(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bonjour
à toutes, bonjour à tous. Nous allons débuter nos travaux.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclaration de
députés. Je vous invite à prendre place, collègues, nous allons débuter nos
travaux. Et je dis bonjour aussi à celles et ceux qui sont parmi nous dans les
tribunes.
Alors, dans
un premier temps, je reconnais, pour la première déclaration, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Souligner le succès de la Guignolée des médias de
Drummondville
M. Sébastien Schneeberger
M. Schneeberger : Merci,
M. le Président. Alors, aujourd'hui, je suis très fier de souligner le succès
remarquable de la 25e édition de la Guignolée des médias à
Drummondville.
Les automobilistes et citoyens de notre région
ont une fois de plus démontré une générosité exceptionnelle. Un montant de
43 418 $ a été amassé, au-delà des objectifs de 40 000 $.
Grâce à ce geste de solidarité, les fonds seront
répartis à parts égales entre le Comptoir alimentaire Drummond et La Fondation
de la Tablée populaire, contribuant directement à l'aide alimentaire, aux
paniers de Noël et aux boîtes à lunch pour les enfants dans le besoin.
Je tiens à
saluer l'engagement des centaines de bénévoles, des médias régionaux, des
entreprises et de la population. Chacun
d'entre eux a joué un rôle essentiel pour faire de cette journée un succès. Cet
élan de générosité témoigne de la solidarité qui anime Drummondville et
rappelle à quel point la communauté peut faire une différence. Merci à tous et
à toutes.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Et la parole revient maintenant à Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Rendre hommage au Dr Matthew Donlan
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Je suis fière, aujourd'hui, de souligner aujourd'hui la contribution
exceptionnelle d'un résident de Notre-Dame-de-Grâce, soit le pédiatre
Dr Matthew Donlan, qui est le directeur des soins ambulatoires de L'Hôpital de Montréal pour enfants, à
Notre-Dame-de-Grâce, qui est ici avec nous dans nos tribunes.
En 2022, il a décidé de s'attaquer au manque
d'accès aux soins de première ligne en trouvant un pédiatre à tous les jeunes patients du CUSM ayant besoin d'un
suivi particulier et qui n'ont pas de médecin de famille. C'est ainsi qu'il a
développé un réseau québécois de pédiatres communautaire afin de s'assurer que
chaque bébé et chaque enfant qui avait besoin d'un suivi spécialisé
l'obtienne.
Son projet de pédiatres communautaire est un
franc succès. Plus de 3 500 enfants à travers le Québec ont été
redirigés vers un pédiatre de leur région.
Avec cette
excellente initiative, vous contribuez définitivement à l'amélioration de notre
système de santé. Vous êtes vraiment une fierté, Dr Donlan. Merci
et bravo!
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et merci à vous, cher docteur.
Prochaine intervention, je reconnais maintenant
M. le député de Granby.
Souligner le 40e anniversaire du Centre d'aide aux
entreprises Haute-Yamaska et région
M. François Bonnardel
M. Bonnardel : Merci,
M. le Président. Cette année marque le 40e anniversaire du Centre d'aide
aux entreprises de la Haute-Yamaska et région.
Depuis 1984, le CAE accompagne les entrepreneurs
de chez nous en offrant du soutien technique, de l'expertise-conseil et des
solutions de financement adaptées aux réalités des petites et moyennes
entreprises. Par son approche de proximité,
l'organisme contribue directement à la vitalité de notre économie locale. Avec
les années, cela a représenté plus de 1 000 entreprises
locales financées, plus de 65 millions de dollars investis et plus de
10 000 emplois créés ou maintenus dans la région. C'est majeur.
Je
tiens à souligner le dévouement de leur DG, Isabelle Brochu, de toute l'équipe
du CAE Haute-Yamaska et région, ainsi que de son conseil d'administration, qui
travaillent avec passion et font une réelle différence dans la vie de nos
entreprises et notre communauté.
Félicitations pour
vos 40 ans et merci pour votre contribution essentielle au développement
économique de notre région. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Granby. Et je cède maintenant la parole à M. le député
de Maurice-Richard.
Souligner la Journée
internationale des droits humains
M. Haroun Bouazzi
M. Bouazzi :
M. le Président, le 10 décembre, hier, était la Journée internationale
des droits humains, et je veux rendre aujourd'hui hommage à notre charte
québécoise des droits et libertés que nous avons adoptée il y a 50 ans,
quatre ans avant le fédéral.
Nous en sommes fiers,
car elle est le résultat d'années de consultations et elle a été adoptée à
l'unanimité. Nous en sommes fiers aussi parce que nous avons été les premiers à
y intégrer la discrimination sur la base de l'orientation sexuelle, en 1977, dans
toute l'Amérique du Nord.
Malheureusement,
depuis l'arrivée de la CAQ, elle est en danger. Des concepts nobles comme la
laïcité, la défense du français, l'intégration sont instrumentalisés pour
attaquer de front les droits des Québécoises et Québécois. Aujourd'hui, alors qu'il y a une montée des
régimes autoritaires, ça va encore plus loin, avec le projet de constitution,
qui va la rendre inopérante face à l'arbitraire d'une majorité
parlementaire.
Ce n'est pas notre
histoire. Ce n'est pas qui nous sommes. Ce n'est surtout pas ce que nous devons
devenir. Nous résisterons.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Maurice-Richard. Et je
reconnais maintenant Mme la députée de Duplessis.
Souligner le 50e anniversaire
du Club Optimiste de Sept-Îles
Mme Kateri Champagne
Jourdain
Mme Champagne Jourdain : «Kuei», M. le Président. C'est avec fierté que je
souligne aujourd'hui le 50e anniversaire
du Club Optimiste de Sept-Îles, un pilier de générosité et d'engagement sur notre
Côte-Nord. Depuis un demi-siècle, le
club pose des gestes concrets qui transforment la vie de nos jeunes, du
programme Sécurité Tapis Rouge, pour les finissants, au projet réalisé avec le
CLSC qui permet chaque année d'offrir des milliers de dollars en matériel
scolaire, vêtements ou équipements sportifs aux enfants dans le besoin.
L'initiative du Noël
de l'Espoir, qui mobilise toute la communauté autour d'un sapin rempli de
souhaits d'enfants, témoigne de ce que Sept-Îles a de plus beau : son
grand coeur, solidaire et profondément humain. À cela s'ajoute le soutien aux écoles, aux scouts, aux groupes musicaux, aux
activités sportives, ainsi que des investissements majeurs, comme les
40 000 $ consacrés récemment à la nouvelle pédiatrie.
En 50 ans, ce
sont près de 4 millions de dollars qui ont été réinvestis dans la
jeunesse de Sept-Îles.
Merci pour votre
engagement inspirant. Bravo et longue vie au Club Optimiste de Sept-Îles!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Duplessis. La prochaine
déclaration revient à M. le député de Vanier-Les Rivières.
Saluer le travail des
organismes d'aide alimentaire de
la circonscription de Vanier-Les Rivières
M. Mario Asselin
M. Asselin : Merci, M.
le Président. Avec les fêtes qui
approchent, je tiens, aujourd'hui, à saluer l'engagement et remercier les organismes de
Vanier-Les Rivières qui offrent de l'aide alimentaire avec les
paniers Noël et les frigos-partage.
Dans mon comté, nous
avons la chance d'avoir quatre de ces frigos communautaires, tous parrainés par
des organismes bien implantés qui font une réelle différence dans la vie de nos
concitoyens.
J'ai pu, au cours des
derniers jours, y contribuer personnellement, alors que mon équipe et moi avons
cuisiné des muffins, distribués ensuite dans
ces quatre frigos. Je vous invite, si vous le pouvez, à donner généreusement
dans ces frigos-partage afin d'offrir un répit à ceux qui en ont le plus
besoin.
Merci à tous les
organismes dédiés à l'aide alimentaire dans Vanier-Les Rivières :
Solidarité Familles et ses partenaires, l'Armée du Salut, La Butineuse
Vanier, La Ruche Vanier, Amélie et Frédérick, La Bouchée généreuse.
Vous apportez du
support à notre collectivité. Je vous souhaite de joyeuses fêtes.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Vanier-Les Rivières.
Et je reconnais maintenant M. le député de Saint-Jérôme.
Remercier les organismes
communautaires et les bénévoles
de la circonscription de Saint-Jérôme
M. Youri Chassin
M. Chassin : Quand décembre revient, quand les étoiles brillent sur nos
balcons, que la parenté se réchauffe de
musique et de festins, ce n'est pas le cas pour tous nos voisins, mais, les
paniers Optimiste, remplis de joie, de denrées par l'équipe de Soucy, avec leur
entrain, les bénévoles du centre d'action, les petits, les grands frères, les
grandes soeurs, la Maison Pause-Parent, la guignolée, au coin de ma rue,
en pédiatrie sociale, La Hutte, qui remet tant de fois le pied à l'étrier, elle est trop longue, la liste
d'organismes jérômiens qui rassemblent les générosités, égaient les coeurs,
distribuent les cadeaux, raccompagnent, livrent les repas, visitent en
toute amitié.
À toutes et à tous,
je vous remercie du fond du coeur. Vous êtes la magie des fêtes, celle qui
réside dans les valeurs de partage et d'entraide qui font de nous des êtres
humains, profondément humains.
Décembre revient, le
mois le plus chaleureux grâce à vous. Joyeuses fêtes!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Saint-Jérôme. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Berthier.
Rendre hommage à Mme Audrey
Boisjoly
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx :
Merci, M. le Président. Immense plaisir, aujourd'hui, de souligner le
leadership remarquable de la mairesse de Saint-Félix-de-Valois, Audrey
Boisjoly.
Depuis ton entrée en
fonction, Audrey, tu te distingues par une énergie qui est contagieuse, une
vision qui est totalement assumée et un engagement profond envers ta
communauté. Sous ta gouverne, Saint-Félix a su consolider son dynamisme économique tout en préservant ce qui
fait sa force : la qualité de vie, l'esprit de solidarité, la proximité
humaine que tu as. Tu as piloté avec
détermination des dossiers qui sont essentiels, qu'on parle de développement
durable, d'accès aux services, de ton soutien indéfectible aux familles,
toujours en plaçant tes citoyens au coeur de tes décisions.
Grand prix cette
année, élue par la SHQ pour ton engagement, reconnue par la Société
d'habitation du Québec.
Audrey, tu as été la
plus jeune mairesse élue de toute l'histoire du Québec. C'est un grand honneur
de pouvoir travailler et partager avec toi.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Berthier. Et la parole
revient maintenant à Mme la députée de Hull.
Souligner le 66e anniversaire
du Corps de cadets 2644 Régiment de Hull
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay : Merci, M. le Président.
C'est avec une grande fierté que je prends la parole, aujourd'hui, pour
souligner plus de 65 ans d'existence du Corps de cadets 2644 du
Régiment de Hull, une institution qui fait partie de notre histoire.
Depuis toutes ces
années, le corps de cadets offre aux jeunes un environnement stimulant où ils
peuvent se dépasser, développer leur
leadership et leur esprit d'équipe, et apprendre à travailler ensemble tout en
découvrant leurs forces. Chaque
activité, chaque défi, chaque expérience contribue à former des citoyennes et
des citoyens confiants, responsables et fiers de s'investir dans leur
communauté.
Le
succès du Corps de cadets 2644 repose sur l'engagement passionné de ses
commandants, cadets-commandants, officiers
et bénévoles. Grâce à leur dévouement au fil des années, le corps de cadets
s'est imposé comme le principal groupe de jeunesse en Outaouais, offrant
aux jeunes des expériences riches, formatrices et mémorables.
Merci à toutes ces
personnes qui, par leur temps et leur énergie, rendent le Corps de
cadets 2644 exceptionnel. Votre implication inspire les jeunes et assure
la continuité de cette belle tradition.
Félicitations et
longue vie au Corps de cadets 2644!
• (9 h 50) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Hull. Et la prochaine
déclaration revient à Mme la députée de Roberval.
Rendre hommage à M. Louis
Arcand
Mme Nancy Guillemette
Mme Guillemette : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je souligne le parcours professionnel de M. Louis Arcand,
une figure incontournable de notre paysage radiophonique, qui prendra sa
retraite après 44 ans de carrière.
Il débute son parcours à
La Tuque. Il arrive à CHRL Roberval en 1981, où il deviendra rapidement la
voix matinale de la région. Il est nommé «morning man», un rôle qu'il occupera
avec professionnalisme et chaleur, qui ont marqué des générations d'auditeurs.
Son leadership l'amène aussi à diriger
l'ensemble des radios de la région. Sa carrière le mène aussi à Saguenay, où il anime l'émission matinale de KYK FM,
partageant son énergie, sa passion pour l'actualité avec l'ensemble de la région
du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
M. Arcand a été un mentor et a propulsé de
nombreux animateurs, rappelant sans cesse que la radio, c'est avant tout un
média de proximité et un lien essentiel avec la communauté.
Le
19 décembre prochain sera sa dernière émission matinale, mais il restera
avec nous pour porter sa voix et ses opinions en restant chroniqueur.
Alors, aujourd'hui, il tourne une page
importante, et je tiens à le remercier, à le féliciter. Merci, M. Arcand.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Roberval. Et je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Labelle.
Souligner le succès de la Coupe du monde Tremblant ainsi
que
les performances des athlètes québécoises et canadiennes
Mme Chantale Jeannotte
Mme Jeannotte : Plus de
12 000 amateurs de ski se sont déplacés pour encourager les
meilleures skieuses de la planète, le week-end
dernier, à Mont-Tremblant. La Coupe du monde des femmes en slalom géant a été
diffusée dans plus de 30 pays et
vue par plus de 40 millions de téléspectateurs à travers le monde, une
vitrine exceptionnelle pour les Laurentides
et pour tout le Québec. J'ai remercié la Fédération internationale de ski et
Alpine Canada pour leur appui, et j'ai félicité le comité organisateur,
tout le personnel de la station et, bien sûr, nos nombreux bénévoles pour leur
travail exceptionnel.
Et que dire de la performance éblouissante de
notre championne locale, Valérie Grenier, du Club de ski Mont-Tremblant, qui est monté sur le podium en prenant
la troisième place, samedi. Il faut du talent mais beaucoup de travail, de détermination
et de résilience pour atteindre un tel niveau d'excellence.
Je salue le courage et la détermination de ces
athlètes formidables. Nos skieuses canadiennes et québécoises sont des modèles
pour tous nos jeunes. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Labelle.
Avant de terminer, j'en profite pour faire un
petit rappel à tous les collègues que les déclarations sont d'un maximum d'une
minute. Merci de respecter le délai imparti à ces déclarations.
Alors, voilà qui complète la rubrique Déclarations
de députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
(Reprise à 10 h 07)
La
Présidente : Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs,
bienvenue chez vous. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Des
voix : ...
La Présidente : Alors, veuillez vous
asseoir, chers collègues.
Présence de M. Janvier Grondin, ex-parlementaire
de l'Assemblée nationale
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de souligner la
présence, dans les tribunes, de M. Janvier Grondin, ancien député de Beauce-Nord.
Et nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement. C'est vous, ça,
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bien
oui, bien oui. Écoutez, Mme la Présidente, je vous souhaite le bonjour, Mme la
Présidente. Et je vous demanderais d'appeler l'article a du feuilleton,
s'il vous plaît.
Projet de loi n° 12
La
Présidente : À l'article a du feuilleton, Mme la ministre de la
Famille présente le projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par
les personnes reconnues à titre de responsables d'un service de garde
éducatif en communauté. Mme la ministre.
Mme Kateri Champagne
Jourdain
Mme Champagne
Jourdain : Mme la Présidente, ce projet de loi vise principalement à
instituer la prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsables d'un
service de garde éducatif en communauté.
À cet effet, le
projet de loi ajuste les règles applicables aux personnes responsables d'un
service de garde éducatif selon qu'elles exercent en milieu familial ou en
communauté ou selon que ces règles sont communes aux deux types de personnes responsables. Il ajuste de même
le nom, le rôle et les responsabilités des bureaux coordonnateurs de la garde
éducative en milieu familial, qui deviennent des bureaux coordonnateurs de la
garde éducative en milieu familial et en communauté.
• (10 h 10) •
Le projet de loi
établit les conditions à respecter pour qu'une personne physique, travailleuse
autonome, puisse être reconnue à titre de responsable d'un service de garde
éducatif en communauté par un bureau coordonnateur dans un emplacement autre
qu'une résidence privée. Il prévoit que la reconnaissance d'une telle personne
lui permet de fournir des services de garde seule, avec une personne qui
l'assiste ou en collaboration avec une autre personne ainsi reconnue et fixe le
nombre maximal d'enfants à qui il lui est permis de fournir des services de
garde, selon la situation applicable.
Le
projet de loi prévoit en outre que deux personnes responsables d'un service de
garde éducatif en communauté peuvent être reconnues dans un même
emplacement dans la mesure où elles concluent une entente de collaboration. Il
précise que, dans cette situation, l'entente de services de garde qui les lie à
un parent doit notamment indiquer laquelle de ces personnes est, à l'égard d'un
enfant en particulier, la responsable principale.
Le projet de loi
permet au gouvernement de prendre diverses mesures par règlement en vue
d'assurer la mise en oeuvre du nouveau mode de prestation des services de garde
éducatifs, notamment pour déterminer les conditions selon lesquelles un bureau coordonnateur peut reconnaître plus de deux
responsables d'un service de garde éducatif en communauté pour fournir
des services de garde alternativement dans un même emplacement.
De plus, le projet de
loi interdit à une personne responsable d'un service de garde éducatif en
communauté exerçant en collaboration avec une autre personne de tolérer de
cette dernière des mesures dégradantes ou abusives ou d'autres types de
comportements inappropriés envers les enfants. Il confère par ailleurs à un
bureau coordonnateur le pouvoir d'ordonner l'évacuation d'un emplacement où
sont fournis des services de garde par une personne responsable d'un service de garde éducatif en communauté
lorsqu'il a des motifs raisonnables de croire à une atteinte grave à la santé, à la sécurité ou au bien-être des enfants reçus et
prévoit les sanctions applicables en cas de contravention aux dispositions
de l'ordonnance.
Par ailleurs, le
projet de loi prévoit que le régime de représentation collective et de
négociation d'ententes collectives
applicable aux personnes responsables d'un service de garde éducatif en milieu
familial, à titre de travailleuses autonomes, s'applique également aux
personnes responsables d'un service de garde éducatif en communauté.
Enfin, le projet de
loi attribue au ministre de la Famille le pouvoir de prolonger, s'il l'estime
nécessaire, la durée du Projet pilote de responsables d'un service de garde
éducatif en communauté et en entreprise et prévoit des dispositions encadrant la transition entre ce projet pilote et le
nouveau mode de prestation de services de garde prévu par le projet de
loi. Merci.
La
Présidente : Et est-ce que... Oui, Mme la leader de l'opposition
officielle, je vous écoute.
Mme Setlakwe :
Oui, Mme la Présidente, nous souhaitons des consultations particulières sur ce
projet de loi.
Mise aux voix
La
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Adopté.
Il
n'y a pas de dépôt de documents.
Il
n'y a pas de dépôt de rapports de commissions ni de dépôt de pétitions.
Il
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Je
vous avise qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le
vote reporté sur l'adoption du projet de loi n° 14.
Et
j'ai été avisée qu'après la période des questions et réponses orales il
pourrait y avoir un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
Questions
et réponses orales
Nous
en sommes donc maintenant rendus à la période de questions et de réponses
orales, et, pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef
de l'opposition officielle.
Électricité disponible
pour de nouveaux projets industriels
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, hier, le premier ministre et sa ministre
de l'Économie ont par sept reprises refusé de dire combien de mégawatts étaient
disponibles pour les projets économiques. En s'obstinant à refuser de dévoiler ces chiffres-là, le premier ministre a
essentiellement admis que, des mégawatts, il n'y en a presque plus. Et ça, pas
besoin de faire un long calcul, là. Ça, c'est le résultat de sa stratégie, de
la stratégie du gouvernement de la CAQ, qui a arrêté des projets de
développement énergétique, qui a vendu de l'électricité aux États-Unis et qui
aujourd'hui se retrouve dans une position où il doit l'importer à gros prix.
Le
problème avec ça, c'est que la vision industrielle du premier ministre, qu'il
nous a présentée il y a deux semaines, ça aussi à gros prix, bien, elle
repose sur l'industrie de la défense, sur l'industrie de l'aéronautique et sur
les centres de données, des industries, là, qui sont extrêmement énergivores.
Ça, ça ne marche juste pas. Il va falloir qu'il nous dise, à un moment donné, où il va trouver l'énergie pour
ces projets-là, parce que c'est bien beau, de dire qu'il va y avoir de l'énergie
dans trois ans, dans quatre ans, mais, retarder des projets d'un, deux, trois
ans, là, il y a beaucoup d'entreprises qui ne peuvent pas se permettre ça.
Alors, nous, ce qu'on
veut savoir, aujourd'hui, c'est simple : Combien d'entreprises ont renoncé
à s'installer au Québec après que le
gouvernement leur a annoncé qu'il était incapable de leur fournir l'énergie à
court terme? Combien de projets on a perdus? Combien d'entreprises de
pointe on a perdues? Combien de bons emplois on a perdus?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, je pensais que le chef de l'opposition officielle
serait bon joueur, gentleman, puis nous féliciterait pour l'entente de principe
avec les médecins de famille. Mais, bon, on repassera. Maintenant, je trouve, ça prend un certain culot, Mme la
Présidente, pour dire : Il y a trop de projets d'entreprises
actuellement au Québec. Je le répète, quand on est arrivés, vous savez comment
ça m'intéresse, une des premières choses que
j'ai faites, je suis allé regarder la liste des projets au ministère de
l'Économie puis chez Investissement Québec, il y avait deux petits projets,
deux. Et on est allés en chercher plus d'une centaine, Mme la Présidente. On a
réussi à, donc, attirer des entreprises avec des emplois payants. Donc,
depuis qu'on est au pouvoir, depuis sept ans, les salaires ont augmenté
plus au Québec qu'en Ontario, que dans le reste du Canada.
Maintenant,
le chef de l'opposition officielle nous dit : Oui, bien, ce n'est pas
drôle, vous avez été tellement bons que vous avez trop de projets
économiques, actuellement. Dites-nous lesquels vous allez choisir.
Mme la Présidente,
j'aime mieux être dans une situation où on a trop de projets économiques que
d'être dans une situation, comme les
libéraux, pendant 15 ans, où on faisait moins bien que l'Ontario, moins
bien que le Canada, puis qu'on n'avait pas de projet sur la table, on
attendait.
La Présidente :
Et, M. le premier ministre, vous
avez prononcé un mot non parlementaire, je vous inviterais à le...
Une voix :
...
La
Présidente : «Culot».
Je vous inviterais à le retirer. Vous le retirez? Vous le retirez. Première
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin : Heille! ça prend du front, quand même, pour me demander de
le féliciter. Il y a 37 000 patients, dans ma région, qui ont perdu
leurs médecins depuis son projet de loi.
Mais
là, Mme la Présidente, là, le problème, ce n'est pas qu'il y a trop de projets.
Le problème, c'est qu'il n'y a pas assez d'énergie, en ce moment, et ça,
c'est de sa faute, c'est de la faute de son gouvernement. Là, il y a plusieurs entreprises, là, ce qu'ils entendent, ce qu'ils
entendent, c'est : Revenez dans deux ans, revenez dans trois ans, revenez
dans quatre ans.
Je
lui pose la question : Combien d'entreprises ont dû aller en Ontario parce
qu'il n'y avait pas d'énergie au Québec?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, je ne sais pas si vous comprenez, là, mais, imaginez-vous,
on arrive en 2018, il y a deux
projets. On va chercher 100 projets. On était, en 2018, dans une situation
où on jetait de l'électricité, le président d'Hydro-Québec me dit : On va
laisser couler l'eau sans faire d'électricité parce qu'on n'a pas de projets.
Et là il vient nous dire : C'est bien effrayant, vous avez été trop
bons, il y a trop de projets.
Mme la Présidente, ça nous permet de relancer
les travaux chez Hydro-Québec, 200 milliards de projets, c'est le plus
grand chantier de l'histoire du Québec, grâce à notre travail.
La
Présidente : Et, M. le chef de l'opposition officielle, vous
avez, vous aussi, emprunté un mot non parlementaire, je vous inviterais
de le retirer également. Merci. Poursuivez.
M. André Fortin
M. Fortin : OK. Là, là, au gouvernement, il y a des gens à
Investissement Québec, il y a des gens au ministère de l'Économie qui se
fendent en quatre pour essayer de trouver des projets économiques. C'est ça qui
s'est passé avec Volkswagen. Investissement Québec leur a dit : Venez au
Québec, on a besoin de vous autres. Et là ils arrivent vers l'énergie, il n'y en a plus, on leur dit :
Attendez deux ans, attendez trois ans. Qu'est-ce qu'ils font? Ils s'en vont en
Ontario.
La question, elle n'est pas difficile :
Combien de projets il a perdu au profit de son chum Doug Ford?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, je viens
d'entendre la meilleure joke que je n'ai pas entendue depuis longtemps. Il nous
parle de Volkswagen. Savez-vous c'est quoi,
le projet de Volkswagen? Faire des batteries pour des véhicules électriques.
Qu'il aille parler à Doug Ford, il va voir que ça ne va pas tellement bien,
comme partout dans le monde, avec les batteries
de véhicules électriques. Mais le Parti libéral, qui des fois est contre la
construction de batteries électriques, là, aujourd'hui, il est rendu qu'il pousse, il voudrait qu'on aille chercher
Volkswagen pour faire plus de batteries électriques. Je ne comprends
plus rien, Mme la Présidente.
• (10 h 20) •
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :
À ce que je sache, Volkswagen n'a pas fait faillite, c'est Northvolt qui a fait
faillite, puis ça, c'est son projet à lui. Mais là il y a les projets qui sont
discutés présentement puis il y a tous les projets qui sont en analyse
préliminaire. Là, il y a des gens qui travaillent là-dessus, là, depuis des
années, hein, des gens qui vont vouloir des réponses
du gouvernement. Tout ce qu'ils vont entendre, c'est : Revenez dans
quelques années, revenez nous voir plus tard. Ces gens-là, là, ils vont
aller voir ailleurs, ils vont aller voir en Ontario. Doug Ford, il est mort de
rire. Déjà qu'il a nos médecins, là il va avoir nos projets économiques.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bien, je suggère
au chef de l'opposition officielle, en fin de semaine, d'aller faire un petit
tour à Toronto, rencontrer Doug Ford. Il va
se rendre compte que lui aussi, il n'a plus d'électricité. Puis savez-vous ce
qu'il veut faire? Du nucléaire à 0,16 $ le kilowatt-heure. Nous, on est en
train de faire de l'éolien à 0,06 $ puis de l'hydro à 0,10 $.
Donc, bonne discussion, s'il vous plaît, avec Doug Ford en fin de semaine.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Nelligan.
Blocs
d'énergie destinés aux entreprises
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Mme la Présidente,
à entendre le premier ministre, j'ai un mot qui me vient à l'esprit, c'est «gênant». Vous le connaissez. Ça, c'est gênant.
Mme la Présidente, sur son bureau, sur son bureau, et je ne blâme pas la
ministre de l'Énergie, sur son bureau...
C'est le grand patron de l'énergie au Québec, c'est lui qui décide : X, je
lui donne, Y, je ne lui donne pas.Mme la Présidente, ce qu'on
demande aujourd'hui, là, il a le droit de choisir les gagnants et les perdants, mais qu'il soit transparent avec les Québécois. Je vais vous dire pourquoi. Parce
qu'Hydro-Québec n'appartient pas aux caquistes. C'est un patrimoine
québécois. Les 9 millions de Québécois ont le droit de le savoir, comment
il distribue l'énergie. Et, s'il veut être
beaucoup plus transparent, ça ne me dérange pas de dévoiler les autres listes
en analyse.
Mme la Présidente, ce qu'on demande aujourd'hui
au premier ministre, c'est dire la vérité, et toute la vérité aux Québécois par
rapport aux mégawatts.
La Présidente : Oui, M. le
leader du gouvernement, je vais vous écouter.
M. Jolin-Barrette :
On prend la parole des députés ici. Ce que le député insinue, hein, s'il veut
attaquer la conduite d'un député, il y a une façon de le faire...
La Présidente :
Merci, M. le leader du gouvernement. Demeurons prudents. Et la...
Des voix :
...
La Présidente :
Monsieur... S'il vous plaît! S'il vous plaît! Des deux côtés, on ne...
Des
voix : ...
La Présidente :
Monsieur... monsieur... M. le député de Nelligan. Je vous demande...
Des voix :
...
La Présidente :
Tout le monde, je suis debout. J'aimerais maintenant... On demeure respectueux.
La vérité et la bonne foi, ici, se présument.
La réponse de la
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Merci, Mme la Présidente. Ça me permet de poursuivre sur les échanges que l'on
a eus hier. Et, parlant d'hier, on a eu un point de presse avec le chef de
l'opposition, le chef parlementaire de l'opposition officielle et le député de
Nelligan, et ce qui a été dévoilé aux journalistes à cette occasion-là était
irresponsable, irresponsable, parce que ça vient donner de l'information sur
des procédés industriels qui font la compétitivité de nos entreprises, et c'était déplacé d'aller montrer ça à des
journalistes. Ça vient révéler des données confidentielles, des données qui
doivent être protégées. Et j'invite,
comme on s'en est parlé d'ailleurs hier, le député de Nelligan à garder les
informations qu'il a, de cette nature-là, pour lui. C'est important pour
la compétitivité des entreprises. Ce sont des projets sensibles, qui requièrent
la confidentialité, et je compte sur le parti de l'opposition officielle pour
préserver cette confidentialité.
Maintenant,
j'ajouterai que, s'il y a de l'énergie, au Québec, beaucoup d'énergie en
développement, ce n'est certainement pas à cause du Parti libéral, non plus que
les projets de développement économique.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, à part m'intimider et dire de ne pas parler aux journalistes
et à part...
Des voix :
...
La Présidente :
S'il vous plaît! Gardez le silence. Je suis debout. Monsieur... Je vous en
prie. M. le leader du gouvernement, je vais
gérer. Je vous invite à poursuivre. J'écoutais attentivement ce que disait la
ministre. Ce n'est pas gentil, mais ce n'est pas de l'intimidation, le
mot «irresponsable».
Et, cela dit, je vous
invite à poursuivre avec votre complémentaire.
M. Derraji : Alors, Mme la Présidente, ce qui est irresponsable, OK — j'ai le droit? — ce qui est irresponsable, c'est ne pas divulguer
les mégawatts octroyés. C'est qui qui a ramené le superministre? C'est le
premier ministre. Il est où, M. Pierre Fitzgibbon? Il n'est plus
là. Lui, il était transparent. Mais, Mme la Présidente, à cause de ce mauvais
gouvernement, on se ramasse avec le Dollarama de l'énergie. Avouez-le.
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Alors, Mme la Présidente, on a une autre preuve
encore que le Parti libéral n'est pas le parti de l'économie, parce que de vouloir révéler ces
données confidentielles, pour les entreprises, pour des joueurs qui oeuvrent à l'échelle internationale, qui sont dans une
compétition internationale, c'est franchement ne pas comprendre la dynamique
économique.
Et d'ailleurs on en a
eu une autre, preuve de ne pas comprendre la dynamique économique. Repensons au
parc industriel de Bécancour. Ils ont eu quatre ans pour le remplir, ce parc.
Ils ont trouvé un projet d'entreprise, une entreprise en quatre ans, pour pouvoir
s'y installer, dois-je le rappeler, une entreprise de pot. Alors, ça, c'est
l'efficacité libérale à son meilleur. Les paroles, c'est une chose. Les
actions, c'est pas mal plus parlant.
Alors, je poursuivrai
avec la seconde complémentaire.
Des
voix : ...
La Présidente :
Et vous faites tellement de bruit qu'on n'arrive pas à entendre votre propre
ministre. Deuxième complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Je ne savais pas que Pierre Fitzgibbon aussi, il était irresponsable. Il a
dévoilé en 2023 les listes, en 2024 les listes. Et je n'ai jamais cru, Mme la
ministre, qu'une discussion privée entre vous et moi...
La Présidente :
...invite, monsieur, à parler à la présidente.
M. Derraji :
Je n'ai jamais pensé qu'une discussion privée entre la ministre et moi va se
ramasser au salon rouge. Mais pas de problème. Oui, nous avons eu une
discussion hier. Oui, j'ai reçu un appel. La vidéo du «hot room», votre cabinet
a demandé de l'enlever. Je l'ai accepté.
Je répète ma
question : Allez-vous avoir le courage de dévoiler les mégawatts?
La Présidente :
Et je vous rappelle que vous vous adressez à la présidente quand vous posez
votre question, M. le député de Nelligan, vous le savez, vous avez assez
d'expérience. Mme la ministre, votre réponse.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette :
Alors, je rappelle que vous avez montré un document très confidentiel aux
journalistes qui étaient présents.
La
Présidente : Vous vous adressez à la présidence également.
Mme Fréchette : Oui. D'accord. Alors, rappelons que, pour ce qui est des projets
économiques actuels, eh bien, ce n'est pas le Parti libéral qui les a
attirés ici, qui les a générés, qui a fait en sorte que ça aille de l'avant sur
le plan économique au niveau de l'activité. C'est notre gouvernement
qui, depuis qu'on est arrivés au pouvoir, avons permis de générer, grâce à nos
efforts, des projets économiques par dizaines, de même que pour de l'attraction
de projets, et c'est ce sur quoi on travaille. Il ne faut pas compter sur le
Parti libéral pour faire ça. Ils ont eu des années pour le faire, on sait les résultats que ça a donnés. Nous, Mme la Présidente,
on travaille sur nos forces, le développement énergétique, le
développement économique, dans des secteurs compétitifs à l'échelle
internationale.
La
Présidente : En question principale, je reconnais M. le député de
Nelligan.
Blocs
d'énergie destinés aux entreprises
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, nous avons devant nous un problème majeur, avec ce
mauvais gouvernement. Souvenez-vous du Dollarama de l'énergie. Souvenez-vous de
Pierre Fitzgibbon, qui, lui, contrairement aux
caquistes, a dévoilé l'ensemble des
mégawatts octroyés à nos entreprises. Lui, il était irresponsable? C'est ce
qu'on essaie de nous dire aujourd'hui? Parce que moi, j'avais accès à
des documents et je voulais que tous les Québécois s'informent de la réalité des mégawatts et qu'ils dévoilent la liste
des entreprises qui ont reçu les mégawatts. Et c'est pour cela que je fais mon
travail, et je vais continuer à le faire. Et il n'y a personne qui va
m'arrêter, Mme la Présidente.
Et
je vais répéter ma question. Si... Si ce gouvernement n'a rien à se reprocher,
qu'il suive la méthode Fitzgibbon. Parce qu'apparemment la méthode
Fitzgibbon était irresponsable.
Pourquoi ils refusent
de divulguer les mégawatts octroyés aux industriels?
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Merci, Mme la Présidente.
Alors, je vais rappeler quelques notions de base au député de Nelligan.
Ces informations sur les mégawatts octroyés aux entreprises, ça peut révéler
des procédés industriels, des données qui sont confidentielles et qui seront
d'un grand intérêt pour les compétiteurs de ces entreprises-là. Il me semble
que c'est simple à comprendre. Donc, le fait de donner de la visibilité à ces
informations stratégiques, eh bien, ce n'est pas de contribuer au développement économique, loin de là, c'est tout le
contraire. Ça peut mettre à mal la compétitivité de plusieurs de nos
entreprises. Ça peut même créer des délits d'initié.
Alors, j'espère que
le député est conscient et que le Parti libéral est conscient de ces
risques-là, parce qu'ils sont réels. On est
dans une joute très serrée au niveau international, il faut mettre tous les
atouts que l'on a de notre côté. Et ce n'est pas en révélant aux compétiteurs
des entreprises qui font notre force économique qu'on va aider ces entreprises
à se propulser puis à nous tirer de l'avant.
Nous, on travaille dans le
respect des données qui sont confidentielles, pour les entreprises, et j'espère
que le Parti libéral va faire de même.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Pierre
Fitzgibbon, 10 novembre 2023, Attribution responsable et durable de
notre électricité — Québec
dévoile la liste des 11 projets sélectionnés pour un raccordement d'une
puissance de 5 MW et plus. La liste, elle est publique. La ministre vient aujourd'hui me dire «un délit d'initié». Est-ce
que Fitzgibbon aussi a contribué à un délit d'initié en dévoilant les
mégawatts octroyés?
• (10 h 30) •
C'est ce que j'ai dévoilé hier, la liste des
mégawatts octroyés. C'est ça que j'ai fait, j'ai fait la même chose que
Fitzgibbon. Donc, lui aussi, il est irresponsable? C'est ça, la question, Mme
la Présidente.
La Présidente : Et la réponse de la
ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui. Alors, Mme
la Présidente, le député n'a pas que dévoilé une liste avec des entreprises et
un nombre de mégawatts, il a aussi montré un document sensible avec des
informations stratégiques aux journalistes. Elle est là, le dépassement de la
limite. Ça, c'est de dévoiler... Mme la Présidente, c'est de dévoiler des
informations stratégiques. Il y a de ces entreprises qui sont cotées en bourse.
Ça peut générer des impacts.
Alors, vraiment, j'implore à nouveau le député,
tout comme le Parti libéral, à ne pas dévoiler ces informations stratégiques,
parce qu'elles sont capitales pour les entreprises, pour leur réussite dans un
monde très compétitif. Alors, nous, c'est ce qu'on fait, on travaille avec ces
entreprises-là dans le respect de leurs éléments confidentiels.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji : Mme la Présidente,
c'est drôle que Mme la ministre m'a félicité, hier, de ne pas dévoiler les mégawatts. Bien, du moment que vous évoquez une
discussion privée, on va aller jusqu'au bout. Je n'ai pas dévoilé les
mégawatts. Je les ai. Je vous ai donné l'opportunité d'être transparents avec
les...
Des voix : ...
La Présidente : S'il vous plaît! Je
vous entends, M. le ministre, je vais vous nommer. M. le député, vous vous
adressez à moi.
M. Derraji : Oui. J'ai donné
l'opportunité au gouvernement de dévoiler les mégawatts octroyés, parce que ce
n'est pas une propriété de la CAQ, c'est le patrimoine des Québécois. Alors, je
lui demande d'être transparente comme Fitzgibbon et dévoiler les mégawatts
octroyés.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Alors,
je rappelle que nous dévoilons les mégawatts octroyés quand nous avons
l'autorisation de l'entreprise pour ce faire. C'est toujours comme ça qu'on a
fonctionné. Et il n'y a pas que des mégawatts
qui ont été dévoilés hier. Je rappelle qu'il y a un document contenant des
projets stratégiques qui a été dévoilé, et ça, c'est très préjudiciable.
Alors, j'invite le député à cesser de montrer ce type d'informations aux
journalistes ou au public. Il est important que l'on préserve notre compétitivité.
Ça passe par le respect des données confidentielles des entreprises. Et
j'espère qu'on a l'appui du Parti libéral pour ce faire.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Marguerite-Bourgeoys.
Blocs d'énergie destinés aux entreprises
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la
Présidente, on le sait maintenant, là, la CAQ, elle choisit les gagnants, au
lieu de mettre en place les conditions
gagnantes pour que toutes nos PME puissent avoir une chance de gagner. Alors,
la CAQ investit des milliards en les donnant à des étrangers, donne nos
blocs d'énergie au détriment des entreprises déjà établies au Québec, majoritairement
nos PME. Même Michael Sabia l'a dit, a fait le constat suivant. La CAQ avait
favorisé les étrangers au détriment des entreprises présentes ici. Ça
prend un rebalancement. Résultat : des milliards gaspillés, Mme la
Présidente, notre marge de manoeuvre énergétique engloutie dans la filière
batterie puis pas une cent pour nos PME.
Mme la Présidente, pourquoi la CAQ ne fait
absolument rien, n'intervient même pas avec nos PME, au profit des compagnies
étrangères?
La Présidente : La réponse de la
ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Merci, Mme la
Présidente. Je... J'ai accroché sur la phrase du député, là, à l'effet qu'on
n'intervient pas auprès des PME. Pardon? Investissement Québec, 94 %,
combien de fois l'a-t-on dit ici, en Chambre, 94 % des interventions d'Investissement
Québec sont faites auprès de PME. Donc, c'est le tissu... c'est au coeur du tissu industriel et économique du Québec, et c'est
là qu'on intervient très largement, en très grande majorité. Je ne sais pas
d'où le député tire cette information qu'on n'intervient pas auprès des PME.
L'ensemble des programmes qu'on a développés au printemps dernier, c'était
essentiellement pour aider des PME, également, à traverser cette crise
tarifaire.
Et par ailleurs on a un taux de succès pas mal
plus élevé, comme on sait, que le Parti libéral, hein, de notre côté, pour les projets de plus de
20 millions, 83 % de taux de succès. Il n'y a pas eu de perte
d'argent dans 83 % de nos projets économiques. C'était 41 %
sous les libéraux et le Parti Québécois. Alors, vraiment, on a transformé
l'approche économique avec un taux de succès inégalé. Et, si on ajoute les
projets de moins de 20 millions, on tombe à 88 % de taux de succès.
Donc, on va
continuer sur cette même voie, en travaillant auprès des PME, tout comme des
grands joueurs, et en travaillant au maillage entre ces deux types
d'acteurs.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin : Mme la
Présidente, la ministre nous dit tout le temps, là : On a fait
24 000 interventions en sept ans. Bien, ça, c'est
3 400 interventions par année. On a 280 000 PME, au Québec,
c'est 1,2 % de PME que la CAQ a décidé
d'aider. Comme d'habitude, là, la CAQ, c'est des gros slogans avec peu
d'actions. Des blocs d'énergie puis des milliards gaspillés, avec la
CAQ.
Au lieu de se cacher derrière son slogan, là, la
ministre peut-tu vraiment faire de quoi?
Des voix : ...
La Présidente : Oui, M. le leader du
gouvernement, je vais vous écouter. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, le Parti libéral parle beaucoup de transparence, j'espère qu'ils
vont être transparents dans le cadre des enquêtes avec...
La Présidente : Et quel est votre rappel...
Des voix : ...
La Présidente : J'étais
debout.
Des voix : ...
La Présidente : Je suis
debout. Assoyez-vous, M. le leader du gouvernement. Assoyez-vous, c'est mon mot
au lexique. Demeurez assis et silencieux. On ne va pas là.
Maintenant, vous avez... Mme la... Je viens de
dire qu'on ne va pas là et...
Des voix : ...
La
Présidente : Non,
non, mais qu'il reste assis, je suis debout. Quand je suis debout, vous restez
assis, silencieux, les micros... on ne vous entend pas.
Maintenant,
M. le député, il vous reste cinq secondes. Attention, vous avez employé le mot
«se cacher». Veuillez le retirer, je vous prie, et poursuivre. Vous le
retirez? Poursuivez.
M. Beauchemin : ...vraiment
rien faire, parce que 1,5 %, c'est rien. Est-ce que la ministre peut
vraiment faire de quoi?
La Présidente : La réponse du
ministre délégué à l'Économie et aux Petites entreprises.
M. Samuel Poulin
M. Poulin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. On avait hâte d'avoir une question de
l'escouade de PME, parce que la semaine dernière on a déposé le projet de loi
n° 11, qui a été salué par l'ensemble du milieu économique, concernant nos
petites et moyennes entreprises. Je vous lis quelques extraits. Manufacturiers
et Exportateurs du Québec : «Un signal attendu : le Québec passe
enfin de la paperasse à la vraie réforme réglementaire.» «L'alliance touristique du Québec tient à saluer le travail du
ministre — ça,
c'est moi — pour
alléger le réglementaire, la qualité de vie des gens qui animent nos régions. Moins de paperasse.» Chambre de
commerce de Québec : «Une avancée majeure.» Le leadership, encore, du ministre. Ensuite, on a la FCEI, Mme la
Présidente, qui dit qu'«enfin le deux pour un, une première au Canada
pour alléger la paperasse de nos entreprises».
Le vrai parti des
PME, c'est nous, Mme la Présidente.
Des voix :
...
La Présidente :
Article 32. On garde le
silence. Pas de bravo, ni avant ni après. Une seule personne a le droit de parole,
il s'agit de M. le député de Marguerite-Bourgeoys. Deuxième complémentaire.
Nous vous écoutons.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin :
La CAQ courtise des compagnies étrangères, perd des milliards, abandonne
nos PME, gaspille nos surplus budgétaires, gaspille nos surplus énergétiques,
donne des blocs énergétiques de façon totalement tout croche. La CAQ n'apprend pas de ses erreurs. Ils sont aussi
brouillons maintenant qu'avant. Ils se cachent derrière des annonces
pour masquer leur terrible gestion...
Des voix :
...
La
Présidente : M. le leader, c'est beau, je vais trancher. Je vous vois
et je vous demande de vous asseoir.
Une voix :
...
La
Présidente : Et voilà.
C'est le même mot. Faites attention. Vous le retirez? Parfait. Poursuivez. Huit secondes.
M. Beauchemin : La CAQ aime mieux faire
des grosses annonces marketing au lieu de vraiment aider nos PME.
Pourquoi, Mme la Présidente? Peut-être parce que c'est plus payant
politiquement.
La
Présidente : La réponse de la ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie.
Mme Christine
Fréchette
Mme Fréchette :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, j'entends, dans le fond, que le député
et le Parti libéral sont contre l'idée qu'on
ait octroyé, par exemple, des mégawatts à Chantier Davie — eh
bien, je pense que c'est intéressant d'apprendre
ça pour la région de Lévis — à
AEM, Cap-Chat. AquaBoreal, sur la Côte-Nord, vous étiez contre ça. Vraiment, le
développement économique...
La
Présidente : Vous vous adressez à la présidente.
Mme Fréchette :
...le développement économique régional est appelé à se... à être
florissant, hein, avec une gouvernance libérale? Agnico-Eagle, Abitibi-Témiscamingue,
Hitachi Énergie, toutes des entreprises, des projets de développement
d'entreprises à qui on a octroyé des mégawatts, soit de façon conditionnelle ou
pas. Donc, s'il y a du développement énergétique et économique, on comprend que
ce n'est pas grâce...
La
Présidente : Oui, Mme la leader de l'opposition officielle, quelle est
votre...
Mme Setlakwe :
...déposé, s'il vous plaît?
La
Présidente : Écoutez...
Des voix :
...
La
Présidente : Bon, un,
je suis debout. Deux, c'est son téléphone cellulaire. Et, trois, vous l'avez
entendu.
En question
principale, je reconnais maintenant la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
On l'écoute.
Mesures
pour atténuer les effets de l'inflation
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Ça fait plusieurs semaines que je pose des
questions au premier ministre pour lui demander qu'est-ce qu'il va faire de
plus pour aider les Québécois à faire face au coût de l'épicerie et des loyers,
puis hier, enfin, il a reconnu pour la première fois qu'il n'en fait pas assez.
Pourtant, cette semaine, il a refusé une motion, d'appuyer une motion de Québec
solidaire qui a été appuyée par tous les autres partis d'opposition pour trouver des solutions pour améliorer le
pouvoir d'achat des Québécois et Québécoises et réduire le coût de l'épicerie.
D'ailleurs, je me réjouis vraiment que mes
collègues des partis d'opposition reconnaissent ce que Québec solidaire répète depuis des mois : si on ne
s'attaque pas au coût des loyers et de l'épicerie, bien, les familles, elles
n'arriveront pas à se sortir la tête de l'eau.
À l'approche du temps
des fêtes, les Québécois, ils s'attendent à ce qu'on travaille ensemble, en
collaboration, pour leur intérêts. On en a
fait, des propositions. Malheureusement, ce qu'il manque, c'est la volonté
d'agir du premier ministre. Ne pas agir, ça ne coûte pas cher uniquement
aux familles qui travaillent fort puis qui n'y arrivent pas, mais ça coûte cher
aussi collectivement, notamment au système de santé.
Le
premier ministre nous dit que c'est important, l'économie, pour lui, que c'est
un premier ministre de l'économie, qu'il
y travaille, mais comment il peut faire ça? Comment est-ce qu'il peut continuer
à être crédible si les gens n'arrivent pas à payer l'épicerie,
n'arrivent pas à payer le loyer, même s'ils travaillent à temps plein?
Qu'est-ce que le
premier ministre va faire, maintenant qu'il a reconnu que ce n'est pas assez?
Qu'est-ce qu'il va donner de plus? Qu'est-ce
qu'il va faire? Quelles solutions il propose aujourd'hui, dans le futur, pas
parler du passé, autres que le 11 $ par mois qu'il a donné aux gens
qui travaillent?
• (10 h 40) •
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, ce n'est pas 11 $ par mois qu'on a donné,
c'est 950 $ par année qu'on a donné, en moyenne, aux Québécois. Puis on en
a donné plus aux plus pauvres. Je vais lui donner quelques exemples. Les gens qui sont sur l'aide sociale avec
contrainte, on a augmenté les montants qu'on donne à chaque mois de 62 %.
Pas de 6 %, de 62 %. Mme la Présidente, l'aide au logement, ce
qu'on appelle l'Allocation-logement, quand on est arrivés, on aidait
62 000 familles; on aide actuellement 150 000 familles. On
a donné 2 000 $ à plus de 1,1 million d'aînés de 70 ans et
plus. On a augmenté les allocations familiales, puis on
les a augmentées plus pour les plus pauvres, ça va jusqu'à
2 900 $ par enfant.
Donc, Mme la
Présidente, je voudrais en faire plus, mais, à un moment donné, il faut être
capable aussi de regarder qu'on a un déficit, qu'on a... on gère l'argent des
Québécois. Et, bon, je comprends que Québec solidaire fait toutes sortes de propositions. Entre autres est-ce
qu'ils sont toujours d'accord pour enlever la TVQ sur les repas au restaurant?
Ça, c'est une proposition de Québec solidaire. Je vois que la cheffe de Québec
solidaire, elle regarde son collègue puis elle
dit : On a-tu vraiment dit ça, là, qu'on veut enlever la TVQ sur les repas
au restaurant? Mme la Présidente, soyons sérieux.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Le tableau ici, qui a été
étudié, là, par le premier ministre, hier, puisque je l'ai déposé, on le voit,
ceux qui voient leurs revenus augmenter, c'est les plus riches.
63 000 $ dans les poches des plus riches depuis que la CAQ est au pouvoir. Les autres, là, si on regarde
le coût de la vie... Le coût de la vie, je ne mets même pas tout. Je mets
juste le loyer, l'épicerie. Je n'ai pas mis
Hydro, je n'ai pas mis les vêtements, je n'ai pas mis toutes les autres dépenses.
Les gens les plus pauvres et de la classe moyenne, ils n'y arrivent pas.
Je répète ma question.
Et, je le cite, il n'en fait pas assez, il l'a dit hier. Qu'est-ce qu'il va
faire de plus dans le futur pour aider les familles? Qu'est-ce qu'il va...
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, est-ce que la cheffe de Québec solidaire pourrait
au moins reconnaître qu'au Québec on a en
fait beaucoup plus? Ça, c'est le revenu disponible après impôt, après
inflation, après impôt, après inflation, donc après les loyers, après
l'épicerie. Oui, oui. Exactement. Et, Mme la Présidente, ça, c'est le Québec.
Ça, c'est l'Ontario. Ça, c'est le reste du
Canada. Est-ce qu'elle pourrait au moins reconnaître qu'on en fait plus
qu'ailleurs au Canada?
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
pour les plus riches, je le reconnais. Oui, ils ont vu leur revenu disponible
augmenté. Puis je veux juste réviser une notion, pour le premier ministre qui
se dit comptable. Le revenu disponible, c'est
après... qui est comptable, c'est après impôt et déductions, pas après le coût
des loyers, pas après le coût de l'épicerie, qui ont explosé.
Les autres,
là, ils n'arrivent pas à se sortir la tête de l'eau. C'est reconnu, c'est écrit
ici. Pour les plus riches, oui, ça a augmenté.
Qu'est-ce qu'il va faire pour la classe moyenne?
Qu'est-ce qu'il va faire pour la classe moyenne, pour les aider à se sortir la
tête de l'eau?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bon, Mme la
Présidente, ici on a le revenu disponible réel. Savez-vous ce que ça veut dire,
réel? Après inflation. OK? Donc, après les
loyers, après l'épicerie. Réel. C'est après inflation. Je vois qu'elle pose des
questions à son collègue, là, mais... Non, mais, écoutez, à un moment
donné, la vérité a ses droits...
Des voix : ...
La
Présidente : Attendez, M. le premier ministre. M. le leader du
gouvernement, c'est beau, je vais m'en occuper. Une seule... Vous pouvez
vous asseoir, M. le leader. Une seule personne a le droit de parole, c'était M.
le premier ministre. Notre règlement nous dit de ne pas nous interpeler des
deux côtés. Alors, on écoutait la question, je veux entendre la réponse. Et
vous ne vous parlez pas les uns les autres et vous me parlez à moi. S'il vous
plaît, poursuivez.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, elle dit que je suis un comptable puis elle semble laisser entendre
que les chiffres que je lui présente, ce n'est pas après inflation. Je
m'excuse, c'est après inflation.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Plan de lutte contre l'itinérance
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme
la Présidente. Plus tôt cette session, je vous ai présenté l'histoire de Manu,
un ex-enfant de la DPJ condamné à vivre dans une tente depuis cinq ans, en
situation d'itinérance, en raison d'obstacles administratifs absolument
déraisonnables : T4, deux derniers avis de cotisation, carte RAMQ à jour,
acte de naissance, et j'en passe. Des
documents qu'on demande aux gens qui vivent dans la rue pour s'en sortir. Ça
n'a juste pas de bon sens, Mme la Présidente.
Eh bien, à force de pressions et grâce au
travail extraordinaire du milieu communautaire, juste avant les fêtes, ça y est. Après cinq ans dans la rue, on a trouvé
un logement pour Manu, Mme la Présidente. Les moins 20 du week-end
dernier, là, auront été les derniers qu'il aura passés dehors.
Aujourd'hui, la ministre responsable de
l'Habitation et moi, on se rencontre pour améliorer le système. Je la remercie d'avoir accepté ma main tendue. Mme la
Présidente, la ministre accepte-t-elle qu'on s'engage ici, devant vous
tous, à faire mieux pour tous les autres Manu du Québec?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Heureuse du dénouement. Je veux juste être claire, le
14 novembre dernier, j'ai commandé à la
SHQ d'envoyer un mémo clair. Si vous me permettez, Mme la Présidente, je vais
le lire : Rappel : flexibilité
aux pièces justificatives du volet 2. Alors on souhaite rappeler que, dans
le cadre du Programme du supplément au loyer, volet 2, des besoins
exceptionnels en matière de logement, les offices d'habitation, leurs organismes
partenaires doivent faire preuve de flexibilité en ce qui a trait aux pièces
justificatives exigées. Ça fait que, victimes de violence conjugale ou
intrafamiliale, lâchez-moi avec les papiers. Personnes en situation
d'itinérance ou à risque de l'être, lâchez-moi avec les papiers. Jeunesse...
sortant d'un centre de jeunesse, accompagné par un organisme du réseau,
lâchez-moi également avec les papiers.
Alors, on l'a envoyé à tout le monde, on l'a
envoyé à tout le monde, Mme la Présidente. Je suis heureuse, là, que tout
le monde comprenne que, des T4, les rapports d'impôt, les avis de cotisation,
là, on va attendre que la situation des itinérants se soit stabilisée, Mme la
Présidente, puis, à la suite, les offices...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, je remercie la ministre puis je lui offre mon entière collaboration
pour la suite. J'ai des propositions
concrètes de modification réglementaire, en plus de sa directive, qui
permettront de changer la donne, comme on l'a fait, il y a quelques mois, avec
l'actuelle présidente du Conseil du trésor, avec le dossier des HLM.
On a besoin de solutions concrètes pour mettre
fin à la crise de l'itinérance. Pour 2026, la ministre accepte-t-elle qu'on
travaille ensemble pour en faire une priorité?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : ...travailler
ensemble. D'ailleurs, je tiens à le répéter, on le rencontre cet après-midi. Au
grand dam, sûrement, du Parti québécois,
Mme la Présidente, le fédéral nous a aidés, nous, le gouvernement du
Québec, à aller chercher du financement. Excellente collaboration avec
le fédéral pour aller chercher des sommes supplémentaires pour aider, donc, les
itinérants ou les gens qui sont sur le point de tomber en itinérance, d'aller
chercher des sommes, donc, pour les accompagner convenablement.
Oui, j'accepte, évidemment, la main tendue du
député. On aura l'occasion d'en discuter longuement au cours de la journée,
essayer de trouver des pistes de solutions, particulièrement avec les périodes
froides et à l'approche de Noël, pour s'assurer, donc, qu'il n'y ait pas
d'itinérants dans les rues au Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais la cheffe du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je veux aussi écouter l'engagement du premier ministre. En
début de session, il nous parlait de bureaucratie, de camisole de force. Voilà
un bel exemple pour changer la vie des gens puis les sortir de la rue, là, le
vrai monde.
Est-ce que le premier ministre peut donner le
mandat là, là, maintenant, devant nous, à sa ministre de travailler en collaboration avec mon collègue pour qu'il n'y
ait plus de gens qui soient dans la rue en 2026? J'aimerais l'entendre sur ça.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Caroline Proulx
Mme Proulx : Oui, bien,
justement, en ce qui a trait, Mme la Présidente, au rapport, là, qui a été
déposé cette semaine, le rapport auquel fait référence la députée, la santé,
c'est complexe, là, Mme la Présidente, je pense que le ministre de la Santé le sait, on ne peut pas juste regarder l'effet du
logement comme étant un indicateur de santé. Il y a des historiques chez
les personnes qu'on doit tenir en compte et uniquement ne pas les lier, donc, à
l'effet du logement. C'est
extraordinairement important de préciser ça, Mme la Présidente. Augmentation du
revenu disponible, au Québec : plus
de 20 %. Le premier ministre l'a dit, il y a une augmentation
significative de l'argent dans les poches des Québécois.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
Mise en oeuvre des recommandations du rapport de la
Commission spéciale
sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la
santé et le développement des jeunes
M. Pascal Paradis
M. Paradis : L'année dernière,
c'est le Parti québécois qui par des interventions publiques et ici, en
Chambre, a mis la question des écrans chez les jeunes dans nos priorités. De
nouveau, on aimerait tendre la main, parce que ça demeure un problème de santé
publique, ça affecte notre jeunesse, et nous avons le devoir d'agir.
Dernièrement, ce sont les parents du Québec qui
ont pris les choses en main : deux demandes de recours collectif devant
les tribunaux sur les pratiques prédatrices qui visent nos jeunes sur les
réseaux sociaux, dans les jeux vidéo. En France, en Australie, on agit sur la
majorité numérique, en Europe aussi il y a un règlement qui vient d'être adopté
sur la protection des données personnelles en ligne.
Ici, au Québec, depuis six mois, on a le rapport
de la commission spéciale sur les écrans, qui contient plusieurs
recommandations. Il y a un consensus très fort au sein de cette Assemblée vers
ce rapport.
J'aimerais savoir du ministre de la Justice s'il
s'engage aujourd'hui à donner suite aux recommandations de la commission
spéciale sur les écrans.
• (10 h 50) •
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable des Services sociaux.
Mme Sonia
Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, en fait, j'apprécie la question du député de Jean-Talon.
On est d'accord, on est d'accord que les jeunes passent trop de temps sur leurs
écrans, tout le monde est d'accord avec ça. Et puis on a agi, on a agi et, au printemps 2024, on a tenu, c'est
vrai, une commission parlementaire spéciale, transpartisane, il faut le
souligner, sur les impacts des écrans et sur l'impact aussi des... sur l'impact
des personnes, mais aussi sur le développement de nos jeunes.
On a mis en place des règles dans les écoles. Depuis
la dernière rentrée scolaire, puis il faut se réjouir de ça, les jeunes n'ont
plus accès à leurs cellulaires durant les périodes de cours jusqu'à la fin de
la journée, où les cours se terminent.
Alors, on est d'accord avec ça. On a été les premiers au Canada, d'ailleurs, à
mettre en place cette façon de faire.
Ça fait que, oui, c'est intéressant, ce qui se
passe dans les autres pays. On va regarder. C'est évolutif. Mais faisons
attention, aujourd'hui, là, de laisser sous-entendre qu'on n'a rien fait. On a
fait des choses. Puis, dans les écoles, ça fait une différence. Les jeunes sont
contents de ça. On a des témoignages à tous les jours.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : C'est bien, la
mesure qu'on a adoptée ensemble sur l'interdiction du cellulaire dans les
écoles, mais je demande sur la suite des choses, parce qu'il y a plusieurs
autres recommandations, notamment en protection du consommateur. Et là, actuellement, les parents sont démunis. C'est
eux qui vont devant les tribunaux pour contester les pratiques
prédatrices.
Je vois la ministre du Tourisme, qui a présidé
la commission. J'aimerais savoir de sa part si elle compte mettre en oeuvre les
recommandations de la commission, notamment sur la majorité numérique, qui,
comme la commission l'a indiqué, est une des clés des futures actions.
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, comme on le fait toujours, on va tenir compte des recommandations
de cette commission, qui a été fort appréciée. Il y a eu beaucoup de travail de
fait. Je veux saluer ma collègue qui est actuellement
ministre du Tourisme mais aussi tout le travail transpartisan. On est d'accord.
On est d'accord. On va regarder pour continuer de faire évoluer ces
projets-là.
Alors, il n'y a pas de problème, Mme la
Présidente, là. Il n'y a pas de problème, on s'est mis en action. On le fait
dans les milieux scolaires, au primaire, au secondaire, puis on va continuer.
Puis, sur la question de l'âge, bien, on pourra reprendre les discussions
éventuellement, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Je continue à
tendre la main, mais là la réponse, ce n'est pas qu'il n'y a pas de problème.
Il y a beaucoup de problèmes, actuellement, et les parents du Québec nous le
disent. Ils ont été obligés d'aller eux-mêmes devant les tribunaux. Ils
demandent au gouvernement d'agir, notamment sur la majorité numérique. Et il y
a plusieurs autres mesures, par exemple, qui touchent les loteries en ligne.
Ça, c'est interdit dans le vrai monde, mais, parce que ça se passe dans des jeux vidéo, on laisse nos enfants miser de l'argent
dans des loteries. C'est ça qu'on veut... C'est ce sur quoi on veut
agir.
Je demande de nouveau au ministre :
Va-t-il...
La Présidente : La réponse de
la ministre.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Oui, Mme la Présidente. Je pense que mon collègue
député de Jean-Talon n'est pas content que ce soit moi, là, qui réponde, mais
je suis la... la ministre responsable des Services sociaux. J'ai à coeur le
développement de nos jeunes.
Quand je disais, tantôt, qu'il n'y avait pas de
problème, ce n'est pas qu'il n'y a pas de problème avec les écrans, je n'ai
peut-être pas bien complété ma phrase, mais il n'y a pas de problème avec ce
que vous soulevez aujourd'hui, qu'on puisse
continuer de faire avancer les recommandations de la commission. C'était dans
ce sens-là, Mme la Présidente, que je
voulais m'exprimer. Puis c'est important, nos jeunes. On fait beaucoup de
choses. On travaille avec nos centres jeunesse, notamment. On travaille avec le
milieu de l'éducation. On travaille avec les experts dans le domaine de la
jeunesse.
La Présidente : En terminant.
Mme Bélanger :
On va continuer de faire évoluer ce dossier-là pour l'avenir de nos jeunes puis
éviter d'avoir des conséquences sur leur développement.
La
Présidente : ...député
indépendant, qui, malgré le délai, aura droit à ses trois questions. Je
préserve vos droits et privilèges. Et je reconnais le député de
Saint-Jérôme, en principale.
Modernisation de l'Hôpital
régional de Saint-Jérôme
M. Youri
Chassin
M. Chassin :
Merci, Mme la Présidente. Depuis que je suis élu, mon dossier numéro un, à
Saint-Jérôme, c'est l'hôpital.
Le plan clinique a
été déposé par le CISSS des Laurentides au ministère de la Santé en décembre 2017
parce qu'il fallait répondre aux différents drapeaux rouges levés par Agrément
Canada, la Vérificatrice générale, même le service d'incendie de la ville. Une
fois élu, un premier échéancier m'a été présenté, qui s'étalait sur neuf ans. Cinq
ans de planification, d'analyse, de réflexion, de concertation puis
d'approbation, et ensuite quatre ans de construction. Neuf ans, ça
m'apparaissait énorme, alors que les signaux d'alarme se multipliaient et qu'il
y avait urgence. Je me suis débattu pour
qu'on aille plus vite. Aujourd'hui, Mme la Présidente, l'ouverture en 2027, je
le prendrais, cet échéancier initial.
Quand les Laurentides
auront-elles un hôpital régional digne de ce nom?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Christian
Dubé
M. Dubé :
Oui, Mme la Présidente. En fait, il est important de rappeler que le projet,
premièrement, de phase I est toujours inscrit au PQI, le projet de
phase I pour l'hôpital de Saint-Jérôme.
Maintenant, on a
aussi inscrit au PQI la phase II, et ça, c'est important, parce que
souvent il apparaît plus logique, il semble plus logique de faire deux phases
en même temps, parce que ça permet de réduire les coûts. Alors, c'est pour ça
qu'il y a eu une décision qui a été prise, puis, je pense, c'est la bonne
décision d'affaires, de mettre les deux projets ensemble, pour voir si on était
capables de mieux réaliser le projet.
Donc,
au cours des prochaines semaines, on va finaliser le PQI version 2026,
c'est ce qui est en train d'être préparé par mes collègues et préparé
par Santé Québec, pour voir comment ça s'inscrit, tout ça.
Je suis d'accord avec
le député de Saint-Jérôme que c'est un projet qui est prioritaire, parce que
c'est un hôpital qui est clé dans la région, mais il faut comprendre qu'on essaie
de le regarder de la façon la plus optimale pour combiner la phase I et la
phase II ensemble, si c'est possible de le faire, au meilleur coût
possible. Merci.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Youri
Chassin
M. Chassin : Dans la... la séquence, hein, il y avait effectivement une première
phase déposée par le gouvernement précédent, au départ, et nous, on ne
voulait pas nécessairement de phasage, on voulait un seul projet. C'est ce
qu'en mai 2019 la prédécesseure du ministre
de la Santé est venue annoncer à Saint-Jérôme, Mme McCann. Et ensuite on
m'a dit : Est-ce qu'on peut revenir à une première phase, ça va
accélérer les choses?
Maintenant, c'est
encore au PQI, mais quand allons-nous avoir...
La
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Christian
Dubé
M. Dubé :
Bien, c'est un petit peu ce que je disais tout à l'heure, Mme la
Présidente. Il faut trouver la façon la plus optimale avec les limitations que
nous avons dans le PQI.
Je
rappelle, je rappelle, Mme la Présidente, pour que tout le monde comprenne
bien, on met 19 milliards par année en PQI pour l'ensemble du
gouvernement. L'an dernier, on a mis juste un petit peu plus que
3 milliards pour toute... pour tous les investissements en santé. 3 milliards,
ce n'est pas beaucoup lorsqu'on regarde qu'il y a 1 milliard qui va en
maintien d'actif à cause de l'état de vétusté que nous avons, de nos
différentes installations.
Alors,
Mme la Présidente, Santé Québec fait, en ce moment, un travail rigoureux
d'analyse pour s'assurer qu'on va mettre les dollars aux bons endroits,
et Saint-Jérôme fait partie de ces discussions.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Youri
Chassin
M. Chassin : Là, Mme la Présidente, ce que je comprends, c'est qu'après
huit ans du plan clinique déposé on ne sait
toujours pas quand. Je ne sais pas si vous avez entendu une date, Mme la
Présidente, pas moi. Je suis ouvert, là. S'il faut que ce soit un projet d'envergure
nationale prioritaire, avec le projet de loi n° 5 du ministre des
Finances, bien, on est prêts à ça. S'il
faut que ce soit la Caisse de dépôt qui le réalise, on est prêts à ça. Mais on
a besoin de savoir quand.
La
Présidente : La réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Benoit
Charette
M. Charette :
Mme la Présidente, je peux rassurer le collègue, c'est un dossier qui
avance.
Il référait à mai
2019, c'est le moment retenu par le gouvernement pour annoncer une bonification
du projet. Juillet 2021, le projet est mis en planification. Mars 2023, il y a
un appel d'offres pour les services professionnels d'architecture et
d'ingénierie. On parle dorénavant d'accueillir également le centre mère-enfant,
le centre intégré de cancérologie, mais
également l'urgence ainsi que les unités de soins. Et, en mars dernier, c'est
ajouté au PQI. Et, comme le précisait
mon collègue à la Santé, on pourra, dans le cadre du prochain PQI, faire état
de la mise à jour du projet. Merci, Mme la Présidente.
• (11 heures) •
La
Présidente : Alors, cela met fin à cette période de questions et de
réponses orales.
Demeurez en place
pour la tenue du vote reporté. Et, pour ce faire, je cède la place au troisième
vice-président de l'Assemblée nationale. Merci, tout le monde.
Votes
reportés
Adoption
du projet de loi n° 14
Le Vice-Président
(M. Benjamin) :
Alors, comme annoncé précédemment, nous
allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M. le ministre
responsable des Institutions démocratiques proposant que le projet de loi n° 14, Loi visant à renforcer l'intégrité du vote dans le cadre des campagnes à
la direction d'un parti politique et des courses à l'investiture, soit adopté.
Le vote est
maintenant ouvert.
...terminé. Mme la
secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 96
Contre :
0
Abstentions :
0
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est adoptée. En conséquence, le projet de loi n° 14, Loi visant à renforcer l'intégrité du vote
dans le cadre des campagnes à la direction d'un parti politique et des courses
à l'investiture, est adopté.
Motions
sans préavis
À la rubrique des
motions sans préavis, M. le premier ministre.
Nommer Mme Christine Roy Vérificatrice générale
Document déposé
M. Legault : Oui. Merci, M. le
Président. Je propose, après consultation auprès des partis de l'opposition et
des députés indépendants :
«Que,
conformément aux articles 7 et 9 de la Loi sur le vérificateur général,
madame Christine Roy, vérificatrice générale adjointe, soit nommée
Vérificatrice générale pour un mandat de dix ans à compter du 15 décembre
2025 et que ses conditions de travail soient celles contenues dans le
document ci-annexé que je dépose.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Je
rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour être adoptée, une motion doit être approuvée par au moins les deux tiers des
membres de l'Assemblée. Elle doit donc être suivie d'un vote électronique.
Mise aux voix
Je
mets aux voix la motion de M. le premier ministre telle que lue précédemment.
Le vote est maintenant ouvert.
La période de vote
est terminée. Mme la secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 95
Contre :
0
Abstentions :
0
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : La motion est adoptée.
Toujours à la
rubrique des motions sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais un membre du deuxième
groupe d'opposition. Mme la députée de Sherbrooke.
Prendre acte des
recommandations du rapport intitulé Quand le consensus
vacille : état des lieux du mouvement contre l'avortement au Québec
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Robert-Baldwin, la députée de Terrebonne, la députée de Rimouski, la députée de
Laporte et le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la publication, le 9 décembre dernier, du rapport Quand
le consensus vacille : état des lieux
du mouvement contre l'avortement au Québec, une enquête menée par une équipe de chercheurs dirigée par
Véronique Pronovost, qui a été financée par le Secrétariat à la condition
féminine dans le cadre du Plan d'action gouvernemental sur l'accès à
l'avortement 2024‑2027;
«Qu'elle s'inquiète
des constats de cette enquête, notamment à l'effet que le mouvement
antiavortement "met en évidence une dynamique combinant entrisme,
opportunisme politique et stratégies de morcellement" dans l'objectif de
restreindre l'accès à l'avortement;
«Qu'elle prenne acte
de l'ensemble des recommandations visant à renforcer l'accès à l'avortement et
s'engage à les étudier.»
Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Des voix :
...
Mise
aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote a été demandé. La période de vote est
ouverte.
La période de vote
est terminée. Mme la secrétaire générale.
Le
Secrétaire : Pour : 94
Contre :
0
Abstentions :
0
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est adoptée. M. le leader du
deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Est-ce qu'une copie de cette motion peut être envoyée à la Fédération du Québec
pour le planning des naissances ainsi qu'aux cabinets du ministre de la Justice
et du premier ministre?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait, M. le leader.
La prochaine motion
revient aux membres du troisième groupe d'opposition. Et, s'il vous plaît,
j'aimerais avoir un peu d'attention des collègues. La parole revient à M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec la députée des Mille-Îles, le député de Taschereau, la députée de Laporte
et le député de Rosemont, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que la destruction de biens propres à la
consommation choque les Québécois;
«Qu'elle rappelle au
gouvernement qu'en vertu de l'article 53.29.1 de la Loi sur la qualité de
l'environnement, il peut limiter la génération de matières résiduelles et
assurer leurs éventuelles récupération et valorisation;
«Qu'en conséquence,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'utiliser les pouvoirs
réglementaires à sa disposition pour mettre fin au gaspillage de biens propres
à la consommation.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement... Donc, je disais, y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Mme LeBel :
...pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Et la prochaine
motion revient au gouvernement, et je cède la parole à M. le ministre de la
Sécurité publique.
Reconnaître la pertinence de
mieux informer la population sur certains
délinquants sexuels à risque élevé de récidive
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le député d'Abitibi-Est, le député de
Saint-Jérôme et la députée de Laporte :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse la pertinence de mieux informer la population
sur certains délinquants sexuels à risque élevé de récidive lors de leur remise
en liberté.»
Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme LeBel :
Il y a consentement, sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Consentement, sans débat. Cette motion est-elle
adoptée?
Une voix :
...
Mise aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
...est terminée. Mme
la secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 94
Contre :
0
Abstentions :
0
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est adoptée.
Et
la prochaine motion revient à l'opposition officielle, et je reconnais Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Taschereau, le député des Îles-de-la-Madeleine
et le député de Rosemont :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte du consensus qui s'est dégagé des consultations
particulières sur la cible de réduction des
émissions de gaz à effet de serre quant au fait qu'il n'est pas souhaitable de
diminuer la cible actuelle ou d'en reporter l'atteinte dans le temps.»
• (11 h 10) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Et il y a une autre
motion. Cette fois-ci, je reconnais M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée pour déposer la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que l'agrandissement et la modernisation de l'Hôpital
régional de Saint-Jérôme est un projet prioritaire pour la région des
Laurentides;
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse les nombreuses étapes franchies dans l'avancement de ce
projet et prenne acte de la volonté du gouvernement de réaliser le projet.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il... Y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Des voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de... Alors, je comprends qu'il n'y
a pas de consentement. Il n'y a pas de consentement.
Des voix :
...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : OK, parfait, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 12)
(Reprise à 11 h 13)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, je cède la parole à Mme la leader adjointe
du gouvernement.
Mme LeBel :
Ça va aller pour le texte. Et, de notre côté, il y a consentement, sans débat.
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement.
Avis touchant les travaux des
commissions
Alors, ce qui nous amène à la prochaine rubrique,
des avis touchant les travaux des commissions. Mme la leader adjoint du
gouvernement.
Mme LeBel : ...M. le Président,
la Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de
loi n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité
de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires, aujourd'hui,
après les affaires courantes...
Des voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : S'il
vous plaît, collègues, les travaux sont en cours. Je vous demande de quitter
discrètement, s'il vous plaît, en étant moins bruyants. Mme la leader adjointe
du gouvernement.
Mme LeBel : ... — donc
je poursuis, M. le Président — aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures
à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des institutions poursuivra les
consultations générales et auditions publiques sur le projet de loi n° 1, Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 45,
à la salle Marie-Claire-Kirkland, et de 15 heures à 17 h 30 et
de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer
la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses
associations en milieu de travail, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 18 heures
et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle Pauline-Marois; ensuite
La Commission des finances publiques
entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 111, Loi modernisant la
Loi sur les coopératives et modifiant d'autres dispositions, aujourd'hui, de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
des relations avec les citoyens se réunira en séance de travail aujourd'hui, de
13 heures à 13 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition
portant sur le maintien du Programme de l'expérience québécoise.
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Oui. M. le
Président, je vais vous demander d'appeler l'article 14 du feuilleton,
s'il vous plaît.
Projet de loi n° 109
Adoption
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article... À l'article 14 du feuilleton, M. le ministre de la Culture et
des Communications propose l'adoption du projet de loi n° 109, Loi
affirmant la souveraineté culturelle du Québec et édictant la Loi sur la
découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement
numérique.
Je reconnais, comme première intervention, M. le
député de Côte-du-Sud.
M. Mathieu Rivest
M. Rivest : Merci, M. le
Président. Vous savez, aujourd'hui c'est avec un grand enthousiasme que je
prends la parole devant vous, aujourd'hui, pour... parce que nous sommes rendus
à un moment... à une toute dernière étape de
cheminement du projet de loi n° 109 affirmant la souveraineté culturelle du Québec et édictant la Loi sur la
découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement
numérique.
J'ai plusieurs remerciements à faire à l'endroit
de toutes les personnes qui ont contribué à l'élaboration de ce projet de loi. D'abord, je remercie les équipes du
ministère de la Culture et des Communications ainsi qu'à celle de la Justice,
de même qu'aux différents organismes sous
leur responsabilité. Un grand merci également aux membres du Comité-conseil
sur la découvrabilité des contenus
culturels, Mme Louise Beaudoin, M. Clément Duhaime, Mme Véronique
Guèvremont et
M. Patrick Taillon. Les conclusions de leur rapport, La souveraineté
culturelle à l'ère numérique, ont grandement nourri les réflexions
de la préparation du présent projet de loi.
Merci aussi à toutes les personnes et aux organisations
qui ont participé à la consultation, à l'été 2024, en vue de l'élaboration du cadre législatif et à celles
qui ont déposé des mémoires et pris part aux consultations particulières qui
se sont déroulées fin octobre. Enfin, un grand merci aux membres de la
Commission de la culture et de l'éducation, aux collègues parlementaires, tant
du gouvernement que de celui des partis de l'opposition.
Avec ce
projet de loi qu'on a aujourd'hui entre les mains, fin prêt à être adopté, le
Québec est sur le point d'avoir enfin à sa disposition un levier majeur pour
l'avenir de notre culture. C'est un geste fort qu'on pose, un geste législatif
qui fait à la fois figure de symbole et de poignée juridique. Je souligne
également le travail de mon collègue et la fierté qui m'anime à l'égard de
Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications, pour cette pièce
législative qui a tout le potentiel de jouer
un rôle déterminant pour la vitalité de la culture québécoise et le français au
Québec. Grâce à la contribution des intervenants aux consultations et à
la collaboration des membres de la commission lors de l'étude détaillée, nous sommes aujourd'hui face au
meilleur projet de loi qu'il était possible d'avoir et qui, je l'espère,
obtiendra l'appui de cette Assemblée.
Ce projet de loi comporte deux volets, M. le
Président. D'une part, il vise à introduire, dans la Charte des droits et
libertés de la personne, le droit à la découvrabilité des contenus culturels
d'expression originale de langue française et à l'accès à ces contenus. D'autre
part, il prévoit édicter la Loi sur la découvrabilité numérique, offrant un
service de visionnement en ligne de contenu audiovisuel et d'écoute en ligne,
même chose, par les fabricants de téléviseurs et d'appareils destinés à être connectés à un téléviseur comportant une
interface permettant de visionner du contenu audiovisuel en ligne.
Une de ces principales modifications apportées
pendant l'étude détaillée est le retrait de l'exclusion des médias sociaux, en réponse à plusieurs craintes, très
légitimes d'ailleurs, manifestées notamment par les gens du milieu. On s'est
arrangés derrière... on s'est rangés, dis-je, devant leurs arguments,
l'objectif étant de s'assurer que le cadre législatif soit équitable et
d'éviter les possibilités de contournement de la loi par les plateformes, qui
pourraient, par exemple, être tentées
d'intégrer des fonctionnalités avec les médias sociaux. Il faut toutefois
rappeler que le gouvernement ne vise pas les contenus partagés par les
citoyens à titre personnel, les interactions entre les utilisateurs et les
médias sociaux n'offrant pas de service de visionnement ou d'écoute de contenu
culturel.
• (11 h 20) •
Ensuite, le projet de loi n° 109 propose
que les plateformes numériques concernées, c'est-à-dire celles qui répondraient
aux critères déterminés par le gouvernement... qu'il y ait l'obligation de
s'enregistrer auprès du ministère de la Culture et des Communications. Les
plateformes et les fabricants visés seraient par ailleurs tenus d'offrir sur le
territoire québécois une interface qui puisse être aisément configurée en
français, selon les conditions déterminées par règlement par le gouvernement.
Dans le même esprit, les fabricants concernés seraient aussi soumis à des
conditions et à des modalités qui les obligeraient à offrir l'accès et à mettre
à l'avant-plan les plateformes de visionnement de Télé-Québec, de la Société
Radio-Canada et de TV5 Québec Canada, notamment.
L'adoption du projet de loi n° 109
amènerait, de plus, la création du Bureau de la découvrabilité des contenus
culturels, qui serait sous la responsabilité du ministre de la Culture et des
Communications. Cette instance aurait la responsabilité
de veiller au respect de la loi et disposerait de pouvoirs d'inspection,
d'enquête et de sanctions pécuniaires. Quant au ministre, il serait tenu à
faire un rapport au gouvernement, au moins tous les trois ans, de... pardon, de
l'évolution et de la présence de la découvrabilité et de la consommation des
contenus culturels d'expression originale de langue française dans
l'environnement numérique. Il serait également autorisé à conclure une entente
avec une plateforme numérique qui
pourrait se prévaloir de mesures de substitution aux obligations de la loi à
ces règlements.
Je réitère que notre approche se veut
proportionnée, souple, évolutive. C'est important de le préciser. Aussi, le gouvernement aurait la capacité de déterminer la
quantité ou la proportion de contenus culturels d'expressions originales
de langue française et les obligations en matière de découvrabilité de ces
contenus, notamment de recommandations de
mise en valeur ou d'affichage. Et ce serait aussi à lui d'établir les critères
permettant de déterminer ce qui constitue le contenu culturel
d'expression originale de langue française. Voilà, M. le Président, pour les
grandes lignes du projet de loi n° 109.
Vous le savez, ce projet de loi tient énormément
à coeur à beaucoup de gens. Je souhaite vraiment que son adoption puisse avoir un effet sur les habitudes
de consommation de contenu culturel des Québécoises et des Québécois,
notamment auprès des jeunes. Il repose sur un travail consciencieux et de
longue haleine de près de deux ans et demi, notamment des équipes du ministère
de la Culture et des Communications, avec la collaboration d'experts, de
juristes et d'acteurs du milieu.
D'ailleurs, je suis ravi de voir que ce qu'on
propose dans ce projet de loi a trouvé d'importants appuis dans le milieu
culturel, qui serait le premier à en bénéficier. Plus largement, la future loi
pourrait permettre au Québec de demeurer un meneur en matière de découvrabilité
dans la Francophonie et de contribuer au mouvement international pour garantir
le respect des spécificités culturelles et de la diversité linguistique des
nations.
Nous ne le dirons jamais assez, l'avenir de
notre culture et de notre langue dépend pour beaucoup de la volonté des générations actuelles et à venir à les
transmettre. Pour ça, au départ, il faut absolument qu'on y ait facilement
accès, entre autres, à partir de nos écrans, qu'on puisse connaître les
excellentes productions et les artistes créateurs et créatrices d'ici.
Ce n'est rien de moins qu'un droit à notre culture et à sa mise en avant dans
l'espace numérique que nous faisons concrètement valoir avec le projet de loi
n° 109.
M. le
Président, ce projet de loi très ambitieux, qui a du mordant, pourrait avoir un
effet direct sur la mise en valeur et le rayonnement de notre culture et
la préservation de notre langue. J'invite donc l'Assemblée nationale à adopter
le projet de loi
n° 109, Loi affirmant la
souveraineté culturelle du Québec et édictant la Loi sur la découvrabilité des
contenus culturels francophones dans l'environnement numérique. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Côte-du-Sud.
J'en
profite pour faire un rappel à tous les collègues qu'on appelle les autres
collègues par leur titre. Donc, merci.
Et je poursuis...
nous poursuivons ce débat, et je reconnais, cette fois-ci, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Madwa-Nika
Cadet
Mme Cadet :
Merci, M. le Président. À mon tour de prendre la parole lors de l'adoption
du projet de loi n° 109, Loi affirmant la souveraineté culturelle du
Québec et édictant la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels
francophones dans l'environnement numérique.
Permettez-moi,
afin de ne pas les omettre, M. le Président, de commencer cette allocution avec
les remerciements finaux. Donc, je
tiens à remercier l'ensemble des parlementaires qui ont travaillé sur ce projet
de loi, nos équipes respectives. Encore
une fois, de mon côté, puisqu'il s'agissait donc de son deuxième projet de loi,
mais, disons, donc, de son premier projet
de loi assez volumineux, mon recherchiste, M. Benjamin Roy. Je tiens aussi
à remercier ma stagiaire de la Fondation
Jean-Charles-Bonenfant, Alice Lecomte. Donc, tous les deux m'ont
accompagnée dans ce travail qui s'est réalisé de façon minutieuse et
rigoureuse. Je les en remercie.
Je
remercie l'ensemble des membres de la commission, le secrétariat, les
professionnels du ministère de la Culture et des Communications qui...
et des professionnels du ministère de la Justice également qui ont pu répondre
à mes nombreuses questions afin de rendre le... de faire en sorte que le
contenu de ce projet de loi soit le plus bonifié possible, qu'il soit à la
hauteur de nos aspirations communes et collectives, M. le Président.
Donc, vous aurez
compris qu'en fonction de la teneur de mes remerciements, qu'il s'agit, encore
une fois, d'une commission parlementaire,
d'un travail qui s'est réalisé dans le... dans un esprit de collaboration, et,
encore une fois, donc, j'en remercie le ministre et l'ensemble des
collègues.
Puisqu'il
s'agit de la dernière prise de parole à l'égard du projet loi n° 109, je
tiens aussi à remercier les groupes qui étaient présents en commission, en consultations particulières :
Mme Véronique Guèvremont... Pre Véronique Guèvremont, membres
du Comité-conseil sur la découvrabilité des contenus culturels, donc, qui ont
également, donc, été remerciés, professeurs
titulaires à la Faculté de droit de l'Université
Laval, Pr Patrick Taillon,
professeur de droit à l'Université Laval, le Laboratoire de recherche
sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l'ère
du commerce électronique, l'Observatoire de
la culture et des communications du Québec, le Commissaire à la langue française,
l'Association des réalisateurs et
réalisatrices du Québec, l'Union des artistes, la Fédération nationale des
communications et de la culture, l'Association québécoise de l'industrie
du disque, du spectacle et de la vidéo, l'ADISQ, l'Association des créatrices
et créateurs de contenus du Québec, l'Association québécoise de la production
médiatique, l'Association des professionnels de l'édition musicale, Québecor
Média et la Société professionnelle des auteurs-compositeurs du Québec et des
artistes entrepreneurs.
Je tiens aussi à
souligner, donc, les autres groupes qui nous ont déposé des mémoires :
l'Association cinématographique du Canada, Bell Média, le Protecteur du citoyen,
la Société de télédiffusion du Québec, donc Télé-Québec et TV5 Québec Canada.
Je prends aussi le
moment, donc, de remercier, pour avoir pris acte, donc, de l'importance du travail
qui était réalisé, les... bon, disons, les
associations représentatives aux propriétaires de différentes plateformes
numériques. Je pense que dans le cadre des échanges que nous avons formulés,
donc, des différentes prises de parole, nous avons été fermes quant aux
objectifs qui sont partagés ici d'élaboration, donc, d'une politique de
souveraineté culturelle, donc, qui s'étend à l'environnement numérique. Mais,
tout de même, donc, ces groupes, donc, ont tenu... ont pris acte de cette
volonté du législateur québécois et ont fait valoir leur voix en déposant des
mémoires : la Digital Media Association, représentant Amazon, Spotify et
Apple, Google Canada, YouTube et Netflix.
• (11 h 30) •
Je remerciais plus
tôt... Je soulignais, en fait, plus tôt l'esprit de convivialité dans lequel
les échanges se sont déroulés tout au cours
du processus d'adoption du projet de loi n° 109. Et, dans ce cadre, M. le
Président, j'ai eu l'occasion de présenter moi-même, de déposer quatre
amendements qui ont tous été adoptés, tant des amendements, donc, portant, donc, tant sur le fond que sur la forme. Donc,
j'aurai peut-être l'occasion d'y revenir, donc, à la fin de cette prise de
parole.
Maintenant, M. le Président,
sur le principe, parce que nous en arrivons, donc, à l'adoption finale du
projet de loi n° 109, je commence,
donc, cet aspect de la prise de parole en disant, M. le Président, que la
culture, au Québec, c'est ce qui nous distingue, c'est ce qui nous
rassemble, c'est ce qui nous fait vibrer comme peuple. C'est donc sans surprise
que le concept de souveraineté culturelle est... a jalonné notre histoire
politique, dont celle du Parti libéral du Québec. Que l'on pense à l'importance
qu'accordait Georges-Émile Lapalme aux Affaires culturelles, Georges-Émile
Lapalme, donc, étant, donc, le créateur du
ministère des Affaires culturelles, qui croyait, dans le gouvernement Lesage,
qu'il nous importait de nous
intéresser, donc, à cette compétence, disons, plutôt intangible, mais qui fait
toute la force et le... et toute la
distinction, donc, de notre société québécoise, que l'on pense à lui ou que
l'on pense, bien évidemment, donc, à Robert Bourassa, qui, le premier,
enchâssait comme principe la capacité du Québec à être le maître d'oeuvre de sa
culture sur son territoire, depuis ces... depuis, donc, ces moments, donc,
d'innovation politique, et de prise de parole, et de création, donc, de concepts, donc, qui nous définiraient,
donc, pour les 50 à 60 années subséquentes, bien, le Québec a toujours
partagé, à travers, donc, ses différents gouvernements successifs, cet
objectif de mettre de l'avant notre souveraineté culturelle.
D'ailleurs, donc, cinq anciens ministres de la
Culture l'ont rappelé lors d'une lettre ouverte, donc, qui a été publiée dans Le Devoir
en début de semaine. Donc, cinq anciens ministres, donc, de la Culture, donc,
ont rappelé que ce
pouvoir a toujours été un objectif partagé par tous les gouvernements du
Québec, et trois, donc, de ces ministres qui l'indiquaient, donc, étaient des
ministres libérals, M. le Président. Je parle ici de Mme Liza Frulla, de
Mme Christine St-Pierre et de Mme Hélène David.
Donc, vous aurez compris, M. le Président, que
sans surprise, donc, au Parti libéral du Québec, le fait d'affirmer, donc, à travers une loi, de
réaffirmer, plutôt, donc, à travers le projet de loi n° 109, le principe
de souveraineté culturelle, bien, ça fait partie de notre ADN, comme
formation politique, et ça fait partie de notre... notre vision du fédéralisme.
À ce stade-ci, M. le Président, vous me
permettrez de paraphraser la doctrine Gérin-Lajoie. Lorsque nous entamions
l'étude détaillée du projet de loi, j'ai eu l'occasion, donc, de le souligner
au ministre, et il était d'accord, donc, avec le parallèle que j'émettais.
Donc, je me permettrai, donc, à l'occasion de ces remarques finales, de le
citer à nouveau et de mettre de l'avant, donc, le discours qui a été prononcé
par M. Paul Gérin-Lajoie, donc, ancien ministre libéral, ancien ministre de
l'Éducation, devant le corps consulaire de Montréal, le 12 avril 1965, qui
s'exprime ainsi en parlant de ce qui allait devenir la doctrine
Gérin-Lajoie : «Le Québec n'est pas souverain dans tous les
domaines : il est membre d'une fédération. Mais il forme, au point de vue
politique, un État. Il en possède tous les éléments : territoire,
population, gouvernement autonome. Il est, en outre, l'expression politique
d'un peuple qui se distingue, à nombre d'égards, des communautés anglophones
habitant l'Amérique du Nord.
«Le Québec a, sur ce continent, sa vocation. La
plus nombreuse des communautés francophones hors de France, le Canada français,
appartient à un univers culturel dont l'axe est en Europe et non en Amérique.
De ce fait, le Québec est plus qu'un simple État fédéré parmi d'autres. Il est
l'instrument politique d'un groupe culturel distinct et unique dans la grande
Amérique du Nord.
«Dans cette optique, il était désirable de
favoriser le prolongement des aspirations des spécificités du Québec à l'extérieur
de ses frontières.»
Donc, vous connaissez la doctrine Gérin-Lajoie,
M. le Président. Donc, c'est la doctrine qui... affectueusement, qu'on nomme... en fait, affectueusement, donc,
quand on se rappelle la doctrine Gérin-Lajoie, donc, on se dit : Bien, ce
qui est de compétence chez nous, bien, est de compétence également à
l'extérieur de chez nous.
Donc, en... en mettant, en posant ce fait, M. le
Président, donc, je disais, donc, lorsque nous entamions, donc, l'étude
détaillée du projet de loi, qu'effectivement, donc, ce qui est de compétence
chez nous, donc, dans le monde concret, dans
le monde réel l'est aussi dans le monde numérique. Donc, à mon sens, un projet
de loi, donc, réaffirmant, donc, la souveraineté culturelle, donc,
affirmant la souveraineté culturelle du Québec et édictant la Loi sur la
découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement
numérique, est le prolongement de tout ce que nous avons fait au cours des
cinq, six, sept dernières décennies comme nation, comme société distincte, afin
de veiller à nos propres intérêts sur le plan culturel et à nous assurer de se mettre
à jour dans nos façons de pouvoir exercer ces pouvoirs et ces compétences qui
sont les nôtres. C'est dans cet esprit que le Parti libéral du Québec, donc,
est donc en faveur du projet de loi n° 109.
Et, d'un
point de vue plus personnel, M. le Président, je vous... je vous indique à quel
point, donc, pour nous, donc, de se... de se mettre à jour... Hier, je
disais, lors de l'adoption de la prise en considération... lors d'un discours
sur la prise en considération du rapport de la commission, que nous étions
rendus là, que c'est effectivement, donc... c'est effectivement, donc, le cadre
dans lequel nous devons, donc, analyser les dispositions qui se trouvent dans
le projet de loi n° 109.
Avant de me lancer en politique, M. le
Président, comme consommatrice, grande consommatrice de nos biens culturels, notamment, donc, ceux du secteur de
l'audiovisuel et ceux, donc, de l'industrie musicale également, donc, du
domaine de la musique, je constatais, j'étais à même de constater, comme membre
de la génération Y également, que nous étions à un tournant, M. le
Président, que nous en étions, donc, à un moment de notre... oui, donc, notre
histoire politique, là, mais surtout, donc,
de notre conception de notre univers culturel québécois, où il était, à mon
sens, d'importance d'agir afin que les prochaines générations puissent à
leur tour s'approprier nos biens culturels, se reconnaître dans tout ce que nous créons, au petit comme au grand écran,
comme à travers, donc, notre univers musical, mais qu'elles puissent se
dire : Cette musique-là, ces émissions, ces films, tout ce qui... tout ce
qui nous fait vibrer et nous fait rayonner, bien, que ces éléments-là, donc, nous appartiennent aussi et que c'est notre
responsabilité, donc, de pouvoir les consommer, mais pas juste... je dis «des responsabilités», mais
pas juste parce que c'est la chose à faire, mais c'est parce que c'est la
chose, donc, qu'on a envie de faire, parce que ça nous fait
véritablement vibrer.
Bien évidemment, les statistiques, au cours des
dernières années, nous ont montré qu'en raison, donc, des différents supports techniques et technologiques
sur lesquels nous avons commencé à consommer, donc, des... différents biens culturels au cours des cinq, 10,
15 dernières années, de facto nous nous sommes retrouvés, donc, à un
moment où les membres des plus jeunes
générations n'étaient peut-être plus à même d'avoir les mêmes repères que ceux
des générations précédentes quant à leur capacité, donc, à pouvoir,
donc, visionner différents contenus culturels, visionner et écouter différents contenus culturels. C'est donc, à mon
sens, un pas important que nous faisons, dans la continuité, donc, de ce que
nos prédécesseurs en cette Assemblée, en cette enceinte, donc, ont voulu
édicter comme principe, de nous assurer et de veiller à ce que les générations futures puissent, elles aussi, à
leur tour, être en mesure de consommer ces biens culturels et de pouvoir
s'y identifier.
C'est donc
dans cet esprit que le projet de loi n° 109, d'une part, donc, crée un nouveau droit,
celui à la découvrabilité, donc, dans la charte québécoise des droits et
libertés, donc, une charte également, donc, déposée sous le gouvernement
libéral de Robert Bourassa, qu'il assujettit les plateformes numériques, tout
comme les fabricants de téléviseurs et
d'appareils connectés, donc, à ces nouveaux principes. Donc, essentiellement,
donc, les plateformes comme les téléviseurs... comme, pardon, les
fabricants, donc, de téléviseurs et d'appareils connectés, donc, devront, donc,
se conformer au projet de loi n° 109. Du côté des
plateformes, elles devront s'enregistrer et répondre, donc, à différentes obligations de mise de l'avant de nos contenus, du
contenu qui est façonné, créé, donc, par nos créateurs et nos artisans d'ici, et
s'assurer qu'il y en ait un certain contenu minimal, lorsque c'est approprié,
selon le modèle d'affaires de l'entreprise.
Au niveau des fabricants de téléviseurs, bien,
vous savez, M. le Président, donc, vous êtes probablement, donc, aussi un grand
télévore, comme je le suis, eh bien, de nos jours, donc, les téléviseurs, donc,
viennent avec différentes interfaces où on voit, donc, les grandes plateformes
américaines, donc, qui... dont les pastilles, donc, se retrouvent mises à
l'avant-plan. Donc, le projet de loi, donc, permettrait aussi de faire en sorte
que nos propres pastilles, que les pastilles, donc, de nos plateformes d'ici se
retrouvent sur... mises en valeur dès lors, là, que l'on allume notre
téléviseur et qu'on essaie, donc, de
naviguer. Par le passé, on parlait de zapper. Je pense qu'aujourd'hui les
jeunes et les moins jeunes ont pris l'habitude d'apper entre ces
différentes pastilles. Donc, le projet de loi, donc, permettra que, de facto,
nos plateformes d'ici soient... soient mises
en valeur ou que ce soit facilité, donc, pour les gens, donc, qui souhaitent
que ces plateformes-là soient mises en valeur, de l'installer, là, parce
qu'en ce moment, donc, ça peut être très, très complexe. Donc, c'est ce que
nous... nous sommes venus affirmer lors de l'étude détaillée de ce projet de
loi.
• (11 h 40) •
Je tiens
aussi à souligner, M. le Président, l'amendement qui a été déposé, donc, je
voulais passer un amendement, donc, que nous souhaitions, donc, déposer,
mais que le ministre, donc, l'a fait, donc, de son plein gré, donc, à la suite
des consultations particulières. Je vous nommais tous les groupes qui sont
venus en commission parlementaire. C'était unanime, M. le Président, tout le
monde nous disait : Il faut enlever, donc, l'exception qui concerne les
médias sociaux, parce que, bien, bien
évidemment, donc, on parle d'un environnement qui évolue très vite, d'un
environnement où les... Aujourd'hui, donc, un média social... peut-être
que, dans notre définition d'un média social, on pense à une plateforme où les utilisateurs, donc, sont ceux qui génèrent,
donc, du contenu, disons, non professionnel, mais on sait très bien que
plusieurs de ces plateformes diffusent aussi du contenu dit professionnel. Et
donc l'objectif, donc, de cet amendement-là n'était pas, donc, de viser,
donc, le contenu que vous et moi, donc, nous pouvons publier comme ça, donc, à
des fins personnelles, mais bien, donc, le
contenu, donc, qui est présenté, donc, par différents, donc, producteurs sur
cesdites plateformes, donc, de médias sociaux. Donc, je souligne, donc,
le fait que le fruit de notre travail, au cours des dernières semaines, donc, a permis d'amender le projet de
loi afin de répondre, donc, à des éventualités prochaines, permettant, donc,
aux plateformes de médias sociaux, donc,
d'évoluer, et, à ce moment-là, donc, le projet de loi, donc, aurait déjà été
désuet.
Bien évidemment, sur le fond de ce que présente
le projet de loi, je l'ai dit lors de mes remarques préliminaires, M. le
Président, il était important pour nous que ce projet de loi soit plus
qu'une... que l'affirmation d'une intention politique, mais que le projet de
loi, donc, puisse véritablement permettre d'atteindre, donc, ces résultats,
donc, qui sont demandés par l'ensemble de l'industrie, par l'ensemble des
acteurs de l'industrie culturelle, qui nous ont appuyés dans notre travail de législateurs. Mais donc il y a
quand même, donc, plusieurs éléments de ce projet de loi là, donc, qui vont
découler de règlements. Je rappelle que beaucoup de travail reste à faire,
quand même, donc, pour tout ce qui entoure la découvrabilité, à travers ces
règlements, mais, quand même, donc, la pièce qui est déposée aujourd'hui, donc,
la pièce législative sur laquelle nous avons travaillé, est un des morceaux du
casse-tête, donc, qui nous mènera, je l'espère, et je l'espère énormément, à
que... à affirmer, donc, cette... à réaffirmer cette souveraineté culturelle et
à faire en sorte que notre écosystème culturel, qui est, aujourd'hui,
fragilisé, soit fortifié à travers chacune des étapes qui vont suivre.
Au cours des
consultations, on nous a beaucoup parlé et reparlé, donc, du rapport du GTAAQ,
du Groupe de travail sur l'avenir de
l'audiovisuel au Québec, donc, un rapport qui a été mené par Monique Simard et
Philippe Lamarre, qui ont consulté l'ensemble des acteurs de l'écosystème
audiovisuel au Québec. À mon sens, ici, il y a un élément, un élément
important, mais un élément, donc, qui nous permet d'avancer dans la
concrétisation, donc, de ce rapport, mais, comme je le disais, donc, certainement, donc, beaucoup de travail demeure à
faire, et, de notre côté, au Parti libéral du Québec, donc, vous pouvez entendre, M. le Président, que nous
ferons tout ce qui est en notre possible pour pousser, donc, les recommandations qui se trouvent dans ce rapport,
et affirmer, et faire en sorte, donc, de mieux protéger et promouvoir les acteurs
de notre écosystème culturel.
C'est donc
sur... Après, donc, ces éléments plus techniques, M. le Président, c'est donc
sur ces mots, donc, que je... que je termine cette prise de parole à l'égard de
l'adoption finale du projet de loi n° 109. J'ai le temps de revenir sur un
des amendements que j'avais proposés, M. le Président. Je vous le disais
d'emblée, on a eu la chance de pouvoir tenir des consultations et, par la suite,
donc, une étude détaillée d'un projet de loi dans une atmosphère conviviale,
constructive, où les recommandations, donc, qui ont été émises ont bien souvent
été entendues, puis je pense que c'est important de l'affirmer et de le reconnaître lorsque c'est le cas, parce que ce n'est
pas toujours le cas, mais, lorsque c'est le cas, c'est important de
l'affirmer.
Et, alors que nous adoptions, donc, le préambule
du projet de loi, l'un des considérants initiaux se lisait ainsi :
«Considérant que les contenus culturels visionnés, écoutés ou lus par les
jeunes d'aujourd'hui influeront sur leur développement et sur leur attachement
à la nation québécoise et à sa culture.» Et, à mon sens, il est important pour
moi qu'on modifie ce considérant-là, puisqu'on affirmait, donc, de façon
beaucoup plus générale ce qui devrait se retrouver, donc, dans ce... dans ce
projet de loi, qui... qui comprend, donc, une disposition prépondérante. Donc,
vous comprendrez qu'on lui octroie, donc, un statut déterminant et
excessivement important, puis, je me disais, bien, je pense que c'est important
que ce considérant-là aille comme suit... plutôt comme suit : «Considérant
que les contenus culturels visionnés,
écoutés ou lus par les jeunes influent sur leur développement et leur attachement
à la nation québécoise et à sa culture.»
J'ai beaucoup parlé des artisans, de ceux qui
nous écoutent, de ceux qui créent du contenu qui nous éblouit depuis plus de 50 ans, M. le Président, mais
ces artisans-là le font pour un public. Ils le font, oui, bien sûr, parce que
c'est un peu leur vocation, parce que
vivre de leur art leur permet d'exprimer qui ils et elles sont, mais ils le
font aussi et surtout... Et j'ai eu l'occasion, donc, de les... de les rencontrer, d'échanger
avec eux dans le cadre de mes fonctions de porte-parole en matière de
culture et de communication, M. le Président, et ce qui me touche, c'est que
j'entends surtout de la part de nos artisans qu'ils créent ce contenu-là parce
qu'ils souhaitent que le public... que nous soyons éblouis, émerveillés, touchés par ce qu'ils créent, et ce public, bien,
ça comprend aussi les jeunes, et, à mon sens, ça comprend surtout les jeunes.
Je le disais d'emblée, je pense qu'un projet de
loi comme celui-ci permettra, donc, à des générations futures de jeunes d'être
exposées, donc, à ces créations et de s'y identifier, mais je pense aussi que
c'est important, donc, qu'elles le soient tout autant que les générations
précédentes. Donc, c'est pour ça que, pour moi, c'était important d'élargir,
donc, la portée de cet amendement que l'on retrouve dans le préambule du projet
de loi.
Et, vous savez, M. le Président, je suis aussi
porte-parole en matière d'éducation. Donc, je ne le dis pas à la légère, quand
j'affirme que la culture, même plus que l'école, est notre liant social et ce
qui permet à chaque enfant québécois de se reconnaître dans cet écosystème et
de faire société les uns avec les autres. Et, oui, si, à l'école... Et je suis aussi porte-parole en matière de langue
française. Donc, si, oui, à l'école, on nous... on apprend, donc, à l'ensemble
des enfants québécois à maîtriser notre langue et à en défricher les
codes, c'est à travers la culture que nos enfants, donc, se décident de tomber
en amour avec notre langue et d'à leur tour la faire vibrer dans leurs
environnements respectifs. Donc, si nos enfants, si nos jeunes, donc, ont
accès, sur les plateformes sur lesquelles ils sont déjà aujourd'hui, à notre
culture, bien, c'est certain que, tout comme les jeunes des générations
précédentes, ces contenus culturels influeront sur leur développement et sur
leur attachement à la nation québécoise et à sa culture, comme ça a été le cas
pour moi, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Et je reconnais maintenant M. le député de Jean-Lesage.
M. Sol Zanetti
M. Zanetti : Merci, M. le
Président. Alors, le projet loi n° 109 qui va être
adopté est un bon projet de loi. C'est un
projet de loi pour lequel on va voter, un projet de loi qui va probablement
explorer le maximum de ce qu'une province canadienne peut faire pour
protéger la culture, sa culture, la culture québécoise dans le cas qui nous
concerne.
Toutefois,
évidemment, c'est un projet de loi qui est insuffisant pour protéger
véritablement la culture québécoise, puisque c'est un projet de loi qui se fait
dans un cadre trop petit, un cadre trop petit pour assurer la souveraineté
de la culture québécoise, notre souveraineté culturelle et notre souveraineté
en général.
Les enjeux qui sont à la base de ce projet de
loi là, je tiens à nous les rappeler, là.
Les habitudes culturelles des Québécoises et des
Québécois. On voit que, dans les habitudes culturelles des jeunes, et des
Québécois plus largement, 80 %, plus de 80 % des ménages québécois
sont abonnés à des plateformes étrangères diffusant majoritairement du contenu
étranger. Les écoutes d'interprètes québécois comptent pour seulement 8 %
des écoutes des Québécois, et 31 % des jeunes de 15 à 29 ans n'écoutent
pas de musique québécoise en français et ne
regardent pas de films ou de séries québécoises en français. Évidemment, on ne
les chicane pas. Tout ça, ce n'est pas une affaire de décision
individuelle à la base. La raison pour laquelle on en est là, ce n'est pas
parce qu'ils ont découvert la culture québécoise et l'ont rejetée, c'est
justement parce qu'ils ne l'ont pas découvert et parce que le système,
l'écosystème culturel est dans une phase de transformation depuis plusieurs
décennies, qui met en péril notre capacité même de découvrir notre culture.
Il y a des défis aussi qui sont à venir pour le
milieu culturel québécois. L'intelligence artificielle, par exemple, qui bafoue
les droits d'auteur et menace les opportunités pour des vrais artistes en chair
et en os. Il y a les GAFAM qui favorisent une monoculture mondiale toujours
plus dominante et le coût de la vie astronomique qui continue à précariser les
artistes dans leur mode de vie.
• (11 h 50) •
Donc, on va... on est favorables à ce projet de
loi, le projet loi n° 109, et il y a plusieurs bons
points dans ce projet loi. Il y a des
avancées qui sont très importantes. On salue le travail du ministre, qui a
fait, là-dedans, le plus qu'il pouvait faire comme ministre provincial
de la Culture, probablement, mais j'aimerais noter aussi qu'est-ce qu'on aurait
pu faire de plus, et pourquoi il aurait fallu qu'on aille vraiment plus loin,
et pourquoi la véritable souveraineté culturelle du Québec ne pourra
s'atteindre qu'avec la véritable souveraineté, notamment politique et
économique.
La première
raison, c'est qu'il nous manque plusieurs compétences, comme province
canadienne, pour réellement faire
face aux défis de la transformation numérique et ça limite considérablement
notre capacité d'action. Je vous cite un extrait du rapport du
comité-conseil qui est à l'origine du projet de loi n° 109. J'ouvre les
guillemets : «Le fédéralisme canadien a une incidence directe sur la
capacité du gouvernement du Québec à garantir à ses citoyens le droit à leur culture et à sa découvrabilité. Pour les
10 entités fédérées, comme pour l'entité fédérale, le partage des
compétences de même que la coordination des efforts des deux ordres de
gouvernement s'avèrent des enjeux de taille.»
Nommons-en quelques-uns : l'impossibilité
pour le Québec de moderniser le régime fédéral du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle. L'Union des
artistes a dénoncé l'inaction fédérale dans la modernisation du régime de la
copie privée, qui a été dénaturée par l'obsolescence des supports physiques,
comme le CD, privant le secteur culturel de dizaines de millions de dollars.
L'intelligence artificielle, qui cogne à la porte et qui se nourrit du travail
de nos créateurs pour créer quoi que ce
soit. Ce défi va devenir de plus en plus important et affecter de plus en plus
nos artistes. Et l'incapacité du Québec de renégocier des accords
commerciaux internationaux et les conventions internationales ayant un impact
sur son... sur son secteur culturel, ça, c'est un obstacle majeur. Le Canada a
renégocié l'ACEUM et a maintenant
l'exemption... en maintenant, par exemple, l'exemption culturelle, mais en
reconduisant le droit de représailles, ce qui
permet aux États-Unis de réclamer une compensation si la politique culturelle
canadienne est incompatible avec l'accord.
Ce compromis que le Canada a fait, ça vient limiter la capacité du Québec à
protéger spécifiquement le contenu culturel québécois dans le projet de
loi n° 109. C'était au Québec seulement que revenait le droit de trancher
cette question. C'est inacceptable que cette
question ait été déterminée par les décisions du fédéral. On voit notamment que
c'est une des raisons pour lesquelles le projet de loi va parler de
découvrabilité du contenu d'expression francophone plutôt que du contenu
culturel québécois. C'est quelque chose de majeur.
Le
Canada n'est pas non plus intervenu pour appuyer le développement d'un
protocole additionnel à la convention de l'UNESCO en 2005 visant la... à
la protection et à la promotion de la diversité des expressions culturelles
dans l'environnement numérique face à l'intelligence artificielle. C'est
donc... On a là un État du Canada qui ne défend pas nos intérêts, les défend
mal et même, quand il défend les siens, va à l'encontre des intérêts du Québec
et de notre souveraineté culturelle. On ne peut pas laisser ça aller.
Le pouvoir de
dépenser, un autre obstacle important. Le gouvernement fédéral, donc, s'arroge
un pouvoir de dépenser qui lui permet de dépenser comme il l'entend des sommes
dans des domaines relevant d'une compétence provinciale ou partagée. Gil
Rémillard, ancien ministre du Parti libéral du Québec, avait dit à ce
sujet : «Elle est pour l'ensemble des provinces une épée de Damoclès sur
toute politique planifiée de leur développement, tant social que culturel ou
économique.»
La raison n° 2 : le fédéral est un mauvais joueur, recherchant
la centralisation, et qui veut occuper le champ culturel et le champ numérique.
J'en ai parlé à l'adoption de principe, mais le rapport du comité-conseil
souligne que le projet de loi C-11 sur la diffusion continue en ligne pour
augmenter l'offre de contenus culturels canadiens a un fort potentiel de
centralisation des compétences en culture des provinces. L'Assemblée nationale
a déjà dénoncé que le projet de loi C-11
ne prévoit pas de droit de regard pour le Québec sur les orientations données
au CRTC et ne reconnaît pas non plus l'application des lois québécoises,
comme la loi sur le statut de l'artiste. Mais, plus encore, le projet de loi
canadien C-11 laisse transparaître la véritable ambition du fédéral, qui
est de réguler l'ensemble des contenus culturels en ligne.
Le rapport du
comité-conseil nous met ici encore en garde, et j'ouvre les guillemets :
«L'ambition fédérale de considérer comme relevant de sa compétence tout ce qui
se rattache à Internet pourrait conduire à une nouvelle vague de centralisation,
puis à une atteinte considérable de l'autonomie du Québec. En culture, cette
vague de centralisation serait catastrophique, car elle touche directement ce
qui fait de nous un peuple distinct et qui a son identité propre.»
Raison
n° 3, M. le Président : le fédéral baisse
constamment les bras pour protéger les secteurs culturels des grands défis à venir. Il n'est donc pas un allié, c'est
un État démissionnaire. Ça fait déjà deux ans qu'on attend le cadre
réglementaire du CRTC sur la loi C-11, la loi canadienne C-11.
Bien que je ne me réjouisse pas de cette loi centralisatrice, cette situation
démontre l'incapacité du gouvernement fédéral à appliquer concrètement des
mesures contre les géants du numérique qui menacent notre culture. Deux ans,
c'est une éternité.
L'UDA, l'Union des
artistes, a dénoncé également qu'alors que l'intelligence artificielle
générative constitue une menace majeure pour
la culture, le ministre fédéral de l'Intelligence artificielle et de
l'Innovation numérique décide de prioriser son développement plutôt que
son encadrement. Dans cette même lignée, on retrouve l'abandon de la loi n° 27 sur la
réglementation de l'intelligence artificielle, morte au feuilleton la session
passée, alors que l'intelligence artificielle représente le défi du
siècle pour nos artistes. Il n'existe aucune loi établissant un cadre de
réglementation générale des systèmes d'intelligence artificielle au Canada, qui
prend, encore une fois, du retard sur l'Europe.
J'avais
oublié mon argument n° 1. Alors, je les ai donnés dans un ordre qui
n'était pas chronologique, mais je vais vous le... je vais vous le dire
quand même, je ne voudrais quand même pas vous laisser comme ça, sans plan,
avec un... avec un casse-tête dont il manque un morceau. Ah non! En fait, je
fais une erreur, je l'ai déjà dit.
J'arrive à ma
conclusion.
Des voix :
...
M. Zanetti : Bon. Merci de... C'était pour vérifier si vous suiviez. Je vais faire une
conclusion qui, je pense... parce
que ça fait quand même longtemps qu'on est
ici ensemble, la plupart d'entre nous... une conclusion qui ne vous
surprendra pas : il faut faire
du Québec un pays. L'affaire, là, c'est que les solutions provinciales, les
solutions limitées, les solutions qui
sont toujours dans l'ordre de qu'est-ce qu'on peut faire au maximum dans ce
cadre qu'on ne veut jamais remettre en question, ce sont des solutions qui ne
nous protégeront jamais pleinement. Ce sont des solutions qui ne nous
permettront pas d'avoir la
souveraineté culturelle, la souveraineté politique, la souveraineté économique,
et de vraiment défendre nos intérêts, et de prendre des décisions qui,
parce qu'elles seront les nôtres, vont nous définir et vont nous permettre
d'être pleinement qui nous sommes comme peuple. Et c'est des... ce sont des
sacrifices que nous n'avons plus à faire. Nous n'avons pas à faire ces
sacrifices-là. Il n'y a aucune raison qui fait qu'on devrait continuer à les
faire. On est capables, économiquement, d'être indépendants. On a une culture
formidable qui ne demande qu'à être protégée avec les pleins pouvoirs. On a...
on a tout ce qu'il faut pour faire la transition écologique et devenir des
leaders en Amérique du Nord sur la question de la transition écologique. Et
puis... et puis tout ce qu'il nous manque, là, je pense, collectivement, ça ne
me manque pas à moi, ça ne manque pas à Québec solidaire, ça ne manque pas au Parti québécois
non plus, mais c'est cette confiance en nous, collective, qu'on est capables de
surmonter ces défis-là et de les faire. Ce serait le plus beau legs qu'on
pourrait faire aux générations futures, et c'est un legs dont on a de plus en
plus besoin, parce que les enjeux culturels en ce moment, avec la vitesse avec
laquelle se développent les menaces numériques à son endroit, c'est un sujet
d'urgence nationale. Merci beaucoup, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Jean-Lesage.
Nous poursuivons ce débat. Cette fois-ci, je reconnais Mme la députée de
Terrebonne.
Mme Catherine Gentilcore
Mme Gentilcore :
Merci, M. le Président. Je vais donc continuer dans la même veine que mon
collègue, de mon côté.
Le Québec forme une
nation distincte, avec une culture qui lui est propre, et on a le devoir de
nous mobiliser pour que notre culture soit mise de l'avant auprès des
Québécoises et des Québécois. Ce qu'on a réussi à faire autrefois avec la
radio, avec la télévision, on a maintenant l'obligation de le réussir avec les
plateformes numériques et avec les téléphones intelligents.
Les enjeux propres au
XXIe siècle renforcent encore davantage l'importance pour le Québec de
disposer de ses pleins pouvoirs. Les tours radio, les câbles de télévision,
c'est des infrastructures physiques qui étaient implantées sur nos territoires
au Québec. Donc, avec du recul, on se rend compte qu'il a été plus facile,
probablement, de faire appliquer nos règles à ce moment-là. Les plateformes
numériques, elles, sont déployées à l'échelle mondiale, et c'est pour ça qu'on
a tout intérêt à agir aux côtés des pays qui partagent notre vision, et ces
pays-là n'incluent pas le Canada, M. le Président, comme on a pu le découvert
cet été, à l'UNESCO, lorsqu'il a voté contre les intérêts du Québec.
• (12 heures) •
Il s'agit pourtant
d'une question d'importance vitale. Quand on lutte pour la découvrabilité de la
culture québécoise, on lutte pour les droits de toutes les cultures d'exister,
et c'est là la grande différence entre le nationalisme québécois et le multiculturalisme canadien. On reconnaît au Québec
l'existence d'une culture qui est commune, qui est faite de références
qui sont partagées, qui est le socle de notre identité, et c'est ça qu'on a le
devoir de défendre comme élus ici, au Québec.
Le Canada, avec la
Constitution de 1982, avec le multiculturalisme, a choisi de vider tout sens
d'identité canadienne fondé sur une histoire et une culture qui nous sont
communes. Le Canada ne comprend pas — et là le mot «comprendre» dans les deux sens du terme, ici — le Canada ne comprend pas le Québec, et c'est
exactement pourquoi on ne peut pas nous en remettre à lui pour défendre
la culture québécoise.
On
a besoin, pour faire reconnaître et faire prospérer la culture québécoise, que
le Québec lui-même soit reconnu dans sa différence à l'échelle mondiale.
Tant que le Québec ne sera pas pleinement reconnu comme un marché national distinct, tant qu'on n'aura pas les pleins
pouvoirs sur nos télécommunications, le mieux qu'on puisse faire, c'est de
combler ici et là les lacunes du gouvernement fédéral.
Le projet de loi sur
la découvrabilité culturelle s'inscrit dans cette logique-là, celle des
demi-pouvoirs, de la demi-influence du Québec sur les décisions qui comptent vraiment.
Les défis qui sont devant nous exigent qu'on ait les pleins moyens d'agir pour protéger notre culture. Ce que ça
signifie, en clair, c'est que le Québec ait sa propre autorité en matière de radio-télédiffusion et de régulation
des plateformes. C'est que le Québec ait tous les budgets en culture, une
compétence exclusive du Québec que le Canada ne reconnaît pas et dans laquelle
il s'ingère sans jamais même mentionner le fait que le Québec constitue
une nation distincte. C'est que le Québec soit parmi les décideurs et les
parties prenantes dans les grandes instances
internationales comme l'UNESCO. Il ne suffit pas de faire des discours, il ne
suffit pas d'être consulté, il ne suffit pas non plus de faire du lobbying. Le
Québec doit pouvoir voter selon ses intérêts, selon la nécessité de défendre notre culture et notre langue. Il n'y
aura jamais de pleine souveraineté culturelle tant qu'on n'aura pas
l'indépendance du Québec, et c'est ce pour quoi le Parti québécois se bat sans
relâche, jour après jour.
Je tiens évidemment à
saluer le projet de loi du ministre de la Culture et des Communications. Dans
la situation qui est la sienne, dans le parti qui est le sien et dans le pays
que son parti a choisi de défendre, il a néanmoins choisi d'agir. On va évaluer l'impact de son projet de
loi à la manière dont il sera appliqué dans les prochains mois, c'est-à-dire d'ici
la fin de la présente législature.
Il y a urgence pour
appuyer nos entreprises du secteur culturel, notamment avec les négociations en
cours avec les États-Unis pour le
renouvellement de l'ACEUM. Le ministre doit pouvoir nous assurer que
l'exception culturelle sera maintenue, s'il veut que le projet de loi
que nous allons adopter puisse être appliqué réalistement. Il peut être assuré que le Parti québécois continuera de se faire
entendre pour faire valoir le droit des Québécois à avoir accès à leur culture
sur ces plateformes.
Le projet de loi
prévoit aussi la création d'un bureau de la découvrabilité. Ça, je le salue,
très bonne décision en ce sens-là. Lors de
la dernière campagne électorale, on avait proposé, au Parti québécois, la
création d'un bureau de promotion de la culture québécoise qui allait
sensiblement dans le même sens, donc on salue cette initiative-là.
L'étude du projet de
loi et les recommandations des groupes consultés ont permis d'apporter des
modifications importantes au projet de loi, dont l'extension de la
découvrabilité aux réseaux sociaux. Cet ajout-là n'est pas anodin. C'est
primordial de rejoindre la jeune génération là où elle se trouve et de lui
donner accès au travail acharné que font nos artistes ici, au Québec.
On vit une période
paradoxale parce que jamais les artistes québécois n'ont été aussi bien
représentés de par le monde. Les histoires de succès ici, partout dans le
monde, dans les festivals internationaux, se multiplient, qu'on pense à nos
cinéastes, Xavier Dolan, Monia Chokri, Ariane Louis-Seize, Denis Villeneuve et
tellement d'autres, nos auteurs-compositeurs-interprètes, Charlotte Cardin,
Patrick Watson, Alexandra Streliski, toute la jeune génération aussi, Ariane Roy, Lou-Adriane Cassidy, Thierry
Larose, nos auteurs, Éric Chacour, Kev Lambert, Dominique Fortier, nos
séries télé, Empathie, produite en collaboration avec la France, C'est
comme ça que je t'aime, Plan B, etc.
Bref, j'en ai juste nommé quelques-uns,
évidemment, parce qu'il serait beaucoup trop long de tous les nommer, mais
l'art et la culture québécois sont bien vivants et bien présents partout dans
le monde, c'est impératif qu'ils soient découvrables ici
même, au Québec. On est généreux de notre culture partout dans le monde, soyons
généreux aussi pour le public du Québec.
Et c'est pour cette raison-là qu'au Parti
québécois on a le devoir de soutenir les initiatives qui vont dans le sens d'une
meilleure découvrabilité des oeuvres de nos créateurs, et c'est pourquoi
nous... nous allons voter pour ce projet de loi. Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de
Terrebonne. Nous poursuivons ce débat, toujours sur le projet de loi
n° 109. Je reconnais, cette fois-ci, M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Mario
Asselin
M. Asselin : Merci,
M. le Président. Donc, je n'ai pas l'habitude d'intervenir dans beaucoup de
projets de loi, mais, celui-là, j'avoue
que le 109 est venu me chercher. J'ai travaillé fort dans la commission de la
culture et des communications... et
de l'éducation, et puis j'ai bien aimé l'atmosphère de travail tout au long du
processus. Évidemment, j'ai suivi ce dossier-là, puis mes collègues
l'ont mentionné, en particulier vis-à-vis du travail qu'ont accompli les
membres du Comité-conseil sur la découvrabilité, les quatre membres. Je vous
invite à lire le rapport final, d'ailleurs, qu'ils ont déposé, qui est
précurseur un peu à la loi mais qui est venu poser des bonnes bases.
Comme tel, je voudrais mentionner que la lettre
ouverte parue lundi dernier par les ex-ministres de la Culture était vraiment particulière. J'ai l'impression
qu'ils sont venus, disons, traiter des bons éléments. Puis, si vous me
permettez, M. le Président,
j'aimerais vous en lire une petite partie, un extrait, pour bien mentionner,
disons, le caractère spécifique dans lequel on a travaillé, donc :
«Lorsqu'il est question de souveraineté culturelle, il n'existe plus de ligne
de parti. Nous pouvons aspirer à
l'indépendance, être héritiers de Robert Bourassa ou provenir d'autres horizons
politiques, nous reconnaissons tous que la culture québécoise doit avoir
la place qui lui revient dans l'univers numérique. Un peuple qui n'a pas accès à
ses histoires, à ses images, à sa musique et à ses artistes est un peuple dont
la mémoire s'effrite et l'avenir s'efface.» Donc, pour cette raison-là, je
tenais à ce qu'on mentionne, disons, le bon travail qui s'est fait sur la découvrabilité
et la souveraineté culturelle.
Mais il y a un autre aspect qu'il est important
d'ajouter. Je ne l'ai pas entendu beaucoup, mais je tenais à le souligner. Moi,
je suis un vieux blogueur, un dinoblogueur, c'est-à-dire qu'au début des années 2000,
lorsque j'étais directeur d'école, j'ai fondé un programme où tous mes élèves
avaient un blogue, et puis, à ce moment-là, je me suis intéressé beaucoup au côté numérique. Et puis, à cette époque-là, j'ai
travaillé aussi dans un groupe, avec un groupe pour le plan numérique au
Québec, un groupe qui s'est appelé les étonnés. D'ailleurs, si jamais vous avez
l'occasion, je vous invite à venir faire un tour sur mon blogue, qui est
toujours en fonction, que je nourris abondamment aussi. Et puis, le groupe les étonnés, il y a une rubrique
qui s'appelle Plan numérique où je détaille toutes sortes de choses, et
il y a beaucoup d'archives par rapport à ça.
Et l'adoption du... on se prépare à l'adopter,
et j'aimerais bien que tout le monde puisse aller de l'avant et voter pour, j'ai l'impression que ça va peut-être
relancer un petit peu notre stratégie numérique. Et puis c'est dans cet
esprit-là que je me dis : C'est
important, oui, pour la souveraineté culturelle, oui, pour la découvrabilité,
qu'on aille de l'avant, mais aussi pour l'importance du numérique au
Québec. On n'a pas assez dit que ça va relancer la stratégie numérique, et
c'est important qu'on aille de l'avant justement à cause du fait qu'on va enfin
mettre une pression énorme et structurer davantage nos actions du point de vue
numérique.
Alors, pour toutes ces bonnes raisons, M. le
Président, je nous incite à voter pour le projet de loi n° 109. Et je
remercie beaucoup mes collègues pour l'esprit dans lequel tout le monde a
travaillé. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Vanier-Les Rivières. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
Mise aux voix
S'il n'y a
pas d'autre intervention, le projet de loi n° 109, Loi affirmant la souveraineté culturelle du Québec
et édictant la Loi sur la
découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement
numérique, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Adopté. Merci. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Oui. Merci. M. le
Président. Je vous demande d'appeler l'article 1 du feuilleton.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 10 décembre
2025 sur le rapport de la Commission de l'administration publique qui, le 2 décembre
2025, a procédé à l'audition du Centre d'acquisitions gouvernementales sur le chapitre 2 du rapport de novembre
2024 du Vérificateur général intitulé
Acquisitions regroupées gouvernementales. Je vous rappelle que ce
rapport, qui a été déposé le 9 décembre 2025, contient des
observations, des conclusions et deux recommandations.
Avant de céder la parole au prochain intervenant,
je vous informe qu'après la distribution du temps non utilisé par le troisième
groupe d'opposition la répartition du temps de parole restant est la
suivante : 16 min 56 s au groupe parlementaire formant le gouvernement,
10 min 19 s au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 22 min 45 s au deuxième groupe d'opposition.
• (12 h 10) •
Je cède maintenant la parole... Est-ce qu'il y a
des intervenants? Non, il n'y a pas d'intervenant. Cela met donc fin au rapport
sur... au débat sur le rapport de la Commission de l'administration publique.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Ajournement
Mme LeBel : Donc,
en conséquence, je vais vous demander d'ajourner nos travaux à demain, 9 h 40,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est-elle adoptée? Adopté.
En conséquence, nous ajournons nos travaux à
demain, vendredi 12 décembre 2025, à 9 h 40.
(Fin de la séance à 12 h 11)