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(Dix heures quinze minutes)
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Moment de
recueillement. Veuillez vous asseoir.
Affaires courantes. Déclarations ministérielles. M. le
ministre des Finances.
Harmonisation des mesures fiscales
M. Jacques Parizeau
M. Parizeau: M. le Président, le 25 octobre 1979, le
ministre des Finances du gouvernement du Canada déposait le projet de
loi C-17 modifiant le droit statutaire relatif à l'impôt sur le
revenu. A cet égard, il convient d'annoncer que la Loi sur les
impôts sera modifiée afin de mieux harmoniser les régimes
d'imposition fédéral et québécois. Des mesures de
concordance seront applicables aux mêmes dates qu'elles le seront aux
fins de l'impôt fédéral. Leur énumération
apparaît dans une liste jointe à la présente
déclaration que je dépose.
De plus, il convient d'annoncer que d'autres modifications seront
apportées à la loi et aux règlements sur les impôts
dans le but, d'une part, d'harmoniser notre régime d'imposition avec le
régime fédéral et, d'autre part, de corriger des
situations anormales à l'égard de certains contribuables et de
faciliter, en général, l'application de la Loi sur les
impôts.
Ces modifications concernent la modification des règlements
concernant l'épuisement gagné, l'allocation à
l'égard du coût en capital et l'allocation de certains biens,
entre autres, les automobiles utilisées pour fins de location dans une
entreprise de location d'automobiles ou utilisées en vertu d'un permis
pour le transport de personnes contre rémunération, la
réduction du taux d'intérêt relatif à certains
prêts consentis avant 1978 aux fins du calcul de l'avantage
conféré à un employé, la modification du calcul de
la proportion des affaires faites au Québec par un contribuable ayant un
établissement dans plusieurs juridictions lorsqu'il n'y a pas de salaire
attribuable à un établissement au Canada.
D'autre part, j'ai introduit l'an dernier une réforme des droits
successoraux et de l'impôt sur les dons. Etant donné que la
plupart des dispositions qui en découlent sont de droit nouveau, j'ai
cru qu'il serait souhaitable d'examiner les conséquences de leur
application à la lumière de l'expérience et des
commentaires accumulés depuis leur introduction et d'apporter les
modifications qui s'imposent.
Tout d'abord, en ce qui concerne l'impôt sur les dons, les
articles 897b à 897e non refondus de la Loi sur les impôts
relatifs aux distributions de capital de certaines fiducies seront
abrogés avec effet rétroactif au 22 décembre 1978.
La Loi sur les droits successoraux sera également modifiée
relativement à l'inapplication de cette loi à un
bénéficiaire d'une fiducie ou d'une substitution
créée avant le 19 avril 1978, lorsque son droit s'ouvre
après le 18 avril 1978; à la modification de l'exemption
prévue à l'article 26 afin de la rendre conforme à celle
prévue au paragraphe e) de l'article 1199 de la Loi sur les impôts
introduit par l'article 215 du chapitre XXVI des Lois de 1978; à
l'inclusion d'une nouvelle exemption de $75 000 lorsque le
bénéficiaire est le père ou la mère de la personne
décédée ou de son conjoint; à l'inclusion de
certaines modifications d'ordre technique notamment en ce qui concerne les
exemptions et l'application de la loi.
Enfin, dans le domaine des taxes à la consommation, j'annonce que
l'impôt sur la vente en détail ne s'appliquera plus à la
vente de logiciel, quel que soit son support physique, destiné à
une fin autre que personnelle ou domestique ainsi qu'à la vente d'un
bien mobilier produit par une machine ou un appareil relié à un
ordinateur et sur lequel sont consignés des renseignements
découlant directement du traitement de données par cet
ordinateur; à la vente de médicaments aux hôpitaux et aux
organismes de santé et de services sociaux.
Ces modifications prendront effet à compter du 1er janvier 1980
sauf pour celles concernant la vente de médicaments qui a effet
rétroactivement au 28 mars 1979. De plus, à compter du 1er
janvier 1980, la taxe sur les aéronefs non commerciaux utilisés
à la démonstration se calculera mensuellement en fonction de
l'usage de l'appareil et la location d'un bien mobilier avec opérateur
sera considérée être un contrat de service non imposable.
Merci, M. le Président. (10 h 20)
Le Président: Merci.
M. le député d'Outremont.
M. André Raynauld
M. Raynauld: Merci, M. le Président. Cette
déclaration ministérielle est une tradition dans notre Parlement
à la dernière journée avant la fin de l'année
civile. Le ministre des Finances nous annonce des modifications qui ne sont pas
pour nous réjouir en général puisqu'on ne les comprend
pas. Les listes d'ajustement d'ordre tout à fait technique sont
très longues. Je voudrais féliciter le ministre d'avoir mis,
cette année, une bonne partie de ces ajustements techniques en annexe
puisque l'année dernière, on s'en rappellera, il avait dû
les lire et cela n'avait pas ajouté à sa réputation de
clarté.
Cette année, il y a d'autres points soulevés qui sont plus
proches des gens. En premier lieu, je voudrais parler des dépenses
d'automobile. Je voudrais rappeler que le ministre des Finances, l'année
dernière, a augmenté les impôts sur les dépenses
d'automobile de façon très considérable. Cette
année, il ne fait qu'y toucher pour y faire
une modification très mineure. C'est simplement pour rappeler que
cette augmentation d'impôt passée fait mal et continuera de faire
mal.
Il en va de même des droits sur les successions. Ce qui est
annoncé, ce matin, ce sont, d'un côté, quelques
modifications d'ordre technique, mais aussi une exemption additionnelle de $75
000 pour les pères et mères des personnes qui
décèdent. Cela rappelle encore que les droits de succession au
Québec sont les seuls qui existent au Canada. Le ministre des Finances a
cette distinction de continuer à imposer les successions, ce qui a pour
effet, dans bien des cas, d'inciter des gens du Québec à partir
vers d'autres provinces ou même à l'étranger. Cet
impôt sur les successions étant donné que la
province de Québec est la seule à continuer à imposer les
successions entraîne simplement une nuisance, un embarras et un
coût relativement considérable pour ceux qui
décèdent ou pour ceux qui reçoivent les héritages
mais, pour la province de Québec, cela ne rapporte qu'environ $40
millions. Ce n'est pas négligeable, bien sûr, mais il me semble
que dans l'ensembie de l'économie du budget de la province de
Québec, c'est un des points, ces droits de succession, que le ministre
des Finances devrait, le plus tôt possible, s'engager à
enlever.
Ces droits de succession, encore une fois, font du tort à la
province de Québec sur le plan économique et rapportent assez peu
de choses. On se rappellera qu'il n'y a pas moins de dix jours, le ministre des
Finances était même prêt à remettre le produit de la
taxe d'accise sur les carburants, qui avait été imposée
par "feu" le ministre Crosbie, à la population, parce que, disait-il, on
n'a pas besoin d'argent au Québec; on a une situation financière
tellement bonne qu'on est bien au-dessus de ces choses.
Je lui suggérerais fortement que si la situation
financière du Québec est aussi bonne que cela, il aurait
peut-être pu choisir l'occasion ce matin d'annoncer comme cadeau de
Noël qui aurait été fort apprécié
l'enlèvement pur et simple de l'impôt sur les successions.
En ce qui concerne d'autres points de la déclaration
ministérielle de ce matin, on fait allusion à la taxe de vente.
En ce qui concerne l'exemption qui est ajoutée, on peut se reporter au
programme d'ordinateur qui n'est pas une catégorie de bien connue de
tout le monde. S'il enlève cette taxe de vente sur les
médicaments qui sont achetés par les hôpitaux, on se
rappellera, dans ce cas, qu'on a fait quelques détours pour arriver
à cette situation qui est annoncée ce matin. On a d'abord voulu
régulariser les situations de façon que toutes les institutions
paient les impôts comme n'importe quelle autre institution pour en
arriver à une certaine vérité des prix. Je pense que le
ministre des Finances avait employé l'expression, dans un cadre ou dans
un autre, mais là, cette fois-ci, après avoir fait cette
opération, on enlève la taxe de vente sur les médicaments
achetés par les hôpitaux et les organismes de santé et de
services sociaux.
Le ministre des Finances ne fait pas allusion, ce matin, à des
problèmes d'énergie. Je voudrais mentionner à cet
égard que le dernier budget comportait une stipulation fort
intéressante en ce qui concerne le gaz naturel; en effet, on se
rappellera que le ministre des Finances avait suggéré, avait
proposé que le prix du gaz naturel soit maintenu à 65% du prix du
pétrole et le Québec et les Maritimes allaient principalement en
bénéficier, étant donné que cette différence
de prix était introduite pour encourager la substitution vers le gaz
naturel. Bien sûr, cela se faisait dans le cadre et en attente de la
construction d'un gazoduc qui devait traverser le Québec et se rendre
dans les Maritimes éventuellement. En échange d'un tel prix
incitatif, je suppose que le ministre des Finances en temps et lieu pourra
considérer s'il y aura lieu, pour le Québec, d'ajouter à
cette incitation en enlevant la taxe de vente sur le gaz naturel, ce qui a
été une proposition qui circule déjà depuis un
certain nombre d'années et à plusieurs reprises.
Enfin je terminerai ces brèves remarques en me reportant à
la dernière disposition, je pense, qui est proposée ce matin et
qui se rapporte aux aéronefs non commerciaux utilisés pour des
fins de démonstration. Je dirai que cette mesure me laisse perplexe et
soulève des questions dans mon esprit. Cette semaine, on a
examiné le cas d'aéronefs commerciaux et, dans le cas des
aéronefs non commerciaux, on leur a appliqué le régime
spécial de taxe de vente qui s'applique aux aéronefs commerciaux.
On se rappellera tous que la taxe sur l'essence est de $0.042 le litre
aujourd'hui comme régime général et que les
aéronefs commerciaux, c'est-à-dire les avions, payaient $0.007.
Cette semaine, on a augmenté ce $0.007 à $0.013, mais aux
aéronefs non commerciaux qui étaient assujettis à la taxe
de vente générale. On l'a changé de catégorie et
maintenant les aéronefs non commerciaux vont être assujettis
à cette taxe de $0.013 le litre.
Je me demande pourquoi tout à coup, avec ces aéronefs non
commerciaux, on se met à donner des avantages
répétés qui sont un peu inattendus. Je voudrais savoir
s'il y a une usine nouvelle au Québec tout à coup qui s'est
construite dans ce domaine et qu'on voudrait encourager. Est-ce qu'il y a des
gens du côté du gouvernement qui possèdent des
aéronefs non commerciaux et qui voudraient se donner quelques
privilèges additionnels? Qu'est-ce que c'est, cette histoire tout
à coup des aéronefs non commerciaux pour fins de
démonstration? Il faut leur donner deux traitements spéciaux dans
la même semaine, alors qu'il y a tellement d'autres cas qui, semble-t-il,
à première vue, pourraient prétendre à des
régimes un peu plus avantageux sur le plan fiscal.
Peut-être que j'aurai l'occasion aujourd'hui, de soulever, par
exemple, le cas de l'industrie des appareils d'amusement dont certaines
entreprises sont en train de faire faillite à l'heure actuelle parce que
le gouvernement a augmenté l'impôt sur ces machines qui sont
utilisées d'une façon extrêmement radicale au cours de
l'année. Et, tout
à coup, à côté de ces régimes qui
semblent soulever des difficultés énormes à un grand
nombre d'entreprises au Québec, on voit des privilèges, comme
cela, qu'on laisse tomber pour des aéronefs non commerciaux. Je ne sais
pas s'il y a des fins éducatives là-dedans. Le ministre de
l'Education semble intéressé par les aéronefs non
commerciaux. Peut-être que c'est dans la catégorie de la
programmation éducative.
Mme Lavoie-Roux: C'est le plan d'action qui est parti en
orbite.
M. Raynauld: Merci, M. le Président, j'ai
terminé.
M. Morin (Sauvé): Je pense qu'il est davantage
intéressé dans les machines à boules, à ce que je
vois.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale. (10 h
30)
M. Rodrigue Biron
M. Biron: M. le Président...
M. Mailloux: Vous êtes allé chercher votre question
dans les machines à boules!
M. Biron: ... brièvement, le député
d'Outremont a touché plusieurs des points que je voulais toucher; je me
contenterai de redire que ce sont des mesures de concordance et c'est tout
à fait normal à ce temps-ci de l'année, comme à
chaque année. Je voudrais quand même soulever quelques points
particuliers, dont les travailleurs autonomes, les dépenses d'automobile
des travailleurs autonomes, des vendeurs en particulier. On a eu beaucoup de
plaintes, au cours des deux dernières années, au sujet des
mesures prises par le ministre des Finances. On semble changer une toute petite
partie de cette allocation en coût de capital qu'on permet, et je
voudrais que le ministre des Finances, sans prendre de décision
aujourd'hui, réfléchisse sérieusement, d'ici à son
prochain budget, sur toutes ces demandes qui ont été faites, les
nombreuses demandes de tous ces travailleurs autonomes qui ont besoin d'une
automobile pour gagner leur vie.
Que le ministre des Finances réfléchisse
sérieusement, d'ici à son prochain budget, pour voir si on ne
pourrait pas aider un peu ces gens qu'on a taxés lourdement au cours des
deux dernières années.
Il y a un autre point aussi, les droits successoraux. On semble vouloir
libéraliser un peu, mais très peu, en particulier le cas des
bénéficiaires qui seraient le père ou la mère d'une
personne décédée ou son conjoint. Je voudrais que le
ministre des Finances réfléchisse aussi sérieusement
à cette question d'ici le prochain budget. On sait que c'est
peut-être une quarantaine de millions que cela apporte au gouvernement du
Québec en taxes, en droits successoraux. Ce n'est pas tout simplement
cet argent qu'il faudrait protéger, mais cela ferait en sorte que
beaucoup de gens puissent aller à l'extérieur du Québec
même pour essayer de sauver quelques centaines de milliers de dollars;
pendant ce temps, cet argent n'est pas au service de la population du
Québec. Si on pouvait avoir les mêmes droits successoraux
qu'ailleurs au Canada, c'est-à-dire aucune taxe sur les droits
successoraux, on pourrait faciliter ou encourager les gens à laisser
leurs capitaux au Québec, pour les faire fructifier au Québec, en
faisant travailler plus de Québécois autour d'eux.
Il y a aussi un autre point. Je sais que, l'an dernier ou au
début de cette année, le ministre des Finances, pour corriger une
situation qui existait chez des sociétés d'Etat qui
étaient privilégiées en ne payant pas la taxe provinciale,
a voulu imposer une taxe provinciale non seulement aux sociétés
d'Etat, mais aussi aux commissions scolaires, aux municipalités, aux
hôpitaux et aux organismes de santé. Je pense que c'était
plus facile d'imposer cette taxe à tout le monde pour régulariser
une situation qui était complètement anormale vis-à-vis
des sociétés d'Etat, j'en avais parlé ici à
quelques reprises.
Maintenant, on dit: D'accord, les médicaments aux hôpitaux,
aux organismes de santé et de services sociaux ne sont plus
imposés, il n'y aura plus de taxe là-dessus. Je voudrais savoir
du ministre, dans sa réponse, s'il s'attend de corriger un peu la
situation vis-à-vis des commissions scolaires ou des
municipalités ou des autres matériaux dont les organismes de
santé et les hôpitaux ont besoin.
Il y aurait peut-être lieu de corriger une situation anormale,
aussi, en ce sens qu'on est tous d'accord pour que les sociétés
d'Etat paient les taxes comme n'importe quelle entreprise privée, mais
quand il s'agit du domaine de la santé, du domaine de
l'éducation, il y aurait peut-être lieu de corriger, un peu
à la façon dont le ministre vient de corriger, par une
déclaration ministérielle aujourd'hui, afin d'enlever les taxes
sur les médicaments aux hôpitaux; il pourrait peut-être,
aussi, enlever la taxe sur les autres produits que les hôpitaux
emploient, les autres produits que les commissions scolaires emploient à
travers le Québec.
Maintenant, je remarque que le ministre des Finances se proposait
d'enlever aussi la taxe sur la vente de gaz naturel, ce qui a dû changer
à la dernière minute à cause de circonstances produites au
gouvernement fédéral. C'est sûr que cela aurait
été une excellente mesure on nous en a parlé,
déjà, au début de l'année qui favoriserait
l'usage de gaz naturel au lieu d'employer l'huile à chauffage. C'est
peut-être une mesure qui visera à la conservation de
l'énergie.
Je voudrais savoir du ministre des Finances ce qu'il se propose de nous
présenter au cours des prochains mois pour que les citoyens du
Québec puissent bénéficier d'un rabais de taxe sur le gaz
naturel, ou peut-être sur l'huile, afin d'encourager la conservation de
l'énergie, ou quelle mesure on peut prendre dans ce sens. Cela
résume les
quelques remarques que j'avais à faire concernant cette
déclaration ministérielle.
Le Président: Merci.
M. le ministre des Finances.
M. Jacques Parizeau
M. Parizeau: M. le Président, quelques observations
à la suite de ce que nous venons d'entendre. Il est évident,
comme l'a souligné le député d'Outremont, qu'une
déclaration ministérielle comme celle que je viens de faire, en
est une, à toutes fins utiles, technique, qui n'a pas d'incidence
financière particulièrement considérable, mais qui permet
de régler soit des anomalies, soit des imprécisions dans la
façon dont nos lois ont été faites ou sont
rédigées par rapport aux modifications qui sont faites à
Ottawa, de temps à autre, dans leurs propres lois. On essaie
d'éviter quand même qu'il y ait une sorte de jungle fiscale qui
apparaisse.
Je voudrais cependant faire remarquer au député
d'Outremont comme, d'ailleurs, au chef de l'Union Nationale, que les
observations au sujet de la déduction par les travailleurs autonomes de
certains frais liés à l'utilisation de leur automobile, ce qui a
fait couler beaucoup d'encre, il y a quelques mois, étaient, dans
l'esprit du gouvernement et dans les faits, une égalisation du
traitement fiscal de ceux qui se servent de leur automobile pour affaires et de
tous les salariés qui doivent payer les frais courants de leur
automobile sans aucune espèce d'exemption.
Ce que nous avons fait il y a quelques mois, était en sorte dans
notre esprit et, je pense, dans les faits, à toutes fins utiles, une
mesure d'équité sociale pour mettre tout le monde sur le
même pied et faire en sorte que celui qui se sert de son automobile pour
affaires puisse soustraire de son revenu imposable certains frais, mais des
frais qui sont liés à ses affaires et non pas à l'usage
personnel de son auto.
Pour ce qui a trait aux droits de succession, il est exact que depuis
que l'Ontario, l'an dernier, a enlevé ses propres droits successoraux,
le Québec est la seule province qui, maintenant, en ait. Je voudrais
simplement, cependant, faire remarquer aussi bien au député
d'Outremont qu'au chef de l'Union Nationale qu'on continue de se tromper en
s'imaginant que les droits successoraux au Québec incitent à
quitter, ceux qui voudraient échapper à ces droits successoraux
et qui sont propriétaires, en somme, d'une succession ou de ce qui sera
une succession à leur mort. En fait, comme on devrait le savoir, nous
avons changé profondément de taxation, il y a deux ans, et ce
qu'on taxe, ce n'est pas la succession, ce sont les
bénéficiaires. C'est beaucoup plus aléatoire de savoir si
les bénéficiaires qui ne sont pas encore certains d'être
bénéficiaires vont prendre le risque de sortir au cas où
ils deviendraient bénéficiaires. Dans ces conditions, je pense
qu'à la fois le député d'Outremont et le chef de l'Union
Nationale vont peut-être un peu loin dans leurs commentaires.
Le député d'Outremont disait: On devrait, de toute
façon, supprimer ces droits successoraux. Ce serait un cadeau de
Noël à faire. Le ministre des Finances était disposé
à redistribuer toute la taxe sur l'essence que M. Crosbie voulait
percevoir à Ottawa sous forme d'autres réductions
d'impôt.
Bien sûr, M. le Président, ce que j'ai annoncé dans
cette Chambre, c'est que si nous devions, pour nous égaliser avec le
gouvernement fédéral et les autres provinces, percevoir cette
fameuse taxe de $0.18 qui n'existe plus sur le gallon d'essence,
nous l'aurions redistribuée sous forme de baisse d'autres impôts,
taxe de vente, taxe foncière, impôt sur le revenu, tous des
exemples que j'ai donnés. Cela n'aurait peut-être pas
été un cadeau de Noël. Cela aurait été une
redistribution. Faire en sorte de demander à un gouvernement quel genre
d'orientation sociale nous avons, de faire comme cadeau de Noël un rabais
sur les droits de succession, me semblerait assez paradoxal.
Je voudrais dire un mot de la question du gaz naturel et de la taxation
du gaz naturel. Dans les déclarations ministérielles que j'ai
fait parvenir à l'Opposition, il y avait effectivement une allusion
à cela que j'ai supprimée, dont je n'ai pas fait état, ce
matin, et je voudrais en dire quelques mots. Je pense qu'il peut être
dans l'intérêt public qu'on se comprenne bien là-dessus. Le
gouvernement de l'Alberta est très intéressé, depuis fort
longtemps, à faire en sorte que le gaz naturel de l'Alberta puisse venir
au Québec et approvisionner un marché beaucoup plus grand que
celui dont il dispose à l'heure actuelle. Bien sûr, nous sommes
d'accord. Les deux ministres de l'Energie ont successivement indiqué en
cette Chambre à quel point c'était intéressant. Le
gouvernement fédéral, cependant, est intervenu dans le
débat, au cours des derniers mois, et dans la politique des prix. Dans
un cas comme dans l'autre, on souhaitait qu'il y ait une sorte
d'échange, en somme, un prix du gaz au Québec relativement bon
marché, mais à la condition que le gouvernement du Québec
retire sa taxe de vente sur le gaz, ce qui, je pense, est une demande
raisonnable. (10 h 40)
Or, depuis la chute du gouvernement Clark, il est évident que
toute cette question du prix du gaz se trouve à être remise en
cause. Nous ne saurons qu'après le 18 février, lorsqu'il y aura
un nouveau gouvernement à Ottawa, quelle sera la politique à
l'égard des prix du gaz et, à ce moment-là, nous
déciderons s'il convient, sous forme d'échange, contre un prix du
gaz bon marché au Québec, de supprimer cette taxe de vente. Dans
l'intervalle, je pense que ce serait imprudent, inutilement coûteux pour
le Québec de supprimer sa taxe de vente alors qu'il ne sait pas
exactement ce qu'on va lui offrir en échange. Voilà pourquoi, M.
le Président, je n'en ai pas fait état aujourd'hui.
Un dernier mot sur la question des aéronefs. Je pense que le
député d'Outremont confond la taxe sur les carburants et la taxe
de vente. Ce que nous avons fait pour les aéronefs non commer-
ciaux, ce n'est pas de reconnaître que de ce côté-ci
de la Chambre il y a des propriétaires d'aéronefs non commerciaux
à des fins de démonstration en tout cas, s'il y en a, je
n'en ai jamais entendu parler c'est simplement faire en sorte que, dans
le calcul de la taxe qui se faisait fort mal jusqu'à maintenant, on
apporte un certain nombre de précisions qui permettront de faire le
calcul plus facilement, de la même façon que nous avons dû,
il n'y a pas très longtemps, dans les règlements, modifier aussi
la façon dont on fait le calcul de la taxe de vente pour des automobiles
de démonstration. Ce sont essentiellement, M. le Président, des
ajustements qui, au fond, sont intéressants pour les
propriétaires parce que cela clarifie des situations qui, jusqu'alors,
étaient ambiguës. Il ne faut pas y voir plus que cela, M. le
Président, et je vous remercie.
Le Président: Merci.
Dépôt de documents.
M. le ministre des Finances, au dépôt de documents.
DÉPÔT DE DOCUMENTS
Comptes publics et états financiers pour
l'année 1978/79
M. Parizeau: M. le Président, en vertu de l'article 72 de
la Loi de l'administration financière, j'ai l'honneur de déposer
les comptes publics du gouvernement du Québec pour l'année
financière 1978/79, volumes I et II, ainsi que les états
financiers du Québec pour la même période.
Le Président: Document déposé. Merci. M. le
ministre du Travail et de la Main-d'Oeuvre.
Rapport annuel du ministère du Travail et de la
Main-d'Oeuvre
M. Johnson: M. le Président, il me fait très
plaisir de déposer le rapport annuel du ministère du Travail et
de la Main-d'Oeuvre pour l'année 1978/79.
Le Président: Rapport déposé. Merci. M. le
ministre de la Justice.
Rapport concernant la Loi sur la protection de la vie
privée
M. Bédard: M. le Président, je dépose le
rapport annuel requis par l'article 178.22 du Code criminel concernant la Loi
sur la protection de la vie privée.
Le Président: Merci. Document déposé.
Dépôt de rapports de commissions élues. M. le
député de Châteauguay.
Etude des projets de loi nos 280, 244, 218 et
230
M. Dussault: M. le Président, conformément aux
dispositions de notre règlement, qu'il me soit permis de déposer
le rapport de la commission élue permanente des affaires municipales qui
a siégé le 21 décembre 1979 aux fins d'étudier les
projets de loi privés suivants: 280, Loi modifiant la Loi concernant la
cité de Salaberry de Valleyfield, 244, Loi modifiant la Charte de la
ville de Hull, 218, Loi concernant la Corporation municipale de la paroisse de
Notre-Dame de l'Ile Perrot, qui ont été adoptés avec des
amendements, et le projet de loi privé no 230, Loi concernant la ville
de Saint-Jean-sur-Richelieu, dont l'étude a été suspendue.
Merci, M. le Président.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement... Le rapport concernant les projets de loi 280, 244 et 218
sera-t-il adopté?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Rapport adopté. M. le
député de Mercier.
Etude du projet de loi no 48
M. Godin: M. le Président, qu'il me soit permis,
conformément aux dispositions de notre règlement, de
déposer le rapport de la commission élue permanente de la justice
qui a siégé le 20 décembre 1979 aux fins d'étudier
article par article le projet de loi no 48, Loi modifiant la Loi de police, et
l'a adopté avec des amendements.
Le Président: Merci. Rapport déposé. M. le
député de Mercier.
Etude des projets de loi nos 238, 190 et 252
M. Godin: Merci, M. le Président. Qu'il me soit permis de
déposer le rapport de la commission élue permanente de la justice
qui s'est réunie le 20 décembre 1979 pour étudier les
projets de loi suivants: le projet de loi no 238, Loi concernant la succession
de M. Joseph L. Greenspoon, le projet de loi no 190, Loi sur la commune de la
seigneurie d'Yamaska, le projet de loi no 252, Loi concernant certains
immeubles du cadastre de la paroisse de Saint-Jean-Chrysostome, division
d'enregistrement de Châteauguay. La commission a adopté sans
amendement les projets de loi nos 238 et 252. L'étude du projet de loi
no 190 a été remise à une date ultérieure.
Le Président: Le rapport concernant le projet de loi no
238 et le projet de loi no 252 sera-t-il adopté?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Adopté.
Dépôt de rapports du greffier en loi sur les projets de loi
privés.
Présentation de projets de loi au nom du gouvernement.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: Le projet de loi qui apparaît à
l'article i) du feuilleton, M. le Président.
Projet de loi no 80 Première lecture
Le Président: M. le ministre du Revenu propose la
première lecture du projet de loi no 80, Loi modifiant la Loi sur les
droits successoraux et modifiant de nouveau la Loi sur les impôts.
M. le ministre du Revenu.
M. Michel Clair
M. Clair: M. le Président, ce projet de loi donne suite
à la déclaration ministérielle du ministre des Finances.
Il contient, d'abord, des modifications à la Loi sur les droits
successoraux afin de préciser l'application de certaines règles
concernant un bien réputé transmis en raison d'un
décès et pour prévoir la valeur marchande au
décès du donateur d'un bien qui a été donné
dans les trois ans du décès lorsque ce bien a fait l'objet d'une
alinéation par le donataire en faveur d'une personne avec laquelle il
n'avait pas de lien de dépendance.
Il contient ensuite des modifications visant à exempter de droits
certains organismes lorsque l'usufruitier ou l'usager d'un bien est le conjoint
de la personne décédée et à introduire une
exemption de $75 000 tant en faveur du conjoint, lorsque ce dernier n'est pas
autrement exempté de droits sur les biens qui lui sont transmis, qu'en
faveur des père et mère de la personne
décédée ou de son conjoint.
Ce projet de loi contient en outre des modifications au délai de
prescription d'une cotisation et limite l'application de la Loi sur les droits
successoraux aux seules fiducies et substitutions créées
après le 18 avril 1978. Il contient enfin certains articles
prévoyant l'abrogation des dispositions de la Loi sur les impôts
qui permettent le prélèvement d'un impôt sur les dons lors
de distribution du capital d'une fiducie.
Le Président: Est-ce que cette motion de première
lecture sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Secrétaire adjoint: Première lecture de ce
projet de loi.
Le Président: Deuxième lecture, prochaine
séance ou séance subséquente.
Présentation de projets de loi au nom des
députés.
Période des questions orales.
M. le chef de l'Opposition.
QUESTIONS ORALES DES DÉPUTÉS
Conseil du référendum
M. Ryan: M. le Président, à la suite du
dévoilement du projet de question référendaire, beaucoup
de questions se posent dans les esprits, évidemment, à bien des
points de vue. On ne pourra pas toutes les élucider ce matin. Je
voudrais simplement souligner les questions qui se rapportent au
préambule et, deuxièmement, au Conseil du
référendum dont j'ai parlé hier, afin d'obtenir du premier
ministre des précisions quant aux intentions du gouvernement.
En guise d'introduction, je voudrais simplement rectifier une question
de fait. Le premier ministre a fait allusion dans son discours d'hier
dans sa réplique, je crois au référendum
britannique qui contenait, nous a-t-il affirmé, un préambule.
C'est vrai que le référendum britannique contenait un
préambule, mais le préambule était strictement factuel; il
contenait exactement deux lignes et un mot, 20 mots en tout, et était
strictement factuel. Il n'entrait pas du tout dans le contenu de l'option
proposée. C'était laissé entièrement à la
documentation annexe ou marginale qui viendrait s'ajouter. D'ailleurs, je
mettrai à la disposition de ceux qui sont intéressés le
texte exact de la question. Le préambule contenait 20 mots; celui du
gouvernement en contient 89. Vous verrez qu'il y a une différence
fondamentale.
Cela nous ramène à la question que j'ai soulevée
hier et qui a été soulevée hier soir dans une
émission télévisée par un ancien membre du
gouvernement québécois, M. Paul Gérin-Lajoie, expert en
droit constitutionnel, au sujet du rôle du Conseil du
référendum et de la validité du genre de question qu'on
nous propose, qui est chargée d'ambiguïtés, chargée
d'équivoques. Je voudrais demander au gouvernement s'il a l'intention de
constituer, dans les plus brefs délais, le Conseil du
référendum dont il est question au chapitre II de la Loi sur la
consultation populaire.
Deuxièmement, il me semble que ce conseil doit être
formé dès que l'on se met à agir en relation avec la Loi
sur la consultation populaire. C'est écrit à l'article 3: "Le
conseil a juridiction exclusive pour connaître de toute procédure
judiciaire relative à une consultation populaire et à
l'application de la présente loi." On sait que cela élimine tous
les autres recours. C'est seulement ce conseil qui peut être une instance
de recours. On dit, par ailleurs cela est assez curieux; je
n'étais pas là quand cela a été adopté, mais
c'est la loi "Le Conseil du référendum doit donner son
avis sur toute question de droit ou d'ordre technique que lui soumet le
gouvernement relativement à la tenue d'un référendum." (10
h 50)
II y a ceci qui est très intéressant qui complète.
C'est à l'article 5 de la loi. "Dès que l'Assemblée
nationale du Québec est saisie du texte d'une question prévue
à l'article 8 ou d'un projet de loi prévu à l'article 10,
toute demande d'avis relative à cette question ou à ce projet
ainsi que l'avis donné par le Conseil du référendum sont
rendus publics par ce dernier." Ma question au premier ministre contient deux
volets qui découlent de ce que je viens de dire évidemment.
D'abord, le gouvernement entend-il procéder dans les plus brefs
délais à la formation du Conseil du référendum et,
2, est-il prêt à prendre un engagement, ce matin, de soumettre
dans les plus brefs délais au Conseil du référendum le
projet de question dont il a saisi l'Assemblée nationale afin qu'avant
d'entreprendre le débat sur cette question nous soyons tous
éclairés sur la validité légale de la question
comme elle est posée par le gouvernement? Je poserai une autre question
après, toujours au sujet du préambule.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, à
propos de préambule, le chef de l'Opposition est un champion. La
réponse à la... Je ferai remarquer à ces messieurs de
l'Opposition qu'hier, évidemment, c'était son opinion
préliminaire. Le chef de l'Opposition, si j'ai bonne mémoire,
commençait par trouver que la question, on n'avait pas besoin de
l'entourer d'un préambule compliqué et long parce qu'il en avait
déjà une à suggérer, elle serait formulée
comme suit très rapidement: Je pense que c'est trois minutes plus tard
qu'il disait, à la page suivante: Nous attendions ceci. D'abord, une
question claire et précise et qui porterait quant à sa substance
sur le projet péquiste de souveraineté-association portant
à la fois sur l'objectif du gouvernement, c'est-à-dire cela, les
moyens de l'atteindre, c'est-à-dire la négociation qu'on nous
proposait. La deuxième fois, il n'y en avait pas assez à toutes
fins utiles.
Ecoutez, M. le Président, moi je dis simplement ceci.
Premièrement, si le chef de l'Opposition examine un peu les faits
et je ne ferai pas de long préambule, pas plus long que cela, M. le
Président, je n'infligerai pas à la Chambre ce que vient de lui
infliger le chef de l'Opposition. Je trouve cela assez triste, d'ailleurs, le
lendemain d'une question de commencer à faire des avocas-series.
Premièrement, le Conseil du référendum existe
déjà, c'est-à-dire que le juge en chef peut le former
quand il veut, sauf erreur. Si le ministre de la Justice veut corriger. C'est
bien cela? Bon.
Le Conseil du référendum, donc, il existe. C'est au juge
en chef de le former et pas au gouvernement. Deuxièmement, c'est au
gouvernement de soumettre la question s'il a le moindre doute. Or, nous n'avons
aucun doute, ni sur la légalité, ni sur la
légitimité de la question. Donc, ce n'est pas notre intention de
soumettre le projet de question à ce conseil.
Le Président: M. le chef de l'Opposition.
M. Ryan: M. le Président, le premier ministre ne semble
pas apprécier les questions qui portent sur les aspects juridiques. Je
vais lui en poser qui portent sur le fond, sur le préambule toujours et
la question évidemment. Dans une lettre que le premier ministre
adressait aux militants et aux responsables de son parti à la fin
d'octobre de l'an dernier, cela ne fait pas tellement longtemps, il
écrivait ceci: "Un oui au référendum nous donnera donc le
mandat de réaliser la souveraineté et l'association. Cette
approche que le gouvernement a choisie après moult consultations
signifie donc que le référendum devrait porter sur le contenu de
la souveraineté et de l'offre d'association sans dissocier ces deux
parties qui, à notre avis, sont et devraient demeurer
complémentaires dans l'intérêt des uns et des autres. En
disant oui, les Québécois auront exprimé clairement leur
volonté d'accéder au régime que nous proposons. Ils
indiqueront donc nettement qu'ils donnent instruction à leur
gouvernement d'entreprendre avec le reste du Canada les discussions qui
s'imposent à la suite de cette décision collective."
Est-ce que le premier ministre, comme il est le maître absolu de
l'interprétation de sa question, soutiendrait ce matin que le
gouvernement, à l'aide du genre de question qui est proposée,
veut arracher aux Québécois le genre de décision
collective qui était évoquée dans ce texte d'octobre 1978
ou s'il s'est produit un changement dans la pensée du gouvernement? Si
c'est cela qu'il veut demander, pourquoi a-t-il eu peur de mettre dans la
question proprement dite le mandat de réaliser la
souveraineté-association? Tout le monde aurait compris et cela pouvait
se dire dans deux lignes. C'est cela que je voulais dire quand je disais... Il
n'y a aucune contradiction, M. le Président.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je vous
ferais remarquer que c'est le deuxième discours que fait le chef de
l'Opposition pour poser une question... Non, je trouve ça un peu triste.
Je trouve triste que le chef de l'Opposition, pour la deuxième fois
hier...
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
député de Roberval, je pense que le chef de l'Opposition a pu
s'exprimer sans être interrompu, alors je vous demande d'accorder le
même privilège au premier ministre.
M. le premier ministre.
Une Voix: Soyez polis.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, si je peux
il me semble que le sujet est assez important répondre au
chef de l'Opposition qui nous a infligé deux séries de citations
pour poser des questions brèves, je peux tout simplement lui dire ceci:
Quand on parle d'une entente qui est clairement définie, décrite,
concrètement décrite, par anticipation bien sûr, justement,
c'est par
anticipation; quand on parle d'une entente, il faut négocier, je
pense que tout le monde est d'accord là-dessus, et pour réaliser
cette entente, il faut donc la négocier. On aurait pu mettre ce
qui aurait été franchement tomber dans de la plomberie
sémantique réaliser par voie de négociation,
négocier la réalisation. De toute façon, si la population
nous dit oui à une question qui, à notre avis, dit les choses
clairement et honnêtement, ce sont les citoyens qui peuvent en juger.
On dit: II y a une nouvelle entente qui est proposée, sur la base
de l'égalité de deux peuples. Cela, depuis le temps de
Laurendeau-Dunton, en passant par bien d'autres, y compris "Egalité ou
indépendance" de Johnson, cette notion fondamentale était
là: on veut aller chercher l'égalité de notre peuple. Ce
n'est pas parce qu'il est moins nombreux que d'autres, c'est le monde
civilisé qui dit cela, qu'il n'a pas le droit fondamentalement de
n'être inférieur à personne; première chose, le
principe. Deuxième chose, le projet de souveraineté-association;
la souveraineté elle est là décrite et l'association est
là décrite aussi.
Si la négociation résulte en une entente telle que celle
pour laquelle nous travaillons depuis tant d'années, on ira demander aux
citoyens de la ratifier. Tout cela est inscrit dans les trois
éléments de la question. Quant à nous elle est
légitime devant la population et quant à sa
légalité, on pourra faire toutes les avocasseries qu'on voudra,
il n'y a absolument rien qui empêche le Parlement d'adopter une question
légitime.
Le Président: M. le chef de l'Opposition.
M. Ryan: J'essaie de comprendre, j'ai de la misère, plus
j'écoute, moins je comprends. Je voudrais poser une question
additionnelle au premier ministre. Parce que là, il nous demande un
mandat d'aller négocier, et parmi les choses qui sont impliquées
dans le mandat de négociation qu'il veut aller chercher, il y en a dont
lui-même a dit qu'elles n'étaient pas négociables. Je vous
donne un exemple ici. Vous parlez de vos deux objectifs, toujours dans cette
lettre à vos responsables de votre parti, en octobre 1978. Vous dites:
"D'où il s'ensuit que les deux objectifs sont bel et bien décrits
comme complémentaires et que, logiquement, dans la perspective du
référendum, ils doivent être reliés".
Cela signifie-t-il qu'on négocie la souveraineté?
Réponse: non. C'est vous qui répondiez non. Je suis bien content,
ce n'est pas moi. Lorsque par référendum les
Québécois auront exprimé leur volonté
d'accéder à la souveraineté politique, etc. Est-ce que
vous demandez aux Québécois d'approuver dans le projet de
question qui a été soumis c'est la question que je pose au
gouvernement est-ce que si les Québécois...
M. Brassard: Question de règlement.
Le Président: M. le député de
Lac-Saint-Jean.
M. Brassard: C'est le troisième préambule du chef
de l'Opposition, je vous demande de le rappeler à l'ordre.
Le Président: M. le chef de l'Opposition.
M. Ryan: Est-ce que, si les Québécois
répondent oui à la question du gouvernement, ils auront
répondu oui à la souveraineté, oui à l'association
et oui à la négociation ou seulement oui à une
négociation à propos d'objectifs sur lesquels ils ne se seraient
pas prononcés?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, en vous
faisant remarquer que c'est le troisième préambule très
élaboré du chef de l'Opposition, je veux dire, vous avez des
attentions particulières pour les doyens, vous l'avez dit, mais le chef
de l'Opposition n'est pas encore un doyen que je sache et il doit suivre le
même règlement que les autres. (11 heures)
Ce n'est pas parce que j'ai des objections à ses questions, mais
je trouve invraisemblable que le chef de l'Opposition, comme dernier recours,
puisqu'il n'a rien à dire sur le fond on se demande même
s'il aura quelque chose à dire sur le fond le 10 janvier, tel
qu'annoncé ou s'il y aura une sixième ou une septième
remise essaie de travailler dans la plomberie pour voir s'il n'y a pas
moyen d'embrouiller le problème qui est très clair devant les
citoyens.
Quand les citoyens se seront prononcés du fond du coeur,
j'espère qu'ils vont se prononcer dans ce sens-là, c'est la seule
perspective d'avenir pour les années qui viennent, qui nous donne
à la fois la dignité et la sécurité d'un peuple
cela voudra dire ceci: Une chose qui n'est pas négociable,
aucunement, dans ce qu'on peut appeler la vocation normale d'un peuple, c'est
pour cela que tout le monde reconnaît, dans le monde civilisé, le
droit à l'autodétermination, c'est-à-dire de choisir
soi-même le régime qu'on veut, cela appartient à tout
peuple. Quand on aura dit "oui " au référendum, on aura, oui,
très clairement indiqué qu'on veut être maîtres chez
nous, donc qu'on veut la souveraineté. On aura en même temps
indiqué qu'on veut une interdépendance organisée à
laquelle la carte et l'économie nous disent qu'on est appelés. A
partir de là, on aura le mandat d'aller négocier ce nouveau
régime et, si l'entente se fait, on s'est engagé à la
faire ratifier c'est quand même assez important pour cela
par l'ensemble de la population, sur les résultats.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président...
M. Biron: Question additionnelle.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: Je voudrais poser une question au premier ministre sur
la méthode de négociation et d'application des résultats,
puisque le premier ministre a dit: Si l'entente se fait, on s'est engagé
à la faire ratifier par la population. Est-ce que le gouvernement
à l'intention de négocier le tout dans un "package deal" ou s'il
a l'intention, en
négociant, de récupérer certains pouvoirs et
certains impôts pour le Québec, et les appliquer, sans aller
nécessairement jusqu'au bout, au fur et à mesure qu'on peut
aller?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Je pense qu'il y a un mandat
permanent, depuis le temps au moins de M. Duplessis, sinon de M. Taschereau,
peut-être depuis 1880 et le temps de Honoré Mercier, cela n'a
jamais été démenti, il y a eu des hauts et des bas, des
faiblesses et des moments de force, mais il y a un mandat permanent, je le
répète, à tous les gouvernements du Québec de
défendre j'emploie le terme le plus classique de notre langage
politique et autant que possible d'élargir la zone d'autonomie du
Québec. Cela, on l'a pratiqué à travers les
négociations, si on peut les appeler ainsi, mais enfin, les
conférences fédérales-provinciales qui ont abouti, comme
toujours, à l'échec, depuis trois ans et demi, en disant toujours
clairement: Si on peut obtenir quelque chose qui augmente la marge de
manoeuvre, la marge de liberté d'action du Québec, on n'est pas
là pour le refuser. La même chose s'applique à l'avenir
comme au passé, mais le but qui seul correspondrait au mandat... Ce qui
arrivera en cours de route, en cours de négociations, si c'est positif,
je ne vois pas comment on le refuserait, mais une chose est certaine, c'est que
cela ne remplira pas le mandat. Le mandat, c'est essentiellement de changer le
régime politique, c'est-à-dire qu'une province devienne la patrie
et le pays d'un peuple, mais avec un lien étroit, au point de vue
économique, qui est à l'avantage de tout le monde, avec le reste
du Canada.
M. Levesque (Bonaventure): Question additionnelle.
M. Biron: Question additionnelle.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: Je reviens simplement au début. Le premier
ministre nous parle de mandat. Le premier ministre a dit aussi: Si on
réussit ce mandat, nous soumettrons le tout, le changement politique
à la population du Québec. Quel est le scénario
prévu par le gouvernement si le mandat n'est pas réussi avec le
gouvernement canadien ou les autres provinces canadiennes?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Le scénario, si le
député de Lotbinière y tient, est inclus dans cette
phrase. Résultant des négociations, s'il y a un changement de
régime politique, il sera ratifié par la population. Si,
résultant des négociations, il n'y a pas ce changement de
régime politique, on ira de nouveau devant la population pour demander
ce changement de régime politique, mais d'une autre façon.
M. Levesque (Bonaventure): Question additionnelle.
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, il y a une
chose qu'il y aurait peut-être moyen de clarifier, parce qu'on n'aura pas
l'occasion de continuer chaque jour et on devra naturellement se retrouver
seulement au mois de février, au mois de mars. Je ne voudrais pas qu'on
manque l'occasion de demander au premier ministre comment il explique qu'il est
allé lui-même, devant tous les téléspectateurs du
Québec, au mois d'octobre, non pas en octobre 1978, mais en octobre
1979, tout récemment, je pense, sur le réseau de Radio-Canada,
à L'Enjeu, comment expliquer aux gens que, à ce moment-là,
lorsqu'on lui a posé la question: S'il y a un oui, y a-t-il moyen
d'aller dans un deuxième référendum? Le premier ministre a
répondu, substantiellement: Voyons, si on a un oui, ce serait bien
humiliant de retourner dans un deuxième référendum. Dans
la question, je vois qu'on s'en va dans un deuxième
référendum.
Est-ce que la question est changée ou si le premier ministre a
changé d'opinion?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): Un deuxième
référendum pour demander la même chose, oui, ce serait
très humiliant, mais un deuxième référendum pour
faire ratifier...
Des Voix: Ah!
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît!
M. Lévesque (Taillon): Je vous demanderais, s'il vous
plaît... je sais bien que l'Opposition mène la période des
questions, c'est normal, d'après notre règlement, mais je ne
crois pas que vous deviez permettre à l'Opposition de mener les
réponses.
Le Président: M. le premier ministre. A l'ordre! M. le
premier ministre, je pense qu'on va vous laisser vous exprimer.
M. Lévesque (Taillon): Je pense que tous les
témoins il y a quand même des témoins peuvent
voir, dans le public, quelle est l'attitude de l'Opposition en ce moment. Je
dirais que ce n'est pas de l'arrogance, c'est plutôt une espèce
d'é- nervement causée par le vide et la stérilité
de l'Opposition qui est incapable de publier non pas même un
préambule, mais deux lignes, en ce moment, sans aller voir M. Bill Davis
ou d'autres en Ontario, pour savoir si cela collerait.
Chacun ses référendums, M. le Président. Quand le
chef de l'Opposition aura terminé son référendum des
politiciens anglo-canadiens, peut-être qu'il osera parler aux
Québécois. En atten-
dant, j'avoue qu'à force de plomberie et d'avocas-serie, j'ai un
peu oublié la question du député de Bonaventure, mais le
mot "L'Enjeu" me la ramène à l'esprit.
Il est vrai que s'il s'agit de quoi que ce soit qui ressemblerait...
j'aimerais bien que, pour une fois, puisqu'il s'agit quand même... qu'on
ne se trompe pas, il y a une dynamique dans le processus qui est engagé,
il s'agit de l'avenir de notre peuple. On peut bien le placer dans le
fédéralisme, comme y tient absolument le chef de l'Opposition,
avec les illusions qu'on sème et la présomption avec laquelle on
pense faire mieux que tous ceux qui sont venus avant, cela, c'est le droit de
l'Opposition. On en parlera si, finalement, ils nous sortent la pseudo-recette
magique qui va renouveler un processus qui n'a jamais marché. On verra
au mois de janvier, février, mars ou dans la semaine des quatre
jeudis.
De toute façon, nous, on dit ceci très
sérieusement: S'il y a une entente, elle impliquera forcément
qu'on devra se donner une constitution complète, dans le Québec,
et elle impliquera forcément que, de toute façon, il va falloir
faire ratifier une entente sous forme d'accord ou de traité, et cela se
fait de façon civilisée, en consultant les citoyens. Cela ne peut
pas, quant à nous être parachuté littéralement sur
la tête d'une population, dans une société
démocratique, sans que les citoyens ne l'approuvent.
Si, d'autre part, sur le fond de la question, il y a un échec
complet des négociations et qu'on se cogne sur un mur, à notre
avis, on ne changera pas notre idée, mais il faut également, de
nouveau, demander aux citoyens: Etes-vous prêts qu'on aille, tous
ensemble, plus loin parce qu'ils n'ont pas voulu écouter la voie
démocratique qui exprimait l'intention du Québec? (11 h 10)
Je suis convaincu que deux sociétés démocratiques
vont négocier et qu'on arrivera à un accord si la majorité
des citoyens, clairement, dit que c'est cette direction que nous voulons
prendre.
Des Voix: Bravo!
Usage du français dans les professions
M. Ciaccia: M. le Président...
Le Président: M. le député de
Mont-Royal.
M. Ciaccia: ... ma question s'adresse au ministre d'Etat au
Développement culturel. Au mois de décembre, le ministre a
rencontré les représentants du Conseil des minorités,
accompagné et appuyé par les représentants de
l'Association des étudiants du Québec et le Rassemblement des
étudiants universitaires du Québec. Ils ont demandé une
extension raisonnable du délai prévu à l'article 39 de la
loi 101 qui prévoit qu'après 1980 il n'y aura pas d'extension et
de possibilité d'avoir des permis temporaires pour la pratique des
professions pour ceux qui ne réussissent pas l'examen de l'Office de la
langue françai- se. Cette situation cause des problèmes assez
graves à certains membres des groupes minoritaires et
spécialement parmi les infirmières. Le ministre pourrait-il nous
dire, premièrement, s'il a trouvé raisonnables les arguments du
Conseil des minorités et, deuxièmement, s'il est prêt
à répondre aux représentations faites par le Conseil des
minorités et à permettre l'émission de permis temporaires
en prolongeant les délais présentement prévus dans la
loi?
Le Président: M. le ministre d'Etat au
Développement culturel.
M. Laurin: M. le Président, j'ai effectivement
rencontré des membres du Conseil des minorités qui m'ont
demandé si nous étions préparés à amender
loi ou règlement comportant la connaissance d'usage du français
dans les professions. Evidemment, je leur ai rappelé, avant de leur
donner une réponse, qu'il y a maintenant près de dix ans que le
gouvernement du Québec a laissé entendre que la connaissance du
français serait nécessaire pour l'exercice des professions au
Québec. Ce n'est pas une invention du gouvernement du Parti
québécois. Déjà, en 1970, la Loi modifiant la Loi
de l'admission à l'étude des professions et d'autres dispositions
législatives demandait, à l'article 2, que les futurs
diplômés aient une connaissance d'usage de la langue
française. De nouveau en 1973, la loi intitulée Code des
professions demandait, à l'article 46, une connaissance d'usage de la
langue française. De nouveau, la Loi sur la langue officielle, en 1974,
la loi 22, demandait, à l'article 21, que les futurs
diplômés aient une connaissance d'usage de la langue
française. Tout ce que nous avons ajouté avec la loi 101, c'est
la demande d'une connaissance appropriée du français à
l'exercice de leur profession.
Donc, il y a au moins dix ans, M. le Président, que les
professionnels et surtout ceux qui sont responsables de leur formation savent
que la connaissance du français sera essentielle pour l'exercice d'une
profession de façon à satisfaire le droit à tout
Québécois de se faire traiter ou d'avoir des services dans sa
langue. Si, après toutes ces années, les autorités
scolaires n'ont pas encore été capables de dispenser à
leurs élèves un enseignement qui leur permet d'avoir cette
connaissance d'usage du français, il ne faudrait sûrement pas en
blâmer le gouvernement et l'accuser de dogmatisme ou d'intransigeance
quand il demande de considérer d'un oeil un peu critique les demandes
qui lui viennent à cet égard. Il y a là, en effet, une
continuité de société et non pas un acte intolérant
de la part d'un gouvernement.
D'ailleurs, je pense qu'il n'est pas un mystère, depuis quelques
années, de dire et c'est un accord général de notre
société que les professionnels qui exercent leur
profession au Québec doivent le faire de façon à respecter
les exigences fondamentales et légitimes des citoyens
québécois. C'est dans cet esprit, M. le Président, que
j'ai examiné la demande du Conseil des minorités.
Je leur ai rappelé aussi qu'il y a quand même près
de deux ans que cet article a été élaboré et il
aurait dû faire l'objet d'une réflexion critique et
raisonnée aussi bien de la part des institutions qui dispensent la
formation que des candidats à l'exercice des professions.
Ceci dit, M. le Président, j'ai quand même
écouté avec sympathie leur demande et nous sommes en train de
réviser toute cette question du passage des tests à la
lumière des connaissances docimologiques aussi bien que des
connaissances sociologiques que nous possédons. Je dois dire que le
processus va bon train et qu'il est possible, en effet, que nous puissions,
malgré tout, faire un dernier geste pour permettre à des citoyens
de s'ajuster aux exigences normales d'une société.
Le Président: M. le député de
Mont-Royal.
M. Ciaccia: M. le Président, puisque plus de 40% des
candidats ne réussissent pas leurs examens, c'est soit que ces personnes
n'ont pas été préparées adéquatement par le
système scolaire à parler et à pratiquer le
français, et alors elles sont vraiment les victimes d'un système,
ou soit que les standards de vos examens sont trop élevés. Est-ce
que le ministre serait prêt à retenir une des recommandations que
j'ai faites dans un document sur les communautés ethniques et dont vous
avez reçu copie, à savoir que le gouvernement organise des stages
en français pour ces candidats pour leur permettre d'apprendre le
français dans leur propre profession? Ainsi, cela pourrait
répondre à la fois aux besoins des candidats et aux objectifs
visés par cet aspect de la loi no 101, c'est-à-dire de pouvoir
donner les services à la population en français.
Le Président: M. le ministre d'Etat au
Développement culturel.
M. Laurin: M. le Président, les examens actuellement
dispensés pour l'admission de certains professionnels ne sont
sûrement pas trop sévères, de l'avis de tous ceux qui les
ont examinés et même d'un certain membre de l'Assemblée
nationale qui, un jour, a décidé d'assister à la passation
de ces examens et qui a trouvé qu'ils n'étaient pas
exagérément sévères, loin de là. D'ailleurs,
nous avons plusieurs expertises à cet égard qui démontrent
que la connaissance exigée est tout à fait normale et ne
dépasse pas les exigences ordinaires de compréhension orale ou
écrite de la langue. Mais, malgré cela, nous sommes en train,
comme je le disais tout à l'heure, -d'évaluer les examens
antérieurs et d'en instituer de nouveaux. Ce processus est actuellement
en marche et je pense que d'ici quelques mois nous serons en mesure, pas
seulement d'ailleurs pour les infirmières, mais pour toutes les autres
professions, de raffiner et d'en arriver à un meilleur type
d'examen.
Le Président: Question principale, M. le chef de l'Union
Nationale.
Rôle de la femme au foyer et dans les
affaires
M. Biron: Ma question s'adresse à la ministre d'Etat
à la Condition féminine. Je sais que la ministre s'est plainte
d'avoir été négligée par cette Chambre depuis sa
nomination. C'est vrai qu'il faut aussi reconnaître que la ministre a
été occupée considérablement ces derniers temps
à l'extérieur de la Chambre, au Québec et au Canada. Je
voudrais quand même lui fournir l'occasion de terminer cette session en
beauté.
Je voudrais qu'elle nous dise un peu où en est rendu le
gouvernement dans ses réflexions et dans sa prise de position sur un
dossier qui m'intéresse particulièrement sur la condition
féminine, soit les mesures que le gouvernement entend nous proposer pour
revaloriser le rôle de la femme au foyer, et, deuxièmement, les
mesures qu'elle entend nous proposer aussi pour reconnaître l'apport
économique de la femme au développement du Québec.
Le Président: Mme la ministre d'Etat à la Condition
féminine.
Mme Payette: M. le Président, vous admettrez que c'est une
question vaste et que cela me prendrait beaucoup de temps pour y
répondre adéquatement. Je vais essayer de résumer. Le
gouvernement s'est donné comme priorité pour l'année
à venir trois grands sujets qui me paraissent importants: La
fiscalité et les femmes québécoises, la santé des
femmes québécoises et les femmes et le marché du travail.
Je pense que, quand on parle de la fiscalité, on touche aussi les femmes
au foyer, dans la mesure où elles se plaignent depuis de nombreuses
années de ne pas avoir accès au Régime de rentes du
Québec. C'est une question que nous allons fouiller. Nous travaillons
présentement au dossier des femmes collaboratrices de leur mari, qui est
un dossier qui a été mis à jour il y a plusieurs
années par un groupe particulièrement actif, l'AFEAS, et nous
espérons aboutir dans un bref délai sur cette question-là.
Nous continuons d'évaluer la possibilité d'introduire, par le
biais des affaires sociales, ce que le rapport du Conseil du statut de la femme
appelait une allocation de disponibilité pour les femmes au foyer qui
élèvent de jeunes enfants. (11 h 20)
Cela fait partie, comme vous le voyez... parce qu'il y a de multiples
petits morceaux et ce dont on se rend compte, c'est que si on touche un petit
morceau, on affecte l'ensemble de la fiscalité québécoise
qui repose, à notre avis, sur une philosophie qui tient pour acquis que
la femme est la personne à charge. A partir du moment où on fera
accepter aux finances de revoir cette philosophie de base, je pense qu'on
tiendra compte du fait que 40% des femmes mariées travaillent à
l'extérieur du foyer ce n'est pas négligeable comme nombre
non plus mais que pour beaucoup de femmes, cela reste absolument
inaccessible et qu'elles sont véritablement des femmes au foyer à
temps plein.
J'ai signalé les trois grands sujets qui vont nous occuper, mais
je pense qu'il est important, puisqu'on me donne la possibilité d'en
parler juste avant notre départ, de souligner que le gros morceau
viendra très certainement à la reprise des travaux et ce sont les
amendements prévus au chapitre II du Code civil qui touche non seulement
les femmes qui travaillent à l'extérieur mais les femmes au
foyer, puisque c'est essentiellement les conditions de leur vie quotidienne qui
sont touchées par le Code civil.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: Je remercie la ministre de sa réponse. En
question additionnelle, je voudrais savoir si son ministère a
étudié la possibilité pour le gouvernement du
Québec de faire un peu comme l'avait suggéré le
gouvernement d'Ottawa avant sa défaite, soit d'aider d'une façon
tout à fait particulière les femmes collaboratrices de leur mari
au niveau des petites et moyennes entreprises. Je pense à
l'épouse d'un producteur agricole en particulier qui ne peut pas
recevoir une déduction sur son impôt parce qu'elle travaille avec
son mari et que c'est considéré comme si elle ne travaillait
pas.
Le Président: Mme la ministre d'Etat à la Condition
féminine.
Mme Payette: M. le Président, cela fait plusieurs mois que
je me permets de dire qu'il est rare qu'on voie au Québec ou ailleurs
Dubois & femme sur une affiche; on voit Dubois & fils, Dubois &
frères, Dubois & père mais Dubois & femme, c'est assez
rare, alors que dans la plupart des cas, c'est souvent la femme qui est la
collaboratrice du mari. Il y a une chose cependant; dès que j'ai appris
que ce dossier était censé être réglé au
niveau fédéral, nous avons communiqué avec le ministre des
Finances du gouvernement fédéral de l'époque et on a
appris, bien sûr, que c'était un engagement au niveau du discours
du budget, mais qu'aucun travail n'avait été véritablement
fait sur la question, si bien qu'on n'était pas en mesure de nous
indiquer comment on avait l'intention de s'y prendre à Ottawa pour
régler le problème. Alors, je pense qu'on va peut-être
arriver à trouver les solutions de ce côté-ci avant
Ottawa.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale.
M. Biron: Cette suggestion du gouvernement fédéral,
tout de même, qui a été retenue par la ministre d'Etat
à la Condition féminine, est-ce qu'on a une chance de voir
quelque chose de précis dans le prochain discours inaugural ou dans le
prochain discours du budget du ministre des Finances concernant cette
étape importante à franchir pour la libération de la femme
collaboratrice de son mari dans les petites et moyennes entreprises?
Le Président: Mme la ministre.
Mme Payette: Je pense, M. le Président, que je peux dire
que c'est probablement le dossier, à l'intérieur de la
fiscalité, qui est le plus avancé actuellement.
Le Président: M. le député de Chauveau.
Amérindien abattu par un policier blanc
M. O'Neill: M. le Président, il y a peut-être deux
mois et même un peu plus, s'était déroulé un
événement malheureux sur la réserve amérindienne de
Caughnawaga alors qu'un Amérindien non armé avait
été abattu à bout portant par un policier blanc. Depuis ce
temps, je sais que le ministre de la Justice avait demandé qu'on fasse
une enquête. J'aimerais, ce matin, pour l'information de cette
Assemblée, demander au ministre de la Justice de faire le point sur
cette affaire.
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: Le point sera très court, M. le
Président, puisque effectivement, tel que je l'avais dit, le coroner, M.
Cyrille Delage, a fait l'enquête qui s'imposait et selon mes
informations, il doit rendre jugement incessamment.
M. Forget: Question supplémentaire.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
M. Forget: II a été, bien sûr, question de
l'enquête du coroner pour savoir où était la
responsabilité criminelle ou s'il y avait responsabilité
criminelle dans le cas de cette mort. Quant au problème plus
général posé par les services policiers dans des
réserves et particulièrement dans cette réserve, est-ce
que le ministre de la Justice en est arrivé à des conclusions? Il
semble que ce service policier ou ce service de maintien de l'ordre de la
réserve n'était pas agréé par le ministre de la
Justice, n'était pas intégré comme il devrait
l'être, au moins du point de vue des Indiens.
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: Les problèmes policiers qui peuvent
exister concernant la présence ou la protection policière dans
les réserves sont réglés dans bien des cas. Evidemment,
dans le cas précis auquel réfère le député
de Saint-Laurent, nous n'en sommes pas encore arrivés à une
solution définitive.
Cependant, d'une façon continuelle, les rapports se poursuivent
et le dialogue se poursuit entre le directeur de la Sûreté du
Québec et les autorités constituées de la réserve
et ces rapports sont très cordiaux et, je pense, s'orientent dans un
sens positif, dans le sens d'essayer de trouver le plus rapidement possible une
solution qui satisfasse les parties concernées.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
Enquête sur l'administration de Laval
M. Forget: Question principale, M. le Président. Il y a
quelques jours, nous apprenions qu'une commission d'enquête qui avait
été créée à la fin de 1978 pour faire
enquête sur l'administration de la ville de Laval avait été
arrêtée net dans son travail par la Cour supérieure qui
acceptait, au moins provisoirement, l'argument à savoir qu'il s'agissait
d'une enquête illégale parce qu'elle contrevenait aux dispositions
du Code municipal, c'est-à-dire de la Loi constitutive de la Commission
municipale qui serait seule habilitée à faire des enquêtes
dans le domaine de l'administration municipale. Comment le ministre peut-il
expliquer, M. le Président, que le ministère de la Justice n'ait
pas détecté ce problème bien avant que des centaines de
milliers de dollars n'aient été dépensés pour une
enquête qui s'avère maintenant en dérogation de la loi?
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: M. le Président, le député
de Saint-Laurent aura l'honnêteté de mentionner quand même
que la cour a fait référence à une disposition et
je ne veux pas porter de jugement de valeur qui remontait à 1926,
je pense, et qui a pu engendrer des difficultés en termes
d'interprétation. Je ne veux pas porter un jugement sur le jugement
lui-même. Ce que je puis dire, c'est que j'ai demandé au
contentieux du ministère de la Justice de faire rapidement
l'étude du jugement qui a été rendu aux fins
d'apprécier la possibilité, je dirais plus, la probabilité
d'interjeter appel de cette décision qui a été rendue par
la Cour supérieure.
Le Président: M. le député de
Saint-Laurent.
M. Forget: Question supplémentaire. Il y a deux personnes
qui ont été nommées pour siéger comme commissaires
d'enquête relativement à cette question de la ville de Laval et
dans les deux cas, un M. Boucher et un M. Lefebvre ont soit refusé le
mandat qui leur était offert par le gouvernement ou ils ont
démissionné dans les jours qui ont suivi. Est-ce que le ministre
pourrait nous dire quelles sont les raisons qui ont fait que successivement
deux personnes ont refusé de participer à l'enquête et
est-ce que ces refus étaient at-tribuables, dans une mesure quelconque,
à des irrégularités ou au caractère exceptionnel,
exorbitant de cette enquête dès qu'elles en prenaient
connaissance?
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: Ces décisions, M. le Président,
selon les informations que j'ai, ne tiennent pas au caractère de
l'enquête ou à des difficultés techniques auxquels
réfère le député de Saint-Laurent. Mes informations
sont à savoir que ce sont pour des raisons personnelles et je pense que
cela, c'est une chose qu'il faut respecter en ce qui me regarde.
Le Président: M. le député de Laval.
M. Lavoie: Question additionnelle. On sait que cette
enquête a eu un départ assez accidentel, si on peut dire, parce
que le gouvernement a pris, a adopté six arrêtés en conseil
différents pour mettre en marche cette enquête, six, entre le mois
de septembre 1978 et le mois de juillet 1979. On sait que le problème
semble venir du fait que le premier arrêté en conseil ordonnait
une enquête par la Commission municipale du Québec où on
nommait M. Brabant comme enquêteur ad hoc. Après cela, vous avez
décidé en cours de route de changer la base ou le fondement de
l'enquête pour passer par la Loi des commissions d'enquête. (11 h
30)
Dans le deuxième arrêté en conseil du 2 mai 1979, il
est dit: "Attendu que l'article 23 de la Loi de la Commission municipale du
Québec dispose que seuls les enquêteurs
délégués par la commission sont investis des pouvoirs et
des immunités de commissaires nommés en vertu de la Loi des
commissions d'enquête; attendu qu'on a mis en doute que Me Brabant fut
investi des pouvoirs..."
Un peu plus loin, il est dit qu'on ne pourrait pas procéder
à une modification de la Loi de la Commission municipale en temps
opportun pour faire le changement. Mais effectivement, dans le même mois,
il y a un amendement à la Loi de la Commission municipale autorisant de
nommer des enquêteurs ad hoc. Dans le même mois, au mois de mai, on
a adopté ici la loi 33 autorisant la Commission municipale à
nommer des enquêteurs ad hoc comme M. Brabant. Je pense que le ministre
doit à cette Chambre des explications sur tout ce processus difficile de
la mise en marche de cette enquête, six arrêtés en conseil
qui aboutissent devant un jugement qui semble déclarer cette commission
illégale. Ce que je vous dis, c'est que je pense que, par les erreurs
des arrêtés en conseil, vous avez fait éterniser cette
enquête. Est-ce que le ministre s'engage à prendre tous les moyens
pour que cette enquête, qui fait un tort énorme au
développement économique de Laval, puisse se terminer suivant le
cours normal de la loi?
Le Président: M. le ministre de la Justice.
M. Bédard: Je pense que le député de Laval
comprendra que je ne peux engager une discussion sur les points de droit ou sur
les faits qu'il soulève à notre attention, étant
donné que les probabilités sont très grandes que cette
cause soit portée en appel. Je me dois, comme le député de
Laval, de respecter la juridiction de la Cour supérieure qui, à
ce moment, serait en mesure de rendre le jugement et d'évaluer tous les
faits qui seraient portés à son attention.
Il est clair que le processus a demandé plusieurs
décisions auxquelles réfère le député de
Laval. Je dois lui dire aussi qu'il n'y a pas seulement le processus qui
a été d'une certaine façon difficile; l'enquête
aussi est difficile, mais elle va aller jusqu'au bout. Je puis assurer le
député de Laval que nous ferons diligence pour que, le plus
rapidement possible, si telle est notre décision, le tout soit soumis
aux autorités qui sont concernées, à savoir la Cour
supérieure.
Le Président: Fin de la période des questions.
Motions non annoncées
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, prenez note que le
député de Nicolet-Yamaska, à la prochaine séance,
aura droit à une question.
Le Président: Prochaine séance, M. le
député de Nicolet-Yamaska.
Avis à la Chambre
M. Charron: M. le Président, vous savez qu'il y a un vote
en suspens. Après consultation, je voudrais proposer que, même si
c'est à ce moment-ci, selon notre règlement qu'on devrait le
faire, puisque l'Assemblée sera appelée vers la fin de la
séance aujourd'hui, juste avant l'ajournement, à se prononcer,
par ailleurs, sur les nominations qui, en vertu de notre loi, requièrent
les deux tiers de l'Assemblée, nous pourrions faire le vote
enregistré à ce moment. Je pense que j'ai le consentement de
l'Opposition officielle et de l'Union Nationale.
Je voudrais toutefois proposer et celle-là elle est
d'urgence que la commission des affaires municipales...
M. Scowen: En vertu de l'article 34, M. le Président.
M. Charron: Oui, en vertu de l'article 34, allons-y.
Le Président: M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: Je veux simplement demander au leader s'il a
l'intention de convoquer aujourd'hui la commission parlementaire sur la
SGF.
M. Charron: Oui, M. le Président, je pense qu'on peut
convoquer les membres de la commission de l'industrie et du commerce en
même temps pour mettre le point final, d'ici 13 heures, au débat
entamé sur la Société générale de
financement et les nouvelles directives.
Le Président: Si je comprends bien, M. le leader
parlementaire du gouvernement, à l'enregistrement des noms sur les votes
en suspens, il y a consentement unanime pour que le vote se fasse à
l'ajournement sur la Loi sur la santé et la sécurité du
travail.
M. Charron: Exactement, M. le Président.
Le Président: De même qu'il y a un consentement
unanime pour un vote sur une motion non annoncée que vous deviez
faire.
M. Charron: Exactement, M. le Président.
M. Levesque (Bonaventure): C'est-à-dire près de
l'ajournement. Je n'imagine pas qu'on ait un vote sur l'ajournement
lui-même.
Le Président: Non, très bien. Aux avis à la
Chambre, M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: Voici l'avis que je dois donner à la Chambre.
Vous savez, la question la plus populaire que je me fais poser depuis le
début de la semaine c'est: Quand va-t-on finir? Je voudrais donner une
indication.
Une Voix: Aujourd'hui.
M. Charron: C'est aujourd'hui. Voici comment nous allons
fonctionner. Dès que ma motion sera adoptée, nos collègues
de la commission des affaires municipales se réuniront pour terminer
leur travail de même que ceux de l'industrie et du commerce, comme je
viens de l'indiquer. Ceux de l'industrie et du commerce devront terminer leur
travail à 13 heures. Ceux des affaires municipales devront
peut-être dépasser 13 heures pour mettre un point final à
leur travail, mais la Chambre, elle, s'adonnera à tout ce qui reste au
feuilleton ou à peu près selon le programme que j'ai
indiqué à l'Opposition et nous suspendrons nos travaux
jusqu'à 14 h 30. A 14 h 30, il semble toutes les
prévisions sont là pour le confirmer que le travail des
affaires municipales sera terminé et qu'à ce moment-là
nous pourrons nous retrouver ici pour procéder à la prise en
considération du rapport de cette commission et à sa
troisième lecture, ensuite, aux deux votes que je viens d'indiquer et
à l'ajournement de la Chambre à une date que j'indiquerai
à ce moment-là.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président...
Le Président: M. le leader parlementaire de
l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): ... le leader parlementaire du
gouvernement nous annonce la fin de nos travaux pour aujourd'hui, il ne fait
que se conformer au règlement, M. le Président. Il devra compter
sur notre consentement pour l'adoption des projets de loi dont il a
parlé avec une assurance et une certitude qui m'amènent à
lui demander d'être plus prudent. Deuxièmement, M. le
Président, il pourra toujours compter sur notre meilleure collaboration.
Dans cet esprit, je lui demanderais s'il est possible et je le fais
après une consultation encore toute récente avec les membres ou
certains membres de la commission
qui étudient le projet de loi no 57 parce que plus
réaliste, que nous suspendions nos travaux au moment opportun et
jusqu'à 15 heures. Ce n'est pas parce que nous voulons partir plus tard,
mais, après consultation, ce serait plus réaliste.
M. Charron: D'accord, M. le Président. Nous suspendrons
à ce moment-là et jusqu'à 15 heures. Puis-je faire motion
pour que ces deux commissions puissent se réunir? Celle des affaires
municipales au salon rouge, celle de l'industrie et du commerce à
81-A.
Le Président: Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Des Voix: Adopté. Le Président:
Adopté.
M. Charron: M. le Président, je vous prierais d'appeler
l'article 5 du feuilleton, s'il vous plaît.
M. Levesque (Bonaventure): Pardon? M. Charron: L'article 5
du feuilleton.
Projet de loi no 85
Deuxième
lecture
Le Président: J'appelle la deuxième lecture du
projet de loi no 85, Loi modifiant la Loi sur la Société de
développement coopératif.
Je cède la parole à M. le ministre des Consommateurs,
Coopératives et Institutions financières.
M. Joron: Merci, M. le Président.
Le Président: M. le ministre, juste un moment, s'il vous
plaît, le temps pour les membres de se diriger vers les commissions
parlementaires.
M. le ministre.
M. Guy Joron
M. Joron: Merci, M. le Président. Très
brièvement, il s'agit d'un projet de loi qui ne met pas de principe en
cause, mais qui consiste tout simplement à élargir les pouvoirs
de la Société de développement coopératif. C'est un
projet de loi qui ne comporte qu'un seul article et qui permet à la
société, alors qu'autrefois elle ne pouvait acquérir des
biens-fonds ou des immeubles que pour autant qu'une coopérative ou
qu'une association coopérative lui ait déjà
signifié son intention de racheter de la société ledit
immeuble. (11 h 40)
L'amendement au projet de loi a abouti, en fait, à permettre
à la société de constituer une banque, en quelque sorte,
d'immeubles, d'appartements, de biens-fonds divers de façon que si
l'occasion se présente, mais qu'au moment où l'occasion se
présente, il n'existe pas une association coopérative, à
ce moment précis, disposée à l'acquérir, que la
société puisse l'acquérir tout en conservant dans la loi
son obligation de s'en départir, éventuellement, en faveur d'une
association coopérative.
C'est, en gros, l'amendement qu'apporte le projet de loi qui a
été amendé aux membres de l'Assemblée nationale par
la société elle-même. Je pense qu'il n'y a sûrement
pas là sujet à grand débat. Là-dessus, je termine
en invitant les membres de l'Assemblée à adopter ce projet de
loi.
Le Président: M. le député de
Montmagny-L'Islet.
M. Julien Giasson
M. Giasson: M. le Président, quelques mots sur la loi 85.
Je remarque qu'il s'agit d'un amendement apporté à un des
articles de la loi qui avait créé la Société de
développement coopératif.
Dans l'article 29 qui fait l'objet des changements qu'on apporte, on
semblait comprendre que la Société de développement
coopératif avait les pouvoirs d'acquérir des actions ou des biens
d'entreprises ou d'associations coopératives en vue d'une
capacité d'en disposer, mais toujours en faveur d'entreprises du
mouvement coopératif. Or, dans l'amendement qu'on apporte, on semble
vouloir donner le pouvoir à la Société de
développement coopératif d'acquérir des biens ou des
immeubles de corporations.
Voici les questions que je me pose. Pourquoi avoir choisi le terme
"corporation" ce qui peut représenter tout organisme incorporé
bien en dehors des associations coopératives ou autres organismes
coopératifs? Est-ce que c'est pour permettre à la
Société de développement coopératif
d'acquérir des actions, des biens, des immeubles de toute entreprise,
quel que soit son statut corporatif ou quelles que soient ses lettres patentes,
des lois en vertu desquelles les chartes de ces corporations avaient
été émises? Est-ce que la possibilité d'acquisition
de biens immeubles ou d'actions de telles corporations est en vue, toujours,
plus tard, d'en disposer uniquement à l'endroit d'associations ou
d'autres coopératives?
Ce sont les questions que je me posais à la lecture du texte
d'amendement qu'on apporte à la loi 29. J'aimerais que le ministre, si
c'était possible, apporte quelques précisions à cet
égard lors de sa réplique.
Merci.
Le Président: M. le député de Bellechasse.
M. Bertrand Goulet
M. Goulet: M. le Président, très brièvement,
au nom de mon collègue de Brome-Missisquoi qui a dû s'absenter, ce
matin. Concernant le principe de ce projet de loi no 85, en deuxième
lecture, Loi modifiant la Loi sur la Société de
développement coopératif, dont le but premier, on le sait, est
d'acquérir un stock de crédits périmés de la
Société centrale d'hypothèques et de logement, et
on sait également que cette occasion vaut jusqu'au 31 de ce mois,
dans quelques jours.
Etant donné qu'il n'y a pas de nouveau crédit, parce que
la Société de développement coopératif a
déjà l'argent nécessaire à cette
réalisation, par la suite, cela permettra de louer des loyers à
prix modique car le taux d'hypothèque sera très inférieur
à la normale. Egalement, la Société de
développement coopératif crée une filiale pour
gérer ou administrer ses logements, mais seulement en attendant que les
locataires en prennent charge. Encore là, nous n'avons pas d'objection
à cela, et je pense que c'est bon, également, d'ouvrir une
parenthèse pour dire que la Société de
développement coopératif a toujours été une
entreprise à but non lucratif.
Egalement, je disais tout à l'heure que si les locataires ne
veulent pas en prendre charge, on sait qu'ils pourront retourner ces logements
au secteur privé et, encore là, comme représentant de ma
formation politique, vous comprenez pourquoi nous n'avons pas d'objection
à ce niveau.
On a su également que la coopérative d'habitation ne
fonctionne pas tellement bien actuellement et les responsables veulent la
lancer sur des bases beaucoup plus solides. C'est pour cette raison que cet
amendement au projet de loi les aidera et aussi, M. le Président, pour
d'autres raisons. Vous avez d'abord le Conseil de la coopération qui
appuie de façon non équivoque ce projet de loi. Il demande
à tous les membres de l'Assemblée nationale de donner leur accord
à ce projet de loi. Vous avez également une autre demande de la
Société de développement coopératif. C'est normal,
étant donné que ces gens sont dans le monde de la
coopération et ils nous demandent de donner notre accord. Vous comprenez
qu'ils connaissent le problème beaucoup mieux que nous.
M. le Président, le secteur de l'habitation coopérative au
Québec a toujours été considéré dans
certains milieux comme une, sinon la solution aux problèmes de logement
des Québécois. Malgré cette excellente théorie de
la solution proposée, elle n'a pas eu et n'a pas actuellement une
application significative, tant dans le stock existant de logements que dans le
domaine de nouvelles unités. Par contre, il est essentiel, pour que ces
coopératives prennent une valeur significative dans l'univers
résidentiel des Québécois, que ces coopératives
atteignent un nombre suffisant de gens, mais aussi qu'elles collent à
des réalités vécues par les Québécois:
Québécois comme consommateur, Québécois comme
personne familiale, comme épargnant, Québécois comme
participant à sa culture, comme homme urbain et comme citoyen, ou tout
simplement comme homme.
Deux aspects paraissent importants dans toute action éventuelle
de financement de la société. Le premier aspect, c'est la
possibilité d'une prise en charge par les coopératives locales
d'un pourcentage de plus en plus important du parc résidentiel
québécois existant par l'achat, la rénovation ou encore la
reconstruction comme telle. En corollaire, la coopération pourrait
être aussi signi- ficative dans l'acquisition de nouvelles unités
de façon à répondre à la diversité des
besoins des coopérateurs potentiels en habitation. Le dernier aspect, M.
le Président et je termine là-dessus c'est la
capacité de la formule coopérative de susciter des
économies en termes de dépenses pour le logement et la
possibilité d'élaborer des formules d'habitation
coopérative où de telles économies sont
réalisables.
Etant donné que je parle au nom de ma formation politique, M. le
Président, cela me fait plaisir, au nom de mes collègues, de
donner notre accord au principe de ce projet de loi qui se veut un outil
indispensable pour accélérer le développement des
coopératives dans le secteur de l'habitation au Québec. C'est
pourquoi nous souscrivons au principe de ce projet de loi, M. le
Président.
Le Président: M. le ministre. M. Guy Joron
M. Joron: M. le Président, je remercie mes
collègues de leurs propos, peut-être en particulier le
député de Bellechasse qui a profité de l'occasion pour
brosser un tableau rapide du développement possible de l'habitation
coopérative au Québec. Je dois dire que je souscris à ses
propos. Quant aux questions que me posait tout à l'heure le
député de Montmagny-L'Islet, peut-être pourrions-nous,
comme il n'y a qu'un article et que les questions que vous posiez se rattachent
à cet article, en discuter au moment de la commission
plénière qui va suivre dans quelques instants.
Le Président: Je demande si la deuxième lecture du
projet de loi 85, Loi modifiant la Loi sur la Société de
développement coopératif sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Président: M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bertrand: M. le Président, je fais maintenant motion
pour que vous quittiez votre fauteuil et que nous nous transformions en
commission plénière pour étudier l'article du projet de
loi.
Le Président: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Président: Adopté. La Chambre se transforme en
commission plénière.
Commission plénière
La Présidente (Mme Cuerrier): Cette Assemblée s'est
formée en commission plénière pour étudier le
projet de loi 85, Loi modifiant la Loi sur la Société de
développement coopératif. Article 1.
M. Giasson: Oui, Mme la Présidente. (11 h 50)
La Présidente (Mme Cuerrier): M. le député
de Montmagny-L'Islet.
M. Giasson: Je vais poser une question au ministre. Le changement
le plus important qu'on paraissait découvrir dans les modifications de
la loi, c'était de permettre à la Société de
développement coopératif l'acquisition de biens venant
d'entreprises privées, de corporations. Pourquoi a-t-on utilisé
le terme "corporation" de préférence au terme
"société"?
M. Joron: C'est, tout simplement, parce que l'on désignait
partout dans le reste de la loi la société comme voulant dire la
Société de développement coopératif. Il s'agissait
de ne pas confondre. Je ne suis pas familier avec la technique
législative, mais j'ai l'impression que c'est tout simplement cela. Le
changement par rapport au passé, vous l'avez signalé. D'ailleurs,
l'ancien article 29 qu'on voit à côté, sur la page voisine,
disait que la société pouvait auparavant acquérir
la SDC dont on parle des biens-fonds, mais seulement "aux fins de les
vendre ou de les louer à une coopérative qui s'était
engagée préalablement à les lui acheter." Si, à un
moment donné, une occasion intéressante se présentait
comme celle qui va peut-être se présenter des logements mis en
vente par la Société centrale d'hypothèques et de
logement, là, la société, à moins qu'une
association coopérative n'ait déjà été
formée et ne se soit engagée auprès d'elle à les
lui racheter, ne pouvait pas agir; en d'autres mots, elle ne pouvait pas
détenir. Ce qui lui est ouvert, c'est la possibilité de
créer une filiale, une corporation, laquelle peut acheter les immeubles,
mais il est entendu qu'elle ne peut en disposer par la suite que pour fins
d'être revendus ou loués à une entreprise
coopérative.
M. Giasson: D'accord.
M. Lalonde: Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Cuerrier): M. le député
de Marguerite-Bourgeoys, vous aviez une question.
M. Goulet: Mme la Présidente...
M. Lalonde: Le député de Bellechasse l'avait
peut-être demandé avant moi.
La Présidente (Mme Cuerrier): M. le député
de Bellechasse.
M. Goulet: Une très brève question, Mme la
Présidente. Dans quelles circonstances je m'en tiens, par
exemple, au deuxième alinéa de cet article la
société ou le ministre accepterait-il de vendre à un autre
qu'un coopérateur, par exemple?
M. Joron: La raison pour laquelle cet article a été
mis là, c'est qu'une corporation... Préalable- ment, j'ai dit
tout à l'heure que la SDC pourrait créer une filiale pour fins
d'acquérir. Mais elle pourrait aussi, comme le dit la fin de l'article,
faire des avances à une corporation déjà existante ayant
les mêmes objets. Or, cette corporation, qui peut être une
corporation privée qui fait d'autres opérations, si on s'en
limitait à cela, deviendrait liée à cause de cette loi
à ne pouvoir vendre ses autres biens qu'à des entreprises
coopératives. Ce serait imposer à un tiers une obligation qui n'a
pas de rapport avec ses autres activités. Alors, pour prévoir ces
cas-là, on dit: Quand une telle corporation pour autant que la
SDC aura encore des intérêts dans cette corporation, soit des
avances ou soit des actions voudra disposer de ses biens, elle devra
avoir l'autorisation de la société et du ministre. Mais
dès le jour où la société n'a plus
d'intérêts dans cette corporation, évidemment, la
corporation est libre de faire ce qu'elle veut.
M. Goulet: Est-ce qu'il y a une priorité au niveau du
coopérateur comme tel ou si elle peut passer directement à un
autre? Est-ce que c'est après l'avoir offert à quelqu'un au
niveau du mouvement coopératif? Est-ce qu'il y a une priorité?
Quand on veut vendre à une autre personne, à une autre
société qu'un coopérateur, est-ce que le
coopérateur comme tel a priorité ou si on peut vendre sans avoir,
au préalable, offert ceci à un coopérateur comme tel?
M. Joron: Oui. L'objet de tout cela, fondamentalement, c'est que
la société puisse détenir en fidéicommis pendant un
certain temps, des biens-fonds pour les revendre ensuite à des
associations coopératives. Dans ce sens-là, ils ont plus que
priorité. C'est exclusivement voué à des entreprises
coopératives. D'autre part, on ne veut pas que la chose persiste pendant
200 ans. Si des associations ne se manifestent pas, il faudrait bien qu'un jour
elle puisse quand même disposer de ses biens. A ce moment-là, elle
pourrait le faire avec l'autorisation de la société et du
ministre.
M. Goulet: Mais il n'y a pas de délai après un
certain temps étant donné que les sociétés...
M. Joron: Le délai, on va justement l'introduire, puisque
cela relève du même ministère, dans l'émission des
lettres patentes de la corporation en question.
M. Goulet: Avez-vous une idée?
M. Joron: J'imagine cinq ans, sept ans, quelque chose comme cela
devrait être un horizon; c'est ce dont la SDC nous avait parlé au
départ, un délai qui tournerait autour de sept ans.
La Présidente (Mme Cuerrier): M. le député
de Marguerite-Bourgeoys, vous aviez demandé la parole.
M. Lalonde: Oui, j'avais une question de détail en
tête mais j'en ai une un peu plus générale. En
fait, si je comprends bien le ministre je concours dans
l'objectif qui est poursuivi son intention est de créer une
filiale. II nous a même dit qu'il y avait certaines dispositions qui vont
paraître dans les lettres patentes de cette filiale qui ne sont pas ici.
En fait, ce que vous demandez, c'est un peu plus que cela de par la loi. Vous
demandez la permission pour la société d'acquérir des
actions d'une corporation; ce peut être n'importe quelle corporation sauf
qu'il faut qu'un de ses objets soit d'acquérir des biens fonds, les
gérer ou les mettre en valeur en vue de les vendre ou de les louer
à une entreprise coopérative. Dans l'hypothèse où
une telle corporation existerait aujourd'hui et serait sur le marché
public, est-ce que l'acquisition par la société d'actions d'une
telle corporation n'aurait pas pour effet de faire exactement ce que vous venez
de dire, à savoir de la lier à la société et
d'assujettir au consentement de la société ou du ministre la
vente de ses biens?
M. Joron: Prenons un exemple: Vous pensez peut-être
à la possibilité que, pour prendre un exemple d'une corporation
très connue, la SDC pourrait, par cette loi, acquérir des
actions, par exemple, dans Trizec Corporation. Je ne pense pas que c'est
possible parce que la loi dit bien non pas "dont l'un des objets est
d'acquérir des biens fonds" mais "dont les objets sont d'acquérir
des biens fonds, de les gérer ou de les mettre en valeur en vue de les
vendre ou de les louer à une entreprise coopérative". C'est
très limitatif. Les objets de la corporation doivent être cela. Je
ne pense pas qu'on retrouverait ces objets parmi d'autres objets dans les
lettres patentes d'autres corporations immobilières. Il resterait
peut-être au bout de la ligne à un juge d'interpréter mais
je pense que c'est déjà très limitatif.
M. Lalonde: Le ministre n'ignore pas que les nouvelles
façons d'incorporer les sociétés, les corporations ne
ressemblent pas aux anciennes, à savoir qu'autrefois il fallait
décrire c'était très limitatif les objets
pour lesquels la société ou la corporation était
créée. Cette description était faite au long dans les
lettres patentes. Aujourd'hui, c'est le contraire en fait. Une corporation
qu'on crée peut faire n'importe quoi à moins qu'on veuille
limiter. Il n'y a aucun doute que, parmi les objets de toute
société, il y aurait, sans le dire, étant donné la
nouvelle façon de légiférer et de créer ces
sociétés et ces corporations, l'objet d'acquérir des biens
fonds, de les gérer ou de les mettre en valeur. Je voulais seulement
poser la question parce que je pense bien que, dans les sociétés
privées ou publiques qui ont des biens fonds dans le but de les
revendre, très peu, sinon aucune, n'ont, de façon limitée,
pour seul objet de vendre ou de louer des biens fonds à une entreprise
coopérative. J'aurais préféré, étant
donné que c'est cela le but du ministre et de la société,
que la loi crée cette filiale et en définisse les objets.
Le même problème, quand même minime, n'existe pas
pour les avances parce que cela prend le consentement. Cela prend le
consentement de la corporation pour recevoir une avance, ce qui n'est pas le
cas pour l'achat d'une action d'une compagnie publique. (12 heures)
Ma dernière question est la suivante. Dans le deuxième
alinéa, vous dites: "Une corporation à qui la
société a consenti une avance, etc., ne peut sans l'autorisation
de la société ou du ministre... "J'accepte les explications du
ministre pour cela. Je pense qu'il faut, à un moment donné, qu'il
ait le droit de les vendre, qu'il ne soit pas pris éternellement avec
ces biens-fonds". ... vendre ou louer un bien-fonds à une personne autre
qu'une entreprise coopérative ou l'aliéner à une personne
autre qu'une entreprise coopérative, un coopéra-teur-souscripteur
ou une caisse d'épargne et de crédit."
Pourquoi, dans un premier temps, ne peut-elle pas vendre ou louer
à une entreprise coopérative, mais l'aliéner autrement, on
est plus généreux, ou en fait, plus restrictif... On parle
d'entreprise coopérative, coopérateur-souscripteur ou caisse
d'épargne et de crédit. Est-ce qu'il y a une raison d'avoir fait
deux catégories ou bien si c'est simplement l'inspiration du moment?
M. Joron: Catégorie de quoi voulez-vous dire?
M. Lalonde: Voici. Vous dites: Elle ne peut vendre ou louer un
bien-fonds à une personne autre qu'une entreprise
coopérative./.
M. Joron: Ou l'aliéner autrement?
M. Lalonde: Ou l'aliéner autrement à une personne
autre qu'une coopérative, un coopérateur-souscripteur ou une
caisse d'épargne et de crédit.
M. Joron: Je vous assure que... A ma connaissance, il n'y a pas
de raison spécifique pour laquelle... cela semble apparaître comme
deux catégories différentes.
M. Lalonde: Oui. Est-ce que le ministre pourrait nous dire si,
dans son esprit, une caisse d'épargne et de crédit est une
entreprise coopérative?
M. Joron: Oui.
M. Lalonde: Pourquoi le dire dans la deuxième partie de la
phrase? Un coopérateur-souscripteur n'est pas nécessairement une
entreprise coopérative. Il ne l'est pas. C'est un individu, un
coopérateur-souscripteur. Pourquoi ne pas lui permettre... c'est
peut-être simplement du verbiage d'avocat, mais il me semble que cela
mériterait d'être un peu plus resserré. Si le ministre se
sent...
M. Joron: Je regrette de ne pas avoir les officiers
légistes du ministère avec moi. On ne savait pas trop à
quelle heure le projet de loi serait appelé. N'étant pas
moi-même avocat...
M. Lalonde: II y a seulement un inconvénient, Mme la
Présidente. C'est que la corporation pourrait donner un immeuble
à un coopérateur-souscripteur, mais ne pourrait pas lui vendre,
ni lui louer, parce qu'elle pourrait autrement aliéner à un
coopérateur-souscripteur et oublions la caisse d'épargne et de
crédit, parce que, d'après le ministre, je pense qu'on peut
accepter cette opinion que si c'est une entreprise coopérative au sens
très large. La corporation pourrait vendre ou louer à une
entreprise, mais ne pourrait pas vendre ou louer à un
coopérateur-souscripteur un bien-fonds.
M. Joron: Ce que vous voulez dire, c'est que le texte aurait
dû dire: Vendre, louer ou aliéner un bien-fonds à une
personne autre qu'une entreprise.
M. Lalonde: On devrait lire: Vendre, louer ou aliéner
autrement un bien-fonds à une personne autre qu'une entreprise
coopérative, un coopérateur-souscripteur ou une caisse
d'épargne et de crédit.
A ce moment, on permettrait la vente à un
coopérateur-souscripteur, si on permet l'aliénation autre, qui
peut être un don, un échange, qui peut être une dation en
paiement je remercie les officiers notaires. Est-ce que le ministre
pense que cela mériterait qu'on le change?
M. Joron: Cela a un certain mérite, mais d'autre part,
comme il faudrait suspendre et revenir plus tard, je me demande si on ne peut
pas quand même l'adopter tel quel et finalement...
M. Lalonde: Quitte à le remodifier.
M. Joron: Cela ne revient pas finalement au même.
M. Lalonde: Ce n'est pas suffisamment important, je pense, pour
qu'on soit obligé de s'opposer à l'adoption. Non, on essayait
simplement de faire notre devoir de l'améliorer.
M. Joron: Vous aviez un bon point... Je regrette de ne
pouvoir...
La Présidente (Mme Cuerrier): L'article 1 est-il
adopté?
M. le député de Bellechasse, vous m'aviez
déjà demandé la parole.
M. Goulet: Oui. Vous comprenez pourquoi cela prend au moins
quatre ou cinq examens avant d'accéder à la Chambre des
notaires.
Ce n'est pas ce que je voulais dire au ministre. Une petite question au
niveau du principe que j'aurais pu poser en deuxième lecture. On sait
que les coopératives d'habitation au Québec ne fonctionnent pas
tellement bien. Il faut l'avouer entre nous.
Les responsables veulent lancer cela sur des bases plus solides.
Croyez-vous qu'avec cela ce sera suffisant ou si vous avez d'autres mesures
concrètes? Vous allez dire: Cela sort peut-être un peu du projet
de loi, j'aurais pu poser la question au niveau du principe, mais étant
donné qu'on voulait faire rapidement, je me permets de vous la formuler
immédiatement.
M. Joron: D'accord. Au contraire, cela me fait plaisir d'y
répondre, même si la réponse sera peut-être un peu
brève et incomplète. Ce que vous dites est vrai. Ce projet de loi
peut aider, si vous voulez, à faire avancer plus rapidement le
développement de la formule coopérative d'habitation, mais ce
n'est pas non plus que par cela qu'on va faire des bonds de géant en
avant.
A ce moment-ci, j'hésiterais à m'engager dans une longue
exégèse du développement de la formule coopérative
en matière d'habitation puisque cela va faire l'objet, au début
de février, dans la première semaine de février, d'un
sommet sur la coopération. Ce sera probablement un des
éléments importants et une des tables de discussion portera
spécifiquement là-dessus. J'ai l'impression qu'on va voir
très bientôt, c'est dans moins de deux mois maintenant,
paraître des propositions venant à la fois du milieu
coopératif lui-même. A cette occasion, le gouvernement aura, bien
sûr, à dire ce qu'il entend faire pour appuyer ce
développement et nous aurons des propositions à faire très
certainement à ce moment.
La Présidente (Mme Cuerrier): M. le député
de Bellechasse, vous aviez terminé? Alors, l'article 1 est-il
adopté?
Une Voix: Adopté.
La Présidente (Mme Cuerrier): Adopté. Article 2,
adopté?
Une Voix: Adopté.
La Présidente (Mme Cuerrier): Adopté.
M. Joron: Avant que vous quittiez le fauteuil, en guise
d'information, ce n'est peut-être pas très régulier, mais
on me dit, n'ayant évidemment pas tout le texte de la loi, il y a
peut-être des choses qui m'échappaient, mais c'est qu'au
début, la loi définit comme corporations souscripteurs des
membres du Conseil de la coopération du Québec et les caisses
d'épargne et de crédit ne le sont pas. C'est pourquoi il fallait
les ajouter. Vous demandiez comment il se fait qu'elles paraissaient là,
c'est pour cela.
La Présidente (Mme Cuerrier): M. le Président, j'ai
l'honneur de vous faire rapport que la commission plénière a
étudié le projet de loi no 85, Loi modifiant la Loi sur la
Société de développement coopératif et qu'elle l'a
adopté sans amendement.
Le Vice-Président: Est-ce que ce rapport sera
adopté?
M. Lalonde: Adopté.
Le Vice-Président: Rapport adopté. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Troisième lecture
M. Bertrand: M. le Président, nous pourrions
immédiatement procéder à l'adoption en troisième
lecture de ce projet de loi no 85.
Le Vice-Président: Est-ce qu'il y a consentement à
la troisième lecture?
M. Lalonde: Consentement.
Le Vice-Président: Est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
M. Lalonde: Adopté.
M. Goulet: Adopté.
Le Vice-Président: Motion adoptée.
M. Bertrand: M. le Président, nous pourrions maintenant
prendre en considération le rapport de la commission élue
permanente de la justice qui a étudié le projet de loi no 48, Loi
modifiant la Loi de police, à l'article 5.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, s'il y a
moyen, je préférerais qu'on attende un peu, j'ai quelques
consultations à faire là-dessus.
M. Bertrand: D'accord. M. le Président...
M. Levesque (Bonaventure): On peut peut-être prendre le
projet de loi...
M. Bertrand: Oui, sur le notariat. M. Levesque (Bonaventure):
Oui.
M. Bertrand: Alors, M. le Président, la deuxième
lecture du projet de loi no 79, Loi modifiant la Loi sur le notariat.
Le Vice-Président: J'appelle donc la deuxième
lecture du projet de loi no 79, Loi modifiant la Loi sur le notariat.
Est-ce que cette motion de deuxième lecture sera
adoptée?
M. Lalonde: II n'y a pas de discours? Des Voix:
Adopté.
M. Lamontagne: M. le Président, j'avais convenu avec le
leader du gouvernement, hier, qu'on nous informe au moins des objectifs
précis poursuivis par ce projet de loi. Je pense qu'il y a quelqu'un qui
va se donner la peine de le faire du côté du gouvernement.
M. Bertrand: Puisque le ministre de l'Education au nom de qui ce
projet de loi est inscrit...
Oui. Mais comme le projet de loi est inscrit au nom du ministre de
l'Education, nous pourrions...
M. Lamontagne: On m'a remis un feuillet ici. Quant à moi,
ce n'est pas suffisant.
M. Bertrand: On va procéder à autre chose pour
l'instant. Nous aviserons.
On pourrait se rendre immédiatement à la prise en
considération du rapport de la commission de la justice sur les projets
de loi privés. D'accord? Les projets de loi privés nos 238, 252
et 190, M. le Président, inscrits au nom du ministre de la Justice. (12
h 10)
Le Vice-Président: J'appelle donc la prise en
considération du rapport de la commission...
M. Bédard: M. le Président, nous avions à
étudier trois projets de loi privés. Je tiens à mentionner
qu'il y en a deux qui ont été adoptés et un autre qui a
été remis à plus tard étant donné que les
parties n'étaient pas là pour se faire entendre.
Des Voix: Lequel?
M. Bédard: J'aimerais qu'on puisse le préciser avec
M. le greffier parce que je n'ai pas en mémoire tous les numéros.
Je pense que c'est le projet de loi no 190, qui concernait la commune de la
seigneurie d'Yamaska, qui n'a pu être étudié parce que
certaines personnes qui devaient se faire entendre n'étaient pas
là.
Projet de loi no 238 Deuxième lecture
Le Vice-Président: J'appelle donc la motion de
deuxième lecture du projet de loi no 238. Est-ce que cette motion de
deuxième lecture sera adoptée?
M. Levesque (Bonaventure): Adopté. Le
Vice-Président: Adopté.
Le Secrétaire adjoint: Deuxième lecture de ce
projet de loi.
Troisième lecture
Le Vice-Président: Est-ce qu'il y a consentement pour la
troisième lecture?
M. Levesque (Bonaventure): Evidemment.
Le Vice-Président: Est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
Une Voix: Adopté.
Projet de loi no 252 Deuxième lecture
Le Vice-Président: Adopté. J'appelle maintenant la
motion de deuxième lecture du projet de loi no 252. Est-ce que cette
motion sera adoptée?
M. Levesque (Bonaventure): Adopté.
Troisième lecture
Le Vice-Président: Adopté. Est-ce qu'il y a
consentement pour la troisième lecture?
M. Levesque (Bonaventure): Oui, M. le Président.
Le Vice-Président: Est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Adopté. M. le leader
adjoint.
Prise en considération du rapport
de la commission ayant étudié les
projets de loi nos 280, 244 et 218
M. Bertrand: M. le Président, nous pourrions prendre en
considération maintenant le rapport de la commission parlementaire
permanente des affaires municipales sur les projets de loi privés 280,
244 et 218.
Le Vice-Président: Est-ce que ce rapport sera
adopté?
M. Levesque (Bonaventure): Adopté.
Projet de loi no 280 Deuxième lecture
Le Vice-Président: Adopté. J'appelle maintenant la
deuxième lecture du projet de loi no 280. Est-ce que cette motion de
deuxième lecture sera adoptée?
M. Levesque (Bonaventure): Oui, M. le Président.
Troisième lecture
Le Vice-Président: Adopté. Est-ce que la motion de
troisième lecture sera adoptée?
M. Levesque (Bonaventure): Oui, la troisième lecture, M.
le Président.
Projet de loi no 244 Deuxième lecture
Le Vice-Président: Adopté. Consentement. J'appelle
maintenant la deuxième lecture du projet de loi no 244. Est-ce que cette
motion de deuxième lecture sera adoptée?
Une Voix: Adopté.
Troisième lecture
Le Vice-Président: Adopté. Y a-t-il consentement,
malgré l'article 113-A, pour la motion de troisième lecture?
Une Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
Une Voix: Adopté.
Projet de loi no 218 Deuxième lecture
Le Vice-Président: Adopté. J'appelle maintenant en
deuxième lecture le projet de loi no 218. Est-ce que cette motion sera
adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Secrétaire adjoint: Deuxième lecture de ce
projet de loi.
Troisième lecture
Le Vice-Président: Le projet de loi no 218. Y a-t-il
consentement pour la troisième lecture?
M. Levesque (Bonaventure): Oui.
Le Vice-Président: Est-ce que cette motion de
troisième lecture sera adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Adopté. M. le leader
adjoint.
Prise en considération du rapport
de la commission ayant étudié
le projet de loi no 48
M. Bertrand: M. le Président, il nous reste maintenant
deux sujets. Nous pourrions prendre en considération le rapport de la
commission élue permanente de la justice, le ministre étant
là, sur la Loi modifiant la Loi de police.
M. Bédard: Nous n'avons pas de propos à tenir
à l'occasion de la troisième lecture. J'ai parlé au
député...
M. Bertrand: C'est la prise en considération. M.
Bédard: Ah! c'est la prise en considération. M. Bertrand:
II n'y a pas d'amendements?
M. Bédard: De la même manière, au niveau de
la prise en considération et de la troisième lecture,
nous n'avons pas de propos à tenir. J'ai eu l'occasion de parler
avec le député de Saint-Laurent qui non seulement semblait, mais
m'a dit qu'il adoptait la même attitude.
M. Levesque (Bonaventure): Dans ce cas, avec les assurances du
ministre de la Justice, je suis d'accord pour qu'on procède.
M. Bédard: Je n'ai pu en parler, cependant, avec le
représentant de l'Union Nationale. Peut-être...
Le Vice-Président: Etant donné que le rapport vient
d'être déposé, cela prendrait un consentement.
M. Bédard: Consentement.
Le Vice-Président: Consentement. Est-ce que le rapport
sera adopté?
Une Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Rapport adopté. Y a-t-il
consentement pour la troisième lecture?
M. Levesque (Bonaventure): Oui, M. le Président.
Après les assurances que nous avons du ministre de la Justice, nous
n'avons pas d'objection, mais je pense bien qu'on ne procédera pas, de
toute façon, à la sanction. Si jamais il y avait une inexactitude
à ce propos..
M. Bédard: M. le Président, je
préférerais peut-être, étant donné les propos
du leader de l'Opposition, qu'on retarde de quelques minutes et que ce soit
très clair.
M. Levesque (Bonaventure): On peut passer à la prise en
considération.
Le Vice-Président: C'est fait.
M. Levesque (Bonaventure): C'est fait. Alors, attendons pour la
troisième lecture.
M. Bertrand: Attendons pour la troisième lecture?
D'accord. M. le Président, il ne nous reste, ce matin, que
l'étude du projet de loi no 79, Loi modifiant la Loi sur le notariat. Le
ministre de l'Education a été appelé, il devrait
être ici, normalement, dans les prochaines minutes. On pourrait suspendre
deux minutes, si vous le voulez bien.
M. Lamontagne: M. le Président, le leader du gouvernement,
hier, privément, m'a relaté à peu près tous les
faits que je ne retrouve pas tout à fait sur le feuillet qu'on m'a
remis. Je m'étais entendu avec lui pour que lui-même, parce qu'il
semblait très éclairé sur le sujet, puisse tout simplement
refaire l'exposé publiquement.
M. Bertrand: Si c'est le voeu du député de
Roberval. En ce moment, le leader du gouverne- ment est affairé, il
devrait être ici dans quelques minutes. On pourrait peut-être
suspendre deux minutes, quitte à revenir, ensuite, et régler ce
problème.
Le Vice-Président: Les travaux de l'Assemblée sont
suspendus, de consentement, pour quelques minutes.
Suspension à 12 h 16
Reprise à 12 h 20
Le Vice-Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
leader adjoint du gouvernement.
Troisième lecture
M. Bertrand: M. le Président, nous pourrions
immédiatement procéder à l'adoption en troisième
lecture du projet de loi no 48, Loi modifiant la Loi de police. Les
consultations ont été faites.
Le Vice-Président: Y a-t-il consentement? Des Voix:
Consentement.
Le Vice-Président: Cette motion de troisième
lecture du projet de loi no 48, Loi modifiant la Loi de police, sera-t-elle
adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Bertrand: M. le Président...
Le Vice-Président: Adopté.
M. Bertrand: ... j'appelle maintenant l'article 6 de notre
feuilleton. C'est l'étude en deuxième lecture du projet de loi no
79, Loi modifiant la Loi sur le notariat. Le projet est inscrit au nom du
ministre de l'Education, mais le ministre de la Justice pourrait le parrainer
à ce moment-ci.
Le Vice-Président: M. le ministre de la Justice...
M. Bédard: M. le Président, j'accepte...
Le Vice-Président: ... au nom du ministre de
l'Education.
M. Bédard: ... au nom du ministre de I Education.
Projet de loi no 79
Deuxième
lecture
Le Vice-Président: J'appelle donc la deuxième
lecture du projet de loi no 79, Loi modifiant la
Loi sur le notariat. Cette motion de deuxième lecture sera-t-elle
adoptée?
Une Voix: Adopté.
M. Bertrand: M. le Président, pour la forme, je ferais
maintenant motion pour que vous quittiez votre fauteuil, que nous nous
transformions en commission plénière pour faire les
écritures et que nous puissions adopter le rapport en commission
plénière.
Le Vice-Président: Cette motion de renvoi à la
commission plénière sera-t-elle adoptée?
Une Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Le rapport de la commission
plénière sera-t-il adopté?
Des Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Y a-t-il consentement pour la
troisième lecture?
M. Levesque (Bonaventure): C'est toujours la même
chose?
Le Vice-Président: On parle des notaires, M. le leader
parlementaire de l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): D'accord.
Troisième lecture
Le Vice-Président: La motion de troisième lecture
du projet de loi no 79 sera-t-elle adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bertrand: M. le Président, voilà! Notre
matinée est terminée. Je fais motion pour que nous suspendions
nos travaux jusqu'à 15 heures.
Le Vice-Président: Cette motion sera-t-elle
adoptée?
Des Voix: Adopté.
Le Vice-Président: Les travaux de l'Assemblée sont
suspendus jusqu'à 15 heures.
Suspension de la séance à 12 h 21
Reprise de la séance à 15 h 5
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît!
Veuillez vous asseoir.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Charron: M. le Président, j'en arrive à
l'instant, nos collègues des Affaires municipales vaillamment à
nouveau ont travaillé sans arrêt depuis le moment où cette
Chambre leur a donné l'ordre de siéger, on me dit qu'ils en ont
pour quinze minutes peut-être encore, ils en étaient aux tout
derniers articles de leur travail. Alors je propose qu'on suspende
jusqu'à ce que les cloches sonnent à nouveau ou alors, avec le
député de Bonaventure, on se raconte des histoires du bon vieux
temps, quelque chose comme cela.
Plus sérieusement, M. le Président, je suis battu en
partant. Je proposerais plutôt, à moins qu'il n'y ait autre chose,
qu'on suspende encore pour quelques minutes en avertissant chaque
collègue que dès que les cloches sonnent, c'est parce que nous
sommes prêts à reprendre.
Le Président: M. le leader parlementaire de
l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, je suis
d'accord sur la suspension. Puis-je demander au leader parlementaire du
gouvernement s'il y aura un rapport de la commission de l'industrie et du
commerce relativement à la directive et la SGF?
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Je crois que, normalement, il devrait y en avoir un,
puisqu'il s'agit d'une commission qui a... il y en a une qui a
siégé en fonction d'un ordre de la Chambre, même si ce
n'est pas sur une loi et on devrait l'avoir aussi dans quelques minutes, au
moment de la reprise.
M. Levesque (Bonaventure): D'accord.
Le Président: Alors, il y a consentement pour suspendre
les travaux.
M. Charron: M. le Président.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Le député de Duplessis, je crois. Le
Président: M. le député de Duplessis.
Rapport de la commission ayant étudié
une directive à la SGF
M. Perron: Merci, M. le Président, qu'il me soit permis,
conformément aux dispositions de notre règlement, de
déposer le rapport de la commission élue permanente de
l'industrie, du commerce et du tourisme qui a siégé le 21
décembre 1979, aux fins d'étudier la directive no 2 donnée
à la Société générale de financement
conformément à l'article 16 de sa loi constitutive.
Le Président: Merci, M. le député de
Duplessis. Rapport déposé.
M. le député d'Outremont.
M. Raynauld: M. le Président...
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, est-ce que je
pourrais demander une directive? Est-ce qu'on préfère que le
député d'Outremont intervienne ici à ce moment-ci, au
moment du rapport, ou si l'on préfère que ce soit à la
prise en considération?
Comme il n'y en a pas tellement de prévu dans ce cas, le
député d'Outremont aurait un mot à ajouter
là-dessus.
M. Charron: Oui.
M. Levesque (Bonaventure): Merci.
Le Président: M. le député d'Outremont, un
mot!
M. André Raynauld
M. Raynauld: M. le Président, c'est difficile d'exprimer
l'opinion que je voudrais exprimer devant cette Assemblée en un mot; je
vais le faire très brièvement. Il s'agit d'une commission
parlementaire qui a été appelée en fonction de l'article
16 de la loi sur la SGF. Nous soutenons devant cette Assemblée que le
débat qui est prévu à l'occasion du dépôt
d'une directive, en vertu de cet article de la loi, n'a pas eu lieu sur le fond
du problème où on avait dit depuis le début que les
parlementaires devaient avoir l'occasion de discuter des orientations majeures
de la société d'Etat qui s'appelle la Société
générale de financement. Ce débat de fond sur
l'orientation de la société d'Etat n'a pas eu lieu et nous
voulons dire devant cette Assemblée que l'esprit, sinon la lettre, de la
loi de la Société générale de financement n'a pas
été respecté.
Le Président: Merci.
M. Duhaime: M. le Président...
Le Président: M. le ministre de l'Industrie et du
Commerce. (15 h 8)
M. Yves Duhaime
M. Duhaime: ... je vais répondre au député
d'Outremont. Ce que nous venons d'entendre a été
répété à satiété depuis que la
commission élue de l'industrie, du commerce et du tourisme a
été convoquée pour travailler sur la directive no 2 qui
consiste essentiellement à donner le mandat à la SGF d'aller dans
le domaine de la pétrochimie, entre autres, dans le secteur
manufacturier relié directement au pétrole et au charbon,
c'est-à-dire le groupe 18. Ce que le député d'Outremont
vient de dire je tiens à le dire pour que ce soit bien clair de
notre côté c'est que l'Opposition prétend que le
débat de fond n'a pas eu lieu. Si l'Opposition n'a pas voulu tenir le
débat de fond, c'est son problème. Nous avons siégé
pendant plusieurs heures, nous avons mis sur la table toutes les données
bien précises que nous avions à la portée de la main sur
les implications de la SGF dans le consortium avec Union Carbide et Gulf. Nous
avons également, je pense, très largement établi les
raisons pour lesquelles le gouvernement devait donner cette directive à
la SGF de s'impliquer dans le secteur de la pétrochimie en
particulier.
On aura beau faire le chichi qu'on voudra, M. le Président, on
l'a fait à nouveau ce matin, le député de
Notre-Dame-de-Grâce faisant la paire avec le député
d'Outremont, je ne pense pas que leurs arguments soient convaincants. Si eux
jugent que le débat de fond n'a pas eu lieu, c'est parce qu'ils ne l'ont
pas tenu, et je pense que notre boulot a été bien fait et la
commission a terminé ses travaux à 13 heures.
M. Scowen: Question de privilège, M. le Président.
Le ministre m'a mis en cause dans cette affaire, et je veux simplement porter
à votre attention que le débat de fond que nous avons
demandé au cours de la première séance a été
refusé par le président parce qu'il disait qu'il n'avait pas le
mandat...
Le Président: M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce, pouvez-vous m'expliquer en quoi vos
privilèges ont été lésés, sur quel
règlement vous vous appuyez pour me dire que vos privilèges de
parlementaire ont été brimés?
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, pour
éviter une prolongation des débats, à ce moment-ci, il
serait peut-être préférable d'accorder une minute au
député de Notre-Dame-de-Grâce, comme on l'a accordé,
d'ailleurs, aux deux autres opinants, afin qu'il puisse au moins émettre
une opinion sur cette question.
Le Président: M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce, Santa Claus will be generous for you.
M. Reed Scowen
M. Scowen: Thank you, Mr President. Je veux simplement appuyer
à 100% les paroles de mon collègue en disant,
premièrement, que la première séance qui a
été convoquée a été empêchée
par le président, qui disait qu'on n'avait pas le droit de discuter avec
le ministre de questions de fond parce que c'était une commission tenue
strictement pour entendre le personnel de la SGF. Le deuxième
débat de fond a été limité par le leader
parlementaire, ce matin, à une période d'une heure. De plus,
à ni l'une ni l'autre des deux séances, n'avait-on les documents
nécessaires pour étudier le raisonnement qui était
limité à une seule page pour justifier l'entrée de la SGF
dans un secteur aussi vaste que le pétrole et le charbon. C'est pourquoi
nous avons soulevé cette question en Chambre, cet après-midi.
Merci.
Le Président: M. le leader parlementaire du
gouvernement.
M. Charron: Avant que mon collègue réplique, plus
au courant du fond du dossier, le député vient d'indiquer que, ce
matin, j'avais limité jusqu'à 13 heures la séance de la
commission et que j'avais ainsi limité le débat de fond. Celui-ci
sait, et le leader de l'Opposition sait que j'ai, à un moment
donné, pour la séance du 11 décembre, offert la
journée entière à la commission de l'industrie et du
commerce pour tenir ce débat de fond. Que je sache, l'Opposition l'a
refusé, en particulier le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
Qu'ils ne se plaignent pas, mais au contraire je ne tiens pas
à ce qu'ils me remercient qu'ils reconnaissent qu'à la
toute dernière séance, après le refus qui m'avait
été signifié le 11 décembre dernier, nous avons
offert la séance de ce matin. Quand même, il ne faut pas
exagérer.
M. Scowen: Dernière intervention, M. le
Président.
Le Président: Dernière question de
privilège, M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce...
M. Duhaime: M. le Président, question de
privilège.
M. Scowen: ... en vertu de l'article 34. La raison pour laquelle
nous avons refusé cette journée, c'est...
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! M. le
ministre de l'Industrie et du Commerce, comme je souhaite
énormément qu'il y ait une suspension de quelques minutes pour
tenir une régie interne, je vais vous demander d'être bref. Je
vais en profiter pour tenir une réunion de la commission de régie
interne.
M. Yves Duhaime
M. Duhaime: Je vous remercie de votre préavis, M. le
Président, mais vous savez très bien vous-même que je suis
toujours très bref dans mes propos. Ce que le député de
Notre-Dame-de-Grâce est en train de faire je n'appellerais pas
cela de la fraude, parce que le terme me paraît un peu fort sans
s'en rendre compte, c'est d'induire la Chambre en erreur. Je ne veux pas
reprendre le fond de l'argumentation que j'ai évoquée en
commission parlementaire, mais il a fait mention dans sa question de
privilège de documents. Il faut bien comprendre, M. le Président,
qu'il s'agit de documents, mais il faut bien lire la loi 108 qui a
amendé la Loi constitutive de la SGF. Il s'agit de documents pertinents
à une directive. Ce n'est pas ma faute, M. le Président, si le
Parti libéral n'a pas fait son devoir, n'a pas fait ses travaux.
Il s'agit essentiellement, lorsque nous avons un débat sur une
directive, que l'Opposition donne son point de vue à savoir si on fait
une bonne affaire ou non de faire une proposition d'investissement dans la
pétrochimie. Ce que le député de Notre-Dame-de-Grâce
aurait souhaité avoir, ce sont les briques ou peut-être les
volumes de documents qui ont conduit la SGF à faire une recom- mandation
d'investissement dans ce secteur, mais ce n'est pas du ressort de la loi
108.
Quand on parle de documents pertinents, ce sont des documents pertinents
à la directive; or, ce que j'ai déposé comme documents, je
ne voudrais pas que ce soit interprété comme étant des
documents pertinents. C'est un document d'accompagnement pour essentiellement
exposer très sommairement et de façon squelettique la
problématique de la pétrochimie dans le monde, en Amérique
du Nord, au Québec. C'est dans ce sens-là que ces travaux ont
été faits.
Si on se plaint aujourd'hui de ne pas avoir eu un débat de fond,
c'est une question d'interprétation, je prétends, M. le
Président, que ce débat a eu lieu. Qu'il n'ait pas
été à la satisfaction de nos amis d'en face, cela ne me
surprend pas du tout, mais c'était à eux de faire leur exercice
en temps utile.
Le Président: On vient de m'informer que la commission
parlementaire qui siège sur le projet de loi no 57 aurait terminé
ses travaux.
Des Voix: Bravo!
Le Président: En conséquence, nous allons suspendre
les travaux de l'Assemblée durant quelques minutes afin de convoquer les
députés, M. le sergent d'armes, pour les votes qui sont devenus,
à ce moment-ci, nécessaires. J'en profite pour convoquer les
membres de la commission de régie interne à une réunion
à la salle 193 immédiatement qui sera très brève. ,
M. le sergent d'armes, vous ferez sonner les cloches au moment opportun pour
convoquer les députés.
Suspension de la séance à 15 h 18
Reprise de la séance à 16 h 23
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Veuillez
vous asseoir.
M. le leader parlementaire du gouvernement, vous avez la parole.
M. Charron: M. le Président, je proposerais que
l'Assemblée consente à recevoir le rapport de la commission des
affaires municipales sur le projet de loi no 57 que pourrait déposer
à l'instant le député de Beauce-Nord.
Le Président: Y a-t-il consentement? Il y a
consentement.
M. le député de Beauce-Nord, vous avez la parole.
Rapport de la commission ayant étudié le
projet de loi no 57
M. Ouellette: M. le Président, qu'il me soit permis,
conformément aux dispositions de notre règlement, de
déposer le rapport de la commis-
sion élue permanente des affaires municipales qui a
siégé tenez-vous bien les 10, 11, 12, 13, 14, 17,
18, 19, 20 et 21 décembre 1979 aux fins d'étudier, article par
article, le projet de loi 57, Loi sur la fiscalité municipale et
modifiant certaines dispositions législatives et l'a adopté avec
des amendements et des papillons.
Le Président: Est-ce que le rapport sera
adopté?
Des Voix: Adopté.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement pour
procéder à la fois à l'adoption du rapport je
présume que oui et à la présentation de la
troisième lecture?
M. Charron: A la prise en considération du rapport
d'abord, M. le Président.
Le Président: A la prise en considération?
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, le
député de Laval me fait signe qu'il n'a pas eu l'occasion de lire
le rapport, mais nous allons faire confiance, pour une fois une fois
n'est pas coutume au rapporteur.
Le Président: M. le leader parlementaire du gouvernement,
le rapport a été considéré.
M. Charron: Je voudrais solliciter le consentement pour que
l'Assemblée procède immédiatement à la
troisième lecture du projet de loi 57.
Des Voix: Adopté.
Troisième lecture
Le Président: J'appelle maintenant la motion de
troisième lecture du projet de loi no 57, loi portant sur la
fiscalité municipale. Est-ce que cette motion de troisième
lecture sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Charron: M. le Président, je m'excuse auprès du
député de Laval. Sur ce projet de loi, le député
vient de manifester son intention d'intervenir. J'imagine que c'est la
même chose chez les collègues de l'Union Nationale. Je voudrais,
au nom du gouvernement, proposer que les deux droits de parole, en
troisième lecture, du ministre des Affaires municipales
c'est-à-dire à ce moment-ci et à la réplique
soient mis en un seul, à l'avantage de tous.
Ce droit de parole, en somme, pourrait, à l'occasion s'il
était exercé uniquement en réplique, comme le ministre a
l'intention de le faire dépasser de quelques minutes les 20
minutes de la réplique. Le ministre renoncerait à l'heure
à laquelle il a droit à ce moment-ci.
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement?
Des Voix: Oui, bravo, adopté!
M. Lavoie: Ce serait environ une demi-heure pour la
réplique?
M. Charron: Oui, à peu près. M. Lavoie: Cela
va? M. Charron: Oui.
Le Président: Alors, il y a consentement pour 30 minutes,
M. le ministre des Affaires municipales.
M. le député de Laval, vous avez la parole.
M. Jean-Noël Lavoie
M. Lavoie: M. le Président, vous comprendrez que, dans mon
cas du moins, je n'ai pas de texte écrit pour cette intervention de
troisième lecture, parce que nous venons de quitter à peine le
salon rouge où nous avons terminé l'étude en commission
des très nombreux articles, additions, amendements, sous-amendements,
papillons et autres.
Heureusement qu'il y a eu la réserve du leader parlementaire du
gouvernement, parce que je m'apprêtais à me lever. On sait que,
normalement, lorsqu'un projet de loi est soumis à l'Assemblée,
celui qui parle le premier propose l'adoption du projet de loi. Si je parle le
premier, ce n'est pas pour proposer son adoption, M. le Président, parce
que je dois vous dire immédiatement que, de ce côté-ci,
avec les dizaines de réserves que nous avions déjà en
deuxième lecture, ces réserves sont au moins maintenant à
la puissance trois et je vous dis immédiatement que nous allons voter
contre ce projet de loi.
Je ne voudrais pas abuser du temps de cette Chambre, surtout à
cette toute fin de la session, alors que nous nous quitterons, possiblement
dans une heure, pour l'ajournement des travaux pour les vacances de
Noël.
Je ne tenais pas nécessairement à intervenir en
troisième lecture, mais je crois que c'est quand même une
nécessité. Même si nous avons passé au-delà
de 60 heures en commission, depuis une dizaine de jours, en présence du
ministre; de façon sporadique le ministre de l'Education et le ministre
des Finances nous ont fait de courtes visites, ainsi que les
députés du côté ministériel et plusieurs
députés de l'Opposition.
Je vais mentionner le député de Marguerite-Bourgeoys, le
député de Mont-Royal qui a apporté une contribution
énorme, le député de Verdun qui a été
constamment sur place, le député de L'Acadie, plusieurs autres de
notre équipe ont participé à ces travaux et je m'excuse
d'en oublier. (16 h 30)
Egalement, je crois que cette intervention de troisième lecture
de notre côté est également nécessaire, à
cause de l'importance de ce projet de loi. On l'avait mentionné
déjà en deuxième lecture, c'est un projet de loi qui,
à ma mémoire, a peut-être le plus d'implications, touche,
affecte le
plus de citoyens au Québec, je dirais que cela affecte
pratiquement tous les citoyens majeurs du Québec, propriétaires,
locataires, commerçants, hommes d'affaires, pensionnés,
retraités, fonctionnaires, les 1600 municipalités du
Québec, les quelque 200 commissions scolaires, les communautés
urbaines. Ce projet de loi amenait des amendements à des lois
essentielles au fonctionnement du Québec, des lois importantes comme le
Code municipal, la Loi des cités et villes, je ne pourrais pas tous les
nommer, mais une centaine de lois.
Du point de vue pécuniaire également, ce projet de loi a
de l'importance, lorsqu'on sait que cela change de direction ou l'assiette
fiscale représentant près de $1 milliard par année, soit
par le transfert du champ de taxation du milieu scolaire vers les
municipalités, le retrait en faveur du gouvernement d'une part de 2% de
la taxe de vente qui allait aux municipalités et qui est retenue
maintenant par le gouvernement, l'abolition de $72 millions de subventions aux
municipalités, au per capita, des "en-lieu" de taxe que le gouvernement
maintenant consent à payer de l'ordre d'environ $160 millions en
contrepartie d'autres ressources que le gouvernement garde à ses propres
fins.
Il est vrai que, malheureusement, à cause des nombreux
événements qui se sont déroulés depuis quelques
jours autant suite à des jugements de tribunaux supérieurs
qu'à une question précédée d'un long
préambule qui a été présentée à cette
Assemblée, c'est sûr que ce projet de loi no 57 a
été un peu noyé et, à mon point de vue, n'a pas eu
l'information voulue à l'avantage des citoyens. Les citoyens ont
été absents de ce débat, parce que j'en fais la
remarque immédiatement s'il y a un projet de loi qui doive
normalement faire l'objet d'une déférence après la
première lecture vers une commission parlementaire, comme cela existe
ici au Québec depuis une dizaine d'années, alors qu'on a
invité depuis les années soixante-dix cela a
été une des primeurs dans nos Parlements modernes la
population à venir participer à la confection des lois.
Cela a été fait constamment soit pour les lois touchant le
consommateur, pour la Loi sur l'assurance automobile, pour la loi du zonage
agricole. Mais là, cela a été raccourci. C'est une
tendance qu'a le gouvernement actuellement de faire disparaître ce
mécanisme. Si on se rappelle, lors de la loi sur le zonage agricole, on
n'a pas suivi le principe établi qui dit qu'après la
première lecture il y a avis de trente jours dans la Gazette officielle
et que les citoyens et les organismes sont invités à
préparer des mémoires pendant ce délai. Cela a
commencé avec la loi du zonage agricole où on a bousculé
un semblant de consultation je crois que c'est au mois de
décembre l'année dernière en ne suivant pas le
mécanisme normal.
Et pour une loi de l'importance de celle-ci, on a refusé cette
participation des citoyens. Par un autre mécanisme à sens unique,
le ministre des Affaires municipales avait jugé à propos d'ouvrir
un bureau de dépôt de représentations, ce qui existe depuis
la présentation du projet de loi au début de décembre. Je
ne l'ai pas apportée avec moi, mais je lui ai demandé la liste
des représentations écrites et il me l'a produite
d'ailleurs hier sous forme de mémoires, de lettres, de
communications. La pile est haute comme ça! Est-ce qu'on règle
pour six pouces de documents? Bon! Le chiffre a été avancé
aujourd'hui en commission parlementaire par le ministre; il y a eu 350
représentations partant des commissions scolaires, des conseils
municipaux, des communautés urbaines, de l'Association des
évaluateurs, de l'UPA, etc., des industriels et des autres. Pas de
commission parlementaire!
Il va me dire dans sa réplique qu'il y avait un comité
conjoint. On en parlera tout à l'heure, du comité conjoint. Bon.
Cent lois sont amendées. Je disais qu'il y avait eu un manque
d'information de toute la population du Québec qui est affectée.
C'est un peu pour cela que mon discours de troisième lecture sera
peut-être un peu plus long. Je fais un appel à ta presse, à
nos media d'information pour qu'ils tentent de relire ce sera un pensum
qui ne sera pas agréable pour leur édification
personnelle, la transcription des débats de la commission parlementaire.
Ils auront une bonne image de l'importance de ce projet de loi.
En passant, le ministre doit peut-être regretter le canal qu'il a
employé en greffant dans un même projet de loi la Loi sur
l'évaluation foncière qui est une loi architechnique qui couvre
dans la présente loi je n'ai pas fait le calcul
certainement de 200 à 250 articles et peut-être plus parce que le
projet de loi, au départ, avait 543 articles. Le député de
Marguerite-Bourgeoys dès le début, en première lecture,
avait proposé que ce projet de loi soit scindé: une partie
technique pour l'évaluation foncière et l'autre partie concernant
directement la réforme fiscale ou le réaménagement fiscal
des municipalités et des commissions scolaires.
Cela n'a pas été fait. On s'est retrouvé dans ce
fouillis d'ailleurs, il n'y a pas d'autre terme dans cette foire
législative qu'on a vécue depuis une dizaine de jours. Cela, je
pense bien que le ministre ne le contestera pas, parce qu'il y a eu assez de
témoins. D'ailleurs, le journal des Débats de la commission
parlementaire en fera foi.
M. le Président, on sait que ce projet de loi affecte
particulièrement les commissions scolaires; on a retiré
pratiquement en totalité le pouvoir de taxation foncière que
détenaient les commissions scolaires depuis, je dirais, au-delà
d'un siècle au Québec, alors que le ministre de l'Education prend
sur lui-même la responsabilité d'une administration, si je ne me
trompe pas, de l'ordre de $2 milliards par année, à lui seul, en
refusant, suite à un amendement qu'on avait proposé en
commission, toute concertation avec le milieu élu des commissaires
d'écoles. Lui seul, avec le Conseil du trésor, prendra la
responsabilité de l'administration de ces $2 milliards, sans
concertation avec le milieu, avec les gens qui ont cette vocation de s'occuper
de l'éducation dans chacune de nos commissions scolaires, au
Québec,
soit au niveau local ou régional, qui connaissent eux-mêmes
les priorités, les besoins, les programmes dans leur milieu.
Nous avions une institution qui était près de la
population; aujourd'hui, on s'aperçoit que ces femmes et ces hommes du
Québec qui ont donné des années de leur vie pour
l'enseignement, pour améliorer, valoriser l'enseignement public dans
tous les coins du Québec, on les met de côté du revers de
la main en leur enlevant, en particulier, pratiquement tous les pouvoirs de
taxation qu'ils ont. (16 h 40)
D'ailleurs, on peut se poser la question: Est-ce que c'était bien
le moment, en leur donnant ce seuil de taxation limité à 6% ou
à $0.25 les $100 d'évaluation, de leur laisser cette pitance,
justement dans le débat public qu'il y a actuellement, devant la
défaveur qui existe dans le domaine de l'enseignement public versus
l'importance accrue que prend le secteur privé de l'enseignement? Le
gouvernement a fait preuve d'une avarice exceptionnelle, si je puis dire. Je
vais vous donner un exemple. Alors qu'il déclare, dans sa
réforme, que le gouvernement veut devenir un citoyen ordinaire qui va
payer des taxes sous forme "d'en-lieu" élargissant l'assiette fiscale
des municipalités, parce que le gouvernement consent à payer des
taxes sur les édifices gouvernementaux et les édifices du
réseau, entre autres, des affaires sociales, l'élargissant en
échange de ce qu'il reprend sur la taxe, il refuse c'est une
chose que nous avons découverte en commission parlementaire aux
commissions scolaires leur limite, leur plafond de $0.25 du $100 cette
extension aux édifices publics, aux édifices appartenant au
gouvernement.
Le gouvernement va payer sa part aux municipalités, que ce soit
au taux établi par la municipalité, que ce soit $2 ou $2.25
d'évaluation du $100, mais il refuse ces $0.25 en tenant lieu de taxe
pour la part qu'il devrait payer aux commissions scolaires.
Il y a un deuxième point dans ce projet de loi. On a mis de
côté la capacité, on a oublié de prendre en
considération la capacité de payer des contribuables du
Québec, au niveau local, sans traiter nécessairement des fardeaux
de taxes qu'il a à d'autres niveaux. D'ailleurs, nous avons eu
l'occasion d'entendre toutes sortes de déclarations des ministres qui
sont venus en commission parlementaire. A un certain moment, le ministre des
Finances nous a dit que selon cette réforme fiscale, la contribution du
gouvernement du Québec sera de près de $500 millions. Par contre,
deux ou trois heures plus tard, lors de la même commission parlementaire,
à la suite d'une remarque, le ministre de l'Education disait que la
marge de manoeuvre du gouvernement, du ministre des Finances, lors de son
budget, était d'à peine 3 1/2% du budget. Si on fait la marge de
3 1/2% de $14 milliards environ, cela dépasse la déclaration
qu'il avait faite, à savoir que cette réforme coûtait
près d'un demi-milliard de dollars au gouvernement. Il y a quelque chose
qui ne va pas. Le gouvernement est-il prêt à prendre toute la
marge de manoeuvre qu'il aura au mois d'avril prochain pour augmenter sa
contribution dans la réforme fiscale? C'est une chose inconcevable.
D'ailleurs, nous avons eu droit c'étaient les premières
réserves que nous émettions en deuxième lecture, questions
que nous posions et auxquelles nous n'avons pas eu de réponses
à des variations énormes, à cinq variations
différentes établissant les changements fiscaux qu'il y avait
dans cette réforme. Depuis le mois de juin 1978 jusqu'à
aujourd'hui, nous avons eu cinq sortes de simulations. A la suite de
conversations que j'ai eues avec les représentants du milieu municipal,
de la ville de Montréal, des villes de la périphérie de
Montréal, des villes de la région de Sherbrooke et d'autres
municipalités, des représentants de l'Union des conseils de
comté et de l'Union des municipalités, aucune municipalité
au Québec ne peut faire de budget actuellement. Elles ne savent pas
où elles vont. Les inconnues sont multiples.
D'ailleurs, un seul semble savoir où il va. Un seul c'est
cela qui me fait peur, c'est cela que je crains un peu c'est le ministre
des Finances lui-même parce que tout le monde sait que toutes les
simulations qui ont été faites depuis un an, un an et demi et
deux ans ont été faites uniquement au ministère des
Finances par les fonctionnaires du ministère des Finances en
collaboration avec le ministère de l'Education d'ailleurs, il
n'était pratiquement plus dans le paysage et en collaboration
avec le ministère des Affaires municipales qui est devenu notre
interlocuteur. Mais toutes les études des impacts financiers ont
été faites auprès du ministère des Finances.
Je l'ai dit en commission parlementaire en présence des trois
ministres. Il y a des variations incroyables, les pourcentages de variantes
sont incompréhensibles. Sur les cinq simulations de juin 1978 à
aujourd'hui, je vais vous donner quelques exemples. Le gain, le prétendu
gain pour les municipalités du Québec: il y a eu une variante de
62% dans les cinq simulations. Au plus bas en décembre 1978, leur gain
était de $226 millions et, aujourd'hui, d'après le dernier
document fourni par le ministre des Finances, il y aurait un gain de $365
millions. En l'espace d'un an, c'est une variante de 62%. Le gain
prétendument accordé aux citoyens du Québec a varié
de 244% durant les cinq simulations. Dans la première simulation de juin
1978, cela devait coûter aux citoyens du Québec $39 millions. Au
plus haut, c'est en octobre 1979 où les contribuables devaient gagner,
dans cette réforme, $68 millions, et cela s'est stabilisé
dernièrement à $64 millions.
En ce qui concerne les sociétés, cela a varié de
113% durant les cinq simulations. Quant au gouvernement, cela a
également varié de 103% passant à un coût
présumé, en décembre 1978, pour le gouvernement du
Québec, de $199 millions à un montant de $405 millions
aujourd'hui, soit une variante de 103%.
Ce que je crains dans tout cela justement, c'est que le ministre des
Finances on connaît son sérieux sait où il
va. Ce qu'il fait actuellement, il sait où il va et on a un peu mis de
côté les
appréhensions, j'imagine même, du ministre des Affaires
municipales, des municipalités et des commissions scolaires. D'ailleurs,
un indice seulement qui a été établi en commission
parlementaire, ce que le ministre des Finances reprend non pas pour lui, mais
pour le gouvernement du Québec, c'est justement près de $500
millions de quote-part que les municipalités percevaient au titre de la
taxe de vente ou de la taxe sur les repas et l'hôtellerie. Excusez-moi,
c'est $443 millions. On reprend cela. Le gouvernement reprend ces $450 millions
qui représentent 2% de la taxe de vente. Cela a été
établi que l'indice de progression de la taxe de vente est beaucoup plus
rapide que l'assiette immobilière fiscale des municipalités,
surtout lorsqu'on sait que depuis une dizaine d'années, il y a eu une
évolution. Pratiquement toutes les municipalités au Québec
sont rendues avec des taux à la valeur réelle de 100% ou
près de 100% de la valeur marchande. A partir d'aujourd'hui, mes
convictions sont que le taux de la taxe de vente, qui a beaucoup plus de
relation avec l'augmentation du produit, soit national ou soit intérieur
d'un pays, augmente beaucoup plus l'indice de progression que la taxe
immobilière qui est statique et qui peut varier à peine
peut-être ces années-ci, ce qu'on peut prévoir de
2%, 3% ou 4% par année. (16 h 50)
En plus de cela, c'est que ces simulations, je ne peux pas les accepter;
les prévisions du gouvernement ne sont pas acceptables parce qu'on est
parti avec des prémisses qui sont fausses, avec des hypothèses
irréalistes.
Dans le document du ministre des Finances, on met un chiffre
prévisible d'augmentation du coût de fonctionnement des
municipalités à 10,5% de 1979 à 1980, ce qui n'a aucun
sens. J'ai moi-même vérifié auprès de plusieurs
municipalités et le taux d'augmentation prévisible entre 1979 et
1980 est beaucoup plus près de 17% que de 10,5%.
Les villes ont commencé à préparer des
éléments de budget et il y a des augmentations au niveau du
coût de l'énergie, du coût du pétrole, des taux
d'intérêt pour les emprunts qui viennent à
échéance et qu'on doit renouveler. Je vous donne un exemple bien
évident sur des emprunts à court terme que la ville de
Montréal a sur le stade olympique où, en passant, le gouvernement
ne veut pas payer "d'en-lieu". C'est une exception; on ne veut pas payer
même si c'est un monument que je considère je vais employer
un terme que vous aimez bien pratiquement national dans la province de
Québec. Vous refusez de payer des "en-lieu" sur le stade olympique. Mais
le service de la dette pour la part du déficit du stade olympique pour
la ville de Montréal coûtait en 1979 $25 millions à $26
millions, d'après les chiffres des trésoriers du service des
finances de la ville de Montréal.
Du fait que cela fait l'objet d'un renouvellement d'emprunt, pour 1980,
le service de la dette, uniquement à ce titre, sera de $39 millions;
augmentation de 50%. Je dis que l'indexation de 10,5% prévue et
donnée aux municipalités comme augmentation entre 1979 et 1980
dans le coût de fonctionnement des municipalités est
complètement irréaliste; c'est beaucoup plus près de 17%.
D'un autre côté, on dit que les municipalités vont gagner
dans la réforme fiscale, en occupant 100% du champ de l'impôt
foncier scolaire, 26%. Cela veut dire quoi? Cette grande réforme que va
vanter tout à l'heure le ministre des Affaires municipales, qui lui
semble être la salvatrice de tous les maux des contribuables du
Québec au niveau local n'est qu'un court cataplasme qui va régler
les problèmes municipaux pour environ un an et demi à peine
un an et demi avec des augmentations de taxes dans la
majorité des municipalités du Québec.
Le gouvernement n'a pas d'argent, n'a pas de marge de manoeuvre. Comment
peut-il faire pour donner prétendument $500 000 aux
municipalités? Il n'a pas de marge de manoeuvre. Il n'a pas encore le
droit d'imprimer de l'argent. C'est de la foutaise, cette grande réforme
qui réglerait les problèmes. D'ailleurs, le ministre l'a reconnu
dans son image que c'est un habit: on va couper les manches, on va couper la
longueur des pantalons. Il a même reconnu qu'il devra réajuster
cela en cours de route. Il va falloir la vivre, cette réforme. Il ne
faudrait quand même pas se laisser leurrer. Dans un an et demi, les
municipalités reviendront à Québec frapper à la
porte du ministre pour avoir une autre participation dans les revenus, soit au
chapitre de la taxe de vente ou des subventions conditionnelles ou
inconditionnelles. Je vous préviens que, d'ici à peine un an ou
un an et demi, nous serons encore à peu près dans la même
situation que nous l'étions.
Les pouvoirs de centralisation du ministre dans cette loi sont
exorbitants, Mme la Présidente. Le ministre dicte aux
évaluateurs, par des pouvoirs de règlement, comment atteindre la
valeur réelle. On nous a distribué deux boîtes qui devaient
peser au moins dix à quinze livres chacune et je n'exagère pas.
Cela sera, dans la réglementation, des directives aux évaluateurs
pour qu'ils sachent comment faire les rôles d'évaluation
foncière ou calculer la taxe d'affaires.
Tout est par réglementation. Les "en-lieu", les édifices,
soit du gouvernement ou du réseau social, de l'éducation, la
seule garantie qu'ont les municipalités, c'est par des pouvoirs de
réglementation du gouvernement ou du ministre. Le ministre a les
pouvoirs exorbitants de déterminer le potentiel fiscal de toutes les
municipalités, c'est lui-même, sans droit d'appel des
municipalités, qui détermine par règlement, à son
bon plaisir, le taux global de taxation d'une municipalité et le facteur
d'évaluation. Ce midi, nous avons voté sur division cet
amendement. C'est aberrant. La loi dit un grand principe, que tous les
évaluateurs doivent évaluer les immeubles, au Québec,
suivant la valeur réelle. Il n'y a aucune exception, il faut que ce soit
la valeur réelle. J'imagine que les évaluateurs municipaux sont
compétents, mais, une fois que les rôles des 1600
municipalités sont faits, le ministre a le droit de mettre ses gros
doigts dans ça
et dire: Telle ville, non, ce n'est pas la valeur réelle, c'est
80% de la valeur réelle; pour une autre, c'est 75%, une autre 82%, une
autre 105%, 110%; c'est lui qui décide par règlement. Cela va
à rencontre du principe que nous avons, et même il met ses gros
doigts dans un tribunal quasi judiciaire qui est le bureau de révision.
Il s'élève au-dessus du tribunal, et même cet indice va
être sur le compte de taxes du contribuable, ça veut dire que, si
c'est 75%, ça va être écrit dessus, mais c'est de
reconnaître que cette municipalité n'a pas vraiment
respecté la loi ou que l'évaluateur n'a pas vraiment
accordé la valeur réelle. Cela peut aller à 110%, dans
certains cas, c'est inscrit sur le compte. Le premier contribuable qui va voir
le facteur 110% sur son compte va partir en courant pour aller au bureau de
révision pour porter plainte.
On a capitulé sur ça, ça ne peut pas me rentrer
dans la tête ces pouvoirs réglementaires du ministre; sans appel.
On l'a amélioré un peu, il y a une collaboration maintenant, il
va falloir le faire en collaboration avec la Commission municipale, les
municipalités et les évaluateurs.
Mme la Présidente, je voudrais dire quelques mots sur les
conditions dans lesquelles nous étions pour l'étude de ce projet
de loi qui a été soumis à l'attention de cette
Assemblée au tout début de décembre, sur les 350
représentations que nous avons eues sans commission parlementaire. J'ai
eu l'occasion, durant cette commission, de discuter avec des
évaluateurs, des représentants du milieu scolaire, du milieu
social, du milieu industriel, avec des citoyens, etc. Tout le monde
était renversé de la masse que représentait ce projet de
loi. Un évaluateur m'a fait, entre autres, une remarque. Le
Québec a connu une nouvelle loi toute neuve d'évaluation
foncière en 1972, qui a fait l'objet de commissions parlementaires,
d'études; ça duré un an ou deux; une nouvelle loi avec un
peu plus de 100 articles. Les évaluateurs m'ont dit qu'on
commençait à digérer cette loi, elle commençait
à être rodée, on commençait à la
connaître dans le milieu municipal, dans le milieu scolaire, dans les
administrations municipales, dans les administrations publiques, au bureau de
révision; il y a eu des décisions et on commençait
à la vivre, mais aujourd'hui on met la hache dans ça et, de 100
articles, on passe possiblement à 250 ou 300 articles, je n'ai pas fait
l'inventaire.
Mme la Présidente, je ne charrie pas et, si le ministre est
honnête, il va le reconnaître lui-même, sinon je vais lui
amener des témoins, ou on n'a qu'à lire le journal des
Débats qui raconte ce qui s'est fait en commission parlementaire;
d'ailleurs, il y a des députés d'en face qui vont appuyer mes
dires. (17 heures)
II faudrait ouvrir pratiquement une faculté à
l'Université du Québec dans certaines régions du
Québec pour envoyer les administrateurs municipaux, les
secrétaires, ceux qui s'occupent d'évaluation, les conseillers
juridiques, les avocats qui font l'administration municipale, le domaine
municipal, le domaine de l'évaluation, les comptables je ne parle
pas des maires et des administra- teurs et des conseillers les
députés, et même pratiquement tous les fonctionnaires du
ministère des Affaires municipales, du ministère de l'Education
et du ministère des Finances. Il y a des transferts de paiements qui
vont être payés par HydroQuébec ou par les compagnies de
réseaux de télécommunications, de gaz,
d'électricité, comme Hydro-Québec etc.
Cela se comprend, j'imagine que cela va se tenir cette loi, je le
souhaite, parce que c'est incroyable. Je vais vous montrer un papillon, Mme la
Présidente, il y en a comme cela tout le long. On étudie à
certains moments des articles qui référaient à quatre
articles antérieurs de l'article même et trois articles
postérieurs qui avaient tous été amendés, faire la
concordance dans cela, le rapport...
On a commencé avec 543 articles, il y a eu, sans exagérer,
au-delà je n'ai pas fait le décompte, je n'ai pas eu le
temps et je n'aurais pas le courage de le faire de 200 amendements,
possiblement 10 ou 15 articles retirés et au moins 150 articles
nouveaux. Ne me demandez pas comment le projet de loi en troisième
lecture a d'articles. On se posait des questions sur les simulations, les
municipalités ne sauront pas combien elles vont percevoir à la
réforme fiscale, comment voulez-vous qu'elles le sachent, lorsqu'on ne
sait pas nous-mêmes rendus en troisième lecture combien un projet
de loi a d'articles.
Je demande au ministre de me dire combien ce projet de loi a d'articles.
On le saura probablement dans quinze jours trois semaines ou un mois. Il ne
sera pas accessible au public, aux municipalités, aux
évaluateurs, aux avocats, aux fiscalistes, aux comptables, avant au
moins, j'imagine, un mois, un mois et demi, dans les meilleurs
délais.
A ma connaissance, c'est une expérience unique que j'ai eue, cela
a été agréable, à certaines occasions, de
travailler avec le ministre. Mais ce que je lui reproche et cela je vais
lui reprocher de la manière la plus élégante possible
c'est que des lois de la sorte, déshumanisent l'administration
publique. C'est d'un dirigisme, le ministère des Affaires municipales
veut tout dicter aux municipalités. Pourtant on a eu une mauvaise
expérience qui aboutit aujourd'hui partiquement à la disparition
des commissions scolaires, alors qu'on aurait dû faire le point dans les
commissions scolaires excusez l'expression mettre un frein et on
aurait dû peut-être le mettre un peu plus tôt. Les voies, les
avenues exploratoires n'ont pas été faites dans le milieu
scolaire; le ministre de l'Education a capitulé et il a mal servi les
commissions scolaires. Il y avait d'autres formules pour faire une
réforme au lieu de dévaloriser le milieu scolaire, on aurait pu
le valoriser. On n'a pas tout explorer, toutes les avenues.
L'expérience qu'on fait, aujourd'hui, nous conduit vers la
disparition des commissions scolaires avec l'enchaînement qu'amorce et
que continue le ministère des Affaires municipales. S'il est
lancé dans cette trajectoire, on assistera, dans quelques années,
à la disparition totale des pouvoirs des administrateurs municipaux.
Vous êtes dans le même courant. On vous dit que votre loi
est une loi technocratique, bureaucratique. On ne dit pas que ce sont les 30
000 fonctionnaires du Québec, mais il y en a certains, honnêtes,
de bonne foi qui ont une philosophie, qui ont une doctrine, qui ont un dogme
selon lequel il faut que cela passe comme cela. Il faut que les citoyens
rentrent dans le même gabarit, dans le même schème, dans le
même moule.
Le rôle de l'homme public, de l'homme élu est d'apporter le
dosage, l'équilibre nécessaire lorsque certains technocrates
veulent aller trop loin. Cela existe dans certains ministères, il y en a
peut-être un ou deux par ministère, il en faut sans doute, mais
l'homme public est élu pour humaniser ces directives et ces
schèmes. Nous avons vécu malheureusement c'est grave, dans
ce projet de loi non seulement un dosage de l'allure et de la
mentalité et de la philosophie technocratique, mais une alliance et un
front commun de la technocratie de la part de certains technocrates et du
ministre. Un tel projet de loi est un exemple de la marque de commerce de ce
gouvernement. On le vit et c'est ce que la population n'accepte pas depuis
trois ans que ce gouvernement est là. Il faut laisser revenir à
cette humanisation.
Je vais vous donner un exemple. Le ministre nous a dit qu'il y a eu de
la consultation, qu'il y a eu un comité conjoint. Il n'a pas
pensé lorsqu'il a dit cela et il va le répéter tout
à l'heure dans sa réplique qu'il y a eu consultation au
comité conjoint où étaient présents des
fonctionnaires du ministre des Finances, des fonctionnaires du ministre des
Affaires municipales, des communautés urbaines, de l'Union des
municipalités, de l'Union des conseils de comté, des
administrateurs municipaux, des fonctionnaires de l'évaluation, de
l'estimation, j'imagine, etc. De la consultation! Mais le ministre a
oublié qu'il n'avait qu'un côté du guichet. Ce
comité conjoint comprenait uniquement ceux qui percevaient: le
gouvernement, le ministre des Finances, le ministre des Affaires municipales,
la communauté urbaine, mais pas les commissions scolaires. Elles
n'étaient pas là, les commissions scolaires, elles ne
perçoivent pas, elles! Ces gens étaient de bonne foi, ce sont des
fonctionnaires capables, honnêtes et tout, mais ce sont tous des gens qui
tirent dans la même direction, vers eux, la perception.
Dans le comité conjoint, où était le contribuable,
le citoyen, le "payeur"? Il n'était pas là, dans le comité
conjoint. Si le Parlement doit représenter la justice et
l'équité par une balance, vous n'aviez qu'un plateau de la
balance, ça ne peut pas être égal. C'est pour cela que
dès le départ on était là pour se partager
l'assiette, les revenus: Québec, taxe de vente, taxe scolaire. On abolit
le per capita, on ne le donne plus, mais le citoyen dans tout cela? Absence
totale! Vous le bousculez dans cette loi et vous allez être
condamnés là-dessus, vous allez écoper d'un jugement
sévère. Vous l'avez eu déjà, dans les sept
partielles. Le jugement est sévère parce que vous bousculez tout
le monde sans les consulter et sans les faire participer. C'est incroyable,
dans ce projet de loi, ce que vous pouvez en bousculer! Le cultivateur, le
"payeur de taxes" les commissions scolaires, les villes, les communautés
urbaines, les producteurs forestiers, les industriels, les hommes d'affaires,
tous! Le jugement va être sévère, rendez-vous compte de
ça!
On vous donne ce conseil. On avait commencé à vous le
donner il y a trois ans, mais vous étiez tellement sécuritaires
dans votre possession universelle de la vertu et de la science que vous ne nous
avez pas écoutés. Je pense que vous commencez à
m'écouter, je vois que vous êtes plus attentifs à mes
propos, mais l'échéance approche, malheureusement, et même
si vous voulez renverser la vapeur, l'heure est un peu tardive. Tardive!
Excusez-moi!
Une Voix: Le moment est tardif!
M. Lavoie: Je termine en disant que nous ne pouvons pas
être d'accord sur ce projet de loi pour plusieurs raisons. Nous n'avons
pas tardé, nous avons apporté notre collaboration à ce
projet de loi. (17 h 10)
D'ailleurs, cela a été une indication des
municipalités, de l'Union des conseils de comté. C'est sûr
que, si on ne l'avait pas adopté, le projet de loi, il y aurait eu une
espèce de vacuum le 1er janvier. On ne l'a pas voté; on vote
contre et sur division à tout bout de champ. Vous prenez vos
responsabilités. On se dissocie, tant dans le fond que dans la forme, de
ce projet de loi totalement.
Quand même, je pense que le ministre va reconnaître qu'on
n'a pas retardé les travaux. J'entends des ricanements. Vous le
demanderez au ministre. Aujourd'hui, si vous l'avez, le projet de loi, c'est un
peu grâce à nous, parce que, de consentement, on a
siégé de 10 heures, ce matin, sans luncher, pour finir à
15 heures; cette nuit, on a fini à 2 heures, alors qu'on pouvait
terminer à minuit. A part cela, le ministre pourra me corriger, mais je
ne sais pas si on a apporté cinq amendements formels au projet de loi;
cinq sur 600 articles, possiblement. On donnait notre idée et, à
l'occasion, le ministre a accepté nos suggestions, quatre ou cinq, dix,
peut-être, pour bonifier. On a essayé d'apporter une contribution
positive. Dans l'ensemble, c'est minime.
Pour toutes ces raisons, soyez assurée que ce sera la
responsabilité du prochain gouvernement, quel qu'il soit, de simplifier,
d'arrêter d'adopter des lois et surtout des règlements, et de
donner plus de liberté aux citoyens du Québec.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente: M. le député de
Bellechasse.
M. Bertrand Goulet
M. Goulet: Mme la Présidente, bien sûr, je ne
prendrai pas l'heure qui est dévolue à mon parti sur la
troisième lecture de ce projet de loi, mais
vous me permettrez, au nom de mon collègue de Saint-Hyacinthe,
qui est le porte-parole officiel de notre formation en matière de
politique municipale, mais qui a dû quitter pour se rendre au chevet de
son comté...
Mme Lavoie-Roux: Cela n'a pas l'air d'aller bien.
M. Goulet: J'étais tenté de dire au chevet d'un
parti fédéral, mais je ne veux pas être méchant. Je
vous livrerai donc un résumé du discours qu'il avait
préparé pour vous. Nous avons donc résumé son
intervention en la colorant d'une teinte d'humour pour la circonstance. Nous
voilà rendus à la toute dernière étape du projet de
loi no 57 dont le départ fut donné le 4 décembre dernier.
Que de chemin parcouru au cours de ces quinze jours d'étude, chemin
parcouru sur une route tortueuse, sinueuse, vallonnée et, par
conséquent, vous vous en doutez, bien dangereuse qui ne laissait place,
parfois, qu'à d'habiles conducteurs expérimentés à
ce genre de circuit. C'est pour cette raison qu'il a décidé
d'intituler son intervention d'aujourd'hui d'un titre qui a
caractérisé l'allure des travaux, soit la course folle du projet
de loi no 57.
Comme on le sait tous, nous n'avons été prévenus de
cette course que quelques jours avant le départ officiel du 4
décembre, ce qui, vous en conviendrez, laissait peu de temps aux
inscrits de préparer adéquatement leur voiture. Enfin, dès
le 4 décembre, nous étions tous sur la grille de départ
qui se composait de la rutilante voiture du ministre, de la plus modeste
voiture libérale, de même que de celle de l'Union Nationale. Une
quatrième voiture s'ajoutait plus tard, mais on y reviendra dans
quelques instants.
Donc, tel que prévu, le départ est donné, mais de
façon non officielle puisque les libéraux et les unionistes
contestent, en quelque sorte, les règlements de la course. Mais, vous
vous en doutez bien, Mme la Présidente, les officiels ont reconnu le
bien-fondé des demandes des conducteurs libéraux et unionistes et
ont ainsi rectifié certains règlements à notre grande
satisfaction. Déjà, un bon bout de chemin a été
parcouru, mais, malheureusement, nous nous apercevons que cette rutilante et
gigantesque voiture municipale, visiblement conçue et fabriquée
à la hâte, cache des vices de construction énormes. Bien
heureusement, le ministre avait pris soin de s'adjoindre un bon nombre de
copilotes ainsi que d'excellents mécaniciens et, surtout, il n'a pas
oublié un nombre effarant de pièces de rechange. C'est un peu
pour cette raison qu'en aucun moment nous n'avons voulu doubler le ministre,
préférant rester derrière lui et ainsi, en cas de besoin,
lui apporter notre aide technique et même, à l'occasion, nous
devons l'admettre, négocier un certain nombre de pièces de
rechange au point de nous en donner des papillons à la gorge. Quoi qu'il
en soit, Mme la Présidente, le circuit était très
intéressant puisqu'il nous a permis de traverser toutes les
municipalités du Québec et ce, même si à l'occasion
nous avons dû arrêter à cause d'un épais banc de
brouillard qui s'est heureusement dissipé.
Malgré tout, Mme la Présidente, le déroulement de
la course allait bon train jusqu'au moment où la quatrième
voiture entrait en piste, et c'est précisément à ce moment
que notre périple se gâche. En effet, à un rythme
effréné, la voiture de l'Education mène un train d'enfer.
Elle casse tout sur son passage. On aurait cru, Mme la Présidente,
à une véritable course de démolition. Comme on devait s'y
attendre, ce chauffard qui a tout bouleversé a malencontreusement fait
des victimes, soit environ 110 pour le rapport. Cependant une
consolation pour certains d'entre nous les victimes laissent, selon le
terme même du testament, aux héritiers légaux, les
municipalités, une sécurité qui, malheureusement, sera de
courte durée.
En résumé, Mme la Présidente, je vous dis que ce
fut une course pénible et je vous ferai grâce dans ce rapport des
détours que le ministre a dû effectuer pour reprendre son chemin,
ce qui m'a fait penser parfois que nous tournions en rond. Donc, nous
franchirons tous dans quelques instants le fil d'arrivée. Une conclusion
s'impose, Mme la Présidente. Ce long périple nous aura permis
et je le dis bien entre parenthèses de "tester" la voiture
municipale no 57 et nous en concluons, pour notre part, que nous
n'achèterons pas ce modèle, malgré ses 'modifications,
puisque nous doutons de sa résistance, sa garantie n'est pas de longue
durée et, de plus, nous ne savons pas combien il coûtera, ce qui
est encore pire. Quant au chauffeur de la voiture de l'Education, qui aurait
dû être numérotée et évoluer sur un circuit
différent, il a accumulé tellement de points de
démérite que le gouvernement lui enlève le droit de
conduire, dans les circonstances, ce qu'on pourrait appeler son "stock car", et
la population lui refuse tout renouvellement de son permis. Voilà, Mme
la Présidente, ce que le député de Saint-Hyacinthe avait
préparé et que j'ai tenté de vous livrer, comme je vous
l'avais dit, sur une note humoristique, compte tenu des circonstances.
M. Lalonde: Mme la Présidente...
La Vice-Présidente: M. le député de
Marguerite-Bourgeoys.
M. Fernand Lalonde
M. Lalonde:... j'ai attendu quelques secondes en espérant
que le ministre de l'Education défende son comportement dans ce projet
de loi, mais il est resté assis béatement, alors que le ministre
des Affaires municipales se levait pour faire son discours de réplique.
C'est l'histoire qui se répète. Le ministre de l'Education dans
cette course de démolition, comme le dit le député de
Bellechasse, en effet, a accumulé des points de démérite.
Un an et demi de règlements, un an et demi de congés, mais
à quel prix! Tout d'abord, en ce qui me concerne, je vais vous parler
des commissions scolaires. Il est très malheureux que le gouvernement
ait choisi de faire la réforme fiscale municipale sur le dos des
commissions scolaires qui, à toutes fins utiles, sont devenues des
objets du gouvernement
sans pouvoirs réels, sous le coup d'une interdiction pour
prodigalité appréhendée. (17 h 20)
En effet, Mme la Présidente, même si les commissions
scolaires, en général, n'avaient dépensé,
jusqu'à maintenant dans ce qu'on appelle dans le jargon les hors
normes ou les non admissibles en moyenne que 4,5% de l'ensemble des
dépenses, malgré le fait que le gouvernement ait eu la mauvaise
idée de leur imposer un plafond de 6%, on a imposé, en plus de ce
plafond, Mme la Présidente, un référendum à un
gouvernement local, ce qui est un précédent très dangereux
et ce qui fait disparaître, à toutes fins utiles, le
caractère démocratique des commissions scolaires. Nous, du Parti
libéral, déplorons que les commissions scolaires aient
été sacrifiées à ce processus car nous, du Parti
libéral, nous opposons à la technocratie et à la
bureaucratie du gros gouvernement qui, à la manière
péquiste, veut tout contrôler le Québec. Le PQ se
méfie des pouvoirs locaux, Mme la Présidente, comme il se
méfie d'à peu près tout ce qui n'est pas
indépendantiste. Mais nous, du Parti libéral, croyons que la
liberté individuelle et les droits fondamentaux seront mieux
protégés et respectés dans un Québec
diversifié dans ses pouvoirs et plus particulièrement dans le
domaine de l'éducation qui est d'ailleurs assuré d'une meilleure
qualité s'il est confié aux représentants du milieu.
Nous nous sommes battus pendant des heures en commission parlementaire
pour tenter d'amener le gouvernement et en particulier, le ministre de
l'Education à reconnaître les droits des commissions scolaires de
survivre comme des gouvernements locaux avec leurs propres pouvoirs et leurs
propres ressources, des ressources autonomes, conditions essentielles d'un
pouvoir.
Nous nous sommes battus pendant des heures pour sauvegarder, dans une
mesure aussi modeste soit-elle, le caractère démocratique des
commissions scolaires, Mme la Présidente. Fermeture hermétique du
ministre de l'Education et, je dirais même je le déplore
fermeture arrogante du ministre de l'Education" dans ce débat. Il
peut sourire, il l'a fait d'ailleurs en commission parlementaire, Mme la
Présidente, mais le résultat, c'est que le ministre de
l'Education a sacrifié les commissions scolaires parce qu'il est captif
lui-même des faiblesses dont il a fait preuve devant la puissance de la
finance. La puissance de la finance a gagné contre le ministre de
l'Education.
Le ministre des Finances et le ministre des Affaires municipales ont
réduit le ministre de l'Education au silence durant cette commission
parlementaire et c'est malheureux parce que le ministre de l'Education y passe,
mais les commissions scolaires, elles, nous aimerions beaucoup qu'elles eussent
été mieux traitées que ne l'a fait le ministre de
l'Education qui les a littéralement abandonnées. Aucun amendement
important n'a été apporté et n'a été
accepté par le ministre. Aucun changement n'a été
accepté par le ministre, même pas le caractère automatique
du référendum.
On a un petit amendement, un dernier, à la toute fin,
après s'être vu tout refuser disant: Au moins qu'on exige le
référendum seulement si un nombre on avait
suggéré 100 électeurs... Si le ministre avait dit: Non,
c'est 50 ou 200, on aurait accepté, mais pour enlever le
caractère automatique du référendum qui nie toute la
démocratie de nos pouvoirs locaux que sont les commissions scolaires.
Non, le ministre a été catégorique. Il avait les deux
mains liées et aucun amendement sérieux n'a été
adopté. Je pense que le gouvernement et le ministre de l'Education plus
particulièrement se prépare des lendemains
désagréables et très sérieux.
La disparition de la démocratie dans les commissions scolaires,
qui ne peut conduire qu'à l'étatisation de l'éducation, ne
peut que s'accompagner de la dévalorisation de l'éducation et ce,
malgré toutes les belles réformes, les projets éducatifs,
les conseils d'orientation que le ministre veut bien apporter dans une autre
loi. Le ministre de l'Education, du haut de sa certitude
sérénissi-me, Mme la Présidente, pourra nous pontifier
tous les beaux discours, mais il ne pourra pas changer la
réalité. Toutes les commissions scolaires, la
fédération des commissions scolaires, sont carrément
contre le décret de mort du ministre de l'Education. La grande
majorité de la population s'oppose aussi à la mainmise du
gouvernement sur l'éducation. C'est pour cela, Mme la Présidente,
en particulier, que je voterai contre ce projet de loi.
La Vice-Présidente: M. le ministre des Affaires
municipales.
M. Guy Tardif
M. Tardif: Mme la Présidente, après avoir entendu
ces discours plutôt décevants sur un projet de loi d'une telle
ampleur, je pense, comme il a été convenu, qu'il m'appartient
d'essayer de faire le point sur l'ensemble de cette réforme.
En effet, cette Chambre sera bientôt appelée à se
prononcer sur un projet de loi dont l'importance, pour le monde municipal et
pour l'ensemble des citoyens du Québec, n'est plus à
démontrer. Même le député de Laval s'est plu
à reconnaître que c'était un projet d'une importance
considérable. Si nous en sommes rendus enfin à l'étape de
la troisième lecture, malgré l'opposition du Parti libéral
et de l'Union Nationale qui ont voté contre le principe du projet de loi
en deuxième lecture et qui, lors de l'étude, article par article,
du moins en ce qui concerne les articles clés de ce projet de loi ont ou
bien voté contre, ou bien enregistré leur dissidence et je pense
ne pas faire une entorse à la vérité puisque tantôt,
c'est le député de Laval lui-même qui disait: Nous nous
dissocions totalement il a répété totalement deux
fois de ce projet de loi.
En un sens, Mme la Présidente, je comprends l'acharnement
farouche des partis d'opposition contre le projet de loi 57 qui
concrétise une réforme de la fiscalité municipale devant
laquelle
et le Parti libéral et l'Union Nationale ont tergiversé
pendant 30 ans. Je comprends qu'il ne doit pas être très
agréable, en particulier pour le Parti libéral, de voir un
gouvernement réaliser, en collaboration avec les municipalités,
une réforme que le ministre des Finances libéral en 1975
qualifiait d'impossible. Pourtant, les municipalités ne demandaient
à l'Union Nationale et au Parti libéral rien d'autre que ce qu'on
leur accorde présentement.
En effet, les municipalités demandaient, ainsi qu'on peut le lire
dans le mémoire de l'Union des conseils de comté devant la
Commission royale d'enquête, des sources de revenus plus
considérables afin qu'elles puissent remplir librement leurs
obligations. Les municipalités du Québec demandaient au cours de
ces 30 ans, comme on peut le lire dans un compte rendu du congrès de
l'Union des municipalités du Québec de 1961, une révision
du système fiscal qui leur permettrait d'accroître leurs revenus
sans avoir à surcharger des propriétaires fonciers. Au cours de
cette même période de 30 ans, les municipalités
demandaient, comme le formulait encore l'Union des municipalités devant
la Commission royale d'enquête sur la fiscalité en 1964:
L'exclusivité de la taxe foncière, quitte à adopter un
autre mode de taxation pour les commissions scolaires. Les municipalités
demandaient encore, ainsi qu'on peut le lire dans un mémoire de l'UMQ au
gouvernement, en 1969: Que les municipalités soient autorisées
à occuper seules le champ de l'impôt foncier en retour de
l'abandon du revenu de la taxe de vente au gouvernement provincial.
En 1975, Mme la Présidente, leur situation financière,
sérieusement affectée par l'inflation, les municipalités
ne demandent plus, elles exigent, par le biais d'un front commun, Union des
municipalités, Union des conseils de comté, le retrait complet
des commissions scolaires du champ de l'impôt foncier d'ici 1980. Elles
demandaient cela en 1975. Elles l'exigeaient en 1975.
Comment les gouvernements antérieurs, celui qui nous a
précédé en particulier, ont-ils répondu à
ces demandes? Par des fins de non recevoir dont la plus claire et la plus
nette, la plus définitive en même temps que la plus
intransigeante, fut livrée par le ministre des Finances du gouvernement
libéral en 1975 qui répondit aux municipalités qu'un
partage additionnel des recettes fiscales et des champs de taxation entre le
gouvernement et les municipalités n'était pas possible. (17 h
30)
Je comprends donc, comme je le disais tout à l'heure, que le chef
du Parti libéral se doit d'être conséquent avec les prises
de position antérieures de sa formation politique, même si cela
signifie qu'il doit continuer à mener ses troupes dans une opposition
stérile et sans issu, tout comme sur la question nationale, d'ailleurs,
Mme la Présidente, au sujet de laquelle on note la même attitude
négative qui confine presque au masochisme.
Lors de mon discours de réplique en deuxième lecture, j'ai
eu l'occasion de souligner le carac- tère tout à fait gratuit des
critiques des membres de l'Opposition à l'égard du projet de loi
no 57. Aucune suggestion de leur part, rien à offrir en échange.
A les entendre parler, le projet de loi no 57 ne valait rien. Je n'ai aucune
raison, Mme la Présidente, de douter de leur sincérité
à ce point de vue puisqu'ils ont voté contre le projet de loi en
deuxième lecture et ce, malgré l'appui sans équivoque
manifesté par le monde municipal.
Durant tout le débat qui a entouré l'étude article
par article du projet de loi depuis deux semaines, le ton n'a pas
changé. Faute de critiques constructives ou de suggestions de rechange
de sa part, j'avais adressé, dans ma réplique en deuxième
lecture, au chef de l'Opposition, une série de questions. J'ai
demandé au chef de l'Opposition de dire clairement, premièrement,
s'il approuvait oui ou non le principe d'une réforme qui
transférait $331 millions aux municipalités et vous savez ce
qu'il a répondu, Mme la Présidente? Devinez! Il a répondu:
Non merci, "no thanks".
Mme la Présidente, j'ai demandé au chef de l'Opposition
s'il était d'accord ou non avec la disparition des injustices flagrantes
que causait la redistribution de la taxe de vente aux municipalités; sa
réponse a été: Non, non merci, "no thanks ".
Je lui ai demandé, Mme la Présidente, si le Parti
libéral était d'accord avec la disparition d'une taxe
foncière scolaire qui ne constituait qu'une taxe provinciale
déguisée. Sa réponse: Non merci, "no thanks".
Mme la Présidente, je pourrais continuer comme ça. Je lui
ai demandé s'il était d'accord sur le fait que les citoyens
puissent se prononcer par référendum sur les dépenses
scolaires et admissibles. Réponse: Non merci, "no thanks ".
J'ai demandé au Parti libéral s'il était en faveur
oui ou non de la possibilité qu'offrait le projet de loi no 57 aux
citoyens de payer leurs taxes en plusieurs versements. Réponse: Non
merci, "no thanks".
Je lui ai demandé, Mme la Présidente, s'il était
favorable oui ou non aux dispositions du projet de loi no 57 visant à
mieux informer le citoyen sur son compte de taxes et les dépenses de sa
municipalité. C'est élémentaire. Réponse: Non
merci, no thanks".
Mme la Présidente, j'ai demandé si le chef de l'Opposition
était d'accord oui ou non à ce qu'on puisse faciliter au citoyen
le droit d'appel de son évaluation dans sa petite municipalité,
au lieu d'aller au chef-lieu, au palais de justice. Réponse: Non merci,
"no thanks".
Je lui ai demandé s'il était d'accord avec
rétablissement d'une formule de péréquation pour les
municipalités dont l'assiette foncière était moins bien
garnie. Réponse: Non merci, "no thanks".
Je lui ai demandé, Mme la Présidente, s'il était
d'accord oui ou non avec le fait, pour le gouvernement, de se comporter en bon
contribuable, que le gouvernement du Québec paie ses taxes.
Réponse: Non merci, "no thanks".
Et, là, le comble, Mme la Présidente, je lui ai
demandé au moins s'il était d'accord un
fédéra-
liste pour que le gouvernement fédéral paie ses
taxes. Réponse: Non merci, "no thanks".
Mme la Présidente, dix réponses négatives sur dix
questions. Pour ceux qui ont fait un peu de statistiques, ils devraient savoir
que, strictement, selon les lois du hasard, selon ce qu'on appelle le calcul
des probabilités, on aurait eu des chances, en tirant dix billes
blanches et noires dans un chapeau, d'en sortir environ cinq d'une couleur et
cinq de l'autre, selon les lois du hasard, avec évidemment plus de
chance si on a de grands nombres.
Une Voix: Sans intelligence!
M. Tardif: Et cela, sans intelligence, évidemment!
Dans ce cas-ci, Mme la Présidente, on constate qu'on obtient
zéro blanche et dix noires. Il faut croire qu'il y a quelque part une
intelligence. Il y a quelqu'un qui vient fausser le jeu normal de ce que l'on
pourrait appeler le calcul des probabilités. C'est ce qui s'est produit
dans ce cas. Je n'ai seulement qu'une explication à cela, c'est
évidemment l'aveuglement de l'Opposition qui a fait vraiment un mauvais
calcul d'accrocher son sort aux commissions scolaires.
Dieu merci, Mme la Présidente, comme on n'a pas eu de
réponse très positive de l'Opposition, le monde municipal,
à très peu d'exception près, parce qu'il y a eu quand
même quelques municipalités, parce qu'elles prenaient leur
commande du même groupe d'en face, quelques maires qui ont eu la
même attitude, ce n'est pas bon la réforme, ils se bouchaient les
yeux, ils publiaient des communiqués, etc., pour eux ce n'était
pas bon... mais à part ces quelques exceptions, le monde municipal a
réagi de façon positive, nous a fait des suggestions
concrètes, ses critiques ont été cons-tructives sur des
points précis du projet de loi no 57. Le monde municipal a rempli
finalement le rôle que l'Opposition, aurait dû remplir à
l'égard de ce projet de loi.
Le monde municipal nous a aidés à améliorer ce
projet de loi et j'en suis fier. Ainsi, certaines critiques étaient
formulées à l'égard de la taxe d'affaires, principalement
en ce qui concerne l'application de cette mesure sur le territoire de la
communauté urbaine de Montréal. On a réexaminé la
question à la lumière des exemples qui nous ont été
apportés et on a constaté que la taxe d'affaires telle que
conçue dans le projet de loi original pouvait effectivement imposer aux
petites et aux moyennes entreprises une surcharge fiscale, malgré le
crédit d'impôt aux petites et moyennes entreprises contenues dans
le projet de loi original et que nous avions spontanément introduit sans
même que le comité conjoint le demande. Afin d'éviter cette
surcharge possible aux petites entreprises, on a modifié le projet de
loi no 57 de façon à augmenter le rendement possible du
crédit d'impôt aux petites et moyennes entreprises de $1000
à $1500 dans un premier temps, et dans un deuxième temps, le
projet de loi, par suite des amendements qu'on a apportés, va permettre
aux municipalités de doubler ce crédit d'impôt aux PME au
Québec, de sorte que le crédit aux PME pourrait être de
$3000, $1500 par le gouvernement et $1500 par la municipalité. Cela
signifie, je pense, des améliorations tangibles dont on n'a pas entendu
un seul mot des membres de l'Opposition.
Enfin, une troisième mesure a été introduite pour
protéger les PME et qui ne s'appliquera que sur le territoire de la
communauté urbaine et qui assurera d'ailleurs une protection
additionnelle aux entreprises, c'est qu'à partir du 1er janvier 1980, la
valeur locative qui sert de base pour le calcul de la taxe d'affaires sera
plafonnée à 15% de la valeur foncière. Ce plafond qui sera
éliminé graduellement sur une période de quatre ans, rend,
au départ, non imposable la part de la valeur locative qui
dépasse 15% de la valeur foncière.
Ces trois mesures qu'on a ajoutées au projet de loi no 57
constituent une garantie et qui vont coûter $4 millions environ de plus
au gouvernement, constituent une garantie que le fardeau fiscal qui
disparaît avec l'abolition des surtaxes ne sera pas reportée sur
les PME et que ces dernières pourront profiter aussi d'un régime
fiscal amélioré grâce à la réforme.
Il y a un deuxième point qui a attiré notre attention
aussi, il y avait un allégement fiscal découlant de la
réforme, par suite de l'abolition des surtaxes, que certains
éléments profitent plus aux propriétaires qu'aux
locataires, qu'ils soient dans l'industrie, dans les affaires, dans le commerce
ou strictement des locataires d'immeubles résidentiels. Bien sûr,
tous les locataires comme les propriétaires vont
bénéficier au Québec de leur crédit d'impôt
deux maintenant que tout contribuable peut réclamer et
celui des PME. Mais il fallait faire plus pour éviter la
possibilité d'un transfert du fardeau du propriétaire qui aura
été soulagé de taxes grâce à la
réforme et la possibilité que le locataire d'un commerce, d'une
industrie assume une partie du fardeau.
Pour faire cela, pour pallier cette possibilité, on a introduit
dans le projet de loi no 57 des dispositions permettant la réouverture
des baux, autant commerciaux que résidentiels, advenant le cas où
les taxes du propriétaire baisseraient, de manière que les
locataires puissent également profiter de la réduction de taxe.
On n'en a pas entendu un seul mot là-dessus de la part de l'Opposition.
(17 h 40)
Je voudrais maintenant effleurer rapidement un autre volet de la
réforme, sur lequel l'Opposition a été étrangement
silencieuse, celui du financement des communautés urbaines, volet qui a
été rendu public par mon collègue, le ministre des
Transports, récemment alors qu'avait lieu le débat ici, en
deuxième lecture. A ce sujet-là, le gouvernement s'est dit
d'accord avec la vision du comité conjoint sur
Québec-municipalités que les communautés urbaines
étaient avant tout des entités administratives dont les membres,
n'étant pas élus au suffrage direct de la population, devaient
relever des autorités locales dont ils émanaient. En
conséquence, en respectant ce principe, on a
éliminé les sources de revenus autonomes des
communautés. Il n'est plus question qu'en plus des comptes de taxes
municipales, le citoyen reçoive un compte de taxes de la
communauté urbaine par-dessus. On a donc enlevé les surtaxes
à Montréal.
Deuxièmement, on a réaménagé la
participation du gouvernement au financement des communautés en la
limitant aux programmes à caractère provincial dispensés
par les communautés, par exemple, le gouvernement va assumer le
coût de l'inspection des aliments et du contrôle de la
qualité de l'air. Egalement, le nouveau partage du fardeau fiscal des
communautés, le partage des quotes-parts va être
réétabli en tenant compte du potentiel fiscal de chacune. On est
allé plus loin que ça, au chapitre du transport en commun, on le
sait, maintenant que c'est public, alors que dans mon discours... Là, le
député de Laval va encore dire: Regardez ça, encore un
autre chiffre! Bien oui. Lors de mon discours de deuxième lecture, le
montant total de la réforme était de $331 millions. J'avais bien
dit que cela ne contenait pas le volet du transport en commun qui a
été rendu public deux jours après. Ce volet additionnel
comporte $34 millions de plus pour les municipalités, ce qui porte
l'effet total de la réforme pour le monde municipal, incluant le
transport, à $365 millions!
Silence! On n'a pas entendu un mot de cela dans les interventions
précédentes. Le silence de l'Opposition officielle, et de son
chef pourtant si volubile d'ordinaire, est d'autant plus marqué,
à ce sujet-là qu'il contraste avec l'accueil très
favorable des élus locaux et des populations sur ce volet de la
réforme. Dois-je conclure qu'ils n'ont rien à dire
là-dessus non plus ou que c'est "non merci, no thanks" pour ces $34
millions de plus?
Quoi qu'il en soit, j'avais préparé à l'intention
du chef de l'Opposition officielle une autre série de questions sur le
volet du transport en commun auxquelles il lui suffirait de répondre par
un oui ou par un non. Evidemment, c'est toujours un peu plus difficile parce
que, bien souvent, c'est "non merci, no thanks", mais plus souvent qu'autrement
il va préférer disserter, nous présenter une dissertation
philosophique sur les mérites et la valeur des termes et de la question
si bien que quand on a fini de la lire, on ne sait pas trop à quelle
enseigne il se place. Je vais lui poser la question: Est-ce que l'Opposition
est d'accord avec une politique qui privilégie le transport en commun en
milieu urbain, oui ou non? C'est simple, ça.
Une Voix: Oui ou non?
M. Tardif: Est-ce qu'elle est d'accord avec une politique d'aide
au transport en commun qui accroche des subventions gouvernementales au revenu
produit plutôt qu'au déficit, oui ou non? C'est simple,
ça.
Est-ce que l'Opposition est d'accord, oui ou non, avec un apport
additionnel de $34 millions dans le coût du transport en commun dont $29
millions sur l'île de Montréal seulement, oui ou non? Est-ce que
l'Opposition est d'accord avec le financement à 100% par le gouvernement
des coûts de construction du métro et des trains de banlieue?
Est-ce que l'Opposition est d'accord avec une politique de financement du
transport en commun qui encourage, les réductions de tarif à
certaines catégories d'usagers, oui ou non?
Des Voix: No thanks!
M. Tardif: Ce n'est pas possible! Le chef de l'Opposition, qui
nous quitte à ce moment-ci, est-il d'accord avec une des mesures
il aurait pu au moins parler de celle-là par laquelle le
gouvernement du Québec va financer les laissez-passer des gens,
émission de passes ce qui va faire en sorte qu'au lieu de payer $0.60
pour chaque passage quand on monte dans le métro ou encore au lieu de
payer $0.46 lorsqu'on achète des billets, en payant une passe à
peu près $16 pour une moyenne de 50 passages et ce n'est pas
limitatif cela va revenir à $0.32 le passage, le transport
à Montréal. Est-ce qu'ils sont pour ou contre cela?
M. le Président, à ces huit questions sur le volet du
transport, le chef de l'Opposition officielle va-t-il répondre
machinalement, comme ça semble le cas: "Non, merci, no thanks", ou bien
comme il l'a fait pour les douze premières questions sur la
réforme? C'est sans cloute ce qu'on verra en troisième lecture.
S'il vote contre, c'est la confirmation que c'est: "No, thanks."
M. le Président, je terminerai ce bref tour d'horizon que j'ai
voulu peut-être un peu de nature à dérider cette
Assemblée...
Une Voix: Ce n'est pas drôle.
M. Tardif: Non, c'est triste même... en faisant un
résumé des mesures transitoires prévues pour faciliter le
passage du régime fiscal actuel au nouveau régime. Ces mesures
transitoires, M. le Président, répondent à deux
impératifs. D'abord, il faut assurer aux municipalités une
transition sans douleur et surtout sans cassure avec les anciennes sources de
revenus et les nouvelles. Il faut éviter de placer les
municipalités entre deux chaises, dans une situation où elles
seraient privées des sommes indispensables à la bonne marche de
leurs opérations et où les aurait situées une obstruction
systématique de l'Opposition, si elle avait été maintenue.
Je ne pense pas qu'elle aurait pu être maintenue bien longtemps face aux
pressions du monde municipal.
Il faut aussi leur éviter, dans toute la mesure du possible,
d'être obligées d'avoir recours à des emprunts temporaires
fort coûteux pour le contribuable. Deuxièmement, il est aussi
absolument essentiel de procurer au citoyen des moyens de comprendre ces
changements qui le touchent au premier chef; c'est son droit absolu, c'est lui
qui paie. Il est absolument essentiel que le citoyen comprenne clairement
où va l'argent. C'est essentiel que le citoyen comprenne qu'il paiera
dorénavant moins d'impôt foncier, presque plus d'impôt
foncier à sa commission scolaire, que les ressources ainsi
libérées retournent à sa municipalité et que
celle-ci bénéficie, à compter du 1er janvier 1980, de plus
de ressources que par le passé pour assumer ses obligations et qu'au
total, au Québec, on paiera moins d'impôt foncier en 1980 qu'en
1979. Si ce n'est pas le cas, ainsi qu'a semblé le laisser entendre le
député de Laval, si j'étais citoyen d'une ville, j'aurais
de drôles de questions à poser à mon conseil et à
mes élus.
Dans la même veine, une grande partie du compte de taxe scolaire
étant reportée au municipal, nous avons voulu éviter aux
contribuables d'avoir à débourser d'un coup un montant trop
important. C'est pourquoi, partout au Québec et c'est important
de le noter on paiera ses taxes municipales, en 1980, en un minimum de
deux versements. Le projet de loi no 107... 57, pardon je m'excuse, M.
le Président, cela me rappelle des souvenirs prévoyait
initialement l'obligation pour les municipalités d'envoyer un compte de
taxes provisoire suivi, après le 1er juillet, d'un compte de taxes
final. Pourquoi deux comptes? Parce que, tout simplement, les
municipalités ont besoin, immédiatement en janvier, d'argent pour
fonctionner. Mais elles sont dans l'impossibilité de calculer avec
précision, immédiatement, certains avantages de la
réforme. Toutes les municipalités, sans exception, sont
assurées, par exemple, de sources de revenus plus grandes en 1980 qu'en
1979, puisque le gouvernement leur garantit au moins des revenus additionnels
de l'ordre de $10 par habitant pour les trois prochaines années.
Grâce à nos simulations et à leurs propres calculs, la
plupart des municipalités n'en arrivent pas aux conclusions du
député de Laval. Elles ont une bonne idée de ce que va
leur procurer la réforme.
Cependant, un budget municipal, comme n'importe quel budget, cela doit
être établi, sinon "à la cent" près, du moins au
dollar près. Or, pour calculer avec précision certains des
avantages de la réforme, premièrement les revenus provenant des
taxes basées sur les ventes d'électricité, du gaz et des
télécommunications; deuxièmement, les compensations
versées par le gouvernement pour le manque à gagner,
résultant de l'effet de plafond des fermes; troisièmement, les
"en-lieu" provenant de la taxation sur les immeubles gouvernementaux, sur les
écoles, sur les CEGEP, sur les universités, sur les
hôpitaux; quatrièmement, les paiements de
péréquation et, pour un certain nombre de municipalités,
la garantie de recettes fiscales, les municipalités doivent
posséder des renseignements qui leur parviendront le plus tôt
possible, au cours du mois de février. (17 h 50)
C'est la raison pour laquelle, M. le Président, le projet de loi
57 prévoyait à l'origine l'envoi obligatoire d'un compte de taxes
provisoire suivi, après le 1er juillet, d'un compte final. C'est
également la raison pour laquelle le projet de loi 57 accorde aux
municipalités un délai de trois mois, c'est-à-dire
jusqu'au 1er mars 1980, pour adopter leur budget. Cependant, M. le
Président, plusieurs municipalités... Je remarque qu'il n'y a pas
beau- coup de députés de l'Opposition présents dans la
salle. Le député de Laval est seul à tenir le fort du
côté de l'Opposition. C'est dommage parce qu'ils auraient beaucoup
de renseignements à transmettre à leurs concitoyens. En tout cas,
je vais essayer de le faire pour eux.
Cependant, plusieurs municipalités nous ont fait des
représentations à savoir qu'elles pouvaient très bien
subvenir à leurs besoins financiers pour les deux ou trois premiers mois
de 1980, sans frais excessifs et qu'elles préféraient, pour des
raisons de simplicité administrative, n'envoyer qu'un seul compte de
taxes après l'adoption du budget. Nous avons jugé cette demande
tout à fait raisonnable et avons modifié le projet de loi 57 de
façon à offrir aux municipalités deux possibilités.
La première, les municipalités qui le désirent pourront
envoyer c'est important de retenir cela dès le
début de janvier un compte de taxes provisoire qui inclura les taxes
foncières, les taxes générales, les taxes
spéciales, etc., les taxes de service ainsi que la taxe d'affaires. Sauf
pour les villes de Montréal et de Québec, ce compte de taxes
provisoire ne devra en aucun cas être supérieur au compte de taxes
de l'année 1979 pour les mêmes taxes. A Montréal et
à Québec, cependant, ce montant pourra être
supérieur puisque le dernier budget de ces deux villes ne couvrait
qu'une période de huit mois et non de douze comme pour les autres
municipalités. Une fois les renseignements indispensables que j'ai
énumérés obtenus du gouvernement et le budget
définitif adopté, les municipalités pourront envoyer, mais
après le 1er juillet, le compte de taxes final. Donc, première
possibilité, un provisoire, un final après le 1er juillet.
La deuxième possibilité, M. le Président, c'est que
les municipalités qui le désirent pourront attendre les
renseignements dont je parlais tout à l'heure, adopter leur budget sur
réception de ces renseignements et envoyer ensuite un seul compte de
taxes qui devrait arriver en mars ou au début d'avril, mais la
municipalité devra obligatoirement permettre aux contribuables de payer
ce compte en un minimum de deux versements, soit un premier versement couvrant
les deux tiers des taxes et un deuxième payable après le 1er
juillet et couvrant un tiers des taxes. C'est un minimum, deux versements. Rien
ne les empêche de faire plus. J'ouvre une parenthèse, M. le
Président, pour signaler qu'une fois la réforme
définitivement commencée les municipalités recevront un
tas de renseignements aussi, les indices nécessaires, notamment, pour le
calcul d'un paquet d'autres opérations nécessaires à
l'opérationnalisation de la réforme. Afin de bien expliquer aux
citoyens la nature des renseignements apportés par la réforme,
nous comptons, évidemment, sur l'indispensable collaboration des
municipalités, mais le gouvernement en tant qu'instigateur et partenaire
de cette réforme détient une responsabilité qu'il n'a pas
l'intention d'ignorer et que, personnellement, j'entends exercer
pleinement.
Voilà, M. le Président, les quelques remarques que j'avais
à faire sur le projet de loi 57 et sur la réforme de la
fiscalité municipale, sur l'attitude dé-
plorable des partis d'Opposition dans cette affaire, sur la
collaboration intense et soutenue entre le gouvernement du Québec et les
municipalités qui a caractérisé la réalisation de
ce projet dont je suis fier et dont le monde municipal doit être
également fier, car il y a travaillé autant que nous. M. le
Président, ce qui nous a surtout compliqué la tâche dans ce
dossier, à part évidemment l'attitude de l'Opposition, c'est la
diversité pour ainsi dire infinie des municipalités. Chacune
d'entre elles est unique par un aspect ou l'autre de sa situation
géographique, des possibilités de son milieu et surtout des
aspirations de ses citoyens.
Une réforme universelle s'appliquant de manière identique
partout aurait été tellement plus facile à
réaliser, mais elle aurait été fatalement vouée
à l'échec. La municipalité moyenne ou idéale qui
aurait servi de modèle à une telle réforme n'existe que
dans l'imagination des statisticiens. Il aurait fallu consulter tout le monde,
n'oublier personne et tenir compte de toutes les situations. Dans l'état
actuel des choses, cette réforme, je pense, est la meilleure que nous
pouvions élaborer. Inévitablement, bien sûr, les 1600
municipalités, pour certaines d'entre elles, une petite minorité
moins avantagée que d'autres, nous devrons peut-être bien
procéder à des réajustements.
J'ai vu le député de Laval qui se moquait de
l'allégorie que j'avais utilisée en disant: Nous aussi, on se
rend bien compte que si l'habit ne fait pas à tout le monde, nous
pourrons effectivement allonger les manches ou refaire la ceinture. M. le
Président, je lui ai également dit une chose qu'il n'a pas
citée: Nous aussi, nous ne sommes pas complètement tombés
sur la tête et on sait qu'un habit, ce n'est pas fait pour la vie.
M. le Président, que feront les députés de
l'Opposition? Est-ce qu'ils se rendent bien compte, les députés
de l'Opposition, en terminant, dans quelle position ils se sont placés
en votant contre le projet de loi no 57, comme ils l'ont fait à
l'unanimité en deuxième lecture? Les députés de
l'Opposition se sont prononcés finalement contre le mieux-être des
municipalités. Ils ont désavoué le travail acharné,
non seulement du gouvernement, mais aussi du monde municipal. Les
députés de l'Opposition auront à s'expliquer devant les
municipalités et leur population, la population de leur comté, de
leur obstruction, de leur attitude négative à un projet de loi
qui visait à rendre les municipalités plus autonomes.
M. le Président, je vous pose la question, à vous: Comment
le député d'Argenteuil pourra-t-il s'en retourner dans son
comté et expliquer aux citoyens, par exemple, de Thurso, Montebello,
Papi-neauville, qu'il a voté contre un projet de loi qui pouvait leur
valoir respectivement $168 000, $130 000 et $90 000? M. le Président,
comment le député de Marguerite-Bourgeoys pourra-t-il expliquer
aux citoyens, à la population de son comté, qu'il a voté
contre un projet de loi qui aurait procuré aux citoyens de ville LaSalle
$4 millions? Je vois le député de Jean-Talon qui sort de cette
salle. Je veux lui demander comment il pourra expliquer à la population
pourquoi il a voté contre un projet de loi qui valait à la
municipalité de Québec plus de $10 millions.
M. Rivest: Je ne peux pas voter, je m'en vais.
M. Tardif: M. le Président, passe encore pour des gens qui
ne sont pas dans le milieu municipal, mais le député maire de
Verdun... Comment le député maire de Verdun va-t-il pouvoir
expliquer à la population, en retournant dans son comté, qu'il a
voté contre un projet de loi qui procurait aux Ver-dunois $5 100
000.
Une Voix: Vous êtes caves.
M. Tardif: Quant au député de Laval, M. le
Président, je me demande comment il va faire pour expliquer...
Une Voix: L'ancien maire de Laval.
M. Tardif: ... à la population, qu'il a voté contre
un projet de loi qui valait à sa ville $9 300 000. Je ne serai pas
méchant à l'endroit du député de Montmagny-L'Islet,
il est venu faire un tour en commission et il a été bien gentil.
On s'est bien entendus tous les deux. Il reste que lui aussi, il a voté
contre un projet de loi qui rapportait à la ville de Montmagny $324
000.
Des Voix: Ah!
M. Tardif: La députée de Prévost, je ne sais
pas si elle était ici au moment du vote en deuxième lecture, de
sorte que je m'abstiendrai. Mais je lui dirai simplement que son parti a
voté contre un projet de loi qui valait à la ville de
Saint-Jérôme $1 400 000.
Des Voix: No, thanks.
M. Tardif: Quant au député de Johnson, je n'en
parle pas, il est parti, on le respecte. Quant au député de
Saint-Hyacinthe, un conseiller municipal, M. le Président, il a
voté contre un projet de loi qui rapportait à Saint-Hyacinthe $1
700 000. Il a voté contre cela.
Des Voix: No, thanks.
Une Voix: C'est par année, cela.
M. Tardif: Oui, c'est juste pour l'année 1980.
Une Voix: A tous les ans, ensuite.
M. Tardif: M. le Président, le député de
Pointe-Claire, M. Shaw, il n'est pas là, le chat. Le
député de Pointe-Claire a voté contre un projet de loi qui
rapportait à la ville de Pointe-Claire $4 400 000...
Une Voix: C'est incroyable.
M. Tardif: A Sainte-Anne-de-Bellevue, qui n'est pas bien riche,
une des petites municipalités
francophones du West Island, il a voté contre un projet de loi
qui aurait rapporté à Sainte-Anne-de-Bellevue $1 400 000. Je
pourrais faire le tour. Le député de Bellechasse, il a
voté contre... Saint-Damien-de-Buckland, $158 000; Saint-Michel de
Bellechasse, $68 000. Je pourrais continuer ainsi, M. le Président. (18
heures)
M. le Président, je pense qu'il n'est pas nécessaire de
continuer plus loin cette nomenclature. Je veux tout simplement assurer les
membres de cette Chambre que, loin d'être la course folle qu'on a
décrite, ce projet de loi a été l'oeuvre d'un long labeur
depuis trois ans par celui qui vous parle, par le comité conjoint
regroupant le monde municipal et le gouvernement, depuis plus de 18 mois et,
depuis deux semaines, je pense, par le comité technique qui a entendu
les représentations et qui nous en a fait part.
M. le Président, je suis particulièrement fier d'avoir
réalisé cette réforme et j'aurais aimé que ce soit
toute l'Assemblée nationale qui s'associe à sa
réalisation.
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît! Messieurs!
Il me reste à demander si la motion de troisième lecture...
Messieurs! Je demande maintenant si la motion de troisième lecture du
projet de loi no 57, Loi sur la fiscalité municipale et modifiant
certaines dispositions législatives, sera adoptée?
Des Voix: Adopté.
M. Charron: Adopté, M. le Président. Vote
enregistré.
Le Président: Si vous me permettez une suggestion avant de
convoquer les députés sur ce vote qui sera un vote
enregistré à la suite de la demande formulée presque
unanimement ou unanimement, M. le leader du gouvernement, peut-être
devrions-nous convoquer les députés une seule fois. Je voudrais
que vous m'indiquiez s'il y a d'autres votes à faire pour ne pas
être obligé de faire la convocation deux ou trois fois.
M. Charron: M. le Président, il y a un vote sur le projet
de loi 17 que nous avons retardé et il y a un vote sur une motion du
premier ministre qui doit être fait à ce moment-ci.
Le Président: C'est tout? M. Charron: C'est
tout.
Le Président: Pour le projet de loi 57 et pour le projet
de loi 17, je demande qu'on convoque les députés pour un vote
enregistré.
Suspension à 18 h 3
Reprise à 18 h 14
Le Président: A l'ordre, s'il vous plaît!
J'appelle maintenant le vote sur la motion de troisième lecture
du projet de loi no 57, Loi sur la fiscalité municipale et modifiant
certaines dispositions législatives.
Que ceux et celles qui sont pour cette motion de troisième
lecture veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint: MM. Lévesque (Taillon),
Charron, Mmes Cuerrier, Payette, MM. Bédard, Laurin, Morin
(Sauvé), Morin (Louis-Hébert), Parizeau, Marois, Landry,
Léonard, Couture, Vaugeois, Bérubé, Mme Ouellette, MM.
Clair, Vaillancourt (Jonquière), Gendron, de Belleval, Johnson,
Chevrette, Duhaime, Léger, Tardif, Garon, O'Neill, Martel, Marcoux,
Rancourt, Bertrand, Fallu, Mi-chaud, Proulx, Laberge, Grégoire, Guay,
Lefebvre, Mme LeBlanc-Bantey, MM. Bisaillon, Dussault, Alfred, Marquis,
Ouellette, Perron, Gosselin, Jolivet, Lavigne, Mercier, Boucher,
Beauséjour, Desbiens, Baril, Charbonneau, Lévesque
(Kamouraska-Témiscouata).
Le Président: Que ceux et celles qui sont contre cette
motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint: MM. Ryan, Levesque (Bonaventure),
Lavoie, Lalonde, Lamontagne, Giasson, Rivest, Mme Chaput-Rolland, MM. Lalande,
Mathieu, Dubois, Scowen, Pagé, Marx, Biron, Goulet, Fontaine.
Le Président: Que ceux et celles qui désirent
s'abstenir veuillent bien se lever.
Le Secrétaire: Pour: 55 Contre 17
Abstentions: 0
Le Président: Alors la motion est adoptée. M. le
leader parlementaire du gouvernement.
Mise aux voix de la troisième lecture du projet
de loi no 17
M. Charron: Je vous proposerais, M. le Président,
d'appeler la troisième lecture du projet de loi no 17.
Le Président: J'appelle maintenant la motion de
troisième lecture du projet de loi no 17, Loi sur la santé et la
sécurité du travail. Je demande à ceux et celles qui sont
pour cette motion de troisième lecture de bien vouloir se lever.
Le Secrétaire adjoint: MM. Lévesque (Taillon),
Charron, Mmes Cuerrier, Payette...
Le Président: Je m'excuse d'interrompre le vote, il
semblerait qu'il y a acquiescement pour que ce soit le même vote.
Vous pouvez continuer, M. le secrétaire adjoint.
Le Secrétaire adjoint: MM. Bédard, Laurin, Morin
(Sauvé), Morin (Louis-Hébert), Parizeau, Marois, Landry,
Léonard, Couture, Vaugeois, Bérubé, Mme Ouellette, MM.
Clair, Vaillancourt (Jonquière), Gendron, de Belleval, Johnson,
Chevrette, Duhaime, Léger, Tardif, Garon, O'Neill, Martel, Marcoux,
Rancourt, Bertrand, Fallu, Michaud, Proulx, Laberge, Grégoire, Guay,
Lefebvre, Mme LeBlanc-Bantey, MM. Bisaillon, Dussault, Alfred, Marquis,
Ouellette, Perron, Gosselin, Jolivet, Lavigne, Mercier, Boucher,
Beauséjour, Desbiens, Baril, Charbonneau, Lévesque
(Kamouraska-Témiscouata).
Le Président: Que ceux et celles qui sont contre cette
motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint: MM. Ryan, Levesque (Bonaventure),
Lavoie, Lalonde, Lamontagne, Giasson, Rivest, Mme Chaput-Rolland, MM. Lalande,
Mathieu, Dubois, Scowen, Pagé, Marx, Biron, Goulet, Fontaine.
Des Voix: C'est incroyable!
Le Président: Que ceux et celles qui désirent
s'abstenir veuillent bien se lever.
Le Secrétaire: Pour: 55 Contre: 17
Abstentions: 0
Le Président: Motion adoptée. M. le premier
ministre. (18 h 20)
Nominations à la Direction
générale de la représentation
M. René Lévesque
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, en
espérant que nous serons tous là avec, au besoin, une ou quelques
additions au singulier ou au pluriel qui nous permettraient
d'atteindre le pourcentage fatidique de 66 2/3% je ne sais pas comment
les 2/3 s'arrangent, mais... des votes. J'ai une motion d'une importance
extrême à proposer et je pense qu'on en est tous conscients
comme dernier geste avant l'ajournement de l'Assemblée nationale,
en fonction de la Loi sur la représentation électorale qui nous
permettra d'avoir le nouveau découpage des circonscriptions des
comtés du Québec qui n'a pas été refait, sauf
erreur, depuis 1973 et qui urge dangereusement dans beaucoup de nos
régions.
Je fais motion, conformément aux articles 13 et 14 de cette Loi
sur la représentation électorale, pour que, d'abord, M. Jean-Luc
Lemieux soit nommé à la fonction de directeur
général de la représentation et qu'à ce titre il
agisse comme président de la Commission de la représentation; que
son traitement annuel soit celui qui correspond au maximum de l'échelle
de traitement des administrateurs classe III du corps d'emploi des cadres
supérieurs à la Fonction publique; qu'il bénéficie
des mêmes allocations que les sous-ministres au titre des frais de
représentation et soit indemnisé sur la même base pour ses
frais de voyage. Enfin, c'est classique.
Je vous soulignerai que M. Lemieux travaille dans ce secteur
professionnellement depuis plusieurs années, il en est actuellement le
directeur administratif et son arrière-plan professionnel,
géographe et cartographe, plongé dans ces problèmes depuis
longtemps, en fait, je crois, le candidat vraiment idéal. On a
été très chanceux aussi de l'avoir là, en place
déjà.
Deuxièmement, je fais motion pour que conformément
à l'article 14 de cette même loi, qui est celui qui prévoit
les membres de la commission, M. Pierre-F. Côté, qui est
déjà directeur général des élections et qui,
par conséquent, jusqu'au niveau des bureaux de scrutin a du travail
très intimement relié avec l'organisme qu'il dirige à la
confection d'une carte équitable et rationnelle, soit nommé
membre de la Commission de la représentation; que son traitement annuel,
puisqu'il s'agit d'un traitement additionnel, soit fixé à $6000
et qu'il bénéficie des mêmes allocations que les
sous-ministres au titre des frais de représentation et indemnisé
pour les dépenses justifiables de la même façon.
Troisièmement, que conformément, toujours, à
l'article 14 de cette même loi qui prévoit deux membres à
temps partiel, M. François Drouin et je crois que je n'ai pas
besoin de faire une longue présentation; M. Drouin, depuis des temps je
ne dirais pas immémoriaux parce qu'il a encore une vitalité
juvénile, a une expérience que tout le monde connaît en
cette Chambre soit nommé membre, lui aussi, de la Commission de
la représentation; que son traitement en honoraires soit de $300 par
jour de séance et qu'ensuite on ajoute des indemnités pour frais
de voyages et dépenses correspondant à celles que
j'énumérais précédemment.
Je demanderais à l'Assemblée nationale si elle veut bien
approuver cette motion parce qu'on sait que la loi prévoit qu'à
partir des rapports qui ont déjà été faits, c'est
pour le 31 mars, sauf erreur, que doit être confectionnée et
complétée la nouvelle carte électorale qui est
déjà sérieusement en retard depuis quelques
années.
M. Lavoie: J'aurais une question. Le Président: M.
le député de Laval.
M. Lavoie: J'aurais une question à adresser soit au
premier ministre ou au ministre d'Etat à la Réforme
électorale. Est-ce que la loi no 10 a été
sanctionnée à ce moment?
M. Bédard: Oui, M. le Président.
Le Président: M. le leader parlementaire de
l'Opposition.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, le premier
ministre a fait une proposition, mais c'est en termes un peu moins clairs qu'on
aurait
pu le désirer. Lorsqu'il parle du salaire qu'on va voter, est-ce
qu'il pourrait être plus précis? Lorsqu'il parle d'un salaire
maximum d'administrateur, je ne sais pas ce que cela veut dire. Lorsqu'il
arrive ensuite au salaire additionnel du directeur général des
élections, il parle d'un revenu additionnel de $6000. Cela s'additionne
à combien? Pourquoi la différence avec le troisième membre
qui, lui, n'est pas payé de la même façon? C'est simplement
pour fins de précision.
Le Président: M. le premier ministre.
M. Lévesque (Taillon): M. le Président, je dois
avouer je pense que le député de Bonaventure comprendra
parce qu'on négociait encore une partie de la journée pour
l'accord qui est nécessaire, je pense, dans un domaine comme
celui-là que je vais être obligé de rapailler une
partie des renseignements qu'il me demande. Je ne pense pas qu'il y ait nulle
part péril en la demeure en ce qui concerne les fonds publics.
Administrateur classe III, on me dit mais je le dis sous toute
réserve, je n'ai pas vérifié pour ce cas spécifique
que ce serait $45 000, ce qui est à peu près au niveau
d'un sous-ministre adjoint junior. Je ne pense pas qu'il y ait d'abus par
rapport à la responsabilité qu'il assume. M. Côté,
je pense que c'est en fonction d'un précédent qui est
déjà là et qui était là avant; le
député de Bonaventure devrait s'en souvenir parce que, loin,
loin, dans le passé, il y a eu une réforme, une révision
de la carte électorale qui a été faite sous le
régime de nos amis d'en face et il était prévu...
Je pense que c'était M. Drouin à ce moment-là qui
était à la fois directeur général des
élections et membre de commission de réforme de la carte
électorale. Je pense que c'est conforme au précédent. En
dépit de l'inflation, c'est la même chose. Dans le cas de M.
Drouin, cette fois-ci, comme membre additionnel, $300 par jour de
séance, j'ai l'impression que cela va équivaloir à peu
près à la même chose, peut-être davantage, mais on
lui demande de sortir de sa retraite parce que, la première chose qu'il
va avoir à faire après les Fêtes, cela va être de se
promener dans toutes les régions parce qu'il est prévu qu'il y a
une consultation des citoyens ou des groupes représentatifs des citoyens
pour pouvoir évaluer de nouveau, mais en trois mois, le projet de carte
électorale qui était déjà déposé par
l'ancienne commission. Il faut que ce soit fait avant le 31 mars. Si cela ne
suffit pas, je pourrai prendre des renseignements additionnels, mais cela me
paraît...
Le Président: Je demande maintenant à ceux et
celles qui sont en faveur...
Une Voix: Appelez les députés.
Le Président: Je vais appeler les
députés.
Une Voix: Un vote!
M. Lévesque (Taillon): Pour trois, je vais donner une
correction importante, c'est $45 014.
Le Président: Très bien. Je demande maintenant
à ceux et celles qui sont en faveur de cette motion
présentée par M. le premier ministre de bien vouloir se lever,
s'il vous plaît! (18 h 30)
Le Secrétaire adjoint: MM. Lévesque (Taillon),
Charron, Mmes Cuerrier et Payette, MM. Bédard, Laurin, Morin
(Sauvé), Morin (Louis-Hébert), Parizeau, Marois, Landry,
Léonard, Couture, Vaugeois, Bérubé, Mme Ouellette, MM.
Clair, Vaillancourt (Jonquière), Gendron, de Belleval, Johnson,
Chevrette, Duhaime, Léger, Tardif, Garon, O'Neill, Martel, Marcoux,
Rancourt, Bertrand, Fallu, Michaud, Proulx, Laberge, Grégoire, Guay,
Lefebvre, Mme LeBlanc-Bantey, MM. Bisaillon, Dussault, Alfred, Marquis,
Ouellette, Perron, Gosselin, Jolivet, Lavigne, Mercier, Boucher,
Beauséjour, Desbiens, Baril, Charbonneau, Gravel, Lévesque
(Kamouraska-Témiscouata), Ryan, Levesque (Bonaventure), Lavoie, Lalonde,
Lamontagne, Giasson, Rivest, Mme Chaput-Rolland, MM. Lalande, Mathieu, Dubois,
Scowen, Pagé, Marx, Biron, Goulet, Fontaine.
Le Président: Que ceux et celles qui sont contre veuillent
bien se lever, s'il vous plaît! Les abstentions.
Le Secrétaire: Pour: 73 Contre: 0
Abstentions: 0
Le Président: Alors, la motion est adoptée aux deux
tiers conformément à la loi. M. le premier ministre.
M. Charron: M. le Président, je n'ai plus aucun autre
article à appeler avant la reprise de la session. Je vous prierais de
reconnaître le premier ministre.
Le Président: M. le premier ministre.
Voeux de Noèl et du nouvel an
M. René Lévesque
M. Lévesque (Taillon): M. le Président,
après ce suspense qui a ajouté au stress mais qui se termine
bien, heureusement, un suspense qui a une fin heureuse, une fin
américaine comme on le dit au cinéma, je voudrais simplement dire
quelques mots pour souligner qu'entre le moment où nous allons ajourner,
parce qu'on ne proroge pas cette session, on l'ajourne au 4 mars. Je pense que
c'est déjà bien connu, mais cela peut être possiblement,
cela dépendra évidemment de la pression, des besoins
parlementaires, des besoins législatifs avant mais, pour
l'instant, officiellement, au 4 mars.
Entre-temps, il y aura les Fêtes. Je pense qu'avant de vous
souhaiter à tous et souhaiter à tous ceux qui, ici, avec nous ou
tout autour, par la télévision, vont célébrer ces
Fêtes avant d'ajouter les voeux de circonstances, je voudrais noter deux
ou trois choses, mais très rapidement.
On va ajourner parce que, de toute façon, il y a un énorme
fil qui pend, qui est l'amorce, à partir de la question qui a
été déposée hier, du débat qui est
prévu sur la question référendaire. C'est plus que du pain
sur la planche. A lui seul, ce débat pourrait, d'après la loi,
prendre quelque chose comme trois semaines, le plus clair de trois semaines de
séance et, de toute façon, sera un des moments solennels, pas
à l'égal de celui du jour du référendum
lui-même, mais quand même un moment solennel parce que c'est le
premier du genre que puisse débattre un Parlement
québécois depuis la fondation du Québec et depuis le
premier des six statuts politiques. Je les comptais encore tout à
l'heure pour être sûr que je n'en oubliais pas mais, sauf erreur,
le premier des six statuts politiques qu'a connus le Québec le long du
chemin. Pour la première fois, les Québécois auront la
chance de se prononcer sur leur préférence en matière de
statut politique pour tout un peuple.
Je suis sûr que le débat saura s'établir ou se
rétablir au niveau qui convient à mesure que le moment se
rapprochera. Seulement, la voiture parlementaire que nous occupons ici, qui est
encore une Assemblée nationale qui, jusqu'à nouvel ordre est un
Parlement provincial, même avec ses pouvoirs réduits, a bien
d'autres sujets à traiter et il y en aura encore à traiter au
cours de cette reprise de la session. J'espère que la plupart, sinon
tous, sont déjà au feuilleton, mais on ne sait jamais ce que les
urgences peuvent nous apporter.
De toute façon, il y aura encore du travail régulier de la
session, mais, concernant des sujets qui importent à beaucoup de
citoyens, à aborder au moment de la reprise et de la dernière
partie de cette session qui sera ajournée tout à l'heure. Le
travail qu'il reste ne devrait pas effacer je pense que ça
n'effacera pour aucun d'entre nous le sentiment d'avoir accompli et,
dans l'ensemble, bien accompli, tous ensemble, le travail de cette longue
je crois que c'est un sentiment que l'on peut partager et
fructueuse partie de la session qui s'achève ce soir.
Je ne referai pas le bilan, le leader parlementaire l'a fait au nom du
gouvernement, je suis sûr que nos amis des oppositions le feront aussi,
mais je pense qu'on pourra dire une chose, peu importe comment on juge le
résultat, selon nos appartenances, c'est que tout le monde a
coopéré d'une façon qui, je pense, crée un heureux
précédent, même si on peut regretter j'ai
l'impression qu'il pourrait arriver qu'on les regrette un bon bout de temps
les deux derniers votes de troisième lecture qu'on a
donnés ce soir, même si ces votes qui, de toute façon, font
partie des droits fondamentaux des parlementaires, sont, je crois regrettables.
Enfin, il y a eu quand même, de part et d'autre, une coopération
en vue de l'efficacité et en vue d'un bon achèvement de nos
travaux qui, je crois, est presque sans précédent, en tout cas
qui nous repose un peu et qui nous renouvelle le climat d'ajournement par
rapport à l'an dernier.
M. Charron: En effet!
M. Lévesque (Taillon): Je pense que là-dessus on
doit remercier aussi bien les députés indépendants...
Une Voix: Vous êtes un peu plus serein!
M. Lévesque (Taillon): Seigneur, j'étais serein
l'an dernier, sauf que l'heure n'était pas sereine! ... l'Union
Nationale, l'Opposition officielle libérale et, bien sûr, on me
permettra de dire que quand même l'initiative de cette harmonie revient
au gouvernement, au parti ministériel puisque c'est lui qui organise les
travaux. Mais, de toute façon, disons je n'essaierai pas de tirer
la couverte que je pense qu'on a tous coopéré d'une
façon qui est absolument remarquable et les résultats sont
là.
Là-dessus, il reste simplement à espérer que tout
ce travail intensif va nous permettre, les uns et les autres, de prendre le
minimum de repos qui est nécessaire, parce que depuis deux ou trois
mois, je pense que le Parlement a démontré comme il lui
arrive régulièrement aux moments les plus productifs
à quel point, non seulement il est un instrument essentiel de la
démocratie, mais à quel point, à l'occasion, cette machine
peut fonctionner efficacement.
En attendant qu'on se retrouve, je voudrais souhaiter à tous ceux
qui sont nos collègues dans cette Chambre, le plus joyeux des Noël,
de bonnes résolutions pour l'année 1980, une bonne année,
de bonnes résolutions très québécoises, très
fondamentalement conformes à nos sources, à nos racines et au
climat actuel du Québec, pour l'année 1980.
Je voudrais étendre ces souhaits de joyeux Noël et de bonne
année mais aussi nos remerciements au nom de tout le monde, en
dépit des pics qu'on peut avoir à l'occasion, à ceux qui
nous dominent du haut de la tribune de la presse il en reste un pour le
transmettre aux autres et à tout le personnel, à commencer
par ceux qui ici à cette table centrale, au personnel du journal des
Débats, à l'équipe qui vient de nous montrer cette photo
impressionnante des media d'information, incarné en un seul homme, toute
l'équipe de la télévision, à tout le personnel
permanent, à commencer par ceux qui, à cette table, nous
empêchent si souvent de faire des erreurs, qui, par exemple, m'ont
ajouté les $14 qu'il fallait aux $45 000 pour être sûrs que
je ne faisais pas d'erreur que reprendrait le député de
Bonaventure, et évidemment tout le personnel de l'Assemblée,
à commencer par les pages qui sont ici, par les gens du Parlementaire
qui, je crois, M. le Président, si c'est encore dans l'ordre des bonnes
habitudes que vous avez établies, vont nous accueillir tout à
l'heure pour quelques instants pour qu'on puisse se souhaiter de façon
plus chaleureuse les choses qui vont de soi en cette saison et, finalement,
à vous, M. le Président, et à toute la présidence,
pour le travail extraordinairement bien balancé que vous nous avez
permis d'accomplir. (18 h 40)
Si j'avais simplement une chose à ajouter en terminant, c'est
qu'au-delà des privilèges particuliers que vous accordez au
doyen, qui est maintenant le député de Bonaventure, de
grâce, n'étendez pas cela au chef de l'Opposition qui, lui, est
encore un nouveau. Mais, malgré tout, nos meilleurs voeux, je suis
sûr, de la part de tout le monde et aussi nos remerciements, à
toute la présidence et à vous en particulier, M. le
Président. Joyeux Noël et bonne année.
Le Président: M. le chef de l'Opposition. M. Claude
Ryan
M. Ryan: M. le Président, je vais essayer d'être le
plus bref possible, étant donné l'heure à laquelle nous
sommes parvenus et la hâte que nous éprouvons tous de rentrer chez
nous et de retourner voir nos électeurs dans nos comtés
respectifs. Je voudrais tout d'abord vous remercier pour la manière
distinguée et courtoise avec laquelle vous vous acquittez de vos
responsabilités extrêmement délicates, surtout en cette
période de débats intenses et souvent vifs.
Je joins à ces remerciements, évidemment, vos deux
collègues de la vice-présidence; je vous souhaite à tous
les trois des Fêtes qui vous permettront de vous reposer un peu des
problèmes que nous vous causons à certains moments.
Je remercie également le personnel de l'Assemblée,
à commencer par le Secrétaire général et ses deux
adjoints, les pages, le personnel d'entretien, le personnel de protection
également, les journalistes, le personnel du journal des Débats,
le personnel du secrétariat des commissions, le personnel de la
bibliothèque de l'Assemblée nationale qui est toujours à
notre disposition d'une façon formidable, le personnel du restaurant Le
Parlementaire qui nous accorde un service remarquable. Je pourrais continuer,
mais je pense que tout le monde aura compris qu'on ne veut oublier
personne.
A tout le monde, j'adresse des remerciements cordiaux, j'apprécie
énormément étant récemment arrivé
dans cette Assemblée, je peux peut-être le dire avec un peu plus
de fraîcheur que les doyens...
M. Levesque (Bonaventure): Hum!
M. Ryan: ... j'apprécie énormément la
cordialité du service qu'on nous accorde et cet empressement remarquable
que je retrouve chez tous, chez les plus humbles comme chez ceux qui ont le
prestige des ans et des fonctions. Merci à tous, meilleurs voeux, nous
vous sommes très reconnaissants.
J'adresse également mes voeux au premier ministre et à ses
collègues du gouvernement, à nos collègues de l'autre
côté de la Chambre, à mes collègues du Parti
libéral, évidemment, et à ceux des autres partis
d'Opposition. Je pense que nous formons ensemble une équipe au sein de
laquelle les échanges sont parfois durs, mais il faut qu'ils le soient.
Je vous fais un voeu, M. le Président, que j'ai déjà
formulé, ne vous scandalisez pas trop de certaines
épithètes: Les joueurs qui sont sur la glace sont censés
être capables d'encaisser des coups, il faut que vous leur permettiez,
quand ils en reçoivent, d'en donner aussi. Nous nous plierons
néanmoins à vos directives quand vous trouverez que nous
dépassons les bornes.
Aujourd'hui surtout, avec la télévision, on ne peut pas
concevoir le Parlement comme autrefois parce que ce sont vraiment des
délibérations sur la place publique au sens fort du terme. Je
vous dirai franchement qu'un mot un peu vif, même quand il m'est
adressé, ne m'a jamais empêché de dormir. J'apprécie
qu'on les reçoive en retour quand il m'arrive d'en échapper, mais
vous savez que cela ne m'arrive pas souvent.
Je suivrai le premier ministre, qu'il ne soit pas inquiet. Je ne veux
pas entreprendre un bilan politique des travaux que nous avons accomplis, je
voudrais simplement souligner, par-delà les bilans objectifs, que si
nous avons eu une atmosphère de collaboration dans cette Chambre, si
nous avons pu franchir la dernière étape des travaux de cette
partie de la session dans un climat d'efficacité et de discipline, je
puis dire en toute objectivité qu'on le doit principalement aux partis
de l'Opposition qui font tout leur possible pour éviter les manoeuvres
d'obstruction artificielle dont le Parlement a souvent donné le
spectacle par le passé.
Je pense que nos concitoyens, qui nous observent tous les jours sur leur
écran de télévision, ne permettraient pas que nous nous
perdions indûment dans des querelles de procédure, dans des
chicanes byzantines.
M. Lévesque (Taillon): Sauf en commission; là on
n'est pas à la télévision, cela paraît.
M. Ryan: En commission. Je dois rendre hommage à mon
collègue qui a fait un travail gigantesque à la commission des
affaires municipales, un travail extrêmement constructif qui a permis de
bonifier un projet de loi qui avait d'innombrables faiblesses dans sa version
initiale.
M. le Président, je souhaite que nous puissions conserver cet
esprit de collaboration qui ne s'accroche pas à la lettre des
règlements, mais qui vise surtout les résultats. J'ai une
philosophie très simple en ces matières. Une fois que
l'Opposition a pu exprimer vigoureusement ses points de vue et enregistrer son
opinion d'une manière claire qui ne prête à aucune
équivoque, le jeu qui consiste à s'attarder pendant des jours
pour donner l'impression qu'on sert l'intérêt public, moi, je n'ai
pas trop de temps à perdre avec cela et ce n'est pas
l'intérêt qui m'animait quand je suis venu dans cette Chambre. Je
suis heureux de voir que nous nous orientons dans cette voie et je voudrais
assurer le gouvernement et les autres partis de notre esprit de collaboration
à cet égard.
Je voudrais ajouter un mot particulier pour le leader du gouvernement
dans cette Chambre. Je pense qu'il donne à nos travaux une direction
ra-
tionnelle et raisonnable. Cela ne veut pas dire que je l'apprécie
autant quand il fait des discours sur nos motions de blâme. Il semble
qu'il soit celui qui est envoyé au feu professionnellement dans ces
circonstances. Mais, dans son rôle de leader du gouvernement, je dois lui
concéder...
M. Levesque (Bonaventure): Honneur et gloire à vous!
M. Ryan: Je dois reconnaître en toute loyauté qu'il
essaie de créer ce climat de consensus sans lequel il serait impossible
de fonctionner ensemble. Lorsque des objections raisonnables sont soumises ou
que des propositions sérieuses sont présentées, on a
l'impression qu'il les étudie. Des fois, il nous adresse des refus que
nous ne pouvons pas accepter; il le fait courtoisement, avec gentillesse. Dans
l'ensemble, même si nous reprochons à notre leader d'être
devenu un collaborateur, nous sommes heureux de voir que les travaux se
poursuivent dans le climat qui est absolument nécessaire.
Le premier ministre a fait allusion, tantôt, au rendez-vous du
référendum qui nous attend au cours des prochains mois. Je
regardais l'atmosphère hier; il n'y avait pas cette atmosphère
d'intensité qu'on a vue à d'autres moments. Je ne sais pas si
c'est parce qu'il commence à y avoir quelque chose d'un petit peu
réchauffé autour de cette affaire dont on parle depuis trois ans
et demi maintenant, sans arrêt.
Je ne sais pas si l'affaire menace de dégénérer en
une sorte de "non event", de non-événement. J'espère que
non, mais tout dépendra de la limpidité qu'on y mettra de part et
d'autre. Je voudrais formuler un voeu, si vous me le permettez, M. le
Président que je communiquais au ministre de la Justice en conversation
privée ce matin. Je ne voudrais pas me faire accuser de devenir un
collaborateur du ministre de la Justice. Donc, je mets tout de suite ma
suggestion sur la table. Je crois que le gouvernement devrait s'efforcer par
tous les moyens de trouver une formulation de la question qui puisse faire
l'objet d'un accord consensuel entre nous. Je pense que si nous pouvions
arriver à un consensus au moins sur le libellé de la question,
déjà, nous aurions disposé d'un grand nombre de
difficultés auxquelles nous devons veiller, dont nous devons être
très conscients dans cette entreprise. Le gouvernement prendra ses
responsabilités. Nous prendrons les nôtres, mais j'aimerais que,
pendant cette période de deux mois qui nous est donnée pour
réfléchir, nous examinions cet aspect de la proposition. Je
souligne qu'en général on a des mécanismes qui
prévoient qu'il n'y aura pas de chicane autour du libellé de la
question, que la chicane se fera, si elle doit se faire, au moins le
débat, autour du contenu. Sur le contenu, c'est entendu que nous
n'aurons pas les mêmes positions c'est normal aussi mais je
formule ce voeu, en toute simplicité, mais en toute loyauté. (18
h 50)
Un autre voeu. J'apprenais tout à l'heure... Il faut que cette
Chambre soit saisie des dernières nouvelles. Je sais que vous avez des
critères particuliers, étant donné votre
déformation professionnelle, M. le Président. Il y a des choses
dont vous n'êtes pas saisi parce que la loi ne vous les a pas
communiquées, mais j'apprenais cet après-midi que nous aurons une
vacance additionnelle à cette Assemblée. Apparemment, le
député du comté de Mégantic-Compton a donné
une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé qu'il
remettrait sa démission comme membre de l'Assemblée nationale
jeudi prochain, le 27 décembre. C'est un événement public.
J'y fais allusion parce que cela a été l'objet d'une
communication à l'occasion d'une conférence de presse
donnée par notre collègue de Sherbrooke, cet après-midi.
Ceci m'incite à renouveler un souhait que nous avons formulé
implicitement depuis deux jours, depuis le départ de notre
collègue de Johnson.
Je souhaite qu'il soit donné à la population de ces deux
comtés d'être représentée en cette Chambre dans les
délais les plus raisonnables. Et pour donner plus de précision
à ce souhait, ceci un peu dans la ligne de ce que disait le premier
ministre ce matin quand il a dit que le gouvernement verrait à agir en
conformité avec l'esprit de la loi no 9, sinon avec la lettre qui ne le
contraint pas tout de suite, je pense pouvoir émettre le souhait, en
toute objectivité, qu'il soit donné aux électeurs de ces
deux circonscriptions d'envoyer des représentants légitimement
élus à cette Chambre avant l'épreuve
référendaire. C'est un souhait que je formule en toute
simplicité à l'endroit du premier ministre.
Je termine en adressant à nos concitoyens de tout le
Québec mes remerciements sincères et chaleureux pour l'appui
extraordinaire dont ils ont honoré le parti que je dirige, au cours des
derniers mois. Nous avions décidé de nous rapprocher de nos
concitoyens, d'aller les voir chez eux, de nous mettre à leur
écoute partout à travers le Québec. Ils ont répondu
à nos démarches d'une façon éloquente qui a
été confirmée par l'entrée en cette Chambre de
quatre nouveaux députés dont je salue, en particulier, la
présence extrêmement consciencieuse aux travaux de cette Chambre.
Je n'ai pas regardé en arrière de moi, mais ils étaient en
arrière quand j'ai commencé à parler. J'ai
été frappé de voir qu'ils sont présents jusqu'aux
toutes dernières heures de nos travaux, dans les commissions autant que
dans les séances pléniè-res.
J'ose espérer que tous nos concitoyens connaîtront des
jours de fêtes marqués de bonheur et de paix et qu'au cours de
l'année 1980 ils accepteront de s'engager encore davantage dans le
processus politique. Nous sommes à une période où il est
très important que chacun se lève et soit compté parmi les
siens, que chacun se définisse, que chacun se reconnaisse pour ce qu'il
est, accepte de défendre ses valeurs sur la place publique. Je souhaite,
sans faire de partisanerie, M. le Président, que nos concitoyens,
conformément à leurs convictions respectives je respecte
les convictions de ceux qui ne pensent pas
comme moi s'engagent politiquement et publiquement de
manière que cet événement référendaire, dont
nous souhaitons qu'il sera vécu sérieusement, ait vraiment toute
la signification que nous souhaitons et qu'ensuite, le plus vite possible, nous
allions vers un rendez-vous électoral qui marquera le retour à la
vérité des choses.
Le Président: M. le chef de l'Union Nationale. M.
Rodrigue Biron
M. Biron: M. le Président, cette session ayant
été passablement longue, je me contenterai de vous remercier,
vous, en tant que président de cette Assemblée pour la
façon avec laquelle vous avez dirigé nos travaux au cours de
cette session.
Je veux remercier tous les députés, tout le personnel
autour de l'Assemblée nationale, les membres des media d'information, en
souhaitant, bien sûr, un joyeux Noël, de joyeuses Fêtes
à tout le monde mais, spécialement aussi, parce que je crois que
jusqu'à maintenant on les a oubliées, les familles des
députés. Ceux et celles qui ont le bonheur et le privilège
de siéger ici dans cette Assemblée nationale, ont quand
même souvent à payer un prix passablement élevé
vis-à-vis notre vie de famille personnelle. Aux épouses, aux
maris et aux familles de ces députés, je veux personnellement et,
je pense, au nom de tous nos collègues aussi, les remercier
sincèrement pour les sacrifices qu'ils s'imposent au cours d'une
année pour permettre à leur député d'être
présent à l'Assemblée nationale et de travailler au
mieux-être de leurs concitoyens du Québec.
Je veux aussi, d'une façon toute particulière, remercier
mes collègues de l'Union Nationale, le leader, le whip et, M. le
Président, vous me permettrez de remercier aussi d'une façon tout
à fait particulière celui qui, aujourd'hui, nous a annoncé
qu'il voulait oeuvrer sur une autre scène, la scène
fédérale canadienne, le député de
Mégantic-Compton, M. Grenier, qui a annoncé aujourd'hui son
intention de briguer les suffrages dans le comté de
Mégantic-Compton-Stanstead au Parlement fédéral pour la
prochaine élection générale qui aura lieu le 18
février prochain. Je remercie aussi ses électeurs de
Mégantic-Compton qui lui ont fait confiance. Je veux remercier aussi le
député de Johnson je l'ai remercié cette semaine
pour tout ce qu'il a donné à notre formation
politique.
M. le Président, je ne veux pas faire le bilan des années
soixante-dix; elles se terminent. J'aurais voulu qu'on parle beaucoup plus
d'économie au cours de ces années soixante-dix; à mon
goût, on n'en a pas parlé assez mais, quand même, les
années quatre-vingt commencent. Comme on dit, le roi est mort, vive le
roi, les années soixante-dix sont terminées, vive maintenant les
années quatre-vingt. Elles commencent sur un signe excitant, emballant
parce qu'on va discuter de l'avenir constitutionnel du Québec. On va
essayer de vider une question. J'espère qu'on va la vider
complètement et après, on pourra passer à autre chose, les
choses économiques en particulier. Ce rendez-vous historique que nous
avait donné l'ancien premier ministre du Québec en octobre 1976,
je pense qu'on aura à le vivre au début des années
quatre-vingt. Il faudra le vivre dans le calme, dans la
sérénité, surtout en prenant une décision bien
sûr avec notre coeur mais aussi avec notre tête.
A tous, M. le Président, à tous les membres de cette
Assemblée nationale et à vous en particulier, je souhaite un
joyeux Noël, je vous remercie de votre support dans le courant de
l'année, de votre patience et je souhaite que les années
quatre-vingt soient extraordinaires pour nous tous.
M. Clément Richard
Le Président: Je voudrais, à mon tour, souhaiter un
joyeux Noël et d'heureuses Fêtes à tous les collègues
de l'Assemblée nationale et personne ne me tiendra rigueur, je pense,
d'adresser des voeux tout à fait particuliers à mes deux
collègues, la députée de Vaudreuil-Soulanges et le
député de Jonquière.
Il va sans dire, aussi, que je m'associe aux voeux que vous avez
adressés à tout le personnel de l'Assemblée nationale. Je
profite de l'occasion pour le remercier à mon tour, en mon nom et au nom
des deux vice-présidents. Je voudrais les remercier d'une façon
plus tangible et les inviter, comme je vous en fais l'invitation aussi,
à venir échanger des voeux au Parlementaire, immédiatement
après que le leader parlementaire du gouvernement nous aura
proposé l'ajournement.
Joyeuses Fêtes à tous et merci de votre collaboration; nous
pouvons, je le pense à bon droit, être fiers du Parlement de
Québec.
J'ajoute qu'immédiatement après la motion d'ajournement,
il y aura sanction d'un certain nombre de projets de loi, sanction à
laquelle j'invite des membres de la majorité ministérielle et de
l'Opposition à assister. Je dis immédiatement que je ne pourrai
pas y être pour accueillir plutôt les gens au Parlementaire pour
l'échange des voeux.
M. le leader parlementaire du gouvernement.
M. Claude Charron
M. Charron: M. le Président, je veux remercier en premier
lieu le premier ministre et le chef de l'Opposition ainsi que le chef de
l'Union Nationale pour les remarques qu'ils ont faites à l'égard
du 'déroulement des travaux de l'Assemblée. Cela me donne le
droit, je crois, du fait que c'est venu de part et d'autre de la Chambre, de
présenter le bilan législatif dont l'initiative, bien sûr,
est, à proprement parler, gouvernementale je ne reviendrai pas
là-dessus, je l'ai expliqué ce matin mais puisqu'il s'agit
de projets de loi étudiés article par article et adoptés
en troisième lecture, on peut parler d'une production de
l'Assemblée nationale comme telle.
A cet égard, cela a peut-être l'air de rien, M. le
Président, mais après un départ très lent sur un
projet de loi que nos amis contestaient et sur
lequel ils ont aligné à peu près tous leurs feux,
le projet de loi qui concernait la carte électorale, cette
Assemblée a quand même pris un rythme de production remarquable
qui nous a permis, depuis le 9 octobre, d'adopter quelque 51 ou 53 projets de
loi.
Ce que j'étais heureux de présenter devant les media
d'information, ce midi, au nom du gouvernement, c'est que tous les champs de
l'activité sociale ont été couverts, ou à peu
près. Je me suis fait fort de bâtir des programmes
législatifs pour en donner un peu à tout le monde, si vous voulez
prendre cette expression: le champ culturel a été couvert par des
interventions dans le domaine du livre, dans le domaine du sport, dans le
domaine scolaire, bien sûr; le champ économique a eu son tour avec
des interventions comme celles que nous avons connues du ministre des
Consommateurs, Coopératives et Institutions financières et du
ministre de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme, SIDBEC ou autres, nous
avons tous travaillé là-dessus; les lois agricoles qui n'ont pas
été absentes de notre bilan, contrairement à ce qu'on
aurait pu penser après le coup de bélier donné
l'année dernière. (19 heures)
Le champ social a évidemment été très actif
avec la loi du logement, dont on a fait, pendant tout l'été
l'étude assidue article par article, et la troisième lecture au
cours de cette partie de la session, et la Loi de la santé et
sécurité du travail, qui devient un projet de loi majeur.
Sur le plan politique, autre foyer sur lequel on observe souvent les
sociétés, on analyse les sociétés, cette
Assemblée n'a pas lésiné non plus au cours de cette partie
de session. J'évoquais la carte électorale. La Loi
électorale, condition même de notre présence ici dans cette
Assemblée, a été refaite de fond en comble, de même
que, bien sûr, cette réforme à laquelle nous avons mis la
dernière main tout à l'heure, la réforme de la
fiscalité municipale, la réforme de la Loi de police. Enfin, je
ne veux pas reprendre la Loi de l'aménagement également, à
laquelle nous avons mis la dernière main dans cette partie de la
session. Je crois qu'il s'agit d'un bilan très productif, encore une
fois, non seulement pour un gouvernement qui a légitimement le droit
d'en revendiquer la paternité, je pense que tout le monde le
reconnaît, mais je parle au nom de l'Assemblée d'un effort fait de
part et d'autre pour le faire.
Si j'ai évoqué le nom de collaborateur hier à
l'égard du leader de l'Opposition officielle, c'est que je suis le
premier à reconnaître que nous n'atteindrions pas un pareil bilan
si le leader parlementaire de l'Opposition officielle et le leader de l'Union
Nationale n'en étaient pas, sans être des traîtres à
leur parti et aux objectifs de statu quo qu'ils défendent. Je rassure
là-dessus le chef de l'Opposition: jamais ils n'ont bronché d'un
pouce là-dessus, mais, quand il s'agit de travailler au bilan
législatif, ils sont effectivement l'expérience de doyen
nous sert grandement en ce sens chez le député de Bonaventure
des gens soucieux de faire une production de l'Assemblée
nationale. Je remercie le député de Bonaventure et le
député de Richmond.
Il est bien sûr que, quand l'Assemblée reprendra ses
travaux, tout le monde le sait, c'est un secret de polichinelle, en tout cas,
nous l'avons tous en tête et au coeur, le contexte
préréférendaire qui, déjà, paraissait, vous
l'avez subi, M. le Président, au cours des périodes de questions
de nos débats, je vous le dis tout de suite, profitez des vacances, vous
n'avez encore rien vu. Nous ne serons pas seulement en période
préréférendaire, nous le serons toujours, mais
l'échéance sera proche et, quelque part avec la reprise de la
session, si ce n'est pas dès le 4 mars, quelque part apparaîtra le
débat sur la question qui devra être ni plus ni moins le coup
d'envoi de la campagne à proprement parler
référendaire.
A ce moment-là, je souhaite juste que tout le monde ait
profité du contact avec la population que le temps d'arrêt nous
permet d'avoir, pour peut-être modifier de part et d'autre notre
façon d'approcher les problèmes. Nous devenons facilement en
boîte fermée ici et le contact à l'extérieur, que
nous permettent janvier et février, j'espère, paraîtra dans
nos interventions à partir du 4 mars. Chose nouvelle que nous aurons
à partir du 4 mars, M. le Président, nous aurons la position de
nos amis d'en face, à cela seul et cela valait la peine de
retarder au 4 mars cette reprise des travaux déjà le
climat de l'Assemblée sera transformé puisqu'il y aura
désormais deux options qui seront face à face.
Dans cet esprit, et en me joignant à tous les voeux que les
membres ont exprimés, je propose l'ajournement des travaux de cette
Chambre à mardi le 4 mars 1980 à 14 heures.
M. Levesque (Bonaventure): M. le Président, sur cette
motion d'ajournement...
Le Président: M. le leader parlementaire de l'Opposition
officielle.
M. Gérard D. Levesque
M. Levesque (Bonaventure): Je voudrais tout d'abord, M. le
Président... Je ne sais pas qui est l'auteur de cette note, M. le
Président, mais je pense que c'est une personne qui n'est pas loin de
vous et du poste que vous occupez. M. le Président, je vous remercie des
bons voeux que vous adressez à mon collègue de Beauce-Sud, je lui
en ferai part tout à l'heure.
Je voudrais tout d'abord remercier le leader parlementaire du
gouvernement pour les propos fort aimables qu'il a eus à mon endroit,
mais je ne voudrais pas qu'ils soient trop compromettants dans le sens que nous
avons eu, à l'occasion, à nous opposer et cela lorsque
nous pensions que l'intérêt public le motivait, le justifiait
à certaines propositions gouvernementales. Le leader
parlementaire du gouvernement a pris un certain temps que je n'ai pas
l'intention de prendre vu l'invitation, M. le Président, que vous venez
de nous faire et qui semble très alléchante de
quitter ces honorables lieux pour aller fraterniser quelque temps, mais
je voudrais simplement rappeler au leader parlementaire du gouvernement qu'il
nous a brossé un tableau où il a enveloppé presque comme
un cadeau de Noël on a vu le ruban, on a vu l'empaquetage bien
coloré ce bilan sessionnel.
Si on reprenait chacune de ces pièces de législation, on
pourrait ouvrir le paquet et, à ce moment-là... Le premier
ministre, évidemment, a des raisons de dire: N'ouvre rien à ce
moment-ci, ne recommence pas les débats ni en deuxième ou
troisième lecture. Je vous en ferai grâce, M. le Président,
mais il importe de faire cette nuance, au moins de l'inscrire à ce
moment-ci parce qu'il y a, dans les attitudes du gouvernement, des choses que
nous avons dû, et cela simplement en faisant notre devoir, censurer
constamment chez ce gouvernement, d'une part.
D'autre part, nous avons dû constamment bonifier beaucoup de ses
projets de loi. C'était notre devoir de le faire. Qu'on pense au
député de Laval et à plusieurs de nos collègues;
combien d'heures passées pour essayer de ramener ce gouvernement
à la raison. Ce n'est peut-être pas, M. le Président, le
moment, au moment des voeux de Noël, d'entrer davantage le couteau dans la
plaie, mais je voudrais simplement le rappeler gentiment à ces
honorables amis d'en face.
M. le Président, le leader parlementaire du gouvernement, par
exemple, aurait pu s'étendre davantage sur les lois spéciales
qu'il a eu l'honneur, évidemment, de proposer à cette Chambre,
lui et certains de ses collègues. Mais je vous fais grâce, M. le
Président, à ce moment-ci, de propos qui pourraient ternir,
jusqu'à un certain point, l'euphorie qui semblait déjà
gagner nos amis d'en face. Mais nous allons les ramener, au cours de 1980,
à un réalisme, M. le Président, qu'il va certainement
valoir la peine de souligner lors de notre prochain rendez-vous, ce rendez-vous
dont parlait, M. le Président, le chef de l'Opposition.
A ces propos très encourageants, M. le Président, et fort
optimistes, mais teintés d'un certain réalisme, permettez-moi
également d'ajouter mes propres voeux de Joyeux Noël, de Bonne et
Heureuse Année à tout le monde, évidemment selon les
désirs de chacun, mais avec les réserves qu'imposent des voeux
aussi généreux.
Le Président: Avant de demander le vote sur la motion et
de permettre au premier ministre de griller sa cigarette, je voudrais souhaiter
Joyeux Noël et une Bonne Année à toute la grande famille de
nos auditeurs.
Je demande maintenant si la motion du leader parlementaire du
gouvernement sera adoptée. Adopté.
Alors, au 4 mars.
Fin de la séance à 19 h 8