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(Quatorze heures quinze minutes)
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît! MM.
les députés, Mmes les députées. Un moment de
recueillement, s'il vous plaît. Veuillez vous asseoir.
Présence du consul général de
Belgique
Avant de procéder aux affaires courantes cet après-midi,
j'ai le plaisir de souligner la présence dans la tribune du consul
général du Royaume de Belgique, M. Xavier Demoulin. M.
Demoulin.
Nous allons maintenant procéder aux affaires courantes si vous me
permettez.
Déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi. M. le leader du gouvernement.
M. Gratton: Oui. M. le Président, je vous prierais
d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi 63
Le Président: À l'article a du feuilleton cet
après-midi, M. le ministre de l'Enseignement supérieur et de la
Science présente le projet de loi 63, Loi modifiant la Loi sur
l'Université du Québec. M. le ministre de l'Éducation, de
l'Enseignement supérieur et de la Science.
M. Claude Ryan
M. Ryan: M. le Président, ce projet de loi a pour objet de
modifier la Loi sur l'Université du Québec. Il modifie en premier
lieu les règles de composition de l'assemblée des gouverneurs de
l'Université du Québec et du conseil d'administration des
universités constituantes.
Ce projet de loi confère à l'assemblée des
gouverneurs le pouvoir de remplacer temporairement le président de
l'Université du Québec, le recteur d'une université
constituante ou le directeur d'un institut de recherche ou d'une école
supérieure. Il permet également à l'assemblée des
gouverneurs d'adopter des règlements dont le contenu peut varier selon
les universités constituantes, les écoles supérieures ou
les instituts de recherche.
Enfin, le projet de loi accorde à l'Université du
Québec à Montréal le statut d'université
associée et énumère les pouvoirs particuliers
rattachés à ce statut.
Le Président: L'Assemblée accepte-t-elle de se
saisir de ce projet de loi?
Une voix: Adopté.
Le Président: Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Gratton: Oui, M. le Président. Article f, s'il vous
plaît.
Projet de loi 67
Le Président: Article f cet après-midi, au
feuilleton, M. le ministre de la Justice présente le projet de loi
portant le numéro 67, Loi modifiant la Loi sur les tribunaux
judiciaires. M. le ministre de la Justice.
M. Gil Rémillard
M. Rémillard: Oui, M. le Président. Il s'agit d'un
projet de loi qui modifie la partie IV de la Loi sur les tribunaux judiciaires
portant sur les commissaires pour la prestation du serment. En premier lieu, ce
projet de loi propose l'abolition du registre des commissaires pour la
prestation du serment que doit tenir le protonotaire de la Cour
supérieure de chaque district judiciaire. Par ailleurs, le projet de
loi, M. le Président, précise la compétence territoriale
de la personne qui, de par ses fonctions ou sa charge publique, est d'office
commissaire pour la prestation du serment, limitant cette compétence au
même territoire que celui sur lequel elle peut exercer ses fonctions ou
sa charge publique.
Le projet de loi énonce une seconde règle relative
à la compétence du commissaire en lui interdisant de recevoir la
prestation du serment de ses père et mère, de ses frères
et soeurs, de son conjoint et de ses enfants. Enfin, le projet de loi fixe un
nouveau montant maximum pour les honoraires que le commissaire pour la
prestation du serment peut percevoir.
Le Président: L'Assemblée accepte-t-elle de se
saisir du projet de loi portant le numéro 67, M. le leader de
l'Opposition?
M. Gendron: Adopté.
Le Président: Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Gratton: Article d, M. le Président.
Projet de loi 68
Le Président: À l'article d, M. le ministre de la
Sécurité publique présente le projet de loi portant le
numéro 68, Loi modifiant la Loi favorisant la libération
conditionnelle des détenus. M. le ministre.
M. Herbert Marx
M. Marx: M. le Président, ce projet de loi prévoit
que la Commission québécoise des libérations
conditionnelles se composera de sept
membres à temps plein. Il prévoit également que le
président de la commission pourrait désigner un membre à
temps partiel pour remplacer un membre à temps plein absent ou incapable
d'agir temporairement.
Le Président: L'Assemblée accepte-t-elle de se
saisir de ce projet de loi 68?
M. Gendron: Adopté.
Le Président: Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Gratton: Finalement, M. le Président, l'article h, s'il
vous plaît.
Projet de loi 246
Le Président: À l'article h au feuilleton, Loi
concernant Rageot Itée. J'ai reçu le rapport du directeur de la
loi sur le projet de loi portant le numéro 246. Le directeur de la loi a
constaté que les avis ont été faits et publiés
conformément aux règles de fonctionnement de cette
Assemblée. J'aimerais déposer ledit rapport.
À l'article h au feuilleton, cet après-midi, M. le
député de Saint-Hyacinthe présente le projet de loi
portant le numéro 246, Loi concernant Rageot Itée.
L'Assemblée accepte-t-elle de s'en saisir?
M. Gendron: Adopté.
Le Président: Adopté. M. le leader du gouvernement,
votre motion de déférence.
Renvoi à la commission du budget et de
l'administration
M. Gratton: Oui. Je fais motion pour déférer le
projet de loi à la commission du budget et de l'administration, et pour
que le ministre délégué aux Finances et à la
Privatisation en soit membre.
Le Président: Cette motion de renvoi est-elle
adoptée?
M. Gendron: Adopté.
Le Président: Adopté. Est-ce qu'il y a d'autres
présentations de projets de loi, M. le leader du gouvernement?
M. Gratton: Non, M. le Président.
Le Président: Dépôt de documents. Mme la
ministre des Affaires culturelles.
Rapport annuel de la SOGIC
Mme Bacon: M. le Président, j'ai le plaisir de
déposer le rapport d'activité, au 31 mars 1988, de la
Société générale des industries culturelles du
Québec.
Le Président: Document déposé. M. le
ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, M. le leader du
gouvernement, en son nom.
Rapport annuel de la Régie de ta
sécurité dans les sports
M. Gratton: Au nom de mon collègue, M. le
Président, j'ai le plaisir de déposer le rapport annuel 1987 de
la Régie de la sécurité dans les sports du
Québec.
Le Président: Document déposé. M le ministre
de la Main-d'Oeuvre et de la Sécurité du revenu.
Proclamation et convention complémentaire
à la Convention de la Baie James
et du Nord québécois
M. Bourbeau: M. le Président, je suis heureux de
déposer la proclamation concernant l'entrée en vigueur de la
convention complémentaire numéro 8 à la Convention de la
Baie James et du Nord québécois. De même, je vous
présente la huitième convention complémentaire que j'ai eu
l'honneur de signer au nom du gouvernement du Québec le 27 septembre
dernier avec le président de l'Administration régionale crie, M.
Matthew Coon-Come.
Le Président: M. le ministre, votre document est
déposé. Toujours à l'étape du dépôt de
documents, M. le ministre du Revenu. M. le ministre.
Rapport annuel de la Régie des loteries et
courses du Québec
M. Séguin: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport annuel de la Régie des loteries et courses du
Québec, rapport annuel de l'année 1987-1988.
Membre suppléant du Bureau de
l'Assemblée nationale
Le Président: Document déposé. Si vous me
permettez, j'ai également reçu une lettre émanant de M. le
whip en chef du gouvernement: "M. le Président, par la présente,
je vous avise que M. Michel Després, député de Limoilou,
agira dorénavant comme membre suppléant du Bureau de
l'Assemblée nationale du Québec. M. Després comble le
poste laissé vacant par M. Marc Assad, ex-député de
Papineau. "Je vous prie d'agréer, M. le Président, l'expression
de mes sentiments distingués." C'est signé: "M. Yvon
Vallières, whip en chef du gouvernement. J'aimerais déposer ce
document. Je vais céder la parole, si vous me permettez, à
M. le vice-président et député de Laprairie, pour
faire motion.
M. Saintonge: M. le Président, je fais motion pour que
l'Assemblée adopte cette modification à la composition du Bureau
de l'Assemblée nationale.
Le Président: Est-ce que cette motion est
adoptée?
Une voix: Adopté.
Le Président: Adopté. Est-ce qu'il y a d'autres
dépôts de documents?
Dépôt de rapports de commissions.
Dépôt de pétitions.
Cet après-midi, il n'y aura pas d'intervention portant sur une
violation de droit ou de privilège ou sur une question de fait
personnel.
Nous allons immédiatement procéder à la
période régulière de questions et de réponses
orales. Je vais céder la première principale à M. le
député de Bertrand. M. le député de Bertrand.
QUESTIONS ET RÉPONSES ORALES
L'ouverture des commerces d'alimentation le
dimanche
M. Parent (Bertrand): M. le Président, mercredi dernier,
le ministre de l'Industrie et du Commerce ridiculisait la liste que je lui
soumettais des organismes et entreprises qui étaient contre sa
proposition sur les heures d'affaires. Il parlait même d'affirmations
gratuites.
Or, il s'avère aujourd'hui que les faits que j'évoquais en
cette Chambre sont tout à fait exacts. Steinberg, Métro-Richelieu
et une liste impressionnante de sociétés et d'organismes
représentant plus de 1 000 000 de membres se sont clairement
manifestés au cours des dernières heures contre l'ouverture le
dimanche. Le ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie peut-il
nous dire aujourd'hui s'il a toujours un large consensus qui appuie sa position
ou s'il ne reconnaît pas plutôt aujourd'hui que le large consensus
qui se dégage est contre l'ouverture le dimanche?
Des voix: Bravo!
Le Président: M. le ministre.
M. MacDonald: II est évident, M. le Président, que
je remarque, comme le député de Bertrand, que chez ceux qui
interviennent dans ce dossier, il y a une certaine mobilité.
Des voix: Ha, ha, ha! Une voix: Humoriste! Le
Président: À l'ordre, s'il vous plaît! M. le
ministre.
M. MacDonald: Une grande flexibilité, même. Certains
des intervenants, pas tellement nombreux, mais certains, sont tout simplement
revenus sur ce qu'ils avaient stipulé comme étant leur position
de départ, c'est-à-dire que la généralité,
à mon avis, des intervenants ont dit au départ qu'ils
préféreraient - je parle des opérateurs et des syndicats -
ne pas avoir à dispenser des services le dimanche. Mais je dois revenir
sur ce qui a été à la base de la décision qui a
été prise autour de moi et qui nous a amenés à
faire une recommandation au caucus, qui l'a acceptée d'emblée.
C'est-à-dire que n'était pas acceptable à la
totalité des intervenants, à toutes fins utiles - certaines
exceptions confirmant la règle - le statu quo, que n'était pas
acceptable non plus l'ouverture des commerces, même si ce n'était
que d'alimentation, sans aucune balise, le dimanche, pas plus qu'il n'est
acceptable dans la population québécoise certainement,
peut-être à certains intervenants, mais pas à moi et pas au
caucus libéral, de fermer littéralement des centaines de
commerces qui sont des succès commerciaux et qui emploient des milliers
de personnes. C'est la seule solution, effectivement, que cette nouvelle
coalition recommande et dont on verra plus tard la portée.
Le Président: M. le député de Bertrand, en
additionnelle.
M. Parent (Bertrand): Oui. Le ministre prétend-il toujours
qu'il a un consensus très large au sein de son caucus?
Des voix: Oui! Oui!
Le Président: M. le ministre de l'Industrie, du Commerce
et de la Technologie.
M. MacDonald: Je regarde ceux qui n'applaudissent pas.
Des voix: Bravo! Bravo!
Le Président: Si vous me permettez... Vous avez la parole,
M. le ministre. M. le ministre. M. le ministre.
M. MacDonald: Je crois, M. te Président, que vous avez la
réponse.
Le Président: À l'ordre! À l'ordre! À
l'ordre, s'il vous plaît!
M. MacDonald: Comme j'avais promis aux membres du caucus, de les
informer des rencontres ou des tractations que je pourrais avoir entre la
dernière réunion et la réunion du caucus, ce soir, je vais
les informer ce soir des développements.
Le Président: Toujours en additionnelle, M. le
député de Bertrand.
M. Parent (Bertrand): Puisque le ministre reconnaît qu'il a
une très grande mobilité, ne pense-t-il pas qu'au cours des
prochaines heures, il devrait prendre ses responsabilités et faire des
recommandations demain au Conseil des ministres sur un projet de loi ou une
recommandation qui irait dans le sens d'un vrai consensus, c'est-à-dire
dans le sens de fermer le dimanche?
Le Président: M. le ministre de l'Industrie, du Commerce
et de la Technologie.
M. MacDonald: M. le Président, vous me permettrez
d'être surpris de cette intervention. Le gâchis de la situation,
c'est vous qui l'avez créé. Vous l'avez fait...
Des voix: Bravo!
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
M. MacDonald: ...et certains se le rappellent, en disant que vous
répondiez à cette réalité qui reconnaissait que
ça répondait à de nouveaux besoins des consommateurs. Vous
êtes ceux qui avez créé ce nombre d'exceptions, qui a
pourri la situation. Et vous venez me demander aujourd'hui de reculer 20 ans en
arrière.
Une voix: Trois ans!
M. MacDonald: Vous êtes bons pour reculer en
arrière, vous autres, mais nous, on aime mieux regarder en avant.
Des voix: Bravo!
Une voix: Avancer par en arrière!
Le Président: M. le député de Bertrand, en
additionnelle. M. le député de Bertrand, en additionnelle.
M. Parent (Bertrand): M. le Président, le ministre ne
reconnaît-il pas que le gâchis, c'est lui qui l'a
créé quand il a coulé sa propre position dans la
recommandation qu'il a faite à son caucus, qu'il a induit en erreur
passablement de gens quand il a avoué dans cette Chambre, même
à ses collègues députés, qu'il avait entre les
mains un large consensus? Comment se fait-il qu'aujourd'hui le ministre nous
parle d'un gâchis qu'il a lui-même créé?
Le Président: M. le ministre de l'Industrie, du Commerce
et de la Technologie. M. le ministre.
M. MacDonald: Si, à partir d'un gâchis, à
partir d'une situation où tout le monde est unanime pour dire qu'il y a
inéquité, on cherche à mettre de l'avant une formule qui
fait la promotion de l'équité, de la liberté des
travailleurs de travailler s'ils veulent travailler ou non, de la
liberté des commerces s'ils veulent ouvrir ou non et de la
liberté du consommateur de se prévaloir de la
disponibilité des services ou non, je suis prêt à
administrer cela n'importe quand. Et c'est dans ces conditions que nous
abordons ce dossier et que je suis fier de présenter une solution qui
cherche à concilier plutôt qu'à prendre des extrêmes
qui sont non administrâmes, comme vous le faites. (14 h 30)
Le Président: M. le député de Bertrand, en
additionnelle. À l'ordre, s'il vous plaît! M. le
député de Bertrand, vous avez la parole.
M. Parent (Bertrand): Est-ce que le ministre peut prendre
l'engagement en cette Chambre aujourd'hui qu'il va déposer avant
Noël, avant le 15 novembre, un projet de loi qui devrait être
adopté à cette session-ci et qui va permettre de régler
une fois pour toutes le dossier sur les heures d'affaires et que cette
proposition-là ira dans le sens du consensus?
Le Président: M. le ministre de l'Industrie, du Commerce
et de la Technologie. M. le ministre.
M. MacDonald: L'échéancier que je vous avais
mentionné, il y a plusieurs semaines d'ailleurs, est exactement le
même. Le seul retard que j'ai eu la semaine dernière était
celui du premier ministre qui m'a demandé, vu le sérieux du
sujet, de présenter le projet de loi en même temps que le
mémoire au Conseil des ministres, et vous connaissez très bien le
processus. Ce soir, je dois informer le caucus des rencontres et des
conversations que j'ai eues. Et demain, à ma connaissance, la discussion
du mémoire et du projet de loi est à l'ordre du jour du Conseil
des ministres.
Le Président: Je vais reconnaître la deuxième
principale cet après-midi à Mme la députée de
Maisonneuve.
La situation de l'emploi au Québec et en
Ontario
Mme Harel: Merci, M. le Président. Depuis un an, le taux
de chômage augmente au Québec et diminue en Ontario et au Canada.
Au Québec, le chômage atteint maintenant 9,9 %, soit le double de
celui de l'Ontario. À Montréal, 9,3 % soit pratiquement le triple
de celui de Toronto et jamais l'écart du chômage entre les deux
villes n'a été aussi élevé. Le premier ministre,
à qui ma question s'adresse, reconnaît-il que la situation de
l'emploi ne cesse de se détériorer au Québec depuis le 1er
janvier 1988?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: Je remercie la députée pour une
question économique et d'actualité.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bourassa: Je voudrais lui dire, comme je l'ai fait à
plusieurs reprises, qu'il faut forcément tenir compte, dans les
statistiques du chômage, du taux de participation active de la
population. Il y a un lien direct. Et on doit constater, M. le
Président, si nous regardons la moyenne canadienne d'octobre 1987
à octobre 1988 quant au taux de la participation, qu'elle n'a à
peu près pas bougé. Elle a augmenté de 0,1 %, si ma
mémoire est bonne, soit de 66,1 % à 66,2 %. Si nous examinons le
taux de participation active au Québec, l'augmentation a
été dix fois supérieure, c'est-à-dire 1 % au lieu
de 0,1 %. Comme je le disais dans mon allocution hebdomadaire sur le
réseau Radiomutuel, dimanche matin, si nous soustrayons l'augmentation
de la population active par rapport à la moyenne nationale, à ce
moment-là, nous constatons une baisse du chômage en termes
réels qui s'explique par le fait que, depuis trois ans, nous avons
créé une moyenne supérieure à 80 000 nouveaux
emplois. C'est dans cette perspective-là, M. le Président, que
nous pouvons nous dire non pas satisfaits, mais confiants dans l'avenir, et ce,
si l'économie du Québec se maintient, si nous pouvons attirer des
investissements et si les taux d'intérêt n'augmentent pas trop.
Tout cela suppose, évidemment, la ratification du traité de
libre-échange.
Le Président: Mme la députée de
Maison-neuve, en additionnelle.
Mme Harel: M. le Président, si l'économie va si
bien, comment le premier ministre peut-il expliquer la stagnation du
chômage, l'augmentation du nombre de chômeurs au Québec, et
comment peut-il expliquer que, pour 1989, les prévisions de l'emploi du
ministère de la Main-d'Oeuvre et de la Sécurité du revenu
soient de 44 000 emplois seulement, la moitié moins qu'en 1987?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: Je ne veux surtout pas blâmer la
compétence du personnel du ministère, mais on sait que la
prévision, l'année dernière, étant donné les
problèmes à la Bourse, la dégringolade boursière du
19 octobre 1987, était nettement inférieure à ce qu'on a
obtenu. On a une moyenne de 82 000 emplois depuis dix mois et nous croyons,
comme je vous le disais tantôt, qu'il y a encore du dynamisme dans
l'économie québécoise. On voit les augmentations
très élevées d'investissements, année après
année. Nous attirons des investissements étrangers, des
investissements japonais. Nous pourrons en annoncer de très importants
au cours des prochaines semai- nes, dont la relance du projet de la Baie James.
Nous avons signé des contrats et nous en négocions d'autres. Je
suis confiant, si le climat économique se maintient, que nous aurons, en
1989, une autre bonne année économique, comme nous en avons eu
depuis que nous avons pris le pouvoir.
Le Président: Mme la députée de
Maison-neuve, en additionnelle.
Mme Harel: Est-ce que le premier ministre reconnaît une
situation particulièrement alarmante pour Montréal? Est-ce qu'il
entend prendre des mesures dans la grande région de Montréal
où le taux de chômage aujourd'hui est le même qu'en
période de récession?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: M. le Président, j'ai déjà
expliqué cette situation. Je l'ai fait notamment ici, à
l'Assemblée nationale, et très récemment à
Winnipeg, alors que je soulevais la question des taux d'intérêt.
Aujourd'hui même, M. Devine rencontre le gouverneur de la Banque du
Canada, au nom de l'ensemble des premiers ministres du Canada, à la
suite d'une résolution qui a été adoptée à
Saskatoon au mois d'août.
Ce que j'ai dénoncé et ce que je continue de
dénoncer, c'est que nous avons au Canada, à cause de notre
structure industrielle, une surchauffe dans une province, notamment l'Ontario.
C'est-à-dire que du moment où cette province atteint un niveau de
quelque 5 %, la Banque du Canada est obligée d'intervenir pour augmenter
ses taux d'intérêt et freiner la croissance économique dans
l'ensemble des quatre autres régions qui ont un taux de chômage
supérieur à 7,5 %, 8 %, 10 %, ou 20 % comme dans le cas de
Terre-Neuve. Alors je crois qu'il faut, et ce sera le défi des
prochaines années, trouver une formule qui nous permette, en accroissant
le développement régional, et en développant un commerce
plus libre avec nos voisins, de maintenir le dynamisme économique et
d'empêcher qu'il n'y ait, au Canada, qu'une seule région vraiment
prospère. C'est dans ce contexte que nous faisons des
représentations au gouvernement fédéral.
Le Président: Mme la députée de
Maison-neuve, en additionnelle.
Mme Harel: M. le Président, le premier ministre
souscrit-il aux diverses études sur la région
métropolitaine, particulièrement celle citée dans Le
Devoir du 7 novembre selon laquelle ce sont les industries traditionnelles
qui sont en déclin dans la métropole et que l'ajustement
provoqué par le libre-échange ne fera qu'accélérer
l'écart entre Montréal et les régions du
Québec?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: Je m'attriste, M. le Président, de cette
nouvelle division au sein du Parti québécois sur le
libre-échange. Alors que le président du parti a fait une
déclaration urbi et orbi, la semaine dernière, que le
libre-échange était nécessaire, que sans le
libre-échange...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
M. Bourassa: ...la disparité entre Montréal et
l'Ontario s'aggraverait, je ne comprends pas, M. le Président, que la
députée de Maisonneuve vienne aujourd'hui invoquer le
libre-échange comme étant l'une des causes du chômage
à Montréal, contrairement à son propre chef, qu'elle a
appuyé dès les tout premiers moments...
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bourassa: ...avec une fidélité plus ou moins
discutable au député d'Anjou, à ce moment-là... Je
ne comprends pas que la députée de Maisonneuve exprime
publiquement en cette Chambre une autre contradiction entre les prises de
position et du chef de l'Opposition, et du président du Parti
québécois, et ce qu'elle vient de soumettre dans la question.
Le Président: Je vais accorder la troisième
principale cet après-midi à M. le leader de l'Opposition.
Régime des prêts et bourses et
grève des étudiants
M. Gendron: M. le Président, les étudiants et les
étudiantes d'une vingtaine d'institutions collégiales et
universitaires poursuivent leur grève aujourd'hui afin d'obtenir une
modification du régime des prêts et bourses. Environ 50 000
étudiants sont touchés. J'espère que ce nombre est
suffisant pour que le ministre prenne la situation au sérieux. Pourtant,
à une question que je lui adressais, jeudi, le ministre disait
clairement ne pas avoir l'intention d'adopter une attitude plus ouverte,
susceptible de favoriser un règlement du conflit, alors que, quelques
minutes plus tard, lors d'une émission de radio, il avouait qu'il avait
les hypothèses dans sa poche. Le problème c'est qu'elles
restaient dans sa poche. (14 h 40)
Le ministre peut-il faire savoir aujourd'hui aux membres de cette
Chambre que des négociations ont eu lieu entre les membres de son
cabinet et des représentants de l'ANEQ au cours de la fin de semaine et
nous indiquer sur quels points précis ont porté ces
discussions?
Le Président: M. le ministre de l'Éducation, de
l'Enseignement supérieur et de la Science.
M. Ryan: M. le Président, il me fait plaisir d'informer
cette Chambre qu'il n'y a pas eu de négociations entre l'ANEQ et des
représentants de mon cabinet en fin de semaine.
L'ANEQ avait fait signe à mon bureau dans la journée de
jeudi indiquant qu'elle souhaiterait me rencontrer pour me faire part de
propositions d'améliorations ponctuelles au régime d'aide
financière qui seraient susceptibles, dans sa pensée, de
s'appliquer à compter de 1989-1990. Devant cette demande,
conformément à l'attitude que j'ai toujours adoptée, je ne
pouvais avoir l'esprit fermé. J'ai mandaté deux membres du
personnel de mon cabinet pour rencontrer les dirigeants de l'ANEQ et recevoir
leurs représentations. Ces deux membres de mon cabinet, MM Luc
Rhéaume et Rodrigue Dubé, ont rencontré l'ANEQ, vendredi
soir, qui leur a fait part de propositions de l'ANEQ. Ce n'était pas
absolument clair comme du cristal. Alors, j'ai demandé qu'on mette ces
choses par écrit. J'ai reçu le texte des propositions de l'ANEQ
par écrit ce matin. Dans ces propositions, il y en a de deux sortes. Il
y en a qui se greffent directement à la réforme plus fondamentale
que nous devons entreprendre au cours des prochaines semaines et auxquelles il
ne saurait être question en aucune façon d'apporter des
réponses tant qu'on n'aura pas fait l'étude d'ensemble. Il y en a
d'autres qui sont des propositions très ponctuelles qui pourraient fort
bien faire l'objet d'un examen en vue de mesures dans le cadre des
crédits qui seront étudiés pour l'année 1989-1990.
Mais ça. c'est un exercice qui se fait aux mois de janvier et
février. Ce n'est pas le temps d'en parler maintenant.
L'ANEQ avait transmis ses propositions en demandant qu'on fasse
l'évaluation du coût éventuel de ses propositions. J'ai
fait faire une évaluation. Les estimations qu'on ma données
aujourd'hui sont que ça coûterait 465 000 000 S environ, s'il
fallait accéder à toutes ces demandes. Je pense que la
réponse à une demande de cet ordre est la même qui a
toujours été fournie jusqu'à maintenant: C'est "beyond our
reach".
Le Président: M. le leader de l'Opposition. en
additionnelle.
M. Gendron: Au-delà du plaisir que vous éprouvez
à affirmer qu'il n'y a pas eu de négociations, pouvez-vous
indiquer à cette Chambre que vos mandataires ont laissé voir aux
dirigeants de l'ANEQ que, effectivement, plusieurs mesures proposées par
l'ANEQ pourraient être en application dès le 1er septembre 1989,
contrairement à ce que vous avez affirmé en cette Chambre la
semaine dernière en laissant voir que c'était impossible que des
mesures soient en vigueur avant le 1 er septembre 19909
Le Président: M. le ministre de I Education de
l'Enseignement supérieur et de la Science.
M. Ryan: D'abord, je n'étais pas présent à
la conversation et je ne l'ai pas fait enregistrer par des agents de la SQ. Par
conséquent, je ne peux pas vous dire avec assurance si on a dit ceci ou
si on n'a pas dit cela.
Ce que je sais et que je suis heureux de rappeler en cette Chambre,
c'est que j'ai toujours dit que des améliorations ponctuelles sont
susceptibles d'être apportées au régime d'aide
financière aux étudiants dès 1989-1990, comme il y en a eu
au cours de l'exercice 1988-1989, mais que ce point ne doit pas être
confondu avec la réforme plus profonde et plus large à laquelle
nous travaillons et au sujet de laquelle nous aurons des développements
très prochains.
Le Président: M. le leader de l'Opposition, en
additionnelle.
M. Gendron: Le ministre entend-il soumettre aux dirigeants de
l'ANEQ une contre-proposition à la leur, que vous avez mentionné
tantôt avoir reçue seulement ce matin, en clair et par
écrit? Avez-vous l'intention de soumettre une contre-proposition
précise?
Le Président: M. le ministre de l'Éducation, de
l'Enseignement supérieur et de la Science.
M. Ryan: M. le Président, il n'est pas question de cela.
Il n'est pas question de négociations. Je voudrais que le
député d'Abitibi-Ouest me comprenne bien. Ils ont demandé
de voir le ministre ou des personnes autorisées par lui. Ils les ont
vus. Ils ont soumis des propositions. Ils ont demandé qu'on leur donne
une estimation de ce que ça coûterait. J'en ai donné
l'essentiel tantôt. Et je demanderai, par courtoisie, à mes
représentants de les rencontrer de nouveau pour leur expliquer ce
montant de 465 000 000 $ dont j'ai parlé tantôt. Nous le ferons
volontiers au cours des prochaines heures. Mais il n'y a pas de
négociations.
Le Président: M. le leader de l'Opposition.
Je vais reconnaître maintenant la quatrième principale cet
après-midi à M. le député de Taillon. M. le
député de Taillon.
Critères d'admissibilité à l'aide
juridique
M. Filion: Merci, M. le Président. Notre système
d'aide juridique connaît actuellement une crise profonde à tel
point que deux de ses principes fondamentaux sont actuellement en cause.
D'abord, l'accessibilité aux services juridiques. On sait que les
critères d'admissibilité à l'aide juridique sont
extrêmement bas. Nous en sommes même rendus au point où des
personnes qui travaillent au salaire minimum ou un couple dont les deux
reçoivent uniquement leur pension de vieillesse n'ont plus droit
à cette protection d'aide juridique. En fait, si on compare avec les
critères de 1974, environ 305 000 Québécois et
Québécoises ne sont plus admissibles à l'aide juridique
alors qu'en 1974, ils l'étaient lorsque le système a
été implanté.
Deuxièmement, les tarifs payés aux avocats de pratique
privée, on le sait, sont si bas qu'un nombre croissant d'entre eux
refusent d'exécuter les mandats, ce qui a pour impact de créer
deux catégories de citoyens: ceux qui ont le libre choix de leur avocat
et ceux qui n'ont plus le libre choix de leur avocat. Cela on le sait, les
tribunaux sont actuellement paralysés par un moyen de pression
exercé par ces avocats de pratique privée. Ma première
question adressée au ministre de la Justice, bien sûr, concerne
l'admissibilité à l'aide juridique. J'aimerais savoir du ministre
de la Justice s'il a l'intention, à part d'annoncer pour la
vingtième fois une étude, ou un comité d'étude, une
enquête ou des analyses, de faire en sorte que son gouvernement hausse
concrètement dans les faits, d'ici à Noël, le plus tôt
possible, ses critères d'admissibilité à l'aide
juridique?
Le Président: M. le ministre de la Justice et
délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes. M.
le ministre.
M. Rémillard: Oui, M. le Président, comme ministre
de la Justice, j'ai comme responsabilité de m'assurer que tous les
citoyens du Québec ont cette accessibilité aux services
judiciaires. Dans ce contexte, il est bien certain que notre système
d'aide juridique a une place tout à fait particulière. On sait
que ce système a été mis en place en 1972, je crois, sous
un premier gouvernement libéral et par mon prédécesseur,
M. Jérôme Choquette. Cela fait donc maintenant plus de quinze ans
qu'il existe et il est temps, de fait, de revoir ce système d'aide
juridique, d'aide judiciaire. De fait, je me propose de créer, dans les
prochains jours, un groupe de travail qui va étudier l'ensemble de la
situation de l'aide juridique pour nous permettre d'apporter les corrections
qui s'imposent. . Dans les prochains jours, j'aurai à annoncer la
composition de ce comité de travail.
Le Président: M. le député de Taillon, en
additionnelle.
M. Filion: Oui. Le ministre reconnaît-il finalement que la
création de ce nième comité de travail va engendrer de
nouveau des délais pour cette clientèle qui, normalement, devrait
être admissible à l'aide juridique? Engendrer des délais
comme on en voit actuellement en ce qui concerne la réforme des
tribunaux administratifs, tout ça, alors que ce qui est
nécessaire tout simplement, c'est de faire en sorte maintenant non pas
de revoir la totalité du système d'aide juridique, mais bien
plutôt de modifier aujourd'hui les critères d'admissibilité
à l'aide juridique pour éviter de poursuivre un système
qui est
nettement inique?
Le Président: M. le ministre de la Justice et
délégué aux Affaires intergouvernementales
canadiennes.
M. Rémillard: Entre autres, il y a deux questions. La
première concerne les critères d'admissibilité à
l'aide juridique. Sur ce point, M. le Président, je trouve bien dommage
qu'en 1981, on ait enlevé cette indexation qui existait jusque
là. Ce n'était pas nous qui formions le gouvernement à ce
moment-là, et on a enlevé l'indexa-, tion qui existait pour
déterminer les seuils d'admissibilité à l'aide juridique
de sorte que nous nous retrouvons dans une situation qui est certainement
critiquable, puisqu'en 1981, on a gelé à 170 $, par exemple, pour
une personne seule, le seuil d'admissibilité et nous nous retrouvons
toujours, en 1985 et présentement en 1988, avec ces mêmes 170 $.
C'est évident qu'il faut le revoir, mais c'est une situation qui nous
vient justement de cette décision de 1981 d'enlever l'indexation.
L'autre question concerne les frais, c'est-à-dire la
rémunération des avocats de la pratique privée qui
acceptent des mandats qui leur viennent de l'aide juridique. Je veux assurer
cette Chambre de la ferme intention du gouvernement de négocier de
nouveaux tarifs pour ces avocats qui acceptent des mandats de l'aide juridique.
Là-dessus, je veux qu'on s'entende très bien. (14 h 50)
II reste, maintenant, M. le Président, bien sûr, à
trouver les données nécessaires pour nous permettre que cette
révision des tarifs se fasse de la meilleure façon possible.
Le Président: M. le député de Taillon, en
additionnelle.
M. Filion: En ce qui concerne les critères
d'admissibilité à l'aide juridique, est-ce que le ministre
reconnaît que la participation du gouvernement fédéral
à la facture de l'aide juridique est actuellement de 48 %, une
participation que le gouvernement précédent a
négociée de 6 % à 48 %? Est-ce que le gouvernement
n'entend pas profiter de cette participation du gouvernement
fédéral pour que les citoyens, les justiciables du Québec
puissent en bénéficier?
Le Président: M. le ministre de la Justice et ministre
délégué aux Affaires intergouvernementales
canadiennes.
M. Rémillard: Peut-être le député de
Taillon vient-il de me donner la réponse à savoir pourquoi ils
ont désindexé ces normes d'admissibilité en 1981. Il reste
quand même... Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Lorsqu'on
regarde les normes d'admissibilité pour une personne seule, on se
retrouve avec 170 $ - je prends cela comme exemple alors qu'en 1981,
c'était aussi 170 $. C'en est là justement parce qu'on a
refusé de continuer l'indexation qui existait à ce
moment-là. Si vous aviez continué l'indexation qui existait
depuis le début, on ne serait pas dans cette situation quant aux normes
d'admissibilité.
Le Président: Si vous me permettez, M. le
député de Taillon, en additionnelle.
M. Filion: En terminant, M. le Président, en ce qui
concerne les tarifs payés par l'aide juridique aux avocats de pratique
privée, j'aimerais savoir du ministre, comme il l'a laissé
entendre à des journalistes, s'il appuie tes revendications des avocats
de pratique privée. Si oui, pourquoi ne négocie-t-il pas
sérieusement avec ces avocats qui ont déposé leur offre le
2 décembre 1987 et qui n'ont reçu aucune contre-offre de la part
du gouvernement du Québec?
Le Président: M. le ministre de la Justice et ministre
délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes. M.
le ministre.
M. Rémillard: M. le Président, je veux simplement
redire ce que je disais tout à l'heure. Le gouvernement veut revoir ces
taux en ce qui regarde les avocats de l'aide juridique. C'est clair qu'on va
les revoir. C'est évident.
Maintenant, pour les revoir, il faut qu'on ait des données.
Actuellement, mon ministère, en étroite collaboration avec le
Secrétariat au Conseil du trésor, avec aussi le Barreau et la
Chambre des notaires, travaille pour colliger ces données afin que notre
vision vienne vraiment apporter les correctifs qui s'imposent.
Le Président: Je vais reconnaître une
cinquième principale à M. le député de
Lac-Saint-Jean et whip de l'Opposition.
La campagne de financement du Parti libéral
à Trois-Rivières
M. Brassard: M. le Président, après avoir
utilisé les services des parents d'une garderie, qui s'appelait La
Culbute, pour travailler à la campagne de financement du Parti
libéral du Québec, en invoquant à l'appui de sa demande
des subventions accordées à la garderie, après avoir
également incité des locataires de HLM à participer
à un dîner bénéfice sous prétexte qu'ils
avaient reçu une subvention hors norme du député,
voilà que, jamais deux sans trois, le député de
Trois-Rivières fait appel maintenant au directeur général
du centre d'accueil pour jeunes, Ville Joie Saint-Dominique, M. Jean-Guy
Doucet, pour organiser et vendre des billets pour une soirée
bénéfice du Parti libéral avec le ministre de
l'Environnement comme invité. Le numéro de
téléphone pour rejoindre M. Doucet et obtenir des billets est
celui-là même du centre d'accueil
qu'il dirige. C'est ce que nous apprenait Le Nouvelliste du 4
novembre.
Ma question à la ministre de la Santé et des Services
sociaux...
Le Président: M. le député de
Lac-Saint-Jean, votre question.
M. Brassard: Est-ce que la ministre trouve normal et convenable,
particulièrement dans un contexte de rareté de ressources dans
les centres d'accueil, qu'un directeur général d'un
établissement du réseau de la Santé et des Services
sociaux utilise la ligne téléphonique de son centre d'accueil et
son temps de travail au service de la campagne de financement du Parti
libéral?
Le Président: Mme la ministre de la Santé et des
Services sociaux.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, je ne suis
évidemment pas au courant de ce troisième épisode dont le
député vient de parler. Il indique qu'on aurait utilisé
des ressources du centre d'accueil à des fins qui ne sont pas les fins
propres du centre d'accueil. Je dois m'informer pour voir s'il y a un
bien-fondé à ce que le député avance et, à
ce moment-ci, je n'ai rien d'autre à ajouter.
Le Président: M. le chef de l'Opposition, en
additionnelle. En additionnelle.
M. Brassard: Merci, M. le Président. La ministre se rendra
compte que le numéro 378-2825 est celui-là même du centre
d'accueil, j'ai essayé. La ministre, une fois qu'elle aura
vérifié ces faits, considère-t-elle que cette façon
de faire inacceptable d'un directeur général d'un centre
d'accueil devrait cesser et entend-elle, après avoir pris connaissance
des faits, mettre un terme à de telles pratiques?
Le Président: Mme la ministre de la Santé et des
Services sociaux.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, je peux juste
m'enquérir des affirmations que le député avance. Je
pourrais lui dire aussi que j'ai déjà eu connaissance, dans le
passé, durant des campagnes électorales, que certaines personnes
- je ne dirai pas dans quel type d'établissement -qu'elles soient de
l'éducation ou du réseau des services de la santé et des
services sociaux, ont peut-être aussi utilisé le
téléphone à des fins comme celles que vient de
décrire le député. Quoi qu'il en soit, M. le
Président...
Le Président: À l'ordre! À l'ordre, s'il
vous plaît! Mme la ministre.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, je dois trouver les
faits plus exactement que ce qui vient de m'être avancé.
Le Président: Je vais reconnaître la sixième
principale à Mme la députée de Chicoutimi. Mme la
députée.
Mme Blackburn: M. le Président, certaines régions
du Québec se comparent au Tchad, au Sénégal ou au Mali
pour le pourcentage...
Le Président: À l'ordre! À l'ordre, s'il
vous plaît! À l'ordre! Allez, posez votre question, madame. Mme la
députée de Chicoutimi, posez votre question.
Politique de périnatalité
appliquée par les CLSC
Mme Blackburn: M. le Président, certains quartiers et
certaines régions du Québec se comparent au Tchad, au Mali, au
Sénégal pour le pourcentage de bébés qui naissent
avec un poids faible, soit deux fois plus que la moyenne nationale, et quatre
fois plus au centre-sud de Montréal qu'à Westmount. Ce n'est pas
étonnant puisque actuellement, au Québec...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
Mme Blackburn: ...actuellement, M. le Président, il
naît au Québec entre 7000 et 9000 enfants de mères qui
vivent dans des situations d'extrême pauvreté.
M. le Président, ces femmes sont mal logées, mal nourries,
généralement sous-scolari-sées. Elles sont pauvres et
elles sous-utilisent les services de santé. On connaît aujourd'hui
un Québec cassé en deux. Je demande à la ministre, M. le
Président, tel que je le lui ai demandé en commission
parlementaire: Pourquoi ne se dote-t-elle pas d'une politique de
périnatalité et pourquoi n'accorde-t-elle pas aux CLSC les
budgets qui leur permettraient de redresser la situation?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: M. le Président, je me suis personnellement
intéressé à cette question. J'ai visité, il y a
quelques semaines, le Dispensaire diététique de Montréal
pour accroître les subventions afin de régler cette question qui,
je le rappelle, n'avait pas été envisagée
sérieusement avant notre arrivée au pouvoir.
J'ai lu des déclarations très pertinentes de la
députée de Maisonneuve sur cette question il y a quelques jours
et je veux dire à Mme la députée, et à Mme la
ministre en particulier, que nous y sommes très sensibles. J'ai
moi-même remis un montant de 155 000 $ pour cet organisme. Il y a la
situation de Matane que la députée connaît bien, c'est un
problème qui est très sérieux, c'est un problème
sur le plan individuel, sur le plan humain et sur le plan
collectif. (15 heures)
Je crois qu'il est difficile de trouver une cause aussi
méritoire. C'est pourquoi je m'en suis occupé personnellement.
J'ai travaillé étroitement avec la ministre pour faire face
à cette situation. Nous allons dégager les sommes dès que
certaines études seront faites. Jusqu'à ce jour, les informations
qui ont été rendues publiques révèlent qu'il est
important de développer cette aide. Étant donné que c'est
une cause qui me paraît extrêmement valable, nous allons
débloquer les fonds nécessaires pour y faire face. Il s'agit de
procéder d'une façon efficace.
Le Président: Mme la députée de Chicouti-mi,
en additionnelle.
Mme Blackburn: M. le Président, si vous me permettez,
c'est une goutte de lait. Au Québec, il y a quelque 5700 enfants dans
cette situation. Cela donne à peu près 30 $ par enfant.
Une voix: La question!
Mme Blackburn: La question! M. le Président, M. le premier
ministre nous dit: On veut mettre en place des moyens efficaces pour corriger
cette situation. Est-ce qu'il n'estime pas que le moyen le plus efficace serait
une politique également appliquée dans les CLSC, avec les budgets
en conséquence?
Le Président: Mme la ministre de la Santé et des
Services sociaux.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, le premier ministre
vient de faire allusion au Dispensaire diététique de
Montréal qui a développé une formule efficace
reliée à l'alimentation plus favorable des femmes enceintes. Lors
de notre visite au Dispensaire diététique de Montréal, la
question de l'extension au CLSC de cette même formule qui se
révèle efficace a été discutée avec les
personnes qui s'occupent de cette question. Dans le moment, il y a deux CLSC
où une tentative identique est faite, soit le CLSC de Matane et celui de
Saint-Henri, si je ne m'abuse. Nous avons discuté de la
possibilité de l'étendre à l'ensemble des CLSC. La
réponse a été qu'à ce moment-ci, il était
prématuré de mettre de l'argent sans savoir si l'application de
cette même formule pouvait se faire d'une façon identique dans
l'ensemble des CLSC. C'est la raison pour laquelle nous attendons les
résultats de cette recherche et de cette application qui se fait
déjà dans deux CLSC du Québec et qui s'est
révélée fort fructueuse dans la région de
Montréal. Ce que la députée de Chicoutimi omet de dire,
c'est que, déjà, on note des progrès significatifs quant
à la progression du poids des enfants qui naissent au Québec.
Le Président: Mme la députée de Chicouti- mi, en
additionnelle.
Mme Blackburn: M. le Président, en additionnelle. Pendant
que la ministre réfléchit, pendant que la ministre est en train
d'examiner, qu'est-ce qu'elle fait de façon concrète? Dans ma
région, hier soir précisément, il y a un groupe qui vient
en aide à ces femmes, qui est à bout de ressources et qui ne
trouve pas les ressources au CLSC. Encore une fois, ce sont les régions
qui sont laissées pour compte.
Le Président: Vous êtes en additionnelle. Mme la
ministre de la Santé...
Mme Blackburn: M. le Président, c'est pour quand, sa
politique?
Le Président: Mme la ministre de la Santé et des
Services sociaux.
Mme Lavoie-Roux: M. le Président, évidemment, la
députée de Chicoutimi voulait poser une question additionnelle.
Je viens de lui expliquer qu'il ne s'agit pas de réfléchir, qu'il
y a des expériences en cours dans deux CLSC et que les
spécialistes de cette question nous disent qu'il serait inopportun,
à ce moment-ci, d'étendre cette formule à l'ensemble des
CLSC sans savoir si elle peut s'appliquer d'une façon aussi efficace
à l'ensemble des CLSC.
Le Président: En principale, M. le député de
Lévis.
Transport d'automobiles neuves assuré par des
compagnies étrangères
M. Garon: M. le Président, on sait que les consommateurs
québécois achètent près de 400 000 automobiles
neuves par année, dont la plupart viennent des manufactures de
l'Ontario, mais dont le prix de transport est assumé à 100 % par
les consommateurs. On voit, sur le prix de la facture, en plus du prix de
l'automobile, le prix du transport de l'automobile. C'est le consommateur qui
le paie. Actuellement, on se rend compte qu'on est, à toutes fins
utiles, dans une situation monopolistique ou oligopolistique où
seulement quelques entreprises, exclusivement des compagnies américaines
ou des fililales de compagnies ontariennes, font le transport, même
à partir du Québec, lorsque c'est transporté par chemin de
fer à partir de Montréal vers les concessionnaires, ou à
partir de Chamy vers les concessionnaires. Qu'entend faire le ministre pour
briser cet oligopole - au fond, presque monopole mais oligopole parce qu'il y
en a quelques-uns - étranger qui fait en sorte que le transport de
près de 400 000 automobiles payé par des consommateurs
québécois est dirigé uniquement vers des compagnies
étrangères, M. le Président?
Le Président: M. le ministre des Transports.
M. Côté (Charlesbourg): M. le Président, ce
n'est pas une question nouvelle puisque lorsque nous avons étudié
la question de déréglementation du transport par camion au
Québec, cette question avait fait le sujet de nos
délibérations pendant un certain temps.
Une chose est certaine, c'est qu'il est facile de dire aujourd'hui que
le transport est totalement accaparé par des compagnies dont le
siège social est à l'extérieur du Québec et,
à ce point de vue-là, c'est vrai. Cependant, dans cette
démarche, ces compagnies ont fait valoir à plusieurs de mes
collègues et à moi-même qu'une très large part des
travailleurs étaient des travailleurs du Québec qui tiraient donc
des gains assez appréciables de ce transport d'automobiles par
camion.
La première chose qui a été faite a
été de faire reconnaître, pour la première fois,
dans les règles normales l'attribution de permis de transport par la
Commission des transports du Québec - et le député de
Lévis en avait été témoin à l'époque
- à un Québécois la possibilité d'avoir un permis
pour qu'il puisse aller solliciter auprès des compagnies ontariennes, et
même québécoises maintenant, la possibilité de
transporter des automobiles. Dans ce sens-là, c'est un premier pas dans
la bonne direction. Quant au reste, il est clair que ces compagnies ont la
liberté de choisir avec qui elles font affaires. Ce sont les lois du
marché. J'ose espérer que les démarches entreprises
actuellement auprès de Hyundai nous permettront, à tout le moins,
de percer ce marché pour le plus grand bénéfice des
Québécois.
Le Président: M. le député de Lévis,
en additionnelle.
M. Garon: M. le Président, au-delà des permis qui
pourraient servir de peintures dans un salon, le ministre peut-il nous dire ce
qu'il entend faire pour qu'il y ait du transport effectif de véhicules?
Parce que avoir un permis et ne pas faire de transport, cela ne donne rien.
Alors, qu'est-ce que le ministre entend faire pour intervenir? Parce qu'on dit
qu'on va être dans le libre-échange. Le premier ministre nous
parle du libre-échange. Les Québécois vont quasiment
pouvoir envahir les États-Unis, comprenez-vous...
Une voix: Question!
M. Garon: ...comme dans le temps du Père Marquette et de
Jolliet.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Garon: J'aimerais savoir ce que le ministre entend faire.
Le Président: M. le député de Lévis,
votre question. Vous étiez en additionnelle.
M. Garon: Qu'est-ce que le ministre entend faire...
Le Président: En additionnelle.
M. Garon: ...pour briser cet oligopole qui fait en sorte que des
transporteurs québécois, pour livrer 400 000 véhicules
à des consommateurs québécois, ne peuvent pas transporter
eux-mêmes ces automobiles-là, alors qu'il s'agit d'un coût
de 400 $à500 $ par automobile...
Le Président: M. le...
M. Garon: ...de frais de transport?
Le Président: M. le ministre des Transports.
M. Côté (Charlesbourg): M. le Président,
d'abord lorsque le député de Lévis simplifie le permis
à un simple cadre qu'on pourrait déposer sur un mur et qui
pourrait être montré aux générations futures en
disant: Je n'en ai pas transporté un mais j'avais un beau permis, je
pense que c'est simplifier cela à sa plus simple expression. Une chose
est certaine, c'est que sans permis, on ne peut transporter de voitures. C'est
clair. La première démarche était celle d'obtenir un
permis. Et ce qui est assez significatif, c'est que les mêmes tentatives
ont été effectuées dans le passé, sous votre
gouvernement, pour tenter d'obtenir le permis, et cela ne s'est pas
réglé. Donc l'évolution...
Des voix: Ah, ah, ah!
M. Côté (Charlesbourg): II y a eu la reconnaissance
d'un permis octroyé à un entrepreneur québécois par
la Commission des transports du Québec, selon les règles. Dans ce
sens-là, cela donne la possibilité... Des démarches
peuvent être faites pour supporter ceux du Québec qui souhaitent
le faire, en particulier auprès de Hyundai, parce que cette construction
d'automobiles se fait au Québec, et c'est déjà là
un pas en avant extrêment important. Si on avait eu le minimum de
prévoyance, compte tenu de ce que vous avez donné à
Hyundai au moment où vous les avez implantés au Québec
dans une période électorale, peut-être auriez-vous pu
mettre cette clause à l'intérieur des conditions à Hyundai
pour que ce soit transporté par des Québécois. (15 h
10)
Une voix: Oui!
M. Côté (Charlesbourg): Mais ce n'était pas
là.
Le Président: Fin de la période
régulière des questions et réponses orales.
Cet après-midi, ii n'y a pas de vote reporté.
Motions sans préavis. M. le whip de l'Opposition et
député de Lac-Saint-Jean.
Condoléances à la famille de M. Marcel
Lachance
M. Brassard: M. le Président, je désire faire
motion afin que l'Assemblée nationale exprime ses condoléances
à la famille de M. Marcel Lachance qui a été pendant
longtemps un page de cette Assemblée.
Une voix: Consentement.
Le Président: Vous acceptez. Adopté.
Allez-y.
M.Jacques Brassard
M. Brassard: M. Lachance, comme on le sait, est
décédé récemment. Je pense que c'est vendredi
dernier. Compte tenu des services qu'il a rendus aux membres de cette
Assemblée et à cette Assemblée à titre de page, je
pense qu'il conviendrait que tous les députés, unanimement,
expriment à Mme Lachance et à sa famille leurs
condoléances à l'occasion du décès de M.
Lachance.
Le Président: Je remercie M. le whip de l'Opposition.
M. le whip du gouvernement.
M. Yvon Vallières
M. Vallières: M. le Président, c'est avec plaisir
que je m'associe à l'Opposition officielle à la
présentation de cette motion. Depuis, je pense, 1976, M. Lachance a eu
l'occasion d'être au service de cette Assemblée, en particulier de
tous les collègues sur le parquet de cette Chambre. M. Lachance faisait
partie d'une équipe de soutien qui prend beaucoup d'importance pour nos
travaux parlementaires. Il nous a, à maintes reprises, rendu de
précieux services. Je veux donc m'associer à l'Opposition afin
d'offrir à sa famille, à ses proches, à ses enfants, nos
plus sincères condoléances.
Je parlais, tantôt, avec ses collègues qui me faisaient
part de sa grande caractéristique, son humour. Je pense qu'on peut dire
que cet humour qui le caractérisait va manquer à ses
collègues de travail de même qu'aux députés de cette
Chambre. Merci, M. le Président.
Le Président: Je remercie M. le whip du gouvernement. Si
je comprends bien, cette motion est unanimement adoptée.
Des voix: Adopté.
Le Président: Toujours à l'étape des motions
sans préavis. Mme la députée de Dorion.
Félicitations aux élus
municipaux
et remerciements à tous les candidats
ainsi qu'à ceux qui se sont
retirés
Mme Trépanier: M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée pour proposer la motion suivante: Que
l'Assemblée nationale félicite tous ceux et celles qui ont
été élus au sein des différents conseils municipaux
lors des élections de dimanche dernier, 6 novembre, et remercie ceux et
celles qui ont accepté de se présenter ou qui se sont
retirés après plusieurs années de service auprès de
leurs concitoyens.
Le Président: M. le leader adjoint de l'Opposition, est-ce
qu'il y a consentement pour débattre cette motion?
M. Jolivet: Oui.
Le Président: Mme la députée de Dorion, vous
avez la parole. Il y a consentement.
Mme Violette Trépanier
Mme Trépanier: Merci, M. le Président. J'aimerais
féliciter aujourd'hui tous ceux et celles qui, à la suite des
élections qui ont eu lieu ces jours derniers dans 845
municipalités du Québec, ont comblé 112 postes de maire et
plus de 2700 postes de conseillers. Fait à noter, nous avons
assisté au plus haut taux de participation depuis 1981, soit 62 %.
Certains, parmi ces élus, M. le Président, n'en sont pas à
leurs premières armes. Ils sont déjà forts d'une
expérience passée solide. Pour plusieurs d'entre eux, ce fut un
long et courageux cheminement, une implication quotidienne, et ils doivent
être fiers aujourd'hui de la confiance que leurs électeurs leur
ont reconfirmée. C'est tout à leur honneur et je les en
félicite.
Les élus municipaux ont été choisis pour jouer un
rôle important s'il en est un, puisque ce sont eux qui
représenteront leurs concitoyens et défendront également
leurs intérêts. L'engagement social des nouveaux édiles
municipaux garantit un renouvellement constant des idées et permet de
stimuler la création de projets de toutes sortes destinés
à assurer la qualité de vie de leurs concitoyens.
Les élections sont la légitimation du pouvoir municipal.
Administrateurs du bien public, ces élus devront démontrer qu'ils
sont à la hauteur de la tâche qu'on leur a confiée. Ils
devront pour cela faire preuve d'une grande probité, d'une
intégrité au-delà de tout soupçon et d'un sens du
devoir et de la mesure qui assurera un développement harmonieux de leur
municipalité. Par ailleurs, ils peuvent être assurés du
soutien et de la collaboration du ministère des Affaires municipales
dont ils pourront déjà bénéficier à
l'occasion de séances de formation aux élus municipaux.
M. le Président, certains de ceux qui
viennent d'être élus ou réélus seront
appelés à effectuer un travail régional en étant
invités à occuper un poste au sein des municipalités
régionales de comté, soit à titre de préfet ou
à titre de membre de conseil.
Je désire également remercier tous ceux et celles qui se
sont portés candidats lors de ces élections. Leur
intérêt à participer à la vie municipale active
démontre la vitalité de notre démocratie. Quant à
ceux qui ont décidé de se retirer après avoir servi leur
municipalité et leur région, je souhaite que leur implication et
leur travail servent de modèle a la relève de demain.
Je souhaite à chacun des élus municipaux bonne chance dans
ce nouveau mandat qui sera une expérience enrichissante, j'en suis
convaincue, et qu'ils soient assurés de notre plus grande
collaboration.
Le Président: Merci, Mme la députée de
Dorion.
Toujours sur la même motion sans préavis, M. le
député de Jonquière.
M. Francis Dufour
M. Dufour: Merci, M. le Président. Si on se fie aux propos
de l'adjointe au ministre des Affaires municipales la démocratie peut se
porter mieux, mais ce n'est pas grâce à l'intérêt
grandissant que son gouvernement porte aux municipalités.
Je pense bien qu'on doit cet engouement envers les municipalités
à l'engagement de ces femmes et de ces hommes qui, pour des raisons de
bien commun ou par esprit civique, ont décidé de se
dévouer au service de leur communauté. C'est dans ce sens qu'on
peut voir un intérêt grandissant des citoyens envers la
démocratie comme telle, puisque c'est vraiment le jour du vote que
s'exerce la plus grande démarche de la démocratie.
Je voudrais, bien sûr, au nom de ma formation, offrir mes
sincères félicitations à toutes celles et tous ceux qui
ont brigué les suffrages et particulièrement à celles et
à ceux qui ont obtenu la faveur de l'électoral On parle d'une
moyenne de 62 % et chez nous, dans notre région, c'est même
allé jusqu'à environ 80 %. On peut donc dire que
l'intérêt était là, mais qu'il s'est
manifesté dans des enjeux locaux. Je veux juste rappeler au gouvernement
que la meilleure façon de féliciter les gens, c'est d'abord par
un engagement du gouvernement supérieur envers les entités
locales. Je voudrais rappeler à la mémoire du ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation que certains problèmes durent
depuis trop longtemps et demeurent dans le paysage. Ce serait une façon
de les féliciter et de les encourager et surtout d'encourager de plus en
plus les gens à briguer ces postes. Je voudrais rappeler le programme
d'habitation qui a des ratés, qui est loin de faire l'unanimité
et qui ne remplit pas nécessairement ses objectifs vis-à-vis de
la population.
Quant à la fiscalité municipale, j'ai soulevé ce
projet à plusieurs reprises. Cela serait aussi de nature à
faciliter les tâches des élus municipaux qui administrent et qui
travaillent au bien commun de leur communauté ainsi qu'à
l'évaluation industrielle.
Je ne voudrais pas non plus passer sous silence, puisque d'autres
ministères sont concernés, l'arbitrage des différends chez
les policiers et la réforme policière dont on a parlé et
sur laquelle on a épilogue durant de nombreuses années, qui
touchent d'autres ministères, la réforme des cours municipales
qui pourrait certainement recevoir une attention particulière du
ministre de la Justice, l'implantation d'incubateurs industriels qui serait une
autre façon de soulager le travail des élus municipaux, le
régime de rentes et le régime de retraite pour les élus
qui sont encore des façons de reconnaître le travail de ces
élus au bien-être de leur collectivité.
Ces remerciements s'adressent, bien sûr, à celles et
à ceux qui ont permis à la démocratie de s'exercer. Je les
félicite parce qu'ils ont obtenu le suffrage de leurs commettants, mais
je ne peux non plus passer sous silence toutes celles et ceux qui n'ont
malheureusement pas obtenu la faveur de l'électorat. À ces
personnes qui se sont dévouées, qui ont peut-être
travaillé pour se faire élire, mais je pense surtout à
celles et à ceux qui, durant de nombreuses années, ont
travaillé à des postes électifs ont donné le
meilleur d'eux-mêmes et d'elles-mêmes pour faire avancer leur
communauté, mais qui n'ont pas obtenu, à cette occasion, le
suffrage de leurs électeurs et électrices, je voudrais adresser
mes sincères remerciements et leur dire que, même dans les
déboires d'une vie politique, ils ont mérité beaucoup de
la nation, comme ils méritent beaucoup des électrices et des
électeurs de leur municipalité. (15 h 20)
Enfin, bravo et félicitations. Espérons que le mandat qui
s'annonce, le mandat qu'elles ont accepté d'occuper puisse être
des plus profitables et que les municipalités en retirent le plus grand
profit. Merci, M. le Président.
Le Président: Je remercie M. le député de
Jonquière. Est-ce que la motion présentée par Mme la
députée de Dorion est adoptée.
M. Gratton: Adopté.
Le Président: Adopté.
Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader du
gouvernement.
M. Chevrette: M. le Président, dans les motions non
annoncées.
Le Président: M. le chef de l'Opposition, toujours
à l'étape des motions non annoncées.
M. Chevrette: Oui, M. le Président. J'avais annoncé
à cette Chambre jeudi dernier que j'avais l'intention de faire la motion
suivante: "Que l'Assemblée nationale du Québec exprime sa
volonté de voir le gouvernement fédéral indiquer, avant le
21 novembre 1988, les moyens financiers qu'il entend mettre à la
disposition du Québec afin que le gouvernement puisse mettre sur pied
des programmes de transition, de soutien et d'adaptation de la main-d'oeuvre et
des entreprises pour minimiser les effets négatifs de l'accord du
libre-échange et en maximiser les retombées positives."
Vous vous rappellerez, M. le Président, qu'à ce
moment-là, le leader du gouvernement m'avait demandé qu'on puisse
discuter. Et, au moment où l'on se parte, M. le Président, K n'y
a pas de texte sur lequel on s'est entendu. Comme ma motion n'a pas de chance
d'être discutée telle quelle, je n'ose la déposer.
Le Président: M. le leader du gouvernement.
M. Gratton: M. le Président, on sait qu'il est interdit de
motiver un refus de consentement à une motion sans préavis.
J'imagine qu'il est également interdit de ne pas présenter une
motion sans préavis et d'expliquer pourquoi on ne la présente
pas. Je dirai donc simplement, M. le Président, que j'avais
effectivement indiqué au nom du gouvernement que nous étions
prêts à débattre une motion qui ferait l'objet de
discussions et de consultations entre les formations politiques. Et je
corrobore le fait qu'il n'y a pas eu entente entre les deux formations
politiques. Je prends note, je prends surtout acte du fait que le chef de
l'Opposition ne présente pas de motion non annoncée.
Le Président: Avez-vous terminé, M. le leader du
gouvernement?
M. Gratton: Oui.
Le Président: Oui. Alors, avis touchant les travaux des
commissions. M. le leader du gouvernement.
Avis touchant les travaux des commissions
M. Gratton: M. le Président, j'avise l'Assemblée
qu'aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et
de 20 heures à 22 heures à la salle du Conseil législatif,
la sous-commission des institutions terminera sa consultation
générale sur l'avant-projet de loi intitulé Loi portant
réforme au Code civil du Québec du droit des obligations.
Après les affaires courantes jusqu'à 18 heures...
Le Président: Non, non, non.
M. Gratton: Non? Ah!
Le Président: Je vous accorderai la parole,
M. le leader du gouvernement quand j'aurai la collaboration de tous les
députés de cette Chambre. M. le leader du gouvernement.
M. Gratton: Oui. Alors, M. le Président, également
après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 20 heures
à 22 heures, à la salle Louis-Hippolyte-Lafontaine de même
que demain, 9 novembre, de 10 heures à 13 heures, à la salle du
Conseil législatif, la commission de l'éducation procédera
à l'étude détaillée des projets de loi suivants, et
ce, dans l'ordre indiqué: d'abord, le projet de loi 107, Loi sur
l'instruction publique, et, deuxièmement, le projet de loi 106, Loi sur
les élections scolaires.
Après les affaires courantes jusqu'à 18 heures, à
la salle Louis-Joseph-Papineau, la commission des affaires sociales entendra
les intéressés et procédera à l'étude
détaillée du projet de loi d'intérêt privé
228, Loi modifiant la Loi concernant le sanatorium Ross.
J'avise également l'Assemblée que demain, 9 novembre 1988,
de 10 heures à 13 heures, à la salle Louis-Hippolyte-Lafontaine,
la commission des affaires sociales poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi 34, Loi modifiant la Loi sur les
services de santé et les services sociaux et d'autres dispositions
législatives
Le Président: J'avise également les membres de
cette Assemblée qu'après les affaires courantes jusqu'à 18
heures, et ce, dès que la commission des affaires sociales aura
terminé l'étude du projet de loi 228, la commission de
l'aménagement et des équipements se réunira à son
tour à la salle Louis-Joseph-Papineau afin de vérifier les
engagements financiers du ministère de l'Environnement.
Y a-t-il d'autres avis concernant les travaux des commissions, M. le
leader du gouvernement?
M. Gratton: Non, M. le Président.
Le Président: Nous allons passer immédiatement aux
renseignements sur les travaux de l'Assemblée. M. le leader adjoint de
l'Opposition, il n'y a aucun renseignement? M. le leader du gouvernement.
M. Gratton: Oui. M. le Président, je vous prierais
d'appeler l'article 28 au feuilleton, s'il vous plaît.
Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée
Le Président: Si vous le permettez, M. le leader du
gouvernement, avant de procéder aux affaires du jour,
c'est-à-dire à l'article 28 du feuilleton, j'ai un avis. Je vous
avise que demain
après-midi, lors des affaires inscrites par les
députés de l'Opposition, il y aura une motion
présentée par M. le député de Bertrand en vertu de
l'article 97 de notre règlement. Il s'agit de la motion du mercredi,
présentée par l'Opposition, qui se lit comme suit: "Que
l'Assemblée nationale du Québec exige du gouvernement
libéral la fermeture des magasins d'alimentation le dimanche, à
l'exception des commerces de dépannage de trois employés ou
moins, respectant ainsi la qualité de vie des personnes qui oeuvrent
dans ce secteur."
Projet de loi 42
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude détaillée
Nous allons maintenant procéder aux affaires du jour. À
l'article 28, au feuilleton, M. le leader du gouvernement, il s'agit de la
prise en considération du rapport de la commission qui a
étudié le projet de loi portant le numéro 42, Loi sur le
ministère des Affaires internationales. Je suis prêt à
reconnaître M. le ministre des Affaires internationales. Je vous accorde
la parole.
M. Paul Gobeil
M. Gobeil: M. le Président, permettez-moi tout d'abord
d'exprimer notre satisfaction sur le déroulement des travaux en
commission parlementaire concernant le projet de loi 42. L'accord unanime
donné au principe de ce projet de loi a permis à la commission
d'oeuvrer dans un esprit constructif, et de donner lieu à des
échanges de vue très diplomatiques. Le rapport de la commission
fait état des amendements qui ont été apportés
à la loi. Dans la plupart des cas, il s'agit d'amendements visant
à assurer, d'une part, la concordance entre certains articles du projet
de loi et, d'autre part, entre ce projet de loi et d'autres lois
existantes.
Seul l'article 29, où l'on parle des autres formes de
représentation à l'étranger, a été
adopté sur division. L'Opposition a dit craindre que cet article n'ouvre
la porte à une réduction de la représentation autonome du
Québec au profit d'une présence accrue au sein des ambassades
canadiennes. Je voudrais profiter de l'occasion qui m'est offerte ici pour
affirmer que telle n'est pas l'intention du gouvernement, bien au contraire. La
rédaction de cet article vise à permettre une certaine souplesse
dans les cas où les circonstances particulières l'exigent. Je me
permets, Mme la Présidente, à cet égard, de rappeler que
j'ai déclaré, dans l'intervention que j'ai faite devant cette
Assemblée nationale le 26 octobre dernier, que notre réseau de
représentation à l'étranger est un instrument essentiel au
dispositif qui nous permet de développer les affaires
internationales.
J'indiquais aussi, à ce moment, que la configuration de ce
réseau où la structure de certaines délégations
pourrait être modifiée éventuellement pour mieux s'adapter
aux réalités présentes et aux objectifs poursuivis
était faite dans une perspective de développement et
d'efficacité. Nous avons toujours l'intention de mieux articuler le
fonctionnement de notre réseau avec celui du ministère.
J'espère que cette déclaration que je renouvelle : aujourd'hui
apaisera les inquiétudes de l'Opposition et nous permettra d'adopter
l'ensemble de ce projet de loi à l'unanimité. Avec ce projet de
loi dans sa forme actuelle, le gouvernement disposera désormais d'un
instrument mieux adapté pour développer son action internationale
dans le but de favoriser le rayonnement du Québec et d'assurer son
développement, notamment, comme le dit si bien le projet de loi, Mme la
Présidente, sur les plans commercial, culturel, économique,
politique et social. Merci.
La Vice-Présidente: Merci, M. le ministre des Affaires
internationales. Je vais maintenant reconnaître M. le
député de Lac-Saint-Jean et whip de l'Opposition.
M. Jacques Brassard
M. Brassard: Merci. Dans son intervention, le ministre
évoque les inquiétudes manifestées par l'Opposition
à l'occasion de l'étude article par article en commission
parlementaire. Cette inquiétude, il est bon de le signaler, notre
inquiétude était née à la suite de l'examen de
l'article 29 du projet de loi 42. L'article 29 se lit comme suit: "Le ministre
peut, conformément à la loi, conclure avec le gouvernement du
Canada des accords en vue de permettre à des personnes affectées
à l'étranger d'agir au sein des missions diplomatiques ou
consulaires du Canada." Or, c'est une disposition très différente
de celle qu'on retrouvait dans la loi actuelle, la Loi sur le ministère
des Relations internationales, à l'article 27, et je le lis: "Le
ministre peut - cela, c'est la loi actuelle - conformément à la
loi, conclure avec le gouvernement du Canada des accords permettant à
des représentants du Québec d'agir dans les champs
d'activité où le Québec partage sa compétence
constitutionnelle avec le Canada au sein des missions diplomatiques ou
consulaires du Canada établies dans les pays où le Québec
n'a pas de délégué. (15 h 30)
Cela signifie que... Dans la loi actuelle, il y a une disposition qui
prévoit que le gouvernement du Québec peut conclure des accords
avec le gouvernement du Canada pour utiliser, si l'on veut, les services des
ambassades ou des consulats du Canada, mais la loi actuelle stipulait ou
indiquait deux contraintes. Il y avait deux contraintes à cette
possibilité de conclure des accords. La première contrainte,
c'est qu'il fallait que ces accords portent sur des champs d'activité
où le Québec partage ses compétences
avec le gouvernement du Canada, c'est-à-dire des juridictions
concurrentes. Pour l'immigration, par exemple, qui est une juridiction
concurrente, cela pouvait aller. C'était une première contrainte.
Cela voulait dire par conséquent que dans les champ d'activités
où le Québec disposait d'une compétence exclusive, ce
n'était pas possible.
L'autre contrainte, c'était que ces accords ne pouvaient se faire
que dans les pays où le Québec n'avait pas de
délégué. N'ayant pas de délégué dans
tel pays, le gouvernement du Québec pouvait conclure un accord avec le
gouvernement canadien pour utiliser, par exemple, l'ambassade du Canada.
Le projet de loi actuel fait disparaître ces deux contraintes. Il
permet simplement au ministre de conclure avec le gouvernement du Canada des
accords en vue d'utiliser les services des ambassades et des consulats. C'est
à partir de là que nous nous sommes inquiétés. Nous
nous sommes dit que le législateur ne change pas les choses pour le
plaisir de les changer. Si le gouvernement a décidé d'enlever ces
deux contraintes, c'est qu'il y avait une raison. Le ministre affirme, avec
beaucoup de sincérité sans doute, qu'il n'est pas question que le
réseau des délégations ou des représentations du
Québec à l'étranger soit amoindri ou rapetissé. Il
n'en reste pas moins que si on enlève ces deux contraintes, on peut
s'interroger sur les intentions du gouvernement. Ces deux contraintes
étant disparues, il devient beaucoup plus facile pour le gouvernement de
fermer des délégations ou des bureaux du Québec à
l'étranger et de les remplacer, si l'on veut, par un accord conclu avec
le gouvernement canadien pour que les personnes affectées par le
Québec se retrouvent dans les ambassades ou dans les consulats du
Canada.
Nous sommes inquiets, effectivement, quant à l'avenir du
réseau des délégations et des représentations du
Québec à l'étranger. Nous craignons que l'on s'engage dans
la voie du rapetissement, de l'amoindrissement de ce réseau. Le ministre
nous jure que non, que nos craintes ne sont pas fondées, que nous lui
faisons, en quelque sorte, un procès d'intention. Nous voulons bien le
croire, sauf que pas plus tard qu'en fin de semaine, Le Devoir, à
la suite d'une fuite ou je ne sais pas trop comment, dévoilait un
certain nombre d'éléments du rapport Bergeron sur le
réseau des délégations. On sait que le ministre avait
demandé à M. Marcel Bergeron de présider un comité
qui verrait à évaluer l'ensemble des délégations du
Québec à l'étranger.
Il y avait un article dans Le Devoir à ce sujet qui, ma
foi... C'est un article qui a plutôt tendance à maintenir nos
inquiétudes, sinon à les aggraver. D'abord, dans cet article, on
indique très clairement, semble-t-il, que la volonté du ministre
de faire des délégations du Québec des lieux de
"business", comme il l'avait déjà affirmé, semble se
confirmer, puisque les délégations seront désormais
orientées vers les échanges commerciaux et la prospection des
investissements, mais on indique également des intentions, en tout cas
des recommandations, qui vont dans le sens d'un "ratatinement" du réseau
des délégations.
J'ai posé une question entre autres à la commission
parlementaire sur le bureau de Lafayette, en Louisiane: Est-ce qu'il est
appelé à fermer? J'avais eu quelques informations à cet
effet. Dans le rapport Bergeron, il semble bien qu'on recommande de fermer le
bureau de Lafayette qui a été ouvert en 1970, cela fait
déjà presque 20 ans qu'il existe pourtant. Cela est
inquiétant.
Deuxièmement, il semble aussi, d'après l'article
évidemment, je n'ai pas le rapport entre les mains, il n'a pas encore
été rendu public, mais d'après l'article, il semble bien
que le rapport Bergeron recommande la fermeture et, possiblement, la
disparition des représentations du Québec en Amérique
latine. Il y en a trois: Mexico, Caracas et Bogata. Tout ceci pour dire. Mme la
Présidente, que notre inquiétude - je dois l'annoncer au ministre
- persiste parce que les révélations de La Presse et du
Devoir de la fin de semaine concernant le rapport Bergeron nous laissent
croire, nous laissent entendre en tout cas qu'il semble bien qu'on pourrait
s'engager dans la voie d'une réduction et d'un amoindrissement du
réseau des délégations. Cela, Mme la Présidente, ne
nous apparaît pas en tout cas acceptable. Si le gouvernement s'engage
dans cette voie et déploie des efforts pour amoindrir notre
réseau de délégations et de bureaux à
l'étranger, il est évident que, quant à nous, de
l'Opposition officielle, nous ne donnerons certainement pas notre accord ou
notre assentiment à une pareille activité. D'autant plus que le
comité, toujours d'après l'article en question, propose aussi une
plus grande utilisation des ressources du gouvernement canadien dans son
réseau international, notamment sur les plans de l'accès à
l'information et de l'appui à des opérations ponctuelles.
Donc, même dans le rapport Bergeron également, on semble
favoriser ce qu'on retrouve à l'article 29 du projet de loi 42,
c'est-à-dire la conclusion d'accords avec le gouvernement du Canada pour
permettre aux personnes affectées à l'étranger par le
gouvernement du Québec de se retrouver non pas au sein de
délégations, non pas au sein du bureau du Québec à
l'étranger, mais au sein des ambassades, des missions diplomatiques ou
consulaires du Canada.
Deuxième remarque, Mme la Présidente. Je signalais au
ministre en commission parlementaire qu'il serait urgent, aussitôt le
projet de loi adopté, sanctionné et mis en vigueur, que le
ministre délégué aux Affaires internationales se voie
confier des responsabilités précises par décret du
gouvernement, par décret du Conseil des ministres comme le permet un des
articles du projet de loi 42. Je pense qu'il faut le faire le plus rapidement
possible. Il faut éviter que des
diplomates, que des ministres étrangers et même des chefs
d'État étrangers se retrouvent devant un ministre
délégué aux Affaires internationales, charmant sans doute,
n'est-ce pas? dont la conversation est, j'en suis convaincu, agréable,
mais qu'ils sont incapables d'identifier ou de préciser les fonctions et
les responsabilités. En matière de relations internationales,
c'est une situation qui ne peut pas perdurer. Il est important qu'on puisse
identifier les fonctions et les responsabilités de ces interlocuteurs en
matière de relations internationales. Il faudra, je le signale de
nouveau, que le ministre délégué aux Affaires
internationales se voie confier par décret des responsabilités et
des fonctions précises de sorte qu'il n'y ait plus de doute ou
d'ambiguïté de la part de ceux ou de celles représentant des
pays étrangers qui auront à traiter, à discuter ou
à entrer en pourparlers avec lui. (15 h 40)
Troisième et dernière remarque, Mme la Présidente,
qui concerne le Sommet de la francophonie. Il y en aura un troisième au
mois de mai 1989, à Dakar, après celui de Québec, l'an
dernier. Nous prenons acte de la déclaration très ferme,
très précise, du ministre des Affaires internationales sur le
rôle, la place et le statut du Québec au sein de la francophonie
et au sein du Sommet de la francophonie. Il a affirmé en commission
parlementaire, à la suite de nos questions, qu'il n'était pas
question pour le gouvernement du Québec d'envisager une diminution ou
une réévaluation à la baisse du rôle et de la place
du Québec au sein de la communauté francophone internationale.
Nous avons accueilli favorablement cette déclaration du ministre parce
qu'il serait tout à fait inadmissible que la place et le rôle du
Québec au sein de la francophonie soient diminués, soient
amoindris. Le premier ministre du Québec, lors du Sommet de
Québec, a affirmé à plusieurs reprises que le
Québec constituait un partenaire à part entière au sein de
la communauté francophone internationale, et nous sommes d'accord avec
cela. Le Québec est un partenaire à part entière. Et,
quant à nous, toute révision à la baisse de son rôle
et de sa place au sein de la francophonie et dans le cadre du sommet nous
apparaîtrait tout à fait inacceptable.
Mais il faut que ce statut de partenaire à part entière ne
soit pas uniquement théorique. Il faut que ce soit bien concret, que
cela se manifeste concrètement - j'en ai parlé en commission
parlementaire et j'en reparle ici à l'occasion de ce débat -
entre autres en ce qui concerne les Jeux de la francophonie. Il est
impérieux, il est absolument essentiel et fondamental qu'au sein des
Jeux de la francophonie qui auront lieu en 1989, le Québec dispose d'une
délégation autonome et distincte, avec les couleurs et le drapeau
du Québec. C'est absolument essentiel, sinon ce serait une diminution
concrète du statut du Québec dans le cadre de la
communauté francophone internationale, sinon ce serait un recul en ce
qui a trait à la place et au rôle du Québec dans la
communauté francophone internationale.
On a donc là une occasion de tester la volonté du
gouvernement du Québec de faire en sorte - pour employer l'expression
tout à fait pertinente du premier ministre - que le Québec soit
et demeure un partenaire à part entière de la francophonie. Et
si, par malheur, il arrivait qu'aux Jeux de la francophonie, qui auront lieu
dans quelques mois, le Québec ne puisse pas présenter une
délégation autonome et distincte, je dis qu'à ce
moment-là il n'assumerait pas véritablement un rôle de
partenaire à part entière au sein de la francophonie.
Voilà, Mme la Présidente, les quelques remarques que
j'avais à faire à ce stade du cheminement législatif du
projet de loi 42, sauf pour ce qui est de l'article 29. Nous avons voté
contre en commission parlementaire. Pour le reste, nous continuons de dire que
nous sommes d'accord sur le principe de ce projet de loi et, à
l'exception de cette disposition, sur l'ensemble des dispositions qu'on y
retrouve. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente: Merci, M. le député de
Lac-Saint-Jean et whip de l'Opposition. Je vais maintenant reconnaître M.
le député de Louis-Hébert.
M. Réjean Doyon
M. Doyon: Merci, Mme la Présidente. Le projet de loi 42
est un projet de loi d'une importance capitale pour ce qui est des relations du
Québec avec l'étranger. Le député de Lac-Saint-Jean
soulève des inquiétudes en ce qui concerne le rapport qui a
été déposé par l'ex-sous-ministre aux Relations
internationales, M. Bergeron. Il omet de dire que ce rapport a
été rendu public et a été à la disposition
de tous ceux qui s'y intéressaient depuis vendredi dernier. Le
gouvernement a ainsi rempli un engagement qui était le sien,
c'est-à-dire mettre à la disposition de ceux que la chose
intéresse un rapport qui fait le point sur la présence du
Québec à l'étranger. Le député de
Lac-Saint-Jean se complaît à souligner un certain nombre de cas
où un fonctionnaire indépendant, chargé de mission, a
évalué la réalité et fait des recommandations.
C'est ainsi qu'un gouvernement doit se comporter. Il ne doit pas s'ancrer dans
des " attitudes et se fermer les yeux sur les changements qui s'imposent.
Cependant, ce qu'il omet de dire, Mme la Présidente, c'est qu'il
y a de nombreuses améliorations sur la façon dont le
Québec va se faire représenter à l'étranger. On ne
parle pas de ça. J'invite le député de Lac-Saint-Jean et
tous les membres de l'Opposition à prendre connaissance de la
totalité du rapport Bergeron. Ils s'apercevront qu'à
l'intérieur de ce rapport, s'il est vrai
qu'il y a certains changements en moins qui sont suggérés,
il y a aussi des améliorations qui feront que le Québec sera plus
présent que jamais à l'étranger, et surtout d'une
façon plus efficace. Nous croyons qu'il faut s'adapter aux changements.
Nous croyons qu'il y a lieu que le gouvernement rectifie son tir en temps
opportun. Nous ne le faisons pas à l'aveuglette, nous le faisons
après avoir fait évaluer la situation.
Ce matin, Mme la Présidente, j'étais moi-même
témoin d'une rencontre qu'avait convoquée mon collègue le
ministre des Affaires internationales avec tous les fonctionnaires de son
ministère à qui il exposait sa vision de ce que sera le nouveau
ministère des Affaires internationales en fonction du projet de loi 42.
Et je ne vous cacherai rien en vous disant que les gens qui étaient
présents, qui ont entendu les explications et les engagements du
ministre, ont spontanément applaudi à ces changements-là.
Ils ont reconnu spontanément que c'étaient des pas dans la bonne
direction. Ils ont reconnu la bonne volonté que le ministre exprimait de
s'engager et de faire en sorte que, par le nouvau ministère des Affaires
Internationales, le Québec soit plus présent que jamais à
l'étranger, que le Québec dispose d'un outil plus efficace que
jamais pour assurer son développement. C'est là, Mme la
Présidente, le choix que nous faisons dans notre façon de
gouverner le Québec.
Nous croyons que ce n'est pas de la façon dont le faisait la
semaine dernière le député de Lévis en m'accusant
de n'être que l'adjoint parlementaire au ministre des Affaires
internationales. Il m'en faisait reproche, Mme la Présidente. Il disait:
On sait que le député de Louis-Hébert - et c'est
absolument incroyable et je dois le souligner - est quelqu'un qui ne s'est pas
entendu avec la ville de Québec. Alors que le député de
Lévis devrait savoir qu'à ce moment-là, la Commission des
droits de la personne a clairement établi par une enquête que
j'étais victime de discrimination de la part de la Communauté
urbaine de Québec. Et le député de Lévis avait le
culot de faire un reproche à la victime! Incroyable, Mme la
Présidente! On me disait en même temps: On sait que le
député de Louis-Hébert n'est pas un grand diplomate. Je
répondrai à cela, en parlant de diplomatie et d'affaires
internationales, que si le député de Louis-Hébert n'est
pas un grand diplomate, il l'est quand même beaucoup plus que le
député de Lévis qui est devenu séparatiste alors
que tous les deux nous nous étions présentés au
ministère des Affaires extérieures pour devenir membres du
service diplomatique canadien, et qu'il a été recalé alors
que j'ai été reçu. Et le lendemain matin, il était
séparatiste, Mme la Présidente. Aux petites causes, les gros
effets!
Une voix: Bravo! (15 h 50)
M. Doyon: Ces choses-là doivent être dites, Mme la
Présidente, quand on accuse le député de
Louis-Hébert de ne pas être un grand diplomate. On doit
savoir que le député de Lévis a tenté d'aller
servir le gouvernement canadien à Ottawa en tant que diplomate, mais il
a été refusé! Et c'est pour ça qu'il est devenu
séparatiste, Mme la Présidente. Il était en même
temps que moi, la même journée, au même concours du
même ministère des Affaires extérieures, en 1961. Il a
été recalé. Et il me reproche, à moi, de ne pas
être un grand diplomate. Il n'est tellement pas un grand diplomate qu'on
ne voulait pas de lui, à la sortie de l'Université Laval, en
1961. Ces choses-là, Mme la Présidente, doivent être
rectifiées. Le fait qu'on m'accuse de ne pas m'être entendu avec
les gens de la Communauté urbaine de Québec doit aussi être
rectifié. On m'a destitué de mes fonctions, Mme la
Présidente, parce qu'on a agi par discrimination. Ce n'est pas
Réjean Doyon qui le dit, c'est la Commission des droits de la personne.
Et ça prend quelqu'un de terriblement mesquin pour reprocher à la
victime d'être la victime. Ces choses-là ne sont pas acceptables
entre personnes honorables en cette Chambre. Je n'accepte pas ce genre de
choses. Qu'on me reproche mon action politique, Mme la Présidente, je
suis capable de vivre avec ça, mais qu'on me reproche d'avoir subi un
préjudice parce que des gens se sont entêtés, pour des
raisons jugées par un tribunal indépendant comme étant
injustifiées, comme étant de la pure et simple
discrimination...
Que le député de Lévis se lève en Chambre et
me fasse reproche de ça, qu'il me fasse le reproche de ne pas être
un diplomate - puisque nous parlons du ministère des Affaires
internationales - qu'il me fasse le reproche de n'être que l'adjoint
parlementaire du ministre des Affaires internationales, je trouve ça
inadmissible. Je lui dirai en réponse, par votre entremise, Mme la
Présidente, que le député de Louis-Hébert n'est
peut-être que l'adjoint parlementaire au ministre des Affaires
internationales, mais il est beaucoup mieux que le député de
Lévis qui tentait, en 1961, de se faire admettre au ministère des
Affaires extérieures, avec votre humble serviteur, au même moment.
Le ministère des Affaires extérieures, par un jury
indépendant, disait au député de Lévis,
étudiant Garon à l'époque: Nous ne vous acceptons pas
alors que moi - et je le dis sans fausse gloire - j'étais reçu au
ministère des Affaires extérieures et j'ai servi le Canada
à l'étranger pendant six ans. Qu'on me fasse le reproche, par la
voix du député de Lévis, de ne pas être diplomate,
Mme la Présidente, et je dirai au député de Lévis
que, lorsqu'on vit dans une maison de verre, on ne lance pas de pierres parce
qu'on risque de s'en faire retourner.
Ces choses étant dites, Mme la Présidente, je me
réjouis de ce que le ministère des Affaires internationales
puisse voir le jour sous les meilleurs auspices, qu'il soit dirigé par
un ministre qui a à coeur les intérêts véritables
du
Québec et qu'il le fasse en prenant tous les renseignements qui
sont nécessaires pour orienter son action. Le rôle, tout humble
soit-il, que j'aurai à jouer à ce sujet, Mme la
Présidente, je m'en réjouis, et loin de m'en excuser, j'y vois
une raison pour le Québec d'être assuré que son action
à l'étranger va se continuer de la meilleure façon, de la
façon la plus efficace et de la façon la plus rentable. Merci,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente: Merci, M. le député de
Louis-Hébert.
Il n'y a pas d'autres interventions? Le débat est
terminé.
Est-ce que le rapport de la commission des institutions qui a
procédé à l'étude détaillée du projet
de loi 42, Loi sur le ministère des Affaires internationales, est
adopté?
Des voix: Adopté.
La Vice-Présidente: Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Gratton: Mme la Présidente, je vous prierais d'appeler
l'article 11 du feuilleton, s'il vous plaît!
Projet de loi 55 Adoption du principe
La Vice-Présidente: À l'article 11 de notre
feuilleton, le ministre de l'Énergie et des Ressources propose
l'adoption du principe du projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur le
ministère de l'Énergie et des Ressources.
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources.
M. John Ciaccia
M. Ciaccia: Mme la Présidente, l'honorable
lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce projet de loi et il en
recommande l'étude à l'Assemblée.
Le projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur le ministère de
l'Énergie et des Ressources, que je soumets à cette
Assemblée aujourd'hui vise essentiellement à constituer un fonds
spécial, le Fonds d'information géographique et foncière,
qui remplacera le fonds renouvelable du Service de la cartographie actuellement
en opération au ministère de l'Énergie et des Ressources.
Le Fonds d'information géographique et foncière est de même
nature que les huit autres fonds créés en juin dernier au
ministère des Communications et à celui des Approvisionnements et
Services dans les domaines de l'édition gouvernementale, des
éditions services informatiques et de télécommunications,
de la reprographie gouvernementale et de certains services de fourniture et de
réparation.
Quel est le but du fonds que nous créons aujourd'hui? En fait, ce
Fonds d'information géographique et foncière fournira à
ses clientèles privées et publiques ainsi qu'aux citoyens en
général des services de diffusion d'information et de travaux
spécialisés dans les domaines de la prise de vues
aériennes, de la cartographie, de la géodésie, de
l'arpentage des terres publiques et du cadastre. Les travaux compris dans le
fonds que nous créons aujourd'hui sont d'une importance fondamentale.
Est-il besoin de rappeler que la connaissance géographique et
foncière du territoire constitue, au Québec comme ailleurs, un
élément important dans les activités sociales et
économiques. Toutes les interventions, qu'il s'agisse
d'aménagement, de développement, d'exploitation ou d'utilisation
du territoire, requièrent une connaissance adéquate des sites
concernés.
Quelles sortes de travaux sont gérés par ce fonds?
Aujourd'hui, le promoteur de grands travaux comme le citoyen amateur de plein
air ont recours de façon systématique à l'information
géographique et foncière pour préparer et réaliser
leurs projets. Je voudrais expliquer peut-être par des exemples comment
ce fonds fonctionne, parce qu'on vient souvent à l'Assemblée
nationale demander la création d'un fonds et ces sommes additionnelles
sont de l'argent des contribuables. Mais en expliquant de quelle façon
ce fonds sera géré et les mandats qu'il y aura, cela peut nous
aider à mieux comprendre l'importance du fonds spécial que nous
créons aujourd'hui.
À titre d'exemple, le directeur général du parc
industriel et portuaire de Bécancour vient voir nos spécialistes
pour obtenir une carte à petite échelle de son site aux fins de
planifier le développement et la mise en place des infrastructures.
C'est l'un des objectifs, l'une des fonctions du fonds. De même le
chasseur de La Tuque s'adresse à notre bureau de Québec ou
à son détaillant local pour obtenir une carte de base du
territoire qu'il entend parcourir. L'arpenteur-géomètre de
Longueuil appelle notre bureau de Québec pour qu'on lui transmette par
téléphone les fiches significatives de différents points
géodésiques de troisième ordre qu'il veut utiliser pour
réaliser un mandat qu'on lui a confié. La municipalité de
Cap-de-la-Madeleine communique avec nos spécialistes pour obtenir,
à partir d'une couverture de photographies aériennes, des ajouts:
trottoirs, emprises, etc. à sa carte à petite échelle. La
compagnie Gaz Métropolitain, qui développe sur informatique son
réseau de distribution, s'adresse à notre détaillant de
Montréal pour obtenir différentes cartes de base et cadastrales
afin de les mémoriser sur ses système automatisés. Ce ne
sont que quelques exemples pour décrire le fonctionnement des travaux
faits au ministère lesquels font l'objet de ce fonds. De fait, les
besoins des utilisateurs sont fort variés et quotidiens. (16 heures)
À ce chapitre, le ministère de l'Énergie et
des Ressources a, entre autres mandats, celui d'accroître et de
diffuser la connaissance géographique et foncière du territoire
québécois. Il assume d'abord cette responsabilité par la
mise en place et l'entretien des éléments de base à partir
desquels toute autre information peut être enregistrée,
traitée et communiquée.
Il y a le système de référence universelle, c'est
le réseau géodésique, le système de
représentation du territoire, c'est la cartographie, le système
de description du morcellement foncier, c'est le cadastre et l'arpentage. Tous
ces aspects sont traduits dans l'organisation même du ministère de
l'Énergie et des Ressources. Ainsi, le ministère est le
mandataire officiel du gouvernement en matière de géodésie
avec la responsabilité d'établir et de gérer les
réseaux géodési-ques officiels.
Le réseau géodésique, c'est de trouver des points
d'où l'on part pour identifier les autres endroits au Québec. Ce
sont des points qui se font, non seulement au Québec, mais dans tout le
Canada. C'est un service qui est sous la responsabilité du
ministère de l'Énergie et des Ressources.
Pour ce faire, il implante des structures de base, c'est-à-dire
les points géodésiques de premier, deuxième et
troisième ordre. Il procède à l'intégration des
canevas établis par d'autres organismes et assure la protection et
l'entretien des réseaux en place. De plus, il classifie les points et
réseaux, conserve et communique aux usagers les données de base.
C'est là un des mandats que le ministère a et qui est couvert par
le fonds.
D'autre part, il a aussi le rôle de cartographe officiel qui
confie au ministère de l'Énergie et des Ressources des
responsabilités prépondérantes en regard des informations
géographiques primaires. La cartographie fondamentale, la carthographie
thématique et la télédétection sont des
activités reconnues pour lesquelles le ministère joue un
rôle d'expert auprès de l'ensemble des organismes qui
gèrent le territoire.
Dans le domaine de l'arpentage, les activités
réalisées découlent du titre d'arpenteur
général confié au ministre de l'Énergie et des
Ressources par la loi. Concrètement, ce rôle consiste à
gérer les travaux d'arpentage, c'est-à-dire la
délimitation, la démarcation, le morcellement, le lotissement et
autres, nécessaires à l'administration et à la vente des
terres publiques.
De plus, le ministère illustre les résultats des travaux,
décrit et officialise les limites des entités administratives:
les municipalités, les MRC, les régions administratives. Tous ces
résultats sont déposés en archives et mis à la
disposition de l'ensemble des usagers.
Le ministère de l'Énergie et des Ressources a
également pour rôle d'enregistrer et de conserver l'ensemble du
morcellement foncier sur le territoire québécois.
L'enregistrement cadastral implique le contrôle et le dépôt
officiel du morcellement foncier, répondant, d'une part, à
l'obligation de rendre publics les droits de propriété ou
l'enregistrement des droits réels et, d'autre part, aux fins de
fiscalité foncière, de zonage, d'aménagement du territoire
et de travaux publics.
La conservation et la diffusion de ces informations constituent une
activité majeure du ministère, compte tenu de son importance dans
l'activité économique quotidienne du Québec.
L'ensemble de ces activités que je viens de décrire dans
tous les différents domaines est géré par divers services:
géodésie, cartographie, cadastre et arpentage. Or, depuis 1985,
on a confié au Centre d'information géographique et
foncière le mandat de diffuser l'ensemble des documents et informations
résultant des travaux réalisés. Ce dernier reçoit
annuellement près de 100 000 requêtes de clientèles fort
variées: bureaux professionnels tels qu'urbanistes, notaires,
évaluateurs, arpenteurs-géomètres, avocats, entreprises
privées forestières, minières, d'utilité publique
ou autres, maisons d'enseignement, ministères et organismes provinciaux
et fédéraux, ainsi que le public en général. La
clientèle du ministère, la clientèle qui fait appel aux
travaux gérés par ce fonds est variée et se répand
dans tout le Québec. Ce grand nombre de demandes diversifiées
reçues à nos comptoirs à Québec par courrier, par
téléphone, par télécopieur, ou par notre
réseau de plus de 40 détaillants en cartographie dans tout le
Québec, donne lieu à l'envoi de plus de 500 000 documents: photos
aériennes, cartes de base et thématiques à diverses
échelles, plans de compilation, d'arpentage et de cadastre, croquis de
location, normes techniques et bien d'autres.
C'est donc une activité importante qui exige des ressources et
des moyens particuliers pour assurer des services adéquats. Le Centre
d'information géographique et foncière a utilisé
jusqu'à maintenant le fonds renouvelable du Service de la cartographie
pour gérer financièrement ses opérations. Or, les fonds
renouvelables ont fait l'objet d'une longue réflexion depuis 1985. Ces
entités créées par une simple mesure administrative ont
toujours été considérées en marge des processus
budgétaire et comptable normaux avec peu de visibilité
très souvent, ainsi que des attributions et des modes de fonctionnement
sensiblement variables.
Le gouvernement, dans un souci d'assurer que ces types de fonds
reçoivent toute la publicité requise et que l'Assemblée
nationale soit systématiquement saisie de la création et de la
performance de celui-ci, a décidé de convertir, par voie
législative, les fonds renouvelables existants. C'est une simple
technicité, mais qui permet toutefois à l'Assemblée
nationale de statuer sur la création de ces fonds, de leur attribuer des
responsabilités propres et de prévoir les modes de gestion, de
financement et de fonctionnement. Autrement dit, c'est une
façon d'améliorer l'administration de ces fonds et de
prévoir une saine administration pour fournir les services qui sont
requis par la population. De fait, la distinction principale entre un fonds
renouvelable et un fonds spécial est que la constitution d'un fonds
spécial doit obligatoirement recevoir la sanction de l'Assemblée
nationale. C'est pour cette raison qu'au début de mon intervention j'ai
communiqué à l'Assemblée que le lieutenant-gouverneur a
pris connaissance de ce projet de loi et en recommande l'étude, parce
que nous parlons ici de la création d'un fonds et de deniers
publics.
En outre, le gouvernement a voulu harmoniser le fonctionnement
général des fonds en prévoyant les modalités
générales qui les régissent, parce que si on fait
ça par voie administrative, un fonds renouvelable, il peut y avoir
différents critères, il peut y avoir différentes
façons de le gérer, l'information ne peut peut-être pas
être toute la même ou autant disponible et elle peut être
moins sous le contrôle de l'Assemblée nationale. Pour resserrer
l'administration de ces fonds et permettre un service adéquat à
la population, nous créons un fonds spécial avec les conditions
dans lesquelles je l'ai décrit dans le projet de loi. C'est ainsi qu'il
y a quelques mois, le ministère de l'Énergie et des Ressources
adressait un mémoire au Conseil du trésor faisant état de
cette situation et de l'opportunié d'entreprendre une démarche
législative permettant de créer le Fonds d'information
géographique et foncière.
Le présent projet d'amendement à la Loi sur le
ministère de l'Énergie et des Ressources constitue le maillon
principal d'un processus qui vise non seulement à fournir une assise
légale, claire à l'une de nos activités de diffusion,
d'information et de réalisation de travaux spécialisés,
mais également à mettre en place un modèle de gestion
mieux adapté à la prestation de certains services. Rappelons
brièvement que le fonds renouvelable du Service de la cartographie qui,
par ce projet de loi, deviendra le Fonds d'information géographique et
foncière, a généré, au cours des six
dernières années, des revenus totalisant près de 8 500 000
$, lesquels ont servi à financer la majorité de ses
activités et des services offerts aux clientèles. (16 h 10)
Avec l'adoption du présent projet de loi, le Fonds d'information
géographique et foncière pourra étendre la nature de ses
services particulièrement vers des travaux plus
spécialisés et personnalisés, tels la prise de vue
aérienne spécifique, la cartographie de projets et la
microgéodésie utilisée ponctuellement pour des mesures
particulières ou d'urgence. De plus, il poursuivra les objectifs du
fonds renouvelable actuel, c'est-à-dire la limitation de
l'approvisionnement abusif, l'assouplissement des procédures
administratives et comptables et l'autorisation des paiements de
dépenses à même les revenus tirés des
opérations.
L'expérience du passé a démontré que
l'emploi d'une tarification constituait un excellent moyen de freiner
l'approvisionnement abusif de la part de certaines clientèles. De fait,
ce moyen a contribué à faire chuter dans une proportion de trois
à quatre fois, le volume de documents exigé
antérieurement. Précisons qu'il s'agit ici d'une tarification
minimale qui vise essentiellement à couvrir certains coûts
associés à la diffusion des documents et à la
réalisation de travaux spécialisés. C'est clair que si
vous avez tout pour rien, que vous pouvez obtenir 100 cartes du Québec
pour rien, bien il peut y en avoir certains qui vont abuser de ça; ils
vont faire des demandes abusives au ministère. Quand on a une
tarification minimale qui va couvrir certains frais, là, on va freiner
ces abus. C'est la seule raison pour effectuer et imposer des tarifs.
Ce moyen permet également de faire épargner aux
contribuables québécois les coûts de service
évalués à près de 2 500 000 $ annuellement. Il y a
un service qui est associé à la fourniture des services que le
ministère donne par l'entremise de ce fonds. Alors, plutôt que de
faire payer par tous les Québécois les services dont certaines
clientèles ont besoin... Si un notaire, un avocat, un arpenteur ou une
municipalité ont besoin de ces services, je crois que ce n'est pas
nécessaire et que ce ne serait pas équitable de faire payer par
tous les Québécois les services qui sont requis par certaines
clientèles. Avec la tarification, on s'assure que les services vont
être payés par ceux qui en ont besoin et qui
bénéficient des informations et des documents qui leur sont
fournis par le ministère.
Pour le type de service dont il est question dans le présent
projet de loi, nous. croyons qu'une tarification demeure le moyen
privilégié pour freiner certains abus et pour faire supporter aux
utilisateurs réels le coût des biens et services dont ils
jouiront. Or, l'utilisation d'une tarification crée automatiquement une
activité dite commerciale ou quasi commerciale. Celle-ci s'accommode
fort mal des imposantes règles, procédures et systèmes
administratifs et comptables utilisés généralement par
l'appareil gouvernemental, d'où l'importance d'assouplir ces
règles, procédures et systèmes afin de mettre en place des
mécanismes plus adaptés à ce type d'opération.
Aujourd'hui, les fonds sont assujettis à une procédure
émanant du Conseil du trésor qui laisse la latitude
nécessaire pour opérer d'une manière efficace, tout en
assurant les contrôles et les suivis requis pour une saine gestion
publique. À cela s'ajoutent certaines dispositions prévues dans
le présent projet de loi, lesquelles visent à arrimer la gestion
des fonds spéciaux à la gestion financière gouvernementale
ainsi qu'à fournir les protections requises. Enfin, le fait d'autoriser
le paiement de dépenses à même les revenus tirés de
certaines opérations découle du principe d'autofinancement. Comme
je l'ai
expliqué, on ne veut pas que les autres contribuables paient pour
les services qui sont donnés ou obtenus par certaines clientèles.
Alors, le principe d'autofinancement va se faire plus efficacement, plus
clairement et avec une assise légale bien décrite en
créant ce fonds spécial et en y mettant toutes les règles
nécessaires pour cette gestion particulière. En toute logique,
tarifer des services et assouplir les mécanismes administratifs et
comptables sans créer l'incitation d'équilibrer les revenus et
les dépenses peut conduire à un certain laxisme administratif,
d'où découle l'obligation d'injecter des sommes d'argent
supplémentaires et/ou à procéder à des hausses
brusques de tarification des services. Vous conviendrez qu'il est
préférable de rendre responsables sur tous les plans les
gestionnaires qui ont la charge de gérer de tels fonds, afin de nous
assurer de la meilleure gestion possible et d'une prestation de services qui
rencontre les besoins et les exigences des utilisateurs de ces services.
Dans le projet de loi 55, le ministère de l'Énergie et des
Ressources vise donc à poursuivre et à intensifier ses efforts
pour offrir une gamme plus étendue de biens et de services
spécialisés et mettre en place des moyens plus actuels, capables
de concilier aisément les exigences de l'administration publique
à celles des clientèles.
Précisons que ce projet de loi n'aura que très peu
d'incidence sur les utilisateurs qui continueront à recevoir la
meilleure gamme possible de services selon des modalités fort peu
différentes de celles déjà en vigueur. Toutefois, le
gouvernement et l'Assemblée nationale seront dorénavant mieux
outillés pour juger de la pertinence et de la performance de ce type de
fonctionnement.
Notons également que ce fonds n'aura plus à recourir au
fonds consolidé pour financer certaines dépenses dont, entres
autres, le salaire de ses employés. Avant ce projet de loi, le Fonds
d'information géographique et foncière devait assumer la
totalité de ces dépenses. Avec ce projet de loi, le fonds va
assumer toutes les dépenses. Avec le fonds renouvelable, la tarification
qui est incluse, c'est pour les dépenses qui sont payées par les
utilisateurs, les dépenses actuelles de la cartographie ou des
documents, on n'inclut pas les salaires et tous les services nécessaires
pour produire ces documents. Avec le fonds spécial, tous ces points ont
été inclus dans la comptabilisation et on va avoir un portrait
assez clair et assez complet du coût de ces services et des revenus qu'on
retire pour les fournir.
Le fonds renouvelable du Service de la cartographie a fait la preuve
jusqu'à présent de son utilité et de son
efficacité. Le Fonds d'information géographique et
foncière, avec l'adoption de ce projet de loi, viendra prendre la
relève dans un cadre législatif sans équivoque de
façon à assurer la meilleure adéquation possible entre
l'accès aux services et la gestion de celui-ci. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente: Merci, M. le ministre de
l'Énergie et des Ressources. Je vais maintenant reconnaître M. le
député d'Ungava.
M. Christian Claveau
M. Claveau: Merci, Mme la Présidente. Au moment de voir
apparaître devant cette Chambre le projet de loi 55, Loi modifiant la Loi
sur le ministère de l'Énergie et des Ressources, je me suis dit:
Enfin, le ministre de l'Énergie et des Ressources, qui a des fonctions
aussi importantes et qui a tant de dossiers à couvrir, comme H vient
lui-même de nous l'expliquer dans* la panoplie d'exemples qu'il a
donnés pour justifier la création de ce fonds, est sorti de sa
léthargie. On va savoir qu'il existe un ministre de l'Énergie et
des Ressources au Québec et qu'il a quelque chose à apporter en
termes législatifs, car si on prend le menu législatif qu'on a
cet automne au ministère de l'Énergie et des Ressources,
jusqu'à maintenant, Mme la Présidente, ce n'est pas très
brillant. À l'exception de ce petit projet de loi de trois articles, il
n'y a absolument rien d'autre, rien. Je me disais. Enfin, on va avoir quelque
chose à se mettre sous la dent, on va pouvoir savoir qu'on a un ministre
de l'Énergie et des Ressources au Québec et qu'il est encore
actif. Malheureusement, ce que nous avons à nous mettre sous la dent, ce
ne sont que des "grenailles", un petit projet de loi en trois articles qui
crée un fonds. (16 h 20)
Je comprends, Mme la Présidente, dans le contexte actuel, que les
ministres déposent l'un après l'autre, jour après jour,
leurs petits projets de loi à un, deux ou trois articles. On en a plein
actuellement de ces projets de loi. Faute de mieux, faute de ne pas avoir de
vrais projets de loi, faute de refuser de regarder les vrais problèmes
fondamentaux et de déposer des projets de loi pour les étudier,
les ministres de ce gouvernement n'ont rien d'autre à faire que de se
rabattre sur de petits projets de loi techniques, ce qui va leur permettre de
parler au moins une fois en Chambre durant une session. C'est la situation que
vit actuellement le ministre de l'Énergie et des Ressources du
Québec qui a profité d'une bonne partie du temps qui lui
était alloué pour montrer qu'il était encore en Chambre et
qu'il avait encore à travailler. Parce que, si l'on en croit le menu
législatif, au moment où l'on se parle, c'est le seul et unique
projet de loi qu'on a à se mettre sous la dent d'ici Noël. Il faut
croire que c'est un ministère où H n'y a pas de problème,
que c'est un ministère où il ne se passe rien, que c'est un
ministère où tous les gens vivent un bonheur parfait.
Pourtant quand on se promène sur le terrain, il y a des
problèmes partout. On entend parler de toutes sortes de choses
auxquelles le
ministre devrait s'attaquer. Des demandes nous viennent de
tout bord et de tout côté - et cela s'adresse à l'ensemble
des ministères de ce gouvernement - nous disant: II faudrait modifier
telle loi, il faudrait que le ministre s'intéresse à telle chose,
qu'est-ce que le ministre attend pour nous amener une modification dans tel
autre projet de loi? Rien de celai On ne trouve absolument rien de cela dans la
législation. Tout ce qu'on a, c'est un projet de loi de trois articles
qui nous dit tout simplement qu'il modifie quelque chose qui existait
déjà. Vous voyez, Mme la Présidente, malgré tout le
beau discours que vient de faire le ministre - en fait, on ne peut pas
être contre la vertu - il est obligé d'avouer que cela existait
déjà au ministère de l'Énergie et des Ressources
sous la forme du fonds renouvelable pour le Service de la cartographie. Certes,
il y a des modifications. Certes, il y aura un peu plus de contenu. Il y aura
des services nouveaux. On parle de cartographie, de géodésie, de
télédétection, d'arpentage et de cadastre. Mais ce sont
tous des services qui sont déjà offerts au ministère
actuellement et qui sont tarifés. Alors, on se demande où le
ministre vient chercher du nouveau. Il veut probablement, à l'instar de
ses collègues, comme le ministre des Communications, faire ce qu'ils ont
fait le printemps dernier. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs le ministre n'est
pas arrivé le printemps dernier avec tous les autres, au moment
où on a déposé une série de projets de loi qui
amenaient les mêmes modifications dans l'ensemble des ministères,
alors qu'ils ont dit: On va créer des fonds. On va créer des
fonds! Comme s'ils avaient inventé le principe de créer des
fonds.
Certes, il y a des aspects positifs. Comme je viens de le
dire, on ne peut pas être contre la vertu. Il s'agit d'un cheminement qui
se justifie. Mais il faut dire les choses telles qu'elles sont. Il ne faut pas
essayer de faire comprendre le contraire de nos intentions à la
population. Il ne faut pas essayer de se réfugier derrière une
démarche soi-disant transparente pour cacher la vraie
réalité de ces fonds. À mon humble avis, si le
gouvernement, ce gouvernement libéral, en ce moment, est aussi
acharné à créer des fonds dans tous les
ministères... Et le ministre de l'Énergie et des Ressources
arrive un peu au pas de course, en dernier lieu parce qu'il ne s'est pas rendu
compte en même temps que les autres, au printemps dernier, que
c'était le temps de créer des fonds, il arrive avec son petit
projet de loi... Si les ministres de ce gouvernement sont si acharnés
à créer l'un après l'autre chacun son petit fonds, c'est
qu'ils n'ont pas le courage de déterminer eux-mêmes, comme
gouvernement, les niveaux de taxation réels, les niveaux de revenus
réels dont a besoin ce gouvernement. Et il le fait faire par de petites
lois, par de tierces personnes, par le biais de certains fonds qui leur
permettent de récupérer des sommes d'argent qui seront remises au
ministre des Finances. On dit à l'article 17.5 de l'article 2 du projet
de loi que les sommes d'argent seront gérées par le ministre des
Finances
Alors, on crée des fonds ici et là qui
permettent au gouvernement d'aller chercher plus d'argent. Mais, non, non, on
n'a pas augmenté la taxation. Ce n'est pas notre faute si les
coûts augmentent. Nous, on est de bons gestionnaires, on ne sait pas ce
que c'est que taxer. C'était du temps du PQ qu'on taxait. Maintenant,
chez les libéraux, on ne taxe plus. Mais ce qu'on fait par exemple, et
c'est cela que le gouvernement n'a pas le courage de dire, par tous ces petits
fonds qui se multiplient ici et là, c'est qu'on remet à un tiers,
à une tierce personne, à une corporation qui apparaît dans
la machine, le pouvoir de faire de la taxation par la bande en allant chercher
des tarifs que... Le ministre va dire: Ce n'est pas notre faute. Nous avons
fait un fonds autogéré. Il faut bien que le fonds se paie. Il
faut bien qu'il s'autogère. Il faut bien qu'il rentre dans son argent.
Donc, s'il faut qu'il tarife, il y a une loi qui lui permet de le faire. On a
fait une petite loi qui permet d'établir des niveaux de tarification. Et
puis le ministre des Finances va encaisser. Alors, Mme la Présidente, il
faudrait qu'on le dise clairement.
Quand le ministre dit: II faut que les véritables
utilisateurs des services paient pour les services. Oui, d'accord. Nous sommes,
nous aussi, de ceux qui croient que l'utilisateur doit payer. Mais ça
devrait être dans tous les domaines. Il faudrait, aussi que le pollueur
paie. Il faudrait que celui qui détériore nos routes paie. Il
faudrait que celui qui abuse d'autres services à l'intérieur de
la machine gouvernementale paie aussi quand c'est à son tour de payer,
et non pas quand c'est le petit utilisateur individuel qui a besoin d'un
service spontané du gouvernement. On dit: Nous recevons 100 000 demandes
par année des arpenteurs, des géomètres, des gens qui font
des relevés géoscientifiques, des cartes pour la chasse et la
pêche. On a 100 000 demandes par année qui représentent 500
000 envois. Quelle catastrophe! C'est extraordinaire comme ça
coûte cher au gouvernement! Certes que l'utilisateur paie, oui! Mais que
les vrais utilisateurs paient!
Quand le contribuable fait une demande à son
arpenteur-géomètre pour avoir une information sur un terrain en
particulier et que l'arpenteur va au ministère pour aller chercher cette
information-là, si on augmente la tarification, qui va payer en bout de
piste? Ce sont tous les petits contribuables qui ont besoin des services. C'est
ça la réalité. C'est ce qui va se passer. Et durant ce
temps-là, les gros utilisateurs, ceux qui, vraiment, coûtent cher
au gouvernement, ceux qui détériorent les routes, ceux qui
détruisent notre environnement, eux, on les subventionne pour qu'ils
continuent à le faire. Il faudrait essayer de comprendre là
où on s'en va.
Je suis d'accord pour que le gouvernement
mette en place des mesures restrictives, des mesures de contrôle
d'utilisation de ses services mais pas qu'on fasse toujours payer le
même. Que celui qui achète un permis de pêche, s'il veut
avoir une carte pour le terrain, paie un minimum raisonnable, mais que ce soit
sous le contrôle du gouvernement. Qu'on ne mette pas ça entre les
mains d'une corporation ou d'un fonds qui, par une loi, peut avoir des pouvoirs
presque illimités en termes de fonctionnement, de
rémunération, de coûts de ses services. Et, à ce
moment-là le ministre va dire: Écoutez, ce n'est pas ma faute.
Nous n'avons pas de contrôle là-dessus. Le fonds a
décidé que ça allait maintenant coûter 20 $ pour
avoir une carte au lieu de coûter 1 $. C'est la faute du fonds. Ce n'est
pas ma faute. On a voté une loi pour ça.
C'est ça la triste réalité. C'est ça le
problème qui se dégage de ça. C'est qu'on fait de la
taxation par la bande! C'est le même principe qui s'applique partout dans
ce gouvernement-là. On n'ose pas dire aux gens: On doit vous taxer pour
vous donner des services. Non. Ce n'est pas ce qu'on dit. On dit: Nous ne
taxons plus. Par contre, quand vous vous retournez de bord, ça
coûte plus cher partout. Cette année, par exemple, on a introduit
de nouveaux permis de pêche au saumon sur des territoires nordiques au
Québec. Cela ne s'était jamais vu avant. Mais tout à coup,
cette année, ah, un nouveau permis est apparu! Cela coûte 12,50 $
de plus par tête pour aller pêcher. C'est comme ça partout,
tout le long du chemin. Par contre, non, non, nous ne connaissons pas la
taxation! C'est ce qui risque d'arriver avec la création d'un fonds
semblable.
C'est malheureux que le ministre, dans son souci de transparence comme
il nous l'a si bien expliqué tout à l'heure alors qu'il disait:
Nous venons devant l'Assemblée nationale pour créer un fonds,
afin de lui faire toute la publicité voulue, afin qu'on en prenne
connaissance et qu'on puisse dire que ce gouvernement-là n'a pas voulu
agir par un petit contournement technocratique, qu'il n'a pas voulu suivre la
filière administrative et qu'il a bien voulu, par souci de transparence
et de bien paraître, créer un fonds publiquement par le biais
d'une loi... Certes, la vertu est là, Mme la Présidente. Mais
ça ne reste qu'au niveau des principes. Parce qu'il ne nous a pas dit
que, derrière ce souci de transparence qui semble évident
à première vue, il y avait le principe d'une taxation
déguisée qui se cachait. Il a oublié de nous dire
ça. (16 h 30)
Après, il va dire: Au ministère de l'Énergie et des
Ressources, vous voyez, ça me coûte beaucoup moins cher que
ça m'en coûtait avant; ça ne coûte presque plus rien,
le fonctionnement du ministère de l'Énergie et des Ressources; on
n'a plus rien à faire au ministère; on a des excédents; on
a des crédits périmés. Voyez comme on est de bons
gestionnaires! Mais au moment de nous présenter ça, par exemple,
le ministre va oublier de nous présenter l'autre petite colonne à
côté, là où il y aura les coûts reliés
aux services donnés non plus par son ministère, mais par un
fonds, un fonds spécial qui aura donné des services qui
étaient déjà donnés par le ministère et qui
aura à assumer des déficits. S'il ne veut pas assumer des
déficits, à ce moment-là, il n'aura qu'à augmenter
le coût du service. Mais ce ne sera pas une taxation
supplémentaire, parce que les colonnes comptables du ministère
vont s'équilibrer et, au besoin, les profits seront plus grands que les
coûts. Donc, il y aura des crédits périmés et une
saine gestion du ministère.
En apparence, tout est beau, tout est fin. À côté,
par contre, on va nous cacher la triste réalité de services qui,
dorénavant, seront donnés par un fonds spécial qui aura
à s'autofinancer, qui aura à aller fouiller dans les poches des
contribuables pour donner les services qui étaient donnés avant
par le ministère. Le ministre n'en sera plus responsable. Ce sera la
responsabilité d'un fonds qu'on aura voté par le biais de la loi
55 et qui permettra au ministre de jouer à Ponce Pilate, de se laver les
mains et de dire qu'il n'a plus de contrôle là-dessus, que c'est
un fonds autogéré et qu'il lui faut trouver ses sommes d'argent.
Le ministre des Finances, durant ce temps, va se virer de bord, va encaisser,
va mettre de l'argent dans ses poches et se présenter ici, lors de son
discours sur le budget, en disant: Vous voyez, nous, au gouvernement, ça
coûte beaucoup moins cher qu'avant; on n'a même pas augmenté
les taxes; on n'a plus de déficit; on baisse le déficit; on a
plus d'argent; on n'a pas touché au niveau de taxation; on est de bons
gestionnaires. En arrière de ça. par exemple, dans le quotidien,
c'est l'individu sur le terrain qui va payer quotidiennement par le biais d'une
tarification qui n'existait pas avant C'est ça que le ministre n'a pas
le courage de dire.
Soit, pour le principe. On est pour le principe d'avoir des fonds ou des
instances à l'intérieur de différents ministères
permettant d'avoir une meilleure gestion, un contrôle quotidien, un
contrôle plus serré, d'avoir des tarifications raisonnables pour
que l'utilisateur paie d'une façon juste et équitable le service
qui lui est donné par la collectivité. On est pour ça. On
y croit, mais qu'on n'essaie pas de nous passer le sapin de la transparence
pour ce permettre, après, de faire un discours déguisé.
C'est ça qu'on ne comprend pas.
Et le ministre nous dit: Les informations à mon ministère,
j'en ai à la tonne et dans tous les domaines, que ce soit concernant le
cadastre, la gestion des terres publiques, la Régie du gaz, le transport
des combustibles ou la gérance des fonds de terrain pour toutes sortes
de projets.
Il en a; c'est vrai qu'il en a. Il y a énormément de lois
qui relèvent du ministère de l'Énergie et des Ressources.
C'est probablement un des ministères qui a le plus de lois. Il dit qu'il
faut que cette information-là soit rendue publique. Il me fait rire, Mme
la Présidente.
Vous me permettez que je lui rigole dans la face et je vais le faire
sans me gêner à part ça. Jusqu'en 1985, il existait des
documents au ministère, secteur mines, secteur forêts, dans tous
les secteurs - et cela vaut pour l'ensemble du gouvernement - qui nous
permettaient de suivre à la trace, suivre au pas, les niveaux d'emploi,
les pourcentages d'investissements entreprise par entreprise, milieu par
milieu, secteur par secteur, région par région. Je vous mets au
défi, Mme la Présidente, au moment où on se parle,
d'avoir, dans un document public, dans un document publié, le niveau
d'emploi dans l'industrie forestière en 1987. On l'a eu dans les
documents jusqu'en 1985. On n'avait pas honte de l'inscrire même si,
parfois, c'était difficile de faire face à la
réalité dans certains domaines. On informait la population. Je
vous mets au défi de trouver ce chiffre-là.
Dans le dernier document publié par le ministère de
l'Énergie et des Ressources, secteur forêts, concernant les
statistiques globales de ce secteur, on retrouve les données dans toutes
sortes de secteurs jusqu'en 1986-1987. Quand on parle des données de
l'emploi, le chapitre 9.1 du document, on arrête à 1984. On essaie
de me faire croire que ce n'est pas possible de compiler les données de
l'emploi depuis 1984 alors qu'on les compile pour le pourcentage d'exportation
du papier, pour l'utilisation des copeaux, pour l'utilisation de la "pitoune",
pour les modes de transport utilisés. Elles sont toutes là, mais
on ne peut pas le faire depuis 1984 pour l'emploi: chapitre 9.1 du document sur
l'ensemble de la situation statistique au ministère de l'Énergie
et des Ressources, secteur forêts. Allez le vérifier. On remet
dans le document de 1986-1987 les mêmes chiffres qu'on retrouvait dans le
document de 1984, parce qu'on n'ose pas faire face à la
réalité.
Si le ministre nous dit: Oui, il faut créer, il faut être
transparent, il faut donner de l'information et il faut qu'elle soit accessible
à un coût raisonnable à la population, qu'il le fasse pour
l'ensemble des secteurs et pour toute l'information dont la population a
besoin, pas uniquement pour la petite information ou pour les documents qui
peuvent être commercialisables ou avoir une valeur mercantile pour les
poches du ministre des Finances. Que toute l'information nous soit disponible
telle qu'elle l'était avant 1985. Depuis 1985, la façon de
compiler les statistiques a été totalement changée; la
façon de classer les documents a été modifiée de
sorte qu'on ne s'y retrouve plus, qu'une vache y perd son veau, qu'on est
incapable de suivre le cheminement secteur par secteur des données
spécifiques, données dont on aurait besoin pour faire un
véritable travail d'intervention sur le terrain, dans les
régions, dans les milieux.
Par contre, on se vire de bord et on crée des fonds qui vont
permettre de donner une valeur mercantile à certains documents, à
ceux qu'on voudra bien rendre publics, et on essaie de nous servir la salade de
la vertu et de la transparence. Non, Mme la Présidente, je crois que le
ministre fait fausse route là. Certes il faut, comme je l'ai
déjà dit et je vais le répéter, des
contrôles. Il y a déjà eu des fonds pour ce faire. Ce n'est
pas nouveau et le ministre lui-même l'a dit. Son nouveau Fonds
d'information géographique et foncière remplace un fonds qui
existait déjà, le fonds renouvelable du service de la
cartographie. Il n'a rien inventé. Il a dit lui-même que c'est
cela qu'il remplaçait. Est-ce que ça justifie un projet de loi?
La seule raison, c'est qu'il n'a rien d'autre à nous servir au menu
législatif pour cet automne et il fallait bien qu'il trouve un moyen de
faire au moins un petit discours sur un projet de loi avant le mois de
décembre, s'il ne voulait pas passer pour un ministre
complètement absent. Finalement, il a trouvé le moyen de dire: On
va changer quatre trente sous pour une piastre; on va prendre un fonds, le
dissoudre et en créer un autre, et on va faire accroire que c'est nous
qui l'avons fait.
Mme la Présidente, en faisant cela, le ministre me fait penser
à sa fameuse politique énergétique qu'il nous a
déposée cet été et dont on aura l'occasion de
reparler. Encore là, quand il nous parle de transparence, nulle part,
absolument nulle part dans le texte de la politique énergétique
que le ministre nous a déposé cet été, il n'est
fait référence à la première politique
énergétique adoptée au Québec par un gouvernement
du Parti québécois en 1978. Nulle part il n'y fait
référence. Et son inimitié va jusqu'à tel point
que, pour toutes les références d'avant 1985, il se
réfère à 1971. Quand il va dans le futur, il recule selon
un certain échelon, mais, quand il va dans le passé, il ne prend
jamais les statistiques de 1976, mais plutôt celles de 1986. Il prend
celles de 1996 pour des projections, mais il ne prend jamais celles de 1976
comme référence, par exemple, parce que là, l'écart
serait trop évident par rapport à ce qui s'est fait entre 1976 et
1986. Il retourne à 1971 pour essayer de faire accroire que c'est la
première réincarnation de son chef actuel qui a donné la
lancée, alors que c'est en 1978 que ça a tourné avec la
publication d'une première politique énergétique, mais
à laquelle il ne fait même pas référence dans son
texte. Et il essaie de nous parler de transparence.
Il nous arrive aujourd'hui avec un projet de loi, le projet de loi 55,
et il nous dit: Je suis ici pour faire de la transparence. C'est pour ça
qu'on ne crée pas un fonds renouvelable, parce qu'on aurait pas eu
besoin de passer devant l'Assemblée nationale. Donc, on va faire un
fonds spécifique, le lieutenant-gouverneur va être mis dans le
coup, tout le monde va être au courant, on va faire la publicité
qui s'impose, les gens vont savoir, on est transparent. On est un gouvernement
qui donne toute l'information, on va rendre toute l'information publique. Elle
sera accessible à tout le monde. Alors que la réalité, Mme
la Présidente, selon les quelques exemples
que je viens de vous donner, est tout autre parce que, quand on essaie
d'obtenir la véritable information pour des éléments qui
sont peut-être un petit peu moins mercantiles - d'accord, on ne parle pas
uniquement d'une carte, mais encore là je ne serais pas surpris qu'il
essaie d'enlever des choses sur les cartes quand ça fera son affaire.
(16 h 40)
Donc, quand vient le temps d'avoir la véritable information, on
joue sur les chiffres, on change les colonnes, on donne des informations, on
change les paramètres, on élargit les espaces de temps qu'on
s'était donnés, comme dans le cas de la politique
énergétique. Je n'ai jamais compris qu'on parle de l'état
de 1986, qu'on parle des prévisions de 1996, mais qu'on ne parle jamais
de 1976, par exemple, comme référence du passé. On parle
de 1971, alors que la véritable référence qu'il aurait
dû donner, c'est 1978. C'est ça de la véritable
transparence? Alors, pour justification à un projet de loi, somme toute
très technique, où il n'y a rien de nouveau, qu'on ne vienne pas
nous servir la salade de la transparence comme étant l'obligation
d'amener le projet de loi devant l'Assemblée nationale pour que tout le
monde soit mis au courant.
Non, Mme la Présidente. S'il y a une raison qui fait que tout le
monde doit être mis au courant de ce projet de loi, c'est que, par
après, le ministre va pouvoir se reculer et dire: Écoutez un peu,
tarification à mon ministère, ce n'est plus mon problème.
Vous l'avez vu, on en a parlé en Chambre: Le député
d'Ungava a fait le singe là-dessus. Vous l'avez vu. Ce n'est plus moi
qui suis responsable de la tarification. On a formé un fonds pour
ça et il faut qu'il s'autofinance. S'il faut que le fonds aille chercher
plus d'argent, ce n'est plus mon problème.
C'est pour ça qu'il veut qu'on en discute devant la
caméra. C'est pour avoir une justification pour pouvoir dire aux gens:
Ce n'est plus moi. S'il l'avait fait d'une façon technique, s'il l'avait
fait par le biais d'un fonds créé administrativement, il n'aurait
jamais pu dire: Aïe! Vous n'avez qu'à regarder les discours en
Chambre, c'est ça qu'on a dit. Non, il fallait qu'il passe par la
Chambre pour avoir la justification fondamentale nécessaire pour dire
aux gens: Ce n'est plus moi qui suis responsable, vous n'aviez qu'à
écouter la télévision le 8 novembre à 16 h 30, 16 h
40, on en a parlé, si vous aviez été là, vous
sauriez que ce n'est plus moi qui suis responsable de la tarification et que,
maintenant, c'est le fonds. Et maintenant que c'est le fonds, on n'a plus de
contrôle là-dessus, et il faut que le fonds rentre dans son
argent. Pour que le fonds rentre dans son argent, si ça coûte plus
cher que prévu, il faut charger plus cher pour le service, et vous
n'avez plus qu'à payer, que voulez-vous, on a fait un projet de loi
là-dessus et tout le monde en a discuté en Chambre.
C'est pour ça qu'il nous emmène ici à
l'Assemblée nationale. Ce n'est pas par souci de transparence. C'est par
souci d'irresponsabilité. C'est par souci de remettre sa
responsabilité par rapport à la tarification des outils de
travail fournis par son ministère à un fonds à
côté et de s'en défaire. C'est un "taxeux" par la bande.
C'est un "taxeux" de sournoiserie. C'est un "taxeux" par en arrière,
comme la plupart des ministres de ce gouvernement qui changent les tarifs. Au
ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, on a
augmenté le coût des permis. On nous dit, par exemple, au
ministère des Transports: Cela va coûter moins cher, on change les
classes de tarification des permis de conduire. Quand on fait le total,
ça coûte plus cher qu'avant pour l'ensemble des gens.
C'est partout pareil, dans tous tes domaines. Et le ministre de
l'Énergie et des Ressources, lui qui n'avait pas encore réussi
à se coller l'épithète à son nom, eh bien, il a
trouvé le moyen de le faire en créant un nouveau fonds. Il aurait
pu le faire par le biais de l'ancien fonds. Pourquoi n'utilise-t-il pas
l'ancien fonds? Il aurait pu modifier certaines réglementations à
l'intérieur du fonds renouvelable pour le service de cartographie, qui
existait, qui aurait pu lui permettre de faire la même chose parce qu'il
offrait déjà le service de cartographie par le biais d'un fonds
dans son ministère.
Mais non, il n'aurait pas pu venir ici devant les caméras et
dire: Oh! Oh! Vous avez vu à partir de ce matin, j'ai un fonds qui me
permet de me déresponsabiliser de tout ce qui s'appelle tarification au
ministère, et, maintenant, si les tarifs augmentent, ce n'est plus mes
problèmes, ce n'est plus ma faute, on était d'accord, de
même que le lieutenant-gouverneur. Il a commencé son discours en
disant que c'était le lieutenant-gouverneur qui lui avait
souhaité bonne chance en l'emmenant ici en Chambre. C'est comme s'il
avait déjà été signé devant le
lieutenant-gouverneur avant même d'être discuté en
deuxième lecture. Et on appelle ça de la transparence. Ha, ha,
ha! On aura tout vu, Mme la Présidente, dans ce gouvernement. On appelle
ça de la transparence.
Enfin, Mme la Présidente, tout ça pour dire qu'on a un
petit projet de loi technique contre lequel on ne peut malheureusement pas
être, étant donné que ça remplace quelque chose qui
existait déjà et pour lequel on était. On ne peut pas
être contre la création comme telle d'un fonds. Le Parti
québécois a été le premier à créer
des fonds dans les différents ministères pour mieux gérer
ou mieux cerner certains services donnés par les ministères. Le
ministre n'a pas inventé les boutons à quatre trous avec
ça. C'est clair.
Donc, on a affaire à un projet de loi strictement technique qui
ne méritait pas que le ministre se lève en Chambre pour venir
nous parler pendant au-delà d'une demi-heure des bienfaits de son
ministère. Mais il a oublié de nous parler, par exemple, et c'est
ce qu'il faut
dénoncer, dans son petit discours d'une demi-heure ou de quelques
minutes de plus qu'il a fait en Chambre, de la véritable raison de la
création de ce fonds qui était de s'enlever la
responsabilité de la tarification des différents outils du
ministère pour la remettre dans un fonds qui va permettre au ministre de
dire: Je n'ai plus de responsabilité là-dessus. C'est pour
ça qu'on a dû venir devant cette Chambre, pour faire un petit
projet de loi qui va nous permettre de couler dans le béton une fois
pour toutes que moi, ministre de l'Énergie et des Ressources du
Québec, je ne suis plus responsable des sommes qui sont
prélevées par mon ministère en termes de services
donnés à des clientèles spécifiques pour des
services qui sont donnés par mon ministère, parce que
l'Assemblée nationale a voté une loi qui crée un fonds qui
donne la responsabilité de ça à un autre que moi.
On se retrouve, en bout de piste, si on suit la logique de ça
à l'extrême, ce qui est bien parti d'ailleurs parce que le
ministre lui-même l'a déjà dit, il y a huit ou neuf de ces
fonds qui sont créés, sans compter le ministre du Loisir, de la
Chasse et de la Pêche qui, lui, joue dans les tarifications des permis de
chasse, des permis de pêche, des permis de port d'armes et tout ça
sans avertir personne. Vous vérifierez, ils ont tout monté depuis
une couple d'années. Bon. Si on regarde ça, on s'en vient vers un
gouvernement qui fait imposer ou qui fait gérer sa taxation par des
organismes ou des fonds à côté, supposément
techniques, qui permettent au ministre des Finances d'arriver en Chambre et de
dire: Vous voyez, on fait moins de déficits et on n'a pas de taxes.
Par contre, il oublie de nous dire que des prélèvements
drôlement importants se font ailleurs dans des modifications
administratives qui font qu'en bout de piste, ça coûte toujours
plus cher chaque fois que tu veux faire quelque chose. Chaque fois que tu as
besoin d'un service du gouvernement, il faut toujours que tu mettes ta main un
peu plus creux dans ta poche. C'est ça la triste réalité.
C'est ça la réalité que sous-tend un projet de loi comme
celui-ci. Mme la Présidente, je sais qu'on aura l'occasion de parler
très rapidement à l'étude article par article des
différents éléments très techniques du projet de
loi, c'est simple, très facile à adopter. Encore là, il
faudra que le ministre soit clair sur ses véritables intentions et qu'il
nous dise où se situe vraiment sa notion de transparence. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente: Merci, M. le député
d'Ungava. Je vais maintenant reconnaître M. le ministre de
l'Énergie et des Ressources pour son droit de réplique.
M. John Ciaccia (réplique)
M. Ciaccia: Merci, Mme la Présidente. Le
député d'Ungava a dit une chose qui est vraie: c'est que depuis
que je suis ministre de l'Énergie et des Ressources, je n'ai pas eu trop
souvent à présenter des projets de loi à
l'Assemblée nationale. Cela est vrai. Je regrette de ne pouvoir
présenter - ce n'est pas dans ma juridiction - un projet de loi contre
l'ignorance. Si j'en avais le pouvoir, cela obligerait le député
d'Ungava à faire ses devoirs, à s'informer de ce qu'on fait
aujourd'hui et à viter de dire les sottises qu'il vient de dire dans son
discours. Le député d'Ungava m'accuse de faire ce projet de loi
pour augmenter les tarifs, pour prélever des tarifs, pour aller chercher
de l'argent au lieu de taxes. Mme la Présidente, le projet de loi ne
change absolument rien en ce qui concerne la tarification. C'est le même
procédé qui existait pendant que le Parti québécois
était là.
Le Parti québécois, quand il était au gouvernement,
avait le fonds renouvelable et il imposait des tarifs. On a le fonds
renouvelable, on impose des tarifs. Quand il dit que j'enlève ma
responsabilité sur la tarification, c'est absolument faux. Le fonds
spécial va être sous la responsabilité du ministre de
l'Énergie et des Ressources. Si les tarifs augmentent parce que les
utilisateurs se servent plus des services, cela sera ma responsabilité.
La seule chose que le fonds fait, c'est qu'il légalise une pratique qui
existe déjà. Ce qui existait dans votre temps jusqu'à
maintenant, qui était discrétionnaire parce que c'était
une mesure administrative, on la légalise. On dit: Voici, il y a un
fonds spécial. On donne un cadre juridique. On n'enlève pas la
responsabilité du ministre, ni la responsabilité envers le
consommateur. Il faut être démagogue et vraiment au "boutte",
comme on dit, pour dire que c'est un moyen déguisé de taxer. Les
montants du fonds qui seront prélevés, ne seront pas les
différents montants perçus d'auparavant. Est-ce que le
député d'Ungava sait - peut-être qu'il ne le sait pas, il
serait peut-être bon qu'il reste en Chambre, il serait informé et,
la prochaine fois, il ferait un discours un peu plus éclairé -
que le montant de ce fonds, les revenus du fonds sont de 1 900 000 $ par
année? Pensez-vous qu'en prélevant - et on ne
prélève pas tout ce montant de 1 900 000 $ - ces 1 900 000 $,
cela va faire une différence dans le niveau de taxes des
Québécois sur un budget de 30 000 000 000 $? Êtes-vous
sérieux? Il me semble qu'il faut au moins être sérieux
quand on se lève à l'Assemblée nationale et qu'on parle.
Il faudrait au moins avoir les chiffres. Si on avait taxé et
retiré de ces tarifs 300 000 000 $ à 400 000 000 $... Comme la
taxe ascenceur du Parti québécois, ce n'était pas la
même chose, cela a affecté les taxes, les impôts!
Des voix: Bravo! (16 h 50)
La Vice-Présidente: À l'ordre, s'il vous
plaît! À l'ordre! Nous sommes maintenant à l'intervention
du ministre de l'Énergie et des
Ressources, je voudrais bien l'entendre. M. le
ministre.
M. Ciaccia: Merci. La taxe ascenceur a affecté les
impôts. Savez-vous ce qui a affecté encore les impôts? Quand
le Parti québécois a baissé la taxe ascenceur, qu'il a
enlevé les 400 000 000 $ de taxes, les pétrolières ont
tout absorbé. Est-ce qu'il y a eu un projet de loi du Parti
québécois pour aller récupérer cet argent? Il n'y
en a pas eu. Non seulement il n'y a pas eu de projet de loi, mais aucune mesure
administrative n'a été prise. Et on me reproche de ne pas
présenter de projets de loi! Je n'ai pas eu besoin de projets de loi
pour aller dire aux pétrolières: Ce n'est pas de cette
façon que cela va se passer. On va faire un décret, on va
réduire les prix, geler les prix pour 90 jours et on va protéger
le consommateur. Cela, c'est de l'action en faveur du consommateur. Ce
n'était pas de la démagogie, c'étaient des
réalisations concrètes et non pas les sottises qu'on vient
d'entendre de l'autre bord, cet après-midi. Comprenez-vous? Bien oui, il
faut appeler les choses par leur nom.
Alors, quand on veut donner une description d'un projet de loi et de ses
effets sur la population, on doit au moins s'informer de ce dont il s'agit, de
la pratique courante, des frais chargés au consommateur, à
l'utilisateur depuis le début - c'était la même chose sous
l'ancien gouvernement que présentement - pour vraiment être en
mesure de faire une critique valable.
Mme la Présidente, le député d'Ungava dit que notre
gouvernement ne présente pas assez de projets de loi. Bien oui, on n'en
présente pas beaucoup, parce que ce n'est pas nécessairement par
des projets de loi qu'on va régler les problèmes. Voulez-vous que
je vous donne une petite leçon de gouvernement et de réalisations
concrètes? Ce n'est pas par un projet de loi qu'on a fait le projet de
Port-Cartier. On a donné des emplois et des investissements de 110 000
000 $ à une ville qui en avait besoin; cela n'a pas pris un projet de
loi. Ce n'est pas par un projet de loi qu'on a fait Tembec, un investissement
de 265 000 000 $ en Abitibi. Cela n'a pas pris un projet de loi, non plus, pour
faire Matane, 300 000 000 $ dans une région où le taux de
chômage est de 23 %. Ce n'est pas par un projet de loi qu'on a fait l'est
de Montréal, la renaissance de la pétrochimie dans l'est de
Montréal, des investissements de 400 000 000 $ et 350 nouveaux emplois
créés.
Il faut que le projet de loi réponde à un besoin.
Naturellement, quand il y a un eu problème avec la loi des trois
chaînes, un problème qui existait depuis 1888, oui, là j'ai
présenté un projet de loi et on l'a abolie. Mais la façon
de gouverner et de répondre aux attentes de la population, ce n'est pas
nécessairement en disant qu'on va adopter un projet de loi. Il y a
beaucoup de choses que nous devons faire et que nous pouvons faire par nos
politiques. Ce n'est pas par un projet de loi qu'on a protégé le
consommateur dans la question du prix de l'essence.
Mme la Présidente, le but du projet de loi d'aujourd'hui, ce
n'est pas de changer la responsabilité du ministre, ce n'est pas de
changer les services qui vont être donnés à la population,
c'est de nous assurer que nous avons un cadre juridique, une assise
légale pour ce fonds. Cela n'enlève pas la responsabilité
du ministère, cela ne veut pas dire qu'on va augmenter les tarifs, cela
ne veut pas dire qu'ils seront réduits non plus. On va continuer les
mêmes pratiques. Je l'ai dit dans mon discours, quand j'ai
présenté le projet de loi: en ce qui concerne l'utilisateur, cela
ne changera rien, il va recevoir le même bon service, les 500 000
documents qui sont transmis par le ministère à tous les
utilisateurs, cela va continuer. Les 100 000 demandes peuvent continuer et
elles peuvent s'accroître. Le budget de 1 900 000 $ par année,
cela va continuer; il peut y avoir plus ou moins de petits changements, selon
les besoins des consommateurs, mais le but du projet de loi, c'est de nous
assurer que ce sera sous le contrôle de l'Assemblée nationale, ce
qui, déjà, pour un député qui est bien
informé, devrait représenter une mesure louable, une mesure qui
devrait être prise, qui va protéger l'information que le
député peut obtenir et qui va protéger le contrôle
de l'Assemblée nationale sur ces fonds, sur les montants qui sont
déboursés, sans enlever la responsabilité du ministre et
qui vont nous assurer d'une gestion saine, d'une administration de ce fonds qui
va se faire dans les règles de la protection du consommateur, de
l'utilisateur et dans toutes les règles d'une saine gestion
financière. C'est le seul but du projet de loi, M. le Président.
Savez-vous la meilleure preuve que même le député d'Ungava
ne croyait pas à ce qu'il disait? Il va voter pour le projet de loi.
Merci.
Une voix: Bravo!
Le Vice-Président: Le débat étant
terminé à cette étape de l'étude du projet de loi
55, la motion d'adoption du principe du projet de loi 55, Loi modifiant la Loi
sur le ministère de l'Énergie et des Ressources,
présenté par le ministre de l'Énergie et des Ressources,
est-elle adoptée?
Une voix: Unanimement.
Le Vice-Président: Adopté. M. le leader du
gouvernement.
M. Gratton: Oui. M. le Président, je voudrais faire motion
pour déférer ce projet de loi à la commission
plénière pour étude détaillée et faire
motion en même temps pour que l'Assemblée se transforme en
commission plénière et procède immédiatement
à l'étude détaillée du projet de loi 55.
Le Vice-Président: Cette motion pour
déférer le projet de loi en commission
plénière et transformer cette Assemblée en commission
plénière est-elle adoptée? Adopté. En
conséquence, l'Assemblée se transforme maintenant en commission
plénière pour l'étude détaillée de ce projet
de loi 55. (17 heures)
Commission plénière
M. Saintonge (président de la commission
plénière): À l'ordre, s'il vous plaît!
La commission plénière de l'Assemblée nationale se
réunit pour procéder à l'étude
détaillée du projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur le
ministère de l'Énergie et des Ressources.
Pour débuter, je vais céder la parole à M. le
ministre pour des remarques préliminaires, s'il en a.
M. Ciaccia: Je n'en ai pas, M. le Président. Je suis
prêt à procéder à l'étude article par
article.
Le Président (M. Saintonge): D'accord. Est-ce qu'il y a
des remarques préliminaires du côté de l'Opposition, M. le
député d'Ungava?
M. Claveau: Je crois qu'on vient de les faire, M. le
Président.
Étude détaillée
Le Président (M. Saintonge): très bien. Nous
allons, par conséquent, procéder à l'étude article
par article. J'appelle l'article 1. M. le ministre.
M. Ciaccia: M. le Président, cet article ajoute aux
fonctions et aux pouvoirs du ministre de l'Énergie et des Ressources
énumérés à l'article 12 de la loi, le pouvoir de
fournir des services spécialisés et de diffuser l'information
dans les domaines qu'il mentionne, contre rémunération.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava, est-ce que vous avez des questions ou des remarques à faire
concernant l'article 1?
M. Claveau: Oui, on va sûrement...
M. Ciaccia: Autrement dit, à l'article 12, on
décrit les services et l'information qui peuvent être founis par
le ministre, et on ajoute d'autres services additionnels qu'on peut
fournir.
M. Claveau: Au point 8° de l'article 12, on peut lire:
"l'établissement et la gérance de la cartographie et des
réseaux géodésiques officiels du Québec et
l'intégration des arpentages et de la cartographie effectués par
le gouvernement du Québec." C'est à la suite de cela que vous
établissez la possibilité de facturer les services
finalement.
M. Ciaccia: Oui, c'est cela. Mais cette possibilité de
facturer existait avant. Ce n'est pas un pouvoir nouveau. On facture
déjà, on a toujours facturé, on continue le même
pouvoir de facturer. Il n'est pas dans notre intention d'ajouter à cette
facture, mais seulement d'assurer la même gestion du fonds qui existait
dans le passé. On va continuer cette même gestion, mais on lui
donne une assise juridique et on la rend plus précise dans sa
formulation.
M. Claveau: Mais le fonds renouvelable pour le service de la
cartographie à quel endroit prend-il son assise juridique ou sa raison
d'être?
M. Ciaccia: II existe déjà. M. Claveau:
Oui.
M. Ciaccia: II faut aller devant le Conseil du trésor
demander des montants, les critères selon lesquels le fonds sera
déboursé. Il existe déjà dans la Loi sur le
ministère de l'Énergie et des Ressources. C'est pourquoi ce
projet de loi modifie la Loi sur le ministère de l'Énergie et des
Ressources en y ajoutant les aspects de la création du fonds
spécial. Mais c'est une extension d'un fonds renouvelable. C'est la loi
des crédits. Quand on étudie les crédits tous les ans,
tous les éléments de ce fonds se trouvent dans cette loi et doit
répondre pour cela.
M. Claveau: Vous dites que le fonds renouvelable existe
déjà dans la Loi sur le ministère de l'Énergie et
des Ressources.
M. Ciaccia: Non. Il existe dans la loi des crédits. Il y a
une Loi sur les crédits...
M. Claveau: D'accord.
M. Ciaccia: Cette loi nous donne le pouvoir de créer des
fonds renouvelables, et on en a déjà créé un. Vous
l'avez créé. Il a été créé il y a
plusieurs années pour fournir ces services. Le fonds actuel est
créé dans la loi des crédits. On crée le fonds
spécial dans la loi du ministère.
M. Claveau: Est-ce...
M. Ciaccia: On peut dire effectivement que le ministère
assume une responsabilité additionnelle, parce que là, c'est
même dans la loi du ministère, tel que le ministère, pour
avoir ses pouvoirs. Ce n'est pas seulement dans la loi des crédits qui
couvre l'ensemble des ministères. Alors c'est une responsabilité
additionnelle qui incombe au ministre de fournir ces services. On les met dans
la loi. On ne peut pas s'en dégager. Mais en ce qui concerne la
façon dont il va être géré, on continue les
mêmes pratiques du fonds renouvelable.
M. Claveau: C'est-à-dire que le projet de loi 55, à
ce moment-là, modifie la loi des crédits aussi?
M. Ciaccia: Non. Il ne modifie pas la loi des crédits. La
loi des crédits permet toujours la création de fonds
renouvelables...
M. Claveau: D'accord.
M. Ciaccia:... dans quelque ministère que ce soit. Ce
n'est pas limité au ministère de l'Énergie et des
Ressources. La loi des crédits...
M. Claveau: il n'y a pas d'article spécifique qui permet
de créer le fonds sur le service du cadastre?
M. Ciaccia: Exactement. Cela veut dire... M. Claveau: De
la cartographie, pardon.
M. Ciaccia: Cela veut dire qu'il y a une contrainte
additionnelle, si on peut dire. Une autre façon d'interpréter
ça, c'est de dire: Voici, I y a un fonds dans la loi des crédits,
mais cela s'applique à tous les ministères. Le ministère
assume cette responsabilité additionnelle de créer ce fonds et de
lui donner un cadre juridique.
M. Claveau: Là où je voudrais qu'on s'entende bien,
c'est sur la pertinence ou la nécessité de créer le
nouveau fonds. Vous dites qu'à l'intérieur de la loi des
crédits, il y a un article large qui permet de créer...
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau:... à peu près tout genre de fonds
semblable...
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau:... un petit peu partout dans les différents
ministères du gouvernement.
M. Ciaccia: C'est discrétionnaire.
M. Claveau: Si cette responsabilité légale existe
déjà quelque part dans la loi, d'où vient la
nécessité de l'introduire maintenant secteur par secteur ou
ministère par ministère? Parce que, comme vous l'avez dit
vous-même tout à l'heure dans votre discours, ce n'est pas le
premier fonds là-dessus. J'ai ici le débat qui s'est fait le 9
juin dernier sur un fonds semblable au ministère des Communications. Il
y a différents ministères qui créent des fonds semblables.
Mais quelle est la raison précise de ça? Pourquoi, tout à
coup, du jour au lendemain, la Loi sur les crédits n'est-elle plus
suffisante pour faire ça? Pourquoi chaque ministère doit-il
maintenant créer son propre fonds et, à mon avis en tout cas,
risquer d'alourdir la machine administrative?
M. Ciaccia: Je vais vous donner la raison clé pour la
création de ce fonds. Il y a des raisons administratives. Il y a des
raisons pour mieux contrôler, pour avoir une meilleure
comptabilité. Mais la vraie raison, c'est parce que, selon plusieurs
avis, la légalité des fonds renouvelables présentement en
usage au gouvernement apparaît contestable.
M. Claveau: Contestable par qui?
M. Ciaccia: Alors si c'est... Peut-être qu'on ne peut pas
les créer. Peut-être qu'on ne peut pas les utiliser.
Peut-être qu'on ne peut pas les avoir. C'est contestable. Il y a des avis
juridiques qui nous confirment cette opinion. Alors plutôt que de laisser
le fonds renouvelable dans des limbes juridiques et dire: C'est contestable.
Est-ce qu'on agit d'une façon légale? Est-ce que quelqu'un qui,
demain, pour ses propres raisons veut contester la légalité de ce
fonds... Là on dit: Non. On va s'assurer que les fonds vont être
mis sur une assise juridique valable, claire et précise, et qu'ils ne
seront pas contestables. C'est ça la vraie raison.
M. Claveau: Vous nous dites qu'il existe des avis juridiques qui
peuvent démontrer que les fonds actuels pourraient être
contestables?
M. Ciaccia: Selon plusieurs avis, la légalité des
fonds apparaît contestable. Vous savez, un avis juridique, je vais...
M. Claveau: Est-ce que... Oui, oui...
M. Ciaccia: Vous savez comme moi qu'il va y avoir un avis
juridique... Si quelque chose est complètement clair, c'est difficile
d'avoir un avis juridique qui va dire que ce ne l'est pas. Mais dans le cas
ici, on a des avis qui disent que la légalité parait
contestable.
M. Claveau: Non, mais est-ce que...
M. Ciaccia: Alors on dit: Pourquoi prendre ces risques?
Légalisons-le. (17 h 10)
M. Claveau: Maintenant, vous nous demandez de nous prononcer ou
d'étudier des projets de loi censés être basés sur
des avis juridiques qui vous obligent à changer le fonctionnement
déjà existant. Pourquoi ne les déposez-vous pas? Je vous
demande de les déposer. Si, effectivement, il y a eu un avis juridique
qui nous amène à discuter d'un projet de loi aujourd'hui,
j'aimerais bien pouvoir le consulter. J'aimerais bien savoir ce qu'est la base
réelle de ces changements.
M. Ciaccia: Écoutez, je ne les ai pas avec moi. Je n'ai
pas avec moi les avis juridiques.
C'est clair qu'ils existent. C'est une démarche qui nous a
été conseillée par le Conseil du trésor. Je ne me
suis pas levé, tout à coup, un matin, en disant: Ça me
tente de faire de la législation. Moi, je n'aime pas ça faire de
la législation. Vous pouvez critiquer tant que vous voulez le fait que
je n'en dépose pas, je n'aime pas ça. Je préfère
agir dans les faits, dans des dossiers spécifiques. J'utilise la
législation comme un dernier recours. Il y a toutes sortes de choses
qu'on peut faire sans changer les lois pour le plaisir de les changer. On m'a
informé qu'il y avait là un problème juridique et on me
l'a suggéré. Le Conseil du trésor a dit: Modifiez la loi,
créez le fonds spécial et, de cette façon, il n'y aura pas
de contestation. C'est ça que nous faisons.
M. Claveau: J'en conviens...
M. Ciaccia: Quand j'ai présenté le projet de loi,
si vous vous rappelez, j'ai dit: En ce qui concerne l'usager, ça ne
changera rien; il aura les mêmes services. C'est pour donner une assise
légale et ne pas avoir de contestation. C'est ça que je fais.
M. Claveau: J'en conviens. Le fonctionnement de votre
ministère, c'est votre affaire. On aura à en discuter en temps et
lieu. Là, on ne discute pas de ça. On discute du projet de loi
55, article par article. Vous venez de nous dire que ce qui motive une telle
procédure de création d'un fonds semblable, ce sont des avis
juridiques qui permettent de croire que le fonds existant en fonction de la Loi
sur les crédits pourrait être contestable. Je vous demande le
dépôt de l'avis juridique ou des nombreux avis juridiques. Ce
n'est pas moi qui ai parlé des avis juridiques, c'est vous.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Je veux savoir sur quel avis juridique ce projet
prend souche. Si vous ne pouvez pas nous fournir les avis juridiques
immédiatement, il vous sera toujours possible de les déposer
avant la prochaine étape de l'étude du projet de loi.
Le Président (M. Saintonge): M. le ministre, simplement
pour les besoins de la cause. Je comprends que vous êtes rendu au fonds
spécial, la nouvelle section III de la loi. En étudiant l'article
1, nous sommes passés automatiquement à l'article 2, si j'ai bien
suivi votre discussion et vos questions. Je n'ai pas d'objection à ce
que vous discutiez du fonds spécial, mais on pourrait peut-être
régler l'article 1 immédiatement, adopter l'article 1, s'il y a
lieu, et la discussion sur le fonds spécial se fera à
l'étude de l'article 2. Est-ce que ça vous convient?
M. Claveau: Si vous le prenez comme ça, M. le
Président, on va s'y ajuster.
Le Président (M. Saintonge): À l'article 1, la
discussion était commencée sur certaines fonctions et pouvoirs
supplémentaires accordés en vertu de l'article 12 de la loi. On a
débordé sur le fonds spécial pour avoir un peu plus de
suivi. Si le problème concernant les modifications apportées par
l'article 1 est réglé, je suggérerais qu'on adopte
l'article 1 et, pour les discussions sur le fonds spécial
créé par l'article 2, on y reviendra à l'article 2.
D'accord?
M. Ciaccia: M. le Président, je peux suggérer, au
député d'Ungava qu'à la suite de sa demande, je vais
m'informer. On peut continuer l'étude article par article et avant la
fin, avant l'adoption, je donnerai une réponse à votre question.
D'accord?
M. Claveau: Cela va, M. le ministre. M. Ciaccia:
D'accord.
M. Claveau: D'accord. La question reste en suspens.
Le Président (M. Saintonge): D'accord. Est-ce que
l'article 1 est adopté?
M. Claveau: Attendez un peu. A l'article 1, on a...
Le Président (M. Saintonge): Vous avez des questions.
M. Claveau: On parle de la prestation des services. Est-ce qu'ici
on a une enumeration complète des services qui seront donnés par
le nouveau fonds?
M. Ciaccia: Généralement oui.
M. Claveau: Cela veut dire tout ce qui s'appelle prises de vues
aériennes, cartographie, géodésie,
télédétection, arpentage et cadastre.
M. Ciaccia: Oui. Cela couvre l'ensemble des services
donnés par le ministère.
M, Claveau: D'accord. Quand vous dites "à titre
onéreux", cela signifie qu'il y a une tarification.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Cela signifie qu'il y a quelqu'un qui établit
la tarification. Qui va établir la tarification?
M. Ciaccia: Le ministère. Cela veut dire que la
responsabilité du ministre demeure. Jusqu'à présent, c'est
le ministère, c'est le ministre qui est responsable de la tarification.
Avec la
nouvelle loi, ça va continuer de la même façon.
M. Claveau: Là, on s'entend, si vous dites que c'est le
ministère, oui. Mais, j'aimerais bien qu'on s'entende là-dessus.
Il y a un fonds qui a une mission et qui est supposé tendre vers
l'autogestion. D'accord?
M. Ciaccia: Ce n'est pas écrit dans la loi. Ce n'est pas
écrit que le fonds doit être autosuffisant. Peut-être, ceci
peut-il vous aider? Je n'écris pas dans la loi qu'il faut que tout soit
autofinancé. Autrement dit, je ne pourrai pas, demain, comme vous l'avez
prétendu dans votre exposé sur le projet de loi, me laver les
mains comme Ponce Pilate et dire: Bon, le projet de loi a été
adopté à l'Assemblée nationale et je suis obligé
d'exiger des tarifs de X dollars, ce n'est pas moi, c'est la loi qui le dit. Ce
n'est pas ça du tout. La loi ne l'exige pas. Le fonds pourrait ne pas
être autosuffisant. Ce sera la responsabilité du ministre de
déterminer si le tarif sera plus ou moins élevé. Selon la
loi, il peut y avoir légalement un déficit à la fin de
l'année et, à ce moment-là, il va falloir que je retourne
au Conseil du trésor et que je lui dise: Écoutez, il y a un
déficit. Il se peut que les tarifs soient ajustés pour ne plus
qu'il y en ait, mais ce n'est pas une obligation légale.
M. Claveau: M. le ministre, vous avez dit vous-même tout
à l'heure, dans votre discours, que ce sont les utilisateurs des
services qui devaient payer pour ces services.
M. Ciaccia: C'est notre objectif et c'est de cette façon
qu'on va gérer ça, mais je ne l'oblige pas dans la loi.
M. Claveau: Cela veut dire que les services ne doivent pas
être facturés à un coût moindre que ce qu'ils
coûtent. S'ils sont facturés au prix coûtant, il y aura donc
autosuffisance au chapitre des revenus et des dépenses de fonctionnement
du fonds. Il ne faut quand même pas jouer avec les mots. Quand on dit aux
gens: Vous allez payer ce que ça coûte pour les services que le
ministère vous donne maintenant, et qu'on donne à un fonds la
possibilité ou le devoir de gérer ça, on dit au fonds: Tu
vas t'organiser pour que ce qu'il en coûte pour dispenser ces services
soit effectivement facturé.
M. Ciaccia: Non.
Le Président (M. Saintonge): M. le ministre.
M. Ciaccia: Si on regarde à la section II l'article, cela
peut clarifier le problème que vous venez de soulever.
M. Claveau: Quel article, dites-vous?
M. Ciaccia: L'article 17. 2, section II. On dit: "Ce fonds est
constitué des sommes suivantes, à l'exception des
intérêts qu'elles produisent. " Les intérêts vont au
fonds consolidé. Alors, le fonds est constitué par: "1° les
sommes perçues pour les biens et services qu'il a servi à
financer; " - la première étape, c'est l'utilisateur qui paie -
"2" les avances versées par le ministre des Finances en vertu du premier
alinéa de l'article 17. 10; ". Cela veut dire qu'on n'exclut pas que
dans le fonds il y ait non seulement les montants perçus des
utilisateurs, mais qu'il pourra aussi y avoir, à l'article 17. 3 "3°
les sommes versées par le ministre sur les crédits alloués
à cette fin par le Parlement. " Il peut y avoir d'autres montants. Le
ministre des Finances peut donner de l'argent; moi, je peux aller chercher des
crédits que j'obtiendrais avec le consentement de l'Assemblée
nationale pour mettre dans le fonds.
Ceci pour vous dire que, même si notre objectif est de dire aux
utilisateurs: Écoutez, vous allez payer, il se peut que certains
services soient pour le bénéfice de l'ensemble du Québec
et qu'il y ait des coûts additionnels que l'utilisateur lui-même
ne. pourra pas payer. À ce moment-là, on va juger si, pour ces
services-là, des crédits additionnels seront accordés par
le gouvernement pour injecter dans le fonds.
Il n'est pas exact et il n'est pas correct de dire que tous les
utilisateurs doivent payer et, si cela augmente, qu'ils vont payer plus cher.
Ce n'est pas ça. L'objectif est de les faire payer, mais il peut y avoir
des exceptions. D'autres sommes peuvent venir alimenter le fonds, non seulement
celles perçues des utilisateurs. ( 17 h 20)
M. Claveau: On pourra en discuter tout à l'heure à
l'étude de l'article 17. 3. Mais, pour aller dans votre logique, il
semble y avoir un vice de fond dans le projet de loi, dans la mesure où
on n'identifie pas les pourcentages des obligations spécifiques, soit du
ministre, soit du ministère. Par exemple, à l'article 17. 10, on
dit: "Le ministre des Finances peut avancer au fonds... " C'est toujours sur
une base hypothétique. Il reste qu'à ce moment-là, on va
tendre vers ce que vous avez vous-même annoncé dans votre discours
tout à l'heure, vers la rentabilisation maximisée, la
rentabilisation du fonds. Cela veut dire qu'on va aller de plus en plus
à une vitesse de croisière qui sera plus ou moins évidente
selon certains contextes, mais on va aller vers le coût intégral
chargé à l'utilisateur C'est le premier point.
M. Ciaccia: Pas nécessairement. Je vais vous donner un
exemple. Aujourd'hui, il y a des cartes qui se vendent 4 $ par le
ministère. S'il fallait aller au coût réel, ces cartes se
vendraient de 40 $ à 50 $. On ne peut pas les vendre 40 $ à 50 $.
C'est un service qu'on donne pour le bénéfice de toute la
population.
Il faut équilibrer ce que j'ai dit, soit que l'utilisateur doit
payer, avec d'autres critères
selon lesquels, si quelque chose peut être bien pour l'ensemble du
Québec, l'ensemble d'autres groupes ou de la population en
général, ça ne veut pas nécessairement dire qu'on
va aller au coût de production. Je n'ai pas dit dans mon discours qu'on
va aller au coût de production. On va essayer autant que possible qu'il y
ait de l'autofinancement.
M. Claveau: D'accord. Je pense qu'il faut s'entendre. Si vous
dites que vous êtes allé au coût de production...
M. Ciaccia: Ce n'est pas ce que je dis.
M. Claveau: ...si, par exemple, vous dites qu'on produit 10 000
exemplaires d'une carte spécifique, là-dessus, il y en a 2000 qui
vont être vendus et 8000 qu'on va utiliser pour les services internes du
ministères, j'espère bien qu'on ne fera pas payer la facture des
10 000 cartes aux 2000 qui vont en acheter. Il y a ça.
Par exemple, vous ne me ferez pas dire le contraire, que, lorsque vous
allez prendre votre facture totale pour la production de vos 10 000 cartes,
vous allez diviser et le coût unitaire, ça devient tant de la
carte. À ce moment-là, les 2000 qu'on va vendre, ce sera au prix
coûtant.
M. Ciaccia: Pas nécessairement. Je viens de vous dire pas
nécessairement.
M. Claveau: Vous m'avez dit qu'on ne fera pas payer la facture
totale.
M. Ciaccia: Non, non, non.
M. Claveau: C'est certain que, si on fait payer en plus au
consommateur...
M. Ciaccia: Excusez. On ne fera pas...
M. Claveau:...la partie qui va être utilisée parle
ministère...
M. Ciaccia: Non. On ne fera pas payer nécessairement le
coût de production au consommateur.
M. Claveau: Unitaire.
M. Ciaccia: Unitaire. Pas nécessairement. Le coût de
production unitaire pourrait être beaucoup plus élevé. Mais
si c'est un service public, c'est un service que le contribuable a le droit
d'avoir. Alors, on va lui charger, comme on le fait dans ce cas-ci, 4 $ au lieu
de 40 $.
M. Claveau: Qui va déterminer, par exemple, quand une
carte géodésique va être un service public ou un service
privé?
M. Ciaccia: Le ministère. Comme on le fait actuellement,
comme ça a toujours été fait.
M. Claveau: Cela veut dire que les tarifs ne sont pas
nécessairement les mêmes non plus selon que c'est utilisé
par un individu, une entreprise ou à des fins lucratives ou non
lucratives. Est-ce que ça veut dire qu'il peut aussi y avoir des
variations de tarifs pour un même produit?
M. Ciaccia: Oui. Ce qu'on essaie de faire, c'est de
récupérer uniquement les coûts de distribution, pas les
coûts de production. Il y a une différence.
M. Claveau: Ah! Mais c'est la première fois que vous
parlez de ça.
M. Ciaccia: Bien, c'est la première fois que vous me le
demandez. Je n'ai pas dit qu'ils payaient les coûts de production. Je
n'ai pas dit ça dans mon discours.
M. Claveau: Vous avez dit dans votre discours que l'utilisateur
devait payer pour son produit.
M. Ciaccia: Certainement.
M. Claveau: Vous n'avez pas dit qu'il devait payer pour la
distribution du produit.
M. Ciaccia: Bien, il va payer pour les coûts de
distribution. C'est ça la pratique courante. C'est pour essayer de
décourager un abus. Si on les donne complètement pour rien, les
gens vont demander 100 copies, 500 copies. On charge le coût de
distribution. Là, les gens vont demander ce dont ils ont besoin. C'est
ça qu'on fait et c'est ça qui va continuer à être
fait.
M. Claveau: On convient de ça. On n'a rien à dire
là-dessus. Sauf que ce qui est intrigant au départ, c'est que si
on doit changer la loi actuelle pour la ramener au ministère et
introduire un certain nombre de services complémentaires à ce qui
se fait déjà actuellement et qu'on nous parle d'une tarification
dans laquelle l'utilisateur devra payer pour son produit...
M. Ciaccia: Mais on ne dit pas ça dans la loi. La loi ne
dit pas ça.
M. Claveau: La loi ne dit pas ça, mais c'est ce que vous
avez dit dans votre discours.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Vous n'avez jamais dit dans votre discours que
l'utilisateur paierait pour les coûts de distribution du produit.
Vous avez dit que celui qui utilise un produit devra payer peur.
M. Ciaccia: J'ai dit qu'il doit payer pour les services de
diffusion d'information. Bon, d'ac-
cord, on va clarifier ce que veulent dire les coûts auxquels je
voulais me référer?
M. Claveau: D'accord. Allez-y.
M. Ciaccia: Ce sont les coûts de distribution.
Êtes-vous content? êtes-vous satisfait? Cela ne change rien
à la loi et aux pratiques du ministère. Cela ne changera rien
à ce qui va se produire dans l'avenir.
M. Claveau: Là vous me dites...
M. Ciaccia: On ne fera pas un débat pour rien. Sur quelque
chose...
M. Claveau: Ce qui va être facturé, ce seront les
coûts de distribution.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Vous me dites ça?
M. Ciaccia: Je vous dis ça.
M. Claveau: Quand on se retrouvera aux prochains engagements
financiers ou aux prochains crédits et quand on aura à discuter
des coûts de fonctionnement et des revenus du fonds, on pourra s'entendre
pour vérifier si ce sont les coûts de distribution uniquement qui
auront été facturés.
M. Ciaccia: Un instant, là. Si vous mettez cela de cette
façon, cela ne veut pas dire qu'ad vitam aeternam cela va
nécessairement toujours être les coûts de distribution.
Présentement, c'est ça. C'est la pratique et je n'ai pas
l'intention de changer cette pratique.
M. Claveau: Avez-vous actuellement une liste statutaire des
coûts, le tarif pour les différents services, pour les
différents produits qui sont offerts par le ministère?
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Pouvez-vous nous déposer cette liste
aussi?
M. Ciaccia: Assurément.
M. Claveau: M. le ministre...
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava.
M. Claveau:... je relis le début du paragraphe 8. 1°
de l'article 1. Vous venez de nous dire que ce qui va coûter et ce qui va
être facturé ce sont les coûts de distribution des produits.
J'espère que cela ne s'applique pas quand vous parlez de services
spécialisés de prise de vues aériennes. "La prestation,
sur demande et à titre onéreux, de services
spécialisés de prise de vues aériennes", cela veut-il dire
que si le ministère fait des prises de vues aériennes pour une
commande spécifique d'un client, ce sont juste les frais de distribution
de ça qui vont être facturés?
M. Ciaccia: C'est la photo.
M. Claveau: Ah, vous pariez des photos que vous avez
déjà en stock, que vous avez déjà en
inventaire.
M. Ciaccia: Oui. Prise de vues aériennes, c'est la
distribution de la photo. J'ai ici la liste des tarifs.
Le Président (M. Saintonge): Est-ce qu'on peut accepter un
dépôt? Il y a consentement. J'accepte qu'on dépose la
liste. Je vais la présenter au député d'Ungava. Vous me la
remettrez pour qu'on puisse la garder avec les documents de la commission. On
vous en fera une copie après l'ajournement de nos travaux.
M. Claveau: Au premier paragraphe, à l'article 8. 1°,
quand vous dites: "la prestation, sur demande et à titre onéreux,
de services spécialisés de prise de vues aériennes...
M. Ciaccia: Écoutez, je ne veux pas limiter cela à
des coûts de distribution. On peut facturer pour des services
spécialisés aussi parce que, s'il faut donner un service
spécialisé à un client et qu'il faut encourir pour cela
des dépenses, il se peut que le client paie pour. Je ne vois pas. Je
pense que c'est tout à fait normal.
Le Président (M. Saintonge): Un instant. M. le
député d'Ungava.
M. Claveau: Un exemple.
Le Président (M. Saintonge): M. le ministre.
M. Ciaccia: Un ministère peut nous demander d'aller
prendre une photo aérienne d'un certain endroit. On va facturer à
ce ministère le coût que ça coûte pour faire
ça. Comme ministère, nous, nous n'absorberons pas le coût
de ce service qui est demandé par un autre ministère. Alors,
celui-ci va payer le service entier, le coût en entier. Pas seulement le
coût de distribution, mais le coût du... Oui.
M. Claveau: Le total. Donc, l'opération va
s'autofinancer.
M. Ciaccia: Cette opération spéciale, une demande
spéciale, oui. Je ne suis pas pour absorber ce dont le ministère
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation ou le
ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche ou
un autre a besoin spécialement. C'est un service que le
ministère rend.
M. Claveau: Est-ce que les mêmes services peuvent aussi
s'adresser à l'entreprise ou à certains individus, je ne sais
pas, à une pour-voirie par exemple...
M. Ciaccia: Oui, absolument.
M. Claveau: ...qui voudrait avoir une photo aérienne de
son territoire?
M. Ciaccia: Bien oui, on peut aller à l'entreprise
privée, par exemple, si on trouve que nous demandons trop cher. Si un
ministère trouve qu'on demande trop cher, qu'il aille chercher le
service ailleurs.
M. Claveau: On va voir ce que ça va donner.
Le Président (M. Saintonge): Pour l'article 1, est-ce que
ça va?
M. Ciaccia: Par exemple...
Le Président (M. Saintonge): Oui, M. le ministre.
M. Ciaccia: ...si le ministre du Tourisme a besoin d'une carte de
l'Outaouais et qu'il faut prendre une carte spécifique de l'Outaouais,
on va facturer cela au ministre du Tourisme et il va être bien content de
le payer parce que c'est un service spécial qu'il nous aura
demandé. Bon. (17 h 30)
Le Président (M. Saintonge): II n'y a pas d'autres
questions sur l'article 1?
M. Claveau: On interrogera le ministre du Tourisme en temps et
lieu sur ce genre de service. Son tour viendra.
Le Président (M. Saintonge): Très bien. L'article 1
est-il adopté?
M. Claveau: Adopté. M. Ciaccia: Adopté.
Fonds spécial
Le Président (M. Saintonge): L'article 1 est
adopté. Nous allons maintenant passer à l'article 2. L'article 2
dit que la loi - on parle évidemment de la Loi sur le ministère
de l'Énergie et des Ressources - "est modifiée par l'insertion,
après l'article 17.1, de la section suivante: Section II.I". Et il y a
divers articles - 17.2 à 17.12 - d'ajoutés à la loi.
Je vais donc appeler ces nouveaux articles, un à un, pour en
discuter. En conséquence, j'appelle, à l'article 2, l'article
17.2 de la Loi sur le ministère de l'Énergie et des Ressources.
M. le ministre.
M. Ciaccia: L'article 17.2, M. le Président, crée
un fonds... C'est l'article qui crée un fonds spécial afin de
donner une assise légale au fonds renouvelable du Centre d'information
géographique et foncière du ministère de l'Énergie
et des Ressources. C'est ce que l'article 17.2 fait. Là, on ne pourra
pas contester à savoir si le fonds est légal. Oui, il est
légal; l'article 17.2 le crée.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava.
M. Claveau: Ce n'est pas cela que je vous demandais tout à
l'heure. En tout cas... Est-ce qu'on va revenir sur la question que je vous
posais tout à l'heure quant aux avis légaux?
M. Ciaccia: Oui, sur les opinions juridiques... À la
fin... J'ai demandé certaines informations et je pourrai vous
répondre à la fin de l'étude du projet de loi.
M. Claveau: Cela va. L'article 17.2, adopté.
Le Président (M. Saintonge): Donc, l'article 17.2 est
adopté. L'article 17.3. M. le ministre.
M. Ciaccia: Cette disposition indique la provenance des sommes
versées au Fonds d'information géographique et foncière.
Les intérêts produits par ces sommes sont cependant exclus de ce
fonds; c'est de pratique normale. Si vous vous souvenez des explications que
j'ai données, ce ne sont pas seulement les montants qui seront
perçus de l'utilisateur, mais il pourra y avoir dès sommes
additionnelles, celles versées par le ministre des Finances ou celles
versées par le ministre sur les crédits alloués à
cette fin par le Parlement. Si on a besoin de sommes additionnelles, on va
demander de nouveaux crédits afin d'alimenter le fonds.
M. Claveau: Les sommes versées par le ministre des
Finances, en vertu de quoi dans la Loi sur le ministère des Finances le
sont-elles?
M. Ciaccia: Un instant, je cherche... Bien, le gouvernement peut
autoriser, aux conditions qu'il détermine, le ministre des Finances
à avancer au fonds des sommes prélevées sur le fonds
consolidé du Revenu. Alors, cela permet...
M. Claveau: Cela devra faire l'objet d'une décision...
M. Ciaccia: C'est permissif.
M. Claveau: ...du Conseil des ministres.
M. Ciaccia: Oui. C'est permissif. C'est un
article de la loi qui permet au ministre des Finances de le faire; il
n'y a pas d'obligation, mais si on peut aller au Conseil des ministres pour
obtenir ces montants-là, le ministre des Finances peut...
M. Claveau: Le deuxième alinéa ne se
réfère-t-il pas plus à un fonds de départ, à
une mise de fonds pour se lancer plutôt qu'à un fonctionnement
annuel?
M. Ciaccia: Cela peut être les deux.
M. Claveau: Cela peut être les deux, mais...
M. Ciaccia: Au départ, il va y en avoir un, mais il peut
s'alimenter dans les années à venir. Il peut y avoir des sommes
additionnelles. C'est clair qu'au début, il va y avoir un montant...
M. Claveau: C'est certain que si en cours d'année... Je
vois un peu comment cela peut fonctionner. C'est certain... Je prétends,
en tout cas, que le ministre des Finances, au départ, va mettre de
l'argent là-dedans. Disons que cela coûte 1 800 000 $ ou 1 900 000
$; que le ministre des Finances met 1 000 000 $ pour commencer. En cours
d'année, on fait de l'argent à partir des services qu'on rend. On
établit une tarification durant l'année. Si on se rend compte, en
fin d'année, que cela a coûté plus cher que la
tarification, à ce moment-là, il y a quelqu'un qui devra payer la
différence. C'est encore le ministre des Finances qui va le faire ou ce
sera à partir d'un crédit spécial du ministère,
mais cela veut dire qu'on va rajuster les tarifs l'année suivante pour
rentrer dans notre argent. Cela va être, un petit peu tout le temps, le
chat qui court après sa queue.
M. Ciaccia: Ce n'est pas différent de ce qui existe
maintenant. La situation actuelle est la même.
M. Claveau: Mais vous conviendrez avec moi, à la lecture
du projet de loi et de la façon dont les priorités sont
établies aux différents alinéas de l'article 17.3, que,
fondamentalement, la source de revenus qui devrait faire marcher le fonds,
c'est les services rendus. Comme mesures palliatives dans les cas où on
manquerait d'argent, où on aurait à supporter des inventaires ou
des activités un peu plus spécifiques qui n'étaient pas
prévues, dans un secteur, à ce moment-là, il reste au
ministre à retourner au ministère des Finances et à
fouiller dans le fonds consolidé ou à se faire voter des
crédits supplémentaires.
M. Ciaccia: II n'y a aucune...
M. Claveau: Fondamentalement, si on crée un fonds pour
donner des services au minimum, au prix coûtant, à la population,
c'est le premier alinéa qui est le principal bailleur de fonds,
c'est-à-dire les sommes perçues pour les biens et services qu'il
a servi à financer.
Le Président (M. Saintonge): M. le ministre.
M. Ciaccia: 1, 2 et 3, ce n'est pas dans l'ordre d'importance ou
prioritairement, il n'y a aucune priorité établie par la loi pour
dire: Ce sera, premièrement, les sommes perçues et, après
cela, s'il n'y en a pas assez, cela va être... Ce n'est pas cela qu'on
dit.
M. Claveau: Je ne dis pas cela non plus là.
M. Ciaccia: II y a trois sources de fonds. 1, 2 et 3; elles
auraient pu être inversées. On aurait pu mentionner la
première, la troisième... Il n'y a pas de priorité
là-dedans.
M. Claveau: Au moment d'écrire le projet de loi, vous
aviez sûrement quelque chose en tête. Aviez-vous une idée du
pourcentage, de la répartition des revenus par rapport aux trois
possibilités?
M. Ciaccia: Non, je n'avais pas d'idée du pourcentage
nécessairement, dans ma tête, en écrivant le projet de loi
parce que, dans ma tête, en écrivant le projet de loi, je
continuais la pratique qui existait.
M. Claveau: Vous n'avez pas consulté le président
du Conseil du trésor qui vous aurait dit: M. le ministre, il faut que
cela coûte moins cher.
M. Ciaccia: Sur les montants, cela... Les consultations avec le
président du Conseil du trésor n'avaient rien à voir avec
les montants, c'était sur l'assise légale et sur les opinions,
à savoir que peut-être ce n'était pas tout à fait...
C'était contestable. C'était le seul problème. Il n'a
jamais été question de dire: Tu n'as pas assez d'argent dans le
fonds, il faut que tu demandes plus.
M. Claveau: Mais qu'est-ce que...
M. Ciaccia: Ce n'est pas cela, c'est l'assise légale,
c'est pour cela qu'on le fait de cette façon, mais ce n'est pas
prioritaire. 1 n'est pas avant 2 ou 3. On n'établit pas de
priorité.
M. Claveau: D'accord. Les tarifs que vous venez de déposer
sont-ils fixés par le ministère?
M. Ciaccia: Pardon?
M. Claveau: Sont-ils fixés par le ministère?
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: C'est-à-dire que c'est vous,
comme ministre, qui avez à approuver tous les tarifs qui sont
là.
M. Ciaccia: Théoriquement, oui.
M. Claveau: Et ils sont fixés par chacune des divisions du
ministère, selon ce qu'ils savent du coût pour produire tel
document ou...
M. Ciaccia: C'est fait par le secteur Terres. M. Claveau:
Par le secteur Terres.
M. Ciaccia: Le sous-ministre associé aux Terres a la
responsabilité de coordonner tout cela.
M. Claveau: II détermine la tarification... M. Ciaccia:
Oui.
M. Claveau: ...et il dit au fonds existant: C'est cela que tu vas
demander.
M. Ciaccia: Oui. C'est cela qui se fait maintenant.
M. Claveau: D'accord. À l'avenir, ce sera cela aussi?
M. Ciaccia: Oui. On va continuer la même pratique.
M. Claveau: C'est-à-dire que le fonds, avec tout son
personnel et tout cela, n'aura pas à voir à la tarification.
M. Ciaccia: Excusez, dites-moi cela encore.
M. Claveau: Je veux dire que le fonds, avec son personnel et ses
vendeurs, ses gérants et tout ce que vous voulez, n'aura pas à
voir à la tarification?
M. Ciaccia: Ce sont les mêmes gens qui sont là. On
n'ajoutera pas de personnel. Le personnel qui s'est occupé du travail
dans le fonds renouvelable, ce sera le même personnel qui va s'occuper du
fonds spécial.
M. Claveau: Y a-t-il un endroit dans le projet de loi où
on dit que le fonds a son personnel etc.?
M. Ciaccia: ...rémunéré par le fonds.
M. Claveau: Ah! Le personnel sera rémunéré
par le fonds, n'est-ce pas?
M. Ciaccia: Oui. Il sera rémunéré par le
fonds.
M. Claveau: Donc, ce sera du personnel du fonds?
M. Ciaccia: Oui. Les salaires vont apparaître dans le fonds
spécial.
M. Claveau: D'accord. Mais comment allez-vous déterminer
cela dans vos colonnes comptables du ministère? C'est-à-dire que
vous allez avoir des employés de moins au ministère et vous allez
avoir des employés qui seront transférés au fonds, en
termes de revenus et de dépenses?
M. Ciaccia: Non, non. On ne change pas le statut de
l'employé. Ce sont les mêmes employés, ce sont les
employés du ministère.
M. Claveau: Mais je parle de vos colonnes comptables, je ne parle
pas de l'employé.
M. Ciaccia: lis vont continuer à être des
employés du ministère.
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia: Ils seront comptabilisés dans le fonds
spécial.
M. Claveau: Ils ne seront plus comptabilisés dans...
M. Ciaccia: ...et payés par le...
M. Claveau: ...chacune des catégories ou des
sous-catégories du ministère. Ils seront classés dans le
fonds spécial?
M. Ciaccia: Oui, c'est cela.
M. Claveau: Et ce fonds spécial fera l'objet d'une
catégorie de plus dans les crédits ou s'il disparaîtra
complètement du cahier des crédits?
M. Ciaccia: II va rester au cahier des crédits. Vous allez
pouvoir, durant les crédits, poser les mêmes questions sur le
fonds spécial que vous avez pu poser...
M. Claveau: D'accord.
M. Ciaccia: ...sur le fonds renouvelable. Il reste dans les
crédits et vous allez pouvoir l'examiner de la même façon
que dans le passé.
M. Claveau: Oui, mais j'essaie de voir techniquement. C'est un
nouvel appendice du ministère finalement, qui a son personnel
rémunéré et attaché à ce service.
D'après ce que je peux voir, ce n'est pas quelque chose en l'air, ce
n'est pas une amibe qui se répand un peu partout dans le
ministère, c'est un fonds spécifique, avec du personnel bien
identifié: Toi, tu es payé par le fonds pour donner des services.
Je suppose que, dans le cahier des crédits, il y aura un
élément où l'on va retrouver: fonds, tant
d'employés, le coût, etc.
M. Ciaccia: Exactement. C'est ainsi que cela paraîtra et
que ce sera comptabilisé. Oui. (17 h 40)
M. Claveau: On pourra en reparler plus tard, mais les revenus du
fonds sont encaissés par le ministre des Finances. Alors, il
n'apparaîtront pas comme revenus au ministère. Il
apparaîtront comme des crédits excédentaires ou
comment?
M. Ciaccia: Non. Les revenus vont apparaître comme des
revenus du fonds. Vous serez mieux en mesure de voir exactement les revenus du
fonds, car il y aura un rapport annuel et on y donnera tous les montants et les
différentes catégories de revenus. Vous aurez les revenus totaux
du fonds dans le rapport annuel.
M. Claveau: D'accord. Mais, dans les crédits, est-ce qu'il
y aura uniquement une note qui dira: Transfert de crédits au fonds de la
cartographie de 555 000 $, par exemple? C'est la dépense du
ministère. Ensuite, il va falloir se référer au rapport
annuel pour avoir le total des revenus et des dépenses...
M. Ciaccia: Non.
M. Claveau: ...et le nombre d'employés, etc.
M. Ciaccia: Une minute! Les détails seront contenus dans
les crédits. Vous n'aurez pas besoin de vous référer
à d'autres documents et de dire: II y a un rapport annuel et ce n'est
pas... Tout cela sera dans les crédits. Il sera spécifié
que c'est le fonds spécial. Il y aura les revenus et les
dépenses, comme pour le fonds de la réforme cadastrale.
Maintenant, il y a un rapport à la fin de l'année, mais dans les
crédits vous aurez tous les détails. Autrement dit, vous n'aurez
pas besoin d'aller au-delà des crédits pour obtenir l'information
et pour poser vos questions sur le fonds, ce sera dans les crédits. Dans
ce sens-là, en termes d'informations dont vous avez besoin, cela
n'enlève rien à ce qui existait avant.
M. Claveau: Cela veut dire que les dépenses encourues par
le fonds pour son fonctionnement seront compabilisées à titre de
dépenses du ministère.
M. Ciaccia: Non. Elles seront comptabilisées à
titre de dépenses du fonds, dans les crédits du ministère.
Le ministère a des crédits.
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia: Et dans les crédits, on dit: programme 1,
programme 2, différents montants. Il y aura: fonds spécial et les
montants. Ce seront les crédits du ministère et vous pourrez les
identifier sous le titre "fonds spécial".
M. Claveau: Actuellement, les revenus que vous pouvez percevoir
avec la tarification que vous avez déposée dans le fonds du
service de la cartographie sont-ils comptabilisés comme revenus par le
ministère pour venir diminuer les frais de fonctionnement du
ministère?
M. Ciaccia: Les revenus sont comptabilisés, mais il y a un
montant qui va au fonds consolidé. Par exemple, en 1988, 539 447 $ ont
été remis au fonds consolidé. Sur les ventes de 1 900 000
$, on a tout le détail: les coûts des marchandises, le revenu
brut, les frais d'exploitation et le montant qui restait et qui a
été retourné au fonds consolidé. Maintenant
ça va tout apparaître comme les revenus et dépenses du
fonds. Parce que sur le fonds renouvelable, on ne montrait pas les
dépenses, les salaires de ceux qui ont fourni ces services. À
l'avenir, on va indiquer ces montants-là.
M. Claveau: D'accord. Cela veut dire que ça va
permettre de diminuer les dépenses dans d'autres secteurs du
ministère. Ces dépenses-là vont être
affectées dans un nouvel élément qui va s'appeler
"fonds".
M. Ciaccia: Pas nécessairement. C'est un transfert
comptable. Au lieu de prendre les 539 000 $ et de les renvoyer au fonds
consolidé et de montrer dans le ministère qu'il y avait des
salaires de x millions de dollars, ces 539 000 $ ne seront pas envoyés
au fonds consolidé. On peut réduire le salaire total mais on va
retrouver une partie du salaire dans les salaires du fonds consolidé.
Avec les deux chiffres, vous allez avoir le même montant des salaires du
ministère. Cela ne changera pas. Autrement dit, vous allez avoir la
même information. Si quelqu'un dit: Bien, regardez, on a réduit
les salaires du ministère...
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia: ...bien on ne pourra pas le dire. Parce que si, sur
la page 1, il y a la réduction des salaires d'un ministère, sur
la page 2, il y a les salaires additionnels du fonds. Alors vous prenez les
deux et vous allez avoir le même montant que vous aviez l'année
passée.
M. Claveau: Oui, sauf que le fonds...
M. Ciaccia: Personne ne va pouvoir dire...
M. Claveau: ...va pouvoir comptabiliser des revenus, ce que le
ministère ne pourra pas faire.
M. Ciaccia: Pardon?
M. Claveau: Le fonds va pouvoir comptabiliser des revenus, ce que
le ministère ne pourra pas faire. Si on transfère du personnel du
ministère au fonds, il y a des dépenses des
différents postes au ministère qui sont
transférées au fonds, mais tous les revenus des services vont
être comptabilisés à ce fonds-là. Dans le fond,
ça fait diminuer les dépenses des différents
éléments du ministère...
M. Ciaccia: Bien non, bien non. Cela ne peut pas les diminuer.
Cela ne change pas. Qu'est-ce qui arrive...
M. Claveau: Si vous prenez trois employés par exemple au
service de la cartographie et que vous les transférez au fonds de
distribution de cartes...
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau:... ça va faire trois employés de moins
au service de la cartographie. Vous ne pouvez pas les comptabiliser deux
fois.
M. Ciaccia: Bien oui, mais on ne peut pas les comptabiliser deux
fois. Écoutez, ce n'est pas de la fraude qu'on va pratiquer sur le
public. Un instant! Un gars qui sait lire...
M. Claveau: C'est bien ce que je...
M. Ciaccia:... va regarder les salaires du ministère et il
va regarder les salaires du fonds et ce sont les salaires totaux du
ministère. On ne cache rien. On ne réduit pas les salaires du
ministère globalement. Il faut assumer que celui qui va lire le rapport
sait lire. D'accord? Si vous commencez avec ça...
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia:... là il va prendre les salaires du
ministère et il va prendre les salaires du fonds. Il va les additionner
et il va arriver aux salaires totaux du ministère. Et ce
montant-là va être le même que l'année passée,
sujet aux augmentations du coût de la vie et tout le reste: conventions
collectives...
M. Claveau: Sauf qu'on va arriver avec une belle grande page et
on va dire: Voici les salaires du ministère. On a réduit. On a
coupé. On a... Et à côté il va y avoir...
M. Ciaccia: Je vous ai dit... Mais êtes-vous sourd?
M. Claveau:... une petite annexe grosse comme rien en
deuxième page qui va dire qu'il y a un fonds. Un petit peu comme dans
une police d'assurance où on a toujours des clauses écrites si
petit qu'il n'y a personne qui les a lues, mais qui annulent tout le reste.
M. Ciaccia: Écoutez, ou vous n'écoutez pas ou vous
ne voulez pas écouter, un des deux. Ou vous n'écoutez pas...
Le Président (M. Saintonge): M. le ministre, je vous
demanderais de vous adresser au Président.
M. Ciaccia:... ou vous ne voulez pas écouter. Pour celui
qui est le moindrement intelligent et qui sait lire, on ne cache rien. Au lieu
de l'avoir sur une demi-page, il va être sur toute une page. Bien, lisez
toute la page!
M. Claveau: On verra. On se rappellera.
Le Président (M. Saintonge): Est-ce que l'article 17. 3
est adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. J'appelle
l'article 17. 4. Est-ce qu'il y a des questions? M. le ministre.
M; Ciaccia: À l'article 17. 4...
M. Claveau: Ce fonds est affecté au financement...
Le Président (M. Saintonge): Un instant. M. le ministre,
vous avez des commentaires.
M. Claveau:... des coûts des biens et services
fournis...
M. Ciaccia: À l'article 17. 4, les sommes versées
au fonds doivent servir à financer les services qui sont
mentionnés à l'article 1 du projet, soit la prestation de
services spécialisés, la diffusion de l'information dans les
domaines de la représentation géographique du territoire.
M. Claveau: D'accord. Je reprends ce que vous m'avez dit tout
à l'heure. Le texte de l'article 17. 4 dit: "Ce fonds est affecté
au financement des coûts des biens et services fournis par le
ministère conformément aux paragraphes 8. 1° et 8. 2° de
l'article 12. " Je reprends la démonstration que vous m'avez faite tout
à l'heure. Dans la mesure où l'utilisateur devra payer, à
toutes fins utiles, le coût de distribution du service sans en payer le
financement, ça veut dire qu'en vertu du premier paragraphe de l'article
17. 3, les sommes perçues pour les biens et services fournis devraient
payer uniquement les frais de distribution, d'emballage et de courrier.
Finalement, le service comme tel, les biens et services produits et fournis
avec le personnel qui y est rattaché, serait payé soit par des
virements du ministère des Finances à partir du fond
consolidé en vertu de l'article 17. 10, soit par des crédits
alloués au ministère.
M. Ciaccia: II y a juste une nuance que je veux corriger. Vous
dites que le consommateur va payer seulement pour le coût de
distribution.
Pas nécessairement. Je vous ai donné certains exemples
où le consommateur, par exemple un ministère, va payer pour le
coût du service. Alors, ce n'est pas juste le coût de distribution.
L'article 17.4 dit que les montants que nous recevons pour les biens et
services des consommateurs, plus les montants qui sont versés par le
ministre des Finances, plus les sommes versées par le ministre ou les
crédits alloués à cette fin par le Parlement, seront
utilisés uniquement pour les fins des articles 8.1° et 8.2°. (17
h 50)
Autrement dit, comme ministre, je ne pourrai pas prendre... Supposons
qu'il reste 100 000 $ dans le fonds, je ne pourrais dire: Je vais prendre cet
argent et je vais faire autre chose. Je ne peux pas. C'est strictement un fonds
pour donner les services que le fonds doit donner.
M. Claveau: Le ministre des Finances peut le faire, lui. Il l'a
fait pour la Régie de l'assurance automobile.
M. Ciaccia: II peut faire quoi?
M. Claveau: II peut aller chercher les fonds.
M. Ciaccia: Je ne parle pas de la loi du ministre des Finances.
Je parle de notre loi, ici. C'est une protection. C'est une restriction pour
protéger ces montants afin qu'ils soient utilisés pour les fins
pour lesquelles ils ont été alloués. C'est tout.
M. Claveau: Mais vous nous assurez que...
M. Ciaccia: Cela veut dire que le ministre n'a pas la
discrétion de dire: J'ai de l'argent là-dedans; je vais
l'utiliser pour autre chose; en l'utilisant pour autre chose, j'augmente la
tarification pour me fournir plus d'argent pour le fonds. Comprenez-vous? C'est
une restriction qu'on s'impose pour protéger l'utilisateur.
M. Claveau: Je le comprendrais très bien si le
gouvernement ne l'avait pas fait dans d'autres secteurs, mais ça a
été fait.
M. Ciaccia: ...ça a été fait.
M. Claveau: C'est vrai que vous pouvez probablement dans la loi,
en toute bonne conscience, introduire un article qui fait que c'est restrictif
et que ça devrait être ça, mais il n'y a rien qui dit que,
par en arrière, le ministre des Finances ou le président du
Conseil du trésor n'y verraient pas de l'intérêt et qu'ils
n'iraient pas chercher des sommes là-dedans s'il y a des
excédents, comme cela a été fait dans le cas de la
Régie de l'assurance automobile.
M. Ciaccia: Non, non, non. Cet article lie non seulement le
ministère, mais il lie le gouver- nement. Les montants dans ce fonds ne
peuvent pas être utilisés par le ministère des Finances ou
par le ministère du Revenu. Cela dit clairement que les fonds sont
affectés au financement des coûts des biens et services fournis
par le ministre, conformément aux paragraphes 8.1 et 8.2 de l'article
12. Personne ne peut aller piger dans le fonds.
M. Claveau: Là, on ne parle pas des revenus. J'aimerais
bien qu'on se comprenne aussi. À l'article 17.4, on ne dit pas: Les
revenus de ces services seront affectés au financement des coûts
des biens et services. On dit: Le fonds sera affecté au financement des
coûts des biens et services. À ce moment-là, cela veut dire
que des sommes d'argent seront allouées pour le financement des biens et
services. Bon. C'est ça que ça dit. Mais ça ne dit pas que
les revenus qui proviendront de ça seront nécessairement
alloués au financement de ces biens et services.
M. Ciaccia: Lisez l'article 17.3 et vous aurez la réponse
à votre question. L'article 17.3, ce qui fait...
M. Claveau: L'article 17.3 concerne la façon de financer
le fonds. D'accord. À l'article 17.4, on dit: Ce fonds est
affecté au financement des coûts. Bon.
M. Ciaccia: Les sommes perçues pour les biens et services.
Les biens et services font partie du fonds, alors ces montants-là
peuvent...
M. Claveau: Cela veut dire que le financement, tous les
coûts liés aux biens et services, sera défrayé par
le fonds. C'est ça que ça veut dire. Cela ne veut pas dire que
les revenus, etc. Cela veut dire qu'il y a de l'argent versé dans le
fonds qui devra financer des biens et services. C'est ce que ça veut
dire. Cela ne parle pas d'excédent, au cas où il y en aurait trop
et tout ça.
M. Ciaccia: Non, exactement. Cela ne parle pas d'excédent.
Cet argent-là...
M. Claveau: Vous avez argumenté sur les excédents,
s'il y avait de l'argent dans la cagnotte, à un moment donné, et
qu'on avait 100 000 $ de trop.
Le Président (M. Saintonge): On va laisser le ministre
répondre à votre question, M. le député d'Ungava,
et après cela, vous poserez une autre question.
M. Ciaccia: Écoutez, cela veut dire que l'argent dans le
fonds est affecté au financement des coûts des biens et services
fournis par le ministre.
M. Claveau: Oui, excusez-moi.
M. Ciaccia: L'argent dans le fonds, qu'il provienne du paragraphe
1, 2 ou 3 de l'article 17.3, est affecté aux coûts des biens et
services fournis par le ministre. C'est ce que dit l'article 17.4.
Le ministre de l'Énergie et des Ressources, par exemple, ne
pourrait pas utiliser cet argent pour d'autres fins.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava.
M. Claveau: Écoutez, on dit: Ce fonds est affecté
au financement des coûts des biens et services fournis par le
ministère conformément au paragraphe... Bon. C'est-à-dire
que le fonds doit nécessairement avoir ou devrait générer
l'argent suffisant pour administrer ça.
M. Ciaccia: Non, non, non.
M. Claveau: Bien, oui. Le fonds est affecté au financement
des coûts. Cela veut dire que lorsqu'il y a des coûts, ils sont
chargés au fonds. D'accord?
M. Ciaccia: Comprenez une chose. Le fonds est composé de
trois éléments.
M. Claveau: Oui. Il y a trois sources de revenus.
M. Ciaccia: Oui. Et ces trois sources de revenus qui vont dans le
fonds, je peux les utiliser seulement pour donner les services que la loi me
permet de donner.
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia: Alors, quel est le problème?
M. Claveau: Mon problème, c'est que, lorsqu'on dit que le
fonds devra financer des coûts des biens et services, il finance...
À partir du moment où il a financé ça, s'il reste
de l'argent dans la cagnotte, rien ne dit que l'argent va rester là.
M. Ciaccia: II n'y a rien qui dit que l'argent va rester
là. Cela se peut qu'il retourne au fonds consolidé.
M. Claveau: Ah!
M. Ciaccia: Cela se peut qu'il en manque aussi.
M. Claveau: Mais supposons qu'un jour, on en a...
M. Ciaccia: Bien, que voulez-vous que je fasse?
M. Claveau: Oui, mais dans le premier argument que vous me
donniez vous disiez: Même s'il reste 100 000 $, je ne pourrai pas aller
le chercher.
M. Ciaccia: Moi, je ne pourrais pas aller le chercher, mais le
fonds consolidé du revenu pourrait aller le chercher. Moi, je ne peux
pas l'utiliser à d'autres fins. Mais la loi sur l'administration
prévoit que ces fonds...
M. Claveau: Mais quand on dit les coûts des biens et
services qui seront payés par le fonds?
Quels sont ces services et ces biens? Quels en sont les coûts?
M. Ciaccia: Est-ce que je peux vous suggérer de regarder
à l'article 17.7? "Les surplus accumulés par le fonds sont
versés au fonds consolidé du revenu aux dates et dans la mesure
que détermine le gouvernement."
M. Claveau: Ce n'est pas moi, M. le ministre, qui m'a
amené sur cet argumentaire-là. C'est vous qui avez
commencé à argumenter là-dessus quand on a parlé du
financement du fonds.
M. Ciaccia: Ce que je voulais vous dire, c'est que, comme
ministre, je ne peux pas prendre ces montants à d'autres fins.
Maintenant, s'il y a des surplus, ils sont versés au fonds
consolidé.
M. Claveau: Cela veut dire qu'il y a des coûts qui sont
actuellement absorbés par différents éléments dans
la machine du ministère, qui donnent des services de cartographie, de
géodésie et toutes sortes de choses. D'accord? On dit qu'à
partir de maintenant, tous les services qu'on retrouvait en 8.1e -
vues aériennes, cartographie, géodésie,
télédétection, arpentage, cadastre - ce sont des services
qui vont être maintenant financés par le fonds, sur les budgets du
fonds. Cela veut dire que...
M. Ciaccia: Ils sont financés par le fonds de roulement.
Là, ils vont être financés par le fonds spécial.
Cela n'a pas changé.
M. Claveau: D'accord. Mais comment vont être
déterminés effectivement les coûts des biens et des
services qui vont être financés par le fonds et ceux qui font
être financés par les autres éléments du
ministère? Je suppose que vous devrez faire une délimitation
quelque part et dire: À partir d'aujourd'hui, ce n'est plus toi qui le
finances. Cela va au fonds. Telle chose va au fonds, telle chose va au fonds.
Vous allez prendre un peu partout dans les services de cartographie, de
relevés géodésiques, de photographie aérienne, tout
ce que vous voulez. Il va y avoir un certain nombre de services qui vont
être soustraits au fonctionnement actuel pour être remis au
fonds.
M. Ciaccia: Article 17.6: "Le gouvernement détermine la
date du début d'activité de ce fonds, les actifs et les passifs
à y être comptabilisés, la nature des biens et des services
financés par le fonds ainsi que la nature des coûts qui doivent
lui être imputés."
M. Claveau: D'accord. Cela ne répond pas à ma
question. Est-ce que j'ai bien compris en disant que ce sont des services
actuellement donnés par d'autres éléments dans la machine
du ministère qui vont être soustraits pour tous être mis
dans la même cagnotte qu'on appelle le fonds?
M. Ciaccia: La seule chose qui n'est pas comptabilisée
dans le fonds renouvelable, ce sont les salaires des fonctionnaires qui donnent
ces services. Tous le reste est comptabilisé dans le fonds actuel. On va
continuer ça. On va comptabiliser les mêmes points, mais on va
ajouter les salaires des fonctionnaires qui donnent le service. Tout ça
va être comptabilisé. C'est le seul autre élément
qui est ajouté au fonds.
M. Claveau: Les salaires. M. Ciaccia: Les salaires.
M. Claveau: Cela veut dire qu'actuellement, ces services sont
déjà tous regroupés, on les retrouve déjà
tous regroupés.
M. Ciaccia: Oui. Ils sont tous regroupés pour le
fonds...
M. Claveau: Le fonds existant, le fonds pour le service de
cartographie.
M. Ciaccia: Renouvelable. Ils sont tous regroupés dans le
fonds renouvelable. Ils vont être dans le fonds...
M. Claveau: Dans le nouveau fonds. M. Ciaccia: Dans le nouveau
fonds.
Le Président (M. Saintonge): Est-ce que ça va, M.
le député d'Ungava, à l'article 17.6?
M. Claveau: Oui.
Le Président (M. Saintonge): L'article 17.6 est-il
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. L'article
17.7. M. le ministre, un Instant! Je suggère que nous suspendions les
travaux pour quelques instants. D'accord?
(Suspension de la séance à 18 h 1)
(Reprise à 18 h 1)
Le Président (M. Saintonge): Puisque nous arrivons
à 18 heures, la commission plénière va simplement
suspendre ses travaux. Ils reprendront à 20 heures, ce soir.
(Suspension de la séance à 18 h 2)
(Reprise à 20 h 5)
Le Président (M. Saintonge): À l'ordre, s'il vous
plaît!
La commission plénière va maintenant reprendre ses travaux
afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi 55,
Loi modifiant la Loi sur le ministère de l'Énergie et des
Ressources, présenté par le ministre de l'Énergie et des
Ressources.
Lors de la suspension de nos travaux, nous en étions à
l'étude, article par article, du nouvel article 17.5. J'appelle, en
conséquence, l'article 17.5. M. le ministre.
M. Ciaccia: M. le Président, cette disposition
prévoit que bien que le fonds soit géré par le ministre
des Finances, la comptabilité en sera tenue par le ministre de
l'Énergie et des Ressources et ce dernier assumera aussi la
responsabilité de certifier la conformité des engagements
financiers.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava.
M. Claveau: Quand on dit que les sommes portées au fonds
sont gérées par le ministre des Finances... Les chèques
pour payer les services vont être faits au nom du ministre des Finances,
etc. Est-ce que ces sommes... Le ministre, en fait, s'engage à verser
les sommes au fonds, à mesure qu'elles rentrent; est-ce cela?
Le Président (M. Saintonge): M. le ministre. M.
Claveau: II encaisse et il verse.
M. Ciaccia: Excusez-moi, voulez-vous répéter la
question?
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava.
M. Claveau: Oui. Ce que je veux savoir, c'est ceci: Est-ce que le
ministre des Finances, chaque fois qu'il encaisse 5 $ parce qu'il a vendu une
carte, verse automatiquement et immédiatement la somme au fonds qui,
lui, va pouvoir jouir des intérêts, telle une entreprise qui a sa
propre autonomie?
M. Ciaccia: C'est exact.
M, Claveau: C'est cela.
M. Ciaccia: C'est cela qui se fait et c'est cela qui va se
faire.
M. Claveau: Ce ne sera pas versé d'une façon
globale, annuellement, sous forme de crédits ou autrement.
M. Ciaccia: Non, non. Au fur et à mesure que les fonds
sont reçus, ils sont versés au fonds.
M. Claveau: D'accord.
M. Ciaccia: Que les montants sont reçus, ils sont
versés au fonds.
M. Claveau: D'accord. Là-dessus, le ministre des Finances,
évidemment, ne pourra pas - comment pourrais-je dire - se rembourser
automatiquement, des avances qu'il aurait pu faire au fonds. S'il y a des
remboursements à faire, ce sera au moment où il y aura des
surplus, je suppose; c'est alors qu'il récupérera.
M. Ciaccia: Oui. C'est prévu dans l'article 17.10.
M. Claveau: Oui. D'accord.
Le Président (M. Saintonge): Est-ce que cela va, M. le
député d'Ungava?
M. Claveau: Quand on parle de comptabilité,
l'enregistrement... Est-ce que les frais de comptabilité, de gestion de
ces montants d'argent vont être imputés au fonds ou si c'est le
ministère des Finances qui va les absorber?
M. Ciaccia: C'est le personnel du fonds qui le fait, ce ne sera
pas...
M. Claveau: Cela fera partie des frais d'expédition.
M. Ciaccia: Cela fait partie de la tâche des fonctionnaires
qui donnent les services prévus par le fonds.
M. Claveau: Et la préparation du rapport annuel va aussi
faire partie des frais de fonctionnement du fonds?
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Le ministre des Finances est seulement là,
dans le fond, parce qu'il faut payer à quelqu'un, comme, lorsqu'on paie
pour le stationnement, on paie au ministre des Finances.
M. Ciaccia: Oui, peut-être. C'est lui qui gère le
fonds et qui donne les crédits... Oui, c'est lui qui gère le
fonds.
M. Claveau: Cela va.
Le Président (M. Saintonge): L'article 17.5 est-il
adopté?
M. Ciaccia: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. J'appelle
l'article 17.6. M. le ministre.
M. Ciaccia: Cet article donne au gouvernement le pouvoir de
déterminer le mode de fonctionnement du fonds spécial.
M. Claveau: Quand on parle... Oui.
Le Président (M. Saintonge): Oui, M. le
député d'Ungava.
M. Claveau: Quand on dit que le gouvernement détermine,
entre autres, les actifs et les passifs à y être
comptabilisés, qu'est-ce que cela signifie? Y a-t-il le mobilier et
toutes ces choses seront utilisés pour les gens qui vont travailler au
fonds? Ce sont des transferts d'équipements qui sont déjà
au ministère ou l'achat de nouveaux équipements?
M. Ciaccia: II y a des inventaires, vous pouvez avoir des
équipements. Ce sont les inventaires et les équipements.
M. Claveau: D'accord. Supposons - je suppose que cela va arriver,
tout est informatisé partout - que le fonds ait besoin d'un ordinateur
pour gérer son quotidien, à ce moment-là, où
l'ordinateur apparaîtra-t-il dans les engagements financiers?
M. Ciaccia: II y en a déjà des ordinateurs, alors
cela va paraître dans les actifs. Mais s'il faut en acheter d'autres,
cela va être avec les actifs.
M. Claveau: Mais on va les retrouver à ce moment-là
dans les engagements financiers du ministère de l'Énergie et des
Ressources?
M. Ciaccia: Du fonds, mais qui vont être dans les
crédits du ministère.
M. Claveau: Dans les crédits du ministère, mais
lorsqu'on regardera les engagements financiers, on les retrouvera dans la liste
des engagements financiers.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Quand on parle des actifs et des passifs, j'essaie de
voir... Je veux bien croire qu'il va falloir qu'il y ait un bureau et tout
cela, du mobilier, mais, en dehors de cela, par exemple, la
propriété des inventaires de documents et cartes de toutes
sortes, cela sera aussi
transféré au fonds. Ce sera le fonds qui sera
propriétaire de cela à l'avenir?
M. Ciaccia: Oui. Tous les inventaires qui existent vont faire
partie des actifs du fonds. Par exemple, dans le fonds renouvelable qu'il y
avait auparavant, il y avait le stock, le matériel et les
équipements. Il y avait des frais payés à l'avance. Cela
faisait partie des actifs. Les mêmes éléments vont se
retrouver dans les actifs du fonds spécial.
M. Claveau: D'accord. Où retrouve-t-on l'ensemble des
services qui peuvent être offerts par le ministère au moment
où l'on se parle? Comment est-ce arrangé au ministère?
À quel endroit est-ce classé, physiquement? Il y a quand
même une gestion qui se fait au moment où l'on se parle.
M. Ciaccia: Dans le fonds renouvelable. M. Claveau: C'est
le fonds renouvelable? M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Le fonds renouvelable de la cartographie a aussi
à gérer les actifs en photographie aérienne, en
géodésie, en télédétection, etc. Tout ce
qu'on retrouve là existe déjà.
M. Ciaccia: Cela existe déjà. M. Claveau:
Tout est là.
M. Ciaccia: Exactement.
M. Claveau: Les cartes cadastrales, les relevés de toutes
sortes.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: D'accord.
M. Ciaccia: Ce sera un transfert de tout cela au fonds
spécial.
M. Claveau: Cela veut dire que, sur le plan physique, il n'y aura
pas de déménagement.
M. Ciaccia: Absolument pas. Rien ne va changer.
M. Claveau: Ce sont les mêmes locaux aux mêmes
endroits qui seront utilisés. Tout ce qu'on fait, c'est changer le nom
de quelque chose qui existe déjà.
M. Ciaccia: On change le nom et on va changer la
comptabilisation.
M. Claveau: On en change la nature aussi de par la loi.
M. Ciaccia: C'est tout ce qu'on fait. Physiquement, quelqu'un qui
est allé au ministère la semaine passée et qui y
retournera la semaine prochaine ne verra pas de changement parce que la loi a
été adoptée.
M. Claveau: Actuellement, le fonds renouvelable de la
cartographie a son personnel. Il a tout ce qu'il faut.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Les mêmes personnes vont continuer à
fonctionner dans le nouveau fonds.
M. Ciaccia: Oui. Il n'y aura pas de changement de personnel, de
congédiement ou d'ajout de personnel parce que le fonds a
été créé.
M. Claveau: Et les budgets de fonctionnement seront les
mêmes par le fait même, je suppose.
M. Ciaccia: Absolument les mêmes. Il n'y a pas de
changement.
M. Claveau: Alors on n'aura pas de crédits...
M. Ciaccia: II n'y aura pas de crédits
supplémentaires et...
M. Claveau: ...qui seront déposés pour cela.
M. Ciaccia: ...il n'y aura pas de réduction de
dépenses globales.
M. Claveau: Cela veut dire que demain matin, après
l'adoption de la loi, tout continue comme auparavant, sauf que cela ne
s'appelle plus pareil.
M. Ciaccia: Oui. Et les salaires vont être
comptabilisés dans le fonds.
M. Claveau: Actuellement, où sont comptabilisés les
salaires du fonds de cartographie?
M. Ciaccia: Au ministère.
M. Claveau: D'accord, avec le personnel du ministère.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: II n'y a donc pas de différence de
comptabilisation des salaires?
M. Ciaccia: II n'y a pas de différence. M. Claveau:
Cela va pour l'article 17.6.
Le Président (M. Saintonge): L'article 17 6 est-il
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. En
conséquence, j'appelle l'article 17.7. M. le ministre.
M. Ciaccia: Cet article donne aussi au gouvernement le pouvoir de
déterminer dans quelle mesure les surplus accumulés par le fonds
devront être versés au fonds consolidé du revenu.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava.
M. Claveau: Est-ce qu'il pourrait arriver, par exemple, que le
fonds... Je ne parle pas du fonds consolidé, je parle du fonds de
cartographie. J'oublie toujours le nom. Le Fonds d'information
géographique et foncière. Est-ce que le Fonds d'information
géographique et foncière pourrait accumuler des sommes qui lui
permettraient de changer ses aménagements, d'offrir de nouveaux
services, de moderniser son approche de publicité, etc.?
M. Ciaccia: Cela pourrait arriver. Ce n'est pas exclu.
M. Claveau: Mais ça ne fait pas partie de son mandat?
M. Ciaccia: Cela ne fait pas partie de son mandat
spécifique mais il se peut que dans son fonctionnement il prévoit
dans...
M. Claveau: Admettons par exemple que les gestionnaires du
fonds... Vous allez me dire: C'est moi qui, comme ministre, suis responsable de
la gestion du fonds. Mais imaginons que le personnel qui travaille pour le
fonds vous présente une étude et vous dise: M. le ministre, si
nous avions 50 000 $ à mettre en publicité, nous ferions une
petite publicité à la radio et à la
télévision sur ce que nous produisons et, en deux mois, nous
serons capables de doubler nos ventes.
M. Ciaccia: C'est normal et ça pourrait
définitivement se faire. Ça fait partie des pratiques
commerciales ou quasi-commerciales et ça rentre dans cette
optique-là. Alors c'est très possible que ça se fasse.
M. Claveau: D'accord.
M. Ciaccia: II y a déjà un peu de publicité
qui est faite et ça peut être augmenté; on peut en faire
plus pour informer exactement le public sur les services offerts.
M. Claveau: Est-ce que le fonds, aussi, pourrait prendre... C'est
embêtant. C'est tout... Est-ce que le personnel du fonds pourrait prendre
des initiatives quant à la présentation, par exemple, de certains
documents ou de certaines informations qui pourraient être monnayables
sur le marché?
M. Ciaccia: La pratique actuelle ne change pas. Les initiatives
qu'un sous-ministre associé aux terres peut prendre vont continuer de la
même façon avec le fonds. Ces règles ne changeront pas. Les
mêmes initiatives qu'il peut prendre maintenant, il va pouvoir les
prendre après.
M. Claveau: II garde les mêmes responsabilités par
rapport à ça.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: D'accord. Je suppose que si on veut faire une
nouvelle entité avec ce fonds-là, c'est peut-être aussi
pour améliorer la diffusion ou permettre une plus grande
accessibilité à l'information aux gens qui pourraient
éventuellement avoir besoin de ces services. Dans ce sens-là,
est-ce que le sous-ministre responsable, puisque vous me dites que c'est un
sous-ministre qui a la responsabilité du fonds, va avoir un mandat
spécifique de votre part de dire: Écoutez, il faut faire en sorte
de développer des nouveaux produits, une nouvelle approche, d'avoir des
techniques commerciales différentes? Est-ce qu'il y a une vocation plus
mercantile qui va être donnée au fonds ou si ça va rester
simplement une espèce de service un peu style bibliothécaire
où on peut aller piger à l'occasion quand on a besoin de quelque
chose?
M. Ciaccia: En termes de service, d'approche et de
responsabilité, la loi ne change pas la situation actuelle. Ce n'est pas
comme si on créait une société autonome ou une
société d'État qui a une autonomie, qui doit fonctionner
indépendamment du ministère. Ce n'est pas ça qu'on fait.
C'est pour légaliser et donner une assise légale à ce
fonds. En ce qui concerne les fonctions du ministre, les fonctions du
sous-ministre associé et tout le secteur qui va donner les services,
rien n'est changé par la loi. Les mêmes responsabilités qui
existent aujourd'hui, les mêmes obligations, les mêmes mandats
continuent d'exister. En ce qui concerne le fonctionnement des services, le
fonds ne changera pas les responsabilités de ceux qui sont en place
présentement.
Le Président (M. Saintonge): Cela va. Est-ce que l'article
17.7 est adopté?
M. Claveau: Adopté, M. le Président.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. J'appelle
maintenant l'article 17.8. M. le ministre.
M. Ciaccia: Cette disposition rend applicables aux sommes
versées au fonds certaines
dispositions de la Loi sur l'administration financière
concernant, entre autres, les prévisions budgétaires, le
système de comptabilité, les engagements, les contrats, les
paiements et les comptes publics.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava, y a-t-il des questions?
M. Claveau: On suppose que c'est ce qui s'applique à
l'ensemble...
M. Ciaccia: Exactement.
M. Claveau: ...de tous les organismes ou appendices de
l'État.
M. Ciaccia: Toute administration de fonds publics,
exactement.
Le Président (M. Saintonge): Est-ce que l'article 17.8 est
adopté?
M. Claveau: Cela va. (20 h 20)
Le Président (M. Saintonge): Adopté. J'appelle
l'article 17.9. M. le ministre.
M. Ciaccia: En vertu de cette disposition, le salaire et les
avantages sociaux du personnel affecté aux activités
financées par le fonds seront payés à même ce fonds.
C'est ce qu'on a déjà expliqué; on va comptabiliser les
salaires et les avantages sociaux des fonctionnaires dans le fonds
M. Claveau: Cela fait partie des dépenses
d'expédition.
M. Ciaccia: Au fonds, c'est ce qu'on va faire.
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Président (M. Saintonge): Ha, ha, ha! M. le
député d'Ungava.
M. Claveau: J'aimerais bien en avoir le coeur net. On parle
uniquement des gens qui sont au fonds, qui en font la gestion et qui donnent le
service à la clientèle. On ne parie pas, par exemple, des
géographes qui font le montage des cartes ou des...
M. Ciaccia: On parle seulement du personnel présentement
au ministère et de celui affecté au fonds renouvelable, le
personnel existant qui donne tous les services qu'on a mentionnés.
M. Claveau: Combien y a-t-il d'employés actuellement au
fonds renouvelable?
M. Ciaccia: II y a 26 permanents et 5 occasionnels.
M. Claveau: Sont-ils sur le budget du ministère?
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Est-ce qu'on les retrouve à l'intérieur
d'un même élément ou sont-ils dispersés dans
différentes fonctions?
M. Ciaccia: Non, ils sont tous dans le même
élément des programmes lorsqu'on présente nos
crédits.
M. Claveau: Lequel?
M. Ciaccia: Le Centre d'information géographique et
foncier.
M. Claveau: Qui porte son numéro spécifique.
M. Ciaccia: Oui. Vous pourrez suivre très facilement.
Supposons qu'avec les nouveaux crédits l'an prochain, vous vouliez faire
la comparaison, vous pourrez facilement prendre les crédits de
l'année dernière, les nouveaux crédits et voir le suivi,
s'il y a eu une addition de personnel, des dépenses additionnelles, des
revenus en plus ou en moins.
M. Claveau: Actuellement, puisque vous me parlez des revenus en
plus ou en moins, les revenus actuels du fonds renouvelable de la cartographie
sont-ils comptabilisés au ministère?
M. Ciaccia: Oui, ils sont comptabilisés. Pour
l'année 1988, il y a eu 1 930 966 $.
M. Claveau: De revenus?
M. Ciaccia: De revenus, et 1988 représente une
augmentation de 330 000 $ comparativement à 1987.
M. Claveau: D'accord. Pour des dépenses de quel
montant?
M. Ciaccia: Le coût des marchandises vendues était
de 1 200 000 $.
M. Claveau: Je ne veux pas parler du coût de production
mais du coût de distribution, c'est-à-dire les gens
affectés à la distribution. Vous disiez tout à l'heure les
26 employés?
M. Ciaccia: Je n'ai pas les coûts de distribution.
M. Claveau: Pour l'élément en question, il doit y
avoir...
M. Ciaccia: J'ai devant moi seulement l'opération de
l'année financière. Le détail des
coûts de distribution... Un instant. Non. Le coût de
production n'est pas inclus dans les chiffres que je vous ai donnés.
Alors, quand on dit que les frais de fonctionnement, les coûts de la
marchandise vendue sont de 1 200 000 $, de ceci on déduit les frais
d'opération de 197 000 $. Alors, un montant de 539 000 $ a
été viré au fonds consolidé du revenu. Ceci ne
comprend pas les salaires.
M. Claveau: Parce qu'ils sont affectés ailleurs.
M. Ciaccia: La nouvelle comptabilisation va démontrer les
salaires et on va voir s'il reste de l'argent à remettre au fonds
consolidé du revenu. Je n'ai pas le montant des salaires du
personnel.
M. Claveau: Mais, avant de présenter un projet de loi
semblable, vous avez quand même dû faire quelques petites
études internes au ministère pour savoir ce que ça
représentait comme chiffres. Croyez-vous qu'en gardant la tarification
actuelle que vous nous avez déposée tout à l'heure, en
incluant donc les frais de distribution en y ajoutant les salaires, vous allez
avoir des chiffres, toutes proportions gardées, qui vont être
acceptables par le ministère, le ministre des Finances ou le Conseil du
trésor?
M. Ciaccia: Je peux vous donner les chiffres pour les salaires
pour le fonds renouvelable, et qui vont être transférés au
fonds de...
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia: Avec les avantages sociaux, cela représente
936 379 $.
M. Claveau: Oui. M. Ciaccia: Oui quoi?
M. Claveau: Pour le coût des fournitures, vous aviez 1 200
000 $.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: On est à 2 150 000 $.
M. Ciaccia: Oui. Le coût de fournitures, 1 200 000 $, plus
les frais de fonctionnement 197 000 $, plus les salaires, 936 000 $.
M. Claveau: Cela veut dire que... Cela fait au-dessus de 1 300
000 $.
M. Ciaccia: Vous êtes beaucoup plus qu'au-dessus de 1 300
000 $. 2 300 000 $.
M. Claveau: Pardon, 2 300 000 $. On est au-dessus de 2 300 000
$.
M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Cela représente à peu près les
frais globaux.
M. Ciaccia: Et les ventes, 1 900 000 $. M. Claveau: Les
ventes à 1 900 000 $.
M. Ciaccia: Cela veut dire qu'on a financé la balance.
M. Claveau: Pardon? M. Ciaccia: Oui.
M. Claveau: Cela veut dire qu'en gardant les mêmes tarifs
que cette année, il y aurait un déficit de 450 000 $, à
peu près.
M. Ciaccia: À peu près.
M. Claveau: Déficit de fonctionnement.
M. Ciaccia: Cela veut dire qu'il va falloir le combler d'une
façon ou d'une autre.
M. Claveau: Cela veut dire qu'on peut s'attendre qu'il y ait de
petites augmentations de tarifs qui feront qu'on va être capable de
combler ça.
M. Ciaccia: Pas nécessairement. M. Claveau:
Non?
M. Ciaccia: Je ne dis pas oui. Je ne dis pas non. On va examiner
ce que ça représente. On va regarder. Vous les avez les tarifs,
de toute façon. On les a déposés.
M. Claveau: Oui, oui. C'est ça que je vous demande. Je
vous demande si en gardant le même niveau de tarification que ce que vous
nous avez déposé là, carte générale, 6,25 $,
6,75 $, bon, si en gardant les mêmes tarifs, vous pensez que vos
collègues du Trésor vont trouver que c'est une proportion
acceptable et qu'ils ne vous demanderont pas d'augmenter la tarification.
M. Ciaccia: Vous faites une présomption. Vous
présumez qu'on ne vendra pas plus de services. Non, non, laissez-moi
finir.
M. Claveau: En tant que...
M. Ciaccia: Vous faites une présomption. Vous
présumez que nos revenus... Avec ces mêmes tarifs, on pourrait
augmenter les revenus si on a plus de demandes et si on fournit plus de
services.
M. Claveau: La seule présomption que je fais...
M. Ciaccia: Non, non, vous venez de faire
cette présomption, vous dites qu'il va me manquer 450 000 $. Je
ne le sais pas s'il va me manquer 450 000 $. Peut-être va-t-on donner
plus de services; au lieu d'avoir 100 000 demandes et 500 000 documents,
peut-être bien qu'il y aura 125 000 demandes et 625 000 documents. Avec
ces mêmes tarifs, les revenus, au lieu d'être de 1 900 000 $,
seront de 2 400 000 $. Je n'aurai donc pas besoin d'augmenter les tarifs, si
cela se produit. C'est comme un magasin.
M. Claveau: C'est aussi hypothétique.
M. Ciaccia: Ce n'est pas plus hypothétique que votre
patente à vous. Je ne suis pas plus hypothétique que vous.
Même que je le suis moins. D'une année à l'autre, on a
augmenté les revenus parce qu'il y a plus de services, plus de demandes.
C'est comme un magasin. Vous pouvez avoir un plus gros chiffre d'affaires avec
le même personnel, le même loyer, les mêmes coûts
d'électricité, si vous faites un plus gros chiffre d'affaires,
alors ça va augmenter. On aura moins besoin de combler la
différence avec les crédits du gouvernement.
M. Claveau: Par contre, vous aurez des augmentations aussi. Si
vous augmentez vos ventes, votre coût de fournitures va augmenter.
M. Ciaccia: Oui, mais pas piastre par piastre, il va toujours y
avoir un petit montant de plus. C'est clair que les coûts vont augmenter,
mais les revenus aussi vont augmenter.
M. Claveau: On le verra.
Le Président (M. Saintonge): Oui. L'article 17. 9 est-il
adopté?
M. Claveau: Attendez un peu là. Il y avait d'autres
questions là-dessus. (20 h 30)
Le Président (M. Saintonge): Ah bon! On attend, allez-y
avec vos questions. M. le député d'Ungava, vous avez la parole.
À l'article 17. 9, M. le député d'Ungava a d'autres
questions.
M. Claveau: Non, cela va.
Le Président (M. Saintonge): Cela va. Donc, est-ce que
l'article 17. 9 est adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. J'appelle
maintenant l'article 17. 10. M. le ministre.
M. Ciaccia: L'article 17. 10, je pense qu'on a déjà
discuté de la portée de cet article. Il prévoit que le
gouvernement peut autoriser, aux conditions qu'il détermine, le ministre
des Finances à avancer au fonds des sommes prélevées sur
le fonds consolidé du revenu. Il permet aussi au gouvernement d'avancer
à court terme au fonds consolidé du revenu des sommes prises
à même le fonds qui ne sont pas requises pour son fonctionnement.
Il précise que les avances versées au fonds sont remboursables
à même ce fonds.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava, vous avez des questions.
M. Claveau: Cela veut dire, de plus en plus, qu'il va falloir que
le fonds - sans le dire carrément, on le dit vraiment entre les lignes -
s'autofinance avec ses services...
M. Ciaccia: Bien non.
M. Claveau:... à mesure où... On lui fait des
avances de fonctionnement, mais il va falloir qu'il les rembourse. Elles sont
remboursables dans la mesure où il va y avoir des surplus Les fonds sont
remboursables.
M. Ciaccia: Ce n'est pas obligatoire. Bien non! Je pense...
M. Claveau: Ce n'est pas...
M. Ciaccia: Vous ne tirez pas la bonne conclusion de la
conséquence de l'article 17. 10. Il n'y a rien dans l'article 17. 10 qui
dit que, directement ou indirectement, le fonds doit s'autofinancer. Il permet
au ministre des Finances d'avancer des fonds, des sommes d'argent au
fonds...
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia:... aux conditions qu'il détermine.
M. Claveau: Mais on dit que toute avance versée au fonds
est remboursable à même ce fonds.
M. Ciaccia: Est remboursable... M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia:... à même ce fonds. Cela veut dire
qu'ils ne peuvent pas la rembourser d'un autre fonds. Cela ne veut pas dire
qu'ils sont obligés, qu'ils doivent les rembourser et cela n'indique pas
les délais dans lesquels il doit le faire. Quand une avance est faite,
cela veut dire qu'éventuellement...
M. Claveau: Cela veut dire que le ministre des Finances
prévoit dans son grand livre que cela va lui être remboursé
un jour.
M. Ciaccia: Non, c'est comme une marge de
crédit.
M. Claveau: Dans le deuxième alinéa de l'article
17.3, on parle aussi d'avances versées. Ce ne sont pas des
crédits, ni des sommes allouées définitivement, ce sont
vraiment des avances qui sont versées et qui, à ce
moment-là, sont prévues dans le grand livre du ministre des
Finances comme étant des montants d'argent qui devront lui revenir un
jour ou l'autre.
M. Ciaccia: N'oubliez pas que ce n'est pas la seule façon
d'avancer des sommes au fonds, il y a l'article 17.3.3°: "Les sommes
versées par le ministre sur les crédits alloués à
cette fin par le Parlement." Cela ne veut pas dire que toutes les sommes
requises...
M. Claveau: Oui.
M. Ciaccia: ...par le fonds, qui ne sont pas perçues des
consommateurs ou des utilisateurs, seront nécessairement avancées
par le ministre des Finances sur l'article 2.
M. Claveau: Oui, mais il va falloir que le ministre ait les
crédits.
M. Ciaccia: On peut en obtenir aussi par des sommes, par des
crédits.
M. Claveau: II va falloir que le ministre aille défendre
ses crédits pour avoir les crédits nécessaires.
M. Ciaccia: Oui, oui.
M. Claveau: Parce que s'il n'y avait pas eu de
problème...
M. Ciaccia: C'est cela qu'on a fait l'an passé. C'est un
article habilitant. C'est un article qui permet au ministre des Finances
d'avancer des fonds et il stipule les conditions dans lesquelles il peut les
avancer. Il n'y a pas d'obligation de dire: Une fois qu'ils sont
avancés, il faut qu'ils soient remboursés immédiatement.
Cela ne dit pas non plus que c'est la seule façon d'alimenter le fonds
par le ministre des Finances. Il peut être alimenté d'autres
façons, mais on a jugé bon d'avoir toute la flexibilité
possible pour aller chercher des fonds. On a dit: Toutes les sources... Quelles
sont les sources possibles? Les utilisateurs, les crédits que je peux
aller chercher et, en plus de cela, pour donner encore plus de
flexibilité, de permettre aussi au ministre des Finances d'avancer des
montants. Alors, on a la flexibilité de tous les différents
moyens d'obtenir de l'argent et on n'a pas l'inflexibilité de dire qu'il
faut que ce soit remboursé de telle et telle façon. Je pense que
c'est la façon la plus ouverte...
M. Claveau: Non. Sauf qu'on prévoit claire- ment que
ça va être remboursé à un moment donné.
M. Ciaccia: Bien, à un moment donné! Quand on
emprunte de l'argent, il faut éventuellement le remettre, le
remplacer.
M. Claveau: Juste une petite seconde. M. Ciaccia:
Même si c'est dans 25 ans. M. Claveau: Oui. Tout à
l'heure... M. Ciaccia: Cela ne porte pas intérêt.
M. Claveau: Tout à l'heure, quand vous nous disiez que les
fournitures sont évaluées actuellement à 1 200 000 $, cela
représente le coût réel des fournitures ou si c'est
déjà une subvention en soi?
M. Ciaccia: À ma connaissance, il n'y a pas de subvention
là-dedans. Non, non, il n'y a pas de subvention là-dedans.
M. Claveau: Non, mais je veux dire une subvention dans la mesure
où les fournitures ne sont pas facturées à leur coût
réel de production, au coût réel au ministère.
M. Ciaccia: Non, ça, c'est le coût des marchandises
vendues.
M. Claveau: Oui, cela veut dire le coût de production de la
marchandise. C'est cela? C'est quoi le coût de la marchandise? C'est ce
qu'elle vaut sur le marché?
M. Ciaccia: Non, pas la production. Un instant! Je vous ai
donné les montants du service de la cartographie, ce n'est pas tout le
fonds, c'est celui de la cartographie. C'est le coût du
développement, de l'impression de la carte.
M. Claveau: ...le coût de la carte.
M. Ciaccia: Oui, oui. Ce n'est pas nécessairement le
coût de production. C'est le coût de l'impression de la carte, du
développement et de la diffusion. Ce n'est pas nécessairement le
coût de production de la carte.
M. Claveau: Mais les coûts de production sont toujours
absorbés par le ministère?
M. Ciaccia: Oui, exactement.
M. Claveau: Et ils vont continuer à l'être?
M. Ciaccia: Oui, normalement, mais avec certaines exceptions. Ce
n'est pas un engagement que je vous donne ad vitam aeternam.
M. Claveau: C'est dans ce sens-là que je dis que si, dans
le fond, le taux pour la fourniture qu'on impute au fonds n'est pas le
coût réel, cela devient...
M. Ciaccia: C'est le coût réel...
M. Claveau: ...une certaine subvention.
M. Ciaccia: ...de la distribution, de l'impression, du
développement, mais ce n'est pas nécessairement le coût de
production des cartes.
M. Claveau: En tout cas, on verra ce que cela va donner à
l'étude des crédits et des engagements financiers.
M. Ciaccia: D'accord.
Le Président (M. Saintonge): L'article 17.10 est-il
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. J'appelle
l'article 17.11. L'article 17.11 est-il adopté?
M. Ciaccia: Cela coïncide avec l'exercice financier du
gouvernement et du ministère.
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. Donc,
l'article 17.11 étant adopté, j'appelle l'article 17.12. M. le
ministre.
M. Ciaccia: Cet article prévoit que, dans
l'éventualité d'une insuffisance du fonds consolidé du
revenu, les sommes requises pour l'exécution d'un jugement devront
être prises à même le fonds.
Le Président (M. Saintonge): M. le député
d'Ungava, avez-vous des questions?
M. Claveau: C'est encore le fonds qui paie. Cela va finir par
coûter cher.
Le Président (M. Saintonge): L'article 17.12 est-il
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. Puisque les
articles 17.2 à 17.12 ont été insérés dans
la Loi sur le ministère de l'Énergie et des Ressources par
l'article 2 du projet de loi 55, est-ce que l'article 2 du projet de loi 55 est
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté.
J'appelle maintenant l'article 3. L'article 3 est-il adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): L'article 3 est
adopté. Le titre du projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur le
ministère de l'Énergie et des Ressources, est-il
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté Est-ce que les
sous-titres et intitulés du projet de loi 55 sont adoptés?
Adopté. Est-ce que l'ensemble du projet de loi 55, Loi modifiant la Loi
sur le ministère de l'Énergie et des Ressources, est
adopté?
M. Claveau: Adopté.
Le Président (M. Saintonge): Adopté. Cela met donc
fin au mandat de la commission plénière. Je demande donc aux
personnes qui accompagnent les parlementaires, soit le ministre, soit les
députés, de bien vouloir se retirer afin que nous puissions faire
rapport à la présidence de l'Assemblée.
(20 h 40)
Le Vice-Président: M. le Président de la commission
plénière, si vous voulez bien faire rapport.
M. Poulin (président de la commission
plénière): M. le Président, j'ai l'honneur de vous
faire rapport que la commission plénière a étudié
en détail le projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur le
ministère de l'Énergie et des Ressources, et qu'elle l'a
adopté.
Le Vice-Président: Est-ce que ce rapport est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président: M. le ministre de l'Énergie et
des Ressources, au nom du leader...
M. Ciaccia: M. le Président, je demande l'ajournement de
nos travaux à demain, 10 heures.
Le Vice-Président: Est-ce que cette motion d'ajournement
de nos travaux est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président: En conséquence,
l'Assemblée nationale ajourne maintenant ses travaux qui reprendront
demain, le mercredi 9 novembre, à 10 heures.
(Fin de la séance à 20 h 42)