est à peu près dans les mêmes totaux. Et puis
indirectement, mais dans un cas payé à 100% à même
les fonds publics, vous avez quelques, c'est-à-dire, ce cas-là
étant celui du personnel hospitalier y compris les infirmières
qui ont leurs propres unités, et le groupe des enseignants des
Commissions scolaires locales ou régionales ou ce n'est pas 100% mais
c'est une proportion croissante des budgets qui est payée par l'Etat,
ceux qu'on peut appeler indirectement, en tout cas sûrement au point de
vue des clauses monétaires, des gens qui dépendent de l'Etat,
c'est à peu près, je ne sais pas moi, je dirais une centaine de
milliers, et on pourrait ajouter à ça encore, la profession
médicale elle-même qui en ce moment, via ses syndicats, comme on
le sait, a amorcé des négociations en vue des éventuels
changements qui seront bénéfiques pour toute la population avec
l'assistance-médicale d'abord et puis éventuellement l'an
prochain, l'assurance-santé universelle.
Alors tout ça a fait, directement ou indirectement, mais de
très près relié à l'Etat quelque chose comme
probablement au moins 150,000 citoyens du Québec et leur famille. On ne
peut pas exagérer l'importance. Et je suis d'accord là-dessus, si
c'est cela que voulait souligner, le député de Champlain. Il y a
un fait que je voudrais aussi qu'on n'oublie pas et ce fait-là est en
soi à lui seul, une réponse à certaines sinon des
avancés de faits du moins des conclusions qu'en tirait le
député de Champlain, il y a quelques instants. Et ce fait, c'est
très simplement ceci, c'est que ces 150,000 à peu près
citoyens du Québec qui en étaient privés, c'est sous le
gouvernement actuel qu'ils ont acquis le droit d'association complet, y
compris, avec les quelques définitions, comment je dirais donc? les
quelques frais provisoires que la loi y apporte, y compris le droit de
grève. Ils n'avaient jamais eu le droit d'association dans la plupart
des cas, de droit d'association tout court, tel qu'un syndicat peut le
définir avec dignité et de toute façon, n'avaient jamais
eu nulle part dans le secteur public, le droit de grève dans ces
endroits-là.
Ce qui veut dire que déjà en soi, il me semble que
ça suffit, et de toute façon, pas besoin d'insister, les
syndiqués le savent les premiers, puis je crois que le
député de Champlain le sait aussi bien que moi, que ça
suffit comme preuve tout de suite, du fait que le gouvernement actuel, non
seulement n'est pas antisyndicaliste mais qu'il a fait preuve et certains le
blâment de ça, Dieu sait qu'il y a des bons coins de l'opinion
publique, et probablement certains coins du parti même du
député de Champlain, qui, n'en parlant pas n'en pensent pas
moins. Il y a certains coins de cette Chambre aussi bien que de l'opinion
publique qui blâment le gouvernement d'avoir été trop vite
et d'avoir fait preuve de trop d'audace dans la reconnaissance de tels droits,
parce que jamais dans Québec et probablement très rarement
ailleurs, aucun gouvernement n'a ouvert si vite, par voie de
législation, le droit d'association complet à autant de citoyens.
Et je crois que ça c'est un fait indéniable. De même qu'il
y avait des progrès au point de vue syndical extrêmement marquants
dans beaucoup de cas dans le code du travail et dans cette Loi de la fonction
publique qui est à l'essai actuellement, qui révèle
déjà des faiblesses, tout le monde le sait, mais on ne
peut pas critiquer, je crois que c'est le règlement, une loi en Chambre
avant d'en proposer l'amendement, ce que n'a pas fait le député
de Champlain je ne crois pas que ce soit mon rôle en ce moment!
Admettons tout simplement, sans faire de chinoiseries
qu'on en voit les faiblesses et qui étaient prévues
dès le début, que cette loi-là, de toute façon
à l'usage, comme toutes les lois humaines, si on ne fait pas de
stupidités en les laissant dormir dans la poussière pendant trop
longtemps, elle était appelée à être amendée
à l'usage. On sait très bien qu'elle aura évoluée
de même que la réalité syndicale qu'elle est censée
recouvrir. Et en fait, on pourrait ajouter ceci. C'est que jamais, que je sache
moi, et je le dis en tant que syndicaliste aussi convaincu sûrement que
le député de Champlain, jamais, et je l'ai vécu de
l'intérieur. Aucun gouvernement n'a réussi si vite et parfois si
douloureusement parce qu'il y a toutes sortes de choses à
dépouiller, à combattre en lui-même et c'est ça qui
est le plus dur, et à dépouiller ce vieux paternalisme
désuet auquel référait la déclaration du premier
ministre hier soir.
C'est évident qu'il y a eu des erreurs, puis il va y en avoir
encore et je ne vois pas comment devant la diversité incroyable et
nouvelle de cette réalité syndicale que je décrivais
très rapidement il y a un instant comment il pourrait ne pas y avoir des
erreurs de part et d'autre y compris du côté du gouvernement. Mais
je crois que ce qui est, quant à moi et ce qui peut l'être aussi
pour les syndiqués comme pour l'ensemble de la population rassurant dans
cette situation-là, c'est qu'il y a quand même à ce moment
un gouvernement qui a déjà prouvé et qui va le prouver
encore que lorsqu'il y a des erreurs qui, depuis que j'ai appris le latin sont
considérés de tout temps comme des choses humaines, bien, il y a
un gouvernement qui est capable de les admettre et sans trop perdre de temps,
de les corriger, ce qui également est assez nouveau dans l'histoire des
gouvernements de la province de Québec et là on peut
référer à des souvenirs que le député de
Champlain connaît mieux que moi.
M. BELLEMARE: Je vais être obligé de la relire
celle-là parce que j'étais occupé avec le chef de
l'Opposition.
M. LEVESQUE (Laurier): C'est très bien, je l'ai passée
vite mais elle va être imprimée.
M. BELLEMARE: J'aurais aimé mieux l'entendre.
M. LEVESQUE (Laurier): Je ne la retrouverai pas, mais on ira voir
ça ensemble, ça va?
M. BELLEMARE: Très bien.
M. LEVESQUE (Laurier): Maintenant pas besoin de dire pour revenir au
point de départ et terminer très rapidement, qu'on peut
être d'accord et j'espère qu'on va le demeurer d'accord y compris
dans ce que ça nous impose de responsabilités qu'on peut
interpréter différemment selon le côté de la Chambre
où on se trouve c'est évident, mais qu'on restera d'accord
essentiellement sur cette responsabilité qu'on impose à cette
Chambre aussi bien qu'au gouvernement. Le gouvernement d'abord, ça ne
sert à rien d'essayer de se camoufler, c'est nous autres ici qui sommes
responsables de ces négociations, mais toute la Chambre jusqu'à
un certain point est responsable du climat qui entoure ces négociations.
Or, il y a là et on est d'accord des enjeux d'une
importance vitale pour toute notre société qui débat ses
avantages partisans ou qui devrait en tout cas dépasser les avantages
partisans qu'on pourrait essayer de se créer à même le
climat toujours tendu vers les derniers milles qui entourent des
négociations compliquées. Parce que jusqu'à un certain
point dans ce secteur public et son développement se trouve la promesse
de progrès et d'équilibre de la société
québécoise elle-même, et ça on le sait de plus en
plus, à mesure que les lois passent, et que se fait le
développement du Québec. Alors il est important de ne pas
fracasser ça et il est important pour nous ici et là je n'ai pas
envie de le répéter donc je vais faire rapidement la
déclaration d'hier soir, de créer ensemble et jusqu'à un
certain point je crois que les gens d'en face seront fiers eux aussi à
un moment donné d'y avoir contribué en évitant de trop
multiplier les pelures de bananes faciles dans le climat actuel de créer
ensemble plus souvent côte à côte, avec le syndicat, que
face à face parce qu'encore une fois ça va être un dialogue
permanent qu'il va falloir entreprendre avec les membres de la fonction
publique, de créer ensemble ce fonctionarisme sain qu'on n'a jamais eu
dans le Québec comme on aurait dû, fort parce que maintenant il va
être fort. On ne pourra plus lui marcher sur la tête comme
ç'a été la tradition de ce paternalisme désuet
encore. Et fier également, y compris la fierté d'être
payé convenablement. Bon d'accord. Seulement il est évident
aussi, que tout ça c'est un processus permanent et que l'année
cruciale qui commence est le début d'une longue promotion et en fait
d'une promotion qui doit durer aussi longtemps que va durer le fonctionarisme
et la société à l'administration publique de laquelle il
préside.
Maintenant de notre côté, le gouvernement actuel comme ceux
qui lui succéderont c'est évident, parce que c'est vraiment
quelque chose qui est permanent devant nous ça. Ce n'est pas un «
flash in the pan » ce n'est pas quelque chose qui va passer. A partir de
maintenant, le fonc-
tionarisme québécois sera un fonctionarisme qui aura ses
droits, sa dignité, qui va apprendre de jour en jour davantage à
s'en servir et à se redresser définitivement, ce qui était
déjà passablement amorcé depuis quelques années et
l'on peut encore référer à cette espèce de
renaissance qui a commencé sous Paul Sauvé.
Maintenant, ça implique qu'il va falloir pour présider du
côté gouvernemental à compléter, car c'est à
peine commencé par rapport aux besoins des mécanismes
extrêmement coûteux, extrêmement complexes, des études
de marché de la main-d'oeuvre, des négociateurs professionnels,
de plus en plus rompus à leur métier, des orienteurs ou des
concepteurs si on veut de politiques du travail, tout ça étant un
mécanisme dont l'amorce seulement est en place et le contraire en
réalité est vraiment miraculeux. Bon et encore une fois pour ne
pas répéter, je crois que ça explique, il n'est pas
question d'excuser ici, simplement d'expliquer, ça explique ces retards
qui se sont produits dans les négociations, et que le syndicat à
juste titre a considéré comme exaspérants et il n' a pas
manqué sa chance de nous le faire savoir aussi. La seule chose pour
l'instant que je voudrais avant de terminer, c'est que peu importent les
provocations en espérant qu'il y en aura le moins possible, là,
parce que c'est tellement facile de jouer sur les aspects possiblement
électoraux d'un sujet comme ça, ou sur certaines
nervosités financières plus ou moins bâties à
même des rumeurs qui couvrent tout le marché et qui n'affectent
pas du tout la province de Québec et son crédit, plus que tous
les autres crédits.
En ce moment, il suffit de voir ce qui se passe aux Etats-Unis depuis
quelques jours ou depuis quelques semaines, par rapport à la situation
d'équilibre financier et d'équilibre des marchés pour
savoir... Enfin, à partir de là tout le monde peut jouer,
j'allais employer un mot qu'on dit non-parlementaire, je n'ai jamais compris
pourquoi, j'allais employer l'adverbe « démagogiquement ».
Mais enfin!
M. BELLEMARE: Ne l'employez pas!
M. LEVESQUE (Laurier): C'est un mot d'excellent français qui est
très respectueux, il me semble, enfin dans l'ensemble. En tout cas, peu
importe.
M. JOHNSON: Et surtout le ministre est expert là-dedans!
M. LEVESQUE (Laurier): A travers les sollicitations possibles...
M. BELLEMARE: Je vous dis que ça...
M. LEVESQUE (Laurier): Non, j'essaie plutôt de suivre le moins
possible les exemples que j'ai trop longtemps vus quand je n'étais pas
dans la politique. Mais seulement, on avoue toujours que c'est difficile de...
En tout cas, ce qu'il faut essayer d'éviter et que nous, fermement, de
ce côté-ci, vis-à-vis ces négociations, nous devons
éviter comme la peste ces à-côtés qui, à
toutes fins pratiques, justement à cause de l'importance du sujet, sont
des â-côtés et doivent à peine être
effleurés par la bande, qui peuvent être électoraux ou
possiblement électoraux, financiers, par rapport à un contexte
éminemment passager, de toutes façons et qui affecte tout le
monde; et ce serait le pire des dangers si nous cédions. Il est
peut-être normal que l'Opposition ait la tentation, et y cède
à l'occasion, de jouer avec ces facteurs-là. Cela équivaut
à jouer avec le feu. Evidemment, c'est la rançon qu'on doit payer
de ce parlementarisme, qui fait que le gouvernement, dans une Chambre, doit en
même temps être le nogocia-teur le plus serein et le plus calme
possible, surtout sur les derniers milles, en dehors de cette Chambre, à
une table où il faut que chaque mot soit pesé et chaque chiffre
aussi. Tout ça devant nous mener à éviter, comme un
fléau véritable, la grève qui peut tout de même
arriver, parce que pour l'éviter, il faut, et c'est la seule chose que
je vais dire pour la définir cette solution, autrement ce serait de la
négociation qui n'a pas sa place ici, il faut que le règlement
soit honorable des deux côtés. Une partie, pour quelque motif que
ce soit n'a pas le droit de s'écrouler ou de s'abimer devant
l'autre.
M. BELLEMARE: C'est sûr!
M. LEVESQUE (Laurier): Mais c'est là que deviennent assez
dangereuses, s'il fallait les écouter, les histoires plus ou moins
pseudo-électorales qui peuvent flotter dans le climat, dans le genre
que, peut-être, ça vaudrait la peine d'acheter un règlement
plus ou moins déshonorant par rapport à la responsabilité
d'un gouvernement, « because » quelques motifs électoraux.
Aussi bien être clair tout de suite.
M. BELLEMARE: J'espère que le ministre...
M. LEVESQUE (Laurier): Donc la grève, qui serait un fléau
et ça je suis sûr qu'on en est
conscient des deux côtés, doit être
évitée d'une façon parfaitement honorable, et de bonne foi
des deux côtés, et ça, je suis sûr qu'on est capable
d'y arriver. C'est parce que je sais aussi, et je sais qu'il y en a d'autres
dans cette Chambre qui le savent et je n'ai pas envie d'employer le « je,
me, moi, », je le sais seulement parce que je l'ai vécu et que
j'en vois les résultats que six ans après, une certaine
grève, qui a déjà eu lieu dans des milieux radiophoniques
à Montréal, les plaies ne sont pas encore guéries dans ces
organisations-là, et ces plaies-là, ça saigne encore. Ce
qui veut dire qu'il s'agit d'une chose à éviter comme un
fléau, qui pourrait affaiblir, pour le gouvernement d'aujourd'hui, la
province d'aujourd'hui et puis tous ceux qui suivront, la fonction publique du
Québec pendant des années et des années, au moment
où elle est sur le bord d'un progrès absolument sans
précédent. Donc, on en est conscient de ça.
M. BELLEMARE: La partie patronale à ce moment-là... Il y a
des plaies, parce que la partie patronale, à ce moment-là, ne l'a
pas...
M. LEVESQUE (Laurier): Point. C'est la seule chose que je veux dire.
Entre-temps... j'avoue que je fais comme le député de Champlain,
je n'ai même pas entendu la phrase qui vient de passer. Entre-temps, les
négociations continuent à tel point que dans dix minutes
exactement, à quatre heures, on va se rasseoir, enfin les
négociateurs du gouvernement et ceux du syndicat vont se rasseoir
à la table des négociations, concernant le syndicat des
fonctionnaires et des ouvriers, et qu'en même temps ou à peu
près, le syndicat des professeurs, SPEQ, continue à
négocier, et que nous sommes confiants que ces négociations vont
être menées à bon terme, à bonne fin, et confiant
aussi, pas confiant, je suis sûr que le syndicaliste que je suis et je
n'ai pas à en dire davantage, n'aura pas besoin de renier, à la
fin de ces négociations-là, aucune des convictions essentielles
qu'il peut avoir, ce que de toute façon, il ne ferait pas.
M. GABIAS: M. le Président, j'ai fermement l'intention de ne pas
élever la voix, de garder un ton serin, mais également et en
même temps, j'ai bien l'intention de dire des choses qui doivent
être dites, de rappeler des faits qui doivent être rappelés
et que nous ne devons pas, devant les porte-parole du gouvernement actuel que
nous avons entendus sur cette question hier et aujourd'hui, que nous ne devons
pas oublier ce qui s'est fait dans le passé et que nous ne devons pas,
surtout, mettre de côté la question importante qui est
présentement discutée.
Il y a des négociations entre le gouvernement et les
fonctionnaires. Ces négociations sont la conséquence normale
d'une loi ou de droits qui ont été accordés aux
fonctionnaires. Les porte-paroles du gouvernement sont mal avisés
aujourd'hui de dire en cette Chambre: Messieurs les fonctionnaires, nous vous
avons bien traités, nous vous avons donné des droits que vous
n'aviez pas auparavant, donc, soyez gentils, donc, ne profitez pas ou
n'utilisez pas tous ces droits qui vous ont été consentis. Nous
vous avons fait un cadeau et ce cadeau, il ne faudrait pas que vous le
retourniez contre nous, qui vous l'avons donné. Je dis que nous
plaçons mal la question si nous l'envisageons ainsi. La question est
beaucoup plus claire qu'on semble le dire ou qu'on semble l'admettre. Un projet
de convention collective a été remis, au nom des fonctionnaires,
aux représentants du gouvernement. Les personnes nommées par le
gouvernement pour discuter les demandes des fonctionnaires ont fait des
contre-propositions qui ont été refusées par une
majorité écrasante des fonctionnaires qui ont été
consultés, si je m'en reporte aux journaux, dans 54 localités de
la province.
Les fonctionnaires disent « non ». Mais on semble laisser,
on ne semble pas, on indique à la population qu'il s'agit uniquement
d'une question de salaires. Dès ce moment, on ne met pas la population
au courant de toutes les négociations qui sont en cours. La question des
salaires est une question parmi de nombreuses autres questions. Il ne faudrait
pas que l'opinion publique à ce stade-ci ne soit pas pleinement
renseignée sur ce qui se passe. Mais avant d'entreprendre quelques
remarques sur ce point, il faut aussi, puisque le gouvernement a fait
connaître son état d'esprit par son porte-parole le plus
autorisé, par le premier ministre et également par un autre
porte-parole bien autorisé, celui du ministre du Bien-Etre et de la
Famille, et je crois que c'est important, que la population sache
également quelle est l'attitude des fonctionnaires ou pourquoi ils ont
pris une telle attitude. On a raison de s'attendre que l'Opposition fera
connaître le véritable état d'esprit des fonctionnaires et
que cet état d'esprit n'est pas né du jour au lendemain, n'a pas
été le fruit d'une génération spontanée.
L'état d'esprit des fonctionnaires est attribuable,
premièrement, aux déclarations répétées,
déclarations qui ont été
re-re-re-répétées par les porte-parole autorisés du
présent gouvernement. On a dit aux fonctionnaires: Nous vous donnons ce
que vous n'avez jamais
eu, nous vous garantissons ce que vous n'avez jamais eu. Dans le
passé, vous avez été maltraités, dans le
passé, on ne vous a pas reconnus, dans le passé, vous
n'étiez rien. Je n'ai pas analysé la véracité de
ces déclarations ni leur bien-fondé, mais il m'est permis par
exemple de savoir et de dire que les fonctionnaires ont cru en ces
déclarations. Il m'est permis également de dire que les
fonctionnaires, en plus de croire ces déclarations ont dit: « Nous
allons faire valoir nos droits, nous allons faire connaître nos
revendications et nous allons demander un statut qui va correspondre à
une réalité et non pas uniquement à des
déclarations gouvernementales. Vous nous avez promis la liberté,
nous allons la demander, liberté d'association. Vous nous avez promis
que nous aurions un mot à dire dans la fonction publique, nous allons le
demander. Vous nous avez promis qu'il fallait que nous nous unissions pour que
la fonction publique soit réhabilitée dans l'opinion publique,
que la fonction publique soit réhabilitée à
l'intérieur des cadres gouvernmentaux, nous allons demander cela.
» Est-ce que nous pouvons blâmer les fonctionnaires de le demander?
« Vous nous avez promis qu'il n'y aurait plus de patronage, »
Allons-nous blâmer les fonctionnaires de ne plus vouloir de patronage? Et
les fonctionnaires disent aujourd'hui qu'il y a encore du patronage.
Ce n'est pas tout d'accuser l'Union nationale pour ce qui a pu se passer
dans le passé. Y a-t-il du patronage qui s'exerce encore,
malheureusement dans la fonction publique? Je vois ici dans un numéro du
19 février 1966, dans un journal intitulé: « Le f
onctionnaire provincial. » Article intitulé: « Les racines
du patronage. » 19 février 1966, je pourrais lire tout l'article
ou des parties importantes de l'article. Qu'il me suffise, M. le
Président, d'attirer votre attention sur cet article où les
fonctionnaires déclarent qu'il y a encore du patronage dans les
nominations des fonctionnaires, qu'il y a encore du patronage dans les
engagements, qu'il y a encore du patronage dans les promotions, qu'il y en a
autant qu'il y en a toujours eu, sinon plus.
On voit à la page 2, un autre article: « Les racines du
patronage ». « A cause de ses pouvoirs exclusifs qu'elle exerce
sans contrôle, la Commission de la fonction publique est devenue un
paravent au patronage grâce à un petit jeu habile qui ne trompe
plus personne, cependant. La seule façon d'en sortir et de faire rentrer
les pouvoirs de la commission dans le champ de la négociation
collective. On reproche au chef du gouvernement, à la page 3: « M.
Lesage, il ne suffit pas de le dire, il faut faire quelque chose, en ce qui
concerne la fonction publique, M. Lesage, il faut commencer par braquer les
réflecteurs sur la Commission de la fonction publique pour en montrer le
déguisement.
Ensuite il faut faire entrer les prérogatives intouchables de la
commission dans le champ de la négociation collective ce que votre
gouvernement a refusé de faire l'an dernier en adoptant à la
vapeur la loi de la fonction publique. »
M. LESAGE: M. le Président, j'invoque le règlement.
Article 285, paragraphe 10, on ne peut faire indirectement en lisant les
journaux ce qu'on ne peut faire directement en s'exprimant soi-même,
c'est-à-dire critiquer une loi non pas à la manière dont
elle est appliquée ce n'est pas ce que le député de
Trois-Rivières vient de faire dans les dernières paroles qu'il a
prononcées, de critiquer la loi elle-même sans en demander le
rappel. On ne peut le faire ni directement ni indirectement, article 285,
dixièmement.
M. GABIAS: M. le Président, je me conforme au règlement.
Pour dire que l'état d'esprit dans lequel les fonctionnaires se trouvent
nous pouvons l'attribuer au patronage suivant les quelques extraits que je vous
ai donnés mais cette opinion d'un journal des fonctionnaires pourrait
peut-être laisser les gens sceptiques au sujet de l'existence du
patronage. Je réfère cette Chambre brièvement à une
déclaration du ministre de la Justice en date de jeudi, le 13 janvier
1966, dans laquelle le ministre de la Justice dénonce le patronage qui
existe dans les offices gouvernementaux. Je vous réfère
également à une déclaration d'un autre ministre qui dans
le temps était ministre du Bien-être et de la Famille, dans
laquelle il accuse le gouvernement ou la commission du service civil provincial
d'incompétence et d'être une officine de patronage. Ce sont des
gens autorisés qui confirment bien les déclarations qui sont
faites par le journal et que l'on retrouve dans le journal des fonctionnaires.
Mais il y a encore quelques jours, le président de la
Confédération des syndicats nationaux, M. Pépin, qui
semble être une personne responsable, qui jusqu'à maintenant n'a
pas encore élevé la voix...
M. LESAGE: pardon?
M. GABIAS: ... qui n'a pas encore élevé la voix...
M. LESAGE: Qui?
M. GABIAS: Le président de la Confédération des
syndicats nationaux.
M. LESAGE: L'avez-vous entendu à la télévision hier
soir?
M. GABIAS: Non.
M. LESAGE: Ah! bien je l'ai entendu.
M. GABIAS: Je regrette, hier soir je ne l'ai pas entendu mais je
réfère à sa déclaration où il dit qu'il y a
du patronage.
M. LESAGE: Il n'a pas dit ça, ce n'est pas ce qu'il a dit hier
soir.
M. GABIAS: Non, je réfère à sa dernière
déclaration qui a parue, si je ne m'abuse, lundi cette semaine...
M. LESAGE: J'aimerais bien avoir vos... M. GABIAS: ... dans les
journaux...
M. LESAGE: Evidemment, je me préoccupe peu de ces choses mais
simplement j'aimerais bien lorsqu'on fait des accusations de patronage qu'on me
donne des exemples précis. On ne m'en a pas donnés. Quand on m'en
donnera, je sévirai...
M. JOHNSON: Suzanne Brassard.
M. LESAGE: ... comme je l'ai fait en toutes circonstances lorsque
c'était nécessaire. Dans le cas de Mme Brassard il s'agissait
d'une nomination d'une personne compétente à une fonction
à laquelle elle était nécessaire.
M. JOHNSON: A l'encontre de l'article 391, paragraphe h...
M. LESAGE: Il n'y a pas d'article 391, paragraphe h. Il s'agit de
l'emploi d'une personne compétente dans un endroit où elle
était nécessaire.
M. GABIAS: Je me contenterai, M. le Président...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. GABIAS: M. le Président, je me contenterai de dire au premier
ministre qu'il ne suffit pas de le dire mais qu'il faut faire quelque chose
contre le patronage.
M. LESAGE: C'est ça, il ne suffit pas de le dire, il suffit de me
donner des cas.
M. GABIAS: Jusqu'à présent, M. le Président, nous
avons les déclarations de personnes en autorité comme le ministre
de la Justice, comme l'ancien ministre du Bien-être et de la Famille.
M. JOHNSON: C'est ça.
M. GABIAS: Nous avons les déclarations du président actuel
de la Confédération des syndicats nationaux. Ce ne sont pas des
gens qui font partie, à ma connaissance, de l'Union nationale, ce ne
sont certainement pas des gens qui sont dans l'Opposition officielle et ces
gens-là déclarent qu'il y a du patronage qui se fait, que les cas
sont nombreux. Il ne suffit pas uniquement...
M. LAFRANCE: M. le Président, je soulève un point
d'ordre.
UNE VOIX: A l'ordre!
M. LAFRANCE: Le député n'a pas le droit de dire que
l'ancien ministre de la Famille et du Bien-être social a
déclaré qu'il se faisait du patronage. Je n'ai jamais dit
ça publiquement, M. le Président.
M. GABIAS: M. le Président, je n'ai pas l'intention de me laisser
détourner de la conversation.
Le ministre nie, il me semble qu'il auraitpu sur une question de
privilège nier les nouvelles qui ont paru dans le temps dans tous les
journaux, qui sont à la connaissance de tout le monde, et je ne sache
pas, qu'avant aujourd'hui, l'ancien ministre du Bien-Etre et de la Famille, sur
une question de privilège, ait contredit ces déclarations que
nous avons lues dans les journaux, que je me souviens avoir très bien vu
dans Perspectives, un numéro qui a paru une fin de semaine.
M. LAFRANCE: Je n'ai pas parlé de patronage.
M. GABIAS: M. le Président, je ne me laisserai pas
détourner de la question qui préoccupe cette Chambre par le chef
éventuel de la droite.
Mais cet état d'esprit qui existe chez les
fonctionnaires, il est dû à des déclarations qui
sont contraires à des faits. Ces faits sont amplement prouvés.
Est-ce uniquement une question de salaire? Non, M. le Président. Il y a
également une question de classification. Classification des
employés, actuellement le syndicat n'a rien à dire sur la
classification. Le syndicat demande que la commission accepte sa participation.
Il y a la question de la sélection. Actuellement, le syndicat n'a rien
à dire sur la sélection. Le syndicat demande que la commission
accepte sa participation à l'organisation des concours.
Présentement, le syndicat n'a rien à dire sur les concours, le
syndicat demande que les concours soient faits en fonction de l'occupation.
Quatrièmement, la liste d'admissibilité; actuellement, le
syndicat n'a rien à dire sur les listes d'admissibilité. Le
syndicat demande que la Commission adopte, pour la composition des listes, des
critères élaborés en collaboration avec le syndicat.
Cinquièmement, la permanence; actuellement le syndicat n'a rien à
dire sur la permanence. Le syndicat demande que la Commission examine, avec le
syndicat, la possibilité de créer des statuts
intermédiaires. Le syndicat de plus insiste sur le fait qu'en aucune
circonstance, le statut de permanent ou de temporaire ne devrait
entraîner des conditions de travail distinctes. Sixièmement,
nomination et promotion,, Le syndicat demande au gouvernement que les
nominations et promotions soient soumises par la convention à des
critères de compétence, d'expérience et d'appartenance
à la fonction publique. Actuellement, il semble qu'il n'y ait rien de
réglé dans ces six questions où le syndicat n'a rien
à dire et où le syndicat voudrait avoir un mot à dire,
dans lesquelles questions le syndicat voudrait se faire entendre.
Mais il y a plus, M. le Président, l'état d'esprit des
fonctionnaires; il n'y a rien qui m'empêche ou qui empêche la
population de penser que l'honorable ministre de la Santé du
Québec, dans une causerie qu'il prononçait au Collège
Ste-Marie, le 16 novembre 1965, rien ne m'empêche de penser qu'à
ce moment, il était un porte-parole autorisé du gouvernement, sa
causerie était intitulée: « Pour une fonction publique
moderne ». Au cours de sa causerie, le ministre disait: « Il n'y a
pas de place dans la fonction publique québécoise pour les rebuts
d'autres professions, pour l'indifférent ou pour le pusillanime à
la recherche de sécurité.
La renaissance du Québec va de pair avec l'arrivée dans
les rangs de son administration d'hommes et de femmes intéressés
par leur travail, capables et de grand talent. Cela signifie en passant que
l'opinion publique doit revoiries notions qu'elle entretient au sujet de
l'administration québécoise. Les gens les plus importants dans
notre existence sont justement ceux qui font fonctionner. » J'attire
votre attention sur l'importance de cette déclaration; « Les gens
les plus importants dans notre existence sont justement ceux qui font
fonctionner les services gouvernementaux, lesquels ont considérablement
augmentés et continueront de prendre de l'ampleur. Ils exécutent
les décisions politiques, interprètent les lois en vigueur, et
avisent au sujet des législations nouvelles qui traduisent les
désirs et les besoins de la population. A mesure que nous accroissons
notre activité dans les domaines de l'éducation, de la
santé, de la famille et du bien-être social, de la programmation
économique, etc., l'importance de ces fonctionnaires s'accentue au
même rythme que les services qu'ils dirigent. Ce n'est vraiment plus la
révolution tranquille, cela devient la révolution affluente.
»
Le ministre déclarait que les fonctionnaires prenaient de plus en
plus de l'importance dans la gouverne de tous les secteurs de l'Etat. Si les
fonctionnaires sont compétents pour donner suite a la déclaration
de l'honorable ministre de la Santé, il est clair que les fonctionnaires
sont également compétents pour pouvoir discuter de ces questions
qui présentement relèvent uniquement du comité de la
fonction publique, que s'ils prennent de jour en jour une importance de plus en
plus grande dans l'administration et dans l'application des lois, dans la
gouverne de tous les secteurs, je dis qu'ils méritent également
d'être traités justement et d'être traités suivant
les moyens qu'ont actuellement à leur disposition les organismes
gouvernementaux.
Ont-ils les moyens? Dans la même causerie, l'honorable ministre
déclarait ceci: « L'un de mes meilleurs souvenirs du
ministère du Revenu est une photographie représentant 31
fonctionnaires supérieurs de ce ministère. Elle fut prise a la
fin d'une réunion de deux jours au Lac-à-1'Epaule. Cette
équipe dynamique mène un ministère chargé de
percevoir cette année $1 1/2 milliards. Leur responsabilité est
énorme. Leur intégrité et leur talent sont incontestables
et incontestés. Il est grand temps que les Québécois se
débarrassent du mythe selon lequel leurs fonctionnaires sont
inefficaces, faibles et parfois corrompus, car le groupe dont je viens de vous
parler est exactement l'opposé de cela. Le service de l'Etat est quelque
chose de beaucoup plus complexe que la poursuite des affaires et la gamme des
talents requis en est d'autant plus vaste. Faut-il se surprendre que les
fonctionnaires aient présentement un état d'esprit qui
réclame un juste salaire?
Faut-il s'en étonner lorsque le ministre, l'ancien ministre du
Revenu fait de telles déclarations au mois de novembre 1965? M. le
Président, l'état d'esprit des fonctionnaires peut lui donner des
doutes. Il y a eu des grèves auparavant dans le secteur public. Il y a
eu la grève des employés de la Régie des alcools; un
ministre en autorité s'est fait le défenseur de ces
employés. Il y a eu la grève de l'Hydro-Québec; un
ministre s'est fait ouvertement le défenseur de ces employés.
Aujourd'hui, personne du côté ministériel ne fait entendre
la voix des fonctionnaires.
M. LESAGE: M. le Président, je crois devoir intervenir sur une
question...
M. GABIAS: Est-ce un point d'ordre? M. LESAGE: ... de
privilège...
M. JOHNSON: Le premier ministre a le droit de réplique, qu'il
reste donc tranquille.
M. LESAGE: Non, c'est sur une question de privilège. Je m'excuse,
ce n'est pas une question de réplique. C'est purement et simplement pour
dire que la seule intervention que j'ai faite a été pour informer
la Législature, qui est appelée à voter des subsides, des
conditions monétaires qui étaient offertes au syndicat. Et le
chef de l'Opposition hier soir, et celui qui vous parle ont tous deux reconnu
que l'Assemblée législative n'était pas l'endroit
où devait se négocier le contrat de convention collective entre
le gouvernement d'une part et ses fonctionnaires d'autre part. Le chef de
l'Opposition a dit avec raison qu'il ne voulait pas non plus s'ériger en
tribunal d'arbitrage. Alors, il n'est pas question d'entamer une discussion;
d'un côté ou de l'autre, des demandes des fonctionnaires sont
très bien connues. Elles ont été mentionnées
partout, elles ont été publiées dans les journaux. Les
offres monétaires faites par le gouvernement vendredi n'étant pas
connues, il était du devoir de celui qui vous parle de les exposer.
C'est ce qu'il a fait. Je ne pense pas qu'on puisse reprocher au gouvernement
de ne pas avoir rendu publiques les demandes des fonctionnaires qui ont
été publiées dans les journaux, et à plein journal,
et ce n'est pas le rôle du gouvernement de se poser en arbitre dans les
circonstances. Au moment où je vous parle, M. le Président, les
négociations sont en cours dans l'édifice B entre les
négociateurs du gouvernement d'une part et ceux du Syndicat de la
fonction publique d'autre part. Nous n'allons pas négocier dans
l'édifice A, sur le parquet de l'Assemblée législative, le
chef de l'Opposition l'admet, pendant que les négociations se
déroulent dans l'édifice B entre ceux qui sont responsables de
ces négociations.
M. GABIAS: Je vous ferai remarquer, M. le Président, qu'il n'y
avait aucune question de privilège. Je n'ai pas interrompu le premier
ministre qui a voulu faire une déclaration...
M. LESAGE: Non, le député de Trois-Rivières m'a
posé des questions hier soir et je me suis assis, puis je lui ai
répondu. Pendant que je parlais hier soir, le député de
Trois-Rivières m'a posé des questions. Je me suis assis lorsqu'il
s'est levé, j'ai répondu à ses questions.
M. GABIAS: J'en étais fort content, ça faisait
changement...
M. LESAGE: Lorsqu'il avait besoin de renseignements, d'ailleurs
ça n'était pas la première fois, j'ai fait la même
chose hier midi.
M. GABIAS: Cela faisait changement...
M. LESAGE: Chaque fois que le député de
Trois-Rivières a posé des questions qui ne devaient pas
être posées au feuilleton, qui étaient dans l'ordre, je lui
ai répondu. Lorsque c'étaient des questions qui devaient
être posées au feuilleton, j'ai dit: Au feuilleton, ou je n'ai
rien dit, parce que ça ne valait pas la peine.
M. JOHNSON: Ah bon. M. LESAGE: Un des deux. M. JOHNSON: Ah bon!
M. GABIAS: M. le Président, je m'attendais à une fin de
phrase pas gentille, désagréable. Cette intervention, vous me
permettrez, M. le Président, de la mettre au feuilleton et je continue
à discuter de la question qui nous intéresse.
Je n'ai pas l'intention de négocier, M. le Président. Nous
ne discutons pas des négociations. Je parle de l'état d'esprit
des fonctionnaires et j'ai le droit d'en parler, parce que le premier ministre
et le ministre du Bien-Etre et de la Famille ont tous deux insisté sur
le fait que les négociations étaient loin d'être rompues,
que les négociations devaient se continuer dans un climat serein, dans
un climat de confiance. Nous en sommes, M. le Président. J'en suis. Mais
je dis que les fonctionnaires sont dans un
état d'esprit qui ne les place pas tellement dans une position de
confiance, et je rappelle au gouvernement que, vraiment, pour que les
négociations puissent se continuer dans un climat de confiance, il va
falloir que le gouvernement change d'attitude. Je ne parle pas des
négociateurs, nous ne savons pas ce qu'ils font les négociateurs;
mais ce que nous savons, par exemple, c'est que les négociations ne se
sont pas poursuivies à un rythme qui donnait confiance aux
fonctionnaires. Les négociations ne se sont pas poursuivies au rythme
qui aurait mis les fonctionnaires vraiment en confiance. Nous en sommes pour
des négociations dans un climat de confiance, mais il faut que les
porte-parole du gouvernement ne fassent pas uniquement des déclarations,
mais qu'ils posent des actes qui donneront confiance aux négociateurs
des fonctionnaires.
Quels seront les résultats de ces négociations? Nous
espérons qu'ils seront à l'avantage de tous les citoyens, car, en
somme, ces négociations regardent, premièrement, les citoyens de
la province de Québec, car autant fonctionnaires que gouvernantes sont
les représentants de la population, voient à l'administration des
biens de la province, qui sont à la population de cette province. Et je
formule le voeu, M. le Président, que le gouvernement agisse, pose des
actes pour que l'état d'esprit des fonctionnaires en soit un de
confiance, que l'état d'esprit des fonctionnaires en soit un qui
favorise des négociations de bonne foi et que les négociations se
terminent par une convention collective qui sera à l'avantage des
fonctionnaires qui sera également à l'avantage de la population
de la province de Québec.
M. JOHNSON: M. le Président, est-ce que les négociations
concernant les membres du syndicat des professeurs de l'Etat du
Québec...
M. LESAGE: Elles sont en cours.
M. JOHNSON: ... sont dirigées par le même groupe?
M. LESAGE: Non. Elles sont toujours sous la direction
générale de M. Gaston Cholette évidemment. Toutes les
négociations sont sous la direction générale du directeur
de la direction générale des relations de travail, M. Gaston
Cholette.
Mais celui qui est en charge d'un comité ou d'un groupe de
négociation patronale, pour ce qui est des professeurs d'enseignement
spécialisé, est Me Claude Lavery.
M. JOHNSON: Ancien membre de la Commission des relations
ouvrières?
M. LESAGE: Oui.
M. JOHNSON: Il est exact d'une part qu'il ne nous revient pas de
négocier dans cette Chambre et, par ailleurs, nous voulons bien, avant
même que le ministre de la Famille et du Bien-Etre nous ait
exhortés à le faire, nous voulons bien tâcher d'apporter
une contribution qui soit tout autre que démagogique au règlement
de ce problème.
Cependant, il est de notre devoir de nous rendre compte si, oui ou non,
le gouvernement a utilisé la diligence normale qu'on peut attendre d'un
patron. Or, si j'en juge par les déclarations faites de la part du
syndicat des professeurs de l'Etat du Québec, il semble bien que le
gouvernement a été lent dans son travail et, deuxièmement,
qu'il n'a pas montré toute la bonne foi qu'on attendait. Le gouvernement
semble avoir eu des pieds de plomb, quand il s'est agi de négocier avec
les membres de SPEQ. Est-il nécessaire de vous référer
à toutes les déclarations faites par M. Claude Sabourin,
président du syndicat des professeurs de l'Etat du Québec,
déclarations parues dans tous les journaux de la province de
Québec, au cours des mois de décembre, janvier et février?
Il est peut être utile de vous rappeler une déclaration ou
certains passages d'une déclaration du président régional
de la Mauricie, de ce syndicat. M. Farrier disait, selon le Nouvelliste du 1er
février; « Il est scandaleux de constater que c'est le
législateur, lui-même, qui est le premier a jouer sur les mots
avec les lois qu'il a édictées sur les relations
patronales-ouvrières. Au lieu de négocier de bonne foi avec ses
employés, notre patron, c'est-à-dire le chef suprême de la
fonction publique, l'honorable JeanLesage, trouve tout naturel et correct de
restreindre la négociation à un pur échange de textes,
sans permettre aucunement la discussion ni ouvrir la voie sur un terrain
d'entente possible. » L'accusation est de taille.
M. LESAGE: L'accusation est purement et simplement de nous en tenir
à la négociation dans les cadres de la loi. C'est qu'on
prétend que la loi n'est pas suffisamment large, c'est tout, et que je
prétends que la loi que nous avons adoptée l'an dernier, eh bien!
c'est la loi, nous ne devons pas la critiquer, elle est la loi.
M. JOHNSON; Le premier ministre prétend-il que la
négociation, au sens de la loi que nous
avons adoptée l'année dernière, doit être
restreinte à l'échange de compositions écrites?
M. LESAGE : Non, non, ce n'est pas, d'ailleurs, ce qui s'est
passé. Et c'est justement ce que je voulais éviter. Le chef de
l'Opposition, par des citations de journaux, des citations de
déclarations de chefs ouvriers, de chefs de syndicats, auxquelles je me
suis abstenu de répondre et auxquelles je continue de vouloir m'abstenir
de répondre pour ne pas créer de mauvais climat, alors que les
négociations sont en cours. Eh bien! le chef de l'Opposition voudrait
m'entraîner, et je dis que non, je ne répondrai pas. Quand
même il dirait que les accusations sont de taille, je ne dirai rien qui
soit de nature à envenimer ou à rendre plus difficiles des
négociations déjà difficiles. Je me suis abstenu de
parler, j'ai l'intention de continuer de m'abstenir de parler et d'assumer
pleinement ma responsabilité, malgré que ça me fasse mal
des fois. Le chef de l'Opposition me connaît, ça me fait mal de me
taire et je tais quand même et par sens de la responsabilité.
Le chef de l'Opposition peut me provoquer; je pourrais répondre,
mais je m'en abstiendrai.
M. JOHNSON: M. le Président, d'accord, nous ne voulons pas
empoisonner l'atmosphère.
M. LESAGE: Non, mais vous, vous allez bien, là.
M. JOHNSON: Cependant, nous avons le devoir, lorsque vient pour
étude devant cette Chambre, en comité des subsides, l'article
concernant la Commission de la fonction publique, nous avons le devoir de nous
rendre compte si oui ou non, le groupe chargé de négocier fait
son devoir et...
M. LESAGE: Il le fait, il fait son devoir actuellement: il
siège.
M JOHNSON: ... nous devons aussi, M. le Président, nous rendre
compte s'il a toute la liberté nécessaire pour négocier.
Le Soleil du 8 janvier rapportait, je ne parle pas de la grève...
M. LESAGE: Il n'y en a pas de grève.
M. JOHNSON:... imminente du Syndicat de la fonction publique.
M. LESAGE: Il n'y a pas de grève imminente.
M. JOHNSON: Mais de l'autre, M. le Président...
M. LESAGE: Qui parle d'une grève imminente? Le chef de
l'Opposition?
M. JOHNSON: ... le 8 janvier, le Soleil rapportait une
déclaration de M. Claude Sabourin, président du Syndicat des
professeurs des institutions gouvernementales, qui accusait le gouvernement du
Québec de violer le code du travail en refusant à toutes fins
pratiques de négocier avec les représentants du goupement
M. LESAGE: Ce n'est pas exact.
M. JOHNSON: Dans un communiqué remis au Soleil, M. Sabourin
disait: Le syndicat prévoit devoir recourir à la grève
pour amener l'Etat à discuter avec lui de façon plus active. Une
telle grève pourrait avoir lieu en février et l'entière
responsabilité en reviendrait au gouvernement.
M. LESAGE: Nous sommes rendus au 2 mars.
M. JOHNSON: M. le Président, au mois de janvier, le
président du syndicat appelé SPEQ Syndicat des professeurs de
l'Etat du Québec, groupant 2,500 professeurs dans les écoles
spécialisées, les instituts de technologie, les écoles de
métiers, les écoles normales, de Beaux-Arts, d'Agriculture et le
Conservatoire, disait que le gouvernement violait le code du travail. Alors,
c'est le temps aujourd'hui...
M. LESAGE: M. le Président...
M. JOHNSON: ... je le crois, M. le Président, d'éclairer
la Chambre et la population relativement à ces accusations qui sont
extrêmement graves.
M. LESAGE: M. le Président, nous avons eu un long débat
sur toute la question de l'éducation, et lors de ce débat, toute
la politique des salaires du gouvernement, dans la mesure où les
professeurs de l'enseignement spécialisé sont concernés, a
été exposée par celui qui vous parle. Lors du débat
sur l'éducation, sur la motion d'amendement du chef de l'Opposition
à la motion proposant l'adoption de l'Adresse en réponse au
discours du trône, j'ai donné la position du gouvernement en ce
qui concerne les fonctionnaires de l'enseignement spécialisé.
J'ai même déposé en Chambre des tableaux de salaires,
tableaux comparatifs qui apparaissent au journal des Débats. Le chef de
l'Opposition a la mémoire très courte, puisque c'est lors de
l'étude de l'une de ses propres motions d'amendement que j'ai fait
connaître la politique du gouvernement que je dirige en ce qui
concer-
ne les salaires dans l'enseignement spécialisé. Et si le
chef de l'Opposition veut bien examiner le journal des Débats, il y
trouvera le texte de ma déclaration, de même que les tableaux que
j'avais produits et fait inscrire au journal des Débats. Il est mal venu
de revenir aujourd'hui sur un débat antérieur, M. le
Président, un débat qui est clos.
M. JOHNSON: M. le Président... M. LESAGE: Un débat qui est
clos.
M. JOHNSON: ... je dirai, que je ne parle pas des salaires, de
l'insuffisance ou de la suffisance des salaires, ce qui fut l'objet d'un
débat antérieur. Mais je parle de la lenteur ou de la non lenteur
de l'unité de négociation...
M. LESAGE: Je dis, M. le Président...
M. JOHNSON: ... ou de l'organisme de négociation.
M. LESAGE: ... ma réponse est que l'on siège à
l'heure actuelle.
M. JOHNSON: Pardon?
M. LESAGE: L'on siège au moment où je parle.
M. JOHNSON: Quant à SPEQ aussi?
M. LESAGE: Oui. En ce moment-ci, l'on siège.
M. BELLEMARE: Mais pas au même endroit, la SPEQ c'est pour les
choses...
M. LESAGE: Oui, l'on siège aujourd'hui...
M. BELLEMARE: C'est pour les services essentiels,,
M. LESAGE: Non, non, non, on négocie. M. BELLEMARE: Ah non, c'est
rendu...
M. LESAGE: Ah non, le président du comité
interministériel de négociation peut vous répondre.
M. BELLEMARE: Ah oui, mais il est devant la Commission des relations de
travail.
M. LESAGE: Le ministre de la Famille va vous répondre.
M. LEVESQUE (Laurier): Juste pour les faits c'est que SPEQ et le
gouvernement ont donné une interprétation qui...
M. BELLEMARE: D'accord.
M. LEVESQUE (Laurier): ... n'était pas tout à fait
conjointe des services essentiels pour cette année. Cela c'est devant la
Commission des relations de travail.
M. BELLEMARE: C'est ça.
M. LEVESQUE (Laurier): Autant qu'on sache, la commission ne les a pas
encore convoqués, donc...
M. BELLEMARE: C'est d'accord.
M. LEVESQUE (Laurier): ... pendant ce temps-là, après tout
exactement dans l'optique du chef de l'Opposition les deux parties on
considère qu'on n'est pas obligés de perdre notre temps, alors
pendant ce temps-là les négociations continuent et aujourd'hui
encore il y avait une séance qui était prévue pour cet
après-midi, elle doit avoir lieu en ce moment.
M. LESAGE: Bien oui. Même s'il y a une demande devant la
commission, les négociations continuent.
M. LEVESQUE (Laurier): Il n'y a rien qui empêche ça dans la
loi.
M. LESAGE: Il n'y a rien qui empêche ça.
M. LEVESQUE (Laurier): Je suis sûr que ça rejoint l'optique
du chef de l'Opposition.
M. BELLEMARE: Je suis sûr, M. le Président, que le
problème de la SPEQ qui a été soumis au gouvernement et le
gouvernement a répondu; « Tous les services sont essentiels dans
l'éducation »...
M. LESAGE: Ce n'est pas ça qu'on discute.
M. BELLEMARE: ... a ce moment-là ils ont été
transférés en vertu de l'article 75 devant la Commission des
relations de travail.
M. LESAGE: Ce n'est pas de ça qu'on discute actuellement.
M. BELLEMARE: Je ne sais pas, le ministre me dit que la SPEQ continue de
négocier...
M. LESAGE: On continue de négocier en ce moment. Voyons! On n'est
pas des fous.
M. LEVESQUE (Laurier); Bien écoutez, M. le Président,
est-ce qu'on pourrait dire un mot? C'est qu'il y avait une séance, on
aeu une réunion du comité ce matin avec les négociateurs
et puis il y avait une séance cet après-midi, autant que je
sache...
M. BELLEMARE: La SPEQ?
M. LEVESQUE (Laurier): Oui, la SPEQ, bon.
M. LESAGE: Oui.
M. LEVESQUE (Laurier): ... autant que je sache parce qu'il a pu y avoir
des changements, mais une chose certaine c'est qu'on a discuté de la
prochaine séance de négociation qui, si j'ai bien compris, devait
avoir lieu aujourd'hui. En tout cas, une chose certaine c'est qu'il y en a
une...
M. LESAGE: Pas sur la question des services essentiels, ni de
négociations de fond.
M. LEVESQUE (Laurier): En tout cas, de toute façon on le dit, le
député de Champlain aura seulement à vérifier. Si
le député de Champlain me permet, il vient de dire une chose sur
laquelle j'aimerais donner une précision. Il dit; « Le
gouvernement a défini les services essentiels comme étant toute
l'éducation dans le cas de SPEQ », c'est faux. C'est faux
simplement par un manque de nuances. Je ne veux pas dire que le
député de Champlain veut nous induire en erreur mais la nuance a
une sacrée importance. C'est que ce qui a été dit, et le
communiqué écrit n'a peut-être pas été
reproduit tel quel dans tous les journaux, mais ce qui a été dit
par le négociateur du gouvernement comme la définition des
services essentiels était que cette année, vu les circonstances
qui sont bien connues, la grève plus ou moins dans le genre « walk
out » des élèves pendant quelques temps et le fait qu'on
est aujourd'hui le 2 mars et qu'à mesure que les jours passent on
s'approche de la fin de l'année, donc on arrive au moment où
ça pourrait compromettre l'année de tous les étudiants, y
compris les finissants, donc, vu les circonstances de date et de saison et de
ce qui est arrivé cette année, pour cette année seulement
le gouvernement définissait les services essentiels comme l'ensemble de
l'enseignement, pour cette année seulement et sans prétendre
créer par la un précédent qui voudrait dire de
façon baroque que toute l'éducation, a toutes fins pratiques,
nier le droit de grève et même cette définition
circonstanciée et uniquement pour cette année elle est
évidemment soumise au jugement de la Commission des relations de travail
qui l'acceptera ou la rejetera.
M. JOHNSON: M. le Président, on est donc en négociations
avec les membres de SPEQ...
M. LESAGE: Oui.
M. LEVESQUE (Laurier): Oui.
M. JOHNSON: ... et parce que nous voulons coopérer nous ne
voulons pas empoisonner le climat, nous sommes placés dans un dilemme.
Avons-nous le droit, oui ou non, de nous enquérir, si le gouvernement a
utilisé toute la diligence qu'un patron moderne, ayant des idées
modernes utiliserait? M. le Président, on a le droit de se demander si
le gouvernement oui, ou non, a fait diligence. Nous avons d'une part les
déclarations des responsables des syndicats et de SPEQ et de la CSN
disant que le gouvernement a été extrêmement lent et
même on dit qu'il a été de mauvaise foi. « Les
négociateurs diligents et de bonne foi du gouvernement se laissent trop
trainer la patte » a dit, à un moment, M. Jean-Guy Farrier, le
président régional des professeurs de l'Etat du Québec
pour la Mauricie. M. Sabourin, en d'autres circonstances, a semoncé
vertement le gouvernement. C'est le temps, je crois, M. le Président, de
nous éclairer. C'est le temps pour le gouvernement de dire à la
population ce qu'il a fait, s'il a négocié de bonne foi, s'il a
négocié avec diligence, une diligence raisonnable.
Maintenant, si on prétend qu'un débat de ce genre serait
de nature a vicier le climat, je n'aurais pas d'objection quant à moi
à retarder l'étude de cet article de quelques jours...
M. LESAGE: Non.
M. JOHNSON: ... pour qu'on laisse l'atmosphère se clarifier.
M. LESAGE: Non, nous procédons aujourd'hui.
M. JOHNSON: Alors, M. le Président, me basant sur les
témoignages que j'ai ici et qui sont les meilleurs que je puisse avoir
dans les circonstances, je dois dire que le gouvernement ne semble pas avoir
été préparé à négocier et
deuxièmement, quand il a commencé à négocier, il a
traîné les pieds. En plus de ces officiers dont j'ai donné
le nom tantôt, c'est le journal Le
Fonctionnaire Provincial et c'est M. Marcel Pépin qui mettent en
doute le sérieux du gouvernement et la préparation du
gouvernement vis-à-vis de ce problème qui ne doit pas lui arriver
tout de même comme une surprise puisque les premiers syndicats ont
été formés en 1960, comme je le rappelais hier soir. La
première certification a été accordée en 1963 et
une quinzaine de demandes de certification avaient été
déposées avant 1964. Nous discutons de ce problème depuis
1964 et nous l'avons réglé finalement l'année
dernière, au mois d'août, par l'adoption de la Loi de la fonction
publique avec les amendements concernant le droit de grève et autres
droits similaires.
M. le Président, pendant tout ce temps-là, qu'a fait le
gouvernement? Je procéderai par questions. Depuis quand le gouvernement
a-t-il établi un organisme de négociation pour le
représenter?
M. LESAGE: Nomination au milieu de juin. M. JOHNSON: Juin 1965? M.
LESAGE : Bien sûr.
M. JOHNSON: Avant juin 1965, les tentatives...
M. LESAGE: La loi n'était pas passée.
M. JOHNSON: ... les tentatives de négociation...
M. LESAGE: La loi n'était pas passée.
M. JOHNSON: M. le Président, avant juin 1965, qui...
M. LESAGE: On n'avait pas de crédits et puis la loi
n'était pas passée.
M. JOHNSON: ... qui prenait les décisions...
M. LESAGE: Quelles décisions? La Législature.
M. JOHNSON: ... relativement au problème du syndicalisme dans la
fonction publique?
M. LESAGE: La Législature.
M. JOHNSON: Non, M. le Président, ce n'était pas la
Législature.
M. LESAGE: Quand la loi était devant les Chambres.
M. JOHNSON: Qui prenait les décisions?
M. LESAGE: La Législature.
M. JOHNSON: Le Cabinet?
M. LESAGE: La Législature.
M. JOHNSON: Non, avant 1965?
M. LESAGE: Bien, la Législature.
M. JOHNSON: Non, M. le Président.
M. LESAGE: Il n'y avait pas de négociation avant 1965, puisque la
loi n'était pas passée.
M. JOHNSON: Je ne demande pas qui négociait, M. le
Président, je demande qui prenait les décisions relativement
à ces problèmes...
M. LESAGE: Il n'y en avait pas encore...
M. JOHNSON; ... de relations avec les fonctionnaires?
M. LESAGE: Les problèmes étaient des problèmes de
législation et la législation était soumise aux
Chambres.
M. JOHNSON: M. le Président, ce n'est pas exact, je regrette.
M. LESAGE: Bon, très bien.
M. JOHNSON: Le vote que le premier ministre a annoncé le 10 juin
1964 dans cette Chambre...
M. LESAGE: C'était autre chose.
M. JOHNSON: ... n'était pas une décision de cette
Chambre.
M. LESAGE: Non, c'était une décision gouvernementale.
M. JOHNSON: C'était une décision de qui?
M. LESAGE: Gouvernementale.
M. JOHNSON: Du gouvernement, du Cabinet?
M. LESAGE: Oui, oui, j'ai annoncé àce moment-là ce
que nous ferions puis nous l'avons fait.
M. JOHNSON: Qui a pris la décision de de-
mander a la Commission des relations ouvrières...
M. LESAGE: Si je comprends bien, les syndicats étaient d'accord
avec le vote.
M. JOHNSON: Qui a pris la décision de demander à la
Commission des relations ouvrières d'annuler la certification du
syndicat qui avait obtenu une décision le 3 avril 1964?
M. LESAGE: Je ne sais pas de quoi il s'agit. Qu'on pose une question
à l'ordre du jour, je ferai des recherches.
M. JOHNSON: M. le Président, non, non, c'est en plein dans
l'article, le 3 avril...
M. LESAGE: Qu'on pose la question à l'ordre du jour...
M. JOHNSON: ... le 3 avril 1964...
M. LESAGE : Je ne le sais pas, je ne sais même pas...
M. JOHNSON: ... le Syndicat des fonctionnaires provinciaux du
Québec recevait son premier certificat de reconnaissance syndicale de la
Commission des relations ouvrières pour représenter les
fonctionnaires provinciaux du ministère de la Famille et du
Bien-être social, un groupe d'environ 2,000.
M. LESAGE: Bien, c'était sur la recommandation de notre procureur
qui était Me Pierre Letarte à ce moment-là.
M. JOHNSON: Le premier ministre se souvient-il...
M. LESAGE: Je parle de mémoire évidemment.
M. JOHNSON: ... que le syndicat donna un avis de négociation pour
ce groupe?
M. LESAGE: Ils étaient deux d'après l'opinion de nos
aviseurs.
M. JOHNSON: Et le premier ministre se souvient-il que le
ministère du Procureur général a demandé à
la Commission des relations ouvrières de reviser sa décision et
par le fait même d'arrêter toute possibilité de
négocier?
M. LESAGE: C'était théorique, ce droit, parce qu'à
ce moment-là, tout relevait de la Commission de la fonction publique
tant que la loi n'a pas été modifiée. La Commission de la
fonction publique était l'arbitre suprême dans tous les domaines
à ce moment-là et cela jusqu'au moment où la Loi de la
fonction publique a été amendée l'an dernier, c'est pour
ça que je dis, j'ai dit tout à l'heure, que ce n'est qu'à
partir de la sanction de la nouvelle loi de la fonction publique, qu'il a
été possible de procéder aux négociations, à
la reconnaissance d'abord des unités de négociation et des
négociations ensuite.
M. JOHNSON: Avec la candeur que manifeste le premier ministre, je vais
certainement avoir une réponse très claire.
M. LESAGE: Elle est très claire.
M. JOHNSON: Quand le premier ministre a-t-il découvert que
possiblement il aurait un problème de négociation avec le
Syndicat des fonctionnaires?
M. LESAGE: En 1958 ou 1959, quand j'avais décidé que nous
prendrions le pouvoir.
M. JOHNSON: Bon! c'est bien. Alors, depuis 1958 jusqu'au mois de juin
1965...
M. LESAGE: Le processus a été très long.
M. JOHNSON: ... le premier ministre n'avait trouvé moyen
d'établir aucun organisme, pas même consultatif...
M. LESAGE: Il fallait que je demande la permission à la
Législature.
M. JOHNSON: ... pour se préparer à négocier avec un
syndicat dont il soupçonnait la naissance depuis 1958.
M. LESAGE: Le chef de l'Opposition sait très bien, qu'il y a eu
un comité d'étude de la législature dont je ne faisais pas
partie lui en faisait peut-être partie, je ne le sais pas
qui a entendu tous les intéressés sur la question de la fonction
publique. Que le comité était présidé par
l'honorable député de Jacques-Cartier. Il le sait aussi bien que
moi. Je ne comprends pas. Je ne sais pas où il va, où il veut
aller. Je ne comprends rien dans l'affaire du chef de l'Opposition.
M. JOHNSON: Je veux savoir tout simplement si, oui ou non, M. Sabourin
et le Syndicat
de la fonction publique ont tort ou raison d'accuser le gouvernement
d'être de mauvaise foi et de se traîner la patte quand il s'agit
des négociations.
M. LESAGE: Le chef de l'Opposition sait fort bien que le gouvernement
est de bonne foi. C'est tout ce que j'ai à dire. Je ne veux pas
envenimer la discussion. Je dis que le gouvernement a agi en toutes
circonstances de bonne foi. Je suis positif.
M. JOHNSON: Comme témoignage, ce n'est pas très
convaincant.
M. LESAGE: Alors, si le chef de l'Opposition n'est pas satisfait, qu'il
ne fasse pas appel à mon témoignage.
M. JOHNSON: Que le premier ministre me démontre et
démontre à cette Chambre quelles sont les mesures qui ont
été prises, quelles sont les heures...
M. LESAGE: Le chef de l'Opposition les connaît aussi bien que
moi.
M. JOHNSON: ... que les représentants ont consacrées aux
négociations. Quand M. Sabourin déclare, à un moment
donné, c'est toujours le même.
M. LESAGE: C'est inutile, je ne mordrai pas. Vous perdez votre temps. Je
vais signer mes lettres, ça va être mieux.
M. JOHNSON: M. Sabourin déclare qu'il avait été
convenu que les négociations se poursuivraient au rythme de deux heures
par semaine. Et cela avait été convenu à l'automne de
1965. M. Sabourin déclare qu'on n'a pas consacré ce temps dont on
avait convenu aux négociations, qu'on s'est défilé, qu'on
a pris toutes sortes de détours.
M. LESAGE: C'est faux. C'est absolument faux.
M. JOHNSON: C'est ce que dit M. Sabourin. M. LESAGE: Je dis que c'est
faux, moi.
M. JOHNSON: Alors que le premier ministre se donne la peine de
renseigner cette Chambre.
M. LESAGE: Le chef de l'Opposition peut me croire autant qu'il peut
croire M. Sabourin. Je donne ma parole que c'est faux.
M. JOHNSON: Alors, je demande au premier ministre: Depuis
l'établissement de cet organisme de négociation qui doit
représenter le gouvernement, combien d'heures cet organisme a-t-il
consacré à la négociation des contrats?
M. LESAGE: Le plus possible.
M. JOHNSON: Je pose une question très simple au premier
ministre.
M. LESAGE: Toutes les heures disponibles.
M. JOHNSON: Le premier ministre voudrait-il dire à cette Chambre
quel est le nombre total d'heures?
M. LESAGE: Toutes les heures disponibles.
M. JOHNSON: Alors, combien y avait-il d'heures disponibles?
M. LESAGE: Je ne le sais, mais je sais que toutes les heures disponibles
ont été données.
Pour ma part, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu une minute de mon
temps depuis, ah! je ne sais combien de mois, et je me suis occupé des
négociations avec SPEQ, je me suis occupé des négociations
avec le syndicat des fonctionnaires, nous avons eu des séances du
conseil des ministres régulièrement, j'ai eu des entrevues en fin
de semaine constamment avec mes hauts fonctionnaires, qui s'occupaient des
négociations, et les fonctionnaires qui s'occupaient des
négociations, de même que les négociateurs eux-mêmes,
ont siégé régulièrement assidument, en se gardant
le temps nécessaire pour se préparer aux séances de
négociations.
M. JOHNSON: M. le Président, c'est exactement dans le style et
avec le même vocabulaire qu'employaient certains patrons, alors
qu'autrefois je m'occupais de relations ouvrières pour les syndicats
avant d'entrer en politique. Le patron disait: Je vais vous consacrer tout le
temps possible, chaque fois qu'on tentait d'appuyer les
négociations...
M. LESAGE: Bien, si vos nuits étaient aussi courtes que les
miennes et pour les mêmes raisons, qui sont des raisons de travail, vous
feriez...
M. JOHNSON: ... et, M. le Président, vingt-cinq ans après,
j'entends le premier ministre de la province, qui est le grand
négociateur, le grand patron du service civil, le grand responsable du
moins devant cette Chambre, nous
donner ces rengaines d'autrefois. Non, le premier ministre doit dire
à cette Chambre si, oui ou non, l'organisme qu'il a
désigné, qui est dirigé par des hommes compétents,
je n'en doute pas, a eu toute la liberté de faire son travail et s'il a
consacré de nombreuses heures et quel est le total de ces heures
consacrées...
M. LESAGE: Oui. La réponse est dans l'affirmative, M. le
Président, et le nombre d'heures, ç'a été le plus
grand nombre possible.
M. JOHNSON: M. le Président, le premier ministre qui m'a l'air
bien au courant et bien disposé évidemment à mettre la
Chambre au courant, me dira peut-être quelle est la proportion d'heures
consacrées à l'autre problème, à l'autre syndicat,
celui de la fonction publique?
M. LESAGE: Ah! je l'ignore, monsieur, j'avais des dossiers toutes les
fins de semaine, des dossiers considérables concernant non seulement ces
deux négociations, mais beaucoup d'autres, et, comme je ne suis pas
payé à l'heure, je n'ai pas tenu compte du nombre d'heures que
j'ai consacrées à telle partie du dossier qui concernait SPEQ,
telle partie du dossier qui concernait les fonctionnaires et telle partie du
dossier qui concernait les deux à la fois.
M. JOHNSON: Alors, M. le Président... M. LESAGE: D'ailleurs,
ça s'imbrique.
M. JOHNSON: ... le premier ministre pourrait confier ça à
M. Pigeon, lui, il travaille à l'heure, et là on le saurait.
M. LESAGE: Je vous ai tendu la perche exprès. Je savais que vous
tomberiez dedans, que ça ferait une diversion.
M. JOHNSON: Là, on le saurait, M. le Président, combien
d'heures on a consacrées à clarifier le problème...
M. LESAGE: Si j'avais travaillé comme avocat, j'aurais
certainement si ç'avait été pour des employeurs
différents tenu compte du nombre d'heures que je donnais au
travail pour des employeurs différents et cela aurait été
juste...
M. JOHNSON: Qui fait partie de cet organisme de négociation?
M. LESAGE: Lequel? C'est M. Cholette qui est le directeur
général.
M. JOHNSON: Et quels sont ses assistants?
M. LESAGE: M. Gaston Cholette est directeur, Me Yves Pratte est
conseiller juridique, Me Jacques Parizeau est conseiller économique,
eux, sont à temps partiel évidemment, alors que M. Cholette
s'occupe à plein temps de la direction générale des
relations de travail...
M. BELLEMARE: M. Parizeau est à plein temps aussi?
M. LESAGE: M. Pratte et M. Parizeau, non, non, mais ils ne s'occupent
pas à plein temps de la direction générale des relations
de travail, je dis qu'ils s'en occupent tous les deux. Me Roger Asselin,
conseiller juridique au ministère de la Justice et du Conseil de la
trésorerie, s'occupe à plein temps des cas d'exclusion et de
griefs. M. Emile Carrière, administrateur de la Commission des relations
ouvrières, s'occupe des comités conjoints d'accréditation,
il est à plein temps. Me André Parent, agent des relations de
travail et porte-parole du gouvernement pour les discussions au syndicat des
fonctionnaires pour la partie ouvrière. M. Paul Chartier,
prêté par Alcan pour fins de négociations, à plein
temps.
M. Lucien Dorion, à honoraires, plein temps, porte-parole du
gouvernement, Syndicat des agents de la paix.
M. Hubert Benoît, à plein temps, prêté par
Alcan jusqu'à la fin des négociations pour l'unité des
professionnels, l'interprof comme on l'appelle.
M. Gaston Lefebvre, prêté par le ministère de
l'Industrie et du Commerce, trois jours par semaine jusqu'à la fin des
négociations, porte-parole du gouvernement, aux négociations pour
les fonctionnaires pour division des fonctionnaires par rapport aux
ouvriers.
M. Gaston Pelletier, prêté par le ministère des
Transports et Communications, trois jours par semaine. Négociations avec
les fonctionnaires du syndicat des fonctionnaires division fonctionnaires.
M. Robert St-Onge prêté cinq jours par semaine par le
ministère du Revenu, Syndicat des fonctionnaires, négociations
pour les fonctionnaires.
M. Raymond Gendron prêté par le ministère de la
Santé, trois jours par semaine, Syndicat des fonctionnaires,
négociations fonctionnaires et ouvriers, division exclusions et
griefs.
M. Claude Bélanger prêté par le ministère des
Richesses naturelles trois jours par semaine, porte-parole du gouvernement,
interprof c'est-à-dire interprofessionnel.
M. Claude Courville, cinq jours par semaine, prêté par la
Commission de la fonction publique, syndicat de professionnels en instance
d'accréditation.
Me Claude Lavery, à honoraires, porte-parole du gouvernement
actuellement à plein temps évidemment pour la SPEQ. C'est le chef
des négociateurs du gouvernement, comme je l'ai répondu tout
à l'heure au député de Champlain.
Il y a une secrétaire classe 11, grade 14, $4,600 à plein
temps. Une secrétaire classe 1, grade 13, $3,700 à plein temps.
Une sténo-secrétaire classe Il, grade 12 à $3,400 à
plein temps. Une sténo-secrétaire classe 1, grade 2, $3,700
à plein temps. Une sténographe classe 1, grade 4 $2,700
àplein temps. Une sténographe classe 1, grade 4 à $2,200
à plein temps. Une standardiste classe 111, grade 7 à $2,600
à plein temps. Un commis classe 11, grade 7 à $3,200 à
plein temps.
Maintenant sur les divers comités de négociations..»
ah, j'en ai des feuilles et des feuilles qui sont sur les comités de
négociations.
M. BERTRAND: Remettez-en une copie.
M. LESAGE: Vous voulez avoir tout ça? Est-ce qu'on veut avoir
tout ça?
M. BELLEMARE: Non, que le premier ministre nous en donne une copie on va
en faire faire.
M. LESAGE: Ah, je vais vous les donner.
M. BELLEMARE: Ce serait bien plus facile. L'information sera fournie
à la Chambre quand même.
M. LESAGE: Bon, j'ai ici... je peux la faire inscrire, cela va
être tellement plus simple.
M. BELLEMARE: Non, non, on va la faire copier en haut.
M. LESAGE: Non. Je vais la faire inscrire au journal des Débats.
Comité de négociations Syndicat des fonctionnaires
provinciaux du Québec. C'est intitulé: Annexe 1. On peut le faire
imprimer au journal des Débats.
Comité de négociations Syndicat des agents de la
paix de la fonction publique, Annexe 2 à inscrire au journal des
Débats.
Comité de négociations Syndicat des professeurs de
l'Etat du Québec. Annexe 3 à inscrire au journal des
Débats.
Annexe 4. Comité de négociations Syndicat
professionnel des arpenteurs-géomètres du gouvernement du
Québec, Syndicat professionnel des ingénieurs du gouvernement du
Québec, Syndicat professionnel des ingénieurs forestiers du
gouvernement du Québec. A inscrire au journal des Débats.
Annexe 5. Comité de négociations Syndicat
professionnel des agronomes du gouvernement du Québec. A inscrire au
journal des Débats.
Annexe 6. Comité de négociations Syndicat
professionnel des avocats de la fonction publique. A inscrire au journal des
Débats.
Annexe 7. Comité de négociations Syndicat
professionnel des comptables agréés du gouvernement du
Québec. A inscrire au journal des Débats.
Annexe 8. Comité de négociations Syndicat
interprofessionnel de la fonction publique. A inscrire au journal des
Débats.
Alors il y a donc huit comités de négociations
actuellement qui travaillent. Ce sont les longues listes que je viens de
déposer. C'est environ entre cinquante et soixante personnes qui
actuellement sont à l'oeuvre pour la négociation des diverses
conventions collectives dans le domaine de la fonction publique, dans ces
divers domaines que je viens de mentionner de la fonction publique.
M. JOHNSON: Le premier voudrait-il compléter...
M. LESAGE: Il y a des négociations non commencées
là où on est en voie d'accréditation, par exemple la
négociation pour les avocats ce n'est pas commencé.
Bien non, elle n'est pas commencée.
M. JOHNSON: Alors, le premier ministre...
M. LESAGE: ... elles ne sont pas accréditées. Je n'ai pas
eu l'accréditation.
M. JOHNSON: ... nous a lu tantôt la liste, des membres du
comité de négociation, est-ce le comité
général?
M. LESAGE: Dans chaque cas, j'ai donné une liste.
M. JOHNSON: Non, non, je veux savoir quel est le nom exact du
comité dirigé par M. Cholette.
M. LESAGE: Mais cela apparaît aux estimations budgétaires,
Direction générale des relations de travail dans la fonction
publique.
M. JOHNSON: Bon.
M. LESAGE: C'est l'article qui est à l'étude.
M. JOHNSON: C'est ce comité qui a été nommé
au mois de juin 1965.
M. LESAGE: Non, c'est un service qui a été
créé par le budget.
M. JOHNSON: Au mois de juin 1965?
M. LESAGE: Oui, le budget supplémentaire.
M.JOHNSON: Très bien. Quelle date?
M. LESAGE : Pardon? A la dernière moitié de juin, au
moment du budget supplémentaire, quoi. Il fallait de l'argent, c'est la
Chambre qui a décidé ça, ce n'est pas le gouvernement.
M. JOHNSON: M. le Président, à partir de cette date, au
milieu de guin 1965...
M. LESAGE: Oui, il a commencé par se monter une
équipe.
M. JOHNSON: M. Cholette a été désigné par le
Cabinet, je présume?
M. LESAGE: Oui, il s'est monté une équipe. M. JOHNSON: ...
comme directeur général?
M. LESAGE: Oui, il a fallu qu'il se monte une équipe.
M. JOHNSON: Bon.
M. LESAGE: Là il est rendu à 50 ou 60 personnes.
M. JOHNSON: A quelle date M. Cholette et ses assistants ont-ils eu un
contact avec le Syndicat des fonctionnaires, un premier contact?
M. LESAGE: Le premier contact officieux, me dit M. Cholette, a eu lieu
avant l'adoption de la loi, au mois de juillet, dès le mois de
juillet.
M. JOHNSON: Maintenant, parlons des contacts officiels. Quand?
M. LESAGE: Dès que le syndicat dûment formé a
demandé une rencontre avec les représentants du gouvernement. La
date suggérée par le syndicat a été acceptée
par M. Cholette et il y a eu rencontre au début de septembre 1965.
M. JOHNSON: Début de septembre 1965?
M. LESAGE: Mais oui.
M. JOHNSON: Très bien.
M. LESAGE: Cela a marché normalement.
M. JOHNSON: Quant à SPEQ, le syndicat des professeurs de l'Etat
du Québec.
M. LESAGE: Je ne sais pas, M. Lavery n'est pas ici, il est en train de
négocier. Voyez-vous comment nous sommes pris! M. Cholette n'est pas
à la table des négociations, puis on siège actuellement,
on négocie. Voyez-vous dans quel dilemme je suis pris? Si je refuse de
négocier, on va m'accuser de refuser de négocier puis, je suis
ici, je ne peux pas répondre aux questions parce que mes gens
négocient. C'est la situation dans laquelle je me trouve.
M. JOHNSON: C'est la situation dans laquelle le premier ministre s'est
placé.
M. LESAGE: Non, non, ce n'est pas la situation dans laquelle je me suis
placé.
M. JOHNSON: Voyons donc. C'est le premier ministre qui, hier soir, nous
a demandé...
M. LESAGE: M. le\ Président, je regrette, c'est moi qui ai le
plancher et j'ai l'intention de le tenir.
M. JOHNSON: Oh la la!
M. LESAGE: Je ne me suis pas placé dans cette
situation-là.
M. JOHNSON: C'est pour obéir au règlement que je
m'assois.
M. LESAGE: Je ne me suis pas placé dans cette
situation-là. Les négociations ont été
fixées, à 4 heures cet après-midi à la demande de
M. Pépin et étant donné que l'article que nous discutons
était à l'étude cet après-midi, j'ai...
M. GABIAS: Qui a demandé?
M. LESAGE: Est-ce que je pourrais terminer? J'ai pensé à
un moment de faire demander à M. Pépin de remettre
l'assemblée à ce soir, mais je me suis dit; Ce sera mal
interprété, et par conséquent, M. Cholette est ici, mais
je ne pouvais pas faire la même chose dans le cas
de SPEQ et je ne pouvais pas dire a M. Lavery: « Venez en Chambre
pour m'aider à répondre aux questions. » Je ne pouvais pas
faire ça dans le cas de SPEQ, qui siège actuellement.
M. JOHNSON: M. le Président, le premier ministre s'est
placé, lui-même, dans cette situation...
M. LESAGE : Pas du tout, ce n'est pas moi qui ai fixé les dates
de négociation.
M. JOHNSON: D'abord, c'est le premier ministre qui a fait appeler hier
les crédits du Conseil exécutif.
M. LESAGE: Certainement!
M. JOHNSON: Deuxièmement, hier soir, à huit heures...
M. LESAGE: C'était décidé.
M. JOHNSON: ... nous étions, c'est moi qui ai la parole, M. le
Président.
M. LESAGE: M. le Président, c'était décidé
depuis quinze jours.
M. JOHNSON; Vous allez demander au premier ministre de s'asseoir. Je me
suis assis tantôt.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. LESAGE: C'était décidé depuis quinze jours.
M. JOHNSON: M. le Président, ce n'était pas
décidé depuis quinze jours, puis hier soir, à huit heures,
alors que nous en étions à l'article des achats et que nous
avions encore à faire une discussion assez longue sur cet article, le
premier ministre a demandé le consentement unanime de cette Chambre, ce
qui lui fut accordé, pour que nous passions tout de suite à
l'article 4, qui concernait précisément la négociation
avec les syndicats.
M. LESAGE: Article 5.
M. JOHNSON: M. le Président, c'est donc ça la
vérité, c'est exactement le premier ministre, ou à la
demande du premier ministre, que nous sommes à discuter de cet article.
J'ai même offert tantôt, pour faciliter le travail de
négociation, de suspendre la discussion sur cet article, afin que M.
Cholette soit libre, et deuxièmement, que nous ne soyons pas
exposés à faire des déclarations qui pourraient
empoisonner l'atmosphère et empêcher un règlement pacifique
que tout le monde souhaite. Donc, M. le Président, c'est le premier
ministre qui s'est placé dans la situation où nous sommes cet
après-midi, et il est mal venu de venir se plaindre ou de vouloir en
faire porter, de quelque façon que ce soit, la responsabilité par
l'Opposition.
M. LESAGE : Je n'essaie pas de faire ça.
M. JOHNSON: M. le Président, d'ailleurs, chaque session, depuis
six ans, comme c'était la tradition avant 1960, les crédits du
Conseil exécutif étaient généralement
réservés pour la fin de la session. Je ne discute pas de
l'à-propos, pour le premier ministre, de les faire venir
immédiatement, c'est son droit, c'est son affaire.
M. LESAGE: J'ai mes raisons.
M. JOHNSON: Mais, M. le Président, il a probablement des raisons
aussi et, comme je le connais, ce sont certainement de bonnes raisons de
stratégie.
M. LESAGE: Non, non, c'est parce que j'ai tellement de travail qu'il
faut absolument que je passe les crédits, étant donné mon
agenda extrêmement chargé et de plus le fait que je veux prendre,
sur les ordres de mes médecins, deux semaines de vacances, du 2 au 16
avril, et M. le Président, le chef de l'Opposition vient d'être
injuste à mon égard.
M. JOHNSON: Voyons donc.
M. LESAGE: Oui. Je lui demande simplement ceci, c'est de se rappeler que
le vendredi, avant la mort du lieutenant-gouverneur, il avait été
annoncé que mardi de la semaine dernière, ce sont les
crédits du Conseil exécutif...
M. JOHNSON: Oui, oui.
M. LESAGE: Bon, alors, s'il s'en rappelle, qu'il ne vienne pas me dire
aujourd'hui que j'ai choisi la date d'aujourd'hui pour l'étude de mes
crédits. C'était la semaine dernière que mes
crédits devaient venir.
M. JOHNSON: M. le Président, c'était évidemment la
semaine dernière que le premier ministre...
M. LESAGE: Bon alors!
M. JOHNSON: ... aurait dit qu'il en parlerait mardi, mais...
M. LESAGE: ... ne dites pas que j'ai choisi aujourd'hui.
M. JOHNSON: ... d'abord, les négociations étaient
commencées et, deuxièmement, je le répète c'est le
premier ministre qui, hier soir, a demandé...
M. LESAGE: Oui, mais c'était nécessaire.
M. JOHNSON: ... le consentement unanime pour que nous passions à
cet article.
M. LESAGE: Mais oui, pour pouvoir être capable...
M. JOHNSON: Nous ne serions peut-être pas rendus là, M. le
Président.
M. LESAGE: Bien oui, mais c'est parce qu'il fallait informer la
population des offres gouvernementales, c'est aussi simple que ça.
M. JOHNSON: Comme si c'était le seul moyen de l'informer.
M. LESAGE: Ah! M. le Président, j'ai le respect de la
Chambre.
M. JOHNSON: De temps en temps.
M. LESAGE: J'aurais pu...
M. JOHNSON: Une fois n'est pas coutume.
M. LESAGE: J'aurais pu me servir de la galerie de la presse.
M. JOHNSON: Ce que le premier ministre fait
régulièrement.
M. LESAGE: Mais simplement que le chef de l'Opposition aurait eu raison
de me le reprocher.
M. JOHNSON: M. le Président, donc, ma question est simple. Quelle
a été la date du premier contact officieux et ensuite du premier
contact officiel entre la direction générale et le syndicat connu
sous le nom de SPEQ?
M. LESAGE : Il n'y en a pas eu d'officieux, puis quant à
l'officiel, c'était la semaine sui- vante la première rencontre
avec les fonctionnaires...
M. JOHNSON: M. le Président, y a-t-il eu... M. LESAGE: Au mois de
septembre.
M. JOHNSON: ... des rencontres? Revenons au syndicat des fonctionnaires.
Y a-t-il eu des rencontres entre la direction générale et les
représentants du syndicat des fonctionnaires, à une table de
négociation? Quel nombre? Quelle a été la durée de
chaque rencontre?
M. LESAGE : Ah! un instant, je ne pourrai peut-être pas vous
donner la durée à la minute, mais il me semble que dans mes notes
à quelque part ici, j'ai la liste.
Bien ç'a commencé en septembre, mais j'ai toutes les
séances de négociation depuis le 30 novembre. L'après-midi
du 30 novembre 1965, l'avant-midi du 1er décembre 1965,
l'après-midi du 15 décembre 1965, l'après-midi du 21
décembre 1965, la journée du 22 décembre 1965,
l'après-midi du 4 janvier 1966, la journée du 5 janvier 1966, la
journée du 11 janvier 1966, l'avant-midi du 12 janvier 1966, la
journée du 25 janvier 1966, l'avant-midi du 26 janvier 1966, la
journée du 8 février 1966, l'après-midi du 9
février 1966 et l'après-midi du 25 février 1966 et depuis
il y a eu plusieurs réunions.
M. JOHNSON: Il s'agit là des dates au cours desquelles le
syndicat des fonctionnaires s'est rencontré...
M. LESAGE: Avec...
M. JOHNSON: ... avec la direction générale.
M. LESAGE: Oui, avec les représentants de la direction
générale.
M. JOHNSON: Quant à SPEQ...
M. LESAGE: Un instant, ça c'est M. Lavery qui a ça.
M. JOHNSON: Mais c'est sous l'autorité de la direction
générale quand même.
M. LESAGE: Oui, mais c'est M. Lavery qui a ça et M. Lavery, bien
il négocie.
M. JOHNSON: Mais est-ce que c'est sous l'autorité de la direction
générale, la direction de M. Cholette?
M. LESAGE: M. Cholette me dit qu'il n'a pas fait le relevé.
M. JOHNSON: M. le Président, M. Lavery fait rapport à M.
Cholette, je présuma.
M. LESAGE: Bien oui, mais M. Cholette me dit qu'il n'a pas fait le
relevé.
M. JOHNSON: M. Cholette, de qui dépend-il? Du premier
ministre?
M. LESAGE: Pardon, M. Cholette dépend du Conseil exécutif
dont je suis le président.
M. JOHNSON: Du Conseil exécutif.
M. LESAGE: Dont je suis le président. Il y a un comité
interministériel aussi formé du ministre de la Famille et du
Bien-être social, le ministre du Travail et le ministre de l'Education et
le ministre de la Santé.
M. JOHNSON: Quelle est l'étendue de la juridiction du directeur
général?
M., LESAGE: Pardon?
M. JOHNSON: Quelle est l'étendue de sa juridiction? Doit-il faire
rapport constamment et régulièrement au Conseil
exécutif?
M. LESAGE: Au premier ministre, oui. M. JOHNSON: Au premier ministre. M.
LESAGE: Au président du conseil... M. JOHNSON: Ah ! bon.
M. LESAGE: ... lequel président du conseil fait rapport au
conseil. Il fait rapport au conseil par l'intermédiaire de son
président. J'ai au moins de nombreux rapports chaque fin de semaine,
ça je puis en assurer le chef de l'Opposition, sur des...
M. JOHNSON: Le syndicat de la fonction publique...
M. LESAGE: ... et sur toutes les négociations et allant dans les
moindres détails et je puis assurer le chef de l'Opposition que c'est,
excusez l'expression, mais toute une « job » de suivre
ça.
M. JOHNSON: Le président du syndicat de la fonction publique fait
reposer sur le point suivant tout le problème.
M. LESAGE: Le président de la fonction publique n'a rien à
faire là-dedans.
M. JOHNSON: Le gouvernement nous a proposé une clause de droit de
gérance...
M. LESAGE: Le président du syndicat... Pardon?
M. JOHNSON: Le syndicat.
M. LESAGE: Le syndicat, oui, parce que le président de la
fonction publique n'a rien à faire là-dedans.
M. JOHNSON: Le syndicat fait reposer tout le problème sur le
point suivant et je cite ici une phrase, textuellement, phrase tirée de
l'organe officiel du syndicat des fonctionnaires à sa livraison de
janvier 1966: « Le gouvernement nous a proposé une clause de droit
de gérance qui lui réserverait des pouvoirs exclusifs sur tout ce
qui n'est pas dans la convention et qui défendrait de faire des griefs
sur les conditions non prévues au contrat. Ceci amène deux
solutions: accepter d'être mal protégé... »
M. LESAGE: Je ne négocie pas, j'ai dit que je ne négociais
pas en Chambre.
M. JOHNSON: « ... parce qu'il est difficile de tout prévoir
ou négocier pendant des mois et des années pour tout
prévoir et attendre tout ce temps avant de signer la convention
collective... »
M. LESAGE: C'est ça qu'on négocie actuellement et je ne
négocierai pas en Chambre.
M. JOHNSON: « ... le syndicat n'est pas d'accord ni sur l'une, ni
sur l'autre de ces formules. »
M. LESAGE: Je ne négocie pas en Chambre.
M. JOHNSON: M. le Président, le syndicat continue, il veut que le
gouvernement change sa conception et il soumet qu'il faut que ça change.
Ma question.».
M. LESAGE: Je ne négocie pas en Chambre.
M. JOHNSON: M. le Président, je n'ai pas l'intention non plus de
forcer le premier ministre à négocier, mais je veux savoir si
c'est M. Cholette qui a recommandé au gouvernement de prendre cette
attitude...
M. LESAGE: Quelle attitude?
M. JOHNSON: ... ou si c'est une attitude que le gouvernement a
imposé à M. Cholette...
M. LESAGE: Quelle attitude?
M. JOHNSON: ... à la direction générale, à
savoir que le gouvernement proposait une clause de droit de gérance qui
lui réservait des pouvoirs exclusifs sur tout ce qui n'est pas
prévu dans la convention.
M. LESAGE: C'est une interprétation, et ce n'est pas exact. Et
c'est une des clauses qui est actuellement l'objet de négociations.
M. JOHNSON: M. le Président, c'est... M. LESAGE: C'est une
interprétation.
M. JOHNSON: ... le noeud de tout le problème.
M. LESAGE: M. le Président, il y a eu une proposition par le
syndicat, il y a eu une contre-proposition par la Direction
générale de travail avec l'approbation du Conseil des ministres
et je n'ai pas l'intention de discuter ici ce qui se discute
actuellement...
M. JOHNSON: D'accord.
M. LESAGE: ... quant au texte sur ce point-là.
M. JOHNSON: D'accord. Du moment que le premier ministre me dira qu'il
prend la responsabilité comme chef...
M. LESAGE: Je prends la responsabilité du texte que j'ai devant
moi, mais que je n'interprète pas comme il a été
interprété.
M. JOHNSON: M. le Président, du moment que le premier ministre
prendra la responsabilité vis-à-vis cette Chambre des actes
posés par la direction générale...
M. LESAGE: Je prends la responsabilité du texte qui est devant
moi, mais qui ne doit pas s'interpréter de la façon dont il a
été interprété par la personne qui a écrit
ce que vient de lire le chef de l'Opposition.
M. JOHNSON: Est-ce que le premier ministre et le comité
interministériel, présidé par le ministre de la Famille,
prennent la responsabilité des propositions telles qu'elles sont faites
actuellement...
M. LESAGE: Nous venons...
M. JOHNSON: ... dans le texte où elles sont soumises
actuellement?
M. LESAGE: Un instant. Il arrive que les négociateurs du
gouvernement soumettent des textes sujets à l'approbation du
gouvernement et il arrive en d'autres circonstances qu'ils soumettent des
textes qui ont reçu l'approbation préalable du gouvernement.
C'est comme ça qu'on négocie.
M. JOHNSON: Il reste évidemment que le premier ministre en sa
qualité de chef du Cabinet, président du Cabinet, dis-je, prend
la responsabilité devant cette Chambre des textes...
M., LESAGE: Je prends la responsabilité de ce que je viens de
dire. C'est que parfois les textes sont soumis par les négociateurs
sujet à l'approbation du gouvernement et que d'autres fois lorsqu'ils
sont soumis ils ont déjà reçu l'approbation du
gouvernement.
M. JOHNSON: Bon.
M. LESAGE: Ou encore le gouvernement peut fort bien avoir dit aux
négociateurs: « Veuillez présenter tel texte ».
M. JOHNSON: A tout événement...
M. LESAGE: A tout événement, bien il est
présenté tel texte pour voir la réaction de l'autre
côté. On sait comment ça se négocie, le chef de
l'Opposition se vantait tout à l'heure d'avoir de l'expérience
dans les négociations, alors il le sait comment ça se passe.
M. JOHNSON: La direction générale des relations du
travail, M. le Président, est le porte-parole du Cabinet, en somme, et
il a cette direction générale a les mains liées par le
mandat que lui donne son patron qui est le Cabinet.
M. LESAGE: Clairement.
M. JOHNSON: Bon. Alors je voudrais bien savoir...
M. LESAGE: , Ou alors il peut proposer, faire des propositions sujettes
à approbation future, à venir du Conseil des ministres,
approbation dont il n'est pas sûr.
M. JOHNSON: En vue du règlement, sans entrer dans le
détail, en vue du règlement...
M. LESAGE: Les deux situations peuvent se présenter et se sont
présentées.
M. JOHNSON: En fait là, en vue du règlement du
problème qui nous concerne, une convention collective avec le syndicat
des fonctionnaires, la direction générale a-t-elle soumis des
clauses sujettes à l'approbation des dites clauses par le gouvernement
et clauses qui n'auraient pas été approuvées par le
gouvernement après avoir été approuvées par les
négociateurs représentant le syndicat?
M. LESAGE: Il est sûr que des clauses ont été
soumises par la Direction générale sujettes à
l'approbation du gouvernement au moment où je parle»
M. GABIAS: Est-ce que suivant les propositions qui ont été
faites, ou le projet de convention collective qui a été
présenté par le SPEQ comme par le Syndicat des fonctionnaires,
est-ce que plusieurs clauses de ces conventions collectives ont
été acceptées par le gouvernement? Est-ce que les
négociateurs...
M. LESAGE: Est-ce que l'Opposition veut négocier dans le
moment?
M. GABIAS: Non, pas du tout.
M. LESAGE: Ce que je peux dire, c'est qu'il y a des clauses sur
lesquelles on s'est entendu de part et d'autre. Il n'y a pas eu ratification,
ni de la part des fonctionnaires, ni de la part du gouvernement. Aucun article
n'a même été paraphé par les négociateurs
à ce jour malgré les suggestions qui ont été faites
sur certains paragraphes sur lesquels on s'est entendu autour de la table de
négociation. Mais ce n'est pas paraphé; il n'y a rien de
paraphé à ce jour, bien qu'il y ait eu entente sur nombre
d'articles.
M. GABIAS: Une entente de principe sur nombre d'articles.
M. LESAGE: Et ce n'est même pas paraphé.
M. GABIAS: Très bien, je comprends très bien la
réponse du premier ministre. Maintenant, on a appris que M. Cholette qui
est le directeur, relevait de l'Exécutif.
M. LESAGE: Comment, vous avez appris? Vous le savez de qui il
relève. C'est dans les estimations.
M. GABIAS: Oui. On a appris qu'il relevait de l'Exécutif au
moment des crédits.
M. LESAGE: Cela a été voté au mois de juin
l'année dernière.
M. GABIAS: Le premier ministre devrait savoir que pour des raisons... Ce
que je veux savoir, c'est si M. Cholette a une certaine latitude pour
négocier...
M. LESAGE: Bien sûr.
M. GABIAS: ... ou si chacune de ses acceptations est soumise au premier
ministre.
M. LESAGE: Toutes les acceptations définitives sont
évidemment soumises à l'approbation des deux parties.
M. GABIAS: Je parle de l'autorité de M. Cholette.
M. LESAGE: Des deux parties. Le syndicat ne peut être lié
que par une acceptation de son assemblée générale, comme
le gouvernement ne peut être lié que par une acceptation du
conseil des ministres. Ce qui est vrai pour l'un est vrai pour l'autre et l'un
n'est pas plus lié que l'autre tant, aussi longtemps qu'on n'est pas
arrivé à une entente autour de la table de négociation.
Tout le monde sait ça, c'est l'enfance de l'art.
M. GABIAS: C'est tellement l'enfance de l'art que les
négociations continuent après avoir commencé il y a
plusieurs mois.
M. LESAGE: C'est ça, ça marche là.
M. GABIAS: C'est tellement simple, pour le premier ministre, qu'on voit
les résultats.
M. LESAGE: Le député de Trois-Rivières peut
être aussi désagréable qu'il le voudra, ça m'est
égal. Quand je sais d'où ça vient, ça ne me fait
plus grand-chose.
M. GABIAS: Je pense bien que le premier ministre peut être
rappelé à l'ordre comme tout autre membre.
M. LESAGE: Pourquoi me rappeler à l'ordre? Je dis que quand on
sait d'où ça vient, ça ne peut pas me faire grand-chose.
C'est normal.
M. GABIAS: Parce qu'il marmotte.
M. JOHNSON: Il marmotte, murmure, « placote ».
M. LESAGE: Le chef de l'Opposition est bien mal placé pour parler
des « placoteux ». En québécois, lui il en est, un
vrai « placoteux ».
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs!
M. GABIAS: C'est donc antiréglementaire! Maintenant, quelle est
la position de la Direction générale des relations de travail par
rapport à la Commission de la fonction publique du Québec?
M. LESAGE: Je n'ai rien compris. M. GABIAS: Pardon? M. LESAGE: Il n'y en
a pas. M. GABIAS: Aucune.
M. LESAGE: Non. Chacun a sa sphère. Ce qui relève de la
fonction publique n'est pas négociable et la Direction
générale des relations de travail s'occupe des choses
négociables.
M. GABIAS: Est-ce que cette situation n'expliquerait pas le fossé
qu'il peut y avoir...
M. LESAGE: Le quoi?
M. GABIAS: Le fossé.
M. LESAGE: Il n'y a pas de sausseté.
M. GABIAS: Un fossé entre...
M. LESAGE: Un fossé ou une sausseté?
M. GABIAS: Un fossé.
M. LESAGE: Ah, un fossé! Non, il n'y a pas de fossé.
M. JOHNSON: Non, il y a la fosse du gouvernement, si ça
continue.
M. BERTRAND: Non, il y a un fleuve, il va falloir un pont.
M. LESAGE: Il n'y a pas de fossé.
M. BERTRAND: Bien non, il y a un neuve, il y a un cours d'eau.
M. LESAGE: Non, il n'y a rien. Cela va très bien.
M. BERTRAND: Eh bien, s'il n'y a rien, réglez.
M. LESAGE: C'est ça C'est cequ'ilsfont là. M. JOHNSON:
Organisez-vous.
M. LESAGE: C'est ce qu'ils essayent de faire. Il n'y a pas de
fossé, il y a un pont. Ils siègent.
M. JOHNSON: M. le Président vous avez constaté nos efforts
pour tâcher d'éclairer cette Chambre ou la faire éclairer
par le premier ministre et vous aurez constaté aussi que...
M. LESAGE: Bien oui, j'ai fait tout ce que j'ai pu.
M. JOHNSON: ... 1'amperage du premier ministre n'est pas très
fort.
M. LESAGE: Pardon?
M. JOHNSON: L'ampérage, M. le Président, est faible.
M. LESAGE: L'am quoi?
M. JOHNSON: L'ampérage, ça c'est...
M. LESAGE: Je ne comprends pas, je ne vous demande pas
d'explications.
M. JOHNSON: ... demandez ça, évidemment c'est
l'intensité de la lumière. C'est ce qui donne l'intensité
à la lumière.
M. LESAGE: Ah! Oui!
M. JOHNSON: Vous savez le premier ministre a le voltage, il est
même survolté de temps en temps, mais il manque de
l'ampérage aujourd'hui.
M. LESAGE: Non, je ne me sens pas survolté du tout, je suis bien
assis, les mains sur l'abdomen et je m'amuse à voir pirouetter le
député de Bagot qui guette l'heure...
M. JOHNSON: Et, comme dit le député de St-Jacques...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs.
M. LESAGE: ... pour voir comment il va faire pour aller jusqu'à
six heures.
M. JOHNSON: Non, je voudrais bien en finir.
M. LESAGE: Cela fait longtemps que j'ai réalisé
ça.
M. JOHNSON: M. le Président,...
M. LESAGE: Vous savez les journalistes, c'est aussi bien de les avertir
tout de suite que le chef de l'Opposition cherche à faire durer
ça jusqu'à six heures, il doit avoir quelque...
M. JOHNSON: Je vais avertir les journalistes tout de suite que le
premier ministre va faire une scène, d'ici à cinq minutes.
M. LESAGE: Aussi bien d'avertir les journalistes qu'ils peuvent
attendre, ça s'en vient bien.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre.
M. LESAGE: Comme disent les Québécois, il placote
là.
M. JOHNSON; D'ici à cinq minutes.
M. LESAGE: Vous le voyez faire là, ça va bien.
M. JOHNSON: M. le Président, le premier ministre va faire une
scene...
M. LESAGE: Ah non. M. JOHNSON: Ah oui. M. LESAGE: Ah non.
M. JOHNSON: Mais il reste que j'ai l'impression...
M. LESAGE: Si le député de Champlain était ici, je
pourrais lui en faire faire une.
M. JOHNSON: ... que nous avons fait notre devoir, M. le
Président, en posant des questions. Le premier ministre n'a pas
été trop trop collaborateur cet après-midi...
M. LESAGE: Je n'ai pas l'habitude.
M. JOHNSON: ... il est exact que nous voulions de part et d'autre
éviter d'entrer dans le fond du problème...
M. LESAGE: C'est clair.
M. JOHNSON: ... mais il reste une question inexpliquée pour nous
et pour le public. S'il est vrai d'une part que le gouvernement a fait tout son
possible, qu'il a négocié avec diligence, qu'il a
négocié de bonne foi, comment se fait-il d'autre part que des
fonctionnaires en sont rendus vis-à-vis un interlocuteur qui aurait
été de bonne foi et qui aurait négocié avec
diligence a voter dans une proportion de 92.7% pour accorder aux chefs de leur
union le pouvoir de mettre en branle le mécanisme d'une grève? M.
le Président c'est ça qui n'est pas clair.
Je ne peux pas croire a priori que M. Pépin et les officiers du
syndicat des fonctionnaires n'ont pas le sens de la responsabilité
vis-à-vis le public...
M. LESAGE: C'est seulement au mois de novembre. Est-ce que le chef de
l'Opposition sait que c'est seulement au mois de novembre que nous avons
reçu la demande complète du syndicat?
M. JOHNSON; ... et comment se fait-il... je ne pourrais pas croire, M.
le Président, que M. Pépin et les autres membres de la CSN
auraient manqué de sens de devoir au point de précipiter une
décision des membres du syndicat des fonctionnaires s'il n'y avait pas
de la part du gouvernement de la négligence et peut-être certaines
manifestations de nauvaise foi dans les négociations c'est la qu'est
tout le problème et c'est pour ça que dans mon rôle de chef
de l'Opposition avec mes collègues, je tente d'éclairer l'opinion
publique. Nous voulons savoir et le public veut savoir comment il se fait que
dans un si court espace de temps depuis novembre jusqu'à mars on en soit
rendu au stade critique qu'on en soit rendu, M. le Président, à
avoir perdu tout espoir du coté des employés de régler la
grève, de règler la signature d'une première convention
collective a moins de donner aux négociateurs ouvriers cette arrme d'une
grève qui pourrait être déclenchée dans un
délai de huit jours.
M. le Président, c'est là le problème très
important, c'est la question que se posent des éditorialistes, c'est la
question que se posent les députés de cette Chambre, c'est la
question que se posent les fonctionnaires. M. le Président, j'ai
été en contact avec quelques fonctionnaires que je connais
particulièrement. Ils m'ont dit; « Nous n'avons pas le goût
de faire la grève et nous n'avons surtout pas les moyens
pécuniaires de faire la grève. » Quel est l'employé
du gouvernement, M. le Président, qui a le goût et
le moyen ou les moyens de se mettre en grève pendant un mois,
deux mois, de perdre un dixième ou un huitième de sa
rémunération, même augmentée, de sa
rémunération normale, rémunération qui ne serait
pas du tout compensée, même par l'augmentation?
Ce n'est pas, j'en suis convaincu, en toute gaîté de coeur
que les fonctionnaires ont voté, dans une proportion de 92.7%, en faveur
d'une proposition qui mettait entre les mains de leurs dirigeants cette arme de
la grève.
Je dois donc conclure que ces fonctionnaires se sont faits dire par
leurs officiers que le gouvernement était buté, que le
gouvernement ne voulait pas comprendre, que le gouvernement se faisait trafner,
se tramait la patte, que le gouvernement ne négociait pas de bonne foi,
autrement ils n'auraient pas voté en faveur de la proposition qui leur a
été soumise avant-hier.
Par ailleurs, j'entends le premier ministre dire: « Nous avons
procédé en toute diligence avec des hommes compétents qui
ont négocié de bonne foi. » C'est là que ça
ne tourne pas rond. C'est là que ce n'est pas expliqué, et les
réponses du premier ministre, cet après-midi, sont tout à
fait insuffisantes, je le regrette, M. le Président, pour le public,
mais je le regrette aussi pour le gouvernement qui devra porter cette
responsabilité devant l'opinion publique.
M. LESAGE: Adoptée.
M. LE PRESIDENT: Alors, postes budgétaires 4 et 5 adoptés.
On revient au poste 3.
M. LESAGE: Oui. Faites venir M. Bussières. Durant le temps que M.
Bussières va prendre pour venir, leur bureau est sur le Chemin St-Louis,
on pourrait peut-être parler de la Commission d'aménagement de
Québec. Ah bien! les subventions, tiens, oui. Est-ce qu'il y a des
questions sur les subventions, poste budgétaire 9?
M. LE PRESIDENT: Poste 9, Subventions, $275,000.
M. LESAGE: Postes 9 et 10, Subventions et réceptions du
gouvernement. Poste 11, honoraires frais juridiques. S'il y a des questions
là-dessus là, pendant que M. LaRue est avec moi.
M. LE PRESIDENT: Alors poste 9, d'abord.
M. JOHNSON: M. le Président, si onprenait le poste 10
d'abord?
M. LESAGE: J'ai dit le poste 9.
M. JOHNSON: Poste 9. Alors, M. le Président, de quoi s'agit-il au
poste 9?
M. LESAGE: Des subventions.
M. JOHNSON: A qui?
M. BERTRAND: Lesquelles?
M. LESAGE: Plusieurs personnes. Plusieurs institutions.
Association du Barreau rural de la province de Québec, $1,500.
Association fédérée des facteurs du Canada, $300.
Association locale des raquetteurs de Sherbrooke $1,500, à l'occasion du
congrès international des raquetteurs. Centenaire de la paroisse de
St-Edwidge-de-Clifton, $100. Le Cercle des voyageurs de commerce, annuel, $300.
Le Club de Hockey, Les Castors de Sherbrooke, qui est allé en Europe
n'est-ce pas, $1,000. Le Comité des fêtes du centenaire de la
paroisse de St-Elie-de-Caxton, $300. Le Comité des fêtes du
cinquantenaire de la paroisse de St-Siméon, comté de Bonaventure,
$300. Comité des fêtes du deuxième centenaire de la
paroisse de St-Cuthbert, comté de Berthier, $1,000. Comité des
loisirs de Coaticook, $5,000. Comité de souscription du Patronage
d'Amos, $10,000. Comité des terrains de jeux de St-Jean-Port-Joli,
$1,000.
M. JOHNSON: Est-ce qu'on parle des subventions payées
l'année dernière ou de celles qu'on va payer à même
ce montant?
M. LESAGE: Bien non, celles qu'on va payer, je ne le sais pas.
M. JOHNSON: Ah bon!
M. LESAGE: Au fur et à mesure que je reçois des demandes
de souscriptions, pensez-vous que je tiens les cinquantenaires, les
centenaires, les bicentenaires, les cent cinquantième anniversaires dans
ma tête, moi? 65/66, l'année en cours.
M. JOHNSON: Ah! rien d'impossible avec vous.
M. LESAGE: Comité d'urbanisme de l'Est de la rivière
Gatineau, $10,000. Comité du tricentenaire de Louiseville, $5,000. Un
tricentenaire c'est rare.
Commission du centenaire de St-Félicien, $2,500. Corps des
marinières sept-îliennes, $300. Fabriques de St-Adalbert,
comté de L'Islet je le gâte le comté de L'Islet
$1,000. Fé-
dération des coopératives d'habitations du Québec,
$5,000. Fédération interdiocésaine des gardes paroissiales
du Canada, celle du député de Champlain, $1,500. La garde
Champlain Incorporée, $200. L'Institut d'administration publique du
Canada, $5,000 cela c'est annuel n'est-ce pas, toutes les provinces et
le gouvernement canadien souscrivent. Le Ladies Protestant Home, une
reconstruction c'est la seule souscription gouvernementale pour une
institution de bienfaisance pour vieilles personnes sur la Grande-Allée,
c'est une vieille maison. Les Loisirs des Handicapés Incorporée,
$1,000. Les missions des Clercs du St-Viateur, $200. Le Quebec Bonspiel, c'est
tous les ans, c'est le curling?
M. BERTRAND: Le curling.
M. LESAGE: $2,500. La Société de Québec pour la
prévention de la cruauté aux animaux, $1,000.
M. BERTRAND: Humanitaire!
M. LESAGE: La Société française de bienfaisance.
Il n'y a pas de relation entre les deux La Société
française de bienfaisance de Québec Inc., $600. La
Société Numismatique de Québec, $200. La
Société Royale de Sauvetage Aquatique, division de Québec,
$1,000. La Société St-Jean-Baptiste de Québec, $2,000. La
Société St-Jean-Baptiste de Sherbrooke, $200. La
Société Samuel de Champlain ça c'est tous les ans
$500. United Irish Society of Montreal, pour la St-Patrice, $1,500, tous
les ans ça aussi. Puis les Young Women Christian Association, c'est
$25,000, le troisième paiement d'un versement global de $75,000, pour la
construction d'une nouvel édifice sur la Grande-Allée, au coin de
l'avenue des Erables, ici à Québec.
M. BERTRAND: Quels sont les critères que le premier ministre
applique?
M. LESAGE: Le meilleur degré de justice dont je suis capable.
M. BERTRAND: C'est de la discrétion.
M. LESAGE: Oui, on peut voir, par les noms que je viens de mentionner,
que justement il n'y a pas de patronage.
M. BERTRAND: Il y a une organisation qui porte le nom...
M. LESAGE: Oui, c'est justement, on s'aper- çoit qu'il n'y a pas
de patronage, d'ailleurs j'en appelle au témoignage du
député de l'Islet, il peut me défendre.
M. JOHNSON: Le premier ministre pourrait-il nous dire comment le
député de l'Islet a pu obtenir pour une paroisse de son
comté une pareille subvention?
M. LESAGE: Demandez-lui, demande-lui. M. JOHNSON: Faut-il appeler M.
LaRue? M. LESAGE: Non. M. JOHNSON: Le docteur Lapierre.
M. LESAGE: Non, je pense que le député de l'Islet peut
vous dire très facilement la façon dont il s'y est prise, qui est
très simple.
M. JOHNSON: Est-ce qu'il faudrait appeler le docteur Lapierre ou M.
LaRue?
M. LESAGE: Non, il suffit de me parler sur le parquet de la Chambre
après une séance.
M. BERTRAND: On vous verra après la séance.
M. LESAGE: C'est exactement comme cela que ça s'est
passé.
M. JOHNSON: On n'a pas tous la chance de représenter un ancien
comté du premier ministre.
M. LESAGE: Ah bien! là, bien voyons. Au moins qu'on me laisse mon
mérite quand je l'ai.
M. JOHNSON: Ce n'est pas du patronage, mais il s'adonne que c'est une
partie d'un ancien comté...
M. LESAGE: Ce n'est pas du patronage, parce que le député
de L'Islet m'a convaincu qu'il y avait un déficit important à
combler et que c'était absolument essentiel. C'est tout.
M. JOHNSON: Je suggère que c'est probablement parce que le
premier ministre veut se faire pardonner...
M. LESAGE: Je n'ai rien à me faire pardonner.
M. JOHNSON: ... les fautes qu'il aurait commises pendant qu'il
était député fédéral.
M. LESAGE: Non, évidemment si vous relevez tous les discours qu'a
prononcés le député de l'Islet, quand j'étais
député fédéral, vous allez en trouver un tas de
fautes, que, d'après lui, je devrais me faire pardonner, c'est
clair!
M. LIZOTTE: Vous me devez encore $15,000.
M. LESAGE: Je suis mieux de me taire, ça va finir par
coûter cher ça là. Cela va coûter cher au
gouvernement.
M. JOHNSON: $275,000 distribués selon la discrétion du
bureau du premier ministre.
M. LESAGE: Non, non.
M. JOHNSON: Par exemple, je vois ici dans les comptes publics un octroi
de $5,000 au comité des loisirs de Sorel.
M. LESAGE: Oui, d'autres fois c'est ailleurs, cela dépend.
M. JOHNSON: Mais comment se fait-il que les loisirs de Sorel ont pu
obtenir $5,000.
M. LESAGE: C'est parce qu'ils étaient en déficit à
la suite de la construction d'un aréna.
M. BERTRAND: Qu'est-ce qui est un déficit pour...
M. JOHNSON: Le député de Gaspé aurait bien voulu en
avoir autant pour chez eux, le député de Charlevoix aurait voulu
en avoir autant...
M. LESAGE: Peut être oui, je ne sais pas.
M. JOHNSON: ... le député de Dorchester aurait voulu en
avoir, le député de Chambly aurait voulu en avoir...
M. LESAGE: Il en a peut-être eu, le député de
Chambly.
M. JOHNSON: Le député de La prairie est privé de
subvention.
M. LESAGE: Le député de La prairie, il peut donner
ça de sa poche, lui.
M. JOHNSON: Est-ce qu'il y en a d'autres pour qui je pourrais
parler?
M. BERTRAND: On va faire brûler un cierge.
M. JOHNSON: M. le Président, le député de
Rouyn-Noranda est en difficulté actuellement.
M. LESAGE: Lui aussi, il peut en donner de sa poche.
M. JOHNSON: ... avec ses fédérations, parce que,
précisément, il ne peut pas obtenir ces octrois
discrétionnaires.
M. LESAGE: Je ne peux pas empêcher...
M. JOHNSON: Alors, les gens là-bas disent qu'il n'est pas
influent auprès du premier ministre. Le premier ministre en donne
à Sorel, $5,000, il en donne à l'Islet; le comté de
l'Opposition ne peut pas en avoir, et lui, le député de
Rouyn-Noranda, ne peut pas en avoir.
M. LESAGE: Cela, c'est évident.
M. TURPIN: Les gens disent chez nous que le député n'est
pas assez « patroneux ». On voudrait lui faire pratiquer des
politiques contraires à ses principes, et c'est ça que le
député ne veut pas.
M. JOHNSON: M. le Président, on a noté l'aveu du
député qui est un peu « patroneux » mais pas assez au
goût de certains libéraux. Ah, il y a des libéraux
insatiables dans son comté.
M. LESAGE: Il n'y a pas que là.
M. JOHNSON: Je le plains, M. le Président, je le plains et je
reviens aux crédits. Je voudrais savoir pourquoi le comité des
loisirs de Sorel a reçu $5,000.
M. LESAGE: Je l'ai dit, il y avait un déficit lors de la
construction de l'aréna.
M. JOHNSON: L'association anti alcoolique du comté de
Charlevoix.
M. LESAGE: Oui, c'était... M. JOHNSON: $1,000.
M. LESAGE: Le ministre des Affaires culturelles prétend que
c'était pour un cocktail!
M. JOHNSON: Non, mais vous voyez, M. le Président, il y a un
service au ministère du Bien-Etre et de la Famille, il y a maintenant un
ministre spécialement affecté à la ligue anti
alcoolique...
M. LESAGE: ... mais il y avait $500,000 à cet article-là,
au temps de l'Union nationale...
M. JOHNSON: ... et c'est le premier ministre qui donne...
M. LESAGE: ... c'était $500,000 qu'il y avait à cet
article-là.
M. JOHNSON: Combien?
M. LESAGE: C'était $500,000.
M. JOHNSON: Je voudrais bien, M. le Président, vérifier
ça.
M. LESAGE: Nous le diminuerons, nous le diminuerons, mais...
M. JOHNSON: Oh, je serais bien étonné.
M. LESAGE: Eh bien, on voit quelle utilisation on en fait: c'est pour
les besoins pressants.
M. JOHNSON: Si vous saviez, M. le Président, comme c'était
difficile de lui arracher $500 à l'ancien premier ministre.
M. LESAGE: Mais j'ai une mauvaise réputation de ce
côté-là, moi aussi.
M. JOHNSON: C'est donc effrayant comme les premiers ministres qui se
succèdent se ressemblent, sur certains aspects, seulement.
M. LE PRESIDENT: Article 9, adopté? M. JOHNSON: M. le
Président...
M. LESAGE: Eh bien, dans les comptes publics, dans les subventions par
exemple, pour les comptes publics 1964/65, voici certains usages. Il y a eu un
fonds de secours pour les sinistrés du chalutier Marie-Carol, qui avait
coulé: $5,000 que nous avions donnés à même cet
article, l'année précédente. Il y a eu $15,000 pour le
fonds de secours à Ville LaSalle. C'est à même ce fonds,
c'est à même ce montant-là que ces choses-là sont
prises, ces montants-là sont pris.
M. LE PRESIDENT: Article 9, adopté? M. JOHNSON: Non, non,
non.
M. LESAGE: Ville LaSalle c'est ici: $15,000. Oui. Cela apparaît
aux comptes publics.
M. JOHNSON: M. le Président, je remplace à pied
levé le député de Champlain qui avait
préparé ses questions sur tous ces articles...
M. LESAGE: Bien oui, mais j'ai donné la liste complète,
j'ai donné la liste complète pour 1965/66 et celle de 1964/65 aux
comptes publics, alors...
M. JOHNSON: Numéro 9: Subventions. Ne bougez pas.
M. LESAGE: Je viens de donner la liste complète pour 1965/66.
M. JOHNSON: Bon, le premier ministre vient de la lire, mais moi, j'en
suis à la liste qui paraît aux comptes publics, pour le
moment.
M. LESAGE: Oui, mais là vous l'avez, celle des comptes publics.
Je viens de vous y référer en disant $15,000 pour Ville LaSalle,
dans les circonstances que l'on sait. C'est un exemple que je donne.
M. JOHNSON: Alors le comité des loisirs de Sorel, c'est parce
qu'il était en déficit.
M. LESAGE: Oui, pour l'aréna.
M. JOHNSON: La clique Alouette, c'est quoi, ça, la clique
Alouette?
M. LESAGE: Je ne le sais pas, moi.
M. JOHNSON: C'est $3,000.
M. LESAGE: Il paraît que c'est une fanfare.
M. JOHNSON: Centre récréatif d'Asbestos, $5,000.
M. LESAGE: C'est encore l'aréna l'Asbestos, c'était pour
l'aréna d'Asbestos.
M. BERTRAND: Est-ce que le premier ministre vérifie quand une
demande lui est formulée par un club de loisirs, une organisation de
loisirs, si un octroi a déjà été
accordé...
M. LESAGE: Oui, oui, c'est évident.
M. BERTRAND: ... par le ministère de l'Education.
M. LESAGE: Oui, c'est clair et de plus, lorsqu'il s'agit de montants de
$5,000 et plus,
il faut un rapport à l'Auditeur et j'exige qu'il soit fait en
vertu de la loi. Ceux qui reçoivent un octroi de $5,000 et plus doivent
faire un rapport financier de leurs opérations financières de
l'année à l'Auditeur de la province de Québec, en vertu de
la loi et puis nous exigeons qu'ils le fassent.
M. LOUBIER: Est-ce que ça veut dire, M. le Président, que
le gouvernement, aussitôt qu'une OTJ est en déficit, est
prêt à combler ce déficit-là?
M. LESAGE: Pardon? Non, ça dépend des circonstances.
M. LOUBIER: Quels sont les motifs qui ont poussé le premier
ministre à combler le déficit pour certaines OTJ?
M. LESAGE: Bien, il peut y avoir 100,000 motifs.
M. LOUBIER: Bien ç'a été de façon
discrétionnaire à ce moment-là?
M. LESAGE: D'ailleurs, l'OTJ, les oeuvres de terrains de jeux, c'est
ordinairement le ministère de l'Education qui s'en occupe.
M. LOUBIER: C'est le ministère de l'Education.
M. LESAGE: C'est ça.
M. LOUBIER: Mais, à un moment donné par exemple, une OTJ
est en déficit, est-ce qu'elle peut, en vertu des
précédents posés actuellement...
M. LESAGE: Bien est-ce qu'elle peut? Cela dépend des
circonstances.
M. LOUBIER: ... faire des représentations...
M. LESAGE: Cela a été le cas de St-Jean Port-Joli.
M. LOUBIER: Oui, mais quels sont les critères? Quel est le
barème?
M. LESAGE: Les critères sont la situation... UNE VOIX: Le bien
commun.
M. LOUBIER: Bien un déficit n'a pas de situation, un
déficit...
M. LESAGE: Bien ça dépend des circonstances dans
lesquelles le déficit a été créé, si c'est
par gaspillage ou bien si c'est par la force des choses.
M. LOUBIER: M. le Président, à ce moment-là, je
pense bien que c'est à la discrétion...
M. LESAGE: Bien oui, mais je ne peux pas commencer à discuter
de...
M. LOUBIER: Bien non, mais est-ce que c'est laissé à la
discrétion complète...
M. LESAGE: Si vous avez un dossier à me soumettre, soumettez-le
moi.
M. LOUBIER: Est-ce que c'est à la discrétion
complète du ministre?
M. LESAGE: Oui, c'est à la discrétion du premier
ministre.
M. BERTRAND: C'est fait pour donner du prestige au poste de premier
ministre.
M. LESAGE: Non, non, ce n'est pas pour donner du prestige au poste de
premier ministre, c'est pour que, quand arrivent des choses, par exemple, comme
ville LaSalle, qu'on puisse y voir immédiatement sans délai.
M. JOHNSON: Oui, là on comprend la situation.
M., LESAGE: Ou encore, lorsqu'il y a des déficits dans les cas
spéciaux et puis, comme les montants étaient plus
considérables qu'autrefois, ils ont été réduits et
puis, s'il y a des députés qui ont des cas spéciaux, ils
ont seulement à me les soumettre, mais je vous dis que ce n'est pas
facile de me convaincre.
M. LOUBIER: Demain matin à neuf heures, je serai à votre
bureau.
M. BERTRAND: C'est une soupape.
M. LESAGE: J'aime autant aviser tout de suite que je ne suis pas facile
à convaincre.
M. LOUBIER: Demain matin à neuf heures, je serai à votre
bureau...
M. LESAGE: Demain matin à neuf heures, M. le Président, il
va arriver trop tard le cher monsieur, parce que demain matin à neuf
heu-
res, je serai déjà en réunion depuis huit heures et
quart.
M. LOUBIER: Ah! bon! Après la messe, je vais aller à la
messe de sept heures et demie.
M. LE PRESIDENT: Article 9, adopté?
M. JOHNSON: Non, M. le Président, j'ai retrouvé les notes
du député de Champlain qui serait bien attristé...
M. LESAGE: Apportez vos papiers! Faites comme les gens font, ils me les
donnent quand je sors. Je sors de là les poches bourrées, le
matin, souvent parce que les gens m'attendent à la porte avec des
enveloppes, des lettres pour me solliciter.
M. JOHNSON: M. le Président, je vous ai dit que je
remplaçais le député de Champlain qui avait ici
préparé des notes.
M. LAPORTE: Il n'aurait pas posé beaucoup de questions, lui.
M. JOHNSON: Non, il voulait tout simplement rappeler au premier ministre
qu'il s'agit ici d'octrois discrétionnaires.
M. LESAGE: Bien oui!
M. JOHNSON: Il voulait demander au premier ministre où sont les
octrois statutaires dont on a tant parlé dans le temps.
M. LESAGE: Il n'y en a pas. Bien il y en a plein..,
M. JOHNSON: Seize ans de temps, M. le Président...
M. LESAGE: C'est rempli d'octrois statutaires...
M. JOHNSON: ... à chaque budget, on a entendu l'Opposition, on
vous a entendu, vous, M. le Président, même si vous n'aviez pas la
voix forte, vous parliez de ce siège-là, en arrière, dire
combien il était injuste de laisser la discrétion au premier
ministre dans la distribution des subventions.
M. le Président, je note ici, en me servant des remarques
préparées par le député de Champlain, qu'il y a une
discrétion qui s'exerce en sens unique un peu.
M. LESAGE: Bien non. La plupart de ces gens-là...
M. JOHNSON: Qu'il me suffise de vous énumérer...
M. LESAGE: Je ne les connais même pas, M. le Président.
M. JOHNSON: Qu'il me suffise de vous énumérer six des
oeuvres qui ont été le plus favorisés même si
l'objet de ces subventions relèvent normalement d'un autre
ministère, premièrement, Centre récréatif
d'Asbestos $5,000; Comité des loisirs de Sorel $5,000; Comité des
fêtes de Drummondville $5,000; Oeuvre de l'Aréna...
M. LESAGE: Bien oui, le comité des fêtes de Drummondville,
c'était le Centenaire, 150è anniversaire.
M. JOHNSON: ... de La Sarre $1,000;...
M. LESAGE: Bien oui, c'était un centenaire, un
cinquantenaire.
M. JOHNSON: ... Salle paroissiale de Ste-Clothilde $1,500 dans le
comté de Nicolet;...
M. LESAGE: Bien, ils en avaient besoin.
M. JOHNSON: ... Centre de loisirs de Drummondville, à part du
centenaire, $5,000, $20,000, M. le Président.
M. LESAGE: $5,000 oui. $20,000 oui, oui.
M. JOHNSON: Il s'adonne, comme par hasard, que ce sont surtout les
ministres qui ont la facilité d'obtenir ces subventions
discrétionnaires.
M. LESAGE: Non,non, à Drummondville c'était un
déficit formidable dans la construction de l'Aréna. C'est
l'Aréna de Drummondville, il a un déficit formidable de plusieurs
centaines de mille piastres, contribution bien faible de $20,000.
M. JOHNSON: Et, M. le Président, on voit... M. LESAGE: Une goutte
d'eau dans un océan.
M. JOHNSON: ... à la page 298 sous l'article CG ministère
de l'Education que l'oeuvre des loisirs, le comité des loisirs de la
ville de Sorel a reçu $15,000, $15,000 pour Richelieu à
même le budget 1964/65 du ministère de l'Education, plus $5,000
payé à même le budget du premier ministre en sa
qualité de chef de l'exécutif. M. le Président, il y a
là une discrimination à première
vue, discrimination qui est presque immorale et je n'ai qu'à
regarder les députés que j'ai devant moi pour me rendre compte
qu'ils ne sont pas trop heureux. Ils ont hâte d'arriver dans le Cabinet
pour pouvoir obtenir le plus vite possible au moins une entrevue avec le
premier ministre pour passer leur problème. Non, je pense qu'il serait
temps que le premier ministre mette de côté ces subventions quant
aux centres de loisirs...
M. LESAGE: Bien, ça dépend des circonstances.
M. JOHNSON: ... pour des imprévus comme ville LaSalle le
désastre qui est survenu...
M. LESAGE: Quand il y a moyen de diriger ces demandes-là vers des
mécènes, je le fais.
M. JOHNSON: Pour des centenaires, M. le Président, ça se
prévoit des centenaires.
M. LESAGE: Non.
M. JOHNSON: Bien, ça doit être prévisible un
centenaire.
M. LESAGE: Bien, je ne le sais pas, moi.
M. JOHNSON: Cela ne peut pas arriver soudainement un centenaire.
M. LESAGE: Ne soyez pas ridicule.
M. JOHNSON: Ce n'est pas un cas fortuit...
M. LESAGE: Donnez moi donc...
M. JOHNSON: ... ce sont des fêtes qui se préparent...
M. LESAGE: Etes-vous capable de me dire quels sont les 25e, les 50e, les
75e, les 100e, les 125e, les 150e, les 175e et 200e d'anniversaires de
fondation de paroisse du comté de Bagot, quelles sont les dates?
M. JOHNSON: Ah oui.
M. LESAGE: Tout de suite, donnez moi ça.
M. JOHNSON: D'abord, le ministère des Affaires municipales va
vous le fournir. St-Pie, c'est en 1842; St-Tite, en 1839; à
Ste-Félicité, c'est en 1920; à St-Nazaire, c'est en 1910,
c'est une paroisse nouvelle. En voulez-vous d'autres?
M. LESAGE: Oui, allez-y.
M. LAPORTE: On nn'en veut pas d'autres, mais on va vérifier.
M. LESAGE: Mais lors des centenaires, je suis sûr qu'il y a eu des
subventions d'accordées.
M. JOHNSON: Pas dans Bagot.
M. LESAGE: Oui, là comme ailleurs. On ne s'occupe pas du tout
de...
M. LE PRESIDENT: Article 9, adopté?
M. JOHNSON: Non, M. le Président. La Fédération
interdiocésaine des gardes paroissiales du Canada...
M. LESAGE: Attendez le député de Champlain.
M. JOHNSON: $1,500 seulement. Je ne voudrais pas laisser adopter cet
article sans ici référer à ses notes, et je constate qu'il
avait indiqué 5,000 membres. Je suis certain que le député
de Champlain voulait plaider en faveur d'une plus grosse subvention.
M. BERTRAND: Il est allé chercher son uniforme.
M. JOHNSON: Il voulait remplir son devoir: 5,000 membres, $1,500. Alors
qu'ailleurs, on semble être plus libéral. Alors, je demande, au
nom du député de Champlain, qui avait l'intention de le
faire...
M. LESAGE: ... de diminuer le montant total, mais d'augmenter celui des
gardes paroissiales. Je prends ça en note.
M. JOHNSON: Non, ce n'est pas ce que le député de
Champlain aurait dit. Il aurait dit: Rendez-moi ça statutaire. Mettez
ça à $1 du membre et passez ça dans un budget...
M. LESAGE: On va passer une loi spéciale pour les gardes
paroissiales.
M. JOHNSON: ... qu'on votera en Chambre. M. LESAGE: Je prends ça
en note.
M. JOHNSON: J'ai entendu tantôt le premier ministre dire: «
Je tente de diriger...
M. LESAGE: Est-ce que le chef de l'Opposition réalise bien la
perte de temps dont il est la cause?
M. JOHNSON: Le député de Bourget pourrait
peut-être...
M LESAGE: Non, mais est-ce qu'il réalise la perte de temps dont
il est responsable?
M. JOHNSON: Nous étions prêts à discuter
tantôt de l'article...
M. LESAGE: J'ai donné toute la liste.
M. JOHNSON: La liste, oui, des octrois du passé.
M. LESAGE: Tous, les uns après les autres,
M. JOHNSON: Nous étions prêts à discuter l'article
des achats. C'est le premier ministre qui n'a pas fait venir à temps ses
fonctionnaires.
M. LESAGE: C'est mon droit de choisir l'article que je veux. C'est un
droit absolu.
M. JOHNSON: Nous avons dû passer à l'article 9, j'ai
entendu le premier ministre nous dire tantôt qu'il tentait de diriger les
demandes à certains mécènes. Que voulait-il dire
exactement? Les demandes de subventions spéciales.
M. LESAGE: Ce sont des gens qui veulent garder l'anonymat et qui sont
disposés à faire lacharité. Cela ne regarde pas le
gouvernement.
M. JOHNSON: Et qui se fient évidemment au premier ministre.
M. LESAGE: Ils se fient à ceux qu'ils veulent, et ça ne
regarde pas le chef de l'Opposition.
M. JOHNSON: Non, je suis un peu étonné...
M. LESAGE: Bien, s'il n'y a personne qui a confiance au chef de
l'Opposition pour lui demnder conseil, lorsqu'il s'agit de faire des
charités, cela n'est pas de ma faute, mais je les comprends.
M. JOHNSON: Je suis étonné quand même d'entendre le
premier ministre dire qu'il a un groupe d'hommes à qui il peut
référer pour certaines demandes qui sont faites au
gouvernement...
M. LESAGE: Ce n'est pas ça que j'ai dit. D'ailleurs,
j'étais jeune avocat et j'ai déjà été
consulté par des hommes qui voulaient faire la charité et qui me
demandaient quelle était la meilleure façon d'aider ceux qui
étaient le plus dans le besoin dans tel domaine.
J'étais j eune avocat quand j'ai été
consulté par plusieurs personnes sur ce sujet et depuis vingt-cinq ans,
trente ans, je suis tous les ans consulté par plusieurs personnes.
M. JOHNSON: M. le Président, je remercie le premier ministre pour
ses précisions, réceptions du gouvernement.
M. LE PRESIDENT: Article 9 adopté. Article 10.
M. JOHNSON: Quel est le total de dépensé l'année
dernière?
M. LESAGE: Ah! le total ça doit être marqué,
inscrit.
M. JOHNSON: Dépensé au cours de l'année
dernière, on avait voté $80,000?
M. LESAGE: $80,000, est-ce que c'était ça? Il y a eu un
budget supplémentaire de $10,000. Oui, $80,000 budget
supplémentaire No 3, $10,000; $90,000. Nous demandons $85,000 pour cette
année.
M. JOHNSON: Cela c'est pour l'année 1966? M. LESAGE:
1965-1966.
M. JOHNSON: Là on vote évidemment le budget 1966-67.
M. LESAGE: Oui. Une diminution de $5,000.
M. JOHNSON: Les réceptions que le gouvernement...
M. LESAGE: Oui.
M. JOHNSON: ... sera appelé...
M. LESAGE: Sera appelé à...
M. JOHNSON: ... à payer au cours de l'année...
M. LESAGE: Oui.
M. JOHNSON: ... qui vient comprendront probablement certaines
réceptions antérieures à l'ouverture de l'Expo...
M. LESAGE: Oui, mais nous ne prévoyons pas de réceptions
avant le 1er avril 1967. Par conséquent c'est le budget 1967-68 qui
devra prévoir un montant beaucoup plus considérable pour des
réceptions, que celui que nous prévoyons pour cette année.
Cela je le sais d'avance qu'il faudra avoir un montant beaucoup plus
considérable pour 1967-68 d'ailleurs le gouvernement a
déjà, sujet à l'approbation des Chambres, pris des
engagements pour des réceptions en 1967-68.
M. JOHNSON: M. le Président, je ne voudrais pas compromettre
d'avance les budgets que nous serons appelés nous à
administrer... à la suite d'une élection générale.
J'aimerais avertir...
M. LESAGE: Je regrette infiniment, si j'ai bien compris, le chef de
l'Opposition part le 5 là, il s'en va faire sa campagne
électorale pour le 24 avril, on va avoir la paix en Chambre. Il va faire
sa petite élection à lui tout seul le 24 avril. Bonne chance!
M. JOHNSON; Le premier ministre devrait se défier de ceux qui se
préparent aussi intensément.
M. LESAGE: Bonne chance!
M. JOHNSON: M. le Président, une autre flèche de cupidon
que je peux endurer évidemment.
M. LESAGE: Non, mais le chef de l'Opposition est jaloux, ça lui
prend lui combien c'est quarante-sept jours pour faire son cupidon.
Quarante-sept jours pour faire son cupidon.
M. DOZO1S: Le député de Bourget ne fait pas exception,
lui?
M. JOHNSON: Réceptions, adopté, M. le Président.
Non, un instant.
M. LESAGE: Adopté. Bien les réceptions, voulez-vous en
avoir la liste? C'est ça que vous voulez? Je vais vous la donner.
D'abord, M. et Mme Robarts, les étudiants de l'Université York,
de l'université Laval, la reine du Carnaval et les duchesses. Cela,
c'était l'année dernière, évidemment; $1,010.14.
Réception pour... Il me semble qu'on pourrait me dispenser de donner
ça, que je pourrais... d'abord, je ne vois pas...
M. JOHNSON: J'ai les listes a faire.
M. LESAGE: Pourquoi devrais-je donner le coût de la
réception officielle à Son Eminence le cardinal Roy à
l'occasion de son élévation à la dignité de Prince
de l'Eglise? Franchement, là!
M. BERTRAND: Il n'a pas...
M. LESAGE: Bon, eh bien alors, adopté.
M. LOUBIER: Non, non!
M. LESAGE: Non? Vous voulez l'avoir, je vais vous le donner. Je vais
vous le dire.
M. LOUBIER: Il n'y a rien de sacré dans ça!
M. GABIAS: Pourquoi ne pas le publier? M. LESAGE: $1,792.27
M. GABIAS: Pourquoi ne pas le publier dans les comptes publics?
M. LESAGE : Ce l'est toujours, publié. M. GABIAS: Non, ce ne
l'est pas. M. LESAGE: Non, c'est groupé. M. GABIAS: A la page 217...
M. LESAGE: C'est groupé sous le nom des hôtels. Ce n'est
pas nous qui publions les comptes publics, c'est l'auditeur et l'auditeur n'est
pas un employé du gouvernement. C'est un officier de la Chambre. Alors
qu'on ne me fasse pas de reproches si on a des représentations à
faire à l'auditeur, on les lui fera au comité des comptes
publics.
M. GABIAS: Oui, on les fera là.
M. LESAGE: Mais pas à moi.
M. LE PRESIDENT: Poste 10, adopté.
M. LESAGE: Parce que ce n'est pas moi qui dis à l'auditeur
comment préparer les comptes publics.
M. LE PRESIDENT: Poste 10, adopté.
M. GABIAS: Non, un instant. Qui décide que les réceptions
doivent avoir lieu...
UNE VOIX; Six heures.
M. GABIAS: ... par exemple au Château Frontenac à
Québec, au Reine Elisabeth a Montréal?
M. LESAGE: Cela dépend. Quand nous avons reçu le cardinal
Roy, nous ne l'avons pas reçu à Montréal.
M. GABIAS: C'est donc caractéristique du premier ministre.
M. LESAGE: La question était caractéristique du
député de Trois-Rivières, d'ailleurs.
M. GABIAS: C'est donc caractéristique du premier ministre. Je
demande qui fait le choix, évidemment, à Québec pour les
réceptions de Québec, si c'est au Château...
M. LESAGE: Très souvent ce sont les gens... UNE VOIX: Les
jubilaires.
M. LESAGE: ... qui ont leur réunion annuelle, ou un
congrès qui est tenu une fois tous les vingt ans, une fois tous les dix
ans, une fois tous les cinq ans à Québec ou à
Montréal et la réunion a lieu au Château Frontenac et on
nous demande d'offrir le dfner et nous offrons le dîner évidemment
à l'hôtel où a lieu le congrès.
M. GABIAS: Il est six heures.
M. LESAGE: Cela a été le cas par exemple, de...
DES VOIX: Il est six heures.
M. LESAGE: ... pour, cela a été le cas...
M. CADIEUX: M. le Président...
M. LESAGE: ... pour les membres du Barreau, cela a été le
cas pour les délégués de l'Union des municipalités
de la Colombie-Britannique, au Château Frontenac, cela a
été le cas pour ce qui est du Shah d'Iran et de
l'Impératrice Farah Diba, c'était un dfner d'Etat et le
Château Frontenac était l'endroit qui convenait, alors, nous avons
choisi le Château Frontenac.
M. BERTRAND: Il est six heures.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, messieurs!
M. CADIEUX: M. lePrésident, j'ai l'honneur de faire rapport que
le comité des crédits a adopté les prévisions
budgétaires du ministère des Affaires culturelles.
M. LE PRESIDENT: Est-ce que ces crédits sont adoptés?
M. JOHNSON: Non, M. le Président.
M. BEDARD (président du comité des subsides): M. le
Président, le comité a adopté des résolutions et
demande la permission de siéger à nouveau.
M. LeCHASSEUR (président): Quand le comité
siégera-t-il à nouveau? A la prochaine séance. M. Lesage
propose que les résolutions soient maintenant lues et
agréées. Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adoptée.
M. LAPORTE: M. le Président, demain nous continuerons en
comité des subsides les crédits du Conseil exécutif, des
Affaires fédérales-provinciales et ensuite des Finances. Au
comité des bills privés demain après-midi, un
comité ad hoc, le ministère de la Voirie.
M. JOHNSON: Demain?
M. LAPORTE: Demain après-midi, au comité des bills
privés, début des crédits de la Voirie.
M. JOHNSON: Voirie.
M. LAPORTE: Oui. M. le Président, je propose l'ajournement de la
Chambre à demain après-midi, à deux heures trente.
M. LE PRESIDENT: La motion sera-t-elle adoptée? Adoptée.
La Chambre est ajournée à demain après-midi, à deux
heures trente.
ANNEXES
Liste des membres des comités de
négociation pour les divers syndicats des employés de la
province
ANNEXE 1
SYNDICAT DES FONCTIONNAIRES PROVINCIAUX DU
QUEBEC
A l'heure actuelle, les négociations se poursuivent pour les deux
unités « fonctionnaires » et « ouvriers », mais
elles se feront séparément pour les clauses «
monétaires ».
M. Gaston Lefebvre, directeur du personnel (Industrie &
Commerce)
(porte-parole du gouv. « fonctionnaires »)
M. Gaston Pelletier, directeur du personnel (Transports &
Communications)
M. Robert St-Onge, officier du personnel (Revenu)
M. Raymond Gendron, directeur du personnel (Santé)
Me André Parent
(porte-parole du gouv. « ouvriers »)
M. Paul Chartier (ALCAN)
M. Roger Poulin, directeur des services administratifs (Famille &
Bien-Etre social)
M. René DeBlois, directeur du personnel (Famille & Bien-Etre
social)
M. J.E. Lévesque, officier de personnel (Famille & Bien-Etre
social)
M. Guy Poitras, directeur des services miniers (Richesses
naturelles)
M. J.A. Simard, directeur d'administration (Voirie)
M. Benoit Bérubé, directeur du personnel (Voirie)
M. Arsène Leblanc, directeur du personnel (Travaux publics)
M. Claude Gagné, officier d'administration (Travaux publics)
M. Ernest Ringuet, assistant-directeur du personnel (Travaux
publics)
M. J.C. McGee, directeur général de l'analyse des
effectifs et des conditions de travail
M. Jacques Monnier, direction générale de l'analyse des
effectifset des conditions de travail - Lorsque les négociations se
feront séparément pour l'unité « fonctionnaires
» et pour l'unité « ouvriers », il est possible que
les personnes suivantes soient convoquées:
M. Gérald Forest, officier de personnel (Richesses
naturelles)
M. Paul Lachance, directeur du personnel (Terres & Forêts)
M. Eloi Arsenault, officier d'administration (Terres &
Forêts)
M. Vital Bouhours, directeur du personnel (Agriculture)
M. François Lafleur, directeur général du personnel
(Education)
M. Gilles Lefebvre, directeur du personnel (Tourisme)
M. François Gross, directeur du personnel (Justice)
ANNEXE 2
SYNDICAT DES AGENTS DE LA PAIX DE LA FONCTION
PUBLIQUE
Ce Syndicat sera bientôt accrédité; les
négociations commenceront dès que la DGRT aura reçu le
projet de convention.
M. Lucien Dorion
(porte-parole du gouvernement)
- Il est possible que le ministère de la Justice prête un
de ses agents, M. Gilbert L'Heureux, à la DGRT pour un temps
défini. -
M. Gérald Bourque, directeur du Service de protection (Industrie
& Commerce)
M. François Gross, directeur du personnel (Justice)
M. René DeBlois, directeur du personnel (Famille & Bien-Etre
social)
M. Jean G. Major, directeur des services techniques (Office des
Autoroutes)
M. Gilles Lefebvre, directeur du personnel (Tourisme)
M. Maurice Ferland, Inspecteur en chef (Transports &
Communications)
M. Ernest Ringuet, assistant-directeur du personnel (Travaux
publics)
ANNEXE 3
SYNDICAT DES PROFESSEURS DE L'ETAT DU QUEBEC
Me Claude Lavery
(porte-parole du gouvernement)
M. Paul Huot, conseiller technique (Education)
M. Clermont pépin, directeur des études (Affaires
culturelles)
M. Bernard Angers, économiste (Education)
M. Martial Frappier, conseiller technique (Education)
M. François Lafleur, directeur général du personnel
(Education)
M. J. Ernest Dubé, conseiller technique (Agriculture)
M. Jacques Asselin, direction générale de l'analyse des
effectifs et des conditions de travail
ANNEXE 4
SYNDICAT PROFESSIONNEL DES ARPENTEURS-GEOMETRES DU
GOUV. DU QUEBEC
SYNDICAT PROFESSIONNEL DES INGENIEURS DU GOUV. DU
QUEBEC
SYNDICAT PROFESSIONNEL DES INGENIEURS FORESTIERS DU
GOUV. DU QUEBEC
M. Claude Bélanger, directeur du personnel (Richesses
naturelles)
(porte-parole du gouvernement)
Me Hubert Benoit (ALCAN)
M. Michel Slivitzki, directeur général des eaux (Richesses
naturelles)
M. Jacques Boileau, ingénieur (Travaux publics)
M. Benoit Deshaies, conseiller technique (Voirie)
M. Marcel Laperrière, assistant du sous-ministre (Voirie)
M. Michel Duchesnault, coordonnateur, Comité d'études
(Terres & Forêts) économiques et de planification
forestière
ANNEXE 5
SYNDICAT PROFESSIONNEL DES AGRONOMES DU GOUV. DU
QUEBEC
Ce Syndicat a été accrédité mais il n'a pas
encore déposé son projet de convention, par conséquent,
les négociations ne sont pas encore commencées.
M. Claude Bélanger, directeur du personnel (Richesses
naturelles)
(porte-parole du gouvernement)
Me Hubert Benoit (ALCAN)
Les personnes suivantes seront susceptibles d'être
convoquées pour les négociations:
M. J. Ernest Dubé, conseiller technique (Agriculture)
M. Maurice Mercier, technicien, comité consultatif
(Agriculture)
M. Armand Ouellet, chef adjoint, Division des productions (Agriculture)
animales
M. Marcel Ste-Marie, assistant-chef, Division de la (Agriculture)
coopération
ANNEXE 6
SYNDICAT PROFESSIONNEL DES AVOCATS DE LA FONCTION
PUBLIQUE
Ce Syndicat n'a pas encore été accrédité.
-
M. Claude Courville (Commission de la fonction publique)
(responsable des demandes d'accréditation)
ANNEXE 7
SYNDICAT PROFESSIONNEL DES COMPTABLES AGREES DU GOUV.
DU QUEBEC
Ce Syndicat n'a pas encore été accrédité.
-
M. Claude Courville (Commission de la fonction publique)
(responsable des demandes d'accréditation)
Demande faite le 14 février à divers ministères de
mettre à la disposition de la DGRT un représentant;
Affaires municipales Education
Famille & Bien-Etre social Finances Justice Santé
Revenu : M. Robert St-Onge, officier de personnel M. Pierre Poulin,
officier de personnel
ANNEXE 8
SYNDICAT INTERPROFESSIONNEL DE LA FONCTION
PUBLIQUE
Ce Syndicat n'a pas encore été accrédité.
-
M. Claude Courville (Commission de la fonction publique)
(responsable des demandes d'accréditation)
Les personnes suivantes seront susceptibles d'être
convoquées pour les négociations:
M. P.E. Grenier, directeur des services géologiques (Richesses
naturelles)
M. Albert Lavallée, chef, Division de l'hygiène animale
(Agriculture)
M. Pierre Poulin, officier de personnel (Revenu)
M. François Lafleur, directeur général du personnel
(Education)
M. Gaston Lefebvre, directeur du personnel (Industrie &
Commerce)
M. René Morin, conseiller technique (Famille & Bien-Etre
social)
M. Gilles Lefebvre, directeur du personnel (Tourisme) i