Journal des débats de la Commission de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 13 février 2024
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Vol. 47 N° 2
Étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale
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Intervenants par tranches d'heure
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Roy, Nathalie
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Roberge, Jean-François
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Derraji, Monsef
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Leduc, Alexandre
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Bérubé, Pascal
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Bérubé, Pascal
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Roy, Nathalie
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Labrie, Christine
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Bachand, André
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McGraw, Désirée
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McGraw, Désirée
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Roy, Nathalie
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D'Amours, Sylvie
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Roy, Nathalie
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Fitzgibbon, Pierre
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Lévesque, Sylvain
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Fortin, André
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Fortin, André
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Lévesque, Sylvain
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Nichols, Marie-Claude
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Jolin-Barrette, Simon
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Jolin-Barrette, Simon
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Lévesque, Sylvain
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Poulet, Isabelle
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Picard, Marilyne
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Mallette, Carole
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Mallette, Carole
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Lévesque, Sylvain
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Lemieux, Louis
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Lemieux, Louis
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Lévesque, Sylvain
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Schneeberger, Sébastien
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Bonjour, tout le monde. À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de l'Assemblée nationale ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation
électorale. C'est ce beau rapport que je vous montre ici. En vertu de l'article 174
de notre règlement, je dépose les rapports des séances de travail des
commissions qui n'ont pas été suivis d'une séance publique et qui n'ont donc
jamais été déposés à l'Assemblée nationale. En vertu de l'article 4.4 des
règles de fonctionnement, je dépose les rapports des réunions du comité
directeur de la Commission de l'Assemblée nationale du 8 juin 2023, du 24 janvier
et du 5 février 2024.
Alors, nous sommes réunis conformément aux
dispositions de la Loi électorale qui prévoient que le rapport préliminaire de
la Commission de la représentation électorale, déposé à l'Assemblée nationale
le 19 septembre dernier, doit être soumis à la considération de la
Commission de l'Assemblée nationale. D'entrée de jeu, je tiens à préciser que
36 députés se sont inscrits afin d'intervenir dans le cadre de cette
étude. Le comité directeur de la commission a convenu que le mandat se
déroulera selon les modalités suivantes : Le mandat débutera par un exposé
de la Commission de la représentation électorale, d'une durée maximale de 30 minutes.
Le ministre responsable des Institutions démocratiques, les porte-parole des
oppositions et le député de Matane-Matapédia disposeront chacun de 10 minutes
pour effectuer des remarques préliminaires.
Chaque député inscrit disposera d'une
période de 20 minutes afin d'exposer son point de vue et d'échanger avec
la Commission de la représentation électorale. Les interventions des
parlementaires seront regroupées par région. Le ministre responsable des
Institutions démocratiques, les porte-parole des oppositions et le député de
Matane-Matapédia disposeront chacun de 10 minutes pour effectuer des
remarques finales. Enfin, la Commission de la représentation électorale
complétera cette étude avec des remarques finales de 10 minutes.
Alors, nous... nous débutons, pardon, avec
l'exposé de la Commission de la représentation électorale. M. le président, je
vous invite à nous présenter les personnes qui vous accompagnent, et je vous
cède la parole pour 30 minutes.
M. Blanchet
(Jean-François) :Mme la Présidente, Mmes,
MM. les députés, je vous remercie de nous accueillir dans le cadre des travaux
de la Commission de l'Assemblée nationale. La Commission de la représentation
électorale est ici afin d'entendre vos commentaires et suggestions sur notre
proposition de limitation des circonscriptions, conformément à l'article 25
de la Loi électorale. L'étape d'aujourd'hui complète notre consultation, qui a
débuté avec la tenue d'auditions publiques dans plusieurs régions du Québec à
la suite du dépôt du rapport préliminaire, le 19 septembre 2023.
Permettez-moi de vous présenter mes collègues commissaires., donc, Mme Édith
Gravel, spécialiste en développement régional, en aménagement du territoire et
directrice générale <au sein de la MRC...
M. Blanchet (Jean-François) :
...2023.
Permettez-moi de vous présenter mes collègues commissaires., donc, Mme Édith
Gravel, spécialiste en développement régional, en aménagement du territoire et
directrice générale >au sein de la MRC de Matawinie; et M. Kevin
Bouchard, professeur adjoint à la Faculté de droit de l'Université Laval. Nous
sommes accompagnés de Mme Marie-France Dupuis, directrice du service de la
représentation électorale, et de Julie St-Arnaud Drolet, coordonnatrice des
relations avec les médias, porte-parole et conseillère stratégique.
Avant de débuter, j'aimerais vous exposer
les règles qui guident la commission dans l'élaboration de la carte électorale
provinciale. La Loi électorale prévoit que le Québec est divisé en
125 circonscriptions électorales délimitées de façon à assurer le respect
du principe de la représentation effective des électeurs. Ce principe reconnu
par la Cour suprême du Canada en 1991 comprend deux critères, soit l'égalité
relative du nombre d'électeurs et le respect des communautés naturelles, tel
qu'énoncé respectivement aux articles 16 et 15 de la loi. Concrètement, la
commission veille à ce que chaque électeur du Québec soit représenté de façon
juste et équitable à l'Assemblée nationale. À cette fin, la loi prévoit que le
nombre d'électeurs, dans une circonscription, ne doit être ni supérieur ni
inférieur de plus de 25 % à la moyenne du nombre total d'électeurs par
circonscription au Québec. Cette moyenne s'établit à environ 51 000 électeurs
pour le présent exercice de délimitation.
La commission doit également prendre en
compte des mouvements de population qui ont eu lieu au Québec depuis la
dernière révision de la carte électorale. Des facteurs tels que le sentiment
d'appartenance des gens, l'organisation et la dynamique territoriale, les liens
socioéconomiques et la présence de communautés d'intérêts doivent être aussi
considérés.
• (9 h 50) •
Notre proposition de délimitation comporte
également des propositions de nouveaux noms pour certaines circonscriptions.
Les toponymes jouent un rôle de repère fiable dans la mémoire collective. C'est
pourquoi la commission s'est dotée des règles et qu'elle s'enquiert de la ville
auprès de la Commission de toponymie pour évaluer les noms qu'elle souhaite
attribuer aux circonscriptions. Ces règles prévoient notamment qu'une
circonscription conserve son nom si celui-ci demeure opportun et que la
juxtaposition de toponymes sera limitée à deux éléments si elle est jugée
inévitable. C'est donc après avoir réalisé un portrait des mouvements de
population et des réalités territoriales de chacune des régions, à la lumière
des critères prévus par la loi, que nous en sommes arrivés à notre proposition
de délimitation. Cette proposition corrige les inégalités de représentation
créées par la croissance démographique et les mouvements de la population qui
ont eu lieu au Québec depuis la dernière révision de la carte électorale.
Après le dépôt du premier rapport, la
commission a parcouru le Québec afin de recueillir les commentaires des
citoyens, citoyennes, organismes, élus locaux, élus régionaux et provinciaux. À
cet effet, elle a tenu 14 audiences publiques dans 12 villes du Québec.
Deux séances virtuelles ont également été offertes. Environ 600 personnes
ont participé à ces audiences et 190 intervenants ont pris la parole afin
de nous faire part de leur vision des réalités territoriales, démographiques et
économiques de la région. À ce jour, 148 documents portant sur la
proposition de délimitation ont été soumis à notre attention. Force est
d'admettre que la consultation publique a bien rempli son rôle et qu'elle a
enrichi notre connaissance des différentes dynamiques régionales du Québec. Le
second rapport sera produit à la suite des représentations des membres de la
Commission de l'Assemblée nationale qui débutent ce matin. Il tiendra compte
des commentaires et suggestions exprimés par les députés dans le cadre de cette
commission ainsi que de ceux qui ont été formulés lors des audiences publiques.
Permettez-moi maintenant de vous dire un
mot sur le second rapport et sur la suite des choses. Le second rapport de la
commission présentera une délimitation révisée des circonscriptions électorales
du Québec. Nous prévoyons qu'il sera déposé à l'Assemblée nationale au mois de
septembre 2024. En vertu de la loi, ce second rapport fera l'objet d'un débat
de cinq heures dans les cinq jours suivant son dépôt à l'Assemblée nationale.
Par la suite, la Commission de la représentation électorale établira
définitivement la délimitation des circonscriptions électorales et leurs noms
dans un délai maximal de 10 jours suivant le débat. Cette décision sera
publiée à la Gazette officielle du Québec. La nouvelle carte électorale
entrera en vigueur au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale. Notez
qu'il est toujours possible de nous transmettre des commentaires sur le site
carteelectorale.quebec, et ce, jusqu'à la décision finale.
Maintenant, laissez-nous le soin de vous
présenter la proposition de délimitation des circonscriptions pour l'ensemble
du Québec, telle que décrite dans le rapport préliminaire. D'abord, il est
important de mentionner que neuf années ont passé depuis l'établissement de la
carte électorale actuelle. La tendance de l'évolution démographique du Québec
s'est poursuivie au cours des dernières années. La répartition de la population
a évolué <et cette réalité...
M. Blanchet
(Jean-François) :
...actuelle. La
tendance de l'évolution démographique du Québec s'est poursuivie au cours des
dernières années. La répartition de la population a évolué >et cette
réalité a entraîné des répercussions directes sur la qualité de la
représentation des électeurs. Ainsi, six circonscriptions se trouvent
actuellement en situation d'exception positive, tandis que 10 autres
pourraient franchir le seuil maximal du nombre d'électeurs permis à courte ou
moyenne échéance. On répertorie également huit circonscriptions en situation
d'exception négative dans les régions éloignées et une circonscription en voie
de le devenir.
Les changements que nous proposons
modifient 55 des 125 circonscriptions électorales comprises dans neuf
régions du Québec. Quatre régions électorales font l'objet de modifications
plus importantes, soit celles des Laurentides-Lanaudière, de l'Estrie—Centre-du-Québec,
de l'île de Montréal et du Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine. Les
changements que nous proposons pour ces régions offrent un meilleur équilibre
numérique entre les circonscriptions. Ils dégagent notamment une marge de
manœuvre suffisante pour accueillir la croissance anticipée dans certaines
circonscriptions. Enfin, ils établissent un nombre de circonscriptions qui
reflète davantage le poids électoral de ces quatre régions dans l'ensemble du
Québec.
Mes collègues commissaires vous feront un
résumé de la délimitation des circonscriptions proposées dans le rapport préliminaire.
J'invite d'abord M. Bouchard à en faire la première partie.
M. Bouchard (Kevin) : Merci,
M. Blanchet. Bonjour, tout le monde. Je vais essayer de vous faire un petit
sommaire, là, des changements dans quelques-unes des régions, en commençant par
Laurentides-Lanaudière, où nous proposons l'ajout d'une nouvelle
circonscription. Il y a eu une augmentation considérable du nombre d'électeurs
depuis la dernière révision de la carte électorale. C'est la région du Québec
qui a le taux de croissance le plus élevé. On a un taux qui est nettement
supérieur à celui de la province et on évalue qu'il y a à peu près 95 000 nouveaux
électeurs qui se sont ajoutés dans la région Laurentides-Lanaudière, et ça a
pour conséquence qu'en ce moment la région est la plus sous-représentée au
Québec.
Si on regarde les circonscriptions de la
région, on voit que, déjà, dans les circonscriptions de Mirabel et de
Saint-Jérôme, on dépasse le seuil maximal qui est prévu par la loi, plus que
25 % par rapport au quotient. De plus, il y a quelques circonscriptions
qui sont à surveiller, qui devraient franchir le seuil bientôt, comme Berthier.
C'est aussi le cas de Blainville et de Terrebonne, là, qui commencent à
s'approcher du seuil au cours des prochaines années. Donc, les modifications
qu'on propose visent à corriger les situations d'exception positive, on appelle
ça, l'exception positive, là, quand on dépasse 25 % par rapport à la
moyenne, dans les circonscriptions de Mirabel, de Saint-Jérôme, et d'améliorer
l'équilibre numérique des circonscriptions dans la région, notamment Berthier,
Blainville, Terrebonne.
La nouvelle circonscription qu'on propose
d'ajouter est nommée Bellefeuille. Elle est introduite dans la zone de
croissance des circonscriptions de Mirabel et de Saint-Jérôme et elle est
formée des territoires des circonscriptions de Mirabel, Saint-Jérôme et
Argenteuil. Dans la région, il y a 12 des 17 circonscriptions qui sont
modifiées par rapport aux circonscriptions actuelles.
Si on se déplace vers la région de l'Estrie—Centre-du-Québec,
c'est aussi une région qui a connu une croissance importante de sa population
électorale. On est dans un taux de croissance de 8,8 % depuis la dernière
révision de la carte, c'est environ 50 000 électeurs qui se sont
ajoutés depuis la dernière révision de la carte. C'est aussi un des taux les
plus élevés du Québec. En ce moment, le poids électoral de la région, il
s'approche de 12 circonscriptions, il est à 12,01, en fait, il est déjà
rendu, pour... avant la révision, on était à 11,56. Donc, le nombre de
circonscriptions dans la région, en ce moment qui est à 11, est inférieur à son
poids électoral, là, qui est... qui a déjà atteint 12 et qui devrait continuer
d'évoluer.
Selon les critères qui sont prévus dans la
loi électorale, l'Estrie—Centre du Québec compte déjà deux circonscriptions qui
sont en situation d'exception positive, cette fois-ci, Brome-Missisquoi et
Richmond, alors que les circonscriptions de Johnson et d'Arthabaska, elles,
affichent des écarts par la moyenne, qui sont assez préoccupants, assez élevés.
Notre proposition de délimitation modifie neuf des 11 circonscriptions
actuelles. On introduit une 12e circonscription dans la région afin que le
nombre de circonscriptions soit plus représentatif de son poids électoral dans
la province. Nous proposons que cette circonscription porte le nom de Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie.
La nouvelle circonscription est créée dans le secteur de Drummondville. Elle
est formée par les territoires des circonscriptions actuelles de Johnson et de Drummond—Bois-Francs.
La circonscription Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie consolide le territoire de
l'ancienne municipalité de Saint-Nicéphore, de la ville de Drummondville, et
considère la barrière naturelle que constitue <la rivière
Saint-François...
M. Bouchard (Kevin) :
...consolide
le territoire de l'ancienne municipalité de RSaint-Nicéphore, de la ville de
Drummondville, et considère la barrière naturelle que constitue >la
rivière Saint-François.
Maintenant, on passe à l'île de Montréal.
Dans la région de l'île de Montréal, la population électorale, elle, a diminué
de 0,4 % depuis 2014. On aurait perdu environ 5 000 électeurs
depuis la dernière révision de la carte. Pendant cette période, l'ensemble du
Québec, lui, a vu sa population... son nombre d'électeurs augmenter d'à peu
près 4,8 %. Donc, le poids électoral de la région, en ce moment, s'établit
à 25,7, alors que son... le nombre de circonscriptions, actuellement, sur l'île
de Montréal, s'élève à 27. La région est donc surreprésentée dans... en ce
moment.
Depuis l'établissement de la dernière
carte électorale, il y a 18 des 27 circonscriptions de la région qui ont
vu leur nombre d'électeurs diminuer. De plus, il y a 19 circonscriptions
qui ont une population électorale qui est inférieure à la moyenne du nombre
d'électeurs au Québec. Les moins populeuses d'entre elles sont Viau, Hochelaga-Maisonneuve,
Pointe-aux-Trembles, Sainte-Marie—Saint-Jacques, d'Anjou—Louis-Riel, Gouin, LaFontaine,
Mercier, Laurier-Dorion. Et toutes ces circonscriptions sont situées dans la
partie est de l'île.
Les changements que nous proposons
modifient successivement les circonscriptions de Viau, de Laurier-Dorion, de
Gouin, de Rosemont, d'Anjou—Louis-Riel, de Camille-Laurin,
d'Hochelaga-Maisonneuve et de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Et, ensemble, ces
modifications mènent au retrait d'une circonscription et établissent un nombre
de circonscriptions qui correspond davantage au poids électoral de la région.
Ma collègue la commissaire Édith Gravel va
poursuivre le résumé des modifications qui sont proposées dans les autres
régions.
• (10 heures) •
Mme Gravel (Édith) : Merci,
M. Bouchard. Donc, je vais vous parler de la région Bas-Saint-Laurent—Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine.
Depuis la dernière révision de la carte électorale, donc de 2017, la région
Bas-Saint-Laurent—Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine a connu une augmentation de sa
population électorale de 0,6 %, comparativement à 4,8 %, la
population au Québec. Soulignons que dans les... dans la région, il y a trois
circonscriptions qui sont actuellement en situation d'exception négative, soit
celle de Bonaventure, à moins 29,2 %; Gaspé, à moins 40,6 %; et les Îles-de-la-Madeleine,
à moins 78 %. Cette dernière circonscription, toutefois, bénéficie d'un
statut d'exception qui est campé dans la Loi électorale et pour laquelle la commission
ne détient aucun pouvoir quant à la délimitation.
Les trois circonscriptions situées à l'est
du territoire de la région sont donc en décroissance, Gaspé, avec un
pourcentage de moins 1,5 %; Matane-Matapédia, à moins 1,3 %; et
Bonaventure, moins 3 %, tandis que les trois autres circonscriptions qui
sont davantage situées à l'ouest de la région affichent des croissances
positives, mais qui sont, somme toute, inférieures à celles de la province, Rivière-du-Loup—Témiscouata
est à 1,7 %; Rimouski, 2,7 %; et Îles-de-la-Madeleine, 3,8 %.
Par conséquent, le poids électoral de la région est passé de 4,55 circonscriptions
en novembre 2024, au moment de la production de la dernière carte électorale, à
4,37 circonscriptions en... en avril 2023, pardon, alors que la région
compte six circonscriptions. Selon les projections démographiques de l'Institut
de la statistique du Québec, cette tendance est appelée à se poursuivre au
cours des prochaines années.
Notre proposition des limitations, telle
que présentée dans le rapport préliminaire, comporte donc le retrait d'une
circonscription et des changements ou modifications de quatre des six
circonscriptions. Plus en détail, d'abord, la circonscription de Bonaventure
est agrandie vers le nord-est pour y inclure l'ensemble des territoires des MRC
Rocher-Percé et Côte-de-Gaspé. Nous proposons de renommer cette circonscription
Gaspé-Bonaventure. Le second changement proposé incorpore la... à la
circonscription de Matane-Matapédia les municipalités de la MRC de La
Haute-Gaspésie qui font actuellement partie de la circonscription de Gaspé.
Notre proposition prévoit également le transfert de certaines municipalités de
la circonscription de Matane-Matapédia vers celle de Rimouski, dont les
municipalités de Sainte-Luce, Saint-Donat, Saint-Gabriel, Les Hauteurs,
Saint-Charles-Garnier et une portion d'un territoire non organisé. La nouvelle
limite établie entre ces deux circonscriptions correspond à celle de la région
touristique de la Gaspésie, dont la porte d'entrée se trouve à Sainte-Flavie.
Lors de l'élaboration de notre
proposition, nous avons tenté au mieux de respecter le sentiment d'appartenance
des citoyens ainsi que les limites administratives du territoire. Il y a
également d'autres régions qui sont touchées par les changements proposés par
le rapport préliminaire. Dans cinq autres régions du Québec, nous proposons
d'ajuster les limites de 14 circonscriptions. Ces circonscriptions font
partie des régions de la Montérégie, comme mon collègue... En fait, non, je
vous précise qu'il y a plus de 65 000 électeurs qui se sont déplacés
vers cette région-là. Donc, la proposition vise à diminuer les seuils pour les
circonscriptions de Vaudreuil-Soulanges, Saint-Jean, Verchères et Borduas...
10 h (version révisée)
Mme Gravel (Édith) : ...comme
mon collègue... en fait, non, je vous précise qu'il y a plus de 65 000 électeurs
qui se sont déplacés vers cette région-là.
Donc, la proposition vise à diminuer les
seuils pour les circonscriptions de Vaudreuil-Soulanges, Saint-Jean, Verchères
et Borduas. Pour la région de l'Outaouais, nous avons effectué certaines
modifications pour diminuer le nombre d'électeurs dans les circonscriptions de
Gatineau et Papineau. Laval, c'était davantage pour la circonscription de
Chomedey. Et les changements apportés dans la capitale... la région de la Capitale-Nationale
concernent les circonscriptions de La Peltrie et Vanier-Les Rivières.
Finalement, on a apporté des changements à la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui sont, en fait, des modifications mineures, là, pour consolider un secteur à
même une circonscription. Précisons que la commission propose le maintien des
délimitations actuelles pour cinq régions électorales, soit l'Abitibi-Témiscamingue,
Chaudière-Appalaches, Mauricie, la Côte-Nord ainsi que le Nord-du-Québec.
Finalement, la commission justifie un
statut d'exception négative pour cinq circonscriptions, jugeant que les
solutions qui permettraient de rétablir leur situation quant au nombre d'électeurs
ne favoriseraient pas le respect des communautés naturelles en place. Ces
circonscriptions sont celles d'Abitibi-Est, Abitibi-Ouest, Duplessis,
René-Lévesque et Ungava. La commission avait d'ailleurs reconnu un statut
particulier à ces circonscriptions lors de la dernière réforme de la carte
électorale, à l'exception de celle de Duplessis.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci, Mme Gravel et M.
Bouchard. En conclusion, rappelons que les changements proposés à la carte
électorale reflètent l'évolution démographique du Québec. En traduisant le
mouvement des populations sur le territoire québécois, notre proposition permet
d'établir une délimitation respectueuse de l'égalité du vote des électeurs et
des communautés naturelles présentes sur le territoire. Notre proposition
implique des changements importants dans certaines régions du Québec. Nous
sommes conscients qu'elle suscite diverses réactions et réflexions. Cependant,
nous estimons que les modifications proposées sont nécessaires afin d'assurer
une représentation juste et équitable à l'ensemble des électrices et des
électeurs du Québec.
Le moment est venu d'entendre vos
commentaires et vos suggestions sur cette proposition. Ils viendront s'ajouter
à toute l'information recueillie depuis le dépôt du rapport préliminaire en
septembre 2023 et constitueront un intrant important à la production du second
rapport. Mme la Présidente, Mmes et MM. les députés, je vous remercie de votre
attention.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Bien, merci beaucoup, messieurs dames les commissaires, pour votre exposé.
Nous allons poursuivre maintenant avec les remarques préliminaires. M. le
ministre responsable des Institutions démocratiques, vous disposez de 10 minutes.
La parole est à vous.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Alors, évidemment, je veux saluer M. Blanchet, Mme Gravel, M.
Bouchard, les collègues députés de toutes les formations politiques qui sont
représentées ici. Content de vous voir, de vous retrouver ici. La dernière fois
que j'ai siégé en commission parlementaire, c'était lors de l'adoption de l'abolition
du serment au roi, et je pense qu'on était tous fiers d'avoir apporté ce
changement-là.
Maintenant, ce matin, on commence quelque
chose d'important, puis, à titre de ministre responsable des Institutions
démocratiques, c'est un plaisir, pour moi, de participer aujourd'hui à l'étude
du rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale, qui a
été déposé le 19 septembre dernier. Le processus de révision de la carte
électorale constitue un des fondements de notre système électoral. Donc, c'est
un exercice qui est non partisan, c'est important de le rappeler, et qui est
encadré par la Loi électorale. Depuis 1979, le processus est confié, donc, à la
Commission de la représentation électorale, qui doit réaliser son mandat en
toute indépendance.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, j'aimerais
prendre un moment pour souligner la complexité puis l'ampleur du travail qui
est confié aux membres de la commission. La refonte de la carte électorale est
un exercice extrêmement délicat, qui exige une grande connaissance du Québec
tant sur les plans géographique, démographique et sociologique. C'est un
travail qui demande de faire des arbitrages. C'est aussi un travail qui demande
d'être à l'écoute, à l'écoute des préoccupations des citoyens, des citoyens
qui, eux, sont concernés, évidemment, par les changements proposés qui
concernent leur région.
Comme nous le savons tous, le rapport
préliminaire de la commission a soulevé de vives réactions, et je pense que c'est
normal. C'est probablement le cas à chaque... à chaque fois. Je crois qu'il est
important de mentionner que les membres de la commission ont démontré une très
importante volonté d'entendre les citoyens lors des audiences publiques qui se
sont tenues l'automne dernier. Je veux les remercier pour ça.
Je veux rappeler, par exemple, qu'ils ont
accepté d'ajouter une audience dans la circonscription de Bonaventure, en
Gaspésie, à un horaire qui était déjà très chargé, pour s'assurer d'entendre
tous ceux qui voulaient s'exprimer, puis, encore une fois, je les <remercie
pour cette sensibilité-là...
M. Roberge :
...s'assurer
d'entendre tous ceux qui voulaient s'exprimer, puis, encore une fois, je les >remercie
pour cette sensibilité-là et cette flexibilité d'ajouter quelque chose qui
n'était pas prévu originellement pour s'assurer que tout le monde soit bien
entendu, soit bien compris.
Que nous soyons d'accord ou non avec les
changements envisagés, à ce stade-ci du processus, je crois que nous pouvons
tous nous entendre sur le fait que la délimitation des circonscriptions
électorales n'est pas une tâche facile, et, évidemment, quoi qu'il advienne, à
la fin, il y aura des critiques. Je tenais donc à prendre un instant pour remercier
chacun des membres de la commission.
Permettez-moi de rappeler maintenant les
différentes étapes qui nous ont menés jusqu'ici ce matin. La Loi électorale
prévoit que le processus de délimitation doit débuter après la deuxième
élection générale qui suit la dernière délimitation. Le deuxième... la deuxième
élection générale étant celle du 3 octobre 2022, la Commission de la
représentation électorale a donc entamé son travail qui a mené, le
19 septembre dernier, au dépôt de son rapport préliminaire.
Dans ce rapport, la commission propose de
modifier la délimitation de 55 circonscriptions — ce qui est
quand même considérable — sur 125. Deux régions, l'île de Montréal et
le Bas-Saint-Laurent—Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, se verraient,
respectivement, retirer une circonscription, tandis que les régions de
l'Estrie, Centre-du-Québec et Laurentides-Lanaudière se verraient ajouter une
circonscription chacune, si d'aventure la proposition initiale était maintenue.
En octobre et novembre derniers, la
commission a eu l'occasion, donc, d'aller à la rencontre des citoyens. Comme je
l'ai mentionné tout à l'heure, c'est prévu par la loi. Elle a donc tenu
14 audiences publiques dans plusieurs régions du Québec, deux audiences
publiques virtuelles aussi, ce qui est maintenant possible, et je pense que
c'est apprécié par plusieurs citoyens. Ça a permis peut-être une plus grande
démocratisation encore du processus.
• (10 h 10) •
Donc, c'est une étape primordiale du
processus, et nous en commençons une autre aujourd'hui. Dans les régions
affectées par la perte d'une circonscription, évidemment, les personnes
entendues ont réclamé des changements. Certaines ont réclamé le statu quo. On a
rappelé, lors des audiences, que la région de l'île de Montréal s'est déjà vu
retirer une circonscription lors de la dernière révision de la carte.
Du côté de la région du Bas-Saint-Laurent—Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
des intervenants ont notamment mentionné que cette proposition, la proposition
actuelle, donnerait lieu à des circonscriptions de taille démesurée, ont-ils
dit, et que les régions méritent une juste représentation à l'Assemblée
nationale.
Tant du côté de Montréal que de la
Gaspésie, plusieurs intervenants ont reproché à la commission d'avoir adopté
une approche qui était peut-être trop mathématique, ont-ils dit, au détriment de
d'autres facteurs tels que les particularités régionales. Ceci dit, je le
répète, il y a plusieurs critères à considérer. C'est une tâche qui est
extrêmement difficile, et il faut se garder de porter un jugement sur le
travail des commissaires, mais plutôt nourrir la réflexion à ce moment-ci.
Sur ce point, j'aimerais rappeler que, si
la commission est entièrement indépendante, son travail demeure encadré par la
Loi électorale et les droits démocratiques garantis par la Charte canadienne
des droits et libertés. Ça signifie que, dans la délimitation des
circonscriptions électorales, la commission se doit de respecter le principe de
représentation effective. C'est un principe introduit en 1991 par la Cour
suprême dans l'arrêt Carter et ça a ensuite été intégré à la Loi électorale.
La représentation effective repose sur le
fait que le respect des droits démocratiques garantis par la charte implique
non seulement l'égalité relative du vote des électeurs, mais également le
respect des communautés naturelles. Aussi, afin d'assurer l'égalité relative du
vote, la loi prévoit que, sauf exception, une circonscription doit compter un
nombre d'électeurs compris dans un intervalle de plus ou moins 25 % de la
moyenne d'électeurs par circonscription. Pas facile, comme tâche, de conjuguer
tous ces critères, toutes ces contraintes.
Le critère des communautés naturelles vise,
quant à lui, à créer des entités géographiques cohérentes et à regrouper des
collectivités aux intérêts communs. Pour ce faire, la loi offre des éléments à
considérer, comme la densité de la population, son taux de croissance, la
superficie et la configuration de la région, les frontières naturelles du
milieu et les territoires des municipalités. Il va sans dire que la
conciliation de tous ces critères constitue un travail d'envergure.
La Loi électorale prévoit que la
commission peut établir des circonscriptions d'exception, c'est important de le
mentionner, c'est-à-dire des circonscriptions qui dérogent au principe du plus
ou moins 25 %, si elle estime que cette décision est nécessaire afin de
respecter le principe de représentation effective. Cependant, cette décision
doit être motivée par écrit pour chacune des circonscriptions visées, et ce, à
chaque redécoupage.
Dans son rapport préliminaire, la
commission propose d'accorder un tel statut à cinq circonscriptions en région
de leurs particularités et leur étendue. Il ne s'agit pas d'une décision qui
peut être prise à la légère puisque, pour chaque circonscription <d'exception,
la commission...
M. Roberge :
...il
ne s'agit pas d'une décision qui peut être prise à la légère puisque, pour
chaque circonscription >d'exception, la commission est contrainte de
reporter ailleurs les impacts de l'évolution démographique.
Compte tenu de l'ensemble des critères
avec lesquels la commission doit composer, plusieurs appels à modifier la Loi
électorale ont été lancés depuis le début du rapport préliminaire. C'est peu
surprenant. Je les ai entendus et je les comprends. Cependant, je suis
convaincu que nous devons, à ce stade-ci, aller au bout du processus actuel.
Depuis plusieurs années, les exercices de
révision de carte électorale posent des enjeux liés à la représentation des
électeurs alors que l'évolution démographique entraîne des enjeux en ce qui a
trait au poids politique des régions. Les citoyens des régions éloignées, dont
la proportion de population électorale diminue, souhaitent conserver leurs circonscriptions,
tandis que ceux des régions à forte densité de population réclament l'ajout de
circonscriptions.
Comme tous mes collègues, je suis, bien
sûr, sensible à ces réalités. Nous sommes tous préoccupés par la représentation
des régions et soucieux du poids de chaque vote. En tant qu'élus, il est de
notre devoir à tous, ici, autour de la commission et à l'Assemblée nationale,
de respecter le processus que nous avons voulu indépendant afin d'assurer son
impartialité et sa légitimité.
Aujourd'hui, les députés sont invités à
faire part de leurs préoccupations, et cette semaine aussi, ou commentaires sur
la proposition de délimitation qui nous a été soumise. Il s'agit d'une étape
importante de cet exercice qui est certainement complexe, mais essentiel. À
travers nos travaux, j'encourage tous ceux qui s'exprimeront à tenir compte de
l'ensemble des éléments et considérations ayant guidé les commissaires dans
leur travail, mais je sais, évidemment, qu'ils vont aussi évidemment être
l'écho de leur population, parce que souvenons-nous que, comme élus, nous
sommes redevables à notre population.
En terminant, je veux remercier les
membres de la commission et toutes les personnes qui se sont exprimées lors des
auditions ainsi que les députés qui vont participer à cet important exercice.
Merci, Mme la Présidente. Merci, chers collègues et commissaires.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci beaucoup, M. le ministre. Il vous restait 45 secondes. J'invite
maintenant M. le député de Nelligan et porte-parole de l'opposition officielle
à faire ses remarques préliminaires pour une durée de 10 minutes.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, chers collègues de la partie
gouvernementale, chers collègues de l'opposition. M. Blanchet, Mme Gravel, M.
Bouchard, bienvenue dans cet exercice extrêmement, extrêmement important pour
l'étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation
électorale.
Je vais aussi dans le même sens que M. le
ministre sur l'importance de cet exercice, qui est un exercice qu'on s'est
donné depuis plusieurs, plusieurs années, un exercice important de la refonte
de la carte électorale, qui est très bien encadré, effectivement, par la Loi
électorale, qui est un exercice non partisan, il faut le rappeler, non
partisan, et c'est un exercice aussi pour assurer une bonne représentation
effective des citoyens.
Je vais juste me permettre d'ouvrir une
petite parenthèse parce que ça a été dit, l'automne dernier, dans votre
document de consultation, et je vais me permettre de formuler un petit
commentaire. Vous avez dit, l'automne dernier, M. Blanchet, que, dans votre
document de consultation, Pour une nouvelle vision de la Loi électorale,
vous vous interrogez sur l'opportunité de conserver l'étape du processus que
nous amorçons aujourd'hui. Pour vous, les personnes élues peuvent participer
aux auditions publiques et formuler des commentaires par écrit. Ça a été un
point que vous avez formulé.
Permettez-moi de vous dire que je ne
partage pas, amicalement, ce constat. Vous avez le droit de voir ce processus
comme vous le souhaitez, mais permettez-moi de vous dire que j'ai eu une
extrême mobilisation à l'intérieur de notre caucus, et vous allez les voir, ils
vont tous venir exprimer avec ardeur les échanges qu'ils ont... les échanges
qu'ils ont eus avec plusieurs régions, et je pense que l'exercice est très
important.
Et, c'est vrai, ça n'enlève rien que vous
avez effectué une très bonne consultation. Vous avez écouté plusieurs régions,
vous étiez dans pas mal d'endroits, vous avez entendu pas mal de commentaires,
assisté à plusieurs rencontres, mais, je pense, du moment que nous sommes dans
le cadre d'une loi électorale, dans un processus bien réglementé... moi, je
pense que c'est toujours intéressant, avoir ce <genre de rencontre...
M. Derraji :
...dans
un processus bien réglementé... moi, je pense que c'est toujours intéressant,
avoir ce >genre de rencontre à l'intérieur du parlement. C'est un
exercice que, je tiens à le rappeler... qui n'est pas du tout partisan, et,
vous savez quoi, c'est très démocratique.
En tant que porte-parole des institutions
démocratiques, venir au parlement parler... Moi, je préfère venir parler. Ça
n'enlève rien aux assemblées de cuisine, ça n'enlève rien aux consultations à
l'extérieur du parlement, mais nous sommes dans un processus qui est quand même
très rigoureux, je pense, il est unique au monde, par rapport à la refonte de
la Loi électorale.
Et je vais me permettre, dans le même
sens... parce que je vais, si vous vous le permettez, partager notre réalité. Je
sais que, depuis tout à l'heure, on parle des électeurs, mais moi, je veux
aussi vous ramener à notre réalité de résidents, et je vous parlais d'une
réalité de Nelligan, Nelligan qui est le comté que je représente fièrement à
l'Assemblée nationale, qui inclut trois villes magnifiques, Kirkland... je peux
dire que ce sont les meilleures villes, en tout respect de tous mes collègues
autour de la table, les meilleures villes au Québec, Kirkland, L'Île-Bizard et
Pierrefonds-Ouest, et je comprends la réalité des électeurs, et vous l'avez
très bien mentionné, que la population de Montréal a baissé de 0,4 % ou
0,6 %, ce qui justifie un peu enlever un autre comté à Montréal, sachant
que, lors de la dernière réforme, il y avait un autre comté qui a été enlevé.
• (10 h 20) •
Mais laissez-moi vous partager une autre réalité,
une réalité que je n'ai jamais vue, je n'ai pas 10, 15 ans au parlement, j'ai cinq,
six ans, et une réalité où j'ai des gens... Premièrement, je ne demande pas
s'ils sont électeurs ou pas. Je ne peux pas... quelqu'un qui tape ma porte, a un
problème avec Hydro-Québec : Attention, vous êtes électeurs ou pas, vous
avez le droit de vote ou pas? Je ne peux pas, je ne peux pas faire ça, mais
j'ai beaucoup de... des citoyens non résidents, des travailleurs temporaires
étrangers qui contribuent à l'économie québécoise. Et j'en suis sûr et certain,
j'ai rencontré le collègue à Drummondville, avec une magnifique communauté
entrepreneuriale, c'est des gens, c'est des travailleurs temporaires étrangers,
et je peux vous assurer qu'ils leur offrent un excellent service, mais, s'il
n'y avait pas un député qui a ouvert la porte à ces travailleurs, CGI, qui est une
compagnie québécoise, n'aurait pas ces travailleurs.
Donc, le bureau de député... la réalité a
beaucoup changé. Je prends des régions agricoles où j'ai beaucoup de
travailleurs saisonniers qui viennent, et vous avez vu ce que la CNESST a fait
en termes de promouvoir le droit de travail à ces gens, bien, c'est des élus
qui ont pris l'initiative de sensibiliser nos organisations publiques. Donc, je
comprends la logique de citoyens électeurs, mais, s'il vous plaît, gardez en
tête que, dans certains comtés, le travail d'un élu, il n'a pas un filtre à la
porte, de dire : Êtes-vous citoyen, vous avez le droit, vous n'êtes pas
citoyen, je n'offre pas de service. Ça, c'est une réalité, humblement, que je
vous partage, parce que demandeurs d'asile, problèmes de permis de travail... Quand
j'étais porte-parole en immigration, vous avez vu ça dans les médias, même des
députés au niveau fédéral étaient obligés de demander des fonds supplémentaires
pour uniquement avoir quelqu'un qui répond à ces demandes.
Donc, gardons en tête que la notion «citoyen
électeur» sur laquelle on se base depuis plusieurs années est légitime, je
pense que c'était à la bonne place, mais là où nous sommes rendus aujourd'hui,
on parle de presque un demi-million de travailleurs temporaires, toutes
catégories confondues. Ce sont des enjeux réels qui touchent plusieurs aspects,
de l'emploi, au travail, problèmes avec la RAMQ, parce qu'il y a des gens qui
perdent leur statut, des employeurs que, vu le contexte économique, ils mettent
ces gens dehors. Ils se tournent vers un élu pour leur trouver des solutions. J'en
suis sûr et certain, c'est une situation qu'on va voir un peu partout au
Québec, pas uniquement Montréal. C'est faux de prétendre que c'est un enjeu
montréalais. Je l'ai entendu de la bouche de plusieurs collègues.
Donc, ça donne encore une fois... Je pense
que le processus que nous sommes en train de mener est extrêmement important,
parce qu'au-delà de la consultation populaire, que je vous salue d'avoir menée,
qui est extrêmement importante, tout au long de cette semaine, vous allez <entendre
des collègues...
M. Derraji :
...qui
est extrêmement importante, tout au long de cette semaine, vous allez >entendre
des collègues qui vont s'exprimer avec émotion, sans partisanerie, ce que... sur
ce que représente pour eux la refonte de la carte électorale. Ils vont parler
de la Montérégie, comme ils vont parler de l'Outaouais, comme ils vont parler
de Montréal-Est, comme ils vont parler de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine.
Alors, encore une fois, au-delà de
l'aspect mathématique, parce que je pense qu'on n'est pas en train de prendre
un ciseau, et dire le nombre d'électeurs, et on découpe, je pense qu'il y a une
réflexion que vous menez. Il y a le sentiment d'appartenance des gens, M. le
ministre l'a mentionné tout à l'heure, et la façon dont nos communautés sont
organisées. On ne peut pas se permettre de couper des villes ou dénaturer
certains... certains comtés, et ça, j'en suis sûr et certain, que vous avez
pris ça en considération.
J'ajouterai qu'il est... cet exercice, il
est tellement nécessaire parce que c'est l'humain qui forme les communautés en
premier lieu. On le voit, on le voit dans plusieurs municipalités, où, de plus
en plus, on voit des villes vivre des problèmes de présence et d'occupation du
territoire, et c'est là, le problème de l'éloignement, que des comtés sont
extrêmement difficiles à gérer, et on voit que même des députés sont obligés d'avoir
trois bureaux.
Donc, pour conclure, bien hâte à entendre
l'ensemble des intervenants. Je réitère que, probablement, le moment est venu
d'avoir un autre critère qu'uniquement la notion de l'électeur, parce que le
député, il est là pour répondre à n'importe quel citoyen et il n'a pas un
triage à l'intérieur de son bureau pour dire : Vous êtes citoyen ou vous
ne l'êtes pas, vous êtes un votant ou vous ne l'êtes pas. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci beaucoup, M. le député de Nelligan. J'invite maintenant M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole du deuxième groupe d'opposition à faire
ses remarques préliminaires pour une durée maximale de 10 minutes.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Ça va être un peu plus court que ça. Bonjour à vous trois. Merci
d'être là. Bien, moi, je réserverai, bien sûr, mes propos sur
Hochelaga-Maisonneuve le temps venu. Je pense que c'est demain. J'aurai des
choses à dire, bien sûr, sur l'est de Montréal aussi.
Sinon, je veux souligner à quel point je
pense qu'on est chanceux au Québec d'avoir un processus dans lequel nous...
avec lequel nous commençons aujourd'hui nos travaux. C'est un débat qui a eu
lieu il y a plusieurs années. Je me rappelle d'avoir vu un bouquin un peu sur
la genèse de cette réforme qui était sous le Parti québécois, si je ne me
trompe pas, dans les années 70, le premier mandat du Parti québécois, on
me corrigera si mes cours d'histoire ont... ne sont pas à niveau, là, mais où
on a sorti de cette logique-là où c'étaient les députés qui choisissaient les
circonscriptions, hein?
Puis je me rappelle, par contre, de mes
cours d'histoire où est-ce qu'on se souvenait de l'élection, du retour de
l'Union nationale, dans les années 60, après la Révolution tranquille...
en pleine Révolution tranquille. Malgré que les libéraux avaient obtenu plus de
votes, le découpage faisait en sorte que l'Union nationale revenait au pouvoir.
C'était en 1966, si je ne me trompe pas. C'était un moment marquant qui avait un
peu fait évoluer le débat au Québec sur cette question-là du découpage, est-ce
que ça doit être dans la main des élus.
Puis, même si, à chaque fois, ça génère
toutes sortes de réactions, moi, je me rappelle toujours que pas très loin,
juste au sud de la frontière, combien d'exemples on a de circonscriptions
complètement farfelues. Il y a des... il y a des images qui existent sur les
réseaux sociaux, sur Internet, qu'on peut facilement trouver. Il y a même un
nom à ce phénomène-là, qu'on appelle le «gerrymandering». Je pense que ça
venait d'un élu en quelque part aux États-Unis qui avait particulièrement été
inventif par son découpage, et, des fois, dans une même ville où est-ce qu'il y
a deux sièges, et on peut aussi aller chercher telle rue, tel quartier, woups! on
s'arrête à tel coin de rue parce que, là, l'autre bord, ça va être d'une
couleur plutôt que l'autre. Alors, c'est absurde, c'est absurde, cette espèce
de verrouillage-là et d'acoquinement, en quelque sorte, entre les deux
principaux partis là-bas, là, les républicains et les démocrates, où on
s'assure vraiment de verrouiller un siège pour que ça ne soit plus possible que
n'importe qui d'autre soit élu. La vraie élection, finalement, c'est
l'investiture du parti et non l'élection générale qui suit par la suite.
Donc, ce scénario-là qui est encore bien,
bien installé dans plusieurs États américains, nous, on n'en est plus là du
tout depuis des décennies maintenant, et c'est grâce au travail de gens comme
vous qui... qui décidez de prendre un peu de chaleur aussi, hein, quand ça...
quand ça débat, quand ça manifeste. Vous allez en recevoir aujourd'hui, demain
et après-demain, comme vous en avez déjà reçu, comme vous en recevrez
certainement d'autre une fois que votre nouvelle esquisse sera publique en <septembre,
si j'ai bien compris...
M. Leduc :
...en
recevrez certainement d'autre une fois que votre nouvelle esquisse sera
publique en >septembre, si j'ai bien compris.
Et c'est donc là mon dernier point, Mme la
Présidente. Moi, je veux saluer, dans le fond, le travail que vous faites. Je
veux saluer le sérieux dans lequel vous... que vous mettez à l'intérieur... Je
ne suis pas tout d'accord avec ce que vous avez proposé, comme je le disais
d'emblée, puis je vous en parlerai demain, quand ce sera mon tour de discuter
du fond, mais ça reste un processus que je chéris, un processus qui, je pense,
est, somme toute, bien rodé et qui nous donne des résultats intéressants.
Puis je termine en voulant souligner à
quel point je trouve belle votre ouverture à la discussion, votre ouverture
aussi à changer d'idée. Je me rappelle de... le précédent exercice. Comme
citoyen, je n'étais pas encore un député à l'époque, je m'étais un peu impliqué
dans toute cette saga-là alentour de la fusion éventuelle de Sainte-Marie—Saint-Jacques
et de Westmount—Saint-Louis, que, personnellement, je trouvais absurde pour
des... toutes sortes de raisons, socioéconomique, de classe sociale, évidentes.
Bien, vous aviez... bien, vous, votre institution, peut-être, plutôt que vous
personnellement... mais avait été à l'écoute de ça puis avait été ouverte à
entendre des arguments, et à éventuellement les prendre en compte, et changer
d'idée, puis ça, ça fait aussi partie de l'exercice démocratique auquel nous
nous prêtons aujourd'hui et dans les prochains jours, puis je tiens à le
saluer. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci beaucoup, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. J'invite maintenant
M. le député de Matane-Matapédia à faire ses remarques préliminaires pour une
durée maximale de 10 minutes.
• (10 h 30) •
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde, rappeler, d'entrée de jeu, une motion du
17 octobre 2023 demandant à la Commission de la représentation électorale
qu'elle révise ses recommandations de fusionner Gaspé et Bonaventure, motion
unanime de l'Assemblée nationale, qui engage les quatre formations politiques.
Je vous demande d'en tenir compte. Si vous avez tenu compte, comme institution,
de la mobilisation de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour maintenir
une circonscription à Montréal intégralement, je vous demande d'en faire autant
pour la Gaspésie. C'est la logique même.
Écoutez, ce n'est pas la première fois que
je participe à cet exercice. À l'origine, je représentais deux MRC. Si je suis
élu la prochaine fois, j'en représenterai quatre. C'est vraiment la
consécration de deux types de députés, et je suis content que la présidente de
l'Assemblée nationale soit là pour entendre ce message, deux types de députés,
il va falloir lever ce tabou, ceux qui font énormément de kilomètres, qui font
office d'à peu près de toutes les jobs, et ceux qui ont beaucoup moins de
kilomètres à faire. On aurait pu être audacieux. La population du Québec
augmente. On a de la place pour 129 sièges au salon bleu, ça a été dit.
Vous pouvez faire ce choix comme vous auriez pu faire le choix de couper une
circonscription ailleurs qu'en Gaspésie ou au Bas-Saint-Laurent. Vous avez
cette opportunité. Vous avez encore choisi l'est du Québec.
Je vous l'ai dit, je suis passé de
représenter La Matanie et La Haute-Gaspésie à représenter La Matanie, La
Matapédia, La Mitis, et là ce serait La Matanie, La Matapédia, La Mitis et La
Haute-Gaspésie sur deux régions administratives différentes, c'est assez
incroyable, deux CISSS, des directions régionales différentes. Même que, dans
la MRC de La Mitis, vous la coupez en deux. Je vous rappelle que les MRC, c'est
«municipalité régionale de comté» au singulier, pas au pluriel. Alors, les
municipalités de La Mitis devraient se tourner vers deux députés différents. Quant
à ça, laissez tout le monde ensemble si vous êtes pour faire ce choix-là.
Écoutez, corrigez les inégalités. Je ne
sais pas qui, dans les comtés qui ont plus de population, là, appelle pour dire
qu'ils sont victimes d'une injustice, mais moi, je peux vous identifier, après
17 ans de vie politique, qui va recevoir ces commentaires-là qu'on ne peut
pas être présents quand ça compte, qu'on met notre sécurité en jeu sur des
routes, qu'on met notre santé en jeu parce qu'on essaie d'être les meilleurs
députés possibles dans une région comme la nôtre. Ça va devenir intenable, y
compris pour moi, si ça se concrétise pour la prochaine fois. Évidemment, ce
n'est pas à propos de moi, c'est à propos du poids politique de notre région,
mais il me semble que de faire fi de la réalité de notre région envoie un très
mauvais message.
Même la toponymie ne réussit pas à vous
suivre. Vous avez consacré que c'est deux patronymes maximum,
Hochelaga-Maisonneuve, par exemple, mais là on en aurait quatre. Alors, ce
serait Matapédia-Matane. Qu'est-ce que vous faites de La Haute-Gaspésie?
Qu'est-ce que vous faites de La Mitis? Quant à ça, bien, augmentez le nombre de
patronymes. On ne peut pas avoir quatre entités importantes puis n'en nommer
que deux.
Il y aurait tellement à dire. Je prends
tout le temps que j'ai maintenant parce que je veux y revenir de la même façon
pour... pour ma région. Vous avez une mobilisation très importante d'à peu près
tous les élus de la région, qui ont besoin de leurs députés à Ottawa et à
Québec, et je rajoute à votre réflexion que, dans l'est du Québec, on perd
aussi un comté à la Chambre des communes. C'est en train de se faire présentement.
C'est consacré. Donc, imaginez le poids politique qu'on perd pour une région
comme la nôtre. La différence avec la dernière fois, parce qu'il a fallu
encaisser ce coup-là, c'est que, là, on a une motion de l'Assemblée nationale,
puis moi, j'ai confiance au président... Mme la présidente, c'est...
10 h 30 (version révisée)
M. Bérubé : ...encaisser ce
coup-là, c'est que là, on a une motion de l'Assemblée nationale, puis moi, j'ai
confiance au président, Mme la Présidente, de la Commission de la
représentation électorale, pour tenir compte de la motion unanime de l'Assemblée
nationale. Elle engage la Coalition avenir Québec, elle engage le Parti libéral
du Québec, elle engage Québec solidaire et elle engage le Parti québécois. Bien
sûr, le gouvernement pourrait faire adopter une loi pour changer les critères,
mais j'ai appris hier, dans une... sur le site d'une radio privée de la
Gaspésie, qu'il ne le fera pas, malgré la demande, je pense, ou, à tout le
moins, le souhait exprimé par le député de Gaspé. Il peut se réserver ce
droit-là pour plus tard. Si c'est le cas, je l'invite à y réfléchir. Mais, en
attendant, une motion unanime de l'Assemblée nationale, moi, je crois à ça, et
je crois bon de le rappeler, puis je vais le rappeler encore tout à l'heure, je
vais en faire la lecture intégrale.
Ça fait plusieurs années que je siège à l'Assemblée
nationale, je sais de quoi est faite la vie d'un député dans ma région. La
dernière fois que j'ai eu une personne pour m'assister à l'Assemblée nationale,
je partageais un bureau de circonscription avec l'actuel premier ministre. Pas
de circonscription, mais de l'Assemblée nationale. Après, on n'avait plus d'argent
pour avoir quelqu'un qui était à Québec. Donc, j'ai trois attachés politiques
qui sont dans trois bureaux différents dans ma circonscription. Je n'ai pas d'argent
pour avoir quelqu'un à Québec pour m'aider, ça fait que je suis autonome depuis
ce temps-là quand je suis à Québec. Alors, ils portent des noms, ces
personnes-là, ils font office, parfois, de députés même sans être élus :
Guillaume à Mont-Joli, Marc-Olivier à Amqui, puis Alexandra en Matanie. Ils
sont là à temps plein dans les bureaux. Si vous me rajoutez un quatrième
bureau, on n'a pas l'argent pour ça. Et j'espère que, dans votre rapport, vous
allez faire des recommandations à la présidence de l'Assemblée nationale pour
avoir plus de moyens, parce que comment on va trancher qui va avoir un bureau,
qui va avoir un conseiller politique? On n'est plus capables de le faire. Je
sais qu'il y a des députés qui ont la chance d'avoir un seul bureau. Je les
envie, parfois. Mais, moi, la réalité géographique fait en sorte que je ne suis
pas capable de désavantager une région, je suis fait comme ça, et mes
prédécesseurs étaient comme ça, et ceux qui vont me suivre vont certainement, à
tout le moins je le souhaite, être comme ça aussi. Ça n'a aucun sens. Une
région qui est dangereuse au plan... sur les routes, pas accès au cellulaire
dans bien des endroits, on est seuls sur la route, on veut être présents, nous
aussi, avec nos commettants le samedi soir puis dans les moments où ça compte,
mais on va être obligés de faire des choix. Pour la première fois de ma vie
comme député, si d'aventure je suis réélu, je vais devoir faire des choix. Et
ça, ça me fait énormément de peine. La Haute-Gaspésie, une des régions les plus
fabuleuses au Québec, qui a déjà fait partie de Gaspé-Nord, du comté de Matane
puis c'est revenu, qui se fait barouetter d'un bord et de l'autre depuis des
années, mérite plus de considération. Ce n'est pas un satellite de la Matanie,
c'est une région à part entière, et je plains fortement les intervenants de
cette région qui vont devoir accepter cette réalité-là. J'espère que non. J'espère
que vous allez changer d'idée.
Alors, quelques pistes en terminant. D'abord,
honorer une motion unanime de l'Assemblée nationale. Je vous trouverais bien
téméraires de ne pas en tenir compte, quoiqu'on l'a déjà fait dans d'autres
dossiers, mais j'attends aussi des résultats pour plus tard.
Ensuite, la population augmente. Est-ce qu'on
pourrait avoir davantage de sièges? Notre configuration le permet : quatre
sièges. D'ailleurs, on a déjà évoqué, dans le passé, par exemple, des sièges
qui pourraient être réservés, par exemple, pour le Nord-du-Québec, le comté d'Ungava,
par exemple, hein, de le... Je pense qu'on coupait la Jamésie puis le nord
était un comté qui était consacré. Il y a d'autres exceptions, aussi, dans d'autres
régions du Québec, vous les avez évoquées tout à l'heure. Pourquoi, encore une
fois, l'Est du Québec? Pour plusieurs que j'ai rencontrés, ça ressemble un peu
à de l'acharnement.
Puis, en terminant, bien, écoutez, je vais
être présent à chacune des tribunes où ça va être important de le faire. Je
porte des revendications bien affirmées des élus municipaux, de la population,
des intervenants pour qui leur député, quel qu'il soit, c'était très important
d'y avoir accès. Les lundis et les vendredis et les fins de semaine ne
suffiront plus pour couvrir ce grand territoire. Donc, je vous demande de faire
preuve de créativité. Et je demande aux formations politiques autour de la
table, qui ont adopté cette motion, d'en faire la promotion aussi, parce que
moi, je l'évoque, là, mais personne ne l'a évoquée encore. J'aimerais ça que la
CAQ, le Parti libéral puis Québec solidaire disent : Oui, oui, on était de
cette motion qui demandait unanimement de préserver le poids et de maintenir
les comtés de la Gaspésie, avec Gaspé et Bonaventure, de façon distincte. J'aimerais
ça que ça soit exprimé ici, pas seulement par les députés dans leur région,
quand on est loin de Québec.
Alors, voici le souhait que je nourris. Ce
n'est pas à propos des députés qui sont autour de la table, bien qu'ils
doivent... puis c'est assez particulier, ils doivent plaider une situation dans
laquelle on est. J'avoue que j'ai un peu un malaise là-dessus, mais la loi est
ainsi faite. Mais il n'est pas trop tard pour changer d'idée. Vous l'avez fait
pour Sainte-Marie—Saint-Jacques. Si vous l'avez fait pour Sainte-Marie—Saint-Jacques,
je pense que la Gaspésie vaut bien ça aussi. Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci, M. le député de Matane-Matapédia. Nous allons maintenant député...
débuter, pardon, la période d'échange avec la Commission de la représentation <électorale...
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
...
de
Matane-Matapédia. Nous allons maintenant député...
débuter, pardon, la période d'échange avec la Commission de la représentation >électorale.
Les premières interventions proviendront des députés de la région de l'Estrie,
et je cède la parole à Mme la députée de Sherbrooke pour des échanges d'une
durée maximale de 20 minutes.
Mme Labrie : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je suis très heureuse de venir prendre la parole ici.
C'est... c'est rare qu'on s'adresse comme citoyen, comme... à un groupe qui va
prendre des décisions. D'habitude, on est dans l'autre rôle. Donc, merci de
nous offrir cette opportunité-là. Je vais parler plus spécifiquement pour la
région de l'Estrie, mais je vais quand même me permettre quelques commentaires,
là, en lien avec l'intervention de mon collègue de Matane-Matapédia.
D'abord, je veux saluer la volonté de la
commission de préserver les limites actuelles de la circonscription de
Sherbrooke. C'est une... c'est un territoire qui est cohérent en lui-même, qui
correspond à l'arrondissement des Nations dans la ville de Sherbrooke. Donc,
c'est facile pour les électeurs de s'y retrouver. Je pense que c'est sain de la
conserver. Je veux vous dire aussi que je vois beaucoup de cohérence dans la
décision qui est prise, là, de rattacher les citoyens de Bromptonville, qui
sont actuellement dans la... dans la circonscription de Saint-François,
pardon... à Richmond, c'est bien ça, parce que ça va les ramener avec
l'arrondissement dont ils font partie à l'échelle municipale, donc c'est plus
cohérent aussi. Puis c'est important de respecter ça. Même chose aussi, grande
cohérence dans le choix qui est fait, dans le secteur de Brome-Missisquoi à Granby,
de rattacher Saint-Alphonse-de-Granby à Granby pour réduire le nombre
d'électeurs dans la circonscription de Brome-Missisquoi qui était... où il y
avait un écart positif.
• (10 h 40) •
Maintenant, moi, j'ai des réserves
importantes quand même sur ce que vous nous proposez pour Richmond. Il y a des
changements importants que vous faites dans cette circonscription-là, puis
c'est évident qu'il y a un écart positif trop important dans Richmond qui
nécessite des changements, ça, je le reconnais d'emblée, mais moi, je vous...
j'aimerais comprendre, en fait, pourquoi vous ne respectez pas le critère des
communautés naturelles dont vous avez parlé tout à l'heure, là, dans votre
présentation, pour ça. Parce que le choix que vous faites avec la... avec le
scénario qui est proposé, en fait, c'est d'envoyer les citoyens qui sont des
Estriens, dans une circonscription qui va être dans le Centre-du-Québec. Ce
n'est pas la même région administrative, ce n'est pas la communauté naturelle
de ces personnes-là. Le rattachement, le sentiment d'appartenance, il est à
l'Estrie, pour ces communautés-là, les médias régionaux qui couvrent ce
territoire-là, on parle de la MRC du Val-Saint-François, ce sont les médias de
l'Estrie qui sont basés à Sherbrooke. Donc, ces gens-là, ils ont un sentiment
d'appartenance plus fort à l'Estrie. Donc, moi, j'aimerais ça entendre, de
votre part, pourquoi vous avez jugé pertinent de les transférer dans une
circonscription qui est rattachée au Centre-du-Québec.
Mme Gravel (Édith) : ... Val-des-Sources?
Mme Labrie : Oui...
Mme Gravel (Édith) : La MRC
des Sources plutôt que Val-Saint-François?
Mme Labrie : ...oui, la MRC
des Sources, oui, pardon. Oui. Donc, j'aimerais vous entendre.
Mme Gravel (Édith) : Oui,
c'était juste pour bien me situer. Alors, en fait, c'est vrai que les MRC sont
des communautés naturelles. J'en suis moi-même, comme vous l'avez vu en
introduction. Cependant, là, les populations ne sont pas nécessairement
regroupées dans des blocs homogènes en fonction des limites administratives des
MRC. Donc, on est là, vraiment, pour essayer de voir, là, en termes de
découpage avec, oui, le respect de la représentation effective, le volet
critère numérique, mais aussi communauté naturelle. On a bien entendu la
mobilisation, là, lors de l'audience publique. Donc, on est à voir peut-être
comment, là, ces commentaires-là pourront être perçus, là, dans le cadre du
second rapport.
Mais c'est ça, c'est que comme Richmond,
vous l'avez bien mentionné, était déjà en situation d'exception au début des
analyses de la commission, il faut regarder, dans le fond, les régions un
peu... On les regarde, oui, par région, mais on les regarde aussi dans leur
entièreté, là, pour voir qu'est-ce qui se passe comme dynamique autour et
comment on peut essayer, justement, d'avoir un découpage qui est cohérent en
terme territorial. Ce n'est pas le seul cas, il y a quand même plusieurs
territoires de MRC, environ 44, là, qui sont départagés entre quelques circonscriptions.
Il y a aussi d'autres... d'autres territoires qui sont à cheval sur des régions
administratives, comme je disais, les populations ne se promènent pas en blocs homogènes
de 51 électeurs. Ça faciliterait beaucoup notre travail si c'était le cas,
mais malheureusement, ce n'est pas le cas. Alors, c'est ce qu'on propose dans
notre premier rapport. On a quand même bien entendu les <commentaires...
Mme Gravel (Édith)T :
...Alors, c'est ce qu'on propose dans notre premier rapport.
On a quand même bien entendu les >commentaires, là, sur l'identité
estrienne, là, de cette portion de territoire là, donc on poursuit... on
poursuit nos réflexions.
Mme Labrie : Exact. Bon. Puis
moi, je peux concevoir que ce n'est peut-être pas le seul endroit où il y
aurait un chevauchement sur deux régions administratives, mais je vous soumets
que ce n'est pas souhaitable. Vous devriez chercher à éviter des situations
comme celle-là. Puis là, en ce moment, avec ce que vous mettez sur la table,
vous allez créer une situation comme celle-là. Donc, moi, je vous invite à
chercher des scénarios alternatifs pour rééquilibrer un peu les choses, parce
que, oui, effectivement, il y a un écart positif très important dans Richmond,
ça, c'est important de le rééquilibrer. Je ne sais pas si vous avez réfléchi,
par exemple, à rattacher certaines municipalités à la circonscription d'Orford,
qui se trouve en Estrie, pour...
Mme Gravel (Édith) : ...de Val-Saint-François,
dans le fond? Ça serait une des solutions que vous proposez?
Mme Labrie : Est-ce que vous
l'avez envisagée?
Mme Gravel (Édith) : Ça fait
partie des scénarios, là, qui sont...
Une voix : On a entendu.
Mme Gravel (Édith) : Oui,
exact.
Mme Labrie : Vous l'avez
entendu. Parfait. En tout cas, moi, je vous... je vous invite à essayer de
préserver l'appartenance estrienne des citoyens sur ces territoires-là. Je
pense que c'est important à la fois pour les citoyens puis à la fois aussi pour
le travail des élus qui vont être en fonction.
J'aimerais ça aussi intervenir sur la
façon dont vous faites vos calculs, en tenant en compte seulement les électeurs
plutôt qu'à la population. Un collègue en a parlé tout à l'heure. Je dois dire
que je ne m'étais pas penchée là-dessus auparavant, puis quand je l'ai appris,
que vous comptiez ça comme ça, j'ai trouvé que ça ne faisait aucun sens. Ça
ne... ça n'a... ça n'a aucun sens par rapport au travail qu'on fait. Les gens
qui sont sur notre territoire, on les représente tous et toutes, peu importe
leur âge, peu importe leur statut. Moi, j'en ai rencontré, des jeunes, des
adolescents, dans mon bureau, qui venaient me consulter comme députée, puis ils
n'étaient pas électeurs, puis je les représente pareil, même s'ils n'ont pas
encore l'âge de voter. Puis c'est la même chose avec des gens qui n'ont pas le
statut d'électeur à cause de leur... de leur statut migratoire, par exemple. Ce
n'est pas... ce n'est pas normal, je trouve, de considérer que ces gens-là ne
font pas partie des citoyens qu'on représente, parce qu'on travaille pour eux,
ils sont présents en très grand nombre dans nos bureaux de circonscription.
Puis je vous dirais que c'est une proportion, même, très, très importante des
gens qui se présentent dans nos bureaux de circonscription, qui viennent pour
des dossiers d'immigration. C'est à peu près le tiers des dossiers qu'on fait
dans mon bureau, des gens qui ne sont pas des électeurs, là, qui viennent parce
qu'ils ont un problème. Quel que soit... des fois, c'est en lien avec
l'immigration, mais des fois, c'est avec la RAMQ, des fois, c'est avec toutes
sortes d'autres... Je veux dire, c'est important, ce n'est pas marginal dans le
travail qu'on fait. Donc, de déconsidérer l'existence de ces personnes-là puis
de ne pas tenir compte qu'elles existent quand vous faites le découpage du
territoire, ça vient créer des situations où on n'a pas... on n'est pas équipés
comme il faut pour répondre aux besoins de nos communautés.
Puis c'est vrai partout, parce qu'il y a
de l'immigration partout sur le territoire. Mais là, ce que vous êtes en train
de faire, notamment à Montréal, où il y a une proportion importante de
personnes immigrantes installées là actuellement, puis vous allez retirer une
circonscription. Ça vient augmenter le poids, là, sur les autres. Mais c'est un
problème partout ailleurs aussi. C'est un problème partout.
Donc, moi, je ne trouve pas ça normal que
vous... que vous... que vous utilisiez cette façon-là. Je vous inviterais, moi,
à refaire le travail, mais en comptant le nombre de personnes qui vivent sur le
territoire, pas juste le nombre d'électeurs. Puis, quand je dis «nombre de
personnes», j'insiste là-dessus parce que ce n'est pas juste le nombre de
personnes qui ont... qui ont 18 ans et plus, là. C'est... tous les êtres
humains qui vivent sur ces territoires-là sont représentés par leur député,
quel que soit leur statut. C'est ce qui serait le plus cohérent de considérer.
Je ne sais pas, est-ce que c'est une réflexion qui est déjà en cours de votre
côté ou...
M. Blanchet
(Jean-François) :L'article 16 de la Loi
électorale dit qu'on le fait à partir du nombre d'électeurs, donc... Et il y a
la moitié des territoires ou provinces au Canada qui marchent de cette façon,
donc le nombre d'électeurs qui sert de... pour le calcul lors de la limitation
des circonscriptions. Mais je comprends, j'entends ce que vous dites. On l'a
entendu, puis... parce que c'est peut-être de plus en plus vrai aussi avec
l'immigration des dernières années, ça va effectivement... Mais je pourrais
vous poser la question, aussi : Est-ce qu'on va... on va tenir compte des
touristes? Parce qu'on a entendu ça aussi lors de la tournée. Donc, les
touristes...
Une voix : ...
M. Blanchet (Jean-François) :Oui, c'est ça, les touristes qui arrivent en grand nombre
dans certaines circonscriptions à certaines époques de l'année. Donc, jusqu'où
qu'on va, là, par rapport à ça? Donc, mais je vous rappelle que présentement,
l'article 16 de la loi de la loi... de la Loi électorale parle du nombre
d'électeurs.
Mme Labrie : OK. Bien, je
comprends que vous nous appelez, comme législateurs, à intervenir là-dessus. Je
le retiens. Mais moi, je vous invite quand même, dans le champ d'action qui est
le vôtre en ce moment, au minimum à <l'avoir...
Mme Labrie :
...Je
le retiens. Mais moi, je vous invite quand même, dans le champ d'action qui est
le vôtre en ce moment, au minimum à >l'avoir en tête avant de décider
d'enlever des circonscriptions dans des territoires, parce que ça va créer une
surcharge de travail bien importante. Par rapport à ce que vous venez de me
dire, en lien avec le tourisme, moi, ça... ça fait plus que cinq ans que je
suis députée maintenant, je n'ai jamais vu un touriste qui s'est présenté dans
mon bureau de circonscription, là. Par contre, des personnes immigrantes, il ne
se passe pas une seule journée sans qu'il y en ait.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est parce qu'on nous a
dit que les touristes amenaient une certaine pression, quand même, sur les
services.
Mme Gravel (Édith) : ...surtout
les villégiateurs qui arrivaient...
Mme Labrie : Ah! bien, sur
les services dans le territoire, bien sûr, mais sur le travail qu'on fait comme
élus, ce n'est... ce n'est pas... ce n'est pas pertinent, là. Évidemment que ça
crée... ça crée un... dans certaines régions plus touristiques, ça crée un
afflux de visiteurs puis ça crée une pression sur le système de santé, services
sociaux et autres... autres ressources. Mais sur notre travail de député, avec
les ressources qui sont mises à notre disposition par l'Assemblée nationale
pour gérer notre bureau de circonscription, le tourisme n'a pas d'impact, alors
que la population immigrante, oui, de manière majeure.
• (10 h 50) •
Puis je vais utiliser mes dernières
minutes pour appuyer les propos de mon collègue de Matane-Matapédia en ce qui
concerne la Gaspésie, je pense qu'il a fait un excellent plaidoyer. Je ne répéterai
pas tout ce qu'il a dit, mais je veux nommer ici que j'adhère à ses propos. La
situation dans laquelle vous mettez des députés qui couvrent un territoire
aussi immense, regroupant des réalités aussi différentes, un aussi grand nombre
de municipalités et d'acteurs, ça rend ce travail-là presque inhumain, ou, en
tout cas, ça le déshumanise beaucoup, parce que ça vient complexifier le lien
qu'on est capables d'avoir avec les différents acteurs, avec les citoyens, la
présence qu'on est capables d'avoir sur ce territoire-là. Ça... ça rend...
ça... moi, je trouve que ça déshumanise ce travail-là. Je ne voudrais pas être
à sa place en ce moment, puis essayer d'imaginer représenter un territoire de
cette ampleur-là, presque ne jamais réussir à y être présent physiquement,
finalement, tellement le territoire est vaste. Parce qu'on passe quand même une
part considérable de notre travail ici, à Québec. Donc, il faut considérer le
temps qu'il nous reste pour couvrir notre territoire puis être présents
physiquement auprès des gens.
Moi, je vous invite à reculer sur ce
projet de fusionner les circonscriptions en Gaspésie. Puis, même si on a besoin
d'ajouter des circonscriptions ailleurs pour tenir compte de la croissance de
la population, bien il y a... il va y avoir de la place ici, à l'Assemblée
nationale, 129 sièges seront disponibles. Donc, moi, je vous inviterais à
plutôt considérer d'ajouter des sièges plutôt que de fusionner des
circonscriptions. Parce qu'il faut vous mettre un peu dans la peau des gens qui
doivent faire ce travail après, comme députés, puis aussi des citoyens. S'ils
n'ont jamais l'opportunité de le rencontrer, leur député, parce qu'il se trouve
que son territoire fait toute la péninsule gaspésienne puis qu'il va se mettre
les pieds une fois, peut-être, dans l'année dans sa municipalité, bien, ce
n'est pas la qualité de présence qu'on souhaiterait offrir aux citoyens. Donc,
ayez ça en tête aussi pour les gens qui ont le droit de rencontrer leur député
plus souvent que ça, puis d'avoir plus facilement accès, là, à la personne qui
les représente. Moi, ça fait le tour de mes interventions.
Une voix : Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Mme la députée, si vous le souhaitez, il vous reste 6 min 57 s
d'échange, c'est comme vous le souhaitez.
Mme Labrie : J'ai terminé.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Sherbrooke. Je vous remercie. Et je cède
maintenant la parole au député de Richmond pour la région de l'Estrie, pour des
échanges d'une durée maximale de 20 minutes.
M. Bachand : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je vais vous dire, a priori, ça fait un peu bizarre d'être
assis ici puis de faire un témoignage, parce que normalement, je suis assis
comme président de commission, alors je me sens nerveux. Alors, Mme la
Présidente, grand plaisir d'être ici, aux gens de la commission de la
représentation, content de vous revoir, et je tenais quand même à intervenir de
nouveau. Je ne vous lirai pas le mémoire que j'ai déposé lors de la séance à
Drummondville, mais je voudrais vous remercier pour le travail que vous faites.
Le ministre l'a dit, c'est un travail
extrêmement difficile. Vous appliquez une loi. Alors, donc, vous êtes entourés
par un cadre législatif pour votre travail. Alors, si c'est difficile pour
vous, c'est aussi difficile pour nous, parce qu'on doit aussi appliquer la même
loi. Et, dans le travail de réflexion qu'on fait, qu'on doit faire, il y a
une... il y a un danger, c'est l'effet domino. Alors, si on propose des choses
à la commission, il faut voir que... s'il y a un effet domino qui vient créer
peut-être d'autres problématiques ailleurs. Donc, pour le comté de Richmond, ce
qu'on a tenté de faire, c'est d'éviter l'effet domino. On a tenté. Alors... Et
donc, le scénario alternatif qu'on vous a proposé respecte les règles prévues à
la loi électorale en proposant une distribution des électeurs en adéquation
avec la limite d'écart de représentation constituant la première condition du
principe de représentation effective, d'appartenance à la communauté naturelle.
Les <inégalités...
M.
Bachand
:
...constituant la première condition du principe de représentation effective,
d'appartenance à la communauté naturelle. Les >inégalités de
représentation concernent certes le nombre d'électeurs et électrices par
circonscription, mais j'attire l'attention de la commission sur le fait de...
la valeur de l'électeur ne suffit pas à assurer une bonne représentation
politique, puisque la démocratie représentative concerne l'ensemble de la
population. La représentation politique dépasse aussi le moment de l'élection
et s'étend sur l'entièreté du mandat de député. L'accès au bureau de leur
représentante ou représentant, l'accès aux instances de participation publique,
la similarité des préoccupations de la population, la connaissance du
territoire, des institutions et du milieu — l'Estrie dans mon cas — sont
aussi tributaires de l'égalité de la représentation politique.
Donc, en résumé, je vous propose le
scénario que je vous ai proposé lors du mois de novembre, c'était d'annuler
deux transferts, faisant ainsi toute la différence en termes de respect des
critères propres à la démarche de la commission.
Pour la circonscription de Saint-François,
annuler le transfert vers la circonscription de Richmond de la partie de la
ville de Sherbrooke qui comprend l'arrondissement de Bromptonville,
5 400 électeurs et électrices, telle qu'elle existait avant le
5 novembre 2007 et maintenir la circonscription identique au découpage de
2011 et 2017. Je vais y revenir plus en détail tantôt.
Pour la circonscription de Richmond, ma
collègue de Sherbrooke en a parlé, annuler les transferts des municipalités de
la MRC des Sources, les villes de Danville, Val-des-Sources, les municipalités
de Ham-Sud, Saint-Adrien, Saint-Georges... Saint-Georges-de-Windsor et Wotton,
ainsi que le canton de Saint-Camille, 11 778 électeurs de la
circonscription de Richmond à celle de Drummond—Bois-Francs, et maintenir ces
municipalités au sein de la circonscription de Richmond.
L'autre élément important : ce scénario
maintient une initiative de la commission, et je l'ai... je l'ai dit, je le
répète : d'intégrer les municipalités de Valcourt, canton de Valcourt et
Maricourt et Racine, à la circonscription de Johnson, qui deviendra Daniel-Johnson
selon la nouvelle dénomination. Je vous l'ai dit, je vous le répète, bravo
d'avoir mis Daniel-Johnson et pas juste Johnson, et là, on est vraiment dans le
coeur de la circonscription, anciennement de Bagot. Alors, donc, bravo, pour
ça. C'est une initiative d'ailleurs enlignée à l'organisation actuelle du
territoire et aux préoccupations du milieu.
Donc, si je reviens sur l'arrondissement
Brompton-Rock Forest. C'est... L'arrondissement Brompton—Rock Forest—Saint-Élie—Deauville
n'est pas animé d'une vie politique ou communautaire propre, mais se divise
plutôt entre deux secteurs distincts, notamment en ce qui a trait à la réalité
quotidienne et au sentiment d'appartenance de la population qui y habite et qui
prend part à la vie active... à la vie politique, en témoignent les huit
mémoires d'espace déposés à la Commission de l'aménagement du territoire du
Québec à l'occasion de l'étude détaillée du projet de loi n° 205, Loi
concernant la Ville de Sherbrooke, sous promesse de réduire le nombre d'élus au
conseil municipal de Sherbrooke, l'administration du maire de l'époque a aboli,
en 2017, l'arrondissement de Brompton en l'intégrant en tant que district
électoral de l'arrondissement Rock Forest—Saint-Élie—Deauville. Comme la
réforme de gouvernance visait à réduire le nombre d'élus de la ville de
Sherbrooke, elle a maintenu, sur le plan administratif, des budgets dédiés aux
organismes et aux activités de l'arrondissement ainsi que les fonctionnaires de
la ville dédiés à ce secteur.
En commission parlementaire, l'ancien
maire réagissait aux oppositions à son projet de réforme de la gouvernance
municipale... de la communauté en expliquant que cette réforme était
strictement structurelle et que la communauté physique de l'arrondissement de
Bromptonville demeure et est desservie comme telle. La reconnaissance de la
communauté naturelle de l'arrondissement de Brompton et son absence du lien
sociohistorique avec Rock Forest—Saint-Élie—Deauville est partagée par les
acteurs politiques, administratifs et communautaires de la région. Et je nous
invite à rester à l'affût de ce qui se passe à la ville de Sherbrooke
concernant les arrondissements au cours des prochains mois.
Concernant la MRC des Sources. Comme vous
savez, la MRC des Sources est une MRC dévalorisée. Les liens sociohistoriques de
la MRC des Sources avec l'Estrie sont difficiles à ignorer. Ces municipalités,
dont Asbestos, maintenant Val-des-Sources, ayant largement contribué au
développement de la région avec lesquelles la population entretient un fort
sentiment d'appartenance. L'attachement de la population de la MRC des Sources
à la région de l'Estrie est à la fois tributaire de leur développement
historique et du réseau actuel d'institutions et de ressources que forme au
quotidien le rapport de proximité de l'interdépendance. Les acteurs du milieu
de la MRC des Sources ont d'ailleurs fait connaître leur opposition quant au
transfert de leur municipalité dans la circonscription de Drummond—Bois-Francs,
rattachée à la région administrative du Centre-du-Québec, avec laquelle ils
n'entretiennent pas de lien sociohistorique.
Peut-être, en terminant, un petit mot. Je
ne veux pas relire l'ensemble du mémoire, comme j'ai dit au début. La question
de la représentation politique, on en a parlé de différentes façons. Évidemment,
s'intéresser aux liens d'appartenances communautaires qui font la réalité
quotidienne de la population nous éloigne momentanément du calcul de la valeur
de l'électeur. Cette sage complexe, qui contribue aux manières dont les
citoyens comprennent leur communauté et leur région, sont toutefois importants
dans la réalisation de l'idéal démocratique de la représentation. Plus <concrètement...
M. Bachand : ...
leur
région sont toutefois importants dans la réalisation de l'idéal démocratique de
la représentation. Plus >concrètement, la qualité du travail de
représentation effectuée par un député dépend à la fois de sa connaissance et
de sa compréhension des réalités régionales, institutionnelles et
communautaires de la population qu'il représente. La population électorale fait
le choix de son représentant le jour de l'élection, mais ce dernier représente
aussi l'ensemble de la population durant tout son mandat.
J'aimerais juste terminer en vous disant
que j'apprécie le travail que vous faites. Et, dans ce que j'ai proposé, ce
qu'on a proposé, il y a un équilibre difficile. On le savait de toute façon,
que le comté de Richmond devait abaisser sa population, donc on a fait un
travail avec les gens du milieu pour arriver avec une solution... pas «une
solution», un scénario alternatif. Alors, on a très hâte de vous lire au mois
de septembre de cette année. Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci, M. le député de Richmond. Vous jouissez toujours 12 min 41 s
, si vous voulez poursuivre.
M. Bachand : Non, bien, ça
va. Déjà, j'ai eu la chance de rencontrer les commissaires au... le
6 novembre... au mois de novembre dernier, à Drummondville, mais je tenais
quand même à réitérer auprès de mes collègues la base de l'argumentaire que
nous avons proposé à la commission. Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Parfait. Alors, je vous remercie et je cède maintenant la parole à la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, toujours pour la région de l'Estrie, pour des
échanges d'une durée maximale de 20 minutes. La parole est à vous.
• (11 heures) •
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens tout d'abord à vous saluer, le secrétariat, qui vous
assiste et qui nous assiste dans nos travaux en commission. Je veux évidemment
saluer mon collègue, le leader parlementaire de l'opposition officielle et
député de Nelligan... pardon, qui est ici aujourd'hui en sa qualité, évidemment,
de porte-parole de l'opposition officielle en matière d'institutions
démocratiques et pour la Loi électorale. Je tiens à reconnaître aussi la
présence du ministre responsable des Institutions démocratiques. Et je veux
saluer les députés de la banquette ministérielle et les collègues des deux...
des deux autres partis en opposition. Je veux aussi saluer tout spécialement
les deux collègues qui sont passés juste avant moi pour parler de la carte
électorale de l'Estrie, soit les députés de Sherbrooke et de Richmond. Enfin,
je veux remercier les membres de la Commission de la... de la représentation
électorale d'être présents avec nous cette semaine pour présenter leur rapport
préliminaire et écouter ce que les députés ont à dire là-dessus en commission.
Je sais qu'ils n'ont... ils ont déposé leur rapport le 19 septembre et
qu'il y a eu des audiences publiques du 10 octobre au 15 novembre
2023. Il est important aussi d'entendre... de nous entendre, à l'Assemblée
nationale, car le rôle de député dûment élu par les électeurs est de haute
importance, et nous sommes appelés à les accompagner dans... dans
l'appareillage gouvernemental à prendre des décisions, légiférer, mais aussi
défendre leurs intérêts.
Comme vous le savez déjà, dans mon
introduction, je suis la députée de Notre-Dame-de-Grâce, qui est un comté à
Montréal, mais je tenais à être présente aujourd'hui en tant que porte-parole
de l'opposition officielle responsable de la région de l'Estrie. C'est une
région qui... que j'adore. C'est une région avec laquelle j'ai des liens forts
et où j'ai... où j'apprécie grandement les gens qui y résident. J'ai d'ailleurs
demandé au chef de l'opposition officielle d'occuper ce rôle et je suis fière
d'être la voix de la région de l'Estrie au nom de ma formation politique.
Depuis les élections, je suis allée sur le
terrain à quelques reprises, dans la région, et j'ai pu discuter de l'enjeu de
la carte électorale en Estrie. En résumé, sans manquer de respect au travail du
DG... pardon... EQ, j'ai souvent entendu qu'Élections Québec est trop «mathématique»
et que le principe des communautés naturelles et de sentiment d'appartenance
n'est pas... ne sont pas toujours respectés. Bien que ça fait même partie de la
Loi électorale est d'un facteur majeur dans tout ce processus. En fait, la même
personne a l'impression de changer de comté à chaque révision de la carte.
Bref, il est de mon devoir de partager ces préoccupations.
La Commission de la représentation
électorale du Québec jumelle des régions administratives de l'Estrie et du
Centre-du-Québec dans son rapport préliminaire. On sait que ça comprend
11 circonscriptions. On sait aussi que la région administrative de
l'Estrie connaît une croissance de la population importante depuis 2019. L'Estrie
compte 16 municipalités régionales de comté, ou MRC, et
208 municipalités. En 2021, la... les MRC de Brome-Missisquoi et de la
Haute-Yamaska ont été transférées de la région administrative de la Montérégie
à celle de l'Estrie, à la demande des deux MRC. La commission a par ailleurs
tenu des audiences publiques le 8 novembre 2023, à Granby, pour que les
résidents présentent...
11 h (version révisée)
Mme McGraw : ...celle de l'Estrie
à la demande des deux MRC. La commission a par ailleurs tenu des audiences
publiques le 8 novembre 2023 à Granby pour que les résidants présents
puissent exprimer leurs commentaires et leurs suggestions à propos de la
délimitation des circonscriptions électorales proposées dans le rapport
préliminaire. On sait que, pour la région de l'Estrie seule, la commission
propose quatre changements majeurs. Alors, je m'attendrais au quatrième,
où il y a des enjeux importants.
On sait que le transport... le transfert
de la municipalité de Saint-Alphonse-de-Granby n'est pas du tout un enjeu en
raison des liens socioéconomiques qui existent entre cette municipalité et
celle de la ville de Granby. Ce changement, donc, passe assez bien. Ensuite, le
transfert des municipalités de Valcourt, du Canton de Valcourt, de Maricourt et
de Racine sont aussi accueillies positivement par les élus locaux puisque ce
découpage permettra de regrouper les municipalités du Val 7, le surnom
donné par les sept municipalités de la MRC du Val-Saint-François. De plus,
le transfert du secteur de Brompton s'inscrit dans le respect du regroupement
des arrondissements de Brompton—Rock Forest—Saint-Élie—Deauville, dans la même
circonscription qu'on indique... que l'indique, pardon, la Loi concernant la
Ville de Sherbrooke.
Cependant, le dernier changement est
plutôt opposé puisqu'il vient contrecarrer la proposition de conserver la MRC
des Sources dans la circonscription de Richmond. Et je tiens à reconnaître le
travail de qualité qui a été fait par mon collègue le député de Richmond. En ce
sens, on souligne ce travail important. Le découpage proposé entourant la MRC
des Sources aurait pour conséquence de séparer les municipalités touchées de
leur rôle régional. Je vais donc dans le même sens que le député de Richmond,
mon collègue.
Comme je l'ai dit plus tôt, lors de la
préparation de ses propositions, la commission doit tenir compte de l'égalité
relative du vote des électrices et des électeurs, mais elle doit également
prendre en compte les communautés naturelles selon des critères démographiques,
géographiques et sociologiques.
Il existe un sentiment d'appartenance
naturel et économique dans la MRC des Sources à la région administrative de l'Estrie.
Par exemple, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS possède... pardon, possède un point de
service dans Val-des-Sources.
Les organismes de la MRC des Sources sont
largement affiliés à la région de l'Estrie. Le transfert de la... Le transfert
de la MRC des Sources entraînerait une confusion administrative dans les
services offerts par les députés de circonscriptions touchées. La région de l'Estrie
et la région du Centre-du-Québec, quoique voisine, sont des régions considérées
comme distinctes partout, sauf la commission dans le rapport préliminaire.
J'aimerais d'ailleurs, encore une fois...
d'ailleurs, citer le préfet et le maire de la ville de Val-des-Sources, M.
Hugues Grimard, qui est contre la proposition de la commission. En entrevue
dans le journal... dans le journal L'Étincelle, celui-ci proteste en
disant, et je le cite :
«Nous travaillons avec la région
administrative de l'Estrie. Nous avons un ministre responsable de l'Estrie. Ils
veulent prendre un territoire de l'Estrie pour l'envoyer dans le
Centre-du-Québec, avec un autre député qui n'est même pas au caucus estrien. C'est
inacceptable et inadmissible. Ils doivent tenir compte des réalités
administratives et politiques du territoire.»
On voit ici à quel point les gens
concernés par ce changement sont contre cette proposition. J'invite alors les
membres de la commission de reconsidérer ce changement.
En terminant, Mme la Présidente, je suis
contente de pouvoir participer à la Commission de l'Assemblée nationale pour l'étude
du rapport préliminaire portant sur la carte électorale pour présenter notre
point de vue sur la région de l'Estrie. En tant que porte-parole de l'opposition
officielle, comme vous avez pu voir, malgré les nombreux changements en Estrie,
c'est le redécoupage du comté de Richmond qui est le plus préoccupant pour
nous, et j'espère que nos propos ont... sont bien reçus par les membres de la Commission
de la représentation électorale et vont pouvoir les influencer en vue du dépôt
du deuxième rapport. Alors, merci beaucoup et merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Le temps de vous dire qu'il
vous reste plus de 11 minutes si vous voulez poursuivre les échanges, il n'en
dépend que de vous.
Mme McGraw : Mais je ne
prévois pas de question parce que je considère que la plupart des questions et
l'ensemble des questions ont été posées déjà par mes collègues, donc <je...
Mme McGraw :
...et
l'ensemble des questions ont été posées déjà par mes collègues, donc >je...
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Alors, je vous remercie pour votre intervention.
Mme Gravel (Édith) : ...question?
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Oui, bien sûr.
Mme Gravel (Édith) : Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Allez-y, commissaire.
Mme Gravel (Édith) : J'en
comprends que vous appuyez la demande... la proposition, le scénario alternatif
que M. Bachand a fait par le dépôt du mémoire ou est-ce que vous avez une autre
solution peut-être à proposer à la commission, là, pour la situation de la MRC
des Sources?
Mme McGraw : Oui, c'est ça,
j'ai souligné le rapport du député. On appuie... On appuie sa proposition et sa
perspective.
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci. Pas d'autre commentaire. Alors, vous constaterez que les travaux se
déroulent très rondement. Nous sommes à l'avance sur l'agenda. Donc, avant de
poursuivre nos travaux, est-ce qu'il y aurait consentement pour permettre à la
députée de Mirabel, puisque nous avons du temps devant nous, d'intervenir pour
la région des Laurentides? Consentement? Consentement. Merci.
Alors, Mme la députée de Mirabel, je vous
cède la parole pour la région des Laurentides. Vous jouissez d'une période
d'échange d'une durée maximale de 20 minutes.
Mme D'Amours : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi de faire les salutations à vous, à vos...
à votre équipe ainsi qu'aux collègues. Et merci beaucoup de me donner
l'opportunité de parler des Laurentides et surtout, bon, ce qui... la
circonscription qui est touchée, c'est Mirabel. Alors, moi, je vais juste vous
donner des chiffres avant de vous poser des questions.
• (11 h 10) •
En 2018, on avait
50 196 électeurs... en 2008; 2012, 57 000, et c'est là que
ça commence, 57 580 électeurs; en 2014,
60 386 électeurs; en 2018, avant de faire les changements, parce
que vous faites les changements aux huit ans, j'avais
72 000 électeurs; 2018, on retombe à 56 000 électeurs, je
suis toujours au-dessus de la moyenne; 2022, 63 000 électeurs. Et là,
avec les changements, vous nous ramenez, à 52 000 électeurs, avec les
changements proposés, mais je vous annonce que Mirabel, il y a environ
2 000 à 2 500 portes qui s'ouvrent par année. Vous avez aussi le
pourcentage, là, de la démographie qui est exponentiel, qui... ce n'est pas
fini. Donc, mes citoyens, depuis 2012, auront un poids inférieur à tous
les autres citoyens du Québec. C'est inacceptable.
Tout à l'heure, mon collègue de Matane-Matapédia
vous parlait des enjeux de distance et aussi le travail qu'il devait faire.
Vous comprendrez qu'à 72 000 électeurs, là on est à
63 000 électeurs puis, bien, quand... si on refait le même calcul,
d'ici quatre ans, on va être encore à 70 000 électeurs pour un
député qui a le même budget que tout le monde, je sais que ce n'est pas
votre... de votre ressort, il faudra regarder attentivement avec l'Assemblée
nationale quand ça arrive, mais je n'ai pas... parce que je n'ai pas autant de
territoire que mon député de Matane-Matapédia, j'ai... j'ai d'autres défis,
c'est que, pour aller à la fin de mon... de ma circonscription, je peux faire
quatre, cinq, six activités dans la journée. Je comprends que mon collègue
peut en faire une, parce qu'il doit se déplacer, et c'est aussi loin, c'est
dangereux, il est sur la route. Moi, je vais à quatre, cinq, six, sept activités.
Je vous raconte une anecdote. Un de mes
employés, qui maintenant a quitté la politique il y a à peu près une semaine,
me disait... était venu me remercier, là, bon, parce qu'on... je lui avais
donné sa chance en politique, il avait fait le calcul, juste avec ce... cet
attaché politique là, dans mon premier mandat, j'avais fait
5 000 représentations, seulement avec lui. Moi, je les ai toutes
faites, les représentations, lui m'avait accompagnée à certaines, dont
5 000 seulement.
Ça fait que vous comprendrez que, quand on
a beaucoup de monde dans notre circonscription, on a beaucoup de travail à
faire à... au bureau. J'ai juste sept jours par semaine. Tu sais, je
comprends votre travail, comment il peut être complexe, je comprends qu'il faut
regarder au niveau socio, la démographie et tout ça, mais le poids du vote de
mon citoyen, depuis 2012, il est inférieur à tous les autres du <Québec...
Mme D'Amours :
...mais
le poids du vote de mon citoyen, depuis 2012, il est inférieur à tous les
autres du >Québec.
Puis on ne s'en va pas dans la bonne
direction avec le découpage que vous faites. Ça règle le problème maintenant,
mais ça ne le réglera pas pour les prochaines élections dans quatre ans.
Et même, je vous dirais, là, vous êtes à 52 000, une proposition, mais on
va être un peu plus que ça, parce que ça continue de construire, là. Il nous
reste encore deux ans avant les élections. Alors, vous, quand... Oui?
Mme Gravel (Édith) : ...votre
propos, vous souhaiteriez que, donc, la proposition de délimitation soit encore
plus resserrée pour qu'il y ait moins de citoyens dans votre circonscription?
Mme D'Amours : Mais,
bien sûr.
Mme Gravel (Édith) : OK.
Parce que, c'est ça, au début des travaux avec Mirabel, c'était la
circonscription qui était sur le tableau de bord, là, à 64 000. Puis,
quand on projetait en 2028, si la commission ne bougeait pas par rapport à
cette circonscription-là, on se projetait à 73 000, donc on savait
assurément qu'il y avait une situation à regarder plus... de façon plus
importante. Donc, c'est ce que la commission a proposé, notamment avec l'ajout
de Bellefeuille, pour dégager une portion aussi de cette croissance-là. Mais ce
que j'entends, c'est qu'à votre sens, la proposition de la commission
n'est pas encore suffisante pour tenir la route pour la suite de la croissance?
Mme D'Amours : Exactement.
Mme Gravel (Édith) : OK. Puis
qu'est-ce que vous pourriez nous proposer?
Mme D'Amours : Parce que
les citoyens de Mirabel ne sont pas... ne sont pas représentés, n'ont pas le
même poids. Et on est corrects pour la prochaine élection, avec les chiffres
que vous nous donnez, mais dans quatre ans... C'est le travail aussi en comté,
parce que, comme mes collègues l'ont mentionné, on ne représente pas juste les
citoyens qui nous ont élus, on représente les citoyens qui... tous les citoyens
de la circonscription.
Mme Gravel (Édith) : Et
est-ce que vous auriez une proposition à faire à la commission, si vous jugez
qu'encore celle-là est en sous-représentation, pour...
Mme D'Amours : Ah! mais
je vous laisse le soin de trouver la solution parce que vous êtes les experts là-dedans.
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
Mme D'Amours : Moi, je
vous dis juste que je trouve ça dommage pour mes citoyens, pour les citoyens de
Mirabel. Ce n'est pas juste à moi, à Mirabel. Vous comprendrez que, déjà, on a
coupé à partir de la 15, de l'autoroute 15, en 2018, on a coupé...
pas Blainville, Saint-Janvier, pardon, qui est... Saint-Janvier de Mirabel, qui
est un nouveau comté, donc le maire faisait affaire avec deux députés, les
organismes font affaire, parfois, avec deux députés. Parce que Mirabel,
c'est une ville, une MRC, donc, quand il y a des activités, les citoyens sont
de partout de Mirabel. Mais, si l'activité se fait à Saint-Janvier, il faut
qu'on soit deux députés à y aller parce qu'on représente... Vous
comprenez? Bon, moi, je le fais. Ce n'est pas... ce n'est pas une question
de... je vous dirais, de travail de député, je l'ai assumé. Je me suis engagée,
quand j'ai été élue dans Mirabel, avec les citoyens qu'il y avait là puis avec
les circonstances auxquelles on vit maintenant. Sauf que, pour moi, le vote de
mon... de mes électeurs n'ont pas le poids du reste du Québec. Et ils ne l'ont
pas depuis 2012 et ils ne l'auront pas jusqu'à tant... parce que là, c'est
dans huit ans que vous allez changer la carte électorale. Imaginez, on
part à 2 % de plus en 2026, je vous dirais même 3 %, parce que
là, il reste deux ans de construction, là on en a pour huit ans, imaginez,
là.
Mme Gravel (Édith) : ...en
termes de projection de développement, si... parce que Mirabel est quand même
un territoire dans la CMM, avec des contraintes au développement. Est-ce que
vous savez si cette croissance anticipée là va continuer ou on arrive à les... pardon,
à la fin, peut-être, des potentiels de croissance?
Mme D'Amours : Non, on
n'arrive pas à la fin du...
Mme Gravel (Édith) : OK. Il
reste de l'espace.
Mme D'Amours : Parce
que, quand... étant donné... vous l'avez mentionné, on est en haute densité.
Mme Gravel (Édith) : Vous
êtes en densification.
Mme D'Amours : Hein, on
est... bien, il y a plusieurs TOD, là, qui sont... qui sont en voie de devenir,
de démarrer. Donc, non, Mirabel, une ville, une MRC, on... C'est un grand
territoire agricole, mais on a encore beaucoup d'endroits où on peut faire de
la construction en haute densité. Et c'est là où il y a un méchant problème,
là.
Mme Gravel (Édith) : C'est
intéressant. C'est la première fois que la commission entend ce genre de propos
là dans toutes les différentes audiences qu'on a... qu'on a tenues.
Mme D'Amours : Oui, mais
j'essaie d'enlever... Parce que j'imagine... Puis peut-être je me trompe, vous
pouvez peut-être me répondre là-dessus, mais votre responsabilité n'est pas
nécessairement... puis je m'avance, là, je veux que vous me rameniez à l'ordre
si je ne le suis pas... si ce que je dis, ce n'est pas correct, mais, il me
semble, votre rôle à vous, c'est que le poids... que le vote d'un citoyen ait
le même poids partout, que ce soit une <personne...
Mme D'Amours :
...d'un
citoyen ait le même poids partout, que ce soit une >personne qui soit
riche, classe moyenne, ou pauvre, il a un droit, le droit de vote, alors votre
rôle à vous, c'est de faire en sorte que tout le monde ait ce même droit
partout au Québec.
Mme Gravel (Édith) : Tout à
fait.
Mme D'Amours : J'ai
raison?
Mme Gravel (Édith) : Avec un
critère de plus ou moins 25 % et la possibilité d'émettre des situations
d'exception, mais oui, c'est le principe même de la représentation effective.
C'est noté.
Mme D'Amours : Alors, je
trouve, c'est peut-être un gros mot, je trouve qu'on bafoue les citoyens si on
reste dans cette situation-là. Ça n'a pas de bon sens. Je veux... je veux
juste... Moi, je ne veux pas faire votre travail, mais je veux juste vous
conscientiser que ça n'a aucun bon sens puis que c'est aux deux en plus, là...
aux deux mandats, pardon, ça fait que c'est huit ans plus tard.
Imaginez, le poids d'un vote du citoyen de Mirabel, dont je fais partie, je
suis citoyenne de Mirabel, je trouverais ça injuste qu'on ne pense pas à
l'avenir du vote des citoyens de Mirabel. De cette façon-là, moi, je pense
qu'on est toujours en dessous. Oui, vous vouliez intervenir?
• (11 h 20) •
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui. Je voulais rajouter
effectivement, j'étais pour dire que c'était la première fois qu'on
entendant... qu'on entendait ce genre de discours lors des auditions. C'est
intéressant. Et aussi, c'était intéressant quand même votre position par
rapport à d'autres régions, quand vous faites la part que vous dites que le
vote de l'électeur de Mirabel est aussi important, devrait être aussi important
que d'autres régions. Donc, c'est un peu ce qu'on a entendu, nous, en se
promenant à travers le Québec, donc des différences de point de vue par rapport
aux votes.
Donc, c'est très intéressant, votre
propos. Et c'est la première fois, effectivement, que quelqu'un... Parce qu'en 2028,
selon nos projections, Mirabel serait rendue à 58 000 électeurs en 2028,
alors que la moyenne provinciale va être de 52 000, donc on serait rendus...
52 200 en 2025. Donc, ça, c'est selon les projections actuelles, donc, et
avec un taux de croissance qui se maintient à 12 %, là. Donc,
effectivement, donc, vous prenez les devants à quelque part. Donc, vous nous dites
qu'on n'a peut-être été... pas été assez, comment dire, généreux, dans la...
dans la restriction de Mirabel. Donc, on prend note.
Mme D'Amours : Merci.
Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente, de m'avoir permis de parler. Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci, Mme la députée de Mirabel. Il vous reste encore
8 min 33 s, si vous le souhaitez.
Mme D'Amours : Ah! bien,
je rajouterais un commentaire parce qu'on en parle. Bon, on a voté la motion à
l'unanimité. Le député de Matane-Matapédia voulait entendre notre position. Je
trouve que ça... si on a voté pour, on peut le dire, là, il faut prendre en
considération cette... cette motion-là. Moi, quand je vote, je n'ai pas peur de
le dire, j'ai voté pour et je trouve qu'il faut vraiment qu'on prenne
considération.
Et ne jamais oublier que les citoyens un
peu partout au Québec peuvent se promener d'une circonscription à l'autre,
peuvent avoir des services de tous les députés parce qu'il a un droit de vote
et il a droit à des services. Et on travaille pour l'Assemblée nationale... en
fait, on est député de l'Assemblée nationale, on représente une
circonscription, mais aussi on travaille pour l'ensemble des... quand on siège
ici, en commission, on parle pour l'ensemble du Québec. Quand on siège sur des
commissions, sur des projets de loi, on travaille pour l'ensemble du Québec.
Notre travail dans la circonscription est
différent de celui qu'on a ici comme législateurs. Et je pense que les
batailles qu'on a à faire, ça, c'est avec l'Assemblée nationale, quand on a
beaucoup, beaucoup d'électeurs, puis comme... comme mon collègue l'a mentionné,
qu'il y a beaucoup de territoires à couvrir, bien, il faudrait peut-être
regarder ça éventuellement, parce que je pense qu'il y a une injustice aussi
pour les citoyens du Québec, mais qui ne vous concerne pas. Merci. Oui?
M. Blanchet
(Jean-François) :Je vais rajouter. Donc,
à écouter votre commentaire, présentement, vous nous mettez dans une situation
quand même un peu délicate. Donc, vous voulez qu'on enlève des électeurs dans
Mirabel, mais vous ne voulez pas qu'on... à quelque part, qu'on enlève des
circonscriptions au Québec, là. C'est... Donc, vous nous placez dans une drôle
de situation. Vous prêchez pour Mirabel, mais en même temps pour tout le
Québec, donc ça ne marche pas mathématiquement, là, présentement, là.
Mme D'Amours : Il y a
des circonscriptions que vous avez voulu enlever puis que vous avez laissées
dans une région au Québec, qui n'est pas une région <éloignée...
Mme D'Amours :
...Québec,
qui n'est pas une région >éloignée, qui n'a pas les mêmes enjeux. Donc,
je pense que vous êtes vraiment un expert pour être capable d'aller couper où
on devrait couper, puis en mettre où on devrait en mettre. Je vous laisse le
soin de faire un beau schéma avec ça, avec les commentaires que je vous ai
faits.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci.
Mme D'Amours : Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci beaucoup, Mme la députée. Je vous remercie.
Alors, nous allons suspendre nos travaux
quelques instants afin d'accueillir notre prochain intervenant. Nous
reviendrons aux alentours de 11 h 40. Merci à vous tous et toutes.
(Suspension de la séance à 11 h 24)
11 h 30 (version révisée)
(Reprise à 11 h 42)
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Alors, nous reprenons nos travaux.
Je cède maintenant la parole au député de Terrebonne,
pour la région de Lanaudière, pour des échanges d'une durée maximale de 20 minutes.
La parole est à vous.
M. Fitzgibbon : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, membres de la commission. J'assume que le mémoire a
été reçu par la commission. Est-ce que je me trompe? Vous l'avez reçu? OK.
Alors, vous me permettez peut-être d'aller plus directement au but, ça va être
plus facile au niveau du... de la gestion du temps. Je répondrai à vos
questions au besoin.
Clairement, vous avez fait une
recommandation qui est basée sur une analyse, et je comprends très bien que le
recoupage des cartes électorales, c'est quelque chose qui doit se faire sur une
base régulière. Vous avez fait trois recommandations dans votre proposition :
la première, qui était de retirer la portion... la circonscription de Terrebonne,
où il y a... électeurs puis de l'ajouter à la circonscription de Masson; la
deuxième, c'était de retirer la partie nord de la 640, qui incluait la partie
ouest, et de l'ajouter à la circonscription des Plaines, de ma collègue Lucie
Lecours, et d'ajouter la ville de Bois-des-Filion, qui a 7 650 électeurs,
à la circonscription de Terrebonne. C'est vos trois <recommandations...
M. Fitzgibbon :
...7 650
électeurs, à la circonscription de
TerrebonneT. C'est vos trois >recommandations.
La première, en ce qui concerne de retirer
une portion de Terrebonne puis la mettre à Masson, on est d'accord. Je pense
que ça fait beaucoup de sens.
Maintenant, pour la portion au nord de la
640, on suggère de faire un autre recoupage, à savoir qu'une partie devrait
aller, selon nous, à des Plaines puis une partie devrait rester à Terrebonne,
parce qu'elle est relativement attachée au noyau dur de Terrebonne. Et
également, la troisième... Donc, la deuxième, on suggère de séparer ça en deux.
Puis la troisième, ce qu'on suggère, c'est :
Bois-des-Filion devrait être plutôt incorporée à la circonscription des
Plaines. On pense qu'il y a plus d'atomes... pas d'atomes crochus, mais plus de
synergie entre les deux. Notre proposition permettrait donc la... le nombre
d'électeurs serait de 54 922 pour Terrebonne, donc une diminution de...
par rapport à ce qu'il y avait avant.
Quant à des Plaines, la circonscription a
actuellement 41 626 électeurs, avec notre proposition, elle
augmenterait à 50 701. Donc... avec des chiffres, là, notre
contre-proposition suggère d'octroyer Bois-des-Filion, des Plaines, 7 650 électeurs,
mais de laisser à peu près 2 500 électeurs, que vous suggériez de
donner à des Plaines, de les laisser à Terrebonne.
L'argumentaire, bien, je pense que je l'ai
dit un peu, la ville de Bois-des-Filion se situe dans une autre région
administrative, celle des Laurentides, et ne respecte pas nécessairement la
communauté naturelle de Terrebonne, qui est Lanaudière. Terrebonne,
Bois-des-Filion ne partagent pas les mêmes ressources et institutions, c'est
des MRC différentes, les CSS, c'est différent, chambres de commerce
différentes.
D'ailleurs, les deux maires, le maire de
Mascouche, Guillaume Tremblay, et le maire de Terrebonne, Mathieu Traversy,
suggèrent un peu la même chose aussi. Terrebonne, Bois-des-Filion, on n'a même
pas la même... le même lien routier outre la 344. Puis Terrebonne sera la seule
grande ville de plus de 100 000 habitants où il n'y aura pas de
député exclusif dédié à sa représentation, contrairement à d'autres villes ou
plusieurs comtés qui représentent chacun une position importante. Et
l'augmentation de la population prévue au cours des prochaines années, je parle
de ce qui restait de Terrebonne, ce qui inclut le quartier Urbanova, on parle
de plus de 5 000 citoyens puis on inclut aussi les Jardins Angora. Ça
fait qu'il y aura une grosse croissance qui va se faire.
Alors, comme je l'ai dit tantôt, la
proposition de 54 922 nous permettrait, avec ce que je viens de dire, au
niveau de la croissance dans l'Urbanova à une autre région, région Angora... on
serait à plus de 60 000, probablement, dans les prochaines années.
Quant à la partie nord de la 640, ce qu'on
dirait, là... ce qu'on appelle la portion institutionnelle, puis il y a des
secteurs résidentiels du parc, entre autres, de Havre-du-Lac... resterait dans
la circonscription de Terrebonne. On parle de 2 500 électeurs. Et, en
accord avec vos propositions, la partie nord-ouest en haut de la 640 irait,
effectivement, à la circonscription des Plaines.
Donc, comme je disais, le secteur de Terrebonne,
qui serait inclus dans la section des Plaines, comté... un territoire... est
déjà partagé avec Lanaudière puis les Laurentides... partage une proximité
géographique avec Bois-des-Filion.
Donc, contre-proposition qu'on a faite à
la circonscription de Terrebonne : la circonscription compterait 49 772 électeurs,
inférieurs aux comtés voisins, mais qui va augmenter probablement plus vite,
considérant la démographie... Ça représente ma... notre... Et, en fait, je
parle au nom de mes collègues, Lucie Lecours puis... ils sont-tu ici, Lucie
puis Mathieu Lemay? On est tous les trois à l'aise avec cette
contre-proposition-là, pour votre considération.
M. Blanchet
(Jean-François) :Puis les gens du milieu
aussi? Donc, ça fait l'unanimité dans...
M. Fitzgibbon : Oui,
j'ai des lettres qui ont été envoyées ici, là, je pense que vous avez eu une
copie.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui.
M. Fitzgibbon : J'ai
Guillaume puis Mathieu Traversy qui ont... qui sont clairement pour ça. J'ai
aussi M. Berthiaume, qui est le président de la chambre de commerce des
Moulins, qui inclut Mascouche et Terrebonne, puis j'ai Marc-André Plante,
l'ancien maire de Terrebonne, qui est le président de la... Donc, il semble
avoir le support pour <ça...
M. Fitzgibbon :
...qui
est le président de la... Donc, il semble avoir le support pour >ça.
Mme Gravel (Édith) : On
a bien entendu, là, dans les audiences publiques, là, le questionnement
justement du milieu par rapport à Bois-des-Filion, Terrebonne. J'aurais été
curieuse de vous entendre. Est-ce qu'à votre connaissance il y a quand même des
liens, que ce soit en partage de ressources, en ententes intermunicipales?
Parce que c'est quand même deux municipalités qui sont contiguës. Et, comme...
comme l'objectif de notre proposition, c'est que, vraiment... La
circonscription de Blainville avait des... un seuil quand même préoccupant.
Donc, c'est pour ça qu'on a cherché à soulager Blainville. Est-ce qu'à votre
connaissance il y a quand même des liens qui sont entre Bois-des-Filion et
Terrebonne?
M. Fitzgibbon : ...D'ailleurs,
avant que je sois... avant que je sois en politique, j'allais souvent à ce parc
industriel là, parce que j'avais une entreprise que je détenais en partenariat.
Puis je vous dirais qu'il y a des gens, effectivement, de Bois-des-Filion, qui
demeurent à Terrebonne. Donc, ils vont voyager là, mais le cœur, je dirais, le
coeur industriel, le cœur commercial... il y a le parc industriel qui est là,
ça me semble un peu détaché, là. Tu sais, quand on parle au maire, au conseil
de ville, chambre de commerce... tu sais, on a relié la chambre de commerce
avec les MRC du... des Moulins. Puis généralement, bien, ils vont venir de
temps en temps, parce qu'ils ne sont pas loin, mais, tu sais, c'est un peu
séparé, là, mais c'est sûr qu'il y a des gens... c'est sûr qu'il y a des gens
de Terrebonne qui... Urbanova, entre autres, qui n'est pas loin... qui vont
travailler à Bois-des-Filion.
Mme Gravel (Édith) : Oui,
tout à fait. Donc, ça serait plus des liens d'affaires entre les deux...
M. Fitzgibbon : Exact,
exact.
Mme Gravel (Édith) :
Merci.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Il vous reste 12 min 15 s pour cette
période d'échange, si vous le souhaitez.
M. Fitzgibbon : Je peux
chanter, si tu veux.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Pas d'autre échange? Questions, messieurs, mesdames les
commissaires?
M. Blanchet
(Jean-François) :Pour nous, c'est très
clair, oui.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : M. le député de Terrebonne.
M. Fitzgibbon : Bien,
merci beaucoup d'accueillir la recommandation, puis on va voir ce qui va arriver.
Merci.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Alors, merci beaucoup, M. le député. Je vous remercie
toutes et tous pour votre collaboration à nos travaux. La commission suspend
ses travaux jusqu'à les avis touchant les travaux des commissions. Merci, à
plus tard.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 25)
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
La Commission de l'Assemblée nationale reprend
ses travaux. Et nous poursuivons l'étude du rapport préliminaire de la commission
de la représentation électorale et nous en sommes à l'intervention d'un député
provenant de la région de l'Outaouais, et je cède maintenant la parole à M. le
député de Pontiac. M. le député, vous avez droit jusqu'à 20 minutes.
M. Fortin :Très bien. Merci. Merci, M. le Président. Merci aux membres
de la commission de m'accueillir et aux gens de la commission de révision
électorale de se prêter à l'exercice. Je sais que ce n'est pas un exercice qui
est simple, facile, que c'est pas mal plus... disons, il y a pas mal plus de
gens qui sont déchirés par certaines de vos propositions que... que vous
recevez probablement de tapes dans le dos, du moins à cette étape-ci. Alors, je
vous remercie de vous prêter à l'exercice et d'entendre nos... nos
préoccupations mais nos propositions aussi.
Je ne sais pas si vous êtes surpris de me
voir ici, étant donné que je suis, je crois, le seul député de la région de l'Outaouais
qui prend part à la commission aujourd'hui et que, de plus, je suis le seul
député de la région qui n'est pas... pour lequel la circonscription n'est pas
directement affectée par les changements proposés par la commission. Puis je
vous le dis, habituellement, la plupart des députés vont probablement vous dire
ça, un député qui n'est pas affecté directement par les changements proposés
par la commission, d'habitude, ça ne dit pas un mot, parce qu'au fil du temps
on se forge des alliances, on connaît nos groupes, on veut garder nos
circonscriptions telles quelles parce que, bien, on est habitués, on connaît
notre monde, comme on dit.
Cependant, je me sens une... une
obligation d'être ici, pas pour moi, pas pour mon parti politique non plus,
mais plutôt pour les gens de ma région. Parce qu'en analysant les propositions
qui ont été faites, on en vient... du moins, j'en suis venu rapidement à la
conclusion que, si la carte est adoptée telle que proposée en ce moment, l'Outaouais
devient la région la plus sous-représentée au Québec, c'est-à-dire que le poids
des électeurs va être moins grand que dans toutes les autres régions
québécoises. Et comme élu de la région, comme quelqu'un qui se bat
quotidiennement pour faire avancer les intérêts de ma région, je ne pouvais pas
laisser passer sous silence cette... cette situation-là. Je vais tenter de l'expliquer.
Et je sais que je n'ai pas besoin de vous l'expliquer, que vous connaissez déjà
les faits, mais je vais tenter de l'expliquer, pour le bienfait de la
commission, le plus froidement possible, avec les... en utilisant une analyse
plus mathématique qu'autre chose.
En lisant le rapport, on comprend que vous
vous basez sur une moyenne des électeurs par circonscription, au Québec, qui
est de 50 694 électeurs. Donc, en regardant les chiffres que vous
présentez, les cinq circonscriptions de l'Outaouais aujourd'hui, dont deux
excèdent la limite permise de 25 %, là, il y a... 292 359 électeurs
en Outaouais, en date de votre rapport. Ça, c'est 15 % de plus que la
moyenne des circonscriptions au Québec, 15 %, 15,3 % pour être exact.
Si... Et je ne me ferai pas d'amis, je le sais, là, autour de la table, OK? Si
je fais une comparaison rapide avec d'autres régions prises au hasard... Là, je
n'ai pas... je n'ai pas été choisir les régions les plus... qui avaient des
écarts les plus grands, là. Si je regarde une <autre région où...
M. Fortin :
... les régions les plus... qui avaient des écarts
les plus grands, là. Si je regarde une >autre région où il y a cinq
députés, bien, le Saguenay, lui, est à moins 12,8 %. Si je regarde une
région voisine à la nôtre, qui, elle, va se voir octroyer un siège
supplémentaire, Laurentides-Lanaudière, ils sont présentement à plus
6,9 %. La commission de révision électorale propose d'octroyer un siège
supplémentaire à une région qui, en ce moment, est à plus 6,9 %, alors que
la région voisine est à plus 15,3 % et que c'est une région où le taux de
croissance démographique est plus grand que dans la moyenne québécoise.
Alors, loin de moi l'idée de dire aux gens
de la commission de révision électorale, aujourd'hui, où il faut la prendre,
cette circonscription-là, mais l'idée de maintenir l'Outaouais dans un statut
qui est déjà si disproportionné, alors qu'on sait que la croissance anticipée
au cours des prochaines années est plus grande que dans la moyenne... que pour
la moyenne québécoise, pour nous, pour moi, pour les citoyens que je
représente... Il m'apparaît intolérable qu'on laisse l'Outaouais dans une telle
situation, là, alors qu'on sait que l'écart va s'agrandir encore davantage au cours
des prochaines années. Et là on n'est pas dans une situation où il y a une
autre région qui est à plus 12 %, plus 13 %, plus 14 %, là. L'écart
avec la région qui a un taux de sous-représentation si élevé, la prochaine
région, il est immense.
• (15 h 30) •
Alors, moi, je suis ici aujourd'hui pour
vous demander de considérer... de considérer l'importance d'être conséquents
avec vous-même, avec la commission de révision électorale de 2018. En 2018,
dans votre rapport préliminaire, la commission a statué que les Laurentides
étaient à plus 12 % et que cette situation-là ne pouvait pas continuer ainsi.
Là, aujourd'hui, vous avez une région qui est à plus 15 %, mais vous
proposez de la laisser ainsi, de la laisser comme ça, de faire des changements
à l'intérieur de la région, pour ne pas qu'il y ait de circonscriptions précises
à plus 25 % ou à plus 26,7 %, comme c'est le cas dans Papineau. Mais
vous ne faites, et j'imagine que vous le savez, là... vous ne faites que
reporter l'inévitable, et, pendant ce temps-là, les gens de l'Outaouais vont
continuer, à un rythme ou à une proportion hors norme, d'être sous-représentés
à l'Assemblée nationale, ici, à Québec.
Alors, dans une optique de justice,
d'équité, de représentation proportionnelle que vous devez, dans le cadre de
vos travaux, assurer le plus possible, je vous demande de considérer cette
demande-là pour les gens de ma région. Je le sais que je me... je me casse la
tête un peu, là. Ça veut dire que, s'il y a un sixième comté en Outaouais, là,
tout va changer, là, les limites de chaque comté vont probablement devoir
changer. Mais je ne comprends pas pourquoi on accepterait de laisser une
population, une région avec un si grand écart avec le reste du Québec.
Et je vous le dis, là, je le sais, là,
j'ai entendu certains des échanges ce matin, vous avez dit aux gens :
Bien, avez-vous des propositions à nous faire?, puis où est-ce qu'on les prend,
ces choses-là? Je vous ai, c'est ça, nommé deux régions comme celle-là. Et mon
objectif, ce n'est pas de dire : Prenez-le au Saguenay, prenez-le dans les
Laurentides. Il y en a d'autres, régions, et il y en a d'autres au Québec qui
n'ont pas le même problème que l'Outaouais, que, même si on leur enlevait un
siège, ils ne se retrouveraient pas dans la situation... en situation de
déficit comme l'Outaouais l'est en ce moment.
Alors, je sais que vous êtes en mesure,
avec votre évaluation précise, de trouver c'est quoi, la meilleure façon de
faire. Mais il me semble que la meilleure façon de faire, ce n'est pas de faire
en sorte qu'il y ait une région qui soit 15 % au-delà de la moyenne du
Québec.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Pontiac. Alors, M. le
Président, M. Blanchet.
M. Blanchet
(Jean-François) : Effectivement, on ne peut pas nier que la
région de l'Outaouais n'a pas connu une forte croissance. C'est de l'ordre de
6,6 %, alors que le taux provincial est de 4,8 %. Par contre, la
croissance d'autres régions est encore plus forte. Par exemple, 8,8 % dans
la grande région de l'Estrie, Centre-du-Québec, Québec, et 11,6 % dans les
Laurentides-Lanaudière. Comme on dit dans notre jargon, le fruit n'était pas
encore mûr, tu sais...
15 h 30 (version révisée)
M. Blanchet
(Jean-François) :...comme on dit dans
notre jargon, le fruit n'était pas encore mûr, tu sais. Quand on a fait l'exercice
avec les données du mois d'avril 2023, quand même... Avec nos projections, ça
tient la route avec le plus 25 %, mais on constate comme vous l'augmentation,
et vous l'avez dit vous-même, pour pouvoir rajouter une circonscription dans l'Outaouais
il faut inévitablement en retirer une ailleurs, déjà qu'on se fait critiquer d'en
retirer deux.
M. Fortin :...je le comprends, là, vous vous faites critiquer, ça fait
partie de votre travail, ce n'est pas... ce n'est pas simple, ce n'est pas
plaisant. Puis il y en a-tu, des bonnes réponses? Je ne le sais pas. Il n'y a
pas personne, d'après moi, dans l'histoire des révisions de cartes électorales,
qui est arrivé ici puis que tout le monde a dit : C'est beau, il n'y a pas
de problème, là. À chaque fois, ça va arriver.
Ce que je vous soumets, c'est que votre
travail, corrigez-moi si j'ai tort, c'est de s'assurer qu'on est le plus proche
possible, dans chaque région, de la moyenne, le plus proche possible, avec le
contexte où il y a des régions, là, où il y a des exceptions particulières, il
y a des toutes petites régions où on fait attention, mais le plus possible, là,
d'arriver à un équilibre.
Aujourd'hui, dans le scénario que vous
proposez, OK, et là je vais m'en tenir aux deux régions que j'ai analysées,
comme je vous dis, je n'ai pas fait le tour du Québec, dans la situation que
vous voulez garder, l'Outaouais est à 15,3 % au-delà de la moyenne, le
Saguenay est à 12,8 % en bas de la moyenne. J'additionne les deux deltas,
là, on est à 15,3 plus 12,8, on est à 28,1 % d'écart avec le zéro qu'on
vise. Si vous ajoutez un siège à l'Outaouais puis vous l'enlevez au Saguenay, j'y
vais avec les chiffres, l'Outaouais se retrouve à plus neuf, le Saguenay à moins
3,9... ou l'inverse, pardon, le Saguenay à plus neuf, l'Outaouais à moins 3,9,
delta total, 12,9 %. C'est moins que la moitié de l'écart de ce qui est
proposé de garder.
Si j'y vais avec la situation des
Laurentides, pour vous l'illustrer encore, et ça ne veut pas dire que dans les
Laurentides il n'y a pas des sièges, à l'intérieur des Laurentides, là, qui
sont disproportionnés. Aujourd'hui, l'écart, il est de 15,3 % pour l'Outaouais,
6,9 % pour les Laurentides, delta total, 22,2 %. Si, dans la
situation... En fait, dans la situation que vous proposez, ce serait 15,3 %
pour l'Outaouais, et à peu près zéro pour les Laurentides, reviendrait à peu
près à la normale, donc 15,3. Mais si vous prenez le siège que vous octroyez
aux Laurentides et vous l'accordez à l'Outaouais, le nouveau siège, on ne parle
pas de leur en enlever un, là, les Laurentides se retrouvent à 6,9 %, ils
gardent leur écart présentement de 6,9 %, l'Outaouais se retrouve à moins 3,9.
C'est un delta de 10,8 %.
Dans les deux cas, tant pour le Saguenay
que pour les Laurentides, si vous comprenez ce que... ce que... Puis, ce n'est
pas facile de le faire sans... sans explication papier, là, mais dans les deux
cas, l'écart avec le zéro qu'on devrait viser, il est moindre. Puis il me
semble... Il me semble que le travail de la commission, le plus possible, dans
la mesure du possible et de tous les autres facteurs, la distance, et tout le
reste, là, c'est de se rapprocher d'un écart nul. Là, on ne parle pas de
région, là, Saguenay, l'Outaouais, Laurentides, je ne parle pas de régions qui
ont des contextes particuliers. Ce n'est pas des régions où, comme on parlait
ce matin, il y a des immenses distances, là, il y en a, moi, d'un bout à l'autre...
de l'autre de ma circonscription, c'est 2 h 30, quand même. C'est la
même chose pour le nord des Laurentides. C'est la même chose pour certains
comtés du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Mais je vous le soumets, votre travail, c'est
de se rapprocher le plus possible du zéro. Et, dans les deux cas, ce n'est pas
ce qui est fait en ce moment. Il y a un moyen de se rapprocher plus de l'écart
nul.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...M. le député de Pontiac. Alors, je cède la parole aux
commissaires, au président.
M. Bouchard (Kevin) : ...une
dimension mathématique, puis ce qu'on vise, c'est une égalité qui est relative.
Donc, le zéro... Bon, bien, idéalement, je veux dire, si on était dans un monde
parfait, toutes les réalités mathématiques s'appliqueraient sur les réalités
géographiques. Mais la loi prévoit aussi un écart de plus ou moins 25 %.
Puis, dans la proposition actuelle, on arrive à le respecter, mais c'est sûr qu'il
n'y a pas juste les nombres. Il y a des réalités, comme vous l'avez mentionné,
géographiques, de distance, de croissance qui est variable, et dans les
circonstances, on a jugé que la <proposition...
M. Bouchard (Kevin) :
...distance,
de croissance qui est variable, et dans les circonstances, on a jugé que la
>proposition était appropriée.
M. Fortin :Je comprends votre jugement... Puis je ne sais pas combien
de temps il me reste...
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : ...6 min 26 s, M. le député.
M. Fortin :Je comprends votre jugement initial de la proposition que
vous faites, et je vous entends, mais je vous demande d'être conséquents avec
vous-mêmes. Ce que vous avez fait en 2018, là, c'est vous avez pris une région
qui était sous-représentée, vous l'avez dit dans votre rapport, vous avez dit :
Les Laurentides sont à plus 12 %, on ne peut pas laisser les choses comme
ça, et vous êtes allés dans une région, la Mauricie, à ce moment-là, qui
aujourd'hui, là, est sous-représentée parce qu'on leur a retiré un siège, là,
et vous vous êtes dit : Ce siège-là, il fait plus de sens là. Regardez les
différences entre l'Outaouais, le Saguenay, les Laurentides. Aujourd'hui, si
vous ajoutez, là, si on ne le prend même pas ailleurs, là, vous faites juste
ajouter un siège à l'Outaouais, on est encore sous-représentés par rapport au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
encore.
Donc, je vous demande, dans ce cas-ci, là,
en prenant l'exemple du Saguenay, le delta, là, vous pouvez le diminuer de plus
que moitié. Il me semble, en toute... en tout respect de l'exercice que vous
avez fait, qui n'est pas un exercice simple, il me semble que votre objectif c'est
de se rapprocher de cet écart nul entre les régions. Vous avez raison, vous
avez des barèmes dans la loi qui vous empêchent d'aller à plus, moins 25, mais
à l'intérieur de la loi puis à l'intérieur de votre mandat, et je vous ai
entendus le dire ce matin, là, votre objectif devrait toujours être de se
rapprocher de ce zéro-là.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le président, monsieur...
M. Blanchet
(Jean-François) :...on pourrait appliquer
ça, effectivement, mais il y aurait beaucoup plus... On ne pourrait pas faire
ça juste dans l'Outaouais. Donc, on devrait en tenir compte partout à travers
la province. Si on fait ça, on va inévitablement devoir retirer beaucoup plus
de circonscriptions pour répondre à de la... au côté mathématique que vous
amenez pour votre région. C'est-à-dire que si on prend compte de tout ce que...
de ce que vous demandez pour, mettons, la région de l'Outaouais, si on
l'applique, cette mathématique-là, aux autres régions du Québec, on doit en
ajouter et en retirer beaucoup plus.
M. Fortin :Je vous... Je vous le soumets, là, faites-le, l'exercice,
là, vous allez... pour la région, là, vous allez voir que ça ne tient pas la
route. Mais j'ai une dernière question pour les commissaires enfin. Pourquoi ne
pas appliquer exactement la même logique que vous avez appliquée en 2018 dans
le cas des Laurentides et de la Mauricie? Parce que le cas qu'on a devant nous,
là, il est encore plus flagrant que celui de la... des Laurentides et de la
Mauricie.
M. Blanchet
(Jean-François) :Ce qui a été fait en
2018, encore là, on prévoyait... On n'était pas en mesure de dire que la
croissance dans les Laurentides-Lanaudière allait continuer d'être
exponentielle comme elle l'a été. Donc, encore là, on est obligés de l'ajouter
parce que le... C'est 95 000 électeurs qui s'est rajouté dans cette
région-là. Donc, on n'a comme pas le choix d'en rajouter un autre. Puis on
comprend l'Outaouais, mais l'Outaouais est quand même... n'est pas la... est la
troisième région où est-ce qu'il y a le plus haut taux d'augmentation depuis la
dernière carte. Donc, c'est des choix qu'on devait faire. On comprend ce que...
ce que vous nous dites, on en prend note d'ailleurs, on va regarder qu'est-ce
qu'on peut faire, mais c'est sûr que je ne vous cacherai pas que c'est un...
des scénarios qu'on a évalués.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : M. le député de Pontiac.
M. Fortin :Bien, en conclusion, M. le Président, je... j'apprécie que
ça a déjà été évalué, ce que je vous demande aujourd'hui, c'est de le
réévaluer, de le regarder de fond en comble pour vous assurer d'une justice
entre les gens de chaque région administrative du Québec, là. Et vous le savez
comme moi, là, si les changements ne sont pas faits là, on va le regarder
encore la prochaine fois puis on va se dire : Mon Dieu, ça n'a pas de
sens, la région est rendue... Comment est-ce qu'on a laissé la région se rendre
à plus 20 ou plus 21, plus... comme région, là? Alors, faisons ce travail-là. Il
me semble, de mon point de vue, M. le Président, les gens de l'Outaouais
méritent d'avoir le même nombre de sièges à la même table que toutes les autres
régions.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Pontiac. Est-ce qu'il y a
un commentaire final de votre côté?
M. Blanchet
(Jean-François) :...apprécie ce qu'on a
entendu. On va... On va prendre en note, on va regarder avant la production du
deuxième rapport. Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Je vous remercie beaucoup, M. le député de Pontiac. Alors,
pour la continuité, je vais maintenant céder la parole à Mme la députée de Vaudreuil.
Nous allons discuter de la région de la Montérégie...
Mme Nichols : Oui,
merci, M. le Président. On va parler particulièrement du comté de Vaudreuil, je
vais laisser les autres collègues de la Montérégie faire les <représentations...
Mme Nichols :
...On
va parler particulièrement du comté de Vaudreuil, je vais laisser les autres
collègues de la Montérégie faire les >représentations pour leur comté,
et évidemment des commentaires en lien avec le rapport préliminaire déposé en
septembre... en septembre dernier, où le comté de Vaudreuil est vigoureusement
affecté par la proposition de redécoupage, un redécoupage, là, qui est pris...
Évidemment, je comprends que vous considérez que les comtés comme Vaudreuil, Soulanges,
Beauharnois, mais particulièrement Vaudreuil, Soulanges, sont en explosion
démographique et ce qui explique un peu, là, le redécoupage. On sait déjà, bien
sûr, j'ai déjà eu la possibilité de faire des représentations devant vous, ça
fait que je sais que vous connaissez les conclusions vers lesquelles je m'en
vais, mais je vais quand même prendre le temps, M. le Président, là, de les...
de les exprimer ici, à la commission.
Donc, dans le rapport préliminaire, on
suggère un important brassage entre les trois comtés qui sont Vaudreuil,
Soulanges, Beauharnois, puis ça paraît à prime abord comme une solution qui est
temporairement inefficace. Inefficace, puis je vais... je vais même aller un
peu plus loin, je vais dire incohérente, incohérente avec la réalité régionale,
parce que ça porte une atteinte à l'identité, à l'identité locale, mais
l'identité aussi régionale puis à la dynamique régionale de la grande région Vaudreuil-Soulanges.
Puis je vais laisser la députée de Soulanges, là, faire les représentations,
mais son comté est particulièrement touché parce qu'il y a même une partie de
son comté qui s'en va l'autre côté de la rive, qui est... qui est complètement...
qui est complètement illogique, illogique pour le... pour ses citoyens, mais je
vais... je vais la laisser faire ses représentations.
Je vais faire une petite parenthèse
d'abord par rapport au rôle des élus, par rapport au rôle des députés, parce
qu'on avait lu des commentaires à l'effet que ce n'était peut-être pas
nécessaire, là, d'écouter les députés. Bien, je veux avant tout réitérer
l'importance de permettre aux députés de partager avec les membres de la commission
leur connaissance approfondie du terrain.
Les citoyens... Les citoyens ont le
réflexe d'appeler à nos bureaux pour nous donner leurs commentaires, mais je
pense que c'est à nous, les députés, de vous le rapporter. On considère les
observations de nos... de nos citoyens, on entend leur voix, on entend la voix
aussi de nos élus municipaux qui souvent se rapportent à nous, donc je réitère
toute l'importance de la parole des élus ici parce qu'on représente les... On
représente notre population, on représente le pouls puis on représente la
proximité, donc je pense que c'est important de considérer la tâche qui nous...
qui nous incombe tant dans les... dans les différents comtés affectés.
Ce qui m'embête un peu dans la proposition
de la commission, c'est là où on vient scinder la municipalité de
Vaudreuil-Dorion. Le comté de Vaudreuil, c'est sept municipalités, donc je
travaille avec sept élus, et dans le rapport préliminaire, ici, on propose de
scinder Vaudreuil-Dorion. Ça semble autant illogique qu'une source de
complication avec des conséquences de créer de la confusion auprès des
citoyens, mais aussi auprès des élus municipaux.
On le voit, c'est un incontournable pour
les villes de l'ampleur comme Montréal, Laval, où ils ont plusieurs maires,
mais je vous le réitère, Vaudreuil est une région. Vaudreuil est une région, on
ne fait pas partie de Montréal, donc c'est incompréhensible de scinder une
seule municipalité, qui est certainement la plus importante du comté de
Vaudreuil, de la scinder en deux. D'abord, parce que ça ne respecte pas les
délimitations naturelles et les lignes territoriales naturelles, puis je le
sais que vous l'avez entendu, je l'ai entendu ce matin aussi, mais je l'ai
entendu aussi dans... dans la tournée que vous avez faite, mais c'est un aspect,
tu sais, c'est un aspect important.
Puis je vais même aller un peu plus loin,
là, puis ça risque d'être très direct, mais dire qu'on prenne une municipalité
puis qu'on l'envoie dans un autre comté, c'est correct. Tu sais, je pense qu'à
la limite, on est capables de vivre avec ça. Moi, ça m'est arrivé en 2008, je
voulais en parler un peu plus tard, mais je vais vous en parler tout de suite, mais
en 2008 on a pris Hudson dans le comté de Vaudreuil, puis on l'a envoyé dans
Soulanges. En 2008, ce n'est pas vrai, en 2018... Non, 2018... Oui, je vais
vous revenir pour 2008, là, on avait un... il y a eu une création d'un comté un
peu boboche, en... Non, c'était avant ça même, en... En tout cas je vais vous
revenir... je vais vous revenir avec ça. Mais c'était en 2018, on a pris Hudson
puis on l'a envoyé dans Soulanges. Bien, je vous le dis, les élections 2018
puis les élections 2022, là, on appelait encore à mon bureau de comté pour
me dire que je n'avais pas mes pancartes électorales dans Hudson. Puis encore
aujourd'hui, là, je reçois des appels de citoyens de Hudson qui me demandent :
Bien, vous êtes ma députée, pouvez-vous parrainer ma pétition? Vous êtes ma
députée. Ça fait que ça crée une confusion auprès... auprès des citoyens. Ça
fait que c'est pour ça que je vous dis que s'il faut venir scinder
Vaudreuil-Dorion en deux, puis il va falloir expliquer pas juste aux élus, mais
il va falloir expliquer aux citoyens que d'un côté de la rue, c'est Soulanges,
puis de l'autre côté de la rue, c'est Vaudreuil, là, c'est... Je vois <déjà...
Mme Nichols :
...pas
juste aux élus, mais il va falloir expliquer aux citoyens que d'un côté de la
rue, c'est Soulanges, puis de l'autre côté de la rue, c'est Vaudreuil, là,
c'est... Je vois >déjà, là, la grande... la grande problématique.
L'autre chose que je voulais... Bien, je
vous l'ai... Je vous l'ai dit, que je vous en parlerais, là, mais il y avait eu
une expérience un peu, peu concluante du comté de Salaberry-Soulanges en 1988...
Oui, j'ai vu les petits yeux, mais oui, M. Blanchet, vous vous en souvenez
sûrement, mais 1988-2001, il y avait... C'est un épisode, c'est quand même
assez récent, là, mais c'est un épisode durant lequel il y a une section du
territoire de Soulanges qui avait été déplacée dans la circonscription voisine,
donc il y avait les populations de Salaberry-de-Valleyfield et de Beauharnois,
puis on appelait ça le comté de... le comté de Salaberry-Soulanges. Ça n'a pas
fonctionné. Ça n'a pas fonctionné. D'ailleurs, heureusement, en 2001, la
commission a corrigé cette incohérence territoriale là qui avait été introduite
en 1988 parce que c'était trop évident qu'il s'agissait d'une communauté qui ne
partageait pas les mêmes préoccupations identitaires, sociales, économiques. Donc,
il y avait eu une correction en 2001 qui avait été faite. Je pense que c'est
important. Je ne sais pas si les autres députés le savaient, mais il y a déjà
eu un comté qui a été créé, puis on l'a changé parce que, justement, ça ne
fonctionnait pas, il y avait des divergences dans les besoins de la population.
Puis là, je donne un exemple comme ça, mais Valleyfield était une ancienne
ville industrielle, alors que Soulanges avait plus un caractère champêtre, donc
on n'arrivait pas à se rejoindre, puis c'était même... même compliqué pour
certains dossiers. Mais, encore là, il y avait une séparation naturelle,
physique entre les deux secteurs. Ça ne fonctionnait pas, ça...
Puis je vais aller aussi loin que, si je
le compare maintenant à Vaudreuil‑Soulanges, bien, le comté de Vaudreuil est un
peu plus urbanisé. Le comté de Vaudreuil, si on compare à Soulanges, où
Soulanges est un peu plus rural, bien, venir scinder la municipalité qui est
justement la plus urbanisée en deux pour en envoyer une partie dans un comté
qui est plus rural, je m'explique difficilement, difficilement la logique. Mais
qu'on prenne des plus petites municipalités, puis je vais nommer, entre autres,
moi j'ai L'Île‑Cadieux, qui est 118 de population, bien, tu sais, si on prenait
L'Île‑Cadieux puis on l'envoie dans la... dans le comté de Soulanges, bien, il
y a une... bien qu'il y a des services qui sont quand même partagés, partagés
dans le... dans le comté de Vaudreuil, bien, je trouve qu'il y a une
explication qui est plus... plus logique ou, du moins, plus facile.
• (15 h 50) •
Je porte à l'attention de la commission
aussi le contexte actuel. Je regardais les chiffres, le comté de Vaudreuil,
selon vos chiffres, c'est environ 62 000 électeurs, ce qui le place à
plus de 22,8 % au-dessus de la moyenne. Du côté de Soulanges, bien, le
comté, c'était 60 846 électeurs, c'est à peu près 20 % au-dessus
de la moyenne, tandis que le comté de Beauharnois, c'est 51 384, à peu
près 1,4 % au-dessus de la moyenne. Donc, quand on vient rebrasser tout
ça, là, après tous les nombreux mouvements de transferts de territoire, parce
qu'on en transfère en tabarouette dans ces trois comtés‑là, des territoires, si
on se dit, Vaudreuil-Soulanges, c'est en explosion démographique, on va en
envoyer dans Beauharnois sans tenir compte des lignes territoriales, même s'il
y a le fleuve qui les coupe en deux, ce n'est pas grave, on les envoie à
l'autre côté, bien, à la fin, là, ce n'est pas logique. J'ai l'impression qu'on
vient changer, je vais dire, quatre trente-sous pour une piasse, là. Ça fait
que j'ai l'impression que ce rebrassage-là, tu sais, ça ne sert à rien. Puis je
reviens encore, là, sur la proposition de scinder Vaudreuil‑Dorion pour en
transférer une partie considérable à son comté voisin, Soulanges, bien, c'est
une proposition aussi précaire que Vaudreuil se verrait dans l'obligation de
transférer du territoire dans Beauharnois. Ça fait que, dans le fond, ça va
juste... Ce n'est pas un... Ce n'est même pas un décalage... un décalage
logique.
Je suis d'avis que la proposition de la
commission n'est ni satisfaisante ni optimale dans la mesure où les liens
d'appartenance qu'entretiennent les citoyens de Vaudreuil-Dorion envers leurs
concitoyens n'a pas été pris en considération, qu'une fois scindée la circonscription
ne représenterait plus... ça ne serait plus une communauté naturelle établie
sur des considérations d'ordre démographique, géographique et sociologique,
comme le stipule l'article 15 de la Loi électorale. Donc, de toute
évidence, les limites de la municipalité la plus importante du comté ne
seraient plus respectées.
Vous le savez, notre rôle à l'Assemblée
nationale, c'est évidemment de représenter les citoyens de notre comté. Donc,
je représente les citoyens de Vaudreuil. Je ne vous cache pas que plusieurs ont
été, comme je disais un peu plus tôt, ont été un peu ébranlés. Puis je vais
vous raconter une anecdote. Dans le... Un journaliste local s'est trompé quand
il parlait de la reconfiguration des délimitations électorales, puis au lieu de
mentionner que, dans le rapport préliminaire, vous envoyez Vaudreuil-sur-le-Lac
dans le comté de Soulanges, il a <plutôt...
Mme Nichols :
...délimitations
électorales, puis au lieu de mentionner que, dans le rapport préliminaire, vous
envoyez Vaudreuil‑sur‑le‑Lac dans le comté de Soulanges, il a >plutôt écrit
qu'on envoyait Terrasse-Vaudreuil dans le comté de Soulanges, puis c'est une
autre municipalité du comté. Je vous dis, j'ai reçu un volume d'appels au
bureau assez incroyable, pas autant que le pont de l'Île-aux-Tourtes, là, mais
du... du moins un volume d'appels assez incroyable des citoyens qui ne
comprenaient pas pourquoi ils s'en iraient dans Soulanges.
Donc, c'est juste pour vous donner un
exemple ou pour... Parce que je l'entends, là, j'ai suivi la commission aussi
ce matin, puis j'ai... je suis allée aussi à Valleyfield quand il y a eu les
élus municipaux qui sont venus, ou même des citoyens qui sont venus faire des
représentations, tu sais, les... On dit que les citoyens se sentent plus ou moins
concernés, mais moi, je vais vous dire que le téléphone se met à sonner quand
il y a quelque chose qui leur appartient, parce qu'ils se sentent un peu comme
ça, il y a un sentiment d'appartenance très fort souvent envers une région,
envers un élu, envers leur maire, envers... puis qu'on les... on les déracine
pour les envoyer ailleurs, ils sont... En tout cas, je vous le dis, moi, ça, ça
a été une anecdote assez particulière dans le comté. Le journaliste a dû se...
a dû faire les corrections... les corrections nécessaires.
En gros... En gros, la commission a fait
référence au rythme de croissance de Vaudreuil dans son rapport, mais surtout
la commission a présumé sur des bases inconnues que la tendance de croissance
allait se poursuivre. Moi, j'avais un doute parce que les acteurs sur le
terrain sont... tu sais, le disent, là, que Vaudreuil est quand même saturé.
Dans les sept municipalités du comté de Vaudreuil, il n'y en a pas... il n'y en
a pas d'autres terrains à développer à part les parcs industriels. Donc le parc
industriel, évidemment, on n'en... on n'en tient pas compte. Donc si la
commission avait à considérer les enjeux disponibles de logement, des terrains
résidentiels, commerciaux, des terres agricoles, bien, la commission, elle
n'aurait pas présumé que la croissance continuerait de se perpétuer au même...
au même rythme. Donc, je ne sais pas quelle est la base, tu sais, quelle est la
base en tant que telle pour présumer de cette croissance-là du comté de
Vaudreuil, mais comme... Je vous donne la municipalité de Vaudreuil-Dorion,
mais sincèrement, comme terrains à développer, tout ce qui reste, c'est dans le
parc industriel, donc il n'y aura pas tant d'électeurs qui vont aller s'établir
dans le... dans le parc industriel.
Donc, pour l'ensemble des raisons qu'on a
exposées aujourd'hui ou les journées précédentes, je recommande à la commission
de la représentation que si elle devait appliquer quelques-unes des
recommandations, bien, c'est d'utiliser essentiellement le critère de la
délimitation naturelle auquel s'identifient, entre autres, les citoyens. On
serait en mesure de comprendre, en conclusion, si les municipalités, comme vous
le proposez, de L'Île-Cadieux ou de Vaudreuil-sur-le-Lac étaient retirées du
comté pour s'en aller dans Soulanges, un peu comme on l'a fait en 2018 avec
Hudson. Quant à la possibilité où ce qui est... ce qui est proposé, de scinder
une partie de la ville de Vaudreuil-Dorion pour transférer dans un autre comté,
je vous le dis, c'est facile sur papier, mais c'est beaucoup plus difficile à
gérer en réalité. Ça fait que je vous demande de... je vous demande évidemment
d'en tenir compte, de tenir compte de la réalité citoyenne, de tenir compte de
l'identité territoriale et surtout du respect des communautés... des
communautés naturelles.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Vaudreuil. Alors, M. le président
de la commission électorale... révision de la commission électorale ou Mme la
commissaire, M. le commissaire.
M. Blanchet
(Jean-François) :On n'a pas de
commentaire. On avait déjà entendu quand même puis on a pris note.
Mme Nichols : ...que
vous avez entendu, que vous avez pris des notes, puis on compte évidemment... L'ensemble
du comté de Vaudreuil compte sur votre... votre collaboration.
M. Blanchet
(Jean-François) :Oui.C'est bon.
Mme Nichols : Merci
beaucoup.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Vaudreuil. Donc, je
comprends que ça conclut votre intervention pour cet après-midi. Merci
beaucoup.
Alors, nous allons poursuivre maintenant
nos échanges, toujours avec la région de la Montérégie, et je cède la parole à
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
M. le Président. Très content de vous retrouver. Salutations aux collègues de
la Commission de l'Assemblée nationale, très heureux de vous voir. M. le
directeur général des élections, M. Blanchet, Mme Gravel,
M. Bouchard, commissaires de la Commission de la représentation électorale.
Alors, bonjour. Je suis heureux de vous voir à l'Assemblée nationale pour cet
important exercice relativement à la révision de la carte électorale. Vous avez
déposé un rapport en septembre 2023, donc la première étape de trois
rapports qui seront déposés en prévision de la modification de la Loi
électorale pour l'élection de 2026. J'ai entendu mes collègues préalablement
qui sont intervenus de toutes les formations politiques ici pour dire que c'est
un exercice extrêmement important, et c'est vrai que c'en est un. Et, surtout,
vous avez une lourde <responsabilité...
M. Jolin-Barrette :
...de
toutes les formations politiques ici pour dire que c'est un exercice
extrêmement important, et c'est vrai que c'en est un. Et, surtout, vous avez
une lourde >responsabilité d'assurer une juste représentation de
l'ensemble des citoyens en prenant en compte, un, le niveau de population, mais
également la réalité sur le terrain. Et ça, je pense que c'est fondamental et
je vais articuler mon propos en ce sens. Alors, vous me permettrez d'y aller
avec l'allocution que j'ai préparée.
Alors, je suis avec vous ici pour vous
faire part de mes préoccupations par rapport à votre proposition de
délimitation des circonscriptions électorales pour les régions de Montréal et
de la Montérégie, ainsi que pour vous parler des impacts des modifications que
vous proposez aux délimitations de la circonscription électorale que je
représente à l'Assemble nationale, soit la circonscription de Borduas. Vous me
permettrez également de vous parler des différentes régions du Québec,
également. Je vais l'aborder en fin de mon propos.
Alors, permettez-moi d'emblée de rappeler
aux gens qui nous écoutent les grands principes qui gouvernent l'exercice de
délimitation des circonscriptions électorales. Ils sont énoncés aux articles 15
et 16 de la Loi électorale.
Article 15 : «La circonscription
représente une communauté naturelle établie en se fondant sur des
considérations d'ordre démographique, géographique et sociologique, telles que
la densité de la population, le taux relatif de croissance de la population,
l'accessibilité, la superficie et la configuration de la région, les frontières
naturelles du milieu ainsi que les territoires des municipalités locales.»
L'article 16 : «Chaque
circonscription doit être délimitée de façon que, d'après la liste électorale
permanente, le nombre d'électeurs dans une circonscription ne soit ni supérieur
ni inférieur de plus de 25% au quotient obtenu par la division du nombre total
d'électeurs par le nombre de circonscriptions.»
• (16 heures) •
Je pense que je ne vous apprends rien,
vous devez être des spécialistes de ces deux dispositions-là, mais mon propos
va s'articuler autour de ces deux éléments-là, surtout sur l'appréciation de
ces deux articles-là. Alors, mon propos est basé beaucoup sur la
représentativité électorale, et il y a actuellement un déficit de
représentativité des électeurs de la Montérégie par rapport à ceux de Montréal
et par rapport à ceux des régions. Et loin de régler ce déficit, la proposition
que vous mettez de l'avant ne fait qu'à mon avis l'amplifier.
En effet, lors du dernier redécoupage de
la carte électorale qui s'est finalisé en 2017, basé sur des chiffres datant de
2014 en ce qui concerne le nombre d'électeurs, les 27 circonscriptions
situées sur l'île de Montréal comportaient un nombre moyen de 48 3080 électeurs,
alors que les circonscriptions de la Montérégie en comportaient un nombre moyen
de 50 516, soit 2 136 électeurs de plus pour les
circonscriptions de la Montérégie que pour celles de Montréal. Autrement dit,
4,41 % d'électeurs de plus pour les circonscriptions de la Montérégie
plutôt que celles de Montréal. Et lorsque je parle de Montréal, je parle de
l'île de Montréal.
Aujourd'hui, dans la proposition que vous
mettez de l'avant, et malgré le fait que vous proposez de retrancher une
circonscription sur l'île de Montréal, les circonscriptions sur celles-ci, donc
l'île de Montréal, comporteraient en moyenne 50 046 électeurs et
celles de la Montérégie en comporteraient en moyenne 53 359 électeurs,
soit 3 313 électeurs de plus pour les circonscriptions de la
Montérégie que pour celles de l'île de Montréal, soit 6,2 % électeurs de
plus pour les circonscriptions de la Montérégie.
Alors, le constat, c'est que l'écart se
creuse, passant de 2 140 électeurs actuellement, en moyenne, avec les
chiffres de 2014, à 3 313 électeurs, en moyenne, par circonscription,
un débalancement encore plus accentué actuellement en faveur de Montréal par
rapport à la Montérégie, qui est limitrophe de Montréal. C'est un choix qui est
questionnable et qui est perpétué depuis fort longtemps par les différentes
commissions de révision électorale.
Notons également qu'en 2017 Montréal avait
un nombre moyen d'électeurs à toutes fins pratiques identique à la moyenne
québécoise, soit 48 380 électeurs par circonscription, alors que la
moyenne québécoise était de 48 387 électeurs. La proposition de 2023
prévoit un nombre moyen de 50 046 électeurs à Montréal, alors que la
moyenne québécoise est de 50 694 électeurs. Montréal a donc une
moyenne de 648 électeurs de moins par circonscription que la moyenne
québécoise. Encore une fois, Montréal se retrouve surreprésentée par rapport à
l'ensemble des régions du Québec et particulièrement par rapport à la
Montérégie.
À Montréal, sur les 26 circonscriptions
que vous proposez dans votre rapport préliminaire, 15, 15 sur 26 ont déjà un
nombre d'électeurs inférieur à la moyenne québécoise. Parmi ces 15 circonscriptions,
10 ont eu un taux de croissance négatif de la population au cours de la période
allant de 2014 à 2023. Parmi ces circonscriptions, notons la circonscription de
Bourassa-Sauvé, 46 339 électeurs, soit 8,6 % sous la moyenne
québécoise, dont le taux de croissance...
16 h (version révisée)
M. Jolin-Barrette : ... à
2023. Parmi ces circonscriptions, notons la circonscription de Bourassa-Sauvé,
46 339 électeurs, soit 8,6 % sous la moyenne québécoise, dont le
taux de croissance de la population entre 2014 et 2023 était de moins
4,5 %; Marquette, la circonscription de Marquette, 45 705 électeurs,
soit 9,8 % sous la moyenne québécoise, dont le taux de croissance de la
population entre 2014 et 2023 était de moins 1,8 %; Notre-Dame-de-Grâce,
la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce, 46 794 électeurs, soit
7,7 % sous la moyenne québécoise, dont le taux de croissance de la
population entre 2014 et 2023 était de moins 2,1 %; la circonscription de
Viau, 48 965 électeurs, soit 3,4 % sous la moyenne québécoise,
dont le taux de croissance de la population entre 2014 et 2023 était de moins
4,3 %.
Pendant ce temps-là, en Montérégie, nous
observons le phénomène inverse. Sur les 20 circonscriptions proposées, 16 circonscriptions
ont un nombre d'électeurs supérieur à la moyenne québécoise. On se souvient
que, pour Montréal, hein, c'est 15 sur 26 qui sont inférieures. Là, on est 16
sur 20 qui sont supérieures à la moyenne québécoise. Plusieurs d'entre elles,
dont la circonscription de Borduas, ont un nombre d'électeurs bien au-delà de
la moyenne québécoise et connaissent une croissance élevée. Par exemple, notons
la circonscription de Beauharnois, 59 808 électeurs, soit 18 %
au-delà de la moyenne québécoise, dont le taux de croissance de la population
entre 2014 et 2023 était de 9,8 %; Borduas, 56 409 électeurs, ma
circonscription, soit 11,3 % au-delà de la moyenne québécoise, dont le
taux de croissance de la population entre 2014 et 2023 était de 6,4 %;
Saint-Jean, 56 439 électeurs, soit 11,3 % au-delà de la moyenne
québécoise, dont le taux de croissance de la population entre 2014 et 2023
était de 5,7 %; Soulanges, 54 393 électeurs, soit 7,3 % au-delà
de la moyenne québécoise, dont le taux de croissance de la population entre
2014 et 2023 était de 14,3 %.
Vous conviendrez avec moi qu'il y a des
questions à se poser relativement au fait que Montréal, malgré le fait qu'il y
a un taux de croissance négatif, continue d'avoir un nombre inférieur d'électeurs
que les circonscriptions de la Montérégie qui sont limitrophes et qui ont un
facteur de croissance beaucoup plus élevé. Or, selon ce qui est énoncé à l'article 15
de la Loi électorale, la démographie et le taux relatif de croissance de la
population sont des facteurs qui doivent être considérés dans l'exercice de
délimitation des circonscriptions électorales. Ce facteur de la croissance
démographique ne semble pas avoir été pleinement considéré dans votre
proposition.
Comme vous le mentionnez dans votre
rapport préliminaire, entre novembre 2014 et avril 2023, la population de la Montérégie
a vu sa population électorale augmenter de façon notable, avec un taux de
croissance de 6,5 %. Au cours de la même période, l'île de Montréal a
connu une croissance négative de moins 0,4 %. Dans votre rapport
concernant l'île de Montréal, vous mentionnez, et je cite : «Dans
certaines régions périphériques, la croissance démographique s'est poursuivie
au détriment des grands centres urbains. Cette tendance a été particulièrement
marquée dans la grande région de Montréal, où l'on a observé une accélération
des mouvements de population vers ses couronnes immédiates et éloignées.»
Je vous soumets très respectueusement qu'un
électeur de la Montérégie ne vaut pas moins qu'un électeur de Montréal. Et
cette tendance-là, depuis des dizaines et des dizaines d'années, est présente,
et je vous invite à corriger la situation.
Vous anticipez même que la diminution du
nombre d'électeurs se poursuivra sur l'île de Montréal. Je vous réfère ici aux
pages 27 et 55 de votre rapport. Pour combler cet écart entre Montréal et
ses couronnes, votre proposition retranche une circonscription sur l'île de
Montréal pour en ajouter une dans les Laurentides-Lanaudière. Cependant, cela
ne règle pas l'écart entre l'île de Montréal et la Montérégie. En effet, selon
les données de l'Institut de la statistique du Québec, la région de Montréal
connaîtra un taux de croissance de la population de 3,1 % pour la période
allant de 2021 à 2041, tandis que celui de la Montérégie, pour la même période,
s'établira à 15,7 %, la population du Québec devant, quant à elle, croître
à un rythme de 10,3 %.
Alors, si on fait un exercice, pour
Montréal, l'Institut de la statistique prévoit un taux de croissance de
3,1 % sur une période de 20 ans. Nous pouvons extrapoler que ce
serait un taux de croissance approximatif de 1,4 % pour une période de
huit ans, soit la période nous menant à la prochaine révision de la carte
électorale. À l'échéance, les circonscriptions montréalaises compteraient en
moyenne 50 667 électeurs. En faisant le même exercice, le taux de
croissance approximatif pour la Montérégie serait de 6,28 %. En 2031, les
circonscriptions électorales de la Montérégie comporteraient en moyenne 56 710 électeurs,
soit une différence moyenne de 6 043 électeurs par circonscription.
Pendant la même période et suivant le même calcul, le nombre d'électeurs moyen
par circonscription au Québec pourrait s'établir à 52 783 électeurs.
C'est donc dire qu'à terme les circonscriptions de la Montérégie auraient un
nombre moyen d'électeurs de 7,44 % <supérieur...
M. Jolin-Barrette :
...les
circonscriptions de la Montérégie auraient un nombre moyen d'électeurs de 7,44
% >supérieur à la moyenne québécoise, alors que le nombre d'électeurs de
celles de Montréal serait de moins 4 %.
Devant ces données, il est difficile de
comprendre que votre proposition pour l'île de Montréal prévoie une moyenne de
50 046 électeurs par circonscription, soit en deçà de la moyenne
québécoise, sachant que la surreprésentativité des électeurs de Montréal ne
fera que croître au cours des prochaines années. Cette proposition est d'autant
plus difficile à comprendre alors que l'île de Montréal est densément peuplée.
En effet, la région de Montréal compte 4 101,9 habitants par
kilomètre carré, alors que la Montérégie en compte 167,3. Cette réalité
géographique devrait plaider en faveur d'un nombre d'électeurs supérieur à la
moyenne nationale à Montréal.
Et vous permettrez ici... me permettrez de
parler des régions, aussi, du Québec. Il y a des collègues qui sont venus vous
parler, notamment, sur l'importante distance dans les régions du Québec, sur la
difficulté pour un député de rejoindre ses commettants, ses électeurs, le
travail terrain. Et là on se retrouve dans une situation où il y a un choix qui
est fait par la commission de révision électorale, encore une fois, de
favoriser Montréal, de faire en sorte, malgré le fait que tous les services
sont à Montréal, la proximité, les quartiers, la densité de la population... on
maintient un nombre plus élevé de circonscriptions par moyenne d'habitants par
rapport aux régions limitrophes, mais aussi en ne prenant pas en compte la
réalité des gens qui vivent en région. Et ça, je pense que c'est le grand
oublié dans l'exercice qui est fait par rapport à la révision de la carte
électorale. Les électeurs de la Montérégie ont besoin de leurs députés, ont
besoin de services, tout comme ceux de Montréal, mais il y a un débalancement
historique qui n'est pas corrigé, en faveur de Montréal, au détriment des
régions, incluant celle de la Montérégie, et je pense notamment à mes collègues
de la Gaspésie, qui vivent une situation qui est extrêmement difficile.
Alors, pour toutes ces raisons, je vous
demande de retrancher une circonscription électorale supplémentaire sur l'île
de Montréal pour l'ajouter en Montérégie.
• (16 h 10) •
En ce qui concerne la circonscription de
Borduas maintenant. Permettez-moi de faire un bref historique. Je pense que
vous connaissez bien la circonscription. Alors, elle a été créée en 1992 pour
l'élection de 1994, et cette circonscription, au départ, comportait les
municipalités suivantes, soit Saint-Mathieu-de-Beloeil, McMasterville, Beloeil,
Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park et Saint-Jean-Baptiste, et ses limites sont
demeurées inchangées jusqu'en 2011. Lors du redécoupage de la carte électorale
de 2011, la circonscription de Borduas connaît des modifications importantes.
En effet, lors de ce redécoupage, les municipalités de
Saint-Antoine-sur-Richelieu, Saint-Marc-sur-Richelieu, Saint-Denis-sur-Richelieu,
Saint-Charles-sur-Richelieu, Sainte-Madeleine et Sainte-Marie-Madeleine,
jusqu'alors dans la circonscription de Verchères, sont ajoutées à la
circonscription.
12 ans plus tard, la circonscription
se retrouve maintenant avec 60 365 électeurs, soit 19,1 % de
plus que la moyenne québécoise. Vous estimez d'ailleurs que cet écart par
rapport à la moyenne québécoise et un taux de croissance de 6,1 % dans la
circonscription... que la situation, elle est préoccupante. Et, pour remédier
au problème, vous proposez de retrancher les circonscriptions... de la
circonscription les municipalités de Sainte-Madeleine et Sainte-Marie-Madeleine
afin de baisser le nombre d'électeurs à 56 407 électeurs, ce qui est
tout de même de 11,3 % au-delà de la moyenne québécoise. Or, avec le taux
de croissance de la population estimé pour la Montérégie, selon le même
exercice que nous avons fait précédemment, en 2031, la circonscription de
Borduas compterait 59 949 électeurs, soit 7 166 électeurs
de plus que la moyenne québécoise, estimée à 52 783 électeurs, ou
13,57 % de plus. Pour réellement rétablir une équité pour les électeurs de
la circonscription et éviter une fois de plus que ceux-ci se retrouvent à terme...
et faire face à un important déficit de représentativité, il faudrait
reconsidérer un redécoupage de ce que vous avez proposé. En prenant en compte
la réalité des six villes originales de la circonscription, vous vous
retrouveriez, pour la circonscription de Borduas, à être pratiquement sur le
chiffre de la moyenne nationale.
Pour un député, c'est extrêmement
difficile de présenter ce que je fais présentement, parce que nous aimons et
nous représentons l'ensemble des municipalités de notre circonscription. On a
tissé des liens avec les gens dans toutes les villes, dans tous les villages
qui composent notre circonscription, que ça soit Saint-Antoine,
Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint-Marc, Saint-Charles, Sainte-Madeleine,
Sainte-Marie-Madeleine, Saint-Mathieu-de-Beloeil, McMasterville, Otterburn,
Mont-Saint-Hilaire, Saint-Jean-Baptiste, Beloeil. Ce sont 12 villes que je
représente depuis 2014. Mais il y a une question à se poser pour la commission
de représentation électorale : Est-ce que les électeurs de la Montérégie
ont le droit, eux aussi, tout comme les électeurs de Montréal, d'avoir une
juste représentation? Parce que les services que nous offrons dans un bureau de
circonscription, pour les <députés...
M. Jolin-Barrette :
...Parce
que les services que nous offrons dans un bureau de circonscription, pour les
>députés qui sont en région, avec 12 municipalités,
12 conseils municipaux, 12 maires... On parle de dizaines de
conseillers municipaux. J'ai certains collègues qui se retrouvent avec
42 municipalités.
La réalité en région, en dehors de
Montréal, elle est fort différente. Et le message qui est reçu par les
électeurs, les citoyens vivant en région, en dehors de l'île de Montréal, c'est
de dire : Bien, écoutez, il y a une priorisation qui est faite pour
Montréal, alors qu'il y a un très grand nombre de services à Montréal, il y a
une concentration des services, il y a davantage d'accès. Vous pouvez vous
déplacer à Montréal sans véhicule. Malgré le fait que les élus locaux font un
excellent travail dans ma circonscription, lorsque vous êtes à
Saint-Jean-Baptiste, dans le rang du Cordon, c'est difficile de vous rendre à
l'épicerie, de vous rendre à la pharmacie, de vous rendre chez le médecin parce
que ça prend du transport. On met en place du transport en commun, mais ce
n'est pas du tout la même réalité qu'à Montréal.
Même chose pour l'accès aux députés aussi.
Quand vous avez un député qui doit faire 45 minutes de route... un citoyen
qui doit faire 45 minutes de route pour aller rencontrer son député, ça
doit être pris en compte. Et le député, malgré le fait qu'il travaille
extrêmement fort, qu'il travaille sept jours par semaine, qu'il est disponible
pour ses commettants, bien, il y a une réalité physique qu'il ne peut pas être
partout en même temps. Puis, vous voyez, autour de la table, vous avez des
députés de toutes les régions du Québec, mais ce que je connais de l'ensemble
de mes collègues, peu importe la formation politique sur... qu'ils
représentent, ils souhaitent offrir du service à leurs citoyens, d'être là pour
eux. Mais la proposition que vous faites, en débalançant les régions par
rapport à Montréal, ça amène une complexification de la représentation
effective pour les citoyens des régions, incluant celle de la Montérégie.
Donc, je ne m'étendrai pas davantage sur
ce point-là, je pense que j'ai été assez clair, mais la carte électorale que
vous présentez, elle doit être modifiée, bien entendu, en fonction des
mouvements de population. Mais je vous invite sérieusement à réfléchir à la
réalité de surreprésentation de l'île de Montréal par rapport aux couronnes
périphériques, mais également par rapport aux différentes régions du Québec. Et
vous me permettrez d'appuyer mes collègues de la Gaspésie aussi.
Le travail de député est un travail de
tous les instants, et, si on veut pouvoir permettre au député de rencontrer ses
électeurs, de les aider au quotidien, on doit leur permettre d'être accessibles.
Et, lorsque vous pouvez faire le tour de votre circonscription à pied, en
marchant dans un quartier, ce n'est pas la même chose que lorsque vous vous
retrouvez à 30 minutes en auto, 45 minutes, une heure, deux heures ou
même trois heures dans certains cas.
Alors, je vous remercie grandement de
m'avoir écouté. Je sais que vous avez un travail important et difficile à
faire, mais je ne doute pas que vous aimez votre expérience à l'Assemblée
nationale. Merci beaucoup pour votre présence.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Borduas. Il reste moins de
1 min 50 s.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci pour vos
commentaires.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Borduas.
Alors, nous allons donc poursuivre avec la
prochaine intervenante. Nous poursuivrons évidemment toujours sur la région de
la Montérégie. Et je vais céder la parole à Mme la députée de Laporte.
Mme Poulet : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci à tous. Chers collègues, bonjour. Merci à vous d'être...
votre présence à vous trois.
Moi, je vous amène ailleurs qu'un
redécoupage, je vous amène à renommer le nom de la circonscription Laporte pour
Pierre-Laporte. Alors, je vous explique pourquoi. Vous le savez, le décès
tragique de M. Laporte, en 1970, a touché à jamais l'histoire politique du
Québec. Les circonstances dans lesquelles il est décédé ne doivent jamais se
répéter. Nous avons un devoir collectif, envers lui et sa famille, de bien
immortaliser sa mémoire au niveau local.
Avant d'amorcer sa carrière politique, M.
Laporte a été journaliste. Il a notamment écrit un livre sur Maurice Duplessis.
Son parcours politique est bien garni. Il a été député de Chambly de 1961 à
1970, président du caucus des députés, whip, leader parlementaire, ministre des
Affaires municipales, ministre des Affaires culturelles, ministre de
l'Immigration, ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre dans les
gouvernements de Jean Lesage et Robert Bourassa, en plus d'être vice-premier
ministre de ce dernier. Alors, effectivement, il a un long parcours politique.
Malheureusement, 53 ans après sa
disparition, les nouvelles générations ne connaissent pas l'histoire de Pierre
Laporte et sa contribution à la politique québécoise. Je suis <venue...
Mme Poulet :
...pas
l'histoire de Pierre Laporte et sa contribution à la politique québécoise. Je
suis >venue à cette... constat-là quand j'ai fait mon porte-à-porte
l'année passée, quand les gens me posaient la question : Laporte, ça vient
d'où? Alors, je trouvais que c'était déplorable que les gens ne sachent pas
l'histoire locale, le... au niveau local, de M. Laporte.
Alors, évidemment, je n'aurais jamais
entrepris la démarche si la famille n'était pas en accord avec cette idée. C'est
pourquoi je les ai contactés. Et, avec satisfaction, j'ai reçu une lettre
d'appui signée par le fils de M. Laporte, Jean, qui mentionne que la famille
est entièrement d'accord avec cette proposition. Il ajoute que la modification
est aussi tout à fait alignée avec les nominations des infrastructures comme le
pont Pierre-Laporte, l'école Pierre-Laporte, le Centre sportif Pierre-Laporte.
Bien que ces dernières portent son nom, la bonne nomination de la
circonscription où M. Laporte résidait viendrait ajouter une signification
politique pour les générations futures.
J'ajouterais que 11 circonscriptions
portent actuellement le nom complet des personnes qui ont marqué l'histoire du
Québec : Jean-Lesage, Jean-Talon, Louis-Hébert, Camille-Laurin,
Jacques-Cartier, Marie-Victorin, et j'en passe.
Alors, ma proposition va donc dans le sens
de l'harmonisation avec la toponymie. J'ai entrepris des démarches afin d'aller
chercher l'appui d'intervenants municipaux. Alors, j'attends les résolutions,
incessamment, des villes de Brossard et de Longueuil et j'ai ici la résolution
de la ville de Saint-Lambert.
En terminant, j'insiste sur le fait que
nous avons un devoir de société envers la mémoire et la famille de Pierre
Laporte et j'espère que cette commission sera en accord avec moi pour procéder
à la modification et ainsi l'honorer au niveau local, mais pour toujours.
Voilà.
• (16 h 20) •
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Laporte. Est-ce que vous souhaitiez
déposer cette résolution à la commission? Si vous le souhaitez, on peut le
faire.
Mme Poulet : Oui, tout à
fait.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, ce sera soit distribué, donc ça veut dire seulement aux membres, ou
déposé, donc il serait rendu public. C'est à votre discrétion.
Mme Poulet : ...que ce soit
rendu public.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Déposé? Alors, c'est ce que nous allons faire.
Mme Poulet : Parfait.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Alors, messieurs, mesdames les commissaires, c'est à vous la parole.
Mme Gravel (Édith) : C'est
très clair.
M. Blanchet
(Jean-François) :C'est très clair. On n'a
pas de commentaire. Merci beaucoup.
Mme Gravel (Édith) : Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup. Alors, Mme la députée de Laporte, vous avez encore du
temps, si vous le souhaitez. Est-ce que vous souhaitez réintervenir?
Mme Poulet : ...je vous
remercie. Je pense que ça a été assez complet, là. Je pense qu'il est important
de... comme je l'ai mentionné, je le réitère, d'honorer, au niveau local... de
bien honorer la mémoire de Pierre Laporte.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
...votre intervention, Mme la députée de Laporte.
Alors, nous allons donc poursuivre, toujours
sur la région de la Montérégie, et la prochaine intervenante sera Mme la
députée de Soulanges. Je vous cède la parole pour un maximum de 20 minutes.
Mme Picard : Merci, M. le
Président. Merci aux membres de la commission aussi d'être présents à
l'Assemblée nationale aujourd'hui. À titre de députée de Soulanges, je sais que
la représentation est le moyen dont la démocratie se manifeste dans notre
système. J'aimerais aussi remercier les élus municipaux et les citoyens qui se
sont mobilisés pour faire entendre leurs voix lors des consultations
régionales.
L'histoire de Soulanges commence en 1701,
lorsque Pierre-Jacques Joybert de Soulanges prend l'initiative de demander au
roi la concession de la pointe de la langue de terre qui sépare la grande rivière
et la rivière des Outaouais. 150 ans plus tard, à la fin du régime seigneurial,
la circonscription de Soulanges est créée, ce qui a permis d'élire le premier
député à l'Assemblée législative de la province du Canada.
La grande région du Suroît se démarque par
les canaux qui les traversent, d'abord le canal de Beauharnois, qui a été
creusé en 1842. Puis, dû au manque de profondeur du canal de Beauharnois, le
canal de Soulanges a été creusé au nord à partir de 1892 pour répondre aux
besoins économiques de l'époque, jusqu'à l'ouverture de la voie maritime du
Saint-Laurent en 1959. Aux abords du canal de Soulanges, on retrouve l'ancienne
centrale hydroélectrique du canal, nommée le Petit Pouvoir, d'ailleurs classée
monument historique par le ministère de la Culture et des Communications du
Québec. De nos jours, une piste cyclable de 35 kilomètres faisant partie de
l'axe 5 de la route verte ainsi que de nombreux aménagements pédestres
sillonnent les berges du canal, ce qui en fait un lieu très apprécié des
citoyens de la circonscription, en plus d'être une partie intégrante du
patrimoine de Soulanges.
Après l'analyse du rapport préliminaire de
la commission, la nouvelle circonscription de Soulanges serait donc formée
d'une partie de la circonscription actuelle de Soulanges, de l'ajout des
municipalités de L'Île-Cadieux et de Vaudreuil-sur-le-Lac ainsi que d'une
partie de la ville de Vaudreuil-Dorion, située à la fois au nord et à l'ouest
des autoroutes de Félix-Leclerc, l'autoroute 40, et l'autoroute 30, l'autoroute
de l'Acier, sans oublier le retrait des municipalités de Coteau-du-Lac, et de
Les Cèdres, et de Pointe-des-Cascades. Ce sont
18 883 électeurs qui seraient déplacés d'une circonscription à <l'autre...
Mme Picard :
...Pointe-des-Cascades.
Ce sont 18 883 électeurs qui seraient déplacés d'une circonscription à
>l'autre. Je tiens à mentionner que l'on parle ici de près d'un électeur
sur trois de la circonscription qui serait affecté par votre proposition.
Je comprends que les membres de la
commission ont devant eux un défi en lien avec la croissance démographique
rapide de ces circonscriptions de Vaudreuil et de Soulanges, une croissance qui
dépasse la moyenne nationale. Cependant, je crois sincèrement que la
proposition incluse dans le rapport préliminaire de la commission ne correspond
pas à la réalité du sentiment d'appartenance des citoyens, sans passer sous
silence la réalité géographique, touristique et surtout historique de notre
région.
Tout d'abord, la commission propose
d'exclure le canal de Soulanges, et, par le fait même, le cœur historique de la
seigneurie de Soulanges, de la circonscription de Soulanges. Sans le cœur
historique de la circonscription, pourquoi est-ce qu'elle s'appellerait
toujours Soulanges? La proposition actuelle de redécoupage proposée par la commission
suscitera... suscitera définitivement de la confusion chez les citoyens. Cette
confusion pourrait apporter des situations complexes pour les députés et leur
personnel, qui offrent des services directs à la population.
Les communautés de Coteau-du-Lac, de Les
Cèdres et de Pointe-des-Cascades n'ont historiquement aucun lien avec
l'évolution historique de la circonscription de Beauharnois. Leur adhésion à la
circonscription de Soulanges et leur attraction en termes de services vers
Vaudreuil-Dorion en font une entité bien à part de celle de Beauharnois. Il
s'agit de la municipalité qui sont dans les MRC différentes.
Je suis aussi solidaire de la
circonscription de Beauharnois. Le transfert de quatre villes... villages de la
seigneurie historique de Beauharnois dans la circonscription de Huntingdon est
à... est à l'image d'un jeu de dominos. On veut faire de la place dans la
circonscription de Beauharnois et faire de la place dans la circonscription de
Soulanges pour ainsi corriger un déséquilibre d'électeurs dans Vaudreuil.
Ma première recommandation pour les
membres de la commission serait donc de mettre sur pause le redécoupage
proposé. La grande région du Suroît compte un léger excédent d'électeurs dans
les circonscriptions de Vaudreuil et celle de Soulanges, mais elle respecte la Loi
électorale.
Il y a trop d'électeurs, si on se fie aux
travaux de la commission, et ce trop-plein est insuffisant pour justifier la
création d'une nouvelle circonscription au moment présent. Il est trop tôt pour
commencer à prédire le futur, mais nous notons que les circonscriptions de
Beauharnois, Vaudreuil et Soulanges ont des taux de croissance environ trois
fois supérieurs à la moyenne de la province... à la moyenne provinciale et
parmi les plus élevés de la Montérégie. Si le surplus d'électeurs n'est pas
suffisant en date d'aujourd'hui et que la tendance démographique se maintient,
il y a fort à penser que, dans le futur, une nouvelle circonscription pourrait
s'ajouter dans le Suroît.
J'aimerais que les commissaires
comprennent que, pour la population, il y a un bénéfice à ne pas se faire
barouetter de circonscription en circonscription à chaque redécoupage
électoral. Les électeurs finissent par s'identifier à leurs circonscriptions
électorales, et la commission doit penser aux bénéfices reliés à la stabilité
des communautés. À preuve, comme la députée de Vaudreuil le mentionnait, mon
personnel reçoit encore, six ans plus tard, des téléphones des citoyens de
Hudson qui appellent la députée de Vaudreuil pour recevoir des services. De
tels changements de frontières prennent du temps à être intégrés par la
population.
Cela étant dit, si la commission souhaite
absolument intervenir afin de pallier à un déséquilibre du nombre d'électeurs
dans la région, mon collègue de Beauharnois va vous proposer, lors de ces
consultations, un scénario alternatif qui impliquerait moins d'électeurs, moins
de municipalités et qui parviendrait à des meilleurs résultats d'écart à la
moyenne que la proposition qui est déposée par la commission dans son rapport
préliminaire.
Un des enjeux qui est soulevé dans le
rapport de la commission est une perte d'une circonscription sur l'île de
Montréal. Plutôt que de regarder du côté des villages de Beauharnois, l'idée
d'intégrer les électeurs des municipalités de l'île Perrot dans la région
électorale de Montréal mérite aussi d'être explorée. Ces citoyens travaillent
généralement dans l'Ouest-de-l'Île, ils fréquentent les institutions de santé
et d'éducation de Montréal. Géographiquement, les électeurs sont déjà à
proximité et reliés par le pont Galipeault. Les trajets de transport en commun
existent déjà par trains, autobus et bientôt avec le REM. Finalement, les
administrations municipales se parlent déjà au sein de la Communauté
métropolitaine de Montréal, ce qui n'est pas le cas pour les municipalités de
Soulanges et de Beauharnois. Dans ma circonscription, seulement quatre
municipalités sur 16 sont en... sont membres, alors que, dans Beauharnois,
c'est un sur six.
Lors du dernier redécoupage, c'est la
municipalité de Hudson qui avait été transférée de Vaudreuil à Soulanges.
Ainsi, si la commission veut atteindre son objectif d'équilibrer le nombre
d'électeurs dans Soulanges et Vaudreuil, ma suggestion serait de regarder de ce
côté pour effectuer un rééquilibrage. Par mon expérience terrain, je peux vous
dire que les citoyens de Hudson s'identifient encore à
Vaudreuil.
Pour finir, je veux simplement <réitérer...
Mme Picard :
...citoyens
de Hudson s'identifient encore à Vaudreuil.
Pour finir, je veux simplement >réitérer
que, sur le plan actuel de la... que, sur le... que le plan actuel de la
commission bouscule beaucoup trop de communautés pour justifier une
intervention préventive dans les circonscriptions de Vaudreuil et Soulanges. Je
crois que le respect des communautés naturelles doit être pris en compte et que
la proposition préliminaire de la commission est bien plus nocive pour les
communautés du Suroît que les bénéfices qu'ils vont en tirer. Si toutefois la
commission souhaite aller de l'avant, je ne peux lui demander que de considérer
toutes les alternatives qui ont été proposées ici. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, Mme la députée de Soulanges. Alors, je veux offrir
l'opportunité aux membres de la commission de réagir.
Mme Gravel (Édith) : Bien, en
fait, ce qu'on comprend de votre... de vos commentaires, ce serait de regarder
davantage du côté de Montréal, peut-être, pour prévoir un rééquilibrage de
cette région-là.
Mme Picard : Oui. En fait, le
coeur de Soulanges, c'est son canal, donc c'est sûr que ça... ça, c'est...
c'est vraiment difficile pour la population, là, de comprendre qu'on serait...
qu'on serait séparés.
Bien, en fait, non, le statu quo, ce
serait ma position première, ça, c'est sûr et certain. Mais, si jamais vous
devez vérifier, bien, peut-être que ça pourrait être une option que vous
pourrez considérer.
• (16 h 30) •
Mme Gravel (Édith) : Parce
que le statu quo amène quand même une sous-représentation des électeurs de la
région que vous appelez le Suroît. Cet élément-là, est-ce que, pour vous, ça
amène quand même cette réflexion, là, dans le cadre de nos travaux?
Mme Picard : Bien, je pense
que, dans... dans les quatre prochaines années, on... oui, on va avoir un
surplus d'électeurs, un léger excédent, mais gérable, là. À mon bureau de
comté, ça va bien. Donc... Puis je pense que Vaudreuil aussi va bien. Donc, je
pense que le statu quo, pour l'instant... Parce que peut-être que, dans quatre
ans, on pourrait revoir puis peut-être ajouter un député, là, dans notre
région.
Mme Gravel (Édith) : Merci.
Une voix : C'est dans huit
ans.
Mme Picard : Dans huit ans.
Mme Gravel (Édith) : C'est
dans huit ans. On va...
Mme Picard : Oui, dans huit
ans.
Mme Gravel (Édith) : Oui,
c'est ça.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup. Est-ce que, Mme la députée de Soulanges, vous souhaitiez
intervenir de nouveau?
Mme Picard : Ah! non, merci.
Ça va être correct.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci à vous. Alors, cela met fin à cet échange entre la députée de
Soulanges et la commission.
Alors, nous allons maintenant procéder à
la prochaine intervention, toujours dans la région de la Montérégie, et je vais
maintenant céder la parole à Mme la députée de Huntingdon.
Mme Mallette : Merci, M. le
Président. Je salue M. le ministre, mes collègues députés, les commissaires.
Donc, je suis contente de reprendre la parole avec vous. On s'était rencontrés
le 7 novembre dernier lorsque vous avez fait les audiences, là, en région.
D'ailleurs, ça a été très apprécié que vous vous êtes déplacés pour voir la
région.
Moi, je vous dirais que je suis inquiète,
surtout suite aux propos que j'avais entendus, justement, le... de votre part,
là, le 7 novembre, quand vous avez parlé que Huntingdon était affectée par
le redécoupage suite à un effet domino, je reprends les propos, aussi, de ma
collègue. Donc, c'est un débordement. Nous, on a sept comtés limitrophes. Il
faut dire aussi qu'on a la très grande frontière avec les États-Unis ainsi que
l'Ontario. Puis donc sept autres circonscriptions touchent ma circonscription,
dont certaines, comme Saint-Jean, Soulanges et Beauharnois, ont un surplus de
population... puis, par effet domino, va déborder dans la circonscription qui a
la superficie... donc la densité de population la plus petite, la superficie la
plus grande, avec une caractéristique rurale très importante et quand même
différente des comtés, là, limitrophes.
Je suis native, moi, de Saint-Rémi, qui
est maintenant, depuis 2012, dans le comté de Sanguinet, qui anciennement était
dans le comté de Huntingdon. J'habite, moi, depuis 16 ans dans le comté de
Huntingdon. J'ai habité pendant deux ans à La Prairie. Je suis allée à
l'hôpital à Saint-Jean. J'ai fait mon permis de conduire à Beauharnois. J'ai...
Je vais aux pommes toujours à Franklin. Je connais beaucoup la région, j'y
habite, mes enfants y sont nés, puis je compte qu'ils vont y grandir aussi.
Donc, j'y suis particulièrement attachée aussi en tant que citoyenne, donc pas
seulement en tant que députée, puis je partage les inquiétudes, là, des gens de
ma région. J'ai aussi une équipe de bureau de comté qui a été quatre ans avec
ma prédécesseure dans le comté, qui a vécu un peu qu'est-ce que c'est, être
attachés politiques dans le comté de Huntingdon. C'est un comté qui est très
prenant.
Je parle rapidement de Huntingdon. Avec la
refonte de 2011, la circonscription de Sanguinet a été créée. Élection 2012, la
circonscription de Huntingdon a perdu, donc, la municipalité de Saint-Rémi...
16 h 30 (version révisée)
Mme Mallette : ...2012, la
circonscription de Huntingdon a perdu, donc, la municipalité de Saint-Rémi au
profit de la circonscription de Sanguinet. Le même projet de modification des
limites de la circonscription de Huntingdon, en 2011, suggérait que la
municipalité de Saint-Michel fasse partie de Sanguinet. La municipalité de
Saint-Michel s'est exprimée par résolution à cette époque-là pour rester dans
la circonscription de Huntingdon. Je vous réitère que vous avez un dépôt d'une
autre résolution pour rester en ce sens avec Huntingdon.
Nous avons présentement 28 municipalités — j'ai
amené ma petite carte, là, tu sais, des fois, ce n'est pas tout le temps
évident — et un territoire, une communauté autochtone, avec Akwesasne.
Les municipalités font partie de quatre MRC : le Haut-Saint-Laurent, dont
les 13 municipalités sont à l'intérieur de Huntingdon, Les
Jardins-de-Napierville — avant, les 11 municipalités, avant
2011, faisaient partie de Huntingdon, maintenant, il y en a 10, puis vous
suggérez qu'on tombe à neuf; le Haut Richelieu; et Beauharnois-Salaberry. On a
aussi quatre centres de services et commissions scolaires, trois chambres de
commerce. On touche à deux centres intégrés de santé et de services sociaux.
Puis tous ces organismes-là ont leur siège social en dehors de la
circonscription, mais nous allons quand même régulièrement les rencontrer. Il y
a aussi quatre organismes de développement économique et plus de 200 organismes
sans but lucratif. Chacune de nos municipalités a moins de 4 500 électeurs.
Plusieurs se situent même en dessous de 1 000 électeurs.
Je ferais remarquer que la fraction de la
ville de Saint-Jean, selon votre proposition, soit les 4 659 électeurs
dont on recommande le transfert à Huntingdon, deviendrait la plus importante
municipalité de la circonscription, suivie de Sainte-Martine avec ses 4 407 électeurs.
Même si cette partie de la ville de Saint-Jean est plus rurale, sa vie est liée
aux enjeux urbains de la ville de Saint-Jean et demande, pour la députée et son
équipe, le développement d'une expertise nouvelle. La circonscription de Huntingdon
est une circonscription essentiellement rurale. C'est la plus importante
productrice de produits maraîchers du Québec. C'est notre fierté de contribuer
à l'économie et à l'autonomie agroalimentaire du Québec. Nous considérons que
le caractère rural de notre circonscription fait partie de son histoire, de sa
richesse, de sa nature même. Et c'est ce caractère de notre circonscription qu'on
veut absolument protéger.
Si on prend chacune de vos propositions,
on va vous rappeler, naturellement, bien humblement, les deux principes qui
doivent guider la modification de la carte électorale, soit la représentation
effective des électrices et électeurs et le respect des milieux naturels. Puis
c'est sur ce dernier point qui me rejoint particulièrement... Rappelons qu'à la
dernière modification de la carte électorale, en 2011, soit l'écart du nombre d'électeurs,
qui était à 42 114, face à la moyenne provinciale, était de 13 % et
qu'aucune modification n'a été proposée. Présentement, selon les chiffres du
DGEQ, le nombre d'électeurs est de 46 380, soit 8,5 % sous la
moyenne. Donc, c'est quand même un écart qui est moindre qu'à l'époque.
La première proposition serait de
transférer à Huntingdon les 6 321 électeurs qui proviendraient de la
municipalité de Saint-Blaise-sur-Richelieu et une partie de la ville de
Saint-Jean de la circonscription de Saint-Jean. La municipalité de Saint
Blaise-sur-Richelieu, d'ailleurs, qui a fait une résolution, là, pour rester
avec Saint-Jean, peut s'intégrer à la trame de Huntingdon en devenant une
alliée de notre réalité rurale. Nous notons que la même proposition de
transfert avait aussi été faite en 2011, sans être retenue. En revanche, nous
croyons que la vie active de la population de Saint-Blaise est axée sur les
institutions et commerces de Saint-Jean et que le sens de l'appartenance des
citoyennes et citoyens est plus en harmonie avec la circonscription de
Saint-Jean qu'avec celle de Huntingdon.
Je peux vous dire, c'est très rare que je
voie des citoyens de Saint-Blaise qui viennent vers la circonscription de Huntingdon.
Donc, il n'y a pas vraiment de relations puis de communauté naturelle avec
Saint-Blaise. La communauté de Saint-Blaise avait déjà exprimé dans le passé
son opposition à un tel transfert et elle le réaffirme dans une lettre qui vous
est adressée. L'ajout de Saint-Blaise à notre circonscription ajoute encore d'énormes
distances à parcourir entre les différents pôles de circonscription. Donc, c'est
ici, donc on rajoute, on agrandit encore de beaucoup la circonscription.
Qui plus est, le transport proposé de la
partie de la ville de Saint-Jean, puis ça, c'est vraiment ce qui nous inquiète,
ne nous apparaît pas en concomitance avec les enjeux de la population de Huntingdon.
D'abord, ce territoire, même s'il est plus à vocation rurale, reste tout de
même une partie de la ville de Saint-Jean, qui est quand même maintenant <devenue
la 11 ᵉ ville de...
Mme Mallette :
...
de même une partie de la ville de Saint-Jean, qui est quand même maintenant
>devenue la 11 ᵉ ville de plus de 100 000 habitants du
Québec, et obligerait ainsi la députée actuelle et ceux et celles à venir de se
préoccuper des enjeux urbains de Saint-Jean, parce que ces mêmes enjeux peuvent
affecter la partie du territoire dont on propose le transfert, notamment
l'itinérance. Dans Huntingdon, on n'a pas d'itinérance. On peut avoir de
l'errance, mais pas d'itinérance. Puis, je vous le dis, c'est un enjeu très
préoccupant, présentement, pour la ville, et non la municipalité de Saint-Jean,
qui n'est pas un enjeu présentement, là, qui est porté pour notre
circonscription. Je vous donne juste un exemple, mais il y en a plein, des exemples
comme ça.
La circonscription de Huntingdon comporte
présentement 28 municipalités et un territoire autochtone. Avec le projet
de refonte, il y aurait 32 municipalités. D'où l'importance, pour nous et
autres MRC, pour les municipalités, pour les citoyennes et citoyens du comté,
de conserver le caractère spécialement rural de la circonscription. Les
ressources et le personnel en circonscription, puis je vais rejoindre un peu
les propos de mon collègue député de Borduas, donc, c'est très limité. Donc,
nos ressources sont très limitées.
• (16 h 40) •
Puis, pour s'occuper des enjeux de 28 municipalités...
nous allons... pouvoir ajouter toute la panoplie des enjeux urbains de la ville
de Saint-Jean... un transfert de population d'une partie de la ville de
Saint-Jean... deviendrait notre municipalité la plus importante, au nombre
d'électeurs, mais d'autant plus énorme en termes d'enjeux. L'ajout de cette
partie de la ville de Saint-Jean à la circonscription de Huntingdon ajoute une
autre distance de parcours de service dans une circonscription déjà très grande
dont aucune partie du territoire n'est occupée par une de ces municipalités. La
distance entre l'hôtel de ville de Dundee et la partie de la ville de
Saint-Jean dont on propose le transfert fait environ 130 kilomètres, en prenant
les routes, ce qui veut dire entre une heure et demie et deux heures, tout
dépendamment si je désire passer tout le temps dans mon comté ou si je passe
par un autre comté pour aller plus vite, en prenant une autoroute, qu'on n'a
pas, de transport routier lors de bonnes conditions météorologiques, ce qui
deviendrait un considérant important. Plus de temps passé en transport, moins
de disponibilité pour couvrir tout notre territoire.
Cette proposition rajouterait également un
troisième député dans le giron des affaires municipales de la ville de
Saint-Jean, ce pour quoi nous pensons qu'il est préférable de conserver la
circonscription de Saint-Jean intacte, à tout le moins, de vérifier la
possibilité de répartir cette population vers une autre circonscription en
meilleure harmonie avec celle de Huntingdon. Je vais réitérer d'ailleurs que la
MRC des Jardins-de-Napierville ont fait une proposition qui équilibrerait
beaucoup le nombre d'électeurs entre les différentes circonscriptions. Je vous
invite à en prendre connaissance.
Donc, la deuxième proposition du DGEQ est
de transférer la municipalité de Saint-Michel à la circonscription de
Sanguinet. Nombre d'électeurs transférés à la circonscription de
Sanguinet : 2 566. On s'oppose au transfert de cette municipalité.
D'ailleurs, la municipalité a adopté une résolution en ce sens. Saint-Michel
fait partie de l'histoire de la circonscription de Huntingdon. C'est également
une municipalité rurale qui s'inscrit très bien dans la vocation de notre
circonscription. En revanche, à nouveau, sur ce projet déjà rejeté en 2011, la CRE
semble privilégier le redécoupage démographique au respect des milieux
naturels. En effet, la circonscription de Huntingdon, avant 2011, les 11 municipalités
de la MRC... Ça, je l'ai dit... Puis je peux vous dire que, même si Saint-Rémi
n'est plus dans notre circonscription, plus de 10 ans après son transfert,
on continue de porter leurs dossiers. Une MRC, là, ça travaille ensemble, c'est
une communauté en soi, c'est des enjeux qui sont communs. Donc, ce qui avait
été dit, lorsque vous êtes venus le 7 novembre, c'est que vous aviez
décidé de transférer Saint-Michel à Sanguinet afin d'enlever du travail au
niveau de la députée. Je peux vous dire que c'était un coup d'épée dans l'eau,
parce que c'est certain qu'on... compte tenu qu'on continue pour Saint-Rémi, on
va continuer pour Saint-Michel, qui partagent tous des enjeux communs. Donc,
c'est une très mauvaise idée de couper des MRC.
Donc, c'est sûr qu'on voudrait que vous
notiez aussi, en vertu des chiffres publiés par le DEGQ, la densité de
population de chacune des circonscriptions avoisinantes. Huntingdon a 26 personnes
au kilomètre carré. La circonscription la plus proche, c'est Iberville, à 62,52 personnes
au kilomètre carré. Donc, on s'entend que c'est quand même déjà le double. Et
je vais vous parler de La Prairie, à 500 personnes au kilomètre carré.
Donc, c'est sûr que ce n'est pas du tout les mêmes réalités. Puis c'est sûr
qu'on va illustrer, à ce moment-là, parfaitement la distance supplémentaire
qu'on doit parcourir dans notre circonscription pour rencontrer le même nombre
de personnes. La proposition du DGEQ augmente le nombre d'électeurs d'environ 8 000,
alors que c'est la circonscription qui compte le plus de municipalités et celle
où il faut parcourir les plus grandes distances pour les rejoindre, ce qui me
semble déraisonnable dans les circonstances.
Nous tenons à souligner aux observateurs
le fonctionnement administratif de l'Assemblée nationale, particulièrement au
niveau des circonscriptions, que, malgré l'ajout <proposé de quatre...
Mme Mallette :
... nationale,
particulièrement au niveau des circonscriptions, que, malgré l'ajout >proposé
de quatre municipalités, malgré l'augmentation du nombre de citoyennes et
citoyens, d'organismes et d'entreprises à servir, malgré l'augmentation
importante des distances à parcourir et malgré le peu de densité de population
dans notre circonscription, nous demeurions une circonscription de zone 3,
sans qu'il y ait l'ajout de ressources, alors qu'il existe déjà un manque de
moyens pour accomplir notre tâche. À la limite, cela pourrait affecter les
services rendus à notre population. Au-delà du résultat de cette consultation,
l'Assemblée nationale et le DGEQ devraient se pencher sur ces enjeux, comme
proposé par mon collègue de Saint-Jean, qui va faire ses propos, et ainsi que
par le collègue de Borduas.
Quant à la recommandation de transfert des
municipalités en provenance de la circonscription de Beauharnois, nous faisons
nôtre la conclusion de la résolution de la MRC de Beauharnois-Salaberry qui
recommande le statu quo.
Pour les raisons énumérées précédemment,
il nous apparaît déraisonnable d'augmenter sans fin le nombre de municipalités
dans une circonscription. Il y va de notre capacité à desservir efficacement
nos municipalités. Une municipalité versus un citoyen, ce n'est pas la même
charge de travail et de support de la part du député et de son équipe. Puis je
peux vous dire qu'on a étiré le budget, parce qu'entre une zone 1 et 2
puis une zone 3, il y a 17 000 $ de masse salariale
supplémentaire. Mais on a quand même réussi à étirer puis on a quatre attachés
politiques à temps plein qui réussissent à couvrir le territoire dans trois
bureaux de comté, et non un, on en a trois, afin de s'assurer d'être à
proximité puis de donner un service. Mais là, si on rajoute des ressources sans
montant supplémentaire de masse salariale, vous comprendrez qu'on divise encore
le temps des attachés politiques, qui ont peine à couvrir tous les éléments,
puis encore moins dans mon cas, naturellement.
Donc, de plus, la proposition émise par le
mémoire de la MRC des Jardins-de-Napierville nous apparaît être à considérer,
car elle est en harmonie avec nos communautés naturelles en plus d'équilibrer
le nombre d'électeurs par circonscription.
En conclusion, nous demandons d'assurer à
nos électeurs que le redécoupage sera effectué en respect de nos communautés
naturelles, tout en ne causant pas un effet négatif important sur l'efficacité
du travail du député et de son équipe. Les citoyennes et les citoyens, peu
importe leur circonscription de résidence, méritent d'être bien servis par
leurs représentants à l'Assemblée nationale. Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Huntingdon. Je vais
permettre aux membres de la commission électorale de s'exprimer, alors, s'il y
a commentaire.
Mme Gravel (Édith) : ...bien
certaine, dans le fond, votre proposition, ce serait le statu quo, que la
circonscription demeure telle que découpée actuellement?
Mme Mallette : Comme je vous
dis, il y a la proposition de la MRC des Jardins qui est quand même assez
intéressante, si vous vous devez de faire une répartition. Mais il est évident
que pour Huntingdon, compte tenu de notre quantité d'électeurs, notre
superficie, notre communauté naturelle, je ne crois pas que c'est
essentiellement par elle qui fait que, présentement, vous devez faire un redécoupage.
Donc, naturellement, je crois que de la conserver, compte tenu de son
évaluation future, elle va rester, là, en lien avec la moyenne qui risque
d'être raisonnable, là.
Mme Gravel (Édith) : On va
bien évaluer celle des Jardins-de-Napierville. Je pense que vous avez bien
campé la proposition où il y a cet effet domino là. Parce que la commission,
dans ses travaux, doit vraiment évaluer un territoire à l'échelle d'une région,
et même de l'entièreté du Québec. Donc, c'est ce qui a causé cet effet domino
que vous avez bien exprimé.
Mme Mallette : Effectivement,
mais il ne faut pas que ce soit au détriment, quand même, de notre réalité
rurale, qu'on doit préserver. On est quand même, je vous dirais... Les Jardins
du Québec, elle porte bien son nom, cette MRC là. Puis on est inquiets parce
que, devoir porter des enjeux d'une ville comme Saint-Jean, alors qu'on n'a pas
de ville, c'est sûr que ça nous inquiète puis ça risque de tirer beaucoup de
jus à une équipe qui en a déjà suffisamment pour porter nos enjeux ruraux.
Mme Gravel (Édith) : Donc, je
comprends qu'à votre sens la proposition de la MRC Jardins-de-Napierville
respecte peut-être mieux les communautés naturelles du territoire que vous
représentez.
Mme Mallette : Exactement.
Mme Gravel (Édith) : Merci.
Mme Mallette : Merci à vous.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Huntingdon. Il vous
reste quelques minutes. Est-ce que vous souhaitez à nouveau intervenir dans le
cadre de ces consultations?
Mme Mallette : Combien de
minutes qui restent?
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Il vous reste trois minutes.
Mme Mallette : Il nous reste
trois minutes. On peut peut-être parler de la proposition des Jardins. J'ai,
comme par hasard, le mémoire sous la main. Parce que, là, j'ai beaucoup de
résolutions, vous comprendrez, là, ce n'est pas des résolutions de
municipalités, mais qui ont été déposées déjà. Donc, si je regarde la
proposition des Jardins-de-Napierville, donc, ce <qu'elle propose...
Mme Mallette :
...
déposées déjà. Donc, si je regarde la proposition des Jardins-de-Napierville,
donc, ce >qu'elle propose, dans le fond, c'est que... La proposition du
DGEQ, c'était d'avoir 54 379 électeurs à Huntingdon, ce qui est quand
même beaucoup, là, parce qu'on tombe au-dessus de la moyenne, à ce moment-là.
Sanguinet est à 46 377, selon votre proposition, La Prairie est à
48 517 et Saint-Jean, 56 439. Ce que la MRC propose, dans le fond,
c'est de conserver Saint-Michel dans la MRC... dans la circonscription de
Huntingdon, de transférer les électeurs à La Prairie au niveau de Sainte-Blaise
et la partie de la ville de Saint-Jean. Pourquoi? Parce qu'il y a la 104 qui
les relie, et la 104, c'est vraiment un déplacement naturel, là, entre les
citoyens, là, de cette région-là, donc, tout le long, là, de la 104, avec...
qui traverse La Prairie, et de transférer la municipalité de Delson, qui est
présentement à La Prairie, vers Sanguinet, ce qui est aussi naturel, compte
tenu que Delson partage la 132 avec Sainte-Catherine, Saint-Constant. Ce qui
équilibrerait présentement, à ce moment-là, Huntingdon à
49 720 électeurs, Sanguinet, à 49 989 électeurs, La
Prairie, à 46 998, et Saint-Jean demeurerait à ce moment-là intacte à 56 439.
C'est la proposition.
• (16 h 50) •
Je préférerais quand même qu'on respecte
le statu quo, selon la volonté de chacune de ces municipalités-là qui
désiraient demeurer dans... dont La Prairie, là. Delson préférerait demeurer
dans La Prairie, Saint-Michel dans Huntingdon, Saint-Blaise et la partie de la
ville de Saint-Jean avec Saint-Jean. Donc, ça, ça... vraiment la volonté des
municipalités, là, qui se sont exprimées. Mais cette proposition-là, au moins,
elle semble équilibrée. Et on a quelque chose, donc... La Prairie, là, avec ses
500 personnes au kilomètre carré, a sans doute un peu plus de capacité,
là, que nous, là, pour aller chercher une partie d'une ville, donc un peu plus
urbain, avec des enjeux un peu plus urbains, là, qui les rejoindraient plus.
Donc, c'est la proposition. Ce n'est pas celle que moi, je porte
nécessairement, mais je trouvais ça quand même intéressant. Merci.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la députée de Huntingdon. Alors, nous
allons maintenant poursuivre avec le prochain intervenant, toujours dans la
région de la Montérégie, et je cède la parole à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci beaucoup,
M. le Président. Salutations aux collègues et aux commissaires de la CRE. Je
vous rassure tout de suite, malgré tout le mal que vous avez pu entendre de ma
circonscription, on s'entend très bien, ma collègue de Huntingdon et moi.
D'ailleurs, on s'entend bien avec plusieurs autres collègues que j'ai entendus
aujourd'hui, et je vais y faire référence. Ils seront peut-être surpris,
d'ailleurs, de la façon dont j'ai reçu, de façon très ouverte, tous les
commentaires qu'ils vous ont adressés aujourd'hui, qui sont tous très
importants.
Brièvement, au sujet de ma circonscription
ou ce qu'il en restera le moment venu, celle de Saint-Jean, vous vous souvenez,
j'avais fait une présentation, aux consultations, d'ailleurs je vous en
remercie, c'était sur la première ébauche. Vous travaillez maintenant sur la
deuxième, ça nous donne une deuxième chance. Merci beaucoup. Présentation que
je vais refaire, mais différente. D'abord, je n'ai pas de chiffres, vous
pouvez... vous pouvez tasser la calculatrice, c'est des idées, c'est des
principes et c'est... et c'est des réalités. Présentation en deux temps, donc,
un peu comme la dernière fois : les modifications au comté de Saint-Jean,
que vous proposez, et l'approche plus globale du cadre de la loi que vous
appliquez.
Avant de m'exprimer sur la loi, toutefois,
vite fait, les modifications à la circonscription de Saint-Jean, j'avais senti,
dans vos.... votre argumentaire, vos explications, vos questions et vos
réactions pendant les consultations qu'on avait eues, que... Et on se le dit
tout de suite, là, il y a trois morceaux chez nous, là, il y a Saint-Blaise, la
municipalité de Saint-Blaise-sur-Richelieu, une partie de L'Acadie, une partie
de Saint-Luc. Et j'avais défendu l'histoire de ces deux-là en particulier.
J'avais donc compris que Saint-Blaise-sur-Richelieu, dans votre vision, devrait
suivre le mouvement presque naturel de la frontière électorale, qui, lentement
mais sûrement, au fil des années, est remontée jusqu'à Saint-Jean. Le dernier
morceau qui reste avant la municipalité, la ville de Saint-Jean, c'est cette
ville, municipalité de Saint-Blaise-sur-Richelieu. Et vous aviez des arguments
pour la faire passer dans Huntingdon, cette municipalité-là, pour des raisons,
entre autres, d'homogénéité rurale. Et ça se défend. En tout cas, c'est
logique, même si c'est devenu de plus en plus périurbain.
J'avais senti aussi une certaine
curiosité, pour ne pas dire un intérêt de votre part, eu égard aux
modifications des limites du <comté, pour L'Acadie...
M. Lemieux :
... ne
pas dire un intérêt de votre part, eu égard aux modifications des limites du
>comté, pour L'Acadie et Saint-Luc. Moi, j'invoquais l'histoire.
L'Acadie me semble effectivement un bon exemple d'une exception possible et
nécessaire, je pense, surtout parce que c'est littéralement de couper en deux
un village historique avec son cœur de village et son développement résidentiel
plus contemporain, d'un côté, et son secteur rural, de l'autre, et, au surplus,
éloigné du centre de gravité de la circonscription où ces électeurs seraient
rattachés. Donc, si la partie rurale de L'Acadie s'en va à Huntingdon, on va
être très loin du cœur du village et très loin de cette réalité qui sont dans
la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Ce n'est même pas pour l'homogénéité de
la circonscription dont il est question, à mon avis, mais de la communauté de L'Acadie,
son histoire, sa réalité, le fait que c'était, comme beaucoup d'autres, une
petite municipalité qui a finalement été fusionnée.
C'est moins vrai ça, pour Saint-Luc, même
si elle a été fusionnée, la ville de Saint-Luc, à Saint-Jean-sur-Richelieu, il
n'y a pas si longtemps. Mais l'argument historique n'en est pas moins éloquent
pour Saint-Luc. Au final, la nouvelle frontière proposée pour Saint-Luc est
plus mathématique, puisque c'est la base du calcul de la représentation, mais
pas particulièrement logique du point de vue des arguments d'appartenance et de
communauté, puisque Saint-Luc a, lentement mais sûrement, étendu ses racines,
qui n'étaient pas jeunes, vers La Prairie, de plus en plus. C'est devenu
résidentiel et une mixité avec le rural. Ce qui fait que, là, c'est plus ténu
un peu comme argumentaire.
Et c'est justement ce qui m'inspire pour
mon deuxième temps. Vous allez dire : Tu ne parles pas beaucoup de
Saint-Jean. Mais, dans le fond, je vais parler de Saint-Jean en parlant du
global. Et vous avez assez entendu parler de Saint-Jean, avec ma collègue de
Huntingdon, que je seconde de toute façon, comme je l'avais fait la première
fois, en disant que je comprenais votre problème. Donc, ce qui m'inspire du
niveau global... au niveau global, c'est que je suis très conscient du carcan
que la loi vous impose et des critères et considérations qui régissent et
guident vos hypothèses et les arbitrages qui viennent avec cette réflexion et
ce travail. C'est pourquoi je veux vous répéter ici, devant la Commission de
l'Assemblée nationale, devant mes collègues, ce que je vous avais dit en
consultations, à savoir qu'à mon avis... je suis de ceux qui pensent que le
moment est probablement venu de repenser la représentation électorale au
Québec.
Vous me direz qu'il est un peu tard pour
parler de changer la loi pour votre rapport qui doit être déposé l'automne
prochain, en vue du prochain scrutin général de l'automne 2026. On
s'entend. Rassurez-vous, je ne vous propose pas de changer la loi aujourd'hui,
d'autant que vous, vous êtes là pour l'appliquer et que c'est une
responsabilité qui nous incombe à nous, les législateurs, éventuellement, de
changer les lois et celle-là en particulier. Mais vous aurez compris que je
profite de l'occasion pour dire qu'il faut y penser, pour des raisons qui me
semblent autant de principes que pratiques et probablement, même, autant
sociologiques que politiques, autant du point de vue de l'exercice de la
démocratie par le citoyen que de l'exercice de la suite des choses par son élu.
Et ça, vous en avez entendu parler plus que moins et vous n'avez pas fini. Je
suis le dernier aujourd'hui, mais il y en a d'autres qui s'en viennent demain.
Et plusieurs collègues, donc, ont abordé
la question sous plusieurs angles, qui, pour eux, est devenue un problème. Mon
collègue de Borduas vous parlait de surreprésentation et de sous-représentation,
avec Montréal, le poids des régions, l'écart se creuse, et j'ai retenu ça dans
son témoignage. Je ne peux pas être plus d'accord. Mon collègue de Pontiac, ce
matin, m'a un peu surpris, mais agréablement. C'est aussi de la sous-surreprésentation
régionale, là encore, le poids des régions entre elles et au Québec. Et c'est
là-dessus que je m'en vais.
Pour moi, quand on considère les
territoires, les régions, régions éloignées ou excentriques, comme je préfère
le dire, et les très grandes et très, très grandes agglomérations du Québec, on
ne peut s'empêcher de constater l'énorme différence pas juste en kilomètres
carrés d'une circonscription, mais de la réalité et des différences que ça
implique pour les députés. Et quand je dis ça, je dis qu'il faut penser... ce
qu'il faut penser, c'est que... Vous êtes pas mal, je pense, quand je regarde
le chemin que vous avez fait, le rapport que vous avez publié, le chemin qu'il
vous reste à faire... vous êtes pas mal arrivés au bout de l'exercice de la
quadrature du cercle que vous impose la loi. C'est clair, c'est des chiffres,
c'est mathématique.
En tout respect pour les décisions de la
Cour suprême au sujet du sacro-saint et légal principe de représentation, sur
lequel les juges se sont prononcés il y a un bon bout de temps déjà, il me
semble qu'avec 9 millions d'habitants et des régions plus éloignées qui
perdent toujours de plus en plus de poids, il faut remettre plusieurs <choses
en question...
M. Lemieux :
... éloignées
qui perdent toujours de plus en plus de poids, il faut remettre plusieurs >choses
en question. Votre travail est obligatoire parce que légalement conditionné par
un nombre d'électeurs idéal qui représentent la moyenne à essayer de respecter
à plus ou moins 25 %. Ceux qui ont commencé la journée avec vous, qui
n'étaient pas très, très au fait de ce que vous faites, après tout ce que j'ai
entendu, ça doit être assez clair. Donc, ça, c'est le travail de rejoindre une
médiane, que j'appellerai, le point delta, disait, je pense, mon collègue de...
mon collègue de Pontiac.
Je vous pose la question : Pourquoi
est-ce qu'on ne pourrait pas travailler sur la réalité du Québec et calculer
des médianes urbaines, des médianes rurales et des médianes mixtes, comme chez
nous, qui feraient en sorte de respecter la réalité du territoire, mais qui,
oui, c'est vrai, impliqueraient que trois députés, pour en prendre seulement
trois, rural, urbain et mixte, seraient élus par des bassins d'électeurs plus
ou moins petit ou grand selon le bassin? Mais je vous soumets que c'est déjà
pas mal le cas, quand j'écoute tout ce qu'on a à redire sur votre proposition,
et il y a aussi ce qu'on appelle les exceptions.
• (17 heures) •
Je termine en vous disant que, dans un
scénario comme celui-là, le comté de Saint-Jean resterait probablement le comté
qu'on connaît pour un bon bout de temps encore. Il grandit, il grossit, mais on
peut imaginer qu'une médiane mixte, au Québec, ferait en sorte qu'il serait pas
mal comme il est maintenant, en grossissant avec le temps, comme tout le monde
ou comme pas mal de monde, mais surtout que vous ne seriez pas obligés et que
vous n'auriez pas l'odieux de nous proposer, à tous les huit ans, de fermer des
circonscriptions en campagne pour en ouvrir plus en ville ou d'en fermer à
Montréal, loin d'être une campagne.
Mais le principe reste le même. C'est un
calcul mathématique obligé. C'est des exceptions qui confirment les règles,
comme on dit, qu'on aurait des règles modernes adaptées à la réalité de ce
qu'est devenu notre territoire et, je l'espère, de ce que pourront devenir nos
régions dans le respect de leurs spécificités.
Vous aurez compris que je joins ma voix à
mes collègues de Matane-Matapédia, de Bonaventure, de Gaspé et des autres
grands perdants, entre guillemets, de votre exercice de cette année. Parce que,
la loi étant ce qu'elle est, vous êtes condamnés à faire balancer les chiffres
de la colonne de droite de votre fichier Excel. C'est mathématique. Vous avez
aussi compris que, comme l'exprimait le ministre responsable des Institutions
ce matin — tiens, bonjour, M. le ministre — malgré mon
constat, dur, j'en conviens, je n'en apprécie pas moins votre rigueur et que je
salue particulièrement vos efforts de concertation et de consultation. Ce qui
est tout à votre honneur et pas évident dans les circonstances, et j'inclus la
journée d'aujourd'hui et les deux prochaines.
Je termine par une question qui me brûle
les lèvres. J'en demande peut-être trop, on verra, puisque c'est vous, Mme et MM.
les commissaires de la CRE... Je ne sais si, entre vous, vous appelez ça la CRE.
Moi, j'appelle ça la CRE, commission de la représentation électorale. Ah! les
acronymes, au Parlement, hein, c'est effrayant... et au gouvernement. Donc,
c'est vous qui êtes au cœur de cet exercice, qui le maîtrisez jusque dans ses
moindres détails. Ça fait presque pitié de vous voir, jusqu'à quel point tout
le monde veut changer votre idée. Vous en pensez quoi, vous, de mon désir, mon
idée, mon vœu, que j'appelle de tous mes vœux, cette Loi sur la représentation
électorale et les principes qui la sous-tendent? Et je sais que ce n'est pas
dans votre mandat d'en parler, mais un gars peut s'essayer.
Le Président (M. Lévesque,
Chauveau) : Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Alors, je vais
céder la parole aux membres de la CRE.
M. Blanchet
(Jean-François) :...M. Lemieux, toujours
agréable. Vous n'êtes pas revenu, quand même, sur Saint-Jean même. On aimerait
ça entendre votre point de vue sur Saint-Jean.
M. Lemieux : Bien joué, de
retourner le miroir sur moi! Ça va me faire plaisir. Je vous dirai que
j'espérais ça, parce que j'étais pas mal certain que je n'aurais pas de réponse
à ma question, qui ne doit pas vous être adressée à vous. Mais un gars s'essaie.
À Saint-Jean, quand j'écoutais ma collègue
de Huntingdon... Puis là on se retrouve dans cette fameuse... dans ce fameux
jeu de ce souque à la corde, où vous avez une ligne, puis, dans le cas de
Saint-Blaise, elle est partie de loin, la ligne. À l'époque, Les Jardins-de-Napierville,
là, il n'y a pas si longtemps, c'était dans le comté de Saint-Jean, là. C'est
remonté, c'est remonté, tout y est passé, l'île aux Noix, Saint-Valentin. Bref,
il ne reste plus rien que, de ce coté-là, Saint Blaise. Après ça, on tombe dans
Saint-Jean, puis après ça on fait le grand tour, puis là on a L'Acadie, que
vous voulez amputer un petit peu, puis on a Saint-Luc, que vous voulez amputer
un petit peu, puis on redescend le Richelieu, puis on est rendus. Fin du cours
de géographie.
Quand j'écoutais ma collègue, je me disais :
Oh! on s'entend très bien, mais on n'a pas des idées qui, nécessairement,
concordent. Mais c'est vrai pour tout le monde qui vient vous parler. Alors, je
vais me permettre de dire : Pour moi, L'Acadie est probablement le plus
gros problème. Puis je ne me souviens pas qui c'était, je me demande si ce
n'est pas le député de Borduas qui disait : Tu sais, on les aime tous
comme nos enfants, puis à quelque part on ne veut pas en perdre, puis on sait
bien...
17 h (version révisée)
M. Lemieux : ...tu sais, on
les aime tous comme nos enfants, puis, à quelque part, on ne veut pas en perdre,
puis on sait bien qu'on va en perdre là, ça fait que ce n'est pas une question
d'en choisir là. Mais l'Acadie, c'est patent, c'est vraiment le cœur de village
qui est d'un bord de votre frontière, dans Saint-Jean, puis, après ça, le reste
s'en va à Huntingdon. Vous allez dire : C'est du rural, ils se connaissent
déjà. Oui, oui, mais c'est des Johannais, ils sont devenus Johannais après
avoir été des Cadiens, et puis là ils sont... ils sont vraiment une communauté
tissée serrée. Ça remonte à pas longtemps après la déportation. En fait, les
ancêtres de l'Acadie qui sont encore là, c'est des déportés qui se sont sauvés
au Québec, qui se sont installés là.
Mais, géographiquement parlant, il y a
vraiment une espèce de fracture qui se créerait si on leur disait : Bien
là, vous allez voter dans Huntingdon. Il y a même des gens qui sont venus me
voir en disant : Oui, il va-tu falloir que j'aille à la SAAQ à l'autre
bout? Je peux-tu aller encore à l'hôpital? Bien, j'ai dit : On ne panique
pas, là, ce n'est pas réglé. Puis je sais que ça se règle, ces choses-là, le
temps fait son œuvre, il faut donner le temps au temps, puis on y arrive, là. Mais,
au final, il y a un sentiment d'appartenance. Quand on regarde le reste des
autres considérations, à part les mathématiques, qui vous sont obligés, là,
pour moi, c'est... comme je le disais ou comme j'ai pensé le dire, c'est
vraiment un cas qui mérite d'être une exception, parce que je ne sais pas où
vous tireriez la ligne après ça, là. Vous avez probablement l'embarras du
choix, bon, mais...
Puis, comme je le disais, pour Saint-Luc,
c'est autre chose. Saint-Luc, elle avait raison, la députée de Huntingdon, c'est
une voie naturelle, c'est la voie naturelle pour s'en aller à La Prairie sans
passer par la 35 puis la 10. Donc, au final, il y a une espèce de jointure
naturelle, bon. Et puis je n'ai même pas regardé pour qui ils votaient, là,
mais il y a un énorme parc de maisons mobiles, puis il y a un quartier
domicilié, mais ils sont habitués. Même que j'ai fait le trajet encore la
semaine dernière, et ça me frappait de voir que, maintenant, le long de la 104,
il n'y a presque plus de brisures, puis, même, quand il y a des brisures
vertes, quand on regarde bien, il y a une maison en arrière de la verdure, là.
Alors, ce n'est plus ce que c'était, et où
se trouve vraiment la frontière entre les deux comtés, bien, c'est devenu un
peu plus ténu, un peu comme dans certaines régions, parce qu'on s'y perd, à un
moment donné, quand on n'est pas de la place. Quand on est de la place, je vous
le dis d'expérience, on ne sait pas non plus où il commence puis où il finit,
le comté, parce que le nombre de fois, dans ma première campagne électorale, où
je débarquais puis je disais : Êtes-vous dans le comté de Saint-Jean? Bien
oui, j'habite à Saint-Jean. Non, non, mais le comté, êtes-vous encore dedans?
Parce que la carte électorale qu'on m'avait donnée dans l'auto pour faire ma campagne,
ce n'était pas si clair que ça que ça arrêtait là puis que ça commençait là.
Donc, pour Saint-Luc, pas que c'est autre
chose, mais c'est différent, même si l'histoire de Saint-Luc est aussi vieille
que celle de l'Acadie. Parce que vous savez que le premier train, le premier
chemin de fer au Canada, c'est entre Saint-Luc... entre Saint-Jean et La
Prairie, hein? Alors, on parle de vieux, là, on n'est pas juste des petits
vieux, on est des vrais vieux, là. Mais, rendus là, Saint-Luc, il y a cette habitude
qui me fait moins craindre un problème. L'Acadie, ce n'est pas que je crains
des problèmes, mais je vois ça comme vraiment triste.
Puis Saint-Blaise, bien, à chaque fois que
je leur parle... Vous savez, quand un député, comme moi, a une municipalité de 100 000 habitants
qu'il partage, de l'autre côté de la rivière, avec un autre député puis qu'il y
a une petite municipalité rurale de 2 000 habitants, c'est un
plaisir, c'est... ça change le mal de place, ça ouvre d'autres portes, sur d'autres
façons d'aider, des problèmes différents. Ça me ferait beaucoup de peine de les
perdre. Même si je disais ça toute la journée, ça ne changera rien à votre
décision, mais c'est autre chose. L'Acadie, pensez à moi très fort, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires?
M. Lemieux : Ça va aller.
M. Blanchet
(Jean-François) :Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
M. le député de Saint-Jean, il vous reste quand même 3 min 30 s.
Est-ce que vous souhaitez...
M. Lemieux : Ah! vous ne
voulez quand même pas que je vous chante une chanson, puis tout, puis tout, là?
Non, hein?
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Probablement pas, non.
M. Lemieux : Il est quelle
heure, là? Ah! c'est le temps de s'en aller, M. le Président.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Effectivement, vous étiez le dernier
intervenant prévu, mais il y a quand même une demande. Je sollicite votre
consentement afin de permettre au député de Drummond—Bois-Francs de devancer
son intervention à aujourd'hui pour la région du Centre-du-Québec. Alors,
est-ce qu'il y a consentement, compte tenu de l'horaire et qu'on est... on a
devancé notre temps qui était prévu à l'horaire?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Il y a consentement? Parfait. Alors, M. le député de Drummond—Bois-Francs,
je vous cède la parole pour 20 minutes, pour la région du Centre-du-Québec.
M. Schneeberger : Bien, merci
beaucoup. Étant moi-même président de commission, je vais remercier les membres
qui ont accepté le consentement. Et puis, me voyant bien réchauffé, j'ai écouté
attentivement les différentes discussions et rapports et puis je peux vous dire
que c'est quand <même...
M. Schneeberger :
...attentivement les différentes discussions et rapports et
puis je peux vous dire que c'est quand >même très bien détaillé.
Je vais présenter... je vous ai déjà
présenté le mémoire lors de la commission itinérante, mais je vais revenir sur
certains points, étant... que, comme commissaire, vous êtes... c'est comme de
faire un gros casse-tête, hein, de 5 000, 6 000, 10 000 pièces,
au Québec, ce n'est pas évident. J'ai quand même entendu plusieurs
commentaires, dont notamment le député de Borduas, et autre député aussi, de Pontiac,
sur, justement, la représentativité. Ça, je vais y revenir. Je vais commencer par
Drummond—Bois-Francs, les changements que vous souhaitez apporter.
En premier lieu, je sais qu'il y a eu
beaucoup de représentations dans le passé puis je vais... je vais pousser ce
dossier-là parce que, moi-même, étant donné que dans la MRC d'Arthabaska, je
représente actuellement 14 municipalités. Mon comté voisin, comté
d'Arthabaska, oui, il représente une majorité de citoyens de la MRC
d'Arthabaska, étant donné qu'il y a Victoriaville, mais au niveau du
territoire, c'est quatre municipalités. Pourtant, on l'appelle le comté
d'Arthabaska, alors que lui-même a aussi une région, MRC de L'Érable, qu'il
revendique totalité. Et je sais qu'il y a eu des positions là-dessus pour la
renommer Arthabaska-Érable, ce que je souhaite fortement aussi pour le député
ou les députés, dans le futur, en place. Je pense que ça représenterait mieux
les citoyens de l'endroit. Pour ma part, Drummond—Bois-Francs, c'est bien... il
est parfait comme ça, étant donné qu'il a une région des Bois-Francs, qui est
très belle, d'ailleurs.
• (17 h 10) •
Autre changement qui vient modifier et que
je suis totalement contre, c'est, justement, où est-ce qu'on vient ajouter la
MRC des Sources à la... au comté de Drummond—Bois-Francs. Premièrement, Drummond—Bois-Francs,
actuellement, a déjà une population supérieure à la moyenne, et aussi, a déjà 1 800
et quelques kilomètres carrés, et avec l'ajout, on passerait à 2 600.
Juste pour un ordre des choses, là, c'est sûr que je ne ferai pas peur au
député de Beauce-Nord et... c'est tous des grands comtés, mais ma
circonscription est habitée au complet. C'est-à-dire que, des fois, tu sais, tu
vas avoir des grands territoires, mais beaucoup de bois. Moi, il y a du monde
partout sur le territoire. C'est quand même quatre fois l'île de Montréal, et
l'île de Montréal, vous avez, quoi, 25 députés?
Une voix : ...
M. Schneeberger : 27? Alors,
même si, demain matin, je mettais un bureau de comté par municipalité, l'accès,
en distance, serait quand même beaucoup plus grand que si je fais un lien avec
Montréal. Et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de députés qui sont venus,
notamment le député de Matane-Matapédia, le député de Pontiac aussi... c'est
que ça devient très problématique, à un moment donné, de faire autant de
distance. Pas pour moi. On a fait un choix, on le savait que... mais c'est
aussi pour nos citoyens. Et ça, je pense que c'était vraiment un regard qu'il
faut... qu'il faut amener.
Alors, là-dessus, pour revenir à la MRC
des Sources, moi, je souhaiterais fortement que la MRC des... Sources, pardon,
reste avec le comté de Richmond, OK, en tout cas... personne, mais dans le
comté de Richmond. Premièrement, on est dans deux régions administratives
différentes, et puis je pense que le sentiment d'appartenance est vraiment très
bien appliqué. Moi, je peux vous dire que j'ai été député du comté de Drummond,
à l'époque, qui comprenait la ville avec quatre municipalités. Même si j'avais
une population qui était bien au-dessus de la moyenne... je pense que c'était
la deuxième ou troisième la plus populeuse, à l'époque... le travail que
j'avais, dû aux distances, était moindre parce que, veux veux pas, tu as moins
de municipalités.
Parce que ce qu'il faut aussi prendre en
considération, contrairement à des grandes villes, les petites municipalités
n'ont pas le personnel comme les grandes municipalités. Ça fait que c'est sûr
qu'à chaque fois... puis c'est ce qui fait... je vous le dis, M. le Président,
moi, j'adore ça... c'est qu'à chaque fois qu'il y a des projets, on est
consultés pour justement, essayer de bien aiguiller le projet, et autres, et je
pense que ça, c'est... on aime ça, comme député de région, de terrain. Moi,
j'adore ça. Alors, ça, c'est très bien.
Mais, justement, prendre en considération
que le travail d'un député en ruralité est très différent. Et puis, moi, je
suis bien... j'en ai vécu l'expérience, j'avais une grande <ville...
M. Schneeberger :
...d'un député en ruralité est très différent. Et puis, moi,
je suis bien... j'en ai vécu l'expérience, j'avais une grande >ville,
et puis il y avait quatre municipalités, plus de citoyens, pourtant, ma tâche,
si je me souviens bien, à l'époque, puis on n'avait pas tous les moyens de
télécommunication qu'on avait aujourd'hui, était quand même moindre. Alors, ça,
le prendre en considération. Ça fait que c'est pour ça que j'approuve les
députés qui sont dans des régions encore... avec des comtés encore plus grands.
Là, excusez-moi, mon ordinateur vient de
fermer. Alors, bon, pour revenir... vous proposez aussi de... d'ajouter une
nouvelle circonscription dans le grand Drummond. Je suis tout à fait en accord
avec ça. Au niveau des limitations du territoire, ça va. Par contre, j'aurais
quand même des bonnes propositions à faire là-dessus. C'est qu'à l'intérieur du
nouveau comté qui est proposé vous avez les municipalités de Saint-Guillaume,
Saint-Bonaventure, Saint-Pie-de-Guire, qui sont dans la MRC de Drummond, mais
qui sont à l'ouest de la rivière Saint-François, et, actuellement, ces
municipalités-là sont dans le comté de Nicolet-Bécancour. Juste pour vous dire
une distance, Saint-Guillaume, là, on est à près de... plus de 70 kilomètres
du bureau de comté de Nicolet-Bécancour. Avec les détours, et autres, on parle
de 56 minutes de route en auto, puis, oubliez ça, là, il n'y a aucun
transport en commun là-dessus, là. Alors, Saint-Bonaventure, on est dans les
mêmes eaux. Saint-Pie-de-Guire, bien, ces gens-là passent par un autre... un
autre chemin, mais ça reste qu'ils sont à plus 50 kilomètres à cause de la
rivière. Alors, moi, ce que je propose, et je pense que tous les citoyens de la
région là-bas seraient très d'accord, c'est qu'ils deviennent justement...
qu'on les intègre au nouveau comté qui est proposé.
Par souci de cohérence, il reste une
municipalité, qui est Sainte-Brigitte-des-Saults. Par contre, municipalité de Sainte-Brigitte-des-Saults,
elle, elle est située à l'est de la rivière Saint-François, beaucoup plus
proche du bureau de Nicolet-Bécancour, qui soi-disant... Nicolet-Bécancour,
avec l'historique, si on... à l'époque, si vous vous souvenez, on avait le
comté de Lotbinière, qui a été supprimé, alors le comté de Nicolet-Bécancour
s'est vu un peu s'en aller plus à l'est, et de par son... sa population, qui
est quand même faible... Alors, au niveau de Sainte-Brigitte-des-Saults, ça, je
vais laisser ça neutre parce que, pour ma part, par souci de cohérence... oui,
je vous dirais, ce serait bien qu'ils viennent dans Drummond—Bois-Francs, de ce
côté-ci, parce qu'à ce moment-là ils seraient dans mon comté et non dans le
nouveau comté, mais, par souci de cohérence, je vais laisser ce point-là neutre,
et vous... c'est à vous qui prendrez une décision là-dessus. De toute façon,
c'est vous qui... vous allez prendre les décisions au complet, mais on est là
pour vous. Peut-être, je vous ferais changer d'avis.
Alors, au niveau de la division du
boulevard Saint-Joseph, moi, je vous dirais : Ne changez pas ça, parce
qu'après 10 ans et plus, on a encore des questions là-dessus, mais bon, de
rechanger un territoire ou une division, je pense que ça ne ferait que juste
accentuer la problématique.
Il y a un aspect, le comté de...
d'Arthabaska, qui devrait... qui... que j'aimerais bien qu'il s'appelle
Arthabaska-Érable, est un comté, en population, supérieur, au-dessus de la
moyenne. Actuellement, j'ai dans ma circonscription un village de Sainte-Hélène-de-Chester.
Sainte-Hélène-de-Chester, si on le regarde sur la carte... ça paraît bien plat,
une carte, mais il y a une belle grande montagne entre les deux, et puis, pour
aller à Sainte-Hélène, il faut que je passe Victoriaville, je passe le village
de Saint-Norbert et, après ça, j'arrive. Alors, même si j'ai un bureau dans la
municipalité de Warwick, c'est encore plus proche pour ces citoyens-là d'aller
voir le député d'Arthabaska à Victoriaville. Alors, voyez-vous la
problématique? Et moi, je me dis... Alors que Saint-Valère, Saint-Valère, qui
est de... du côté ouest de Victoriaville, collé à mon comté, les distances sont
beaucoup plus proches. Pourtant, ils sont dans Arthabaska. Ça fait que moi, je
pense que c'est des choses qui devaient être revues. Même que Saint-Valère
pourrait aller aussi dans Nicolet-Bécancour, étant donné la faible
représentation en population de Nicolet-Bécancour. Ça, c'est des suggestions
que je fais. Voilà. Alors, ça, c'est en gros.
J'ai écouté attentivement ce qui s'est... qui
s'est dit aujourd'hui, puis... Bien, premièrement, avez-vous des questions
là-dessus? Je ne <veux...
M. Schneeberger :
...qui
s'est dit aujourd'hui, puis... Bien, premièrement, avez-vous des questions
là-dessus? Je ne >veux pas... Non? Ça va? J'ai écouté, en gros, ce qui
s'est fait aujourd'hui et je suis assez surpris au niveau de la
représentativité, au niveau... versus les chiffres... tantôt, j'ai bien écouté...
versus Montréal, versus d'autres régions, comme le député de Pontiac, et moi,
ça m'a vraiment encore, je vous dirais, presque choqué, quand je vois que
moi... que j'ai déjà un comté qui est quatre fois l'île de Montréal, qui est
supérieur à la moyenne de population, on veut encore agrandir mon comté, alors
qu'il y a des circonscriptions de Montréal, il y en a plusieurs qui sont
négatives.
Et moi, là-dessus, je pense que,
justement, les régions... Tu sais, moi, mettons, je vous dirais, aux gens qui
sont ici... Je vous nomme le village de Saints-Martyrs-Canadiens. Tout le monde
connaît le Canadien, ça, c'est normal, c'est à Montréal, mais «saints martyrs»,
là, qui est au bout de mon village, il n'y a pas beaucoup de monde qui
connaissent ça, malgré que les résultats du Canadien depuis quelques années, on
pourrait les appeler «saints martyrs canadiens». Mais c'est la réalité de nos
régions.
C'est que le député, dans les régions, est
d'une importance autre, de... Pourquoi? Premièrement, il n'y a pas les médias
nationaux. Alors, c'est sûr qu'une personne près des grands centres, un député
proche des grands centres, la proximité des médias nationaux fait en sorte que
la parole souvent, d'un député de Montréal, comme ça, a une influence beaucoup
plus grande. Pourquoi? Parce que, généralement, on écoute beaucoup plus les médias
nationaux, peu importe où est-ce qu'on se trouve, que le média local aussi.
Mais c'est pour ça qu'on parle de représentativité, et c'est pour ça que je
trouve ça très, très, très important qu'on reconnaisse nos régions.
• (17 h 20) •
Et, tout à l'heure, je vous ai posé une
question. Je vais vous la poser publiquement et, je vous dis, M. le Président,
c'est une question qui est très pointilleuse, mais, en même temps, par souci de
cohérence. On a nommé... fait des lois, dans le passé, pour les bonnes raisons.
Je ne nomme pas les... je ne dis pas que la raison n'était pas bonne, mais des
régions comme Ungava, c'est ce qu'on appelle des comtés d'exception. Vous
parlez des Îles-de-la-Madeleine. L'Île-de-la-Madeleine, j'ai regardé tout à
l'heure, est à peu près 200 kilomètres carrés, est un comté d'exception
pour 12 000... 12 000, 13 000 électeurs. C'est-à-dire que 12 000,
13 000 électeurs ont un poids politique, si on regarde les chiffres, à peu
près de six fois ou cinq fois par rapport à d'autres comtés. Et admettons qu'il
soit du double, je peux croire, mais quand on est à six fois, peut-être qu'on
doit se poser des questions pour une question de balancer les citoyens. Ungava,
bien, c'est normal. Ungava, je veux dire, c'est énorme, tu sais, ça représente
presque la moitié de l'Europe, là. Alors, c'est bien entendu qu'à un moment
donné il y a une limite, mais je pense qu'on devrait revoir peut-être la loi
pour revoir justement, certains faits.
Je vais prendre la Côte-Nord, en Gaspésie.
Pour avoir fait le tour de la Gaspésie, c'est grand, la Gaspésie, c'est des...
c'est des kilomètres et des kilomètres. Alors, moi, je regarde des citoyens,
souvent, qui n'ont... Tu sais... tu sais, en région, on n'avait pas longtemps,
là, on avait fait des grandes, grandes avancées, mais l'Internet, à bien des
places, là, il n'y en avait pas, puis il y a encore beaucoup de citoyens qui
ne... quelques citoyens, malheureusement, qui n'en ont pas, mais ça a changé
beaucoup au cours des dernières années. Alors, c'est sûr qu'aujourd'hui on peut...
on peut se parler beaucoup facilement, mais ces gens-là... c'est quelque chose,
là, pour ces gens-là, d'aller voir leur député.
Alors, pour ça que ces raisons-là, moi, je
vous dis qu'il y aurait peut-être des choses à revoir. Je sais que vous ne
pouvez pas le faire parce que vous suivez la loi, c'est bien comme ça, mais je
pense que c'est peut-être des choses qu'ensemble on devrait revoir pour,
justement, avoir une meilleure cohérence et faire en sorte que le travail du
député, mais aussi la... les... nos personnels politiques... parce que le
personnel politique, il ne faut pas l'oublier, là, c'est la majorité qui
rencontre les citoyens, qui règle les cas, puis, bon, souvent, quand il y a des
cas plus pointus, nos députés, on vient s'en mêler un peu pour... quand ça ne
marche pas. Mais ça reste que c'est le travail d'une équipe. Moi, je représente
une circonscription, mais mon... mes employés font un travail... un travail de
terrain, alors c'est important que ces gens-là puissent, justement, faire un
travail qui est humainement possible, et je <pense...
M. Schneeberger :
...ces gens-là puissent, justement, faire un travail qui est
humainement possible, et je >pense qu'à un moment donné, avec la
distance ça devient de moins... ce n'est pas évident, ce n'est pas évident.
Alors, je pense qu'on devrait peut-être revoir des... éventuellement revoir
cette loi, qui permet, justement, de prendre en compte des... certaines régions
du Québec. Voilà. Merci beaucoup.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Est-ce qu'il y a des
commentaires, réactions des membres de la commission?
M. Blanchet
(Jean-François) :On a bien entendu,
encore, le poids de Montréal versus... le nombre de députés à Montréal versus
les régions, et, comment dire, le nombre d'électeurs par député qui est
moindre. Ce qui est bon, de cette commission, c'est qu'on réentend tout ce
qu'on a entendu lorsqu'on a fait notre tournée et... mais en même temps, ça vous
permet d'entendre aussi tout ce qui nous a été dit lors de la tournée. Donc, demain,
j'imagine qu'il n'y a aucun député de la ville de Montréal qui va venir nous
dire qu'il y a trop de députés sur l'île, tu sais, donc, comme on a entendu de
toute façon... qui sont venus défendre le fait qu'on retire une
circonscription. Donc, c'est intéressant de... Dans le fond, cette commission
nous permet d'entendre, tout le monde, les mêmes choses. Donc...
Une voix : ...
M. Blanchet
(Jean-François) :Exactement.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup.
Des voix : ...
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Ce n'est pas terminé, Mmes et MM. les députés, il nous reste encore
quelques minutes. M. le député de Drummond—Bois-Francs, il vous reste un peu de
temps. Est-ce que vous souhaitez poursuivre une intervention?
M. Schneeberger : Oui, je
voudrais justement émettre un commentaire là-dessus. Tu sais, on... moi,
j'ai... comme je dis, mon comté a changé. C'est sûr qu'on s'attache, on
s'attache à nos communautés et il n'y a aucun député qui perd son... sa
circonscription qui va être joyeux, c'est bien entendu. Ça allait arriver... ça
allait arriver, pardon, à une députée que je connaissais très bien, qui était
vraiment une amie proche, qui était Sylvie Roy, Sylvie Roy, qui était le... qui
représentait... le comté de Lotbinière, et son... sa circonscription a été
supprimée, et elle s'est représentée dans Arthabaska. Ce n'est pas évident,
mais ça se fait, ça se fait... Les députés, on n'est pas éternels. À un moment
donné, on cède notre place, puis ça va être d'autres personnes. Alors, il ne
faut pas le voir personnellement, il faut le... il faut toujours se dire qu'on
est là pour représenter nos citoyens et c'est le bien de nos citoyens qu'il
faut voir avant tout, peu importe la couleur et autres, parce que, des fois, ça
change. Il ne faut pas regarder... C'est très, très important, là, ce n'est
pas... Les couleurs politiques, là, au cours des années, changent tout le
temps, et puis on regardait... on peut prendre plein de comtés. Alors, il faut
voir au-delà de ça, mais... Voilà. Merci.
Le Président (M. Lévesque, Chauveau) :
Merci beaucoup, M. le député de Drummond—Bois-Francs. Alors, je comprends
qu'il n'y a pas d'autre commentaire. Et nous en sommes maintenant à la fin de
cette première journée. Alors, je remercie la commission et je vous remercie,
tout le monde, d'avoir participé à cette première journée.
La commission ajourne ses travaux jusqu'à
demain, après les avis touchant les travaux des commissions, où elle poursuivra
son mandat. Alors, bon après-midi, bon retour.
(Fin de la séance à 17 h 27)