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(Dix heures neuf minutes)
Le Président: Mmes et MM. les députés, nous
allons nous recueillir quelques instants. Je vous remercie, veuillez vous
asseoir.
Affaires courantes
Alors, nous allons procéder aux affaires courantes.
Il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Présentation de projets de loi. M. le leader du gouvernement.
Présentation de projets de loi
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, je vous demanderais d'appeler
l'article g du feuilleton, M. le Président.
Projet de loi 251
Le Président: À l'article g du feuilleton, j'ai
reçu le rapport du directeur de la législation sur le projet de
loi 251, Loi concernant les villes de Tracy et de Saint-Joseph-de-Sorel et la
paroisse de Saint-Roch-de-Richelieu. Le directeur de la législation a
constaté que les avis ont été faits et publiés
conformément aux règles de fonctionnement des projets de loi
d'intérêt privé. Je dépose ce rapport. Et, en
conséquence, M. le député de Richelieu présente le
projet de loi d'intérêt privé 251, Loi concernant les
villes de Tracy et de Saint-Joseph-de-Sorel et la paroisse de
Saint-Roch-de-Richelieu.
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi?
Des voix: Adopté. (10 h 10)
Le Président: Adopté. M. le leader du
gouvernement.
Renvoi à la commission de l'aménagement et des
équipements
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Je
fais motion pour que ce projet de loi d'intérêt privé soit
déféré à la commission de l'aménagement et
des équipements pour étude détaillée et pour que le
ministre des Affaires municipales soit membre de cette commission.
Le Président: Est-ce que cette motion est
adoptée?
Une voix: Adopté. Le Président: Adopté.
Dépôt de documents
Dépôt de documents. Mme la ministre de l'Énergie et
des Ressources.
Rapport annuel de la Régie du gaz naturel
Mme Bacon: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport annuel 1991-1992 de la Régie du gaz
naturel.
Le Président: Ce rapport est déposé. M. le
ministre des Affaires internationales.
Parties I, II et III du texte de l'Accord de libre-échange
nord-américain
M. Ciaccia: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer les parties I, II et III du texte de l'Accord de
libre-échange nord-américain rédigé le 7 octobre
1992. le président: alors, ce document est déposé. m. le
ministre... un instant. parfait. toujours au niveau de dépôt de
documents, m. le ministre de la santé et des services sociaux.
Rapport annuel du Conseil régional de la santé et des
services sociaux de la Côte-Nord et Statistiques annuelles 1991 de la
Régie de l'assurance-maladie du Québec
M. Côté (Charlesbourg): M. le Président, j'ai
le plaisir de déposer le rapport annuel 1991-1992 de Conseil
régional de la santé et des services sociaux de la
Côte-Nord, de même que de déposer les statistiques annuelles
1991 de la Régie de l'assurance-maladie du Québec.
Le Président: Alors, ces documents sont
déposés. M. le ministre de la Justice, responsable de la
protection du consommateur.
Rapports annuels du ministère de la Justice, de l'Office de la
protection du consommateur, du Commissaire aux plaintes des clients de
distributeurs d'électricité et de la Commission d'appel en
matière de lésions professionnelles
M. Rémillard: Oui, M. le Président. J'ai l'honneur
de déposer les rapports annuels 1991-1992 suivants: rapport du
ministère de la Justice, rapport de l'Office de la protection du
consommateur, rapport du Commissaire aux plaintes des clients de distributeurs
d'électricité, rapport de la Commission d'appel en matière
de lésions professionnelles.
Le Président: Alors, ces documents sont
déposés. Mme la ministre des Communautés cultu-
relies et de l'Immigration.
Rapport annuel du ministère des
Communautés culturelles et de l'Immigration
Mme Gagnon-Tremblay: m. le président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport annuel 1991-1992 du ministère des
communautés culturelles et de l'immigration.
Le Président: Ce document est déposé. M. le
ministre du Revenu.
Rapport annuel du ministère du Revenu
M. Savoie: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport annuel 1991-1992 du ministère du Revenu.
Le Président: Ce document est déposé. M. le
député de Mille-Îles.
M. Bélisle: M. le Président, je ne sais pas s'il y
a eu un quelconque problème à l'agenda que vous avez entre les
mains, mais j'ai un projet de loi à déposer ce matin.
Le Président: Un instant, je vais vous revenir, M. le
député de Mille-Îles. À propos des documents, M. le
leader de l'Opposition.
M. Chevrette: Oui, M. le Président. J'ai demandé
à ma collègue de le demander, mais je veux intervenir sur un
privilège immédiatement après.
Mme Blackburn: M. le Président.
Le Président: Mme la députée de
Chicoutimi.
Mme Blackburn: Le gouvernement pourrait-il déposer l'avis
du Conseil de la langue française qui portait sur un projet de
règlement adopté par l'Office de la langue française et
relatif à la langue du commerce et des affaires? Cet avis a
été adopté le 6 novembre 1991.
Le Président: Oui. Alors, c'est une question, finalement,
qui peut être posée au gouvernement. Comme président, il y
a certains documents que la présidence doit déposer; je m'en
acquitte suivant ma fonction. Si les ministres veulent déposer un
document ou que la loi engage le ministre à déposer un document,
le président ne peut d'aucune façon à ce moment-ci obliger
un ministre à déposer un document. Je dois reconnaître le
ministre qui dépose un document. Si un tel document n'est pas
déposé, c'est votre privilège d'interroger le gouvernement
au moment opportun ou à la période de questions ou quoi que ce
soit pour avoir une réponse à l'effet que tel ou tel document qui
devrait être déposé n'a pas été
déposé. Mais, comme président, je n'ai aucune
autorité sur un ministre pour l'obliger à déposer un
document.
M. Chevrette: Est-ce qu'on peut demander, M. le
Président...
Le Président: M. le leader de l'Opposition.
M. Chevrette: ...de consentement au leader du gouvernement de
voir au dépôt de cet avis puisqu'il est de coutume que ces avis
soient rendus publics pour l'information du public précisément?
Au moment où La Presse en a copie, je pense bien que le
gouvernement n'aura pas d'objection à rendre public ce qui devrait
être connu depuis 1991.
Le Président: M. le leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): M. le Président, de
façon exceptionnelle et sans que pour autant cela constitue un
précédent dans nos travaux, j'accorde le consentement.
Rapport annuel de la Commission des droits de la
personne
Le Président: Très bien. Alors, je vais
moi-même ici déposer, conformément à l'article 73 de
la Charte des droits et libertés de la personne, le rapport annuel de la
Commission des droits de la personne pour l'année 1991. Donc, document
déposé. M. le député de Mille-Îles.
M. Bélisle: M. le Président, je ne sais pas si
à l'ordre du jour il y a eu un oubli, mais il y a eu un projet de loi
qui vous a été envoyé dans les délais avec l'avis
de la Direction de la législation, le projet de loi 194, que j'aimerais
déposer ce matin.
Le Président: Écoutez, je comprends. Maintenant,
nous sommes... S'il y a consentement de l'Assemblée à ce que nous
revenions à l'étape de présentation de projets de loi.
J'appelle ce que le leader me demande d'appeler. Maintenant, si vous voulez
présenter un projet de loi ou quelque député, on doit m'en
saisir en se levant debout et en me disant: M. le Président, je vous
demande d'appeler l'article en question.
Alors, à ce moment-ci, est-ce qu'il a consentement de
l'Assemblée pour que nous revenions brièvement à
l'étape de présentation de projets de loi pour une demande du
député de Mille-Îles?
Des voix: Consentement.
Le Président: II y a consentement? Est-ce qu'il y a
consentement? Il n'y a pas de consentement? Très bien, il n'y a pas de
consentement. S'il vous plaît!
Dépôt de rapports de commissions
Maintenant, dépôt de rapports de commissions.
M. le président de la commission des institutions et
député de Marquette.
Étude détaillée du projet de loi
14
M. Dauphin: Merci, M. le Président. J'ai donc l'honneur de
déposer le rapport de la commission des institutions qui a
siégé les 15 juin, 15 et 16 décembre 1992, afin de
procéder à l'étude détaillée du projet de
loi 14, Loi modifiant le Code de procédure civile concernant la
médiation familiale. Le projet de loi a été adopté
avec des amendements.
Le Président: ce rapport est déposé.
maintenant, m. le président de la commission de l'aménagement et
des équipements et député de lévis.
Étude détaillée du projet de loi
64
M. Garon: M. le Président, je dépose le rapport de
la commission de l'aménagement et des équipements qui a
siégé le 16 décembre 1992, afin de procéder
à l'étude détaillée du projet de loi 64, Loi
modifiant la Loi sur la Société québécoise
d'assainissement des eaux. Le projet de loi a été adopté
avec un amendement.
Le Président: Alors, ce rapport est
déposé.
Dépôt de pétitions.
Il n'y a pas d'interventions portant sur une violation de droit ou de
privilège ou sur un fait personnel.
Je vous avise qu'après la période des questions et
réponses orales, seront tenus deux votes reportés: le premier
vote reporté est sur la motion de M. le ministre des Transports
proposant l'adoption du projet de loi 46, Loi modifiant la Loi sur la
Société de l'assurance automobile du Québec; le
deuxième vote reporté est sur la motion d'adoption du rapport de
la commission de l'aménagement et des équipements sur le projet
de loi 55, Loi modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et d'autres
dispositions législatives.
Questions et réponses orales nous allons maintenant
procéder à la période des questions et réponses
orales. et je reconnais en première question principale m. le chef de
l'opposition.
Perspectives d'investissements américains dans
Provigo
M. Parizeau: M. le Président, un peu avant que la
présente session ne commence, le premier ministre avait indiqué
que, pour favoriser la relance économique, il allait insister pour
accélérer les investissements étrangers au Québec.
Il a été servi.
Effectivement, un groupe américain est disposé à
investir plusieurs centaines de millions de dollars au Québec, en
prenant le contrôle de Provigo. M. Bertin Nadeau, qui est le plus gros
actionnaire de Provigo, est en discussion à cet effet pour vendre ses
actions. Nous comprenons que le deuxième plus gros actionnaire, Sobeys,
est disposé à vendre. Nous ne connaissons pas encore l'attitude
du troisième actionnaire, la Caisse de dépôt. Mais une
chose est claire, c'est que, si la transaction se fait, un groupe
américain va prendre en main un remarquable canal de distribution au
Québec de produits alimentaires et de produits agricoles. Les pertes
possibles pour ces industries québécoises peuvent être
très, très importantes.
J'ajoute aussi que le bureau du premier ministre, par le truchement de
son chef de cabinet, a été avisé de la possibilité
de cette transaction il y a déjà une dizaine de jours et, donc,
il est, je pense, normal aujourd'hui que je demande au premier ministre quelle
attitude il a à cet égard. Est-ce qu'il prend ça comme une
grande preuve de confiance des Américains dans le Québec ou bien
s'il prend ça comme une menace de voir en sorte que des commandes
actuelles pour l'agriculture québécoise ou pour l'industrie
alimentaire risquent de filer aux États-Unis?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: M. le Président, nous sommes tous heureux de
revoir ce matin le chef de l'Opposition. J'espère que c'est
réciproque.
Des voix: Ha,ha, ha!
(10 h 20)
M. Bourassa: Le chef de l'Opposition est bien au courant qu'il
s'agit là d'entreprises qui sont cotées à la Bourse et que
toute déclaration qui peut être faite - nous, de ce
côté-ci, il nous faut être responsables - peut influencer
à cet égard-là. Nous sommes bien conscients de
l'acuité de la situation et du sérieux de la situation.
Le chef de l'Opposition ironisait, dans son préambule, sur la
recherche que nous faisons des investissements étrangers, comme si nous
pouvions nous passer d'investissements étrangers. Que serait
l'économie du Québec sans investissements étrangers,
aujourd'hui? Je voudrais que le chef de l'Opposition, puisqu'il dit que c'est
une question sérieuse, nous fasse grâce de cette ironie sur les
investissements étrangers pour le développement du Québec.
Mais je dis au chef de l'Opposition que c'est vrai que nous avons
été informés qu'il y avait une possibilité à
cet égard-là, mais il n'y a pas d'offre. Et, comme il n'y a pas
d'offre, je dois être très prudent dans
les déclarations que je peux faire, étant donné que
cette entreprise, que ces actions-là sont cotées à la
Bourse.
Le Président: En question complémentaire.
M. Parizeau: M. le Président, puisqu'il est évident
qu'il n'y aura pas d'offre formelle tant qu'on ne saura pas comment le premier
ministre du Québec réagit à cet égard, puis-je
demander au premier ministre du Québec: Est-ce qu'il est pour ou
contre?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: Pour un chef politique qui, dans le passé,
s'est vanté d'avoir contribué - puis probablement avec raison, en
partie à tout le moins - à l'établissement de la Caisse de
dépôt, il devrait connaître l'autonomie de la Caisse de
dépôt. Je veux dire, lui-même a mis en relief l'importance
que le gouvernement ou que les autorités politiques ne puissent pas
interférer dans le fonctionnement de la Caisse de dépôt.
Ça ne nous empêche pas de suivre la situation de très
près et de voir à ce que les intérêts du
Québec, les intérêts des travailleurs ou des fournisseurs
soient protégés. Mais il reste quand même que, selon la loi
même de la Caisse de dépôt, il y a une autonomie de la
Caisse de dépôt, et le gouvernement ne peut pas donner des ordres.
Quand il s'agit de protéger les fonds de pension des travailleurs, on
connaît les objectifs de la Caisse de dépôt,
c'est-à-dire que c'est le développement de l'économie,
mais la gérance des fonds, l'administration des fonds de pension, il y a
une autonomie qu'il nous faut quand même respecter.
Malgré tous les pouvoirs que veut bien m'accorder le chef de
l'Opposition, je ne vois pas en quoi c'est le premier ministre qui pourrait
dire à la Caisse de dépôt: Au lieu de faire ci, faites
ça, indépendamment de la loi.
Le Président: Alors, toujours en question
complémentaire.
M. Parizeau: M. le Président, il y a un pouvoir qu'ont le
ministre des Finances et le premier ministre, c'est de s'enquérir
auprès de la Caisse de dépôt. Le premier ministre sait-il
si la Caisse de dépôt est pour ou est contre la transaction?
Est-ce qu'elle va vendre ses actions ou si elle ne les vendra pas? Ça,
le premier ministre peut quand même obtenir ça de la Caisse!
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: Je demande au chef de l'Opposition d'être
quand même un peu responsable. Je veux dire, toutes ces
questions-là sont liées à différents
éléments qui sont en cause. Il y a des implications
financières. Il me semble qu'il y a eu des expériences, depuis
quelques années, qui ne rendent pas la prudence superflue.
Alors, ce que je dis au chef de l'Opposition, c'est que le gouvernement
est prêt à assumer ses responsabilités. Mais, encore une
fois, il me demande de faire des déclarations qui pourraient
immédiatement affecter les transactions à la Bourse sur cette
possibilité-là, avec les conséquences que ça peut
comporter.
Je lui demande de comprendre que le gouvernement, dans cette
question-là, est prêt à assumer ses fonctions, est
prêt à protéger l'intérêt du Québec et
des Québécois, mais il va le faire d'une façon
responsable.
Le Président: Toujours en question
complémentaire.
M. Parizeau: Dans l'esprit du premier ministre, est-ce que
l'intérêt du Québec implique inévitablement que le
contrôle de Provigo reste entre des mains québécoises? Oui
ou non?
Le Président: M. le premier ministre.
M. Bourassa: M. le Président, c'est clair que nous
recherchons, dans ces discussions, à protéger au maximum les
intérêts du Québec, et est-ce qu'on doit le faire à
n'importe quel prix? Je pense qu'on doit tout essayer, on doit voir quelles
sont les circonstances, quelle est la situation des entreprises en cause,
quelles sont les conséquences d'un choix plutôt qu'un autre,
quelles sont les conséquences pour les emplois, quelles sont les
conséquences pour les fournisseurs. Nous sommes tous conscients de ces
implications-là, mais je vous dis que le gouvernement, vis-à-vis
de la Caisse de dépôt, doit respecter son indépendance
d'action. Le chef de l'Opposition, lorsqu'il était ministre des
Finances, a eu probablement à conseiller ou à discuter avec les
dirigeants de la Caisse de dépôt, mais ça
m'étonnerait que le chef de l'Opposition, comme ministre des Finances,
ait dit au président de la Caisse de dépôt: Vous
n'êtes pas d'accord, mais je vous ordonne de faire ceci. Je crois que
ça ne devait pas être le type de relations entre M. Campeau et le
chef de l'Opposition.
Alors, ce que je lui dis, c'est que nous, en étant conscients du
sérieux de la situation, en étant conscients qu'il y a des
conséquences pour l'économie du Québec, nous voulons quand
même respecter l'autonomie de la Caisse de dépôt. Je dis au
chef de l'Opposition qu'il n'y a pas d'offre aujourd'hui, il n'y a pas d'offre.
J'ai été informé qu'il n'y avait pas d'offre. Alors,
raison de plus pour manifester une certaine circonspection dans les propos
qu'on doit tenir.
Le Président: En question principale, M. le
député d'Arthabaska.
Plan d'aide aux fournisseurs de Steinberg
M. Baril: Oui, M. le Président, dans la saga de Steinberg
et de Michel Gaucher, l'homme de confiance du gouvernement du Québec, ce
sont les petits fournisseurs du secteur de l'agro-alimentaire...
Des voix:...
Le Président: Un instant, s'il vous plaît! Non, non!
Un instant, s'il vous plaît! S'il vous plaît! Non, non! Un instant,
là! S'il vous plaît! J'ai reconnu une seule personne à qui
j'ai donné la parole, c'est le député d'Arthabaska, et
j'apprécierais qu'il n'y ait pas d'interpellations entre d'autres
députés. Alors votre question, M. le député, s'il
vous plaît.
M. Baril: Bon! Dans la saga de la déroute de Steinberg et
de Michel Gaucher, l'homme de confiance du gouvernement, ce sont les petits
fournisseurs du secteur agro-alimentaire qui sont les plus
écrémés. Ces fournisseurs n'ont pas été
payés, malgré les promesses qu'on leur a faites, et Steinberg
doit à ses entreprises 147 000 000 $. Plusieurs d'entre eux sont
actuellement en importante difficulté financière. Le ministre de
l'Agriculture devait préparer un plan pour venir en aide à ces
fournisseurs, mais ces derniers attendent toujours parce que, paraît-il,
ce plan aurait rencontré une vive opposition du ministre de l'Industrie,
du Commerce et de la Technologie.
Donc, ma question: Est-ce que le ministre de l'Agriculture a
préparé un tel plan et est-ce qu'il a été
présenté d'abord et accepté par le Conseil des
ministres?
Le Président: M. le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Picotte: M. le Président, non seulement le ministre de
l'Industrie et du Commerce n'a pas fait opposition au plan, mais il a
travaillé en étroite collaboration avec celui qui vous parle,
à la fois pour identifier - parce qu'il fallait identifier d'abord les
gens qui avaient des problèmes, qui étaient aux prises avec ce
qu'on a connu, le cas Steinberg... À partir de ce moment-là,
après qu'il y ait eu une certaine identification de peine et de
misère de la part de ceux qui avaient à recevoir des montants
d'argent de la part de Steinberg et de mon ministère, après que
nous avons identifié ça, le ministre de l'Industrie, du Commerce
et moi-même avons rencontré les gens concernés. Nous leur
avons donné toutes les explications. Nous leur avons dit que le dossier,
au mois de décembre, serait traite de la façon dont on doit le
traiter dans ces cas-là, nous verrions à faire une proposition au
gouvernement. Mais nous leur avons dit aussi qu'il serait illusoire de penser,
à chaque fois qu'il y a une faillite, que le gouver- nement s'en tienne
et s'en porte garant et responsable.
Ce n'est pas comme ça que ça va se passer, M. le
Président, dans des transactions qui se font entre particuliers dans le
monde des affaires, mais nous sommes prêts à considérer
avec nos programmes certaines modifications permettant d'aider ceux qui sont le
plus touchés. Alors, il n'y a pas eu d'opposition envers qui que ce
soit; au contraire, il y a eu une excellente collaboration de mon
collègue pour faire en sorte de trouver une solution. On proposera au
gouvernement, le temps venu, M. le Président, certaines modifications
à apporter pour tâcher d'aider ceux qui subissent des torts dans
ce dossier-là.
Le Président: En question complémentaire?
M. Léonard: Oui, complémentaire. (10 h 30)
Le Président: En complémentaire, M. le
député de Labelle.
M. Léonard: M. le Président, comment le ministre de
l'Industrie et du Commerce explique-t-il que le propriétaire responsable
de la déconfiture de Steinberg s'en tire avec la majeure partie des
actifs, 58 %, alors que les créanciers n'obtiennent que 30 %? Comment
explique-t-il que le propriétaire Socanav récolte 58 % des actifs
et passe avant les créanciers ordinaires?
Le Président: M. le ministre de l'Industrie, du Commerce
et de la Technologie.
M. Tremblay (Outremont): Je vous remercie beaucoup, M. le
Président. Nous assistons au double discours traditionnel de
l'Opposition.
Des voix:...
M. Tremblay (Outremont): Lorsque...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
S'il vous plaît! Un instant, là! Question de règlement.
M. Chevrette: M. le Président, pouvons-nous demander au
ministre de l'Industrie et du Commerce de répondre à la question
de fond qui est posée? Est-ce que c'est le langage uniforme du
gouvernement, ça, qui est toujours de favoriser les amis du
régime? C'est ça...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
À l'ordre, s'il vous plaît! M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): Lorsque, dans le dossier Steinberg,
sensiblement pour les mêmes raisons invoquées par le chef de
l'Opposition, l'importance de cette entreprise pour le Québec, nous
avons dû intervenir pour maintenir le contrôle
québécois, pour répondre aux attentes
légitimes des fournisseurs, entre autres, à la suite des
représentations de l'Union des producteurs agricoles du Québec,
et également pour protéger un parc immobilier très
important...
Alors, dans ce sens-là, il me semble qu'on ne peut pas
aujourd'hui reprocher au gouvernement d'avoir pris une décision dans le
meilleur intérêt du développement de ce secteur qui est
très important pour le Québec, parce que, après le fait,
on s'aperçoit qu'il y a eu des problèmes financiers. Alors, dans
ce sens-là, je demanderais à l'Opposition d'être
très responsable dans le dossier Provigo. Nous sommes au courant de ce
dossier depuis un certain temps. Le premier ministre a été
personnellement informé du dossier. C'est une compagnie publique. Alors,
laissez-nous travailler, et nous verrons en temps et lieu les décisions
qui seront prises.
Des voix: Oh! Oh!
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
Des voix:...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
À l'ordre, s'il vous plaît! Rapidement, pour une conclusion, M. le
ministre.
M. Tremblay (Outremont): Alors... Des voix:...
Le Président: Bon! S'il vous plaît! À
l'ordre, s'il vous plaît! J'entends quelqu'un qui dit: 200 ans de
démocratie. Ça comprend aussi le respect des procédures de
l'Assemblée et du décorum.
Des voix: Oui, oui. Des voix: Bravo! Bravo!
Le Président: Et du décorum. Simplement,
là-dessus... S'il vous plaît! Je comprends qu'il y a des
réactions qui sont normales, mais, quand la présidence demande
aux gens de garder le silence et que je reconnaisse la conclusion... Alors,
à ce moment-ci, en conclusion, M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): M. le Président, ce sont des
dossiers excessivement importants. Les achats de ces entreprises, au
Québec, représentent plus de 7 000 000 000 $. Alors, nous sommes
très sensibilisés à ces dossiers.
Dans le dossier Steinberg, pour revenir de façon plus
précise à la question, on s'était fixé quatre
objectifs: la protection maximale des emplois, le maintien du pouvoir d'achat
au Québec, la protection raisonnable des fournisseurs et le
remboursement des avances de la Société de développement
industriel du Québec.
Le Président: M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): Pour le député de Labelle,
il n'y a pas encore...
Le Président: m. le ministre. écoutez, je vous ai
demandé de conclure rapidement. je m'excuse, là, mais vous avez
déjà pris assez de temps sur... s'il vous plaît! s'il vous
plaît! s'il vous plaît! alors, sur un question
complémentaire, m. le député de labelle.
M. Léonard: M. le Président, est-ce que le ministre
reconnaît que le propriétaire Socanav récolte 58 % des
actifs et passe avant les créanciers ordinaires? Est-ce que le ministre
reconnaît que l'implication des fournisseurs et des franchisés
pour maintenir la valeur des actifs de Steinberg, le printemps dernier, a
favorisé ia Caisse de dépôt et placement, comme la SDI, et
qu'à ce titre ia Caisse est juge et partie dans le règlement qui
doit avoir lieu?
Le Président: M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): M. le Président, le
député de Labelle a une interprétation sélective du
dossier, il n'est pas informé de tous les renseignements. Il n'est pas
informé de tous les renseignements. Je réalise qu'à une
période de questions, à l'impossible nul n'est tenu. Je ne peux
pas, dans l'espace d'une minute, répondre à des
considérations aussi importantes que les dossiers qu'on discute. Si le
député de Labelle veut me rencontrer après la
période de questions, je vais lui donner toute l'information.
Des voix: Ah! Ah!
Le Président: S'il vous plaît! Alors, pour une
question complémentaire.
M. Léonard: Est-ce que le ministre reconnaît que le
propriétaire Socanav va s'en tirer, va récolter 58 % des actifs,
alors que les créanciers ordinaires vont récolter 30 % et,
finalement, passent après le propriétaire?
Une voix: Voilà!
Une voix: C'est clair!
Le Président: Alors, M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): M. le Président, je me suis
engagé, face aux petits fournisseurs, en présence de mon
collègue, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation, à ceci: Aucune décision ne sera prise dans ce
dossier sans que nous ayons l'opportunité de s'asseoir avec les petits
fournisseurs pour leur expliquer pourquoi on prend la décision. Aucune
entente n'est intervenue encore avec Steinberg. D'ailleurs, il va y avoir une
réunion tout à
l'heure, où Steinberg devra dire si, oui ou non, ils sont
d'accord avec certaines propositions connues des petits fournisseurs, que j'ai
rencontrés hier pour leur expliquer ce qui se passait. Ils sont
très satisfaits de l'entente qui pourrait avoir lieu pour
protéger les droits de la Société de développement
industriel. Le débat ne se fait pas à ce niveau-là, le
débat se fait au niveau de ce qui va arriver lorsque la
Société de développement industriel du Québec
récupérera certaines de ses avances. La marge de manoeuvre du
gouvernement, ce n'est pas d'injecter de nouveaux fonds dans l'aventure
Steinberg. C'est plutôt, à même des fonds que nous pourrions
récupérer par le biais d'une réalisation d'actifs de
Steinberg, d'aider, dans la mesure du possible, les petits fournisseurs.
Ça ne totalise pas 147 000 000 $. On parle de moins de 13 000 000 $, M.
le Président.
Des voix: Bravo!
Le Président: En question principale, M. le
député de Masson.
Études socio-économiques sur l'ouverture
de casinos au Québec
M. Blais: M. le Président, je voudrais, par votre
intermédiaire, redemander une question précise, légitime
et responsable au ministre du Tourisme concernant la décision prise par
son gouvernement d'ouvrir deux casinos.
En 1982, le gouvernement péquiste du Québec décide
de ne pas ouvrir de casino au Québec. La décision
négative, à l'époque, s'appuyait sur une gamme
d'études venant des milieux policier, social, financier et des
sociétés de loteries et courses. Entre autres, un rapport nous
disait, pour éclairer notre décision: Après avoir
analysé les différentes études sur ce sujet, nous
recommandons au gouvernement du Québec d'être contre le projet de
casino au Québec, car le nombre de rapports montre, hors de tout doute,
que la présence d'un casino ne constitue pas un remède efficace
à l'économie et aux problèmes économiques du
Québec. De plus, les groupes sociaux du Québec s'y objectent avec
fermeté. (10 h 40)
C'était la conclusion du mémoire présenté
par le Parti libéral du Québec sous la gouverne de M. le
député de Viger, M. «Cosmos» Maciocia. Je voudrais le
déposer, M. le Président.
Document déposé
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement au
dépôt du document? Donc, consentement.
Une voix: Dans le cosmos.
Le Président: Ce document est déposé. S'il
vous plaît! Alors, pour votre question maintenant, M. le
député.
M. Blais: Merci, M. le Président. Est-ce que le ministre,
qui nous refuse une commission parlementaire sur les casinos depuis plus de
deux ans, pourrait au moins déposer les études
socio-économiques qui ont fait que son parti a fait volte-face sur sa
décision antérieure et a ainsi décidé d'ouvrir des
casinos au Québec?
Le Président: M. le ministre du Tourisme.
M. Vallerand: M. le Président, je comprends qu'il y a au
moins deux volets dans la question du député de Masson. Le
premier volet, c'est celui qui s'adresse plus particulièrement à
ma compétence, c'est celui de l'incidence économique de
l'ouverture de casinos au Québec. Le député de Masson se
référait à des études de son parti gouvernemental
de 1982 qui, nous dit-il, ne traduisaient pas l'impact économique que,
nous, on y trouve en annonçant la création de ces deux casinos.
Ça ne me surprend pas, M. le Président, parce que l'ensemble des
avis économiques de ce parti du temps, qui était gouvernemental,
n'a jamais tellement bien servi l'ensemble de l'économie
québécoise. On a vu le résultat à partir de 1985,
lorsqu'on est arrivé au pouvoir. Donc, à ce titre-là, je
ne suis pas tellement impressionné.
Deuxièmement, lorsqu'il parle d'études relatives aux
impacts socio-économiques qu'ils avaient en main en 1982, possiblement,
mais je voudrais faire reconnaître au député de Masson que
les choses ont évolué depuis 14 ans. En ce qui a trait à
la dimension de la sécurité de ces impacts sociaux, il m'a
posé la question hier. J'ai dit: Le gouvernement a pris tous les moyens
pour la minimiser. Je demanderais, parce que je lui ai dit hier qu'il y avait
plusieurs compétences de visées, et ma compétence dans le
dossier n'est pas celle de la sécurité, à mon
collègue de répondre à ce volet de la question du
député de Masson.
Le Président: Question complémentaire.
M. Blais: Oui. Est-ce que le ministre, qui dit que la
société a évolué, pourrait évoluer, lui
aussi, et nous éclairer en déposant les études?
Des voix: Ha,ha, ha!
Le Président: M. le ministre.
M. Vallerand: M. le Président, c'est à se demander
si l'Opposition est à même d'avoir préparé ses
questions d'aujourd'hui. Elle semble être en manque de questions.
À ses questions qu'elle a posées hier, on a répondu et on
répond aujourd'hui que le gouvernement a pris toutes ses
responsabilités dans ce dossier, que la
dimension de la sécurité relève d'une
compétence au sein du gouvernement qui est celle du ministre de la
Sécurité publique.
Mais ce que je voudrais savoir, M. le Président, et je l'ai
mentionné, je l'ai sous-entendu hier, est-ce que l'Opposition
péquiste s'oppose, dans les circonstances, à la création
de 2000 emplois à Montréal, à des investissements de 57
000 000 $ et à des retombées économiques touristiques de
54 000 000 $?
Une voix: C'est ça! C'est exactement ça! Des
voix: Bravo!
Le Président: Toujours en question
complémentaire.
M. Blais: Est-ce que le ministre... Je le lui demande pour la
dernière fois, s'il veut avoir des appuis sur son projet, qu'il
dépose des études qui justifieraient que nous prenions position
dans la même lignée qu'il a prise. Il a fait volte-face, parce
qu'il y a eu des études. S'il y a eu des études, qu'il les
dépose. C'est raisonnable. Ça fait 23 fois qu'on les lui demande,
et il ne répond jamais à la question.
Des voix: Bravo!
Le Président: M. le député... Un instant!
Juste un petit instant! M. le ministre du Tourisme.
M. Va liera nd: Merci, M. le Président. Je pense qu'il y a
véritablement un problème de compréhension du
côté de l'Opposition. Ça peut s'expliquer. Ça peut
s'expliquer, parce que, quand il parle de volte-face de la part de notre
gouvernement, de la part du ministre du Tourisme dans le dossier des casinos,
bien au contraire, je pense que la ligne de conduite qu'on a adoptée
vis-à-vis de l'équipement en est une dont les résultats
sont connus depuis avant-hier, premièrement.
Deuxièmement, la ligne de conduite qu'on a suivie dans le cours
du cheminement de ce dossier, c'a été de prendre toutes les
dispositions, toutes les réflexions nécessaires, suffisantes pour
s'assurer que la dimension, comme je le disais hier, criminalisante est
minimisée. Encore une fois, de rendre publiques ces
études-là, mon collègue de la Sécurité
publique a émis les réserves, je pense, qui s'imposaient hier. Il
peut les répéter pour le profit du député de Masson
si ce dernier n'a pas encore compris. Mais le volteface, il ne vient pas du
côté du gouvernement, il vient du côté de
l'Opposition aujourd'hui, parce qu'elle est mal prise avec la
décision.
Le Président: En question principale, M. le
député de Labelle.
Plan de relance économique du
gouvernement
M. Léonard: M. le Président, 490 000
chômeurs, 432 000 ménages sur l'assistance sociale, 40 % de
décrochage chez les jeunes, des autobus bondés, des routes en
déroute. Et voilà maintenant que, pour faire accepter à
ses députés des régions l'ouverture des magasins le
dimanche, le gouvernement Bourassa leur a promis que, dans un proche avenir,
beaucoup plus de dépanneurs pourraient obtenir une valideuse de
Loto-Québec! Deux casinos, des achats impulsifs favorisés par
l'ouverture des commerces le dimanche. Et maintenant, ce matin, voilà
3000 valideuses additionnelles pour acheter l'appui des députés
libéraux à la loi 59.
M. le Président, est-ce que c'est là le plan de relance du
gouvernement? Est-ce que c'est là la chance qu'il offre aux
chômeurs de notre société? Est-ce que le ministre peut
répondre à ça?
Le Président: M. le ministre de l'Industrie, du Commerce
et de la Technologie.
M. Tremblay (Outremont): Quelle attitude simpliste, M. le
Président!
Des voix: Oui. Oui.
M. Tremblay (Outremont): En 1991, l'Association des
détaillants en alimentation nous a fait cinq demandes: la
première demande concernait Loto-Québec; la deuxième, la
contrebande de cigarettes; la troisième, l'extension des heures pour la
vente de bière et de vin; la quatrième, l'élargissement de
la gamme des produits de la Société des alcools du Québec;
et la cinquième, le respect de la loi 75.
Lors d'une récente rencontre, au mois de novembre 1992, les
mêmes demandes sont revenues, les quatre principales: Loto-Québec,
contrebande de cigarettes, extension des heures et élargissement de la
gamme. En ce qui concerne la loi 75, leur demande: Les dépanneurs
désirent connaître la position sur la règle de quatre et la
présence de produits alimentaires dans les pharmacies. Donc, ce n'est
pas sur le principe de la libéralisation des heures d'ouverture. Ils
voulaient connaître comment le gouvernement va faire respecter la
nouvelle disposition de quatre, et nous leur avons donné les
explications pertinentes.
En ce qui concerne les valideuses, c'est une demande qui
relève... depuis au moins une année. Ça n'a rien à
faire avec les heures d'ouverture. La décision, le consensus sur les
heures d'ouverture, ça a été à Lac-Beauport, il y a
un mois. Ça a été annoncé par le
député de Sauvé, président du caucus, par le
premier ministre et également par le ministre de l'Industrie, du
Commerce et de la Technologie. Je ne dis pas et nous n'avons jamais
prétendu qu'il y a l'unanimité au sein du
caucus du Parti libéral, comme il n'y a pas l'unanimité
dans l'Opposition non plus...
Une voix: C'est ça. Des voix: Bravo! Bravo!
Le Président: Alors, en conclusion, M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): Tout ce que nous disons, c'est que nous
sommes aussi sinon plus sensibles à l'intérêt des petits
commerçants, et c'est dans ce sens-là que certains
députés, entre autres le député de Vimont, pour en
nommer un, a répété encore une fois les demandes des
fournisseurs. Et nous avions...
Le Président: M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): ...pris une décision qui a
été annoncée au caucus. Alors, il ne faut pas lier la
décision du caucus...
Le Président: M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): ...avec le fait que le caucus serait
divisé sur la libéralisation des heures d'ouverture des commerces
le dimanche.
Des voix: Bravo!
Le Président: S'il vous plaît, oui. Alors, M. le
député de Labelle, en question complémentaire.
M. Léonard: M. le Président, puis-je savoir du
ministre si les députés libéraux voteront pour la loi 59,
pour l'ouverture des commerces le dimanche, ou bien pour les 3000
valideuses?
Des voix: Ha,ha, ha!
Le Président: M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): M. le Président...
Des voix:...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
M. Tremblay (Outremont): ...c'est très mal connaître
l'équipe libérale.
Des voix: Ha,ha, ha!
M. Tremblay (Outremont): C'est très mal
connaître...
Des voix:...
Le Président: S'il vous plaît! À l'ordre,
s'il vous plaît! M. le ministre. (10 h 50)
M. Tremblay (Outremont): La décision sur les heures
d'ouverture des commerces a pris en considération trois principes
importants: les besoins réels des consommateurs et des consommatrices -
vous n'en parlez pas souvent - l'égalité des commerçants
et des commerçantes devant la loi et la protection de la qualité
de vie, notamment celle des travailleurs et des travailleuses.
C'est dans cette optique que le gouvernement a agi. Et lorsque les
députés seront appelés - on espère toujours le
consentement de l'Opposition - à se prononcer, ils vont se prononcer en
fonction de cette vision globale du dossier.
En ce qui concerne les représentations légitimes qui sont
faites par de nombreux députés de la deputation
ministérielle, nous les prenons en considération. C'est vrai que
nous avons discuté de ça mardi, mais on n'a jamais remis en
question le consensus qui a été fait sur les principes mis de
l'avant par le gouvernement.
Le Président: Pour une question complémentaire.
M. Léonard: M. le Président, le ministre aurait-il
oublié que les ventes au détail devaient augmenter de 1 %?
Le Président: M. le ministre.
M. Tremblay (Outremont): M. le Président, ce que nous
avons dit, et nous le maintenons, c'est qu'une libéralisation des heures
d'ouverture des commerces le dimanche favorisera la très grande
majorité des commerçants. Et, selon nos hypothèses, il y
aura une augmentation de ventes de 1 %. Il faut dire que depuis l'ouverture des
commerces le dimanche, en Ontario, toutes proportions gardées, les
ventes ont augmenté de 2,6 %. Nous considérons que nous sommes
conservateurs.
Alors, dans ce sens-là, ce que nous avons dit, c'est que cette
mesure s'intègre dans une vision globale du développement
économique du Québec de toutes les mesures qui ont
été annoncées tout à l'heure... D'ailleurs, je vois
le chef de l'Opposition qui considère que l'opération Reprise PME
de 60 000 000 $ c'est, entre autres, pour aider les petits fournisseurs de
Steinberg, M. le chef de l'Opposition.
Le Président: En question additionnelle. M. le leader de
l'Opposition.
M. Chevrette: M. le Président, en additionnelle au premier
ministre. Est-ce que le premier ministre ne considère pas que c'est
anormal de percevoir le type de société de demain pour les
chômeurs, les démunis ainsi que les pauvres et les sans-emploi...
que les seules perspectives d'avenir que leur offre son gouvernement, c'est
de pouvoir acheter un gratteux plus facilement, avoir des espoirs de
gains dans les casinos et jouer au poker de façon illégale?
Est-ce que c'est ça, le type-Le Président: M. le premier
ministre.
M. Bourassa: Je m'attendais à une question à cet
égard-là du chef de l'Opposition. J'aurais eu l'occasion
d'énumérer tout ce qui a été fait. D'abord, on
pourrait mentionner les différents budgets, les milliards et les
milliards que nous avons donnés pour l'économie
québécoise. Quand on regarde, M. le Président... Quand on
regarde les...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
M. Bourassa: Non, mais je regarde les différents budgets,
les crédits d'impôt, les investissements.
Une voix: Que nous avons donnés?
M. Bourassa: Bien, que le gouvernement...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît! Je
vais demander votre collaboration. Il y a une question de posée, la
question est posée, le premier ministre doit répondre. Si vous
interpellez continuellement, puis qu'on élargit le débat,
ça va prendre beaucoup plus de temps, et vous serez les premiers
à vous plaindre que c'est trop long à répondre. Alors, M.
le premier ministre, à la question posée par le leader de
l'Opposition.
M. Bourassa: C'est vrai que je suis interpellé
continuellement par le leader parlementaire de l'Opposition, lui-même
interpellé - c'est l'expression qui a été utilisée
par le président de l'Assemblée nationale. Le leader avait
demandé une suspension, on avait une suspension de séance...
Le Président: Un instant, M. le premier ministre, s'il
vous plaît. Alors, je vous demande de répondre à la
question. Des deux côtés, j'apprécierais grandement qu'on
cesse continuellement d'interagir, s'il vous plaît, comme le
prévoit le règlement. Et je reconnais une personne. À la
question, M. le premier ministre.
M. Bourassa: M. le Président, le leader parlementaire me
pose une question sur les mesures que nous avons adoptées pour relancer
l'économie. Je parle des fonds qui ont été rendus
accessibles par les budgets. Je pourrais mentionner toutes les mesures qui ont
été annoncées depuis une dizaine de jours. Je vois encore
le chef de l'Opposition sourire. Je crois qu'il devrait regarder de nouveau son
fameux plan de relance. Son fameux... Lui qui l'avait annoncé comme un
événement historique, alors que, finalement, ça
été accueilli par un immense éclat de rire au
Québec.
Des voix: Bravo! Bravo!
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
S'il vous plaît! Alors, pour une question principale, M. le
député de La Prairie.
Type d'audiences pour étudier des projets de
cogénération
M. Lazure: Merci, M. le Président. Actuellement, plusieurs
projets de cogénération, dont six approuvés par
Hydro-Québec, sont à l'étude au ministère de
l'Environnement. Pour chacun de ces projets, il se peut que le Bureau
d'audiences publiques soit mandaté pour procéder à des
audiences.
On se souviendra qu'il y a deux ans maintenant, le ministre de
l'Environnement refusait la demande d'audience au Mouvement Au Courant, pour un
projet à Trois-Rivières, sous prétexte qu'il y aurait des
audiences génériques, c'est-à-dire des audiences sur les
principes et les technologies générales. On ne sait toujours pas
où loge le ministre de l'Environnement, mais on sait où sa
collègue de l'Énergie et des Ressources veut aller,
c'est-à-dire vers des audiences particulières.
La question toute simple au ministre de l'Environnement: Est-ce qu'il
peut nous dire ce qu'il va faire, où est-ce qu'il loge,
génériques, individuelles, les deux ou rien ou quoi?
Le Président: Alors, M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Le ministre de l'Environnement
reçoit de divers promoteurs des projets de cogénération
comme tels, et lorsque les avis de projets sont adressés au
ministère de l'Environnement du Québec, à compter de ce
moment-là, le ministre de l'Environnement applique la loi et les
règlements.
Le Président: En question complémentaire.
M. Lazure: M. le Président, est-ce que je dois comprendre
que le ministre ne se souvient pas d'avoir dit qu'il y aurait des audiences
génériques? Et, s'il a dit qu'il y en aurait, est-ce qu'il dit
encore ça ou s'il dit autre chose? Est-ce qu'il a encore l'habitude
d'abdiquer ses responsabilités? Est-ce qu'il peut dire aux
investisseurs, oui ou non, ce qui va arriver?
Le Président: Alors, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): M. le Président, lorsque le
ministre de l'Environnement sera saisi d'une demande d'audiences
génériques, si le cas se produit, le ministre en disposera
selon la loi et les règlements.
Le Président: Toujours en complémentaire.
M. Lazure: M. le Président, est-ce que le ministre ne se
souvient pas que ses paroles ont été consignées un peu
partout? Et, au moins par respect pour les investisseurs et les chômeurs
qui veulent des emplois, sur au moins six projets retenus par
Hydro-Québec, est-ce qu'il peut nous dire, oui ou non, si c'est lui qui
va l'emporter ou si c'est la ministre de l'Énergie? Est-ce qu'il tient
encore aux audiences génériques, oui ou non?
Le Président: M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): M. le Président, je
souhaiterais que le député de La Prairie discute un peu plus au
moins avec les propres membres de son caucus. Demandez donc à Mme la
députée de Johnson, qui attend un projet d'investissement
important dans son comté, si elle souhaite, en plus des audiences
particulières, avoir des audiences génériques, et elle va
vous répondre.
Des voix: Ha,ha, ha!
Des voix: Bravo! Bravo! Bravo!
Le Président: Alors, pour une question
complémentaire, M. le... Un instant! S'il vous plaît! En question
complémentaire, M. le député de La Prairie.
M. Lazure: M. le Président, est-ce que le ministre, au
lieu de rechercher les applaudissements, pourrait relire la question que je lui
ai posée, quand il aura un instant? C'est précisément pour
mettre fin à l'incertitude autant dans le comté de Johnson que
dans le comté de Pointe-aux-Trembles, dans le comté de
Lac-Saint-Jean et trois autres comtés qu'on lui demande, oui ou non,
s'il maintient sa vieille idée de faire des audiences
génériques ou s'il y aura simplement des audiences
individuelles?
Le Président: Alors, M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Le ministre de l'Environnement
répond aux demandes qui lui sont adressées. Les demandes qui me
sont adressées présentement visent des cas particuliers et, dans
ces cas particuliers, la loi et la réglementation s'appliquent.
Le Président: Alors, en question principale M. le
député de Laviolette.
M. Jolivet: Merci, M. le Président. À l'annonce de
la vente de la cartonnerie de la compagnie Produits forestiers Canadien
Pacifique
Itée...
(11 heures)
Le Président: S'il vous plaît! À l'ordre,
s'il vous plaît! S'il vous plaît! Alors, question principale.
Recyclage de rebuts de carton en provenance des
États-Unis
M. Jolivet: Je reprends, M. le Président. À
l'annonce de la vente de la cartonnerie de la compagnie Produits Forestiers
Canadien Pacifique de Matane, le ministre avait interpellé les
producteurs de bois du Bas-Saint-Laurent en leur indiquant qu'ils pourraient se
porter acquéreurs de cette entreprise.
Nous apprenions - et cela, avec consternation dans le milieu - que la
cartonnerie n'était plus à vendre et qu'elle s'orientait
dorénavant vers le recyclage de rebuts de carton en provenance des
États-Unis. La décision qui est difficilement explicable de la
part de la compagnie de refuser l'offre conjointe du Syndicat des producteurs
de bois du Bas-Saint-Laurent et de Cascades risque de causer des torts
irréparables à l'économie de cette région
déjà en difficulté, dont un grand nombre de producteurs de
bois et des petites usines comptant sur la livraison de bois rond et de copeaux
à cette usine afin de permettre à ces usines et à ce
syndicat de pouvoir mieux survivre.
J'aimerais savoir de la part du ministre des Forêts quelles sont
ses intentions pour empêcher l'introduction au Québec de rebuts
américains au détriment des gens qui, dans le milieu, veulent
préserver leur emploi?
Le Président: M. le ministre des Forêts.
M. Côté (Rivière-du-Loup): M. le
Président, je me serais attendu à ce que le député
de Laviolette me parle plutôt de l'usine de Canadien Pacifique à
Trois-Rivières et des volumes qui ont été
libérés dans sa région, étant donné que
c'est un problème qui date de quelque temps.
En ce qui concerne l'usine de Canadien Pacifique à Matane,
lorsque Canadien Pacifique m'a informé de son intention d'opérer
à partir de fibres recyclées en totalité,
c'est-à-dire à 100 %, suite à une entente qui a
été prise avec le ministère de l'Environnement pour
prendre soin des problèmes de pollution, j'ai immédiatement, M.
le Président, averti le syndicat de faire une tentative pour se porter
acquéreur de cette usine-là, étant donné que le
défi pour le syndicat n'était pas plus grand dans ce
cas-là que dans le cas des projets antérieurs,
c'est-à-dire le projet d'usine de panneaux gaufrés que le
syndicat avait mis sur pied lors du sommet économique de 1988 ou, aussi,
avec le projet de Stake Tech. pour une usine de pâtes.
Le syndicat a négocié au tout début de
façon assez timide avec Canadien Pacifique. Par après,
j'ai réuni tous les intervenants au bureau et il y a eu... Une semaine
avant, le syndicat avait trouvé comme partenaire Cascades. Vous
admettrez, M. le Président, que ça a pris du temps avant de
trouver un partenaire dans le milieu. L'offre qui a été faite
dernièrement fait en sorte que Canadien Pacifique a décidé
de ne plus vendre l'usine et de se diriger entièrement à partir
de fibres recyclées. On ne peut pas aller contre une décision de
cette nature-là, étant donné que le gouvernement n'a pas
eu à intervenir au moyen de subventions pour aider l'entreprise à
prendre cette décision-là.
Le Président: Alors, c'est la fin de la période des
questions.
Votes reportés
Nous allons procéder aux votes reportés. J'invite les
députés à prendre place, s'il vous plaît.
Adoption du projet de loi 46
Je mets maintenant aux voix la motion de M. le ministre des Transports
proposant l'adoption du projet de loi 46, Loi modifiant la Loi sur la
Société de l'assurance automobile du Québec. Que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever, s'il
vous plaît.
Le Secrétaire adjoint: M. Bourassa (Saint-Laurent), M.
Paradis (Brome-Missisquoi), Mme Gagnon-Tremblay (Saint-François), M.
Rémillard (Jean-Talon), Mme Bacon (Chomedey), M. Ryan (Argenteuil), M.
Côté (Charlesbourg), M. Dutil (Beauce-Sud), M. Côté
(Rivière-du-Loup), M. Val-Hères (Richmond), M. Vallerand
(Crémazie), M. Elkas (Robert-Baldwin), M. Tremblay (Outremont), M.
Savoie (Abitibi-Est), M. Rivard (Rose-mont), Mme Robic (Bourassa), M.
Middlemiss (Pontiac), Mme Frulla-Hébert (Marguerite-Bour-geoys), M.
Cherry (Sainte-Anne), M. Johnson (Vaudreuil), M. Picotte (Maskinongé),
M. Ciaccia (Mont-Royal), Mme Robillard (Chambly), M. Blackburn (Roberval), Mme
Bleau (Groulx), M. Maciocia (Viger), M. Maltais (Saguenay), M. Kehoe
(Chapleau), Mme Trépanier (Dorion), M. Cannon (La Peltrie), M. Philibert
(Trois-Rivières), M. Beaudin (Gaspé), M. Chagnon (Saint-Louis),
Mme Dionne (Kamouraska-Témiscouata), M. Hamel (Sherbrooke), M. Doyon
(Louis-Hébert), Mme Begin (Bellechasse), Mme Pelchat (Vachon), M. Marcil
(Salaberry-Soulanges), M. Lemire (Saint-Maurice), M. Leclerc (Taschereau), M.
Poulin (Chauveau), M. Thérien (Rousseau), M. Tremblay (Rimouski), M.
Benoit (Orford), M. Williams (Nel-ligan), M. Dauphin (Marquette), M. Farrah
(îïes-de-la-Madeleine), M. Fradet (Vimont), M. Le-mieux (Vanier), M.
Richard (Nicolet-Yamaska), M. Charbonneau (Saint-Jean), M. Bradet (Charle-
voix), M. Gauvin (Montmagny-L'lslet), M. Chenail (Beauharnois-Huntingdon), M.
Gautrin (Verdun), M. Forget (Prévost), M. LeSage (Hull), M. Gobé
(LaFontaine), Mme Hovington (Matane), M. Joly (Fabre), M. Lafrenière
(Gatineau), M. Bordeleau (Acadie), Mme Boucher Bacon (Bourget), M. Parent
(Sauvé), Mme Bélanger (Mégantic-Compton), M. Camden
(Lotbinière), M. Brouillette (Cham-plain), M. Audet (Beauce-Nord), M.
Després (Li-moilou), Mme Loiselle (Saint-Henri), M. Khelfa (Richelieu),
M. Lafrance (Iberville), M. MacMillan (Papineau).
Le Président: Que les députés qui sont
contre cette motion veuillent bien se lever, s'il vous plaît.
Le Secrétaire adjoint: M. Chevrette (Joliette), M. Perron
(Duplessis), Mme Blackburn (Chicoutimi), M. Biais (Masson), Mme Marois
(Taillon), M. Garon (Lévis), Mme Harel (Hoche-laga-Maisonneuve), M.
Jolivet (Laviolette), M. Baril (Arthabaska), Mme Juneau (Johnson), Mme Caron
(Terrebonne), M. Dufour (Jonquière), M. Lazure (La Prairie), M. Gendron
(Abitibi-Ouest), M. Brassard (Lac-Saint-Jean), M. Léonard (Labelle), Mme
Vermette (Marie-Victorin), M. Paré (Shefford), M. Boulerice
(Sainte-Marie-Saint-Jacques), M. Morin (Dubuc), M. Filion (Montmorency), M.
Holden (Westmount), M. Boisclair (Gouin), M. Bourdon (Pointe-aux-Trembles), M.
Trudel (Rouyn-Noranda-Témiscamingue), Mme Dupuis (Verchères), M.
Beaulne (Bertrand), Mme Carrier-Perreault (Les Chutes-de-la-Chaudière),
M. Bélanger (Anjou).
M. Libman (D'Arcy-McGee).
Le Président: Est-ce qu'il y a des abstentions?
Le Secrétaire adjoint: M. St-Roch (Drum-mond).
Le Secrétaire: pour: 74 contre: 30 abstentions: 1
Le Président: Alors, la motion est donc
adoptée.
Rapport de la commission de l'aménagement et
des équipements sur le projet de loi 55
Je mets maintenant aux voix le rapport de la commission de
l'aménagement et des équipements sur le projet de loi 55, Loi
modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives.
Que les députés en faveur de cette motion veuillent bien
se lever, s'il vous plaît.
Des voix: Même vote. Même vote. (11 h 10)
Le Président: Même vote pour la partie
gouvernementale, même vote pour l'Opposition officielle. M. le
député, même vote? M. le député?
M. St-Roch: Contre, M. le Président.
Le Président: M. le député de Drummond
s'inscrit contre la proposition.
Le Secrétaire: pour: 74 contre: 31 abstentions: 0
Le Président: La motion est donc adoptée.
Motions sans préavis
Nous allons maintenant procéder aux motions sans
préavis.
M. le premier ministre.
Nomination de Mme Laurie A. Miller à la
Commission d'accès à l'information
M. Robert Bourassa
M. Bourassa: M. le Président, conformément aux
articles 104 et 105 de la loi sur l'accès à l'information, il me
fait plaisir de proposer que Mme Laurie A. Miller, avocate, soit nommée
membre de la Commission d'accès à l'information pour un mandat de
cinq ans à compter du 5 janvier 1993, la rémunération, les
avantages sociaux et les autres conditions de travail de Me Miller étant
ceux contenus dans ce document qu'il me fait plaisir de déposer.
Document déposé
Le Président: Alors, il y a consentement au
dépôt du document.
Une voix: Consentement.
Le Président: Donc, la motion est déposée...
le document est déposé.
Je vous informe que, pour être adoptée, cette motion doit,
en vertu de l'article 104 de la Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels,
être approuvée par au moins les deux tiers des membres de
l'Assemblée. Elle doit donc obligatoirement être suivie d'un vote
par appel nominal.
Mise aux voix
Nous allons procéder au vote par appel nominal sur cette
motion.
Que ceux et celles qui sont en faveur de cette motion veuillent bien se
lever, s'il vous plaît.
Le Secrétaire adjoint: M. Bourassa (Saint-Laurent), M.
Paradis (Brome-Missisquoi), M. Bis-sonnet (Jeanne-Mance), Mme Gagnon-Tremblay
(Saint-François), M. Rémillard (Jean-Talon), Mme Bacon
(Chomedey), M. Ryan (Argenteuil), M. Côté (Charlesbourg), M. Dutil
(Beauce-Sud), M. Côté (Rivière-du-Loup), M.
Vallières (Richmond), M. Vallerand (Crémazie), M. Elkas
(Robert-Baldwin), M. Tremblay (Outremont), M. Savoie (Abitibi-Est), M. Rivard
(Rosemont), Mme Robic (Bourassa), M. Middlemiss (Pontiac), Mme
Frulla-Hébert (Marguerite-Bourgeoys), M. Cherry (Sainte-Anne), M.
Johnson (Vaudreuil), M. Picotte (Maskinohgé), M. Ciaccia (Mont-Royal),
Mme Robillard (Cham-bly), M. Blackburn (Roberval), Mme Bleau (Groulx), M.
Maciocia (Viger), M. Maltais (Sague-nay), M. Kehoe (Chapleau), Mme
Trépanier (Do-rion), M. Cannon (La Peltrie), M. Philibert
(Trois-Rivières), M. Beaudin (Gaspé), M. Chagnon (Saint-Louis),
Mme Dionne (Kamouraska-Témis-couata), M. Hamel (Sherbrooke), M. Dbyon
(Louis-Hébert), Mme Bégin (Bellechasse), Mme Pelchat (Vachon), M.
Marcil (Salaberry-Sou-langes), M. Lemire (Saint-Maurice), M. Leclerc
(Taschereau), M. Poulin (Chauveau), M. Thérien (Rousseau), M. Tremblay
(Rimouski), M. Benoit (Orford), M. Williams (Nelligan), M. Dauphin (Marquette),
M. Farrah (îles-de-la-Madeleine), M. Fradet (Vimont), M. Lemieux
(Vanier), M. Richard (Nicolet-Yamaska), M. Charbonneau (Saint-Jean), M. Bradet
(Charlevoix), M. Gauvin (Mont-magny-L'Islet), M. Chenail
(Beauhamois-Hunting-don), M. Gautrin (Verdun), M. Forget (Prévost), M.
LeSage (Hull), M. Gobé (LaFontaine), Mme Hovington (Matane), M. Joly
(Fabre), M. Lafre-nière (Gatineau), M. Bordeleau (Acadie), Mme Boucher
Bacon (Bourget), M. Parent (Sauvé), Mme Bélanger
(Mégantic-Compton), M. Camden (Lotbinière), M. Brouillette
(Champlain), M. Audet (Beauce-Nord), M. Després (Limoilou), Mme
Loi-selle (Saint-Henri), M. Khelfa (Richelieu), M. La-france (Iberville), M.
MacMillan (Papineau).
M. Chevrette (Joliette), M. Perron (Duples-sis), Mme Blackburn
(Chicoutimi), M. Biais (Mas-son), Mme Marais (Taillon), Mme Harel
(Hoche-laga-Maisonneuve), M. Joli vet (Laviolette), M. Baril (Arthabaska), Mme
Juneau (Johnson), Mme Caron (Terrebonne), M. Lazure (La Prairie), M. Gendron
(Abitibi-Ouest), M. Brassard (Lac-Saint-Jean), M. Léonard (Labelle), Mme
Vermette (Ma-rie-Victorin), M. Paré (Shefford), M. Morin (Du-buc), M.
Holden (Westmount), M. Boisclair (Gouin), M. Bourdon (Pointe-aux-Trembles), M.
Trudel (Rouyn-Noranda-Témiscamingue), Mme Du-puis (Verchères), M.
Beaulne (Bertrand), Mme Carrier-Perreault (Les Chutes-de-la-Chaudière),
M. Bélanger (Anjou).
M. Libman (D'Arcy-McGee).
M. St-Roch (Drummond).
Le Président: Que les députés qui sont
contre cette motion veuillent bien se lever, s'il vous plaît.
Que ceux qui s'abstiennent veuillent bien se lever, s'il vous
plaît.
Le Secrétaire adjoint: M. Garon (Lévis), M. Dufour
(Jonquière), M. Boulerice (Sainte-Marie-Saint-Jacques), M. Filion
(Montmorency).
Des voix:...
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
S'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Je sollicite, pour une xième fois
aujourd'hui... S'il vous plaît! Écoutez, la procédure d'un
vote est extrêmement importante. Le vote n'est pas terminé tant
que le résultat n'est pas annoncé. Je vous demanderais, s'il vous
plaît, de respecter la procédure de la Chambre. Alors, M. le
secrétaire général. le secrétaire: pour: 102
contre: 0 abstentions: 4
Le Président: Donc, la motion est adoptée.
Avis touchant les travaux des commissions
Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader du
gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président.
J'avise cette Assemblée qu'aujourd'hui après les affaires
courantes jusqu'à 12 heures, de 15 heures à 18 heures et de 20
heures à 23 heures...
Le Président: Un instant, M. le leader. Je vais demander
la collaboration de l'ensemble des députés. Il y a un
décorum à respecter à l'Assemblée, entre autres
choses, principalement, on ne devrait jamais passer entre l'orateur et celui
qui a la parole, ce à quoi on a contrevenu à l'instant
même, ni passer entre la masse et le président. C'est dans le
décorum de l'Assemblée. Si on veut une institution qui va de soi,
on fête 200 ans de système parlementaire, je vous demande de
respecter l'institution et les règles qui ont été
établies.
Effectivement, nous sommes à la période des affaires
courantes, on donne les informations sur les travaux de la journée, et
je constate, comme toujours, que les parlementaires se lèvent, quittent
en parlant, empêchant les collègues qui sont assis d'entendre les
avis importants pour la journée. Les autres qui s'en vont, bien, je me
dis: Peut-être qu'on se fout un peu des travaux de la Chambre. Alors, je
vous demanderais de respecter intégralement... Ce n'est pas la
première fois que je le demande. Depuis trois ans, à de multiples
occasions, je l'ai exigé, mais ce matin, je pense que ça
«dévase le vorde» un peu... ça «dévase
le vorde»...
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Président: Ça déborde le vase!
Des voix: Ha, ha, ha!
Des voix: Ça va mal!
Le Président: Oui, ça va mal! Alors, simplement,
moi, je pense, en toute honnêteté, que l'occasion est propice
aujourd'hui de le faire.
Alors, je vous rappelle encore une fois à l'ordre
là-dessus. Je ne pense pas que, comme président, ce soit
acceptable que je doive me relever à tout moment et solliciter la
collaboration des collègues. Une fois ou deux peuvent être
suffisantes dans certains cas, mais jamais autant de fois que ce matin, et
surtout pas au moment des avis comme je l'ai répété.
Particulièrement cette semaine, ça a été vraiment
incroyable, l'attitude que plusieurs parlementaires ont adoptée. Donc,
si vous voulez quitter l'Assemblée, vous le faites en silence; sinon,
gardez vos places et respectez vos collègues qui doivent entendre les
avis du leader.
M. le leader, vous avez la parole.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Merci, M. le Président.
J'avise donc cette Assemblée qu'aujourd'hui après les affaires
courantes jusqu'à 12 heures, de 15 heures à 18 heures et de 20
heures à 23 heures, à la salle Louis-Hippolyte-LaFon-taine, la
commission de l'éducation poursuivra ses auditions publiques dans le
cadre de la consultation générale sur l'enseignement
collégial québécois. (11 h 20)
Je rappelle également à cette Assemblée
qu'après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et, si
nécessaire de 15 heures à 18 heures et de 20 heures à 24
heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau, la commission des institutions
entendra les intéressés et procédera à
l'étude détaillée des projets de loi
d'intérêt privé suivants, et ce dans l'ordre
ci-après indiqué: projet de loi 205, Loi concernant la succession
de Herbert James Symington; projet de loi 208, Loi concernant certaines
fiducies constituées au bénéfice de Marian Webster Taylor.
Merci, M. le Président.
Le Président: Alors, merci, M. le leader, et merci de
votre collaboration.
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. M. le
député de Montmorency.
M. Filion: M. le Président, j'aimerais à nouveau
m'adresser au leader pour lui demander ce qui bloque vraiment le
dépôt du projet de loi 233 pour la ville de Beauport. À
toutes fins
pratiques, on est d'accord avec ce projet de loi qui corrige un
problème technique de transition de la loi municipale avec la
réforme 145. J'aimerais savoir pourquoi le leader retarde ce
dépôt-là où les gens doivent avoir des
réponses rapidement dans l'application de la loi.
Le Président: M. le leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Je tiens à
préciser au député qu'il est de l'intention du
gouvernement d'appeler le projet de loi concernant la ville de Beauport. C'est
une question d'agencement de nos travaux, mais il est de notre intention de
l'appeler avant que nous ne terminions cette session parlementaire.
Le Président: Oui, M. le leader... M. Chevrette: Ah
non! Allez-y.
Le Président: D'accord. M. le député de
Gouin.
M. Boisclair: M. le Président, le ministre de la Justice
ainsi que le ministre de la Sécurité publique ont, hier, pris
avis d'une question que je leur adressais. Je voudrais obtenir la garantie du
leader que nous aurons réponse à ces questions avant
l'ajournement de la session.
Le Président: M. le leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Je vais vérifier avec les
ministres impliqués et leur demander d'apporter leur plus entière
collaboration, de façon à ce que les députés qui
posent des questions obtiennent des réponses.
Le Président: M. le leader de l'Opposition.
M. Chevrette: Oui, M. le Président. C'est sur le
déroulement des travaux comme tel. On vient d'avoir un bel exemple,
à la suite de la question du député de Montmorency. Quand
ce sont des projets de loi, M. le Président, qui, à plus forte
raison, ne font pas problème, on a toujours la fâcheuse habitude
de les déposer la dernière journée de la session, ces
projets de loi qui, normalement, auraient dû suivre un processus
normal... Vous vous rappellerez, il y a huit ou neuf jours, j'avais posé
la question personnellement en cette Chambre pour que le projet de loi suive le
processus normal d'adoption. On se fout de tout le monde et à force de
répétitions, quand on voit qu'il n'y a plus personne qui est
contre, là, on dit: Ah oui! c'est de notre intention de l'appeler alors
que vous vous rappellerez, il y a huit jours, qu'il était de l'intention
de ne pas l'appeler.
Moi, je trouve ça... Sur le plan du parlementarisme, à
partir du fait qu'on fête aujourd'hui les 200 ans, parce que le 17
décembre 1792,
M. le Président, on avait précisément la
première session du Parlement, à mon point de vue, je trouve
qu'on dégrade le Parlement quand on agit ainsi et on fait en sorte, M.
le Président, qu'on ridiculise le processus législatif
lui-même.
Le Président: Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Sur ces remarques du leader
de l'Opposition officielle, je lui rappellerai tout simplement que nous aurions
eu des opportunités, au cours des derniers jours et même de la
semaine dernière, d'appeler ce projet de loi, mais, compte tenu que la
commission de l'aménagement et des équipements était
occupée par le projet de loi 55, le projet de loi 56, des projets de loi
d'intérêt public importants et qu'il n'y a pas eu
possibilité de pourvoir à la création d'une
sous-commission, nous nous retrouvons dans une situation difficile.
Le Président: M. le député de La
Prairie.
M. Lazure: Oui. Dans le cadre des renseignements à
l'Assemblée nationale, M. le Président, j'aimerais demander au
leader s'il veut bien avoir l'amabilité de s'adresser au ministre de
l'Environnement pour qu'il réponde le plus tôt possible à
la question écrite posée le 3 juin dernier, concernant les tarifs
dans les différents organismes qui relèvent de son
ministère.
Le Président: Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, ça va être fait,
là, plus rapidement que ne peut le prévoir le
député de La Prairie.
Le Président: M. le député de
D'Arcy-McGee.
M. Libman: Oui, M. le Président. J'ai posé une
question mardi à la ministre des Affaires culturelles qui a pris avis de
la question. C'est une question qui a besoin d'une réponse avant le mois
de février prochain. Du fait que peut-être aujourd'hui ou, au plus
tard, demain ce sera la dernière journée de la session, je veux
juste savoir si la ministre des Affaires culturelles va revenir avec la
réponse à cette question dont elle a pris avis.
Le Président: M. le leader.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Je suis convaincu que Mme la
ministre des Affaires culturelles va revenir. Maintenant, je vais lui indiquer
qu'il serait souhaitable qu'elle revienne avec la réponse.
Le Président: Alors, s'il n'y a pas d'autre
question, donc c'est la fin des affaires courantes.
Nous devrions procéder aux affaires du jour maintenant. Je
comprends qu'il y a consentement de l'Assemblée pour que nous
suspendions dès maintenant les travaux réguliers qui reprendront
à 15 heures cet après-midi.
Se déroulera dans une vingtaine de minutes ici, à
l'Assemblée, une cérémonie commémorant la
première séance de l'Assemblée du Bas-Canada, le 17
décemre 1792. Je vous convie donc à être de retour à
l'Assemblée, ici, dans 20 minutes, soit à 11 h 45. Alors, les
travaux sont donc suspendus.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
(Reprise à 15 h 6)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Mesdames et messieurs,
veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.
Affaires du jour
Nous continuons les travaux de l'Assemblée nationale. Nous sommes
à l'étape des affaires du jour. Avec quel article du feuilleton,
M. le leader adjoint du gouvernement?
M. Johnson: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 25 du feuilleton.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 25 de
notre feuilleton, M. le ministre des Affaires municipales propose l'adoption du
projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et
d'autres dispositions législatives. Est-ce qu'il y a consentement pour
que nous dérogions à l'article 22 de notre règlement?
M. Chevrette: II n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Pas de consentement. M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Johnson: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 21 du feuilleton.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 21 de
notre feuilleton, M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation propose l'adoption du projet de loi 18, Loi modifiant la Loi sur
l'assurance-stabilisation des revenus agricoles. Est-ce qu'il y a des
interventions?
M. Chevrette: On va attendre de voir si le ministre va venir.
M. Johnson: J'allais suggérer, M. le Président,
qu'en attendant le ministre qui est en chemin, là, nous suspendions cet
article que vous venez d'appeler et que vous appeliez l'article 22.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 22 de
notre feuilleton, on propose à l'Assemblée la prise en
considération du rapport de la commission parlementaire relativement au
projet de loi 48, Loi modifiant la Loi favorisant l'augmentation du capital des
petites et moyennes entreprises. Est-ce qu'il y a des...
M. Chevrette: M. le Président...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Oui, M. le leader.
M. Chevrette: ...je suggérerais la suspension
également puisque le ministre n'est pas là.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, est-ce qu'il y a
des interventions? M. le leader.
M. Johnson: Mon intervention consiste à vous indiquer
qu'il vous serait loisible de demander une suspension de nos travaux.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, je suspends les
travaux de l'Assemblée pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 9)
(Reprise à 15 h 15)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Mmes et MM. les
députés, nous reprenons les travaux de l'Assemblée.
Allez-y, M. le leader du gouvernement. Avec quel article du feuilleton, s'il
vous plaît?
M. Johnson: Oui, M. le Président, on essaie à
nouveau. Je vous demanderais d'appeler l'article 22 du feuilleton.
Projet de loi 48
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude détaillée
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 22 de
notre feuilleton, on propose la prise en considération du rapport de la
commission de l'économie et du travail relativement au projet de loi 48,
Loi modifiant la Loi favorisant l'augmentation du capital des petites et
moyennes entreprises. Alors, je vais immédiatement permettre à M.
le ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie d'intervenir. Vous
avez droit à un maximum de 30 minutes, M. le ministre.
M. Gérald Tremblay M. Tremblay (Outremont): Merci, M. le
Pré-
sident. Alors, ce projet de loi vise à modifier la Loi favorisant
l'augmentation du capital des petites et moyennes entreprises, dans la mesure
où certaines conditions prescrites par la loi sont rencontrées.
Un crédit d'impôt remboursable est disponible à la
corporation qui bénéficie d'un placement par les investisseurs
institutionnels et les sociétés de capital de risque. Le
crédit d'impôt remboursable est octroyé à
l'égard de tout placement admissible effectué après le 19
juin 1991 et s'établit à 24 % ou 12 %, selon que le placement
soit effectué sous forme d'actions ordinaires, à plein droit de
vote, ou de debentures convertibles en de telles actions.
Depuis l'implantation de ce crédit d'impôt remboursable, en
juin 1991, 11 placements ont été effectués par des
sociétés à capital de risque et les visas accordés
à ce titre par la Société de développement
industriel du Québec totalisent 4 500 000 $. Afin de permettre aux
institutions financières et sociétés à capital de
risque admissibles de bénéficier d'un meilleur éventail,
au titre d'investissements pouvant être effectués dans une PME, le
ministre des Finances a annoncé, à l'occasion du dernier discours
sur le budget, l'admissibilité des actions privilégiées
convertibles à un crédit d'impôt remboursable, dont la
capitalisation est de 12 %.
Certaines conditions spécifiques, tel que nous en avons
discuté avec l'Opposition, devraient être rencontrées afin
que de tels titres soient admissibles, c'est-à-dire émission
moyennant contrepartie en espèces, pour une période minimale de
60 mois, la possibilité de convertir les actions
privilégiées en actions ordinaires, à plein droit de vote,
en tout temps pendant la période du placement et l'obligation de
convertir en de telles actions ordinaires, au plus tard, 7 ans après le
placement.
Outre les conditions relatives aux actions privilégiées,
le projet de loi permet également d'adopter des mesures
réglementaires nécessaires à l'admissibilité de
nouveaux secteurs d'activité admissibles pour les fins de ce programme.
Il en est ainsi, notamment, à l'égard des entreprises de
production cinématographique et télévisuelle qui sont,
depuis le discours sur le budget, admissibles à ce nouveau
programme.
De plus, M. le Président, les dispositions réglementaires
nécessaires pourront être adoptées au terme du projet de
loi 48, visant la création d'un nouveau secteur culturel, permettant
ainsi aux entreprises culturelles de production, d'exploitation et de
fabrication de support de se qualifier aux fins de cette loi, tout comme aux
fins de la Loi sur les sociétés de placements dans l'entreprise
québécoise.
Voilà donc, M. le Président, le contenu du projet de loi
que nous avons discuté en commission parlementaire. Je remercie
l'Opposition de sa contribution dans l'étude de ce projet de loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre.
Nous sommes toujours à discuter de la prise en considération du
rapport de la commission de l'économie et du travail relativement au
projet de loi 48. Je cède, à partir de maintenant, la parole
à M. le député de Labelle. Vous avez droit
également, M. le député, à une période
maximale de 30 minutes.
M. Jacques Léonard
M. Léonard: Merci, M. le Président. Comme je
l'avais indiqué dans le discours de deuxième lecture, nous serons
d'accord avec ce projet de loi. Quand le ministre nous apporte des projets de
loi qui ont du bon sens, l'Opposition collabore.
Une voix: Très juste. (15 h 20)
M. Léonard: Je ferai, cependant, un certain nombre de
remarques parce que les réticences que nous avions à
l'époque, nous les gardons encore, mais nous donnons une chance au
ministre. Tout le monde sait que ce n'est pas dans son ministère et,
surtout, à la SDI que les choses sont bien administrées. Donc,
nous avons des doutes sur sa capacité de mettre en oeuvre un tel projet
de loi. Qu'on se rappelle le rapport du Vérificateur
général de l'année dernière qui disait que la SDI
était particulièrement mal administrée, qu'elle l'avait
été alors que l'actuel ministre était
président-directeur général, ça avait
été une catastrophe...
Une voix: Oui.
M. Léonard: ...et, maintenant qu'il était ministre,
ça continuait, mais que, là, tout à coup, ils avaient la
ferme contrition et ils prétendaient que ce serait un peu mieux.
Alors, voilà, nous avons quelques appréhensions
là-dessus. Ce que nous constatons aussi, c'est que, même si on
adopte des projets de loi et des programmes et des programmes, il y a peu de
retombées dans le milieu. Il y a eu le discours du ministre des Finances
le 14 mai dernier, ça fait quand même plusieurs mois; aucune
demande n'a été adressée au ministre depuis le 14 mai en
ce qui concerne le domaine des affaires culturelles, des institutions
culturelles. Aucune! Il me l'a dit hier. Je le lui ai demandé à
plusieurs reprises pour être bien sûr que c'était bien vrai.
J'ai été même un peu plus loin, je lui ai demandé
s'ils avaient eu des demandes de renseignements dans les bureaux
régionaux, il a été incapable de me répondre.
Alors, ça vous indique un peu le laxisme qu'il y a dans ce
ministère. Tout ce qu'on peut dire, c'est que, objectivement, à
l'heure actuelle, il semble que la mesure pourrait aider les petites
entreprises. On sait qu'en même temps qu'il n'y a rien qui se fait, ils
imposent tout un carcan administratif qui fait que les gens, maintenant, ne
s'adressent même plus à la
SDI ou au ministère de l'Industrie et du Commerce, parce qu'ils
savent que ça va être trop long. Alors, ils sont
découragés même avant de partir.
M. le Président, dans tout cela, ce que je souhaite, c'est que,
finalement, on en arrive à des considérations pratiques pour
avancer et, quoiqu'il en soit, nous allons donner notre accord en
espérant qu'enfin il y ait quelques demandes qui se profilent à
l'horizon pour aider des petites et moyennes entreprises, surtout dans le
domaine culturel.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Vous pouvez, M. le
ministre, intervenir après chaque parlementaire qui a terminé son
intervention. Vous pouvez intervenir pour cinq minutes.
M. Gérald Tremblay
M. Tremblay (Outremont): Merci beaucoup, M. le Président.
La culture est reconnue pour la première fois, au Québec, comme
étant une industrie dans la stratégie du gouvernement du
Québec, à moyen et à long terme. Alors, dans ce
sens-là, je pense que l'initiative qui est prise permet maintenant au
secteur culturel d'être reconnu au même titre que les autres
secteurs industriels, comme étant une industrie créatrice
d'emplois et générant des retombées économiques
très positives pour l'économie québécoise. Alors,
dans ce sens-là, avec la table de décideurs dans le secteur
culturel, nous sommes convaincus que ce nouveau véhicule de
capitalisation des PME permettra justement à des entreprises qui, dans
le passé, n'avaient pas accès à du financement
additionnel, d'en avoir. Alors, dans ce sens-là, je retiens les
observations très positives du député de Labelle, et, si
on peut être encore beaucoup plus proactif avec la ministre responsable
des Affaires culturelles, nous allons le faire, M. le Président, et
ceci, dans les plus brefs délais, pour favoriser le développement
culturel au Québec.
Adoption du rapport
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre.
S'il vous plaît! Est-ce que le rapport de la commission de
l'économie et du travail relativement au projet de loi 48, Loi modifiant
la Loi favorisant l'augmentation du capital des petites et moyennes
entreprises, est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté. M. le
leader du gouvernement.
M. Johnson: M. le Président, je fais motion pour que nous
adoptions ce projet de loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a
consentement pour que nous procédions à l'étape de
l'adoption?
M. Chevrette: Vous savez bien, M. le Président, qu'il faut
respecter les normes, les règles du...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a
consentement?
M. Chevrette: Non.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Pas de consentement. M.
le leader du gouvernement.
M. Johnson: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 23 du feuilleton.
Projet de loi 49
Prise en considération du rapport de la commission qui en a fait
l'étude détaillée
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 23 de
notre feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport
de la commission de l'économie et du travail relativement au projet de
loi 49, Loi concernant certains règlements pris en application de la Loi
sur les sociétés de placements dans l'entreprise
québécoise.
Je cède maintenant la parole à M. le ministre de
l'Industrie, du Commerce et de la Technologie. Vous avez droit, M. le ministre,
à une intervention de 30 minutes.
M. Gérald Tremblay
M. Tremblay (Outremont): Merci, M. le Président. Le projet
de loi 49 apporte certaines modifications à la Loi sur les
sociétés de placements dans l'entreprise
québécoise. Nous avons eu l'opportunité, en commission
parlementaire, de faire valoir à l'Opposition tout le travail que le
présent gouvernement a fait pour, entre autres, donner suite à
une initiative de l'Opposition. En 1984, l'Opposition a décidé,
dans le meilleur intérêt de favoriser la capitalisation des
entreprises, d'instaurer les sociétés de placements dans
l'entreprise québécoise.
Depuis 1984, à la suite d'une initiative du gouvernement du
temps...
Une voix: C'est beau, Gérald!
Une voix: La qualité totale: premier coup, partout,
à tout coup!
M. Tremblay (Outremont): ...527 sociétés de
placements dans l'entreprise québécoise ont été
enregistrées, pour des montants totalisant près de 100 000 000 $.
En 1991, tous les placements faits au niveau de la capitalisation des
entreprises, dans le secteur du capital de risque, ont
totalisé 77 000 000 $, dont 22 000 000 $ des
sociétés de placements dans l'entreprise
québécoise. Donc, ce véhicule joue présentement un
rôle complémentaire aux autres véhicules mis en place par
le présent gouvernement pour favoriser la capitalisation des
entreprises.
Alors, deux modifications sont apportées au projet de loi. La
première, c'est concernant la possibilité qu'il y avait pour une
entreprise ou des personnes de favoriser la capitalisation par des options
d'achat. On s'est aperçu, à la suite de certains montages
financiers, que ces options d'achat ne répondaient pas à la
capitalisation de l'entreprise. Dans ce sens-là, des modifications sont
apportées pour s'assurer que, dorénavant, si jamais il y avait
une option, cette option doit respecter le principe même de la
capitalisation des entreprises à moyen terme. Le deuxième
objectif du projet de loi, c'est de rendre admissible le secteur culturel.
Pourquoi? Pour donner aux entreprises du secteur culturel le même
avantage que les autres entreprises avaient dans le secteur manufacturier, le
tertiaire - moteur -et dans le secteur touristique.
Encore une fois, je remercie l'Opposition de sa collaboration dans ce
projet de loi, et j'espère que nous allons y donner suite le plus
rapidement possible.
Le Vice-Président (M. Lefebvre):merci, m. le ministre de
l'industrie et du commerce. m. le député de labelle, je vous
cède la parole pour votre intervention.
M. Jacques Léonard
M. Léonard: M. le Président, quelques remarques sur
ce projet de loi. Nous avons voté pour le principe en deuxième
lecture. Nous allons aussi voter en troisième, parce que le ministre
doit faire ou devait corriger des choses que nous avons soulignées en
deuxième lecture et aussi en commission. Qu'on se rappelle, il y a un an
à peu près, le gouvernement s'était fait avoir de 250 000
000 $ dans toutes sortes de montages financiers et que là, tout à
coup, il a éprouvé le besoin de corriger, et c'est le ministre
des Finances lui-même qui en a pris l'initiative.
Mais on sait, encore une fois, et je vais le ramener au rapport du
Vérificateur, que les procédures administratives, au
ministère comme à la SDI, laissent à désirer. Et
nous, on se posait vraiment la question à savoir si ça devait
être le ministère de l'Industrie et du Commerce qui gère de
tels programmes plutôt que le ministère du Revenu. C'est le
problème. C'en est un problème, puis je le soulève. Quand
on se fait avoir de 250 000 000 $, il me semble qu'on doit être
très prudent, on doit se poser des questions de fond.
Autre chose, M. le Président. On sait que dans ce
ministère - à la SDI, plutôt - il s'est perdu beaucoup
d'argent, cette année. L'an dernier, le Vérificateur
général avait établi les créances douteuses
à 125 000 000 $. Cette année, 348 000 000 $ - 225 000 000 $ de
plus; ils en sont rendus à 37 % de leur portefeuille de prêts et
de garanties en créances douteuses. Ça, c'est la qualité
totale à la SDI, lorsque le ministre en était le
président-directeur général. Puis, maintenant qu'il en est
le ministre titulaire, ça passe de 125 000 000 $à348 000 000
$.
M. le Président, je pense que le projet qu'il y a là
visait à corriger le trou qu'il y avait par rapport aux
réclamations, sur le plan de l'impôt, et aux exemptions qui
étaient données, donc, au dispositif fiscal qui avait
été prévu. Je pense qu'on doit concourir à ce que
le gouvernement resserre ses procédures administratives. D'autre part,
je souligne encore, également, qu'il n'y a eu aucune demande de la part
du secteur culturel, des industries culturelles, depuis le discours du ministre
des Finances, le 14 mai dernier, vis-à-vis de ce programme. Aucune,
aucune. Le ministre me l'a répété à deux, trois
reprises, hier, parce que je n'en croyais pas mes yeux. Ça fait plus de
six mois de ça, sept mois que ça existe. Rien! Rien! Les gens,
effectivement, ont peur de venir au ministère parce qu'ils savent qu'ils
vont se faire assommer de paperasserie quand ils y viennent.
Alors, M. le Président, c'étaient les quelques remarques
que je voulais faire. Nous allons voter avec le gouvernement sur ce projet de
loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le
député de Labelle. M. le ministre, vous avez droit à une
intervention de cinq minutes. (15 h 30)
M. Gérald Tremblay
M. Tremblay (Outremont): Merci, M. le Président. Des fois,
j'ai l'impression qu'on n'a pas assisté à la même
commission parlementaire. Mais, sur la première remarque du
député de Labelle, le présent projet de loi ne vient
aucunement corriger la faille qui est intervenue au niveau de la recherche et
du développement concernant le ministère du Revenu; ça a
été fait en octobre 1991, M. le Président.
Deuxièmement, le rapport du Vérificateur n'a pas
porté sur l'administration par la Société de
développement industriel des sociétés de placements dans
l'entreprise québécoise. Et je note avec beaucoup de satisfaction
que le député de Labelle, maintenant, reconnaît que les
chiffres avancés par la Société de développement
industriel sont des provisions pour pertes et non pas des pertes. Alors, je
remercie le député de Labelle de donner suite à un projet
de loi qui favorise la capitalisation des entreprises.
Adoption du rapport Le Vice-Président (M. Lefebvre):
Merci, M.
le ministre. Est-ce que le rapport de la commission de l'économie
et du travail relativement au projet de loi 49, Loi concernant certains
règlements pris en application de la Loi sur les sociétés
de placements dans l'entreprise québécoise, est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté. M. le
leader du gouvernement.
M. Johnson: Oui, M. le Président, étant
donné que le député de Labelle a indiqué qu'il
souhaitait voter pour l'adoption de ce projet de loi, je lui donnerais la
chance tout de suite de le faire en proposant l'adoption de ce projet de
loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Un instant, un instant!
Je comprends qu'il n'y a pas de consentement pour que nous procédions
à cette étape-là. M. le leader du gouvernement.
M. Johnson: M. le Président, je vous demanderais d'appeler
maintenant l'article 18 du feuilleton.
Projet de toi 11
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude détaillée
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 18 de
notre feuilleton on propose la prise en considération du rapport de la
commission des institutions relativement au projet de loi 11, Loi modifiant la
Loi sur la protection du consommateur et d'autres dispositions
législatives.
Je cède immédiatement la parole à M. le ministre de
la Justice. Vous avez droit à une intervention de 30 minutes, M. le
ministre.
M. Gil Rémillard
M. Rémillard: Alors, merci, M. le Président. Le
projet de loi 11, donc, Loi modifiant la Loi sur la protection du consommateur
et d'autres dispositions législatives, est un autre pas que nous
faisons, M. le Président, vers ce que j'aime appeler cet
équilibre, ce juste équilibre dans notre société de
liberté et de démocratie.
M. le Président, ce projet de loi prévoit que l'Office de
la protection du consommateur, avec les commerçants, peuvent ensemble
déterminer un engagement, un engagement auquel souscrivent les
commerçants en fonction des activités qu'ils ont dans un certain
secteur d'activité commerciale. M. le Président, c'est à
la suite du Sommet de la justice que nous avons tenu au mois de février
dernier, Sommet de la justice qui a été qualifié par le
juge en chef de la Cour suprême du Canada, le juge Antonio Lamer, dans
son discours, lors du banquet de clôture de ce sommet,
d'événement du siècle dans le domaine judiciaire. Les
différents intervenants du domaine juridique étaient
présents, et chacun a pu s'exprimer en fonction de ses
préoccupations, en fonction aussi de sa perception de la justice,
puisque ce sommet avait pour thème «La justice, une
responsabilité à partager». C'est-à-dire, M. le
Président, que, pour que l'on puisse vivre vraiment dans une
société de justice, une société
d'équité, il importe en tout premier lieu que chacun, que chacune
d'entre nous soit conscient de ses droits, certes, mais aussi de ses
obligations, de ses responsabilités comme membre d'une
société. On a l'habitude de dire, M. le Président, que nos
droits se terminent où ceux de nos voisins débutent, ce qui
implique que nous avons des droits, mais que nous avons aussi des
obligations.
On a mis beaucoup l'emphase, ces dernières années, sur les
droits des citoyens, et avec raison. Mais il faut aussi parler des obligations
que nous avons. Ces obligations, on les retrouve, par exemple, dans un Code
civil, en ce qui regarde les relations entre citoyens, un Code civil que nous
avons réformé, avec un nouveau Code civil que nous avons
adopté ici même à cette Assemblée nationale, il y a
près d'un an, presque jour pour jour - ce sera un an demain.
C'est-à-dire que, le 18 décembre dernier, on adoptait un nouveau
Code civil où il y a des obligations, où il y a des droits pour
les citoyens qui contractent ensemble.
Dans le domaine, ici, de la protection du consommateur, M. le
Président, il y a donc cette possibilité qui découle
directement de commentaires et de voeux exprimés lors du Sommet de la
Justice de février dernier, cette possibilité pour des
commerçants et pour l'Office des professions, même s'il n'y a pas
de plaintes dans un domaine d'activité donné, de s'entendre et de
dire: Très bien, nous allons ensemble établir des règles
de pratique, si vous voulez, une façon d'agir, qui va nous permettre,
avec l'Office de la protection du consommateur, d'établir, dans ce
contexte d'activités commerciales, une pratique. Si on déroge
à cette pratique, il pourra y avoir des conséquences civiles et
pénales, puisque ça pourrait être sanctionnable par les
tribunaux. Donc, M. le Président, une façon de faire qui est plus
souple, je dirais, qu'une loi qui doit suivre le processus formel ici en
Chambre, et qui doit être acceptée avec toute la procédure
que ça signifie, une procédure qui est là pour que nous
puissions évidemment étudier consciencieusement chaque projet de
loi, que nous puissions nous exprimer sur les projets de loi. Mais, dans ce
contexte-là, M. le Président, dans le contexte dans lequel nous
parlons, il est particulièrement heureux que nous puissions avoir ce
moyen qui est, finalement, un moyen de déjudiciariser cette relation
entre consommateurs et commerçants.
M. le Président, je n'aime pas me référer à
l'Office de la protection du consommateur avec
l'idée qu'il y aurait des mauvais commerçants et des bons
consommateurs, pas plus que des mauvais consommateurs et des bons
commerçants. Il y a simplement des commerçants et des
consommateurs qui vivent ensemble, et qui partagent les mêmes
idées de société. Dans ce contexte-là, M. le
Président, on peut établir des règles
d'équité, des règles de justice sans suivre un processus
formel, ce qui permet de s'adapter à l'évolution d'un secteur
donné. Comme ce sera beaucoup plus facile d'établir, donc, ces
engagements volontaires qui deviennent, à toutes fins pratiques, des
contraintes qui peuvent être sanctionnées par les tribunaux, au
point de vue pénal, au point de vue civil, ça implique que, si
l'évolution du domaine commercial visé est en évolution,
on pourra l'adapter et en faire un outil de tout premier plan pour la promotion
des intérêts des consommateurs, certes, mais aussi respectant les
intérêts des commerçants qui doivent aussi y trouver leur
profit, leur dû, tel que notre société le
prévoit.
Dans ce contexte, M. le Président, ce que nous proposons dans ce
projet de loi, c'est que ces engagements volontaires pourront être
établis entre l'Office de la protecteur du consommateur et les
commerçants sans qu'il y ait nécessairement une faute ou qu'il y
ait des plaintes qui soient déposées, et la possibilité
pour le gouvernement, par décret, d'étendre, donc, cet engagement
volontaire établi par certains commerçants à l'ensemble du
secteur d'activité qui est couvert par cet engagement. C'est donc dire,
M. le Président, que, dans la mesure où il y a entente entre les
commerçants et l'Office et qu'on s'engage, donc, volontairement,
à réglementer une pratique commerciale dans un secteur
donné, le décret qui pourrait suivre ensuite par le gouvernement,
fera en sorte que l'ensemble des commerçants oeuvrant dans ce
secteur-là pourront être couverts. C'est là, M. le
Président, je le répète, une conséquence directe du
Sommet de la justice. (15 h 40)
À ce Sommet, nous avons discuté. On a établi les
principes qui doivent nous guider dans une justice qui doit évoluer avec
notre société à la veille d'un siècle nouveau, mais
on a aussi apporté - j'aime bien y revenir, M. le Président - des
solutions bien concrètes. Il y a des engagements du ministre, des
engagements de mes collègues qui étaient présents aussi
à ce Sommet de la justice. Il y a des engagements aussi de tous les
intervenants qui étaient autour de la table et qui devaient, eux aussi,
prendre leurs engagements, toujours en fonction de ce grand thème du
Sommet que la justice est une responsabilité à partager. Dans ce
contexte-là, M. le Président, comme ministre de la Justice, mes
engagements, je les réalise, et de plus en plus. Sur le plan
administratif, je peux, par exemple, me référer à cette
pratique maintenant devant les cours de justice où les procureurs de la
Couronne dévoilent toute la preuve qu'ils ont avant de procéder
dans une cause. C'est une façon M. le Président, d'avoir une
justice la plus transparente possible, une façon aussi pour la
défense, de ne pas avoir à convoquer des témoins qui
n'auraient pas besoin d'être convoqués. Alors, la justice qui se
rend plus accessible aussi, dans différents cas.
Nous avons eu l'occasion aussi d'établir une façon de
procéder, toujours avec le même souci de transparence, en ce qui
regarde l'utilisation de personnes, d'informateurs au niveau policier, qui
informent en fonction de certains crimes. Il y avait, jusqu'à
présent, des pratiques qui avaient été établies,
mais il n'y avait pas vraiment de protocole, une façon de
procéder qui faisait en sorte que la justice puisse, dans des cas comme
ça... Et, souvent, ce n'est pas facile, M. le Président, on le
comprend fort bien, de poursuivre à la suite d'informations qu'on a
reçues d'informateurs. On prenait quelquefois l'expression «les
délateurs», une expression que je n'aime pas; ce sont des gens qui
informent, qui décident à un moment donné de collaborer
avec la police. Dans ce cadre-là, on a établi, M. le
Président, une façon de procéder.
On a aussi, M. le Président, dans cette recherche d'une justice
plus transparente, établi des règles pour ce qu'on appelait toute
la négociation en ce qui regarde les peines à donner. Il fallait
établir une procédure aussi beaucoup plus évidente parce
que, souvent, on avait des commentaires que des victimes d'actes criminels, par
exemple, voyaient leur agresseur qui, tout à coup, se retrouvait avec
une accusation moindre, et elles ne savaient pas trop pourquoi, mais elles
disaient: Qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qui arrive? Il m'a fait telle
chose, il m'a fait telle autre chose. Il était accusé, dans un
premier temps, en fonction de telle, telle chose et, maintenant, il se retrouve
avec une autre accusation, avec une peine beaucoup moindre. Alors, là,
on implique les intervenants. On implique une victime. On lui explique en
fonction de la preuve que la couronne peut avoir, que le gouvernement peut
avoir, comment ça se fait que, maintenant, on est à telle
catégorie, donc, d'accusation qui implique telle peine. Alors, tout
ça dans un souci d'une justice beaucoup plus transparente.
Et, dans ce contexte-là aussi, nous avons établi des
processus de déjudiciarisation. Ça ne veut pas dire, M. le
Président, qu'on met de côté le processus formel de la
justice qui nous amène devant les cours de justice. C'est quand
même le fondement, la base de notre système judiciaire qui est la
base de notre société de justice. Et c'est la garantie que nous
vivons dans un état de justice. Mais nous pouvons établir, M. le
Président, un processus qui soit beaucoup moins formel, un processus qui
peut être aussi beaucoup plus accessible et qui permette d'avoir autant
de justice, et qui permette aussi à des intervenants
de se sentir souvent beaucoup plus à l'aise devant un
conciliateur, devant un médiateur, un arbitre, un processus qui n'a pas
tout le formalisme qu'on retrouve devant les cours de justice.
Alors, M. le Président, c'est dans ce contexte-là que je
présente ce projet de loi 11 que nous avons étudié en
commission parlementaire. Je remercie pour la collaboration que j'ai eue les
membres de la commission des institutions, du côté
ministériel et du côté de l'Opposition. Nous avons
étudié chacun de ces articles. Nous avons eu des bonnes
discussions. Je pense que ça nous a permis d'améliorer encore le
projet de loi.
Évidemment, ça nous a amenés à discuter d'un
sujet qui est d'actualité lorsqu'on parle d'engagements volontaires, et
c'est les préarrangements funéraires. On sait, M. le
Président, que depuis quelques années il y a ce que nous appelons
ces préarrangements funéraires, c'est-à-dire la
possibilité de pouvoir faire une entente, un contrat avec une maison
funéraire pour avoir des arrangements. Lorsque le décès se
produit, tout a été pensé, planifié et, donc, on
prévoit son décès. M. le Président, le principe en
lui-même, il est bon. Le principe, il est bon, et j'ai reçu
plusieurs lettres qui témoignent que cette possibilité-là
est un service qui est apprécié par beaucoup de citoyens. J'ai
reçu, par exemple, dernièrement une lettre d'une dame qui me
disait: Moi, mon mari est décédé en Floride, et je peux
vous dire que j'étais vraiment très contente qu'on ait eu des
préarrangements.
Une voix:...
M. Rémillard: Oui. Je l'ai dit. Oui, je l'ai dit et je le
dis encore, parce j'ai reçu encore des demandes. Oui, il y a des gens,
et ça arrive très souvent, ça arrive que les gens sont
à l'extérieur, qu'ils décèdent à
l'extérieur. C'est un cas particulièrement éloquent.
Est-ce que Mme la députée a quelque chose contre
ça? Elle ne fait que me contredire, M. le Président. Je pense
qu'il y a quelqu'un qui veut faire un commentaire. Je n'ai pas d'objection. Si
vous voulez faire un commentaire, allez-y, faites un commentaire. Pas
d'objection...
Une voix: À son tour.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Madame pourra intervenir
tout à l'heure.
M. Rémillard: Oui, elle pourra intervenir tout à
l'heure.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Continuez, M. le
ministre.
M. Rémillard: Mais, je suis convaincu que lorsqu'elle va
intervenir ça va être pour confirmer ce que je dis, pour confirmer
tout simplement qu'il y a un service qui est offert à la population, et
on ne peut pas être contre ce service-là. Par contre, ce qu'on
dit, c'est de la façon que ce service est offert. Et là il y
avait des commentaires; il y a des critiques qui ont eu lieu, entre autres en
ce qui regarde la sollicitation. Jusqu'où le commerçant peut-il
aller pour solliciter le client pour avoir un préarrangement
funéraire?
M. le Président, il y a eu un premier pas qui a été
fait entre l'Office de la protection du consommateur et les intervenants, les
compagnies impliquées, un premier pas qui a établi quand
même des paramètres d'action, un code de déontologie pour
les gens impliqués et un paramètre d'action quand même
resserré en ce qui regarde la possibilité de contacter et de
solliciter les gens pour leur vendre des préarrangements
funéraires. Je l'ai regardé, j'ai aussi consulté, j'ai eu
différents commentaires qui m'ont été faits. Et, à
la suite d'informations complémentaires que j'ai reçues, on est
arrivé à la conclusion qu'il fallait aller plus loin que ce qui
avait été prévu dans cette première étape
d'un engagement volontaire, c'est-à-dire qu'il ne devrait pas y avoir de
sollicitation téléphonique en ce qui regarde les
préarrangements funéraires. Dans un premier temps, on acceptait
de les limiter, qu'il ne puisse pas y avoir de sollicitation
téléphonique dans les foyers pour personnes âgées,
dans les hôpitaux, dans les résidences. Mais on a dit: Ce n'est
pas suffisant, il faut faire un pas de plus, il faut dire: Aucune sollicitation
téléphonique n'est permise. Parce qu'on m'a rapporté des
cas qui sont particulièrement touchants et qui illustrent très
bien la situation. Une dame me racontait - parce que, peut-être, ils ont
plus le temps de communiquer avec le ministre de la Justice - que son mari
avait un cancer de la gorge. Tout à coup, il reçoit un
téléphone pour avoir des préarrangements
funéraires. Bon! On peut imaginer que ça peut avoir des
conséquences un petit peu troublantes. C'est un exemple, mais on peut
avoir d'autres exemples. Donc, ce que nous disons, c'est que l'engagement
volontaire dans ce cas-là devra être complété. Et
quand il sera complété il pourra faire l'objet d'une entente,
donc, entre les commerçants dans ce domaine et l'Office de la protection
du consommateur, et nous pourrons l'étendre par décret à
l'ensemble du commerce, donc au niveau de l'ensemble du Québec.
Alors, M. le Président, un projet de loi, donc, qui s'inscrit
dans la foulée de ce Sommet de la justice. J'aurai l'occasion de
présenter d'autres projets de loi dans les prochaines heures - qui
s'inscrivent dans la même voie, comme conclusion de ce Sommet de la
justice - en ce qui regarde une plus grande accessibilité à la
justice, parce que depuis que je suis ministre de la Justice - bientôt
cinq ans - pour moi, ça a toujours été mon grand objectif
de rendre la justice plus humaine, plus accessible, de faire en sorte que
l'appareil judiciaire soit
plus près du citoyen, de la citoyenne, qu'on soit capable d'avoir
une justice qui soit à la fois capable d'établir le droit, mais
aussi capable de comprendre le citoyen, de faire en sorte que le citoyen ait
l'impression qu'on lui rend justice pleinement. Ce n'est pas toujours le cas,
et j'en conviens que ce n'est pas toujours le cas. Souvent, les justiciables se
retrouvent devant les tribunaux et ils se disent: Ce n'est pas correct, ce qui
s'est passé. Je n'ai pas eu la chance de dire telle chose ou je n'avais
pas les moyens de me défendre.
Là encore, M. le Président, on aura l'occasion,
probablement au printemps prochain, de discuter en commission parlementaire un
sujet qui intéresse bien le député d'Anjou et qui
intéresse tous les membres de cette Assemblée, qui est l'aide
juridique. Comment réformer l'aide juridique? Comment donner à
l'aide juridique la possibilité aussi de pouvoir, je dirais,
répondre aux besoins d'une population qui... Pardon, M. le
député? Alors, qui avait...
Une voix: ...qui «filibustait».
Le Vice-Président (M. Lefebvre): S'il vous
plaît!
M. Rémillard: Je «filibustais»?
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Allez-y, M. le
ministre.
M. Rémillard: M. le Président, j'ai compris cette
remarque-là. Pouvez-vous m'en expliquer le sens?
Une voix: Non, tu l'entendras à un moment
donné...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): S'il vous plaît! On
est à écouter l'intervention de M. le ministre de la Justice.
Comme tous les autres parlementaires, il a droit de faire son intervention dans
un climat normal. Allez-y, M. le ministre. (15 h 50)
M. Rémillard: Oui. Alors, M. le Président, je veux
tout simplement dire que je suis surpris de l'intervention du leader de
l'Opposition parce que pour ce projet de loi - puis, tout à l'heure, un
membre de l'Opposition pourra parler aussi -on a eu une collaboration
exceptionnelle au niveau de la commission des institutions, exceptionnelle. Et
on a travaillé. On a fait cinq projets de loi extrêmement
importants pendant toute la commission des institutions, et je peux vous dire
que ça s'est fait d'une façon exceptionnelle de
collaboration.
Alors, quand on parle d'un projet du ministère de la Justice, du
ministre de la Justice, ce n'est pas une question de partisanerie. Je parle...
j'essaie d'exprimer des objectifs, et je suis con- vaincu que c'est des
objectifs que je pourrais retrouver chez bien des membres de l'Opposition. Et
le travail qui a été fait par la commission des institutions a
été tellement bien fait que je trouve que ces remarques sont
déplacées, de la part du leader de l'Opposition.
Alors, M. le Président, l'autre aspect que nous avons dans ce
projet de loi, c'est l'augmentation du montant des amendes pour les rendre
dissuasives, parce que ça faisait depuis, pour certains, 1977, qu'on
n'avait pas ajusté ces amendes. Alors, puisque maintenant il faut qu'on
puisse avoir quand même, au niveau pénal, des amendes qui
impliquent en elles-mêmes un effet dissuasif, il fallait les
réajuster, et c'est ce que nous faisons avec ce projet de loi.
Alors, M. le Président, c'est donc le résultat d'un
consensus que nous avons exprimé au niveau du Sommet de la justice, un
consensus qu'on a retrouvé au niveau de la commission des institutions.
Je termine, M. le Président, en remerciant encore une fois les membres
de la commission des institutions pour leur très grande collaboration
pour ce projet, comme pour tous les autres projets que j'aurai à
présenter ici, qui sont faits dans un objectif d'avoir une
société encore plus juste, plus équitable et une justice
plus accessible. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre de
la Justice. Je vais maintenant reconnaître M. le député
d'Anjou. M. le député, vous intervenez en votre qualité de
représentant, de porte-parole de l'Opposition officielle. Si c'est le
cas, vous avez droit à 30 minutes.
M. Bélanger (Anjou): M. le Président, je
réserve mes commentaires pour la troisième lecture.
Adoption du rapport
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Est-ce que le rapport de la commission des institutions
relativement au projet de loi 11, Loi modifiant la Loi sur la protection du
consommateur et d'autres dispositions législatives, est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre):adopté. m. le
leader du gouvernement, nous continuons les travaux de l'assemblée avec
quel article du feuilleton, s'il vous plaît?
M. Johnson: M. le Président, je vous demanderais, devant
les interventions du député d'Anjou, si je pouvais faire motion,
et je fais motion de pouvoir adopter ce projet de loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a
consentement?
M. Chevrette: Non, M. le Président. Nous voulons attendre
de nouveau demain...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Pas de consentement.
M. Chevrette: ...le ministre se «filibuster»
lui-même.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Pas de consentement. M.
le leader du gouvernement.
M. Johnson: Oui, M. le Président. Je vous demanderais
d'appeler l'article 24 du feuilleton.
Projet de loi 50
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude détaillée
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 24 de
notre feuilleton, on propose la prise en considération du rapport de la
commission des institutions relativement au projet de loi 50, Loi modifiant le
Code de procédure civile concernant le recouvrement des petites
créances. M. le ministre de la Justice, tout comme à
l'étape du projet de loi 11, vous avez droit à une intervention
de 30 minutes.
M. Gil Rémillard
M. Rémillard: Oui, M. le Président. De fait, les
remarques que j'ai faites tout à l'heure valent pour ce projet de loi.
Alors, ce serait d'ailleurs très court, puisque j'ai cette série.
Ça fait toujours plaisir de faire plaisir au leader de l'Opposition. Il
sait toute l'amitié et les considérations que j'ai pour lui.
Ça fait toujours plaisir. Alors, dans le contexte, tout ce que j'ai dit
tout à l'heure en fonction du Sommet de la justice, M. le
Président, on peut le considérer en fonction de ce que j'ai
à dire pour les différents projets de loi et le rôle de la
commission des institutions.
Quant à ce projet de loi, M. le Président, concernant,
donc, les petites créances, il permet d'augmenter le seuil
d'admissibilité aux petites créances de 1000 $ à 3000 $,
et c'est très important. Mais il permet aussi aux petites entreprises de
cinq employés et moins d'avoir accès aux petites créances,
et c'est aussi un aspect très important.
On aura l'occasion, M. le Président - probablement en
troisième lecture - de parler plus avant de ces différentes
modifications que nous apportons aux lois des petites créances, mais
là encore, M. le Président, c'est pour rendre une justice plus
accessible, plus près du citoyen, plus humaine. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre de
la Justice. M. le député d'Anjou, si vous voulez intervenir,
allez-y.
M. Bélanger (Anjou): M. le Président, je
réserve mes commentaires pour la troisième lecture.
Des voix: Bravo! Très bien!
Adoption du rapport
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Est-ce que le rapport de la commission des institutions
relativement au projet de loi 50, Loi modifiant le Code de procédure
civile concernant le recouvrement des petites créances, est
adopté?
M. Chevrette: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté. M. le
leader du gouvernement.
M. Johnson: Merci, M. le Président. Pour permettre au
député d'Anjou de s'exprimer tout de suite sur le projet de loi,
on pourrait en suggérer l'adoption, et je fais motion pour que l'on
adopte ce projet de loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a
consentement pour que nous procédions?
M. Chevrette: M. le Président, il n'y a pas de
consentement.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Pas de consentement. M.
le leader du gouvernement.
M. Johnson: Oui, M. le Président. Je vous demanderais
d'appeler l'article 21 du feuilleton.
Projet de loi 42
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude détaillée
Le Vice-Président (M. Lefebvre):à l'article 21 de
notre feuilleton, on propose la prise en considération du rapport du
projet de loi 42, loi concernant l'application de certaines dispositions du
code de procédure pénale et modifiant diverses dispositions
législatives. m. le ministre de la justice.
M. Rémillard: Oui, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Vous avez, à
nouveau, droit à une intervention de 30 minutes.
M. Gil Rémillard M. Rémillard: Oui, M. le
Président. Encore,
j'aimerais dire que ce projet de loi s'inscrit dans le cadre du Sommet
de la justice. J'aimerais, par contre, ajouter que c'est là
l'application, que c'est là l'application d'une loi qui avait
été présentée en cette Chambre par mon
prédécesseur, M. le juge Herbert Marx, qui était, à
ce moment-là, ministre de la Justice. C'est un projet qu'il avait
beaucoup à coeur, et je tiens à souligner l'excellent travail
qu'il avait fait dans ce projet de loi, c'est-à-dire le Code de
procédure pénale.
Le Code de procédure pénale. M. le Président, je ne
ferai qu'un commentaire pour vous situer un petit peu la philosophie de ce Code
de procédure pénale. C'est qu'il enlève toutes les
possibilités d'emprisonnement comme pénalité lorsqu'on
commet une faute à l'égard d'une loi provinciale, excepté
dans trois domaines: la protection de la faune, l'environnement, et en ce qui
regarde le domaine fiscal. Donc, pour le paiement, par exemple, de
contraventions, conduite d'automobile, en fait, dans tous ces
domaines-là, maintenant, il n'y aura plus d'emprisonnement. Et ce projet
de loi vient le concrétiser par la loi d'application... Il fallait faire
une loi d'application, et nous avons fait cette loi d'application.
Là encore, M. le Président, c'a été un tour
de force. Je voudrais dire - parce que c'était complexe, difficile de
faire cette loi d'application, plusieurs articles - à quel point nous
avons travaillé en étroite collaboration, tous les membres de la
commission des institutions. Je veux les remercier très
sincèrement pour la collaboration que nous avons eue de l'Opposition, du
côté ministériel, avec les experts qui nous ont
aidés, et les légistes du ministère de la Justice. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre de
la Justice. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de
Westmount.
M. Holden: Mr. Speaker, in keeping with the spirit of cooperation
between the parties, I would like to reserve my right to speak on the third
reading.
Des voix: Bravo!
Adoption du rapport
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Est-ce que le rapport de la commission des institutions
relativement au projet de loi 42, Loi concernant l'application de certaines
dispositions du Code de procédure pénale et modifiant diverses
dispositions législatives, est adopté?
M. Chevrette: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté. M. le
leader du gouvernement.
M. Johnson: Oui, M. le Président, je vous demanderais
d'appeler l'article 20, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Un instant, M. le leader.
Le feuilleton.
Une voix: Quelle loi?
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 20 de
notre feuilleton, on propose la prise en considération du rapport de la
commission des institutions relativement au projet de loi 38, Loi sur
l'application de la réforme du Code civil. M. le ministre de la Justice,
vous avez droit à 30 minutes.
M. Rémillard: Oui, M. le Président, ça
sera...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Allez-y! Allez-y, M. le
ministre! On me dit qu'il y a des amendements qui auraient été
déposés à la commission. Alors, pour qu'on puisse en
prendre connaissance, étant donné qu'ils ne sont pas disponibles,
au moment où je vous parle, je suspends les travaux pour quelques
minutes.
(Suspension de la séance à 16 heures)
(Reprise à 16 h 4)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Mmes et MM. les
députés, si vous voulez bien regagner vos banquettes, s'il vous
plaît.
Projet de loi 38
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude
détaillée
et des amendements du ministre
Nous reprenons les travaux de l'Assemblée. À l'article 20
de notre feuilleton, on propose l'étude du rapport de la commission des
institutions relativement au projet de loi 38, Loi sur l'application de la
réforme du Code civil y compris les deux amendements
déposés par M. le ministre de la Justice, amendements que je
déclare recevables. Alors, M. le ministre, vous intervenez pour une
période maximale de 30 minutes.
M. Gil Rémillard
M. Rémillard: Oui. M. le Président, on aura
l'occasion en troisième lecture, bien sûr, de parler plus avant de
ce projet de loi. Ce que je peux dire, M. le Président, c'est qu'il
s'agit d'une oeuvre monumentale, comme on le sait, réformer un code
civil. Le Québec est l'une des seules sociétés de
démocratie à avoir réussi à
réformer son droit de cette façon-là. Et là
encore, c'est parce que nous avons eu une collaboration exceptionnelle de la
commission des institutions, des légistes, des experts qui ont
travaillé avec nous. C'est un code qui est à l'image du
Québec, c'est-à-dire une société de liberté,
d'ouverture, de démocratie. En troisième lecture, nous aurons
l'occasion de préciser certains points que nous apportons avec cette loi
d'application, c'est-à-dire une loi qui fait en sorte qu'il y aura cette
transition entre le nouveau droit et l'ancien droit, avec tous les principes
que cela signifie. Alors, en troisième lecture, M. le Président,
on aura l'occasion de préciser ces principes.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député Westmount.
M. Holden: M. le Président, je vous prie de
réserver mon droit d'intervention pour la troisième lecture.
Adoption du rapport et des amendements
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le
député de Westmount. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Est-ce que le rapport de la commission des institutions, y compris les deux
amendements déposés par M. le ministre de la Justice relativement
au projet de loi 38, Loi sur l'application de la réforme du Code civil,
est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté. M. le
leader du gouvernement.
Motions du gouvernement
Motion de suspension de certaines règles de
procédure
M. Pierre Paradis
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président.
À ce stade-ci de nos travaux, je vous demande la permission de me
prévaloir des articles 182 et 183 de notre règlement, et je
propose la motion suivante: «Que, en raison de l'urgence de la situation
et en vue de permettre l'adoption des projets de loi suivants: «Projet de
loi 61, Loi modifiant la Loi sur la qualité de l'environnement; projet
de loi 59, Loi modifiant la Loi sur les heures et les jours d'admission dans
les établissements commerciaux; projet de loi 57, Loi sur la voirie et
modifiant diverses dispositions législatives; projet de loi 55, Loi
modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives; «Le 2e paragraphe de l'article 19, les articles 20,
21 et 22, les mots "ou sur un fait personnel" au 4e paragraphe de l'article 53
et le 7e paragraphe du même article, l'article 54, les articles 71
à 73, les 2e et 3e alinéas de l'article 84, les mots "ou à
la demande d'un député" au 1er alinéa de l'article 86
ainsi que le 2e alinéa du même article, les 2e, 3e et 8e
paragraphes de l'article 87, les articles 88 à 93, 100 et 101, 105
à 108, 111 à 114, 164, 175 et 176, les mots «et, le cas
échéant, de ses observations, conclusions et
recommandations» à l'article 177, les articles 194 et 195, 205
à 209, 212 et 213, 215 et 216, 230, 241, le 2e alinéa de
l'article 244, les mots «et l'adoption du projet de loi est fixée
à une séance subséquente» au 2e alinéa de
l'article 248, les articles 249 à 251, le 1er alinéa de l'article
252 en ce qui concerne les projets de loi 59, Loi modifiant la Loi sur les
heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux, et
57, Loi sur la voirie et modifiant diverses dispositions législatives,
les 1er et 3e alinéas de l'article 253, l'article 254, les 2e et 3e
alinéas de l'article 256 et les articles 304 à 307 soient
suspendus jusqu'à l'adoption desdits projets de loi; «Dès
l'adoption de la présente motion, la commission permanente de
l'économie et du travail mette fin à ses travaux quant à
l'étude détaillée du projet de loi 59, Loi modifiant la
Loi sur les heures et les jours d'admission dans les établissements
commerciaux, et dépose son rapport à l'Assemblée; (16 h
10) «Dès l'adoption de la présente motion, la commission
permanente de l'aménagement et des équipements mette fin à
ses travaux quant à l'étude détaillée du projet de
loi 57, Loi sur la voirie et modifiant diverses dispositions
législatives, et dépose son rapport à l'Assemblée;
«Tout député puisse, au plus tard une heure après le
dépôt des rapports concernant l'étude
détaillée des projets de loi 59, Loi modifiant la Loi sur les
heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux, et
57, Loi sur la voirie et modifiant diverses dispositions législatives,
transmettre au bureau du Secrétaire général des copies des
amendements qu'il entend y proposer; «Dès l'adoption de la
présente motion, un ministre ou un leader adjoint du gouvernement puisse
proposer que l'Assemblée se constitue en commission
plénière pour poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi 61, Loi modifiant ta Loi sur la qualité de
l'environnement; une telle motion ne requière pas de préavis, ne
puisse être amendée ni débattue et soit
immédiatement mise aux voix sans appel nominal; «La durée
de l'étude détaillée dudit projet de loi en commission
plénière soit fixée à un maximum d'une heure
après le début de ses travaux et ce, malgré les
dispositions de l'article 245;
«Un ministre ou un leader adjoint du gouvernement puisse, plus
d'une fois au cours d'une même séance, proposer de faire rapport
à l'Assemblée que la commission plénière n'a pas
fini de délibérer et qu'elle demande la permission de
siéger à nouveau; une telle motion ne requière pas de
préavis, ne puisse être amendée ni débattue et soit
immédiatement mise aux voix sans appel nominal; «Le
président de la commission plénière, à l'expiration
de ce délai, mette aux voix immédiatement, sans débat et
sans appel nominal, les articles et les amendements dont la commission n'aurait
pas disposé, y compris les amendements que le ministre qui
présente le projet de loi n'aurait pas pu proposer en cours
d'étude mais dont il saisira le président de la commission,
à ce moment, et fasse rapport à l'Assemblée; ce rapport
soit mis aux voix sans appel nominal; «La durée du débat
sur la prise en considération du rapport d'une commission permanente
soit fixée à un maximum de 14 minutes, dont 5 minutes au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 5 minutes au groupe parlementaire
formant l'Opposition officielle et 2 minutes au groupe des
députés indépendants; le ministre qui présente le
projet de loi puisse exercer un droit de réplique d'une durée
maximale de deux minutes; «Une fois terminé le débat sur la
prise en considération du rapport d'une commission permanente, les
amendements soient mis aux voix successivement sans appel nominal, de la
manière indiquée par le président; les amendements
adoptés soient intégrés au rapport, qui est ensuite mis
aux voix sans appel nominal; «La durée du débat sur
l'adoption d'un projet de loi public soit fixée à un maximum de
30 minutes, dont 10 minutes au groupe parlementaire formant le gouvernement, 10
minutes au groupe parlementaire formant l'Opposition officielle, 5 minutes au
groupe des députés indépendants et une réplique
d'une durée maximale de 5 minutes au ministre qui présente le
projet de loi, auquel maximum pourrait s'ajouter, le cas échant, pour
les fins de l'application de l'article 257, une période maximale de 15
minutes réparties de la façon suivante: 5 minutes au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 5 minutes au groupe parlementaire
formant l'Opposition officielle, 3 minutes au groupe des députés
indépendants et 2 minutes de réplique au ministre qui
présente le projet de loi, au terme de laquelle les amendements seraient
mis aux voix immédiatement et sans appel nominal; le ministre qui
présente le projet de loi puisse exercer un droit de réplique
d'une durée maximale de 5 minutes; «Une motion de suspension de la
séance puisse être proposée à tout moment par un
ministre ou un leader adjoint du gouvernement; une telle motion ne
requière pas de préavis, ne puisse être amendée ni
débattue et soit immé- diatement mise aux voix sans appel
nominal; «L'ajournement du débat puisse être proposé
à tout moment de la séance par un ministre ou un leader adjoint
du gouvernement; une telle motion ne requière pas de préavis, ne
puisse être amendée ni débattue et soit
immédiatement mise aux voix sans appel nominal; «L'ajournement de
l'Assemblée puisse être proposé à tout moment de la
séance par un ministre ou un leader adjoint du gouvernement; une telle
motion ne requière pas de préavis, ne puisse être
amendée ni débattue et soit immédiatement mise aux voix
sans appel nominal; «Le retrait d'une motion puisse être
proposé à tout moment de la séance par un ministre ou un
leader adjoint du gouvernement; une telle motion ne requière pas de
préavis, ne puisse être amendée ni débattue et soit
immédiatement mise aux voix sans appel nominal;
«L'Assemblée puisse siéger tous les jours, à compter
de 10 heures, jusqu'à ce qu'elle décide d'ajourner ses travaux;
«Sous réserve de ce qui précède, les dispositions du
règlement particulières aux mois de juin et décembre
soient appliquées; et «Les règles ci-haut
mentionnées puissent s'appliquer jusqu'à l'adoption desdits
projets de loi.»»
Dans les circonstances, M. le Président, je proposerais que vous
convoquiez une réunion des leaders de façon à ce que nous
puissions partager de façon équitable les droits de parole des
députés.
M. Chevrette: M. le Président, je m'excuse, mais avant de
convoquer...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Un instant! Un instant!
Oui, oui, mais attendez que je vous donne votre... Je vais vous
reconnaître, M. le leader. Alors, merci, M. leader du gouvernement. M.
leader de l'Opposition officielle.
M. Chevrette: Un, je ne suis pas intéressé d'aller
à une réunion de leaders. Ça, c'est clair, puis je n'irai
pas. Deux, je voudrais demander décemment un temps, parce que j'ai
l'intention de plaider sur la recevabilité de la motion sur trois
aspects différents. Je pense qu'une motion qui implique quatre à
cinq pages de texte, on peut se permettre d'avoir quelques minutes pour
étudier cette motion de bâillon sans précédent.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, je vais suspendre
quelques instants. Mais avant de suspendre les travaux, je voudrais
évidemment qu'on me remettre copie de la motion déposée
par M. le leader. Je suspends les travaux quelques minutes pour permettre
à M. le leader de l'Opposition officielle de revenir plaider sur la
recevabilité.
(Suspension de la séance à 16 h 16)
(Reprisée 16 h 40)
Débat sur la recevabilité de la
motion
Le Président: Alors, Mmes MM. les députés,
veuillez prendre place, s'il vous plaît. Alors, sur la motion de
suspension de certaines règles de procédure
présentée par le leader du gouvernement, je reconnais M. le
leader de l'Opposition pour plaider sur la recevabilité de ladite
motion.
M. Guy Chevrette
M. Chevrette: M. le Président, en ce 17 décembre,
non pas 1792, mais 1992, je voudrais plaider, M. le Président, en
particulier sur trois points. Premièrement, je plaiderai sur la
possibilité de mettre fin à une commission parlementaire,
d'abord, via l'article 182 de notre règlement. Également, je
plaiderai sur l'irrecevabilité, M. le Président, parce qu'elle
attaque des droits et privilèges, la question de fait personnel de
l'article 71. Et, enfin, j'ai l'intention également, M. le
Président, de plaider sur la notion d'urgence, parce que c'est quasiment
une farce de commencer une motion avec «en raison de l'urgence de la
situation». Donc, on va se parler d'urgence dans un troisième
temps, M. le Président. On va demander si ça se garroche aux
portes pour ouvrir les magasins.
Mais, avant d'approfondir ces trois points-là, j'aimerais en
appeler à vous, M. le Président, tout d'abord, en tant que
gardien et défenseur des droits de tous les parlementaires membres de
cette Assemblée. M. le Président, lorsqu'un gouvernement
décide dans une motion de suspendre, comme entend le faire aujourd'hui
le leader du gouvernement, à peu près tous les principaux
articles de notre règlement, les députés et plus
particulièrement ceux de l'Opposition officielle n'ont d'autre choix que
d'en appeler à vous.
Ce règlement, qui fondamentalement se veut le rempart contre les
abus de la majorité ministérielle, aujourd'hui, avec la motion du
leader, n'existe plus. Nous assistons à un véritable
détournement de règlement et nous nous devons de réagir
comme Assemblée qui représente le pouvoir législatif,
sinon c'est la glissade lente et sûre, M. le Président, vers le
gouvernement par décret. Dois-je rappeler que nos ancêtres se sont
battus pour faire prévaloir des principes aussi fondamentaux? Et je sais
que c'est ce même règlement qui permet la suspension des
règles, M. le Président, mais je pense que nous avons
assisté récemment et nous assistons encore aujourd'hui à
une dangereuse dérive dans l'utilisation de l'article 182.
Donc, M. le Président, tout d'abord vous allez me permettre, dans
un premier temps, de vous dire, M. le Président, que la décision
que vous aurez à rendre est d'autant plus importante, voire historique,
en ce jour où I on célèbre la première
séance de notre Assemblée, il y a 200 ans de cela, un 17
décembre. Et vous vous rappellerez sûrement que vous-même,
ce matin, vous rappeliez qu'il y avait eu un débat cette
journée-là, un débat houleux, nous dit-on, qui avait
consisté justement à débattre du choix d'un orateur pour
la Chambre. Conscients du rôle de protecteur de leurs droits que joue le
Président, les députés avaient longuement discuté
sur le choix de celui qui aurait à arbitrer, M. le Président,
leurs différends.
J'en reviens donc à mon premier argument, M. le Président.
À la lecture de la motion du leader du gouvernement, celui-ci a choisi
de mettre fin aux travaux de trois commissions parlementaires. Il se sert
effectivement de l'article 182, M. le Président, et je voudrais y
référer, puisque mon argumentation sera celle de dire que
ça n'a pas de bon sens d'utiliser l'article 182, que c'est plutôt
l'article 249.
L'article 182 de notre règlement stipule que: «Le leader du
gouvernement ou un ministre peut proposer la suspension de toute règle
de procédure prévue aux paragraphes 2 et 3 de l'article 179. La
motion doit indiquer le motif de la suspension et, s'il y a lieu, la
règle qui s'appliquera. Elle fait l'objet d'un débat restreint et
ne peut être amendée ni scindée.»
M. le Président, vous aurez remarqué que dans toutes les
lois d'exception qui ont été débattues à
l'Assemblée nationale, c'est cet article 182 qui a toujours
prévalu. Par exemple, une grève de la fonction publique, par
exemple, une grève illégale, qui met en péril, en danger
la population, là, on utilise 182 et on fait la suspension des
règles. Mais en tout autre temps, ce n'est pas l'article 182 qui
prévaut, M. le Président, c'est l'article 249. Ça n'existe
pas pour rien, cet article. Après un certain temps en commission,
normalement, M. le Président, le leader du gouvernement doit donc
convoquer une rencontre des leaders. Il demande au président. Et je vous
ferai remarquer que c'est ce que j'ai fait jeudi passé, c'est ce que
j'ai fait vendredi passé et c'est ce que j'ai fait lundi de cette
semaine en m'informant, M. le Président: Qu'est-ce qui se produit en
Chambre? On ne sait pas où on s'en va. On est en train, lentement mais
sûrement, de se foutre de toute la procédure parlementaire, parce
qu'on se réfère... On est rendu même à mettre fin
à des commissions parlementaires comme si c'étaient des mesures
d'urgence, des catastrophes nationales, des catastrophes financières,
une grève dans la fonction publique, une grève illégale
où la santé et la sécurité des gens serait en
cause.
M. le Président, la Loi sur la voirie, la loi sur les heures
d'affaires, la Loi sur la qualité de l'environnement faisaient l'objet
d'étude en commission. Est-ce qu'il y allait de la santé des
gens? Est-ce qu'il y allait d'une catastrophe, M. le Président? Est-ce
que le fait de ne pas adopter les heures d'affaires faisait en sorte que
le gouvernement pouvait être légitimé de passer une
loi d'exception? Mais pas du tout! Pas du tout! Il pouvait se prévaloir
de 249 et dire: Je convoque les leaders et je leur demande: Quand est-ce que
vous pouvez me donner ma loi? C'est ça, la question traditionnelle que
vous nous posez, M. le Président, et vous-même, vous l'avez fait
à plusieurs reprises. M. le leader de l'Opposition, pourriez-vous me
dire, pourriez-vous répondre à la question du leader du
gouvernement? À ce que je sache, non seulement vous ne m'avez pas
convoqué, M. le Président - et je vais révéler
ça ici, ce soir - mais je vous ai quasiment supplié de nous
convoquer pour qu'on puisse savoir où on allait dans cette Chambre. Et,
ça, je le révèle aux parlementaires. J'ai
été obligé de faire appel à la présidence de
l'Assemblée nationale pour savoir où on s'en allait dans le
Parlement. Et pas plus tard hier. On est à une journée ou deux de
la fermeture de nos travaux. C'était une catastrophe nationale!
Est-ce que l'article 249, qui est l'esprit même de cette motion,
ne devrait pas être appliqué, si c'était ce qu'on
recherchait? Mais pas utiliser faussement un article 182, M. le
Président, pour mettre fin à des travaux d'une commission
parlementaire en inventant... Je ne crois pas que notre règlement soit
là pour inventer des faussetés. Notre règlement est
là pour suivre une logique. Sinon, M. le Président, l'article 249
n'existerait pas. La preuve, vous aurez remarqué, M. le
Président, que le leader, dans sa motion, ne le suspend pas, ne suspend
pas l'article 249 et suivants, et c'est ça qui est drôle. Sinon,
il l'aurait suspendu. Il aurait dit: Voyons, ça n'a pas d'allure.
Où on s'en va, M. le Président?
Ce que cherche à faire le leader du gouvernement, c'est de se
prévaloir d'une mécanique de motion de clôture de
façon indirecte, et surtout sans ses inconvénients,
c'est-à-dire: convocation d'une réunion des leaders, avis au
feuilleton, débat qui n'est pas restreint dans le temps et poursuite des
étapes normales. C'est ce à quoi aurait obligé la
procédure de 249. Et comme on n'a pas le droit de faire indirectement ce
qu'on n'a pas le droit de faire directement, comment pouvez-vous justifier
l'utilisation de 182 au lieu de 249, qui était bel et bien toute la
motion désignée à ce moment-là?
En faisant ça, il dénature donc la lettre et l'esprit de
notre règlement, M. le Président. Pour que la motion du leader
soit recevable, il m'ap-paraît qu'il aurait dû prévoir des
règles de fonctionnement en commission parlementaire. Évidemment,
il vous dira qu'il y met fin. Mais pour cela, ce sont les articles 249 - je le
répète - à 251 qui auraient dû être
appliqués au lieu de les suspendre. Ou il choisit de les suspendre, il
doit alors indiquer clairement la règle qui s'appliquera, selon les
termes mêmes du deuxième alinéa de l'article 182, M. le
Président. Actuellement, nous ne faisons pas face à une nouvelle
règle, mais bien à un ordre de la Chambre, qui ne repose sur
aucune base réglementaire, et qui est simplement camouflé dans la
motion de suspension. Je sais donc, M. le Président, cependant, que le
22 juin dernier, vous avez rendu une décision sur une question de droit
semblable, et que vous aviez jugé la motion recevable parce que les
articles 249 à 251 étaient remplacés par l'ordre de mettre
fin à la commission des affaires sociales quant à l'étude
du projet de loi 408, et de déposer son rapport à
l'Assemblée.
Je vous soumets bien respectueusement, M. le Président, qu'il y a
une nuance juridique qui ne semble pas avoir été bien saisie dans
le brouhaha de cette journée, et que l'on ne doit pas hésiter
à revoir cette jurisprudence, compte tenu de l'abus qui découle
de cette deuxième motion. Sinon, aussi bien abolir carrément les
articles touchant la motion de clôture. M. le Président, je
réitère également, à mon humble point de vue,
qu'à ce titre-là on pourra expliquer n'importe quelle situation
dans le Parlement. On pourra toujours attendre à une journée ou
deux jours avant la fin de nos travaux, et on utilisera la motion de
bâillon total vers la suspension des règles, indépendamment
d'une urgence réelle ou fausse, ou inventée de toutes
pièces. C'est ça qu'on est en train de faire. Je ne crois pas
qu'on puisse laisser dénaturer le Parlement ou les règlements du
Parlement, M. le Président, surtout en cette année du
Bicentenaire où on se gargarise, où on se targue d'être
dans un lieu où les règles de la démocratie sont les mieux
observées, les mieux protégées, les mieux gardées.
(16 h 50)
Deuxième argument, M. le Président, je fais
particulièrement appel à vous, et de façon très
sérieuse également. Je fais appel à vous en tant que
défenseur de nos droits. Dans sa motion de suspension des règles,
le leader du gouvernement inclut les articles 71 à 73 régissant
la procédure d'une intervention sur un fait personnel. M. le
Président, ce n'est pas parce que dans le passé c'a
été suspendu et que ça n'avait pas été
contesté sur la recevabilité que ça en fait un objet
acceptable et recevable. Je vous dis très clairement que c'est
inacceptable et irrecevable.
Je pense que cet aspect va beaucoup trop loin, et outrepasse la
capacité d'un leader de restreindre un droit des plus stricts pour les
parlementaires, c'est-à-dire celui de s'expliquer sur un fait qui le
concerne hautement et personnellement. Il s'agit du droit le plus fondamental
pour un élu que de pouvoir rectifier les allégations le
concernant. M. le Président, j'attire votre attention sur cet argument
plus particulièrement, puisque rien ne garantit - et vous en savez
quelque chose - qu'un député ne pourra être victime d'une
campagne de salissage au cours des prochains jours. C'est clair? Vous savez
qu'il y a même un député, en cette Chambre, qui a dû
mettre en demeure un journal.
S'il a mis en demeure un journal, c'est parce qu'il y a quelque chose
qui se passe. Il pourrait être victime d'une campagne de salissage, et
parce qu'on ne peut pas soulever la question de fait personnel... Et dans un
journal, c'est ça: Écris ce que tu veux, je ne pourrai pas
profiter de ma tribune, ici, pour corriger les faits. Ça, c'est d'aller
trop loin, au niveau des règlements. Il m'apparaît indispensable,
là-dessus, M. le Président... Si ce n'était que sur ce
point, je me lèverais quand même, mais j'en ai trois. Mais, sur ce
point en particulier, aucun président de l'Assemblée nationale ne
peut tolérer de limiter les droits d'un individu, surtout quand il y va
de sa réputation. Je sais que vous serez sensible à
l'argumentation qu'on vous donne là-dessus, parce que vous êtes au
courant de certains faits.
M. le Président, bien sûr, il reste la question de
privilège, me direz-vous. Mais, comme vous le savez, cette
procédure demeure très aléatoire, puisqu'un sujet peut
générer une question de fait personnel, sans pour autant
constituer une atteinte aux droits de l'Assemblée ou à l'un de
ses membres. On ne saurait également présumer de la
décision de la présidence, parce qu'une question de fait
personnel, depuis que je suis en Chambre, là, je dois vous avouer qu'il
n'en a pas passé gros. On s'en remet à l'Assemblée les
trois quarts du temps. Et je pense qu'une question de fait personnel, dans les
circonstances, peut être d'une importance capitale pour laver une
réputation ou pour rétablir des faits qui peuvent aller à
rencontre de la réputation d'un individu de cette Chambre. Et on n'a pas
le droit, dans une motion de suspension de règles, d'enlever toute
possibilité, si minime sort-elle... On ne peut pas enlever une
possibilité à un individu de faire la lumière, surtout en
ce qui regarde son intégrité personnelle.
Une voix: C'est ça.
M. Chevrette: Et ça, j'espère, M. le
Président, que vous allez y voir avec beaucoup d'attention.
M. le Président, troisième argument. Il concerne la notion
d'urgence. Je reconnais que, dans le passé, il y a eu un certain courant
de jurisprudence à l'effet que la présidence n'a pas à
décider de la pertinence et de l'exactitude de la prétention du
leader. Mais écoutez, vous avez une motion qui commence par «en
raison de l'urgence de la situation».
Je pourrais vous déposer, si je voulais faire un spectacle,
ça d'épais de télégrammes de citoyens qui nous
demandent le report de cela, par exemple, la loi sur les commerces. Je pourrais
vous déposer une multitude de télégrammes, de
résolutions de félicitations parce qu'on a
précisément empêché son adoption jusqu'à
date...
Une voix: C'est ça.
M. Chevrette: ...et vous venez me dire qu'il y a urgence. Il y a
urgence de faire crever des commerces en janvier, février? Mon oeil! Il
n'y a pas d'urgence, M. le Président. Loin de là. Il n'y a pas de
consensus dans la société là-dessus. Je pense que c'est un
faux prétexte, puis le règlement qui parle de notion d'urgence ne
parle pas de fausse urgence.
Une voix: Même pas dans le caucus, ce matin. Le ministre
l'a dit.
M. Chevrette: M. le Président, c'était clair que si
on s'était fié... Je ne vous parlerai pas de ça. Vous
allez dire que j'engendre un débat, mais pour enlever les valideuses,
vous auriez même vu que l'urgence aurait baissé, de l'autre
bord.
Une voix: L'urgence...
M. Chevrette: Je suis sûr de ça. L'urgence sur la
voirie! La principale union municipale qui est touchée par le transfert
de la voirie, l'UMRCQ, vient de nous envoyer un long télégramme
que j'ai ici. M. Robert Middlemiss... Ça touche tous les élus
municipaux, ça, du monde rural, 1200, 1300 municipalités. Ils
disent: II n'y a pas de presse. On veut être entendus entre Noël et
la reprise de la session. Urgence? Fausse urgence! Est-ce qu'on a le droit, M.
le Président, d'induire une Chambre en erreur en disant qu'il y a une
urgence?
Je ne crois pas que ce soit l'esprit du règlement,
indépendamment du fait que ce soit laissé à
l'Assemblée nationale. Je pense que le président est là
aussi pour faire remarquer que la lettre du règlement et l'esprit du
règlement ne peuvent pas être travestis. Quand ça saute aux
yeux, comme c'est le cas présentement, il est loin d'y avoir des
urgences dans cela.
Le Syndicat des fonctionnaires provinciaux, tous les travailleurs de la
voirie veulent être entendus, puis ils demandent de la remettre. Urgence?
Écoutez une minute, ça n'a pas de bon sens. Ce n'est pas vrai
qu'il y a une urgence. On «va-tu» se faire planter un faux
prétexte? Et je pourrais continuer. Le Protecteur du citoyen
également, et tout le kit. Aïe! Urgence! M. le Président, il
ne faut pas nous prendre pour des valises, là. Il n'y en a pas,
d'urgence. On sait qu'il n'y en a pas sur les heures de commerce, il n'y en a
pas non plus sur la voirie. Il reste l'autre, l'environnement. Bien,
l'environnement, croyez-le ou non, 12 groupes, les 12 principaux groupes
environnementaux disent: Ne passe pas ta loi, on veut être entendus.
Urgence! Oui, urgence, parce qu'il a peur de perdre la face. Et c'est sa propre
loi! Un leader a l'air fou un peu. Il met la sienne parce qu'il veut avoir sa
loi dedans. Mon collègue a proposé, croyez-le ou non, que toute
la question juridique de Laidlaw, le fameux trou juridique... On a passé
une loi en 1964, la Loi sur la Société québécoise
d'assainis-
sèment des eaux. On a proposé un amendement là pour
qu'on puisse boucher ce trou juridique. Le leader dit: Non, non, non, non! Je
le mets dans 61. Je vais pouvoir invoquer l'urgence. Du chantage!
M. le Président, c'est du chantage, ça. Je ne comprends
absolument pas. M. le Président, on ne peut pas invoquer l'urgence pour
rien. Il n'y a pas de préavis; on ne peut pas invoquer l'urgence sans
fondement. Ordinairement, c'est quand il t'arrive une tuile puis une
catastrophe. Par exemple, dans les hôpitaux, il se déclenche une
grève. Il n'y a pas de services essentiels d'assurés. Là,
le Parlement a un rôle à jouer; là, tu invoques l'article
182; là, tu invoques l'urgence, tu suspends les règles, tu
glisses ça dans le temps et, ordinairement, c'est très
limité dans le temps. Tu passes une loi d'exception. Mais c'est le menu
régulier, M. le Président. On est en train d'en faire des mesures
de lois spéciales. Ça n'a pas de bon sens!
Et je vous dis: II va falloir qu'on le tranche, le débat, un jour
ou l'autre, sinon on est en train de sombrer dans le ridicule. Un leader qui
commence: En raison de l'urgence de la situation... Moi, je pourrais bien
commencer sa motion: En raison du manque de planification, de clairvoyance et
de capacité de planifier les travaux de l'Assemblée nationale,
voici ce que je suis obligé de faire. Ça, ce serait la
réalité de la motion. Mais qu'on ne vienne pas invoquer une
urgence, M. le Président. Ce n'est pas vrai. Il n'y a aucune urgence, et
je veux que la présidence se prononce sur cette dimension-là
également.
Trois raisons, donc, de dire: On ne marche pas. Et je vais vous citer
quelques cas pour la question d'urgence, parce que c'est important, je pense,
que vous n'ayez pas à chercher outre mesure certaines citations. Pour
mieux comprendre, donc, tout cela, M. le Président, je vous rappellerai
que le code Lavoie... Tout d'abord, les articles 182 et 183, parce que c'est
eux autres qui déclenchent les notions d'urgence... Je vous
réfère au code Lavoie, à l'article 84, deuxième
alinéa, qui dit: La motion de suspension «doit contenir uniquement
un exposé des motifs qui prouvent l'urgence et justifient la suspension
de l'application des règles». Où est-ce que vous avez-vu
ça, vous, M. le Président? (17 heures)
À ce sujet, le président Richard avait dit, le 18
août 1977: «On voit que le règlement a été
voulu, et avec sagesse, pour faire en sorte que le deuxième
alinéa ne soit pas utilisé que dans des cas rarissimes, dans les
cas de l'injonction sans avis. [...] Le débat de fond consisterait, par
exemple, à savoir s'il y a vraiment urgence ou si cette mesure est
futile. Et cela, c'est l'objet même du débat qui peut s'ensuivre
et qui est un débat régi par les règles de l'article 94,
donc un débat en soi, non pas illimité parce qu'il n'y a pas
d'amendement, mais où tous les membres peuvent parler vingt
minutes.» C'est clair, ça, M. le Président. «J'aurais
des réserves à recevoir la motion qui eût été
présentée suivant les termes de l'alinéa 2 - disait le
président Guay - c'est-à-dire sans avis.»
Il y a Geoffrion également: «La suspension peut, cependant,
être proposée par motion principale non annoncée, si la
Chambre a préalablement, sur une motion non annoncée et contenant
un exposé de motifs suffisants, déclaré qu'il y a urgence
de se prononcer sur cette suspension.» Article 219(2).
Les articles actuels du règlement sont toujours
interprétés, en cas d'imprécision, en tenant compte des
articles du code Lavoie et de Geoffrion. Pourquoi certains de vos
prédécesseurs ont-ils cessé de suivre cette pratique?
Ma conclusion est la suivante. De deux choses l'une: ou bien vous
retournez à l'interprétation originale des articles 181, 182 et
183 et déclarez irrecevable une motion manifestement mal fondée
sur le plan de l'urgence, ou bien vous n'hésitez pas à
déclarer que le débat de deux heures porte uniquement sur
l'urgence et que le débat qui s'ensuit devra porter sans limite de temps
sur la motion de suspension comme telle. C'est une motion de forme.
Je sais que c'est un coup de barre à donner, M. le
Président, mais, dans le passé, vous n'avez pas
hésité à agir sur le règlement en vous servant de
votre pouvoir de créer de la jurisprudence, notamment, concernant toute
la question des outragés à la Chambre, où vous avez
inséré beaucoup plus de souplesse, alors que vos
prédécesseurs avaient, eux, carrément fermé la
porte.
M. le Président, en ce 200e anniversaire du parlementarisme au
Québec, nous faisons appel à votre sens du respect des
règles d'équité, à votre sens, d'abord, du respect
des droits fondamentaux de tout élu en cette Chambre. Je suis convaincu,
M. le Président, parce que vous êtes avocat de formation, que vous
n'accepterez pas qu'un leader du gouvernement qui, lui-même, a une
formation en droit, puisse essayer de faire indirectement ce qu'il n'a pas le
droit de faire directement, et vous ne le laisserez pas inventer de faux
prétextes d'urgence.
M. le Président, il y a un paquet de lois dans ça, et je
vais vous dire pourquoi également. La loi 55, entre autres, qui est dans
la motion, il y a élimination de toutes les causes pendantes.
Une voix:...
M. Chevrette: La loi... C'est ça... Elle les
élimine toutes, me dit-on... On a même reçu des lettres du
Barreau, que j'ai ici...
Une voix: Du Barreau. Scandaleux!
M. Chevrette: ...qui proteste avec véhémen-
ce, à part de ça. Est-ce qu'il y a une urgence, M. le
Président, alors qu'on a un pouvoir rétroactif dans cette
loi-là?
Une voix: En 1979.
M. Chevrette: On n'entend personne. Est-ce qu'il y a une urgence
sur les commerces, avec le tollé... Il y a même des gens encore
qui suivent les débats uniquement là-dessus. Il y a 250 000
personnes... Ah! tu peux regarder si tu veux, on va t'en nommer. Il y en a un,
là. Il est présent. C'est lui qui est chef de tout le groupe. On
peut vous parler aussi de la voirie. Les unions municipales étaient dans
nos murs, tantôt. On peut vous parler de la loi 61, où c'est le
fruit de la seule imagination du ministre, parce que tous les groupes, tous les
groupes, y compris le Barreau, y compris le Barreau encore là-dessus,
nous disent qu'il n'y a pas d'urgence.
M. le Président, je fais appel à vous. Sinon, je vous dis
tout de suite... Je pense qu'en toute honnêteté il faut le dire
à nos collègues: Nous n'avons pas l'intention de participer
à cette mascarade. Nous n'avons pas l'intention de participer à
une bouffonnerie politique. Nous n'avons pas le choix. Nous n'accepterons pas,
M. le Président, qu'après avoir dépensé des sommes
d'argent, comme nous l'avons fait sur les bienfaits du parlementarisme, des
droits démocratiques, nous n'accepterons pas, nous, en tout cas, comme
formation politique, de nous prêter à de la bouffonnerie qui
limite à 14 minutes l'étude d'un rapport, par exemple, à
trois minutes les interventions. Voyons!
Si vous avez le goût de rire du monde... Je comprends que vous
avez été sonné, au cours des derniers mois. Et
j'espère que vous pouvez reprendre vos esprits au moins pour distinguer
entre les droits individuels d'un député et vos droits à
vous, que vous croyez légitimes, entre une urgence réelle et une
fausse urgence, et, également, M. le Président, en n'utilisant
pas des droits, en n'utilisant pas des articles pour des fins autres que celles
qui ont été dévolues... Et, avec le consentement, M. le
Président, j'aimerais déposer la plaidoirie écrite que
nous avons préparée sur ce fait.
Document déposé
Le Président: Est-ce qu'il y a consentement au
dépôt du document? Consentement. Le document est
déposé. À ce moment-ci, je vais reconnaître M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Daniel Johnson
M. Johnson: Merci, M. le Président. Je vais aborder les
quelques questions qu'a soulevées le leader de l'Opposition dans le
même ordre que lui. D'abord, de façon extrêmement
solennelle, le leader de l'Opposition a parlé de l'institution du
Bicentenaire que nous célébrons cette année. Il feint
d'oublier que cette institution parlementaire nous donne à tous et
à nos concitoyens un forum qui nous permet de délibérer,
donc, d'aborder des sujets afin de les traiter, afin d'en décider et
d'en disposer. C'est ce à quoi nos concitoyens s'attendent.
À quoi avons-nous eu droit, M. le Président, à
l'égard de ces quatre projets de loi? À plus de 100 heures de
délibérations, croirions-nous, qui n'ont mené, dans deux
cas sur ces quatre projets de loi qui sont mentionnés, à
même pas le début du commencement de pouvoir aborder l'article 1
de ces projets de loi. Dans deux autres cas, oui. Dans le cas de la loi 55,
l'étude article par article est terminée. Dans le cas de la loi
57, un article a été adopté. Dans les deux autres cas,
aucun article n'a encore été abordé, après un total
de 40 heures et 45 minutes de délibérations. Notre système
parlementaire vise à faire en sorte que, de façon
ordonnée, nous puissions délibérer au grand jour sur les
enjeux que le gouvernement prétend être assez importants pour
être amenés ici. Ça fait donc partie des règles,
pour le gouvernement, d'invoquer la loi et le règlement afin de faire
adopter la législation, s'il juge qu'il y a eu un temps suffisant,
compte tenu de nos traditions parlementaires, pour pouvoir aborder ces sujets
et en disposer.
À l'égard des trois points techniques que le leader de
l'Opposition a amenés, d'abord la façon de mettre fin à
une commission parlementaire. Celui-ci se réfère à
l'existence des articles 249, 250 et 251, que j'ai lus moi aussi, que nous
connaissons tous, mais qui n'en font pas des articles que les articles visant
la suspension des règles ne peuvent toucher. Le gouvernement a ce choix
de suspendre, en vertu de l'article 182, certaines des matières
visées à l'article 179, 2° et 3°, y compris l'article
249, l'article 250 et l'article 251. Il ne faudrait pas croire que l'article
249 a une valeur supérieure, de quelque façon que ce soit, une
espèce d'enchâssement dans notre règlement, si je peux
utiliser cette expression, qui ferait qu'il ne pourrait être l'objet,
dans la motion de suspension des règles, d'une suspension qui le vise
spécifiquement. À cet égard, M. le Président, vous
me permettrez de dire que l'article 182, validement, suspend l'article 249.
Deuxièmement, à l'égard de la question de fait
personnel, 71 à 73, je veux bien souscrire à la difficulté
apparente qu'il y a dans le discours du leader de l'Opposition à
tolérer, comme parlementaires, que notre capacité de nous
plaindre de quelque chose qui nous affecte en notre qualité, ici
même, soit aussi suspendue. Mais je cherche en vertu de quel principe ce
serait plus grave dans les circonstances que ce ne l'est lorsque
l'Assemblée ne siège pas. Pendant l'intersession - et nous sommes
en dehors
de cette Chambre plus longtemps que nous n'y sommes dans une
année, certainement en jours et très certainement en heures de
débat - comment pouvons-nous, comme députés, rectifier
quelques faits, invoquer devant l'Assemblée nationale qui ne
siégerait pas notre qualité de député, qui pourrait
être attaquée par un écrit ou une parole qui a
été rapportée publiquement? Vous me permettrez donc de ne
pas voir là le drame que tentait de décrire le leader de
l'Opposition, mais nous nous en remettons à cet égard, M. le
Président, à votre décision sur ce sujet. (17 h 10)
Quant à l'urgence, étrangement, le leader de l'Opposition
semble vouloir lui aussi invoquer une autre urgence. Dans certains cas,
l'urgence de ne rien faire. Devant la décision du gouvernement de
procéder avec le projet de loi, on nous représente que des
groupes d'intérêts auraient, par télégramme,
insisté pour que tel ou tel projet de loi, telle disposition, ne soient
pas adoptés. Le leader de l'Opposition invoque l'urgence de ne rien
faire. De ce côté-ci, à l'égard de certains projets
de loi, nous invoquons l'urgence qu'il y a de faire quelque chose. Ce qui
démontre, à sa face même, M. le Président, que vous
n'êtes pas, à l'intérieur de notre règlement, comme
la jurisprudence d'ailleurs l'indique, habilité ou appelé,
devrais-je plutôt dire, à juger de l'existence du caractère
d'urgence dans les circonstances qui nous amènent ici à
suggérer la motion en vertu de 182 et 183.
Le leader s'est rapidement emporté, ou déporté, sur
le terrain de l'opportunité qu'il y avait de discuter, ou de
décider, ou de disposer de l'un ou l'autre sujet, invoquant lui aussi
une urgence, que l'on ne vous demande pas d'accepter ou sur laquelle on ne vous
demande pas de trancher quant à la preuve qu'aurait faite le leader de
l'Opposition de l'urgence qu'il y a de ne rien faire.
Au même titre, M. le Président, vous n'avez pas à
disposer de la question de savoir s'il y a urgence de faire quelque chose,
comme nous l'invoquons de ce côté-ci. Le gouvernement, dans
l'exercice de ses fonctions, a à s'assurer, de façon responsable,
qu'un temps non seulement raisonnable, mais complet - et, dans certains cas,
pour ceux qui siègent en commission parlementaire, déraisonnable
- soit consacré à l'étude des projets de loi qui sont
amenés devant l'Assemblée nationale.
Ce qui est en cause ici, c'est la capacité de l'Assemblée
nationale, et non seulement du gouvernement, de prendre des décisions.
C'est de voir l'équilibre que nos institutions tentent de faire
respecter en donnant des pouvoirs réels à l'Opposition de
retarder les projets de loi, de forcer ainsi le gouvernement à
établir un rangement de ses priorités. Parce que notre
règlement prévoit que, le 21 à minuit, nous devons cesser
de siéger, cela amène inévitablement le gouvernement,
à moins qu'il ne veuille déborder cette date limite, à
choisir lesquels de ces projets de loi il entend faire adopter, en laissant
tomber l'un ou l'autre. C'est déjà arrivé et ça
risque de se reproduire au fil des débats.
Mais il existe des circonstances où, selon le gouvernement,
l'équilibre est rompu à partir du moment où plus rien ne
se passe et qu'on veut invoquer de l'autre côté l'urgence de ne
rien faire. Nous avons, comme gouvernement, M. le Président, la
responsabilité de faire. Nous avons la responsabilité de
décider. Les parlementaires peuvent nous juger, et c'est ce que nous
faisons à chaque vote. La population également a
l'opportunité, régulièrement, de nous juger.
Nous avons, M. le Président, en amenant cette motion,
respecté l'institution, respecté notre responsabilité
à l'endroit de nos concitoyens lorsqu'il est urgent de faire quelque
chose. Cette motion est donc parfaitement conforme à notre
règlement et à la jurisprudence. Et je crois comprendre, par les
dernières remarques du leader de l'Opposition, dont je prends acte,
qu'il entend accélérer nos travaux en s'abstenant de les
retarder.
Le Président: Si vous permettez, j'ai une demande
d'intervention du député de Drummond. Je pourrais l'entendre, et,
après ça, je reviendrais à vous. D'accord? Alors, M. le
député de Drummond.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Oui, M. le Président, je n'ai pas l'intention
de reprendre toute la plaidoirie qui a été ajoutée par le
leader ; de l'Opposition officielle. Mais j'aimerais que vous ajoutiez à
votre réflexion les éléments suivants: la suspension de
87, troisième paragraphe, en accord avec 71 et 73, qui ont
été suspendus.
Au niveau de l'urgence, M. le Président, j'aimerais que vous
considériez les travaux de cette Assemblée depuis qu'on a repris
nos travaux. Un exemple. Hier soir, nous avons terminé seulement
à 21 h 45. La journée d'avant, on a terminé à 13 h
30. Il y a seulement deux commissions qui ont siégé aujourd'hui.
Alors, je pense, moi, lorsqu'il y a urgence, lorsqu'on pense que des projets de
loi qui ont été déposés très tardivement au
début de cette session-là... Et j'aimerais que vous preniez en
considération aussi notre règlement qui donnait plein droit au
leader du gouvernement de faire siéger cette Chambre de 10 heures
à 10 heures, depuis le début des travaux.
Je conclurai cette brève intervention M. le Président, en
vous citant ce qui a paru tout dernièrement, à l'occasion du 200e
anniversaire de cette institution, et ce que nous vivons ici, pour la
deuxième fois, en 1992, c'est ce que le professeur WoerWîng est en
train d'établir, puis on est en train de dire. Je vais vous le citer. M.
Woerhling dit que le pouvoir de l'exécutif à
l'égard d'un Parlement, règle générale, est
limité. Mais, de plus en plus, cette primauté juridique du
Parlement s'accompagne d'une emprise politique de l'exécutif. Et le
professeur Woerhling disait: Le fait que les gouvernements sont habituellement
élus avec une forte majorité parlementaire, à
l'égard de laquelle ils exercent une discipline rigoureuse, tant et si
bien que le gouvernement est d'habitude placé en position dominante par
rapport au Parlement et se trouve en mesure de soumettre ces derniers à
ses volontés, jusqu'à en faire une simple chambre
d'enregistrement. L'existence d'un contrôle gouvernemental sur
l'activité parlementaire, qui donne au gouvernement un véritable
monopole de l'initiative des lois et du travail législatif, l'abus des
législations, de pouvoirs réglementaires, qui entraîne un
véritable transfert de la fonction législative à
l'exécutif...
Je pense que, M. le Président, à l'intérieur de la
décision que vous allez prendre, ce sera peut-être ces trois
commentaires qui feront en sorte que, dans 100 ans d'ici, lorsque nos
successeurs seront ici, on pourra se rappeler que, le 17 décembre 1992,
la démocratie au Québec aura été un peu plus haut,
un peu plus loin et qu'on aura respecté les droits des élus d'une
population comme la mienne.
Des voix: Bravo! Bravo! Le Président: M. le leader
de l'Opposition. M. Guy Chevrette
M. Chevrette: M. le Président, je voudrais reprendre
quelques éléments de l'argumentation du leader du gouvernement,
qui fait une différence entre 182 et 249. M. le Président, je...
Puis, il donnait comme plaidoirie qu'il n'y avait pas eu de propositions
d'adoptées ou d'articles d'adoptés.
M. le Président, qu'il y ait 1, 10 ou 5 articles
d'adoptés, ce n'est pas là l'objet du litige ou de ma plaidoirie.
Elle est sur le fait qu'il y a une urgence nationale pour le bien et la
santé publique. C'est ça, fondamentalement, l'objet de l'article
182: c'est en cas de drame national, en cas de catastrophe, en cas d'urgence
nationale, pour le bien-être de nos concitoyens, M. le Président,
la santé publique, disait-on. Alors que, 249, s'il y a obstruction dans
le Parlement, 249 est la procédure normale pour dénouer l'impasse
d'un processus législatif, mais non urgent. C'est ça la
distinction fondamentale.
Il a évoqué, bien sûr, la théorie des pattes
blanches. L'Opposition nous arrête, M. le Président. Donc il faut
progresser. Des pattes blanches, les mains blanches. Bien, pour avoir les mains
blanches, M. le Président, pour taxer l'autre d'avoir les pattes sales,
comme on dit en bon québécois, il faut se regarder les mains,
parce que je peux vous dire qu'ils n'ont pas les mains blanches dans ça,
là.
C'est tromper la population, tromper délibérément
la population que d'invoquer l'urgence dans ça. Pas de consensus, M. le
Président, dans la population. On se base sur quoi pour invoquer
l'urgence, alors que c'est le contraire? Les pièces écrites, les
pièces justificatives sont précisément à l'effet
contraire. L'urgence de faire, dit-il, mais la qualité totale, c'est de
bien faire du premier coup, à tout coup, partout, je ne sais pas trop,
trop où, là. «C'est-u» clair?
Des voix: Ha,ha, ha!
M. Chevrette: Vous n'êtes pas dans fa qualité totale
présentement, là. Vous êtes enfargés dans votre
qualité totale, parce qu'il y a du monde qui nous dit que ça n'a
pas de bon sens.
Une voix:...
M. Chevrette: Ah, ce n'est pas grave! C'est ça que vous
dites: Ce n'est pas grave. On sait que vous n'avez pas l'air à trouver
ça grave, mais nous autres, on trouve ça assez grave, M. le
Président, pour s'objecter.
L'autre point, l'article 71. Il dit, M. le Président:
difficulté apparente. Quand je vois un leader du gouvernement, un
député de cette Chambre dire que c'est une difficulté
apparente, les droits personnels d'un individu, ce n'est pas une
difficulté apparente, M. le Président. C'est fondamental,
ça, puis s'il y a un point sur lequel on devrait être unanime en
cette Chambre, quand on n'est pas du pouvoir exécutif, là, s'il y
a un point sur lequel on devrait être unanime, c'est bien sur aucune
limite, de quelque nature que ce soit, aux droits fondamentaux d'un
parlementaire. C'est clair? Il n'y a pas de difficulté apparente dans
ça, M. le Président. Ça, c'est clair. (17 h 20)
Troisième point, M. le Président. Écoutez bien,
là. Sur la notion d'urgence, le député de Drummond a
donné des exemples. Je pourrais vous en donner, moi, quasiment tous les
jours. Le ministre lui-même - je vais prendre le ministre leader - c'est
lui-même qui m'a demandé un certain soir, alors qu'il était
à peine 9 heures - on était en plénière sur la loi
61 - il m'a dit: Comment avez-vous de motions à présenter pour
entendre des groupes? J'ai dit: II y a 12 groupes qui veulent être
entendus, j'aurai donc 12 motions à faire. Il a ajourné les
travaux. Aujourd'hui, il invoque l'urgence. Il aurait pu me faire passer la
nuit sur mes motions. Il a ajourné immédiatement. Relisez le
Journal des débats; c'est lui-même qui a
arrêté les débats. Il a arrêté les
débats et il a dit: Si vous en avez 12, j'invoque l'article 113. Puis il
dit: On resiégera. On resiégera comment? Oui, parce que de
façon délibérée, il l'avait, sa motion, sa fausse
motion
d'urgence dans la tête, en disant: Je limiterai ça à
14 minutes - imaginez-vous - quand ça sera le temps. Et vous appelez
ça de la démocratie, vous autres? M. le Président,
mascarade, bouffonnerie auxquelles on ne participera pas.
Des voix: Bravo!
Le Président: M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Daniel Johnson
M. Johnson: M. le Président, la preuve que ça fait
partie de l'institution, cette motion, c'est qu'ici tout le monde, ou à
peu près tout le monde, à un moment donné ou à un
autre, a participé à une motion de suspension des règles
ou de clôture des deux côtés de la Chambre. Simplement qu'on
se rappelle ce que le député de Vanier d'alors, M.
Jean-François Bertrand, nous promettait à nous, de nous passer
sur le corps, nous, de l'Opposition que nous étions. Et le leader de
l'Opposition... Le chef de l'Opposition probablement était toujours
là, et ils se sont levés, s'ils étaient présents,
à l'appui de leur leader, qui, lui, cherchait à clôturer
les débats et à bâillonner les députés. C'est
la preuve...
Et la même chose est vraie, incidemment, du député
de Drummond, maintenant député indépendant, qui a
participé déjà, lorsqu'il faisait partie de ce groupe
parlementaire, à des votes en faveur de motions de suspension des
règles ou de clôture. Je veux qu'on mette ça en
perspective, M. le Président. Et, en aucun temps qui que ce soit dans
cette Chambre n'a cru que la suspension des règles, lorsque le leader
invoque l'urgence, se limite au seul cas de santé publique. Je n'ai
jamais, dans notre droit, notre jurisprudence, M. le Président, entendu
une limitation de cette nature à l'endroit des motions, notamment celle
prise en vertu de 182.
Deuxièmement, à l'endroit de la suspension des articles 71
à 73, ce n'est pas un précédent, première des
choses. J'ose croire, M. le Président, que la présidence, saisie
de motions comme celle-ci peut, proprio motu, décider que tel ou tel
article ne pourrait pas être suspendu en vertu de tous les principes qu'a
évoqués le leader de l'Opposition.
Je rappelle simplement ma question. Vous me permettrez de ne pas
répondre au mépris habituel que manifeste le leader de
l'Opposition. Je vais m'en tenir aux faits: Qu'en est-il de notre protection
comme élus lorsque nous ne siégeons pas? Comment les articles 71
à 73 peuvent-ils s'appliquer si nous ne sommes pas à
l'Assemblée nationale? Où est le drame lorsque des écrits
ou des paroles qui nous visent en tant que députés et qui
donneraient ouverture à une intervention en vertu de 71 à 73, si
nous siégions, ne donnent pas évidemment ouverture à de
telles interventions quand nous ne siégeons pas?
On peut toujours en faire un plat. On peut toujours également se
souvenir que c'est là une occasion privilégiée pour les
députés de l'Opposition de faire des motions par-dessus motions,
invocations par-dessus invocations de fait personnel, pour se plaindre de tout
ou de rien. C'est évidemment, M. le Président, toujours avec la
même hésitation que les leaders gouvernementaux, d'une
année à l'autre et d'une session à l'autre, peuvent
être contraints d'ainsi suspendre les règles, mais je ne crois pas
qu'il faille là y voir la poursuite ou le début d'une pente
dangereuse vers le gouvernement par décret.
Il m'apparait, M. le Président - et je le répète -
que le règlement nous permet de présenter une telle motion, que
celle-ci est faite parfaitement et conformément à l'ensemble de
nos règles.
Le Président: Alors sur ce, je vais suspendre les travaux
pour délibérer sur cette question et je reviendrai. Nous
convoquerons l'Assemblée en sonnant les cloches. Les travaux sont
suspendus.
(Suspension de la séance à 17 h 25)
(Reprise à 18 h 7)
Le Président: Veuillez prendre place s'il vous
plaît. Puisque nous arrivons à 18 heures, nous allons suspendre
les travaux, qui reprendront à 20 heures... Ce que je peux dire
immédiatement à l'Assemblée, c'est que les travaux
reprendront dès que la présidence sera prête à
rendre sa décision. On avisera en sonnant les cloches, soit à 20
heures ou ultérieurement durant la soirée. Nos travaux sont donc
suspendus indéfiniment.
(Suspension de la séance à 18 h 8)
(Reprise à 21 h 12)
Décision du président
Le Président: À l'ordre, s'il vous plaît!
Alors, Mmes et MM. les députés... Suite à la
présentation, par le leader du gouvernement, d'une motion de suspension
de certaines règles de procédure en vertu des articles 182 et 183
de notre règlement, le leader de l'Opposition a soulevé
l'irrecevabilité de cette motion. Sur cette question, j'ai entendu les
arguments du leader de l'Opposition, du leader adjoint du gouvernement et du
député de Drummond.
Un des premiers points soulevés par le leader de l'Opposition
concerne le rôle du président en tant que gardien et
défenseur des droits de tous les parlementaires membres de
l'Assemblée. Ce rôle, le président doit l'exercer
dans le cadre de la loi, du règlement et des usages. Il n'a pas
la latitude de porter un jugement de valeur sur l'opportunité
d'appliquer une règle et de s'attribuer le pouvoir d'en modifier le
contenu dans une situation particulière. Le seul moment où le
président peut exercer un jugement et user d'une certaine latitude,
c'est quand les règles sont imprécises et qu'il doit trouver une
solution appropriée.
Examinons ce qu'il en est dans le présent cas, notamment en ce
qui a trait aux trois arguments énoncés par le leader de
l'Opposition au soutien de sa prétention.
Premièrement, le recours à l'article 182 peut-il
être utilisé en lieu et place des articles 249 et suivants pour
mettre fin aux travaux d'une commission parlementaire chargée de
l'étude détaillée d'un projet de loi? En d'autres mots,
cette dernière voie est-elle la seule possible pour parvenir à
cette fin, ou peut-on l'écarter au moyen d'une motion de suspension de
règles?
Il importe d'établir, à ce stade-ci, que les articles 249
à 251, d'une part, les articles 182 et 183, d'autre part, regroupent des
règles qui sont de nature différente. Dans le premier cas, on
établit une façon de procéder dans une situation
particulière; dans le deuxième cas, il s'agit de dispositions
permettant de suspendre une façon de procéder et d'en
établir une autre. Cette possibilité est limitée par
l'article 182 lui-même aux deuxième et troisième
paragraphes de l'article 179. Dès lors, ne peuvent être suspendues
que les dispositions du règlement, des règles de fonctionnement
et des ordres de l'Assemblée. Toutes ces règles peuvent donc
être suspendues, à moins qu'elles ne soient la reproduction d'une
disposition législative. Manifestement, dans le cas présent, les
articles 249 à 251 ne sauraient être soustraits à
l'application des articles 182 et 183. Je ne peux donc retenir le premier
argument invoqué par le leader de l'Opposition officielle.
Qu'en est-il, maintenant, du droit de soulever une question de fait
personnel, conformément aux articles 71 à 73 du règlement?
S'agit-il d'un droit fondamental qui, à ce titre, ne pourrait être
suspendu par le recours aux articles 182 et 183?
Encore ici, il faut rechercher si cette règle de procédure
est la reproduction d'une disposition législative. De nouveau, il faut
conclure que ce n'est pas le cas, contrairement aux règles relatives aux
droits et privilèges qui sont consignés dans la Loi sur
l'Assemblée nationale et dans la constitution. Pour cette raison, et
même si la question de fait personnel revêt une très grande
importance pour chacun des parlementaires, je ne peux non plus retenir ce
dernier argument du leader de l'Opposition.
Nous en arrivons maintenant au motif de l'urgence invoqué par le
leader du gouvernement au soutien de sa motion de suspension des règles.
Pour sa part, le leader de l'Opposition soutient que les circonstances
présentes ne permettent pas au leader du gouvernement d'invoquer ce
motif. Cet argument particulier a été plusieurs fois
soulevé et discuté dans des situations comparables. Il n'est donc
pas inutile de rappeler le cadre dans lequel le président a toujours
jugé de la régularité d'invoquer ce motif d'urgence. On
pourrait le résumer ainsi: Le président doit-il statuer sur le
sens à donner au mot «urgence» tel qu'il apparaît
mentionné à l'article 183 du règlement? S'agira-t-il de
l'urgence de la situation ou de l'urgence de procéder à
l'étude d'une affaire? L'urgence invoquée sera uniquement cette
condition pour que la motion soit régulièrement
présentée, c'est-à-dire qu'elle ne requiert aucun
préavis.
Il en serait autrement s'il s'agissait d'une demande de débat
d'urgence, où le président pourrait, en vertu de l'article 90,
déterminer s'il y a effectivement urgence, ou encore d'un cas comme
celui de la motion de mise aux voix immédiate, où le
président peut exercer une certaine discrétion. Dans le cas
présent, le règlement ne confère aucun pouvoir au
président lui permettant de déterminer si l'urgence
invoquée est réelle ou non. Seule l'Assemblée peut
décider par un vote à la fin du débat s'il y a urgence de
suspendre certaines règles de procédure. Je ne saurais donc non
plus retenir le dernier argument du leader de l'Opposition.
Celui-ci m'invite cependant à donner ce qu'il appelle un coup de
barre. Je peux reconnaître que la disposition à laquelle a recouru
le leader du gouvernement peut paraître pour le moins extraordinaire.
A-t-elle été voulue ainsi, ayant été introduite au
règlement en 1984, à l'unanimité des membres de
l'Assemblée? C'est à l'usage que l'on décèle les
avantages et inconvénients d'une disposition. Avait-on prévu
à l'époque toutes les possibilités qu'offre cette
disposition? Le moment serait-il venu de remettre en question cette
procédure? Pour le savoir, une discussion s'impose dans un cadre tout
désigné, celui de la sous-commission permanente de la
réforme parlementaire, qui devrait s'en saisir.
Ainsi donc, je déclare recevable la motion de suspension de
certaines règles de procédure présentée par le
leader du gouvernement.
Cette motion donne ouverture à un débat restreint, et,
afin d'effectuer le partage du temps je convie les leaders à une
rencontre à cet effet. Les travaux sont donc suspendus pour quelques
instants.
M. Chevrette: M. le Président...
Le Président: Oui, avant la suspension. M. leader de
l'Opposition.
M. Chevrette: Qu'est-ce qu'il y a? Tu n'en as pas assez
gagné?
Le Président: Non, non. Un instant! Un instant! D'accord,
je vais suspendre les travaux. Simplement... Oui, c'est d'accord, avant la
suspension. J'ai dit que je suspendais. Pour la suspension, ça prend un
consentement. J'ai un point d'ordre qui m'est soulevé. Je veux entendre
le point d'ordre avant la suspension. Bon, un instant!
M. Paradis (Brome-Missisquoi): ...vu que le leader s'est
levé et, à partir de ce moment-là, je consens à ce
qu'on reprenne.
Le Président: Bon, d'accord, d'accord. Donc, j'ai
demandé... S'il vous plaît! Non, non. Effectivement, je reconnais
que j'avais dis: Je suspends donc les travaux quelques instants. Vous avez...
Oui, oui. Un instant, s'il vous plaît! Un instant, là! Oui. Alors,
s'il vous plaît! À ce moment-ci, avant la suspension des travaux
pour aller discuter du partage du temps, je reconnais M. le leader de
l'Opposition.
M. Chevrette: M. le Président, au premier point, il n'y a
aucune réponse, et je veux avoir une réponse au premier point de
droit que j'ai soulevé. J'ai dit très...
Le Président: Un instant! Un instant, M. leader de
l'Opposition, là. Un instant! Écoutez, j'ai rendu une
décision. S'il vous plaît, un instant! Oui, s'il vous plaît,
là! Oui, oui. Un instant, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il
vous plaît! Alors, je suis prêt à vous écouter mais,
simplement... Un instant, là! Je veux être très clair
là-dessus. Il n'est pas question de discuter la décision. La
décision a été rendue et, vous le savez fort bien, il n'y
a pas d'appel d'une décision de la présidence. Alors, je vous
écoute pour un point de règlement. (21 h 20)
M. Chevrette: M. le Président, sur le premier point que je
soulevais cet après-midi, auquel je n'ai pas de réponse, je veux
vous reposer la question. Peut-on, par une procédure ici, donner un
ordre - c'est ça, la question - d'arrêter des travaux de
commission? On n'a pas eu de réponse sur ce point précis de
droit. Je veux en avoir une. C'est aussi clair que ça. Ce n'est pas de
remettre en cause ce que vous venez de dire, c'est ce que vous n'avez pas dit
que je demande que vous disiez. Je veux que vous répondiez à
cela, ce point de droit bien précis. C'est tout, pas plus que
ça.
Le Président: M. le leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): M. le Président, je ne
voudrais pas tomber dans le piège de violer les dispositions de
l'article 41 de notre règlement, mais je soumets respectueusement au
leader de l'Opposition que vous avez effectivement, dans votre décision,
disposé de cet argument.
Le Président: Écoutez, quant à moi, j'ai
clairement établi au niveau de la décision qu'à ce
moment-ci la motion de suspension qui donne un ordre, évidemment,
à une commission de mettre fin à ses travaux est valable - est
valable. C'est clairement établi, à mon sens, dans la
décision que je viens d'énoncer.
Alors, sur ce, je suspends donc les travaux et je convoque les leaders
à une brève réunion pour le partage du temps.
(Suspension de la séance à 21 h 21)
(Reprise à 21 h 32)
Débat sur la motion
Le Président: Veuillez prendre place, s'il vous
plaît. Alors, le partage du temps pour le débat sur la motion de
suspension de certaines règles de procédure
présentée par lé leader du gouvernement se fera de la
façon suivante: 55 minutes sont réservées au groupe
ministériel, 55 minutes sont réservées au groupe de
l'Opposition officielle et 10 minutes sont réservées au groupe
des députés indépendants.
À ce moment-ci, je suis prêt à reconnaître un
premier intervenant, M. le leader du gouvernement.
M. Pierre Paradis
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Merci, M. le Président. Cet
après-midi, en fin de session, je me suis retrouvé dans
l'obligation, comme leader du gouvernement à l'Assemblée
nationale, d'invoquer des articles qui revêtent, j'en conviens, et vous
l'avez mentionné dans la décision que vous venez de rendre, un
caractère exceptionnel, un caractère d'urgence. Les dispositions
des articles 182 et suivants peuvent être invoquées lorsque le
gouvernement a des matières d'urgence à faire adopter par
l'Assemblée nationale et que l'Opposition officielle ou certains
parlementaires refusent de se servir des dispositions du règlement d'une
façon qui soit parlementairement correcte.
M. le Président, ce matin, à l'occasion des
cérémonies qui ont entouré le Bicentenaire des
institutions, le chef de l'Opposition, quittant volontairement le texte qu'on
lui avait remis, a annoncé que le gouvernement proposerait, en cours
d'après-midi, la levée des règles de procédure
quant à huit projets de loi. Le gouvernement n'a jamais voulu, ne veut
pas et ne voudra jamais abuser de ces règles exceptionnelles.
Nous avons, tout au cours de la journée,
poursuivi les discussions avec l'Opposition officielle pour en arriver
à la difficile décision - et elle est difficile dans chacun des
cas - de proposer la suspension des règles, dans le cas de quatre
pièces législatives. Il s'agit essentiellement de pièces
législatives dont le Québec, dont les citoyens du Québec
ont besoin pour continuer de progresser.
Peut-être la plus connue de ces pièces législatives
est la loi qui touche les heures d'ouverture des magasins. Vous avez entendu
des discours de tous les parlementaires en cette Chambre, ceux qui favorisaient
cette mesure comme ceux qui s'opposaient à cette mesure. Pas un seul
parlementaire n'a prétendu qu'une telle mesure était
anti-économique ou qu'elle faisait perdre des emplois. Au contraire, les
parlementaires ont discuté: Est-ce que ça va être tant de
milliers d'emplois ou tant de centaines d'emplois? Mais, tout le monde parle de
création d'emplois. Et les gens qui n'en ont pas d'emplois au
Québec, M. le Président, ils souhaitent de telles mesures, ils
souhaitent que de telles mesures entrent en fonction le plus rapidement
possible.
Deuxième loi qui a été discutée, M. le
Président, la Loi sur la voirie, du ministre
délégué aux Transports, qui vise à responsabiliser
chacune de nos régions quant à l'entretien de son réseau
de voirie, il n'y a pas d'urgence, suivant l'Opposition officielle. Je vous
soumets respectueusement, M. le Président, que si on veut donner le
temps au ministère des Transports, au monde municipal et à
l'entreprise privée de s'organiser pour être en mesure de donner
des services, parfois essentiels, dans ce domaine-là, à la
population, au printemps, on ne peut pas attendre au mois de mars ou au mois
d'avril pour adopter de telles législations. Ce n'est pas quand les
autobus scolaires, les camions à lait, les camions à grain ou les
ambulances ne peuvent pas passer dans nos chemins que c'est le temps
d'intervenir en Chambre et de légiférer en toute catastrophe
après que les dégâts sont causés.
Le troisième projet de loi, M. le Président, a trait
à la question de la fiscalité municipale. Le ministre des
Affaires municipales est en négociation depuis deux ans avec le monde
municipal. Les municipalités ont des budgets à bâtir. Elles
doivent connaître les règles du jeu, de façon à
établir clairement pour leurs contribuables quels vont être les
comptes de taxes. Et le ministre des Affaires municipales ne pouvait pas, lui
non plus, attendre ad vitam aeternam.
Et la quatrième picèce législative, M. le
Président, touche des questions d'environnement et d'économie.
Elle touche toute la question des évaluations environnementales. Ce
n'est jamais urgent pour le Parti québécois de soumettre les
industries qui s'établissent au Québec à des
évaluations environnementales avec audiences publiques, de faire la
même chose en ce qui concerne les sites d'enfouissement sanitaire.
Mais, lorsqu'on se retrouve, comme société, avec des
dégâts environnementaux, ce sont les premiers qui trouvent
ça urgent de blâmer le gouvernement de ne pas avoir pris ses
responsabilités.
J'ajoute, M. le Président, que j'apporterai tantôt des
amendements à cette loi pour faire en sorte que le type de jugement qui
a été rendu dans ce qu'on appelle communément la cause
Laidlaw, par la Cour provinciale, où cette compagnie a été
acquittée, malgré la preuve accablante produite par le
ministère de l'Environnement du Québec, ne puisse plus se
reproduire. Et je vous soumets, M. le Président, comme ministre de
l'Environnement, qu'il est urgent que de telles dispositions soient
adoptées.
Pourquoi en sommes-nous venus à nous retrouver dans l'obligation
de recourir aux dispositions des articles 182 et 183? M. le Président,
est-ce que ça tient à la personnalité des critiques, dans
certains cas, qui ne sont pas les plus faciles de l'autre côté? Si
vous retrouvez le critique du ministre délégué à la
Voirie, tout le monde sait, son leader même sait que ce n'est pas
toujours facile de travailler avec le député de Lévis dans
le cadre de notre règlement. En ce qui concerne le critique du ministre
de l'Industrie et du Commerce, les péquistes qui ont siégé
avec lui alors qu'il était ministre au gouvernement se rappelleront des
gestes qu'il a posés à l'endroit d'un des grands premiers
ministres du Québec. Les députés qui étaient
là se rappelleront les propos que René Lévesque a eus
à l'endroit du député de Labelle, et ça permet
peut-être de comprendre pourquoi nous nous retrouvons dans une telle
situation ce soir. En ce qui concerne le député de
Jonquière, critique en matière d'affaires municipales - il a
déjà été mon critique, parce que j'ai
déjà occupé cette fonction - habituellement, il fait
preuve de responsabilité. Habituellement, il collabore positivement
à la construction, à l'amélioration et à la
bonification des projets de loi en matière municipale.
D'ailleurs, c'est le projet de loi qui a le plus progressé parmi
les quatre projets de loi. C'est le dernier projet de loi sur lequel j'ai eu,
comme leader, à rendre une décision difficile, M. le
Président, parce que je comptais bien qu'à la toute
dernière minute le ministre des Affaires municipales et le
député de Jonquière réussiraient à
s'entendre, le projet de loi ayant cheminé à travers la
commission parlementaire. Malheureusement, j'ai été
informé par le leader de l'Opposition - je ne sais pas qui a
influencé qui - que, si le gouvernement tenait à passer ce projet
de loi, le gouvernement n'avait qu'à prendre les mesures qui
s'imposaient. (20 h 40)
En ce qui concerne le critique du ministre de l'Environnement, M. le
Président, tout le monde connaît mon bon ami, le
député de La Prairie. Je le placerai peut-être un petit
peu
dans la même catégorie, parce qu'il a vécu comme
ministre à la même époque que le député de
Labelle et un peu dans les mêmes circonstances, et il a posé
à peu près les mêmes gestes à l'endroit de l'ancien
premier ministre René Lévesque.
M. le Président, les projets de loi, comme je l'ai
mentionné, ont cheminé, en commission parlementaire, où
les députés de ce côté-ci de la Chambre ont
tenté, en travaillant, de bonifier les projets de loi sans y
réussir. Les projets de loi au total ont cheminé, entre 35 heures
pour celui concernant les heures d'ouverture des magasins, à 20 heures
pour la loi sur l'environnement, sans qu'on puisse vraiment procéder
suivant l'ordre de la Chambre, c'est-à-dire à l'étude
détaillée des articles, parce que, quand on envoie un projet de
loi en commission, ce n'est pas pour simplement bavarder, c'est pour, comme
députés, prendre connaissance de l'article, se prononcer sur sa
valeur, tenter de l'amender et de le bonifier si on n'est pas satisfaits de sa
valeur intrinsèque.
Dans chacune des commissions, M. le Président, on a eu des
joueurs, de l'autre côté, qui ont au moins eu la franchise de nous
dire qu'ils n'étaient pas là pour travailler. Dans le cas de la
loi 57, la Loi sur la voirie, le ministre a tenté de convaincre les
députés d'en face de travailler constructivement. Je vais vous
donner quelques extraits des propos prononcés par certains
députés, et vous allez comprendre pourquoi le leader a
été obligé d'en arriver à cette difficile
décision, M. le Président. Le député de Dubuc, en
commission parlementaire, en présence du ministre
délégué à la Voirie et des autres membres de cette
commission, je le cite: «J'ai hâte de m'impliquer dans la
discussion au niveau des grands chapitres, mais il ne faudrait pas que vous
pensiez que ça va arriver aussi vite que ça, sauf que ça,
oui, tu peux avoir hâte longtemps. Ça, c'est un plaisir
inépuisable, avoir hâte. Alors, si tu veux continuer à
avoir hâte, il ne faut pas que tu arrives trop vite aux fins pour
lesquelles tu as hâte. Vous savez, il faut savoir faire durer le
plaisir.» Je pense que lorsqu'un député s'exprime de cette
façon, il manifeste clairement qu'il n'est pas en commission
parlementaire pour travailler à bonifier un projet de loi.
En ce qui concerne le projet de loi 59 sur les heures d'affaires, le
député de Masson, qui est peut-être, parmi les
députés de l'autre côté, un des plus transparents,
M. le Président, s'exprimait comme suit: «De notre
côté, on veut absolument qu'elle ne passe pas. C'est-tu assez
clair? Vous avez les moyens de la faire passer par une levée des
règles de l'Assemblée nationale, et c'est la seule
façon.» Les gens qui ont quitté ce soir et qui
dénonçaient sont ceux qui nous ont invités, comme
gouvernement, à nous servir des règles exceptionnelles. M. le
Président, ça prend - et je le dis avec beaucoup de
déférence - un grand culot pour inviter un gouver- nement
à utiliser des moyens extraordinaires sur le plan parlementaire - j'en
conviens - et dénoncer le gouvernement qui suit le conseil de
l'Opposition.
En ce qui concerne, M. le Président, la Loi sur la
fiscalité municipale, je pense qu'elle a mieux procédé que
les autres, et je l'ai dit. Je ne sais pas qui a influencé qui à
la dernière minute. Il y a eu un travail constructif qui s'est fait, et
c'est à la toute dernière minute que cette loi fut incluse
à la motion parce qu'on m'a indiqué très clairement de
l'autre côté que l'Assemblée nationale ne l'adopterait pas,
qu'il n'y aurait jamais de consentement de la part du Parti
québécois.
En ce qui concerne, M. le Président, la Loi sur la qualité
de l'environnement, la formation péquiste a agi de la même
façon, qu'il s'agisse de citations du député d'Anjou ou du
député de Laviolette, un ancien vice-président qui
connaît bien ou est supposé bien connaître les règles
de notre Assemblée. Il s'exprimait comme suit, en commission
plénière. Je le cite: «Nous avons tous les moyens,
puisqu'il a choisi ce qu'on appelait le comité plénier et qui
s'appelle la commission plénière pour agir ce soir. Il sait
très bien que, tous les députés de notre formation
politique faisant leurs 20 minutes, il n'arrivera jamais, avec toutes sortes de
motions qui pourraient être utilisées en vertu du
règlement, à faire quoi que ce soit.» Ça indique au
gouvernement qu'on n'est pas là pour travailler, qu'on n'est pas
là pour bonifier mais qu'on est là pour faire de l'obstruction
systématique, M. le Président.
Et c'est confirmé par le député de Joliette, le
leader de l'Opposition officielle. «Quand une formation - et je cite le
député de Joliette -politique utilise ces mesures dilatoires
permises dans un règlement, c'est très correct, très
honnête, et ce règlement-là a été fait
précisément pour qu'on l'utilise. Et, lorsqu'on l'utilise, nous,
ce soir, le règlement, il nous dénonce. Lui, c'est correct quand
il l'utilise, mais, quand un autre parlementaire utilise des dispositions
réglementaires, ça devient tout à coup incorrect.»
Et je cite le député de Joliette, leader de l'Opposition, qui a
laissé tomber son masque à la toute fin de la commission
plénière et qui a déclaré: «...je veux vous
annoncer qu'à 9 h 55 demain matin vous n'aurez pas l'article 1».
Et on avait siégé une nuit complète auparavant pour lui
permettre de s'exprimer, pour lui permettre d'utiliser à fond tout ce
que le règlement prévoyait pour qu'il puisse s'exprimer, et ce
qu'il nous dit, à la toute fin, c'est: N'essayez pas, je ne suis pas
intéressé. Vous connaissez les moyens. Prenez-les.
M. le Président, c'est avec regret que, comme leader, j'ai eu
à invoquer les articles que vous connaissez. Nous entendons
procéder au cours de cette soirée, conformément aux
dispositions de notre règlement. Plusieurs parlementaires sont en
Chambre ce soir pour tenter,
article par article, en comité plénier, de bonifier les
projets de loi qui sont devant l'Assemblée nationale, pour que nous
puissions les adopter conformément à la motion qui est devant
nous, si cette motion est adoptée.
M. le Président, à ces parlementaires, je leur dirai: Vous
avez un droit de parole qui vous est reconnu par le règlement,
malgré que certains articles de ce règlement soient suspendus.
Utilisez-le, assurez-vous que les électeurs que vous représentez
dans les comtés vont pouvoir bénéficier au maximum des
retombées des divers projets de loi que nous étudierons ce soir,
et lorsque vous quitterez pour le congé de Noël, vous pourrez
quitter avec l'âme en paix, la conscience claire parce que, vous, vous
aurez travaillé, suivant le règlement de l'Assemblée
nationale, à bonifier les projets de loi dans le sens des
intérêts des gens que vous représentez. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Je rappelle aux membres
de cette Assemblée que nous en sommes sur la motion de M. le leader du
gouvernement, motion de suspension de certaines règles de
procédure, et je reconnais le prochain intervenant, M. le
député... Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? M. le ministre
de l'Industrie et du Commerce...
M. Tremblay (Outremont): Alors, merci beaucoup...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): ...en vous indiquant que
vous avez un temps maximum de 10 minutes.
M. Gérald Tremblay
M. Tremblay (Outremont): Merci beaucoup, M. le Président.
Le 9 décembre 1992, on posait la question suivante à M. Parizeau:
«M. Parizeau, vous dites, vers la fin, que les gouvernements devraient
d'abord décréter une sorte d'état d'urgence. Qu'est-ce que
ça voudrait dire concrètement, parce qu'il ne s'agit pas de dire
que c'est urgent pour que ça change?» M. Parizeau, et je cite:
«Non. Ce que je vérifie, c'est que vous n'allez pas facilement
mobiliser beaucoup d'énergie chez les industriels, dans les milieux
d'affaires, dans les organisations syndicales et dans les ministères,
sans littéralement accepter que ça va mal, accepter l'idée
qu'après la hausse du chômage qu'on a annoncée vendredi on
est en situation d'urgence et que le gouvernement ne tolérera pas de
délai.»
Encore M. Parizeau, et je cite: «Je ne vous dis pas que ça
crée des miracles de décréter un état d'urgence,
mais, au moins, ça fait prendre conscience que les choses doivent
débouler.» Et, enfin, toujours M. Parizeau: «II n'y a pas de
secret majeur. L'important, c'est la volonté politique de bouger. Ce
n'est pas d'inventer des moyens, il n'y a pas grand-chose de nouveau sous le
soleil là-dedans, d'inventer des choses absolument nouvelles et
imaginatives, mais d'avoir la volonté politique de faire quelque chose,
de bouger.» (21 h 50)
Alors, c'est dans ce sens-là que nous avons obtenu, M. le
Président, un consensus important par rapport à la situation en
1990. De nouveaux intervenants qui, de façon très claire, avaient
été contre le projet de loi, en 1990, aujourd'hui, ont
décidé de l'appuyer, entre autres, le Conseil
québécois du commerce de détail, la ville de
Montréal, la ville de Sainte-Foy et les Travailleurs unis de
l'alimentation et du commerce. Pourquoi? Parce que, dans l'application de la
loi, il y a eu certains abus; des abus, entre autres, au niveau des
marchés aux puces et, entre autres, au niveau des grandes surfaces de
l'alimentaire. Le projet de loi qui est proposé vient
définitivement éliminer l'avantage que les marchés aux
puces avaient. Maintenant, les marchés aux puces vont continuer d'ouvrir
le dimanche, mais comme tous les autres commerçants, de 8 heures le
matin à 17 heures l'après-midi.
En ce qui concerne les grandes surfaces de l'alimentation, on vient
restreindre le nombre de personnes qui peuvent assurer le fonctionnement des
marchés d'alimentation à quatre personnes. S'il n'y a pas
d'état d'urgence, M. le Président, expliquez-moi comment nous
avons, au cours des deux dernières années, fait 6871 inspections
avec des nombres de poursuites... 792 poursuites, et des condamnations
totalisant 213.
Alors, dans ce sens-là, le projet de loi vient rétablir
l'égalité entre les commerçants et vient protéger
davantage, pas totalement, mais vient protéger davantage les petits
commerçants. Ils le reconnaissent. Dans ce sens-là, le
gouvernement s'est toujours fié à trois principes. Toutes nos
décisions sont basées sur les trois principes suivants:
l'égalité des commerçants et des commerçantes
devant la loi, les besoins réels des consommateurs et des consommatrices
et la qualité de vie de la population, notamment celle des travailleurs
et des travailleuses. Alors, dans ce sens-là, nous avions l'obligation,
le plus rapidement possible, de rétablir l'égalité entre
les commerçants, donc d'éliminer les abus, ce que le projet de
loi fait.
Deuxièmement, en Ontario, et je cite, M. le Président:
«In response to public demand and to stimulate retail sales, the Manitoba
Government...» En Ontario, excusez-moi, M. le Président. En
Ontario, et je cite: «This has not been an easy decision, the Premier
said, acknowledging that experience, and a change in attitudes has made
enforcement of this legislation difficult. It runs up against a growing sense
that many people want to shop on Sunday and are increasingly impatient on rules
and regulations
that prevent them from doing so.» Et je cite toujours, M. le
Président: «It is clear that we cannot put up a wall around
Ontario and that changing social patterns here and in the neighbouring
jurisdictions are having a clear impact on the choices and attitudes of
Onta-rians.» Donc, l'Ontario, M. le Président, a bougé de
façon rétroactive. Le projet de loi n'est même pas
accepté, mais les commerçants peuvent ouvrir en Ontario depuis le
1er juin 1992.
Au Manitoba, et je cite: «In response to public demand and to
stimulate retail sales, the Manitoba Government today announced its intention
to introduce legislation to allow Sunday shopping on a trial basis.» Le
20 novembre. Et ceci, également, pour le 29 novembre: «In making
the announcement, minister of Industry, Trade and Tourism, Eric Stefanson, said
that Manitoba has lost millions of dollars in economic activity as a result of
being surrounded by jurisdictions like Ontario, Saskatchewan, Minnesota, North
Dakota, which all allow Sunday shopping.»
Alors, dans ce sens-là, M. le Président, nous
considérons que le Québec ne peut pas s'isoler. Et, en date du
1er septembre, le Nou-veau-Brunswick a également décidé
d'ouvrir les commerces le dimanche. Donc, nous rétablissons
l'égalité, nous donnons une chance égale, non pas
uniquement à nos commerçants au Québec, mais à nos
commerçants avec l'Ontario, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick.
En ce qui concerne les besoins réels des consommateurs, des
sondages - le sondage Créatec Plus, le sondage SOM Les Affaires - disent
ceci, M. le Président: Au cours des deux mois précédant la
tenue du sondage, 67 % des répondants ont dit avoir magasiné le
dimanche dans les commerces du Québec autorisés à ouvrir
ce jour-là. Par ailleurs, près de 4 répondants sur 10
affirment que les heures d'ouverture actuelles des magasins, soit du lundi au
samedi, ne leur conviennent pas, et qu'ils manquent de temps durant la semaine
pour magasiner. Il est intéressant de noter que 23 % des
répondants disent qu'il leur arrive de travailler le dimanche dans le
cadre de leur semaine régulière. Par ailleurs, 66 % des
répondants voient d'un oeil favorable qu'eux-mêmes ou un de leurs
proches aient l'occasion de travailler le dimanche, et 36 % se disent
intéressés à le faire.
Alors, dans ce sens-là, M. le Président, les
résultats de ce sondage révèlent que les consommateurs
veulent des changements à la loi parce que leurs conditions de vie ont
évolué rapidement, particulièrement au cours des
dernières années. En conséquence, les
Québécois et les Québécoises souhaitent, dans une
proportion importante, pas unanime - je n'ai jamais prétendu que
c'était unanime - que le gouvernement actualise les règles du jeu
dans ce domaine, et c'est ce que nous faisons.
En ce qui concerne les travailleurs, la
Fédération des travailleurs et des travailleuses du
Québec représente 400 000 travailleurs. Lorsque les Travailleurs
unis de l'alimentation et du commerce ont pris la décision d'appuyer les
changements à la législation actuelle, ils ont consulté
les instances de la Fédération des travailleurs et des
travailleuses du Québec. C'est 400 000 travailleurs qui avaient
l'occasion de s'objecter au projet de loi, et ces mêmes travailleurs nous
disent de façon très claire, M. le Président, dans un
communiqué de presse émis récemment: «Les TUAC sont
plus convaincus que jamais de la nécessité pour le Québec
de légiférer dans le cadre de la libéralisation des heures
d'affaires. À cet égard, les TUAC sont d'avis que le gouvernement
libéral doit aller de l'avant avec son projet de loi, qui correspond
à la volonté non seulement de la majorité des
consommateurs, mais également à la volonté très
majoritaire des intervenants du milieu.»
L'économie, c'est important. Alors, dans ce sens-là, le
regroupement québécois nous dit que, parce que les commerces
n'ont pas ouvert le premier dimanche de décembre, ils ont perdu des
ventes potentielles de 78 600 000 $, des salaires pour des
Québécois et des Québécoises, 6 500 000 $, et des
taxes de vente pour le gouvernement, 6 300 000 $. Depuis que les commerces sont
ouverts en Ontario, les ventes ont augmenté de 2,6 %. Nous disons un
petit 1 % au Québec. Nous pouvons créer des emplois, 8000
emplois. Pas des emplois permanents de qualité, mais des emplois pour
des femmes et des hommes, pour des étudiants et des étudiantes,
pour tous ceux et celles qui veulent travailler, qui veulent un emploi.
Alors, dans ce sens-là, ce qu'on dit, nous, au gouvernement:
C'est un bon projet de loi. C'est ce que la très grande majorité
des intervenants nous demandent. Nous avons tout fait pour convaincre
l'Opposition. Pas juste en 1992, mais en 1990: 220 heures de consultation, on
n'a même pas analysé l'article 1; et en 1992, 41 heures. Encore
une fois, le ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie, 41
heures de consultation, on n'a même pas encore analysé le premier
article.
Alors, dans ce sens-là, je suis arrivé à la
conclusion que l'Opposition sera toujours contre, quel que soit le moment,
quels que soient les arguments. Et nous pensons, dans le meilleur
intérêt de la collectivité des Québécois et
des Québécoises, que c'est un bon projet de loi, et j'ai
hâte qu'on y donne suite le plus rapidement possible. M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre,
de votre intervention. Je suis prêt à reconnaître un
prochain intervenant sur cette motion de suspension des règles. M. le
ministre délégué aux Transports, en vous indiquant que
vous avez un temps maximum de 10 minutes.
M. Robert Middlemiss
M. Middlemiss: M. le Président, la semaine dernière
puis cette semaine, j'ai essayé, pendant plus d'une vingtaine d'heures,
en commission parlementaire, de faire comprendre à l'Opposition
l'importance du projet de loi 57, Loi sur la voirie et modifiant diverses
dispositions législatives. Pendant plus de 20 heures, l'Opposition, en
commission parlementaire, a systématiquement utilisé toutes les
mesures possibles pour freiner l'étude article par article du projet de
loi 57. Pourtant, il s'agit là d'un projet de loi important à
plus d'un égard. D'une part, ce projet nous permet d'actualiser, de
rendre plus contemporaine une loi qui datait de 1922. Pour caricaturer, ce
projet de loi permet, en quelque sorte, de dépoussiérer une loi
du début du siècle. D'autre part, le projet de loi 57 nous permet
d'établir clairement les modalités d'application du transfert du
réseau routier local aux municipalités québécoises,
transfert qui sera effectif le 1er avril prochain. (22 heures)
II est curieux de constater, M. le Président, que toute la
question entourant la décentralisation de la voirie locale semble
presque étonner l'Opposition. Comme je l'ai déjà
indiqué à cette Chambre lors de l'adoption du principe du projet
de loi 57, le partage de responsabilités entre l'État et les
municipalités relativement aux réseaux routiers ne date pas
d'hier. Dès les années vingt, M. le Président, le
gouvernement et les élus municipaux entretenaient déjà des
pourparlers à ce sujet, des discussions qui se sont d'ailleurs
poursuivies au fil des ans et qui trouvent leur aboutissement avec le projet de
loi 57.
L'Opposition semblait aussi prétendre, M. le Président,
que nous avions manoeuvré seuls dans ce dossier, sans consultation
aucune. Pourtant, il n'en est rien. Pendant des mois et des mois, l'Union des
municipalités du Québec, l'UMQ, et l'Union des
municipalités régionales de comté du Québec,
l'UMRCQ, ont été associées à la démarche
gouvernementale dans le processus visant à établir les
modalités du transfert du réseau local aux municipalités
du Québec. De plus, M. le Président, au cours du printemps
dernier, j'ai effectué une vaste tournée provinciale afin de
rencontrer sur le terrain les élus municipaux. J'ai rencontré
plus d'un millier de maires et de conseillers municipaux tout au long de cette
tournée. J'ai pris le temps d'expliquer, d'une part, les raisons qui
nous ont incités à effectuer ce transfert et, d'autre part, les
modalités du transfert.
Je ne vous cacherai pas, M. le Président, que plusieurs
élus municipaux étaient inquiets face à ce partage de
responsabilités. Force nous est cependant de constater qu'aujourd'hui
non seulement cette inquiétude a fait place à la
compréhension mais aussi que les discussions avec les élus
municipaux au cours de ma tournée et avec les représentants de
l'UMQ et de l'UMRCQ, des discussions devant conduire à
l'élaboration des modalités du transfert du réseau
routier, ont fait place à un partenariat solide et articulé entre
le gouvernement et le monde municipal. Cette nouvelle forme de partenariat, M.
le Président, se traduira, bien sûr, par un élargissement
du champ de compétence des municipalités au Québec. Elle
aura aussi pour effet de rapprocher véritablement les citoyens de la
gestion municipale. Le projet de loi 57 permet en effet aux résidents et
aux résidentes du Québec d'avoir un accès direct aux
décisions municipales au regard de l'entretien ou de
l'amélioration du réseau routier local.
Vous savez, M. le Président, tout au long des heures que nous
avons passées en commission parlementaire pour essayer de
procéder à l'étude article par article du projet de loi
57, on nous a sans cesse accusés de ne penser qu'à nous.
Pourtant, M. le Président, une simple lecture du projet de loi 57 permet
de constater rapidement qu'il n'en est rien. Comme gestionnaires sérieux
et responsables, nous avons un double mandat: celui de gérer le plus
efficacement possible les deniers de l'État et celui d'amener la
population à se rapprocher du processus décisionnel de sorte
qu'elle réalise réellement qu'elle participe activement à
l'administration de l'État. Ce double objectif, M. le Président,
nous l'atteignons avec le projet de loi 57. Merci.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): merci, m. le ministre
délégué aux transports. sur cette même motion de
suspension des règles, je reconnais m. le député de
louis-hébert.
M. Réjean Doyon
M. Doyon: Merci, M. le Président. M. le Président,
ce à quoi nous assistons ce soir est symptomatique de la situation que
l'Opposition a provoquée et dont elle est la seule responsable.
L'Opposition a dit ouvertement, à de nombreuses reprises... Je me suis
promené de commission en commission, j'ai passé une nuit ici, en
commission plénière, pour aller voir comment ça se passait
dans les commissions. Les quelques minutes que j'y suis passé, à
chaque fois, M. le Président, à l'évidence, c'était
un spectacle burlesque qui s'y passait. L'Opposition s'amusait. Le
député de Terrebonne ne feignait même pas le
sérieux. Il faisait rigoler tout le monde et il demandait d'avoir
l'exclusivité du temps de parole pour pouvoir continuer la
comédie dont lui seul a le secret. Il n'avait aucune intention de faire
quelque travail sérieux que ce soit. C'était la même chose
en ce qui concerne la voirie. C'était la même chose en ce qui
concerne l'environnement.
Jamais l'Opposition n'a voulu discuter sérieusement des projets
de loi qui étaient
devant les commissions parlementaires. Ça a toujours
été l'intention de l'Opposition de pousser le gouvernement
à bout, d'aller aussi loin qu'elle pouvait aller, de façon
à ne laisser au gouvernement qu'une seule voie, c'est-à-dire
d'invoquer les articles qui ont été invoqués pour
permettre, justement, l'exercice du pouvoir par ceux qui en ont reçu le
mandat.
Le gouvernement ne peut pas abdiquer ses responsabilités en
cédant a l'Opposition le droit de gouverner parce que ne pas passer des
lois, c'est gouverner par omission. Ce que l'Opposition tente de faire, c'est
de gouverner à la place du gouvernement et de le faire en forçant
le gouvernement à faire des omissions de gouvernement, à faire
des omissions de gestes à poser, à faire des omissions de gestes
nécessaires, à faire des omissions de projets législatifs
absolument nécessaires.
M. le Président, j'ai été témoin, cet
après-midi, d'un acte absolument disgracieux. Je ne peux pas le passer
sous silence, de la part du chef de l'Opposition. Nous avions, M. le
Président, dans le cadre du 200e anniversaire des institutions
parlementaires, convenu entre parlementaires d'une trêve. Nous nous
étions entendus pour que les combats que nous avons tous les jours,
quotidiennement, toutes les heures, que ces combats soient suspendus, le temps
d'une trêve, pour souligner un événement important,
c'est-à-dire le 200e anniversaire. Même les barbares, les
moyenâgeux respectaient ce qu'ils appelaient la trêve de Dieu, M.
le Président. Ils se battaient pourtant à coups de fléaux
de Dieu. Ils se battaient à coups de hache, à coups de lance,
mais ils respectaient la trêve de Dieu, M. le Président. Et
pourtant, on les traitait de barbares.
Mais ils avaient le courage, ils avaient l'honneur de respecter ce
qu'est une trêve. Le chef de l'Opposition, qui essaie de se faire passer
pour un gentleman, c'est-à-dire les successeurs des chevaliers du Moyen
Âge, ce sont les gentlemen d'aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il fait? Il ne
sait pas ce qu'est une trêve. Il a tout de suite, après avoir
souligné l'importance de l'événement qui nous
réunissait ici dans cette Assemblée, sorti les armes pour
attaquer le gouvernement, en présence du lieutenant-gouverneur qui ne
doit pas être témoin de nos chicanes intestines. Il doit
être au-dessus de la mêlée. Il n'a pas à savoir
comment le processus législatif fait en sorte que lui, on lui
présente un projet de loi qu'il n'a qu'à approuver, pensant que
ça vient tout simplement d'un processus qu'il doit ignorer.
Le chef de l'Opposition a mis le lieutenant-gouverneur dans l'embarras.
Je l'ai vu. Le lieutenant-gouverneur avait envie de se cacher. Il se demandait:
Qu'est-ce que je fais dans cette galère? Pourquoi m'a-t-on amené
ici sous le faux prétexte qu'il y avait une trêve. Le chef de
l'Opposition a rompu la trêve. Il a rompu la trêve au vu et au su
de tout le monde, devant le lieutenant-gouverneur, le symbole de
l'autorité, le symbole de celui qui donne aux lois leur force en les
signant et en les sanctionnant. J'ai honte pour le chef de l'Opposition. C'est
une véritable honte. Et ils viennent nous faire des leçons, M. le
Président. C'est ces gens qui viennent nous faire des leçons sur
ce qu'est le parlementarisme. Est-ce qu'ils ont des leçons à nous
faire, quand le chef lui-même... ça ne vient pas de n'importe
qui.
Moi, M. le Président, quand j'ai été témoin
de ça, la honte m'a monté au visage parce que je suis, comme lui,
un parlementaire. Il ne me restait qu'une chose à faire, que j'ai faite,
c'est que je suis sorti. Je suis sorti parce que je trouvais honteux, moi,
parlementaire tout comme le chef de l'Opposition, d'être un peu coupable
par association, par ma seule présence ici, de cet acte absolument
disgracieux, qui nous déshonore tous. (22 h 10)
Et ces gens se permettent de venir nous faire des leçons, de nous
dire ce qu'est le parlementarisme, comment il doit être vécu,
comment il doit être interprété, quels sont les
règlements qui sont dignes d'application et ceux qui ne sont pas dignes
d'application.
Je félicite le leader du gouvernement d'avoir le courage de
permettre au gouvernement d'exécuter le mandat qui est le sien, de ne
pas se plier aux caprices de l'Opposition qui voudrait nous mettre dans
l'embarras. Et bien, nous ne sommes pas embarrassés. Nous ne sommes pas
embarrasses parce que jamais, jamais, au grand jamais, en 12 ans de
présence ici, M. le Président, en Chambre, jamais, au grand
jamais, je n'ai vu une chose aussi embarrassante, aussi honteuse, aussi
disgracieuse, aussi infamante que ce qu'a fait le chef de l'Opposition en
présence du lieutenant-gouverneur.
La prochaine étape, M. le Président, après avoir
pris le lieutenant-gouverneur en otage des chicanes internes de cette
Assemblée, la prochaine étape, elle sera franchie. Je vous le
prédis, M. le Président, ces gens refuseront de se lever quand le
lieutenant-gouverneur entrera. Mais pourquoi pas? Mais pourquoi pas? Quelle est
la marge, finalement? Quand on le mêle à nos chicanes, pourquoi se
lèveraient-ils la prochaine fois quand le lieutenant-gouverneur viendra
ici? Ils ne se lèveront pas. Ils refuseront les honneurs qui sont dus au
titre et aux fonctions qu'il occupe. Ils ont déjà
commencé, et c'est le chef de l'Opposition qui a commencé
ça. Une abomination, M. le Président, dans ce Parlement. Une
abomination que je n'avais pas pu imaginer.
Ces jours sombres que nous vivons aujourd'hui et dont l'Opposition veut
nous faire supporter la responsabilité, M. le Président, c'est
tout simplement une duperie que je veux dénoncer avec la dernière
des vigueurs. M. le Président, il nous serait facile, avec la
majorité qui
est celle en Chambre, de tout simplement laisser passer le temps;
n'ayant pas d'orateurs, laisser finir le débat. Pourquoi ne le
faisons-nous pas, M. le Président? Parce qu'il y a des choses qui se
doivent d'être dénoncées. La façon dont les choses
se présentent et se passent dans les commissions parlementaires, j'en ai
été témoin. Et je vous invite, M. le Président,
quand vos fonctions vous en donneront le loisir, à aller voir
vous-même comment ça se passe, et vous verrez. Vous n'êtes
pas toujours sur le fauteuil, Dieu merci! merci pour vous.
Des voix: Ha,ha, ha!
M. Doyon: Et vous pourriez, M. le Président, vous rendre
compte, dans nos commissions, que, quand l'Opposition a décidé de
bloquer un projet de loi... Et la minute que vous m'indiquez, M. le
Président, ayant vu ça, vous m'en donneriez un autre 10, parce
que la révolte vous posséderait, M. le Président, vous
envahirait, et vous vous verriez obligé de me permettre de parler
à loisir sur une telle chose, ce que je ne pourrai pas faire, M. le
Président, étant trop respectueux des ordres que vous me
donnez.
M. le Président, alors, me pliant au signe que vous me faites, je
dis tout simplement que la honte actuellement, elle est du côté de
l'Opposition. Le mépris qu'ils manifestent envers l'institution qu'est
le Parlement, et tout simplement la meilleure preuve de ce mépris, est
leur absence actuellement. Ils sont tous absents, M. le Président. Je
vous convie à vous assurer de ça. Je le sais, j'ai fini, M. le
Président, mais je veux que vous regardiez à votre gauche pour
voir comment ils ne sont pas là.
Alors, M. le Président, cette motion est bien fondée, et
je souhaite qu'elle soit adoptée par ce Parlement.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Je suis prêt
à reconnaître un prochain intervenant. Je fais remarquer aux
membres de cette Assemblée que le groupe ministériel a pris
actuellement 40 minutes du temps qui lui était alloué de 55
minutes. Et je suis prêt à reconnaître un prochain
intervenant. M. le ministre des Affaires municipales.
M. Claude Ryan
M. Ryan: M. le Président, nous sommes devant une situation
qui est profondément regrettable. Je voudrais parler plus
particulièrement de la situation dans laquelle je me trouve en tant que
parrrain du projet de loi 55, qui traite de la fiscalité municipale.
Ce projet contient 39 articles. Nous avons consacré en commission
parlementaire 30 heures à l'étude du projet de loi,
c'est-à-dire près d'une heure par article. Quand on sait que la
moitié ou les deux tiers des articles d'un projet de loi sont
généralement des articles de concordance, des articles qui
répètent sous une autre forme ce qui a déjà
été dit dans des articles déjà adoptés. On
s'aperçoit que chaque article substantiel de ce projet de loi a dû
donner lieu à l'équivalent de deux ou trois heures
d'étude. Très souvent, en commission parlementaire, je le dis
à regret, parce qu'on fait des scènes théâtrales
dans le salon bleu ici, mais le vrai lieu où les parlementaires donnent
leur mesure, c'est le travail des commissions parlementaires.
Alors, j'ai vu des membres de l'Opposition se présenter en
commission parlementaire sans même avoir lu, au préalable, le
texte du projet de loi; ils venaient faire leur première lecture, en
public, devant tout le monde. Il aurait fallu avoir un dictionnaire à
côté d'eux pour leur expliquer chaque terme. Ils nous faisaient
des discussions interminables, à savoir si on devrait dire
«définit» ou «précise», par exemple.
Est-ce qu'on va dire: On définit les limites ou les orientations? Est-ce
que c'est mieux de dire: On les définit ou on les précise? Sur
beaucoup de questions, nous devons faire confiance, quand nous travaillons sur
un texte de loi, aux rédacteurs professionnels qui ont
rédigé le texte. On ne peut pas demander à un profane de
se substituer à un professionnel dans ces choses et de refaire tout le
texte à sa place. Mais nous avons eu des manifestations d'improvisation,
d'incohérence et d'obstruction, je dirais, que je déplore
profondément et, nonobstant ces manifestations, les
députés ministériels ont été d'une
assiduité exemplaire, d'une courtoisie impeccable. Nous avons
réussi, sauf quelques scènes brèves où l'impatience
prenait le dessus, à maintenir les travaux à un niveau de
dignité remarquable.
Je veux signaler, à travers cette expérience malheureuse,
le comportement toujours responsable du député de
Jonquière. Des fois, il fait partie d'une formation politique qui peut
avoir intérêt à retarder un petit peu les travaux et il
doit assumer sa part de cette manière d'agir qu'emprunte l'Opposition
à certains moments, nous le comprenons tous. Ceux qui connaissent la vie
parlementaire savent que c'est un peu comme un collège où il y a
deux équipes principales, les joueurs de chaque équipe doivent un
petit peu agir en solidarité avec leur équipe respective. Mais le
député de Jonquière, même quand il doit participer
à une telle stratégie, demeure responsable et pertinent. En
général, il apporte des éléments très utiles
à l'examen des projets de loi parce qu'il a une grande expérience
parlementaire.
Je dois dire que, du côté ministériel, nous avions
une commission remarquable. Sur six, sept ou huit membres qui participaient, la
très grande majorité sont des anciens maires, des gens qui ont
été habitués à l'exercice des
responsabilités dans leur municipalité respective. Je prends le
député de Montmagny-L'lslet qui est ici, qui a été
maire de sa municipalité pendant plusieurs
années, conseiller municipal auparavant, avant de siéger
à l'Assemblée nationale; nous avions le député de
Deux-Montagnes, qui a été maire de sa municipalité pendant
plusieurs années; le député de Saint-Jean qui est ici,
également, qui a été maire pendant plusieurs
années; nous en avions plusieurs autres. Le député de
Gaspé n'était pas à notre commission, malheureusement...
Je parle de ceux qui étaient à la commission, je vais parler de
vous après, mon cher collègue. Le député de
Gaspé n'était pas à notre commission, mais lui aussi est
un ancien maire.
Quand nous discutons des affaires municipales du côté
libéral, nous savons de quoi nous parlons parce que nous avons une
grande richesse d'expertise et d'expérience de ce côté. Nos
collègues membres de la commission sont venus participer à nos
travaux. Je ne saurais oublier le député de Rimouski, mon adjoint
parlementaire, dont l'assiduité et la courtoisie, l'amabilité et
l'humour sont appréciés de tous ses collègues!
Une voix: Mettez-en, mettez-en; on en enlèvera!
M. Ryan: Alors, ensemble, nous formions une équipe
à laquelle personne, du côté de l'Opposition, ne saurait
adresser de reproche, une équipe polie, digne, sérieuse et
consciencieuse.
Alors, nous avons consacré tout ce temps en commission
parlementaire. À force de patience, nous avons réussi à
obtenir que le projet de loi soit examiné et approuvé
régulièrement dans son entier. Je m'excuse auprès du
député de Nicolet-Yamaska qui vient de faire son entrée,
lui aussi est l'ancien maire de Bécancour. Il faisait partie de la
commission; il a joué un rôle très utile au sein de la
commission. Alors, nous avions réussi à obtenir que tout le
projet de loi soit étudié article par article, comme on doit le
faire en commission parlementaire. (22 h 20)
Alors, moi, je m'attendais, M. le Président - j'ai gardé
une certaine dose de naïveté, j'en suis très heureux,
j'espère que je mourrai un petit peu naïf parce qu'autrement la vie
serait très triste - je pensais qu'après cet exercice qui a quand
même été ponctué d'une patience louable, nous
arriverions au salon bleu ici et que nous franchirions les deux
dernières étapes de la façon qui est prévue dans
nos règlements. De fait, hier soir, nous avons franchi le stade de la
prise en considération du rapport. Nous l'avons fait de manière
normale. Moi, j'ai fait un exposé; le député de
Jonquière a fait un exposé. Il y a eu deux autres exposés.
Nous sommes passés à l'adoption, à ce moment-là, de
la prise en considération du rapport, et je me disais franchement, M. le
Président, qu'aujourd'hui, nous compléterions la besogne en
consacrant de chaque côté un, deux ou trois discours à une
dernière présentation du point de vue de chaque formation et,
ensuite, au vote.
Quand j'ai constaté cet après-midi que, lors de l'appel du
projet de loi, l'Opposition répondait non: Non, nous n'exercerons pas
notre prérogative qui nous autorise à participer au vote...
Savez-vous que c'est une abdication lamentable? Si on n'avait pas fait le
travail; s'il y avait eu un abus de la part du gouvernement, Je comprendrais,
mais, dans ce cas-ci, eux-mêmes ont donné la preuve que nous
avions un projet de loi sérieux, que nous l'avions examiné
article par article, puisqu'ils ont participé au vote sur chaque article
en commission parlementaire. Qu'ils viennent nous dire ici aujourd'hui qu'ils
ne sont pas prêts à participer au vote sur l'ensemble du projet de
loi, c'est une immense et triste comédie que nous avions cru percevoir
à certains moments, pendant le travail en commission parlementaire,
parce que tout en faisant montre d'une participation aux travaux qui s'est
légèrement accentuée à mesure que nous
progressions, on sentait qu'il y avait des réserves. Il n'y avait pas
moyen de savoir où on s'en allait exactement. Nous n'en étions
pas inquiets outre mesure parce que nous misions sur la bonne foi de
l'Opposition, et nous avons eu le résultat cet après-midi.
Et, devant un résultat comme celui dont nous avons
été témoins vers 15 heures cet après-midi,
qu'est-ce que vous auriez fait, M. le Président? Auriez-vous
abandonné la partie à une Opposition irresponsable en disant:
Rentrez chez vous pour Noël, après avoir détruit le travail
constructif qui s'est fait ou si, comme gouvernement responsable, vous n'auriez
pas décidé qu'après que tout ce travail eut
été accompli, que tous ces efforts eurent été
déployés, on va passer à l'action puis on va faire en
sorte que les personnes et les municipalités qui attendent ces mesures
contenues dans le projet de loi 55 pourront les recevoir et en
bénéficier à compter du 1er janvier prochain, comme nous
le prévoyons.
Je pense à la ville de Montréal qui a adopté dans
son budget une nouvelle surtaxe sur les immeubles non résidentiels, et
cette surtaxe, à cause de toutes sortes de complications
inhérentes à la charte de Montréal, exigeait, pour
être valide, que des modifications soient apportées à la
charte de la ville de Montréal. Nous les avons apportées dans le
projet de loi 55, mais si le projet de loi n'était pas adopté
maintenant, ça voudrait dire, M. le Président, que la ville de
Montréal aurait adopté tout son budget dans
l'illégalité et commencerait à administrer ce budget le
1er janvier prochain d'une manière illégale. Nous ne voulons pas
de cela.
Dans le projet de loi, nous avons décidé d'exempter des
droits supplémentaires de 30 $ exigés pour le transport en commun
des propriétaires de véhicules de promenade résidant dans
les municipalités qui font partie de régions
métropolitaines de recensement. Nous avons décidé
d'exempter les municipalités suivantes:
Beauharnois, Melocheville, Mirabel, paroisse d'Oka, municipalité
d'Oka, paroisse de Saint-Placide, village de Saint-Placide, paroisse de
Saint-François, Saint-Gabriel-de-Valcartier, paroisse de Saint-Jean,
Saint-Laurent, municipalité de Shannon, ville de Bécancour,
municipalité de Champlain, paroisse de Larouche, ville de
Later-rière, village de North Hatley.
M. le Président, est-ce qu'on pourrait me donner deux minutes de
plus? je terminerais. Ce n'est pas possible? Très bien. Alors, vous
voyez qu'il y en a qui sont représentées par des
députés libéraux; d'autres par des députés
péquistes. Nous avons tenu compte des suggestions faites par des
députés péquistes en commission parlementaire. Ces
gens-là ont le droit de bénéficier de la
considération qui a été donnée à leur
situation particulière, et c'est pourquoi nous devons adopter ce projet
de loi 55 maintenant.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre
des Affaires municipales. Je suis prêt à reconnaître un
prochain intervenant. M. le député de Drummond.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Merci, M. le Président. J'utiliserai les cinq
minutes qui me sont dévolues pour parler sur ce débat d'urgence.
Le député de Vaudreuil et président du Conseil du
trésor a mentionné cet après-midi, lorsqu'il a
plaidé sur la recevabilité de cette motion, que dans le
passé le député de Drummond s'était levé et
avait voté pour des motions de suspension de procédure. Je dois
vous avouer que oui, M. le Président, je l'ai fait, et c'est toujours
avec des serrements de coeur que je le fais parce que je pense que, de plus en
plus, à voir évoluer cette situation... Nous en sommes maintenant
à la deuxième fois depuis juin et, aujourd'hui, en
décembre, à procéder à des suspensions de
règles.
Il y a toute une mécanique, M. le Président, et je vais
retenir ce que le président nous suggérait dans sa
décision qui a été rendue ce soir. Le président
nous encourageait à peut-être réunir la sous-commission et
à regarder l'application de tout notre règlement.
Étant de cette Assemblée depuis sept ans, le jeu
parlementaire fait en sorte que souvent, des deux côtés, on voit
des rivalités qui se débloquent. Quand je regarde la
majorité des projets de loi qu'on a devant nous, force nous est
d'admettre qu'ils ont été, pour la majorité,
présentés et passés à cette Assemblée avec
très peu de temps pour en débattre. Or, je pense, M. le
Président, que dans l'avenir, il faudrait peut-être s'attacher en
tant que parlementaires à revaloriser cette institution et faire en
sorte, finalement, en bout de piste, que nos citoyens et citoyennes, lorsqu'ils
nous regardent débattre ici des projets de loi, puissent regagner la
confiance qu'ils ont en cette institution.
M. le Président, moi, je regarde encore ce qui s'est passé
ce soir. Je déplore qu'on mentionne des comportements, que ce soit de
l'Opposition ou que ce soit du côté ministériel, lorsqu'on
dit qu'un tel a fait ci et que l'autre a fait ça. Je pense, moi, que si
je m'amusais à relever dans le passé tout ce qui s'est dit
lorsqu'on était dans l'Opposition ou lorsqu'on était au
gouvernement, on retrouverait peut-être - j'en suis sûr - avec les
années...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Je demanderais un peu
d'ordre, s'il vous plaît. M. le député, si vous voulez
poursuivre.
M. St-Roch: ...les mêmes paroles pourraient s'ajouter.
J'émets le voeu ce soir encore, comme j'ai toujours essayé de le
faire à l'intérieur de mes travaux à l'Assemblée
nationale et en commission parlementaire au cours des sept ans, qu'on profitera
de l'intersession pour être capable de regarder nos règlements et
nos procédures et être capable de dégager des modes qui
font en sorte qu'on aura des délais limités. Oui, quand on pense
à des 25, 30 heures à faire en sorte qu'on n'arrive pas à
étudier l'article 1, oui, on peut être embarrassés, on peut
être gênés, M. le Président. Mais lorsqu'on regarde
la mécanique aussi, des fois, de certaines lois, si on n'est pas capable
d'aller au niveau des mesures de consultations particulières, lorsque
vous enclenchez l'article 1, automatiquement, il n'y a plus rien à
faire.
L'exemple typique est le projet de loi 59. Peut-être, M. le
Président, qu'il faudra regarder nos règles de procédure
ici et faire en sorte que lorsqu'on voit à dégager des projets de
loi qui ont souvent l'apparence d'être très anodins, mais qui vont
impliquer dans le temps des changements sociaux profonds à notre
collectivité, tant aux niveaux économique, culturel et social,
bien peut-être qu'il faudrait revoir nos mécanismes et
prévoir un certain automatisme. Même si on a fait 220 heures de
commission parlementaire sur une loi, voilà deux ans passés, M.
le Président, pour les avoir faites, ces 220 heures dans le
passé, et quand je regarde aujourd'hui, il y a des groupes qui ont
changé d'idée, je pense qu'il est normal en tant que
parlementaires qu'on puisse voir ces consultations restreintes.
Il faudra peut-être revoir nos mécanismes et faire en sorte
de mieux baliser, faire en sorte que ces motions qui prennent des heures et des
heures pour être capable de faire avancer notre point... C'est ça
qui est le jeu, malheureusement, qui s'est développé ici avec nos
règles de procédure depuis des années. Bien qu'on puisse
les revoir, M. le Président, et faire en sorte que lorsqu'on arrivera en
1993 nous soyons capables de dire: On a des nouvelles règles de jeu qui
vont faire en sorte que les parlementaires pourront faire réellement
leur tâche, avoir des
auditions, être capables de se consulter, être capables
d'aller chercher les informations et être capables de faire des lois,
finalement, qui seront pour ce qu'on est: faire des lois au service de nos
citoyens et de nos citoyennes. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de Drummond. Alors, sur cette même question, je
reconnais M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Robert Libman
M. Libman: Merci, M. le Président. Un gouvernement doit
être capable de gouverner. A government must be able to govern. And I
think that in that light, our political formation will be supporting the motion
to suspend the rules to be able to pass these four pieces of legislation. (22 h
30)
We heard the Official Opposition speaking about 200 years of democracy
and the fact that we are celebrating 200 years of democracy which is not
compatible with the Government's decision to suspend the rules to pass this
legislation. But when looking at 200 years of democracy, that more than
anything brings to light the importance, in our democracy, in our society for
the government to be able to govern. This is a fundamental concept of our
democracy that a government must have the tools, must have the ability to
govern where it sees fit. The population of our province gives a mandate to a
government. The government, then, should be able, within the framework of its
responsibilities, to govern as it sees fit.
Now one thing has to also be understood. Our political formation, in
fact, does not support all the pieces of legislation that will be forced. In
fact, three out of four of these laws that we are suspending the rules in order
to pass, we oppose. Bill 55, 57 and 61, we will be voting against, but we still
believe that the government must be able to govern, must be able to put forward
legislation, must be able to pass legislation as it sees fit, even if these
legislations seem to be unsatisfactory by the Opposition. Because it is better
to have unsatisfactory legislation for which the government may pay the price
within our democracy, within our electoral system, that it is better to have
the ability, for a government, to pass unsatisfactory legislation, this is more
important than, for a government, not to be able to govern when it sees fit,
not to be able to create the framework within which our society develops,
because when we loose the ability to govern, our society becomes weak and
incapable of evolving. And we have seen this trend in many other societies
throughout the world. Too many civilizations or societies are paralyzed by this
inability to evolve, this inability to govern, to reconcile differences, to
reconcile opposition to certain pieces of legislation.
But we must have a framework, we must have a mechanism. The government
must have tools in urgent situations, in situations of urgency to by-pass
obstacles. Even if legitimate concerns are expressed in debate by the
Opposition, there must be the realization that there are limits, there are
extremes, there are boundaries beyond which tactics, by Opposition, often
appear ridiculous. There are boundaries beyond which Opposition no longer is
constructive at times, and this is why there has to be a mechanism for our
governments to govern, to by-pass some of the constraints thrown upon them when
they are trying to pass certain pieces of legislation, even if Members of the
Opposition find these legislations to be unsatisfactory.
I have trouble understanding why the Official Opposition opposes one of
these pieces of legislation, Bill 59, which liberalizes Sunday shopping. We
need stimuli today to boost, to be able to reorientate ourselves towards
economic recovery. This is a measure that will help that reorientation towards
economic recovery. The Official Opposition has still not raised legitimate
concerns or reasons why this legislation should not go forward. Small
businesses have the opportunity, they have the opportunity to close on a given
day. It is a voluntary process that is being put in place for small businesses.
There is no reason why this legislation should not pass.
So, in conclusion, as my time, I see, is running out, our political
formation, although we do not support all four pieces of legislation, we feel
that the government must have the tools within the framework of our society to
govern, to govern against certain obstacles because there are times when
Opposition becomes unconstruc-tive when it goes beyond certain limits, just for
the purpose of opposing instead of really helping the government evolve and
pass legislation, or be able to govern within the context of our society.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de D'Arcy-McGee. Je vais reconnaître un prochain
intervenant, M. le député de Sague-nay, en lui indiquant qu'il
reste cinq minutes pour la formation ministérielle.
M. Maltais: Merci beaucoup, M. le Président. Combien de
temps, M. le Président, je m'excuse?
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Cinq minutes, M. le
député.
M. Ghislain Maltais
M. Maltais: Merci. M. le Président, ce n'est jamais
intéressant, je pense, comme parlementaire, de vivre des moments de
suspension de
procédure, mais tout cela est fait aujourd'hui parce que
l'Opposition, d'aucune façon, depuis le début de la session, n'a
voulu participer d'une façon constructive aux travaux.
M. le Président, nous avons vécu quelques nuits... Je vais
parler rapidement, parce que 5 minutes, ce n'est pas long. Mais le projet de
loi 61, M. le Président, sur lequel nous avons passé 14 heures
d'affilée, une nuit complète, d'où l'article 1 du projet
de loi était le suivant: «établir et administrer, aux
conditions et modalités déterminées par règlement
du gouvernement, un fonds visant à favoriser la participation des
personnes, groupes ou municipalités, à des audiences
publiques».
M. le Président, une demande de l'ensemble des groupes
environnementaux depuis 25 ans au Québec, c'est la première fois
qu'un gouvernement la reconnaît par un projet de loi. Quand j'entendrai,
sans doute plus tard, le vénérable député de La
Prairie dire que le gouvernement ne fait pas ses devoirs, je voudrais bien
savoir où il est ce soir.
M. le Président, s'ils sont allés aux Nordiques, ils n'ont
même pas porté chance, ils ont perdu!
Des voix: Ha,ha, ha!
M. Maltais: M. le Président, ça aurait
été du devoir du député de La Prairie d'être
ici ce soir...
Une voix: Ils prennent pour les Canadiens.
M. Maltais: On ne peut accepter, dans cette Chambre, d'avoir deux
visages, un visage à l'extérieur... On fait son petit
environnemen-taliste, on se promène avec un petit «coat»
vert. Puis, lorsqu'on revient en Chambre, ici, et c'est le temps de discuter
d'un projet de loi, on se sauve, M. le Président. C'est inacceptable.
Pour paraphraser le premier ministre, au début de la session, lorsqu'il
a dit: Que Dieu nous protège du Parti québécois, je pense
qu'on devra l'invoquer encore longtemps au Québec. On devra en faire une
prière dans les écoles, M. le Président: que Dieu
protège le Québec!
M. le Président, quelle est l'urgence? Les gens, là, ont
une mémoire courte. Quelle était l'urgence, M. le
Président, en 1982, de la loi 105, de la loi 111? Quelle était
l'urgence de couper 400 000 fonctionnaires de 20 %? Où était
l'urgence? Je suis convaincu que les fonctionnaires ne trouvaient pas ça
aussi urgent. Quelle était l'urgence, M. le Président, le 20
décembre 1984, de modifier la Loi sur la Caisse de dépôt et
placement, alors qu'ici, ces quatre projets de loi ont une vocation
économique très importante pour l'ensemble de la population du
Québec, particulièrement au niveau du commerce le dimanche, de la
voirie municipale, de la fiscalité municipale, et le projet de loi 61,
qui fera du
Québec... se sera doté d'un instrument environnemental
unique en Amérique du Nord. On se donnera un pas en avant de toutes les
autres provinces canadiennes et des États américains limitrophes
au Québec.
Est-ce qu'on a le droit, comme parlementaires, de priver le
Québec d'être avant-gardiste tout en demeurant compétitif?
Voilà le sens même de ce projet de loi. Je déplore la
façon malheureuse, entêtée du leader de l'Opposition qui,
depuis le début de la session, ne s'est occupé que de sa propre
personne, donner un sceau à l'Assemblée nationale. Gratien
Gélinas aurait trouvé son autre petit coq ici, M. le
Président. Malheureusement, malheureusement! Ce n'est pas pour le bien
de l'ensemble des Québécois.
M. le Président, la population jugera l'absence des gens de
l'Opposition, ce soir, parce qu'un parlementaire est, avant tout, payé
pour siéger à l'Assemblée nationale et non pas dans les
corridors. M. le Président, il faut se rappeler que, lorsqu'on
prête serment pour devenir député, c'est pour servir le
peuple, et le peuple, c'est dans le salon bleu qu'on le sert et non pas dans
les corridors. Merci beaucoup, M. le Président.
Des voix: Bravo! Bravo!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci beaucoup, M. le
député de Saguenay. Il n'y a pas d'autres interventions? Est-ce
que la motion présentée par M. le leader du gouvernement
proposant la suspension de certaines règles de procédure est
adoptée?
Une voix: Vote enregistré, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Vote enregistré.
Alors, qu'on appelle les députés! (22 h 39 - 22 h 47)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Mmes et MM. les
députés, si vous voulez bien vous asseoir, s'il vous
plaît.
Mise aux voix
Je mets maintenant aux voix la motion de suspension de certaines
règles de procédure, motion présentée par M. le
leader du gouvernement.
Que ceux et celles qui sont en faveur de cette motion veuillent bien se
lever.
La Secrétaire adjointe: M. Bourassa (Saint-Laurent), M.
Paradis (Brome-Missisquoi), M. Rémillard (Jean-Talon), M. Ryan
(Argenteuil), M. Bourbeau (Laporte), M. Côté
(Rivière-du-Loup), M. Sirros (Laurier), M. Elkas (Robert-Baldwin), M.
Tremblay (Outremont), M. Savoie (Abitibi-Est), M. Middlemiss (Pontiac), Mme
Frulla-Hébert (Marguerite-Bourgeoys), M. Bélisle
(Mille-Îles), M. Johnson (Vaudreuil), M. Picotte (Maskinongé),
Mme Robillard (Chambly), M. Maltais (Saguenay), M. Kehoe (Chapleau), M.
Cannon (La Peltrie), M. Philibert (Trois-Rivières), M. Beaudin
(Gaspé), M. Chagnon (Saint-Louis), Mme Dionne
(Kamouraska-Témiscouata), M. Hamel (Sherbrooke), M. Doyon
(Louis-Hébert), Mme Bégin (Bellechasse), Mme Pelchat (Vachon), M.
Paradis (Matapédia), M. Marcil (Salaberry-Soulanges), M. Lemire
(Saint-Maurice), M. Leclerc (Taschereau), M. Thérien (Rousseau), M.
Tremblay (Rimouski), M. Benoit (Orford), M. Williams (Nelligan), M. Dauphin
(Marquette), M. Fradet (Vimont), M. Richard (Ni-colet-Yamaska), M. Charbonneau
(Saint-Jean), M. Bradet (Charlevoix), M. Gauvin (Montmagny-L'Islet), M. Gautrin
(Verdun), M. Forget (Prévost), M. LeSage (Hull), M. Gobé
(LaFontaine), Mme Hovington (Matane), M. Lafrenière (Gati-neau), M.
Bordeleau (Acadie), Mme Boucher Bacon (Bourget), Mme Bélanger
(Mégantic-Comp-ton), M. Camden (Lotbinière), M. Brouillette
(Champlain), M. Audet (Beauce-Nord), M. Després (Limoilou), Mme Loiselle
(Saint-Henri), M. Khel-fa (Richelieu), M. Lafrance (Iberville), M. Mac-Millan
(Papineau).
M. Libman (D'Arcy-McGee), M. Cameron (Jacques-Cartier).
Des voix: Ha,ha, ha!
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Un instant! Un instant!
Que ceux et celles qui sont contre cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe: M. St-Roch (Drum-mond).
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce qu'il y a des
abstentions? Ancune abstention.
Le Secrétaire: pour: 60 contre: 1 abstentions: 0
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, la motion est
adoptée. M. le leader du gouvernement.
Projet de loi 61 Commission
plénière
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président.
À ce moment-ci, je fais motion pour que l'Assemblée se constitue
en commission plénière pour poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi 61, Loi modifiant la Loi sur la
qualité de l'environnement.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Est-ce que cette motion
est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, à partir de
maintenant, l'Assemblée nationale se constitue en commission
plénière.
(Suspension de la séance à 22 h 50)
(Reprise à 23 h 1)
M. Richard (président de la commission
plénière): Mmes et MM. les députés, nous sommes
réunis en commission plénière pour étudier en
détail le projet de loi 61, qui est la Loi modifiant la Loi sur la
qualité de l'environnement. M. le leader du gouvernement, vous avez la
parole... M. le leader adjoint.
Motion proposant de faire rapport à
l'Assemblée
M. Bélisle: oui, m. le président. m. le
président, conformément à la page 3 de la motion de
suspension des règles qui a été adoptée par cette
honorable assemblée, je propose de faire rapport à
l'assemblée que la commission plénière n'a pas fini de
délibérer et qu'elle demande à nouveau la permission de
siéger, m. le président.
Le Président (M. Richard): merci, m. le leader adjoint.
alors, maintenant, la commission plénière met fin à ses
travaux. est-ce que la motion est adoptée?
Des voix: Adopté. Une voix: Sur division.
Le Président (M. Richard): Vous ne demandez pas de vote
nominal?
Une voix: Pas de vote.
Le Président (M. Richard): Merci. La commission a accompli
son mandat et nous mettons fin à nos travaux.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): M. le Président de
la commission plénière.
M. Richard (président de la commission
plénière): M. le Président, je fais rapport à
l'Assemblée que la commission plénière n'a pas fini de
délibérer et qu'elle demande la permission de siéger
à nouveau.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci. M. le leader du
gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Je vous demanderais de
reconnaître M. le député de Beauce-Nord pour le
dépôt d'un rapport.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): M. le
député de Beauce-Nord.
Dépôt de rapports de commissions
Étude détaillée du projet de loi 59
M. Audet: Merci, M. le Président. M. le Président,
j'ai l'honneur de déposer le rapport de la commission de
l'économie et du travail qui a siégé les 8, 9, 10 et 14
décembre 1992 afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi 59, Loi modifiant la Loi sur les
heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux.
L'étude détaillée du projet de loi n'a pas
été complétée.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, le rapport est
déposé. Merci, M. le député de Beauce-Nord. M. le
leader du gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, je vous demanderais de
reconnaître Mme la députée de Mégantic-Compton.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Mme la
députée de Mégantic-Compton.
Étude détaillée du projet de loi
57
Mme Bélanger: M. le Président, j'ai l'honneur de
déposer le rapport de la commission de l'aménagement et des
équipements qui a siégé les 10, 11, 15 et 16
décembre 1992 afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi 57, Loi sur la voirie et modifiant
diverses dispositions législatives. L'étude
détaillée de ce projet de loi n'a pas été
complétée.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, votre rapport est
déposé. Merci, Mme la députée. M. le leader du
gouvernement.
Projet de loi 61
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président, je
fais motion pour que l'Assemblée se constitue en commission
plénière pour poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi 61.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, tel que
demandé par M. le leader du gouvernement, à partir de maintenant,
l'Assemblée nationale se transforme en commission
plénière.
Commission plénière
M. Lefebvre (président de la commission
plénière): Conformément à la motion qui vient
d'être adoptée, nous sommes réunis en commission
plénière pour étudier en détail le projet de loi
61, et je vais immédiatement céder la parole à M. le
ministre de l'Environnement pour lui permettre de procéder, s'il le
souhaite, à ses remarques préliminaires. M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Non, M. le Président,
compte tenu que le temps qui nous est alloué comme parlementaires est
limité, je souhaiterais que l'on procède le plus rapidement
possible à l'analyse de chacun des articles du projet de loi et, en ce
sens, je vous invite à appeler l'article 1.
Étude détaillée
Le Président (M. Lefebvre): Alors, l'article 1 du projet
de loi 61, M. le ministre de l'Environnement, on vous écoute.
Fonctions et pouvoirs du ministre
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, brièvement, M. le
Président. Cette nouvelle disposition permet au ministre
d'établir et d'administrer un fonds favorisant la participation des
personnes, groupes et municipalités à des audiences publiques. Ce
fonds pourra être alimenté à partir de revenus provenant de
la tarification envisagée pour le secteur des évaluations
environnementales. Il s'agit donc de procurer un appui financier à toute
personne, groupe ou municipalité voulant participer aux audiences
publiques.
Je tiens à souligner, M. le Président, que cette
disposition intègre la recommandation 36 du rapport d'avril 1992 de la
commission de l'aménagement et des équipements qui avait
été adopté unanimement par tous les parlementaires en
cette Chambre.
M. Maltais: M. le Président.
Le Président (M. Lefebvre): M. le député de
Saguenay.
M. Maltais: M. le Président, l'article 1 étant
appelé, conformément à l'engagement que le ministre avait
pris en cette Chambre, dès que l'article 1 serait appelé, de
déposer les règlements, est-ce qu'il pourrait déposer les
règlements?
Dépôt des règlements
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président, il me
fait plaisir de donner suite à l'engagement qui avait été
pris de façon à permettre à tous les parlementaires et
intéressés de posséder une connaissance encore plus
approfondie de l'application comme telle du projet de loi qui va s'articuler
à travers les règlements. Donc, je dépose les
règlements, M. le Président, à la demande du
député de Saguenay.
Le Président (M. Lefebvre): Les règlements auxquels
on vient de faire référence sont déposés.
M. Maltais: Une dernière question.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que... (23 h 10)
M. Maltais: Une dernière question, M. le
Président.
Une voix: ...on peut lire les règlements...
Le Président (M. Lefebvre): Un instant. Un instant. M. le
député de Saguenay, oui.
M. Maltais: Je veux juste demander au ministre: Est-ce qu'il y a
un montant d'établi pour le fonds?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Non, pour le moment il n'y a pas
de montant comme tel qui est établi. Il y a deux possibilités de
financement. Il y a une possibilité d'autofinancement à partir
d'une tarification pour les différentes étapes administratives
lorsque cette tarification sera établie pour les gestes administratifs
posés au niveau du ministère. Dans l'intervalle, la source de
financement sur laquelle nous comptons est le fonds consolidé du
trésor.
M. Maltais: Ça va.
Mme Pelchat: M. le Président.
Le Président (M. Lefebvre): Mme la députée
de Vachon.
Mme Pelchat: Le ministre a fait référence au
rapport de la commission de l'aménagement et des équipements, la
recommandation que l'on avait, c'est la recommandation 36 qui disait: Que le
gouvernement établisse par législation un mécanisme de
financement ad hoc des groupes ou individus en vue des audiences. Dans
l'article 1, M. le Président, on suggère d'inclure dans le
financement les municipalités. J'aimerais ça que le ministre nous
explique...
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, il s'agit d'un
élargissement...
Le Président (M. Lefebvre): Oui, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): ...nous reprenons
intégralement la proposition des députés et nous
l'élargissons à la municipalité. Entre autres, dans des
cas de sites d'enfouissement sanitaire, pour ne parler que d'un exemple, une
municipalité à proximité d'une autre peut souhaiter se
faire entendre devant le Bureau d'audiences publiques en matière
d'environnement. Il peut s'agir d'une petite municipalité qui,
financièrement, est démunie face à certaines grosses
corporations qui font des demandes de permis. Dans ce sens, la
municipalité sera eligible à un fonds d'aide.
Le Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre. Mme la
députée de Vachon, allez-y.
Mme Pelchat: J'aurais une petite question. Pour être
eligible au fonds, est-ce que les critères sont dans les
règlements que vous avez déposés?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Il s'agit, pour ceux ou
celles qui voudront se prévaloir du fonds comme tel, qu'ils
démontrent un intérêt évident envers les impacts
appréhendés, et démontrer également qu'ils sont
affectés, touchés par le projet. La sélection va se faire,
parce qu'il va falloir sélectionner ces gens-là, sur la
pertinence de la demande en rapport avec le projet, l'importance des questions
abordées, la qualité du plan de travail proposé.
L'expérience du financement des groupes dans le cadre de
l'évaluation du projet Grande-Baleine servira de base à
l'élaboration de ce programme, et nous sommes, comme ministère de
l'Environnement, avec le ministère de l'Environnement
fédéral, en train de vivre une autre expérience dans le
cas où nous vivrons sous peu une autre expérience dans le cas du
projet de la rivière Sainte-Marguerite.
Mme Pelchat: Merci.
Le Président (M. Lefebvre): merci, m. le ministre.
d'autres remarques relativement à l'article 1? est-ce que l'article 1 du
projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Adopté. L'article 2. M.
le ministre.
Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. La modification
proposée vise à permettre que le gouvernement puisse nommer 10
membres à temps plein étant donné la charge de travail du
Bureau d'audiences publiques en matière environnementale. Cette
disposition intègre la recommandation 57 de la commission de
l'aménagement et des équipements qui avait été
adopté unanimement par les membres de cette Assemblée.
Le deuxième alinéa de cette disposition vise à
préciser la nature des fonctions des membres additionnels. Sauf
exception, les membres additionnels sont nommés à temps
partiel.
Le Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre. M. le
député de Saguenay.
M. Maltais: Pas de question là-dessus, M. le
Président.
Le Président (M. Lefebvre): Mme la députée
de Vachon.
Mme Pelchat: Ça va.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 2 du
projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Article 3, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Cette
disposition est ajoutée dans le but d'éviter qu'une commission se
retrouve sans président suite à l'expiration du mandat d'un
membre. À titre d'exemple de dispositions semblables, je vous
réfère à la Loi sur la fonction publique. Cette
disposition prévoit que les membres prêteront le serment ou feront
l'affirmation solennelle de remplir leurs fonctions. On retrouve normalement
l'équivalent de cette disposition dans les lois constituant des
organismes dont on veut assurer l'indépendance et l'impartialité.
À titre d'exemple d'une disposition semblable, la Charte des droits et
libertés de la personne.
Le Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre. Est-ce
que l'article 3 du projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): L'article 4, M. le
ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II y a un amendement à
l'article 4, M. le Président, qui se lit comme suit: Insérer,
dans la deuxième ligne du paragraphe deuxième de l'article 4,
après le nombre «31.9.1», le nombre
«31.9.5».
Le Président (M. Lefebvre): Alors, vous pouvez me
transmettre votre amendement, M. le ministre, s'il vous plaît.
L'amendement auquel vous venez de faire référence et que vous
avez lu, d'ailleurs, est transmis, M. le ministre. Avez-vous d'autres
commentaires à ajouter, M. le ministre?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II s'agit d'une modification de
concordance, M. le Président.
Le Président (M. Lefebvre): M. le député
de
Saguenay, vous avez des choses à dire?
M. Maltais: Oui. J'aimerais demander au ministre, M. le
Président, si, dans le cadre des fonctions au paragraphe 2... «Il
doit, dans le cadre de ses fonctions, tenir des audiences publiques et
procéder à des médiations dans le cas où le
ministre le requiert.» Est-ce que ça va être concordant avec
les articles concernant... ou le Conseil des ministres pourra demander...
Le Président (M. Lefebvre): M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Le Conseil des ministres n'a pas
d'autorité en fonction de cette loi sur le Bureau d'audiences publiques
en matière environnementale. Seul le ministre de l'Environnement peut
confier des mandats au Bureau d'audiences publiques en matière
environnementale.
Le Président (M. Lefebvre): Mme la députée
de Vachon.
Mme Pelchat: Oui. L'article 6.3 de la Loi sur la qualité
de l'environnement permet des pouvoirs extraordinaires, M. le ministre. Alors,
est-ce que l'amendement ou la modification va augmenter vos pouvoirs
extraordinaires?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Mme Pelchat: Je veux
dire, dans la loi.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Les pouvoirs qui sont contenus
à l'article 6.3 permettent au ministre de l'Environnement
d'enquêter et de tenir des audiences publiques sur toute matière
relative à l'environnement. Le ministre de l'Environnement ne
possédait pas le pouvoir d'intervenir par voie de médiation et,
suite à la recommandation de la commission parlementaire sur
l'aménagement et les équipements, par rapport unanime, nous avons
jugé à propos de modifier la loi dans ce sens.
Mme Pelchat: Est-ce que vous avez utilisé l'article 6.3
concernant les sites d'enfouissement sanitaire, comme vous l'aviez
annoncé récemment?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, parce que l'entrée en
vigueur des modifications à la Loi sur la qualité de
l'environnement se faisait attendre. Nous ne pouvions plus souffrir de
délais dans le cas de l'implantation de sites d'enfouissement sanitaire
et, comme ministre, j'ai recouru aux pouvoirs spéciaux et
extraordinaires de l'article 6.3 demandant que tout agrandissement ou
création d'un nouveau site d'enfouissement soit soumis à des
audiences publiques devant le Bureau d'audiences publiques en matière
environnementale.
Le Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre. Alors,
est-ce que l'amendement déposé par M. le ministre est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 4, tel
qu'amendé, est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté. Des voix:
Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): L'article 5, M. le
ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Il s'agit d'une modification
de concordance. L'article 6.3 ayant été modifié de
façon à y ajouter la fonction de médiation, comme je l'ai
mentionné, il s'agit d'intégrer la recommandation 61 de la
commission de l'aménagement et des équipements.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 5 du
projet de loi 61 est adopté?
M. Maltais: Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Article 6, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. M. le Président, la
modification proposée vise à supprimer le pouvoir des commissions
d'ordonner l'emprisonnement. Les membres du Bureau ont, en vertu de la Loi sur
les commissions d'enquête, le pouvoir des juges de la Cour
supérieure. Ils ont donc le pouvoir d'emprisonner et de condamner,
advenant outrage au tribunal. L'évolution législative est
à l'effet de restreindre le pouvoir des membres d'organismes tel le
Bureau à celui de condamner advenant outrage. Le pouvoir d'imposer des
amendes demeure. D'ailleurs, on retrouve dans différentes lois des
dispositions visant à supprimer ce pouvoir d'emprisonnement. À
titre d'exemple: la Loi sur la fonction publique.
Le Président (M. Lefebvre): Ça va? L'article 6 du
projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Article 7, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Cette
nouvelle disposition prévoit l'immunité de poursuites suite
à un acte officiel. Cette immunité contribue à
l'indépendance du Bureau d'audiences publiques en matière
environnementale. On retrouve une disposition de même effet dans la Loi
sur la fonction publique.
Le Président (M. Lefebvre): Ça va. Est-ce que
l'article 7 du projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Adopté. Article 8, M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. La modification
proposée, M. le Président, a pour but de prévoir
l'adoption par le Bureau de règles de déontologie applicables aux
membres. Ces règles auront ainsi un caractère plus officiel que
celles qui ont été adoptées par le Bureau sans que la loi
ne les prévoie. De plus, il faut noter que les règles de
procédure doivent être publiées et ce, en vertu de la Loi
sur les règlements.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 8 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Article 9, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II s'agit strictement, M. le
Président, d'une modification de concordance pour tenir compte de la
nouvelle fonction de médiation du BAPE.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 9 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): Article 10, M. le
ministre.
Protection de l'environnement
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Il
s'agit d'une modification de concordance, les personnes entreprenant un projet
qui a été soumis à l'évaluation environnementale
n'ayant plus à obtenir de certificat d'évaluation en vertu de
l'article de la loi. En effet, la délivrance d'une attestation de
conformité environnementale, édictée à l'article
31.9.13, remplace le certificat d'autorisation délivré en vertu
de l'article 22 de la loi actuelle. (23 h 20)
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 10 du
projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): L'article 11, M. le
ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi):. Oui. La modification
proposée, M. le Président, a pour objet de compléter le
pouvoir réglementaire de
façon à ce que le gouvernement puisse déterminer
les conditions et les modalités d'établissement et
d'administration du fonds que le ministre de l'Environnement aura
établies en vertu du paragraphe d.1 de l'article 2 de la loi.
Le Président (M. Lefebvre): Est-ce que l'article 11 du
projet de loi 61 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Lefebvre): L'article 12, M. le
ministre.
Évaluation environnementale
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Un amendement, M. le
Président, à l'article.
Le Président (M. Lefebvre): Alors, vous voulez soumettre
votre amendement, M. le ministre, après en avoir donné lecture,
évidemment.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Remplacer, dans la
deuxième ligne du quatrième alinéa de l'article 31.8, les
mots «même initiateur» par les mots «ou plusieurs
initiateurs.»
Le Président (M. Lefebvre): Alors, l'amendement est
transmis. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires, M. le ministre?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Cette disposition
entièrement nouvelle, M. le Président, a essentiellement pour
objet de prévoir que toutes les politiques et tous les programmes
publics et parapublics fassent l'objet, avant leur établissement, d'une
prise en compte des aspects environnementaux qu'ils comportent. Le
mémoire présenté au Conseil des ministres en vue de
l'établissement d'une politique ou d'un programme fera état des
aspects environnementaux. En ce qui concerne les politiques, il s'agit de la
seule étape. Ainsi, seule une prise en compte d'aspects environnementaux
devra se faire. Cette disposition intègre une des recommandations de la
commission de l'aménagement et des équipements, la recommandation
67.
Les programmes pourront être soumis à une procédure
d'évaluation environnementale dans deux cas: sur demande au ministre de
l'Environnement ou sur décision du gouvernement. Dans ces cas, un
ministre devra recommander qu'un programme soit assujetti lorsqu'il comporte
des incidences sur l'environnement. De même, des programmes des
municipalités pourront également être soumis à la
procédure d'évaluation environnementale si la municipalité
en fait la demande au ministre de l'Environnement et si ce dernier juge que le
programme présente des aspects environnementaux importants. La
procédure d'évaluation s'appliquera donc sur une base volontaire
en ce qui concerne les programmes municipaux.
Cette disposition est la première étape de la
procédure d'évaluation environnementale des programmes. Elle
débute par la transmission du programme au ministre, accompagné
d'une analyse environnementale. Cette dernière sera
réalisée selon les exigences prévues par règlement.
Le ministère de l'Environnement pourra jouer un rôle-conseil,
selon le désir du ministre responsable, lors de l'élaboration de
cette analyse environnementale. Des exemples de programmes: plan de transport
de la région de Montréal, plan de développement
d'Hydro-Québec, plan d'aménagement d'habitats fauniques. Il
s'agit de mettre en oeuvre la recommandation 43 de la commission de
l'aménagement et des équipements. Cet article prévoit
également que le Bureau d'audiences publiques rend le programme ainsi
que l'analyse environnementale accessibles et qu'il y a consultation de la
population. Cette consultation va permettre à la population de prendre
connaissance du programme et de ses implications environnementales. Des avis
seront publiés dans les journaux, permettant ainsi de connaître
les endroits et les dates où ces documents seront accessibles. Des
séances d'information pourront également être tenues.
Dans un deuxième temps, le Bureau tient une audience publique.
Des avis seront également publiés dans les journaux pour annoncer
la tenue des audiences ainsi que les dates et les endroits de leur tenue.
À la suite de cette audience, le Bureau transmet l'analyse qu'il aura
faite de ce programme et ses constatations. Cette disposition prévoit
que, lorsqu'il s'agit d'un programme municipal, le ministre transmet à
la municipalité son analyse et le rapport du Bureau. La
municipalité décidera ensuite de l'avenir du programme et de ses
modalités de mise en oeuvre. Exemples de programmes municipaux: gestion
des déchets, gestion des boues des fosses septiques.
Une autre disposition de l'article 12 nous indique que, lorsqu'il s'agit
d'un programme gouvernemental ou paragouvernemental, le ministre transmet au
ministre responsable son analyse ainsi que le rapport et l'analyse du Bureau.
Le gouvernement décide alors de la suite à donner au programme.
Il pourra ainsi établir le programme ou en autoriser
l'établissement s'il s'agit d'un programme relevant d'un organisme
gouvernemental. Dans un même temps, le gouvernement fixera les conditions
particulières et la durée du programme. Dans le cas de projets
découlant d'un programme, le ministre recommandera au gouvernement la
procédure applicable aux projets qui seront assujettis aux
règlements et qui seront mentionnés dans la catégorie des
projets qui peuvent être déterminés comme étant des
projets à enjeux ou impacts majeurs ou des projets à enjeux ou
impacts mineurs. En conséquence, le gouvernement déterminera si
ces projets sont des projets à enjeux ou impacts majeurs ou des projets
à enjeux ou impacts mineurs.
Le troisième alinéa de cette disposition prévoit
que tous ceux qui ont fait des représentations seront informés de
la décision du gouvernement. D'ailleurs, la pratique du Bureau
d'audiences publiques sur l'environnement est à l'effet de transmettre
la décision à tous ceux ayant assisté à l'audience
publique. Enfin, tous les projets découlant d'un programme devront
respecter les conditions du programme, exemple: méthode de construction,
milieu où l'on veut s'implanter, etc.
Une autre disposition de l'article 12 permet au gouvernement de
soustraire un projet découlant d'un programme de l'application de la
procédure à laquelle ce projet serait autrement soumis s'il juge
que l'évaluation environnementale effectuée pour le programme
permet de s'assurer que la réalisation du projet peut s'effectuer sans
nécessité d'autres études approfondies ou consultations.
Cette situation peut se présenter, par exemple, lorsqu'il y aura
évaluation d'un programme dont découlent des projets connus et
identifiés et que les représentations faites lors du processus
auront permis d'évaluer les enjeux significatifs reliés à
la réalisation du projet.
Le deuxième alinéa de la disposition vient préciser
que, dans de tels cas, un certificat d'autorisation sera délivré
par le gouvernement aux conditions que ce dernier déterminera. De plus,
il faut noter que l'article 31.9.13 du projet de loi s'applique à ces
projets et que le titulaire du certificat d'autorisation devra transmettre au
ministre une attestation de conformité environnementale, cette
étape remplaçant le certificat actuellement émis en vertu
de l'article 22 de la loi.
Une autre disposition prévoit une nouvelle rédaction de
l'article 31.4 actuel de la loi. Le principe existant demeure puisque le
ministre peut demander que lui soient fournis les renseignements
nécessaires afin d'évaluer complètement les
conséquences sur l'environnement du programme proposé. Cela
implique également que l'initiateur doive approfondir certaines
questions ou entreprendre certaines recherches afin de fournir les
renseignements nécessaires. Cette même disposition est
également prévue dans la section de la procédure
applicable au projet 31.9.3. Le ministre peut aussi, en ce qui concerne les
programmes ou les projets, demander à l'initiateur qu'il lui fournisse
des renseignements qu'il estime nécessaires afin d'évaluer les
conséquences sur l'environnement du programme.
Une autre disposition reprend le principe actuel voulant que nul ne
puisse entreprendre la réalisation d'un projet sans avoir suivi la
procédure d'évaluation et sans avoir obtenu un certificat
d'autorisation. Par ailleurs, cette disposition nous indique maintenant que,
lorsqu'il s'agit d'un projet à enjeux ou impacts majeurs, le certificat
sera délivré par le gouvernement. Lorsqu'il s'agit d'un projet
à enjeux ou impacts mineurs, c'est le ministre qui délivre le
certificat.
Le second alinéa nous indique qu'il y aura deux catégories
de projets, soit les projets à enjeux ou impacts majeurs, ceux-ci
représentant a priori un enjeu ou un impact majeur à
l'égard de l'environnement et de la population, et les projets à
enjeux ou impacts majeurs ou mineurs pour les projets qu'il n'est pas possible
de placer a priori dans la première liste et dont il faudra
apprécier leurs caractéristiques et leurs conditions de
localisation pour savoir quels enjeux et impacts ils représentent.
Le dernier aliéa de l'article 12 permet au ministre, en tenant
compte du territoire et des caractéristiques du projet, de regrouper ces
derniers lorsqu'ils visent un même objectif et qu'ils sont soumis par un
même initiateur. Dans ce cas, le ministre pourra considérer ces
projets comme un seul projet à enjeux ou impacts majeurs. Cela
répond à la recommandation 42 de la commission de
l'aménagement et des équipements. Exemple de ce type de projet:
l'épandage des phytocides.
Autre disposition de l'article 12. Tout comme l'article 31.2 est la
première étape de la procédure d'évaluation des
projets et vise à permettre que l'initiateur transmette un avis
décrivant le projet, cet avis devra contenir, notamment, une description
des objectifs du projet, de la justification du projet, des options de
réalisation qui ont une faisabilité technique environnementale et
financière, de même que les enjeux et impacts qu'il
appréhende. Les impacts sont les effets que le projet peut avoir sur
l'environnement, aussi bien sur le milieu naturel que sur le milieu humain. Les
enjeux sont plutôt reliés aux préoccupations de la
population. Ils correspondent à ce que peuvent gagner ou perdre
différents intervenants compte tenu du projet et de ses impacts. Cet
avis est introductif de la demande. Il équivaut donc à une
demande de certificat d'autorisation.
Une autre disposition nouvelle permet au Bureau de consulter la
population sur l'avis décrivant le projet et sur le document qu'aura
préparé le ministère indiquant les principaux enjeux et
impacts associés au projet. À cette étape, le Bureau
pourra ainsi s'assurer que la population a obtenu l'information en ce qui
concerne le projet et il pourra effectuer un premier rapport quant aux
préoccupations émises par la population. Cela permettra au
ministre, dans sa directive, de mieux identifier et déterminer les
enjeux et les impacts dont on doit tenir compte. Cette disposition correspond
aux recommandations 10 et 29 de la commission de l'aménagement et des
équipements.
J'ai un amendement également à cet aspect de l'article 12
à vous soumettre, M. le Président. Il se lirait comme suit:
Article 12. 31.9.1. Remplacer, dans le deuxième alinéa de
l'article 31.9.1, les mots «seul l'avis décrivant le projet
est rendu public par le Bureau sur demande du ministre» par les
mots «le ministre requiert le Bureau de ne rendre public que l'avis
décrivant le projet sans qu'il y ait consultation sur cet avis».
(23 h 30)
Le Président (M. Lefebvre): M. le ministre, l'article 12.
Continuez. On vous écoute, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Le
second alinéa de 31.9.1 de cette disposition vient préciser que,
dans le cas d'un projet découlant d'un programme ayant fait l'objet de
la procédure environnementale, il n'y aura pas de consultation de la
population. L'initiateur devra tout de même transmettre un avis de projet
qui sera rendu public, sauf s'il s'agit d'un projet à enjeux ou impacts
majeurs et que le gouvernement en a décidé autrement, lors de
l'évaluation du programme.
Cela s'explique du fait que l'évaluation du programme aura
normalement permis d'identifier les enjeux publics et les impacts du projet qui
en découlent. Par ailleurs, il peut arriver, dans certains cas
donnés, qu'en raison de l'ampleur de ces projets il y ait
nécessité de consultation publique sur l'avis de projet, mais
également sur un document émanant du ministère indiquant
les enjeux et les impacts: à titre d'exemple, les centrales
hydroélectriques découlant du plan de développement
d'Hydro-Québec, autoroutes découlant d'un plan de transport
régional.
Une autre disposition édicté que le ministre
détermine, à ce stade-ci, s'il s'agit d'un projet à enjeux
ou impacts majeurs ou d'un projet à enjeux ou impacts mineurs, lorsque
le projet se retrouve dans la liste des projets pouvant être
déterminés comme tels. Lorsque la décision du ministre est
à l'effet de considérer qu'un tel projet est à enjeux ou
à impacts majeurs, elle devra être approuvée par le
gouvernement et devra être rendue publique. Le dernier alinéa de
cet article précise que la règle émise ici ne s'applique
pas dans le cas de projets découlant d'un programme, cette étape
étant déjà prévue, en ce qui les concerne, à
l'article 31.5 du projet de loi.
Une autre disposition répète, dans le cas de la
procédure des projets, ce qui est déjà prévu, au
niveau des programmes, à l'article 31.7. Il s'agit d'une nouvelle
rédaction de l'actuel article 31.4. Le principe existant demeure. Le
ministre peut demander que lui soient fournis les renseignements
nécessaires afin d'évaluer complètement les
conséquences sur l'environnement d'un projet proposé, ce qui peut
impliquer que l'initiateur doive approfondir certaines questions ou
entreprendre certaines recherches. Une autre modification proposée
prévoit que le ministre indique à l'initiateur, dans une
directive, le contenu, la portée et l'étendue de l'étude
d'impacts et que, dorénavant, cette directive sera rendue publique.
De plus, et puisque le ministre aura déjà obtenu un
rapport du BAPE concernant les préoccupations de la population en vertu
de 31.9.1, cette directive sera mieux adaptée et permettra le traitement
d'une information plus pertinente quant aux enjeux décisionnels. Le
troisième alinéa de cet article édicté que, lorsque
le ministre proroge le délai requis pour la réalisation de
l'étude d'impact par le promoteur, il pourra transmettre une nouvelle
directive ou modifier le contenu de cette dernière de façon
à la compléter, lorsque le contexte a évolué et que
de nouvelles données sont nécessaires. Cette disposition respecte
la recommandation de la commission de l'aménagement, la recommandation
18, qui prévoyait que le promoteur devait continuer à être
responsable de réaliser l'étude d'impact.
Une autre modification proposée édicté que le
ministre procède à une analyse et que, suite à cette
dernière, il demande au BAPE de rendre l'analyse, l'étude
d'impact, de même que tout autre document disponible à ce
moment-là, accessibles et de consulter la population.
L'analyse du ministre vise à faire ressortir,
premièrement, les impacts reliés aux enjeux contenus dans la
directive, lorsque ceux-ci sont différents de ceux identifiés
dans l'étude d'impact, des mesures d'atténuation, de
compensation, de surveillance et de suivi, lorsque celles-ci sont
différentes de celles identifiées dans l'étude d'impact.
Cette analyse ne vise donc pas à porter un jugement sur le projet.
Une autre disposition reprend le principe déjà
prévu au deuxième alinéa de l'article 31.3 de la loi
actuelle, à l'effet qu'il peut y avoir une demande d'audiences publiques
pour une personne, un groupe ou une municipalité. Le deuxième
alinéa vient préciser que cette demande doit être
écrite, motivée et faire état de l'intérêt du
demandeur eu égard au milieu touché par le projet. Cet ajout
à la loi est déjà prévu à l'article 13 du
Règlement sur l'évaluation et l'examen des impacts sur
l'environnement.
Une autre modification proposée vise à permettre que ce
soit dorénavant le gouvernement qui juge qu'une demande est frivole. Les
critères de frivolité demeurent inchangés, tel que
recommandé par la commission de l'aménagement et des
équipements à sa recommandation 31. Toutefois, et
également en application avec le même rapport de cette commission,
recommandation 35, le ministre peut également mandater le BAPE de
procéder à une médiation, s'il le juge plus
approprié. Ainsi, le ministre pourra recourir à une
médiation lorsque seulement quelques personnes sont touchées par
le projet et que seuls des intérêts privés sont en jeu.
Dans le cadre spécifique du troisième alinéa de
31.3 de la loi, qui prévoyait déjà que le ministre jugeait
de la frivolité d'une demande, il n'existe aucune jurisprudence
interprétant le mot «frivole». Les définitions
prévues au dictionnaire
doivent s'appliquer. Ce terme signifie ainsi: qui a peu de
solidité, de consistance, de fondement, de sérieux ou de
gravité. Si l'on se replace dans le cadre de l'évaluation
environnementale, une demande d'audiences publiques pourrait être
qualifiée de demande frivole si les motifs au soutien de la demande sont
déraisonnables, mal fondés, s'ils reposent sur des faits inexacts
ou s'ils ont peu de consistance, de fondement ou de sérieux, qui ne
justifient pas une telle demande.
Le deuxième alinéa de cette disposition prescrit que le
Bureau fera rapport au ministre de l'analyse qu'il a faite du projet et de ses
constatations. Une autre disposition permet au ministre de recourir à
l'audience publique lorsque la médiation n'a pas donné les
résultats voulus. Il n'est pas approprié d'aller en audience pour
tous les cas donnés. Devant certaines situations, le ministre pourra
recourir à l'audience si la médiation ne donne pas les
résultats connus lorsque des intérêts publics sont en
jeu.
Une autre disposition édicté que le gouvernement
délivre le certificat d'autorisation avec ou sans modification aux
conditions qu'il détermine. De plus, le gouvernement peut
dorénavant déterminer les mesures de surveillance et de suivi. Le
dernier alinéa précise que les personnes, groupes et
municipalités ayant fait des représentations doivent être
informés de la décision.
Les articles 31.9.10 à 31.9.12 du projet de loi introduisent une
procédure accélérée en ce qui concerne les projets
à enjeux ou impacts mineurs conformément aux recommandations de
la commission de l'aménagement et des équipements. Et je
réfère ici à la recommandation 6. La modification
proposée prévoit donc que le ministre indique à
l'initiateur, dans une directive, le contenu, la portée et
l'étendue de l'étude d'impact et que dorénavant cette
directive sera rendue publique. De plus, et puisque le ministre aura
déjà obtenu un rapport du BAPE concernant les
préoccupations de la population, cette directive sera mieux
adaptée et permettra le traitement d'une information plus pertinente
quant aux enjeux décisionnels.
À ce niveau-ci, 31.9.11, j'aurais deux amendements à
soumettre.
Le Président (M. Lefebvre): Veuillez donner lecture de vos
deux amendements, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Un pour le 31.9.9 et un pour le
31.9.11. 31.9.9: Remplacer, dans la première ligne du troisième
alinéa de l'article 31.9.9, le mot «Toute» par les mots
«L'initiateur du projet et toute».
Le Président (M. Lefebvre): Veuillez lire, M. le ministre,
votre quatrième amendement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Et à l'article 31.9.11:
Modifier l'article 31.9.11 par le remplacement, dans les quatrième et
cinquième lignes, des mots «II procède à l'analyse
du dossier dans le délai prescrit par règlement» par les
mots «Le Bureau doit faire rapport au ministre de ses
constatations»; deuxièmement, par l'addition de l'alinéa
suivant: «Le ministre procède à l'analyse du dossier dans
le délai prescrit par règlement.»
Le Président (M. Lefebvre): L'amendement est transmis, M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Cette disposition prévoit
que le ministre demande au Bureau que l'étude d'impact ainsi que
certains documents prescrits par règlement soient rendus publics et que
la population soit consultée. Le ministre procède ensuite
à l'analyse du dossier. Cette analyse que fait le ministre s'effectuera
au moment où celui-ci requiert le Bureau de rendre l'étude
d'impact accessible. Cette étape d'analyse de même que cette
consultation se tiennent en parallèle.
Une autre modification proposée vise à adapter la loi en
ce qui concerne les procédures applicables aux projets à enjeux
ou impacts mineurs. Dans ces cas, le certificat d'autorisation sera
délivré par le ministre aux conditions qu'il détermine,
tout comme c'est le cas en ce qui concerne les projets à enjeux ou
impacts majeurs. Des mesures de surveillance et de suivi peuvent
également être proposées.
À ce stade-ci, j'aurais un amendement à 31.9.12 qui se
lirait comme suit: Insérer, dans la première ligne du
troisième alinéa de l'article 31.9.12, après le mot
«projet», les mots «et toute personne, groupe ou
municipalité qui a soumis des représentations».
Le Président (M. Lefebvre): L'amendement est transmis, M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Une autre nouvelle disposition
vise à prévoir que celui qui aura obtenu un certificat
d'autorisation après avoir suivi la procédure d'évaluation
environnementale devra transmettre au ministre les plans et devis se rapportant
au projet ou à l'étape de celui-ci qu'il est prêt à
entreprendre ainsi qu'une attestation de la conformité de ces plans et
devis. Cette disposition reprend la recommandation 49 de la commission de
l'aménagement et des équipements à l'effet
d'alléger les conditions d'autorisation prévues à
l'article 22. Cette étape remplace l'obligation prévue à
l'article 22 de la loi à l'effet que l'on devrait obtenir un certificat
d'autorisation avant d'entreprendre la réalisation d'un projet. Le
second alinéa précise que l'attestation devra être
signée par tout professionnel au sens du code des professions et par
toute personne de la catégorie visée par règlement ayant
contribué à la conception du projet sur une matière
réglementée.
Le Président (M. Lefebvre): L'amendement est transmis. Je
m'excuse. Allez-y, continuez. Continuez. (23 h 40)
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Aux articles 95.3, 95.4, 95.5,
95.7 et 95.8 de la loi, on réfère à l'attestation de
conformité environnementale que l'on remplace par celle prévue
à l'article 31.9.13 du projet de loi. L'article 31.8 de la loi est
modifié afin de faire la concordance avec l'article 31.9.20 du
présent projet de loi, le délai pouvant être modifié
si les circonstances le justifient.
J'aurais un autre amendement à proposer à 31.9.15, qui se
lirait comme suit, M. le Président. Remplacer l'article 31.9.15 par le
suivant: «Le ministre peut soustraire à une consultation publique
des renseignements ou données concernant des procédés
industriels.» Il s'agit essentiellement de maintenir la disposition telle
qu'elle existe dans la loi actuelle, et qui ne cause pas problème.
Le Président (M. Lefebvre): L'amendement est transmis, M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Une autre disposition permet au
gouvernement d'assujettir au processus d'évaluation environnementale un
projet qui n'est pas prévu aux listes, mais qui doit s'implanter au
Québec. Les projets à impacts transfrontaliers et les projets
visés au projet de loi fédéral C-13 peuvent être
touchés par cet article. Cette disposition réfère à
la recommandation 65 de la commission de l'aménagement et des
équipements, à l'effet que le Québec occupe pleinement le
champ des évaluations environnementales afin de préserver sa
juridiction contre des empiétements.
Une autre nouvelle disposition permet au ministre de
déléguer, au ministre responsable d'un programme ayant fait
l'objet d'une procédure d'évaluation environnementale,
l'administration de la procédure simplifiée applicable aux
projets découlant du programme, à l'exception de la prorogation
des délais.
Une autre disposition vise à permettre que le gouvernement puisse
soustraire un projet d'une partie ou de la totalité de la
procédure d'évaluation, s'il le juge nécessaire dans
l'intérêt public, et émettre un certificat d'autorisation.
Cette disposition favorise une décision rapide du gouvernement en cas
d'événement extraordinaire. Le deuxième alinéa de
cette disposition reprend le principe déjà prévu à
31.6, à l'effet qu'un projet peut être autorisé sans avoir
suivi la procédure d'évaluation applicable lorsque sa
réalisation est requise dans le but de prévenir une catastrophe
ou pour réparer les dommages causés par celle-ci. Par ailleurs,
ce pouvoir est confié au ministre, et non au gouvernement, comme c'est
le cas à l'heure actuelle. Dans ce cas, le certificat d'autorisation
sera délivré par le ministre.
Le dernier alinéa répète le contenu de l'article
31.6 de la loi actuelle. Il précise que cet article ne s'applique pas en
ce qui concerne le territoire situé au nord-est du Québec, entre
le Labrador et le territoire couvert par la Convention de la Baie James et du
Nord québécois.
J'aurais, M. le Président, un amendement à vous soumettre
à l'article 31.9.18.1 qui se lirait comme suit: Insérer,
après l'article 31.9.18, l'article suivant: «31.9.18.1 Lors de la
délivrance du certificat d'autorisation prévu par les articles
31.6, 31.9.9 et 31.9.12, le gouvernement ou, selon le cas, le ministre, peut,
si les circonstances exigent une protection accrue de l'environnement,
établir une norme différente de la norme réglementaire
édictée en vertu de la présente loi.»
Le Président (M. Lefebvre): L'amendement est transmis, M.
le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Une nouvelle disposition, M. le
Président, vise également à imposer une tarification qui
s'échelonne selon diverses étapes de la procédure. Les
modalités prévues par règlement fournissent une
intégration des préoccupations environnementales dans les
coûts des projets. Les modalités de la tarification pourront
être intégrées dans le Règlement sur
l'évaluation et l'examen des impacts sur l'environnement ou dans un
règlement général portant sur la tarification.
L'article 12 prévoit, M. le Président, également
que le gouvernement peut adopter des règlements pour:
premièrement, établir les listes de projets prévues au
règlement, une pour les projets à enjeux ou impacts majeurs et la
seconde pour les projets à enjeux ou impacts potentiellement majeurs -
cela tient compte de plusieurs recommandations, pour ne mentionner que les
suivantes: 2, 3, 44, 45 et 46, de la commission concernant l'aménagement
et les équipements en ce qui concerne l'assujettissement des projets;
deuxièmement, déterminer le contenu et les modalités de
présentation de l'avis de projet visé à l'article 31.9;
troisièmement, déterminer le contenu du document de soutien
à la consultation dans la phase de détermination des enjeux,
celui de la directive, celui de l'analyse technique effectuée dans le
cadre de la procédure complète et celui de l'analyse
effectuée dans la procédure simplifiée;
quatrièmement, déterminer les éléments sur lesquels
porte l'analyse environnementale des programmes, de même que le contenu,
la portée et l'étendue des études d'impact
effectuées dans le cadre des procédures complètes et
simplifiées, ainsi que les modalités de présentation de
ces analyses et études; cinquièmement, prescrire les
modalités de consultation publique lors de la procédure
applicable au programme, lors de la phase de détermination des enjeux
dans la procédure
applicable aux projets, lors de la phase d'évaluation des impacts
de la procédure complète et lors de la phase d'évaluation
des impacts de la procédure simplifiée; sixièmement,
prescrire le mode de publicité des audiences publiques et des
médiations; septièmement, prescrire des délais pour toutes
les étapes des diverses procédures applicables aux programmes et
aux projets, ainsi que leur mode de computation, d'imposition de délais,
en plus de faciliter la planification des projets par les promoteurs - ce sera
un incitatif pour traiter une information la plus pertinente possible et ce
pouvoir réglementaire répond à une des recommandations, la
recommandation 51, du rapport de la commission de l'aménagement et des
équipements; huitièmement, permettre, aux fins de la consultation
prévue dans la procédure complète, de simplifier les
documents du dossier qui doivent être rendus accessibles;
neuvièmement, identifier les catégories de personnes
habilitées à signer une attestation de conformité
environnementale. Cette disposition vise à permettre qu'une personne qui
n'est pas professionnelle au sens du Code des professions puisse signer
l'attestation de conformité lorsqu'elle a contribué à la
conception du projet et que l'attestation porte sur un domaine de sa
compétence: à titre d'exemple, l'attestation de conformité
du plan d'aménagement d'une frayère qui pourrait être
signée par un biologiste.
Dixièmement, fixer les droits et les frais exigibles de
l'initiateur pour l'analyse d'une demande de certificat d'autorisation et pour
la délivrance ou la modification du certificat d'autorisation ainsi que
leurs périodes et leurs modalités de paiement; ces droits et
frais peuvent varier suivant la catégorie des projets, l'ampleur du
projet et le coût d'examen de la demande d'autorisation. La tarification
est perçue à différents moments de la procédure,
avant la prestation de services effectuée aux étapes de
l'élaboration de la directive, de l'analyse de l'étude d'impact
et à la délivrance du certificat d'autorisation. Les frais ne
pourront excéder 5 % du coût estimé du projet.
Onzièmement, prescrire les mesures visant à assurer le
contrôle de la réalisation des projets. Cette disposition vise
à encadrer la vérification faite par le ministère et qui
porte sur la réalisation des travaux et des programmes de suivi.
Le gouvernement, M. le Président, peut adopter des
règlements concernant les matières visées dans le premier
alinéa, qui ne soient applicables qu'au territoire situé au
nord-est du Québec, entre le Labrador et le territoire couvert par la
Convention de la Baie James et du Nord québécois. Cette
disposition permet au ministre de modifier tout délai de la
procédure lorsque les circonstances le justifient. Cette décision
est prise par le ministre qui en informera les demandeurs. Un exemple de
délai peut être nécessaire, par exemple, lorsque l'ampleur
d'un dossier est telle que le délai imparti à une étape,
par exemple l'audience publique ou l'analyse technique, doit être
augmenté: exemple, détournement des eaux de la Baie James vers
les États-Unis.
Ce qui complète, M. le Président, l'article 12 du projet
de loi.
M. Maltais: M. le Président.
Le Président (M. Bissonnet): Oui, M. le
député de Saguenay, sur l'article 12.
M. Maltais: Vous allez comprendre que l'article 12, c'est le
corps de la loi, c'est la section IV de la loi au complet. Elle a 31 pages,
plus 7 amendements. Je vais laisser reprendre le souffle au ministre. Je ne lui
demanderai pas de le répéter.
Deux petites questions. Les programmes qui pourraient être soumis,
on parle d'installation de plan d'aménagement faunique et ces
choses-là, est-ce que c'est prévu que... On sait que le
gouvernement fédéral fait des parcs au Québec, il y a des
ententes qui sont faites entre les deux gouvernements. Est-ce qu'ils seront
régis par la Loi sur la qualité de l'environnement au
Québec? Exemple, parc marin, chez moi, de Tadoussac aux Escoumins.
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II s'agit d'équipements
récréotouristiques qui seront soumis aux évaluations
environnementales en vertu de la Loi québécoise sur la
qualité de l'environnement. Les amendements à cette loi
étendent la juridiction du Québec dans le domaine de
l'environnement pour faire en sorte qu'on occupe toute notre place, que le
fédéral puisse occuper, lui, sa place dans ses domaines de
juridiction. Et, lorsqu'il y a des projets de juridiction mixte, à titre
d'exemple, nous venons de terminer une négociation avec le gouvernement
fédéral en ce qui concerne l'évaluation environnementale
du projet hydroélectrique sur la rivière Sainte-Marguerite, que
vous connaissez bien, M. le député, chaque gouvernement, dans son
domaine de juridiction, va procéder aux évaluations
environnementales. Mais, de façon à éviter un processus
qui se répète, à éviter des problèmes autant
aux gens qui veulent se faire entendre qu'aux promoteurs du projet, nous avons
convenu, avec le gouvernement fédéral, d'une entente où
c'est le Québec qui va exercer sa juridiction, mais on accepte que le
fédéral délègue un commissaire sur le Bureau
d'audiences publiques en matière environnementale, de façon
à ce que ce commissaire soit saisi plus particulièrement de la
problématique dans les domaines de juridiction
fédérale.
M. Maltais: On sait que, sous l'ancienne loi,
M. le ministre, la juridiction du Québec ne couvrait pas les eaux
intérieures. On se souvient des chicanes de poisson de Lucien Bouchard.
Parce qu'il y avait des poissons dans le lac, il disait que ça le
regardait. Est-ce que, à partir de l'adoption de la loi, ça
étend la juridiction du Québec sur les eaux intérieures?
(23 h 50)
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Le Québec a clairement
juridiction sur les eaux intérieures, mais je dois vous dire que le
fédéral a également, constitutionnellement parlant, en
vertu de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, juridiction sur les
poissons.
M. Maltais: Pour éviter l'ambiguïté qui s'est
produite un petit peu dans la baie James, on sait que, tous les poissons, il
faut qu'ils arrivent par une rivière quelconque. Il y en a qui ont des
affluents, mais il y en a d'autres qui n'ont pas d'affluents. Moi, lorsque je
parle d'équipement récréotouristique, par exemple en
bordure des lacs, on sait, par exemple, qu'avec la loi 150 des forêts les
exploitants forestiers sont obligés de laisser une bande autour. Lorsque
les chemins de pénétration sont faits, souvent, des gens qui vont
faire de la récréation veulent construire des chalets, veulent
construire des quais. C'est là que, les trois quarts du temps, les quais
sont des éléments pollueurs s'ils ne sont pas bien faits. Est-ce
que cette juridiction-là s'étend jusqu'à la construction
des quais?
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): La loi fait en sorte que le
Québec assume pleinement sa juridiction. Lorsque vous parlez des lacs,
il s'agit d'une juridiction qui est clairement de juridiction
québécoise. Je peux penser à quelques cas
problématiques. On peut penser au lac Champlain ou au lac
Memphrémagog où on tombe dans des eaux internationales. Vous
avez, dans le cas du lac Champiain, comme pays impliqués, le Canada et
les États-Unis, comme États impliqués, l'État du
Vermont, l'État de New York, la province de Québec. Dans ces
cas-là, si on veut réussir en matière environnementale, la
seule façon de procéder, c'est d'asseoir tout le monde ensemble,
de signer des protocoles d'entente et de s'assurer que tout le monde exerce sa
juridiction de façon unifiée.
Le Président (M. Bissonnet): M. le député
d'Iberville.
M. Lafrance: M. le ministre. Dans l'esprit de la loi, vous parlez
d'audiences publiques et de médiation, et on parle aussi de projets
à enjeux et impacts mineurs et majeurs. Est-ce que vous associez
nécessairement les audiences publiques aux projets à enjeux
majeurs et les médiations aux projets à enjeux et impacts
mineurs? Ou est-ce que vous voyez aussi, dans les projets peut-être
d'enjeux et d'impacts mineurs, des possibilités d'audiences publiques
aussi?
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Vous avez raison. En ce qui
concerne les projets à impacts mineurs comme tels, la médiation
s'avère un outil qu'on peut envisager de façon assez raisonnable.
On le fait présentement sans détenir des pouvoirs exprès
dans la loi. Sauf qu'en ce qui concerne les projets à impacts mineurs le
processus est rapide. Il n'y a pas d'audiences publiques qui sont
prévues.
M. Lafrance: Mais, dans le cas de projets à enjeux et
impacts majeurs, c'est nécessairement des audiences publiques, n'est-ce
pas?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): C'est nécessairement des
audiences publiques, à moins - et il y a une exception qui est
prévue à la loi, et je veux que ce soit clair pour les
députés - que le gouvernement juge qu'il y a un cas
d'intérêt public et qu'il intervienne pour soustraire le projet
à la procédure d'évaluation environnementale.
Le Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député d'Iberville. S'il vous plaît!
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II peut également y avoir
médiation, et, si la médiation aboutit, là, vous ne tombez
pas en audiences publiques parce que tous les intervenants sont satisfaits.
Le Président (M. Bissonnet): Alors, Mme la
députée de Vachon.
Mme Pelchat: Merci, M. le Président. M. le ministre,
concernant l'alinéa 31.1, on parle des programmes et des politiques du
gouvernement. J'aurais deux questions. La première, l'obligation
nouvelle pour un ministère, j'aimerais ça que vous l'explicitiez
quant à l'article 31.1, alinéa un et alinéa deux, la
raison pour laquelle vous avez décidé, dans le projet de loi...
Et c'est une question qui a été soulevée par l'Opposition.
J'aimerais ça qu'on prenne la peine d'y répondre, parce que
l'Opposition n'est pas avec nous ce soir, mais je pense que, sans me faire
l'avocat du diable, il y a des raisons...
M. Paradis (Brome-Missisquoi):...
Mme Pelchat: Non, je ne veux pas me faire l'avocat du diable,
mais je pense qu'il y a des
raisons aux articles qui sont dans la loi et je pense que vous pouvez
apporter une réponse qui satisferait certainement l'Opposition ou la
députée de Vachon. M. le Président, pourquoi avez-vous
laissé optionnel l'assujettissement des programmes et des politiques des
ministères? Je pense que c'est important de le souligner. Comme je l'ai
dit dans mes remarques préliminaires, c'est un pas en avant parce que,
déjà, il n'y a rien de soumis, on n'est même pas
obligé de prendre en compte les considérations environnementales.
Mais, de les avoir laissées optionnelles, c'est ce qui chatouille un peu
l'Opposition et peut-être certains groupes.
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Je n'aime pas votre mot
«optionnel», Mme la députée. Dans un premier temps,
l'analyse de l'impact environnemental va être obligatoire au niveau du
mémoire que le ministre présente pour soumettre son programme au
gouvernement. Ça, ce n'est pas optionnel, c'est obligatoire.
Aujourd'hui, on nous demande de regarder les impacts financiers. Aux impacts
financiers, on ajoute les impacts environnementaux.
La deuxième partie qui devient moins obligatoire - c'est la
façon dont il faut le dire - va faire en sorte que, si un ministre veut
une évaluation environnementale complète de son programme, il en
fait la demande et, à partir de ce moment-là, le ministre de
l'Environnement va l'obliger, c'est-à-dire va donner suite à sa
demande. Mais il peut arriver qu'un ministre ne fasse pas cette
demande-là quant à son programme mais que le ministre de
l'Environnement, lui, juge que c'est suffisamment important. À partir de
ce moment-là, le ministre de l'Environnement va aller au Conseil des
ministres, il va demander au Conseil des ministres d'assujettir le programme de
ce ministère sectoriel à son évaluation environnementale
complète. Donc, ce n'est pas étanche à 100 %, mais c'est
un pas considérable sur le plan de la machine gouvernementale, comme on
l'appelle, dans une prise de conscience, dans un premier temps, des impacts
environnementaux. Dans un deuxième temps, ça va nous permettre de
mettre en place un processus qui va être non pas perçu comme
quelque chose d'hostile à moyen ou à long terme, mais quelque
chose qui va aider chaque ministère sectoriel à mieux faire son
travail et à laisser aux générations qui nous suivront
quelque chose dont on sera fiers sur le plan du développement
économique du Québec.
Le Président (M. Bissonnet): Mme la députée
de Vachon.
Mme Pelchat: Dans le cas des municipalités, ce sera
toujours à la demande de la municipalité, sans intervention
du...
M. Paradis (Brome-Missisquoi): c'est exact, par respect pour
l'autonomie municipale. les élus municipaux sont élus par la
population, ils sont autonomes. c'est une invitation, une possibilité
que nous offrons au monde municipal, et j'ose croire que, dans les projets
importants, ils s'en prévaudront.
Mme Pelchat: M. le Président, si vous me le permettez.
Le Président (M. Bissonnet): Oui, Mme la
députée de Vachon.
Mme Pelchat: L'alinéa 31.8, je pense que c'est un des
changements majeurs, en plus du 31.1, M. le Président. Le 31.8 est
très important et je pense qu'il répond grandement à la
recommandation de la commission parlementaire, notamment sur l'application des
articles en suspens de la présente loi, et j'aimerais que le ministre
nous précise de quelle façon ça change ou ça
répond à notre recommandation, mais de quelle façon
ça change ce qui est assujetti en ce moment, ou ça
améliore ce qui est assujetti. Et j'aimerais savoir si, dans le
règlement qu'il a déposé ou dans le pouvoir
réglementaire qui est inclus à la loi, les projets assujettis le
seront toujours par liste réglementaire comme c'est le cas en ce
moment.
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre de
l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Ça ajoute
considérablement à la situation actuelle. Dans la situation
actuelle, pour vous donner l'exemple le plus connu, les projets industriels ne
sont pas soumis, qu'ils soient à enjeux ou impacts majeurs ou mineurs,
ce n'est pas soumis. Ce que l'on fait, c'est que l'on soumet des projets
industriels à l'évaluation. S'il s'agit d'un projet à
impacts majeurs, il doit aller soit en médiation et, si la
médiation n'est pas vraiment appropriée, en audiences publiques.
S'il s'agit d'un projet à enjeux ou impacts mineurs comme tel, le public
est impliqué, mais pas aussi loin qu'au niveau des audiences
publiques.
Le Président (M. Bissonnet): merci, m. le ministre. je
vais mettre maintenant aux voix les amendements proposés à
l'article 12. est-ce que...
Mme Pelchat: M. le Président... Le Président (M.
Bissonnet): Oui.
Mme Pelchat: ...je vais me faire encore l'avocat du diable pour
une dernière question.
Le Président (M. Bissonnet): Si vous voulez poursuivre,
Mme la députée. Mme la députée de Vachon.
Mme Pelchat: M. le ministre, à 31.8 toujours, on dit:
«...dans le cas d'un projet à enjeux ou impacts majeurs, d'un
certificat d'autorisation délivré par le gouvernement et, dans le
cas d'un projet à enjeux ou impacts mineurs, d'un certificat
d'autorisation délivré par le ministre.» Pourquoi avoir
fait la distinction entre les majeurs, le gouvernement, et les mineurs, le
ministre?
Le Président (M. Bissonnet): M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Parce que c'est le gouvernement
qui va déterminer si le projet comme tel est à enjeux ou impacts
majeurs. C'est celui qui fait la détermination qui se doit normalement,
par corrélation, de donner suite à cette détermination et
d'émettre le certificat, mais sur recommandation du ministre de
l'Environnement.
Mme Pelchat: Merci.
Le Président (M. Bissonnet): Ça va, Mme la
députée. Alors, je vais mettre aux voix les amendements
proposés à l'article 12 par M. le ministre de l'Environnement.
Est-ce que l'amendement proposé à l'article 12, modifiant
l'article 31.8, quatrième alinéa, est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): L'article 12.31.9.1 est
adopté?
Des voix: Adopté, (minuit)
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que
l'amendement proposé à l'article 12.31.9.9 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que
l'amendement proposé à l'article 12.31.9.11 est
adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que
l'amendement proposé à l'article 12.31.9.12 est
adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que
l'amendement à l'article 12.31.9.15 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que la proposition
d'amendement modifiant l'article 12.31.9.18.1 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 12, tel
qu'amendé, est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté. Une voix:
Sur division.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté sur division.
L'article 12, tel qu'amendé, est adopté sur division. Article
13.
Sanctions
M. Paradis (Brome-Missisquoi): j'ai un amendement à
soumettre à l'article 13, qui se lit comme suit: ajouter, après
le paragraphe d du deuxième alinéa de l'article 106, le
paragraphe d.1 suivant: «d.1 ne respecte pas une mesure
déterminée en vertu des articles 31.9.9 ou 31.9.12.»
Le Président (M. Bissonnet): Remarques sur cet
amendement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II s'agit ici de modifications de
concordance. Ainsi, la référence à l'article 31.1 de la
loi actuelle est remplacée par l'article 31.8, et les articles 31.5 et
31.6 de la loi actuelle sont remplacés par les articles 31.6, 31.9.9,
31.9.12 et 31.9.13 du projet de loi. Une personne qui ne respecte pas les
conditions imposées dans un certificat d'autorisation pourra être
poursuivie.
Le Président (M. Bissonnet): Alors, est-ce que
l'amendement à l'article 13 est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. L'article
14.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Non, M. le Président.
J'ajouterais à ce moment-ci l'amendement suivant.
Le Président (M. Bissonnet): Un instant! Est-ce que
l'article 13, tel qu'amendé, est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. L'article 14,
M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): L'article 13.1, M. le
Président.
Le Président (M. Bissonnet): Article 13.1, M. le
ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II se lit comme suit:
Insérer, après l'article 13, l'article suivant: «13.1
L'article 106.1 de cette loi, modifié par l'article 9 du chapitre 80 des
lois de 1991, est de nouveau modifié par l'addition, à la fin, de
l'alinéa suivant: "106.1 Commet également une infraction qui le
rend passible des mêmes peines le propriétaire ou l'occupant d'un
sol qui a connaissance de l'émission, du dépôt, du rejet ou
du dégagement d'un contaminant visé à l'article 20 dans un
sol dont il est propriétaire ou qu'il occupe et qui tolère cette
émission, ce dépôt, ce rejet ou ce
dégagement."»
Cet article, vous l'aurez compris, M. le Président, a pour objet
de prévoir une sanction pénale à l'égard du
propriétaire ou de l'occupant d'un sol qui a la connaissance, notamment,
de l'émission d'un contaminant visé à l'article 20 de la
Loi sur la qualité de l'environnement dans le sol dont il est
propriétaire ou qu'il occupe, et qui tolère cette situation.
Le Président (M. Bissonnet): Alors, est-ce que la
proposition du ministre de l'Environnement d'ajouter, après l'article
13, l'article 13.1, est adoptée? Oui, Mme la députée de
Vachon, sur cet article?
Mme Pelchat: Oui, sur l'article. J'aimerais savoir...
Le Président (M. Bissonnet): 13.1. Je rappelle aux membres
de cette Assemblée qu'il reste cinq minutes à la commission
plénière. Mme la députée de Vachon.
Le Président (M. Bissonnet): Je voulais juste demander au
ministre: Est-ce que ça fait référence au jugement Laidlaw
auquel vous avez fait allusion tout à l'heure...
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. Mme Pelchat: ...dans votre
discours?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Effectivement, il s'agit d'un des
deux amendements proposés dans ce texte de loi qui visent à faire
en sorte que l'on ne se retrouve plus, au ministère de l'Environnement,
face à des pollueurs qui sont poursuivis dans la même situation
où nous nous sommes retrouvés dans un jugement récent
rendu par la Cour du Québec, dans le cas de la compagnie Laidlaw, quant
aux lagunes de Mercier. Je tiens à indiquer, cependant, que cet article
de loi n'est pas rétroactif, qu'il n'est pas déclaratoire comme
tel, qu'il vise strictement à s'assurer que nous maîtrisons bien
l'avenir.
Mme Pelchat: Merci, M. le ministre.
Le Président (M. Bissonnet): Alors, l'article 13.1 est
adopté? Adopté. Article 14.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Il
s'agit d'une modification de concordance, l'article 31.1 de la loi actuelle
étant remplacé par 31.8: «Une personne favorisant la
réalisation d'un projet sans détenir le certificat d'autorisation
requis à l'article 31.8 du projet de loi pourra être
poursuivie.»
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 14 est
adopté? Adopté. Article 15, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): M. le Président, avant 15,
j'aurais un amendement à l'article 14.1.
Le Président (M. Bissonnet): Alors, l'article 14.1. Si
vous voulez faire votre amendement, M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. «L'article 110.1 de
cette loi, modifié par l'article 10 du chapitre 80 des lois de 1991, est
remplacé par le suivant: "110.1 Les poursuites pénales pour la
sanction des infractions à une disposition de la présente loi se
prescrivent par deux ans depuis la date de l'ouverture du dossier
d'enquête ou depuis la date où a été entreprise
l'inspection effectuée par un fonctionnaire ou par une personne qui en
exerce les pouvoirs et qui a donné lieu à la découverte de
l'infraction. "Le certificat du ministre, du fonctionnaire ou de la personne
visée au premier alinéa, selon le cas, quant au jour où
cette enquête ou cette inspection a été entreprise,
constitue, en l'absence de toute preuve contraire, une preuve concluante de ce
fait*.»
Le Président (M. Bissonnet): Alors, est-ce que la motion
du ministre de l'Environnement proposant d'ajouter, après l'article 14,
l'article 14.1, est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 14.1 est
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Article 15.
Dispositions diverses M. Paradis (Brome-Missisquoi): II s'agit
de
modifications de concordance, M. le Président.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 15 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Article
16.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Article 15.1, M. le
Président, qui est celui...
Le Président (M. Bissonnet): Nous revenons à
l'article 15, de consentement - article 15.1.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): On ajoute, après 15,15.1,
M. le Président.
Le Président (M. Bissonnet): Après 15, 15.1.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Insérer après
l'article 15, l'article suivant: «15.1 Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 129.1, du suivant: "129.2: L'article 110.1
s'applique aux infractions commises après le (insérer la date qui
précède de deux ans celle de l'entrée en vigueur de
l'article 14.1 de la Loi modifiant la Loi sur la qualité de
l'environnement); cependant il s'applique aux infractions commises avant cette
date lorsque de fausses représentations ont été faites au
ministre, à un fonctionnaire visé dans les articles 119, 119.1,
120 ou 120.1, ou à une personne exerçant des pouvoirs
énumérés dans ces articles et lorsque ces infractions sont
relatives à des matières dangereuses".»
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 15.1 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Article
16.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II y a un amendement, M. le
Président, à l'article 16, qui se luit comme suit: Ajouter
à la fin de l'article 16, ce qui suit: «et selon les
modalités qu'il indique».
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'amendement
proposé par M. le ministre de l'Environnement à l'article 16 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que
l'article 16, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Article
17.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): L'article 17. Cette disposition
vise à s'assurer que les procédures qui s'appliquent dans le cas
des Naskapis ne soient pas modifiées.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 17 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Article
18.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): II reprend le principe émis
dans l'article 31.6 de la loi actuelle, M. le Président.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 18 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Article
19.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Disposition transitoire
strictement, M. le Président.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 19 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Article 20.
Le Président (M. Bissonnet): Oui, un amendement, M. le
Président. Remplacer, dans la première ligne de l'article 20, les
mots «s'est livrée à une activité
visée» par les mots «a entrepris une construction, un
ouvrage, une activité ou une exploitation, ou a exécuté
des travaux visés».
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'amendement
proposé par M. le ministre de l'Environnement à l'article 20 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que
l'article 20, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Article
21.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, cette disposition
prévoit que le gouvernement décide de la date d'entrée en
vigueur de la présente loi,
M. le Président.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que l'article 21 est
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Est-ce que le
titre du projet de loi 61 est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que le projet de loi,
tel qu'amendé, est adopté?
M. Paradis (Brome-Missisquoi): M. le Président, avant
d'adopter le projet de loi, je ferais motion de renumérotation.
Le Président (M. Bissonnet): Rapidement, M. le ministre,
oui.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Compte tenu des amendements
introduits, je fais motion que les articles du projet de loi 61 soient
renumérotés.
Le Président (M. Bissonnet): Est-ce que cette motion est
adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): La motion de
renumérotation est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté. Alors, est-ce
que ce projet de loi est adopté tel qu'amendé?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Bissonnet): Adopté.
M. Libman: Sur division.
Le Président (M. Bissonnet): Sur division. Adopté
sur division. Quand vous adoptez sur division, vous nous le dites pour qu'on le
comprenne bien clairement. Alors, c'est adopté sur division.
Alors, compte tenu que ça fait une heure que la commission
plénière a entrepris ses travaux, en conséquence elle met
fin à ses travaux. Je remercie ceux et celles qui y ont
participé. Et, pour permettre à l'Assemblée de poursuivre
sa séance, je prie toutes les personnes de bien vouloir se retirer, de
le faire immédiatement et je suspends les travaux de la commission pour
faire rapport à l'Assemblée.
(Suspension de la séance à 0 h 9)
(Reprise à Oh 12)
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Si vous voulez prendre
place. Merci. Mme la présidente de la commission
plénière.
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude détaillée
Mme Bélanger (présidente de la commission
plénière): M. le Président, j'ai l'honneur de faire
rapport que la commission plénière a étudié en
détail le projet de loi 61, Loi modifiant la Loi sur la qualité
de l'environnement, et qu'il a été adopté avec ses
amendements.
Adoption du rapport
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Est-ce que ce rapport
est adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. Alors, ce
rapport est adopté. Nous allons maintenant suspendre quelques instants
pour vérifier les autres rapports des autres commissions permanentes,
afin de vérifier s'il y a eu des amendements qui ont été
apportés. Je suspends les travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 0 h 13)
(Reprise à 0 h 23)
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le leader du
gouvernement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Je fais motion pour proposer
l'adoption du projet de loi 61.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Alors, il y a une motion
du ministre de l'Environnement...
M. Chevrette: M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Oui?
M. Chevrette: Pour permettre au leader...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le leader de
l'Opposition officielle.
M. Chevrette: ...pour que le spectacle soit complet et
légal, je demanderais le quorum.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Alors, qu'on appelle les
députés!
Des voix: Le quorum est suspendu.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Oh! c'est
vrai, c'est suspendu. Hein? le quorum est suspendu. Attendez une
minute!
Des voix:...
Adoption
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Aors, si vous voulez
prendre place. Nous en sommes sur la motion de M. le ministre de
l'Environnement proposant l'adoption du projet de loi 61. Je tiens à
rappeler aux membres de cette Assemblée qu'en vertu de la motion de
suspension des règles, lorsqu'il s'agit de l'adoption d'un projet de
loi, dans ce cas-ci, les temps de parole sont de 10 minutes au groupe formant
le gouvernement, 10 minutes au groupe parlementaire formant l'Opposition
officielle, 5 minutes au groupe de députés indépendants et
une réplique d'une durée maximale de 5 minutes au ministre qui
présente le projet de loi. M. le ministre de l'Environnement.
M. Pierre Paradis
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui, M. le Président. Nous
en sommes à la dernière étape de l'adoption d'un important
projet de loi qui, à mon sens, équilibre les
nécessités de développement économique avec les
nécessités de protection de l'environnement. Par ce geste, le
gouvernement, l'Assemblée nationale du Québec va soumettre les
grands projets industriels, les sites d'enfouissement sanitaire, les projets
récréotou-ristiques à des audiences publiques en
matière d'environnement.
Si nous en arrivons ce soir à cette conclusion, M. le
Président, c'est parce que beaucoup de gens ont concouru à la
construction de cette pièce législative. Cette pièce
législative, comme je l'ai déjà indiqué, est
largement inspirée du rapport Lacoste. Elle est également
très largement inspirée du rapport unanime de la commission
parlementaire de l'aménagement et des équipements qui a entendu
à peu près tous les groupes intéressés par les
évaluations environnementales, autant les promoteurs industriels que les
groupes écologiques, en passant par les groupes sociaux. M. le
Président, je tiens à exprimer ma gratitude à ces membres
de l'Assemblée nationale: au porte-parole de l'Opposition officielle, le
député de La Prairie, qui, au moment de cette commission
parlementaire, a fait un travail constructif; à mes adjoints
parlementaires, Mme la députée de Vachon, M. le
député de Saguenay, ainsi qu'à tous les autres
députés qui ont mis du leur pour faire en sorte qu'on puisse,
dans un débat où on a eu tendance à opposer
développement économique et protection de l'environnement, en
arriver à établir un consensus.
M. le Président, à tous ceux et à toutes celles qui
ont contribué à bâtir ce con- sensus, au nom du ministre de
l'Environnement, merci.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre de
l'Environnement. Alors, sur la motion d'adoption du projet de loi 61, Loi
modifiant la Loi sur la qualité de l'environnement, je reconnais M. le
député de D'Arcy-McGee.
M. Robert Libman
M. Libman: Merci, M. le Président. Very briefly, I would
just like to comment on the fact that the Minister spoke of an
«équilibre», balance to an economic development and
protection of the environment. We feel that this bill is window dressing. We
cannot boast the merits of being environmentally friendly, and then allow the
Government just the arbitrary ability to override some of the assessment
procedures.
This is what our concerns is about. We feel that, if we really want to
find the right balance between environmental protection and economic
development, the criteria laid out for the opportunity of the Government to
bypass some of the assessment procedures should be much clear, should be much
more rigorous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de D'Arcy-McGee. Est-ce qu'il y a d'autres
députés qui veulent intervenir? Votre droit de réplique,
M. le ministre de l'Environnement.
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Very briefly. So, everybody
understands the same thing. This project of law does not allow the Government
to overrule. This project of law is not window dressing. There is one provision
in this project of law which allows the Government to intervene and it is in
case of public interest. And any Government, in any democratic society keeps
that possibility.
If you want to compare this Quebec's Legislation with what is going on
in Ontario, in other Canadian jurisdictions, in other States, with which we
have, as a society, to compete, you will find out that, in Ontario, it is the
contrary: not all projects are submitted and the Government can invoke public
interest; In Ontario, no project is submitted unless the Government decides to
submit one. So, this piece of legislation, if you compare it to Bill C-13 of
the Federal Government, the Minister of Environment at the federal level does
not have authority on a project unless one of his colleagues gives him that
authority, one of the sectorial ministers. So, if you compare the piece of
legislation with the rest of the country, with the States we are in competition
with, we are one step ahead of everybody, and that is where
Québec wants to be.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Alors, la motion du
ministre de l'Environnement proposant l'adoption du projet de loi 61, Loi
modifiant la Loi sur la qualité de l'environnement, est-elle
adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté, sur
division. M. le leader du gouvernement.
Projet de loi 59
Prise en considération du rapport de la commission qui en a fait
l'étude détaillée et de l'amendement du ministre
M. Paradis (Brome-Missisquoi): Oui. M. le Président, je
propose la prise en considération du rapport de la commission de
l'économie et du travail qui a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi 59.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Alors,
l'Assemblée prend en considération le rapport de la commission de
l'économie et du travail sur le projet de loi 59, Loi modifiant la Loi
sur les heures et les jours d'admission dans les établissements
commerciaux, ainsi que l'amendement transmis en vertu de l'article 252 du
règlement par M. le ministre de l'Industrie, du Commerce et de la
Technologie. Cet amendement est déclaré recevable.
Voici, pour les temps de parole en ce qui a trait... «le
débat sur la prise en considération du rapport d'une commission
soit fixé à un maximum de 14 minutes: 5 minutes au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 5 minutes au groupe parlementaire
formant l'Opposition officielle et 2 minutes au groupe des
députés indépendants; le ministre qui présente le
projet de loi puisse exercer un droit de réplique d'une durée
maximale de 2 minutes».
Est-ce qu'il y a des députés qui veulent intervenir dans
ce dossier? M. le ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie. (0
h 30)
M. Gérald Tremblay
M. Tremblay (Outremont): La décision de modifier la loi
existante sur les heures et les jours d'admission dans les
établissements commerciaux n'a pas été facile à
prendre. À la suite de nombreuses consultations et
d'événements importants, le gouvernement a cru bon d'actualiser
la loi existante en fonction des trois principes qui ont toujours guidé
son action, soit l'égalité des commerçants et des
commerçantes devant la loi, les besoins réels des consommateurs
et des consommatrices et la protection de la qualité de vie de la
population, notamment celle des travailleurs et des travailleuses.
Un consensus important s'est dégagé au cours des derniers
mois. Plusieurs intervenants qui s'étaient prononcés contre en
1990 sont maintenant favorables à l'ouverture des commerces le dimanche.
À noter, entre autres, le Conseil québécois du commerce de
détail, la ville de Montréal, la ville de Sainte-Foy et les
Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce. Je voudrais profiter de
cette occasion, M. le Président, pour remercier le
président-directeur général des Travailleurs unis de
l'alimentation et du commerce, M. Yvon Bellemare, ainsi que MM. Michel Robert
et François Lauzon qui ont travaillé depuis les quatre derniers
mois pour regrouper tous les intervenants et obtenir un consensus important.
Ces travailleurs sont membres de la Fédération des travailleurs
du Québec, qui reconnaît l'importance de l'ouverture des commerces
le dimanche, et la fédération des travailleurs du commerce
représente 400 000 travailleurs.
De nouveaux sondages sont venus dire de façon très
convaincante que plus de 72 % de la population est d'accord avec l'idée
de modifier la loi actueHe afin qu'elle prévoie davantage d'exceptions
le dimanche. Et si on fait intervenir la notion du droit des employés
à ne pas travailler le dimanche s'ils le désirent, le taux
d'appui aux modifications passe de 72 % à 80 %. Des provinces comme
l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba ont favorisé l'ouverture
des commerces le dimanche et, dans certains cas, de façon
rétroactive.
En ce qui concerne l'impact économique qui est très
important pour le gouvernement ainsi que pour le Québec, nous avons
remarqué, au cours des six derniers mois d'ouverture des commerces en
Ontario, que les ventes ont augmenté de 2,6 % alors qu'au Québec
les ventes n'ont pas augmenté. Les chiffres ont démontré
que si nous n'avions qu'une augmentation de 1 % nous aurions des ventes
additionnelles de 448 000 000 $. Et si nous faisions des efforts pour contrer
les achats outre-frontière - 6 154 000 travailleurs ont acheté,
en 1991, pour 2 100 000 000 $; nous considérons que 35 % à 40 %
de ces achats ont été faits le dimanche - et si nous
récupérions uniquement 20 % de ces achats, ce serait 157 000 000
$ de ventes additionnelles. Donc, M. le Président, 448 000 000 $ plus
157 000 000 $, ça fait un peu plus de 600 000 000 $. Avec 600 000 000 $,
on considère qu'on peut créer 8000 emplois, 8000 emplois
personnes-année au Québec, avec une masse salariale de 200 000
000 $.
Des hommes et des femmes veulent travailler, M. le Président, des
étudiants et des étudiantes et, dans ce sens-là, nous
avons une responsabilité de permettre à ces personnes d'avoir
accès à des emplois; j'en conviens, pas toujours des emplois
permanents, de qualité, mais
au moins des emplois. Certains ont prétendu qu'il y avait une
possibilité que les petits commerçants aient des problèmes
et, dans ce sens-là, une étude comparative de l'évolution
des ventes au détail du Québec, de l'Alberta et de la
Colombie-Britannique a démontré que la libéralisation des
heures d'ouverture n'aura pas d'impact négatif sur la part de
marché des détaillants indépendants. Elle permettra, entre
autres, d'éliminer les iniquités entre les différents
types de commerce au niveau des heures d'ouverture.
Ça ne veut pas dire que ce ne sera pas difficile. Par contre, les
détaillants québécois se doivent de faire des efforts
additionnels pour mieux répondre aux exigences des consommateurs et
reprendre la part de revenus disponibles qu'ils ont perdus au cours des
dernières années.
C'est une stratégie offensive, M. le Président, nous
allons les aider, et la nouvelle orientation de qualité Québec du
Mouvement Desjardins prônée par son président, M. Claude
Béland, est partagée par le ministère de l'Industrie, du
Commerce et de la Technologie. Nous avons l'intention de faire tous les efforts
nécessaires pour aider les petits commerçants à s'ajuster
à cette nouvelle réalité qui se veut canadienne et
nord-américaine, M. le Président.
Des voix: Bravo!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre.
Alors, sur la prise en considération du projet de loi 59, je reconnais
M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Robert Libman
M. Libman: Merci, M. le Président. J'ai une minute pour
intervenir sur ce projet de loi. Notre formation politique appuie fortement le
projet de loi 59. Our economy needs this boost. Our economy needs this boost
badly and seriously. I do not even know if the Official Opposition read or went
through this bill properly, because I cannot understand their opposition. Their
main concern about forcing small businesses to have to extend their staff which
could create a difficult financial situation makes no sense. Because of the
voluntary clause, small businesses do not have a gun being pointed at their
heads. They can still manipulate and adjust to this new law quite adequately,
appropriately, and they themselves will be the ones that benefit in the long
run. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de D'Arcy-McGee. Je reconnais également, pour une
période d'une minute, M. le député de Drummond. M le
député.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Merci, M. le Président. Je serai très
bref. On prend le rapport en considération.
Le rapport inclut les motions préliminaires et les motions que
nous avons effectuées pour amener des organismes. J'ai parrainé
et j'ai défendu deux motions: une qui était d'entendre la
corporation et regroupement de tous ceux qui regroupent les marchands de
meubles, et l'autre était pour entendre le président d'une des
grandes chaînes de dépanneurs. J'aurai la chance de revenir en
adoption en troisième lecture, M. le Président. Il est important
pour nous de la commission d'entendre ces deux gens-là, et je dirai, un
peu plus tard, au courant de la soirée, les raisons pourquoi il est
important d'entendre ces deux groupes-là. Je vous remercie.
Mise aux voix de l'amendement
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de Drummond. Droit de réplique? Pas de droit de
réplique. Est-ce que l'amendement proposé par M. le ministre de
l'Industrie, du Commerce et de la Technologie est adopté?
Des voix: Adopté.
Adoption du rapport amendé
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Le rapport, tel
qu'amendé, est-il adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté?
Adopté, sur division. M. le leader adjoint du gouvernement.
Adoption
M. Bélisle: Oui, M. le Président. Je propose
l'adoption du projet de loi 59.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Vous proposez l'adoption
du projet de loi 59.
Je rappelle le temps de parole pour les projets de loi en vertu de la
motion de suspension des règles: 10 minutes au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 10 minutes au groupe parlementaire formant
l'Opposition officielle, 5 minutes au groupe des députés
indépendants et une réplique d'une durée maximale de 5
minutes au ministre qui présente le projet de loi. M. le ministre de
l'Industrie et du Commerce.
M. Gérald Tremblay
M. Tremblay (Outremont): Merci, M. le Président. Le projet
de loi prévoit que les heures d'ouverture des commerces seraient
uniformisées du lundi au vendredi entre 8 heures et 21 heures, en
permettant l'ouverture des commerces les lundis et mardis de 2 heures
additionnelles, soit de 19 heures à 21 heures. L'ajout du diman-
che entre 8 heures et 17 heures vient consacrer une plus grande
libéralisation des heures d'ouverture.
Ce nouvel horaire a l'avantage d'offrir plus de liberté aux
consommateurs tout en préservant la qualité de vie des
travailleurs et des exploitants par opposition à la
libéralisation totale demandée par certains intervenants.
L'uniformisation des heures d'ouverture entre 8 heures et 21 heures du lundi au
vendredi a comme effet d'éliminer le régime particulier
attribué aux vendeurs d'automobiles, de remorques, de bateaux, de
machinerie agricole, piscines et coopératives scolaires qui pouvaient
faire commerce les lundis et mardis jusqu'à 21 heures. Le projet de loi
conserve le même nombre de jours fériés que la loi
présentement en vigueur, soit sept. Cette mesure vise à
perpétuer une tradition de jours communs de repos.
Les restaurants peuvent continuer à ouvrir en dehors des heures
et des jours prescrits. Les marchés d'alimentation peuvent continuer
à opérer en dehors des heures et des jours prescrits pourvu qu'au
plus quatre personnes en assurent le fonctionnement. Cette modification
à la loi protège davantage les petits commerçants, qui,
sous la loi existante, devaient concurrencer des marchés d'alimentation
qui pouvaient opérer avec quatre personnes plus le mandataire et/ou le
propriétaire plus les personnes préposées exclusivement
à la sécurité, ainsi que les personnes
préposées à la préparation de produits de
boulangerie. Alors, dans ce sens-là, c'est un geste positif du
gouvernement pour restreindre la possibilité pour les grandes surfaces
d'ouvrir et ainsi protéger les petits commerçants. (0 h 40)
Les pharmacies peuvent continuer à opérer en dehors des
heures et des jours prescrits. Leur personnel est toutefois, comme les
marchés d'alimentation, limité à quatre personnes,
excluant le pharmacien et les personnes préposées exclusivement
à la préparation des médicaments. Pourquoi, M. le
Président, exclure les pharmaciens et les personnes
préposées exclusivement à la préparation des
médicaments? Parce que, présentement, tout professionnel peut
travailler 24 heures par jour, 7 jours par semaine.
Les établissements qui offrent principalement à vendre des
oeuvres d'art ou de l'artisanat, des fleurs ou des produits d'horticulture ou
des antiquités pourront continuer à opérer en dehors des
heures et des jours prescrits, tel que présentement.
Par contre, les vendeurs de marchandises usagées, et de
façon plus précise les marchés aux puces, devront,
dorénavant, se conformer au régime général
d'ouverture des commerces au même titre que tous les autres commerces.
Donc, plus d'exception pour les marchés aux puces, M. le
Président.
Les établissements commerciaux qui offrent en vente des produits
reliés à un contrat de biens et services, tels clubs
vidéo, centres de santé, cinémas pourront continuer
à opérer en dehors des heures et des jours prescrits.
L'établissement commercial situé dans un centre sportif ou
culturel ou dans un centre hospitalier ou une aérogare pourra continuer
à opérer en dehors des heures et des jours prescrits.
Le régime général prévoyant l'ouverture des
commerces le dimanche, entre 8 heures et 17 heures, il n'y a donc plus lieu de
maintenir un statut particulier pour ceux qui, en raison de leurs croyances
religieuses, doivent fermer leur commerce un autre jour que le dimanche.
Les établissements commerciaux situés en zone limitrophe
ou touristique pourront continuer à opérer en dehors des heures
et des jours prescrits. Il en sera de même pour les établissements
commerciaux lorsque se tient un événement spécial
autorisé par le ministre.
La disposition visant à assurer au commerçant la
liberté d'ouvrir ou non son commerce avant 8 h 30, du lundi au samedi,
après 18 heures les lundi, mardi et mercredi, et après 21 heures
les jeudi et vendredi, ainsi qu'après 17 heures le samedi et le dimanche
est reconduite pour une période de 5 ans ou pour une période
moins longue si la durée du bail est inférieure à cette
période. Cette période est retenue en fonction des baux
commerciaux en vigueur qui sont généralement d'une durée
de 5 ans. Donc, la reconnaissance par le gouvernement que les petits
commerçants ne pourront jamais être forcés à ouvrir
leur commerce hors des heures prescrites par l'ancienne loi, par un centre
commercial, par exemple, s'ils ne le veulent pas, pour une période de 5
ans.
Et, enfin, M. le Président, il est interdit dorénavant
à l'exploitant d'un établissement commercial de congédier,
de suspendre ou de déplacer une personne à son emploi à
compter de la sanction du projet de loi, d'exercer à son endroit des
mesures discriminatoires ou des représailles ou de lui imposer toute
autre sanction pour le motif que cette personne a refusé de travailler.
Nous avons prévu, dans le projet de loi, que cette personne, qui croit
avoir été victime d'une pratique ainsi interdite, peut faire
valoir ses droits auprès d'un commissaire du travail nommé en
vertu du Code du travail, au même titre que s'il s'agissait d'une
sanction prise à l'endroit d'un salarié à cause de
l'exercice par celui-ci d'un droit lui résultant de ce Code.
M. le Président, je sais que cette disposition du volontariat
pour une période maximale de trois ans cause, à court terme,
certains préjudices, entre autres aux marchands de meubles et,
également, aux propriétaires de quincaillerie. J'ai reçu
des interventions, mais je crois fermement que, pour protéger nos
travailleurs et nos travailleuses pour une période de trois ans, c'est
une disposition essentielle. Par contre, je recom-
mande et je suggère fortement aux travailleurs et aux
travailleuses, dans un contexte où c'est de plus en plus difficile de
concurrencer, au Québec, entre les petits commerçants, dans ce
sens-là, aux travailleurs et aux travailleuses de travailler en
collaboration avec les employeurs, leurs patrons, pour bâtir ensemble des
commerces porteurs d'avenir.
C'est difficile, le commerce au Québec, je le reconnais. Par
contre, le Québec ne peut pas s'isoler. Le Québec doit
concurrencer l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, les autres provinces
canadiennes, ainsi que les États-Unis. Nous devons travailler
très fort. Nous devons réaliser qu'une stratégie
défensive ne fait que retarder des échéances. Dans ce
sens-là, le gouvernement donne encore du temps. Nous avions le choix, M.
le Président, d'une libéralisation totale. Certains intervenants
nous l'ont demandée, nous avons dit: Non. Nous avons voulu encore, pour
une certaine période de temps, dépendamment des
événements, protéger le plus possible certains
commerçants pour leur donner une période d'adaptation. Alors, la
loi les protège au niveau de l'ouverture des commerces.
La loi, également, protège les travailleurs et les
travailleuses. C'a toujours été fait en fonction des trois
principes importants, et je les répète, parce que c'a
guidé notre action au cours des trois dernières années.
Nous avons, encore une fois, M. le Président, non pas
l'unanimité, mais un consensus important entre l'égalité
des commerçants et des commerçantes devant la loi. Nous
représentons les besoins réels des consommateurs et des
consommatrices et, également, M. le Président, nous prenons en
considération les besoins de la qualité de vie des travailleurs
et des travailleuses.
Dans ce sens-là, je remercie les membres de la deputation
ministérielle qui ont travaillé très fort au niveau de
suggestions et de l'approbation en commission parlementaire de ce projet de
loi. Je voudrais également remercier tous les membres du caucus
libéral qui ont participé à ce projet de loi, qui... Et je
le répète encore, ce n'est pas unanime, comme ce n'est pas
unanime du côté de l'Opposition, mais on réalise qu'il y a
des changements qui doivent avoir lieu dans une société.
Dans ce sens-là, on peut... Je souhaite bonne chance aux
commerçants et aux commerçantes. Nous allons tout faire pour les
aider dans le mesure du possible. Même chose aux travailleurs et aux
travailleuses ainsi qu'aux consommateurs et aux consommatrices. Je voudrais
inciter ces mêmes consommateurs et consommatrices à acheter des
biens distinctifs, de qualité, produits au Québec à un
coût compétitif, parce que si ces mêmes consommateurs et
consommatrices achetaient uniquement 20 $ par semaine pendant 52 semaines, nous
créerions 100 000 emplois additionnels au Québec. Je vous
remercie beaucoup, M. le Président.
Une voix: Bravo!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le ministre de
l'Industrie, du Commerce et de la Technologie. Alors, je reconnais le prochain
intervenant, M. le député de Drummond, lui indiquant qu'il y a
cinq minutes pour les députés indépendants. Je vous
reconnais, M. le député de Drummond.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Merci, M. le Président. M. le
Président, j'interviendrai donc pour la dernière fois sur le
projet de loi 59, pour manifester mon opposition à l'adoption de ce
projet-là. Lorsque je regarde les résultats, M. le
Président, de nos législations, à partir de la loi 75, ce
qu'on a fait depuis deux ans, et lorsqu'on regarde après deux ans les
résultats que nous avons obtenus avec cette loi-là... 60 % de la
main-d'oeuvre dans les magasins d'alimentation, avant juin 1990, les
employés étaient à temps partiel. Depuis qu'on a fait la
loi 75, qu'on a libéralisé, 70 % maintenant sont à temps
partiel. Lorsque je regarde les résultats, M. le Président, selon
Statistique Canada, le nombre total d'emplois dans le secteur du commerce au
Québec a même chuté de 30 000, 5,5 %, depuis deux ans et
demi, malgré la libéralisation des heures dans les commerces
d'alimentation. On oublie, M. le Président - et je n'ai pas entendu M.
le ministre nous dire aussi qu'à l'intérieur des opposants il y a
quand même la corporation des... Ici, j'ai une liste de
détaillants de tous groupes, qui représentent 225 000
travailleurs sur 400 000 dans ce secteur d'activité là, qui
s'opposent.
On oublie, M. le Président, lorsqu'on a déposé le
projet de loi pour l'adoption du principe, à ce moment-ci, au
feuilleton, qu'on avait ajouté avec ça une hypothèse de
travail qui nous rappelait... Puis une des grandes raisons, c'était pour
réduire le commerce frontalier. J'ai demandé en commission
parlementaire quelles étaient les raisons qui faisaient qu'on allait
acheter aux États-Unis. On m'a donné 15 raisons, M. le
Président. Je n'ai pas le temps, malheureusement, en cinq minutes, de
les couvrir, mais seulement une s'attaquait au commerce transfrontalier.
Je me permets de citer, M. le Président. À cette heure-ci,
je ne traduirai pas. Je vais le lire tel que c'est dans un article de The
Globe and Mail: «Cross-border shopping is over. From St. Stephen, New
Brunswick, to Abbotsford, B.C., the flow of billions of loonies that poured
from Canada in recent years as shoppers emptied the shelves in U.S. malls, and
wholesale outlet plaza is now a mere trickle. Canadians are buying at home
again. Canadian and American retailers cite three reasons: the first one, the
falling dollar has reduced the price differencial between U.S. and Canadian
goods; a crackdown by custom
officials has resulted in more duties being paid; this was the second
reason. And the third reason, as the initial rebellion over the GST has been in
vain, what was once a trend habit is no longer the thing to do.» (0 h
50)
Et, aujourd'hui, M. le Président, malheureusement, vous
comprendrez qu'en étant seul, je n'ai pas eu la chance de retourner
à mon bureau... Le Fraser Institute publiait un rapport et louait une
initiative privée prise dans le comté du leader du gouvernement,
dans Brome-Missisquoi, de Bedford, qui disait qu'une des raisons majeures
où l'entreprise privée, où les individus pouvaient
arrêter le travail privé, c'étaient les dollars, à
Bedford. Ils ont dit: Ça, c'est une des mesures qui font, après
cette étude-là, que les consommateurs québécois et
québécoises ou canadiens et canadiennes vont aux
États-Unis: Ils sont attirés, premièrement, par le prix de
l'essence, qui est beaucoup trop élevé ici, au Québec.
Alors, M. le Président, quand je regarde, moi, toutes ces
dispositions-là de la loi, il n'y a pas urgence. J'avais offert, puis il
y a eu un consensus aussi... On aurait été prêts à
ouvrir les commerces le 27, le 28, le 29 et le 30 décembre pour
permettre à la commission de se pencher sur le dossier en intersession.
J'ai dit à M. le ministre, moi: Lorsque je regarde ce projet de loi, ce
qu'on met en danger, M. le Président, au même titre qu'en 1975 on
a mis en danger nos dépanneurs, on est en train de mettre le secteur de
l'ameublement au Québec. Pour l'information de cette Chambre, M. le
Président, c'est 1 200 000 000 $ de chiffre d'affaires. C'est 700 petits
fabricants au Québec. C'est 900 et quelques magasins de détails.
Alors, ce que j'ai dit à M. le ministre: En intersession, on devrait
prendre davantage et oser innover, parce que toutes les subventions qu'on a au
niveau de la SDI aujourd'hui ont toujours été au niveau des biens
de production. Je l'ai offert pour consolider ce secteur-là, pour faire
en sorte qu'on ne perde pas encore une couple de 100 000 000 $, de nos emplois
et des emplois qui sont surtout dans les régions. Quand je regarde ce
secteur d'activité, M. le Président, je regarde les 700
entreprises, les deux plus gros sont des entreprises qui n'ont pas 40 000 000 $
de chiffre d'affaires. Lorsque je regarde ça dans un contexte de
libéralisation, là, ce qu'on fait avec cette loi-là, on
donne la chance aux grandes surfaces de prendre le contrôle. J'aurais
cru, M. le Président, qu'il aurait été nécessaire
de faire en sorte qu'on applique les règles de la SDI pour la petite et
la moyenne entreprise au niveau de la consolidation, qu'on aide nos petits
détaillants à se regrouper pour être capables d'augmenter
leur concurrrence et être capables de faire face aux coûts extras
que ça va entraîner d'ouvrir le dimanche.
Vous me faites signe, M. le Président, que je n'ai plus de temps.
J'ai eu la chance, en commission parlementaire, d'élaborer pourquoi il
fallait entendre l'association du dépannage, parce qu'on prévoit
encore 2000 commerces qui disparaîtront si rien n'est fait. Alors, M. le
Président, je laisserai à l'histoire et à ceux qui auront
consulté, lu les mémoires de la commission de comprendre pourquoi
je m'opposerai, en troisième lecture, à l'adoption de ce
principe.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le
député de Drummond. M. le ministre, vous avez droit à une
réplique de cinq minutes.
M. Gérald Tremblay (réplique)
M. Tremblay (Outremont): Merci, M. le Président. Je
voudrais juste référer à l'article du Globe and Mail
cité par le député de Drummond, intitulé
«Cross-border shopping is over». C'est une très bonne
nouvelle, M. le Président, et j'en suis très content pour le
Québec, d'autant plus que les Québécois, uniquement dans
l'axe Montréal-Sherbrooke, en 1991, ont dépensé 2 100 000
000 $ aux États-Unis, dont une très grande partie le dimanche.
Alors, si on veut que ces mêmes consommateurs dépensent cet argent
au Québec, il faut que les commerces soient ouverts au Québec le
dimanche.
Il y a un autre paragraphe dans le même article qui dit ceci:
«...and in Manitoba last month, Trade minister Eric Stefanson announced
the province will start a five-month experiment in Sunday shopping. Mr.
Stefanson said that with stores in neighbouring Ontario, Saskatchewan, North
Dakota and Minnesota open on Sunday, Manitoba was losing hundreds of millions
of dollars in retail sales». Alors, M. le Président, nous n'avons
plus les moyens, au Québec, de perdre des centaines de millions de
ventes, pas plus que l'Ontario n'en avait. Alors, dans ce sens-là, le
projet de loi répond aux besoins réels des consommateurs et des
consommatrices, et pour satisfaire ces mêmes consommateurs et
consommatrices, les commerces doivent être ouverts le dimanche.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre.
Est-ce que le projet de loi 59, Loi modifiant la Loi sur les heures et les
jours d'admission dans les établissements commerciaux, est
adopté?
Des voix: Adopté. Une voix: Sur division.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté sur
division. M. le leader du gouvernement.
Projet de loi 57
Prise en considération du rapport de la commission qui en a fait
l'étude détaillée et des amendements du ministre
M. Bélisle: Oui, M. le Président, je propose la
prise en considération du rapport de la commission de
l'aménagement et des équipements qui a procédé
à l'étude détaillée du projet de loi 57, Loi sur la
voirie et modifiant diverses dispositions législatives.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): L'Assemblée prend
en considération le rapport de la commission de l'aménagement et
des équipements sur le projet de loi 57, Loi sur la voirie et modifiant
diverses dispositions législatives, ainsi que les amendements transmis
en vertu de l'article 252 du règlement par M. le ministre
délégué aux Transports. Ces amendements ont
été déclarés recevables.
Est-ce qu'il y a des interventions? M. le ministre
délégué aux Transports.
M. Robert Middlemiss
M. Middlemiss: M. le Président. Je suis un peu
déçu qu'on soit obligé d'utiliser la motion du
bâillon pour passer le projet de loi 57. Déçu parce que, M.
le Président, toute la commission permanente de l'aménagement et
de l'équipement et, surtout, les gens de l'Opposition, on a
manqué une occasion en or, M. le Président, de réellement
étudier le projet de loi sur la voirie, le projet de loi qui
résulte du fait que nous avons transféré aux
municipalités une partie de notre réseau routier.
M. le Président, je déplore aussi l'attitude de
l'Opposition officielle qui, malheureusement, n'a jamais voulu aborder
l'étude article par article. Ils ont fait les motions normales de
vouloir entendre l'UMQ, l'UMRCQ. Toutefois, à ces demandes-là, M.
le Président, je leur ai indiqué que, depuis un an, un
comité technique formé des deux unions, UMQ, UMRCQ, le
ministère des Transports du Québec et le ministère des
Affaires municipales, pendant un an, ils ont passé au-delà de 60
heures, M. le Président, à étudier le transfert du
réseau routier. ces gens-là, m. le président, nous ont
permis d'avoir une entente, un large consensus avec les municipalités,
les unions, sur le transfert du réseau routier ici au québec. m.
le président, en plus de tout ça, la seule façon que nous
avons réussi à aborder l'étude article par article, c'est
que nous avons voté sur une motion qu'eux avaient proposée: au
lieu de commencer par l'article 1, on devrait commencer par le chapitre iii et
les articles 59 et 63. m. le président, c'est la seule façon
qu'on a réussi à aborder l'étude article par article.
En plus, M. le Président, pour s'assurer que les gens de
l'Opposition pouvaient réellement comprendre en quoi consistait le
projet de loi, on avait remis ce qu'on appelle le cahier du ministre, dans
lequel on a le texte de la loi proposé, le texte actuel de la loi de la
voirie et les commentaires indiquant la raison pourquoi nous avons
changé tel article ou si nous avons ajouté l'article. Donc, M. le
Président, de notre côté, nous avons tout fait pour que
l'Opposition puisse faire un travail constructif dans le but de bonifier, si
c'était nécessaire, cette loi.
Ce que j'ai déploré, en plus, M. le Président, et
c'est peut-être les seuls arguments que l'Opposition a apportés,
c'était le rapport du Protecteur du citoyen qui, lui, a sorti un rapport
critiquant, faisant des commentaires sur la loi. Qu'est-ce que le
député de Lévis a fait? Il a tenté, M. le
Président, de discréditer le Québec, ici, au point de vue
des routes, tenté de donner une mauvaise publicité, de dire aux
Américains: Ne venez pas au Québec. Si vous avez des accidents
sur nos routes, le Québec va s'exonérer de payer les dommages. M.
le Président, faire des choses comme ça, je le déplore,
parce que c'est certain, l'industrie du tourisme au Québec, ça
fait partie de notre économie. Et de vouloir créer ce climat, de
vouloir créer une mauvaise publicité, il me semble que ce n'est
certainement pas dans les intérêts supérieurs du
Québec.
Donc, M. le Président, comme je le disais, je suis
déçu que nous n'ayons pas réussi à le faire.
Toutefois, M. le Président, je crois que c'est nécessaire. Cette
loi était nécessaire, suite au transfert du réseau routier
aux municipalités, pour qu'on puisse transférer, avec les routes,
aussi, les responsabilités de ces municipalités.
Donc, M. le Président, sur ce, je suis bien heureux de voir que,
finalement, on va réussir à passer notre projet de loi.
Le Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre
délégué aux Transports. M. le député de
Drummond, vous avez droit à une intervention de deux minutes.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Oui, très brièvement, M. le
Président. Je viens de recevoir la liasse des informations qui ont
été là. J'ai eu l'occasion d'intervenir pour 20 minutes,
en tant que remarques sur une motion proposée pour entendre le
Protecteur du citoyen. Je remarque que l'article 17 a été
bonifié et corrigé, mais que d'autres articles où on garde
l'exonération, du moins, brièvement, aussi large... Je reviendrai
aussi, M. le Président, en troisième lecture, pour expliquer,
à ce moment ici, dans l'état de la connaissance du dossier,
pourquoi je n'accepterai pas ce projet de loi et je voterai sur division. (1
heure)
Mise aux voix des amendements
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le
député de Drummond. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Alors, les amendements proposés par M. le ministre
délégué aux Transports sont-il adoptés?
Des voix: Adopté.
Adoption du rapport amendé
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Le rapport tel
qu'amendé est-il adopté?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Le rapport tel
qu'amendé est adopté. M. le leader du gouvernement.
Adoption
M. Bélisle: Je propose l'adoption du projet de loi 57, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Le projet de loi 57, Loi
sur la voirie et modifiant diverses dispositions législatives. Vous avez
droit, M. le ministre délégué aux Transports, à une
intervention d'une durée maximale de 10 minutes.
M. Robert Middlemiss
M. Middlemiss: M. le Président, nous sommes arrivés
à la phase finale, disons. C'est le troisième volet de ce qu'on a
appelé la réforme Ryan.
Le projet de loi, M. le Président, est pour nous permettre de
faire ce transfert d'environ 33 000 kilomètres de routes dont le
ministère des Transports était responsable. On les remet aux
municipalités qui, elles, dorénavant, vont être
responsables de l'entretien, toutefois, avec des subventions, soit pour
l'entretien d'été et d'hiver, des programmes de 50 000 000 $ pour
l'amélioration et la conservation de ce réseau et un programme de
14 000 000 $ pour les ponts. En plus de ça, M. le Président, nous
avons ajouté une somme de 832 $, en moyenne, du kilomètre pour
des routes à double vocation, qui donnent accès aux ressources
naturelles, soit les mines ou bien la forêt.
M. le Président, comme je le disais, nous sommes arrivés
à la phase finale, et j'aimerais, en passant, remercier dans un premier
temps le comité des députés. On avait un comité des
députés de toutes les régions du Québec, qui ont
préparé un rapport qui nous a certainement aidés dans le
partage pour lequel nous avons réussi à nous entendre avec les
unions.
J'aimerais remercier aussi, M. le Président, le comité
technique qui était formé des membres des deux unions - l'Union
des municipalités du Québec et l'Union des municipalités
régionales du Québec - ainsi que les membres du ministère
des Transports du Québec et les gens du ministère des Affaires
municipales. Comme je l'indiquais tantôt, M. le Président, ce
comité a siégé de l'ordre de 60 heures, pendant un an, et
dans le but de vouloir faire une offre qui a été certainement
acceptée à un large consensus de la part des unions, pour nous
permettre de procéder, le ter avril prochain, au transfert de ce
réseau routier.
Aussi, j'aimerais remercier tous les membres de la commission permanente
de l'aménagement et des équipements qui, avec moi, ont
tenté de convaincre l'Opposition de faire un travail sérieux, de
procéder à l'étude article par article du projet de loi.
Malheureusement, M. le Président, nous n'avons pas réussi.
Donc, M. le Président, sur ce, je dis que je suis bien heureux
que nous soyons rendus à cette phase et que, maintenant, on a un
très bon partenariat avec les municipalités du Québec pour
l'entretien du réseau routier.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): M. le
député de Drummond, vous avez droit à une intervention de
cinq minutes.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Merci, M. le Président. Très
brièvement, vu l'heure avancée. Oui, il y a des choses qui sont
bonnes dans ce projet de loi où je suis en accord.
Mes oppositions ont toujours été au niveau de
l'élargissement des exonérations qu'on voulait contenir. Je
remarque, entre autres... J'ai loué le travail fait à l'article
17 pour enlever le mot «terrain», qui donne une portée et
une protection beaucoup plus grande à nos citoyens et nos citoyennes,
mais je ne remarque aucune modification de l'article 22 à l'article 24.
Une autre de mes préoccupations, M. le Président, a toujours
été au niveau du transfert des ponts à nos
municipalités. Ça a été balisé un peu.
J'aurais voulu voir un raffermissement, parce qu'on sait qu'au bout de quatre
ans c'est l'inconnu. Alors, on connaît nos municipalités, on sait
que c'est un domaine où il n'y a aucune expertise au niveau des ponts,
au niveau de ces infrastructures-là.
Une autre chose qui m'inquiète énormément: j'aurais
aimé voir dans la loi une balise, M. le Président, qui aurait
garanti au moins pour quelques années, pour la durée du
transfert, les sommes d'argent à nos municipalités. Parce que,
dans une lettre que M. le ministre des Affaires municipales et responsable de
l'Habitation envoyait à tous les maires, il était
mentionné... Et c'est le paragraphe que j'aurais voulu voir, une
sécurité dans le projet de loi, qui disait ceci:
«Le programme d'aide à l'amélioration du
réseau. Toutefois, le budget ainsi octroyé se répartit
à parts égales sur les trois prochaines années
budgétaires, payable à chaque année
financière». Ça, ça me va. Je suis bien d'accord
avec ça. C'est le dernier bout de phrase, la réserve qu'on y met:
«sous réserve de l'autorisation des crédits par le
gouvernement du Québec.» Alors, vous allez comprendre, M. le
Président, que si on transfère toutes ces
infrastructures-là à nos municipalités et que, pour une
raison quelconque, les politiciens n'étant pas éternels, les
budgets seraient coupés, on pourrait mettre en danger beaucoup de nos
petites municipalités et augmenter par le fait même la
fiscalité de nos citoyens et nos citoyennes.
Alors, dans l'ensemble, il y a des grandes parties, M. le
Président, qui sont bonnes. Au niveau de la voirie, au niveau du
transfert de responsabilité de nos élus, il reste encore, je
crois, énormément de travail. Et, dans la foulée de ce que
je disais lors de mon intervention de cinq minutes sur la suspension des
règles, j'espère qu'un jour on sera capable de se donner des
règles et des procédures ici... Au lieu de passer des heures au
niveau de motions dilatoires, on pourrait mieux baliser où les
élus pourront bonifier des projets de loi et avoir des réponses
à leurs questions. Je suis assuré - avoir été
capable, probablement, d'assister article par article - que j'aurais pu
convaincre M. le ministre délégué aux Transports
d'apporter des modifications. Mais les choses n'ayant pas été
faites et ma responsabilité étant celle de protéger les
intérêts de mes citoyens et mes citoyennes, je me dois, à
ce moment-ci, de vous aviser, M. le Président, que j'adopterai ça
sur division. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): M. le ministre, est-ce
que vous voulez répliquer? Vous avez droit à cinq minutes.
M. Robert Middlemiss (réplique)
M. Middlemiss: Juste quelques mots pour rassurer un peu le
député de Drummond, M. le Président, concernant les ponts.
Les ponts... Est-ce que j'ai le droit de parler, là?
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Allez-y.
M. Middlemiss: Concernant les ponts, M. le Président, pour
les ponts qu'on dit ordinaires, pendant quatre ans nous allons continuer
à faire les inspections et la préparation des plans de concert
avec les municipalités. Dans le cas de 440 ponts, ceux qui sont un peu
plus complexes et plus dispendieux, ceux-là, M. le Président, on
les a gardés. Le ministère des Transports du Québec garde
ces ponts-là et, pour une période pas définie encore, on
devra certainement continuer à discuter et à négocier avec
les unions. En passant, M. le Président, il y a un comité
technique qui va continuer à travailler d'ici au moins quatre ans dans
le but de trouver les moyens et d'avoir la formation au niveau des
municipalités pour qu'elles puissent un jour accepter de prendre la
pleine responsabilité de l'entretien et des coûts de ces
ponts.
Concernant, M. le Président, les exonérations, regardez,
le projet de loi qu'on a aujourd'hui est l'image de ce qu'on a
présentement dans la Loi sur la voirie. Donc, on n'a pas à
ajouter les exonérations qu'on avait dans le passé. On les a
présentement, donc, ça n'a rien changé. Sur ça, M.
le Président, je pense que ça va répondre un peu aux
questions du député de Drummond.
Et l'autre chose, M. le Président, que lui aussi déplore
comme je l'ai déplorée, on n'a pas eu l'occasion d'étudier
article par article. Et c'est ça, les conséquences de gens qui ne
veulent pas. Si on avait pu le faire, on aurait certainement pu le bonifier.
Merci, M. le Président.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre
délégué aux Transports. Est-ce que le projet de loi 57,
Loi sur la voirie et modifiant diverses dispositions législatives, est
adopté?
M. St-Roch: Sur division. M. Middlemiss: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté sur
division. M. le leader du gouvernement.
Projet de loi 55 Adoption
M. Bélisle: M. le Président, je propose l'adoption
du projet de loi 55, Loi modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et
d'autres dispositions législatives.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, est-ce qu'il y a
des intervenants sur la motion proposant l'adoption du projet de loi 55, Loi
modifiant la Loi sur la fiscalité municipale et d'autres dispositions
législatives? M. le ministre des Affaires municipales, vous avez droit
à une intervention maximale de 10 minutes. Oui, allez-y, M. le
ministre.
M. Ryan: Est-ce que je dois me lever? (1 h 10)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Oui, allez-y. Allez-y, M.
le ministre.
M. Claude Ryan M. Ryan: M. le Président, j'entendais
tantôt
mon collègue, le ministre délégué aux
Transports, faire allusion à cette réforme considérable
que nous avons effectuée dans le secteur du financement municipal au
cours des 18 derniers mois. Je pense qu'à mesure que nous
avançons, nous voyons de plus en plus nettement les bienfaits de cette
réforme. Il est vrai que nous avons transféré aux
municipalités des responsabilités majeures en matière de
transport en commun, en matière de protection policière et,
bientôt, en matière d'entretien des réseaux routiers
locaux. En même temps que nous avons transféré ces
responsabilités, nous avons transféré des sources de
financement très importantes. Nous avons permis aux municipalités
l'accès à des revenus considérablement accrus au chapitre
des droits sur les mutations immobilières.
Au chapitre de la surtaxe sur les immeubles, nous avons ouvert une
nouvelle source de financement aux municipalités dont déjà
près de 200 municipalités ont tiré profit dès la
première année d'entrée en vigueur de la loi. Grâce
à cette surtaxe, les immeubles fédéraux, par exemple, qui
étaient soustraits à la taxe sur la valeur locative depuis un
temps immémorial seront désormais soumis à la surtaxe
municipale sur les immeubles, ce qui entraînera à travers tout le
Québec, quand la surtaxe aura été
généralisée, des revenus additionnels de plus de 50 000
000 $.
En plus, dans le secteur de la voirie locale, le gouvernement fournira
aux municipalités des subventions d'appoint pour les aider à
s'acquitter de leurs responsabilités. Mon collègue a justement
souligné tantôt que grâce aux dernières mesures
annoncées il y a à peu près deux ou trois semaines, des
mesures d'une valeur totale de 23 000 000 $, les municipalités seront
dans une situation excellente pour prendre en charge leur réseau routier
à compter du 1er avril dernier. Et si on en veut la preuve, qu'on
examine ce qu'a été la réaction de l'UMRCQ après la
publication de ces mesures. Elle ne pouvait pas protester, ni l'UMQ, pour une
raison bien simple, c'est qu'elles ont été associées
à la préparation de ces mesures avec le ministre
délégué aux Transports et le ministre des Affaires
municipales. Tout ça s'est fait dans un esprit de collaboration
remarquable, et nous allons vers un régime de partage des
responsabilités beaucoup plus réaliste, beaucoup plus
équitable que ce qui a existé jusqu'à maintenant.
Le projet de loi 55 que nous discutons maintenant vient apporter des
compléments à cette réforme. Une réforme aussi
considérable ne pouvait pas être parfaite et immuable à
tous points de vue. On nous avait souligné au cours de la
première année de petites aspérités, des
problèmes où des clarifications s'imposaient. Nous avons pris
note de tout ce qui nous a été présenté. Nous avons
réuni ces problèmes qui requéraient des clarifications
dans le projet de loi 55 et, essentiellement, ce projet vise à apporter
des solutions à des problèmes réels.
Je vous donne un exemple. Nous avons introduit des droits de 30 $ sur
les plaques d'immatriculation des véhicules automobiles de promenade.
Dans les six régions métropolitaines de recensement du
Québec - Chicoutimi, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke,
Montréal et Hull -sont incluses dans ces régions
métropolitaines de recensement un certain nombre de municipalités
qui sont beaucoup plus rurales qu'urbaines. Mais comme on prenait la
municipalité dans son ensemble, on ne pouvait pas passer le couteau au
milieu du territoire. Alors, là, des nouveaux calculs ont
été faits sur la foi de représentations qui nous avaient
été présentées; et il nous a été
très agréable d'insérer dans la liste des
municipalités qui ne seront pas touchées par cette mesure 17
municipalités nouvelles, dont en particulier deux municipalités
dont je veux dire un bref mot: la municipalité de Bécancour,
située dans le comté de Nicolet-Yamaska, et la
municipalité de Mirabel, située dans le comté
d'Argenteuil. Et je n'en ai pas peur.
La raison pour laquelle nous avons inclus ces deux municipalités,
c'est que ce sont des agglomérats de municipalités qui ont
été réunies ensemble un peu artificiellement à la
suite de développements majeurs. Dans le cas de Bécancour,
ça a été la création du parc industriel, et dans le
cas de Mirabel, ça été la création de
l'aéroport international. Ces municipalités qui existaient dans
la région de Mirabel - il y en avait une quinzaine avant la
création de l'aéroport - il y en a qui ont gardé leur
configuration rurale. Je pense à Saint-Hermas, par exemple, qui est
devenue un quartier de Mirabel, c'est resté une paroisse
foncièrement rurale, et les statistiques, quand nous les avons
examinées plus à fond, indiquaient qu'il était juste de
soustraire cette municipalité à cause de facteurs comme
ceux-là, de même que la municipalité de Bécancour et
15 autres municipalités. En commission parlementaire, le
député de Montmorency a attiré notre attention sur trois
municipalités situées sur le territoire de l'île
d'Orléans. Il nous a dit que, dans ces trois municipalités, la
très grande majorité des propriétaires de véhicules
de promenade sont des cultivateurs, des producteurs agricoles, qui n'ont pas
à se rendre souvent en ville, mais qui ont besoin de leur
véhicule pour fonctionner.
Nous avons tenu compte de ces trois exceptions, et les avons
insérées dans le projet de loi avec plaisir. Les deux
municipalités d'Oka... je pense que tout le monde convient qu'Oka c'est
quand même assez éloigné de Montréal. Les deux
municipalités de Saint-Placide qui sont entre Oka et
Saint-André-d'Argenteuil, c'est la même chose, c'est très
éloigné de Montréal. Ce sont deux municipalités
carrément agricoles, dont la très grande majorité des
propriétaires de véhicules de promenade ne se rendent pas chaque
jour dans le centre de la
région métropolitaine de recensement. Nous les avons
exemptées.
On nous avait souligné toutes sortes de petits problèmes,
pas des problèmes majeurs. Écoutez ce que les
municipalités disent de la surtaxe sur les immeubles non
résidentiels, et vous n'entendrez, en général, que des
remarques élogieuses, pas parce que nous étions plus fins que
d'autres, mais parce que nous avons eu le courage de mettre en application une
mesure qui avait été recommandée par le comité
d'étude sur les problèmes des municipalités, que
présidait le chef actuel de l'Opposition. M. Parizeau était
favorable à la mesure. Quand il a présidé un comité
financé par l'Union des municipalités, assez curieusement, quand
il est revenu ici comme chef de l'Opposition, là, il a
déchiré son vêtement, il a déchiré sa
chemise, et il a promis solennellement en public d'abolir cette
mesure-là quand il reviendrait au pouvoir. D'abord, il ne reviendra
peut-être pas au pouvoir avant longtemps - ce n'est pas trop grave - mais
de voir un homme qui aurait changé trois fois d'opinion dans si peu de
temps, comment le prendre au sérieux?
Je voyais l'Opposition qui se battait en même temps qu'on leur
présentait les extraits du rapport Parizeau. Ils n'ont jamais
été capables de répondre à ça. La voirie
locale, c'était clairement mentionné dans le rapport Parizeau
qu'il fallait transférer ça aux municipalités locales.
Qu'est-ce qu'on a trouvé à dire de l'autre côté?
Absolument rien de sérieux, M. le Président.
En plus, il y a un gros problème qui se présentait. La
ville de Montréal a adopté son budget, il y a une couple de
semaines. Elle a introduit une surtaxe sur les immeubles non
résidentiels qui tiendra lieu de la taxe actuelle, de la taxe d'eau, de
la taxe de services actuelle, mais à cause de dispositions qui
étaient dans la Charte de la ville de Montréal, elle n'avait pas
le droit d'adopter un budget qui introduisait cette nouvelle mesure fiscale. Il
faut absolument que nous redressions la situation.
La ville de Montréal a agi de toute bonne foi. Il faut que la
Législature corrige les choses de manière qu'au premier janvier
le budget qu'elle commencera à entreprendre se situe dans la plus
complète légalité. Il y avait un jugement de la Cour
d'appel, qui est survenu tout récemment, qui mettait en question tout un
pan très important de la Loi sur la fiscalité municipale. Si on
avait laissé les choses courir passivement, comme le voudrait
l'Opposition, la ville de Montréal, la ville d'Anjou et d'autres villes
de l'île de Montréal et de la région de Québec
perdraient des millions et des millions de dollars. C'est à ça
que nous voulons remédier en faisant adopter le projet de loi 55, un
projet qui a fait l'objet d'une étude complète en commission
parlementaire, et dont plusieurs mesures ont d'ailleurs donné lieu
à l'adhésion de l'Opposition.
M. le Président, plus on en discute, moins je comprends la
sagesse, le réalisme et l'équité qui sont tout à
fait absents de l'attitude de l'Opposition. L'Opposition adopte une attitude
irresponsable, méprisable, méprisante à l'endroit de
l'institution parlementaire, et complètement stérile dans ses
résultats. Alors, je souhaite l'adoption du projet de loi 55 pour le
plus grand bien de la fiscalité des finances municipales.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le ministre des
Affaires municipales. Sur le même sujet, je cède la parole
à M. le député de Drummond. Vous avez droit à cinq
minutes, M. le député.
M. Jean-Guy St-Roch
M. St-Roch: Merci, M. le Président. M. le
Président, oui, dans l'ensemble du projet de loi 55, je pourrais y
concourir, sauf à un article qui heurte de front une de mes
préoccupations majeures en tant que législateur. (1 h 20)
J'ai toujours pensé qu'on pouvait faire des législations
pour être capable d'amener notre société un peu plus haut,
un peu plus loin. Mais lorsqu'on va avec des mesures qui sont
rétroactives, M. le Président, tel que l'article 26, eh bien,
moi, je ne peux pas y souscrire parce que, de bonne foi, des personnes
physiques ou morales ont engagé des procédures judiciaires devant
nos tribunaux. Alors, si on veut, pour toutes sortes de raisons, n'ayant pas pu
assister à la commission parlementaire, revenir au mois de
décembre 1979 pour d'autres raisons techniques, moi, je serai capable
d'y souscrire à une condition: qu'on ait eu une provision pour compenser
des frais engagés par les personnes physiques ou morales.
Alors, pour cette unique raison, M. le Président, je verrai
à adopter sur division ce projet de loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, M. le
député de Drummond. Vous avez droit à une réplique
de cinq minutes, M. le ministre.
M. Claude Ryan (réplique)
M. Ryan: Deux mots sur la question qu'a soulevée le
député de Drummond. Il est vrai que la mesure qui
réintroduit dans la Loi sur la fiscalité municipale ce qu'on
appelle le faisceau des droits... C'est-à-dire, si vous
établissez la valeur d'une propriété en tenant compte de
ses revenus, c'est une des grandes techniques d'évaluation dont usent
les évaluateurs professionnels, il faut bien que vous teniez compte des
droits que détiennent les locataires, autrement, vous risquez de passer
complètement à côté de la valeur réelle qui
est l'objectif de la Loi sur la fiscalité municipale, quand elle traite
d'évaluation.
Et nous avons dit qu'il n'y aurait pas de rétroactivité de
ce côté-ci, pour une raison bien simple, bien simple. C'est que,
selon les informations que nous avons obtenues, il n'y aurait pas de cause
devant les tribunaux actuellement traitant de ce sujet-là. Il y avait
quatre causes qui étaient devant la Cour d'appel, qui ont
été tranchées par la Cour d'appel. Et nous avons toutes
les raisons de croire que, si la loi est adoptée, ces causes ne se
rendront pas plus loin, même si on inscrit des demandes en Cour
suprême, parce que les municipalités concernées examinent
très sérieusement la possibilité d'un désistement
et, à ce moment-là, il n'y aurait plus ce
problème-là. C'est pourquoi nous n'en parions pas dans le projet
de loi.
Mise aux voix le vice-président (m. lefebvre): merci, m. le
ministre. est-ce que le projet de loi 55, loi modifiant la loi sur la
fiscalité municipale et d'autres dispositions législatives, est
adopté?
M. St-Roch: Sur division. Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Adopté sur
division.
Alors, je suspends les travaux pour quelques minutes, M. le leader.
(Suspension de la séance à 1 h 23)
(Reprise à 1 h 28)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Je vous demanderais de
regagner vos banquettes, s'il vous plaît, Mmes et MM. les
députés. Nous continuons les travaux de l'Assemblée. M. le
leader adjoint du gouvernement, avec quel article du feuilleton, s'il vous
plaît?
M. Bélisle: Alors, M. le Président, vous devez
comprendre qu'ayant complété le menu suggéré par la
motion de suspension de certaines règles de procédure, nous
pouvons maintenant revenir au feuilleton en procédant à
l'étude de l'article 31 de notre feuilleton que je vais vous demander
à l'instant d'appeler.
Projet de loi 141 Adoption
Le Vice-Président (M. Lefebvre): À l'article 31 de
notre feuilleton, Mme la ministre de l'Éducation propose l'adoption du
projet de loi 141, Loi sur l'enseignement privé. Mme la ministre,
allez-y. Vous avez droit à une intervention de 60 minutes.
Mme Lucienne Robillard
Mme Robillard: Merci, M. le Président. Je pense qu'il est
important de se rappeler un peu l'historique du projet de loi 141, et plus
particulièrement se rappeler les raisons et les nécessités
qui nous ont conduits à vouloir modifier la Loi sur l'enseignement
privé au Québec.
Nous avons, de fait, M. le Président, une Loi sur l'enseignement
privé depuis 1968 et nous avons vu que certains groupes ont remis en
question cette loi. De façon plus particulière, à partir
de 1980, le secteur privé est devenu perçu comme réseau
parallèle qui entrait en contradiction avec les objectifs de
démocratisation de l'enseignement public. L'enseignement privé,
à ce moment-là, M. le Président, fut alors placé
dans une situation de tolérance. C'est alors qu'on adopte le projet de
loi 11, qui réduit de façon significative le financement du
réseau privé. Ainsi, sous l'emprise de la loi que fait adopter le
gouvernement du Parti québécois, le financement est réduit
considérablement et il y a un moratoire décrété sur
la création des nouveaux établissements privés.
En avril 1989, au cours de son discours inaugural à la commission
parlementaire de l'éducation portant sur l'étude des
crédits de son ministère, mon collègue d'Argenteuil
annonçait en ces termes son intention de réviser en profondeur la
Loi sur l'enseignement privé, et je cite: «On y trouve maintes
dispositions qui ne répondent plus aux réalités
d'aujourd'hui et, à titre d'exemple, citons les dispositions relatives
à l'émission de permis d'enseignement pour les
établissements offrant des services qui n'ont rien à voir avec
les programmes officiels du ministère.» Fin de la citation, M. le
Président.
Il ne s'agissait pas de remettre en question les principes fondamentaux
de la loi actuelle, mais de procéder à la mise à jour de
certains éléments de la loi, d'en clarifier les
ambiguïtés, de corriger certaines lacunes et de revoir, au besoin,
certaines modalités d'application de principe. Le projet de loi 141 a
été déposé le 15 mai 1991 à
l'Assemblée nationale. Puis, à l'été 1991, il y a
eu des auditions publiques en commission parlementaire. Mais, avant de parier
des amendements que nous avons apportés à la suite de ces
représentations, j'aimerais brièvement résumer les
principaux points du projet de loi. (1 h 30)
Tout d'abord, il est nécessaire de préciser encore une
fois que les trois principes inscrits en préambule dans la Loi sur le
ministère de l'Éducation sont toujours des principes qui servent
de fondement à ce projet de loi 141. Premièrement, tout enfant a
le droit de bénéficier d'un système d'éducation qui
favorise le plein épanouissement de sa personnalité.
Deuxièmement, les parents ont le droit de choisir les institutions qui,
selon leurs convictions, assurent
le mieux le respect des droits de leurs enfants. Troisièmement,
les personnes et les groupes ont le droit de créer des institutions
d'enseignement autonomes et, les exigences du bien commun étant sauves,
de bénéficier des moyens administratifs et financiers
nécessaires à la poursuite de leurs fins.
La vision du gouvernement est donc de reconnaître à sa
juste valeur l'enseignement privé ainsi que le droit des personnes et
des groupes à créer et à maintenir des
établissements autonomes. Le projet de loi s'applique donc à tout
établissement d'enseignement privé qui dispense...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Un instant, Mme la
ministre. Oui, M. le député.
M. Chevrette: Je m'excuse auprès de la ministre. Les lois
importantes, à cette heure-ci, qu'on veut faire adopter, je pense que
ça exige le quorum.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, vous demandez le
quorum?
M. Chevrette: Oui.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Non, non. Un instant, je
vérifie le quorum. Qu'on appelle les députés. (1 h 33 - 1
h 35)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, Mme la ministre,
je vous invite à continuer votre intervention.
Mme Robillard: Je disais donc, M. le Président, que le
projet de loi s'applique à tout établissement d'enseignement
privé qui dispense l'ensemble ou une partie des services d'enseignement
privé général ou professionnel. Il prévoit
l'obligation d'être titulaire d'un permis pour diriger un
établissement d'enseignement privé. La ministre pourra aussi
déterminer, après consultation de la commission, le nombre
maximal d'élèves qu'un établissement peut accueillir,
compte tenu de ses installations physiques. La période de
validité du permis initial sera de trois ans et pourra être
renouvelée pour cinq ans.
De plus, on retrouve dans le projet de loi des éléments
tels que les règles régissant les activités des
établissements, particulièrement en ce qui a trait au
régime pédagogique, aux programmes d'études, à
l'évaluation des apprentissages et aux qualifications requises du
personnel enseignant ou de direction. Les règles concernant les contrats
de services éducatifs y sont clairement définies et, pour
répondre à une demande de l'ACEF de Montréal, le montant
maximal que l'établissement peut exiger d'un étudiant qui
abandonne ses études ne pourra représenter que 1/10 du prix total
ou le montant maximal déterminé selon le règlement.
Considérant le prix élevé des contrats de formation
exigé par certains établissements, M. le Président, je
crois qu'il s'agit d'un article très important par rapport à la
loi actuelle. Bien sûr, on tiendra compte d'un certain nombre
d'éléments, que ce soit l'importance du besoin auquel
l'établissement veut répondre, la participation du milieu, les
effets que cet agrément pourrait avoir sur les ressources de ce milieu,
sans compter l'apport de l'établissement, en termes de
complémentarité, d'enrichissement et de diversité.
En ce qui concerne la commission consultative de l'enseignement
privé, elle sera véritablement et définitivement
représentative du milieu de l'enseignement privé. De plus, son
rôle sera élargi. Mentionnons enfin que des mesures de
surveillance permettront à la ministre de s'assurer que les fonds
publics sont utilisés judicieusement.
Un autre des changements majeurs, M. le Président, qu'il convient
de signaler, finalement, il s'agit d'un impact sur les écoles de culture
personnelle. En effet, ces contrats de services des écoles de culture
personnelle seront dorénavant couverts par la Loi sur la protection du
consommateur et non plus par la Loi sur l'enseignement privé.
Voilà, en résumé, M. le Président, les
principaux articles contenus dans le projet de loi 141, tel que
déposé en juin 1991. On se souviendra, cependant, que le projet
de loi, tel que déposé, n'a pas fait l'unanimité. Cette
constatation est apparue plus particulièrement lorsque la commission
parlementaire sur l'éducation a procédé à des
consultations, les 21 et 22 août 1991. En effet, le projet de loi a
donné lieu au dépôt de nombreux mémoires nous
faisant part de différends profonds sur les objectifs de la loi et des
points de vue très divergents de la part de certains groupes qui ont
été entendus. Les critiques vérulentes, tant du
côté des défenseurs de l'école privée que de
ceux de l'école publique, nous ont sensibilisés à la
nécessité de réviser certains articles de la loi.
Il est souvent mentionné que l'exercice le plus important, dans
le travail législatif, est celui de l'étude en commission. Le
projet de loi 141 n'a pas fait exception, M. le Président. Plusieurs
dizaines d'amendements ont été apportés, ce qui
démontre très bien l'ouverture d'esprit du gouvernement actuel.
Il faut préciser, cependant, qu'une majorité de ces amendements
portent sur le vocabulaire du projet de loi. Permettez-moi donc, M. le
Président, de résumer brièvement les principales critiques
qui nous ont été formulées et les amendements qui ont
été apportés.
Par exemple, sur le plan de la terminologie, on nous reprochait d'avoir
utilisé le terme «exploitant» et le verbe
«exploiter», et nous les avons modifiés par les mots
«personne» et «tenir». De même, les termes
«enquête» et «inspection» ont fait dire à
certains qu'on
retournait à l'époque des «Filles de Caleb».
Donc, on a remplacé ceux-ci par «des mesures de
surveillance». Il y a donc près d'une soixantaine d'amendements
sur le vocabulaire du projet de loi.
D'autre part, nous avons modifié l'article 3, à la demande
de l'ACEF, en précisant que toute personne qui dispense des services
éducatifs, avec ou sans but lucratif, est considérée tenir
un établissement. Nous avons aussi simplifié des conditions de
délivrance du permis. Et, en ce qui concerne la capacité
d'accueil, qui était perçue comme un quota, nous avons
apporté une modification qui fera en sorte qu'elle sera
déterminée par le demandeur. La ministre pourra cependant
établir un contingentement en ce qui regarde la formation
professionnelle et technique. (1 h 40)
En ce qui a trait à la période de validité du
permis, plusieurs établissements ont manifesté des
inquiétudes du fait que leur permis pouvait être renouvelé
pour une période déterminée, limitant ainsi leur
développement et leurs aspirations. Nous avons donc ajouté
à l'article 15 la possibilité pour la ministre de délivrer
ou renouveler un permis pour une période variable ou sans
échéance.
D'autre part, nous avons redéfini l'article 37 concernant les
cours qu'un établissement doit dispenser. Il ne s'agit pas, en effet, de
l'obligation pour un établissement de dispenser tous les cours d'un
programme d'enseignement général, mais tous ceux conduisant au
diplôme. Certains articles ont tout simplement été
supprimés, tel l'article 9 concernant la demande de permis, ou l'article
65 sur les personnes admissibles à l'agrément, l'article 78 sur
la manière de tenir les comptes de même que certains articles sur
les dispositions pénales.
Le travail en commission nous aura aussi permis de modifier l'article 64
du projet de loi sur les critères d'agrément pour répondre
aux demandes de plusieurs intervenants. Et en somme, M. le Président, le
nouveau libellé de l'article 64 va nous permettre d'accorder
l'agrément en tenant compte, notamment, autant de la qualité de
l'organisation pédagogique que de l'importance du besoin exprimé
par un milieu, que l'appui qui est manifesté dans un milieu, que les
effets de l'agrément sur les ressources du milieu en tant que tel,
l'apport spécifique de l'établissement en termes
d'enrichissement, de complémentarité ou de diversité, la
participation des parents à la vie de l'établissement et, enfin,
la conformité des objectifs de l'établissement aux politiques du
ministre ou du gouvernement.
Concernant la période de validité de l'agrément,
elle a été modulée dans le même sens que le permis,
c'est-à-dire qu'il peut être délivré ou
renouvelé sans échéance. Nous avons aussi modifié
ou précisé quelques articles dans la section consacrée aux
subventions aux services éducatifs, la ministre se gardant toujours,
cependant, la possibilité de révoquer le permis.
Ce projet de loi sur l'enseignement privé, M. le
Président, met en perspective deux visions opposées, que l'on
fasse partie de l'équipe ministérielle ou celle de l'Opposition
officielle. Pour le Parti québécois, son programme politique de
1991 est très clair à cet effet. On peut y lire, au chapitre
portant le titre «L'éducation et les ressources humaines»,
qu'avant toute chose un gouvernement du Parti québécois devra, et
je cite: «réintroduire le moratoire sur la création de
nouvelles écoles privées financées par l'État et de
réévaluer le financement des écoles privées
déjà reconnues, s'assurer que le réseau privé ne se
développe qu'en complémentarité avec le réseau
public et que les ressources nouvelles affectées à
l'éducation soient accordées en priorité au secteur
public.» Fin de la citation.
Voilà, M. le Président, la vision étroite du parti
de l'Opposition officielle, une vision conforme à la loi 11 du
début des années quatre-vingt, une vision qui a eu et aura pour
effet, par exemple, de menacer sérieusement la survie financière
de l'externat du Sacré-Coeur dans la circonscription de la
députée de Terrebonne et de toutes les autres maisons
d'enseignement privé du Québec, une vision qui a mis 50 % des
écoles privées en déficit.
Cette vision, M. le Président, n'est pas celle de notre formation
politique, celle du Parti libéral. Notre parti, M. le Président,
tout en accordant la priorité au réseau public d'enseignement,
reconnaît une place significative aux institutions privées. Il les
reconnaît selon les éléments de l'article 64 du projet de
loi, c'est-à-dire en termes d'enrichissement, de diversité et de
complémentarité. La position du Parti libéral du
Québec a toujours été celle-là, tant sous la
gouverne du député de Bonaventure que du député
d'Argenteuil ou encore de l'actuel premier ministre et député de
Saint-Laurent.
M. Chevrette: M. le Président, voudriez-vous
vérifier le quorum?
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Merci, Mme la ministre.
Qu'on appelle les députés! (1 h 44 - 1 h 46)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, il y a quorum.
Allez-y, Mme la ministre, continuez votre intervention.
Mme Robillard: D'ailleurs, M. le Président,
historiquement, les Québécoises et les Québécois
ont toujours accordé une place importante aux écoles
privées. Cela ferait sans aucun doute partie de notre
société distincte, aussi. Encore aujourd'hui, les plus
récents relevés d'opinion publique révèlent qu'une
majorité de la population est en faveur d'une augmentation très
sensible du soutien public au secteur privé. Voilà ce que
concluait un sondage réalisé entre le 2 et le 7 septembre
dernier.
Le Parti libéral du Québec est fier de l'apport de ces
établissements et de ceux du secteur public pour la
société québécoise, des institutions d'excellence
comme le collège de l'Assomption, que j'ai visité en mai dernier
dans le cadre d'une tournée d'une quarantaine de collèges publics
et privés, le petit Séminaire de Québec où a
étudié le député de Taschereau, le collège
Jean-de-Brébeuf où a étudié le député
de Gouin, le collège Rigaud où le député de
Jeanne-Mance a été un étudiant, ou encore le pensionnat
des Sacrés-Coeurs et le séminaire de la
Très-Sainte-Trinité dans ma propre circonscription
électorale. J'arrête ici, M. le Président, mais vous savez
comme moi que la liste est longue et que ce ne sont là que quelques
exemples d'écoles privées qui ont contribué grandement
à faire le Québec moderne que nous connaissons aujourd'hui.
La position du Parti québécois, c'est que le financement
des établissements privés est suffisant, malgré les effets
pervers de la loi 11 de l'ancien gouvernement. Mais voyons la situation
actuelle, M. le Président. On peut affirmer qu'un établissement
privé subventionné sur deux est en situation financière
difficile et déficitaire au Québec, et nous nous devions de faire
quelque chose.
En terminant, je me permets de citer, pour le bénéfice de
la députée de Chicoutimi et de quelques autres parlementaires de
l'Opposition, les propos de l'ex-député de Verchères, M.
Jean-Pierre Charbonneau. Après avoir indiqué que longtemps il
avait été un adversaire de l'école privée, il
indique qu'une visite au collège secondaire du Mont Saint-Hilaire, alors
qu'il était député dans le gouvernement Lévesque,
avait modifié profondément sa vision de l'enseignement
privé. En conclusion de sa chronique dans l'Oeil régional,
l'ex-député péquiste de Verchères écrivait,
et je cite M. Charbonneau: «II n'est pas déraisonnable que le
trésor public soutienne en éducation un secteur témoin
concurrentiel.» Fin de la citation.
M. le Président, nous n'avons pas changé l'esprit du
projet de loi qui maintient l'objectif de moderniser et de rationaliser la loi
actuelle, mais je pense que nous avons fait en sorte de répondre le
mieux possible aux demandes de modifications de nos partenaires de
l'enseignement privé et en respectant les droits des personnes qui
fréquentent ces établissements. Il faut toujours se rappeler
qu'il s'agit d'un projet de loi qui englobe des établissements
privés de nature diverse, qui sont parfois très loin du
collège privé d'il y a 20 ans. Je pense, M. le Président,
que nous avons accompli du bon travail, que ce soient les personnels des deux
ministères, les membres ministériels de la commission, ainsi que
ceux et celles qui nous ont soumis leurs commentaires. Je voudrais remercier
tous ceux et toutes celles qui ont permis de bonifier le projet de loi 141.
Je crois aussi que l'ensemble du projet de loi est conforme à la
vision du gouvernement libéral en matière d'éducation,
à savoir: priorité au public avec une place à un secteur
privé dynamique sur le plan pédagogique et accessible pour une
majorité de nos concitoyennes et concitoyens aux quatre coins du
Québec. Voilà une vision réaliste et pragmatique,
voilà la vision de notre gouvernement. Merci, M. le Président. (1
h 50)
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, Mme la ministre.
Je rappelle aux membres de cette Assemblée que nous en sommes à
l'étape de l'adoption du projet de loi 141, Loi sur l'enseignement
privé, et je reconnais M. le leader adjoint de l'Opposition officielle
et député d'Abitibi-Ouest, en lui indiquant qu'en tant que
porte-parole de l'Opposition officielle en matière d'éducation
vous avez le droit d'un temps maximum d'une heure, M. le
député.
M. François Gendron
M. Gendron: M. le Président. C'est un peu triste à
pleurer d'entendre la ministre responsable de l'Éducation faire
l'historique des modifications apportées à la loi 141, de
remercier tout le monde, de saluer tous les intervenants qui ont eu l'occasion
de bonifier la loi 141 et d'éviter, presque, le fond du problème
majeur. Le fond du problème majeur de la loi 141, ce n'était pas
l'ajustement, ce n'était pas le rafraîchissement de la loi, ce
n'était pas la modernisation de la loi, c'était: Donnez-nous de
l'argent, donnez-nous du fric. On a besoin d'argent additionnel,
indépendamment du signal que ça donne au secteur public - et j'y
reviendrai tantôt.
Je reconnais, puisque c'est la dernière étape de
l'adoption du projet de loi 141, que je ne peux pas, M. le Président, ne
pas faire quelques minutes sur les autres dispositions de la loi 141 avant
d'arriver au coeur du problème. C'est évident que je pense, pour
les aspects à caractère historique, modernisation,
rafraîchissement, à un peu plus de respect pour ce qui se fait au
secteur privé. Je vais en profiter, également, pour dire ce que
j'ai répété à plusieurs reprises: Ce n'est pas d'en
avoir contre le secteur privé de dire qu'un gouvernement normal ne peut
pas financer en parallèle deux systèmes d'éducation. Je
n'ai absolument rien contre le secteur privé. Je trouve tellement
démagogique ce que la ministre vient de faire en disant: Tel
collègue, telle personne, telle autre personne a envoyé ses
enfants à l'école privée. Eh bien, tant mieux! S'il a
tiré un profit et qu'il a reçu une bonne éducation, bravo!
On n'a pas de trouble avec ça. Ce qu'on trouve, oui, je te dis qu'on
trouve ça un peu - je ne le qualifierai pas, mais...
Des voix: Quétaine.
M. Gendron: Quétaine, ça va, mais j'aurais
employé une expression un peu plus sévère, et qui
aurait correspondu davantage au style de la ministre en Chambre, en
particulier, qui est assez partisan, merci.
Une voix: Effronté un peu.
M. Gendron: Oui. Tout est permis, en tout cas. Mais,
au-delà de ça, sur le fond du projet de loi, M. le
Président, c'est évident que cette loi avait besoin d'être
rafraîchie, modernisée et, surtout, éliminer tous les
dispositifs un peu insultants de ce même gouvernement, lorsqu'il avait
touché à la loi 141, qui considérait - imagine-toi - les
institutions privées comme étant des espèces de
pourvoiries, des exploiteurs. On parlait des exploitants. Il y avait un terme
affairiste, un terme insultant, un langage de criminel avec une série de
dispositions dans le projet de loi initial, le projet de loi 141, comme si ces
gens-là auraient dû être arrêtés à peu
près 10 fois par jour pour toutes sortes de gestes illégaux
qu'ils posaient.
C'était ça, la version de ce gouvernement-là dans
le premier projet de loi, à un point tel que je me rappelle que, quand
le projet de loi est sorti, il n'y a pas personne, il n'y a pas personne, M. le
Président, personne ne réclamait l'adoption de ce projet de loi
là. Ils disaient: II est dénaturé, if ne correspond pas du
tout à ce que nous sommes, aux services que nous rendons à la
société. Et, après trois, quatre reprises, le gouvernement
a décidé de donner suite à des corrections qui allaient
dans le sens des revendications du secteur privé, au moins de se faire
respecter pour ce qu'ils font, et effectivement, d'apporter des modifications
qui permettraient de s'inscrire dans une espèce de logique de
pensée, qu'on considérerait, effectivement, les institutions du
secteur privé avec le respect que nous leur devons pour la contribution
positive qu'ils ont donnée à la société
québécoise, qu'ils ont donnée à l'oeuvre
éducative, qu'ils ont donnée à la mission
éducative. Pour ces dispositions-là, je pense qu'on a
travaillé on ne peut plus sérieusement. On a travaillé
comme il se doit, comme des gens responsables doivent travailler en commission
parlementaire, et on a amélioré, bonifié.
Je pense que la loi 141, qui est la nouvelle loi concernant
l'enseignement privé, a une facture, une «tenure», qui
correspond beaucoup plus à la réalité de ce qu'ils font et
qui permet, à plusieurs égards, d'avoir d'abord pour
l'État les dispositions requises pour avoir un certain contrôle,
parce que ce n'est pas parce que c'est le secteur privé qu'il n'est pas
légitime de regarder des programmes pédagogiques, de regarder ce
qu'on appelle le contenu des cours, d'être en mesure, pour certaines
écoles qui ne dispenseraient pas les enseignements, tel que leur permis
les autorise à le faire, d'aller faire des vérifications et de
constater qu'il y a certaines écoles du secteur privé qui ont
abusé, à un moment donné, du permis qu'elles
détenaient.
Il y a toute la question de sortir de la juridiction de la Commission
consultative de l'enseignement privé et de la Direction de
l'enseignement privé du ministère tous les aspects liés
à ce qu'on appelle de la formation personnelle et ce qu'on appelle
communément développement culturel, développement de
culture personnelle, parce qu'un cours de loisirs danse dispensé par une
institution privée, on n'a pas d'objection, mais on a bien de la
difficulté à lier ça à de l'enseignement
éducatif lié à un programme éducatif. Donc, tout ce
volet est sorti de la loi de l'enseignement privé et, dorénavant,
sera sous la supervision de la loi des consommateurs pour s'assurer que les
consommateurs puissent avoir un minimum de garanties quant aux services que
certaines écoles de culture personnelle peuvent offrir.
Donc, moi, sur l'ensemble de ces dispositions-là, M. le
Président, je ne serai pas très long, parce que ce n'est pas
ça, le problème. Sauf que les gens du secteur privé
avaient dit à ce gouvernement: Si on n'a pas un financement qui
accompagne la loi, on n'est pas d'accord, on ne la veut pas. Parce que le nerf
de la guerre ou le coeur du projet de loi, c'était d'obtenir un
financement. Et je répète, moi, je n'ai aucun, aucun
problème à ce que les institutions d'enseignement privé
aient le financement requis. Le problème que j'ai, c'est que lorsqu'on a
donné le signal, comme la ministre et son gouvernement l'ont
donné, d'abord, on a laissé miroiter - l'ex-ministre de
l'Éducation - que c'était 37 000 000 $ dont ces gens-là
disposeraient. Par la suite, il y a eu des négociations au bureau du
premier ministre, et là, partout, c'est sorti, M. le premier ministre du
Québec l'a reconfirmé: 25 000 000 $. Je vous le promets, a-t-il
dit. Je vous le promets, c'est 25 000 000 $ que vous allez obtenir. Ce qui a
fait réagir à peu près tous les intervenants.
Je répète, là-dessus, même si la ministre,
avec sa «hautainerie» habituelle en Chambre - je ne sais pas si
c'est parce qu'elle est nerveuse, je ne sais pas si c'est parce qu'elle n'est
pas habituée, mais, en Chambre, elle disait haut et fort:
Écoutez, on sait bien, le Parti québécois, lui, est contre
les écoles privées. Il y en avait pas mal contre les
privées par rapport au financement. La Fédération des
commissions scolaires, pour la première fois, a dit: Ça n'a pas
de bon sens. Les comités de parents du Québec, regroupés
pour la première fois, ont dit: Ça n'a pas de bon sens.
Irresponsable, irréfléchi! La Fédération des cadres
scolaires n'a jamais émis un communiqué aussi dur pour dire
à ce gouvernement-là - sans gouvernail, sans aucune direction,
mêlé, le premier ministre a deux vitesses, le neutre et le
reculons - ils ont dit: Écoutez, ça n'a pas de bon sens, les
besoins de l'école publique sont criants de partout. De partout on
réclame plus d'argent au secteur public. Donc, c'est inopportun,
c'est inapproprié, c'est irrespectueux pour ce que nous faisons et
ça donne le signal qu'il ne faudrait pas donner. Un gouvernement qui a
un peu de responsabilité envers l'école publique ne donne pas le
signal que tout ce qui se fait à l'école publique, c'est du caca.
On oublie ça. On ne veut rien savoir. Et on donne l'exemple que le
secteur privé a besoin d'argent, même si on vient de couper de 50
000 000 $, même s'il y a des listes d'attente à l'éducation
des adultes, même si on a une enveloppe fermée en termes de
formation. (2 heures) et, moi, je n'ai même pas besoin de feuilleter les
journaux, même si la ministre aime bien ça. mais, de partout on
voit des exemples où le secteur public dit: je suis en demande. parce
que, au cours des 10 dernières années... on le voyait il y a
quelques minutes dans une commission parlementaire qu'on a fini par finir sur
la consultation pour l'avenir des études collégiales. la finale
de cette commission, avant les conclusions, était qu'au cours des 10
dernières années le secteur de l'éducation a dû
subir des compressions budgétaires pour plus de 100 000 000 $. plus de
100 000 000 $ que le secteur public a dû subir. ça, je parlais du
primaire et du secondaire. le collégial, on prétendait que dans
les 10, 12, 15 dernières années, c'est 300 000 000 $ de
compressions qu'ils ont dû subir par rapport à la progression
normale du produit national brut qu'on mettait en éducation; 300 000 000
$, l'ordre collégial du québec, par rapport au produit national
brut. on est arrivé à 0,78 % du produit national brut qui
était consacré à l'ordre collégial. ces
gens-là, dans le dernier mémoire, nous disaient: savez-vous que
présentement on est à 52 %? un écart de 25 %, avec 1 300
000 000 $ à l'ordre collégial, ça fait 300 000 000 $ au
cours des 10, 12, 15 dernières années de coupures.
Alors, là, M. le Président, tout ce que je veux illustrer,
et je vais l'illustrer de façon très expressive, c'est que les
commissions scolaires disent non au cadeau de Noël de 13 700 000 $ aux
écoles privées. Est-ce que les fédérations de
commissions scolaires, la Fédération et les commissions scolaires
sont devenues complètement et toutes péquistes? Parce qu'on sait
bien - la ministre du haut de sa grandeur en Chambre - nous, on est des
vulgaires péquistes, alors c'est normal, on ne veut rien savoir de
l'école privée.
Donc, des vulgaires péquistes, ça, c'est normal, ça
a une seule ligne, une seule position: Non à l'école
privée. Je n'ai jamais dit ça. On est pour l'école
privée, mais on est avant tout pour le financement de l'école
publique, surtout quand il y a des besoins. Et là la
Fédération des commissions scolaires disait: «Alors que le
Québec est déjà la province - écoutez-bien
ça, M. le Président - la plus généreuse et de loin
pour ses subventions aux écoles privées, le gouvernement a
décidé d'en remettre encore davantage en leur faisant un cadeau
de Noël de 13 700 000 $», ce qui, aux yeux de la
Fédération des commissions scolaires du Québec, est tout
à fait inacceptable, inapproprié, irresponsable, et donne un
signal qui va être très dur à prendre par le secteur
public, et avec raison.
Je veux bien croire qu'on a des gens qui parlent des deux
côtés de la bouche, de ce côté-là, mais il y a
un bout pour donner des signaux contradictoires. Comment voulez-vous que les
gens croient au programme nécessaire de contrer le
phénomène de décrochage scolaire? Les gens ont mis des
énergies. L'ex-ministre de l'Éducation a fait tout le
Québec, a parcouru le Québec pour mobiliser les gens:
Impliquez-vous, il faut corriger ce phénomène inadmissible,
inacceptable. Quelque 40 % de nos jeunes n'ont même pas un diplôme
de secondaire V. Qu'est-ce que dit la Fédération par rapport au
plan de réussite scolaire mis en cause? Danger sérieux que le
geste que vous venez de poser comme gouvernement irresponsable ait comme
conséquence de donner le signal que dorénavant ce n'est pas vrai
que vous y croyez, ce n'est pas vrai que vous croyez à l'enseignement
public, ce n'est pas vrai que vous croyez au phénomène de mesures
requises pour contrer le décrochage scolaire, parce que ça a un
effet démobilisant, et c'est ce qu'on va vous prouver tantôt.
Les commissions scolaires, qui se sont mobilisées au cours des
dernières semaines pour faire reculer le gouvernement dans ses
intentions d'accroître ses subventions de 25 000 000 $ aux écoles
privées, n'acceptent aucune hausse de subvention, quelle qu'elle soit,
13 700 000 $ ou 1 000 000 $. Elles sont irréductibles là-dessus.
On appelle ça avoir un petit peu de principes, un petit peu de ligne de
force. On ne peut pas ignorer le geste que la main gauche fait parce qu'on
prend prétexte que c'est la main droite qui le fait. Un gouvernement
responsable ne peut pas se comporter comme ça.
Et je répète toujours que ce n'est pas les vulgaires
péquistes, là, qui parlent. C'est la Fédération des
commissions scolaires. Elle est d'avis que, si le gouvernement a de l'argent
à investir en éducation, il doit supporter prioritairement,
prioritairement, son plan d'action sur la réussite scolaire plutôt
que de monnayer, monnayer comme des joueurs professionnels. Et on s'en rend
compte que c'est des joueurs professionnels, des croupiers, pour ne pas
employer l'expression, des gratteux. Effectivement, dans quelques
années, ce gouvernement-là aura laissé l'image qu'on joue
au vidéopoker sans permis, qu'on développe des casinos, et c'est
des gens qui s'occupent d'économie, imaginez. Ils sont très forts
dans le développement de l'économie avec les casinos et les
vidéopokers.
Alors, la Fédération disait: «II doit supporter
prioritairement son plan d'action sur la
réussite scolaire plutôt que de monnayer l'appui du lobby
de l'école privée pour faire adopter son projet de loi 141
actuellement à l'étude en commission parlementaire», ce qui
n'est plus le cas, on est rendu à la dernière étape du
projet de loi. «La population doit savoir, estime la
Fédération, que le Québec finance actuellement 54 % de son
réseau privé.» Comment versons-nous dans le réseau
privé au Québec, M. le Président? Presque 300 000 000 $.
Est-ce qu'on manque de générosité? Parce que, moi, j'ai
toujours prétendu que parfois, à se regarder, on se
désole, mais à se comparer, on se console vite. Et, si on se
compare avec les autres provinces canadiennes... Non pas parce que, moi, j'aime
ça. Ce n'est pas parce que j'aime ça. C'est parce que,
effectivement, le même gouvernement qui est en face de nous, pour ce qui
en reste, exige toujours que nous maintenions ce lien avec ce gouvernement
canadien. On est obligé de vivre dans ce régime-là. On va
regarder ce qui se passe ailleurs. Cinq provinces dans le reste du Canada, pas
une cent, M. le Président. Cinq provinces- dans le reste du Canada ne
donnent pas un rond pour le secteur privé. Elles comprennent que, s'il y
a des gens qui veulent envoyer leurs enfants à l'école
privée, ils en assument les frais. Ça, c'est un choix de
société. Nous, on ne fait pas ça. On dit: On a quand
même hérité de leur présence et elles ont fait
oeuvre utile. En conséquence, comme service complémentaire dans
certains endroits, on a financé le développement du secteur
privé et on l'a financé correctement à plusieurs endroits.
La preuve, c'est que le taux de financement du secteur privé est
à 52 %, au Québec, et, là, on va le monter à
quelque 60 %. La moyenne canadienne de financement du secteur privé,
c'est quoi, M. le Président? C'est quoi, les répondeurs
automatiques pour ce qui en reste? 30 %. Cinq provinces ne financent pas. Pas
une cent. L'Ontario n'accorde aucune subvention au secteur privé. C'est
votre modèle, constamment. «Au moment où l'ensemble du
réseau scolaire public est mobilisé pour accroître la
réussite scolaire, le gouvernement fait preuve d'un cynisme -
Fédération des commissions scolaires - en remettant encore
davantage pour les mieux nantis plutôt que dans la lutte au
décrochage. Cette décision risque d'assombrir les relations entre
le réseau public d'éducation et le gouvernement», constate
la Fédération des commissions scolaires. Ça n'a pas l'air
de les déranger. Mais c'est ça, la réalité.
«L'augmentation des subventions aux écoles privées
représente 150 $ par élève comparativement aux 50 $ que
vient de consacrer le gouvernement au plan d'action sur la réussite
scolaire - voilà vos priorités. En outre, la subvention
supplémentaire que le gouvernement consacre aux écoles
privées est équivalente à la compression budgétaire
qu'il a fait subir au secteur de l'éducation des adultes cette
année, ce qui a obligé plusieurs commis- sions scolaires, faute
de ressources suffisantes, à mettre sur des listes d'attente les adultes
qui voulaient raccrocher.»
Même si la ministre était à l'écoute en
Chambre, et écoutait tout le monde, et avait la prétention de
dire qu'il n'y avait pas de budget de commission scolaire qui refusait du
perfectionnement au niveau de l'éducation des adultes, bien, c'est
au-delà de 20 000 adultes, au moment où on se parle, qui ne
peuvent bénéficier de formation, présentement, dans les
commissions scolaires. Comment voulez-vous que les gens aient confiance au
développement nécessaire du plan de réussite scolaire?
Je voudrais citer également la Centrale de l'enseignement du
Québec: «L'augmentation du financement public des écoles
privées est reçue comme un affront par la Centrale de
l'enseignement du Québec. Au moment où l'école publique
connaît les besoins les plus criants, la CEQ considère
injuste...»
M. Chevrette: M. le Président...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le
député de Joliette et leader de l'Opposition officielle.
M. Chevrette:...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Qu'on appelle les
députés, s'il vous plaît. (2 h 08 - 2 h 15)
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Si vous voulez prendre
place. Merci beaucoup. Alors, nous poursuivons toujours l'étude de
l'adoption du projet de loi 141, Loi sur l'enseignement privé. M. le
député d'Abitibi-Ouest et leader adjoint de l'Opposition
officielle, vous pouvez poursuivre votre intervention.
M. Gendron: Vous êtes bien gentil, M. le Président.
Alors, je vous disais qu'au moment même où l'école publique
connaît des besoins criants, la Centrale de l'enseignement du
Québec considère injuste et irresponsable que le gouvernement
cède au lobby des écoles privées et augmente leur
financement à même les deniers publics, en échange de leur
appui au projet de loi 141. Le «bargaining» continue. «La
ministre Lucienne Robillard vient de rater une excellente occasion de prendre
ses distances face à cet héritage douteux que lui a laissé
l'ex-ministre de l'Éducation», estime la présidente de la
Centrale de l'enseignement, Mme Pagé.
Elle en profitait également pour dénoncer la politique du
gouvernement Bourassa qui consiste à acheter des votes ou à
essayer d'acheter quelques votes - parce qu'il n'en reste plus bien, bien, on
le voit dans tous les sondages - à gauche, à droite, tantôt
en récompensant ceux qui ont voté oui au référendum
en élargissant les critères d'accès à
l'école anglaise, tantôt en
marchandant l'appui des écoles privées au projet de loi
141, tantôt en développant un système de favoritisme dans
l'embauche du personnel de la fonction publique, et ils s'en vantent, ils sont
d'accord là-dessus. Il n'y a pas de problème. C'est normal que
leurs petits amis soient plus nombreux...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): II n'y a qu'un orateur
et c'est M. le député d'Abitibi-Ouest. Je serai prêt
à reconnaître la prochaine intervenante après M. le
député d'Abitibi-Ouest, mais, maintenant, c'est monsieur qui
parle. M. le député, si vous voulez poursuivre.
M. Gendron: Alors, j'en étais à toutes sortes de
pratiques un peu curieuses où là il y a de l'argent, où
là il n'y a pas de problème, où le gouvernement a des
principes. Puis ce gouvernement ne disposerait pas, paraît-il, de la
marge de manoeuvre nécessaire pour une relance de l'emploi ni pour la
lutte à la pauvreté. Il manque d'argent, semble-t-il, pour le
financement de la totalité des projets de lutte au décrochage,
pour le financement de l'éducation populaire. Au niveau de
l'éducation populaire, M. le Président - j'en profite - c'est
tellement vrai, que lors de l'étude des crédits
supplémentaires, j'interrogeais la ministre de l'Enseignement
supérieur et, aux crédits supplémentaires, il y avait 2
000 000 $ de crédits supplémentaires. Même si l'ex-ministre
de l'Éducation a promis formellement, au niveau de l'éducation
populaire, que jamais il n'accepterait que les 3 400 000 $ qu'il avait
promis...
M. Jolivet: M. le Président...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Oui, M. le
député de Laviolette.
M. Jolivet: ...je voudrais avoir le quorum.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): II y a une demande de
vérification du quorum? Alors, vous pouvez poursuivre, M. le
député.
M. Gendron: Ce que je disais, M. le Président, c'est que
l'ex-ministre de l'Éducation avait promis, lors de l'étude des
crédits: Oui, je m'excuse; non, je n'aurais pas dû faire
ça, je reconnais vous avoir coupé les vivres pour 3 400 000 $,
cela n'a ni queue ni tête. Ça n'a aucun sens. Tous les
qualificatifs étaient bons pour essayer de corriger l'impair commis par
son gouvernement irresponsable. Il a pris formellement l'engagement de
restaurer le niveau de crédits pour l'enveloppe de l'éducation
populaire au niveau qu'elle était l'an dernier. J'aurais une
série de documents à mettre en preuve pour l'illustrer.
Croyez-le ou non, lors de l'étude des crédits
supplémentaires, la ministre de l'Ensei- gnement supérieur a dit:
Oui, on met 2 000 000 $ de plus dans les crédits supplémentaires
- 2 000 000 $. Là, vous avez joué avec le calendrier et
l'année scolaire. Mais, aux crédits, c'est 2 000 000 $. Dans le
livre des crédits, c'est 2 000 000 $, quand on arrête de
«finfinasser» avec les colonnes. Et là elle a dit
très clairement: L'ex-ministre a gratté les fonds de tiroirs, il
a gratté à s'en user les ongles, et probablement à
regarder ça et à envisager de démissionner... (2 h 20)
M. Chevrette: Elle a dit: Moi, j'offre des
«gratteux».
M. Gendron: Elle a dit: Je regrette, les 400 000 $ qui manquent,
on ne les a pas trouvés et il n'est pas question... On n'a pas 400 000 $
pour l'éducation populaire. Par contre, on a 13 700 000 $ pour
l'enseignement privé. C'est ça, la réalité, M. le
Président. Ce qui faisait que, dernièrement, elle a reçu
beaucoup de cadeaux de Noël, elle a reçu toutes sortes
d'enveloppes. J'en profite ici pour indiquer le message de ces gens-là
qui insistent énormément, encore une fois.
Ça, c'est la coordonnatrice régionale du
Saguenay-Lac-Saint-Jean, des OVEP: «M. le député, je joins
également à cet envoi une copie de la carte de Noël que plus
de 50 organismes communautaires, une vingtaine de municipalités de la
région, des commissions scolaires, des CLSC ont fait parvenir en grand
nombre à Mme la ministre de l'Enseignement supérieur dans la
semaine du 15 novembre dernier. Mille exemplaires de cette carte ont
été mis en circulation pour adresse finale à la
ministre.»
Ces gens-là indiquaient qu'ils trouvaient ça inacceptable,
compte tenu du rôle et du support qu'ils offrent à toutes sortes
d'organismes qui sont presque découragés devant l'inaction
chronique de ce gouvernement qui ne décide à peu près rien
sauf servir ses petits amis, ils disaient: Ça n'a pas de bon sens qu'on
n'ait pas les 400 000 $ qu'il nous avait promis, ce qui nous a obligés
également à dire et à rappeler que le moment était
sûrement mal choisi, au moment où ça crie de toutes parts,
au moment où les adultes ne peuvent accéder à une
formation, au moment où les organismes populaires disent qu'ils n'ont
même pas l'engagement que des ministres membres de ce
gouvernement-là ont promis. Et ça, je m'en rappelle,
l'ex-ministre de l'Éducation, formellement, aux crédits, a
promis, et le gouvernement n'est pas en mesure de livrer 400 000 $ par rapport
à 13 700 000 $. Ça commence à faire un écart.
Là, la ministre a dit: Écoutez, je vais me forcer, je vais
vous prouver qu'ils ont des besoins. Bon! On va regarder ça.
Êtes-vous au courant de la proposition de financement, la proposition
d'ajustement financier du réseau privé? À un moment
donné, on dit ceci: Doréna-
vant, on va soutenir davantage les élèves qui
présentent des difficultés d'apprentissage à
l'école privée. C'était la farce de l'année. Moi,
j'ai rarement entendu ça depuis des années. Êtes-vous au
courant, M. le Président, que le pourcentage d'élèves qui
présentent des difficultés d'adaptation et d'apprentissage au
secteur privé, il est de 2,72 % au secondaire? Au secteur public, il est
de 15,6 %, 2 contre 15, donc sept fois plus élevé. Le niveau de
difficultés d'adaptation et d'apprentissage au niveau de l'école
publique est sept fois plus élevé qu'au secteur privé. Qui
reçoit le financement? Le secteur public? Non. Détrompez-vous, ce
n'est pas le secteur public qui a reçu l'augmentation de 13 700 000 $,
c'est le secteur privé. Ça, c'est les paramètres dans la
formule de financement.
Je pourrais continuer. À un moment donné, on a
indiqué, lors de l'étude de certains articles du projet de loi,
que les institutions privées avaient un plafond. Comme le secteur
public, au niveau de la taxe scolaire, vous savez qu'il existe un plafond, et
la plupart des commissions scolaires ont atteint le plafond, alors qu'au niveau
du secteur privé, au niveau secondaire, il y a 5 % des institutions qui
ont atteint le plafond permis par la loi. Moi, je n'essaie pas de vous
expliquer, M. le Président, qu'il n'y a pas de besoins, je vous dis
juste qu'on ne peut pas, dans une société normale, donner le
signal que notre secteur public a des faiblesses, des difficultés, des
carences, qu'il n'a pas l'argent qu'il doit recevoir. On ne peut pas avoir le
double langage, le double signal.
Regardez ce matin encore, par hasard, selon un sondage
réalisé par la Fédération des commissions
scolaires, le décrochage scolaire, le manque d'engagement des parents et
l'insuffisance des ressources financières sont les plus sérieux
problèmes en éducation. Le gouvernement se promène dans
tout le Québec et dit: Nous, nous allons prioriser l'éducation.
Nous, nous allons relever le niveau d'intérêt, de
préoccupation pour le secteur éducatif du Québec.
Pensez-vous que ceux qui ont cru à ça, quand ils reçoivent
une gifle en pleine figure comme le geste, à ce moment-ci, d'augmenter
le financement au secteur privé, ça ne crée pas
effectivement beaucoup de réserves et de réticences dans le
secteur public? C'est un signal qu'on n'a pas le droit de donner.
Parce qu'il faudrait quand même en parler un peu, du secteur
public. Au niveau du secteur public, actuellement, ce n'est pas
nécessairement toujours... Il faut être conscient que, pour un
État responsable, ultimement, l'argent qu'on donne au secteur
privé, c'est le secteur public qui ne l'a pas. Comme je le mentionnais
tantôt, la symbolique d'offrir un financement additionnel à ce
moment-ci... Premièrement, on sait que le Québec est la province
qui est la plus généreuse au Canada pour le secteur privé;
deuxièmement, que le niveau de plafond permis par la loi n'est presque
pas atteint dans le secteur privé; troisièmement, qu'on est
obligé de chercher des paramètres, d'inventer des
paramètres pour indiquer que, dans la formule de financement, il y a 2 %
au niveau secondaire privé qui présentent des difficultés
d'adaptation et d'apprentissage et que le taux est à 17 % dans le
secteur public, donc sept fois plus grave. Et on dit: Non, non, le secteur
public, ça, c'est le réseau privilégié de
l'État, mais ses besoins, on est obligé de les taire, de ne pas
les satisfaire. Ce qui est urgent, ce qui est requis, c'est 13 700 000 $.
Je répète, si au moins ça donnait satisfaction au
secteur privé. Ils sont en étoile, ils ne sont pas contents. Ils
ont raison, selon moi, parce qu'ils se sont fait avoir. Ils se sont fait
littéralement flouer par rapport à des engagements, pas du
dernier concierge de l'appareil gouvernemental, du premier ministre
lui-même. Le premier ministre a dit: 25 000 000 $, c'est dans le sac.
Vous avez eu toutes les réactions négatives, en disant: Ça
n'a pas de bon sens.
Une voix: Ils en demandaient 37 000 000 $.
M. Gendron: Oui, c'est parti de 37 000 000 $, c'est tombé
à 25 000 000 $. Là, quand tu es mi-chair, mi-poisson, quand tu es
sur les deux côtés, main droite, main gauche, on ne sait pas trop,
les pieds mêlés, les mains mêlées, un petit coup
à reculons, un petit bout au neutre... C'est ça, ce
gouvernement-là. Alors, là, ils ont décidé de faire
un petit bout pour donner l'image, l'impression qu'ils s'occupent
énormément du financement. Ils ont inventé des
paramètres et là ils ont essayé de nous faire accroire que
c'était dramatique et que c'était terrible, comme si on
était des gens, comme société et comme État, qui
n'avaient aucun souci, aucun respect pour les institutions privées qui
ont fait oeuvre utile au Québec. 52 % de financement, la province qui a
la meilleure cote dans l'ensemble du Canada. On n'est pas les derniers venus,
on n'a pas été mesquins avec le secteur privé, M. le
Président; on n'a pas été mesquins. Mais là, les
besoins les plus criants pour une société normale, pour un
gouvernement normal qui a un système public d'éducation et qui a
des besoins, il devrait satisfaire les besoins publics de son système
d'éducation.
C'est ça qui était l'attente de tout le monde. C'est
ça qui était souhaité, parce qu'on a un système,
comme je vous l'ai mentionné, qui a des problèmes sérieux.
La Fédération des commissions scolaires a senti le besoin de le
souligner, les comités de parents ont senti le besoin de le souligner,
la CEQ a senti le besoin de le communiquer. Nous, dans un communiqué
officiel, on a mentionné ceci: «II est inacceptable que le
gouvernement décide d'investir pareil montant dans le secteur
privé d'éducation, alors qu'il convient lui-même, comme
gouvernement, que la
marge de manoeuvre dont il dispose pour relancer l'économie est
complètement inexistante». Le même gouvernement.
«Cette décision gouverne-nementale est d'autant plus
inappropriée que tous s'accordent à dire que le secteur public
dispose de ressources insuffisantes pour faire face au décrochage et que
plusieurs commissions scolaires sont obligées d'inscrire sur des listes
d'attente des adultes qui veulent raccrocher - des adultes qui veulent
raccrocher - en raison des compressions budgétaires que ce même
gouvernement leur a fait subir au secteur de l'éducation des
adultes». J'ajoutais dans le communiqué que, quand on va se servir
de paramètres douteux pour justifier ces subventions, bien, là,
M. le Président, il me semble qu'on est rendu au bout de la corde. (2 h
30)
Ce sont les éléments que je voulais faire valoir, en
conclusion de la dernière étape de ce projet de loi là.
Pour ce qui est des dispositions administratives, je l'ai mentionné
tantôt. Je pense que nous avons une assise, comme projet de loi, qui va
répondre beaucoup mieux aux demandes du secteur privé. Il y avait
lieu de rafraîchir la loi, de la moderniser, de se donner les outils de
gestion requis et efficaces pour effectuer les contrôles éducatifs
qui sont nécessaires. Je pense que les dispositions de la loi 141
permettront ça. Mais il y avait également lieu, pour un
gouvernement responsable, de dire, à ce moment-ci: Nous regrettons, on
sait que votre demande fondamentale était liée à du
financement, mais on ne peut pas, en période de récession sans
précédent, où il y a, dans certaines régions, 20 %,
25 % de chômeurs, où il n'y a à peu près plus
personne qui travaille, où il y a un découragement un peu sans
précédent. Les hôpitaux sont bondés, des surplus
partout. Les routes sont lamentables, l'état du réseau routier.
Il y a des demandes partout au niveau de l'éducation du secteur à
être priviligié, le secteur public. Et on se tourne la fraise, on
retourne la tête de l'autre côté et on dit: Non, je
regrette, on ne peut pas vous donner de l'argent. Mais, de l'autre main, on dit
au secteur privé: Voici votre cadeau de Noël. On regrette, on
aurait aimé vous donner 25 000 000 $, mais on n'en a que la
moitié. Alors, bonne chance! Merci beaucoup pour services rendus.
Voilà l'espèce de logique irresponsable de ce
gouvernement-là. Il nous appartenait, comme formation politique
responsable, de ne pas avoir deux discours et de dire qu'à ce moment-ci
il me semble qu'au Québec le secteur qu'il faut privilégier et
soutenir, c'est le secteur public. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député d'Abitibi-Ouest. Je rappelle aux membres de cette
Assemblée que nous en sommes à l'étape de l'adoption du
projet de loi 141, Loi sur l'enseignement privé. Je reconnais M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Neil Cameron
M. Cameron: Merci M. le Président. I will not take too
many minutes of the Assembly's time, but I wanted to say something about this
law since I have followed it now through three ministers and a great deal of
work. In it's original form, I was opposed to it, both because of things that I
thought were unsatisfactory in the original draft of the law and also because I
received statements of concern from people in private educational institutions
in my riding and elsewhere. However, it appeared to me that the Government and
the Minister had, in fact, succeeded quite successfully in meeting those
objections in the changed form of the law. And that, as a matter of fact, given
all the constraints of the actual situation, it is probably about as good a law
as could be provided on public education...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Excusez-moi. M. le
député de Joliette.
M. Chevrette: M. le Président, vous aurez remarqué
que c'est un spécialiste du monde collégial en particulier, qui
est issu de l'enseignement, il est enseignant de formation. Parler devant une
salle vide, il n'est pas intéressé. Je voudrais l'aider. le
vice-président (m. bissonnet): alors, qu'on appelle les
députés. après avoir vérifié le quorum, il
en manque deux. à l'ordre, s'il vous plaît! merci beaucoup de
votre collaboration. m. le député de jacques-cartier, si vous
voulez poursuivre votre intervention.
M. Cameron: Merci encore, M. le Président. I was going to
say that I believe that some of the points that were raised by the member for
Abitibi-Ouest have some validity. He is always an expert advocate, although I
think he is on much stronger ground when he raises questions about why we are
getting a casino in Charlevoix than when he talks about bill 141. Bill 141
seems to me to be something that is fairly well thought out, fairly well
reasoned, something where there has been a great deal of consultation with the
public and where there is a pretty good understanding of where it will go.
I might add about some of the criticisms that were raised by the
Opposition, that some of this depends on making comparisons between provinces
that do not actually make any sense. To talk about the fact that five provinces
provide no subventions for private schools ignores the fact that the history of
private educational institutions in Canada and in Québec is completely
different from one place to another, that, after all, private educational
institutions were all secondary education, right across
the country not too many years ago, but that, in the case of this end of
Canada, private institutions were much older than in the West, they were longer
established and the financial problems faced with changes in society, for
example, with the declining role of the Church, were much more serious here
than in places like Ontario or the western provinces. It would therefore be
impossible to draft a legislation in Québec that would be completely
symmetrical or identical to the way private school bill legislation would be
done in Ontario or Manitoba or Alberta. The actual form of the law seems to me
to make sense. The claim that somehow this represents some curious threat or
some curious slur against the public educational system seems to me to be
ridiculous and, on the whole, it seems to me that the Minister has every reason
for feeling pleased with herself, especially after having gone through this
other immense ordeal we have recently had over the cégeps. And I would
therefore would like to say that I support the law strongly and I hope it goes
through soon.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de Jacques-Cartier. Nous en sommes toujours à
l'adoption du projet de loi 141, Loi sur l'enseignement privé. M. le
député de Mas-son, la parole est à vous.
M. Yves Biais
M. Blais: Merci beaucoup, M. le Président. M. le
Président, j'ai entendu - ça a été très
court - le député indépendant, et il a parlé un peu
de l'historique des collèges privés disant qu'au Québec,
à cause de notre histoire, de nos traditions, c'est patrimonial et
c'était aussi le rôle du clergé qui enseignait, et
maintenant c'est tombé dans la laïcisation tranquillement, tandis
que, dans l'Ouest, ce n'est pas la même histoire. C'est sûr,
ça. Devant ce fait, il dit qu'on ne devrait pas faire des comparaisons
entre les provinces sur le taux de subventions qu'on donne à
l'école privée. Je ne vois pas le lien. J'ai le droit de le voir
ou de ne pas le voir. Vous le voyez? Je ne le vois pas. Et parler des cinq
autres provinces qui ne donnent absolument rien, tandis que Québec donne
entre 52 % et 61 % selon les niveaux éducatifs privés, je trouve
que la comparaison se tient.
Je sais bien, M. le député, que nous parlons
peut-être entre nous deux ce soir. Vous savez, un 18 décembre
où les gens vont préparer leurs arbres de Noël et, à
2 h 40 du matin, il y a à peu près juste la fée des
étoiles qui nous écoute, alors je sais pertinemment qu'on se
parle probablement juste entre nous deux.
Des voix: Non, non.
M. Blais: Cependant, malgré...
Des voix:...
M. Blais: Excusez-moi. M. le Président, malgré tout
ça, je sais bien que le débat de fond sur la loi 141... Je n'ai
pas assisté, M. le Président, je veux le dire à la
ministre, je n'ai pas assisté à cette commission parlementaire
parce qu'on n'est pas capable d'être à deux, trois, quatre ou cinq
en même temps, et j'étais à la fermeture des... Je voulais
absolument que les magasins n'ouvrent pas le dimanche, alors je suis
allé porter ma voix en support au député de Labelle afin
que le ministre de l'Industrie et du Commerce nous fasse un ostiole pour nous
aider à lui faire comprendre notre position. Je vous dis, madame, que je
n'ai pas réussi, d'aucune façon, tandis qu'à votre
commission parlementaire il y a eu toute la différence du monde.
À votre commission parlementaire, lorsqu'on a déposé le
projet de loi, il était d'un bout à l'autre à peu
près inacceptable. La plupart des intervenants disaient qu'il
était inacceptable. Après une longue commission parlementaire,
constructive vous dites, et je l'admets qu'elle était très
constructive, vous êtes arrivée en gros à un projet de loi
pour les structures, l'administration et le fait que le ministère veut
mettre un peu plus sa main et un peu plus de contrôle, disons que c'est
plus satisfaisant que c'était.
Cependant, ce n'est pas là le point litigieux. Le point
litigieux, c'est le côté monétaire, le côté
subventionnaire. On va dire: C'est peu dans un réseau d'y injecter 13
700 000 $. Toutes proportions gardées, ce n'est pas beaucoup. Mais, dans
une période de décroissance économique, quand un
gouvernement doit se faire croupier pour aller chercher des fonds, 13 700 000
$, ça commence à être de l'argent. Et c'est sur ça.
La bataille n'est pas que le Parti québécois n'aime pas
l'école privée. J'ai fait mon cours à l'école
privée, moi. J'ai fait mon cours à Mont-Laurier, dans ce
temps-là. Mais, à ce moment-là, le cours classique,
c'était toutes des écoles privées et on se devait d'y
aller. Bien, Mont-Laurier, je l'ai fait jusqu'en rhétorique; trois mois
avant la fin, je me suis fait mettre à la porte, et j'ai fait mes
examens comme extracollégial. Mais j'ai fait mon cours, en
réalité, à Mont-Laurier, de 1941 à 1950. Il n'y en
avait pas de collège. Je viens de Rouyn, et il n'y en avait pas à
ce moment-là. Mais si le gouvernement avait été...
À l'époque on donnait 80 % de subventions aux écoles
privées. À l'époque, c'était beaucoup. Ça a
diminué beaucoup, beaucoup, beaucoup. Mais je pense qu'il est normal, il
est normal - et le Parti québécois n'est pas contre les
écoles privées, d'aucune façon. Au Québec, il y a
de la place pour deux systèmes en complémentarité et en
diversité. C'est rendu qu'il y a une diversification et une
complémentarité. Les deux systèmes sont valables, mais
ça demeure quand même que, pour l'ensemble de la population qui va
à l'école publique, c'est à ce niveau-là qu'on
se doit d'injecter tous nos sous, parce qu'il en manque beaucoup, et ce
n'est pas pour rien que le député d'Abitibi-Ouest nous disait, et
il nous disait depuis dix ans: II y a eu une baisse des coupures astronomique
dans des domaines. Au niveau primaire et secondaire, dans dix ans, il y a eu
100 000 000 $ de coupures seulement. C'est énorme. Et, dans le
collégial du Québec, 300 000 000 $ de coupures. (2 h 40)
Donc, dans les 10 dernières années. C'est ça. C'est
ce qu'il a dit, et c'est le représentant, je le crois, mais il arrive
ceci. Le temps est très court. Mais, actuellement, on ne comprend pas,
nous, de ce côté-ci, pourquoi le parti au pouvoir nous traite
ainsi. Vous avez un ministre de l'Environnement qui est rendu leader de ce
Parlement et, la façon dont nous nous sommes opposés à
certaines lois, je crois que ça l'a ébranlé et mis en
émoi. On ne comprend pas pourquoi le député de
Brome-Missisquoi souvent s'indigne et vocifère comme si Paradis
était devenu l'enfer.
Des voix: Ha, ha, ha! m. biais: je ne comprends pas. cependant,
on a droit... mais là, là, j'ai de la misère à
m'entendre parler... il me reste combien de minutes, m. le
président?
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le
député et M. le ministre, si vous voulez assister comme ... de
président, on peut vous organiser ça. Il n'y a pas de
problème. M. le député, il vous reste quatre minutes et
demie.
M. Blais: Merci beaucoup. Non, mais il arrive ceci, quand on est
à l'époque de Noël et à 2 h 45, on peut comprendre,
M. le Président. Je sais que vous veillez au respect que les gens
doivent avoir pour le député qui parle, mais il faut comprendre
qu'il peut y avoir des gens qui sont un petit peu plus dissipés à
cause de la période de Noël, et c'est un peu compréhensible.
Je ne sais pas pourquoi.
Puis là on parle d'un sujet excessivement important. C'est
sûr que c'est un sujet important, mais je n'irai pas si loin qu'on a dit
que Mme la ministre est presque, entre guillemets, effrontée, quand elle
nous attaque. Je n'irai pas jusque-là. Je n'oserais pas dire ça.
Je ne le dirai jamais. Je ne peux pas dire ça. Elle paraît parfois
très hautaine dans ses réponses. Ça non plus, je ne peux
pas le dire. Je n'oserais pas. J'aime l'esprit de camaraderie qui doit exister,
malgré que nous ayons des opinions différentes. Je n'oserai pas
me rendre là.
Mais c'est un tantinet chatouilleux pour notre tympan lorsque vous nous
dites des choses comme celle-ci: Le Parti québécois est contre
l'école privée. Il ne faut pas dire ça. On a le droit, en
politique, parfois, de ne pas dire toute la vérité, mais on n'a
pas le droit de dire des choses qui ne s'en rapprochent pas du tout. On n'a pas
le droit. Des choses qui s'éloignent énormément de la
vérité, c'est absolument impossible, et le règlement nous
empêche même de le dire.
Je n'ai pas voulu la déranger pendant son laïus, qui
était excessivement intéressant. Je n'ai pas osé la
déranger, mais j'aurais pu, au moins à deux ou trois reprises, me
lever, puis dire: La ministre nous juge mai, nous prête des intentions,
ce qui n'est pas encore permis.
Cependant, vu qu'on est en période des fêtes, je tiens
à dire que cette loi-là, nous tenions à dire que nous
avions des restrictions vu qu'il y a beaucoup de coupures dans le domaine
public, mais quand même, quand même, malgré les
décrocheurs, malgré les problèmes que vous avez dans le
ministère de l'Éducation, malgré toutes les
difficultés que votre gouvernement rencontre, malgré que vous
êtes obligés de vous faire croupiers, vendeurs de valideuses et
distributeurs de jeux de hasard pour essayer de vous trouver des fonds, je vous
souhaite quand même un bel arbre de Noël, une bonne année
à vous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le
député de Joliette.
M. Chevrette: II y en a qui ont des instruments après eux
autres, les cloches. Ce n'est pas le soir de Noël, là. Ça
vient de ce coin-là. Je peux vous dire que l'instrument, c'est un
bracelet. Et j'ai hâte que ça arrête!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Je demanderais la
collaboration. Évidemment, j'entends des bruits, mais je ne peux pas
voir qui c'est. Je ne peux pas savoir, mais je demanderais la
coopération de... S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le
député, si vous voulez poursuivre, il vous reste une minute et
demie. Je vous demande votre collaboration. S'il vous plaît!
M. Blais: M. le Président, il me reste peut-être 30
secondes, là, et je tiens à dire que, malgré que nous ne
partagions pas les mêmes idées sur la fin de la session - et
ça se voit de façon tangible - je tiens quand même à
vous souhaiter, à votre ministère et à ceux qui
travaillent avec vous, un bon Noël, une bonne année, et,
espérons, un peu plus d'argent dans le régime public pour
l'année qui va venir. C'est le voeu que je nous souhaite, et que,
j'espère, vous nous réaliserez. Je vous remercie, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, M. le
député de Masson. S'il vous plaît, j'entends des... S'il
vous plaît! J'entends des cloches, mais je ne sais pas d'où elles
viennent.
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): S'il vous plaît!
M. le député de Laviolette. Je vais attendre parce que c'est
fatigant, je commence à être fatigué. M. le
député, il faut surveiller là, je ne sais pas d'où
ça vient.
M. Chevrette: On va vous le dire qui, nous autres. C'est la
députée.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Je ne le sais pas, M. le
député.
M. Chevrette: Je vais vous le dire, moi. Elle me les a
montrées à part de ça.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): S'il vous
plaît!
M. Jolivet: Elle peut sortir. Si elle sortait, on ferait...
M. Chevrette: Les cloches... Si elle veut se branler les cloches,
dehors!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): S'il vous plaît!
M. le député de Laviolette, s'il vous plaît! Je demande
votre collaboration. Là, c'est assez. M. le député.
M. Jean-Pierre Jolivet
M. Jolivet: Merci, M. le Président. J'écoutais la
ministre faire l'historique des écoles privées, et j'essaie de
voir le lien qu'il y avait avec le projet de loi qui est devant nous, dans la
mesure où je me demande - respectueusement, envers la ministre - si elle
se souvient, parce que je peux le faire, l'historique, moi aussi, des moyens
que nous avions à l'époque pour aller à
l'université. C'était par les collèges privés,
qu'on appelait, les séminaires, à l'époque. Personne au
Québec ne peut en aucune façon oublier cette époque
où le moyen que nous avions pour nous rendre à
l'université... il fallait passer par les séminaires.
Alors, je suis un de ces produits, comme plusieurs probablement de notre
âge, qui voulaient aller à l'université. Il fallait passer
par ces écoles. Ça ne veut pas dire, par le fait même, que
nous oublions ce qu'on appelle dans notre langage notre aima mater. Le
séminaire Sainte-Marie où je suis allé, comme quand je
suis allé chez les frères à Pointe-du-Lac ou à
Sainte-Clothilde-de-Horton, ce sont des lieux qu'on n'oublie pas, c'est notre
jeunesse. C'est, comme au séminaire Sainte-Marie, le moment où je
désire, même moi, appuyer, par les campagnes de financement qu'il
y a tous les ans, auxquelles on nous demande de participer, la fondation du
séminaire Sainte-Marie. Ce n'est pas parce que je suis allé
à cette école que je dois nécessairement être
d'accord avec le financement qu'on connaît aujourd'hui.
Comment l'évolution s'est-elle faite? On s'en souvient, passer de
l'école secondaire, passer des écoles classiques vers les
cégeps, vers l'université, dans l'histoire contemporaine, a fait
en sorte que les séminaires étaient en diminution. Comme ils
étaient en diminution, nous sommes passés, pour leur permettre
une certaine forme de financement, à ce qu'on a appelé les
écoles vocationnelles, des écoles qui étaient normalement
appelées à permettre à des gens, au niveau vocationnel, de
pouvoir être soit prêtre, soit religieux, soit religieuse. Et c'a
été plus loin que ça parce que ces gens-là se sont
retrouvés au ministère de l'Éducation, et c'a donné
ce qu'on connaît: Cap-Rouge.
Vous avez le secteur de Cap-Rouge et, si vous remarquez comme il faut,
comment s'est-il fait? Ce sont des communautés religieuses qui se sont
regroupées, mettant en commun leurs biens, et demandant au gouvernement
d'y participer. C'est le début de ce qu'on a appelé le
subven-tionnement des écoles dites privées. Mais le contexte
actuel, en 1992, est bien différent, M. le Président, surtout
dans la mesure où nous sommes en coupures budgétaires dans le
secteur public. Quel est le secteur que nous devons appuyer comme
législateurs?
Quant à moi, il est clair, ce n'est pas que je suis contre
l'école privée. Je suis, cependant, et je le dis
honnêtement, contre le financement à outrance dans un contexte
où on devrait, à mon avis, le mettre au bon lieu. Et je ne suis
pas le seul à le dire. La Fédération des commissions
scolaires du Québec le dit aussi. Les comités de parents le
disent aussi. Les comités d'école le disent aussi. La Centrale de
l'enseignement du Québec le dit aussi. Ce n'est pas le moment de mettre
de l'argent dans un secteur dit privé. Il est mieux, dans le contexte
actuel, de le mettre au niveau de l'ensemble de la population, dont les
élèves ont à fréquenter les écoles dites du
secteur public. Donc, c'est faux de prétendre, comme le dit la ministre
ou comme le disent des membres du Parti libéral, que nous sommes contre
l'école privée. (2 h 50)
Quand je regarde ce qui se passe ailleurs, je vais aller en France, je
vais aller dans d'autres pays, elle n'est pas subventionnée, cette
école. Il n'y a rien qui empêche les parents de se donner des
services. Mais, moi, quand je regarde mes écoles publiques et que je
vois l'école privée, combien d'écoles privées ont
à la fois dans leur milieu tout le système d'enseignement de
niveau secondaire - prenons cet exemple - général et
professionnel, pour personnes handicapées, pour personnes en troubles
d'apprentissage, des personnes en difficulté d'apprentissage? Quand on
regarde ça honnêtement, on s'aperçoit qu'on ne peut pas
faire une comparaison au même titre dans l'un ou dans l'autre,
du secteur privé et du secteur public.
C'est pour ça que je suis contre cette décision qui a
été prise à la dernière minute par le ministre qui
a quitté pour d'autres fonctions dans le service privé. Et il a
laissé entre les mains de la ministre qui l'a remplacé une sorte
de patate chaude. J'ai assisté à la commission parlementaire. Je
n'ai pas pu assister à toute la commission parlementaire; je n'ai pas
à m'en excuser, j'étais pris sur une autre commission
parlementaire qui était celle de l'ouverture des magasins le dimanche.
Ma responsabilité, comme vice-président de cette commission,
m'amenait là. Mais, à un certain moment donné, il a
été de mon devoir d'aller appuyer mon collègue, le leader
adjoint de l'Opposition et député d'Abiti-bi-Ouest, pour faire
comprendre à la ministre qu'elle faisait fausse route dans l'objectif
qu'elle s'était fixé au niveau du financement.
C'était tellement vrai que, lorsque nous sommes arrivés
à l'article même du financement, la ministre n'avait pas ses
décisions finales au Conseil des ministres. La ministre, qui avait entre
les mains une proposition qui était celle du ministre qui l'avait
précédée, appuyée par son premier ministre, de 25
000 000 $, s'est retrouvée finalement, après avoir grugé
tous les fonds de tiroir, à une proposition de 13 700 000 $. Nous nous
sommes donc retrouvés avec une ministre qui est venue insérer
dans un projet de loi un montant d'argent qui n'était aucunement
prévu aux crédits budgétaires, aucunement prévu au
budget, donc des crédits additionnels quelque part, qui est
arrivée dans un projet de loi après un Conseil des ministres qui
a coupé, quand on l'explique comme tel, presque la poire en deux, un
petit peu plus que la moitié.
Il reste, M. le Président, que ça n'empêche pas que,
personnellement, comme membre d'un parti politique, j'ai participé, dans
les années où j'ai été député,
à la fois du côté ministériel comme du
côté de l'Opposition, à l'élaboration de
décisions qui ont été celle, d'abord, du moratoire,
d'éviter d'augmenter la portion d'argent donnée au secteur
privé en disant que nous appuyons fortement le secteur privé. Et
je vais donner un exemple des conséquences que ça a. Il y avait,
dans chacune des écoles du Québec, un programme qui existait
autrefois, du berlingot de lait. On a décidé, au niveau
gouvernemental, de couper ça. Qu'est-ce que ça donne
précisément, dans une commission scolaire comme la mienne, dans
une école à deux coins de rue de chez moi, où mon enfant
va à l'école, mon petit gars de huit ans? Il est dans une
école... Vous vous imaginez, il prend son lait à tous les matins
et à tous les jours il en prend à la maison; il est
considéré comme un enfant - puisque l'école est, comme
telle, considérée - dans une école qui est en
difficulté. Vous vous imaginez, il reçoit gratuitement son lait
dans une école dite défavorisée alors que, dans une
école où les parents sont plus riches, à l'autre bout de
la ville, en haut de la côte, ils sont considérés comme
étant favorisés, mais l'enfant qui va là, à cette
école-là, et qui, lui, ne boit pas son berlingot le matin, qui,
lui, est un enfant défavorisé mais qui va à l'école
favorisée, lui, il ne l'a pas.
Il y a quelque chose qui est anormal dans notre système.
Ça n'a pas de bon sens de voir que l'on n'a pas classifié les
enfants en difficulté ou les enfants défavorisés, on a
classifié l'école. On a pris la moyenne
généralement observée, ce qu'on appelait dans nos
négociations, chez nous, dans le temps, au niveau syndical, la MGO, la
moyenne généralement observée. Mais ça adonne que
la majorité des enfants dans l'école où va mon fils -
c'est une école publique dite défavorisée, parce que la
majorité des enfants sont défavorisés - et mon enfant, qui
est quand même, je pense, dans une famille favorisée, a, lui, son
berlingot, tandis que, dans l'autre école, ils ne l'ont pas. Et, comme
ils ne l'ont pas, l'enfant, lui, est défavorisé doublement. Et je
crois que c'est là qu'on devrait mettre l'argent, si on en a, de
l'argent à mettre, dans les moyens de permettre à l'école
publique d'avoir le maximum dans un contexte de compressions
budgétaires.
Alors, M. le Président, vous comprendrez très bien
pourquoi j'ai appuyé mon collègue, et je vais continuer à
l'appuyer, et je voterai contre ce projet de loi.
Le Président (M. Lefebvre): Merci, M. le
député de Laviolette. Alors, je vous rappelle que nous sommes
à discuter de la motion proposée en adoption du projet de loi
141, Loi sur l'enseignement privé. Je vais céder la parole
à M. le député de Joliette et leader de l'Opposition
officielle. Vous avez droit à une période de 10 minutes, M. le
député.
Question de règlement M. Guy Chevrette
M. Chevrette: M. le Président, avant mon droit de parole,
je voudrais vous soumettre une question de règlement sur
l'illégalité dudit projet de loi que nous sommes à
discuter afin de vous permettre de le rendre conforme avant la fin des
présents débats. Tout projet de loi à caractère
fiscal... M. le Président, vous regarderez dans votre feuilleton
quotidien. Ils sont indiqués avec un astérisque
révélant que la recommandation du lieutenant-gouverneur en
conseil accompagne ledit projet de loi. Dans le cas de 141, à l'article
147, on voit qu'il y a une norme financière, 13 700 000 $. Il n'y a pas
d'astérisque. Il n'y a pas de recommandation du lieutenant-gouverneur en
conseil. Et je vous ferai remarquer la jurisprudence, à l'article 179
des procédures de l'Assemblée, pratique relative à la
recommandation royale, du 29 novembre 1990: «Lors du débat sur
l'adoption d'un projet de loi de nature fiscale, le leader adjoint de
l'Opposition demande une di-
rective à la présidence ayant trait à la
régularité de la pratique entourant la recommandation royale.
Sans preuve tangible attestant ou témoignant de la recommandation
personnelle du lieutenant-gouverneur, la pratique de l'Assemblée
est-elle conforme à la constitution?» La décision, c'est
non.
Donc, M. le Président, je vous soumets humblement que nous sommes
à discuter un projet de loi illégalement, parce que nous avons
entamé le processus de l'adoption et nous ne pouvons pas le faire sans
la recommandation du lieutenant-gouverneur en conseil.
Une voix: La qualité totale, c'est de bien faire, du
premier coup, à tout coup.
Le Président (M. Lefebvre): Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement, est-ce que vous avez des représentations à faire?
Allez-y, M. le leader.
M. Jean-Pierre Bélisle
M. Bélisle: Je viens de prendre en considération
les remarques du leader de l'Opposition, M. le Président. D'abord, mon
premier commentaire, c'est que je suis surpris que ce soit à cette
étape-ci du projet de loi que ce soit soulevé. Normalement,
ça aurait pu l'être aux autres étapes
précédentes. Mais ce que je lis dans le document - et ce n'est
pas pour dénigrer absolument ce qu'il est en train de nous dire - c'est
qu'on parle, à l'article 147 - c'est bien l'article auquel vous avez
fait référence - des règles budgétaires de
l'année scolaire 1992-1993. Et les montants de base de l'année
scolaire précédente sont les montants de base de l'année
scolaire 1990-1991 modifiés par le gouvernement pour l'année
scolaire 1991-1992 pour tenir compte des taux de variation des subventions
versées pour l'année scolaire 1991-1992 aux commissions scolaires
et aux collèges d'enseignement général et professionnel
pour les mêmes services, sans tenir compte, toutefois, des subventions
versées pour des dépenses propres à l'enseignement
public.
Les montants de base d'une année scolaire où il s'agit de
l'enseignement collégial de chaque trimestre d'une année scolaire
sont de 1361 $, ainsi que tous les montants pour l'enseignement
collégial-Une voix: C'est comme les régimes de retraite.
M. Bélisle: M. le Président, est-ce qu'on pourrait
suspendre un court moment pour que je puisse prendre en considération
les remarques du leader de l'Opposition, pour être bien sûr...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Oui, M. le leader adjoint
de l'Opposition officielle. (3 heures)
M. François Gendron
M. Gendron: Uniquement pour donner un renseignement additionnel,
c'est que le leader adjoint du gouvernement ne voit pas nécessairement
le lien, et je veux juste lui indiquer, et à vous également, que
les dispositions prévues à l'article 147, l'addition des facteurs
prévus là et des montants qui sont là, c'est le
réceptacle ou l'assise, l'article-assise pour permettre de recevoir les
13 700 000 $ qui sont autorisés par le Conseil des ministres et par le
Conseil du trésor sans que ces montants-là aient
été prévus, d'aucune façon, dans les crédits
budgétaires du gouvernement. La preuve, c'est qu'on a suspendu
l'étude article par article pour attendre la décision du Conseil
des ministres et du Conseil du trésor sur la formule de financement dont
les modalités sont prévues à l'article 147. Et ce n'est
qu'au moment de l'étude de l'article 147 que la ministre de
l'Enseignement supérieur a déposé sa proposition
d'ajustement financier du réseau privé, pour une somme de 13 700
000 $. En conséquence, ledit projet de loi 141 aurait dû recevoir,
comme d'autres projets de loi à caractère financier,
l'approbation du lieutenant-gouverneur en conseil pour que nous puissions en
faire l'étude correctement, suivant notre règlement.
M. Chevrette: M. le Président, pour permettre une
information additionnelle, puisque le leader veut avoir un ajournement,
regardez dans votre feuilleton, à la page 4, le feuilleton de ce jour,
le projet de loi 66. Vous allez voir, c'est un projet de loi qui bonifie les
régimes de retraite, donc, qui engage de l'argent. Et c'est bien
marqué, un astérisque: «Recommandation du
lieutenant-gouverneur». Donc, c'est clair que ça a
été autorisé parce que, autrement, le légiste
aurait fait je ne sais pas quoi. Est-ce que c'est pris à même le
fonds consolidé? Est-ce que c'est des sommes additionnelles? Mais il est
supposé d'y avoir un petit papier jaune qui accompagne ça. Elle
aurait dû se lever et dire: Le lieutenant-gouverneur vous en recommande
l'adoption; mais ça n'a pas été fait.
Une voix: Ça n'a pas été fait.
M. Chevrette: Donc, à cette heure-ci, on va vous permettre
d'écrire un petit billet jaune, sinon on va arrêter, parce qu'on
est dans un processus illégal. La qualité totale, vous y tenez,
et nous autres aussi. Il faut bien faire, du premier coup, partout...
Une voix: ...partout...
M. Chevrette: ...à tout coup.
Une voix: ...à tout coup, et sur le coup...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, M.
le leader adjoint du gouvernement... Une voix: ...coup sur
coup.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): ...vous avez
demandé quelques minutes de suspension.
M. Bélisle: J'avoue bien honnêtement que je n'ai pas
suivi attentivement le déroulement de la commission parlementaire sur ce
projet de loi. J'aimerais regarder ça très attentivement. Et s'il
y a lieu de corriger, nous corrigerons immédiatement, pour rendre
conformes à notre règlement les dispositions du projet de loi
141.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Je suspends les travaux
de l'Assemblée pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 3 h 2)
(Reprisée3 h21)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, M. le leader
adjoint du gouvernement, je vais vous permettre de faire vos
représentations.
M. Bélisle: Oui, merci, M. le Président. M. le
Président, ça m'a donné l'occasion de prendre le temps de
prendre en considération les remarques du leader de l'Opposition. Et,
à l'article 147, il y a eu un amendement. Et l'amendement qui a
été déposé et voté en commission,
voté sur division, bien entendu, se réfère essentiellement
à la base du calcul pour établir la subvention globale à
être accordée aux institutions à caractère
privé pour les années 1993-1994 et 1994-1995.
Or, M. le Président, il est évident que pour
l'année courante, l'exercice financier de 1992-1993, dans lequel nous
sommes présentement, déjà l'Assemblée nationale
s'est penchée sur l'étude des crédits, a voté les
crédits et a déjà, effectivement, accordé les
sommes d'argent nécessaires pour faire face aux subventions qui doivent
être versées aux maisons d'enseignement privé.
Cependant, M. le Président, lorsque le leader de l'Opposition
nous dit que les dispositions de l'article 147 peuvent être
illégales, comme elles le sont, M. le Président, tout simplement,
c'est que, d'une façon évidente, lorsqu'on regarde l'ensemble du
projet de loi, on s'aperçoit que l'on ne demande pas, avec la
modification à l'article 147, que le ministre des Finances puise
à même le fonds consolidé du Revenu, et dans l'année
1992-1993, pour des subventions ou des calculs de subventions pour
l'année 1993-1994, ou l'année 1994-1995. Lorsque
l'Assemblée nationale du Québec aura à approuver les
crédits budgétaires pour l'année 1993-1994, ou pour
l'année 1994-1995, c'est à ce moment-là que le ministre
des Finances recevra une sorte d'ordre de l'Assemblée nationale pour
prendre les sommes d'argent et affecter le fonds consolidé pour des
dépenses de subventionnement relativement aux écoles
privées.
Alors, ce qui est fait à l'article 147 tel que modifié, ce
n'est pas pour l'exercice financier en cours, ce n'est pas une demande qui est
adressée par le Conseil des ministres, par le gouvernement, par
l'Assemblée nationale au ministre des Finances pour puiser
immédiatement telle somme d'argent, ou les 13 700 000 $ à
même le fonds consolidé du Revenu, c'est tout simplement les
sommes qui seront, éventuellement, dans les prochains budgets, 1993-1994
et 1994-1995, établies et mises à la disposition de la ministre
de l'Éducation pour les fins de l'article 147.
Alors, le petit feuillet jaune orange que j'ai entre les mains...
Habituellement, lorsqu'un ministre dépose un projet de loi, M. le
Président, et qu'il y a une afffectation de fonds qui n'est pas
prévue, exemple, on a vu ça au cours de la présente
session, il y a des ministres qui ont déposé des projets de loi
où les crédits budgétaires... Il n'y avait aucun
crédit qui était affecté à des dépenses
supplémentaires qui étaient occasionnées par les
législations qui étaient déposées devant
l'Assemblée. Bien entendu, il fallait lire le petit message suivant:
«L'honorable lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce projet de
loi et il en recommande l'étude à l'Assemblée»,
parce qu'il s'agissait d'une affectation de fonds non prévus aux
crédits budgétaires de l'année courante, pour
1992-1993.
Mais il y a une énorme différence, M. le Président,
par rapport à des crédits qui seront éventuellement
votés en 1993-1994 ou 1994-1995, mais on ne peut pas présumer,
effectivement, des intentions ou des gestes de l'Assemblée pour
l'adoption des crédits de 1993-1994 et de 1994-1995.
Alors, M. le Président, il me semble, bien honnêtement et
sans partisanerie, que les remarques qui, à première vue, m'ont
un petit peu secoué parce que je me demandais si c'était bien
fondé ou non, ne le sont pas et que nous n'avons pas besoin, d'aucune
façon, de demander à ce que lecture soit faite du message parce
qu'il n'y a pas de crédits spécifiques qui sont affectés
pour l'année courante, où on demande une affectation propre
à même le fonds consolidé du revenu.
M. Chevrette: M. le Président...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): M. le leader de
l'Opposition officielle.
M. Chevrette: ...j'ai beaucoup de respect pour un homme de droit,
mais je dois vous avouer que la Constitution canadienne de 1867 ne lui donne en
rien raison. Et son professeur, c'est-à-dire M. Rémillard, dans
son propre livre, vous dirait que vous n'avez pas raison. Et je vais
vous lire l'article 54 de l'Acte de l'Amérique du Nord
britannique: II ne sera pas loisible à la Chambre des communes d'adopter
quelque motion, résolution, adresse ou bill pour l'affectation d'une
partie du revenu public ou d'une taxe ou d'un impôt ou d'un objet non
préalablement recommandé à la Chambre. Ils ne disent pas
«pour l'année en cours» ou «pour l'année
subséquente». Toute loi, tout projet de loi qui arrive devant le
Parlement doit être l'objet d'une recommandation dès qu'il engage
des finances.
Et je vais le faire, le raisonnement, M. le Président. Que ce
soit pour 1992-1993 ou 1993-1994, c'est une loi qui force l'Exécutif
à attribuer les crédits. C'est le législatif ici qui lie
l'Exécutif dans l'attribution. Donc, automatiquement, quand on lie
l'Exécutif en tant que pouvoir législatif, c'est qu'on a
reçu préalablement l'autorisation en vertu de l'article 54 de
l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Il faut que le
lieutenant-gouverneur en conseil en ait pris connaissance et le recommande. Et
après, la liberté, M. le Président, elle n'existe plus
pour l'Exécutif. C'est un lien obligatoire. Ils doivent
décréter les crédits. Si bien, M. le Président, que
s'ils ne le faisaient pas, ils seraient en dérogation de la loi ou ils
devraient amender la loi pour la rendre conforme à la suite d'une
déclaration du ministre des Finances s'ils pouvaient
décréter qu'à compter de minuit ce soir les crédits
qui étaient dévolus en vertu de l'article 147 pour les
années subséquentes n'existeront plus, ce qui les force, à
ce moment-là, dans l'année budgétaire qui suit, à
adopter un projet d'amendement à la loi.
Donc, M. le Président, je suis convaincu qu'il nous faut ce
papillon recommandant l'article de la loi.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Je voudrais, M. le leader
du gouvernement, avant de vous permettre de faire des commentaires
additionnels, vérifier avec vous. Est-ce que vous prétendez que
les sommes nécessaires, dont on parle particulièrement à
l'article 147 du projet de loi 141, seront prises à même des
crédits déjà votés? J'ai besoin de vous entendre un
peu là-dessus.
M. Bélisle: Je prétends deux choses. D'abord, pour
répondre à votre question, M. le Président, non. Ils ne
sont pas déjà votés, d'accord, parce que l'article tel
qu'amendé, M. le Président, tient compte, premièrement,
pour l'année scolaire 1993-1994. C'est évident qu'il n'y a pas de
crédits de votés présentement pour l'année scolaire
1993-1994 et il n'y a surtout pas de crédits votés pour
l'année scolaire 1994-1995. Mais, M. le Président, ça,
c'est un de mes deux arguments.
L'autre argument fondamental, je vais vous lire le début de
l'article 147. Vous allez très bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'une
affec- tation de fonds, d'une demande de crédits à être
puisés à même le fonds consolidé du revenu pour
rencontrer une dépense. On va lire le texte de 147: Aux fins du calcul
prévu à l'article 72, des montants de base par
élève inscrit à l'éducation préscolaire,
à l'enseignement primaire, pour chacune des années scolaires
ci-après mentionnées, il faut substituer au montant de base de
l'année scolaire... (3 h 30) «Aux fins du calcul
prévu», est-ce que c'est une affectation de dépenses,
ça, M. le Président? Non, c'est une méthode de calcul. Et
pourquoi c'est là? C'est pour permettre aux maisons d'enseignement
privé, une année, une année et demie, deux ans à
l'avance, de connaître la marge qu'elles vont avoir de budget, de
subvention qui va leur arriver dans un an, dans deux ans, en 1994-1995, de la
part du gouvernement du Québec. Ce n'est pas une décision de leur
faire un chèque d'avance sur le compte de banque du gouvernement. Ce
n'est pas ça, l'article 147, là, ce n'est pas une affectation de
fonds.
M. le Président, si on avait mis jusqu'à l'an 2000,
là, puis on avait prévu des calculs de montants de base... Le
Conseil des ministres ne demande pas au ministre des Finances de puiser
à même le fonds consolidé du revenu des montants pour les
2, 3, 4, 5, 6, 7, 10 prochaines années. On établit des
barèmes de base... M. le Président, est-ce que je pourrais juste
avoir le silence? C'est difficile de se concentrer, là.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Allez-y, allez-y.
M. Bélisle: Le sujet est suffisamment difficile pour qu'on
puisse avoir peut-être le silence. Le montant du calcul, aux fins du
calcul, les montants de base, ce sont des barèmes. Ça n'a rien
à voir avec l'octroi de crédits, de sommes financières,
d'un ordre de paiement que le ministre des Finances puise à même
la caisse, le compte de banque du gouvernement. Ça n'a rien à
voir avec ça. Ça pourrait être la même chose avec les
catégories de permis qu'on pourrait avoir dans une autre loi. C'est
totalement différent. Ce n'est pas ça du tout, puis on ne l'exige
pas pour l'année courante, on ne le demande pas pour l'année
courante.
L'article 147 est très clair. On dit que les barèmes pour
1993-1994, 1994-1995, seront de tant. On donne une prévision. On permet
aux institutions privées de planifier leur budget en fonction de ce
qu'elles auront éventuellement, mais qui n'est pas voté par
l'Assemblée nationale, parce que les crédits ne sont pas
votés. Ils vont être votés en 1993-1994, au mois de mai,
par le budget du mois de mai, puis par l'adoption des crédits, puis en
1994-1995, au mois de mai 1994, par l'adoption des crédits.
Les crédits de la ministre de l'Éducation
qu'elle va déposer à l'Assemblée nationale, puis
qu'elle va débattre en commission, qui vont être adoptés et
votés par les membres de l'Assemblée nationale. On ne demande pas
en ce moment à l'Assemblée nationale de se prononcer sur l'octroi
des 13 700 000 $. Ce n'est pas ça du tout. Catégorie de
prévisions pour permettre aux institutions privées de planifier
leur budget. Ce n'est absolument pas, M. le Président, une demande de
fonds puisés à même le fonds consolidé du
revenu.
M. Chevrette: M. le Président...
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Oui, M. le
député.
M. Chevrette: ...je suis content que vous ayez posé la
question: «C'est-u» à même les crédits
votés? La réponse a été très
spontanée. Il dit: Non. Dans la loi constitutive, dans la loi de l'Acte
de l'Amérique du Nord britannique, il n'est pas dit que c'est pour des
crédits pour l'année en cours ou subséquente. Ça
engage des crédits? Oui. Que tu lies... Que ce soit l'année
prochaine ou dans deux ans, tu lies le pouvoir exécutif sur des
crédits que tu n'as pas au moment où tu le fais. Donc, ça
demande la recommandation du lieutenant-gouverneur. Ça, c'est clair, M.
le Président.
On peut passer la nuit là-dessus, mais moi, je demeure convaincu
que dès que tu engages le futur par rapport à la situation
présente, tu engages des deniers additionnels. Que tu appelles ça
modifier la base ou pas, tu engages des crédits additionnels, M. le
Président, et, à ce moment-là, à mon point de vue,
en vertu de l'article 54, c'est d'une clarté, c'est d'une
limpidité.
On a fouillé dans les crédits. Il n'y a rien
d'additionnel. Puis même plus que ça, M. le Président,
ça va devenir des crédits permanents, cette histoire-là.
C'est ça en plus. Si ça devient des crédits permanents,
à plus forte raison, on doit avoir une recommandation du
lieutenant-gouverneur en conseil, parce qu'on lie pour des décennies
potentiellement le pouvoir executif. Et le lieutenant-gouverneur en conseil
n'aurait pas recommandé cela? M. le Président, ce n'est pas que
je m'enfarge dans les fleurs du tapis, là. Le lieutenant-gouverneur en
conseil, moi, ça ne me fatigue pas trop, moi, dans mon système
à moi, puis il reste que tant qu'on est dans un régime, et puis
il y en a qui ont voulu se complaire dedans, eh bien qu'ils le respectent.
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, j'ai entendu les
représentations des deux leaders et je vais délibérer
quelques minutes ou le temps qu'il faut avant de vous revenir pour ma
décision.
(Suspension de la séance à 3 h 35)
(Reprise à 4 h 6)
Le Vice-Président (M. Lefebvre): Alors, Mmes et MM. les
députés, s'il vous plaît! Je vous demanderais de regagner
vos banquettes.
Décision du président
J'ai pris en délibéré la question suivante: M. le
leader de l'Opposition officielle prétend que Mme la ministre de
l'Éducation aurait dû ou devrait donner lecture: «Informer
la Chambre que M. le lieutenant-gouverneur a pris connaissance du projet de loi
141 et qu'il en recommande l'adoption».
Cette prescription, comme on le sait, apparaît à l'article
54 de la Constitution de 1867 qui se lit comme suit: «II ne sera pas
loisible à la Chambre des communes - et, à l'article 90, on
indique que ce qui s'applique à la Chambre des communes s'applique
également aux Législatures des différences provinces -
d'adopter quelque motion, résolution, adresse ou bill pour l'affectation
d'une partie du revenu public ou d'une taxe ou d'un impôt à un
projet non préalablement recommandé a la Chambre par un message
du gouverneur général dans la session pendant laquelle une telle
motion, résolution, adresse ou un tel bill est
proposé.»
A partir de la lecture de l'article 147, tel qu'amendé en
commission parlementaire, et des explications fournies par M. le leader adjoint
du gouvernement, la présidence s'estime justifiée de croire que
les dispositions de l'article 147 du projet de loi 141 ne constituent pas une
affectation de crédits nécessitant la recommandation prescrite
à l'article 154 de la Constitution de 1867.
De plus, j'ajouterai que l'amendement porté à l'article
147 l'a été correctement en commission parlementaire. La
présidence doit donc présumer que la procédure qui a
conduit à l'adoption de l'amendement à l'article 147 l'a
été conformément à l'article 192. S'il persiste,
cependant, le moindre doute dans l'esprit de l'auteur du projet de loi, Mme la
ministre de l'Éducation, et pour éviter toute possibilité
d'irrégularité, j'indiquerai à Mme la ministre qu'elle
peut, à tout moment avant l'adoption du projet de loi 141, faire part
à l'Assemblée de la recommandation du lieutenant-gouverneur.
Alors, je suis prêt à entendre M. le leader de l'Opposition
officielle qui m'avait indiqué vouloir intervenir. Mme la ministre.
Alors, avant que je ne prenne en délibéré la
décision que je viens de rendre, j'avais reconnu un intervenant du
côté de l'Opposition officielle. Alors, je comprends qu'il n'y a
pas d'intervenant du côté de l'Opposition officielle. Mme la
ministre, je vous invite à procéder à votre
réplique.
Mme Lucienne Robillard (réplique)
Mme Robillard: Merci, M. le Président. Quand j'ai
écouté les gens de l'Opposition sur le projet de loi 141 et, de
façon particulière, le critique de l'Opposition en matière
d'éducation, le député d'Abitibi-Ouest, il y a deux
éléments qu'il ramenait constamment contre le projet de loi 141.
(4 h 10)
Le premier élément, c'était à l'effet que,
quand nous avons déposé le projet de loi 141, nous avions un
langage affairiste, a-t-il dit, et nous avons dû changer l'ensemble du
projet de loi. Alors, il a dit que ce langage affairiste ressemblait à
ce gouvernement. Le deuxième élément qu'il soulignait,
c'était la question du financement des 13 700 000 $ sur deux ans, disant
qu'en accordant 13 700 000 $ le gouvernement donnait une gifle au secteur
public et, en plus, il prétendait qu'il était tout à fait
faux que le Parti québécois était contre l'école
privée.
M. le Président, quant au premier élément du
langage affairiste, il est vrai que, lors du dépôt du projet de
loi 141, les juristes avaient utilisé l'expression
«exploiter» pour tenir un établissement privé, tel
que les linguistes l'avaient suggéré. Mais je voudrais rappeler
au député d'Abitibi-Ouest qu'en commission parlementaire,
à l'étude article par article, alors que nous avions
déposé des amendements pour changer cette terminologie, pour
changer ce vocabulaire, étant donné que l'ensemble des
institutions d'enseignement privé avaient réagi très
négativement à ce terme, nous avions déposé des
amendements pour changer le mot «exploiter» par
«tenir», eh bien, la députée de Chicoutimi a
commencé à faire un long plaidoyer pour que nous maintenions le
mot «exploiter», disant que c'était le terme exact en langue
française. Alors, j'aimerais bien le rappeler au collègue
d'Abitibi-Ouest, que, dans ses propres rangs, la députée de
Chicoutimi voulait maintenir ce terme et que, comme gouvernement, nous avons
déposé des amendements pour satisfaire les dirigeants de
l'enseignement privé.
Le deuxième élément, c'est la question du
financement qu'on accorde à l'enseignement privé. M. le
député d'Abitibi-Ouest disait: Ce n'est pas vrai que ces gens
d'en face, les gens du gouvernement croient au système public. Mais je
pense qu'il faut rétablir les faits, M. le Président, très
clairement. S'il y a quelqu'un ici qui a participé à tout le
développement du système public au Québec, c'est bien le
Parti libéral, et qu'à l'heure actuelle nous accordons
au-delà de 9 000 000 000 $ de fonds publics pour le système
public. Que faut-il de plus, M. le Président?
M. le député d'Abitibi-Ouest a beau dire qu'il n'est pas
mesquin, mais il faut dire les choses clairement. Que le Parti
québécois soit contre le système des écoles
privées, qu'il le dise. Je suis prête à respecter cette
idée-là. Ce n'est pas la valeur des membres du gouvernement. Mais
si c'est la valeur des membres du Parti québécois, qu'ils le
disent très clairement. Ils nous l'ont prouvé, M. le
Président. En 1981, ils ont changé la Loi sur l'enseignement
privé, ils ont fait un moratoire sur les écoles privées,
ils ont diminué le financement et, en plus, vous savez ce qu'ils ont
fait? Les membres de la Commission consultative de l'enseignement privé,
cette Commission consultative qui conseille le ministre pour tout ce qui touche
l'enseignement privé, ils ont nommé comme membres de cette
Commission des gens du réseau public. Quel était donc le message?
C'était le message qu'on ne croyait pas à l'enseignement
privé. Et, encore une fois, c'est la même attitude. Dans le
programme du Parti québécois, on veut encore faire un moratoire,
on veut revoir le financement. M. le Président, il s'agit très
clairement de le dire, si les membres du Parti québécois ne sont
pas en accord avec les établissements privés, qu'ils le disent
très clairement, qu'ils le disent à la population aussi.
La solution qu'ils apportent n'est pas réaliste.
Premièrement, au niveau des idées, ce n'est pas réaliste,
ça ne rejoint pas du tout le désir de la population qui veut
conserver son réseau d'enseignement privé et,
deuxièmement, ce n'est pas réaliste au plan des impacts
financiers. Ça veut dire que, si on transformait tous ces
établissements privés en établissements publics, ce serait
240 000 000 $ de plus pour l'État. Je ne peux pas croire, M. le
Président, que la solution qui est avancée par ce gouvernement
n'est pas la solution la plus réaliste, la plus pragmatique pour
permettre la survie de ce réseau d'enseignement si dynamique.
M. le Président, par mesure de précaution, je vous dis
donc que l'honorable lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce projet de
loi et qu'il en recommande l'adoption par l'Assemblée.
Merci, M. le Président.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Merci, Mme la ministre
de l'Enseignement supérieur et de la Science.
Le projet de loi 141, Loi sur l'enseignement privé, est-il
adopté?
M. Chevrette: Division.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté sur
division. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bélisle: Article 19, M. le Président.
Projet de loi 30
Prise en considération du rapport de la
commission qui en a fait l'étude
détaillée
et des amendements du ministre
Le Vice-Président (M. Bissonnet): L'article 19. À
l'article 19, l'Assemblée prend en considération le rapport de la
commission des affaires sociales sur le projet de loi 30, Loi modifiant la Loi
sur les régimes complémentaires de retraite, ainsi que les
amendements transmis en vertu de l'article 252 du règlement par M. le
ministre de la Main-d'oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la
Formation professionnelle. Ces amendements sont déclarés
receva-bles.
Y a-t-il des interventions sur ce rapport ainsi que sur ces
amendements?
Une voix: Non, M. le Président. M. Chevrette: M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le leader adjoint de
l'Opposition.
M. Chevrette: Mme la députée de Maison-neuve
réserve ses propos pour la troisième lecture, demain.
M. Bélisle: M. le ministre également. Mise aux
voix des amendements
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Très bien. Alors,
les amendements proposés par M. le ministre de la Main-d'oeuvre, de la
Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle sont-ils
adoptés?
M. Chevrette: Oui. Des voix: Adopté.
Adoption du rapport amendé
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. Le
rapport, tel qu'amendé, de la commission des affaires sociales portant
sur le projet de loi 30, Loi modifiant la Loi sur les régimes
complémentaires de retraite, est-il adopté?
M. Chevrette: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Bélisle: L'article 50, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Est-ce que je pourrais
avoir un feuilleton, s'il vous plaît?
À l'article 50, M. le député de Montmagny-L'Islet
propose l'adoption du principe du projet de loi 214, Loi concernant la
municipalité de Saint-Jean-Port-Joli.
Projet de loi 214 Adoption du principe et
adoption
M. Bélisle: Si vous me permettez, pour l'article 50,
c'est-à-dire relativement au projet de loi d'intérêt
privé 214, je pense qu'il y a consentement avec l'Opposition pour
procéder conjointement à l'étape de l'adoption du principe
et de l'adoption en vertu de l'article 268 de notre règlement.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): En vertu du
règlement, on passe à l'adoption du principe et, après, on
vient à l'adoption. Ça, il n'y a pas de problème.
Alors, est-ce que l'adoption du principe est adoptée?
M. Chevrette: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. M. le
député de Montmagny-L'lslet propose l'adoption du projet de loi
214, Loi concernant la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli.
Le projet de loi 214, Loi concernant la municipalité de
Saint-Jean-Port-Joli, est-il adopté?
M. Chevrette: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Bélisle: L'article 51, M. le Président.
Projet de loi 217 Adoption du principe et
adoption
Le Vice-Président (M. Bissonnet): à l'article 51,
m. le député de saint-louis propose l'adoption du principe du
projet de loi 217, loi concernant consolidated bowling ltd. est-ce que la
proposition de m. le député de saint-louis proposant l'adoption
du principe du projet de loi 217 est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le
député de Saint-Louis propose l'adoption du projet de loi 217,
Loi concernant Consolidated Bowling Ltd.
Est-ce que la motion du député de Saint-Louis est
adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. Donc, le
projet de loi 217 est adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bélisle: L'article 52, M. le Président.
Projet de loi 218 Adoption du principe et
adoption
Le Vice-Président (M. Bissonnet): À l'article 52,
mme la députée de saint-henri propose l'adoption du principe du
projet de loi 218, loi concernant club de curling de montréal ouest
inc.
Est-ce que la motion de Mme la députée de Saint-Henri
proposant l'adoption du principe du projet de loi 218 est adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Mme la
députée de Saint-Henri propose l'adoption du projet de loi 218,
Loi concernant Club de curling de Montréal Ouest inc.
Est-ce que la motion de Mme la députée est
adoptée?
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. Donc, le
projet de loi 218 est adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Bélisle: L'article 53, M. le Président.
Projet de loi 225 Adoption du principe et adoption le
vice-président (m. bissonnet): à l'article 53, m. le
député de lévis propose l'adoption du principe du projet
de loi 225, loi concernant restaurant belle-ville inc.
Est-ce que la motion du député de Lévis proposant
l'adoption du principe du projet de loi 225 est adoptée?
M. Chevrette: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le
député de Lévis propose l'adoption du projet de loi 225,
Loi concernant Restaurant Belle-Ville inc.
Le projet de loi 225 est-il adopté? (4 h 20)
Des voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Adopté. M. le
leader du gouvernement.
M. Chevrette: Une seconde. Avec la permission du leader...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): M. le leader de
l'Opposition officielle.
M. Chevrette: II peut le présenter lui-même. C'est
qu'on a une interrogation. Allez-y.
Une voix: Allez-y.
M. Chevrette: Sur l'adoption de la loi 30, du rapport, j'ai cru
comprendre, M. le Président, que vous avez dit: Un rapport, tel
qu'amendé, sans demander le vote sur les amendements. Pour fins des
écritures...
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Les amendements
proposés par M. le ministre de la Main-d'oeuvre, de la
Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle sont-ils
adoptés?
Une voix: Adopté.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): On a dit
«adopté».
Des voix: Ha, ha, ha!
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Si vous voulez qu'on
regarde le... on peut...
M. Chevrette: Non, non, c'est possible. C'est que je ne l'ai pas
saisi de même. J'avais eu une interrogation, c'est tout.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Non, mais,
écoutez, M. le député, je crois que nous l'avons fait
comme ça. S'il y a lieu de corriger, nous le ferons. Alors, M. le leader
adjoint du gouvernement. m. bélisle: m. le président, ayant
épuisé notre agenda, je fais motion pour ajourner nos travaux
à aujourd'hui, vendredi 18 décembre, à 10 heures.
Le Vice-Président (M. Bissonnet): Est-ce que cette motion
d'ajournement est adoptée?
Des voix: Adopté. le vice-président (m. bissonnet):
adopté. donc, les travaux de cette assemblée sont ajournés
à ce matin, le 18 décembre, à 10 heures.
(Fin de la séance à 4 h 21)