(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes maintenant à la rubrique Déclarations
de députés, et je cède la parole, maintenant, à M. le député de Jonquière.
Féliciter M. Félix-Antoine Turgeon, récipiendaire
de la bourse Dominique-Gobeil
M. Yannick Gagnon
M. Gagnon : Mme la Présidente,
la bourse Dominique-Gobeil se poursuit.
Rappelons-nous que cette bourse a été créée à la
suite du décès malheureusement prématuré d'une ancienne étudiante en ATM,
devenue journaliste au Quotidien, qui n'a malheureusement jamais pu
compléter son Barreau pour réaliser son rêve de devenir officiellement avocate.
Par contre, la mémoire de Dominique est toujours
bien vivante, parce qu'il y a quelques jours Félix-Antoine Turgeon, étudiant de
troisième année en journalisme au cégep de Jonquière, est devenu le deuxième
récipiendaire de l'histoire de la bourse Dominique-Gobeil. Je tiens à féliciter
Félix-Antoine pour s'avoir démarqué dans son implication durant ses études.
Et, bien
entendu, Mme la Présidente, je profite de cette tribune pour souhaiter de
joyeuses fêtes aux gens de ma circonscription, et particulièrement aux
parents de Dominique. Merci.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Viau.
Remercier les organismes d'aide alimentaire et saluer le
travail
du Centre éducatif communautaire René-Goupil
M. Frantz Benjamin
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. À chaque année, le miracle de la générosité se donne rendez-vous au Québec par la mobilisation des organismes
communautaires, des médias, des entreprises et des milliers de bénévoles.
Les différentes guignolées sont autant de manifestations de tendresse humaine.
Je tiens à remercier Moisson Montréal et tous
les autres organismes qui, au quotidien, combattent l'insécurité alimentaire en
venant en aide aux familles et aux personnes vulnérables.
Dans la circonscription de Viau, plusieurs
organismes sont à pied d'oeuvre dans ce chantier. J'aimerais aujourd'hui saluer les efforts du Centre éducatif
communautaire René-Goupil, un organisme implanté depuis 48 ans dans
le quartier Saint-Michel. L'organisme a déployé, au fil des ans, une série de
mesures visant à lutter contre l'insécurité alimentaire.
Je pense à la Grande Bouffe, où une soixantaine d'enfants ont un repas de
l'école Bienville. Il y a aussi différents ateliers de cuisine offerts
aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Et sans parler des initiatives de
jardinage et du service de référencement pour des paniers alimentaires.
Merci à Nathalie Prieur et à toute l'équipe du
CECRG.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Nous poursuivons maintenant avec M. le député de Vachon.
Souligner le 40e anniversaire de la Maison des jeunes
La Porte ouverte
M. Ian Lafrenière
M. Lafrenière : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, c'est avec une grande fierté que je souligne les
40 ans de la Maison des jeunes La Porte ouverte. C'est un organisme
qui est dans ma circonscription, Mme la Présidente.
Depuis quatre décennies, cette maison des jeunes
joue un rôle essentiel dans notre communauté : un lieu d'accueil,
d'écoute, mais surtout un lieu de prévention.
Les
intervenants y accompagnent les jeunes dans leurs choix, les aident à
développer leur confiance, les soutiennent dans les moments difficiles
et leur offrent un espace sécuritaire où ils peuvent s'épanouir.
En novembre dernier, dans le cadre de leur
soirée d'anniversaire, j'ai eu l'honneur de remettre un certificat soulignant
ces 40 ans d'engagement.
Ce
geste symbolique reconnaît toute la passion, le travail et la bienveillance de
l'équipe, des bénévoles et de toutes les personnes qui ont façonné cette
maison au fil des ans.
Au nom de tous les citoyens de Vachon, je vous
remercie pour votre dévouement envers la jeunesse et je vous... je vous
souhaite, pardon, à tous et à toutes de très joyeuses fêtes.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Sherbrooke.
Porter le message de dirigeants de musées de l'Estrie
Mme Christine Labrie
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Pour ma déclaration, je vais vous lire, aujourd'hui, des extraits
d'une lettre signée par 10 musées en Estrie.
«Au cours de la dernière année, nos institutions
ont encaissé de nombreux coups : modification, pour ne pas dire coupure, de la mesure du premier dimanche du
mois, restrictions sur les sorties scolaires culturelles, diminution des
cohortes en francisation, fermeture de plusieurs programmes pour l'aide aux
projets. À cela s'ajoutent les coûts nettement plus élevés des dernières
années.
«Les musées régionaux éduquent et démocratisent
l'accès à la culture, enracinent la culture dans la vie quotidienne, au coeur
des communautés. Ils sont des lieux de partage, de création, de mémoire,
d'épanouissement, de bien-être, de liens sociaux et d'accueil. Ils font vivre
notre histoire autant qu'ils stimulent l'avenir. Ils contribuent à renforcer la
culture nationale.
«Le sous-financement chronique des musées
régionaux ne date pas d'hier. Cela ne peut plus durer. Nos institutions n'ont
plus la capacité d'attendre. Nous demandons au gouvernement un financement
rehaussé et stable, la reconnaissance du rôle stratégique des musées régionaux,
une accélération des investissements promis afin d'éviter l'effondrement
d'institutions essentielles.»
Je vous remercie d'avoir été à l'écoute.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je souhaite maintenant donner la parole à Mme la députée de
Saint-François. Merci.
Rendre hommage à Mme Josée Parent
Mme Geneviève Hébert
Mme Hébert : Mme la Présidente,
je veux souligner le rôle pionnier de Mme Josée Parent, fondatrice et
directrice générale de Mon Shack... Mes choix... Mon avenir!, qui soutient le
rétablissement des personnes vivant avec une problématique de santé mentale et
les accompagne afin qu'elles puissent reprendre le pouvoir sur leur vie.
Mon Shack se démarque dans le domaine de la
santé mentale par son modèle d'intervention unique, son hébergement supervisé,
ses milieux de vie bilingues et son ouverture sur la communauté.
Créé en 2013, l'organisme a ouvert une première
résidence en 2018 et une seconde en 2023, pour un total de 40 appartements
sous supervision à Lennoxville.
Je salue l'altruisme, la bienveillance, la
détermination et le sens de l'innovation de Mme Parent.
Mme Parent a également fondé l'Espace
Univers-Shack, projet de recherche unique au Canada, sous forme de laboratoire
vivant, avec l'Université Bishop's et l'Université de Sherbrooke.
Je lui ai remis, Mme la Présidente, la Médaille
de la députée parce qu'elle a fait une réelle différence en santé mentale.
Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je
souhaite maintenant donner la parole à la députée de D'Arcy-McGee.
Souligner le 30e anniversaire du Projet Cumulus
Mme Elisabeth Prass
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je suis fière de souligner le 30e anniversaire du
Projet Cumulus, une organisation située
dans le comté de mon collègue de Marquette, qui depuis trois décennies a touché
la vie de milliers de jeunes au
Québec, en matière de prévention de la toxicomanie, en favorisant la création
d'environnements où ils peuvent grandir, apprendre et faire des choix
qui favorisent leur bien-être.
Les ateliers
qu'elle offre dans les écoles, son soutien aux parents et sa formation pour les
professionnels reflètent tous un engagement en faveur de la prévention
fondé sur le respect, l'empathie et des pratiques fondées sur des preuves.
À l'occasion de cette étape importante, nous
tenons également à souligner le dévouement du personnel, des bénévoles et des
partenaires de l'organisation, dont l'engagement quotidien, l'énergie et
l'expertise ont rendu possible ce parcours remarquable.
Leur travail démontre le pouvoir de la collaboration, de la compassion et de la
vision dans la construction d'un avenir plus sain pour notre jeunesse. Merci,
Mme, Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Repentigny.
Souligner la tenue de la 25e édition
du Tournoi provincial
des Félins de l'école Félix-Leclerc
Mme Pascale Déry
Mme Déry :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vous parle, aujourd'hui, du
tournoi provincial de basketball des Félins, organisé par l'école secondaire
Félix-Leclerc, de Repentigny, qui va célébrer, Mme la Présidente, en février sa
25e édition.
Alors, depuis sa
création, l'événement n'a cessé de prendre de l'ampleur, s'est imposé comme
l'un des rassemblements majeurs du basketball scolaire québécois. Il a été mis
sur pied conjointement par l'école Félix-Leclerc, l'Association de basket-ball de Lanaudière aussi. Et l'objectif, c'était
d'offrir aux jeunes et c'est d'offrir aux jeunes une compétition de
basketball qui est structurée, qui est organisée, qui est de haut niveau.
Depuis, c'est devenu
un événement, vraiment, d'envergure provinciale. C'est un tournoi qui accueille
aujourd'hui des équipes qui proviennent, évidemment, de partout à travers la
province mais aussi parfois de l'extérieur. Et son succès repose vraiment
entièrement sur l'engagement de la communauté sportive, les enseignants, les
arbitres, les bénévoles, les partenaires, qui, année après année, veillent au
bon déroulement de ce rendez-vous incontournable du sport scolaire québécois.
Alors,
je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance envers tous ceux et celles qui
ont contribué à faire rayonner ce tournoi. Félins un jour, Félins
toujours. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Je souhaite maintenant donner la parole à M. le député de Jean-Talon.
Souligner le travail de la
Fondation du Cégep de Sainte-Foy
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Je souhaite aujourd'hui
reconnaître le travail remarquable de la Fondation du Cégep de Sainte-Foy.
Guidée
par des valeurs fortes d'engagement, d'intégrité, de collaboration, d'inclusion
et d'innovation, la fondation joue un
rôle déterminant dans la réussite scolaire et l'épanouissement des élèves et du
personnel du cégep. Depuis 33 ans, 10,4 millions de dollars ont été investis au sein du cégep de
Sainte-Foy afin d'améliorer la qualité de vie scolaire et de réduire les obstacles auxquels font face de nombreux
élèves. Cette année seulement, la fondation a accordé plus de 750 000 $ en bourses aux étudiantes et
étudiants et en soutien à des projets visant la réussite scolaire.
Je tiens également à
souligner l'impact concret de la Campagne des Paniers de Noël :
27 000 $ investis en 2024-2025,
dont 250 paniers de nourriture et 277 cartes-cadeaux pour des bons
alimentaires. C'est la sixième édition de cette initiative, que je suis
fier d'appuyer.
Je
salue Sonia Lefrançois, directrice de la fondation, et Nathalie Larose,
directrice générale du cégep, ici présentes, et je les remercie pour
leur engagement indéfectible.
La
Fondation du Cégep de Sainte-Foy est là pour soutenir la réussite et la
solidarité. C'est toute notre communauté qui en ressort plus forte.
Merci.
• (9 h 50) •
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le député. Et, au nom de la présidence, Mme Lefrançois et
Mme Larose, toutes nos félicitations.
Maintenant, je
souhaite donner la parole à Mme la députée de Hull.
Rendre hommage à Mme Claire
Duguay
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay :
Mme la Présidente, j'ai eu le plaisir de remettre dernièrement la Médaille
de l'Assemblée nationale à Claire Duguay, une femme qui occupe une place
importante dans la vie culturelle de l'Outaouais.
Claire, c'est une
artiste d'exception. Musicienne, chanteuse, compositrice et grande pédagogue,
elle transmet son savoir-faire avec grande générosité. Depuis près de 35 ans,
elle accompagne des artistes, et son travail contribue à façonner une vie
culturelle riche dans notre région. Elle est à la tête de L'Avant-première, un
lieu vivant et accueillant pour celles et ceux qui créent, explorent et
souhaitent faire évoluer leur démarche artistique.
Femme engagée et
appréciée, forte d'une expérience solide, Claire partage son expertise avec un
réel souci d'accompagner le milieu culturel. Partout où elle passe, elle
inspire, rassemble et laisse une présence chaleureuse.
C'est
donc avec une immense fierté que je lui ai remis cette médaille en
reconnaissance de son apport exceptionnel à notre milieu artistique et à
la communauté. Claire nourrit des parcours, soutient des rêves et contribue à
bâtir une scène culturelle vivante ici, chez nous, en Outaouais. Merci, Claire.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Je souhaite maintenant donner la parole à Mme la
députée de Roberval.
Rendre hommage à M. Gilles Potvin
Mme Nancy Guillemette
Mme Guillemette : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je rends hommage à Gilles Potvin, maire de
Saint-Félicien de 2005 à 2017, décédé le 20 novembre dernier.
C'est toute la communauté qui perd un grand
homme, un visionnaire, un homme engagé, un homme de coeur. Il a su guider Saint-Félicien avec détermination
et humanité. Tout au long de sa vie publique, M. Potvin a été l'instigateur
de projets essentiels pour le développement économique de la municipalité, des
projets durables, réfléchis et porteurs pour
les générations futures. Sa rigueur, son intégrité et son profond attachement à
Saint-Félicien en faisaient un homme apprécié de tous.
À sa famille,
ses proches et à tous ceux qu'il a inspirés, j'offre mes plus sincères
condoléances. Que son souvenir nous rappelle à chaque jour ce que veut
dire servir avec dévouement et amour.
Merci, M. Potvin.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je souhaite donner la parole à M. le député de
Joliette.
Souligner le 75e anniversaire du Groupe Gaudreault
M. François St-Louis
M. St-Louis : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. La prochaine année marquera un jalon important en transport
de personnes pour le Grand Joliette ainsi que pour toute la région de
Lanaudière, soit le 75e anniversaire du Groupe Gaudreault.
Fondée en 1951
par M. Roméo Gaudreault, cette entreprise familiale de troisième
génération a débuté modestement avec trois véhicules alors dédiés au
transport des travailleurs. Aujourd'hui devenue une organisation d'envergure,
possédant une importante flotte d'autobus, Groupe Gaudreault dessert une vaste
partie de Lanaudière et de la Mauricie en transport scolaire et en transport
commun.
Je souhaite également souligner l'engagement
remarquable du Groupe Gaudreault au sein de notre communauté, notamment par
l'entremise de la Fondation Raymond-Gaudreault. Cette dernière a pour mission
d'aider et de soutenir financièrement des organismes de bienfaisance qui
oeuvrent au mieux-être des jeunes en difficulté.
Mme la Présidente, le Groupe Gaudreault
représente pour moi, tout comme pour les citoyens du Grand Joliette, une belle
histoire familiale empreinte d'ambition, de persévérance, de réussite et de
très grande fierté.
Bon 75e et longue vie au Groupe Gaudreault!
Merci.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Cela met fin
à la rubrique Déclarations de députés.
Et je
suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
(Reprise à 10 h 07)
La Présidente : Bonjour, tout le
monde. Mesdames messieurs, vous êtes nos invités. Le parlement du Québec, c'est
chez vous. Bienvenue.
Mmes, MM. les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Vendredi 12 décembre. Nous poursuivons
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Présentation
de projets de loi
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Mme la
Présidente, bonjour. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il
vous plaît.
Projet de loi n° 16
La Présidente : À l'article a du
feuilleton, M. le ministre de la Santé présente le projet de loi n° 16,
Loi reportant l'entrée en vigueur de certaines dispositions de la Loi visant
principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration
de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de
ces services. M. le ministre.
M. Christian
Dubé
M. Dubé : Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
Alors, ce projet de loi modifie la Loi visant
principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration
de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de
ces services afin de reporter l'entrée en vigueur des dispositions qui doivent
entrer en vigueur le 1er janvier 2026. Il prévoit de plus l'abrogation des
dispositions du chapitre VIII de cette loi.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente : Est-ce que
l'Assemblée... Oui, M. le leader du gouvernement, vous...
M. Jolin-Barrette : ...
Mise
aux voix
La
Présidente : D'accord. Alors, j'allais dire : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté. Et je
vous reconnais, M. le leader.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, avec votre consentement et le consentement des collègues, nous
procéderions tout de suite après la période des affaires courantes à l'adoption
en accéléré, avec la méthode un, deux, trois,
que nous connaissons tous. Nous avons partagé une motion aux collègues des
oppositions, et ils ont gracieusement accepté
de donner leur consentement, Mme la Présidente. Mais je ne veux pas m'exprimer
pour eux, Mme la Présidente.
La Présidente : Parfait. Je vous
remercie pour ces précisions fort importantes.
Maintenant, toujours à la rubrique Présentation
de projets de loi, à nouveau M. le leader du gouvernement.
• (10 h 10) •
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme la Présidente, je vous demanderais d'appeler l'article b du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet
de loi n° 15
La Présidente : À l'article b du
feuilleton, M. le ministre du Travail présente le projet de loi n° 15,
Loi modifiant le Code des professions et d'autres dispositions principalement
afin d'alléger les processus réglementaires du système professionnel et
d'élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et
des services sociaux. M. le ministre.
M. Jean
Boulet
M. Boulet : Oui. Merci, Mme la
Présidente.
Ce projet de loi vise d'abord à alléger les
pouvoirs réglementaires du système professionnel.
À cette fin,
le projet de loi permet aux ordres professionnels d'adopter sans approbation de
l'Office des professions du Québec ou
du gouvernement certains règlements, dans la mesure où ils tiennent compte des
lignes directrices établies par l'Office. Il prévoit que sera désormais confiée
à l'Office, et non plus au gouvernement, la responsabilité d'approuver
certains règlements des ordres professionnels, dont les codes de déontologie et
les règlements concernant l'autorisation d'activités professionnelles par des
non-membres. Il permet aux ordres professionnels de s'habiliter, dans ces
derniers règlements, à établir par résolution des conditions selon lesquelles
les activités peuvent être exercées. Par ailleurs, le projet de loi transfère à
l'Office le pouvoir de déterminer, dans un règlement devant être approuvé par
le gouvernement, les diplômes donnant ouverture à un permis ou à un certificat
de spécialiste. Il prévoit également que l'Office doit adopter un règlement applicable à tous les ordres professionnels en
matière de conciliation et d'arbitrage des comptes et il donne à
l'Office le pouvoir d'adopter, en toute matière pouvant faire l'objet d'un
règlement d'un ordre professionnel, un règlement liant un ou plusieurs ordres
professionnels ou leurs membres, après consultation des ordres intéressés.
Le projet de loi rend l'Office seul responsable
de déterminer les normes d'éthique et de déontologie applicables aux membres
des conseils d'administration des ordres professionnels et ajoute à ses
fonctions celles d'effectuer les enquêtes
relatives aux comportements susceptibles de contrevenir à ces normes et
d'imposer les sanctions appropriées. Il ajoute également certains
renseignements à ceux qui doivent obligatoirement figurer au tableau des ordres
professionnels et confère à ces
derniers le pouvoir de déterminer par résolution tout autre renseignement que
leur tableau devra contenir.
Le projet de loi vise également à élargir les
pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux.
À cette fin, le projet de
loi modifie la Loi sur les infirmières et les infirmiers pour permettre aux
infirmières et aux infirmiers d'initier des examens et des tests dans les
situations déterminées par règlement, et non plus uniquement dans le cadre d'activités découlant de
l'application de la Loi sur la santé publique. Il leur permet aussi de
prescrire, dans les cas et aux conditions déterminés par règlement, des
examens et des tests, des médicaments et d'autres substances ainsi que des produits et des pansements. Le
projet de loi élargit les cas dans lesquels les sages-femmes peuvent prescrire
et administrer une contraception ainsi que dépister les infections transmises
sexuellement et par le sang et leur permet de traiter ces infections chez toute personne asymptomatique ayant obtenu un
résultat d'analyse positif au dépistage. De plus, il élimine certaines
restrictions relatives aux médicaments que les optométristes peuvent prescrire
et administrer de même qu'aux soins qu'ils
peuvent dispenser, actualise le champ d'exercice des
diététistes-nutritionnistes et permet à ces derniers d'exercer les
activités professionnelles qui leur sont réservées sans l'exigence d'une
ordonnance médicale.
Le projet de
loi met fin aux activités du Conseil consultatif interdisciplinaire sur
l'exercice de la psychothérapie. Il autorise les thérapeutes conjugaux
et familiaux à pratiquer la psychothérapie sans détenir de permis spécifique à cette fin, comme peuvent le faire les psychologues
et les médecins. Il confère à l'Office le pouvoir d'autoriser les personnes
qu'il indique à exercer, durant leur formation, certaines activités parmi
celles que peut exercer un titulaire de permis de psychothérapeute. Il confère également à l'Office le pouvoir de
prendre des règlements encadrant la délivrance du permis de psychothérapeute
aux titulaires d'autorisations légales délivrées ailleurs au Canada et modifie
le Code des professions pour
permettre aux personnes ayant obtenu le permis conformément à ces règlements
d'exercer la psychothérapie au Québec.
Le projet de loi apporte d'autres modifications
au Code des professions ou à certaines lois du domaine professionnel.
Notamment, il modifie le nombre minimal de signatures des membres d'un ordre
requis pour demander la tenue d'une assemblée générale extraordinaire. Il
retire de la Loi sur les infirmières et les infirmiers la règle voulant que seuls les délégués des sections aient droit de
vote aux assemblées générales et il supprime de la définition de ce qui constitue l'exercice de la profession d'agronome
la condition prévoyant qu'un acte doit être posé moyennant rémunération.
Il apporte aussi des modifications aux règles encadrant la gouvernance de
certains ordres.
Par ailleurs, le projet de loi prévoit certains
aménagements aux normes encadrant les relations entre pharmaciens, fabricants
de médicaments, grossistes en médicaments et bannières et chaînes de
pharmacies. Pour ce faire, il modifie la Loi
sur la pharmacie pour habiliter le gouvernement à déterminer des cas et des
conditions suivant lesquels un pharmacien peut prescrire ou substituer à
un médicament prescrit un médicament fabriqué par une entreprise dans laquelle il a un intérêt, et il édicte un
règlement prévoyant de tels cas et conditions. Il édicte également, pour
l'application de la Loi sur l'assurance
médicaments, un règlement autorisant le versement par un fabricant de
médicaments de certains avantages à un intermédiaire, dont une bannière
ou une chaîne de pharmacies, et il modifie le Règlement sur les conditions de reconnaissance d'un fabricant de
médicaments et d'un grossiste en médicaments afin notamment de permettre
que ces mêmes avantages soient versés par un fabricant à un grossiste.
Enfin, le projet de loi contient des
dispositions de concordance ainsi que diverses mesures transitoires et finales.
Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie...
Oui, Mme la leader de l'opposition officielle, je vous écoute.
Mme Setlakwe : Oui. Mme la Présidente, nous souhaitons des
consultations particulières sur ce projet de loi. Merci.
Mise
aux voix
La Présidente : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté.
Dépôt
de documents
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune
et des Parcs. Qui était là et qui est disparu. Oui, M. le leader, allez-y.
M. Jolin-Barrette : Alors, au
nom de mon collègue, je dépose le rapport annuel 2023 du programme de soutien aux bénéficiaires inuits pour leurs
activités de chasse, de pêche et de piégeage. Et je dépose le rapport annuel 2024
du programme de soutien aux bénéficiaires inuits dans leurs activités de
chasse, de pêche et de piégeage. Merci.
La Présidente : Ces documents sont
déposés. Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Biron : Bonjour, Mme la Présidente. Permettez-moi de
déposer le rapport annuel de gestion 2024-2025 de la Commission
d'évaluation de l'enseignement collégial. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé. Mme la ministre de l'Emploi.
Mme Déry : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je dépose
aujourd'hui le rapport actuariel du Régime
québécois d'assurance parentale au 31 décembre 2024 du Conseil de
gestion de l'assurance parentale. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé. Pardon. Excusez-moi. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui,Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux questions
inscrites au feuilleton le 6 novembre par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
et le 26 novembre par le député de Marguerite-Bourgeoys et la réponse à la
pétition déposée le 3 décembre 2025 par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Merci.
La
Présidente : Ces documents sont déposés.
Pour ma part, je
dépose des décisions du Bureau de l'Assemblée nationale.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
Dépôt de pétitions
À la rubrique Dépôt
de pétitions, je reconnais M. le député d'Arthabaska.
Mettre
en place des mesures pour que les règles entourant
l'ancienneté prévue dans les conventions collectives
soient respectées par Santé Québec
M. Boissonneault : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 207 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant la
volonté du ministre de la Santé d'instaurer une ancienneté unique dans le
réseau de [la] santé, qui a entre autres mené à la fusion des établissements de
santé du Québec pour former Santé Québec;
«Considérant les
dispositions convenues à propos du Processus unique de reconnaissance de
l'ancienneté dans la dernière convention
collective 2024-2028, dispositions qui prévoient des délais et des
mécanismes pour la reconnaissance de l'ancienneté de tous les
établissements;
«Considérant
les nombreux retards sur les délais prévus dans la convention collective,
imputables à Santé Québec;
«Considérant les
nombreux cas rapportés d'erreurs de traitement, allant jusqu'à donner plus
d'années d'ancienneté que l'âge de certains employés;
«Considérant
l'importance de l'ancienneté pour chacun des employés du réseau de la santé,
ancienneté qui a été durement acquise;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de :
«Prendre
les mesures nécessaires auprès de Santé Québec pour que le traitement de tous
les dossiers d'ajustement
d'ancienneté en suspens soit accéléré;
«Prendre les mesures nécessaires
auprès de Santé Québec pour s'assurer que les règles entourant l'ancienneté
prévue dans les conventions collectives soient respectées, entre autres que
tous les employés ne cumulent pas plus d'un an d'ancienneté par année
calendrier.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, Mme la Présidente.
• (10 h 20) •
La Présidente :
Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
Délais d'attente dans le
réseau de la santé
M. André Fortin
M. Fortin : Mme la Présidente, toute la session, on a parlé de la loi n° 2, des négociations, des médecins qui quittaient, des patients qui perdaient leur accès,
mais tout le débat sur la loi n° 2, toute la crise créée par le gouvernement,
bien, ça nous a éloignés du bilan absolument atroce du gouvernement de la CAQ
en matière de services aux citoyens.
Mme la Présidente, je
me permets de déposer une lettre reçue cette semaine par la poste, par un citoyen
de ma région : «Objet : traitement
de votre demande de consultation médicale spécialisée en dermatologie.
Monsieur, Madame — très
personnel, "monsieur, madame" — votre médecin traitant a
transmis au CRDS une demande à votre nom pour une consultation médicale en
dermatologie. Dans le cadre d'un travail d'épuration des listes, nous
souhaitons vérifier si cette demande est toujours nécessaire. Veuillez nous
indiquer les informations suivantes.
«1. Avez-vous été vu
en consultation pour cette spécialité depuis la demande initiale reçue — tenez-vous
bien — le
21 décembre 2021?»
Quatre ans, Mme la Présidente. Le gars, il est
allé au privé, il a payé des milliers de dollars, ils ont trouvé une tumeur
cancéreuse, il a eu une opération pour sa tumeur cancéreuse, il a une chirurgie
plastique pour réparer la première opération et il y a eu des rendez-vous de
suivi, tout payé de sa poche, puis, quatre ans plus tard, on lui envoie par la poste, pas pour lui donner un rendez-vous... on lui envoie
une lettre pour savoir s'il veut encore le rendez-vous qu'il a demandé il y a
quatre ans.
C'est ça, le bilan de la CAQ, l'abandon complet
des patients du Québec.
Document déposé
La Présidente : Consentement
pour le dépôt? Consentement.
La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, d'abord, je compatis,
effectivement, avec le patient puis le cas bien précis qui vient d'être
mentionné par le chef de l'opposition officielle.
Mme la Présidente, notre objectif, dans les
négociations avec les deux fédérations de médecins... Bon, d'abord, très content... on va attendre le vote, très
content d'avoir une entente de principe avec les médecins de famille. L'objectif
est clair : on veut que des centaines
de milliers de Québécois de plus aient accès à un GMF, un médecin de famille
dans un groupe de médecine de famille, au cours des prochains mois, Mme la
Présidente. Donc, on va espérer que le vote soit positif.
Maintenant,
concernant les spécialistes, puisqu'il s'agit d'un spécialiste, ce qu'on leur
demande, essentiellement, c'est de viser des cibles puis qu'on travaille
ensemble, les médecins d'une spécialité, pour éviter des cas comme ça,
que certains patients soient trop longtemps sur une liste d'attente. Et je l'ai
dit souvent, Mme la Présidente, jamais, jamais on n'aura un réseau de la santé
efficace si on ne change pas le mode de rémunération des médecins. On a le
courage de le faire, ce qui n'a pas été le cas des libéraux.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. André
Fortin
M. Fortin :
Mme la Présidente, hier, la semaine dernière, le mois dernier, il nous
disait : J'ai besoin de toute la loi n° 2, c'est
ça qui va sauver le réseau. Aujourd'hui, il enlève des énormes pans, il fait un
recul total sur sa loi n° 2 puis
il nous dit : Bien, c'est ça qui va sauver le réseau. Elle est où, sa
crédibilité, Mme la Présidente?
Puis, des lettres comme ça, j'en ai une puis une
autre. Demande en rhumatologie depuis le 7 juillet 2022. 7 juillet
2022, Mme la Présidente. Ça fait trois ans et demi que les patients attendent
après le gouvernement puis qu'ils n'ont aucune nouvelle.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, le ministre de la Santé et moi, on a toujours été clairs, fermes
sur les principes, souples sur les modalités. Ce qu'on veut, Mme la Présidente,
c'est que les Québécois aient accès à un médecin
de famille. Ce qu'on veut, c'est que les spécialistes travaillent ensemble pour
atteindre des cibles, pour éviter des cas
comme ceux qui sont mentionnés par le chef de l'opposition officielle. Nous, on
a le courage de le faire. Les libéraux n'ont pas eu le courage de le
faire pendant 15 ans.
Des voix : ...
La
Présidente : C'est un
peu trop bruyant. J'aimerais entendre maintenant une seule personne, et surtout pas de
commentaires pendant les réponses ni les questions. La deuxième complémentaire.
Une voix : ...
La Présidente : M. le
ministre, je vous entends.
M. André
Fortin
M. Fortin :
Mme la Présidente, il peut me parler de la loi n° 2,
là, mais la loi n° 2, c'est le chaos total. C'est des dizaines de milliers
de patients qui ont perdu leurs médecins de famille, là. Ils l'ont perdu. Eux
autres aussi, ils ont eu des lettres. Là, ça va prendre des années pour se
remettre de tout ça. J'entendais le PDG du CISSS de l'Outaouais, hier, qui disait : Bien, peut-être, on espère
être capables d'en récupérer un, ou deux, ou trois, des médecins qui sont partis.
Le réseau, là, il est en train de passer toutes ses énergies pour essayer de
réparer les dégâts causés par le gouvernement de la CAQ.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Mme la Présidente, on n'a jamais dit que ce serait facile. Ce n'est pas pour
rien que les libéraux ont reculé puis ils
n'ont rien fait. Ça fait 25 ans qu'on aurait dû changer le mode de
rémunération. Même Claude Castonguay,
avant de mourir, disait : Ça aurait dû être fait depuis longtemps. Mme la
Présidente, je suis très fier que ce soit un gouvernement de la CAQ qui
l'ait fait.
Des voix :
...
La Présidente :
Pas de bravo et pas de petits sons bizarres, du côté de l'opposition
officielle. Une seule personne, maintenant, a le droit de parole, j'aimerais
entendre sa question. Troisième complémentaire. On vous écoute, monsieur.
M. André Fortin
M. Fortin :
Bien oui, Mme la Présidente, la loi n° 2,
elle va tout régler ça! L'année passée, ils nous disaient : C'est Santé
Québec qui va tout régler ça. Avant, c'était la fin des agences, le remède
miracle.
Ça va tellement bien,
Mme la Présidente, dans son réseau, là, que même son ancien directeur des
politiques, au cabinet du premier ministre, est obligé d'écrire des lettres
ouvertes dans La Presse pour dénoncer les coupures de
services en santé. On est rendus là, au gouvernement de la CAQ.
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Mme la Présidente, si l'entente de principe avec les médecins de famille est
votée positivement par les médecins au cours des prochains jours, dans les
prochains mois il y aura enfin des centaines de milliers de Québécois qui
auront accès, enfin, à un médecin de famille, à un GMF, ce qui n'est jamais
arrivé avec les libéraux.
Des voix :
...
La Présidente :
Pas de bravo. Vous connaissez la règle.
En question
principale, je reconnais maintenant le député de l'Acadie... pardon, de Marguerite-Bourgeoys,
que dis-je.
Gestion de l'État et des
finances publiques
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, le bilan de la CAQ en finances publiques, c'est une
catastrophe. À la fin du mandat, la CAQ aura ajouté 100 milliards à la
dette du Québec. Le Québec a été décoté à cause de la CAQ. Il va y avoir eu un minimum de neuf budgets
déficitaires de suite avant de revenir à l'équilibre, du jamais-vu depuis que
la loi est en place. La CAQ sera responsable de 40 % de toute la
dette du Québec. Le premier ministre a pris ces décisions financièrement
insoutenables, et il le savait, mais c'est l'échec collectif de tous les élus
de la CAQ, Mme la Présidente, et ils passeront tous à l'histoire comme le
gouvernement responsable de 40 % de l'endettement du Québec.
Sont-ils fiers de leur
legs quand ils regardent nos enfants?
La Présidente :
La réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine Duranceau
Mme Duranceau :
Merci, Mme la Présidente. Alors, ça me fait plaisir de me lever en Chambre
aujourd'hui au nom du ministre des Finances.
Je tiens à rappeler
qu'on est passés à travers une pandémie, on a un contexte économique mondial
qui est très particulier, si je peux résumer la situation à ce qualificatif-là,
et on a un plan de match très clair en matière de retour à l'équilibre budgétaire et gestion des dépenses
pour y arriver. Et c'est pour ça aussi qu'on parle d'efficacité de l'État, un
concept qui aurait pu être introduit pas mal avant l'arrivée de la CAQ au
gouvernement, hein?
Alors là, un... un
traitement choc, hein, je pense qu'on l'a dit, un traitement choc pour revoir
les façons de faire dans l'État, pour qu'il y ait une pérennité à tous ces
changements-là, pour réduire la taille de l'État, pour que ceux qui rendent des
services, dans l'État, rendent des services aux citoyens qui ont le plus de
valeur ajoutée possible. Alors, Mme la Présidente, c'est là-dessus qu'on va
tabler dans les prochains mois, et vous allez voir les résultats.
• (10 h 30) •
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
Un plan clair, hein, Mme la Présidente? Bien, le Vérificateur général dit que
ce n'est même pas un demi-plan. Et je le
cite : «Le plan de retour à l'équilibre budgétaire présenté en mars 2025
est incomplet. En effet, les mesures pour matérialiser plus de 50 %
des efforts qui seront nécessaires ne sont pas déterminées.» Le VG aussi
nous dit d'ailleurs à la page 21, ligne 45 de son rapport, que la CAQ
a sous-estimé le déficit de 15 %, Mme la Présidente.
N'avez-vous pas
honte?
La
Présidente : Attention aux propos. On demeure respectueux. Mme la
ministre... présidente du Conseil du trésor, allez-y.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors, justement, c'est important que le
plan de match, là, il soit exécuté. Ce n'est pas juste des paroles en l'air,
là, c'est une exécution qui est précise, qui est chirurgicale. Et comment on va
s'y prendre? J'en ai parlé, l'efficacité de l'État, ça passe par revoir les
façons de faire, réduire la paperasse, réduire la bureaucratie. Les redditions
de comptes multiples, évidemment, on conserve la transparence, mais il y a
moyen de revoir la fréquence, revoir la façon dont on s'y prend au niveau des
rapports. Et on demande aussi à tous nos... à tous nos sous-ministres, à la
fonction publique de nous aider là-dedans. Et, oui, ça requiert du courage à
certains égards, mais notre haute fonction publique est imputable.
La
Présidente : ...complémentaire.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin : La CAQ fait encore la
démonstration de son incapacité à gérer les finances publiques. La CAQ a réussi
à faire encore pire que le gouvernement du PQ de Pauline Marois, pour lequel,
justement, Nicolas Marceau s'est excusé de ne pas avoir été bon.
Pourquoi ce
gouvernement, qui est responsable de 40 % de l'endettement du Québec, n'a
pas la même humilité que Nicolas Garceau? Pourquoi vous n'êtes pas capables
d'admettre que vous n'êtes juste pas bons?
La
Présidente : Et vous vous adressez à la présidente. La réponse de la
présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau :
Mme la Présidente, là, peut-être qu'on peut rappeler les écarts sur le
montant de la dette du temps des libéraux avec leur ancien collègue,
M. Leitão. Mais, bon, je ne rentrerai pas là-dedans. Moi, je vous dis
qu'on a un plan sur cinq ans pour réduire le déficit, retour à l'équilibre
budgétaire. Ça va se faire de manière structurée. Puis je suis obligée de rajouter, Mme la Présidente, là,
qu'il a fallu rattraper, justement, les années d'austérité des libéraux. Ils
avaient coupé dans les réseaux. Il a fallu redonner... rebâtir les réseaux, au
niveau de l'éducation, de la santé. Là, on a consolidé ce côté-là, et puis là on s'occupe d'efficacité de
l'État, réduire la taille de l'État pour qu'on reste là où c'est pertinent
d'agir.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Mille-Îles.
Mesures pour faciliter l'accès
au logement
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour :
Merci, Mme la Présidente. Hier après-midi, la SCHL dévoilait son tout
dernier rapport sur le marché locatif, et
franchement, Mme la Présidente, les chiffres donnent froid dans le dos. Malgré
une hausse importante du taux d'inoccupation dans plusieurs régions du
Québec, bien, les loyers explosent partout dans la province. Selon les données obtenues, les loyers auraient augmenté
de plus de 10 % en moyenne cette année au Québec, mais dans certaines
villes, le constat est encore plus accablant : au Saguenay, plus de
11 %; Montréal, plus de 12 %; Drummondville, Rimouski,
14 %; et, à Trois-Rivières, plus de 15 % en une année.
Mme
la Présidente, ce que ces données démontrent, c'est que la crise du logement...
la crise du logement n'est plus seulement une crise d'offre, c'est maintenant
une crise d'inabordabilité, créée de toutes pièces par ce gouvernement,
qui a nié la crise trop longtemps, et aujourd'hui, bien, elle frappe les
jeunes, les familles, les personnes âgées.
Alors, ma question à
la nouvelle ministre : Que compte-t-elle faire pour renverser cette
tendance?
La Présidente :
La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx : Merci,
Mme la Présidente. Ce que l'opposition officielle... Vraiment, c'est... je
remarque ça chez les oppositions, les parties positives dans les articles ne
sont jamais soulignées. Donc, permettez-moi de les souligner. Radio-Canada qui dit Finies les hausses moyennes de
7 % par an. «Le niveau de stress des locataires pourra baisser d'un cran à partir du printemps prochain.» Même
chose du côté du Devoir, où on dit : «Les hausses de loyers à
l'échelle du Québec seront moindres dès l'an prochain.» Heureusement
qu'on est là pour corriger un peu le tir.
Mme la Présidente,
grâce aux mesures qu'on a mises en place, pour la première fois depuis fort
longtemps, le marché se détend. On l'observe, présentement. On va continuer de
défendre... Le taux d'inoccupation est passé de 1,8 % à 2,7 %, donc
on s'approche du chiffre de l'équilibre, qui est à 3 %, Mme la Présidente.
Puis c'est une tendance qui s'observe.
Ce qu'on observe
aussi, c'est les propriétaires qui, vu ce relâchement qui s'amorce grâce à de
nombreuses mesures qu'on a mises en place,
commencent à offrir des mois de loyer gratuits, commencent à offrir des
électroménagers pour attirer des
clientèles dans leurs logements. Donc, c'est la démonstration, Mme la Présidente, que le marché commence à se détendre un peu.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour :
Mme la Présidente, on le constate, les loyers ne diminuent pas, et la
liste... les listes d'attente pour les logements sociaux non plus. Mme la
Présidente, la réalité, c'est que, sous la CAQ, les loyers ont augmenté de
71 % dans la région métropolitaine. À Drummondville, c'est même plus de
100 %, 100 % d'augmentation en sept ans. Ce sont des milliers de
Québécois qui ont été abandonnés par la CAQ.
Comment la ministre
peut-elle expliquer que sous son gouvernement les loyers ont augmenté à un
rythme jamais vu?
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx :
Il y a une équation que semble oublier le Parti libéral, l'inflation, qui a
été créée par la pandémie, où il y a eu une chaîne d'approvisionnement qui a
été brisée. Je pense qu'il n'y a personne ici qui peut nier le fait qu'il y a eu une chaîne d'approvisionnement
qui a été brisée, Mme la Présidente, raison pour laquelle il y a une multitude
de programmes qui ont été mis en place par ma prédécesseure, entre autres le
projet de loi n° 31, pour accélérer, permettre d'accélérer la construction
du côté des villes. On a rencontré le maire de Québec, la mairesse de
Sherbrooke, la mairesse de Montréal, le maire de Laval, qui nous a dit que,
sans cette mesure-là du PL n° 31, on ne serait
pas arrivés à monter autant de logements.
Donc,
2026, on va revenir, donc, à quelque chose de plus équilibré, Mme la
Présidente. C'est ce que décrit le rapport de la SCHL.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Virginie
Dufour
Mme Dufour :
Avec des hausses de loyer qui augmentent aussi vite, bien, les jeunes peinent à
payer leur loyer, et les prix des maisons ont aussi explosé. Alors, comment
peut-on penser que les jeunes pourront mettre de côté l'argent nécessaire pour accéder à la propriété? La mise de
fonds, aujourd'hui, est rendue inatteignable pour une majorité. Mme la Présidente, on est en train de sacrifier toute une
génération. La CAQ a d'ailleurs le pire bilan en 50 ans pour l'accès à la
propriété.
Alors, que
compte-t-elle faire pour les premiers acheteurs?
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx :
Bien, l'inflation, Mme la Présidente... La chaîne a été brisée, durant la
pandémie. Je trouve ça, honnêtement, dommage
que le Parti libéral ne soit pas en mesure de tenir en compte une chaîne, pour
faire de la construction, qui a été littéralement brisée, Mme la
Présidente.
4,1 milliards,
logement abordable. 1,1 milliard, programme d'aide au logement, pour aider
à payer les loyers. Près de 500 millions sur cinq ans pour les
composantes du logement.
Puis je vous invite à
rester... à rester attentifs, parce que, la méthode actuelle de calcul de la
fixation des loyers, il n'y a personne, de l'autre bord, qui l'a revue, depuis
40 ans. Nous, on s'y attaque, Mme la Présidente. Dans les prochaines
semaines, on sera en mesure de faire des annonces que n'ont pas faites le Parti
libéral ni le PQ, Mme la Présidente.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la cheffe
du deuxième groupe d'opposition.
Mesures
pour atténuer les effets de l'inflation
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Depuis quelques semaines, j'ai posé beaucoup de
questions sur l'explosion du coût de la vie,
dont souffrent beaucoup les familles québécoises de la classe moyenne, et j'ai
demandé au premier ministre qu'est-ce
qu'il va faire pour que les familles puissent sortir la tête de l'eau.
Malheureusement, je n'ai pas eu de réponse sur ce que le premier
ministre va faire pour les aider.
C'est le temps des
fêtes, c'est ma dernière question de l'année au premier ministre, donc j'ai
décidé de donner cette dernière question aux Québécois et Québécoises puis je
leur ai demandé quelle question ils aimeraient poser au premier ministre du
Québec. Peut-être que, là, on va avoir plus de réponses.
Il y a Karim qui m'a
écrit qu'il espère une vraie réponse, pas une réponse de politicien. Donc, je
compte sur le premier ministre pour satisfaire Karim.
Alors, je cite Kim.
Kim, et je la cite, Mme la Présidente, ce qu'elle m'a écrit, c'est, pour sa
question au premier ministre : «Comment
feriez-vous pour survivre en gagnant 50 000 $ avant impôt, avec un
loyer à 1 500 $ par mois, un enfant à charge, 300 $
d'épicerie par semaine, 50 $ par semaine de gaz, 500 $ pour l'auto
par mois, les lunchs de mon enfant à
10 $ par jour, sans parler des assurances, des loisirs et d'autres
dépenses? Juste pour ça, ça me prend 40 000 $... 40 200 $ par année de dépenses fixes.» Puis là je la cite : «J'aimerais vous
voir essayer de faire un budget d'une personne normale, pas avec votre
salaire de premier ministre dans votre tour d'ivoire.» Je la cite, Kim.
Qu'est-ce que le
premier ministre répond à Kim, qui a beaucoup de dépenses, une mère de famille,
qui demande à son premier ministre de l'aider?
La Présidente :
La réponse...
Une voix :
...
• (10 h 40) •
La
Présidente : M. le
leader du gouvernement, ce n'est pas à vous de répondre. La réponse du premier
ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui, Mme la Présidente,
j'aimerais ça, dans une réponse complémentaire, que la cheffe de Québec
solidaire mentionne publiquement son salaire personnel. Parce qu'elle vient de
parler de ça là. Donc, j'aimerais ça, dans
sa prochaine question, qu'elle nous dise combien elle gagne, elle, puisqu'elle
s'attaque au fait qu'on a des salaires qui sont, selon elle, trop
élevés.
Mme
la Présidente, partout dans le monde, on a eu une augmentation du coût de la
vie. C'est notre gouvernement
qui en a fait le plus. On a donné — puis enfin la cheffe de Québec
solidaire parlait de la classe moyenne — 950 $ par personne par année. C'est 7 milliards par
année. C'est l'essentiel du déficit du gouvernement du Québec. Le reste du
déficit vient d'une augmentation de
salaire de 25 % qu'on a donnée dans l'enveloppe salariale des enseignants
et des infirmières. Donc, je ne sais pas si la cheffe de Québec
solidaire est contre ça.
Donc, Mme la
Présidente, je comprends très bien qu'actuellement il y a une forte hausse des
coûts à l'épicerie, il y a eu une forte hausse aussi des coûts des logements,
mais ce n'est pas une raison pour faire de la petite politique.
Des voix :
...
La
Présidente :
Attendez. Attendez, Mme la cheffe. Oui, M. le leader du deuxième groupe, je
vais vous écouter.
M. Cliche-Rivard :
Oui. Je vais lui demander de retirer «petite politique», s'il vous plaît.
La Présidente :
Et, oui, j'allais lui demander. Et vous le faites? C'est retiré.
Alors, maintenant,
j'aimerais entendre la première complémentaire de la cheffe.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente, Kim écoute. Ce que le premier
ministre répond, ce n'est pas à moi, c'est à Kim, c'est exactement sa
question. Donc, c'est ce que je vais mettre sur mes réseaux sociaux pour que
les gens le voient. Ils posent des questions
à leur premier ministre, c'est important qu'il leur réponde. Il n'a pas répondu
à la question de Kim. Il y a d'autres moments pour pouvoir y revenir.
Je
lui pose une autre question de plusieurs personnes, Marie, Chantal, Steve,
Johanne, Catherine : Pourquoi laisser les chaînes d'alimentation faire des
milliards de profits alors que les familles peinent à se nourrir
convenablement? Une autre question de plusieurs personnes.
Est-ce le premier
ministre peut leur répondre?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Oui. Je n'ai pas eu de réponse de la part de la cheffe de Québec solidaire.
Donc, je vais donner la réponse. La cheffe
de Québec solidaire gagne 191 194 $, plus une allocation de
30 000 $. Donc, elle gagne 220 000 $. Donc, j'espère
qu'elle va aller dire ça aux gens dans son comté.
Mme la Présidente,
quand on regarde le revenu disponible, c'est au Québec qu'on a le plus augmenté
le revenu disponible après impôt et après
inflation. Donc, Mme la Présidente, on fait notre possible pour l'ensemble des
Québécois.
Des voix :
...
La Présidente :
C'est terminé. M. le premier ministre, c'est terminé.
Des voix :
...
Document déposé
La Présidente :
Alors, consentement pour le dépôt du tableau? Consentement.
Mme la cheffe. Deuxième
complémentaire.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal :
Le premier ministre compare beaucoup avec l'Ontario, le revenu disponible. Moi,
je lui ai fait la comparaison entre les gens
qui ont les plus hauts salaires puis les gens de la classe moyenne les plus
pauvres, et il y a une grande
différence du revenu disponible. C'est ce que je lui ai montré. Puis ce qui a
augmenté, ça a augmenté moins que l'augmentation du coût de la vie.
J'ai une autre
question. Les gens attendent la réponse du premier ministre. Les banques
alimentaires — ça,
c'est André — les
banques alimentaires affirment qu'elles ne peuvent plus répondre à la faim, au
Québec. Est-ce que vous allez continuer à regarder vos fils dans les yeux en
refusant d'augmenter un peu les impôts des multimillionnaires et des super
riches du Québec?
La Présidente :
Et, Mme la cheffe, vous ne pouvez pas faire indirectement ce que vous ne
pouvez... Même si c'est une citation, ça s'appelle faire indirectement ce que
vous ne pouvez pas faire directement. Vous vous adressez à la présidente.
Et maintenant j'aimerais
entendre la réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, le revenu disponible des ménages a augmenté de
26 % depuis qu'on est au gouvernement.
Le premier quintile le plus pauvre, ça a augmenté de 29 %, alors qu'au
Canada ça a augmenté de 23 %. Ça, c'est la réalité, Mme la
Présidente.
Maintenant, si je
faisais un salaire de 220 000 $ par année comme la cheffe de Québec
solidaire, bien, je me garderais une petite gêne, je me garderais une petite
gêne.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion.
Des voix :
...
La
Présidente :
Attendez. Attendez. M. le leader du gouvernement, s'il vous plaît, on garde le
silence. Une seule personne a le droit de parole. Nous allons...
Des voix :
...
La Présidente :
S'il vous plaît! En question principale, M. le député de Laurier-Dorion.
Mesures pour faciliter l'accès
au logement
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Hier, le verdict est tombé, c'est le dernier rapport
de la SCHL, c'est à Montréal que les loyers augmentent le plus parmi les
grandes métropoles du Canada, plus qu'à Toronto, plus qu'à Vancouver. Le Québec
a enfin battu au reste du Canada. Le premier ministre devrait être fier de
son... de son exploit.
Ailleurs
au Québec, c'est encore pire. À Sherbrooke, Trois-Rivières, Drummondville,
Saguenay, les loyers ont bondi respectivement de 9,3 %, 15,2 %,
13,6 % et 11,2 %. De quoi être fiers, Mme la Présidente.
Un locataire doit avoir, aujourd'hui, un revenu
de plus de 50 000 $ par an pour payer un loyer moyen sans dépasser la
norme du 30 %. C'est dramatique pour des centaines de milliers de
personnes, Mme la Présidente. Si rien n'est fait, la hausse des loyers, l'année
prochaine, va aggraver la précarité des familles locataires, des familles qui
doivent déjà couper dans leur épicerie pour payer les augmentations de loyer.
Est-ce
que la ministre de l'Habitation s'en rend compte? Va-t-elle prendre au sérieux
la crise du logement et répondre à notre appel pour freiner...
La
Présidente : La réponse...
Des voix :
...
La Présidente :
Et vous chuchotez fort. Je vous prie, plus tranquille, le chuchotement.
La réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx :
Oui, bien, visiblement, c'est une habitude du député de Laurier-Dorion, il
lit un bout de l'article, Mme la Présidente, mais il omet de partager ici, en
Chambre, les bons bouts des papiers.
Alors, je suis là
pour rapporter ce que rapporte, entre autres, Radio-Canada, à travers la plume
de Megan Foy, qui dit : «Le niveau de stress des locataires pourra baisser
d'un cran au printemps prochain. Les hausses des loyers à l'échelle du Québec — donc,
Mme la Présidente, ça inclut Montréal — seront moindres dès l'an
prochain.» Même chose du côté du Devoir, où les hausses de loyer à
l'échelle du Québec seront moindres dès l'an prochain. C'est ce qu'annonce
également la Société canadienne d'hypothèques et de logement.
Il y a eu une chaîne
qui a été brisée, là, Mme la Présidente, il y a eu une chaîne qui a été brisée.
Dans cette chaîne-là qui est brisée, il y a toutes sortes de mesures, par ma
précédente collègue, qui ont été mises en place : les fonds fiscalisés,
les programmes de soutien au logement, le PHAQ 1, le PHAQ 2, tout
plein de mesures qui ont été là. Et finalement on voit les résultats, Mme la
Présidente. La pression sur le marché commence à diminuer. Et déjà on dit que,
pour 2026, bien, le taux d'inoccupation va commencer à augmenter, Mme la
Présidente.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla :
Bref, Mme la Présidente, les beaux jours s'en viennent, selon la ministre
de l'Habitation. On pourrait très bien discuter des causes de la crise du
logement, là, mais on veut parler des solutions. C'est ça que les gens ont
besoin. On a fait des propositions, on a déposé un projet de loi pour que la
ministre limite les hausses de loyer. On a... On a même proposé qu'elle les
limite à l'inflation.
Accepte-t-elle de
poser un geste pour les locataires?
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx :
Ah! bien, une chose que QS n'a pas déposée, Mme la Présidente, c'est de
revoir le règlement sur la fixation des loyers. Ça, ils ont fait zéro, bine,
comme dans Ouellet, Mme la Présidente. Même chose pour le Parti libéral, même
chose pour le PQ. 40 ans où ça n'a pas bougé d'un iota, d'un iota.
Donc, je vous invite
à suivre, au courant des prochains jours, Mme la Présidente, ce que le
gouvernement du Québec va déposer, et qui va continuer, donc, de venir soulager
le marché, et où, le taux d'inoccupation, on prévoit, là... le 3 % étant l'équilibre le plus juste, on est aujourd'hui à
2,8 %, donc on s'en va tranquillement vers le 3 %, Mme la
Présidente.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Andrés
Fontecilla
M. Fontecilla :
Règlement de fixation des loyers. Parlons-en, Mme la Présidente. Alors
qu'on lui demandait de faire un règlement
pour baisser les loyers, la CAQ a imposé un règlement qui fait augmenter,
justement, les loyers, là. Rien pour améliorer la situation des
locataires. Et, pendant ce temps-là, des spéculateurs en profitent pour
augmenter de façon abusive les loyers.
Pourquoi la ministre
avantage systématiquement les spéculateurs, au détriment des locataires?
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Caroline
Proulx
Mme Proulx :
Mme la Présidente, c'est totalement inexact. La situation des locataires, on
s'en occupe, justement, avec un règlement dont on ne s'est pas occupé depuis
plus d'une quarantaine d'années, Mme la Présidente.
Alors,
oui, ce que demandent les locataires, c'est une chose, Mme la Présidente :
de la prévisibilité. C'est ça qu'ils demandent, les locataires, de la
prévisibilité, ce qu'ils n'ont pas eu depuis près d'une quarantaine d'années.
Je le répète,
Mme la Présidente, on tend à l'équilibre. Le règlement sur la fixation des
loyers, je vous invite à surveiller ça au cours des prochains jours. Et, oui,
ça va venir soulager les ménages partout au Québec...
La Présidente :
En terminant.
Mme Proulx :
...et à Montréal également, Mme la Présidente.
• (10 h 50) •
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Règlement sur les règles
de conduite au primaire et au secondaire
Mme Manon
Massé
Mme Massé :
Merci, Mme la Présidente. L'ancien ministre de l'Éducation a imposé un
règlement qui exige qu'à partir de janvier 2026... que la formule d'appel
«madame» ou «monsieur» soit utilisée par les élèves du Québec. L'objectif d'améliorer le civisme puis la
politesse dans nos... dans nos écoles est bien louable, mais le moyen imposé,
lui, est discriminatoire.
Vous le savez, Mme la
Présidente, en juin 2022, le Parlement du Québec a adopté une loi qui
reconnaît, dans le Code civil, un statut juridique aux personnes non binaires.
Notre même Assemblée a adopté en 2016, à l'article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne
du Québec, l'interdiction de discriminer sur la base de l'identité de genre.
Alors,
est-ce que la présente ministre de l'Éducation, femme de loi, va continuer
d'obliger les enfants du Québec à enfreindre la loi et les forcer à
mégenrer les personnes non binaires?
La Présidente :
La réponse de la ministre de l'Éducation.
Mme Sonia
LeBel
Mme LeBel :
Mme la Présidente, vous savez, on a un enjeu qui est fort sérieux, hein, la
montée de la violence dans nos écoles, et la base de tout, en société, ce sont
les règles de civisme. D'ailleurs, on voit l'utilité que ça a ici, à
l'Assemblée nationale. Vous avez parfois l'obligation d'intervenir sur la base
de mêmes règles pour garder les débats, disons,
sereins. Et c'est la même chose quand on vit dans une société, c'est la même
chose à l'école. L'école se doit d'être un milieu serein pour nos
enfants, un milieu sécuritaire, un milieu où on est capable d'apprendre et de
réussir avec dignité. Donc, c'est ça, la
base du civisme, Mme la Présidente. Le climat scolaire a une incidence directe
sur la réussite éducative. Donc, il était important de rappeler ces règles-là
et d'intervenir, et c'est pour ça que mon... mon prédécesseur l'a fait.
Alors, quel est
l'objectif de ce règlement-là? C'est d'établir un cadre, en matière de civisme,
qui favorise le respect de tous en milieu
scolaire, et on s'attend à ce qu'il soit appliqué avec discernement et dans cet
esprit, Mme la Présidente. C'est un règlement qui vient mettre les
bases, qui est un cadre commun à tous, qui vient mettre certaines balises pour
pouvoir encadrer qu'est-ce que les règles de civisme. Et le tout, c'est pour
les codes de vie dans les écoles, mais, ceci étant
dit, par la suite, c'est la responsabilité des directions de l'appliquer, et on
s'attend à ce qu'on le fasse dans le respect de tous et avec
discernement, comme on peut le faire quand on applique un règlement, Mme la
Présidente.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Manon
Massé
Mme Massé :
Comment la ministre peut nous parler comme ça, Mme la Présidente. Les écoles
appliquent un code de vie puis les
sanctions, mais son règlement définit dans son contenu, et je cite : «La
règle de conduite doit prescrire aux élèves
d'utiliser le titre de "madame" ou de "monsieur" pour
s'adresser au personnel de l'école.» Le règlement oblige les enfants
mégenrer les profs non binaires.
Comment
une femme de loi peut-elle perpétuer cette erreur et continuer à obliger les
enfants à enfreindre les lois du Québec?
La Présidente :
La... La réponse de la ministre.
Mme Sonia
LeBel
Mme LeBel :
Oui. Mme la Présidente, je vais répéter ma réponse avec calme parce que c'est
ça qu'on veut établir aussi dans notre... dans nos écoles, un climat de
sérénité, de civisme et de calme, Mme la Présidente, dans le respect de tous,
je le répète. Donc, ce règlement-là vient prôner le civisme, a une finalité, un
esprit, un objectif, vient définir des formules de politesse qui est un cadre
commun à tous, vient imposer, à titre d'exemple, le vouvoiement, et c'est la même chose, on s'attend à ce que cette règle-là du
vouvoiement, à l'instar des autres formules de politesse prescrites, soit
déployée avec discernement dans nos écoles par les enseignants, par la
direction. C'est le cadre. Tant que l'esprit du règlement est respecté, les
directions ont la latitude de l'appliquer avec...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
Mme Manon
Massé
Mme Massé :
Écoutez, je pense que la ministre, Mme la Présidente, ne saisit pas que, le
fameux respect qu'elle interpelle, elle
l'omet complètement envers les personnes de la diversité de genre. Il faut dire
«monsieur» ou «madame», mais il n'y a pas de terme acceptable, dans le
règlement de la ministre, pour dire une personne... pour nommer une personne
non binaire.
Alors, je le sens, la
ministre, qu'elle est mal à l'aise. Est-ce qu'elle pourrait tout simplement
rectifier le tir et, dans la formule d'appel, inclure un terme non binaire?
La Présidente :
La réponse de la ministre.
Mme Sonia
LeBel
Mme LeBel :
Mme la Présidente, le règlement doit s'appliquer à partir du 1er janvier.
Je vous rappellerai qu'il y avait eu un tollé similaire quand on parlait de
l'interdiction du cellulaire. On a suivi de près l'application du règlement. On
va faire la même chose, le 1er janvier, pour l'application du tel
règlement.
Donc, le respect
commence par écouter ma réponse également, Mme la Présidente. Donc, je
m'attends à ce que l'application du règlement, à l'instar de tout règlement qui
peut admettre une part de discernement, le soit fait avec discernement par nos écoles. Tant que l'esprit est
respecté, de ce règlement, nous allons suivre l'application avec intérêt,
et on va être à l'écoute du terrain pour la suite, Mme la Présidente.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe
d'opposition.
Gestion de l'État et des
finances publiques
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, on achève aujourd'hui sept années
complètes de caquisme, et quel est le résultat?
La CAQ avait promis
de couper, dans la fonction publique, très exactement 5 000 postes,
et, comme dans tant de dossiers, elle a fait exactement le contraire. Donc,
depuis 2018, c'est 11 000 fonctionnaires à temps complet de plus que
le gouvernement a embauchés. Il y a quelques jours, la présidente du Conseil du
trésor nous annonçait son intention de couper à nouveau, tenez-vous bien,
5 000 postes.
Quelques jours plus
tard, on apprenait, par contre, que le nombre de cadres à Santé Québec,
lui, avait augmenté de 40 % et qu'on était rendus à 383. Je vous rappelle
qu'on avait promis, en créant Santé Québec, qu'en fait on réduirait le nombre
de cadres. À nouveau, c'est l'inverse qui se produit.
On a aussi appris
qu'entre 2018 et 2024 le Secrétariat aux emplois supérieurs a augmenté le
nombre de hauts fonctionnaires et de sous-ministres de près de 30 %. Dire
une chose, faire exactement l'inverse. Et c'est clair dans l'esprit des
Québécois qui se préoccupent de l'efficacité de l'État et de la saine gestion
des finances publiques que le bilan de la CAQ, après sept ans, il est
indéfendable.
Ma question est
simple : Est-ce que le premier ministre peut reconnaître qu'en matière de
gestion de la taille de l'État, son bilan est un échec sur toute la ligne?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Oui. Bien, Mme la Présidente, on vient tous d'entendre le chef du Parti
québécois dire qu'on n'a pas assez coupé dans les postes au gouvernement depuis
sept ans. Je ne sais pas s'il a consulté Magali Picard avant de poser cette
question-là, mais je lui suggère, là, peut-être d'y penser deux fois, peut-être
que ça va devenir difficile avec Magali Picard, elle va peut-être s'en aller à
QS et puis arrêter de faire des deals avec le PQ.
Mme la Présidente,
quand on regarde le déficit du Québec, actuellement, il y a 7 milliards du
déficit qui vient du fait qu'on a remis de l'argent dans le portefeuille des
Québécois, entre autres en réduisant les impôts. On sait ce qu'a dit le chef du
PQ : Des baisses d'impôts, «not on my dead body». Ça, c'est le chef du PQ
qui a dit ça.
Donc, Mme la
Présidente, le pire, c'est qu'on vient d'entendre, il y a quelques minutes, le
chef du PQ dire : Vous savez, on a une loi pour les élections à date fixe.
Avant, on avait cinq ans. Donc, je ne sais pas s'il est en train de suggérer, maintenant, qu'on devrait avoir cinq
ans avant de déclencher une élection. Mais là il dit : Je suis premier dans
les sondages, Pablo a
de la misère, donc, moi, je suggère d'aller en élections tout de suite. Cet
homme-là veut être premier ministre du Québec, n'a pas respecté les lois
du Québec. C'est quand même gênant.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Ce qui est gênant, c'est à quel point on peut passer à
côté d'une question simple. Il n'est pas question de couper, il est question de
l'explosion de la taille de l'État pendant que les services se détériorent, au
Québec. C'est ça, le bilan de la CAQ.
Le premier ministre
aime les marches dans la neige, là, puis il semble très, très enthousiaste à
défendre ce bilan-là. Je lui donne une
occasion de défendre son bilan. 57 % des nouvelles embauches, c'est du
personnel administratif et de bureau, 52 000 employés de plus dans
le parapublic.
Est-ce qu'il peut
défendre ce bilan-là?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, là, je n'ai pas eu de commentaire, là, j'espère
que le chef du PQ va s'excuser, un peu comme il l'a fait avec les artistes puis
Patrice Roy, mais je lui rappelle que c'est un gouvernement du PQ qui a voté
une loi pour des élections à date fixe. Puis on est bien placés pour le savoir,
là, on en a un ici, là, qui est très au courant que c'est le PQ qui a voté ça.
Donc, est-ce que le
chef du PQ est en train de nous dire, si jamais il est premier ministre du
Québec, qu'il ne respectera pas les lois du Québec? Je pense, c'est important.
Les Québécois ont le droit de savoir.
La
Présidente : Et, M. le premier ministre, je vous invite à revenir sur
la question. Deuxième complémentaire.
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Merci, Mme la Présidente. Donc, la question porte sur la
création de monstres bureaucratiques tels
Mobilité Infra, Santé Québec, Investissement
Québec. Elle porte sur la
dilapidation de fonds publics dans toutes sortes de subventions pendant
que les services à la population ne s'améliorent pas, ils se détériorent. •
(11 heures) •
Un gouvernement du Parti
québécois va réduire la bureaucratie, réduire les contrôles administratifs et
la paperasse inutile, se concentrer sur les
missions fondamentales de l'État, livrer des... à la population des services.
C'est ça, la différence entre la CAQ et le PQ, Mme la Présidente.
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je viens d'entendre encore une fois le chef du PQ
dire qu'il va couper dans les subventions
aux entreprises. Depuis sept ans, on a aidé 25 000 entreprises. Les...
Les salaires ont augmenté, au Québec,
de 30 % en moyenne. C'est plus qu'en Ontario, c'est plus que dans le reste
du Canada, c'est plus qu'ont fait les gouvernements du PQ.
Donc,
nouveau PQ, on n'aide plus les entreprises, même dans un contexte où on a
Donald Trump, puis on lance un référendum pour être bien sûrs qu'il y a
assez d'incertitude économique.
La Présidente :
En question principale, je reconnais le député des Îles-de-la-Madeleine.
Négociation des conditions de
travail des médecins
M. Joël
Arseneau
M. Arseneau : Mme la Présidente, le gouvernement, on le sait, a
créé de toutes pièces une guerre avec les médecins. La crise dure depuis des
semaines. Le premier ministre a dit, la main sur le coeur : Je ne
reculerai pas devant les médecins comme les autres gouvernements avant
nous.
Aujourd'hui, on le
sait, il a capitulé sur toute la ligne. Bien sûr, dans l'entente avec la Fédération
des médecins omnipraticiens, il enlève des éléments problématiques, comme
nous l'avions d'ailleurs demandé : les atteintes aux droits fondamentaux,
les cibles quantitatives, les pastilles de couleur. Or, le gouvernement renonce
du même coup à l'objectif ultime de sa loi,
la prise en charge de toute la population, les indicateurs de résultat, sans
augmenter l'enveloppe globale de rémunération.
Est-ce que le ministre de la Santé est
d'accord avec l'entente signée par sa collègue du Trésor, laquelle est
contraire aux priorités de sa loi n° 2,
l'affiliation à un médecin pour toute la population, l'obligation de résultat,
sans augmenter l'enveloppe globale?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Christian
Dubé
M. Dubé :
Mme la Présidente, première chose, non, on n'a pas capitulé, on a fait de la
capitation. C'est très différent, Mme la Présidente.
Quel était
l'engagement majeur qu'on a pris? C'était d'être capables de revoir le mode de
rémunération. Je vais être très prudent, en ce moment, parce qu'il y a un vote
qui a lieu, il y a un vote qui a lieu, par respect pour les médecins, il y a beaucoup de monde qui a travaillé
au cours des derniers mois, puis nous, on s'est engagés, Mme la Présidente,
à donner tout l'espace nécessaire à la FMOQ pour contacter leurs membres et
s'assurer d'avoir un vote qui va se passer cette semaine. Mais ce que je
dirais, Mme la Présidente, c'est que je suis très fier du travail qui a été
fait au cours des derniers mois pour arriver à une solution, parce qu'on avait
dit une chose : la loi, elle était perfectible. Avec la venue de la
fédération aux tables de négociation dans les dernières semaines, nous avons
été capables d'avoir une entente qui respecte nos grands principes, nos grands
principes de revoir le mode de rémunération, de prendre un engagement envers
les citoyens d'avoir plus de patients qui sont pris sur la première ligne. Mme
la Présidente, on est très fiers de pouvoir faire cette entente-là...
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Joël
Arseneau
M. Arseneau :
...je voudrais revenir sur l'idée de la capitation. Ça ne va pas nécessairement
avec capitulation, mais c'est ce qui est arrivé. D'ailleurs, en septembre
dernier, le ministre lui-même avait dit qu'il voulait affilier 1,2 million
de Québécois dès janvier 2026. Sur cette base, il a mis le réseau à feu et
à sang, des médecins sont partis à pleines portes.
Or, dans l'entente,
dont on connaît les détails maintenant, là, on n'affilie que
500 000 personnes, et cette prise en charge se fera par des médecins
sur une base volontaire, volontaire. Elle est où, l'obligation de résultat?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Christian
Dubé
M. Dubé :
Mme la Présidente, on a toujours dit, on a toujours dit qu'un projet de loi, puis
on en a fait, Dieu sait, des projets de loi, là, en santé, au cours de la dernière
année... que chacun de ces projets de loi était perfectible. Mme la Présidente, je pense qu'après avoir écouté
l'ensemble de la population... on a écouté les médecins, mais on a écouté aussi
la population. Et, quand on dit que la prise en charge est importante, quand
les chiffres réels seront connus, de l'entente qui a été... qui a été convenue et qui doit être votée par les membres,
les gens verront qu'on a même accéléré des éléments de prise en charge,
parce que c'est ça que les gens nous demandaient, notamment pour les
populations qui sont vulnérables. Mme la Présidente, on réalise notre
engagement de revoir le mode...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Joël
Arseneau
M. Arseneau :
Mme la Présidente, non seulement cette loi-là était-elle perfectible, elle
était inutile, elle était inapplicable.
C'est la raison pour laquelle on a dû négocier une entente de dernière minute,
une entente dans laquelle on retrouve des fonds supplémentaires :
434 millions de dollars de bonification de l'enveloppe globale,
75 millions de dollars de
forfaitaires pour la prise en charge et un autre 75 millions
conditionnel à la prise en charge sur une base volontaire. C'est raté
sur toute la ligne.
Est-ce que le
ministre peut au moins avouer son échec?
La Présidente :
La réponse du ministre.
Une voix : ...
La Présidente :
Ah! De la présidente du Conseil du trésor.
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je tiens à rappeler que l'objectif de tout ce qu'on a fait, c'est de changer le mode de rémunération des
médecins et d'augmenter la prise en charge des Québécois. Et évidemment, quand il y a une
négociation, les deux parties partent de leurs positions de départ, puis il
faut trouver une voie de passage. Je pense que c'est ce qui a été fait.
Maintenant, on est
très prudents puis on ne va pas commenter ni les chiffres ni les détails de
l'entente. Il faut d'abord que la FMOQ présente le tout à ses membres, que tout
le monde comprenne bien ce qui est proposé. Puis les grands gagnants là-dedans,
là, à la fin, Mme la Présidente, ce sera les Québécois.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.
Orientations gouvernementales
en matière de télétravail
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont :
Mme la Présidente, il y a un mois, le gouvernement a annoncé le retour
forcé en présentiel des fonctionnaires sans leur avoir demandé leur avis.
Pourtant, le télétravail, c'est bon pour plusieurs choses, hein? C'est bon pour
les finances du gouvernement. Ça a permis au gouvernement de faire des
économies. Il me semble que, dans le
contexte économique dans lequel la CAQ nous a mis, ça aurait dû être applaudi.
C'est aussi bon pour l'environnement. Ça réduit le trafic. Ça permet de
diminuer les GES. Il me semble que le ministre de l'Environnement devrait
applaudir le télétravail.
Donc, la solution, ce
n'est pas de l'abolir, c'est de bien l'encadrer, comme le propose Québec
solidaire. Le télétravail, ça améliore la
conciliation vie-travail-famille. C'est un facteur de rétention des talents. Ça
permet des grandes économies de temps et de transport.
Alors, on se demande
pourquoi, cette décision-là. Est-ce qu'au fond ce n'est pas pour écoeurer les
travailleuses puis les travailleurs et les inciter à quitter la...
Des voix :
...
La Présidente :
Article 32. Je suis debout,
gardez le silence. M. le leader du gouvernement, quel est votre rappel
au règlement? M. le leader.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente,
article 35. Là, ils s'en vont dans leurs comtés, qu'ils réfléchissent à
leur attitude pendant le temps des fêtes. Article 35...
La
Présidente : Bon. Alors... Je suis debout. Alors, alors, alors. C'est
beau, M. le leader, je vous remercie. Je vous demanderais de faire attention à
vos propos et de ne pas imputer d'intentions malveillantes aux collègues.
La... Il restait
11 secondes. Soyons respectueux.
M. Grandmont : Alors, au fond, on se
demande : Est-ce que ce n'est pas pour décourager les travailleurs et les
travailleuses de revenir au travail et dégraisser l'État québécois?
La
Présidente : La réponse...
Des voix :
...
La Présidente :
Voulez-vous entendre la réponse de la présidente du Conseil du trésor?
Mme France-Élaine
Duranceau
Mme Duranceau :
Mme la Présidente, écoutez, les règles, là, ou les directives concernant le
télétravail étaient à deux jours par semaine. On passe à trois jours. On est
dans l'équilibre, il n'y a rien de dramatique. Et c'est dans les tendances qui sont vues partout à travers le pays.
Et je pense qu'il faut que Québec solidaire, là, prenne le temps des fêtes pour
se reposer, puis on se reparle en janvier.
La Présidente :
Alors, cela met fin à cette
période de questions et de réponses orales. On sent qu'il y a de la tempête
dans l'air aujourd'hui.
Je vais reconnaître,
maintenant, M. le leader du... Mme la leader adjointe. Alors, allez-y, je vous
écoute.
Mme LeBel : Oui, Mme la Présidente.
Avec votre permission, avec le consentement des collègues, nous pourrions
procéder, à ce moment-ci, aux voeux des fêtes avec des interventions dans
l'ordre suivant : le premier ministre, le chef de l'opposition officielle,
la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef du troisième groupe
d'opposition et la présidente de l'Assemblée nationale, Mme la Présidente.
Échange de voeux
La Présidente : Alors, la
question : Y a-t-il consentement? Consentement. Je cède donc la parole...
D'abord, M. le premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Donc, on termine aujourd'hui une grosse session. J'avais dit que ça brasserait. Vous savez, je respecte toujours
mes promesses. Bon, c'est sûr que, quand j'ai dit : Ça va brasser,
peut-être que le ministre de la Santé a pris ça un peu trop au pied de la
lettre. Le ministre du Travail aussi, là, a fâché Magali. En tout cas, je... C'est comme l'envoyer dans
les bras du chef du troisième groupe d'opposition, notre chère Magali.
Mais, Mme la Présidente, quand j'ai dit que
c'était pour brasser, je parlais de notre côté. Je savais que, du côté libéral, j'aurais un nouveau chef, pas deux, une
nouvelle cheffe. Et, bon, je me suis dit aussi : Ce n'est pas juste, là,
Pablo n'est pas en Chambre, donc ça
va être tranquille pour lui. On pense à lui pendant le temps des fêtes. Quand
on va manger nos gâteaux au chocolat, on va penser à tous les libéraux.
Je souhaite aussi un joyeux temps des fêtes aux
cochefs de Québec solidaire. J'ai demandé qu'on apporte un gros panier de
«groceries», là, d'épicerie, mais on m'a dit qu'on n'avait plus d'argent pour
ça. Et je demanderais aussi peut-être au chef du PQ : Faites une trêve
avec QS, là, pour le temps des fêtes. Arrêtez de leur voler du monde, là.
• (11 h 10) •
Je veux aussi souhaiter un joyeux temps des
fêtes au chef du troisième groupe d'opposition. Je lui souhaite de se reposer,
donc de penser moins à la politique, peut-être de regarder des séries
culturelles. En fait, je lui souhaite un peu de vacuité politique et un peu
d'aplaventrisme culturel.
Je veux souhaiter aussi un joyeux temps des
fêtes à tous les employés de l'Assemblée nationale. Vous faites marcher la démocratie.
Bravo!
Je veux aussi
souhaiter un joyeux temps des fêtes à tous nos employés, que ce soient les
employés dans les partis, à
l'Assemblée, dans les cabinets, dans les circonscriptions. Vous avez un travail
essentiel à faire puis vous le faites bien.
Je veux aussi
souhaiter un joyeux temps des fêtes aux journalistes. J'espère que vous n'allez
pas partir, là, comme ça se passe dans certains partis, on veut vous
garder.
Quant à vous,
Mme la Présidente, bien, écoutez, on a fait un bon choix, c'est unanime, là,
ordre, respect, fermeté. Bravo! Et merci pour votre travail. Oui, bravo!
À tous les élus, bien, écoutez, on travaille
fort, on fait notre possible, on n'est pas parfaits, on ne s'entend pas toujours, mais ça, c'est normal, c'est la
démocratie, mais on se respecte. Et puis, quand je regarde ce qui se passe
ailleurs, bien, on n'a pas cette
polarisation, là. Oui, on est des adversaires, mais on n'est pas des ennemis. Et
je pense quand même, là, qu'on a une belle démocratie, au Québec, puis
il faut en prendre soin. On peut être fiers de ça.
Donc, bien, en terminant, je veux souhaiter à
tous les Québécois, à toutes les Québécoises un joyeux Noël, une bonne année. Puis je pense que ce qu'il y a de
plus important, actuellement, avec ce qui se passe aux États-Unis, en Ukraine,
à Gaza, c'est de l'espoir. On va tous se souhaiter beaucoup d'espoir. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente : Merci, M. le premier
ministre. Je cède maintenant la parole au chef de l'opposition officielle.
M. André Fortin
M. Fortin : Merci, Mme la Présidente. C'est la fin de la session
parlementaire. Enfin. Bon, c'est... il s'en est passé, des affaires, dans cette session-là, même si elle était très
courte. Puis j'ai l'impression que ça fait... ça fait quelques années de ça, mais souvenez-vous, Mme la
Présidente, elle a été écourtée de deux semaines parce que le premier ministre
avait prorogé la session en septembre. Ça aurait juste été le fun, Mme la
Présidente, qu'il proroge à la fin de la session et non au début, genre vers le 15 novembre, là.
Nous autres, au Parti libéral, on aurait été bien, bien, bien corrects avec ça.
Bon, vous le savez, depuis... depuis quelques
années, le Parti libéral a pris l'habitude, Mme la Présidente, d'offrir des... d'offrir des petits cadeaux. C'est
Dominique Anglade qui avait parti la tradition, qui a été prise très, très, très
au sérieux par mon collègue de LaFontaine.
Oui, ça lui coûtait cher, mais... Alors, vous allez me permettre, je vais
commencer par le premier ministre.
Je le disais à l'instant, il a prorogé la
session parlementaire au mois de septembre. Pourquoi? Bien, pour permettre à
plusieurs de ses ministres d'aller devant la commission Gallant... moi aussi,
là, mais d'aller devant la commission Gallant. Mais ce qui est... ce qui est
bien avec le premier ministre, c'est qu'il n'a pas attendu les résultats de la commission Gallant pour agir. Non, non. Il y
a des politiques publiques qui ont été modifiées de façon substantielle.
Le terme «napperon» a été banni, on... tous
les ministères doivent maintenant dire «feuillet d'information», c'est une
grande avancée, au Québec.
Alors, pour le premier ministre, pour sa table
au souper de Noël, ça me fait plaisir de lui offrir des très beaux feuillets
d'information de Noël. M. le premier ministre, joyeux Noël! Je vous souhaite du
repos, du temps en famille, des moments avec vos proches, vous l'avez mérité.
Bon, pour mes
amis cochefs de Québec solidaire, et vous allez me permettre, Mme la
Présidente, exceptionnellement de déroger au règlement et d'utiliser les
prénoms des collègues, si ça vous convient, je sais que ça... je sais que ça
n'a pas été une année... une année facile. Il y a des gros noms, dans leur
formation politique, qui ont annoncé leur départ. On a appris que Christine
s'en va. On a appris que Gabriel s'en va. On a appris que Manon s'en va. Paul
nous fait dire que Vincent va s'en aller aussi.
Mais je leur lève mon chapeau, Mme la
Présidente, parce que, sur les réseaux sociaux, ils ont trouvé des façons extrêmement
originales d'attirer l'attention. Si vous ne suivez pas la cocheffe de Québec
solidaire sur les réseaux sociaux, je vous conseille, comme cadeau de Noëla, ajoutez-la,
c'est divertissant. Elle a fait l'épicerie avec les médias. Elle a joué au maître d'orchestre et convaincu
tous ses collègues de participer à une sérénade de la Coalition avenir Québec.
Les notes étaient toutes parfaites, d'ailleurs. Et
j'avoue, Mme la Présidente, que c'est la première fois que je voyais la cheffe d'une formation politique déguisée en
stérilet dans les corridors de l'Assemblée nationale. Jamais vu ça. Du moins, au
Parti libéral, ce n'est pas dans nos habitudes.
Mais ils ont aussi
pris des moyens plus traditionnels. La cocheffe de Québec solidaire, elle a
écrit un livre. Alors, pour elle, pour Noël,
on a voulu aider ses ventes, on a acheté un exemplaire. Vous le savez — quand même — son livre
s'appelait... s'appelle Les gens d'ici sont aussi Québécois d'ailleurs. Mais
nous, on a fait... unique à nous, on a fait une petite modification au
titre, quand même, et...
Une voix :
...
M. Fortin : Oui, on va faire attention. Mais, vous vous souvenez, on écoutait le
débat, entre autres, autour de la grève à la STM, chez Québec solidaire,
et on sentait que c'était... c'était difficile, hein, pris entre les droits des
usagers et les droits des syndiqués. Mais ils ont tranché, et maintenant le
titre de son... de son livre : Les gens des syndicats ont toujours
raison, d'ailleurs. Mais vraiment, beaucoup de repos à vous deux, du temps
avec les gens que vous aimez. Vous aussi, vous le méritez.
Pour le Parti
québécois, bon, Paul, je sais que tu t'es donné un mandat en début d'année,
essayer d'avoir plus de péquistes que de députés indépendants. Puis ce n'est
pas parce que tu n'as pas essayé, mais nous autres, on s'est tous passé le mot qu'on ne te laisserait pas
faire. Tu as beau gagner toutes les partielles, là, on va toujours trouver moyen
qu'il y ait plus d'indépendants que de péquistes.
Enfin,
un petit cadeau... un petit cadeau pour toi, et, je m'excuse, c'est un cadeau
de... c'est un cadeau de seconde main, et il a été utilisé beaucoup
dernièrement. En fait, en fait, c'est un ami péquiste qui me l'a prêté, il y a
quelques mois. Et apparemment il en a
donné une version au premier ministre aussi, il en a donné une version à Québec
solidaire. Mais là on pense que tu devrais le ravoir, là, parce que nous
autres, on a assez joué, on n'en veut plus. Chicane dans la cabane.
Bon. Joyeux Noël,
Paul! Passe du temps avec tes enfants. C'est ça qui compte d'abord et avant
tout.
Plus sérieusement,
Mme la Présidente, un joyeux Noël à l'ensemble de nos collègues, aux
équipes dans nos cabinets, sur qui on compte au quotidien, aux équipes dans nos
circonscriptions. C'est eux qui tiennent le fort pendant qu'on est trop souvent
partis. Même chose pour vos familles, collègues. Vos conjoints, eux aussi,
tiennent le fort pendant qu'on est... qu'on est trop souvent partis. Essayez de
profiter de chaque moment avec eux pendant les fêtes.
À vous, Mme la
Présidente, qui... qui présidez nos travaux avec justesse, bon, le meilleur
cadeau qu'on peut vous faire, c'est de vous donner une petite pause pendant six
semaines. Je vous promets que je n'enfreindrai aucun règlement de l'Assemblée
pendant les six prochaines semaines. Ça, c'est un fait. Mais ça va pour vos
employés de l'Assemblée nationale aussi. Que ce soient les gens de la table, de
la sécurité, les gens... les gens à la cuisine, les gens à l'administration ou
ailleurs, c'est les gens qu'on côtoie au quotidien, et ils font leur travail
avec un professionnalisme, avec une assiduité, et je veux leur dire qu'on les
apprécie énormément.
Alors,
à tout le monde, joyeux Noël, bonne année. Profitez du repos, profitez des
plaisirs de l'hiver québécois, le ski, la motoneige, les petites marches
en forêt, si ça vous tente. Et on se revoit en 2026. Merci, Mme la Présidente.
• (11 h 20) •
La
Présidente : Merci beaucoup, M. le chef de l'opposition
officielle. Je reconnais maintenant
la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ruba
Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Donc, à mon tour de
souhaiter joyeux Noël et bonne année à tous les collègues. Ça me fait
vraiment plaisir.
J'aimerais
tout d'abord saluer les députés du gouvernement, mes collègues de l'opposition
officielle, mes collègues, aussi, du
troisième groupe d'opposition, sans oublier, bien sûr, mes collègues du
quatrième groupe d'opposition, c'est-à-dire le nouveau parti
indépendant. Quoiqu'avec leur nombre ils pourraient être le troisième groupe
d'opposition.
Une
autre année politique s'achève, une année particulièrement rocambolesque, hein — je regarde mes collègues de l'opposition officielle — avec plein d'intrigues, plein de rebondissements. Honnêtement,
moi, si j'étais Luc Dionne, là, je
lâcherais la police puis je m'occuperais de faire une série politique. On a
besoin d'un Bunker, le cirque 2.0. Ça date et ce serait
extrêmement divertissant.
Mais la période du
temps des fêtes, c'est aussi l'occasion de retrouver de l'apaisement, de se
reposer. Donc, je vous souhaite vraiment, à tous les députés, de prendre du
temps en famille. C'est la chose la plus importante. La politique, c'est important, ce qu'on fait ici, c'est important, mais il
n'y a rien de plus important que nos familles et nos proches.
Avant de présenter
mes voeux de Noël traditionnels pour mes collègues les chefs des partis
d'opposition, à tout seigneur tout honneur, je veux commencer par souhaiter un
joyeux temps des fêtes pour les Québécois et Québécoises, c'est-à-dire les gens
qui font qu'on est ici, à l'Assemblée nationale, qu'on a cet honneur-là
d'occuper la fonction de député. À tous les Québécois, toutes les Québécoises,
je veux vous dire qu'on a de quoi être fiers, comme peuple. Je sais que vous
travaillez très, très fort. Je sais que ce n'est pas facile, avec
l'augmentation du coût de la vie. Le premier ministre n'aime pas beaucoup quand j'en parle, mais c'est vrai, c'est la
réalité que vous vivez. Il y a des gens pour qui, aussi, ce n'est pas...
le temps des fêtes, ce n'est pas un temps de festivités. Il y a des gens qui
sont seuls, qui sont malades. Et nous, au Québec, on a une valeur qui s'appelle
la solidarité, on a toujours été un peuple solidaire. C'est encore plus important
de le démontrer dans le temps des fêtes. Puis on le voit, on le voit avec les
guignolées et toutes ces activités-là pour
démontrer de la solidarité pour ceux qui en ont le plus besoin. Il faut qu'on
se rappelle d'eux. Alors je souhaite à tous les Québécois, toutes les
Québécoises un magnifique temps des fêtes.
Alors,
bien, M. le premier ministre, moi, ça m'a touchée beaucoup que vous disiez à
Sébastien Bovet que vous aviez envie de prendre une bière avec moi. Et je vous
donne ma réponse, j'accepte, j'accepte de prendre une bière, j'accepte votre invitation. Je vais juste dire à
mon chum d'arriver deux heures en retard pour la bière, comme ça je vais avoir l'occasion de vous parler de toutes les
choses que vous n'aimez pas que je vous parle, c'est-à-dire de la contraception
gratuite, du coût de l'épicerie, de coût des loyers. Et, contrairement à
vous, qui n'avez pas eu... parce que vous êtes cassé, là, vous dites qu'il n'y a pas d'argent, vous n'avez pas pu
acheter un cadeau, moi, j'en ai acheté un, cadeau, pour le premier
ministre. Eh oui! Vous n'avez pas voulu venir avec moi faire l'épicerie, je
suis allée faire l'épicerie toute seule et,
avec le 11 $, hein, par mois que j'ai eu, je vous ai acheté un cadeau,
donc une petite épicerie pour vous et votre famille. Alors, ce que j'ai pu attraper, c'est quand même
étonnant, hein, ce qu'on peut acheter avec 11 $, donc des soupes ramen,
un pot de Cheez Whiz et aussi une canne de
bines au sirop d'érable, donc un produit bien québécois. Donc, évidemment,
avec ça, les familles vont pouvoir y arriver
puis vont pouvoir bien manger à leur faim, avec le 11 $ que le premier
ministre leur a donné.
Mais, plus sincèrement,
je vous souhaite un joyeux temps des fêtes avec votre famille, avec votre
épouse. C'est aussi l'occasion de faire beaucoup de réflexions puis de faire de
longues, longues marches dans la neige. Donc, je vous souhaite... je vous
souhaite tout ça, de profiter de notre hiver.
Je me tourne vers le
chef de l'opposition officielle. Moi aussi, Mme la Présidente, si vous
permettez, je vais nommer mes collègues par
leurs... par leurs prénoms. Donc, André, honnêtement, je ne m'attendais pas à
faire mes souhaits de Noël à toi. Donc, une surprise n'attend pas
l'autre au Parti libéral. On est rendus maintenant habitués. Merci. Merci
infiniment pour ton travail. Merci infiniment pour le travail de Pablo, de tout
le parti, le caucus du Parti libéral. Ça faisait
longtemps que le parti de la chicane, ce n'était pas nous autres, ça fait que
ça fait vraiment, vraiment plaisir, pour votre travail.
Et, tu sais comme
moi, la politique, André, c'est parfois ingrat. En tant que chefs, il faut
qu'on ramasse les pots cassés, même si ce
n'est pas de notre faute, malheureusement. C'est la vie. Mais ce qu'il est important
que les gens sachent, là, puis je pense que tu le sais très bien, c'est
que derrière les crises, derrière les partis politiques, derrière les
politiciens, bien, il y a des humains. Moi, quand je trouve que les choses ne
vont pas très bien, quand je ne suis pas très,
très... j'ai envie de me remonter le moral, puis c'est ce que je te souhaite de
faire pendant le temps des fêtes, à toi, Pablo et à tout le caucus
libéral, c'est, oui, d'être avec les proches, mais d'avoir des petites
douceurs. Moi, par exemple, les petites
douceurs... qui dit douceurs, c'est... dit un grand plateau de desserts, avec
des fudges, du sucre à la crème, des biscuits, des gâteaux Reine-Élisabeth, des carrés aux dates, du gâteau aux fruits,
du pain aux bananes. Je pense que je n'en oublie pas, hein, je pense que j'ai
fait le tour. Je ne sais pas si j'en oublie, là. Mais sincèrement je te
souhaite un joyeux temps des fêtes, mon cher André.
Bon, je parlais
tantôt de mon... de mon chum, Hubert, avec qui le premier ministre n'arrête pas
de dire qu'il veut prendre une bière aussi avec lui, pas juste avec moi. Donc,
Paul, comme tu le sais, mon chum est artiste puis il a beaucoup, beaucoup
d'amis artistes, puis il m'a demandé, lui et ses amis, de te dire à quel point
ils t'aiment beaucoup, à quel point ils sont
d'accord avec toi et à quel point tu peux compter sur leur loyauté
indéfectible. C'est ce qu'ils m'ont dit, donc je te le dis.
Et, tu le sais, Paul,
on partage le rêve du pays très ardemment, très fortement. Moi aussi, j'ai hâte
qu'on l'ait, notre pays. Moi aussi, j'ai hâte qu'on ait une monnaie québécoise.
Sérieusement. Puis j'ai tellement hâte que j'ai pris de l'avance. Je me suis dit : Quels grands personnages pourraient
être sur les dollars québécois? Et donc j'ai fait un travail pour mettre
des grands personnages québécois, j'espère que tu vas aimer mes suggestions.
Donc, sur le cinq dollars québécois,
j'ai proposé de mettre Régis Labeaume. Sur le dix dollars, j'ai
proposé de mettre Louise Harel, grande personnalité, importante pour le Québec. Sur le vingt dollars,
j'ai proposé de mettre Kim Thúy. Sur le cinquante dollars, Magali Picard. C'est parfait. C'est parfait. Ça fait que ça va
être ça, notre monnaie. Évidemment, pour le cent dollars, je n'en ai pas,
parce que nous, à Québec solidaire, on ne touche pas ça, aux «brownies».
Un
mot pour notre... Bien, joyeux Noël! Puis, sérieusement, j'ai... je faisais des
blagues, mais c'est une bonne idée, oui, pour un pays, d'avoir sa monnaie,
on est évidemment d'accord avec ça.
Un mot aussi pour
notre présidente. Merci pour votre patience. À chaque fois, vous démontrez
beaucoup, beaucoup de patience pour encadrer nos débats. C'est extrêmement
important, le travail que vous faites. Je l'apprécie beaucoup. Vous êtes appréciée par tous les collègues ici. Je sais que ce
n'est pas facile. Puis je vous souhaite aussi beaucoup, beaucoup de repos. Ne pensez pas à nous, pendant
le temps des fêtes, reposez-vous, soyez avec les gens autour de vous, c'est
la chose la plus importante. Je vous souhaite ce temps avec vos proches et vos
amis.
Pour terminer, je
veux aussi remercier les gens qui travaillent avec nous, les gens ici, nos
personnels politiques, pour toutes les
formations politiques à l'Assemblée nationale, les gens... nos employés qui
tiennent le fort dans nos comtés pendant qu'on est ici pour débattre et
qui servent les citoyens et citoyennes. Votre travail est inestimable. Meilleurs
voeux aussi à toutes les personnes qui travaillent à l'Assemblée nationale pour
faire fonctionner notre démocratie au quotidien : les pages, le protocole,
les constables, le personnel à la cafétéria, les préposés à l'entretien, les
techniciens en informatique, les sténographes, les employés du Journal des
débats. Je suis sûr que j'en oublie. C'est important. Votre travail est invisible, mais il est
fondamental pour nous. Je vous souhaite aussi un joyeux temps des fêtes, une
bonne année, un joyeux Noël. Et aussi
aux journalistes qui nous accompagnent dans notre travail. Merci beaucoup, tout
le monde, et bonne année 2026.
• (11 h 30) •
La
Présidente : Merci
beaucoup, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Et je cède maintenant
la parole au chef du troisième groupe d'opposition.
M. Paul
St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
Mme la Présidente. D'entrée de jeu, je veux m'excuser un peu à l'avance, parce
qu'à chaque année je suis vraiment impressionné par le niveau des discours de
Noël, en termes de blagues, puis, à chaque
année, j'arrive toujours avec une réflexion sur le sens de la fête de Noël. Ça
va être ça encore cette année, je m'en excuse. C'est devenu une
tradition. Pardon.
C'est une
période de réjouissances pour un très grand nombre de personnes,
et je désire à nouveau parler du fait que ce n'est pas toujours tout le monde
qui a cette chance-là. Ça a été quand même soulevé par mes collègues, mais ne
perdons pas de vue qu'encore cette année, puis plus que jamais dans certains
groupes, le temps des fêtes, c'est une période où il y en a qui ont le ventre
vide, d'autres n'ont pas les moyens de fêter Noël comme les autres familles.
Mais surtout c'est... dans la société dans
laquelle on vit, c'est une période où plusieurs fêtent Noël avec le coeur vide.
La solitude est devenue vraiment un fléau. Et je veux simplement à
nouveau encourager les gens qui nous écoutent à vaincre la solitude des autres comme geste de Noël. C'est une
question qui pèse plus lourd dans les sociétés riches, et nous sommes
une société riche. Et dans quel cas on a les moyens de veiller surtout sur des
enfants qui n'ont pas grand-chose dans le temps
des fêtes. On a également les moyens de juste prendre le téléphone puis parler
à des gens, briser l'isolement, essayer de réparer des liens qui peut-être
se sont effrités avec le temps.
C'est une belle occasion, les fêtes, pour faire
le vide, et le premier ministre a un peu pris mon punch déjà, mais se donner un
espace de vacuité et de pouvoir enfin lâcher son téléphone. Et, dans les phénomènes
de solitude, il y a le fait qu'à travers les
années il faut constater que le temps qu'on passe devant notre écran, ce n'est
pas du temps qu'on passe à lier des liens humains avec les autres. Et
mon équipe m'a fait savoir que ce serait bon que je lâche mon téléphone pour
les fêtes. Donc, on me confisque mon téléphone à partir de maintenant. Ça veut
dire que c'est ma dernière chance d'utiliser Twitter. Donc, je vais donner des
voeux des fêtes version tweet que tu aurais dû te relire avant de l'envoyer.
Donc, à la cheffe parlementaire de Québec
solidaire, le tweet va comme suit : Chère Ruba, je note que, depuis
plusieurs mois, ça n'a pas été facile de trouver des thèmes pour ta chronique
sur la bonne nouvelle de la semaine, puisque, tous partis confondus, on se
surpasse dans l'art de s'autopeluredebananiser. Je veux cependant te rassurer,
le temps des fêtes, c'est un temps pour
prendre soin des gens, surtout de ceux qui ne font pas preuve d'aplaventrisme.
Je te le promets, nous prendrons bien soin du député de Rosemont. Joyeux Noël!
Ça, c'est le tweet que je n'aurais pas dû envoyer.
Un tweet que je n'aurais pas dû envoyer au chef
parlementaire du Parti libéral : Cher André, merci pour le calendrier de
l'avent version libérale, une surprise excitante à tous les jours. Vous avez
été très généreux cette année. Je te souhaite que le calendrier s'arrête
aujourd'hui et non pas le 24. Joyeux Noël!
Et évidemment, pour M. le premier ministre, un
tweet très court, je ne l'ai pas relu avant de peser sur le piton : Merci beaucoup. Grâce à vous, mon cousin médecin,
il va pouvoir continuer de payer le champagne à Noël. Bonne année et
joyeux Noël!
Sur une note plus sérieuse, la démocratie est
toujours un défi. La démocratie ne peut jamais être tenue pour acquis dans ce
qu'on voit partout en Occident. Je tiens à souligner le travail des
journalistes et du personnel, tous ceux qui
nous entourent. Donnons-nous la mission, en 2026, peu importe ce qui arrivera
dans chacun de nos partis, parce que c'est exigeant, ça peut rendre
émotif, donnons-nous la mission quand même de faire en sorte que le Québec se
distingue comme un lieu où la démocratie se maintient, et prospère, et a des
assises solides. Ce n'est pas garanti, mais je pense quand même, malgré chacun
de nos défauts, qu'on a ça à coeur puis qu'on fait quand même un bon travail,
parce qu'on y tient, à cette démocratie-là. Donc, regardons avec... 2026 avec
l'espoir, pour reprendre ce que le premier ministre disait tantôt.
Donc, bonnes
vacances à tous, on en a tous de besoin. Profitons-en. Joyeux Noël! Bonne
année! Merci beaucoup.
La Présidente
La Présidente : Merci beaucoup, M.
le chef du troisième groupe d'opposition.
Écoutez, je serai brève. Vous avez tout dit.
Alors, je joins ma voix à la vôtre d'abord pour souhaiter, bien, joyeux Noël,
je vais le dire, joyeux Noël et bonne année à tous nos employés, nos employés
en circonscription, qui sont là, qui gardent le fort pendant que nous sommes
ici.
Et également permettez-moi de vous dire que ça
passe extrêmement vite, être là pour vous servir. C'est un honneur, c'est un privilège. J'ai appris à
découvrir des grands serviteurs de l'État et le sens de serviteur de l'État, c'est-à-dire d'abord la table qui est ici,
ces grands juristes qui sont là pour vous aider, pour vous servir et qui
m'aident énormément au quotidien, et puis les 750 autres fonctionnaires
qui sont là pour faire marcher la machine, pour que vous puissiez travailler.
Donc, on a du personnel extraordinaire ici pour vous aider à accomplir votre mission
et pour soutenir notre démocratie.
Vous en avez toutes et tous fait allusion, la
démocratie, au Québec, elle est importante. Notre Parlement est important. Et, à la lumière de ce qu'on voit
ailleurs et qu'il m'a été donné de voir lors de missions bilatérales et
multilatérales, oui, ça fait partie
de mes fonctions, représenter l'Assemblée nationale du Québec sur la scène
internationale, je peux vous dire que
le Parlement du Québec, l'Assemblée nationale du Québec n'a rien à envier aux
autres démocraties. Il faut conserver la nôtre forte.
Et là-dessus je veux vous remercier. Je veux
vous remercier parce qu'il y a une chose dont je me rends compte, c'est que,
on dit que le temps passe vite, il y a
trois ans, vous me faisiez l'ultime privilège de devenir votre présidente, vous
m'avez fait confiance, et, cette
confiance-là, jour après jour, je m'efforce à la gagner. Et je veux vous dire
qu'à vos côtés je m'améliore tous les
jours, j'en apprends tous les jours. Et surtout c'est un grand privilège de
pouvoir être votre présidente.
Et
trois ans, ça passe vite. Je vous avais demandé, il y a trois ans : De
grâce, faisons-nous respect. Et je vous confirme que, lorsque je vois ce qui se
passe dans d'autres Parlements, vous êtes capables d'être respectueux les uns avec les autres, les uns à l'égard des autres.
Oui, des fois, la joute politique peut être coriace, forte, mais ce sont les
idées dont nous débattons ici et pas les attaques personnelles. On n'est
pas là. Donc, je veux vous remercier pour votre professionnalisme, pour ce
respect que vous vous vouez les uns à l'égard des autres.
Et je veux simplement
vous souhaiter, bien, de profiter du temps avec ceux que vous aimez. Puis moi,
je vous aime puis je vais m'ennuyer de vous
autres. Alors, joyeux Noël! Bonne année! Et surtout revenez-nous en santé en
2026. La santé, il n'y a que ça qui compte. Merci, tout le monde.
Et là on va
suspendre, le temps que vous vous souhaitiez les voeux. Oui, bravo! Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 37)
(Reprise à 11 h 59)
Motions sans préavis
La
Présidente : Et maintenant, comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour ce faire, je vais
céder la place au troisième vice-président de l'Assemblée nationale.
Je
vous souhaite un bon retour en circonscription. Et surtout revenez-nous en
santé en 2026. Soyez prudents sur les routes. Merci, tout le monde. M.
le vice-président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour, collègues. Nous sommes maintenant à la rubrique des motions
sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des
motions sans préavis, je reconnais un membre du troisième groupe d'opposition,
et je cède la parole à M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Alors, M. le Président, des voeux de Noël aux infrastructures. C'est là que
vous allez constater mon sens inné de la transition.
Et donc je sollicite
le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec les députés de Jeanne-Mance—Viger,
de Maurice-Richard, d'Abitibi-Est, de Chomedey, de Laporte, de Rimouski, de
Rosemont, de Saint-Jérôme et de Saint-Laurent, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte que sur les 180 projets accélérés par la Loi
concernant l'accélération de certains projets d'infrastructure, seulement 59
sont terminés après cinq ans;
«Qu'elle demande au
gouvernement de faire rapport de l'application de cette loi avant la fin de la
présente législature.»
• (12 heures) •
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Et la prochaine
motion revient au gouvernement, et je cède la parole à M. le ministre de la
Sécurité publique.
Affirmer qu'aucun symbole d'appartenance à une organisation
criminelle ne doit être toléré dans l'espace public
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, M. le Président. À mon tour de déposer mes voeux, pour le crime
organisé cette fois.
Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Westmount—Saint-Louis, le député de Laurier-Dorion, le député des Îles-de-la-Madeleine, le député
de Taillon, la députée de
Laporte, le député de Chomedey et le député de Rosemont :
«Que
l'Assemblée nationale affirme qu'aucun symbole d'appartenance à une
organisation criminelle ne doit être toléré dans l'espace public.»
(Applaudissements)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Mme LeBel :
Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il y a consentement, sans débat. Cette motion
est-elle adoptée?
Une voix :
...
Mise
aux voix
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote a été demandé. La période de vote est
ouverte.
La période de vote
est terminée. Mme la secrétaire générale.
La
Secrétaire : Pour : 76
Contre :
0
Abstentions :
1
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est adoptée.
Et la prochaine
motion revient à l'opposition officielle, et je reconnais M. le député de
l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. À mon tour d'offrir mes meilleurs voeux à ceux qui
voudraient utiliser le programme PEQ.
Alors,
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Laurier-Dorion
et la députée de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de l'engagement formel du premier ministre
sur les ondes du FM 93 mercredi
le 10 décembre dernier, à l'effet que son gouvernement est ouvert à
accepter les quelque 13 110 immigrants temporaires installés
dans la capitale, malgré les récentes modifications au programme d'immigration
en disant "qu'on est capable d'intégrer ces personnes-là. Les gens qui
sont en dehors de Montréal et de Laval [ils] vont être acceptés. Ça, c'est pas
un problème";
«Qu'elle
rappelle également les propos du maire de Québec qui a affirmé par la suite que
"du moment où le leader dit ça,
je m'attends à ce que le ministre de l'Immigration trouve les solutions pour
appliquer la parole de notre chef d'État";
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale appuie formellement cet engagement.»
Je vous remercie.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Et la prochaine
motion revient au deuxième groupe d'opposition, et je reconnais Mme la députée
de Verdun.
Prendre acte des manquements sérieux soulevés par le Bureau
des enquêtes
indépendantes concernant les actions du Service de police de
l'agglomération de Longueuil dans l'affaire Nooran Rezayi
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Westmount—Saint-Louis
et le député des Îles-de-la-Madeleine :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des manquements sérieux soulevés par le
Bureau des enquêtes indépendantes
concernant les actions du Service de police de l'agglomération de Longueuil — le SPAL — dans le dossier de la mort de Nooran
Rezayi;
«Qu'elle souligne que
la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, a demandé l'ouverture d'une
enquête administrative indépendante sur le SPAL afin de préserver la confiance
du public;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de déterminer les
suites qui seront données en coordination avec le BEI et le DPCP afin de ne pas
nuire aux enquêtes en cours.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il y a consentement, sans débat.
Mise aux voix
Cette motion est-elle
adoptée? Adopté.
Nous sommes toujours
à la rubrique des motions sans préavis. Une motion sans préavis ayant déjà été
présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande
s'il y a consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans
préavis. Consentement? Consentement.
Mme la leader
adjointe du gouvernement.
Mme LeBel :
Si vous permettez, M. le Président, on va passer aux avis touchant les
travaux des commissions. Par la suite, je
vais vous demander de suspendre, avant de passer à une autre motion sans
préavis, et on verra la suite des débats. Donc, on
pourrait passer aux avis touchant les travaux des commissions pour permettre
qu'ils s'enclenchent, Mme la Présidente.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ça va pour tout le monde?
Avis touchant les travaux des
commissions
Alors, aux avis
touchant les travaux des commissions, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme LeBel :
Merci. Alors, je fais... je donne l'avis à cette Assemblée que la
Commission des institutions poursuivra les consultations générales et auditions
publiques sur le projet de loi n° 1, Loi
constitutionnelle de 2025 sur le Québec, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 45,
ainsi que le mardi le 3 février 2026, de 10 heures à
12 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Et, ceci étant dit,
je vais vous demander, M. le Président, une brève suspension pour discuter de
la suite de nos travaux.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
une demande de suspension a été faite. Donc, nous allons suspendre les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 06)
(Reprise à 12 h 48)
Motions
sans préavis (suite)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) :
Nous sommes à la rubrique des motions sans
préavis. Une motion sans préavis ayant déjà
été présentée par le groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande
s'il y a consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans
préavis. Consentement? Consentement. Mme la leader adjointe du gouvernement.
Motion
proposant d'établir la procédure législative en vue
de procéder à l'étude du projet de loi n° 16
Mme LeBel :
Alors, je fais motion suivante à cette Assemblée, M. le
Président :
«Que, dès l'appel des
affaires du jour le vendredi 12 décembre 2025, soit mise aux voix
l'adoption du principe du projet de loi n° 16, Loi
reportant l'entrée en vigueur de certaines dispositions de la Loi visant
principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration
de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de
ces services et que le vote se tienne à main levée;
«Que dès après, ce
projet de loi soit déféré en commission plénière afin de procéder aux
écritures;
«Que dès après,
l'Assemblée se constitue en commission plénière afin de procéder aux écritures;
«Que dès après, la
commission plénière fasse rapport à l'Assemblée;
«Que dès après, soit
mis aux voix le rapport de la commission plénière et que le vote se tienne à
main levée;
«Que, dès après,
l'Assemblée entame le débat sur l'adoption du projet de loi;
«Qu'au cours de ce
débat, un intervenant de chaque groupe parlementaire puisse prendre la parole
pour une durée maximum de 10 minutes;
«Qu'au cours de ce
débat, il soit permis au ministre de présenter des amendements;
«Que dès après,
soient mis aux voix successivement, les amendements, le cas échéant, et la
motion d'adoption du projet de loi n° 16, Loi
reportant l'entrée en vigueur de certaines dispositions de la Loi visant
principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration
de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de
ces services, et que les votes se tiennent à main levée;
• (12 h 50) •
«Que la suspension
des travaux, l'ajournement du débat ainsi que l'ajournement de l'Assemblée
puissent être proposés à tout moment de la séance par un ministre ou un leader
adjoint du gouvernement; qu'une telle motion ne requière pas de préavis, ne puisse
être amendée ni débattue et soit immédiatement mise aux voix;
«Que, malgré
l'article 21 du Règlement, la commission plénière et l'Assemblée puissent
poursuivre leurs travaux du vendredi 12 décembre 2025 jusqu'à ce que cette
dernière ait complété les affaires inscrites dans la présente motion;
«Que la présente
motion ait préséance sur toute disposition incompatible du Règlement; et
«Que cette motion
devienne un ordre de l'Assemblée», M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la leader adjointe du gouvernement. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Consentement.
Mise aux voix
Cette motion est-elle
adoptée? Adopté.
Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée
Avis
de sanction de projets de loi
Alors, nous sommes
maintenant rendus à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée. Donc, je vous informe qu'il y aura sanction des projets de loi
suivants aujourd'hui, à 13 heures, au bureau de Son Honneur la
lieutenante-gouverneure : le projet de loi n° 6, Loi donnant suite à
des mesures fiscales annoncées à l'occasion du discours sur le budget du
25 mars 2025 et à certaines autres mesures; le projet de loi n° 14, Loi
visant à renforcer l'intégrité du vote dans le cadre des campagnes à la direction
d'un parti politique et des courses à l'investiture; le projet de loi
n° 108, Loi modifiant la Loi sur la Société de développement des
entreprises culturelles afin de moderniser son offre de services financiers et
de reconnaître le domaine de la créativité numérique; le projet de loi
n° 109, Loi affirmant la souveraineté culturelle du Québec et édictant la
Loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement
numérique; ainsi que le projet de loi n° 202, Loi concernant le regroupement
de Mutuelle Beneva et de La Compagnie mutuelle d'assurance Gore.
Affaires
du jour
La période des affaires
courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Projet
de loi n° 16
Adoption
du principe
Conformément à
l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, M. le ministre de la Santé propose
l'adoption du principe du projet de loi n° 16, Loi reportant l'entrée en
vigueur de certaines dispositions de la Loi visant principalement à instaurer
la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services
médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services.
Mise
aux voix
Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : En conséquence, le principe du projet de loi n° 16, Loi reportant l'entrée en
vigueur de certaines dispositions de la Loi visant principalement à instaurer
la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services
médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services, est adopté.
Commission
plénière
Étude
détaillée
Conformément à
l'ordre adopté, le projet de loi n° 16 est déféré en
commission plénière et l'Assemblée se constitue en commission plénière afin de
procéder aux écritures.
Est-ce que tous les
articles du projet de loi n° 16, Loi reportant l'entrée en vigueur de
certaines dispositions de la Loi visant principalement à instaurer la
responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services
médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services, sont adoptés?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Est-ce que l'ensemble du projet de loi, incluant
le titre, est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Je propose qu'une motion d'ajustement des
références... une motion d'ajustement des références, pardon. Cette
motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
Mise aux voix du rapport de la commission
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Je mets maintenant aux voix le rapport de la
commission plénière. Est-ce que le rapport de la commission plénière est
adopté?
Des voix :
Adopté.
Adoption
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Conformément à l'ordre adopté plus tôt
aujourd'hui, M. le ministre de la Santé propose l'adoption du projet de loi
n° 16, Loi reportant l'entrée en vigueur de certaines dispositions de la
Loi visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à
l'amélioration de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de
la prestation de ces services. Conformément à cet ordre,
les interventions sont limitées à un... à un intervenant de chaque groupe
parlementaire pour une durée maximale, pardon, de 10 minutes chacun.
Je cède maintenant la
parole à M. le ministre de la Santé.
M. Christian
Dubé
M. Dubé :
Alors, M. le Président, vous me permettez, s'il vous plaît, de déposer deux
amendements.
Premièrement,
l'article 1 : L'article 214 de la Loi visant principalement à
instaurer la responsabilité collective quant
à l'amélioration de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de
la prestation de ces services est modifié :
1° par le
remplacement, dans ce qui précède le paragraphe 1°, de «25 octobre
2025» par «28 février 2026»;
2° par le
remplacement, dans l'article... dans le paragraphe 1°, de
«1er janvier 2026» par «28 février 2026».
C'est pour le premier
amendement. Si vous permettez, je vais aller tout de suite au deuxième
amendement. L'article 3.1 : Insérer, après
l'article 3 du projet de loi, le suivant :
«3.1. Les
dispositions de l'article 1 ont effet depuis le 25 octobre 2025.»
Voilà, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le ministre de la Santé. Allez-y, M. le
ministre.
M. Dubé :
Très bien. Alors, premièrement, M. le Président, j'aimerais remercier mes
collègues de toute l'Assemblée d'être ici aujourd'hui pour nous permettre de
faire ce projet de loi là.
Dans la foulée de
l'entente de principe qui a été convenue, justement, entre la Fédération des
médecins omnipraticiens du Québec, la FMOQ, et le gouvernement du Québec, nous
déposons donc aujourd'hui le projet de loi reportant l'entrée en vigueur de certaines
dispositions de la Loi visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux
services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services,
par la loi n° 2.
Le projet de loi
comporte deux volets : premièrement, le report de l'entrée en vigueur de
la loi n° 2, comme je viens de l'expliquer, mais
aussi l'abrogation du chapitre VIII de la loi.
Sur la question de la
mise en oeuvre reportée, premièrement, sur le report, l'entrée de principe...
l'entente de principe, pardon, convenue
nécessitera des adaptations à la loi n° 2. C'est pourquoi on
doit reporter son entrée en vigueur. Ainsi, le projet de loi permet de
reporter au 28 février 2026 les dispositions qui entraient en vigueur le
1er janvier, autant pour les médecins
de famille que pour les médecins spécialistes. On profitera donc de cette
période pour apporter les modifications et ajustements nécessaires à la
loi n° 2 d'ici à son entrée en vigueur pour
refléter le contenu de l'entente de principe convenue. On doit se donner le
temps de bien faire les choses. Mais aussi, avec ce projet de loi, on vient abroger l'ensemble du chapitre VIII de la loi
n° 2, qui comprenait, entre autres, l'interdiction
des actions concertées. On avait déjà
suspendu les dispositions qui concernaient les actions individuelles,
maintenant, on retire l'ensemble du chapitre VIII.
On a bien entendu les préoccupations exprimées au cours des dernières semaines,
c'est pourquoi on a aussi convenu de retirer les articles qui
prévoyaient des sanctions pénales.
M. le Président, on
l'a vu souvent dans les nombreux changements que nous avons faits au cours des
dernières années avec les nouveaux... avec
tous les projets de loi que nous avons faits, il y avait souvent des critiques,
mais à chaque fois nous avions le même discours, on a dit que nos
projets de loi étaient perfectibles. De la même façon, aujourd'hui, nous avons
toujours dit que la loi n° 2, elle était
perfectible. Il est nécessaire de reporter l'entrée en vigueur de la loi pour se donner le temps requis, encore une fois,
pour modifier la loi, pour que celle-ci reflète l'entente de principe qui est
intervenue avec la FMOQ.
Maintenant, ce que
j'aimerais conclure, M. le Président, la loi n° 2
a mis sur la table de nombreux changements, et de nombreux changements très
importants pour les médecins. Mais il était important pour nous de mettre sur
la table des principes, des principes comme : revoir le mode de
rémunération pour les trois composantes, à savoir la capitation, les actes et
le taux horaire; avoir un engagement des médecins envers la prise en charge
d'un nombre de patients et particulièrement des clientèles vulnérables;
s'assurer que les priorités gouvernementales soient mieux définies, mieux tenues
en compte dans l'enveloppe de rémunération, mais nous avons aussi dit qu'on
serait souples dans les moyens pour arriver à ces objectifs et pour améliorer
l'accès au réseau.
Avec l'entente de principe des derniers jours,
nous avons trouvé une voie de passage. Les changements que nous ferons suite à
l'entente nous permettrons de respecter nos principes, mais aussi respecter nos
engagements envers la population.
Nous
l'avons toujours dit, le changement au mode de rémunération est un changement
majeur. Ce n'est pas une seule mesure qui peut faire la différence dans notre
réseau de santé, mais c'est la convergence de toutes les mesures dans l'ensemble des mesures que nous avons mises
en place qui vont améliorer le réseau. Et je rappelle que le changement de mode de rémunération est aussi un élément clé
de notre plan d'action que nous avons déposé en 2022. C'est un engagement fort
de notre gouvernement, et nous allons le faire. Merci beaucoup, M. le
Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, monsieur... Merci,
M. le ministre de la Santé. Et je reconnais maintenant M. le député de LaFontaine.
M. Marc
Tanguay
M. Tanguay :
10 minutes, hein, M. le Président?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : 10 minutes. Voilà.
• (13 heures) •
M. Tanguay : M. le Président, ce gouvernement-là, ce mauvais
gouvernement-là a toujours dit, dans le contexte du projet de loi n° 106
et dans le contexte du projet de loi n° 2, qu'eux, ils ne reculeraient
jamais, qu'eux ne feraient jamais comme les gouvernements précédents.
Or, ils ont capitulé, ils ont reculé. Le ministre de la Santé s'est couché, M. le Président. Et c'est en ce sens-là
qu'aujourd'hui nous avons une patch, un projet de loi que l'on permet qu'ils
présentent puis qu'ils adoptent à vitesse grand V, M. le Président, pour
corriger leur erreur historique. Bien, c'est ça, un mauvais ministre de la Santé puis un mauvais gouvernement.
On va s'en souvenir pendant longtemps, parce qu'il y a des Québécoises
et Québécois qui déjà ont fait les frasques de ce chaos créé par ce mauvais
ministre de la Santé. Et, en démocratie, les choses peuvent se dire, les mots
ont un sens, M. le Président. C'est un chaos, c'est un fiasco caquiste.
Rappelez-vous ce que
disait le ministre lors de l'adoption du bâillon, il disait : Je suis
convaincu que ça va changer durablement la face même de notre réseau de la
santé. Or, ce qui est présenté aujourd'hui, le projet de loi n° 16,
vient couper les ailes, couper carrément tout ce qui avait été imposé par
bâillon et pas négocié par le mauvais projet de
loi n° 2.
J'ai ici le résumé qu'en fait les médecins omnipraticiens. Je vous dis, je vous
cite tout ce qui vient de tomber, M. le Président. Retrait des pastilles
de couleur. Vous dire combien de fois on s'est... on s'est évertués à essayer
de faire comprendre au gouvernement que les
pastilles de couleur allaient nuire et même menacer la santé notamment des
jeunes enfants, des enfants, des nouveau-nés, qui étaient catégorisés
vert pendant toute la première année de leur existence. Ça a donné quoi à la
collègue de Laporte de démissionner? Ça a donné quoi à l'ancien ministre
délégué à la Santé, Services sociaux, suite
à la lettre de la Dre Laurence Carmant? Ça lui a donné quoi, lui, de
démissionner, M. le Président? Ce mauvais projet de loi là aura été fait
au prix de deux collègues qui ont sacré leur camp parce qu'ils ne pouvaient
pas, ne pouvaient pas endosser ça. Et il y a des gens qui ont parlé, au sein du
caucus, qu'ils ont dû faire un acte de foi. Le
ministre de la Santé, il impose ses vues, il ne discute pas. Il a commis une
erreur historique. Pourquoi? Il y a des milliers, pour ne pas dire des
dizaines de milliers de Québécoises et Québécois qui ont déjà perdu leurs
médecins de famille à cause de ça. Vous allez dire : Des dizaines de
milliers, vous exagérez. Non. Il y a des dizaines de docteurs, des femmes et
des hommes, qui ont pris leur retraite anticipée. Ça, c'est minimalement, en
moyenne, 1 000 patients par médecin, M. le Président. Il y en a eu des dizaines. Alors, c'est des dizaines de
milliers de Québécoises et Québécois qui ont perdu, à cause de ce mauvais
gouvernement là, leurs médecins de famille. Alors, le projet de loi, les
pastilles de couleur, abrogé.
Puis, en passant, M.
le Président, là, je sais qu'on a voulu sauver la face du ministre, mais le
projet de loi, qui s'intitule Loi reportant l'entrée en vigueur de certaines
dispositions de la loi, le titre, Loi reportant l'entrée en vigueur, devrait
également se lire loi abrogeant 78 articles, loi abrogeant
78 articles. Quels sont-ils?
Puis ces articles-là,
M. le Président, là, ils ont été adoptés sous bâillon, sous la foi de
dire : Vous autres, les libéraux, vous
ne connaissez pas ça. Vous autres, les libéraux, vous vous êtes couchés. Nous
autres, on sait comment faire, puis c'est ça, puis on vous l'impose.
Vous n'avez rien compris. Les pastilles de couleur, vous n'avez pas compris. Le
retrait de l'affiliation de toute la population, vous n'avez rien compris. Ils
en sont réduits... le ministre de la Santé est réduit de se mettre à genoux, M. le Président, pour retirer ce qu'il
nous a enfoncé dans la gorge. Il se fait, M. le Président... Réellement,
c'est un aveu de non-confiance. Je ne le sais pas, c'est quoi, son avenir
politique, mais carrément, ce qui était dit,
ce qu'il nous disait, puis il l'a dit, c'était une pièce maîtresse dans le pan
de ce que l'on veut faire en santé, bien, la pièce maîtresse, M. le
Président, vient de prendre le bord.
Alors, retrait des
pastilles de couleur, retrait de l'affiliation de toute la population. Retrait
des indicateurs de performance basés sur le volume. Vous dire le nombre
d'heures que l'on a passées, en cette Chambre, pour dire : Ne faites pas du volume. Les médecins l'ont dit
devant l'ex-présidente du Conseil du trésor, l'ont dit par la suite, quand elle
a été changée. Le ministre de la
Santé a toujours dit : Non, non, je veux du volume, je veux du volume. Il
vient de se coucher, il vient de retirer le volume. Puis c'était la seule
conclusion. On lui disait : Tu ne peux pas faire du volume, ce n'est
pas un McDonald. Vous ne pouvez pas demander à un pédiatre qui reçoit un
enfant, un bébé de trois mois : Tu as 15 minutes pour faire le tour,
voir si tout va bien, parce que ça ne tient pas la route.
Là, M. le Président,
retrait des indicateurs de performance. Retrait des pénalités financières.
C'était tellement brouillon, cabochon, ce qu'ils ont fait. On leur posait des
questions durant le cinq heures du bâillon, le ministre était incapable de répondre. 80 % du temps, c'était
le sous-ministre puis l'avocat. Puis même eux autres, M. le Président... Vous
dire que les versions entre l'anglais puis
le français ne fonctionnaient pas, étaient contradictoires. Entre autres, la
concertation, en français, c'était «trois ou plus»; en anglais, c'était
«two or more». Vous dire que c'est cabochon.
Là, en plus, il vient de
déposer, M. le Président, une autre patch sur la patch, parce qu'ils ont
oublié, dans les dernières heures, d'une entente de deux pages que des élèves
de première année en droit auraient pu rédiger dans un cours de légistique,
leur projet de loi, ils ont oublié de... ah! on a oublié de suspendre aussi
tous les articles en vertu de 214 qui
étaient en vigueur depuis le 25 octobre. Ils ont oublié ça. Pourquoi vous
pensez qu'on a suspendu depuis 12 h 06? Pour leur donner le
temps de déposer les deux amendements, les deux patchs de la patch que le
ministre vient de déposer. Vous dire que c'est un gouvernement qui a tout perdu
crédibilité, si tant est qu'il en avait encore, en matière de santé. C'est
épouvantable.
On continue les retraits. Donc, retraits des
pénalités financières, dont la coupe de 13,4 % qui était prévue pour les médecins
de famille. M. le Président, ce que le ministre de la Santé avait dit, il avait
dit, un élément clé pour le plan santé,
c'était ce projet de loi là. Ce qu'il avait dit, également, c'était que le
complément, le complément de rémunération, le 15 %... il avait
dit : Ça, c'est central, c'est clé. Bien, ils viennent de l'éliminer.
Donc, pour celles et ceux qui nous écoutent à la
maison, non seulement ils n'ont pas eu d'entente depuis le 31 mars
dernier, ils n'en ont pas eu en mai, en juin, en juillet, ils ont déposé le
mauvais projet de loi n° 106, après ça ils
ont remplacé ça par le projet de loi n° 2, ils nous l'ont enfoncé dans la gorge, non
seulement ils ont fait perdre au Québec des mois et des mois à ne pas s'entendre, mais aujourd'hui ils se couchent,
ils ne coupent pas les médecins omnipraticiens, ils leur donnent un
bonus au-dessus du 100 % de rémunération, de 2,5 %, c'est
500 millions qu'ils prennent de la poche des Québécois puis qu'ils donnent
aux médecins. Si c'était ça, son intention, au premier ministre, pourquoi qu'il
ne l'a pas dit en mars, avril, pendant deux
ans? Ils auraient signé tout de suite, les médecins, M. le Président, pour avoir
une augmentation de salaire. C'est ça qu'ils ont aujourd'hui, une augmentation
du salaire, d'un gouvernement qui voulait faire la leçon à tous les
prédécesseurs en disant : Moi, les médecins, je vais les couper, je vais
les mettre au pas, puis ils vont faire du volume. Ils ne sont pas coupés, ils
ont un bonus, ils ne sont pas au pas, puis ils ne feront pas de volume. C'est
un échec sur toute la ligne, M. le Président.
Puis, pendant ce temps-là, les Québécoises, les
Québécois, là, on voit qu'ils n'ont pas les services, sont sur des listes d'attente. On voit les hôpitaux qui
tombent, M. le Président, l'Hôpital Sainte-Croix, l'hôpital HMR, ainsi de suite,
les infrastructures qui tombent en désuétude, en vétusté. Et également on voit
les listes d'attente qui sont... qui s'allongent, M. le Président. Les délais, en oncologie, c'est épouvantable. Il y a
des gens qui meurent sur les listes d'attente. Il y a des gens qui
attendent, oubliez ça, le 90 minutes, des heures, et des heures, et des
heures avant de voir un médecin dans les
urgences. On fait de la rétention d'ambulances à l'Hôpital Sainte-Croix, M. le
Président, parce qu'il n'y a pas de place pour les accueillir. Des
massages cardiaques qui se font dans le garage qui a été construit pour parquer
l'ambulance parce qu'il n'y a personne... il n'y a pas de place pour avoir une
personne en arrêt cardiaque. Ça s'est vu, ça s'est fait, il y a des gens qui
nous en ont témoigné.
Alors, c'est un mauvais gouvernement. Vous dire
que le premier ministre a cassé les oreilles de tout le monde avec... en
disant : Moi, je vais mettre les médecins au pas. Bien, celui qui a été
mis au pas, c'est le mauvais ministre de la Santé. Aujourd'hui, c'est lui qui
est au pas. Aujourd'hui, c'est lui qui est l'exemple historique d'un médecin
qui s'est couché, qui nous a dit : Moi,
je ne me coucherai jamais, puis on verra c'est quoi, son avenir politique, M.
le Président. Mais, en ce sens-là,
pendant ce temps-là, les Québécoises et Québécois n'ont pas eu les services,
ont face à eux un gouvernement qui nous a fait perdre de précieux mois,
un gouvernement en fin de régime.
Et l'élément de supplément collectif et majeur,
ce que nous disait le ministre, l'entente prévoit que ce ne sera plus
obligationnel, ça va être volontaire. Bien, si c'était pour donner une
augmentation aux médecins de 500 millions, si c'était pour être
volontaire, il avait juste à écouter les médecins, à s'entendre, plutôt
qu'aujourd'hui de se coucher, M. le Président.
Alors, c'est
fait, le premier ministre puis le ministre de la Santé se sont couchés, puis
c'est les patients du Québec qui en souffrent. Dehors, la CAQ!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Je
reconnais, dans le cadre de ce débat, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Sérieusement, là, tout ça pour ça? Une guerre ouverte créée de
toutes pièces, un psychodrame purement évitable, des dizaines de
médecins qui claquent la porte, des milliers de patients inquiets, en détresse
face à la fermeture de leurs cliniques médicales et à la perte de leurs
services puis leurs soins de santé, des poursuites judiciaires, des mesures
liberticides, un bâillon, un ministre qui claque la porte, une députée aussi.
Tout ça pour ça?
M. le Président, au début de la session, le
gouvernement promettait que ça allait brasser. On ne savait pas que ça allait
brasser pour eux, par exemple. Une approche loin de la bienveillance, loin de
l'intérêt des Québécois et des Québécoises, une approche qui a mis le feu aux
poudres et qui a démotivé des centaines de professionnels du réseau de la santé. Tout ça pour ça. Tout ça pour
finalement reculer, M. le Président. Tout ça pour finalement abroger un grand
pan du projet de loi n° 2
et suspendre le reste. Tout ça pour admettre, finalement, qu'ils auraient dû et
qu'ils auraient pu faire autrement. Tout ça pour désavouer complètement
la réforme du ministre de la Santé. Tout ça pour ça.
• (13 h 10) •
Pendant des semaines, M. le Président, le Québec
a retenu son souffle. Je lis quelques unes de journaux. «C'est la
catastrophe qui s'en vient» : le GMF de l'Assomption menace de fermer.La clinique médicale de Métabetchouan pourrait fermer. J'en lis une
autre : L'accès aux soins de santé de la femme sera réduit, alertent
des associations. Les aînés laissés pour compte
face à la loi. Des médecins en dépendance inquiètes pour leurs patients.
Et ça continue, M. le Président. «Il faut casser l'hémorragie» : au
moins 40 cliniques médicales menacées de fermeture. Les CHSLD
pourraient perdre des dizaines de médecins. La loi 2 va recréer des
déserts médicaux, craignent des coopératives de santé. Loi 2 : fermeture d'une clinique pour enfants à LaSalle. Loi 2 : le GMF de Louiseville risque de fermer en 2026.
Loi 2 : des cliniques médicales des Îles craignent pour la suite.
Loi 2 : la clinique de périnatalité en
réel danger. Loi 2 — encore — des
médecins quittent le navire pour de bon. On pourrait lire des unes comme ça
toute la journée, M. le Président. Tout ça pour ça.
Je vous lis également un témoignage, parce qu'on
en a reçu des milliers, de témoignages, M. le Président, le témoignage d'une citoyenne excédée. Elle
dit : «Je ne suis pas médecin. Je suis une citoyenne. Je paie des taxes,
beaucoup à part de ça. Je travaille à temps plein, je suis maman. Cet
après-midi, j'ai reçu le courriel de démission de mon médecin de famille, une médecin
merveilleuse qui prenait le temps de nous écouter, qui prenait le temps de
vérifier lorsqu'elle n'était pas certaine,
qui trouvait toujours une place pour nous quand on en avait besoin. Nous sommes
cinq, chez moi, à se retrouver, à partir du 1er avril, sans médecin
de famille.
«J'ai envoyé
deux courriels à mon député, député qui est très talentueux dans le silence
radio, dit-elle. Je ne sais plus à quelle porte cogner.
«Dans quel
monde le ministre peut croire qu'avec tous les médecins qui quittent
présentement chaque Québécois pourra avoir un médecin de famille? Dans
quel monde est-ce qu'il vit? Nous sommes plus de 1 000, juste à ma
clinique, à se retrouver orphelins.
«Mes enfants, qui sont en santé, seront pastille
verte, donc non importants aux yeux du ministre. Pourtant, si mon enfant tombe malade, je crois sincèrement
qu'il devrait avoir autant droit à son médecin qu'un autre, droit qu'on vient
de nous retirer.
«C'est terrible, ce qui se passe actuellement.
Je ne peux pas croire que personne ne fasse rien contre cela.»
Ce sont des citoyens, nos citoyens. M. le
Président, excédés. Et, encore une fois, l'incapacité du gouvernement à mener à
bien ses négociations constitue un échec fondamental sur la feuille de route du
gouvernement.
Je note aussi que la CAQ recule complètement sur
les mesures liberticides qui ne passaient pas le test des cours de justice,
c'est évident. Nous l'avions tous, tout le monde dans l'opposition,
revendiquée, l'abrogation. L'abrogation totale vient aujourd'hui, les articles 130
à 207 sont effacés, abrogés, des pans importants de la réforme du ministre
complètement annulés, M. le Président.
La section II, Participation interdite à
certaines actions concertées, on en a parlé longtemps, ce qui incluait toute
activité qui pourrait cesser ou ralentir l'activité professionnelle, incluant
la formation : abrogée. Complètement abrogée, évidemment. Ça retire tous
les pouvoirs de redressement, d'injonction également, bien évidemment.
Section III, les articles 141 à 163,
complètement abrogé, Suivi de l'assiduité des services. L'article 146, qui
incluait les volets de dénonciation, que tout le monde avait rejeté,
évidemment, abrogé. L'article 148 qui fixe le rôle de surveillant et donne
le rôle au directeur médical d'appliquer les sanctions, complètement abrogé,
bien évidemment. L'inspecteur national, ses fonctions, abrogé aussi. Réduction
du traitement, le médecin qui devait payer 40 % d'un certain montant à la
RAMQ, abrogé aussi.
L'article 4, Responsabilité des universités — section IV,
pardon — dans
la continuité des prestations des activités professionnelles des médecins de
nature pédagogique, abrogé. Ça incluait l'obligation pour les universités de
prendre les moyens appropriés pour assurer la tenue des cours, on l'avait dit,
abrogé également.
Section V, Modes de participation à un
manquement, on en avait longuement parlé, conseiller, encourager, même si l'action n'avait pas lieu, menait à des
sanctions, M. le Président. Bien évidemment, abrogé. Inspection et enquête,
ça donnait des pouvoirs d'enquête, abrogé aussi.
Section VII, Divulgation, collaboration et
protection contre les représailles, abrogé.
Et, évidemment, toute la section absolument
déraisonnable sur les sanctions, sur les réparations, qui pouvaient faire en sorte que ça montait jusqu'à, quoi,
500 000 $ fois deux, M. le Président, des sanctions complètement
déraisonnables, des sanctions qui
s'appliquaient sans aucune commune mesure, évidemment, tout ça, abrogé. Tout ça
pour ça, M. le Président.
Voyons donc!
Le Journal de Montréal, là, là, et je
recommande aux collègues de l'ouvrir, première page, Entente de principe
avec la FMOQ : voici les 7 reculs du gouvernement face aux
médecins. Et tout ça est bien détaillé. Des pénalités de 25 % à 13,4 %, à 0 %, M. le Président. Tout ça pour ça. Au
printemps dernier, le ministre de la Santé menaçait d'imposer des pénalités de
25 % pour les médecins. Ce pourcentage ramené à 14,3 %,
ramené à zéro. Tout ce psychodrame-là pour ça, M. le Président.
Plus d'argent sur la table, on nous dit.
L'enveloppe globale devait demeurer sensiblement la même, mis à part
l'inflation. Eh bien non. Elle sera finalement bonifiée de 14,5 %,
434 millions, et d'un montant forfaitaire additionnel de 75 millions.
Tout ça pour ça, M. le Président.
Beaucoup moins de patients pris en charge que
prévu, nous dit le journal. Au mois de mai, le ministre de la Santé assurait que l'ensemble des Québécois
seraient désormais pris en charge par un milieu de soins. Eh bien non, ce n'est
pas ça qui a été entendu, M. le Président. Tout ça pour ça. Une prime
pour y arriver.
Oubliez les
pastilles aussi, nous dit le journal, la formule de pastilles de couleur pour
déterminer la vulnérabilité des patients, longuement dénoncée, à maintes
reprises, cette médecine fast-food absolument décriée. C'est abrogé, ça aussi.
Et évidemment pas de sanction si vous déménagez.
On en avait longuement parlé, M. le Président.
Alors, tout ça pour en arriver là. Tout ce
psychodrame de l'automne pour en arriver là. Une division de caucus importante, un ministre démissionnaire, une
députée démissionnaire, des milliers de Québécois sans leurs patients. Tout
ça pour ça. Quel échec, M. le Président! Quel triste échec! Les Québécois s'en
souviendront. Merci.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Nous poursuivons... Nous poursuivons, cette fois-ci, avec M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Alors, le gouvernement est passé de l'idée de la... de la
capitation à la capitulation. En fait, je suis un peu sans mots, parce qu'on
imaginait que le gouvernement allait mettre de l'eau dans son vin, il allait
faire un pas dans la bonne direction et essayer de s'entendre, mais, lorsqu'on
vit ce qu'on vit présentement, là, c'est un mauvais film, c'est un mauvais
téléroman, c'est un psychodrame absolument inutile.
On s'est
levés, le 25 novembre dernier, là, après une longue nuit de bâillon
parfaitement inutile, puis on s'est dit : Quel gâchis, mais quel
gâchis! Mais là on était loin de savoir que le gâchis se continuerait pendant
des semaines et des mois, avec le résultat absurde de devoir aujourd'hui tenir
une procédure d'exception législative pour essentiellement faire disparaître,
comme dans le film Retour vers le futur, les deux, trois derniers mois,
comme s'ils n'avaient jamais existé. La pièce législative, là, le projet de loi
n° 2, aujourd'hui la loi n° 16, vient de disparaître, pouf! envolé en fumée.
On dit, dans
le projet de loi actuel, qu'on va reporter son application à la fin de février,
mais on sait tous qu'à la fin de février, là, d'ici la fin février, il y
aura une nouvelle loi, et la nouvelle loi va refléter l'entente qui a été
convenue avec les médecins omnipraticiens, la fédération. Et, cette loi-là, il
est indiqué dans l'entente que cette loi-là, bien, elle sera subordonnée à
l'entente qui a été convenue et, j'imagine, que l'on doit peaufiner d'ici là. C'est
quand même assez surréaliste, M. le Président.
On s'attendait, encore une fois, à ce que le
gouvernement recule, et recule sur l'essentiel, mais on n'a jamais imaginé que
le gouvernement se mettrait à ce point à plat ventre et reculerait à ce point
sur les grands principes qu'il avait énoncés : On ne reculera jamais, nous
aurons le courage de faire ce que les autres gouvernements avant nous n'ont
jamais osé faire, changer le mode de rémunération.
Et pourquoi
changer le mode de rémunération? J'imagine que c'est pour que les Québécois en
aient davantage pour leur argent. Mais regardons un peu, là ce dont on
parle. À l'heure actuelle...
• (13 h 20) •
Bien, en fait,
d'abord, ce qu'on voulait, dans cette entente ou dans ce projet de loi, dans
cette initiative du gouvernement, c'était de faire en sorte que l'ensemble des
Québécois, le 1,2 million de patients qui sont orphelins, bien, soient pris en charge, qu'il y ait une
affiliation de tous ces gens-là à des milieux de soins. C'était une priorité
absolue. Et évidemment on a ajouté à ça une foule de considérations, des
cibles de performance, des pastilles de couleur, et ainsi de suite. En fait, on
a été à l'attaque des médecins, on a créé ce conflit-là, là, avec, comme ils
l'ont dénoncé à de nombreuses reprises,
littéralement, l'arme atomique, avec pour résultat que le gouvernement a dû
reculer sur toute la ligne.
Regardons un peu, là, ce qui est dans l'entente
présentement. Essentiellement, si on résume, retrait des pastilles de couleur
pour définir l'état de vulnérabilité des patients, ça, le gouvernement l'a
défendu, là, bec et ongles pendant des semaines. Le retrait de l'affiliation de
toute la population. C'était un incontournable, il ne fallait surtout pas
reculer. Aujourd'hui, on parle de 500 000 personnes qui pourraient
être prises en charge mais sur une base volontaire. Quels sont les moyens qui
ont été mis en place pour qu'on atteigne ces objectifs-là? Il n'y en a pas.
C'est sur une base volontaire et qui sera évidemment récompensée à hauteur de
75 millions si jamais on atteint cet objectif.
Retrait des
indicateurs de performance basés sur le volume. Bien entendu. On disait :
Ce n'est pas de la médecine fast-food, ce n'est pas de la médecine à la
chaîne. On vient de le retirer. On vient d'admettre que cette mesure-là était
absolument absurde si on veut améliorer la qualité des soins, et
l'accessibilité, mais surtout consolider la pratique médicale telle qu'on la
connaît au Québec depuis des décennies. Alors là, on recule, évidemment,
là-dessus.
Et ça, nous l'avions demandé. En fait, les
quelques éléments que je viens de nommer, on les... on avait demandé qu'on les élimine, justement pour pouvoir se
concentrer sur l'essentiel. Les pastilles de couleur, comment peut-on penser...
comment pouvait-on penser que les fonctionnaires de la RAMQ, de la Régie de l'assurance maladie du Québec, soient mieux placés pour juger de la
vulnérabilité des patients que le médecin lui-même? Évidemment, on élimine.
Les cibles quantitatives, je viens d'en parler,
on les a éliminées. Il faut se conserver des cibles. Il faut pouvoir avoir des
cibles qualitatives. Il faut que ces cibles-là soient partagées dans une équipe
de soins de première ligne, par exemple dans
les CLSC ou dans les GMF. On n'en fait pas mention d'aucune façon aujourd'hui,
dans l'entente actuelle. Comment penser qu'on obtiendra quoi que ce soit
de mieux, de plus que ce qu'on avait auparavant, avec l'entente qui est
aujourd'hui présentée?
Évidemment, mes collègues l'ont mentionné,
l'atteinte aux droits fondamentaux, on l'a dénoncé pendant la nuit du 24 au 25 octobre dernier,
78 articles qui portaient atteinte aux droits fondamentaux, des articles
coercitifs qui ont été dénoncés de toutes parts et qui étaient virtuellement
inapplicables également, des actes concertés, lorsque deux personnes ne
se connaissant pas, vivant aux antipodes du territoire québécois, étaient
susceptibles d'être poursuivies en justice pour avoir décidé de quitter le
Québec ou tout simplement de prendre leur retraite, une aberration absolument
totale. Et c'est tellement aberrant que la Fédération des médecins a exigé que
cette partie de la loi n° 2 ne soit pas uniquement
suspendue jusqu'en février dernier, l'abrogation de ces articles-là est incluse
dans le projet de loi qui est devant nous. Le
gouvernement veut l'abolir immédiatement parce qu'il n'a pas le choix, parce
que c'était tout simplement, M. le Président, indéfendable.
Le
gouvernement a reculé également, le ministre, sur son... le pouvoir
réglementaire qu'il se donnait de modifier les ententes. Pourtant, il y tenait. Il y tenait d'abord dans le projet
de loi n° 106. Il l'avait imposé dans le projet de loi n° 2. Aujourd'hui, il le concède. Comme je l'ai mentionné tout à l'heure,
c'est tout simplement l'entente qui aura préséance sur tous les
règlements ou sur toutes les lois que pourrait décider d'adopter le
gouvernement.
Bon, on retire également les pénalités
financières. Bien entendu. Ce n'était pas la façon de procéder. Les médecins,
dans leur immense majorité, sont des gens qui travaillent pour... avec
bienveillance, pour la population, à hauteur de 70, 75, 80 heures
par semaine. Et on les a visés de façon injuste et, je dirais, mesquine. On les
a qualifiés de paresseux. Aujourd'hui, bien, on dit tout simplement,
essentiellement, en reculant de cette façon-là, que c'est le ministère, c'est le gouvernement qui a démontré sa paresse en ne se
donnant pas la peine de négocier de bonne foi pour avoir une entente qui
permet véritablement d'avancer dans le sens de l'amélioration des soins de
santé au Québec.
Et, malheureusement,
les conséquences des trois derniers mois seront permanentes ou pérennes dans le
temps dans une large mesure. Le lien de confiance a été brisé avec le corps
médical, bien entendu. Ça va, évidemment, créer des conséquences et des
séquelles qui vont demeurer.
Il y a des étudiants
qui sont pénalisés, également, dont les stages ont été interrompus ou
suspendus. Est-ce qu'ils pourront graduer
l'été prochain? On l'ignore encore. Il y a probablement des étudiants qui ont décidé,
également, de changer de parcours
académique, quand on voyait le mauvais sort qu'on réservait aux médecins de
famille, aux omnipraticiens.
On a des médecins qui
ont déjà quitté, soit quitté le territoire, soit quitté la profession, soit
pris leur retraite. Reviendront-ils? On peut se permettre d'en douter. Il y en
a des dizaines et des dizaines qui ont fait ça. On disait que c'étaient des menaces. Une quarantaine... une
cinquantaine de cliniques avaient annoncé leurs fermetures. Plusieurs ont déjà annoncé qu'ils ne renouvelaient pas leur
bail. Comment vont-ils pouvoir rétablir les contrats et continuer leur
pratique? On l'ignore encore.
Des patients qui se
sont inquiétés, de peur de perdre leur accès aux soins. La charge mentale qu'on
a dû leur faire subir, les préoccupations,
évidemment, l'anxiété, ça, c'est aussi parmi les traces qui sont irréparables. Les
cliniques qui ont des clientèles particulières et vulnérables, les
suivis de grossesse, le travail en CHSLD, tout ça était menacé par la loi. Fort
heureusement, on recule sur ces éléments-là.
Mais, M. le
Président, en terminant, je pense que l'ensemble de l'oeuvre est un échec, est
une catastrophe, et les Québécois s'en souviendront. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci. Alors, ceci met fin au débat.
Mise
aux voix
Je vais mettre
maintenant aux voix l'amendement à l'article 1, qui se lit comme
suit :
Remplacer
l'article 1 du projet de loi par le suivant :
L'article 214
de la Loi visant principalement à
instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès
aux services médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces
services est modifié :
1° par le
remplacement, dans ce qui précède le paragraphe 1°, de
«25 octobre 2025» par «28 février 2026»;
2° par le
remplacement, dans le paragraphe 1°, de «1er janvier 2026» par
«28 février 2026».
Est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté.
Est-ce que
l'article 1, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté.
Je mets maintenant
aux voix l'amendement introduisant l'article 3.1, qui se lit comme
suit :
Insérer, après
l'article 3 du projet de loi, le suivant :
«3.1. Les
dispositions de l'article 1 ont effet depuis le
25 octobre 2025.»
Est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Je propose que la commission adopte une motion de
renumérotation. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Adopté.
Je mets maintenant
aux voix la motion de M. le ministre de la Santé proposant l'adoption du projet
de loi n° 16, tel
qu'amendé, Loi reportant l'entrée en
vigueur de certaines dispositions de la Loi visant principalement à instaurer
la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services
médicaux et à assurer la continuité de la prestation de ces services. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : En conséquence, le projet de loi n° 16, tel qu'amendé, Loi reportant l'entrée en vigueur de
certaines dispositions de la Loi visant principalement à instaurer la
responsabilité collective quant à
l'amélioration de l'accès aux services médicaux et à assurer la continuité de
la prestation de ces services, est adopté.
Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme LeBel : Alors,
conséquemment, M. le Président, je vous demande d'ajourner nos travaux au
3 février, 13 h 40. Et Joyeux Noël à tous!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Est-ce
que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
Ajournement au 3 février 2026
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : L'Assemblée ayant terminé l'étude de l'affaire décrite dans l'ordre
adopté, j'ajourne les travaux au mardi 3 février 2026, à
13 h 40.
(Fin de la séance à 13 h 30)