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(Dix heures dix-huit minutes)
Le Président: A l'ordre, mesdames et messieurs!
Un moment de recueillement. Veuillez vous asseoir.
Affaires courantes. Déclarations ministérielles. M. le
ministre des Finances.
Déclaration ministérielle
Amendements à la Loi sur les
impôts
M. Jacques Parizeau
M. Parizeau: M. le Président, le 16 novembre 1978, le
ministre des Finances du gouvernement du Canada déposait un nouveau
budget. A cet égard, il convient d'annoncer que la Loi sur les
impôts sera modifiée afin de mieux harmoniser les régimes
d'imposition fédéral et québécois. Toutefois, ces
mesures de concordance ne seront adoptées qu'après la sanction de
toute loi fédérale découlant de l'avis des voies et moyens
et seront applicables aux mêmes dates qu'elles le seront aux fins de
l'impôt fédéral. Ces amendements sont de nature
plutôt technique et leur énumération apparaît dans
une liste ci-jointe à la présente déclaration. J'ai
préféré, M. le Président, plutôt que de lire,
comme je le faisais habituellement dans des circonstances semblables, six ou
sept pages de considérations techniques, cette fois-ci simplement les
annexer à la déclaration.
De plus, je désire annoncer une autre modification à la
Loi sur les impôts qui permet de mieux harmoniser les régimes
d'imposition fédéral et québécois. En effet, je
propose d'accorder aux bénéficiaires de dividendes en actions le
même traitement fiscal que sous la loi fédérale. Cette
mesure s'appliquera rétroactivement à compter du 1er avril 1977,
c'est-à-dire du moment où le gouvernement fédéral
avait mis cette mesure en pratique. Merci, M. le Président. (10 h
20)
Le Président: Merci, M. le ministre des Finances.
M. le député d'Outremont.
M. André Raynauld
M. Raynauld: Merci, M. le Président. Je viens de prendre
connaissance de la déclaration ministérielle. Je pense que ces
mesures d'harmonisation avec les lois fédérales sont propres
à faciliter les choses du point de vue des contribuables et sont,
à certains égards même, indispensables. Je pense que cette
déclaration s'inscrit dans cette volonté de simplifier les
systèmes respectifs d'imposition que nous avons au gouvernement
fédéral et au gouvernement provincial.
Je note qu'une des propositions relatives aux dividendes en actions
était une de ces mesures que le gouvernement n'avait pas voulu
harmoniser l'année dernière et qui, maintenant, le sera
dorénavant. Je pense que c'est heureux. Quant à l'ensemble des
mesures particulières qui sont indiquées en annexe, elles sont
très nombreuses. Nous venons juste, hier, de terminer l'examen de toute
une autre série de mesures semblables relatives, justement, à des
budgets antérieurs, ce qui veut dire que nous aurons encore, d'ici les
prochains mois, un peu de travail dans la même veine pour essayer
d'ajuster, par le détail, les mesures fédérales et
provinciales. Donc, au total, je pense que cette mesure vient parce
qu'on est encore au mois de décembre permettre de rendre ces
dispositions applicables à l'année 1978, ce qui est
également heureux. Merci, M. le Président.
Le Président: Merci, M. le député
d'Outremont.
M. le chef de l'Union Nationale.
M. Rodrigue Biron
M. Biron: M. le Président, j'ai reçu ce matin la
déclaration ministérielle du ministre des Finances, qui a pour
but de simplifier les rapports d'impôt d'un peu tout le monde, les
relations entre le gouvernement fédéral et le gouvernement
provincial. Ce sont des mesures qui faciliteront certainement la
comptabilité et les rapports nécessaires. Il y a de nombreuses
propositions de la part du ministre des Finances; il faudra prendre le temps
nécessaire pour les étudier. Cela veut dire qu'au cours des
prochains mois on aura certainement beaucoup de travail là-dessus.
Maintenant, je pourrais faire une suggestion additionnelle, dans cette
volonté de simplifier les rapports, au ministre des Finances, s'il y a
possibilité de simplifier le rapport d'impôt des particuliers.
Nous remarquons depuis quelques années, et j'ai déjà
parlé sur ce sujet ici, cette volonté du ministre des Finances de
simplifier les rapports d'impôt entre le fédéral et le
provincial. Il y aurait peut-être lieu aussi de simplifier le rapport
d'impôt des particuliers qui sont obligés, aujourd'hui, d'engager
un spécialiste ou un comptable pour remplir leur rapport d'impôt,
pour savoir quoi payer au gouvernement.
Il y aurait peut-être lieu, peut-être pas demain matin, pour
le ministère des Finances ou du Revenu, d'étudier cette
possibilité de simplifier à un point que les particuliers, les
individus au Québec pourront eux-mêmes remplir leur rapport
d'impôt et savoir le montant d'argent qu'ils ont à payer à
leur gouvernement en taxes.
Je remarque aussi qu'on veut accorder aux bénéficiaires de
dividendes en action le même traitement fiscal que sous la loi
fédérale. C'est une décision que j'approuve parce que
beaucoup
d'entreprises, de compagnies publiques canadiennes, au lieu de payer des
dividendes en argent, payaient des dividendes en actions et cela ne faisait
qu'améliorer l'encaisse de la compagnie.
Les actionnaires se plaignaient en recevant les dividendes en actions
qu'ils étaient obligés de débourser une somme d'argent
pour payer l'impôt, alors qu'à l'heure actuelle ils vont
débourser seulement lorsqu'ils vont vendre leurs actions. C'est une
mesure qui va aider les entreprises à payer des dividendes en actions.
Lorsque l'actionnaire vendra ses actions, il paiera l'impôt.
J'aurais aimé aujourd'hui, en cette dernière
journée de la session et à l'occasion de cette déclaration
ministérielle, entendre un mot du ministre des Finances sur la taxe de
vente payée par les sociétés d'Etat. On en a parlé
à plusieurs reprises. Je croyais que le ministre des Finances,
après des études sérieuses, parce que je sais que c'est
compliqué, nous ferait une déclaration dans ce sens. J'aimerais
entendre le ministre des Finances à ce sujet également, en
terminant ses remarques, à la toute fin.
Finalement, je crois que c'est une bonne mesure qui simplifiera
davantage les rapports entre le gouvernement provincial et le gouvernement
fédéral.
Le Président: Merci.
M. le député de Beauce-Sud.
M. Fabien Roy
M. Roy: Très brièvement, M. le Président. Je
vais essayer d'être aussi bref que le ministre des Finances l'a
été. Evidemment, j'ai pris connaissance rapidement de la
déclaration ministérielle et du document que le ministre nous a
fait parvenir. Ce document comporte des ajustements en 36 points; il y a 36
mesures d'ajustement qui sont incluses dans le document. M. le
Président, évidemment, il faudrait fouiller au complet la
législation fiscale et notre droit fiscal pour être en mesure
d'analyser les avantages et les inconvénients de tels ajustements. Mais
je me limiterai tout simplement à faire une déclaration de
principe.
Je me demande si, chaque fois que le fédéral
éternue, fait des petits ajustements dans ses lois fiscales, le
Québec est obligé de tousser. C'est une question qu'on peut se
poser parce que, chaque fois que le gouvernement fédéral
déplace $2 ici ou $5 là, le Québec suit. Au nom de la
simplification, on est en train de devenir un peu suiveux. Je ne veux pas
être désagréable à l'endroit du ministre parce qu'il
est bien intentionné, mais, quand même, on est loin de
l'époque où M. Duplessis avait obligé le
fédéral à s'ajuster sur le Québec.
Le Président: Merci.
M. le ministre des Finances, s'il y a lieu.
M. Jacques Parizeau
M. Parizeau: Quelques mots seulement, M. le Président.
D'abord, au chef de l'Union Nationale, je voudrais répondre ceci. Oui,
bien sûr, la simpli- fication du rapport d'impôt des particuliers
est une préoccupation. On le constate même si ce n'était
que par la disparition des contributions à la RAMQ qui va se manifester
et qui va se traduire par une simplification des formules. Quant à
l'élimination de la taxe de vente, pas l'élimination de la taxe
de vente, mais l'élimination de l'application de la taxe de vente aux
organismes publics, il avait déjà soulevé cette question
en Chambre. Non seulement nous l'avons étudiée maintenant, mais
nous sommes à préparer des amendements à la loi pour toute
une série d'organismes publics.
En fait, c'est un peu une boîte de Pandore qui a été
ouverte. Lui, il avait soulevé cette question à l'égard
d'entreprises commerciales appartenant au gouvernement, mais on se rend compte
que si on veut changer le régime de ces deux ou trois entreprises, il
faut le changer pour un très grand nombre d'autres dont plusieurs
émargent au budget du gouvernement. Donc, il faut que dans les
enveloppes budgétaires pour les prochains crédits, ce que ces
organismes gouvernementaux paieront en plus comme taxe de vente soit
ajouté à leur crédit.
Du point de vue du gouvernement, cela ne change rien. Il y a des revenus
en plus, il y a des dépenses en plus, mais cela nous entraîne,
dans les budgets actuels, à faire toute une série d'ajustements
comptables. Quand ce sera terminé, j'aurai l'occasion de faire une
déclaration pour donner le sens complet de l'opération. Tout ce
que je peux dire au chef de l'Union Nationale, c'est que les amendements sont
prêts aux lois, nous sommes en train de faire les modifications au
budget, c'est très bien en cours, et je le remercie d'avoir, si je peux
m'exprimer ainsi, ouvert cette boîte de Pandore il y a déjà
quelques mois.
Au député de Beauce-Sud, je dirai simplement ceci: II faut
distinguer ici entre la politique fiscale d'un gouvernement et l'administration
d'une loi de l'impôt. Sur le plan des taux de l'impôt, qui
taxe-ton, qui ne taxe-t-on pas? Est-ce qu'on est plutôt
sévère pour les hauts revenus et beaucoup moins
sévère pour les bas? Nous avons là des divergences
considérables avec le gouvernement fédéral et une
politique fiscale qui est une politique fiscale propre au Québec.
Quant à l'administration de l'impôt, moi, je n'ai jamais vu
quel avantage on pouvait avoir à empoisonner la vie des gens en faisant
en sorte que, sur le plan administratif, le fait de payer des impôts
à un gouvernement et des impôts à un autre doit être
administrativement tellement compliqué. Enfin, un gouvernement peut
toujours tirer avantage de ce petit souci d'originalité mais il le fait
payer finalement en compliquant la vie de tous les contribuables. Cette
harmonisation de l'administration fiscale avec Ottawa, elle nous met à
la remorque d'Ottawa, bien sûr, peut-être pas indéfiniment
pour l'avenir. Je connais une façon très simple de régler
le problème une fois pour toutes.
Le Président: Merci, M. le ministre des Finances.
Dépôt de documents.
M. le ministre délégué au Haut-Commissariat,
à la jeunesse, aux loisirs et aux sports.
DÉPÔT DE DOCUMENTS
La fête nationale 1978
M. Charron: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport de ce qui fut un immense succès. La fête
nationale 1978.
Le Président: Rapport déposé.
M. le ministre d'Etat au développement culturel. (10 h 30)
Rapport du Conseil de la langue
française
M. Laurin: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le premier rapport pour l'année 1977/78 du Conseil de la
langue française.
Le Président: Rapport déposé. M. le ministre
des Affaires intergouvernementales.
Etudes sur la monnaie
M. Morin (Louis-Hébert): M. le Président, j'arrive
à des considérations peut-être plus terre à terre.
Je voudrais déposer un texte ce matin, avec un mot d'explication qu'on
me permettra probablement de donner car je n'ai pas tellement abusé du
temps de la Chambre. Je rends public le texte de trois études techniques
d'arrière-plan sur la question monétaire, selon la promesse que
j'avais faite il y a déjà quelques mois. Je voudrais juste
replacer le tout, cela va prendre dix-sept secondes, dans son contexte. J'ai
déjà rendu publique une étude sur les chevauchements
fédéraux-provinciaux à la fin du mois de juin. Une autre
étude sur la Cour suprême en octobre. Huit études sur
certaines expériences étrangères d'intégration
économique, il y a quelques semaines. Trois études aujourd'hui
sur la monnaie et il y a encore une couple d'autres études qui ne sont
pas disponibles au moment où je vous parle qui vont arriver dans les
toutes prochaines semaines sur les échanges économiques du
Québec avec l'extérieur.
A cette série, on peut ajouter un document sur les positions
traditionnelles du Québec, qui ne fait pas partie de l'ensemble, mais
qui peut quand même être utile pour la compréhension du
problème québécois. M. le Président, je suis
heureux de déposer ces documents.
Le Président: Document déposé.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, si on me le
permet parce que nous avons été assez larges vis-à-vis du
dépôt de document. Est-ce que le ministre pourrait nous dire
à quel moment il va déposer un document précisant l'option
indépendantiste du gouvernement?
M. Morin (Louis-Hébert): M. le Président, cela a
déjà été l'objet de questions
antérieurement. Je pense que le premier ministre a déjà
à cet égard donné toutes les indications qui
s'imposaient.
M. Levesque (Bonaventure): Un instant, M. le Président. Si
on me permet, le premier ministre nous a dit que le ministre des Affaires
intergouvernementales et le gouvernement feraient connaître prochainement
en détail l'option de souveraineté-association,
d'indépendance, appelez-la comme vous voudrez, suite à une motion
qui avait été adoptée unanimement par l'Assemblée
nationale.
M. Morin (Louis-Hébert): Je pense que c'est exactement la
question à laquelle je viens de répondre. Cela a
été traité, je pense, le 10 octobre par le premier
ministre. On ne parle peut-être pas de la même chose.
M. Levesque (Bonaventure): Laissez donc faire, on va continuer la
confusion voulue et entretenue.
Le Président: M. le ministre d'Etat à
l'aménagement.
Harmonisation de la Loi sur la protection du
territoire agricole
M. Léonard: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer un document contenant une proposition adoptée par le
Conseil des ministres pour consultation sur l'harmonisation de la Loi sur la
protection du territoire agricole avec la Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme, que j'aurai le plaisir de la déposer tout à
l'heure.
Le Président: Document déposé. M. le
ministre délégué à l'énergie.
Rapport de la Direction générale de
l'énergie
M. Joron: M. le Président, j'ai le plaisir de
déposer le rapport annuel 1977/78 de la Direction générale
de l'énergie.
Le Président: Document déposé.
Lettre du président du SPGQ
J'ai reçu, le 7 décembre, une lettre de M. Marcel
Théberge, président du Syndicat de professionnels du gouvernement
du Québec, à laquelle étaient jointes plusieurs
pièces. Cette lettre a pour but de signaler le fait que
l'Assemblée nationale a pu être induite en erreur,
involontairement peut-être, à la suite de la publication d'un
certain paragraphe traitant des employés occasionnels dans le rapport
annuel 1977-1978 du ministère de la Fonction publique,
déposé le 3 octobre dernier.
La nature de la communication et la représentativité de
l'organisme qui l'a émise m'invitent à la porter à la
connaissance des membres de
cette Assemblée. Je dépose donc une copie de la lettre et
les pièces incluses.
Dépôt de rapports de commissions élues. M. le
député de Bourassa.
Projets de loi nos 51, 65, 80, 81, 89 et 102
Dépôt des rapports des
commissions
M. Charron: M. le Président, il s'agit, comme on en avait
convenu, des rapports qui devaient être faits à la Chambre
verbalement par le député de Bourassa concernant les projets de
loi du Revenu qui ont été étudiés par la
commission, au cours des derniers jours.
M. Bellemare: Est-ce que le leader du gouvernement pourrait les
déposer immédiatement, puisqu'on va procéder en
troisième lecture?
M. Charron: Selon l'ordre de la Chambre d'hier, il n'y a pas de
rapports écrits sur ces projets de loi à cause de la surcharge de
travail du secrétariat des commissions actuellement. Je fais donc, ou
j'inviterais un collègue à le faire, un rapport verbal de un,
deux, trois, quatre, cinq, six, sept projets de loi qui ont été
étudiés.
M. Bellemare: Les numéros, 51, 65, 67, 69... M.
Charron: 51, oui. Allez-y.
M. Lavoie: II y a une question que j'aurais à poser au
leader parlementaire du gouvernement. Je comprends que cela devient un rapport
qu'on dit verbal, mais comment allez-vous procéder? S'il n'y avait pas
d'amendements à ces projets de loi, il n'y aurait aucune
difficulté, mais, du fait qu'il y a eu des amendements apportés,
d'après mes informations, en commission, comment allez-vous
procéder? Il va y avoir des écritures d'amendements au journal de
l'Assemblée, au procès-verbal, comme si cela avait
été une commission plénière?
M. Charron: Ce n'est pas ce que vous aviez vous-même
suggéré hier en ce qui concerne ces projets de loi?
M. Lavoie: La mécanique, comment cela va fonctionner?
M. Charron: Si l'Assemblée consentait à
considérer ce rapport comme un rapport de commission
plénière, ce serait fait.
M. Levesque (Bonaventure): Comment le secrétaire
général...
M. Bellemare: Est-ce que c'est bien 51, 65, 80, 81...
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Union
Nationale.
M. Bellemare: Justement, pour compléter la question du
leader de l'Opposition, est-ce que ce sont bien les projets de loi nos 51, 65,
80, 81, 84, 89 et 102?
M. Charron: Pas 84.
M. Bellemare: Non, 89.
M. Charron: C'est cela.
M. Bellemare: Ce sont les projets qui seront
déposés.
M. Charron: C'était pour cela, l'ordre de la Chambre hier,
si je me rappelle bien, puisque c est moi qui l'ai proposé à
l'Assemblée et cela a été ratifié. Je ne fais donc
que suivre la décision de la Chambre d'hier.
M. Bellemare: Hier, vous avez parlé des rapports qui ne
sont pas déposés. Y a-t-il eu des amendements?
M. Charron: Oui.
M. Parizeau: Dans trois de ces projets il y a des amendements, si
ma mémoire m'est fidèle. Je pense qu'il y en a à 51,
sûrement, 65, sûrement, et je crois 102 aussi.
M. Lavoie: II ne s'agit pas de compliquer les choses,
c'était justement pour simplifier les choses et la procédure. Si
le secrétaire général faisait les écritures de ces
amendements comme si c'était la commission plénière?
M. Charron: D'accord.
M. Lavoie: C'est la formule.
M. Charron: C'est cela. Donc, cela équivaut à un
rapport de commission plénière.
M. Lavoie: Là, il y a lieu d'adopter le rapport, je
crois.
Le Président: Y a-t-il consentement?
M. Bellemare: Pas maintenant, quand le secrétaire
général aura fait rapport des amendements à la Chambre.
Bien oui.
M. Charron: C'est ce qu'on vient de faire.
M. Bellemare: Le président demandait que le rapport soit
adopté.
Une Voix: C'est le lendemain de la veille pour vrai!
M. Bellemare: ... le rapport déposé pour ces
projets de loi soit adopté sans que le secrétaire produise les
amendements.
M. Charron: II ne les a pas reçus, il n'y en a pas
d'écrit.
M. Bellemare: Le leader de l'Opposition vous a fait remarquer, M.
le Président, que si les écritures étaient faites et qu'on
les avait vues ensemble, on donnerait notre consentement pour que ces projets
de loi, après que les amendements auront été connus,
soient adoptés.
Le Président: M. le leader de l'Opposition.
M. Lavoie: Est-ce que le secrétaire général
a ces amendements actuellement? Qui les a? Sur sept projets de loi d'ordre
fiscal, où sont ces amendements? Qui a les amendements?
M. Lalonde: Levez la main!
M. Charron: Ils sont désormais dans la loi.
Des Voix: Où est la loi?
M. Levesque (Bonaventure): II n'y a pas de loi, il n'y a qu'un
projet.
M. Charron: C'est désormais un ordre de la Chambre. On
peut retrouver dans le procès-verbal d'hier et c'était la
suggestion du député de Laval même que le rapport
des projets de loi qui allait être annoncé, en fait, de
façon verbale à l'Assemblée allait être
considéré aujourd'hui hier, il avait dit demain de
façon semblable à un rapport de commission
plénière. Nous ne devrions même pas en discuter ce matin
puisque c'est un ordre de la Chambre qui date d'hier!
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, je pense qu'on
ne peut pas légiférer comme cela en disant: Où sont les
amendements? et que personne ne peut les trouver. Un instant! Il y a eu
effectivement réunion de la commission parlementaire des finances et du
revenu, qui a étudié les projets de loi en question et qui a
suggéré et fait adopter des amendements. Or, il y avait
là, sûrement, un président, un rapporteur et des
employés du secrétariat des commissions. Alors, il y a quelque
part des amendements écrits, il y a au moins une ébauche de
rapport écrit. Je pense bien que, dans les minutes qui vont suivre, il
est possible d'avoir, du secrétariat des commissions, les amendements et
les donner au secrétaire général qui, lui, fera les
écritures comme si c'était une commission plénière
à cause du consentement qui a été donné. Mais je
pense que cela serait du travail sérieux, ensuite on fera rapport au
président et le rapport sera agréé. (10 h 40)
M. Charron: Cela ne valait pas la peine d'accepter la motion hier
soir! C'est même vous qui l'avez proposée!
M. Gratton: M. le Président, sur le même sujet,
pourrais-je faire une suggestion? On pourrait peut-être confier au
député de Verchères le man- dat de faire des recherches,
l'enquête voulue, pour trouver les amendements. On pourrait les adopter
après.
M. Pagé: Ils sont peut-être à la salle 81-A,
M. le Président.
M. Charbonneau: Je voudrais bien me rendre à la demande du
député de Gatineau à la condition qu'il me donne au moins
certains indices! Remarquez que j'ai déjà un certain nombre
d'indices pour avoir siégé jusqu'à 5 heures du matin,
depuis trois jours, mais...
M. Gratton: ... à la salle 81-A.
M. Charron: M. le Président, les amendements qui ont
été acceptés au cours de l'étude article par
article seront transmis dans le courant de la journée au
secrétaire général, ce qui est pressant, mais ce que je
propose, c'est que l'ordre de la Chambre qui a été adopté
à l'unanimité hier soit respecté ce matin.
M. Lavoie: Tout le monde est d'accord avec cela.
M. Charron: Bon, adopté!
M. Levesque (Bonaventure): A condition qu'on les trouve!
Le Président: M. le député de
Laviolette.
Rapport de la commission ayant
étudié
la réforme administrative de
l'Assemblée nationale et le
projet de loi no 120
M. Jolivet: M. le Président, conformément aux
dispositions de notre règlement, qu'il me soit permis de déposer
le rapport de la commission élue permanente de l'Assemblée
nationale qui s'est réunie le 29 novembre et le 20 décembre 1978,
aux fins d'étudier la réforme administrative de
l'Assemblée nationale et qui a approuvé la résolution
à cet effet. De plus, la commission s'est réunie le 20 pour
étudier le projet de loi no 120, Loi modifiant la Loi de la
Législature et la Loi de l'exécutif, projet de loi qui a
été adopté avec certains amendements.
Le Président: Rapport déposé.
Dépôt de rapports du greffier en loi sur les projets de loi
privés.
Présentation de projets de loi au nom du gouvernement.
M. Charron: Le rapport du projet de loi 120 n'est pas
adopté, M. le Président?
Le Président: II n'est pas adopté.
M. Lavoie: Tel que nous en avons discuté hier, nous
serions prêts à ce que ce rapport soit
adopté. Nous les avons ces amendements-là, mais les
autres, sur l'autre loi, on ne les a pas trouvés encore!
Le Président: Est-ce que ce rapport sera
adopté?
M. Lavoie: Adopté. M. Charron: Adopté. Le
Président: Adopté.
Présentation de projets de loi au nom du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article k) du feuilleton de ce matin, s'il vous plaît!
Projet de loi no 126 Première lecture
Le Président: M. le ministre du Travail et de la Main-d
Oeuvre propose la première lecture du projet de loi no 126, Loi sur les
normes du travail.
M. le ministre du Travail et de la Main-d'Oeuvre.
M. Pierre-Marc Johnson
M. Johnson: M. le Président, ce projet de loi propose une
nouvelle loi concernant les normes du travail au Québec. Ce projet
refond et remplace l'actuelle Loi du salaire minimum; une Commission des normes
du travail est instituée qui remplace la Commission du salaire
minimum.
La loi proposée comprend huit chapitres.
Les chapitres I et II comprennent les définitions
particulières de cette loi et définissent son champ
d'application.
Le chapitre III traite de la Commission des normes du travail et
décrit les structures et fonctions.
Cette commission est composée d'au plus sept membres, dont un
président, et elle agira non pas par ordonnance mais par
règlement.
Le chapitre IV est consacré exclusivement aux normes du travail
et se divise en neuf sections; les sept premières sections portent sur
le salaire, la durée de travail, les jours fériés
chômés et payés, les congés annuels payés, le
repos et les congés d'hiver, les préavis, le certificat de
travail et les autres normes du travail.
La huitième section prévoit que le gouvernement peut
adopter des règlements, notamment pour régir le congé de
maternité disposition d ailleurs en vertu de laquelle le
gouvernement peut annoncer aujourd'hui la première allocation de
maternité pour la femme au travail au Québec à compter du
1er janvier et adapter certaines des normes précédemment
citées à des catégories de salariés, compte tenu de
la nature particulière de leur travail.
La neuvième section précise I'effet des normes du travail
et décrète quelles sont d'ordre public.
Le chapitre V indique les recours qu'un salarié peut exercer si
l'employeur fait défaut d'observer les prescriptions du projet. De plus,
il établit les pouvoirs d'enquête de la commission dans un tel
cas. de même que le pouvoir de la commission d'indemniser le
salarié lésé dans certaines circonstances.
Le chapitre VI prévoit que la commission peut, à
même ses fonds, à la manière prévue par
règlements, dédommager un salarié de façon
partielle ou totale des pertes subies suite à la faillite d'un
employeur.
Le chapitre VII traite des infractions et des sanctions qui y sont
applicables.
Le chapitre VIII énonce les dispositions transitoires.
M. Bellemare: Est-ce que ce projet de loi sera
référé à une commission parlementaire?
M. Johnson: Si vous permettez. M. le Président, je
suggérerais I adoption des trois lectures aujourd'hui, mais je pense
qu'il serait difficile d obtenir le consentement.
M. Bellemare: Ah, ah, ah!
M. Johnson: Ce serait effectivement pour commission parlementaire
dans l'entre-session.
M. Charron: Pour confirmer. M. le Président, le mieux
serait de faire peut-être... Le projet de loi est-il adopté
déjà en première lecture?
Le Président: Pas encore. Est-ce que cette motion de
première lecture sera adoptée?
M. Levesque (Bonaventure): Oui.
Le Président: Seulement la première lecture, M. le
leader parlementaire de l'Union Nationale.
Le Secrétaire adjoint: Première lecture de ce
projet de loi.
M. Charbonneau: Le député de Gatineau m avait
invité à faire des recherches, ce que j'ai fait, et voici le
rapport. Ce ne fut pas tellement long.
Comme c est mon collègue de Bourassa qui devait avoir la
possibilité de déposer les amendements et le rapport, je vais lui
laisser le soin de remplir son mandat.
Une Voix: Mission accomplie. M. Charron: M. le
Président...
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: ... je voudrais faire motion pour que ce projet de
loi, qui vient d'être adopté en
première lecture, soit déféré à la
commission parlementaire du travail et de la main-d'oeuvre.
M. Bellemare: Pas aujourd'hui.
Le Président: Est-ce que cette motion sera adoptée,
M. le leader parlementaire de l'Union Nationale?
M. Lavoie: Cela signifie, suivant les règles... M.
Bellemare: Adopté.
M. Lavoie: ... ordinaires, avec publication et avis de 30 jours
dans la Gazette officielle.
M. Charron: C'est ce que cela signifie. M. Lavoie:
Bon.
M. Charron: Je précise même l'intention du
gouvernement, au-delà de l'avis dans la Gazette officielle, de convoquer
la commission parlementaire aux fins d'entendre les citoyens qui voudraient
s'exprimer sur ce projet de loi vers la deuxième semaine de
février 1979.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, est-ce qu'il
n'y aurait pas lieu c'est simplement une demande de renseignements ou de
directive de votre part de prévoir une autorisation pour que des
commissions puissent être tenues dans l'intersession? Tous les ordres de
la Chambre ne tombent-ils pas...
M. Lavoie: Oui.
M. Levesque (Bonaventure):... au moment de la provocation, pardon
de la prorogation?
M. Charron: Oui, c'est vrai théoriquement, M. le
Président. Mais il y a aussi une coutume que le chef de l'Opposition
avait établie lorsqu'il occupait la fonction que je remplis maintenant,
soit la motion qui permet au feuilleton de survivre à la prorogation de
la session et, donc, aux commissions de pouvoir se réunir sur des
projets de loi qui sont en cours de route, comme on dit. J'ai l'intention de la
faire, évidemment, avant la prorogation aujourd'hui.
Non, je ne l'oublierai pas.
Le Président: C'est normalement une motion qui est faite
juste avant la progoration.
M. Levesque (Bonaventure): D'accord.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: L'article I) du feuilleton, M. le
Président.
Projet de loi no 125
Première
lecture
Le Président: M. le ministre d'Etat à
l'aménagement propose la première lecture du projet de loi 125,
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. M. le ministre.
M. Jacques Léonard
M. Léonard: M. le Président, le présent
projet de loi vise essentiellement à établir des règles
d'aménagement sur le territoire québécois, dont
l'application relèvera principalement des conseils de comté. A
cette fin, le projet de loi prévoit qu'un conseil de comté peut
adopter un schéma d'aménagement portant notamment sur les grandes
orientations de l'aménagement du territoire du comté. Certains
éléments doivent obligatoirement être contenus au
schéma. Le conseil de comté a également la faculté
d'inclure à son schéma d'autres éléments
énumérés au projet de loi. Le ministre responsable de
l'application de la loi peut, à tout moment, ordonner à un
conseil de comté d'adopter un schéma ou d'y inclure des
éléments facultatifs. (10 h 50)
Des mécanismes de consultation de la population sont
prévus à différents stades de l'élaboration et de
l'adoption du schéma d'aménagement. Le gouvernement est
également appelé à indiquer aux conseils de comté
les orientations qu'il entend poursuivre en matière d'aménagement
dans le comté. Le schéma doit respecter ces orientations,
à défaut de quoi le ministre peut demander au conseil de
comté de modifier son schéma en conséquence.
Le conseil de comté peut, à tout moment, modifier son
schéma d'aménagement en suivant la procédure requise pour
l'adoption du schéma. Le projet de loi prévoit qu'à tous
les cinq ans le conseil de comté est tenu de réviser son
schéma.
Dans les 18 mois de l'entrée en vigueur d'un schéma
d'aménagement, chaque municipalité du comté est tenue
d'adopter, pour la totalité de son territoire, un plan d'urbanisme et
des règlements de zonage, de lotissement et de construction. Ce plan et
ces règlements dont le projet de loi indique des composantes possibles
doivent être conformes aux objectifs du schéma
d'aménagement.
Une municipalité sur le territoire de laquelle sont
déjà en vigueur un tel plan et de tels règlements doit,
dans le même délai, les modifier s'il y a lieu pour les rendre
conformes aux objectifs du schéma.
Les mécanismes d'élaboration et d'adoption du plan
d'urbanisme prévoient, comme pour l'adoption du schéma
d'aménagement, l'information des citoyens et la tenue
d'assemblées publiques. Une municipalité qui fait partie d'un
comté où n'est pas en vigueur ni en voie d'élaboration un
schéma d'aménagement et qui adopte un plan d'urbanisme doit, dans
les 90 jours suivant l'en-
trée en vigueur de ce plan, adopter pour l'ensemble de son
territoire des règlements de zonage, de lotissement et de construction
conformes au plan d'urbanisme. Le cas échéant, cette
municipalité doit, dans le même délai, modifier ces
règlements existants pour les rendre conformes à son plan
d'urbanisme.
Le projet de loi prévoit une période de contrôle
intérimaire à compter de la date du déclenchement du
processus d'élaboration d'un schéma d'aménagement jusqu'au
moment de l'entrée en vigueur d'un règlement de contrôle
intérimaire adopté par le conseil de comté ou, à
défaut, jusqu'à ce que soient certifiés conformes les
plans et règlements d'une municipalité. Ce contrôle
intérimaire vaut également au niveau local dans le cas d'une
municipalité faisant partie d'un comté où n'est pas en
vigueur un schéma d'aménagemement non plus qu'une
résolution attestant l'intention d'élaborer un schéma
d'aménagement. Ce contrôle couvre alors la période
s'étendant du moment où la municipalité adopte une
résolution autorisant l'élaboration d'un plan d'urbanisme
jusqu'au moment où ces règlements de zonage, de lotissement et de
construction sont certifiés conformes à son plan d'urbanisme et
sont en vigueur.
Le projet de loi précise que le gouvernement, ses
ministères et mandataires sont liés par le schéma
d'aménagement d'un comté, le plan d'urbanisme et les
règlements de zonage, de lotissement et de construction d'une
municipalité qui fait partie du comté. Le gouvernement peut, dans
certains cas prévus au projet de loi, décréter des zones
d'intervention spéciale. Le décret de zones d'intervention
spéciale doit, avant d'être adopté, faire l'objet d'une
consultation du comté et des municipalités concernés.
Pour les fins de l'aménagement et pour d'autres fins, le projet
de loi prévoit que les corporations de comté comprendront non
seulement les municipalités régies par le Code municipal mais
aussi les municipalités régies par la Loi des cités et
villes. Le projet de loi prévoit également de nouvelles
règles de fonctionnement des conseils de comté. Enfin, une
commission nationale de l'aménagement est constituée pour
formuler des avis sur la conformité entre les objectifs du schéma
d'aménagement et les plans et règlements de zonage de lotissement
et de construction ou, lorsqu'il n'y a pas de schéma, sur la
conformité entre les objectifs du plan d'urbanisme et les
règlements municipaux. La commission est également le registraire
et le gardien des règlements, résolutions, ordonnances,
décrets et avis prévus dans le présent projet de loi.
Le Président: Est-ce que cette motion de première
lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
M. Roy: J'aimerais savoir si ce projet de loi sera soumis
à une commission parlementaire pour qu'on puisse l'étudier,
l'examiner, permettre aux groupes intéressés de venir se faire
entendre. C'est un projet de loi extrêmement important, et je pense que
la question que je pose est très pertinente.
M. Charron: Oui, très pertinente et elle fait d'ailleurs
partie de l'intention du gouvernement. C'est pourquoi nous avons
travaillé d'arrache-pied pour la produire, la déposer devant
cette Assemblée avant la fin de la session. Elle fera partie de celles
qui survivront à la prorogation de la session. Il est bien entendu
qu'à peu près à la même période que je viens
d'indiquer pour la précédente la commission parlementaire de
l'aménagement sera appelée à se réunir pour
entendre les citoyens et corps de citoyens qui veulent s'exprimer sur le projet
de loi, M. le Président.
Le Président: La motion étant adoptée, M. le
leader... Est-ce que la motion de première lecture sera
adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Secrétaire adjoint: Première lecture de ce
projet de loi.
Renvoi à la commission de l'aménagement
M. Charron: Je fais donc motion pour qu'elle soit
déférée à la commission de l'aménagement, M.
le Président.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Des Voix: Adopté. Le Président: Adopté.
M. Charron: M. le Président, je voudrais en tout dernier
lieu solliciter le consentement de l'Assemblée pour qu'un projet de loi
qui figure en appendice au feuilleton d'aujourd'hui puisse être
déposé devant l'Assemblée. Je crois que l'ensemble des
députés, les chefs, les leaders des partis ont déjà
été saisis de l'importance de ce projet de loi qui sera
déposé aujourd'hui et peut-être même adopté;
on verra en cours de route dans la journée. Si cela ne faisait pas
d'histoire et à cause de l'importance que cela peut avoir pour un
certain nombre de citoyens, cette loi, qu'elle soit adoptée au cours de
la journée d'aujourd'hui. Je laisse d'abord le dépôt se
faire pour que chacun puisse en prendre considération. Je sollicite de
déposer ce projet de loi.
M. Lavoie: Nous n'avons pas d'objection à ce qu'il passe
l'étape de la première lecture. On verra en cours de route. Il ne
faut pas oublier qu'il reste 23 lois à terminer aujourd'hui.
M. Bellemare: M. le Président, nous collaborerons de
toutes nos forces avec le gouvernement aujourd'hui, mais il ne faudrait pas non
plus
qu'il y ait exagération. Une loi qui n'était même
pas au feuilleton hier et qui passera en troisième lecture aujourd'hui,
cela me semble un peu charrier.
M. Charron: M. le Président, que les députés
en prennent connaissance et on verra par la suite.
M. Bellemare: Ce n'est pas nous verrons...
Projet de loi no 127
Première lecture
Le Président: M. le ministre des Transports propose la
première lecture de la Loi modifiant la Loi de l'indemnisation des
victimes d'accidents d'automobile.
M. le ministre des Transports.
M. Lucien Lessard
M. Lessard: Je remercie les membres de l'Assemblée
nationale de cette excellente collaboration. Le présent projet de loi
modifie la Loi de l'indemnisation des victimes d'accidents d'automobile pour
permettre qu'une personne qui a été déclarée
coupable d'une infraction visée dans l'article 22 de cette loi et qui de
ce fait s'est vue suspendre son permis de conduire puisse, si elle a besoin de
son automobile pour les fins de son travail, obtenir par ordonnance du juge du
procès un permis restreint de conduire. Le projet prévoit de plus
qu'une personne ayant omis de demander l'émission d'une ordonnance
à l'occasion de la déclaration de culpabilité ou de la
sentence pourra, pour un motif valable dont la preuve lui incombe, faire cette
demande plus tard. Enfin, cette faculté pourra selon le projet
être exercée dans les affaires en cours.
M. Bellemare: Je viens tout juste d'être informé par
l'honorable député de Bellechasse et le député de
Nicolet-Yamaska que c'est à notre demande pressante que ce bill est
apporté aujourd'hui. Je pense que nous allons être pas mal plus
indulgents sur ce bill. Les autres...
Le Président: Est-ce que cette motion de première
lecture sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Secrétaire adjoint: Première lecture de ce
projet de loi.
Le Président: Deuxième lecture, prochaine
séance ou séance subséquente.
M. Lavoie: Vous devriez peut-être dire: Deuxième
lecture, même séance ou séance subséquente.
Le Président: Cela dépend de l'entente.
Deuxième lecture, même séance ou séance
subséquente. (11 heures)
Présentation de projets de loi au nom des
députés.
Période de questions orales. M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
QUESTIONS ORALES DES DÉPUTÉS
Exode de sièges sociaux
M. Scowen: M. le Président, depuis trois mois, le Parti
libéral du Québec essaie de démontrera la population
l'existence d'une politique bien orchestrée, de la part du ministre
d'Etat au développement économique, de cacher la
réalité du déplacement des compagnies canadiennes du
Québec vers les autres provinces. On n'a pas réussi. Ce matin,
nous sommes devant une étude faite par le Conseil du patronat pour le
Conseil du patronat dont le président est M. Pierre Côté et
le directeur général, M. Ghislain Dufour, faite par les
conseillers Drouin, Paquin et associés, c'est une étude faite par
des scientifiques et le résumé est très clair:
Montréal est en voie de perdre son industrie des sièges
sociaux.
M. le Président, avant qu'on puisse passer à l'action, il
faut qu'on admette l'existence du problème. Ma première question
qui, évidemment, s'impose au ministre d'Etat au développement
économique: Est-il prêt, ce matin, à se lever et admettre
à la population du Québec que, depuis ces derniers mois, avec ses
déclarations qu'il n'y a que six compagnies qui ont quitté le
Québec et que le problème n'est pas réel, pas
sérieux, il a induit cette population du Québec en erreur, et a
essayé de cacher un problème qui a des conséquences graves
pour toute la population?
Le Président: M. le ministre d'Etat au
développement économique.
M. Landry: Je trouve, M. le Président, absolument ridicule
ces accusations non fondées d'une quelconque tentative de camoufler un
phénomène que nous sommes les premiers à avoir
tenté de mettre en lumière, d'une façon scientifique,
depuis 25 ans qu'il existe dans tous les gouvernements qui se sont
succédé.
Deuxièmement, j'ai pu prendre connaissance de cette étude
du Conseil du patronat, dont les responsables admettent eux-mêmes que ce
n'est pas une étude statistique et qu'elle n'a pas l'approche
scientifique de celle que j'ai rendue publique. Mais quoi qu'il en soit, nous
sommes d'accord sur un certain nombre de points qui vont à l'inverse de
la thèse du camouflage.
Premièrement, le Conseil du patronat parle d'une tendance de
quinze ans. Nous parlons plutôt d'une tendance de 25 ans c'est
peut-être que leur étude n a pas porté sur une
période plus longue. Il ne s'agit donc pas du phénomène
d'un gouvernement, il s agit d'un phénomène propre, depuis nombre
d'années, à l'économie du Québec.
Un premier geste pour reconnaître le problème, avant
l'étude du Conseil du patronat, c était de faire exactement ce
que nous avons fait et, deuxième point de convergence, ils proposent,
eux aussi qu'autour de la ville de Montréal, comme je I ai dit hier ou
avant-hier dans cette Chambre, et de la communauté s'organise un noyau
de travail pour faire face à ce problème qui mérite une
stratégie sectorielle, comme n'importe quel autre secteur de
l'économie québécoise.
Troisième point de convergence, nous avons étudié
111 firmes, comme vous savez, dans le rapport de I'OPDQ; nous avions
découvert, sur une base statistique touchant le passé, sept
départs confirmés. L'étude du Conseil du patronat parle de
15% de 52 ou 53, ce qui revient exactement au même pourcentage, ce qui
prouve qu'il n'y a aucune espèce d'accélération de
tendance.
Je ne veux pas faire les mêmes accusations de quelque plan que ce
soit, cependant, il y a une concordance singulière entre certaines
associations et certaines erreurs méthodologiques propres à la
fois au Parti libéral du Québec et au Conseil du patronat, et
cela ne surprendra personne, étant donné que, lorsque le Parti
libéral a publié son étude, deux éditorialistes au
moins l'ont commentée, et un en particulier avec une formule lapidaire a
dit que vous aviez produit un disque usé. C'est effectivement un disque
usé auquel la population du Québec ne croit plus. On s'en est
fait servir sur tous les tons: des fois, c'est le coup de la Brink's, des fois,
c'est 263 entreprises, comme il l'a dit hier dans une de ses questions. Les 263
entreprises sont justement dans la catégorie de celles qui
n'étaient pas abonnées au téléphone. Nous avons
déjà répondu à un ministre fédéral
là-dessus, il y a plus d'un an.
Le Président: M. le ministre d'Etat au
développement économique, puis-je vous demander d'abréger
un peu?
M. Landry: La question est importante, M. le Président.
C'est un problème qui dure depuis 25 ans.
M. Lalonde: II tourne en rond.
M. Landry: Nous sommes décidés à y faire
face, mais il faut d'abord établir certaines réalités
statistiques. Par exemple, quand l'étude du Parti libéral du
Québec encore là, je ne porte aucune espèce
d'accusation, mais je supplie l'Opposition d'avoir une certaine rigueur pour ne
pas donner l'impression qu'elle tire non pas sur le gouvernement, mais dans le
dos de l'économie du Québec utilise un multiplicateur de
trois le député d'Outremont, qui connaît bien ces
questions, pourrait renseigner son collègue de Notre-Dame-de-Grâce
pour faire croire à la perte de 15 000 emplois, alors que
Statistique Canada utilise des multiplicateurs de l'ordre de 1,4 et de 1,6 pour
le Québec, c'est un doublement qui cherche à créer la
panique.
M. Scowen: Question de privilège, M. le
Président.
Le Président: M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: Le ministre d'Etat au développement
économique a fait référence au multiplicateur. Le
multiplicateur dont on s'est servi dans notre rapport n'était pas 3,
mais 2. Il y avait une erreur dans le rapport qui disait que cela venait de
Statistique Canada; ce n'est pas vrai, cela vient de SECOR, une compagnie
québécoise qui a développé ce multiplicateur. Je
veux ajouter que, dans le rapport du Conseil du patronat, on a
décidé que le multiplicateur n'était pas 2, mais 4.
Le Président: M. le ministre d'Etat au
développement économique, je vous rappelle que, comme c'est la
dernière journée aujourd'hui, il y a beaucoup de vos
collègues de l'Assemblée nationale qui voudraient poser des
questions.
M. Landry: Ce n'est pas la seule qu'il y a dans son rapport. Il
cite le centre de recherche de l'aluminium du Canada dans les sorties, 85
emplois à Jonquière. Premièrement, il a été
malchanceux parce que, deux jours après, l'Aluminium du Canada a
annoncé l'ouverture d'un deuxième centre de recherche de $5
millions au Québec; deuxièmement, quant au centre de recherche de
Jonquière, je suis témoin personnellement qu'avec les
autorités de la compagnie, le syndicat et les députés du
lieu une réorganisation de ce centre est en cours, ce qui ne conduira
pas à une diminution d'emplois, mais à une augmentation d'emplois
dans le secteur de la recherche.
M. Lavoie: Répondez donc aux questions.
M. Landry: Toutes ces statistiques qui sont importantes arrivent
heureusement...
M. Raynauld: M. le Président, question de
règlement.
M. Landry: ... dans la meilleure année de création
d'emplois au Québec depuis quatre ans, en plus.
M. Raynauld: Question de règlement, M. le
Président.
Le Président: M. le député d'Outremont.
M. Raynauld: M. le Président, je pense que vous vous
attendez à ce qui va arriver. Si on permet à un ministre de faire
un discours où la moitié des choses sont fausses, alors que
l'autre moitié peut être vraie, on va accepter le fait que moi
aussi, j'ai le droit de faire le même discours. J'ai l'intention de faire
le discours.
Des Voix: Consentement!
Le Président: M. le député d'Outremont et
ceux qui donnent leur consentement un peu anticipé, je vous rappelle que
plusieurs collègues, aujourd'hui, voudraient poser des questions parce
que c'est la dernière journée, justement. M. le
député d'Outremont, je vous demande de vous limiter à des
questions, s'il vous plaît.
M. Raynauld: M. le Président, je n'ai pas de question; je
veux faire des commentaires et j'ai un consentement.
M. Chevrette: C'est fort!
Une Voix: On a posé des questions et c'est un discours
qu'il a fait.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
député d'Outremont, avez-vous une question à formuler?
M. le chef de l'Opposition. (11 h 40)
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, maintenant
qu'on a refusé au député d'Outremont le soin de
répliquer au discours du ministre d'Etat au développement
économique, je pense qu'on pourrait poser simplement une question au
premier ministre, au chef du gouvernement, relativement à cette question
qui, j'en suis sûr, le préoccupe. Au lieu d'essayer de se cacher
ou de cacher les faits, n'y aurait-il pas moyen, au moins, que le premier
ministre accepte que la situation est sérieuse, que deuxièmement
il y aura une volonté politique qui va se traduire, chez le ministre des
Finances en particulier, et chez d'autres de ses collègues, une
volonté politique du gouvernement d'aider à remédier
à une situation qui est mauvaise pour Montréal, pour
l'économie québécoise et pour les emplois des
Québécois.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Comme l'a dit le ministre d'Etat au
développement économique, premièrement, il s'agit d'un
phénomène qui dure depuis les années cinquante, s'il
s'agit simplement de cette espèce de dérive, soit vers l'Ontario,
maintenant vers l'Ouest ou aux Etats-Unis vers ce qu'on appelé le "sun
belt", d'une dérive depuis les vieux centres, dont Montréal, qui
ne s'est pas accentuée davantage depuis deux ans, qui continue, et, je
pense, que nous avons été le premier gouvernement à
essayer de chiffrer convenablement. Au-delà de toutes les propagandes
dont, malheureusement et le Conseil du patronat un petit peu et le Parti
libéral beaucoup, donnent le mauvais exemple, on essaie de faire,
factuellement, l'état de la situation. En même temps je
complète, sans en faire un discours, ce qu'allait dire le ministre
d'Etat au développement économique en même temps, on
essaie de développer, encore une fois, cette espèce de
ritournelle sur le disque usé de la panique qui dure depuis le temps de
la Brink's. On sort, dans quelques jours, d'une année où il y a
eu plus de création d'emplois au
Québec que pendant les trois années
précédentes, scientifiquement analysées, et où,
sauf erreur, pour la première fois depuis un sacré bout de temps,
et l'investissement manufacturier et les expéditions de produits
manufacturiers du Québec dépassent la moyenne canadienne de
plusieurs coudées. Pourquoi essayer de faire peur au monde sur une base
qui n'a aucun fondement scientifique et qui est purement partisane?
M. Raynauld: M. le Président, une question
additionnelle.
Le Président: M. le député d'Outremont. Je
vous reconnaîtrai tout de suite après, M. le chef de l'Union
Nationale.
M. Raynauld: Je voudrais poser quelques questions maintenant,
peut-être au premier ministre ou au ministre d'Etat au
développement économique. Premièrement, est-ce qu'on va
accepter qu'on peut considérer des sièges sociaux dans un sens
juridique comme le fait l'étude de l'OPDQ où on en trouve six ou
sept qui sont partis? Est-ce que la réalité d'un siège
social existant qui se fait vider mois par mois par des services qui se
déplacent, est-ce que cela a une signification, oui ou non? Est-ce qu'on
va jouer sur les mots avec les sièges sociaux ou si on va parler de
l'industrie des sièges sociaux dans laquelle il y a des services
attachés à un siège social juridique, services qui peuvent
partir indépendamment du siège social juridique lui-même?
C'est ma première question.
La deuxième est la suivante: Est-ce que, dans le cadre d'une
telle situation, on fait de la propagande lorsqu'on demande au gouvernement
s'il a une politique vis-à-vis des sièges sociaux, s'il a une
politique qui va viser à retenir ces entreprises, faire quelque chose
pour les retenir, pas seulement le déplorer, mais faire quelque chose
pour les retenir? Est-ceque c'est de la propagande que de demander au
gouvernement s'il a une politique pour essayer d'attirer des entreprises
étrangères ou des entreprises canadiennes, si tant est qu'il en
veut au Québec? Est-ce de la propagande que de demander cela au
gouvernement?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Avant de demander à mon
collègue, le ministre d'Etat au développement économique,
de répondre à la question oratoire qui représente le
début d'un bon discours du député d'Outremont, je lui
poserais, pas une question, mais je lui poserais une sorte de dilemme, à
lui et à ses collègues, M. le Président. S'il faut retenir
ici c'est vrai que c'est important des sièges sociaux et
l'appareil de décision d'entreprises importantes autant que faire se
peut, est-ce que, peut-être, on pourrait m'expliquer pourquoi
l'Opposition officielle a l'intention de voter contre le projet de loi 124 qui
veut garder ici le Crédit foncier?
M. Lamontagne: Question de règlement, M. le
Président.
M. Biron: Question additionnelle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, une question a
été formulée...
Le Président: M. le chef de l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): ... par le premier ministre à
I'Opposition officielle. Nous ne pouvons pas laisser cette question sans
réponse, même si, normalement, ce n'est pas l'Opposition qui
répond aux questions du gouvernement. Vous connaissez notre
règlement mieux que quiconque et vous savez que c est l'inverse. Mais,
que voulez-vous, de plus en plus l'Opposition prend le rôle du
gouvernement, à défaut justement d'un gouvernement qui puisse
répondre adéquatement aux situations de l'heure.
Nous avons fait connaître en cette Chambre et on nous a
gardés ici jusqu'aux petites heures du matin 6 heures du matin
et nous n'avons jamais pu faire comprendre à ce gouvernement qu
elle était la position fondamentale que nous défendions.
Nous avons décidé, premièrement, que les
intérêts québécois et canadiens devaient
dépasser les intérêts étrangers. Nous avons
indiqué clairement que. pour nous, défendre le Canada ce
n'était pas anti-québécois.
Deuxièmement on pose des questions, on va répondre
aux questions.
Le Président: Oui, je comprends.
M. le chef de I Opposition, puis-je m'assurer de votre collaboration
pour permettre que d'autres, aujourd'hui, puissent poser des questions?
J avais déjà reconnu auparavant le chef de I'Union
Nationale... Je comprends, mais je ne voudrais pas qu'on abuse de la forme
interrogative qu'on peut utiliser à l'occasion pour répondre
à une question.
M. le chef de l'Opposition, très brièvement...
M. Levesque (Bonaventure): Très brièvement, c est
dans l'intérêt des Québécois que nous avons pris
cette position. Nous avons reconnu la compétence des administrateurs du
Crédit foncier à Montréal, que nous connaissons
très bien, d'ailleurs. Nous avons cru bon cependant de nous
élever contre une politique, qui était dans ce projet de loi
assez évidente, d'une intervention du gouvernement. Intervention qui
créait là un précédent extrêmement
dangereux.
Nous voulons éviter que le gouvernement continue de jouer dans
l'arbitraire, dans le discrétionnaire... Les intrusions du gouvernement
qui, de plus en plus, vont nuire à notre économie.
On parle de libre circulation, on fait des discours sur la
souveraineté-association, association, libre circulation des capitaux,
des biens, des personnes... Cela ne veut rien dire dans la politique du Parti
québécois à l'heure actuelle. Qu'est-ce que voudrait dire
cette libre circulation dans un gouvernement indépendant? Nous en avons
peur!
Nous avons dit immédiatement au gouvernement: Non.
M. Lamontagne: Question de règlement. Le Président:
M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Je m'excuse, mais maintenant que
nous avons eu la réponse à la question oratoire que je posais
à l'Opposition, je vous ferais remarquer que j'avais demandé
à mon collègue, le ministre d'Etat au développement
économique, de répondre aux questions plus spécifiques du
député d'Outremont, si on le permet.
M. Lamontagne: C'est au premier ministre que la question
était posée.
Une Voix: Ce n'est pas sa faute, voyons!
M. Lamontagne: Ce n est jamais sa faute. Ce n est pas le premier
ministre qui va sauver un ministre.
Le Président: M. le ministre d'Etat au
développement économique, je souhaite qu on puisse
décoller de la première question, alors, puis-je m assurer de
votre collaboration pour être le plus bref possible, s il vous
plaît!
M. Landry: Sur la première question, nous avons
comme je l'ai déjà dit en cette Chambre inclus à I
étude de l'OPDQ, seulement pour voir ce que cela donnerait, les
sièges sociaux qui n'étaient pas dans notre échantillon
initial. On a fait la somme, en d'autres termes, de tous ceux qui avaient
été mentionnés par le député de
Notre-Dame-de-Grâce qui, lui, travaillait sur une période de trois
ans plutôt que sur une période de deux ans. Ayant fait cela, on a
eu quelques centaines d'emplois de plus. Par conséquent, oui, nous
tenons compte de ceux qui n étaient pas dans I'échantillon, mais
80% de la main-d'oeuvre des sièges sociaux est dans
l'échantillon. C'est une façon scientifique de
procéder.
Deuxièmement, je dois dire que je me scandalise quand on parle de
propagande au sujet d'une étude qui est la première dont l'Etat
dispose pour un très vieux problème.
Il aurait été du devoir élémentaire des
gouvernements précédents de faire, il y a plusieurs
années, cette étude. (11 h 20)
M. Scowen: Question de privilège.
M. Raynauld: Question de privilège. M. Scowen: Question de
privilège.
M. Raynauld: M. le Président, question de
privilège.
Le Président: M. le député d'Outremont.
M. Raynauld: M. le ministre d'Etat au développement
économique dit que c'est la première étude qu'il obtient,
que l'Etat possède sur les sièges sociaux. Je lui rappellerai
qu'en 1970 une étude a été faite à
l'Université de Montréal dont les
dossiers sont épais comme cela. Il n'avait qu'à les lire,
il n'avait qu'à les lire.
Une Voix: Ce n'est pas une question de privilège.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M.
Raynauld: II y avait des informations.
M. Bellemare: M. le Président, je vous ferai remarquer
qu'on est encore presque à la fin de la période des questions et
qu'on n'a encore eu le privilège de poser aucune question.
Le Président: Je le sais, M. le leader parlementaire de
l'Union Nationale. Ce ne sont pas les efforts qui manquent pour parvenir
à décoller de cette question.
M. le député de Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: C'est simplement que le ministre disait qu'il
était scandalisé par une de mes déclarations. Quand je
disais que vous faisiez de la propagande, je parlais d'un document que j'ai
déposé en Chambre il y a quelques semaines, un document de votre
ministère que vous avez rendu public aux Etats-Unis, à New York,
dans lequel vous avez dit qu'il n'y a pas de problème ici dans ce
domaine, qu'on a perdu seulement six sièges sociaux. Tout le monde doit
être très content, rester calme, il n'y a pas de problème.
Je qualifie cela de propagande.
Le Président: M. le ministre d'Etat au
développement économique, puis-je vous supplier de tirer les
conclusions?
M. Landry: Bien sûr, M. le Président. Mais, quand on
utilise de fausses questions de privilège pour faire diverger le
débat, vous comprendrez que j'aie besoin de quelques phrases
supplémentaires pour rétablir les faits. Je disais donc que cela
aurait été le devoir élémentaire des gouvernements
précédents maintenant qu'ils poussent les hauts cris sur
l'ampleur du problème de nous doter d'au moins la première
étape de l'action, c'est-à-dire l'étude. Nous l'avons
maintenant. C'est ce qui me scandalise, il y a des gens qui auraient dû
faire cela depuis longtemps, et ils poussent les hauts cris aujourd'hui et nous
reprochent de commencer à faire ce que leur négligence ne les
avait jamais décidés à faire.
Des Voix: C'est faux.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: Ma question additionnelle s'adresse au ministre d'Etat
au développement économique. Elle sera très brève.
Il y a plusieurs mois, le ministre a reconnu qu'un des principaux
problèmes des sièges sociaux était les implications des
impôts plus élevés au Québec qu'en Ontario et
même il s'était engagé à faire une étude sur
le sujet. Nous en avons déjà discuté ensemble. Quelles
sont ses recommandations au ministre des Finances? Est-ce que, dans cette
volonté de concordance avec d'autres provinces ou le gouvernement
fédéral que le ministre des Finances a ouverte ce matin, le
ministre d'Etat au développement économique est prêt
à faire une recommandation au ministre des Finances pour ajuster les
impôts de la majorité de nos gens qui travaillent dans les
sièges sociaux au Québec avec ceux des sièges sociaux de
l'Ontario?
Le Président: M. le ministre d'Etat au
développement économique.
M. Landry: C'est un problème d'actualité, comme le
dit le chef de l'Union Nationale, mais aussi un vieux problème. J'ai
déposé, en même temps que l'étude sur
l'emploi...
Une Voix: C'est faux.
M. Landry: ... dans les sièges sociaux, une étude
sur cette question précise des avantages comparatifs des cadres vivant
à Montréal ou vivant à Toronto. Cette étude
démontre que Montréal, pour quelques années encore, sur le
plan global, à cause du coût de la vie, à cause des
coûts énormes de déménagement d'un cadre, jouit d'un
avantage concurrentiel de situation. Cet avantage concurrentiel se
dégrade depuis huit ou dix ans. Il est bien connu qu'un écart
fiscal s'est introduit. Ma position à ce sujet, dont j'ai discuté
avec le ministre des Finances, qui communiquera les politiques en temps et lieu
au discours du budget, c'est que nous devons harmoniser nos politiques fiscales
avec celles de nos partenaires et de nos concurrents commerciaux. Non pas
copier l'attitude fédérale, ce qui ne déplaira pas au
député de Beauce-Sud, ni celle de l'Ontario, mais faire en sorte
que, tous avantages compris, Montréal, comme c'est le cas actuellement
et pour encore deux ans, soit plus avantageuse ou au moins aussi avantageuse
pour les cadres que Toronto. Sans compter d'ailleurs les aspects non
chiffrables des avantages que représente la vie à Montréal
qui, tout le monde sera d'accord en cette Chambre, est une des villes les plus
attirantes du continent à tous égards.
Le Président: M. le député de Gatineau.
Présidents d'élection
M. Gratton: M. le Président, ma question s'adresse au
premier ministre. J'en suis sûr, il ne refilera pas celle-là
à un collègue du cabinet. Pourrait-il nous confirmer s'il est
exact que, par l'arrêté en conseil 3794-78 du 13 décembre
1978, on a procédé au remplacement de huit présidents
d'élection au Québec?
Une Voix: Encore.
M. Gratton: Si oui, pourrait-il nous dire quelles sont les
raisons profondes qui ont motivé le
premier ministre à limoger les huit présidents
d'élection et à les remplacer par huit amis du Parti
québécois?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, pour ce qui
est des motifs, je vous les ai déjà expliqués, à la
suite d'une première liste où j'en remercie encore le
député il y avait une erreur qu'il nous a signalée
qui a été corrigée. Je ne me souviens pas exactement
je peux faire venir l'arrêté en conseil et le
déposer même si c'est huit ou neuf mais, enfin, c'est de
cet ordre et, pour les mêmes raisons qui tiennent à la
responsabilité du gouvernement et conformément à la loi,
les huit ont été remplacés.
M. Gratton: M. le Président.
Le Président: M. le député de Gatineau.
M. Gratton: La dernière fois, les raisons, qui sont les
mêmes, semble-t-il, étaient d'incapacité, de
décès, de maladie, de démission, si j'ai bien compris.
Toujours est-il que j'aimerais demander au premier ministre si ces raisons sont
suffisantes pour avoir remplacé je le donne à titre
d'exemple seulement la présidente du comté de Laporte, qui
est veuve de 57 ans, mère de deux enfants aux études, de l'avoir
remplacée par un notaire de 28 ans de Montréal, par cet
arrêté en conseil. Est-il normal que, dans le comté de
Westmount, on ait nommé un président d'élection, dont le
nom est André Gascon, qui n'est pas inscrit sur la liste
électorale provinciale? Est-ce pour les mêmes raisons qu'on a
nommé, dans le comté de Lafontaine, une personne bien connue dans
l'environnement du ministre délégué à
l'environnement, c'est-à-dire l'ex-agent officiel du
député de Lafontaine?
Des Voix: Ah!
M. Gratton: Est-ce pour les mêmes raisons que, dans le cas
du comté de Richelieu, on a remplacé une personne qui
était là depuis 1964, qui n'avait pas été
remplacée par l'Union Nationale, qui n'avait pas été
remplacée par le Parti libéral mais qui est maintenant
remplacée par le Parti québécois?
Des Voix: Patronage!
M. Lévesque (Taillon): M. le Président,
premièrement, en ce qui concerne les démissions ou les
décès, etc je l'avais déjà expliqué
c'était avant les listes dont le député fait une
obsession et cela avait eu lieu en cours de route, normalement, depuis la fin
de 1976, c'est-à-dire au fur et à mesure que des remplacements
pour des raisons de force majeure comme celle-là s'imposaient.
Deuxièmement, en ce qui concerne le nouveau président dans
le comté de Laporte, on me dit qu'il s'agit d'un citoyen de Longueuil et
non pas de Montréal mais enfin, c'est-à-dire un citoyen de la
rive sud.
M. Gratton: C'est pratique!
M. Lévesque (Taillon): C'est pratique. Evidemment, dans la
région métropolitaine, on pratique peut-être...
M. Gratton: Question de règlement. Je m'excuse de
déplaire au premier ministre. Ma question, par rapport au comté
de Laporte, était de savoir si le premier ministre était
conscient qu'il avait remplacé une veuve, mère de deux enfants
aux études, par un notaire? C'est la question.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Oui, de cette partie-là,
j'étais conscient, M. le Président. Et, troisièmement, en
ce qui concerne la première comme la deuxième liste, pour des
raisons de disponibilité, pour des raisons qui nous paraissent
justifiées et qui n'excluent pas que certaines gens puissent appartenir
au Parti québécois et être des présidents
d'élection compétents et disponibles...
Des Voix: Ils le sont tous.
M. Lévesque (Taillon): Pas nécessairement... qui
n'excluent pas cela. Cette fois-ci, pour éviter des erreurs techniques
et parfois grossières comme celles qui s'étaient produites
récemment, on a fait vérifier par le président
général des élections, qui a accepté de le faire,
et la disponibilité et la compétence de tous et chacun des
candidats de la dernière liste qu'évoque le député.
Finalement, je lui dirai de nouveau ce que j'ai déjà dit à
la Chambre il y a quelque temps, il reste un très grand nombre de gens
qui ont été nommés par les gouvernements
précédents, et en particulier par celui qui nous a
immédiatement précédés et qui ne seront pas
déplacés, mais il y en a d'autres qui, conformément aux
privilèges qui sont ceux du gouvernement, en fonction de la loi
actuelle, le seront.
M. Gratton: Question additionnelle, M. le Président.
Le Président: M. le député de Gatineau.
M. Gratton: Je suis très heureux d'abord de constater
qu'on a demandé au directeur général de faire des
vérifications. Ce sera sûrement plus valable que ce que le PQ a
fait dans le comté de Hull la dernière fois. Je demanderais qu'on
vérifie d'abord s'il est exact que le président nommé dans
Westmount n'est pas sur la liste électorale. Il pourrait possiblement ne
pas être admissible lui non plus. (11 h 30)
Finalement, je demanderais, M. le Président, au premier ministre
si l'objectif que poursuit le
gouvernement d'assainir les moeurs électorales impliquera au
cours des prochains mois le remplacement de tous les présidents
d'élection au Québec et si ce remplacement de tous les
présidents d élection au Québec par des militants
péquistes se fera avant que le gouvernement n'adopte, n'étudie la
recommandation du rapport Dussault, rapport préparé par quatre
députés ministériels, qui recommande de façon
très tangible, très concrète que le directeur
général des élections, après concours public, nomme
lui-même les présidents d'élections. Finalement, M. le
Président, je dirai que cette recommandation...
Le Président: M. le député de Gatineau, je
vous souligne qu'il y en a d'autres parmi vos collègues qui voudraient
formuler des questions aujourd'hui. Il reste treize minutes pour les autres. Je
vous ai demandé votre collaboration; j'espère que vous allez me
l'apporter.
M. Gratton: Oui, M. le Président, volontiers.
Dernière question, donc, je demande au premier ministre si cette
recommandation du rapport Dussault, qui a été retenue par le
ministre des Affaires municipales dans le cas du projet de loi no 119, Loi
constituant certaines municipalités dans l'Outaouais, ne devrait pas
également être considérée avant que le gouvernement
procède à d'autres changements de présidents
d'élection.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): II y avait deux questions, M. le
Président. La première était tout simplement une question
superfétatoire parce que j'y ai répondu avant: Non, tous les
présidents d'élection actuels ne seront pas remplacés,
loin de là. Deuxièmement, en ce qui concerne la recommandation du
comité communément appelé le comité Dussault,
groupe de députés qui ont travaillé intensément,
fructueusement à bien des points de vue aussi, à une
ébauche, sur une hypothèse de travail de réforme de la Loi
électorale, j'ai déjà dit récemment, et je le
répète, que cette hypothèse comme les autres sera
évaluée; elle ne sera pas nécessairement retenue, mais, en
temps et lieu, la Chambre aura devant elle le projet de réforme
définitif.
Le Président: M. le député de
Nicolet-Yamaska.
M. Fontaine: Merci, M. le Président. Je ne poserai, M. le
Président, qu'une question principale sans additionnelle, à la
condition que vous puissiez par la suite reconnaître mon collègue,
le député de Brome-Missisquoi, également sur une question
principale.
Le Président: Je vous reconnaîtrai, M. le
député de Brome-Missisquoi, immédiatement
après.
Mandat de la CECO et enquête
Duchaîne
M. Fontaine: Merci, M. le Président. Ma question
s'adresse, au ministre de la Justice. Il y a actuellement deux enquêtes
sur lesquelles le ministre de la Justice, le gouvernement et le Conseil des
ministres doivent rendre publiques de décisions incessamment, soit la
CECO et l'enquête Duchaîne. Le 30 novembre, je posais une question
au ministre de la Justice et il me répondait concernant la CECO:
"Justement, dans la poursuite de ce but d'améliorer le fonctionnement,
différentes suggestions d'amélioration ont été
soumises au Coneil des ministres qui aura à se prononcer incessamment;
à ce moment, je serai en mesure de dire au député de
Nicolet-Yamaska l'essentiel de la décision." La première partie
de ma question est: Cette décision a-t-elle été prise et
quelle en est la teneur?
Deuxièmement, concernant l'enquête Duchaîne, le
premier ministre disait dans sa dernière conférence de presse
qu'on rapporte dans la Presse: Le premier ministre a poursuivi en disant que le
retour des exilés va nécessairement accélérer la
publication dans l'état où cela se trouve du dossier qui a
été constitué par l'enquêteur Duchaîne. Il est
évident qu'il y a une sorte de déclic qui va probablement
accélérer la publication de ce qui est disponible. Plus tard, en
anglais, il devait ajouter que cette publication sera probablement faite
bientôt. Ma deuxième question est celle-ci: Quand le rapport de
l'enquête Duchaîne sera-t-il publié et est-ce qu'on va poser
publiquement au gouvernement fédéral les questions qu'on lui a
posées privément et auxquelles on n'a pas eu de
réponse?
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: M. le Président, j'essaierai de
répondre brièvement aux questions. Concernant la Commission
d'enquête sur le crime organisé, effectivement, hier, par
arrêté ministériel, le Conseil des ministres a
décidé de donner un nouveau mandat à la Commission
d'enquête sur le crime organisé. Maintenant, ce mandat portera sur
trois dossiers précis et sera limité dans le temps, à
savoir le 30 novembre 1979, ce qui constitue une amélioration par
rapport au système qui existait auparavant, en donnant des mandats
précis et en les limitant dans le temps de manière que les
rapports puissent être produits avec célérité.
Maintenant, concernant certains amendements qui pourraient être
apportés au fonctionnement judiciaire de la CECO suite à des
recommandations faites par la Ligue des droits de l'homme, entre autres, et le
Barreau, il y a à l'heure actuelle des recommandations faites par le
ministre de la Justice qui font l'objet d'étude au niveau du Conseil des
ministres et qui pourront, effectivement, faire lobjet d une loi à la
prochaine session.
Concernant l'enquête Duchaine, le ministère de la Justice
s'est fixé jusqu'à la fin de janvier
comme délai pour recevoir les informations qui avaient
été demandées aux autorités
fédérales, qui, comme nous le savons, ont joué un
rôle important lors de ces événements d'octobre, de
même que la Gendarmerie royale. Une fois ce délai expiré,
nous aviserons en conséquence sur les décisions à
prendre.
Le Président: M. le député de
Brome-Missisquoi.
Entretien des routes pendant l'hiver
M. Russell: M. le Président, ma question s'adresse au
ministre des Transports. Il s'agit de l'entretien des routes d'hiver. La
plupart des députés dans cette Chambre ont appris la nouvelle
réglementation en ce qui concerne le déglaçage des routes
d'hiver. Nous avons maintenant les routes A, B et C. Les routes A sont
entretenues ou déglacées un peu moins qu'elles ne
l'étaient par les années passées; les routes B sont
déglacées à la volonté du divisionnaire ou son
délégué; les routes C ne sont pas déglacées
du tout.
A la suite de cette nouvelle expérience qui a été
faite par le ministre et par ses fonctionnaires et l'avalanche des plaintes que
nous recevons aujourd'hui, est-ce que le ministre a l'intention de modifier
cette réglementation?
Le Président: M. le ministre des Transports.
M. Lessard: M. le Président, il n'y a rien de nouveau sous
le soleil en ce qui concerne le déglaçage des routes.
C'est-à-dire que nous avons essayé de rationaliser une
opération qui se faisait déjà. En effet, l'an dernier, en
1977, par exemple, nous avions dépensé environ $80 millions pour
l'entretien des routes, pendant la période d'hiver. De ces $80 millions,
environ $20 millions sont dépensés pour acheter des abrasifs et
des fondants chimiques. Il faut donc dire qu'il fallut essayer de rationaliser
le plus possible l'épandage de ces fondants chimiques ou encore de ces
abrasifs. Nous avons déterminé un certain nombre de routes
à savoir que les routes dont le taux de circulation était entre
500 et 2000 véhicules par jour étaient classées B.
Au-delà de 2500 c'étaient des routes classées A et, en bas
de 500 véhicules par jour, il s'agit de routes classées C.
Dans les routes classées A et B, nous utilisons du calcium, nous
utilisons du sel, nous utilisons des produits chimiques fondants. Dans les
routes classées C ou classées 3, nous utilisons des abrasifs,
c'est-à-dire un mélange de sel, de calcium et de sable à
l'intérieur duquel il y a aussi des produits chimiques fondants. La
sécurité, étant donné que le taux de circulation
est inférieur, est aussi bonne que sur les routes classées 1 et
2. Nous tenons compte aussi dans la classification de l'importance
économique de la route. Par exemple, la route 175 qui relie la
région du Lac Saint-Jean à la région de Québec est
classée 1.
Le Président: M. le député de
Brome-Missisquoi.
M. Russell: M. le Président, est-ce que le ministre est au
courant que la même route passe à trois classes? Vous pouvez
peut-être vous imaginer un peu la situation que cela peut créer,
aux températures qu'on connaît. Si j'ai bien compris le ministre,
il n'a pas l'intention de faire quelque changement que ce soit de la situation
actuelle.
Le Président: M. le ministre des Transports.
M. Lessard: M. le Président, il est certain que des routes
peuvent passer, par exemple, selon trois classes différentes.. La route
138 sur la Côte-Nord n'a pas le même taux de circulation que la
route 138. par exemple, entre Québec et Trois-Rivières. Alors, il
y a une différence de taux de circulation.
M. le Président, jusqu'ici c'est la première fois que je
reçois des réactions de la part des députés. Je
n'ai pas reçu de plainte sérieuse. Je suis prêt à
analyser les plaintes qui me seront faites par les différents
députés, pour voir si, sérieusement, il y a des
problèmes qui se posent. Mais je dois dire que ce n est pas une nouvelle
décision. On utilisait des abrasifs dans le passé et on continue
d en utiliser en vue d'éviter des dépenses inutiles.
Le Président: M. le député de
Brome-Missisquoi.
M. Russell: M. le Président, est-ce que le ministre
permettrait aux députés d'obtenir ces classifications dans chacun
de leur comté?
M. Lessard: Aucun problème. M. le Président, c'est
public.
Le Président: Très brève, M. le chef de I
Opposition. (11 h 40)
M. Levesque (Bonaventure): Une brève question au ministre
des Transports. Il a parlé des routes A, B et C. Je voudrais savoir
pourquoi il a classé certaines routes de pénétration dans
le comté de Bonaventure F, fermées.
M. Lessard: J'aurais aimé que le député me
pose cette question plus directement. Il s'agit, naturellement, des routes
à Saint-Omer, Saint-Georges et Saint-Conrad. Il s'agit de routes
strictement municipales, selon les critères du ministère. En ce
qui concerne les routes municipales, et cela dans l'ensemble des comtés
du Québec et pas seulement dans le comté de Bonaventure, le
gouvernement du Québec, par l'intermédiaire du ministère
des Transports, verse une subvention c est votre cas de $735 le
kilomètre aux municipalités. Il appartient aux
municipalités de prendre leurs responsabilités.
Je termine sur cela puisqu'on en parlait dans le journal Le Soleil du 13
décembre. Voici ce qu'il
en est à ce sujet: "Les résidents isolés sur cette
route, écrit-on dans le journal Le Soleil, décrivent l'actuel
maire comme une personne d'un certain âge qui administre la
municipalité selon la politique du bas de laine: pas d'égouts,
pas d'aqueduc, pas d'éclairage et pas de routes." Les quelque 340
contribuables de la municipalité, environ 1300 habitants, paient en
moyenne $22 de taxes par année." Il me semble qu'il appartient au maire
de prendre ses responsabilités et d'ouvrir les routes qui sont
considérées comme des routes municipales.
M. Levesque (Bonaventure): Question de privilège, M. le
Président.
Le Président: M. le chef de l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): Je n'accepterai pas que le ministre
colporte ces chiffres qui sont absolument faux!
Le Président: M. le député de Duplessis.
Règlement du conflit à la traverse
Matane-Godbout
M. Perron: Ma question s'adresse au ministre des Transports.
Evidemment, elle concerne le conflit de travail qui existe depuis environ trois
mois et demi à la traverse Matane-Godbout.
Une Voix: II se réveille! M. Shaw: Finalement!
M. Perron: Ayant moi-même suivi ce dossier avec certains de
mes collègues depuis un certain temps et sachant que
dernièrement... M. le Président, pourriez-vous demander à
l'Opposition...
M. Lavoie: On n'a pas dit un mot.
M. Levesque (Bonaventure): On n'a pas dit un mot.
Une Voix: C'est votre conscience qui...
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
député de Duplessis.
M. Perron: Sachant que dernièrement il y a eu des
négociations très intensives en rapport avec le conflit et
spécialement dans la journée d'hier, est-ce que le ministre
pourrait faire le point sur ce conflit?
M. Lessard: Je trouvais curieux, ce matin, que les
députés libéraux, qui m'interrogent depuis plusieurs mois
concernant le conflit de la traverse Matane-Godbout, ne me posent pas de
questions. Est-ce que cela voudrait dire qu'on veut cacher les bonnes actions
du gouvernement, à la population?
M. Levesque (Bonaventure): Si vous nous donnez quelques heures de
plus pour poser des questions, on va en poser, mais vous nous avez
arrêtés constamment.
Le Président: M. le ministre des Transports.
M. Lessard: Je suis heureux, ce matin, d'annoncer à la
population comme aux députés de l'Opposition que le conflit entre
la Société des traversiers du Québec et ses
employés est maintenant réglé et cela, grâce
à une collaboration intense, depuis quelques jours, entre le ministre de
la Fonction publique, le ministre du Travail et, naturellement, le ministre
responsable du Trésor qui nous a dégagé un mandat
réaliste hier. Je dois tout particulièrement féliciter le
député de Joliette-Montcalm, mon adjoint parlementaire, qui a
négocié plusieurs jours et qui, hier soir, a réussi
à négocier une entente définitive. Nous prenons les
mesures nécessaires pour que le fonctionnement puisse commencer dans les
plus brefs délais, dans les jours qui viennent.
Le Président: Fin de la période des questions. A
l'ordre, s'il vous plaît!
M. Mailloux: Pourriez-vous déposer une copie de l'entente
qui a été signée?
Le Président: M. le ministre des Transports.
M. Lessard: Non seulement cela me fera plaisir, lorsque ce sera
terminé, de déposer une copie de cette entente, mais je dois dire
que nous avons réussi à gagner des choses, quitte à
accorder, à un moment donné, un certain nombre...
Le Président: M. le ministre des Transports, la
période des questions à pris fin, malheureusement.
M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: M. le Président, le ministre de la Justice
m'avait promis de répondre ce matin à une question que j'avais
posée il y a déjà une quinzaine de jours sur la
création d'une caisse de perception des pensions alimentaires.
Une Voix: II n'est pas là.
Le Président: II s'est absenté pour quelques
minutes.
Nous en sommes aux motions non annoncées.
Motion non annoncée
Organisation administrative de l'Assemblée
nationale
Est-ce que je pourrais profiter, MM. les leadears, de la rubrique des
motions non annoncées pour solliciter un consentement de la Chambre pour
un dépôt de document? Conformément à l'article 55 de
la Loi de la législature, je dois
informer cette Assemblée que la commission de régie
interne a adopté une résolution, hier, décrétant un
nouveau plan d'organisation administrative des services de l'Assemblée
nationale. Hier également, la commission de l'Assemblée nationale
a approuvé ce nouveau plan d'organisation. Cette résolution de la
commission de régie interne est contenue dans le rapport qui a
été déposé il y a quelques minutes pour la
commission de l'Assemblée nationale. Comme cette résolution est
très longue et que, par ailleurs, elle est déposée
conformément à notre règlement, je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin que le
dépôt de ladite résolution soit considéré
comme une communication suffisante au sens de l'article 55 de la Loi de la
Législature. M. le leader parlementaire.
M. Lavoie: Nous n'avons pas d'objection à cette
procédure sommaire, mais qu'il soit déposé. On va vous
dispenser de sa longue lecture. Mais à cause des implications et de
l'importance du document, y aurait-il possibilité, même durant
l'intersession, qu'une copie soit envoyée à tous les membres de
l'Assemblée, étant donné qu'il s'agit d'une
réorganisation administrative de tout l'appareil de l'Assemblée
nationale et que cela intéresse, en premier lieu, tous les membres de
cette Assemblée nationale?
Le Président: Volontiers, M. le leader parlementaire de
l'Opposition officielle, et très rapidement.
M. Bellemare: J'ai dit, lors du caucus de ce matin, que pour
autant que les droits acquis seraient respectés, je n'aurais pas
d'objection.
Le Président: C'est déjà acquis, M. le
leader parlementaire de l'Union Nationale.
M. Biron: Le ministre de la Justice est arrivé, il
pourrait peut-être répondre?
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: Je demanderais au leader parlementaire de
prendre une décision. C'est pour répondre à une question
qui a été posée par le chef de l'Union Nationale.
M. Charron: ... un complément de réponse
actuellement.
M. Biron: Je comprends que le ministre ne veut pas
répondre à cette question importante vis-à-vis des
familles monoparentales!
M. Bédard: Non, au contraire, M. le Président, je
suis prêt à répondre, maintenant...
M. Biron: Répondez!
M. Bédard: ... je sais qu'il y a des
procédures!
M. Charron: Si le ministre est prêt à
répondre, M. le Président!
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement?
Des Voix: Oui.
Le Président: M. le ministre de la Justice.
Questions orales (suite)
Perception des pensions alimentaires
M. Bédard: M. le Président, en réponse
à la question qui avait été posée par le chef de
l'Union Nationale concernant la perception des pensions alimentaires, je peux
lui donner les informations suivantes: Selon certaines données qui nous
ont été fournies par le ministère des Affaires sociales,
il y avait, en moyenne, pour l'année 1978, 250 000 ménages
bénéficiaires de l'aide sociale, 26,7% des
bénéficiaires étaient séparés
légalement, divorcés, ou séparés de fait, et 21%
d'entre eux, soit 52 633 ménages étaient dirigés par des
femmes. Là-dessus, 34 000 familles étaient dirigées par
des femmes séparées ou divorcées. Le budget de l'aide
sociale qui était affecté, alors, en moyenne, représentait
18,2% du budget total de l'aide sociale, soit environ $158 millions
annuellement. Il faut préciser, en outre, M. le Président, que de
ce chiffre de 34 000 ménages dirigés par des femmes, 17 000 sont
dirigés par des femmes séparées de fait pour qui aucun
dispositif de pension alimentaire n'a été établi en leur
faveur, alors qu'environ 6000 le sont par des femmes dont le jugement en
séparation de corps ou en divorce ne comprend aucune ordonnance de
pension alimentaire. On ne peut donc pas prétendre que les montants
versés par l'aide sociale sont en majorité des montants qui,
normalement, devraient être payés par l'ex-conjoint, suivant un
jugement rendu à cet effet par la cour. (11 h 50)
II demeurait environ 10 000 ménages en faveur desquels un
jugement de pension alimentaire a été établi, qui
bénéficient néanmoins de l'aide sociale, soit que le
débiteur de la pension soit en défaut, soit encore que le montant
de la pension qui a été établi par le jugement est
insuffisant.
Je souligne, en outre, au chef de l'Union Nationale que l'article 24 de
la Loi de l'aide sociale prévoit le remboursement des prestations
fournies par voie de subrogation établie en faveur du gouvernement.
Enfin, le ministère de la Justice étudie actuellement, en
collaboration avec le ministère des Affaires sociales et le Conseil du
statut de la femme, l'ensemble du problème de la perception des pensions
alimentaires.
Le Président: Une question, M. le chef de lUnion
Nationale.
M. Biron: Ma question est très simple. Est-ce qu à
travers les considérations que vous allez faire
ou les suggestions que vous allez apporter, il y aura lieu d'avoir une
caisse de perception de ces pensions alimentaires pour que ces femmes aient
beaucoup moins de problèmes qu'elles n'en ont présentement?
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: Je crois que c'est prématuré, M.
le Président, de répondre par l'affirmative ou la négative
puisque l'heure actuelle des études sont en cours, lesquelles nous
permettront justement de prendre les décisions appropriées en
temps et lieu.
Motion non annoncée Lettre relative à la
démission de M. Garneau
Le Président: Je voudrais revenir à la
période des motions non annoncées pour donner lecture d'une
lettre que j'ai adressée, en date du 20 décembre 1978, à
M. Pierre-F. Côté, directeur général des
élections. "M. le directeur général, je dois vous informer
officiellement que M. Raymond Garneau, député du district
électoral de Jean-Talon, a donné sa démission de son
siège dans l'Assemblée nationale au cours de la séance
d'aujourd'hui. Par suite de cette démission, conformément
à l'article 34 de la Loi de la Législature, je vous adresse un
mandat afin que vous émettiez un bref pour l'élection d'un
nouveau député en remplacement du démissionnaire. Veuillez
agréer, M. le directeur général, l'expression de ma
considération distinguée." Et c'est signé du
président de l'Assemblée nationale.
Enregistrement des noms sur les votes en suspens.
Comme il y a deux votes qui ont été retenus, je demande
qu'on appelle les députés.
Suspension à 11 h 53
Reprise à 12 h 03
Projet de loi no 124
Mise aux voix de la troisième lecture
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Nous
allons maintenant procéder à la mise aux voix de la motion de
troisième lecture de Mme le ministre des Consommateurs,
Coopératives et Institutions financières relative au projet de
loi 124, Loi concernant l'acquisition d'actions de certaines
sociétés de prêts hypothécaires. Que ceux et celles
qui sont pour cette motion de troisième lecture veuillent bien se lever,
s'il vous plaît!
Le Secrétaire adjoint: MM. Charron, Cardinal,
Bédard, Laurin, Morin (Sauvé), Morin (Louis-Hébert),
Parizeau, Marois, Landry, Léonard, Couture, Tremblay,
Bérubé, Mme Ouellette, M. O'Neill, Mme Cuerrier, M. Joron, Mme
Payette, MM. Proulx, Duhaime, Lessard, Lazure, Léger, Tardif, Garon,
Vaugeois, Martel, Paquette, Vaillancourt (Jonquière), Marcoux,
Chevrette, Bertrand, Michaud, Rancourt, Laberge, Grégoire, Guay,
Lefebvre, Laplante, Mme Leblanc-Bantey, MM. Bisaillon, de Bellefeuille,
Gendron, Mercier, Alfred, Marquis, Gagnon, Ouellette, Perron, Gosselin, Clair,
Brassard, Godin, Dussault, Boucher, Beauséjour, Desbiens, Baril,
Bordeleau, Charbonneau, Gravel, Lévesque
(Kamouraska-Témiscouata), Lacoste, Jolivet.
Le Président: Que ceux qui sont contre cette motion
veuillent bien se lever, s'il vous plaît!
Le Secrétaire adjoint: MM. Levesque (Bonaventure), Lavoie,
Saint-Germain, Lalonde, Forget, Mailloux, Goldbloom, Larivière, Ciaccia,
Mme Lavoie-Roux, MM. Raynauld, Lamontagne, Giasson, Blank, Caron, O'Gallagher,
Picotte, Scowen, Marchand, Gratton, Pagé, Biron, Bellemare, Grenier,
Russell, Goulet, Fontaine, Brochu, Dubois, Le Moignan, Cordeau, Shaw.
Le Président: Que ceux qui désirent s'abstenir
veuillent bien se lever, s'il vous plaît!
Le Secrétaire: Pour: 64 Contre: 32
Abstentions: 0
Le Président: La motion est adoptée.
M. Roy: M. le Président, question de privilège.
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: Sur une question de privilège, un instant. Je n'ai
pas vu voter. Je ne demande pas que mon nom soit inscrit, mais je tiens bien
à dire que, si j'avais pu arriver assez vite c'est parce que j'ai
eu quelque chose d'urgent j'aurais appuyé la loi.
M. Charron: M. le Président, pour ma part, je n'aurais pas
d'objection à ce que le nom du député soit inscrit.
Des Voix: Consentement.
Projet de loi no 108
Mise aux voix de la deuxième lecture
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Nous
allons maintenant procéder à la mise aux voix de la motion de
deuxième lecture présentée par M. le ministre de
l'Industrie et du Commerce relative au projet de loi no 108, Loi modifiant la
charte de la Société générale de financement du
Québec. Que ceux et celles qui sont pour cette motion de deuxième
lecture veuillent bien se lever, s'il vous plaît!
Le Secrétaire adjoint: MM. Charron, Cardinal,
Bédard, Laurin, Morin (Sauvé), Morin (Louis-Hé-
bert), Parizeau, Marois, Landry, Léonard, Couture, Tremblay,
Bérubé, Mme Ouellette, M. O'Neill, Mme Cuerrier, M. Joron, Mme
Payette, MM. Proulx, Duhaime, Lessard, Lazure, Léger, Tardif, Garon,
Vaugeois, Martel, Paquette, Vaillancourt (Jonquière), Marcoux,
Chevrette, Bertrand, Michaud, Rancourt, Laberge, Grégoire, Guay,
Lefebvre, Laplante, Mme Leblanc-Bantey, MM. Bisaillon, de Bellefeuille,
Gendron, Mercier, Alfred, Marquis, Gagnon, Ouellette, Perron, Gosselin, Clair,
Godin, Dussault, Boucher, Beauséjour, Desbiens, Baril, Bordeleau,
Charbonneau, Gravel, Lévesque (Kamouraska-Témiscouata), Lacoste,
Jolivet.
Le Président: Que ceux qui sont contre cette motion
veuillent bien se lever, s'il vous plaît!
Le Secrétaire adjoint: MM. Levesque (Bonaventure),
Lavoie...
Des Voix: Pour!
M. Lavoie: Voyons! C'est assez évident que l'Opposition
est prête à sauver Marine Industrie. C'est bien sûr qu'on va
voter pour!
Le Président: Alors, que ceux qui sont pour cette motion
continuent à se lever.
Le Secrétaire adjoint: MM. Levesque (Bonaventure), Lavoie,
Saint-Germain, Lalonde, Forget, Mailloux, Goldbloom, Larivière, Ciaccia,
Mme Lavoie-Roux, MM. Raynauld, Lamontagne, Giasson, Blank, Caron, O'Gallagher,
Picotte, Scowen, Marchand, Gratton, Pagé.
Le Président: Que ceux qui sont contre cette motion
veuillent bien se lever, s'il vous plaît!
Le Secrétaire adjoint: MM. Biron, Bellemare, Grenier,
Russell, Goulet, Fontaine, Brochu, Dubois, Le Moignan, Cordeau, Roy, Shaw.
Le Président: Les abstentions?
Le Secrétaire adjoint: Pour: 84 Contre: 12
Abstentions: 0
Le Président: Alors, la motion est adoptée.
M. le leader parlementaire du gouvernement, nous en sommes aux affaires
du jour, mais, avant, il y a des réponses à des questions, je
crois. (12 h 10)
M. Charron: M. le Président...
Renvoi à la commission de l'industrie
M. Lavoie: M. le Président, je crois qu'il y aurait lieu
de déférer ce projet de loi.
M. Charron: ... je voudrais faire motion pour
déférer à la commission de l'industrie et du commerce le
projet de loi qui vient d'être adopté, M. le Président.
Le Président: Est-ce que cette motion sera adoptée?
Adopté.
Travaux parlementaires
M. Lavoie: M. le Président, est-ce qu'il y aurait lieu que
le rapport se fasse comme si le projet de loi était étudié
en commission plénière?
M. Charron: Comme le veut l'ordre de la Chambre adopté
hier, M. le Président.
M. Lavoie: Ce n'est pas un ordre. A la suggestion du
secrétaire général, je refais motion pour que le rapport
de cette commission soit considéré comme un rapport de commission
plénière, M. le Président.
Le Président: Le rapport de la commission de l'industrie
et du commerce relativement à l'étude article par article du
projet de loi no 108 sera considéré comme un rapport de
commission plénière et les écritures pourront être
faites en conséquence et cela devient un ordre de
l'Assemblée.
M. Charron: M. le Président, par prudence, je ferai
également motion pour que le rapport de la commission parlementaire du
travail et de la main-d'oeuvre que, par une autre motion, j'inviterai à
siéger tout à l'heure, pour l'étude article par article du
projet de loi no 110, soit aussi considéré comme un rapport de
commission plénière, lorsqu'il nous parviendra en cours de
séance.
Le Président: Y a-t-il consentement?
M. Lavoie: Consentement. Sur le même sujet, M. le
Président...
Le Président: M. le leader parlementaire de I Opposition
officielle.
M. Lavoie: Nous sommes bien prêts à collaborer. On a
assuré le gouvernement, et nous I avons prouvé depuis trois
semaines, depuis le 1er décembre, que le Parlement siège jour et
nuit. Bon! Il y a certaines limites par contre à demander aux
députés d'étudier d'une manière sérieuse,
approfondie, certains projets de loi, notamment, le projet de loi no 110. La
semaine dernière, il y a eu des conversations entre les
différents partis. J en ai eu avec le leader parlementaire du
gouvernement. Nous avons demandé que la deuxième lecture du
projet de loi no 110 soit apportée vendredi pour nous permettre
après la deuxième lecture d étudier ce projet de loi d'une
manière sérieuse en commission parlementaire, dès lundi,
cette semaine, en deuxième lecture. D'ailleurs, il avait
été annoncé à l'Assemblée qu'il y avait
commission lundi, mardi, possiblement mercredi, cette semaine, pour
étudier les 26 articles du projet de loi qui amende cinq lois du milieu
du travail, si je peux dire, cinq lois. La deuxième lecture a
été appelée vendredi soir, dans la nuit ou dans la
soirée. C est vers 23 heures du soir que la deuxième lecture a
été appelée.
La commission qui devait se tenir lundi et mardi n'a pas eu lieu. La
deuxième lecture s'est
terminée lundi, je crois, dans la nuit de lundi à mardi.
J'ai des représentations de la part du caucus libéral, les
responsables du dossier du travail. Ils auraient aimé, ils insistaient
pour que ce projet de loi fasse l'objet d'une étude sérieuse en
commission parlementaire. Ceci aurait pu avoir lieu dès mardi et
mercredi de cette semaine. Nous sommes aujourd'hui au jeudi 21 décembre,
à 12 h 15. Cette commission n'a pas encore siégé pour
étudier article par article ce projet de loi. Nous voulons... Est-ce que
vous allez convoquer cette commission immédiatement pour qu'elle puisse
commencer ses travaux sans délai pour nous donner l'occasion quand
même d'étudier article par article ces amendements? Il y aura des
amendements proposés, j'imagine, par l'Opposition libérale,
possiblement par l'Union Nationale, possiblement par le député de
Beauce-Sud.
Il y a des articles dans les journaux, je ne sais pas, qui
équivalent à dire: Ils sont fous, ces députés.
C'est ridicule le travail qu'on fait depuis trois semaines. Il y a au
feuilleton des projets de loi très importants. Écoutez, je suis
prêt à dire que les députés sont fous, sont
ridicules, mais c'est la faute de qui? Ce n'est quand même pas nous de
l'Opposition qui appelons les projets de loi pour étude. Ce n'est pas
nous de l'Opposition qui avons un comité de priorités, M. le
Président, et des fins de session comme nous avons actuellement
je parle en mon nom personnel je n'aurai plus la résistance de
faire face à d'autres fins de session semblables, soit au mois de juin
ou au mois de décembre de l'année prochaine.
M. le Président, je ne sais pas quoi vous dire devant
l'engorgement que nous avons actuellement, autant pour vous-même qui
devez présider ces travaux dans des moments difficiles, siéger
tous les jours jusqu'à 5 heures ou 6 heures le matin, recommencer
à 10 heures tous les matins, je vous dis, M. le Président, que
c'est ridicule et abracadabrant.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: M. le Président, deux réponses
brèves. D'abord, je suis prêt à faire siéger la
commission, j'ai failli interrompre le député pour dire que
j'étais prêt à faire siéger la commission dès
que celui-ci aurait fini. Je suis prêt à faire la motion tout de
suite, mais, puisqu'il a débordé sur les heures de travaux de
cette Chambre, il y a effectivement des articles dans les journaux
actuellement. Un article d'aujourd'hui dit: Ils sont fous, ces
députés! Moi, cela fait neuf ans que je suis ici et cela fait
neuf ans qu'en fin de session, je me fais traiter de fou également; cela
fait partie d'un régime. Ce que je souhaite, en tout cas, c'est que cela
se tasse.
Mais, il semble qu'il y ait un autre événement aussi qui
est venu compliquer tout correctif qu'on aurait pu apporter à ce sujet,
et cela fait partie aussi d'un autre article de journal d'aujourd'hui. Ce sont
les m'as-tu-vu-à-la-télévision? Ceux qui parlent et qui
parlent et qui parlent pour faire durer des débats, pour
répéter les arguments des autres, cela a aussi un effet
inévitable sur la longueur des débats.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Union
Nationale.
M. Bellemare: M. le Président, le
m'as-tu-vu-à-la-TV, je pense que cela s'applique surtout pour les
"back-benchers" qui n'avaient jamais eu l'occasion de sortir du rang.
Une Voix: C'est ça.
M. Bellemare: C'est là qu'on a vu que les leaders des
groupements sont obligés de subir deux caucus depuis une semaine. On a
dû retrancher 21 projets de loi qui étaient au feuilleton, pour
essayer de suppléer au temps qu'il nous manque. On est obligé de
couper 21 projets de loi et, encore aujourd'hui, on va être obligé
d'en enlever 4 ou 5 qui sont au feuilleton. Vous verrez que l'engorgement va se
faire dans le courant de l'après-midi. On ne pourra pas résister
à cela. Les députés sont rendus à bout. Le leader
dit qu'il a déjà siégé dans l'Opposition, oui, mais
jamais jusqu'à 6 heures du matin, et surtout trois jours de suite.
M. Charron: J'ai presque envie de faire une question de
privilège, M. le Président.
M. Bellemare: Trois jours de suite, 4 heures, 5 heures, 6
heures.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Union
Nationale, puis-je vous demander d'abréger, au projet de tout le monde
justement?
M. Bellemare: Merci, M. le Président. Je prends mon
siège et je me relève.
On va "kicker ' pour payer les députés raisonnablement,
quand va arriver le projet de loi no 120, on va "kicker " en voyant le travail
qu'on fait pendant des heures ici? Est-ce que la population qui nous voit
maintenant, qui sait ce qu'on fait, à des heures indues, qui se rend
compte de ce qu'on produit, est-ce qu'elle va avoir le même raisonnement
quand il s'agira de payer nos députés? Voyons donc! C'est
ridicule dans la force du mot.
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: Sur le même point qui est soulevé, dans le
même article, il est dit, à la fin d'un paragraphe, que MM. Camil
Samson et Fabien Roy je ne parlerai pas pour mon collègue, je
vais parler pour moi s'amusent comme des petits fous en abusant d'un
droit acquis qui leur donne un droit de parole presque illimité.
J'aimerais savoir, premièrement, à quel endroit dans le
règlement nous avons un droit de parole illimité. Je ne pense pas
avoir abusé de mon droit de parole en cette Chambre. Je me suis
toujours limité à faire les interventions les plus courtes
possible, mais je tiens à dire ceci à quiconque serait
intéressé. Ce n'est pas parce que les débats sont
télévisés que je vais m'acheter un flacon de colle forte
pour mettre sur mon fauteuil, pour rester assis et laisser tout passer à
l'Assemblée nationale. J'ai pris mes responsabilités dans le
passé, je vais les prendre encore aujourd'hui et je vais continuer
à les prendre dans l'avenir, télévision ou non, ou que
cela plaise ou non à qui que ce soit. (12 h 20)
Le Président: Je voudrais simplement souligner, pour que
cela ne s'éternise pas, que c'est en vain que j'ai cherché dans
le règlement un article qui m'indiquerait en vertu de quoi le
présent débat a lieu.
M. le chef de l'Opposition.
M. Bellemare: Vous trouverez cela à l'article 34,
premièrement, deuxièmement, troisièmement.
Le Président: M. le chef de l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): Je voudrais simplement rappeler au
leader parlementaire du gouvernement certains faits qu'il semble avoir
oubliés. En 1972, le 3 juillet, motion de fin de session qui
prévoyait que les travaux se terminaient à minuit. Motion de fin
de session, 19 juin 1973, les travaux se terminent à minuit. Le 25 juin
1974, autre motion du Parti libéral, du gouvernement libéral, les
travaux se terminent à minuit. Le 19 novembre 1975, là, on a
ajouté "jusqu'à ce que la Chambre décide de s'ajourner".
Une exception. A quel moment lavons-nous utilisée, cette exception? Une
fois, pour la motion en vue de l'adoption du projet de loi no 81, Loi
constituant la Régie des installations olympiques. C'était
très urgent, je pense bien qu'on sera d'accord, particulièrement
le leader parlementaire du gouvernement, qui est responsable de la
régie.
Le 11 juin 1976, dernière session du gouvernement libéral.
Encore là, "jusqu'à ce qu'elle décide de s'ajourner",
parlant de la Chambre. Une seule fois après minuit. Voici les heures de
la fin des travaux. Le vendredi 11 juin, 12 h 48. Le mardi 15 juin, 17 h 42 et
ainsi de suite. Quel est l'intérêt de cela? C'est de dire que
l'ancien gouvernement, qu'on critique aujourd'hui s'occupait de voir à
ce que la législation soit étudiée à des heures
raisonnables, alors que le présent gouvernement fait en sorte qu'on
dépose des projets de loi le 30 novembre, en catastrophe; on arrive
ensuite à la veille même du 21 décembre et on propose
l'étude en deuxième lecture de projets de loi à 3 h 40 le
matin, on commence l'étude de projets de loi. C'est indigne et cela n'a
aucun sens de traiter les citoyens du Québec comme cela au point de vue
des lois.
M. Charron: M. le Président, je fais une question de
privilège très brève parce que j'ai horreur de ces
mémérages.
Des Voix: Oh!
M. Charron: Je ne peux pas laisser le chef de I'Opposition, pour
l'avoir connu étant dans l'Opposition, se draper dans sa vertu comme
cela. Il oublie de dire, lui, que le gouvernement, quand il s'engageait
à faire siéger jusqu'à minuit, à ne pas
dépasser minuit, se gardait pendant ce temps le plaisir de nous faire
siéger le samedi jusqu'à minuit, ce que ne fait pas le
gouvernement actuel.
M. Lavoie: Et puis?
M. Charron: II se gardait surtout le plaisir... Allez-vous me
laisser m'exprimer un peu pour finir ma question de privilège et passer
au travail le plus rapidement possible? Il se gardait le plaisir, ce que n'a
pas gardé le gouvernement actuel, de faire durer la session
jusqu'à la fin de juillet, s'il le fallait, ou de faire durer la session
entre les Fêtes ou au mois de janvier, ce que nous ne faisons pas,
actuellement.
Mme Lavoie-Roux: Et le 28 août!
Des Voix: Le 28 août!
M. Lavoie: Le 28 août, avec la loi 101!
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! A l'ordre,
s'il vous plaît, messieurs!
Pour que cela ne s'éternise pas aujourd'hui, M. le leader
parlementaire du gouvernement.
M. Rancourt: M. le Président...
M. Charron: D'accord? Vous êtes prêts à
travailler, là?
M. Rancourt: ... en vertu de l'article 34.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, le
député de Saint-François essaie, depuis deux heures, de
dire un mot en vertu de l'article 34, voudriez-vous le reconnaître?
Le Président: M. le député de
Saint-François. M. Rancourt: Merci. Une Voix: M'as-tu
vu?
M. Rancourt: C'est justement parce que je ne suis pas un
m'as-tu-vu que je m'adresse au leader ce matin.
M. Lavoie: Non, c'est la première fois.
Discussion relative au projet de loi no 116
M. Rancourt: Comme nous sommes aujour-d hui le 21 décembre
et qu'il y a urgence pour les agriculteurs, j aimerais savoir ce qui arrive au
projet de loi 116
M. Charron: M. le Président, ce qui arrive au projet de
loi 116, c'est deux choses: le désir du gouvernement de le voir adopter
et l'offre faite depuis déjà quelques jours. Je le fais à
ce moment-ci encore une fois: Si les collègues de l'Opposition
consentaient, dans la journée d'aujourd'hui, à considérer
ce projet de loi, nous sommes disposés à le faire. Pour le
moment, malgré les représentations faites de ma part et de la
part du ministre de l'Agriculture, les collègues de l'Opposition, chacun
leur tour ou à peu près, ont refusé de nous accorder le
consentement requis pour l'étude de ce projet de loi. Dans ces
circonstances, ma réponse au député de
Saint-François est qu'à moins qu'il n'y ait consentement unanime
pour procéder ce que nous sommes prêts à faire
sur ce projet de loi aujourd'hui, il est malheureusement reporté
à la prochaine session.
Des Voix: Consentement.
Le Président: M. le député de
Montmagny-L'Islet.
M. Giasson: M. le Président, dans la continuité des
commentaires que nous avons entendus avant la demande du député
de Saint-François en vertu de l'article 34, il faut tout de même
placer la vérité dans sa vraie dimension. Le projet de loi 116 a
été déposé devant cette Assemblée par
crainte des répercussions sur toute la structure de mise en
marché au Québec d'un jugement qui a été rendu par
la Cour suprême. Ce jugement n'a pas été rendu en octobre
ou en novembre 1978; c'est un jugement de janvier dernier. Et la raison pour
laquelle on dépose la loi 116, c'est pour faire en sorte de
protéger toutes les structures et les organismes de mise en
marché au cas où des producteurs, dissidents ou non,
décideraient de se prévaloir des dispositions du jugement de la
Cour suprême. Face à cela, il faut reconnaître que la loi
116 aurait dû venir devant l'Assemblée il y a déjà
des mois. On nous l'a apportée encore à la dernière
minute!
Quant à moi, à l'intérieur de ma formation
politique, après avoir jeté un coup d'oeil sur le contenu de
cette loi, j'ai conseillé à mes collègues de ne pas
s'opposer de façon totale à ce projet de loi. Il me paraît,
cependant, que, dans un premier temps, on devrait donner notre accord
immédiat de manière que la loi soit scindée afin de faire
adopter par l'Assemblée nationale du Québec les dispositions de
l'article 7 du projet, ce qui permettrait de valider toutes les
décisions rendues par d'autres Législatures et par le
gouvernement fédéral, qui avaient fait l'objet d'une étude
par la Cour suprême qui a débouché sur la décision
qu'on a rendue. Dans le but de valider et de rendre légales toutes les
opérations qui ont été menées en vertu de lois
fédérales à la suite d'ententes et d'accords signés
par les provinces, je suis prêt à ce que le leader, scindant son
projet de loi, l'amène pour continuer le débat en deuxième
lecture et franchir les autres étapes de façon que ce projet de
loi modifié soit adopté et sanctionné au cours de
l'année qui va finir bientôt.
Qu'on nous amène une loi divisée on peut le faire
en vertu d'une disposition de notre règlement et nous allons
rendre valides toutes les décisions qui ont été rendues.
Cela va protéger tous les offices de producteurs et toutes les
structures de mise en marché qu'on veut protéger par la loi 116,
quitte, à l'ouverture de la prochaine session, à revoir en
profondeur les dispositions d'autres articles qui se trouvent dans la loi 116
pour permettre le fonctionnement continuel de nos plans de mise en
marché, ici au Québec.
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: Sur ce point, puisqu'on semble vouloir rejeter la
responsabilité exclusive de la situation actuelle sur l'Opposition, je
pense que/pour la bonne gouverne de tout le monde, il est important de replacer
les choses dans leur contexte. Ce n'est pas le député de
Beauce-Sud, ni le député de Montmagny-L'Islet qui appellent les
deuxièmes lectures des projets de loi. Ce n'est pas, non plus, le
député de Brome-Missisquoi, ni le député de
Huntingdon. Cela appartient au gouvernement. La deuxième lecture n'est
pas encore adoptée et ce n'est pas ma faute. (12 h 30)
Je ne suis pas encore intervenu en deuxième lecture sur le projet
de loi no 116. Je n'ai pas encore eu l'occasion de le faire. Nous avons
affiché nos couleurs et le gouvernement en a été
avisé depuis une semaine, déjà, à l'effet
que le projet de loi devait être scindé, étant donné
l'urgence d'une situation causée par le jugement de la Cour
suprême, étant donné aussi les pouvoirs qu'on accorde
des pouvoirs beaucoup plus grands à tous les offices de
mise en marché, à cause des dispositions des articles 2 et 3 dans
le projet de loi.
J'ai fait ce qu'on pourrait appeler du "lobbying " hier, une partie de
la journée, pour essayer de solliciter un consentement auprès de
mes collègues et je suis prêt à donner ce consentement
aujourd'hui, M. le Président, de façon qu'on scinde la loi et que
la partie qui concerne le vide qu'on retrouve à cause du jugement de la
Cour suprême soit accordée. Je ne veux pas parler au nom de mes
collègues mais, en ce qui me concerne, je suis prêt, je suis
même prêt à faire encore des représentations
auprès de mes autres collègues qui seraient plus ou moins
convaincus, pour tâcher qu'on puisse procéder de cette
façon.
En ce qui a trait à tout le projet de loi dans son ensemble, on
ne peut quand même pas aller jusqu'à demander aux
députés: Ecoutez, vous ne parlerez pas, fermez-vous les yeux, on
est obligé de voter cela. Je pense qu'on manquerait de façon
très grave à nos responsabilités, et je tiens bien
à dire qu'il ne s'agit pas dans mon esprit de remettre en cause
l'existence des plans conjoints. Il n'est pas du tout question de cela. Qu'on
ne charrie pas, qu'on ne fasse pas en sorte de créer des
épouvantails et de faire peur au monde là-dessus.
II ne sagit pas du tout de remettre en cause l'existence des plans
conjoints, il s'agit tout simplement de faire en sorte qu'à cause du
jugement de la Cour suprême des dispositions soient prises afin de
permettre que ce qui est fait à ce jour puisse continuer. C'est
cela!
Mon appui est donné au gouvernement et à mes
collègues qui voudront parler dans ce sens.
M. Dubois: M. le Président...
Le Président: M. le député de
Huntingdon.
M. Dubois: Merci. Je pense que tous savent et le
député de Montmagny-L'Islet en a fait part tout à I heure
qu'il y a dix mois que le jugement de la Cour suprême est rendu.
Je pense que le ministre de l'Agriculture aurait pu, bien avant il y a quelques
jours, nous amener le projet de loi 116 pour qu on puisse étudier
à fond et qu'on connaisse toutes les implications de ce projet de loi.
Voter un projet de loi aussi important au rouleau compresseur, je ne suis pas
prêt à cela.
De toute façon, pour la protection des agriculteurs et des plans
conjoints actuels, je serais prêt à ce que le projet de loi soit
scindé et qu'on étudie I'article 7 amendé en plus.
L'article 7 tel qu'inclus dans le projet de loi, je ne l'accepte pas. Je serais
prêt à discuter un amendement sur l'article 7 aujourd'hui
même et qu'on puisse valider les prélevés
déjà perçus et non les prélevés qui ne sont
pas encore perçus. C est dans ce sens-là que j amènerais
un amendement à l'article 7 et c'est dans ce sens-là seulement
que je serais prêt à travailler à cet article. Je vous
remercie.
M. Garon: M. le Président.
Le Président: M. le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: Depuis hier les partis de lOpposi-tion parlent de
scinder le projet de loi...
M. Lavoie: II y a quinze jours qu on en parle. Une Voix: Cela
fait peut-être quinze jours.
M. Lavoie: A rencontre de...
Une Voix: Quinze jours, trois semaines.
La semaine dernière mon collègue de Huntingdon et
moi-même avons demandé au ministre s'il avait l'intention de
scinder le projet de loi 116, pour qu'on puisse procéder à une
discussion normale. Il nous a répondu: Non.
Cela est officiel et consigné au journal des Débats.
J'aimerais que ce soit clair.
M. Garon: M. le Président.
Le Président: M. le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: Toutes les opinions juridiques que j'ai, sans aucune
exception, me disent que c'est impossible de scinder le projet de loi pour
occuper le champ laissé par la gouvernement fédéral.
Je mets au défi je comprends qu'il y a des gens qui sont
experts en tout le Parti libéral et I'Union Nationale, le
député de Beauce-Sud de me produire des avis juridiques d'avocats
qui les ont signés pour dire qu il est possible de légaliser les
plans conjoints existants en occupant le champ laissé par le
gouvernement fédéral, tel que le demande la Cour suprême,
en faisant autrement qu adopter les articles prévus et non seulement I
article 7.
Je vous mets au défi d'avoir des opinions juridiques qui vous
disent si on peut obtenir des résultats recherchés en adoptant
seulement l'article 7. Je vous défie de faire le dépôt
d'opinions juridiques parce qu'il n'y a pas des dizaines d'experts en droit
agricole au Québec. Toutes les opinions que j'ai, sans aucune exception,
arrivent au même résultat. Je voudrais dire également, M.
le Président, que n'étant pas connu comme un
fédéraliste à tous crins, je vous dirai: Voici la
situation telle que me la donne le président de la Régie des
marchés agricoles, M. Benoît Lavigne, après avoir fait le
tour des provinces du Canada le 18 décembre pour les placements.
Les amendements des textes légaux par suite de l'arrêt de
la Cour suprême qui a été rendu le 19 janvier j'en
ai eu une autre au mois d'octobre 1978... Je dois dire aussi que pour les gens
qui disent qu'on aurait dû faire cela plus vite, toutes les provinces,
à la vue de nos jugements, ont été estomaquées et
ont pris des mois à se démêler dans ce jugement-là.
Pour le lait, parce que dans d'autres provinces il y a des lois
séparées pour le lait et pour tous les autres produits agricoles,
trois provinces ont amendé leur loi: l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et
l'Alberta. Deux provinces ont des textes en préparation: la
Colombie-Britannique...
M. Bellemare: Question de règlement. L'honorable ministre
de l'Agriculture a récité tout cela pendant sa deuxième
lecture et il n'y a pas eu d'autres discours.
Une Voix: Parce qu'il y a du monde en haut.
M. Bellemare: Cela n'est pas raisonnable, M. le Président.
Il parle pour la galerie actuellement. Cela est contre...
Le Président: M. le ministre de l'Agriculture, je vous
ferai remarquer qu'encore une fois on a fait un débat tout à
l'heure au sujet d'un consentement à donner ou à ne pas donner.
Mais les autres opinants ne sont pas intervenus sur le fond du problème,
sauf quelques-uns, dont le député de Montmagny-L'Islet. Je vous
demande d'abréger précisément pour que la Chambre puisse
faire les travaux qu'elle a à faire aujourd'hui surtout.
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: Je voudrais simplement donner la situation des
provinces.
Une Voix: II l'a fait son discours. Une Voix:Laissez-le donc parler.
M. Bellemare: Vous voulez lui faire passer son maudit discours
avant, avant la fin de la session.
Le Président: A l'ordre!
M. Bellemare: ...discours de deuxième lecture et on a
personne pour...
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Oois-je
vous signaler que les trois opinants qui sont intervenus avant le ministre de
l'Agriculture n'ont pas été interrompus. J'ai demandé au
ministre de l'Agriculture de tirer des conclusions. M. le ministre, je ne
voudrais pas que vous répétiez ce qui a déjà
été dit en cette Chambre et je vous demande votre collaboration
pour abréger ce débat qui n'est presque pas permis en vertu de
notre règlement de toute manière.
M. Garon: Alors, je dirai tout simplement, M. le
Président, que toutes les provinces, qui n'avaient pas de loi pour
couvrir le champ laissé par la Cour suprême du Canada, ont
adopté des lois rétroactives si nécessaire ou elles sont
sur le point de le faire. Le Québec pour respecter ces ententes qui ont
été conclues pour le lait en 1971, pour les oeufs en 1973, pour
le dindon en 1975 et le plan national du poulet que nous avons augmenté
à la demande unanime des producteurs de la volaille, d'avoir un plan
national du poulet que nous ne serions pas capables de signer actuellement
parce que nous n'avons pas les pouvoirs de le faire et que le champ
fédéral est inoccupé maintenant... Ces plans-là ont
besoin de cette législation rétroactive pour qu'ils puissent
fonctionner.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Beauséjour: M. le Président...
Le Président: M. le député d'Iberville.
M. Beauséjour: J'ai une question à poser au leader.
Face à ce qui semble quand même être une situation qui a une
certaine urgence, c'est-à-dire le projet de loi 116, je voudrais
demander au leader s'il peut prévoir, entre Noël et le Jour de
l'An, une session spéciale d'urgence sur le projet de loi.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Beauséjour: Si le projet de loi ne pouvait pas
être réglé aujourd'hui.
M. Charron: M. le Président, autant le règlement
auquel est soumise maintenant cette Assemblée depuis un an et demi
m'oblige à mettre fin à la session à une date fixe, ce
qui, à l'occasion, nous oblige à siéger plus tard que
minuit, le soir, autant le même règlement m'interdit de convoquer
l'Assemblée nationale avant le 1er février à moins de
questions d'urgence. (12 h 40)
Evidemment, nous n attendrons pas qu'un certain nombre de producteurs
agricoles, par exemple, dans le domaine laitier, qui le pourraient, en vertu d
un geste commis par l'Ontario qui, elle, dispose désormais de cette loi
et de ces pouvoirs, mettent littéralement fin à la situation du
plan conjoint dans la production laitière. Nous n'attendrons pas que
cela tourne à la catastrophe.
Je réponds simplement au député que, dès que
I'urgence à tout homme de bonne volonté et à ceux qui
suivent I actualité apparaîtra suffisante, je n'hésiterai
pas, si c est mon devoir de le faire, à convoquer I Assemblée
pour adopter ce projet de loi.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: M. le Président, je voudrais faire motion pour
que se réunisse, si j'ai le consentement de I Assemblée, à
compter de 14 h 30, cet après-midi, jusqu à 18 heures et, ce
soir, de 20 heures jusqu'à ce qu elle ait terminé ses travaux, la
commission du travail pour I'étude article par article de la loi 110, au
salon rouge; la commission de I'Industrie et du commerce, pour l'étude
article par article du projet de loi 108, à la salle 81-A.
Du même souffle, si je peux le glisser dans ma motion j en
ai avisé mes collègues leaders lors de la réunion hier, il
ne semblait pas y avoir d objection que, dans une autre salle, à
la salle 81-A, en même temps que la Chambre procédera à des
prises en considération de troisèmes lectures qui sont au
feuilleton, la commission des affaires municipales puisse se réunir pour
I étude article par article du projet de loi 112, et que, lorsque
celle-ci aura terminé, la commission du tourisme, de la chasse et de la
pêche reprenne le travail entamé hier soir sur I étude
article par article du projet de loi 71 à la salle 91.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
M. Lavoie: En ce qui nous concerne je ne sais pas ce que
les autres partis désirent par mesure exceptionnelle, nous allons
donner notre consentement pour que ces trois commissions siègent en plus
de I Assemblée nationale pour permettre d'avancer les travaux, M. le
Président.
Le Président: M. le leader parlementaire de I Union
Nationale.
M. Bellemare: M. le Président, nous allons consentir pour
cet après-midi seulement.
Le Président: Est-ce que la motion est adoptée?
M. Bellemare: Le leader a dit: De 20 heures jusqu'à ce que
la commission décide d'ajourner.
Il a dû avoir un trou de mémoire, parce que notre
règlement stipule qu'à minuit tout doit être fini.
M. Charron: Je n'ai pas dit jusqu'à ce qu elle
décide d'ajourner, j'ai dit jusqu'à ce qu elle ait fini son
travail.
M. Bellemare: Ah oui! mais pas après minuit!
M. Charron: Si elle n'a pas fini son travail à minuit, il
est bien entendu que la guillotine de minuit s abat.
M. Bellemare: Cela va.
Le Président: Alors, motion adoptée.
M. Charron: M. le Président, puis-je donner avis, avant de
donner des réponses au feuilleton, d un certain nombre de sujets?
Une Voix: Le rapport.
M. Charron: Ah oui! Le rapport, M. le Président.
Le Président: M. le député de Bourassa.
Rapport de la commission ayant
étudié
les projets de loi nos 51, 65, 102,
80, 88, 89 et 81
M. Laplante: Je m'excuse du retard de ce matin. M. le
Président, j'ai l'honneur de vous faire rapport que la commission
permanente du revenu a étudié article par article les projets de
loi suivants: no 51, Loi sur les droits successoraux; no 65, Loi modifiant la
Loi des impôts et certaines dispositions législatives d'ordre
fiscal; no 102, Loi modifiant la Loi du ministère du Revenu.
Ces trois lois ont été adoptées avec des
amendements.
No 80, Loi modifiant de nouveau la Loi de la taxe sur les repas et
l'hôtellerie; no 88, Loi modifiant la Loi des licences; no 89, Loi
modifiant de nouveau la Loi de la taxe sur les carburants; no 81, Loi modifiant
de nouveau la Loi de l'impôt sur les ventes en détail. Ces
dernières lois ont été adoptées sans amendements.
Merci, M. le Président.
Le Président: Est-ce que le rapport sera
adopté?
M. Lavoie: M. le Président, nous sommes prêts
à adopter le rapport et même pour aider le feuilleton, nous
serions prêts, si vous voulez, à passer à la
troisième lecture de ces projets de loi sur division certainement, et je
crois qu'il n'y aurait même pas d'intervention de notre part en
troisième lecture.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Union
Nationale.
M. Lavoie: Si cela peut vous aider. M. Charron: Je vous en
remercie.
M. Bellemare: II y a sûrement dans cela un effort louable
qui a été fait pour déblayer le terrain et sur les trois
projets de loi qui sont amendés, le 51, le 65 et le 102, nous aurions
deux mots à ajouter sur les amendements et nous serions prêts
immédiatement après à passer en troisième
lecture.
M. Charron: Est-ce qu'on peut garder cela au tout début
après que j'aurai donné les avis?
M. Bellemare: Oui.
M. Charron: On liquidera cela au moins avant 13 heures. M. le
Président, parmi les avis que j'ai à donner, un certain nombre
sont d'importance. D'abord, le premier ministre s'est engagé au retour
de la conférence constitutionnelle à ce que l'Assemblée
nationale soit saisie des projets de révision constitutionnelle qui sont
sur la table. Il n'y a pas eu de rencontre de la commission au cours de cette
session, mais je voudrais tout de suite que les députés
intéressés, en particulier les députés membres de
la commission de la présidence du conseil et de la constitution, mettent
en réserve à leur agenda les journées du 17 et 18 janvier
prochain, le 17 à compter de 15 heures toutefois seulement
à compter de 15 heures et le 18 toute la journée, si
besoin est, pour qu'avec le ministre des Affaires intergouvernementales on
puisse faire le point sur la situation, je pense bien.
M. le Président, de même que le 18 janvier prochain, la
commission des engagements financiers, qui n'a malheureusement pas pu
siéger dans le mois de décembre, serait appelée à
se réunir pour rattraper son retard et que le 25 janvier, soit le jeudi
qui suit, elle se réunisse à nouveau, cette fois pour
procéder à l'étude régulière de la
séance du mois de janvier qui est habituellement le dernier jeudi de
chaque mois.
Je ne peux pas pour le moment mes collègues comprendront
pourquoi préciser à quel moment, par exemple, la
commission des affaires municipales tiendra ses séances sur le projet de
loi de la régie du logement qui a été
déposé, ni à quel moment la commission du travail, projet
de loi qui a été déposé ce matin... Je m'engage du
moins à prévenir au moins une dizaine de jours à l'avance
mes homologues des autres partis pour que chacun, et bien sûr les
députés des partis non reconnus, pour que chacun puisse se
préparer en conséquence. En fin de session, je n'ai pas
été capable de planifier plus que cela. Je voudrais... Affaires
sociales également, M. le Président, sera convoqué quelque
part vers la fin de janvier pour
l'étude article par article du projet de loi no 84 qui lui a
déjà été déféré.
Je veux corriger tout de suite une erreur de tout à l'heure, M.
le Président, peut-être seulement une correction. Dès que
le ministre délégué à l'aménagement a eu
déposé le projet de loi no 125, j'ai fait motion pour le
déférer à la commission de l'aménagement. Celle-ci
n'existe pas puisqu'il s'agit d'un ministère d'Etat.
M. Lavoie: II existe un ministère.
M. Charron: II existe un ministère, comme vous aurez
l'occasion de le constater lors de I'étude du projet de loi, mais je
voudrais modifier ma motion de tout à l'heure pour que ce soit
plutôt la commission des affaires municipales qui soit saisie de ce
projet de loi qui a été déféré tout à
l'heure. Est-ce que j'ai le consentement, M. le Président?
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement à cette
modification?
M. le leader parlementaire de l'Union Nationale.
M. Bellemare: Juste un instant; le leader du gouvernement nous a
dit qu'il y aurait sur le projet de loi no 84 une étude article par
article. Je voudrais savoir ce qu'il entend par là si ce n'est pas une
commission parlementaire normale pour entendre les parties. C'est
l'étude article par article, c'est nouveau.
M. Charron: Ce n'est pas nouveau, c'est le mandat qu'a
déjà la commission, mais la commission n'a pas été
rappelée actuellement.
M. Bellemare: Entre les sessions, c'est un programme tout
à fait nouveau.
M. Charron: C'est toujours possible.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement pour rectifier
la motion visant à déférer la Loi de l'aménagement
du territoire?
M. Lavoie: Consentement. Le Président:
Consentement. M. Charron: M. le Président...
M. Lamontagne: M. le Président, est-ce que le leader
aurait l'amabilité de nous résumer sur une seule feuille tous ses
avis, pour distribution aux parlementaires, cet après-midi, pour toutes
les commissions de l'intersession? (13 h 50)
M. Charron: En fait, il y en a très peu de fixées.
Je peux les répéter rapidement. Les 17 et 18 janvier,
constitution; les 18 et 25 janvier, engagements financiers. Ce sont les deux
seules auxquelles j'ai donné des dates précises. Les autres, je
me suis engagé à les communiquer dix jours à I avance.
M. Grenier: Suite à la demande du whip du Parti
libéral, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu, quand même, je pense
que cela peut se faire?... Pour ce qui est des affaires sociales, entre autres,
c'est tout à fait prêt ou presque... Avoir des dates
approximatives pour qu'on puisse se faire un calendrier de travail dans nos
circonscriptions.
M. Charron: Cela fait partie de la même chose. Pour la
commission des affaires sociales, j'avertirai votre leader une dizaine de jours
auparavant. Cela vous permettra d'organiser votre travail. D'ailleurs, quand on
travaille en intersession, j'ai pris l'habitude dernièrement, quand il
s'agissait des commissions du mois de septembre, avant qu'on se
réunisse, de présenter un projet de dates aux collègues
plutôt que de les aviser, parce que le député peut
être dans sa période de vacances ou en tournée dans son
comté, etc. On fait cela à l'amiable. Je pense qu'il n'y a jamais
eu trop de problèmes là-dessus.
Le Président: M. le député de
Verchères.
M. Charbonneau: Est-ce qu'il y a encore possibilité de
poser une question au leader en vertu de l'article 34 rapidement? Simplement
pour lui demander si le projet de loi sur la municipalité de Varennes...
Pardon?
M. Charron: ...
M. Charbonneau: Merci, monsieur.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: M. le ministre du Travail me souffle qu'en vertu dune
motion adoptée par cette Assemblée, la commission du travail et
de la main-d'oeuvre doit se réunir avant le 1er mars sur la question du
règlement de placement dans I'industrie de la construction. On
respectera la motion de l'Assemblée pour cela aussi, mais je ne peux
fixer une date. Je m'en tiendrai aux dix jours que je viens d'annoncer.
Rapidement...
M. Roy: ... Suite à l'annonce que nous venons d'apprendre,
si un projet de modification de règlement nous sera soumis suffisamment
de temps avant la commission pour que nous puissions être en mesure de
l'examiner.
Le Président: M. le ministre du Travail.
M. Johnson: M. le Président, sur cette question de
règlement de placement, il est possible que l'Office de la construction
du Québec me demande de faire approuver par le Conseil des ministres des
modifications à ce règlement, à cause des délais au
niveau administratif, étant donné que les nouveaux certificats
doivent être renouvelés en vertu de la loi le 1er mars. Je pense
qu'il ne faudrait pas, et j'ai eu l'occasion de le dire
lors de ce débat, empêcher d apporter les correctifs le
plus rapidement possible, ce qui n empêche pas évidemment qu'en
commission on aura I occasion de discuter de tout cela.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
Questions inscrites au feuilleton
M. Charron: J'ai des réponses à des questions du
feuilleton, M. le Président. D'abord, à la question no 1)...
M. Bellemare: Bon, depuis le 22 février.
M. Charron: Je vous donne l'occasion de me remercier.
M. Bellemare: Quoi!
M. Charron: De me remercier tout de suite.
M. Bellemare: Vous remercier de quoi?
M. Charron: Vous me l'avez demandée assez souvent!
Question de M. Bellemare; la réponse vient de M. Parizeau. Je fais
motion, M. le Président, pour que cette réponse soit
transformée en dépôt de document.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
M. Parizeau: Document déposé, M. le
Président.
M. Charron: Question no 3) au nom de M. Dubois; la réponse
vient de M. Garon. Je fais motion pour que cette réponse soit
transformée en dépôt de document.
Le Président: Cette motion est-elle adoptée? M.
Lavoie: Adopté. Le Président:Adopté.
M. Garon: Documents déposés, M. le
Président, documents qui ont coûté cher en recherches.
Le Président: Documents reçus.
M. Charron: Question no 5) de M. Grenier; la réponse vient
de moi. J'ai lu la question et cela me fait plaisir d'y répondre, (voir
annexe)
Question no 9 de M. O'Gallagher; la réponse devant venir de M.
Léger, je fais motion pour que cette question soit transformée en
dépôt de document.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
M. Léger: Document déposé.
M. Charron: Question no 29) de M. Grenier; la réponse
devant venir de M. Duhaime, je fais motion... Non, c'est tout, il n'y a pas de
motion.
M. Duhaime: J'ai pris connaissance de la question et j'y
réponds. (voir annexe)
M. Charron: Question no 30) de M. Grenier; la réponse est
aussi de M. Duhaime.
M. Duhaime: Idem, M. le Président. (voir annexe)
M. Charron: La question no 31) vient de M. Grenier; la
réponse est de M. Duhaime.
Une Voix: C'est du service, cela!
M. Duhaime: J'ai lu la question et j'y réponds mutatis
mutandis. (voir annexe)
M. Charron: La question no 32) est de M. Grenier, la
réponse est de M. Duhaime, (voir annexe)
M. Duhaime: Je ne l'ai pas.
M. Charron: C'est 33), peut-être? Est-ce que 32 a
été déposé?
Une Voix: Oui.
M. Charron: Question no 33) de M. Picotte; la réponse est
aussi de M. Duhaime.
M. Duhaime: J'ai pris connaissance de la question et j'y
réponds. (voir annexe)
M. Charron: Question no 35) de M. Giasson, elle s'adresse
à M. Garon; je fais motion pour que la réponse de M. Garon soit
transformée en dépôt de document.
Le Président: Cette motion est-elle adoptée?
M. Lavoie: Adopté. Le Président:
Adopté.
M. Charron: Question no 39) de M. Picotte; la réponse
vient de M. Duhaime également.
M. Duhaime: J'ai pris connaissance de la question et cela me fait
plaisir d'y répondre. (voir annexe)
M. Charron: Question no 46) de M. O'Gallagher; la réponse
vient de M. Léger. Je fais motion pour que cette réponse soit
transformée en dépôt de document.
Le Président: Est-ce que cette motion sera adoptée?
Adopté.
M. Léger: Document déposé, M. le
Président.
M. Charron: A la question no 48) de M. Belle-mare, la
réponse vient du premier ministre. Je réponds en son nom et je
fais motion pour que cette réponse soit transformée en
dépôt de document.
Le Président: Est-ce que cette motion sera adoptée?
Adopté.
M. Charron: A la question no 49) de M. Charron, la réponse
de M. Léger.
M. Léger: Lu et répondu, M. le Président.
(voir annexe)
M. Charron: A la question no 52) de M. Lavoie, la réponse
vient de M. Morin, de Louis-Hébert, je réponds en son nom. (voir
annexe)
La question de 53) de M. Caron, la réponse vient de M.
Léger.
M. Léger: Lu et répondu, M. le Président.
(voir annexe)
M. Charron: La question no 61) de M. Belle-mare, la
réponse vient de M. Johnson. Je fais motion pour que cette
réponse soit transformée en dépôt de document.
M. Bellemare: Rien que pour une réponse?
M. Charron: La réponse est transformée en
dépôt de document.
M. Lavoie: Pour quelle raison, cela me paraît tellement
court!
M. Bellemare: C'est seulement deux pages!
M. Charron: D'accord, j'avais cela sur mon papier.
M. Johnson: M. le Président, j'ai lu la question et j'y
réponds.
M. Charron: La question no 62) de M. Bellemare, la réponse
vient de M. Claude Morin. Je fais motion...
M. Bellemare: C'est un document de deux ou trois lignes! Voyons
donc!
M. Charron: Non. Il s'agit bien d'un document, vous allez
voir!
Je fais motion pour que cette réponse soit transformée en
dépôt de document.
Le Président: Adopté.
M. Charron: A la motion no 76) de M. Ver-reault, la
réponse devant venir de M. Léger, le document sera
déposé par M. Léger.
M. Léger: M. le Président, je dépose le
document.
M. Charron: La motion no 95) m'était adressée comme
ministre responsable de la fête nationale du Québec, je
dépose le document, M. le Président.
Le Président: Document reçu. M. Lavoie:
C'est terminé? M. Charron: Oui.
M. Lavoie: Je dois dire que le leader parlementaire du
gouvernement a fait un effort remarquable pour répondre. Par contre,
j'aurais une petite question. Comment se fait-il qu'une question posée
le 28 février, il y a dix mois, l'article 8), qui ne me paraît pas
tellement compliquée et qui n'exige aucune recherche, n'ait pas encore
reçu de réponse: Quelles ont été les interventions
du gouvernement québécois lorsqu'il a appris que le Canadien
Pacifique avait décidé de transférer le fonds de retraite
de ses employés, soit $1 milliard, de Montréal à Toronto,
au début de l'été 1977. Il n'y a aucune recherche dans
cela, je crois.
M. Charron: C'est le no 8)? Ah bon!
M. Lavoie: Dix mois au feuilleton. Une deuxième, l'article
27), au nom de M. O'Gallagher, 23 mai. Depuis sept mois au feuilleton... Le
gouvernement ou ses offices, régies, commissions et
sociétés ont-ils retenu les services de Mme André
Ferretti, depuis le 26 novembre 1976 jusqu'au 30 avril 1978? Dans
l'affirmative, à quelle date, etc.?
Il ne me paraît pas que ces questions exigent
énormément de recherches, de complications ou de coûts
exorbitants de la part du gouvernement, pour y répondre.
M. Charron: M. le Président, j'accuse réception de
cette remarque du député. Si jamais cela pouvait venir pendant la
journée d'aujourd'hui, ce serait un plaisir de lui donner pour
Noël, sinon, cela fera partie de la motion qui ramène ces
questions-là au feuilleton ou il faudra la réinscrire au
début... On essaiera de faire diligence.
Je suis d'accord avec lui qu'à première vue, rien ne
semble difficile; mais, vraiment, je n'oublie pas sa première remarque
comme quoi un effort remarquable a été fait.
M. Bellemare: Je suis moi aussi d'accord pour dire que le leader
parlementaire du gouvernement a fait un effort considérable. Ce qui
m'étonne, et je vous cite le fait, c'est que tout à coup,
à la dernière minute, on a apporté des réponses qui
n'ont pas eu le temps d'être inscrites hier.
Une Voix: C'est Noël.
M. Bellemare: C'est Noël... On les a accumulées et
à un moment donné on les a livrées,
justement parce que les députés n'y seront pas pour...
Pourquoi n'a-t-on pas répondu à la question no 2? Pierre
Cloutier est-il à l'emploi du gouvernement, oui ou non? C'est bien
simple. Pourquoi ne pas avoir répondu à cela? Est-ce qu'il y a
une supposée partisanerie là-dedans? Je ne le sais pas.
M. Charron: Vous me prêtez des intentions. (13 heures)
M. Bellemare: Je ne vous ai rien prêté, parce que
vous ne me remettriez rien.
Le Président: Je vous souligne messieurs qu'il est temps
de suspendre nos travaux, à moins qu'il y ait un consentement
unanime.
M. Charron: On ne peut pas dire qu'on s'est tué à
l'ouvrage ce matin; est-ce que je pourrais avoir le consentement pour que les
quelques remarques du député de l'Union Nationale soient
émises, comme l'a indiqué le député et qu'on
suspende par la suite, mais avec nos projets de loi fiscaux adoptés en
troisième lecture. Quelques minutes, nous a-t-on dit.
M. Bellemare: On a quelques remarques à faire sur les
amendements. Si le député de Bellechasse nous dit que c'est
maintenant complet, nous n'ajouterons absolument rien, nous allons les
adopter... Aucun problème.
Projet de loi no 51 Troisième lecture
Le Président: Sans intervention, si j'ai bien compris, on
peut procéder à la mise aux voix, d abord, des troisièmes
lectures de projets de loi. J'appelle immédiatement le projet de loi 51,
Loi sur les droits successoraux. Est-ce que cette motion de troisième
lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Sur division, M. le Président.
Projet de loi no 65
Troisième
lecture
Le Président: Adopté sur division. Maintenant Loi
modifiant la Loi sur les impôts et certaines dispositions
législatives d'ordre fiscal, c'est-à-dire le projet de loi 65;
est-ce que cette motion de troisième lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Adopté sur division, M. le
Président.
Projet de loi no 80
Troisième
lecture
Le Président: Adopté sur division. Le projet de loi
80, Loi modifiant de nouveau la Loi de la taxe sur les repas et
l'hôtellerie; est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
Projet de loi no 81 Troisième lecture
Le Président: Adopté. Le projet de loi 81, Loi
modifiant de nouveau la Loi de l'impôt sur la vente en détail:
est-ce que cette motion de troisième lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Adopté, M. le Président.
Projet de loi no 88 Troisième lecture
Le Président: Adopté. Le projet de loi 88, Loi
modifiant la Loi des licences; est-ce que cette motion de troisième
lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Adopté, M. le Président.
Projet de loi no 89
Troisième
lecture
Le Président: Adopté. Le projet de loi 89, Loi
modifiant de nouveau la Loi de la taxe sur les carburants; est-ce que cette
motion de troisième lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
Projet de loi no 102
Troisième
lecture
Le Président: Adopté. Enfin, le projet de loi 102,
Loi modifiant la Loi du ministère du Revenu; est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
Une Voix: Cela n a pas été amendé, mais...
M. Lavoie: Adopté. Le Président: Adopté.
Projet de loi no 67
Troisième
lecture
M. Charron: II y en a une autre de M. le ministre des Finances; c
est la dernière à son nom. Troisième lecture du projet de
loi 67, Loi sur les loteries, les courses, les concours publicitaires.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement? M. Lavoie: Un
instant.
Le Président: J'appelle maintenant la troisième
lecture du projet de loi 67, Loi sur les loteries, les courses, les concours
publicitaires et les appareils d'amusement; est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Adopté sur division, M. le
Président.
Le Président: Adopté sur division.
M. Charron: Suspension des travaux jusqu'à 15 heures.
Le Président: Alors, avant de suspendre, M. le
député de Richmond.
M. Brochu: M. le Président, juste une information. Etant
donné que l'ordre des travaux a été un petit peu
bousculé, j'aimerais avoir une information sur une commission qui doit
siéger dans l'intersession. On sait que récemment une commission
a siégé et qu'une motion du chef de l'Union Nationale a
été acceptée afin qu'une sous-commission siège dans
l'intersession pour voir la possibilité d'accorder à
l'Assemblée nationale un droit de regard sur l'ensemble des
sociétés d'Etat. Est-ce que le leader du gouvernement a
maintenant une date à nous fournir à laquelle cette commission
pourra siéger?
M. Charron: Non, M. le Président. J'ai fourni les seules
dates précises que j'avais mais je tiendrai compte de cet
engagement.
M. Brochu: Merci.
Le Président: L'Assemblée suspend ses travaux
jusqu'à 15 heures.
Fin de la séance à 13 h 4
Reprise de la séance à 15 h 21
Le Vice-Président: A l'ordre, mesdames et messieurs!
Veuillez vous asseoir.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
Projet de loi no 90
Prise en considération du rapport de la
commission
M. Charron: M. le Président, je remercie encore les
collègues d'avoir adopté les troisièmes lectures avant la
suspension des travaux. Je crois qu'à la suite de l'annonce que j'avais
faite hier, il conviendrait maintenant de procéder tout de suite
à la prise en considération du rapport sur le projet de loi no 90
concernant la protection des terres agricoles du Québec. Avant de le
faire je vois le ministre de l'Agriculture qui arrive je voudrais
laisser au député de Laval et au député de Richmond
l'occasion de présenter une autre possibilité pour le moment, si
tel était leur choix, à moins qu'ils soient opposés
à ma suggestion de procéder immédiatement à la
prise en considération du projet de loi 90.
Le Vice-Président: M. le leader parlementaire de
l'Opposition officielle.
M. Lavoie: Je crois que nous sommes prêts à
procéder à la prise en considération du rapport sur la loi
90, Loi sur la protection des territoires agricoles. Est-ce que cela veut dire
qu'immédiatement après on passerait à la troisième
lecture?
M. Charron: Non, M. le Président. Ce serait plutôt
en soirée ou à la toute fin pour donner le temps à nos
collègues de l'Agriculture de souffler un peu, parce que d'autres
intervenants pourraient être suggérés sur la
troisième lecture par rapport à la prise en considération.
Quand celle-ci sera faite, pendant le temps où elle va se
dérouler, j'aviserai le député de Laval de ce que je veux
appeler immédiatement par la suite.
Le Vice-Président: Oui, M. le député de
Richmond.
M. Brochu: En ce qui nous concerne, je n'ai pas d'objection
à ce qu'on procède immédiatement à la prise en
considération du rapport. Cependant, j'ai simplement un petit
problème technique en ce moment. Vu qu'on arrive un peu rapidement avec
cette prise en considération, il faudrait d'abord que je vérifie
si le député qui est responsable de ce dossier peut être
disponible immédiatement. C'est une question de deux minutes, une simple
vérification et, en principe, on n'a pas d'objection.
M. Charron: On pourrait peut-être procéder par les
amendements suggérés par le député de
Montmagny-L'Islet. Le temps qu'il les explique, votre collègue aura
l'occasion de vous rejoindre. On est déjà 25 minutes en
retard.
Le Vice-Président: Oui, si vous le permettez, M. le leader
parlementaire du gouvernement, nous allons tenter juste un instant
de passer au travers. Je viens seulement de recevoir un avis
c'est conforme à l'entente d'hier d'un certain nombre
d'amendements proposés par M. le député de
Montmagny-L'Islet. Je souligne que je viens de les recevoir. Je ne sais pas
s'ils ont déjà été présentés en
commission. J'en tiens bonne foi de tous et tout est acceptable. D'autre part,
M. le leader parlementaire du gouvernement, il y aurait des amendements qui
viennent du gouvernement. C'est ce que je voudrais savoir, parce que l'article
123 le dit.
M. Charron: M. le Président, il n'y en a pas.
Le Vice-Président: Les seuls amendements seraient donc
ceux de M. le député de Montma-
gny-L'Islet. Dans ce cas, je pense qu'il n'est pas nécessaire
d'avoir de rencontre des leaders parlementaires et qu'on peut donner la parole
à M. le député de Montmagny-L'Islet.
M. Brochu: M. le Président... Le Vice-Président:
Oui.
M. Brochu: ... avec la permission de la Chambre, j'aimerais vous
indiquer qu'il n'y a pas de problème. On peut procéder
immédiatement en ce qui nous concerne.
Deuxièmement, avec la permission de la Chambre aussi, j'aimerais
revenir sur une information que j'ai demandée au leader du gouvernement
en terminant nos travaux, avant le lunch tout à l'heure. Lorsque la
commission parlementaire chargée d'étudier la possibilité
de former un comité de surveillance des sociétés d'Etat a
terminé ses travaux, elle a terminé et je vous le
rappelle, M. le Président, puisque c'est vous qui occupiez le fauteuil
de président également sur une motion que j'aimerais
peut-être vous lire puisqu'elle implique une échéance
aujourd'hui même. J'aimerais qu'on y donne suite dès que possible
pour qu'on puisse former ladite commission.
Cela se lit comme suit, M. le Président: "Le député
de Richmond demande qu'avant le 21 décembre soit fixé le nombre
de personnes qui seront responsables pour chacune des formations politiques. Le
président fait une motion formelle en ce sens qui se lit comme suit: Que
la commission serait composée de trois membres du parti
ministériel, d'un membre du parti de l'Opposition officielle et d'un
membre du parti reconnu de l'Union Nationale et que d'ici le 21
décembre, on fera rapport à la présidence des gens qui ont
été choisis selon ce que dit la motion dans chacune des
formations politiques." Ceci pour former, voir les avenues possibles pour
former ledit comité de surveillance des sociétés d'Etat.
En ce qui nous concerne, on a déjà fait connaître le nom de
la personne qui sera responsable pour l'Union Nationale de ce dossier. En
l'occurrence, je m'en occuperai. Mais il faudrait que l'Opposition officielle
et le gouvernement fassent connaître le nom de leurs membres aujourd'hui
pour qu'on puisse fonctionner.
M. Charron: Avant la prorogation de la session, M. le
Président, ce soir, sans doute.
Le Vice-Président: D'accord. Oui, M. le leader
parlementaire de l'Opposition officielle.
M. Lavoie: Excusez-moi. Avant de commencer, de donner la parole
au député de Montmagny-L'Islet sur les amendements
proposés par l'Opposition libérale au projet de loi no 90, est-ce
que je pourrais demander au leader du gouvernement quels sont les articles du
feuilleton qu'il entend appeler dès après pour que je puisse
retrouver, contacter les députés libéraux responsables des
différents dossiers.
Le Vice-Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Ce sera tout de suite après la deuxième
lecture du projet de loi no 100 concernant comment s'appelle-t-il
déjà? J'en ai assez dans la tête, M. le Président
la Loi favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles sur
laquelle nous avons convenu de faire la deuxième lecture, la commission
plénière et la troisième lecture. Entre-temps, j'aurai
l'occasion d'indiquer aux députés...
M. Lavoie: Le prochain, après...
M. Charron: Les troisièmes lectures, 3, 4, 5.
M. Lavoie: D'accord.
M. Charron: C'est déjà assez.
Le Vice-Président: D'accord. Est-ce qu on pourrait s
entendre sur le débat qui va commencer? Avant que vous ne commenciez, M.
le député, on pourrait s'entendre en gentilshommes sur le
débat qui va commencer. Il y a donc des amendements du parti de
l'Opposition officielle. Nous les voterons en bloc. Je pense que c'est à
la discrétion de la présidence de le faire en vertu de I article
123.
Deuxièmement, je pense qu'en vertu aussi de nos
règlements, article 94, paragraphe 2, M. le député de
Montmagny-L'Islet aurait 30 minutes pour s exprimer. Ensuite, nous verrons si
nous parlerons des amendements et du rapport en général. Cela
va?
M. le député de Montmagny-L'Islet.
M. Giasson: M. le Président, est-il nécessaire de
rappeler que depuis trois semaines, les députés de cette
Assemblée, membres de la commission parlementaire de l'agriculture, ont
eu la possibilité d examiner, à peu près sous toutes ses
coutures, lensemble des dispositions qu'on retrouve à I intérieur
de la loi 90.
Dans un premier temps, nous avons d abord pris connaissance des nombreux
mémoires qui ont été déposés devant la
commission parlementaire de I agriculture pour entendre, après, les
individus, les organismes, les corporations qui sont venus exposer des opinions
diverses et variées sur les conséquences de l'application du
contenu de la loi 90. Or, nous avons constaté, à prendre
connaissance de ces mémoires et à écouter ces gens, que ce
qui avait fait l'objet de nos préoccupations que nous avions
exposées au cours du débat de deuxième lecture, que ces
gens partagaient à peu près les mêmes craintes, les
mêmes préoccupations.
Les députés membres de la commission parlementaire de
l'agriculture savent que nous avons proposé beaucoup d'amendements. Il
n'est pas question à ce moment-ci, M. le Président, de faire un
retour sur tous les amendements qui ont été soumis par
l'Opposition officielle. Nous avons préféré plutôt
déposer des amendements qui re-
présentaient pour nous des modifications nécessaires
à la Loi sur la protection du territoire agricole. Le premier amendement
consistait à faire reconnaître par le ministre de l'Agriculture le
droit qu'aurait un propriétaire de ferme ou un agriculteur de
procéder à une donation à ses enfants de son vivant. Il ne
s'agissait pas là de créer une espèce d'anachronisme par
rapport aux dispositions que nous retrouvions dans la loi. Loin de là.
Nous savons tous qu'au paragraphe 3 de l'article, déjà, il y
avait dans la loi des dispositions qui permettaient à un
propriétaire de ferme de disposer, au moment de sa succession, de ses
biens au profit de ses enfants. (15 h 30)
Si nous reconnaissions ce droit au propriétaire agricole de
disposer, à cause de son décès ou par succession, des
biens agricoles qu'il possédait, il nous a paru logique, acceptable et
sain de permettre à ce même propriétaire de disposer de son
entreprise agricole, toujours à l'endroit de ses enfants, de son vivant
puisque déjà la loi reconnaissait le bien-fondé de
transmettre ses biens au décès sans qu'il soit requis de recevoir
l'autorisation ou la recommandation de la Commission de protection du
territoire agricole.
Le ministre n'a pas jugé bon de recevoir cet amendement. Dans la
loi 90, nous touchons un droit fondamental qui est le droit de
propriété, qui est un droit qui a toujours existé dans
l'histoire du Québec. On touche effectivement l'ensemble de ce qui
constitue le droit immobilier au Québec et il aurait été
tout à fait logique de laisser cette possibilité à un
propriétaire de ferme de donner, de son vivant, son bien à l'un
de ses enfants.
Un autre amendement sur lequel nous avons soutenu longuement le
débat a été celui de la philosophie de l'application
complète de la Loi de la protection du territoire agricole. Nous avions
eu l'occasion, dès le débat de deuxième lecture, de livrer
notre avis ou notre opinion sur ce que nous considérions comme des
pouvoirs excessivement centralisés mis entre les mains d'une seule
commission, d'une commission unique qui aurait à appliquer le programme
de protection du territoire sur l'ensemble de cette section du Québec
qui est touchée par la zone provisoire agricole. Comme nous le savons
déjà par des indications assez précises que le ministre de
l'Agriculture nous a données au cours de nos débats, il a
l'intention, par un ou d'autres décrets, d'étendre la zone
provisoire à des régions du Québec qui n'ont pas encore
été touchées par le premier dépôt. Il nous a
semblé que faire mener le programme de toutes les activités de
protection et de contrôle par un seul organisme qui serait
constitué de quelques membres aurait posé des problèmes
aigus. Cela ne permettrait pas vraiment aux instances régionales, aux
gens délégués ou qui détiennent des pouvoirs en
vertu de la volonté de la population du milieu, de participer plus
directement dans les prises de décision que constituait la mise en
vigueur du programme de protection du territoire.
Nous n'avions pas proposé au ministre d'aller dans le sens des
recommandations de nombreu- ses municipalités qui sont venues devant la
commission parlementaire, non plus que dans le sens exprimé par d'autres
intervenants qui voyaient un rôle essentiel à être
joué par les conseils de comté dans la politique
opérationnelle de protection du territoire.
Ce n'est pas que nous rejetions le bien-fondé de la pensée
de ces gens qui voulaient voir les municipalités impliquées
directement; ce n'est pas, non plus, que nous n'acceptions pas le
bien-fondé également des suggestions visant à confier
davantage de responsabilités aux conseils de comté. Loin de
là, puisque vous vous rappelez, M. le Président, que, dans nos
débats, dès l'appel de la deuxième lecture, nous avions
indiqué une préférence pour la présence des
conseils de comté parce que cela paraissait être le bon sens et la
logique. Deuxièmement, nous savions que cela allait déjà
dans la pensée ou encore selon la philosophie du gouvernement qui nous
avait indiqué que, dans la mise en place d'une loi d'aménagement
du territoire et d'urbanisme, on voulait assurément confier beaucoup
d'espace et beaucoup de responsabilités aux conseils de comté.
Nous avions même dit, dès le début de la discussion sur la
loi 90, qu'il était inconcevable qu'un gouvernement, qui voulait
procéder à l'aménagement intégral du territoire en
laissant une large place aux instances régionales, municipalités
et conseils de comté, n'ait pas considéré les avantages
qu'il y aurait de procéder de la même manière pour la
protection du territoire agricole.
Mais au-delà de ces considérations, afin d'assurer une
plus grande homogénéité dans tout le programme de
protection du territoire agricole, nous avions suggéré au
gouvernement, en déposant les amendements, de se limiter non pas
à environ 60 conseils de comté, mais à 12 commissions
régionales qui épouseraient exactement les territoires couverts
par les régions administratives du Québec qui sont reconnues par
tous les ministères de ce gouvernement.
Nous avions la possibilité, je pense, de permettre une
application de la loi de protection qui aurait été beaucoup plus
représentative de la volonté du milieu, si le gouvernement avait
accepté de procéder par 12 commissions régionales.
D'abord, elles auraient été constituées de personnes
déléguées par des autorités de la région.
Nous avons surtout voulu éviter que la majorité des personnes
constituant la commission régionale ne soit pas représentative du
milieu agricole. C'est dans cet esprit que nous avions proposé, comme
constitution de la commission régionale, de laisser d'abord une place,
au plan régional, pour deux personnes suggérées par l'UPA,
c'est-à-dire qu'on pensait que l'UPA pouvait suggérer une liste
de personnes de cette région au ministre de l'Agriculture et que le
ministre aurait pu choisir sur la liste de noms soumis par l'UPA. Nous
remettions également entre les mains du ministre la possibilité
de choisir deux autres personnes qui seraient des fonctionnaires, mais qui
seraient choisies essentiellement par la volonté du ministre.
Nous voulions également une petite place au sein de la commission
je dis bien petite, parce que c'était vraiment minoritaire
pour ceux qui représentent les gouvernements régionaux, soit une
personne qui aurait été choisie parmi les noms
suggérés par cette association qu'on appelle l'Union des
municipalités, et également une autre personne qui aurait
été choisie parmi les suggestions faites par l'Union des conseils
de comté au Québec.
C'est donc dire que ces commissions régionales auraient
été constituées d'un groupe fortement majoritaire qui
aurait été soucieux d'abord et avant tout, de la protection du
territoire agricole, mais qui aurait pu également entendre des
considérations d'un groupe très minoritaire constitué par
deux personnes venant de délégations, soit de l'Union des
municipalités et de l'Union des conseils de comté.
On évitait, par une telle constitution de nos commissions
régionales, de faire une place trop large de
réprésentation des municipalités qui, très souvent,
peuvent avoir d'autres soucis que la protection immédiate du territoire
agricole, parce qu'on sait que les édiles municipaux sont touchés
par plusieurs champs d'opérations à l'intérieur du
territoire municipal. A cette fin, nous voulions être certains que ce
seraient vraiment les intérêts de protection du sol agricole qui
priment d'abord, en suggérant au ministre la constitution d'une
commission régionale composée majoritairement de deux
représentants suggérés par l'UPA et de deux fonctionnaires
choisis par le ministre. Il n'y avait donc aucun problème qu'il y ait un
contrôle de représentants venant du palier municipal.
Mais cette commission régionale, que nous avions proposée
dans nos amendements, avait un rôle qui dépassait largement celui
de la consultation ou de la simple suggestion. Nous pensions qu'on devait
confier à ces commissions régionales des pouvoirs de
décision mais pas des pouvoirs absolus et sans appel. Loin de là.
Ces gens-là auraient pu, par l'amendement que nous avions
proposé, effectivement travailler à la protection du territoire
agricole et avoir les pouvoirs de porter des jugements sur toutes les demandes,
toutes les activités qu'on va retrouver à l'intérieur de
l'opération. Mais les décisions qui auraient été
rendues par les commissions régionales étaient toujours sujettes
à approbation par la commission provinciale puisque, dans nos
amendements, nous gardions absolument intégrale la possibilité de
maintenir une commission provinciale qui aurait été comme un
tribunal au-dessus des commissions régionales pour revoir l'ensemble des
décisions et éviter parfois qu'en cas d'erreur ou en cas de
manque d'uniformité dans l'application de la loi pour l'ensemble de tout
le Québec d'une région à l'autre, notre commission
provinciale aurait toujours été au-dessus de cela pour assurer
l'équilibre, le respect des politiques de base qui étaient celles
de la protection du territoire agricole.
Nous faisions une suggestion, une recommandation au gouvernement par cet
amendement qui, à ma grande surprise, lorsque je l'ai découvert,
représentait une constante presque complète chez tous les groupes
qui sont venus devant la commission parlementaire. Si on exclut les avis ou les
opinions émis par la confédération de l'UPA, qui
n'attachait pas d'importance à la possibilité d'une commission
régionale, et également ceux émis par trois autres
fédérations de l'UPA affiliées à la
confédération, à peu près tous les autres
intervenants avaient largement appuyé la possibilité de faire
place aux instances locales ou régionales par la présence des
municipalités aux champs décisionnels, surtout celles qui avaient
déjà des schémas d'aménagement et des plans
d'aménagement à l'intérieur de leur territoire, les autres
voulant qu'on confie des responsabilités décisionnelles à
nos conseils de comté. (15 h 40)
Enfin, d'autres personnes et groupes sont venus à la commission
nous indiquer une préférence tout au moins pour une commission
régionale qui serait en mesure de porter des jugements et de travailler
beaucoup plus rapidement à l'intérieur d'une région
puisqu'ils n'avaient à peu près pas à se déplacer
sur de grands parcours. Il était facile de croire que les personnes qui
allaient constituer la commission régionale habiteraient les
régions dans lesquelles elles seraient appelées à
travailler.
Mais j'ai bien l'impression, surtout depuis que j'ai pris connaissance
rapidement du projet de loi déposé ce matin par le ministre
d'Etat à l'aménagement du territoire, qu'en cours de route il va
falloir que le ministre de l'Agriculture et la Commission de protection du
territoire agricole établissent un genre de synchronisme avec la
délégation de pouvoir que le ministre responsable de
l'aménagement du territoire veut mettre en vigueur par sa loi. Cela va
être très difficile de définir ce partage entre les
pouvoirs à être déterminés par une commission
provinciale créée par la Loi sur la protection du territoire
agricole et les pouvoirs que le ministre d'Etat à l'aménagement
du territoire veut confier aux conseils de comté et aux
municipalités.
Je vous dis déjà, M. le Président, que ce ne sera
pas facile d'établir le synchronisme. Ce sera très difficile de
départager le rôle de chacun et les pouvoirs à être
confiés à chacun. Je ne voudrais pas parler trop longtemps lors
du dépôt du rapport puisque, comme je l'ai dit, nous avons
largement discuté de toutes les questions qui touchaient la Loi sur la
protection du territoire agricole. Je ne voudrais pas passer sous silence
l'inexistence d'un véritable droit d'appel dans la Loi sur la protection
du territoire agricole.
Nous avons mené un débat assez long et assez soutenu
à l'intérieur de ce droit que nous aurions cru nécessaire
puisque, effectivement, lorsque la commission unique, la commission provinciale
aura rendu une multitude de décisions, la décision rendue par la
commission n'a pas de possibilité d'appel, même pas devant la cour
provinciale. Tout au plus, on retrouve dans la loi une possibilité de
révision de la décision rendue par la commission provinciale,
mais un droit de
révision qui est confié uniquement à la commission
de protection qui, elle, a rendu la ou les décisions. Autrement dit, on
demande aux mêmes personnes qui ont rendu les décisions, devant
toutes les requêtes, toutes les demandes d'exclusion, de retrait,
d'aliénation, enfin, de toute activité à
l'intérieur du territoire agricole, on demande aux mêmes
personnes, dis-je, qui ont rendu toutes ces décisions, d'être les
réviseurs de leurs propres décisions. C'est effectivement
l'inexistence d'un véritable droit d'appel et cela nous apparaît
une des grandes faiblesses également qu'on retrouve dans la Loi sur la
protection du territoire agricole.
Quand je dis cela, loin de mon esprit de mettre en doute la
compétence des gens qui vont constituer cette commission de protection
du territoire, mais ce sont des humains comme tout autre humain. Sans mauvaise
volonté, il est possible que ces gens puissent rendre des
décisions qui soient vraiment discutables. Si on avait accepté
d'introduire dans la loi un véritable droit d'appel, tout au moins
devant la cour provinciale, on aurait permis aux gens très nombreux qui
vont être touchés par l'application de cette loi d'avoir un autre
palier où ils pourraient se faire entendre en dehors de la commission
elle-même qui possède le seul droit de révision de la
décision qu'on a rendue.
Nous aurions également voulu voir apparaître dans la loi de
protection une autre possibilité de venir en aide à certaines
municipalités de la province qui vont être durement
touchées dans la projection de leurs revenus à la suite de
l'application de la Loi sur la protection du territoire agricole.
Dans les faits, nous avons accueilli quelques municipalités qui
sont venues à la commission nous dire et nous exprimer les craintes qui
étaient les leurs de voir une coupure de revenu fort importante par
suite des changements que la loi 90 apporte à la Loi de
l'évaluation foncière. J'ai à l'esprit le cas de la
municipalité de la ville de Repentigny qui nous affirme que si la zone
provisoire agricole appliquée dans cette municipalité
était retenue comme zone permanente, cette municipalité verrait
ses revenus diminuer de moitié, dans cette seule opération, parce
qu'il y a des terres qui sont évaluées aujourd'hui, à
l'intérieur de la municipalité, à $500, $1000 ou $2000
l'acre, si elles demeurent à l'intérieur de la zone agricole et
si les propriétaires décident de les cultiver pour mettre en
marché pour une valeur d'au moins $1000 de produits agricoles dans
l'année, ils vont se prévaloir du titre de producteur agricole et
ces évaluations que je viens de citer vont devoir nécessairement
être diminuées de façon à ne pas dépasser
$150 l'acre. C'est le cas de la ville de Repentigny.
D'autres municipalités, comme Saint-Eusta-che, ville de Laval,
Saint-Léon, Saint-Hubert et il y en a d'autres, sont venues devant la
commission parlementaire nous faire part des problèmes qu'à
toutes fins utiles elles vont subir. A cette fin, nous avons proposé au
ministre d'introduire dans sa loi une possibilité que ces
municipalités fassent appel au ministre des Affaires municipales pour
être en mesure de combler le manque à gagner qui vadécouler des changements d'évaluation sur une partie
importante du territoire de ces municipalités.
Le mécanisme d'appel possible à l'endroit du
ministère des Affaires municipales était toujours
conditionné et sujet à l'avis de la Commission municipale. On ne
laissait pas le ministre seul décider du bien-fondé. Il y avait
la présence de la Commission municipale qui devait procéder,
à l'étude des requêtes ou des demandes formulées par
ces villes et ces municipalités afin d'évaluer et de
déterminer si véritablement les changements à
l'évaluation foncière découlant de l'application de la loi
90 les justifiaient de demander au ministre des Affaires municipales une
contribution pour combler le manque à gagner afin de ne pas doubler la
taxe des contribuables dans certains cas à l'intérieur de l'une
ou l'autre de ces municipalités.
Il aurait été essentiel, à mon sens, M. le
Président, qu'on accepte la proposition d'amendement que nous avons
déposée afin de sécuriser ces municipalités
elles ne sont peut-être pas nombreuses au Québec, tout au moins
celles qui sont durement touchées afin qu'elles aient la
certitude qu'il y avait possibilité, par un des articles ou une des
dispositions dans la loi d'avoir une compensation à titre
d'indemnisation pour le manque à gagner aux taxes municipales et
scolaires par suite de l'application de l'article 21a de la loi sur
l'évaluation foncière qui est décrété par la
Loi sur la protection du territoire agricole.
Nous avons également voulu que le ministre de l'Agriculture
considère une demande fort sérieuse et fort bien
présentée par la Communauté régionale de
l'Outaouais, qui, depuis quelques années, par les pouvoirs qui lui sont
conférés dans la loi qui a créé la
Communauté régionale de l'Outaouais, a fait des efforts
exceptionnels et inouïs pour bâtir un véritable schéma
d'aménagement à l'intérieur de son territoire.
Ces gens avaient prévu de conserver des zones fort importantes
pour l'agriculture en fonction de la qualité du sol qui s'y trouvait. Ce
schéma avait été largement examiné, discuté
et soutenu par des forums populaires à l'intérieur de la
Communauté régionale de l'Outaouais. Après cette vaste
consultation et des études menées par des experts urbanistes et
d'autres professionnels qui avaient travaillé à la confection du
schéma d'aménagement, le ministre des Affaires municipales du
Québec avait reconnu le plan d'aménagement, l'avait
approuvé et avait dit à la Communauté régionale de
l'Outaouais: Vous avez bâti quelque chose qui respecte
intégralement tous les objectifs de l'aménagement du territoire.
On vous donne l'approbation. Continuez l'opération à
l'intérieur de ce schéma d'aménagement. (15 h 50)
Ces gens, lorsqu'ils ont pris connaissance des plans
déposés par le ministre de l'Agriculture après le 9
novembre, ont découvert que leur schéma d'aménagement ne
collait plus aux volon-
tés du ministre de l'Agriculture, puisqu'il y avait des zones
réservées, dans le schéma d'aménagement, pour du
développement urbain, que ce soit résidentiel, domiciliaire,
commercial ou industriel, qui, selon la volonté du ministre, devenait
une zone agricole provisoire. Ces gens avaient supplié le ministre de
l'Agriculture de reconnaître la qualité du schétna
d'aménagement que son collègue des Affaires municipales avait
déjà accepté. Nous avons donc proposé un
amendement, suppliant le ministre de reconnaître le schéma
d'aménagement de la Communauté régionale de l'Outaouais.
Là encore, nous n'avons pas pu le sensibiliser à cette situation
qui est créée dans l'Outaouais sur un plan d'aménagement
qui a coûté au-delà de $2 millions pour le constituer, le
bâtir de façon acceptable et reconnue par tous les
spécialistes de l'aménagement.
Nous avions aussi une réserve très grande et nous avons
fait des propositions au ministre d'utiliser exactement les pouvoirs de la Loi
de la fonction publique dans l'embauche du personnel de la commission. Nous
savons tous que cette commission doit être créée au tout
début de l'année 1979, de l'année qui débutera
bientôt. Afin que cette commission puisse se mettre sur pied et faire
face à la quantité de demandes qui vont l'inonder dès son
départ, parce qu'on sait qu'il y a déjà plusieurs demandes
qui sont rendues à la commission, même si elle n'est pas
créée, cette commission et le ministre devront
nécessairement adjoindre du personnel aux commissaires. Nous avons
exigé que le ministre procède intégralement selon les
dispositions de la Loi de la fonction publique pour l'embauche du personnel. Le
ministre n'a pas encore compris le bien-fondé de nos demandes et de nos
revendications de ce côté, puisqu'il s'est réservé
le pouvoir de procéder de façon arbitraire dans l'embauche du
personnel, tout au moins pour ce personnel qui va agir à compter de
janvier jusqu'au 1er juillet 1979. Ce ne serait qu'après le 1er juillet
1979 que tout le mécanisme prévu dans la Loi de la fonction
publique va se mettre en place, donc un espace très large pour le
discrétionnaire, pour le favoritisme, et nous l'avons signalé
largement au ministre lors du débat en commission parlementaire.
Ce sont là les amendements sur lesquels nous avons soutenu une
argumentation assez longue et assez forte pour tenter de convaincre le ministre
d'apporter les amendements qui nous paraissaient essentiels. Nous avons eu une
multitude d'autres amendements, mais qui n'avaient peut-être pas une
importance aussi grande que ceux que je viens de signaler au moment du
débat sur le dépôt de ce rapport.
Ces commentaires que nous faisons n'auront sans doute pas l'heur de
saisir la compréhension du ministre de l'Agriculture, mais pour nous,
ils étaient tellement fondamentaux qu'on se devait de rappeler à
l'attention du ministre et de cette Chambre la nécessité
évidente et absolue qu'aurait dû reconnaître le ministre de
l'Agriculture, de façon à intégrer ces amendements qui
étaient fondamentaux à l'intérieur de la Loi sur la
protec- tion du territoire agricole. Merci, Mme le Président.
Mme le Vice-Président: M. le député de
Huntingdon.
M. Dubois: Merci, Mme le Président. Nous avons cru bon de
ne pas présenter d'amendement au moment de la prise en
considération du rapport de la commission sur le projet de loi no 90. La
raison en est bien simple, c'est que depuis l'étude article par article
du projet de loi no 90, nous nous sommes efforcés d'apporter une foule
d'amendements valables et constructifs. Nous avons apporté, et j'en suis
persuadé, une contribution très honnête, valable et
énergique, et ceci tout au long de l'écoute des nombreux
mémoires que nous avons entendus de la part des intervenants, et
également durant toutes les nombreuses journées consacrées
à l'étude article par article du projet de loi no 90.
Le ministre n'a pas eu toute la souplesse voulue pour accepter et
évaluer d'une façon attentive les remarques et les amendements
que nous lui avons suggérés, amendements que nous croyons tous
très valables et très importants. Donc, il me semble utile de ne
plus retarder les travaux de cette Chambre. C'est la raison pour laquelle je
n'ai pas voulu apporter d'amendements que nous aurions pu discuter
profondément.
Je voudrais vous faire état de nos nombreuses
préoccupations sur plusieurs points qui furent largement
détaillés en commission. Nous avons fait connaître nos
positions sur maintes mesures incluses dans le projet de loi, sur de nombreuses
propositions, et il y a des points majeurs que j'aimerais indiquer ici. En tout
premier lieu, nous avons insisté, comme une foule d'intervenants, pour
qu'il y ait au moins douze commissions régionales au Québec, une
commission par région agricole. Je crois toujours, je persiste à
croire que nous avons les effectifs voulus dans chacune des régions
agricoles du Québec pour bien administrer une commission
régionale, toujours coiffée, évidemment, par la commission
nationale. Cela, nous le concédons volontiers. Je crois qu'on aurait
apporté beaucoup de souplesse au niveau de l'administration de ce projet
de loi; nous savons tous que les cas de révision qui seront
présentés à la commission seront par milliers. Quand je
dis des milliers, ce seront possiblement des dizaines de milliers.
Nous aurons à évaluer 614 plans proposés par les
municipalités du Québec et je ne crois pas qu'une seule
commission puisse arriver à des décisions rapides dans quelques
mois ou même dans un an. Cette commission va tellement être
inondée de problèmes qu'on pourra peut-être attendre deux
ou trois ans avant d'avoir un verdict. Cela me fait réellement peur et
cela m'inquiète pour certaines municipalités et pour plusieurs
résidents du Québec.
Ceci dit, il y a d'autres craintes qui ont été
formulées à l'effet qu'il n'y a aucun droit d'appel sur une
décision finale. Il y a peut-être un droit
d'appel au niveau de la commission, mais il n'y a aucun droit d'appel au
niveau d'une Cour supérieure ou d'une commission qui serait autre que
celle formée par le ministre de l'Agriculture. Dans une
démocratie, je crois qu'il serait important je persiste à
le croire que toute personne qui se sent lésée dans ses
droits puisse avoir un recours supérieur à la commission ou
à la régie d'Etat qu'on veut établir.
En Troisième lieu, nous avons trouvé inacceptable que la
commission puisse juger d'un cas particulier et qu'à la suite de son
jugement le gouvernement puisse retirer le dossier de cette commission et
prendre lui-même sa décision. On dit, au début du projet de
loi, que toutes les décisions seront prises par la commission. Au milieu
et vers la fin, on dit: On peut retirer de l'administration ou du
contrôle de la commission tout ce que le gouvernement peut juger bon. Je
crois que la commission vient de perdre quelques plumes et cela laisse place
à plusieurs petites choses qui peuvent être faites par le
ministère, par des membres influents du parti ou par le gouvernement. Si
on veut éviter des conflits d'intérêts, on devrait laisser
à cette commission pleine juridiction.
Le rôle municipal a été discuté par au moins
75% des intervenants, c'est-à-dire de ceux qui ont
présenté des mémoires. On laisse de côté les
élus du peuple, on en fait des transporteurs de documents,
c'est-à-peu près ce qu'on en fait. C'est tout l'égard
qu'on a vis-à-vis de nos conseils municipaux et nos conseils de
comté, et j'en suis vraiment déçu. (16 heures)
Le ministre d'Etat à l'aménagement a pensé
autrement, il voyait les choses autrement. Il avait l'intention de faire jouer
un rôle très important aux conseils municipaux et aux conseils de
comté, mais le ministre de l'Agriculture a dit: Les municipalités
vont devenir des transporteurs de documents, je les veux ainsi. Je le regrette
énormément.
Il y a plusieurs points, remarquez bien qu'on pourrait peut-être
en soulever une cinquantaine ici, mais je ne veux pas trop développer.
Un fils de fermier dont la résidence serait sur la ferme du père,
et qui déciderait du jour au lendemain d'abandonner le travail sur la
ferme avec son père et de vendre sa maison, ne peut la céder
à une autre personne. Il doit la vendre à son père ou
à son frère qui travaille sur la ferme, mais non à une
personne étrangère à l'exploitation de la ferme. Je pense
que c'est un droit qui est un peu brimé. Je comprends qu'on ne veuille
pas qu'il se contruise plusieurs maisons sur une ferme, mais il n'en reste pas
moins que si le père ou le fils qui prendrait la relève n'a pas
les moyens d'acheter cette résidence, je me demande bien qui va
l'acheter. Parce qu'elle doit demeurer partie intégrante de la ferme.
C'est une préoccupation que nous avons soulevée au niveau de la
commission et je crois que le ministre aurait dû apporter un amendement
quelconque à ce sujet.
J'aimerais aussi indiquer au ministre qu'il y a des besoins urgents dont
nous a fait part l'Association des jardiniers maraîchers du Québec
afin de conserver le marché central métropolitain. Cela a
été indiqué en commission au moment de l'étude
article par article. Je comprends que cela puisse relever du ministère
des Affaires municipales, mais il n'en reste pas moins que c'est le travail et
que cela devrait être la préoccupation du ministre de
l'Agriculture de conserver et sauver ce marché. On sait qu'ils sont
pénalisés par des taxes exorbitantes et que l'évaluation
s'établit à environ $40 000 l'acre sur 106 acres. Ce qui fait une
taxation annuelle d'environ $900 000 supportée par les jardiniers
maraîchers du Québec, taxe supérieure à ce qu'on
trouve à tout autre endroit de la ville de Montréal pour fins
commerciales et industrielles. Alors, je demande au ministre, encore
aujourd'hui, de bien vouloir porter son attention particulièrement sur
ce domaine-là.
En terminant, Mme le Président, j'aimerais souligner avec regret
que ce projet de loi qui protège les sols agricoles du Québec ne
s'inscrit pas dans un grand plan global d'aménagement et d'utilisation
du territoire. Encore une fois, la majeure partie des intervenants nous ont
souligné cet état de choses. Nous avons toujours cru, avant le
dépôt de la loi 90, qu'elle s'inscrirait dans un schéma
global d'aménagement, puisqu'il y a beaucoup d'autres
préoccupations au Québec. Je suis favorable à
l'agriculture, tout le monde le sait, mais si on voulait travailler d'une
façon logique il aurait quand même fallu définir tous les
autres besoins. Je pense que le ministre délégué à
l'aménagement n'est pas le plus heureux des ministres du cabinet du
Parti québécois. Je pense que c'est évident et que cela se
constate facilement.
J'aurai l'occasion, en troisième lecture, de souligner d'autres
inconvénients du projet de loi 90. Remarquez bien que le principe de
respecter les sols agricoles, je pense que nous sommes tous d'accord avec lui,
nous voulons tous protéger le sol agricole, mais il y a des moyens
à prendre qui sont peut-être moins coercitifs et qui pourraient
rendre d'aussi grands services à l'agriculture et à
l'agriculteur. Merci, Mme le Président.
Mme le Vice-Président: M. le député de
Gatineau.
M. Gratton: Merci, Mme la Présidente. Ce sera très
bref. J'aimerais développer quelque peu le propos de mon collègue
de Montmagny-L'Islet au sujet de l'amendement que nous proposons à I
article 98. On sait, en effet, que la région de I'Outaouais, le
territoire désigné de la Communauté régionale de
l'Outaouais, est le seul territoire du Québec à avoir un
schéma d'aménagement qui a été adopté en
vertu de lois votées par cette Assemblée nationale et qui a fait
l'objet d'un long processus de consultation, comme l'a dit mon collègue
de Montmagny-L'Islet.
On a mis presque deux ans d'efforts et près de $3 millions
à le confectionner et il a finalement été approuvé,
comme la loi l'exigeait, par le ministre des Affaires municipales le 9
août 1978. Dans ce
schéma d'aménagement, on retrouve je ne sais trop combien
de milliers d'acres zonées agricoles, avec une réglementation
qui, on en convient, n'est pas aussi astreignante que la réglementation
qui et prévue au projet de loi no 90.
Le malheur, Mme la Présidente, c'est que le projet de loi no 90
ne désigne pas les mêmes régions que le schéma
d'aménagement de la communauté désignait comme
régions agricoles à être protégées. Il y a
une différence pas tellement substantielle entre le nombre d'acres que
mentionne le projet de loi 90 et le nombre d'acres considérées
comme territoire agricole dans le schéma d'aménagement de
l'Outaouais.
Il ne s'agit pas strictement de dire: On veut avoir plus ou moins
d'acres. Il s'agit du développement rationnel de toute la région
qui est mis en cause par le projet de loi no 90. Dans le secteur de la ville
d'Aylmer, par exemple, on a, dans le projet de loi 90, désigné
comme des territoires agricoles ce que la Communauté régionale de
l'Outaouais, elle, avait désigné comme des zones de
développement différé, développement qui pourrait
avoir lieu dans 20 ou 25 ans.
Ce qui vient compliquer le problème, c'est qu'on est train et on
a même commencé à construire les collecteurs qui
mèneront à l'usine d'épuration des eaux usées, une
usine régionale. Le coût total des collecteurs et de l'usine est
évalué à $145 millions. Une partie de ces collecteurs sont
déjà en place, me dit-on, on procède présentement
à la demande de soumissions publiques pour la construction de l'usine
d'épuration, au moment même où on se parle.
Il y a, bien entendu, le reste des collecteurs, dont certains sont
également en soumissions publiques, qui devront nécessairement
être terminés en même temps sinon avant l'usine
d'épuration elle-même. Or, ces $145 millions, dans le cas de la
ville d'Aylmer, imposeront un fardeau très substantiel aux
contribuables.
Mme le Vice-Président: Pour que nous puissions faire
avancer les travaux, me permettriez-vous de donner juste un avis maintenant? La
commission des affaires municipales a terminé sa séance et la
commission du tourisme, de la chasse et de la pêche serait maintenant
prête à siéger, selon les avis qui ont été
donnés ce matin. Que les gens qui sont membres de cette commission
veuillent bien se rendre sur les lieux s'il vous plaît! Merci, M. le
député.
M. Bellemare: Mme le Président, il était entendu
qu'il faudrait un consentement unanime de la Chambre pour avoir une
troisième commission après celle des affaires municipales. Nous
n'avons pas d'objection à donner notre acceptation, le temps
étant très court maintenant, pour que cette commission puisse
procéder parce que la loi est très longue.
M. Blank: Consentement.
Mme le Vice-Président: D'accord, le consentement est
donné.
M. le député. (16 h 10)
M. Gratton: Je disais donc que ces collecteurs d'eaux
usées dont les coûts sont estimés à $145 millions
ont été conçus, bien entendu, en fonction d'un
développement éventuel dans la ville d'Aylmer, sur ces terrains
qui sont maintenant désignés agricoles. La dimension des tuyaux
est d'environ 96 pouces en aval, c'est-à-dire que la plus petite
dimension, si je ne m'abuse, est d'environ 96 pouces. Cette dimension est
établie en fonction d'une occupation des terrains qui tient compte d'un
développement différé, tel que prévu au
schéma d'aménagement de la communauté. Or, le projet de
loi 90, en venant désigner certains de ces terrains comme territoire
agricole, vient faire en sorte qu'on a le dilemme suivant: soit qu'on
construise les collecteurs j'ai déjà dit qu'il y en a
déjà de construits; donc, on a dépensé I'argent
pour ceux qui restent à construire, soit qu'on les fasse de
dimension plus petite, en tenant pour acquis que le territoire agricole
demeurera toujours agricole, et cela nous amènera un autre
problème puisque, avec la ceinture verte de la région de la
Capitale nationale, la Commission de la capitale nationale, c'est
automatiquement à l'extérieur, c'est-à-dire en
périphérie des villes qu'on devra faire le développement.
Mais là n'est pas le but de mon intervention. Je dis donc qu'on aura le
choix entre construire en dimension plus petite, tenant pour acquis que ce
territoire, dans la ville de Aylmer en particulier, sera toujours zoné
agricole, ou de construire en fonction des besoins éventuels d'un
développement différé, tel que prévu dans le
schéma d'aménagement de la communauté régionale, et
on aura alors à payer beaucoup plus cher.
Le ministre, au cours de la présentation du mémoire de la
communauté régionale, a indiqué: II n'y a pas de
problème; si, à un moment donné, on se rend compte qu'on
doit dézoner une partie du terrain dans Aylmer, on pourra le faire, avec
le consentement de la commission, dans quatre ou cinq ans. Mme la
Présidente, les collecteurs, on doit les construire maintenant, pas dans
quatre ou cinq ans. C'est là qu'est tout le problème. Les gens
d'Aylmer, qui ne sont pas nombreux, population totale de 25 000 personnes
c'est $145 millions il y a là une marge... Mais ces gens d
Aylmer...
M. Garon: ...
M. Gratton: Pardon? Le ministre n'a rien dit, Mme le
Président. Ces gens d'Aylmer sont prêts à faire le
sacrifice que leur imposera leur participation au paiement de ces coûts
pour la surdimension dont j'ai parlé, mais à la condition de
pouvoir prévoir le jour, dans 20 ans ou dans 25 ans, où il y aura
effectivement du développement. Mais si on laisse les choes telles
qu'elles sont présentement sans accepter l'amendement que
nous proposons à l'article 98, c'est qu'on vient de tout foutre
le développement de l'Outaouais pardessus bord et d'imposer des
sacrifices tout à fait inacceptables, sacrifices financiers en
particulier aux gens d'Aylmer, mais aussi à des contribuables d'autres
villes de la région.
C'est pourquoi nous avons proposé un amendement. Ce n'est pas
nous qui avons préparé l'amendement même, ce sont les
dirigeants, les autorités de la Communauté régionale de
l'Outaouais qui l'avaient formulé dans le mémoire qu'ils ont
présenté devant la commission et qui nous ont
suggéré la rédaction que je vous cite. Il s'agirait
d'ajouter, après l'article 98, un nouvel article qui se lirait comme
suit: "Nonobstant les dispositions de l'article 98, les zones agricoles
désignées par le schéma d'aménagement de la
Communauté régionale de l'Outaouais, adopté par le
ministre des Affaires municipales le 9 août 1978, ont
préséance sur toutes les zones agricoles désignées
en vertu des dispositions de la présente loi sur le territoire de ladite
communauté. Tout règlement s'appliquant aux zones
désignées par la présente loi s'applique également
aux zones agricoles désignées par le schéma
d'aménagement de la Communauté régionale de l'Outaouais".
Le deuxième alinéa, Mme la Présidente, est strictement la
volonté de la communauté régionale qui a
déjà une réglementation qui s'applique à ses zones
agricoles et qui est moins sévère que la réglementation
prévue par l'article 90. On dit donc dans le deuxième
alinéa de la Communauté régionale de l'Outaouais: Nous
sommes prêts à accepter la réglementation du projet de loi
90 pour ces territoires qui sont désignés dans le schéma
d'aménagement de la communauté comme agricoles.
Mme la Présidente, je n'insisterai pas plus longtemps. Il me
semble que cela saute aux yeux, pour celui qui veut voir, qu'on est en train de
poser un geste très lourd de conséquences pour le
développement rationnel de la région de l'Outaouais. Si
l'amendement que nous proposons à l'article 98, ou l'amendement
révisé que pourrait vouloir formuler le ministre qui rejoindrait
les mêmes objectifs, si cet amendement n'est pas accepté, je parie
qu'on devra revenir devant l'Assemblée nationale, sinon au printemps,
à l'automne prochain, pour adopter un amendement semblable. Le
gouvernement et le ministre des Affaires municipales en particulier
n'accepteront jamais qu'on dépense des sommes aussi importantes que $145
millions pour prévoir un développement qui ne sera pas possible
en vertu de l'adoption du projet de loi 90.
Je dis donc que je comprends qu'on ait fait état de grandes
réserves vis-à-vis de plusieurs articles de ce projet de loi et
que le ministre les a toutes refusées, mais il y va d'une situation bien
spéciale dans l'Outaouais, seule région où nous avons un
schéma d'aménagement, lequel a été approuvé
par le ministère des Affaires municipales. J'invite même le
ministre des Affaires municipales à m'aider à convaincre le
ministre de l'Agriculture du bien-fondé de nos
représentations.
Mme le Vice-Président: M. le leader de l'Union
Nationale.
M. Bellemare: Non, ce n'est pas cela, c'est la rotation.
C'est vrai que la loi qui est devant nous est une loi qui a
été longuement discutée par tous les gouvernements.
L'Union Nationale avait dans son programme tout un schéma qui devait
nous conduire à cette forme de loi. Je me souviens de l'ancien ministre
de l'Agriculture, l'honorable M. Barré, qui avait amené au
Conseil des ministres un projet un peu dans ce genre mais qui avait
été fort critiqué par l'entourage. A ce moment-là,
M. Barré, qui était appuyé par M. Elie et M. Tardif, nous
avait fait une suggestion qui avait, à mon sens, frappé le
Conseil des ministres. Il nous avait dit: Ecoutez, vous n'avez pas besoin de
prendre la poudre d'escampette, c'est une loi qui va être
administrée par les municipalités ou les conseils de
comté. Cela nous a un peu calmés et on a pensé que la
solution était trouvée. Mais, quand on a vu un autre projet de
loi qui nous a été soumis par le comité de la
législation, on s'est aperçu que ce n'était pas tout
à,fait ce que recherchait le législateur, c'est-à-dire
d'empêcher les promoteurs de développer à tort et à
travers la région agricole de notre province. C'est de là qu'est
venu le gros point d'interrogation. Comment et pourquoi devrons-nous mettre des
entraves à ce projet? Cela a traîné et le gouvernement qui
nous a succédé est arrivé avec un programme, lui aussi, de
zonage agricole. Il a fait une étude assez poussée de laquelle
nous avons pu saisir l'intention véritable du gouvernement de
l'époque pour que le zonage agricole soit fait par un
intermédiaire et non pas directement par une commission qui
dépendrait du gouvernement, comme c'est dit dans la loi qui est ici.
Là, en vertu du programme qu'on avait élaboré, le
programme "PQuiou", on atrouvé une nouvelle formule "PQuiou ". On a
trouvé une formule où la commission va pouvoir entendre toutes
les plaintes mais, aujourd'hui, à l'heure que je vous parle, il y a des
sommes très considérables qui vont disparaître. Il y a des
faillites lamentables qui vont avoir lieu pour les entrepreneurs qui n'ont pas
signé de contrats dans les zones pour le développement. (16 h
20)
Dans mon comté, par exemple, une partie est zonée mais
l'autre ne l'est pas. Alors, il y a là en passant, un accroc. Dans le
comté où je suis présentement, on a fait une bande verte,
on a laissé juste à côté des rues, d'un bord
à l'autre de la rue, des places où cela ne l'est pas. Drôle
de situation pour un comté comme le mien. Mais, Mme le Président,
il aurait dû y avoir un certain compromis pour qu'on ne puisse pas entrer
de plein pied dans ce qu'on appelle une mise en carcan qu'on va imposer
à certains individus qui, de bonne foi, ont développé une
certaine zone et qui sont devenus propriétaires de plusieurs autres
terrains qui sont aujourd'hui gelés, parce que les notaires ont
reçu un ordre formel de ne plus faire
aucun acte dans cette zone et, comme la loi s'applique
rétroactivement depuis le 6 novembre, ils n'ont pas le droit de
fonctionner.
C'est là une perte considérable qu'on fait subir à
des investisseurs qui n'ont pas été avertis, rien de cela. On
entre de plein pied dans cette juridiction sans crier gare; on dit: C'est du
terrain qui appartient à l'agriculture. Cela doit être de
l'agriculture. C'est peut-être un bienfait qui, sur un côté,
va amener une décentralisation, mais, Mme le Président, il y a
aussi cette organisation de douze commissions régionales. Mais que vont
faire les autorités municipales dans nos zones agricoles qui sont dans
le voisinage des villes comme Acton Vale où il y a
énormément de terrains qui ont permis à la ville d'Acton
Vale de progresser depuis dix ans et qui a sûrement ramassé un
certain nombre de terrains qui sont devenus aujourd'hui des zones
véritablement industrielles et qui donnent de l'ouvrage, exemple, la
Peerless? La Peerless s'est établie chez nous dans Acton sur un terrain
qui était en culture, c'est vrai, il y a quelques années.
Mais la Peerless aujourd'hui donne de l'ouvrage à 1000 personnes.
On est venu rencontrer la semaine dernière l'honorable ministre
délégué au développement économique pour lui
demander on a un plan de $11 millions de développement sur cinq
ans qui va donner 241 positions nouvelles. Mais là, avec le plan, on va
se trouver paralysé. Il arrive la même chose, par exemple, dans
Saint-Eugène, dans mon comté. Je vous parle de mon comté.
Dans Saint-Eugène où le maire, M. Jeté, justement le
ministre est ici, il nous a reçus avec beaucoup d'égards et je
lui rends ici un témoignage. J'avais dit que je le ferais. Je suis un
homme de parole et je le fais. L'honorable ministre nous a permis, madame,
l'année passée, en 1977, de prendre un essor considérable.
Ce dernier est venu visiter la Peerless et il nous a dit au point de vue de
l'exportation: Je vous promets que vous allez avoir des résultats.
Il a tenu parole. Je lui en rends témoignage, parce que de 700
personnes, nous sommes montés à 1000 et de l'exportation qu'on
faisait pour $3 millions, nous sommes rendus à au-delà de $20
millions cette année. C'est grâce...
M. Alfred: ... Parti québécois.
M. Bellemare: Non, je n'ai pas dit cela. Prenez votre temps vous!
Je n'ai pas dit cela, mais j'ai dit que je rendrais hommage au ministre
à l'occasion. Je lui rends témoignage parce que c'était le
témoignage de la vérité.
Une Voix: PQuiou ".
M. Bellemare: "PQuiou". Mais qu'importe le "PQuiou", il y a eu
des résultats tangibles; on est venu le voir, il nous a fort bien
reçus, il nous a promis qu'à la mi-janvier nos plans qui sont
érigés seraient adressés vis-à-vis de la
société de développement pour qu'on puisse
véritablement développer cette industrie merveilleuse qui fait
concur- rence jusqu'en Chine. C'est grâce au ministre si on a reçu
jusqu'à maintenant un essor considérable. Mais je dis qu'à
cause de la loi qui s'en vient, on va être pris dans une espèce de
carcan. On ne pourra pas avoir l'expansion, ah! le ministre va nous
répondre; L'honorable député de Johnson ira devant la
commission. Oui, la commission: II y a 10 000 cas demain matin devant la
commission. Quand est-ce que vous pensez que cela va pouvoir se
réaliser? Le maire Jeté, de Saint-Eugène, la
municipalité a acheté les lots 1009 - 1010, deux lots pour
établir une industrie qu'elle a eu bien de la misère à
décider de venir s'établir à Saint-Eugène. Elle a
acheté les terrains qui sont paralysés à cause de la loi
du ministre. Une industrie qui aurait pu donner une centaine d'emplois au gens
de Saint-Eugène!
Combien d'autres cas multiples dans la province vont être
gelés à cause de cette loi! Je comprends que le ministre va me
répondre que la commission va être nommée sous peu, qu'ils
auront l'avantage d'aller voir la commission, qu'à la commission ce sont
des gens intelligents et qu ils vont permettre le développement au point
de vue industriel du rang 12 dans Saint-Eugène.
Je ne le sais pas, je ne peux pas me prononcer d'avance, mais, quand
c'est gouvernemental, je n ai pas besoin de vous dire tout le temps que cela
prend pour que l'on puisse véritablement avoir une réponse.
Durant ce temps, la compagnie qui devait s'établir à
Saint-Eugène est retournée à Montréal et on
attendra des réponses pour l'achat des terrains.
Mme le Président, une commission régionale aurait
été beaucoup mieux. Je pense que la municipalité aurait pu
jouer un rôle capital, prioritaire. Est-ce que la municipalité
n'est pas celle qui connaît les besoins véritables des individus
et des classes, des catégories de gens qui forment sa communauté?
Le maire et les échevins qui siègent une fois par mois sont au
courant si quelqu'un a acheté pour faire une porcherie, s'il veut
développer un peu sa ferme, s'il veut établir son garçon
sur la ferme. La loi va les empêcher de faire cela parce que, dans la
loi, il est dit: que la restriction imposée pour celui qui dispose de sa
résidence fait partie intégrante de l'opération.
Imaginez-vous que le fils qui se construit à côté de
son père, si la terre se vend, devra vendre sa terre, vendre sa
propriété. Le ministre va me répondre je le connais
Vous savez, dans les circonstances, la commission va se prononcer.
Certainement, la commission va se prononcer. Mais dans combien de cas cela
va-t-il arriver? Il va faire adopter le projet de loi no 100 et les $4000, on
va les mettre à $8000 pour le fils de ce cultivateur. Il va être
encouragé, d'accord. Mais ne donnez pas d'une main pour détruire
de I autre. N allez pas mettre des carcans dans l'industrie des cultivateurs
parce qu'aujourd'hui les cultivateurs commencent à faire de l'argent,
parce que les cultivateurs commencent à s'en sortir. Dans mon
comté, j'ai 3500 porcheries. Je n'ai pas besoin de vous dire que j'ai le
comté...
Une Voix: Dans votre comté?
M. Bellemare: Oui, dans mon comté, j'ai au-dessus de 100
000 cochons. Il y a un gars dans mon comté qui en a 33 000 à lui
tout seul.
M. Garon: Vous avez 3500 porcheries et 100 000 cochons?
M. Bellemare: Oui.
M. Garon: Ce sont de bien petites porcheries.
M. Bellemare: Pardon?
Une Voix: Cela fait vingt-cinq cochons par porcherie.
M. Garon: 100 000 cochons pour 3500 porcheries, cela fait
seulement 30 cochons par porcherie.
M. Bellemare: II y a bien des gens qui ont des maternités
et ils n'en ont pas bien bien plus que cela. Je dis que dans l'élevage
des cochons, vous pourrez le demander au ministre...
Mme le Vice-Président: M. le député...
M. Bellemare:... vous pourrez le demander au ministre des
Finances; dans son comté, il est le deuxième, c'est celui qui me
suit dans la province.
Mme le Vice-Président: M. le leader de l'Union Nationale,
je me dois de vous faire remarquer que vous avez déjà
épuisé les dix minutes auxquelles vous aviez droit. Je sais que
vous connaissez bien votre projet de loi et que votre comté, vous le
connaissez encore mieux. Je sais que je vous fais bien de la peine.
M. Bellemare: Non, je sais la gentillesse que vous avez pour le
député de Johnson et même, quand on fait des petits bouts
ensemble dans le corridor, cela attire des critiques.
Mme le Vice-Président: Dans le corridor seulement.
M. Bellemare: Ils disent qu'il y a collusion. Mais, comme je
parle au nom de mon parti, je pense qu'en vertu du règlement j'aurais
droit à un petit peu plus de temps.
Mme le Vice-Président: J'avais compris que M. le
député de Huntingdon parlait comme représentant du parti,
mais je sais qu'il n'a pas utilisé tout le temps.
M. Bellemare: II n'a pas utilisé son heure. Une Voix:
Cela a paru long.
Mme le Vice-Président: II n'a pas utilisé tout le
temps.
M. le leader est-ce que je pourrais vous demander de faire le plus
rapidement possible?
M. Bellemare: Le plus rapidement possible.
M. Fontaine: II a droit à une heure. (16 h 30)
M. Bellemare: Cela veut dire quoi?
Mme le Vice-Président: Je ne vous demande pas de conclure,
mais...
M. Bellemare: Si je parle au nom de mon parti, j'ai droit
à une heure, en vertu du règlement.
Mme le Vice-Président: Je dois vous faire remarquer qu'on
ne parle pas en troisième lecture. Aujourd'hui, on est un peu perdu, on
ne sait plus où on est rendu. C'est la prise en considération du
rapport, M. le leader, alors, vous avez droit à une demi-heure, si vous
parlez comme représentant du parti.
M. Bellemare: Non, je ne vous impatienterai pas, madame, je vais
me rendre bien gentiment à votre remarque. Je vais peut-être aussi
baisser le ton pour ne pas blesser personne. J'ai un ton de voix
haïssable. Ma femme me dit parfois: Pourquoi parles-tu si fort? C'est ma
femme, imaginez-vous! Elle a le droit, elle qui m'a porté comme une
croix toute sa vie, à des hommages particuliers. Mais elle me garde et
on reste encore ensemble, que voulez-vous, malgré tout ce qui peut
arriver. Il y en a d'autres qui ont eu des accidents de parcours, des "flats",
et qui n'ont pas été capables de réparer le bateau.
Mme le Président, je termine. Vous avez été bien
gentille, et les membres du "PQuiou" aussi, de me laisser parler quelques
minutes de plus. Je termine en disant que le carcan que vous imposez à
l'agriculture va faire que les cultivateurs seront entravés, auront peur
de développer leur terre, que ce soit un sol arable, une terre arable,
le concassage du gravier ou le charroyage de la pierre. Dans la loi, c'est tout
un passage. Il y a des restrictions qui sont fort dommageables.
Mme le Président, vous remerciant de votre grande
cordialité, je reprends mon siège.
Mme le Vice-Président: M. le député de
D'Arcy McGee.
M. Goldbloom: Je voudrais intervenir brièvement, Mme la
Présidente, mais je trouve important de le faire pour la raison
suivante. Hier, le mercredi 20 décembre 1978, le Conseil consultatif de
l'environnement, par un communiqué adressé aux media
d'information, a rendu public un avis qu'il a adressé au ministre
délégué à l'environnement concernant le projet de
loi qui nous étudions présentement. Il me semble important que le
journal des Débats reproduise des éléments de cet avis,
parce que le ministre nous a dit continuellement que l'harmonie était
parfaite entre lui-même et son collègue de l'environnement, et
son collègue de l'environnement nous a dit la même chose.
J'espère que les deux pourront s'entendre rapidement sur les
recommandations du Conseil consultatif de l'environnement.
Je cite brièvement quelques extraits de ce document: "II est
trois articles du projet de loi patronné par le ministre de
l'Agriculture qui incitent le Conseil consultatif de l'environnement à
faire part de ses commentaires au ministre délégué
à l'environnement. Il s'agit des articles 80, 100 et 111 dont la teneur
aura des répercussions tant sur l'application de la Loi de la
qualité de l'environnement que sur la qualité de l'environnement
lui-même".
Un peu plus loin, parmi les commentaires sur l'article 80: "... Le
conseil estime important de recommander que le gouvernement inclue les espaces
verts destinés à la conservation et ou à la détente
comme catégorie exemptée de l'autorisation de la commission en
vertu de l'article 41".
Dans les commentaires sur l'article 100, je cite l'extrait suivant: "Le
conseil rappelle que, de tout temps, les cours de justice du Québec
n'ont pas reconnu de droits acquis sur des questions aussi importantes que la
sécurité et la salubrité. Le projet de loi no 90 entend
rompre avec cette tradition en matière de salubrité. "Le conseil
estime sage de continuer dans la ligne de conduite antérieure et de ne
pas créer un précédent en faveur d'une catégorie de
citoyens. Il importe de réaliser qu'une telle dérogation serait
par la suite difficile à refuser pour toute autre catégorie de
citoyens ou d'activités économiques reconnues comme valables et
indispensables au bon développement du Québec. "Lors de la
commission parlementaire concernant le projet de loi no 69 modifiant la Loi de
la qualité de l'environnement, le ministre délégué
à l'environnement a tenu à assurer les exploitants agricoles
qu'aucun citoyen ne pourrait les poursuivre s'ils détenaient un
certificat d'autorisation des Services de protection de l'environnement du
Québec et s'ils opéraient selon les règles de bonne
pratique. De plus, il a proposé de protéger tout exploitant qui
aurait conclu un accord avec les Services de protection de l'environnement pour
se conformer à la loi selon un certain échéancier. "Le
conseil est d'opinion que ces propositions du ministre
délégué à l'environnement sont de nature à
protéger adéquatement à la fois l'environnement et
l'agriculteur contre des abus de poursuite ou d'injonctions.
Le conseil trouve incohérent que le gouvernement, qui à
juste titre accorde une importance accrue à la qualité de
l'environnement s'apprête à voter une loi qui minimiserait
l'application de la Loi de la qualité de l'environnement pour une partie
importante du territoire à densité moyenne de population.
De plus, le conseil note que le gouvernement se propose de
reconnaître incessamment un droit à la qualité de
l'environnement à tout citoyen du Québec (article 19 du projet de
loi no 69) et que simultanément il propose d'en limiter l'application
dans les futures zones agricoles par l'article 100 du projet de loi no 90.
Le conseil est donc d'avis que l'article 100 est malvenu lorsqu'on le
situe dans le contexte global tant judiciaire que législatif du
Québec et conséquemment qu'il faudrait le retirer dudit projet de
loi no 90 visant la protection du territoire agricole."
Enfin, Mme la Présidente, je cite un extrait des commentaires du
conseil sur l'article 111: ... d'après l'article 111 du projet de loi no
90, tous les règlements issus de la Loi de la qualité de
l'environnement devront spécifier expressément si les immeubles
compris dans une aire retenue pour fins de contrôle ou dans une zone
agricole établie suivant la loi no 90 seront assujettis à ladite
réglementation.
La loi no 90 est une loi qui vise la conservation d'une partie du
territoire du Québec à des fins agricoles, alors que la Loi de la
qualité de l'environnement vise la qualité du milieu, y incluant
le milieu agricole, contre un développement excessif ou
désordonné. Nous croyons que l'esprit des deux lois est bien
distinct et doit être respecté dans son essence. Or, l'article 111
de la loi no 90 déroge à l'esprit de la loi qui l'encadre. A
notre avis, celui-ci devrait être tout simplement retiré pour s'en
tenir à la Loi de la qualité de l'environnement et à ses
règlements qui, sauf exception, s'appliquent (ce qui est normal)
à tout le Québec et à tous les intervenants, y compris le
gouvernement lui-même.
Le conseil est donc d'avis que les dispositions de tout règlement
des Services de protection de l'environnement du Québec doivent
s'appliquer à moins que celui-ci ne prévoie une exclusion en
zones agricoles, et non l'inverse comme le propose le projet de loi no 90."
Enfin, Mme la Présidente, le conseil résume ses
recommandations: "Que les espaces verts soient exemptés de
l'autorisation de la commission en vertu de l'article 41; que l'article 100
soit retiré du projet de loi no 90, et que l'article 111 soit
retiré du projet de loi no 90." (16 h 40)
II me semble que l'intérêt supérieur du
Québec exige que le ministre de l'Agriculture se prononce sur les
recommandations du Conseil consultatif de l'environnement et que le ministre de
l'environnement vienne ici soit pendant cette prise en
considération du rapport de la commission parlementaire, soit pendant la
troisième lecture du projet de loi et que les deux ensemble nous
disent quelle est la position du gouvernement dont tous les ministres doivent
être solidaires.
M. Shaw: Mme le Président...
Mme le Vice-Président: M. le député de
Pointe-Claire.
M. Shaw: Seulement quelques remarques sur les amendements et le
dépôt de la part de la commission qui a étudié
article par article le projet de loi 90.
Nous avons dans le district Ouest du Québec, votre comté,
celui de Vaudreuil-Soulanges, le comté voisin Robert Baldwin, dans
lequel les zones vertes sont incroyables. On sait fort bien que dans votre
propre comté, à l'île-Perrot, il n'y a pas de cultivateurs,
mais des terrains qui étaient depuis un certain temps utilisés au
développement de maisons privées.
Dans cette conjoncture qu'on vit maintenant, dans laquelle il n'y a pas
d'expansion, on a maintenant sur le marché des maisons construites
depuis un certain temps dans notre région; la pression pour le
développement de ces régions n'existe pas. Il y a maintenant deux
choses que je trouve incroyables personnellement, qui sont incluses dans la
zone verte du projet de loi du ministre de l'Agriculture, soit
l'île-Bizard qui se trouve dans la même position, sur laquelle vous
avez un plan d'aménagement de l'île au complet, pour
spécifiquement la construction de maisons privées.
Développement prévu entre 1980 et 1985.
Tout ce développement est gelé à cause du projet de
loi.
J'espère que les fonctionnaires qui ont préparé
cette fameuse carte des zones vertes au Québec ont au moins
étudié les faits. Il y a certains faits et le premier est le
suivant: Si une zone n'est pas employée pour une terre, qui est à
l'extérieur des régions cultivées et qui sont des terrains
agricoles dans le moment, le simple fait de changer la couleur sur une carte va
changer toutes les implications le lendemain, à cause d'un projet de
loi.
On a au Québec maintenant des fermes partout qui ne sont pas
utilisées, mais on pense qu'en en changeant la couleur sur une carte,
ces millions d'acres seront employées demain par les cultivateurs.
The West Island is almost incredibly left out of the minister's map. My
county, for example, has no green zones whatsoever. Yours has some important
green zones. Green zones, for example, on Ile-Bizard, that happens to be in the
county of Robert Baldwin, but in Ile-Perrot, which has been developing as a
residential area since 1960, is now, the residual land on it, has been turned
into a green zone.
The municipality of Ile-Perrot, which you know very well, went through
so much financial difficulty, developing its services to prepare it for the
development of that land has a large financial tax load that the municipality
has to carry on, because of the development program that was going on
there.
The tax papers of Ile-Perrot look to developments in the future to try
and reduce the amount per person of the tax load in that region.
I heard the member for Gatineau speaking of the same problem in the
Ottawa region and I have heard of other members speaking of it in their region,
but with the great green map, everything is going to be solved. As the member
for Johnson said: Well, now the commission will read very carefully into these
problems and solve them. I ask again, Madam President, why the minister of
Municipal Affairs, who is very much aware of the situation in Ile-Bizard
and in Ile-Perrot, could allow the closure of areas which had clearly been set
aside for development for residential purposes? We speak every day of the
expansion of the economy of the province of Québec and we close the door
on enormous development areas. Shaking the head again! I can just visualize it
because exactly the same thing happened in British Columbia which you are very
well aware. Madam President, I just simply like to close in saying that I am
disappointed and disappointed with all of the efforts that were made by the
representatives who sat on the commission to try to explain very clearly the
damage that was done by, first of all, the freeze, the easement problems for
Bell Telephone, Hydro-Québec and other services which have since been
frozen during this period, putting us, as the Opposition into a position where,
in order for things just to carry on, we have to allow this bill to pass.
Otherwise, I assure you, Madam President, we would have filibustered this bill
until 1990. But because of the freeze which has prevented anything else from
happening in the province, we must back off and allow the bill to pass. This is
the style of the Parti québécois. It is a style of legislation by
intimidation. The farmers who are going to be disadvantaged by it, the
developers who are going to be disadvantaged by it will have to seek recourse
in other way. But as I said in my speech in second reading, this bill will be
in the Courts and so all of the advantages that the minister has tried to
achieve will be lost. We, as the Opposition, who have tried so hard to convince
the minister of his responsibilities to respond to these local problems, will
not have been vindicated. The tragedy is that they will continue to demonstrate
the maladministration of the province by this government. Thank you, Madam
President.
Mme le Vice-Président: M. le ministre de
l'Agriculture.
M. Garon: Mme le Président, je pense que tous ceux qui ont
écouté les discours de l'Opposition ont constaté pourquoi
les gens de l'Opposition ont voté contre le principe de la protection
des terres agricoles: essentiellement, parce qu'ils sont contre la protection
des terres agricoles. Chacun l'a dit à sa façon. Le
député de D'Arcy McGee a lu le rapport du Conseil consultatif de
l'environnement qui voudrait que les règles de l'environnement soient
les mêmes en campagne qu'en ville. C'est bien dommage, le gouvernement a
tranché. Il a tranché qu'en campagne il y a un petit peu d'odeurs
quand il y a des animaux et les gens de la ville que cela fatigue ne devraient
pas aller s'installer à côté d'une porcherie, par exemple.
Il a également tranché qu'il y a des bruits particuliers à
l'agriculture et que, pendant le temps des semences, il faut laisser les gens
faire les semences. Il faut aussi laisser les gens faire les récoltes,
il faut leur permettre de sécher leur foin ou de sécher leur
grain. (16 h 50)
Le gouvernement a tranché qu'en milieu rural, en milieu agricole,
les règles de l'environnement devront tenir compte du milieu agricole.
On ne mettra pas de poulaillers à Montréal et on ne voudrait pas,
non plus, que les gens de la ville viennent nuire aux agriculteurs. S'ils
viennent demeurer à la campagne, qu'ils suivent les règles du
milieu.
J'ai entendu le député de Huntingdon dire: On voulait un
grand plan. L'Union Nationale a été au pouvoir pendant 20 ans, le
Parti libéral le reste du temps, depuis 1900 et, pourtant, dans la
première année où le Parti québécois a
été au pouvoir, il s'est fait au Québec deux fois et demie
plus de drainage dans un an, en 1977, que pendant les 20 ans de l'Union
Nationale. Les gens du Marché central sont venus nous rencontrer et nous
ont expliqué leurs problèmes, mais ils nous ont dit aussi: M.
Garon, cela fait 30 ans qu'on vient. Cela veut dire dix ans sous les
libéraux et 20 ans sous l'Union Nationale. J'ai dit: On va se recontrer
en janvier. Là, c'est évident qu'on ne peut pas zoner agricole un
marché dans une ville. En janvier, on va s'occuper de cela. Vous allez
rencontrer le ministre d'Etat au développement économique. On va
vous rencontrer ensemble et on va régler le problème. Mais il ne
faut pas mélanger les choux et les raves. C'est un autre
problème. Vous voyez qu'il existe depuis 30 ans.
Pendant cette commission, on a parlé de toutes sortes de
sorcières. J'en ai entendu contre l'article 96. Le Parti libéral
s'est fait le champion de parler contre l'article 96. C'est un article
terrible. Savez-vous où on l'a trouvé, l'article 96? Dans la loi
des transports que le Parti libéral avait adopté en 1975. Et
c'est le même genre de pouvoir. On a parlé de droit d'appel.
J'aurai pu faire un droit d'appel un peu dans leur genre: La première
décision est rendue par un fonctionnaire, et si tu n'est pas content du
fonctionnaire, tu t'en vas en appel. On a dit: Les gens vont perdre leur temps.
Il faut aller directement à la commission. Pourquoi de la bureaucratie?
Pourquoi de la papeterie inutile? On a dit que les gens s'adresseront
directement à la commission, commission qui a pour rôle de
protéger les agriculteurs.
On a dit: Ils ne pourront pas bâtir pour leurs enfants, ce n'est
pas vrai. L'article permet de bâtir pour les enfants sur la ferme. Mais
on ne peut pas vendre la maison, à part qu'avec la ferme, sans
autorisation de la commission. Pourquoi? Parce qu'on ne veut pas donner cet
avantage aux faux agriculteurs, aux agriculteurs amateurs, aux professeurs, aux
médecins, aux avocats, à tous les professionnels qui
achètent des fermes, mais aux vrais cultivateurs. Et un vrai cultivateur
dont la principale occupation est l'agriculture, ce n'est pas un cultivateur
qui a un grand jardin. Un vrai cultivateur va se présenter...
Une Voix: Pas comme le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: Pas comme le ministre de l'Agriculture. Il va se
présenter devant la commission et va dire: Mon garçon veut rester
sur la ferme, j'aime- rais cela. Est-ce que je peux lotir pour mon
garçon? La commission va dire: Vous êtes un agriculteur, pourquoi
pas? On est pour que les vrais agriculteurs soient protégés en
territoire agricole. La commission est là comme un chien de garde pour
empêcher qu'il se fasse n'importe quoi en zone agricole et pour que ce
soit l'endroit privilégié des agriculteurs.
On a dit, au début du début, qu'un agriculteur ne pourrait
pas vendre et garder sa maison mais, là, avec le projet de loi, les gens
ne disent plus cela. Ce n'était pas vrai. Ce n'était pas dans le
projet de loi, parce que le cultivateur qui prend sa retraite pourra rester
dans sa maison et vendre sa terre. C'est prévu dans le projet de
loi.
On a dit: II ne pourra pas léguer sa terre à ses enfants.
On a démontré en commission parlementaire que ce n'était
pas vrai. Il peut léguer sa terre à ses enfants. Il peut la
diviser entre deux enfants, s'il le veut. On ne changera pas la volonté
du cultivateur qui a donné sa terre à ses enfants.
On a essayé de faire toutes sortes de Bonshommes Sept Heures, de
vieilles histoires. Ce qui me frappait quand j'étais en commission,
c'était le changement d'attitude des députés de
l'Opposition selon les gens qui venaient nous voir. J'avais l'impression de
voir des caméléons; et j'ai vu le député de Laval,
à un moment donné, tellement doucereux. J'ai dit: II est à
la veille de nous embrasser. Quand cela changeait, ce n'étaient plus des
cultivateurs, c'étaient des municipalités on disait: On veut que
vous fassiez cela. Faire n'importe quoi sur le territoire. Il disait un peu
comme le député de Gatineau quand il parle de la CRO; je peux en
parler du rapport, je l'ai lu au complet.
La CRO, la Communauté régionale de l'Outaouais, dit quoi?
La Communauté régionale de l'Outaouais disait, aux pages 261,
262, 263, que le rôle de la Communauté régionale de
l'Outaouais n'était pas de protéger les terres agricoles, mais
que, si le gouvernement du Québec avait comme volonté de
protéger les terres agricoles, c'est à lui qu'il appartenait de
le faire et de se donner les instruments et les mécanismes pour le
faire. C'est ce que nous avons fait. C'est tellement vrai que, dans ces
schémas faits localement par la Communauté régionale de
l'Outaouais, ce ne sont pas des zones agricoles qu'on les appelle. Ce sont des
zones à développement différé, c'est-à-dire
que le cultivateur est là en attendant que le développement soit
rendu là et qu'on le garde là en réserve. A un moment
donné, on dira: Enlève-toi de là.
Ce que nous avons dit, c'est qu'il doit y avoir des zones permanentes
d'agriculture. Quand la zone permanente sera faite, après cela il pourra
y avoir des exclusions de parties de la zone permanente qui ne sont pas bonnes
pour l'agriculture. C'est évident que, même en établissant
la zone permanente, on ne pourra pas enlever des "spots" de 100 pieds
carrés ou 1000 pieds carrés ici et là. Mais, une fois que
la zone permanente sera faite, il peut arriver qu'il y ait un endroit qui n'est
pas bon pour l'agriculture. On demande l'exclusion et, à ce moment, cela
pourra être retiré.
Le député de D'Arcy McGee disait: II faudrait
une exemption pour les espaces verts. Les espaces verts, la meilleure
place pour les faire, ce n'est pas sur les meilleures terres agricoles du
Québec. Il y a d'autres places pour cela. Une terre d'agriculteur bien
faite, des belles planches, cela ne fait pas de beaux espaces verts.
La meilleure place, c'est un endroit avec des roches, des arbres, des
buttes, et vous vous promenez dans les sentiers. Là vous voyez des
oiseaux, vous voyez des petits ruisseaux et, quand vous tournez le coin d'une
roche, vous avez des effets de surprise. Vous voyez des choses. Faire un espace
vert sur la terre d'un agriculteur, cela fait un espace vert un peu "plate". La
meilleure chose au fond, et c'est cela que la protection des terres va faire,
c'est de dire: Les bonnes terres vont rester pour l'agriculture. D'autres
espaces qui ne sont pas bons pour l'agriculture serviront pour autre chose,
pour des parcs, pour des espaces verts, pour des zones industrielles. Une zone
industrielle, à part cela, cela prend une capacité portante
forte. C'est mieux quand c'est sur du roc. On peut ménager les deux.
Zones commerciales, c'est mieux dans le village. On n'a jamais vu des commerces
dans les rangs. Il me semble que ce n'est pas la place où c'est le plus
passant. Il faut mettre chaque chose à sa place. Tout le monde va mieux
s'en porter.
Il y a eu des suggestions d'amendement. On a suggéré, par
exemple, des commissions régionales. Connaissant le projet
d'aménagement qui a été déposé ce matin, je
savais que ce n'était pas possible parce qu'on va faire mieux que des
commissions régionales. J'ai dit en commission parlementaire qu'il est
impossible, par exemple, dans le Bas-Saint-Laurent de dire où est la
région no 1 dans le domaine agricole. Les gens de Rivière-du-Loup
disent que c'est à Rivière-du-Loup, les gens de Rimouski disent
que c'est à Rimouski, les gens de Matane disent que c'est à
Matane, les gens de la Gaspésie disent que c'est à Bonaventure,
ceux du côté nord disent que c'est chez eux. (17 heures)
Où est la région agricole no 1? Elle va de
Rivière-du-Loup jusqu'aux Iles-de-la-Madeleine. Quant à nous du
Parti québécois, ce qu'on a fait, on a dit: II va y avoir des
comtés, il va avoir des régions d'appartenance. Au lieu d'avoir
douze régions, il va y en avoir entre 70 et 80, mais qui vont
correspondre à la réalité, où les gens vont se
sentir chez eux, où les gens vont pouvoir décider ensemble les
choses qu'ils ont à faire. C'est évident qu'il va y avoir une
harmonisation entre la protection des terres puis l'aménagement du
territoire, mais il s'agit de ne pas aménager les usages qui peuvent
être bien placés ailleurs de les faire sur les terres agricoles.
Tout cela peut se faire dans l'harmonie.
Évidemment, cela va prendre un organisme pour protéger les
agriculteurs. Les agriculteurs aujourd'hui ne sont pas comme avant, ils ne sont
plus majoritaires même dans les conseils municipaux des campagnes. C'est
parce que de plus en plus, il y a des gens de toutes sortes de domaines qui
viennent demeurer dans les campagnes. Mais la grande activité du
territoire, la grande activité économique, c'est
l'activité agricole. L'activité agricole qui est
l'activité économique de loin la plus importante au niveau
primaire. A cet égard au niveau de la productivité, de
l'accroissement de la production, en 1978 au Québec, accroissement de
$250 000 000 seulement dans l'agriculture québécoise.
L'accroissement des revenus des agriculteurs, cela avait l'habitude de baisser,
première année où il y a une hausse significative, et
surtout première année où on a le deuxième rang
dans l'augmentation des revenus. Habituellement on était avant
Terre-Neuve. A Terre-Neuve, il n'y a pas grand-chose là. On n'avait pas
de mérite à se comparer à Terre-Neuve. Mais là, on
est tout de suite après l'Alberta. Avant l'Ontario; le Nouveau-Brunswick
situé entre les deux, on pourrait dire que c'est à cause de la
situation géographique, a baissé de revenus en 1978; l'Ontario a
augmenté de moins de la moitié du Québec. Qu'est-ce que
cela veut dire? Cela veut dire que les cultivateurs du Québec sont plus
dynamiques. Cela veut dire que les politiques nouvellement adoptées au
Québec ont donné des résultats. Cela veut dire aussi que
l'agriculture va demeurer au Québec l'activité primaire la plus
importante. $1 810 000 000, cela veut dire plus de 50% du secteur primaire.
En 1978, l'industrie alimentaire approvisionnée par les produits
agricoles a augmenté de 19,3%, le ministre de l'Industrie et du Commerce
est là il vous le dirait, 19,3% c'est le secteur industriel qui s'est
accru le plus.
Cela veut dire qu'au Québec, et quand on dit 19% de $4 700 000
000, cela veut dire une augmentation d'au-dessus de $800 millions, entre $800
millions et $900 millions dans l'industrie alimentaire. Cela commence à
faire du monde à la messe. Cela veut dire que l'industrie
agro-alimentaire est de loin l'industrie la plus importante au Québec.
Les terres agricoles sont pour les cultivateurs l'instrument de production, de
la même façon que les forêts sont pour nos usines de bois de
sciage ou nos usines de pâtes et papiers la source
d'approvisionnement.
Demain matin, penseriez-vous de dire: On garde les forêts pour la
chasse! C'est fini, on ne coupe plus de bois dans le Québec. Il faut
garder cela pour la chasse. Ce serait fini. C'est inimaginable, on ne peut
même pas imaginer cela. Mais quand on dit qu'il faut qu'on
considère les terres agricoles comme des zones à
développement différé, c'est un peu dire la même
chose. On dilapide le capital, un capital qui est limité dans tout le
monde entier, on veut le gaspiller. Cela me fait penser un peu à la
parabole des talents. Le bon Dieu qui disait: J'ai donné un talent, cinq
talents ou dix talents. Il y avait celui qui les avait fait profiter ses
talents, il y avait celui qui les avait enfouis dans le sol. Prendre ces terres
agricoles pour mettre de l'asphalte par-dessus, mettre des maisons par-dessus,
les gaspiller, c'est un peu détruire ses talents.
Il y a une quantité limitée de sols au Québec et le
devoir d'un gouvernement, préoccupé de l'ave-
nir du pays, de l'avenir de la ressource la plus importante, c'est de le
protéger. Surtout les gens de l'Union Nationale devraient se rappeler
que leur ancien chef, fondateur de leur parti, disait, avec raison ils
ont oublié le message que la classe sociale la plus importante
dans une société, qui était la fondation de la pyramide,
c'était la classe agricole. Ce sont les gens qui forment la base de ce
qui est le plus important pour l'humanité, se nourrir. C'est pour cela
que le Parti québécois a comme slogan que les cultivateurs du
Québec nourrissent la population du Québec. Pourquoi se faire
nourrir par les étrangers? Un peuple qui ne veut pas se nourrir, au
fond, c'est un peuple qui ne mérite pas de vivre! C'est pour cela qu'il
faut prendre tous les moyens.
C'est évident que la protection des terres agricoles va imposer
des contraintes. C'est évident qu'on ne pourra pas faire n'importe quoi,
mais comment pouvez-vous protéger le sol autrement? Autrement, ça
va être comme avant. N'importe qui pouvait dilapider le sol.
Quand on regarde la valeur réelle d'une terre... Quand on a
commencé à discuter avec l'Hydro-Québec pour savoir
où poser les lignes pour ne pas déranger les sols, j'avais
remarqué que les gens de l'Hydro-Québec faisaient des calculs
actuariels. J'ai dit aux fonctionnaires du ministère: Si on veut
discuter avec eux, on va discuter sur la même base. Engagez un actuaire
et on va calculer la valeur actuarielle du sol. Quand on est arrivé avec
nos rapports, les gens de l'Hydro-Québec ont dit: Si vous discutez sur
cette base, on n'est pas capable d'arriver avec vous autres. Pourquoi? Parce
qu'il n'y a rien qui vaut autant qu'une terre agricole. Si vous calculez ce
qu'elle va produire sur 30 ans, si vous calculez ce qu'elle représente
comme valeur de production, il n'y a rien qui peut arriver avec cela.
Ce n'est pas comme une mine. Une mine, quand vous avez vidé le
trou, il n'y a plus rien. C'est fini. Il reste...
Une Voix: II reste un trou!
M. Garon: A Thetford, il reste des tas, dans la région de
l'amiante. Dans l'agriculture, un sol se reproduit constamment avec le travail
de l'homme, avec des méthodes améliorées de culture. C'est
ce qu'on veut protéger. La loi a tenu compte des commentaires que nous
avons eus des gens. Je ne présenterai pas d'amendements nouveaux, mais
en commission parlementaire nous avons adopté 35 amendements. Cela veut
dire qu'on a tenu compte des différents mémoires qui nous ont
été présentés. On n'a pas tenu compte de tous les
mémoires, c'est vrai, parce qu'il y avait des suggestions incompatibles
avec notre projet de loi et qu'il fallait trancher entre une position ou une
autre.
Il y avait des mémoires qui disaient gauche, d'autres disaient
droite. Il fallait trancher entre les deux. Parfois, on trouvait un compromis
qui pouvait rendre tout le monde heureux; parfois il n'était pas
possible d'en trouver, il fallait choisir.
C'est évident qu'à ce moment-là tous les
mémoires ne se retrouveront pas dans le projet de loi, mais l'immense
majorité des mémoires va se retrouver dans le projet de loi. Nous
avons fait des consultations...
M. Bellemare: M. le Président, je'vous ferais remarquer
qu'en vertu de l'article 102, que vous connaissez comme moi, son temps est
expiré.
Le Vice-Président: Pardon. En vertu de l'article 102, nous
ne sommes pas en troisième lecture et il reste 30 secondes à M.
le ministre.
M. Garon: Je vais terminer...
Une Voix: Mesquin!
M. Bellemare: Non, non, le "timing".
M. Garon: ... en disant ceci. M. Duplessis disait...
M. Bellemare: Vous vous en servez quand ça fait votre
affaire.
M. Goulet: Vous avez craché dessus pendant dix ans.
M. Bellemare: Vous avez été contre toute votre
vie.
M. Goulet: S'il était si fin que ça, pourquoi avoir
craché dessus pendant dix ans? Vous-même, M. le ministre, avez
craché dessus.
M. Bellemare: Vous avez craché dessus! Pharisien!
M. Garon: M. Duplessis disait...
Le Vice-Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
ministre. M. le leader de l'Union Nationale, ayant été
rappelé tantôt à l'obédience du règlement, je
dois faire la même chose pour vous. (17 h 10)
M. Garon: M. Duplessis disait, quand il parlait des
libéraux: un vote pour le Parti libéral, c'est un vote pour la
lampe à l'huile, un vote pour l'Union Nationale, c'est un vote pour
l'électricité. Dans les prochaines élections, on pourra
dire, avec toutes les mesures que le gouvernement adopte: Un vote pour les
partis de l'Opposition, c'est un vote pour le retour de la voiture à
cheval, alors qu'un vote pour le gouvernement actuel, c'est un vote pour
continuer le progrès!
Le Vice-Président: A l'ordre! Je remercie M. le ministre
comme M. le leader parlementaire de l'Union Nationale de leur collaboration.
Nous aurons deux votes, comme il se doit. Le premier vote sera sur les
amendements proposés par M. le député de
Montmagny-L'Islet. Six amendements. Est-ce que ces amendements seront
adoptés?
Un instant! Oui, M. le député de Beauce-Sud.
M. Roy: Sur l'adoption du rapport, M. le Président, M. le
ministre vient de faire son discours, mais si ma mémoire est bonne,
peut-être que, compte tenu des heures nombreuses que nous avons faites,
je ne me souviens pas qu'il y ait un droit de réplique sur l'adoption du
rapport. Cela veut dire que tant et aussi longtemps qu'il y a des
députés qui veulent s'exprimer sur le rapport, les
députés peuvent le faire.
Le Vice-Président: Oui, M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: M. le Président, le ministre a terminé son
discours par des phrases lapidaires, c'est le cas de le dire: ceux qui
s'opposent à son projet de loi sont pour que l'agriculture retourne
à la voiture à cheval, et ceux qui sont pour son projet de loi
sont pour les tracteurs! C'est à peu près cela.
M. le Président, ce n'est pas aussi facile que cela de
simplifier. Il ne faudrait quand même pas croire que la population
s'éclaire encore à la lampe à l'huile! La population du
Québec a évolué et je pense que l'agriculture du
Québec a évolué. Dieu merci! Le ministre a dressé,
tout à l'heure, un bilan fort optimiste sur l'avenir agricole du
Québec. J'en suis très heureux, et je ne sache pas qu'il y ait un
seul membre de cette Assemblée nationale, à moins d'être
vraiment masochiste, qui en soit malheureux. Depuis très longtemps, en
cette Chambre, je suis souvent intervenu pour dire qu'il commençait
à être temps qu'on place l'agriculture québécoise au
premier rang des priorités dans le développement
économique du Québec. J'aimerais que ce que dit le ministre
puisse être concrétisé dans la réalité.
J'admets que des progrès ont été faits. Il y a encore
beaucoup de progrès à faire dans ce domaine-là. Il va
falloir se mettre sérieusement à la tâche d'une
façon bien objective, et jouer peut-être un petit peu moins
à la petite politique partisane, sans étiqueter le progrès
en lui mettant des rubans bleus, rouges, verts ou jaunes! Je pense que le
développement de l'agriculture au Québec est une
préoccupation de toute la population et qui doit être bien
au-dessus des petites considérations partisanes.
Je ne veux pas être tellement long parce que j'aurai l'occasion de
revenir en troisième lecture sur l'adoption de ce rapport, mais je pense
qu'on peut se réjouir du fait que les nombreuses heures qui ont
été passées à la commission parlementaire ont servi
à l'étude sérieuse du projet de loi, ont permis aux
différentes Oppositions, comme aux différents membres qui
composaient la commission parlementaire, de s'exprimer librement. Je pense
qu'on peut le dire en toute franchise, et je ne sache pas qu'il y ait eu une
volonté de la part de qui que ce soit de faire de l'obstruction
systématique à l'occasion de l'étude de ce projet de loi
en commission. Je pense qu'il ne faudrait pas trop charrier non plus.
M. le Président, des propositions ont été faites
par les membres de l'Opposition, j'en ai fait aussi quelques-unes parce qu'il y
avait des points que je considérais comme étant des questions de
principe fort importantes.
D'abord le ministre n'a pas à lancer la pierre à toutes
les Oppositions, parce qu'il a dit toutes les Oppositions. Quand on dit toutes
les Oppositions, je me sens personnellement visé. Je connais
suffisamment le ministre pour savoir que, lorsqu'il disait toutes les
Oppositions, il avait pesé ses paroles. Il en avait mesuré la
portée.
Des gens sont venus en commission parlementaire avant que nous
n'entreprenions l'étude du projet de loi article par article et ont tenu
des propos identiques à ceux qui ont été tenus par les
membres de l'Opposition qui ont participé à cette commission,
notamment en ce qui a trait, par exemple, à la décentralisation
de la commission provinciale. Je ne veux pas reprendre tous les arguments que
nous avons utilisés en commission, mais je tiens bien à dire une
chose, je ne pense pas que tout le monde puisse errer en même temps. Il y
a beaucoup d'organismes, il y a des personnes très
expérimentées dans l'agriculture qui ont une longue
expérience du secteur agro-alimentaire qui ont parlé de la
décentralisation de la commission régionale. Le gouvernement a
fait son lit, le gouvernement a fait son choix. Nous sommes devant une
décision politique et le gouvernement a la majorité.
Dans un régime démocratique parce que je n'ose pas
dire en bon démocrate il faut accepter la décision de la
majorité. Je tiendrais bien à dire ceci au ministre et à
mes collègues du côté gouvernemental: Si le ministre peut
se plaindre qu'il a eu des difficultés à faire étudier son
projet de loi, voire à le faire adopter jusqu'en troisième
lecture, il faudra que le ministre admette quand même que c'est de l'eau
de rose à comparer à toutes les difficultés que la
commission va rencontrer, que son ministère va rencontrer dans
l'application de la loi
Nous partons de loin de ce côté-là. L'exercice du
droit de propriété au Québec, jusqu'à maintenant, a
toujours été un droit absolu, un droit total; il y a bien eu des
règlements de zonage dans certaines petites villes, mais il n'y en a pas
eu dans toutes les municipalités du Québec. Il y a des
restrictions dans l'exercice du droit de propriété que nous
légalisons pour une première fois dans l'histoire du
Québec.
Il y a bien longtemps certes qu'on parle d'aménagement du
territoire, qu'il fallait faire en sorte de protéger les terres
agricoles, mais il faudra que le ministère et nous l'avons dit en
commission parlementaire le ministre en particulier, soit souple dans
l'application de cette loi. Il faudra agir avec discernement, il faudra tenir
compte des besoins et des particularités de chacune des régions.
Il ne faudra pas faire en sorte que cette commission provinciale devienne une
tour d'ivoire, avec des pouvoirs extrêmement arbitraires. Il faut
l'admettre, il a fallu que le gouvernement donne tous les pouvoirs à
cette commission. Elle peut les utiliser avec sagesse, comme elle peut les
utiliser avec rigueur. C'est un fait que personne ne peut nier.
L'intention du ministre ne fait aucun doute, je pense, mais la
commission aura à administrer une loi, et les pouvoirs appartiennent
à la commission.
C'est elle seule qui pourra décider de la façon dont ces
pouvoirs seront exercés, la façon dont la loi sera
appliquée, à savoir si on ira avec rigueur ou si on ira avec
diligence ou avec une certaine sagesse.
Pour ma part, je préconise qu'on procède avec diligence,
qu'on procède avec sagesse et avec une certaine souplesse. Il ne faudra
pas procéder avec faiblesse et céder au chantage lorsque chantage
il y aura. Mais il faudra qu'on ait du discernement lors de pressions, de
chantage par certains groupes puissants, certaines puissances
financières. Il faudra faire la distinction entre des groupes de
citoyens, des individus pour qui cela a des implications économiques
considérables. Il faudra faire ces distinctions-là. Ces gens
auront en main l'administration d'une loi. Ceci dit pour la commission
provinciale.
Il y a aussi toute la question du droit d'apel. Je trouve un peu
malheureux, très malheureux même, qu'il n'y ait aucun
mécanisme d'appel qui ait été prévu par la loi.
S'il y avait eu des commissions régionales de formées, la
commission provinciale aurait pu exercer ce rôle de tribunal d'appel,
d'instance supérieure. (17 h 20)
Dans la Loi de l'expropriation, il y a un tribunal d'appel. Dans
différentes lois, il y a des tribunaux d'appel, il y a des instances
où les gens peuvent se faire entendre. Cependant, dans la loi, compte
tenu de la souplesse que le ministre et la commission voudront bien donner pour
l'application de la loi, on devra faire en sorte d'ouvrir les portes pour
permettre aux gens de se faire entendre, ces gens qui seront impliqués
et pour qui cela comportera des pertes économiques considérables.
Je pense surtout, à ce moment-là, aux agriculteurs du
Québec qui exploitent des propriétés depuis trois, quatre,
cinq et six générations qui, à un moment donné, ne
pourront plus user de leur droit de propriété comme par le
passé.
Il y a aussi toute cette question du fait qu'en dehors des zones
réservées, il y a des agriculteurs qui sont dans les zones
blanches. Ce qu'ils voudront, c'est bénéficier de la protection
que la loi peut leur donner. Il faut donc qu'il y ait une certaine souplesse
pour permettre aux gens qui veulent être protégés par la
Loi sur la protection du territoire agricole, même ceux qui restent dans
des enclaves, dans les zones blanches, d'avoir cette protection. Je pense qu'on
pourrait donner plusieurs exemples de ceci, notamment dans les régions
urbaines, dans les grandes régions métropolitaines. Ce sont des
cas que la commission aura à rencontrer. Ce sont des dossiers qui, un
jour ou l'autre, feront en sorte de tomber sur le bureau du ministre. Il faut
agir avec énormément de souplesse en pensant à ceci comme
plus grande priorité: il faut protéger notre patrimoine agricole
au Québec, mais il faut le faire dans l'intérêt de la
population et il faudra faire en sorte d'aller plus loin que la seule
protection du territoire agricole, faire en sorte de ne pas protéger des
territoires agricoles qui seront non utilisés même si des
intéressés voulaient participer au dévelop- pement de
l'agriculture au Québec. Mais à cause de toutes les contingences,
les quotas de production et toutes les choses qu'on retrouve dans
différentes lois, il faudra faire en sorte que ces gens-là ne
puissent pas exploiter un territoire agricole au Québec.
Je sais que la tâche n'est pas facile, mais c'est la raison pour
laquelle j'en fais une dernière recommandation. Il faudra que cette
commission agisse avec discernement, avec un grand sens des
responsabilités, avec souplesse quand je dis souplesse, je ne dis
pas avec faiblesse dans l'intérêt de la classe agricole en
premier lieu, dans l'intérêt de l'économie agricole et de
l'économie rurale du Québec sans oublier l'intérêt
majeur de tous les Québécois.
Le Vice-Président: M. le ministre de l'Agriculture, en
vertu de l'article 123.6.
M. Garon: M. le Président, j'écoutais le
député de Beauce-Sud parler. Quand il dit qu'il n'y a pas de
droit d'appel, je pense que ce n'est pas exact, c'est-à-dire qu'il y a
un droit de révision. Dans certains tribunaux, il y a des droits
d'appel; dans d'autres tribunaux, il y a des droits de révision. La loi
actuelle prévoit un droit de révision à l'article 18. De
plus, je fais plutôt confiance à la commission du territoire
agricole pour discuter d'agriculture qu'aux tribunaux ordinaires où les
juges ne sont pas trop familiers. Habituellement, ce sont des anciens avocats
qui ont travaillé dans des bureaux pendant toute leur vie et qui,
à un moment donné, deviennent juges. En matière agricole,
ils ne sont pas trop expérimentés, habituellement. J'ai
l'impression que la commission de protection du territoire agricole va
connaître mieux les problèmes agricoles. D'ailleurs, les
agriculteurs sont familiers avec les droits de révision puisque la
Régie des marchés agricoles aussi a un droit de révision.
La plupart des tribunaux administratifs ont un droit de révision.
De plus, il y a l'article 33 du Code de procédure civile qui
permet également un pouvoir de surveillance à la Cour
supérieure pour surveiller tous les tribunaux du genre de la commission
de protection du territoire agricole. A ce moment-là, je pense que les
mécanismes sont en place et la Cour supérieure peut juger, en
droit, des appels qui lui seront signifiés par bref d'évocation.
Je pense que les droits des gens sont reconnus.
La commission devra agir avec intelligence, c'est-à-dire ne pas
considérer que les commissaires pensent que la tête qu'ils ont sur
les épaules est un genre de boule de Noël qui sert pour la
décoration. Mais la tête est là pour servir et s'en servir.
Je pense qu'il s'agit de nommer dans les commissions des gens qui ont un bon
jugement et qui connaissent le secteur agricole également. C'est pour
cette raison que, très rapidement je pense, les gens de la commission
vont être désignés; pas tous en partant, parce que je
n'aurai pas eu le temps de faire toutes les consultations.
Contrairement à ce qu'on a dit, il n'y a pas eu de collusion. On
a dit pendant des semaines ici
qu'il y avait collusion avec les dirigeants de l'UPA. Je dis aujourd'hui
qu'il n'y a jamais eu de collusion avec la direction de l'UPA, parce que je
pense que les dirigeants de l'UPA ne se laisseraient pas acheter. Pendant des
semaines, j'ai été accusé d'avoir fait de la collusion.
C'est faux.
Les gens de l'UPA avaient fait la même recommandation dans leur
mémoire, dans leurs assemblées générales pendant
des années. Ce n'est pas ma faute si le Parti libéral n'a pas
écouté les demandes des agriculteurs. Ils n'ont
qu'eux-mêmes à blâmer. Le gouvernement actuel a voulu tenir
compte des demandes des agriculteurs. Tout ce que j'ai fait, c'est dire: Prenez
le programme de l'UPA, prenez le programme du Parti québécois,
marions cela ensemble pour faire une loi sur la protection du territoire
agricole. C'est pour cela' que les grands principes qui étaient
demandés par l'Union des producteurs agricoles se retrouvent dans ce
projet de loi.
Par ailleurs, la commission devra agir avec intelligence; elle devra
appliquer cette loi, mais dans le sens de la protection des terres agricoles.
Il ne faut jamais oublier que la loi a pour but de protéger les terres.
La commission n'est pas un organisme qui arbitre la distribution des terres
entre tous ceux qui veulent les avoir, entre les développeurs, les
lotisseurs, les terrains de camping et tout cela. La commission n'est pas
là pour faire la répartition du sol; elle est là pour
protéger les terres et pour protéger les agriculteurs. Elle n'est
pas là pour leur faire de la misère. Elle n'est pas là
pour les empêcher d'avoir des enfants qui vont se bâtir à
côté de leur maison. J'ai tenu compte là-dedans des
différentes demandes qui nous ont été faites.
Les gens avaient peur que les fils des agriculteurs se bâtissent
parce qu'ils disaient: Ce sont les lois de l'environnement. On a mis des
clauses dans le projet de loi. Il ne s'agit pas, non plus, de placer la ville
à la campagne. A ce moment-là aussi, cette interprétation
qui devra être faite par la commission devra être faite en fonction
des agriculteurs, parce que ce sont les premiers dont il faut se
préoccuper dans le milieu agricole. Alors, quant à la Commission
de protection du territoire agricole, nous avons un seul regret aujourd'hui,
c'est de ne pas l'avoir appelée la commission nationale de protection du
territoire agricole. Il me semble que cela aurait été plus
beau.
M. Lavoie: International aussi. C'est encore plus grand.
M. Garon: J'aurai l'occasion, tantôt, lorsqu'on appellera
la loi 100... Je ne vais pas parler plus longuement parce que je vois le leader
du gouvernement qui commence à être fatigué. Il a peur
qu'on parle trop longtemps et il sait qu'il y a des heures limites. Alors,
j'aurai l'occasion tout à l'heure, lorsqu'on parlera de la loi pour
augmenter les subventions aux jeunes qui s'établissent, de dire un peu
comment fonctionne l'agriculture actuellement.
Le Vice-Président: M. le député de
Saint-Louis, vous avez le droit et M. le ministre va recommencer.
M. Blank: Seulement une chose. Je ne veux pas que le ministre
induise la population en erreur en laissant entendre qu'elle a un droit d'appel
en utilisant l'article 33 du Code de procédure, parce que l'article 33,
c'est seulement quand il y a un excès de juridiction par la commission.
La Cour supérieur n'a aucune juridiction sur les mauvais jugements ou
sur les manques de jugement des commissaires.
M. Garon: Non, pas là-dessus.
Le Vice-Président: D'accord. A l'ordre. Mesdames et
messieurs, êtes-vous prêts à voter sur les amendements de M.
le député de Montmagny-L'Islet?
M. Charron: Je voudrais m'informer d'une chose avant, parce que
j'aurais peut-être une suggestion à faire. Est-ce que les
députés de l'Opposition veulent demander un vote
enregistré là-dessus?
Une Voix: Oui.
M. Charron: J'accepte. C'est leur droit, M. le Président.
J'ai une proposition. Si nous suspendions le débat, comme il est
achevé, et le vote, parce que nous avons plusieurs collègues en
commission actuellement, et que nous procédions d'un commun accord
à la deuxième lecture du projet de loi 100 qui concerne aussi nos
collègues intéressés aux questions agricoles, quitte
à dépasser 18 heures un tant soit peu, quand on finirait le
débat sur la deuxième lecture de 100, on voterait à la
fois les deux projets, c'est-à-dire la prise en considération du
rapport, les amendements au nom du député et la deuxième
lecture du projet de loi no 100, au besoin. (17 h 30)
Ainsi, quand on reprendra, vers 20 heures, 20 h 15, nos collègues
de la commission de l'agriculture pourraient se réunir à nouveau,
avec le consentement de chacun, mais cette fois sur la loi 100, puisque nous
avons eu le consentement de tous les partis hier. Ici, en Chambre, pendant
qu'ils s'occuperaient de l'étude article par article du projet de loi
100, on vaquerait aux autres projets de loi que nous devons adopter avant la
prorogation, M. le Président.
Le Vice-Président: Est-ce que j'ai bien compris, M. le
leader parlementaire du gouvernement, que vous demandez un consentement?
M. Charron: C'est cela.
M. Lavoie: M. le Président...
Le Vice-Président: Oui, M. le leader parlementaire de
l'Opposition officielle.
M. Lavoie: Je voudrais offrir encore une fois notre
collaboration. Je crois que la loi 100 n'est pas tellement longue. J'ai
l'impression que ce projet de loi va obtenir l'unanimité de la Chambre
et je ne vois pas même la nécessité que la commission ait
à se réunir après le dîner. On pourrait
peut-être faire les écritures.
M. Charron: Le ministre a un amendement à apporter en
cours de route.
M. Lavoie: Un ou des?
M. Charron: Un amendement.
M. Lavoie: S'il n'est pas litigieux ni contentieux, on pourrait
le faire en plénière rapidement.
M. Garon: Non, en commission.
M. Lavoie: Vous voulez aller en commission.
M. Garon: Oui.
M. Lavoie: Vous voulez que cela prenne plus de temps.
M. Charron: Non, ce n'est pas pour que cela prenne plus de temps,
mais pour qu'ici on puisse vaquer à autre chose.
M. Bellemare: Cela va faire la quatrième commission cet
après-midi. Un instant.
M. Charron: Je dis ce soir à 20 h 15.
M. Bellemare: Vous en avez quatre qui siègent.
M. Lavoie: Est-ce qu'on pourrait avoir une copie des amendements
immédiatement?
M. Garon: Je peux en avoir des copies, oui.
M. Lavoie: Cela pourrait aider. On essaie de faciliter les
travaux.
M. Charron: Si ce n'est pas compliqué, on va le faire en
commission plénière.
Le Vice-Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Non,
non, non! S'il vous plaît.
M. Charron: Je m'en tiens à ma proposition initiale
puisque ce soir nos collègues du tourisme de la chasse et de la
pêche auront achevé à 18 heures. On pourra, par
consentement, permettre à ceux de l'agriculture de se réunir. Si,
quand vous aurez pris connaissance de l'amendement, vous croyez qu'en
commission plénière, ce serait une question de quelques minutes
parce qu'on est limité dans le temps ce soir on reviendra
sur notre décision, mais j'en fais quand même la proposition le
plus rapidement possible.
M. Roy: M. le Président, sur ce point...
Le Vice-Président: Un instant. M. le député
de Beauce-Sud.
M. Roy:... si les amendements pouvaient nous être
déposés avant le dîner.
M. Charron: Tout de suite.
M. Roy: On va l'avoir tout de suite? On pourrait, sans retarder
indûment les débats, limiter tout simplement nos interventions
à une seule. Evidemment, on a une deuxième lecture, la commission
plénière, la troisième lecture. On pourrait éviter
toute cette procédure et se limiter à une courte intervention. En
ce qui me concerne, il n'y aura qu'une seule intervention. Elle sera
très courte. Si on pouvait avoir les amendements, on éviterait la
motion... On pourrait se limiter à faire seulement des écritures
au lieu de procéder à toutes les étapes de la loi selon la
formule régulière, seulement les écritures.
Le Vice-Président: Merci, M. le député de
Beauce-Sud. M. le leader parlementaire de l'Union Nationale.
M. Bellemare: On vient de me dire, dans les rangées d'en
arrière, que la commission de l'industrie et du commerce aurait
terminé ses travaux. On pourrait peut-être faire le rapport de
108.
M. Charron: Oui. 108 et les affaires municipales, 112. M. le
Président, pendant que l'on distribue les amendements que le ministre a
l'intention de proposer au projet de loi no 100, voulez-vous reconnaître
mon collègue de Laviolette et mon collègue de Bourassa pour le
dépôt de deux rapports.
Le Vice-Président: Nous le faisons selon la formule de la
commission plénière.
M. Charron: C'est exact.
Le Vice-Président: M. le député de
Laviolette.
Rapport de la commission ayant étudié
les projets de loi nos 215, 106, 112 et 113
M. Jolivet: M. le Président, qu'il me soit permis, selon
notre règlement, de déposer le rapport de la commission des
affaires municipales qui a étudié plusieurs projets de loi.
D'abord, le projet de loi privé no 215, Loi modifiant la charte de la
ville de Beauport, qui a été adopté avec amendements, et
trois projets de loi publics qui sont les suivants: Le projet de loi no 106,
Loi concernant la ville de Saint-Eustache, qui a été
adopté avec amendement. Le projet de loi no 112, Loi modifiant la Loi
sur l'évaluation foncière et modifiant d'autres dispositions
législatives, qui a été adopté avec certains
amendements et aussi
avec certains articles, sur division. De plus, elle a
étudié le projet de loi no 113, Loi prolongeant certaines
dispositions de la Loi modifiant la Loi pour favoriser la conciliation entre
locataires et propriétaires, le Code civil et d'autres dispositions
législatives et l'a adopté avec amendements.
Le Vice-Président: A l'ordre, s'il vous plaît. Si
vous permettez, merci pour votre rapport. Mais je dois distinguer deux choses.
En ce qui concerne le projet de loi no 215 vous l'avez mentionné
de Beauport, c'est un projet de loi privé. Nous pourrions avoir
une deuxième lecture à une prochaine séance, si on avait
un consentement, ce n'est pas au président à décider.
En ce qui concerne les projets de loi no 106, 112 et 113, à moins
qu'il n'y ait consentement, je devrai dire: Troisième lecture à
une prochaine séance ou à une séance subséquente.
Mais, auparavant, est-ce que le rapport est adopté?
M. Bellemare: Oui.
Le Vice-Président: Rapport adopté. C'est votre
décision, messieurs.
M. Lavoie: Quatre projets de loi. M. Charron: C'est
cela.
Le Vice-Président: Est-ce que vous les prenez tous dans un
bloc, même s'il s'agit de projets de loi privés ou publics?
M. Charron: Oui, M. le Président.
Le Vice-Président: S'il y a consentement.
M. Gratton: Oui.
M. Bellemare: Oui, il y a consentement, mais avec
amendements.
Le Vice-Président: Avec amendements. Merci. Oui, M. le
député de Gatineau.
M. Gratton: Etant donné que c'est le dépôt du
rapport quant à 113, locataires et propriétaires, je pense que le
ministre avait un amendement à l'article dont on a parlé cet
après-midi.
M. Charron: Ce soir. Je ne veux pas mélanger les projets
de loi actuellement.
M. Tardif: Si vous me permettez, M. le Président.
Le Vice-Président: Oui, M. le ministre des Affaires
municipales.
M. Tardif: Nous sommes revenus en commission des affaires
municipales sur le projet de loi no 113, le député de D'Arcy
McGee était présent, nous nous sommes entendus sur le fait que le
libellé devait rester tel quel.
Le Vice-Président: Si vous permettez, pour simplifier,
tous ces projets de loi, 215, 106, 112, 113, qu'ils soient privés ou
publics, il y a consentement pour que nous puissions aller jusqu'à la
troisième lecture à cette même séance, avec les
amendements, dans les cas où il y en aurait.
M. Lavoie: II y a consentement.
Le Vice-Président: Merci.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, j'imagine qu'il y a
consentement sur ma proposition de tout à l'heure.
M. Bellemare: Je vous avais dit d'appeler l'autre rapport.
M. Charron: II n'a pas été fait, lui?
Excusez-moi.
M. Bellemare: Bien oui.
M. Charron: Gelons cela, cela va faire. Est-ce qu'il y a
consentement sur ma proposition que nous suspendions le vote sur la prise en
considération de 90 et que nous passions immédiatement à
la deuxième lecture de la loi 100?
Le Vice-Président: Si vous me permettez, M. le leader
parlementaire du gouvernement. Il ne faut rien oublier. Comme j'ai eu un
consentement, je présume qu'il y a consentement pour que toutes ces
deuxièmes lectures des projets de loi privés aient aussi
été adoptées. Oui, 106, 112, 113.
M. Charron: Quand il ne restera que Beauport, d'accord.
Le Vice-Président: Je m'excuse, M. le leader
parlementaire, mais des écritures, il faut que ce soit fait.
M. Charron: Je voudrais bien savoir si ma proposition tient,
parce que je vais la mettre en branle.
Le Vice-Président: Oui.
M. Charron: Merci.
Je vous prie d'appeler l'article 15) du feuilleton.
Projet de loi no 100
Deuxième
lecture
Le Vice-Président: Avec plaisir. M. le ministre de
l'Agriculture propose que soit lu une deuxième fois, avec la
recommandation du lieutenant-gouverneur, le projet de loi no 100, Loi modifiant
la Loi favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles.
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Jean Garon
M. Garon: M. le Président, on m'informe que le
lieutenant-gouverneur a lu le projet de loi et il en recommande l'adoption.
M. le Président, j'ai voulu avoir un texte pour être plus
bref et être concis en même temps, un texte qui est plutôt
technique et qui explique ce qui se fait dans le domaine du crédit et
des subventions à l'établissement des jeunes. En plus de cette
loi, la Loi favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles, qui a
essentiellement pour but de doubler les subventions à
l'établissement des jeunes agriculteurs qui passeront, avec l'adoption
de cette loi, de $4000 à $8000. (17 h 40)
La rareté des sols propices à l'agriculture au
Québec nous oblige non seulement à les protéger comme le
propose le projet de loi sur la protection du territoire agricole, mais aussi
à favoriser leur utilisation optimale. Il faudra favoriser
l'exploitation agricole des bonnes terres laissées en friche depuis
quelques années et les remettre en valeur. Une telle action devra aussi
porter sur les terres sous-utilisées et assurer une productivité
soutenue et même accrue des terres actuellement exploitées.
A cette fin, il est important d'intensifier les efforts consentis en
vue, d'une part, d'assurer une relève certaine en agriculture et,
d'autre part, de favoriser le remembrement et la consolidation des
exploitations agricoles, des fermes de type familial pour en assurer la
rentabilité. L'incitation à l'établissement des jeunes et
à la consolidation des fermes est d'autant plus importante lorsqu'on
considère les montants requis pour assurer la rentabilité d'une
ferme tant dans les cas d'établissement que dans les cas
d'agrandissement. L'évolution rapide qu'a connue l'agriculture du
Québec, au cours des dernières années, et l'inflation ont
créé des besoins croissants en capital. Si on regarde quelques
chiffres pour illustrer cette pensée, on va prendre les chiffres de
Statistique Canada pour ne pas que vous nous accusiez d'avoir fait nos propres
chiffres.
L'indice de la valeur à l'acre pour les terres et bâtiments
agricoles est passé, en 1971, de 100 à 236 en 1977, donc une
augmentation, en sept ans, de 136. Au cours de la même période,
l'indice des prix des intrants dans l'agriculture est passé de 100
à 179. D'un autre côté, l'indice des prix des produits
agricoles au Québec est passé de 100 qu'il était en 1971
à 190 en 1977 pour atteindre 212 en 1978. On voit que l'augmentation des
prix des produits agricoles est essentiellement l'effet de l'accroissement du
prix de la terre et des bâtiments, ainsi que des intrants agricoles. Ces
compilations faites par l'Office du crédit agricole du Québec sur
le profil de ses emprunteurs indiquent qu'en moyenne ceux-ci avaient un actif
total de $24 078 en 1966, de $39 513 en 1971 et de $128 085 en 1976/77.
Le jeune agriculteur qui s'est établi à l'aide d'un
prêt de l'office en 1976/77 avait un actif total de $110 900; celui qui
s'est établi en 1977/78 avait un actif de $126 157. Un jeune
agriculteur, en 1977/78, qui s'établit a un actif total moyen, chez les
gens qui vont à l'Office du crédit agricole, de $126 157. Cela
commence à être de l'argent pour un jeune qui s'établit.
Ceci s'est reflété dans les besoins de crédit et les
sommes qu'a dû prêter l'office.
C'est pourquoi je dis qu'aujourd'hui, quand on parle de l'agriculture,
quand on voit un jeune qui commence et qui a besoin d'emprunter pour avoir un
actif moyen et des gens qui vont à l'office pour emprunter $126 000,
cela veut dire qu'il faut considérer l'agriculture non pas comme une
activité de subsistance, non pas comme une activité en
compétition avec le bien-être social, mais comme une
activité économique, une entreprise, une petite entreprise. Les
besoins de crédit vont se refléter dans ces besoins. Ainsi, en
1966, les prêts consentis en vertu de la Loi du crédit agricole
ont atteint la somme de $12 929 600. En 1976/77, c'était $78 729 200 et
$93 353 175 en 1977/78. Une augmentation, donc, pour notre première
année de gouvernement, de $15 millions. Cela a passé de $78
millions à $93 millions. C'est une bonne augmentation: $15 millions en
1978, cela fait une augmentation de 20%. Tantôt, j'aurai l'occasion de
vous dire l'effet des lois que nous avons adoptées au mois de juin de
cette année. Certaines ont eu des effets considérables et j'en
dirai un mot tout à l'heure.
Devant ces faits, nous avons procédé, en juin 1978,
à la réforme du système québécois de
crédit agricole administré par l'Office du crédit agricole
du Québec en augmentant les maxima des prêts agricoles et en
facilitant davantage l'accès à ce crédit par la
participation des institutions privées. Ceux qui disent qu'on est en
train de faire une agriculture communiste au Québec! Au lieu de faire
faire les prêts par l'Etat, les prêts sont faits par les caisses
populaires et les banques locales. Je vous dis que c'est plutôt utiliser
les institutions privées. C'est le contraire de ce à quoi on
s'attendrait d'après les critiques habituelles. Pourquoi? Parce qu'il
faut utiliser les gens localement et régionalement pour qu'ils
participent au développement agricole.
Ces mesures législatives répondaient à des besoins.
La preuve, même si lesdites lois ne sont entrées en vigueur
écoutez bien cela que le 1er août 1978, cela ne fait pas
longtemps, l'office a reçu, au cours des sept premiers mois du
présent exercice, 1659 demandes de prêts à long terme,
comparativement à 1400 pour la même période de l'exercice
précédent. Au 31 octobre 1978, 702 prêts avaient
été consentis pour un montant de $68 500 000 en vertu de la Loi
favorisant le crédit agricole à long terme par les institutions
privées et 598, pour un montant de presque $41 millions, en vertu de la
Loi du crédit agricole. Il faut noter que ces derniers prêts
incluent 64 prêts complémentaires aux premiers. Il en
résulte donc au 31 octobre 1978, en sept mois, que 1236 emprunteurs se
sont vu consentir une somme de $104 262 300, ce qui était
déjà une augmentation de $15 millions par rapport à
l'année précédente, en regard de
1461 prêts pour $93 353 175 au cours des douze mois de l'exercice
1977/78
Ce qui veut dire que dans sept mois, en 1978, on a fait $11 millions de
plus que dans toute l'année 1977 qui était déjà $15
millions de plus que l'année 1976. Si on maintient le même rythme
toute l'année, ce seront des montants fabuleux, on aura presque
triplé le rythme antérieur. C'est-y assez fort?
Ceci veut dire que les lois qui ont été adoptées au
mois de juin, au Crédit agricole, pour modifier sa façon de
fonctionner, seront devenues un modèle. Au lieu d'être en
arrière des autres et de copier les autres, cela devient un
modèle en Amérique du Nord. Le ministre de l'Agriculture d'Ottawa
disait récemment qu'il voulait imiter cela. Il trouvait cela bon et il
voulait faire comme cela, le plus tôt possible. On a dit la même
chose dans les Etats américains. Pourquoi? Parce que la façon de
faire du Crédit agricole québécois est à
l'avant-garde de tout ce qui se fait dans le monde, au point de vue du
crédit agricole, avec les nouvelles lois adoptées en juin. Les
résultats sont là pour le démontrer.
Avoir autant de prêts en sept mois que dans un an de
l'année précédente, et avoir passé à $104
millions dans sept mois, alors qu'il n'y avait que $93 millions dans toute
l'année précédente, c'est un montant considérable.
On a voulu faire ces lois avant de faire la Loi sur la protection du territoire
agricole pour que les cultivateurs soient en position, financièrement,
d'accaparer les terres zonées agricoles, des terres en friche qui
appartenaient à des gens qui ne faisaient pas d'agriculture. (17 h
50)
Voyant que leurs terres sont protégées pour l'agriculture
ils diront dans le fond: Je ne suis pas un cultivateur, je devrais vendre cela.
Et avec les mesures de crédit agricole adoptées au printemps,
l'agriculteur aura maintenant les moyens financiers pour aller chercher les
terres, se bâtir une exploitation agricole rentable et faire une vie avec
un revenu vraiment satisfaisant.
La moyenne et je suis vraiment fier du résultat, cela demandait
un travail considérable des gens de l'office pour arriver à ce
résultat, soit plus que doubler les montants par rapport à
l'année précédente des prêts consentis par
l'office a évolué très rapidement depuis quelques
années. En 1966, elle était de $9922, en 1971 de $14 798, en
1976/77 de $54 711 et en 1977/78 de $59 158. Changements considérables
si on pense que, de 1966 à 1978, c'est passé de $9900 à
$59 000, comme moyenne des prêts de l'office.
Au cours de l'exercice actuel, les moyennes ne cessent de croître,
les prêts consentis en vertu de la loi du Crédit agricole ont une
moyenne de $74 200. Voyez-vous, c'est passé en 1977, à $59 000,
et à $64 200 en 1978. On bat nos propres records. Ceux consentis en
vertu de la Loi favorisant le crédit agricole à long terme par
les institutions privées sont plus récents et donnent une moyenne
de $86 780. Ce sont des augmentations considérables dans très peu
de temps, puisque, en un an, on augmente presque de $26 000 le financement
à la ferme.
Il nous apparaît maintenant opportun de compléter cette
réforme; ce n'est pas la compléter dans le sens que ce sera final
après l'adoption de cette loi; il y aura autre chose. C'est de mettre en
place la banque des terres, par exemple, qui s'en vient, et de mettre en place
des incitatifs appropriés pour nous permettre de poursuivre nos
objectifs en assurant la relève en agriculture la relève,
ce sont les jeunes qui s'établissent pour que le nombre des
agriculteurs augmente au Québec plutôt que de diminuer et aider la
consolidation des exploitations pour les rendre rentables et en accroître
la rentabilité. Cette Loi favorisant la mise en valeur des exploitations
agricoles, également administrée par l'Office du crédit
agricole, est certainement un cadre logique pour le faire. L'actuelle Loi
favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles prévoit pour le
jeune agriculteur, ou l'aspirant agriculteur des subventions pour l'aider
à réaliser un programme d'amélioration aux fins de rendre
sa ferme rentable ou d'en accroître la rentabilité. Ces
subventions peuvent atteindre, pour un individu, $1000 pour des
améliorations générales et $3000 pour des
améliorations foncières et sont cumulatives, c'est-à-dire
qu'on additionne les deux et le montant peut atteindre $4000 dans l'état
actuel des choses.
Dans le cas d'exploitation de groupe, ces maximums peuvent être
multipliés jusqu'à cinq fois selon le nombre d'exploitants
agricoles qui qualifient le groupe, à condition que le nombre soit en
proportion. Egalement, la loi prévoit, pour l'agriculteur qui agrandit
sa ferme, une subvention pour l'aider à réaliser un programme
d'amélioration foncière. Cette subvention est calculée
à raison de $50 l'acre pour l'agrandissement de la superficie en culture
et peut atteindre $2000, dans le cas d'un individu, et $10 000, dans le cas
d'une exploitation de groupe.
Le programme d'amélioration générale peut couvrir
tout genre d'améliorations, par exemple, concernant le sol, les
bâtiments, le troupeau ou la machinerie. Le programme
d'amélioration foncière vise prioritairement les
améliorations au fonds de terres telles que le défrichement,
l'épierrement, le labour profond, le drainage souterrain et superficiel,
les travaux mécanisés, etc. Une fois ces priorités
satisfaites, cela vise les bâtiments de ferme, à l'exclusion de la
résidence. De ce fait, ces subventions constituent en majeure partie des
investissements permanents dans le patrimoine agricole du Québec et
contribuent à en améliorer la productivité.
Il sera d'autant plus intéressant d'investir que les terres
seront réservées pour l'agriculture. Le projet de loi modifiant
la Loi favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles propose donc,
d'une part, de doubler les montants des subventions, tant dans les cas
d'établissement des jeunes que dans les cas d'agrandissement des
fermes.
De plus, on se rappelle que le 27 mars 1969, journée de deuil du
monde agricole québécois, le gouvernement du Canada entreprenait
l'expropriation la plus importante jamais entreprise au Cana-
da, en vue de l'implantation du nouvel aéroport international de
Mirabel. Cette expropriation comprenait environ 93 000 acres de terrain. Des 93
000 acres expropriées, 17 000 acres constituent la zone
aéroportuaire proprement dite et 76 000 acres se trouvent dans la zone
périphérique, c'est-à-dire qu'on a exproprié 76 000
acres de trop. De ces 76 000 acres, 49 000 acres sont agricoles et
présentent un réel intérêt pour l'agriculture,
à cause de la proximité des marchés, soit à moins
de 40 milles de Montréal, de la valeur des sols, et de leur situation
dans la zone climatique la plus favorable. Je vois le député de
Deux-Montagnes, juste à côté de moi, qui m'écoute
religieusement, parce qu'il connaît ces problèmes, puisque c'est
dans son comté; de même que le député de Terrebonne,
M. Fallu; M. de Bellefeuille écoute également parce qu'il sait
aussi qu'une partie touche son comté. A l'heure actuelle...
Le Vice-Président: N'oubliez pas la présidence.
M. Garon: M. le Président aussi est touché puisque,
lui aussi, une partie de son comté est dans ce secteur de Mirabel. Je
peux dire à quel point ces députés ont dit à
plusieurs reprises, que le gouvernement du Québec s'occupe des gens de
Mirabel et c'est pourquoi ce projet de loi va en tenir compte.
A l'heure actuelle, quelque 300 agriculteurs résident sur le
territoire de Mirabel et exploitent la majorité des terres, alors qu'un
peu plus de 60 locataires résidant à l'extérieur du
territoire ont des terres d'agrandissement à Mirabel. La valeur brute de
la production actuelle se situe à environ $10 millions, mais ces gens,
avec les petits contrats qu'ils ont d'année en année sont
quasiment torturés par le gouvernement fédéral. Il y a
encore des articles dans la presse aujourd'hui. On dirait qu'il les torture
à petit feu pour faire durer le plaisir fédéral plus
longtemps.
Une Voix: Des maniaques.
M. Garon: La valeur relativement peu élevée de la
production brute actuelle... Je dois le dire: Dans le cas de Mirabel, c'est un
scandale.
Une Voix: Oui, monsieur.
M. Garon: ... alors qu'on protège le territoire agricole,
qu'il y ait là des milliers d'acres que les cultivateurs ne peuvent
développer comme ils le veulent parce qu'ils ont des contrats à
court terme.
M. Lavoie: Le fédéral n'a pas mangé les
terres.
M. Vaugeois: Non, mais cela s'est fait même contre la
volonté des gouvernements qui nous ont
précédés.
M. Lavoie: Ils ne les ont pas mangées. Elles sont
là les terres.
Le Vice-Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
ministre, comme on vous a interrompu ce n'est pas moi qui l'ai fait;
jamais je n'aurais osé le faire je dois quand même
souligner qu'à moins de consentement, il faudra suspendre.
M. Lavoie: Suspendons.
Le Vice-Président: M. le ministre, vous conservez votre
droit de parole et nous reprenons nos travaux, après cette suspension,
à 20 heures.
Suspension de la séance à 20 heures
Reprise de la séance
Le Président: A l'ordre, mesdames et messieurs!
Veuillez vous asseoir.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président...
Le Président: M. le chef parlementaire de l'Opposition
officielle.
Travaux parlementaires
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, est-ce que
j'aurais le consentement de l'Assemblée nationale pour faire certains
commentaires sur la marche des travaux?
M. Charron: J'ose espérer que c'est dans le sens que nous
souhaitons, M. le Président, mais d'emblée, je l'accorde au chef
de l'Opposition officielle.
Le Président: C'est la grande journée des
consentements.
M. Levesque (Bonaventure): Merci, M. le Président. Je
pense bien que nous avons indiqué et, surtout, fait preuve d'une
attitude très positive dans les travaux de la Chambre, malgré une
planification qui laissait à désirer, pour dire le moins, et pour
ne pas provoquer de débat.
M. le Président, si je comprends bien, nous avons à
adopter aujourd'hui, en cette fin de journée, après plusieurs
nuits blanches, d'après ce qu'on m'indique peut-être que le
leader du gouvernement voudra me corriger en deuxième lecture, le
projet de loi no 100, Loi modifiant la Loi favorisant la mise en valeur des
exploitations agricoles; également, un projet de loi qui n'a
été déposé qu'aujourd'hui avec consentement,
d'ailleurs Loi modifiant la Loi de l'indemnisation des victimes
d'accidents d'automobile. Ces deux projets de loi devront non seulement
franchir l'étape de la deuxième lecture, mais également
celle de la commission, du rapport et de la troisième lecture si on veut
les voir adopter aujourd'hui.
En commission parlementaire, on me dit qu'il
resterait le projet de loi no 110, Loi modifiant la Loi sur la
qualification professionnelle des entrepreneurs de construction et d'autres
dispositions législatives.
Quant à l'étape du rapport, nous aurions encore le projet
de loi no 108 sur la SGF, le projet de loi no 103 du ministère des
Affaires sociales, le projet de loi no 71 sur la conservation de la faune. Nous
aurions plusieurs projets qui ont déjà atteint l'étape de
la troisième lecture, c'est-à-dire le projet de loi 90 sur le
zonage agricole, le projet de loi 72 pour la protection des consommateurs, le
projet de loi 105 sur les industries culturelles, le projet de loi 112 sur
l'évaluation foncière, le projet de loi 120, la Loi de la
Législature et de l'Exécutif, et le projet de loi 106
relativement à la municipalité de Saint-Eustache et 113, sur loc
et loc, sur les locateurs et locataires.
Est-ce bien le menu qu'il nous reste ce soir? Si le leader du
gouvernement ne répond pas, c'est un peu, substantiellement, ce qu'il
nous reste à faire ce soir.
M. Charron: Je crois que c'est exact à une exception
près.
M. Levesque (Bonaventure): On conviendra qu'il s'agit d'un menu
législatif extrêmement lourd, considérable, mais nous avons
dit au gouvernement que nous apporterions le meilleur de nos énergies,
celles qui nous restent, du moins, le meilleur de nos idées,
également celles qui nous restent, mais que nous ne voulons pas priver
les citoyens qui pourraient avoir à bénéficier, ou qui
croient pouvoir en bénéficier du moins, de ces projets de
loi.
M. Mailloux: Qui vont les subir.
M. Levesque (Bonaventure): Qui vont les subir, comme dirait le
député de Charlevoix. De toute façon, c'est le
gouvernement qui prend la responsabilité de terminer ses projets de loi.
Quant à nous, nous ferons connaftre notre opinion relativement à
ces projets de loi et aux étapes où nous en sommes. Nous
accorderons nos consentements parce qu'il va falloir que, pour les projets de
loi qui sont en deuxième lecture, s'ils veulent arriver au moment de la
sanction, vers minuit ce soir, on puisse procéder avec des
consentements. Je parle pour l'Opposition officielle.
Il reste le projet de loi no 116, projet de loi qui est l'article 7 de
notre feuilleton, Loi modifiant la Loi sur la mise en marché des
produits agricoles, qui n'a pas encore franchi l'étape de la
deuxième lecture. Nous avons des réserves sur ce projet de loi,
nous avons déjà eu l'occasion de les faire connaître
à cette Assemblée par la voix du député de
Montmagny-L'Islet. Nous savons, par contre, que le ministre aurait des
amendements à proposer à une étape ou l'autre de
l'étude de ce projet de loi. Ce que nous voulons dire à cette
Assemblée ce soir, c'est que nous ne savons pas comment nous allons
pouvoir disposer, dans les 3 h 45 qui restent, du menu que nous avons devant
nous présentement.
Tout en faisant notre devoir de législateurs, nous voulons faire
connaître à cette Chambre, au gouvernement en particulier, que
nous ne nous opposerons pas à étudier ce projet de loi 116, et
cela que nous votions pour ou contre, quelle que soit l'attitude que nous
prenions. Nous ne voulons pas bloquer, en aucune façon, l'allure normale
que pourrait prendre l'étude de ce projet de loi. Il faut bien
comprendre, M. le Président, que cette loi aurait dû être
appelée plus tôt nous pourrions, évidemment,
rappeler bien des choses au gouvernement s'il avait voulu
réellement disposer de ce projet de loi, dans des circonstances
normales. En effet, le projet de loi est devenu nécessaire à la
suite d'un jugement de la Cour suprême qui date du début de 1978.
Je ne pense pas qu'il soit raisonnable de demander à cette
Assemblée de discuter sérieusement et du projet de loi et des
amendements prévus par le gouvernement, à trois heures de la fin
de nos travaux.
Mais, encore une fois, conscients du sens des responsabilités qui
caractérise l'Opposition officielle, nous ne voulons pas nous opposer,
en aucune façon, à ce que le gouvernement puisse gouverner et que
l'Opposition puisse faire son devoir parlementaire, et cela très
démocratiquement. Je veux laisser ce message assez clair au
gouvernement: S'il veut modifier ses travaux, s'il a des arbitrages à
faire, des priorités à donner, qu'il organise nos travaux, c'est
sa responsabilité. S'il veut nous ramener en commission parlementaire,
s'il veut faire adopter la deuxième lecture et qu'il ne croit pas juste
d'en imposer plus aux législateurs, s'il veut nous ramener durant le
mois de janvier en commission parlementaire pour l'étude article par
article du projet de loi, nous allons encore manifester notre
coopération. Ce qui ne veut pas dire que nous allons encourager le
gouvernement; nous avons des réserves. Mais nous ne voulons pas que
notre attitude soit qualifiée de négative. Au contraire. Nous
lançons la balle dans le camp du gouvernement. Merci, M. le
Président.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: M. le Président, sur ce sujet, je serai
très bref. Le chef parlementaire de l'Opposition officielle a fait des
remarques sur tous les projets de loi. Je comprends qu'on s'intéresse
particulièrement au dernier projet de loi mentionné par le chef
parlementaire du Parti libéral, la loi 116.
L'Union Nationale n'a jamais apporté de restrictions à
l'étude de la loi 116. On se souvient que le leader parlementaire du
gouvernement l'a appelée en deuxième lecture, a
arrêté tout de suite après le discours du ministre et qu'on
a fait autre chose. Encore ce soir nous n'avons d'ailleurs pas le choix
nous n'avons qu'à continuer l'étude en deuxième
lecture, si le leader parlementaire du gouvernement juge à propos de
l'appeler, M. le Président. (20 h 20)
II reste encore une douzaine de projets de loi à étudier
et vous savez comme moi qu'on doit terminer à minuit. Si on passe
à l'étude d'un projet de loi qui va durer quelques heures, j'ai
bien
l'impression il faut bien être réaliste qu'il
y a d'autres projets de loi prêts pour la troisième lecture, sur
lesquels nous voulons intervenir aussi, et qui ne passeront pas à cette
session-ci. Or, ce sera le choix du gouvernement, mais je ne voudrais pas, non
plus, que le gouvernement fasse du "lobbying" partout à travers la
province en disant que ce sont les partis de l'Opposition qui ont
empêché l'adoption d'un projet de loi, alors que ce
problème traîne depuis onze mois déjà, alors que le
gouvernement est conscient qu'il y a un problème. Sur un problème
qui dure depuis onze mois, il nous apporte un projet de loi à la fin du
mois de novembre en voulant nous faire approuver une cinquantaine d'autres
projets de loi en même temps.
Notre position est très claire là-dessus: que le
gouvernement l'appelle en deuxième lecture, nous pourrons aller en
commission parlementaire et, si nous en avons terminé l'étude
à minuit, il sera adopté. A tout événement, nous
avons une douzaine de projets de loi et nous entendons bien terminer à
minuit l'étude des projets de loi qui sont là, autrement, les
projets de loi tomberont et on les reprendra à la prochaine session.
Si le leader parlementaire du gouvernement juge que c'est quelque chose
d'important, comme il l'a dit ce matin je pense qu'il a eu raison ce
matin en disant: Si je juge qu'il y a urgence, je ferai mon devoir de leader
parlementaire du gouvernement et je convoquerai l'Assemblée nationale
s'il juge qu'il y a urgence quelque part, qu'il fasse son devoir de
leader et qu'il convoque l'Assemblée nationale.
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: Brièvement, M. le Président, c'est toujours
assez pénible d'arriver au dernier jour de la session avec un feuilleton
extrêmement chargé. Nous avons des responsabilités. Ce
n'est pas toujours facile d'assumer ses responsabilités dans une
Assemblée nationale. Le projet de loi 116 dont on parle, je m'interroge
sérieusement à savoir pour quelle raison on le présente
à ce moment-ci étant donné que le jugement de la Cour
suprême a été rendu le 18 janvier 1978. Cela a
été dit, cela a été répété et
on ne le répétera jamais trop, c'est le 18 janvier 1978. On nous
amène cela à la dernière minute et on nous dit: Ecoutez,
si vous parlez là-dessus, on risque de dépasser l'heure et, si on
dépasse l'heure, le projet de loi va tomber et vous serez responsables
de la situation.
M. Russell: Chantage.
M. Roy: J'appelle cela du chantage, c'est aussi simple que cela.
Il faut appeler les choses par leur nom. Au cours des neuf années
c'est la neuvième semaine de Noël que je passe en cette
Assemblée je n'ai jamais accepté, d'aucune façon de
me fermer les yeux sur un projet de loi quelconque. Je n'ai pas l'intention de
commencer aujourd'hui, ni demain.
Nous sommes conscients des responsabilités et des implications du
projet de loi. Le leader du gouvernement, le député de
Saint-Jacques, nous a ouvert une porte ce matin. Je pensais que ce serait
susceptible de répondre aux inquiétudes de tout le monde et de
régler la situation. Si on s'aperçoit que cela devient urgent, je
peux vous dire que je n'ai aucune objection, pour ce qui me concerne, à
être ici le 15 janvier si le gouvernement décide de convoquer la
Chambre. Il peut le faire pour une question d'urgence; cela s'est fait dans le
cas de la loi 38 sur la construction, cela s'est fait à maintes et
maintes occasions. Même le 5 janvier, je pourrai être ici à
l'Assemblée nationale. Qu'on ne nous demande pas de ne pas intervenir,
de nous asseoir, de ne pas dire un mot et de fermer les yeux sur un projet de
loi.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, si on a ainsi
des intentions très positives de tous les partis, pourquoi ne pas
siéger demain? Nous sommes disposés à prendre tous les
moyens nécessaires afin de ne pas bloquer la législation.
M. Charron: Je voudrais savoir, M. le Président, avant
même de répondre à la question du chef de l'Opposition que
je remercie, par ailleurs, de son intervention, si j'ai bien compris
l'intervention du député de Beauce-Sud. Même pour demain,
dans l'hypothèse où on accepterait ce que le chef de l'Opposition
nous présente, le député de Beauce-Sud, dont nous avons
besoin essentiellement cela repose sur lui seul, à ce qu'il me
semble maintenant du consentement, accepterait-il que nous
étudiions la loi 116?
M. Roy: M. le Président, je n'ai jamais pensé que
seul dans mon parti, je détiendrais le pouvoir à moi tout seul.
C'est cela le pouvoir.
M. le Président, il est évident que le leader du
gouvernement n'a même pas besoin de mon consentement s'il veut
siéger demain. Il peut convoquer par une...
M. Charron: Non.
M. Lévesque (Taillon): A compter de ce soir, est-ce que
vous consentez?
M. Roy: A compter de ce soir? Si je suis le seul à
l'Assemblée nationale à empêcher l'adoption d'un projet de
loi qui a des implications, il est entendu, M. le Président, que je
n'irai pas jusque-là. Mais je trouve cependant une chose. Comptons nos
heures de travail depuis deux semaines, et regardons dans quelles conditions
nous sommes rendus.
M. Charron: Nous avons tous fait ces heures-là.
M. Roy: Vous avez tous fait ces choses-là; nous l'avons
dit. Alors, s'il y a seulement ce point, évidemment il y a les gens de
l'Union Nationale
qui ont également leur mot à dire, mais en ce qui me
concerne, je ne veux pas seul, évidemment, empêcher 109
collègues je dis bien 109 collègues de jouer leur
rôle.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je crois
qu'on doit remercier d'abord le chef parlementaire de l'Opposition officielle,
le chef de l'Union Nationale et le député de Beauce-Sud, non pas
au nom du gouvernement, sûrement, mais au nom de ce qui nous paraît
être essentiel, c'est-à-dire une sorte d'assurance du
présent la loi 90 c'est aussi l'avenir et de l'avenir de
l'agriculture organisée du Québec, avec l'ensemble de la loi 90,
qui est quand même une très grande étape, la loi 100, qui
est un peu beaucoup orientée vers la relève, et, maintenant,
possiblement la loi 116 d'ici quelques heures, qui remplit un vide qu'il
fallait absolument remplir. Moi, j'ai l'impression que, dans ce secteur
essentiel, on va avoir fait notre devoir.
Le député d'Outremont me parlait tout à l'heure de
la possibilité moi, je dirais certainement, au besoin au
début de la prochaine session de trouver une façon de rouvrir
pour aller jusqu'au fond. Je pense que le ministre de l'Agriculture a
répondu cet après-midi à la question des délais,
etc. Cela prend du temps avant de se démêler parfois, surtout
quand on n'a pas encore la traduction d'un jugement de la Cour suprême,
etc.
Non, je ne veux pas faire de l'humour parce que je sais à quel
point cela représente un effort de décision, ce qu'on est en
train peut-être de faire. Mais rien n'empêche je crois que
cela vaut le coup qu'on ouvre ce sujet, et peut-être des sujets
reliés, à partir du printemps, et je suis sûr que ce n'est
pas du chantage. Je suis sûr que ce ne sont pas des pressions de couloir.
On n'en a pas fait. Il y a quelque chose qui est venu du milieu c'est un
des milieux essentiels de notre société qui a fait qu'on a
pris conscience que c'était mieux de ne pas risquer. Vous pouvez avoir
vos réserves, on n'est pas tous sûrs de comprendre toutes les
implications mais on est sûrs que l'essentiel est bon à cause de
ce vide qui s'est creusé. Alors, si cela peut humainement être
possible, sans négliger une étude sérieuse. Je crois que
le leader du gouvernement a une façon si on veut l'accepter
d'emblée dans le sens qu'on fait un effort maximal qui nous
permettrait peut-être, si on veut être tous très brefs, de
s'en tenir à l'essentiel je parle d'ici, en Chambre, du
côté télé. Il y a peut-être moyen,
après 100, de passer 116.
Je vais laisser au leader du gouvernement il y a pensé
pendant ce temps-là et il y pensait déjà une
façon peut-être de suggérer comment on pourrait s'en tirer
ce soir, ce qui n'exclut pas qu'on continue au besoin.
M. Charron: M. le Président, j'y pensais
déjà, c'est certain, parce que, comme je l'ai affirmé
devant les media d'information, cet après-midi, je ne sais pas par
quelle idée, je n'ai jamais abandonné l'espoir de voir la loi 116
adoptée au cours de cette session. Je remercie les collègues de
nous rejoindre dans ce désir actuellement. La proposition que je
voudrais faire sur le plan d'organisation des travaux de la Chambre, puisque
c'est sur cette étiquette que le chef de l'Opposition a fait son
intervention, nous sommes au moment où intervient la déclaration
du chef de l'Opposition officielle ou des autres qui s'y sont ralliés,
à l'étude d'un projet de loi également de nature agricole,
le projet de loi no 100 que j'ai déjà annoncé comme devant
être déféré à la commission de l'agriculture
pour étude article par article.
Voici la suggestion que je fais. Pourquoi ne pourrions-nous pas
organiser nos travaux de manière qu'une fois la discussion de
deuxième lecture de 100 faite, nous entamions tout de suite après
l'étude en deuxième lecture du projet de loi no 116 et que nos
collègues de l'agriculture qui ont fait un fort bon travail sur la loi
90 soient appelés à se réunir à nouveau pour
étudier l'un après l'autre, selon un mandat double, le projet de
loi no 100 et le projet de loi no 116, pendant qu'ici en Chambre nous
accomplirions ce que nous sommes normalement appelés à faire ce
soir, ce qu'a énuméré le député de
Bonaventure au début de son intervention, c'est-à-dire, les
prises en considération et les troisièmes lectures qui nous
restent à faire. C'est la proposition que je fais sur-le-champ à
l'Opposition.
M. Roy: M. le Président...
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: ... on a parlé du projet de loi no 116 pour
demain, mais si on fait en sorte qu'on ait une journée de session demain
et qu'on étudie deux projets de loi ou trois projets de loi et qu'on a
deux ou trois commissions parlementaires, je regrette. Ecoutez, pour demain, on
a parlé du 116, point. Il y a autre chose ce soir, je suis d'accord.
Mais si on fait en sorte... J'ai donné mon consentement, mais il est
limité, strictement limité à 116. Je tiens à
être bien clair là-dessus. (20 h 30)
M. Charron: Je pense que le député de Beauce-Sud
devrait peut-être avant qu'on s'efforce en des contorsions sur les
travaux de la Chambre, il y a d'autres projets de loi aussi qui ne doivent pas
nécessairement souffrir du fait qu'on arrive à la dernière
minute avec la décision d'adopter 116 le député
devrait, à tout le moins, M. le Président, nous exprimer
très clairement le sens de son consentement et si c'est un consentement
conditionnel à ce qu'une journée exceptionnelle soit
gardée dans les travaux de la Chambre pour la loi 116, c'est une chose.
S'il est consentant à son adoption pour que nous puissions la greffer
aux travaux ordinaires de l'Assemblée, c'est une autre chose. La
proposition que je fais et que je sais, comme il le disait lui-même,
émanant de 109 membres de cette Assemblée actuellement, c'est que
nous l'adoptions avant la fin de cette session quitte à prolonger cette
session
passé minuit. Mais si nous avons bonne volonté, je pense
que nous pouvons adopter ce projet de loi en même temps que les
autres.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: Pour être clair, j'ai dit au ministre que, s'il
jugeait prioritaire de l'apporter, nous ferions notre possible pour
l'étudier; nous prendrons le temps nécessaire, mais il y a
d'autres lois qui tomberont. J'ai dit qu'à minuit je ne donnerai pas de
permission pour dépasser minuit. C'est votre choix entre certaines
autres lois et celle-là. J'ai été franc.
M. Charron: M. le Président, je pose la question
très franche, très claire et je ne voudrais pas, au nom de tous,
y compris de ses propres collègues qui ont travaillé à
l'étude article par article de projets de loi pendant plusieurs
semaines, lesquels devraient être appelés ce soir... Je pose la
question au chef de l'Union Nationale: M'affirme-t-il que, si nous consentons
à organiser les travaux pour y inclure des projets de loi où nous
avons enfin l'assentiment de dernière minute de l'Opposition, il
refusera, à compter de minuit, tout projet de loi qui ne sera pas
adopté, qu'il y en ait quatre, qu'il y en ait cinq ou qu'il y en ait
six?
M. Levesque (Bonaventure): Question de privilège, M. le
Président.
M. Charron: M. le Président, je pose la question au chef
de l'Union Nationale.
M. Levesque (Bonaventure): Je ne laisserai pas le leader
parlementaire du gouvernement insinuer que c'est un assentiment ou un
consentement de dernière minute; si c'est de dernière minute,
c'est à cause de l'incurie du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, j'ai tellement le souci de ce
projet de loi que je vais absorber sans réplique ce que vient de dire le
chef de l'Opposition; il doit savoir ce que j'absorbe! J'étais à
adresser une question importante au chef de l'Union Nationale: Est-il en train
de me dire, à toutes fins utiles, qu'il a déjà
décidé et que rien ne peut y changer qu'à compter de
minuit tous les projets de loi qui seront en suspens ne verront pas leur
adoption?
Le Président: Le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: J'ai cru avoir été clair, tout à
l'heure, en disant que, si le projet de loi avait été
amené en retard, ce n'était pas la faute de l'Opposition, mais
celle du gouvernement. Faites vos choix de priorités; ce sont vos choix
de priorités et on ne peut rien y faire. Si vous décidez
d'appeler le projet de loi no 116, nous allons l'étudier, mais il y en
aura d'autres qui vont traîner quelque part parce qu'à minuit nous
ne donnerons pas de permission.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je
demanderais très simplement... Il est 8 h 35. Je pense qu'on est tous de
bonne foi, je ne pense pas qu'on doive faire des avocasseries; je ne dis pas
cela pour les avocats. Je ne veux absolument pas qu'on se fasse d'ennemis nulle
part ce soir. Je voudrais simplement qu'on essaie de passer à
travers.
J'aimerais que le chef de l'Union Nationale nous dise... Cela peut
être 0 h 15, on ne le sait pas, mais on ne veut pas se couler dans le
ciment parce que cela ne tiendrait pas debout. La loi 90 s'en vient en
troisième lecture et il y en a une série d'autres qui s'en
viennent en troisième lecture. Celles-là sont mûres; elles
ont été travaillées pendant des jours et des semaines. On
est prêt à accepter toutes les critiques sur le "timing", etc.,
mais on croit qu'avec les projets de loi 90 et 116 on pourrait être fier
de sortir d'ici au point de vue des besoins de nos concitoyens ruraux et de
certaines étapes pour l'avenir agricole du Québec. On ne s'en
glorifiera pas; on va dire qu'on l'a tous fait ensemble.
Est-ce qu'on pourrait, au besoin c'est une garantie nous
accorder cela? Quand même ce serait une demi-heure, trois quarts d'heure
de plus, "so what!" Est-ce que le chef de l'Union Nationale serait d'accord
pour essayer, en tout cas?
Le Président: Le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: J'ai dit, M. le premier ministre, que 116 était
une loi importante; nous prendrons le temps nécessaire pour
l'étudier, mais, si on arrive en retard, ce sera le choix du
gouvernement de suspendre d'autres projets de loi. Si vous me demandez quinze
minutes, je vais dire: Peut-être quinze minutes, mais pas trois ou quatre
heures.
M. Charron: M. le Président, j'ai une
responsabilité qui engage le travail de plusieurs hommes et femmes de
cette Assemblée depuis déjà plusieurs semaines. C'est un
fait. Je veux savoir tout de suite si...
M. Levesque (Bonaventure): Est-ce que je peux suggérer au
leader du gouvernement d'appeler le projet de loi? On verra après.
M. Charron: Est-ce que je peux avoir une réponse du chef
de l'Union Nationale?
Des Voix: Prenez vos responsabilités! Une Voix: Où est le
gouvernement?
M. Lévesque (Taillon): Le projet de loi no 100?
Une Voix: Gouvernez! On est l'Opposition, on n'est pas le
gouvernement!
Une Voix: Le bon gouvernement!
Une Voix: Où est le gouvernement?
M. Charron: Article 15).
Projet de loi no 100 Deuxième lecture
(suite)
Le Président: J'appelle maintenant la deuxième
lecture du projet de loi no 100, Loi modifiant la Loi favorisant la mise en
valeur des exploitations agricoles. Motion de deuxième lecture.
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: M. le Président, pour ne pas prendre inutilement
le temps de la Chambre, j'ai expliqué que la loi 100 avait pour objet de
doubler les subventions à l'établissement des jeunes
agriculteurs. Je n'en dirai pas davantage pour qu'on puisse l'étudier en
commission parlementaire.
Le Président: M. le député de
Montmagny-L'Islet.
M. Julien Giasson
M. Giasson: Merci, M. le Président. Tous les
députés dans cette Chambre ont certainement compris, au moment de
prendre connaissance du contenu de la loi 100, que l'unanimité autour de
ce projet de loi se ferait très rapidement. Effectivement, il s'agit de
nouvelles modifications apportées à une loi que nous avons dans
nos statuts depuis 1969, qui avait déjà été
modifiée en 1971, sauf erreur, pour accroître et augmenter l'aide
apportée à l'expansion et au développement des entreprises
agricoles chez nous. Cette loi fut également amendée en 1975 pour
les mêmes raisons, soit augmenter à nouveau les sommes mises en
disponibilité au plan des subventions à l'établissement de
jeunes agriculteurs ou encore à des gens qui veulent procéder
à des améliorations foncières sur les fermes.
J'ai bien l'impression, quels que soient les députés qui
auront à intervenir, qu'il se perdra très peu de temps, lors de
la discussion de deuxième lecture, et il en sera de même sans
doute au niveau de la tenue de la commission parlementaire pour l'étude
du projet de loi article par article. Depuis quelques années, au
Québec, nous savons que l'agriculture a connu une expansion constante.
Quelles que soient les difficultés qui l'ont frappée en cours de
route, il est indéniable que depuis environ dix ans au Québec une
évolution constante s'est faite dans le milieu agricole. Nous savons que
les entreprises agricoles ont acquis une valeur évidente, une valeur qui
se perçoit d'année en année, en dépit des
problèmes qui se sont posés certaines années, que ce soit
des problèmes causés par des conditions de température,
par des conditions économiques, de marché etc. Il est
indéniable que les entreprises agricoles ont développé une
capacité de production, de rentabilité, d'efficacité,
surtout grâce à des qualités de gestionnaires de plus en
plus fortes et impressionnantes chez les propriétaires de fermes.
Dans ce contexte, il est tout à fait logique et normal que nos
lois, qui ont comme fins d'apporter de l'aide au plan financier, que ce soit
des lois qui accordent des subventions ou qui consentent des prêts
à des fins diverses en agriculture, il est absolument logique que ces
lois soient révisées, revues et modifiées de
manière à répondre davantage au contexte nouveau, à
l'évolution qu'on vit dans le monde agricole. Nous amendons ces lois par
la loi 100 et je sais d'ores et déjà que, dans deux ans ou trois
ans peut-être, il faudra que le ministre titulaire de l'Agriculture
revienne à nouveau devant l'Assemblée nationale pour apporter
encore des changements de manière à avoir des lois
véritablement adaptées aux besoins que va connaître le
monde agricole.
Il y a également ce fait nouveau qui existe depuis trois ou
quatre ans,' c'est que la valeur des entreprises agricoles s'étant
amplifiée considérablement, vous avez beaucoup de jeunes qui, de
nos jours, désireux de vivre de l'agriculture, ne songent même
plus à être propriétaires uniques d'une ferme. (20 h 40
Les jeunes ont découvert les possibilités que pouvaient
donner des corporations, des compagnies propriétaires de fermes
agricoles, des coopératives et même parfois des
sociétés. Face à cette réalité nouvelle, il
est tout à fait logique que nos lois prévoient ces situations qui
vont continuer de se développer. Nous avons eu l'occasion,
récemment, de rencontrer de jeunes agriculteurs qui nous indiquaient que
de plus en plus nous verrions de la copropriété de ferme au
Québec. Etant donné que les entreprises agricoles se sont
aggrandies considérablement en général et que ce mouvement
va s'accentuer encore, c'est facile de réaliser que ce principe
d'être copropriétaire, soit sur une base corporative, soit sur une
base de société ou de compagnie, va continuer de s'amplifier.
Face à cela, il était nécessaire que les dispositions
touchant l'aide qu'on voulait apporter à la copropriété de
ferme apporte également des changements, des augmentations d'aide et de
subventions à ces exploitants copropriétaires de ferme.
Mais, comme les sommes s'accroissent sans cesse, que cela va dans le
sens de l'inflation, que cela correspond à la réalité de
l'accroissement des valeurs des fermes, il fallait également, par
prudence, poser des obligations à l'endroit de ceux qui
bénéficient de ces subventions. C'est pourquoi les lois
prévoient que ceux qui profitent d'avantages mis à leur
disposition par le gouvernement respectent certaines obligations de
réaliser les fins pour lesquelles les subventions sont accordées.
On fait donc obligation maintenant, à l'intérieur des
dispositions de la loi, à ceux qui profitent des subventions de
s'engager à conserver à des fins strictement agricoles les
entreprises pour lesquelles les subventions ont été
versées, et c'est là une excellente chose.
J'ai remarqué qu'au cours de son discours de deuxième
lecture le ministre a fait un large tour d'horizon et a même
abordé l'ensemble des programmes et des politiques de l'Office du
crédit agricole. Je n'ai pas l'intention de revenir là-dessus,
parce que j'ai été témoin, à deux occasions, dans
la période de 1970 à 1976, de réouverture de la Loi du
crédit agricole pour augmenter les montants maximaux prêtés
aux cultivateurs et pour apporter également des éléments
nouveaux à l'intérieur de la Loi du crédit agricole.
C'était tout simplement normal, parce que cela correspondait à
des besoins nouveaux que connaissait l'agriculture. Même si, au cours de
la présente session, le ministre a augmenté de façon fort
importante des sommes maximales consenties à chacune des entreprises qui
avaient besoin de crédit, là encore, il est facile de concevoir
que d'ici tes toutes prochaines années la Loi du crédit agricole
devra être amendée à nouveau puisque l'agriculture au
Québec va continuer dans le mouvement d'expansion et d'efficacité
qu'elle a connu, va continuer à avoir des besoins qui vont correspondre
au développement continuel que cette industrie va maintenant
connaître.
Donc, je ne veux pas prolonger davantage. Vous comprendrez, par les
propos que je tiens et surtout par le contenu de ce projet de loi, que nous
serons heureux de voter favorablement à la loi 100 en deuxième
lecture.
Le Vice-Président: M. le député de
Huntingdon.
M. Claude Dubois
M. Dubois: Merci, Mme le Président. Suite à la
sanction du projet de loi no 90 qui sera bientôt faite, je pense que le
ministre le souhaite ardemment, le projet de loi no 100 s'inscrit bien à
ce moment-là afin d'apporter un nouveau programme agricole qui permette
aux jeunes agriculteurs de s'établir sur des fermes et dans des
conditions économiques meilleures. Le projet de loi a pour titre: Loi
modifiant la Loi favorisant la mise en valeur des exploitations agricoles. Il
vise à doubler le montant maximum des subventions de mise en valeur des
exploitations agricoles à l'occasion de l'établissement de jeunes
dans l'agriculture ou de l'agrandissement de fermes.
Il est certain que, étant très favorable au
développement agricole, je voterai pour ce projet de loi. D'ailleurs, je
ne prendrai pas plus que quelques minutes pour préciser quelques points
particuliers sur lesquels le ministre devrait à l'avenir nous apporter
d'autres mesures. Il est parti, comme de coutume? Je suis certainement
favorable au projet de loi et il s'inscrit bien dans une pensée de
développement futur de notre économie agricole, de notre
développement agro-alimentaire et de notre transformation accrue au
Québec.
Nous savons tous que 21% des revenus disponibles des
Québécois se dépensent pour les aliments et les boissons
et nous savons tous que nous ne sommes que 60% suffisants au Québec. Il
va de soi que des mesures appropriées soient apportées afin
d'accroître notre autonomie et notre production. Je pense que le projet
de loi 100 s'inscrit dans ce sens-là. Je félicite le ministre de
l'avoir amené, mais je lui en demande davantage. Je pense qu'il y aurait
lieu aussi d'améliorer le crédit agricole québécois
dans le sens qu'une plus grande portion ne porte intérêt
qu'à 2 1/2%. Présentement il y a $15 000 à 2 1/2% et j'ai
déjà suggéré que les premiers $50 000 soient
portés à 2 1/2% et ce pourrait être $75 000 ou $100 000 si
l'on veut avoir plus de jeunes qui s'établissent sur les fermes et
garder une relève agricole. Je pense qu'il serait important que le
ministre y songe sérieusement et nous apporte une mesure à cet
égard.
J'ai déjà suggéré au ministre aussi, si on
veut avoir d'autres mesures qui pourraient apporter plus de
sécurité sur les fermes, l'abolition des droits successoraux. Je
lui ai aussi parlé de mesures fiscales telles que l'abolition du gain de
capital sur une ferme pour une personne qui doive revendre à son fils et
dont le gain de capital ou la plus-value devient son fonds de retraite.
On ne peut pas légiférer au niveau fédéral,
mais on peut légiférer au niveau provincial, dans ce sens. Ce
serait quand même une mesure incitative pour garder nos gens sur les
fermes, parce qu'avec le projet de loi 90 il ne faut pas se leurrer
il y aura plusieurs fermes et il faudra aussi des fermiers. Pour avoir
des fermiers on aura besoin de mesures additionnelles. Une autre mesure que
j'ai déjà proposée au ministre, serait de permettre que
50% du profit d'opération annuel puisse être versé en
amélioration, en mise en valeur de la ferme ou en achat d'autres
fermes.
Il y a encore du chemin à faire dans le programme agricole si on
veut que toutes les terres gelées au Québec, par le projet de loi
90, puissent être remplies d'agriculteurs et qu'on ait une production qui
puisse faire vivre son homme. Je suggère donc au ministre de ne pas
lâcher. Parce que le projet de loi 100 est bon, je vais voter en faveur,
mais on en a besoin d'autres. Merci Mme le Président.
Mme le Vice-Président: M. le ministre exer-cera-t-il son
droit de réplique? Cette motion... Pardon.
M. Armand Russell
M. Russell: Vous me permettrez d'ajouter ma voix au
député de Huntingdon et aux autres qui sont intervenus sur cette
loi, qui semble une loi tellement généreuse de la part du
gouvernement du Québec.
Je comprends qu'à ce moment-ci le ministre actuel voudrait donner
un cadeau aux jeunes agriculteurs à l'occasion de Noël, mais je
crois qu'il faut étudier d'une façon mieux mesurée les
conséquences d'une loi qu'on veut passer pour corriger le malaise qui
existe dans le domaine agricole au Québec et surtout chez nos
jeunes.
Si on retourne 20 ans en arrière, à ce moment-là
peut-être que $1000 c'était un gros montant,
mais quand on compare le coût global d'une ferme il y a 20 ans
à celui d'aujourd'hui, quand on examine aussi le coût global des
équipements agricoles d'il y a 20 ans et qu'on regarde aujourd'hui ce
que cela représente, ce ne sont pas les quelque $1000 de plus que le
ministre vient mettre à la disposition du jeune agriculteur qui vont
corriger le malaise qui existe dans ce domaine.
Je connais de jeunes agriculteurs qui ont grandi sur la ferme et qui
voudraient demeurer sur la ferme; mais dans le contexte actuel de
l'économie agricole, ils ne peuvent pas demeurer sur cette ferme. Ils
sont obligés d'aller vers les villes pour aller travailler comme
beaucoup d'autres dans les industries et laisser les fermes
dépérir. Lorsque le père laisse la ferme, elle se vend
souvent à un étranger. C'est le problème principal dans le
domaine agricole chez nos jeunes. Plutôt que d'amener une loi comme
celle-là à la dernière minute, et nous demander de la
passer en vitesse, évidemment que tout le monde est pour la vertu, ce
qu'on nous offre actuellement, c'est beaucoup mieux que ce que l'on avait
auparavant, c'est certain, mais c'est une goutte d'eau dans une
chaudière. (20 h 50)
Je crois que nous aurions mieux fait, d'une façon très
objective, très réaliste, de réunir des membres de cette
Assemblée qui connaissent le domaine agricole pour tâcher
d'apporter des mesures qui vont corriger ce malaise qui est en train de
détruire ce qu'on a de plus cher chez nous, l'agriculture. Quand on
regarde l'économie, on se rappelle que l'agriculture est la base de
notre économie. Si on laisse dépérir notre agriculture et
surtout notre main-d'oeuvre agricole c'est cela qui est le plus grave
où va-t-on se ramasser demain?
Une Voix: A l'Assemblée nationale.
M. Russell: Je peux parler en connaissance de cause. Même
dans ma propre famille, des jeunes sont rendus en ville pour travailler parce
que le père n'a pas le moyen de les organiser sur une ferme. Les
montants qu'on leur offre ne suffisent pas. Je pense que c'est au gouvernement
d'agir. On va me dire; C'est un gouvernement PQ, mais ce n'est pas parce que
c'est un gouvernement PQ; cela pourrait être un gouvernement
libéral ou de l'Union Nationale je dirais exactement la même
chose. Je n'ai jamais changé d'idée par rapport aux couleurs
politiques des gouvernements. J'ai toujours dit la même chose et je vais
continuer à dire la même chose. J'ai prêché dans le
passé pour une banque agricole non pas pour des individus, mais pour un
problème majeur dans le domaine agricole. Que je sache, le
problème n'a pas été réduit depuis quelques
années. Il continue à s'aggraver parce que tous les jours on
contribue à augmenter le coût de vie de l'ouvrier de la ville. Il
faut quand même penser qu'on augmente le coût de la vie de
l'agriculteur en même temps. On pense, par des mesures coercitives, des
plans conjoints et d'autres, régler tous les problèmes de
l'agriculture. C'est un faux principe et c'est une mauvaise façon de
l'analyser.
Evidemment, on va voter cette loi-là, rapidement aussi. Je
demande au ministre, dès la prochaine session, de réunir des
députés ruraux entourés de ses fonctionnaires pour
examiner globalement la situation. Qu'on apporte des mesures pour faire en
sorte que l'agriculture québécoise ait au moins un peu de
fierté et qu'on crée un climat de confiance chez nos jeunes
agriculteurs et une garantie aux pères de famille qui ont grandi et qui
ont peiné dans le domaine agricole. Il est évident que ce n'est
pas facile, Mme la Présidente, lorsque vous voyez des pères de
famille, qui ont élevé des familles nombreuses et qui ont
peiné toute leur vie, qui se ramassent encore aujourd'hui, à
l'âge de 60 ou 70 ans, sans avoir les moyens d'établir leur fils
sur la ferme paternelle. C'est un désastre que je n'accepte pas à
la face d'un gouvernement qui dépense des budgets d'au-delà de
$12 milliards. Je dis au ministre de l'Agriculture que nous présenter
une loi comme celle-là pour aider nos jeunes agriculteurs je le
dis en toute franchise c'est rire de nos jeunes agriculteurs. Je
n'accepte qu'on essaye de faire du chantage ou de la politique avec ces
choses-là. Si on veut être sérieux, qu'on agisse
sérieusement et qu'on prenne les moyens pour corriger la situation.
Là, on va faire en sorte que l'économie du Québec se sente
meilleure dans l'avenir. Je demande ces mesures dans le domaine agricole comme
je l'ai fait dans le domaine industriel. Arrêtons de jouer aux
politiciens! Des "shows" comme j'en ai vus ce soir, cela ne m'impressionne pas
tellement, pas tellement. On a des responsabilités et on doit agir en
hommes responsables.
La loi qu'on a devant nous, c'est une béquille. Oui, c'est
possible; c'est une béquille. Tant qu'on va laisser nos jeunes marcher
avec des béquilles, notre agriculture va agir en conséquence.
C'est le résultat d'un gouvernement qui ne connaît pas le malaise
agricole. Je demande ce soir je vais terminer là-dessus au
ministre de l'Agriculture, s'il veut réellement corriger la situation,
de faire en sorte de la corriger. Je sais qu'on ne peut pas, dans les trois
heures qu'il nous reste, étudier objectivement cette situation. Mais je
pense que, dans les deux années qu'il lui reste, ainsi qu'au
gouvernement actuel, on peut prendre assez de temps pour l'étudier.
Qu'on le fasse dès l'ouverture de la prochaine session. Qu'on n'attende
pas au dernier jour de la session pour nous présenter des lois.
On parle du projet de loi 116. C'est peut-être une loi aussi
importante mais pas plus que le projet de loi 116. Qu'on amène une loi
ou une étude, on va s'asseoir et on va étudier
sérieusement la situation. Ce sont les quelques mots que je voulais
ajouter au débat actuel.
J'espère que le ministre va faire en sorte de corriger ce malaise
qui existe actuellement chez nos jeunes agriculteurs qui aimeraient demeurer
des agriculteurs, non pas devenir des chômeurs en ville, comme cela se
fait trop souvent actuellement dans tout le Québec. J'en connais. Je
pourrais lui donner des listes de jeunes fils de culti-
vateurs qui ne sont pas restés chez eux parce que le père
n'avait pas les moyens de les payer. Ils sont allés en ville pour
travailler, assez longtemps pour s'organiser et faire en sorte que, s'ils
deviennent chômeurs, ils retirent de l'assurance-chômage. Comme
bien d'autres, ils veulent avoir une famille, mais ils ne peuvent pas rester
sur la ferme paternelle, le père ne le peut pas. Ils ne peuvent pas
acheter la ferme du voisin non plus parce qu'ils n'ont pas les moyens de le
faire. C'est ce qu'on doit corriger. Pas des fermes qui sont
contrôlées par l'Etat mais des fermes qui vont demeurer la ferme
paternelle, ce qui fait que le jeune va demeurer propriétaire chez lui
et qu'il va travailler avec beaucoup de fierté. Cela, je pense que c'est
agir dans le sens de l'orientation politique qu'a voulu donner Maurice
Duplessis, comme le disait le ministre de l'Agriculture cet après-midi,
à l'agriculture québécoise dans le passé, et c'est
ce que je voudrais tâcher d'ajouter au débat actuel.
Je demande au premier ministre de demander à son ministre de
l'Agriculture je ne sais pas si ce sera au mois de février ou au
mois de mars qu'on va revenir en Chambre dès le début de
la session, de se tourner vers ce problème et il va trouver chez nous,
chez l'Union Nationale, des gens qui vont coopérer pour aider à
résoudre ce problème. On veut le régler, pas pour moi mais
pour les jeunes parce qu'on veut que demain ils puissent faire grandir notre
territoire agricole et le faire avec beaucoup de fierté et faire en
sorte qu'ils puissent vivre convenablement, pas misérablement comme
plusieurs le font actuellement.
Le Président: M. le ministre de l'Agriculture, votre droit
de réplique.
M. Jean Garon
M. Garon: Je serai très bref, M. le Président, pour
dire que je remercie l'Opposition de collaborer à l'adoption de ce
projet de loi. C'est évident qu'à lui seul, il ne réglera
pas tous les problèmes. Je vous ferai remarquer qu'il a quand même
été déposé il y a environ cinq semaines, ce qui
fait un bon bout de temps. J'aimerais dire qu'à n'importe quel temps, je
suis prêt à faire je pense que le gouvernement aussi
un second sommet agroalimentaire comme il y en a eu un au mois d'avril 1978. Il
pourrait y en avoir un en 1979. On pourrait étudier encore une fois la
situation après un an d'effort depuis le dernier sommet.
Le Président: Est-ce que cette motion de deuxième
lecture du projet de loi no 100, Loi modifiant la Loi favorisant la mise en
valeur des exploitations agricoles, sera adoptée?
Le Secrétaire adjoint: Deuxième lecture de ce
projet de loi.
Le Président: Adopté.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
Renvoi à la commission de l'agriculture
M. Charron: Je propose que ce projet de loi soit
déféré à la commission parlementaire de
l'agriculture.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Charron: M. le Président, je vous prierais
d'appeler...
Le Président: Puis-je me permettre de vous suggérer
que vous fixiez le moment où cela va être
déféré? Je suppose que c'est immédiatement?
M. Charron: Non, M. le Président. Comme je l'indiquais un
peu tout à l'heure, j'ai présumé du consentement de
l'Assemblée. Les deux projets de loi, no 100 et no 116, seront
déférés simultanément pour étude. J'allais
appeler l'article 116 mais on m'informe qu'un de nos députés
aurait un rapport à faire sur la fin de l'étude.
La loi 108 est terminée en commission plé-nière. Le
député de Bourassa voudrait faire rapport, M. le
Président.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement pour permettre
au député de Bourassa de faire rapport?
Une Voix: Consentement.
Le Président: II y a consentement, M. le
député de Bourassa.
Rapport de la commission ayant étudié le
projet de loi no 108
M. Laplante: Merci, M. le Président. Il m'est
agréable de vous informer que le projet de loi 108, Loi modifiant la
Charte de la Société générale de financement du
Québec, a été étudié article par article
à la commission de l'industrie et du commerce et a été
adopté, avec amendements.
M. Charron: Le député de Rimouski, M. le
Président.
Le Président: Est-ce que cela ne vous tenterait pas de
faire adopter le rapport, M. le leader parlementaire du gouvernement?
M. Charron: Ah! Beaucoup. (21 heures)
Le Président: Est-ce que le rapport sera
adopté?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté. Troisième lecture,
même séance ou prochaine séance, de consentement?
M. Charron: Oui.
Le Président: M. le député de Rimouski.
Rapport de la commission ayant étudié le
projet de loi no 71
M. Marcoux: M. le Président, je voudrais faire rapport que
la commission du tourisme, de la chasse et de la pêche a
étudié le projet de loi no 71 article par article, Loi modifiant
la Loi de la conservation de la faune, et qu'elle a adopté ce projet de
loi avec amendements.
Le Président: Est-ce que ce rapport sera
adopté?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté. Troisième lecture,
même séance ou prochaine séance.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, avec beaucoup de plaisir, je
vous prie d'appeler l'article 7), s'il vous plaît.
Projet de loi no 116 Deuxième lecture
(suite)
Le Président: J'appelle maintenant la reprise du
débat sur la motion du ministre de l'Agriculture proposant que le projet
de loi no 116, Loi modifiant la Loi sur la mise en marché des produits
agricoles, soit maintenant lu la deuxième fois.
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: C'est fait. M. le député de
Montmagny-L'Islet.
Le Président: M. le député de
Montmagny-L'Islet.
M. Julien Giasson
M. Giasson: M. le Président, lorsque le projet de loi no
116 a été déposé, nous étions en pleine
activité parce que nous étions arrivés à cette
période de l'année où des dépôts massifs, des
dépôts très nombreux de projets de loi intensifient de
façon très considérable les activités des travaux
parlementaires. Lorsque le ministre de l'Agriculture a décidé de
prononcer son discours, de faire son intervention en deuxième lecture,
nous étions déjà, depuis quelques jours, retenus à
la commission parlementaire de l'agriculture aux fins d'entendre un grand
nombre d'intervenants, d'individus et d'organismes commenter la Loi sur la
protection du territoire agricole. Le ministre avait dû suspendre
momentanément les travaux de la commission parlementaire de
l'agriculture pour prononcer son discours, et nous y étions
retournés immédiatement travailler en commission.
Le ministre, dans son discours de deuxième lecture avait
consacré, je pense, tout le temps que lui réservait le
règlement. Il nous avait fait un très long historique de tous les
problèmes juridiques qu'avait connus la mise en marché non
seulement au Québec, mais également au Canada. Il avait fait
référence à l'institution de plans conjoints d'organismes
de mise en marché que d'autres provinces s'étaient donnés
à compter des années trente et même un petit peu
auparavant. Il avait également rappelé toute l'évolution
que la Loi sur la mise en marché des produits agricoles du Québec
avait subie depuis son institution; sauf erreur, c'était en 1956 ou
1957. Mais il avait très peu commenté les fins qu'il recherchait
exactement par des articles qu'on retrouve dans la loi 116. Il nous avait tout
simplement signalé qu'il s'agissait de solutions à apporter
à des possibilités de difficultés qui pourraient
naître à la suite d'un jugement qui avait été rendu
par la Cour suprême sur une cause qui touchait la mise en marché
des produits agricoles en Ontario.
Mais, quand il a dit que tout le facteur de la mise en marché,
tant au Québec qu'au Canada, est une chose très difficile et
très compliquée, il avait raison. Il m'a été
donné, au cours des derniers jours, de faire des consultations pour
découvrir véritablement quelles seraient les difficultés
que les agriculteurs du Québec pourraient connaître si on
n'apportait pas des changements à notre Loi sur la mise en marché
agricole. Dans cette recherche d'information, de précision, j'ai
reçu des avis de différentes personnes. Il y a là une
question d'interprétation qui est difficile pour ceux qui ne
possèdent pas vraiment toute la connaissance des mécanismes
d'utilisation des lois de mise en marché, au pays comme au
Québec, complétées par des accords et des ententes qui ont
été signés entre les provinces par les ministres de
l'Agriculture des provinces avec le ministre fédéral de
l'Agriculture, accords également complétés par des
ententes au niveau des ministères intergouvernementaux. C'est de
là qu'est né, je pense qu'il faut le reconnaître
après avoir poussé nos recherches, beaucoup de confusion. C'est
un secret de polichinelle que beaucoup de gens ont tenté
d'interpréter à leur manière, sans posséder sans
doute toute la connaissance de cette complexité qui est
l'activité des lois de mise en marché au Québec comme
pays.
J'ai entendu des avis qui allaient d'un extrême à l'autre;
j'ai entendu des avis qui m'indiquaient que si la loi 116 n'était pas
adoptée par l'Assemblée nationale du Québec, il y avait un
danger de tout remettre en question les programmes de contrôle, de
contingentement et de mise en marché des produits laitiers; je parle ici
du secteur du lait industriel.
Il y a des gens qui nous affirmaient catégoriquement que
c'était une remise en cause totale et que si les producteurs de cette
spécialité qu'est le lait industriel voulaient se
prévaloir des conséquences de la décision de la Cour
suprême, ils pouvaient réclamer les centaines de millions qui
avaient été versés par les producteurs,
c'est-à-dire retenus à la source sur la paie des producteurs
suite aux ententes qui existaient entre leur fédération et la
Commission canadienne du lait complétée par d'autres
mécanismes du ministère de l'Agriculture fédéral
qui, lui, arrivait avec des prélevés qui devaient
s'établir comme compensation aux pertes découlant de
l'exportation des produits laitiers.
En fait, on nous laissait voir qu'on allait empêcher les
producteurs laitiers du Québec et des autres provinces, par le refus
d'acceptation du principe de la loi 116, de réclamer des frais, des
redevances, des prélevés ou des pénalités qui
avaient été payés par eux et retenus à la
source.
Or, lorsque pour avoir plus de certitude dans l'interprétation
des conséquences qui pouvaient découler véritablement du
jugement de la Cour suprême, nous sommes allés consulter d'autres
personnes qui ont des capacités d'interprétation de ces
législations et de tous les pouvoirs qu'elles accordent, on retrouvait
des avis, des opinions qui différaient des premières qu'on nous
avait données et qui, pourtant, de la bouche de ceux qui les
déclaraient, exprimaient une certitude tout aussi grande.
En cours d'examen et d'étude de cette question, il m'est apparu,
pour ma part, qu'on ne pouvait pas, quels que soient les autres principes en
cause ou les autres pouvoirs que la loi apportait, prendre la chance de laisser
débâtir, de laisser détruire des systèmes de mise en
marché que des cultivateurs du Québec avaient mis 20 ans à
se donner, mécanismes qui ne sont pas encore complets. Nous avons encore
des difficultés, dans l'utilisation des pouvoirs que donne la Loi des
marchés agricoles, les questions d'interprétation juridique et,
également, des secteurs où on n'utilise pas pleinement les
possibilités que peut apporter la Loi des marchés agricoles.
Je me suis dit: Des producteurs agricoles du Québec, dans des
spécialités différentes, ont mis beaucoup d'années
à se donner des garanties qui étaient nécessaires au plan
de la mise en marché; pour se donner ces garanties, il fallait que ce
soit accompagné d'autres conditions telles que contingentement à
distance de quota, etc. C'était mon opinion.
On va prendre le risque de ne pas poser des gestes pour empêcher,
au moins, que toutes les décisions et les retenues, les contributions
qui avaient été versées par les agriculteurs dans le
passé, soient remises en cause et démantibuler un appareil qui
avait mis du temps à se bâtir, qui avait eu ces difficultés
de parcours. C'est pour cela qu'à un moment donné, en
dépit des réserves que personnellement je pouvais avoir
vis-à-vis de certains articles du projet de loi et que de mes
collègues, dans leur interprétation, pouvaient avoir, comme
d'autres députés de l'Opposition, il m'apparaissait, pour le
moins, qu'on devait tenter, si on n'avait pas la loi dans sa totalité,
dans tout son contenu, de faire une espèce d'unanimité sur une
partie des dispositions de cette loi, entre autres, la partie qui a comme but
principal de valider toutes les opéra- tions qui ont été
faites en vertu des lois fédérales, toujours à la suite
des ententes qui existent au niveau des provinces avec le gouvernement central.
(21 h 10)
J'étais à dire qu'on ne pouvait pas, au-delà des
restrictions ou des réticences qu'on avait sur certains articles, ne pas
reconnaître la nécessité, selon la capacité qu'avait
l'Assemblée nationale ou encore de par une volonté du ministre,
de scinder ou de diviser sa loi de manière à conserver au moins
tout ce qu'on pourrait qualifier de droits acquis à tous ces offices de
mise en marché, à tous ces plans conjoints qui ont
fonctionné. Ce cheminement de ma pensée débouchait sur le
fait qu'on se devait d'accepter la partie de la loi qui avait comme but de
rendre légales ou de valider toutes ces décisions rendues dans le
passé par nos lois fédérales et sur lesquelles la Cour
suprême s'était prononcée.
Comme, à la suite des propos et des échanges que j'ai eus
avec le ministre, son interprétation de la loi 116 était qu'on ne
pouvait pas, absolument pas, se limiter à la validation des
décisions rendues par des lois fédérales, cela, je
l'avoue, m'a amené à poursuivre encore mes recherches. J'ai
tenté d'obtenir des avis, des opinions juridiques des rares avocats
je le réalise maintenant qui ont une connaissance
approfondie de tous les mécanismes de mise en marché. On en a peu
au Québec et il y en a peu, je pense, au pays. Des spécialistes
de ces questions au Canada, des gens bien informés m'avaient dit que, si
on en trouve, on peut en trouver 20 ou 25 pour l'ensemble du pays. Il
paraît qu'ici au Québec cela peut se compter sur les doigts d'une
main, les experts, au plan juridique, qui peuvent déclarer qu'ils
possèdent vraiment une connaissance de tout le système, de tous
les mécanismes et des subtilités, entre autres, de nos lois de
mise en marché.
J'ai pu avoir des échanges et des conversations avec le ministre.
Cela a été assez facile au cours des derniers jours puisque nous
avons eu à vivre des journées assez longues retirés du
salon bleu, isolés, loin des caméras de télévision,
dans les salles de nos commissions parlementaires. Lorsque quelqu'un, dans un
mouvement d'humour ce matin, a fait référence aux
députés qui avaient des tendances de
m'as-tu-vu-à-la-télévision, cela ne s'adressait
certainement pas aux députés qui ont siégé durant
trois semaines à la commission parlementaire de l'agriculture, puisqu'il
n'y avait aucune caméra dans cette salle et que tout se faisait
très discrètement par rapport à ce qu'offre
l'Assemblée nationale du Québec.
Je vous ai indiqué, il y a quelques moments, que j'avais des
réserves sur certains articles de la loi 116. Ces réserves que
j'avais, je les maintiens parce qu'au fond certains articles viennent
accroître des pouvoirs qu'avaient déjà les offices de
producteurs au Québec comme la Régie des marchés agricoles
puisque les deux fonctionnent ensemble, les deux se complètent. On
ajoute des pouvoirs additionnels qui n'étaient pas énoncés
ou exprimés dans les mêmes termes dans la Loi
des marchés agricoles et si, par hasard, des offices de
producteurs voulaient aller au maximum de l'utilisation de ces pouvoirs, il y a
assurément des possibilités d'abus de ce côté, selon
l'interprétation que j'en donne. Il est très facile de dire: Si
les pouvoirs sont utilisés au maximum, ce sera par la volonté des
assemblées générales annuelles des offices ou des
fédérations. Soit, mais je crois que certains pouvoirs devraient
être entre les mains de la régie plutôt que directement
entre les mains des offices de producteurs parce que la Régie des
marchés agricoles peut toujours jouer le rôle d'arbitre, parfois,
dans des mouvements que je pourrais qualifier d'excessifs. Surtout lorsque dans
des secteurs de production vous avez des gens qui ne partagent pas l'avis de la
majorité et qui utilisent tous les moyens, tous les recours
légaux possibles, il peut y avoir des mouvements d'impatience, il peut y
avoir des mouvements excessifs et, dans ces situations, je
préfère de beaucoup que ces pouvoirs additionnels qu'on donne, on
les laisse plutôt à la disposition de la régie
elle-même plutôt que de les confier en totalité aux
offices.
Mais au-delà de toutes ces réserves, je crois que
l'Assemblée nationale du Québec lie peut pas se permettre, quel
que soit le résultat du vote, de laisser courir des risques plus
longtemps. On aurait pu, je le reconnais, dès que la prochaine session
de 1979 serait appelée, revenir sur le projet de loi 116, mettre
beaucoup plus de temps pour l'approfondir, poursuivre les consultations et les
recherches. Mais cette partie constitue le danger de remettre en cause tout ce
qui a été déclaré ultra vires par le fameux
jugement de la Cour suprême. Je crois que de ce
côté-là on doit au moins, quel que soit l'avis que nous
ayons sur d'autres parties de la loi, avoir le réalisme et le bon sens
de ne pas prendre de risque et de protéger autant d'années
d'efforts que des producteurs, dans différentes
spécialités au Québec, ont faits. C'est un travail qui a
été long et laborieux, dans certains cas. Qu'on pense, par
exemple, aux difficultés que certains offices ont connues. J'ai à
l'esprit, entre autres, la Fédération des producteurs d'oeufs du
Québec qui a connu plus que sa part de difficultés, si on fait
une révision de son histoire par rapport à d'autres
spécialités agricoles. Je crois que, pour cette partie, on doit
valider au moins l'opération vis-à-vis de ce que le jugement de
la Cour suprême a mis en doute, a déclaré
inconstitutionnel. On doit permettre à l'Assemblée nationale de
légiférer et de se prononcer sur cette partie des dispositions
que contient la loi 116.
Evidemment, ce n'est pas facile de faire un consensus, même
à l'intérieur d'une formation politique. Il y a des gens qui font
des interprétations, qui ont une vision différente des choses. Il
faut savoir respecter l'avis des collègues, même si on n'a pas
tous vu évoluer les systèmes, vu fonctionner des
mécanismes parce qu'on n'est pas placé dans les mêmes
situations au cours de la vie.
M. le Président, je n'entends pas poursuivre indéfiniment
la discussion sur le contenu de la loi 116, mais j'espère que, devant
les prises de position auxquelles nous avons assisté depuis environ 15
jours, nos collègues admettent que tout le monde ne fait pas l'accord,
loin de là. Les gens diffèrent largement d'opinion sur ce que
pourrait apporter, dans les faits, l'exécution de toutes
les-dispositions qu'on retrouve dans cette loi. Je laisse à d'autres de
mes collègues de faire connaître leur point de vue sur cette
loi.
Le Président: M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: M. le Président, je vous demande une directive.
Le porte-parole de notre parti sur le projet de loi 116 est mon collègue
de Huntingdon. Mais avant je ne voudrais pas lui enlever son droit de
parole j'aurais une question à poser au ministre parce que cela
nous aiderait dans nos débats. Est-ce que vous me le permettez?
Le Président: II est certain que ce soir cela vous sera
permis, M. le député de Bellechasse.
M. Goulet: M. le Président, ce matin, le ministre de
l'Agriculture, concernant le projet de loi 116, lorsqu'il demandait
l'approbation des gens de l'Opposition, nous a mis au défi, tous les
membres de l'Opposition, d'apporter au moins un avis juridique signé. Il
s'est même vanté d'en avoir au moins six, et après avoir
vérifié la transcription, il a dit en avoir au moins dix, tous
unanimes, et tous les membres de cette Chambre l'ont très bien entendu.
Il a d'ailleurs été applaudi plus que chaleureusement par les
gens des galeries et aussi par ceux qui étaient ici, en bas.
Voulant très bien se renseigner, parce qu'on doit parler
très rapidement sur ce projet de loi, en tout cas beaucoup plus
rapidement qu'on devait le faire, personnellement j'étais
préparé pour parler sur deux autres projets de loi et on ne
s'attendait pas à parler sur le projet de loi 116. Si le ministre a tenu
de tels propos, a lancé de tels défis dans cette Chambre ce
matin, je lui demande et ce, dès ce soir, dès qu'il le
pourra; s'il ne les a pas ici, qu'il les envoie chercher de
déposer devant cette Chambre au moins cinq des avis juridiques dont il
nous a parlé ce matin. (20 h 20)
Ou il dit la vérité ou il ne la dit pas. Alors, le temps
est venu de s'exécuter. Ce geste aurait pour but d'éclairer les
membres de cette Chambre, si lumière il y a. Et si ce sont des avis
verbaux ce matin il nous a bien parlé d'avis signés
je comprends très bien, M. le Président, qu'il pourrait se
retirer quinze minutes et nous donner le contenu essentiel de ces avis et de
qui ils proviennent.
Je pense que l'Opposition a fait plus que sa part du côté
consentement ici, depuis quinze jours. Le ministre a lancé le
défi ce matin dans cette Chambre. Je lui demande, avant que les discours
de deuxième lecture soient terminés, de s'exécuter et de
déposer ces avis-là il a été
question de six à dix avis signés, je lui en demande cinq,
je vais être bon garçon de façon qu'on puisse
être éclairés rapidement là-dessus, si vraiment
lumière il y a dans ces avis.
Le ministre ne peut certainement pas refuser cela à
l'Opposition.
Le Président: M. le ministre de l'Agriculture.
M. Garon: M. le Président, il est évident que,
lorsque j'ai dit que j'avais demandé des avis, on me disait dans
l'Opposition qu'on pouvait diviser le projet de loi et adopter seulement
l'article 7, je disais que ce n'était pas possible.
Quand j'ai travaillé au ministère avec des personnes et
des équipes, il n'y a pas d'avis écrits au
ministère...
M. Goulet: Je peux exiger des avis signés.
M. Garon: Non, laissez-moi finir. Je peux vous dire par exemple
que j'ai un avis du président de la Régie des marchés
agricoles qui me dit que, si le projet de loi 116 n'est pas adopté, ce
sera un "mess" dans le monde agricole. Ce sont ses propres termes.
Je peux vous dire aussi que j'ai encore parlé au
vice-président au téléphone pour lui demander s'il y a des
parties du projet de loi 116 qu'on peut enlever qui ne créeront pas de
problèmes. On m'a donné des avis là-dessus; j'ai eu un
conseiller juridique, j'ai eu le sous-ministre Ouellet, du ministère de
l'Agriculture, qui était professeur à la faculté
d'agriculture sur la loi de la Régie des marchés agricoles.
Tous ces gens que j'ai consultés, sans exception, m'ont tous dit
la même chose; c'est ce que j'ai dit ce matin qu'il y avait eu des
consultations, que des équipes ont travaillé là-dessus. Il
y a eu des avocats; le député de Montmagny-L'Islet a
mentionné tout à l'heure que les avocats
spécialisés en ce domaine, au Québec, ne se comptent pas
sur plusieurs doigts d'une main. D'ailleurs, la meilleure preuve, c'est que,
lorsqu'il y a eu changement de gouvernement, on a gardé les mêmes
conseillers, parce qu'il n'en pleut pas.
Je veux vous dire ceci et c'est pour cela que je l'ai
mentionné s'il y a des avis, ce ne sont pas des avis sur la
gueule comme ceux-là qui disent: Pas de problème, tel article,
d'accord. Est-ce que des gens vous ont donné des avis qu'ils sont
prêts à signer? J'ai tellement signé mes avis que je les ai
mis dans des projets de loi. Ce que je veux dire, c'est que moi, je prends mes
risques. Le gouvernement prend ses risques en mettant des avis dans des projets
de loi.
Je pense que cela est indicatif.
M. Goulet: M. le Président...
Le Président: M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: Je ne veux pas chercher noise au ministre, mais vous
conviendrez avec moi je ne sais pas comment vous pourrez qualifier cela
qu'il y a un très grand changement d'attitude entre les propos du
ministre ce soir et ceux de cet avant-midi faits par le même homme dans
la même Chambre.
Le Président: M. le député de Huntingdon.
M. Claude Dubois
M. Dubois: Merci, M. le Président. Je regrette
énormément d'avoir à intervenir sur ce projet de loi
à la dernière minute. J'ai la nette impression qu'en agissant en
sourdine le gouvernement n'ose pas à ce moment-ci élargir plus
qu'il ne faut le débat sur ce projet de loi.
Faut-il croire que la situation est à ce point urgente, suite au
jugement de la Cour suprême auquel réfère ce projet de loi,
qu'il faille bousculer tout le monde présentement?
Cette célérité du gouvernement nous apparaît
suspecte, surtout lorsqu'on tente de placer ce projet de loi dans le contexte
très spécial de cette fin de session où les
députés sont appelés à se prononcer sur le zonage
agricole en plus. Certains vont même jusqu'à dire que les pouvoirs
exorbitants accordés aux offices de producteurs par le projet de loi 116
seraient la contre-partie du projet de loi 90 sur le zonage agricole en vue
d'obtenir l'appui des dirigeants de l'UPA, qui ont laissé tomber leurs
exigences pour une formule d'indemnisation aux agriculteurs.
Il y a de quoi se poser une question, Mme le Président. Je ne
saurais le dire, mais on peut au moins se poser la question compte tenu du fait
que ces deux projets de loi nous sont présentés
simultanément. Est-ce là le fruit du hasard? Quand le ministre de
l'Agriculture a déposé son projet de loi 90 sur la protection du
territoire agricole, il a lui-même crié bien fort tout le courage
nécessité par le dépôt d'un tel projet de loi. Par
la suite, les ministériels ont tous clamé le courage du ministre
de l'Agriculture et dénoncé ses prédécesseurs comme
des gens sans colonne vertébrale.
L'Union Nationale est convaincue, Mme le Président, que le
ministre de l'Agriculture n'a pas plus de courage et n'a pas plus de colonne
vertébrale que ses prédécesseurs libéraux. Tout au
plus, le ministre a moins de scrupule et moins de respect pour les droits des
agriculteurs.
Il est évident que ce qui a empêché les
prédécesseurs du ministre de l'Agriculture de déposer un
projet de loi sur le zonage agricole, c'est l'indemnité qu'il faut
verser à chacun des agriculteurs lorsqu'on lui enlève le droit de
disposer librement de ses terres. Les prédécesseurs du ministre
avaient compris ce principe d'indemnité et l'actuel ministre en
était également conscient. Le Barreau du Québec, pour ne
mentionner qu'un seul groupe, s'est montré intransigeant sur le principe
d'indemnisation. Le Barreau, en accord avec le ministre sur la mesure
proposée, étant donné qu'elle en est une
d'intérêt collectif, insistait pour que la collectivité
toute entière supporte les frais d'une telle mesure et non une seule
classe de la population, soit la classe agricole.
Mme le Président, tout le monde, dont le ministre, savait qu'il
n'était que juste et équitable que la collectivité toute
entière indemnise l'agriculteur à qui on enlevait le droit de
disposer librement de sa terre. Tout le monde au Québec, à
l'exception du ministre de l'Agriculture était prêt à faire
sa part et à contribuer financièrement afin d'indemniser les
agriculteurs. Le ministre, pour sa part, semble considérer comme tout
à fait normal et sans conséquence le fait d'enlever des droits
aux agriculteurs sans les indemniser et, chose étrange, alors qu'il n'y
a pas si longtemps les dirigeants de l'UPA se montraient intransigeants sur le
principe d'indemnisation, aujourd'hui ils abandonnent cette revendication
majeure des producteurs agricoles.
Existe-t-il une relation directe entre la volte-face surprenante sur le
projet de loi 116 qui enlève encore plus de droits aux agriculteurs pour
les donner, encore une fois, sans indemnité, à quelques
dirigeants syndicaux? Je sais que je ne ferai pas seulement des heureux ici ce
soir. De toute façon, écoutez et vous aurez le droit de parole
après moi.
Une Voix: Dans le comté de Mercier, il n'y a pas tellement
de cultivateurs.
M. Dubois: Avant d'analyser toutes les implications du projet de
loi 116 qui modifie l'actuelle Loi sur la mise en marché des produits
agricoles, je crois opportun de faire un bref historique des
répercussions économiques et sociales de la loi actuelle ainsi
que de certaines lois fédérales qui réglementent notre
agriculture. Dans le cadre de la présente Loi sur la mise en
marché des produits agricoles, quatre de nos principales productions
agricoles sont régies par un plan conjoint depuis assez longtemps. Nous
pouvons maintenant en analyser les effets.
D'abord le lait. L'industrie laitière du Québec fut jadis
la principale industrie primaire au Québec. Elle est devenue par la
suite une politique de plan conjoint et de là, la Commission canadienne
du lait, un véritable système de bien-être social. En
effet, les politiques du plan conjoint ont transformé cette importante
industrie qui avait jadis l'effet de moteur économique pour la province
de Québec à une véritable foire aux subventions. Avant les
plans conjoints, les producteurs de lait du Québec, en collaboration
avec l'entreprise privée et leurs coopératives, étaient
considérés comme les éléments productifs de notre
économie. Avec la venue des plans conjoints et l'institutionnalisation
des surplus et des contributions de toutes sortes, ainsi que l'amas de
règlements où les producteurs ne peuvent même plus se
retrouver, l'année dernière les gouvernements ont dû verser
en moyenne plus de $10 000 en subventions sur le lait à chaque
producteur de façon à ce que ce dernier puisse subsister. Les
producteurs de lait du Québec ont besoin de plus de liberté et de
plus de marge de manoeuvre afin de s'épanouir selon leurs talents.
L'Union Nationale sait qu'ils en possèdent suffisamment pour
reprendre leur place dans la principale industrie primaire au Québec.
Perdus et égarés dans le fouillis de règlements qui leur
sont imposés et de plus en plus insatisfaits, les producteurs de lait du
Québec n'auront bientôt d'autre choix que d'envahir cette Chambre
afin de faire valoir leur point de vue. (21 h 30)
Concernant la production des oeufs, le système actuel est
contrôlé par FEDCO, et s'avère une véritable
faillite économique pour cette production québécoise, et
c'est un fait. En 1966, lors de la venue de FEDCO, le Québec produisait
63% des oeufs qu'il consommait. A cette époque, FEDCO imposait des
quotas de mise en marché aux producteurs du Québec, alors que
toutes les autres provinces laissaient leurs producteurs produire
librement.
Dans le but de raffermir les prix sur le marché
québécois, FEDCO diminuait les quotas de nos producteurs avec le
résultat que les Ontariens construisaient toujours plus de poulaillers
dans le but d'accaparer le marché de Montréal. Au début
des années soixante-dix, FEDCO se rendit compte que, chaque fois qu'elle
empêchait un producteur du Québec de produire un oeuf, un
producteur d'une autre province ou de l'étranger occupait le
marché. Dans le but de remédier à cette situation, FEDCO
institua une agence de vente unique pour tous les oeufs du Québec,
pensant qu'ainsi elle pourrait fixer le prix de vente des oeufs. Les autres
provinces canadiennes, le Manitoba en tête, attaquèrent ce genre
de règlement qui fut déclaré inconstitutionnel par la
décision de la Cour suprême du Canada dans le "Manitoba egg case",
en 1971.
Le ministre de l'Agriculture de l'époque, l'honorable Normand
Toupin, entreprit alors des négociations avec son homologue ontarien
dans le but de mettre un terme à la guerre des oeufs et du poulet qui
sévissait à l'époque. Le ministre Toupin, à
l'occasion de ces négociations, abandonna alors 45% du marché
québécois des oeufs aux producteurs des autres provinces et de
l'étranger en contrepartie de quelque 5% du marché ontarien de la
volaille. Le Québec venait alors de se faire passer un "Toupin" et les
autres provinces eurent tôt fait de signer une entente
fédérale-provinciale dans le domaine des oeufs, qui leur
garantissait à tout jamais 45% du marché
québécois.
C'est ainsi qu'en décembre 1972 prenait naissance l'Office
canadien de commercialisation des oeufs qui, depuis lors, détermine
quelle quantité d'oeufs chaque province peut produire chaque
année. Le système de plan conjoint dans les oeufs a
bénéficié, depuis la création de FEDCO, de
centaines de milliers de dollars en subventions et en frais de toutes sortes de
la part du gouvernement et ne s'est jamais avéré rentable pour
toute l'économie du Québec.
Dans le porc, cette industrie du Québec est la seule production
québécoise dotée d'un plan conjoint qui réussit,
malgré tout, à connaître un
développement remarquable. En pleine liberté, notre
industrie a su se développer de nouveaux marchés et
connaître une expansion remarquable au cours des dernières
années. Plutôt que d'imposer sans référendum un plan
conjoint aux producteurs de porcs de la province, le ministre aurait dû
analyser l'esprit d'initiative et le dynamisme que possèdent tous et
chacun des producteurs de porcs de la province de Québec et les laisser
libres de déterminer leur avenir. C'est parce qu'ils ont refusé
de se soumettre à un plan conjoint, qu'ils avaient battu à deux
occasions par référendum, soit en 1971 et en 1973, que les
producteurs de porcs du Québec ont su continuer à
prospérer selon leur bon vouloir et leurs talents respectifs.
D'ailleurs, le Conseil des salaisons du Canada, section Québec,
dans un mémoire qu'il soumettait à la Régie des
marchés agricoles du Québec le 21 novembre 1978, s'opposait
clairement à l'application de règlements dans le domaine de
l'industrie porcine pour les motifs suivants: la remise en cause des autres
plans conjoints existant au Québec, les expériences des plans
conjoints dans les autres provinces, le maintien de la libre entreprise,
l'opposition d'un important groupe de producteurs qui sont les principaux
fournisseurs de l'ensemble de nos membres. Le Conseil des salaisons du Canada,
section Québec, dont la Coopérative fédérée
est membre, ajoutait qu'il est très important pour l'économie du
Québec de conserver à cette industrie tout son dynamisme et que
l'imposition de certains règlements serait de nature à faire tort
à notre secteur et à toute l'industrie porcine en
général.
De son côté, l'Association canadienne des consommateurs,
section Québec, à l'occasion des audiences publiques sur le porc
tenues en 1976, s'opposait à un plan conjoint dans ce secteur et
définissait comme suit son attitude globale vis-à-vis des plans
conjoints.
Je cite: "Nous sommes depuis longtemps conscients du fait que les plans
conjoints, en principe, ne favorisent pas le consommateur. Toutefois, ces
derniers sont prêts à certaines concessions pour promouvoir le
bien-être des producteurs efficaces et dynamiques. Lorsque les
éléments progressistes de l'agriculture sont lésés,
les consommateurs ne sont plus justifiés de consentir des sacrifices, ce
qui ne ferait que prolonger l'agonie des producteurs incompétents. En
tant qu'association de consommateurs je continue à citer
nous doutons de la validité du plan conjoint proposé pour la mise
en marché du porc, particulièrement à la lumière de
l'expérience que nous faisons avec FEDCO et les oeufs. Nous nous devons
de souligner, ajoute-t-il, les faiblesses de ces plans et de mettre en garde
nos membres et les citoyens du Québec contre les répercussions de
ces monopoles."
Ils ajoutent: "Nous soutenons que l'efficacité d'un
système peut se mesurer par le prix et la qualité du produit
livré aux consommateurs." Ils ajoutent encore: "II est impossible
d'anticiper les prix compétitifs dans un régime de mesures
restrictives qui empêchent la loi de l'offre et de la demande
d'opérer librement et qui sapent la fierté personnelle du
producteur et tue son esprit d'initiative".
Au niveau de la relève, Mme le Président, le
système actuel des plans conjoints rend à peu près
impossible toute relève agricole par des Québécois dans le
secteur des oeufs et de la volaille. L'on sait que le permis de produire
coûte $10 par pondeuse au Québec, ou environ, et $4.50 par pied
carré pour le poulet à griller. Alors seuls les biens nantis
financièrement ont accès à l'agriculture au
Québec.
Pour les fils de cultivateurs et les autres jeunes
Québécois qui aspirent à la relève agricole, les
coûts exorbitants de ces quotas ont tôt fait de les
décourager. Dans le lait, bien que le prix du quota fluctue davantage,
la situation est identique. A cause des quotas et des plans conjoints, le jeune
agriculteur n'a plus les moyens de se lancer dans l'agriculture au
Québec.
Mme le Président, je vais passer à l'autosuf-fisance qui
fait partie du programme politique du Parti québécois. Le
ministre aurait-il l'obligeance de nous dire quand le Québec atteindra
l'autosuf-fisance dans le domaine de la production des oeufs? J'ai
rencontré, depuis que je suis député, et même avant,
plusieurs jeunes agriculteurs entreprenants et travaillants qui pourraient
produire des oeufs d'une façon concurrentielle et vivre de cette
production. J'aimerais bien savoir du ministre s'il a l'intention de continuer
de leur interdire de se lancer dans cette production.
Au niveau de l'efficacité du plan conjoint, depuis plus de six
mois, le ministre a en main une étude sérieuse qui
démontre qu'un producteur de 20 000 poules au Québec retire $15
000 de moins par année qu'un producteur de l'Ontario, et ce tout
simplement à cause de FEDCO. Le ministre saurait-il demander à sa
régie de faire rapport sur ce domaine? Quand pourra-t-il aussi
déposer à l'Assemblée nationale les résultats de
cette étude effectuée par la régie? La Loi sur la mise en
marché des produits agricoles, Mme le Président, telle qu'on la
connaissait, avait principalement pour objet de mettre à la disposition
des producteurs et des consommateurs un moyen supplétif de mise en
marché ordonnée et juste des produits agricoles.
Le projet de loi no 116 qui nous est soumis par le ministre de
l'Agriculture ne vise pas la mise en marché des produits agricoles,
comme on serait porté à le croire. Ce projet de loi vise le
contrôle de toutes les productions agricoles québécoises.
D'ailleurs, à l'article 1 du projet de loi no 116, le texte est clair.
La présente loi a également pour objet de réglementer la
production et la mise en marché des produits agricoles au Québec.
Ce n'est pas ce qu'on lit à la face de la loi, par exemple. Il est
important de noter que le projet de loi no 116 vise spécifiquement le
contingentement de la production. Pire encore, il veut fixer le temps de
prohiber la production lorsqu'elle est faite à l'encontre d'un
règlement adopté en vertu de la présente loi. Il
n'appartiendra plus aux producteurs de décider quand, où, comment
et à quelles
conditions ils peuvent produire une denrée agricole au
Québec. C'est l'Office des producteurs, contrôlé par le
syndicat, qui leur dicteront quoi faire.
Ce même projet de loi prévoit la réduction et
même l'annulation des quotas de producteurs. Lorsqu'on connaît la
valeur des quotas présentement détenus par un agriculteur du
Québec, et que l'on autorise un syndicat à annuler temporairement
ou définitivement ce quota, je soumets au ministre que ce genre de
pouvoir ouvre la porte toute grande à l'arbitraire, à la
discrimination et, en somme, à une véritable dictature. (21 h
40)
Est-ce que le ministre se rend compte que l'existence de cette
épée Damoclès découragera de nombreuses
sociétés prêteuses à prendre en garantie la valeur
des quotas, ce qui nuira énormément à une majorité
de producteurs agricoles touchés par les plans conjoints?
Ce projet de loi permet en plus à un office de producteurs, donc
un plan conjoint, de confier à un organisme autorisé en vertu de
la législation d'une autre Législature ou du Parlement du Canada
de réglementer la mise en marché d'un produit agricole, toute
fonction que l'office est autorisé à exercer en vertu de la
présente loi, d'un plan conjoint et d'une ordonnance. Il semble
étrange que le ministre du gouvernement du Parti
québécois, d'un gouvernement indépendantiste songe
à déléguer des pouvoirs sur notre production agricole
à un organisme soit fédéral, soit d'une autre
province.
En matière agricole, le contrôle de la production et de la
mise en marché intraprovinciale relève strictement de la
juridiction provinciale, selon un jugement rendu par la Cour suprême du
Canada.
Mme le Président, nous avons devant l'Assemblée nationale
un projet de loi qui vise à imposer de fortes pénalités
à des producteurs; nous avons devant l'Assemblée nationale un
projet de loi qui valide rétroactivement la perception de plusieurs
millions de dollars en contributions perçues légalement; nous
avons devant l'Assemblée nationale un projet de loi discriminatoire
à l'endroit des éléments les plus progressifs de notre
société; nous avons devant l'Assemblée nationale un projet
de loi qui institutionnalise le surplus des produits agricoles dans un monde
où plus des deux tiers de la population sont sous-alimentés. Ce
projet de loi est parrainé par le ministre de l'Agriculture du
gouvernement du Parti québécois.
Tous les pouvoirs que je viens de vous énumérer seront
confiés à un syndicat qui possède déjà des
pouvoirs exorbitants et qui les utilise de façon abusive, pour ne parler
que des pouvoirs de saisie qu'on retrouve aux articles 109 à 112 de la
Loi sur la mise en marché des produits agricoles. J'aimerais citera mes
confrères de l'Assemblée nationale les paroles de l'honorable
juge Pierre Brassard, de la Cour des sessions de la paix, district de
Valleyfield, qui avait à trancher un débat sur une question de
saisie d'oeufs sans autorisation préalable.
Le 24 août 1978, il disait ce qui suit; "Ce que le tribunal veut
dire, c'est que la situation qui a prévalu le 22 mars 1978 chez M.
Philippe Wecklein, de Rivière-Beaudette, a été
fabriquée de toutes pièces et a constitué une provocation
à laquelle M. Wecklein a le droit de répondre en vertu des
articles 38 et 39 du Code criminel". Je continue la citation: "Le
scénario qui a été décrit par les différents
témoins ne donne aucunement ouverture à une déclaration
quelconque de culpabilité. Comme dans plusieurs scénarios de
cinéma et de théâtre, si la critique n'est pas favorable,
l'auteur ne doit s'en prendre qu'à lui-même".
Or, dans le présent cas, tout le scénario a
été monté par les membres de la fédération
qui voulait mettre au pas un producteur dissident, alors que des
procédures civiles qui étaient en marche devaient
éventuellement trancher le débat. C'est à des gens qui se
comportaient de la façon que je viens de décrire que l'honorable
juge Brossard indiquait ce que je viens de citer.
Mme le Président, dans le cas où le ministre aurait
l'intention de nous dire que la Régie des marchés agricoles
veillera à ce que tout se passe correctement, je lui rappellerai tout
simplement les paroles de l'honorable juge Jacques Lacour-sière, du
district de Trois-Rivières: "Cet organisme administratif qu'est la
régie est doté de pouvoirs décisionnels. Par ailleurs,
c'est cet organisme qui a créé l'intimé, ce qui la place
dans une situation équivoque pour décider des litiges entre sa
création et les tiers. Il devient donc évident qu'avec le projet
de loi 116 le ministre de l'Agriculture abdique énormément de
pouvoirs et livre les agriculteurs pieds et poings liés aux mains du
syndicat qui jouit d'un monopole dans l'industrie agricole
québécoise".
Ce qui est encore plus révélateur, en se
référant au pouvoir de saisie que la régie a
délégué à l'Office des producteurs d'oeufs, le juge
Lacour-sière disait ce qui suit: "II ne faut pas oublier que ce pouvoir
de saisie est exorbitant". L'un des procureurs de la régie l'a admis
devant la cour. Il est d'autant plus extraordinaire qu'il soit confié
aux mains d'un concurrent des requérants, qu'il puisse être
exercé par un organisme qui agit sans approbation judiciaire et qui,
juge et partie, décide des motifs ou soutient la saisie qu'il
exerce.
Si on compare cette procédure à celle prévue
à l'article 733 du Code de procédure civile, il devient difficile
d'admettre que le législateur ait voulu que soient confiés
à l'intimé, c'est-à-dire dans le cas actuel FEDCO, des
pouvoirs aussi sévères.
L'Union Nationale n'entend pas nier la pertinence d'une
représentation syndicale dans le domaine agricole, au contraire; les
producteurs agricoles ont besoin de cette institution. Nous sommes d'accord sur
l'existence du syndicalisme agricole, mais nous ne croyons pas qu'il soit dans
l'intérêt des agriculteurs que leur syndicat soit mis en position
de conflit d'intérêts et devienne un agent de mise en
marché des produits agricoles. Nous ne sommes pas non plus contre
l'établissement de plans conjoints, mais à la condition
expresse qu'au moins 60% des producteurs, représentant
également un minimum de 60% du volume de production, donnent leur accord
par référendum secret avec surveillance du ministère de
l'Agriculture québécois.
Est-il logique et juste qu'un même organisme ait pour but de
revendiquer les droits de ses membres tout en agissant comme un agent de mise
en marché au nom de ces mêmes producteurs avec des pouvoirs
exorbitants relativement à la production des denrées agricoles.
D'ailleurs, dans une étude je ne crois pas qu'elle soit publique
présentement sur la mise en marché des produits agricoles,
étude effectuée par une firme indépendante la firme
Drouin, Paquin et associés on stipule clairement qu'il
n'appartient pas à un syndicat de s'occuper de mise en marché.
Lorsqu'un syndicat s'occupe de la mise en marché, il se place dans une
situation de conflit d'intérêts.
L'Union Nationale croit toujours qu'un syndicat revendique des droits
pour ses membres, mais elle n'acceptera jamais qu'un syndicat possède
des pouvoirs totalitaires sur l'entreprise de ses membres et que le ministre de
l'Agriculture se dépouille de tous ses pouvoirs au profit d'un tel
syndicat. Cest de cette seule façon que l'industrie agricole continuera
d'être une industrie primaire au Québec. Par le projet de loi 116,
l'agriculture est mise en tutelle, les producteurs agricoles du Québec
sont mis en tutelle et, par conséquent, nous voterons contre ce projet
de loi. Merci, Mme la Présidente.
Mme le Vice-Président: M. le député de Laval
et leader de l'Opposition officielle.
M. Jean-Noël Lavoie
M. Lavoie: Je voudrais intervenir dans le débat sur ce
projet de loi surtout à titre de curieux. Sans prétendre
connaître tout le mécanisme de cette question de la mise en
marché des produits agricoles, parce que pour la connaître
à fond je crois qu'il faudrait y consacrer des heures, des jours et
même des semaines, je ne m'attendais pas, comme plusieurs d'ailleurs,
à ce que ce projet de loi soit appelé ce soir à la suite
de conversations que nous avons eues et à la suite surtout du fait que
ce projet de loi n'a pas été appelé depuis le 7
décembre.
Le 7 décembre, le leader parlementaire du gouvernement a
décidé, sans consentement ou sans beaucoup de consultations, que
ce soir-là ou cet après-midi-là le ministre de
l'Agriculture devait prononcer son discours de deuxième lecture sur le
projet de loi no 116 à l'occasion, justement, d'un congrès de
l'UPA qui se tenait ici, à l'hôtel Le Concorde. (21 h 50)
Depuis le 7 décembre, après un discours que je ne peux pas
qualifier de magistral du ministre de l'Agriculture, on n'a plus entendu parler
de rien. Depuis quatorze jours, il n'était plus question de discuter de
la loi 116. Ce soir, suite à des trac- tations que nous vivons depuis
une journée ou deux et également suite à l'invitation du
leader, du chef parlementaire de l'Opposition officielle du Parti
libéral, en voulant prendre les responsabilités qui incombent
à une Opposition responsable, suite à des pressions qu'on sentait
de toutes parts, au "lobbying " que nous visons depuis deux jours, on demande
au leader du gouvernement, s'il le désire, comme maître de jeu,
d'appeler cette loi, car c'est lui qui doit appeler les lois. Et on
décide ce soir de l'appeler.
J'ai dit que mon intervention ne serait peut-être pas une
intervention de fond. Je suis un député un peu
déchiré devant cette loi. Depuis quelques jours, quelques
semaines, je ne suis pas satisfait des réponses que le ministre de
l'Agriculture a données aux multiples questions de l'Opposition
libérale, de l'Opposition de l'Union Nationale et du
député de Beauce-Sud. Je ne suis pas convaincu et j'ai surtout
beaucoup de doutes. Le ministre de l'Agriculture est un gentilhomme,
très sympathique. J'ai vécu avec lui, depuis un mois, pour
l'étude de la loi 90, Loi sur la protection du territoire agricole. Il
est d'un compagnonnage des plus agréables; il est même rigolo
à l'occasion, tout à fait décontracté et tout.
Mais, au point de vue juridique, au point de vue législatif, je ne peux
pas dire que l'expérience que j'ai eue avec lui sur le zonage agricole a
été des plus affirmatives. Il nous donne des opinions juridiques
sur le bras; il prend des décisions pour la future Commission du
territoire agricole. Disons que les opinions juridiques qu'il donne sont
comparables à son côté gamin un peu, son côté
cabotin. Il donne des opinions en souriant, en disant: II n'y a pas de
problème là; d'ailleurs, c'est bien simple. Depuis deux ans, il
nous dit que tout est simple! Des opinions juridiques sur le droit de
propriété, sur le zonage agricole, tout était simple. On
lui pose des questions et il ne m'a pas convaincu, depuis à peu
près un mois que ce projet de loi est déposé, de la
nécessité de relier tous les articles de ce projet de loi.
Mme la Présidente, si vous voulez, ensemble, nous allons faire un
petit exercice qui ne sera pas très long, en lisant les notes
explicatives du projet de loi: "Le présent projet de loi a
principalement pour objets: a) de valider l'imposition ou la perception de
certains frais ou redevances effectuées en rapport avec un produit
commercialisé produit au Québec ou mis en marché dans le
commerce intraprovincial au Québec, suite à un jugement de la
Cour suprême du Canada déclarant ultra vires les dispositions
législatives fédérales sous l'autorité desquelles
ces frais ou redevances avaient été imposés ou
perçus, et de compléter les pouvoirs des offices de producteurs
en la matière."
Sur ce a), Mme la Présidente, je crois que nous avons
l'unanimité de cette Chambre. Tout le monde veut valider une situation
boiteuse qui existe suite à un jugement d'un tribunal supérieur,
le plus élevé au Canada, qui met la question des plans conjoints
dans le lait, je crois, dans les oeufs, dans d'autres produits
commercialisés,
dans une situation intenable. Personne ne veut créer et maintenir
le chaos qui peut exister depuis un jugement de janvier 1978 de la Cour
suprême. Ce chaos existe quand même depuis onze mois, de janvier
à décembre. Après un jugement de la Cour suprême, il
n'y a plus d'appel. Ce chaos, même si on ne le vit pas quotidiennement,
existe au point de vue juridique. Tout le monde est d'accord avec cela; c'est
surtout l'article 7. Tous les députés en cette Chambre qui ont
voulu se pencher sur cette question ont demandé au ministre si les
autres articles du projet de loi étaient directement liés
à l'article 7.
Je continue la lecture des notes explicatives: b) c'est différent
de a) qui dit de valider la situation causée par un jugement de la Cour
suprême.
Et entre a) et b) il me semble qu'il y a une différence: b) "de
permettre à un office de producteurs de contingenter
séparément et différemment la production et la mise en
marché dans le commerce intraprovincial québécois des
produits agricoles et de réglementer les surplus de produits
commercialisés." Je continue... c) c'est encore un objet du
projet de loi "d'autoriser les offices de producteurs à imposer
des pénalités aux producteurs dans le cas d'infraction à
certains règlements; d) un autre objet de prévoir
que le gouvernement pourra permettre à un office de producteurs de
confier à des organismes similaires constitués ailleurs au Canada
toute fonction qu'il est habilité à exercer en vertu de la
loi.
Je serais porté à relier le d) à a). Maintenant un
autre objet: e) "de ne permettre l'utilisation du titre "office de producteurs"
qu'aux offices de producteurs chargés d'appliquer et d'administrer un
plan conjoint de mise en marché de produits agricoles."
Si ma déduction que le projet de loi n'était qu'un bloc
monolithique, que tout était relié à l'article 7, que tout
doit être adopté en même temps, il n'y aurait pas eu a), b),
c), d) et e). Je ne suis pas convaincu. Je dis que mon intervention a un sens
inquisiteur et je voudrais que le ministre m'éclaire, parce que s'il ne
m'éclaire pas dans sa réplique, je réserve mon vote en
deuxième lecture cela, je le dis à titre personnel
et la décision que je prendrai pour les autres étapes du projet
de loi.
Je continue, Mme la Présidente. Le ministre nous a toujours dit
qu'il s'agissait uniquement de valider une situation intenable suite à
une décision de la Cour suprême. Je ne lirai pas les articles,
mais les notes que les légistes veulent bien nous donner en marge des
articles.
On dit, première annotation, à l'article 1: "L'article 2a
proposé par l'article 1 du projet de loi est entièrement de droit
nouveau." Je trouve que le droit nouveau n'a pas de rapport avec la
décision de la Cour suprême.
Article 2. et c'est dans le projet de loi, je ne lis pas
l'article, je lis les annotations des légistes qui font des commentaires
sur les amendements qu'on apporte à un projet de loi "L'article
33a proposé par l'article 2 du projet de loi est entièrement de
droit nouveau."
Je continue: Article 3. J'ai étudié la loi qu'on amende
aujourd'hui dans les statuts de 1974, chapitre 36, Loi sur la mise en
marché des produits agricoles. Mon impression, après étude
sommaire de ce projet de loi, c'est qu'on dépasse la mise en
marché pour entrer dans la production même agricole. La mise en
marché est une chose, d'ailleurs la loi de 1974, qu'on amende, avait
comme titre: Loi sur la mise en marché. Aujourd'hui, il y a un accent
qui déborde de beaucoup la mise en marché, on va dans la
production de l'agriculteur. Cela m'apparaît également des
éléments nouveaux qui sont loin d'être reliés avec
le jugement de la Cour suprême.
Je continue les annotations des légistes. Annotation à
l'article 5: "Le paragraphe c), proposé par cet article est
entièrement de droit nouveau..." Encore du droit nouveau.
Article 6, annotation des légistes, je ne lis pas l'article:
"L'article 121a proposé par l'article 6 du projet de loi est
entièrement de droit nouveau." Là, je me pose des questions.
D'ailleurs j'ai des doutes, même s'il y a beaucoup d'amitié qui a
pu nous relier du fait que nous avons travaillé ensemble durant un mois
sur la loi 90, j'ai de sérieux doutes autant sur les
interprétations qu'il nous donne sur la loi 116 que sur les multitudes
d'interprétations douteuses et boiteuses qu'il nous a données sur
la loi 90 du zonage agricole. (22 heures)
Je serais porté à poser mon geste en tant que
député responsable. Je ne vais pas tellement au fond de la
question et je voudrais voter sur cette loi de la manière la plus
sérieuse et la plus responsable possible dans un domaine que je ne
connais pas à fond, même si, comme la plupart d'entre nous, nous
sommes de souche agricole à une ou deux générations
près; dans mon cas, c'est la première génération.
Se retrouver dans ce dédale, dans l'interprétation des lois sur
la mise en marché, c'est pas mal compliqué et le ministre le
reconnaît. Il nous a dit: J'ai cinq interprétations, avis
juridiques. Un député lui a demandé d'en produire un ou
deux et il dit: Non, c'est verbal. C'est la même chose, c'est de la
même façon qu'il agissait lorsqu'on étudiait la loi 90.
Je voudrais porter un jugement sérieux sur cette question, tout
en voulant valider la situation impossible à la suite du jugement de la
Cour suprême. Mais le ministre ne m'a pas encore convaincu sur les autres
articles et j'espère qu'il pourra me convaincre dans sa réplique.
Je termine, pourquoi, le 21 décembre, sommes-nous obligés de
bousculer toute la législation? Nous sommes actuellement à deux
heures à ce qu'on dit, d'après notre calendrier sessionnel
d'une prora-gation de la session. Il n'y a rien qui oblige le leader du
gouvernement et le gouvernement à proroger cette session. Il n'y a rien
qui l'oblige; rien. C'est une loi qui a des implications sur des milliers de
gens et même sur tout l'agro-alimen-taire du Québec. Le ministre,
tout le monde accorde de l'importance à la production, à
l'industrie de l'agriculture. Cela touche tout le Québec; tout, de la
Gaspésie à Québec, à Montréal, dans
l'Outaouais, dans les Cantons de l'Est, tout, avec l'importance qu'on
donne actuellement à cette autosuffisance souhaitée du
Québec. Cela touche tous les producteurs dans tous les marchés
agricoles, élevage et tout. On n'a pas le droit de voter une loi comme
celle-là à la vapeur. C'est pratiquement impossible, M. le
Président. Je ne connais pas toutes les implications et j'espère
que le ministre pourra apporter une réponse aux doutes et à
l'incertitude qui m'envahissent actuellement devant cette loi. Je ne connais
pas les implications de cette loi. Je serais prêt, comme tout le monde,
à valider, à normaliser la situation que nous cause le jugement
de la Cour suprême, mais tous les autres articles, à la suite des
annotations des légistes, on dit que c'est du droit nouveau partout. La
proposition que je serais porté à faire, je ne la ferai pas. Ce
serait de reporter à un mois l'étude de ce projet de loi. Si nous
avons vécu dans l'incertitude depuis onze mois, depuis que nous avons un
jugement de la Cour suprême, ce n'est pas un mois de plus qui nous
rendrait malades. C'est sûr que nous avons le droit, comme tout le monde,
à des vacances des Fêtes, de retourner dans nos familles
après les trois semaines de fou que nous avons vécues ici depuis
le début de décembre. C'est normal, on a le droit de
récupérer un peu. On pourrait s'entendre sans proroger cette
session; ce pourrait être la même qui se réunirait le 15
novembre...
Une Voix: Le 15 janvier.
M. Lavoie: Le 15 janvier le 15 novembre nous a
marqués, c'est vrai.
M. Tremblay: Traumatisés.
M. Lavoie: Pas tellement. Le 15 novembre 1976. Il y aura sans
doute...
Le Président: M. le leader parlementaire. M. Lavoie:
... un 15 novembre 1979 ou 1980. M. Levesque (Bonaventure): C'est
cela.
Le Président: M. le leader parlementaire, puis-je vous
demander de revenir un 21 décembre 1978?
M. Lavoie: Je me demande pourquoi, devant la population du
Québec, nous avons à bousculer la législation. Il y a
actuellement des projets de loi en troisième lecture, une loi importante
du ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions
financières. Je sais que le député de Jacques-Cartier a
une intervention à faire en troisième lecture. C'est normal,
c'est un projet de loi qu'on étudie ensemble depuis deux mois.
Mme Payette: J'espère qu'elle sera meilleure que les
autres.
M. Lavoie: Le projet de loi 108 sur la Société
générale de financement, pourquoi va-t-on être tenus de
passer une troisième lecture à la vapeur? Je pense que tous les
députés de l'Opposition... Pourquoi être brimés par
la guillotine d'une horloge de l'heure de minuit? Plusieurs
députés voudraient intervenir sur des projets de loi: Services de
santé et services sociaux, la loi 103; la Société
québécoise de développement des industries culturelles la
loi 105; le zonage agricole que nous étudions depuis un mois ou un mois
et demi. On n'aura plus le droit de se prononcer à partir de minuit.
Également un projet de loi en commission sur les relations de travail
dans le milieu de la construction et une dizaine d'autres. Devant la population
du Québec, est-ce qu'on est obligé de tomber en vacances? Qu'on y
aille en vacances, ce soir. D'accord? Qu'on passe ces troisièmes
lectures! Qu'on donne des consentements pour aller à une heure ou deux
heures du matin! On n'a pas le droit de bousculer des lois importantes qu'on
étudie depuis deux ou trois mois, parce qu'il y a une guillotine
à minuit. On peut veiller jusqu'à cinq heures ou six heures tous
les matins, comme on le fait depuis quelques semaines. On peut aller
jusqu'à deux heures, cette nuit, pour terminer ces troisièmes
lectures. On n'est pas obligé de proroger la session. Qu'on revienne le
15 janvier. Il y a des commissions de convoquées pour le 15 janvier dans
le domaine constitutionnel et dans d'autres domaines. Qu'on fasse comme au
gouvernement fédéral. Les prorogations de session, ce n'est pas
automatique. On peut continuer notre session pendant quinze jours ou trois
semaines sans message inaugural de 25 heures ou autre. Qu'on finisse la
législation! Qu'on étudie la loi 116 actuellement qui crée
un remous indescriptible parmi les ministériels et les partis
d'Opposition.
On n'a pas le droit de bousculer ces lois importantes. C'est une
proposition que je fais sans en faire une motion formelle de remise à un
mois. La seule chose que je souhaite et que je désire et que j'ai le
droit même d'exiger du ministre de l'Agriculture, c'est qu'il
réponde à mes questions à savoir qu'on puisse, d'un
consentement unanime, adopter l'article 7 et peut-être l'article 5 qui se
relie, pour remettre l'ordre, pour ne pas chambarder, pour mettre fin à
un chaos que le ministre a enduré depuis onze mois dans les questions
à la suite d'un jugement de la Cour suprême, qu'il
m'éclaire pour me dire que les autres articles du projet de loi ne
pourront pas attendre au mois de mars. Si je n'ai pas des réponses
claires et précises, et des meilleures réponses que celles que
j'ai obtenues lors de l'étude de la loi 90, je réserve mes
décisions personnelles pour ce qui concerne la continuation de
l'étude de ce projet de loi avec tous les consentements que cela
nécessite.
Je vous remercie, M. le Président.
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: M. le Président, n'ayant pas l'habitude d'abuser
de mon droit de parole, étant donné
l'importance du projet de loi, j'aimerais solliciter le consentement de
mes collègues peut-être pour dépasser de quelques minutes,
étant donné que j'ai un droit de parole limité à 20
minutes. Je ne sais pas si tout le monde sera consentant. Je vous
préviens que je n'ai pas l'intention d'en abuser.
Le Président: Y a-t-il consentement? Une Voix: On
verra.
M. Roy: II ne s'agit pas de "on verra", je veux l'établir
tout de suite.
M. Duhaime: M. le Président.
M. Caron: Consentement de notre part. M. le Président,
c'est normal que notre collègue doit dire ce qu'il a à dire,
même que si on est au 21 décembre, qu'on prenne le temps
d'étudier un projet de loi. Les deux adjoints du gouvernement, ne vous
énervez pas! Qu'on prenne le temps...
Le Président: M. le député de Verdun.
M. Caron: On reviendra entré Noël et le Jour de
l'An.
Le Président: M. le député de Verdun. M. le
leader parlementaire adjoint du gouvernement.
M. Duhaime: Nous sommes parfaitement dans l'attente des propos du
député de Beauce-Sud. Il le comprendra facilement dans les
circonstances. Je pense qu'on peut attendre la vingtième minute. On
verra le déroulement des travaux. D'avance, il y a un
préjugé très favorable vers un consentement.
Le Président: M. le député de
Mégantic-Compton.
M. Grenier: M. le Président, nous ne mesquinerons
certainement pas du côté de l'Union Nationale pour permettre au
député de Beauce-Sud, qui est un expert en agriculture, je pense,
qui doit nous donner certaines informations...
Le Président: M. le député de
Mégantic-Compton. M. le député de Beauce-Sud, vous avez
maintenant...
M. Roy: M. le Président, j'aimerais établir une
chose très clairement, parce que je n'ai pas l'intention de terminer mon
intervention dans le milieu d'une phrase. Je veux savoir du leader du
gouvernement s'il accepterait... et je n'ai pas non plus l'inte.ntion de
marchander à la vingtième minute si cela prend deux ou
trois minutes, je prétends entrer dans le corps, mais si cela prend deux
à cinq minutes... (22 h 10)
M. Duhaime: II n'y a pas de problème, M. le
Président. Consentement.
Le Président: Consentement pour deux ou trois minutes, M.
le député de Beauce-Sud. Vous y allez.
M. Fabien Roy
M. Roy: Merci. Je n'aurai pas besoin de rappeler le consentement
que j'ai donné tout à l'heure. M. le Président, le projet
de loi no 116 a été présenté devant
l'Assemblée nationale pour régler un problème qui a
été causé à la suite du jugement de la Cour
suprême et qui met en cause des plans conjoints qui sont
administrés avec les autres provinces sur le plan fédéral.
On a dit que j'étais un expert en agriculture, M. le Président,
je le voudrais bien. Je n'ai pas l'intention de jouer à l'expert
malgré que j'aimerais pouvoir apporter ma modeste collaboration aux
travaux de cette commission.
M. le Président, ce jugement est rédigé en langue
anglaise et j'ai déjà fait une demande à
l'Assemblée nationale pour voir si les officiers du ministère de
l'Agriculture ou encore la Régie des marchés agricoles avaient
pris des dispositions de façon à pouvoir nous en donner une copie
française.
On m'a dit que je n'avais qu'à faire des recherches, étant
donné que j'avais un petit budget de recherche, auprès de la
bibliothèque de la Législature et auprès de la Cour
suprême pour voir si je pouvais en avoir une copie. Nous avons
téléphoné à Ottawa et, après
vérification, il n'y a aucune copie française du jugement. Nous
avons téléphoné à la Régie des
marchés agricoles; le conseiller juridique nous a dit que cette copie
n'existait pas et que cela est normal puisque la Cour suprême vient tout
juste de terminer la codification bilingue des jugements de 1977. Ils sont en
retard. Que voulez-vous, ils sont en retard. Il n'y a pas seulement nous qui
sommes pris de court. La Cour suprême aussi. En ce qui concerne les
jugements de 1978, ce n'est pas encore fait. Le député de
Saint-Henri nous avait dit qu'on pouvait communiquer avec son bureau et qu'on
pourrait peut-être nous donner des indications. Nous avons fait ces
recherches. Le jugement n'existe pas.
Mais ce que nous aurions été en droit d'obtenir, ce sont
les avis juridiques du ministère de l'Agriculture et de la Régie
des marchés agricoles. Il y en a des contentieux au ministère. Le
document nous a été remis, un point, c'est tout. Je serais
curieux de savoir de mes collègues du côté
ministériel qui sont membres de la commission parlementaire de
l'agriculture quels sont ceux qui ont lu le jugement de la Cour suprême.
Il faut avoir une solide formation juridique pour s'y comprendre,
premièrement, et il faut être parfaitement bilingue pour
être capable de l'interpréter au complet. Aucune assistance
technique de la part de la Régie des marchés agricoles et de la
part du ministère de l'Agriculture. Mais on nous a dit qu'il fallait
voter un projet de loi. Nous sommes bien d'accord, M. le Président, que
c'est de notre
responsabilité et que nous devons faire en sorte de combler cette
lacune pour éviter que les agriculteurs du Québec n'aient
à subir des préjudices extrêmement graves,
extrêmement sérieux à la suite de cette décision. Il
fallait combler un vide sur le plan juridique, sur le plan législatif.
M. le Président, on nous a proposé un projet de loi dont on vient
tout juste de rappeler la deuxième lecture à l'Assemblée
nationale.
J'ai l'impression, M. le Président, que je dérange
passablement de monde parce que j'ai de la misère à m'entendre
moi-même.
Le Président: Messieurs...
M. Caron: M. le Président, une directive, s'il vous
plaît.
Le Président: M. le député de Verdun.
M. Caron: Même s'il est tard, il est 22 h 20, notre
collègue de Beauce-Sud essaie de faire le meilleur exposé
possible pour les agriculteurs. Or, nos amis d'en face se promènent d'un
banc à l'autre et il y en a qui n'ont même pas de cravate. Je
pense que c'est tout à fait normal qu'en tant que
président...
Le Président: M. le député de Verdun, je
suis informé que, si vous traversiez les fumoirs qui sont de l'autre
côté, vous reviendriez sans cravate. Je vous lance le
défi.
M. le député de Beauce-Sud.
M. Roy: Vous avez totalement raison, M. le Président,
parce que j'ai été obligé de procéder à un
habile camouflage. M. le Président, quand c'est seulement la cravate, ce
n'est pas grave.
La loi 116 est une loi qui modifie la Loi sur la mise en marché
des produits agricoles. Nous avons eu beaucoup de télégrammes
à nos bureaux, des représentations nous ont été
faites de part et d'autre. Nous avons eu du pour, nous avons eu du contre; nous
avons des télégrammes pour et nous avons des
télégrammes contre. Inutile de vous dire que nous sommes
passablement tiraillés comme législateurs et comme
représentants d'une population de comté. Quand on regarde la loi,
il y aurait peut-être une modification dans le titre qui aurait dû
être ajoutée, pour que le titre de la loi donne suffisamment
d'explications pour que les gens sachent ce qu'est la loi.
C'est une loi sur le contrôle de la production, une loi qui
modifie la Loi de la Régie des marchés agricoles du
Québec. Il faudra qu'on le dise. Les agriculteurs qui vont venir nous
rencontrer et qui vont nous demander une copie du projet de loi, c'est notre
devoir de leur donner le projet de loi.
L'ancienne Loi de la Régie des marchés agricoles,
c'est-à-dire la loi actuelle de la Régie des marchés
agricoles, donne des pouvoirs aux offices de mise en marché, aux plans
conjoints, au niveau de la mise en marché il faut être bien
clair là-dessus des pouvoirs au niveau de la mise en
marché. Les amendements qu'on apporte à la loi donnent des
pouvoirs au niveau du contrôle de la production. Cela va beaucoup plus
loin et cela ne touche pas que les offices de producteurs qui sont
concernés par le jugement fédéral; cela concerne tous les
offices de producteurs et cela concerne également tous les offices de
producteurs qui pourront être créés demain, dans six mois,
dans un an et dans deux ans. Ce sont des pouvoirs généraux qui
sont donnés de par la loi; il faut le dire aux gens, cela aussi, il faut
le dire à la population. On n'est pas ici pour camoufler les choses, on
n'est pas ici pour ne dire qu'une partie de la vérité, nos
responsabilités commandent que nous les assumions en totalité,
que nous fassions la part des choses et que nous fassions connaître les
deux côtés de la médaille. Cela fait partie de nos
responsabilités comme parlementaires.
Mme le Président... M. le Président, je m'excuse, j'ai eu
une distraction, vous me pardonnerez, il se fait des changements tellement
rapides qu'on ne doit jamais perdre de vue qu'on doit s'adresser à la
présidence, dans cette loi, il y a des dispositions qui vont obliger un
producteur à détenir un contingent émis par l'office pour
produire. Il faut le dire. Un contingent pour produire, un quota pour produire.
Où mettre en marché un produit commercialisé? Je n'ai pas
interrompu le ministre.
M. Garon: Dites donc la vérité! M. Roy:
Pardon?
M. Garon: II y a les amendements, dites donc la
vérité.
M. Roy: Les amendements, M. le Président, on vous a dit
dans quelle condition on travaillait, je parle du projet de loi no 116 tel
qu'il est; on aura l'occasion tantôt de discuter des amendements. Je
prends le projet de loi que j'ai connu, sur mon bureau; les amendements, je
n'ai pas eu le temps de les lire.
M. Garon: C'est votre problème.
M. Roy: Parce qu'il y a d'autres projets de loi ici.
M. Fontaine: Ils ne sont pas légalement
déposés.
M. Roy: II y a 24 heures dans une journée.
M. Lavoie: M. le Président, je crois que le
député de Beauce-Sud a raison parce qu'on a eu des projets
d'amendements du ministre lors de l'audition de la loi 90 et les amendements du
ministre ne sont pas revenus lorsque nous avons étudié le projet
de loi article par article. Il les avait soumis une fois et il les a
retirés par la suite.
Le Président: M. le député de Beauce-Sud,
vous pouvez poursuivre.
M. Roy: M. le Président, si le ministre se propose
d'apporter des amendements, tant mieux. C'est la raison fondamentale pour
laquelle nous avons insisté pour que la loi soit scindée en deux
de façon qu'on comble le vide législatif à cause du
jugement de la Cour suprême, mais qu'on ne fasse, pas en sorte, non plus,
de créer des précédents, de créer des
difficultés et de placer les producteurs agricoles du Québec
devant un fait accompli sans qu'on ait eu le temps de faire la lumière
là-dessus. (22 h 20)
Je ne sache pas qu'il y ait un seul agriculteur au Québec qui a
des objections à ce que toute la lumière soit faite sur cette
question. Je connais trop les agriculteurs du Québec, leur
honnêteté et leur fierté pour penser le contraire. Ce sont
des gens qui aiment travailler, qui aiment se renseigner, qui veulent savoir
à quoi s'en tenir, qui veulent connaître les choses exactement,
telles qu'elles sont.
Le ministre nous dit qu'il apporte des amendements. Il faudra examiner
les amendements. Quand on disait dans la loi qu'on irait jusqu'à
prescrire la réduction des contingents lorsque la limite est atteinte ou
susceptible de l'être, est-ce que le ministre nous apporte des
amendements là-dessus? J'ai hâte de le voir tout à l'heure.
On veut interdire la production, l'interdire! Ecoutez, il faut penser à
cela. Il faudra appliquer la loi. "En violation des règlements"...
M. Garon: Les contingents.
M. Roy: ... que nous ne connaissons pas. J'ai vu trop de
cultivateurs qui sont venus se plaindre à mon bureau. On a tenu des
réunions, dans le temps de l'ancien gouvernement, relativement aux
saisies que les cultivateurs avaient sur leurs pintes de lait. Ils
étaient nombreux les agriculteurs qui ont fait des démarches. Ce
n'étaient pas des dissidents, ceux-là. Ce sont des étapes,
des périodes que nous avons vécues, que nous avons connues. Il y
en a encore. Il faut voir, dans nos bureaux de comté, combien de lettres
nous recevons régulièrement, quotidiennement sur ces questions;
on nous pose énormément de questions sur ces sujets. Il faut
quand même prendre nos responsabilités, il faut que les gens
sachent à quoi s'en tenir. J'attends avec anxiété les
amendements qu'on voudra bien apporter à ce sujet-là.
Il y a un autre point sur lequel je veux attirer votre attention. J'ai
fait des représentations auprès des autorités
concernées à maintes reprises. Pour ceux qui nous écoutent
dans les galeries, ce ne sera peut-être pas nouveau, j'ai eu l'occasion
d'en discuter avec eux, du sort des petits producteurs agricoles rendus
à un certain âge. Qu'est-il arrivé au cours des
dernières années? Combien ont dû quitter de force,
malgré eux, la production agricole? Ils sont nombreux ceux qui ont cru,
à un moment donné, devoir abandonner l'agriculture pour aller
oeuvrer dans le secteur de la construction.
Deuxième problème: Le règlement de placement dans
l'industrie de la construction leur a fermé une deuxième porte en
trois ans, en quatre ans et parfois même en deux ans. Une deuxième
porte fermée. Lorsque les gens viennent nous rencontrer, ils nous
demandent: Qu'est-ce qu'il nous reste à faire? H faut penser à
ces problèmes. Un député n'est quand même pas
élu pour représenter des structures, pour défendre des
intérêts, un député a le mandat de
représenter sa population, de représenter des êtres
humains. Ce ne sont pas des structures qui votent pour les
députés, ce sont des êtres humains. Nos
responsabilités commandent que nous fassions en sorte que les structures
d'application des lois à caractère économique respectent
un certain équilibre, qu'elles soient basées sur des
critères minimaux de justice en tenant pour acquis que le soleil n'est
pas la propriété de personne, que l'air n'est
l'exclusivité de personne, que l'eau n'est l'exclusivité de
personne et que le droit de gagner sa vie dans son pays est un des principes
les plus élémentaires, un des premiers principes.
Je remercie Mme le ministre. D'ailleurs, elle fait un excellent travail
auprès des consommateurs afin de les protéger. Elle comprend,
elle. J'ai remarqué qu'il n'y a qu'elle qui a applaudi du
côté ministériel. C'est pourquoi je tiens à la
féliciter d'une façon bien spéciale.
Le sort des petits producteurs. Il va appartenir aux législateurs
de faire en sorte que dans les lois il y ait des garanties; cela ne doit pas
être réglé par voie de réglementation, mais que ce
soit dans nos lois, dans nos statuts pour protéger le sort des petites
gens. Quand on permet aux plus gros de devenir toujours plus gros, de plus en
plus gros, en éliminant les petits, je ne fonctionne pas dans ce genre
de système. Je veux être bien clair là-dessus.
Il faut protéger les intérêts des petites gens et
qu'ils aient le droit de gagner leur vie, le droit d'un petit producteur qui ne
peut pas aller plus loin, qu'il conserve quand même des droits minimaux.
C'est élémentaire si on veut établir une
société équilibrée au Québec, une
société où régneront l'ordre et la paix sociale. Si
on oublie ce facteur fondamental, ce grand principe, on aura fait erreur, on
aura perdu notre temps.
Un deuxième point. L'établissement des jeunes
agriculteurs. Ce n'est pas facile, pour un jeune agriculteur, à l'heure
actuelle, qui désire s'établir. On me dira qu'à l'Office
du crédit agricole, il y a des statistiques qui démontrent qu'il
y a plus de jeunes qui se sont établis, mais je peux vous dire ceci: II
y en a beaucoup plus qui ont été refusés
qu'acceptés. Je serais curieux qu'on nous le prouve par des
statistisques. On est sur le point de voter une loi pour la protection du
territoire agricole du Québec. Lorsqu'un agriculteur je pose la
question très sérieusement devant cette Chambre est
détenteur d'un quota de production laitière d'environ 100 000 ou
125 000 livres, et qu'il désire transmettre sa ferme à son fils,
la ferme paternelle, on parle du patrimoine du Québec, on parle de nos
traditions, parce que le père a d'autres enfants, il ne veut pas donner
ses biens à un seul, il fait en sorte que ce jeune sollicite un emprunt
à l'Office du crédit agricole pour pouvoir
acheter la ferme paternelle et faire transférer le quota de
production afin de continuer dans la lignée, selon la tradition des
ancêtres, sur le bien ancestral.
Trop souvent il est refusé à l'Office du crédit
agricole sous prétexte de non-rentabilité, parce qu'on refuse de
considérer les revenus qu'il peut aller chercher pendant un certain
nombre d'années à l'extérieur pour pouvoir
équilibrer son budget et faire face à ses obligations. Ce sont
des situations que nous vivons dans le milieu rural du Québec, dans
toutes les régions du Québec. Il y a un problème et une
responsabilité pour les parlementaires à ce moment-ci. On
comprendra mieux, à ce moment-ci, les réticences que j'avais de
laisser mon droit de parole et faire en sorte de ne pas pouvoir intervenir
lorsque la loi no 116 serait présentée devant l'Assemblée
nationale. Je ne voulais pas me fermer les yeux là-dessus, ni garder le
silence. C'est trop important parce que, à ce niveau-là, il y a
quelques chose qui manque dans la loi de mise en marché des produits
agricoles, et il y a quelque chose qui manque à ce moment-ci
d'après ma connaissance de la loi. Le gouvernement rate une bonne
occasion de garantir des droits minimaux à la base même de
l'agriculture québécoise, aux agriculteurs moyens et aux petits
agriculteurs du Québec, aux jeunes qui veulent s'établir dans le
secteur agricole.
Pour toutes ces considérations, M. le Président, la loi,
dans sa teneur actuelle, en deuxième lecture, je ne peux l'approuver
telle quelle. Je vais voter contre en deuxième lecture, parce que je
soutiens encore que le ministre ne nous a jamais fourni des avis juridiques
qu'il s'est vanté de posséder. On a parlé de douze avis
juridiques. Nous n'en avons pas vu un seul. Les consultations que nous avons
eues avec certains avocats nous ont démontré le contraire de ce
que le ministre nous affirmait en cette Chambre. J'ai consulté plus d'un
avocat. C'est plus prudent d'ailleurs, beaucoup plus prudent. Je pense que tout
le monde sera d'accord avec moi là-dessus, y compris le ministre qui est
avocat. Parce que lui-même en consulte plusieurs.
On nous parle de l'urgence de la loi. Je terminerai là-dessus. Il
y a trois provinces qui ont voté une loi de compensation. Comment se
fait-il si c'est aussi urgent, que les autres n'aient pas été
plus vite? C'est une question que je peux me poser à ce moment-ci. Si
c'était aussi urgent, pourquoi attendre au 21 décembre? De deux
choses l'une. La province de Québec serait la quatrième province
à voter une loi de compensation, une loi pour compenser au vide
créé par le jugement de la Cour suprême. Vite et bien sont
deux choses qui n'ont jamais été ensemble. Lorsqu'on a des
pièces législatives de cette importance à examiner, il est
important qu'on prenne le temps nécessaire. J'ai toujours
été allergique aux "filibusters", y compris ceux que faisait le
gouvernement actuel lorsqu'il était dans l'Opposition. (22 h 30)
Qu'on prenne le temps de discuter de ces lois, qu'on en examine toute la
portée et les consé- quences et qu'on se soucie d'abord et avant
tout de l'intérêt du bien commun, de l'intérêt des
gens concernés, avant de penser aux intérêts strictement
partisans et politiques.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Claude Charron
M. Charron: M. le Président, sur ce projet de loi 116,
c'est plus qu'à regret que je dois vous dire qu'à la suite des
consultations menées auprès des collègues de l'Opposition,
et en particulier de l'Opposition de l'Union Nationale, il nous faut, comme
gouvernement du Québec, abandonner l'espoir que nous avions en
début de séance, avec l'ouverture que nous avait fait le chef de
l'Opposition officielle, de pouvoir donner à la classe agricole du
Québec ce projet de loi avant Noël.
M. Lavoie: Je ne voudrais pas être
désagréable auprès du leader parlementaire du
gouvernement, mais, si vous avez l'intention de demander l'ajournement du
débat, demandez-le, ou si vous intervenez sur la... C'est votre droit
d'intervenir en deuxième lecture.
M. Charron: Je vous rappellerai que l'ajournement du débat
peut être demandé au cours d'une intervention d'un
député et qu'en vertu de l'article 91, premièrement, celui
qui vous parle a droit à une heure sur le projet de loi...
M. Lavoie: D'accord, je n'ai aucune objection.
M. Charron: ... et qu'en n'importe quel moment... C'est bien
entendu que je n'ai pas l'intention d'utiliser mon heure, c'est vous dire que
votre question de règlement était inutile et
irrégulière. Il n'est pas dit qu'un intervenant doit demander
l'ajournement du débat dès sa première phrase. Je veux
expliquer pourquoi je vais demander l'ajournement du débat.
Comme d'autres sans doute dans cette Assemblée ont cru à
un moment, avec le mi-clair mi-obscur qui entourait la position du chef de
l'Union Nationale au moment où il s'est exprimé, que nous avions
de bonnes chances de donner cette loi qui est réclamée par les
agriculteurs du Québec, avec un effort de tous les députés
de l'Assemblée nationale...
Je me suis peut-être trompé, je crois quand même
qu'on est plusieurs à s'être trompés. Je dois
reconnaître qu'à la suite d'une consultation qui vient d'avoir
lieu à l'instant, le chef de l'Union Nationale m'a reconfirmé ce
que j'avais essayé, par une couple de questions, de l'amener à
préciser, son Parti s'opposera à ce que la session poursuive son
délai maximum de minuit ce soir. Je me suis trouvé et je
viens d'en parler au chef du gouvernement devant une impasse. Mon
désir, et celui de plusieurs membres de l'Assemblée, je crois,
qu'ils soient pour ou contre le projet de loi, est d'au moins lui donner sa
chance d'application,
comme l'avait dit le chef de l'Opposition officielle, de donner aux
agriculteurs du Québec ce projet de loi qu'ils réclament et c'est
mon devoir, en même temps, que les sept, huit, dix projets de loi que
nous pourrions, avec un effort de bonne volonté, adopter d'ici minuit
et, encore une fois, que la population attend, et sur lesquels un grand nombre
de députés ont déjà travaillé pendant des
heures et des heures, y compris les députés de l'Union
Nationale.
Devant les deux, et puisque le chef de l'Union Nationale vient de me
répéter et je prends sa parole qu'il n'est pas
question, à moins d'une quinzaine de minutes, m'a-t-il dit, sur un
consentement, de franchir la frontière de minuit ce soir, je me devrai,
dans quelques instants, de vous demander l'ajournement de ce débat,
malencontreusement débuté, puisque nous aurions fort bien pu
consacrer les minutes précieuses, que nous venons inutilement d'utiliser
puisque nous n'obtiendrons pas notre objectif, à l'étude de
projets de loi autres et nécessaires en même temps.
Je conclurai très brièvement, parce que je veux, avec
l'assentiment de la Chambre, utiliser les dernières minutes au moins
à l'adoption de projets de loi qui sont devant nous en troisième
lecture, quand même dire, M. le Président, non pas sur l'attitude
actuelle du chef de l'Union Nationale qu'il aura lui-même à
justifier et je lui souhaite bonne chance d'expliquer comment je
ne peux accepter que ce qui figure à la page 7670 de la transcription
des Débats d'aujourd'hui.
Dans une seule phrase, lapidaire, le chef de l'Union Nationale, dans son
intervention à 20 h 19 ce soir, disait: "L'Union Nationale n'a jamais
apporté de restrictions à l'étude de la loi 116".
Une Voix: C'est vrai.
M. Charron: M. le Président, sur mon honneur et sur la
franchise que j'ai toujours essayé d'apporter en cette Assemblée,
mais, en plus de cela, avec témoins, le leader de l'Opposition
officielle, sans aucun doute qui a assisté à toutes ces
réunions, le député de Beauce-Sud, sans aucun doute, qui a
assisté à toutes ces réunions, le député de
Pointe-Claire, qui a assisté à ces réunions, le
député, absent ce soir, de Rouyn-Noranda qui a assisté
à ces réunions, j'affirme devant cette Assemblée que,
à la réunion du jeudi dernier, 14 décembre, dans mon
bureau, entre 13 heures et 14 h 20 de l'après-midi, j'ai clairement et
tour à tour posé la question à chacun des
représentants des partis, et cela m'a amené une affirmation
claire, nette et sans équivoque de la part du représentant de
l'Union Nationale qu'il n'était pas question, dans l'idée de ce
parti, de faire adopter ce projet de loi 116.
Je réaffirme, en utilisant les mêmes témoins, y
compris vous-même, M. le Président, qui avez présidé
la réunion d'hier après-midi, que le leader parlementaire de
l'Union Nationale a réaffirmé devant nous tous qu'aux yeux de son
parti il n'était aucunement question de concession sur la loi 116. J'en
ai donc, comme on dit dans notre langage, pris mon parti et respecté sa
parole, parce que j'ai cru que le leader parlementaire de l'Union Nationale
était franc et sincère et je n'avais pas à le contredire.
Il m'a dit: A nos yeux, on en a parlé au caucus ce matin et il n'est
aucunement question que la loi 116 passe. Dans ces cas, j'ai organisé
les travaux de la Chambre en conséquence.
Quand on me blâme, comme le faisait ce soir le chef de l'Union
Nationale, d'avoir été imprévoyant et de ne pas avoir
appelé ce projet de loi plus tôt, c'était parce que
j'étais devant une affirmation que j'estime de gentilhomme venant de la
part du député de Johnson et de responsable de l'opinion de son
parti quand on fait des réunions de leaders. Ce qui m'a fait sursauter
et en même temps blessé ce soir, c'est quand j'ai entendu, devant
tous les membres de l'Assemblée, le chef de l'Union Nationale dire cette
phrase que je recite à nouveau: "L'union Nationale n'a jamais
apporté de restrictions à l'étude de la loi 116". M. le
Président, c'était comme dire que, quand j'ai fait rapport de
cette réunion au chef du gouvernement ou à mes collègues
qui étaient soucieux comment donc soucieux de voir
l'adoption de la loi 116, c'était comme dire que je leur avais
menti.
Je soutiens, M. le Président, au chef du gouvernement et à
mes collègues du Parti québécois, que je ne leur ai pas
menti quand je leur ai dit que l'Union Nationale était opposée
à ce projet de loi.
M. Roy: M. le Président, j'invoque le
règlement.
M. Charron: Parce que, à ce moment-là...
M. Roy: Question de règlement, M. le Président.
M. Charron:... M. le Président, je rapportais la
vérité. (22 h 40)
Le Président: M. le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: Sur un point de règlement, M. le Président.
Je n'ai pas intérêt et je n'ai pas à défendre
d'autres formations politiques en cette Chambre, mais la vérité a
quand même ses droits et nous avons un règlement en Chambre. J'en
fais une question de règlement. Lorsque nous avons discuté, dans
lés réunions de leaders, je ne cacherai pas que j'ai, moi aussi,
comme mes collègues de l'Union Nationale, demandé que le projet
de loi soit scindé en deux. C'était la responsabilité du
gouvernement de l'amener en un bloc ou d'accepter que le projet de loi soit
scindé en deux. Cela, c'était la responsabilité du
gouvernement.
Et cela, on doit l'ajouter. Je pense qu'il faut être
honnête. Le temps des Fêtes, ce n'est pas le temps de jouer
à la ruse et de jouer au martyr. Il y a un article dans le
règlement qui porte le no 84.2. Le leader du gouvernement pouvait
très bien, puisque les couleurs avaient été
affichées depuis
fort longtemps, se servir des dispositions et c'était sa
responsabilité de l'article 84.2 et décréter
l'urgence du projet de loi, ce qu'il n'a pas fait. L'article 84.2 se lit comme
suit: "Quand la motion de suspension de l'application d'une règle a lieu
pour raison d'urgence..."
Le Président: A l'ordre! M. le député de
Beauce-Sud, je comprends que l'article 77 ne permet qu'aux membres des partis
reconnus d'intervenir sur une motion d'ajournement. J'aurais quand même
souhaité que vous recherchiez un consentement unanime peut-être
pour intervenir en vertu des dispositions de l'article 77, mais je me demande
vraiment, au moment où nous en sommes, après vous avoir
laissé intervenir un bon moment, quelle est la nature de votre question
de règlement.
M. Roy: Ma question de règlement, M. le Président,
c'est parce que le leader du gouvernement m'a cité comme témoin
à plusieurs reprises. L'article 84 du règlement pouvait
être invoqué par le leader du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, question de privilège.
J'aurais pu utiliser la guillotine, parce que la deuxième lecture
était entamée, j'aurais pu utiliser l'article 84.2, j'aurais pu
en utiliser d'autres. Ce que je viens d'affirmer devant l'Assemblée, ce
n'est pas ce que j'aurais pu affirmer; c'est ce qui a été dit
lors de la réunion des leaders. Je demande au député de
Beauce-Sud si je viens de mentir à l'Assemblée en disant que, le
jeudi 14 décembre et hier, le mercredi 20 décembre, lors de ces
deux réunions, le député de Johnson, parlant de son parti,
m'a dit par deux fois que son parti était opposé en tout sens,
évoquant même le caucus...
Le Président: M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. le député de Beauce-Sud, puisque le leader parlementaire du
gouvernement vous a ouvert une porte, je suis bien obligé de vous
laisser y pénétrer, mais je vous demande d'être bref, s'il
vous plaît, parce que je n'ai pas encore saisi la nature de votre
question de règlement.
M. Roy: M. le Président, évidemment, le texte du
mot à mot peut nous échapper parce que ces débats ne sont
pas enregistrés, mais j'ai toujours compris, pour ma part, puisque c'est
ce que le leader du gouvernement me demande, que la loi devait être
scindée en deux. C'est toujours ce que j'ai compris.
M. Biron: M. le Président, en vertu de l'article 96.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale, vous pouvez
intervenir en vertu des dispositions de l'article 96. Brièvement.
M. Biron: Très brièvement, M. le Président,
pour rectifier des faits. C'est vrai que tout à l'heure j'ai dit que
l'Union Nationale n'avait jamais mis de resctrictions à l'étude
du projet de loi 96.
Une Voix: Du projet de loi 116.
M. Biron: Du projet de loi 116. C'est un projet de loi
très important et tout le monde l'a reconnu. Un projet de loi important,
cela ne se vote pas à la vapeur à la dernière minute. Cela
prend quelques semaines d'étude sérieuse. C'est dans ce but que
le leader parlementaire de l'Union Nationale vous a dit: Ce n'est pas possible
de le voter. Cela prend une étude sérieuse de ce
côté-là. Je veux redire ce que j'ai dit tout à
l'heure: Nous ne mettons pas de restrictions à l'étude du projet
de loi. Nous voulons l'étudier le mieux possible, le bonifier pour en
faire un projet de loi qui réponde aux véritables besoins des
producteurs agricoles.
Tout à l'heure, je crois que j'ai été clair. Je
vous ai dit: C'est votre priorité de choisir certaines lois plutôt
que d'autres lois. Vous avez dit que j'ai été obscur. J'ai dit:
C'est votre priorité. J'irai jusqu'à minuit et si vous en avez
besoin, quelques minutes de plus, mais il n'y a pas de possibilité
d'aller jusqu'aux petites heures du matin.
Et on a dit aussi que, si vous voulez convoquer une commission
parlementaire sur le sujet, nous sommes prêts en n'importe quelle
circonstance. M. le leader du gouvernement, je vous ai dit tout à
l'heure, et j'ai averti vos adjoints, de ne pas jouer non plus avec les autres
lois si vous vouliez voir adopter ces autres lois. La loi 116 est importante.
Je suis encore prêt à continuer à l'étudier, mais
malheureusement le temps nous manque, c'est le 21 décembre aujourd'hui,
nous avons un règlement qui fait en sorte qu'à minuit la session
s'ajourne.
M. Charron: M. le Président, les masques sont
tombés. Je demande l'ajournement du débat.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Des Voix: Adopté. Le Président:
Adopté.
M. Goulet: Je soulève une question de
privilège.
Le Président: M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: Ecoutez, cela fait neuf mois qu'on est ici. M. le
Président, je soulève une question de privilège sur ce que
vient de dire le leader du gouvernement. N'allons pas chercher des
réunions qui ont eu lieu il y a quinze jours; ce que le chef de l'Union
Nationale a dit dans cette Chambre j'ai la parole, M. le
Président ce soir, ce sont exactement les mêmes propos que
le chef parlementaire de l'Opposition officielle et le député de
Beauce-Sud ont tenus. Ce sont exactement les mêmes propos.
Le Président: M. le député de Bellechasse...
A l'ordre, s'il vous plaît! A l'ordre, s'il vous plaît! M.
le leader parlementaire... M. le député de Bellechasse, je
vous rappelle à l'ordre.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
Une Voix: Aux affaires du jour.
Projet de loi no 100 Renvoi à la commission de
l'agriculture
M. Charron: M. le Président, je voudrais vous demander
d'appeler l'article 3) du feuilleton d'aujourd'hui, s'il vous plaît.
Excusez-moi, la loi 100 ayant été adoptée, M. le
Président, déjà j'attendais 116 qui ne viendra plus
est-ce que je peux faire motion pour que la commission de l'agriculture
se réunisse immédiatement, du mieux qu'elle pourra, étant
donné la guillotine qui nous est imposée maintenant, pour
étudier article par article le projet de loi no 100?
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Des Voix: Adopté. Le Président:
Adopté.
M. Charron: Article 3) du feuilleton, M. le Président.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! J'appelle
maintenant la troisième lecture du projet de loi no 72, Loi sur la
protection du consommateur.
M. Lavoie: Pour accélérer un peu les travaux, nous
ne voyons pas de difficulté dans le projet de loi no 100 en ce qui nous
concerne. Ecoutez, je pense que cela rejoint l'unanimité de cette
Chambre, améliorer le statut des jeunes agriculteurs. Nous sommes
prêts en ce qui nous concerne, après consultation avec le
député de Montmagny-L'Islet, à faire les
écritures.
M. Charron: Les amendements du ministre; C'est ce que je voulais
savoir.
M. Lavoie: Oui.
M. Charron: Je vous en remercie.
Des Voix: Consentement.
M. Dubois: M. le Président, j'ai vu les amendements
apportés au projet de loi no 100 et je pense qu'il ne sera pas
nécessaire d'aller en commission parlementaire. Je suis prêt
à donner mon consentement pour l'adoption du rapport de la commission,
s'il y en avait une, et la troisième lecture immédiatement.
Une Voix: L'Union Nationale est d'accord pour travailler avec les
agriculteurs.
Le Président: II y a consentement pour faire les
écritures en rapport avec le projet de loi 100; alors, on va suspendre
l'appel du projet de loi no 72, Mme le ministre.
Mme Payette: C'est ce que j'attendais, M. le Président,
avant de me rasseoir.
M. Charron: M. le Président, la troisième lecture
du projet de loi no 100 est-elle aussi adoptée?
M. Lavoie: Voulez-vous attendre après la loi 72? Faites
les écritures pour la commission plé-nière et nous serons
en mesure de passer en troisième après l'adoption de la loi
72?
M. Charron: D'accord, M. le Président. Article 3) du
feuilleton.
Le Président: Je rappelle l'article 3),
c'est-à-dire la troisième lecture du projet de loi no 72, Loi sur
la protection du consommateur.
Mme le ministre.
Projet de loi no 72 Troisième lecture
Mme Lise Payette
Mme Payette: Merci, M. le Président. Vous ne le croirez
pas, M. le Président, mais je ne parlerai pas longtemps encore une fois.
Vous pouvez toujours compter sur moi pour ce genre de chose. Dans ma vie, il
est possible que j'aurais pu faire à un moment donné une chose
qui s'appelait "Parle, parle, jase, jase", j'ai déjà
refusé une fois, et je continue encore maintenant. (22 h 50)
M. le Président, à ce moment-ci, à
l'extérieur de cette Assemblée, dans les familles, on a
déjà commencé à garnir l'arbre de Noël, les
enfants espèrent que les cadeaux seront ceux qu'ils ont souhaités
et, M. le Président, après ce que nous venons d'entendre, c'est
le moment de dire: "Paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne
volonté".
Tout ce que j'ai à dire sur la Loi sur la protection du
consommateur... on s'énerve encore beaucoup; vous devriez commencer
à vous calmer, ce serait utile pour le 25.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Mme le
ministre, vous pouvez poursuivre.
Mme Payette: Merci, M. le Président... Je sais le faire
mieux que vous.
Je voudrais remercier, M. le Président...
M. Lamontagne: M. le Président, question de
règlement.
Le Président: M. le député de Roberval.
M. Lamontagne: Le ministre, avec la connaissance qu'elle a de ses
lois, j'ai dû veiller jusqu'à 6 heures ce matin, Je pense qu'elle
a appris à se
faire souffler dans un... Qu'elle ne fasse pas trop d'humour, ce soir,
c'est un conseil que je lui donne.
Le Président: M. le député de Roberval, Mme
le ministre... M. le député de Verdun, s'il vous plaît!
Mme le ministre.
Mme Payette: M. le Président, je voudrais simplement
remercier les députés qui ont travaillé à ce projet
de loi, y compris les députés de l'Opposition: le
député de Jacques-Cartier, qui a été
extrêmement assidu; le député de Marguerite-Bourgeoys, qui
a éclairé cette commission à plusieurs reprises; le
député de Saint-Louis, qui nous a fait l'honneur de sa
présence à quelques reprises; le député de
Bellechasse, qui était plus calme en commission que ce soir et qui a
fait un travail extrêmement positif.
Je voudrais également remercier les six députés du
Parti québécois, qui ont travaillé pendant un an et demi
à la préparation de ce projet de loi, et vous dire que tous
ensemble, nous pourrions peut-être faire un cadeau à la population
du Québec, à 6 millions de Québécois et
Québécoises, en leur offrant pour Noël la Loi sur la
protection du consommateur.
Le Président: M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Noël Saint-Germain
M. Saint-Germain: La Loi sur la protection du consommateur est
une loi très importante et qui aura des répercussions
sérieuses sur les coûts de distribution et sur
l'efficacité, dans certains domaines, de tout le système de
distribution du Québec. H semble que, pour le ministre, c'est une
habitude, lorsqu'on étudie une loi soit en deuxième ou en
troisième lecture, de dire très peu et de parler soit des femmes
ou de certaines choses qui sont complètement hors du sujet et qui ne
concernent en rien la loi.
Ce soir, malgré l'importance du projet de loi, elle n'a rien
trouvé d'autre à dire que de parler des familles dans leur foyer
et de faire des remerciements aux députés de l'Opposition. Il y a
longtemps qu'en politique je me méfie de ces remerciements et surtout au
niveau de l'Assemblée nationale. Je crois que le temps est trop
précieux pour se limiter à ces petites relations sociales qui
n'ont rien à voir avec l'importance du projet de loi qu'on
étudie.
Si Mme le ministre croit qu'elle fait un cadeau à la population
du Québec, j'espère que certains cadeaux qui seront remis ce soir
ou dans le courant de la semaine auront plus de valeur que celui-ci parce que
c'est un cadeau de grains, tout simplement.
Nous avons voté en faveur de ce projet de loi en deuxième
lecture car vous connaissez vous-même, M. le Président, le
passé du Parti libéral pour ce qui regarde la protection du
consomma- teur. Nous convenons que cette loi 45, qui est dans nos statuts
depuis un certain nombre d'années, mérite d'être
améliorée. C'est la raison pour laquelle sur les principes nous
nous entendons. Nous croyons que cette loi, qui date déjà d'un
certain nombre d'années, devrait être bonifiée. Nous avons
cru, à ce stade, que Mme le ministre pourrait apporter des amendements
bonifiant ce projet de loi. Lorsqu'on parle de principes, on parle de
deuxième lecture et c'est un projet qui mérite d'être
étudié.
Nous avons eu nombre de modifications à apporter au projet de
loi. La majorité était des amendements de forme; nous avons eu
quelques amendements de fond. C'est un projet de loi, comme tous ceux qui nous
viennent de ce ministère d'ailleurs, qui a été mal
préparé, mal rédigé, qui aurait dû être
profondément modifié, du moins relativement à certains de
ses chapitres. De toute façon, je crois que c'est un projet à
deux volets. Premièrement, il y a ce qu'il contient, s'il y a des
chapitres valables, il y en a d'autres qui donneront une certaine protection au
consommateur, mais une protection coûteuse, comme je le disais, une
protection qui fera en sorte que la distribution des marchandises et des
services au Québec sera rendue plus difficile. Il y a l'autre volet,
c'est ce que le projet devrait contenir et qu'il ne contient pas. Si on a
pensé que cette loi était une charte de la protection du
consommateur, je crois qu'on en a réellement exagéré la
portée.
Il y a l'article 5. L'article 5 du projet de loi no 72 sur la protection
du consommateur exclut les activités de l'Hydro-Québec de
l'application du titre sur les contrats relatifs aux biens et aux services.
C'est une lacune assez importante, à mon avis. A titre de
député surtout, comme moi, ceux qui représentent des
comtés dont la population est la plus défavorisée
reçoivent souvent des plaintes de leurs commettants. Qui d'entre nous,
à titre de députés, surtout ceux qui représentent
des populations à revenu modeste, n'ont pas été
témoins de coupures des services de l'électricité? On a
constaté quelquefois que c'était tragique. On peut s'imaginer,
par exemple, avec la température que nous avons depuis une quinzaine de
jours, ce que peut signifier pour une famille l'arrêt du service
électrique. On le fait d'autorité, en très peu de temps et
quelquefois pour des sommes relativement minimes.
On a appuyé, dans le passé, sur cette façon
draconienne de l'Hydro-Québec de procéder; chaque fois qu'elle
coupe son service, il va sans dire que c'est habituellement dans le cas de
familles à revenu très modique. Ce qu'il y a de plus surprenant,
c'est que dans le programme du Parti québécois on peut lire, au
chapitre VII sur la protection du consommateur; "II faut obliger
l'Hydro-Québec à maintenir en tout temps ses services aux
abonnés des maisons d'habitation. Le ministre des Consommateurs,
Coopératives et Institutions financières, en collaboration avec
le ministre des Affaires sociales et le ministre délégué
à l'énergie mettront sur pied un comité d'aide aux usagers
de
l'Hydro-Québec". Je lis toujours ce que contient le programme du
parti politique au pouvoir. "Ce comité aura pour tâche de
négocier avec l'Hydro-Québec le mode de paiement que pourraient
utiliser les usagers en difficulté".
Maintenant au pouvoir, le ministre nous dit, en commission
parlementaire, que l'existence de la régie actuelle de
l'électricité et du gaz sera transformée prochainement en
régie de l'électricité. Il ne faut donc pas doubler la
responsabilité de cette future régie. Voilà pourquoi le
consommateur ne sera pas protégé par la loi actuelle. Au pouvoir,
c'est une affaire, mais dans l'Opposition, c'est autre chose. Lors de la
dernière campagne électorale, on ne s'enfargeait pas dans les
fleurs du tapis avec cela. (23 heures)
On y disait que l'Hydro-Québec serait protégée par
une loi de la protection du consommateur. Une fois au pouvoir, c'est difficile,
c'est complexe, on veut changer l'office, cela va être une protection
à deux têtes et on décide tout simplement de mettre tout
cela de côté et de se limiter à des promesses.
Un autre élément important qui a été exclu
de l'application de la loi, c'est tout le domaine immobilier. On sait combien
il y a d'acheteurs qui ont acheté des maisons, sans garantie, bien
souvent des maisons qui avaient été construites par des
entrepreneurs déjà en banqueroute et certaines familles ont subi
des pertes très considérables. L'achat d'une
propriété pour une famille moyenne est un des achats les plus
importants qu'elle puisse faire et cela a des répercussions
sérieuses, qui peuvent se réfléter dans le budget familial
pour des années. Pourtant, on en a parlé depuis combien
d'années, puis-je dire, on a vu dans ce champ d'activités un
endroit où le consommateur devrait vraiment être
protégé. Il n'y a absolument rien dans le projet de loi
concernant cela, bien que l'achat d'une maison ou le logement constitue
habituellement 25%, en moyenne, du budget d'une famille.
On nous a promis pour l'avenir une loi sur les transactions
immobilières, mais c'est encore une promesse. On avait au feuilleton
tout de même une amorce, un début, on avait une loi qui devait
être étudiée à cette session, mais, comme bien
d'autres, vu l'heure et le temps qui passent, cette loi a été
remise pour la prochaine année. Alors, nous restons encore au niveau des
promesses.
Il y a tout le domaine des services professionnels aussi qui n'est pas
touché par la loi. On nous a dit, en commission parlementaire, que
l'Office des professions et les corporations professionnelles pouvaient
adéquatement protéger les consommateurs de services
professionnels. Mais, tout de même, on sait pertinemment que les ordres
professionnels ont pour responsabilité de voir à ce que leurs
membres aient la compétence voulue pour exercer leur profession et
pratiquent avec un code de déontologie, avec un règlement bien
établi, et cela, on l'admet. Mais il reste que, pour le citoyen qui se
croit lésé ou qui subit des préjudices à cause de
certains services professionnels mal rendus, il n'est pas dans la
responsabilité des corporations professionnelles de prendre les
intérêts directs ou de compenser pour les injustices qu'il a
subies. Je crois qu'une loi comme celle que nous étudions ce soir aurait
dû contenir un chapitre concernant la protection des citoyens contre les
activités de certains professionnels non consciencieux. De toute
façon, même parmi les professionnels, il y a toujours des
bêtes noires, comme dans tout groupe d'hommes.
Une autre omission sérieuse à propos des
médicaments. Dans le programme du Parti québécois,
à la page 36, on déclare clairement et sans équivoque que
le gouvernement du Parti québécois s'engage à interdire
toute publicité sur les médicaments. En 1973, lors de la
deuxième lecture du projet de loi sur la pharmacie, l'actuel ministre
d'Etat au développement culturel était d'avis que la
publicité sur les médicaments constituait un danger pour le
consommateur. Même cette année, le ministre des Affaires sociales
déclarait que son ministère était en faveur de
restrictions importantes sinon d'interdiction totale de la publicité des
médicaments au grand public.
En plus, M. le Président, l'Ordre des pharmaciens du
Québec, dans le mémoire qu'il nous présentait le 23
novembre dernier, devant le ministre parrain de cette loi, déclarait:
"Toute publicité sur les médicaments auprès du grand
public devrait être abolie. Il est évident que la publicité
télévisée des médicaments tend à encourager
l'usage abusif de ceux-ci". Je cite toujours l'Ordre des pharmaciens: "Des
études ont démontré qu'il y avait une relation
étroite entre la publicité sur les médicaments et leur
usage abusif".
Malgré tout, rien dans la loi. C'est aberrant comme de nombreux
articles de ce projet de loi protègent de façon paternaliste et
sont une surprotection vis-à-vis du consommateur. Par contre, on sait
que dans la province de Québec, il se vend beaucoup de
médicaments surtout chez les personnes âgées. Les
scientifiques comme les professionnels qui sont actifs dans ce domaine nous
disent qu'il y a là un abus non seulement dispendieux, mais un abus qui
peut avoir des conséquences importantes sur la santé des
individus.
Il y a aussi tout le champ des agents de recouvrement. On sait que, dans
le passé, il y a eu des abus graves à ce point de vue-là.
On n'en parle pas du tout, dans ie projet de loi.
Dans le domaine des voitures usagées, si je vous ai parlé
des champs d'activité dont la loi aurait dû s'occuper de
façon que le citoyen soit mieux protégé, je peux ainsi
vous parler de la teneur même de certains articles ou de certains
chapitres de protection, mais de protection bien souvent, comme je vous le
disais, qui est exagérée, qui augmentera les coûts de
distribution et qui seront de sérieuses embûches pour certains
commerçants.
Dans le domaine de l'automobile, on sait pertinemment qu'il y a 50% des
transactions des voitures usagées qui se font d'individu à
individu, sans passer par les garagistes ou les commerçants. Si cette
loi protège rigoureusement les
consommateurs d'automobiles usagées lorsqu'ils transigent avec un
commerçant ou un garagiste, on oublie tout de même de
protéger le consommateur dans 50% des transactions. Les garagistes se
sont plaints amèrement de cette surproduction, argumentant que cette
protection est exagérée et qu'elle augmentera, de façon
appréciable, les coûts de distribution.
Qu'arrivera-t-il dans cette loi? Je crois que les propriétaires
dont les voitures usagées vont nécessiter des réparations
importantes vont éviter d'aller chez un garagiste ou un
commerçant pour vendre leur voiture, sachant fort bien que le
commerçant offrira un prix minime pour son véhicule. Pour ces
raisons, il me semble évident que ce pourcentage de 50% de transactions
entre individus augmentera de façon sensible à court et à
moyen terme. Cette loi n'accorde aucune protection pour un acheteur de voiture
usagée qui transige avec un autre particulier, et pourtant de nombreux
abus se retrouvent dans ce type de transactions. Là, nous voilà
encore avec une exclusion, et il nous faut bien avouer que nous sommes
très loin d'une réelle charte de la protection du consommateur
dans le domaine de l'automobile. Non pas que je croie que ces transactions
entre garagistes et consommateurs ne devraient pas être
protégées. Je crois qu'il y a là un champ commercial
où les citoyens devraient être protégés, mais je
crois qu'on a été, à ce point de vue, à la limite
et qu'on a dépassé la mesure.
Cette loi protège aussi le consommateur dans le champ des
prêts, dans le domaine financier. A ma grande surprise, ceci inclut aussi
les caisses populaires. Là, je suis tout de même surpris car je ne
vois pas très bien pour quelles raisons les consommateurs devraient
être protégés dans leurs relations avec les caisses
populaires. Les caisses populaires sont réellement
contrôlées par les consommateurs. C'est une institution
décentralisée. Premièrement, les caisses populaires ne
font affaires qu'avec leurs actionnaires. Si un membre de la caisse croit
être traité avec injustice, il y a mille et un moyens à sa
disposition pour se protéger. Premièrement, il connaît
habituellement ceux qui dirigent sa caisse parce qu'il demeure dans le
même arrondissement, et on sait très bien que les caisses sont
très bien administrées à ce point de vue. Il y a le
conseil de direction, le conseil de surveillance, le comité de
prêts. En plus de tout cela, M. le Président, il y a
l'assemblée générale où le consommateur, le membre
de la caisse peut faire valoir ses griefs. Aussi, il peut facilement, s'il
n'est pas content ou satisfait de l'administration de sa caisse, voir à
ce que la direction soit changée.
Pendant la discussion, cela m'a fait un peu sourire, Mme le ministre
nous a parlé des banques et elle a mis les banques sur un même
pied que les caisses. Ce sont tout de même deux champs d'activités
tout à fait différents. Cela m'a surpris d'un ministre des
Consommateurs, Coopératives et Institutions financières de
mêler si facilement les activités des caisses et les
activités bancaires. De toute façon, je vois que j'ai
déjà parlé pendant un certain laps de temps. J'avais tout
un discours de préparé; malheureusement, si j'en avais eu le
temps, j'aurais pu élaborer un peu plus, j'aurais pu avoir une
intervention beaucoup plus structurée. Mais, comme les autres
députés, je me trouve ce soir un peu dans un cul-de-sac et je me
dois d'arrêter cette allocution de façon que le gouvernement
puisse continuer à nous présenter ses lois. Je vous remercie.
Le Vice-Président: M. le député de
Bellechasse.
M. Bertrand Goulet
M. Goulet: Merci, M. le Président. Vous êtes sans
doute surpris de voir que je me lève. Ne vous en faites pas, autres
temps, autres moeurs. M. le Président, je prendrai quelques minutes,
même si une heure ou une demi-heure nous est allouée, pour
discuter en troisième lecture ce projet de loi. Je suis conscient
j'ai été toujours conscient, les membres de l'Union Nationale,
les députés de l'Union Nationale ont toujours été
conscients lors de cette session qu'on ne devrait pas faire perdre le
temps de la Chambre. Ce n'est pas notre intention ce soir plus que les autres
soirs.
Je voudrais dire au ministre des Consommateurs, Coopératives et
Institutions financières que je ne voudrais pas la pénaliser,
voir son projet de loi non adopté à cause de certaines
bévues ou à cause des bévues de certains de ses
collègues. Ce n'est pas elle qui est fautive, parce qu'elle a su prendre
ses responsabilités.
M. le Président, le projet de loi sur lequel nous avons à
nous prononcer en troisième lecture est l'aboutissement de tout un
processus de nature socio-économique complexe et profond. Notre
société de consommateurs est apparue comme telle au début
des années cinquante. Son apparition n'était pas le fruit du
hasard, bien au contraire. Elle était en quelque sorte la suite logique
du démarrage techno-industriel des années trente et quarante qui
faisait suite au triomphe et au déclin du capitalisme sauvage. Les
gouvernements qui ont hérité de ces méfaits ont dû
maîtriser ce phénomène fou et les luttes pour y parvenir
furent très féroces.
De la même façon, nous avons dû entreprendre un
combat contre ce phénomène de la consommation à outrance.
Nous avons également engagé un combat exhaustif par une prise de
position, une conscience sociale sur ce sujet.
Le projet de loi que nous étudions en ce moment
malgré qu'il est bien tard et malgré que nous aurions bien des
choses à dire est l'étape la plus récente, mais non
la dernière, j'ose l'espérer, car, tel quel, ce projet de loi,
quoique désiré, n'en demeure pas moins timide. Bien sûr,
c'est un pas en avant en comparaison avec la loi 45. Vous me permettrez de
citer le président de la Fédération nationale des
associations des consommateurs du Québec, le porte-parole officiel de
cet organisme, M. Bilodeau, qui dit: Le projet de loi 72 demeure toujours
incomplet et insuffisant. C'est
un bon code d'éthique destiné aux marchands mais pas un
véritable code de protection du consommateur.
Je pense que cela résume pas mal ma pensée. Les
associations de consommateurs lui sont relativement favorables et ceux qui
l'ont décriée n'ont pas pu nous faire admettre leur faible
argumentation autant que leur appel et leur annonce d'éventuelles
catastrophes.
Dans mon intervention de deuxième lecture, j'avais insisté
sur la pertinence d'un Code de la consommation qui rejoindrait les
désirs de certaines associations de consommateurs comme, par exemple,
vivre sans endettement. Encore plus, j'exigeais la mise sur pied d'un centre
d'analyse scientifique qui aurait eu pour mission d'informer ouvertement la
population sur la pertinence, sur l'utilité ou l'utilisation des
produits de consommation courante afin que nous apprenions collectivement
à nous en servir de façon optimale.
Sur ces deux points, j'encouragerais Mme le ministre à nous
servir, à la prochaine session, un train de mesures qui iraient dans le
sens de mes désirs. Lors de mon intervention également en
deuxième lecture, si vous vous le rappelez, concernant cette loi,
j'avais critiqué le principe du texte et non pas du projet de loi. Non
pas que je le trouvais révolutionnaire, mais bien parce que je le
trouvais timide et réservé sur plusieurs de ses aspects.
Je vous souligne également que, lors de l'étude article
par article, le ministre a déposé un avant-projet de
règlement des amendements. Etait-ce de l'improvisation? Peut-être
que oui, peut-être aussi que c'était de la bonne foi et une
volonté vraiment sincère de bonifier cette loi à son
maximum, parce que nous avons eu amendement par-dessus amendement. Un point
négatif je tenais à le souligner c'est le fait que
l'on demande aux juges d'être objectifs mais en penchant un peu sur un
côté. Je serais favorable à ce que les juges demeurent et
aient le plus de discrétion possible. Ainsi, on leur permettrait de
rendre un jugement en toute justice, en toute équité et en toute
objectivité. Dans le projet de loi, on demande aux juges de toujours
essayer de voir l'intérêt du consommateur. Je comprends que c'est
un code du consommateur mais, quand même, je pense que ces articles
n'auraient pas lieu d'être dans ce projet de loi.
Quant au projet de loi régissant les opérations des
agences de sollicitation, de recouvrement et de créance, il est
maintenant acquis qu'il ne sera présenté qu'à l'ouverture
de la prochaine session, soit au printemps prochain. Il en est de même
pour le domaine de la construction et des réparations de maisons. C'est
pourquoi nous disons que cette loi, est incomplète, parce qu'il y manque
certains chapitres, que nous allons trouver à la suite des
promesses de Mme le ministre dans d'autres projets de loi.
Parmi certaines modifications apportées à la
législation proposée, nous notons que les motos ont
été ajoutées, c'est-à-dire qu'on a inclus
également les motos là-dedans, en plus des automobiles,
Ce sont des choses qui ont été changées
également. Une autre chose a été changée, c'est la
publicité destinée aux enfants, publicité qui était
essentiellement interdite au niveau commercial. Bien que cela ait
demeuré, il y a eu beaucoup de modifications que j'aurais aimé
vous expliquer mais, encore une fois, compte tenu du temps limité que
nous avons et conscient de ce temps, je me limiterai à vous dire que,
considérant les appuis qu'a reçus ce projet de loi,
considérant également notre vote en deuxième lecture qui,
rappelez-vous le, était favorable au principe, considérant que
l'ensemble des groupes qui ont présenté des mémoires se
sont dits favorables au principe du projet, sauf quelques-uns, bien sûr,
qui avaient certaines réticences sur des articles en particulier. Mais,
honnêtement, il faut admettre qu'ils n'ont pas su convaincre les membres
de la commission et ont, pour la plupart, été faibles dans leur
argumentation. Je parle des gens que nous avons entendus lors de l'audition des
mémoires. (23 h 20)
En considérant également que cinq de mes amendements,
c'est-à-dire, seulement au niveau des suggestions, ont été
acceptées par Mme le ministre. C'étaient de petits amendements,
mais, quand même, ils ont été acceptés.
Considérant que Mme le ministre a déposé un avant-projet
de règlement tel que promis; considérant également que le
ministre s'est engagé à apporter les chapitres manquants par le
biais d'autres lois qui complétera ce véritable code du
consommateur; considérant également que les chapitres inclus dans
le projet de loi, dans la loi 45 que nous avons actuellement et enlevés
dans le 72 parce qu'on ne les retrouve pas dans le 72, seront maintenus
jusqu'à l'avènement, si vous voulez, des nouvelles lois que
déposera Mme le ministre; considérant également que ce
projet de loi reprend essentiellement le bill ou la loi 45 et le projet de loi
no 7 qu'avait préparés Mme Bacon, il n'y a rien de bien nouveau
au niveau des principes, certains changements au niveau des
modalités.
Considérant également, M. le Président, que ce
projet de loi ne semble pas vouloir embêter plus qu'il faut le
commerçant et rétablit un certain équilibre entre le
commerçant et le consommateur; considérant également que
le ministre a apporté plusieurs amendements qui avaient
été demandés par les commerçants lors de l'audition
des mémoires, M. le Président, bien sûr, il y a des
modalités qui devraient nous inviter à voter contre ce projet de
loi. Maintenant, j'avoue bien humblement que, tout en faisant mon très
grand possible, selon mes capacités, il était parfois difficile
de tenir tête à une batterie d'avocats et de spécialistes
qui, par groupe de huit à quinze, accompagnaient
régulièrement Mme le ministre et c'était assez difficile,
à un moment donné, de leur tenir tête, M. le
Président, mais nous l'avons fait.
Étant donné que les Québécois vivent avec
une loi à peu près semblable depuis sept ans... Et une
dernière considération, M. le Président, c'est le fait que
la levée de boucliers des commerçants
n'a pas été celle que j'attendais. Je proposerai, M. le
Président, en toute objectivité, aux membres de l'Union
Nationale, aux membres de mon caucus, de voter pour ce projet de loi en
troisième lecture.
M. Lavoie: M. le Président, afin d'éviter un vote
enregistré que, normalement, nous demanderions, mais nous ne voulons pas
perdre des minutes précieuses, le ministre n'a pas de droit de
réplique à faire.
Mme Payette: Compte tenu des circonstances, je crois que je
m'abstiendrai complètement de parler.
M. Lavoie: J'espère que c'est une habitude que Mme le
ministre pourrait prendre pour la nouvelle année.
Mme Payette: Comme on m'a traitée de face à
claque...
M. Lavoie: Ce n'est pas moi, non?
Mme Payette: Non, M. le Président, c'est le
député d'Outremont.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Lavoie: Nous ne demanderons pas un vote enregistré.
L'Opposition libérale a voté pour le principe de la protection du
consommateur. Etant donné que nous ne sommes pas d'accord sur plusieurs
modalités d'application du projet de loi, du fait également qu'il
y a eu des amendements que nous avons proposés qui n'ont pas
été acceptés en commission, nous voulons exprimer, sans
demander un vote enregistré, M. le Président, nous allons
exprimer notre désaccord en troisième lecture par un vote sur
division, M. le Président.
Le Président: J'appelle maintenant la motion de
troisième lecture, le vote pour la motion de troisième lecture du
projet de loi no 72, Loi sur la protection du consommateur. Est-ce que cette
motion de troisième lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Division, M. le Président.
Le Président: Adopté sur division. Maintenant M. le
leader parlementaire du gouvernement, pour les fins du procès-verbal et
à la demande du secrétaire général d'expliciter le
cheminement du projet de loi 100, Loi modifiant la Loi favorisant la mise en
valeur des exploitations agricoles qui a franchi tout à l'heure toutes
les étapes, j'aimerais, pour les fins du procès-verbal, indiquer
tout simplement que nous sommes allés en commission
plénière, cela a été adopté, amendé,
le rapport avec amendements a été adopté et
troisième lecture adoptée. Consentement?
M. Lavoie: Adopté.
Projet de loi no 120 Troisième lecture
M. Charron: M. le Président, il n'y a pas de numéro
au feuilleton puisque le rapport a été déposé
aujourd'hui. Je voudrais le consentement de l'Assemblée pour que nous
puissions procéder immédiatement à l'adoption en
troisième lecture du projet de loi no 120, Loi modifiant la Loi de la
législation et la Loi de l'exécutif.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement?
M. Lavoie: Nous sommes à l'étape de la
troisième lecture?
M. Charron: Je sollicite le consentement pour pouvoir passer
à la troisième lecture.
M. Lavoie: Consentement.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement? Oui. Alors,
il y a consentement pour passer à l'étape de la troisième
lecture.
M. Charron: Je propose la troisième lecture de ce projet
de loi, M. le Président.
Le Président: Est-ce que cette motion de troisième
lecture sera adoptée?
M. Lavoie: M. le Président...
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Jean-Noël Lavoie
M. Lavoie: ... il y a une envie féroce qui m'envahit
d'intervenir sur ce projet de loi. Je me rappelle trop bien le débat de
deuxième lecture où le leader parlementaire du gouvernement a
fait un effort suprême pour nous dire qu'il s'agissait d'un projet de loi
de limitation du salaire des députés et des membres du cabinet,
lorsqu'on sait, en somme, en toute vérité, quand on se regarde
les yeux dans les yeux, qu'il s'agit d'une augmentation, d'une indexation de 6%
qui représente environ $1650 pour les députés et une
égale augmentation pour les membres du cabinet, de $1650.
Mon propos, si je le tenais, serait sur le fait qu'il n'y a aucune
difficulté sur une augmentation et une indexation de 6% du salaire des
membres de l'Assemblée, qui est porté de $27 000 à $29 000
environ je n'ai pas mon dossier avec moi pour le salaire des
députés, plus l'indemnité non imposable de $7000. On sait
qu'il n'y a pas un membre de cette Assemblée qui fait des profits avec
cela à cause des repas que nous devons défrayer ici pendant
quelques mois et de nos frais de représentation dans nos
comtés.
Je voudrais être le plus bref possible, M. le
Président.
M. Mailloux: Arrête, d'abord!
M. Lavoie: Le propos que j'aurais tenu aurait porté sans
doute sur le traitement des membres du cabinet. On se rappelle et je
vois le premier ministre qui est devant moi que d'un certain 15 novembre
1976 au 2 janvier 1977, les membres du cabinet du gouvernement actuel ont
profité d'une augmentation réelle de l'ordre de 15% en six
semaines, à comparer avec le salaire des anciens membres du cabinet de
M. Robert Bourassa. C'est le propos que j'aurais tenu. Si le ministre en doute,
je peux sortir mon dossier. M. le Président, je n'irai pas plus loin
dans ce propos; nous aurons d'autres occasions dans l'année qui
viendra.
A la commission de l'Assemblée nationale, d'ailleurs, j'ai
proposé un amendement qui n'a pas été accepté de la
part de la majorité ministérielle. L'amendement que j'apportais
voulait que les députés profitent de l'indexation de 6%, mais
l'augmentation de 6%, soit $1650, ne devait pas s'appliquer, à mon point
de vue, à tous les parlementaires, aux membres du cabinet qui ont un
multiplicateur supérieur à 20%, comprenant les
vice-présidents, le leader parlementaire de l'Opposition, les chefs des
autres partis. Cet amendement a été rejeté. Le but de cet
amendement correspondait à l'argumentation que nous tenait le Parti
québécois en 1974, où il fallait restreindre
l'écart entre des traitements des plus haut traités dans
l'échelle sociale parlementaire et des plus bas de l'échelle
sociale parlementaire. C'était le but et vous m'aviez pratiquement
convaincu en 1974. Par contre, l'amendement que j'ai apporté,
basé sur cette argumentation, n'a pas été
agréé par la majorité ministérielle.
M. le Président, j'aurai sans doute l'occasion de revenir dans
l'avenir sur cette question. Nous sommes prêts à voter sur le
projet de loi no 120.
Le Président: Merci, M. le leader parlementaire de
l'Opposition officielle.
M. le chef de l'Union Nationale, vous avez maintenant la parole. (23 h
30)
M. Rodrigue Biron
M. Biron: Je veux dire simplement quelques mots sur ce projet de
loi pour vous rappeler que l'Union Nationale avait voté contre, en
deuxième lecture, en se basant sur un argument invoqué
d'ailleurs, en 1974, et à bon droit, je pense, par le chef parlementaire
de l'Opposition officielle à l'époque, qui est aujourd'hui
ministre de l'Education et député de Sauvé. Le ministre de
l'Education d'aujourd'hui disait alors que ce qui est bon pour les
députés doit être bon pour tous les citoyens du
Québec. Il demandait au gouvernement du Québec d'intervenir dans
plusieurs problèmes, en particulier l'augmentation de salaire des
fonctionnaires, des gens de la Fonction publique et parapublique, en fonction
aussi d'autres interventions à travers le Québec.
J'ai invoqué trois causes que je voulais voir régler le
plus rapidement possible; j'aurais aimé un engagement du gouvernement
dans ce sens, j'aurais été prêt à voter en faveur de
ce projet de loi. Alors qu'on garantit 6% par année aux
députés pendant trois ans, ce qui fait 18%, on se demandait
pourquoi on avait offert 15% aux employés de la Fonction publique pour
trois ans. Je disais aussi que ce qui était bon pour les
députés était bon pour les Québécois.
J'aurais voulu, de la part du gouvernement du Parti québécois,
une indexation sur les impôts telle que promise d'ailleurs au cours de
plusieurs campagnes électorales et, depuis deux ans, par le gouvernement
péquiste, indexation sur les impôts qui ne viendra pas, en 1979,
pour favoriser les Québécois.
J'aurais voulu voir aussi régler le problème des CEGEP. Il
n'est pas réglé encore, il est encore en discussion. J'aurais
aimé un engagement beaucoup plus grand de la part du gouvernement pour
régler le problème du chômage au Québec; alors qu'on
veut voter aux députés une augmentation de 6%, on a encore 11% de
chômeurs au Québec et énormément de gens sur
l'assistance sociale à travers la province. J'ai invoqué ces
arguments, on n'y a pas répondu. J'ai dit: Ce qui est bon pour les
députés devrait être bon pour tous les
Québécois. C'est à cette seule condition que nous aurions
voté en faveur d'une augmentation de 6%, telle que
préconisée et suggérée par le caucus du Parti
québécois. Pour la même raison, nous voterons contre ce
projet de loi en troisième lecture.
Le Président: J'appelle maintenant la troisième
lecture du projet de loi no 120, Loi modifiant la Loi de la Législature
et la Loi de l'exécutif.
Cette motion de troisième lecture sera-t-elle adoptée?
M. Lavoie: A cause des amendements qui nous ont été
refusés en commission, maintenant, en troisième lecture nous
sommes prêts, pour éviter un vote enregistré, à
l'adopter sur division.
Le Président: Adopté sur division.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
Projet de loi no 90
M. Charron: Pour ne pas courir le risque qu'autant de travail
soit anéanti tout à coup, M. le Président, je voudrais
vous proposer d'appeler la troisième lecture du projet de loi no 90 sur
la protection des terres agricoles.
Le Président: M. le leader parlementaire du gouvernement,
avant d'appeler la troisième lecture, il faudrait faire adopter le
rapport avec ses amendements.
Prise en considération du rapport de la
commission
M. Charron: II me faut solliciter le consentement. Le rapport a
été adopté, je crois, M. le Président. Oui. c'est
vrai, la prise en considération
du rapport était en suspens. Je propose l'adoption de la prise en
considération du rapport en premier lieu, M. le Président.
Des Voix: Adopté.
M. Lavoie: II y a des amendements.
M. Charron: Oui, il y a des amendements.
M. Lavoie: II y a des amendements pour...
Le Président: II y a des amendements proposés par
M. le député de Montmagny-L'Islet. La première question
que je pourrais poser, je pense...
M. Lavoie: Nous allons éviter le vote, mais pour les fins
du journal des Débats ils ne sont pas très longs
j'aimerais que vous lisiez les amendements, M. le Président.
Le Président: Très bien. Le premier amendement
proposé par M. le député de Montmagny-L'Islet est que le
paragraphe 3 de l'article 1 soit amendé en ajoutant, à la fin du
sous-paragraphe a), les mots suivants "ou de donation de son vivant".
M. le leader parlementaire du gouvernement, puis-je me permettre
d'attirer votre attention? Est-ce que cet amendement sera adopté?
M. Charron: Rejeté, M. le Président. Des Voix:
Adopté.
M. Lavoie: Nous sommes d'accord, nous n'avons pas de fausses
espérances parce que ce sont des amendements que nous avons
déjà présentés en commission et ils ont
été refusés.
M. Charron: Alors, en bloc. Le Président:
Très bien. M. Lavoie: En bloc.
Le Président: Je vais lire les cinq autres. Le
deuxième amendement: Que l'article 3 soit amendé en
remplaçant tous les mots après le mot "appelé", à
la première ligne, par les mots suivants: "la commission
régionale est constituée sous le nom de commission de protection
de la région de inscrire le nom de chacune des régions
administratives agricoles du Québec la commission
régionale a pour fonction d'assurer la protection du territoire
agricole.
A cette fin, elle est chargée: a) de décider des demandes
d'autorisation qui lui sont soumises en vertu de la loi relativement à
l'utilisation, au lotissement ou à l'aliénation d'un lot, de
même que des demandes visant à l'inclusion d'un lot d'une zone
agricole; b) de délivrer les permis d'exploitation requis pour
l'enlèvement du sol arable conformément à la section V; c)
de délimi- ter, en collaboration avec la corporation municipale, la zone
agricole dans une municipalité.
Un organisme ci-après appelé la commission provinciale est
constitué sous le nom de Commission provinciale de protection du
territoire agricole du Québec. La commission provinciale est
chargée: a) d'émettre un avis sur toute affaire qui peut lui
être référée en vertu de la loi; b) de conseiller le
ministre sur toute affaire concernant la protection du territoire agricole du
Québec; c) de surveiller l'application de la présente loi; d)
d'entendre les appels des décisions prises au niveau
régional.
Le troisième amendement. Que l'article 4 soit amendé en
remplaçant tous les mots des deuxième, troisième et
quatrième lignes du premier alinéa pour les remplacer par les
mots suivants: se répartissant comme suit: a) deux représentants
dont l'un vient de l'Union des municipalités du Québec, l'autre
de l'Union des conseils de comté du Québec; b) deux
représentants de l'Union des producteurs agricoles du Québec; c)
deux fonctionnaires nommés par le ministre; d) un juge nommé par
le gouvernement qui agit à titre de président.
Deux vice-présidents, nommés par le gouvernement, sont
choisis de la façon suivante: Un parmi les représentants
cités au sous-paragraphe a), un autre parmi ceux cités au
sous-paragraphe b).
Le président et les vice-présidents sont nommés
pour une période d'au plus cinq ans; une fois déterminée,
la durée de leur mandat ne peut être réduite.
Le quatrième amendement. Que l'article 44 soit amendé en
remplaçant à la dernière ligne les mots "finale et sans
appel" par les mots "sujette à appel à la Cour provinciale du
Québec'.
L'amendement suivant: Qu'après l'article 53 soit amendé,
en ajoutant à la fin les alinéas suivants: Dans les 180 jours de
l'adoption de la zone agricole visée au présent article, une
municipalité peut faire appel à la Commission municipale du
Québec pour que cette dernière détermine la compensation
que devra verser le ministère des Affaires municipales à ladite
municipalité en raison d'une infrastructure déjà en place
dans la zone agricole ou d'une perte de revenus découlant de
l'application de la Loi de l'évaluation foncière. La
décision de la commission municipale doit être rendue dans les 90
jours de la demande.
Lavant-dernier amendement maintenant: Qu'on ajoute après
l'article 98 un nouvel article qui se lirait comme suit: 98a) Nonobstant les
dispositions de l'article 98, les zones agricoles désignées par
le schéma d'aménagement de la Communauté régionale
de l'Outaouais, adopté par le ministre des Affaires municipales le 9
août 1978, ont préséance sur toutes les zones agricoles
désignées en vertu des dispositions de la présente loi sur
le territoire, de ladite communauté. Tout règlement s'appliquant
aux zones désignées par la présente loi s'applique
également aux zones agricoles désignées par le
schéma d'aménagement de la Communauté régionale de
l'Outaouais.
Et le dernier amendement: Que l'article 113 soit amendé, en
remplaçant tous les mots après le mot "est", à la
deuxième ligne du premier alinéa, par les mots suivants: ...
nommé et rémunéré d'après les normes,
effectifs et barèmes établis en conformité de la Loi de la
fonction publique, 1965, première session, chapitre 14.
Est-ce que ces six amendements seront adoptés?
Des Voix: Adopté.
Le Président: M. le leader parlementaire du gouvernement,
est-ce que ces six amendements seront adoptés?
M. Charron: Rejeté sur division, M. le
Président.
Le Président: Rejeté sur division.
M. Charron: Je propose la troisième lecture de cet
important projet de loi, M. le Président.
Le Président: Le rapport sera-t-il adopté?
M. Lavoie: Rapport adopté sur division.
Le Président: Rapport adopté sur division.
Troisième lecture
Nous en sommes maintenant à la motion de troisième
lecture.
Vous avez la parole, M. le député de
Montmagny-L'Islet.
M. Julien Giasson
M. Giasson: Merci, M. le Président. Loin de moi
l'idée de faire durer le débat sur cet appel de troisième
lecture. Je pense que nous avons eu l'occasion, les membres de la commission
parlementaire, de commenter très largement le contenu de la loi 90. (23
h 40)
Mais, qu'on me permette tout au moins de signaler le regret que j'ai de
n'avoir pu convaincre le ministre du bien-fondé de la
décentralisation qui aurait été nécessaire dans le
processus de mise en place du mécanisme de protection du territoire
agricole.
Nous aurions voulu une présence tout au moins régionale
à l'intérieur de toute coopération du projet. Nous n'avons
pu le convaincre, mais je réalise tout au moins que son collègue
responsable de l'aménagement du territoire a compris qu'il fallait
donner la possibilité aux instances locales ou régionales de
participer vraiment et fondamentalement à la mise en place d'un
programme d'aménagement et de zonage.
M. le Président, j'aurais d'autres commentaires à faire,
mais comme je l'ai indiqué, pour ne pas prolonger le débat,
puisque les changements les plus fondamentaux que nous désirions n'ont
pas été acceptés par le ministre, je n'ai pas d'autre
choix que de voter contre en troisième lecture.
Le Président: Merci, M. le député de
Montmagny-L'Islet.
M. le député de Huntingdon.
M. Claude Dubois
M. Dubois: Toujours dans l'esprit de notre grande collaboration,
je ne prendrai qu'une ou deux minutes. Je ne voudrais pas non plus
répéter les propos de mon discours en deuxième lecture. Je
voudrais indiquer à M. le ministre et à tous les membres de cette
Assemblée que sur le principe du respect des sols agricoles au
Québec, nous sommes d'accord. Nous sommes pour la protection du
territoire agricole, mais, de la façon dont le projet de loi nous fut
présenté, nous ne pouvons voter pour en troisième
lecture.
Il reste quand même que je pense que le ministre a fait un petit
effort en nous apportant quelque 30 amendements à ce projet. Nous avons
proposé une foule d'amendements nous-mêmes, mais le ministre n'a
pas été très réceptif. Il en ressort quand
même que nous avons présentement devant nous un territoire
agricole plus grand que jamais au Québec. Même si le projet de loi
90 gèle un grand territoire, il faut quand même remplir ce
territoire d'agriculteurs. C'est là que le travail du ministre commence
avec de nouveaux programmes agricoles, beaucoup plus incitatifs pour les jeunes
agriculteurs. Je l'ai indiqué d'ailleurs en deuxième lecture, je
pense que le respect du sol agricole au Québec se fait en faisant de
l'agriculture et non en gelant un territoire.
Je voudrais aussi remercier le ministre à l'aménagement du
territoire pour avoir laissé son collègue prendre le devant sur
lui au lieu d'inscrire le respect du territoire agricole dans un grand plan
d'aménagement et d'utilisation et, d'ailleurs, je veux le remercier
d'avoir déposé aujourd'hui son projet de loi. J'aurais quand
même aimé que le tout s'inscrive dans ce plan d'aménagement
de territoire.
Je pense que cela a été la préoccupation de la
majorité des gens qui ont présenté des mémoires.
J'espère que le ministre à l'aménagement du territoire
n'est pas trop frustré que le ministre de l'Agriculture ait pris de
l'avance sur lui.
Je vous remercie M. le Président et j'espère que ce projet
de loi, que le ministre qualifie de projet de loi du siècle, sera pour
le bien de tous les Québécois et de tous les agriculteurs.
Merci.
Le Président: Merci, M. le député de
Huntingdon.
M. le premier ministre.
M. René Lévesque
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je pense
que évidemment, on le sait tous, ce n'est pas le moment de faire
des discours du siècle, on en a entendu d'ailleurs ce soir qui n'ont pas
mené à beaucoup de résultats, malgré les illusions
qu'on avait sur un autre secteur des problèmes agricoles il me
semble quand même indiqué de
souligner à nouveau très brièvement l'importance
vraiment vitale je pense que c'est le cas de le dire et ce n'est pas
souvent que des gros adjectifs comme celui-là doivent servir de
cette loi de protection du sol arable du Québec, c'est-à-dire
finalement de notre capacité de nous nourrir nous-mêmes et aussi
les autres, autant que faire se peut, dans les limites que permet notre climat,
bien sûr, mais aussi et surtout celle que nous donne la capacité
de travail et d'inititative, l'ingéniosité et, désormais,
de plus en plus, la compétence professionnelle des agriculteurs
d'aujourd'hui et de la relève qui les suivra.
L'autre jour, j'ai rencontré de petits citadins en banlieue de
Montréal, et il y en a un qui m'a demandé: Avez-vous une ferme?
Je pense que cela devient de plus en plus populaire, les gentlemen farmers.
J'ai été obligé de lui dire non. D'abord, je n'en aurai
plus les moyens, parce qu'on est convaincu qu'ici comme ailleurs, avec la
protection qui assure la vocation de ce sol arable, la terre va prendre une
valeur qui va la mettre au-delà de notre portée et puis, aussi,
de toute façon, je n'en aurais pas le temps. Lui, au contraire, qui
avait à peu près neuf ou dix ans, il m'a raconté
tranquillement qu'il pensait même qu'il en rêvait
à cela de vivre ce beau et ce très dur métier parce que,
très simplement, comme les enfants le font, il disait: Moi, j'aime cela
faire pousser des choses; j'aimerais cela avoir des animaux. C'est encore un
bébé presque, mais il y en avait trois ou quatre ils
étaient seulement quatorze dans le groupe qui avaient les yeux
brillants en l'écoutant parler.
J'ai l'impression qu'avec les nouvelles priorités qui se
dessinent dans la plupart de nos sociétés à propos de leur
équilibre général et d'un meilleur mariage avec la nature
et aussi avec une priorité qui va être cruciale avant la fin du
siècle, qui va être celle de faire face à une faim
croissante dans une humanité qui continue à se multiplier, on n'a
plus besoin de se poser de questions à propos de l'avenir de
l'agriculture ou de l'avenir agroalimentaire. Il n'y a pas seulement un avenir,
mais, sur un plan qui est essentiel entre tous, j'ai l'impression, comme
beaucoup, que la vie même de la civilisation va peut-être
dépendre comme jamais de ce qui va arriver sur la terre. Je crois qu'on
peut tous être fiers, des deux côtés ou de tous les
côtés de la Chambre, d'avoir pu décider tous ensemble
d'assurer enfin l'essentiel de cet avenir. On doit féliciter le ministre
de l'Agriculture et son équipe, ses collègues les plus
directement impliqués dans les questions d'harmonisation de perspectives
comme le ministre d'Etat à l'aménagement; aussi, je crois,
l'immense majorité de nos concitoyens ruraux aussi bien que citadins qui
ont éloquemment manifesté leur appui à l'essentiel de
cette mesure. Je remercie aussi tous ceux de l'Opposition ou des groupes
informés ou impliqués qui sont venus nous aider à mener
à bon port, en l'améliorant en cours de route, cette loi qui, non
seulement est un des clous essentiels je pense qu'il n'y en a pas
beaucoup qui se comparent à cela dans cette session mais qui est
vraiment une loi existentielle.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale. M.
Rodrigue Biron
M. Biron: M. le Président, je voudrais ajouter aux paroles
de mes collègues de cette Assemblée nationale à propos de
ce projet de loi en disant et en appréciant quand même que le
ministre ait voulu prendre plusieurs des suggestions qui ont été
faites dans toute la province par des gens qui ont voulu l'aider à
bonifier son projet de loi. C'est peut-être dû à des
batailles viriles de la part des partis de l'Opposition aussi qui ont
forcé le ministre à faire de la recherche additionnelle et
à améliorer son projet de loi le plus possible.
Je répète, tel que l'a dit mon collègue de
Huntingdon, que l'Union Nationale est pour la protection du sol agricole au
Québec. On aurait aimé avoir beaucoup plus d'amendements à
l'intérieur de ce projet de loi et, en particulier, un amendement
considérant une compensation pour l'agriculteur, surtout l'agriculteur
un peu plus âgé, pour le manque à gagner à la vente
de sa terre au cours des prochaines années. Nous aurions aimé
voir ce projet de loi accompagné de lois fiscales favorables à
l'agriculteur. Nous aurions aimé, en même temps, que le ministre
nous parle de l'amélioration du crédit agricole alors qu'on
prête, jusqu'à aujourd'hui, $15 000 à 2 1/2%. Cela a
été fait à l'époque de l'Union Nationale, en 1956
ou quelque chose du genre. Alors, il faut certainement l'améliorer
considérablement parce que les $15 000 de l'époque valent
peut-être $75 000 ou $100 000 aujourd'hui. A 2 1/2%, cela aiderait
véritablement l'agriculteur au Québec.
Nous aurions aimé aussi que le ministre écoute beaucoup
plus les représentants des municipalités, des conseils de
comté, et faire appliquer sa loi à partir des conseils de
comté au niveau du Québec avec des comités des conseils de
comté et des producteurs agricoles de chacune des régions et de
chacun des comtés du Québec, en d'autres termes,
décentraliser sa loi et ne pas croire que l'agriculture se fait à
partir des villes. C'est dans le champ qu'on fait l'agriculture. Nous aurions
aimé que le ministre apporte beaucoup plus d'améliorations
à son projet de loi dans ce sens. (23 h 50)
Nous répétons que nous avons quand même
réussi nous l'apprécions, nous le disons au ministre
à lui faire bonifier son projet de loi, et c'est à cause
de beaucoup de manques dans son projet de loi et de manques d'autres lois
fiscales en même temps que nous devrons considérer de votre contre
ce projet de loi en troisième lecture.
Le Président: Alors, j'appelle maintenant le vote sur la
motion de troisième lecture du projet de loi no 90, Loi sur la
protection du territoire agricole. Est-ce que cette motion de troisième
lecture sera adoptée?
M. Lavoie: Sur division, M. le Président.
Le Président: Sur division. Adopté.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît!
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Lavoie: M. le Président, après ce tour de chants
de la chorale péquiste, par mesure de sécurité, est-ce que
le leader du gouvernement a l'intention d'exiger ou de solliciter quelque
consentement unanime? Je crains pour certains projets de loi. Entre autres, si
la conciliation entre locataires et locateurs n'est pas adoptée, il n'y
a plus de Régie de loyers le 2 janvier. On n'a pas d'objection.
M. Lévesque (Taillon): C'est sûr que cela peut aller
jusqu'à minuit et cinq pour celle-là surtout.
Projet de loi no 108
Troisième
lecture
M. Charron: M. le Président, je l'ai sur mon petit papier
et je ne l'oublierai pas mais, entretemps, puisque l'Opposition nous accorde
quelques minutes encore, je voudrais demander et suggérer d'avoir le
consentement pour que nous puissions procéder immédiatement
à l'étude en troisième lecture du projet de loi 108
concernant la Société générale de financement.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement?
M. Brochu: Nous accordons notre consentement vu l'importance que
ce projet de loi soit mis aux voix ce soir pour qu'on puisse procéder le
plus rapidement possible.
M. Charron: D'accord, M. le Président, je propose la
troisième lecture du projet de loi no 108 que vous pouvez trouver
à notre feuilleton au chapitre de l'enregistrement des noms sur les
votes en suspens à la page 3, aujourd'hui, M. le Président. C'est
l'étape où il était ce matin.
Le Président: J'appelle maintenant la troisième
lecture du projet de loi no 108, Loi modifiant la charte de la
Société générale de financement du Québec.
Est-ce que cette motion de troisième lecture sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
M. Forget: M. le Président...
Le Président: M. le député de Saint-Laurent,
M. le leader parlementaire du gouvernement, pour qu'il n'y ait pas la moindre
confusion, je souhaiterais qu'il y ait au moins une intervention et je
souhaiterais qu'il y en ait une seconde et je pense que vous auriez
intérêt à solliciter un consentement de tout le monde pour
dépasser minuit de quelques minutes.
M. Charron: ... suggestion, M. le Président. J'en fais la
demande à tous les membres de l'Assemblée.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement? M.
Charron: Afin de dépasser minuit.
M. Lavoie: Jusqu'à quelle heure, jusqu'à quand?
M. Charron: Disons minuit et trente pour la première
étape, s'il y a besoin. On vous sollicitera de nouveau au besoin.
M. Lavoie: Même si c'est un défaut de planification,
pour vous permettre d'adopter des lois qui sont essentielles, nous vous
accordons avec plaisir ces 30 minutes additionnelles.
M. Brochu: M. le Président, en ce qui nous concerne, on
est aussi prêt à passer à travers le menu
légisitatif qu'on s'était fixé et je rappelle, entre
autres, au ministre qu'on est aussi prêt à collaborer sur le
projet de loi no 114, puisque le ministre du Travail a absolument besoin
d'avoir cette troisième lecture ce soir pour que le nouveau
système de classification puisse entrer en vigueur le 1er janvier. Sur
le projet de loi no 108, nous sommes prêts à dépasser
l'horaire prévu et, sur le projet de loi no 114, également nous
sommes prêts à le faire pour qu'on puisse procéder à
l'adoption des lois dans l'ordre qu'on avait prévu dans nos travaux
jusqu'à ce jour et sur lequel on s'était entendu.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
M. Claude Forget
M. Forget: M. le Président, lors du débat de
deuxième lecture, j'ai indiqué, pour l'Opposition officielle,
l'opposition plus particulière à ce projet de loi. J'ai
indiqué à ce moment qu'il n'était pas possible pour
l'Opposition officielle d'approuver les deux éléments que nous
apercevions dans ce projet de loi, à moins qu'il n'intervienne des
modifications essentielles, bien sûr, dans cet effort du gouvernement
pour régler à la fois les difficultés financières
de Marine Industrie attribuables à la mévente d'un certain nombre
de navires et en même temps ménager pour l'avenir le financement
de nouvelles activités, d'une nouvelle orientation, même d'une
réorientation grâce à des mises de fonds de plus de $100
millions qui intervenaient à un moment où il n'y avait, pour
justifier de telles mises de fonds additionnelles qu'à peine trois ou
quatre pages dans un rapport déposé en commission parlementaire,
donc beaucoup moins que ce qui est nécessaire pour justifier de pareils
engagements.
Maintenant que nous arrivons en troisième lecture, je vais
indiquer, contrairement à ce qui a été fait en
deuxième lecture, une opinion favorable de l'Opposition officielle face
à ce projet de loi. Ceci mérite quelques minutes d'explication
parce qu'il y a eu, entre la deuxième et la troisième lecture,
des modifications très substantielles à ce projet de loi. Ces
modifications, M. le Président, aie-je besoin de l'ajouter, sont
intervenues à cause de la détermination de l'Opposition
officielle de n'accepter qu'à cette condition le projet de loi en
question.
De quoi s'agit-il donc? Sans m'attacher à décrire le
détail des modifications quant à leur aspect technique, je veux
m'attacher à deux conséquences principales des modifications
intervenues par accord entre l'Opposition officielle et le gouvernement,
conséquences qui de façon très concrète sont les
suivantes. En premier lieu, il y aura désormais pour le gouvernement et
pour la SGF puisque derrière les actions du gouvernement se
trouvent des initiatives et des projets préparés par la SGF
avant d'aborder des investissements dans un secteur industriel ou
commercial nouveau, secteur dans lequel la Société
générale de financement ne serait pas déjà
présente par des activités actuelles, la nécessité
de présenter à l'Assemblée nationale une directive
émanant du gouvernement et autorisant la SGF à faire de telles
innovations, à s'introduire dans ce nouveau secteur. Ces directives sont
déposées devant l'Assemblée nationale et elles devront
faire, devant l'Assemblée nationale, dans les 30 jours de leur
dépôt, l'objet d'un débat.
A moins de disposer d'une telle directive, la loi de la
Société générale de financement est ainsi
modifiée qu'il sera interdit à cette société de
faire de pareils nouveaux investissements. La directive devient donc une
condition sine qua non, une condition essentielle d'un investissement dans un
nouveau secteur et ceci rend nécessaire, pour le gouvernement, de
prendre position, chaque fois qu'une telle décision sera prise dans
l'avenir, quant à l'opportunité d'investir ou non dans un nouveau
secteur et d'accepter d'être la cible des questions, des objections ou de
l'opposition des partis, des formations politiques de l'Opposition officielle
et des Oppositions à l'Assemblée nationale. La directive,
lorsqu'elle sera déposée devant l'Assemblée nationale,
devra être accompagnée des documents pertinents qui permettront
à tous les membres de l'Assemblée, de même qu'au grand
public de se satisfaire de la justification d'une telle décision par le
gouvernement. Donc, il y a une innovation majeure; désormais, il n'y a
plus de chèque en blanc pour la Société
générale de financement et le gouvernement. Avant d'investir dans
un nouveau secteur, il devra y avoir un débat public et
démocratique. Ceci, je pense, Mme la Présidente, même s'il
y avait rien d'autre dans la loi, est un développement majeur dans le
rôle, le statut et les pouvoirs de la Société
générale de financement, et nous aurions raison de nous
réjouir de cette seule modification à la loi.
Il y a aussi une deuxième conséquence vis-à-vis de
Marine Industrie, là où se trouvent les problèmes. Il sera
désormais nécessaire, relativement à ces problèmes
de Marine Industrie, et ceci dans un délai très court, soit les
six prochains mois avant le 1er juin 1979, que le gouvernement prenne position
relativement au sort, à l'avenir, à la vocation des chantiers
navals et des autres activités industrielles qui se déroulent
actuellement à Marine Industrie: construction de wagons, construction de
turbines et d'autres machines électromécaniques. (minuit)
II s'agit donc, dans ce cas-là, d'exiger que le gouvernement,
dans un délai très court, mais un délai réaliste
malgré tout parce que déjà une partie du travail a
été fait, une partie de la réflexion a été
faite du côté de la SGF et du côté du gouvernement
sans aucun doute, dès au plus tard le mois de mai 1979, fasse son lit
relativement à l'avenir de Marine Industrie.
Il n'est pas suffisant de s'occuper du passé, de boucher les
trous du passé dans Marine Industrie, de réparer, par un
crédit total qui peut se chiffrer aux alentours de $75 millions, les
pots cassés à la suite de la mévente des bateaux. Ce genre
de problème risque de se reproduire indéfiniment avec des
difficultés dans d'autres contrats. On parle déjà de
problèmes relativement à la vente ou, du moins, au coût de
construction des navires vendus à la Pologne, etc. Donc, si on ne veut
pas constamment reporter en avant ces problèmes, constamment faire vivre
la population de la région de Sorel dans l'incertitude quant à
son avenir en laissant, malgré tout, flotter un grand nombre de rumeurs,
de possibilités parfois alarmantes pour les travailleurs et la
population de la région, il est nécessaire que le gouvernement
crève l'abcès, fasse son lit et indique très clairement ce
qu'il veut faire de Marine Industrie, quelles sont les solutions qu'il
recommande, quelles sont les implications de ces décisions et ceci, en
vertu du projet de loi tel que modifié, il devra le faire avant le 1er
juin 1979. Cette décision qu'il prendra, il devra, bien sûr, en
informer I Assemblée nationale et on peut s'imaginer sans peine qu'il y
aura un débat autout de tout cela.
Une troisième implication pratique des modifications intervenues
dans la loi est de réduire de façon sensible, par quelques
dizaines de millions de dollars, les crédits discrétionnaires
dont disposera le ministre des Finances pour contribuer au financement futur de
la Société générale de financement. Le projet, dans
sa version originale, prévoyait $52 millions à cet effet; dans sa
version modifiée, il n'y a plus que $15 millions qui sont disponibles
pour cela et ces $15 millions sont restreints quant à leur usage
à l'émission de nouvelles directives quant à des
activités dans de nouveaux secteurs. Il y a donc plus qu'une
réduction des montants prévus; il y a une utilisation beaucoup
plus restreinte de ces montants pour des fins beaucoup mieux
déterminées que dans le projet initial.
Ce sont des modifications majeures, des modifications qui pour la
première fois, je pense, de façon réaliste et ferme
établissent l'autorité de l'Assemblée nationale sur le
développement et l'avenir de la Société
générale de financement. Elles le font cependant en
préservant intacte la responsabilité du gouvernement de
définir ses orientations, de faire son lit et de venir justifier les
décisions qu'il prend face à l'Assemblée nationale et
à l'opinion publique. Ce sont donc des réformes qui, tout en
accroissant le contrôle par les élus du peuple d'une
société d'Etat, mettent très carrément la
responsabilité là où elle doit être, sur les
épaules du gouvernement. Dans les prochains mois, nous aurons à
mesurer les premières conséquences d'une telle modification
à la loi lorsque nous serons appelés à évaluer
l'à-propos du plan de reconversion de Marine, lorsque nous serons
appelés également à évaluer l'à-propos d'une
directive éventuelle que le ministère de l'Industrie et du
Commerce et le gouvernement peuvent choisir d'émettre, par exemple, pour
autoriser la SGF à s'introduire dans le domaine de la
pétrochimie. On ne pourra faire cet investissement dans la
pétrochimie que par suite d'une directive émanant du
gouvernement, par suite d'un débat qui aura lieu dans cette
Assemblée.
Mme le Président, devant des modificationsque nous avons
présentées et que nous avons fini par faire accepter par le
gouvernement, il est bien clair que notre attitude face à ce projet de
loi doit être différente. C'est la raison pour laquelle il me fait
maintenant plaisir de dire qu'au nom de l'Opposition officielle nous pourrons
voter pour le projet de loi 108 et ainsi consacrer cette évolution
rapide dans l'attitude du gouvernement face à cette
société d'Etat en espérant que les progrès qui ont
été faits ces dernières heures quant à la politique
gouvernementale face à cette société d'Etat, en
particulier, puisse avoir des répercussions dans l'attitude
gouvernementale et sur les statuts et les pouvoirs de l'Assemblée
nationale face aux autres sociétés d'Etat dans un avenir
rapproché.
Mme le Vice-Président: M. le député de
Brome-Missisquoi.
M. Armand Russell
M. Russell: Mme la Présidente, je voudrais dire quelques
mots sur le projet de loi no 108 qui est maintenant en troisième lecture
et j'espère que le leader parlementaire va me donner un peu plus de
temps pour parler sur le projet de loi 108 que je n'en ai eu pour parler sur le
projet de loi 116 ce soir.
J'aurais aimé prendre la parole sur le projet de loi 116, mais
j'aurai la chance de me reprendre à une autre occasion et je pourrai
m'exprimer aussi librement qu'on a l'habitude de le faire en cette Chambre.
Quant au projet de loi 108, en troisième lecture, je suis heureux
de vous dire que nous avons réussi cet après-midi, à la
suite de nombreuses discussions avec le ministre et ses fonction- naires avec
l'Opposition officielle, à en venir à un consensus d'amendement
qui, à mon sens, ramène le projet de loi à une dimension
acceptable pour corriger le malaise présent qui existe à Marine
Industrie et aussi pour permettre à la SGF de faire certaines
modifications nécessaires à cette industrie. Les engagements qu'a
pris le ministre par les amendements à la loi nous permettront de
discuter plus à fond d'autres orientations qu'il faudra prendre avec la
SGF. Nous avons laissé entendre cet après-midi au ministre et aux
gens de la SGF l'orientation que nous comprenions que devait prendre cette
société. Je suis convaincu que, dans un avenir rapproché,
le ministre reviendra avec des normes plus acceptables. Nous espérons
que ce sera pour le plus grand bien de l'industrie
québécoise.
Mme le Vice-Président: M. le ministre de l'Industrie et du
Commerce.
M. Rodrigue Tremblay
M. Tremblay: A cette heure tardive, après avoir
analysé ce projet de loi portant sur une matière d'urgence, dans
le cadre d'une commission parlementaire après la première
lecture, dans le cadre d'un débat en vertu de l'article 24, dans le
cadre du débat en deuxième lecture, dans le cadre de la
commission élue de cet après-midi, et dans les corridors pendant
les heures de nuit, on comprendra que je ne serai pas très long.
Je me bornerai à remercier, premièrement, le premier
ministre parce qu'il a joué un rôle très important dans
l'accouchement de ce projet de loi, à remercier le député
de Richelieu qui a suivi ce dossier depuis le dépôt du rapport de
la Société générale de financement. Je remercierais
aussi les députés de Saint-Laurent et de
Notre-Dame-de-Grâce de l'Opposition officielle, de même que le chef
de l'Union Nationale et le député de Brome-Missisquoi, en
soulignant donc la diligence et la collaboration que tous ces membres de
l'Assemblée ont apportées à l'adoption de ce projet de
loi.
Permettez-moi, M. le Président, en terminant, de souhaiter un
Joyeux Noël aux 3200 travailleurs de Marine Industrie et à la
population de Tracy et de Sorel.
Le Président: J'appelle maintenant le vote de
troisième lecture sur le projet de loi no 108, Loi modifiant la charte
de la Société générale de financement du
Québec.
Est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
M. Tremblay: Adopté.
M. Lavoie: Adopté. M. Biron: Adopté.
Le Président: Adopté.
M. le leader parlementaire adjoint du gouvernement.
M. Duhaime: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
maintenant l'article 4) de notre feuilleton, le projet de loi 114.
Projet de loi no 114
Troisième
lecture
Le Président: J'appelle maintenant la motion de
troisième lecture du projet de loi no 114, Loi modifiant la Loi des
accidents du travail et d'autres dispositions législatives.
Est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
Le Président: M. le député de Richmond.
M. Yvon Brochu
M. Brochu: M. le Président, très brièvement,
j'aimerais quand même, au nom de l'Union Nationale, faire certaines
remarques sur cette troisième lecture du projet de loi 114 qui a une
certaine importance. (0 h 10)
D'abord, le premier but de ce projet de loi, comme je l'ai dit tout
à l'heure, c'était de permettre l'entrée en vigueur du
nouveau système de classification des employeurs. Il y avait une date
limite qui est le 1er janvier 1979. Il y avait donc urgence d'adopter ce projet
de loi et nous allons pouvoir procéder ce soir.
Il y a eu en cours de route de l'étude de ce projet de loi de
nombreuses modifications. Le ministre lui-même a laissé tomber les
parties importantes du projet de loi qui étaient beaucoup trop
contentieuses à étudier à ce moment-ci.
Entre autres, on y avait introduit toute la question des maladies
psychiques à être chapeautées par la Commission des
accidents de travail, ce qui a des incidences énormes au niveau du livre
blanc sur la santé et la sécurité au travail.
Il nous apparaissait que c'était inutile de commencer un
débat qu'on va de toute façon tenir au cours des mois de janvier
ou février puisqu'à ce moment-là on va avoir une
commission parlementaire qui va siéger sur le livre blanc concernant la
sécurité et la santé au travail. Cela sera suivi d'une loi
cadre qui va donner suite aux ententes et aux discussions qui auront lieu
à ce moment-là en commission parlementaire.
C'était donc, je pense, inutile d'introduire cet
élément dans la loi. Le ministre du Travail et de la
Main-d'Oeuvre s'en est rendu compte et a retiré tout simplement toute
cette dimension de l'approche que le gouvernement veut prendre en ce qui
concerne la santé et la sécurité au travail. Je pense que
cela nous a permis quand même de noter l'orientation que le gouvernement
entend prendre là-dedans, puisqu'un des chemins dans lesquels il veut
s'orienter pour aborder l'étude de la santé et de la
sécurité au travail, c'est ce qu'il est convenu d'appeler
l'approche psycho-sociolo- gique et on voit déjà de quelle
façon nos discussions pourront s'amorcer dans ce sens-là.
On a également amélioré, selon la recommandation du
Barreau, certaines dispositions du projet de loi 114, ce qui nous semble
être un net avantage.
Le ministre a aussi répondu à une question que j'ai
souventefois posée à l'Assemblée nationale, tant au
ministre d'Etat au développement social qu'au ministre du Travail et de
la Main-d'Oeuvre, pour corriger une injustice qui existait jusqu'à ce
jour dans l'application de la loi 52 sur les victimes d'amiantose et de
silicose. Le gouvernement avait commencé à déduire de ce
que ces gens-là retiraient de la loi 52 ce que ces mêmes
personnes, en vertu du Régime de rentes invalidité du
Québec retiraient également, ce qui m'apparaissait comme une
injustice. Maintenant, le projet de loi tel que proposé a répondu
aux questions que j'ai posées dans ce sens-là et on en est tout
à fait satisfait.
Il reste maintenant l'autre dimension du problème, étant
donné qu'on a reconnu qu'on ne devait pas soustraire le Régime de
rentes invalidité de la paie que les gens reçoivent en vertu de
la loi 52. Il reste maintenant à rembourser c'est ce que je
demande au gouvernement ceux qui ont été jusqu'à ce
jour coupés à ce chapitre.
M. le Président, j'aimerais aussi indiquer au nom de l'Union
Nationale que, en ce qui concerne les accidents de travail comme les maladies
industrielles, nous aimerions que le gouvernement saisisse l'occasion qui est
devant lui maintenant, comme celle qu'il aura au niveau du livre blanc sur
l'étude de la santé et de la sécurité au travail,
pour étudier la possibilité que les gens qui doivent se retirer
du marché du travail, soit par accident de travail, soit par maladie
industrielle, puissent continuer à contribuer à leurs fonds de
pension au niveau des sociétés pour lesquelles ils travaillaient
ainsi qu'à leur assurance-vie, de sorte que ces gens-là ne se
retrouvent pas à 65 ans pénalisés par le fait qu'ils ont
été atteints de maladie industrielle ou victimes d'accident du
travail. A ce moment-là, ils perdent leur indemnité en vertu de
la Commission des accidents du travail et, automatiquement, ils sont
pénalisés puisqu'ils n'ont pas contribué, durant les cinq
ou dix ans qu'il leur restait à aller jusqu'à 65 ans, à ce
fonds de pension ou à cette assurance-vie.
J'aimerais également, M. le Président, revenir à la
charge sur une question que j'ai soulevée au nom de l'Union Nationale,
voulant que soient reconnus, au niveau de la loi 52 sur les victimes de
l'amiantose et de silicose, les gens qui oeuvrent dans les usines de
transformation et qu'on ne reconnaît pas alors qu'on reconnaît ceux
qui oeuvrent au niveau des mines et carrières.
J'aimerais qu'on se penche sur le cas qu'on appelle "des vieux
accidentés du travail". Le chef de l'Union Nationale m'a d'ailleurs
remis certains dossiers à cet effet. Ces vieux accidentés du
travail de 1940, 1945, 1950 et même d'années subséquentes
reçoivent encore des sommes qui sont calculées selon un
barème tout à fait désuet.
Ce qui revient à les considérer, à toutes fins
utiles comme des assistés sociaux, alors qu'on devrait les
réajuster au coût de la vie comme cela serait normal puisque ces
gens-là, ce n'est pas par choix qu'ils sont dans cette situation, que ce
soit par accident de travail ou par maladie industrielle.
En terminant, M. le Président, vous me permettrez simplement
d'attirer l'attention du gouvernement et du ministre sur un fait que nous
déplorons. C'est la récente directive de la Commission des
accidents du travail voulant qu'à partir du 1er janvier prochain, elle
ne défraiera plus les traitements de physiothérapie en cliniques
privées et que tous les patients devront être dirigés vers
les hôpitaux. Déjà, au moment où je vous parle, il y
a un engorgement au niveau des listes d'attente, de sorte que tous ces
gens-là devront souffrir d'un manque de traitements auxquels ils avaient
droit en ayant accès, comme c'était le cas jusqu'à
maintenant, aux cliniques privées pour ces traitements de
physiothérapie.
C'étaient là, M. le Président, les quelques
remarques que j'avais l'intention de faire. Etant donné qu'on a
ramené le projet de loi à des proportions normales, qu'on a
répondu à nos attentes dans différents sujets comme les
lois sur l'amiantose et qu'on s'apprête également à
répondre à d'autres questions qu'on a posées, l'Union
Nationale va voter pour ce projet de loi en troisième lecture.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! J'appelle
maintenant le vote de troisième lecture du projet de loi 114, Loi
modifiant la Loi des accidents du travail et d'autres dispositions
législatives. Est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
M. Lavoie: Adopté.
Le Président: Adopté.
M. le leader parlementaire adjoint du gouvernement.
M. Duhaime: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 25) de notre feuilleton. Nous sommes à l'étape de la
prise en considération.
Projet de loi no 103
Prise en considération du rapport de la
commission
Le Président: J'appelle maintenant la prise en
considération du rapport de la commission permanente des affaires
sociales qui a étudié le projet de loi no 103, Loi modifiant la
Loi sur les services de santé et les services sociaux et d'autres
dispositions législatives.
M. Lavoie: Nous sommes a l'étape du rapport. Consentement.
Y a-t-il des amendements à l'étape du rapport?
Une Voix: Non.
Le Président: Rapport adopté.
Troisième lecture
M. Duhaime: Je fais motion pour que ce projet de loi soit
adopté en troisième lecture.
Le Président: La troisième lecture de ce projet de
loi sera-t-elle adoptée?
M. Lavoie: II faut un consentement d'abord.
Le Président: Cela prend un consentement pour
procéder à l'étape de la troisième lecture.
M. Duhaime: Je m'excuse, M. le Président, j'avais tenu
pour acquis qu'il y en avait un.
M. Lavoie: Nous ne sommes pas à un consentement
près. Depuis quatre jours, nous marchons sur des consentements.
Le Président: Y a-t-il consentement pour procéder
immédiatement à l'étape de la troisième lecture? Il
y a consentement.
M. Brochu: En ce qui concerne l'Union Nationale, nous donnons
notre consentement. Nous avons déjà fait une bonne partie du
travail sur ce projet de loi. Nous donnons notre consentement pour
procéder maintenant.
Le Président: II y a consentement, très bien. Mme
le député de L'Acadie, sur la motion de troisième
lecture.
Mme Thérèse Lavoie-Roux
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, on me permettra de
prendre quelques minutes pour rappeler le cheminement que ce projet de loi a
fait. Il y a à peine dix jours, en cette Chambre, je faisais une motion
de report avec l'espoir qu'une commission parlementaire serait
convoquée, compte tenu des principes importants qui étaient en
jeu dans ce projet de loi. Evidemment, ceci nous fut refusé,
après bien des gorges chaudes de la part des membres du gouvernement.
Néanmoins, je pense que l'objectif que nous visions a été
atteint, puisque ceci a permis de sensibiliser la population aux implications
de ce projet de loi et qu'elle a appuyé par de nombreuses
représentations les efforts que l'Opposition officielle, qui fut
appuyée par les autres partis de l'Opposition, a déployés
pour corriger ce projet de loi.
Je voudrais simplement rappeler quelques-uns des principes qui, à
notre point de vue, étaient extrêmement importants et sur lesquels
le gouvernement a reculé. C'est, d'ailleurs, ce qui motivera notre vote
d'assentiment à l'adoption de ce projet de loi en troisième
lecture dans quelques minutes. Je pense qu'il convient de rappeler que par
ce
projet de loi le ministre s'arrogeait des pouvoirs très
considérables, ce qui aurait pu avoir des répercussions
très grandes sur tout le réseau des établissements des
services de santé et des affaires sociales. Qu'on me permette de
rappeler, par exemple, que le projet de loi prévoyait que, par la
volonté du ministre, on pouvait abolir un conseil régional de la
santé et des services sociaux.
Il y avait également une disposition qui prévoyait le
contingentement des effectifs médicaux et dentaires dans les centres
hospitaliers, contingentement dont le plan d'organisation devait être
également soumis à l'approbation du ministre. Par ceci, on
introduisait, d'une façon très radicale, un nouveau principe qui
n'existe nulle part en Amérique du Nord. (0 h 20)
II y avait également ce pouvoir que le ministre s'arrogeait de
fusionner des établissements même sans l'assentiment ou le
consentement des corporations impliquées ou intéressées.
Ceci pouvait avoir pour effet de faire disparaître des droits aux membres
de ces corporations. On sait fort bien que le plus grand nombre de corporations
ou de membres qui auraient pu être touchés auraient
été des membres des communautés religieuses. Il y avait
également l'abolition de toute aide financière à toute
nouvelle initiative du secteur privé dans le domaine des services de
santé ou des services sociaux. Il y avait également ce pouvoir
que le ministre pouvait exercer et par lequel il s'arrogeait la
possibilité de changer, par exemple, la catégorie, la classe et
la capacité des établissements selon son bon vouloir.
Ce sont là quelques exemples des principes importants qui
étaient en jeu dans ce projet de loi. Je ne voudrais pas, même si
j'en suis tentée, dire des paroles aussi méprisantes que celles
qu'a dites tout à l'heure un ministre à l'égard de
certains de mes collègues. Mais c'était vraiment assez pitoyable
de voir le ministre des Affaires sociales apparemment, puisqu'il faut toujours
croire en la bonne foi des ministres qui présentent des projets de loi,
reculer d'une façon précipitée. Finalement, nous nous
sommes retrouvés avec un projet de loi considérablement
réduit dans ses implications. J'aimerais dire, en terminant, la
suggestion qui a été faite par mon collègue de
Saint-Laurent, à savoir qu'on devrait procéder par étapes
en limitant aux centres universitaires le contingentement pas les
centres universitaires, mais les centres hospitaliers affiliés à
des universités des effectifs médicaux dans un premier
temps.
M. le Président, je pense que ce projet de loi, tel qu'il sera
adopté, indique fort bien que... Est-ce le résultat du fait que
les projets sont arrivés d'une façon si précipitée
et qu'on a voulu nous forcer la main? Mais le résultat final je
pense qu'il faut s'en réjouir compte tenu des points que je viens de
citer est que nous avons maintenant un projet de loi qui sera
adopté et qui respecte quand même des principes fondamentaux du
respect du droit de propriété, entre autres, et de nos
institutions telles que nous les connaissons et qui, jusqu'à maintenant,
ont offert à notre population d excellents services.
M. le Président, compte tenu des résultats très
positifs que nous avons obtenus tout au long de cette commission parlementaire
grâce, comme je le disais au départ, à nos efforts qui ont
été conjugués avec ceux de la population qui a vraiment
réalisé quel était l'enjeu de ce projet de loi et
également des autres partis de l'Opposition, nous voterons en
troisième lecture pour le projet de loi 103.
Le Président: Merci, Mme le député de
L'Acadie.
M. le député de Mégantic-Compton.
M. Fernand Grenier
M. Grenier: Bien rapidement, il est bien sûr que l'heure
n'est pas aux longs discours, mais la coutume veut qu'on ne puisse
difficilement laisser passer une troisième lecture sans que les partis
de l'Opposition y mettent quelques mots.
Je voudrais vous dire qu'en ce qui concerne la loi 103, qui a
été présentée par le ministre des Affaires
sociales, nous étions d'abord contre cette loi; telle que
déposée, c'était bien évident que l'Union Nationale
ne pouvait pas accepter une loi préparée et
présentée comme elle l'a été.
Ce soir, nous voterons en faveur de cette loi puisqu'elle a subi des
changements plus que substantiels. Je ne voudrais pas répéter
l'énumération de changements que nous a faite Mme le
député de L'Acadie, mais cela a permis des pouvoirs
élargis aux conseils régionaux des services de santé,
pouvoirs fort appréciables, je pense. C'était une forme de
décentralisation des pouvoirs de Québec. Cela a permis
également la continuation des centres privés alors qu'au
départ c'était un arrêt, de façon définitive,
de l'évolution des centres de santé, des centres privés.
Nous avons obtenu que ces centres puissent continuer de se développer et
même la création de nouveaux centres. Nous avons également
obtenu du ministre que les établissements ne puissent pas être
fusionnés par la seule volonté du ministre.
Les centres fusionnés, on disait tout à l'heure que
c'étaient principalement des centres religieux, oui, mais aussi des
centres publics auraient pu être fusionnés et on connaissait le
danger que cela pouvait vouloir dire, surtout quand on sait que les membres des
conseils d'administration ne coûtent rien à l'Etat ou à peu
près. Il n'y avait pas de raison à cela, il valait mieux laisser
le pouvoir dans les régions. Nous nous sommes opposés et le
ministre a compris notre argumentation, il l'a acceptée, bien sûr.
Ce sont des conseils d'administration avec des pouvoirs
déterminés, comme on le savait, qui permettaient, dans ce travail
de fusion, de faire leur rapport afin que le ministre ne soit pas le seul
à décider.
Il y a eu également un changement qui a été
apporté au premier dépôt de loi sur les nominations des
deux personnes présentées par le lieutenant-gouverneur en
conseil, membres du conseil
d'administration. On tiendra compte, contrairement à ce que
disait la loi, des groupes sociaux les plus vigilants de chacune de nos
régions pour présenter au conseil régional les deux
nominations du lieutenant-gouverneur en conseil. C'est un autre changement qu'a
apporté le ministre et qui a fait, bien sûr, notre affaire. Il y a
bien cette vocation, ce sujet que j'ai porté à l'attention de la
Chambre sur le centre hospitalier, le Sherbrooke Hospital, sujet apporté
ici et qui se concrétisait dans ce fait que les hôpitaux, que les
centres hospitaliers affiliés où on donne des cours pourront
maintenant déterminer, par région, leur vocation. C'était
d'abord selon la volonté du ministre, maintenant, il appartiendra aux
régions de déterminer la vocation de chacun des centres de
services de santé. C'est un autre gain que l'Opposition a fait en y
apportant ces amendements.
Inutile de vous dire que l'Union Nationale appuiera ce projet de loi qui
correspond exactement aux pouvoirs de décentraliation qu'on voulait
donner. Je vous remercie.
Le Président: J'appelle maintenant le vote sur la motion
de troisième lecture sur le projet de loi no 103, Loi modifiant la Loi
sur les services de santé et les services sociaux et d'autres
dispositions législatives. Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: Article 5) du feuilleton, M. le Président, si
vous voulez.
Le Président: M. le député de Roberval.
M. Lamontagne: A ce stade-ci de nos travaux, considérant
que dans trois ou quatre minutes nous devrons procéder à nouveau
par consentement et ne sachant trop ce qui peut se produire, j'inviterais le
leader du gouvernement à appeler immédiatement le projet de loi
concernant les locataires et les locateurs pour être bien sûr,
à tout événement, que cette loi soit adoptée.
M. Charron: Je voudrais indiquer tout de suite qu'avec le
consentement de l'Assemblée que je m'apprêtais à redemander
à l'expiration de celui qui m'a été accordé. Il
reste, à mon avis, cinq projets de loi importants au feuilleton qui sont
au stade de la troisième lecture et que nous pourrions adopter, il me
semble plutôt quatre projets de loi, si j'exclus la loi 127 qui a
été présentée ce matin et qui ne devrait pas faire
d'histoire on me permet...
Une Voix: ...
M. Charron: Alors, si cela fait des histoires, je n'en veux pas.
Ce sont quatre projets de loi qui sont au feuilleton à l'étape de
la troisième lecture et auxquels les membres de cette Assemblée
ont travaillé au cours de la session. Je n'oublie pas non plus la loi
110, dont on vient d'interrompre les travaux en commission, mais sur laquelle,
depuis jeudi dernier, j'ai l'engagement formel et répété
encore hier de la part de l'Opposition officielle et de l'Union Nationale,
engagement selon lequel elle serait adoptée avant la fin de la
présente session.
Le Président: M. le député de Roberval.
M. Lamontagne: M. le Président, quant à la loi 110,
je voudrais rappeler au leader du gouvernement que, ce matin ou hier matin, le
leader de l'Opposition officielle a mis en cause publiquement, ici à
l'Assemblée nationale, les nombreuses représentations qu'il avait
reçues de la part du caucus libéral. A titre de président
du caucus libéral, je dois dire au leader du gouvernement que le fait
d'avoir présenté un très grand nombre de projets de loi au
cours des dernières semaines a fait que nous avons reçu, en
même temps et souvent, de nombreuses représentations.
Je voudrais citer, M. le Président, un exemple précis
concernant la loi de Saint-Eustache si je me souviens bien, c'est le
numéro 106 dont on se souviendra. Je me souviens personnellement
d'avoir donné, un certain soir, à 21 h 50, un consentement pour
que cette loi soit discutée rapidement. Vers 22 h 15 le même soir,
une foule de représentations, de dossiers, étaient parvenus aux
membres de cette Assemblée. Nous avions siégé
jusqu'à trois heures pour nous apercevoir unanimement qu'il valait mieux
rapporter cette loi en commission, ce qui a été fait. Maintenant,
je pense que tous les problèmes sont réglés. (0 h 30)
M. le Président, je pense que le rôle d'un parlementaire
doit d'abord refléter les représentations qu'il reçoit au
meilleur de sa connaissance. Nous avons l'impression ce soir d'avoir
collaboré d'une façon extraordinaire avec...
Le Président: M. le député de Roberval.
M. Lamontagne: M. le Président.
Le Président: Je m'excuse de vous interrompre, mais je me
rends compte qu'il est minuit et demi et je suggère qu'on sollicite un
nouveau consentement pour prolonger. En même temps, je vais vous
demander, si le consentement est donné, d'abréger les propos
parce que le débat pourrait nous mener loin.
M. Charron: M. le Président, je sollicite ce consentement,
bien sûr, et demande du même souffle au député de
Roberval s'il veut expliquer pourquoi je suis obligé de l'appeler
comme je le pense son parti manque à sa parole actuellement; je
lui laisserai faire son argumentation. Je lui suggère de le faire
après que les quatre projets de loi auront été
adoptés parce que j'ai peut-être aussi on me le permettra
une version à donner à ce sujet.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
M. Forget: Comme le leader du gouvernement a utilisé la
très belle expression que, selon lui, l'Opposition manque à sa
parole, j'aimerais lui faire remarquer que l'attitude extrêmement
critique que l'Opposition officielle adopte à l'heure actuelle n'est pas
basée simplement sur le désir de tenir la dragée haute au
gouvernement et s'explique exactement par la même expression que celle
que vient d'utiliser le leader du gouvernement.
Nous venons de nous rendre compte que, dans le tohu-bohu des derniers
jours, il y a deux lois d'affaires sociales qui ont été
adoptées rapidement, alors que ceux qui s'occupaient de ces dossiers
étaient ailleurs, dans des commissions parlementaires, et que le
ministre responsable de ces lois, qui avait promis des amendements lors de
l'étape de la troisième lecture, ne les a pas fournis en
troisième lecture, et nous n'étions pas ici pour le
vérifier et lui rafraîchir la mémoire.
Dans un contexte comme celui-là, je crois qu'il serait de bonne
manière pour le leader du gouvernement de ne pas pousser trop fort sur
la mauvaise foi et la bonne foi des uns et des autres. Nous avons toutes les
raisons de croire qu'il n'y a pas eu une bonne foi très limpide de
l'autre côté.
Le Président: Monsieur...
M. Lévesque (Taillon): Nous vérifierons, M. le
Président. Nous prenons, sous le bénéfice d'inventaire, ce
que dit le député. Pouvons-nous avoir le consentement pour les
quatre lois?
M. Brochu: Quelles sont-elles?
M. Lévesque (Taillon): Les lois 105 et 113.
Le Président: Y a-t-il consentement?
M. Lavoie: M. le Président, concernant la loi 110,
même si je voulais donner le consentement, la commission parlementaire ne
siège même plus.
M. Charron: Non, on liquidera cela après.
M. Brochu: Le leader du gouvernement aurait-il l'amabilité
d'énumérer dans l'ordre les lois qu'il s'apprête à
demander à la Chambre de voter?
M. Charron: II s'agit des lois 113, 112, 71 et 105.
M. Lamontagne: Consentement.
M. Charron: Consentement, M. le Président.
Le Président: M. le leader parlementaire du gouvernement,
puis-je être un peu chauvin et vous demander s'il y aura consentement
pour le projet de loi no 215?
M. Charron: Si vous le voulez, M. le Président.
Le Président: M. le député de
Deux-Montagnes.
M. de Bellefeuille: Pourrais-je demander au leader s'il a bien
inclus le projet de loi no 106 dans sa liste?
M. Charron: Oui, M. le Président.
M. Lamontagne: Je donne mon consentement, mais je ne
dépasse pas une heure. Ce sera terminé. S'il y a deux lois
adoptées, ce seront les deux lois adoptées.
Pour la dernière fois, je voudrais intervenir ce soir. Je ne veux
en aucune façon être le complice du défaut de planification
du leader du gouvernement.
Le Président: M. le député de Richmond.
M. Brochu: Merci, M. le Président. Nous donnons notre
consentement évidemment, c'est ce qui avait été entendu,
sur le programme législatif tel que proposé par le leader du
gouvernement. J'aimerais seulement lui poser une question. Qu'advient-il du
projet de loi no 127?
M. Charron: il est oublié.
M. Brochu: Pour quelle raison?
M. Charron: Parce que nous n'avons pas le temps.
Projet de loi no 105 Troisième lecture
Le Président: Puis-je appeler maintenant la motion de
troisième lecture du projet de loi no 105, Loi constituant la
Société québécoise de développement des
industries culturelles? Cette motion de troisième lecture sera-t-elle
adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Président: M. le député de D'Arcy
McGee.
M. Victor Goldbloom
M. Goldbloom: M. le Président, un mot seulement. Dans un
projet de loi, il y a un objectif. Il y a des moyens par lesquels on propose
d'atteindre cet objectif. Nous sommes d'accord avec le gouvernement sur
l'objectif. Nous ne sommes pas d'accord sur les moyens, parce que nous nous
opposons à la création des sociétés d'Etat de
façon générale. Je ne vais pas plus loin dans la
discussion. Je vous demande que cette adoption en troisième lecture soit
sur division.
Le Président: Cette motion de troisième lecture
sera-t-elle adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Président: Adopté sur division. M. le leader
parlementaire adjoint du gouvernement.
Projet de loi no 112
Troisième
lecture
M. Duhaime: Je vous demanderais d'appeler le projet de loi no
112, M. le Président, à l'étape de la troisième
lecture.
Le Président: Quel est l'article?
M. Duhaime: Le projet de loi no 112, à l'étape de
la troisième lecture.
Le Président: Pourriez-vous m'indiquer le numéro de
l'article?
M. Duhaime: C'est le projet de loi no 112, la Loi sur
l'évaluation foncière et modifiant d'autres dispositions
législatives.
Le Président: Cela va, M. le leader parlementaire
adjoint.
J'appelle maintenant la troisième lecture du projet de loi 112,
Loi modifiant la Loi sur l'éyaiua-tion foncière et modifiant
d'autres dispositions législatives. Est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Gratton: Adopté, M. le Président.
Le Président: M. le leader parlementaire adjoint du
gouvernement.
Projet de loi no 71 Troisième lecture
M. Duhaime: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
un projet de loi qu'il me fait particulièrement plaisir de vous demander
d'appeler, le projet de loi 71, à la page 9 du feuilleton, c'est le
dernier article.
Le Président: J'appelle maintenant la troisième
lecture du projet de loi 71, Loi modifiant la Loi de la conservation de la
faune. Est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Fernand Grenier
M. Grenier: M. le Président, très
brièvement, bien sûr...
Le Président: M. le député de
Mégantic-Compton.
M. Grenier: ... pour vous dire que nous avons suivi ce dossier
à deux. J'aurais aimé, au nom de l'Union Nationale, avoir plus de
temps pour étudier ce projet de loi de 50 articles. Il est bien
évident que nous n'avions pas le temps de scruter, à la toute
dernière minute, chacun de ces articles puisqu'on a à peine
passé une heure de travail sur ce document. Maintenant, nous aurions
préféré que l'argent qui servira à engager, par
exemple, les 593 assistants aux agents de la conservation soit plutôt
utilisé à une meilleure éducation écologique ou
faunique, qu'il soit investi dans ces secteurs.
Nous aurions également aimé que la protection sur ces
zones d'exploitation soit mieux contrôlée puisqu'on se rend compte
que, depuis la création de ces ZEC, en dehors de cela ce sont bien plus
des zones d'extermination. Inutile de vous dire que nous aurions
préféré que l'argent qu'on investira pour donner des
assistants aux agents de conservation serve à donner des cours de
formation afin que notre faune soit mieux protégée.
Le Président: Merci, M. le député de
Mégantic-Compton. Est-ce que cette motion de troisième lecture
relative au projet de loi 71, Loi modifiant la Loi de la conservation de la
faune, sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Russell: Sur division.
Le Président: Adopté sur division. M. le leader
parlementaire adjoint du gouvernement.
M. Duhaime: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
le projet de loi 113 qui apparaît à la page 9 de notre
feuilleton.
Projet de loi no 113 Troisième lecture
Le Président: J'appelle maintenant la troisième
lecture du projet de loi 113, Loi prolongeant certaines dispositions de la Loi
modifiant la Loi pour favoriser la conciliation entre locataires et
propriétaires, le Code civil et d'autres dispositions
législatives. Est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté.
M. le leader parlementaire adjoint.
M. Duhaime: Peut-être, M. le Président, allons-nous
nous rendre à votre souhait d'appeler tout à l'heure le projet de
loi 215, mais je vous inviterais à appeler maintenant le projet de loi
106, à la page 9.
Le Président: J'en suis ravi, M. le leader parlementaire
adjoint. Vous avez bien dit le projet de loi 215?
M. Duhaime: Le projet de loi 106 à la page 9. Nous ferons
le projet de loi 215 tout à l'heure.
Projet de loi no 106
Troisième
lecture
Le Président: A quel article le projet de loi 106
apparaît-il? J'appelle maintenant la troisième lecture du projet
de loi 106, Loi concernant la ville de Saint-Eustache. Est-ce que cette motion
de troisième lecture sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Président: J'appelle maintenant la troisième
lecture du projet de loi 215, Loi modifiant la charte de la ville de
Beauport.
Des Voix: Adopté.
Le Président: Cette motion sera sans doute adoptée.
Adopté.
M. Gosselin: En vertu de l'article 34, j'aimerais seulement
savoir...
Le Président: M. le leader parlementaire adjoint du
gouvernement. (0 h 40)
M. Gosselin: ... j'aimerais seulement qu'on me confirme si la Loi
modifiant la charte de la ville de Sherbrooke a été bel et bien
adoptée en troisième lecture à ce jour. Sinon, je
demanderais qu'on l'appelle également.
M. Clair: M. le Président...
M. Gratton: M. le Président...
Le Président: M. le député de Gatineau.
M. Gratton: Oui. Pourrais-je répondre au
député que oui, la loi a été adoptée?
Le Président: Le 19 décembre, ce projet de loi a
été adopté.
M. Clair: M. le Président...
Le Président: M. le leader parlementaire...
M. Clair: M. le Président...
M. Duhaime: M. le Président, je vous inviterais à
appeler l'article 27) de notre feuilleton.
Projet de loi no 268
Troisième
lecture
Le Président: J'appelle maintenant la motion de
troisième lecture du projet de loi no 268, Loi modifiant la charte de la
ville de Varennes. Est-ce que cette motion de troisième lecture sera
adoptée?
M. Michel Gratton M. Gratton: M. le Président... Le
Président: M. le député de Gatineau.
M. Gratton: ... nous accepterons volontiers la troisième
lecture du projet de loi avec une réserve. La description technique qui
sera fournie en annexe, qui nous a été remise ce matin ou hier,
je ne sais trop, il nous a été impossible d'en faire la
vérification. Nous tenons pour acquis que les vérifications au
ministère des Terres et Forêts, aussi bien qu'au ministère
des Affaires municipales ont été faites. Dans la mesure où
le tout est conforme, selon ces personnes, nous acceptons volontiers de voter
en faveur en troisième lecture.
Le Président: M. le député de
Saint-Hyacinthe.
M. Cordeau: J'appuie la demande du député de
Gatineau.
Le Président: Est-ce que cette troisième lecture
sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
Projet de loi no 127 Deuxième lecture
M. Clair: M. le Président... Le Président: M. le
député de Drummond.
M. Clair: ... le projet de loi no 127 a été
déposé ce matin. Mon collègue, le député de
Nicolet-Yamaska, et moi-même avons travaillé depuis plusieurs mois
à faire apporter un amendement à la Loi de l'indemnisation des
victimes d'accidents d'automobile dans le but d'apporter des amendements
techniques, mais d'une grande importance pour les détenteurs de permis
de conduire. Je n'ai malheureusement pas eu le temps d'en parler à mes
collègues de l'Opposition officielle; si c'était possible, je
requerrais le consentement pour que cette loi soit adoptée. Encore une
fois, cela vient d'un simple député d'arrière-ban et je
pense que mon collègue de Nicolet-Yamaska, qui a également
travaillé très fort pour apporter des amendements à cette
loi, serait d'accord.
M. Fontaine: M. le Président...
Le Président: M. le député de
Nicolet-Yamaska.
M. Fontaine: ... en quelques mots, le projet de loi no 127 est
très important pour des pères de famille québécois
qui ont perdu leur permis de
conduire et qui voudraient le récupérer pour continuer
à avoir leur gagne-pain. Je voudrais faire appel à la
collaboration du Parti libéral, qui a refusé son consentement
là-dessus tout à l'heure, en lui demandant de bien vouloir donner
son consentement pour l'adoption de ce projet de loi et de ne pas jouer le
même jeu qu'il a joué sur le projet de loi no 116 tout à
l'heure.
M. Levesque (Bonaventure): Un instant, M. le
Président.
M. Lalonde: M. le Président...
Le Président: M. le député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Lalonde: ... il semble qu'on fasse appel à la
collaboration du Parti libéral. Naturellement, la collaboration du Parti
libéral, vous l'avez depuis des jours ici pour faire avancer un peu les
travaux qui sont embourbés dans l'incompétence du gouvernement.
Il n'y a aucun doute, et nous l'avons indiqué ce matin, que nous sommes
en faveur du consentement, que nous avons donné d'ailleurs, pour
prolonger les travaux et faire adopter ce projet de loi no 127 qui a fait
l'objet de beaucoup de demandes de citoyens de partout dans cette province, y
compris dans mon comté. J'en ai eu des cas. Nous allons offrir notre
collaboration au gouvernement, sans aucun doute.
Le Président: M. le leader parlementaire du gouvernement,
est-ce que vous appelez...
M. Charron: La deuxième lecture du projet de loi no 127,
M. le Président.
Le Président: J'appelle maintenant la deuxième
lecture...
Des Voix: Adopté. Le Président: Pardon?
M. Charron: Adopté. Le Président:
Adopté.
M. Lalonde: II faudrait bien que le ministre nous dise quelque
chose.
Commission plénière
Le Président: Commission plénière?
Des Voix: Adopté.
Troisième lecture
Le Président: Adopté. Troisième lecture?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté. M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: M. le Président, il ne reste que la motion
à l'article 28) qui vous concerne. Dans les circonstances, je pense
qu'on devrait s'en abstenir, M. le Président, tout en vous rendant
hommage encore une fois.
Dans les circonstances, je me permets de déplorer gravement
l'imbroglio qui surgit en dernière minute alentour de la loi 110, que je
croyais fidèlement acquise par des échanges que nous avions eus.
C'est probablement ailleurs qu'ici que nous aurons l'occasion de l'expliquer,
mais en ce qui me concerne, M. le Président, je n'ai plus aucun autre
article du feuilleton à vous demander d'appeler.
Le Président: M. le chef parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, simplement
pour vérification. Le leader parlementaire du gouvernement vient de nous
informer qu'il avait épuisé l'ordre du jour. Est-ce qu'il y a eu
une motion pour que les commissions puissent siéger après la
prorogation? Vous avez dit que c'était épuisé.
M. Charron: Ce n'est pas un article du feuilleton cela.
M. Levesque (Bonaventure): Vous êtes mieux de ne pas
l'oublier.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Je n'ai pas d'autre motion à faire que
celle-là, M. le Président. M. le Président, je fais
motion...
M. Lavoie: Nous accordons de nouveau notre consentement pour ces
motions parce que normalement il aurait dû y avoir un avis au feuilleton,
M. le Président; elle est de tradition également.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Je demande le consentement de l'Assemblée, M.
le Président et voici le texte de ma motion pour que les
commissions parlementaires de l'Assemblée nationale soient
autorisées à siéger après la prorogation de la
présente session et les projets de loi, ordre ou affaires qu'elles
auront étudiés... M. le Président, à la lecture
même de cet article, cette motion que j'avais l'intention de
présenter est inutile puisqu'il n'y aura pas prorogation de la session,
mais bien ajournement.
Le Président: M. le premier ministre.
Ajournement de la session
M. René Lévesque
M. Lévesque (Taillon): Si on me permet, M. le
Président, puisque c'est vraiment la fin de la
soirée, je crois que nous pouvons tous nous féliciter de
la performance d'ensemble de cette session où au-delà, sous
toutes réserves, de 110, peut-être 115 projets de loi, dont
certains d'une importance marquante, je crois, ont été
adoptés. On ne commentera pas les propos sur la planification. Je pense
que tellement de facteurs ont joué, la télévision,
certaines façons de procéder à cause du règlement
sessionnel. C'est malheureux qu'on arrive avec cette espèce
d'embâcle à essayer de briser à la fin d'une session. En
commençant par vous, M. le Président, je parle de la
présidence tripartite collective, je voudrais remercier et
féliciter ceux qui ont aidé à maintenir tant bien que mal
l'ordre de nos travaux depuis le mois d'octobre, à commencer par
vous-même et vos deux adjoints, les deux vice-présidents,
remercier aussi les officiers, enfin les permanents, nos anges gardiens, nos
conseillers constants sur la bonne façon de faire les choses quand on a
le bon sens de les consulter, qui sont assis ici à la table. Je voudrais
remercier particulièrement les pages de l'Assemblée nationale du
Québec qui nous ont envoyé leurs voeux qu'on a retrouvés
ce soir sur nos pupitres. Je crois que nous devons tous féliciter et
remercier du fond du coeur le personnel de l'Assemblée nationale,
surtout depuis une semaine, dix jours, jusqu'au Parlementaire ou au "snack-bar"
en bas, qui nous a endurés, nous a permis de nous restaurer. On remercie
aussi nos amis de la Tribune de la presse. Le ton était peut-être
rempli de souvenirs, mais c'était sans réticence. Finalement, il
faut dire ceci, M. le Président, c'est qu'il y a des urgences qui quant
à nous sont des urgences auxquelles le Parlement aurait dû
répondre. (0 h 50)
II ne l'a pas fait. Entre autres, parce que ce n'est pas
nécessairement exhaustif et je citerai la loi 116 et le
vacuum, on a cru de bonne foi qu'il y avait une ouverture pour qu'elle soit
adoptée ce soir, avec peut-être des amendements, mais que
l'essentiel soit adopté, parce qu'il s'agit d'une sorte de vide
juridique qui peut être extrêmement dangereux, d'après tous
les avis motivés qu'on a pu recevoir. En ce qui concerne la loi 110,
là encore, on avait des raisons de croire que c'était acquis. On
a peut-être fait des erreurs de compréhension, mais certainement
pas de bonne foi là-dessus. Dans le domaine de la construction, il
s'agit de certains points non seulement litigieux, mais extraordinairement
épineux et dont l'urgence va s'accentuer de jour en jour.
Egalement je le note, parce que je pense que, là aussi, il
y a un engagement d'aller aussi vite que possible, avec tous les scrupules qui
sont permis à des consciences délicates dans le domaine social
il y a la loi 84 qui est extrêmement importante et où une
commission doit permettre d'arriver le plus vite possible à une
troisième lecture qu'on prévoyait au tout début de la
prochaine session. Je crois qu'il y a là suffisamment de substance pour
justifier un changement dans le calendrier que nous avions prévu, ce qui
fait que la session et je suis sûr que le lieutenant-gouverneur
trouvera moyen de nous excuser, parce que nous lui avons fait faire le pied de
grue ce soir ne sera pas prorogée mais elle sera ajournée
sur une motion que fera à la toute fin le leader parlementaire du
gouvernement.
Le Président: M. le chef parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Gérard-D. Levesque
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, c'est presque
la veille de Noël. Tout le monde est heureux, joyeux. Déjà,
on sent les Fêtes, cette amitié, cette fraternité qui doit
caractériser évidemment tout ce qui entoure ces journées
et ces nuits qui s'annoncent. Cela nous fera sans doute oublier assez
rapidement ces jours et ces nuits qui leur ont précédé,
ces longues nuits! Je voulais simplement apporter un peu de changement aux
notes amères qui semblaient être celles qui caractérisaient
la fin des propos du premier ministre.
Je comprends que le premier ministre est déçu de
l'échec qu'il connaît ce soir et que son gouvernement
connaît. Je comprends cela. J'ai assez vécu de l'autre
côté ces moments difficiles pour comprendre les frustrations que
doivent être celles de nos amis d'en face. Pourtant, nous avions
donné le meilleur de nous-mêmes, notre meilleure collaboration
jusqu'à la dernière minute. Cependant, pour demeurer justement
dans cet esprit des Fêtes, je voudrais remercier le gouvernement de nous
permettre de continuer l'étude des projets de loi qui n'ont pu
être discutés suffisamment et adoptés avant cet
ajournement. Nous allons le prouver d'ailleurs à la première
occasion. Nous avions pensé que nous aurions pu continuer demain. Le
gouvernement a préféré remettre cela à plus tard.
Je ne sais pas à quand l'ajournement encore. C'est un secret bien
gardé, mais je dois dire notre grande disponibilité, M. le
Président. Oui, le premier ministre s'apprête à modifier sa
stratégie.
M. Lévesque (Taillon): S'il y avait un consentement...
M. Levesque (Bonaventure): Je voudrais simplement, à ce
moment-ci, rappeler au gouvernement et j'espère que le premier
ministre en prend bonne note, et le leader du gouvernement, malgré la
sympathie personnelle que je peux avoir pour une situation difficile dans
laquelle il a évolué récemment la mauvaise
planification que nous avons connue, particulièrement au cours du
récent mois de décembre qui n'est pas encore terminé. Nous
avons vécu de consentements depuis quatre jours, montrant par là
la grande disponibilité de l'Opposition, son désir d'apporter une
contribution franche et positive.
Encore jusqu'à la dernière minute, nous avons offert, par
le projet de loi no 127 dont nous venons d'adopter les trois lectures dans la
même soirée, nous avons manifesté notre désir de
servir non
pas un parti politique, mais les véritables intérêts
de la population du Québec.
Ce gouvernement nous a habitués à un vocabulaire
particulièrement sophistiqué: le comité des
priorités, la planification, les solutions globales. Toute cette
rhétorique aboutit pratiquement ce soir dans cet effondrement d'un
gouvernement qui a été englouti justement par ce manque de
planification. Je le regrette au nom de l'Opposition officielle. Je le
regrette. Ceci ne m'empêche pas de revenir rapidement à cet esprit
des fêtes et d'offrir, encore une fois, nos meilleurs voeux, M. le
Président, à vous-même, un joyeux Noël, une bonne et
heureuse année, une meilleure année 1979, pour vous en
particulier, M. le Président, à vos collaborateurs et à
vos collaboratrices.
Je voudrais également adresser des voeux au premier ministre. Nul
doute qu'il a une tâche extrêmement lourde. Nous voulons lui dire:
bonne santé. Nous voulons lui offrir nos meilleurs voeux sans
réticence, sans arrière-pensée. Nous voulons
également offrir nos meilleurs voeux au gouvernement, aux membres du
gouvernement, aux membres de l'Assemblée nationale, à nos
collègues. Vous me permettrez de dire un mot particulier de
félicitations à mes collègues de l'Opposition officielle
qui ont donné un exemple de travail, d'assiduité, de
ponctualité et d'un esprit de travail qui a réellement
été exemplaire.
Je voudrais en même temps féliciter tous ceux qui nous
aident ici, à l'Assemblée nationale, tout le personnel de
l'Assemblée nationale: le secrétaire général, ses
adjoints, tous les officiers de cette Assemblée, en particulier les
pages, comme l'a évoqué tout à l'heure le premier
ministre, les gens du journal des Débats, ces nouveaux collaborateurs de
l'équipe de la télédiffusion des débats, les
cameramen en particulier qui, à un moment donné, se sont
peut-être sentis visés un peu, enfin, toute l'équipe
technique qui a fait un excellent travail dans la télédiffusion
des débats.
Je voudrais dire un bon mot également pour tous ceux qui
travaillent partout dans l'ombre, au Parlementaire et, évidemment
je ne l'oublierai pas, soyez-en sûrs nos amis de la tribune de la
presse. Je voudrais, à ce moment-ci, prendre l'avantage du fait que nous
ne sommes plus seuls, maintenant, à l'Assemblée nationale, nous
avons la population du Québec avec nous. Qu'il me soit permis, par le
truchement de ces caméras dont je viens de parler, de formuler, au nom
de l'Opposition officielle, au nom du Parti libéral, et sans aucune
partisanerie, soyez-en sûrs, à la population du Québec nos
voeux les meilleurs de joyeux Noël et de bonne année.
Peut-être devrais-je ajouter: Puisse 1979 être l'année du
référendum! Pourquoi pas? me fait signe le premier ministre. Bien
oui, afin que nous sachions où veut nous amener le gouvernement et
surtout pour permettre à la population de dire non à
l'indépendance du Québec et oui à un
fédéralisme renouvelé qui tienne compte des
intérêts véritables des Québécois qui sont
Canadiens et qui demeurent Canadiens.
M. le Président, je ne veux pas abuser du temps de cette Chambre.
Je dois dire que nous avons été heureux de participer à ce
menu législa- tif. Nous sommes heureux que cette session ne soit
qu'ajournée afin que nous puissions, le plus tôt possible, revenir
dans cette Assemblée. (1 heure)
Le premier ministre demande la parole, M. le Président,
probablement qu'il veut encore une fois poser une question à
l'Opposition. C'est devenu presque une habitude chez lui et déjà
nous voyons que l'Opposition joue un peu, que voulez-vous, le rôle de
gouvernement.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, pour la
deuxième fois ce soir parce qu'il se pourrait que nos voeux de Noël
et du Jour de l'An puissent être formulés un peu plus tard. C'est
peut-être par anticipation que le chef de l'Opposition les formulait ou
alors est-ce qu'on doit le prendre au sérieux parce qu'on aimerait une
réponse. Il a parlé de demain. La motion d'ajournement n'est pas
faite.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, nous sommes
prêts, nous l'avons dit les premiers et d'ailleurs, M. le
Président, nous avons invité le gouvernement, mais il y a une
chose que le premier ministre devrait savoir, c'est lui qui a la
responsabilité, c'est à lui de prendre des
décisions...
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je ne veux
pas faire un débat...
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît!
M. Lévesque (Taillon): Je ne veux pas faire un
débat, je demande s'il y aurait consentement parce que vous n'êtes
pas les seuls.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Charron: Consentement pour la journée de demain?
Non?
Le Président: II n'y a pas consentement, M. le leader
parlementaire.
M. Charron: Suspension de la Chambre, M. le Président,
pour quelques minutes.
M. Goulet: Ne soyez pas trop arrogant parce que cela peut
vous...
M. Charron: Alors, il n'y a pas de suspension.
M. Levesque (Bonaventure): Faites quelque chose, vous avez le
pouvoir.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, est-ce
qu'on pourrait demander au chef de l'Opposition officielle...
M. Levesque (Bonaventure): Encore!
M. Lévesque (Taillon): Oui, s'il vous plaît. Est-ce
qu'on pourrait lui demander de remiser son humour un peu déplacé
après ce qui s'est passé
ce soir et les engagements plus ou moins tenus pour voir quelle serait
la réaction de l'Union Nationale?
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, question de
privilège.
Le Président: M. le chef de l'Opposition officielle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, je veux bien
conserver ce que j'avais appelé l'esprit des Fêtes, une
amitié qui doit caractériser nos relations, mais jamais je
n'accepterai que le premier ministre dise ce qu'il vient de dire. Nous n'avons
jamais ménagé notre temps, nos énergies et nos signes
évidents de collaboration. Le premier ministre vient d'avoir
sûrement un blanc de mémoire parce que nous avons montré
notre collaboration sur plusieurs projets de loi qui ne seraient pas lois au
moment de la sanction si le premier ministre et le gouvernement n'avaient pas
reçu la collaboration positive efficace et nécessaire de
l'Opposition officielle. En plus, M. le Président, le premier ministre
devait être le premier à dire de quelle façon l'Opposition
officielle a bonifié les lois.
Le Président: M. le chef de l'Opposition, s'il vous
plaît.
M. Levesque (Bonaventure): Et je dis, M. le Président, que
le premier ministre ne devrait pas faire ce genre...
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je pense
que décidément il va falloir se souhaiter à tous un joyeux
Noël, une bonne et heureuse année, et beaucoup de
sérénité jusqu'au moment où, après
l'ajournement, la session continuera.
M. Charron: M. le Président...
M. Biron: M. le Président, avant de donner ma permission
pour continuer jusqu'après 1 heure je crois qu'on avait mis la
condition pour 1 heure je voudrais savoir exactement en quoi consiste la
motion du leader.
M. Charron: Je demande trois minutes pour la faire.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Mais est-ce que le premier ministre a reçu une
réponse sur sa proposition que nous nous retrouvions demain, puisque
cela nécessite le consentement?
M. Biron: Si on veut se retrouver demain, je donnerais la
permission pour qu'on se retrouve de 10 heures à 13 heures, demain.
Une Voix: Ce n'est pas assez. M. Claude Charron M.
Charron: M. le Président...
M. Lavoie: Une période de questions de trois heures, c'est
tout!
M. Charron: ... je vais d'abord m'associer à ceux qui ont
exprimé à chacun des membres de l'Assemblée leurs
meilleurs voeux pour le temps des Fêtes. Je veux dire que c'est un peu
avec surprise que je me vois dans l'obligation de présenter une motion
d'ajournement de cette Assemblée. Ce n'est pas une surprise
désagréable, en tout cas en ce qui me concerne. Cela fait
déjà quelques semaines que les députés
ministériels font pression sur moi, mes collègues du cabinet
également, pour que deux mesures que nous estimons essentielles
à l'égard de la classe agricole du Québec et une autre
mesure essentielle au niveau du chapitre des Affaires sociales pour l'ensemble
des citoyens du Québec, et j'ajoute, à regret celle-là
toutefois, parce que je la croyais acquise, une mesure qui risque d'apporter un
assainissement dans l'industrie de la construction soient
adoptées avant Noël.
Malgré tous les efforts que nous avons fournis dans les
négociations, les discussions, les concessions que nous avons faites
dans l'organisation des travaux, certaines semblaient acquises, d'autres ont
même semblé l'être jusqu'au milieu de la dernière
soirée de la session, il semble que ce n'est pas possible. Je dis donc
que c'est avec plaisir dans un sens parce que plutôt que d y renoncer
jusqu'après le discours inaugural de la prochaine session, je sais
maintenant et je puis en informer les agriculteurs du Québec, que
l'Opposition le veuille ou non, nous aurons la loi 116 bien plus vite que nous
le pensions.
J'ajoute une note triste toutefois, en ce qui me concerne,
particulièrement pour la journée d aujourd'hui. J'ai vécu
très intensément les dernières semaines et je vous prie de
croire que c'est un métier ceux qui l'ont déjà
exercé le savent beaucoup plus difficile que je le croyais,
à témoin le député de Maisonneuve, s'il nous
entend. Il reste que, ce soir, j'ai vécu des événements
particulièrement pénibles. Il est essentiel et ceux qui
l'ont vécu, ce métier, le comprennent qu'au-delà de
toutes les stratégies forcément partisanes on n'est pas
ici personne pour se raconter des peurs il y a un prérequis
fondamental dans l'exercice sain de ce métier, c'est la parole
donnée.
Je ne fais pas de cas particuliers, je ne soulève rien, je ne
voudrais surtout pas soulever une série de questions de privilège
qui seraient les unes plus hypocrites que les autres. Ne nommant personne, je
dis, en général, que dans ma vie personnelle, ce soir, à
deux reprises, j'ai vécu des expériences de gens qui,
après m'avoir donné leur parole elle était encore
chaude il n'y a même pas 48 heures me l'ont retirée. Il n'y
a pas de planification possible dans les travaux de la Cham-
bre quand on ne peut plus compter sur cela. Je pense que le chef de
l'Opposition comprend très bien ce dont je veux parler. Fin de ma
parenthèse sur cette expérience que je serai seul à
assumer pendant l'ajournement.
Je propose donc l'ajournement à un peu plus tard au cours de
l'hiver, j'en donnerai la date en conclusion puisque je dois la formuler sous
forme de motion officielle. Je dis ceci, toutefois: les commissions
parlementaires, elles, déjà chargées de la loi 110 et de
la loi 84, seront appelées à siéger quelque part autour du
15 janvier. Donc, lorsque l'Assemblée se réunira, ce sera pour
prendre en considération le rapport de ces commissions et la
troisième lecture de ces lois, mais ce ne sera pas tout. La loi 116 sera
appelée, au stade où elle est actuellement, et que vous le
vouliez ou non, nous vous "tofferons" longtemps, mais nous prorogerons cette
session quand les agriculteurs du Québec auront la loi 116.
Des Voix: Bravo! Bravo!
M. Charron: Puisque nous allons nous revoir au moins par groupes
dans des commissions dans quelques semaines à peine, j'ajoute une
remarque. Comme plusieurs commissions siégeront à compter du 15
janvier je le signale pendant que toute l'Assemblée est attentive
comme plusieurs commissions siégeront à compter du 15
janvier, certaines pour procéder à l'étude de projets de
loi, d'autres, par exemple, la commission de la constitution que j'ai
déjà convoquée ce matin pour les 17 et 18 janvier, je
signale au chef du gouvernement que, comme les membres de l'Assemblée
seront très présents à l'Assemblée et qu'il serait
plus ou moins faux ou vrai de prétendre qu'ils seront en vacances,
étant donné le nombre de commissions qui seront convoquées
les unes après les autres, il serait peut-être inopportun que les
membres soient paralysés dans des campagnes d'élections
partielles avant la prorogation officielle de cette session. (1 h 10)
En ce sens, M. le Président, le travail premier d'un
député est d'être, comme on me l'a tellement de fois
répété au cours des derniers jours, assidu à
l'Assemblée nationale. C'est ici sa place.
Quand la session sera prorogée, nous nous livrerons à des
activités partisanes et des élections partielles pourraient alors
être convoquées. M. le Président, je propose l'ajournement
de l'Assemblée nationale au mardi 6 février à 14
heures.
Le Président: Est-ce que cette motion sera adoptée?
Adopté.
M. le chef de l'Union Nationale.
M. Rodrigue Biron
M. Biron: M. le Président, le premier ministre a fait ses
voeux à la population comme chef du gouvernement, je voudrais tout
simplement ajouter quelques mots très brefs.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale, vous avez
la parole.
Une Voix: II n'y a pas de consentement.
M. Biron: Cette session, M. le Président, a
été très longue. D'ailleurs, le premier ministre a
mentionné 110 à 115 projets de loi et, surtout au cours des trois
dernières semaines, je pense qu'à tous ceux qui ont
participé aux travaux dans cette Chambre, il aurait été
physiquement impossible d'en demander plus. M. le Président, on a eu en
cette Chambre, au cours de cette session, des discussions très fortes,
des discussions viriles, en fait, et j'ai apprécié le courage de
tous ceux et celles qui siègent dans cette Chambre, leur sens du devoir
et surtout leur conviction profonde de se battre pour ce qu'ils croient. Bien
sûr, il y a eu des coups très durs de portés, certains, la
plupart en tout cas, M. le Président, ont été au-dessus de
la ceinture et j'apprécie le travail de chacun des membres de cette
Assemblée nationale.
Je remercie d'une façon toute particulière le caucus de
l'Union Nationale, tout notre personnel; je remercie aussi, M. le
Président, vous, la présidence, et tout votre personnel, les gens
des restaurants, les gens de la tribune de la presse en particulier qui, eux
aussi, comme les députés, ont travaillé très fort,
d'une manière très ardue. Je voudrais tout simplement, en
terminant, offrir encore une fois mon humble collaboration, dire un petit mot
et souhaiter un joyeux Noël et une bonne année, un bon début
d'année en tout cas à notre population du Québec, à
tous ceux et celles qui sont ici et surtout, d'une façon très
particulière, à tous ceux qui sont proches de nos
députés, à tous les parents, à tous les enfants et
aux épouses et aux maris de nos députés qui sont ici, eux
qui sont les premiers à souffrir de l'absence de ces gens. Hier matin,
le député de Jean-Talon le notait et, lorsqu'il est sorti, on a
vu des photos d'un retour à une vie de famille un peu plus normale.
Qui que ce soit qui siège dans cette Chambre a à en
souffrir un jour ou l'autre parce que c'est la vocation, c'est le choix, c'est
la voie que nous avons choisie. J'offre aux familles de tous nos membres, de
tous nos députés, mes meilleurs voeux pour une bonne et heureuse
année et je remercie encore une fois tous ceux de mes collègues
qui ont siégé avec moi.
M. Roy: M. le Président...
Le Président: M. le député de Beauce-Sud.
M. Fabien Roy
M. Roy: Je ne veux pas prolonger, M. le Président, mais je
ne veux pas que mon silence soit interprété comme un signe de
dissidence. Je veux quand même souhaiter à tous et à chacun
un joyeux Noël et une bonne et heureuse année.
M. le Président
Le Président: Alors, joyeux Noël à tout le
monde et j'en profite; tout le monde a parlé du public qui nous
regardait, mais il y a des gens qui ont fait un travail admirable et j'en
profite pour les remercier de façon tout à fait spéciale,
ce sont les gens de l'équipe de la télédiffusion des
débats. L'Assemblée ajourne ses travaux au mardi 6 février
à 14 heures.
Fin de la séance à 1 h 15
ANNEXE
Questions inscrites au feuilleton Question no
5
Questions de M. Grenier (22 février 1978) 1. Du 1er
janvier 1977 au 1er janvier 1978, combien de voyages ont été
organisés par Tourbec? 2. Combien de personnes ont profité de ces
voyages? 3. Quel fut le montant des subventions versées à Tourbec
durant cette période?
Réponses de M. Charron (21 décembre 1978) 1.
Tourbec a réalisé 123 voyages dans le cadre du programme
"Découverte du Québec", subventionné par le
Haut-Commissariat. 2. Il y a eu 2 813 participants pour un total de 7 849
jours-voyages. 3. $ 325 000.00.
Question no 29 Questions de M. Grenier (3 octobre 1978) 1. Pour
chacune des années 1976/77 et 1977/78, combien y avait-il de pourvoyeurs
ayant un permis émis par le ministère du Tourisme, de la Chasse
et de la Pêche? 2. Pour l'année 1977/78, combien de territoires,
autrefois sous bail avec un club privé, sont maintenant sous bail avec
un pourvoyeur? 3. Dans l'affirmative, quels sont les noms de ces clubs
privés et du pourvoyeur qui les a remplacés?
Réponses de M. Duhaime ministre du Tourisme, de la
Chasse et de la Pêche 1. Du 1er avril 1976 au 31 mars 1977: 834
permis Du 1er avril 1977 au 31 mars 1978: 819 permis 2. Un. 3. Le Club
Beauchesne qui a conservé le même nom une fois devenu
pourvoirie.
Question no 30 Questions de M. Grenier (3 octobre
1978) 1. Quels sont les tarifs fixés par le MTCP pour la pêche
au saumon à l'île d'Anticosti? 2. Est-ce qu'il existe des tarifs
particuliers fixés pour la même pêche au saumon pour les
personnes qui partent de Havre-Saint-Pierre à destination de l'île
d'Anticosti?
Dans l'affirmative, quels sont ces tarifs?
2. Non.
Question no 31 Questions de M. Grenier (3 octobre 1978) 1.
Combien de chasseurs ont profité du tarif spécial pour la chasse
au chevreuil, à la baie de l'Ours, à l'île d'Anticosti? 2.
De ce nombre, combien de chasseurs résident sur la Basse
Côté Nord et combien d'entre eux résident à
l'extérieur de ce territoire?
Réponses de M. Duhaime ministre du Tourisme, de la
Chasse et de la Pêche 1. 190. 2. 64 de la Côté Nord 126
de l'extérieur de cette région administrative.
Question no 32
Questions de M. Grenier (3 octobre 1978) 1.
Au cours de l'année 1977/1978, combien de personnes ont profité
des services de l'Association récréative qui administre les
rivières Trinité? 2. Pour chacune des activités
organisées par cette société, quel est le montant total
d'argent versé par ces personnes à l'association? 3. Pour
l'année 1978/1979, quel est le montant des subventions versées ou
à être versées à cette association par le
gouvernement?
Réponses de M. Duhaime ministre du
Tourisme, de la Chasse et de la Pêche
Question no 33
Questions de M. Picotte (24 octobre 1978)
1. Des études ont-elles été entreprises sur la
possibilité d'implanter un centre de pisciculture sur la
Côté Nord, tel que l'avait laissé entendre le ministre du
Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, lors de son passage à Havre
Saint-Pierre, en 1977? 2. Dans l'affirmative: a) par qui ces études
ont-elles été effectuées et à quel coût? b)
quelle est la conclusion de ces études?
Réponses de M. Duhaime ministre du Tourisme, de la
Chasse et de la Pêche 1. Non. 2. Nil.
Question no 39
Questions de M. Picotte (24 octobre 1978)
1. Le ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche a-t-il
affirmé, lors du souper interclubs organisé par la
Société Saint-Jean Baptiste tenu dans les salons de l'Auberge
Grand-Mère en 1977, que son ministère s'apprêtait à
instaurer un programme de crédit touristique, afin de faciliter des
prêts hypothécaires aux propriétaires
d'établissements d'hôtellerie et de restauration, ceci par
l'entremise de la S.D.I.? 2. Dans l'affirmative, à quel stade ce projet
en est-il rendu? 3. Quel montant total le ministère a-t-il
dépensé, depuis le 1er janvier jusqu'au 30 septembre 1978, dans
le cadre de son programme publicitaire "Prenez l'tour du Québec"?
Réponses de M. Duhaime ministre du Tourisme, de la
Chasse et de la Pêche 1. Oui. 2. Lors du sommet économique sur
le tourisme les 30, 31 octobre et 1er novembre 1978, je me suis engagé
à réaliser ce crédit touristique. 3. 1977/78
Production: $200,000. Eté 1978Diffusion: $575,000.
Total: $775,000.
Question no 49 Question de M. Caron (14 novembre) 1. Quel est le
montant total de la subvention ou des émoluments promis par les S.P.E.
à Raymond Lévesque pour la présentation de son monologue
"Environnement et Nature" dans le cadre d'une tournée organisée
à travers les CEGEP du Québec?
Réponse de M. Léger ministre
délégué à l'environnement 1. Un montant de $
30,000. a été alloué en vertu d'un contrat dûment
autorisé, afin de réaliser une tournée dans un minimum de
20 CEGEP à raison de 2 spectacles par endroit, dont 1 destiné aux
cégépiens et 1 destiné aux adultes de la région
concernée (devant s'autofinancer). Donc un minimum de 40
représentations.
Question no 52 Question de M. Lavoie (14 novembre) 1. Au 31
octobre 1978, quelle somme totale le gouvernement avait-il
dépensée, en salaires, honoraires ou autres formes
d'émoluments ainsi que frais de voyages et travaux d'impression pour les
études spécifiques effectuées sous l'autorité de M.
Bernard Bonin, concernant une hypothétique association économique
Québec-Canada?
Réponse de M. Claude Morin 1. Le montant total au 31
octobre pour les études sur la "Souveraineté-Association" est de
$337,243.05 réparti comme suit: Honoraires: $323,213.41
Frais de voyages: 12,450.84 Frais d'impression: 1,578.80 (')
Le montant indiqué pour les honoraires ne comprend pas les
traitements pour les fonctionnaires. Cependant, pour votre information, le
traitement que M. Bonin a gagné depuis son entrée en fonction se
totalise à environ $81,667.00 et celui de sa secrétaire, Mlle
Constance Grenier, au montant de $20,155.00 pour un grand total de
$101,822.00.
Pour ce qui est des frais d'impression, si le travail avait
été exécuté à l'extérieur du
gouvernement, on pourrait compter des frais entre 40% et 70% de plus
considérant le nombre de pages des ouvrages ainsi que le total des
volumes imprimés.
(') A cette date, une seule étude avait été
imprimée. Entre le 31 octobre et le 20 décembre, la plupart des
autres études ont été rendues publiques, ce qui augmente
quelque peu les frais d'impression.
Question no 53 Questions de M. Caron 1. Depuis qu'il a
été décidé de subventionner la construction du
tuyau de rejet des eaux vannes de la compagnie Donohue, à
Saint-Félicien, y a-t-il d'autres entreprises qui se sont
adressées au gouvernement pour faire payer des frais d'études et
d'installation d'équipement en vue d'enrayer la pollution qu'elles
engendrent? 2. Dans l'affirmative, quels sont, dans chaque cas: a) le nom et
l'adresse de l'entreprise; b) le montant de la subvention demandée; c)
la décision rendue?
Réponse de M. Léger ministre
délégué à l'environnement 1. Non.